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25 juin 2022 6 25 /06 /juin /2022 05:53

 

Comme prévu par leur accord, les composantes de la coalition se sont réunies, jeudi, avec au menu les candidatures aux postes clés de la chambre basse.

 

C’est une première, et c’était loin d’être gagné il y a encore quelques mois, mais les députés de gauche sont passés aux actes ce jeudi. Insoumis, communistes, socialistes et écologistes ont tenu à l’Assemblée nationale la première réunion de l’intergroupe de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes). Une instance qui, selon le programme commun de la coalition, doit leur permettre de  « combiner la diversité des ­expressions et la cohérence des décisions » et d’être un lieu « de discussion et de coordination permanente entre ses différentes composantes », « d’élaboration de propositions de loi ».

Mais la rencontre est intervenue à l’issue d’une semaine mouvementée. Le second tour des élections législatives a fait de la gauche unie la première force d’opposition, mais du Rassemblement national (RN), son premier groupe hors majorité. Pour contrecarrer le symbole, la France insoumise, à rebours de l’accord signé en mai, a proposé la création d’un groupe unique de la Nupes. Refus unanime de toutes les autres formations, qui objectent notamment que moyens financiers et temps de parole attribués à chacun en auraient pâti. « Il y a une union à gauche, la Nupes, mais il y a aussi un groupe PS et apparentés » qui sera force de propositions, a encore insisté, jeudi, Boris Vallaud, son nouveau président. « Il faut faire une force de cette diversité et se coordonner », résume le député PCF Pierre Dharréville, quand Fabien Roussel jugeait, quelques jours plus tôt, un groupe indispensable « pour faire entendre notre différence, notre sensibilité et conserver notre liberté de vote ».

La commission des Finances doit revenir à l’opposition

Une fois les modalités de fonctionnement de cet intergroupe réglées (il se réunira une fois par semaine), une autre question s’est invitée à l’ordre du jour : celle de candidatures communes aux différentes instances de l’Assemblée nationale, en particulier à la présidence de la commission des Finances. Une commission stratégique dont la tête doit revenir à l’opposition, selon le règlement de l’Assemblée. Mais le RN espère s’y imposer, alors que la coalition de gauche est plus nombreuse et qu’il est d’usage que la majorité s’abstienne lors du vote. Le risque que l’extrême droite puisse compter sur le renfort de LR – voire du camp présidentiel – n’est pas à exclure alors que le président du Sénat, Gérard Larcher, a déclaré qu’elle « devrait (lui) revenir » et que l’avis est partagé par Éric Woerth, devenu macroniste. L’ex-présidente du groupe socialiste, Valérie Rabault, s’est dite, jeudi, « intéressée » par le poste, mais assure vouloir jouer « collectif » et a proposé une présidence tournante. Car, un autre prétendant est sur les rangs : l’insoumis Éric Coquerel. « La commission des Finances revient à la Nupes, et en son sein à la France insoumise », a pour sa part estimé Julien Bayou, fraîchement élu coprésident du groupe écologiste avec Cyrielle Chatelain. « Nous nous sommes entendus sur le principe de candidatures communes », a confirmé le nouveau président du groupe PS, Boris Vallaud. « Il y aura un accord de la gauche. Il le faut, nous y sommes favorables », a également fait savoir Pierre Dharréville. Et le député PCF de prévenir : « Si la majorité se mêle au débat, elle aura à en rendre compte. »

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24 juin 2022 5 24 /06 /juin /2022 05:56

 

J’ai la grande fierté d’annoncer le retour du groupe de la Gauche Démocrate et Républicaine (GDR) à l’Assemblée Nationale. Composé à ce jour de 18 députés contre 16 lors de la précédente législature, notre groupe a reconduit André Chassaigne comme Président !

 

 

André Chassaigne poursuit actuellement des discussions avec d’autres députés qui pourraient nous rejoindre encore.

 

C’est une excellente nouvelle car la constitution du groupe de la Gauche Démocrate et Républicaine, au lendemain des élections présidentielle et législatives est essentielle pour la gauche, pour le monde du travail et pour tous les habitant·e·s de France continentale et d’Outre-mer, épris de justice sociale et fortement attachés aux valeurs d’une République qui respecte tous ses citoyens.

Nous aurons à coeur de nous mettre au service de tous et de porter leurs colères et leur espoir, leurs exigences de dignité, de solidarité et d’égalité.

Comme nous nous y sommes engagés au lendemain de l'élection présidentielle, les députés du groupe GDR travailleront de concert avec les autres groupes parlementaires de la nouvelle union populaire écologique et sociale.

Avec le groupe Communiste Républicain Citoyen et Écologiste (CRCE), dont sa présidente Eliane Assassi vient de déposer une proposition de loi pour encadrer l’usage des cabinets conseils, c’est une force qui comptera dès les prochaines semaines.

L’ensemble des propositions que nous avons défendues lors des élections législatives avec l’alliance de gauche et lors de la campagne présidentielle de "La France des Jours heureux" seront au cœur de cette rentrée parlementaire.

C’est d’ailleurs ce que j’ai rappelé au Président de la République ce mardi 21 juin 2022 lors de notre entretien.

Je lui ai à nouveau rappelé, en toute franchise, qu’une grande majorité de nos concitoyen·ne·s rejetaient avec force sa politique et notamment son projet de réforme portant l'âge de départ en retraite à 65 ans. Mettre à l’ordre du jour cette réforme serait une véritable provocation.

J’ai demandé au contraire que des mesures soient prises sans délai par l’exécutif, pour répondre à la crise sociale et économique d’une extrême gravité pour notre peuple et pour l’avenir du pays. 

En tête de ces mesures, le pouvoir d’achat :

  • L’augmentation de 15 % du SMIC et du point d’indice des fonctionnaires de 10 % au 1er juillet, ainsi que la reconnaissance stricte des qualifications et de l’ancienneté
  • La convocation urgente d’une conférence salariale visant à l’augmentation sensible de tous les salaires
  • La hausse des pensions de retraites sur le montant du SMIC réévalué et la baisse de la CSG sur les retraites
  • La baisse immédiate des prix des carburants par la diminution des taxes.
  • Le rétablissement de la demi-part fiscale pour les veuves et les veufs.
  • Un plan d’embauche immédiat pour l’éducation nationale et la santé

 

Pour financer ces mesures, j’ai rappelé l’urgence de mieux distribuer les immenses richesses dont dispose le pays. J’ai alerté le chef de l’État sur la hausse des taux et la nécessité d’agir sur la Banque Centrale Européenne pour obtenir des prêts à taux négatifs. Cela permettrait d’investir massivement dans la transition écologique, dans l’emploi et la recherche, dans le soutien aux TPE et PME.

Pour agir concrètement sur l’explosion des prix de l’énergie et des matières premières, j'ai demandé au Président de la République de convoquer en urgence une réunion avec tous les acteurs intermédiaires pour leur imposer de mettre un terme aux pratiques spéculatives.

Dans le même esprit, et à l’instar de l’Espagne et du Portugal, j'ai proposé que la France décide enfin de sortir du système tarifaire européen, ce qui permettrait de faire baisser sensiblement le prix de l’électricité produite à moindre coût en France.

Par ailleurs, j’ai souhaité interroger le président de la République sur les initiatives que la France allait prendre concernant le conflit en Ukraine, pour l’obtention d’un cessez-le-feu en Ukraine.

Les Françaises et les Français peuvent compter sur le groupe GDR à l'Assemblée et le groupe CRCE du Sénat pour faire avancer toutes les propositions, les mesures en faveur de la Paix comme celles qui répondraient aux urgences sociales et écologiques.

Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, député du Nord

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24 juin 2022 5 24 /06 /juin /2022 05:53

 

Nous venons de connaître, précocement, des chaleurs extrêmes. La fréquence, prévisible, de tels épisodes de fortes températures dus au changement climatique impose des mesures d’atténuation et d’adaptation. L'analyse de Robert Vautard, climatologue, et Julia Hidalgo, chercheuse à l’université de Toulouse.

Il faudrait concevoir des scénarios avec des objectifs et un agenda clairs, en plus des solutions existantes. Les sciences du climat permettent déjà d’y travailler.

 

ROBERT VAUTARD

Climatologue, directeur de l’Institut Pierre-Simon Laplace

Depuis une dizaine d’années en France, pratiquement chaque été est ponctué de vagues de chaleur remarquables soit par leur intensité (en 2019, par exemple) soit par leur durée (en 2017-2018, par exemple) soit par leur décalage saisonnier, comme cette année en juin ou en septembre, comme en 2016. Malgré cette accélération du nombre de vagues de chaleur et des plans opérationnels pour la santé depuis 2003, celles-ci restent souvent les catastrophes naturelles les plus meurtrières. En 2019, elles avaient occasionné près de 2 500 morts en Europe de l’Ouest, et elles occasionnent régulièrement des pertes de rendement agricole.

 

En 2021, des records de température ont été battus d’environ 5 degrés au nord-ouest de l’Amérique, provoquant là aussi de multiples décès et des feux de forêt. Le débordement saisonnier des vagues de chaleur engendre déjà des conditions difficiles pour les activités sportives et scolaires, les examens de fin d’année qui se déroulent dans des conditions inégales de santé des écoliers face à la montée des températures.

De nouveaux pics de chaleur nous attendent : plus tôt, plus forts, plus longs, avec parfois des pointes bien au-dessus des records. Et les plus vulnérables, qui ont des logements mal isolés, vivent sous les toits ou dans les quartiers urbains les moins frais par manque d’espaces verts, en payent le prix fort.

Avons-nous préparé correctement ces conditions nouvelles ? Pas certain. Au-delà des solutions déjà imaginées (végétalisation des villes, agriculture résiliente, stockage de l’eau…), il faudra concevoir des scénarios climatiques simples et prévoir comment nous réagirons. Par exemple 50 degrés, comme au Canada en 2021, sur une ou plusieurs grandes villes densément peuplées comme Paris, Lyon, ou d’autres.

Il serait dommage de ne pas imaginer ce qui devrait être déployé pour y faire face, avec des objectifs et un agenda, en espérant que cela n’arrivera que dans plusieurs décennies, voire jamais. Ne serait-ce pas un exercice intéressant à réaliser avec une dimension nationale ou européenne, en coordonnant les travaux des différentes régions ? D’autres scénarios-tests sont aussi importants : canicule durant un été, canicule totalement hors saison, etc.

Pour tous ces scénarios, les sciences du climat disposent de méthodes, de données, de simulations qui permettent dès aujourd’hui d’y travailler. Elles réalisent aussi, comme en ce moment, des campagnes de terrain à Paris pour comprendre ce qui se passe en détail dans les villes en période de canicule, avec notamment la campagne de mesures Paname, et développent une stratégie pour les nouvelles générations de modèles qui vont apporter des informations climatiques plus précises.

Géré de plus en plus par l’action publique, le phénomène de chaleur extrême en milieu urbain devrait être intégré dans les politiques de prévention des risques.

 

JULIA HIDALGO

Chercheuse à l’université de Toulouse, responsable de projet au Cler, réseau pour la transition énergétique

L’action publique en matière de gestion des épisodes de vagues de chaleur en France s’articule autour de trois domaines : la santé, la réponse immédiate et l’urbanisme opérationnel. En matière de santé, l’opérateur principal est Santé publique France, chargé de la veille sanitaire et des actions de communication et de sensibilisation. Le deuxième volet est « la réponse immédiate ». Cela consiste à activer et mettre en œuvre le plan alerte canicule qui a été mis en place depuis 2003. Il relève à la fois de Santé publique France et de Météo France. Le troisième volet s’intéresse aux réponses à plus long terme grâce à la planification urbaine et aux actions sur l’environnement et le cadre de vie.

 

Aujourd’hui, les compétences de cette action relèvent de l’échelon local, essentiellement des plans locaux d’urbanisme (PLU). Depuis 2019, toutes les villes de plus de 20 000 habitants sont dans l’obligation d’élaborer, en plus des PLU, un plan climat-air-énergie territorial (Pcaet). Outre le fait qu’il doit traiter de la qualité de l’air, c’est un outil de planification qui a pour but d’intégrer les enjeux d’atténuation et d’adaptation climatique dans les documents d’urbanisme. À l’échelle locale, l’adaptation à la hausse des températures est souvent traitée de façon transversale et s’infuse du plan climat vers le PLU.

 

Jusqu’à récemment, l’adaptation à la chaleur était très souvent prise en compte à la lumière des principaux vecteurs d’action que sont la végétation, l’eau, la nature et la couleur des matériaux, l’architecture, etc. Depuis quelques années, nous sommes capables de produire des diagnostics cartographiques fins à même de fournir des informations à l’échelle de l’îlot urbain qui peuvent être utilisées pour les PLU et Pcaet. Ces diagnostics microclimatiques sont nécessaires pour territorialiser les stratégies d’adaptation qui seront ainsi spécifiques aux différentes zones de la ville (centre-ville, zones commerciales, zones arborées, etc.).

L’action publique se saisit de plus en plus de la question de la gestion de la chaleur extrême en milieu urbain tant dans la gestion de crise que dans la planification à long terme. Les vagues de chaleur étant amenées à être de plus en plus fréquentes, intenses et longues, ne devrait-on pas les intégrer, à part entière, dans les plans de prévention des risques (PPR). Jusqu’à présent, ces derniers prennent en charge les inondations, les mouvements de terrain, les cyclones, etc. Mais pas la chaleur. Les PPR sont établis par les services de l’État ; les plans d’urbanisme, par les collectivités. La réponse immédiate est gérée par le ministère de l’Intérieur, tandis que les PPR le sont par le ministère de l’Environnement. Quelle que soit l’issue de la réflexion, qui devra prendre appui sur l’expérience de gestion des risques déjà prise en compte, l’implication de tous les acteurs – de l’échelon national au local – sera nécessaire pour gérer ce nouveau risque caractérisé et ses expressions les plus extrêmes.

 

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22 juin 2022 3 22 /06 /juin /2022 08:24
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22 juin 2022 3 22 /06 /juin /2022 08:23
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21 juin 2022 2 21 /06 /juin /2022 06:29
Victoire historique en Colombie ! Pour la première fois, le pays aura un président de gauche !

Victoire historique en Colombie ! Pour la première fois, le pays aura un président de gauche !

La gauche écrit l’histoire en Colombie

Présidentielle Gustavo Petro et sa colistière Francia Marquez obtiennent 50,44 % des voix face au millionnaire Rodolfo Hernandez. Un séisme politique qui dépasse largement les frontières du pays caporalisé par Washington.

Publié le Mardi 21 Juin 2022 - L'Humanité

Et soudain, l’explosion de joie. Sous la pluie, des milliers de Colombiens ont déferlé dans les rues de Bogota au son des tambours afin de célébrer la victoire historique de la gauche à la présidentielle. Une première depuis l’indépendance, un basculement pour ce pays de 50 millions d’habitants parmi les plus inégalitaires au monde. Sur la tour Colpatria, haute de 196 mètres, siège de la banque du même nom, le visage du vainqueur : Gustavo Petro. D’aucuns y verront un symbole.

Le séisme politique dépasse largement les frontières du pays, jusqu’alors caporalisé par les États-Unis et acteur des tentatives de déstabilisation des gauches du sous-continent, notamment de son plus proche voisin, le Venezuela. L’ex-guérillero et sénateur, qui représente la coalition du Pacte historique, devance de peu (50,44 %) le millionnaire outrancier, officiellement sans parti, mais main dans la main avec l’extrême droite, Rodolfo Hernandez (47,31 %), les 2,3 % restants étant des bulletins blancs. Le magnat de l’immobilier, qui a mené l’essentiel de sa campagne sur les thèmes du « dégagisme » à partir du réseau social favori des jeunes, TikTok, a immédiatement reconnu sa défaite sur Facebook. Le score – serré – laisse néanmoins entrevoir une société fortement bipolarisée, prétexte à une opposition parlementaire systématique.

une campagne électorale sous vives tensions

Le président sortant, Iván Duque (Centre démocratique), qui a plongé la droite dans une déroute sans précédent, la privant de second tour, a lui aussi joué la carte de la démocratie, en appelant Gustavo Petro pour le féliciter : « Nous sommes convenus de nous rencontrer dans les prochains jours pour entamer une transition harmonieuse, institutionnelle et transparente. » Sa déclaration, toutefois, ne lève pas totalement l’hypothèse de la violence armée et d’une agitation provoquée dans la rue par les pans les plus extrémistes. Pour mémoire, la campagne électorale s’est déroulée sous vives tensions : Gustavo Petro et sa colistière afro-colombienne, Francia Márquez (lire son portrait ci-contre), ont fait face à des menaces de mort des groupes paramilitaires, les empêchant de mener campagne dans certaines régions ou les obligeant à prendre la parole derrière des boucliers balistiques.

La participation qui s’établit à 58 % est, quant à elle, la plus haute enregistrée depuis le début du millénaire. « Le gouvernement qui entrera en fonction le 7 août sera celui de la vie, de la paix, de la justice sociale et de la justice environnementale ! » a lancé Gustavo Petro à la foule de ses partisans. Candidat pour la troisième fois, le sénateur est loin d’être un novice. Il a patiemment construit son image de premier opposant aux présidents de droite successifs, théorisant la « parapolitique », c’est-à-dire les relations entre les conservateurs et les milices chargées de liquider adversaires politiques et syndicaux.

Porté par le mouvement social de 2021, Gustavo Petro a pour lui la construction d’une dynamique sociale et l’agrégation d’un pan de la jeunesse qui, pour l’heure, tournait le dos aux urnes. Ils étaient nombreux à se joindre à la liesse, dimanche soir, dans les rues de la capitale. L’écologiste Francia Marquez n’y est pas étrangère. Dans un pays où le racisme est exacerbé, où la transition née des accords de paix de 2016 avec les Farc a été torpillée par le pouvoir, la candidate à la vice-présidence est parvenue à lier ces questions à celles de justice sociale, climatique et d’égalité de genre. « Nous avons franchi un pas important. Nous avons un gouvernement du peuple, un gouvernement des gens qui vont à pied, un gouvernement pour ceux qui ne sont rien. (…) Ensemble, nous allons réconcilier cette nation, dans la joie et la paix. Je suis la première femme afro-descendante vice-présidente de Colombie », a-t-elle insisté, dimanche soir. Ils pourront compter sur le deuxième groupe politique à la Chambre des représentants et une position dominante au Sénat, à égalité de sièges toutefois avec le parti conservateur.

Une victoire qui intéresse toute l’amérique latine

L’ensemble du spectre de la gauche latino-américaine a mesuré le bouleversement que constituait la victoire du Pacte historique pour le sous-continent. Ainsi en va-t-il du président vénézuélien Nicolas Maduro : « Des temps nouveaux se profilent à l’horizon pour ce pays frère », a-t-il apprécié. Si le président péruvien Pedro Castillo a assuré le « soutien » de son pays à son « frère Gustavo », le président chilien Gabriel Boric a, quant à lui, mis l’accent sur les possibilités offertes en termes d’intégration régionale : « Je suis heureux pour l’Amérique latine ! Nous travaillerons ensemble pour l’unité de notre continent face aux défis d’un monde qui change rapidement. En avant ! » Même tonalité du côté de l’Argentine, où le président Alberto Fernández, qui, dans le sillage de la guerre russo-ukrainienne, a effectué dans l’urgence une tournée européenne, a insisté sur les « temps qui exigent la solidarité maximale entre les peuples frères » alors que, d’avril 2021 à avril 2022, l’inflation a dépassé 58 % dans le pays. Tous ont désormais les yeux tournés vers le Brésil, qui pourrait, à la faveur de la présidentielle de cet automne, lui aussi consacrer le retour de la gauche. 

Francia Marquez, le visage du progrès social

Figure de la lutte antiraciste, l’écologiste et féministe a accédé à la vice-présidence. Francia Marquez est la première femme afro-colombienne à parvenir à ce poste.

Publié le Mardi 21 Juin 2022 - L'Humanité

Devant la foule venue célébrer la victoire de la gauche, dimanche à Bogota, Francia Marquez arborait son habituel sourire. Son énergie débordante ne l’a jamais quittée au fil d’une campagne pourtant jonchée de menaces de mort. Il faut dire qu’elle y est habituée. Ses engagements pour les droits des femmes, des Afros-Colombiens et son activisme environnemental ont toujours été accompagnés de violentes oppositions.

militante dès ses 13 ans

Francia Marquez, 40 ans, est originaire de la région de Cauca, dans le sud-ouest du pays. Un territoire où vivent près de 250 000 descendants d’esclaves venus d’Afrique qui ont été forcés à travailler dans les mines et les haciendas. La population actuelle voit ses richesses pillées par des multinationales et subit de plein fouet le racisme systémique. Dès l’âge de 13 ans, Francia Marquez porte la voix de sa communauté pour s’opposer à un projet de barrage. Un militantisme qui s’accompagne rapidement de responsabilités familiales. À 16 ans, elle accouche de son premier enfant et l’élève seule. Pour subvenir à ses besoins, elle travaille tour à tour dans une mine d’or, puis en tant que femme de ménage. Ce qui ne l’empêche pas, en parallèle, de contribuer à repousser les incursions de multinationales minières dans sa région d’origine. En outre, Francia Marquez défend les femmes noires victimes de racisme et de violences sexuelles. « Il faut tout un processus pour s’accepter, c’est difficile avec tous ces clichés sur les femmes afros : qu’elles sont des prostituées, obsédées par le sexe… » confiait-elle à Jeune Afrique, en 2018.

« Je vis dans la peur »

Son combat pour l’écologie lui a valu d’obtenir, en 2018, le prix Goldman pour l’environnement. Cette distinction récompense la marche de plus de 560 kilomètres qu’elle a lancée en 2014 et qui a abouti au retrait des mineurs illégaux dans la région de Cauca. À l’époque, Francia Marquez était harcelée, méprisée et menacée. Pour des raisons de sécurité, elle a même été obligée de déménager. Mais son engagement n’a pas faibli. Et les violences non plus. Le 4 mai 2019, la militante réchappe à une attaque armée alors qu’elle préparait une réunion avec d’autres activistes. « Je vis dans la peur constamment, je me retourne toujours dans la rue pour voir si on me suit », déclarait-elle, déjà, en 2018.

Le 15 août 2020, l’afro-descendante se consacre entièrement à la vie politique. « Je veux être candidate de ce pays », écrivait-elle dans un tweet. Deux années suffiront pour qu’elle obtienne la troisième place à la primaire présidentielle du Pacte historique et qu’elle soit désignée comme colistière par Gustavo Petro. Pendant la campagne, Francia Marquez navigue entre les injures racistes, affronte de nouvelles menaces de mort, mais continue de défendre les plus précaires. Jusqu’à la victoire. Francia Marquez s’apprête à diriger un nouveau ministère de l’Égalité en charge des droits des femmes, des jeunes et des minorités ethniques ou sexuelles. La voix de ceux que l’on n’entendait pas résonne désormais dans tout le pays. 

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21 juin 2022 2 21 /06 /juin /2022 06:19
Jean-Louis Trintignant disait aussi parlant du communisme !
- "Tu as raison, nous ne sommes pas prêts à être communistes. Pas encore, c'est trop tôt ! ..."
Il précisait :
"Je pense que le communisme, c'est ça ! Il était impensable que cette doctrine puisse triompher, mais s'il avait existé la moindre chance de réussite, ça aurait été tellement plus beau que toutes les autres idées politiques et économiques. C'est pour cela que j'ai pensé communiste. Cette idée me plaisait parce qu'elle représentait la solution, et même si je doutais qu'elle fût réalisable maintenant, elle valait la peine d'être défendue."
Cinéma - Jean-Louis Trintignant, la mort d'un immense acteur: Marie-Josée Sirach et Michaël Mélinard dans L'Humanité, 18 et 19 juin 2022
Disparition. Le charme discret de Jean-Louis Trintignant

L’acteur est mort vendredi à l’âge de 91 ans. Retour sur la carrière cinématographique et théâtrale aussi dense qu’improbable d’un homme libre, insaisissable et fascinant.

Publié le Dimanche 19 Juin 2022

Il émanait de Jean-Louis Trintignant un charme incroyable. Il était d’une beauté fascinante, troublante. Ses yeux semblaient scruter loin derrière la caméra et son sourire, à la fois séducteur et carnassier, ne laissait personne indifférent. Il n’a jamais joué les stars, préférant la discrétion et l’humilité aux paillettes. Son jeu était sobre, élégant, laissant entrevoir cette part de mystère qui ne l’a jamais quitté. Sa voix, sensuelle, veloutée, pouvait être soyeuse ou dure et cassante. Pilote de course, il courut les rallyes de Monte-Carlo et les 24 Heures du Mans, dans la vie comme au cinéma.

Et Dieu créa la femme le propulse sur le devant de la scène

La carrière de Jean-Louis Trintignant est à son image : inattendue, discrète et flamboyante. Il a marqué à jamais plusieurs générations de spectateurs, que ce soit dans des rôles de jeune premier ou certains, plus sombres et inquiétants. Il est étonnamment passé à côté de la nouvelle vague et s’est permis le luxe de refuser des films tels Apocalypse Now, de Coppola, The Servant, de Joseph Losey, Rencontres du 3e  type, de Spielberg, Casanova, de Fellini ou encore César et Rosalie, de Claude Sautet. Combien de fois n’a-t-il pas annoncé son retrait du cinéma pour mieux se consacrer au théâtre et à la poésie, aux poètes qu’il avait découverts très tôt dans sa jeunesse gardoise ? Mais il y revenait, toujours, parfois après de longues parenthèses.

Coup de foudre, passion amoureuse et incandescente

Jean-Louis Trintignant est mort et l’on se souvient du visage encore enfantin de ce « gamin » qui épouse envers et contre tous Brigitte Bardot dans Et Dieu créa la femme. Roger Vadim, le réalisateur, a 28 ans ; Bardot 22 et Trintignant 26. Vadim filme comme vit la jeunesse d’alors, spontanément, joyeusement, tragiquement. Et si le film fit scandale auprès de toutes les grenouilles de bénitier et autres gardiens de la morale, il propulsa sur le devant de la scène deux jeunes acteurs alors presque inconnus devenus, lors du tournage, amants dans la vraie vie.

Jean-Louis Trintignant est alors rattrapé par la guerre, celle qui ne disait pas son nom, la guerre d’Algérie. Il refuse de partir se battre contre le peuple algérien. Il est alors envoyé en Allemagne, où l’armée lui fera payer cher son refus. Retour à la vie, retour au théâtre, un peu ; au cinéma beaucoup, où il enchaîne film sur film : les Liaisons dangereuses (1960), de Roger Vadim, Pleins feux sur l’assassin (1961), de Franju, le Fanfaron (1962), de Dino Risi aux côtés de Vittorio Gassman, le Combat dans l’île (1962), d’Alain Cavalier ; joue un poète improbable dans Merveilleuse Angélique (1965), de Bernard Borderie, rencontre pour la première fois Costa-Gavras dans Compartiment tueurs (1965).

1966… Sous la caméra tourbillonnante de Claude Lelouch, Jean-Louis Trintignant et Anouk Aimée vont incarner à jamais le coup de foudre, la passion amoureuse et incandescente aux rythmes fous d’allers-retours en voiture ou en train entre Paris et Deauville sous des pluies battantes. Un homme et une femme, malgré quelques critiques moqueuses, va marquer plusieurs générations de spectateurs en France et partout dans le monde, raflera la palme d’or à Cannes et se verra auréolé de deux oscars. Bon sang ! Qu’ils sont beaux tous les deux, qu’on a aimé ce happy end comme il n’en existe qu’au cinéma…

120 films au total, dont deux réalisations

On n’a jamais su très bien comment Trintignant choisissait ses films : était-ce le réalisateur, le scénario, le personnage, le hasard qui le séduisaient ? Il y a des affinités électives, avec Costa-Gavras, Alain Robbe-Grillet, Jacques Deray, Christian de Chalonge, Pierre Granier-Deferre, Jacques Audiard ; des affinités affectives, Claude Lelouch, Nadine Trintignant ; des « one shots », Alain Cavalier, Claude Chabrol, Éric Rohmer, François Truffaut, André Téchiné, Patrice Chéreau, Robert Enrico, Krzysztof Kieslowski ; sa période italienne, Valerio Zurlini, Sergio Corbucci, Giuseppe Patroni Griffi, Ettore Scola, Luigi Comencini, Bernardo Bertolucci… 120 films ou plus au total, dont deux qu’il a réalisés, Une journée bien remplie, en 1973, avec Jacques Dufilho, et le Maître-nageur, en 1979, à l’humour noir aussi grinçant que le premier. Enfin, deux films magistraux de l’Autrichien Michael Haneke, Amour en 2012 et Happy End en 2017, et des retrouvailles, cinquante ans après Un homme et une femme, avec Lelouch et Anouk Aimée dans les Plus Belles Années d’une vie, en 2021…

En parallèle de sa carrière cinématographique, Jean-Louis Trintignant a mené une carrière théâtrale. Celle-ci avait débuté bien avant le cinéma, au tout début des années 1950, années essentielles de formation. Il fréquente les cours de Charles Dullin puis de Tania Balachova, à Paris, avant de rejoindre Jean Dasté, l’un des pionniers de la décentralisation, à la Comédie de Saint-Étienne. À Avignon, Trintignant jouera La guerre de Troie n’aura pas lieu, dans la cour d’Honneur, mise en scène par le patron, Jean Vilar. Mais aussi sous la direction de Claude Régy, de Sacha Pitoëff, de Bernard Murat, de Claude Santelli, de Pierre Valde, d’Antoine Bourseiller… Jusqu’à se recentrer sur des lectures, celles des poètes, Aragon et sa Valse des adieux, celle du Journal de Jules Renard, de ses « trois poètes libertaires préférés », Jacques Prévert, Robert Desnos et Boris Vian, accompagné par l’accordéon de Daniel Mille sur des compositions d’Astor Piazzolla.

La mort de Marie l’avait brisé

Au crépuscule de sa vie, il n’avait pas renoncé. Lui qui avait voulu mourir tant de fois, anéanti par la mort de sa première fille, Pauline, puis celle de Marie dans d’atroces circonstances, malgré le cancer qui le rongeait, il avait su puiser au fond de son âme, toujours libertaire, indisciplinée et mélancolique, la force, le courage de retourner sur des plateaux de cinéma et de remonter sur les planches. La mort de Marie l’avait brisé. Ensemble, ils s’étaient aventurés dans la poésie d’Apollinaire, lisant, riant, pleurant à deux voix les Poèmes à Lou. Une admiration réciproque les liait, un amour infini tissait entre eux un voile protecteur invisible. Sa mort l’a plongé dans les ténèbres. Il s’est tu. Longtemps. Et puis est remonté sur scène, pour dire Prévert, Desnos et Vian. On a encore en mémoire le poème de Prévert : « Dans ma maison tu viendras… » Dans sa maison, celle de ses amis poètes, de ses filles, Trintignant s’en est désormais allé.

Jean-Louis Trintignant, l’acteur qui aimait les poètes 

Disparu le 17 juin à l’âge de 91 ans, le comédien a joué dans plus de 120 films et dans de nombreuses pièces. C’est l’une des grandes voix du cinéma français qui s’éteint.

Publié le
Samedi 18 Juin 2022

Jean-Louis Trintignant est mort deux fois. Une première en août 2003, lorsque sa fille Marie, périt en Lituanie sous les coups de son compagnon Bertrand Cantat. Une seconde, le matin du 17 juin à 91 ans, « paisiblement, de vieillesse, chez lui, dans le Gard, entouré de ses proches » selon un communiqué transmis par son épouse Marianne Hoepfner Trintignant. On peut accoler à Jean-Louis Trintignant une foule de superlatifs ou de clichés sans jamais parvenir à vraiment saisir son importance sur les scènes théâtrales et cinématographiques de France mais aussi d’Europe. Alors allons-y. Monstre sacré, mythe, géant, Trintignant c’est un peu de cela mais pas seulement, une sorte de vedette qui n’assume pas complètement, un timide oubliant ses complexes devant une caméra ou sur un plateau de théâtre. Jean-Louis Trintignant, c’est d’abord une voix unique, singulière, reconnaissable avec des intonations un peu désinvolte, à la fois douce et semblant parfois revenue d’outre-tombe. C’est aussi une belle gueule de jeune premier, puis d’homme mûr irradiant l’écran puis, avec les ridules de l’âge avançant, un visage et un regard expressifs, magnifiés par Michael Haneke dans Amour, œuvre capitale couronnant d’une Palme d’or, son retour inespéré sur grand écran. Une manière de boucler la boucle cinématographique entamée 60 ans plus tôt. Et si le comédien a refait quelques apparitions au cinéma par la suite – dans Happy End du même Haneke et dans le troisième volet d’un Homme et une femme avec Lelouch- cet Amour apparaît testamentaire.

Né le 11 décembre 1930, Trintignant commence sa carrière dans les années 1950. Comme Brigitte Bardot, il est révélé dans Et dieu créa la femme de Roger Vadim. . Mari à l’écran, amant à la ville, leur brève idylle fait le bonheur de la presse à scandale. Vadim a du flair puisque les premiers pas au théâtre du jeune homme de 26 ans n’ont pas ému grand monde. Le film est un succès monumental mais c’est surtout Bardot qui en ramasse les lauriers. Service militaire oblige, Trintignant est rattrapé par la guerre d’Algérie. De retour chez Vadim en 1959 dans les Liaisons dangereuses, c’est avec le Fanfaron qu’il explose. Ce n’est pas lui, le fan de course automobile qui incarne le séducteur et conducteur de belles bagnoles mais Vittorio Gassman dans ce chef-d’œuvre de la comédie italienne de Dino Risi. Lui est étudiant en droit, séduit et un peu dépassé par un quadra flamboyant et sans gêne. Puis c’est Costa Gavras une première fois dans Compartiment Tueurs, Lelouch et son chabadabada dans un Homme et une femme (1966) face à Anouk Aimée. Une palme d’or et un Oscar pour Lelouch, le rôle d’une vie pour Anouk Aimée et un peu plus d’éternité pour Trintignant. La belle histoire se poursuit entre cinéma d’auteur et cinéma populaire. Il est dans  Paris Brule-t-il de René Clément, un homme à abattre de Jacques Deray, Les Biches de Chabrol, face à son ex-épouse Stéphane Audran. Il enchaîne les grands rôles. Chez Gavras encore, en juge dans Z, confronté aux autorités dictatoriales. Il ajoute une ligne à son palmarès cannois avec un prix d’interprétation. Puis, c’est Ma nuit chez Maud, quintessence du film rohmerien.

Les années 1970 débutent avec ce qu’il considère comme son plus beau rôle. Il est le Conformiste de Bernardo Bertolucci, un homme faible qui tente de se reconstruire en adhérant au parti fasciste et en se fondant dans la norme. Il s’essaie à la mise en scène en 1973, dirigeant Jacques Dufilho dans un film au titre improbable, Une journée bien remplie, où neuf meurtres insolites sont commis dans une même journée par un seul homme dont ce n’est pas le métier. Les spectateurs le boudent. Il réitère l’expérience en 1979 avec Le maître nageur qui lui non plus ne trouve pas son public. Entre-temps, il a joué pour Granier-Defferre dans le Train, est revenu sur la Seconde Guerre mondiale dans Les violons du bal de Michel Drach, s’est glissé dans la peau du criminel Emile Buisson face à Delon dans Flic Story et a revisité le coup d’État de Pinochet dans Il pleut sur Santiago. Les années 1980 confirment sa place prééminente. Il retrouve Gassman dans le très beau film de Scola La Terrasse. En 1982, il est Duché, le commissaire antisémite du Grand Pardon, film qu’il a accepté, selon la légende, à cause de la ressemblance du réalisateur Alexandre Arcady avec le pilote de formule 1 Jacques Laffite. Il est dans Vivement Dimanche, le dernier film de Truffaut. Il apparaît aussi souvent dans les Lelouch, jusqu’à participer à une suite d’Un homme et une femme, vingt ans après.

Il fraie aussi avec les jeunes cinéastes. Ainsi, il participe aux deux premiers longs métrages de Jacques Audiard, Regarde les hommes tomber et Un héros très discret. Il accompagne aussi les premiers pas d’Enki Bilal au cinéma dans Bunker Palace Hotel et Tykho Moon. En 1998, il annonce sa retraite cinématographique après Ceux qui m’aiment prendront le train de Patrice Chéreau. Le comédien entend se consacrer au théâtre. D’ailleurs, à cette période, il partage la scène avec sa fille pour interpréter les Poèmes à Lou d’Apollinaire. Enchantés par l’expérience, ils la réitèrent avec une pièce de Samuel Benchetrit, Comédie sur un quai de gare. La mort de sa fille le dévaste. Il continue de monter sur scène, mettant sa voix au service des poètes libertaires -Prévert, Vian, Desnos-, accompagné par l’accordéoniste Daniel Mille. Haneke le convainc de revenir au cinéma avec Amour, lui permettant de décrocher un césar (le seul !) du meilleur acteur. Lorsque Haneke reçoit la Palme d’or, il déclare sur la scène : « Et si on essayait d’être heureux, ne serait-ce que pour donner l’exemple ». On va essayer très cher Jean-Louis. Mais que ce sera dur sans toi.

Michaël Melinard

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21 juin 2022 2 21 /06 /juin /2022 06:17
Résultats des législatives 12-19 juin 2022 - Communiqué de la fédération du PCF Finistère, 20 juin
Législatives - 2nd tour - Communiqué de la Fédération du Finistère du PCF, 20 juin 2022
 
La fédération du PCF du Finistère remercie les électeurs de la gauche au second tour des Législatives dans le Finistère et toutes les militantes et militants de la Nouvelle Union Populaire Écologique et Sociale (NUPES) qui viennent de se dépenser sans compter pour des victoires de gauche dans les circonscriptions finistériennes.
Nous espérions un nombre de députés de gauche supérieur encore, avec le rassemblement des forces de gauche, mais celui-ci n’a pas suffi à résorber l'abstention et à déjouer le piège de la démobilisation aux législatives, ni à accroître suffisamment la participation aux élections de l’électorat populaire, de la jeunesse, après le résultat des présidentielles, comme nous l’espérions en réalisant cette unité de la gauche inédite.
 
163 députés de gauche au sortir du second tour des Législatives permettent néanmoins que Emmanuel Macron, le président des riches, ne soit pas en mesure de disposer pas d'une majorité absolue à l'Assemblée nationale. La gauche dans sa diversité, avec la Nupes, est la principale force d'opposition à l’Assemblée. Le pouvoir présidentiel est ébranlé, avec les défaites de nombreux ministres et de cadres du parti présidentiel : Ferrand, Blanquer, Castaner, de Montchalin, Benin, etc. C'est le signe d'une colère populaire réelle vis-à-vis de Macron et de ses soutiens et d'une volonté de changement qui s'est exprimée avec un vote de gauche sensiblement égal à celui de la majorité présidentielle Ensemble!, et cela malgré la victoire d'Emmanuel Macron aux Présidentielles.
 
Cet élément de satisfaction ne saurait occulter la vraie catastrophe de ce second tour des élections législatives, conséquence des cinq années de quinquennat Macron et de l’ambiguïté de la droite et de Macron et son gouvernement face à la nécessité du « front républicain » face au Rassemblement National : la multiplication par 10 du nombre de députés d’extrême-droite!
 
Avec leurs réformes libérales et inégalitaires depuis 5 ans et en mettant dos-à-dos, dans la dernière période, la NUPES et le RN au motif d’un prétendu « rejet des extrêmes », Macron et son gouvernement ont permis au RN et à l’extrême-droite d’obtenir un nombre de députés encore jamais égalé en période démocratique.
Visiblement le "front républicain" est à sens unique, de la gauche vers la droite, quand il s'agit de contrer l'extrême-droite.
 
Ces 90 députés du mouvement d’extrême-droite risquent de peser lourd sur les débats de l’Assemblée Nationale et le climat dans le pays et constituent une source d’inquiétude pour tous les républicains. Les communistes sont et seront plus que jamais totalement mobilisés contre les idées nauséabondes de l’extrême-droite.
 
Le Parti Communiste Français avec 12 député.e.s (un de plus que sous le précédent mandat) voit le groupe de la Gauche Démocrate et Républicaine renforcé avec l'apport des députés ultramarins, de Polynésie, de Martinique, de la Réunion. Avec ces députés de gauche ultramarins avec lesquels nous avons fait la preuve de notre capacité à bien travailler ensemble lors du précédent mandat, nous constituerons un groupe d'au moins 18 à 20 députés pour défendre les valeurs de la gauche sociale, internationaliste, et de l'émancipation humaine.
 
Avec nos députés du groupe communiste GDR, et l’ensemble des groupes qui composeront la NUPES, le président de la république n'aura pas les coudées franches pour appliquer son programme de casse sociale, de report de l'âge de retraite, de démantèlement des services publics , de marchandisation de la santé…
 
Au plan du Finistère, nous avons le regret de n’avoir gagné contre la droite et la majorité présidentielle qu’une seule circonscription alors que d’autres victoires pouvaient être attendues grâce au rassemblement de la gauche mais la défaite du président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand est en soi déjà une excellente nouvelle.
 
Les communistes du Finistère félicitent Mélanie Thomin et son équipe de campagne à laquelle nous étions associés pour cette très belle victoire avec un symbole et un des premiers responsables de la Macronie !
Sur Brest, la frustration est grande pour nous de voir Pierre-Yves Cadalen perdre de quelques voix alors qu’il était largement en tête au 1er tour et avait mené avec des centaines de militants une très belle campagne.
Dans les 8 circonscriptions finistériennes, nous remercions chaleureusement nos militants et nos électeurs qui ont voté et milité pour les candidats d’union de la gauche, et félicitons l'ensemble des candidats de la NUPES et tous leurs soutiens pour leurs campagnes actives et dynamiques qui leur ont permis malgré les échecs de réaliser des résultats tout à fait honorables et d'être au second tour. Les militants communistes ont pris toute leur part à ces campagnes des candidats de la NUPES dans le Finistère même si nous n’avions pas de candidat issu du PCF.
 
Nous appelons maintenant à une forte mobilisation sociale et citoyenne après ces élections pour empêcher Macron de déployer son programme de casse sociale, pour obtenir le relèvement du SMIC, l’augmentation des salaires et des pensions, l’échec de la réforme des retraites de Macron, le blocage des prix des produits de première nécessité, l'égalité salariale entre les femmes et les hommes, les investissements nécessaires pour répondre à la fois au défi climatique et à l’urgence sociale.
 
Le PCF Finistère
 
Brest, 20 juin 2022
 
 
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21 juin 2022 2 21 /06 /juin /2022 06:13
Législatives - Deux tiers des jeunes se sont abstenus (L'Humanité, Julia Hamlaoui, 21 juin 2022)
Deux tiers des jeunes se sont abstenus

Second tour Ce sont à nouveau les moins de 35 ans et les classes populaires qui ont le moins voté. Quant aux reports de voix, ils donnent à voir l’effritement du front républicain.

Publié le Mardi 21 Juin 2022 - L'Humanité

Le scrutin de dimanche a ouvert une période d’incertitude avec une majorité toute relative pour Ensemble ! mais aussi une arrivée en force de la gauche à l’Assemblée et une percée historique du Rassemblement national. La carte politique du territoire s’en trouve bouleversée : si 324 circonscriptions conservent la même étiquette, 148 ont basculé plus à gauche et 105 plus à droite. Mais le second tour des élections législatives a été marqué par un autre phénomène majeur : l’abstention, à nouveau, de plus de la moitié des citoyens appelés aux urnes (53,77 %, contre 52,49 % le 12 juin). « Ce sont plus de 26 millions d’électeurs qui n’ont pas voté. C’est le premier parti de France », a mesuré dès l’issue du vote sur TF1 le directeur général de l’Ifop, Frédéric Dabi. Mais le phénomène continue de frapper différemment les électeurs selon leur profil.

Ce sont les jeunes, comme lors des précédents scrutins, qui sont les plus abstentionnistes, malgré les appels lancés par la Nupes pour les inciter à se déplacer. Selon Ipsos, 71 % des 18-24 ans et 66 % des 25-34 ans ne se seraient pas rendus aux urnes, dimanche. La non-participation reste majoritaire jusque dans la tranche d’âge des 50-59 ans, où elle s’élève à 57 %, pour chuter à 42 % parmi les 60-69 ans et à 34 % parmi les plus de 70 ans. Soit 37 points de différence d’un bout à l’autre de la pyramide des âges. Un écart encore plus important que lors de la présidentielle. À ce second tour-là, il était de 19 points entre les plus jeunes (42 % n’avaient pas voté) et les plus âgés (23 %), signe d’une intermittence du vote particulièrement marquée chez les plus jeunes.

67 % des ouvriers ont boudé les urnes

Le niveau de participation est aussi sensiblement différent selon la catégorie socioprofessionnelle. Les ouvriers se seraient ainsi abstenus, dimanche, à 67 %, contre 54 % des cadres et seulement 35 % des retraités. De même, selon le niveau de revenu : 64 % de ceux ayant moins de 1 250 euros de revenu par mois ne se sont pas déplacés, contre 49 % de ceux qui disposent de plus de 3 000 euros mensuels. Ce sont également – phénomène déjà observé lors du premier tour – 57 % des sondés ne se déclarant « pas satisfaits » de leur vie qui ont boudé les urnes, contre « seulement » 48 % des « satisfaits ».

« La campagne extrêmement dure menée l’un contre l’autre par Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron n’a pas suscité de remobilisation de leur camp respectif », affirme Mathieu Gallard, de l’institut Ipsos. Un constat nuancé par Frédéric Dabi, qui rappelle la moindre démobilisation par rapport à l’entre-deux-tours des législatives de 2017. Cette fois, c’est « 1,5 point de plus par rapport au premier tour, c’était 6 points de plus en 2017 où il y avait eu un record d’abstention avec 57 % », note- t-il. Il y voit l’effet de « la dramatisation de cette campagne » avec la confrontation entre la gauche, le camp présidentiel et le RN.

Avantage tout de même pour la Macronie, qui partait avec de l’avance. Ainsi, on compte 53 % d’abstention parmi les électeurs de Jean-Luc Mélenchon du premier tour de la présidentielle, 52 % parmi ceux de Marine Le Pen et 38 % parmi ceux d’Emmanuel Macron. Elle est également moindre (à 50 %) parmi les Français qui préféraient « qu’Emmanuel Macron obtienne une majorité », que parmi ceux (59 %) qui la souhaitaient pour la gauche : « Globalement, le différentiel de mobilisation entre partisans et opposants de la majorité présidentielle a été d’une dizaine de points », résume Ipsos.

Reste que « le sentiment est très fort que la campagne n’a pas abordé les enjeux qui intéressent les Français, dont le pouvoir d’achat, largement en tête de ceux-ci depuis des mois », note Mathieu Gallard, pointant une médiatisation concentrée d’abord sur la constitution du gouvernement, puis sur l’affrontement Nupes-Ensemble !, mais peu sur le fond.

Aux près de 54 % d’abstentionnistes, « il faut aussi ajouter les 7,7 % d’électeurs qui ont voté blanc et nul, alors qu’ils étaient 2,2 % au premier tour. Dans les différentes configurations de duels, avec la tripolarisation, énormément d’électeurs du camp éliminé ont fait le choix de ne pas choisir », observe le politologue de l’Ipsos.

pas de report des électeurs de droite contre le RN

Les reports de voix entre les deux tours montrent d’ailleurs à quel point le barrage républicain face à l’extrême droite est affaibli. «Dans les duels entre Ensemble ! et le RN, 7 électeurs de la Nupes sur 10 n’ont pas voté ou voté blanc et nul. Et c’est la même chose dans les duels Nupes-RN pour les électeurs Ensemble ! – environ 7 sur 10, là aussi, ne choisissent pas », relève Mathieu Gallard. Selon une enquête Harris Interactive, cette proportion serait un peu moindre : 48 % des électeurs d’Ensemble ! ne se seraient pas exprimés en cas de duel Nupes-RN, 34 % auraient choisi un bulletin Nupes et 18 %, RN. Dans les duels RN-Ensemble !, ce serait 45 % des électeurs Nupes qui n’auraient pas choisi ; 31 % auraient glissé un bulletin Ensemble ! dans l’urne, et 24 %, celui du RN. Quant aux électeurs RN du premier tour, en cas de duel Nupes-Ensemble !, 51% n’y auraient pas participé, 24 % auraient choisi le candidat Nupes et 25 %, celui d’Ensemble !.

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21 juin 2022 2 21 /06 /juin /2022 06:07
 président du groupe communiste GDR sous les deux précédents mandats

président du groupe communiste GDR sous les deux précédents mandats

Déclaration d'André Chassaigne, président du groupe communiste GDR sous les deux précédents mandats:

"La proposition de Jean-Luc Melenchon me surprend. En effet, elle n'était pas dans l'accord de la NUPES.
Je m'interroge sur l'intérêt d'un groupe unique qui gomme les sensibilités et les richesses de chacune et chacun.
Par ailleurs, 4 groupes au sein de l'Assemblée seront plus forts qu'un seul. Pour la gauche, ce sera du temps de parole en plus et plus de droit de tirage ( commissions d'enquête, niches parlementaires,
etc...) .
Pour ma part, je n'ai qu'une seule boussole : l'intérêt pour le peuple de gauche... Sur ce point, qu'apporterait un groupe unique?
Par ailleurs, concernant les postes à responsabilité au sein de notre Assemblée, qui constituent un enjeu secondaire, une coopération intelligente entre nos groupes aboutira au même résultat que la constitution d'un groupe unique. C'est d'ailleurs tout l'intérêt de la constitution d'un intergroupe."

Présidence de la commission des finances à l’Assemblée nationale : en finir avec les contre-vérités et les approximations.
 
Olivier Dartigolles, ancien porte-parole du PCF
 
Ce post rapide pour donner quelques éclairages sur les modalités de l’élection à la présidence de la commission des finances, de l’économie générale et du contrôle budgétaire. Il s’écrit et se raconte pas mal de bêtises depuis hier. Notamment sur l’idée : « comme le Rassemblement national est le premier groupe d’opposition, il obtiendra cette présidence si les élus de la Nupes ne fusionnent pas en un seul groupe ». Or, c’est tout simplement inexact. Pourquoi ?
1. Tout d’abord, rien n’est inscrit dans la Constitution contrairement aux récentes déclarations de Marc Fesneau sur France info. Rien de tel comme le sait d’ailleurs parfaitement l’ancien ministre chargé des relations avec le Parlement. Un responsable politique de premier plan ( Numero 2 du Modem) ne devrait pas se comporter ainsi dans une période déjà assez troublée. Seul le règlement de l’Assemblée nationale précise les conditions de cette élection. « Ne peut être élu à la présidence de la commission des Finances(…) qu’un député appartenant à un groupe s’étant déclaré d’opposition ».
Autre point : « si la majorité absolue (37 votes ) au sein de la commission n’a pas été acquise aux deux premiers tours de scrutin, la majorité relative suffit au 3 eme tour ».
2. J’ajoute ici un point déterminant : traditionnellement, les députés de la majorité ( absolue ou aujourd’hui relative), en l’occurrence ceux d’Ensemble, ne participent pas au vote. Ils s’abstiennent en laissant les groupes d’opposition participer au vote. Dans un tel scénario, la Nupes ( sans avoir besoin d’avoir un seul groupe mais en s’étant accordée sur une candidature commune) l’emporterait donc face au RN et à LR lors du troisième tour.
3. Aussi, pour conclure, seule la participation des députés « ensemble » à ce vote ( au premier, second ou troisième tour) peut donner cette présidence à un députés LR ou RN. Pour dire les choses plus clairement, seuls les macronistes, en ne respectant pas la tradition parlementaire, peuvent faire présider cette commission par la droite ou l’extrême-droite et non, comme cela devrait se passer, par un député issu de l’un des groupes de la Nupes.
Donc, comme on le voit, l‘affirmation selon laquelle « le premier groupe de l’opposition a la présidence de la commission des finances » est une contre-vérité. Quand elle est exprimée par des personnes ne connaissant pas bien le règlement de l’Assemblée nationale, cela peut se comprendre au regard d’un traitement médiatique, parfois peu scrupuleux en termes de vérification, et de ce que l’on peut lire sur les réseaux sociaux. Mais quand cela vient de personnes maîtrisant parfaitement ces sujets…
Quant à la question d’un groupe Nupes fusionné, là encore, quelques rappels sont nécessaires et utiles. Outre le fait que ce sujet ait été clairement arbitré dans l’alliance électorale de la gauche réunie et de l’écologie, la nouvelle composition de l’Assemblée nationale plaide bien évidement pour la constitution de quatre groupes parlementaires ( PCF, LFI, EELV, PS) et d’un intergroupe pour se coordonner ( comme par exemple pour une candidature commune à l’élection de présidence….ou pour le dépôt d’une motion de censure….). C’est indispensable pour faire vivre la diversité qui n’est jamais un obstacle mais une richesse. Et puis, encore ceci, un groupe unique donnerait, automatiquement, beaucoup plus de moyens, de logistique, d’initiatives et de temps parlementaires aux autres groupes, dont le RN. Pas très judicieux pour la période qui vient et qui va être rude.
 
***
 
Charlotte Balavoine:
Pour information (ou rappel), le règlement de l'Assemblée Nationale (art39) stipule que ne peut-être " élu à la présidence de la commission des finances qu'un député d'un groupe d'opposition". Le vote se fait à bulletin secret et les députés de la majorité n'y prennent normalement pas part.
👩‍🏫😉 Autrement dit avoir un ou plusieurs groupes de la #NUPES n'entrave en rien l'élection d'un.e président.e issue de l'alliance des forces de gauches pour la Commission des finances (ainsi que dautres représentants dans les bureaux des autres commissions).
✊️📣 En revanche avoir plusieurs groupes permet proportionnellement plus de temps de paroles et surtout, (surtout !) de respecter l'accord passé entre les différentes composantes de l'union de la gauche et des écologistes.
🤝 "L'union est un combat" écrivait Étienne Fajon, et elle repose nécessairement sur le respect de chacune de ses composantes.
🥳👏 J'en profite donc pour ma part pour féliciter André Chassaigne et les députés communistes et ultra-marins pour la reconduction dugroupe #GDR à l'Assemblée Nationale. Le monde du travail aura plus que jamais besoin d'eux pour faire barrage à l'extrême-droite, au "tapis de bombes" que nous promet la macronie, et permettre de nouvelles conquêtes sociales !
⤵️ Pour plus d'informations sur le règlement de l'Assemblée Nationale c'est par ici:
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