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24 février 2019 7 24 /02 /février /2019 18:09
La morlaisienne Pauline Seigland, productrice de film, césarisée pour un court-métrage social:  On s’est battus pour ça toute notre vie ! (Le Télégramme, 24 février 2019)
 

La 44cérémonie des César a récompensé, vendredi, le film « Les Petites mains », un court-métrage à la tonalité sociale. Originaire de Morlaix (29), sa productrice, Pauline Seigland, confie son émotion.


Le film que vous avez produit, « Les Petites Mains », a reçu le César du meilleur court-métrage. Qu’avez-vous ressenti à ce moment ?

J’étais très émue, extrêmement émue. Je suis contente de ne pas trop avoir pleuré et d’avoir pu dire mon discours ! Mais c’était quelque chose d’incroyable, je n’ai pas dormi de la nuit, et j’ai dû prendre le train dès le matin, à 7 h… C’était fou ! On a fait tout un parcours, et ils ont gravé le nom du réalisateur, on est allés manger au Fouquet’s, on a fait la fête toute la nuit, on a rencontré des gens qu’on admirait… On a eu des mots émouvants de Xavier Legrand - qui a reçu le César du meilleur film pour « Jusqu’à la garde » NDLR -, c’était super. Pour nous, ce qui arrive, c’est hyper important. C’est l’espoir d’arriver à faire des longs-métrages, on s’est battus pour ça toute notre vie ! Et les gens qu’on a rencontrés ce soir-là se souviendront de nous ensuite.

Petite, vous alliez souvent au cinéma La Salamandre, à Morlaix. C’est ce qui vous a donné envie d’y consacrer votre carrière ?

J’ai été y voir beaucoup de films en grand écran, c’est vrai. Mais j’ai aussi des parents cinéphiles, et notamment ma mère, qui est comédienne.


Vous pensiez alors que vous réussiriez à travailler dans ce milieu ?

Je ne me suis jamais dit que ce n’était pas possible. J’ai toujours fait des études en lien avec le cinéma, d’abord au lycée, puis en BTS, et enfin à l’école des Gobelins. Très tôt, je savais que ce que je voulais faire, c’était de la production. C’est un métier où on est indépendant et où on a un libre arbitre, ça me correspondait ! Je suis une fille un peu frondeuse, battante, j’ai de l’énergie, et il faut toutes ces qualités. En vrai, mon rôle, c’est juste de savoir lire et compter : je lis des scénarios, je fais des retours et je recherche de l’argent pour rendre le film possible…

« Aujourd’hui, il est difficile de financer un film qui ne soit pas une comédie potache à plus de 4 millions d’euros » 

Au moment de recevoir le prix, vous avez tenu à défendre le cinéma indépendant. Quelle vision du cinéma voulez-vous porter ?

Pendant la cérémonie, le chef décorateur Michel Barthélemy (récompensé pour les décors des « Frères Sisters » NDLR ) a fait un discours très engagé et militant : ça coûte peut-être cher de faire des films, mais ça apporte aussi une richesse. Il faut garder ce travail en France. Moi, je voulais dire que c’est à nous, jeunes producteurs, de faire le cinéma de demain. Il faut préserver les films d’auteur, notamment pour ceux qui débutent. Aujourd’hui, il est difficile de financer un film qui ne soit pas une comédie potache à plus de 4 millions d’euros, il faut donc défendre les dérogations au code du travail qui nous permettent de les réaliser.

« C’est une marque de confiance, les gens vont croire en nous et vont soutenir nos projets » 

Quelles nouvelles portes va vous ouvrir ce César ?

Ça va surtout nous permettre d’avancer sur les projets déjà existants. C’est une marque de confiance, les gens vont croire en nous et vont soutenir nos projets. Avec Films grand huit, on produit des films de recherche, des films d’auteur, des visions d’un réalisateur sur le monde. Ce ne sont pas du tout des films formatés. Une reconnaissance comme un César, ça permet aussi de dire que ces gens-là sont intéressants, qu’il faut les suivre.

Votre court-métrage raconte l’histoire d’un ouvrier qui enlève l’enfant de son patron pour empêcher la fermeture de son usine, il parle de violence sociale. Quand vous avez choisi de le produire, vous imaginiez qu’il pouvait faire autant écho à l’actualité ?

C’était déjà beaucoup d’actualité. On l’a commencé au moment de la lutte de l’usine Fralib ( qui a lutté contre sa fermeture de septembre 2010 à mai 2014 NDLR). C’est quelque chose qui ne s’arrête jamais d’être d’actualité. C’est la réalité du monde capitaliste dans lequel on vit.


Est-ce que vous reviendrez à Morlaix présenter votre film ?

Oui, bien sûr ! La cinémathèque me l’avait proposé, alors on va le faire. Je suis en tournage encore quelques semaines, mais on va pouvoir organiser ça après. On va faire une soirée, ça va être super !

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24 février 2019 7 24 /02 /février /2019 13:20
Marie Lambert, résistante, députée communiste du Finistère à la Libération, a aussi été journaliste à l'Huma et elle a eu, nous dit l'historien Alain Ruscio, cette lucidité au moment du début de la guerre, ou des "évènements d'Algérie", comme ils les appelaient.
Ci-joint l'article, que j'ai mis dans le Chiffon Rouge avec l'article du Maitron sur Marie Lambert que nous avait transmis Jean-Paul Cam.
Amicalement
Ismaël
 
Alain Ruscio : « La force communiste fut à l’origine de la protestation anticolonialiste en France »
Vendredi, 22 Février, 2019 entretien avec  Rosa Moussaoui

 

" Lorsque est déclenchée l’insurrection, le 1er novembre 1954, l’Humanité dépêche sur place l’une de ses journalistes, Marie Lambert. Dans un meeting au Vél’d’Hiv, le 5, Duclos prononce le mot « indépendance ». Pourquoi le communiqué officiel tardif du PCF est-il, lui, très ambigu ?

Alain Ruscio Merci de citer ces premiers reportages, totalement oubliés par l’historiographie, de l’ancienne députée communiste Marie Lambert (qui signait dans l’Humanité Marie Perrot). Grâce à elle, le mot « guerre » a été imprimé par votre journal dès le 3 novembre 1954. Vient, en effet, le 5 novembre, une réunion visant à célébrer l’anniversaire de la révolution d’Octobre, comme il était alors de rigueur. Jacques Duclos, après avoir salué les réalisations de l’Union soviétique, prononcera trois fois le mot « indépendance » . Et pourtant, vous avez raison, le mot n’apparaît plus dans le texte officiel qui suit, le communiqué du bureau politique du 8 novembre. Ici, nous sommes confrontés à un manque d’archives, les réunions du « BP » n’étant ni enregistrées, ni transcrites. Je risque une hypothèse : une semaine après le déclenchement de l’insurrection, les communistes étaient dans la totale ignorance de ses instigateurs. Rappelons que le sigle « FLN » n’était apparu que le 1er novembre. Une prise de distance est manifeste, marquée notamment par la crainte d’une provocation. Au passage, je signale que les communistes algériens, eux, ne partagèrent pas cette méfiance et tentèrent même de dissuader leurs camarades français d’utiliser cet « argument ».

 

LAMBERT Marie-Yvonne [née PERROT, Marie, puis épouse GOSNAT]

Par Christian Bougeard - pour le MAITRON

Née le 26 octobre 1913 à Landerneau (Finistère), morte à Ivry-sur-Seine le 22 janvier 1981 ; secrétaire fédérale communiste du Finistère (1947-1949) ; députée PCF du Finistère (1948-1951).

Originaire de la petite ville de Landerneau (Finistère), Marie Perrot avait un grand-père qui avait participé, contre son gré, à l’écrasement de la Commune de Paris mais aurait exprimé de la sympathie pour les Communards. Il aimait porter les jours de fêtes un chemise rouge pour manifester ses opinions.
Marie Lambert avait interrompues ses études après le brevet. Elle acquit par la suite, , en autodidacte, une importante culture. Elle avait épousé jeune Henri Lambert , avec qui elle eut trois enfants : Jean-Paul en 1932 ( serge nt cassé pour refus d’être appelé en 1956), Henri en 1935 et Annie en 1944. Elle fut brièvement institutrice pendant la "drôle de guerre".
Son mari fut un résistant FN et FTP. Arrêté en Ille-et-Vilaine en décembre 1943, torturé et déporté. Sous l’Occupation, Marie Lambert participa aux actions de son époux ,diffusant tracts et journaux clandestins dans la région de Landerneau. Elle servit d’agent de liaison à Daniel Trellu, chef des FTP du Finistère et organisa des groupes de « femmes patriotes », malgré une grossesse. Pour son action, elle obtint la médaille de la Résistance et la Croix de guerre.

Ayant adhéré au PCF en 1943, ettant u rapport se geste et la licture avec la lecture de Lyssagaray et la lecture de son Histoire de la Commune., « la ménagère » Marie Lambert fut élue conseillère municipale de Landerneau en mai 1945 (réélue en 1947) dans la municipalité dirigée par l’ancien maire révoqué et ancien député (réélu en 1945), le socialiste Jean-Louis Rolland. Elle appartenait aussi en 1945 au bureau de l’UFF du Finistère. N’ayant pas été candidate en octobre 1945, Marie Lambert figurait en 4e position sur la liste communiste du Finistère aux élections à la seconde Assemblée Constituante le 2 juin 1946 qui recueillit 95 343 voix en moyenne (24,6%) et deux élus, les députés sortants Pierre Hervé et Gabriel Paul. Le 10 novembre 1946, elle était toujours 4e alors que le PCF obtenait 27,8% des voix et trois députés (Alain Signor *en plus). Mais la démission de Pierre Hervé, le 15 juin 1948, permit à Marie Lambert de lui succéder à l’Assemblée nationale en juillet. Inscrite à la commission de l’Agriculture, elle déposa plusieurs propositions de loi en faveur des ouvriers agricoles.

Auparavant, Marie Lambert était devenue une des principales dirigeantes du PCF. Elle entra au bureau fédéral élargi de 9 à 13 membres lors de la IXe conférence d’août 1946, devenant ensuite secrétaire fédérale, sans doute en 1947, lors du départ de l’instituteur Alain Cariou. En 1948 et au début 1949, Marie Lambert assura de manière transitoire la fonction de première secrétaire fédérale du Finistère. Elle en fut écartée à la suite de la XIIe conférence fédérale de février 1949 présidée par Jeannette Vermeersch, et remplacée par Daniel Trellu. Elle fut critiquée pour n’avoir pas su diriger sa fédération, en perte de vitesse, et éviter les graves conflits qui divisaient la CGT, peut-être aussi parce qu’il lui était difficile d’assurer ses tâches de direction avec son mandat de députée. Les critiques portaient sur la trop grande importance accordée par la fédération à la question de la laïcité sous l’impulsion de Pierre Hervé. Au total, 24 membres de la direction fédérale sur une quarantaine furent remplacés. Cette véritable « purge » permit un durcissement et une stalinisation de la fédération avec son lot de critiques, d’autocritiques, d’exclusions (même temporaires) et de chasse aux « titistes » et aux « mous ». En 1951-1952, le bureau politique lui-même fut contraint de reprendre les choses en main.

En mars et avril 1950, une série de grèves très dures secoua le Finistère, provoquant une forte mobilisation syndicale et de solidarité. Le 14 avril, une manifestation des femmes de l’UFF à la mairie de Brest se transforma en affrontement avec la police : la députée Marie Lambert (tabassée gravement pendant la manifestation) et deux dirigeants communistes furent arrêtés. Le 17 avril 1950, une manifestation de protestation de 5 000 personnes fut vivement réprimée provoquant la mort de l’ouvrier communiste Édouard Mazé, le frère du conseiller municipal PCF Pierre Mazé. Alain Signor fut lui aussi arrêté et Jacques Duclos interpella le gouvernement sur ces arrestations considérées comme illégales, en violation de l’immunité parlementaire. Plusieurs milliers de personnes participèrent aux obsèques d’Édouard Mazé. Rapidement libérés, Marie Lambert et Alain Signor furent condamnés à cinq et à six moi s de prison avec sursis. Comme en 1935, la violence des affrontements avec les forces de l’ordre allait marquer durablement la mé moi re du mouvement ouvrier brestois.

Lors des élections législatives du 17 juin 1951, Marie Lambert , en 3e position sur la liste communiste qui obtint 20,9 % des suffrages ne fut pas réélue, le PCF ne conservant que les sièges d’Alain Signor et de Gabriel Paul. Il semble que l’ancienne députée communiste quitta rapidement le Finistère. De toute façon, en janvier 1953, elle ne figurait plus dans aucun organisme de la direction fédérale. On sait qu’elle devint journaliste à l’Humanité puis à France nouvelle et directrice de Femmes nouvelles, le journal de l’UFF, chargé de la culture, ce qui lui permit de connaître le principaux artistes communiste, notamment le couple Aragon-Triolet.. Le 8 novembre 1954, l’Humanité publia sous le titre "Des tortures dignes de la Gestapo", un reportage de Marie Perrot : "Les arrestations se poursuivent en Algérie et de nombreuses personnes à des sévices innommables dans les locaux de la police [...] la bastonnade, le lavage d’estomac à l’aide d’un tuyau enfonce dans la bouche et le courant électrique". Ces scènes lui rappelaient les tortures qu’avaient subies son premier mari en 1943. Elle participa en 1955 au premier voyage de journaliste au premier voyage de journalistes à Hanoi. Son statut de journaliste lui permit également de découvrir le Yougoslavie et laTunisie.

Marie Perrot, vécut avec Georges Gosnat à Saint-Ouen à partir de 1950. Elle l’épousa le 30 juillet 1970 (on trouve ailleurs le 30 décembre 1970) et habita avec lui à Ivry-sur-Seine. Georges Gosnat était député d’Ivry-sur-Seine et un des principaux responsables des finances du PCF. Elle décéda en 1981 dans ce bastion du communisme de la banlieue sud-est et fut enterrée au cimetière communal.

 
SOURCES : Arch. du comité national du PCF. Organigrammes des comités fédéraux du Finistère (1953-1968). — Arch. PPo., dossier Georges Gosnat. — Eugène Kerbaul, 1918-1945 : 1640 militants du Finistère, Bagnolet, 1988, notice Henri Lambert et Marie Perrot, p. 140 et 232-233. — Isabelle Picart, Le PCF à Brest de la Libération à la fin de la Quatrième République (1944-1958), maîtrise d’histoire, Université de Bretagne occidentale, Brest, 1989. — Le bande dessinée de Kris et Étinne Davodeau, Un homme est mort, Futuropolis, 2006. — Cédérom le Maitron. Notice Georges Gosnat par Jean Maitron et Claude Pennetier.
 
 
***

Dans une lettre datée du 16 octobre 1985, Pierre Le Rose donne à Pierre Crépel, un camarade de l'IRM (Institut de Recherche Marxiste) basé à Lanester, des renseignements complémentaires sur le Parti Communiste à la Libération, période qu'il a connue en tant que dirigeant et acteur. On trouve dans cette lettre des informations tout à fait importantes d'un point de vue historique qui justifient qu'on la publie, avec l'accord de la fille de Pierre Le Rose:

"L'audience du Parti était très grande dans le Finistère à la Libération. On évaluait les adhérents à 10 000 ou 12 000. Les cartes étaient placées aux réunions publiques au lendemain de la libération. L'organisation ne suivait pas. Mais dans les localités importantes (Brest, Morlaix, Quimper, Douarnenez, Concarneau), les cellules avaient des Bureaux et des activités réelles. Le premier pointage réel que j'ai pu faire en Avril 47 (je venais d'avoir la responsabilité de l'organisation fédérale) faisait apparaître plus de 7000 adhérents. Nous avons vu jusqu'à 12 000 personnes à nos fêtes fédérales (fête de la Bretagne, notre journal, avec Marcel Cachin; 40 000 personnes à Brest sur le cours d'Ajot avec Maurice Thorez le 6 juillet 1947). Parallèlement, les JC (44-45) puis l'UJRF (à partir d'avril 45) comptaient entre 9 et 10 000 adhérents (jeunes venus des FTP, jeunes filles très nombreuses). Les jeunes prenaient leurs responsabilités pour organiser les activités ( 400 Jeunes Communistes à Quimper, 200 à Concarneau, mêmes chiffre à Douarnenez; organisations existant dans les localités rurales du Centre Finistère, Riec sur Belon, etc...). Les meetings des JC rassemblaient autant et parfois plus d'auditeurs que le Parti. Ce sont les JC (garçons et filles) qui ont vite fourni les cadres du Parti (peut-être au détriment de l'organisation des jeunes).

L'audience du Parti est venue du combat clandestin, puis de l'activité des militants, des élus et des ministres communistes, activité qui continuait le combat national, le confirmait.

Dans des élections législatives à la proportionnelle, le Parti Communiste recueillait 70 000 voix en novembre 1945 (2 députés), 80 000 voix en mars 1946 (2 députés), 105 800 voix en novembre 1946 (3 députés sur 10 députés finistériens).

La part de la jeunesse et des femmes fut considérable dans cette période. Nous avions la première femme maire (Kernevel), des adjointes. Notre Parti faisait le plus confiance aux jeunes (Gabriel Paul, député et secrétaire fédéral à 26 ans), Marie Lambert, députée et secrétaire fédérale à 33 ans (idem dans les Côtes d'Armor avec Hélène Le Jeune). On retrouve des jeunes de nos fédérations bretonnes également à Ouest-Matin (sur Rennes comme correspondants).

La direction du PCF milite pour la reconnaissance politique des femmes: "Les femmes viennent de plus en plus à la vie politique. Il faut les organiser et laisser de côté les préjugés encore tenaces sur l'infériorité de la femme qui ne sont pas dignes de communistes".  

La fédération vient de transférer son siège à Brest. Elle connaît déjà quelques difficultés financières qui l'ont contraint à réduire son nombre de permanents.  

* Note biographique de Jean-Claude Cariou sur Marie Lambert et Pierre Hervé

Marie Lambert remplaça ensuite à l'Assemblée Nationale Pierre Hervé (du secteur de Morlaix-Lanmeur), lequel quitta plus tard le PCF pour rejoindre la SFIO puis un groupuscule gaulliste. Il redevint professeur de philosophie, son métier initial en région parisienne. Sa femme, résistante, avait servi de modèle à Jacques Prévert, dont il était l'ami, pour son célèbre poème "Barbara". Marie Lambert divorça ensuite de l'officier d'infanterie dont elle était l'épouse et quitta la Bretagne avec son nouveau mari, Georges Gosnat, trésorier national du PCF et membre du Bureau politique. 

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24 février 2019 7 24 /02 /février /2019 13:16
Laval. Le PCF appelle à une opération coup de poing devant le siège de Lactalis (Ouest-France, 23 février 2019)

Ian Brossat, tête de liste du Parti communiste français aux élections européennes de mai prochain, sera en visite à Laval (Mayenne), mardi 26 février, pour une « opération coup de poing » devant le siège de Lactalis.

Ian Brossat, le chef de file du Parti communiste français aux élections européennes de mai prochain, sera en visite à Laval (en Mayenne), mardi 26 février, pour « une opération coup de poing » devant les bureaux du siège de Lactalis, à partir de 13 h 30.

« Nous ne sommes plus vos vaches à lait »

Cette opération s’inscrit dans la continuité de celles menées devant les sièges sociaux de Google (Paris) et d’Amazon (Hauts-de-Seine). « Nous ne sommes plus vos vaches à lait, il est venu le temps de nous faire respecter par ces multinationales, exprime Ian Brossat. Faire respecter notre travail, notre santé, nos lois fiscales. »

Ian Brossat sera accompagné des candidats de la liste « Pour l’Europe des gens, contre l’Europe de l’argent » : Marie-Pierre Vieu (députée européenne), Aurélien Le Gall (représentant des salariés agricoles), Alain Pagano (enseignant chercheur en écologie et biologie), Cindirella Bernard (militante associative).

Une délégation du PCF se rendra mercredi 27 février au salon de l’Agriculture, à Paris.

« Nous ne sommes plus vos vaches à lait » : action coup de poing au siège de Lactalis, mardi 26 février


Après Google (Paris) et Amazon (Hauts-de-Seine), Ian Brossat, tête de liste du Parti communiste aux élections européennes, s'invitera ce mardi 26 février (13 h 30) dans les bureaux du siège de Lactalis, numéro mondial des produits laitiers, situés à Laval (Mayenne).

Comme le révélait France Inter et Cash Investigation, en janvier dernier, la multinationale Lactalis est aujourd'hui accusée d'évasion et de fraude fiscale, via le Luxembourg, pour un montant de 2,2 milliards d'euros.

Ce chiffre de 2,2 milliards d'euros «évaporés» en 2015 et 2016, correspondant, lors de la crise laitière, à l'équivalent de 12 centimes en moins par litre volés aux producteurs laitiers français.

Lactalis est le symbole de cette Europe de l'argent dont nous ne voulons plus : celle des lobbyistes et des voleurs en col blanc qui étranglent financièrement nos paysans, celle aussi qui met en danger notre santé de consommateur, comme l'a révélé le scandale sanitaire du lait à la salmonelle.

« Nous ne sommes plus vos vaches à lait, il est venu le temps de nous faire respecter par ces multinationales, pour Ian Brossat. Faire respecter notre travail, notre santé, nos lois fiscales »

Pour cette action coup de poing, Ian Brossat sera accompagné de candidats de la liste « Pour l'Europe des gens, contre l'Europe de l'argent », Marie-Pierre Vieu (députée européenne), Aurélien le Gall (représentant des salariés agricoles), Alain Pagano (enseignant chercheur en éclogie et biologie), Cindirella Bernard (militante associative).

Le lendemain, mercredi 27 février, une délégation du Parti communiste se rendra au Salon de l'Agriculture de Paris.

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24 février 2019 7 24 /02 /février /2019 12:56
Amazon : « On est étouffés, pris pour des chiens »
Jeudi, 21 Février, 2019

Le géant de la vente en ligne a viré plusieurs de ses salariés français qui ont soutenu le mouvement des gilets jaunes. Deux d’entre eux l’ont été sur le site de Douai. Reportage à la porte de l’entrepôt nordiste, où une présence de 2 ou 3 ans vous donne déjà un statut d’ancien. Et, à certains, une furieuse envie d’aller voir ailleurs.

Quelle couleur de badge ? Pour entrer au volant de sa voiture sur le parking de l’entrepôt Amazon de Lauwin-Planque, près de Douai (Nord), il faut montrer patte blanche. Le vigile de Securitas veille : seuls les 1 500 salariés en CDI, détenteurs d’un passe de couleur bleue, sont autorisés à le faire. Pas les 200 à 300 intérimaires, avec leur carte bordée de vert autour du cou. Damien et Laurent (1), deux jeunes intérimaires de 20 et 22 ans, ont donc laissé leur voiture à plusieurs centaines de mètres, avant de rejoindre à pied le portillon de l’entreprise. Comme des dizaines d’autres, qui se garent comme ils peuvent autour des ronds-points de la zone d’activité ou dans la boue qui borde les axes de circulation. Damien et Laurent prennent leur poste à 13 h 20. Ils ont plus d’une demi-heure d’avance mais ils prévoient du temps pour se changer dans le vestiaire. Et puis ils aiment « prendre un café tranquillement » avant d’attaquer leur journée de travail, qui s’achèvera à 20 h 30. « On critique Amazon, mais on n’a pas à se plaindre, nous assure Damien. J’ai vu plusieurs reportages qui disaient qu’on était pistés pour aller aux toilettes. Ce n’est pas vrai, on n’est pas fliqués. » Leur mission, commencée en octobre et renouvelée une fois, durera au total huit mois. Leur boulot ? « On range les articles sur les pick towers », ces rayonnages superposés sur trois étages, installés fin 2016, qui ont considérablement augmenté la capacité de stockage. On attend d’eux une production de 1 500 articles par jour. Tout à fait réalisable, jurent-ils. Et ceux qui ont du mal à atteindre ce chiffre ? « Il y a beaucoup de fainéants. » Et le salaire ? « Il est normal… le Smic. »

« pas envie de parler », puis il se lâche...

« Généralement, ici, il n’y a que des jeunes, commente Habib Latreche, délégué syndical CGT. Les anciens, soit ils partent, soit ils sont mis de côté. Ça en dit long sur les recrutements. » Long aussi sur les kilomètres qu’il faut parcourir chaque jour dans l’entrepôt et sur les « trajets qu’on n’essaie pas d’optimiser » pour ménager les salariés. « À force de marcher, certains ont des restrictions médicales », commente le délégué syndical. « En ce moment, c’est très tendu », confie-t-il, évoquant le licenciement de deux salariés du site qui ont posté sur leur compte Facebook des messages de soutien au mouvement des gilets jaunes (lire l'encadré). « Pour certains salariés, ils (ces salariés licenciés) ont commis une faute professionnelle et l’entreprise a fait valoir ses droits. Une autre partie trouve que ce n’est pas normal et le reste ne se prononce pas », résume-t-il. L’illustration ne se fait pas attendre, avec le passage de quatre jeunes filles intérimaires. Elles ne souhaitent pas répondre à nos questions, car elles n’ont « pas d’avis » sur l’affaire. « Ce n’est pas normal d’avoir peur de son entreprise… » souffle Habib Latreche.

Assis devant le portillon, balayé par de violentes et glaciales bourrasques de vent, Christophe (1) fume une dernière cigarette avant de rejoindre son poste de travail. Il nous coupe immédiatement dans nos intentions : « Je n’ai pas envie de parler ; je ne veux pas perdre ma place pour des conneries. » Pourtant, il échangera avec nous pendant presque un quart d’heure, ponctuant certains de ses propos d’un « sans plus de détails… ». À 33 ans, père de trois enfants, au travail depuis l’âge de 16 ans, ce poste d’ouvrier à Amazon Douai, décroché il y a trois ans et demi, est son premier CDI. « J’ai une situation stable, qui m’a permis d’avoir ma maison, confie-t-il. Et puis, l’ambiance avec les collègues, ça va. Mais le boulot… » Et là, il se lâche : « On nous prend pour des chiens. La pression, l’impression d’être enfermé, d’étouffer… On n’est jamais venu me voir pour me reprocher mon chiffre de production, mais ça peut arriver, car ils en veulent toujours plus. » Quant au sort de ses deux collègues licenciés ? « Ça choque, car maintenant ils sont dans la merde. On ne peut quand même pas licencier pour le plaisir d’Amazon ! »

Curieux, Vincent (1) se mêle à la discussion et ne s’embarrasse pas de préambule : « J’en ai marre. Cela fait deux ans que je travaille ici. Il y a beaucoup de pression. Il n’y a pas de changement, pas d’évolution, toujours les mêmes personnes aux mêmes postes. J’attends de trouver autre chose pour partir. » Mylène (1), qui vient de terminer sa journée, s’arrête quelques minutes avant de repartir chez elle. Que pense-t-elle des « licenciements Facebook » ? « On n’est pas réellement choqués car on est habitués à ce qu’Amazon licencie pour rien, mais ça marque toujours. Maintenant, les gens ont peur d’écrire sur Facebook, même sur leur vie personnelle. » Son travail consiste à gérer les mouvements de camions qui arrivent et repartent de l’entrepôt : « Je n’ai pas de pression sur la production mais plus sur la sécurité. »

« journées have fun »

Elle se souvient cependant du poste qu’elle a dû occuper pendant une semaine à la préparation des colis : « J’ai oublié une étiquette code-barres sur un article. On est venu me voir deux jours après. Ce sont comme des petits avertissements verbaux. Ici, on appelle ça des “feed-back”. On est également venu me voir un mois après pour un courrier d’avertissement, correspondant à un arrêt de production. » Dans le jargon Amazon, on appelle cela un « courrier de sensibilisation ». « Ici, le management a une forme insidieuse, estime Habib Latreche. On essaie de faire copain-copain avec vous. On aime bien également infantiliser les salariés, avec par exemple les journées “have fun”, où il faut venir déguisé. Le but est d’instaurer une fausse complicité. Mais, quand on se retrouve seul devant le bureau du chef ou du DRH, il n’y a plus d’amis. »

(1) Les prénoms ont été modifiés.

Ludovic Finez
Amazon : On est étouffés, pris pour des chiens (article de Ludovic Finez, jeudi 21 février, L'Humanité)
22 janvier 2019
Ian Brossat, tête de liste européenne du PCF, à la rencontre des salariés d'Amazon

" À l'occasion de ma venue dans le Loiret, j'ai eu l'occasion d'échanger avec des salariés d'Amazon.
L'un des plus gros sites français d'Amazon est en effet situé à Saran, à deux pas de la salle où nous tenions meeting.
Je reviendrai prochainement plus en détails sur nos échanges. Il y a beaucoup à dire sur les conditions de travail, l'optimisation fiscale"  Ian Brossat 

L'Humanité annonce aujourd'hui, reprenant le rapport d'OXFAM, que "le PDG d'Amazon, Jeff Bezos, est le milliardaire qui a vu sa fortune exploser le plus. Avec une hausse de 39 milliards sur un an, il atteint les 112 milliards, ce qui fait de lui l'homme le plus riche du monde. "1% seulement de sa fortune équivaut au budget total de la santé de l'Ethiopie, un pays de 105 millions d'habitants", pointe le rapport d'OXFAM.

 
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24 février 2019 7 24 /02 /février /2019 07:19
Repas republicain du PCF Bigouden au Guilvinec, Château de Kergoz, le 23 février 2019 en hommage aux Penn Sardin de Douarnenez et du Pays Bigouden: le coeur de la Bretagne maritime rouge (reportage-photo)
Repas republicain du PCF Bigouden au Guilvinec, Château de Kergoz, le 23 février 2019 en hommage aux Penn Sardin de Douarnenez et du Pays Bigouden: le coeur de la Bretagne maritime rouge (reportage-photo)
Repas republicain du PCF Bigouden au Guilvinec, Château de Kergoz, le 23 février 2019 en hommage aux Penn Sardin de Douarnenez et du Pays Bigouden: le coeur de la Bretagne maritime rouge (reportage-photo)
Repas republicain du PCF Bigouden au Guilvinec, Château de Kergoz, le 23 février 2019 en hommage aux Penn Sardin de Douarnenez et du Pays Bigouden: le coeur de la Bretagne maritime rouge (reportage-photo)
Repas republicain du PCF Bigouden au Guilvinec, Château de Kergoz, le 23 février 2019 en hommage aux Penn Sardin de Douarnenez et du Pays Bigouden: le coeur de la Bretagne maritime rouge (reportage-photo)
Repas republicain du PCF Bigouden au Guilvinec, Château de Kergoz, le 23 février 2019 en hommage aux Penn Sardin de Douarnenez et du Pays Bigouden: le coeur de la Bretagne maritime rouge (reportage-photo)
Repas republicain du PCF Bigouden au Guilvinec, Château de Kergoz, le 23 février 2019 en hommage aux Penn Sardin de Douarnenez et du Pays Bigouden: le coeur de la Bretagne maritime rouge (reportage-photo)
Repas republicain du PCF Bigouden au Guilvinec, Château de Kergoz, le 23 février 2019 en hommage aux Penn Sardin de Douarnenez et du Pays Bigouden: le coeur de la Bretagne maritime rouge (reportage-photo)
Repas republicain du PCF Bigouden au Guilvinec, Château de Kergoz, le 23 février 2019 en hommage aux Penn Sardin de Douarnenez et du Pays Bigouden: le coeur de la Bretagne maritime rouge (reportage-photo)
Pour faire un magnifique discours d'hommage aux Penn Sardin des années 1923-1924-1925 avec des résonances dans l'actualité sociale, ou pour chanter Amsterdam de Brel avec une voix magnifique, pour servir le repas, Etienne Le Bellec, élu PCF au Guilvinec, toujours impeccable!

Pour faire un magnifique discours d'hommage aux Penn Sardin des années 1923-1924-1925 avec des résonances dans l'actualité sociale, ou pour chanter Amsterdam de Brel avec une voix magnifique, pour servir le repas, Etienne Le Bellec, élu PCF au Guilvinec, toujours impeccable!

Repas republicain du PCF Bigouden au Guilvinec, Château de Kergoz, le 23 février 2019 en hommage aux Penn Sardin de Douarnenez et du Pays Bigouden: le coeur de la Bretagne maritime rouge (reportage-photo)
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Maxime Le Brun et Claude de Lunardo

Maxime Le Brun et Claude de Lunardo

Repas republicain du PCF Bigouden au Guilvinec, Château de Kergoz, le 23 février 2019 en hommage aux Penn Sardin de Douarnenez et du Pays Bigouden: le coeur de la Bretagne maritime rouge (reportage-photo)

Maxime Le Brun, à droite, qui milite depuis ses 14 ans au Parti Communiste, ancien éducateur spécialisé chez les Religieuses à Quimper, ancien marin-pêcheur, né en résistance. Son père, Jean Le Brun, maire du Guilvinec jusqu'en 1983, fut radio sur les cargos. Communiste, il aida à acheminer des armes à l'Espagne Républicaine et avec un poste émetteur remis par la France Libre, il organisa des transmissions radios avec Londres, allant chercher le poste avec sa femme et son fils, Maxime, né en 41, alors tout bébé. Dénoncé, Jean Le Brun fut déporté à Buchenwald où il intégra la résistance du camp. On lui doit notamment d'avoir protégé et sauvé Marcel Bloch (Marcel Dassault) selon la décision prise par le Parti communiste clandestin pour la reconstruction de la France. Jean Le Brun, animateur du journal Le Travailleur Bigouden avec Jean Kervision et Gaston Balliot, fut, aux dires mêmes du maire actuel du Guilvinec, de droite, un super maire, très humain, très respecté pour ses valeurs, sa proximité, son exemplarité, en plus d'être un héros de la résistance.
C'était hier au Repas Républicain de la section PCF du Pays Bigouden au château de Kergoz entre l'école Louise Michel, la rue George Politzer et la rue Neruda. Il reste des traces des Rouges dans ce pays de communisme populaire, chez les marins-pêcheurs et les ouvrières des conserveries.
A côté de Maxime Le Brun, il y a Claude De Lunardo dont le père, immigré italien, a fait de la résistance, comme son grand-père, Vincent Larnicol, qui cachait des armes dans sa carrière à Lesconil, et a connu deux ans de prison pendant l'occupation suite à une rafle, à Quimper, Vanves et Compiègne, avant de s'évader d'un convoi partant en déportation en Allemagne en 44.
Le Parti Communiste, c'est aussi l'ordinaire d'un héritage héroïque et cependant modeste.

Repas republicain du PCF Bigouden au Guilvinec, Château de Kergoz, le 23 février 2019 en hommage aux Penn Sardin de Douarnenez et du Pays Bigouden: le coeur de la Bretagne maritime rouge (reportage-photo)
Repas republicain du PCF Bigouden au Guilvinec, Château de Kergoz, le 23 février 2019 en hommage aux Penn Sardin de Douarnenez et du Pays Bigouden: le coeur de la Bretagne maritime rouge (reportage-photo)
Mon intervention au repas du PCF Pays Bigouden au Guilvinec le samedi 23 février: sur le mouvement social des Gilets Jaunes et la morgue de la bourgeoisie pour le discréditer, la sauvegarde indispensable de l'Humanité et du pluralisme de la presse, et la campagne des Européennes, avec la présentation de nos candidats, bretons notamment, et de nos axes de campagne. Une quarantaine de soutiens supplémentaires ont été enregistrés sur la liste du Comité de soutien finistérien à Ian Brossat et à la liste du PCF aux élections européennes.

Mon intervention au repas du PCF Pays Bigouden au Guilvinec le samedi 23 février: sur le mouvement social des Gilets Jaunes et la morgue de la bourgeoisie pour le discréditer, la sauvegarde indispensable de l'Humanité et du pluralisme de la presse, et la campagne des Européennes, avec la présentation de nos candidats, bretons notamment, et de nos axes de campagne. Une quarantaine de soutiens supplémentaires ont été enregistrés sur la liste du Comité de soutien finistérien à Ian Brossat et à la liste du PCF aux élections européennes.

La chanteuse, qui chante l'Internationale, le Chiffon Rouge, et bien d'autres chansons révolutionnaires, c'est Yvonne Gadonay, 91 ans, ancienne ouvrière d'usine à la conserverie du Guilvinec, toujours militante communiste, gracieuse, malicieuse et chaleureuse.

La chanteuse, qui chante l'Internationale, le Chiffon Rouge, et bien d'autres chansons révolutionnaires, c'est Yvonne Gadonay, 91 ans, ancienne ouvrière d'usine à la conserverie du Guilvinec, toujours militante communiste, gracieuse, malicieuse et chaleureuse.

Repas republicain du PCF Bigouden au Guilvinec, Château de Kergoz, le 23 février 2019 en hommage aux Penn Sardin de Douarnenez et du Pays Bigouden: le coeur de la Bretagne maritime rouge (reportage-photo)

Femmes du Pays Bigouden: le rouge leur va si bien!
La chanteuse, qui chante l'Internationale, le Chiffon Rouge, et bien d'autres chansons révolutionnaires, c'est Yvonne Gadonay, 91 ans, ancienne ouvrière d'usine à la conserverie du Guilvinec, toujours militante communiste, gracieuse, malicieuse et chaleureuse. Son père distribuait l'Huma clandestine à Lechiagat pendant la guerre tout en vendant des lapins pour survivre. Elle a connu les rafles au Guilvinec en 42, les frères que l'on doit cacher, car tous les hommes ou presque étaient suspects de résistance communiste. Elle s'est retrouvée avec le visage d'un russe blanc venant perquisitionner à la fenêtre de sa mère, héroïque d'avoir su faire face et sauver ses mari, fils, et filles.

A côté d'Yvonne, Jeannine Lagadic, ouvrière à la conserverie de Penmarc'h retraitée, et Cécile Thomas, secrétaire médicale retraitée, qui a connu les rafles de Lesconil, et dont le père, marin-pêcheur à Lesconil, avait un bateau qui s'appelait Crassine, du nom du premier ambassadeur soviétique en France. Son deuxième bateau s'appelait Marcel Cachin. Toutes les trois ont connu Marcel Cachin faisant ses discours à Pont L'Abbé pour la fête du Parti Communiste.

A côté de moi et d'elles encore pour le repas, Jacqueline Braire, dont la belle-mère était de Lesconil, Joséphine Monot, dans un milieu où tous les bateaux des marins-pêcheurs portaient des noms évoquant la révolution dans les années 30. Sa belle-mère avait la crise et le déplacement de la sardine dût émigrer au Croisic en Loire-Inférieure, sous Nantes, comme beaucoup de gens de mer du Pays Bigouden. Ils n'étaient pas très bien vu. C'était les Rouges. Patronne d'un bar-crêperie au Croisic, elle réussit néanmoins à se faire apprécier des marins-pêcheurs locaux malgré ses convictions communistes affichées. Quand le lieutenant colonel Hotz a été exécuté à Nantes (prétexte au massacre de Chateaubriant du 22 octobre 1941) elle a fait partie des Otages raflés. Mais une manifestation de femmes du Croisic a fait pression sur le maire pour qu'il intervienne auprès des autorités allemandes pour qu'elle soit libérée, sans quoi elle aurait peut-être été fusillée avec les autres communistes ou cégétistes, ou déportée. Le Cour des Otages à Nantes garde le souvenir de ce tragique épisode. Libérée, le maire du Croisic l'a contrainte à partir et elle s'est retrouvée réfugiée à Quimper. 2 de ses cousins résistants ont été fusillés à La Torche. Son mari de sa fille, métallurgiste, a été licencié des Chantiers Navals de St Nazaire après la guerre pour avoir organiser les grandes grèves d'après-guerre. Il a été secrétaire général de la bourse du travail de Paris jusqu'en 1983.

Toutes ces dames bien sûr soutiennent la campagne de Ian Brossat et font partie du comité de soutien de la liste européennes du Parti Communiste
Témoignages recueillis par Ismaël Dupont au Guilvinec, 23 février 2019

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24 février 2019 7 24 /02 /février /2019 07:10
Pour la paix et le multilatéralisme. La vente de 12 sous-marins à l’Australie est une mauvaise nouvelle - Tribune de Roland Nivet, porte-parole du Mouvement de la Paix, dans L'Humanité, 22 février 2019
Pour la paix et le multilatéralisme. La vente de 12 sous-marins à l’Australie est une mauvaise nouvelle
Vendredi, 22 Février, 2019

Par Roland Nivet Porte-parole du Mouvement de la paix

La vente de 12 sous-marins s’inscrit dans la logique de militarisation des relations internationales que porte la Loi de programmation militaire en France.

Cette vente n’a rien à voir avec le multilatéralisme dont se réclame la ministre des Armées. En effet, depuis 2005, l’Australie et l’Otan n’ont cessé de renforcer leur coopération. L’Australie est pour l’Otan un de ses principaux partenaires pour les pays situés hors de la zone euro-atlantique. C’est donc bien dans le cadre d’une logique atlantiste portée par la France et l’Union européenne que ces ventes ont eu lieu. Ce contrat ne correspond à rien de positif pour la construction de la paix dans le monde, car il renforce la militarisation des relations internationales sur la base de ce dogme que ce sont les facteurs de puissance militaire qui sont susceptibles d’apporter plus de sécurité aux peuples.

De plus, la Loi de programmation militaire actuelle, comme la précédente, repose sur l’idée que l’industrie militaire et le commerce des armes sont des éléments de la compétitivité industrielle de la France. Ainsi, au-delà de toute considération éthique, la France, troisième vendeur d’armes au monde, alimente les conflits et les guerres (exemple, le Yémen). Cette logique aboutit à détourner et pervertir des compétences et potentiels intellectuels, technologiques, industriels, scientifiques et universitaires au profit d’une militarisation dangereuse pour la paix et néfaste pour l’économie. Ces contrats sont construits, d’après les informations filtrant de la presse, sur un immense transfert et la vente d’éléments de propriété industrielle et de technologie industrielle qui constituent, en fait, un abandon d’éléments de souveraineté économique et militaire au profit d’un État partenaire privilégié de l’Otan.

Par ailleurs, ce contrat sur le plan économique n’induit que peu de créations d’emplois en France puisque les sous-marins seront construits à Adélaïde et vont entraîner la création de 2 500 emplois en Australie.

Les compétences et potentiels existants et les salariés hautement qualifiés de ces secteurs seraient mieux valorisés en étant au service d’une économie de paix nécessaire pour faire face aux terribles enjeux auxquels est confrontée l’humanité.

Ce que la situation incertaine et dangereuse actuelle appelle, c’est la mise en œuvre d’une politique et d’une diplomatie audacieuses en faveur de la paix. L’avenir de la France réside dans le développement d’une véritable filière économique et industrielle pour la paix qu’il faut construire en l’adossant à une politique internationale ambitieuse de la France en faveur de la paix et du multilatéralisme.

Une telle filière incluant la formation, la recherche et le développement technologique et industriel est seule de nature à permettre la création d’emplois utiles pour un développement durable et solidaire de la France et de la planète à l’heure des dérèglements climatiques et des inégalités persistantes de développement entre les États et régions du monde.

La France en a les moyens et les capacités, mais pas la volonté politique. L’heure est à un sursaut des consciences et une mobilisation des personnes et des organisations car, pour son avenir, l’humanité n’a d’autre chemin que la paix.

Roland Nivet

Pour la paix et le multilatéralisme. La vente de 12 sous-marins à l’Australie est une mauvaise nouvelle - Tribune de Roland Nivet, porte-parole du Mouvement de la Paix, dans L'Humanité, 22 février 2019
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24 février 2019 7 24 /02 /février /2019 06:59
Landivisiau : environ 900 personnes disent Non à la centrale ce samedi 23 février (Léo Rozé, France Bleu Breizh Izel)

Près de 900 personnes ont défilé à Landivisiau samedi après-midi, contre le projet de centrale à gaz. Des manifestants ont forcé les barrières de chantier qui entourent désormais le site. Une centaine de personnes y a pénétré, avant de repartir dans le calme, en fin d'après-midi.

Près de 900 manifestants ont défilé dans une ambiance bon enfant, au son de la musique, samedi après-midi à Landivisiau. Certains étaient déguisés, d'autres portaient des gilets jaunes. "On est partis à une trentaine de Brest. Moi je ne suis pas pour la centrale de Landivisiau, j'étais déjà opposé à Plogoff", explique Christian, l'un des gilets jaunes brestois.

"Là, c'est la force des citoyens. On ne doit pas accepter des projets aussi aberrants" Jean-Yves Quéméneur, un des leaders des opposants à la centrale

Une centaine de manifestants pénètre sur le site

Quand le cortège passe le long du site de la future centrale, des manifestants forcent les barrières de chantier installées récemment tout autour. Près de 100 personnes envahissent alors le site, les autres restent regarder de la route. Les manifestants quittent finalement le terrain en fin d'après-midi, dans le calme.

Avant de quitter le site du chantier, certains manifestants scandent : "on reviendra", en direction des forces de l'ordre. La mobilisation de ce samedi semble regonfler le moral de ceux et celles qui se mobilisent presque tous les matins à Landivisiau. 

"Depuis le 21 janvier, tous les matins, un groupe est présent sur le site de la centrale. On est entre 20 et 40 personnes pour faire pression et ralentir les travaux. Notre but est bien de stopper les travaux" explique Angélique, militante de l'association "Landivisiau doit dire Non à la centrale". Sur le terrain juridique, une décision du Conseil d'Etat est attendue d'ici deux semaines.

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24 février 2019 7 24 /02 /février /2019 06:06
Contre-feux. L’antisémitisme est un délit, pas l’antisionisme
Vendredi, 22 Février, 2019

l’amalgame entre antisionisme et antisémitisme ne sert pas la paix, ni la lutte contre le racisme.

Comment ne pas être choqué en constatant cette recrudescence d’actes antisémites ? Rien ne justifiera jamais cette haine, cette dénonciation de l’autre qui serait porteur de tous les maux en raison de son origine, sa religion ou sa couleur de peau. L’antisémitisme n’est pas une opinion. C’est un délit. Comme toute forme de racisme. Le débat a pourtant pris une autre tournure en traçant un trait d’égalité entre antisémitisme et antisionisme. Rien n’est plus faux. D’un côté, la stigmatisation d’un groupe humain ; de l’autre, la dénonciation d’une idéologie. Les juifs antisionistes seraient-ils antisémites ?

Au nom de la lutte contre l’antisémitisme, certains voudraient en réalité empêcher toute critique de la politique israélienne et faire d’Israël un État représentant de tous les juifs à travers le monde. Grave erreur qui nourrit en réalité l’antisémitisme et l’idée que nos compatriotes juifs ne seraient pas français.

Que d’aucuns se cachent derrière un antisionisme pour remettre en cause l’existence même d’Israël est une réalité ultraminoritaire. Entre ces deux extrêmes, des millions de Français, y compris juifs, qui dénoncent l’occupation et se prononcent pour la création d’un État de Palestine aux côtés d’Israël, dans les frontières de 1967, avec Jérusalem-Est comme capitale, demandent à la France de reconnaître maintenant cet État palestinien. Ce geste serait porteur d’un sens politique et humain à même de désamorcer toutes les fallacieuses tentatives visant à désigner les juifs comme responsables de la situation des Palestiniens. Qui peut ignorer que Netanyahou s’appuie sur la frange la plus extrême de la droite israélienne, tout en multipliant les rencontres avec les néofascistes européens comme le Hongrois Viktor Orban ou l’Italien Matteo Salvini ? En France, l’antisémitisme a des racines historiques, portées par l’extrême droite, et qu’il convient d’éradiquer. Parce qu’il faut en finir avec cette gangrène toujours purulente qu’est l’antisémitisme, déclaré ou non.

Contre-feux. L'antisémitisme est un délit, pas l'antisionisme (Pierre Barbancey, L'Humanité, 22 février 2019)
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23 février 2019 6 23 /02 /février /2019 08:58

Justice et démocratie en Catalogne - Déclaration du PCF
 

Le parti communiste français s’associe à l’appel de l’UDB à un rassemblement à Quimper place de la Résistance ce samedi 23 février à 14h pour protester contre le procès en cours à Madrid contre les 12 indépendantistes catalans accusés de rébellion, de détournement de fonds, mais poursuivis en réalité pour avoir organisé le référendum sur l’indépendance de la Catalogne.

Ce procès, qui se déroule sur fond de discours haineux de la doite nationaliste espagnole et de l’extrême-droite, lesquelles ont manifesté ensemble à Madrid il y a quelques jours, fait peser de graves menaces sur l’avenir démocratique de la Catalogne et de toute l’ Espagne.

Marie-Pierre Vieu, membre de la direction nationale du PCF et députée européenne, se rendra la semaine prochaine à Madrid pour y assister en tant qu’observatrice.

Le PCF refuse que des responsables politiques ou associatifs soient emprisonnés et poursuivis pour avoir organisé pacifiquement un référendum. Cela ne peut en aucun cas constituer un délit, encore moins un crime de «sédition».

Quelle que soit l’opinion que l’on peut avoir sur le statut de la Catalogne, cette question ne pourra être tranchée par un procès qui n’a pas lieu d’être et porte atteinte aux droits et libertés.

Le futur des relations entre la Catalogne et l’État espagnol ne peut se décider que dans un cadre concerté, démocratique, pacifié et solidaire.

Seul un processus fondé sur un dialogue entre les forces politiques, entre les peuples et les nations qui composent l’État espagnol, peut ouvrir une issue à la crise actuelle.

La section de Quimper du PCF et la Fédération du PCF Finistère, le 21 février 2019

Justice et démocratie en Catalogne - Déclaration du PCF : appel au rassemblement du samedi 23 février à 14h à Quimper pour protester contre le procès politique des indépendantistes catalans
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23 février 2019 6 23 /02 /février /2019 08:57
Contre la construction de la Centrale à Gaz de Landivisiau, manif carnaval à Landivisiau le samedi 23 février à 14h
Samedi 23 février à 14H00
Place du Champ de foire à Landivisiau
📣 Grand rassemblement festif et militant ! Déguisez-vous ! 🎊
🐌🌿 Sortez vos plus beaux costumes d'escargots, vos chapeaux de fougères et vos instruments de musique ! 🎶
Pour  montrer que nous sommes CONTRE ce projet de centrale à gaz, projet d'un autre temps au vu de l'état d'urgence climatique,
et POUR une transition vers une société sobre en énergie et conviviale !
 
Landivisiau doit dire non à la centrale
Association loi 1901 à direction collégiale
 
Pour l’abandon du projet de Centrale à gaz en Bretagne signez la pétition sur change.org !
Pour nous soutenir, adhérez à l’association Landivisiau Doit Dire Non à La Centrale. FB @LDDNLC
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  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
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