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15 mai 2022 7 15 /05 /mai /2022 06:30
Eric Pellerin, le directeur artistique du festival Les Originales. | OUEST-FRANCE

Eric Pellerin, le directeur artistique du festival Les Originales. | OUEST-FRANCE

La 5e édition du festival Les Originales se tiendra du 14 au 21 mai dans le pays de Morlaix

Le festival Les Originales se tiendra du 14 au 21 mai 2022. Un chapiteau sera implanté à Plourin-lès-Morlaix (Finistère), d’autres spectacles seront programmés au Roudour, au théâtre du pays de Morlaix, à la Maison des jeunes et de la culture et au bar des Deux rivières.

Nous étions tellement impatients qu’elle arrive cette cinquième édition des Originales ! Placée sous le signe des voyages imaginaires, la voici enfin pour des moments de partages, d’émotions, de rires, de poésie et d’énergie », ​raconte Eric Pellerin, le directeur artistique du festival Les Originales, association basée à Morlaix (Finistère).

Des animations du 14 au 21 mai

Cette année, plusieurs spectacles et animations s’étaleront du 14 au 21 mai 2022 de Plourin-lès-Morlaix à Saint-Martin-des-Champs et à Morlaix. Nous allons installer un chapiteau derrière la mairie de Plourin-lès-Morlaix. Il y a deux ans, nous avions émis l’idée de faire une programmation conséquente sur l’ensemble d’un week-end dans cette commune. Pendant deux jours, Plourin-lès-Morlaix deviendra une commune en chanson.

Contes, spectacle, musique, exposition…​

Deux randonnées chantées et contées seront animées par Alain Diverrès le samedi 14 mai et le lendemain dimanche 15 mai 2022, par Yves Briens, comédien, chanteur, conteur, accompagné de la voix et de l’accordéon de Steve Normandin.

Pour cette nouvelle édition, nous innovons avec le spectacle Kourouk et Mashka de Sylvie et Steve Normandin, destiné aux touts petits d’un à six ans, mais aussi en proposant au public un passe chapiteau de 30 €, qui donne accès à tous les spectacles du week-end !

Nous étions tellement impatients qu’elle arrive cette cinquième édition des Originales ! Placée sous le signe des voyages imaginaires, la voici enfin pour des moments de partages, d’émotions, de rires, de poésie et d’énergie », ​raconte Eric Pellerin, le directeur artistique du festival Les Originales, association basée à Morlaix (Finistère).

Des animations du 14 au 21 mai

Cette année, plusieurs spectacles et animations s’étaleront du 14 au 21 mai 2022 de Plourin-lès-Morlaix à Saint-Martin-des-Champs et à Morlaix. Nous allons installer un chapiteau derrière la mairie de Plourin-lès-Morlaix. Il y a deux ans, nous avions émis l’idée de faire une programmation conséquente sur l’ensemble d’un week-end dans cette commune. Pendant deux jours, Plourin-lès-Morlaix deviendra une commune en chanson.

Contes, spectacle, musique, exposition…​

Deux randonnées chantées et contées seront animées par Alain Diverrès le samedi 14 mai et le lendemain dimanche 15 mai 2022, par Yves Briens, comédien, chanteur, conteur, accompagné de la voix et de l’accordéon de Steve Normandin.

Pour cette nouvelle édition, nous innovons avec le spectacle Kourouk et Mashka de Sylvie et Steve Normandin, destiné aux touts petits d’un à six ans, mais aussi en proposant au public un passe chapiteau de 30 €, qui donne accès à tous les spectacles du week-end !

Dans la programmation des 14 et 15 mai, Christian Paccoud et le Sister System, quatre femmes et l’accordéoniste chanteur pour un récit de nos vies et de notre société », mais aussi​Le Trio Marcaurel, qui revisitera les grands standards de la chanson française. ​Dominique Babilotte pour un spectacle sur les chansons de Nougaro, entre jazz et java. Dominique Babilotte n’imite pas Nougaro, il le chante tout en chaleur et douceur. Jusqu’au 23 mai 2022, le hall de la mairie accueillera une exposition de photos autour de la chanson. Il y aura des portraits d’artistes qui sont passés dans le festival depuis sa créationUn stand de petite restauration est prévu. Il permettra de savourer des spécialités bretonnes et africaines. Elles seront concoctées par l’école alternative des monts d’Arrée de Pleyber-Christ. Le repas africain sera au profit de cette école alternative qui accueille des migrants..

La programmation continue avec La Caravane passe, au Roudour, cabaret électoral au bar des Deux rivières de Morlaix, Louise O’sman à la Maison des jeunes et de la culture de Morlaix, Lili Cros et Thierry Chazelle au théâtre. La billetterie est accessible en ligne sur le site du festival. Les billets seront également en vente sur place.

Contact : 06 16 34 36 97 ou www.festival-lesoriginales.fr

La 5e édition du festival Les Originales se tiendra du 14 au 21 mai dans le pays de Morlaix (Ouest-France)
La 5e édition du festival Les Originales se tiendra du 14 au 21 mai dans le pays de Morlaix (Ouest-France)
La 5e édition du festival Les Originales se tiendra du 14 au 21 mai dans le pays de Morlaix (Ouest-France)
La 5e édition du festival Les Originales se tiendra du 14 au 21 mai dans le pays de Morlaix (Ouest-France)
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30 avril 2022 6 30 /04 /avril /2022 05:20

 

 

 

 

 

 

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21 février 2022 1 21 /02 /février /2022 14:12

Un très bel hommage à Alain David, l'homme au chapeau noir, notre ami et camarade décédé en mars 2021, par Anne Caradec, Christophe Ducourant, Stéphane Hébréard.

Texte : Anne Caradec Musique : Christophe Ducourant et Stéphane Hébréard Enregistré chez Thierry Jeffroy et mixé par Jacques Le Honsec

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18 septembre 2021 6 18 /09 /septembre /2021 05:50
27-28 novembre 2021: 30 ème fête de l'Humanité Bretagne avec Miossec, Agnès Bihl, La Caravane passe, Spontus: réservez votre week-end!
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18 septembre 2021 6 18 /09 /septembre /2021 05:47
Journées du Patrimoine, 18 et 19 septembre: le théâtre de la Corniche met à l'honneur le poète et parolier communard plourinois Olivier Souëstre à la Maison du peuple

Le Théâtre de la Corniche sera présent à la Maison du Peuple pour les journées du patrimoine. Il sortira de l'ombre un plourinois qui a participé à la défense de Paris au moment de la Commune et à qui l'on doit une chanson adoptée par tout les mouvements ouvriers, "la Marianne de 1883" que "l'Internationale" détrônera quand le poème de Pottier sera mis en musique.

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26 août 2021 4 26 /08 /août /2021 06:43
Fatoumata Diawara, la diva griot-pop présente à la fête de l'Huma donne le la - L'Humanité, 21 août 2021
Fatoumata Diawara, la diva griot-pop donne le la
Samedi 21 Août 2021 - L'Humanité

Chanteuse, comédienne, auteure-compositeure, la Malienne enchaîne les succès, solos ou collectifs, depuis dix ans. De sa voix grandiose, elle illuminera la grande scène de la fête de l'Humanité, le vendredi 10 septembre. Portrait.

Damon Albarn, Herbie Hancock ou M n’y ont pas résisté. En 2011, quand « Fatou » publie son premier album, l’artiste n’est pas une inconnue. Depuis une quinzaine d’années, elle est devenue un visage familier des cinéphiles. Ses rôles dans « la Genèse » (1999), de Cheick Oumar Sissoko, puis dans « Sia » (2002), de Dani Kouyaté, font de Fatoumata Diawara une actrice de premier plan sur le continent africain. Une carrière démarrée, plus jeune encore, dès 14 ans, y compris sur les planches au Mali.

C’est d’ailleurs l’art dramatique qui, quelques années plus tard, l’emmènera pour la première fois en France, au Théâtre des Bouffes du Nord, à Paris, dans une adaptation d’« Antigone » de Jean-Louis Sagot-Duvauroux, mis en scène par Sotigui Kouyaté.

Après sa participation à « Lamomali », de M, auréolé d’une victoire de la musique, elle sort son 2e album, « Fenfo »,pour lequel elle est nommée aux Grammy Awards.

Bien après l’héroïne de Sophocle, elle incarnera la sorcière Karaba dans la comédie musicale tirée du film d’animation « Kirikou et la Sorcière ». Le spectacle vivant lui permet de donner libre cours à son charisme et à son esprit indépendant. En dépit de nombreuses sollicitations et d’un succès grandissant, la carrière de Fatoumata faillit s’arrêter sous la pression familiale lui enjoignant de se marier. Une proposition de Royal de luxe lui sauvera la mise. Repérée par le directeur de la célèbre compagnie française de théâtre de rue qui la souhaite dans son nouveau spectacle, elle décide d’embarquer dans un avion, échappant à la police lancée à ses trousses par sa famille. L’aventure durera six années pendant lesquelles la jeune artiste parcourt le monde tout en approfondissant une pratique pluridisciplinaire de l’art.

« Transmuter la douleur en espoir »

Le monde du spectacle a toujours été présent dans l’intimité de Fatoumata Diawara, entre la troupe de danse de son père, où elle fait ses premiers pas, et une tante, célèbre actrice de cinéma, chez laquelle elle va vivre son adolescence. La musique ne tardera pas à l’accaparer. Une de ses premières émotions est d’ailleurs musicale. Quand elle entend « Dobe Mangan », un morceau d’Amadou et Mariam, Fatoumata a moins de 10 ans. Le chant en bambara du couple malien aveugle, emblématique de la sono mondiale, touche particulièrement la jeune fille, inconsolable depuis le décès brutal d’une sœur aînée. Puis Salif Keita, Ali Farka Touré, Francis Cabrel, Jimmy Hendrix ou The Beatles affineront sa culture musicale.

L’actrice musicienne semble avoir déjà vécu plusieurs vies. Des vies entrelacées qui ont forgé sa vision du monde.

« La musique n’est pas faite pour se plaindre, elle est faite pour chanter ses pleurs, pour transmuter la douleur en espoir. J’aime quand on se bat et qu’on se dit qu’on va s’en sortir en musique », confiait-elle à une radio publique. Remarquée par son compatriote, producteur et musicien émérite Cheick Tidiane Seck après son interprétation dans « Bintou Wéré, l’Opéra du Sahel », elle enchaîne les collaborations prestigieuses. Dee Dee Bridgewater, Oumou Sangaré, Hank Jones, Cheikh Lô, Bobby Womack, Mulatu Astatke, Roberto Fonseca, les projets collectifs AfroCubism, Africa Express, Mali Blues, Olympic Café Tour (avec la chanteuse marocaine Hindi Zahra)… Fatoumata Diawara s’impose comme la voix incontournable de l’Afrique actuelle.

Le grand public français la découvre véritablement à travers deux contributions : son interprétation, en 2014, dans « Timbuktu », le film multicésarisé d’Abderrahmane Sissako – présent également aux oscars et à Cannes –, et trois ans plus tard « Lamomali », album et spectacle de Matthieu Chedid, récompensé d’une victoire de la musique. La voici prête à s’affirmer en solo avec un deuxième album, « Fenfo » (quelque chose à dire, en bambara), pour lequel elle est nommée aux Grammy Awards. Un disque résolument moderne, à l’esthétique élargie.

Une femme de combat et d’idéaux

Femme aux exigences de son temps, Fatoumata Diawara conçoit la musique comme une partition de sa propre trajectoire. Les mélodies ancestrales wassoulou y rencontrent les courants qui ont façonné l’histoire récente de la musique. Les instruments traditionnels (kora, kamalé, n’goni) y côtoient les sonorités pop, jazz, folk, blues, reggae, funk. Et les textes de convoquer aussi bien l’amour, la famille, l’espoir que le respect des valeurs qui sont chères à leur autrice. Diawara évoque ainsi la cause des migrants, s’adresse à la jeunesse, défend la diversité. Car « Fatou » est une femme de combat et d’idéaux.

Artiste féministe mobilisée notamment contre l’excision, le mariage forcé ou l’intégrisme, elle s’élève contre tous comportements et pensées qui entravent les libertés. En réponse à la situation politique dans son pays d’origine, la musicienne rassemble, en 2012, une quarantaine de compatriotes pour enregistrer le morceau « Mali Ko ». Également compositrice de ses morceaux, Fatoumata Diawara se révèle aussi en bête de scène, rayonnante et irradiante, la guitare électrique en bandoulière et l’énergie communicative.

À bientôt 40 ans, l’actrice musicienne semble avoir déjà vécu plusieurs vies. Des vies entrelacées qui ont forgé sa vision d’artiste qui pense le monde comme une maison bâtie sur deux piliers : la solidarité et l’égalité. Des fondations communes à la Fête de l’Humanité.

Ludovic Thomas

Fatoumata Diawara, la diva griot-pop présente à la fête de l'Huma donne le la - L'Humanité, 21 août 2021
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14 juillet 2021 3 14 /07 /juillet /2021 08:02
Les premiers noms de la fête de l'Huma 2021: Souchon, Louis Chedid, IAM, TRYO...
Les premiers noms de la fête de l'Huma 2021: Souchon, Louis Chedid, IAM, TRYO...
Les premiers noms de la fête de l'Huma 2021: Souchon, Louis Chedid, IAM, TRYO...
Les premiers noms de la fête de l'Huma 2021: Souchon, Louis Chedid, IAM, TRYO...
Les premiers noms de la fête de l'Huma 2021: Souchon, Louis Chedid, IAM, TRYO...
Les premiers noms de la fête de l'Huma 2021: Souchon, Louis Chedid, IAM, TRYO...
LES PREMIERS NOMS DE LA FÊTE DE L'HUMANITÉ 2021 ! 🔥
IAM, Alain Souchon, Tryo, Soso Maness, Boulevard des Airs BDA & Louis Chedid seront avec nous les 10, 11 & 12 septembre prochains pour le grand retour de la Fête de l'Humanité ! 🎉
Prochaine annonce de programmation mercredi 21 juillet ! 😏
👉 Plus d'informations sur bit.ly/3r4FRuV
👉 Rejoindre l'évènement Facebook : bit.ly/3AX1vpp
 
Préparons une belle fête de l'Humanité 2021! - Par Patrick Le Hyaric

Les 10, 11, 12 septembre prochains, la Fête de l’Humanité vous ouvrira ses bras et ses portes au parc de La Courneuve-Le Bourget. Évidemment, nous tenons compte des incertitudes dues à la pandémie, à son évolution et aux variants du Covid-19. Les espaces et les jauges de participants seront réduits. Nous travaillons en lien étroit avec les autorités sanitaires et préfectorales afin de sécuriser les participants par la mise en place d’un important et strict dispositif sanitaire comme pour tous les événements qui se tiennent actuellement.

Nous avons d’autant plus l’ambition de tenir la Fête de l’Humanité que l’année écoulée a été marquée par des épreuves, des restrictions et par la solitude que certains ont éprouvée douloureusement. Le besoin de se retrouver, de partager des moments de joie, de rire, de danser, mais aussi de débattre, de discuter sans écrans interposés, celui d’envisager les luttes à venir, tout commande de maîtriser ensemble les conditions exceptionnelles de son organisation pour que l’esprit de la Fête l’emporte : la convivialité, le sens du partage, la franchise des échanges fraternels. Il réside dans le bonheur des découvertes artistiques et musicales, les émotions et vibrations des corps vivants et mêlés.

Tenir la Fête relève encore de la nécessité quand le pouvoir tente par tous les moyens de faire oublier le sacrifice des « premiers de corvée » qui ont maintenu le pays à bout de bras pendant les confinements, travailleuses et travailleurs essentiels, indispensables même, autant que méprisés et sous-payés. Au moment où les puissances d’argent profitent de la tétanie provoquée par la crise sanitaire pour affermir leur pouvoir, cette Fête se veut celle du réveil citoyen, du combat social et démocratique et de l’action pour construire l’alternative au système de prédation et d’exploitation des êtres humains et de la nature. La préparation de l’élection présidentielle trouvera dans les allées de la Fête des prolongements pour aider à dégager une issue de transformation sociale et écologique.

Nous y retrouverons le Village du monde, qui fera vivre la solidarité internationaliste avec les peuples en lutte pour leur dignité, malgré les restrictions qui empêcheront le déplacement de certaines délégations. L’Agora de l’Humanité, carrefour des débats sur les enjeux brûlants de l’actualité, prendra ses quartiers au cœur de la Fête, les stands militants et associatifs provoqueront la rencontre, susciteront la discussion fraternelle et mettront en partage leurs tablées. Le Forum social livrera les expériences et actions du monde syndical mobilisé contre la casse des retraites et celle de l’assurance-chômage, pour le renouveau industriel, la défense des services publics et la création d’emplois. Le Village du livre initiera quant à lui de riches débats et des rencontres fécondes avec les auteurs et éditeurs. L’espace du conseil national du Parti communiste permettra de porter des propositions nouvelles dans le cadre des échéances à venir.

Une fois encore, nous voulons vous offrir ce mélange unique de fête et de débats. De grands noms de la scène musicale française dont IAM, Alain Souchon, Boulevard des airs, Louis Chédid, Tryo, Soso Manès et d’autres dont nous dévoilerons les noms dans quelques jours viendront animer les trois scènes que nous mettrons à disposition du public. Les bons de soutien seront à votre disposition dans une dizaine de jours et pourront être défiscalisés à hauteur de 66 %, dès lors que le versement sera labellisé au fonds de dotation « l’Humanité en partage ». Fidèle à sa vocation solidaire, la Fête de l’Humanité reversera 1 euro sur chaque bon au Secours populaire français pour l’aider à financer ses actions.

Sans attendre, popularisons autour de nous, en famille, au travail, entre amis, cette nouvelle édition de la Fête de l’Humanité pour en faire le tremplin des idées nouvelles et le grand moment de fraternité dont nous avons toutes et tous tellement besoin.

Patrick Le Hyaric

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28 avril 2021 3 28 /04 /avril /2021 05:34

 

« Danser encore »…. L’Humanité vous propose une sélection non-exhaustive des reprises de la chanson d’HK, qui dévoile la diversité et l’ampleur du phénomène devenu viral en quelques mois sur les réseaux sociaux. À la fois hymne de résistance et de ralliement au monde de la culture, des dizaines et des dizaines de versions en provenance de France et d’ailleurs fleurissent sur Youtube, Facebook et d’autres plateformes.

Voici les paroles de la chanson :

Nous on veut continuer à danser encore

Voir nos pensées enlacer nos corps

Passer nos vies sur une grille d'accords Oh, non non non non non non

Nous on veut continuer à danser encore

Voir nos pensées enlacer nos corps

Passer nos vies sur une grille d'accords

 

Nous sommes des oiseaux de passage

Jamais dociles ni vraiment sages

Nous ne faisons pas allégeance

À l'aube en toutes circonstances

Nous venons briser le silence

 

 

Et quand le soir à la télé

Monsieur le bon roi a parlé

Venu annoncer la sentence

Nous faisons preuve d'irrévérence

Mais toujours avec élégance

 

 

Nous on veut continuer à danser encore

Voir nos pensées enlacer nos corps

Passer nos vies sur une grille d'accords Oh, non non non non non non

Nous on veut continuer à danser encore

Voir nos pensées enlacer nos corps

 Passer nos vies sur une grille d'accords

 

Auto-métro-boulot-conso

Auto attestation qu'on signe

Absurdité sur ordonnance

Et malheur à celui qui pense

Et malheur à celui qui danse

 

Chaque mesure autoritaire

Chaque relent sécuritaire

Voit s'envoler notre confiance

Ils font preuve de tant d'insistance

Pour confiner notre conscience

 

Nous on veut continuer à danser encore

Voir nos pensées enlacer nos corps

Passer nos vies sur une grille d'accords Oh, non non non non non non

Nous on veut continuer à danser encore

Voir nos pensées enlacer nos corps

Passer nos vies sur une grille d'accords

 

Ne soyons pas impressionnables

Par tous ces gens déraisonnables

Vendeurs de peur en abondance

Angoissants, jusqu'à l'indécence

Sachons les tenir à distance

 

 

Pour notre santé mentale Sociale et environnementale

Nos sourires, notre intelligence

Ne soyons pas sans résistance

Les instruments de leur démence

 

Nous on veut continuer à danser encore

Voir nos pensées enlacer nos corps

Passer nos vies sur une grille d'accords Oh, non non non non non non

Nous on veut continuer à danser encore

Voir nos pensées enlacer nos corps

Passer nos vies sur une grille d'accords

L’Humanité était en direct avec le chanteur HK, place de la République à Paris, pour une interview et quelques chansons en live, dont le titre devenu viral sur les réseaux sociaux « Danser Encore ». Pour l'accompagner, Fabien, guitariste, et le groupe Les Petites Mains, qui ont interprété toutes les chansons en "chansigne". Solidaire avec les travailleurs du secteur culturel et tous les précaires, le chanteur s’y exprime sur la reforme de l’assurance chômage. Il rejoindra vendredi 23 avril le cortège au départ de la place d’Italie, 14 heures.

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1 décembre 2020 2 01 /12 /décembre /2020 19:59
Anne Sylvestre nous quitte. Nous sommes envahis de tristesse: Hommages de Pierre Dharréville et de L'Humanité (Jean-Pierre Léonardini)
Anne Sylvestre nous quitte quelques semaines après Juliette Gréco et nous voici une fois de plus envahis de tristesse.
Écrivant ses propres chansons avec talent et sensibilité, elle a investi des thèmes laissés dans l'ombre, posant le féminisme en textes et en chansons, affrontant les préjugés et la bêtise. A la manière de Prévert,
elle sût chanter l'enfance sans jamais infantiliser les minots. Elle fût aussi parmi les premières indépendantes du disque, mettant son travail à l'abri des pressions d'un marché peu soucieux de sa singularité.
 
Anne Sylvestre nous laisse une œuvre monumentale par son volume et la profondeur du propos. Elle était devenue une conscience, un abri pour une génération de jeunes chanteurs et chanteuses auxquels elle prodiguait conseils et affection. Puissent sa hauteur de vue et son impertinence irriguer pour longtemps notre chanson francophone.
 
Pierre Dharréville, Responsable de la commission Culture au PCF, député des Bouches-du-Rhône,
 
Paris, le 1er décembre 2020.
Disparition. Anne Sylvestre, la belle vie et la mort d’une sorcière pas comme les autres
Mercredi 2 Décembre 2020 - L'Humanité

Anne Sylvestre écrivait les paroles et la musique qu’elle interprétait à sa façon, si personnelle. Elle quitte la scène du monde à 86 ans, laissant à sa suite une tresse de chansons mémorables, déjà fêtées et classiques de son vivant.

 

Anne Sylvestre s’est éteinte le 30 novembre à Paris, à l’âge de 86 ans, des suites d’un AVC. Étincelante carrière (elle fêtait ça il y a deux ans, après une ultime tournée et un triple CD, Florilège : 60 ans de chanson, déjà !), entamée en 1950 à la rude école des cabarets successifs où elle côtoyait Barbara, Brassens, Moustaki… Il y eut la Colombe, le Cheval d’or à la Contrescarpe, le Port du salut, Chez Moineau, les Trois Baudets. Riche époque où des textes à vocation poétique participaient à la reconstruction morale du pays dans des lieux clos enfumés, hantés par des publics fervents. En 1962, à Bobino, elle passe en première partie du chanteur de charme Jean-Claude Pascal puis, à l’Olympia, elle précède Bécaud en scène. Brassens, sur la pochette du deuxième 25 cm d’Anne Sylvestre, écrit : « On commence à s’apercevoir qu’avant sa venue dans la chanson, il nous manquait quelque chose et quelque chose d’important. » La voilà adoubée à juste titre. Ne l’a-t-on pas souvent qualifiée de « Brassens en jupons » ? En octobre 1963, c’est la sortie d’un 45 tours avec ses premières Fabulettes, ces bijoux de paroles à destination de l’enfance, qu’elle sèmera tout au long de son existence et qui ouvriront de jeunes cœurs, jusqu’à aujourd’hui, de mère en fils et en fille. Entre 1963 et 1967, elle est couronnée à quatre reprises par le grand prix international du disque de l’académie Charles-Cros. En 1968, elle quitte la maison Philips pour confier ses intérêts à Gérard Meys, avant de fonder, après un énorme succès au Théâtre des Capucines, sa propre maison de disques, simplement baptisée Sylvestre, distribuée par Barclay. Son premier album sous ce label personnel sera, en 1973, les Pierres de mon jardin. Un an plus tard, de Marie Chaix, sœur d’Anne Sylvestre, sort un livre, les Lauriers du lac de Constance, qui fait la lumière sur le passé de leur père, Albert Beugras, qui fut le bras droit de Philippe Doriot, fondateur du Parti populaire français (PPF), plus que compromis dans la collaboration. D’Anne, ce passé fut une blessure secrète, effleurée dans une ou deux chansons.

Une guitare qui la protégeait de sa timidité maladive

En 1969, elle avait enregistré, avec Boby Lapointe, un titre d’anthologie, Depuis l’temps que j’l’attends mon prince charmant. Entre 1975 et 1978, elle sort cinq albums et chante pour la première fois avec des musiciens, sans la guitare qui protégeait sa timidité native, laquelle participe de son charme. Son premier enregistrement public s’effectue à l’Olympia, en 1986 (lire ci-contre).

L’année suivante, partageant l’affiche avec la chanteuse québécoise Pauline Julien, Anne goûtait au théâtre avec la création de Gémeaux croisées, dans une mise en scène de Viviane Théophilidès. Ce spectacle connut une longue tournée en France, en Belgique, au Québec.

En 1989, ayant écrit paroles et musique des chansons, elle tenait le rôle-titre de cette pièce que j’avais écrite, la Ballade de Calamity Jane, mise en scène par Viviane Théophilidès. C’était joué au Bataclan, salle mythique où le petit-fils d’Anne, Baptiste Chevreau, perdit la vie à 24 ans, lors du massacre du 13 novembre 2015. Autre blessure.

La collaboration théâtrale avec Viviane Théophilidès s’est poursuivie avec – à destination du jeune public – Lala et le cirque du vent (texte et musique d’Anne), avec la chanteuse Michèle Bernard, sa « sœur de scène ». Ce fut ensuite la Fontaine-Sylvestre, où Anne et Viviane revisitaient de concert l’univers enchanteur du grand fabuliste. Entre 1990 et 1992, escortée au piano par Philippe Davenet, Anne partait en tournée avec son Détour de chant. Le musicien François Rauber, arrangeur émérite, fut fidèle à Anne jusqu’à sa mort en 2003, l’année où elle publiait l’album Partage des eaux, suivi, en 2007, d’un autre intitulé Bye mélanco. Plusieurs écoles portent son nom. Ses titres sont désormais classiques, depuis la Faute à Ève jusqu’à Gay, marions-nous et Non, tu n’as pas de nom, en passant par Une sorcière comme les autres, les Amis d’autrefois, tant d’autres. Anne était déjà infiniment populaire et noble, soit un classique de la poésie chantée.

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26 septembre 2020 6 26 /09 /septembre /2020 05:47
Juliette Gréco, au revoir et merci... L'hommage du PCF et de L'Humanité
Juliette Gréco, au revoir et merci... L'hommage du PCF et de L'Humanité
Juliette Greco : « Nous saluons avec respect et émotion cette grande amie des communistes » (Fabien Roussel et Pierre Dharréville - PCF)

Nous apprenons avec une grande tristesse la disparition de Juliette Gréco, au terme d’une vie extraordinaire.

Au sortir de la seconde guerre mondiale, jeune résistante déjà rompue au combat pour la liberté, nourrie d’un insatiable désir de vivre et riche de valeurs progressistes, Juliette Gréco emprunte le chemin d’une vie libre. L’intrépide jeune femme se jette dans le Paris des arts, y fait les plus belles rencontres et s’y construit les plus solides amitiés sans jamais se départir de son estime du monde ouvrier et de ses combats. Etoile scintillante au cinéma, égérie des poètes et des musiciens, elle affirme avec Jacques Prévert : « Je suis comme je suis », imposant une figure féminine nouvelle, grandie dans le sillage de Simone de Beauvoir. Elle ne s’en départira jamais.

Devenue l’interprète des poètes les plus illustres, servie au fil d’une carrière d’une exceptionnelle longévité par des mélodistes hors pair et d’une étonnante variété, elle nous laisse un extraordinaire bouquet de chansons qui n’appartiennent qu’à elle et sont notre bien commun. Elles ont nourri une grande part de notre imaginaire collectif. Nous saluons avec respect et émotion cette grande amie des communistes et des utopistes d’un monde meilleur, cette grande voix universellement reconnue de notre culture, cette femme sensible qui savait si bien donner la force d’aller de l’avant.

Hommage. Juliette Gréco, au revoir et merci…
Vendredi 25 Septembre 2020 - L'Humanité

Icône de Saint-Germain-des-Prés, elle a mis la poésie à portée de nos vies. Juliette Gréco est morte. Il nous reste ses chansons, à vivre et à aimer.

 

Elle a eu une vie « magique, complètement dingue », confiait-elle avec ce sourire coquin et mutin, regard noir pétillant ourlé de longs cils soyeux. Juliette Gréco est morte, dans sa maison de Ramatuelle, entourée des siens. Doucement.

Toute sa vie n’a été que « ferveur, refus, amour, combat ». Juliette Gréco était folle. Folle d’amour, folle de vivre, folle de danser jusqu’au bout de la nuit dans les caves de Saint-Germain. Follement éprise de liberté aussi, cette liberté qui vous donne la force, le courage, l’audace de braver les interdits, les tabous. Juliette Gréco était l’incandescence incarnée, longue silhouette noire, cheveux en cascade. Face public dans un simple halo de lumière, il émane d’elle une sensualité dont elle se démarque par un port altier qui contraste avec sa voix, grave, profonde, puissante. Un jeu de scène, sobre, austère. Corps immobile, seules les mains bougent, papillonnent, dessinant des arabesques qui attrapent au vol les mots. Regard droit, fixe, perdu au loin, rattrapé par un sourire espiègle, ironique.

Sulfureuse malgré elle, Gréco sait pertinemment la charge érotique qu’elle dégage. Mais elle reste seule maître à bord de son corps. « Elle vit comme elle veut, elle aime qui elle veut », nous confie Bertrand Dicale (lire son entretien ci-après). Elle aime Miles Davis. Miles Davis l’aime. Passionnément. Ils ont à peine 20 ans. Ils sont prêts à se marier. Mais aux États-Unis le mariage entre un homme noir et une femme blanche est interdit. Miles repart. Elle reste à Paris. Ils s’aimeront de loin en loin, à mille lieues des préjugés racistes, des regards obliques de quelques passants mal intentionnés. Juliette les ignore. Avec superbe. « Je ne m’étais pas rendu compte qu’il était noir, se souvenait-elle. Ce n’est qu’aux États-Unis que je me suis rendu compte à quel point il était noir. »

Le tourbillon de la vie l’emporte. Elle se rêvait danseuse, elle sera chanteuse. Elle chante les poètes qui écrivent pour elle. Des chansons sur mesure, de la haute couture, mots dentelés, ciselés, métaphores brodées de perles sur des textes de mousseline qui déroulent des sens cachés qu’elle devine, intuitivement. Les mots l’habillent quand elle murmure Déshabillez-moi. Elle donne de la force aux femmes, le pouvoir d’être libres, libres de leurs désirs. Si tu t’imagines… complicité féminine, elle retourne les arguments très mâles, hey, fillette, n’attends pas, fonce, te goures. Les femmes comprennent. Elle est elle-même cette fillette que les rides du temps n’épargneront pas, mais elle se fiche du temps, les hommes n’ont qu’à bien se tenir.

Mais sa vie ne se résume pas à la chanson. Elle tourne dans quelques films, notamment avec John Huston et Richard Fleischer (lire ci-après), tous deux produits par Darryl F. Zanuck, avec qui elle entretiendra une relation amoureuse pas de tout repos. En 1965, elle est Belphégor, le fantôme du Louvre pour la télévision française. Quatre épisodes réalisés par Claude Barma et Jacques Armand qui convoquent la France entière devant le petit écran. Les enfants sont terrorisés, les téléspectateurs adorent frissonner. Gréco, tout de noir vêtue, erre dans les couloirs du musée, un masque spectral sur le visage. Tout est mystère, fantastique. Bien des années plus tard, on demandera encore aux gardiens du musée où se cache Belphégor…

Officiellement, Juliette Gréco naît le 7 février 1927 à Montpellier. Enfance chaotique, cabossée, entre un père absent et une mère fuyante qui ne l’aimait pas. Elle a 16 ans quand sa mère, résistante, est arrêtée en 1943. Juliette et sa sœur échapperont aux griffes de la Gestapo mais le répit sera de courte durée. Elles sont arrêtées cinq jours plus tard. Prisonnières à Fresnes, torturées. Juliette sera libérée en raison de son jeune âge. Sa mère et sa sœur seront déportées à Ravensbrück. Elle les reverra très vite à leur libération, en avril 1945.

Juliette Gréco a appris la vie au débotté, seule dans un Paris occupé avec pour seul bagage un ticket de métro. Elle se réfugie chez Hélène Duc, la seule personne qu’elle connaissait, à Saint-Germain-des-Prés. Elle renaît à la vie. Deuxième naissance. Juliette est sans le sou, s’habille avec ce qu’elle trouve, des vêtements masculins, des godillots à grosses semelles. Elle fête la Libération sous des allures de mauvais garçon, prend des cours de théâtre et, déjà, dans les sous-sols enfumés des caves de Saint-Germain-des-Prés, elle danse jusqu’au petit matin sur des airs de jazz avec Boris Vian, Miles Davis et tous les jazzmen américains qui passent par là. Le jour, aux terrasses du Café de Flore, elle devise avec Sartre et Beauvoir. On lui parle d’existentialisme. Elle ne sait pas très bien ce que cela veut dire mais, si cela veut dire vivre, elle acquiesce. Elle est jeune, jolie, étrange, fascinante, agaçante. Elle prend tout de la vie qui s’offre à elle, l’amour, la musique, la poésie, la philosophie, la politique. Elle écoute les intellectuels avec la même intensité que les poètes. Elle devient la muse de Saint-Germain-des-Prés.

En 1950, elle compte à son répertoire Rue des Blancs-Manteaux, spécialement composée pour elle par Sartre sur une musique de Joseph Kosma. Suivront une cascade de chansons comme autant de perles qui marqueront à jamais son répertoire : Si tu t’imagines (Queneau/Kosma) ; la Fourmi (Desnos/Kosma) ; Je suis comme je suis (Prévert/Kosma) ; les Feuilles mortes (Prévert/Kosma) ; Sous le ciel de Paris (Jean Dréjac/Hubert Giraud) ; Je hais les dimanches (Aznavour/Florence Véran). Elle se produit dans les cabarets de la rive gauche, chacune de ses chansons faisant l’objet d’un enregistrement 78 tours puis de 33 tours.

1961, elle enregistre Jolie môme. La liste des auteurs de cet album est impressionnante : Léo Ferré, Jacques Brel, Guy Béart, Georges Brassens, Bernard Dimey, Robert Nyel… Gainsbourg, fasciné par le mystère qui émanait de Gréco, vaincra sa timidité et osera lui proposer la Javanaise. Puis Accordéon. Le piano à bretelles du pauvre. Juliette a toujours été accompagnée d’un accordéoniste, d’un pianiste. Gérard Jouannest. Le pianiste de Brel. Ils se rencontrent à la fin des années 1960. Ils vont travailler côte à côte, se marieront en… 1988 et vivront trente ans ensemble, jusqu’à la disparition de Jouannest. Mais revenons à ces années-là, Juliette est alors mariée avec Michel Piccoli et ces deux-là s’aiment passionnément. Ils sont partout ensemble, conjuguant amour et vies professionnelles. Jusqu’à leur séparation en 1977. Ils incarnent ces artistes « engagés », comme on disait alors sans honte, bien au contraire. Il y avait eu Sartre et Beauvoir. Il y aura Gréco et Piccoli, mais aussi Signoret et Montand.

Gréco et Piccoli sont emblématiques du vent nouveau qui souffle dans le paysage politique. Le Programme commun réunit la gauche, le peuple de gauche, des ouvriers de Billancourt aux artistes, des intellectuels aux paysans. Après 68, l’espoir d’un autre possible est là, à portée de main. On les croise à des meetings, Juliette se produit dans les Fêtes de l’Huma à La Courneuve, bien sûr, mais aussi en province. Même si elle ne fait jamais de grandes déclarations, sa seule présence donne du baume au cœur. Combien de tours de Fêtes de l’Huma au compteur ? Un certain nombre. Jusqu’à sa dernière, en 2015.

Son répertoire a évolué. Elle chante désormais des chansons de Benjamin Biolay ou d’Abd Al Malik. Mais aussi tous ses classiques. Sur la Grande Scène de la Fête, celle qui sera désormais celle de ses adieux, elle est cette fillette mutine, coquine et grave. Dans sa loge, après son récital, elle se confie à notre confrère Victor Hache. « La Fête, c’est un moment formidable de ma vie. Il y a cette rencontre humaine, faite de tendresse, d’amour et d’humour. » Les yeux scintillant de larmes, elle évoque le Temps des cerises, qu’elle chante « par tous les temps, partout dans le monde. C’est une belle chanson, les gens en connaissent le sens. Mais elle signifie plus que ça. Elle dit nous sommes ensemble, nous sommes du même sang, de la même bataille, pour l’amour de l’autre ». La caméra survole le public de la Fête. Il n’a d’yeux que pour elle, un chœur de 100 000 voix fredonnant, tout bas, le refrain. L’émotion est là, palpable. Sa frêle silhouette défie la pluie et le vent. « La chanson, c’est mon amant, mon amour, ma passion. La possibilité miraculeuse de contact avec les autres. Je ne dirai jamais assez merci à tous ceux qui m’ont rendu la vie miraculeuse. » C’est nous toutes et tous, Madame Gréco, qui vous disons Merci…

Juliette Gréco, au revoir et merci... L'hommage du PCF et de L'Humanité
« Je préfère partir debout avant d’y être obligée »
Vendredi 25 Septembre 2020
À l’occasion de son dernier tour de chant, Merci, et de son passage à la Fête de l’Humanité 2015, Juliette Gréco avait accordé à l’Humanité dimanche un entretien dont nous publions ici de larges extraits.
 

Elle a chanté Brel et Gainsbourg. Son Déshabillez-moi ne l’empêche pas d’être pudique. Rencontre avec un mythe vivant de la chanson française.

Pourquoi avoir entamé votre tournée d’adieux intitulée Merci ?

Juliette Gréco Ce n’est pas « adieu », c’est « merci ». Merci pour tout ce que vous m’avez donné, pour avoir fait de ma vie un rêve éveillé, des années de magie. Je vous ai donné tout ce que j’ai pu, mais j’ai reçu beaucoup.

Quel rapport entretenez-vous avec la scène ?

Juliette Gréco C’est ma patrie. Dans le monde entier, la scène est mon pays.

Et pourtant, vous la quittez…

Juliette Gréco Il ne faut pas aller trop loin. Il vaut mieux partir avant d’avoir à partir. Il ne faut pas insister trop longtemps. Je fais ce métier depuis soixante-cinq ans. C’est déjà une longue vie. Ma tête, mon cœur, ma pensée, mon cerveau fonctionnent très bien. Mais j’ai un corps. Il ne faut pas qu’il faiblisse. Je préfère partir debout avant d’y être obligée.

Quels souvenirs conservez-vous de la Fête de l’Huma ?

Juliette Gréco J’ai rencontré beaucoup d’amis, comme Roland Leroy, Georges Marchais ou Aragon, mais aussi plein de gens anonymes et inconnus qui venaient vers moi avec affection, tendresse et amitié.

Adaptez-vous votre tour de chant au public de la Fête ?

Juliette Gréco Je chante dans le monde entier les mêmes choses pour des gens de culture, de religion et de couleur différente. Pourquoi je chanterais une chose au Châtelet et une autre à la Fête de l’Huma ? Ce serait irrespectueux.

Comment envisagez-vous votre avenir ?

Juliette Gréco Je ne l’envisage pas du tout. Quand je m’y surprends, la nuit quand je ne dors pas, la douleur est grande. Y penser me torture et me fait mal. Y penser est insupportable. Donc, je ne veux pas le savoir. Je laisse la vie et le temps faire. Je verrai dans quel état je suis dans un an et demi (à la fin de Merci – NDLR). J’ai 88 ans. Je n’ai jamais fait de projets d’avenir. J’ai toujours compté sur la vie et sur les autres. Je n’ai jamais cru à demain. Le matin, je suis toujours surprise d’être là.

Cela permet-il de vivre plus sereinement ?

Juliette Gréco Plus fort, avec plus d’enthousiasme. Un jour de plus est une heureuse surprise, un bonheur qui m’est offert. La vie est une chose belle mais je n’ai pas de projets. Je ne me dis pas : « Ah, quand je serai grande… » ou « quand je serai vieille »… C’est pour manger tout de suite !

Ces 65 ans de carrière ne vous aident-ils pas à relativiser ?

Juliette Gréco Chaque chose, chaque instant de la vie est important. Chaque chanson est un combat. C’est comme un enfant. Il faut l’amener devant les gens. Il faut qu’ils l’acceptent, faire en sorte qu’ils l’aiment. J’ai eu beaucoup de chansons interdites comme Maréchal nous revoilà. Cela lui a donné un certain retentissement, a rendu les gens plus curieux. Apparemment, quand c’est interdit, c’est plus amusant. Je prends les choses avec beaucoup de calme. Les refus qu’on m’a infligés ont été constructifs. Le succès est une chose magnifique et l’échec aide parfois.

Il aide en quoi ?

Juliette Gréco À faire avancer les choses, à essayer de mieux faire, à comprendre les raisons de cet échec. Le succès est la récompense de tout, c’est le paradis. L’échec est une leçon.

Y a-t-il toujours une explication rationnelle ?

Juliette Gréco Non. Pas toujours. Des chanteuses et des chanteurs magnifiques n’ont pas de succès. Pourquoi ? C’est une chose qui fait que l’humilité m’est familière. Catherine Sauvage, une magnifique chanteuse, n’a pas du tout eu la place qu’elle méritait. Pourquoi ? Pourquoi moi ? Je ne m’explique toujours pas pourquoi on m’a donné tout cela, pourquoi j’ai eu cette formidable vie, pourquoi je suis arrivée là où je suis. C’est-à-dire à une place étrange et bizarre. Cette question me revient souvent. Mais je suis très heureuse que cela me soit arrivé sans vraiment comprendre pourquoi à moi et pas à d’autres. Le choix du public est une chose étrange. Il aime, il adore et il jette. Ce métier est très cruel. Et magique.

Vous donnez l’impression d’être toujours accompagnée par ces artistes connus dans le passé…

Juliette Gréco Je pense à eux tout le temps. J’ai un coffre-fort avec tous ceux que j’aime. Brel et Gainsbourg ne sont pas morts pour moi. Il y a des gens qui ne meurent pas. Je ne vais pas aux enterrements parce que je ne veux pas avoir de certitudes. Je sais que c’est très chic d’y aller mais cela ne m’amuse pas du tout. Je préfère les garder vivants. Continuer à les chanter veut dire qu’ils sont toujours là. Il y a deux morts. La mort clinique et l’oubli. C’est quand on oublie les gens qu’ils sont morts.

HD. Pourquoi avez-vous écrit si peu de chansons ?

Juliette Gréco J’ai écrit quatre chansons que je ne chante pas à cause de ces magnifiques auteurs que j’ai. Ils me donnent des complexes d’infériorité. Et cela me gêne. J’y trouve quelque chose d’indécent.

Qu’entendez-vous par indécent ?

Juliette Gréco Je me mets un peu à nu en me chantant. Je suis bizarrement pudique. Le corps est une chose mystérieuse et doit le rester. Quand je vois dans la rue des filles qui ont des jupes au ras du bonheur, je trouve cela dommage. D’autant que ce ne sont pas toujours les plus belles. C’est un beau spectacle mais je préfère la découverte. Le texte et la musique sont importants, et ce n’est pas avec mon corps que je vais vendre ça.

Que vous inspire le monde actuel ?

Juliette Gréco  e suis assez contente d’avoir mon âge et de mourir bientôt. L’avenir me fait peur. Je me suis toujours dit : « On va se battre, l’intelligence va gagner. » J’ai en général un amour profond pour la race humaine. Là, j’ai peur. Nous sommes revenus à la barbarie ordinaire. On marche à reculons à toute pompe. Je suis bouleversée et inquiète. Autrefois, quand je voyais une femme enceinte, je souriais. Aujourd’hui, je m’inquiète. Chaque jour m’apporte quelque chose de beau, mais que va-t-il se passer ? Où va-t-on ? On va vers le refus des femmes, le racisme ordinaire. On avait fait des progrès, maintenant, c’est fini. On redevient totalement barbares. Ce qui se passe est grave. Il faut un peu se réveiller. Je vois mal cet avenir de peur des autres. Quand j’avais 30 ou 40 ans, il n’y avait pas de clé sur ma porte. C’était sans problème. Maintenant, on ferme et on a des alarmes.

Juliette Greco et Miles Davis

Juliette Greco et Miles Davis

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