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27 décembre 2018 4 27 /12 /décembre /2018 08:15
Le 27 décembre 1944, mort du Colonel Fabien à 25 ans, auteur du premier acte de résistance armée contre les troupes d'occupation à Paris

On oublie pas : Le Colonel Fabien, de son vrai nom Pierre Georges mort sur le Front d’Alsace, à Habsheim près de Mulhouse, le 27 décembre 1944.

"Pierre Georges, Jeune communiste engagé très tôt dans l’action contre le fascisme, s’engage en 1936 à 17 ans dans les Brigades Internationales pour combattre aux côtés des républicains espagnols après le coup de force du général Franco.

Dès l’occupation allemande, Pierre Georges participe à la réorganisation des groupes clandestins des jeunes communistes dans le 19è arrondissement, et en 1941, il devient l’adjoint du colonel Albert Ouzoulias, chef des Bataillons de la jeunesse, au sein des Francs-tireurs et partisans (FTP).

Il réalise lui-même ce qui est considéré comme le premier attentat meurtrier contre les troupes d’occupation, en abattant le 21 août 1941 un militaire de la Kriegsmarine, l’aspirant Moser, au métro Barbès-Rochechouart."

Article de Maurice Ulrich dans L'Humanité:

21 août 1941 : à Barbès-Rochechouart, Fabien tire

L’acte du militant communiste et résistant, qui, à vingt et un ans, a déjà combattu le fascisme en Espagne, donne le signal de la lutte armée contre l’occupant.
Il est encore tôt, ce matin du 21 août 1941 à Paris.

Au métro Barbès-Rochechouart, un officier de la Kriegsmarine s’apprête à monter dans la rame. Deux coups de feu claquent, il s’écroule.

C’est dans la France occupée le premier acte de la résistance armée.

Son auteur, Pierre Félix Georges, entrera dans l’histoire sous le nom de colonel Fabien.

Né dans le 19e arrondissement, il n’a que vingt et un ans, mais il a déjà combattu le fascisme, en Espagne. À la fin de l’année 1936, il s’est engagé dans les brigades internationales en mentant sur son âge. Il est communiste.

Les deux coups de feu de Fabien vont avoir un sens clair. Pour les nazis, cela veut dire qu’en dépit de la collaboration active du gouvernement de Pétain, de l’appui de la police française dirigée par Bousquet, ils ne seront plus en sécurité. Pour une part de l’opinion française, encore fidèle à Pétain, c’est le signe que la guerre continue. Certes, depuis Londres, le général de Gaulle l’a dit dès le 18 juin 1940. Mais il s’agit de rassembler les forces de l’empire colonial et de reconstituer à partir de Londres une force combattante, s’appuyant en France sur des réseaux de résistance tournés vers le renseignement ou constituant des forces d’appoint dans l’attente du grand jour.

L’action de Fabien signifie que le combat au cœur même de la capitale et des villes passe par la lutte armée. C’est aussi un acte politique majeur. La résistance française, pour le PCF, sera populaire, sur la terre de France. La portée de cette décision est considérable. Sans elle, à tout bien considérer, la libération de Paris « par lui-même », selon la formule du général, n’aurait peut-être pas eu lieu.
« Paris a froid, Paris a faim, Paris ne mange plus de marrons dans la rue, Paris a mis de vieux vêtements de vieille », écrivait Paul Eluard.

Pas pour tout le monde. La collaboration est devenue pleinement active, ce qui ne va pas sans interrogations dans l’opinion.

Le 12, Pétain déclare à la radio qu’il sent souffler un vent mauvais : « L’inquiétude gagne les esprits, le doute s’empare des âmes, l’autorité de mon gouvernement est discutée. » Le 14, Vichy décrète que les magistrats, les hauts fonctionnaires et les militaires doivent prêter serment au maréchal. Le 20, la police française, à la demande des Allemands, arrête 3 447 juifs, internés à Drancy.

Au matin du 21 août, un communiqué officiel annonce : « Pour activité en faveur de l’ennemi, le juif Samuel Tyszelman et le nommé Henri Gautherot, tous deux domiciliés à Paris, ont été condamnés à mort. Ils avaient participé à une manifestation communiste dirigée contre les troupes d’occupation allemandes. En exécution de l’arrêt, ils ont été fusillés. » Tous deux étaient des amis de Fabien.
Pour les communistes français, le trouble du pacte germano-soviétique de 1939 est déjà loin. Pas seulement parce que l’Allemagne est lancée depuis juin contre l’Union soviétique, mais parce que la répression contre les communistes, dès juillet 1940, ne laisse guère de place aux ambiguïtés. Pour Vichy comme pour les nazis, les communistes sont l’ennemi principal. Dès octobre 1940, les communistes ont créé les OS, organisations spéciales, dont le but est d’agir contre l’occupant. Le 15 mai, le PCF lance un appel à la constitution d’un front national de lutte pour la libération de la France, et des attentats et sabotages, en particulier contre les installations ferroviaires, commencent à se multiplier. Mais il faut faire plus. Les nazis, dès septembre 1940, ont déjà désigné des otages qui seraient exécutés en cas de troubles. Ils ont exécuté des patriotes. Jacques Bonsergent qui a « bousculé des soldats allemands » en décembre 1940, André Masseron qui a chanté la Marseillaise, le 19 juillet 1941, Roger Roig le 24 qui a tenu des propos injurieux. Le premier, sans doute, fut à Rouen, Étienne Dechavanne, dès juillet 1940.
Il faut un choc. Ce n’est pas si simple. Est-ce la bonne stratégie ? Fabien va donner l’exemple.

Ce jeune homme est déjà un combattant aguerri, devenu sous-officier en Espagne, grièvement blessé en 1938. Revenu à Paris il est « ajusteur d’avion » et épouse Andrée Coudrier qui sera déportée à Ravensbrück. Élu au Conseil national de la jeunesse communiste, puis arrêté dans son usine où les ouvriers se solidarisent en se mettant en grève, il s’évade, commence à organiser l’activité clandestine du PCF dans différentes régions. Il revient à Paris début 1941, à la demande de la direction du PCF. Le 21 août, il tire.
Fabien installe ensuite le premier maquis de France dans le Doubs, attaqué en octobre par la gendarmerie. Il est de nouveau blessé, à la tête. Il traverse le Doubs à la nage, regagne Paris. Arrêté par la police française, il est torturé et remis à la Gestapo. Il s’évade du fort de Romainville et reprend les combats dans divers maquis. En 1944, il est l’un acteurs importants de l’insurrection parisienne. Le groupe qu’il commande devient le 151e régiment d’infanterie sous les ordres du général Delattre de Tassigny. Ce dernier le voyait déjà général.

Le 27 septembre 1944, Pierre Georges, le colonel Fabien, saute sur une mine dans des conditions restées imprécises. Il avait vingt-cinq ans.
 

Maurice Ulrich

 

Pierre Georges est le 21 août 1941 l'adjoint d'Albert Ouzoulias, à qui l'on doit "Les Bataillons de la jeunesse", un témoignage passionnant sur les débuts héroïques de l'organisation de la résistance communiste, notamment chez les jeunes, lycéens, ouvriers, étudiants, à Paris.  

Les communistes français dans la résistance avant l'invasion de l'URSS en juin 1941: relisons Albert Ouzoulias et ses "Bataillons de la jeunesse"

 

 

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27 décembre 2018 4 27 /12 /décembre /2018 08:06
Le chef des Urgences de Creil (Oise, Hauts-de-France), Loïc Pen, démissionne pour dénoncer la fermeture de la maternité par l'ARS

Suite à la décision de la direction du GHPSO et avec l'accord de l'ARS pour la fermeture prochaine de la MATERNITÉ de Creil le Docteur Loïc Pen chef du service des urgences, démissionne de ses fonctions car les conditions de sécurité ne sont pas réunies pour faire accoucher les mamans.
Les médecins présents aux urgences ne sont pas formés pour pratiquer des accouchements dans l'urgence en sécurité.
Les services des urgences de CREIL ne sont pas adaptés pour les accouchements.

Retrouvez l'interview complète sur https://www.facebook.com/thierry.aury/posts/2282712281761936?__tn__=K-R

France 3, Jennifer Alberts, 26 décembre

Le chef des urgences de Creil démissionne suite à l'annonce de la fermeture de la maternité

Loïc Pen, chef du service des urgences de l'hôpital de Creil dans l'Oise, démissionne de son poste. Il s'oppose à la fermeture de la maternité de l'établissement décidée par l'agence régionale de santé (ARS) des Hauts-de-France.

Il travaillait aux urgences de l'hôpital de Creil (Oise) depuis 2003. Le 24 décembre, Loïc Pen a annoncé qu'il quitte son poste de chef de ce service. C'est dans le dernier numéro de Oise avenir, le média interne du Parti Communiste de l'Oise, que le médecin explique sa décision.

Il y a 10 jours, le transfert de la maternité de Creil vers celle de Senlis a été officialisée dans un compte-rendu de l'agence régionale de santé (ARS). Après des mois de mobilisation des personnels, des habitants et des élus, il n'y aura plus de maternité à Creil dès janvier 2019. Les femmes enceintes du secteur devront aller accoucher à une dizaine de kilomètres, à Senlis.

40% de la population n'a pas de véhicule

Le problème pour le Dr. Pen ​​​​​​, c'est le danger auquel cette fermeture expose le personnel médical et les patientes. Cette décision ne prend pas en compte la spécificité du bassin de population dans lequel se situe l'hôpital de Creil : "les urgences vont se retrouver à faire des accouchements alors qu'aucun des médecins qui y travaillent n'est formé pour ça, explique-t-il au téléphone. Nos urgences sont déjà largement saturées et ajouter des accouchements à la liste de nos domaines d'intervention, c'est aggraver le problème : 40% des habitants du plateau creillois n'ont pas de véhicule. Donc ce sera vers nous que les femmes enceintes se tourneront quand viendra le moment pour elles d'accoucher. C'est un bel exemple de macronisation du service public".

Loïc Pen juge par ailleurs scandaleux qu'une maternité de niveau trois, à savoir, capable de prendre en charge des accouchements problématiques, soit fermée : "c'est une première en France", assure-t-il.


Plus que trois maternités dans l'Oise

Autre aberration pur lui dans cette décision de l'ARS : la scission en deux du service pédiatrique de Creil, la néonatalogie étant elle aussi transférée à Senlis. 

Chaque année, 1 500 enfants naissent à la maternité de Creil. Le projet de transfert des services de la maternité de Creil et de celle de Clermont vers l'hôpital de Senlis, annoncé fin 2017, prendra effet en janvier prochain. Le département ne comptera alors plus que trois maternités, à Beauvais, Senlis et Compiègne. Un nombre important de femmes enceintes pourraient alors se retrouver à une demi-heure de voiture de l'un des trois sites.

Une mobilisation est prévue le 28 décembre pour tenter de faire revenir l'ARS sur sa décision.

EVENEMENT ! Le Docteur Loïc PEN, démissionne de sa fonction de chef du service des urgences de l'Hôpital de Creil. Son interview-choc au journal Oise-Avenir pour expliquer les raisons de sa décision. Une forme de SOS citoyen alors que la Ministre de la Santé poursuit la folle décision de fermeture de la maternité de Creil.

Urgences de l’hôpital de CREIL : le chef de service démissionne !
Le Docteur Loïc PEN répond à nos questions.

 

Oise Avenir a interviewé le docteur Loïc Pen, chef de service des urgence du groupement hospitalier public du Sud de l’Oise qui refuse de poursuivre son rôle de chef des urgences. Le docteur PEN, aux urgences de Creil depuis 2003, syndicaliste, a été interviewé dans plusieurs émissions de télévision, de radio, et fait l'objet de plusieurs articles de presse au sujet de la crise des urgences. C’est également l’auteur, au nom de la CGT, de l'accord sur le temps de travail des médecins urgentistes de Creil. Cet accord imposé après trois mois de grève des urgentistes de Creil en 2005 sera finalement repris et généralisé à tous les urgentistes de France en 2015 par Marisol Touraine après un mouvement national animé par l’AMUF et la CGT médecin.

OA : qu’est ce qui motive votre décision de quitter vos responsabilités au sein des urgences ?

Loïc Pen: La goutte d’eau qui a fait déborder le vase, c’est la fermeture annoncée de la maternité de Creil. C’est la première fois en France qu’on fermerait une maternité de niveau trois ( apte à prendre en charge les accouchements les plus complexes).
Conséquence de cette fermeture, on demande aux urgentistes d’assumer les accouchements inopinés qui se présenteraient aux urgences de Creil. Hormis les médecins smuristes, qui ont une petite expérience, aucun des médecins actuellement en poste aux urgences ne sait pratiquer un accouchement en sécurité.
OA : Mais cela arrive dans d’autres urgences en France

Loïc Pen: C’est vrai, mais outre le fait que les urgences de Creil sont déjà totalement saturées, il faut regarder l’environnement de notre hôpital. Nous sommes dans un bassin de population cumulant des problèmes sociaux et de mobilité. Notre population a également un mauvais accès aux soins et une faible éducation à la santé. De plus, je le disais, ce n’est pas une petite maternité que l’ARS veut fermer, c’est une maternité à 1500 accouchements, dans le bassin de vie présentant la plus forte démographie de l’Oise … . Des grossesses mal suivies, un risque d’un grand nombre d’accouchements inopinés, des urgences saturées, des professionnels non formés, tous les ingrédients sont présents pour des accidents graves.

OA : Ne peut on former les urgentistes ?

Loïc Pen: En guise de formation, on nous propose un cours théorique puis de monter en salle d’accouchement pour apprendre, cela pourrait même se faire sur notre temps de garde aux urgences nous dit-on. Outre le fait que cette proposition révèle la méconnaissance totale de ce que sont les gardes aux urgences; on n’a pas vraiment le temps d’enfiler des perles, elle n’est absolument pas sérieuse. Les sages femmes sont formées pendant 4 ans pour accoucher et elles nous disent qu’elles refusent de gérer au sein de l’hôpital des accouchements inopinés, ( et donc potentiellement à risque élevé) seules, sans l’appui potentiel d’un obstétricien et d’un anesthésiste.
Et nous en deux heures de cours et quelques passages au bloc obstétrical, nous en serions capables. Les urgentistes doivent être superman ou wonder woman je pense. Et tout ça doit se faire fin janvier !
Je ressens cette proposition de formation faite par l’administration comme un moyen de se dédouaner des accidents potentiels, pas comme une solution de prise en charge des femmes et des enfants en sécurité.

Oise Avenir: Vous disiez que la maternité est la goutte d’eau qui fait déborder le vase, il était donc déjà bien plein ?

Loïc Pen:  En effet, Creil n’est pas un cas isolé, l’actualité récente vient encore de nous le rappeler avec le drame aux urgences de la Riboisière. Mais notre situation s’est particulièrement tendue depuis un an et demi avec la fermeture d’une centaine de lits sur l’ensemble de l’établissement. Nous manquons cruellement de lits pour hospitaliser nos patients. Ils stagnent dans les urgences, et cela entraine une augmentation de la charge de travail. Il s’en suit des baisses de qualité dans les prises en charges, une augmentation des délais d’attente et donc des risques, un personnel médical et paramédical au bout du rouleau.
Nous payons une logique d’austérité pour la santé, et l’organisation de la pénurie médicale dans le pays.
J’ai discuté avec mes collègues à l’occasion de ma décision de démissionner de la chefferie de service. Nos urgences, sont déjà en grandes difficultés, et nous considérons collectivement qu’il n’est pas possible de nous demander de gérer les accouchements inopinés en plus.
A ce titre, je refuse de prendre la responsabilité d’organiser l’application d’une décision qui n’est pas la mienne et que je considère dangereuse.
La dégradation des conditions de prise en charge aux urgences est déjà ancienne et rien ne me semble aujourd’hui aller dans le sens de sa possible amélioration.
La politique de santé actuelle va dans le sens de l’ aggravation et d’une logique de privatisation. En effet, cet affaiblissement volontaire du service public sert à dégager le marché pour la santé privée à but lucratif.
Je ne vois plus désormais de possibilité pour les responsables médicaux d’infléchir les choix qui nous sont imposés, dans le cadre institutionnel.
L’alternative est donc claire, soit je me fais le relais de choix que je réprouve, soit je démissionne. C’est cette deuxième solution que j’ai choisie.

Oise Avenir: Il n’y aurait donc plus rien à faire pour retrouver un système de santé public pour tous et toutes ?

Loïc Pen: Bien sur que si ! J’ai juste dit que je ne pensais plus possible d’infléchir les choix libéraux dans le cadre de l’institution. Je pense par contre qu’il faut faire monter nos exigences dans un cadre de lutte, syndical et politique.
De l’argent, il y en a, il suffirait de traquer la fraude aux cotisations sociales pour récupérer 20 milliards d’euros pour la sécu, il suffirait de faire cotiser le capital comme le travail pour en récupérer 20 autres et je ne vous parle pas des 40 milliards de CICE de cette année ou des 80 milliards de fraude fiscale.
La France n’a jamais été aussi riche de son histoire, on devrait crouler sous un pognon de dingue et ça n’a jamais été aussi mal réparti.
L’argent, c’est le nerf de la guerre, nous en avons besoin pour notre matériel vieillissant ou absent, pour rénover ou reconstruire nos locaux. Mais aussi dans les facs et les écoles pour former plus de professionnels de santé.
Mais c’est à une réforme complète qu’il faut s’atteler, basée sur l’interdiction du privé à but lucratif dans la santé. Nous devons repenser notre modèle qui pourrait s’appuyer sur des centres de santé en ville, conventionnés avec les hôpitaux publics et les hôpitaux privés participant au service public, avec de véritables maillages territoriaux par canton, appuyés sur les besoins des populations et non pas sur la restriction de l’offre.
Bref, je ne vais pas quitter mon gilet rouge, et en ce moment, j’y rajouterai bien un peu de jaune.

Le chef des Urgences de Creil (Oise, Hauts-de-France), Loïc Pen, démissionne pour dénoncer la fermeture de la maternité par l'ARS
Le chef des Urgences de Creil (Oise, Hauts-de-France), Loïc Pen, démissionne pour dénoncer la fermeture de la maternité par l'ARS
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26 décembre 2018 3 26 /12 /décembre /2018 08:04
26 décembre 1930 – 26 décembre 2018. 88e anniversaire de la naissance de Jean FERRAT
26 décembre 1930 – 26 décembre 2018. 88e anniversaire de la naissance de Jean FERRAT

26 décembre 1930 – 26 décembre 2018. 88e anniversaire de la naissance de Jean FERRAT
Écoutons, réécoutons encore et encore Jean FERRAT.
Jean FERRAT, le poète, le citoyen, le visionnaire, le compagnon de nos combats progressistes…

Lien avec le clip dailymotion: http://www.dailymotion.com/video/xckhpt_jean-ferrat-ma-france_music

 

De plaines en forêts de vallons en collines
Du printemps qui va naître à tes mortes saisons
De ce que j'ai vécu à ce que j'imagine
Je n'en finirai pas d'écrire ta chanson
Ma France

Au grand soleil d'été qui courbe la Provence
Des genêts de Bretagne aux bruyères d'Ardèche
Quelque chose dans l'air a cette transparence
Et ce goût du bonheur qui rend ma lèvre sèche
Ma France

Cet air de liberté au-delà des frontières
Aux peuples étrangers qui donnaient le vertige
Et dont vous usurpez aujourd'hui le prestige
Elle répond toujours du nom de Robespierre
Ma France

Celle du vieil Hugo tonnant de son exil
Des enfants de cinq ans travaillant dans les mines
Celle qui construisit de ses mains vos usines
Celle dont monsieur Thiers a dit qu'on la fusille
Ma France

Picasso tient le monde au bout de sa palette
Des lèvres d'Éluard s'envolent des colombes
Ils n'en finissent pas tes artistes prophètes
De dire qu'il est temps que le malheur succombe
Ma France

Leurs voix se multiplient à n'en plus faire qu'une
Celle qui paie toujours vos crimes vos erreurs
En remplissant l'histoire et ses fosses communes
Que je chante à jamais celle des travailleurs
Ma France

Celle qui ne possède en or que ses nuits blanches
Pour la lutte obstiné de ce temps quotidien
Du journal que l'on vend le matin d'un dimanche
A l'affiche qu'on colle au mur du lendemain
Ma France

Qu'elle monte des mines descende des collines
Celle qui chante en moi la belle la rebelle
Elle tient l'avenir, serré dans ses mains fines
Celle de trente-six à soixante-huit chandelles
Ma France

Lien avec le clip: http://www.dailymotion.com/video/x5oepy_jean-ferrat-camarade_music

 

 

C'est un joli nom Camarade
C'est un joli nom tu sais
Qui marie cerise et grenade
Aux cent fleurs du mois de mai
Pendant des années Camarade
Pendant des années tu sais
Avec ton seul nom comme aubade
Les lèvres s'épanouissaient
Camarade Camarade

C'est un nom terrible Camarade
C'est un nom terrible à dire
Quand, le temps d'une mascarade
Il ne fait plus que frémir
Que venez-vous faire Camarade
Que venez-vous faire ici
Ce fut à cinq heures dans Prague
Que le mois d'août s'obscurcit
Camarade Camarade

C'est un joli nom Camarade
C'est un joli nom tu sais
Dans mon cœur battant la chamade
Pour qu'il revive à jamais
Se marient cerise et grenade
Aux cent fleurs du mois de mai

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26 décembre 2018 3 26 /12 /décembre /2018 07:52
Rien de justifie les propos et comportements antisémites - MRAP, 24 décembre 2018

Rien, rien, rien !

Rien n’a jamais justifié et rien ne justifiera jamais des propos et des comportements antisémites…


Le MRAP condamne avec force ceux qui ont été tenus par des « gilets jaunes », à une vieille dame qui les mettait en garde contre le caractère antisémite que revêt le geste de la « quenelle » ou encore ceux tenus par des « gilets jaunes » qui ont entonné, - à l’instar de l’ « humoriste » antisémite Dieudonné dans ses spectacles -, le nauséeux chant de la « quenelle ».


Le MRAP n’est pas insensible au caractère social et politique des revendications « des gilets jaunes ». Le combat antiraciste est intimement lié aux problématiques économiques et sociales. La montée de la précarité, du chômage, des inégalités, de la pauvreté minent nos sociétés. C'est sur ce terreau que prospèrent les idées, les porteurs idéologiques du racisme et de la xénophobie.

Cependant, aucune cause sociale, économique, politique, aussi pertinente soit elle, ne pourra jamais légitimer des comportements racistes, homophobes, xénophobes, sexistes, etc.


Le MRAP appelle tous ceux qui sont attachés à l’égalité et à la justice sociale, “gilets jaunes” ou non, à isoler les porteurs de haine qui ruinent l’espérance d’une société émancipatrice.

 

Paris le 24 décembre
Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples
43 Boulevard Magenta - 75010 Paris
01.53.38.99.82
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26 décembre 2018 3 26 /12 /décembre /2018 07:44
Dans le Lot, un ex-chef de gare engagé sur toute la ligne (Libération, Sylvain Mouillard, 25 décembre 2018)

Pour finir l’année, «Libération» a choisi de suivre des personnes engagées dans un combat local, héros du quotidien. Aujourd’hui, Jacques Montal, retraité de la SNCF, qui mène la mobilisation en faveur de la desserte locale et le passage du train de nuit dans son village.

Il est 19 heures, un mercredi de décembre à Assier, patelin de 700 âmes dans le Lot, au milieu des causses verdoyants du Quercy. La pluie qui tombe, l’épicerie qui ferme, les travailleurs qui rentrent à la maison. Et les trois restaurants du village aux portes désespérément closes ce jour-là. On attend le train de nuit pour remonter à Paris, censé se pointer à 0 h 29. Autant dire que la soirée sent le sapin.

On se dirige vers un portail à quelques pas de l’église Saint-Pierre, cinq siècles au compteur. Au fond d’une courette, une lueur d’espoir : le Caf’Causse, café associatif, ouvre ses portes d’octobre à avril. Sauvé ! A l’intérieur, Bruno, Philippe, Karim et les autres sont à l’apéro. On leur explique qu’on est venu à Assier pour rencontrer Jacques Montal, l’ancien chef de gare. Avalanche de louanges : «Un héros» ; «Le padre» ; «Il a pris des risques pour nous tous» ; «L’homme de tous les combats» ; «Un type sur qui tu peux compter : tu l’appelles, il est là dans les cinq minutes.»

Mais qui est donc ce Superman lotois ? L’état-civil répond Jacques Montal, 58 ans, à la retraite depuis septembre. Ce natif de Saint-Céré, à une trentaine de kilomètres, est entré à la SNCF en 1977. Il a alors 17 ans et ne connaîtra pas d’autres entreprises. Quarante et une années de «sacerdoce», dit-il, un terme qui convient bien à son abord réservé et modeste. Au gré de ses premières affectations, l’homme, encarté à la CGT, sillonne l’ancienne région Midi-Pyrénées : «Je déménageais beaucoup, mais ça allait, j’étais tout seul à l’époque.»

En 1998, Jacques Montal pose ses valises à Assier, avant d’en devenir le chef de gare. Mais aussi, et surtout, l’ardent défenseur, par le biais d’une association (1), contre divers projets menaçant son existence. Car, mine de rien, la survie de la gare assiéroise - ouverte en 1862 - est une incongruité dans un contexte plutôt morose pour les structures de ce type. En temps normal, dix-sept trains passent ici tous les jours, en direction de Brive (Corrèze) ou de Rodez (Aveyron). Depuis que la gare voisine de Figeac est partie en fumée, il y a quelques semaines, le rythme s’est restreint à onze passages quotidiens.

Une incongruité

L’autre grand œuvre du village lotois, c’est d’avoir conservé le passage du train de nuit, alias le Ruthénois. Cette liaison Paris-Rodez (avec des variantes vers Latour-de-Carol, dans les Pyrénées-Orientales, et Portbou, en Espagne) est la seule ligne nocturne à avoir survécu en France, avec celle reliant la capitale à Briançon. En septembre, la ministre des Transports, Elisabeth Borne, a même promis le maintien de ces deux axes, annonçant en prime un investissement de 30 millions d’euros pour moderniser les trains à couchettes.

Parmi les arguments souvent avancés, il est question de lutte contre l’enclavement des départements ruraux et d’absence de solutions de substitution. Jacques Montal le sait : «En province, des villages comme le nôtre, il n’y en a pas beaucoup ! Sans la lutte qu’on a menée, la gare ne serait peut-être plus là.» Sur la table de son salon, entre deux exemplaires de l’Humanité, il a déposé des dossiers cartonnés avec l’historique de l’association. Il rembobine. Lancement en 2002, avec, très vite, les premières opérations pour dénoncer la suppression du train de nuit venant de Carmaux. «Les militants attendaient à toutes les gares le long du parcours. A Assier, on était là vers minuit. En deux ou trois minutes, le temps de l’arrêt, on devait coller un maximum d’autocollants et d’affiches A3 sur les wagons.» Il se marre : «A l’arrivée à Paris, le train devait filer au service nettoyage. Ils ont dû y user pas mal de machines…»

En 2003, les habitants d’Assier occupent la gare le temps d’un week-end. La SNCF doit affréter des autocars pour permettre aux voyageurs de terminer leur trajet. En 2007, c’est le président de l’association qui se lance dans une grève de la faim d’une semaine pour la défense du service public. D’après la légende locale, le nom des irréductibles assiérois serait remonté jusqu’aux hautes sphères parisiennes de la SNCF, sur l’air de «Mais qui sont donc ces fous furieux ?»

Plus qu’un axe structurant, la ligne de chemin de fer est le symbole d’un village qui vit intensément. Ici, on compte une école maternelle et primaire, une maison de retraite, un bureau de poste, une pharmacie, une boulangerie, une boucherie… «Il y a dans le village une conscience et un attachement au service public, analyse Jacques Montal. Il y a quelques années, il y a eu le projet d’ouvrir un supermarché à Assier. Un collectif d’habitants s’est formé pour défendre nos commerces de proximité du centre-ville. Le supermarché n’a pas ouvert.»

A voix haute, il se prend à imaginer les «beaux jours» que pourrait connaître la SNCF avec la «transition énergétique». «Si on le voulait vraiment, on pourrait offrir un service intéressant aux usagers. Certains pourraient abandonner la voiture si les horaires étaient adaptés. Prenez le matin : le premier train pour Brive part d’ici à 8 h 50. C’est beaucoup trop tard», peste-t-il.

«Pas loin de réussir»

L’homme a évidemment participé au mouvement social du printemps contre la réforme de la SNCF, qui instaure selon lui une «privatisation rampante» : «On n’était pas loin de réussir, mais il a manqué quelque chose.» Il regarde le mouvement des gilets jaunes avec un mélange de circonspection et de déception. «Depuis le temps qu’on manifeste et qu’on porte les mêmes revendications pour les services publics, contre la fracture territoriale, soupire-t-il. On aurait pu converger… Peut-être que syndicalement, on a loupé le coche.»

Minuit approche. L’ancien cheminot nous dépose à la gare. Le coup d’œil est encore là. Il repère deux ampoules cassées le long du quai, les indique à son successeur de garde pour la nuit : «C’est signalé, on nous a répondu qu’il n’y avait pas le budget pour les changer.» 0h29 : «Assier, deux minutes d’arrêt, tout le monde embarque !» Huit heures plus tard, le train arrivera avec dix minutes d’avance en gare d’Austerlitz.

(1) Association de défense de la gare d’Assier et de promotion du Rail.

Sylvain Mouillard photos Philippe Guionie pour Libération

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26 décembre 2018 3 26 /12 /décembre /2018 07:16
 
Mesures d’urgence économiques et sociales -
 Par / 21 décembre 2018

Les richesses produites dans notre pays sont gigantesques. Pourtant, elles ne profitent qu’à une extrême minorité : les actionnaires du CAC 40.

Le Gouvernement a refusé de s’y attaquer. Il a préféré les pseudo-solutions que sont la défiscalisation des heures supplémentaires, la fausse hausse du SMIC, financée par les contribuables, la prime exceptionnelle sans impôt ni contribution jusqu’à 1 000 euros et le rétablissement du taux de CSG antérieur en 2019.

La majorité des groupes du Sénat était opposée à la hausse de la CSG infligée aux retraités modestes. Mais il aura fallu attendre le 10 décembre dernier pour que le Président de la République reconnaisse lui-même que la mesure était injuste ; et la prise de conscience de M. Macron est restée bien relative, puisque la hausse de la CSG est simplement annulée pour une partie des retraités, et uniquement pour 2019 !

La droite sénatoriale avait fait voter le recul de l’âge de départ à la retraite pour compenser cette hausse. Notre groupe, lui, s’y était opposé. Il avait fait d’autres propositions de financement, notamment en mettant à contribution les revenus financiers des grandes entreprises.

Pour ce qui concerne le SMIC, les annonces qui ont été faites sont une véritable escroquerie. Le Gouvernement a finalement décidé d’augmenter la prime d’activité de 90 euros. Cette mesure a été présentée comme une hausse de salaire par le Président de la République. Mais, alors qu’une hausse du SMIC bénéficierait à tous les salariés, la prime d’activité concerne seulement les salariés gagnant moins de 1 500 euros nets par mois, pour une personne seule, et 2 200 euros nets, pour un couple.

En outre, afin d’en bénéficier, il faudra se rendre dans les agences de la CAF, pour accomplir diverses démarches et réactualiser sa situation tous les trois mois !

Enfin, cette prime est limitée, puisqu’elle ne concernera pas les fonctionnaires. Or 40 % d’agents publics sont au niveau du SMIC ; dans la fonction publique territoriale, ce taux approche même les 75 %.

La défiscalisation et la désocialisation des heures supplémentaires, présentées comme un gain annuel de 155 euros, constituent, elles aussi, un leurre. En réalité, en incitant les salariées et les salariés à effectuer plus d’heures supplémentaires, l’on provoquera une augmentation de la durée du temps de travail au détriment de l’emploi. L’Observatoire français des conjonctures économiques, l’OFCE, estime ainsi que 19 000 emplois seront supprimés d’ici à 2020, et que le taux de chômage s’en trouvera augmenté de 0,1 point.

En outre, madame la ministre des solidarités et de la santé, comment cette mesure va-t-elle bénéficier aux personnels soignants et non soignants des hôpitaux et des EHPAD, alors qu’ils voient leurs heures supplémentaires exploser sans contrepartie financière et sans possibilité de récupération ?

J’ajoute que vous taisez un point essentiel : les heures supplémentaires désocialisées et défiscalisées en vertu de la dernière loi de financement de la sécurité sociale et de ces mesures d’urgence vont mettre en péril les recettes de la sécurité sociale et de notre système de retraites.

Je le disais déjà lors du débat consacré au projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2019, et je persiste : « En utilisant le budget de la sécurité sociale pour réduire le déficit de l’État, votre gouvernement se livre au plus grand hold-up du siècle. » Vous pourrez utiliser à loisir les ressources de la sécurité sociale, payées par les assurés sociaux, pour renflouer les caisses de l’État.

Enfin, il est regrettable que la prime exceptionnelle ne soit pas une obligation pour les grandes entreprises qui réalisent des profits colossaux.

Mesdames, monsieur les ministres, ces mesures ne font pas le compte. Les femmes en sont particulièrement exclues ; or elles sont souvent parmi les plus précaires.

Les Françaises et les Français ne sont pas dupes. Malgré l’écran de fumée que vous répandez afin de masquer vos choix profondément inégalitaires, ils voient bien que les plus fortunés ont droit à toutes vos largesses.

Vos largesses, ce sont 40 milliards d’euros pour les grandes entreprises et les actionnaires, sans aucune contrepartie, via le remboursement du CICE pour l’année 2018 et la baisse des cotisations patronales, voire leur suppression, décidée pour 2019 ; il s’agit là d’une mesure inique adoptée, ici même, avec la droite sénatoriale.

Vos largesses, c’est aussi le maintien de la suppression de l’ISF, soit 4,2 milliards d’euros offerts au détriment d’une politique de justice sociale pour toutes et tous.

D’un côté, de somptueux cadeaux de Noël ; de l’autre, des miettes : mais la brèche est ouverte, car vous venez de démontrer que la sacro-sainte loi des 3 % de déficit du pacte de stabilité et de croissance de l’Union européenne n’est pas indépassable. La prise de conscience gagne du terrain : c’est une bonne nouvelle, et vos premiers reculs en appellent d’autres. L’argent existe pour répondre aux besoins des populations, non pour être détourné vers la finance, au détriment de l’humain et de notre planète !

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26 décembre 2018 3 26 /12 /décembre /2018 07:11

Monsieur le président, mesdames, messieurs les ministres, mes chers collègues, ma question s’adresse à Mme la ministre chargée des transports.
L’opérateur Vinci Autoroutes veut demander la régularisation des paiements des péages autoroutiers dont les automobilistes n’ont pas pu s’acquitter lors des opérations « péages gratuits » menées par le mouvement des « gilets jaunes » depuis le 17 novembre dernier.

Cette initiative est tout simplement inacceptable. Je veux, à ce stade, rappeler quelques chiffres éloquents.

Pour l’année 2017, dernières données disponibles, le groupe Vinci Autoroutes a réalisé un chiffre d’affaires de 4,3 milliards d’euros, en hausse de 3,4 % par rapport à 2016, pour des recettes de péage approchant les 3 milliards d’euros, dégageant un résultat net de 1,1 milliard d’euros. Quant à l’investissement sur l’année, il pointait à 537 millions d’euros, en baisse de 11,2 % par rapport à l’exercice précédent.

Mme la ministre, quelle est la position du Gouvernement sur cette démarche du groupe autoroutier ? (Applaudissements sur les travées du groupe communiste républicain citoyen et écologiste et sur des travées du groupe socialiste et républicain.)

M. le président. La parole est à Mme la ministre chargée des transports.

Mme Élisabeth Borne, ministre auprès du ministre d’État, ministre de la transition écologique et solidaire, chargée des transports. Monsieur le président, mesdames, messieurs les sénateurs, monsieur le sénateur Bocquet, j’ai effectivement pris connaissance de l’intention de certaines sociétés concessionnaires d’engager des procédures de recouvrement auprès des automobilistes qui n’ont pas pu acquitter leurs péages du fait de blocages ou de dégradations d’installations.

Je le dis fermement, cette annonce est totalement inopportune et inappropriée. Dans la situation que connaît notre pays, chacun doit jouer son rôle pour contribuer à l’apaisement.

Par ailleurs, tout indique que cette décision ne serait pas fondée sur le plan juridique. En effet, les images de vidéoprotection n’ont pas vocation à être utilisées pour la régularisation des paiements.

J’ai donc demandé aux sociétés concessionnaires de se conformer strictement à la loi et de ne pas mettre en œuvre de tels recouvrements.Je les recevrai ce soir afin de faire le point sur les perturbations en cours et les nombreuses dégradations qui sont à déplorer.

Je le redis, ces violences sont inacceptables. Aucune cause ne justifie de s’en prendre aux biens et aux personnes, et je veux en particulier dire ma solidarité avec les agents des sociétés d’autoroutes, qui ont été la cible d’actions violentes et d’incendies.

Nous sommes et nous continuerons à être d’une fermeté totale envers ceux qui commettent de tels actes.

Nous sommes à quelques jours d’un week-end de grand départ, et nos concitoyens ont le droit de circuler librement sur le réseau autoroutier. Pour ce faire, il faut que le calme revienne au plus vite sur le terrain. C’est ce pour quoi nous sommes totalement mobilisés, et c’est l’objet de la réunion de ce soir.
La réponse à la colère exprimée ces dernières semaines doit être collective ; les grandes entreprises doivent y prendre toute leur part. (Applaudissements sur les travées du groupe La République En Marche, du groupe Les Indépendants – République et Territoires et sur des travées du groupe du Rassemblement Démocratique et Social Européen.)

M. le président. La parole est à M. Éric Bocquet, pour la réplique.

M. Éric Bocquet. Madame la ministre, j’entends bien votre réponse, mais nous restons, pour notre part, convaincus que la question de la maîtrise publique des infrastructures autoroutières se pose plus que jamais.
Les autoroutes françaises réalisent un chiffre d’affaires de 8 milliards d’euros par an. En privatisant, l’État a renoncé aux dividendes futurs estimés à 40 milliards d’euros d’ici à 2032. La marge nette des groupes autoroutiers oscille entre 20 % et 24 % depuis la privatisation. Enfin, 14,6 milliards de dividendes ont été distribués aux actionnaires.

Lors d’un débat au Sénat en 2014, sur l’initiative de notre groupe, nombreux ici furent les collègues sur toutes les travées à déclarer que la privatisation des autoroutes avait été une erreur. Nous pensons qu’il faut procéder à la renationalisation des concessions autoroutières. L’emprunt à contracter serait remboursé par les bénéfices dégagés, et non pas par l’impôt. Il y va, selon nous, de l’intérêt général. Pour agir ainsi, les concessionnaires autoroutiers privés seraient-ils devenus un État dans l’État ?

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25 décembre 2018 2 25 /12 /décembre /2018 09:05

mardi 25 décembre 2018

par Frédéric Métézeau

Ian Brossat : "Je veux construire une liste à l'image de la France du travail"
7 minutes
 
Ian Brossat, porte-parole du PCF, tête de liste aux européennes et adjoint à la Mairie de Paris en charge du logement, est l'invité de Frédéric Métézeau.

La question du logement est centrale pour lui dans la politique locale nationale. "Le logement n'est pas considéré comme une priorité depuis des années par les différents gouvernements", assène Ian Brossat. "[L'actuel gouvernement], à chaque fois qu'il faut faire des économies, tape dans le budget du logement. Or on ne peut pas avoir des collectivités territoriales qui règle seules ce problème fondamental."

"À Paris en 2001, quand Bertrand Delanoë est devenu maire, il y avait 20.000 logements insalubres. Il a fallu batailler comme des chiens pour réussir à éradiquer l'insalubrité, soit 3,5 milliards d'euros. Des tas de collectivités n'ont pas ces moyens financiers et ne peuvent pas y arriver. On a besoin d'une mobilisation nationale sur cette question de l'insalubrité ou du mal-logement."

Sur le programme de construction de logements à "prix cassé" que va lancer la ville de Paris, "un dispositif inspiré par Bernie Sanders [sénateur démocrate américain]", Ian Brossat précise qu'il "s'agit de dissocier le foncier du bâti". "Vous n'achetez pas le terrain, vous n'achetez que le bâti, ce qui permet de payer 2 à 3 fois moins cher. Le logement est bien à vous, pour 99 ans."

Des gilets jaunes aux européennes pour le PCF ?

C'est ce que souhaite l'élu parisien, qui estime que "cette mobilisation sociale bouscule tout le monde, y compris le Parti communiste. Nous avons souffert collectivement que la voix populaire de millions d'hommes et de femmes, qui veulent vivre dignement de leur travail, n'ait pas été entendue".

"Tout le monde doit tenir compte de ça", précise-t-il. "Quand on voit le taux d'abstention à chaque élection force est de constater qu'on n'est pas arrivé à mobiliser une partie de la population française qui a besoin d'être mieux représentée. Au Parlement européen, il y a trois ouvriers sur environ 700 eurodéputés ! On ne peut pas avoir des Français qui se reconnaissent dans la politique dès lors que les institutions ne leur ressemblent pas."

 
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25 décembre 2018 2 25 /12 /décembre /2018 07:43

 

Le secrétaire général de la CGT revient sur la mobilisation qui bouscule le pays. Pour Philippe Martinez, ce mouvement ne s’oppose pas aux luttes syndicales, mais souligne les obstacles à lever sur lesquels bute l’action collective des salariés.

La crise des gilets jaunes questionne fortement la capacité des syndicats à défendre efficacement les intérêts des salariés. Leur utilité est-elle remise en cause ?

Philippe Martinez 

Ce qui est intéressant dans ce mouvement, c’est qu’alors que l’action collective a été dénigrée par ceux qui nous dirigent depuis des décennies, on voit un corps social qui retrouve le chemin de la mobilisation. Mais celle-ci se construit dans un contexte de mise à l’écart des organisations syndicales par les gouvernements successifs et par le patronat. Trop souvent, quand il y a des mobilisations, ceux-ci font comme si elles n’existaient pas, ou refusent de répondre aux attentes. En 2016, par exemple, il y a eu plus de monde dans les rues pendant quasiment un trimestre entier contre la loi El Khomri qu’avec les gilets jaunes aujourd’hui. Et le soutien de l’opinion publique aux manifestations était comparable. Or qu’a fait le gouvernement de l’époque ? Il a fait le choix de jouer la carte de la division des syndicats. Cela ne veut pas dire que nous ne portons aucune responsabilité dans le fait que, parmi les gilets jaunes qui portent des revendications sociales, beaucoup n’ont jamais ou alors rarement croisé des syndicats. Dans ces conditions, il est difficile pour ces salariés de se convaincre de leur utilité. Nous sommes très en retard dans notre déploiement dans l’ensemble du monde du travail. Tant que la CGT ne rayonnera que sur 25 % du salariat, les 75 % de salariés restants ne connaîtront des syndicats que ce qu’on peut leur raconter par ailleurs. Et, en général, ce ne sont pas des compliments.

 

Comment la CGT appréhende-t-elle ce mouvement sans organisation ni coordination ?

Philippe Martinez 

Notre position est claire sur ce mouvement des gilets jaunes. Il est parti d’une révolte contre la hausse du prix de l’essence, que partage la CGT, mais derrière on voyait bien le risque des mots d’ordre du refus de toutes taxes, cotisations comprises. Très vite, cependant, les banderoles ont affiché des slogans pour la hausse du Smic et l’impôt sur la fortune, comme sur les tracts de la CGT. Cela montre qu’on ne prêche pas dans le désert. Même si les jonctions ne sont pas évidentes au premier abord, ce mouvement est un mouvement social, hétéroclite dans sa composition, avec l’existence qu’il faut dénoncer de certains comportements inacceptables en son sein.

 

Les gilets jaunes ont obtenu des concessions du président de la République que le mouvement syndical a échoué à arracher malgré ses mobilisations ces dernières années. Cela vous conduit-il à repenser votre stratégie ?

Philippe Martinez 

Nous devons constamment nous interroger sur la stratégie la plus efficace pour gagner. Ce que font les gilets jaunes percute d’ailleurs nos débats dans la CGT sur l’efficacité des « journées saute-mouton » (les journées d’action espacées dans le temps – NDLR) et des mobilisations du samedi. Or, si on ne conjugue pas les actions le samedi avec des actions dans les entreprises, le Medef pourra continuer à dormir tranquille. Quant aux manifestations, aux occupations de carrefours ou de péages autoroutiers, elles font partie des formes diverses de l’expression collective du mécontentement que le mouvement syndical a lui-même expérimentées. En 2016, on a connu aussi des occupations, des formes de lutte identiques. J’entends bien la volonté d’une partie des représentants politiques et des médias d’installer l’idée que certains seraient plus efficaces que d’autres. À mon sens, ce que démontre avant tout l’action des gilets jaunes comme celle des syndicats, c’est que l’action collective paie. Mais paie-t-elle à la hauteur des revendications ? C’est, me semble-t-il, la question à poser. Dans leur lutte, les cheminots aussi ont obtenu des choses. Mais ils n’ont pas gagné tout ce qu’ils voulaient. De leur côté, les gilets jaunes ont arraché la hausse de la prime d’activité, la prime exceptionnelle dans certaines entreprises, mais ils n’ont pas gagné la hausse du Smic qu’ils revendiquent, ni le rétablissement de l’impôt sur la fortune. Si l’on veut obtenir davantage, il faut donc être encore plus nombreux à se mobiliser, et cela vaut pour tout le monde, gilets jaunes, rouges ou d’une autre couleur. Cela pose aussi la question de notre capacité collective de taper le cœur du système, c’est-à-dire le capital. Et le capital, ce sont les grands groupes, les multinationales.

 

Le contournement des syndicats n’est-il pas aussi la conséquence de luttes qui ne se traduisent plus par de nouvelles conquêtes ?

Philippe Martinez 

Oui, le monde du travail peine à arracher de nouvelles conquêtes. Il y a eu des mobilisations importantes, mais sur les enjeux nationaux, depuis les 35 heures, nous avons empêché des reculs mais nous n’avons rien gagné de nouveau. Cela pose la question de l’action collective, des formes de lutte. Ce sont des constats que l’on fait nous-mêmes, on est d’accord de ce point de vue.

N’est-ce pas aussi le produit d’une politique qui a visé à casser les syndicats ?

Philippe Martinez Depuis une dizaine d’années, le pouvoir a cultivé l’idée que le rôle des syndicats était d’accompagner ses mesures, et que ceux qui s’y refusaient devaient être mis sur la touche. En 2007, Nicolas Sarkozy faisait huer la CGT dans ses meetings. Emmanuel Macron est même allé plus loin en décidant d’écarter tous les syndicats, sans exception. Désormais, il fait son mea culpa tous les six mois. Il l’a fait en juillet, et encore ce mois-ci avec sa grande réunion avec les élus et les représentants syndicaux. Mais c’est de la communication.

 

Rien n’a donc changé à l’Élysée depuis la crise des gilets jaunes ?

Philippe Martinez 

Le président de la République a-t-il écouté nos revendications après cette réunion ? Absolument pas. À part dire qu’il parle trop brutalement, il n’a pas fait de remise en cause sur le fond. Quand le chef des députés de la République en marche (Gilles Le Gendre – NDLR) dit « notre erreur est d’avoir été trop subtils, trop intelligents », cela signifie qu’ils prennent ouvertement les gens pour des idiots. C’est du Macron dans le texte. Et quand le premier ministre déclare qu’une partie des smicards font partie des « foyers les plus aisés », on voit bien que rien n’a changé réellement. La CGT ne leur servira pas d’alibi.

 

Les divisions du syndicalisme ne participent-elles pas du sentiment qu’il n’est pas au service des salariés dans leur diversité ?

Philippe Martinez 

En effet. Tous les syndicats ont pour rôle de défendre les intérêts du monde du travail : c’est ainsi que raisonnent les citoyens. À partir du moment où ils estiment que ce n’est pas la préoccupation centrale des organisations, on entend sur les ronds-points : pourquoi n’arrivez-vous pas à vous mettre d’accord ? Tant que ce sentiment perdurera, notre crédibilité sera entachée.

Les gilets jaunes ne posent pas la question de la lutte à l’entreprise ni ne désignent le Medef comme leur adversaire. Est-ce un obstacle pour réaliser la jonction avec les luttes et les grèves syndicales ?

Philippe Martinez 

Pour la plupart, les manifestants sur les ronds-points ne travaillent pas dans les grandes entreprises. Ce sont des chômeurs, des retraités, des salariés de TPE-PME, voire des petits patrons et artisans, ce n’est pas la masse de nos syndiqués. Le capital, le CAC 40, les actionnaires, ils ne les croisent pas dans leur vie. Pour eux, le Medef, qui est le symbole de la puissance de l’argent, c’est lointain. La CGT doit donc être plus précise dans la désignation des premiers responsables de la situation. Le plus heureux des mesures du gouvernement, c’est le Medef : il ne met pas la main à la poche. Geoffroy Roux de Bézieux (le président du Medef – NDLR) affirme d’ailleurs que ce mouvement social ne le concerne pas, puisque les usines ne sont pas occupées et que ses permanences ne sont pas attaquées. C’est le travail de la CGT que de rappeler qu’il y a de l’argent mais qu’il est mal orienté, parce qu’il va aux actionnaires et non aux salariés. La prime d’activité sera payée par les impôts de tous, pendant que ceux qui détiennent le capital vont toucher encore plus d’argent. Les syndiqués à la CGT discutent sur les ronds-points avec les gilets jaunes pour pousser ce débat. Tous les salariés de ce pays sont soumis à la pression des actionnaires, qu’on travaille dans une grande ou une petite entreprise, et même dans les services publics.

 

Il n’y aura pas de coup de pouce au Smic mais une augmentation de la prime d’activité, que ne toucheront pas tous les salariés payés au salaire minimum. Est-ce une avancée partielle ou bien une supercherie ?

Philippe Martinez 

Quand on n’a rien ou pas grand-chose, 100 euros de plus, c’est toujours ça de pris. Mais la mesure reste une supercherie parce que ce sont les contribuables qui vont payer à la place de l’augmentation des salaires due par les patrons. Et puis, cette prime est inégalitaire, puisque la référence pour la toucher est le revenu du foyer. Comme les hommes gagnent souvent plus que les femmes, une grande part d’entre elles payées au Smic n’auront pas droit à ces 100 euros. C’est scandaleux ! On a interpellé le gouvernement pour que s’ouvre une véritable négociation sur l’augmentation du Smic. Une telle hausse permet en effet de faire évoluer tous les salaires, et pas seulement le plus bas. Et, à la différence de la prime d’activité, qui ne génère aucun droit pour la retraite ni pour la protection sociale en général, le salaire produit des cotisations sociales qui comptent dans la rémunération du travail. Au lieu de cela, le gouvernement considère toujours que le travail est un coût et que le capital doit être épargné. Les cadeaux stupides continuent, comme la défiscalisation des heures supplémentaires. Croit-on que c’est en faisant travailler plus ceux qui ont déjà un emploi que ça va permettre à ceux qui n’en ont pas d’en trouver un ?

 

Le gouvernement a annoncé vouloir maintenir le train de ses réformes. Qu’envisage la CGT comme riposte pour le début de 2019 ?

Philippe Martinez 

Nous estimons qu’il faut remettre le couvert rapidement, en mobilisant dès le début de l’année sur des questions essentielles comme les salaires et la justice fiscale. Nous sommes à l’initiative pour porter ces revendications avec le maximum d’organisations syndicales de salariés et de jeunesse à l’occasion d’un temps fort après les congés, dans des formes qui restent à définir.

 

Entretien réalisé par Sébastien Crépel

 

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25 décembre 2018 2 25 /12 /décembre /2018 07:40

On ne fait payer ceux qui doivent

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