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13 août 2018 1 13 /08 /août /2018 05:54

 

On parle beaucoup de la canicule et de ses effets sur la vie quotidienne de tout un chacun depuis quelques jours. Toutefois, les victimes sur la durée vont être les paysans. Leurs coûts de production augmentent alors que les rendements céréaliers sont en baisse comme risquent de l’être ceux de la vigne. Incommodées par la canicule, les vaches donnent aussi moins de lait tandis que l’herbe se fait rare dans les prés. Parallèlement, tout indique que le contenu de la Loi EGALIM promise l’an dernier par le président Macron, et pas encore votée par le Parlement, ne favorisera pas la prise en compte des coûts de production dans la fixation des prix agricoles.

Le rejet des deux motions de censure l’une présentée par le groupe de droite LR et l’autre par les trois groupes se réclamant de la gauche parlementaire a mis fin à une longue session de l’Assemblée nationale. Mais la loi dite EGALIM promise au monde paysan par Emmanuel Macron n’a toujours pas été votée. Les travaux de l’Assemblée nationale ne reprenant que le 12 septembre, il se dit que la nouvelle lecture de ce projet de loi sur l’agriculture et l’alimentation fera partie des dossiers prioritaires de la rentrée parlementaire. Il reste à savoir si cette loi changera quelque chose concernant la rémunération du travail des paysans. Car rien ne permet de penser aujourd’hui qu’elle permettra de fixer les prix des produits agricoles au départ de la ferme en tenant compte des coûts moyens de production.

Après avoir reçu la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs la semaine dernière, Stéphane Travert, le ministre de l’Agriculture recevait hier une délégation de la Confédération paysanne pour une tour d’horizon des dossiers chauds, canicule comprise. Cette canicule, justement, est en train d’augmenter les coûts de production dans des secteurs comme la production laitière, la production de viande bovine et ovine tandis que la baisse des rendements céréaliers imputable au climat affecte aussi ce secteur avec une baisse des rendements du blé tendre, du blé dur et du colza. Et l’on s’inquiète beaucoup concernant le maïs non irrigué, qu’il soit destiné à l’ensilage ou à la production de grain.

 

Le gouvernement refuse d’arbitrer sur les indicateurs de prix 

Les aléas climatiques rendent plus urgente que jamais l’adoption d’une loi permettant aux paysans d’obtenir une rémunération de leur travail par les prix. Mais aux dires de Laurent Pinatel, porte-parole de la Confédération paysanne, le gouvernement refuse d’arbitrer en ce sens. Il demande aux interprofessions de s’entendre sur les indicateurs servant à définir les prix et les marges pour décider du partage de la valeur ajoutée susceptible d’être répartie entre les producteurs, les transformateurs et les distributeurs. Il est donc probable que le prix du lait payé au départ de la ferme par Lactalis ou Sodiaal en 2019 dépendra davantage du prix que ces deux multinationales estimeront pouvoir obtenir pour le beurre et les autres produits les laitiers dans les rayons des magasins Leclerc , Carrefour , Auchan et Casino- dans le cadre de la négociation qui débutera cet automne- que des coûts de production du producteur de lait . Que la loi soit votée ou pas avant cette date ne changera pas grand-chose. On sait que le prix du lait est beaucoup trop bas depuis 2015, année de sortie des quotas laitiers dans les pays de l’Union européenne. 

Plus de trois années de prix bas ont beaucoup fragilisé les exploitations laitières en France, comme dans les autres pays membres de l’Union. La France ne comptait plus que 56.984 fermes produisant du lait de vache, selon l’enquête annuelle laitière du ministère de l’Agriculture portant sur l’année 2017. L’an dernier ils ont livré 239 millions d’hectolitres de lait aux entreprises de transformation. Quatre régions, sur les douze que compte désormais le pays, concentrent plus de 60% de la production laitière. Il s’agit de la Bretagne, de la région Auvergne-Rhône-Alpes, de la Normandie et des Pays de la Loire. Si on ajoute les Hauts de France et la région Bourgogne-Franche-Comté, nous avons plus de 80% de la production laitière dans six régions sur douze. 

 

Toutes les régions laitières sont frappées par la sécheresse

Cet été, ces six régions souffrent de la sécheresse. De la Bretagne, grande productrice de beurre et d’emmental d’entrée de gamme à la zone de production du comté en passant par celle du camembert ou du maroilles, l’herbe ne pousse plus et les vaches supportent mal la chaleur. Partout on entame le foin engrangé pour l’hiver et on s’inquiète des rendements que donneront à la fin de l’été les parcelles de maïs destinées à l’ensilage.

Tandis que les rendements laitiers diminuent , les coûts de production augmentent et le prix du lait restait anormalement bas au début de l’été autour de 30 centimes d’euro le litre au départ de la ferme , sauf dans la zone du comté et celles du reblochon et du beaufort dans les Alpes en raison de cahierz des charges qui garantissent une très bonne qualité fromagère. Depuis la sortie des quotas laitiers en avril 2015, le prix moyen du litre de lait a oscillé en permanence entre 32 et 28 centimes, loin des 37 centimes de prix moyen en 2014. Cela se traduit par une fragilisation des exploitations laitières et par des risques accrus concernant l’installation des jeunes alors que l’âge moyen des chefs d’exploitation est déjà trop élevé.

 

On entame en plein été le foin récolté pour l’hiver 

La situation n’est pas meilleure pour les éleveurs de bovins à viande concernant les prix tandis que la sécheresse augmente aussi les coûts de production. Eleveur de bovins de race Limousine en Corrèze, Jean Mouzat , président national du MODEF, constate que « l’herbe ne pousse plus . Les prairies sont en train de se dessécher et les grosses chaleurs annoncées vont accroître le phénomène. Il va falloir entamer les stocks de foin engrangés pour l’hiver dès cet été tandis que le maïs fourrager destiné à l’ensilage va voir ses rendements baisser en raison du manque de pluie».

Reçu par le président de la République voilà quelques jours en même temps que les premiers responsables des autres syndicats paysans, Jean Mouzat n’a pas été convaincu par les arguments d’Emmanuel Macron faisant mine de croire que la nouvelle loi ferait remonter les prix agricoles via la bonne volonté que les transformateurs et les distributeurs partageraient avec les paysans une fois cette loi votée par les députés. Le même sentiment dominait hier chez Laurent Pinatel à l’issue de sa rencontre avec le ministre de l’Agriculture. Surtout que la sécheresse aggrave la crise dans tous les secteurs après d’autres aléas climatiques comme la grêle sur les vignobles et les arbres fruitiers, les prix des fruits d’été étant aussi soumis à une rude concurrence au départ de la ferme via les importations en provenance d’Espagne et d’ailleurs.

Il se pourrait donc que les prochains mois se traduisent par une nouvelle aggravation de la crise agricole avec des paysans obliger de brader des animaux pour ne pas perdre encore plus d’argent en devant acheter des aliments composés pour les nourrir. Cette augmentation contrainte de l’offre ne poussera pas Lactalis, Charal et quelques autres multinationales à mieux payer le lait où la viande.

 

 

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13 août 2018 1 13 /08 /août /2018 05:52

 

Le footballeur, aussi talentueux sur les pelouses que sur le terrain de la fraude, a passé un accord avec la justice espagnole pour éviter un procès, en échange du paiement de la somme de 18,8 millions d’euros.

Le triplé de Cristiano Ronaldo contre l’Espagne lors du premier tour de la Coupe du monde 2018 restera dans les annales. Malgré l’élimination de son équipe nationale, le Portugal, en huitième de finale, l’homme qui se fait appeler « CR7 » a une nouvelle fois brillé par sa technique. Le quintuple ballon d’or aurait peut-être joué différemment s’il était toujours sous la menace d’une peine d’emprisonnement en Espagne, où il était poursuivi pour fraude fiscale. Le jour du match, on apprenait que la star madrilène avait trouvé un accord avec la justice espagnole : payer 18,8 millions d’euros et reconnaître les faits de fraude en échange de la fin des poursuites. Le joueur évite ainsi un procès où il risquait jusqu’à 30 millions d’euros d’amende et une peine de prison dépassant les deux ans. Seuil à partir duquel elle n’est plus monnayable en Espagne.Si Cristiano Ronaldo est un as de l’évasion, il n’exerce ce talent que dans le domaine fiscal, il s’est donc décidé à reconnaître ses méfaits. Et ils sont importants ! Entre 2011 et 2015, 150 millions d’euros du footballeur sont passés par le Panama, la Suisse, l’Irlande et les îles Vierges. Des sommes acquises en vendant son image. Ceci a entraîné un manque à gagner de 14,5 millions pour les caisses de l’État espagnol. Au même moment, le gouvernement opérait une cure d’austérité sans précédent, après la crise économique de 2008. Une diminution des dépenses publiques qui affecte encore le système de santé et d’éducation. Ce n’est qu’en 2016 que l’European Investigative Collaborations (EIC), un réseau de médias européen (Mediapart, Der Spiegel, le Soir, El Mundo, etc.), découvre le pot aux roses. L’affaire sort d’un amas de 18,5 millions de documents confidentiels, les Football Leaks, remis aux journalistes par une source confidentielle. Un an après ces révélations, le parquet espagnol entame la procédure à l’encontre de l’attaquant du Real Madrid.

Parallèlement, les affaires ont continué. En avril dernier, le même réseau dévoile que Cristiano Ronaldo possédait depuis 2015 un trust dans un autre paradis fiscal : l’île anglo-normande de Jersey. Ce trust dans la Manche appartenait à une société basée au Luxembourg, CRS Holding. Le capital du trust de Jersey reste inconnu, et il est difficile de l’évaluer aujourd’hui puisqu’il a été rayé de la carte le 17 avril de cette année. Un jour après que les journalistes ont envoyé leurs questions à Ronaldo. Mais la somme devait être importante : de juin à mars 2018, 16 millions d’euros auraient été transférés de Jersey au Luxembourg. Derrière ces montages financiers plane l’ombre de l’agent du joueur, Jorge Mendes. Suite à l’accord de son poulain avec le fisc espagnol, il échappe à toute poursuite dans cette affaire. Un soulagement pour l’agent le plus puissant au monde, déjà mis en examen pour la fraude fiscale d’un ancien protégé, l’attaquant colombien Radamel Falcao. Jorge Mendes est également sous le coup d’une enquêteà l’échelle européenne.En attendant, Mendes engrange les millions. Son dernier fait d’armes : le transfert de Cristiano Ronaldo du Real Madrid à la Juventus Turin. Nul doute que les sanctions financières ont motivé le départ du joueur vers l’Italie. « CR7 » n’a pas digéré que le club madrilène ne couvre pas ses déboires avec la justice. D’un autre côté, les hôpitaux espagnols se passeront sûrement de son toucher de balle.

 

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13 août 2018 1 13 /08 /août /2018 05:50

L'ancien journaliste Charles Enderlin a critiqué vivement sur franceinfo la loi adoptée par le parlement israélien. 

Cette loi est un "tournant qui redéfinit" Israël, a affirmé le journaliste franco-israélien Charles Enderlin sur franceinfo dimanche 5 août à propos de la loi définissant le pays comme l"État-nation du peuple juif". Cette loi est accusée de porter atteinte aux droits des minorités. Elle a été votée le 19 juillet avec le soutien du Premier ministre Benyamin Nétanyahou. Selon Charles Enderlin, "cette loi correspond à l’idéal du Premier ministre et c’est à cela qu’il travaille depuis son retour au pouvoir en 2009". 

 

franceinfo : Quelle est la portée de cette loi ?

Charles Enderlin : C’est un tournant. Dans cette loi, il n’est pas question de démocratie ni d’égalité. Elle met de côté la déclaration d’indépendance d’Israël de mai 1948 dans laquelle il était écrit en toutes lettres que le pays sera fondé sur des principes de liberté, de justice et de paix, et assurera une complète égalité de droits sociaux et politiques à tous ses citoyens sans distinction de croyance, de race et de sexe. Maintenant, on peut lire que seuls les Juifs peuvent exercer un droit naturel, culturel et religieux et historique à l’autodétermination. L’arabe perd son statut de langue officielle mais aura un statut spécial qui sera déterminé ultérieurement. Et puis surtout, l’État considère le développement de l’implantation juive comme une valeur nationale et œuvrera pour l’encourager. On est effectivement dans un grand tournant, Israël s’est redéfini.

 

Que demandent les opposants à cette loi ?

Une des revendications des opposants, c’est tout simplement de faire une nouvelle loi fondamentale. Israël n’a pas de constitution, seulement des lois fondamentales qui commencent à s’accumuler. Ils demandent une loi fondamentale qui reprendrait les termes exactes de la déclaration d’indépendance et ramènerait le pays vers une vision beaucoup plus démocratique. Également, la langue arabe disparait des langues officielles. C’est un symbole qui est extrêmement fort. Cela fait partie des éléments de cette loi qui sont discriminatoires. Pour la liste arabe commune, à la Knesset, lors du vote, les députés ont déchiré le texte et dénoncé une loi d’apartheid.

 

Que va-t-il se passer à court terme ?

Personne ne touchera à la loi. Pour l’entourage de Nétanyahou, il n’est pas question de toucher d’un iota à cette loi. L’un de ses proches a même déclaré : si les Russes ne sont pas contents, qu’ils aillent créer un État en Syrie. Et je peux vous dire que ça ne plaît pas du tout aux militaires druzes qui se battent pour la défense d’Israël.

 

Y-a-t-il une manœuvre politique de Nétanyahou à plus long terme ?

On parle beaucoup de la possibilité d’élections anticipées. Peut-être cet hiver ou au début de l’année prochaine. Est-ce que cela fait partie d’un début de campagne électorale pour Nétanyahou ? Il a pris un risque. Personnellement, je suis persuadé que cette loi correspond à son idéal, à sa vision, et que c’est à cela qu’il travaille depuis son retour au pouvoir en 2009.

 

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13 août 2018 1 13 /08 /août /2018 05:50
HINDUSTAN TIMES VIA GETTY IMAGES

HINDUSTAN TIMES VIA GETTY IMAGES

Le monde  de l’économie vient de predre l’un des plus brillants économistes et théoriciens de l’économie marxiste et maoiste du 20e siècle. L’économiste franco-egyptien Samir Amin n’est plus, rapporte le journal egyptien al Ahram.

Né le 3 septembre 1931 d’une mère française et d’un père égyptien, tous deux médecins il a passé son enfance et son adolescence à Port-Saïd où il obtint son baccalauréat en 1947.

De 1947 à 1957, il étudie à Paris, et décroche un diplôme de sciences politiques en 1952 avant de décrocher un autre en statistiques en 1956 et un troisième en  économie en 1957. 

À son arrivée à Paris, Amin rejoint le Parti communiste français (PCF), mais il se distanciera plus tard du marxisme soviétique et s’associe pendant un certain temps à des cercles maoïstes.

Théoricien principal de l’alter mondialisme, il préconisait une manière de “développementisme marxiste” comme prolongement au tiers-mondisme de ses années maoistes.

Vivant depuis plusieurs années à Dakar au Sénégal, sa grille de lecture économiste faisait de lui un excellent historien des “formes précapitalistes” des pays colonisés, notamment africains, mais aussi de la Chine

Il était considéré comme un analyste des plus lucides et intransigeants de la géopolitique postérieure à la dissolution de l’Union soviétique et des manipulations ethniques, nationales et religieuses consécutives à 1989.

Samir Amin était partisan de l’accomplissement des indépendances par leur afranchissement de l’impérialisme. Pour lui, les indépendances ont peut-être mis fin à la colonisation en tant que telle mais certainement pas à l’impérialisme économique. Il soutenait dans ces dernières conférence que le colonialisme, est l’abolition formelle de toute souveraineté nationale. 

Decès de l'économiste marxiste franco-égyptien Samir Amin (Huff Post. 12.08.2018)
La lucidité de Samir Amin. Je l’avais interviewé à Dakar, après la chute de Ben Ali et avant celle de Moubarak, alors que les Égyptiens occupaient la place Tahrir. Voilà ce qu’il disait, au début des « printemps arabes » : « Le système capitaliste ne peut tolérer le développement de ces mouvements. Il mobilisera tous les moyens de déstabilisation possibles, des pressions économiques et financières jusqu’à la menace militaire. Il soutiendra, selon les circonstances, soit les fausses alternatives fascistes ou fascisantes, soit la mise en place de dictatures militaires. »

Rosa Moussaoui 

POUR L'ÉCONOMISTE SAMIR AMIN « MOUBARAK A INTÉGRÉ L’ISLAM POLITIQUE DANS SON SYSTÈME »
Lundi, 7 Février, 2011

Économiste franco-égyptien, membre du conseil international du Forum social mondial et président du Forum mondial des alternatives, Samir Amin analyse les enjeux politiques et économiques de la crise que traverse l’Égypte.

Les événements qui secouent la Tunisie et l’Égypte relèvent-ils de simples « révoltes populaires » ou signent-ils l’entrée de ces pays dans des processus révolutionnaires ?

Samir Amin. Il s’agit de révoltes sociales potentiellement porteuses de la cristallisation d’alternatives, qui peuvent à long terme s’inscrire dans une perspective socialiste. C’est la raison pour laquelle le système capitaliste, le capital des monopoles dominants à l’échelle mondiale, ne peut tolérer le développement de ces mouvements. Il mobilisera tous les moyens de déstabilisation possibles, des pressions économiques et financières jusqu’à la menace militaire. Il soutiendra, selon les circonstances, soit les fausses alternatives fascistes ou fascisantes, soit la mise en place de dictatures militaires. Il ne faut pas croire un mot de ce que dit Obama. Obama, c’est Bush, mais avec un autre langage. Il y a là une duplicité permanente. En fait, dans le cas de l’Égypte, les États-Unis soutiennent le régime. Ils peuvent finir par juger plus utile le sacrifice de la personne de Moubarak. Mais ils ne renonceront pas à sauvegarder l’essentiel : le système militaire et policier. Ils peuvent envisager le renforcement de ce système militaire et policier grâce à une alliance avec les Frères musulmans. En fait, les dirigeants des États-Unis ont en tête le modèle pakistanais, qui n’est pas un modèle démocratique mais une combinaison entre un pouvoir dit islamique et une dictature militaire. Toutefois, dans le cas de l’Égypte, une bonne partie des forces populaires qui se sont mobilisées sont parfaitement conscientes de ces visées. Le peuple égyptien est très politisé. L’histoire de l’Égypte est celle d’un pays qui tente d’émerger depuis le début du XIXe siècle, qui a été battu par ses propres insuffisances, mais surtout par des agressions extérieures répétées.

Ces soulèvements sont surtout
le fait de jeunes précarisés, 
de diplômés chômeurs. Comment 
les expliquez-vous ?

Samir Amin. L’Égypte de Nasser disposait d’un système économique et social critiquable, mais cohérent. Nasser a fait le pari de l’industrialisation pour sortir de la spécialisation internationale coloniale qui cantonnait le pays à l’exportation de coton. Ce système a su assurer une bonne distribution des revenus en faveur des classes moyennes, mais sans appauvrissement des classes populaires. Cette page s’est tournée à la suite des agressions militaires de 1956 et de 1967 qui mobilisèrent Israël. Sadate et plus encore Moubarak ont œuvré au démantèlement du système productif égyptien, auquel ils ont substitué un système totalement incohérent, exclusivement fondé sur la recherche de rentabilité. Les taux de croissance égyptiens prétendument élevés, qu’exalte depuis trente ans la Banque mondiale, n’ont aucune signification. C’est de la poudre aux yeux. La croissance égyptienne est très vulnérable, dépendante du marché extérieur et du flux de capitaux pétroliers venus des pays rentiers du Golfe. Avec la crise du système mondial, cette vulnérabilité s’est manifestée par un brutal essoufflement. Cette croissance s’est accompagnée d’une incroyable montée des inégalités et du chômage, qui frappe une majorité de jeunes. Cette situation était explosive, elle a explosé. Ce qui est désormais engagé, au-delà des revendications initiales de départ du régime et d’instauration des libertés démocratiques, c’est une bataille politique.

Pourquoi les Frères musulmans tentent-ils désormais de se présenter comme des « modérés » ?

Samir Amin. Parce qu’on leur demande de jouer ce jeu. Les Frères musulmans n’ont jamais été des modérés. Il ne s’agit pas d’un mouvement religieux, mais d’un mouvement politique qui utilise la religion. Dès sa fondation en 1920 par les Britanniques et la monarchie, ce mouvement a joué un rôle actif d’agent anticommuniste, antiprogressiste, antidémocratique. C’est la raison d’être des Frères musulmans et ils la revendiquent. Ils l’affirment ouvertement : s’ils gagnent une élection, ce sera la dernière, parce que le régime électoral serait un régime occidental importé contraire à la nature islamique. Ils n’ont absolument rien changé sur ce plan. En réalité, l’islam politique a toujours été soutenu par les États-Unis. Ils ont présenté les talibans dans la guerre contre l’Union soviétique comme des héros de la liberté. Lorsque les talibans ont fermé les écoles de filles créées par les communistes, il s’est trouvé des mouvements féministes aux États-Unis pour expliquer qu’il fallait respecter les « traditions » de ce pays. Ceci relève d’un double jeu. D’un côté, le soutien. De l’autre, l’instrumentalisation des excès naturels des fondamentalistes pour alimenter le rejet des immigrés et justifier les agressions militaires. Conformément à cette stratégie, le régime de Moubarak n’a jamais lutté contre l’islam politique. Au contraire, il l’a intégré dans son système.

Moubarak a-t-il sous-traité la société égyptienne aux Frères musulmans ?

Samir Amin. Absolument. Il leur a confié trois institutions fondamentales : la justice, l’éducation et la télévision. Mais le régime militaire veut conserver pour lui la direction, revendiquée par les Frères musulmans. Les États-Unis utilisent ce conflit mineur au sein de l’alliance entre militaires et islamistes pour s’assurer de la docilité des uns comme des autres. L’essentiel est que tous acceptent le capitalisme tel qu’il est. Les Frères musulmans n’ont jamais envisagé de changer les choses de manière sérieuse. D’ailleurs lors des grandes grèves ouvrières de 2007-2008, leurs parlementaires ont voté avec le gouvernement contre les grévistes. Face aux luttes des paysans expulsés de leur terre par les grands propriétaires fonciers, les Frères musulmans prennent partie contre le mouvement paysan. Pour eux la propriété privée, la libre entreprise et le profit sont sacrés.

Quelles sont leurs visées à l’échelle du Proche-Orient ?

Samir Amin. Tous sont très dociles. Les militaires comme les Frères musulmans acceptent l’hégémonie des États-Unis dans la région et la paix avec Israël telle qu’elle est. Les uns comme les autres continueront à faire preuve de cette complaisance qui permet à Israël de poursuivre la colonisation de ce qui reste de la Palestine.

Dakar, envoyée spéciale.

 
Entretien réalisé par Rosa Moussaoui
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13 août 2018 1 13 /08 /août /2018 05:48

 

Katia Dubreuil, présidente du Syndicat de la magistrature, revient sur les épisodes de l’affaire Benalla qui révèlent le manque de séparation des pouvoirs et la mainmise de l’exécutif sur certaines nominations.

 

Quel regard portez-vous sur le déroulement de la perquisition du domicile d’Alexandre Benalla le 20 juillet ?

Katia Dubreuil 

Il est difficile de porter une appréciation sur une enquête dont on ne connait que ce qui en est relaté dans la presse, mais il est vrai ce qui est décrit parait assez rocambolesque. Dans d’autres affaires, il est décidé de casser la porte ou de faire appel à un serrurier pour procéder à une perquisition. Cela n’a rien d’exceptionnel. Est-ce que les enquêteurs présents ont eu plus de scrupules à se comporter de la même manière avec Alexandre Benalla qu’avec un autre individu? Certaines enquêtes ont été entravées dans le passé car, certes, les policiers reçoivent des ordres de l’autorité judiciaire pour les enquêtes mais, pour ce qui concerne leur carrière et leur vie administrative, ils dépendent du ministère de l’Intérieur et donc du pouvoir exécutif. Nous réclamons depuis toujours que la police judiciaire soit rattachée directement à la magistrature. 

 

Par la suite, le syndicat de police Vigi a déposé un réquisitoire supplétif pour ouvrir les investigations de l’enquête à des soupçons de dissimulation de preuves. Ce que le parquet, sous la houlette du procureur de Paris, François Molins, a refusé…

Katia Dubreuil 

Il existe peut être des éléments que nous n’avons pas justifiant ce choix. Selon l’article de presse, le parquet justifierait cette décision par l’absence de bris de scellés, mais il existe une infraction distincte de dissimulation de preuves. Ce qui est sûr, c'est que l'absence de garanties suffisantes dans le statut du parquet et notamment les conditions de nomination laisse la porte ouverte au soupçon d'une intervention politique sur les décisions prises, et que cela nuit dans l'esprit du public à la confiance dans la justice.  

 

Que pensez-vous du périmètre de l’enquête et, avec le recul, du fait que la justice a découvert cette affaire par voie de presse, étant donné que l’article 40 du Code de procédure pénale n’a pas été utilisé par l’Élysée ?

Katia Dubreuil 

Sur cet article 40, chacun se renvoie la balle devant les commissions parlementaires. Mais il existe bien, en bout de chaîne hiérarchique, celui qui aurait dû prévenir le parquet. Il y a eu une volonté que l’affaire ne sorte pas. Ensuite, une enquête est lancée sur des infractions pour lesquelles Alexandre Benalla et d’autres fonctionnaires sont mis en examen, qui va être poussée jusqu’au bout, si tout se passe bien. Il faut faire la lumière sur cette affaire pour obtenir ensuite des éléments sur l'exercice du pouvoir : sur l'utilisation d'une arme, on cherchera forcément à savoir comment il a pu obtenir les autorisations nécessaires. C'est là que, potentiellement, d'autres personnes peuvent être mises en cause, y compris des personnalités politiques en exercice. Mais d'autres instances mèneront les enquêtes. Par ailleurs, certains aspects de ce type d’affaires, qui ne relèvent pas forcément des infractions pénales, se règlent, aussi, dans le débat démocratique et politique. 


Les sénateurs ont avancé l’idée d’auditionner Alexandre Benalla à la rentrée. Ce à quoi Nicole Belloubet a donné un avis négatif. Comment prenez-vous cette intervention ?

Katia Dubreuil 

La ministre de la Justice n’est pas restée dans son rôle, notamment en donnant son avis sur l'ampleur de la gravité de l'affaire. De manière générale, en tant que garde des Sceaux, elle n’a pas à s’exprimer sur des enquêtes judiciaires et parlementaires en cours. C’est précisément dans ce type d’affaires qu’il convient que la justice soit à l’écart de tout soupçon sur son indépendance. Précisément parce que la garde des Sceaux est celle qui nomme le procureur de la République de Paris, et donc le prochain qui va continuer à suivre l’affaire. C’est ce qui est problématique : il s’est produit dans le passé des incursions avérées du pouvoir exécutif dans le fonctionnement de la justice. Dernièrement, l'ancien garde des Sceaux Jean-Jacques Urvoas a été mis en examen pour avoir donné des informations à Thierry Solère sur une affaire judiciaire en cours. Ce qui, si les faits étaient avérés, serait très grave. Et à chaque affaire on s’interroge sur une possible immixtion. Encore une fois, cela nuit totalement à la confiance des citoyens dans la justice.

Entretien réalisé par Audrey Loussouarn

 

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12 août 2018 7 12 /08 /août /2018 00:00

 

Spécialisé dans l’ophtalmologie et, depuis quelques années, dans l’esthétique, le laboratoire qui fabrique le fameux Botox a été épinglé dans les Paradise Papers, en novembre 2017. Il assure se conformer aux lois en vigueur…

«A llergan, un laboratoire pharmaceutique mondial audacieux. » Voilà comment se définit lui-même le bienheureux producteur du Botox, ce traitement ophtalmologique devenu un best-seller du marché florissant de l’esthétique, utilisé pour estomper (provisoirement) les rides du haut du visage. De l’audace, c’est vrai, le laboratoire américain (plus de 15 milliards de dollars de chiffre d’affaires attendus en 2018) n’en a pas manqué depuis sa fondation, en 1948, par un pharmacien de Los Angeles. Pour conquérir – ou protéger – des marchés juteux, mais aussi pour « optimiser » sa fiscalité, si l’on en croit le Consortium international des journalistes d’investigation (Icij, en anglais), qui a révélé, en novembre 2017, les complexes stratégies d’évitement fiscal de nombreuses firmes, telles Apple, Nike ou Uber. Des révélations fondées sur les 13,5 millions de documents baptisés « Paradise Papers », provenant du cabinet international d’avocats Appleby, basé aux Bermudes. Une firme plutôt haut de gamme, de meilleure réputation que le cabinet Mossack Fonseca, mis en lumière par les Panama Papers dès 2016. Mais une firme aux objectifs exposés sans détours par son fondateur, le major Reginald Appleby, qui décrivait l’impôt sur le revenu comme « l’ultime raffinement de la torture humaine, auquel il faut s’opposer à tout prix ».

Un système de « double irlandais »

Or, pour éviter pareille torture, rien ne vaut une domiciliation fiscale avantageuse. C’est ce qu’a choisi Allergan en installant son siège social à Dublin, en Irlande. Un pays connu pour offrir l’un des taux d’imposition sur les sociétés le plus bas du monde (12,5 %). Une position tellement enviable que le mastodonte américain Pfizer a tenté, à peine quelques mois après cet atterrissage fiscal avantageux, de fusionner avec Allergan, pour profiter de cette domiciliation enviée. La transaction record (évaluée à 160 milliards de dollars !) a finalement été stoppée in extremis par le secrétaire américain au Trésor en 2016. Reste qu’Allergan, lui, a semble-t-il pu profiter des largesses propres au pays au Trèfle, tel le « double irish » (double irlandais) – rien à voir avec du whisky. Ce système consiste à mettre en place une double sous-traitance de filiales irlandaises pour récupérer les bénéfices de la société mère, en les faisant passer par des paradis fiscaux encore plus avantageux que la patrie de la Guinness, comme les Bermudes, les Caïmans ou l’île de Man. Une pratique tellement limite que le gouvernement irlandais a dû envisager, dès 2014, son interdiction pure et simple. Qui, alors, a tenté de s’opposer à cette réforme ? Une certaine Terilea Wielenga, la présidente du Tax Executives Institute (TEI), sorte d’association de professionnels de la fiscalité, qui exerçait aussi les fonctions de… directrice de la fiscalité d’Allergan ! D’après l’enquête de l’Icij, la fiscaliste aurait mis en place pour le producteur de Botox un système de « double irlandais » qui aurait déplacé les bénéfices du laboratoire jusqu’aux Bermudes. Contacté par l’Icij, le laboratoire a démenti toute fraude. « Allergan se conforme à toutes les lois fiscales et règles comptables applicables et paie tous les impôts dus dans toutes les juridictions où il exerce ses activités », a assuré l’entreprise. Dans une étude présentée en septembre 2017, la division française du laboratoire n’était d’ailleurs pas peu fière de mettre en avant ses 511 emplois dans l’Hexagone et même sa « contribution fiscale » de « 293 millions d’euros sur la période 2012-2016, dont 69 millions d’euros en 2016 ». Pas de quoi faire vaciller les profits du groupe, néanmoins. Au dernier trimestre 2017, l’entreprise a engrangé un bénéfice net de 3 milliards de dollars, dont 2,8 servis sur un plateau (d’argent) par la réforme fiscale de Donald Trump.

 

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11 août 2018 6 11 /08 /août /2018 23:57

 

Sur les six premiers mois de 2018, les 33 sociétés sur 40 ayant publié leurs résultats ont accumulé plus de 43,5 milliards d’euros de bénéfices, soit 500 millions de plus qu’en 2017. Pour dégager du cash, les dirigeants n’ont pas hésité à tailler dans l’investissement et à imposer des sacrifices à leurs employés, gel des salaires et suppressions de postes.

Malgré les conditions négatives qui pèsent sur la croissance mondiale, choc pétrolier, tensions commerciales, les sociétés du CAC 40 ont une fois de plus réussi à dégager de substantiels profits. Sur le premier semestre de l’année, les 33 multinationales sur 40 ayant publié leurs résultats ont engrangé plus de 43,5 milliards d’euros de bénéfices, soit 500 millions de plus que l’an dernier. Après les millésimes exceptionnels en 2016 et 2017, où le résultat net avait bondi de respectivement 21,6 % et 32,6 %, en passant de 55 milliards d’euros en 2015 à 76 milliards en 2016 pour atteindre 93 milliards l’an dernier, les quarante poursuivent leur ascension vers les sommets d’avant-crise, lorsqu’elles flirtaient avec les cent milliards d’euros de profits, mais à un rythme moins soutenu. À l’image de la croissance mondiale qui, selon les dernières prévisions de croissance de l’OCDE, marque une légère inflexion à 3,8 % en 2018 et 3,9 % en 2019.

Cet environnement a, jusqu’à présent, permis le maintien d’une bonne dynamique de profits pour les entreprises. En tête, Total a su tirer parti de la montée du prix du pétrole pour faire flamber ses résultats. Avec un bénéfice de 5,4 milliards d’euros sur les six premiers mois de l’année, soit 30 % de plus que l’an dernier, le groupe pétrolier retrouve un niveau d’avant l’effondrement des cours de pétrole, à l’été 2014. BNP Paribas, malgré une chute de 7,7 % de son résultat semestriel, frôle les 4 milliards d’euros. Une récolte meilleure qu’attendu. Viennent ensuite le spécialiste du luxe LVMH (3 milliards d’euros de bénéfices), l’assureur Axa (2,8 milliards d’euros) et le sidérurgiste ArcelorMittal (2,5 milliards).

Dans l’ensemble, près des deux tiers des groupes ont enregistré une hausse de leurs résultats. La plus forte progression revient à l’hôtelier AccorHotels, dont les profits, dopés par la cession de son pôle immobilier AccorInvest, ont explosé, à 2,2 milliards d’euros contre 77 millions d’euros un an auparavant. À l’autre extrémité, la plus forte dégringolade est signée par le groupe Carrefour, seul à présenter, sur les six premiers mois de l’année, une perte de 861 millions d’euros. Les 520 millions d’euros de baisse de « coûts » sur le semestre, sur les 2 milliards d’euros prévus d’ici à 2020, ont permis d’amortir la chute. Les marchés ont donc été rassurés, d’autant que d’autres « économies » sont en prévision avec la sortie des 273 magasins ex-Dia du réseau, qui sera achevée fin juillet, et le plan de départs volontaires en interne (2 400 postes) que Carrefour espère conclure en fin d’année.

Si les résultats semblent mitigés dans les différents secteurs, « il n’y a pas de mauvaises surprises, sauf quelques cas isolés. Les perspectives pour 2018 sont maintenues, voire augmentées dans l’ensemble », note un analyste financier. À ce titre, PSA fait figure d’exemple. Avec un bénéfice record de 1,4 milliard d’euros en hausse de 18 %, le marché n’a pas boudé son plaisir. L’action s’est envolée de près de 15 % après la publication des comptes.

Pour le reste de l’année, les patrons du CAC 40 ne semblent pas soucieux, même s’ils affichent une certaine prudence. Si le front européen a connu une accalmie avec le sommet de fin juin, le conflit commercial initié par les États-Unis a redoublé d’intensité et fait peser une chape de plomb sur les Bourses mondiales. Les menaces protectionnistes se sont multipliées. La tendance pourrait donc se retourner. Sans compter que le magot dégagé par les multinationales françaises pourrait avoir atteint un pic. Or, pour dégager du cash, les dirigeants n’ont reculé devant aucun sacrifice imposé à leurs employés. Gel des salaires, suppression de postes : comme un peu partout dans le monde, les réformes qui visent à flexibiliser le travail sont mises en place au pas de charge pour garantir la rentabilité des entreprises souhaitée par les marchés. En France, les ordonnances Macron n’ont pas dérogé à la règle. PSA a même été le meilleur VRP de ces mesures parmi les groupes de l’indice phare

MULTINATIONALES. LE CAC 40 EN PASSE D’ÉGALER SES PROFITS RECORD D’AVANT-CRISE (L’HUMANITE - JEUDI, 9 AOUT, 2018 - CLOTILDE MATHIEU)

UNE SITUATION FINANCIÈRE ÉCLATANTE

Pour accumuler toujours plus de richesses, les directions n’hésitent pas à rogner sur les investissements. L’étude Ricol Lasteyrie-EY dressant le « profil financier du CAC 40 », publiée le 25 juin, montre qu’en effet, si les groupes ont augmenté leur chiffre d’affaires et amélioré leur rentabilité pour afficher une situation financière éclatante, en revanche, ils n’ont pas hésité à tailler dans l’investissement. Ce dernier a reculé de 12 milliards d’euros, s’affichant à 69 milliards, hors secteur des banques et assurances. Son plus bas niveau depuis la création de ce baromètre, il y a douze ans. Une baisse économiquement absurde, alors que l’endettement net des groupes du CAC 40 a diminué pour la sixième année consécutive pour atteindre son niveau plancher depuis 2006, leur dégageant ainsi des marges de manœuvre au moment où la politique monétaire est des plus favorables pour investir. N’en déplaise au président de la République, qui s’apprête l’an prochain à transformer en baisse de cotisations sociales pérennes l’enveloppe de 20 milliards d’euros du crédit d’impôt compétitivité-emploi (Cice), et l’a même amplifiée sur les très bas salaires, ces « aides » servent avant tout à engraisser les actionnaires plutôt qu’à créer de l’emploi.

Clotilde Mathieu

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11 août 2018 6 11 /08 /août /2018 17:05

L’ancien maire de Cannes, actuel doyen de l’Assemblée nationale, n’est pas fan des déclarations d’intérêts et de patrimoine. Parmi ses « oublis », un compte suisse vieux de quarante ans provisionné de plus d’un million d’euros.

La pub, ça rapporte à tel point qu’on en oublierait un compte en Suisse. L’actuel doyen de l’Assemblée nationale, Bernard Brochand (« Les Républicains », LR), ne dirait sans doute pas le contraire. Pour la première fois député des Alpes-Maritimes et maire de Cannes en 2001, l’ancien édile a été élu sur le tard. Né à Nice en 1938, l’ex-joueur de foot s’est d’abord consacré à la publicité. À la fin des années 1980, il est à la tête d’une des plus grosses agences internationales, avant de créer une école de communication qui fusionnera ensuite avec celle de Jacques Séguéla. Le tout en pourvoyant en slogans les campagnes de Jacques Chirac mais aussi en investissant dans l’administration du PSG ou encore dans la création de Canal Plus. Une riche carrière au sens littéral, qui lui a permis de créditer un compte ouvert chez UBS en Suisse il y a plus de quarante ans… Et pour lequel la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) l’a rattrapé, quelques mois après l’affaire Cahuzac de 2013.

Le député des Alpes-Maritimes n’avait pourtant pas été tendre avec l’ex-ministre du Budget à cette époque. « À quoi tout cela servira-t-il, si prochainement M. Cahuzac revient siéger en toute impunité à l’Assemblée nationale ? » interrogeait-il dans une tribune postée sur son site et depuis effacée, mais que l’Express avait relevée. Et de se féliciter de son propre comportement : « En tant que parlementaire, j’ai toujours déclaré depuis 2001 mon patrimoine au cours de mes quatre mandats successifs », jurait-il, prenant la précaution de se prononcer « contre la publication de ces informations ».

« LE TRIBUNAL ESTIME QUE LES PEINES SONT INADAPTÉES AU REGARD DES CIRCONSTANCES DE L’INFRACTION »

Et c’est bien là que le bât blesse. Alors que Bernard Brochand rapatriait son compte helvète, la HATVP, au vu du défaut de déclaration, a saisi le parquet. Une paille à 1,2 million d’euros qui n’était jamais apparue depuis 2001. « J’avais un compte à l’étranger, déclaré en France, avec des impôts payés en France », s’est-il alors défendu auprès de l’AFP, fustigeant les « amalgames » l’assimilant à un fraudeur, et tout en affirmant qu’il avait presque oublié l’existence de ce compte géré par la banque… Ce n’est d’ailleurs pas son seul oubli. Jusqu’en 2014, pas trace, dans ses déclarations, de ses fonctions dans la société les Crets, dont ses parts sont évaluées à 3,6 millions. Elles figurent désormais dans sa déclaration post-législatives de 2017. Mais celle-ci « oublierait » cependant de mentionner qu’il a codirigé pendant quelques mois, en 2015, une holding luxembourgeoise, a révélé le Monde en octobre dernier.

Après enquête sur l’affaire de son compte suisse, l’élu de droite, alors âgé de 79 ans, a accepté la sanction proposée par le parquet dans le cadre d’une procédure de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC). Huit mois de prison avec sursis et 200 000 euros d’amende… Pas de quoi grever outre mesure son budget. Mais, en septembre 2017, le juge censé valider l’accord ne l’a pas entendu de cette oreille. « Le tribunal estime que les peines sont inadaptées au regard des circonstances de l’infraction et de la personnalité de l’auteur », « représentant de la nation », a-t-il argumenté lors de l’audience. Une « décision scandaleuse », a rétorqué l’avocat de l’intéressé, expliquant que son client « n’est pas poursuivi pour fraude fiscale ». Contrairement à 2014, où son immunité parlementaire (que ses pairs avaient refusé de lever) l’avait protégé des soupçons quant à son implication dans une affaire de corruption, cette fois, Bernard Brochand ne devrait pas échapper au procès en correctionnelle, prévu en novembre prochain.

Julia Hamlaoui

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11 août 2018 6 11 /08 /août /2018 06:47
INDUSTRIE. LA FILIÈRE HYDROLIENNE PRÊTE À COULER
Mercredi, 1 Août, 2018

En décidant d’abandonner l’usine de Cherbourg, le gouvernement et Naval Energies pourraient condamner tout le secteur français des énergies marines.

Cinq semaines après avoir inauguré la première usine de construction d’hydroliennes française à Cherbourg (Normandie), sans qu’aucune production ait vu le jour, Naval Energies – détenue à 60 % par Naval Group et à 34 % par la Banque publique d’investissement (BpiFrance) – abandonne la construction de ces turbines sous-marines qui fabriquent de l’électricité grâce aux courants. Pour justifier sa décision, l’entreprise évoque le manque de rentabilité et l’insuffisance du soutien public. « La technologie que nous avons développée est mature et nous l’avons emmenée jusqu’à la phase de démarrage industriel (…). Mais la dégradation de la situation du marché, en France et dans le monde tout au long de ces derniers mois, s’est traduite par une absence de perspectives commerciales qui ne nous permet pas de financer seuls plus longtemps le développement des activités hydroliennes », a ainsi expliqué la semaine dernière le ­président de Naval Energies, Laurent Schneider-Maunoury. Pourtant, des commandes fermes avaient été signées par le Canada et le Japon, et la France prévoyait l’installation de 100 à 150 mégawatts (MW) d’ici à 2028, « soit 50 turbines de 2 MW en dix ans ». Insuffisant pour le groupe, qui a mis fin à son aventure hydrolienne, préférant dorénavant se concentrer sur deux autres technologies marines : l’éolien flottant et l’énergie thermique des mers, « qui reçoivent le soutien des autorités publiques ».

Même si, ces derniers mois, le gouvernement a aussi renégocié à la baisse les contrats conclus, avec 15 milliards d’euros d’économies sur vingt ans. Reste que la stratégie du groupe est totalement en phase avec l’intervention, en juin dernier devant l’Assemblée nationale, du ministre de la Transition écologique. Nicolas Hulot avait alors déclaré que « les coûts de production des hydroliennes présentées aujourd’hui par les professionnels apparaissent, il faut en convenir, très élevés, même à long terme et même par rapport à l’éolien offshore ». Une prise de position à l’opposé de celle de l’ex-président de la République François Hollande qui, en 2013, estimait que les hydroliennes « représen­ t(ai)ent la formule la plus prometteuse » parmi les énergies marines.

LE RISQUE DE LAISSER LA PLACE AUX INDUSTRIELS ÉTRANGERS

Une « décision grave, très lourde de conséquences industrielles, sociales et environnementales », dénonce pour sa part la CFDT. D’autant que les calculs court-­termistes du gouvernement pro-business comme de l’entreprise à capitaux publics pourraient condamner toute une filière. Une filière qui comporte pourtant de nombreux avantages. Car, développe le syndicat, « sa production d’électricité est continue et prévisible (contrairement à l’éolien et à la majorité des autres énergies renouvelables) et son prix baissera forcément à terme dans le cadre d’une production en série comme pour toutes les autres technologies ». En effet, à dimension égale, une hydrolienne produit plus d’énergie qu’une éolienne puisque la densité de l’eau est 800 fois plus élevée que celle du vent. Sans compter que son impact visuel est nul ou quasi nul et que la France dispose avec son site du raz Blanchard (Normandie) d’une des zones au potentiel le plus important dans le monde. Avec l’abandon du site de Cherbourg, le risque est donc de laisser la place aux industriels étrangers, même si, en France, d’autres n’ont pas encore jeté l’éponge. C’est le cas de la PME bretonne Sabella, qui produit la seule hydrolienne à avoir été raccordée au réseau électrique national, et à y avoir injecté du courant d’origine marine.

POUR LES ÉLUS COMMUNISTES, « IL N’Y A PAS DE FATALITÉ »

Pour les élus locaux en revanche, « il n’est pas trop tard », estiment les parlementaires communistes de la Seine-Maritime Sébastien Jumel et Cécile Brulin. « Il n’y a pas de fatalité : ce que Naval Group prétend faire, le gouvernement peut le défaire, puisque l’État détient plus de 60 % du groupe d’industrie marine », ­expliquent les deux élus. Dans la même veine, le sénateur LR de la Manche Philippe Bas a également appelé le gouvernement « au sursaut nécessaire ». Ajoutant que « si l’État ne lance pas dans de brefs délais d’appels d’offres commerciaux, l’ensemble de la filière (française) va s’arrêter ». Pour y remédier, les parlementaires communistes appellent « solennellement le ministre de l’Économie, le ministre de la Transition écologique et le président de la région Normandie à se mettre autour d’une table avec les représentants des salariés, la direction du groupe et les collectivités locales directement concernées (…) afin de réexaminer (leur décision) à la lumière des véritables enjeux de l’énergie hydrolienne pour notre pays ».

 
Clotilde Mathieu
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11 août 2018 6 11 /08 /août /2018 05:16
L'esclavage s'aggrave en Europe au XXIe siècle, et les migrants en sont les premières victimes (Jean-Jacques Régibier, L'Humanité - 6 avril 2018)
L’ESCLAVAGE S’AGGRAVE EN EUROPE AU XXIÈME SIÈCLE
Vendredi, 6 Avril, 2018

C’est un véritable cri d’alarme que lancent les experts du Conseil de l’Europe ( GRETA ) dans leur rapport annuel sur la situation de la traite des êtres humains en Europe. Avant l’exploitation sexuelle, l’exploitation par le travail est devenue la forme prédominante de l’esclavage moderne. Les premières victimes en sont les migrants.

L’esclavage est-il en train de devenir une pratique florissante en ce début de XXIème siècle en Europe ? On aurait presque du mal à y croire si ce n’étaient les experts internationaux du Conseil de l’Europe qui en fassent la démonstration, chiffres et centaines de documents à l’appui, pays par pays.
 
A lire les 70 pages du rapport ( le 7ème ) que vient de rendre public le GRETA (1), et qui porte sur l’année 2017, on se frotte les yeux. Non seulement l’esclavage s’aggrave au cœur de l’Europe, mais les chiffres officiels, nous disent les experts, sous-estiment gravement le problème, et les poursuites ainsi que les condamnations, sont pratiquement inexistantes, d’autant que la plupart des victimes préfèrent ne pas déposer plainte ou témoigner, car elles dépendent des trafiquants pour leur travail et leur logement. Résultat : la traite des êtres humains à des fins d’exploitation par le travail reste largement invisible. C’est, expliquent les enquêteurs du Conseil de l’Europe, « l’un des aspects les plus problématiques de l’esclavage moderne. »

 

UNE ACTIVITÉ CRIMINELLE

Précisons d’abord que cette notion d’« esclavage » - ou de « traite des êtres humains » - n’est nullement une métaphore ou une caricature destinée à attirer l’attention sur l’un des aspects particulièrement révoltant de l’économie moderne. Il ne s’agit pas non plus d’une notion spécifiquement européenne puisqu’elle se réfère explicitement à l’article 4 de la Déclaration universelle des droits de l’homme, ainsi qu’à d’autres instances juridiques internationales, comme l’Organisation internationale du Travail ( OIT ), par exemple. Au regard des conventions internationales, la traite des êtres humains n’est donc pas une option économique comme une autre, c’est un crime.
 
La convention adoptée, dans sa version européenne, par le Conseil de l’Europe est extrêmement précise et mérite d’être citée in extenso car elle fait référence à de nombreuses situations concrètes dont on entend régulièrement parler. L’esclavage désigne « le recrutement, le transport, le transfert, l’hébergement ou l’accueil de personnes, par la menace de recours ou le recours à la force ou d’autres formes de contrainte, par enlèvement, fraude, tromperie, abus d’autorité ou d’une situation de vulnérabilité, ou par l’offre ou l’acceptation de paiements ou d’avantages pour obtenir le consentement d’une personne ayant autorité sur une autre aux fins d’exploitation. »
 
Si jusqu’alors, la forme dominante de cette traite des êtres humains en Europe, concernait l’esclavage sexuel, c’est désormais l’esclavage par le travail qui domine pratiquement partout, tout particulièrement au Royaume-Uni, en Belgique ou au Portugal, pour ne citer que les pays les plus importants. Les experts du GRETA citent également un pays qui a résolu le problème de manière originale. Il s’agit de la Pologne, où la « servitude » n’est toujours pas mentionnée expressément dans la loi comme type d’exploitation.

 

A LA VILLE COMME À LA CAMPAGNE

 
Si aucun secteur de l’économie n’est épargné par l’esclavage, il est particulièrement répandu dans le bâtiment, l’hôtellerie, l’industrie manufacturière - notamment le textile – mais aussi, le nettoyage, l’agriculture, et la pêche. En bref, dans tous les secteurs clé qui rapportent de l’argent. Dans tous les cas l’objectif est clair : engranger des profits maximum en réduisant, parfois jusqu’à zéro, la valeur de la force de travail, celle qui précisément permet de produire de la valeur. La pratique de l’esclavage permet de surcroît d’obtenir un avantage décisif par rapport aux autres concurrents opérant dans le même secteur, ce qui, au bout du compte, incite tout le monde à adopter les mêmes méthodes. C’est bien entendu la raison de fond qui explique l’irrésistible ascension, aujourd’hui, de l’esclavage par le travail en Europe.
 
A titre d’exemple qui révèle ce qui se passe dans de nombreux autres pays et secteurs d’activité, le GRETA fait état de nombreux cas qui ont réussi à parvenir jusqu’à la Cour européenne des droits de l’homme. Par exemple, celui de 42 ressortissants bangladais qui travaillaient jusqu’à 12 heures par jour, sans permis de travail, dans une exploitation de fraises de Manolada, dans le sud de la Grèce, sous le contrôle de gardes armés, et qui vivaient dans des huttes de fortune dépourvues de toilettes et d’eau courante. Le 17 avril 2013, alors qu’un groupe de ces travailleurs venait réclamer les salaires qui n’avaient pas été versés depuis plusieurs mois, un des gardes armés a ouvert le feu, blessant grièvement 30 d’entre eux. 
 
« Avant cet incident, les autorités grecques connaissaient depuis des années les conditions dans lesquelles des milliers d’ouvriers vivaient et travaillaient dans des exploitations de fraises autour de Manolada (…) mais aucune mesure concrète pour remédier à la situation n’avait été prise, » explique le rapport. La Cour d’assises de Patras, devant qui l’affaire avait été portée, avait d’ailleurs acquitté les deux employeurs coupables.
 
Mais l’esclavage n’est pas le privilège des zones rurales éloignées aux confins du continent européen. Il sévit aussi dans les beaux quartiers des grandes capitales à la mode. Ainsi en 2015 à Londres, note le GRETA, 75 cas d’esclavage domestique (employé.e.s de maison ) ont été enregistrés par la police, dont 10 chez des diplomates !
 
Là encore, non seulement l’Etat ne fait rien pour améliorer la situation, mais bien au contraire, il a tendance à l’aggraver. Les experts du Conseil de l’Europe dénoncent ainsi le fait qu’au Royaume-Uni, « le nouveau système s’appliquant aux employés de maison de nationalité étrangère, fragilise la situation des employés de maison migrants et risque d’accroître la traite aux fins de servitude domestique. » Pire, selon de nombreux rapports émanant de la société civile, lorsque des victimes d’esclavage par le travail ou d’esclavage domestique, s’adressent à un commissariat de police pour déclarer qu’on leur a ôté leur passeport ou que leur salaire n’a pas été payé, « elles sont souvent éconduites, car ces faits sont souvent considérés comme relevant du droit civil, » alors qu’il s’agit en fait bel et bien de délits. 
 
« La traite aux fins d’exploitation dans les secteurs des services domestiques et des soins à la personne concernent plus fréquemment les femmes, » conclut les experts du GRETA, « et est plus difficile à détecter dans la mesure où elle s’exerce dans des domiciles privés où les victimes peuvent être soumises à une exploitation à des fins à la fois sexuelles et de travail. »

 

LES MIGRANTS, PREMIÈRES VICTIMES

 
De nombreuses études menées dans plusieurs pays européens, reprises dans le rapport du GRETA, montrent que ce sont d’abord les travailleurs migrants étrangers qui sont victimes de l’esclavage par le travail en Europe, mais pas seulement.
« Notre suivi, » explique la présidente du GRETA, Siobhan Mullally, « montre que de plus en plus de personnes font l’objet de la traite à des fins de travail dans des conditions révoltantes en Europe, à la fois au sein des frontières nationales et au delà, » c’est-à-dire, partout dans le monde où des entreprises européennes exploitent des personnes dans des conditions qui relèvent de l’esclavage. L’actualité fait apparaître de temps en temps, souvent à l’occasion d’évènements dramatiques, un bout de la partie émergée de ce tragique iceberg. Ce fut le cas par exemple lors de l’effondrement du Rana Plaza à Dacca au Bangladesh, qui a fait plus de 1 100 morts en avril 2013.
 
« Les travailleurs migrants, notamment saisonniers et en situation irrégulière, ainsi que les demandeurs d’asile qui n’ont pas accès au marché du travail sont particulièrement vulnérable à la traite aux fins d’exploitation par le travail. »
A lire le rapport du GRETA, on ne peut s’empêcher - le mot est là pour y faire référence – d’établir un parallèle entre ce que fut le grand esclavage négrier, dominant dans les pays européens jusqu’au XIXème, et de s’inquiéter qu’il ressurgisse aujourd’hui, sous des formes ironiquement – et effroyablement – semblables.
 
Dans les deux cas, des hommes et des femmes arrachés à leur continent – toujours le même, l’Afrique – embarquant sur des navires ou des embarcations aléatoires pour des traversées à risque, au bout desquelles, si ils n’en meurent pas, se profile l’esclavage.
 
Parmi les nombreuses pistes qu’explorent les experts du Conseil de l’Europe pour tenter d’améliorer une situation en voie de dégradation, il apparait, note le rapport que « la coopération avec les syndicats et les ONG est essentielle pour s’attaquer avec succès au cas de traite aux fins d’exploitation par le travail. » 
 
 
(1) Le Groupe d’experts sur la lutte contre la traite des êtres humains ( GRETA ) est l’organisme du Conseil de l’Europe chargé de veiller à l’application de la Convention européenne contre l’esclavage. Son premier rapport couvrait la période allant de 2009 à 2011.
 
Pour accéder au rapport complet : 
 
Jean-Jacques Régibier
L'esclavage s'aggrave en Europe au XXIe siècle, et les migrants en sont les premières victimes (Jean-Jacques Régibier, L'Humanité - 6 avril 2018)
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