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20 juillet 2015 1 20 /07 /juillet /2015 07:18
Entretien réalisé par Rosa Moussaoui
Vendredi, 17 Juillet, 2015 L'Humanité

Éric Toussaint est universitaire et porte-parole du CADTM Maître de conférences à l’université de Liège, porte-parole du Comité pour l’annulation de la dette du tiers-monde (CADTM), Éric Toussaint est le coordinateur scientifique de la Commission pour la vérité sur la dette grecque.

Avons-nous assisté ces dernières semaines, à Athènes, à un coup d’État financier, comme l’affirment nombreux observateurs, en Grèce et à l’étranger ?

Éric Toussaint

Oui et non. Ce qui était décisif ici tenait à des décisions politiques, prises par des instances politiques complices, bien sûr, des intérêts financiers. Ce n’est pas un coup d’État mené directement par la finance, mais par les institutions, la Commission européenne, les chefs d’État et de gouvernement des pays de la zone euro. L’Allemagne n’est pas seule impliquée. Il est clair que l’Espagnol Mariano Rajoy ou le Portugais Pedro Passos Coelho, sans parler des gouvernements finlandais ou letton, dévoués aux politiques néolibérales, tenaient à démontrer à leurs peuples respectifs que l’option présentée aux Grecs et aux peuples d’Europe par Syriza ne pouvait pas fonctionner. Il s’agit donc bien de décisions d’abord politiques. Il est clair que les grandes banques privées, les multinationales voulaient aussi obtenir la démonstration qu’il est impossible de tourner le dos à l’austérité. Mais il faut rappeler que les principaux créanciers de la Grèce sont aujourd’hui des créanciers publics. Les banques ne sont plus aux premières loges, elles l’étaient jusqu’en 2012, avant de se défaire des créances qu’elles détenaient. La restructuration de la dette en 2012 leur a permis de s’en tirer à bon compte. Aujourd’hui, la Commission européenne, la Banque centrale européenne et les États de la zone euro veulent absolument, en dépit de l’échec des politiques économiques imposées à la Grèce, que le pays reste sur les rails du néolibéralisme. Le FMI aussi, bien entendu, qui est aussi une instance politique.

Alexis Tsipras espérait, en contrepartie de sa capitulation sur les politiques d’austérité, obtenir des engagements sur un allégement de la dette. Les créanciers, eux, concèdent tout juste l’ouverture en 2015 d’une discussion sur un éventuel réaménagement de la dette à partir de 2022. Pourquoi cette intransigeance, alors que le FMI lui-même juge désormais la dette insoutenable ?

Éric Toussaint

À mon avis, il pourrait y avoir une restructuration de la dette avant 2022. Les créanciers disent « pas avant 2022 » parce qu’ils savent que ce plan ne va pas fonctionner, que le paiement de la dette sera insoutenable. Ils la restructureront, cette dette. Mais en conditionnant cette restructuration à la poursuite de réformes néolibérales. La dette est un moyen de chantage, un instrument de domination. Fondamentalement, dans le cas grec, ce n’est pas tellement la rentabilité qui compte pour les créanciers, même si elle existe. Ce qui les motive, c’est de démontrer à leurs propres peuples et à ceux des autres pays périphériques qu’il n’est pas question de dévier du modèle. Pour Hollande, pouvoir dire : « Regardez, même Tsipras, même la gauche radicale ne peut sortir du carcan ! », c’est a posteriori et dans le débat français la justification de sa propre abdication, en 2012, sur la promesse de renégocier le traité européen sur la stabilité budgétaire.

Devant la violence de l’offensive des créanciers, Tsipras avait-il d’autres choix ? L’alternative se résumait-elle à la sortie de l’euro ?

Éric Toussaint

Non, je ne le crois pas. Le choix n’est pas entre le Grexit et le maintien dans la zone euro assorti d’un nouveau plan d’austérité, en continuant à payer la dette. Il était possible de rester dans la zone euro en désobéissant aux créanciers par l’invocation du droit. Des violations de droits humains sont en jeu, ici. Il fallait suspendre le paiement de la dette ; prendre le contrôle de la Banque de Grèce dont le gouverneur, nommé par Antonis Samaras, joue contre les intérêts du pays et peut-être, aussi, lancer une monnaie électronique complémentaire qui aurait pu aider à faire face à l’assèchement organisé des liquidités, tout en restant dans la zone euro.

La BCE, instrument du coup d’État, inonde les marchés financiers de liquidités, dopant la machine à spéculer. Peut-on mettre la création monétaire au service de l’économie réelle, des besoins sociaux, du développement humain ?

Éric Toussaint

Bien sûr ! Mario Draghi n’est pas « indépendant ». Il est l’interface entre les grandes banques privées et les gouvernements de la zone euro. La BCE a déstabilisé l’économie grecque de façon délibérée, pour soumettre la Grèce à ses exigences et à celle des autres créanciers.

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18 juillet 2015 6 18 /07 /juillet /2015 05:50
Le chômage, le gros "BUG" du quinquennat

Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF

Mois après mois, les chiffres du chômage battent des records. Après un mois d'avril avec 3,536 millions de chômeurs de catégorie A (+26 200 en 1 mois) et un total 5,344 personnes inscrites tenues de faire des actes de recherche d'emploi (catégorie A, B, C), soit + 54 100 en 1 mois, le mois de mai enregistre 3 552 200 chômeurs de catégorie A (+16 200) et 5 414 200 pour les 3 catégories confondues. La rue de Grenelle évoque un nouveau "bug" pour expliquer la hausse vertigineuse pour les catégories B et C (+ 69 600).

Mois après mois, le gouvernement ne cesse en effet de bugger avec des mesures de réduction du coût du travail au nom de la compétitivité censées permettre aux entreprises d'embaucher. Loi de sécurisation, Pacte de responsabilité, lois Macron et Rebsamen, plan PME… autant de mesures gouvernementales qui à ce jour permettront d'ici à 2017 de réduire de l'ordre de 70 Mds d'euros les « charges fiscales et sociales » des entreprises, comme l'exige le Medef, et de renforcer le pouvoir des patrons de licencier, de réduire les salaires, de flexibiliser au gré de la conjoncture et des exigences des actionnaires...

En réalité, ces baisses de coûts du travail, comme les diminutions des dépenses publiques et sociales qui servent à les financer, freinent la demande et brident l'efficacité de l'offre. Elles servent l'augmentation des profits des grands groupes et les marchés financiers, mais en aucun cas la création d'emplois.

Selon l'INSEE, entre le 1er trimestre 2014 et le 1er trimestre 2015, le secteur marchand aura encore perdu 18 400 postes. Avec des pertes massives d'emplois dans l'industrie et la construction : -36 400 postes pour la première et -48 300 postes pour la seconde. Et si le tertiaire tire son épingle du jeu (+66 300 postes), c'est au prix de la création d'emplois précaires. Au 1er trimestre 2015, 87,1 % des déclarations d'embauche sont des CDD, parmi lesquels 70 % sont des CDD de moins de 1 mois. En un an, les déclarations d'embauche en CDD de moins d'un mois croissent de 3,6 %, celles en CDD de plus d'un mois stagnent (-0,2%), alors que les déclarations d'embauche en CDI reculent de 1,6 %.

Certains voudraient croire au retour de l'embellie pour 2016 portée par la croissance. Rien n'est moins sûr, car l'action gouvernementale ne répond pas aux difficultés des entreprises, elle les amplifie.

Les entreprises françaises, et notamment les PME, ont besoin d'accroître leurs débouchés et la qualification de leurs salariés ; mais le gouvernement contribue à la précarisation des emplois et aux politiques de bas salaires des entreprises, ce qui affaiblit la demande des ménages, en même temps que ses politiques d'austérité dépriment la demande publique.

Les entreprises françaises ont besoin de conditions de financement de leurs investissements qui réduisent les coûts du capital qu'elles supportent ; mais le gouvernement refuse de mobiliser les banques pour le financement de ces investissements et de s'appuyer sur le réseau d'institutions financières publiques pour amorcer la réponse, il préfère ouvrir grand la porte au crédit inter-entreprises, aux financements non bancaires, à l'épargne salariale, …

Au final, moins de débouchés et moins d'investissement matériels et de recherches développant l'emploi, c'est une perte d'efficacité du capital des entreprises françaises qui alimentera le chômage.

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18 juillet 2015 6 18 /07 /juillet /2015 05:45
Hop!. «Le site de Morlaix est sacrifié»

Le Télégramme - 17 juillet 2015

La fusion des trois compagnies aériennes régionales de Hop! en une seule société est désormais actée. Confirmée ce jeudi à Morlaix, elle s'accompagne de 245 suppressions de postes, dont une centaine concerneraient le site finistérien. Pour Morlaix et Brit Air, c'est le coup de massue. « La catastrophe annoncée a bien eu lieu. » Délégué CFDT des personnels au sol de Hop! Brit Air, Hervé Kergutuil ne cachait pas son amertume, hier soir. Comme tous les représentants syndicaux, le Morlaisien était invité, lors d'un comité d'entreprise extraordinaire, à prendre connaissance du contenu du projet d'entreprise « Hop! 2020 ». Projet très attendu, puisqu'il devait détailler les modalités de regroupement entre Brit Air, Airlinair et Régional, les trois antennes régionales d'Air France, toutes porteuses de l'appellation Hop!, depuis 2013.

« Beaucoup d'amertume »

La présentation et la discussion du document de cent pages ont duré toute la journée. La direction confirme bien, désormais, le terme de fusion. Au total, un sureffectif de 245 postes a été identifié, au sein des trois antennes régionales, vouées, d'ici à avril 2016, à ne devenir qu'une société unique, capable « d'optimiser les coûts, de simplifier l'organisation et de rendre l'entreprise plus agile et compétitive », confirmait, hier soir, dans un communiqué, la direction de Hop!, qui veut devenir, à terme, « la première compagnie court-courrier européenne ». Et sur ces 245 postes (dont 80 au sein du personnel navigant, 80 dans les activités supports au sol et 85 à la maintenance), les délégués syndicaux en ont dénombré plus d'une centaine sur le site historique de Morlaix, où travaillent encore 350 personnes aujourd'hui. « Il y a beaucoup d'amertume. On espérait qu'il y ait une équité des suppressions de postes avec les deux autres antennes régionales. Mais Hop! Brit Air est sacrifiée. C'est ce que l'on craignait. On ne s'est pas trompés », poursuit Hervé Kergutuil. Un nouveau tournant social s'amorce pour le bassin d'emplois de Morlaix, déjà très fragilisé. « On nous a indiqué que le Centre de coordination opérationnelle (une trentaine de personnes) serait regroupé à Nantes. La hotline technique (une trentaine de postes) partira chez Régional, sur le site de Clermont-Ferrand. La direction opération des vols est, elle, recentrée sur Paris. La DRH, la paie, le bureau d'études du site morlaisien... sont tous impactés, confirme cet autre délégué Unsa. Le renfort annoncé de la maintenance et l'arrivée de toute la planification des pilotes ne suffisent pas. Morlaix est bien la grande perdante du plan ».

Le centre Icare maintenu

Une appréciation que ne partage évidemment pas la direction, pour qui « le site de Morlaix est conforté », grâce notamment « à une activité de maintenance importante et à la confirmation du centre de formation Hop! Training by Icare ». Reste maintenant à déterminer les modalités de ces suppressions et redistributions de postes, envisagées dans les deux ans. Le directeur général du site morlaisien, Georges Daher, réunit les salariés à 9 h, ce matin. « Les départs naturels, dont ceux en retraite, devraient absorber une part non négligeable de ces sureffectifs », annonce, d'ores et déjà, la direction.

La fin de Brit Air

Côté syndicats, on comptait sur la soirée et la nuit pour mieux décortiquer les premiers chiffres annoncés. Un debriefing avec le cabinet de Manuel Valls est toujours prévu dans la journée. La ministre Marylise Lebranchu a, elle, confirmé une rencontre avec l'intersyndicale en sous-préfecture de Morlaix à 17 h 30. Au-delà des chiffres, la force symbolique de l'annonce est réelle. D'ici à avril 2016, c'est la fin définitive de la marque morlaisienne historique Brit Air qui est désormais programmée.

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16 juillet 2015 4 16 /07 /juillet /2015 17:37
Grèce - Le coup d’État de l'Union Européenne

1. Ce week-end, un coup terrible a été porté à la démocratie par les dirigeants de l'Union Européenne : le couteau sous la gorge, la Grèce a été contrainte de signer un accord dont le 1er Ministre, Alexis Tsipras, affirme qu'il ne sortira pas la Grèce de la crise, bien au contraire.

2. Cet accord prévoit la poursuite et l'aggravation d'une politique d'austérité qui a déjà mis le pays à genou. Dans cet accord, ils s'agit avant tout de satisfaire les appétits de la finance et du grand capital : ainsi le groupe Vinci vient illico de candidater pour le rachat de 14 aéroports grecs privatisés...

3. En réalité, les dirigeants de l'Union européenne n'ont jamais eu la volonté de négocier avec la Grèce, mais au contraire, de faire plier un gouvernement qui tente de mettre en œuvre une autre politique, de briser tout espoir d'alternative.

4. Certes, une bataille vient d'être perdue. Le coup porté est rude, mais la lutte ne fait que commencer. Le peuple grec, par son esprit de résistance et le gouvernement Syriza par sa ténacité ont semé une graine, celle de l'espoir, qui peut germer demain à travers l'Europe tout entière.

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15 juillet 2015 3 15 /07 /juillet /2015 05:49

Entretien réalisé par Julia Hamlaoui

L'Humanité - Mercredi, 15 Juillet, 2015

Pour le secrétaire national du PCF et président du Parti de la gauche européenne, « un front social et politique européen d’une ampleur tout à fait inédite » est plus que jamais indispensable.

François Hollande s’est félicité, hier, d’avoir évité le Grexit, la France a-t-elle joué à plein son rôle ?

Pierre Laurent

Non, la France est entrée très tardivement dans la négociation après avoir laissé pendant des mois la Grèce seule face au chantage des financiers. Elle a ensuite agi pour éviter le Grexit, c’est vrai. Mais sans empêcher un accord que les Grecs ont payé au prix fort dans des conditions draconiennes portant atteinte à leur souveraineté. Les Allemands voulaient depuis le début le Grexit et, ne l’obtenant pas, ils ont voulu punir le peuple grec. La France aurait dû s’élever avec beaucoup plus de vigueur contre ces conditions qui sont une honte pour l’Europe démocratique.

Cet accord est-il viable alors qu’il renforce l’étau de l’austérité ?

Pierre Laurent

Cet accord écarte le Grexit et maintient, sous conditions, la possibilité de refinancement de la Grèce. Mais il met également en place de nouvelles mesures d’austérité et une mise sous tutelle qui vont à l’encontre de la nécessaire relance productive et sociale du pays. Les dispositions qui y figurent sont injustes, contre-productives économiquement et profondément contestables démocratiquement. Le premier ministre grec, qui a résisté au chantage au Grexit, a empêché l’Allemagne de parvenir à ses fins sur ce point. Ne sous-estimons pas le cauchemar que cela aurait été pour la population grecque et l’ensemble de l’Europe. Ce n’est pas pour rien que l’extrême droite se frotte les mains en attendant la réalisation de ce scénario catastrophe. Mais en contrepartie l’Allemagne a exigé un prix inhumain et scandaleux. C’est un défi de résister à ces pratiques colonialistes pour tous les peuples européens.

Que défendront les communistes lors du vote sur cet accord, cet après-midi ?

Pierre Laurent

Nos groupes parlementaires se réunissent ce matin pour en décider. Ce choix tiendra compte de deux exigences. D’abord, de l’impératif de solidarité à l’égard du peuple grec, de nos camarades de Syriza et d’Alexis Tsipras. Mais il doit être clair que nous ne pouvons soutenir le contenu d’un accord qui a été conçu par les dirigeants allemands en tout point pour humilier le peuple grec. Nous chercherons au Parlement à faire entendre le plus clairement possible cette voix en appelant les Français, la France et, au-delà, toutes les forces démocratiques européennes à redoubler d’effort pour la refondation démocratique de l’Union européenne et l’émancipation de la tutelle insupportable des marchés financiers.

Les dirigeants européens ont voulu donner une leçon à ceux qui estiment qu’une autre voie que l’austérité est possible. Dans ce contexte, comment la bataille pour une Europe solidaire peut-elle se poursuivre ?

Pierre Laurent

Donner une leçon aux peuples qui relèvent la tête a été pendant six mois l’obsession des dirigeants européens. Ils n’ont jamais cherché un véritable accord tenant compte du vote du peuple grec. Un puissant engagement des peuples européens et la convergence de toutes les forces politiques, syndicales, sociales sont incontournables pour créer le rapport de forces nécessaire à une refondation sociale de l’Europe. Ces dirigeants européens espèrent avec cet accord refermer la parenthèse grecque. Mais, au contraire, la bataille européenne ne fait que commencer et nous devons mesurer qu’elle nécessite pour être gagnée la construction d’un front social et politique européen d’une ampleur tout à fait inédite. C’est dans cet esprit que nous prendrons de nouvelles initiatives et que nous ferons de la Fête de l’Humanité un grand rassemblement de lutte de tous les Européens contre l’austérité.

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14 juillet 2015 2 14 /07 /juillet /2015 10:01

14 juillet 2015

Par MICHEL KERNINON (Médiapart)

Quelques rappels historiques :

1) Un moratoire sur les réparations des dommages de guerre causés par l'Allemagne est proposé en 1931 par le président US Hoover avant que l'année suivante toutes les dettes de guerre de l'Allemagne ne soient annulées. Mais c'est trop tard, la jeune République de Weimar ne s'en remettra pas et connait une dégradation économique et sociale telle qu'elle favorise la montée du nazisme.

2) Après la Deuxième guerre mondiale et le désastre que le nazisme a provoqué en Europe, intervient en 1953 l'accord de Londres signé par les 20 pays (dont la Grèce) envers lesquels l'Allemagne a des dettes de guerre. D'un montant de 30 milliards de marks, la dette de l'Allemagne est alors sagement réduite de près de 50 %, soit ramenée 14,4 milliards. Dont l'Allemagne ne paiera d'ailleurs que très partiellement le reliquat au moment de la réunification allemande en 1990.

Conclusion : il est toujours dramatique et dangereux d'humilier un pays, quels qu'aient été ses errements prétendument collectifs et même quelle que soit sa culpabilité apparente. Car si les fautes sont rarement le fait du petit peuple, le peuple est toujours la victime du système et il paie pour les fautes de ses dirigeants. La Grèce ne fait pas figure d'exception dans ce constat. Et l'humiliation peut conduire un peuple à d'insaisissables révoltes, l'Europe doit s'en souvenir plus que jamais. Le pire n'est jamais loin

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13 juillet 2015 1 13 /07 /juillet /2015 16:04
Faudra-t-il ressortir le Chant des Partisans ?

Lundi, 13 Juillet, 2015 - 10:28

Par Jean Ortiz. "Nous ne sommes pas loin d’une nouvelle « occupation » : d’une insupportable ingérence."

Les « négociations » entre le gouvernement, digne, courageux, de la Grèce et le cynique (si inique) « Eurogroupe », ont définitivement fait tomber les masques. L’Europe telle qu’elle fonctionne aujourd’hui, dominée par le gouvernement allemand, qui a vassalisé la plupart des autres membres, est bien l’ennemi des peuples. La botte impitoyable d’Angela Merkel est celle du FMI, de la BCE, de Washington, et des relents de « grande Allemagne » garante des diktats de la finance. Nous ne sommes pas loin d’une nouvelle « occupation » : d’une insupportable ingérence.

L’acharnement, la violence d’Angela Merkel pour mettre à genoux et humilier le magnifique peuple grec, faire capituler Tsipras, relève d’un mépris total de la démocratie et d’une attitude fascisante. Le rapport des forces a permis certes un bras de fer, mais ses limites, l’insuffisance de la solidarité, l’attitude caméléonesque du gouvernement français, à triple face, franc comme un âne qui recule, n’ont pas permis d’imposer le respect de la démocratie et de la souveraineté. Mais rien ne sera plus comme avant.

Il fallait à tout prix punir, étrangler la Grèce, qui a eu l’outrecuidance de mal voter, et donner un avertissement, un carton rouge, à tous les peuples : il n’y a pas d’autre politique possible que le sang, la sueur, les sacrifices pour les peuples, et l’enrichissement indécent, immoral, de quelques uns. Le pape l’a dénoncé en Amérique latine... Mais tous les François ne se ressemblent pas. Il n’y aurait pas d’autres voies que « l’Europe allemande », la soumission aux marchés, la soumission pour les salariés, les humbles... Désormais, c’est encore plus clair.

Il y a des mensonges, des revers, qui peuvent et doivent devenir des boomerangs.

La « victoire » de Merkel est une victoire à la Pyrrhus. NON, NON, NON à cette Europe là... Des millions d'hommes et de femmes partagent aujourd'hui l'aspiration à une Europe des peuples.

Alors: TOUS GRECS ! « Chantez compagnons, dans la nuit la Liberté nous écoute ». La servitude n’est jamais éternelle. William Shakespeare disait en substance : tout captif porte dans sa main gauche la clef pour se libérer.

Le chant des partisans.

https://www.youtube.com/watch?v=QRhg-Ioik8c&feature=player_embedded

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13 juillet 2015 1 13 /07 /juillet /2015 15:58
Une dictature froide

L'Humanité - Lundi, 13 Juillet, 2015

L'éditorial de Patrick Apel-Muller.

C’est un nouveau mur qu’édifient les dirigeants allemands. Celui de l’argent roi qui se protège. Nul ne passe aux check-points, surtout pas les pauvres, les insoumis, les démocrates.

Durant les dernières heures, aucune concession grecque n’a suffi et chaque heure nouvelle a vu une nouvelle surenchère pour empêcher la conclusion d’un accord. Angela Merkel réclame la capitulation sans condition sous peine d’exclusion, accompagnée par quelques gouvernements serviles. Berlin dévoile cyniquement son mépris de la démocratie – quand bien même se serait-elle exprimée par des votes massifs à Athènes – et son intention d’imposer l’hégémonie des marchés financiers. Fût-ce au prix de l’unité européenne.

Tout a été entrepris depuis des mois : les petits complots avec l’opposition grecque – pourtant responsable de toutes les malversations passées – pour renverser Alexis Tsipras, l’étranglement monétaire avec l’assèchement des liquidités bancaires, une guerre de la propagande déclenchée par les médias aux ordres. La France, enfin, a fait entendre une autre voix. Mais trop chevrotante. Pourtant, la bête immonde naît toujours des diktats, des humiliations et des misères semées. Terme à terme, c’est ce que veut imposer Berlin à la Grèce. Comme un exemple terrorisant pour tout le continent.

La violence glacée des oligarques et des hiérarques européens ne vise pas seulement les ouvriers du Pirée, les étudiants d’Athènes ou les femmes de ménage des services publics grecs. Elle cible par ricochets les cheminots allemands et les manifestants britanniques contre l’austérité, les jeunes Espagnols indignés et les progressistes français, les métallurgistes belges et les intellectuels italiens afin de décourager l’espoir d’une Europe de la solidarité, de la fraternité et d’une démocratie accomplie. Mais ce que la peur dicte peut aiguiser le danger. La fiction de la bonne volonté des dirigeants européens se dissipe. Un bras de fer de longue durée vient de s’ouvrir.

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13 juillet 2015 1 13 /07 /juillet /2015 15:28

Les médias toujours aux ordres, publient de nombreux articles sur la dette grecque, mais pourtant à travers les différentes informations qui nous parviennent en particulier en lisant les dépêches d'agences étrangères, et les statistiques publiées par l'Insee l'on peut constater que la France est de plus en plus dans le rouge et cela ne s'améliore pas.

La dette publique en France

C'est ainsi que La dette publique de la France a augmenté de 51,6 milliards d'euros au premier trimestre pour atteindre 97,5% du PIB. Fin mars, elle s’élevait à 2.089,4 milliards d'euros, selon les statistiques publiées mardi par l'Insee. L'agence( http://fr.sputniknews.com/france) écrit : « Cette hausse du premier trimestre est la plus forte depuis les trois premiers mois de 2012. Elle se situe au-dessus des objectifs de la trajectoire des finances publiques adoptée au printemps. Cette dernière prévoyait que la dette publique atteindrait 96,3% du PIB fin 2015, après 95% en 2014, et culminerait à 97,0% en 2016 avant de revenir à 96,9% en 2017.

Le ministère français des Finances estime que cette flambée de la dette "est fréquente en début d'année" car le volume d'émissions d'OAT (obligations de l'Etat français) est plus concentré sur les deux premiers trimestres. "Aussi, ce chiffre apporte peu d'information sur le niveau de la dette en fin d'année", a-t-on déclaré à Bercy. » Pourtant si l'on se réfère au graphique de l'Insee...La dette publique de la France a atteint 97,5% du PIB fin mars.

Et outre Atlantique

Voici quelques jours le quotidien américain « The Washington Times » écrivait que La dette publique des États-Unis pourrait étouffer toute croissance économique dans le pays d'ici dix ans, et le prochain président sera obligé d'agir de manière rapide et efficace pour mettre le cap sur une politique économique plus stable...

Les perspectives à long terme relatives au budget fédéral ont empiré de manière dramatique au cours de ces dernières années, rapporte le CBO(*) dans son dernier rapport. Ce dernier blâme Barack Obama pour l’important déficit budgétaire, accumulé au fil de dépenses de moins en moins maîtrisées et de changements plus globaux causés par la décision d'emprunter davantage, des sommes que les États-Unis ne pourront jamais rembourser...

Toujours d'après le « The Washington Times » Et selon les experts, il est difficile de prédire le point de rupture, mais à un moment ou à un autre, les investisseurs vont douter de la capacité des USA à maîtriser la situation. C'est à ce moment-là qu'ils vont exiger des taux d'emprunt plus élevés, ce qui va, par ricochet, provoquer une crise financière. Mais déjà certains pays « émergents » ont commencé à réduire de manière importante leur achats de bons du trésor US c'est le cas de la Chine principal créancier, ou encore de la Russie « Les investissements russes dans les bons du Trésor des États-Unis se sont réduits en mars de 20% par rapport à février dernier pour atteindre le niveau le plus bas depuis septembre 2008, indique le département américain du Trésor. En mars 2014, le montant des investissements se chiffrait à 100,4 milliards de dollars contre 126,2 milliards en février. Ce facteur a fait de la Russie le plus grand vendeur de bons du Trésor parmi les détenteurs souverains de ces titres.»

( http://fr.sputniknews.com/economie/20140515/201222392.html#ixzz3ed4oC49n )

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5 juillet 2015 7 05 /07 /juillet /2015 07:24

Dimanche 21 juin avant la fête de la musique.

Une journée de foot sous une chaleur intense: 4 matchs au programme entre deux équipes qui se recomposent au fil des heures. 22 participants en tout.

S'il n'eut pas le succès de participation escompté, ce deuxième tournoi de foot pour Gaza organisé à Brest le 21 juin par l'AFPS de Brest et les Jeunesses Communistes a été une nouvelle fois un beau moment de plaisir partagé et de fraternité, avec une causerie très intéressante sur la situation en Palestine, en Israël et à Gaza après le pique-nique, animée par un jeune camarade de l'AFPS Brest qui s'est rendu plusieurs fois en Palestine dans les territoires occupés et en Cijordanie et s'est révélé passionnant.

Photos Tournoi de foot "Un stade pour Gaza" à Brest le 21 juin 2015, stade de Pen Helen
Photos Tournoi de foot "Un stade pour Gaza" à Brest le 21 juin 2015, stade de Pen Helen
Photos Tournoi de foot "Un stade pour Gaza" à Brest le 21 juin 2015, stade de Pen Helen
Photos Tournoi de foot "Un stade pour Gaza" à Brest le 21 juin 2015, stade de Pen Helen
Photos Tournoi de foot "Un stade pour Gaza" à Brest le 21 juin 2015, stade de Pen Helen
Photos Tournoi de foot "Un stade pour Gaza" à Brest le 21 juin 2015, stade de Pen Helen
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