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25 octobre 2018 4 25 /10 /octobre /2018 07:49

Brésil. Dernières déclarations du candidat fasciste Bolsonaro: " Je veux nettoyer le pays. Ces rouges marginaux seront interdits dans notre patrie." Il affirme à Lula qu'il " restera en prison" et s'adressant au candidat du PT Haddad assure qu'il rejoindra Lula " mais pas pour une visite. Ce sera pour rester quelques années" avec Lula. Le fascisme risque de s'installer la semaine prochaine au Brésil avec celui qui regrette que la dictature dans les années 1960/1980 se soit limitée à " torturer alors qu'il fallait tuer".

 

 

« LES ÉVANGÉLIQUES ONT POUSSÉ LES IDÉOLOGIES VERS LA DROITE »

Brésil. Lamia Oualalou, auteure de Jésus t’aime ! La déferlante évangélique, revient sur l’essor de ce courant au Brésil, sa force de pénétration dans la société et les sphères du pouvoir. Son influence n’est pas étrangère à l’ascension de l’extrême droite.

Les Églises évangéliques sont en pleine expansion au Brésil. Pour quelles raisons ?

Lamia Oualalou Le phénomène a débuté il y a près de quarante ans, en raison d’une transformation sociale et sociologique. Le Brésil, qui était un pays rural, va devenir radicalement citadin. L’exode massif vient grossir des villes dépourvues de structures sociales. L’emploi fait défaut avec la crise économique des années 1970. Parallèlement, l’Église catholique se désengage des zones pauvres. C’est le résultat d’une décision politique du pape Jean-Paul II afin de lutter contre la théologie de la libération selon laquelle l’Église doit libérer les pauvres. Jean-Paul II y voit là un danger communiste et écarte ces militants. Ils avaient pourtant une capillarité qu’aucun parti n’a jamais eue car ils touchaient 800 000 Brésiliens.

Ce « nettoyage » politique explique-t-il le recul du catholicisme ?

Lamia Oualalou À la différence de l’Église catholique, les évangéliques n’ont aucun mal à s’installer en périphérie, dans les favelas, où les temples se montent dans d’anciens bars ou garages. Ils touchent une population essentiellement féminine qui n’a accès à aucun espace adapté. Ces églises réunissent leurs amis ; elles constituent un réseau d’entraide. Elles se substituent à l’État. En revanche, ce réseau est payant : les fidèles versent 10 % de leur revenu. La théologie de la prospérité repose sur l’idée que vous avez le droit à une vie morale et matérielle décente. Ce courant s’est répandu car il n’a été combattu par aucune autre idéologie. Durant les mandats du président Lula, la vie des pauvres s’est considérablement améliorée. Mais le discours du Parti des travailleurs (PT) a épousé la théorie consumériste.

Peut-on faire une corrélation entre l’ascension de l’extrême droite et l’influence des Églises évangéliques ?

Lamia Oualalou C’est l’une des raisons de la présence de Jair Bolsonaro au second tour. Une semaine avant le premier tour, il y a eu des grandes manifestations contre Jair Bolsonaro dans soixante villes. Tout le monde était convaincu du succès. Mais les médias évangéliques ont détourné les images de ces défilés, en montrant des femmes nues avec des enfants dans des positions sexualisées. Cela n’a jamais eu lieu. Mais le lendemain de ces manifestations, la majorité des pasteurs s’est prononcée en faveur de Jair Bolsonaro et il a connu un boom de 6 % dans les sondages.

Comment s’opère l’argumentaire ?

Lamia Oualalou Les évangéliques votent en fonction des dires du pasteur. Les croyants vont plusieurs fois par semaine au culte. C’est bien souvent leur seul lieu de socialisation. Par ailleurs, et c’est là un point très important, les évangéliques maîtrisent l’appareil médiatique. L’Église universelle du royaume de Dieu d’Edir Macedo possède la deuxième chaîne télévisée du pays et beaucoup d’autres. R7 est le premier portail sur Internet. Il a une infinité de radios. Sa force de pénétration est incroyable. Des fidèles n’écoutent que des médias évangéliques. Ce milieu fermé a empiré avec l’existence des réseaux sociaux, notamment WhatsApp.

Ce réseau social est d’ailleurs l’un des canaux de la propagande de Jair Bolsonaro ?

Lamia Oualalou Il est utilisé par une majorité de Brésiliens. Ces derniers ne sont pas tous des fascistes, mais ils sont terrorisés au quotidien par la violence. Le pays est en récession depuis quatre ans. L’appareil judiciaire est totalement retourné contre la gauche, qui est incapable d’avoir un discours audible. Bolsonaro représente l’ordre et le PT, le diable. C’est d’autant plus injuste que le PT n’a jamais eu de positions extrêmes. Sur le plan économique, il a accepté toutes les règles du capitalisme.

Au Congrès, peut-on parler de lobby évangélique ?

Lamia Oualalou Les évangéliques et les catholiques se retrouvent sur des lignes partisanes communes contre l’avortement, le mariage des personnes homosexuelles et sur des questions corporatistes, à savoir se protéger pour ne pas payer d’impôts. Les évangéliques ont réussi à pousser toutes les idéologies vers la droite. Tout le monde lâche du lest face au poids des évangéliques. Tous les mercredis, les députés se réunissent et chantent ensemble alors qu’ils sont issus du Parti des travailleurs ou de la droite. En 2010, la présidente Dilma Rousseff a écrit une lettre aux évangéliques de crainte de perdre leur vote. Alors qu’elle s’était clairement prononcée en faveur de la liberté de choix pour les femmes, elle s’est engagée à ne pas légiférer sur l’IVG.

Ils ont une stratégie de pénétration des sphères du pouvoir et de la société grâce à un marketing ciblé. Il existe par exemple des Églises évangéliques homosexuelles. La force des évangéliques est telle que quiconque s’y oppose subira de fortes pressions. Si Bolsonaro est élu, la répression viendra de l’État comme d’individus. Les monstres sont déjà sortis.

Lamia Oualalou Journaliste

Lamia Oualalou, Jésus t’aime ! La déferlante évangélique. Éditions du Cerf, 286 pages, 20 euros.

 

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25 octobre 2018 4 25 /10 /octobre /2018 06:46
Avec Macron et ses amis, ils se font un pognon de dingue! (suite au débat budgétaire)

Un pognon de dingue !

Selon le rapport annuel du groupe bancaire Crédit suisse publié le 18 octobre, tout va décidément toujours très bien pour les Français les mieux nantis : le nombre des ménages millionnaires en France a connu, entre la mi-2017 et la mi-2018, la deuxième plus forte augmentation mondiale derrière les Etats-Unis. 259.000 foyers supplémentaires affichent ainsi des patrimoines d’au moins un million de dollars (la monnaie utilisée pour l'étude) depuis l'arrivée d'Emmanuel Macron au pouvoir, portant le club des six zéros à 2,147 millions de ménages. La France pointe en cinquième position au classement des pays comptant le plus de foyers millionnaires, ex æquo avec l'Allemagne mais derrière la Grande-Bretagne, le Japon, la Chine et les Etats-Unis. 

En 2017, les PDG du CAC 40 ont touché en moyenne 14% de plus que l'année précédente selon une étude de Proxinvest citée par Le Monde sous le titre "Les salaires des grands patrons se remettent à flamber". 

Le député communiste Jean-Paul Dufrègne a souligné mardi 23 octobre à l'Assemblée Nationale que les deux premiers budgets des gouvernements Macron "entraînent une baisse du pouvoir d'achat pour les 20% des ménages les plus modestes et une augmentation importante du pouvoir d'achat des 1% les plus riches". 

" En résumé le ruissellement des richesses existe bel et bien. Mais il coule des plus pauvres vers les plus riches. La France compte même 146 000 millionnaires de plus depuis l'arrivée au pouvoir d'Emmanuel Macron. Soit une augmentation record dans le monde" (Aurélien Soucheyre, L'Humanité, 24 octobre 2018) 

Les élus communistes ont tenté de remédier à ce déséquilibre en proposant de rétablir l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF), de supprimer la Flat Tax et d'augmenter le nombre de tranches d'impôts sur le revenu, afin de le rendre plus juste. Ils ont été renvoyés dans les cordes. 

La majorité a préféré augmenter le prix des carburants, qui touche fortement les plus modestes, sans même prévoir l'indexation des gains au financement d'un plan sur l'écologie. Idem pour l'augmentation de la CSG qui touche fortement les retraités. 

L'augmentation du taux d'exonération sur les plus-values en cas de cessions dans le cadre de la niche Copé (de 88 à 95%) a été vivement dénoncée par Fabien Roussel (PCF) mais cette mesure est passée.

" C'est aussi le cas de la pérennisation du Cice sans aucune condition, qui va coûter plus de 40 milliards d'euros cette année, soit 1,8 point de PIB. Ou encore de l'augmentation constante de la part de la TVA dans les recettes nettes de l'Etat (157 milliards d'euros sur 232,9). Sitôt après avoir voté contre (la première partie recettes du projet de loi de finances 2019), les députés PCF ont déposé une motion de rejet face au projet de budget de la Sécurité Sociale, dont l'examen a démarré hier. Pierre Darhéville s'est notamment indigné des 900 millions d'euros d'économies imposés à des "hôpitaux publics déjà exsangues"  (Aurélien Soucheyre, L'Humanité, 24 octobre 2018)    

Première partie du Budget 2019 : Le 23 octobre dernier, Jean-Paul Dufrègne, député communiste, est intervenu pour expliquer le vote contre des députés communistes.

Ce budget est un budget INJUSTE dénonce le député de l’Allier en introduction de son intervention.

Il rappelle que pour la seconde année, ce budget est avant tout le budget des riches, et d’ailleurs l’Institut des Politiques Publiques ne s’y trompe pas et note que les 2 derniers PLF entraînent une baisse du pouvoir d’achat pour les 20% de ménages les plus modestes et une augmentation importante du pouvoir d’achat des 1% les plus riches.

Ce budget est aussi un budget D’ABANDON dénonce également JP Dufrègne.

Le ministère de la cohésion des territoires connaît une forte baisse de même que celui de l’emploi. Des orientations difficilement compréhensibles au moment où les territoires ruraux ou périphériques ont besoin de soutien et de visibilité dans l’action publique, notamment pour conjurer ce sentiment d’abandon souvent exprimé.

- Lire son intervention en intégralité

Nous voterons contre la première partie de ce projet de loi de finances, non pas parce que nous sommes dans l’opposition et que vous êtes dans la majorité, mais tout simplement parce que ce budget est d’abord injuste.

Il est injuste comme l’était votre précédent PLF et il reproduit les mêmes injustices, et tout d’abord concernant l’impôt sur le revenu et sa progressivité. Nous souhaitons rouvrir ce débat car nous considérons que la diminution du nombre de tranches et l’abaissement du taux marginal ne permettent pas de prendre suffisamment en compte les disparités de revenu pour une juste contribution à l’impôt que pour notre part, contrairement à d’autres, nous ne diabolisons pas. On peut toujours en effet clamer sur tous les toits qu’on paie trop d’impôts – c’est toujours populaire. Nous pensons au contraire qu’il faut réhabiliter l’impôt sur le revenu parce que c’est le plus juste : il est effectivement progressif et il permet de financer les fonctions régaliennes de l’Etat.

Qui veut moins d’enseignants devant les élèves ? Qui veut moins de policiers, moins de gendarmes ? Je pourrais continuer la liste. Il faut donc plus de recettes d’impôt sur le revenu pour diminuer par exemple la TVA sur les produits de première nécessité. Je rappelle que la TVA est l’impôt le plus injuste car, frappant la consommation, il pèse proportionnellement beaucoup plus sur les petits revenus que sur les gros. Vous avez d’entrée verrouillé ce dossier dont on ne devrait plus parler, alors qu’en 2000 par exemple, il y avait sept tranches avec un taux marginal de 52,75 %, contre cinq  tranches aujourd’hui et un taux marginal de 45 % ! Tous nos amendements ont été repoussés sans ménagement, sous prétexte que ce serait confiscatoire !

Ce projet de loi de finances est  injuste aussi parce que, contrairement à ce que vous affirmez, il privilégie le capital par rapport au travail en exonérant de contributions les gros patrimoines financiers et en plafonnant à 12,8 % l’imposition des revenus financiers.

Il faut que le travail paie, dites-vous, oubliant d’ajouter  : « et que le capital rapporte ! » Ceux qui le détiennent peuvent dormir sur leurs deux oreilles : la maison est bien gardée. Je ne reviens pas sur le véritable scandale que constitue le renforcement de la niche Copé, et que dire de la lutte contre l’évasion et la fraude fiscale, qui reste au stade des bonnes intentions.

Ce PLF est injuste enfin parce qu’il désigne des boucs émissaires, tels les retraités, dont le rôle dans la société n’est pas reconnu, ou encore les familles.

La transformation du CICE en réductions de cotisations sociales offrira un cadeau de 40 milliards aux entreprises sans que soit exigé la moindre contrepartie, ce qui aurait été un minimum !

Pour la seconde année, ce budget est avant tout le budget des riches. D’ailleurs l’Institut des politiques publiques ne s’y trompe pas, qui note que les deux derniers PLF entraînent une baisse du pouvoir d’achat pour les 20 % de ménages les plus modestes et une augmentation importante de celui des 1 % les plus riches.

Ce budget est aussi un budget d’abandon. Les crédits du ministère de la cohésion des territoires connaissent une forte baisse de même que le budget de l’emploi. Ces orientations sont difficilement compréhensibles au moment où les territoires ruraux ou périphériques ont besoin de soutien et de visibilité de l’action publique, notamment pour conjurer un sentiment d’abandon souvent exprimé.

La baisse du budget de l’emploi est particulièrement inquiétante, de même que celle du budget de l’agriculture à un moment où le doute s’est installé dans des campagnes de plus en plus touches par une sécheresse touchant de nombreux départements, comme l’Allier.  

Et puis ce n’est pas un budget d’anticipation, mais plutôt un budget de contradictions. Nous estimons qu’il est nécessaire et absolument urgent de s’investir dans la transition écologique. Tous les rapports, et notamment le dernier du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat – GIEC –, tirent la sonnette d’alarme sur les conséquences du réchauffement climatique. Cependant, votre boussole libérale vous entraîne sur d’autres chemins : baisser les dépenses publiques, dites-vous, pour réduire le déficit public, pour baisser les impôts et pour diminuer la dette. Que reste-t-il ? Rien, rien, rien ! Trois fois rien, alors qu’il faudrait des milliards pour inverser la courbe. C’est au moment où on en a le plus besoin qu’on se prive de recettes considérables pour faire plaisir aux copains. Il est pourtant incontournable que ceux qui ont les plus gros patrimoines contribuent à dégager les ressources nécessaires pour lutter contre le réchauffement climatique, et nous y viendrons. La fiscalité énergétique punitive pour celles et ceux qui n’ont pas d’autre choix que d’utiliser leur véhicule – pour des raisons toutes aussi recevables les unes que les autres – a atteint son niveau d’acceptabilité, surtout lorsque l’on sait que seuls 25 % de cette taxe sont véritablement affectés à des opérations structurantes ou de compensation. Ceux qui passent à la caisse pour financer les cadeaux fiscaux faits aux plus riches apprécieront ! Pour toutes ces raisons – et pour bien d’autres, que je n’ai pas le temps de développer –, le groupe GDR, avec ses composantes communiste et ultramarine, votera donc contre ce projet de loi de finances. 

Avec Macron et ses amis, ils se font un pognon de dingue! (suite au débat budgétaire)
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25 octobre 2018 4 25 /10 /octobre /2018 06:10
Université permanente du PCF: demandez le programme

UNIVERSITÉ PERMANENTE

Les communistes créent une université permanente. L’éducation populaire telle que nous la concevons est une action politique au sens large et noble du terme qui s’inscrit dans une perspective émancipatrice. La politique n’est pas l’art du publicitaire qui espère manipuler et détourner la pulsion du consommateur. La politique n’est pas non plus qu’une affaire de « passion » ; elle est aussi le lieu de la rationalité.

La politique a aussi et surtout à voir avec la connaissance, non pas sur le modèle du théoricien éclairant les masses, mais plutôt sur le modèle du dialogue entre des connaissances et des acteurs décidant par eux-mêmes de l’usage qu’ils pourraient en faire.

La politique ne saurait se réduire non plus à l’indignation. Bien sûr, cette critique morale est utile et ne doit pas être sous-estimée. Mais elle ne suffit pas. Notre société n’est pas d’abord menacée par l’immoralité de ses dirigeants (même si celle-ci n’arrange rien), mais elle est menacée par des logiques largement anonymes (marchés financiers, croissance, etc.).

L’éducation populaire telle que nous la concevons consiste à diffuser les outils intellectuels permettant aux citoyens de comprendre ces dynamiques sociales à l’œuvre dans nos sociétés.

 Une université permanente est l’occasion de montrer la faiblesse des discours pseudo-savants et peut contribuer à accroître la qualité du débat politique.

Ce qui pouvait hier nourrir une perspective progressiste prenant au sérieux les apports de Marx notamment, s’est vu si largement relégué au second, voire au troisième plan, du fait de l’offensive idéologique du libéralisme que nous ne serons pas de trop pour animer cette si nécessaire contre-offensive.

Le programme 2018-2019 de l’Université permanente : quatre cours de neuf séances auront lieu cette année, neuf heures de Philosophie, neuf heures de Lettres, neuf heures en Histoire et en Économie.

En Philosophie, les conférenciers traiteront du Matérialisme. Le philosophe Olivier Bloch, professeur émérite à Paris I Panthéon Sorbonne, spécialiste du matérialisme et de la littérature clandestine des XVIIème et XVIIIème siècles, nous a fait le plaisir d’accepter une interview qui viendra clore le cycle.

Le programme de Lettres sera consacré à Aragon. Olivier Barbarant qui dirige la publication des œuvres d’Aragon dans la Bibliothèque de la Pléiade nous a fait l’honneur de participer à la conception du programme. Il animera par ailleurs trois séances.

En Histoire, le cours portera sur la Révolution française. Des chercheurs de plusieurs générations viendront restituer la complexité de l’événement fondateur. L’historien Claude Mazauric, en plus de participer aux séances, nous a aimablement conseillé pour constituer le cours.

Enfin en Économie, le cours sera consacré aux crises. Les conférenciers, chercheurs au CNRS, administrateurs à l’INSEE, économistes à la Banque de France, etc. proposeront une analyse économique à contre-courant des lectures habituelles qui ont eu bien des difficultés pour anticiper les crises de notre temps

Les conférences se tiendront chaque semaine, les mardis, à l’espace Niemeyer, 2 place du Colonel-Fabien, Paris 19e.

Nous voulons, dans une perspective d’éducation populaire, permettre à une large majorité d’accéder à un savoir ordinairement réservé à une minorité.

Les conférences seront diffusées en direct et seront disponibles le lendemain sur la chaîne Youtube de l’Université permanente

 

 

En piéce jointe le programme détaillé des séances

Université permanente du PCF: demandez le programme
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25 octobre 2018 4 25 /10 /octobre /2018 06:00
Gilles Richard, Histoire des droites en France de 1815 à nos jours  (Paris, 2017, Perrin, 592 pages). 

Gilles Richard, Histoire des droites en France de 1815 à nos jours (Paris, 2017, Perrin, 592 pages). 

Lorsqu'un ami historien propose de faire une présentation pour le "Chiffon Rouge" du passionnant livre d'histoire politique du professeur d'universités Gilles Richard, un livre de synthèse inédit sur l'histoire des droites depuis le début du XIXe siècle, on ne peut qu'être intéressé par cette recension qui nous remet en mémoire des grandes phases de l'histoire politique de notre pays et met en avant les continuités et ruptures dans l'histoire des droites françaises, en lien avec le mouvement populaire et l'histoire des gauches.

Puisse ce bel et très rigoureux article de Nicolas Ferreira, titulaire d'un Master 2 d'histoire politique, être utile à la compréhension de ce qui se joue dans la vie politique de notre temps et donner envie de lire ce très riche essai historique de Gilles Richard. 

Gilles Richard: 

Histoire des droites en France de 1815 à nos jours

(Paris, 2017, Perrin, 592 pages). 

par Nicolas Ferreira

                La parution le 1er mars 2017 de l'Histoire des droites en France de 1815 à nos jours, dont l'écriture a débuté en 2012, est le fruit de trente années de recherches de l'historien spécialiste des droites françaises, Gilles Richard, également auteur d'une thèse sur le CNIP . Cette nouvelle histoire des droites s'inscrit dans notre actualité politique et justifie, s'il en était encore nécessaire, le bien-fondé du champ historiographique qu'est l'« histoire du temps présent ». En effet, si l'auteur remonte bien le fil de la constitution des différentes familles politiques des droites françaises, dont l'analyse de la diversité fut d'abord l'œuvre des travaux de l'historien René Rémond et dont la typologie fut constamment, et encore aujourd'hui, reprise par nombre d'analystes, de journalistes et par le personnel politique lui-même, Gilles Richard offre aux lecteurs une analyse autrement plus fine des différentes sensibilités de ces familles politiques qui composent les droites. Cette histoire nous éclaire donc sur le paysage politique d'aujourd'hui, celui de droites devenues hégémoniques politiquement et idéologiquement mais qui, malgré une volonté très ancienne partagée par bon nombre de ses acteurs, ne réussirent jamais à s'unifier dans un seul et grand parti.

I. Une histoire politique des droites françaises renouvelée

               Cette nouvelle histoire des droites s'inscrit dans une historiographie dont le pionnier en la matière et le plus invité par les médias pour décrypter les résultats électoraux, fut René Rémond. Ce dernier en a posé les premières pierres en 1954 avec la parution de La Droite en France de 1815 à nos jours , puis après deux nouvelles éditions , fit paraître en 1982 une quatrième édition dans laquelle la multiplicité des familles politiques apparaissait dès le titre avec Les Droites en France . De nombreux retirages attestèrent du succès de l'ouvrage jusqu'à une cinquième édition, plutôt conçue par l'historien comme une réponse aux diverses questions que l'évolution des familles politiques lui posait, démontrant ainsi selon lui, l'actualité de sa classification en trois familles distinctes, tout en faisant évoluer leur dénomination . « À ce monument historiographique », selon les mots de Richard, s'ajoute un ouvrage collectif paru en 1992 intitulé Histoire des droites en France, trois volumes réunissant de très nombreux contributeurs dirigés par Jean-François Sirinelli. L'historiographie des droites françaises ne s'arrête pas à ces deux ouvrages et les vingt pages de bibliographie que l'on retrouve à la fin de l'ouvrage de Richard attestent bien de la richesse de la recherche dans ce domaine des sciences sociales, une richesse cependant bien moindre que celle concernant les gauches.

               Convoquant Marc Bloch, Gilles Richard rappelle que « les êtres humains sont bien davantage les enfants de leur temps que de leurs parents » (p.20), s'inscrivant ainsi dans une histoire où les faits – et par conséquent les forces politiques qui les incarnent, les analysent et les exploitent – s'expliquent avant tout par leur contexte. Des forces politiques d'abord et avant tout nées de leur temps bien plus qu'issues d'un héritage, un héritage qui n'est pas à nier mais à ne pas surestimer non plus. Gilles Richard se distingue ainsi de René Rémond qui conserva jusqu'en 2005 sa généalogie des traditions politiques nées au XIXè siècle et qui, malgré les changements de régimes et les événements qui bouleversèrent ces deux siècles, aurait perduré jusqu'à l'aube du XXè . Cette distinction va au-delà de la simple querelle historiographique et se retrouve de manière plus fondamentale car l'auteur qui comptabilise alors quatorze familles politiques nées depuis la Révolution française, réparties en deux blocs dans un clivage droite/gauche évoluant autour de « trois questions centrales successives », en retient huit pour former ce que l'on appelle les droites françaises. Richard se distingue donc de son prédécesseur à partir du premier conflit mondial, adoptant « la tripartition rémondienne » jusqu'à cette « matrice du XXè siècle ». Ce nouveau siècle voit successivement apparaître d'autres familles politiques pour que l'auteur nous fasse finalement état de huit grands courants de pensée, huit sensibilités politiques qui deviendront des forces politiques plus ou moins importantes, à savoir les familles « légitimiste », « orléaniste », « bonapartiste », « libérale », « nationaliste », « démocrate-chrétienne », « agrarienne » et « gaulliste ». Ces courants politiques furent, pour certains d'entre eux, sous-estimés ou négligés par René Rémond, celui-ci les fondant dans sa généalogie existante à l'instar de la démocratie chrétienne, de l'agrarisme ou encore du nationalisme. Ainsi, pour Richard, définir les droites « oblige à privilégier les changements sur les continuités » (p.135).

              Enfin, rappelons que cette nouvelle Histoire des droites vient aussi après une histoire politique renouvelée et enrichie depuis les années 1980 à la suite de René Rémond et de Serge Berstein, cette dernière se situant dans le sillage de l'histoire culturelle . Enrichi donc de ce renouvellement historiographique, l'ouvrage de Gilles Richard n'en oublie pas moins le rôle fondamental des partis politiques qui occupent une place centrale « mais non exclusive » dans cette étude. Cette histoire partisane nous rappelle enfin la grande porosité entre des cultures politiques parfois proches ou semblant parfois plus éloignées.

II. De familles politiques diverses à l'impossibilité d'un grand parti conservateur

            L'auteur choisit un découpage chronologique en quatre parties, redonnant ainsi toute leur place aux événements. Dans la première, intitulée Les droites face à la République. S'adapter ou disparaître, 1815-1914, il commence donc par reprendre le schéma rémondien, c'est à dire l'apparition successive du camp légitimiste contre-révolutionnaire, du camp orléaniste favorable à la famille d'Orléans et enfin celui des bonapartistes, lorsque le parti de l'ordre, derrière le stratège Adolphe Thiers, décida de soutenir Louis-Napoléon Bonaparte à l'élection présidentielle de 1848. Cette période du pouvoir bonapartiste se termina dans la guerre contre les Prussiens et sonna la défaite des droites face aux républicains. Ce camp républicain ancra la République en 1884 à l'occasion de la réforme constitutionnelle, en interdisant que « la forme républicaine du gouvernement » pût faire l'objet d'une révision (p.70) ; un principe qui sera d'ailleurs réaffirmé dans les Constitutions de 1946 et 1958. Mais face aux républicains désormais solidement installés au pouvoir, la crise boulangiste débuta en 1887. La divergence d'analyse apparaît alors entre Rémond et Richard quant à la compréhension du boulangisme ; pour le premier, ce mouvement politique fut la première réincarnation du bonapartisme en République alors que, pour le second, c'est un mouvement principalement hétéroclite qui regroupe des adversaires de la République mais aussi des républicains adversaires de Jules Ferry. Rappelons que le général Boulanger se situa d'abord à gauche contre Jules Ferry et les opportunistes puis rapidement rassembla des monarchistes, des bonapartistes mais aussi des blanquistes qui souhaitaient toujours abattre le mur du pouvoir ainsi que la Ligue des patriotes, fondée en 1882. La crise boulangiste intervint durant la république des opportunistes, au pouvoir depuis 1870 en s'appuyant sur les radicaux et qui, ayant réduit leurs adversaires à droite, avaient comme dernière grande figure politique, Jules Ferry. Ce mouvement hétéroclite rassemblé derrière un homme charismatique se délita rapidement durant l'année 1889, quatre ans avant la mort de Jules Ferry. Mais les héritiers de ce dernier firent le choix, à sa mort, de changer d'alliances politiques pour gouverner.

          À cette période, l'influence de la social-démocratie allemande, portée en France par Jules Guesdes et Paul Lafargue, un des gendres de Karl Marx, était importante ; celle-ci se conjuguait à un mouvement ouvrier qui menaçait ouvertement la « paix sociale » alors que les catholiques amorçaient leur ralliement au régime. L'abandon du front religieux, « principal lieu de combat entre droites et gauches depuis plus de vingt ans » (p.85) permit à ces ralliés de mieux tenir le nouveau front social qui s'élargissait rapidement. Le mot « progressiste » se substitua alors à celui d'opportuniste pour qualifier le camp des républicains modérés, selon le jeune député Paul Deschanel, pour qui il fallait avoir « un véritable esprit de tolérance » vis à vis des ralliés, au prix de nombreux accommodements à la législation laïque. Mais les événements eurent encore une fois raison de la volonté de créer un grand parti de droite unifié pour s'opposer aux revendications ouvrières car même si la république méliniste était une continuité du ferrysme – ces traits précisant « ceux esquissés par le ferrysme quinze ans plus tôt » – l'affaire Dreyfus fit voler en éclats le souhait d'union des droites de Jules Méline et provoqua la formation d'un tout nouveau groupe parlementaire aux législatives de 1898 dénommé « antisémite » et présidé par Édouard Drumont. Le mélinisme, somme de conservatisme social et d'affairisme, de protectionnisme douanier contrebalancé par un puissant mouvement d'exportation de capitaux et d'un colonialisme actif, définissait alors le programme d'une droite libérale modérée, formée des anciens partisans d'Adolphe Thiers, de Jules Ferry et de Léon Gambetta, récemment rejoints par les catholiques ralliés. L'ancien monde, « le temps des légitimistes, des orléanistes et des bonapartistes menaçant la République était décidément révolu » selon l'auteur.

        Une évolution du régime intervint toutefois sous la présidence du Conseil de Pierre Waldeck-Rousseau et de son « gouvernement de défense républicaine » dans lequel on vit « la politique de Jules Ferry reprise mais débarrassée de ses dérives mélinistes » grâce à l'incarnation de ces républicains modérés opposés à la dérive autoritaire et cléricale du régime par un basculement d'une partie des progressistes qui bouleversa subitement l'équilibre entre droites et gauches. Le « Bloc des gauches » s'imposa alors face à l'Alliance républicaine démocratique (ARD), fruit du projet de « grand parti républicain démocratique » de Waldeck-Rousseau, lors des élections législatives de 1902 ; un bloc dominé par plus de 230 députés « radicaux », ce qui permit à Émile Combes de prendre la présidence du Conseil. Pendant ce temps, les partisans du Ralliement relancèrent leur projet partisan et, en juillet 1901, fondèrent, derrière Jacques Piou, l'Action libérale populaire (ALP) afin de rassembler tous les catholiques ralliés qui suivaient le pape dans la défense du Concordat. En quelques années, l'ALP devint vite le premier parti de masse en France avec 250 000 adhérents répartis en plus de 2 000 comités. Ce fut la naissance de la démocratie-chrétienne.

         Durant ce long XIXè siècle politique, né des conséquences tumultueuses de la Révolution française, Gilles Richard nous rappelle, selon la tripartition rémondienne, qu'ensemble ou successivement, légitimistes, orléanistes et bonapartistes ont exercé le pouvoir jusqu'aux années 1870. Mais au seuil du XXè siècle, trois grands partis républicains modérés ont été créés : l'ARD, l'ALP et la FR (fédération républicaine) rassemblant la grande majorité des électeurs de droite. Ce début de siècle est aussi le moment durant lequel le mouvement ouvrier a tellement progressé qu'il peut enfin « imposer la question sociale comme une nouvelle priorité du débat politique national » (p.124). Face aux grèves des années 1906-1910, les nationalistes, apparus avec la crise boulangiste, oubliant le « socialisme nationaliste » de Barrès et Maurras, ont alors choisi l'alliance avec les républicains modérés. Pourtant, deux ligues ont continué à avoir une existence autonome du courant nationaliste fondu dans ces trois partis : la Ligue des patriotes, restée attachée à la République et présidée par Barrès depuis la mort de Déroulède en 1914 et la Ligue d'action française sous l'influence de Maurras qui, naturellement, continuait à rejeter « la Gueuse ».

 

       La seconde partie du livre, intitulée Les droites de l'Union sacrée à la révolution nationale : les impasses du nationalisme 1914-1944, met en avant deux événements comme symboles d'affrontement entre droites et gauches : la manifestation des ligues nationalistes du 6 février 1934 et la victoire du Front populaire au printemps 1936.

         Les droites, unies dans de nombreux départements sur les listes du « Bloc républicain national » sur une base programmatique nationaliste, se retrouvent majoritaires au sortir de la guerre lors des élections législatives de 1919. Avec 140 élus, l'Alliance républicaine démocratique d'Adolphe Carnot, à laquelle appartenait le président de la République, est donc le grand vainqueur du scrutin. Une majorité vite perdue aux élections de mai 1924 face au « Cartel des gauches », coalition électorale sans accord de gouvernement entre radicaux, républicains socialistes et SFIO. Malgré leur prise de pouvoir, les droites ne surent pas s'entendre pour établir une stratégie unique et cohérente. D'un côté, les fondateurs à la Chambre de l'Entente républicaine démocratique (ERD) souhaitaient une fusion des droites dans une grande force hégémonique où l'on retrouverait d'anciens mélinistes aux côtés de ralliés mais aussi Barrès et quelques proches ainsi que quelques alliancistes. Ceux-là souhaitaient écarter les radicaux du pouvoir mais ne surent pas transformer le groupe composite de l'Entente en un parti homogène. Face à eux, l'ARD était partisane d'une alliance étroite avec les radicaux, toujours majoritaires au Sénat, sur la base du combat laïque commun en souhaitant à terme les intégrer dans un grand parti « central » modéré pour mieux écarter les « collectivistes » à gauche et les « réactionnaires » à droite. Des radicaux qui, même ébranlés pendant la Grande guerre et durant la forte période d'industrialisation des années 1920, demeurèrent une force politique incontournable jusqu'en 1940 et qui, par leur importance, représentaient un vrai dilemme pour les droites là où ces deux stratégies s'opposaient, celle de l'alliance préconisée par l'ARD ou bien celle du gouvernement sans ces derniers préconisée par la Fédération républicaine (FR).

           À cette impossibilité de créer un grand parti de droite s'ajoute l'émergence de forces nouvelles qui ébranlèrent le système partisan établi à l'image des démocrates-chrétiens organisés dans le Parti démocrate populaire (PDP) créé en 1924 ou bien par l'apparition du parti agraire et paysan français (PAPF) créé en 1928. Les catholiques s'organisèrent d'abord en réaction à la volonté d'Édouard Herriot d'abolir le Concordat en Alsace-Moselle , même si « le temps semblait venu de parachever le Ralliement dans le contexte nouveau créé par les solidarités nouées dans les tranchées, l'expansion du monde des villes et la déroute du Cartel » (p.169). Le PDP qui s'installa alors dans le champ des sensibilités politiques ne devint jamais une grande force partisane, avec seulement une vingtaine de parlementaires, mais fût plutôt une force d'appoint dans les gouvernements de coalition menés par les droites ; d'appoint seulement car il n'a jamais réussi à démontrer à ses partenaires que sa vision de la question sociale était la plus appropriée. De son côté, concentré au milieu rural et en écho au renouvellement de l'action catholique, le parti agraire s'organisa pour défendre « la classe paysanne » en voulant répondre au malaise qui régnait au sein de cette population, celle-ci étant sous-représentée au Parlement, y compris au sein du parti radical.

         Des nouvelles forces apparurent donc au sortir de la Grande guerre, moment de politisation élargie et renouvelée des classes moyennes avec le mouvement des anciens combattants, mouvement d'une incroyable ampleur regroupant au total plus de 3 millions d'adhérents dans les diverses associations alors que, comme le rappelle Richard, la British Legion, en situation de quasi monopole au Royaume-Uni, ne dépassa jamais les 400 000 membres. Mais ces associations n'échappaient pas aux clivages politiques, à l'image des deux plus grandes organisations qui regroupaient chacune 900 000 membres. Même si les 6,5 millions de citoyens sortis vivants des tranchées sur les 8 millions de mobilisés représentaient près des deux tiers du corps électoral, une grosse moitié n'adhéra à aucune organisation mais une fraction croissante se montra « de plus en plus réceptive à l'antiparlementarisme, aux dénonciations répétées de l'instabilité gouvernementale et des scandales, aux propositions de « réforme de l'État » » (p.182), remettant toujours en cause la République parlementaire.

              À l'occasion des élections de 1932, les droites n'acceptèrent pas leur défaite car pour la troisième fois depuis 1924, Édouard Herriot forma de nouveau un gouvernement cartelliste. Ce sentiment de combat contre le second Cartel se propagea d'autant plus facilement que le phénomène ligueur était important dans une partie de la population ; phénomène qui concerna d'ailleurs peu les gauches, malgré quelques unes comme la Ligue de l'enseignement, car elles avaient privilégié d'autres modes d'organisation, de la franc-maçonnerie au syndicalisme. Cependant, pour les droites, et plus particulièrement pour les nationalistes, les ligues leur permettaient, dans une volonté d'encadrement des masses, de conserver une plus grande autonomie vis à vis des trois grands partis : l'ARD, l'ALP, la FR. Ces ligues qui ne sont pas nées entre les deux guerres mais au temps du boulangisme et de l'affaire Dreyfus et dont les deux principales furent les Jeunesses patriotes de Pierre Taittinger, président de la Ligue des patriotes (LP) et député en 1919 et celles des Croix-deFeu du colonel de La Rocque. S'exprimant pour crier leur haine du Cartel, elles démontrèrent aussi leur capacité à occuper la rue, tout particulièrement lors de la manifestation du 6 février 1934. Cet événement permit le retour de l'ARD et de la FR au pouvoir dans le gouvernement Doumergue après vingt mois d'opposition et eut l'effet d'un électrochoc à gauche. Leur union réalisée leur apporta la victoire en 1936. Ce fut le triomphe du Front populaire avec deux tiers des sièges acquis et, pour la première fois dans l'histoire parlementaire, les socialistes formèrent le groupe le plus nombreux avec 149 députés, offrant à Léon Blum le poste de Président du Conseil. L'histoire politique partisane étant toujours faite de causes et d'effets, la réponse fut rapide à droite et deux mois plus tard – en conséquence aussi de l'interdiction des ligues – le colonel de la Rocque créa le Parti social français (PSF) dont la réussite fulgurante amorça une profonde recomposition des droites avec un programme qui se voulait être « une alternative cohérente au Front populaire qui revendiquait la lutte des classes, acceptait la grève générale et prônait l'intervention de l'État contre le pouvoir patronal » (p.220).

               L'entre-deux-guerres fut aussi un moment où les droites durent renouveler leur organisation dans une société désormais majoritairement urbaine et fortement politisée car comme le rappelle l'auteur, en 1938 le total des citoyens qui adhéraient à un parti représentait plus de 20% du corps électoral. Que ce soit alors par l'action du journaliste et homme politique Henri de Kerillis, qui fonda le Centre de propagande des républicains nationaux (CPRN) en 1926, ou par celle de François de La Rocque, qui transforma en 1936 son mouvement des Croix-de-Feu en un parti politique inscrit dans le cadre constitutionnel avec le PSF, les droites furent donc contraintes de repenser leur existence. Au seuil de la Seconde guerre mondiale, la division était toujours bien réelle, à tel point que la Fédération républicaine et l'Alliance démocratique étaient en difficulté, leurs 225 élus à la Chambre s'éparpillant en dix groupes différents ; le grand parti devant unifier toutes les tendances n'existant toujours pas. Face à cet éparpillement parlementaire, le PSF, fort de ses 1,2 million de membres en 1939 mais faible de sa non-existence parlementaire, fut tout de même le plus grand parti politique qui n'ait jamais existé en France. Le déclenchement de la guerre empêcha le colonel de la Rocque de bien mesurer les forces de son parti mais l'unité derrière un seul et grand parti n'était pourtant pas acquise. Cependant, lors de la Débâcle de 1940, « les droites, encore hantées depuis 1936 par le spectre de « la Sociale », se rassemblèrent presque unanimement derrière Philippe Pétain » (p. 141).

 

      La troisième partie du livre, Face au « danger communiste ». L'insurmontable rivalité entre gaullistes et libéraux, se concentre sur un autre moment de l'histoire des droites, de l'après-guerre à l'élection à la présidence de la République de Valéry Giscard d'Estaing. Ce moment est marqué par la hantise des droites de voir le parti communiste prendre la tête d'un nouveau front populaire, ce dernier étant au sommet de son influence avec 800 000 membres en 1946. Durant ces trois décennies, le principal combat des droites fut alors de lutter contre celle-ci. L'importance des gaullistes et des libéraux durant cette période eut pour corollaire l'effacement des autres formations nées avant-guerre comme la Fédération républicaine – entrée au Conseil national de la résistance mais qui s'étiola rapidement – ou bien l'Alliance démocratique, dont son président Pierre-Etienne Flandin resta détenu jusqu'en 1946 pour avoir participé au gouvernement de Vichy de décembre 1940 à février 1941 et qui se maintint tant bien que mal pendant que beaucoup rallièrent le Parti républicain de la liberté (PRL), un parti fondé par d'anciens partisans du colonel de La Rocque, stagnant à une trentaine de députés et qui ne put absorber totalement les anciennes formations de droite (Fédération républicaine, Alliance démocratique, parti agraire, Parti radical indépendant).

        Après un bref apogée des démocrates-chrétiens dans l'immédiat après-guerre avec le Mouvement républicain populaire (MRP), créé en novembre 1944 autour de Georges Bidault, qui obtint 165 députés lors des élections législatives de 1946, le mouvement de la démocratie chrétienne ne prit jamais en France la dimension et l'importance qu'il eut en Italie (DC) ou en Allemagne (CDU), ces derniers assumant d'être des partis confessionnels à la différence du MRP qui, malgré un certain nombre de protestants, de juifs et d'agnostiques, s'enracina prioritairement dans l'électorat catholique, appuyé par les évêques et les congrégations. L'affrontement entre les deux principales familles politiques, gaullistes et libéraux, s'installa donc très vite ; la première née dans la Résistance puis devenue rapidement un parti politique dès 1947 avec la création du Rassemblement du peuple français (RPF) par le général de Gaulle face à « la famille libérale dont l'organisation partisane, après plusieurs années de tâtonnements et de déchirements, fut relancée à l'automne 1948 avec la création, si discrète qu'elle passa sur le moment presque inaperçue, du Centre national des indépendants et paysans (CNIP) » (p.258). Tandis que le gaullisme partisan connut un succès rapide grâce à son créateur dès les élections municipales d'octobre 1947 avec 40% des suffrages exprimés dans les villes de plus de 9 000 habitants contre 30% pour les listes communistes, la fondation du CNIP en février 1951, « une des forces politiques majeures de la IVè République », ne s'ancra réellement que sept ans plus tard grâce au grand succès des élections cantonales de 1958 en dépassant le PCF en nombre de suffrages, pourtant « premier parti de France » depuis la Libération. Le CNIP devint incontournable pour constituer une majorité à l'Assemblée, progressant constamment au détriment des gaullistes et devint ainsi la première force au Parlement dès 1954. Pour l'auteur, le moment du CNIP fut « le moment où les droites s'approchèrent jusqu'à un point encore jamais atteint, de ce qu'avaient ardemment souhaité Pierre Waldeck-Rousseau et Henri de Kerillis : leur rassemblement dans une grande formation unifiée capable d'exercer le pouvoir dans la durée » (p. 283). Le porte-drapeau de ces indépendants fut Antoine Pinay, le plus populaire président du Conseil de la IVè République. Atlantiste, européiste signant le traité de communauté européenne de défense (CED), prônant l'amnistie générale régulièrement réclamée par les indépendants et paysans avec le dépôt d'un projet de loi permettant la levée de la plupart des condamnations prononcées depuis la Libération, son anticommunisme se traduisit par une politique de consommation de masse afin de transcender la lutte des classes, une réponse directe à un PCF qui défendait alors la thèse de la « paupérisation absolue » de la classe ouvrière.

           Mais la guerre d'Algérie et la crise de 1958 provoquèrent le retour du général de Gaulle, soutenu par le CNIP alors à l'apogée de son influence et en passe de devenir la réplique du parti conservateur anglais, mais pourtant adversaire de ce dernier depuis 1948. Ce soutien lui sera finalement néfaste car l'Union pour la nouvelle république (UNR), née le 1er octobre 1958 le détrônera lors des élections législatives du mois de novembre de la même année avec 3,5 millions de suffrages pour 176 élus devant les 120 élus du CNIP. Pourtant, l'UNR portait en elle le pêché originel du conflit algérien car les sept mouvements différents qui la constituaient étaient tous attachés à l'Algérie française. Du côté des nationalistes, ces derniers étaient réduits à un maigre état électoral après l'installation du gaullisme au pouvoir, un gaullisme qui ne laissa jamais hors de ses propos et de son action une forte dimension nationale ; Jean-Louis Tixier-Vignancourt réalisa 5% des suffrages exprimés lors de la présidentielle de 1965 et la fondation d'un nouveau parti en janvier 1966, l'Alliance républicaine pour la liberté et le progrès (ARLP), obtint un score dérisoire aux législatives de 1967, à peine supérieur à ceux d'organisations nationalistes concurrentes comme le Rassemblement européen pour la liberté (REL) dont le fondateur, Dominique Venner, associé à des militants d'Occident et de la Fédération des étudiants nationalistes (FEN) avait lancé en 1965 la revue Europe Action d'où sortit trois ans plus tard, le Groupement de recherche et d'études pour la civilisation européenne (GRECE).

               Après leur disparition face aux gaullistes, les libéraux font leur retour par la voix du jeune Valéry Giscard d'Estaing, ce dernier œuvrant d'abord à la constitution du groupe parlementaire des Républicains indépendants (RI), offrant pourtant alors dans un premier temps une majorité stable aux gaullistes. Ce retour s'accrut progressivement à l'occasion du deuxième gouvernement Pompidou dans lequel trois anciens du CNIP obtinrent un ministère dont Giscard lui-même aux Finances. Mais l'alliance entre les Républicains indépendants et les gaullistes s'étiola à partir de la présidentielle de 1965, ce qui eut pour conséquence le départ, voulu par le président de Gaulle, du ministre des Finances. Ce dernier eut alors toute liberté pour critiquer et commenter l'action et les choix politiques du général et il prit la tête de la Fédération nationale des républicains indépendants (FNRI), structure partisane du groupe parlementaire RI. Le point de bascule commença à apparaître dès les élections législatives suivantes où l'UNR perdit des sièges, passant de 233 à 200 députés quand le groupe des RI augmenta lui, de 35 à 42 élus. Devenu plus que jamais indispensable, leur leader obtint la présidence de la commission des Finances. Pour l'historien des droites et plus spécifiquement spécialiste des indépendants, « dans l'intense concurrence que se livraient gaullistes et libéraux depuis la Libération […] les « giscardiens » venaient de reconquérir une petite partie du terrain abandonné par le CNIP entre 1958 et 1962 » (p. 258). Une reconquête du pouvoir qui ne cessa jamais car sous la présidence du gaulliste Georges Pompidou, on retrouva sept ministres et secrétaires d'État sur trente neuf, une présence jamais atteinte depuis 1958.

       La « République gaullo-libérale », ainsi dénommée par Gilles Richard pour comprendre cette période allant de 1958 à 1974 pendant laquelle gaullistes et libéraux furent alliés dans un rapport de force qui évolua des premiers aux seconds avec comme point de bascule la crise de mai 68, fut finalement pleinement incarnée par Georges Pompidou. Malgré de profondes divergences sur de nombreux sujets entre ces deux familles politiques, Richard parle bien d'alliance car finalement, « il y eut à droite continuité dans l'affrontement entre deux stratégies politiques qui visaient, par des chemins divergents, à arrêter la construction de la République sociale telle que le Front populaire l'avait amorcée et telle que le programme du CNR, adopté en mars 1944, réclamait de la poursuivre » (p. 258). L'élection présidentielle de 1974 vit la fin de cette « République gaullolibérale » et l'arrivée à l'Élysée de Valéry Giscard d'Estaing installa jusqu'à nos jours l'hégémonie des libéraux sur la vie politique française.

 

III. L'élection du « Kennedy français » ou la victoire des libéraux

        Les droites s'imposent résolument dans l'ensemble du paysage politique à partir des années 1970-1980 en se recomposant autour de deux blocs. Le premier s'est constitué autour d'une droite libérale face à la droite gaulliste de 1945 à 1974 et le deuxième, au tournant de l'élection de 1974 lorsque la droite libérale, qui regroupe les centristes et des héritiers du gaullisme autour de l'Europe, s'oppose à la droite nationaliste maintenant incarnée par le Front national, après sa percée en 1984. La dernière partie de l'ouvrage, intitulée Les droites depuis 1974 : nationalistes contre libéraux à l'heure de l'intégration de la France dans l'Union européenne commence donc avec cette élection charnière et analyse ainsi cette nouvelle opposition. La lecture devient sans doute plus aisée car elle présuppose moins de connaissances historiques, la période s'inscrivant dans une succession d'événements politiques récents ancrés dans la mémoire collective. Le champ historiographique de l'histoire du temps présent.

           Le septennat de Giscard n'arrêta pas pour autant l'opposition entre les gaullistes et les libéraux. La mécanique partisane se réajuste alors en fonction de ce nouveau contexte politique13 sans empêcher la lente érosion du gaullisme. Un pluralisme organisé vit le jour avec la reprise de l'UDR par Jacques Chirac, après la défaite de Chaban-Delmas, alors que Michel Poniatowski prit la présidence de la FNRI avant la création d'un nouveau parti, le Centre des démocrates sociaux (CDS), fusion du Centre démocrate (CD) et du Centre démocratie et progrès (CDP) présidé par Jean Lecanuet. Cette tectonique des plaques dans le monde des droites conduit au divorce lors de la démission de Jacques Chirac de son poste de Premier ministre ; ce dernier devenant enfin libre de transformer l'UDR en un nouveau parti gaulliste, le Rassemblement pour la République (RPR) le 5 décembre 1976, véritable machine de guerre électorale pour mener la prochaine bataille présidentielle. La réponse des giscardiens survint le 1er février 1978 avec la création de l'Union pour la démocratie française (UDF), afin d'attribuer des investitures giscardiennes dans chaque circonscription. Pari réussi car le RPR perdit alors une trentaine de sièges par rapport à l'UDR en 1973 et l'UDF, qui rassemblait les principales composantes non-gaullistes de la majorité, en gagna une dizaine. Malgré ces préparatifs au sein des droites, l'élection de François Mitterrand en 1981 ramena la gauche au pouvoir, ne laissant pas pour autant les droites dans une longue atonie. Leur action dans l'opposition fut diverse, de la dénonciation des mesures gouvernementales par le biais de la presse et des radios périphériques aux luttes par de grandes manifestations de rue, à l'initiative de l'Association des parents des écoles libres (APEL), contre les projets du ministre Alain Savary ou bien à l'initiative des professions libérales contre le ministre de la Santé Jack Ralite ou encore par un travail d'obstruction parlementaire opéré par de multiples élus en déposant de très nombreux amendements.

           Dans le monde politique partisan, et après la défaite de son leader, l'UDF eut des difficultés à poursuivre l'union des giscardiens, démocrates-chrétiens, radicaux valoisiens, sociaux démocrates, ainsi que des clubs Perspectives et Réalités et des « adhérents directs », comme l'on nommait les individus qui entraient dans l'Union sans passer par l'un des partis qui la composaient. Mais malgré ce ralentissement électoral chez les élus démocrates-chrétiens et libéraux, la pensée néolibérale continua à se développer, maintenant portée au RPR. « La conversion au néolibéralisme, amorcée dès 1980, fut confirmée lorsqu'en janvier 1983, le parti gaulliste se fixa pour objectif de « désétatiser » la France en ramenant le nombre de fonctionnaires à son niveau de 1972 » comme le précise Richard (p. 429-430). Giscard résuma lui-même le basculement idéologique de ses adversaires politiques au néolibéralisme et à l'intégration européenne lorsqu'il déclara en janvier 1988 qu'« il n'y a plus de différence idéologique entre le RPR et l'UDF ». Ce rassemblement idéologique entre les représentants du gaullisme et les partisans de l'Union se fixa dans un moment politique alors que la gauche socialiste au pouvoir souhaitait « moderniser » l'économie du pays selon le propre mot du président Mitterrand. Mais le fait que des droites de gouvernement portent quasiment le même projet idéologique et que des gauches n'apparaissent plus qu'avec des différences mineures face à elles eut comme conséquence le retour des nationalistes. Incapables de promouvoir durablement leur vision du monde pendant un siècle, ils « allaient enfin avoir l'occasion de s'imposer comme une force de premier plan et de remodeler le système partisan selon leurs vœux ».

          Les nationalistes vont se créer une structure politique afin de toujours pouvoir participer aux combats électoraux pour mieux occuper le terrain idéologique du nationalisme. Libérés par la mort du général de Gaulle, ils créent avec le Front national en 1972, un « espace commun à toutes les tendances éparpillées du nationalisme » (p. 442). Un FN dont la volonté constamment revendiquée fut de s'inscrire dans l'histoire longue du nationalisme français avec ses symboles, ses références et ses héros. Malgré des débuts électoraux très discrets, le FN entra pleinement dans le système politique à partir des élections européennes de 1984 mais l'adoption du scrutin proportionnel de 1986 permit à l'UDF et au RPR d'éviter de se prononcer officiellement sur une alliance avec ce dernier. Même si Chirac put former un gouvernement sans l'aide des députés frontistes, sa politique de mise en œuvre d'une partie de leur programme, pour ramener au bercail les brebis égarées à la « sensibilité très proche », selon ses mots (p. 451), légitima après coup les nationalistes et leurs idées. Le RPR eut, durant les premières années de succès électoraux du FN, une attitude ambivalente, parfois proche de ses thèmes favoris et dont l'électorat principal (artisans, petits patrons et commerçants) était aussi celui du parti gaulliste, mais également parfois plus éloignée comme lorsqu'après sa défaite du 5 mai 1988, Chirac fut définitivement convaincu que la ligne néolibérale prônée par Balladur et Juppé était la meilleure pour l'emporter. Le 8 septembre de cette même année, « le bureau politique du RPR ferma officiellement la porte à tout accord politique avec le FN ».

 

         Après le 21 avril 2002, le RPR se fondit dans une alliance plus large dans laquelle ses artisans souhaitaient toujours la création d'un grand parti de droite hégémonique. Ce fut la création de l'UMP, d'abord Union pour la majorité présidentielle afin de donner une large majorité au président Chirac à l'Assemblée. Avec 362 députés élus, jamais aucun groupe parlementaire n'avait totalisé plus de 300 sièges. L'UMP, devenue l'Union pour un mouvement populaire, mêle alors diverses familles politiques avec les libéraux, dominants depuis les années 1980, mais aussi des « gaullistes » aussi différents que Michèle Alliot-Marie, Charles Pasqua et Nicolas Dupont-Aignan ainsi que des démocrates-chrétiens, de Pierre Méhaignerie à Christine Boutin, les radicaux valoisiens et des écologistes passés par Génération écologie. L'UMP se trouve alors « maîtresse de l'Exécutif, de l'Assemblée, du Sénat mais aussi du Conseil constitutionnel et était donc en position de force pour mettre en œuvre son programme, conçu dans la droite ligne des politiques déjà menées en 1986-1988 et 1993-1997 » ; un programme dont la politique économique fut amorcée par Raymond Barre vingt-cinq ans plus tôt, avec un allègement de l'impôt sur le revenu et une suppression de certaines tranches d'imposition et dont la continuité fut un « assouplissement » des 35 heures, une diminution du nombre de fonctionnaires remplacés par des contractuels, la poursuite des privatisations commencées en 1986 et une nouvelle loi sur les régimes de retraite, réformés dix ans auparavant par Édouard Balladur. Mais malgré des revers électoraux aux élections intermédiaires cantonales, régionales, européennes et au référendum pour le Traité constitutionnel européen du 29 mai 2005, la droite libérale garda le pouvoir en 2007. Le candidat Nicolas Sarkozy alliant parfaitement néolibéralisme et nationalisme dans une droite qu'il souhaitait « décomplexée » permit à l'UMP de l'emporter, celle-ci restant ainsi maître de l'exécutif et du législatif avec néanmoins, une majorité moins large. Les réformes d'inspirations libérales continuèrent avec la « loi TEPA » d'août 2007 qui défiscalisa les heures supplémentaires, diminua les droits de succession, augmenta la déduction fiscale sur les intérêts des prêts immobiliers et baissa « le bouclier fiscal » au profit des plus grandes fortunes ; la loi LRU pour « Libertés et responsabilités des universités » fut promulguée en août 2007 pour donner une plus large autonomie aux présidents d'universités dans le recrutement des personnels, l'élaboration du budget et la définition des formations les contraignant ainsi à se plier aux logiques de concurrence ; un service minimum fut instauré dans les transports publics et l'enseignement en cas de grève ; en 2008 la « loi de modernisation économique » inventa le statut d'auto-entrepreneur et la RGPP (« Révision générale des politiques publiques ») imposa, entre autres, le non-renouvellement d'un fonctionnaire en départ à la retraite sur deux ; en 2009, la TVA sur la restauration fut abaissée de 19,6% à 5,5%. Une multitude de réformes qui, de prime abord aurait pu paraître désordonnée mais qui avait bien entendu sa logique, révélée par l'un des vice-présidents du Medef d'alors, Denis Kessler.

             Mais si Nicolas Sarkozy réussit « à imposer une néolibéralisation accélérée de la société » selon Richard, il « échou[a] à affaiblir le PS et à s'emparer des forces du Front national, conditions pourtant indispensables pour faire de l'UMP une force hégémonique capable de gouverner le pays dans la durée » car le PS, grâce à une certaine vigueur retrouvée à l'occasion de ses primaires de 2011 emporta l'élection présidentielle de 2012. Sarkozy fût ainsi le deuxième président sortant à ne pas réussir sa réélection malgré une hégémonie en suffrages exprimés mais dans un éclatement des candidatures. Si au premier tour, les droites additionnèrent 20 millions de voix face aux 15,6 millions pour les gauches, le second tour fut favorable au candidat François Hollande. Ce dernier porta le parti socialiste au pouvoir mais pour l'inscrire dans la continuité du grand renoncement à « changer la vie » officialisée en 1984 par François Mitterrand. Cette défaite affaiblit l'UMP qui était censée fédérer toutes les droites. L'Union des démocrates et indépendants (UDI), d'abord groupe parlementaire formé en juin 2012, s'est alors transformé en parti politique trois mois plus tard en regroupant le parti radical de Jean-Louis Borloo, le Nouveau Centre-Parti social libéral européen, l'Alliance centriste de Jean Arthuis, la Gauche moderne de Jean-Marie Bockel, la Convention démocrate et le CNIP de Gilles Bourdouleix sous la présidence de Jean-Louis Borloo puis de Jean-Christophe Lagarde. À l'inverse de Sarkozy qui souhaitait poursuivre sa synthèse entre  néolibéralisme et nationalisme, l'UDI refusait tout discours nationaliste contraire à son idéal européiste, idéal associé à une plus grande préoccupation écologique. Une vision de la droite plus giscardienne que sarkozyste en somme. La liste UDI-Modem aux élections européennes de 2014 recueillit presque 2 millions de suffrages, soit la moitié de ceux recueillis par l'UMP. Mais aux élections départementales de l'année suivante, l'UDI fit alliance avec l'UMP, ce qui leur apporta la majorité des départements lorsque l'UMP seule n'en eut plus que 41. Nicolas Sarkozy entama ensuite la procédure pour changer le nom du parti, l'UMP devint Les Républicains (LR).

         Le FN, l'opposant des libéraux dans cette bipolarisation au sein des droites, vit de son côté son dynamisme électoral ainsi que son enracinement local ne cesser de croître depuis les cantonales de 2011. Une ascension électorale qui se confirme toujours, du triplement des suffrages entre les législatives de 2007 et 2012 aux élections municipales de 2014 avec plus d'une dizaine de mairies conquises. Le résultat de cette assise territoriale, et donc de la multiplication d'élus locaux, fut l'élection de deux sénateurs FN, une première dans l'histoire du parti. Puis les européennes de la même année le virent devenir le « premier parti de France » en termes de suffrages exprimés avec 25% des voix, succès qu'il réitéra lors des élections départementales et régionales de 2015. Le Front national de Marine Le Pen, décidément plus celui de son père, a donc acquis, au fil de ces différents scrutins, un électorat stable, diversifié et fidèle. Un FN antimondialiste et antilibéral hostile au « système économique » voulant réformer l'Union européenne en restaurant ses frontières par un « protectionnisme raisonné » en revenant à une « Europe des patries ». Ce discours est associé à d'autres mesures en politique intérieure grandement puisées à gauche comme la hausse du SMIC, la retraite à 60 ans et l'augmentation de diverses allocations. Un autre aspect fondamental soulevé par Gilles Richard est la dénonciation par le FN du « fondamentalisme islamique » ou de « l'islamisme » comme principal danger que le pays doit affronter avec pour contexte, outre les attentats islamistes perpétrés sur le territoire national, des « flux migratoires » plus importants dus à une extrême instabilité politique au Proche-Orient et au Sahel. Ces deux phénomènes permettent alors à Marine Le Pen de mieux mêler « les Arabes » et « les musulmans » dans un même amalgame, les excluant d'une civilisation chrétienne, blanche et européenne. Pour l'auteur, « la stratégie « nationale-républicaine » résolument mise en œuvre depuis 2011 a, à l'évidence, porté ses fruits » (p. 530).

La fin du clivage gauche(s)-droite(s) ?

Cette nouvelle histoire des droites redonne ainsi toute sa place aux partis politiques, organes essentiels au bon fonctionnement démocratique. Tout au long de ces deux siècles d'histoire, le lecteur pourra constater, s'il en était encore besoin, de l'importance des partis qui structurent, organisent et animent la vie politique, celle-ci étant, avant toute réalisation concrète, faite de débats et de confrontation d'idées. La notion de « famille politique » prend alors tout son sens dans ce renouveau historiographique pour comprendre notre histoire politique car, naturellement plus englobante que la simple structure partisane, « une famille politique, bien que constituée autour d'une vision du monde cohérente à laquelle adhèrent des millions d'individus dont plusieurs centaines de milliers structurés en parti, ne peut s'enraciner et prétendre accéder au pouvoir pour y mettre en œuvre son programme qu'à la condition de réussir son insertion durable dans le système politique tel qu'il existe préalablement » (p. 333). Et c'est donc sur ce substrat historique, redécouvert grâce à cette histoire générale des droites, que l'auteur dresse un tableau regroupant huit familles politiques apparues successivement sur la scène politique : ultraroyalistes ou légitimistes, constitutionnels ou orléanistes, bonapartistes, républicains libéraux, nationalistes, démocrates chrétiens, agrariens et gaullistes.Que certaines soient en déclin voire en phase d'extinction définitive, « ces huit familles politiques, nées au fil du temps depuis la Révolution, continuent toutes d'exister et contribuent ainsi, au même titre que les familles de gauche, à conserver son  extraordinaire épaisseur historique à la vie politique française » (p. 537).

      Lorsque l'auteur signe la conclusion de son ouvrage, il se risque à un pronostic à moitié avoué : Marine Le Pen et Emmanuel Macron sont les deux candidats déclarés qui incarnent le mieux à ce jour les deux pôles du clivage politique central, l'un représentant les nationalistes et l'autre les libéraux ; deux candidats qui devraient incarner le choix des électeurs pour le second tour de l'élection présidentielle. Ce qui se produisit effectivement, le candidat Macron souhaitant luimême incarné le camp des « progressistes » face à la candidate des « nationalistes ». Un clivage qu'il souhaite encore reproduire à l'occasion des élections européennes de mai 2019. Se pose alors la question de la pertinence du clivage gauche(s)-droite(s) à l'heure où la question centrale qui divise ces deux forces politiques principales est la question nationale et dans laquelle le représentant des libéraux se dit être celui qui incarne le camp des « progressistes ». Pour Gilles Richard, « le clivage gauche(s)-droite(s), structurant l'histoire de la République depuis ses débuts, a aujourd'hui cessé d'organiser la vie politique française, même si nombre de citoyens et citoyennes continuent de se revendiquer « de gauche » » (p. 543). Le constat de l'historien, même s'il peut prêter à discussion auprès de nombreux militants de gauche qui ne souhaitent pas se laisser enfermer dans un débat uniquement centré sur les frontières nationales, doit finalement les faire s'interroger sur cette notion de progressisme et sur les réponses à apporter à un « peuple de gauche » pour relever les défis du XXIè siècle. Un constat donc, qui n'est pas une fin de l'histoire mais bien un bilan d'étape dans une histoire politique qui ne cesse de s'écrire.

Nicolas Ferreira, octobre 2018

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24 octobre 2018 3 24 /10 /octobre /2018 10:02
Cathy Apouceau Poly

Cathy Apouceau Poly

Laurence Cohen

Laurence Cohen

NOTRE PROPOSITION DE LOI VISANT À MIEUX INDEMNISER LES ALLOCATAIRES DE L’AAH REJETÉE EN COMMISSION DES AFFAIRES SOCIALES

Ce matin en commission des affaires sociales, les parlementaires se sont prononcés sur la proposition de loi portée par le groupe CRCE visant à rendre plus juste le calcul de l’Allocation Adulte Handicapé (AAH). Cette PPL, dont la rapporteure est Cathy Apourceau-Poly et l’auteure Laurence Cohen, a pour objet de mettre fin à une mesure injuste qui nie la condition des allocataires : la prise en compte des revenus du conjoint dans le calcul de l’allocation.

Aujourd’hui, plus d’un million de Françaises et Français sont dans une situation de handicap qui ne leur permet pas d’accéder à l’emploi. L’AAH n’est donc pas une simple aide de l’Etat, il s’agit d’une réelle compensation liée au handicap.

Cette injustice, partagée par la majorité sénatoriale, s’est pourtant traduite par un rejet. En effet, le groupe LREM ainsi que le groupe LR ont voté contre notre proposition de loi, tandis que l’Union centriste et le groupe RDSE se sont abstenus. Seul le groupe socialiste et républicain a soutenu notre initiative.

Nous prenons acte de ce vote mais nous le regrettons, car cette proposition de loi permet d’améliorer considérablement la situation d’environ 250 000 personnes, dont les conditions de vie ont d’ailleurs été dégradées par plusieurs mesures gouvernementales (baisse des APL, plafonnement du cumul AAH/RSA, prise en compte de l’AAH dans le calcul de la prime d’activité, etc).

Les associations de défense des personnes en situation de handicap dénoncent unanimement ce système de calcul pénalisant, auquel nous voulons mettre fin.
Il est encore temps de faire bouger les choses. Cette proposition de loi fera l’objet d’un débat suivi d’un vote en séance publique le 24 octobre, précédé d’une conférence de presse organisée par le groupe CRCE, le même jour à 11h30. A cette occasion, les sénatrices et sénateurs du groupe communiste républicain citoyen écologiste ne manqueront pas de rappeler les enjeux de cette proposition de loi : rendre plus juste le calcul de l’AAH et tenter d’améliorer le quotidien des personnes handicapées qui subissent la précarité.

Sénateurs Communistes Républicains Citoyens et Écologistes

Groupe de 16 sénateurs avec un sénateur FI, une sénatrice écologiste (Esther Benbassa), et Marie-Noëlle Lienneman 

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24 octobre 2018 3 24 /10 /octobre /2018 09:37
Eliane Assassi, présidente du groupe communiste, républicain, citoyen, écologiste au Sénat

Eliane Assassi, présidente du groupe communiste, républicain, citoyen, écologiste au Sénat

Le budget de la sécurité sociale ponctionné par les milliards offerts au grand patronat
Projet de loi de finances de la sécurité sociale pour 2019 -
 Par / 25 septembre 2018

La présentation du prochain budget de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2019 par la Ministre de la Santé a confirmé les choix politiques de réduction des dépenses pour les assuré-e-s sociaux et des cadeaux fiscaux pour le grand patronat.

Si l’on additionne le remboursement du CICE (Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi) pour l’année 2018 et la baisse de cotisations décidée pour 2019, la facture globale des cadeaux pour les grandes entreprises sera de 40 milliards d’euros.

Alors que le Président de la République avait annoncé en avril dernier qu’il n’y aurait « pas d’économies sur l’hôpital pendant ce quinquennat », la politique d’austérité a été poursuivie et amplifiée en diminuant les moyens pour l’hôpital, faisant fi des besoins de santé qui continuent de progresser.
D’un côté le gouvernement revalorise de peu l’Ondam pour financer le « Plan Hôpital 2022 » et de l’autre il impose à l’assurance maladie une restriction budgétaire de 4,2 milliards d’euro, dont 1,2 milliard pour la sphère hospitalière.

En réalité, la politique du gouvernement consiste à prendre l’argent dans les poches des plus fragiles (les retraité-e-s, les familles modestes, les malades et les jeunes) pour donner aux plus riches.

Les sénatrices et sénateurs du groupe communiste républicain citoyen et écologiste porteront, à l’occasion des débats du prochain PLFSS 2019, un projet alternatif pour notre système de Sécurité sociale. Nos propositions permettent d’arrêter les restructurations hospitalières et de financer la création dès 2019 de 100 000 nouveaux emplois hospitaliers pour répondre à la souffrance des personnels et des malades, 100 000 emplois par an pendant 3 ans pour les EHPAD(s), un plan de formation et d’investissement à la hauteur des enjeux de société que représentent le vieillissement de la population et la prise en charge à 100% des dépenses de santé.

Les sénatrices et sénateurs du groupe CRCE seront de toutes les initiatives, aux côtés des personnels, pour exiger un vrai service public de la santé, pour toutes et tous, sur l’ensemble du territoire.

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24 octobre 2018 3 24 /10 /octobre /2018 08:18
Délégation du MJCF avec Camille Lainé et Jeanne Péchon (JC 35) à Jérusalem au côté des camarades communistes israéliens et des anciens soldats atterrés de "Breaking the silence"
Délégation du MJCF avec Camille Lainé et Jeanne Péchon (JC 35) à Jérusalem au côté des camarades communistes israéliens et des anciens soldats atterrés de "Breaking the silence"
Délégation du MJCF avec Camille Lainé et Jeanne Péchon (JC 35) à Jérusalem au côté des camarades communistes israéliens et des anciens soldats atterrés de "Breaking the silence"

Journée intense a Jérusalem. Nous avons d'abord eu deux rencontres très riches avec les députés communistes Aida Touma et Dov Khenin a la Knesset. 
Puis échange avec nos camarades jeunes communistes de Jérusalem et enfin rencontre avec l'association Breaking The Silence !
#MJCF 
#FreePalestine

Camille Lainé - secrétaire national du Mouvement des Jeunesses Communistes

dans une délégation avec Jeanne Péchon, coordinatrice JC 35   

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24 octobre 2018 3 24 /10 /octobre /2018 08:11
Les syndicats alertent sur 120 postes supprimés à Rennes I (Ouest-France, Yann-Armel Huet, 23 octobre 2018)

Un plan de retour à l’équilibre décidé par la présidence de l’université rennaise, sous tutelle du rectorat, prévoit la suppression de 120 postes de titulaires, dont 28 enseignants-chercheurs et 92 personnels, selon les syndicats. Une manifestation est prévue jeudi.

« Il y a exactement 120 postes supprimés, explique Yann Le Page, élu CGT et secrétaire adjoint du CHST de l’université de Rennes 1. Il n’y a pas de licenciement. Il s’agit de départs en retraite qui ne seront pas remplacés ou de CDD qui ne seront pas renouvelés. »

L’intersyndicale de Rennes 1, soit les douze syndicats de l’université (CGT, Ferc Sup, FO, FSU, CFDT, Unsa, Sud, Unef, etc.), dénonce un plan de retour à l’équilibre décidé par la direction de l’université. « Ce plan a été présenté en comité technique le 11 octobre,poursuit Yann Le Page. Il  a été rejeté à l’unanimité par les représentants syndicaux. »

L’université de Rennes 1 sous tutelle du rectorat

Cette décision de la présidence fait suite à la mise sous tutelle, en avril dernier, de Rennes 1, par le rectorat. En cause ? Un déficit de 6 millions d’euros selon l’intersyndicale.

« Quand il y a deux exercices déficitaires de suite, on passe automatiquement sous tutelle du rectorat. Une dizaine d’universités sont concernées en France, souligne Yann Le Page. En cours d’année, le conseil d’administration a voté un budget rectificatif… mais il a été rejeté par le rectorat qui estimait qu’il ne présentait pas assez d’économies. Et donc est tombé ensuite ce plan de retour à l’équilibre. »

« Ça commence à tirer dur »

Selon l’intersyndicale, ce plan social supprimerait 120 postes de titulaires, dont 28 enseignants-chercheurs et 92 personnels ingénieurs, techniciens et administratifs. « Depuis 2016, plus d’une centaine de postes n’ont déjà pas été renouvelés ou gelés. Ça commence à tirer dur. Dans les services administratifs, on se retrouve à trois pour faire le boulot de cinq » , grince Yann Le Page.

De plus, l’intersyndicale assure que ce plan prévoit une baisse supplémentaire de 15 % des crédits affectés par l’université aux formations et laboratoires de recherche, alors que ceux-ci ont déjà connu une baisse de 25 % ces 5 dernières années et que le nombre d’étudiants ne cesse d’augmenter (+12 %).

Manifestation jeudi

L’intersyndicale réclame l’abandon du plan de retour à l’équilibre. Lequel doit être présenté au conseil d’administration de l’université, jeudi. Un appel à manifester a été lancé. Les syndicats ont aussi prévu de rencontrer le recteur. En plus de l’abandon du plan, ils revendiquent « le recrutement immédiat et dans l’urgence de trois médecins de prévention. Aujourd’hui l’Université n’a en plus aucun. »

 

Contactée, la présidence de l’université n’a pu être jointe.

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24 octobre 2018 3 24 /10 /octobre /2018 07:48
Eric Guellec

Eric Guellec

Monsieur le Président,

Chers collègues,

Je tiens tout d’abord à remercier M. Grall ainsi que le collectif des 79.

Je les remercie d’avoir rappelé à juste titre la place qu’occupe dans l’Histoire la prison de Pontaniou. Elle est chargée d’une mémoire pluriséculaire.

Là, durant la Seconde guerre mondiale, des Résistants, des hommes qui avaient fait le choix de la Liberté, de l’Egalité, et de la Fraternité face à la barbarie furent torturés. Certains d’entre eux furent même ensuite assassinés.

Toutes et tous en conviendront, il faut respecter la mémoire de ce lieu.

Son histoire doit être transmise aux nouvelles générations, aux futures générations.

Et précisément, il nous appartient de veiller à ce que la mémoire de Brest perdure. Au travers d’espaces mémoriels, de cérémonies commémoratives, du soutien aux associations patriotiques, aux associations d’anciens combattants.

Sur ces différents points, la ville de Brest est présente, active.

Sur le projet de transformation de la prison de Pontaniou, nous avons conditionné la vente au respect de la mémoire du lieu.

Dans une délibération dédiée au sujet lors de notre dernier bureau de métropole, il est écrit que l’opérateur « prendra en charge la mise en œuvre d’un dispositif d’interprétation de la mémoire des lieux, accessible au public ».

Ce dispositif reste à imaginer, à élaborer collectivement par l’opérateur, notre collectivité et d’autres acteurs au nombre desquels l’ANACR 29 (Association Nationale des Anciens Combattants et Amis de la Résistance) que nous avons rencontré la semaine dernière.

Ce premier contact s’est avéré «très satisfaisant », des termes même de Madame FRIANT, Présidente de l’association.

Mais il n’y a bien sûr aucune exclusive. La porte est ouverte. Nous en sommes au début de la réflexion. Le projet n’est pas écrit. Travaillons ensemble à sa réussite !

Je vous remercie.

 

 

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24 octobre 2018 3 24 /10 /octobre /2018 07:29
Le rejet du budget de l’Italie par Bruxelles est un cadeau à l’extrême droite italienne (Ian Brossat, 23 octobre 2018)

 

Le rejet du budget de l’Italie par Bruxelles est un cadeau à l’extrême droite italienne (Ian Brossat)

Pour la première fois de son histoire, la Commission Européenne vient de rejeter le budget d’un État-membre, l’Italie, prévoyant un déficit de 2,4% pour 2019 quand elle exigeait 0,8%. En faisant ce choix inédit, Bruxelles fait un cadeau inestimable au gouvernement d’extrême droite italien.

En effet, la Commission apporte aux populistes sur un plateau la preuve qu’elle ne respecte pas la souveraineté budgétaire des États-membres. Elle démontre une nouvelle fois, après le précédent grec, qu’elle foule aux pieds les choix démocratiques des peuples dans le seul but de complaire aux élites économiques et aux marchés financiers. Elle choisit en outre de sanctionner un budget qui, s’il comporte de nombreuses mesures libérales, comme une flat tax et des réductions d’impôt pour les plus aisés, relançait également la dépense publique. Cette décision irresponsable et scandaleuse ne manquera pas d’attiser un peu plus les vents populistes et anti-européens qui soufflent déjà sur le continent.

D’autre part, alors même que la Commission n’a rien dit sur la fermeture des ports italiens décidés par le gouvernement de Matteo Salvini, ni sur les multiples atteintes aux droits humains constatés dans la péninsule, elle sort la schlague pour faire respecter des critères purement comptables. Le deux-poids-deux-mesures de l’Europe actuelle est ici exposé en pleine lumière. Le rouleau-compresseur autoritaire pour un budget qui ne rentre pas dans les clous du dogmatisme libéral, mais le silence et l’incurie lorsqu’il s’agit de l’accueil de celles et ceux qui fuient la guerre et la misère.

Cette décision prise dans les cénacles bruxellois montre l’urgence de révolutionner cette Union Européenne qui, à force de mépriser les peuples, court à sa propre perte.

Ian Brossat, chef de file du PCF pour les Européennes,

Paris, le 23 octobre 2018.

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