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22 février 2017 3 22 /02 /février /2017 14:03
Communiqué de Presse intersyndical du Centre Hospitalier du Pays de Morlaix - Préavis de grève déposé pour le 28 février et appel au soutien de la population devant les Urgences de l'hôpital de Morlaix

Communiqué de presse
Personnel des Urgences du CHPM

Il y a plusieurs semaines, le personnel des Urgences du CHPM, en grande difficulté pour assurer sa fonction d'accueil et de soins, avait alerté sa direction, puis, devant le manque de réactivité de cette dernière, la presse, afin de trouver appui auprès des usagers.
Les semaines ont passé, dans un soucis d'apaisement et de travail constructif, nous avons accepté de rencontrer à plusieurs reprises nos dirigeants afin de trouver des solutions aux difficultés que nous rencontrons.
L'augmentation du flux patients dans la configuration organisationnelle qui est la notre aujourd'hui, cause de manière trop récurrente le problème de la sécurité des prise en charge en matière de surveillances, de temps d'attente et de conditions d'attente.
Palliant de manière imparfaite, depuis trop longtemps à cette situation et devant l'augmentation de la fréquentation du service des urgences, le personnel, soutenu par ses médecins, a élaboré un document complet relatant ses difficultés ainsi que des propositions de réorganisation qui permettaient de manière simple de régler les problèmes qu'ils rencontrent.
Les propositions raisonnées et raisonnables en terme d'augmentation du personnel restent largement inférieures aux recommandations, établies par les instances nationales, pour une service d'urgences accueillant plus de 33000 patients par an.
Nous savons que notre établissement doit faire face à des impératifs économiques, mais nous ne pouvons nier l'augmentation de notre activité et les limites de notre organisation actuelle, tout en continuant à accueillir des urgences vitales dans des conditions d'insécurité intolérable.
De semaine en semaine , nous sommes bercés de l'illusion d'avoir été écouté, nos dirigeants
reconnaissent nos difficultés et l'augmentation du flux de patients (16 % depuis 2010) mais refuse d'entendre que cette situation entraîne des besoins.
Depuis notre première rencontre on nous balade en nous laissant espérer ou plutôt dans l’espoir que nous finissions par baisser les bras et par courber l'échine en continuant à travailler et à accepter de le faire dans ces conditions intenables non pour le personnel mais pour les personnes accueillies !
Notre dossier va être transmis à l'ARS car nous refusons de porter la responsabilité d'un drame qui pourrait se produire dans notre service par défaut de surveillance.
Dans le même temps un nouveau mouvement de grève va démarrer et le personnel des Urgences portera quotidiennement le deuil d'un service en péril.

Préavis de grève déposé pour le 28 Février prochain, journée complète et débrayage de 14h à 15h.
Rassemblement devant le bâtiment des Urgences.
Nous invitons la population à nous rejoindre pour exprimer leur solidarité afin de garantir une sécurité et une qualité de soins auquel ils ont droit.

 

CGT- CFDT -Solidaires

 

***

Statut Quo aux Urgences du CHPM...
 

Le 12 Janvier dernier, le personnel des Urgences du CHPM était en grève pour réclamer des moyens humains, matériels et une prise en compte de leur malaise croissant.
Une série de rencontres a eu lieu entre la direction et l'équipe, réunions dont on aurait pensé qu'elles puissent aboutir à l'octroi de moyens humains supplémentaires, permettant une prise en charge des patients en toute sécurité, mais ce n'est pas le cas…
Les revendications du personnel ne sont pas suffisamment prises en compte, la direction annonce la fermeture de l'UHCD du 23 juillet au 20 août prochain, et parle de problématiques ponctuelles en lien avec des pics d'activité … Pourtant l'activité des Urgences progresse de 16 % depuis 2010...
Les fermetures de lits diverses et variées en lien avec des restructurations, des lits bloqués du fait de bactéries BHRE (isolement) conduisent à une stagnation de patients aux Urgences sans que des moyens humains ou de logistique (repas, matériel) aient été fournis aux agents.
Une énième réunion a eu lieu ce matin mercredi, la direction reste sourde aux revendications plus que justifiées du personnel.
Devant tant de mépris de la part de la direction, il n'y a pas d'autres alternatives qu'un nouveau préavis de grève.

 

Journée de grève
Mardi 28 Février
débrayage 14h à 15h et journée complète
rassemblement devant le bâtiment des Urgences à 14h

 

 

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22 février 2017 3 22 /02 /février /2017 13:07
Le groupe Coverfield

Le groupe Coverfield

ça y est, la fête de l'Humanité locale, fête du Viaduc place Allende à Morlaix, organisée par le Parti Communiste, est déjà sur les rails pour le lundi 1er mai 2017 avec une deuxième réunion de préparation ce soir, mercredi 22 février, à 18h.
Cette année, après Mona Jaouen en 2016, Fanch Le Marrec et Jean-Paul Ferrec en 2015, avec la Souris Noire, Célestino Lopez pour la 50e fête du Viaduc en 2014, Zogo en 2013, avec Joël et Dominique Corre, Célestino Lopez, La Famille Chandru (Michel Gasse et Gaël Abaléo), Darry Cowl and the Band en 2012, le 1er mai 2017, nous invitons le groupe:   
 
COVERFIELD :
musique folk armoricaine!!!
(country pop & Irish punk)
 
avec des reprises des grands standards de la musique pop/rock en versions acoustiques  tels les fils spirituels bretons de Johnny Cash et Shane Mac Gowan!
AC/DC, Bob Marley, Lady Gaga, U2, Rage agaisnt the machine… rien ne les arrête… pour un set folk-rock endiablé !
3 musiciens : Gaël Abaléo, Kevin Le Saint, Yvan Le Saint 
chant/guitare, flûtes/mélodica, contrebasse 
 
Et afin d'aiguiser votre appétit, voici quelques liens vers des vidéos youtube :
 
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22 février 2017 3 22 /02 /février /2017 12:54
Selahattin Demirtas

Selahattin Demirtas

AFP - Orient le jour

Le coprésident du principal parti prokurde de Turquie Selahattin Demirtas a été condamné mardi à cinq mois de prison pour "dénigrement de la nation turque", a rapporté l'agence de presse progouvernementale Anadolu.

Cette décision survient quelques heures après l'annonce par le Parlement turc de la déchéance de son mandat de députée de Figen Yüksekdag, qui codirige avec M. Demirtas le Parti démocratique des peuples (HDP).

Incarcéré depuis le mois de novembre, M. Demirtas a été condamné pour "dénigrement de la nation turque, de l'Etat et des institutions de la République de Turquie" par un tribunal de Dogubeyazit (sud-est), a détaillé Anadolu.

Le charismatique chef de file du HDP est visé par des dizaines de procédures judiciaires et risque notamment 142 ans de prison dans le cadre d'un procès où il est accusé de "diriger une organisation terroriste" et de faire de la "propagande terroriste".

Les autorités turques accusent le HDP d'être la vitrine politique des séparatistes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), une organisation classée "terroriste" par Ankara, Washington et Bruxelles.

Mme Yüksekdag a été déchue de son mandat d'élue de la Grande assemblée nationale de Turquie en raison de la validation par la Cour de cassation d'une condamnation pour "propagande terroriste", a indiqué mardi la coprésidente du Parlement Ayse Nur Bahçekapili.

Le deuxième parti d'opposition de Turquie a été durement frappé par les purges qui ont suivi le putsch manqué en juillet, suscitant l'inquiétude des pays européens et d'ONG qui accusent le président Recep Tayyip Erdogan de vouloir étouffer toute voix d'opposition.

Le HDP a été décapité par l'arrestation de ses deux coprésidents et d'une dizaine de cadres en novembre dernier. L'un des rares poids lourds du HDP encore en liberté, Idris Baluken, a été placé en détention mardi, ont rapporté les médias turcs.

Ces développements surviennent à quelques semaines d'un référendum sur une révision constitutionnelle qui renforcerait les pouvoirs de M. Erdogan, un projet auquel est farouchement opposé le HDP.
Le HDP a indiqué lundi avoir saisi la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) pour protester contre l'arrestation de ses dirigeants.

Lire aussi, dans L'Humanité du 20 février: 

Turquie: des élus kurdes en appellent à la Cour Européenne des Droits de l’Homme

LUNDI, 20 FÉVRIER, 2017
HUMANITE

Des élus du HDP demandent à la Cour européenne des Droits de l’Homme d’exiger d’Erdogan qu’il libère les 12 députés du HDP actuellement emprisonnés sans jugement, dans un contexte où débute en Turquie la campagne du referendum destiné à renforcer les pouvoirs du président.

Ils ont fait spécialement le voyage de Turquie jusqu’à Strasbourg. Députés du Parlement turc, élus municipaux ou responsables politiques du HDP ( Parti démocratique des Peuples ), une dizaine de femmes et d’hommes, soutenus par de nombreux militants, ont déposé lundi matin à la Cour européenne des Droits de l’Homme les dossiers des 12 députés du HDP incarcérés en Turquie depuis novembre dernier, dont ceux des deux co-présidents, Figen Yuksekdag et Selahattin Demirtas.

« Nous sommes venus ici parce que tous les recours juridiques ont été épuisés en Turquie, » explique l’avocate internationale Reagan Yalçindag. « En réalité aujourd’hui, on ne peut plus entreprendre aucune action juridique en Turquie, toutes les voies sont barrées. Il faut que la Cour européenne des droits de l’Homme prenne ses responsabilités, » ajoute-t-elle.

Et il y a urgence. Vendredi dernier, le président turc Recep Tayyip Erdogan a en effet lancé lui-même la campagne en faveur du « Oui » pour le referendum, qui se déroulera le 16 avril prochain, et dont l’enjeu est de modifier la constitution pour accorder plus de pouvoirs au président turc. Erdogan tient à dominer cette campagne qu’il a soigneusement préparée pour éviter toute contestation possible. Depuis juillet dernier, profitant du climat provoqué par le coup d’état manqué des partisans supposés du mouvement Gülen, il a fait notamment fait emprisonner des députés d’opposition ou des élus régionaux, mais aussi des journalistes, des magistrats et des universitaires, procédant dans le même temps à la fermeture près de 160 journaux, radios, télés et autres organes de presse. « On entre dans la campagne du referendum, mais les représentants de l’opposition n’ont pas le droit de s’exprimer, » explique la députée d’Istanbul Flize Kerestesioglu ( HDP. ) « Le gouvernement de Recep Tayyip Erdogan a fait mettre en prison non seulement nos députés, mais aussi des militants, et des élus municipaux. Les maires des villes kurdes ont été soit arrêtés, soit destitués. Dans ces conditions là, comment voulez-vous qu’on fasse campagne ? » demande-t-elle.

C’est dans ce contexte que les élu(e)s du HDP ont décidé d’en appeler à la Cour européenne des Droits de l’Homme. Un de ses articles ( l’article 16 ), signé par la Turquie, qui est membre du Conseil de l’Europe, stipule en effet qu’aucun député ne peut être jugé en étant incarcéré, et que d’autre part, en cas d’incarcération d’un député, la Cour Suprême de Turquie doit faire un rapport et se prononcer dans les 3 jours. « Or il y a aujourd’hui plus de 90 jours que les 12 députés du HDP sont en prison, et rien n’a été fait, » explique Reagan Yalçindag.

Quel peut être la portée réelle de cette démarche auprès de la Cour européenne des Droits de l’Homme ? L’avocate du HDP explique que même si la Turquie n’a pas respecté une décision déjà prise il y a 4 ans par la Cour dans une autre affaire, il faut néanmoins insister pour que la CEDH prenne une décision rapidement. « On est en train de changer la nature d’un régime en changeant la constitution, par contre les représentants politiques ne peuvent pas parler dans leur pays, comment peut-on parler de démocratie ? » s’insurge la députée Flize Kerestesioglu, qui ajoute : « la seule chose qu’on peut dire c’est qu’une dictature se prépare. »

 

 

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22 février 2017 3 22 /02 /février /2017 12:35
Selon un sondage du CEVIPOF en Bretagne publié le 16 février, Macron arriverait en tête des intentions de vote aujourd'hui en Bretagne, avec Hamon en deuxième position et Marine Le Pen en quatrième position du premier tour avec son plus mauvais score national (16%)

Sondage CEVIPOF du 16 février 2017:

En l'absence de BAYROU, au premier tour des présidentielles: 

Macron: 27,5% des voix en Bretagne (contre 23% dans toute la France)

Hamon: 21% des voix en Bretagne (contre 15,5% dans toute la France)

Fillon: 20% des voix en Bretagne (contre 18% dans toute la France)

Le Pen: 16% des voix en Bretagne (contre 26% dans toute la France) 

Mélenchon: 9% des voix en Bretagne (contre 12% dans toute la France)

 

Avec Bayrou (crédité de 7,5%), Fillon et Hamon descendraient à 11,5%, Macron à 24%  

 

Méthodologie du sondage CEVIPOF: Réalisée du 7 au 12 février, l'enquête du CEVIPOF s'appuie sur 912 personnes inscrites sur les listes électorales, constituant un échantillon représentatif de population de la région Bretagne âgée de 18 ans et plus et inscrite sur les listes électorales. Dont 650 personnes certaines d’aller voter à l’élection présidentielle. 

 

Lire aussi: 

"Macron, tel César dans sa start-up" - un article remarquable sur le télé-évangéliste des politiques capitalistes par Fabien Escalona, Médiapart - 21 février 2017

L'ambiance des meetings de Macron: trucages et artifices au service du discours du vide et du creux

 

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22 février 2017 3 22 /02 /février /2017 11:52

Plutôt Hitler que le front populaire?

Depuis 1 an, nous avons une seule certitude sur les élections présidentielles: la présence de Marine Le Pen au second tour. Chaque semaine vient confirmer que sa victoire n'est pas à exclure.
Pourtant, une dynamique de progrès à gauche existe avec un mouvement social massif contre la loi Travail qui a éliminé Hollande puis Valls. Alors que la gauche de transformation sociale peut accéder au 2nd tour, ses portes paroles semblent s'être trompés d'élections. En avril, on vote pour les présidentielles, pas pour le premier dirigeant de l'opposition. Ce n'est pas d'un congrès dont il s'agit mais de l'avenir de notre pays. 
En 1936, dans un contexte qui ressemblait à celui d'aujourd'hui, l'union de la gauche a permis de faire barrage à l'extrême droite et de mettre le progrès à l'ordre du jour. Pourquoi Ce qui était possible à l'époque, au lendemain du congrès de Tours, ne serait plus possible aujourd'hui?

C'est simple, il suffit de
- faire un programme commun, sachant que l'abrogation de la loi travail, le refus du ceta et du tafta, les 32h, la 6e republique, le lien fondamental entre l'environnemental et le social font deja consensus
- construire un accord pour les législatives 
- construire un accord de gouvernement 
C'est seulement sur cette base que l'un des deux candidats pourra se retirer

Il reste encore 62 jours...
...Merci à Benoit Hamon et Jean Luc Mélenchon de nous éviter d'avoir à voter Macron ou Fillon le 7 mai prochain, voire de nous réveiller le 8 mai avec l'extrême droite au pouvoir...

Sophie Binet, secrétaire générale adjointe CGT cadres 

20 février 2017

Plutôt Hitler que le Front Populaire? - billet de Sophie Binet, secrétaire générale adjointe CGT cadre
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22 février 2017 3 22 /02 /février /2017 11:46
 
L’histoire nous l’a assez enseigné. En politique, quels que soient les moyens pour parvenir à ses fins, il n’y a jamais de plafond de verre. Les sondages ne sont que des sondages, et s’ils ne disent qu’imparfaitement une éventuelle réalité à venir, les derniers en date nous glacent d’effroi, comment le dire autrement ? À deux mois de la présidentielle, Marine Le Pen, favorite du premier tour, réduirait fortement l’écart sur son adversaire au second tour, que ce soit, pour l’instant, Fillon ou Macron. Celle-ci obtiendrait de 42% à 44%. Des scores inédits. Ces temps-ci, ni les casseroles monumentales qu’elle et ses affidés traînent derrière eux, ni son programme de haine, ni les nazillons qui composent son parti, ni même la peur de l’extrême droite enracinée pourtant dans notre trajectoire contemporaine ne semblent freiner ce phénomène. Un phénomène à la fois compréhensible, hélas,  vu la situation de pourrissement du pays, et si irrationnel, qu’il nous révolte à mesure que les semaines passent.
Si le FN n’est que la négation brutale de l’esprit et l’agrégation de tout ce qu’il y a de pire, doit-on néanmoins s’étonner que Marine Le Pen s’avance gaiement, sans complexe et sans vergogne, proférant tout et son contraire, ratissant le plus large possible, quitte à se goinfrer de thèmes de gauche pour mieux semer le confusion, tout en laissant libre court à ses obsessions xénophobes associées à une critique du néolibéralisme de fraîche date ? terrifiante mécanique, propulsée par la droite elle-même depuis quinze ans, alors que la crise sociale nourrit les désespoirs les plus intenses et les catastrophes idéologiques qui vont avec. Que les pauvres, les sans-emploi, les faibles, les salariés ne l’oublient jamais s’ils votent de la sorte, ils voteront d’abord contre eux-mêmes ! Combien de fois faudra-t-il l’écrire ?
 
Le traumatisme d’une France sans dessus dessous et d’une confiance abîmée par un quinquennat d’épouvante suscitera-t-il un sursaut démocratique et citoyen, un surcroît de pensée rationnelle, un combat de tous les instants ? pour le dire autrement la gauche de transformation  a du pain sur la planche et une responsabilité historique. Surtout en ce moment. Et en si peu de jours…
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22 février 2017 3 22 /02 /février /2017 10:13
Libération: quand les ministres communistes changeaient la vie (Michel Etiévent, L'Humanité - 2012)

Libération : quand les ministres communistes changeaient la vie

MICHEL ÉTIÉVENT, ÉCRIVAIN
VENDREDI, 23 NOVEMBRE, 2012
L'HUMANITÉ

1944-1946 : pour la première fois, les communistes participent au pouvoir. Pendant cette période, riche 
de changements politiques profonds, les cinq ministres communistes vont provoquer une véritable cassure dans la manière d’envisager une nouvelle politique au service de l’humain.

Le 31 août 1944, alors que les troupes alliées se battent encore sur le sol français, le général de Gaulle forme le premier gouvernement provisoire. Il compte deux communistes : François Billoux et Charles Tillon. Le 13 novembre 1945, le deuxième gouvernement du général de Gaulle est caractérisé par l’entrée de cinq ministres communistes : Maurice Thorez, Ambroise Croizat, François Billoux, Marcel Paul et Charles Tillon. Les ministres communistes vont devenir acteurs de l’invention sociale, provoquant une véritable cassure dans la manière d’envisager une nouvelle politique au service de l’humain.

Toutes les conditions sont réunies en 1945 pour une rupture : un programme inspiré du Conseil national de la Résistance sous-tendu par la volonté de mettre l’homme au centre de tous les choix ; un rapport de forces pour l’appliquer – 29,9 % des voix au PCF, 5 millions d’adhérents à la CGT ; une classe ouvrière grandie par sa lutte héroïque dans la Résistance ; un patronat déconsidéré par sa collaboration. S’y ajoutent des hommes issus du mouvement ouvrier et capables d’incarner ce mouvement. Des conditions repérables au fil des grands moments de notre histoire sociale et qui fondent tout changement majeur.

Dès la mise en place du deuxième gouvernement de De Gaulle, en novembre 1945, l’objectif est de mettre en application, dans un pays ruiné, les dispositions du programme du CNR. Son préambule résonne aujourd’hui d’une actualité brûlante : « Nous réclamons l’instauration d’une véritable démocratie sociale, impliquant l’éviction des féodalités financières de la direction de l’économie et le retour à la nation des moyens de production, de l’énergie, des richesses du sous-sol… » Empruntons, pour ce faire, le sillage de deux ministres à l’œuvre, sans doute deux des grands innovateurs sociaux du siècle : Ambroise Croizat et Marcel Paul.

Le soir même de sa nomination au ministère du Travail, Croizat, fils de manœuvre, secrétaire de la fédération CGT des métaux, donne le sens de son combat. Ses premiers mots sont pour le peuple : « Ministre du Travail, j’entends demeurer fidèle à mon origine, à mes attaches ouvrières, et mettre mon expérience syndicale au service de la nation. » Son discours signe la force du changement : « Nous mettrons l’homme à l’abri du besoin. Nous en finirons enfin avec les angoisses du lendemain ! » Il lance parallèlement un appel au peuple mobilisé, à l’irruption d’une dynamique sociale nécessaire au changement : « Il n’y a pas de politique efficace sans l’accompagnement d’un peuple vigilant. Rien ne pourra se faire sans vous. Le changement n’est pas qu’une affaire de lois. Il réclame votre participation dans la rue, la cité, l’entreprise. Il demande vos mains ! »

Cet appel s’accompagne d’une forte présence sur le terrain, qui rompt avec la politique clanique et électoraliste de la IIIe République. François Billoux le rappelle dans son livre, Quand nous étions ministres : « L’essentiel du temps de nos ministres se passait en réunions directes au cœur des entreprises, dans les hôpitaux, les municipalités. Il s’agissait de vraies discussions, où les gens apportaient leurs propositions, leurs solutions. » Les premiers pas d’une démocratie participative qui aboutit à la création de 138 caisses de Sécurité sociale gérées par les travailleurs.

Même exigence au ministère de la Production industrielle, où Marcel Paul, le jour de son investiture, s’adresse ainsi aux hauts fonctionnaires : « On ne vous paie pas pour que vous m’indiquiez les articles du Code m’interdisant de réformer, mais pour y trouver ceux qui vont me le permettre ! » Et les électriciens et gaziers, devenus par le biais de la nationalisation, selon les mots de Paul, « acteurs, citoyens, gérants de leur entreprise », redonneront à la France l’énergie qui lui manquait. « À développement économique à la hauteur des ambitions de la nation, il faut un statut social à la hauteur des besoins des hommes. » Cette phrase de Paul, étonnante de modernité, traverse la politique mise en place sous l’inspiration du CNR.

L’objectif est clair : allier l’essor économique au progrès social. D’où le statut des électriciens et gaziers du 22 juin 1946, celui des mineurs, ou, avec Croizat, l’institution d’une vraie « protection sociale » qui offre les moyens d’espérer des lendemains sereins. Là est l’innovation première de la pratique des ministres communistes à la Libération. Il faut y ajouter la capacité à mener de pair deux politiques : l’une faite de grandes idées transformatrices de la société à long terme (l’instauration de la Sécurité sociale, par exemple) ; l’autre, d’une politique de satisfaction immédiate des besoins des gens : doublement du montant des allocations familiales, institution de la retraite, lois sur les heures supplémentaires, augmentation des salaires, création de la fonction publique… Un corpus de lois sociales impressionnant donne au peuple français la dignité de son identité sociale…

(*) Auteur d’Ambroise Croizat ou l’invention sociale, 
suivi de Lettres de prisons 1939-1941.

La Sécurité sociale « Outre le fait qu’elle ouvre le droit à la santé pour tous, la Sécurité sociale a pour objectif de relever la France de ses ruines. Elle offre au salarié une tranquillité sociale qui lui permettra de reconstruire le pays à l’aune de ses besoins. » Ainsi s’exprime Ambroise Croizat, inaugurant le nouveau système de Sécurité sociale en 1945. « Nous bâtirons un plan de sécurité sociale visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence au cas où ils sont incapables de se les procurer par le travail avec gestion des intéressés et de l’État. » Croizat reprend l’article 21 de la Déclaration des droits de l’homme 
de 1793 qui établissait le droit au travail et à la santé. Cent trente-huit caisses sont édifiées en moins de huit mois sous sa maîtrise d’œuvre par un peuple anonyme après le travail ou sur le temps des congés. Quatre principes charpentent l’institution. L’Unicité : tous les « risques sociaux » sont regroupés dans une seule caisse en proximité des assurés ; la Solidarité : pilier de l’édifice qui est financé par les richesses créées dans l’entreprise ; l’Universalité ; la Démocratie.

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22 février 2017 3 22 /02 /février /2017 09:39
Pour le changement, un pacte pour une nouvelle majorité de gauche: adresse du Parti Communiste au peuple de France

Pour le changement, un pacte pour une nouvelle majorité de gauche

Adresse du Parti communiste au peuple de France

 

Vous êtes des millions à vouloir tourner la page d'un système politique réduit à l’impuissance et rongé par les forces de l’argent. Vous êtes des millions à être en colère contre des politiques dures pour les faibles et faibles contre les puissants, contre toutes les discriminations, contre une finance qui détruit tout dans notre pays, de l’emploi aux relations humaines les plus précieuses.

Vous voulez pouvoir intervenir et décider sur tout ce qui concerne votre vie, votre travail. Une victoire de la droite ou de l’extrême droite aux élections de 2017 précipiterait le pays vers plus de misère, d’arbitraire et de division. Marine Le Pen veut faire régresser la France en l’entraînant dans le sillage du sinistre Donald Trump. François Fillon veut liquider la Sécurité sociale et tous nos services publics. Emmanuel Macron veut étendre la logique de l’ubérisation libérale à tous les domaines de la vie et du travail. Nous ne voulons pas de ces années noires pour notre pays.

C’est pour éviter ce désastre que nous les communistes, nous voulons lors des élections présidentielle et législatives de mai et juin prochains, faire gagner la gauche : une gauche qui reconstruise une grande politique de justice, d’égalité et de paix. Une gauche qui engage une politique de lutte efficace contre le chômage, les inégalités et la pauvreté, de sécurisation de nos vies, de droits nouveaux pour les salariés et les citoyens.

Nous ne voulons pas la politique qui nous a tourné le dos ces cinq dernières années en emboîtant le pas aux forces libérales. La gauche que nous voulons, c'est celle qui s’est battue contre la loi Travail, contre le projet de déchéance de nationalité, qui se bat pour l’avenir des services publics, qui peut ouvrir un nouvel avenir de progrès à la jeunesse.

Il y a quelques mois, cela paraissait irréaliste. Aujourd’hui, la présence au second tour de l'élection présidentielle d'une candidature porteuse de ces combats et la constitution en juin d'une majorité de gauche et écologiste paraissent à nouveau possibles. C’est ce pourquoi nous nous battons depuis un an : nous n’avons pas présenté de candidat communiste à l’élection présidentielle pour le permettre. Nous soutenons Jean-Luc Mélenchon, dont le programme est le plus proche du nôtre, avec cet objectif.

Ce qui doit être au cœur de tout, c'est un pacte de majorité, clair et transparent qui se donne les moyens du changement.

Voilà pourquoi nous appelons les candidats et les forces de gauche à intensifier leurs discussions jusqu'à conclure ensemble un pacte de majorité pour gouverner la France.

Nous voulons élire en mai un président de gauche, en juin une majorité de députés de gauche à l’Assemblée nationale, qui appliquera une politique de rupture avec l’austérité. Au sein de cette majorité, élire des députés communistes et du Front de gauche bien plus nombreux qu’en 2012. Et surtout, il faudra rester mobilisés et vigilants avant, pendant et après les élections, comme lors du Front populaire face au grand patronat, à la droite et à l’extrême droite.

Nous communistes, nous proposons que ce pacte comporte :

 

une 6e République qui nous sorte du régime présidentiel, avec notamment la proportionnelle à toutes les élections et un statut de l'élu-e, des droits nouveaux pour les salariés dans les entreprises, le droit de vote des étrangers résidant en France, le récépissé contre les contrôles de police au faciès ; la constitutionnalisation du droit à l'avortement.

 

un programme de relance sociale avec l’abrogation de la loi El Khomri et son remplacement par une loi de sécurité de l’emploi et de la formation, l'augmentation des salaires, des minimas sociaux et des pensions, la diminution du temps de travail, la retraite à 60 ans, une nouvelle ambition pour la Sécurité sociale, avec un retour progressif vers un remboursement de tous les soins à 100 %.

 

un plan global d’action pour l’autonomie et l’émancipation de la jeunesse dans tous les domaines : petite enfance, éducation, culture, sports, santé, logement, emploi.

 

la création d'un ministère de plein droit pour l'égalité femmes-hommes et le renforcement des dispositifs contraignants pour l'égalité salariale et professionnelle.

 

la lutte contre toutes les discriminations, qu'elles soient liées à l'origine, à la confession, à l'orientation ou l'identité sexuelle, la maladie ou le handicap.

 

la lutte contre la finance avec un plan d’action contre l’évasion fiscale, une COP fiscale mondiale, la création d’un pôle public bancaire pour changer le rôle du crédit, avec la nationalisation de BNP-Paribas et de la Société générale.

 

un plan de bataille pour la France en Europe avec la remise en cause du traité budgétaire européen et un plan d'investissement financé par la BCE. Il servirait en France à la lutte contre l'exclusion et la pauvreté, à l’investissement massif pour les services publics, au logement pour tous et aux collectivités locales.

 

un plan cohérent de nouvelle industrialisation créant un million d’emplois dans toutes les filières utiles au développement humain s'appuyant sur un effort recherche développement conséquent, de transition écologique avec un mix énergétique renouvelables-nucléaire sous contrôle public, de développement d’un nouveau modèle agricole.

 

Nous proposons à tous les candidats et toutes les forces de gauche de discuter ces propositions. Le Parti communiste demande pour cela à les rencontrer.

Dans le même mouvement, nous vous proposons donc à tous, sans attendre le jour ultime du vote, de multiplier les luttes sociales, les rencontres publiques de terrain, les débats sur les réseaux sociaux, d'élever un immense forum citoyen pour faire entendre de toutes les manières possibles cette exigence d’union et d’engagement autour d’un pacte capable de changer vraiment la vie.

Nous ouvrirons à toutes les forces de gauche notre prochaine rencontre nationale le 28 février à la Bellevilloise à Paris sur le thème : « L'ennemi, c'est toujours la finance ».

Nous proposons que se tienne dans les plus brefs délais une grande rencontre de débat public pour un pacte de majorité à gauche avec les candidats et les forces qui les soutiennent. De nombreux citoyens le souhaitent. Pour notre part nous y sommes prêts.

À l'heure du dépôt des parrainages pour l’élection présidentielle, il faut avancer vite. Nous appelons également tous nos concitoyens à se mêler sans attendre des élections législatives. L’heure est à la mobilisation partout. Là aussi, les communistes et leurs candidats appellent au rassemblement pour garantir les moyens du changement espéré par nos concitoyens.

 

Pour le changement, un pacte pour une nouvelle majorité de gauche: adresse du Parti Communiste au peuple de France
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22 février 2017 3 22 /02 /février /2017 09:38
Un député vraiment à gauche pour la circonscription de Morlaix - Comité de soutien à la candidature d'Ismaël Dupont - Législatives 2017: Rassembler pour l'Humain d'abord!
Rassembler pour l'Humain d'abord!  
 
Je vous encourage à faire partie du Comité de Soutien à ma candidature portée par le PCF, des sympathisants et adhérents du Front de Gauche, des syndicalistes, des militants associatifs, pour les Législatives dans la circonscription de Morlaix en écrivant à l'adresse mail suivante:
 
dupont.ismael@yahoo.fr  
 
Il nous semble important d'avoir une candidature d'alternative identifiée sur le territoire, porteuse du bilan des députés du Front de Gauche dans l'opposition de gauche à l'Assemblée Nationale, et d'un projet clairement enraciné à gauche porteur de l'objectif de construire une nouvelle majorité de gauche en 2017 sur des bases toutes différentes de celles du quinquennat précédent: 6e république, ambition de renouveau social et démocratique, services publics de qualité, rupture avec le libéralisme et l'austérité, transition écologique et lutte contre le pouvoir de la finance et du grand patronat.    
 
Si vous souhaitez faire partie du comité de soutien à ma candidature, votre nom sera associé à une liste d'appel à voter pour notre candidature.  
 
Roger Héré, élu d'opposition PCF-Front de Gauche à Plouigneau, préside le Comité de soutien à notre candidature pour les législatives.   
 
La prochaine réunion du Comité de campagne pour les législatives pour la candidature PCF-Front de Gauche d'Ismaël Dupont aura lieu le jeudi 2 mars à 17h au local du PCF - 2, petite rue de Callac. 
 
Ismaël Dupont. 
 
***

"Rassembler pour l'Humain d'abord!" 

- Poursuivre le travail des députés du Front de Gauche à l'Assemblée Nationale au service d'une gauche de progrès social, démocratique, et écologique, et contre les coups de boutoir du néo-libéralisme venus du PS ou de la droite. Avoir un groupe qui défend les intérêts de la population et des travailleurs à l'assemblée nationale. 0% des députés PCF et Front de Gauche ont voté la loi travail, le CICE, l'ANI, les budgets d'austérité, le pacte budgétaire européen (le TSCG, Merkel-Sarkozy), la déchéance de nationalité, le renouvellement continuel de l'état d'urgence
- Avoir un député de proximité, travailleur, exemplaire du point de vue du désintéressement, courageux à l'Assemblée pour s'opposer quand il le faut, qui rende des comptes à la population et ne trahisse pas le mandat populaire. 
- Prendre le pouvoir sur les banques et la finance, affronter les logiques capitalistes à tous les niveaux, du global (lutte TAFTA et Ceta, pour une COP fiscale contre l'évasion fiscale, combat contre l'Europe libérale et capitaliste) au local (services publics de l'eau, des transports, du stationnement)   
- La défense et l'amélioration des services publics (hôpitaux, santé, écoles, Poste, Transports...)  
- La défense du monde du travail, des conquêtes sociales des travailleurs. 
- Mettre la bataille pour les salaires, pour l'égalité réelle des droits et la solidarité au centre des politiques publiques. Cela passe par la rupture avec les politiques libérales et austéritaire, par la réappropriation sociale d'un certain nombre de champs d'activités qui ont été livrées aux marchés et à ses appétits financiers.   
- Une nouvelle République (fin de la monarchie présidentielle, restauration du rôle souverain du Parlement, proportionnelle à toutes les élections, non cumul des mandats, réforme du Sénat, réduction des privilèges des élus, en finir avec la délégation de pouvoir permanente, rupture avec les traités européens existants et réorientation de l'Europe sur des bases démocratiques et sociales, égalité hommes-femmes, lutte contre toutes les discriminations, une République du vivre ensemble reconnaissant le droit d'asile et luttant contre les instrumentalisations xénophobes).   
- Une ambition écologique véritable pour faire face aux crises écologiques majeures qui mettent en péril à court terme les conditions de vie de l'Humanité. 
- Pour la Paix, le désarmement nucléaire, le multilatéralisme et le refus des logiques impérialistes et néo-coloniales. 
 
En attendant, si vous habitez la circonscription et si vous voulez faire partie du Comité de Soutien pour avoir une gauche de courage, de parole, et proche des gens à l'Assemblée, vous pouvez envoyer votre soutien à l'adresse mail suivante: dupont.ismael@yahoo.fr.
Présentation de la candidature d'Ismaël Dupont à la presse au square de la Résistance (décembre 2016)

Présentation de la candidature d'Ismaël Dupont à la presse au square de la Résistance (décembre 2016)

Premières personnes ayant apporté leur soutien public à la candidature d'Ismaël Dupont pour les élections législatives des 11 et 18 juin 2017 dans la circonscription de Morlaix: 

 

Comité de soutien à la candidature d'Ismaël Dupont

Aux élections législatives de juin 2017
 

Catherine André retraitée adhérente PCF Morlaix

Manu Audigou agent territorial Morlaix-Communauté syndicaliste CGT adhérent PCF 

Mariano Bahno médecin à la retraite

Serge Bazin retraité militant PCF

Patrick Béguivin militant PCF Plouigneau

Annie Bergot Le Calvez retraitée des Finances Publiques militante PCF- Front de Gauche ancienne élue de Morlaix

Sylvie Bevout Le Coz citoyenne Plougoulm 

Cécile Blanchet infirmière Guimaec

Christophe Boudrot Infirmier secrétaire CGT hôpital de Morlaix Plouigneau

Jules Bouedec retraité adhérent PCF Lanmeur ancien élu

Guillaume Bourven adhérent PCF Plougonven 

Michèle Bourven retraitée syndiquée CGT et adhérente PCF Morlaix 

Jean-Luc Capelle salarié Finances Publiques, syndicaliste, non encarté

Jean-René Carn retraité de la fonction publique hospitalière

Martine Carn infirmière retraitée ancienne adjointe à Plougonven et conseillère communautaire Plougonven

Nadine Chatelain salariée Pôle Emploi syndicaliste CGT Saint-Martin des Champs

Marc Corbel agent territorial Morlaix Communauté syndicaliste CGT Lanmeur adhérent PCF 

 Marie-Louise Corre aide-soignante à l'hôpital de Morlaix

Paul Dagorn retraité de l'enseignement Morlaix

Alain David retraité de l'enseignement ancien adjoint au maire PCF de Morlaix

Jean-Claude David retraité conseiller municipal Plourin les Morlaix

Monique David retraitée militante syndicale

Christian Delannee retraité économiste de la construction Morlaix

Michel Derrien enseignant à la retraite ancien élu de Morlaix 

Monique Doré retraitée Lannéanou

Jean Dréan militant CGT et PCF Plouigneau 

Anne-Marie Dubois syndicaliste adhérente PCF Saint-Pol de Léon

Camille Glidic Le Calvez éducatrice spécialisée Ile-de-Batz

Yvonne Goulm retraitée de l'enseignement Morlaix  

Muriel Grimardias 62 ans retraitée bénévole au secours populaire de Plestin-les-Grèves adhérente PCF Lanmeur

Jean-Victor Gruat Plougasnou fonctionnaire international ancien maire de Brennilis

Joël Hélary conseiller prud'homme Plourin les Morlaix

Florence Héré fonctionnaire Plouigneau

Roger Héré conseiller municipal PCF-Front de Gauche à Plouigneau

Pascal Kerboriou ancien adjoint au maire de Plougonven élu au CAPL CGT du Centre Hospitalier Pays de Morlaix

Jean-Rolland Labrousse syndicaliste retraité Air France Carantec

Mariette Labrousse syndicaliste retraitée Air France Carantec

Elisabeth Lainé horticultrice Lanmeur

Jean-Yves Lainé horticulteur Lanmeur ancien 1er adjoint

Jeremy Lainé élu à Guimaëc militant PCF Guimaëc

 Amélie le Calvez prof de français FLE Lanneanou

Jean-Luc Le Calvez retraité de la Manufacture de Tabac militant PCF Front de Gauche ancien élu de Morlaix

Georges Le Duff retraité militant PCF Lanmeur

Suzanne Le Duff enseignante retraitée Lanmeur

Jean-Claude Le Fer cheminot retraité gérant de maison d'hôte PCF Plouigneau

Marie-Hélène Le Guen syndicaliste retraitée de la La Poste adhérente PCF Morlaix

Jean-Jacques Labous  retraité Cgt  ul St Pol de Léon

Yvette Le Bars retraitée de l'enseignement militante PCF Roscoff

Gabriel Le Gall Artisan Ebéniste à la retraite adhérent PCF conseiller municipal de 2001 à 2014 Roscoff

Michel Lespagnol retraité de France Télécom adhérent PCF Morlaix

Anne L'Hénaff retraitée militante associative

Robert Le Sech retraité de la fonction publique hospitalière

Anne-Claire Le Vaillant architecte féministe CNDF/FDFA Morlaix

Vinko Markov biologiste adhérent PCF Morlaix

Jean-Pierre Menez retraité Plouigneau

Marie-Claude Moal retraitée de la fonction publique hospitalière

Denise Montuelle Plougasnou militante associative Morlaix

Eliane MORVAN active F A T P  U l  C G T  St POL  

Jean-Marc Nayet retraité de l'aéronautique Locquénolé

Lucienne Nayet retraitée, ancienne élue, militante pour la mémoire de la Résistance et la Déportation ainsi que lappel à la citoyenneté face à l’histoire Locquénolé

Jean-Yvon Ollivier retraité militant syndical et associatif Saint-Martin des Champs

Dominique Ollivier engagement associatif Saint Martin des Champs

Françoise Porcher retraitée enseignement Saint-Martin des Champs

Amandine Postic commerçante Morlaix

Jean-Claude Postic retraité militant PCF Lanmeur

Michel Prigent retraité militant PCF Plouigneau

Yvette Prigent retraitée adhérente PCF Plouigneau 

Serge Puil militant PCF, militant syndical Morlaix

Daniel Ravasio retraité militant syndical secrétaire de section PCF pays de Morlaix Saint Thégonnec

Pierre Saint Jalme cuisinier adhérent PCF Morlaix

Pierre Siohan chercheur indépendant Plougoulm 

Jannine Sorholus, syndicaliste, militante associative

Julia Thatje enseignante documentaliste Morlaix

Michel Tudo 63 ans retraité SNCF CGT Cheminots Setion PCF Canton de Lanmeur

Jean-Noël URIEN Retraité F A T P  UL  C G T  St POL


 

 

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22 février 2017 3 22 /02 /février /2017 09:38
Il y a 60 ans, la guerre d'Algérie: ne pas oublier les guillotinés de François Mitterrand, garde des sceaux en 1956-1957 (une enquête Le Point)
Fernand Iveton - Le 11 février 1957, pour la première fois et la seule fois de la guerre d'Algérie, un « rebelle » européen est guillotiné : Fernand Iveton, tourneur à l’EGA, l’usine de gaz d’Alger, militant communiste condamné à mort pour avoir déposé une bombe qui n’a pas explosé, est exécuté avec deux autres condamnés, Mohamed Lakhnèche et Mohamed Ouenouri. On ne connaîtra pas l’avis donné par François Mitterrand, le dossier n’ayant jamais été versé aux archives...

Fernand Iveton - Le 11 février 1957, pour la première fois et la seule fois de la guerre d'Algérie, un « rebelle » européen est guillotiné : Fernand Iveton, tourneur à l’EGA, l’usine de gaz d’Alger, militant communiste condamné à mort pour avoir déposé une bombe qui n’a pas explosé, est exécuté avec deux autres condamnés, Mohamed Lakhnèche et Mohamed Ouenouri. On ne connaîtra pas l’avis donné par François Mitterrand, le dossier n’ayant jamais été versé aux archives...

Il y a 60 ans, la guerre d'Algérie: ne pas oublier les guillotinés de François Mitterrand, garde des sceaux en 1956-1957 (une enquête Le Point)

(Lu sur le site Bellaciao qui reprend un article du Point)

Après la déclaration de Emmanuel Macron du lundi 13 février 2017 : « La France a apporté la déclaration des droits de l’Homme en Algérie, mais elle a oublié de la lire » un peu d’histoire....

« Avis défavorable au recours » ou encore « Recours à rejeter » : ces deux formules tracées à l’encre bleue ont la préférence de François Mitterrand quand, garde des Sceaux, il décide de donner un avis défavorable au recours en grâce des condamnés à mort du FLN dont les dossiers lui sont soumis. René Coty, président de la République - et décideur ultime -, préfère barrer d’un long trait noir la première page du formulaire administratif et indiquer sur l’autre, d’une écriture ronde d’enfant, qu’il laissera « la justice suivre son cours ». Des expressions qui reviennent tout au long des dossiers de condamnés à mort exécutés durant la guerre d’Algérie que Le Point, au bout de quatre mois d’enquête, a pu consulter.

Pour y avoir accès, il aura fallu obtenir deux dérogations auprès de la direction des Archives de France. La première a permis de consulter le « Registre des grâces », dans lequel sont couchés, à partir de 1950, les noms de l’ensemble des condamnés à mort.

La deuxième a ensuite donné accès à 141 dossiers de condamnés exécutés : les 45 premiers de la guerre d’Algérie - période durant laquelle François Mitterrand administrait la justice - et 96 autres, principalement à d’autres époques de ce conflit, mais aussi quelques droits communs, qui perdirent la tête en métropole ou aux confins de l’empire durant les mêmes années. Le but ? Comparer l’ensemble de ces documents et déterminer exactement quel fut le rôle de François Mitterrand, ministre de la Justice, celui qui, vingt-cinq ans plus tard, allait obtenir l’abolition de la peine de mort.

Mais le plus surprenant, c’est surtout la minceur de ces dossiers liés à la guerre d’Algérie : lorsqu’on les voit pour la première fois, entassés sur la longue table de bois clair du service des archives de la chancellerie, on constate rapidement qu’il faut empiler au moins une vingtaine d’exécutions capitales en Algérie pour obtenir un dossier aussi épais que celui d’un obscur droit commun de métropole. Quelques feuillets, deux ou trois bristols griffonnés de mains illustres ont donc suffi à mener, le plus souvent au terme d’une parodie de justice, 222 hommes à la mort en cinq ans. Ce chiffre - également inédit - est considérable. Il représente le quart de l’épuration officielle de la Seconde Guerre mondiale, et donne à lui seul la mesure du mensonge qui a entouré cette période.

Mais revenons à François Mitterrand : en Algérie, on est en pleine rébellion quand, à 39 ans, il prend ses fonctions de ministre de la Justice, le 2 février 1956, dans le gouvernement de Guy Mollet. C’est un homme politique confirmé, qui a déjà assumé sept portefeuilles ministériels depuis la fin de la guerre.

Il connaît bien le problème algérien, puisqu’il était ministre de l’Intérieur quand l’insurrection a éclaté, quinze mois plus tôt, le 1er novembre 1954. Sa réaction d’alors est connue : « L’Algérie, c’est la France [...] ceux qui veulent l’en dissocier seront partout combattus et châtiés (1) », dira-t-il.

Attention, derrière ces déclarations à l’emporte-pièce, il y a aussi un homme qui a tenté une courageuse réforme de la police en Algérie, visant à muter en métropole les policiers les plus durs envers les musulmans. Mais quand François Mitterrand revient aux affaires, il sait qu’il va falloir donner des gages aux Européens d’Algérie. Ceux-ci, excédés par les actions du FLN, ne demandent qu’une chose : des têtes. Car, si de nombreuses condamnations à mort ont été prononcées, aucune n’a encore été exécutée.

La première concession intervient cinq semaines plus tard, sous la signature de quatre ministres, dont François Mitterrand : le 17 mars 1956 sont publiées au Journal officiel les lois 56-268 et 56-269, qui permettent de condamner à mort les membres du FLN pris les armes à la main, sans instruction préalable.

Pourtant avocat de formation, François Mitterrand accepte d’endosser ce texte terrible : « En Algérie, les autorités compétentes pourront [...] ordonner la traduction directe, sans instruction préalable, devant un tribunal permanent des forces armées des individus pris en flagrant délit de participation à une action contre les personnes ou les biens [...] si ces infractions sont susceptibles d’entraîner la peine capitale lorsqu’elles auront été commises. »

Du coup, le nombre des condamnations à mort va s’envoler. Il y en aura plus de 1 500 durant les « événements ».

Car il ne s’agit pas d’une guerre et on ne reconnaît pas le statut de combattant aux militants du FLN. Ils sont jugés comme des criminels. Mais, à Alger, en ce printemps de 1956, on ne se contente plus de mots. Et le 19 juin, les deux premiers « rebelles » sont conduits à l’échafaud.

Comment ont-ils été choisis parmi les quelque 150 hommes déjà condamnés ? Le 14 janvier 1998, Sylvie Thénault, historienne, a interrogé dans le cadre de sa thèse (2) Pierre NicolaÓ, à l’époque directeur du cabinet de François Mitterrand : « Pierre NicolaÓ témoigne aujourd’hui, écrit-elle, que la décision d’exécuter a été une "décision politique" et qu’il lui fut demandé de choisir parmi les dossiers de recours en grâce un "type" mêlant "crapulerie" et "politique", "un type particulièrement épouvantable" pour "inaugurer la série des exécutions" sans déclencher trop de polémiques. »

Le premier condamné, Abdelkader Ferradj, 35 ans, est un goumier déserteur qui a participé, au sein du commando Ali Khodja, à l’embuscade dressée contre un car de tourisme et deux voitures particulières le 25 février 1956. Six Européens ont été tués, dont une petite fille de 7 ans, Françoise Challe. Pour le « politique », difficile de fournir martyr plus idéal à la révolution algérienne que Mohamed Ben Zabana. Cet ouvrier soudeur de 30 ans est un vieux routier des geôles françaises, dans lesquelles il a passé trois années entre 1950 et 1953 pour ses activités nationalistes. Mais si Mgr Duval, l’archevêque d’Alger, demande à Robert Lacoste, ministre résident en Algérie, de suspendre l’exécution, c’est pour une autre raison : « C’est un infirme que vous allez exécuter (3) », plaide-t-il. Zabana a en effet été capturé lors d’un accrochage près de Saint-Denis du Sig, le 8 novembre 1954, une semaine après le début de l’insurrection. Une balle lui a fracassé l’épaule gauche, une autre l’a touché à la jambe, et, comme il ne voulait pas être pris, il s’est tiré une balle dans la tempe qui, ressortant par son oeil gauche, ne l’a pas tué.

Les représailles du FLN

C’est sa tête que fera tomber la première le bourreau d’Alger à 4 heures du matin, ce 19 juin 1956, dans la cour de la prison de Barberousse, à Alger. Celle d’Abdelkader Ferradj suit sept minutes plus tard.

« Ces premières exécutions, cela signifiait la guerre totale, sans cadeaux ni d’un côté, ni de l’autre », témoigne aujourd’hui, à Alger, Abdelkader Guerroudj, condamné à mort en tant que chef du Parti communiste algérien, rapidement passé au FLN.

Sur 45 dossiers d’exécutés lors de son passage Place Vendôme, François Mitterrand ne donne que sept avis favorables à la grâce (six autres avis étant manquants). A titre de comparaison, Robert Lacoste, ministre résident en Algérie, qui passait pour un homme très dur, a été plus clément : sur 27 de ces exécutions, il a émis 11 avis favorables au recours en grâce, les 7 autres avis ne figurant pas dans les dossiers.

Chacune de ces exécutions va pourtant peser très lourd. Car le FLN a prévenu : si des condamnés à mort sont guillotinés, il y aura des représailles. Dans « Le temps des léopards », deuxième des quatre tomes qui constituent « La guerre d’Algérie », bible sur cette période, Yves Courrière retrace ainsi la vengeance du FLN et les ordres donnés à ses différents chefs : « Descendez n’importe quel Européen de 18 à 54 ans ; pas de femmes, pas de vieux. » En dix jours, 43 Européens vont être tués ou blessés par les commandos du FLN. L’escalade est immédiate : bombes des ultras européens contre un bain maure rue de Thèbes qui tuera 70 musulmans (mais qui ne donnera lieu à aucune poursuite), bombes et assassinats du FLN, exécutions capitales à Oran, Constantine, Alger.

1957 : la guillotine s’emballe

Mais François Mitterrand tient bon.

Pourtant, dès le 22 mai 1956, Pierre Mendès France, en désaccord avec la politique algérienne de Guy Mollet, a démissionné du gouvernement ; Alain Savary claque la porte le 22 octobre, au lendemain du détournement de l’avion qui transporte Ben Bella et quatre autres leaders du FLN de Rabat à Tunis.

Le 7 janvier 1957, un autre pas est franchi par le gouvernement auquel appartient François Mitterrand : il donne tous pouvoirs au général Massu et à sa 10e division parachutiste pour briser le FLN d’Alger. Les militaires gagneront la « bataille d’Alger », mais on sait à quel prix : torture systématique et plus de 3 000 exécutions sommaires. La guillotine, elle, s’emballe : « Chiffre jamais atteint jusqu’ici, 16 exécutions capitales ont eu lieu en Algérie du 3 au 12 février », écrit France-Observateur.

« Il y a eu une déviation de la justice, explique Jean-Pierre Gonon, alors jeune avocat du barreau d’Alger. L’instruction était inexistante et, avec la torture, on parvenait à faire avouer n’importe quoi à n’importe qui. » Le 11 février, pour la première fois, un « rebelle » européen est guillotiné : Fernand Iveton, tourneur à l’EGA, l’usine de gaz d’Alger, militant communiste condamné à mort pour avoir déposé une bombe qui n’a pas explosé, est exécuté avec deux autres condamnés, Mohamed Lakhnèche et Mohamed Ouenouri. On ne connaîtra pas l’avis donné par François Mitterrand, le dossier n’ayant jamais été versé aux archives... Enfin, le 14 février, il signe avec trois autres ministres une loi qui permet d’accélérer les recours en grâce. Quand il quitte son bureau de la place Vendôme, le 21 mai 1957, le gouvernement de Guy Mollet cédant la place à celui de Maurice Bourgès-Maunoury, 45 condamnés à mort ont été exécutés en seize mois.

Les exécutions vont continuer jusqu’à la fin de la guerre : 29 en trois mois de gouvernement Maurice Bourgès-Maunoury, 49 pendant les six mois où Félix Gaillard dirige le pays ; enfin, après une amnistie, de Gaulle puis son chef de gouvernement, Michel Debré, feront exécuter 80 condamnés FLN en quatre ans. La notification de l’exécution de 20 autres se produira durant les vacances de pouvoir entre les différents gouvernements. Pourquoi François Mitterrand n’a-t-il pas démissionné ? Ses biographes, Franz-Olivier Giesbert et Jean Lacouture, apportent la réponse : « Il est clair que dans son esprit la Place Vendôme était l’antichambre de Matignon. » Il espérait, après ce passage à la Justice, avoir été assez dur pour qu’on lui confie la direction du pays.

De cette période en tout cas, François Mitterrand parlait fort peu : « A la fin de sa vie, il restait peu disposé à l’autocritique, écrit Jean Lacouture. Sauf sur un point : cette reddition en rase campagne devant les juges militaires en Algérie. Admettant que cette mesure avait eu pour conséquences des peines capitales et des pertes de vies humaines : "J’ai commis au moins une faute dans ma vie, celle-là (4)" », disait-il. Ses biographes insistent pour dire qu’il tenta, auprès de René Coty, de sauver des têtes. Initiative qui semble démentie par les nombreux avis défavorables contenus dans les dossiers de condamnés à mort, mais également dans d’autres archives, comme le souligne Sylvie Thénault dans son livre « Une drôle de justice (5) », consacré au rôle des magistrats pendant cette guerre : « Son désaccord avec les exécutions est loin de s’exprimer ou d’apparaître dans les documents d’époque. »

Sur la peine de mort elle-même, François Mitterrand restera aussi très silencieux durant les années qui le séparent de la présidence. Peur que ces seize mois passés dans le gouvernement de Guy Mollet ne lui soient rappelés par ses adversaires politiques ? Rien, en tout cas, dans ses livres, ni aux archives de l’Assemblée nationale, où, après la fin de la guerre, une demi-douzaine de propositions d’abolition seront discutées. Robert Badinter, dans plusieurs interviews récentes, a rappelé le souvenir qu’avait laissé cette période de la guerre d’Algérie à François Mitterrand : « Ce souvenir lui était odieux et il évitait d’en parler [...] Par tempérament, il n’était pas partisan de la peine de mort. [...] Mais il n’a pas été un militant de l’abolition, c’est sûr. Je ne me souviens pas d’avoir eu la moindre discussion philosophique ou morale avec lui à ce sujet (6). » Ce n’est qu’à quelques semaines de l’élection présidentielle, le 16 mars 1981, que François Mitterrand se prononce enfin sur le sujet : « Je ne suis pas favorable à la peine de mort [...] ma disposition est celle d’un homme qui ne ferait pas procéder à des exécutions capitales (7). »

1. Journal officiel, « Débats parlementaires », p. 4967-4968, cité dans « Mitterrand, une histoire de Français », de Jean Lacouture, Seuil.

2. « La justice dans la guerre d’Algérie », thèse de doctorat université Paris-X-Nanterre, 1999.

3. « La guerre d’Algérie », volume 1, « Le temps des léopards », d’Yves Courrière, collection « Bouquins », Laffont, p. 705.

4. « Mitterrand, une histoire de Français », Seuil.

5. La Découverte, 2001.

6. « L’abolition », Robert Badinter, Fayard, 2001.

7. Le Monde, 12 mai 1981.

 

François Mitterrand et Robert Lacoste - 1957

François Mitterrand et Robert Lacoste - 1957

Il y a 60 ans, la guerre d'Algérie: ne pas oublier les guillotinés de François Mitterrand, garde des sceaux en 1956-1957 (une enquête Le Point)

Interview : Abdelkader Guerroudj* « A chaque exécution, toute la casbah hurlait. »

Le 7 décembre 1957, Abdelkader Guerroudj, dit « Lucien », et sa femme, Jacqueline, sont condamnés à mort. Ils seront graciés, puis libérés en 1962. Le Point : Pourquoi avez-vous été condamné à mort ?

Abdelkader Guerroudj : J’ai été condamné pour atteinte à la sécurité de l’Etat et complicité d’assassinat en tant que chef des Combattants de la libération, l’organisme armé créé par le Parti communiste algérien et versé au FLN.

Le Point : Avez-vous été torturé ?

Abdelkader Guerroudj : C’est une question que vous ne devez plus poser. On ne peut pas avoir été condamné à mort sans avoir été torturé. Et parfois copieusement. Je ne connais qu’une personne qui y ait échappé, c’est ma femme. Mais elle était d’origine européenne et d’une famille influente. Après mon arrestation, j’ai été emmené au commissariat central d’Alger, où j’ai subi de la part des policiers et des gendarmes la gamme des différentes tortures : ça commence par les coups, puis il y a la tentative d’asphyxie à la baignoire, ensuite on vous remplit d’eau en se branchant sur le robinet du coin, et puis l’électricité. Trois ou quatre séances, je crois, en plusieurs jours. Ensuite, on m’a envoyé à la prison de Barberousse, où je suis resté vingt jours à l’isolement avant d’être présenté au juge d’instruction.

Le Point : Ce juge, Jean Bérard, est le fameux juge d’instruction dont le général Aussaresses prétend dans son livre qu’il était l’émissaire secret de François Mitterrand auprès des militaires ?

Abdelkader Guerroudj : C’est bien lui. Je me souviens d’un homme féroce, froid, très dur. Il doit être celui des juges qui, pendant cette période, a obtenu le plus d’exécutions capitales. Il m’a dit : « En avril, vous serez condamné à mort ; en mai, vous serez exécuté. »

Le Point : Comment s’est déroulé votre procès ?

Abdelkader Guerroudj : Il a duré quatre jours, au tribunal militaire, l’actuel tribunal d’Alger. Nous étions dix, dont ma femme, ma belle-fille ayant pris le maquis au début de 1956. Ça a été une parodie. J’ai fait une déclaration, expliqué pourquoi nous, Algériens, nous voulions l’indépendance et j’ai revendiqué l’action de mes groupes. Et puis la sentence est tombée.

Le Point : Que ressent-on ?

Abdelkader Guerroudj : Je savais que je serais condamné à mort. Mais on imagine plus facilement qu’on va mourir au combat qu’au petit matin, la tête coupée, dans une cour de prison.

Le Point : Pensiez-vous que vous seriez exécuté ?

Abdelkader Guerroudj : J’en étais certain. Parce qu’à cette période les exécutions capitales étaient nombreuses. Parfois jusqu’à quatre dans la même journée. Pour moi, cela ne faisait aucun doute.

Le Point : Vous souvenez-vous des premières exécutions capitales de la guerre d’Algérie ?

Abdelkader Guerroudj : Bien sûr. Elles avaient créé une émotion immense. Barberousse, la prison d’Alger, est située en haut de la casbah. Tous les habitants vivaient cela dans leur chair. Immédiatement après, les femmes avaient hurlé, fait le youyou pendant que les 2 000 prisonniers tapaient les murs avec leurs gamelles, leurs cuillères. Tout le monde comprenait aussi que nous étions, cette fois, installés dans la guerre totale. Sans cadeaux, ni d’un côté, ni de l’autre.

Le Point : Quelle fut la première exécution à laquelle vous avez assisté ?

Abdelkader Guerroudj : C’était Fernand Iveton, le seul Européen à avoir été guillotiné. Son histoire a fait beaucoup de bruit à l’époque. C’était un camarade, un militant communiste. Il avait déposé une bombe dans son casier de vestiaire de l’usine de gaz d’Alger, où on l’a découverte. Je me souviens seulement des bruits, car j’étais en cellule, donc je ne peux pas dire que j’y ai assisté. Je n’ai rien vu, mais tout entendu. C’était en pleine nuit. Il y a eu un branle-bas de combat terrible vers 4 heures du matin. Immédiatement, les détenus se sont mis à crier quand ils ont compris que la guillotine venait d’entrer dans la prison.

Le Point : Qu’avez-vous ressenti ?

Abdelkader Guerroudj : Une grande haine. Pas contre la France ou les Français, non. Mais contre le système.

Le Point : Avez-vous vu des amis partir pour la guillotine ?

Abdelkader Guerroudj : Oui, mon meilleur ami, Taleb Abderrahmane. Il avait été condamné à mort trois fois. Quand on est venu le chercher, mon compagnon de cellule m’a dit de me préparer, car il pensait que je serais le suivant.

Le Point : Qui étaient ces hommes qu’on exécutait ?

Abdelkader Guerroudj : Ce n’était pas les chefs. L’Histoire nous a enseigné que le système colonial n’exécutait pas les responsables politiques après jugement. On préférait, comme pour Ben M’Hidi, s’en débarrasser avant en les assassinant. Dans la réalité, ce sont surtout des pauvres bougres qu’on a guillotinés. Pour l’exemple, pour faire peur (Propos recueillis par F. M.)

* Ancien chef de la branche armée du Parti communiste algérien

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Published by Section du Parti communiste du Pays de Morlaix - dans PAGES D'HISTOIRE
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