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23 septembre 2018 7 23 /09 /septembre /2018 05:57
Glenn Le Saout et Ismaël Dupont avec Ian Brossat - kiosque de Morlaix, vendredi 21 septembre

Glenn Le Saout et Ismaël Dupont avec Ian Brossat - kiosque de Morlaix, vendredi 21 septembre

Lancement de la campagne européenne des communistes avec Ian Brossat à Morlaix

Qu'il est bon de pouvoir se battre pour une Europe démocratique, sociale, fraternelle, respectueuse des souverainetés populaires, sortant des traités libéraux existants (que les communistes n'ont jamais voté, contrairement à Mélenchon, qui a voté Maastricht, comme pas mal d'ex-socialistes qui constituent sa garde rapprochée à FI) avec un chef de file communiste brillant et énergique comme Ian Brossat, 38 ans. 

Ismaël Dupont et Glenn Le Saout lancent la campagne d'affichage pour Ian Brossat sur Morlaix, au kiosque, place des Otages, sous le Viaduc, en ce vendredi 21 septembre. 

 

" L'Union européenne promeut depuis de nombreuses années des politiques d'austérité. Celles-ci sont à la fois injustes et inefficaces. Au cours des 10 dernières années, les richesses produites ont augmenté, certes. Le PIB des pays de l'UE est passé de 15 000 milliards d'euros à plus de 17 000 milliards d'euros entre 2006 et 2017. 2000 milliards d'euros de plus, c'est l'equivalent du PIB français. Mais dans la même période, la part de travailleurs pauvres est passée de 7% à 10%. Ceux qui ont produit ces richesses n'ont pas été récompensés pour leurs efforts. Pire, ils se sont appauvris. Ce sont les multinationales qui en ont profité et s'en sont mis plein les poches.
Tout cela n'est pas le fruit du hasard. La politique de l'Union européenne y est pour beaucoup. Toute sa logique peut être résumée en 3 lettres : priorité aux marchés. Résultat, c'est jackpot pour les banques et ceinture pour les autres.
Depuis la crise de 2008, la Banque centrale européenne a versé 3000 milliards d'euros aux banques privées sans la moindre contre-partie. Les mêmes banques qui alimentent la spéculation et qui vous infligent des aggios dès lors que vous avez quelques euros de déficit.
Quant aux salariés, la Commission européenne leur inflige la mise en concurrence à tous les étages. Elle organise le dumping social, c'est-à-dire la course aux plus bas salaires et aux pires conditions de travail. Elle ne fait rien d'efficace face au travail détaché, rien face aux délocalisations.
Au dumping social, elle ajoute le dumping fiscal en encourageant les États à baisser les impôts des plus riches et des entreprises.
C'est avec cela qu'il faut rompre. Car cette Europe nous conduit dans le mur. La preuve : les gouvernements ont tellement dégoûté les Européens de l'Europe qu'ils finissent par se jeter dans les bras de l'extrême-droite. Il y a donc urgence à porter la voix d'une autre Europe, qui soit celle du monde du travail, et non celle du fric".
 
(Ian Brossat, Rouge Finistère, septembre 2018) 

 

Lire aussi:

Une interview exclusive de Ian Brossat, chef de file des communistes pour les élections européennes de 2019

Une intervention percutante de Ian Brossat sur les enjeux de l'élection européenne du 26 mai prochain pour inaugurer l'Espace Bretagne de la fête de l'Huma le vendredi 14 septembre à 18h

Ian Brossat répond aux Insoumis : Je suis affligé de voir certains flancher sur la question de l'immigration (JDD, 16 septembre 2018)

Ian Brossat: de la lutte contre la spéculation immobilière et la flambée des prix des loyers et logements à Paris au témoignage sur son grand-père espion soviétique en Israël

 

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23 septembre 2018 7 23 /09 /septembre /2018 05:32
Mort de Pablo Neruda, le 23 septembre 1973

Mort de Pablo Neruda, le 23 septembre 1973, il y a 45 ans
Pablo Neruda est de ces poètes qui ont vécu pleinement dans leur siècle. Il est un des rares poètes qui aient réussi à incarner la poésie aux yeux de tout un peuple et même d'un continent. Si nous devions avoir une seule image de Neruda, ce serait celle d'un poète explorateur de la matière et de l'amour. Son enfance passée dans un milieu modeste et ouvrier le marquera à tout jamais et lui fera prendre conscience de l'inégalité profonde qui règne entre les hommes. « L'homme doit se faire entendre et c'est au poète de transmettre sa voix, de devenir son cri », écrira-t-il.
Pablo Neruda a été un homme enraciné dans son siècle au point que peu de temps après le coup d'État militaire du 11 septembre 1973 contre l'Unité populaire et la mort de son compagnon Salvador Allende qu'il avait activement soutenu pendant sa campagne, il meurt, le 23 septembre, à Santiago du Chili, envahi de tristesse.

Pablo Neruda en 1951

Pablo Neruda en 1951

" J'accuse" par Pablo Neruda. 

Alors qu’il siégeait au sénat chilien sous les couleurs du parti communiste depuis 1945, le poète et prix Nobel de littérature Pablo Neruda, fut banni par le régime de Gonzalez Videla en 1947 pour avoir commis un brûlot contre l'oligarchie qui gouvernait le Chili d’alors.

Dans ‘’J’accuse’’, un poème dont le titre s’inspire du fameux ‘’J’accuse’’ de Zola, le poète qui écrivait souvent à l’encre verte (couleur de l'’espérance) a gravé dans nos consciences engourdies des mots aux couleurs de sang.
 

“ Ils se sont promus patriotes.
Ils se sont décorés dans les clubs.
Ils ont aussi écrit l’histoire.
Les parlements se sont remplis de faste 
Après quoi ils se sont partagés la terre,
La loi, les plus jolies rues,
L’air ambiant, l’université, les souliers.

Leur prodigieuse initiative
C’est l’Etat ainsi érigé,
La mystification rigide.
Comme toujours, 
On a traité l’affaire avec solennité
Et à grand renfort de banquets
D’abord dans les cercles ruraux,
Avec des avocats, des militaires.
Puis on a soumis au Congrès
La Loi suprême, 
La célèbre Loi de l’Entonnoir
Aussitôt votée.

Pour le riche, la bonne table,
Le tas d’ordure pour les pauvres.
La prospérité pour les riches
Et pour les pauvres le turbin.
Pour les riches la résidence.
Le bidonville pour les pauvres.
L’immunité pour le truand,
La prison pour qui vole un pain.
Paris pour les fils à papa,
Le pauvre, à la mine, au désert !
L’excellent Rodriguez de la Crota
A parlé au Sénat
D’une voix mélliflue et élégante.
’Cette loi, établit la hiérarchie obligatoire
Et surtout les principes de la chrétienté.
C’est aussi indispensable que la pluie.
Seuls les communistes, 
Venus de l’enfer comme chacun sait,
Peuvent critiquer notre charte de l’Entonnoir,
Savante et stricte.
Cette opposition asiatique,
Née chez le sous homme, 
Il est simple de l’enrayer :
Tous en prison, tous en camp de concentration,
Et ainsi nous resterons seuls,
Nous les messieurs très distingués
Avec nos aimables larbins
Indiens du parti radical’.

Les applaudissements fusèrent
Des bancs de l’aristocratie :
Quelle éloquence, quel esprit,
Quelle philosophie, quel flambeau !
Après cela chacun courut
A son négoce emplir ses poches,
L’un en accaparant le lait,
L’autre escroquant sur les clôtures
Un autre volant sur le sucre
Et tous s’appelant à grands cris Patriotes !
Ce monopole du patriotisme,
aussi consulté dans cette Loi de l’Entonnoir.”

Pablo Neruda

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23 septembre 2018 7 23 /09 /septembre /2018 05:16
Marche pour la Paix à Morlaix ce samedi 22 septembre 2018  - remise d'un courrier de la plateforme nationale pour la Paix à Mme Le maire et Mme La Députée (photos Pierre-Yvon Boisnard)
Marche pour la Paix à Morlaix ce samedi 22 septembre 2018  - remise d'un courrier de la plateforme nationale pour la Paix à Mme Le maire et Mme La Députée (photos Pierre-Yvon Boisnard)
Marche pour la Paix à Morlaix ce samedi 22 septembre 2018  - remise d'un courrier de la plateforme nationale pour la Paix à Mme Le maire et Mme La Députée (photos Pierre-Yvon Boisnard)
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22 septembre 2018 6 22 /09 /septembre /2018 13:04
Du 24 septembre au 6 octobre 2018 - Calendriers d'actions et d'initiatives PCF Morlaix

Lundi 24 septembre : Remise de pétition, par le Comité de défense de l’Hôpital de Morlaix (16 h 30 – Bâtiment administratif de l’hôpital) puis conférence de presse

 

La campagne de pétitions a connu un succès important : 11 632 signatures ont été enregistrées, sachant que plusieurs feuilles restent encore en circulation.

Le 28 juin dernier, le Comité de défense de l’hôpital a déjà remis 6 644 signatures à la directrice de l'hôpital de Morlaix.

Une seconde série de signatures (environs 5 000) sera remis  le lundi prochain 24 septembre à 16 h 30.

Comité de défense de l’hôpital  souhaite que cette remise officielle soit faite par une large délégation, comme le 28 juin.

Toutes celles et ceux qui sont disponibles sont donc les bienvenus.

Comme convenu également la presse locale est invitée.

Le Comité de défense de l’hôpital tiendra une conférence de presse à 17 h, devant les locaux de la direction de l'hôpital.

Merci à tous, en fonction de leur disponibilité, d’âtre présent pour cette initiative.

  

Mardi 25 septembre (10 h – aéroport de Morlaix) : Manifestation « en noir » des salariés de HOP !

 

HOP ! (AIR France) est face à un 4ème plan à Morlaix :

« 40 ans d’expertise sont remis en cause » en raison d’une « mauvaise gestions d’Air France/KLM » et une « fermeture définitive du site est imminente » (Valérie SCATOLLIN, déléguée syndicale)

 

Les organisations syndicales des personnels appellent les salariés et les élus,  à manifester en nombre, le mardi 25 septembre  à 10 h à l’aéroport pour réclamer « le maintien du site et donc des emplois sur le territoire » à l’occasion de la visite de la direction générale de Hop ! à Morlaix – Ploujean.

La section PCF de Morlaix apporte son soutien aux personnels en lutte. Ses élus seront présents à l’invitation lancée par les organisations syndicales.

 

Mardi 25 septembre (21 h – France 2) : Documentaire

Le mardi 25 septembre à 21H, sur France 2, une passionnante émission « Histoires d’une nation » (Françoise Davisse et Carl Aderhold)  est à voir.

Elle est consacrée au  rôle de l’immigration dans la construction de la France.

Ce documentaire est en 4 parties : le samedi 25 on pourra voir les deux premières parties suivies par un débat.

A voir ou/et à enregistrer.

 

Dates à retenir.

 

Samedi 29 septembre :

 

° Distribution du journal « Rouge 29 » sur le marché de Morlaix (rendez-vous à 10 h devant la mairie de Morlaix).

 

Jeudi 4 Octobre (17 h 30 – local PCF Morlaix)

 

° AG de section

 

° Vote des communistes sur la « base commune » Congrès

 

° Une information plus précise sera envoyée ultérieurement

 

Vendredi 6 et Samedi 6 Octobre :

 

° Vendredi 6 : Vote des communistes sur la « base commune » Congrès – bureau de vote ouvert de 17 h 30 à 18 h 30

Une information plus précise sera envoyée ultérieurement

 

° Samedi 7 : Vote des communistes sur la « base commune » Congrès – bureau de vote ouvert de 10 h 30 à 11 h 30

Une information plus précise sera envoyée ultérieurement

 

 

 

Mardi 9 Octobre :

° Journée d’action des retraités : rassemblement à 10 h 30 devant la Mairie de Morlaix

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22 septembre 2018 6 22 /09 /septembre /2018 07:03
Le 22 septembre, marchons pour la paix (PCF Finistère)

POSER LES FONDEMENTS D’UNE SÉCURITÉ HUMAINE COLLECTIVE

Nous sommes les plus nombreux à considérer que la France doit maintenant signer et ratifier le Traité international d’interdiction des armes nucléaires, adopté sous égide de l’ONU en juillet 2017 ; une mobilisation citoyenne qui a reçu, en octobre dernier, à travers la coalition ICAN, le Prix Nobel de la paix.

Le 22 septembre, nous marcherons pour exiger que la France, membre permanent du conseil de sécurité de l’ONU, 6e puissance mondiale, rejoigne ce mouvement historique d’éradication de l’arme nucléaire. Et à nouveau le dimanche 14 octobre, le PCF sera partie prenante des rassemblements et mobilisations citoyennes exigeant la ratification du traité.

Nous sommes nombreux à nous opposer à la politique actuelle de ventes d’armes à des pays aux politiques agressives de régimes autoritaires et dictatoriaux :

l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, Iran, Turquie, Russie, Israël, Égypte, aujourd’hui parties prenantes des guerres du Moyen-Orient (Syrie, Yémen, colonisation des territoires palestiniens, répression et massacres des populations kurdes) mais aussi à des pays en conflit larvé comme l’Inde et le Pakistan ;

Nous sommes nombreux à considérer que l’OTAN est devenue obsolète et que ses orientations bellicistes en font un danger planétaire, et que ce n’est pas en armant une «Défense européenne» – déjà totalement imbriquée dans l’OTAN – que l’«Europe», qui participe à des opérations extérieures en Afrique ou en Asie, portera une voix de paix et garantira une sécurité collective aux peuples de ses États-membres au gré des changements d’alliances opportunistes.

Quimper: Rassemblement à 11 heures au pont Médard, puis déambulation jusqu'au jardin de la paix,(à proximité de la place de Brest) en  empruntant la rue Kéréon, et passant devant la mairie.

 

Morlaix : rendez- vous samedi 22 Septembre à 11h pour déposer une motion dans ce sens au Maire, et au Député

LA PAIX notre bien commun

MARCHES du 22 septembre

 

 

Le 22 septembre, dans toute la France, nous marchons pour faire entendre une autre voix, celles des peuples, et en France celle des citoyen-ne-s engagé-e-s dans des luttes et solidarité internationale et pour la paix, de développement et commerce équitables, de défense des services

Le 22 septembre, marchons pour la paix (PCF Finistère)
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22 septembre 2018 6 22 /09 /septembre /2018 07:00
Les salariés ont déposé 23 croix noires devant l’entrée du site de Morlaix pour les 23 postes que va supprimer la compagnie aérienne Hop !. (Paul Bohec)

Les salariés ont déposé 23 croix noires devant l’entrée du site de Morlaix pour les 23 postes que va supprimer la compagnie aérienne Hop !. (Paul Bohec)

 

À l’exception du dossier « Cœur de ville » et des parkings de la ville, qui ont suscité quelques débats, l’ordre du jour du conseil municipal a été relativement vite expédié, ce jeudi 20 septembre. La réunion a surtout été marquée par le soutien unanime des élus morlaisiens aux salariés de Hop ! et aux écoles de la ville.

Actualité oblige, le conseil municipal a débuté par des prises de parole sur la situation du site Hop !, à l’aéroport de Ploujean, où 23 postes administratifs seront bientôt supprimés. C’est Agnès Le Brun qui, la première, a sonné la charge. « On a le sentiment profond et sincère de s’être fait balader pendant des années », a-t-elle expliqué. Et d’ajouter : « Par naïveté, on a cru que, puisqu’il fallait faire baisser le déficit, des propositions conduisant à une non-augmentation de ce dernier » suffiraient à maintenir l’emploi. Las. Toutes les idées de la municipalité ont été balayées d’un revers de main. « C’est blessant et stupide », a repris la maire, n’hésitant pas à parler de « mépris ». « On coupe la branche qui va bien pour guérir le malade. La logique m’échappe. En réalité, la condamnation était écrite depuis longtemps ».

Manifestation en noir mardi

Valérie Scatollin, membre de l’opposition mais surtout, ce jeudi, porte-parole de l’intersyndicale Hop !, où elle travaille, a rappelé qu’il s’agissait du quatrième plan à Morlaix et que « 40 ans d’expertise étaient remis en cause » en raison d’une « mauvaise gestion d’Air France/KLM ». Estimant qu’une « fermeture définitive du site était imminente » à Morlaix, elle a appelé salariés et élus à venir manifester en nombre le mardi 25 septembre, à 10 h, habillés de noir, à l’occasion de la visite de la direction générale de Hop ! à Ploujean. Il s’agira de la deuxième action en huit jours, après le débrayage de ce lundi. Beaucoup d’élus iront. Dont le socialiste Jean-Paul Vermot, qui a dénoncé un État manquant de cohérence. « On ne peut pas d’un côté signer des conventions « Cœur de ville » pour aider les villes et de l’autre valider, en tant qu’actionnaire d’Air France, ces suppressions de postes. C’est inacceptable ».

Motion de soutien aux écoles

Autre sujet sur lequel les élus ont parlé d’une même voix : la suppression de quatre postes dans les écoles de la ville. Spécialement à Gambetta et Émile-Cloarec, établissements populaires s’il en est.

Invité à prendre la parole, Sébastien Portier, de l’APE de Gambetta, a rappelé quelques chiffres : 30 inscrits en maternelle, sans compter les inscriptions prévues en 2019 ; 24 élèves en CP-CE1, dont trois élèves Ulis (unité localisée pour l’inclusion scolaire, NDLR) et trois élèves ne parlant pas français ; 37 enfants en CE2-CM1-CM2, dont sept Ulis… Soit 91 élèves. Un de plus que l’an dernier. Mais un poste en moins. « C’est la fin de la mixité sociale », a conclu le parent d’élève, avant que les élus votent à l’unanimité une motion demandant à l’inspection académique de revoir sa copie. Au moins, à Gambetta et Cloarec, où « les effectifs réels et les problématiques spécifiques » doivent être pris en compte.

Abstention « avec encouragements »

Cette unanimité s’est fissurée dès le premier point à l’ordre du jour : la convention cadre pluriannuelle « Cœur de ville » qui doit être signée avec l’État ce vendredi. Tout en reconnaissant des avancées, notamment sur des projets qu’elle porte depuis des années, l’opposition a fait remarquer que la ville avait manqué un train l’an passé, en ne répondant pas à l’appel à projets de la Région. Elle s’est aussi interrogée, par la voix de Jean-Pierre Cloarec, sur les financements incertains. Moyennant quoi, elle s’est abstenue. « Avec des encouragements », dixit Jean-Paul Vermot. Une expression qui a laissé Agnès Le Brun perplexe, tant elle estime que cette convention est une chance pour la ville.

Des parkings néfastes au centre-ville ?

Même s’il n’appelait pas de vote, le rapport d’activité 2017 des parkings exploités par Effiparc Bretagne, dans le cadre d’une délégation de service public (814 places de stationnement), a également fait débat. Ils ont rapporté 277 676 € à la ville, sur un chiffre d’affaires global de 648 470 €. « Ce n’est pas une mauvaise affaire, a jugé Ismaël Dupont, mais ça a un effet négatif sur l’attractivité du centre-ville ». « C’est faux de dire qu’on ne peut pas se garer en ville sans payer. Nous avons 2 100 places gratuites », a répondu Agnès Le Brun. Tout en rappelant que les parkings payants avaient permis de se débarrasser des voitures ventouses. « Mais le délégataire a perdu 864 119 € depuis 2014. Si on ne passe pas en régie, c’est lui qui finira par partir », a estimé Jean-Paul Vermot. Et de préciser que la question du stationnement était un axe du dossier « Cœur de ville ». Dont on n’a pas fini d’entendre parler.

https://www.letelegramme.fr/finistere/morlaix/conseil-hop-s-invite-au-debat-20-09-2018-12084850.php

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22 septembre 2018 6 22 /09 /septembre /2018 06:46
Les vers éternels de Mahmoud Darwich, voix de la résistance palestinienne (Anne Berthod, Télérama, 17 septembre 2018)

Pour commémorer les dix ans de sa disparition, l’IMA et le festival Arabesques célèbrent les écrits du poète palestinien. Voix de l’exil, de la résistance et de la paix, il fut le plus grand poète contemporain de langue arabe. De Paris à Montpellier, son œuvre est à (re)découvrir à l’occasion d’un festival hommage et d’un récital. 

Il n’a jamais écrit de chanson mais remplissait des stades en déclamant des vers et de la prose : dix ans après sa mort, le festival Arabesques et l’Institut du monde arabe célèbrent le Palestinien Mahmoud Darwich (1941-2008), immense poète contemporain. « Il était une couleur de notre drapeau, un artiste et un leader romantique : par ses valeurs humanistes, libertaires et politiquement engagées, il était le Federico García Lorca du monde arabe », résume le oudiste Adnan Joubran. Le 23 septembre, le trio Joubran participera notamment à une grande soirée hommage avec une dizaine d’artistes (Souad Massi, Magyd Cherfi, ex-Zebda, Kamilya Jubran…) : un plateau hétéroclite, à l’image d’un héritage qui continue d’inspirer les jeunes générations. « Il est le seul dans le monde arabe à s’être ancré dans les métriques anciennes de la poésie classique avec un vocabulaire aussi actuel »,rappelle la chanteuse et oudiste Kamilya Jubran. De la même façon, la Palestine était son socle, mais ses thématiques étaient universelles : « le poète des vaincus » était un apatride, qui nous parlait d’exil (presque trente ans passés entre Beyrouth, Moscou, Tunis, Le Caire et Paris), de résistance et de paix. Lyrique et poignante, son œuvre ne faisait qu’une avec sa vie d’homme. En voici les figures clés.

La mère… patrie

« J'ai la nostalgie du pain de ma mère, du café de ma mère, Des caresses de ma mère… Et l'enfance grandit en moi… » : ainsi commence Oummi, fameuse ode à sa mère (1966). Enfant de Galilée, Mahmoud Darwich a connu l’exil à 6 ans, quand sa famille a fui Saint-Jean-d’Acre, devenu israélien après 1948, pour le Liban. A leur retour, un an plus tard,« Akko » était devenu une ville juive et les Arabes ne pouvaient plus se déplacer sans autorisation – l’adolescent a souvent atterri en prison pour avoir bravé l’interdiction. C’est ce traumatisme qu’il exorcise adulte quand il parle de sa mère, symbole d’une enfance brisée et d’un foyer confisqué : à travers elle, le poète file la métaphore palestinienne de la patrie perdue, mais dit aussi la douleur de l’exil.

Marcel Khalifé

Chanté, rapé, samplé, Mahmoud Darwich a souvent été mis en musique, mais jamais autant que par le Libanais Marcel Khalifé, dont la chanson Oummi, par exemple, fut l’un des premiers hits. C’est grâce à ce « Bob Dylan du Levant », figure de proue de la chanson contestataire dans les années 1970, que Darwich, figure de l’intelligentsia peu connue alors du grand public, a pu avoir une telle résonnance. L’ami Khalifé a si bien porté ses mots qu’en 1999 il a été poursuivi par un tribunal à Beyrouth pour avoir cité le Coran dans la chanson O mon père, je suis Joseph, adaptée d’un de ses poèmes. Quelque deux mille fans chantèrent la chanson incriminée dans une manifestation de soutien, et le chanteur fut relaxé.

Yasser Arafat

« Aujourd'hui, je suis venu porteur d'un rameau d'olivier et du fusil du combattant de la liberté. Ne laissez pas tomber le rameau d'olivier de ma main », déclare Yasser Arafat à l’ONU en 1974. Le discours est signé Darwich, journaliste militant qui va devenir la plume de l’OLP. Il s’impose comme son leader spirituel avec Une mémoire pour l’oubli, récit (le seul de son œuvre) du siège de Beyrouth (1982), et entre même au comité exécutif. Il rompt avec l’organisation en 1993, déçu par les accords d’Oslo. Ses vers, toutefois, resteront des slogans. Jusqu’en 2011, quand Mahmoud Abbas déposera à l’ONU la demande de reconnaissance de la Palestine, sur ces mots :« Debout ici. Assis ici. Toujours ici. Eternels ici. »

Rita

Romantique avant tout, Darwich n’a jamais eu pour ambition d’être la voix du nationalisme arabe. Lui voulait être un poète de l’amour. La mystérieuse Rita, dont le nom a fait le tour du monde arabe grâce à Marcel Khalifé, est évoquée dès les premiers recueils (La Fin de la nuit, Les oiseaux meurent en Galilée…). En 1995, Darwich raconte enfin l’histoire de cette danseuse juive (nommée Tamar dans la réalité), rencontrée autrefois au bal du Parti communiste israélien, dont il était adhérent. La guerre des Six-Jours (1967) aura eu raison de leur intense idylle…« Entre Rita et mes yeux : un fusil. Et celui qui connaît Rita se prosterne. Adresse une prière. A la divinité qui rayonne dans ses yeux de miel. » Rita incarne l’amour impossible. A travers elle, Darwich, toujours très métaphorique, pleurait à la fois la femme et sa terre bafouée.

L’absente

Opéré trois fois du cœur, Mahmoud Darwich avait pressenti sa mort. De Murale(2003) à Présente Absence (2006), son septième et avant-dernier recueil, il entame un dialogue intime avec elle. L’absente est cette mort qu’il tente d’apprivoiser. C’est aussi l’exilé, le déraciné, l’ami assassiné, l’impossible patrie, dont l’absence, au quotidien, fait présence. S’adressant dans Présente Absence à son moi à différents âges, Darwich fait le bilan poétique d’une vie d’errance et d’espoir : une sorte de testament, publié deux ans avant sa mort. Ecrits dans une prose magnifique (ce qui reste exceptionnel dans son œuvre), ces trente et un poèmes constituent une véritable élégie, entre fragments de mémoire vive et douloureuse mélancolie.

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22 septembre 2018 6 22 /09 /septembre /2018 06:42
Eva Illouz, sociologue israélienne : L’état d’Israël contre le peuple juif (Haaretz)

Israël s’aligne sur un régime nationaliste, voire antisémite, un régime après l’autre. Où cela mène-t-il la communauté juive mondiale?

Par Eva Illouz, 13 septembre 2018 

Un tremblement de terre secoue discrètement le monde juif.

Au 18ème siècle, les juifs ont commencé à jouer un rôle décisif dans la promotion de l’universalisme, car l’universalisme leur a promis le rachat de leur soumission politique. Grâce à l’universalisme, les Juifs pouvaient en principe être libres et égaux à ceux qui les avaient dominés. C’est pourquoi, dans les siècles qui ont suivi, les Juifs ont participé à un nombre disproportionné de causes communistes et socialistes. C’est aussi pour cette raison que les Juifs étaient des citoyens modèles de pays tels que la France ou les États-Unis, avec des constitutions universalistes.

L’histoire des Juifs en tant que promoteurs des valeurs des Lumières et des valeurs universalistes touche à sa fin. Nous sommes les témoins stupéfaits des nouvelles alliances entre Israël, les factions orthodoxes du judaïsme dans le monde entier et le nouveau populisme mondial dans lequel l’ethnocentrisme et même le racisme occupent une place indéniable.

Lorsque le Premier ministre Netanyahu a choisi de s’aligner politiquement avec Donald Trump avant et après l’élection présidentielle américaine de 2016, certaines personnes pourraient encore lui donner le bénéfice du doute. Certes, Trump s’était entouré de gens comme Steve Bannon, l’ancien directeur de Breitbart News, qui était très sensible au racisme et à l’antisémitisme, mais personne n’était certain de la direction que prendrait la nouvelle présidence. Même si Trump refusait de condamner les éléments antisémites de sa base électorale ou du Ku Klux Klan, qui l’avait soutenu avec enthousiasme, et même si cela lui prenait beaucoup de temps pour se dissocier de David Duke, nous n’étions pas encore certains de la présence d’antisémitisme dans le discours et les stratégies de Trump (d’autant plus que sa fille Ivanka était convertie au judaïsme).

Mais les événements de Charlottesville en août 2017 ne permettaient plus de douter. Les manifestants néo-nazis ont commis des actes de violence contre des contre-manifestants pacifiques, tuant une femme en fonçant dans une foule avec une voiture (acte rappelant la technique des attentats terroristes en Europe). Trump a réagi aux événements en condamnant à la fois les néo-nazis et les suprémacistes blancs et leurs opposants. Le monde a été choqué par sa confusion entre les deux groupes, mais Jérusalem n’a pas objecté. Encore une fois, l’observateur indulgent (ou cynique) aurait pu interpréter ce silence comme l’obéissance réticente d’un vassal envers son suzerain (de tous les pays du monde, Israël reçoit le plus d’aide militaire des États-Unis). On était en droit de penser qu’Israël n’avait pas d’autre choix que de collaborer, malgré les signes extérieurs de l’antisémitisme du dirigeant américain.

Cette interprétation n’est toutefois plus tenable. Avant et après Charlottesville, Netanyahu a courtisé d’autres dirigeants qui ne sont pas touchés par l’antisémitisme ou qui lui sont carrément sympathiques, et sur lesquels Israël n’est pas dépendant économiquement. Ses concessions vont jusqu’à participer à une forme partielle de négationnisme.

Prenons le cas de la Hongrie. Sous le gouvernement de Viktor Orban, le pays montre des signes troublants de légitimation de l’antisémitisme. En 2015, par exemple, le gouvernement hongrois a annoncé son intention d’ériger une statue pour commémorer Balint Homan, un ministre de la période de l’Holocauste qui a joué un rôle décisif dans l’assassinat ou l’expulsion de près de 600 000 Juifs hongrois. Loin d’être un incident isolé, quelques mois plus tard, en 2016, une autre statue a été érigée en hommage à Gyorgy Donáth, l’un des architectes de la législation anti-juive pendant la Seconde Guerre mondiale. Il n’était donc pas surprenant d’entendre Orban employer des paroles antisémites lors de sa campagne de réélection en 2017, notamment contre Georges Soros, milliardaire-philanthrope juif hongro-américain qui soutient les causes libérales, notamment celle des frontières ouvertes et de l’immigration. En réanimant le cliché antisémite sur le pouvoir des Juifs, Orban a accusé Soros d’avoir l’intention de saper la Hongrie

Qui Netanyahu a-t-il choisi de soutenir? Pas la communauté juive hongroise inquiète qui a protesté amèrement contre la rhétorique antisémite du gouvernement Orban; il n’a pas non plus choisi de soutenir le Juif libéral Soros, qui défend des causes humanitaires. Au lieu de cela, le Premier ministre a créé de nouvelles lignes de faille, préférant les alliés politiques aux membres de la tribu. Il a soutenu Orban, la même personne qui ressuscite le souvenir d’antisémites sombres. Lorsque l’ambassadeur israélien à Budapest a protesté contre l’érection de la statue tristement célèbre, il a été publiquement contredit par Netanyahu.

À ma connaissance, le gouvernement israélien n’a jamais officiellement protesté contre les tendances et les affinités antisémites d’Orban. En fait, quand l’ambassadeur israélien à Budapest a essayé de le faire, il a été calmé par Jérusalem. Peu de temps avant les élections hongroises, Netanyahu a pris la peine de se rendre en Hongrie, donnant ainsi un « certificat casher » à Orban et l’exonérant de l’opprobre attaché à l’antisémitisme et à l’approbation des personnalités actives dans la Shoah. Lorsque Netanyahu s’est rendu à Budapest, la Fédération des communautés juives lui a offert une réception glacée, tandis qu’Orban lui a réservé un accueil chaleureux. Pour renforcer leur amitié touchante, Netanyahu a invité Orban à se rendre en Israël en juillet dernier, le recevant d’une manière habituellement réservée aux alliés nationaux les plus dévoués.

La relation avec la Pologne est tout aussi surprenante. Pour rappel, la Pologne est gouvernée par le parti nationaliste Droit et justice, qui a une politique intransigeante contre les réfugiés et semble vouloir éliminer l’indépendance des tribunaux à travers une série de réformes qui permettraient au gouvernement de contrôler le pouvoir judiciaire. En 2016, le gouvernement dirigé par Droit et justice a éliminé l’organisme officiel chargé de traiter les problèmes de discrimination raciale, de xénophobie et d’intolérance, arguant que l’organisation était devenue «inutile».

Encouragés par cette déclaration et par d’autres déclarations et politiques gouvernementales, les signes de nationalisme se sont multipliés au sein de la société polonaise. En février 2018, le président Andrzej Duda a déclaré qu’il signerait une loi interdisant d’accuser la nation polonaise d’avoir collaboré avec les nazis. Accuser la Pologne de collusion dans l’Holocauste et d’autres atrocités nazies serait désormais passible de poursuites. Israël a d’abord protesté contre la législation proposée, mais en juin, Benjamin Netanyahu et le Premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki, ont signé un accord exonérant la Pologne de tous les crimes contre les Juifs pendant l’occupation allemande. Israël a également adhéré à la décision de la Pologne d’interdire l’expression «camp de concentration polonais». De plus, Netanyahu a même signé une déclaration stipulant que l’antisémitisme est identique à l’antipolonisme et que seule une poignée de tristes Polonais étaient responsables de la persécution des Juifs – pas la nation dans son ensemble.

À l’instar de la droite américaine, hongroise et polonaise, Israël veut restaurer la fierté nationale non entachée par les critiques «auto-haineuses». Comme les Polonais, Israël mène depuis deux décennies une guerre contre le récit officiel de la nation, tentant de faire disparaître des manuels scolaires des faits incommodes (comme le fait que les Arabes ont été activement chassés d’Israël en 1948). Afin d’annuler les critiques, le ministère de la Culture d’Israël prévoit désormais un financement des institutions créatives sur la loyauté envers l’Etat. Comme en Hongrie, le gouvernement israélien persécute des ONG comme Breaking the Silence, un groupe dont le seul péché a été de donner aux soldats un forum pour dénoncer leurs expériences dans l’armée et s’opposer à la violence des colons contre les Palestiniens ou à l’expropriation des terres en violation du droit international. Expurger les critiques de la vie publique (tel qu’exprimé en interdisant l’entrée dans le pays des partisans du BDS, en refusant le financement des compagnies de théâtre ou des films critiques envers Israël, etc.) est une expression du pouvoir d’État direct.

En ce qui concerne les réfugiés, Israël, comme la Hongrie et la Pologne, refuse de se conformer au droit international. Depuis près d’une décennie, Israël n’a pas respecté les conventions internationales sur les droits des réfugiés, même s’il est signataire de ces conventions : l’État a détenu des réfugiés dans des camps et les a emprisonnés et déportés. Comme la Pologne, Israël tente de supprimer l’indépendance de son système judiciaire. Israël se sent à l’aise avec l’extrême droite antidémocratique des États européens, tout comme on se sent à l’aise avec un membre de la famille qui rote et b, perdant tout sens de l’auto-contrôle ou des manières à table.

Plus généralement, ces pays partagent aujourd’hui un noyau politique commun très profond: la peur des étrangers aux frontières (il faut cependant préciser que les peurs des Israéliens sont moins imaginaires que celles des Hongrois ou des Polonais); des références à la fierté nationale non entachée par un passé douteux, faisant des critiques des traîtres à la nation; l’interdiction des organisations de défense des droits de l’homme et la contestation les normes mondiales fondées sur des principes moraux. Le triumvirat Netanyahu-Trump-Poutine a une vision et une stratégie bien définies: créer un bloc politique qui saperait l’ordre international libéral actuel et ses principaux acteurs.

Dans un article récent sur Trump pour Project Syndicate, le spécialiste juridique Mark S. Weiner a suggéré que la vision politique et la pratique de Trump suivaient (quoique sans le savoir) les préceptes de Carl Schmitt, le juriste allemand qui a rejoint le parti nazi en 1933.

«À la place de la normativité et de l’universalisme, Schmitt propose une théorie de l’identité politique fondée sur un principe que Trump apprécie sans doute profondément dans sa carrière pré-politique : la terre», a écrit Weiner. « Pour Schmitt, une communauté politique se forme lorsqu’un groupe de personnes reconnaît qu’elles partagent un trait culturel distinct qui, selon elles, mérite d’être défendu de leur vie. Cette base culturelle de la souveraineté est en fin de compte ancrée dans la géographie distinctive… qu’un peuple habite. En jeu, il y a des positions opposées sur la relation entre identité nationale et droit. Selon Schmitt, le nomos de la communauté [le mot grec pour «loi»] ou le sens d’elle-même qui découle de sa géographie, est la condition philosophique de sa loi. Pour les libéraux, en revanche, la nation se définit d’abord et avant tout par ses engagements juridiques. »

Netanyahu et ses semblables souscrivent à cette vision schmittienne du politique, subordonnant les engagements juridiques à la géographie et à la race. La terre et la race sont les motifs secrets et manifestes de la politique de Netanyahu. Lui et sa coalition ont, par exemple, mené une politique d’annexion lente en Cisjordanie, soit dans l’espoir d’expulser ou de soumettre les 2,5 millions de Palestiniens qui y vivent, soit de les contrôler.

Ils ont également radicalisé la judéité du pays avec la loi très controversée de l’État-nation. Jouer avec les dirigeants antisémites peut sembler contredire la loi de l’État-nation, mais elle est motivée par la même logique d’état et de logique schmittienne selon laquelle l’État ne se considère plus comme un représentant de tous ses citoyens, mais vise à étendre son territoire, à augmenter son pouvoir en désignant des ennemis, à définir qui appartient ou pas, à restreindre la définition de la citoyenneté, à durcir les limites du corps collectif et à saper l’ordre libéral international. La ligne qui relie Orban à la loi sur la nationalité est l’expansion pure et simple du pouvoir de l’État.

Courtiser Orban ou Morawiecki signifie avoir des alliés au sein du Conseil et de la Commission européenne, ce qui aiderait Israël à bloquer les votes indésirables, à affaiblir les stratégies internationales palestiniennes et à créer un bloc politique qui pourrait imposer un nouvel ordre international. Netanyahu et ses amis ont une stratégie et tentent de remodeler l’ordre international pour atteindre leurs propres objectifs nationaux. Ils comptent sur la victoire finale des forces réactionnaires pour avoir la liberté de faire ce qu’ils veulent à l’intérieur de l’État.

Mais ce qui est le plus surprenant, c’est que pour promouvoir ses politiques illibérales, Netanyahu est prêt à snober et à rejeter la plus grande partie du peuple juif, ses rabbins et intellectuels les plus reconnus, et le grand nombre de Juifs qui ont soutenu par de l’argent ou l’action politique, l’Etat d’Israël. Cela suggère un changement clair et indéniable d’une politique basée sur le peuple à une politique basée sur la terre.

Pour la majorité des Juifs à l’extérieur d’Israël, les droits de l’homme et la lutte contre l’antisémitisme sont des valeurs fondamentales. Le soutien enthousiaste de Netanyahu aux dirigeants autoritaires et antisémites est l’expression d’un changement profond dans l’identité de l’État en tant que représentant du peuple juif dans un État qui vise à promouvoir sa propre expansion en saisissant des terres, en violant le droit international, exclusion et discrimination. Ce n’est pas le fascisme en soi, mais certainement l’une de ses caractéristiques les plus distinctives.

Cet état de fait est inquiétant mais il est également probable que deux évolutions intéressantes et même positives se produisent. La première est que, de la même manière qu’Israël s’est libéré de son «complexe juif» – abandonnant son rôle de chef et de centre du peuple juif dans son ensemble – beaucoup ou la plupart des Juifs vont maintenant se libérer de leur complexe israélien, comprenant finalement que les valeurs d’Israël et les leurs sont profondément en conflit. Le 13 août 2018, le président du Congrès juif mondial, Ron Lauder, cité dans le New York Times, était sur le point de désavouer Israël, en est un puissant témoignage. Lauder était très clair : la perte du statut moral d’Israël signifie qu’il ne pourra pas exiger la loyauté inconditionnelle de la communauté juive mondiale. Ce qui était vécu dans le passé par de nombreux Juifs comme un conflit intérieur se résorbe lentement : beaucoup ou la plupart des membres des communautés juives accorderont leur préférence à leur engagement envers les constitutions de leurs pays, c’est-à-dire aux droits humains universels.

Israël a déjà cessé d’être le centre de gravité du monde juif et, à ce titre, il ne pourra compter que sur le soutien d’une poignée de milliardaires et des ultra-orthodoxes. Cela signifie que dans un avenir prévisible, l’effet de levier d’Israël sur la politique américaine sera considérablement affaibli.

Le trumpisme est une phase transitoire de la politique américaine. Les Latinos et les démocrates de gauche seront de plus en plus impliqués dans la politique du pays et, comme ils le font, ces politiciens auront de plus en plus de difficultés à justifier le soutien américain continu aux politiques israéliennes odieuses aux démocraties libérales. Contrairement au passé, cependant, les Juifs ne les forceront plus à regarder ailleurs.

Le deuxième développement intéressant concerne l’Europe. L’Union européenne ne sait plus quelle était sa mission. Mais les Netanyahus, les Trump, les Orbans et Morawieckis aideront l’Europe à réinventer sa vocation : le bloc social-démocrate de l’UE aura pour mission de s’opposer à l’antisémitisme et à toutes les formes de racisme des valeurs pour lesquelles nous, Juifs et non-Juifs, sionistes et antisionistes, avons tant lutté. Israël, hélas, n’est plus parmi ceux qui combattent ce combat.

Une version plus courte de cet article a paru dans le Monde.

Eva Illouz

Traduction : CSPRN

Source : Haaretz

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22 septembre 2018 6 22 /09 /septembre /2018 05:38

L'éditorial de Maurice Ulrich. 

C’est une pitoyable mise en scène ou plutôt une mascarade.

« Il faut arrêter d’emmerder les retraités », aurait dit le président de la République. C’était à la suite de la velléité de Christophe Castaner, dont on peut se demander si elle n’était pas téléguidée, d’alléger les droits de succession pour les plus modestes en alourdissant un peu ceux des plus riches. Ce sont donc ces derniers qui s’en tirent mais l’effet d’annonce est ailleurs : ne plus emmerder les retraités. Et Édouard Philippe d’annoncer, hier matin sur France Inter, que 300 000 d’entre eux seraient exemptés de la hausse de la CSG avec un mécanisme confus. Possible, mais la réalité demeure.

Au total, comptait la députée PS Valérie Rabault dans un des débats de la Fête de l’Humanité aux côtés de François Ruffin (FI) et de Pierre Dharréville (PCF), 13 millions de retraités vont voir leur pension gelée ou presque dès l’an prochain, alors que 8 millions ont déjà subi la hausse de la CSG depuis le 1er janvier. Pour l’immense majorité d’entre eux, ce sera au total un demi-mois de retraite en moins !

C’est un véritable racket de celles et ceux qui ont le plus souvent cotisé pendant toute une vie de travail et c’est une rupture du contrat social comme de la confiance dans l’équité de l’État. La cotisation pour la retraite avait en quelque sorte valeur d’engagement de la collectivité, de même que l’alignement sur l’inflation. Et ce serait, a redit Édouard Philippe, pour que « le travail paye ». On peut l’entendre de deux façons. D’une part, que c’est aux retraités de contribuer aux salaires des actifs dans le même temps que l’on baisse les cotisations sociales des entreprises et que l’ISF a été supprimé. D’autre part, d’une manière beaucoup plus perverse, que ceux qui ne travaillent plus n’ont pas à être trop payés. « La forme, a pu dire Victor Hugo, c’est le fond qui monte à la surface. » La méthode tout comme les propos du président et d’Édouard Philippe signent une vision idéologique incroyablement réactionnaire. Pour eux, les retraités sont à charge pour les entreprises et ceux qui réussissent. Encore un pognon de dingue. On peut donc les braquer. Mais c’est à double s

 

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22 septembre 2018 6 22 /09 /septembre /2018 05:37
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