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22 novembre 2020 7 22 /11 /novembre /2020 10:43
Bernard Vasseur: Il est temps de remettre Marx et le communisme dans le débat public (L'Humanité, 20 novembre 2020)
[LIVRE]

Le communisme a de l'avenir...si on le libère du passé

Livre de Bernard Vasseur, éditions L'Humanité

Marx n’est pas qu’un penseur de l’anticapitalisme.
Mais le communisme tel qu’il l’a envisagé n’a jamais été essayé historiquement, alors que le changement de civilisation qu’il préconise et dont il indique les grandes lignes(l’après-capitalisme d’une société sans classes) n’a jamais été aussi actuel.
Telle est la grande thèse que soutient ce livre. Pour l’établir, il propose de lire Marx tel qu’on peut le faire aujourd’hui.
En le détricotant des traditions militantes de la social-démocratie allemande et du marxisme soviétisé.
En établissant par quelles ruses de l’histoire le communisme marxien a pu devenir le socialisme chez ses héritiers en titre.
En déconstruisant la confusion et la prétendue synonymie du socialisme et du communisme.
En montrant comment, loin de ce que nous en a montré l’histoire du XXe siècle, le communisme s’inscrit dans le combat pour l’émancipation humaine, celui de l’invention et de la réalisation d’«une forme de société supérieuredont le principe fondamental est le plein et libre développement de chaque individu » (Le Capital, critique de l’économie politique, livre I). [PLUS D'INFORMATIONS]

Présentation du livre: [VOIR LA VIDÉO]

Bernard Vasseur : « Il est temps de remettre Marx et le communisme dans le débat public »

Vendredi 20 Novembre 2020

Dans son dernier ouvrage paru aux éditions de l’Humanité, le philosophe de formation analyse les évolutions actuelles du monde qui nous entoure. Que ce soit le débat intellectuel, les mouvements sociaux ou encore la crise sanitaire à l’heure de la globalisation, tout appelle l’humanité à sortir de l’ère du capitalisme.

 

Dans votre ouvrage le Communisme a de l’avenir… si on le libère du passé (1) , vous poursuivez là un chemin qui vous conduit à l’idée d’une redécouverte de Marx. Comment cela se traduit-il ?

Bernard Vasseur Effectivement, en regardant ce qui se passe aujourd’hui dans le monde, ce qui s’écrit, ce qui se pense aussi, j’ai trouvé du nouveau. Il y a trente ans, lorsque l’on regardait les vitrines des librairies, on ne trouvait pas un seul livre de Marx. Le philosophe allemand était traité en chien crevé. Il était assimilé à l’échec des pays socialistes et de l’URSS. En ce moment, on voit au contraire une sorte de floraison incroyable de livres de Marx et de livres sur Marx. On trouve des traductions nouvelles, des écrits que l’on ne connaissait pas dans ma jeunesse. Marx avec Engels sont en train d’être redécouverts. C’est très fort. Au sein du mouvement ouvrier français, on a longtemps séparé deux dimensions chez Marx. On a vu chez lui le penseur de l’anticapitalisme et de la lutte des classes, mais on a souvent oublié qu’il est aussi un penseur du communisme, ce qu’il appelle la « société sans classe » ou encore « la fin de la préhistoire de la société humaine ». Une « société sans classe », c’est une société sans dominants, ni dominés. Cela nous parle tout de suite quand on pense aux inégalités de toute nature (pas seulement de revenus) qui explosent et qui sont perçues comme inacceptables. Le communisme, c’est la visée de l’émancipation humaine. Alors ce n’est certes pas « le grand soir », mais c’est bien une révolution. C’est l’idée d’un changement d’ère de l’humanité, où chaque être humain décide, individuellement et collectivement, de se battre pour maîtriser sa vie et décider de son travail. Je rappelle le début du Manifeste du parti communiste : « L’histoire de toute société jusqu’à nos jours n’a été que l’histoire des luttes de classes. » Marx pose également la question d’une véritable transformation, d’un changement de la manière de faire humanité et d’œuvrer au « genre humain », selon le mot célèbre de l’Internationale. Pour moi, il faut réconcilier les deux dimensions et ne pas en rester à la pensée du « contre » afin d’être, en même temps « pour ». Nous combattons cette société capitaliste et nous agissons en faveur d’un changement de civilisation. Et d’ailleurs, les défis actuels sont tels que l’on ne peut se contenter de changer de pouvoir ou de gouvernement, nous avons besoin d’un changement profond, civilisationnel. J’ajouterai que lorsqu’on voit le succès d’intellectuels comme Alain Badiou, Étienne Balibar, Frédéric Lordon, David Graeber, Bernard Friot, etc., et même Thomas Piketty à sa manière et dans ses limites, qui parlent de Marx ou du communisme, on peut s’étonner que les communistes eux-mêmes, et le parti qui a raison de vouloir rester communiste, ne se proclament pas davantage les héritiers de Marx et évoquent si peu le communisme. C’est aussi un peu ce paradoxe qui m’a amené à écrire ce livre. « Encore un effort, camarades ! »

En quoi Marx est-il alors aujourd’hui pleinement d’actualité ?

Bernard Vasseur Je parlais des nombreux travaux intellectuels. Mais, si on regarde les dernières luttes sociales et la crise sanitaire du Covid-19, on voit là encore planer l’ombre de Marx. Rappelons-nous. Les soignants, notamment les hospitaliers, ont conduit une grève très longue. Je me souviens de ce mot d’ordre : « L’État compte ses sous, nous compterons les morts. » On voit ce que cette mise en garde acquiert de vérité aujourd’hui en pleine épidémie. Dans la période antérieure, cette remarque signifiait : la santé n’est pas une marchandise. On ne peut pas gérer l’hôpital public comme une entreprise capitaliste avec la dictature du chiffre, avec ce qu’Alain Supiot appelle la « gouvernance par les nombres ». Prenons encore les gilets jaunes. Ils ont mis sur le devant de la scène la précarité de vie, la pauvreté de gens qui travaillent mais qui n’arrivent plus à vivre de leur travail. La question des inégalités et de la représentation politique des humbles, des « sans-grade » était posée. On peut là encore retrouver l’ombre de Marx avec l’enjeu de réappropriation de la politique qu’il met au cœur de l’idée communiste. Ce que l’on traduit souvent en français par « le dépérissement de l’État de classe ». Troisième exemple, le mouvement des retraites : tout le monde a bien compris que le projet gouvernemental avait pour objectif de nous faire travailler plus longtemps. En régime capitaliste, cela signifie être exploité plus longtemps. Le fait de vivre plus longtemps devenait une proie afin de réaliser toujours plus de profits. Là encore, l’ombre de Marx et son idée du communisme apparaissent. Ce n’est pas seulement dans les milieux intellectuels que l’on y assiste, des idées naissent aujourd’hui au sein du mouvement social. Ce qui me fait dire que le communisme est pleinement d’actualité.

Et puis, il y a la crise sanitaire et les défis climatiques auxquels nous sommes confrontés. Vous avez également publié, aux éditions de l’Humanité, un petit essai intitulé Après la crise sanitaire ? L’après-capitalisme. En quoi ces menaces sur la vie posent-elles la question du dépassement du système capitaliste ? Et comment le faire à l’heure de la globalisation néolibérale ?

Bernard Vasseur Concernant le Covid-19, on a beaucoup parlé du « jour d’après ». Foin des tisanes et de l’eau tiède, de mon côté, j’ai parlé du « système d’après », donc, de l’après-capitalisme. C’est ce combat au présent pour sortir du capitalisme que Marx qualifie de communisme, et pas un horizon lointain, un idéal merveilleux ou un modèle social présentant le portrait d’une société de l’avenir comme un dépliant touristique. Or cette idée de sortie du capitalisme, de civilisation nouvelle, vient à maturité. Je lis les spécialistes des zoonoses (ces maladies qui passent des animaux aux humains). Pour expliquer la pandémie, ils mettent en cause le mode de développement contemporain le plus « high-tech » du capitalisme. Or, le capitalisme se rue désormais sur le monde sans obstacles, ni garde-fous, il domine les sociétés comme aucun autre mode de production avant lui et il est seul en piste. Il ne peut pas maquiller ou effacer ses responsabilités et on peut le regarder en face, comme Marx l’a fait en son temps. La pandémie qui frappe le monde sème la maladie et la mort, rend visible aux yeux de tous qu’il impose un mode de développement et d’existence qui est angoissant et mortifère. Voilà bien une dé-civilisation qu’il faut arrêter si nous voulons continuer de vivre en quittant la peur. Derrière la globalisation du capital, c’est-à-dire le rêve fou d’imposer à la planète entière la manière occidentale de l’habiter, surgissent les pulsions de toujours les plus essentielles du capitalisme : l’insatiable volonté de puissance, la concurrence sauvage, les inégalités, le fétichisme du fric. On les connaît depuis longtemps, mais elles prennent des proportions considérables, deviennent visibles et largement choquantes. Ici encore, la sortie du capitalisme : voilà un bon pôle de rassemblement. Enfin, il y a les désastres écologiques qui s’annoncent et qui deviennent eux aussi visibles : la terre se réchauffe, les calottes polaires et les glaciers fondent, les ressources naturelles s’épuisent. Pour tout cela aussi, sortie du capitalisme !

Le capitalisme, avec le développement d’un marché vert, veut pourtant se donner un visage environnemental ?

Bernard Vasseur Je montre dans mon livre qu’un capitalisme vert est inconcevable. Il y a en effet une opération en cours pour faire du marketing vert autour de l’écologie. Mais le capitalisme ne peut pas concilier la recherche du profit et les écosystèmes, une myriade d’entreprises privées et le contrôle social du respect des normes écologiques, le court terme de la finance et le long terme des équilibres planétaires. Si on lit vraiment Marx en se débarrassant de la lecture imposée au XIXe et au XXe siècles, d’abord par la social-démocratie allemande et ensuite par la lecture soviétique de la Troisième Internationale, on va trouver des textes de Marx absolument précurseurs en la matière. John Bellamy Foster a remarquablement mis cela en évidence dans son Marx écologiste (Amsterdam, 2011). Le productivisme que l’on associe à Marx aujourd’hui ne se trouve pas dans son œuvre, qui, au contraire, se préoccupe des équilibres naturels dans plusieurs textes du Capital. Mais c’est ce que la conception soviétique du stakhanovisme a glissé sous son nom et a fait prendre pour sa pensée. C’est la raison pour laquelle je dis que le communisme a de l’avenir, à condition de le libérer des traditions du passé. Libérer Marx du marxisme militant de jadis.

Dans ce souci de « se libérer du passé », vous insistez sur le fait que l’on a trop souvent confondu socialisme et communisme. Que voulez-vous dire ?

Bernard Vasseur En effet, il y a une anomalie – une ruse de l’histoire – dans le développement du mouvement ouvrier. Je le répète : Marx et Engels sont des penseurs du communisme. Mais ce qui l’a emporté durant deux siècles est le mot « socialisme », tant dans la social-démocratie allemande que dans le socialisme soviétique. Aujourd’hui encore, on tient toujours ces deux mots pour synonymes. Est-ce que Marx les identifiait ? Je pense que non et j’essaie de le démontrer. En 1848, Marx et Engels ont bien écrit le Manifeste du Parti communiste. Par la suite on s’est réclamé du socialisme mais, selon moi, il y a une différence d’ambition et de moyens politiques entre les deux. Par exemple, le socialisme souffre de sa croyance dans l’État comme moteur de la dynamique sociale, pas le communisme. Le communisme selon Marx n’a jamais été essayé.

Mais comment l’après-capitalisme, autrement dit le communisme, est-il capable d’être la première référence du changement ?

Bernard Vasseur En 1992, dans la Fin de l’histoire et le dernier homme, Fukuyama dépeignait un monde où le capitalisme triomphant parvient au « mariage intime » de l’économie de marché et de la démocratie représentative. Le temps d’un tel enthousiasme est largement dépassé. Pour autant, ce qui pèse sur les luttes sociales est l’idée que ce qui s’est effondré au XXe siècle, c’est le communisme. Donc, si le communisme est mort, il ne peut rien y avoir d’autre que le capitalisme. Cela handicape gravement tous les mouvements sociaux actuels, qui doivent alors se maintenir sur la défensive. On ne peut que se défendre « contre » mais on n’a rien à proposer « pour ». Je crois que si l’on se décide à parler du communisme tel que Marx l’a pensé, les choses peuvent évoluer. Dans le Capital, Marx écrit : « Le communisme est une forme de société supérieure dont le principe fondamental est le plein et libre développement de chaque individu. » Si on regarde ce qui s’est passé au XXe siècle, ce que l’on nomme communisme et qu’il faudrait en réalité appeler « échec des pays socialistes », n’a rien à voir avec « le plein et libre développement de chaque individu ». Dans le premier volet de Communisme ? (La Dispute, 2018), Lucien Sève a produit une pierre d’angle dont on peut se nourrir sur cette histoire. Au regard du monde qui nous entoure, il faut s’engouffrer dans la brèche. Il est temps de remettre Marx et le communisme dans le débat public, et de recréer l’idée qu’il y a deux voies pour l’humanité. Nous ne sommes pas condamnés au capitalisme ad vitam aeternam. La seconde voie, celle de l’émancipation humaine, que l’on nomme depuis plus de trois siècles le communisme, a de l’avenir.

(1) Le communisme a de l’avenir… si on le libère du passé,  de Bernard Vasseur, éditions de l’Humanité, 344 pages, 11,50 euros. disponible ici.


Pour la sortie de son essai Le communisme a de l’avenir… si on le libère du passé, Bernard Vasseur était l'invité de l'émission des livres de l'Humanité, Au pied de la lettre, diffusée le 12 novembre dernier.

 

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14 novembre 2020 6 14 /11 /novembre /2020 07:00
Le parti des communistes - Histoire du Parti communiste français de 1920 à nos jours - Julian Mishi, éditions Hors d'Atteinte, 2020, 24,50€

Le parti des communistes - Histoire du Parti communiste français de 1920 à nos jours - Julian Mishi, éditions Hors d'Atteinte, 2020, 24,50€

Essai. Cent ans d’histoire sous le prisme du communisme

Jeudi 12 Novembre 2020
Un siècle après le congrès de Tours, le sociologue Julian Mischi publie une histoire du PCF à partir de la pratique de ses militants.

Le 30 décembre 2020 marquera le centenaire du Parti communiste français. Plus exactement, ce sera l’anniversaire du dix-huitième congrès du Parti socialiste, section française de l’Internationale ouvrière (SFIO), réuni à Tours du 25 au 30 décembre 1920. Une large majorité des délégués y a approuvé les vingt et une conditions posées par Lénine aux partis ouvriers désireux d’adhérer à la nouvelle internationale, fondée à Moscou en 1919. À l’issue de ce congrès naît le Parti communiste (SFIC) , ce n’est qu’en 1926 qu’il adoptera son nom définitif de Parti communiste français.

Le congrès de Tours va fortement et durablement modifier le rapport de forces au sein de la gauche au profit des communistes et des couches populaires, en permettant notamment la constitution et la victoire du Front populaire en 1936. Plusieurs ouvrages paraissent en cet automne 2020, parmi lesquels cette histoire du PCF de Julian Mischi, le Parti des communistes. Chercheur en sociologie, il avait déjà publié deux essais sur le communisme français : Servir la classe ouvrière (PUR, 2010) et le Communisme désarmé. Le PCF et les classes populaires (Agone, 2014). Il continue de creuser le sillon. « Chercher à comprendre l’histoire du mouvement communiste, sa réalité populaire et ses apories tragiques résonne fortement avec les préoccupations politiques et théoriques de ceux qui ne se satisfont pas aujourd’hui de l’ordre des choses néolibéral. »

Les significations d’un mot plus que jamais diverses

La genèse de la naissance de ce parti, qui a dominé la gauche pendant un demi-siècle et fut même le premier parti de France au lendemain de la Libération, remonte à la Première Guerre mondiale et à la victoire des bolcheviks, en octobre 1917. Au nom de la défense du prolétariat, trahi par les élites socialistes qui votèrent les crédits de guerre et participèrent au gouvernement d’union sacrée, des militants progressistes donnent de la voix dans la SFIO et la CGT. Féministes, anarchistes, des socialistes et des syndicalistes forment le creuset de ce qui sera le courant communiste, qui constitue la majorité au congrès de Tours, derrière Marcel Cachin et Paul Vaillant-Couturier.

Entre espoirs et découragement, cette histoire du PCF couvre un siècle de combats politiques de la classe ouvrière et des peuples colonisés. Sous le prisme de l’histoire du Parti communiste, le livre parcourt l’histoire du XXe siècle. La dernière partie est consacrée à la période de déclin qui affecte le PCF depuis trois décennies. Et pourtant, la roue de l’histoire continue de tourner. Julian Mischi observe : « La faillite du socialisme autoritaire de type soviétique a jeté le doute sur l’idée de propriété sociale des moyens de production et les politiques de planification. Mais – pour ne prendre qu’un exemple –, à l’heure de l’urgence climatique, peut-on rejeter d’emblée toute idée de planification économique ? »

Les significations attribuées au mot « communiste » demeurent plus que jamais diverses, note l’auteur dans sa conclusion : « Il renvoie à une histoire tragique pour les peuples et les communistes eux-mêmes. Il est même associé, avec le cas de la Chine, à un acteur central de la mondialisation capitaliste. Mais il reste aussi, pour beaucoup de celles et ceux qui le revendiquent, lié à l’idée d’une alternative au capitalisme qui vise à l’égalité sociale et à l’établissement d’un pouvoir politique effectivement exercé par le plus grand nombre, non monopolisé par les élites sociales. »

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8 novembre 2020 7 08 /11 /novembre /2020 20:08
Lucienne Nayet et Philippe Grincourt lors de l'inauguration de l'exposition rétrospective des photos de Jean-Marc Nayet

Lucienne Nayet et Philippe Grincourt lors de l'inauguration de l'exposition rétrospective des photos de Jean-Marc Nayet

Ouest-France

Locquénolé. Les photos de Jean-Marc Nayet attendront le public

Les mesures sanitaires ont empêché l’ouverture de l’exposition des photos de Jean-Marc Nayet, vendredi 30 octobre 2020, à la salle du Préau, à Locquénolé (Finistère). Elles resteront accrochées en attendant la fin de la période de confinement.

Durant quelques heures, juste avant le confinement, l’exposition « Rétrospective Jean-Marc Nayet » a ouvert ses portes, avant de les renfermer jusqu’à la fin de la période de confinement. Elle devait se tenir du vendredi 30 octobre au mardi 8 novembre 2020, dans la salle du Préau, à Locquénolé (Finistère). « Ce n’est que partie remise, précise Guy Airaud, coordinateur de l’événement. Tout est en place, l’expo est prête et attendra son public. »

Mémoriser les instants de la vie

Cette rencontre est une rétrospective de l’ensemble du travail de Jean-Marc Nayet, photographe passionné, qui s’est éteint en février. Son épouse, Lucienne, et son ami photographe, Philippe Grincourt, ainsi que ses amis, désirent ainsi lui rendre un dernier hommage.

Empreint d’humanité, Jean-Marc Nayet a toujours photographié ses contemporains. « Jean-Marc était un poète, souligne Philippe Grincourt. Il avait un imaginaire riche et menait sa vie avec gourmandise. Il avait un regard, et savait mettre en valeur ses sujets. »

« Son langage, c’était la photo et l’écriture, ajoute Lucienne Nayet. Sans cesse, il a voulu mémoriser les instants de la vie. La photo, c’était une source de partage et d’échange avec les autres, une façon de dialoguer, avec cœur et humanité. »

Immortaliser l’instant et l’émotion

Le choix des tirages photographiques exposés a été difficile, tant ils sont nombreux et variés : les Poilus lors des cérémonies de commémorations à Béthune (Pas-de-Calais), dont il était originaire, les enfants palestiniens dans le camp de Wavel au Liban, au travers de l’association Morlaix-Wavel dont il était le président, des musiciens dans les bals populaires, les fanfares avec ses amis de Pattes à caisse.

Grand amoureux de l’Irlande, il photographiait la vie dans les pubs. En 2019, il a photographié des dessins de Poilus réalisés par l’artiste Guy Denning sur papier kraft et collés sur les murs du village de La Feuillée. Il a aussi accompagné l’artiste plasticien Pierre Chanteau dans le projet de L’œil en Finistère. Des images immortelles, donc, qui sauront attendre les visiteurs.

https://www.ouest-france.fr/bretagne/locquenole-29670/locquenole-les-photos-de-jean-marc-nayet-attendront-le-public-7037748

Voir aussi:

Inauguration de l'exposition retrospective du travail photographique de Jean-Marc Nayet (photos Jean-Luc Le Calvez)

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31 octobre 2020 6 31 /10 /octobre /2020 11:36
Inauguration de l'exposition retrospective du travail photographique de Jean-Marc Nayet (photos Jean-Luc Le Calvez)
Inauguration de l'exposition retrospective du travail photographique de Jean-Marc Nayet (photos Jean-Luc Le Calvez)
Inauguration de l'exposition retrospective du travail photographique de Jean-Marc Nayet (photos Jean-Luc Le Calvez)
Inauguration de l'exposition retrospective du travail photographique de Jean-Marc Nayet (photos Jean-Luc Le Calvez)
Inauguration de l'exposition retrospective du travail photographique de Jean-Marc Nayet (photos Jean-Luc Le Calvez)
Inauguration de l'exposition retrospective du travail photographique de Jean-Marc Nayet (photos Jean-Luc Le Calvez)
Inauguration de l'exposition retrospective du travail photographique de Jean-Marc Nayet (photos Jean-Luc Le Calvez)
Inauguration de l'exposition retrospective du travail photographique de Jean-Marc Nayet (photos Jean-Luc Le Calvez)

Quelques photos prises par Jean-Luc Le Calvez de cette exposition inaugurée hier, vendredi 30 octobre, à 18h30.

Avec deux des filles de Jean-Marc et Lucienne ainsi que deux de leurs petits-enfants...dejà grands. Au côté de Lucienne, Philippe Grincourt l'ami photographe de Jean Marc Nayet avec qui il partageait cette passion et tant de projets.

Photos et commentaire de Jean-Luc Le Calvez

Exposition « rétrospective Jean-Marc Nayet », du 30 octobre au 8 novembre (LE TELEGRAMME)

Une exposition « rétrospective Jean-Marc Nayet » se tiendra dans la salle du préau, du 30 octobre au 8 novembre, après son inauguration le 29 octobre. Dans un communiqué, l’adjoint Guy Airaud déclare : « En février 2020, l’ami Jean-Marc Nayet nous faussait compagnie sans prévenir… Empreint d’humanité, Jean-Marc a toujours photographié ses contemporains. Les poilus lors des cérémonies de commémorations à Béthune, dans le Pas-de-Calais, d’où il était originaire, les enfants palestiniens dans le camp de Wavel au Liban, au travers de l’association Morlaix-Wavel dont il était le président, les musiciens dans les bals populaires, les fanfares avec ses amis de Pattes à Caisse. Grand amoureux de l’Irlande, il photographiait la vie dans les pubs. En 2019, il a photographié des dessins de poilus réalisés par l’artiste Guy Denning sur papier kraft et collés sur les murs du village de La Feuillée. Il a aussi accompagné l’artiste plasticien Pierre Chanteau dans le projet de l’œil en Finistère. L’idée d’une rétrospective de l’ensemble de son travail dans la salle du préau de Locquénolé, lieu qu’il a fait tant vivre, permet à ses amis de lui rendre un dernier hommage. Le choix difficile de l’éditing parmi les tirages photographiques de Jean-Marc est à la charge de son épouse Lucienne et de son ami photographe Philippe Grincourt ».

Pratique

Ce panorama photographique sera visible les mercredis, jeudis, de 15 h 30 à 19 h, de 15 h 30 à 20 h 30, les vendredis. Fermé les lundi et mardi. Contraintes sanitaires à respecter.

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26 octobre 2020 1 26 /10 /octobre /2020 06:06
Quelques rendez-vous d'éducation populaire organisés par les sections du PCF Finistère en novembre, décembre, janvier
Gérard Streiff est prévu pour nous parler de son abécédaire amoureux du communisme le 24 novembre à Morlaix pour la rentrée des Mardis de l'éducation populaire et le 25 novembre au Relecq-Kerhuon

Gérard Streiff est prévu pour nous parler de son abécédaire amoureux du communisme le 24 novembre à Morlaix pour la rentrée des Mardis de l'éducation populaire et le 25 novembre au Relecq-Kerhuon

Quelques rendez-vous d'éducation populaire organisés par les sections du PCF Finistère en novembre, décembre, janvier
L'écrivain Guy Darol interviendra probablement le mardi 8 décembre à 18h autour de son dernier livre Wattstax, une fierté noire: Musique et combat anti-raciste aux Etats-Unis.

L'écrivain Guy Darol interviendra probablement le mardi 8 décembre à 18h autour de son dernier livre Wattstax, une fierté noire: Musique et combat anti-raciste aux Etats-Unis.

Quelques rendez-vous d'éducation populaire organisés par les sections du PCF Finistère en novembre, décembre, janvier
Quelques rendez-vous d'éducation populaire organisés par les sections du PCF Finistère en novembre, décembre, janvier
Quelques rendez-vous d'éducation populaire organisés par les sections du PCF Finistère en novembre, décembre, janvier
Quelques rendez-vous d'éducation populaire organisés par les sections du PCF Finistère en novembre, décembre, janvier
A Quimperlé Jeudi Rouge le 26 novembre avec le Jeudi  26 novembre à 18h30 avec Bernard Vasseur, philosophe, qui nous présentera son nouvel ouvrage "Le Marxisme a de l'avenir, pourvu qu'on le libère du passé"

A Quimperlé Jeudi Rouge le 26 novembre avec le Jeudi 26 novembre à 18h30 avec Bernard Vasseur, philosophe, qui nous présentera son nouvel ouvrage "Le Marxisme a de l'avenir, pourvu qu'on le libère du passé"

Quelques rendez-vous d'éducation populaire organisés par les sections du PCF Finistère en novembre, décembre, janvier
Fréderick Genevée donnera une conférence pour les Jeudi Rouge du PCF à Quimperlé le 14 décembre: Président du Musée d'histoire vivante , coordinateur de l'ouvrage collectif "Aux alentours du Congrès de Tours  1914/1924"

Fréderick Genevée donnera une conférence pour les Jeudi Rouge du PCF à Quimperlé le 14 décembre: Président du Musée d'histoire vivante , coordinateur de l'ouvrage collectif "Aux alentours du Congrès de Tours 1914/1924"

Quelques rendez-vous d'éducation populaire organisés par les sections du PCF Finistère en novembre, décembre, janvier
Renaud Faroux - conférence sur Picasso à Landerneau (les rendez-vous artistiques du PCF Finistère)

Renaud Faroux - conférence sur Picasso à Landerneau (les rendez-vous artistiques du PCF Finistère)

Renaud Faroux - conférence sur Henry Moore à Landerneau (les rendez-vous artistiques du PCF Finistère)

Renaud Faroux - conférence sur Henry Moore à Landerneau (les rendez-vous artistiques du PCF Finistère)

Dans les 3 mois à venir, quelques propositions d'initiatives des sections du Parti communiste français du Finistère: éducation populaire, 100 ans du Parti communiste. 

A Morlaix:

LES MARDIS DE L’ÉDUCATION POPULAIRE au local de la section PCF, 2 petite rue de Callac
 
Avec l'écrivain et journaliste Gérard Streiff autour de l'Abécédaire amoureux du communisme mardi 24 novembre

"Le Communisme est mort selon les médias. Pourtant, il existe encore des communistes. Gérard Streiff, en fait partie, il explique par cet abécédaire comment on devient communiste en 1968, et pourquoi cinquante plus tard il est toujours communiste. L’occasion pour certains de découvrir ce souvenir, pour d’autres la culture, les combats, les révoltes, la pensée de 50 ans de communisme. Ce livre est un recueil d’images, d’anecdotes, de rencontres, de dates. Des souvenirs en vrac, avec des trous (de mémoire).  Le communisme par le petit bout de ma lorgnette". Livre à 12 €, éditions du Petit Pavé

 
Avec l’écrivain Guy Darol probablement le mardi 8 décembre, 18h. Autour de son dernier livre Wattstax, une fierté noire: Musique et combat anti-raciste aux Etats-Unis.
 
Avec l’affichiste Dugudus (Régis Léger), Mardi 19 janvier. Présentation de son travail d'artiste affichiste et de son travail sur les affiches cubaines.
Il y aura en même temps une expo de son travail au Ty Coz. 
 
JOURNÉE CAMARADES
 
Dimanche 20 décembre  au local du PCF à Morlaix - journée « CAMARADES »
 
projection du documentaire Camarades d’Yves Jeuland en matinée
auberge espagnole
puis projection du film Les Camarades de Mario Monicelli.
 

Au Relecq-Kerhuon:

Avec l'écrivain et journaliste Gérard Streiff autour de l'Abécédaire amoureux du communisme mercredi 25 novembre

A Douarnenez, Mercredi 25 novembre: Bernard Vasseur, philosophe, qui nous présentera son nouvel ouvrage "Le Marxisme a de l'avenir, pourvu qu'on le libère du passé"

A Quimperlé, salle Isole, Espace Benoîte Groult: début Jeudis Rouges de la saison 2019/2020

  • le Jeudi  26 novembre à 18h30 avec Bernard Vasseur, philosophe, qui nous présentera son nouvel ouvrage "Le Marxisme a de l'avenir, pourvu qu'on le libère du passé"
  • Le Lundi 14 Décembre 18h30 - avec Frederick Genevée, historien, Président du Musée d'histoire vivante , coordinateur de l'ouvrage collectif "Aux alentours du Congrès de Tours  1914/1924"
  • Le Jeudi 28 janvier  2021 18h30 soirée "Afrique du Sud, où en sommes nous ? et le rôle des femmes dans la lutte contre l'apartheid avec Jacqueline Dérens.

En prévision aussi: avec Barbara Stiegler pour une soirée "Que nous dit la crise sanitaire sur l'état de notre société"; avec Sophie Démare Lafont autour de "La Bible, une sacrée histoire" et Sara Lickel Chargée de plaidoyer au Secours Catholique sur le Droit à l'alimentation.

***

Pour les vœux de la fédération PCF Finistère, nous prévoyons une invitation de l'historien d'art Renaud Faroux co-auteur avec Yolande Rasle du livre "Libres comme l'art" sur "100 ans d'histoire entre les artistes et le PCF" pour une présentation en mots et en images des peintres liés à l'histoire du communisme français. Ce sera probablement au Relecq-Kerhuon.  Renaud Faroux est aussi le conférencier qui est venu nous présenter et mettre en contexte plusieurs expositions du FHEL des Capucins à Landerneau et du Musée de Pont Aven.

***

A signaler aussi, même si ce n'est pas organisé par le PCF, que notre camarade, ancienne secrétaire nationale du PCF, ministre de la Jeunesse et des Sports, et actuellement députée communiste de Seine Saint-Denis, Marie-George Buffet, sera l'invitée de l'université populaire du Pays d'Iroise le 15 décembre à 18h30 à Locmaria Plouzané pour une conférence sur: "De la révolution de 1789 à nos jours, l'égalité homme femme, un reflet de choix politiques"

Quelques rendez-vous d'éducation populaire organisés par les sections du PCF Finistère en novembre, décembre, janvier

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25 octobre 2020 7 25 /10 /octobre /2020 08:25
La mort de Danielle Casanova - Boris Taslitzky - 1950

La mort de Danielle Casanova - Boris Taslitzky - 1950

" Dans La Mort de Danielle Casanova, Taslitzky met en place une composition simple et claire marquée par la symétrie des personnages. L'éclairage est contrasté en accord avec le caractère funèbre de la scène. L'oblique du corps de la jeune femme barre le tableau et exprime avec force et clarté l'idée d'un cadavre. Le blanc du manteau de cette nouvelle Marie contraste avec l'ensemble du déco sombre et brun et les détenus aux visages livides. La grande spiritualité de la scène est due à la clarté de l'héroïne qui se détache face aux tristes costumes rayés de tous les autres prisonniers du camp dont le recueillement est particulièrement émouvant. La composition du tableau souligne l'équilibre entre cette vision déchirante et le sens de la transcendance qui place par sa mort cette jeune communiste au niveau d'une martyre." (libres comme l'art, 100 ans d'histoire entre les artistes et le PCF, Yolande Rasle - Renaud Faroux, 2020)

Née le 9 janvier 1909, la Corse Danielle Casanova, membre des JC depuis 1928, meurt à l’âge de 34 ans, le 10 mai 1943, en déportation à Auschwitz. Ce n’est pas uniquement son martyre, sa mort à Auschwitz, qui fait sa grandeur, c’est aussi sa création et sa direction déterminée de l’Union des jeunes filles de France (UJFF), ainsi que son rôle de premier plan dans le communisme clandestin et son entrée en résistance. Le PCF honore sa mémoire en faisant d’elle, à juste titre, une héroïne nationale célébrée le jour de la fête de Jeanne d’Arc. Le tableau de Boris Taslitzky, la Mort de Danielle Casanova, peint en 1950, en est l’expression artistique, ainsi que sa présence dans le Musée Grévin d’Aragon. Charlotte Delbo en fait un personnage marquant de son œuvre. Dans le martyrologue qui s’affirme, elle est « la femme », Guy Môquet « le jeune », Gabriel Péri « l’intellectuel », Pierre Semard « le cheminot », Jean-Pierre Timbaud « le métallo ».

Autoportrait de Boris Taslitzky au crayon (décembre 1937)

Autoportrait de Boris Taslitzky au crayon (décembre 1937)

Portrait de Boris Taslitzky en 1990 (photo. I. Rollin-Royer)

Portrait de Boris Taslitzky en 1990 (photo. I. Rollin-Royer)

COMMUNIST'ART: Boris Taslitzky (1911-2005)
 Prisonniers regardant passer un mort (Camp de Buchenwald - 1944 - Technique : crayon sur papier) -   Ce dessin est assez explicite. Les visages sont vides, ils n’expriment aucune expression. Les individus, des prisonniers, regardent un mort passer devant eux comme si c’était quelque chose de banal, comme s’ils étaient habitués à cette horreur

Prisonniers regardant passer un mort (Camp de Buchenwald - 1944 - Technique : crayon sur papier) - Ce dessin est assez explicite. Les visages sont vides, ils n’expriment aucune expression. Les individus, des prisonniers, regardent un mort passer devant eux comme si c’était quelque chose de banal, comme s’ils étaient habitués à cette horreur

Le sommeil dans les box (Camp de Buchenwald - 1944 - Technique : crayon sur papier)

Le sommeil dans les box (Camp de Buchenwald - 1944 - Technique : crayon sur papier)

« Je voudrais savoir moi aussi dessiner pour les montrer dans cet enclos du crime, face à face : ces hommes, ces penseurs, ces artistes, ces savants, soldats de la noble cause de la Culture, de la Beauté, de la Civilisation, de l’Humanisme et le monstre fasciste botté, le revolver, la mitraillette ou le gourmi à la main, terrorisant, assassinant hommes et femmes et aussi des enfants seulement coupables de ne pas appartenir à la prétendue race supérieure. C’est dans ce cadre dantesque où s’affrontaient l’Esprit et la Bête que Boris Taslitzky a croqué ses immortels dessins, qui, pour un si grand nombre d’entre nous, sont et resteront éternellement bouleversants. Ces dessins projetés, ces dessins réalisés, achevés, témoignages à tout jamais irrécusables d’un drame inimaginable pour la raison humaine, dans lequel le fascisme avait projeté les descendants de l’an II, symbole de l’amour de la liberté et de l’honneur de l’homme. »

Ainsi s’exprimait en mars 1978 Marcel Paul, l’un des responsables de l’organisation clandestine au sein du camp de Buchenwald, dans un avant-propos présentant les cent-onze dessins-témoignages réalisés par Boris Taslitzky.

Julien Cain administrateur général de la Bibliothèque nationale révoqué par le gouvernement de Vichy, compagnon de lutte de Boris à Buchenwald témoignait : « Je revois ma première rencontre avec Boris Taslitzky à Buchenwald, à l’automne 1944, au premier étage du block 40, dans le lavabo ou ‘waschraum’ qui nous servait ce jour-là de lieu de réunion. Il s’agissait d’organiser parmi les Français du camp un concours de poésies, de récits en prose et de dessins. De ce concours devaient sortir des œuvres émouvantes et sincères, quelques-unes pathétiques, d’autre simplement charmantes. Le ‘Jury’ avait estimé que ce premier et timide effort vers une vie spirituelle et collective dans ce camp de mort devait être expliqué et commenté par un manifeste. Boris Taslitzky avait été chargé de le rédiger. Il le lut d’une voix à la fois timide et assurée. Il définit avec précision une sorte d’Art poétique dont les formules vigoureuses me frappèrent, et il termina en nous lançant comme un défi les vers du ‘Lancelot’ d’Aragon que je ne connaissais pas encore : Vous pouvez me frapper en voici la raison / Riez de mon silence et souillez ma figure / Je ne pratique pas le pardon des injures / Lorsque je ne dis rien c’est que j’ai mes raisons… » (...) « Depuis ce jour, j’ai revu bien souvent Boris Taslitzky. Je l’ai vu travailler. Je l’ai vu devant ses modèles, composant sans hâte des portraits de détenus, ses camarades, que son crayon approfondissait peu à peu et qu’il chargeait d’expression. Je l’ai interrogé. J’ai voulu connaître sa formation, celle de l’artiste et celle de l’homme. Et j’ai compris comment, sans l’avoir recherché peut-être, par le jeu naturel des forces qui étaient en lui, Boris Taslitzky était devenu l’incarnation même de l’artiste révolutionnaire. »

(Source: Jacky Tronel: http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/des-camps/cent-onze-dessins-de-boris-taslitzky-faits-a-buchenwald-10459)

 

Boris Taslitzky est reconnu pour être un des très grands témoins de la déportation parmi les artistes peintres et dessinateurs. Grâce à l'organisation clandestine du camp de Buchenwald, il fit partie de la dizaine d'artistes qui put obtenir secrètement des petits crayons et du papier pour témoigner de l'enfer concentrationnaire. A Buchenwald, Taslitzky avait retrouvé le futur ministre Christian Pineau qui, lors de la libération du camp, avait acheminé ses dessins clandestins vers la France et les avait remis à Aragon, lequel les avait publiés sur le champ: "111 dessins de Boris Taslitzky faits à Buchenwald, 1944-1945", présentés par Julien Cain, La bibliothèque française, 1946.

http://www.boris-taslitzky.fr/.

Boris Taslitzky est né en 1911 de parents juifs russes émigrés après l'échec de la révolution de 1905. Son père, ingénieur, meurt pendant la première guerre mondiale. Le jeune Boris devient pupille de la nation. Il commence à peindre à l'âge de quinze ans et fréquente les académies de Montparnasse, vise le Louvre et copie les grands maîtres: Rubens, Delacroix, Géricault, Courbet. En 1928, il entre à l'Ecole des beaux-arts de Paris. En 1933, il adhère à l'AEAR, l'association des écrivains et artistes révolutionnaires dont il devient le secrétaire général de la section Peintres et Sculpteurs et en 1935, au Parti communiste français. En 1936, lors de la présentation de Quatorze juillet, pièce de Romain Rolland, il participe à l'exposition qui réunit Picasso, Léger, Matisse, Braque, Jean Lurçat, Laurens et Pignon dans le hall du théâtre de l'Alhambra. En 1937, il réalise des dessins d'illustration pour le journal communiste Ce soir d'Aragon et Jean-Richard Bloch. Il est en 1938, secrétaire général des Peintres et Sculpteurs de la Maison de la Culture de Paris.

Mobilisé à Meaux, Boris Taslitzky est fait prisonnier en juin 1940. Il s'évade en août et s'engage dans la Résistance au côté du Parti communiste clandestin et du Front national de lutte pour la libération et l'indépendance de la France. Arrêté en novembre 1941, condamné à deux ans de prison, il est transféré dans les prisons de Riom et de Mauzac, puis au centre de Saint-Sulpice-la-Pointe, et le 31 juillet 1944, déporté à Buchenwald où il parvient à faire quelque deux cents dessins qui témoignent de la vie des camps. Sa mère est déportée elle aussi et meurt au camp d'extermination d'Auschwitz.

Après-guerre, en 1946, Aragon fait éditer une centaine de ses dessins de Buchenwald. Après guerre, avec André Fougeron, Jean Vénitien et Jean Amblard, Boris Taslitzky devient un des défenseurs du réalisme socialiste en France.  En 1955, il illustre le recueil du poète breton Eugène Guillevic (né à Carnac en 1907- décédé à Paris en 1997), L'âge mûr, Eugène Guillevic qui était devenu sympathisant du Parti communiste pendant la guerre d'Espagne, puis adhérent en 1942 (il est resté adhérent communiste jusqu'en 1980).      

Dans ce tableau saisissant, visible aujourd’hui au Musée de la Résistance nationale, à Champigny-sur-Marne, le peintre et résistant communiste Boris Taslitzky immortalisait une scène de vie à la maison centrale de Riom, intitulée « La pesée » - Boris Taslitzky est arrêté par les gendarmes d’Aubusson (Creuse), le 13 novembre 1941. Il est écroué provisoirement à la maison d’arrêt de Guéret puis transféré à Clermont-Ferrand. Le 11 décembre 1941, le président du tribunal militaire le condamne à deux ans de prison et dix ans d’interdiction de droits civils, civiques et familiaux au motif qu’il « a effectué plusieurs dessins destinés à la propagande communiste ». Après son jugement, Boris est transféré à la maison centrale de Riom.

Dans ce tableau saisissant, visible aujourd’hui au Musée de la Résistance nationale, à Champigny-sur-Marne, le peintre et résistant communiste Boris Taslitzky immortalisait une scène de vie à la maison centrale de Riom, intitulée « La pesée » - Boris Taslitzky est arrêté par les gendarmes d’Aubusson (Creuse), le 13 novembre 1941. Il est écroué provisoirement à la maison d’arrêt de Guéret puis transféré à Clermont-Ferrand. Le 11 décembre 1941, le président du tribunal militaire le condamne à deux ans de prison et dix ans d’interdiction de droits civils, civiques et familiaux au motif qu’il « a effectué plusieurs dessins destinés à la propagande communiste ». Après son jugement, Boris est transféré à la maison centrale de Riom.

COMMUNIST'ART: Boris Taslitzky (1911-2005)
L'insurrection victorieuse de Buchenwald

L'insurrection victorieuse de Buchenwald

Collaboration entre Taslitzky et le poète communiste breton Eugène Guillevic

Collaboration entre Taslitzky et le poète communiste breton Eugène Guillevic

Collaboration entre le professeur de philosophie et poète Gaucheron et Boris Taslitzky: Un pommier de plein vent, 1974

Collaboration entre le professeur de philosophie et poète Gaucheron et Boris Taslitzky: Un pommier de plein vent, 1974

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21 octobre 2020 3 21 /10 /octobre /2020 08:09
Photo I. Dupont

Photo I. Dupont

Photo I. Dupont

Photo I. Dupont

Photo I. Dupont

Photo I. Dupont

Parmi les hommages à Samuel Paty sur les réseaux sociaux et à tous ceux qui servent la cause de la liberté et de l'émancipation figure en bonne place des visuels de l'oeuvre où Fernand Léger reprend le poème "Liberté" de Paul Eluard. 

C'est en 1942 que le poète Paul Eluard, ancien surréaliste, adhérent communiste depuis 1926, écrit dans la revue résistante "Fontaine" les 21 strophes du poème intitulé "Liberté". La revue gaulliste "La France libre" basée à Londres fait parachuter des milliers de tracts au-dessus des villes françaises avec ce poème. 

Le texte est traduit et relayé sous le manteau dans toute l'Europe, relayé clandestinement, arrivant aux gens sous forme de feuillets jetés d'avion. 

Avec "Liberté" s'incarnent les deux thèmes essentiels de Paul Eluard: la révélation du monde par l'amour et la révélation de la liberté.

Un an après la mort d'Eluard, l'éditeur Pierre Seghers propose à son ami Fernand Léger, communiste depuis 1944, d'illustrer le poème mondialement célèbre. La tapisserie de Léger "Liberté j'écris ton nom" réalisée a la fin des années 1960 est exposée au dernier étage de Colonel Fabien, le siège du parti communiste à Paris, œuvre de l'architecte brésilien Oscar Niemeyer

(source: Libres comme l'art, 100 ans d'histoire entre les artistes et le PCF, Yolande Rasle- Renaud Faroux, éditions de l'atelier).

Lire aussi:

COMMUNIST'ART: Paul Eluard - par Hector Calchas

On s'habitue à tout, sauf à ces oiseaux de plomb... Paul Eluard

18 novembre 1952, mort de Paul Eluard

COMMUNIST'Art: Fernand Léger

Communist'Art: l'architecte brésilien Niemeyer

Liberté, j'écris ton nom - La rencontre de Paul Eluard et de Fernand Léger

Liberté, Paul Eluard, 1942

Sur mes cahiers d’écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable sur la neige
J’écris ton nom

Sur toutes les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J’écris ton nom

Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J’écris ton nom

Sur la jungle et le désert
Sur les nids sur les genêts
Sur l’écho de mon enfance
J’écris ton nom

Sur les merveilles des nuits
Sur le pain blanc des journées
Sur les saisons fiancées
J’écris ton nom

Sur tous mes chiffons d’azur
Sur l’étang soleil moisi
Sur le lac lune vivante
J’écris ton nom

Sur les champs sur l’horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J’écris ton nom

Sur chaque bouffée d’aurore
Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente
J’écris ton nom

Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l’orage
Sur la pluie épaisse et fade
J’écris ton nom

Sur les formes scintillantes
Sur les cloches des couleurs
Sur la vérité physique
J’écris ton nom

Sur les sentiers éveillés
Sur les routes déployées
Sur les places qui débordent
J’écris ton nom

Sur la lampe qui s’allume
Sur la lampe qui s’éteint
Sur mes maisons réunies
J’écris ton nom

Sur le fruit coupé en deux
Du miroir et de ma chambre
Sur mon lit coquille vide
J’écris ton nom

Sur mon chien gourmand et tendre
Sur ses oreilles dressées
Sur sa patte maladroite
J’écris ton nom

Sur le tremplin de ma porte
Sur les objets familiers
Sur le flot du feu béni
J’écris ton nom

Sur toute chair accordée
Sur le front de mes amis
Sur chaque main qui se tend
J’écris ton nom

Sur la vitre des surprises
Sur les lèvres attentives
Bien au-dessus du silence
J’écris ton nom

Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J’écris ton nom

Sur l’absence sans désir
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J’écris ton nom

Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l’espoir sans souvenir
J’écris ton nom

Et par le pouvoir d’un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer

Liberté.

Paul Eluard

Poésie et vérité 1942 (recueil clandestin)
Au rendez-vous allemand (1945, Les Editions de Minuit)

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20 octobre 2020 2 20 /10 /octobre /2020 07:31
Disparition: l'écrivain et dramaturge breton Ricardo Montserrat est décédé à Concepcion, au Chili, à 66 ans (Jérôme Skalski, L'Humanité, 19 octobre)

Disparition. Ricardo Montserrat, le cœur à l’ouvrage collectif

Lundi 19 Octobre 2020

L’écrivain et dramaturge s’est éteint ce week-end à Concepcion, au Chili, à l’âge de 66 ans. Homme engagé, au singulier comme au pluriel, il avait animé des dizaines d’ateliers de création, afin que ceux à qui on ne donne jamais la parole prennent la plume et s’expriment.

 

« Mon ami, mon camarade, écrivain et dramaturge Ricardo Montserrat avec qui j’ai tant fait et tant échangé est décédé (…) d’un arrêt cardiaque à Concepcion au Chili, où il était parti vivre depuis trois ans », écrit Babouse dans l’hommage que rend le journaliste et dessinateur à celui qui, souligne-t-il, « était de ceux qui redonnent un peu de foi en cette vacharde putassière Humanité. »

 

Né en 1954 à Saint-Brieuc de parents antifascistes espagnols catalans exilés en Bretagne, Ricardo Montserrat Galindo se rend au Chili en pleine dictature pour, en tant que professeur de langue à l’Alliance française de Concepcion, s’engager par le théâtre et l’écriture contre le régime de Pinochet.

De Lorient à Roubaix, avec les chômeurs

De retour en France au début des années 1990, il poursuit son engagement par la littérature, le théâtre et le cinéma, avec des œuvres abordant aussi bien le thème de la mémoire politique et historique que celui des résistances sociales. Animateur d’ateliers d’écriture tels ceux qui formèrent la base de la série des Aventures de Nour et Norbert, portée par Colères du présent, il signera une vingtaine d’autres romans écrits en collaboration, dont Zone mortuaire, rédigé avec quatorze chômeurs du quartier Kervenanec de Lorient, qui sera publié en 1997 dans la collection « Série noire », ainsi que Ne crie pas, coécrit avec des salariés privés d’emploi de Roubaix et paru dans la même collection en 2000, qui servira de base au scénario de Sauve-moi, film réalisé par Christian Vincent la même année.

« Je suis revenu en France en 1990, après avoir vécu une dictature politique au Chili. Je me suis aperçu que l’on parlait aux chômeurs français de la même manière que la dictature parlait à ses opposants, qu’elle nommait les “antisociaux” : “Taisez-vous, laissez-nous agir, attendez, tout ira bientôt mieux.” Ils étaient considérés comme totalement hors jeu, quasiment morts », expliquait-il à l’Humanité au lendemain de son expérience roubaisienne, le 20 novembre 1999.

Un « accoucheur de mots qui permettait aux gens de se raconter »

« Ricardo a accompagné Colères du présent pendant plusieurs années, notamment sur le volet “éducation populaire” de l’association », explique François Annicke : « Sous son chapeau et de sa petite voix souriante, il savait emmener un groupe dans une aventure d’écriture collective et susciter l’envie d’écrire chez ceux à qui on ne donne que rarement la parole. Se qualifiant lui-même de maïeuticien, d’accoucheur de mots, il permettait aux gens de se raconter et d’imaginer des histoires communes. » « La collection qu’il a créée avec Colères du présent et les éditions Baleine, Nour et Norbert,  a laissé des traces chez de nombreuses personnes qui parlent encore de ce lien fort et original que Ricardo savait nouer avec elles », souligne le coordinateur de Colères du présent. « Tu vas pouvoir retrouver tous ceux qui t’ont manqué si fort même quand ils étaient vivants », écrit pour sa part Reynaldo Montserrat Galindo en hommage à son frère disparu : « Sûr que tu vas leur tendre la main là où leur enfance et leurs rêves se sont cassés, dans les Pyrénées. Va, mon frère, chante avec Neruda et Jara, tu avais déjà rejoint leur pays… et puis Durruti et les écrivains des Brigades internationales, et Blum et Anaïs Nin, et Alfred Jarry. »

Vivant à Saint-Malo non loin de Saint-Cast, dormant « tout au fond du brouillard », et de Cancale, où René Vautier passa ses derniers moments, Ricardo Montserrat était retourné au Chili depuis trois ans. Il avait 66 ans. 

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13 octobre 2020 2 13 /10 /octobre /2020 19:09
Histoire. L’art à l’épreuve de 100 ans d’histoire du PCF

Histoire. L’art à l’épreuve de 100 ans d’histoire du PCF

Mardi 13 Octobre 2020

Le catalogue de l’exposition « Libres comme l’art, 100 ans d’histoire entre les artistes et le PCF » sort aujourd’hui. Il annonce la présentation de dizaines d’œuvres témoins d’un siècle de lourdeurs, mais aussi d’ambitions, toujours actuelles, d’ouvrir des chemins de liberté et de création.

 

Picasso, bien sûr avec sa photo en une de l’Humanité, dans l’immédiat après-guerre, quand il remet son adhésion au PCF à Jacques Duclos : « Je suis venu au communisme comme on va à la fontaine. » Picasso et Guernica, Picasso et la Paloma, la colombe de la paix qui prendra son envol sur des milliers de banderoles dans les manifestations, contre « la bombe », contre les guerres d’Indochine et d’Algérie… Picasso, Fernand Léger, Giacometti qui sculpte un buste d’Henri Rol-Tanguy après l’insurrection parisienne… Mais il faut remonter bien avant. C’était il y a cent ans. Au congrès de Tours, la majorité des délégués décidaient, pour le meilleur et pour le pire, de rompre avec le vieux monde et les anciens partis pour créer le Parti communiste. À cette même époque, le dadaïsme, puis le surréalisme tranchent dans le vif de l’art. André Breton veut « une insurrection de l’esprit ». Il écrira plus tard : « Transformer le monde, a dit Marx, Changer la vie, a dit Rimbaud. Ces deux mots d’ordre pour nous n’en font qu’un. »

Pourtant, si à la fin des années 1920 la question de l’adhésion au Parti communiste travaille et divise les surréalistes et bien d’autres artistes et intellectuels, la vraie rencontre n’aura pas lieu. Les conceptions staliniennes de l’art pèsent sur le PCF. Aragon pousse la porte. Pour lui, le réalisme socialiste de l’URSS doit être un réalisme français. Il parle de Courbet, de Poussin… La guerre d’Espagne rebat les cartes. Nombre d’artistes prennent parti. Peintures, affiches pour l’Espagne républicaine comme celles de Miro. D’autres liens se nouent.

Les Lettres françaises et l’Humanité se tournent vers les avant-gardes de l’époque

Quoi qu’il en soit des pesanteurs, pour les communistes l’art n’est pas un supplément d’âme, il fait partie d’un projet global d’émancipation, celui, selon les mots de Marx, « de l’épanouissement de chacun sans étalon préétabli ». Dans les années d’après-guerre, les nombreuses villes que dirige le PCF portent de grandes ambitions artistiques et culturelles qui vont à la fois marquer l’époque et l’identité communiste aujourd’hui encore. Ce n’est pas sans contradictions. En 1953, à la mort de Staline, le portrait qu’en fait Picasso à la une des Lettres françaises, à la demande d’Aragon qui les dirige, va être violemment critiqué par la direction du PCF, en l’absence de Maurice Thorez, alors soigné à Moscou. Il remettra les pendules à l’heure dès son retour, en allant ostensiblement rendre visite à Picasso. Le réalisme socialiste a toujours ses artistes, mais il faut nuancer. Fougeron, Taslitzky n’ont rien à voir avec les navrants peintres académiques choyés à Moscou. Directement politiques et sociales, leurs œuvres relèvent davantage d’une forme d’expressionnisme que d’une plate figuration. Les Lettres françaises, de leur côté, des critiques d’art de l’Humanité vont se tourner résolument vers les avant-gardes de l’époque et ouvrir une nouvelle page de l’histoire de l’art et du PCF.

Un regard partagé sur les pressions de la pensée dominante

L’ambition est toujours – que ce soit par le soutien aux artistes, l’achat d’œuvres, par une camaraderie militante, un regard partagé sur les tragédies ou les avancées de l’histoire, avec Cuba, le Vietnam, sur les pressions de la pensée dominante – d’ouvrir des chemins de la liberté et de la création. C’est cette ambition qui court dans l’exposition qu’annonce ce catalogue, comme un reflet de 100 ans d’histoire de l’art et du PCF.

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30 septembre 2020 3 30 /09 /septembre /2020 15:44
Affiche de la 20e édition de Miss Polpetta, le concours de boulettes de viande de Prevalle dans la province de Brescia en Lombardie

Affiche de la 20e édition de Miss Polpetta, le concours de boulettes de viande de Prevalle dans la province de Brescia en Lombardie

Pour les amateurs de grande cuisine et de boulettes de viande, le concours organisé par notre camarade Andréa Lauro et ses amis de Lombardie: Miss Polpetta, Miss boulette! Formellement déconseillé aux végétariens, aux anti-communistes, et à toute personne hostile à la pataphysique !
 
Traduction de notre correspondant du Chiffon Rouge à l'international, Andréa Lauro: 
 
Première fête de la boulette de viande!
Cette année encore, nous sommes heureux de vous annoncer que le 11 octobre aura lieu l'attende concours de Miss Boulette avec en jeu le trophée de la mère boulette, la mère de toutes les boulettes. Cette année, le concours de Miss Boulette se déroulera en plein air , ce qui prendra la forme d’un festival. Compte tenu de la participation des éditions précédentes, le comité organisateur organise des inscriptions publiques et limite la participation aux vingt premiers inscrits.
Pour participer, vous devez vous inscrire en envoyant un e-mail à cette adresse ou contacter personnellement le comité en déclarant votre participation avant minuit du 9 octobre. Un e-mail vous sera envoyé pour confirmer votre inscription.
Voici le règlement unique et sans appel:
- chaque boulette participante doit être présentée en quantité d’au moins 40 exemplaires (pour que tous les participants puissent goûter et voter vos boulettes)
- chaque plat de boulettes peut être accompagné de trois participants au maximum
- le goût et la présentation seront notés. Les modalités de vote seront expliquées sur place.
- un mathématicien de renommée internationale sera présent pour éviter les fraudes et les contestations.
 
Par implantation/présentation, on entend : comment se présentent les boulettes en elles-mêmes, comment elles sont disposées et où elles sont placées.
- Par goût, on entend l’arôme que les boulettes dégagent, la consistance au moment de la morsure et les saveurs qui se dégagent pendant la mastication ainsi que les premiers effets et saveurs résultant de la déglutition.
- Il faut se rappeler que c’est le concours de Miss Boulette et pas de Miss Sauce ou Sughetto, c’est pour ça qu’il y a le concours de Miss Scarpetta

L’ajout de la mention "sagra" entraîne l’introduction des règles suivantes:

-l’espace occupé par chaque boulette participante est le suivant:
longueur 3 mètres
largeur 2,50 mètres
hauteur infinie
-dans votre espace d’exposition il est donné la possibilité de cuisiner avec votre propre équipement
- d’éventuelles tables, points d’appui, chaises, structures d’exposition, décors..... doivent être prises par les participants (pour nous comprendre sur place, vous trouverez seulement l’herbe peut-être humide, nous recommandons chaussure appropriée)
 
De 10h00 à 12h00, nous allons procéder à l’affectation des postes disponibles et vous aurez le temps d’installer et éventuellement cuisiner. tandis que la dégustation débutera à partir de 12h00. La fête fermera à 17h00. Pendant la journée il y aura la possibilité de s’inscrire à la Casa del Bao pour l’année 2020-2021.

Bannissez les couverts en plastique, les assiettes en plastique, les gobelets en plastique, les boulettes en plastique.......

N’oubliez pas que les boulettes de viande sucrées sont les bienvenues, mais hors concours. La journée sera animée par la musique live.
Il fonctionnera bar de steppe : bon vin, boissons diverses et café. Le bar de steppe n’a pas de verres : si vous voulez boire, apportez-les à la maison (pas de plastique)

Le concours se déroulera à Prevalle, Brescia, Italie, près du terrain, qui se trouve, pour ceux qui ne le savent pas, à la sortie de la rocade de Prevalle la première route à gauche. Sur le terrain, vous ne pouvez pas vous garer, juste chargement-déchargement, Vous pouvez ensuite vous garer dans le village et atteindre le terrain à pied.

Vu les temps, seuls les participants à la compétition peuvent participer à l’événement.
Cette édition ne se déroulera qu’avec un temps optimal. En cas de rejet, vous serez informés en temps et en heure. Dans ce cas, vous réessayerez le dimanche suivant.
 
Le Comité ex-Soviet

Si consiglia di leggere tutto molto lentamente e attentamente

MISS POLPETTA 2020

XX CONCORSO UNIVERSALE CULINARIO

Prima sagra della polpetta

Anche quest'anno siamo lieti di comunicarvi che in data 11 ottobre si terrà l'atteso concorso di Miss Polpetta con in palio il trofeo della polpetta madre, la madre di tutte le polpette. Quest'anno il concorso di Miss polpetta  si svolgerà all'aperto , di conseguenza prenderà le sembianze di sagra.Considerata l'affluenza delle passate edizioni,considerato il valore internazionale assunto dal suddetto concorso, il comitato organizzatore indice pubbliche iscrizioni e limita la partecipazione ai primi venti iscritti.

Per poter partecipare è necessario iscriversi inviando una mail a questo indirizzo o contattare personalmente il comitato dichiarando la propria partecipazione entro la mezzanotte del  9 Ottobre. Vi verrà inviata una mail di conferma della vostra avvenuta iscrizione.

Di seguito illustriamo il regolamento unico ed insindacabile:

- ogni polpetta partecipante deve essere presentata in quantità di almeno 40 esemplari (per far si che tutti i partecipanti possano assaggiare e votare le vostre polpette)

- ogni piatto di polpette può essere accompagnato da massimo tre partecipanti

- saranno votati il gusto e la presentazione. Le modalità di votazione verranno spiegate in loco.

- per evitare brogli e contestazioni sarà presente un matematico di fama internazionale.

 Per impiattamento/presentazione si intende: come si presentano le polpette in se stesse, come sono disposte e dove sono adagiate.

- Per gusto si intende: l'aroma che le polpette emanano, la consistenza nel momento del morso e i sapori che si sprigionano durante la masticazione ed i primi effetti e sapori derivanti dal deglutimento.   

- Va ricordato che si tratta del concorso di miss polpetta e non di miss salsetta o sughetto, per quello c'è il concorso di miss scarpetta

In conseguenza dell'aggiunta della dicitura "sagra" vengono introdotte le seguenti regole anch'esse insindacabili:

-lo spazio occupabile per ogni polpetta partecipante è il seguente:

 lunghezza 3 metri

 larghezza 2,50 metri

 altezza infinito

-nel proprio spazio espositivo è data la possibilità di cucinare con le proprie attrezzature

- eventuali tavoli, punti d'appoggio, sedie,strutture espositive, scenografie........ devono essere portate dai partecipanti (per capirci in loco troverete solo erba forse bagnata, si consiglia scarpa adatta)

Dalle ore 10.00 alle ore 12:00 si procederà con l'assegnazione delle postazioni disponibili e si avrà il tempo di installare e eventualmente cucinare.  mentre la degustazione avrà inizio dalle ore 12.00. La sagra chiuderà alle 17. Durante la giornata ci sarà la possibilità di tesserarsi alla casa del bao per l'anno 2020-2021.

Bandite le posate di plastica, i piatti di plastica, i bicchieri di plastica, le polpette di plastica..........

si ricorda che le polpette dolci sono gradite, ma fuori concorso. La giornata sarà allietata da musica dal vivo. 
Funzionerà bar della steppa : vino buono, bevande varie e caffè. Il bar della steppa non ha bicchieri: se vuoi bere portateli da casa (no plastiche)
 
Il concorso si svolgerà a Prevalle, Brescia, Italia,  presso il campo,che si trova, per chi non lo sapesse, all'uscita della tangenziale di prevalle la prima stradina a sinistra. Al campo non si può parcheggiare, solo carico-scarico, Si può poi parcheggiare in paese e raggiungere il campo a piedi
Visti i tempi possono partecipare all'evento solo gli iscritti alla competizione.
Questa edizione si svolgerà solo con tempo ottimale. in caso di rinvio verrete avvisati per tempo. In caso ci si riproverà la domenica seguente.

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