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27 novembre 2021 6 27 /11 /novembre /2021 06:35
Georges Cadiou invité de la fête de l'Humanité Bretagne pour présenter son livre sur Marcel Cachin, un breton émancipé
A la fête de l'Humanité Bretagne de Lanester, le dimanche 28 novembre à 15h, Georges Cadiou présentera son livre sur un des fondateurs du Parti communiste français, le premier directeur de l'Humanité devenue communiste, et ceci pendant plusieurs décennies, le breton et costarmoricain Marcel Cachin, passionnément attaché à la Bretagne, sa langue et sa culture.
 
La causerie avec l'écrivain et journaliste Georges Cadiou et son livre sur Marcel Cachin aux éditions Yoran Embanner (automne 2021) sera animée par Ismaël Dupont.
 
Georges Cadiou a été journaliste de presse écrite, reporter à Radio Breizh-Izel, élu à Quimper. Il est l'auteur de plusieurs livres et documentaires de télévision sur l'histoire du mouvement breton et le sport. Il a notamment publié chez Yoran Embanner La gauche et la revendication bretonne (2015) et l'excellent L'Hermine et la croix gammée, le mouvement breton et la collaboration en 2006 aux éditions Apogée.
 
Georges Cadiou devrait être être également l'invité du PCF Pays de Morlaix pour une conférence-débat des Mardis de l'éducation populaire le mardi 14 décembre à 18h pour nous parler de Marcel Cachin et de la vie, de la pensée et de l'action, du militant breton fondateur du Parti communiste, directeur de l'Humanité pendant plusieurs décennies. 
 
 
***
 
 
 
Ci-joint, un article que écrit pour le Chiffon Rouge sur Marcel Cachin: http://www.le-chiffon-rouge-morlaix.fr/.../marcel-cachin...
Marcel Cachin est né à Paimpol le 20 septembre 1869. Ses parents étaient de condition modeste. Son père, originaire du Gers, était venu en Bretagne après son service militaire et était devenu gendarme. Sa mère, née Le Gallou, était d'une famille paysanne. Après avoir fréquenté l'école primaire de Paimpol, Marcel Cachin est entré comme élève boursier grâce à ses dons remarquables au lycée de Saint Brieuc, comme interne. Durant les vacances, il revenait à Paimpol qui l'enchantait par sa beauté pittoresque et son ambiance.
« Les citoyens de l'ardente petite ville étaient fiers de leur réputation d'hommes d'avant-garde dans un département où dominaient encore les hobereaux et les réactionnaires les plus arriérés. Dans les cafés et les auberges enfumés du port se rencontraient les marins et les capitaines dont les voyages autour du monde avaient élargi l'esprit. Avec les ouvriers constructeurs de navires, les marins orientaient la politique locale vers la République encore jeune et discutée ».
Marcel choisit des études classiques. Il devient un amoureux des lettres grecques et latines. Pendant son adolescence, il perd sa foi religieuse. Un professeur de philosophie, Baptiste Jacob, exerce une forte influence sur lui et aide Marcel Cachin à accéder gratuitement au lycée de Rennes. Reçu au concours des bourses de licence et ayant opté pour la philosophie, Marcel Cachin est ensuite envoyé à la Faculté des Lettres de Bordeaux.
C'est à Bordeaux, autour de sa vingtième année, que Marcel Cachin adhère au socialisme, au Parti Ouvrier Français de Jules Guesde. Pour son congrès de Marseille en 1892, la direction du Parti a établi un questionnaire qui permet au Congrès d'élaborer un programme agraire en phase avec les besoins des paysans. Marcel Cachin, pendant ses vacances à Paimpol, remplit scrupuleusement son questionnaire en s'informant auprès des cultivateurs, des fermiers et des métayers bretons.
A Bordeaux, Marcel Cachin donne des cours particuliers à des jeunes de famille bourgeoise, collabore à « La question sociale », recrute des adhérents et des cadres pour le parti de Jules Guesde et de Paul Lafargue. En 1898, il se présente comme candidat aux législatives à Libourne, sans aucun espoir de succès. Le POF se divise profondément sur la participation des socialistes au gouvernement bourgeois et républicain à partir de juin 1899 avec l'entrée de Millerand au ministère Waldeck-Rousseau. Cachin prend alors de parti de la ligne d'opposition au réformisme de Guesde contre celle de Jaurès. En 1900, il est élu conseiller municipal de Bordeaux, puis adjoint au maire aux transports et à la voirie et en 1903, il devient secrétaire de sa fédération.
En décembre 1903 toujours, il porte la contradiction à Jaurès qui défend au Capitole de Toulouse la politique du bloc des gauches et de la participation ministérielle. Aux élections municipales de mai 1904, le POF obtient plus de voix à Bordeaux que les radicaux et les socialistes de gouvernement mais ces derniers refusent l'alliance de second tour et la droite l'emporte.
En août 1904, Cachin est délégué au Congrès de la IIe Internationale socialiste à Amsterdam en tant que représentant du Parti Socialiste de France, produit de la fusion en 1901-1902 des blanquistes et des marxistes guesdistes. C'est là que, grâce à Paul Lafargue, il fait la connaissance d'une institutrice de français américaine, déléguée du Parti socialiste américain, qui deviendra sa femme. Le Congrès d'Amsterdam condamne la participation aux gouvernements bourgeois et l'évolutionnisme réformiste de Bernstein. Il plaide en même temps pour l'unité du mouvement socialiste et Jaurès accepte l'unité, qu'il désirait depuis longtemps, sous la direction d'une ligne politique marxiste de lutte des classes et révolutionnaire.
En 1906, quittant Bordeaux, Cachin devient, sous l'impulsion de Guesde, délégué à la Propagande du Parti Socialiste. En 1910, il est élu député d'Alès. Mais le gouvernement et la chambre des députés l'invalident, privant les mineurs et paysans du Gard de leur défenseur. En 1908 et 1912, il parcourt l'Algérie. Dans des meetings où se confondent travailleurs de toute origine, Marcel Cachin s'élève contre les entreprises d'asservissement colonial, proclame la solidarité du prolétariat français avec les peuples arabes d'Afrique du Nord.
L'Humanité, créée par Jaurès en 1904, qui ne se vend qu'à 50 000 exemplaires en 1911, devient la propriété du Parti Socialiste à ce moment là, qui le prend en charge tout en maintenant Jaurès à la direction du journal. Après la mort de Paul Lafargue en novembre 1911, Marcel Cachin le remplace comme rédacteur régulier.
En 1912, Cachin est élu conseiller municipal et conseiller général du XVIIIe arrondissement de Paris. « Pendant les deux années qu'il siège à l'Hôtel de ville, il se préoccupe surtout des travailleurs du métro, des omnibus et des transports de surface. Les travailleurs des omnibus étaient groupés dans deux syndicats rivaux. Les ouvriers des ateliers de la rue Championnet lui demandèrent de prendre la direction de leur syndicat : après avoir consulté Guesde et Jaurès, Marcel Cachin accepta. Il réconcilia les ouvriers des ateliers de réparation et les roulants, fit l'union des deux syndicats et obtint divers avantages. Pendant la grève générale des employés de tramways en 1916, il conduisit une délégation de femmes au ministère de l'Intérieur pour exiger des augmentations de salaire : le gouvernement dut céder. Marcel Cachin resta à la tête du syndicat des transports de surface de 1913 jusqu'à 1919. A l'Hôtel de Ville, il menait une lutte incessante contre les puissantes compagnies capitalistes qui avaient mis en coupe réglée Paris et le département de la Seine » (Marcel Cachin vous parle, introduction à ses articles et discours par Jean Fréville. Editions sociales, 1959).
En 1907, Marcel Cachin représente encore le Parti Socialiste au Congrès de l'Internationale à Stuttgart qui veut mobiliser contre la guerre mondiale en préparation: il y rencontre Clara Zetkin, Bebel, Karl Liebknietcht.
En mars 1914, Marcel Cachin est élu député avec 99 autres socialistes, pour ce qui est le plus grand succès électoral des socialistes en France jamais enregistré. Succès en trompe l’œil. Quand éclata le drame de Sarajevo, le Parti Socialiste, à part sans doute Jaurès, n'en prévoit pas les conséquences. Il tint à Paris, le 14 juillet, un congrès qui se prononça pour la grève générale en cas de guerre (motion Vaillant-Jaurès, que Guesde considéra comme utopique). Quinze jours après, Albert Thomas et Sembat qui avaient préconisé la grève générale entraient avec Guesde dans le ministère d'Union Sacrée, après l'assassinat de Jaurès le 31 juillet et la déclaration de guerre.
Marcel Cachin se laisse emporter par le courant général d'union sacrée, intervient même, à la demande de Guesde, pour convaincre en mars 1915 les camarades socialistes italiens de plaider l'entrée en guerre de leur pays.
Après le renversement du tsarisme en Russie en mars 1917, Marcel Cachin convainc le Conseil National du Parti Socialiste d'envoyer des délégués à une conférence internationale, qui doit se réunir à Stockholm et fixer les modalités d'une paix sans annexions ni contributions. Mais le gouvernement refuse de leur attrribuer des passeports.
A partir de la Révolution d'Octobre 1917, Cachin défend la révolution bolchevik dans ses articles et ses interventions à la Chambre. En octobre 1918, il est désigné pour remplacer à la direction de l'Humanité
Renaudel, partisan de la lutte contre les bolcheviks : signe d'un changement de majorité et de tendance au Parti Socialiste. Marcel Cachin dénonce l'intervention militaire française en Russie contre la jeune Révolution qui a fait la paix avec l'Allemagne.
Quand les conflits sociaux s'étendent en France au cours des années 1919 et 1920, reprimés par la troupe, Cachin interpelle le gouvernement, attaque Clémenceau, soumet au vote une motion de flétrissure contre la majorité bourgeoise et réactionnaire de la Chambre.
Aux élections de novembre 1919, les socialistes, qui gagnent 300 000 voix, représentent le quart des électeurs du pays. Cachin est réélu dans le 18e arrondissement de Paris.
Le Congrès de Strasbourg du parti Socialiste (février 1920), tout en se prononçant pour la sortie de la IIe Internationale, écarte l'adhésion à la IIIe Internationale, constituée le 4 mars 1919 à Moscou. Mais il charge Marcel Cachin et Frossard, secrétaire général du Parti Socialiste depuis 1918, d'aller recueillir des informations précises sur le nouveau régime. Cachin rencontre Lénine plusieurs fois, très critique vis-à-vis du Parti Socialiste français. A son retour, au Cirque de Paris, il rend compte de sa mission : « Nous revenons émerveillés de notre voyage ».
D'août à décembre 1920, avant le Congrès de Tours ( 25-30 décembre 1920), Cachin défend l'adhésion à la IIIe Internationale. Au Congrès de Tours, Cachin, Clara Zetkin, s'opposent à Blum, Renaudel, Paul Faure. 3028 mandats contre 1022 votent l'adhésion à la IIIe Internationale.
L'Humanité va ainsi rester entre les mains des révolutionnaires issus du Parti Socialiste qui vont créer le Parti Communiste. Et elle sera dirigée par Marcel Cachin, qui sera pendant 38 ans membre du Bureau Directeur du Parti Communiste.
Le PCF milite pour la fraternisation des ouvriers allemands et français, contre l'occupation de la Rhur, ce qui lui vaut une arrestation en 1923 et un emprisonnement à la Santé avec Pierre Sémard, Gabriel Péri et onze autres camarades.
En 1924, avec le PCF, Cachin dénonce la guerre colonialiste du Rif contre Abd-el-Krim menée par l'étonnant tandem Pétain-Franco qui bombardent les villages montagneux du nord marcocain. A cette occasion, il est à nouveau condamné à deux ans de prison, avec Maurice Thorez, 25 ans à l'époque, secrétaire du comité d'action contre la guerre au Maroc. Ces deux ans sont commués en appel en un an de prisan, que Cachin accomplit à la Santé en 1927. Cela n'empêche pas d'être élu député en 1928 avec un score supérieur à celui qu'il avait réalisé en 1924.
A partir de 1930, Maurice Thorez devient secrétaire général du Parti Communiste. Cachin défend avec lui la ligne du Front Unique, du Front Populaire contre les forces de la bourgeoisie et le fascisme montant. A cette époque, les communistes étaient « unitaires pour deux » (Maurice Thorez), L'Humanité, avec une diffusion de 430 000 exemplaires, était le journal politique le plus lu en France.
En 1935, Cachin est élu Sénateur.
L'Humanité est supprimée par le gouvernement Daladier en 1939 suite au pacte de non agression germano-soviétique. En janvier 1940, Cachin est déchu de son mandat de sénateur, il se retire en Bretagne, sans sa petite maison de Lancerf, où la Gestapo l'arrête en septembre 1941. Il est enfermé plusieurs semaines à Saint-Brieuc puis à Rennes mais les Allemands finissent par le relâcher, craignant que sa mort ne suscitât des réactions fortes dans l'opinion et chez les communistes qui mobilisent pour libérer Marcel Cachin. Gabriel Péri, chef de la rubrique de politique étrangère à l'Humanité, est fusillé en décembre 1941.
Quand L'Humanité reparaît de manière officielle à la Libération, 11 collaborateurs et rédacteurs clandestins de L'Humanité ont été exécutés.
A la libération, Marcel Cachin est membre de l'Assemblée Consultative, puis des deux Assemblées Constituantes de 1945 et 1946, avant d'être réélu à l'Assemblée Nationale en novembre 1946. Réélu en 1951 et 1956, il restera député de Paris jusqu'à sa mort. Dans les années 50, il continue à la Chambre et avec l'Humanité de soutenir avec vigueur le combat anti-colonialiste au Viet-Nam, en Tunisie, au Maroc, en Côte-d'Ivoire, au Cameroun, en Algérie. Il se souvient avoir personnellement rencontré et apprécié Hô-Chi-Minh, étudiant à Paris.
Le 17 novembre 1956, sa femme Marguerite meurt. Lui-même s'éteint à Choisy-le-Roi le 12 février 1958.
A la suite d'obsèques populaires impressionnantes, Cachin a été enterré auprès des Communards du père Lachaise.
 
Georges Cadiou invité de la fête de l'Humanité Bretagne pour présenter son livre sur Marcel Cachin, un breton émancipé
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24 novembre 2021 3 24 /11 /novembre /2021 07:41
Madeleine, la merveilleuse BD sur Madeleine Riffaud, résistante, militante communiste, prix Goscinny du meilleur scénariste à Angoulême
Je n'en reviens pas... Voilà que Jean-David et moi avons été primés par le Prix Goscinny, au festival d'Angoulême, qui récompense le meilleur scénariste de l'année.
Qui aurait cru que je vivrais ça maintenant... Même si j'en ai un peu marre qu'on dise mon âge à tout bout de champ
Et je suis contente car ça va emmerder encore un peu plus les fachos qui s'amusent à écrire des slogans pro nazis sur mon exposition (et tous leurs copains sans cerveaux) aux Butte-Chaumont !
D'autant que le prix jeune scénariste revient à DES VIVANTS de Raphaël Meltz, Louise Moaty et Simon Roussin... qui parle du réseau du Musée de l'Homme et de Germaine Tillion, pour qui j'ai évidement le plus grand respect !
Merci au Jury !
Et une pensée à Lucie et Raymond Aubrac, qui m'ont poussée à témoigner à une époque où je croyais que je n'en avais plus rien à foutre. Cette BD, c'est la continuité du travail qu'ils m'ont demandé d'accomplir et qui me tient en vie.
NOUS NE SOMMES PAS DES MARTYRS, NOUS SOMMES DES COMBATTANTS. NOUS NE SOMMES PAS DE VICTIMES, NOUS SOMMES DES RÉSISTANTS !
RAINER est toujours là.
 
Voir aussi:
Madeleine, la merveilleuse BD sur Madeleine Riffaud, résistante, militante communiste, prix Goscinny du meilleur scénariste à Angoulême

Dupuis, 23,50€ - à vendre dans toutes les bonnes librairies!

Il y a quelques semaines est sorti le premier tome d'une série de bande dessinée sur la vie extraordinaire de Madeleine Riffaud, résistante, communiste, journaliste, militante anticolonialiste, sur un scénario de Jean-David Morvan et Madeleine Riffaud, et avec des dessins somptueux de Dominique Bertail. 

Ce premier volet de "Madeleine, Résistante", "La Rose dégoupillée", avec des dessins à dominante de couleur bleue, noire, et blanche, des cases de BD qui peuvent atteindre la planche et la page sur du très grand format qui donnent à rêver le paysage et le temps passé, est consacré à l'enfance et à l'adolescence de Madeleine.

Née en 1924, elle grandit avec un père instituteur dans un village de la Somme marqué par la première guerre mondiale, jouant surtout avec les garçons dont elle aime partager les aventures.

Sous le Front Populaire, elle découvre les joies des vacances dans le futur village martyr d'Oradour-sur-Glane. Pendant l'exode, son grand-père adoré la recueille, elle est envoyée chez une amie pacifiste de ses parents, trop complaisante avec les Allemands, à Amiens. A la mort de son grand-père, Madeleine contracte la tuberculose, et c'est dans son sanatorium de Saint-Hilaire-du-Touvet non loin de Chalon-sur-Saône, qu'elle découvre la proximité de la mort et de la souffrance, l'amour, et qu'elle rencontre des résistants. Elle s'éprend d'un ami de ses parents, d'origine normande, résistant, et gagne Paris avec lui où elle passe son examen de sage-femme pour se donner une couverture et ne va pas tarder elle-même, à l'automne 42, à rentrer dans un réseau de résistance, sous le nom d'homme de Rainer, référence au poète allemand Rainer Maria Rilke, dont la BD rappelle qu'il "est décédé d'une leucémie après s'être piqué avec une épine de rose", la fleur préférée de Madeleine.   

L'épilogue de cette BD pleine de souffle et de poésie raconte de manière drôle et émouvante la rencontre du scénariste Jean-David Morvan et de Madeleine Riffaud, et comment la résistante et militante communiste, journaliste et essayiste, presque centenaire, a subjugué l'auteur de BD par son humour, sa vivacité et son intelligence, alliés à la force de caractère.  

Début 1944, elle entre en même temps au Parti communiste et dans la lutte armée. Elle apprend le massacre d’Oradour-sur-Glane, village de sa jeunesse. « Je pensais à cela quand je pédalais dans Paris, aux brûlés vifs que je connaissais. Éluard parlait des “armes de la douleur”. C’était exactement cela.

Madeleine Riffaud sera responsable des étudiants résistants FTP du quartier latin en 1944. Le 23 juillet 1944, elle abat en plein jour de deux balles dans la tête un officier de l'armée d'occupation sur le pont de Solferino. Prenant la fuite à vélo, elle est rattrapée et renversée par la voiture du chef de la milice de Versailles, puis envoyée au siège de la Gestapo rue des Saussaies où elle est torturée par des allemands et des français collaborateurs, puis condamnée à mort. Elle saute du train qui l'envoie en déportation à partir de la prison de Fresnes et reprend le combat dans la compagnie Saint-Just, attaquant notamment un train rempli de troupes allemandes arrivant aux Buttes Chaumont (gare Ménilmontant). Madeleine a 20 ans lors de la Libération de Paris et reçoit le brevet de lieutenant FFI le 23 août 1944.

A la Libération, elle devient l'amie d'Eluard et de Picasso, qui fait un portrait d'elle pour illustrer son premier recueil de poésie. Elle devient grand reporter à L'Humanité et amie avec le révolutionnaire communiste vietnamien Ho Chi Minh.

Un article de l'Humanité en 2012, "Madeleine Riffaud, des toits de Paris aux rizières du Vietnam", raconte magnifiquement la suite des aventures de Madeleine:

"Car, à partir de 1964, Madeleine Riffaud devient Chi Tam, la 8e sœur. Elle est l’une des rares occidentales à être acceptée dans les maquis viêt-cong, et devient une combattante à part entière de la résistance vietnamienne. « Ce que j’ai vu au Sud-Vietnam » affiche la une de l’Humanité en novembre 1970, dont le reportage révèle au monde l’horreur de la répression. « Con Son, Tan Hiep, Thu Duc, Chi Hoa… Il nous faut retenir ces noms car, jadis, pour les résistants victimes des nazis, l’enfer a duré cinq ans. Or au Sud-Vietnam, le même enfer dure depuis quinze ans », écrit-elle en 1972, au cœur d’un papier qui dénonce les atrocités commises par l’administration américaine. « Voilà la démocratie de Nixon, conclut-elle. Voilà la paix que les vaincus, en s’en allant, voudraient accorder à des hommes, des femmes estropiés à vie par les tortures sans fin… » Et elle sait de quoi elle parle : « Le drame est d’être passée de la Résistance aux guerres coloniales. J’ai été correspondante de guerre pour dire mon horreur des conflits. » « On disait des Viêt-cong : ce sont des hommes sans visage. » Ces combattants de l’ombre retrouvent le sourire devant l’objectif de Madeleine Riffaud, qui s’attache à leur redonner une identité. Dans ces déluges de violences qu’elle décrit, la poésie n’est jamais loin, derrière une description des rizières vietnamiennes ou des images de typhons, autant de métaphores de la mort, omniprésente. La couverture de la guerre d’Algérie la ramène rue des Saussaies, où la police française torture les militants du FLN, là même où elle a connu l’enfer. Le 7 mars 1961, l’Humanité sort avec une page blanche, marquée en son centre de ce seul mot : « Censuré ». À l’origine de la saisie, un article de Madeleine Riffaud sur les tortures pratiquées à Paris, qui déclenche la fureur du préfet de police, Maurice Papon, qui porte plainte en diffamation et demande des dommages et intérêts. Elle réchappe de peu à un attentat de l’OAS et passe plusieurs mois à l’hôpital.

En 1973, Madeleine Riffaud emprunte une nouvelle identité et repousse toujours plus loin les limites de l’investigation. Elle devient Marthe, se fait embaucher dans un hôpital parisien comme aide-soignante. Elle récure les sols, prodigue les soins aux patients, veille la nuit des mourants anonymes. De cette expérience, elle en tire un récit lucide et tendre sur l’univers hospitalier, les Linges de la nuit, sur ce qui se joue sous les draps blancs, quand l’imminence de la mort rebat les cartes des rapports humains. Car comme le disait d’elle Jean Marcenac, « Madeleine Riffaud est un poète qui a pris résolument le parti de s’exprimer par le journal… Elle a toute seule créé ce qu’il faut bien nommer un genre et, finalement, elle a parfaitement réussi».

Ismaël Dupont, 5 octobre 2021

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24 novembre 2021 3 24 /11 /novembre /2021 07:38
Photo Renaud Faroux à Colonel Fabien

Photo Renaud Faroux à Colonel Fabien

L.H.O.O.Q. Readymade corrigé de Marcel Duchamp, version 1930 pour Louis Aragon puis offerte par le poète au PCF ( ici dans les mains du commissaire Faroux) réintègre les cimaises de l’espace Niemeyer pour l’exposition Libres comme l’art du 1 décembre au 31 janvier 2022.

Renaud Faroux, commissaire de l'exposition Libres comme l'art à Colonel Fabien, et conférencier habituel du PCF 29 sur les expositions d'art contemporain et moderne de Landerneau et Pont-Aven. Renaud Faroux sera invité en début d'année 2022 pour présenter l'exposition "Libres comme l'art"

Voir aussi:

Landerneau: Avec l'historien et critique d'art Renaud Faroux et l'espace des Capucins, les militants communistes se familiarisent avec plaisir avec les artistes de la Figuration Libre, cette peinture underground contestatrice des années 80

Conférence de Renaud Faroux sur l'oeuvre de Picasso pour les adhérents du PCF - 1er novembre 2017, Landerneau

Les conférences d'éducation populaire du PCF 29 - l'historien et critique d'art Renaud Faroux présente Tal Coat le 6 avril à Moëlan sur Mer en accompagnement de la visite guidée de l'exposition Tal Coat à Pont-Aven

Vidéo de la conférence de Renaud Faroux sur les origines de l'abstraction à Landerneau (Mitchell et Riopelle) 2/02/2019

PCF 29: Conférence de Renaud Faroux sur les origines de l'abstraction et visite guidée de l'expo Jean-Michel Riopelle et Joan Mitchell au FHEL des Capucins à Landerneau: du pur bonheur!

PCF 29, samedi 2 février: visite de l'exposition Mitchell et Riopelle à FHEL de Landerneau et conférence de Renaud Faroux

Colonel Fabien - le retour au PCF de L.H.O.O.Q. de Marcel Duchamp pour l'exposition Libre comme l'art, du 1er décembre au 31 janvier

En cent ans d'existence, le Parti communiste français a toujours entretenu des liens étroits avec les avant-gardes artistiques et culturelles. Mais si certains peintres sont bien connus comme « compagnons de route » du parti, tels Pablo Picasso ou Marcel Duchamp, d'autres, comme Giacometti, Fernand Léger, Henri Matisse, André Masson, etc., ont aussi cultivé des relations avec celui-ci, à divers degrés, qu'ils aient été militants, sympathisants ou observateurs critiques. En témoigne les formidables collections d’œuvres offertes au parti et déposées depuis dans divers musées.
À l'occasion du centenaire du Parti communiste français, et pour annoncer l'exposition qui se tiendra au printemps 2021, ce livre d'art raconte cette histoire à la fois politique, sociale et artistique à travers la reproduction de 150 œuvres et les éclairages de Yolande Rasle et Renaud Faroux, le conférencier historien d'art avec lequel travaille depuis plusieurs années le PCF Finistère dans le cadre de sa démarche d'éducation populaire autour de l'art, autour notamment des expositions d'art moderne et contemporain de Landerneau et de Pont-Aven.  
L'ensemble de l'ouvrage permet de redécouvrir des artistes majeurs que le marché minore ou dont l'histoire obère la part d'engagement sans laquelle leur œuvre perd une part de son sens.
Avec plus de 150 œuvres ainsi rassemblées, ce livre présente un parcours totalement inédit et incarne un message toujours actuel : « D'un siècle à l'autre, l'art nous change et change le monde. »

Libres comme l’art

Éditions de l’Atelier, 256 pages, 23X27 cm. Préface de Pierre Laurent.

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22 novembre 2021 1 22 /11 /novembre /2021 07:13
L'écrivaine Maryam Madjidi était à Morlaix ce samedi 20 novembre
L'écrivaine Maryam Madjidi était à Morlaix ce samedi 20 novembre
Photo France Chapa - 21 novembre 2021 - Maryam Madjidi à Dialogues Morlaix

Photo France Chapa - 21 novembre 2021 - Maryam Madjidi à Dialogues Morlaix

Photo France Chapa - 21 novembre 2021 - Maryam Madjidi à Dialogues Morlaix

Photo France Chapa - 21 novembre 2021 - Maryam Madjidi à Dialogues Morlaix

L'écrivaine Maryam Madjidi, auteur de "Marx et la poupée", prix Goncourt du Premier Roman, et Prix Etonnants Voyageurs, candidate sur la liste de Ian Brossat et du PCF aux européennes en 2019, était de retour à Dialogues Morlaix le samedi 20 novembre au matin, où, interviewée par Lyonel, elle a animé une rencontre passionnante sur son livre deuxième roman autobiographique "Pour que je m'aime encore". Ensuite, nous avons participé avec elle pendant 3 heures à une rencontre à la MJC de découverte des pays d'origine de plusieurs exilés vivant dans le pays de Morlaix dans le cadre de la semaine de la solidarité internationale. Un vrai moment d'échange humain et de volonté de compréhension de l'autre, et de la diversité culturelle et géographique. Trois heures rares d'écoute et d'enrichissement réciproque. Burkina Faso, Guinée, Cameroun, Sénégal, Venezuela, Italie, Iran, 7 pays sur 3 continents ont ainsi pu être mieux connus! Avec Maryam Madjidi qui était restée avec nous après la présentation de son deuxième roman à Dialogues pour ces rencontres.

Ismaël Dupont

 

Voir aussi:

"Pour que je m'aime encore", de Maryam Madjidi - l'auteur sera à la librairie Saint-Christophe de Lesneven le 19 mai et à la librairie Dialogues Morlaix le samedi 20 novembre à 10h30

L'écrivaine Maryam Madjidi était à Morlaix ce samedi 20 novembre

Récit drôle, tendre et profond d'une adolescence à Drancy, le deuxième roman pour adultes de Maryam Madjidi, est une nouvelle pépite, reprenant le cours d'une jeunesse atypique, que l'on avait laissée à l'école primaire avec  "Marx et la poupée", suite à l'exil d'Iran de Maryam avec ses parents communistes, et ouvrier en France pour son père. 

En courts chapitres enlevés et quasi picaresques, où les mots de l'enfance et les expressions des années 80 rythment un récit marqué par un quotidien d'adolescente complexée tiraillée entre plusieurs influences, récit du quotidien magnifié en aventures burlesques, Maryam Madjidi restitue avec finesse, par petites touches, toute une époque, le milieu immigré, de la banlieue, ainsi que la force polymorphe et mutante ouverte à toutes les contradictions et tous les possibles de l'adolescence, l'âge de l'inachèvement, de l'indécision, l'âge littéraire par excellence selon un auteur comme Gombrowicz.

Cheveux épais, frisés et bouclés, mono-sourcil, moustache, pilosité encombrante, Maryam fait son portrait d'adolescente en demi-monstre faisant de son corps un champ de bataille pour retrouver la féminité "idéale" ou "normale", tant la pression des normes sociales est forte à cet âge...

Elle raconte aussi les vexations et contrariétés subies par une fille, une enfant pauvre, dont les parents étrangers ne maîtrisent pas tous les codes, et qui ne peut ni s'acheter des vêtements de marque ou à la mode, ni partir en vacances, les brutalités d'autres ados, parfois encore plus défavorisés, à côté d'elle, les profs chahutés et ceux, puissants éducateurs, qui font naître des vocations au collège, l'ennui de Drancy, où Maryam vit dans un HLM de la Cité de la Muette, où furent internés pendant des années plusieurs milliers de Juifs en partance pour Auschwitz et les camps de la mort, gardés dans des conditions atroces par des gendarmes français.

Une rescapée de la Shoah viendra un jour troubler une partie de football où Maryam et ses copains shootent dans un ballon de foot contre une cible peinte sur un wagon posé au milieu d'une place entourée d'immeubles HLM. Le retour des fantômes dans cette cité cosmopolite où l'on se connaît bien d'autres problèmes que ceux de la dernière guerre. 

L'auteur a le sens du détail révélateur, des mots crus et vrais, son récit autobiographique, à la manière d'un portrait construit par anecdotes, séquences chronologiques et thématiques (le corps, l'école, la pauvreté, la banlieue, la découverte de l'amour et du sexe, l'ambition sociale et intellectuelle) est émouvant, palpitant, avec une portée universelle, parce qu'il préfère la pirouette comique et ironique au pathos et à l'apitoiement facile.

On pense à Pagnol, à Azouz Begag, à Fouad Laraoui ou bien encore à Riad Sattouf ou Marjane Satrapi pour la conjugaison de la véracité sociologique, de la description vivante du monde de l'enfance, et de l'humour désopilant. A chaque fois, le récit autobiographique saisit une réalité sociale et humaine plus vaste, loin des approches nombrilistes. 

Dans "Pour que je m'aime encore", nous vivons aussi la lutte des classes dans la classe, à l'école, qui malgré ses promesses d'émancipation universelle, reste souvent le haut lieu des ségrégations, et des distinctions sociales et culturelles et des murs invisibles contre lesquels les enfants des classes populaires se cognent le plus souvent. La traversée du périph pour rejoindre l'hypokhâgne au lycée Fénélon, dans le quartier Saint-Michel et le 6e arrondissement de Paris: "Parmi les 55 élites de la France, quatre filles venaient de banlieue parisienne "défavorisée": trois du 93 et une du 94, qui était la seule noire de la classe. Ils appelaient ça "le quota des banlieues""... 

Quelques jours de traversée des mondes de la séparation sociale qui s'avèrent, malgré l'intelligence et l’appétit de savoir de Maryam, une vraie "galère". Car on apprend pas autant dans un collège et un lycée de ZEP que dans les établissements privilégiés des beaux quartiers, car la culture des élites s'enseigne aux berceaux chez les élites, et pas dans les familles d'ouvriers et d'exilés. Ce récit ressuscite avec une sorte de nostalgie sans pesanteur les morts, la civilisation oubliée de l'enfance et de l'adolescence, celle des années 80, c'est un livre de dette, d'hommage, en même temps que d'explication à soi: celle notamment de l'éveil de vocation littéraire.

Pour ma part, j'ai lu ce livre d'une traite, avec un immense plaisir, beaucoup de sourires, et parfois aussi du franc rire, et je le recommande à tous les amateurs de romans...

Maryam Madjidi enseigne le français aux jeunes migrants. Elle nous avait enchantés début avril 2019 quand elle était venu à Morlaix et à Brest présenter son livre "Marx et la poupée", prix Goncourt du Premier Roman, et également dans le cadre de la campagne de Ian Brossat et de la liste du PCF aux élections européennes, sur laquelle était candidate cette grande voyageuse qui a vécu en Iran, où elle est née, en Chine, en Turquie. Elle revient dans le Finistère au mois de novembre pour présenter "Pour que je m'aime encore" et sera à Lesneven le 19 novembre et à Morlaix le 20 novembre pour une rencontre à 10h45 à la Librairie Dialogues.

Notez la date dans votre agenda, elle correspond aussi au Salon du Livre Jeunesse de Morlaix, La Baie des Livres.

Ismaël Dupont       

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21 novembre 2021 7 21 /11 /novembre /2021 17:56
Guy Darol présentera "Guerrier sans poudre" le mardi 7 décembre à Lannion au Carré Magique à l'invitation d'Yvon Le Men

Seriez-vous une poignée pour rejoindre ma guerre, vous me verriez heureux. C’est donc le mardi 7 décembre, au Carré Magique de Lannion, que je vais retracer mon parcours, une vie remplie de musique et de littérature où il sera bien sûr question de Frank Zappa et de Joseph Delteil, de Moondog et de Wattstax, d’Outsiders divers, et de toutes ces figures qui ont ouvert la voie : Antonin Artaud, Mandrake, André Hardellet, Blek le Roc, Pierre Guyotat, Poule Rousse, Charles Dickens, l’Enchanteur Merlin, Kafka, Georges Perros, les membres de la communauté poétique d’Alfortville, les habitants de La Ville Jéhan, Yvon Le Men qui m’interrogera, Jean-Pierre Faye qui chavire dans ses îles … Bien d’autres encore, si nous avons le temps.

Guy Darol
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16 novembre 2021 2 16 /11 /novembre /2021 12:18
 Rencontre apéro avec Maryam Madjidi, librairie Saint-Christophe de Lesneven - Le vendredi 19/11/2021 - de 18h30 à 20h30 Que du bonheur à lire Maryam! Autre ton autre voix que celle de Marx et la poupée, mais surtout le chant d’une fille qui devient grande, qui pousse les murs, qui s’affranchit, et si elle cherche à s’aimer encore, elle y réussit bien, elle est cette danseuse étoile qui fracasse tous les containers de la vie, elle saute de phrase en phrase avec le bonheur d’être en vie, et peu importe si elle tombe, il lui restera toujours le vol!

Rencontre apéro avec Maryam Madjidi, librairie Saint-Christophe de Lesneven - Le vendredi 19/11/2021 - de 18h30 à 20h30 Que du bonheur à lire Maryam! Autre ton autre voix que celle de Marx et la poupée, mais surtout le chant d’une fille qui devient grande, qui pousse les murs, qui s’affranchit, et si elle cherche à s’aimer encore, elle y réussit bien, elle est cette danseuse étoile qui fracasse tous les containers de la vie, elle saute de phrase en phrase avec le bonheur d’être en vie, et peu importe si elle tombe, il lui restera toujours le vol!

"Pour que je m'aime encore", de Maryam Madjidi - l'auteur sera à la librairie Saint-Christophe de Lesneven le 19 mai et à la librairie Dialogues Morlaix le samedi 20 novembre à 10h30

Récit drôle, tendre et profond d'une adolescence à Drancy, le deuxième roman pour adultes de Maryam Madjidi, est une nouvelle pépite, reprenant le cours d'une jeunesse atypique, que l'on avait laissée à l'école primaire avec  "Marx et la poupée", suite à l'exil d'Iran de Maryam avec ses parents communistes, et ouvrier en France pour son père. 

En courts chapitres enlevés et quasi picaresques, où les mots de l'enfance et les expressions des années 80 rythment un récit marqué par un quotidien d'adolescente complexée tiraillée entre plusieurs influences, récit du quotidien magnifié en aventures burlesques, Maryam Madjidi restitue avec finesse, par petites touches, toute une époque, le milieu immigré, de la banlieue, ainsi que la force polymorphe et mutante ouverte à toutes les contradictions et tous les possibles de l'adolescence, l'âge de l'inachèvement, de l'indécision, l'âge littéraire par excellence selon un auteur comme Gombrowicz.

Cheveux épais, frisés et bouclés, mono-sourcil, moustache, pilosité encombrante, Maryam fait son portrait d'adolescente en demi-monstre faisant de son corps un champ de bataille pour retrouver la féminité "idéale" ou "normale", tant la pression des normes sociales est forte à cet âge...

Elle raconte aussi les vexations et contrariétés subies par une fille, une enfant pauvre, dont les parents étrangers ne maîtrisent pas tous les codes, et qui ne peut ni s'acheter des vêtements de marque ou à la mode, ni partir en vacances, les brutalités d'autres ados, parfois encore plus défavorisés, à côté d'elle, les profs chahutés et ceux, puissants éducateurs, qui font naître des vocations au collège, l'ennui de Drancy, où Maryam vit dans un HLM de la Cité de la Muette, où furent internés pendant des années plusieurs milliers de Juifs en partance pour Auschwitz et les camps de la mort, gardés dans des conditions atroces par des gendarmes français.

Une rescapée de la Shoah viendra un jour troubler une partie de football où Maryam et ses copains shootent dans un ballon de foot contre une cible peinte sur un wagon posé au milieu d'une place entourée d'immeubles HLM. Le retour des fantômes dans cette cité cosmopolite où l'on se connaît bien d'autres problèmes que ceux de la dernière guerre. 

L'auteur a le sens du détail révélateur, des mots crus et vrais, son récit autobiographique, à la manière d'un portrait construit par anecdotes, séquences chronologiques et thématiques (le corps, l'école, la pauvreté, la banlieue, la découverte de l'amour et du sexe, l'ambition sociale et intellectuelle) est émouvant, palpitant, avec une portée universelle, parce qu'il préfère la pirouette comique et ironique au pathos et à l'apitoiement facile.

On pense à Pagnol, à Azouz Begag, à Fouad Laraoui ou bien encore à Riad Sattouf ou Marjane Satrapi pour la conjugaison de la véracité sociologique, de la description vivante du monde de l'enfance, et de l'humour désopilant. A chaque fois, le récit autobiographique saisit une réalité sociale et humaine plus vaste, loin des approches nombrilistes. 

Dans "Pour que je m'aime encore", nous vivons aussi la lutte des classes dans la classe, à l'école, qui malgré ses promesses d'émancipation universelle, reste souvent le haut lieu des ségrégations, et des distinctions sociales et culturelles et des murs invisibles contre lesquels les enfants des classes populaires se cognent le plus souvent. La traversée du périph pour rejoindre l'hypokhâgne au lycée Fénélon, dans le quartier Saint-Michel et le 6e arrondissement de Paris: "Parmi les 55 élites de la France, quatre filles venaient de banlieue parisienne "défavorisée": trois du 93 et une du 94, qui était la seule noire de la classe. Ils appelaient ça "le quota des banlieues""... 

Quelques jours de traversée des mondes de la séparation sociale qui s'avèrent, malgré l'intelligence et l’appétit de savoir de Maryam, une vraie "galère". Car on apprend pas autant dans un collège et un lycée de ZEP que dans les établissements privilégiés des beaux quartiers, car la culture des élites s'enseigne aux berceaux chez les élites, et pas dans les familles d'ouvriers et d'exilés. Ce récit ressuscite avec une sorte de nostalgie sans pesanteur les morts, la civilisation oubliée de l'enfance et de l'adolescence, celle des années 80, c'est un livre de dette, d'hommage, en même temps que d'explication à soi: celle notamment de l'éveil de vocation littéraire.

Pour ma part, j'ai lu ce livre d'une traite, avec un immense plaisir, beaucoup de sourires, et parfois aussi du franc rire, et je le recommande à tous les amateurs de romans...

Maryam Madjidi enseigne le français aux jeunes migrants. Elle nous avait enchantés début avril 2019 quand elle était venu à Morlaix et à Brest présenter son livre "Marx et la poupée", prix Goncourt du Premier Roman, et également dans le cadre de la campagne de Ian Brossat et de la liste du PCF aux élections européennes, sur laquelle était candidate cette grande voyageuse qui a vécu en Iran, où elle est née, en Chine, en Turquie. Elle revient dans le Finistère au mois de novembre pour présenter "Pour que je m'aime encore" et sera à Lesneven le 19 novembre et à Morlaix le 20 novembre pour une rencontre à 10h45 à la Librairie Dialogues.

Notez la date dans votre agenda, elle correspond aussi au Salon du Livre Jeunesse de Morlaix, La Baie des Livres.

Ismaël Dupont       

Maryam Madjidi invitée de la librairie Dialogues de Morlaix en avril 2019 y reviendra le samedi 20 novembre à 10h45 pour présenter son dernier livre "Pour que je m'aime encore"

Maryam Madjidi invitée de la librairie Dialogues de Morlaix en avril 2019 y reviendra le samedi 20 novembre à 10h45 pour présenter son dernier livre "Pour que je m'aime encore"

"Pour que je m'aime encore", de Maryam Madjidi - l'auteur sera à la librairie Saint-Christophe de Lesneven le 19 mai et à la librairie Dialogues Morlaix le samedi 20 novembre à 10h30
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11 novembre 2021 4 11 /11 /novembre /2021 07:20

Les mardis de l’Education Populaire : conférence sur Marcel CACHIN le mardi 14 décembre (18 h – local PCF Morlaix)

Une belle conférence sur le Chili s’est tenue le mardi 21 septembre à Plourin les Morlaix.

Un beau succès.

Une nouvelle conférence se tiendra le mardi 14 décembre (18 h – local PCF Morlaix) avec l’écrivain, journaliste, historien Georges CADIOU autour de son livre sur Marcel CACHIN, un breton émancipé, une des grandes figures des premières décennies du PCF, directeur de l’Humanité, breton et amoureux de la Bretagne, de sa langue et de sa culture.

Georges Cadiou nous parlera aussi de son livre publié en 2021 aux éditions Yoran Embanner, "Marcel Cachin, un breton émancipé", le dimanche 28 novembre à l'espace livres de la fête de l'Humanité Bretagne à 15h (parc des expositions de Lorient)

Georges Cadiou présent pour les Mardis de l'éducation populaire à Morlaix le 14 décembre (conférence sur Marcel Cachin, un breton émancipé) et à la fête de l'Humanité Bretagne le dimanche 28 novembre

Présentation du livre de Georges Cadiou:

Marcel Cachin, un breton émancipé

Yoran Embanner, 2021 - 16€

Compagnon de Jean Jaurès, directeur de « L’Humanité » pendant 40 ans, député, sénateur, Marcel Cachin est surtout connu pour avoir été le principal fondateur du Parti communiste français lors du célèbre Congrès de Tours à la fin du mois de décembre 1920. Né à Paimpol, Marcel Cachin fut, tout au long de sa vie, un fervent anticolonialiste, ardent défenseur de la République espagnole, antifasciste militant, soutien de la cause arménienne et de la création de l’état d’Israël à ses débuts. Il fut aussi un militant breton, défenseur acharné de la langue bretonne qu’il parlait. En 1947, avec Pierre Hervé, député communiste du Finistère, originaire de Lanmeur, il présenta à l’Assemblée nationale un projet de Loi sur l’enseignement du breton à l’école publique, projet qui fut ensuite dénaturé par la coalition dite de Troisième force, socialistes et centristes, pour donner la pâle Loi Deixonne. Marcel Cachin savait que la Bretagne était davantage qu’une région, il l’a dit et écrit dans ses carnets personnels publiés voici quelques années par le CNRS. Marcel Cachin n’a évidemment pas échappé aux dérives du siècle dernier. Il croyait fermement aux promesses de la Révolution d’Octobre, ce qui l’amena, comme beaucoup d’autres, à cautionner le stalinisme qui enterra bien des espoirs de libération humaine. Marcel Cachin n’avait pas encore de biographie. On se demande pourquoi lorsque l’on voit le nombre de publications sur d’autres hommes politiques qui furent ses contemporains !

Georges Cadiou, déjà connu pour avoir dénoncé les dérives du Mouvement breton au moment de l’Occupation dans son livre « L’hermine et la croix gammée » revient ici sur la vie foisonnante de Marcel Cachin, ce « Breton émancipé » qui fut à l’origine d’une association de Bretons de la Région parisienne portant ce nom dans les années 1930. Une réflexion sur un siècle tragique d’espoirs et de désillusions pour mieux appréhender les défis qui nous attendent. Un livre salutaire, une biographie que l’on attendait !

Georges Cadiou présent pour les Mardis de l'éducation populaire à Morlaix le 14 décembre (conférence sur Marcel Cachin, un breton émancipé) et à la fête de l'Humanité Bretagne le dimanche 28 novembre
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4 novembre 2021 4 04 /11 /novembre /2021 06:30
Prix Goncourt 1921 : René Maran, un écrivain noir « couronné et crucifié » (L'Humanité, Sophie Joubert, 3 novembre 2021)
Prix Goncourt 1921 : René Maran, un écrivain noir « couronné et crucifié »
Mercredi 3 Novembre 2021, L'Humanité

Il y a cent ans, il devenait le premier auteur noir à recevoir le prestigieux prix littéraire pour son roman Batouala, qui dénonçait la colonisation.

 

Cela s’est joué à une voix. Celle, qui compte double, du président du jury. Le 14 décembre 1921, le nom du lauréat du prix Goncourt est proclamé chez Drouant : René Maran, l’auteur de Batouala. Fonctionnaire colonial depuis 1909, l’écrivain est alors en Oubangui-Chari, un territoire français d’Afrique centrale situé entre le Congo et le Tchad. Prévenu par radiotélégramme, il apprend la nouvelle deux jours plus tard : « Je suis fatigué, impaludé, malade de fatigue. La joie est venue m’étreindre davantage… » réagit-il.

De violents adversaires

À Paris, ce Goncourt inattendu déchaîne les passions : « C’est la première fois que les Noirs jouent et gagnent », titre le Petit Parisien. À la Chambre des députés, les adversaires de Maran l’accusent d’attaquer la politique coloniale de la France. Comme le raconte l’académicien Amin Maalouf dans la préface de la nouvelle édition de Batouala (Albin Michel), « certains orateurs exigent qu’il soit jugé pour avoir “mordu la main qui le nourrit” ». « Couronné et crucifié », Maran, qui pense que le Goncourt peut légitimer sa voix et ses positions, est surpris par la violence de la charge.

Icon Quote Nous ne sommes que des bêtes de portage. Des bêtes ? Même pas. (...) Nous sommes, pour eux, moins que des animaux, nous sommes plus bas que les plus bas. Ils nous crèvent lentement.

Salué par la presse américaine (il sera traduit en 1931) et qualifié par Ernest Hemingway de « grand roman », Batouala porte le nom du personnage principal, un grand chef de village. Dans une langue inventive et chatoyante, Maran observe la vie quotidienne en Oubangui-Chari, une région riche en caoutchouc, s’émerveille des plantes et des animaux, noue une histoire d’amour et une rivalité entre Batouala et un milicien noir au service des colons.

Si elle n’est pas, en apparence, le sujet principal du roman, la critique de la colonisation n’en est pas moins virulente : « Nous ne sommes que des chairs à impôt. Nous ne sommes que des bêtes de portage. Des bêtes ? Même pas. Un chien ? Ils le nourrissent, et soignent leur cheval. Nous sommes, pour eux, moins que des animaux, nous sommes plus bas que les plus bas. Ils nous crèvent lentement », écrit René Maran.

« Une civilisation bâtie sur des cadavres »

Mais c’est surtout la préface, où l’écrivain décrit les colons comme stupides, brutaux et alcooliques, où il accuse la « civilisation, orgueil des Européens », d’être « bâtie sur des cadavres », qui provoque la colère des intellectuels et des politiques français.

Dix-sept ans plus tard, René Maran, amer, raconte qu’en 1922, au plus fort des polémiques, une mission d’inspection envoyée au Tchad ferme les yeux sur la réalité qu’il dénonce. Il faudra attendre 1927 pour qu’André Gide, marqué par ses écrits, publie Voyage au Congo, provoquant une prise de conscience sur « les horreurs auxquelles donnait lieu la construction de la voie ferrée Brazzaville-Océan ».

« Orphelin intermittent »

Né en 1887 sur un bateau reliant la Guyane et la Martinique, René Maran est le fils d’un fonctionnaire colonial guyanais. Il a trois ans quand son père est nommé au Gabon et il grandit en l’accompagnant dans ses tournées administratives. À 7 ans, il est envoyé à Bordeaux et se retrouve dans « un grand lycée triste, situé en pleine campagne ».

Comme il le raconte en 1948 dans Un homme pareil aux autres (éditions du Typhon), son roman le plus autobiographique, il est un enfant mélancolique et solitaire : « Qui dira le désespoir des petits des pays chauds que leurs parents implantent en France trop tôt, dans le dessein d’en faire de vrais Français ? (…) J’ai été de ces orphelins intermittents et souffrirai toute ma vie de l’avoir été. »

Un homme qui ne trouvera jamais sa place

Pur produit de l’école républicaine, lecteur de Marc Aurèle et de Rimbaud, il arrive en Afrique avec son bagage culturel français. Admirateur de Savorgnan de Brazza, il croit dans un premier temps pouvoir faire changer les choses au sein du système colonial. C’est évidemment un leurre. Écartelé entre sa fonction, qui l’assimile aux colons blancs, et sa couleur de peau, René Maran ne trouvera jamais sa place.

Dans la préface d’Un homme pareil aux autres, roman sur les atermoiements d’un fonctionnaire colonial noir amoureux d’une femme blanche, l’écrivain Mohamed Mbougar Sarr (finaliste du Goncourt 2021) parle ainsi du personnage principal, Jean Veneuse, derrière lequel on devine certains déchirements intérieurs de René Maran : « Éduqué dans une société que partage et structure profondément la ligne de couleur, Veneuse se regarde et se juge avec les yeux du Blanc (…), le même Blanc qui l’infériorise, l’objectivise, le spectacularise toujours. Mais, parallèlement, son éducation, parmi ses congénères, ses “frères de race”, l’expose à la méfiance si ce n’est au rejet. Un pied d’un bord de la ligne de la race, le second de l’autre, il essuie dans les deux situations un violent mépris, qui le travaille et le déchire. »

Les attaques de Frantz Fanon

Ce dilemme, que n’a jamais vraiment résolu René Maran, lui vaudra les attaques de Frantz Fanon dans son essai Peau noire, masques blancs. « Fanon, dans une lecture psychanalytique d’Un homme pareil aux autres, fait du livre une “imposture” et de son protagoniste central, “l’homme à abattre”. »  « Comprendre l’aliéné pathologique, atteint jusque dans son âme », écrit encore Mbougar Sarr. Tempérant l’analyse de Fanon, il loue l’écriture de René Maran, son subtil regard sur « l’humanité » des « peuples colonisés » et « l’inquiétante puissance de révolte dans l’histoire à venir ».

Cruel hasard, René Maran meurt en 1960, l’année où de nombreux pays africains accèdent à l’indépendance. Cent ans après son prix, les jurés Goncourt se sont-ils souvenu de lui en récompensant Mohamed Mbougar Sarr ?

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4 novembre 2021 4 04 /11 /novembre /2021 06:25
Mohamed Mbougar Sarr: un Goncourt qui détonne - par Muriel Steinmetz, L'Humanité, 4 novembre 2021
Mohamed Mbougar Sarr : un Goncourt qui détonne
Jeudi 4 Novembre 2021

Avec son beau roman la Plus Secrète Mémoire des hommes, ce jeune écrivain sénégalais surdoué, déjà favori pour les autres prix, entre dans la renommée par la grande porte.

Cent ans après René Maran, premier écrivain noir à obtenir le prix Goncourt, le Sénégalais Mohamed Mbougar Sarr connaît cette consécration. Son roman  la Plus Secrète Mémoire des hommes (Philippe Rey/Jimsaan) a obtenu six voix au premier tour. Il était en lice avec  Enfant de salaud, de Sorj Chalandon (Grasset), Milwaukee Blues, du Haïtien Louis-Philippe Dalembert (Sabine Wespieser), inspiré du meurtre de George Floyd en mai 2020, et le Voyage dans l’Est, de  Christine Angot (Flammarion), déjà récompensé par le prix Médicis.

Bonne nouvelle à tous égards, assortie d’un symbole fort. Le livre de Mohamed Mbougar Sarr est coédité par les éditions Philippe Rey – maison indépendante de taille modeste – et Jimsaan, basées au Sénégal. La Plus Secrète Mémoire des hommes est le quatrième livre d’un auteur surdoué d’à peine 31 ans, né à Dakar et vivant dans l’Oise. Il est fils de médecin, diplômé de l’Ehess.

Un texte très bien charpenté

Savamment construit autour d’un homme accusé de plagiat, ce livre de presque 500 pages empreint d’une imagination puissante, pétri de références, s’inspire en sourdine de l’histoire vraie de l’écrivain malien Yambo Ouologuem (il lui est dédié), premier romancier noir à remporter le Renaudot, en 1968, pour le Devoir de violence, avant d’être accusé de plagiat quatre ans plus tard, son ouvrage étant aussitôt retiré des rayons. Semblable accusation d’emprunt abusif touche le romancier fictif inventé par l’auteur, un certain T.C. Elimane, Sénégalais de 23 ans qui aurait eu le Renaudot en 1938 pour un roman intitulé Labyrinthe de l’inhumain. Mbougar Sarr imagine que le journal  l’Humanité qualifie cet écrivain prodigieux de « Rimbaud nègre ».

Sous le coup de l’accusation de plagiat, le livre disparaît des ventes. Le héros, un dénommé Diégane Latyr Faye, jeune écrivain sénégalais, double plausible de l’auteur, est entré en possession du livre maudit de T.C. Elimane. Il veut comprendre et mène l’enquête sur des traces effacées. Cela le conduit dans le Paris actuel, où il fréquente un groupe d’écrivains noirs. Sa recherche s’étend sur plusieurs continents, Afrique, Amérique latine, Europe, et embrasse plus d’un siècle et demi (la colonisation, la boucherie de 14, la Shoah). On apprend ainsi, entre autres éléments d’importance, que T.C. Elimane, éduqué à l’école des Blancs, a d’abord été adoubé par eux, avant leur sûr rejet.

Écrire ou vivre, faut-il choisir ?

La Plus Secrète Mémoire des hommes, récit à tiroirs multiples, œuvre d’un grand lettré, est un texte extrêmement bien charpenté. Mbougar Sarr connaît ses classiques : Borges, Bolano, Gombrowicz… Il pose mille questions : l’histoire de la littérature n’est-elle pas celle d’un grand plagiat ? Écrire ou vivre, faut-il choisir ? Où est la position de l’écrivain africain dans le champ littéraire français ? Et la figure de l’écrivain en exil ? Enfin, où en est-on du face-à-face Afrique-Occident ? La langue, souvent châtiée, épouse plus d’un genre littéraire : recherche du père, investigation propre au roman policier, intertextualité raffinée, monologue intérieur....

Malgré la complexité des récits emboîtés, le lecteur ne perd jamais le fil. Mohamed Mbougar Sarr avait déjà été remarqué et primé pour ses trois précédents romans, Terre ceinte (Présence africaine, 2015), sur la folie islamiste, Silence du chœur (Présence africaine, 2017), sur l’odyssée des migrants, et De purs hommes (Philippe Rey/Jimsaan, 2018), sur l’homosexualité dans les sociétés africaines. Mbougar Sarr figurait aussi en favori pour le Femina, le Renaudot et le grand prix du roman de l’Académie française.

Par ailleurs, Amélie Nothomb (55 ans) remporte le prix Renaudot pour Premier Sang (Albin Michel). C’est le trentième livre de la romancière, qui rend une manière d’hommage posthume à son père diplomate – ici en position de narrateur –, décédé en mars 2020, dans un récit peint à l’eau-forte où le passé revient. Y compris celui, marqué au fer rouge, d’une prise d’otages de quatre mois dans l’État du Congo (actuelle RDC), dont il faillit ne pas revenir. Enfin, le prix Renaudot de l’essai a été attribué à Anthony Palou pour son livre Dans ma rue y avait trois boutiques (Presses de la cité).

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13 octobre 2021 3 13 /10 /octobre /2021 06:32
Cinéma L'étoile à Carantec - WEEK-END DE SOLIDARITÉ AVEC LE PEUPLE AFGHAN les 22 et 23 octobre 2021 avec la projection de 4 films et des temps de débat

ÉVÉNEMENT EXCEPTIONNEL AU CINÉMA L’ÉTOILE DE CARANTEC

WEEK-END DE SOLIDARITÉ AVEC LE PEUPLE AFGHAN

AVEC LE SOUTIEN DE LA MUNICIPALITE DE CARANTEC

 

VENDREDI 22 ET SAMEDI 23 OCTOBRE 2021

EN PRÉSENCE DES RÉALISATEURS ET JOURNALISTES

TÉMOINS DIRECTS DE L’ACTUALITÉ

DÉBAT ANIMÉ PAR ALAIN MINGAM

 

Séance : 10 euros. La recette du week-end sera reversée à une association de femmes afghanes.

La destruction par les talibans en 2001 des boudhas géants de Bamyan avait provoqué un électrochoc à la face du monde. Le 15 août dernier suite à la débâcle des armées américaines et afghanes - est revenu au pouvoir un régime obsédé par le souci de rétrograder la femme au rang « d’esclave, d’animal domestique ». Assignées de nouveau à résidence dans la prison grillagée de leur burqa, les femmes afghanes luttent pour leur survie, contre ce constat qui accuse la bêtise humaine, la lâcheté. Pour faire appel à notre solidarité - avec pour éclatantes preuves

2 documentaires et 2 films inoubliables.

MASSOUD L’HÉRITAGE de Nicolas Jallot (documentaire - 52mn) Ce film raconte la vie du légendaire Commandant Massoud, depuis sa jeunesse, sa lutte armée contre l’envahisseur soviétique, À la fois le portrait d’un homme et d’un peuple, ce film révèle les dessous du dernier conflit de la Guerre froide, et de la naissance des Taliban. Une épopée toujours d’actualité car l’Histoire se répète en Afghanistan avec le retrait des Américains, le retour des Taliban et la menace Al Qaeda et de Daech ! Dans ce film, Ahmad, le fils de Massoud retrace la vie de son père et rappelle qu’au-delà de l’homme, c’est un état d’esprit, une volonté de résistance et de liberté.  Vendredi 22 octobre à 17h.

OSAMA de Sedigh Barmak (1h23)

L'Afghanistan au début du règne des taliban. Une jeune fille de 12 ans vit avec sa famille. Tous ont réussi à échapper à la répression brutale qui a suivi les manifestations de femmes afghanes. Comme les deux hommes de la maison - l'oncle et le père de l'adolescente - sont morts, la jeune fille, sa mère et sa grand-mère sont contraintes de rester cloîtrées. Les trois femmes décident que l'adolescente va désormais se faire passer pour un garçon sous le nom d’Osama avec un destin qui va très vite être bouleversé... Vendredi 22 octobre à 20h45.

VOYAGE AU CŒUR DES TALIBANS de Véronique de Viguerie, Paul Comiti et Régis Sommier. (documentaire - 54mn)

Le 15 août 2021, Kaboul, la capitale de l'Afghanistan, tombaient aux mains des taliban. Quelques semaines auparavant Régis Le Sommier et Véronique de Viguerie sont allés enquêter dans les territoires administrés par les nouveaux maîtres du pays. Les journalistes racontent ainsi comment les hommes et les femmes sont soignés séparément dans les hôpitaux, les stocks d'armes récupérés après la fuite de l'armée régulière ou encore comment fonctionnent désormais les tribunaux où les juges sont sommés de faire appliquer la chariaSamedi 23 octobre à 17 heures.

SYNGUÉ SABOUR de Atiq Rahimi (1h43)

Dans Kaboul sinistrée, un héros de guerre réfugié chez lui git dans le coma. Sa femme à son chevet prie pour le ramener à la vie. La guerre fratricide déchire la ville avec les combattants à sa porte. La femme est forcée à l’amour par un jeune taliban. Contre toute attente, elle prend conscience de son corps, libère sa parole auprès de son mari. Celui-ci, malgré lui, devient sa « syngué sabour », sa pierre de patience, pierre magique que l’on évoque pour lui souffler tous ses secrets, ses souffrances… jusqu’à ce qu’elle éclate. Samedi 23 octobre à 20h45.

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