Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
5 août 2016 5 05 /08 /août /2016 05:22
Patrick Drahi

Patrick Drahi

SFR : Patrick Drahi doit rendre des comptes sur l'utilisation des millions d'euros touchés au titre du CICE (Olivier Dartigolles)

Alors que SFR prépare une "réorganisation", dès cet automne, menaçant directement 5000 postes, soit 1/3 des effectifs, le gouvernement vient de rappeler à Patrick Drahi ses engagements en termes d'emploi et d'investissement. On n'a pas attendu les dernières annonces pour avoir une idée très claire sur la "valeur" de la parole et des engagements de P. Drahi. En 2014, lors du rachat de SFR par Altice, l'emploi devait être maintenu. Depuis, 1200 postes ont été supprimés. Dans le même temps, le groupe Altice a réalisé un chiffre d'affaire de 17,4 milliards d'euros en 2015.

Une nouvelle fois, la question posée est celle d'une certaine morale, d'une éthique, du respect des engagements pris. De Gattaz à Bolloré, de Ghons à Drahi, la même cupidité et le même cynisme suivi des sempiternels "rappels" du gouvernement sur lesquels le patronat s’essuie les pieds. Le "compromis historique" proposé par Hollande au patronat au cours de ce quinquennat est un gigantesque fiasco. Ça ne va pas mieux. Cela ira mieux quand ça ira bien pour les salariés.

Et il faudrait que cela n'aille pas aussi tranquillement pour P. Drahi qui doit aujourd'hui rendre des comptes sur l'utilisation des aides versées via le CICE. Nous demandons par ailleurs à l'Ėtat de communiquer le montant total de CICE dont SFR a bénéficié.

Olivier Dartigolles, porte parole du PCF

Partager cet article
Repost0
5 août 2016 5 05 /08 /août /2016 05:16
Avis de déprime sur le Brésil olympique (Lama Oualalou, Médiapart- 4 août 2016)

Avis de déprime sur le Brésil olympique

4 AOÛT 2016 | PAR LAMIA OUALALOU

C’était il y a sept ans, une éternité : Rio de Janeiro obtenait l’organisation des JO 2016. Depuis, le président chéri Lula a chuté, sa successeur Dilma Rousseff également, le pays est profondément divisé et l’économie a plongé.

> Vers un procès au Brésil de la présidente Dilma Rousseff

> Brésil: Rousseff écartée, son successeur suscite rejet ou inquiétude dans la région

Rio de Janeiro (Brésil), de notre correspondante.- C'était le 2 octobre 2009, il y a sept ans, une éternité. À Copenhague, Luiz Inacio Lula da Silva, alors président, hurla de bonheur quand le président du Comité international olympique annonça que les Jeux de 2016 auraient lieu à Rio de Janeiro, une première dans le sous-continent américain. Au même moment, la plage de Copacabana déroulait une gigantesque banderole « Merci, Rio vous aime ». Les deux scènes, amplement relayées par la presse, résument l'état d'esprit des Brésiliens d'alors. Ils viennent de résister à la crise économique mondiale, semblent avoir trouvé le remède de la justice sociale sans lutte des classes, ont le chef d'État le plus populaire du monde, issu de surcroît d'un milieu défavorisé.

Avec l'attribution de la Coupe du monde de 2014, puis, dans la foulée, des Jeux olympiques de 2016, le Brésil en finirait avec sa réputation de « pays du futur » pour s'imposer comme une puissance du présent. Rio de Janeiro, pour sa part, fermerait la parenthèse d'un demi-siècle de décadence entamée avec le déménagement de la capitale à Brasilia pour retrouver prestige, investissements et sécurité.

Sept ans plus tard, Lula, devenu simple citoyen, est honni par une bonne moitié de la population. Depuis le 29 juillet 2016, il est même poursuivi pour tentative d'obstruction à la justice – le ministère public le soupçonne d'avoir tenté de faire taire un témoin dans le scandale de corruption de l'entreprise pétrolière Petrobras. Dilma Rousseff, son ex-dauphine, qu'il a réussi à faire élire en octobre 2010 à la tête du pays, a été écartée de ses fonctions par le Congrès. En attendant la décision finale du Sénat à son sujet, prévue entre le 29 août et le 2 septembre, elle a dû céder sa place à Michel Temer, qui était depuis 2010 son vice-président, avant de basculer dans l'opposition.

Ni Lula, ni Dilma, ni les trois autres anciens présidents encore en vie n'assisteront d'ailleurs à la cérémonie d'inauguration, le 5 août. C'est Michel Temer qui déclarera les Jeux ouverts, entouré de très peu de chefs d'État ou de gouvernement. Du G20, qui rassemble les 19 pays les plus industrialisés du monde et l'Union européenne, seuls quatre feront le déplacement : François Hollande, pour vanter les mérites de la candidature de Paris pour les JO de 2024, l'Italien Matteo Renzi, l'Argentin Mauricio Macri et l'Australien Peter Cosgrove.

La presse internationale, arrivée en force dans la « ville merveilleuse », hésite entre désolation et franche rigolade. Non seulement le pays n'a plus de chef d'État reconnu par tous, mais il est coupé en deux, une bonne part de la population estimant que la mise à l'écart de Dilma Rousseff au nom d'un tour de passe-passe budgétaire banal relève du coup d'État institutionnel. Le Brésil est « politiquement, économiquement et socialement divisé », a reconnu le président du Comité international olympique, Thomas Bach.

Symbole de la crise des institutions, le portefeuille du Tourisme, pourtant central pour l'organisation des Jeux, est sans titulaire depuis 45 jours. Nommé par Michel Temer, Henrique Eduardo Alves a démissionné après avoir été dénoncé pour corruption dans le cadre de l'investigation « Lava-Jato » – littéralement karcher, comme a été baptisée l'enquête sur les détournements au sein de Petrobras.

La moitié du village olympique est encore en construction, contraignant plusieurs délégations, comme l'allemande ou l'américaine, à payer elles-mêmes électriciens et plombiers pour rendre l'espace habitable. Certains sportifs, comme les Australiens, refusent tout simplement d'y loger, s'installant en catastrophe dans des hôtels. Le métro conduisant aux sites des principales épreuves vient à peine d'être ouvert, laissant craindre des risques pour ses usagers. Il y a trois mois, une partie de la piste cyclable fraîchement inaugurée sur la mer s'est effondrée, faisant deux morts.

Alors que les attentats se multiplient dans le monde, la question de la sécurité est plus centrale que jamais. Si Rio de Janeiro est peu sûre pour ses habitants au quotidien, les risques augmentent aux dires même des policiers. Protestant contre les retards de paiement dont ils sont victimes, ils ont fait connaître leur mauvaise humeur en manifestant à l'aéroport international de Rio à la fin juin. Une banderole noire accueillait les arrivants : « Bienvenue en enfer, les policiers et les pompiers ne sont plus payés, aucun visiteur arrivant à Rio ne sera en sécurité ». L'État de Rio de Janeiro étant en faillite, ayant fondé son budget sur des recettes pétrolières en chute libre, les fonds alloués à la sécurité ont diminué d'un tiers cette année.

Ce sont d'ailleurs les jeunes des périphéries, noirs pour leur majorité, qui subissent les conséquences d'une police militaire de plus en plus nerveuse, qui multiplie les exécutions sommaires. Rio de Janeiro avait une chance historique de devenir une ville plus juste, mais les richesses se sont au contraire concentrées, et la construction des sites de compétition a été source de nouvelles expulsions de favelas et de violations des droits humains.

Pour les arrivants, les recommandations se limitent aux questions sanitaires. Il est préférable de s'enduire le corps de produits antimoustiques pour éviter d'être contaminé par le virus Zika, même si les autorités assurent qu'en plein hiver austral, les dangers sont moindres. Les athlètes de la planche à voile ont pour recommandation de ne pas ouvrir la bouche dans l'eau s'ils tombent au cours de la compétition dans la baie de Guanabara, très polluée. Qu'attendre de plus d'un pays qui a laissé se produire la pire catastrophe écologique d'origine minière, à Mariana, laquelle a abouti à la mort d'un des plus importants fleuves du Brésil, le Rio Doce ?

La déprime est également économique. Le Brésil a enregistré neuf trimestres consécutifs de récession provoquant une envolée du chômage à 11,2 %. La Banque centrale estime que l’activité industrielle va plonger de 4,6 % en 2016, alors que la consommation des ménages devrait se contracter de 4 %. En se focalisant sur la réduction de l’inflation (6,9 % cette année, contre un objectif de 4,7 % à la fin 2017), le gendarme monétaire laisse entendre qu’il maintiendra sa politique de taux d’intérêts élevés – le taux directeur est aujourd’hui de 14,25 %. Impossible, dans ce contexte, d’espérer une reprise de la consommation, le crédit étant inaccessible. La charge de la dette brésilienne s’en trouve d’autant surenchérie, réduisant la capacité d’investissement de l’État, alors même que le président intérimaire s’est engagé à couper dans la dépense publique.

Après avoir été porté aux nues par les éditorialistes du monde entier, le Brésil retrouve-t-il sa « vraie place », celle de l'éternel pays de seconde catégorie, incapable de transformer l'essai ? Une république bananière condamnée à être minée par la corruption ? Le vieux stéréotype convient bien au discours d'une certaine élite, estime l'écrivain et analyste Elaine Brum : « Cela a à voir avec le retour au pouvoir de “ceux qui savent faire les choses”, qui comprennent vraiment comment fonctionne l'économie », au contraire du parti des travailleurs de l'ex-chef de file métallurgique Lula. Leur rhétorique peine toutefois à convaincre les périphéries, mais aussi les petites classes moyennes.

Les manifestations de 2013 ont souligné à quel point les Brésiliens prenaient conscience de l'échec de leur système politique bien avant leurs élites. Et si les quartiers riches voudraient encore s'installer à Miami, Londres ou Paris, l'idée de « modèle » peine de plus en plus à convaincre. Qui rêve d'une Europe en pleine implosion, maltraitant les réfugiés ? Qui est prêt à affirmer que Américains votent mieux, alors qu'ils envisagent d'élire Donald Trump ?

Ces prochaines semaines, il est probable que la capacité d'organisation surprenne les visiteurs étrangers, comme elle l'a fait durant la Coupe du monde. Ceux qui rêvaient d'un Brésil fonctionnant parfaitement en sont pour leur frais, mais ceux qui ricanent sur un pays au bord de l'effondrement reconnaîtront probablement s'être trompés. « Le plus fascinant dans ces Jeux olympiques, c'est l'impossibilité de présenter un imaginaire cohérent sur le Brésil, que ce soit à l'étranger ou à l'intérieur ; le Brésil arrive aux Jeux olympiques sans qu'on ne puisse plus dire ce qu'il est », conclut Eliane Brum.

Partager cet article
Repost0
5 août 2016 5 05 /08 /août /2016 04:54

La casse des services publics s'amplifie ( Trésorerie - guichets de Sécurité Sociale et de CAF , SNCF : trains de nuit , trains inter-cités ... etc ) .

A Rennes, la Poste ferme 7 bureaux de poste sur 19.

http://www.ouest-france.fr/ bretagne/rennes-35000/rennes- fermeture-des-bureaux-de- poste-manifestation-syndicale- jeudi-4333601 :

L'opposition citoyenne à ces funestes décisions est de plus en plus vigoureuse : à côté des actions syndicales ( CGT-CFDT-FO et Sud-PTT ) la pétition du PCF rencontre un succès certain : 1500 signatures à ce jour .

Ouest-France:

7 des 19 bureaux de poste rennais vont fermer. Pour protester, les syndicats ont prévu de manifester jeudi.

Sur les dix-neuf bureaux de poste rennais, sept vont fermer, leur activité transférée dans des commerces, du type supérettes de quartier (Ouest-France du samedi 25 juin). Un huitième point relais ouvrira dans le quartier de Beauregard.

« L'intersyndicale a demandé le retrait du projet de fermeture lors d'une intervention au conseil municipal de Rennes, lundi, indiquent les syndicats FO, CGT et CFDT, dans un communiqué. Nous connaissons l'attachement de la population à la présence postale de proximité. Les habitants des quartiers concernés seraient donc privés de service public. La conséquence de ces fermetures est la suppression de vingt emplois. »

Partager cet article
Repost0
4 août 2016 4 04 /08 /août /2016 10:28

Penser et débattre l'avenir contre le terrorisme et pour la paix

Après l'abomination de Nice et de Saint-Etienne-du-Rouvray, après l'effroi et la sidération, le débat politique national a pris une bien sale tournure. L'air est vicié. D'abord avec une surenchère sécuritaire s'attaquant directement à l’État de droit. Jamais, face au terrorisme, une telle rupture n'a eu lieu par le passé.

Avec la loi du 21 juillet prorogeant l'état d'urgence, François Hollande et le gouvernement ont accepté ce qui avait jusque là été refusé à une droite courant après le FN. Cela est presque passé inaperçu mais c'est pourtant d'une extrême gravité. La première victoire face à Daech est de ne renoncer à rien en terme de démocratie, même transitoirement.

Vaincre le terrorisme et vivre en sécurité doit aujourd'hui être pensé et débattu différemment. Le renforcement de l'arsenal législatif après chaque attentat est une fuite en avant qui ne règle rien alors que les efforts doivent prioritairement porter sur les moyens pour la mise en œuvre de politiques publiques renforcées en terme de sécurité, de renseignement, de justice, d'éducation, de culture. Nous le savons bien, les réponses se limitant à la sécurité intérieure ne permettront pas de répondre à cette question : quand et comment va-t-on en finir avec tout çà ? Il faut pouvoir en débattre, pouvoir faire le bilan de ce qui a été fait, des avancées mais aussi des échecs, pouvoir élargir le champs des questions à traiter. Face aux amalgames, aux simplifications, aux réductions, aux petits calculs politiciens, il y a urgence à aller au fond des sujets, à faire face à la complexité dans le cadre d'un débat public, pluraliste et instruit, dont la qualité sera la plus belle des réponses à l'obscurantisme, d'où qu'il vienne.

Posons directement le sujet central. Veut-on la paix ou la guerre ? Veut-on l’aggravation et le pourrissement des conflits jusqu’à leur traduction dans notre société par des fractures et des tensions dont on mesure aujourd'hui les immenses périls, ou enfin bâtir un monde de paix et de solutions politiques au Proche et au Moyen-Orient. Quelle politique étrangère de la France ? Quelle rôle pour l'ONU ? Avec quel agenda, quelles priorités, notamment en direction des États, des réseaux, des logiques qui financent et soutiennent Daech ? Quelle solidarité active avec les démocrates en Turquie ?

Autre défi, celui qui consiste à très vite répondre idéologiquement à l'opération sur la question de l'Islam en France, qui ne date pas d'aujourd'hui mais qui est relancée dans des circonstances aussi dramatiques que dangereuses. Alors que la réponse de l’État devait strictement rappeler et faire vivre la laïcité républicaine, réponse moderne et exigeante face aux enjeux actuels, le sidérant et désolant concours Lépine qui est donné à voir avec un casting où chacun, Valls et les dirigeants de la droite tiennent bien leur rôle, a pour seul objectif un détournement de l'opinion publique, une mystification pour ne pas parler du reste. On a déjà connu récemment, avec l’épisode de la déchéance de nationalité, de tels procédés. On sait donc qu'il ne sont pas irrésistibles. Qu'ils peuvent être mis en échec.

Le reste, c'est le chômage et l’échec des politiques d’austérité, c'est que décidément cela ne « va pas mieux » comme l’indique clairement la dernière note de conjoncture de l'Insee. C'est l'absence de perspectives positives, notamment pour la jeunesse des quartiers populaires. C'est un procureur de la République à Pontoise, qui, après la mort du jeune Adama Traoré, n'arrive toujours pas à parler d'asphyxie alors que les deux rapports d'autopsie l'indiquent et que les gendarmes devant les enquêteurs ont admis que ce jeune à « pris sur lui le poids des trois agents au moment de son interpellation ». C'est de tout cela dont notre pays souffre et sur ce terreau, sur ces braises, que les cœurs et les âmes s'interrogent, et que, trop souvent, les djihadistes recrutent.

Dans ces temps troublés et douloureux, où nous cherchons les raisons d’espérer et la manière de penser l'avenir, où nous devons choisir ce qu'il nous faut oser pour ne rien céder aux fausses « fatalités », à ce qui est trop souvent présenté comme « inéluctable », comme si l'avenir était d'ors et déjà tracé dans une direction et une seule, les paroles qui aident au discernement sont rares. Dans un paysage politique et médiatique dominé par les surenchères sécuritaires, autoritaires et identitaires, les paroles proposant autre chose sont précieuses.

Lors de l'hommage rendu au prêtre jacques Hamel, le maire de Saint-Etienne-du-Rouvray, a évoqué la prochaine rentrée scolaire. Parlant « des semaines d'après », Hubert Wulfranc présente cette rentrée comme d'une « étape cruciale et concrète ». Il a raison. C'est vrai à Saint-Etienne-du-Rouvray, par « devoir de fraternité », et devant toutes les écoles du pays dans « le respect de tous ». Tout se joue là, avec les enfants et leurs parents. Cette rentrée scolaire sera l’occasion d'échanges, de discussions où nous pouvons être attentifs aux autres.

Contrairement à ce qui s'était passé après les attentats de janvier 2015, aujourd'hui, les gens parlent peu. Quand les choses restent enfouies, ce n'est jamais bon signe. Parler, exprimer les choses comme elles sont ressenties dans la confusion des idées et des sentiments, c'est une étape indispensable. Voilà aussi pourquoi, la grande consultation citoyenne proposée et animée par le PCF est un espace citoyen à déployer en grand. Les allées, les stands et les débats de la prochaine Fête de l'Huma permettront à la parole populaire et citoyenne de faire véritablement irruption dans le débat politique. Très souvent, après les quinze à vingt minutes nécessaires pour remplir le questionnaire « Que demande le peuple », les personnes ayant répondu positivement à notre sollicitation nous disent « merci ». Merci de prendre notre avis, de nous demander de dire ce que nous vivons, ce que nous voulons.

Avec le Front de gauche, nous avons su par le passé faire de l'intervention populaire le moteur d'une gauche d'alternative et de progrès social et démocratique. C'est cela que nous proposons, certes dans des conditions différentes, mais sans rien lâcher sur l'essentiel. Aujourd'hui, comme hier lors de la création et du développement du Front de gauche, nous combattons le présidentialisme et les populismes, nous invitons à des batailles politiques et sociales qui dépassent l'horizon de 2017, à des solidarités en France, en Europe, y compris avec les travailleurs détachés qui sont nos frères de combat, et dans le monde.

A l'appel à la fraternité du maire de Saint-Etienne-du-Rouvray sont venues faire écho les paroles du pape François lors des Journées mondiales de la jeunesse. Les semeurs de guerre et de haine, ceux qui jugent que « le problème, c'est l'Islam », devraient les lire très attentivement. Pour le pape, « tant qu'au centre de l'économie mondiale, il y a le dieu argent et pas la personne, c'est ça le premier terrorisme. C'est un terrorisme de base contre toute l'humanité ». Et encore : « le monde est en guerre. Quand je parle de guerre, je parle sérieusement : il y a la guerre des intérêts pour de l'argent, pour les ressources de la nature, il y a la guerre pour la domination des peuples ». Ou encore, un appel à l'engagement contre les « frontières et les identités » que les violents voudraient voir se transformer en motifs d'affrontement. Et enfin, « nous ne voulons pas vaincre la haine par davantage de haine, vaincre la violence par davantage de violence, vaincre la terreur par davantage de terreur. Et notre réponse à ce monde en guerre a un nom : elle s’appelle fraternité ».

Il existe dans notre peuple, des hommes et des femmes, des forces, autant de ressources considérables pour plus de République et de démocratie, pour plus de droits et de justice, de respect, de fraternité et d'égalité. Dans un monde de paix. C'est sur cela qu'il faut réfléchir et agir, pour 2017 et après.

Olivier Dartigolles

Olivier Dartigolles

Partager cet article
Repost0
4 août 2016 4 04 /08 /août /2016 10:24
C'était en juin 2014 (en haut à gauche), lors de l'hommage à Georges Perros. En bas, Georges Perros dans sa « piaule » (photo Michel Thersiquel, avec l'autorisation du Port-musée de Douarnenez), et, à droite, l'une des oeuvres de Georges Perros (collection particulière Catherine Marchand-Frédéric Poulot). | Georges Perros

C'était en juin 2014 (en haut à gauche), lors de l'hommage à Georges Perros. En bas, Georges Perros dans sa « piaule » (photo Michel Thersiquel, avec l'autorisation du Port-musée de Douarnenez), et, à droite, l'une des oeuvres de Georges Perros (collection particulière Catherine Marchand-Frédéric Poulot). | Georges Perros

Gaël HAUTEMULLE.

« Je suis toujours ce que je vais devenir » est un entretien de l'écrivain, paru aux éditions Dialogues.« Georges au Sporting » est une pièce radiophonique à paraître en novembre.

L'événement

Mon premier est un fort joli livre paru aux éditions Dialogues. Il s'agit de la réédition d'un entretien de Georges Perros avec le journaliste Michel Kerninon.

La librairie et maison d'édition brestoise a eu le goût de rééditer cet entretien de mai 1973 dans sa collection « La Petite Carrée », enrichi d'une quinzaine d'illustrations inédites de l'écrivain, pour certaines mis au jour par la famille après sa mort.

« À la fin de ses jours, mon père dessinait de plus en plus, confie Frédéric Poulot. Dans sa petite piaule, cela prenait plusieurs formes, des dessins, des peintures, du collage. »Quelques-uns de ces dessins ont d'ailleurs été exposés lors de l'ouverture de la médiathèque de la Ville, il y a dix ans. Un anniversaire dont on reparlera.

L'entretien date de mai 1973, écrit Michel Kerninon, dans un court texte de préambule. « La matinée est ensoleillée. Une belle lumière blanche éclaire la baie. [...] Le port du Rosmeur est paisible. Du bistrot sur le quai lieu du rendez-vous, Georges Perros nous conduit à la pièce sans confort et secrète où il lit, dessine, écrit. Sa piaule. »

« [...] Celle-ci se trouve au-dessus du port. [...] La pièce est sommairement arrangée, hermétique au dehors. Au sol, des journaux, des piles de livres, d'autres sur des étagères où sont disposés des dessins et des photos. »

Voilà pour le décor. Entièrement toiletté, l'entretien est passionnant, de la première question, « Georges Perros, qui êtes-vous ? », à la dix-neuvième, qui lui fait répondre sur « sa manière d'être présent ».

Yann Paranthoën

« C'est à cause de cette espèce de fréquentation entre complices que j'aime de moins en moins quitter Douarnenez, parce qu'après tout, on est ensemble, et que ce n'est peut-être pas si mal d'être ensemble »

Douarnenez et, donc, « son rapport aux autres, dans la rue, dans les cafés, chez soi, cela constitue tout de même un semblant de fraternité efficace », confie-t-il un peu plus tôt. Mais, aussi, la religion, la poésie, les femmes, la Bretagne, son enfance, la politique même : au fil de l'entretien, le poète se livre avec une touchante sincérité sur des questions personnelles, ou pas, « en parlant comme il écrit, souligne Frédéric Poulot, et, souvent, d'ailleurs, avec humour. »D'ailleurs, l'entretien est ponctué de quelques rires.

Une fraternité que l'on pourra entendre de nouveau, cette fois sur la pièce radiophonique de Yann Paranthoën, « Georges au Sporting ». Ce disque du maestro de la maison de la Radio (disparu en 2005), que l'on appelle le tailleur de sons, date de 1983.

Une centaine de chanceux ont déjà pu l'entendre en juin 2014, quand la médiathèque municipale a rendu hommage à Georges Perros, en partenariat avec l'Institut national de l'audiovisuel (Ina). Pour fêter les dix ans du lieu culturel, la Ville a eu l'heureuse idée de coéditer la pièce (Prix de la société des Gens de lettres) avec l'association Ouïe-Dire. Un très joli cadeau d'anniversaire.

Je suis toujours ce que je vais devenir, entretien de Georges Perros avec Michel Kerninon, aux éditions Dialogues (14 €).

Partager cet article
Repost0
4 août 2016 4 04 /08 /août /2016 10:18
« Le droit, rien que le droit mais tout le droit »

AFPS, mardi 26 juillet 2016

Le Conseil municipal de Bondy a adopté le 23 juin, sur proposition du maire, Madame Thomassin, un vœu affichant sa volonté de ne pas acheter de produits ou services provenant des colonies israéliennes en Palestine et étiquetés « Israël » en toute illégalité. Ce vœu demande également que soit mise en œuvre la notice interprétative européenne enjoignant les états membres à appliquer l’étiquetage réel de la provenance de ces marchandises.

Ce vœu largement adopté par les élus PS, PC, Verts, l’opposition de gauche ainsi que l’UDI, fait l’objet d’une attaque en justice engagée par le BNVCA, relais habituel du pouvoir extrémiste israélien en France, et d’un recours en annulation auprès du Préfet de Seine St-Denis.

Alors qu’il a donné lieu à une multitude de messages injurieux, une cinquantaine de groupes locaux ont envoyé au maire des messages de solidarité, plusieurs d’entre eux saisissant des élus.

De son côté, le Collectif National pour une Paix Juste et Durable entre Palestiniens et Israéliens (CNPJDPI) vient de publier un communiqué de soutien à la municipalité de Bondy. [1]

Il est toujours temps d’envoyer, y compris à titre individuel, des messages de soutien à cette municipalité courageuse qui a pris là une belle initiative pour la défense du droit.

[1] Collectif National pour une Paix Juste et Durable entre Palestiniens et Israéliens

Madame Thomassin, Maire de Bondy en Seine St-Denis et son conseil municipal ont adopté le 23 juin dernier un voeu intitulé : « Le droit, rien que le droit mais tout le droit ». Ce voeu, partant de la liberté de choix des consommateurs de la commune et de responsabilité de la Mairie à ne pas proposer de marchandises ou des services reconnus comme illégaux par le droit international, affirme ne pas vouloir acheter des produits et des services provenant des colonies israéliennes en Palestine et étiquetés « Israël » en toute illégalité. Il demande également que soit mise en œuvre la notice interprétative européenne demandant aux états membres d’appliquer l’étiquetage réel de la provenance de ces marchandises dans les magasins.

Ce vœu largement adopté par les élus PS, PC, Verts, et l’opposition de gauche ainsi que l’UDI fait l’objet d’une attaque en justice engagé par le BNVCA, relais habituel du pouvoir extrémiste israélien en France, et d’un recours en annulation auprès du Préfet de seine St-Denis.

Ne pas être complice de la violation du droit international et demander la simple application des règles internationales, que tout Etat de droit devrait au minimum porter haut et fort, ne plaît visiblement pas à ceux pour qui l’occupation et la colonisation de la Palestine ne peut souffrir ni critique, ni contestation.

Le Collectif National, pour une Paix Juste et Durable entre Palestiniens et Israéliens (CNPJDPI) se déclare pleinement solidaire du conseil municipal de Bondy et du voeu qui ne fait que traduire dans la vie communale l’application des principes de droit international.

Le CNPJDPI constate que les poursuites devant les tribunaux de plusieurs villes dans la dernière période comme Stains, Aubervilliers, Bezons… pour des raisons similaires mettant en cause le droit d’expression, la liberté des Maires à exprimer leur solidarité active avec le peuple palestinien, se multiplient en s’appuyant sur le prétexte fallacieux d’antisémitisme. C’est honteux et complètement déplacé.

Le droit est le droit, il ne saurait y avoir en la matière, deux poids deux mesures. L’un pour Israël autorisé à enfreindre les lois internationales sans sanctions et de l’autre le reste du monde soumis au strict respect de ces mêmes lois.

C’est aussi cette raison qui pousse notre collectif national à lancer une grande campagne internationale pour demander la suspension de : l’Accord d’Association qui lie l’UE à l’État d’Israël, accord qui offre des avantages fiscaux considérables aux exportations israéliennes. Son article 83 précise en effet, que « le présent accord s’applique … au territoire de l’État d’Israël. » excluant donc les colonies de peuplement israéliennes.

Nous serons donc présents et solidaires avec Madame Thomassin comme nous l’avons été il y a quelques semaines avec Azzedine Taïbi Maire de Stains et avec tous ceux que les officines extrémistes qui relaient les dictats du pouvoir Israélien en France voudront faire taire.

Signataires membres du Collectif pour une Paix Juste et Durable entre Palestiniens et Israéliens

Agir Contre le Colonialisme Aujourd’hui (ACCA) – AFD International – AILES Femmes du Maroc - Alternative Libertaire (AL) - Américains contre la guerre (AAW) - Association des Travailleurs Maghrébins de France (ATMF) - Association des Tunisiens en France (ATF) - Association France Palestine Solidarité (AFPS) - Association Nationale des Elus Communistes et Républicains (ANECR) - Association pour la Taxation des Transactions financières et pour l’Action Citoyenne (ATTAC) - Association pour les Jumelages entre les camps de réfugiés Palestiniens et les villes Françaises (AJPF) - Association Républicaine des Anciens Combattants (ARAC) - Association Universitaire pour le Respect du Droit International en Palestine (AURDIP) - Campagne Civile Internationale pour la Protection du Peuple Palestinien (CCIPPP) - Cedetim / IPAM - Collectif des Musulmans de France (CMF) - Collectif Faty Koumba : Association des Libertés, Droits de l’Homme et non-violence - Collectif interuniversitaire pour la coopération avec les Universités Palestiniennes (CICUP) - Collectif Judéo-Arabe et Citoyen pour la Palestine (CJACP) - Collectif Paix Palestine Israël (CPPI Saint-Denis) - Comité de Vigilance pour une Paix Réelle au Proche-Orient (CVPR PO) - Comité Justice et Paix en Palestine et au Proche-Orient du 5e arrt (CJPP5) - Droit-Solidarité – Ensemble ! - Europe Ecologie les Verts (EELV) – Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives (FTCR) - Fédération Syndicale Unitaire (FSU) – Forum Palestine Citoyenneté - Génération Palestine - La Courneuve-Palestine - le Mouvement de la Paix - les Femmes en noir - Ligue des Droits de l’Homme (LDH) - Ligue Internationale des Femmes pour la Paix et la Liberté, section française de la Women’s International League for Peace and Freedom (WILPF) (LIFPL) - Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples (MRAP) - Mouvement Jeunes Communistes de France (MJCF) – Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) -Organisation de Femmes Egalité - Parti Communiste des Ouvriers de France (PCOF) - Parti Communiste Français (PCF) - Parti de Gauche (PG) - Parti de l’émancipation du peuple - Participation et Spiritualité Musulmanes (PSM) – Socialistes pour la Paix – Sortir du colonialisme - Une Autre Voix Juive (UAVJ) – Union des Juifs pour la Résistance et l’Entraide (UJRE) - Union des Travailleurs Immigrés Tunisiens (UTIT) – Union Juive Française pour la Paix (UJFP) - Union Nationale des Etudiants de France (UNEF) - Union syndicale Solidaires

Partager cet article
Repost0
4 août 2016 4 04 /08 /août /2016 05:25
Sept métropoles et le désert français

LA CHRONIQUE DE JEAN-CHRISTOPHE LE DUIGOU (*)

L'HUMANITE DIMANCHE

Jeudi 28 juillet 2016

LA RÉINDUSTRIALISATION EST POSSIBLE, À CONDITION DE ROMPRE AVEC CETTE IDÉOLOGIE QUI AMÈNE À CONSIDÉRER COMME INÉLUCTABLE L'ABANDON DE PANS ENTIERS D'ACTIVITÉS.

Chacun mesure bien les effets du recul des services publics en matière de fermeture de lignes SNCF, de regroupement des guichets administratifs, de fermeture d'écoles et de bureaux de poste. La réalité est là, les inégalités sociales se combinent désormais avec de profondes inégalités géographiques. Mais plusieurs études menées par l'INSEE montrent que les profondes fractures entre territoires prennent racine dans les évolutions de l'emploi et le recul des activités industrielles.

Cinq régions sont en grande difficulté : Bourgogne-Franche-Comté, Grand-Est, Centre-Val de Loire, Normandie et Hauts-de-France. Le niveau d'emploi y est plus faible, de 7 à 9 % inférieur à ce qu'il était il y a dix ans. En cause l'activité industrielle en recul sous les coups de boutoir des grands groupes qui se sont restructurés, privilégiant les implantations dans quelques métropoles, à la recherche de la compétitivité à tout prix.

Soutenir que cette évolution est intenable ne revient pas à revendiquer un retour en arrière. Arrêtons la caricature ! Seule une nouvelle industrialisation de nos régions peut permettre de répondre aux enjeux sociaux et environnementaux posés aujourd'hui. Il n'y a aucune raison de se résigner au clivage entre anciennes régions industrielles et nouveaux territoires, ancienne ou nouvelle industrie. La réindustrialisation est possible à condition de rompre avec cette idéologie qui amène à considérer comme inéluctable l'abandon de pans entiers d'activités.

Pas question de nier l'intérêt qu'il y a à concentrer, à un moment donné, sur un territoire, des moyens substantiels pour franchir des seuils technologiques. Il s'agit cependant de savoir si l'on cherche, par là, à dynamiser la plus large partie du potentiel productif correspondant, pour obtenir des effets d'entraînement s'exprimant, y compris localement, en termes d'activités et d'emplois, ou si l'on se contente d'écrémer ce potentiel en se désintéressant des besoins plus larges de développement, pour prioritairement alimenter une stratégie mondialisée de créneaux ou de « niches », tirée par le marché et par les stratégies financières des grandes entreprises.

Faire de la « compétitivité » le cœur d'une stratégie « d'attractivité des territoires » est une grave erreur. La « baisse des coûts » est une démarche contradictoire et dangereuse qui accentue la compétition entre les espaces productifs alors que de nouvelles dépenses massives dans l'humain, la recherche, les équipements publics sont indispensables. La place de services collectifs et de services publics efficaces et proches des citoyens est stratégique. Pour la seule industrie, trois lignes de contre-offensive sont possibles : montée en gamme des productions comme on l'a vu dans certaines filières de biens de consommation ; effort d'investissement, de recherche et d'innovation, notamment via l'utilisation des technologies de l'information ; articulation aux services afin d'intégrer des gains d'efficacité dans l'organisation même du processus productif.

La multiplication d'écosystèmes territoriaux autonomes peut faire rêver. Reste une leçon majeure que nul responsable ne peut ignorer : plus on mise sur l'initiative territoriale, plus il est indispensable de développer de puissants instruments de solidarité entre territoires et de véritables services publics, amortisseurs des inégalités sociales.

(*) Économiste et syndicaliste

Partager cet article
Repost0
4 août 2016 4 04 /08 /août /2016 05:20
L'HUMANITE
Jeudi 22 juillet 2016

Le Syndicat de la magistrature dénonce le texte issu de la commission mixte paritaire. Il pointe notamment que des mesures portées par la droite y ont été intégrées à la hussarde, alors qu'elles resteront en vigueur bien après la fin de l'état d'urgence.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, la commission mixte paritaire (CMP) chargée de mettre au diapason l'Assemblée nationale et le Sénat sur le projet de loi de prorogation de l'état d'urgence a abouti à un texte d'accord qui devait être par la suite validé une dernière fois par les deux chambres. Mais, à la sortie de la commission, découvrant le texte, le Syndicat de la magistrature (SM) tire la sonnette d'alarme. Officiellement, le texte s'intitule « projet de loi prorogeant l'application de la loi n° 55-385 du 3 avril 1955 relative à l'état d'urgence et portant mesures de renforcement de la lutte antiterroriste ». « Ainsi que son intitulé l'indique, ce texte ne se cantonne pas à la prorogation de l'état d'urgence, mais est devenu un nouveau texte antiterroriste », alerte le SM, qui précise : « À l'allongement à six mois de la durée de prorogation, à l'introduction de pouvoirs de fouille et de contrôle sans motif, à la réintroduction des saisies informatiques, viennent ainsi s'ajouter de très nombreuses dispositions qui intégreraient, de manière permanente, l'arsenal pénal et administratif antiterroriste hors état d'urgence. »

Des dispositions à peine débattues

La liste de ces mesures, qui s'appliqueront donc désormais même hors de l'état d'urgence est extrêmement impressionnante. Le SM détaille : « Exclusion de la possibilité d'accorder une suspension ou un fractionnement de peine, mais aussi et surtout une semi-liberté ou un placement extérieur aux personnes condamnées pour des faits de terrorisme ; possibilité de soumettre à une vidéosurveillance permanente, 24 heures sur 24 heures, les personnes en détention provisoire criminelle (non uniquement terroriste) ; extension de un à trois mois de la durée de l'assignation administrative à résidence pour les personnes de retour d'un théâtre d'opérations de groupement terroriste contre lesquelles il n'existe pas d'indice grave ou concordant de participation ou de préparation d'une infraction pénale ; allongement de la durée de la détention provisoire des mineurs à deux et trois années en matière de terrorisme ; prononcé automatique d'une interdiction du territoire français ; extension des possibilités de recueil en temps réel sur les réseaux (donc d'accès direct aux réseaux) des données de la personne "susceptible d'être en lien avec une menace", au lieu de "présentant une menace", et de "l'entourage de la personne concernée susceptible de fournir des informations"; autorisation sans condition du port d'arme par les agents de la police municipale (par la suppression de la condition liée à la nature de leurs interventions et aux circonstances)... » entre autres... Ces mesures ne sortent pas de nulle part.

« Les amendements ainsi validés par la CMP sont dans leur grande majorité connus : la droite les a soutenus à chaque examen des lois du 21 décembre 2012, du 13 novembre 2014, du 24 juillet 2015, de la proposition de loi initiée par Michel Mercier et, il y a M à peine deux mois, de la loi du 3 juin 2016 », rappelle le SM. « Et, à chaque fois, la majorité les a rejetés avec raison », ajoute-t-il.

Le plus choquant dans cette histoire est que ces dispositions n'auront qu'à peine été débattues. L'ensemble du projet de loi n'a véritablement connu qu'un seul passage dans chacune des deux chambres, et chaque fois au pas de course. Lors du passage en commission à l'Assemblée nationale, le 19 juillet, le gouvernement avait même menacé de définir d'autorité la version soumise en séance publique si les députés n'arrivaient pas à examiner la centaine d'amendements déposés en moins de cinq heures.

« La méfiance à l'égard du juge est manifeste »

Ces mesures n'offrent pas de réelle protection contre le terrorisme mais ne sont que l'expression d'une idéologie sécuritaire », tranche le SM dans une lettre ouverte aux députés, les appelant à « s'élever contre » cette logique, avant que le texte ne soit définitivement adopté, jeudi après-midi. Toutes les dispositions ainsi introduites s'ajoutent à celles concernant réellement l'état d'urgence, déjà fortement dénoncées par les défenseurs des libertés.

La présidente du SM, Clarisse Taron, s'inquiète, citant des exemples : « L'autorité administrative est désormais libre d'effectuer des fouilles et des vérifications d'identité sans aucun contrôle du parquet.

Or, une fouille de bagage ou de coffre de voiture est attentatoire aux libertés, cela justifierait donc que cet acte soit contrôlé par un magistrat. » « la méfiance à l'égard du juge est manifeste », estime le syndicat, qui rappelle que « la prévention de la récidive est un objectif fondamental de l'exécution d'une peine prononcée pour des actes de terrorisme: ce sont les possibilités d'aménager les peines, d'organiser une sortie accompagnée et contrôlée, notamment dans le cadre de la mesure contraignante que constitue la semi-liberté, qui pourvoient le mieux à la protection de la société ».

« Sous prétexte que le premier ministre leur (aux députés) a fait injonction de renoncer au débat, la gauche se renie en votant ce texte », dénonce Clarisse Taron. La journée de jeudi lui a donné raison: les deux chambres ont largement voté le texte issu de la CMP L'état d'urgence est officiellement prorogé et aggravé pour les six mois à venir. Et les libertés ont reculé encore plus durablement.

Partager cet article
Repost0
3 août 2016 3 03 /08 /août /2016 06:16
Il faut sauver Antonio Gramsci de ses ennemis (Robert Maggiori, Libération, mercredi 3 août 2016)

La droite et l’extrême droite ont revendiqué le penseur du Parti communiste italien. Récupération tactique de celui qui rappelait que la conquête du pouvoir passait par les idées. Mais pas n’importe quelles idées, aurait ajouté le penseur sarde.

Suivant les données de la Bibliografia gramsciana, fondée par John M. Cammett, et de l’International Gramsci Society, il existe plus de 18 000 études consacrées au philosophe, homme politique et révolutionnaire italien, publiées dans une quarantaine de langues (2 500 en anglais, 600 en japonais). Preuve de la richesse de sa pensée, mais aussi de la difficulté à définir, sans trop de simplifications, «ce que Gramsci a vraiment dit». S’il est normal que son œuvre (dont il faut rappeler qu’elle a été pour une large part rédigée en prison, qu’elle a de ce fait un caractère «non systématique», et qu’il a fallu plusieurs décennies pour en présenter une édition scientifique), fasse l’objet d’une multitude d’interprétations, il apparaît plus paradoxal qu’après avoir constitué l’une des assises fondamentales du marxisme d’après Marx, elle soit, depuis le début des années 80, «annexée» par la pensée d’extrême droite. Il y a même eu un Sarkozy, philosophe bien connu, pour déclarer (au Figaro) : «Au fond, j’ai fait mienne l’analyse de Gramsci : le pouvoir se gagne par les idées.»

Antonio Gramsci est né le 22 janvier 1891 à Ales, en Sardaigne. Enfant, il fait une grave chute qui déforme à jamais son dos. Pour aider sa famille, le jeune Antonio trouve un travail de «transporteur de dossiers» au cadastre de Ghilarza. Une bourse lui permet de partir pour Turin et de s’inscrire à la faculté de lettres. Membre des jeunesses socialistes, il entre, en 1916, à la rédaction de l’Avanti ! comme chroniqueur et critique théâtral. Il étudie l’idéalisme allemand, Hegel, et découvre Marx. Un an après, il dirige le Cri du peuple : c’est dans ses pages qu’il commente la révolution russe.

En 1919, il fonde l’Ordine nuovo. Dans un article de cette revue, il lance l’idée des «conseils d’usine», qui aussitôt se multiplient. Gramsci devient le leader du mouvement conseilliste, lors des grandes grèves de mars-avril 1920. L’année suivante, il entre au Comité central du Parti communiste, juste né à Livourne, qui le délègue à l’Internationale. Il part pour Moscou fin mai 1922. Malade, il reste six mois au sanatorium de Serebryany Bor, où il rencontre une jeune musicienne russe, Julia Schucht, qui deviendra sa femme.

Le «cerveau» à supprimer

En 1923, le Komintern l’envoie à Vienne pour suivre de plus près la situation en Italie, où le fascisme s’est installé. Chef effectif du PCI, Gramsci est élu député de Vénétie le 6 avril 1924. Revenu en Italie, il est, pour les mussoliniens, le «cerveau qu’il faut empêcher de fonctionner».Malgré son immunité parlementaire, il est arrêté par les fascistes le 8 novembre 1926. Il restera en prison jusqu’à sa mort, le 27 avril 1937. On sait aujourd’hui - il faudrait tout un livre pour en expliquer les sombres raisons - que les cadres du Parti n’ont pas fait grand-chose pour le libérer.

Du côté opposé, une certaine historiographie de droite, pour détruire l’idée qu’il aurait été le «cerveau» à supprimer, s’escrime désormais à montrer qu’en réalité Mussolini a «aidé» Gramsci et a «sympathiquement» veillé à ce qu’il reçoive dans sa cellule les livres dont il avait besoin.

Toujours est-il qu’au début des années 30, toute référence au fondateur du journal du Parti, L’Unitá, disparaît de la presse communiste. Ce n’est qu’après la guerre que sa mémoire devient objet de culte. Gramsci est le Parti par antonomase, son héros, son label, sa «philosophie». Son portrait est dans toutes les cellules, son effigie sur les drapeaux, les polos et les agendas. Durant la période révolutionnaire, en Union soviétique, il était par l’action, Lénine, et par sa pensée, Marx. Mais lorsque, en Italie, le parti de Togliatti, puis de Luigi Longo et d’Enrico Berlinguer, le transforme en théoricien de l’eurocommunisme, antidogmatique et antistalinien, à Moscou on l’efface des tablettes. Il sera réhabilité, comme les autres hérétiques György Lukács ou Nikolaï Boukharine, lorsque Gorbatchev lancera la glasnost.

En juillet 1987, la revue Kommunist titre : «L’actualité des idées d’Antonio Gramsci» et annonce la parution en russe des Cahiers de prison. En Italie, grâce à l’hégémonie culturelle exercée par le Parti communiste, Gramsci devient un auteur classique, étudié dans les écoles. La gauche française, en revanche, l’ignore ou le sous-estime. Une partie des raisons est éditoriale. Gallimard publie les Lettres de prison en 1971 et, de 1974 à 1980, les Ecrits politiques (rédigés avant l’emprisonnement). Ce n’est qu’en 1984 que Robert Paris commence la publication des ouvrages de captivité, les cinq volumes des Cahiers de prison.

Longtemps, autrement dit, on n’a guère disposé en France d’une édition fiable de l’œuvre gramscienne. Les autres motifs sont politiques et philosophiques. Le marxisme, en France, c’était en grande partie Louis Althusser. On lui doit probablement d’avoir introduit de force Gramsci dans le débat théorique. Mais d’une façon assez paradoxale, puisque, au nom de la «scientificité» du marxisme (mère porteuse de bien des catastrophes), il soumet à une violente critique toute la pensée gramscienne, réduite à une forme d’«historicisme». L’opération ne réussit guère, et, à mesure que les œuvres du philosophe sarde paraissent et que paraissent, de plus en plus nombreux, les commentaires et les études, Gramsci devient la «coqueluche» de la gauche française. «Le siècle sera gramscien ou ne sera pas», lance audacieusement un hebdomadaire.

On pourrait supposer que les Cahiers ne sont pétris que de politique et de théorie marxiste. Ce n’est pas le cas. Ils représentent six ou sept années d’écriture dans la solitude d’une cellule ou d’une chambre de clinique, mais tout y est : réflexions personnelles, développements philosophiques, portraits, remarques psychologiques, études littéraires, notes bibliographiques, essais de traductions… Il voulait faire, écrit-il à sa belle-sœur, Tatiana Schucht, «quelque chose "für ewig"», «pour l’éternité», qui pût l’«absorber» et «centrer [sa] vie intérieure».

Une assise théorique

En entamant son premier cahier, le 8 février 1929, il dresse la liste, en seize points, des principaux thèmes qu’il se propose d’étudier : «Théorie de l’histoire et historiographie», «Formations des groupes intellectuels italiens», «Littérature populaire des romans-feuilletons», «Le concept de folklore», «La question méridionale», «Le sens commun», etc. Publiés à partir de 1948 en volumes thématiques - le Matérialisme historique et la philosophie de Benedetto Croce, les Intellectuels et l’organisation de la culture, Notes sur Machiavel… - les Cahiers feront de Gramsci «le plus grand philosophe marxiste après Marx». Sa pensée, diversifiée et articulée, offre, en effet, une assise théorique à partir de laquelle il est possible de rendre compte de la complexité des sociétés occidentales avancées, dans lesquelles le «dessein révolutionnaire» ne peut reproduire les schémas du modèle soviétique, mais exige d’abord la«direction intellectuelle et morale» de la société civile et la conquête de l’«hégémonie».

A la critique de l’économisme dominant, Gramsci ajoute donc les dimensions culturelles et éthiques de l’exercice du pouvoir politique. Son apport spécifique au marxisme, qu’il nomme «philosophie de la praxis»,tient à la façon dont il a repensé les liens entre l’infrastructure économique et la superstructure idéologique, à laquelle il donne une importance capitale. C’est dans ce cadre - l’analyse des conditions culturelles de l’action - qu’il a élaboré ses recherches sur les intellectuels et a forgé le concept, très opératoire, d’«hégémonie».

A partir de làont fleuri les «études gramsciennes», en nombre infini, et dans tous les pays. Elles ont surtout proliféré au sein de la gauche intellectuelle - l’Argentin Ernesto Laclau pour ne citer qu’un nom - qui, exploitant la «philosophie de la praxis» de Gramsci, mais aussi sa vision de l’Etat et de la société civile, a tenté, comme le voulait Marx, de faire l’«anatomie» des sociétés contemporaines, dont le mode de production a radicalement changé, où les notions de «classe», de «parti», de «prolétariat», etc. ont perdu de leur prégnance et où la politique a été dessaisie de son gouvernail par les puissances absconses de la finance.

Dans les pays anglo-saxons et aux Etats-Unis - où une anthologie desPrison Notebooks figure parmi les lectures obligées des étudiants en philosophie, sociologie, sciences politiques et journalisme - la pensée gramscienne alimente les cultural studies, par l’intermédiaire de penseurs tels que Edward W. Said ou de l’Anglo-Jamaïcain Stuart Hall, les postcolonial studies, à travers la derridienne Gayatri Spivak, et les subaltern studies, nées en Inde du travail de l’historien Ranajit Guha et de son élève Partha Chatterjee, qui a interprété la lutte de libération indienne au moyen des catégories utilisées par Gramsci pour le Risorgimento italien. Le penseur sarde est même devenu une sorte de drapeau de la lutte des minorités sexuelles ou ethniques sous la plume de l’Afro-Américain Cornel West («Councillor West», dans Matrix Reloaded des sœurs Wachowski).

En Amérique latine, et au Brésil en particulier, Gramsci continue, en revanche, à être lu (entre autres par Carlos Nelson Coutinho, Marco Aurélio Nogueira ou Marcos del Roio) comme théoricien politique révolutionnaire, dont les outils restent opératoires pour comprendre les dynamiques du monde globalisé (et en sortir). On n’oublie pas, enfin, que Gramsci est une référence tant pour Aléxis Tsípras et les inspirateurs de Syriza en Grèce, ou pour Pablo Iglesias et les philosophes de l’université Complutense de Madrid, où est né Podemos. Dans tous les cas, il s’agit d’une exploitation légitime de la pensée gramscienne, qui en poursuit la visée émancipatrice, de gauche.

«Gramscisme de droite»

Plus paradoxale est sa «récupération» par les penseurs néoconservateurs ou d’extrême droite. C’est sans doute Alain de Benoist qui insista le premier, dès les années 70, sur la nécessité de forger un «gramscisme de droite» (oxymore ?) qui puisse inciter les politiques droitières à faire davantage attention aux dimensions culturelles de l’action politique. En 1985, huit de ses textes sont réunis et traduits en allemand sous le titre Kulturrevolution von rechts. Gramsci und die Nouvelle Droite,et la revue Junge Freiheit («jeune liberté») explicite encore le propos en appelant la droite et l’extrême droite à la reconquête de l’«hégémonie sociale» perdue contre la gauche, en travaillant sur la notion (gramscienne) de «sens commun».

L’appel, depuis, a été entendu, des think tanks «néocons» américains au Front national lepéniste - même si l’on oubliait que, pour Gramsci, c’est le Parti communiste qui devait construire l’hégémonie et, en tant qu’intellectuel collectif, donner cohérence au «sens commun», afin que de là sourdent, majoritaires, les idées de justice sociale. A voir la façon dont il est aujourd’hui utilisé par ceux qui furent toute sa vie ses ennemis, Antonio Gramsci se retournerait dans sa tombe. Là où il est, il a sans doute gardé avec plus d’émotion la «vidéo lettre» que lui envoya, en 1997, l’historien marxiste Eric Hobsbawm : «Tu es mort depuis soixante ans, mais tu vis dans le cœur de ceux qui veulent un monde où les pauvres aient la possibilité de devenir de vrais êtres humains.»

Robert Maggiori

Partager cet article
Repost0
3 août 2016 3 03 /08 /août /2016 06:11
Daniel Roucous
L'Humanité
Vendredi, 29 Juillet, 2016
Demain, c’est l’accord d’entreprise, à défaut le patron, qui règlementeront les congés payés. C’est ce que prévoit la loi Travail qui vient d’être adoptée.
La trame de la loi Travail qui vient d’être adoptée en force par le gouvernement ce 21 juillet est que c’est l’accord d’entreprise, à défaut l’employeur, qui fait la loi. Ce n’est qu’à défaut que le code du travail s’applique ou met des limites. Les congés payés n’y échappent pas.

Certes les principes fondamentaux issus de la loi du 20 juin 1936 et de l’actuel code du travail ne sont pas remis en cause :

- tout salarié aura toujours droit à 2,5 jours ouvrables de congés par mois de travail effectif, payés par l’employeur,

- la durée totale des congés est toujours de 30 jours ouvrables (inchangé depuis 1982),

- les congés payés, maternité, paternité, d’accueil de l’enfant, les arrêts maladies, accidents du travail, les RTT etc. sont toujours considérés comme du travail effectif et donc pris en compte dans le calcul des jours de congés payés,

- les salariés de moins de 21 ans et les mères de famille pour chaque enfant à charge (également les pères de famille c’est la nouveauté) bénéficient toujours de un à deux jours de congés supplémentaires à défaut de conventions collectives ou d’accords collectifs prévoyant des dispositions plus favorables,

- l’indemnité de congés payés est maintenue en l’état, mieux elle sera due même en cas de rupture de contrat pour faute lourde (merci au Conseil constitutionnel) !

Cependant un accord d’entreprise ou de branche (à défaut l’employeur) peuvent fixer le début de la période de référence pour l’acquisition des congés et la majoration de la durée du congé en raison de l’âge (Moins de 21 ans), de l’ancienneté ou du handicap. A défaut c’est un décret qui les fixera.

Examinons ce qui va changer avec toujours ce principe d’accord d’entreprise.

La période de référence

Actuellement la période de référence pour l’acquisition des jours de congés se situe entre le 1er juin de l’année précédente et le 31 mais de cette année… sauf accord dit de modulation. Un accord d’entreprise pourra prévoir une dérogation à cette période (nouvel article L3141-11 du code du travail).

La prise de congés

Comme pour la période de référence c’est un accord d’entreprise ou de branche professionnelle qui en décidera. La nouveauté qui a été apportée par la commission des affaires sociales de l’Assemblée Nationale est que le code du travail (article L3141-12) impose que les congés payés pourront être pris dès l’embauche et non plus dès l’ouverture des droits (soit au moins après un mois de travail). L’employeur pourra, par accord collectif, fixer les délais qu’il doit respecter s’il modifie la date de départs en congés. Cependant ce délai ne pourra être inférieur à un mois avant la date prévue du départ.

- Nouveaux articles L 3141-12 à L3141-16 du code du travail.

L’ordre des départs

C’est l’employeur qui décidera, à défaut d’indication dans les conventions collectives ou accords d’entreprises ou de branche… après avis du comité d’entreprise, à défaut des délégués du personnel (quand ils existent). Cependant le nouvel article L3141-16 du code du travail l’obligera à tenir compte de :

- la situation de famille du salarié (congés du conjoint, du partenaire d’un PACS, présence dans son foyer d’un enfant ou d’un adulte handicapé ou d’une personne âgée en perte d’autonomie),

- l’ancienneté du salarié dans l’entreprise,

- l’activité du salarié chez un autre ou plusieurs autres employeurs.

Quoi qu’il en soit, l’employeur ne peut modifier l’ordre des départs moins d’un mois avant la date prévue.

Les règles de fractionnement et de report

Elles sont inchangées et donc s'appliquent les règles actuelles du code du travail

Cependant un accord d’entreprise peut prévoir que les jours pris en dehors de la période du 1er mai au 31 octobre ne donnent plus droit à des jours de congés supplémentaires comme prévu actuellement, par l’article L3141-19 du code du travail. Aujourd’hui l’employeur doit faire une demande de renoncement aux salariés.

Les congés spécifiques

La loi Travail les regroupe en trois familles :

- les congés d’articulation entre la vie professionnelle et personnelle. Il s’agit des congés pour évènements familiaux (mariage, naissance, décès, adoption, déménagement), le congé pour enfant malade, le congé de solidarité familiale, le congé de proche aidant et le congé sabbatique,

- les congés pour engagement associatif, politique ou militant (congés de formation économique et sociale, syndicale, de formation professionnelle etc.),

- le congé pour création ou reprise d’entreprise.

Leur principe est maintenu (ce sont toujours des congés payés) mais leur durée dépend du bon vouloir de l’accord d’entreprise ou du patron dans les limites fixée par le code du travail. Ces limites demeurent celles existantes aujourd’hui sauf en cas du décès d’un enfant (5 jours au lieu de 2) et du décès d’un conjoint, concubin, partenaire d’un PACS, père, mère, beau-père, belle-mère, frère ou sœur (3 jours au lieu de 1).

Quant à l’ancienneté pour prendre un congé de proche aidant elle passe de 2 à un an.

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
  • Contact

Visites

Compteur Global

En réalité depuis Janvier 2011