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30 août 2013 5 30 /08 /août /2013 12:10

Mar Moussa.

 

Mar-Moussa.jpg

 

Un vieux monastère fortifié sur le flanc d'une montagne rocheuse en bordure de désert.

On quitte la Syrie irriguée, utile et habitée: au loin à l'est, c'est Palmyre, la brillante ville antique qui accueille sous l'ère el-Assad une infernale prison de haute sécurité dont on ne revenait que rarement, puis la frontière irakienne.

Un endroit sublime, évoquant probablement, du moins dans mon imaginaire, l'atmosphère mystique du Sinaï. Je le vois dire la messe devant une poignée de personnes assises par terre sur des tapis et recueillies. La messe est faite dans le style dépouillé et austère du rite grec byzantin de l'église catholique syriaque, avec la voix caverneuse et forte du prêtre jésuite italien, dégageant une autorité et un charisme certains, dans la petite chapelle aux murs recouverts de fresques eschatologiques du XIII e siècle représentant le partage des élus et des damnés au jour du jugement dernier. 

Le père Paolo dirigeait ce monastère du bout du monde et au plus près d'un dénuement rapprochant du sacré, dédié à la prière, à la médidation, à la fraternisation, à l'hospitalité et à la compréhension réciproque entre le christianisme et l'Islam. 

Ce monastère abandonné, il l'avait rénové et revitalisé 30 ans avant, un monastère mixte avec des hommes et des femmes, ouvert aux musulmans et aux athées, aux gens proches du régime comme à leurs opposants et à leurs victimes.

J''ai eu la chance d'y passer  avec ma famille trois jours en 2010, huit mois avant le début de l'insurrection civique syrienne, et moi qui ne suis pas croyant, tout en étant très intéressé par la religion et l'histoire biblique, j'y ai vécu des moments d'émotion, de recueillement et de transport très forts. 

Nous avons pu y discuter avec des moines européens et syriens, un Allemand qui faisait le voyage à pied de Munich à Jerusalem, des Américaines engagées dans la défense des droits des Palestiniens, des Français faisant leurs études de sciences-politiques au Liban, une religieuse et des chrétiennes libanaises, un syrien musulman qui venait de sortir d'années d'emprisonnement après avoir été accusé à tort d'espionnage au profit d'Israël. L'accueil dans le monastère pour les hôtes de passage, touristes, syriens ou habitants du Proche-Orient, était offert généreusement. On dormait dans de petites chambres troglodytiques collectives, à l'extérieur du bâtiment central du monastère. Chacun pouvait donner une petite participation financière à sa convenance et suivant ses moyens, et tous participaient à la cuisine et au ménage.

La lumière et le silence, en ce lieu de retraite et d'ouverture à l'autre, à l'aube et au coucher de soleil, avaient quelque chose de surnaturel, ou nous ramenaient simplement au plus nu et au plus beau de la vie.

Je remercie infiniment le père Paolo et ses compagnons de la communauté monastique, à ce qu'il m'a semblé tous de fortes têtes dotés d'une riche personnalité et d'une vraie expérience des hommes et de la vie, de m'avoir permis de vivre ces moments de grâce uniques.

Le père Paolo, lui-même, était tout sauf l'image éthérée et féminine du "saint doux comme un agneau": sa manière de s'exprimer était virile, son rapport aux autres exigeant, je l'ai vu pousser une belle colère pour des raisons tout à fait prosaïques. En bref, il m'est apparu un homme tout à fait pratique, perfectionniste, extrêmement courageux, sans concession, doté très certainement d'une intelligence vive, d'un orgueil développé et d'une ouverture d'esprit hors du commun.

Quand je pense à la Syrie, à l'idéal de diversité culturelle et de préservation d'un héritage humain multi-seculaire qu'elle représentait pour moi, je revois Mar Moussa et les rencontres que nous y avons faites.

 

Evidemment, je suis profondément ébranlé quand j'y pense par ce que nous savons des souffrances inouïes vécues par les Syriens, vis à vis desquelles nous nous sentions investis d'une sorte de dette d'amitié et de joie.

Souvent cette pensée est tellement inacceptable - tout comme l'incertitude sur ce que sont devenus les gens que l'on a connu et apprécié - que, très lâchement, on évite  de la reveiller, de regarder les images des atrocités ou d'enquêter au jour le jour sur ce qui se passe.

C'est donc avec une grande curiosité que je me suis procuré le livre du père Paolo Dall'Oglio, le supérieur de Mar Moussa, qui raconte dans cet essai paru cette année aux très bonnes éditions de l'Atelier - "La rage et la lumière. Un prêtre dans la révolution syrienne" - les racines de son engagement religieux au service du dialogue inter-culturel et inter-religieux avec l'Islam, son expérience de la Syrie baasiste, les raisons de son implication et de ses prises de position aux côtés des révolutionnaires syriens et des populations musulmanes martyrisées par le régime de Bachar-el-Assad, ainsi que le quotidien des Syriens, engagés ou non dans un camp, dans la guerre civile et l'hyper-repression du régime.   

 

Paolo-Dall-oglio-un-pretre-dans-la-guerre_article_landscape.jpg

 

Au moment où se prépare une intervention contestée et aux buts peu définies de l'Amérique et de la France, soutenue par la Ligue Arabe et la Turquie, pour frapper des bases du régime et de l'armée - intervention qui est rejetée par certains au nom de la prudence, de l'anti-impérialisme et du droit à l'auto-détermination des peuples, voire de la lutte contre l'Islam politique et le djihadisme, pour une société arabe séculière, mais que le père Paolo appelle de ces voeux depuis plus d'un an, tout en étant loin de souscrire à la rhétorique de l'"Occident" ou des démocraties civilisatrices et de la guerre humanitaire - je voudrais partager avec les lecteurs du "Chiffon Rouge" des extraits de ce livre trans-genre vibrant d'humanité, d'intelligence et d'émotion, entre manifeste engagé, témoignage de guerre, autobiographie, livre de méditation morale, philosophique et théologique.

 

Le père Paolo raconte d'abord dans ce livre, alors qu'il est réfugié dans le monastère d'une ville kurde d'Irak, l'itinéraire peu commun qui l'a conduit à faire revivre un monastère byzantin abandonné en Syrie dont les fondations dataient du VIe siècle et la structure actuelle de l'époque des Croisades. Fils de catholiques démocrates-chrétiens, il s'est engagé jeune dans le socialisme:

"J'ai pris très tôt un pli gauchiste, en réaction à mon père, démocrate-chrétien. C'était ma manière de m'émanciper face à cette figure paternelle imposante. Très jeune, je militais dans le mouvement des communautés de bases des "chrétiens pour le socialisme". Lors dune manifestation de rue contre l'impérialisme américain et contre la présence au Vietnam, je fus emmené au poste de police où j'ai passé la nuit. Une autre fois, j'ai connu la garde à vue après une altercation violente près du lycée avec des militants d'extrême-droite. En 1973, j'ai été arrêté devant l'ambassade américaine où nous avions organisé un sit-in contre le putsch de pinochet au Chili aidé par les Etats-Unis. Le juge m'acquita par la suite alors que j'étais déjà novice chez les jésuites à qui j'avais sincèrement oublié de parler de cette histoire"  (p 29).

"J'aurais pu appartenir aux Brigades Rouges à dix-sept ans, dans les années de plomb de l'histoire italienne. Mais le groupe dans lequel je militais s'est scindé, une partie s'est rangée du côté de la lutte armée au nom du communisme, l'autre de la démocratie pour réaliser le socialisme. J'ai opté pour ce dernier" (p17).    

 

Défenseur de la cause palestinienne tout en reconnaissant la centralité de la tragédie de la Shoah dans l'histoire moderne, le droit d'Israël à l'existence et des juifs à une terre, fasciné par la Terre sainte, Paolo Dall'Oglio entreprend son premier voyage en Orient en 1973, en passant par l'Europe de l'est, la Turquie, la Syrie, la Jordanie, pour arriver jusqu'en Palestine, où il découvre l'arrogance des soldats de Tsahal vis à vis des arabes palestiniens. En 1975, il retourne en Palestine. Au début de la guerre du Liban, il dénonce le fascisme raciste des milices chrétiennes et soutient devant ses pairs jésuites la gauche libanaise, proche du projet révolutionnaire et des palestiniens, qui compte aussi quelques chrétiens. En 1976, à Rome, il se découvre la vocation de servir la rencontre islamo-chrétienne, qu'il pressent comme le prochain enjeu majeur après le communisme et il vit à Beyrouth entre 1977 et 1978, apprend l'hébreu en Israël en 1980 et s'installe en Syrie sitôt après, pays qu'il ne quittera plus guère jusqu'à son départ forcé en 2012. A l'été 1982, quelques mois après les massacres de l'armée d'Hafez el-Assad contre les islamistes à Hama (15000 à 20 000 morts suite aux ratissages et au pilonnage des quartiers rebelles), il découvre le monastère de Mar Moussa en ruine et décide d'y fonder une communauté consacrée au dialogue islamo-chrétien. Dès le départ, le père Paolo a conscience d'être instrumentalisé par le régime, comme les chrétiens de Syrie en général, mais les buts supérieurs qu'il poursuit lui permettent de s'en accommoder:  

 

" à quel titre et pour quelle mission avais-je demandé un permis de résidence en Syrie à ce même régime qui exerçait sur son propre peuple une dictature féroce? Et pourquoi  avait-il accepté ma demande, à moi, missionnaire d'un pays occidental, cet autre honni? Les non-dits ne manquaient pas dans cette affaire. Du côté de la Syrie, la manoeuvre était évidente: tenter de capter une certaine approbation de l'Occident, par l'amitié avec les chrétiens au moment même où le rôle syrien au Liban était équivoque. Le régime syrien ne voulait pas non plus rester complètement soumis à la logique soviétique. Accorder un permis de résidence à des missionnaires est, du point de vue de la propagande, la meilleure façon de diffuser le message d'une Syrie plurielle, respectueuse de la liberté de religion et séculière."    

 

Cette expérience du désir de pureté, de radicalité, née d'un dégoût ressenti vis à vis de l'immoralité du monde et de son injustice, lui donne des outils intellectuels pour essayer de comprendre la psychologie de l'islamisme radical et la force de dialoguer avec lui, par delà les préjugés. Ce qu'il dit sur les raisons de la croissance de l'islamisme armé ou militant et l'attitude que les occidentaux doivent avoir vis à vis des musulmans est très intéressant:

 

"Le phénomène de l'islamisme radical facilement appelé terrorisme, comme Al-Qaïda, est à mon sens, l'expression d'un désarroi profond. Il naît d'un sentiment de persécution, de refus, à la fois interne au monde musulman mais aussi dans la relation entre le monde musulman et le pouvoir occidental. Ce dernier est considéré par les islamistes comme supérieur techniquement, économiquement, et voulant monopoliser le pouvoir dans une sorte de complicité judéo-chrétienne. Ainsi, l'Etat d'Israël autant que les musulmans soumis à ce système occidental seront tous deux considérés comme des ennemis principaux. Mais en choisissant de s'organiser dans la clandestinité, et pris d'une fièvre idéologique extrémiste où ils pensent détenir le monopole de la vérité, ils s'enfoncent dans un système criminiel proprement mafieux.

Pour répondre à ce défi, le monde occidental devrait tenter de devenir meilleur, moins corrompu, plus désireux de prendre en compte la communauté musulmane dans son pluralisme. Un monde, plus inclusif et plus évolutif, qui n'imposerait pas aux musulmans de changer, mais leur proposerait par les échanges, les débats qui instaureraient une relation véritable et un vivre-ensemble. Il ne faut pas demander l'acculturation par la dépossession de leurs valeurs mais par l'harmonisation des évolutions plurielles. Souhaiter un islam compatible avec la société occidentale demande à cette société d'être plus accueillante et plus souple. Les musulmans voudraient nous dire, comme je l'entends souvent: "vous faîtes de la tolérance une grande vertu, alors tolérez-nous! Peut-être que notre propre intolérance et certaines de nos valeurs qui apparaissent contraires à votre modernité pourraient, par le biais du dialogue, offrir quelque chose de positif à la société. Notre fidélité à notre religion n'empêche pas l'évolution, au contraire elle nous y engage. 

A toi jeune européen je voudrais dire que la peur des autres les façonne sur nos peurs, nous allons créer et rencontrer ce que nous craignons".

 

Le père Paolo se sent maintenant pleinement syrien, proche-oriental, en phase avec une société qui a connu pendant des siècles le bon voisinage entre communautés différentes (chrétienne et musulmane chïite et sunnite, kurde et alaouite, arménienne, juive, druze...)  avant que le colonialisme et plus encore le nationalisme autoritaire du Baas, ne crée et n'exploite des divisions tout en affirmant protéger les minorités de la majorité sunnite.

 

Lors de son installation en Syrie, Paolo s'accommode en quelque sorte de la dictature, en se disant que la région n'est pas encore prête pour la démocratie, pour des raisons à la fois culturelles et historiques, conjoncturelles:

 

"Je pensais à l'époque dans un contexte de guerre froide, que la situation internationale ne permettait aucun changement immédiat. Que ce soit en Egypte ou en Libye, le mouvement arabe postcolonial s'était comme exténué dans la création d'une série de dictatures républicaines ou monarchiques. De façon paradoxale, c'était seulement à l'intérieur du Mouvement de libération de la Palestine et dans le Liban divisé que le mot démocratie avait encore une signification. Lorsque je pense à ces années-là, j'ai envie de dire que d'une part, je croyais à certaines valeurs du projet socialiste représenté par ce monde insoumis aux Etats-Unis et à leur projet d'universalisation du modèle capitaliste. Et d'autre part, j'avais foi en une évolution qui garantisse les droits de l'Homme dans ce monde musulman auquel je me vouais" . Cela impliquait nécessairement de son point de vue que le pouvoir cesse de réprimer les organisations musulmanes et qu'elle accepte qu'elles influencent davantage la vie civile, dans la mesure où elles représentaient de vrais courants d'opinion, issus des profondeurs de la société.

 

Quand commence le grand moment de résistance et de rebellion pacifique civile en mars 2011, dans la foulée des révolutions civiles tunisiennes et égyptiennes, le père Paolo, contrairement à une majorité de Chrétiens fidèle à Bachar-el-Assad, choisit le camp de la démocratie, de l'auto-détermination du peuple, et de la dignité, sachant que le régime de Bachar-el-Assad, terroriste par nature, laisse libre cours à sa violence cynique contre le peuple, manipulant des islamistes pour discréditer le mouvement en le disant infiltré par des djihadistes, utilisant les soldats chïïtes du Hezbollah ou des miliciens iraniens pour terroriser les manifestants.

Il y a 6 mois, le Père Paolo D'all Oglio faisait un premier bilan d'étape de la tragédie syrienne:

 

"En 2013, après 24 mois de révolution en Syrie, nous sommes à un point de stagnation politique et morale qu'il était difficile de concevoir. Les forces démocratiques syriennes ont été exténuées par une répression sans répit, systématique, inhumaine. Ces exactions doivent absolument faire l'objet d'une enquête de la Cour pénale internationale car il s'agit bien de crimes contre l'humanité. La révolution a dû s'armer. Les jeunes du pays ont été obligés de déserter l'armée pour ne pas avoir à tirer sur leurs concitoyens qui demandaient la liberté. Ils se sont alors armés, comme ils disaient, pour défendre leurs manifestations pacifiques. Des zones où le gouvernement n'était plus totalement maître se sont progressivement créées, mais ne constituaient pas encore une "Syrie libérée". La répression a eu toute possibilité de se déployer. S'il n'y avait pas eu l'appui turc d'un côté, la perméabilité libanaise de l'autre (la révolution à Homs avait un couloir ouvert sur le Liban, les gens ont pu fuir, les armes venir et les blessés être mis en sécurité), la crise syrienne aurait été résolue avec cinq cent mille morts, deux millions d'expatriés et le maintien du régime. La volonté du gouvernement était sans faille, rigoureuse et extrême, appuyée par des forces géostratégiques majeures comme l'Iran, le Hezbollah, l'Irak chïïte et la Russie. Le pouvoir de Bachar al-Assad est en train de réaliser sa promesse: "Ya l'Assad, Ya nuhriq el-balad" (ou Assad, ou nous réduirons en cendre le pays). Ma conscience chrétienne est clairement partagée.

D'un côté, il y a un désir radical d'aller jusqu'à la fin de la révolution contre le régime. Mais de l'autre, pour peu ou beaucoup, cela provoquerait, semble t-il, une islamisation radicale de la Syrie et créérait les conditions d'une marginalisation définitive de la communauté chrétienne".  

 

La Syrie comptait 10% de chrétiens avant la guerre: beaucoup sont déjà partis en exil. Une majorité craint les conséquences d'une victoire de la révolution dans la mesure où militairement, ce sont surtout les islamistes sunnites qui s'opposent à l'armée de Bachar. Quelques-uns, une minorité, se sont engagés très tôt au côté de la révolution civile pacifique, au nom de la démocratie et du droit à la dignité du peuple, mais ne se sont pas forcément investis dans la lutte armée. Pour Paolo, en raison de leurs craintes, mais aussi du fait que certains d'entre eux sont très compromis avec l'"Etat fasciste", une grande partie des Chrétiens syriens devrait opter pour l'exil à l'issue de la guerre en cas de victoire de la révolution, et ceci même si une partie des responsables de l'opposition entend conserver une entité syrienne ouverte et pluraliste.

 

Face à l'horreur de ce régime, le père Paolo, tout en étant fasciné par l'efficacité et la portée morale de la non-violence prouvée par des combats tels que celui de Gandhi, Aug San Suu Kyi, assume complètement la légitimité des armes.

 

"Nous avons, disait-il il y a quelques mois, été abandonnés par les Américains. L'Union européenne a, quant à elle, décidé de se réfugier derrière les vétos russes et chinois répétés pour en faire le moins possible. Le reste du monde a d'autres problèmes et se cache derrière le concept, si cher aux Russes, d'autodétermination des peuples, même par la force des armes d'une dictature et de la répression. Nous sommes en train de dépasser les 80 000 morts, près de cinq millions de personnes sont des réfugiés et des déplacés internes, l'infrastructure économique est détruite, des centaines de milliers de personnes sont emprisonnées et torturées. Bombardés depuis le ciel par des missiles et à l'artillerie lourde, nous sommes un peuple qui a tout perdu... Si je crois à l'action non violente, à son efficacité et à sa valeur morale, je ne crois pas au droit de juger l'option d'autodéfense armée des victimes d'un régime "tortureur" et liberticide comme celui-ci, dans une totale indifférence mondiale. Ceux qui, à l'intérieur et à l'extérieur de la Syrie, prennent des initiatives non violentes offrent à notre combat un horizon de redemption finale face à la dérive de la violence qui se dirige, elle, vers un cycle maudit. Mais si l'action non violente ou, plus exactement, l'inaction, veut justifier l'absence de soutien international aux démocrates syriens arguant de leur prétendue violence, alors, je ne vois rien d'autre, dans ces beaux sentiments, qu'un élitisme moral qui, par manichéisme, laisse le monde au pouvoir des malfrats."

 

L'insurrection non-violente des syriens a été systématiquement et atrocement réprimée par les chabihas (les voyous utilisés par le régime) et l'armée, les services spéciaux. Les manifestants blessés étaient ignoblement torturés à l'hôpital et tués. Les prisons regorgeaient des suppliciés, dont on relâchait certains pour qu'ils aillent témoigner de ce que le goût de la liberté leur avait coûter, et à ceux que le régime avait achevé, aux autres. Forcément, il n'y avait pas d'autre recours que la soumission dans l'humiliation ou le combat armé contre le régime, en sollicitant toute aide extérieure possible (celle de l'opposition en exil, ou d'Etats hostiles au régime).

"On accuse la révolution d'être guidée de l'étranger, mais depuis, où pourrait-elle l'être? Depuis la Lune? Alors que depuis plus de quarante ans, nous avons des centaines de milliers d'expatriés victimes de la dictature. L'opposition syrienne est plurielle et divisée. L'idéal pour une démocratie pluraliste! Exclure les islamistes du jeu démocratique car ils seraient incompatibles avec la démocratie relève du paternalisme et du préjugé idéologique. Ne pas avoir laissé les masses musulmanes s'exprimer dans l'autodétermination civile, a constitué le facteur déterminant de la naissance, de la montée et de la diffusion du djihadisme radical armé...

Enoncer le principe, apparemment universel et moral, qu'il ne faut pas donner des armes aux parties impliquées dans le conflit civil, revient à théoriser et à dire tout haut: "On souhaite que la révolution démocratique soit écrasée, car on ne veut pas qu'elle puisse se défendre devant des forces armées sans scrupule et sans contrôle". 

 

En juin 2012, le père Paolo a vécu dans des zones contrôlées par la rebellion à Qusair, servant de médiateur entre des chefs rebelles islamistes et des familles de chrétiens kidnappés, ainsi que de témoin privilégié pour les observateurs de l'ONU travaillant pour Kofi Annam. Il raconte dans ce livre comment il a pu dialoguer avec ces chefs "terroristes" décrits comme fanatiques, et qui ne l'étaient pas toujours, comment il a partagé avec intensité la célébration des martyrs avec des familles sunnites, ayant alors le sentiment de devenir pleinement musulman en glorifiant le sacrifice qui triomphe de toute injustice et formant même le voeu, s'il était tué, d'être inhumé avec les martyrs de Qusair.

 

Le témoignage qu'il délivre sur l'état d'esprit des rebelles, et particulièrement de ceux qui se battent au nom de l'Islam est animé de grandes qualités de compréhension et d'ouverture à l'autre et débouche sur un constat plutôt optimiste: à savoir qu'il y aurait de la place pour une évolution démocratique et une tolérance vis à vis de la diversité dans une Syrie dominée plutôt par l'Islam politique, sachant que la tradition musulmane syrienne, mais cela peut changer avec le poids des Frères musulmans et du salafisme dans la rebellion, est plutôt souple et non sectaire. Plus la guerre civile s'éternise toutefois, moins les chances de reconstruire une Syrie plurielle tolérante persistent.

 

Cet essai est surtout précieux par les dizaines d'histoires individuelles que Paolo nous relate, celles des visiteurs du monastère, de ses amis de tout milieu et de confessions et idées politiques différentes, qui rendent bien compte de la complexité des points de vue, des prises de position, dans la Syrie de la guerre civile, et racontent aussi la cruauté tristement humaine de ce régime qui doit tomber pour rendre possible une réconcilation dans la justice.                    

   

I.D

 

Entretien avec le père Paolo sur France 24:

 

http://www.france24.com/fr/20130502-lentretien-pere-paolo-dall-oglio-auteur-la-rage-et-la-lumiere-syrie-monastere-mar-moussa

 

 

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30 août 2013 5 30 /08 /août /2013 09:18

 Communiqué du Front de Gauche du pays de Morlaix: "Retraites, une réforme de progrès?"

Le gouvernement vient de rendre publiques les mesures envisagées pour assurer le financement des retraites d’ici à 2020.

Il faut un certain culot pour considérer comme M.BUI un nouvel allongement de la durée de cotisation comme une réforme de progrès alors que les socialistes manifestaient en 2010 contre la réforme Fillon qu'ils entérinent aujourd'hui et dont ils aggravent les dispositions.

L'augmentation de la durée de cotisation à partir de 2020, à raison d'un trimestre supplémentaire tous les 3 ans, va pénaliser les jeunes générations. Il faudra 43 ans de cotisation en 2035 pour bénéficier d'une retraite à taux plein à 62 ans. Et combien de  jeunes auront 43 ans de cotisations à 62 ans?

Les générations antérieures vont voir, elles aussi, leurs années au travail s'allonger. C'est bien l'ensemble des salarié-es qui est concerné.
 

Pour les salarié-es, les hausses de 0,5% des cotisations en 2014 et 0,3% en 2017 se traduiront par une baisse immédiate des revenus.

Pour le patronat ,le gouvernement se le concilie encore par un super cadeau en articulant la modeste hausse de ses cotisations avec de nouvelles réductions des prélèvements obligatoires acquittés par les entreprises.
Cela pourrait concerner 34 milliards d’euros de cotisations familiales dont personne ne sait aujourd’hui ni comment ni par qui ils seront compensés. Par ailleurs, exonérer les entreprises de tout ou partie du financement des cotisations familiales retire à celles-ci leur caractère de salaire différé et exonère un peu plus les entreprises de leur responsabilité vis à vis de salariés qui ont contribué à leur développement et enrichissement.
Quoiqu'en dise le Premier ministre et notre député, cette réforme n’est ni juste ni équilibrée !

Globalement cette réforme s'inscrit dans le cadre des politiques d'austérité, de réduction des dépenses publiques et de baisse du « coût du travail » menées partout en Europe, sans s'attaquer à l'exponentiel et exorbitant coût du capital. Et elle ne restaure pas la retraite à 60 ans à taux plein que des millions de salarié-es avaient exigée en 2010, et que nous étions en droit d’attendre d’un gouvernement de gauche.

Pour toutes ces raisons, le Front de Gauche du Pays de Morlaix réaffirme son refus de toute régression sociale. C’est pourquoi nous soutenons la journée intersyndicale de manifestations et de grève du 10 septembre et nous appelons à son succès.

 

Morlaix, le 29 août 2013

 

front de Gauche Morlaix

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30 août 2013 5 30 /08 /août /2013 09:05

Le syndicat des VCP Indépendants, representé par son secrétaire général Fabrice CLEMENCEAU et deux autres adhérents, a été reçu au ministère de la culture il y a deux semaines. Lors de ce rendez-vous un calendrier a été mis en place pour que tout soit signé pour la fin de l'année.

L'exonération totale des charges patronales, qui aurait dû revenir aux VCP depuis 2009, sera effective dès janvier 2014 pour tous les VCP qui ne l'ont pas eue. La question de la retroactivité de la décision du versement de l'exonération des charges patronales aux VCP, alors que ce sont les éditeurs de presse qui en ont bénéficié jusqu'ici, est toujours en suspens et l'accord n'est pas trouvé sur ce point.

Voici les autres points qui seront débattus avant décembre :
1 - Le volet social des VCP où seront présents le syndicat et les ministères concernés afin de trouver des solutions sur la retraite, la maladie, les charges sociales, en vue d'une amélioration du statut social des VCP.
2 - L'élaboration d'une charte nationale des bonnes pratiques ou seront présents, le syndicat, la direction générale des médias et les syndicats des éditeurs.

L'État donne 4 mois au syndicat des VCP et aux éditeurs pour trouver des réponses aux propositions que ont été faites et ceci se fera par le dialogue et la négociation avec la participation du ministère de la culture.

 

Pour en savoir plus sur cette question et ce combat d'une profession précaire et peu connue:


http://le-chiffon-rouge-pcf-morlaix.over-blog.com/article-parole-de-syndicaliste-fabrice-clemenceau-l-infatigable-defenseur-des-vendeurs-colporteurs-de-pres-116877593.html

 

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30 août 2013 5 30 /08 /août /2013 08:42

On pouvait lire dans le Télégramme il y a une semaine: "A peine deux mois après avoir annoncé la fermeture des usines de Poullaouen (29), près de Carhaix, et de Chateaugiron (35), soit près de 400 licenciements, Marine Harvest, numéro un du saumon fumé, a fait état d'un bénéfice opérationnel multiplié par quatre, et d'une "trésorerie abondante qui lui permettrait à la fois d'augmenter ses dividendes et de financer des acquisitions".

2 milliards de chiffres d'affaire en 2012, des bénéfices multipliés par quatre, l'annonce de perspectives de croissance exceptionnelles, en raison d'une hausse du prix du saumon et d'une stagnation de la production mondiale, et cette entreprise multinationale, après avoir bénéficié d'investissements publics dans le Poher et surtout des bénéfices du travail de centaines de salariés bretons, ferme sans crier gare une partie de ses sites en Bretagne pour aller produire ailleurs au moindre coût et au plus rentable. "C'est sandaleux. Il faut demander au gouvernement et particulièrement à Arnaud Montebourg de s'opposer à cette décision" a fortement réagi Christian Troadec, le maire de Carhaix.

Un délégué du personnel lui, croyant sans doute moins à une réversibilité de cette décision lamentable du groupe Marine Harvest, a dit que ces résultats économiques mirifiques allaient donner des arguments pour imposer un plan social avec de vraies compensations financières pour les salariés.

Quoiqu'il en soit, cette décision de fermeture d'activité remet au goût du jour la proposition des élus du Front de Gauche de rétablir l'autorisation administrative de licenciements et d'interdire les licenciements boursiers.

Mais nous ne nous faisons pas d'illusion: sans vraie poussée de révolte et de mobilisation des citoyens, ce gouvernement et cette majorité, plus occupés à faire des courbettes au MEDEF et à se demander comment baisser encore un "coût du travail" qui serait trop élevé en France paraît-il malgré les difficultés que beaucoup de Français éprouvent pour joindre les deux bouts, l'augmentation continue des profits financiers et le déficit des caisses de protection sociale, ne lèveront pas le plus petit doigt pour changer les règles du jeu.    

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30 août 2013 5 30 /08 /août /2013 07:26

 

 

Le PCF alerte depuis des mois sur les menaces planant sur l'avenir de la filière avicole et sur les conséquences de la décision européenne d'arrêt des restitutions sur l'emploi agro-alimentaire local.

La situation est plus que critique: cette filière a très certainement besoind'être reorientée à terme davantage vers le marché intérieur et le qualitatif - pour des raisons de santé publique, de respect de l'environnement, de transition vers une agriculture plus saine, mais aussi parce que l'alignement sur les plus bas standards de production et le coût mondial le plus bas est une impasse - mais cela doit être préparé, mis en oeuvre par étapes, et cela ne peut pas se faire en acceptant le sacrifice de milliers d'emplois dans les mois à venir. Le gouvernement doit s'engager fortement pour accompagner la transition écologique de la filière et garantir à la fois le "vivre et travailler au pays" par le maintien des emplois industriels et l'évolution vers des modes de production garantissant tout aussi bien notre souveraineté alimentaire qu'une alimentation de qualité pour tous.

Aujourd'hui, dans le Télégramme, Corinne  Nicole, qui avait animé avec Olivier Le Bras, Partick Le Goas (GAD Lampaul) et Xavier Compain (spécialiste des questions de pêche et d'agfriculture au PCF et au Parti de la Gauche Européenne), une réunion sur l'avenir de l'agro-alimentaire breton organisé par le PCF du pays de Morlaix en juin dernier, informe la population dans le Télégramme  des mauvais coups qui se préparent pour les salariés de Tilly-Sapco:

 

Tilly-Sapco. Chômage partiel dès la fin septembre.  

Après le Comité d'entreprise qui s'est tenu mercredi après-midi sur le sîte de Tilly-Sapco à Guerlesquin, la CGT déplore "la casse sociale" qui se profile dans l'entreprise. "La direction a annoncé qu'il n'y aurait pas d'activité d'abattage* du 23 au 27 septembre, seulement trois jours de travail sans équipe de nuit, du 30 septembre au 4 octobre et quatre jours de travail sans équipe de nuit, toujours du 7 au 11 octobre", expose l'élue CGT Corinne Nicole.

80 précaires en moins

"80 précaires, intérimaires et CDD, se retrouvent sans emploi. Et pour les 300 salariés en CDI, cela signifie la mise en place du chômage partiel. Nous allons tourner à 30h par semaine, au lieu de 35h."

Après la décision de la Commission Européenne de stopper les restitutions, le Pdg Daniel Sauvaget avait déposé un recours en référé auprès du tribunal administratif de Rennes, et menacé de stopper les commandes de poulet. Si, pour la CGT, "c'est toute la filière avicole qui demande à être soutenue par le gouvernement", la déléguée syndicale estime que les "salariés n'ont pas pour autant à payer les pots cassés et à être, comme toujours, les premières variables d'ajustement".

* l'entreprise guerlesquinaise tourne en 3X 7h et abat 300.000 poulets par jour.

 

Nous réclamons nous ici une prise de conscience du gouvernement de l'impossibilité de laisser s'écrouler une nouvelle activité agro-alimentaire en Bretagne.

 

Pour plus d'informations sur la situation du secteur et les positions du PCF:

 

http://le-chiffon-rouge-pcf-morlaix.over-blog.com/article-pcf-morlaix-communique-de-presse-119334843.html

 

http://le-chiffon-rouge-pcf-morlaix.over-blog.com/article-agriculture-agro-alimentaire-le-pcf-s-engage-117694861.html

 

http://le-chiffon-rouge-pcf-morlaix.over-blog.com/article-agro-alimentaire-breton-filiere-avicole-des-centaines-d-emplois-a-securiser-halte-a-la-casse-115221844.html

 

http://le-chiffon-rouge-pcf-morlaix.over-blog.com/article-suppression-des-aides-a-l-exportation-de-poulet-congele-il-ne-faut-pas-sacrifier-les-salaries-de-l-114905063.html

 

 

Le samedi 21 septembre 2013, le Front de Gauche organise une grande formation-débat sur une journée à Carhaix (salle des Halles) sur l'alimentation et l'avenir de l'agriculture et de l'agro-alimentaire.

 

Brain-storming-agro-FDG.jpg

 

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30 août 2013 5 30 /08 /août /2013 07:21

Vendredi 6 Septembre  2013 (18 h)

Assemblée générale

Local de la section (2 Petite Rue Callac – Morlaix)

Ordre du jour 

La situation sociale et politique

Activité et vie de la section

 

Cher(e) Camarade,

Notre AG sera bien évidement l’occasion de faire le point sur la situation sociale, politique et économique à cette rentrée.

°  Cette rentrée est marquée par la poursuite de la politique d’austérité du gouvernement et ses cadeaux au patronat (il faut restaurer la compétitivité de la France !), par une situation économique difficile avec le chômage et les suppressions d’emplois (dans notre région Tilly et Gad sont sous la menace de plans sociaux dramatiques), par un pouvoir d’achat toujours en berne …

Cette politique est vécue douloureusement et avec colère par bon nombre de ceux qui ont voté à gauche aux présidentielles et aux législatives. Si les dernières élections partielles se sont traduites par des votes sanctions du PS cela ne se traduit pas mécaniquement par une progression suffisante du PCF et du FdG.

°  Cette rentrée est marquée par la réforme des retraites qui tourne le dos aux attentes des français et que nous combattons,

L’action intersyndicale du 10 septembre prochain sera un premier acte de la lutte contre cette réforme. Au-delà de notre soutien il nous faudra, avec le Front de Gauche, intervenir pour faire valoir d’autres solutions et faire échec à cette réforme.

°  Cette rentrée est marquée par la préparation des élections municipales qui se tiendront au printemps 2014.

°  Cette rentrée est aussi marquée par une situation internationale particulièrement inquiétante.

Sur toutes ces questions il nous faudra échanger, débattre, prendre des décisions.

Notre AG sera aussi l’occasion de faire le point sur notre activité et de tirer des perspectives pour l’avenir.

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29 août 2013 4 29 /08 /août /2013 06:08

Vous trouverez sur le site national du PCF le décryptage en 5 minutes chono de la nouvelle réforme des retraites sous forme vidéo (On leur fait un dessin Episode 19- Retraitement de choc).  

 

Vous pouvez aussi la voir en cliquant sur le lien suivant :

http://www.dailymotion.com/video/x129rw3_ep-19-retraitement-de-choc_news

 

Cette vidéo est à diffuser d'urgence pour faire mesurer à chacun la nocivité des choix gouvernementaux sur le sujet et la nécessité de réussir la grande journée de mobilisation du 10 septembre prochain.

 

Daniel RAVASIO, PCF Morlaix

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28 août 2013 3 28 /08 /août /2013 08:42

Retraites : Les 43 ans, un compromis sur le dos de la jeunesse !

En entérinant l'allongement de la durée de cotisation prévue par la réforme Fillon-Sarkozy et en prolongeant cette augmentation à 43 ans d'ici 2035, Jean-Marc Ayrault tourne le dos à l'attente des Français qui ont élu la gauche et s'étaient mobilisés en 2010 contre la réforme de la droite.

Cette mesure va continuer à pénaliser durement les jeunes quand ils atteindront l'âge de la retraite. Elle entraînera une baisse régulière du niveau des pensions. De plus, l'augmentation des cotisations annoncée par le Premier ministre pèsera autant sur les salaires déjà trop bas, que sur les profits.

Contrairement à ce qu'a affirmé le Premier Ministre, il y a d'autres solutions pour financer l'équilibre des régimes, notamment la mise à contribution des revenus financiers et la modulation des cotisations des entreprises en fonction de leur politique d'emploi et de salaires.Une nouvelle fois, Jean-Marc Ayrault écarte cette piste sans même l'évoquer. Nous continuerons à la porter.

Certes, les annonces du Premier Ministre portent la marque des protestations et des mobilisations sociales en préparation. Le gouvernement renonce pour le moment à une augmentation de la CSG. Nous veillerons à ce que cette annonce ne cache pas de nouvelles contreparties accordées au patronat.  

Le gouvernement a toutefois pris en compte plusieurs exigences syndicales exprimées de longue date pour réduire des injustices. Pour la pénibilité, les retraites des femmes, des apprentis et jeunes en formation, des salariés aux carrières heurtées et des salariés agricoles, des mesures positives corrigent en partie les inégalités existantes. C'est la preuve que la pression sociale engagée et les mobilisations prévues sont utiles, même si ces mesures ne compensent pas les effets de l'allongement de la durée de cotisation.

Le Parti communiste français appelle à poursuivre la mobilisation jusqu'au débat législatif dans lequel les Parlementaires communistes et du Front de gauche porteront des propositions alternatives.

 

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28 août 2013 3 28 /08 /août /2013 07:41

Des manifestants désarmés réclamant le respect de leur dignité massacrés par un pouvoir cynique et dépourvu de tout scrupule en début de l'insurrection civique syrienne, une guerre sans pitié conduite contre les villes et les villages contestant l'autorité de Bachar el Assad, 100 000 morts et des millions de réfugiés ayant tout perdu.

Le respect de la souveraineté de l'Etat syrien et la critique de l'intervention militaire étrangère doivent-ils encore être nos seules balises face à un Etat criminel qui ne respecte en aucune façon la souveraineté, les libertés et le droit à la sécurité de sa population?

 

Faut-il au nom de réflexes idéologiques anti-impérialistes et pacifistes dénoncer l'intervention militaire, justifiée au nom de la punition contre des crimes de guerre et de la protection des civils, décidée par Obama, François Hollande, Cameron, une partie de la ligue arabe et la Turquie?

 

Cette intervention est justifiée au nom de la morale et présentée par le président de la République comme un châtiment plus que comme une tentative d'écraser définitivement le régime.  Cela interroge sur son efficacité, ainsi que sur le sens et la possibilité réelle d'en rester à une intervention courte, mesurée, à base de frappes aériennes sur des aéroports militaires, des bases militaires.

 

Faut-il se dire que le maintien au pouvoir d'Assad et le statut quo dans la guerre civile devenant de plus en plus barbare, qui produit chaque jour des centaines de morts, de blessés, de déplacés, est un moindre mal par rapport à la légitimation de l'ingérence au nom du droit, de la morale, de puissances étrangères non autorisées par l'ONU et le consensus de la communauté internationale, mais qui disposent, on l'a vu lors de nombreux précédents (Irak, Afghanistan...), de la force nécessaire pour maquiller leurs intérêts en bon droit et justifier la guerre au nom de la paix, de la lutte contre la terreur, la tyrannie alors même que leurs indignations sont à géométrie variable?

 

Faut-il mettre dos à dos un régime de Bachar el Assad certes policier, dictatorial, brutal - et pas que depuis le début de la contestation civile ouverte en 2010 - mais laïque, garantissant jusqu'ici une relative tolérance vis à vis des minorités religieuses, officiellement anti-impérialiste, anti-sioniste, critique vis à vis des abus de pouvoir des Etats-Unis, originellement fondé sur le socialisme baasiste même si Bachar a fait évolué l'héritage socialiste en crise vers un libéralisme économique dont les profits sont vérouillées par son clan, et les puissances occidentales colonialistes, les forces rebelles réactionnaires, islamo-conservatrices, djihadistes qui ne laissent présager rien de bon pour l'avenir de la Syrie si elles parviennent à conquérir le pouvoir, forces rebelles et armées par des pouvoirs étrangers islamistes et alliés aux Américains (Arabie Saoudite, Qatar, Emirats, Turquie)?

 

Faut-il penser qu'une intervention militaire menée par les Etats-Unis et leurs alliés européens et arabes a de grandes chances d'avoir des effets contre-productifs du point de vue de la sécurité des civils et de la paix dans la région et de faire exploser la poudrière du Moyen-Orient, ayant des effets en chaîne sur les relations entre les arabes, l'Occident, l'Irak, Israël et l'Iran, sur la résurgence des violences communautaires au Liban...?  

 

Je pense pour ma part que les risques existent mais qu'ils ne sont peut-être pas aussi importants que les conséquences de l'inaction sont immédiatement dramatiques, y compris pour la stabilité des pays voisins de la Syrie. 

 

La notion de guerre juste, en dehors de la légitime défense d'un peuple occupé, colonisé, dont la souveraineté, la liberté et le droit à la sécurité sont bafoués, peut être contestée sur le principe - toute guerre est odieuse - encore que la lutte contre la barbarie et les crimes contre l'humanité dont sont victimes nos frères humains pour justifier à mon avis l'intervention extérieure, de même que l'accord de la communauté des nations pour sanctionner et mettre fin au bafouement de certains principes essentiels.  Et encore, il ne faut pas sanctifier l'aval de l'ONU et le droit international, ceux-ci sont aussi le produit de rapports de force et ne reflètent pas toujours une légitimité intrinsèque: ici, ce sont les intérêts et la politique de puissance de la Russie qui bloquent l'approbation à l'ONU et au Conseil de Sécurité d'un dispositif international permettant d'abattre le régime et de mettre fin plus rapidement aux violences. Cette guerre pourrait bien être justifiée si elle évite plus de souffrances qu'elle n'en génère et accélère la fin de la guerre civile en Syrie par la mise à terre d'un régime objectivement fasciste, ce qui dépendra des formes prises par l'intervention.    

La banalisation de la terreur et de la torture exercée par les sbires et les alliés d'Assad lui enlèvent toute légitimité et empêchent tout retour de la paix et de la sécurité en Syrie, toute reconciliation communautaire, si ce pouvoir se maintient.

Dire que les crimes, la violence et la barbarie sont des deux côtés est peut-être vrai dans une certaine mesure, mais les responsabilités de cette guerre civile ne sont pas également partagées: c'est en massacrant pendant des mois des insurgés désarmés et en éliminant sauvagement tous les soldats refusant d'accomplir ces bases oeuvres que Bachar a forcé une partie des soldats de l'armée régulière à déserter, ceux-ci n'ayant ensuite plus d'autres recours que de prendre les armes contre le régime car ils signaient par leur désobéissance leur arrêt de mort.

C'est l'entêtement de Bachar et de son clan dans le despotisme et la terreur qui a radicalisé une partie de la société syrienne, les haines et les désirs de vengeance venant avec la peur et la perte des siens. Mais la plupart des civils veulent pas en découdre avec d'autres communautés, perçues comme des ennemis naturels, ils veulent pouvoir continuer à vivre tout simplement, en bonne cohabitation avec leurs voisins ayant d'autres caractéristiques culturelles, religieuses. Les civils sont pris en otage par une violence émanant de plusieurs foyers et de plusieurs groupes qu'ils sont nombreux à désapprouver dans ses modalités- mais seul le départ de Bachar et de sa garde rapprochée peuvent mettre fin aux massacres, et il n'est pas sûr qu'il puisse se produire rapidement sans intervention militaire de notre part.     

 

La rebellion n'a pas les moyens militaire semble t-il de vaincre seule rapidement l'armée régulière et d'imposer le départ et le jugement des responsables de ces atrocités.

Or il est moralement et politiquement nécessaire que Bachar et les premiers responsables de cette boucherie perdent leur pouvoir dans les mois à venir: sans cela, la guerre deviendra toujours plus atroce et la nation syrienne sera probablement démantelée au final au terme d'épurations ethniques des deux côtés des adversaires en présence. Face au soutien russe à Assad à l'ONU et aux preuves d'impuissance des démarches diplomatiques entreprises déjà depuis 2 ans et demi, nous qui nous sentons solidaires des Syriens qui connaissent l'enfer au quotidien (je le suis d'autant plus que j'ai voyagé en Syrie et eu l'occasion d'aimer ce peuple si attachant doté d'une vieille civilisation), nous ne devons pas exclure au nom de la restauration de réflexes de guerre froide, de principes ou de postures anti-impérialistes et pacifistes une aide concrète aux Syriens pour les aider à inverser rapidement le rapport de force et à contraintre la mafia au pouvoir à rendre ce pouvoir au peuple.

Je ne pense pas qu'en aidant militairement la résistance, en l'armant, en empêchant les bombardements de l'armée, en ciblant des objectifs militaires, "on rajoute de l'inacceptable à l'inacceptable".

 

A mon avis, il aurait même fallu soutenir plus tôt et plus complètement - autrement que verbalement - la résistance populaire pour empêcher l'escalade de violence du pouvoir, et l'OPA partielle des extrémistes fondamentalistes et djihadistes sunnites sur la revolution populaire syrienne.

La question centrale est: est-ce qu'une intervention militaire étrangère ( des Etats-Unis, des pays arabes alliés, de quelques Etats européens) pourra ou non accélérer le retour à la paix et à la sécurité, le règne de l'arbitraire et de la violence inouïe en Syrie?

 

Je pense que la réponse est plutôt oui. Les rebelles ne vont pas faire taire les armes tant que Bachar est en place. S'ils sont vaincus, ce sera au prix de véritables holocaustes et le pouvoir de Bachar s'exercera sur une population humiliée, violemment purgée de ses opposants - éliminés, contraints à l'exil ou à une odieuse soumission vis à vis d'un pouvoir criminel.

Or Bachar et son clan n'ont donné aucun signe de leur aptitude à quitter le pouvoir et ses privilèges pour faciliter le retour à la paix (ils savent aussi qu'ils sont allés trop loin pour trouver une sortie honorable pour eux) et les désaffections dans l'armée et le régime ne sont pas encore suffisantes pour déséquilibrer le rapport de force en faveur de ses adversaires, bien moins armés que le régime.

C'est vrai que les Etats-Unis qui par ailleurs mènent très souvent une politique de puissance cynique et arrogante ne veulent plus de Bachar, qui ne leur a jamais été soumis, c'est vrai que l'Arabie Saoudite, le Qatar - ennemis de l'Iran - ont leurs propres objectifs stratégiques et financent des groupes qui prônent l'Islam politique, voire la guerre sainte contre les chiites et les alaouites. C'est vrai que des soldats rebelles commettent aussi des crimes de guerre, même si ceux du régime s'exercent à plus grande échelle.

L'avenir du pays est plus qu'incertain mais ce n'est pas en laissant les choses se faire sans intervenir et en attendant un miracle qui ramenerait la raison et la concorde entre les partis, qu'on ne pas placer sur un pied d'égalité du point de vue de la légitimité (d'un côté un pouvoir sanguinaire et tyranique, de l'autre des rebelles qui utilisent la légitime défense et veulent conquérir la liberté pour leur peuple), que l'on se donnera les moyens de protéger les minorités alaouites, kurdes, chiites ou chrétiennes, les libertés civiles et démocratiques, en cas de défaite du régime alaouite (improbable à court terme).

Laisser pourrir la situation, laisser s'éterniser cette guerre menace aussi la stabilité du Liban, on le voit ces jours derniers où le spectre de la guerre civile communautaire refait surface. Des millions de réfugiés dans des pays voisins aux équilibres communautaires déjà fragiles (Liban, Jordanie, Irak, Turquie) sont aussi une menace pour la paix dans la région et la sécurité des intéressés.

Les Américains ne sont certes pas habilités - pas plus que nous d'ailleurs (qui avons exercé un protectorat sur la Syrie de 1918 à 44 après le démantèlement de l'Empire musulman, et qui avons déjà maté des rebellions anti-colonialistes avec beaucoup de brutalité dans la région de Damas et le djebel Druze) en vertu d'un bon droit démocratique manifeste- à se considérer comme les gendarmes du monde, les défenseurs armés du droit - mais ici l'impératif d'intervention militaire est justifié objectivement par autre chose que par le respect de "l'ordre occidental" ou de notre conception de la démocratie: c'est tout un peuple qui crève sous nos yeux!

La situation peut être difficilement pire qu'elle ne l'est aujourd'hui.

C'est pourquoi je pense, sans être un inconditionnel du "droit ou du devoir d'ingérence" et "du discours humanitaire et démocratique en treilli" qu'il est de notre responsabilité d'appuyer les rebelles, de préférence ceux qui veulent d'une société démocratique, sécularisée et multi-culturelle en Syrie (c'est plus simple à dire qu'à réaliser) et de montrer à Bachar qu'il ne peut pas assassiner toute une partie du peuple syrien en toute impunité, en utilisant les armes les plus perverses et cruelles qui soit (viol, torture, massacre de civils pour l'exemple, y compris d'enfants, et maintenant l'utilisation d'armes chimiques aux effets horribles se déclarant sur la durée).

Sur cette question, très complexe, et qui soulève des dilemnes moraux mais surtout politiques car il est vrai que nous ne mesurons pas toutes les conséquences à termes d'une intervention ou d'une non-intervention sur les équilibres et la paix dans la région, je pense que la position exprimée par mon parti, Jean-Luc Mélenchon, le journal l'Humanité s'appuie peut-être trop sur des positions de principe et des postures, et pas assez sur une prise en compte concrète de la réalité des moyens à disposition pour en finir avec toute cette souffrance collective, et je le regrette.

 

Ismaël Dupont

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28 août 2013 3 28 /08 /août /2013 07:37

Par delà les retraites, c'est tout le système de protection sociale qui est en danger de démantèlement.
Alors que commence la prise de conscience des menaces que le gouvernement en place fait peser sur notre système de retraites, un appel signé par de nombreuses personnalités qualifiées de différents horizons - dont des élus et sympathisants Front de Gauche - tire la sonnette d'alarme concernant l'accès pour tous à des soins de qualité.
Depuis des années, la prise en charge des soins de santé de base dans le cadre de la sécurité sociale se réduit comme peau de chagrin.
Le Gouvernement présente maintenant comme une avancée sociale ce qui est en fait une mauvaise réponse à la dégradation des interventions de l'assurance maladie pour les soins de santé de base - la généralisation de la protection maladie complémentaire.
Cette réponse est mauvaise car "les assurances complémentaires sont: - moins égalitaires, leurs tarifs varient selon la « gamme » des prestations remboursées et sont plus élevés pour les familles et les personnes âgées, - moins solidaires, le plus souvent leurs primes n'augmentent pas en fonction des revenus des assurés - plus chères, leurs frais de gestion dépassent souvent 15 % des prestations versées, contre moins de 5 % pour la Sécurité sociale."
IL FAUT CHOISIR ENTRE LE FINANCEMENT DES DÉPENSES DE SANTÉ PAR LA SÉCURITÉ SOCIALE OU PAR DES ASSUREURS PRIVÉS PUDIQUEMENT DÉNOMMÉS "COMPLÉMENTAIRES".
L’appel "Pour un débat public sur la santé" aborde clairement cette question fondamentale pour l'avenir de notre système de protection sociale.

Un texte à lire, à diffuser, à populariser absolument qui est notamment accessible à partir de

 

http://www.frontdegauche-chateauneufpoher.fr/appelsecuritesociale.pdf

Jean-Victor Gruat, PCF et Front de Gauche Chateauneuf-Poher

 

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