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3 mars 2021 3 03 /03 /mars /2021 06:54

 

Malgré la crise actuelle, l’exécutif s’obstine à sceller sa réforme visant à faire des économies sur le dos des sans-emploi et des travailleurs précaires. Les syndicats, unanimes contre ce texte, exprimeront une dernière fois leur désaccord à la ministre du Travail, ce mardi.

Trois reports du fait de la crise économique et un coup d’arrêt de la part du Conseil d’État n’auront pas convaincu le gouvernement d’abandonner son projet de réforme de l’assurance-chômage, décriée de toutes parts depuis sa présentation en 2018. Bien décidée à boucler le dossier rapidement, la ministre du Travail reçoit, ce mardi, les organisations syndicales pour un dernier round de consultation avant l’entrée en vigueur des premières mesures.

À l’ordre du jour, la présentation du décret, qui devrait être pris dans la foulée, en mars. Si les représentants syndicaux sont invités à exprimer leur avis pendant un tour de parole virtuel, aucun n’est dupe. « Cette concertation n’en a que le nom, le projet n’a pas bougé depuis octobre dernier ! » assène Denis Gravouil, négociateur de la CGT. « Ça fait des mois qu’on le répète : ce projet n’est pas le bon. Il faut remettre tout à plat et développer une réforme qui augmente les droits des demandeurs d’emploi et couvre plus de chômeurs », ajoute Michel Beaugas, secrétaire confédéral de FO.

Jusqu’au-boutisme

Alors que le gouvernement a dû retarder l’application de certaines mesures et en suspendre d’autres face à la vigueur de la crise sanitaire, le projet de réforme continue de faire l’unanimité contre lui. Il y a une semaine, les cinq centrales syndicales (CFDT, CFE-CGC, CFTC, CGT, FO) se sont ainsi fendues d’un communiqué commun, fustigeant le jusqu’au-boutisme du gouvernement. « Nos organisations demeurent en profond désaccord avec le principe fondateur de cette réforme selon lequel la baisse des allocations-chômage inciterait à un retour plus rapide à l’emploi. Cette loi est d’abord l’occasion de faire d’importantes économies budgétaires aux seuls dépens des demandeurs d’emploi », notent-elles. Selon une étude de l’Unédic de novembre 2020, les mesures gouvernementales « à leur rythme de croisière » économiseraient au régime 1,5 milliard d’euros.

Une pernicieuse refonte du calcul du salaire journalier de référence

Une indécence pour les cinq organisations syndicales, alors que la pandémie a lourdement aggravé la précarité de la population. « Le gouvernement va baisser les droits des personnes les plus précaires, qui enchaînent des contrats courts, après leur avoir accordé pour certaines une prime exceptionnelle de 900 euros. C’est un non-sens », dénonce Marylise Léon, secrétaire générale adjointe de la CFDT.

 

 

 

Car, si le ministère du Travail compte conditionner la moitié des mesures envisagées par la réforme (le durcissement des conditions d’éligibilité et la dégressivité des indemnités des cadres) à une baisse future du chômage, la plus pernicieuse des dispositions devrait bel et bien voir le jour pas plus tard que cet été. Il s’agit de la refonte du calcul du salaire journalier de référence, qui sert de base à la définition du montant des allocations. Au lieu de prendre en compte uniquement les jours travaillés, cette nouvelle équation s’étendra sur l’ensemble des jours de la période, y compris ceux non travaillés.

 

Une « rupture d’égalité », selon le Conseil d’état

Ces détails sont techniques. Mais les effets d’une telle mesure sont limpides : selon l’Unédic, environ un nouvel allocataire sur trois verrait le montant de son indemnité baisser de 24 % en moyenne. Et même si la décision du Conseil d’État de novembre 2020, qui jugeait la mesure porteuse d’une « rupture d’égalité », a en partie forcé le gouvernement à faire marche arrière en instaurant un taux d’indemnisation plancher, certains demandeurs d’emploi devront se passer de plus de 300 euros d’indemnités mensuelles (voir infographie). Avec en première ligne, les plus précaires. « À salaire égal et temps de travail égal, c’est le salarié qui aura eu la période d’emploi la plus discontinue qui sera le plus défavorisé », détaille Denis Gravouil.

 

Les syndicats peinent à avaler la pilule

Pour compenser cette mesure hautement discréditée, le gouvernement a bien assuré mettre en œuvre, dès cet été, un système de bonus-malus pour les employeurs recourant trop régulièrement à des contrats précaires. Mais, là encore, les syndicats peinent à avaler la pilule. « Nous pensons que ce bonus-malus n’éradiquera pas les contrats courts. Son but devrait être d’équilibrer le coût de ces contrats en mettant à contribution les employeurs, mais ce n’est pas fait de manière équitable », tempère Jean-François Foucard, secrétaire national de la CFE-CGC. « Tous les secteurs ne seront pas concernés », abonde son homologue à la CFDT, Marylise Léon.

Toutes ces objections n’entament pas l’entrain sans faille du gouvernement pour sa réforme. Qu’importe le marasme économique, l’agenda politique doit être tenu. « Le président avait annoncé deux réformes pour la fin de son mandat. Pour celle des retraites, tout le monde sait que la période électorale préprésidentielle ne s’y prête pas, d’autant plus que nous avions mobilisé des milliers de personnes dans la rue. Donc, on se concentre sur la réforme de l’assurance-chômage », analyse Michel Beaugas, de FO.

Si la rencontre de ce mardi au ministère du Travail est la dernière avant l’entrée en vigueur des premières dispositions de la réforme, les organisations n’ont pas l’intention de se contenter de cette saignée des droits des chômeurs. « On ne va pas s’arrêter là, on se retournera vers le Conseil d’État s’il le faut. Car, pour nous, il y a toujours rupture d’égalité », assure Denis Gravouil, de la CGT.

 

Fin de partie pour la prolongation des droits ?

La ministre du Travail l’a annoncé comme une main tendue aux chômeurs, mais les syndicats refusent de se laisser berner. Élisabeth Borne a indiqué, ce dimanche, que les chômeurs en fin de droits verront leur indemnisation à nouveau prolongée jusqu’à la fin du mois de mars, pour faire face à la crise du Covid. Une telle disposition avait déjà été prise pendant le premier confinement, et les indemnités des demandeurs d’emploi ont été prolongées deux fois depuis novembre 2020. Mais, alors que la ministre boucle dans le même temps la réforme de l’assurance-chômage, la manœuvre interroge. « Et après ? » demande Denis Gravouil, chargé des questions d’emploi pour la CGT. Pour le syndicaliste, tout laisserait à penser que ces chômeurs ne pourront plus compter sur le soutien du gouvernement à la fin du mois.

 

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3 mars 2021 3 03 /03 /mars /2021 06:47

 

Gérard Araud, ancien ambassadeur aux États-Unis, et Étienne de Poncins, qui représente la France en Ukraine, s’en prennent à la révolution de 1871 sur Twitter, au plus grand mépris de l'histoire. Cent-cinquante ans après, l'esprit versaillais est toujours là...

La Commune de Paris reste une période méconnue. Même les plus hauts diplomates en ont une vision, disons, erronnée. Pour les 150 ans de cette révolution, voilà que l’ancien ambassadeur de la France aux États-Unis, Gérard Araud, la qualifie d’« insurrection armée contre une Assemblée qui vient juste d’être élue au suffrage universel, qui incendie par esprit de destruction les monuments de la ville, le tout sous l’œil de l’ennemi qui sable le champagne ».

 

Un tweet que notre ambassadeur en Ukraine, Étienne de Poncins, commente ainsi : « La Commune est aussi une préfiguration du totalitarisme communiste soviétique par la terreur et les massacres accomplis. Sur le plan politique, c’était une référence permanente de Lénine pour 1917. »

Seule la dernière phrase tombe juste. Pour le reste, il conviendrait de traiter cette période avec plus de rigueur et moins de mépris.

  • Un : la Commune s’est insurgée le 18 mars 1871 car Thiers tentait de s’emparer des 227 canons de la garde nationale.
  • Deux : l’Assemblée élue en février l’a été lors de législatives réclamées par l’Empire allemand, dont l’armée occupait plus de 40 départements français et retenait près de 400 000 prisonniers. Le Journal officiel ne publie d’ailleurs ni le nombre d’inscrits, ni celui de votants. Et les monarchistes remportent l’élection non pas car les citoyens adhèrent à leur régime, mais parce qu’ils apparaissent comme les garants de la paix (en échange de 5 milliards de francs-or, et de la session de l’Alsace-Moselle).
  • Trois : Paris se révolte, et la Commune adopte en 72 jours toute une série de mesures progressistes.
  • Quatre : Thiers la fait massacrer, après avoir demandé à Bismarck la libération de soldats uniquement dans ce but. L’ennemi peut sabler le champagne !
  • Cinq : les versaillais font bombarder la capitale et liquider plus de 17 000 personnes. Dans le chaos, des communards, sans l’aval de leur gouvernement, exécutent une centaine d’otages et brûlent des monuments. C’était une faute. Mais que dire des versaillais…

 

L'Humanité vous propose un hors-série exceptionnel pour célébrer les 150 ans de la Commune de Paris.

Revivez ces 72 jours de révolution, l’histoire de leurs acteurs et la richesse des débats qui leur succédèrent.

Un magazine de 124 pages à commander ici

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3 mars 2021 3 03 /03 /mars /2021 06:45

 

Covid ou pas, la Commission européenne n’a pas de cœur. Sous couvert de « secret des affaires », Mme Von der Leyen, présidente de ladite Commission cache la nature des contrats avec les firmes productrices du vaccin anti-Covid. Sa soumission à l’égard de ces oligopoles pharmaceutiques conduit à les laisser mener la danse et à livrer les vaccins comme bon leur semble.

Ainsi, la firme Astra-Zeneca ne projette de livrer que 40 millions de doses ce trimestre au lieu des 120 millions inscrites dans le contrat. Un bras d’honneur alors que l’Europe compte déjà plus de 500 000 décès.

Ajoutons que ces mêmes institutions européennes, qui ont financé l’an passé à hauteur de 2,3 milliards d’euros les laboratoires pour la recherche sur le vaccin, bloquent depuis des mois les demandes relatives à la levée des droits de propriété intellectuelle contre l’Inde et l’Afrique du Sud soutenus par une centaine de pays. Plusieurs sources convergent pour affirmer que la plupart des habitants des pays africains ne pourront être vaccinés avant… 2023.

Dans le droit-fil de ses prédécesseurs, l’actuelle présidente de la Commission sait pourquoi elle est là : servir d’abord le capital avant les êtres humains. Les oligopoles de la pharmacie sont aux anges. Pfizer vient d’annoncer 12 milliards d’euros de chiffre d’affaires et au moins 20% de marges cette année grâce au vaccin.

Pendant ce temps, les diverses mutations du virus font planer le risque d’une réinfection planétaire. La nouvelle réunion de négociation sur les brevets sous l’égide de l’Organisation mondiale du commerce, le 23 février prochain, est très importante. Des interventions, sous différentes formes, auprès du gouvernement et des institutions européennes pourraient faire bouger les choses.

Alors que, depuis quelques semaines, la question de la dette accumulée pour empêcher l’effondrement de pans entier de l’économie est brandie pour tétaniser tout mouvement social, les États attendent d’entrevoir le premier euro du fameux paquet historique européen de 750 milliards. Encore que, sur cette somme, 360 milliards sont des prêts, donc de la dette qui servira à assouvir la voracité des marchés financiers.

En effet, les mécanismes actuels d’endettement servent essentiellement à cela : nourrir les spéculations financières et boursières que les populations payent au prix fort sous forme de perte de leurs entreprises publiques ou de destructions de leurs conquis sociaux. Il n’a d’ailleurs pas fallu attendre longtemps ! Mardi dernier, le Parlement européen votait le règlement sur ce plan de relance. Une multinationale qui en touchera les subsides y aura accès sans condition pour les salaires ou le travail. Pour les citoyens, c’est une autre chanson. Les fonds de ce plan sont conditionnés à la reprise des recommandations adressées aux États membres ces dernières années : «  maitriser les dépenses publiques », « réformer le système des retraites pour uniformiser les règles des différents régimes », « réduire les dépenses dans tous les sous-secteurs des administrations ». Autrement dit, ne pas embaucher d’infirmières, de soignants ou d’enseignants. L’État français est tenu de « parvenir à des positions budgétaires à moyen terme prudentes et à garantir la soutenabilité de la dette ».

Pour être bien compris, un quotidien d’outre-Rhin vient de révéler les exigences de la commission vis-à-vis de l’Allemagne, en accord avec ses dirigeants : une réforme pour « améliorer le système des retraites et la suppression de la fiscalité qui décourage de travailler plus d’heures ». Et, la froide Commission d’expliquer pourquoi elle parle ainsi à l’Allemagne dont Mme Von Der Leyen était ministre il n’y a pas si longtemps : « Si l’Allemagne ne mène pas de réformes, les autres États ne voudront pas le faire non plus ». Où est l’intérêt général ici ? Nulle part. Seule compte pour Mme Von Der Leyen et son collège des commissaires la froideur des traités pour servir sa majesté le capital.

 

 

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3 mars 2021 3 03 /03 /mars /2021 06:24

 

Les tractations du secteur eau-propreté entre Veolia, Suez et Engie ont soulevé l’indignation. La direction du groupe Engie a une stratégie de cession par morceaux, phase ultime de la financiarisation des services publics historiques. L’ensemble du secteur public, notamment EDF, est touché par le même phénomène compromettant la transition énergétique.

*Éric Buttazzoni est syndicaliste CGT du secteur de l’énergie et ancien salarié d’Engie.

Aujourd’hui, la transition énergétique est plus que jamais à l’ordre du jour, mais l’évolution du secteur qui nous occupe ne va pas dans le bon sens. N’y a-t-il pas mieux à faire que de ne voir en ces groupes que des sources de revenus financiers ? N’y a-t-il pas au contraire besoin de les mobiliser au mieux dans une nouvelle politique publique ?

 

EDF, GDF ET SUEZ, RAPPELS HISTORIQUES

Jusqu’à 2004, EDF et GDF étaient des établissements publics assurant l’ensemble des activités liées l’une à l’électricité, l’autre au gaz. Dans les premières années du siècle, les deux groupes ont connu à la fois l’arrivée de la concurrence avec l’ouverture des marches via les directives européennes et la transformation en sociétés par actions avec ouverture du capital, voire pour GDF la privatisation. Suez de son côté était un groupe à la fois d’énergie (Electrabel au Benelux), de services à l’énergie (Cofely, Ineo, Axima, Endel...), d’eau (la Lyonnaise) et de propreté (SITA).

Après le rachat de GDF par Suez, en 2008, le nouveau groupe GDF Suez, devenu depuis Engie, avait ainsi cinq grandes activités : la production d’électricité, les activités gazières, les services à l’énergie (chaufferies, système de chaud et de froid dans les bâtiments, réseaux électriques et vidéo...), l’eau et la propreté. Ces deux dernières activités étaient liées dans un sous-groupe, Suez Environnement, qui a obtenu de prendre le nom de Suez en 2015. C’est la participation d’Engie dans ce sous-groupe qui a été vendue à Veolia en octobre 2020.

 

UNE TRANSFORMATION EN SOCIÉTÉS ANONYMES : LE PRÉALABLE NÉCESSAIRE À LA FINANCIARISATION

Jusque dans les années 1990, EDF et GDF étaient gérés sur le principe de la facturation au prix de revient, prix qui comprenait les besoins de renouvellement des installations et de leur développement. Le résultat devait être nul : ni perte car cela aurait été de la mauvaise gestion, ni gain car cela aurait signifié que les usagers avaient trop payé.

Dans les années 1990, les formules déterminant les tarifs ont été revues afin que le bénéfice devienne positif, créant ainsi une rentabilité financière permettant leur entrée en Bourse (qui a eu lieu en 2005). Cette évolution, ce sont les usagers qui en ont payé le prix, directement via le tarif, mais aussi via la dégradation du service public.

Officiellement, cette entrée en Bourse était nécessaire pour apporter des fonds aux entreprises. C’est totalement faux, puisque celles-ci avaient toujours autofinancé leur développement, y compris dans la phase de reconstruction de l’après-guerre, y compris dans les périodes de changement technologique (passage au gaz naturel pour GDF, programme nucléaire pour EDF). La réalité était plus prosaïque : l’État est considéré, lors du passage en sociétés par actions, comme actionnaire à 100 %, alors qu’il n’a pas financé EDF ni GDF, contrairement aux usagers qui en ont financé l’intégralité. Ce tour de passe-passe permet à l’État d’empocher les dividendes et de vendre, au moins partiellement, « ses » sociétés.

 

LES VACHES À LAIT DES ACTIONNAIRES

À partir de 2005, EDF et GDF commencent à verser des dividendes, principalement à l’État. Concernant GDF, la question des dividendes change d’échelle à partir de son rachat par Suez. Le groupe va verser en dividendes des sommes de l’ordre de 100 % de son bénéfice. Mais quand pour différentes raisons ce bénéfice va baisser dans les années 2010, il va en maintenir un niveau très élevé et sans commune mesure avec le résultat. Sur les dix premières années de GDF Suez, le groupe aura versé 41 milliards de dividendes pour 16 milliards de résultats.

Cette rémunération existe aussi côté EDF, même si elle est moins importante par rapport au résultat (entre 50 et 65 % du résultat selon les années). Pour la verser, les maisons mères (EDF SA et Engie SA) doivent pressurer leurs filiales afin de faire remonter un maximum de résultat. Ainsi, toute la chaîne industrielle est vidée, année après année, au détriment de l’emploi, des investissements, des conditions de travail et de la qualité du service public.

 

POUR GAGNER PLUS, DÉMANTELER

Mais, cela ne suffit apparemment pas, et l’État voudrait récupérer plus d’argent plus vite. Pour cela, une seule solution : vendre la poule aux œufs d’or. La justification est toute trouvée : l’idéologie libérale du gouvernement actuel – et des précédents – considère que les services publics ne sont pas du ressort de l’État. Ainsi, de proche en proche, on en arrive à la vente par morceaux.

Pèse sur EDF un projet nommé « Hercule », encore en discussion, dont la finalité est de couper EDF en deux. De façon simplifiée : le nucléaire resterait dans une société contrôlée par l’État, le reste (distribution, commercialisation, énergies renouvelables, services à l’énergie) serait placé dans une société dont le capital serait à vendre. Cela permettrait à l’État de continuer à toucher ses dividendes, de récupérer des fonds ou, en tout cas, de ne pas avoir à participer au financement d’EDF.

Quant à Engie, la logique libérale est simple : il y a un énergéticien de trop en France (comprendre Engie) et l’État veut se désengager. La solution – soufflée parles banquiers d’affaires – consisterait à vendre par morceaux pour tirer le meilleur prix. Aujourd’hui, l’eau et la propreté (Suez) sont vendues au concurrent Veolia, demain (2021) la plus grande partie des services à l’énergie subirait le même sort, tout cela avec des risques importants pour l’emploi. Ensuite, on peut penser que ce qui restera – une partie de l’ex-GDF et les énergies renouvelables – pourrait être aussi la proie d’offres d’achat : Total est intéressé parla commercialisation du gaz et les énergies renouvelables; les fonds de pension sont intéressés par les infrastructures gazières.

 

 

ET LE SERVICE PUBLIC ? ET LA TRANSITION ÉCOLOGIQUE ?

La particularité de toutes ces activités, c’est qu’elles sont complémentaires et constituent des éléments importants de la transition écologique : production d’électricité et de gaz décarbonés, efficacité énergétique autour des usages (services à l’énergie), utilisation de l’eau et son lien avec l’énergie (récupération de chaleur, biogaz issu des stations d’épuration, utilisation de l’eau dans la production d’hydrogène et, plus généralement, toute la gestion des ressources en eau...), propreté et récupérations (tri, énergie par incinération...), toutes ces techniques sont liées. Aujourd’hui, il n’y a plus aucun doute sur la nécessité d’accélérer cette transition. Le gouvernement actuel en a fait un élément clé de son plan de « relance ».

N’est-ce pas justement l’occasion de mobiliser les outils que l’État a sous la main, notamment EDF, dont il détient la majorité du capital, et Engie, dont il détient un tiers des droits de vote ? Ce serait l’inverse de la gestion financière de court terme que valide, voire impulse, le gouvernement. L’État peut le faire, c’est le « programme » qu’il faut changer.

Pour faire travailler au mieux ces entreprises, il s’agit maintenant de bâtir une politique publique de la transition écologique et un grand service public pour la mettre en œuvre, comme ont été créées à la Libération EDF et GDF pour reconstruire les grandes infrastructures énergétiques.

 

CONSTRUIRE UN SERVICE PUBLIC DE LA TRANSITION ÉCOLOGIQUE

Ainsi, comme l’écrit la Fédération CGT des Mines et de l’Énergie dans sa lettre aux élus : «Le projet de Programme progressiste de l’énergie, porté par la FNME-CGT, examine l’ensemble des volets de l’approvisionnement, la production jusqu’à la commercialisation de l’énergie, ainsi que la création d’un service public de l’efficacité et de la performance énergétique pour obtenir le contrôle d’un secteur crucial pour nos économies et la vie au quotidien de la population. En main publique et en contrôle public, nous pourrons réussir le monde d’après la crise sanitaire en bâtissant une énergie pour toutes et tous dans le sens des emplois et de l’industrie conformément aux enjeux environnementaux de demain. »

Et la coordination CGT d’Engie propose les axes suivants pour un autre projet que celui du gouvernement et de la direction du groupe : il s’agit de « conserver l’intégralité des activités et reprendre le contrôle de Suez pour jouer au maximum les complémentarités, de relancer l’investissement dans de nouveaux projets industriels, de stopper la distribution de dividendes dans une période où l’urgence climatique demande un engagement important et rapide et juger les projets au regard des enjeux de service public et non sur le critère d’une rentabilité à deux chiffres.

Pour cela, il convient de maintenir, voire remonter la part de l’État dans le capital pour privilégier une gestion de long terme avec des enjeux sociaux et sociétaux, de lancer la négociation urgente d’un nouveau contrat de service public avec débat public autour des objectifs à assigner à Engie (idem pour les autres énergéticiens) et des moyens à mettre en œuvre ».

Avec Engie, y compris Suez, et EDF, le pays dispose actuellement de deux points d’appui solides pour accélérer la transition énergétique. Encore faut-il les conserver, les développer et les orienter dans la bonne direction.

 

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2 mars 2021 2 02 /03 /mars /2021 08:03
Appel franco-allemand contre l’utilisation d’armes explosives en zones peuplées (L'Humanité, 1er Mars 2021)
Armes explosives. Pierre Laurent : « La majorité des victimes demeurent des civils »
Lundi 1 Mars 2021 - L'Humanité

À l’ONU, les négociations contre les bombardements en zones peuplées reprennent le 3 mars. Pierre Laurent (PCF), le député Matthias Höhn (Die Linke) et Handicap International ont pris l’initiative d’un appel. Entretien.

 

Pierre Laurent Vice-président du Sénat

Les tractations diplomatiques sur l’élaboration d’un accord international contre les armes explosives (EWIPA) vont reprendre sous l’égide de l’Organisation des Nations unies à partir de mercredi. Plusieurs gouvernements dont la France s’y opposent.

Quel est le but de l’initiative franco-­allemande sur les armes explosives ?

Pierre Laurent Nous lançons, avec 150 parlementaires des deux pays, un appel contre l’utilisation d’armes explosives à large rayon d’impact dans les zones peuplées. Car l’ambassadeur permanent de l’Irlande auprès des Nations unies, Michael Gaffey, porte le texte et mène les discussions avec la participation de 80 États. L’objectif est d’adopter une importante déclaration politique limitant leurs usages. Mais plusieurs gouvernements, dont la France, se mobilisent pour limiter la portée de ce texte. Pourtant, ces armes provoquent des dégâts considérables et durables sur les civils qui sont niés par les pays qui les vendent et qui les utilisent. Les gouvernements s’abritent derrière l’argument qu’ils respectent les conditions d’utilisation en limitant les objectifs aux cibles militaires.

De quel type d’armes s’agit-il ?

Pierre Laurent Tous les modèles d’armement qui permettent de projeter en zones peuplées : avions, artillerie, drones. L’objet de cette campagne est de contester la thèse des utilisateurs qui mettent en avant leur précision et l’impact limité à la seule cible militaire. En vérité, la destruction qu’elles provoquent dans les zones d’habitations touchent les civils et les infrastructures qui leur permettent de vivre. Les habitants qui ont survécu aux bombardements quittent les lieux pour survivre car les infrastructures (réseaux d’eau et d’électricité, écoles, hôpitaux, ponts…) sont détruites. L’ONG néerlandaise PAX a démontré qu’en 2019 92 % des morts dans les lieux de conflits où ses armes explosives avaient été employées sont des civils. Cette enquête invalide le récit officiel qui consiste à mettre en avant leur précision.

Qu’attendez-vous de la déclaration ?

Pierre Laurent L’Irlande, qui mène la négociation avec l’appui du secrétaire général de l’ONU, veut obtenir une déclaration reconnaissant l’impact de ces armes et en limiter l’usage. D’autres pays, dont la France, qui tente de mobiliser ceux de l’Otan, veulent la rendre inopérante. Un nombre considérable d’enquêtes documentées ont été menées par des ONG regroupées au sein d’un réseau planétaire contre les armes explosives (PAX, Airwars, Handicap International…), et démontrent qu’en Syrie, en Irak, au Yémen, la majorité des victimes demeurent des civils parce que ces armes sont utilisées dans des zones urbaines. Il s’agit donc d’empêcher leur utilisation et d’obliger les États qui s’en servent à reconnaître leurs dégâts. Les pays qui les emploient refusent d’admettre les ravages sur les civils, donc ne leur portent pas assistance. Il faut changer les règles de leur maniement pour les rendre si contraignantes que leur ­recours devienne impossible.

Pourquoi une initiative commune avec Die Linke ?

Pierre Laurent Face à l’opposition du gouvernement français, Michael Gaffey, en charge des négociations, a appelé la société civile et les parlementaires à faire entendre leur voix dans les pays concernés. Nous avons donc pris l’initiative, avec Matthias Höhn, de Die Linke, en lien avec les associations, qu’une mobilisation franco-allemande pourrait favoriser une déclaration ambitieuse. En France, avec Jean-Paul Lecoq (PCF) à l’Assemblée, André Vallini au Sénat (PS), Hubert Julien-Laferrière (Génération.s), nous avons interpellé les parlementaires français afin qu’ils soutiennent notre démarche.

Appel franco-allemand contre l’utilisation d’armes explosives en zones peuplées
Lundi 1 Mars 2021
 

Les armes explosives en zones peuplées (Ewipa) blessent et tuent des dizaines de milliers de civils chaque année dans le monde – qu’elles soient utilisées par des acteurs étatiques ou non étatiques. Les souffrances humaines et les dommages aux infrastructures essentielles et à l’environnement persistent des décennies après la fin des combats.

Nous reconnaissons l’implication de nos gouvernements dans les négociations internationales en cours sur une déclaration politique contre l’utilisation d’Ewipa. En raison de la pandémie de Covid-19, les consultations ont été ajournées. Cependant, les souffrances des civils touchés par les armes explosives se poursuivent.

En tant que députés et sénateurs des parlements français et allemand, nous pensons qu’il est impératif que la communauté internationale élabore de nouvelles normes solides qui protègent les civils et leurs infrastructures. La déclaration politique ne doit pas relativiser les effets humanitaires évidents et bien documentés de l’utilisation d’Ewipa. Elle devrait reconnaître, en particulier, que l’utilisation d’armes explosives à large rayon d’impact en zones peuplées cause systématiquement des victimes civiles et doit donc être évitée à l’avenir, comme le demandent le secrétaire général des Nations unies et le Comité international de la Croix-Rouge. Une déclaration doit également contenir des dispositions strictes sur l’assistance aux victimes.

Nous exhortons nos gouvernements à prôner courageusement une telle déclaration politique contre l’utilisation d’armes explosives en zones peuplées et à inclure les initiatives de la société civile dans les négociations.

Parmis les 210 signataires

◆ Au Parlement

Pierre Laurent (PCF)

André Vallini (PS)

Hubert Julien-Laferrière (Génération.s)

Éliane Assassi (PCF)

Clémentine Autain (FI)

Delphine Batho (Génération Écologie)

Esther Benbassa (EELV)

Marie-George Buffet (PCF)

André Chassaigne (PCF)

Jennifer De Temmerman (Libertés et Territoires)

Elsa Faucillon (PCF)

Olivier Faure (PS)

Fabien Gay (PCF)

Guillaume Gontard (EELV)

Fabien Gouttefarde (LaREM)

Brahim Hammouche (Modem)

Michel Larive (FI)

Serge Letchimy (PS)

Marie-Noëlle Lienemann (GRS)

Matthieu Orphelin (non inscrit)

Nathalie Porte (LR)

Fabien Roussel (PCF)

Sophie Taillé-Polian (Génération.s)

Boris Vallaud (PS)

◆ Au Bundestag

Matthias Höhn (Die Linke)

Katja Keul (L’Alliance 90 / Les Verts)

Karl-Heinz Brunner (SPD)

Aydan Özoğuz (SPD)

Doris Achelwilm (Die Linke)

Bela Bach (SPD)

Lisa Badum (L’Alliance 90/Les Verts)

Simone Barrientos (Die Linke)

Daniela De Ridder (SPD)

Diether Dehm (Die Linke)

Yasmin Fahimi (SPD)

Stefan Gelbhaar (L’Alliance 90/Les Verts)

Gregor Gysi (Die Linke)

Heike Hänsel (Die Linke)

Barbara Hendricks (SPD)

Uwe Kekeritz (L’Alliance 90/Les Verts)

Amira Mohamed Ali (Die Linke)

Martin Patzelt (CDU/CSU)

Margit Stumpp (L’Alliance 90/Les Verts)

Kathrin Vogler (Die Linke)

Gülistan Yüksel (SPD)

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2 mars 2021 2 02 /03 /mars /2021 06:20

 

Après la crise sanitaire, la pénurie de masques et de respirateurs, faut-il encore démontrer qu’un pays nécessite une industrie solide, à même de satisfaire les besoins de sa population ? Mais la distance est grande du besoin à la réalité...

*Alain Audier est secrétaire CGT du CSE de Arcelor-Mittal Méditerranée. Jean-Claude Cheinet est ancien maire adjoint de Martigues, ancien président du CYPRES.

Les activités industrielles sont implantées pour trouver preneurs à leurs produits, et donc répondre, directement ou non, aux besoins des populations. Mais la propriété privée des moyens de production a introduit un biais : produire plus pour maximiser les profits et réduire les coûts de production en pesant sur les salaires et les conditions de travail, en restreignant les investissements et en « externalisant » le traitement des effluents et sous-produits par des rejets dans la nature ou en les laissant à la charge des collectivités.

La grande industrie a atteint, voire dépassé, les limites de ce modèle. Risques d’accidents, pollutions et maladies en sont la matérialisation.

Depuis les débuts de l’industrialisation, les ouvriers et salariés ont veillé à leurs conditions de travail... Les luttes ouvrières ne sortaient de l’usine que temporairement. Or les salariés de l’usine sidérurgique Arcelor-Mittal de Fos-sur-Mer ont à la fois imposé un redémarrage du haut-fourneau arrêté depuis plusieurs mois et créé un comité de surveillance de l’activité industrielle du golfe de Fos et son impact environnemental (CSAIGFIE) ouvert à la population et aux élus. Une nouveauté importante qui dépasse les champs traditionnels d’intervention des syndicats.

 

LES LUTTES DANS LES USINES

Depuis les débuts de l’industrialisation, les ouvriers et salariés ont veillé à leurs conditions de travail (heures travaillées, salaires, mais aussi risques et santé au travail). Des lois sont venues consacrer des avancées ; pour les gagner, les salariés ont pesé par leur maîtrise de la production (grèves) de l’usine dans un face-à-face avec le patron. Les luttes ouvrières ne sortaient de l’usine que temporairement et souvent pour défendre une usine menacée de fermeture. Luttes importantes, mais dont l’objectif épargne pour l’essentiel la domination de la bourgeoisie.

Celle-ci garde la conduite générale des installations, édicte les décisions d’investissements et l’orientation générale de la production ; sur le plan global elle conserve son rôle dirigeant, maîtresse de l’avenir du pays.

 

À QUI LE « RÔLE DIRIGEANT » ?

La crise sanitaire et la cacophonie des masques montrent la faillite de ce modèle liant mondialisation et désindustrialisation. En revanche, la démocratie se construisant (à notre stade de civilisation) dans un cadre national, c’est l’État national qui doit jouer un rôle moteur; il ne le peut qu’en affrontant les logiques ultralibérales. Rien de spontané. Alors, comment l’y amener ? C’est tout un champ qui s’ouvre où classe ouvrière et salariés prennent la relève des bourgeoisies : en avançant des objectifs qui prennent en compte l’intérêt élargi des salariés et globalement des populations,ils conquièrent ce rôle dirigeant. En sortant de l’usine pour avancer des objectifs plus généraux, les organisations de salariés prennent alors en charge l’environnement, le cadre de vie, l’aménagement du territoire au même titre que les luttes sociales traditionnelles... et elles peuvent unir autour d’elles.

 

UNE ÉCOLOGIE DÉPASSÉE CAR « À L’ENVERS »

Depuis la Révolution française, la propriété privée est sacrée. Ainsi, l’industriel peut faire ce que bon lui semble dans son usine – et protéger ses « secrets de fabrication » –, mais il ne doit pas porter atteinte à la jouissance de propriété de ses voisins. C’est donc à l’État de jouer les arbitres, aussi les installations industrielles sont déclarées et sont soit autorisées, soit soumises à enquêtes et contrôles des autorités préfectorales par le biais des DREAL.

Traditionnellement, les organisations de salariés, qui sont en première ligne, ont donc réclamé la transparence sur les produits et les rapports sur les accidents, mis en avant les risques, demandé leur prévention par des contrôles accrus, des amendes grossies (ces revendications dépend de l’État et des industriels eux-mêmes... donc les accidents ont continué... Lubrizol récemment). L’efficacité de ces revendications dépend de l’État et des industriels eux-mêmes... donc les accidents ont continué.

La ministre de la Transition écologique promet plus de contrôles en nombre ; ce faisant, elle baptise carpe le lapin : car à moyens constants en personnels, si le nombre des contrôles augmente, chacun sera superficiel et fera appel à l’« autocontrôle », par les industriels eux-mêmes donc,qui sont ainsi juges et parties.

 

DES AVANCÉES...

Pourtant en 1971, dans un contexte politique particulier, une avancée considérable a eu lieu sur la zone Fos-étang de Berre. Pour surveiller les pollutions, réduire les risques et alerter les populations ont été créées plusieurs structures placées sous l’autorité du préfet mais réunissant tous les acteurs : État, industriels, élus locaux, salariés et associations de riverains ; ainsi, SPPPI, Airfobep (Atmo Sud) puis CYPRES ont vu le jour. Approche innovante où l’État était en mesure d’imposer des limites aux industriels. Les rejets polluants locaux ont été rapidement réduits de 90 % dans l’eau et de 60 % dans l’air. Ces structures ont ensuite été imitées partout en France.

Après l’explosion d’AZF Toulouse, la ville de Martigues a créé une commission extramunicipale vite reconnue comme CLIS expérimentale (commission locale d’information et de surveillance) par l’État, mais ouverte à la presse et aux associations de riverains intéressées, aux syndicats et au public. Ces diverses avancées vers plus de transparence ont permis une réduction des pollutions et rétabli la confiance de la population.

 

... ET DES REMISES EN CAUSE

La loi de 2003 consacre certes les CLIS (appelées commissions de suivi de site [CSS]), mais elles sont placées sous la présidence du préfet qui désigne les associations, leur avis n’est que consultatif pour les mesures d’urbanisme (PPRT), leur droit de déclencher des études complémentaires est bridé par l’absence de budget pour les mener ; enfin, les industriels imposent ce qui est « économiquement acceptable », et ont donc un vrai droit de veto. Pour couronner y a eu un vrai détricotage des avancées antérieures et retour de la méfiance des populations. Pour parachever cette régression, le Medef (UPE 13) tente de prendre la place des institutions en déshérence : s’appuyant sur les illusions de modernité des technologies numériques, il a créé un site dédié aux informations sur les risques industriels, qu’il alimente de sorte qu’il maîtrise complètement une communication « descendante » et sans contestation.

 

 

REMETTRE LES CHOSES SUR LEURS PIEDS

Dans ce contexte, le syndicat CGT des sidérurgistes d’Arcelor-Mittal de Fos-sur-Mer a lancé au début de 2020 un comité de surveillance de l’activité industrielle du golfe de Fos et son impact environnemental. Au-delà d’une appellation à rallonge, il y a une vraie innovation : c’est d’initiative syndicale que sont réunis les divers acteurs de ces questions en une structure associative ouverte et d’emblée accueillie avec faveur par les collectivités locales. Véritable percée théorique, les objectifs du comité de surveillance joignent d’un même élan modernisation et pérennisation de l’outil de production, préoccupation sociale pour l’emploi et aussi préservation d’un cadre de vie de qualité pour et avec les populations riveraines.

C’est d’initiative syndicale que sont réunis les divers acteurs en une structure associative ouverte. Les objectifs du comité de surveillance joignent d’un même élan modernisation et pérennisation de l’outil de production, préoccupation sociale pour l’emploi et aussi préservation d’un cadre de vie de qualité pour et avec les populations riveraines.

Les actions en commun qui ne manqueront pas d’être construites sont de nature à éviter l’opposition entre salariés et riverains telle que vue à Toulouse après l’explosion d’AZF ; car salariés et riverains ont les mêmes intérêts pour imposer les conditions d’une activité industrielle propre et pourvoyeuse d’emplois.

Mais une relation de confiance se construit dans la durée, en amont, bien avant incidents ou accident. Le premier pas est dans la lutte pour la transparence sur les produits traités et ceux rejetés, la sûreté des installations que les salariés connaissent mieux que personne. On est immédiatement dans la nécessité de la démocratie pour les mesures à prendre en se heurtant de front à la monarchie patronale qui sauvegarde son pouvoir dans le secret de la prise de décisions. La bourgeoisie oppose les « secrets de fabrication », mais salariés et délégués des riverains sont parfaitement à même de respecter les secrets professionnels. Du reste, leur fonction doit être en conséquence revalorisée au sens où il faut lui donner l’importance qu’elle mérite, et pour cela rien de mieux que l’élection (c’est déjà le cas pour les salariés) des délégués des riverains sur des listes présentées par les associations.

Cette construction progressive de la confiance dans l’industrie la rendra acceptable, voire désirable, et favorisera les luttes pour la réindustrialisation de la France. Mais rien ne tombe du ciel, tout se conquiert. Et la démarche nouvelle qui prend forme à Fos-sur-Mer est un chemin pour rassembler plus largement, être offensifs sur de nouveaux critères de gestion... et gagner.

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1 mars 2021 1 01 /03 /mars /2021 06:16

 

Avec une actualité marquée par les tractations plus ou moins obscures entre groupes financiers se disputant la domination du secteur eau et assainissement, des élus locaux responsables de structures publiques reviennent sur leurs atouts.

*Jean-Marc Lespade est maire de Tarnos. Christophe Lime est vice-président de Grand Besançon Métropole. Laurent Lucaud est vice-président de Grand Poitiers. Yannick Nadesan est maire adjoint de Rennes.

À la faveur de deux crises majeures, la France a (re)découvert en l’espace d’un an l’incroyable résilience de ses territoires grâce aux services publics nationaux et aussi de proximité, ainsi que leurs forces de liens sociaux à travers la solidarité nationale et locale. La population a pris conscience de la mise à mal des services publics qu’ont entraînée les nombreuses réformes opérées depuis des années où les objectifs financiers ont prévalu dans leur gestion au quotidien. Dans le même temps, elle a mesuré la fragilité d’une dépendance économique trop importante à des structures et à des approvisionnements mondialisés, y compris pour des produits essentiels à la vie. Les soubresauts de 2020 ne sont pas pour autant des phénomènes conjoncturels. Depuis plusieurs années, les crises se suivent, qu’elles soient d’origine sociale, économique, cyber, climatique ou sanitaire,plaçant les élus face à la responsabilité de réfléchir autrement et de trouver des solutions pour faire face à ces contextes mouvants.

 

SPÉCIFICITÉS LOCALES ET GESTION LOCALE

Plus que jamais et de manière cruciale sont posées les questions d’une gestion plus locale de biens communs, qu’il s’agisse de l’eau, de l’assainissement, des déchets... ; et pour d’autres, comme l’énergie, l’alimentation, l’agriculture... d’ancrages plus locaux avec une cohérence nationale, voire européenne. Ce sont là des thèmes et dynamiques auxquels les acteurs publics de l’eau peuvent pleinement contribuer, chacun à leur façon, en tenant compte des spécificités et richesses locales tout en cherchant à s’adapter aux enjeux globaux qu’impose le changement climatique. Car, on ne le dit jamais assez, l’eau ne consiste pas qu’en une industrie de réseaux. Tous les peuples ne sont-ils pas installés aux abords de fleuves, rivières et autres cours d’eau pour vivre et se développer ? L’eau est l’un des facteurs majeurs du développement des sociétés humaines.

Les acteurs publics de l’eau sont au carrefour de nombreuses politiques publiques et à l’origine de multiples solutions locales;assurant un service public de proximité, inscrits dans le long terme pour le bénéfice des citoyens, ils ne sont pas que des exploitants d’un service public,ils sont aussi de véritables garants de ces dynamiques de vie.

 

LES COLLECTIVITÉS FACE AUX FINANCIERS DE L’EAU

Dans un contexte de dérèglement climatique, de fragilisation de la biodiversité et de pandémie, l’eau est plus que jamais un bien commun précieux, qu’il convient de préserver. Les dernières semaines ont été marquées par l’affaire Veolia-Suez et ses enjeux de stratégie financière, de développement commercial à l’international, sans aucun regard sur les enjeux sociaux ou environnementaux. Cette affaire met en lumière un changement d’époque déjà opéré avec l’entreprise Saur (troisième du secteur en France) depuis son rachat fin 2018 par un fonds d’investissement : nous passons de la marchandisation à la financiarisation du secteur de l’eau, Veolia comptant céder ses activités eau à un fonds d’investissement qui n’a pas d’historique dans le secteur. Il y a un enjeu fort à sortir des secteurs aussi stratégiques que l’eau ou l’assainissement des griffes d’opérateurs financiers. Les contrats privés sont souvent conclus surplus de dix ans avec, demain,des changements d’interlocuteurs, mettant encore plus à mal ce type de gestion. L’enjeu est donc d’autant plus important qu’il s’agit d’engager nos collectivités sur plusieurs mandats, avec le changement climatique en cours qui oblige à une implication dans les choix stratégiques et dans le pilotage quotidien toujours plus important des élus.

 

UNE RÉPONSE LOCALE, CITOYENNE ET PUBLIQUE

La réponse optimale réside dans les opérateurs publics de l’eau, engagés au service de l’intérêt général et d’une gestion durable et au plus proche des territoires de ce bien commun nécessaire à la vie. Assurant l’approvisionnement en eau potable de plus de 40 % de la population, et plus de 60 % du traitement des eaux usées, ils démontrent chaque jour leur capacité à assurer la continuité de services essentiels aux citoyens de notre pays, y compris en cas de crise sanitaire avec confinement.

Et pour garantir un accès durable, pérenne et équilibré à l’eau, nombreux sont les défis que relèvent les collectivités et leurs opérateurs publics : gestion durable de la ressource, gestion patrimoniale et performance de l’exploitation, qualité du service public et participation citoyenne, accès à l’eau et à l’hygiène pour les plus démunis. Une attention toute particulière doit être portée aux personnels actuels et futurs de nos services, ils sont une richesse pour la mise en œuvre des processus, mais aussi pour la recherche d’amélioration permanente du service : un personnel conscient de ses droits, mais aussi de ses devoirs liés à la notion de service public.

 

Les collectivités et leurs opérateurs publics locaux doivent voir leur périmètre défini d’une façon démocratique, en s’appuyant sur l’histoire et les caractéristiques locales pour une meilleure efficacité, tout particulièrement environnementale,au cœur des territoires. Ils doivent favoriser la dynamisation économique locale, tant par les emplois directs qu’ils génèrent que par leur intégration dans le tissu des PME-PMI et d’entreprises de proximité. N’ayant rien à vendre, ils agissent au cœur d’un maillage partenariat étroit qui leur permet de s’adapter aux enjeux locaux tout en étant présents sur le terrain de l’innovation et l’excellence. Porteurs d’une vision de long terme où chaque euro de la facture d’eau est immédiatement et intégralement réinvesti dans la qualité du service et la gestion patrimoniale, ils sont l’avenir de la gestion de l’eau.

Les coopérations public-publics ont indispensables : coopérations entre recherche publique, tout particulièrement les universités et les collectivités ; coopération aussi entre nos structures publiques définies localement et les communes, car l’échelon communal a montré ses limites dans la technicité de nos métiers mais pas dans le lien avec nos populations; coopération entre nos structures pour assurer un avenir durable à la gestion des ressources.

Un grand service national public de l’eau et d’assainissement déconcentré et s’appuyant sur les élus locaux serait un complément nécessaire et reste un objectif. Évidemment, cet objectif ne saurait retarder nos prises de responsabilités pour avancer localement. Car la gestion publique est source de solutions durables pour nos territoires. C’est avec la consolidation et la conquête de nouvelles gestions publiques directes et locales que nous ferons reculer l’emprise des intérêts privés et contribuerons à la mise en place d’une solidarité des gestions publiques à l’échelle nationale.

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28 février 2021 7 28 /02 /février /2021 06:30

 

🔺💸Aidé par des lanceurs d'alerte et des élus européens Fabien Roussel fait la lumière sur l'évasion fiscale et le scandale #OPENLUX. 🔺💸⬇⬇

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27 février 2021 6 27 /02 /février /2021 08:56
Sur la progression inquiétante des extrêmes droites européennes - Par Lydia Samarbakhsh responsable du secteur international du PCF
Sur la progression inquiétante des extrêmes droites européennes

L'écrivain Alain Damasio, interviewé par l'Humanité dimanche début janvier 2021, relevait à juste titre qu'avec la pandémie de Covid-19, « tout ce qui est l'altérité devient dangereux ». Sa remarque fit écho, en moi, avec celle de l'anthropologue Didier Fassin, dans les colonnes du Monde en mai dernier, que j'ai déjà eu l'occasion de citer, et qui soulignait le paradoxe de l'épreuve que traverse notre humanité, celui d'une « vision du monde (qui) s'est rétrécie comme jamais » alors que tout appelle à plus de vision mondiale, de solidarité et de coopération internationales.
Ainsi à nos portes, et en France même, une étape significative est en train d'être franchie dans la progression des forces d'extrême droite sur le plan tant politique qu'idéologique. Cela doit interpeller dans la gauche.

Après l'Espagne en 2019, les forces d'extrême droite en tant que telles font un retour inédit sur l'échiquier politique au Portugal depuis la Révolution des Œillets et en Catalogne. En Italie, le technocrate européen par excellence, Mario Draghi, forge une grande alliance libérale aux ordres de Bruxelles, des marchés et des institutions financières qui, non seulement, s'étend du Parti démocrate de Matteo Renzi au néofasciste de la Ligue de Matteo Salvini, mais repêche, également, au passage le sombre Cavaliere, Silvio Berlusconi. En Catalogne, le jeune parti d'extrême droite, Vox, fait dimanche 17 février une entrée fracassante au Parlement en 4e position avec 7,7 % des suffrages. En Grèce, malgré une condamnation à 13 ans de réclusion, le dirigeant du parti ouvertement néonazi, Aube dorée, se drape de son immunité parlementaire de député européen et se réfugie à Bruxelles pour éviter la prison et profiter des lenteurs de l'administration européenne. Les gouvernements polonais et hongrois ne font plus la une de l'actualité alors qu'ils déploient une violence politique inouïe contre toute opposition démocratique au modèle de société ultraconservateur qu'ils entendent pérenniser.

En France, ces évolutions ne semblent pas troubler un débat médiatique qui se focalise sur une présidentielle à venir sans contextualiser l'élection ni la mettre en perspective. La stratégie de banalisation de l'extrême droite – amorcée depuis la prise en main du FN par Marine Le Pen il y a une dizaine d'années – s'est vue confortée au plus haut niveau de l'État ce 11 février par un ministre de l'Intérieur particulièrement pervers, soucieux d'imposer deux lois liberticides au Parlement et de garantir au président sortant le scénario qu'il croit idéal à sa réélection. Malgré les enquêtes d'opinion les plus sérieuses sur l'ancrage du vote d'extrême droite, la susceptibilité toujours plus grande des électeurs conservateurs de porter leur choix sur le RN et le désarroi toujours plus grand des électeurs de gauche, il convient de prendre le temps d'étudier les dynamiques à l'œuvre au Portugal, en Espagne ou en Italie – comme si nous n'avions rien à apprendre des expériences de nos voisins et amis.

Pourtant, il y a matière à réfléchir sur ces déroulements politiques, leurs contradictions et les difficultés de débouchés politiques malgré des cultures politiques et des institutions propres (mais, elles aussi ! en crise profonde et durable) ; contextes où, pour les uns, le rapport de forces est beaucoup moins favorable à la droite (au Portugal depuis 2015 ou en Espagne surtout depuis 2018) ou bien encore où, comme en Italie, toute gauche de transformation sociale est durablement marginalisée depuis plusieurs décennies.

Marqué par un niveau d'abstention historique (60,51 %) depuis 1976, l'élection présidentielle au Portugal, le 24 janvier 2021, en pleine déferlante pandémique, donne une large victoire dès le 1er tour au président conservateur Marcelo Rebelo de Sousa avec plus de 60 % des voix exprimées. Depuis 6 ans, le pays est dirigé par un gouvernement socialiste tenu par un accord programmatique âprement négocié par les forces de gauche, Parti communiste, Verts (associés dans la Coalition démocratique unitaire) et Bloc de gauche. Pour autant, chaque avancée sociale des 4 premières années a été obtenue sous la pression du mouvement populaire et des luttes impulsées par la CGTP et du soutien sans participation et critique des parlementaires communistes et du Bloc de gauche.

Sur le plan électoral, c'est le Parti socialiste qui en avait tiré bénéfice aux municipales de 2018. La pandémie en 2020 a sans doute freiné le mouvement populaire et, en l'instance, favorisé l'abstention massive, mais le vote porte une tout autre caractéristique : les près de 12 % obtenus par Chega (« ça suffit »), mouvement ouvertement raciste et xénophobe se revendiquant comme « antisystème », largement promu dans les médias et qui s’est prévalu du soutien actif de l’extrême droite européenne en les personnes de Marine Le Pen et Matteo Salvini. Créé en 2019 et fort alors de 1,3 % aux législatives, Chega réalise une percée de poids grâce à l'abstention, certes, qui touche plutôt les électeurs de gauche mais, surtout, grâce à l'apport d'électeurs de la droite conservatrice (PDS) et « radicale » (CDS), mécontents du positionnement « centriste » de leur formation.

En Italie, la profonde crise démocratique et institutionnelle vient d'atteindre un nouveau stade lorsque, malgré les gages donnés à la Commission européenne sur les contreparties du versement de 209 milliards d'euros du fonds de relance, Guiseppe Conte se voit contraint à la démission. C'est alors, et une nouvelle fois sans passer par les urnes, qu'un autre président du Conseil est nommé pour former un nouveau gouvernement conforme aux attentes de Bruxelles. Ainsi, en quelques jours, est-ce l'un des chantres des politiques d'austérité européennes en personne, Mario Draghi, ancien gouverneur de la Banque centrale européenne (BCE), qui a été investi et a mis sur pied une alliance libérale XXL qui rassemble l'ancien partenaire de Conte, le Parti démocrate de Matteo Renzi, à l'extrême droite de Matteo Salvini en passant par le Cavaliere, Silvio Berlusconi, de sinistre mémoire, et le Mouvement 5 Etoiles ! Ainsi, aussi, le patron de la Ligue, Salvini, revient-il, par la petite porte mais revient tout de même, au pouvoir à peine deux ans après avoir dû le céder, cette fois « eurocompatible ». Fort de ses succès électoraux – sauf, c'est non négligeable, en Emilie-Romagne –, Matteo Salvini (qui, il n'y a pas si longtemps, dénonçait encore la « caste des partis ») est désormais favorable au maintien de l'Italie dans l'euro. Il jouera sa partition dans le gouvernement Draghi auquel il a affiché son soutien avant même sa nomination.

Des jours encore des plus sombres s'annoncent donc puisque la Commission exige une nouvelle étape de libéralisation du marché du travail et une énième sempiternelle « réduction des déficits publics » alors que le pays a perdu, en 2020, 440 000 emplois (pour l'essentiel, 312 000, occupés par des femmes) et que le taux de chômage des jeunes de 15 à 24 ans, culmine à 29,4 %. « La Ligue (de Salvini), hier conspuée pour son populisme est aujourd'hui saluée pour son respect des dogmes libéraux. Son caractère post-fasciste ne fait pourtant plus débat. Le réalignement politique des forces d'extrême droite s'opère sous les auspices du « dieu marché ». N'y aurait-il pas quelques ressemblances avec la situation française ? », interroge à raison le directeur de l'Humanité, Patrick Le Hyaric.

Ressemblances comme dissemblances sont bonnes à étudier pour qui, à gauche, est prêt, pour la France, pour les travailleurs de notre pays mais aussi au-delà de nous, à relever le défi de battre Macron, la droite et l'extrême droite en 2022 : « Je pense que nous ne sommes pas devenus aveugles, je pense que nous étions aveugles, des aveugles qui voient, des aveugles qui, voyant, ne voient pas. » (José Saramago, L'Aveuglement, 1997)

Lydia Samarbakhsh responsable du secteur international du PCF

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27 février 2021 6 27 /02 /février /2021 08:22
Le PCF appelle à se mobiliser massivement en défense de la recherche, de l’université et du pluralisme
Publié le 23/02/2021 par PCF
Le PCF appelle à se mobiliser massivement en défense de la recherche, de l’université et du pluralisme.

Le PCF soutient et partage les fortes inquiétudes exprimées par le Conseil national des universités, la Conférence des présidents d’universités et les syndicats de l’enseignement supérieur et de la recherche, à propos des récents propos de la ministre de la Recherche. Sur CNews, Madame Vidal a en effet annoncé vouloir commanditer au CNRS une enquête sur "l'islamo-gauchisme" à l’université.

La mission d’une ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche est de défendre les enseignants et les chercheurs dans l’exercice de leurs libertés académiques, pas de mettre en place une police de la pensée !
L'« islamo-gauchisme », ce concept-valise qui ne sert qu’à stigmatiser la communauté éducative, n'existe ni dans les universités, ni au CNRS, ni ailleurs dans le monde scientifique. Quoi que l’on puisse penser de certains travaux, ce qui est visé n’est rien d’autre que le droit de savoir et de connaître, la liberté pédagogique, et finalement le pluralisme de la recherche.
Les déclarations de la ministre s’inscrivent dans le cours autoritaire et liberticide de la politique gouvernementale. À les suivre, le CNRS deviendrait demain une instance de contrôle de la conformité des travaux universitaires avec les vues du pouvoir en place.
Ces déclarations incendiaires interviennent au moment même où Madame Vidal s’attaque aux instances collégiales d’évaluation par les pairs. Comment peut-on penser garantir la qualité de la recherche et de l’enseignement supérieur français en supprimant les instances nationales d’évaluation par les enseignants chercheurs eux-mêmes, pour les remplacer par un mélange explosif de clientélisme local et d’autoritarisme étatique ?
L’indépendance de la science est une condition de la démocratie. Nous avons besoin de garantir la liberté, le pluralisme et la qualité de l’enseignement supérieur de la recherche. Cela passe par le renforcement du service public national d’enseignement supérieur et de recherche, et par la mise en œuvre d’un fonctionnement démocratique et collégial. Cela passe aussi par une lutte déterminée contre la précarité des enseignants et des chercheurs, par la fin des politiques de mise en concurrence généralisée qui favorisent la course aux résultats et nuisent à la qualité de la science.
L’urgence n’est pas aux polémiques stériles nourrissant le discours de l’extrême droite. Elle est à la mise en œuvre d’un plan de sauvetage pour nos universités et nos organismes de recherche. Elle est à la lutte contre la précarité étudiante aggravée par la crise.
Le PCF appelle à se mobiliser massivement en défense de la recherche, de l’université et du pluralisme, et à faire de cette nouvelle crise le point de départ du nécessaire processus de reconstruction d’un grand service public national de l’enseignement supérieur et de la recherche.

Parti communiste français,

 

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