Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
19 août 2015 3 19 /08 /août /2015 12:04
Le Tour Alternatiba arrive en Finistère: à Morlaix le 23 août

Le Tour ALTERNATIBA arrive en Finistère.

10 août 2015

Du 5 juin au 26 septembre 2015, Le Tour Alternatiba parcourra 5637 kilomètres avec des vélos 3 et 4 places, pour mobiliser des dizaines de milliers de personnes autour des « vraies alternatives » au changement climatique dans la perspective des 21 conférences climat de l’ONU (COP21). Il passera par 187 territoires en France et dans 5 autres états Européens. Il arrive à Rennes le 18 août et entame ainsi le Tour breton des initiatives citoyennes.

Le tour de France Alternatiba fera escale à Morlaix le DIMANCHE 23 AOUT (de 12 h à 15 h) PLACE PUYO à MORLAIX

Il fera aussi escale à :

  • Landivisiau, le dimanche 23 août, à partir de 17h00, détails : ICI

18h30 : Km 62,5 LANDIVISIAU Arrivée et fin de l’étape. (Salle Y.Quéguiner place Jeanne d’Arc à Landivisiau)

conférence-débat / Frelon asiatique 17h30

présentation d'un four solaire

Animation Musicale, stands Alternatiba LDDNALC, autres…..

Prise de parole de LDDNALC (landi doit dire non à la centrale)

Prise de parole ALTERNATIBA

Rencontre avec les élus ayant répondus aux quinze mesures du Pacte pour la transition sur leur territoire.

Pot de l’ensemble des participants (prix libre)

19h/19h15 : Repas en commun pique-nique participatif.

20h : Soirée publique avec projection d'un film (8 minutes de film) et conférence-débat sur les enjeux climatiques et les alternatives concrètes.

22h fin de la journée

  • Landéda, le lundi 24 août, à partir de 16h00, détails : ICI
  • Douarnenez, le mardi 25 août, village toute la journée sur la place de l’Enfer, détails :ICI
  • https://alternatiba.eu/
Partager cet article
Repost0
19 août 2015 3 19 /08 /août /2015 09:53
Des migrants et demandeurs d'asile victimes d'actes racistes, de la politique municipale et étatique à Rennes

La Ville de Rennes demande l'expulsion du campement des Gayeulles

Plus personne ne peut désormais faire seulement semblant d’ignorer la situation catastrophique que vivent les migrants, et, avec un peu d’efforts, on arrive même à en analyser les causes et la part de l’Occident. Pourtant, au nez de ceux qui réchappent de la traversée mortifère des Sud, de la route éreintante et dangereuse des Balkans, des divers culs-de-sac et impasses hérissées de murs et d’obstacles, les portes de l’Europe entière claquent. De Calais à Vintimille en passant par Paris, la France s’arcboute sur une diagonale du refus et de l’exclusion qui traverse aussi Rennes.

Ici, le CRA se remplit et se vide au rythme d’arrivées nombreuses et tardives, de formalités expédiées dans l’urgence et de migrants expulsés sans délais. Un désespéré s’est mutilé, mais pour ceux dont la mutilation est juste mentale et qui se taisent à l’unisson, il est important de récapituler les derniers faits d’été qui déshonorent la capitale bretonne.

10 juin 2015 : Le squat de Thorigné-Fouillard est évacué laissant une vingtaine de demandeurs d'asile somaliens sans solution de relogement. Ils passent leur première nuit d'errance au "40 m cube», un squat désaffecté d'où ils sont chassés dès le lendemain matin.

11 juin 2015 : Un camp de fortune est dressé dans l'urgence au cœur de Rennes devant le théâtre du Vieux Saint Etienne.

13 juin 2015 : Les demandeurs d'asile somaliens sont tous relogés dans le dispositif hôtelier par les services de l'Etat, pour une durée indéterminée... Après 15 jours de mise à l'abri, ils sont remis à la rue.

29 juin 2015 : Nouveau camp de fortune dressé devant le théâtre du Vieux Saint Etienne.

3 juillet 2015 : La police évacue manu militari le campement et confisque le matériel.
Les demandeurs d'asile somaliens tentent alors d'investir un squat à Chartres de Bretagne où quelques compatriotes ont trouvé refuge depuis avril 2015, mais la gendarmerie s'y oppose. Philippe Bonnin, maire de Chartres de Bretagne, leur ouvre une salle municipale pour les accueillir durant le week-end.

6 juillet 2015 : Après des négociations infructueuses avec la Ville de Rennes et la préfecture, un nouveau campement est implanté dans le parc des Gayeulles.

24 juillet 2015 : La Ville de Rennes, propriétaire de la parcelle occupée dans le parc des Gayeulles, saisit la juridiction administrative et demande l'expulsion de tous les occupants :

Audience au TA le 4 septembre 2015 à 10 h


13 août 2015 : Dans la nuit du 12 au 13 août, 3 demandeurs d'asile somaliens sont victimes d'une agression vers 4h : "2 tentes ont été lacérées pour y introduire un liquide irritant et nauséabond, type lacrymogène, provoquant de vives brûlures au niveau des yeux et des irritations sur tout le corps" selon le PV de la police.
Les 3 victimes ont été très choquées par cet acte lâche et haineux en plein sommeil, qui rappelle l'agression raciste déjà subie l'été dernier par les migrants qui occupaient alors un terrain à Cleunay. Une plainte a été déposée.

Partager cet article
Repost0
18 août 2015 2 18 /08 /août /2015 20:08
Le capitalisme, voilà la "source du mal" écrivait Einstein en 1949

http://www.humanite.fr/le-capitalisme-voila-la-source-du-mal-ecrit-einstein-581478

Le capitalisme, voilà la « source du mal », écrit Einstein

Ce texte a été écrit par Albert Einstein en mai 1949 et publié dans la revue américaine progressiste « Monthly Review».

SAMEDI, 15 AOÛT, 2015- HUMANITÉ DIMANCHE

Albert Einstein: «Est-il convenable qu’un homme qui n’est pas versé dans les questions économiques et sociales exprime des opinions au sujet du socialisme ? Pour de multiples raisons, je crois que oui.»

Je suis maintenant arrivé au point où je peux indiquer brièvement ce qui constitue pour moi l’essence de la crise de notre temps. Il s’agit du rapport entre l’individu et la société. L’individu est devenu plus conscient que jamais de sa dépendance à la société. Mais il n’éprouve pas cette dépendance comme un bien positif, comme une attache organique, comme une force protectrice, mais plutôt comme une menace pour ses droits naturels, ou même pour son existence économique. En outre, sa position sociale est telle que les tendances égoïstes de son être sont constamment mises en avant, tandis que ses tendances sociales qui, par nature, sont plus faibles, se dégradent progressivement. Tous les êtres humains, quelle que soit leur position sociale, souffrent de ce processus de dégradation. Prisonniers sans le savoir de leur propre égoïsme, ils se sentent en état d’insécurité, isolés et privés de la naïve, simple et pure joie de vivre. L’Homme ne peut trouver de sens à la vie, qui est brève et périlleuse, qu’en se dévouant à la société.
L’anarchie économique de la société capitaliste, telle qu’elle existe aujourd’hui, est, à mon avis, la source réelle du mal.
Nous voyons devant nous une immense société de producteurs dont les membres cherchent sans cesse à se priver mutuellement du fruit de leur travail collectif – non pas par la force, mais, en somme, conformément aux règles légalement établies. Sous ce rapport, il est important de se rendre compte que les moyens de la production – c’est-à-dire toute la capacité productive nécessaire pour produire les biens de consommation, ainsi que, par surcroît, les biens en capital – pourraient légalement être, et sont même pour la plus grande part, la propriété privée de certains individus.

Pour des raisons de simplicité, je veux, dans la discussion qui va suivre, appeler « ouvriers » tous ceux qui n’ont point part à la possession des moyens de production, bien que cela ne corresponde pas tout à fait à l’emploi ordinaire du terme. Le possesseur des moyens de production est en état d’acheter la capacité de travail de l’ouvrier. En se servant des moyens de production, l’ouvrier produit de nouveaux biens qui deviennent la propriété du capitaliste. Le point essentiel dans ce processus est le rapport entre ce que l’ouvrier produit et ce qu’il reçoit comme salaire, les deux choses étant évaluées en termes de valeur réelle.

Dans la mesure où le contrat de travail est « libre », ce que l’ouvrier reçoit est déterminé non pas par la valeur réelle des biens qu’il produit, mais par le minimum de ses besoins et par le rapport entre le nombre d’ouvriers dont le capitaliste a besoin et le nombre d’ouvriers qui sont à la recherche d’un emploi. Il faut comprendre que même en théorie, le salaire de l’ouvrier n’est pas déterminé par la valeur de son produit.
Le capital privé tend à se concentrer en peu de mains, en partie à cause de la compétition entre les capitalistes, en partie parce que le développement technologique et la division croissante du travail encouragent la formation de plus grandes unités de production aux dépens des plus petites. Le résultat de ces développements est une oligarchie de capitalistes dont la formidable puissance ne peut effectivement être refrénée, pas même par une société qui a une organisation politique démocratique. Ceci est vrai, puisque les membres du corps législatif sont choisis par des partis politiques largement financés ou autrement influencés par les capitalistes privés qui, pour tous les buts pratiques, séparent le corps électoral de la législature. La conséquence en est que, dans le fait, les représentants du peuple ne protègent pas suffisamment les intérêts des moins privilégiés. De plus, dans les conditions actuelles, les capitalistes contrôlent inévitablement, d’une manière directe ou indirecte, les principales sources d’information (presse, radio, éducation). Il est ainsi extrêmement difficile pour le citoyen, et dans la plupart des cas tout à fait impossible, d’arriver à des conclusions objectives et de faire un usage intelligent de ses droits politiques.

UNE « ARMÉE » DE CHÔMEURS

La situation dominante dans une économie basée sur la propriété privée du capital est ainsi caractérisée par deux principes importants: premièrement, les moyens de production (le capital) sont en possession privée et les possesseurs en disposent comme ils le jugent convenable; secondement, le contrat de travail est libre. Bien entendu, une société capitaliste pure dans ce sens n’existe pas. Il convient de noter en particulier que les ouvriers, après de longues et âpres luttes politiques, ont réussi à obtenir, pour certaines catégories d’entre eux, une meilleure forme de « contrat de travail libre». Mais, prise dans son ensemble, l’économie d’aujourd’hui ne diffère pas beaucoup du capitalisme « pur».

La production est faite en vue du profit et non pour l’utilité. Il n’y a pas moyen de prévoir que tous ceux qui sont capables et désireux de travailler pourront toujours trouver un emploi; une « armée » de chômeurs existe déjà. L’ouvrier est constamment dans la crainte de perdre son emploi. Et puisque les chômeurs et les ouvriers mal payés sont de faibles consommateurs, la production des biens de consommation est restreinte et a pour conséquences de grands inconvénients. Le progrès technologique a souvent pour résultat un accroissement du nombre de chômeurs, plutôt qu’un allégement du travail pénible pour tous. L’aiguillon du profit en conjonction avec la compétition entre les capitalistes est responsable de l’instabilité dans l’accumulation et l’utilisation du capital qui amène des dépressions économiques de plus en plus graves. La compétition illimitée conduit à un gaspillage considérable de travail et à la mutilation de la conscience sociale des individus dont j’ai fait mention plus haut.
Je considère cette mutilation des individus comme le pire mal du capitalisme.
Tout notre système d’éducation souffre de ce mal. Une attitude de compétition exagérée est inculquée à l’étudiant, qui est dressé à idolâtrer le succès de l’acquisition comme une préparation à sa carrière future.

POUR LE SOCIALISME

Je suis convaincu qu’il n’y a qu’un seul moyen d’éliminer ces maux graves, à savoir l’établissement d’une économie socialiste, accompagnée d’un système d’éducation orienté vers des buts sociaux. Dans une telle économie, les moyens de production appartiendraient à la société elle-même et seraient utilisés d’une façon planifiée.
Une économie planifiée, qui adapte la production aux besoins de la société, distribuerait le travail à faire entre tous ceux qui sont capables de travailler et garantirait les moyens d’existence à chaque homme, à chaque femme, à chaque enfant. L’éducation de l’individu devrait favoriser le développement de ses facultés innées et lui inculquer le sens de la responsabilité envers ses semblables, au lieu de la glorification du pouvoir et du succès, comme cela se fait dans la société actuelle.
Il est cependant nécessaire de rappeler qu’une économie planifiée n’est pas encore le socialisme. Une telle économie pourrait être accompagnée d’un complet asservissement de l’individu. La réalisation du socialisme exige la solution de quelques problèmes sociopolitiques extrêmement difficiles: comment serait-il possible, en face d’une centralisation extrême du pouvoir politique et économique, d’empêcher la bureaucratie de devenir toute-puissante et présomptueuse ? Comment pourrait-on protéger les droits de l’individu et assurer un contrepoids démocratique au pouvoir de la bureaucratie ? La clarté au sujet des buts et des problèmes du socialisme est de la plus grande importance à notre époque de transition. Puisque, dans les circonstances actuelles, la discussion libre et sans entrave de ces problèmes a été soumise à un puissant tabou, je considère que la fondation de cette revue est un important service rendu au public.

Partager cet article
Repost0
18 août 2015 2 18 /08 /août /2015 14:41

Réseaux sociaux

Julia Hamlaoui

Mardi, 18 Août, 2015

L'Humanité

Après avoir publié la photo d’une affiche d’un bar alsacien expliquant le boycott de certains produits en solidarité avec le peuple palestinien, Fabienne Haloui (PCF) ne s’attendait pas à un tel déferlement de haine.

Quelques jours après l’opération « Tel-Aviv sur Seine » qui, comme le redoutaient des associations et partis de gauche, a offert une tribune aux défenseurs de la politique coloniale du gouvernement israélien, le déferlement de haine contre les militants de la paix au Proche-Orient n’a pas reflué, même si les transats ont été repliés. Ce week-end du 15 août, une militante et élue communiste du Vaucluse en a fait les frais. Fabienne Haloui, également membre de l’exécutif du PCF, a subi sur les réseaux sociaux un flot d’insultes et de menaces. En cause, cette fois, non pas une prise de position sur la transformation de Paris Plages mais la photo d’une affiche prise dans un bar alsacien.

« Les produits suivants ne sont plus vendus dans cet établissement à cause du soutien de leur fabricant à l’État terroriste d’Israël, compte tenu des atrocités commises envers la population palestinienne », peut-on y lire avant l’énumération des marques Coca-Cola, Pepsi et Perrier. Partageant davantage la démarche de la campagne BDS (Boycott, désinvestissement, sanction) qui cible uniquement les produits israéliens, l’élue communiste, qui a publié ce cliché de vacances sur son compte personnel, n’appelle pas pour sa part à ce type de boycott. Mais elle a « trouvé assez courageux d’afficher de cette manière, citoyenne et pacifique, son soutien au peuple palestinien », explique-t-elle. Et elle n’a pas dû être la seule, puisque 4 153 mentions « j’aime » accompagnent sa publication partagée 12 186 fois.

« Je ne me tairai pas »

Mais certains internautes défenseurs de la politique d’extrême droite du gouvernement israélien ont multiplié les insultes, remarques racistes et mêmes les menaces. « Tous ceux qui boycottent Israël sont des chômeurs ou des assistés, donc des minables ! » « Mettez-vous un truc dans la tête : les (antisémites) comme vous, on les combat à vie. Vous n’aurez plus jamais la paix » « Vous donnez la France, vos filles et vos femmes à des envahisseurs, et vous baissez la tête comme des moutons à l’abattoir ? Eh bien pas nous ! Nous on se bat tous les jours pour nous défendre ! » Autant de commentaires qui ne sont, hélas, que quelques exemples de la déferlante dont l’élue s’est aperçue samedi soir et qui s’est poursuivie depuis. « Être insultée d’antisémite est à la fois extrêmement blessant du fait de mon parcours personnel et en même temps une forme de chantage insupportable », relève Fabienne Haloui, qui est décidée à porter plainte et à saisir le préfet pour rappeler l’évidence : « On a le droit de critiquer la politique de l’État d’Israël, de condamner un État qui ne respecte pas le droit international. » Quant au boycott, dont les détracteurs saisissent régulièrement la justice, « il peut être une arme pacifique de nature à mobiliser l’opinion publique et à mettre en difficulté le gouvernement israélien dans son refus de se soumettre aux décisions de l’ONU », estime la conseillère régionale.

Les agressions dont elle a été victime, qu’elles relèvent d’individus ou d’organisations, ne sont pas rares. L’adjoint PCF à la Mairie de Paris, Ian Brossat, pour s’être élevé contre l’initiative d’Anne Hidalgo la semaine dernière, a notamment été vivement pris à partie par la Ligue de défense juive (LDJ), une organisation d’extrême droite. Comme lui, Fabienne Haloui entend poursuivre son combat en faveur de la paix : « Je ne me tairai pas », lance-t-elle, saluant les nombreux messages de soutien et de solidarité qui lui sont aussi parvenus.

Partager cet article
Repost0
18 août 2015 2 18 /08 /août /2015 14:36
Crise porcine : Bigard et Cooperl veulent maintenir leurs marges

Olivier Morin

Mardi, 18 Août, 2015

L'Humanité

Les deux industriels de la filière refusent de payer le porc à 1,40 euro le kilo alors que son prix, plus élevé en 2012 et 2013, ne les a pas empêchés de réaliser de substantiels bénéfices.

Les deux géants de l’industrie de la viande ont-ils seulement pensé que leur refus de rémunérer le travail des éleveurs au prix convenu serait mis en porte à faux au regard de leurs bénéfices ? En jouant la montre pendant plus d’une semaine et en brandissant le prix de 1,40 euro le kilo de porc comme étant intenable pour leur équilibre financier, la Cooperl et Bigard ont tenté d’écraser encore davantage le coût des matières premières pour pérenniser et augmenter leurs marges. Dans le rapport complet officiel des comptes de la société Bigard que s’est procuré l’Humanité, on y apprend que son chiffre d’affaires s’élève à presque 1,5 milliard d’euros pour l’année 2013 et que l’excédent brut d’exploitation (les bénéfices avant amortissements et versement de dividendes aux actionnaires) est de 34 596 400 euros, soit 14 millions de plus qu’en 2012. L’approvisionnement en matières premières étant le premier poste de dépenses. Mais, durant ces deux années, le prix du porc n’est pas repassé au-dessous de 1,40 euro. La moyenne sur ces deux années était même supérieure à 1,45 euro, ce qui n’a pas empêché la société de dégager des bénéfices confortables, au point de racheter d’autres entreprises de la filière (voir notre édition du 17 août).

C’est donc bien la recherche de la plus-value tous azimuts qui guide la stratégie de Bigard, qui, selon Jocelyne Hacquemand, de la Fédération de l’agroalimentaire à la CGT, comprend aussi l’accélération des cadences dans les sites d’abattage et de découpe et une politique de bas salaires, qui plafonnent à 1,5 fois le Smic. Quant à comparer sa situation avec celle de ses concurrents européens qui seraient plus avantagés, Bigard se place là encore dans l’ambiguïté, puisque la société Vion, leader européen de la viande regroupant 16 500 éleveurs en Allemagne et aux Pays-Bas, fait face à plusieurs exercices déficitaires depuis 2012, avec une matière première constamment moins chère qu’en France et une utilisation massive de travailleurs détachés sous-payés. Vion, qui abat 18 millions de porcs par an et se glorifiait d’un chiffre d’affaires de 7 milliards d’euros, a dû céder une de ses filiales pour réduire un endettement massif et obtenir une ligne de crédit bancaire.

Les deux géants ont refusé de participer à la table ronde

La Cooperl a beau jeu, elle aussi, de simuler l’étouffement à l’annonce du prix de 1,40 euro au marché de Plérin, puisque cette coopérative, censée défendre un prix rémunérateur pour tous ses adhérents, a fait le curieux choix d’investir à l’international. C’est ainsi que, depuis 2013, son président Patrice Drillet (qui était alors vice-président) se félicite, dans d’autres cercles que celui du marché du porc breton (MPB), d’avoir investi dans un bureau en Chine et créé une société sur place. Sans crainte du grand écart, les dirigeants juraient à la fois que « la recherche de compétitivité sur notre territoire restait un souci permanent », tout en validant un investissement stratégique pour conquérir le gigantesque marché chinois. Est-ce un choix issu de la réflexion collective des adhérents ? Il est permis d’en douter, quand on lit, dans la revue spécialisée Réussir Porc d’août 2013, que ce sont « les dirigeants (qui) ont expliqué aux nombreux adhérents sur place » la nécessité stratégique d’un « développement à l’international ». S’acquittant, comme Bigard, d’un prix du porc supérieur à celui qu’elle refuse aujourd’hui, la Cooperl faisait état à la même époque d’un chiffre d’affaires qui avait doublé en cinq ans et d’une capacité d’autofinancement de 40 millions d’euros pour 2013, signe d’une structure financière solide qui permet à la coopérative « d’innover et d’investir », selon les termes de la direction.

Hier après-midi, la Cooperl et Bigard ont refusé de se rendre à la rencontre des acteurs de la filière porcine au ministère de l’Agriculture. Les deux entreprises d’abattage et de découpe seront reçues mardi et mercredi séparément au ministère. De leur côté, les fédérations départementales de syndicats d’exploitants agricoles (FDSEA) des principales régions productrices de porc, réunies hier matin, ont exigé que les cotations reprennent dès mardi.

__________________________________________________________________________

D’autres choix en débat

La Confédération paysanne propose un plan de redressement en cinq axes. Celui-ci consisterait, selon le syndicat, à « travailler à une méthode de fixation des prix permettant une couverture des coûts de production ; réorienter les productions au plus près de la consommation ; mettre en place une stratégie de développement de la qualité des viandes ; mettre en place une stratégie de substitution aux importations (1,59 milliard d’euros de viande de porc importée en France) ; et, enfin, mettre en place des mesures de prévention des crises qui permettent un ajustement de l’offre à la demande ».

blocus contre lidl

Des agriculteurs ont bloqué, hier, une plate-forme logistique de l’enseigne Lidl, à Sailly-lez-Cambrai (Nord), pour dénoncer l’origine inconnue d’une grande partie de la viande et du lait dans une soixantaine de magasins de cette enseigne. Ce blocus fait suite à celui organisé de mercredi à samedi, la semaine dernière.

Partager cet article
Repost0
18 août 2015 2 18 /08 /août /2015 14:23
Révisez vos leçons! Pierre Laurent interpelle Laurent Joffrin à propos de son analyse de la crise grecque

Tribune de Pierre Laurent dans Libération - lundi 17 août 2015

Révisez vos leçons !

Pierre Laurent interpelle Laurent Joffrin à propos de son analyse de la crise grecque.

En annonçant à la une de Libération du 11 août un grand dossier sur «les leçons de la crise grecque», votre journal a fait une promesse à ses lecteurs qu’il n’a absolument pas tenue. Votre dossier et l’analyse introductive que vous signez ne tirent aucune leçon de l’expérience grecque de ces huit derniers mois. En tout cas aucune de celles que devrait logiquement tirer quiconque se réclame de la gauche. Une fois de plus, vous faites totalement fi de la position réelle et maintes fois exprimée d’Aléxis Tsípras.

Cherchant en fait à justifier la politique d’austérité menée en France par François Hollande, vous présentez sa décision de signer l’accord qui lui a été imposé comme un reniement à ses promesses démagogiques, la reconnaissance par lui-même que rester dans l’euro vaut bien «une certaine dose d’austérité» et qu’il aurait mieux valu l’admettre tout de suite plutôt que de «jouer au poker avec l’avenir de la Grèce».

Ainsi, selon vous, Aléxis Tsípras pourrait maintenant être soutenu parce qu’il s’est converti au réalisme d’une austérité qu’il combattait hier.

Cette position est l’exact contraire de celle qu’a exprimée le Premier ministre grec, le 29 juillet dans une longue interview à la radio hellénique Sto Kokkino, dont seule l’Humanité a publié la traduction intégrale. Je cite : «Nous avons tenté, dans des conditions défavorables, avec un rapport de forces difficile en Europe et dans le monde, de faire valoir la raison d’un peuple et la possibilité d’une voie alternative. Au bout du compte, même si les puissants ont imposé leur volonté, ce qui reste c’est l’absolue confirmation, au niveau international, de l’impasse qu’est l’austérité.»Si réalisme il y a, on le voit, c’est celui de la lucidité face au rapport de forces et aux conditions draconiennes de l’accord qui a été imposé à la Grèce. La transparence avec laquelle Aléxis Tsípras conduit son combat est d’ailleurs une belle leçon de démocratie.

Alors, pourquoi avoir signé, quand vous nous dites, monsieur Joffrin, qu’il ne tenait qu’à Aléxis Tsípras d’écarter ce chantage «en négociant un Grexit temporaire et ordonné que lui proposaient ses interlocuteurs allemands» ? Précisément, parce que le Grexit, souhaité de bout en bout par le gouvernement allemand, aurait signifié une faillite catastrophique pour les couches populaires en Grèce. La décision revancharde de contraindre à la fermeture des banques, prise par l’Eurogroupe à la veille du référendum, préparait le terrain au Grexit et à la liquidation politique du gouvernement Tsípras. Sait-on suffisamment que les Allemands ont été les plus zélés à proposer un Grexit dit «ordonné» de la Grèce, en gros un accompagnement musclé vers la sortie ? Ceci dit, Aléxis Tsípras reconnaît lui-même que la Grèce a dès lors été enfermée dans un «dilemme coercitif».

En acceptant, contraint, les conditions draconiennes de l’accord, c’est donc en quelque sorte maintenu dans la prison de l’austérité que Tsípras a décidé de continuer à mener le combat, parce que le choix alternatif du Grexit n’était pas celui de la liberté mais celui du condamné à mort. Reconnaissant le caractère douloureux de ce compromis, il a souligné combien il s’agissait «d’une victoire à la Pyrrhus de nos partenaires européens et de nos créanciers». Nous sommes donc loin, convenez-en, d’un ralliement à l’austérité.

Dans ce combat inégal, la Grèce a également marqué des points. Au plan politique, en élevant le niveau du débat sur la viabilité des politiques d’austérité et la soutenabilité de la dette dans toute l’Europe. Le gouvernement grec a ouvert une voie vers laquelle nous devrions désormais tous pousser. Au plan économique, en obtenant 83 milliards de financement sur trois ans là où le compromis d’avant-référendum avec les mêmes mesures d’austérité n’assurait que 10 milliards sur cinq mois. Il y a quelques jours encore, les Allemands plaidaient plutôt pour un «prêt relais» qu’un accord de financement durable en échange du plan d’austérité.

Dans ces conditions, le devoir d’une gauche digne de ce nom n’est pas de prétendre soutenir Tsípras en vantant son imaginaire ralliement à l’austérité, ce qui reviendrait à le soutenir comme la corde soutient le pendu, mais de le soutenir vraiment en élargissant le front de lutte européen contre l’austérité, pour des financements allant à la création d’emplois et de richesses, aux services publics et non plus à l’enrichissement des créanciers, pour la restructuration européenne de la dette.

L’engagement de la France dans ce combat s’avérerait immédiatement décisif, quand on voit ce que celui de la Grèce, seule et isolée, a déjà fait bouger dans les consciences.

C’est là que votre responsabilité, cher Laurent Joffrin, et celle du gouvernement français sont gravement engagées.

Jusqu’à quand allez-vous plaider des vieilles lunes qui condamnent chaque jour un peu plus l’idée européenne dans la tête de millions d’Européens plutôt que de regarder vers l’avenir d’une nécessaire refondation démocratique et sociale en Europe ? Le débat sur la fédéralisation accrue de la zone euro est une fausse fenêtre car elle esquive encore une fois le fond du problème : la nature des politiques mises en œuvre. La voie ouverte par les Grecs place la barre plus haut : reconquérir le pouvoir confisqué en Europe par les marchés financiers avec la complicité des gouvernements de la zone euro pour le rendre aux peuples et à leurs choix souverains. Nations et Europe ne s’opposent pas si la règle démocratique d’une Europe à géométrie choisie remplace celle d’une Europe régie par la loi du plus fort.

Tout votre dossier est traversé une nouvelle fois par cette fausse opposition qui expliquerait tout : les pro-Européens d’un côté, les souverainistes de l’autre. Votre analyse date, cher Laurent Joffrin. Aujourd’hui, les tenants de l’ordre libéral en Europe et les partisans du retour au choc des nationalismes sont les deux protagonistes d’une même impasse mortifère. L’avenir appartient à ceux qui feront le choix d’une refondation sociale et démocratique de l’Europe. Aléxis Tsípras et les siens, avec les forces de la Gauche européenne que je préside, mènent ce combat. C’est le seul combat d’avenir pour les forces de gauche en Europe.

Partager cet article
Repost0
17 août 2015 1 17 /08 /août /2015 13:55

Aurélien Soucheyre avec Grégory Marin

Vendredi, 14 Août, 2015

L'Humanité

La figure du chef du régime vichyste, soixante-dix ans après son procès, reste majoritairement taboue à droite. Des fondamentaux politiques et sociétaux de sa « Révolution nationale » ressurgissent pourtant de plus en plus dans les thématiques imposées par la droite et l’extrême droite.

Il y a soixante-dix ans, le 15 août 1945, Philippe Pétain était ¬reconnu coupable de haute trahison et d’intelligence avec l’ennemi par la Haute Cour de justice. Le numéro un du régime collaborationniste de Vichy était frappé d’indignité nationale, condamné à la confiscation de ses biens et à la peine de mort, qui sera commuée en emprisonnement à perpétuité par le général de Gaulle. Que reste-t-il de l’ancien maréchal, en 2015, en dehors de son passé ¬militaire et au-delà de ses adorateurs d’extrême droite, qui se réunissent marginalement le 23 juillet pour fleurir sa tombe sur l’île d’Yeu ? « Son héritage, issu de nombreuses familles de droite d’avant-guerre, se retrouve différemment aussi bien à l’extrême droite qu’à droite », mesure l’historien Alain Ruscio. Mais une tendance s’impose : une partie de la droite et son extrême convergent ensemble pour imposer à nouveau un vieux modèle défendu bien avant 1940, basé sur le travail, la famille et la patrie.

Qui reprend aujourd’hui le flambeau de Philippe Pétain ? Il y a d’une part ceux, minoritaires mais croissants, qui tentent de le réhabiliter ouvertement et dans toute sa dimension, des polémistes hallucinés Éric Zemmour et Renaud Camus au président d’honneur du Front national, Jean-Marie Le Pen, pour qui « Vichy est excusable ». Et puis il y a ceux qui condamnent sa collaboration avec l’Allemagne nazie, et dénoncent son antisémitisme, mais partagent des fondamentaux politiques et sociétaux avec le chef de l’État français. Avec ceux qui, à Vichy, avaient fait remplacer le « Liberté, égalité, fraternité » de la Révolution française par la devise « Travail, famille, patrie ».

De nombreux relents pétainistes chez Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen

« Cette maxime est en fait consubstantielle à la droite. Ce slogan serait ouvertement utilisé s’il n’était pas frappé d’interdit, car c’est cette idéologie qui guide aujourd’hui la droite française », estime l’historien Alain Ruscio. Il ne faut pas chercher longtemps pour retrouver chez Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen de nombreux relents pétainistes, à travers des positions traditionnelles de la droite qui exaltent le dur labeur pour vivre, la famille réunie sur des valeurs chrétiennes éternelles, et l’union sacrée autour d’une patrie placée au-dessus de tout. La création de 2007 à 2012 par Sarkozy d’un ministère commun autour de « l’identité nationale et de l’immigration », ses ambitions de remettre au goût du jour de possibles « dénaturalisations » pratiquées massivement sous Vichy, ses louanges pour « le rêve capétien réalisé » et le « long manteau de cathédrales », sa haine de « l’assistanat » et de « l’égalitarisme », ses appels au « vrai travail » – proches de « la terre qui ne ment pas » selon Pétain citant Barrès –, et ses cris d’amour pour « le travail et la famille » lors de la campagne de 2012 sont des exemples parmi d’autres. Sans oublier sa critique des syndicats, ces « corps intermédiaires qui s’interposent entre le peuple et le sommet de l’État » et « confisquent la parole aux Français ».

« Ce n’est pas parce que Pétain a un jour parlé de la famille, de la patrie et du travail que l’on doit s’interdire de le faire ! » s’énervait Henri Guaino, proche conseiller et plume de Nicolas Sarkozy en 2012. Ne pas s’interdire, c’est déjà fait. Il n’y a plus qu’à reconnaître la filiation, qui va au-delà d’un Pétain marqué au fer rouge de l’histoire. « Vichy a d’abord été l’émanation de toutes les couleurs de l’Assemblée nationale – hormis les communistes, déjà exclus – qui ont voté les pleins pouvoirs à Pétain. On trouvait aussi de nombreux socialistes et radicaux. Le régime va vraiment s’enfermer dans la droite revancharde avec la mise en place de la Révolution nationale, portée par tous ceux qui avaient considéré le Front populaire comme une abomination. On a tendance à oublier que la droite française était très puissante, très virulente et très réactionnaire pendant l’entre-deux-guerres », ajoute Alain Ruscio.

Le barrage sanitaire entre la droite et l’extrême droite est fissuré

Abreuvée par les idées de Maurice Barrès et Charles Maurras – qui considère l’ascension de Pétain comme une « divine surprise » –, la droite française va saisir l’occasion apportée par l’occupation nazie pour abroger la République et mettre en place un programme traditionaliste, contre-révolutionnaire, nationaliste, pro-patronat et anti-ouvrier, en interdisant les syndicats et le droit de grève. « Cette droite en réalité classique, issue de mouvements qui convergeaient déjà avant Vichy, se retrouve frappée d’interdit après la Libération. Elle a trempé dans la collaboration. Elle est souillée. Elle va se recomposer autour de ceux qui ont résisté, parmi lesquels les gaullistes sont les plus nombreux. Ce sont eux qui assurent alors le leadership sur la droite », reconstitue Alain Ruscio. Des slogans classiques, devenus slogans pétainistes, se font plus discrets pendant un temps. « Le septennat de Giscard sonne le début de leur retour, mais on les retrouve dans toute leur vigueur depuis Nicolas Sarkozy », lequel est conseillé par des idéologues d’extrême droite, de Patrick Buisson à Guillaume Peltier.

Le barrage sanitaire entre la droite et l’extrême droite, qui a tenu de de Gaulle à Chirac, est aujourd’hui sérieusement fissuré. Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen tiennent souvent des propos similaires entre bons et mauvais travailleurs, bons Français et mauvais étrangers, accusés de menacer la France à la fois d’un point de vue culturel et économique. Une manipulation grossière, qui tourne totalement le dos à l’idéal révolutionnaire et républicain, qu’ils détournent à loisir, tout comme ils tentent de détourner, à la manière de Pétain, la journée du 1er mai (voir encadré). « Il s’agit d’une sorte de retour à la nature de la droite. On assiste à la fin de la parenthèse gaulliste. Marine Le Pen l’a bien compris : elle cherche à éliminer toutes les scories de son père pour montrer toutes les convergences qu’il y a entre la droite de Nicolas Sarkozy et la sienne », prévient Alain Ruscio. Cette « droite décomplexée », face à quel passé si ce n’est celui de Vichy (hors collaboration), remet en cause les acquis sociaux du Conseil national de la Résistance, réhabilite le colonialisme et soutien les opposants au mariage homosexuel. Elle n’est plus antisémite, et n’a plus besoin de mettre fin à la République puisqu’elle a su la vider de son sens – jusqu’à se l’approprier à travers l’appellation « Les Républicains » – mais reste obsédée par l’islam et l’identité nationale.

________________________________________________________________________

Mais Le riche n’est pas un étranger...

Dans les propos xénophobes de la droite ne sont pas visés les riches étrangers, même ceux liés aux dictatures. « Est étranger aujourd’hui celui qui n’est pas culturellement et économiquement calibré sur le parfaitement intégré », observait le militant du Gisti Jean-Pierre Alaux dans l’Humanité du 5 avril 2008, préférant parler de « “prolétariophobie” à l’échelle mondiale ».

« la terre ne ment pas », BIS

« Dans cette identité nationale française, il y a le rapport des Français avec la terre, avec leurs ancêtres. » Nicolas Sarkozy à Rennes, en 2007.

569

C’est le nombre de parlementaires, sur 846 inscrits, ayant voté les pleins pouvoirs à Pétain en 1940, autant à droite (283) qu’à la SFIO et au centre gauche (286).

Partager cet article
Repost0
17 août 2015 1 17 /08 /août /2015 13:47
Turquie: il faut arrêter le bras de l’incendiaire Erdogan !

L'Humanité Dimanche

Francis WURTZ (*)

Le président turc est engagé depuis deux semaines dans une aventure criminelle de grande envergure. Et il bénéficie pour accomplir son forfait du soutien explicite des États- Unis et de l’OTAN, comme de l’incroyable « laisser-faire » des États européens, dont la France.

Un cri d’alarme s’impose de toute urgence! Tout d’abord, Erdogan vient de prendre la décision totalement irresponsable de mettre fin aux pourparlers de paix entamés depuis 2013 entre Ankara et le leader historique du PKK, Abdullah Öcalan. Celui-ci, emprisonné et isolé depuis plus de quinze ans, avait appelé les combattants de son organisation à cesser le feu et à quitter la Turquie avec leurs armes. Fort de son autorité, il avait obtenu gain de cause auprès de la majorité de ses partisans. La contrepartie devait être l’arrêt de la répression et la reconnaissance progressive des droits du peuple kurde. La poursuite des violences policières et militaires et l’absence de résultats significatifs – toujours reportés dans la perspective de l’élection présidentielle de 2014, puis de celle du scrutin législatif de 2015 – ont alimenté d’évidentes frustrations parmi la jeunesse kurde. La paix ne tenait que grâce aux appels répétés d’Öcalan à « rester patients » et à « garder espoir » dans les négociations en cours. C’est dans ce contexte qu’est intervenu le grave revers électoral d’Erdogan, le 7 juin dernier: pour la première fois, un parti « pro- Kurdes » entrait comme tel (et en force!) au Parlement, privant l’aspirant dictateur de sa majorité absolue, à plus forte raison de la majorité renforcée qu’il espérait pour établir un régime présidentiel.

Le « sultan » mégalomane a donc dû partir à la recherche d’un partenaire de coalition. Sans succès à ce jour. Dès lors, se préparant à des élections anticipées, et prêt à tout pour les gagner, Erdogan s’est lancé dans une campagne ultranationaliste. Dès lors, plus question de laisser planer le moindre espoir d’une reconnaissance des droits des Kurdes! Ce crime contre la démocratie se double d’un crime contre la paix. Car cette politique du pire porte en elle l’immense danger d’une reprise de la guerre civile qui a déjà coûté la vie à 45 000 personnes et trente années de malheur! Or, Erdogan s’engouffre dans cette sanglante impasse. Sa cible privilégiée n’est autre que le principal partisan d’une solution politique (et non militaire) du problème kurde: Selahattin Demirtas, le jeune et brillant coprésident du nouveau parti progressiste HDP, qui a réussi, lors du scrutin du 7 juin, à rassembler non seulement la majorité des Kurdes, mais nombre de démocrates turcs sur un programme résolument antinationaliste et pacifique. En tentant d’écarter Demirtas – celui-là même qui s’évertue à réduire les tensions en soulignant à l’adresse des militants kurdes exaspérés que « le sang ne peut être lavé par le sang » – et en redoublant de violence contre le peuple kurde, le tyran d’Ankara apporte la preuve qu’il préfère un conflit meurtrier qui lui assure les pleins pouvoirs à une démocratie apaisée qui l’obligerait à respecter les droits de chacune et de chacun. Enfin, en plus de mettre gravement en péril la démocratie et la paix en Turquie même, Erdogan torpille la lutte, unanimement saluée, des Kurdes en Syrie voisine contre le terrorisme de l ’« État islamique». Après avoir refusé tout soutien aux combattants et combattantes kurdes de Kobané dans leur résistance héroïque – et efficace! – à Daech, puis pactisant notoirement avec les djihadistes, Erdogan cherche ouvertement à empêcher les Kurdes de Syrie de libérer leur région, allant jusqu’à faire bombarder l’un de leurs villages! Il faut d’urgence arrêter le bras de cet incendiaire.

LE PRÉSIDENT TURC TORPILLE LA LUTTE DES KURDES DE SYRIE CONTRE « EI », ALLANT JUSQU’À FAIRE BOMBARDER L’UN DE LEURS VILLAGES!

On ne peut, pour cela, compter sur Washington, qui lui a donné, au contraire, son scandaleux et absurde feu vert. Quand Bruxelles, Berlin et Paris se décideront-ils à réagir ?

(*) Député honoraire du Parlement européen.

Partager cet article
Repost0
17 août 2015 1 17 /08 /août /2015 13:37

L'humanité

Lundi 17 août 2015

EN L'ABSENCE DE COTATION AU MARCHÉ DE PLÉRIN (CÔTES-D'ARMOR), LES PRODUCTEURS SE RETROUVENT AVEC DES PORCS QU'ILS N'AVAIENT PAS PRÉVU DE GARDER DANS LEURS ÉLEVAGES.

La Cooperl et Bigard maintiennent toujours la pression sur les éleveurs de porcs, refusant pour la troisième fois un prix à 1,40 euro le kilo. L'argument de la distorsion de concurrence reste leur leitmotiv.

La situation de la filière porcine va-t-elle se régler lors de la table ronde cet après-midi au ministère de l'Agriculture ? Si un accord est trouvé, il n'en reste pas moins que la semaine qui vient de s'écouler sous la pression de l'industrie de la viande sera lourde d'impact pour les producteurs. Ni lundi, ni jeudi, ni vendredi où le marché de Plérin (Côtes-d'Armor) était exceptionnellement ouvert pour tenter d'établir une cotation, les éleveurs n'ont pu vendre de bêtes au Marché du porc breton (MPB). Alors que les producteurs se retrouvent avec des porcs qu'ils n'avaient pas prévu de garder et qui viennent déstabiliser leurs cycles d'élevage (voir notre édition du 14 août), les deux magnats de l'industrie de la viande, Bigard et la Cooperl réclament « un retour à un prix de marché libre ». Une revendication qui se nourrit de la prétendue asphyxie des industriels qui se disent fragilisés par des prix européens plus bas que ceux des producteurs français. La Cooperl évoque notamment le porc allemand, moins cher de 28 centimes, et le porc des Pays-Bas qui lui coûterait 38 centimes en moins.

4,57 millions d'euros d'amende pour les abatteurs bretons en 2013

Profitant de la confusion provoquée par l'embargo russe qui vient de s'élargir à cinq autres pays, les deux sociétés, dont les noms sont difficilement dissociables depuis une semaine, se plaignent de distorsion de concurrence. Car si c'est ensemble qu'ils refusent d'aller au marché de Plérin et si c'est ensemble qu'ils dénoncent une concurrence faussée en Europe, c'est également ensemble qu'ils ont eux-mêmes créé une distorsion de concurrence quand, avec d'autres abatteurs bretons en 2013, ils se sont concertés pour limiter leurs achats et faire baisser les prix aux producteurs. L'Autorité de la concurrence avait alors infligé une amende de 4,57 millions d'euros aux huit abatteurs concernés, Bigard s'étant acquitté de 1,75 million d'euros pour sa lourde implication dans l'affaire. La fédération de l'agroalimentaire de la CGT pose la question : « Comment Bigard a-t-il pu racheter en quelques années Socopa et Charal si ce n'est grâce à l'exploitation des salariés et à l'augmentation de la productivité, aux spéculations et opérations financières et fiscales multiples spoliant la nation, aux exonérations de cotisations sociales et autres CICE... et à la pression sur les prix payés aux éleveurs ? » Des points que même le gouvernement valide puisque lors de sa conférence de presse du 13 août, le ministère de l'Agriculture parlait d'un « coût du travail » (sic) en France égal à celui de l'Allemagne, assorti de 101,1 millions d'euros d'abaissement de « charges » pour le secteur de la transformation et de la conservation des viandes, dont 84,9 millions de CICE. Par contre, le document du ministère n'évoque nulle part la différence de productivité d'un pays à un autre, dont on sait qu'elle est souvent supérieure en France.

LE PCF ÉLÈVE LE DÉBAT AU NIVEAU EUROPÉEN

« La France doit faire entendre au niveau européen l'exigence de mécanismes de régulation des marchés agricoles, d'instauration de prix indicatif rémunérateur, de relocalisation des activités agricoles » et l'urgence d'une refonte de la PAC, a déclaré le PCF dans un communiqué.

Malgré cela, la Cooperl et Bigard osent encore demander « un allégement des charges sur le travail », feignant d'oublier que c'est le travail qui est à l'origine de leur plus-value, et qui participerait à « abolir les distorsions de concurrence intra-européennes ».

Réagissant à cet alignement par le bas, le Parti communiste français (PCF) propose de « poser fermement la répartition de la richesse au sein des filières, entre producteurs, transformateurs et distributeurs » au travers de « conférences sur les prix, comme l'ont proposé les parlementaires communistes ».

Partager cet article
Repost0
16 août 2015 7 16 /08 /août /2015 08:00
François Hollande (en arrière-plan avec Ségolène Royal) a hérité de la duplicité et du penchant atlantiste de François Mitterrand, dont il était conseiller en 1981 (photo Ouest-France)

François Hollande (en arrière-plan avec Ségolène Royal) a hérité de la duplicité et du penchant atlantiste de François Mitterrand, dont il était conseiller en 1981 (photo Ouest-France)

Fureur à l'élysée...

Dans le quatrième acte de la pièce de Molière, Dom Juan reçoit un créancier impatient, M.Dimanche. Il a résolu d'user de grandes proclamations d'amitié afin de renvoyer le marchand satisfait dans ses pénates, mais sans lui avoir payé un sou. "Il me fait tant de civilités et tant de compliments, explique plus tard M. Dimanche, que je ne saurais jamais lui demander de l'argent". Le 24 juin dernier, M. Barak Obama a sans doute recouru à quelques civilités de son cru lorsqu'il a, une nouvelle fois, promis au président François Hollande qu'il n'espionnerait plus les conversations téléphoniques de son "partenaire indispensable".

Est-ce parce qu'il redoutait des poursuites judiciaires françaises, une amende de quelques milliards d'euros (comme celle que la BNP Paribas a réglée au Trésor américain), l'arrêt des négociations de libre-échange avec l'Europe, la mise en cause de l'Alliance atlantique?

Assurément pas.

Pour un président des Etats-Unis, rien n'est en effet plus malléable et moins redoutable qu'un socialiste français. D'ailleurs, peu après la révélation de l'espionnage par les services de renseignement américains de trois chefs d'Etat français successifs, M. Stephane Le Foll, porte-parole du gouvernement, a réagi avec une placidité admirable: "Il faut qu'on garde la mesure de tout cela, il faut qu'on cadre les choses. On n'est pas là pour déclencher des ruptures diplomatiques; il y a trop de liens". Puis il s'envola pour Washington afin d'y discuter du grand marché transatlantique. Ses interlocuteurs avaient sans doute déjà une petite idée de l'exposé qu'il ferait...

Une dizaine d'années plus tôt, ainsi que l'ont révélé d'autres documents de WikiLeaks, plusieurs dirigeants du Parti Socialiste (PS) avaient défilé à l'ambassade des Etats-Unis à Paris. Devant l'émissaire de M. George W. Bush, ils s'étaient plaints de l'opposition trop brutale du président Jacques Chirac à la guerre d'Irak. Le 29 mai 2006, M. Pierre Moscovici, chargé à l'époque des relations internationales du PS, promit qu'un gouvernement socialiste se montrerait plus proaméricain que celui de M.Dominique de Villepin. Quelques jours plus tard, le 8 juin, M.Hollande, alors premier secrétaire du PS, regrettait devant l'ambassade des Etats-Unis que M.Chirac ait fait de l'"obstruction gratuite" face au président américain.

Mais l'atlantisme des socialistes français peut évoquer un précédent encore plus éclatant. Le 24 juin 1981, François Mitterrand expliqua à M.George H. Bush, alors vice-président des Etats-Unis, pourquoi il venait de nommer quatre ministres communistes. "Les communistes ont accepté de s'humilier en échange de quatre postes gouvernementaux (...) Je peux parfaitement les renvoyer s'ils ne font pas l'affaire (...) Ils seront de force associés à ma politique économique et seront donc dans l'impossibilité de susciter des remous sur le plan social".

Le journaliste Philip Short, qui a consulté les comptes-rendus officiels de cette rencontre, estime que celui qui était alors le bras droit de Ronald Reagan repartit adouci par cette plaidoirie. "Grâce à vos explications, déclara-t-il à Mitterrand, nous y voyons beaucoup plus clair " (1).

Le président Reagan fut à son tour tout à fait rassuré quand, moins de deux ans plus tard, Paris expulsa d'un seul coup 47 diplomates soviétiques. Ils étaient soupçonnés d'espionner la France. "Les Russes doivent comprendre qu'ils n'ont pas affaire à un ventre mou. Dès qu'ils l'auront compris, cela marchera mieux", avait alors conclu le chef de l'Etat français.

Serge Halimi

(1) Philip Short, François Mitterrand. Portrait d'un ambigu, Nouveau monde Editions, Paris, 2015

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
  • Contact

Visites

Compteur Global

En réalité depuis Janvier 2011