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27 juillet 2021 2 27 /07 /juillet /2021 05:31

 

Alors que les carburants d’origine agricole ne représentent pour le moment que 3 % de la consommation mondiale contre 97 % pour ceux tirés du pétrole, cela suffit pour entretenir la spéculation sur le maïs et le soja. Du coup, le réchauffement climatique venant aussi perturber les récoltes, on constate une augmentation de la malnutrition et de la famine dans les pays pauvres. Directeur à Genève du bureau de la FAO, Dominique Burgeon en appelle à la responsabilité des chefs d’États et de gouvernements.

Par Gérard Le Puill

Tandis que le variant Delta de la Covid -19 fait progresser la pandémie à travers le monde, les effets de cette dernière sur la production et la commercialisation des produits agricoles font progresser la sous-alimentation et la faim, notamment dans les pays pauvres. Selon la FAO, l’agence spécialisée des Nations Unies, « en 2020, entre 720 et 811 millions de personnes dans le monde a été confrontée à la faim, soit environ 118 millions de personnes de plus qu’en 2019 ». Plus de la moitié de ces personnes sous-alimentées vivent en Asie, plus du tiers en Afrique et 8 % en Amérique latine. Mais la sous-alimentation existe aussi dans les pays capitalistes développés, même si cela se voit peu en raison du rôle joué par des associations caritatives. On constate en France une augmentation sensible des aides alimentaires dans les antennes du Secours Populaire Français, du Secours catholique, de la Fondation Abbé-Pierre et d’autres.

Dans certains pays, les conséquences des conflits armés se cumulent avec d’autres, imputables au réchauffement climatique. C’est notamment le cas au Yémen ; en Éthiopie dans la région du Tigré, au Soudan du sud avec certaines régions en proie à la guerre civile. À Madagascar, les sécheresses à répétition accompagnées de tempêtes de sable n’en finissent pas de réduire les récoltes au point que les habitants en viennent à manger des criquets et des feuilles de cactus.

Retard de » croissance pour 120 millions d’enfants

Selon Dominique Burgeon, directeur à Genève du bureau de la FAO, « dans certains pays, particulièrement les plus pauvres, où on a mis en place des mesures pour éviter la pandémie, les restrictions de déplacement ont empêché les petits agriculteurs d’écouler leurs productions sur les marchés », les privant aussi de revenu pour acheter des denrées qu’ils ne produisent pas. Inversement, « au niveau des villes, il a eu des problèmes d’approvisionnement » qui ont débouché sur des augmentations de prix, notamment dans les pays du Sahel.

Toujours selon Dominique Burgeon, quelque « 660 millions de personnes supplémentaires » pourraient souffrir de la faim en 2030, en partie à cause des effets à long terme de la pandémie de Covid-19 sur la sécurité alimentaire mondiale. Il note aussi que « 149 millions d’enfants de moins de cinq ans sont affectés par un retard de croissance » à cause de la malnutrition, avant de lancer cet avertissement : « Les sommets sur les systèmes alimentaires et sur la nutrition qui se tiendront dans les prochains mois sont des opportunités de remettre ces questions-là sur le devant de la scène et qu’il y a des approches beaucoup plus délibérées au niveau global pour mettre en place des portefeuilles de politiques et d’investissements qui permettent à terme de changer cette situation ».

40 % du maïs américain sert à produire de l’éthanol

Voilà qui est fort souhaitable. Mais à observer l’orientation spéculative des marchés alimentaires mondiaux face aux risques de pénurie, ce n’est pas ainsi que les choses se passent pour l’instant. On a pu observer que le prix mondial de la tonne de maïs avait augmenté de 50 % en quelques mois. On sait moins qu’aux États Unis, 40 % de la production de cette céréale, qui entre dans l’alimentation humaine comme dans celle du bétail, sert désormais à produire de l’éthanol pour faire rouler les véhicules. La même tendance est observable sur le soja brésilien et même sur le colza français pour produire du diester destiné aux moteurs diesel. Ces hausses brutales et fortes des prix des denrées agricoles pouvant être transformées en carburants réputés verts sont de nature à renchérir la production alimentaire dans les prochaines années au point de la rendre inaccessible pour un nombre sans cesse accru de ménages ne disposant que de faibles ressources.

Nous en avons déjà la preuve alors que seulement 3 % des carburants utilisés dans le monde sont d’origine agricole et proviennent essentiellement de la canne à sucre, de la betterave, du maïs, des palmiers à huile, du soja, du colza, du tournesol. Une partie vient même du blé qui sert à faire du pain pour les humains pour ce qui est du blé tendre et des pâtes alimentaires pour ce qui est du blé dur. Ajoutons que si ces « carburants verts » émettent un peu moins de CO2 que le pétrole au moment de la combustion dans le moteur, ce bilan est tronqué dans la mesure où il ne prend pas en compte le bilan carbone des labours, des engrais émetteurs de protoxyde d’azote, de l’énergie brûlée lors de la récolte, puis de la transformation en carburant, sans oublier la déforestation massive en Amazonie pour produire plus de canne, de soja et de maïs ; en Asie pour planter toujours plus de palmiers à huile.

Ce terrible constat arrive au moment où les incendies de l’été reprennent dans plusieurs régions du monde, tandis que des inondations catastrophiques sont aussi de nature à compromettre les rendements attendus des récoltes déjà impactées par les gelées du printemps en France et dans plusieurs pays d’Europe.

 

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22 juillet 2021 4 22 /07 /juillet /2021 11:49
Éditorial de l'Humanité -  Banditisme d’État - par Patrick Le Hyaric, 20 juillet 2021
Éditorial. Banditisme d’État
Mardi 20 Juillet 2021
 

Qui, dans les chancelleries européennes, peut sans fard prétendre qu’il ne savait pas ? La vaste opération menée par plusieurs États visant à soutirer les informations contenues dans des milliers de téléphones, grâce à un logiciel espion fabriqué en Israël par une société liée à son ministère de la Défense, est connue depuis quatre années désormais. Des régimes qui piétinent allègrement les droits humains en ont bénéficié pour écraser la voix des démocrates, pourchasser les oppositions politiques et espionner journalistes, avocats ou responsables politiques. À la clef, harcèlements, emprisonnements, assassinats… La lutte contre le terrorisme a décidément bon dos !

Ce silence devient complicité. Pourquoi aucune explication n’a été demandée ni au pays hôte du logiciel ni aux États qui en font usage contre leur population ? Il aura fallu qu’un consortium de journalistes s’y penche de plus près pour briser l’omerta.

Le président de la République ne peut rester inerte, sauf à se faire complice de ce banditisme étatique. Il doit demander des comptes, notamment au gouvernement israélien avec lequel l’Union européenne est liée par un accord d’association. Car une question se pose : Israël use-t-il du commerce de son logiciel comme d’une monnaie d’échange pour garantir son impunité et ses positions géopolitiques ? Une question loin d’être anodine alors que les rapprochements se sont multipliés précisément entre Israël et nombre des régimes incriminés, dont le Maroc, l’Arabie saoudite, les Émirats, le Rwanda ou encore la Hongrie, seul pays européen embarqué dans cette barbouzerie.

La France et l’Union européenne doivent également suspendre les accords d’association avec le royaume du Maroc qui cible des journalistes français, dont notre collègue et amie Rosa Moussaoui, coupables d’avoir eu le courage de révéler le sort atroce réservé à des journalistes marocains. Pour bien moins que ça, d’autres pays sont actuellement placés sous un sévère régime de sanctions.

Dans la course effrénée aux nouvelles technologies, les pouvoirs politiques et les forces économiques ont acquis une puissance inédite pour surveiller et réprimer. Les citoyens ne doivent pas rester seuls face à cette sous-traitance de la surveillance qui menace gravement nos libertés, dont celle d’informer.

La France doit saisir le Conseil de l’Europe sur ces agissements délictueux et criminels et travailler avec l’ONU à la mise en place d’une convention internationale de lutte contre ces armes numériques qui violent nos intimités autant qu’elles menacent nos libertés.

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18 juillet 2021 7 18 /07 /juillet /2021 07:08
Palerme, août 2020 - graf militant pour dénoncer l'abandon des migrants

Palerme, août 2020 - graf militant pour dénoncer l'abandon des migrants

Le Sea-Watch bloqué en août 2020 près d'Agrigente en Sicile (photo Ismaël Dupont)

Le Sea-Watch bloqué en août 2020 près d'Agrigente en Sicile (photo Ismaël Dupont)

Méditerranée. Migrants et réfugiés dans l’enfer libyen
Vendredi 16 Juillet 2021

Viols, travail forcé, tortures… les passagers capturés par les gardes-côtes libyens et livrés aux milices vivent l’horreur avec la complicité de l’Union européenne, selon un rapport d’Amnesty International.

 

La scène a lieu le 30 juin. Une traque meurtrière en Méditerranée filmée par l’ONG allemande Sea-Watch. Les gardes-côtes libyens ciblent une embarcation de fortune transportant 45 personnes, des réfugiés, dont de nombreux enfants, au large de l’île italienne de Lampedusa. Le bateau accoste le canot en tirant dans l’eau à balles réelles, tourne autour, prend de la vitesse, tente de le percuter, son équipage lance des objets dans sa direction. Mis en danger durant une heure et demie, les migrants échappent miraculeusement à l’opération criminelle quand leurs agresseurs en uniformes, solidement armés, abandonnent enfin et rebroussent chemin faute de carburant, rapporte l’ONG. L’incident a eu lieu dans la zone de secours de Malte. « En 2019, nous avons assisté à une scène similaire. (…) Mais ce qui s’est passé cette fois est encore plus brutal. C’est d’une violence que nous avons jamais vue jusqu’ici », commente Félix Weiss, membre de Sea-Watch. Les rescapés arriveront finalement sains et saufs sur les côtes italiennes. Stoppés par les gardes-côtes, ils auraient fini en territoire libyen, à Al-Mabani ou à Shara al-Zawiya, ces lieux d’esclavage, d’asservissement, d’humiliation, de sévices épouvantables. C’est là que sont détenus les réfugiés capturés et les migrants qui échappent au naufrage en haute mer. Des pratiques odieuses en cours depuis une décennie.

Sauvagerie organisée

Elles se sont poursuivies durant les six premiers mois de 2021, selon Amnesty International dans un récent rapport intitulé « La détention abusive des personnes réfugiées et migrantes débarquées en Libye ». Diana Eltahawy, directrice adjointe de l’ONG au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, parle d’un texte « terrifiant » et d’un nouvel éclairage sur ces souffrances révélées une fois de plus au grand jour, mais en vain. Plus de 7 000 personnes interceptées en mer ont été envoyées de force à Al-Mabani au cours de cette année. Ces détentions arbitraires se prolongent dans la barbarie. Tortures, violences sexuelles, travail forcé sont le lot quotidien des détenus. Les femmes, notamment, confient leur soumission forcée sous menace de viol, en échange d’une libération ou d’un produit de première nécessité, y compris d’eau potable. Ces horreurs ont lieu avec le consentement implicite des autorités libyennes. Celles-ci s’engagent à agir, à boucler les centres dénoncés, mais ferment l’œil en réalité.

Des sites informels de captivité, sous contrôle de milices, ont été rattachés au ministère de l’Intérieur, sans plus. L’administration a même « récompensé des personnes raisonnablement soupçonnées d’avoir commis ce type de violations en leur offrant des postes de pouvoir ou une promotion, ce qui signifie que nous risquons de voir les mêmes horreurs se reproduire encore et encore», souligne Amnesty International. Mais pas seulement. Cette sauvagerie organisée se déploie sur le lit de la coopération européenne avec la Libye en matière de contrôle de l’immigration et des frontières.

« Preuves accablantes »

Entre janvier et juin 2021, les gardes-côtes libyens ainsi soutenus ont intercepté en mer et reconduit en Libye quelque 15 000 personnes lors de « sauvetage » – soit plus que sur toute l’année 2020. « Malgré les preuves accablantes du comportement irresponsable, négligeant et illégal des gardes-côtes libyens en mer et des violations systématiques commises dans les centres de détention après le débarquement, les partenaires européens continuent d’aider les gardes-côtes libyens à renvoyer de force des personnes victimes d’atteintes aux droits humains, qu’elles tentaient de fuir en Libye », dénonce Diana Eltahawy.

Certains témoignages de ce qui se passe en mer sont glaçants. Des personnes se seraient noyées après le chavirement de leur canot, sous les yeux des gardes-côtes occupés à filmer avec leurs téléphones. Des passagers confrontés à un risque de péril imminent voient souvent passer des avions – l’agence Frontex exerce une surveillance aérienne – et des bateaux naviguer dans les mêmes eaux. Mais nul ne viendra à leur secours avant l’arrivée des gardes-côtes libyens, à l’évidence très bien informés. Selon Amnesty International, il n’y a presque plus de navires européens en Méditerranée centrale, histoire de ne pas avoir à secourir de malheureux naufragés. L’Europe forteresse est loin de mettre fin à ces arrangements sans égard aucun pour la dignité de milliers de réfugiés. « Encore une fois, notre Parlement et le gouvernement signent leur propre complicité avec les horreurs et les violations systématiques des droits humains et du droit international qui sont perpétrées en Libye et sur la route de Méditerranée centrale », note Nicola Fratoianni, député et secrétaire de la Gauche italienne, après le vote, jeudi 15 juillet, de la poursuite de l’aide militaire et matérielle aux gardes-côtes libyens.

Méditerranée. Migrants et réfugiés dans l’enfer libyen (L'Humanité, 16 juillet 2021, Nadjib Touaibia)
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18 juillet 2021 7 18 /07 /juillet /2021 06:49
Yolanda Diaz (photo publiée par le site Mozaïk Radio)

Yolanda Diaz (photo publiée par le site Mozaïk Radio)

Marché du travail : l’Espagne détruit la machine à broyer
Samedi 17 Juillet 2021 - L'Humanité

Ministre du Travail du gouvernement de Madrid, Yolanda Diaz s’attelle depuis des mois à détricoter une par une toutes les mesures imposées lors de la crise des dettes publiques. Par cette contre-réforme, il s’agit de rétablir les droits et les protections volés il y a dix ans aux salariés.

Cela peut paraître technique. De la cuisine juridique, en quelque sorte. Mais cela ne l’est pas, en réalité : la réforme du marché du travail, en gestation en Espagne, est éminemment politique. Derrière le minutieux détricotage des mesures de dérégulation les plus néfastes imposées à la faveur de la crise des dettes publiques il y a une dizaine d’années – dans la péninsule Ibérique, mais également en Irlande, en Italie, à Chypre et, bien sûr, pour le pire du pire, en Grèce –, le gouvernement du socialiste Pedro Sanchez opère une forme de « contre-contre-révolution néolibérale » et tente de remettre les droits comme les protections sociales à l’endroit dans un pays ravagé par les diktats de l’Union européenne, du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque centrale européenne (BCE).

Sous l’impulsion, dans ce domaine, de la communiste Yolanda Diaz, ministre du Travail et troisième vice-présidente du Conseil des ministres, la coalition au pouvoir à Madrid, rassemblant les socialistes (PSOE) et Unidas Podemos, s’attaque ainsi à quelques-uns des totems austéritaires, hérités des années de gouvernement de droite dirigé par Mariano Rajoy : modération ou même glaciation salariale, multiplication des contrats précaires, hiérarchie des normes inversée avec prééminence de l’accord collectif d’entreprise, etc.

Relance par les salaires

Dans le détail, après avoir augmenté le salaire minimum de près de 30 % depuis l’automne 2019 – il est désormais à 1 108 euros, alors qu’il culminait autour de 800 euros sous Rajoy –, le gouvernement de gauche espagnol promet de persévérer dans cette voie. « Politiquement, il y a toujours de la marge », constate Yolanda Diaz, à rebours des « comités d’experts » qui, sous couvert d’objectivité, limitent, comme mécaniquement, les évolutions salariales dans la plupart des autres pays européens. La Banque d’Espagne a, dans cet esprit, essayé d’allumer un contre-feu, avec une étude censée démontrer que la hausse du salaire minimum détruisait les emplois.

Pour les syndicats, c’est complètement faux, bien sûr. Selon Unai Sordo, le secrétaire général des Commissions ouvrières (CCOO), l’augmentation du salaire minimum « produit », au contraire, « un effet de création nette d’emplois » car les travailleurs peuvent utiliser l’argent pour « relancer la consommation dans les magasins, les bars et les librairies ». Aussi, afin de rattraper le retard en la matière par rapport aux autres pays de l’Union européenne, il convient, pour les CCOO, mais aussi pour l’autre grand syndicat espagnol, l’UGT, de programmer des hausses jusqu’à la fin de la législature. De quoi permettre au salaire minimum en vigueur d’atteindre 60 % du salaire médian, soit 1 200 euros.

Icon QuoteLe recours à des contrats temporaires sera limité à des situations données, comme l’augmentation réellement imprévue de l’activité.

Endémique en Espagne, la précarité des contrats est également au cœur du projet de réforme du marché du travail. Pour le gouvernement, en général, et pour Yolanda Diaz, en particulier, il s’agit de réduire drastiquement le nombre et la variété de contrats à durée déterminée, alors que, parmi les Vingt-Sept, le pays crève tous les records : 27 % des contrats sont à durée déterminée en Espagne. « Le principe fondamental doit être la stabilité dans l’emploi et on n’acceptera plus de limitation temporelle que lorsqu’une cause précise le justifie », avertit la ministre du Travail.

Particulièrement prisée par les employeurs espagnols car extrêmement souple et dénuée d’obligations, la forme du contrat de mission – « contrato de obra y servicio » en castillan – pourrait ainsi disparaître. Dans le projet gouvernemental, le recours à des contrats temporaires sera limité à des situations données, comme l’augmentation réellement imprévue de l’activité. Ce qui permet d’écarter catégoriquement tous les statuts précaires pour les situations « normales et permanentes » dans une entreprise…

Garantir des socles de droits

Dernier volet phare de la réforme en Espagne : le gouvernement introduit une « dérogation » aux lois austéritaires de 2012 qui, engagées dès la victoire du leader du Parti populaire (PP, droite), Mariano Rajoy, avaient renversé la hiérarchie des normes, en faisant de l’entreprise, le lieu où les relations sociales sont les plus inégales au plus grand bénéfice des patrons, le centre névralgique de la négociation et de la fixation des garanties collectives. Comme ailleurs en Europe, et notamment en France, ces textes ont donné la priorité aux accords d’entreprise sur les accords de branche, avec des possibilités de mettre en place des régimes moins-disants en matière de salaires, de temps et d’organisation du travail.

C’est cette machine à broyer les cadres de protection pour les salariés que le gouvernement Sanchez entend détruire. Le but est clairement de garantir des socles de droits au niveau des branches en dessous desquels il sera impossible d’aller dans les entreprises : finis les accords allongeant le temps de travail ou rognant sur les congés au nom de la « compétitivité » !

Dans ce champ, Yolanda Diaz veut également rétablir un principe assez inédit en Europe et protecteur qui avait été annihilé par les forces austéritaires : la « ultraactivitad », qui est un régime juridique garantissant la persistance des dispositions d’un accord arrivé à expiration tant qu’un autre accord n’a pas été validé entre patronat et syndicats. Une manière d’empêcher la dénonciation intempestive permettant aux employeurs de se délester de certaines obligations, sans rien proposer en contrepartie.

Retour de bâton de Bruxelles

Alors que les syndicats CCOO et UGT applaudissent ces mesures, l’Union européenne mais aussi l’OCDE veillent. Ces derniers mois, Valdis Dombrovskis, le vice-président de la Commission européenne, n’a pas manqué de tancer le gouvernement espagnol, en particulier sur la faveur qu’il entend rétablir aux accords de branche, au détriment des accords d’entreprise : les institutions européennes considèrent que les accords dérogatoires apportent de la « flexibilité » sur le marché du travail. Et tout le plan a de quoi faire sourciller à Bruxelles, où, pour l’heure, les gardiens du temple, aiguillonnés par le patronat espagnol ou européen, attendent encore leur heure avant de dégainer leur arme de dissuasion et de chantage favorite, l’accès aux fonds européens de sauvetage post-Covid-19.

Espagne. Titre du journal de Galice: "Yolanda Diaz ( la nouvelle ministre du Travail):la lutte ouvrière arrive au gouvernement."

 

Espagne. Yolanda Diaz, la nouvelle ministre du Travail du gouvernement de coalition "plus aimée par les syndicats que par les patrons" est une élue communiste de Galice. Elle annonce trois premiers objectifs: augmentation du salaire minimum, réforme du travail, nouveaux statuts pour les travailleurs.

 

Un nom qu'il faut retenir. La ministre du Travail du nouveau gouvernement de gauche en Espagne.

Une énorme responsabilité pour une femme qui, à l'inverse de Margartet Thatcher, a pour mission de redonner fierté et honneur au monde du travail espagnol, qu'il soit catalan, castillan, galicien, basque ou autre en commençant par faire tomber les loi anti-sociales scélérates qui ont été imposées par le PP et Ciutadanos et soutenues, ne l'oublions pas, par la droite catalane (CIU) à l'époque du président Mas.

Yolanda est galicienne. Quand on parle de la Galice, on évoque souvent Franco et le bastion du PP... mais les choses changent. Pour exemple, Martiño Noriega Sánchez, né en 1975, le maire de la capitale galicienne, Saint Jacques de Compostelle, est soutenu par Podemos.

Yolanda est militante du Parti communiste de Galice affilié au PCE et membre de la coalition IU. Elle a été députée de la Corogne puis de Pontevedra. Elle est titulaire d'une licence de droit et de 3 masters en sciences humaines. Tout un programme diraient certains. Franco doit se retourner dans sa nouvelle tombe ! Pourvu qu'il y reste...

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16 juillet 2021 5 16 /07 /juillet /2021 05:06

 

Face à l'ingérence des États-Unis à Cuba, le PCF exige la levée du blocus et affirme sa solidarité avec le peuple cubain

Prenant pour prétexte des manifestations dans plusieurs villes cubaines, les États-Unis se livrent aujourd’hui à une nouvelle ingérence à Cuba

 

Le PCF ne saurait accepter cette provocation. C’est à la nation cubaine et à son peuple de déterminer souverainement leur destin. Pas à l’impérialisme américain qui s’efforce depuis des décennies d’étrangler la révolution qui a débarrassé Cuba d’une dictature sanglante et qui l’a protégée des prédations des multinationales et des institutions financières mondiales. 

Les officines étatsuniennes, dotées de millions de dollars, s’emploient à exploiter les dures épreuves imposées au peuple cubain en pariant sur un rejet du gouvernement. Elles viennent de passer à une vitesse supérieure avec une nouvelle tentative de déstabilisation du pays.

Nous sommes résolument aux côtés du peuple cubain.

Les administrations nord-américaines, hier celle de Trump, aujourd’hui celle de Biden, portent pourtant l’écrasante responsabilité d’une situation économique dévastatrice. Le blocus est la principale source des difficultés du pays en interdisant à Cuba de commercer, d’échanger, de recevoir les matières premières, notamment pour les vaccins contre le Covid-19, et en visant ainsi à asphyxier l’économie cubaine et à attaquer sa souveraineté. Cuba n’a pas besoin de tutelle ou de "corridor humanitaire". Avec les Présidents mexicain et argentin, avec l’ancienne Présidente brésilienne Dilma Rousseff, le PCF demande, en reprenant leurs propos : « Si vous vous intéressez réellement à Cuba, mettez fin au blocus. »

Le PCF demande au Président de la République, à son gouvernement, à l’Union européenne :

• D’agir en faveur de la stricte application des résolutions de l’ONU exigeant la levée totale et immédiate du blocus contre Cuba

• De faire entendre la voix de la France pour exiger de M. Biden l’arrêt des ingérences et le respect de la souveraineté de Cuba.

• De développer nos échanges économiques, culturels, politiques avec Cuba.

Les communistes français sont résolument aux côtés du peuple cubain. Ils prendront dans les prochaines semaines toutes les initiatives de solidarité nécessaires.

 

Parti communiste français,

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14 juillet 2021 3 14 /07 /juillet /2021 08:13
Libérez Khalida Jarrar, dirigeante de la gauche palestinienne, députée emprisonnée en détention administrative par Israël
Libérez Khalida Jarrar, dirigeante de la gauche palestinienne, députée emprisonnée en détention administrative par Israël
Libérez Khalida Jarrar, dirigeante de la gauche palestinienne, députée emprisonnée en détention administrative par Israël

Suha Jarrar, la fille de Khalida Jarrar, dirigeante politique et ancienne députée palestinienne, actuellement détenue politique est décédée il y a 3 jours. 

Malgré des années de harcèlement de la part de l’occupant israélien, de nombreuses années derrière les barreaux, loin de son mari et de ses filles, Khalida Jarrar a toujours su rester forte et combative. Aujourd’hui, Khalida Jarrar fait face à la pire des souffrances en apprenant le décès de sa fille, Suha, 31 ans. Elle va l’appris par ses avocats, derrière les murs froids de la prison dans laquelle elle est enfermée depuis deux ans, loin de son mari Ghassan et de leur fille Yafa. Une demande de libération sera déposée par ses avocats afin de lui permettre d’enterrer sa fille et d’être parmi les siens pour affronter cette tragique épreuve.
Khalida est une prisonnière politique palestinienne qui a été arrêtée en raison de son engagement politique. Elle aurait dû avoir le droit d’assister aux funérailles de sa fille.

Khalida est détenue depuis près de deux ans et sa peine doit prendre fin dans deux mois. Elle a été arrêtée de nombreuses fois par le régime israélien et a été l’objet de plusieurs formes d’abus et de persécutions.

Les autorités israéliennes doivent libérer Khalida au plus vite.

🔴 Signez la pétition https://bit.ly/freeKhalidaJarrar 🔴

***

Mardi 13 juillet à Ramallah en Cisjordanie occupée, des centaines de personnes se sont réunies pour l’enterrement de Suha Jarrar, tragiquement disparue le 11 juillet dernier. Suite à une décision de l’occupation israélienne, sa mère Khalida Jarrar a été empêchée d’assister à la cérémonie pour dire adieu à sa fille alors qu’elle purge une peine de deux ans de prison en raison de ses activités politiques et doit être libérée dans deux mois. Prisonnière palestinienne et dirigeante du Front Populaire de Libération de la Palestine, elle a adressé un dernier message à sa fille...
"Je souffre tellement, mon enfant, seulement parce que tu me manques.
Je souffre tellement, mon enfant, seulement parce que tu me manques.
Du plus profond de mon agonie, j’ai tendu la main et embrassé le ciel de notre patrie à travers la fenêtre de ma cellule de la prison de Damon, à Haïfa. Ne t’inquiète pas, mon enfant, je me tiens debout et inébranlable, malgré les chaînes et le geôlier. Je suis une mère dans la douleur qui se languit de te voir une dernière fois.
Cela ne peut se passer qu’en Palestine. Tout ce que je voulais, c’était faire un dernier adieu à ma fille, avec un baiser sur son front et lui dire que je l’aime autant que j’aime la Palestine. Ma fille, pardonne-moi de ne pas avoir assisté à la célébration de ta vie, de ne pas avoir été à tes côtés pendant cette déchirure du ciel, aspirant à te voir, à te caresser et à planter un baiser sur ton front à travers la petite fenêtre de ma cellule de prison.
Suha, ma précieuse. Ils m’ont privé de te donner un dernier baiser d’adieu. Je te dis adieu avec une fleur. Ton absence est douloureuse, atrocement douloureuse. Mais je reste inébranlable et forte, comme les montagnes de la Palestine bien-aimée."
Khalida Jarrar, 13 juillet 2021

 

Lire aussi:

1er novembre 2019: Ramallah : l’armée israélienne kidnappe la députée palestinienne Khalida Jarrar (communiqué de l'AFPS)

décembre 2017: Khalida Jarrar, Ahed Tamimi, Salah Hamouri: C'est la Palestine indomptée qu'on embastille!

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14 juillet 2021 3 14 /07 /juillet /2021 07:35
États-Unis. Course aux armements nucléaires : Biden ne change rien (L'Humanité, Odile Tsan, 11 juillet 2021)
États-Unis. Course aux armements nucléaires : Biden ne change rien
Dimanche 11 Juillet 2021 - L'Humanité

L’augmentation des dépenses prévues par la Maison-Blanche au budget 2022 pour « la modernisation » de l’arsenal nucléaire, reprend la périlleuse fuite en avant initiée par l’ex-président.

 

Joe Biden s’inscrit dans la poursuite de la course aux armements nucléaires engagée par son prédécesseur. Cette volonté transpire dans les chiffres que vient de fournir la Maison-Blanche sur ses propositions de budget pour l’année 2022. Le financement de la « modernisation de l’arsenal nucléaire » lancée à grands frais par Donald Trump, est maintenu dans les mêmes ordres de grandeur. Au grand désappointement de plusieurs ONG engagées en faveur de la lutte pour la paix et le désarmement. L’Association pour le contrôle des armes (Arms Control) prend les citoyens à témoin en citant des extraits de discours de campagne où Joe Biden se répandait contre « l’excès des dépenses pour les armes nucléaires ».

« 1,5 fois plus importante que le budget total des centres sanitaires et de prévention. » Mark Pocan et Barbara Lee, membres démocrates de la Chambre des représentants

Au sein de l’aile gauche du Parti démocrate, inquiétudes et critiques s’accroissent après les récents renoncements d’un plan bipartisan sur les infrastructures – le projet d’augmentation de l’impôt sur les sociétés de 21 % à 28 % y a été tout simplement biffé. À elle seule, l’augmentation des dépenses militaires programmée est sur un an « 1,5 fois plus importante que le budget total des centres sanitaires et de prévention » contre la pandémie de Covid-19, s’insurgent dans une déclaration commune Mark Pocan et Barbara Lee, membres démocrates de la Chambre des représentants.

Un budget historique de 752,9 milliards de dollars

La hausse des dépenses pour les armes nucléaires contribue pour une bonne part à l’augmentation de 11 milliards de dollars du projet de budget consacré aux armées et à leurs engins de mort. Soit un niveau historique de 752,9 milliards de dollars, qui pulvérise les records déjà atteints ces quatre dernières années.

La « modernisation » de l’arsenal nucléaire obéit à une logique extrêmement périlleuse. Elle est en effet en bonne partie destinée à l’élaboration d’armes dites de « plus faible puissance » (lower field), qui rendraient leur usage plausible sur un éventuel champ de bataille. En rupture donc avec les principes de la dissuasion nucléaire fondés sur un non-usage des armes atomiques par crainte d’un anéantissement réciproque. Lors du lancement du processus en 2018, Trump avait soulevé un tollé et avait été accusé, à juste titre, de se comporter comme un docteur Folamour justifiant le recours d’une éventuelle « frappe nucléaire en premier » contre un adversaire sans risquer l’apocalypse en retour.

Miniatures mais monstrueux

La « modernisation » reprise à son compte par l‘équipe Biden suppose la poursuite de la mise au point de missiles dits « miniaturisés » tirés depuis des sous-marins, dont la puissance ne permettrait certes pas, selon les spécialistes, de vitrifier des métropoles entières, mais serait tout de même équivalente à celle de la… bombe d’Hiroshima.

C’est la gabegie de dépenses militaires sur le long terme qui inquiète le plus les progressistes états-uniens. La « modernisation » des arsenaux nucléaires répond en effet à la nécessité d’une programmation sur au moins une décennie. L’Association pour le contrôle des armes a calculé que cela induit un surcroît de dépenses militaires de quelque 634 milliards de dollars (510 milliards d’euros) sur les dix prochaines années.

De plus, ce type de décision risque d’aiguiser dangereusement les tensions internationales. Elle devrait conduire Russie et Chine à répliquer dans la course aux armes nucléaires de toutes sortes. Moscou et surtout Pékin ont été présentés en juin lors des sommets de l’Otan et du G7 comme les ennemis d’un Occident dont Joe Biden s’est proclamé le guide.

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14 juillet 2021 3 14 /07 /juillet /2021 07:32
Cuba. Dans la Grande Ile asphyxiée par le blocus, la colère déborde - Rosa Moussaoui, L'Humanité, 13 juillet 2021
Cuba. Dans la Grande Île asphyxiée par le blocus, la colère déborde
Mardi 13 Juillet 2021 - L'Humanité

Des manifestants sont descendus dans les rues de plusieurs dizaines de villes. Les sanctions américaines, la pandémie de Covid-19 et la crise économique se conjuguent pour le pire, dans un climat de tension guetté par Washington.

C’est une secousse sérieuse. Sans doute la plus forte depuis le Maleconazo du 5 août 1994, lorsque les dures restrictions économiques de la « période spéciale », dans une île sous blocus états-unien, ayant perdu ses appuis soviétiques avec la chute du bloc de l’Est, avaient donné lieu, à La Havane, à de violentes émeutes. Dimanche, des marches ont réuni, aux cris de « Liberté ! », des milliers de Cubains excédés par les pénuries d’aliments, de médicaments, par les coupures d’électricité. Parti de San Antonio de los Baños, une petite ville à 25 km au sud-ouest de La Havane, où le premier rassemblement a été signalé, cet élan a gagné plusieurs dizaines d’autres villes, dont la capitale, au rythme des images répercutées sur les réseaux sociaux, de plus en plus fréquentés depuis l’arrivée de l’Internet mobile, fin 2018.

« Nous avons faim ! » 

Conséquence logique de la pire crise économique depuis trente ans : la crise sanitaire, la mise à l’arrêt du secteur touristique et le brutal durcissement des sanctions américaines par l’administration Trump se sont combinés pour le pire, entraînant, ces derniers mois, une dégradation terrible des conditions de vie de la population. « Nous avons faim ! » scandaient les protestataires, en défiant d’imposants déploiements militaires et policiers.

Les réformes économiques entrées en ­vigueur au début de l’année, dans le contexte le plus défavorable qui soit, avec une ­récession de 11 % en 2020, n’ont pas eu les effets escomptés. Au contraire, la fusion au début de l’année du peso (CUP) et du peso convertible (CUC), aligné sur le dollar, a entraîné une sévère spirale inflationniste. Les salaires des fonctionnaires et les retraites ont bien été multipliés par cinq, mais ces hausses, qui ne concernent que les trois cinquièmes de la population, ont vite été rattrapées par l’hyperinflation, malgré l’instauration d’un contrôle des prix.

L’industrie du tourisme, l’une des principales pourvoyeuses de devises et d’emplois, qui représentait, en 2019, près de 10 % du PIB, s’est, elle, effondrée avec la pandémie de Covid-19 : Cuba n’a accueilli, en 2020, que 1 million de visiteurs étrangers, contre plus de 4 millions l’année précédente. Autre ressource vitale qui s’est réduite comme peau de chagrin : les transferts de fonds des Cubains établis à l’étranger, qui ont diminué de plus de 50 % au cours de l’année 2020. Une pénurie de devises propre à asphyxier un pays qui importait, en 2019, près de 70 % de ses denrées alimentaires.

Le cynisme de Washington

Dans ces circonstances, le marché noir prospère, mais à des prix inaccessibles pour l’écrasante majorité des Cubains, et, surtout, l’île est plus vulnérable que jamais aux effets de la guerre économique sans merci que lui livre Washington avec le blocus décrété en 1962, dont la portée extraterritoriale interdit le développement des échanges économiques et commerciaux avec des pays tiers. Au début de la pan­démie, la haute commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Michelle Bachelet, avait mis en garde contre les effets humanitaires désastreux de ces sanctions, en appelant à les « assouplir » ou à les « suspendre ». Non seulement son appel n’a pas été entendu, mais Donald Trump les a au contraire renforcées, avec un arsenal de 243 nouvelles mesures et l’inscription de Cuba sur la liste des pays que les États-Unis tiennent pour « terroristes ».

Avec cette politique d’étranglement aux conséquences criminelles, l’objectif stratégique de Washington est clair : pousser la population à bout, l’encourager à se ­retourner contre le gouvernement cubain pour le faire tomber. Sur ce terrain, l’admi­nistration Biden n’a pas manifesté de ­volonté de rupture. Dans un message adressé, le 20 mai dernier, à « tous ceux qui construisent un Cuba meilleur », le secrétaire d’État Antony J. Blinken exaltait la « quête de liberté, de prospérité et d’un avenir plus digne » appuyée selon lui par les États-Unis. Lesquels plaident désormais, avec un cynisme assumé, pour un « corridor humanitaire », Joe Biden imputant même « les souffrances économiques » des Cubains au « régime autoritaire » de La Havane. Réponse de Miguel Diaz-Canel, dimanche, à la télévision : « Nous n’admettrons pas que de quelconques contre-révolutionnaires, des mercenaires vendus au gouvernement des États-Unis (…) provoquent la déstabilisation dans notre peuple. » Le président cubain a solennellement appelé «  tous les révolutionnaires du pays, tous les communistes, à descendre partout dans la rue pour déjouer cette provocation » annonçant à ses yeux un « plan d’annexion ».

Le coût des sanctions

Au total, La Havane estime à 9,157 milliards de dollars le préjudice causé par le blocus à son économie, entre avril 2019 et décembre 2020, soit 436 millions par mois en moyenne. Au cours de ces cinq dernières années, ces sanctions auraient coûté à l’économie cubaine plus de 17 milliards de dollars.

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13 juillet 2021 2 13 /07 /juillet /2021 05:10

 

Les négociations à l’OCDE s’annoncent très serrées après le feu vert donné samedi par les ministres des Finances du G20 à l’impôt mondial de 15 % et à la taxation des multinationales.

D’habitude avares en tout, les grands argentiers du G20 ont été prodigues en superlatifs. « Nous sommes parvenus à un accord historique sur une architecture fiscale internationale plus stable et juste », ont-ils annoncé samedi en clôture de leur sommet à Venise. Les ministres des Finances et des gouverneurs de banque centrale des vingt plus grandes puissances économiques mondiales ont repris à leur compte l’accord travaillé au sein de l’OCDE et appuyé par le G7 début juin. À défaut de l’ONU, non saisie sur la question, c’est à ce club des riches qu’est revenu l’honneur de poser la première pierre de cette construction fiscale à deux « piliers ». Le premier vise à taxer les plus grandes multinationales qui échappent à l’impôt à coups d’optimisations fiscales. Le second porte sur une imposition minimale mondiale de 15 % sur les bénéfices des entreprises afin de réduire le dumping fiscal entre pays ainsi que le nombre de paradis fiscaux. Si les principes sont posés, les détails restent à régler. Or, les discussions qui vont reprendre à l’OCDE jusqu’en octobre pourraient réduire cette maison commune fiscale aux ambitions déjà bien réduites en une baraque ouverte à toutes les exceptions.

1- Un impôt mondial façon emmental

Bruno Le Maire a salué samedi une « révolution fiscale » pour laquelle « il n’y a plus de retour en arrière possible ». Le ministre de l’Économie peut se montrer enjoué. Lui qui avait rué dans les brancards lorsque à l’OCDE un taux minimal d’impôt sur les sociétés de 25 % était discuté, puis bataillé contre les 21 % proposés il y a tout juste un mois par les États-Unis se contente fort bien des 15 % planchers entérinés par le G20. Un taux de 25 % aurait pourtant rapporté jusqu’à 32 milliards d’euros dans les caisses du fisc français chaque année ou 170 milliards d’euros à l’Europe, selon l’Observatoire européen de la fiscalité. Mais le gouvernement suit à la lettre son document de positionnement sur la transparence fiscale adressé à l’Union européenne, que le Medef avait rédigé.

Si la France n’en a pas l’ambition, rien n’empêche d’autres pays de fixer un impôt sur les bénéfices des sociétés au-delà de ces 15 %. Mais alors bien plus haut. « Après plusieurs décennies de baisse des taux nominaux de l’impôt sur les sociétés, la convergence semble désormais se faire autour de 25 % », notait le Conseil des prélèvements obligatoires en fin de semaine dernière. Les États-Unis passeront à 28 %, les Britanniques à 25 %. L’Italie est à 24 %. L’Allemagne n’est pas loin en comptant son imposition locale. La France, qui vise les 25 % en 2022, ne dépareillera pas.

Ces 15 % n’effraient pas non plus les multinationales. Moins de 10 000 grandes entreprises seraient concernées : celles dont le chiffre d’affaires annuel dépasse 750 millions d’euros. Elles pourront sans doute compter sur le club de paradis fiscaux, mené par l’Irlande, rassemblant notamment la Hongrie, l’Estonie, la Barbade pour négocier quelques exemptions afin de préserver leur « attractivité fiscale ». Voilà pourquoi l’OCDE table sur 150 milliards de dollars de recettes fiscales annuelles par an. Que ça. Mais déjà ça.

2- Les multinationales tremblent peu

La taxation des multinationales telle que prévue dans le « pilier un » ne fait pas peur non plus aux entreprises les plus riches. Dans l’état actuel des discussions, seules celles dont le chiffre d’affaires dépasse les 20 milliards de dollars et qui affichent une rentabilité supérieure à 10 % sont visées. 20 % et 30 % de leurs « surprofits » pourraient être taxés. Mais à ce compte, Amazon échapperait au mécanisme du fait de son agilité fiscale. Quant aux entreprises financières et extractives, elles ont bon espoir d’être exemptées. Parties à cent, les multinationales visées pour payer leurs impôts dans le pays de leurs sièges sociaux et de leurs activités pourraient se retrouver à 70.

Par ailleurs, comme le note Quentin Parrinello, d’Oxfam France, « des exemptions s’organisent déjà. Trois lignes dans le texte de l’OCDE indiquent que si vous disposez d’actifs, comme une usine, ou de salariés dans un pays, vous aurez droit à 5 % de déduction fiscale dans les cinq premières années de mise en place de l’accord, puis de 7,5 %. On ne parle plus de trous dans le plancher des 15 %. Ce sont carrément des parties qui ont été sciées ! ».

Les multinationales tremblent d’autant moins que celles s’estimant trop taxées pourraient saisir des tribunaux arbitraux. Face à leurs bataillons d’avocats, les gouvernements désargentés pèseraient peu dans ces juridictions privées.

3 - Des mécanismes qui ne réduisent pas les inégalités

Des pays en développement comme le Nigeria et le Kenya n’ont pour l’heure pas signé le texte de l’OCDE. C’est qu’ils ne profiteront globalement pas de ce surplus fiscal. 40 % de la population mondiale la plus pauvre devra se partager, selon les projections de l’OCDE, 2,4 milliards d’euros à l’année, soit à peine un euro par citoyen, quand les huit États les plus riches récupéreront, eux, plus de 50 milliards. Or, ce sont les pays en développement qui souffrent le plus de l’évasion fiscale des multinationales.

Pour tenter de faire passer la pilule, les ministres des Finances des 19 pays les plus riches et de l’Union européenne vont discuter d’une nouvelle émission de droits de tirage spéciaux (DTS) au profit des plus vulnérables.

Derrière ce nom technique se cache la monnaie du Fonds monétaire international (FMI). Adossés aux grandes banques centrales, ces fonds soit servent de monnaie de réserve pour stabiliser la valeur de la monnaie intérieure, soit sont dépensés pour financer des investissements. Le G20 réfléchit ainsi à mobiliser un peu plus de 80 milliards d’euros en DTS, dès le mois d’août. Soit à peine une année de revenus de taxe sur les multinationales, dont les pays pauvres ne verront globalement pas la couleur.

4 - Les États-Unis donneront le la

Une dernière incertitude demeure : l’application par les États des mesures une fois définies au sein de l’OCDE. La taxe sur les multinationales implique que les pays où les firmes ont leurs activités s’entendent avec ceux où ces mêmes firmes possèdent leurs sièges pour recouvrir les taxes dues. « Les modalités d’une telle coopération, qui pourraient faire l’objet d’une convention multilatérale, restent à fixer », prévient le Conseil des prélèvements obligatoires (CPO). Quant à l’impôt mondial, il appartient à chaque pays de l’OCDE de le retranscrire. « Certains États – notamment ceux pratiquant les taux d’imposition les plus faibles – pourraient être tentés de transposer les règles de manière très restrictive », reprend le CPO.

Les États-Unis, qui ont donné une impulsion décisive aux travaux de l’OCDE cet hiver, joueront là encore un rôle pivot. L’administration Biden n’a pas lâché son objectif d’affaiblir les Gafam. Le président états-unien a exhorté vendredi la juriste Lina Khan, pourfendeuse des géants du numérique à la tête de l’autorité américaine de la concurrence (FTC), de viser les activités anticoncurrentielles de ces firmes.

Mais l’affaire s’annonce difficile au Parlement avec les républicains. Dans ce jeu de politique intérieure, les taxes Gafam, appliquées par exemple en France ou en projet en Europe, feront objet de monnaie d’échange. La secrétaire au Trésor Janet Yellen a appelé dimanche les Européens à reconsidérer ces taxes « discriminatoires à l’égard des entreprises américaines ».

 

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9 juillet 2021 5 09 /07 /juillet /2021 06:47
Salah Hamouri à Brest à l'invitation de l'AFPS en 2019 (photo I.Dupont)

Salah Hamouri à Brest à l'invitation de l'AFPS en 2019 (photo I.Dupont)

Jérusalem Le Quai d’Orsay « pleinement mobilisé » pour Salah Hamouri
Vendredi 9 Juillet 2021

Dans son édition du 30 juin, le site du journal israélien Israel Hayom cite les déclarations de la ministre de l’Intérieur, Ayelet Shaked. Celle-ci évoque notamment le cas de l’avocat franco-palestinien Salah Hamouri en ces termes : « Les actions de Salah Hamouri constituent une violation grave de l’engagement fondamental d’un citoyen israélien, et en raison de cet abus de confiance, la révocation de sa citoyenneté est légalement justifiée. » En clair, les autorités israéliennes veulent interdire à Salah Hamouri de vivre dans sa ville natale, Jérusalem. Interrogé par l’Humanité sur ces menaces, le Quai d’Orsay a répondu que ses services « à Paris, Jérusalem et Tel-Aviv sont pleinement mobilisés pour que Salah Hamouri puisse faire valoir l’ensemble de ses droits et qu’il puisse mener une vie normale à Jérusalem, où il réside. La situation de Salah Hamouri est suivie attentivement et à haut niveau par les autorités françaises ». P. B.

 

Israël. Le gouvernement s’acharne contre Salah Hamouri
Mardi 6 Juillet 2021 - L'Humanité

La ministre de l’Intérieur veut la révocation du statut de résident permanent à Jérusalem de l’avocat franco-palestinien.

Le nouveau gouvernement israélien prolonge la politique menée par Benyamin Netanyahou. Particulièrement s’agissant de l’occupation des territoires palestiniens. Depuis plusieurs jours maintenant, les colons se déchaînent. Un jeune Palestinien a été tué non loin de Naplouse.

Les détentions administratives se multiplient

De son côté, la ministre de l’Intérieur, Ayelet Shaked, membre de l’extrême droite israélienne, déjà ministre dans l’équipe précédente, poursuit sur sa lancée. Les détentions administratives se multiplient. Ghazanfar Abou Atwan, 28 ans, est en grève de la faim depuis maintenant 62 jours pour protester contre son incarcération arbitraire. Sa santé est en train de se dégrader.

C’est dans une telle situation que Ayelet Shaked vient d’annoncer qu’elle approuvait la révocation du statut de résident permanent de Jérusalem de Salah Hamouri, avocat franco-palestinien, né et vivant à Jérusalem. Une information publiée, ce lundi, sur la version anglaise du site Israel Hayom.

Plus de 14 500 Palestiniens ont perdu le statut de résident depuis cinquante ans.

Depuis l’annexion illégale de Jérusalem-Est par Israël en 1967, les Palestiniens qui y vivent sont considérés comme des « résidents permanents ». Contrairement aux Israéliens, qui sont citoyens, les Palestiniens de Jérusalem doivent posséder un permis de résidence pour y demeurer.

Or, Israël s’arroge le droit de révoquer ce permis de plusieurs manières. Plus de 14 500 Palestiniens ont perdu ce statut depuis cinquante ans. Selon l’amendement du 7 mars 2018 à la loi sur l’entrée en Israël, contester la politique israélienne représente une « rupture de loyauté envers l’État d’Israël ».

« Les actions de Salah Hamouri constituent une violation grave de l’engagement fondamental d’un citoyen israélien et, en raison de cet abus de confiance, la révocation de sa citoyenneté est légalement justifiée », a doctement expliqué la ministre de l’Intérieur. Elle doit obtenir l’accord du ministre de la Justice et du procureur général.

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