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27 juillet 2016 3 27 /07 /juillet /2016 07:54

Lionel Venturini

Lundi, 25 Juillet, 2016

L'Humanité

Le Conseil constitutionnel est saisi à gauche comme à droite contre la loi adoptée sans vote jeudi dernier. Les députés qui ont échoué à déposer une motion de censure se tournent vers les citoyens.

Loi travail, déjà le retour : le Conseil constitutionnel est saisi de deux recours de parlementaires, dans la foulée de son adoption sans vote au Parlement la semaine dernière. La première, portée par la droite, pointe deux articles mineurs consacrés aux locaux syndicaux (article 27 du texte adopté) et au dialogue social dans les entreprises franchisées (article 64). Dans un courrier adressé aux sages et transmis à l’AFP, des députés « Les Républicains » et UDI indiquent qu’en application « du second alinéa de l’article 61 de la Constitution », ils défèrent au Conseil l’ensemble de la loi relative au travail, jugeant qu’elle « porte atteinte à plusieurs principes et libertés constitutionnels », en d’autres mots insuffisamment libérale. Plus prosaïquement, « Les Républicains » n’entendent pas laisser de répit au gouvernement.

À gauche, c’est dans un mémoire de sept pages que l’on conteste le déroulement même de la procédure adoptée par le gouvernement pour valider coûte que coûte le projet. Ce mémoire, que publie le député désormais non inscrit Pouria Amirshahi et une quarantaine de parlementaires issus des frondeurs PS, des élus du Front de gauche et des écologistes, pointe le « non-respect du débat parlementaire ». « La démocratie sociale (prévue par la loi Larcher de 2007) n’a pas été respectée dans l’élaboration de la loi », argumentent les signataires, jugeant que « les prérogatives du Parlement ont été bafouées ».

« Ouvrir les fenêtres et les portes de l’Assemblée »

Il n’y a pas eu, du fait du choix du gouvernement de recourir très tôt dans le débat au 49-3, « de délai raisonnable pour étudier le projet de loi ». L’usage répété même de cet article qui consacre le pouvoir du gouvernement sur les législateurs « dévoie l’usage historique et les objectifs qui ont fondé la mise en place de cet article ». Enfin, si le 49-3 a été mis en œuvre à trois reprises, le Conseil des ministres « n’en a, lui, délibéré qu’une seule fois », alors que la rédaction même du texte évoluait, et aurait justifié un nouveau feu vert formel du Conseil des ministres.

Avec les autres recours déposés, le seuil nécessaire des 60 parlementaires est franchi, quoique ce point juridique de jonction des saisines devrait être tranché aujourd’hui par le Conseil constitutionnel.

Face au nouvel échec du dépôt d’une motion de censure par les députés, les opposants à la loi travail font par ailleurs revenir celle-ci par le biais d’un soutien à la « motion de censure citoyenne » initiée dans le sillage du mouvement Nuit debout (motiondecensure.fr) avec 150 personnalités, et qui recueillait hier plus de 540 000 signatures, « soit 937 fois l’Assemblée nationale », proclament les initiateurs. 28 députés (1) « déplorant cette impasse » d’une motion de censure appellent désormais à porter cette motion dite « citoyenne ». « Pour une fois que l’on peut ouvrir les fenêtres et les portes de l’Assemblée, on n’allait pas se priver », se félicite le communiste André Chassaigne. La lutte contre le texte n’est pas éteinte encore, il reste aux syndicats, outre le retour de la mobilisation à compter du 15 septembre, le recours ultérieur aux questions préalables de constitutionnalité.

(1) Laurence Abeille, Pouria Amirshahi, François Asensi, Isabelle Attard, Danielle Auroi, Alain Bocquet, Marie-George Buffet, Jean-Jacques Candelier, Fanélie Carrey-Conte, Patrice Carvalho, Gaby Charroux, André Chassaigne, Sergio Coronado, Cécile Duflot, Jacqueline Fraysse, Édith Gueugneau, Christian Hutin, Jean Lassalle, Jean-Luc Laurent, Christophe Léonard, Noël Mamère, Philippe Noguès, Christian Paul, Barbara Romagnan, Jean-Louis Roumegas, Nicolas Sansu, Éva Sas, Paola Zanetti.

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27 juillet 2016 3 27 /07 /juillet /2016 07:49
Le courage et la responsabilité

Patrick LE HYARIC

Edito de l'Humanité du jeudi 27 juillet

L'horreur encore. L'insupportable encore ! Les larmes de l'abominable tuerie de Nice n'ont pas encore séché que le crime a de nouveau frappé la France. Après les symboles de la Révolution française, le soir du 14 Juillet, c'est aujourd'hui l'Église catholique qui est touchée en son cœur. En égorgeant un prêtre, dans son église de Saint Étienne-du-Rouvray, la nébuleuse du fanatisme assassin, qui usurpe au Moyen-Orient la qualité d'État, assène un nouveau coup de sabre contre la société française.

La répétition macabre de l'horreur sanguinaire qui rythme ce mois de juillet en France, en Allemagne, à Kaboul ou Bagdad soulève le cœur. Elle provoque un effroi aussi légitime que compréhensible. Il ne doit pas émousser notre capacité à raisonner pour réagir de manière juste, efficace et solidaire.

Ce terrorisme ne s'embarrasse pas d'une ligne directrice, d'un seul et même mode opératoire. Cette fois, la cible est précisément choisie pour alimenter la mécanique dévastatrice d'une guerre de religion, pour donner raison aux théoriciens ultra-conservateurs d'une prétendue « guerre de civilisations ». La secte des égorgeurs travaille d'arrache-pied à l'implosion de nos sociétés abîmées par un profond malaise. Ses missionnaires savent pouvoir y trouver un écho vengeur à leur funeste entreprise.

Mais Daech n'est ni la rébellion, ni la révolution, c'est la mort ! La France est visée pour ce qu'elle est : une Nation où se côtoient origines variées, athées, libres penseurs et croyants de religions diverses. Cette alchimie est insupportable aux yeux des fanatiques si elle fait la preuve de ses vertus. À chaque coup porté, Daech entend fracturer cet équilibre patiemment construit depuis plus de deux siècles, fortifié par l'idée républicaine et le principe de laïcité.

Dans ce contexte, la dégoûtante surenchère politicienne sur le dos des morts et des principes démocratiques et républicains risque de se payer très cher. Comment un ancien président de la République peut-il avoir l'outrecuidance de qualifier notre droit d'« arguties juridiques »? Les lois et règles de droit font justement de notre République l'antithèse du projet de type fasciste, porté par Daech. Que cette droite haineuse, lancée dans une folle et imbécile course à l'échalote avec l'extrême droite, prenne garde. Elle entre dans la zone rouge de la division qui pourrait faire d'elle l'alliée de cette secte fanatisée qui sème la mort, des salles de spectacles jusqu'aux églises.

Le terrorisme fondamentaliste est un problème majeur dont les solutions sont tout autant géopolitiques, de sécurité intérieure, que sociales et politiques. Le courage et la responsabilité commandent d'assumer cette complexité, au risque de laisser la démagogie progresser, au détriment de tous et au bénéfice du pire.

Les femmes et hommes de paix de par le monde doivent se retrouver pour impulser de nouvelles initiatives politiques et diplomatiques afin d'assécher le terrorisme. Des actes pour la reconstruction et le codéveloppement doivent être pris sans attendre. Les forces progressistes ont la responsabilité d'opposer au terrorisme un nouvel internationalisme de progrès social et environnemental. Le besoin de développement humain, de services publics de l'éducation, de la culture ou de sécurité doit surpasser d'urgence l'austérité. C'est à un pacte de solidarité et de fraternité qu'il faut travailler.

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27 juillet 2016 3 27 /07 /juillet /2016 07:43
Horreur face au lâche et abominable assassinat du prêtre de Saint Etienne de Rouvray

L'horreur a de nouveau frappé avec le lâche et abominable assassinat de Jacques Hamel, le prêtre de l'église de Saint Etienne du Rouvray. Nous adressons nos pensées à la famille, à la communauté catholique, à la population de Saint Etienne du Rouvray, à son maire, Hubert Wulfranc.

Face à cette nouvelle tragédie, notre pays est confronté à un immense défi : vaincre Daech, assurer une meilleure sécurité pour nos concitoyens dans un état de droit, faire grandir dans notre société, par l'intervention populaire et citoyenne, les valeurs de solidarité et de progrès pour tous.

Un grand débat national s'impose pour décider de l'orientation des politiques publiques à mettre en œuvre. Que les polémiques cessent immédiatement pour laisser place au discernement, à la connaissance, à la compréhension.

Que les petits jeux politiciens et les surenchères irresponsables s'arrêtent pour un débat démocratique allant au fond des questions afin de mieux agir.

Olivier DARTIGOLLE - PCF
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26 juillet 2016 2 26 /07 /juillet /2016 07:59
Peut-il y avoir un bon usage de la taxe carbone en faveur du climat ?

Les grands enjeux pour notre planète

Humanité Dimanche – 21 juillet 2016
Gérard LE PUILL

Une étude du commissariat général au développement durable (CGDD) sur la contribution climat énergie (CCR) précise que nous payons, en 2016, une taxe carbone moyenne de 83 euros par ménage. Mais elle sera de 245 euros en 2020, soit trois fois plus qu'en 2016. Les moyennes ne rendent jamais compte de l'influence réelle des prélèvements sur les budgets des uns et des autres quand l'échelle de revenus est très large. Ainsi, les 10 % de ménages les plus aisés en France subiront un prélèvement moyen de 107 euros cette année, contre 57 pour ceux du bas de l'échelle sociale. Mais, ramenée en pourcentage sur la part du revenu prélevé, cette taxe enlève 0,6 % de pouvoir d'achat aux ménages modestes contre 0,1 % aux plus riches. Elle va surtout réduire le pouvoir d'achat des gens qui se chauffent au fioul et au gaz, comme de ceux qui roulent beaucoup pour aller au travail en voiture. Les victimes seront les ménages aux revenus moyens et modestes qui habitent à 30 kilomètres et plus de leur travail aux alentours de Paris et des grandes villes de province, comme ceux de nombreux départements ruraux.

En 2016, le montant moyen de la taxe carbone est de 83 euros par ménage. Il sera de 245 euros en 2020.

La perception de cette taxe ne réduira nullement la pollution imputable aux voitures, si le trafic ne diminue pas. Pour le réduire, il faudrait que le produit de la taxe serve à offrir des alternatives aux utilisateurs de la voiture individuelle. Outre la priorité donnée aux transports en commun, on pourrait augmenter sensiblement la prime mensuelle kilométrique versée aux gens qui se rendent au travail en vélo. On pourrait aussi récompenser financièrement les salariés d'un même bassin d'emploi et d'un même lieu de résidence qui s'organiseraient pour se rendre quotidiennement au travail en pratiquant le covoiturage. De même, le produit de la taxe prélevée sur le fioul domestique et le gaz pour le chauffage devrait être orienté vers un fonds chargé de cofinancer les travaux d'isolation des maisons et des immeubles. D'un bout à l'autre de l'Europe, il faudrait avoir dans chaque pays un même niveau de taxe carbone sur les carburants de manière à pénaliser la pollution des camions en taxant les marchandises transportées au prorata des émissions de gaz à effet de serre induites par ces transports sans introduire de distorsion de concurrence. Là aussi, l'argent récolté pourrait être utilisé pour développer progressivement des productions de proximité.

Par exemple, les Franciliens mangent environ 240 000 tonnes de tomates de serre par an. Mais la production francilienne ne couvre pas 5 % de cette consommation et celles que l'on mange viennent souvent du Maroc. Or, toutes les régions peuvent produire des tomates de serre alors que la production française est absente de 70 % du territoire pour des raisons qui n'ont rien à voir avec le climat. Conclusion : pour qu'une taxe carbone soit vraiment utile dans les prochaines décennies, il faudra investir l'argent récolté dans des projets qui réduiront les émissions de gaz à effet de serre.

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26 juillet 2016 2 26 /07 /juillet /2016 07:50
Renforcer la sécurité peut-il tout résoudre ?

Face aux attentats, les réponses à apporter sont éminemment politiques

Jean-Marc Durand Membre du Conseil national du PCF, élu de Romans sur-Isère

Après l'attentat de Nice, le traumatisme demeure entier dans la population. S'il faut s'interroger face à cet acte de barbarie cruelle sur les conditions de sécurité mises en œuvre et sur les dispositifs de protection des citoyens, ce n'est certainement pas le moment de faire monter les enchères en déclarant tout et n'importe quoi. Par contre, même si nous sommes confrontés à une situation très complexe et difficile à maîtriser, même si nous sommes face à des actes qu'il est difficile de prévoir avec exactitude, rien n'est pire que de dire que nous allons devoir nous habituer durablement à vivre avec cette épée de Damoclès sur la tête et que les actes terroristes vont faire partie maintenant du quotidien de la vie de chacun-e. Derrière de tels propos il y a une dangereuse acceptation des événements et une encore une plus dangereuse pédagogie du renoncement, de la résignation, de l'acceptation d'une sorte de fatalité.

Idéologiquement, cela travaille une volonté beaucoup plus large de faire accepter le système tel qu'il est. Finalement le terrorisme serait le prix à payer pour préserver le modèle libéral d'organisation de la société dans la zone occidentale avec en arrière-plan l'acharnement à nier l'existence d'alternatives de progrès. Connu depuis longtemps, le terreau du terrorisme continue sans vergogne à être fertilisé par la plupart des dirigeants politiques de ce monde.

C'est à partir de questions concrètes jamais résolues, de tensions entretenues par la domination et l'exploitation générées par le système capitaliste, opposant les hommes entre eux, les peuples entre eux, les territoires entre eux, jetant dans le désarroi et la précarité des centaines de millions de personnes et maltraitant notre environnement, que s'enracinent les fondements idéologiques du terrorisme, même si c'est pour reproduire des modes de vie et gestion identiques, voire pires.

Quand des êtres humains souffrent de malnutrition, vivent avec moins de 2 dollars par jour, ne disposent pas d'un accès minimum à l'enseignement, à la culture, ne peuvent pas se soigner, vivent sous les bombes et les tirs de mitraillettes depuis des dizaines d'années, voient chaque jour leur droit d'expression bafoué, cela produit les pires réactions.

Depuis des années le refoulement de ce mépris ne peut que conduire à des situations explosives, catastrophiques, préparant un retour du refoulé dont on ne peut prévoir la forme et les modalités d'expression.

On peut imaginer le terrain propice à des actes insensés que cela prépare notamment parmi des esprits faibles que d'aucuns s'empressent de manipuler.

Si on ne peut et on ne doit pas ignorer le besoin de sécurité immédiate de la population, l'issue à cette situation est profondément politique. Il est plus que temps de réactiver l'action et la lutte politiques sur des alternatives et pour des issues concrètes et palpables par les populations. Cela touche à la politique internationale, avec l'exigence d'un règlement de la situation palestinienne, d'en finir avec les logiques de guerre qui prévalent depuis trente ans maintenant, de l'Afghanistan en passant par les Balkans jusqu'à l'Irak, la Libye, la Syrie, et en laissant les peuples déterminer leur propre avenir.

Mais cela tient à la mise en œuvre d'une autre politique financière, économique et sociale dans le monde, en Europe et dans chaque pays. Une politique qui fasse le choix d'une autre utilisation de l'argent, mis au service du développement et de l'émancipation des peuples contre la spéculation et l'accumulation capitalistes.

En clair, une politique qui repose sur le développement massif des services publics, de nouveaux droits sociaux et de nouveaux pouvoirs d'intervention et de décision des salariés et des citoyens dans la gestion des entreprises, des banques et de la cité. Une politique qui fasse le choix de la paix, qui respecte l'environnement et propose à chacune et à chacun, par le développement de tous, un nouveau stade de civilisation où la lutte des classes redevienne le moteur du dépassement des contradictions et des antagonismes sociaux.

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24 juillet 2016 7 24 /07 /juillet /2016 08:54
Photo de Dominique Gontier

Photo de Dominique Gontier

Plus de 800 repas servis, une recette encore meilleure qu'au Guilvinec la semaine passée, une vraie fête populaire et joyeuse sous le soleil du début de soirée dans un cadre super sympa, la Fête du Travailleur de la Mer de Lesconil, organisée par la section PCF du Pays Bigouden et tout particulièrement par le secteur de Lesconil, avec son titre hugolien adapté aux espérances et à la chaleur républicaines, a été cette année encore une franche réussite, grâce à la bonne humeur des convives, des musiciens à l'énergie communicative, le groupe de l'île Tudy Ar Vaskodenn puis, après 22h, le groupe de rock Shoes Daim et ses reprises des Stones, de Led Zeppelin et consorts.

Coup de chapeau aux bénévoles du PCF pays bigouden pour l'engagement dans la réussite de leurs trois grandes fêtes d'été, qui attirent plusieurs milliers de personnes!

La direction départementale du PCF Finistère, avec notamment Dominique Gontier et Erwan Rivoalan, était présente pour faire remplir le questionnaire du PCF "La Grande Consultation Citoyenne "Que demande le peuple?" et, une fois encore, les retours ont été excellents et très riches sur le plan des discussions.

Ismaël Dupont, invité par la section du Pays Bigouden, à faire un discours politique, a pris la parole pendant 10 minutes après Alain Vigouroux, élu PCF à Lesconil, accompagnés d'Etienne Le Bellec et de Patrick Gloaguen, responsables de section.

Voir aussi: Fête du PCF à Guilvinec: les photos de Karo Berardan sur le Facebook du PCF Finistère

Les fêtes des sections du Parti Communiste dans le Finistère cet été 2016

Caroline Berardan a mis en ligne un album photos de la fête de Lesconil.

https://www.facebook.com/media/set/?set=a.1743246145942119.1073741831.1732388910361176&type=3

Et le lien avec le discours:

https://www.facebook.com/1732388910361176/videos/1743273989272668/

Photos de la fête du Travailleur de la Mer le 23 juillet 2016 à Lesconil et discours d'Ismaël Dupont, secrétaire départemental du PCF Finistère: Tant de raisons de ne pas abdiquer!
Sylvain Araldi et Chantal Le Coz de la Forêt de Fouesnant

Sylvain Araldi et Chantal Le Coz de la Forêt de Fouesnant

Photos de la fête du Travailleur de la Mer le 23 juillet 2016 à Lesconil et discours d'Ismaël Dupont, secrétaire départemental du PCF Finistère: Tant de raisons de ne pas abdiquer!
Photos de la fête du Travailleur de la Mer le 23 juillet 2016 à Lesconil et discours d'Ismaël Dupont, secrétaire départemental du PCF Finistère: Tant de raisons de ne pas abdiquer!
Photos de la fête du Travailleur de la Mer le 23 juillet 2016 à Lesconil et discours d'Ismaël Dupont, secrétaire départemental du PCF Finistère: Tant de raisons de ne pas abdiquer!
Photos de la fête du Travailleur de la Mer le 23 juillet 2016 à Lesconil et discours d'Ismaël Dupont, secrétaire départemental du PCF Finistère: Tant de raisons de ne pas abdiquer!
Photos de la fête du Travailleur de la Mer le 23 juillet 2016 à Lesconil et discours d'Ismaël Dupont, secrétaire départemental du PCF Finistère: Tant de raisons de ne pas abdiquer!
Photos de la fête du Travailleur de la Mer le 23 juillet 2016 à Lesconil et discours d'Ismaël Dupont, secrétaire départemental du PCF Finistère: Tant de raisons de ne pas abdiquer!
Photos de la fête du Travailleur de la Mer le 23 juillet 2016 à Lesconil et discours d'Ismaël Dupont, secrétaire départemental du PCF Finistère: Tant de raisons de ne pas abdiquer!
Photos de la fête du Travailleur de la Mer le 23 juillet 2016 à Lesconil et discours d'Ismaël Dupont, secrétaire départemental du PCF Finistère: Tant de raisons de ne pas abdiquer!
photo JL Le Calvez

photo JL Le Calvez

photo Dominique Gontier

photo Dominique Gontier

Lesconil – 23 juillet 2016 - Tant de raisons de ne pas abdiquer!

Bonsoir à tous,

On est bien ici tous ensemble à Lesconil, à discuter, à manger face à la mer, à faire la fête, à écouter de la bonne musique dans une ambiance fraternelle.

Mais, dans nos têtes, il y a du doute, un sentiment d'impuissance et de colère qui peut détourner de l'action politique et de la vie citoyenne.

Quoi de plus normal !

Avec un pouvoir socialiste élu en 2012 sur des promesses de justice sociale et de rupture avec la politique ultra-libérale et pro-patronale de Sarkozy qui mène une politique d'austérité et de remise en cause du droit social comme on en a rarement, voire jamais connu depuis la Libération.

Jusqu'à remettre en cause le droit de manifester contre la loi travail, à criminaliser les syndicalistes de chez Air France ou ceux qui luttent contre la loi El Khomri, jusqu'à utiliser le 49-3 pour faire passer, en contournant le débat parlementaire et l'absence de majorité au Parlement, à quatre reprises pour imposer la loi Macron et la loi travail.

Une loi travail pourtant rejetée par 70 % des français qui perçoivent bien qu'elle a pour but de précariser encore un peu plus les salariés pour répondre aux exigences du Medef et d'une Union Européenne qui voudrait instaurer des protectorats dévoués au capitalisme financier sur les nations et contre les intérêts des peuples dont on bafoue sans cesse depuis des années la souveraineté démocratique.

Une Union Européenne qui impose une hyper-austérité absurde remettant en cause les droits sociaux les plus élémentaires des peuples européens et singulièrement des Grecs, en obligeant le gouvernement Syrisa à contredire le référendum qu'il a gagné à l'été 2015 et le mandat de résistance à la dictature libérale de la Troïka et des gouvernements européens dévoués aux banques qu'il a reçu du peuple.

Pendant ce temps, sourds à la détresse de centaines de milliers de réfugiés syriens, irakiens, afghans, soudanais, érythréens, qui s'entassent dans des camps dans une misère absolue ou meurent en Méditerranée, relativement indifférents à l'urgence de lutter contre le dérèglement climatique, pour l'emploi des jeunes, la prise en charge des personnes âgées, le milieu politique étale sa médiocrité et sa démagogie, particulièrement à droite et à l'extrême-droite, après les attentats de Nice, en faisant de la surenchère dans le concours Lépine des inventions sécuritaires les plus farfelues.

Il nous confronte au carrefour des vanités et de l'affairisme, ce que symbolise bien un Cahuzac, ministre du budget, qui cache ses millions au FISC et son argent mal gagné à conseiller des laboratoires pharmaceutiques en plein conflit d'intérêt.

Ou encore un Macron qui fait des allers-retours entre la banque d'affaire Rotschild et le pouvoir, qui prétend incarner la relève et la modernité à gauche alors qu'il n'a pas affronté une fois le suffrage universel et qu'il n'est que le chouchou et le toutou du Medef et de la haute finance.

Un Valls qui se voit bien en fossoyeur du Parti Socialiste et de la gauche en France et qui conjugue la brutalité et la grossièreté d'un Sarkozy, lequel prétend revenir au pouvoir après toutes les affaires de corruption financières qui ont entaché son mandat de Président.

Face à cette triste équipe d'interchangeables, à ces irresponsables qui font monter l'abstention et l'extrême-droite en France, qui se soucient assez peu qu'il y ait 800 000 à 1 million de chômeurs en plus dans notre pays depuis 2012, et des centaines de milliers de concitoyens qui sont tombés en dessous du seuil de pauvreté, ceux-là faisant assurément partie des 40 % de Français qui ne peuvent s'offrir des vacances cet été, la tentation est grande de se détourner de tout cela et de cultiver sans jardin.

Et pourtant...

D'autres hommes se sont battus dans des conditions plus difficiles et dangereuses pour la liberté, l'égalité, la dignité humaine.

On ne peut pas laisser ce monde à ses prédateurs en se détournant de la vie collective quand les soixante hommes les plus riches du monde possèdent autant que la moitié de l'Humanité.

Les marges de manœuvre existent pour mener une autre politique, en faveur des classes populaires, des services publics, de la solidarité, de la protection sociale, des salaires et de l'amélioration des conditions de travail.

A condition d'abord de prendre l'argent là où il est confisqué et s'utilise dans le parisitisme social sans faire tourner l'économie réelle.

On pense aux 31 milliards de patrimoine de Liliane Bettencourt, qui n'a pas payé l'ISF cette année, ou aux 30 milliards de Bernard Arnault, de Gérard Mulliez, le patron du groupe Auchan, qui représentent 3 fois le produit Intérieur Brut du Mali et 180 000 ans de salaires d'un travailleur payé au SMIC !

Et on nous parle après de coût du travail, alors qu'on ne s'attaque pas au coût du capital.

A ces 200 milliards d'exonérations fiscales et de cadeaux fiscaux pour les entreprises, dont bénéficient principalement les plus grosses d'entre elles, les multinationales. A ces 60 et 80 milliards de fraudes et d'évasions fiscales recensés dans un rapport daté de 2012 par Eric Bocquet sénateur communiste, avec la complicité des banques, des paradis fiscaux, de l’État.

Un vrai partage des richesses ne peut se faire qu'en donnant des pouvoirs démocratiques aux salariés dans les entreprises, qu'en s'affranchissant des règles de gouvernance libérales de l'Europe , qu'en s'attaquant résolument aux intérêts des capitalistes.

Seule une réorientation importante des politiques publiques dans le sens de la justice sociale et de l'égalité pourrait redonner un peu de crédit à l'action politique, à notre démocratie bien mal en point, parce que ces institutions, celles de la Ve République, en verrouillent l'expression, et empêcher la progression du Front National, ce populisme d'extrême-droite porteur d'une histoire raciste et liberticide que l'on connaît, de menacer encore plus notre démocratie.

Il y a aujourd'hui, dans cette période de défiance généralisée et de radicalisation, de montée des périls politiques et sociaux que chacun perçoit, une nécessité de reconstruire une gauche plus rassemblée, qui rompra avec la politique menée depuis cinq ans, tournera le dos aux vieilles recettes du néo-libéralisme qui conduisent la social-démocratie à l'échec partout en Europe, pour prendre en compte les besoins de la population : éducation, santé, protection sociale, jeunesse.

C'est la raison pour laquelle le Parti Communiste cherche à construire avec les citoyens et les autres forces politiques et sociales de gauche qui ne se reconnaissent pas dans la politique de Hollande, de Valls et de la majorité parlementaire socialiste actuelle, un pacte d'engagements communs pour 2017.

Nous fêtons cette année les 80 ans du Front Populaire, union de la gauche pour résister au péril fasciste et faire progresser les droits des travailleurs : il nous faut reprendre ce chemin là.

En surmontant les querelles d'egos, d'ambitions partisanes ou personnelles, les habitudes, en trouvant un candidat de gauche commun rassembleur, qui ne peut être François Hollande, pour éviter un second tour droite-extrême droite aux élections présidentielles, une quasi élimination de la gauche au Parlement qui signifierait des années très difficiles pour les salariés, les libertés et ce qu'il reste de la République sociale en France.

La porte est très étroite pour éviter ce scénario catastrophe, mais c'est la responsabilité du PCF, qui a travaillé à l'unité du mouvement populaire pour la défense de la République entre 1934 et 1937, pendant la guerre à participant à l'unification de la résistance, à la Libération, dans les années 1970, de travailler à réussir ce défi.

Quoiqu'il en soit, rien ne se fera sans vous, et c'est la raison pour laquelle, en rupture avec la démocratie des sondages, des castings, des agences de communication, nous vous proposons de remplir la grande consultation citoyenne « Que demande le peuple ? » pour vous mêler de ce qui vous regarde et énoncer vos priorités pour un mandat populaire de gauche en 2017.

Ismaël Dupont, secrétaire départemental du PCF en Finistère

Published by Section du Parti communiste du Pays de Morlaix - dans ACTUALITE REGIONALE
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24 juillet 2016 7 24 /07 /juillet /2016 08:28
Contre le nucléaire militaire, en mémoire d'Hiroshima et de Nagasaki, jeûne de l'île Longue: du 6 août 8h au 9 août 2016 11h: demandez le programme

Jeûne de l'Ile Longue 2016 du 6 août 8h15 au 9 août 11h

Nous les jeûneurs et jeûneuses...!

Du 6 au 9 août nous avons décidé de ne nous alimenter que d'eau pendant 4 jours pour montrer notre opposition catégorique aux armes nucléaires!

Devant la base de l'Ile Longue nous exprimons notre refus des sous marins lanceurs d'engins qui patrouillent en mission permanente avec 96 bombes nucléaires, chacune de 10 fois la puissance de celle lâchée sur Hiroshima le 6août 1945 à 8h15.

Ce jeûne action est en lien avec d'autres jeûnes en France et à ailleurs: Angleterre, Allemagne, USA, Afrique. et tous se font dans le cadre de la campagne internationale del'ICAN (http://icanfrance.org/)

Plus de 100 pays travaillent en 2016 pour proposer à l'ONU un traité d'interdiction des armes nucléaires. Nous demandons à notre nation d'apporter son soutien pour engager le monde vers un désarment nucléaire général. Encore actuellement notre gouvernement refuse une telle perspective et s'accroche à la dissuasion nucléaire.L'essai du M51 ne date que de quelques jours.

16 000 bombes nucléaires sont en service , dont 2000 en état d'alerte, à plusieurs reprises nous avons frôlé l'apocalypse, n'attendons pas n'attendez pas il est urgent de débattre des orientations de la défense nationale.

Notre jeûne action appelle tous les citoyens à participer à ce débat.

contact: 06 82 91 25 89 / 06 37 63 88 95

Programme:

Sam 6 août / BREST

8h /Au monument aux morts place de la Liberté début du jeûne - ensuite sur le port distribution de tracts (Grand Large) jusqu'à 12h30 - traversée par la navette jusqu'au Fret ou départ en voiture jusqu'aux abords du Festival du Bout du Monde rencontre avec les festivaliers jusqu'à 19h.

Dim 7 août / SAINTE MARIE DU MENEZ HOM

Appel à participer à la marche annuelle pour la PAIX organisée par le MOUVEMENT DE LA PAIX .Départ 10h30 depuis l'air de covoiturage de Saint Marie Du Menez Hom.

Rassemblement au sommet du Menez Hom à 12h L'accès est possible au sommet pour ceux qui ne peuvent faire la marche.

Pique nique pour les marcheurs à proximité de la chapelle à partir de 13h

15h à 19 h Animations autour des jeûneuses et jeuneurs: Lectures contre l'oubli - Expo - cahier de témoignages - musique .................

Lundi 8 août :

A partir de 10h animation et à 15h : le désarmement nucléaire en question table ronde /échanges.

Mardi 9 août:

10h 11h Musique - lectures

11h rupture du jeûne : une soupe sera servie aux jeûneuses(eurs) pour les aider à commencer à se réalimenter. Toutes les personnes présentes seront invitées à partager la soupe.

Pour l'élimination des armes nucléaires qui mettent en péril l'existence même de l'humanité, pour une civilisation de justice et de paix, nous vous invitons à soutenir les jeûnes actions et à y participer pour 1, 2 ,3 , 3 1/2 jours

Le Jeûne de l'Ile Longue 06/82/91/25/89 - 06/37/63/88/95

jeuneuses-jeuneurs.delilelongue@orange.fr

Rassemblement au sommet du Menez Hom pour la paix à l'été 2015

Rassemblement au sommet du Menez Hom pour la paix à l'été 2015

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24 juillet 2016 7 24 /07 /juillet /2016 08:17
Un hommage national sera rendu à Rennes le lundi 25 juillet à 15h30, place du Parlement de Bretagne, à Raymonde Tillon

Un hommage national à Raymonde Tillon sera rendu à Rennes le lundi 25 juillet , à 15h30, Place du Parlement de Bretagne .

Décès de Raymonde Tillon : « symbole de tout un pan de l'histoire populaire de notre pays » (Pierre Laurent)

C'est avec émotion que j'ai appris le décès de Raymonde Tillon. Résistante communiste, députée de Marseille, elle était l'une des premières femmes élues en 1945.

Épouse de Charles Nédélec dirigeant historique du Front populaire, elle vint s’établir avec lui à Marseille où elle participa aux diverses actions menées par le PCF. Résistante pendant la seconde guerre mondiale, elle fut déportée en 1944 de Sarrebrück, puis à celui de Ravensbrück dont elle s’évada avant l'arrivée des alliés.

Raymonde se fit élire députée de la 1ere circonscription des Bouches-du-Rhône, ce qui fit d'elle une des premières femmes élues à l'Assemblée nationale dès 1945.

En 1951, après avoir épousé Charles Tillon, elle le soutint dans l’épreuve, quand il fut accusé avec André Marty, d’activité fractionnelle. Son exclusion du parti en 1970 pour protestation contre l'intervention soviétique en Tchécoslovaquie, fut déclarée conne nulle et non avenue en 1997 par nos instances, quand le PCF décide de mettre un terme à cette pratique de l'exclusion politique.

Avec elle, disparaît la dernière survivante des 33 femmes élues à la première Assemblée Constituante de la 4e République. Raymonde Tillon symbolise tout un pan de l'histoire populaire de notre pays, mais aussi de l'histoire des droits des femmes, de la démocratie.

Au nom de mes camarades, je m'incline devant la mémoire de Raymonde Tillon, son parcours, son engagement militant.

Pierre Laurent

Elle soutient son mari Charles dans l'épreuve , quand il est exclu du PCF en 1970 pour "activité fractionnelle" avec André Marty . Cette exclusion sera déclarée "nulle et non avenue" par les instances nationales de son parti en 1997 .

En savoir plus avec le lien ci-dessous de l'article mis sur le "Chiffon Rouge" hier.

1978: Charles Tillon revient sur sa traversée du siècle et ses engagements avec Michel Kerninon dans la revue "Bretagnes" n°8 : "Désenchaîner l'espérance"

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24 juillet 2016 7 24 /07 /juillet /2016 08:15
Tableau de Charles Tillon - Grève au Pays Bigouden

Tableau de Charles Tillon - Grève au Pays Bigouden

1978: Charles Tillon revient sur sa traversée du siècle et ses engagements avec Michel Kerninon dans la revue "Bretagnes" n°8 : "Désenchaîner l'espérance"

Michel Kerninon, ancien journaliste au Télégramme, écrivant aussi dans d'autres revues des textes sur la littérature, la politique, l'histoire, militant syndical, a eu la gentillesse de nous faire parvenir ce huitième exemplaire de la revue "Bretagnes" dont le siège se trouvait à Morlaix, Impasse de la Fontaine-au-Lait, daté de mars 1978.

On y trouve un long et passionnant entretien de Charles Tillon par Michel Kerninon (réalisé en janvier 1978 à la Bouexière, en Bretagne, où Charles Tillon était retiré depuis 1975) à l'occasion duquel Charles Tillon, dont l'épouse, Raymonde Tillon-Nédelec, ancienne résistante communiste et députée à la libération comme lui, est décédée cette semaine, revient sur son itinéraire de militant et de responsable politique, sa participation à l'histoire du mouvement ouvrier et du communisme, et sur les leçons qu'il en tire, tout en se prononçant aussi sur les perspectives d'avenir pour la gauche en période de rupture du programme commun et de l'alliance PCF-PS.

Michel Kerninon précise les conditions de cet entretien, mûrement préparé, et enregistré au magnétophone:

"Deux autres collaborateurs de la revue Bretagnes étaient du voyage matinal d'hiver glacé ce jour-là dans ma 2CV en route de Morlaix vers La Bouexière chez les Tillon qui venaient de construire dans un lotissement, tout à fait comme un jeune couple. Leurs enfants avaient à peu près mon âge ou un peu moins.

Et donc les amis que je vais te présenter étaient présents et intervenants au cours de la journée, comme au restaurant (qui nous fut offert par le couple Tillon; et Charles, joyeux d'être en notre compagnie, avait même "exceptionnellement" pris un Ricard à l'apéro) J'avais longuement et soigneusement préparé et conduit l'entretien.

Ces camarades, je les indique. Il s'agit de Kristian Keginer, poète et écrivain de Morlaix, qui achève aujourd'hui une belle carrière ... à la Caisse des Dépôts.

Et de Michel Bescond, à l'époque journaliste au Télégramme avec moi, ancien grutier au port de Marseille et devenu spécialiste de marine, la pêche en particulier et il a mis un place un système de cotation des prix du poisson payé en criée, publié dans le journal, ce qui a bouleversé quelques secrets de mareyeurs et fait le bonheur des marins.

Ensuite, il fut l'un des dirigeants-actionnaire du Chasse-Marée puis créateur de la revue Armen. Il fut ensuite directeur salarié de Coop-Breizh, coopérative qu'il a redressée. Et enfin Michel quitta Coop Breizh (siège à Spézet) et devant co-directeur des Editions d'art Palantines jusqu'à la liquidation.

Après cette rencontre avec Charles et Raymonde Tillon, un couple attachant s'il en est, nous avons gardé des liens assez forts et entretenu une correspondance. Je me souviens en particulier de l'envoi d'un poème assez désespéré de Charles en vacances sur la côte normande, tandis que la gauche se déchirait. Mais sans doute était-ce à l'époque moins grave que ce qui se passe aujourd'hui dans notre pays et en Europe. " . (Michel Kerninon)

Décédé en 1993 à Marseille, Charles Tillon est né en 1897 à Rennes.

Ajusteur à l'arsenal de Brest en 1916, il s'est embarqué comme matelot mécanicien sur le croiseur "Guichen". En 1919, par solidarité avec la révolution bolchevique que combat l'armée française, il provoque une mutinerie sur le "Guichen" en Méditerranée et est condamné au bagne pour 5 ans, et envoyé au Maroc. Bénéficiant finalement d'une amnistie comme les mutins de la mer Noire, il devient ouvrier ajusteur à Nantes, puis adhère au Parti Communiste en 1921. Adhérent à la CGT, il soutient la scission avec la création de la CGTU en 1923 et devient permanent de la CGTU en 1924.

C'est à ce titre qu'il est très actif dans la grève des pêcheurs et des sardinières du Pays Bigouden et de la région de Douarnenez, se faisant même élire conseiller municipal sur la liste communiste de Daniel Le Flanchec en 1925 à Douarnenez en même temps que la première femme élue illégalement, Joséphine Pencalet.

A Michel Kerninon, en 1978, il dit avec passion l'importance dans sa vie de ces combats avec les pêcheurs et les ouvrières du pays Bigouden et de Douarnenez:

"J'ai donc appris à devenir ce que le "Comité des Forges" de l'époque appelait un "gréviculteur". La plus belle des grèves, la plus héroïque et la plus empreinte de sentiment populaire fut certainement pour moi la grève de Douarnenez. Alors j'en ai fait d'autres, au milieu de ceux qui parlaient la langue bretonne, je suis vraiment devenu non seulement un Breton de la région des fortifications qui défendaient la Bretagne autrefois, c'est à dire de l'Ille-et-Vilaine mais de cette Bretagne plus profonde, moins connue et si vivante, celle du Finistère, des Côtes-du-Nord, cette Bretagne "qui va au-devant de la mer" (...) En Bretagne, "il y avait une grande misère, le long des côtes surtout. Pour le reste, il n'y avait pratiquement pas d'industrie. Sur la côte, la pêche nourrissait l'industrie de la conserve; à la fois la pêche du 19e siècle et le début d'une industrialisation de la conserve. Les pêcheurs étaient des artisans. Ils allaient à la mer et ne connaissaient qu'elle. Mais, à terre, ils se défendaient mal. Les tempêtes ne leur faisaient pas peur, mais ils restaient désarmés devant les préfectures et leurs moyens de police. Soutenus par l'appareil d'Etat, les acheteurs s'entendaient pour contraindre les pêcheurs à vendre le moins cher possible. Mais voilà bientôt qu'en Bretagne, la grande grève des usines de Douarnenez rayonnait de la juste fierté d'avoir vaincu le patronat le plus rapace qu'on puisse trouver puisqu'il avait osé aller jusqu'à l'organisation du crime pour terroriser la population et faire tuer, s'il l'avait pu, le maire communiste Le Flanchec! Avant la grève, les pêcheurs n'étaient pas syndiqués, il fallait donc organiser dans le même syndicat le patron de la barque qui gagnait un peu plus, et ses matelots, ses compagnons de tempêtes et de souffrances. Ce n'était pas simple et c'est sans doute pourquoi il n'y avait pas eu, jusque là, de syndicat durable. Mais les femmes avaient le leur. Et la fierté qui les avaient animées gagnait en 1925 tous les ports de Bretagne. La colère déferlait parmi les ouvrières les plus exploitées, comme à Pont-l'Abbé ou à Concarneau, où une jeune fille d'usine sur quatre ou cinq était tuberculeuse... Le mouvement victorieux des femmes d'usine a entraîné les pêcheurs à mieux prendre conscience de leurs droits, et qu'en labourant la mer, ils étaient la source de tout. Mais le patronat de la côte aussi s'organisait. Et, au lieu de petits syndicats locaux, les patrons jusqu'à Saint-Jean-de-Luz, s'unissaient en un énorme Comptoir d'achat soutenu par le Comité des armateurs de la marine marchande et par l'Administration maritime. Alors commença leur grande offensive pour rationaliser l'industrie de la pêche, pour exporter des capitaux et des usines au Portugal, au Maroc, là où les salaires sont les plus misérables. Une "révolution" sur le dos des salariés et qui dure encore.. Nous avions été heureux pendant deux ans. Mais viendraient les défaites! Rationaliser l'industrie de la pêche pousserait à rationaliser l'industrie de la conserve. Aussi, commençait une autre histoire de la mer..."

A l'époque où il rencontre Michel Kerninon, Charles Tillon a déjà pris des grandes distances avec le Parti Communiste, parti dont il a été exclu en 1970, en même temps que Roger Garaudy, Jean Proteau, et Maurice Kriegel Valrimont (pour dénonciation entre autre de la répression du printemps de Prague et de l'invasion soviétique en Tchécoslovaquie) après avoir été écarté de la direction du Parti dont il faisait partie depuis 1932, date de son intégration au Comité Central, en 1952, pour désaccord avec Thorez et la ligne stalinienne de l'époque. C'est de la sorte avec beaucoup d'esprit critique que Tillon analyse le fonctionnement du parti communiste quand il y militait encore et après son éviction. Il raconte son voyage en URSS en 1931 comme représentant de la CGTU, sa mission en Espagne en 1939 pour tenter d'évacuer, sans soutien, 20 000 Républicains du port d'Alicante, son analyse du pacte germano-soviétique, et, un peu, son action dans la résistance, ses rapports avec de Gaulle dont il a été un des ministres communistes à la Libération (de l'Air, de l'Armement, et de la reconstruction).

Charles Tillon, à l'origine de la création des FTP et du premier appel à la résistance au fascisme hitlérien le 17 juin 1940, ancien député maire d'Aubervilliers à la Libération, restera une très grande figure de l'engagement communiste et social dans le tourbillon et les tragédies du XXe siècle. Un homme droit, indépendant, qui eut aussi le courage de dénoncer l'inacceptable.

1978: Charles Tillon revient sur sa traversée du siècle et ses engagements avec Michel Kerninon dans la revue "Bretagnes" n°8 : "Désenchaîner l'espérance"
1978: Charles Tillon revient sur sa traversée du siècle et ses engagements avec Michel Kerninon dans la revue "Bretagnes" n°8 : "Désenchaîner l'espérance"
1978: Charles Tillon revient sur sa traversée du siècle et ses engagements avec Michel Kerninon dans la revue "Bretagnes" n°8 : "Désenchaîner l'espérance"
1978: Charles Tillon revient sur sa traversée du siècle et ses engagements avec Michel Kerninon dans la revue "Bretagnes" n°8 : "Désenchaîner l'espérance"
1978: Charles Tillon revient sur sa traversée du siècle et ses engagements avec Michel Kerninon dans la revue "Bretagnes" n°8 : "Désenchaîner l'espérance"
1978: Charles Tillon revient sur sa traversée du siècle et ses engagements avec Michel Kerninon dans la revue "Bretagnes" n°8 : "Désenchaîner l'espérance"
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24 juillet 2016 7 24 /07 /juillet /2016 08:11
Figen Yuksekdag, la co-présidente du HDP © Amélie Poinssot

Figen Yuksekdag, la co-présidente du HDP © Amélie Poinssot

En Turquie, la gauche pro-kurde dénonce un «coup d'Etat civil»

24 JUILLET 2016 | PAR AMÉLIE POINSSOT

Dans une Turquie de plus en plus autoritaire, où le conflit qui oppose l'Etat à la rébellion kurde a repris l'année dernière, le parti de gauche pro-kurde HDP tente de faire entendre sa voix. Entretien avec Figen Yuksekdag, la co-présidente du parti.

Ankara (Turquie), envoyée spéciale.- Après le putsch manqué du vendredi 15 juillet, le gouvernement turc s'est lancé dans une « chasse aux sorcières » au sein de l'appareil d’État et de la fonction publique. Visant le réseau de Fethullah Gülen, prédicateur installé aux Etats-Unis présumé à l'origine de cette tentative de coup d'Etat, la purge s'étend de jour en jour. Mercredi 20 juillet, l'état d'urgence a été instauré. Depuis, les mesures de rétorsion s'accumulent. Dernière en date: les fonctionnaires sont désormais soumis à une demande d'autorisation spéciale pour pouvoir voyager à l'étranger.

Parti de l'opposition, le HDP (Parti Démocratique des peuples) est une formation de gauche radicale pro-kurde. Entré pour la première fois au parlement en 2015 (13 % des voix en juin 2015 ; 10,8 % des voix aux nouvelles élections de novembre 2015), à peine trois ans après sa création, il s'oppose frontalement à la politique de l'AKP (Parti de la Justice et du développement), formation islamo-conservatrice au pouvoir. S'il a condamné officiellement la tentative de putsch, avec les autres partis de l'opposition, ses 59 députés n'ont pas voté l'état d'urgence et ses membres se montrent très critiques et et inquiets face aux décisions du président, Recep Tayyip Erdogan.

Nous rencontrons sa co-présidente, Figen Yuksekdag, au siège du parti à Ankara. L'occasion, pour ce premier entretien que la dirigeante accorde à la presse française, de revenir sur les derniers développements en Turquie, mais aussi sur l'histoire et le positionnement du HDP, un parti qui prône la « démocratie radicale » et milite pour une résolution politique de la question kurde. L'occasion, aussi, de parler du contexte régional et de la guerre en Syrie, une donnée omniprésente et incontournable pour comprendre la politique turque.

Mediapart : Que pensez-vous vous des purges lancées par le gouvernement AKP depuis le week-end dernier ?

Figen Yuksekdag : Cette série de purges ne se limite pas à une lutte contre les initiateurs de ce putsch manqué. C'est une opération de nettoyage, une épuration des institutions étatiques de tous ceux qui ne sont pas directement sous le contrôle d’Erdogan. Les chiffres sont énormes : 50 000 enseignants ont été suspendus [parmi lesquels 25 000 dans le secteur privé – ndlr], et dans le secteur judiciaire, la proportion des juges écartés est telle que le système est pratiquement paralysé.

La Turquie est engagée dans une crise profonde. Certes, une tentative de coup d’État a été empêchée. Mais on est en train de vivre un autre coup qui aboutit à un résultat similaire à que ce qu'auraient pu produire les militaires s'ils avaient réussi. Le Palais et l'AKP sont en train de réaliser un coup d’État civil. Certes, les militaires seraient allés plus loin : ils auraient commencé par fermer le parlement et arrêté des députés. On n'en est pas là. Mais dans les faits, le parlement est contourné avec la proclamation de l'état d'urgencequi permet au gouvernement de faire passer des décrets sans l'aval des députés.

Je reste inquiète pour l'avenir du HDP à l'assemblée. Mon sentiment est que dès que le gouvernement se sentira à nouveau en sécurité, il commencera à s'attaquer à nous, les députés HDP. Pour l'instant il ne le fait pas parce qu'il pense que notre base électorale est capable de réagir très fortement.

Vers quoi le pays se dirige-t-il ?

Nous sommes sur le fil du rasoir. Nous sommes entourés de deux forces : d'une part, l'institution militaire, qui reste une menace malgré l'échec du putsch, l'armée turque disposant d'un gros potentiel. D'autre part, Erdogan et le Palais, car même si on n'est pas encore passé, officiellement, à un régime présidentiel, on y est de facto. On peut s'attendre à des développements très durs.

Cela dit, le HDP occupe une place spécifique dans le paysage politique turc. Ce qui fait notre force, c'est que nous ne nous lierons jamais à ces gens qui sont au pouvoir. Nous n'avons pas besoin d'eux pour être forts, du fait de notre grande expérience de la lutte et de notre lien particulier avec notre base. Nos électeurs ne vont pas nous quitter pour aller voir ailleurs. C'est ce qui me rend optimiste.

Notre force ne réside toutefois pas seulement dans notre culture résistante : elle est également dans notre organisation. Ces jours-ci, on a pu voir le pouvoir des militaires, puis la capacité d'Erdogan à faire descendre des gens dans la rue pour le soutenir… Mais personne n'a encore vu ce que nous sommes capables de mobiliser !

Le HDP a été fondé fin 2012. Expliquez-nous dans quelles circonstances.

Le HDP peut sembler récent, mais il est en réalité le produit final d'une longue tradition politique. Il a été formé par une coalition entre différentes formations : le Mouvement Kurde pour la Liberté, des mouvements sociaux, des syndicats, des organisations de défense des droits des femmes, des associations écologistes, des groupes alévis, et des islamiques libertaires. 2012 n'est pas la naissance du parti, il y a tout un passé derrière.

En contact direct avec la population

Comment êtes-vous parvenus, en moins de trois ans, à réaliser un premier succès électoral en passant le seuil des 10 % aux élections législatives de juin 2015, qui vous a permis d'entrer au parlement ?

La raison de ce succès, c'est que nous sommes arrivés, d'une part, à mettre ensemble ces différentes traditions politiques, et d'autre part, à introduire des éléments nouveaux dans la politique turque. Bien sûr, ce succès est aussi lié au fait que le Mouvement Kurde pour la Liberté est enraciné dans les mouvements d'opposition. Mais le HDP a aussi réussi à bâtir un programme de liberté politique à l'attention de toute la Turquie. Il a fait émerger une énergie collective, qui montre combien le besoin de démocratie dans le pays est vital. Il a parlé de davantage de liberté pour tous : cela a joué un rôle clef à mon sens.

De leur côté, les membres de ces mouvements d'opposition savaient qu'ils devaient se rassembler afin de briser le statu quo et le système politique oppressif de la Turquie. L'idée est venue d'un appel lancé par Abdullah Öcalan, en 2011, au HDK, le Congrès Démocratique des Peuples : depuis sa prison, sur l'île d'İmrali, il a appelé à une unification des mouvements. Le HDK s'est ensuite transformé en HDP, en 2012.

Puis il y a eu le mouvement Gezi, au printemps 2013 [né au départ de la volonté de conserver le parc Gezi, dans le centre d'Istanbul, contre un projet immobilier – ndlr]. Cette mobilisation a montré combien les gens avaient besoin d'agir ensemble. Nous avions d'ailleurs prédit ce genre de mouvement... Et cette énergie s'est canalisée dans notre parti. De fait, les membres du HDP ont joué un rôle majeur dans ce mouvement – même si c'était un mouvement sans leadership. Et le succès électoral deux ans plus tard montre que notre parti a effectivement fusionné avec une énergie politique toute fraîche, que l'on n'avait jamais vue en Turquie. Une énergie de type révolutionnaire qui donne au HDP la force d'affronter ses adversaires.

Comment avez-vous travaillé pour gagner des voix ?

Notre spécificité par rapport aux autres partis politiques turcs, c'est que nous sommes en contact direct avec la population. Tous les membres du HDP viennent de la lutte populaire, ont un passé militant. Ils parlent la même langue et ressentent les mêmes besoins que le peuple. Les partis « artistocratiques », eux, n'ont que des liens indirects avec la population, ils voient le peuple comme une masse destinée à les suivre.

Moi-même je militais au sein du mouvement socialiste dès le lycée ; le co-président du parti, Selahattin Demirtas, était actif au sein du mouvement kurde…

Nous sommes donc très présents sur le terrain. Nous avons par ailleurs décidé de nous implanter localement et orienté notre stratégie en ce sens : nous avons mis en place des commissions de quartier dans les villes, des commissions dans les villages, d'autres dans les universités… afin de faire se rencontrer les membres du parti et les électeurs. Nous avons créé des espaces de débats, comme des stands où les gens pouvaient venir poser des questions. Et pas seulement pendant la période électorale : c'est un travail que nous avons mené indépendamment des élections.

Enfin, nous avons porté le message d'une opposition claire et totale au gouvernement : nous avons pleinement conscience de la perspective d'obscurité absolue vers laquelle nous conduit le régime politique d'Erdogan, et nous n'allons pas le laisser gouverner ainsi. Les électeurs ont été convaincus par notre attitude, et depuis nous tenons nos promesses : nous constitutions l'opposition la plus forte au rêve de dictature d'Erdogan.

Enfin, et c'est peut-être le plus important, le rôle des femmes dans notre parti est un élément clef pour comprendre notre progression. Alors que les femmes sont d'habitude exclues de la politique en Turquie, chez nous elles en sont le sujet. Elles sont totalement à égalité avec les hommes : le parti est dirigé par une coprésidence – un homme, une femme -, le comité exécutif du parti est paritaire, et tous les groupes de travail, commissions etc. le sont également. Lors des moments difficiles que nous avons vécu ces derniers temps en Turquie - les attentats, les attaques dans le sud-est, la pression subie par le parti…-, on a d'ailleurs vu les femmes du HDP s'exprimer en public et résister.

Racontez-nous les pressions pendant toute la période électorale de 2015…

Après les élections législatives du 8 juin 2015, le coup de force du Palais a commencé. Erdogan n'ayant pas pas obtenu la majorité absolue, il a convoqué de nouvelles élections. Il voulait faire sortir du parlement le HDP qui avait réussi à faire élire 80 députés. Il a donc commencé à mettre notre base électorale dans un état de terreur.

Contre la politique du gouvernement turc à Chypre

Les cellules dormantes de l’État islamique en Turquie ont commencé à s'activer. Il y a eu le massacre de Suruc qui a fait 34 morts le 20 juillet. Et le siège a commencé au Kurdistan. En réaction, l'organisation de jeunesse kurde a commencé la résistance, en installant des barricades. Pendant deux jours, en septembre, 270 bureaux du HDP, dont le siège où nous nous trouvons, ont été la cible d'attaques ou de tentatives d'incendie. Puis, en octobre, il y a eu l'attentat à Ankara.

Le signe de tout ça avait été envoyé en réalité avant les élections, en avril 2015 : à ce moment-là, Abdullah Öcalan [le dirigeant du PKK, condamné à la prison à vie depuis 2002 - ndlr] est placé en isolement. Autrement dit, le gouvernement reprend la position guerrière qu'il avait abandonnée pendant quelques années. Juste avant le scrutin, une attaque à la bombe fait cinq morts à Diyarbakir, tandis qu'au cours d'autre meeting, à Erzurum, des lyncheurs s'en prennent à des membres du HDP avec la complicité de la police. On traverse donc un certain nombre d'épreuves…

Mais le pire arrive pendant la période entre les deux élections. Erdogan est alors préoccupé par deux choses : il veut interrompre le processus de paix et neutraliser le HDP. C'est donc la fin du processus de paix au Kurdistan. Des villes sont bombardées, des crimes contre l'humanité sont commis. Malgré tout cela, les autorités ratent leur objectif de nous disqualifier et ne parviennent pas à nous empêcher d'entrer au parlement. Certes, nous faisons élire un peu moins de députés au deuxième coup. Mais il faut dire que 500 000 électeurs n'ont pas pu aller voter car ils étaient bloqués par les militaires ! Ce n'est donc pas un si mauvais score... Et la pression que nous subissons n'empêchera jamais les Kurdes de dire qu'ils sont, de fait, des Kurdes et qu'ils revendiquent l'égalité des droits entre les Turcs et les non-Turcs de ce pays.

Quel est votre programme ?

Le HDP a un programme de démocratie radicale. Il défend les droits des femmes et des travailleurs, est soucieux de l'environnement, soutient l'égalité sociale pour les minorités sexuelles. Il prône la solidarité sociale, mais aussi la solidarité ethnique entre les différents groupes du pays. Sur le plan international, il est pour l'égalité entre les peuples. Il est absolument contre la tendance de l’État turc à vouloir grossir et occuper d'autres territoires.

A quoi faites-vous référence ?

Je pense à Chypre. Nous sommes complètement opposés à la politique menée par le gouvernement turc à Chypre. Nous défendons le droit des Chypriotes turcs et des Chypriotes grecs de décider ensemble de leur sort. Nous sommes d'ailleurs également opposé à ce que l’État grec décide du sort de Chypre.

Nous sommes aussi contre la politique syrienne du gouvernement d'Ankara, qui ne veut pas d'une Syrie démocratique et confédérale. A l'inverse, nous défendons le droit de ses habitants à décider comment ils veulent vivre ensemble.

En fait, notre programme est l'antithèse de la politique étatique habituelle...

Le HDP prône par ailleurs une nouvelle constitution afin de doter la Turquie d'une démocratie complète. Il veut une rupture radicale avec le centralisme traditionnel de l'administration turque pour développer à la place une démocratie participative avec un système parlementaire fort, qui inclurait des parlements locaux et un Etat décentralisé : il s'agit de mettre en place le modèle de l'« autonomie démocratique ». [concept développé par Abdullah Öcalan pour les peuples du Moyen-Orient, qui lui avait été inspiré par le libertaire américain Murray Bookchin – ndlr]

Un point entre Europe et Moyen-Orient

On vous compare parfois à Syriza en Grèce. Qu'avez-vous de commun avec ce parti ? Avez-vous des liens avec lui ?

Nous sommes en lien direct avec Syriza. Nous avions déjà des relations à l'époque où Syriza était encore en formation, et maintenant qu'il dirige le gouvernement grec, nous continuons d'avoir des contacts.

En fait, la Turquie a le potentiel pour fonctionner comme un pont entre les populations européennes et celles du Moyen-Orient. C'est précisément le rôle que le HDP joue actuellement : il y a d'un côté le PYD [Parti de l'Union démocratique, Kurdes syriens -ndlr], qui mène une lutte radicale en Syrie, et de l'autre, la gauche radicale de Syriza. Nous sommes entre les deux !

Cela fait un siècle que la politique d’État en Turquie sépare les Turcs et les Kurdes. Nous pensons au contraire qu'il faut les rassembler, comme il faut rapprocher les peuples du Moyen-Orient des peuples européens. Pour favoriser cela, le HDP a son rôle à jouer entre l'ouest et l'est. Mais Syriza aussi, étant donné la place qu'il a maintenant à l'ouest, a un rôle important. Nous plaçons beaucoup d'espoir en lui.

Peu après la création du HDP est né en Espagne un autre parti alternatif, Podemos. Êtes-vous en contact avec lui ?

Je dois avouer que la naissance de Podemos s'est faite à un moment où la lutte ici nous occupait pleinement. Je n'ai donc pas pu suivre de près, mais des membres du HDP se sont rendus en Espagne pour les élections. J'espérais un meilleur résultat... Face à la montée des partis nationalistes et racistes en Europe, j'aimerais bien en effet que les mouvements de gauche progressent. Mais pour cela, il faut que les gauches européennes prennent fortement position et agissent ensemble. Sans cela elles ne pourront avancer. Je crois aussi que les partis de gauche en Europe doivent regarder davantage vers le Moyen-Orient. La crise des migrants a montré que les développements pouvaient être très liés entre un côté et l'autre… Avoir conscience de cela pourrait aider la gauche européenne à passer d'une position défensive à une position proactive face à la montée des forces nationalistes.

Quels sont vos liens avec le PKK (parti des travailleurs du Kurdistan, organisation armée en conflit avec l’État turc) ? Le gouvernement vous accuse de soutenir les « terroristes ». Que répondez-vous à cela ?

Cela fait quatre ans maintenant que le gouvernement turc s'efforce de manipuler les esprits à ce sujet. Dans notre base électorale, il y a des gens qui ont du respect, voire de la sympathie pour le PKK. On ne va bien sûr pas s'en cacher. Dans les villes kurdes, de nombreux jeunes votent pour nous tout en étant dans une logique pro-PKK. C'est une réalité.

Cela fait-il de nous un parti lié avec le PKK ? Pourquoi doit-on répéter constamment que nous ne sommes pas le PKK ? Cette accusation est une manière de nous discréditer. Elle révèle par ailleurs une incompréhension de ce qu'est le HDP. Comme je le disais au début de l'entretien, le HDP est pour une part constitué par le Mouvement Kurde pour la Liberté. Mais il résulte aussi d'une grande coalition qui s'adresse à l'ensemble du pays et entend représenter l'ensemble de ses habitants. Moi-même je ne suis pas kurde et notre parti compte de nombreux membres comme moi.

Nous pensons par ailleurs que le problème du Kurdistan turc doit être résolu de manière politique, à travers des négociations. L’État doit rouvrir le processus de paix avec le PKK.

Le gouvernement turc qualifie le PYD (Parti de l'Union démocratique, Kurdes syriens) d'organisation terroriste. Or les Etats-Unis voient le PYD comme un allié dans la guerre contre l'EI en Syrie. Quelle est votre position à ce sujet ?

Il faut que la République turque arrête de s'accrocher à son idée fixe nationaliste selon laquelle les Kurdes sont forcément des ennemis. Or il n'y a aucune raison logique de déclarer « terroriste » le PYD, qui est une force populaire d'autodéfense. Le PYD est plutôt un garant pour la paix en Turquie et la région entière : c'est le seul jusqu'à présent à s'être battu avec succès contre l’État islamique. Ce qu'il veut pour la Syrie, c'est une confédération démocratique où Arabes et Kurdes vivraient en paix.

Dans cette guerre, l'Union européenne devrait suivre les Etats-Unis et faire du PYD son allié dans la lutte contre l’État Islamique. Le PYD en Syrie et le HDP en Turquie ont tous deux besoin de soutien au niveau international si l'on veut éviter que l’État Islamique ne progresse. Lorsque l’État Islamique sera vaincu, il faudra absolument que le PYD fasse partie de l'équation politique, afin d'empêcher le retour de l'EI.

S'il est vaincu en Syrie, l'EI survivra toutefois en Turquie car il a pu s'installer ici avec la tolérance des autorités qui entretiennent une proximité idéologique avec lui. L'EI pourra alors se répandre dans le Caucase, les Balkans, vers l'ouest, et dans tout l'espace postsoviétique. Il constituera une menace pour l'ensemble de la région. Or la seule force capable de s'opposer à cela, c'est le HDP.

Published by Section du Parti communiste du Pays de Morlaix - dans INTERNATIONAL
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