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3 mars 2019 7 03 /03 /mars /2019 06:49
La proposition de loi communiste pour le rétablissement de l'ISF rejetée par la Commission des lois de l'Assemblée reviendra le 7 mars en débat à l'Assemblée Nationale

"Rejetée en commission, la proposition de loi des @deputesPCF pour rétablir l'ISF et améliorer la progressivité de l'impôt sera débattue jeudi 7 mars dans l'hémicycle. On compte sur vous pour relayer ! #InitiativesPCF"

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3 mars 2019 7 03 /03 /mars /2019 06:14

Une nouvelle vidéo est disponible sur notre chaîne YouTube « Rouge Finistère PCF29 »
Pierre Crépel nous donne un cours d’auto défense intellectuelle sur les « Mots Glissants »
Qui n’a jamais entendu parler de « Plan de Sauvegarde de l’Emploi » alors qu’en réalité il s’agit d’un plan de licenciements... pourquoi cette novlangue se met en place ? Quels sont les tenants et aboutissants de ces déformations linguistiques et surtout comment combattre ces dérives verbales
Cette conférence a été enregistrée le 25 octobre 2018 à Quimperlé (29) dans le cadre de l’Education Populaire « Les Jeudis Rouges »
À regarder et à partager massivement autour de vous

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3 mars 2019 7 03 /03 /mars /2019 06:00

(Communiqué de la Coordination nationale Solidarité Kurdistan – CNSK)

Le Conseil Démocratique Kurde en France appelle à un rassemblement le samedi 2 mars 2019 à 14h, Place de la République, à Paris, pour alerter l’opinion publique et les gouvernements européens sur le message que portent, depuis plus de trois mois, les grévistes de la faim kurdes. Parmi eux, des centaines de prisonniers politiques ainsi que la députée Leyla Güven qui a dépassé les 113 jours. A Strasbourg, 14 kurdes sont également engagé-e-s dans ce mouvement devant le Parlement Européen, la vie d’un certain nombre d’entre eux est aujourd’hui gravement en danger, il en est de même pour celle de Mme Leyla Güven.

Ces femmes et hommes demandent la fin de l’isolement du leader kurde Abdullah Öcalan et la libération de tous les prisonniers politiques. Le régime d’isolement auquel est soumis M. Öcalan est contraire aux conventions internationales régissant le respect des conditions d’incarcération des détenu-e-s. La Turquie doit respecter ce droit comme elle doit respecter les droits du peuple kurde à faire valoir son identité, sa culture et ses choix politiques dans un pays membre du Conseil de l’Europe et de l’Union douanière européenne.

A ce titre la Turquie n’est pas exempte de respecter les principes fondamentaux de la démocratie, des droits des minorités, de la liberté d’expression individuelle et collective.

La Coordination Nationale Solidarité Kurdistan appelle à une large mobilisation le 2 mars 2019 à Paris et dans toutes les villes où des rassemblements se tiendront.

Joignons nos voix à celles des grévistes de la faim pour exiger, ensemble, la fin de l’isolement de M. Abdullah Öcalan et la libération de tous les prisonnier-e-s politiques en Turquie.

2 MARS À PARIS 14H PLACE DE LA REPUBLIQUE

Paris le 27/02/2019

_________________________________
Alternative Libertaire – Amis du Peuple Kurde en Alsace – Amitiés Corse Kurdistan –  Amitiés Kurdes de Bretagne (AKB) – Amitiés Kurdes de Lyon Rhône Alpes –  Association Iséroise des Amis des Kurdes (AIAK)  Association Solidarité France Kurdistan –Centre d’Information du Kurdistan (CIK) – Collectif Amitiés Kurde Vendée – Conseil Démocratique Kurde de France (CDKF) – Ensemble – Mouvement de la Jeunesse Communiste de France – Mouvement de la Paix –  Mouvement des Femmes Kurdes en France (TJK-F)- MRAP (Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié́ entre les Peuples) –  Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) – Parti Communiste Français (PCF) – Réseau Sortir du Colonialisme – Union Démocratique Bretonne (UDB)) – Union Syndicale Solidaire – Solidarité́ et Liberté́ (Marseille)

 
["Conseil Démocratique Kurde en France"]
 
 
Appel urgent à la mobilisation pour les grévistes de la faim

Samedi 2 mars 2019,
Paris-Place de la République, 14h


BRISER L’ISOLEMENT
Pour en finir avec la dictature et le fascisme en Turquie !
 
 
Chèr(e)s ami(e)s,
 
L'état de santé des grévistes de la faim qui luttent au Kurdistan, à Strasbourg et ailleurs pour rompre l'isolement d'Ocalan et dénoncer le fascisme en Turquie se dégrade de plus en plus et dangereusement. La député kurde Leyla Güven a atteint aujourd'hui son 107ème jour de grève de la faim, tandis que les 14 grévistes de la faim à Strasbourg en sont à leur 68ème jour. Mais la communauté internationale, l'Europe en particulier, reste sourde à leur revendication.
 
Il est urgent de se mobiliser pour porter plus haut la voix des grévistes de la faim, pour faire pression afin que leurs revendications justes et légitimes soient entendues, pour éviter toute mort. C'est pourquoi, les organisations kurdes en Europe appellent à une grande mobilisation samedi 2 mars.
 
Nous vous appelons à signer cet appel (ci-dessous et ci-joint) et comptons sur vous pour manifester en grand nombre votre solidarité avec les grévistes de la faim, le 2 mars, à Paris-Place de la République.
 
Votre solidarité peut sauver des vies!
 
 
Depuis plusieurs années, le leader kurde Abdullah Öcalan est soumis à un isolement sévère sur l'île-prison d'Imrali. Déjà privé de la visite de ses avocats depuis 2011, il n'a eu droit qu'à deux visites des membres de sa famille entre avril 2015 et aujourd'hui. Par cette pratique qui est en passe de s'étendre à tous les prisonniers politiques, la Turquie viole les conventions internationales et européennes des droits humains auxquelles elle est partie, en particulier la Convention européenne des Droits de l'Homme.
 
Depuis avril 2015, moment où la Turquie a mis fin, de façon unilatérale, aux pourparlers de paix menés avec le mouvement kurde représenté par M. Öcalan, elle s'est engagé dans une guerre anti-kurde, même au-delà de ses frontières territoriales. La répression, les violations des droits humains, voire les massacres, sont devenus le terrible quotidien des Kurdes et de l'opposition au Président turc Erdogan.
 
Le 7 novembre 2018, la députée kurde du HDP (Parti démocratiques des Peuples) Leyla Güven a entamé une grève de la faim dans la prison de Diyarbakir où elle était détenue depuis janvier 2018. Elle a voulu, à travers cette action, dénoncer la montée de la dictature et du fascisme en Turquie, et rompre l'isolement carcéral imposé à Abdullah Öcalan, car, sans celui-ci, une reprise du processus de paix est impossible en Turquie. Grâce à la solidarité internationale qu’elle a suscitée par son action de résistance, Leyla Güven a été libérée le 25 janvier. Cependant, elle a annoncé qu’elle poursuivrait son action jusqu’à ce que sa revendication soit satisfaite. Aujourd’hui, après plus de trois mois de jeûne, elle se trouve au seuil de la mort.
 
A l'instar des plus de 300 prisonniers politiques qui ont rejoint progressivement le mouvement lancé par Leyla Güven, un groupe de 14 personnes a entamé une grève de la faim à Strasbourg, le 17 décembre 2018. Il y a, dans ce groupe, une ancienne Députée du HDP, des dirigeants d'organisations représentatives des Kurdes en Europe, une journaliste, un juriste, des universitaires et des activistes associatifs.
 
Ils ont choisi de mener leur action à Strasbourg, car c'est là que se trouve le siège du Conseil de l'Europe et de son Comité pour la Prévention de la Torture (CPT).
 
La revendication des Grévistes de la faim est aussi la nôtre.
 
  • Ainsi, nous demandons aux États et aux institutions européennes, en particulier au Conseil de l’Europe et à son Comité pour la Prévention de la Torture (CPT), d'intervenir pour que la Turquie, membre fondateur du Conseil de l’Europe, respecte les principes et les valeurs mêmes sur lesquelles est assise la construction européenne.
  • Nous les appelons à contribuer ainsi à la paix et à la démocratie dans un pays qui en manque dangereusement.
  • Nous les interpellons pour empêcher la mort d'une Députée, de prisonnières et prisonniers politiques, de militantes et militants kurdes qui résistent avec le seul moyen de lutte qui leur reste, leur vie, pour défendre ces mêmes valeurs.
  • L’Europe doit répondre à Leyla Güven et à tous les grévistes de la faim engagés dans ce combat pour les droits humains, la paix et la démocratie! Il en va des fondements et de la crédibilité des institutions européennes!
 
Premiers signataires : Conseil démocratique kurde en France (CDKF), Mouvement des Femmes kurdes, Union des Etudiants kurdes en France (UEKF)

 

A l'attention de l'opinion publique mondiale,
 
Nous vous interpellons afin de vous informer au sujet d'une situation très critique et urgente.
 
En Avril 2015, inquiet de la poussée du HDP ( Parti Démocratique des Peuples ) le gouvernement turc d'Erdogan a rompu les pourparlers en rétablissant l'isolement totale à l'encontre du leader du mouvement de libération , Abdullah Ocalan, avant de se lancer dans une guerre anti-kurde et anti-démocratique. L'isolement est une pratique illégale et inhumaine. Cet isolement s'est suivi par l'arrestation de plus de 20 000 opposants au gouvernement dont 2800 enfants et 9 000 femmes souvent sans procès ou avec parodies de procès. Parmi elles, 3 502 détenues sont dans un état de santé grave.
 
L'action de grève de la faim illimitée engagée par Leyla Güven le 8 Novembre 2018 de la prison de Diyarbakir, a déclenché un grand mouvement de solidarité, qui parti des prisons turques, s'est répandu dans la société civile.
Aujourd'hui plus de 300 prisonniers politiques sont en grève de la faim illimitée en Turquie.
 
A la date du 17 Décembre 2018, 14 militants kurdes ont entamé une grève de la faim illimitée à Strasbourg, afin de dénoncer les conditions carcérales des prisonniers politiques en Turquie notamment d' Abdullah Ocalan.
 
Cette action est menée dans le but de briser le silence autour des violations des Droits de l'Homme en Turquie. Il n' y a plus d'espaces démocratiques en Turquie pour militer et revendiquer les droits humains. C'est pourquoi, des militants, élu.e.s, intellectuel.les, journalistes, activistes, avocats , syndicalistes, étudiants.. ont décidé de faire entendre leur cri en mettant leur vie en danger afin que cesse ce régime d'oppression.
 
Parmi ces grévistes, se trouvent Dilek Ocalan, ancienne députée kurde forcée à l'exil, Gulistan Ike, journaliste, Yuksel Koç, Co-président KCDK-E ( Fédération des associations kurdes en Europe ).
 
Ils ont choisi de mener cette action à Strasbourg, car c'est là que se trouve le Conseil de l'Europe et de son Comité pour la Prévention de la Torture.
 
Des vies sont en danger ici, à Strasbourg. Les grévistes sont au 75 ème jour de grève de faim. 
Leur état de santé se dégradent. 
 
Il est important de réagir face aux violations des Droits de l'Homme et face au régime dictatorial en Turquie. Les revendications des grévistes de la faim sont légitimes et légales car elles peuvent apporter des contributions concrètes et directes à la Paix et à la stabilité en Turquie, en Syrie et en Europe.
 
Pourrions-nous convenir d'une visite auprès des grévistes de la faim à Strasbourg afin que nous puissions vous exprimer nos préoccupations?
 
Ci-joint : le témoignage d'une journaliste en grève de faim à Strasbourg.
 
 

Communiqué du PCF le 1er février 2019

Depuis près de 50 jours, quatorze militants kurdes de Strasbourg sont en grève de la faim pour exiger la fin de l’isolement de leur leader Abdullah Ocalan emprisonné sur l’île d’Imrali (Turquie). En violation du droit international, il ne peut recevoir aucune visite ni de sa famille, ni de ses avocats.

Les parlementaires communistes Laurence Cohen, Patrick Le Hyaric et du Front de gauche Marie Christine Vergiat ainsi que la sécrétaire fédérale du Bas-Rhin du PCF Hülliya Turan, leur ont apporté leur soutien actif.
L’un d’entre-eux, co-président des associations kurdes d’Europe, vient d’être hospitalisé dans un état grave.

Le combat de ces militants courageux s’inscrit dans un mouvement plus large qui mobilise près de 300 prisonniers politiques dont la parlementaire HDP Leyla Güven.

Le Parti communiste français (PCF) apporte à nouveau tout son soutien aux grévistes de la faim de Strasbourg et de Turquie. Il appelle le gouvernement français ainsi que les autorités de l’Union européenne à intervenir auprès d’Ankara pour faire respecter la légalité internationale et ainsi contribuer à mettre un terme à des drames humains. Les Kurdes constituent une force de paix au Moyen-Orient.

Le PCF est indéfectiblement à leurs côtés.

Parti communiste français
Le 1er février 2019

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1 mars 2019 5 01 /03 /mars /2019 19:15
Ligne Morlaix-Roscoff. Rassemblement le 2 mars, à Roscoff
L’association de Promotion de la ligne ferroviaire Morlaix - Saint-Pol-de-Léon - Roscoff (APMR) invite, via un communiqué, à un rassemblement le samedi 2 mars, à 11 h, devant la gare SNCF de Roscoff. « En cette période d’incertitude sur le devenir de cette ligne ferroviaire. Y sont invités, pour la défense du service public l’attractivité et l’avenir du territoire, la population, les forces vives, les élu(e) s de toutes tendances politiques, les associations et les syndicats. Ce rassemblement fédérateur s’appuie sur l’intérêt local, national et international (Roscoff porte d’entrée européenne) de cette ligne ferroviaire. Il fait suite à l’étude de faisabilité qui a démontré un fort potentiel et dans l’attente de la réponse de SNCF Réseau et de l’État sur la nature et le chiffrage exact des travaux à réaliser ainsi que leurs intentions de financement pour la remise en état de la ligne ferroviaire. La population doit être informée sur l’évolution de ce dossier car l’avenir économique de tout le territoire en dépend. La pétition en ligne est toujours d’actualité (plus de 8 000 signatures) : https://www.mesopinions.com/petition/politique/petite-ligne-morlaix-saint-pol-leon/40192
 
Contact : Sylvie Fillon, présidente de l’APMR, par courriel à apmr.association@gmail.com ; site internet : www.defense-ligne-ferroviaire-morlaix-roscoff.com
https://www.letelegramme.fr/finistere/morlaix/ligne-morlaix-roscoff-rassemblement-le-2-mars-a-roscoff-21-02-2019-12214550.php
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1 mars 2019 5 01 /03 /mars /2019 18:11
Patrick Le Hyaric, député européen, évoquera les enjeux du Brexit, samedi, au port, en compagnie de Glenn Le Saout, candidat finistérien aux Euopéennes. Crédit Photo: Archives

Patrick Le Hyaric, député européen, évoquera les enjeux du Brexit, samedi, au port, en compagnie de Glenn Le Saout, candidat finistérien aux Euopéennes. Crédit Photo: Archives

Roscoff - Patrick Le Hyaric, député européen du Parti communiste français, sera samedi, au port de Bloscon, pour une rencontre-débat sur les enjeux du Brexit pou les ports Bretons.

Trois questions à Patrick Le Hyaric

député européen, Parti communiste français (PCF), directeur de l'Humanité et n°3 sur la liste européenne communiste. 

- Recueilli par Maëlle Denis

 

Vous allez parler des conséquences du Brexit pour les ports bretons, quelles sont-elles?

Il y a des conséquences à la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne sur l'ensemble de nos côtes. En matière de pêche, il existait une sorte de mer ouverte, sans frontière. On va revenir à des zones de pêche. Il n'est pas du tout exclu que revienne l'interdiction d'aller pêcher dans certaines zones. Et inversement. ça va à l'encontre de la coopération maritime. Il y a là un enjeu sérieux qui peut avoir des répercussions sur toute la façade atlantique, et sur celle de la Manche, jusqu'à la Belgique. 

Où en est l'Europe aujourd'hui, selon vous?

On se trouve dans une situation inédite. D'abord, la crise de l'idée européenne parce que la construction de l'UE, sous l'égide de la loi des marchands et de l'argent, a abouti à beaucoup de déceptions. Aucun souhait n'a été exaucé. On n'a jamais eu autant d'inégalités et aucun effort n'a été fait en matière d'harmonisation sociale, notamment salariale. Aucun effort non plus en matière de protection sociale, on constate même le démantèlement du système de protection sociale de retraite.

Quels sont les enjeux de ces européennes 2019?

Il y a plusieurs gros enjeux qui concernent la vie quotidienne en matière de rémunération du travail, en matière de service public, de répartition de l'argent et en matière d'environnement. A ceci s'ajoutent de gros défis. Celui du climat, on ne peut l'affronter qu'ensemble. Celui du numérique, aujourd'hui une industrie dominée par l'Amérique du Nord, par des gens qui payent très peu de fiscalité sur le sol européen. L'évasion fiscale, enfin, qui coûte près de 1000 milliards d'euros qui seraient une source de financement considérable pour le budget européen.

On est en train d'entrer dans une nouvelle réforme de la PAC (politique agricole commune), on sait en Bretagne la manière dont sont traités nos petits et moyens paysans qui sont confrontés à une concurrence acharnée. Il faut aborder une autre politique agricole européenne.

Ne pas aller voter aujourd'hui, c'est donner carte blanche au Conseil européen qui est à majorité de droite, allié à l'extrême-droite. Donc, il faut que les électeurs se mêlent de cette affaire pour refonder profondément l'Union européenne.  

Samedi 2 mars, au pot de plaisance de Bloscon, à 15h, au bar-restaurant "C'est ici". Glenn Le Saoût, candidat finistérien du PCF aux élections européennes, sera également présent.

Brexit: les enjeux avec Patrick Le Hyaric, député européen PCF, à Roscoff au Restaurant - Bar à Vin C'est ici sur le port du Bloscon le samedi 2 mars  à 15h (Ouest-France, Mercedi 27 février 2019)
Brexit: les enjeux avec Patrick Le Hyaric, député européen PCF, à Roscoff au Restaurant - Bar à Vin C'est ici sur le port du Bloscon le samedi 2 mars  à 15h (Ouest-France, Mercedi 27 février 2019)
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1 mars 2019 5 01 /03 /mars /2019 18:10
Glenn Le Saout et Patrick Le Hyaric (député européen, directeur de l'Humanité) candidats du Parti Communiste pour les élections européennes, seront à Roscoff pour une rencontre-débat sur les enjeux et conséquences du Brexit pour les ports bretons le samedi 2 mars, à 15h, au port de plaisance, bar-restaurant "C'est ici" (photo prise à Carhaix pour le Café Citoyen des Luttes sociales et de la défense des services publics avec Patrick Le Hyaric le 28 avril 2018)

Glenn Le Saout et Patrick Le Hyaric (député européen, directeur de l'Humanité) candidats du Parti Communiste pour les élections européennes, seront à Roscoff pour une rencontre-débat sur les enjeux et conséquences du Brexit pour les ports bretons le samedi 2 mars, à 15h, au port de plaisance, bar-restaurant "C'est ici" (photo prise à Carhaix pour le Café Citoyen des Luttes sociales et de la défense des services publics avec Patrick Le Hyaric le 28 avril 2018)

Débat Europe

Samedi 2 mars, à 15h, Roscoff

 

Patrick Le Hyaric, député européen PCF, directeur de l'Humanité, n°3 sur la liste européenne communiste conduite par Ian Brossat et Marie-Hélène Bourlard

animera avec

Glenn Le Saoût, candidat finistérien du PCF aux élections européennes du 26 mai prochain 

et Cindérella Bernard, candidate costarmiricaine du PCF aux élections européennes

Une

RENCONTRE-DEBAT sur:

Les Enjeux et Conséquences du Brexit pour les Ports Bretons, l'économie maritime et la pêche dans notre département

Dans le cadre de ses activités de terrain de parlementaire européen (élu du Grand Ouest) 

Et de la campagne des Européennes

A Roscoff, Port de Plaisance du Bloscon

à 15h, au Bar-Restaurant "C'est ici"

Les 4 candidats bretons sur la liste "Pour l'Europe des Gens, contre l'Europe de l'argent" conduite par Ian Brossat et Marie-Hélène Bourlard.  Christelle Dumont aide-soignante de l'hôpital Yves Lanco à Belle-Ile-en Mer, syndicaliste, qui a fait une grève de la faim pour protester contre les conditions de travail dans l'hôpital public  Glenn Le Saout, 20 ans, étudiant, ancien président de la FIDL Bretagne (Taulé, Morlaix).  Cinderella Bernard, éducatrice spécialisée, première adjointe de sa commune, militante associative, présidente du groupe communiste au Département des Côtes d'Armor  Katja Krüger, comédienne franco-allemande, ancienne syndicaliste et socialiste ouvrière allemande, élue à la Petite Enfance à Rennes

Les 4 candidats bretons sur la liste "Pour l'Europe des Gens, contre l'Europe de l'argent" conduite par Ian Brossat et Marie-Hélène Bourlard. Christelle Dumont aide-soignante de l'hôpital Yves Lanco à Belle-Ile-en Mer, syndicaliste, qui a fait une grève de la faim pour protester contre les conditions de travail dans l'hôpital public Glenn Le Saout, 20 ans, étudiant, ancien président de la FIDL Bretagne (Taulé, Morlaix). Cinderella Bernard, éducatrice spécialisée, première adjointe de sa commune, militante associative, présidente du groupe communiste au Département des Côtes d'Armor Katja Krüger, comédienne franco-allemande, ancienne syndicaliste et socialiste ouvrière allemande, élue à la Petite Enfance à Rennes

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1 mars 2019 5 01 /03 /mars /2019 17:36

Ford Blanquefort : l’impuissance du gouvernement et la nécessaire reconquête industrielle
Finies les déclarations tonitruantes de Bruno Le Maire : Celui qui accusait en décembre le constructeur américain de « mensonge » et de « trahison » vient de valider la fermeture du site.

Emmanuel Macron peut bien parler du « cynisme » de l’entreprise, non content d’entériner les destructions d’emplois, son gouvernement indique également qu’il est impossible de réclamer à Ford le remboursement des aides publiques perçues.
Entre 2009 et 2017, Ford a perçu 50 millions d’aides publiques cumulées. Autant d’agent public utilisé aujourd’hui pour licencier.
Ce que dit le dossier Ford, c’est l’abandon de la vocation industrielle du pays, c’est le renoncement de l’État à agir contre les destructions d’emplois et les fermetures de sites.

Un repreneur était disponible, le site est viable, rien n’impose la fermeture.
Le Parti Communiste français et ses parlementaires exigent la réquisition du site afin de permettre la poursuite de l’activité avec le repreneur Punch et le remboursement de l’intégralité des aides publics perçus.

Nous continuerons d’agir pour :
- Le contrôle et la conditionnalité des aides publiques afin qu’elles soient utiles à l’emploi, aux investissements, à la transition écologique.
- Une Sécurité d’Emploi et de Formation protégeant les salariés et leur ouvrant un pouvoir d’intervention dans les entreprises.
- L’interdiction des licenciements boursiers.
- Un pole public bancaire permettant l’accès au crédit pour favoriser les investissements et les relocalisations industrielles.


Parti communiste français
Paris le 1er mars

Ford Blanquefort : l’impuissance du gouvernement et la nécessaire reconquête industrielle (PCF, 1er mars)
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1 mars 2019 5 01 /03 /mars /2019 06:59
Algérie: la jeunesse face au pouvoir militaire: le dossier dans L'Humanité (Rosa Moussaoui, Hassan Zerrouky)
« Il y a dans ces manifestations comme un sursaut de dignité du peuple algérien »
Vendredi, 1 Mars, 2019

L’historienne Karima Dirèche, observatrice attentive des secousses qui refaçonnent l’Afrique du Nord, décrypte les ressorts de la mobilisation politique inédite en cours dans toute l’Algérie.

Quel est le profil des manifestants qui descendent dans la rue en Algérie ?

Karima Dirèche Même les observateurs les plus avertis n’avaient pas vu venir cette mobilisation massive, intergénérationnelle. On voit dans les défilés des jeunes, des vieux, des femmes. Du point de vue de sa composition sociologique, ce mouvement est très hétérogène, avec des étudiants, des chômeurs, des travailleurs. Cela s’explique par le caractère horizontal de la mobilisation, initiée par des appels sur les réseaux sociaux, et non par des mots d’ordre venus de partis, de syndicats ou d’organisations de la société civile. Les répliques des manifestations du 22 février ont encouragé, par la suite, des rassemblements plus corporatistes, plus organisés : avocats, journalistes, étudiants avec l’occupation, le 26 février, de la majorité des campus algériens. Les universitaires, les intellectuels ont pris le relais avec un appel parti de la faculté des sciences politiques d’Alger.

En quoi cet élan populaire diffère-t-il du soulèvement d’octobre 1988, qui avait débouché sur une transition démocratique avortée ?

Karima Dirèche Les événements de 1988 signalaient la fin d’un régime post-indépendance épuisé par lui-même, encore marqué par le monopartisme instauré dès 1962 et par l’orientation socialiste des années 1970. Un nouveau cycle s’est ouvert en octobre 1988. Le régime s’est alors engagé sur la voie du néolibéralisme, encourageant l’émergence de milieux d’affaires, optant pour un déguisement « démocratique ». La mobilisation, à l’époque, était circonscrite à Alger et à quelques grandes agglomérations, avec des manifestants très jeunes. Là, c’est différent. Les motifs sociaux n’occupent pas le premier plan, même si les Algériens dénoncent les injustices sociales, les inégalités. En fait, c’est surtout une grande lassitude qui s’exprime. Il y a dans ces manifestations comme un sursaut de dignité. Les dirigeants politiques ont usé la patience du peuple algérien. Depuis 1999, ils répètent que tout mouvement populaire précipiterait immanquablement le pays dans le chaos. Sûrs de l’impunité dont ils jouissent depuis longtemps, ils étaient convaincus que cette mascarade du 5e mandat passerait sans accroc. Une gouvernance manipulatrice, culpabilisatrice et perverse prévaut en Algérie. Les capacités de rebond et de reproduction de ce régime restent très fortes. La mobilisation du 22 février est peut-être un événement porteur d’avenir. Mais personne ne peut en prédire les implications à ce stade.

En 2001, pendant le Printemps noir, la mobilisation, partie de Kabylie, avait donné lieu à des violences, à une répression meurtrière (126 morts et plus de 5 000 blessés). Ici, on est frappé par son caractère pacifique. Comment l’expliquez-vous ?

Karima Dirèche Ce mouvement fait preuve d’une maturité politique exceptionnelle. Les manifestants savent à quel adversaire ils font face. Ces vingt dernières années, on croyait à une forme d’atonie, de paralysie, de dépolitisation du peuple algérien. Il s’est passé autre chose. Cette société n’a jamais cessé, même dans le désenchantement, même dans un périmètre d’action restreint, de s’intéresser à la chose politique. Et puis, les Algériens ont tiré les leçons des expériences passées. La violence des années 1990 s’est imprimée dans leur mémoire cellulaire. Ils en conjurent le spectre dans l’organisation spontanée des rassemblements, dans les slogans, dans la façon même dont les corps se meuvent dans les manifestations. Si un jeune participant veut en découdre, il est immédiatement rappelé à l’ordre, de façon bienveillante, sur le mode de la protection collective. Cela prouve que le peuple algérien s’est auto-affranchi de la peur.

Cette crise politique traduit-elle un contrecoup de la crise économique liée à la chute des cours des hydrocarbures en 2014 ?

Karima Dirèche Je crois que oui. Les Algériens sont très conscients d’avoir bénéficié, ces deux dernières décennies, de politiques redistributives exceptionnelles. Mais ils ne sont pas dupes du caractère clientéliste de cette redistribution. « Nous ne sommes pas que des ventres », disent-ils aujourd’hui. Le pouvoir d’achat a sérieusement chuté dans la dernière période ; les importations ont connu des restrictions drastiques. Les Algériens savent que le plus dur est à venir. À leurs yeux, l’État, tel qu’il est, n’est peut-être pas suffisamment solide pour relever les défis qui se profilent.

La présence massive de la jeunesse dans les défilés est-elle le symptôme d’une fracture générationnelle ?

Karima Dirèche Clairement. Ce pays, où 45 % de la population ont moins de 25 ans, reste dirigé par des élites politiques qui, même en partie renouvelées et rajeunies, fonctionnent avec des référentiels et une rhétorique nationaliste obsolètes. En dépit des moyens énormes investis par l’État algérien ces dernières années dans le développement, dans les grands chantiers d’infrastructures, le problème du chômage des jeunes reste entier. Or c’est l’enjeu central pour l’Algérie de demain.

Quelles lignes de force se dégagent des secousses politiques qui refaçonnent le Maghreb depuis 2011 ?

Karima Dirèche Les peuples algérien, marocain, tunisien partagent le sentiment très fort de n’être pas être représentés par des élites politiques en échec, méprisantes et distantes. Une chose est sûre : la maturité politique affichée par les Algériens s’est nourrie de l’expérience de leurs voisins. Des traits communs se dégagent : d’abord une jeunesse désenchantée, éduquée, diplômée, mais au chômage. Cette génération exprime un grand désir de départ, de fuite ; son énergie, sa vitalité pourraient constituer un puissant carburant pour le futur : elles sont gâchées. Ces sociétés sont aussi traversées par un irrépressible besoin de respect des libertés individuelles. Cette demande s’affirme dans la revendication de séparation du religieux et du politique, dans l’aspiration à un espace privé où les orientations sexuelles, les options religieuses, la liberté de pensée pourraient s’exprimer sans entrave, sans intrusion d’acteurs religieux, de la police ou de l’État. La problématique LGBT commence par exemple à s’affirmer comme une question politique dans toute la région. Autre ligne de force : l’exigence démocratique, avec la demande d’un État de droit propre à protéger les citoyens de l’arbitraire.

Karima Dirèche Historienne, directrice de recherches au CNRS

Retrouvez l’intégralité de cet entretien sur humanite.fr
Entretien réalisé par Rosa Moussaoui
L’armée algérienne, une institution au cœur du pouvoir
Vendredi, 1 Mars, 2019

Gardienne du dogme nationaliste, l’institution militaire est sollicitée par les acteurs politiques pour garantir une transition propre à sortir l’Algérie de l’impasse actuelle.

Un fait inédit a eu lieu mardi dernier ! Le chef d’état-major et vice-ministre de la Défense, le général Ahmed Gaïd Salah, a dans un premier temps incriminé les manifestants anti-5e mandat, puis, surprise, ce passage, qui avait fait le tour des réseaux sociaux, a été retiré du discours publié sur le site du ministère de la Défense pour être remplacé par des propos apaisants. Entre-temps, il a été demandé aux rédactions de ne pas publier le passage en question.

Aucun président n’a été élu sans l’aval des militaires

La sortie du vice-ministre de la Défense, contraint d’atténuer son propos, a sans doute provoqué des grincements de dents au sein d’une institution qui, la main sur le cœur, affirme sa neutralité dans le jeu politique. Or, en dépit des déclarations d’usage destinées à rassurer, l’armée est au cœur du pouvoir depuis l’indépendance du pays. Hormis Houari Boumediene qui en était le chef, aucun président n’a été élu sans l’aval des militaires. La force et la cohésion de l’armée reposent sur un consensus politico-militaire hérité de la guerre d’indépendance algérienne, où le militaire a de tout temps primé sur le politique. C’est pour cette raison d’ailleurs que l’ex-premier ministre réformateur Mouloud Hamrouche, lui-même ancien militaire, rétorquait à ses détracteurs : « Je m’adresse à ceux qui gouvernent et à ceux qui les légitiment », à savoir les militaires.

Ébranlée et très marquée par les événements d’octobre 1988 où elle a été utilisée à des fins répressives, faisant plusieurs centaines de morts, avant de faire son mea culpa, l’armée algérienne, formée majoritairement de conscrits, n’est pas prête à refaire la même expérience. Et les politiques le savent. Elle tient – ses chefs ne cessent de le répéter – à l’un de ses principes fondateurs qui est de ne pas se couper du peuple : la majorité, pour ne pas dire la quasi-totalité de son commandement, est, à l’instar du candidat à la présidentielle, le général Ghediri, lui-même fils de mineur de l’Ouenza (près de la frontière tunisienne, à l’est du pays), issue de milieux populaires. Ébranlée, elle le fut une seconde fois durant l’été dernier, quand le puissant chef de la police algérienne, le général Abdelghani Hamel, candidat supposé à la succession d’Abdelaziz Bouteflika, a été limogé le 26 juin 2018, sort partagé quelque temps après par cinq autres généraux et plusieurs officiers de haut rang. On se demandait alors s’il ne s’agissait pas d’une sorte de ménage opéré dans les rangs de l’armée en prévision de l’élection présidentielle d’avril 2019. Outre qu’elle est l’un des principaux canaux d’ascension sociale et en raison de son rôle dans la lutte antiterroriste, l’armée reste paradoxalement, malgré des accusations récurrentes de corruption, la seule institution encore respectée en Algérie. Aussi, l’entraîner sur le terrain d’un affrontement avec des jeunes scandant à tue-tête « Armée-peuple contre le 5e mandat ! » est sans doute une ligne rouge que les militaires ne franchiront pas. C’est peut-être ce qui explique la marche arrière du général Gaïd Salah.

En cas de brusque aggravation de la crise, l’armée, sollicitée par tous les acteurs politiques pour garantir une transition, reste une institution incontournable. Les fins de non-recevoir affichées par le général Gaïd Salah, face à l’opposition politique qui l’interpellait pour assurer une transition et empêcher ainsi la poursuite de l’État-Bouteflika, ne sont plus d’actualité, alors que des millions d’Algériens sont dans la rue. L’armée reste néanmoins face à ses responsabilités.

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1 mars 2019 5 01 /03 /mars /2019 06:50
Avraham B. Yehoshua : « En Israël, l’apartheid est devenu comme un cancer »
Vendredi, 1 Mars, 2019

Né en 1936 à Jérusalem, il est l’un des chefs de file de la littérature israélienne contemporaine. Très engagé en faveur du processus de paix israélo-palestinien, il a participé à l’initiative de Genève. Son dernier roman, le Tunnel (Grasset), aborde par la fiction des questions politiques mais aussi le vieillissement et la maladie.

Le personnage principal du Tunnel est un ingénieur à la retraite qui perd la mémoire, souhaitiez-vous parler du poids écrasant de la mémoire en Israël et des dégâts que cela peut produire ?

Avraham B. Yehoshua Les juifs et les Palestiniens sont écrasés par la tyrannie de la mémoire, qui devient un obstacle qui empêche de voir la réalité. À Gaza, les Palestiniens se jettent contre les barrières et sont tués par les balles de l’armée israélienne. Ils veulent retourner à la maison, celle de leur arrière-arrière-grand-père. Mais où se trouve cette maison ? Pour y revenir, il faut détruire des bâtiments israéliens. Chez les juifs aussi, l’Holocauste est devenu un culte mémoriel qui empêche les gens de voir la réalité et l’avenir. Les juifs qui sont retournés en Cisjordanie en disant qu’il y avait, deux mille ans auparavant, une colline juive, une synagogue, ne voient pas que c’est le passé et qu’aujourd’hui, ils pénètrent dans un village arabe. Tout le mouvement de la colonisation qu’Israël a entreprise à partir de 1967 était basé sur la conception de la mémoire. C’est pourquoi David Ben Gourion, premier ministre d’Israël à deux reprises, est allé dans le désert, là où il n’y a pas de mémoire, en disant : c’est notre place, c’est une terre vide, nous ne nous mêlons à personne. C’était pour lui une manière de dire qu’il ne fallait pas être esclave de la mémoire. Il faut être conscient que la moitié de l’État d’Israël est un désert très peu peuplé avec des choses magnifiques et un potentiel énorme. Mais, au lieu de mettre de l’énergie dans ce désert, on investit énormément d’argent dans les colonies des territoires occupés. Et aujourd’hui, on ne peut plus faire partir les colons installés là-bas. C’est pourquoi nous allons, de fait, vers un État binational.

Vous avez beaucoup évolué sur cette question. Pendant de longues années, comme d’autres personnes de gauche, vous défendiez une solution à deux États. Pourquoi avez-vous changé d’avis ?

Avraham B. Yehoshua C’est une formule vide. Nous avions l’illusion qu’on pouvait couper la terre en deux États et Jérusalem en deux capitales. En 1967, les Palestiniens ont eu seulement 22 % du territoire et nous avons eu 78 %. Mais, dans les 22 %, on a mis des colonies et des villes qu’on ne peut pas retirer. Il y a là-bas 400 000 Israéliens, dont la plupart sont des zélotes, des fanatiques, qui ne partiront pas. On ne peut pas donner aux Palestiniens des petits morceaux épars, ce n’est pas faisable. Nous sommes déjà un peu un État binational, il y a 6 millions et demi de juifs et 2 millions de Palestiniens qui ont la carte d’identité israélienne. L’État binational est devenu la seule possibilité d’abolir l’apartheid, qui est devenu comme un cancer. L’idée qu’il existe deux lois, qu’on n’a pas les mêmes droits, que la justice ne s’applique pas de la même manière selon qu’on est israélien ou palestinien, empoisonne Israël, et pas seulement les territoires.

Dans le roman, le thème de la maladie est justement très important, comme si le corps malade représentait l’État d’Israël…

Avraham B. Yehoshua La maladie est un phénomène qui unit les Palestiniens et les Israéliens. Dans le roman, je montre le côté humaniste, la façon dont ils se rencontrent au sein de l’hôpital : les Israéliens soignent les Palestiniens et vice versa, les chefs de clinique sont juifs, palestiniens, tout est mêlé. La maladie est à la fois une métaphore de notre relation avec les Palestiniens, mais c’est aussi une métaphore de l’espoir, des relations d’intimité qu’on peut réussir à créer.

Votre personnage reprend du service pour aider un jeune collègue à construire une route dans le désert du Néguev. Quand le tracé de la route bute sur une colline, il songe à creuser un tunnel pour ne pas la raser. Que signifie ce tunnel ?

Avraham B. Yehoshua Ce tunnel n’est pas seulement physique, il est aussi métaphorique. C’est un tunnel entre les identités, qui va permettre de passer de l’une à l’autre. Sur cette colline vit une famille palestinienne sans identité. Son histoire commence parce que la femme est malade du cœur. Son mari, instituteur, a vendu un morceau de terre qui ne lui appartenait pas pour payer un traitement très cher. En vendant ce terrain, il s’est attiré les foudres des Palestiniens. Pour se dédouaner, l’officiel qui a imaginé toute cette affaire décide d’installer la famille sur cette colline. Et quand il est question de faire passer une route à cet endroit, il y a deux solutions : soit raser la colline, soit construire un tunnel pour éviter de la détruire et de faire partir la famille.

Cette question de l’identité est très importante dans le roman. L’identité, les particularités ont-elles pris une place démesurée en Israël ?

Avraham B. Yehoshua Cela devient terrible et la solidarité nationale diminue. En Israël, il y a des laïques, des religieux, des religieux nationalistes, des Arabes, des Druzes, des homosexuels, des féministes, la gauche, la droite, des tribus… Et chacun fait de son identité un bastion. Par exemple, je suis membre de la gauche, j’ai toujours voté pour la gauche, mais quand j’ai dit que l’existence de deux États n’était plus possible, on m’a immédiatement accusé de quitter les rangs de la gauche. J’ai répondu que ce n’était pas le cas, mais que nous devions penser des solutions, que nous ne pouvons pas être fermés sur notre identité.

Vous avez protesté contre la loi adoptée par la Knesset le 9 juillet 2018 définissant l’État israélien comme « nation du peuple juif » et déclarant l’hébreu comme la seule langue officielle…

Avraham B. Yehoshua C’est une loi abominable, qui n’était pas nécessaire. Beaucoup de gens étaient contre, des juges, des professeurs de science politique. Cette loi a été faite par la droite pour répondre aux inquiétudes de la gauche et du camp de la paix qui l’accusaient de briser l’identité juive de l’État d’Israël en poursuivant l’entreprise de colonisation. Avec cette loi, la droite dit qu’elle maintiendra les territoires occupés mais que l’identité juive est assurée. Mais cela ne dit rien d’un point de vue pratique. Il y a 4 millions de Palestiniens, l’arabe n’est pas une langue secondaire, elle est parlée. Cela n’a pas de sens de dire que les Palestiniens ne parleront plus l’arabe.

Il y a quelque chose d’assez labyrinthique dans ce livre et une impression de léger décalage avec la réalité, peut-être parce que Louria, votre personnage, perd un peu la tête…

Avraham B. Yehoshua Oui, il y a aussi une dimension de jeu. En hébreu, il existe deux mots pour désigner la démence. L’un désigne le côté obscur, passif, tandis que l’autre désigne des patients qui font des bêtises. Quand on perd la mémoire, il y a aussi une dimension de joie, de mouvement. C’est ce mot que j’ai choisi pour donner à Louria l’apparence non pas d’une personne déprimée mais vivante. Cela lui donne un aspect humoristique, un côté mi-obscur, mi-joyeux, par exemple quand il se fait tatouer le code de sa voiture sur le bras pour ne pas l’oublier. Tout ce mélange produit dans sa tête une sorte de chakchouka, un plat qu’il adore cuisiner justement parce qu’il représente ce qui lui arrive.

Le roman parle aussi de cette très belle relation entre Louria et sa femme, renforcée par la maladie et le vieillissement au sein du couple…

Avraham B. Yehoshua J’ai projeté des choses de ma vie personnelle. Dans plusieurs de mes livres, les mariages sont des amitiés, j’ai vécu avec ma femme pendant cinquante-six ans, nous étions vraiment des amis, nous étions toujours ensemble, sans s’écraser l’un l’autre. Elle a eu sa clinique, elle a développé sa carrière, et moi aussi. Nos deux vies professionnelles ont pu coexister sans nuire à l’égalité entre nous. L’égalité est la clef d’un bon mariage.

Vos ancêtres sont originaires de Salonique. Comment votre famille est-elle arrivée en Palestine ?

Avraham B. Yehoshua Ils sont arrivés dans la deuxième moitié du XIXe siècle, pour des raisons surtout religieuses. Ils se sont ensuite installés à Jérusalem. Ils ont quitté une très grande communauté à Salonique, une ville dont la majorité des habitants étaient juifs, Ashkénazes ou Séfarades. Après l’Holocauste, cette communauté a été brutalement détruite. Ces juifs qui étaient venus de tous les coins prenaient au sérieux la fameuse phrase : « L’année prochaine, à Jérusalem. » Ils l’ont fait. S’il y avait eu 500 000 personnes, le destin du peuple juif aurait été différent. Nous aurions pu avoir un État avant la Shoah. Et toute l’histoire juive en aurait été différente.

Votre père était professeur d’arabe…

Avraham B. Yehoshua Il était orientaliste, professeur d’arabe, mais il était employé du gouvernement comme interprète et il était responsable au ministère de la Religion des affaires des musulmans et des Druzes. Il a fait sa thèse sur la presse palestinienne au début du XXe siècle. Dans les vingt dernières années de sa vie, il a surtout écrit sur la communauté séfarade, sur les relations entre Séfarades et Ashkénazes, sur les relations avec la communauté arabe. Il a évoqué magnifiquement le folklore et la vie de la communauté séfarade à la fin du XIXe siècle et au début du XXe. Tout ce matériau m’a aidé pour l’écriture de Monsieur Mani, que je considère comme mon livre le plus important.

Vous avez commencé par écrire des nouvelles avant de passer au roman, à l’âge de 40 ans. Pourquoi avoir attendu ?

Avraham B. Yehoshua J’en suis assez fier. Je crois qu’un des problèmes de la littérature aujourd’hui est qu’on écrit trop vite des romans. Il faut d’abord travailler sur la prose, la langue de la nouvelle. Elle est plus incisive, suggestive, intense, que celle du roman, qui est plus fonctionnelle à cause de l’intrigue. Un écrivain qui veut bien se préparer au roman doit le faire en écrivant des nouvelles. C’est le conseil que je donne aux jeunes écrivains, même s’ils font ce qu’ils veulent !

La voix des intellectuels et des écrivains est-elle encore entendue en Israël ?

Avraham B. Yehoshua Non, c’est fini. Le sionisme a été créé par des écrivains, comme Hertzl. Cette tradition a été très importante. Il faut aussi parler du renouvellement de la langue, à l’origine du sionisme. La génération de la guerre d’indépendance a beaucoup parlé, mais après la guerre des Six-Jours, pas mal d’écrivains ont pris position et ont été très écoutés. Amos Oz a été le premier à le faire, d’une façon très courageuse. Je suis alors venu de Paris, où j’ai été pendant quatre ans secrétaire général de l’Union mondiale des étudiants juifs, et j’ai commencé à prendre part à la discussion. Mais, aujourd’hui, peu d’écrivains parlent, ils sont fatigués. Sur les réseaux sociaux, les gens peuvent dire des choses abominables, les attaques sont sauvages. Les artistes ont peur, ils s’autocensurent. La haine et le racisme contre les Arabes n’ont jamais été aussi forts.

Avraham B. Yehoshua

Entretien réalisé par Sophie Joubert
Avraham B. Yehoshua, romancier israélien : en Israël, l'apartheid est devenu comme un cancer (L'Humanité, 1er mars 2019)
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1 mars 2019 5 01 /03 /mars /2019 06:44
Au Proche-Orient, Paris vend des armes et de la surveillance (le chercheur Tony Fortin interviewé par Stéphane Aubouard, L'Humanité, 27 février 2019)

Il faut prendre la mesure de l'énormité de ce que nous rappelle Tony Fortin, spécialiste de l'industrie d'armement: la France alimente l'appareil répressif et impérialiste des régimes les plus réactionnaires et répressifs, en donnant ensuite des leçons de démocratie et de droit de l'homme à un des seuls gouvernements de gauche d'Amérique Latine, au Venezuela, assailli par les Américains et les gouvernements de droite du continent: 

" Le fait est que Paris est déjà dans une position de dépendance vis-à-vis de ces pays (du Golfe), qui, en 2018, représentaient quelque 60 % de son marché de l’armement. Cela entraîne de facto une complicité d’ordre politique qui débouche sur une perte réelle de souveraineté. Ces arrangements industrialo-financiers ont abouti à l’apparition de réseaux d’initiés. Par exemple, Luc Vigneron, ancien dirigeant de Thales, se trouve aujourd’hui à la tête du principal groupe émirati de défense, Emirates Defense Industries Company (Edic), qui s’est manifesté par le rachat de Manurhin, fleuron alsacien de l’armement français spécialisé dans la fabrication de machines pour la production de munitions. L’an dernier, les banques françaises et européennes ne se sont pas positionnées quand l’entreprise a été mise en redressement judiciaire, laissant la voix ouverte à Edic. En échange de tout cela, la France pense pouvoir gagner sa place dans le golfe d’Aden, qui est une zone stratégique majeure de transit de marchandises. « Je t’arme et tu me donnes accès à la mer Rouge… » Il s’agit donc d’un deal très construit. On comprend mieux aussi l’enchaînement de la guerre au Yémen, avec non seulement des ventes d’armes à l’Arabie saoudite qui se sont poursuivies malgré les appels d’ONG ou des Nations unies sur leur utilisation contre la population civile, mais aussi avec des contrats ad hoc dont on peut penser qu’ils ont été montés en vue de cette guerre au Yémen. On sait qu’on a demandé à des entreprises françaises d’adapter, en 2014-2015, les composants d’armes commandés vers 2011 aux EAU et à l’Arabie saoudite en fonction des conditions climatologiques du Yémen… Il y a donc un marché de la guerre pensé et réfléchi en amont et à peine caché, dans lequel l’Élysée a su s’engouffrer. On parle aujourd’hui de 16 références d’armes françaises utilisées par la coalition militaire arabe au Yémen" .

"Avec l’Égypte, il y a eu une augmentation exponentielle des ventes d’armes. On est passé de 40 millions d’euros de commandes en 2010 à 1,4 milliard d’euros en 2017 ! Il est aussi notable de remarquer – comme pour l’exemple des armes utilisées au Yémen – la très grande capacité des industriels français à s’adapter aux besoins de leurs clients. Par exemple, aujourd’hui, on ne fabrique plus de chars Leclerc parce qu’ils ne peuvent pas circuler dans les rues arabes. On a donc privilégié la fabrication de blindés Sherpa, qui ont été testés dans les rues du Caire lors des manifestations réprimées par le régime d’Al Sissi depuis sa prise de pouvoir après le coup d’État de juillet 2013. C’est aussi pour avoir su s’adapter à cela que les Français ont supplanté les Américains sur ce marché. La France a littéralement co-construit l’architecture du régime répressif d’Al Sissi et ce au moment même où le président égyptien subissait des critiques de la part des États-Unis. La France y a vu une opportunité. La même chose s’est produite avec Riyad. C’est au moment où Obama refusait de donner les images satellitaires du Yémen à l’Arabie saoudite que la France a profité de cette faille pour donner des photos au royaume wahhabite et s’ouvrir un espace qui dépasse le seul marché de l’armement."

Avec MACRON, comme avec HOLLANDE et SARKOZY, LE DRIAN étant peut-être le trait d'union entre tous ces hommes de la finance, le droit des peuples à la liberté, à la dignité, les droits de l'homme ne sont rien face à l'intérêt des multinationales de l'armement et de leurs amis de la finance. Aujourd'hui Sarkozy est devenu propriétaire du plus grand casino et du plus grand complexe hôtelier au Maroc de Mohammed VI: retour à l'envoyeur. La politique internationale de la France se fait à la corbeille, des intérêts de l'industrie d'armement. 

Diplomatie. « Au Proche-Orient, Paris vend des armes et de la surveillance »
Mercredi, 27 Février, 2019

Pour Tony Fortin, spécialiste de l’industrie de l’armement, les profits immédiats générés par les entreprises françaises du secteur en Égypte et dans le Golfe participent aux morts d’aujourd’hui, comme ils préparent les guerres de demain.

La France est aujourd’hui l’un des principaux fournisseurs d’armes de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis, deux États qui, depuis 2015, mènent une guerre meurtrière au Yémen. Depuis quand remonte cette relation entre l’industrie de l’armement française et les pays du Golfe ?

Tony Fortin Le rapprochement entre la France et les pays du Golfe a été graduel. Il y a eu quelques contacts après la Seconde Guerre mondiale, puis une première accélération s’est produite sous les présidences de Giscard et de Mitterrand. Le déploiement du GIGN à La Mecque en 1979, lors de la prise d’otages dans la grande mosquée, ouvre une brèche. Dans la foulée de cet événement, les ventes d’armes françaises augmentent de manière substantielle, avant que cela ne se tasse au milieu des années 1990 et ce, jusqu’à la fin des années 2000. En 2008, sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, un nouveau coup d’accélérateur est donné. Ce dernier met en pratique la réflexion menée en amont lorsqu’il était ministre de l’Intérieur, puis de l’Économie de Jacques Chirac. L’idée consiste à s’aligner sur les pays du Moyen-Orient en deux temps : tout d’abord, en installant une base militaire à Abu Dhabi en 2009 – base qui deviendra la vitrine de l’armement français au Moyen-Orient –, puis en faisant venir des entreprises directement sur place.

Quel intérêt ces entreprises françaises ont-elles à venir s’installer dans les pays du Golfe ?

Tony Fortin L’intérêt est d’abord d’ordre commercial. Être présent dans un pays qui s’affirme comme la puissance militaire la plus avancée de tout le Proche-Orient rapporte gros. Il y a un effet domino immédiat. Par exemple, quand Abu Dhabi achète à la France des Mark 3 Crotale – système antiaérien nouvelle génération –, Riyad s’est aussitôt positionné pour en acquérir. Thales, Airbus, Construction mécanique de Normandie ou encore Safran ont de suite compris l’intérêt d’avoir pignon sur rue. Cela se fait aussi sous forme de joint-venture. Thales vient récemment d’en créer un en Arabie saoudite avec CMI Defence, une entreprise belge spécialisée dans la construction de tourelles de tir pour de nouveaux blindés. On trouve aussi des sous-traitants, des petites boîtes peu connues mais essentielles au processus de construction, principalement des fabricants de composants, qui viennent aussi s’agréger aux grands groupes. L’autre avantage de cette délocalisation, c’est de produire le plus possible, de manière à échapper aux législations des pays européens dont les obligations de transparence sont théoriquement contraignantes. C’est le cas de l’entreprise Amesis, qui s’est installée à Abu Dhabi pour vendre ses technologies de surveillance à l’Égypte du maréchal Sissi. Lorsque vous possédez une filiale aux EAU, cela permet de vendre discrètement sans avoir besoin de demander l’autorisation de l’État français pour produire un élément ou une arme dans sa totalité. Vous dépendez des législations du pays dans lequel vous êtes implanté et, concernant l’Arabie saoudite et ou les Émirats, ce genre de législation est quasi nulle, voire absente. Du point de vue fiscal, enfin, l’opération est très intéressante, car vous n’avez pas non plus à vous soumettre au régime français.

Cette politique basée sur le profit immédiat ne peut-elle avoir à terme des conséquences sur l’indépendance de la France vis-à-vis de ces pays ?

Tony Fortin Le fait est que Paris est déjà dans une position de dépendance vis-à-vis de ces pays, qui, en 2018, représentaient quelque 60 % de son marché de l’armement. Cela entraîne de facto une complicité d’ordre politique qui débouche sur une perte réelle de souveraineté. Ces arrangements industrialo-financiers ont abouti à l’apparition de réseaux d’initiés. Par exemple, Luc Vigneron, ancien dirigeant de Thales, se trouve aujourd’hui à la tête du principal groupe émirati de défense, Emirates Defense Industries Company (Edic), qui s’est manifesté par le rachat de Manurhin, fleuron alsacien de l’armement français spécialisé dans la fabrication de machines pour la production de munitions. L’an dernier, les banques françaises et européennes ne se sont pas positionnées quand l’entreprise a été mise en redressement judiciaire, laissant la voix ouverte à Edic. En échange de tout cela, la France pense pouvoir gagner sa place dans le golfe d’Aden, qui est une zone stratégique majeure de transit de marchandises. « Je t’arme et tu me donnes accès à la mer Rouge… » Il s’agit donc d’un deal très construit. On comprend mieux aussi l’enchaînement de la guerre au Yémen, avec non seulement des ventes d’armes à l’Arabie saoudite qui se sont poursuivies malgré les appels d’ONG ou des Nations unies sur leur utilisation contre la population civile, mais aussi avec des contrats ad hoc dont on peut penser qu’ils ont été montés en vue de cette guerre au Yémen. On sait qu’on a demandé à des entreprises françaises d’adapter, en 2014-2015, les composants d’armes commandés vers 2011 aux EAU et à l’Arabie saoudite en fonction des conditions climatologiques du Yémen… Il y a donc un marché de la guerre pensé et réfléchi en amont et à peine caché, dans lequel l’Élysée a su s’engouffrer. On parle aujourd’hui de 16 références d’armes françaises utilisées par la coalition militaire arabe au Yémen.

L’industrie française de l’armement semble aussi s’être remarquablement adaptée – au mépris des valeurs de la République et des droits de l’homme – à un autre « marché » basé sur le flou d’une frontière de plus en plus ténue entre besoins militaires et policiers…

Tony Fortin La relation Paris-Le Caire est en cela un exemple frappant de ce business hybride. En 2012, à Eurosatory (Salon international de l’armement, voir l’Humanité du 13 juin 2018), lors d’une conférence de presse, les organisateurs ont expliqué sans rougir qu’il y avait une demande forte des polices du Moyen-Orient pour s’équiper en matériel militaire. Avec l’Égypte, il y a eu une augmentation exponentielle des ventes d’armes. On est passé de 40 millions d’euros de commandes en 2010 à 1,4 milliard d’euros en 2017 ! Il est aussi notable de remarquer – comme pour l’exemple des armes utilisées au Yémen – la très grande capacité des industriels français à s’adapter aux besoins de leurs clients. Par exemple, aujourd’hui, on ne fabrique plus de chars Leclerc parce qu’ils ne peuvent pas circuler dans les rues arabes. On a donc privilégié la fabrication de blindés Sherpa, qui ont été testés dans les rues du Caire lors des manifestations réprimées par le régime d’Al Sissi depuis sa prise de pouvoir après le coup d’État de juillet 2013. C’est aussi pour avoir su s’adapter à cela que les Français ont supplanté les Américains sur ce marché. La France a littéralement co-construit l’architecture du régime répressif d’Al Sissi et ce au moment même où le président égyptien subissait des critiques de la part des États-Unis. La France y a vu une opportunité. La même chose s’est produite avec Riyad. C’est au moment où Obama refusait de donner les images satellitaires du Yémen à l’Arabie saoudite que la France a profité de cette faille pour donner des photos au royaume wahhabite et s’ouvrir un espace qui dépasse le seul marché de l’armement. Pourquoi ? Parce que, lorsque vous achetez des chars à la France, vous achetez aussi un système de contrôle. Ces chars ne sont pas que des véhicules de destruction. Ils sont aussi munis de caméras qui permettent de voir à 8 kilomètres. Ils peuvent être reliés via une liaison numérique à un poste de commandement, recevoir des données numériques, des vidéos, des images de la population. Il s’agit donc d’outils de renseignement, de surveillance et de répression. La France a sciemment vendu à l’Égypte du matériel fabriqué par Amesis qui a permis de capter les conversations téléphoniques d’opposants au régime. Morpho, une autre entreprise française, a elle aussi vendu un système de fichage, de collecte et d’analyse biométrique à l’État égyptien qui constitue une interface de surveillance des populations. Paris a par ailleurs traité pour des satellites qui déclenchent des alertes chez les opérateurs de renseignement. Des contrats liés à la vente de drones de surveillance, qui peuvent aussi être armés, existent également. Mais l’Égypte n’est pas le seul pays à profiter du « savoir-faire » à la française. Des échanges extrêmement approfondis sur le sujet sécuritaire ont cours entre les États du Golfe et la France. Notre pays ne fait d’ailleurs pas que renseigner, il enseigne aussi. Des CRS sont régulièrement dépêchés en Arabie saoudite pour former les forces de police saoudiennes, de même que des forces spéciales pour des entraînements conjoints.

Cette politique opportuniste peut-elle durer encore longtemps ?

Tony Fortin Il est bien sûr difficile de se prononcer sur la durée de ce genre de relations bilatérales. Ce qui est sûr, en revanche, c’est que cette politique de vente d’armes contribue d’abord et avant tout à la déstabilisation de régions entières, à la mort de dizaines de milliers de civils et au déplacement de millions d’autres. Ce genre de politique peut aussi fabriquer les guerres de demain, notamment dans la Corne de l’Afrique que les pays du Golfe tentent d’occuper avec l’aval de la France. L’Arabie saoudite, qui investit très fortement dans les ports de la mer Rouge, ne vient-elle pas d’installer une petite base militaire à Djibouti ? Dans un futur proche, un territoire allant de la mer Rouge au golfe de Guinée peut devenir le terrain de jeu meurtrier de pays aux intérêts divergents. Cette course à l’armement nous mène donc dans une impasse, où la France s’expose à des accusations de complicité liées à des crimes de guerre. Ce qui ne semble pas affecter l’Élysée qui, malgré l’arrivée d’un nouveau président, persiste et signe sur sa politique à court terme dans le Golfe, avec néanmoins des nuances notables concernant les acteurs. Qui sait, par exemple, que depuis 2017 le Koweït est devenu le premier client de la France en matière d’armement ? Un contrat pour des blindés Sherpa est en cours, de même qu’une commande pour des hélicoptères Caracal. Ce nouveau marché koweïtien est une manière discrète de continuer à pourvoir du matériel de guerre à la coalition arabe via la plateforme des pays du Golfe. Cela met en lumière un système de mutualisation qui sert au même objectif. Ce matériel militaire pourra être prêté aux Émirats arabes unis ou à l’Arabie saoudite dans le cas de conflits à venir et ce au nom de leurs propres objectifs militaires. Pour la France, le marché koweïtien est donc une manière d’aménager des sas par lesquels elle peut vendre ses armes sans que cela éveille les soupçons des quelques rares institutions qui tentent de réguler ce marché. En outre, le Koweït est, en plus d’Abu Dhabi, une base arrière des Forces spéciales engagées au Yémen.

Des contre-feux en France peuvent-ils encore freiner cette machine infernale ?

Tony Fortin C’est peut-être cela le plus inquiétant. La classe dirigeante française refuse de faire naître tout débat sur le sujet. On a un système très centralisé qui tourne autour de la figure du président de la République, qui concentre tous les pouvoirs. C’est lui qui donne le « la » dans le domaine des ventes d’armes, comme dans celui des opérations françaises extérieures (opex). Créer les conditions du débat pour infléchir cette politique mortifère serait pourtant salutaire. En ce sens, le combat des gilets jaunes est révélateur du manque de démocratie qui étouffe notre pays. Nous sommes dans un contexte où tout le monde est conscient du déficit démocratique lié au fonctionnement d’une Ve République à bout de souffle. Dans le cas de la France, seule une démocratisation de la vie publique et de l’État pourra permettre de revenir à un peu plus de raison en matière de diplomatie de l’armement.

Tony Fortin

Chercheur à l’Observatoire des armements

Entretien réalisé par Stéphane Aubouard
Au Proche-Orient, Paris vend des armes et de la surveillance (le chercheur Tony Fortin interviewé par Stéphane Aubouard, L'Humanité, 27 février 2019)
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