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14 février 2019 4 14 /02 /février /2019 08:23

Interview de Fabien Roussel, secrétaire national du PCF et député du Nord par Nicolas Demorand et Léa Salamé

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14 février 2019 4 14 /02 /février /2019 08:23

« la France, championne du monde des prélèvements obligatoires », « la nécessité de baisser les prélèvements obligatoires en France », ces affirmations sont rabâchées dès que le débat sur la justice fiscale et sociale est ouvert, qu’en est-il ?

Des comparaisons internationales biaisées :

L’appellation de « prélèvements obligatoires » n’a pas la même signification selon les pays, elle ne regroupe pas les mêmes ressources.

Comparer les Taux de Prélèvements Obligatoires n’a pas de sens. En effet, ce taux apparaît plus faible dans les pays, comme les États-Unis, où l’assurance maladie et les régimes de retraite sont très largement privés. Les cotisations sont alors versées à des mutuelles, des assurances ou des fonds de retraite privés et ne constituent pas des prélèvements obligatoires, ce qui ne veut pas dire que les travailleurs ne doivent rien payer, bien au contraire !

En effet, les soins ne sont pas gratuits aux États-Unis, le poids des dépenses de santé dans le PIB est même plus élevé qu’en France et se monte à 17,2% (cf FIG 2).

 

 

 

Il ne s’agit simplement pas de prélèvements obligatoires mais de dépenses contraintes. Et ces dépenses sont de plus en plus lourdes pour un système de santé défaillant. Ainsi, aux États-Unis le montant des primes (cotisations) d’assurance santé a progressé de 25% en 2017 et augmentent avec l’âge. Alors même que les États-Unis arrivent derniers des pays riches concernant la mortalité infantile, l’espérance de vie à 60 ans etc...

 De même ; le part des retraites dans le PIB est du même ordre aux États-Unis et en France (FIG 3-4).

 

 

 

 

Or, le système de retraite en France permet d’avoir un taux de pauvreté des plus de 65 ans (8,2%) plus bas que dans les autres pays ; même si c’est encore trop, notre système doit évoluer vers plus de justice, plus de prélèvements obligatoires, et non pas moins, les comparaisons internationales le démontrent.

Les prélèvements obligatoires sont de plus en plus lourds

L’évolution du Taux de Prélèvements Obligatoires d’une année sur l’autre doit être interprétée avec précaution. Ainsi, ce taux diminue, toutes choses égales par ailleurs, si la Sécurité sociale baisse les cotisations sociales obligatoires et cesse de rembourser certains médicaments qui sont ensuite pris en charge par les ménages ou par des mutuelles dont le coût augmente en proportion.

La part dans le Produit Intérieur Brut des prélèvements obligatoires destinés à l’État, aux administrations centrales et à l’Union européenne est en baisse en France depuis 40 ans : 19,3% en 1970 ; 17,5% en 2000 ; 13,5% en 2015.

 

 

Poursuivre dans la restriction des dépenses publiques c’est donc aggraver encore la dégradation des services publics alors que nous sommes au même niveau de dépenses que le Canada (13,3% du PIB), l’Espagne (13,8%) , ou même que les États-Unis (15,9% si on ajoute le niveau fédéral et étatique).

La France est l’un des pays industrialisés où la part dans le PIB des cotisations sociales est la plus élevée (en baisse de 18,8% en 2011 à 16,8% en 2017 selon les chiffres établis par l’OCDE, contre 14,2% pour l’Allemagne, 6,4% pour le Royaume-Uni et 6,3% pour les États-Unis).

 

Cela s’explique par le faite que nous nous sommes doté d’un système de sécurité sociale, qui est moins cher, plus juste et plus efficace que les systèmes privés (les comparaisons internationales le prouvent).

Accepter la logique de réduction des prélèvements obligatoires revient à accepter une baisse des dépenses publiques et donc de notre protection sociale (cf FIG 3 ci-dessous de France Stratégie).

 

 

Ce mouvement amènerait automatiquement une augmentation des prélèvements privés, c’est-à-dire des dépenses contraintes lourdes, injustes et au final moins efficaces ; ce contre quoi se révolte aujourd’hui le peuple.

Mobilisons nous pour développer la sécurité sociale au sens large (santé, chômage, retraite), afin d’etre mieux protégés pour un coût bien moindre, les prélèvements obligatoires ne doivent pas baisser.

Il faut également porter l’exigence d’une profonde réforme fiscale afin que le poids des prélèvements obligatoires soit mieux réparti pour que les plus grandes entreprises et les plus riches soient davantage mis à contribution.

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13 février 2019 3 13 /02 /février /2019 10:25
A lire - J'ai couru vers le Nil - de Alaa El Aswany: le roman des illusions perdues de la révolution egyptienne

Avis aux amateurs de récit engagé et néanmoins romanesque, en prise avec la brutalité du réel et du monde contemporain, le Chiffon Rouge vous conseille vivement le dernier roman d'Alaa El Aswany, interdit en Égypte, sur la révolution égyptienne de 2011, les faux semblants du traditionalisme islamique, et la férocité du régime des généraux. Un livre très dur, mais beau et émouvant qui rappelle par son ambition et sa réussite à décrire la réalité contemporaine égyptienne L'Immeuble Yacoubian, déjà un grand coup de cœur! Mais ce livre est encore plus sombre, à l'image de la cruauté de l'effondrement des rêves du peuple égyptien en lutte contre Moubarak et le droit à la dignité pendant la révolution.

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13 février 2019 3 13 /02 /février /2019 07:51

Une poignée d’extrémistes salissent nos murs et les vitrines de divers magasins de tags antisémites. Ces actes sont indignes et insupportables. Ils mettent en cause nos valeurs républicaines, le vivre ensemble.

Halte aux actes antisémites, halte à tous les racismes ! (Fabien Roussel )

Leurs responsables n’ont rien à voir avec la colère sociale qui s’exprime actuellement dans le pays. La majorité des Français, qu’ils portent un gilet jaune ou pas, réclament plus de justice sociale, plus de justice fiscale. Ils ne sont pas des porteurs de haine.

Comme toujours, lorsque la crise sociale est forte, lorsque la question sociale monte, l’extrême droite s’agite et tente de dévoyer l’exaspération populaire vers ses obsessions identitaires, ethniques ou religieux.

C’est sa manière d’exonérer les fauteurs de crise de leurs responsabilités et de faire de l’Autre le bouc-émissaire des problèmes de nos concitoyens.

Non, ce n’est pas à cause des Juifs, des immigrés, des réfugiés que les usines ferment, que les salaires sont gelés, que les retraites baissent ou que les maternités ferment. C’est du fait d’un système qui génère l’inégalité. C’est à lui qu’il faut s’attaquer.

Nous dénonçons les actes antisémites qui se multiplient, comme nous combattons toutes les manifestations de racisme. Leurs auteurs et ceux qui les encouragent, quels qu’ils soient, doivent être retrouvés, jugés et sévèrement condamnés.

Notre peuple doit s’unir pour faire vivre ses belles valeurs de solidarité, de fraternité, d’égalité, de liberté, aujourd’hui menacées.

Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, député du Nord

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13 février 2019 3 13 /02 /février /2019 07:48

 

Comme prévu, l’Union européenne a rejeté la fusion entre Alstom et Siemens. La Commission a interdit cette concentration parce que les deux parties « n’étaient pas disposées à remédier aux importants problèmes de concurrence relevés », a souligné la commissaire Margrethe Vestager.

Cette décision ne doit surprendre personne. Dès l’annonce de ce projet, le 26 septembre 2017, j’avais pris l’initiative de demander une commission d’enquête à l’Assemblée nationale. Depuis, les salariés des deux entreprises, et leurs syndicats, n’ont cessé d’alerter sur les dangers d’une telle absorption/fusion, au profit de Siemens Mobility, promis à diriger le futur ensemble. Dans leur sillage, les autorités de concurrence britannique, néerlandaise, belge, espagnole et allemande avaient elles aussi contesté ce rapprochement, au nom « d’une perte globale de concurrence ».

D’autres risques étaient parfaitement identifiés : la mise en place de restructurations entre les deux groupes se serait en effet traduite, à terme, par des ventes d’activités et la suppression de 4 à 7000 emplois, selon les projections syndicales.
L’entêtement du gouvernement français, tout comme les certitudes affichées par les responsables des deux groupes, n’ont donc pas troublé le bon sens.
L’arbitrage de la commission européenne ouvre aujourd’hui une nouvelle voie pour bâtir un autre projet. Pour répondre aux besoins des habitants de l’Union européenne et face à la concurrence internationale, la réponse passe par la coopération la plus large, associant les États et les industriels, au sein d’un Groupement d’intérêt économique (GIE). Cela passe aussi par la mise en place d’un European Buy Act pour protéger notre marché et assurer la localisation des productions.
C’est de cette manière, et non par des rapprochements purement capitalistiques, que l’on pourra impulser un grand plan de développement du fret ferroviaire à l’échelle de l’Union européenne pour relever le défi écologique. La Banque centrale européenne jouerait pleinement son rôle en finançant à taux zéro une telle démarche industrielle.

Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, député du Nord,

 

 

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13 février 2019 3 13 /02 /février /2019 07:45
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13 février 2019 3 13 /02 /février /2019 06:50

 

Sur les 15 derniers jours,  nous avons examiné au Sénat  le projet de loi Croissance et transformation des entreprises, dit Pacte.

Au sein de ce véritable mastodonte de près de deux cent articles, nous avons eu notamment à examiner plusieurs projets de privatisation : Engie, la Française des Jeux et ADP. Les discussions furent ani­mées sur le projet de privatisation Aéro­ports de Paris.

Tout d’abord, parce que nous parlons d’un groupe qui gère les 13 aéroports franci­liens et détient des participations dans 26 aéroports de 30 pays différents, avec des revenus en augmentation. Quelque 102 millions de passagers ont utilisé les aéro­ports franciliens en 2017 et Roissy-CDG devrait avoir à gérer un flux de 120 millions de passagers annuels d’ici à 2023, date de mise en service du terminal 4, ce qui en ferait le premier aéroport européen.

Ensuite, les aéroports sont des biens communs, au même titre que des autoroutes, les ports, les monuments, etc. Le précédent de 2006, à savoir la privatisation des autoroutes, pour lesquelles les actionnaires ont réussi à rentrer dans leur argent en dix ans et augmentent sans scrupules leurs profits, devrait inciter le gouvernement à davantage de prudence, de même que la privatisation de l’aéroport de Toulouse en 2014, véritable échec du ministre de l’Économie de l’époque… Emmanuel Macron. Le désengagement de l’État de secteurs stratégiques auquel nous assistons pose des problématiques de souveraineté et de sécurité. ADP constitue notre princi­pale porte d’entrée sur le territoire.

Enfin, n’oublions pas également les enjeux en termes d’emploi, alors que depuis l’ouverture du capital, deux mille emplois ont déjà été supprimés, et les enjeux en termes de maîtrise du foncier et donc, d’aménagement du territoire, poin­tés par les élus locaux. Pourquoi cette volonté de privatisation d’ADP ? Pour alimenter un fonds pour l’innovation, qui pourrait tout aussi bien être alimenté par les dividendes que génère ADP en restant public.

Pour terminer, il se murmure que Vinci, déjà actionnaire minoritaire, pourrait être intéressé… Donc, avec une précédente indemnisation pour l’abandon de Notre-Dame-des-Landes et son indemnisation en tant qu’actionnaire minoritaire suite à la privatisation d’ADP, si elle avait lieu, il se pourrait bien que Vinci tente d’acquérir un quarante-septième aéroport, avec l’argent des contribuables ! Si la privatisation avait lieu, cela pourrait donner dans quelques années un nouveau scandale politico-financier.

Avec notre groupe CRCE et le groupe socialiste, nous étions unanimes pour mettre en échec cette privatisation. La surprise est venue de la majorité sénatoriale et notamment du groupe Les Républicains qui ont très majoritairement voté contre également. Les raisons sont diverses, mais le fait de brader un monopole naturel, même chez les libéraux les plus convaincus est une aberration économique et sociale.

Il faut mettre cette question d’intérêts général sur la place publique, avec les salariés et les citoyens, pour ne pas que le gouvernement, avec l’aide de la majorité à l’Assemblée nationale, privatise Aéroports de Paris. 

 

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12 février 2019 2 12 /02 /février /2019 10:09

La confiance selon Blanquer : concurrence et autoritarisme (PCF)

L'Assemblée nationale examine à partir d'aujourd'hui le projet de loi "pour une école de la confiance" porté par le ministre de l'Education nationale.

Jean-Michel Blanquer a donc décidé de restreindre la liberté d’expression des enseignant-e-s mais il leur fait "confiance" pour faire fonctionner l’école avec toujours moins de moyens. Il répond aux jeunes mobilisés à coups de flashball mais il leur fait "confiance" pour construire eux-même leur propre parcours. Comme ça, s’ils ne sont pas sélectionnés par Parcoursup, s’ils restent à la porte de l’université, ils seront les seuls responsables ! Et pour ne pas entamer sa propre confiance en lui-même, Blanquer supprime l’organisme chargé d’évaluer les politiques éducatives et le remplace par un conseil à sa botte.

Blanquer est bien le ministre d’un gouvernement des riches, pour les riches. Sa confiance, il la donne surtout à l’enseignement privé. L’obligation d’instruction dès l’âge de trois ans, qui était déjà quasiment effective, contraindra les communes à financer les écoles maternelles privées. Cet argent aurait pu servir à accueillir tous les enfants dans de meilleures conditions. Au lieu de ça, ce sera toujours plus de ségrégation sociale, toujours plus tôt !

La création d’"établissements publics des savoirs fondamentaux" regroupant les classes de la petite section de maternelle jusqu’à la fin du collège pose une nouvelle brique dans la construction d’une école à plusieurs vitesses. Pour la majorité, l’école du socle sera limitée aux fondamentaux, quand celles et ceux qui en ont les moyens bénéficieront de contenus plus ambitieux et de la possibilité d’entrer à l’université.

 

Nous ne faisons pas confiance à la sélection et au tri social pour assurer l’avenir de nos enfants et de notre société. Le PCF sera de toutes les mobilisations contre cette loi, dans les établissements, dans la rue, au parlement. Il y portera ses propositions pour une école de l’égalité et de l’émancipation. Il est urgent de reconstruire et d’imposer des politiques éducatives de progrès, au service de toutes et tous !

 

Parti communiste français,

Paris, le 11 février 2019.

La confiance selon Blanquer : concurrence et autoritarisme (PCF)
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12 février 2019 2 12 /02 /février /2019 06:47

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12 février 2019 2 12 /02 /février /2019 06:38

 

Déjà, vous voulez restreindre la liberté de manifester. Ensuite, la liberté de la presse est mise à mal, comme l’illustre la lamentable tentative de perquisition dans les locaux de Mediapart, hier, ou la situation du journal l’Humanité, qui appelle la plus grande solidarité.

Le débat national est censé donner prioritairement la parole aux Fran­çais. C’est pour cela qu’il a été organisé. Des centaines de milliers de nos concitoyens s’en emparent et s’engagent. Toutefois, s’il est impossible de poser un couvercle sur la marmite qui bout de la parole des Français, dans le même temps, c’est bien le président de la République, et lui seul, qui se taille la part du lion médiatique, avec des shows présidentiels inté­gralement retransmis, dans lesquels il ne répond jamais positivement aux demandes exprimées, mais où il continue de plaider pour sa politique.

Dès lors, assiste-t-on à un grand débat national appartenant aux Français ou à une campagne présidentielle de rattrapage dans laquelle il n’y aurait cette fois qu’un seul candidat ? En matière de temps de parole, les comp­teurs du CSA doivent exploser. Il serait d’ailleurs intéressant que les chif­fres soient publiés au fil du débat, et pas dans trois mois ! Et rien ne s’arrangera avec les élections européennes, puisque la loi que vous avez fait voter va répartir les temps de parole de manière scandaleusement inégale.

Ma question est la suivante : quelles mesures comptent prendre le gou­vernement et les garants pour assurer, jusqu’au terme de ce débat et ensuite, une égalité d’accès au temps de parole politique et médiatique, ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui ?

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