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13 mars 2019 3 13 /03 /mars /2019 06:52

80 personnes pour le café-citoyen avec Patrick Le Hyaric, Glenn Le Saoût, Cindérella Bernard à Roscoff ce samedi 2 mars sur l'Europe et les Conséquences du Brexit au bar restaurant C'est Ici! sur le port du Bloscon

Très beau café-citoyen sur l'Europe et les enjeux et conséquences du Brexit hier à Roscoff, au bar-restaurant, C'est ici! , qui nous a reçu très chaleureusement avec son propriétaire Vincent et ses employés, avec 80 personnes présentes pour échanger avec Patrick Le Hyaric, Glenn le Saout , Cindérella Bernard candidats du PCF aux élections Européennes du 26 mai prochain. L'échange a été extrêmement riche. Patrick Le Hyaric passionnant et très percutant sur les fondements de cette Europe du capital et de la mise en concurrence de tous contre tous et la nécessité d'en révolutionner les bases!

Auparavant, Patrick Le Hyaric, Glenn Le Saout et Ismaël Dupont avaient rencontré Eddy Pierres, co-fondateur de Wart et de Panoramas, pour évoquer la problématique des Festivals face aux nouvelles normes réglementaires sécurité et son, et aux surcoûts que ça engendre.  

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13 mars 2019 3 13 /03 /mars /2019 06:47
Privatisation. Aéroports de Paris, les dangers d’une cession en eaux troubles
Mardi, 12 Mars, 2019

La loi Pacte, qui revient demain à l’Assemblée nationale, organise la braderie d’Aéroports de Paris (ADP). La rentabilité à court terme semble être la seule priorité du gouvernement au détriment du maintien du service public, mais aussi de la sécurité.

La loi Pacte passera ce mercredi en deuxième lecture à l’Assemblée, après avoir été retoquée au Sénat à cause d’un article en particulier : la privatisation d’ADP. Malgré l’opposition franche de nombreux élus, elle pourrait être définitivement adoptée avec tous les risques se profilant pour les salariés, les usagers comme pour l’État.

1 Un manque à gagner important

Si le gouvernement ne cesse de mettre en avant le pactole de 8 milliards d’euros que la cession de ses parts dans Aéroports de Paris lui procurerait, c’est bien la puissance publique qui risque de finir en dindon de la farce. En cas de privatisation, l’État, actionnaire à hauteur de 50,6 % d’ADP, se priverait de recettes substantielles. Les aéroports parisiens, deuxième groupe aéroportuaire européen derrière British Airports en nombre de passagers, ont réalisé en 2018 un bénéfice de 610 millions d’euros, soit une hausse de 6,9 % par rapport à l’année précédente. « ADP est en plein développement. Premier exploitant mondial d’aéroports, l’entreprise accueillera près de 120 millions de visiteurs à l’horizon 2022 en France, le cours de son action a crû de 160 % en cinq ans, son taux de 7 % de profit lui permet de générer pour l’État 175 millions d’euros de dividendes, en constante progression », soulignaient 250 élus socialistes et apparentés dans une tribune parue dans le Parisien, dimanche. Au-delà de ce manque à gagner, la puissance publique devra en plus indemniser les actionnaires minoritaires à hauteur de 1 milliard d’euros.

2 Une sécurité mise en péril

Première frontière du pays, les aéroports parisiens craignent pour le maintien de leur niveau de sûreté avec la mainmise d’un concessionnaire privé. Sur place, quatre polices, celles de l’air et des frontières, des transports, la police aéroportuaire ou encore la douane, assurent ces différentes missions. Comme l’explique Daniel Bertone, secrétaire de la CGT Aéroports de Paris (ADP), « l’État a un rôle de coordination. S’il n’est plus actionnaire, ça pourrait augmenter les délais de décision et affaiblir la synergie. Les exigences en matière de sécurité ne seront plus les mêmes avec une entreprise privée qu’avec un service public. Comme il n’y avait pas assez d’agents de contrôle aux frontières, ADP a financé récemment des portiques. Je ne vois pas une société privée faire ça ». Aujourd’hui, le pouvoir de police de sûreté des usagers et des passagers est déjà sous-traité. Les contrats, renouvelés tous les trois ans, sont contrôlés par ADP, mais ensuite ? « À chaque fois, leurs acquis sociaux sont remis en cause. Avec l’obligation de rentabilité rapide liée à la privatisation, ça ne risque pas de s’arranger ! Nous sommes aussi au-dessus de la réglementation pour certaines procédures de contrôle, pas sûr que cela dure… » conclut le syndicaliste.

3 La désastreuse privatisation de Toulouse-Blagnac

Dans un rapport de l’an dernier, la Cour des comptes avait critiqué le processus de privatisation de l’aéroport de Toulouse-Blagnac (SATB), lancé en 2014 alors qu’Emmanuel Macron était à Bercy. Des actionnaires de Casil Europe, holding créée par un groupe chinois et un fonds d’investissement hongkongais, avaient alors racheté à l’État 49,9 % du capital. Les sages de la rue Cambon pointent de nombreux écueils : « Un manque d’expérience en matière de gestion aéroportuaire », « un acquéreur dont le profil soulève des inquiétudes » et « un manque de transparence financière ». Moins de quatre ans plus tard, les actionnaires chinois de Toulouse-Blagnac ont cédé leur participation, avec au bout une plus-value alléchante, dont le montant n’a pas été dévoilé. Vinci serait sur les rangs pour racheter à la holding Casil Europe 49,99 % du capital. De leur côté, les syndicats CGT, Solidaires et FSU ont saisi la justice pour empêcher une nouvelle vente à la découpe : « Notre objectif est de faire en sorte que la revente soit impossible et éviter qu’un fonds vautour ne prenne le contrôle de l’aéroport », a indiqué maître Lèguevaques, conseil des organisations syndicales. Une audience en référé devant le tribunal de commerce de Paris est prévue ce mercredi.

4 un énorme propriétaire foncier

Contrairement aux aéroports régionaux administrés par le privé, ADP est propriétaire de terrains d’une superficie totale de 6 686 hectares. C’est le premier propriétaire terrien au nord et au sud de Paris. Outre les espaces dévolus aux activités aéronautiques, ADP possède 1 125 000 m2 de surface utile commercialisable, qui comprend notamment le complexe immobilier Roissypôle, des immeubles de bureaux et des hôtels. Bref, celui qui décrochera la mise aura bien plus dans sa besace que la simple gestion des trois aéroports franciliens. « On fait partie de ces communes riveraines de l’aéroport de Roissy et ADP est propriétaire de foncier aménagé et vierge sur notre territoire, cela nous pose de vraies questions d’aménagement, explique Charlotte Blandiot-Faride, maire PCF de Mitry-Mory. Alors que la construction d’un nouveau terminal est en discussion, il est important pour nous que l’État garde son droit de regard et de maîtrise. Certes, Roissy est un pôle dynamique, mais pour les riverains, cela pose déjà de vrais problèmes de sécurité, de qualité de l’air et de circulation. »

Pierric Marissal, Loan Nguyen, Cécile Rousseau et Lola Ruscio
Un cadeau mirobolant au privé

Trois consortiums, jusqu’à maintenant, ont fait part de leur intérêt pour les aéroports parisiens, dont l’un porté par le géant Vinci, qui exploite déjà une quarantaine d’aéroports dans le monde. Les conditions sont particulièrement alléchantes. La durée de concession, fixée à 70 ans, revient à laisser la mainmise à un groupe privé de manière quasi permanente et, pour l’État, à se priver de la possibilité de reprendre le contrôle en cas de dysfonctionnement ou de changement d’orientation politique à la tête de l’exécutif.

Privatisation: Aéroports de Paris, les dangers d'une cession en eaux troubles (L'Humanité, 12 mars 2019)
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13 mars 2019 3 13 /03 /mars /2019 06:43
Pour le Défenseur des droits, le recul des services publics «sape la cohésion sociale»
Par

Entre privatisation, décentralisation, dématérialisation et réductions budgétaires, le rapport d’activité annuel du Défenseur des droits dénonce les effets néfastes de « l’évanescence croissante des services publics sur les personnes pour lesquelles ils constituent souvent le principal recours ».

Le Défenseur des droits Jacques Toubon dresse, dans son rapport d’activité 2018 publié mardi 12 mars, un tableau sombre des services publics français, de plus en plus réduits, éloignés des citoyens, complexes et difficiles d’accès.

Avec 55 785 plaintes, un chiffre en hausse de 10,3 % sur un an, les « relations avec les services publics » représentent plus de la moitié des quelque 100 000 saisies du Défenseur des droits. « Ces réclamations font du Défenseur des droits un lieu d’observation privilégié des difficultés rencontrées par les usagères et usagers des services publics et des atteintes portées à leurs droits fondamentaux, mais aussi, à travers elles, des inégalités et des maux de la société dont elle est le reflet », explique le rapport.

Ces maux ne datent pas d’hier et « renvoient souvent à des problèmes plus profonds, d’ordre systémique. Ils constituent les “signaux faibles” émis par la société française, souvent “invisibles” des responsables politiques et administratifs nationaux, faute d’être appréhendés de manière globale ». La réduction du périmètre des services publics, les réductions budgétaires d’un côté et la progression de la pauvreté et de l’exclusion de l’autre ont des effets dévastateurs sur la cohésion sociale. Résultat, « en 2018, le Défenseur des droits a constaté, une fois encore, (…) les effets néfastes de l’évanescence croissante des services publics sur les personnes pour lesquelles ils constituent souvent le principal recours ».

Cette évanescence est tout d’abord le fruit d’une réduction du « périmètre des services publics » par « la privatisation des services organisés en réseau, tels que la poste, les télécommunications, l’eau, le gaz, l’électricité, les services urbains ou les transports publics ».

Parallèlement à cette privatisation, l’État s’est également déchargé de ses obligations en déléguant « certains services publics, en particulier dans le domaine de l’action sociale et de l’aide à domicile des personnes en perte d’autonomie » à « des associations à but non lucratif de plus en plus mises en concurrence avec des sociétés privées dans le cadre de procédures d’appel d’offres où les critères financiers s’avèrent prédominants ».

Les services publics restant sous le giron de l’État ont quant à eux été « confrontés à une restriction de leurs moyens budgétaires, y compris dans le domaine social, couplée à une transformation de leurs modes d’intervention appelés à être plus efficients ».

Affaiblis par la réduction de leur périmètre et de leurs budgets, les services publics ont cependant dû faire face « au développement des inégalités, de l’exclusion de la pauvreté », explique le rapport. « Les personnes “exclues” sont apparues massivement dans les services publics : non seulement aux guichets des services sociaux et des organismes de logement, mais également dans les services de santé, d’éducation, dans la justice, etc., tous sont confrontés à la multiplication de situations d’urgence. »

Et beaucoup d’administrations n’ont pas les moyens de faire face à l’afflux de demandes. « Confrontés à l’essor de la pauvreté, les services publics, en particulier sociaux, ont tenté de faire face à l’afflux des demandes en développant le traitement de masse de dossiers, explique le rapport. La standardisation des modes de traitement des demandes de prestation d’allocations ou de pensions, alliée au souci de performance des différents opérateurs évalués à partir d’objectifs quantifiables et statistiques, fait obstacle au traitement individualisé des dossiers. Or les situations individuelles des personnes les plus précaires, qui constituent des cas d’urgence majeurs, sont souvent complexes. »

Le rapport cite particulièrement l’exemple « des réformes successives des régimes de retraite mises en œuvre à partir de 1993. Les évolutions législatives se sont enchaînées à un rythme soutenu. Elles ont systématiquement entraîné une augmentation du nombre de départs à la retraite et des demandes de pension que de nombreux organismes n’ont pas été en mesure de gérer dans des délais raisonnables (…). Des personnes assurées sont ainsi restées dans l’attente de la liquidation effective de leur avantage vieillesse plusieurs mois après leur cessation d’activité, ce qui, pour celles à revenus modestes, a pu poser des difficultés insurmontables ».

Le rapport du Défenseur des droits s’inquiète également d’une « répartition géographique des services publics décorrélée des besoins des usagers ». « Derrière la logique budgétaire et le souci de rationalisation qui conduisent à la fermeture de guichets de services publics dont dépend l’accès aux droits des personnes les plus précaires, se profilent de nombreuses situations individuelles », prévient-il.

Le Défenseur des droits s’inquiète notamment du projet de loi de programmation 2018-2022 et de réforme pour la justice qui prévoit « la suppression des tribunaux d’instance » qui « poserait des difficultés d’accès au juge, en particulier, pour les populations les plus vulnérables. Ces tribunaux traitent des litiges du quotidien et notamment des matières touchant les personnes les plus fragiles (mesures de protection, surendettement, baux d’habitation, crédits à la consommation…) ».

Le rapport s’inquiète également du développement des « “déserts médicaux” dont les effets sur le droit fondamental à la santé sont indéniables ». Le Défenseur des droits a été saisi de « témoignages, des “appels à l’aide” qui émanent d’usagères et d’usagers ne parvenant pas à trouver un nouveau médecin traitant, un ou une spécialiste, un infirmier ou une infirmière à domicile ».

La réduction des services publics, leur éloignement, leur complexité et leur dématérialisation contribuent à un sentiment d’abandon, une « fatigue d’être usager », des citoyens les plus défavorisés qui, de plus en plus, renoncent même à faire valoir leurs droits. « En s’effaçant peu à peu, les services publics qui, en France, constituent un élément essentiel du consentement à l’impôt, hypothèquent la redistribution des richesses et le sentiment de solidarité, sapant progressivement la cohésion sociale », prévient le Défenseur des droits.

 

Pour le Défenseur des droits, Jacques Toubon, le recul des services publics sape la cohésion sociale (Jerôme Hourdeaux, Médiapart, 12 mars 2019)
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12 mars 2019 2 12 /03 /mars /2019 20:21

Grand débat : Le PCF reçu par le Premier ministre samedi pour présenter ses 10 propositions pour la France

Le mouvement des gilets jaunes porte des revendications légitimes pour l'ensemble des français et les mobilisations, auxquelles nous avons participé, sont indispensables.

Depuis le premier jour, le PCF s'est emparé du sujet en organisant des débats partout en France et en récoltant des milliers de revendications issues des cahiers de doléances mis à disposition de la population.

A partir de ces revendications, le PCF a travaillé 10 propositions pour la France.

Samedi 16 mars à 10h00, place Chassaigne-Goyon à Paris, le PCF organise un rassemblement pour présenter ses 10 propositions.

Une délégation de 10 personnes, communistes, élu-es ou issues du monde du travail sera reçue par le Premier ministre, samedi 16 mars 2019 à 12h00 à Matignon.

Elle remettra et présentera les 10 propositions pour la France, au Premier Ministre.

Paris, le 12 mars 2019.

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12 mars 2019 2 12 /03 /mars /2019 19:54

Comme le rappelait Cinderella Bernard chez Lactalis : Il faut une Europe qui s’engage pour ses agriculteurs et qui lutte contre "l'optimisation fiscale" qui profite aux spéculateurs !

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12 mars 2019 2 12 /03 /mars /2019 16:00

Leïla Shahid, ancienne déléguée générale de la Palestine en France (1994-2005) et ambassadrice de la Palestine auprès de l’Union européenne (2005-2015)

Chers amis du journal l’Humanité, les journalistes, les administrateurs et même les lecteurs et lectrices, dont je fais partie depuis quarante-cinq ans seulement ! En ces jours si difficiles où le sort de votre journal, qui est un peu aussi notre journal, se joue, je tiens à vous dire de Beyrouth, où je réside dorénavant, combien je suis solidaire avec vous tous et combien j’espère que vous trouverez les solutions qui permettront au journal de continuer à vivre. Comme je vous ai dit, j’ai commencé à lire l’Humanité à mon arrivée à Paris en 1974, comme étudiante. Je n’ai jamais cessé depuis. J’y ai toujours trouvé une couverture et des analyses qui m’ont permis de comprendre les luttes sociales, politiques et culturelles en France, et en même temps l’analyse des questions internationales comme celles de la Palestine et du tiers-monde. L’Humanité est plus qu’un journal, c’est une vision de notre société française, européenne et internationale. L’Humanité participe à créer entre ses lecteurs un désir d’actions citoyennes qui fait de nous des acteurs dans nos sociétés et pas seulement des lecteurs avertis. C’est toute la différence. Dans un moment où les luttes en France témoignent d’une crise politique, sociale, économique profonde, où la lutte essentielle contre l’antisémitisme provoque chez certains des amalgames dangereux, où la scène internationale devient de moins en moins lisible, les analyses et décodages de vos journalistes et chroniqueurs et chroniqueuses sont indispensables pour nous, lecteurs et lectrices. J’émets les vœux les plus sincères pour des solutions réalistes et efficaces pour sauver votre journal, notre journal, de cette crise qui frappe d’ailleurs un grand nombre de titres de la presse française. Je serais très heureuse d’y contribuer, si je peux.

Message de soutien de Leïla Shahid, ancienne déléguée générale de la Palestine en France (1994-2005), pour sauver L'Humanité
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12 mars 2019 2 12 /03 /mars /2019 15:51
Mineurs étrangers. Va t-on enfin en finir avec les tests osseux? - Emilien Urbach, L'Humanité, 12 mars
Mineurs étrangers. Va-t-on enfin en finir avec les tests osseux ?
Mardi, 12 Mars, 2019

Saisi par la Cour de cassation, le Conseil constitutionnel se penche aujourd’hui sur la validité de ces examens, toujours utilisés en France pour déterminer la minorité des jeunes exilés, malgré les nombreuses critiques sur leur fiabilité.

Jugés « invasifs et non fiables » par le Défenseur des droits, les tests osseux, auxquels sont régulièrement soumis les mineurs étrangers non accompagnés, sont-ils constitutionnels ? Les sages doivent se prononcer sur cette question aujourd’hui. Le Conseil constitutionnel a été saisi par la Cour de cassation, qui a lui transmis une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) soulevée par le cas d’un jeune exilé Guinéen, en décembre dernier.

À son arrivée en France, en 2016, Adama est confié aux services de protection de l’enfance de l’Ain. Il déclare avoir 15 ans. Mais le conseil départemental, en charge de l’Aide sociale à l’enfance (ASE), doute et souhaite le soumettre à un examen radiologique de la main ou du poignet afin de déterminer s’il est mineur ou non. Adama refuse. Courant 2017, un juge pour enfant en déduit qu’il est majeur et met un terme à sa prise en charge par l’ASE. Le jeune homme fait appel et accepte, cette fois, de subir le fameux test osseux. La cour d’appel de Lyon interprétera les résultats en lui attribuant un âge situé… entre 20 et 30 ans. Adama décide alors de se pourvoir en Cassation et ses avocats de poser la QPC.

Pour Isabelle Zribi, conseil du jeune homme, le recours à ces tests « porte atteinte à la protection de l’enfance, au droit à la santé et à la dignité ». Elle insiste également sur « la très large marge d’erreur » qu’ils comportent, risquant de « priver des mineurs de la protection de l’État et de les livrer à la rue ».

En France, des hôpitaux publics refusent de pratiquer ces tests

Inscrite au Code civil, article 388, par un coup de force, en novembre 2015, de Bernard Cazeneuve, alors ministre de l’Intérieur, face à la commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale qui demandait son interdiction, cette pratique est sévèrement décriée par les associations et par une grande partie du corps médical. Dans leur grande majorité, les médecins jugent ces tests obsolètes car basés sur des données statistiques collectées dans les années 1930-1940, sur une population américaine et bien portante. Ils comporteraient, de plus, une marge d’erreur d’au moins 18 mois pour les 16-18 ans… En Suisse, les radiologues ont décidé de ne plus les pratiquer et, en France, à Nîmes et à Brest par exemple, des hôpitaux publics s’y refusent aussi.

« C’est surtout leur interprétation soumise à une suspicion généralisée à l’égard de ces jeunes qui fait souci », dénonce Violaine Husson, en charge de la protection des mineurs à la Cimade. Selon la loi, ces examens ne doivent être pratiqués qu’en dernier ressort, avec le consentement des personnes concernées. Leurs « conclusions, qui doivent préciser la marge d’erreur, ne peuvent à elles seules permettre de déterminer si l’intéressé est mineur, précise l’article du Code civil. Le doute profite à l’intéressé ». Dans la pratique, certains départements usent de ces examens de façon systématique et concluent le plus souvent à la majorité des jeunes qui y sont soumis. « Ils peuvent déposer un recours devant un juge pour enfants, continue Violaine Husson. Mais les délais sont longs et, pendant ce temps, ces enfants sont considérés comme des adultes expulsables. »

Les documents d’état civil, présentés par les intéressés, souvent contestés

Les détournements de la loi par les conseils départementaux afin de se débarrasser des mineurs isolés ne concernent d’ailleurs pas que ces tests osseux. Les documents d’état civil présentés par les intéressés sont régulièrement contestés et envoyés au service de la fraude documentaire de la police aux frontières. Certains jeunes se voient même soumis à des évaluations de leur puberté, pourtant bannies par le législateur en 2016. « On m’a demandé de me déshabiller dans une pièce, il y avait deux médecins présents », a relaté Lassana au mois de janvier dernier, devant des journalistes du magazine Regards. L’adolescent explique avoir ensuite subi des palpations des parties génitales. Dans l’Hérault, où se seraient déroulés les faits, l’acharnement du département à l’égard de ces jeunes a conduit à l’emprisonnement, pour escroquerie à l’ASE, d’une trentaine d’entre eux depuis 2016.

Constitutionnels ou non, ces tests osseux sont un des rouages de la violente chasse aux étrangers qui se déroule en France et que l’intérêt supérieur d’un enfant ne saurait freiner.

Émilien Urbach
Quinze ans d’indignité

La dénonciation des tests osseux ne date pas d’hier. Saisi en novembre 2004 pour avis, le Comité consultatif national d’éthique pour les sciences de la vie et de la santé déclarait : « Il est inquiétant de voir pratiquer, à des fins judiciaires, des examens dont la signification et la validité n’ont pas été évaluées depuis plus de cinquante ans. (…) L’important est de protéger les enfants, non de les discriminer. »

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11 mars 2019 1 11 /03 /mars /2019 20:49
Zehra Doğan, journaliste turque libérée de prison : Une personne en lutte ne s’arrête jamais (Télérama, Julie Honoré, 11 mars 2019)
Zehra Doğan, journaliste turque libérée de prison : Une personne en lutte ne s’arrête jamais (Télérama, Julie Honoré, 11 mars 2019)
Zehra Doğan, journaliste turque libérée de prison : Une personne en lutte ne s’arrête jamais (Télérama, Julie Honoré, 11 mars 2019)

Sa détention avait mobilisé des artistes comme Banksy ou Ai Weiwei. Après deux ans passés derrière les barreaux en Turquie, celle qui est aussi artiste a recouvré sa liberté le 24 février dernier. Elle décrit les conditions de vie atroces des prisonniers et les entraves à la liberté de la presse et de l’art.

Zehra Doğan est une journaliste et artiste turque, originaire de l’Est du pays. Elle a été arrêtée en juin 2017, notamment pour avoir peint une toile représentant les destructions de l’armée turque dans la ville de Nusaybin, accusée d’appartenance à une organisation terroriste. C’est aussi la cofondatrice d’une agence de presse entièrement féminine, Jin news. Les artistes Ai Weiwei et Banksy avaient soutenu sa cause, n’hésitant pas à l’ériger en symbole des oppressions subies par les journalistes en Turquie. Si elle a été libérée le 24 février dernier, après avoir passé deux ans en prison, une quarantaine de journalistes sont actuellement derrière les barreaux en Turquie, selon Reporters sans frontières. Un chiffre provisoire, car, comme l’indique Erol Önderoğlu, représentant de RSF en Turquie, « des dizaines de journalistes vont devoir retourner en prison, cette fois-ci avec des sentences définitives ». Lui-même est dans l’attente du verdict de son procès, pour avoir collaboré avec un journal, Özgür Gündem, qui a été fermé depuis.

Quelles étaient vos conditions de détention ?
Les prisons turques sont parmi les plus arriérées du monde. Repas exécrables, lieux sales, prisonnières bien au dessus des capacités d’accueil, oppression psychologique... La liste est infinie. Les sanctions disciplinaires tombent sans cesse. Par exemple, des dizaines de dossiers ont été ouverts à l’encontre de mon amie, Nezahat Şingez, l’accusant d’appartenance à une organisation terroriste. Si tous ses dossiers aboutissent, elle restera en prison pendant des dizaines d’années. Ces dossiers ne sont pas légitimes. Mais, dans ce pays, le fait de ne pas respecter les lois ne présente aucun problème. J’ai connu trois prisons : celles de Mardin, Diyarbakır et de Tarsus. La pire était la prison fermée pour femmes de Tarsus. Nos amies y ont subi des tortures. Les gardiens ont par exemple marché sur le ventre d’une autre amie et elle a eu des saignements menstruels pendant des jours. De nombreuses amies ont été traînées sur le sol. Elles ont  été molestées par une vingtaine de gardiens qui se sont acharnés sur elles. Le corps de plusieurs détenues était couvert de bleus.

Qui pouvait vous rendre visite ?
Lorsque j’étais à Mardin et Diyarbakır, ma famille et trois ami-e-s journalistes pouvaient me rendre visite. Mais Tarsus était à plus de 500 km de chez moi et ma famille ne pouvait pas venir souvent.

“Dans la prison de Tarsus, une femme a été poussée au suicide”

Comment était l’atmosphère entre les prisonnières ?
Les quartiers des prisonnier-e-s politiques sont toujours préférables, du point de vue de la solidarité. Il y a des acquis installés depuis des années. Imaginez une ambiance, un quotidien, partagés par des journalistes, des politiques, artistes, activistes, défenseures de droits, députées, avocates, médecins, enseignantes, des maires des étudiantes révolutionnaires...  

Les prisonnières de droit commun sont aussi dans une démarches de solidarité. Mais elles sont méprisées. Nous étions continuellement témoins de ce que les gardiens les sortaient dans le couloir principal et les battaient. Nous protestions en frappant sur les portes. Dans la prison de Tarsus, une femme a été poussée au suicide.

Pourriez-vous nous en dire plus sur le journal Özgür Gündem Zindan (“actualités libres, éditions geôle) que vous avez créé en prison ?
Le 16 août 2016, certains journaux faisant partie de la tradition de presse kurde, furent interdits et fermés en Turquie. Je me suis dit que, comme la plupart des journalistes étaient en prison, éditer un journal aurait un sens.

Mes amies étaient partantes. Nous avons constitué des équipes, pour la rédaction, les conseils, la mise-en-page, la page en langue kurde… Je me suis chargée de la mise en page, de l’édition et des caricatures. Comme il nous était interdit de faire des photos, je ne pouvais pas photographier les personnes interviewées. Alors, je les ai dessinées. Nous avons travaillé pendant un mois. Le journal a beaucoup plu. Mais le Procureur de Mardin et le directeur de la prison étaient furieux. Il y a eu des fouilles et des perquisitions dans notre quartier. Mais, malgré cela, nous avons quand même réalisé un deuxième numéro, avec, en manchette : « Même si nous sommes prisonnières, nous ne vous lâcherons pas. »

Ai Weiwei et Banksy vous ont soutenue, en vous envoyant un courrier, mais pouviez-vous recevoir des lettres facilement ?
Je n’ai pas reçu leurs lettres. Car à la période où ils m’ont écrit, notre droit de communication téléphonique et de correspondance nous avait été confisqué car nous avions chanté. Je n’ai pu prendre connaissance de leurs courriers que bien plus tard. Lorsque je leur ai répondu, j’ai aussi dû le faire en cachette. Mais, malgré toutes les interdictions et sanctions, j’ai reçu des milliers de lettres. Des auteur-e-s membre du PEN, étudiant-e-s, artistes, enfants, réalisateur-trices et universitaires.... Leur soutien m’a rendue incroyablement forte.

Quels détails vous raccrochaient à l’extérieur ?
Depuis mon enfance, j’aime les étoiles. Toute petite déjà, j’écoutais les contes que ma mère me racontait, allongée sur le matelas déroulé sur le toit de notre maison, en contemplant le ciel. A Nusaybin [où Zehra Doğan a peint une toile pour laquelle elle a été condamnée ndlr], et dans d’autres endroits de conflit, dans les moments les plus difficiles, je levais mes yeux vers les étoiles, pour trouver la motivation grâce à elles. Lorsque j’ai été emprisonnée, je supportais mal de ne plus voir le ciel comme je voulais. Je m’en étais ouverte à des amis. Un jour, dans une lettre, j’ai trouvé une grande étoile plastique phosphorescente. Nous avons collé l’étoile dans un endroit visible par toutes mes co-détenues. Et nous nous sommes endormies toutes, en regardant dans le noir, cette étoile qui brillait. Elle était en plastique, mais elle nous rendait heureuse.

Quelle est votre priorité maintenant que vous êtes libérée ?
En prison, j’avais commencé une BD racontant l’histoire des prisons en Turquie, depuis les périodes de torture des années 80, jusqu’à aujourd’hui. Et, actuellement, les grèves de la faim initiées par la députée Leyla Güven, depuis la prison, se poursuivent. Je pense que tout le monde devrait faire quelque chose selon ses propres moyens. Moi, je peux écrire et dessiner. Dans ce monde qui nous donne mille et une raisons pour perdre la tête, le repos est un luxe, surtout pour nous, les femmes. Nous devons être actives, sans cesse. Une personne en lutte ne s’arrête jamais.

“Dans ce pays, il est très difficile de faire de l’art, à la fois d’un point de vue économique et politique”

Depuis deux ans, vos camarades de Jin News, l’agence féminine que vous avez co-fondée, ont de plus en plus de mal à survivre. Quel est votre sentiment maintenant que vous avez vu de vos yeux leur situation ?
Je savais les difficultés que mes amies journalistes subissaient, mais là, en sortant, je les ai vues de mes propres yeux. Les journalistes qui restent doivent travailler dans des conditions très difficiles. Les difficultés financières ont décuplé. Il y a un policier au dos de chacune d’entre elle.

Est-il encore possible de faire du journalisme en Turquie ? D’être artiste ?
Aujourd’hui, les gens, en livrant leur avis, sont prudents. Ils considèrent les journalistes comme s’ils étaient des personnes dangereuses. C’est terrible, et rend le travail extrêmement difficile. Avant que je sois emprisonnée, cette ambiance régnait déjà. Ma maison a été perquisitionnée et je suis restée clandestine, pendant quatre mois. Je me suis cachée.

Pour l’art, c’est pareil. Dans ce pays,  il est très difficile de faire de l’art, à la fois d’un point de vue économique et politique. Les expositions sont inspectées. Les œuvres politiques sont refusées dans des expositions. Les galeries ne veulent pas de votre travail.

Face à ce que nous voyons, il est impossible de rester silencieux. Mais il n’y a pas de réaction de masse. Pourquoi ? Parce que les populations sont endormies par des médias au service du pouvoir, par l’art auto-censuré, par l’éducation contrôlée, et par une politique à vomir.

 

 

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11 mars 2019 1 11 /03 /mars /2019 19:43
samedi 6 avril - Visite de l'exposition Tal Coat au musée de Pont-Aven avec le PCF Finistère suivie d'une conférence de Renaud Faroux

La Fédération du Parti communiste vous propose le samedi 6 avril une visite de l'exposition consacrée à l'artiste Pierre Tal Coat et intitulée "Tal Coat (1905-1985) en devenir" au Musée de Pont Aven.

Né à Clohars-Carnoët, près de Pont-Aven, Pierre Tal Coat, né Jacob (1905-1985), dit “Tal Coat”, est fils de pêcheur. D’abord apprenti forgeron, une bourse lui permet de devenir brièvement clerc de notaire, à Arzano (Finistère). En 1924, il est mouleur et peintre sur céramique à la faïencerie Henriot. A Paris, il travaille à la manufacture de Sèvres

 Après ces divers métiers, il devient artiste autodidacte.

Au Louvre, il étudie l’art des grands maîtres des écoles françaises et italiennes du XVIe siècle, ce qui influencera son approche de l’espace. Henri Bénézit, jeune collaborateur puis directeur de la Galerie Fabre, est séduit par ses dessins et pastels.

Il  rencontre notamment Félix Fénéon, Ernest Hemingway, Francis Picabia, les frères Giacometti, Gertrude Stein. Le portrait de cette dernière remporte le prix Paul Guillaume, en 1936. 

Ses expositions se multiplient à travers le monde : Paris, Londres, New York, Berlin, Tokyo, etc. Il accompagne de ses dessins les poèmes d’André du Bouchet et, en 1968, reçoit le Grand Prix National des Arts. Une importante rétrospective lui est consacrée, en 1976, à Paris, au Grand Palais. 

 Dans les années 50, sa peinture se libère complètement des conventions de la composition classique et de l’espace pictural hérité de la Renaissance. Les éléments semblent fusionner dans un même mouvement, toujours en expansion. Au début des années 60, Tal Coat s’installe à Dormont, non loin de Giverny, dans la vallée de la Seine. C’est là qu’il accomplit pleinement son oeuvre, après de profondes remises en cause qui déconcertent souvent ses contemporains, y compris ses plus fervents admirateurs. La liberté de peindre est à ce prix. Dans cette dernière période, il produit un ensemble d’oeuvres (peintures, dessins, gravures) qui n’ont aucun équivalent dans l’histoire de l’art et qui font de lui l’égal des plus grands.

Cette exposition est organisée en partenariat avec le Domaine départemental de Kerguéhennec, en Morbihan, qui conserve un fonds de 1200 oeuvres de Tal Coat dont plus de 400 gravures et 500 dessins. Le Musée de Pont-Aven, par cette exposition, entend poursuivre son projet scientifique et culturel en approfondissant et diffusant la connaissance sur les artistes attachés à la Bretagne et imprégnés des théories modernes de l’art

La scénographie est réalisée par Éric Morin, auteur de nombreuses scénographies notamment au Fonds Hélène et Edouard Leclerc pour la Culture à Landerneau et dans plusieurs musées et centre d’art de Bretagne.

Nous serons accompagnés pendant la visite d'un guide-conférencier-médiateur.

A la suite de cette visite Renaud Faroux fan de Tal Coat nous en fera découvrir plus encore à l'occasion de l'une de ses conférence débat dont il a le secret, salle Anne Follézou sur le port de Brigneau à Moelan sur Mer. La salle est mise à disposition par l'association "Les Amis de la Sardine Rient".

Après cette conférence on partage le vin, le paté et les rillettes. Et la tarte aux pommes.

Et tout ça pour 7euros (minimun). 

Après on peut donner plus !

Attention les inscriptions sont à adresser à Sylviane Papin: papin.sylviane@orange.fr

 

Lire aussi:

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PCF 29: Conférence de Renaud Faroux sur les origines de l'abstraction et visite guidée de l'expo Jean-Michel Riopelle et Joan Mitchell au FHEL des Capucins à Landerneau: du pur bonheur!

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11 mars 2019 1 11 /03 /mars /2019 19:41
Pierre-Yves Liziar, Cindérella Bernard, Fabienne Bodin - Le Relecq-Kerhuon, 9 mars 2019, photos Ismaël Dupont

Pierre-Yves Liziar, Cindérella Bernard, Fabienne Bodin - Le Relecq-Kerhuon, 9 mars 2019, photos Ismaël Dupont

Débat avec Cindérella Bernard, Fabienne Bodin (CGT), Pierre-Yves Liziar et Ismaël Dupont - L'égalité femmes-hommes et  les violations des droits des femmes en question au Relecq Kerhuon ce 9 mars à l'invitation de la section PCF
Débat avec Cindérella Bernard, Fabienne Bodin (CGT), Pierre-Yves Liziar et Ismaël Dupont - L'égalité femmes-hommes et  les violations des droits des femmes en question au Relecq Kerhuon ce 9 mars à l'invitation de la section PCF
Débat avec Cindérella Bernard, Fabienne Bodin (CGT), Pierre-Yves Liziar et Ismaël Dupont - L'égalité femmes-hommes et  les violations des droits des femmes en question au Relecq Kerhuon ce 9 mars à l'invitation de la section PCF
Débat avec Cindérella Bernard, Fabienne Bodin (CGT), Pierre-Yves Liziar et Ismaël Dupont - L'égalité femmes-hommes et  les violations des droits des femmes en question au Relecq Kerhuon ce 9 mars à l'invitation de la section PCF

Les inégalités femmes-hommes et les atteintes aux droits des femmes en question!

Avec Cindérella Bernard (candidate aux européennes du PCF, présidente du groupe communiste au Conseil départemental des Côtes d'Armor) Fabienne Bodin ( féministe, commission égalité femmes-hommes de la CGT), Pierre-Yves Liziar, secrétaire de section du Relecq-Kerhuon et Ismaël Dupont, secrétaire de section du PCF.

Des interventions aussi de Anne-Marie Alayse, Isabelle Mazelin, Claudie Bournot Gallou, Pascal Ségalen, José Corre, Gérard Le Bricquer, etc. 

Débat passionnant hier, samedi 9 mars, au Relecq-Kerhuon organisée par la section PCF à la salle Germain Bournot avant son repas de section, sur la question des droits des femmes et de l'égalité femmes-hommes.

82% des salariés à temps partiel sont des femmes, pour beaucoup des temps partiels contraints, ce sont les 2/3 des travailleurs pauvres. Les métiers fortement féminisés sont en même temps ceux qui sont bien souvent les moins bien rémunérés, où la pénibilité et la responsabilité qu'ils engendrent ne sont pas reconnus à leur juste valeur (services à la personne, maintien à domicile, assistantes maternelles, aides-soignants, caissières, ouvrières à la chaîne, AVS, vente....). Beaucoup de femmes sont exploitées dans leur travail, dans le cadre de métiers fortement féminisés. L'orientation vers les métiers est largement conditionnée socialement avec des stéréotypes qui continuent à jouer, la maternité ou "le risque" de maternité handicape les femmes dans leur progression de carrière, leurs promotions: le fameux "plafond de mère". L'accès aux postes de responsabilité, aux promotions, est bien souvent réservé aux hommes, dans la banque, les grandes entreprises (exemple de Total), la recherche et l'Université.

Au final, à travail de valeur égale, il y a 17% à 18% de différence de salaire entre un homme et une femme.

Les pensions de retraite sont inférieures de 40 à 42% pour les femmes.

60% des agents contractuels de la fonction publique sont des femmes avec un État qui se conduit de manière scandaleuse vis-à-vis de nombre de ses salariées précaires, souvent au nom d'un traitement social du chômage qui enferme de la précarité des salariés dont le service public a besoin.

Ce n'est pas la suppression d'un milliard d'euros dans le budget du secteur dépendance, a rappelé Cindérella Bernard, qui va améliorer les choses.

Nous avons aussi échangé sur le drame bien trop quotidien et ordinaire des violences faites aux femmes: 85 000 viols ou tentatives de viols, le plus souvent dans la famille, ou l'entourage immédiat, 220 000 femmes battues ou sequestrés dans le cadre de la famille, 30 féminicides depuis le début 2019. 20% des femmes qui estiment avoir déjà été agressées sexuellement. Des dizaines de tentatives de viols encore sur le lieu de travail cette année. Beaucoup d'agresseurs qui continuent à agresser, intimider, humilier en toute impunité une fois que le cycle de violence sexiste et sexuel est ouvert.

C'est possible aussi parce qu'il existe une culture machiste sous-jacente qui s'exprime au quotidien dans la politique (Cindérella Bernard a donné des exemples particulièrement évocateurs), le travail, les relations familiales. En même temps, les jeunes femmes bien souvent n'acceptent plus les droits que s'arrogent les hommes sur elles au nom de la "galanterie" ou du désir.

Nous avons aussi évoqué la question des attachements sexuels et viols révélés à l'intérieur de notre organisation ces derniers jours, avec la difficulté pour les femmes victimes d'ête prises aux sérieux face à leurs agresseurs.

Ces derniers temps, il y a eu des régressions sur la législation en matière de sanctions pénales et de qualification pénale du harcèlement sexuel et sexiste (outrage, attouchement, viol, etc.). Parallèlement, les collectivités enlèvent des moyens aux associations et centres qui accompagnent les femmes victimes de violence.

Toutes les questions sur la thématique de l'égalité femmes-hommes n'ont pu être abordées (notamment l'influence des fondamentalismes religieux, la question de la liberté de choix, de la laïcité, menaces sur l'IVG, moyens prévention contraception et MST) mais ce sera très certainement l'objet de nouveaux débats, une commission Féminisme venant de se mettre en place dans le Finistère au PCF avec une grosse activité ces 15 derniers jours pour préparer le 8 mars, la journée internationale de lutte pour le droit des femmes.

Débat avec Cindérella Bernard, Fabienne Bodin (CGT), Pierre-Yves Liziar et Ismaël Dupont - L'égalité femmes-hommes et  les violations des droits des femmes en question au Relecq Kerhuon ce 9 mars à l'invitation de la section PCF
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