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16 septembre 2020 3 16 /09 /septembre /2020 07:34

 

ENTRETIEN. Crise sanitaire, plan de relance, explosion du chômage, réforme des retraites… Le secrétaire général de la CGT revient sur une rentrée au contexte inédit, en attendant la mobilisation du 17 septembre.

Alors que la rentrée sociale, aussi, se fait dans un contexte particulier, la CGT appelle, partout en France, à des mobilisations, le 17 septembre. Son secrétaire général, Philippe Martinez, met en garde contre la violence d’une deuxième vague sociale. Il plaide pour la conditionnalité des aides publiques aux entreprises et la mise en place de mesures de protection pour les plus précaires.

 

Nous venons de vivre une séquence exceptionnelle, au sens premier du terme. Avec un peu de recul, quel regard portez-vous sur cette crise sanitaire et ses conséquences sur le monde du travail ?

PHILIPPE MARTINEZ Cette pandémie aura des répercussions sur l’avenir. En bouleversant profondément le fonctionnement du pays, elle nous a aussi confortés sur un certain nombre de sujets. Elle a révélé, par exemple, le besoin criant d’indépendance industrielle en matière de santé, de fabrication de masques et de médicaments. Elle a aussi éclairé le malaise des personnels à l’hôpital, qui se battent depuis plus de 18 mois pour le service public, exigeant plus de moyens humains et financiers. L’affluence extraordinaire dans les hôpitaux leur a donné raison. Cette crise sanitaire nous a également confortés sur la question de notre modèle social, très décrié par les gouvernements successifs et le patronat, et qui, même en ayant été abîmé, a agi comme un amortisseur indispensable. Enfin, ce virus a été un grand révélateur de tous les maux du monde du travail. Le rapport du salarié à son propre travail a évolué. On a vu émerger tous ces travailleurs indispensables au fonctionnement du pays et qui pourtant sont payés au Smic.

L’organisation du travail a été bouleversée, les collectifs de travail ont souffert et le confinement a isolé nombre de salariés. Mais, cette période a aussi eu pour conséquence de reposer la question de la réduction du temps de travail et de notre rapport à l’environnement et à la planète.

 

Le gouvernement a mis en place, dès le début du confinement, un plan d’action d’urgence, en généralisant le chômage partiel, en octroyant des aides aux entreprises… À l’heure où la deuxième vague sociale s’annonce d’une ampleur inédite, que faudrait-il mettre en œuvre pour éviter des plans de licenciement massifs ?

PHILIPPE MARTINEZ Malheureusement, nous pressentons que les vieilles méthodes vont à nouveau être privilégiées. La réponse politique va se borner à l’accroissement des aides aux entreprises sans jamais poser la question de leur contrôle. L’État a donné 5 milliards d’euros à Renault en oubliant que, l’année dernière, le groupe avait versé 1 milliard à ses actionnaires. Dans la foulée, le constructeur licencie plusieurs milliers de salariés. Il faut raisonner en filières. Sur la question du chômage partiel, il convient d’emblée de relativiser le nombre de salariés qui en ont bénéficié. Muriel Pénicaud annonçait 12 millions d’euros, nous sommes plus près des 5 millions. Cela dit, c’est un système qui fait ses preuves en temps de crise. Reste que, même si la CGT a toujours revendiqué le paiement à 100 % des salaires pour les travailleurs au chômage partiel, en réalité, beaucoup vivent maintenant en perdant, chaque mois, 16 % de leur rémunération. Cela pèse sur un budget familial. Dans ce contexte, il faut contrôler les aides versées aux entreprises. Ensuite, il convient de prendre des mesures sociales. Car, même les aides à l’emploi des jeunes sont en réalité des aides aux entreprises.

À la CGT, nous revendiquons que chaque jeune qui aurait été embauché grâce à ce dispositif obtienne, in fine, un CDI. C’est une des grandes leçons de cette crise. Ceux qui ont souffert les premiers de la situation sont les plus précaires et les intérimaires. Ils représentent les 700 000 premiers chômeurs de cette crise. Augmenter le contrôle des aides publiques aux entreprises, c’est aussi renforcer le contrôle exercé par les salariés en donnant plus de droits à leurs représentants, comme le droit de veto. Pour toutes ces raisons, nous préférons parler de la nécessité d’un plan de rupture, plus que d’un plan de relance.

 

L’exigence d’un plan de rupture, c’est aussi le sens de votre appel à la mobilisation, le 17 septembre ?

PHILIPPE MARTINEZ Oui. Nous voulons à la fois porter la préoccupation des salariés, au plus près, dans les entreprises, mais également dégager des perspectives et des alternatives pour l’avenir. Bien sûr, pour les militants, sur le terrain, la situation n’est pas facile, mais c’est le rôle d’un syndicat que d’être sur ces deux fronts.

 

Comment expliquez-vous que toutes les organisations syndicales ne se soient pas jointes à votre appel ?

PHILIPPE MARTINEZ Les différences qui existaient avant la crise existent toujours. Elles sont profondes pour certaines, comme avec la CFDT qui considère que les choses se règlent à l’échelle de l’entreprise. Quant à Force ouvrière, elle n’appelle pas directement mais sa déclaration est en phase avec ce que nous portons.

Les cas de répression antisyndicale se multiplient. La situation en la matière s’aggrave-t-elle, selon vous ?

PHILIPPE MARTINEZ Oui, cela va crescendo. Après la bataille des retraites, nous avons assisté à une sorte de règlement de comptes de la part des directions et du gouvernement. Ce qui se passe à la RATP en est un bon exemple. Un agent a été licencié, avec l’aval de la ministre du Travail, Élisabeth Borne, ancienne directrice de la RATP. Et puis, il y a le cas extrême d’Anthony Smith. Voilà un inspecteur du travail qui, en mars, s’est battu pour que des salariés soient protégés et, aujourd’hui, alors que le gouvernement impose le port du masque, Anthony Smith est muté à 200 kilomètres de chez lui. Il devrait plutôt avoir une médaille.

 

 

 

En parlant de port du masque, est-ce une réponse suffisante pour assurer la sécurité des salariés ?

PHILIPPE MARTINEZ Il faut des règles nationales. Et il faut savoir les adapter en fonction de la réalité du terrain. Le port du masque est une chose importante – avec des masques adaptés et en quantité suffisante. Mais il faut l’aménager, en mettant en place des temps de pause qui permettent aux salariés de respirer. Quel que soit leur métier. Nous l’avons proposé lors des discussions sur le protocole de rentrée. Cela nous a été refusé. Dès que l’on s’attaque à l’organisation du travail, le patronat s’y oppose.

 

Le télétravail doit-il aussi s’insérer dans un cadre national ?

PHILIPPE MARTINEZ Oui, il faut un accord national. Mais, sur cette question, le gouvernement joue sur du velours. Il nous demande de nous mettre d’accord en sachant pertinemment que le Medef refuse tout accord national. Ce qui lui permettra, à l’instar de l’assurance-chômage, de reprendre la main à terme. Un accord sur le télétravail existe déjà, il faut l’améliorer. Sinon, nous allons voir se reproduire les situations que nous avons connues pendant le confinement. À la CGT, nous revendiquons la mise à disposition de matériel pour les salariés en télétravail et le remboursement des frais inhérents, l’encadrement des horaires de travail avec le strict respect du droit à la déconnexion, mais également que chaque salarié conserve, dans son entreprise, un poste de travail, car le télétravail ne peut pas se faire 5 jours sur 5. Le collectif de travail, c’est essentiel.

 

Retraites, assurance-chômage, dépendance… cette rentrée sociale voit aussi revenir sur la table des négociations des réformes mises de côté pendant la crise sanitaire. Y a-t-il une « méthode Castex » ?

PHILIPPE MARTINEZ Il y a des discussions, mais qui demeurent floues. La mise en œuvre de la réforme de l’assurance-chômage est renvoyée à plus tard et, sur la question des retraites, il n’y a pour l’heure ni échanges formels ni calendrier établi. Seul le Medef a fait savoir qu’il voulait que le sujet soit traité avant 2022. En parallèle, il y a aussi des négociations sur la santé au travail et le sujet du télétravail, qui a émergé ces derniers mois. Quant à la méthode Castex, il répète qu’il discute avec les organisations. Reste que le plan de relance s’est fait sans nous. Il ne faut pas confondre dialogue social et monologue social. Ce n’est pas parce qu’on se téléphone que l’on est écouté. Pour autant, c’est évident qu’il a donné consigne à ses ministres de « garder le contact », comme on dit.

 

Au sujet de la réforme des retraites, son report est-il à mettre au crédit de la mobilisation sociale exceptionnelle que nous avons connue l’hiver dernier ?

PHILIPPE MARTINEZ À tous ceux qui disent aujourd’hui que la crise sanitaire a eu pour conséquence de stopper le processus d’adoption de cette réforme, je leur rappelle que, sans mobilisation sociale, le texte aurait été adopté bien avant le confinement. Elle a donc été essentielle. Bien sûr, nous ne pouvons pas dire que c’est une victoire totale. Cette réforme reste sur la table et Macron en fait même une question d’honneur. Il veut pouvoir se représenter en 2022 en s’affichant comme celui qui a fait ce qu’il avait promis. Pour autant, tout ce que nous avons expliqué à l’époque a permis l’émergence d’un véritable débat national autour de la question des retraites. Nous avons eu raison de nous battre et l’actualité le confirme. J’ai posé mille fois la question sans avoir de réponse : à l’heure où le chômage explose, comment expliquer que c’est en faisant travailler plus longtemps ceux qui ont un emploi que nous parviendrons à libérer des postes pour ceux qui n’en ont pas ? Idem sur la question du financement de notre système de retraite.

Avec des plans d’exonération en tout genre, la stratégie du gouvernement consiste à couper le robinet du financement pour venir expliquer, ensuite, qu’il n’y a plus d’argent. Dans un tel contexte, se posera tôt ou tard la question de la tenue d’une contre-conférence sociale, comme nous l’avions initialement prévu avec plusieurs autres organisations syndicales, Force ouvrière et CFE-CGC comprises. Oui, il faut un débat. Nous avons un modèle social, il faut le financer. Mais, pour l’instant, honnêtement, je crois que la préoccupation des salariés est ailleurs. Comment aller parler réforme des retraites aux salariés d’Alinéa, à ceux de TUI France, de la filière automobile ou aéronautique ?

 

Au chapitre de la santé, considérez-vous que le Ségur ait permis de solder la longue lutte des personnels hospitaliers ?

PHILIPPE MARTINEZ C’est évident que, du point de vue du gouvernement, la parenthèse est refermée. Mais, pour les agents, rien n’est réglé. Le compte n’y est pas. Les salariés ont obtenu des avancées grâce à leur mobilisation et parce que la crise sanitaire leur a donné raison. Mais le sujet est loin d’être clos et les mobilisations, d’ailleurs, repartent dans plusieurs établissements. Il manque encore au service public hospitalier des milliers d’emplois, la question des hôpitaux de proximité demeure entière et les Ehpad sont toujours dans une situation très compliquée. Quant aux aides à domicile, elles n’ont rien obtenu.

 

La lutte des soignants – comme d’ailleurs le confinement – a reposé très fortement la question des salaires. Est-ce le sujet central ?

PHILIPPE MARTINEZ C’est un débat que nous devons imposer partout. Aujourd’hui, on voit se multiplier dans les entreprises les accords de performance collective par lesquels on impose en réalité aux salariés de perdre du salaire pour conserver leur emploi. Quant aux « premiers de corvée », ils sont payés aujourd’hui comme ils l’étaient en février. Augmenter les salaires, c’est un acte politique qui commence par augmenter le Smic. Car, quand on élève le niveau du plancher, on élève mécaniquement celui plafond.

 

Estimez-vous que les propositions conjointes que vous avez formulées avec le collectif Plus jamais ça ont permis de mettre en cohérence les enjeux sociaux et environnementaux ?

PHILIPPE MARTINEZ Nous avons créé des liens avec les ONG. C’est une bonne chose. Jusqu’à présent, on ne se parlait pas et même, parfois, nous sommes tombés dans les pièges tendus pour nous opposer : soit la planète, soit le travail. Dans le cadre du débat autour du plan de relance, on peut désormais porter des projets conjointement. C’est le cas, par exemple, du transport ferroviaire, où l’on comprend bien que l’exigence environnementale de développer le rail nécessite de renforcer l’emploi public SNCF et de préserver les compétences des cheminots, mais aussi de renforcer notre production industrielle de wagons pour le fret ou de rails, ce qui implique d’être attentif à la filière de la sidérurgie.

La même analyse peut être portée sur la filière bois, en rapport avec la nécessaire isolation thermique des bâtiments ou, plus généralement, sur la relocalisation industrielle qui permet de garantir une production en circuit court. Des entreprises comme la papeterie Chapelle Darblay ou Luxfer sont en ce sens symboliques. Elles sont fermées alors qu’elles répondent précisément à cette double exigence sociale et environnementale. Mais, en face, nous avons un gouvernement qui se montre bien plus attentif à la fusion entre Veolia et Suez, une opération purement capitalistique, sans aucun intérêt, ni pour les citoyens, ni pour la planète.

Entretien réalisé par Stéphane Guérard

 

 

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24 mai 2020 7 24 /05 /mai /2020 05:54

 

Billet d'humeur de Laurent Ziegelmeyer, élu du personnel du Groupe Sanofi 

 

Le directeur général de Sanofi a indiqué le 14 mai dernier, dans une interview, que le futur vaccin contre le covid19 serait d’abord livré aux USA. Puis dans la journée, le président Sanofi France, Olivier Bogillot a tenté d’éteindre l’incendie : « on a été mal compris, c’est une mauvaise interprétation, mais quand même l’Europe devrait faire des efforts. »

Voilà l’aspect manipulation, on lâche une petite phrase, on plaide l’erreur, la mauvaise compréhension. Mais finalement, on a quand même mis en route la petite musique, l’Europe devrait passer à la caisse !

Expliquons : en effet, Sanofi a passé un accord avec le Barda, structure dépendant du ministère américain de la santé, qui a mis beaucoup d’argent sur la table pour ce vaccin. Et voilà, on va au plus offrant !

Pour eux le vaccin, comme le médicament est un produit comme les autres, d’abord source de profit ! Et comme toujours Sanofi « oublie » dans sa communication, un des éléments, ses résultats économiques, excellent au premier trimestre 2020. Il y a quelques semaines ils ont sans sourciller versé presque 4 milliards aux actionnaires pour l’exercice 2019 !

Puisque j’en suis aux chiffres, dans un grand élan de générosité, ils ont annoncé apporter 100 millions d’aides à la solidarité nationale ! Depuis des années, c’est au moins cette somme, dont ils bénéficient en crédit d’impôt ! En fait, ils font un petit remboursement du trop-perçu !

Sur cette affaire du vaccin, ils se sont même excusés en interne pour avoir causé un désagrément aux salariés ! Le désagrément n’est pas là ! En effet, malgré les aides importantes évoquées plus haut, ils ont quand même supprimé 50% des effectifs de recherche en France en dix ans, soit 3000 postes, détruits des pans entiers de cette recherche. On pourrait évoquer par exemple les anti infectieux, sacrifiés sur l’autel du profit.

A cela s’ajoutent les larmes de crocodile du gouvernement : « ce n’est pas bien » ! Franchement qui laisse faire cette entreprise depuis des années ?

En fait, cette affaire montre que le vaccin comme le médicament, n’est pas un produit comme les autres ! La revendication portée depuis des années par des syndicalistes, des chercheurs, des élus de la nécessité d’un pôle public du médicament et du vaccin, est plus que jamais d’actualité

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8 octobre 2018 1 08 /10 /octobre /2018 15:53
Intervention de Glenn Le Saoût à Morlaix pour la FIDL

Intervention de Glenn Le Saoût à Morlaix pour la FIDL

 

Bilan Parcoursup de la FIDL Bretagne

La rentrée scolaire 2018-2019 ayant été bien entamée, le bilan de l'année antérieure est à faire. Une année placée sous le signe des luttes et des combats pour la justice scolaire, l'égalité des chances pour la réussite de tous dans leur cursus spécifique.

Lors de cette nouvelle année nous avons pu voir le projet de Gabriel Attal aboutir. Comment ne pas s'opposer à ce que propose ce dernier ?

- Sélection déguisée

- Mise en concurrence des élèves entre eux

- Mise en concurrence des établissements publics/privés

- Fin du droit d'échec pour l'élève

Parcoursup' a fait des dégâts importants chez les lycéens. Loin d'être un outil d'aide et d'orientation ambitieux comme le mérite la jeunesse, ce dernier n'a eu que pour but de simplifier la sélection à l'université grâce notamment à des algorithmes locaux permettant à l'établissement les ayant mis en place, de « filtrer » les élèves sur des critères spécifiques tels que : leurs notes, leur établissement d'origine, l'avis des professeurs. Critères ne permettant pas de vérifier la réelle motivation de l'élève à l'accession dans la filière souhaitée. La suppression de la hiérarchisation des vœux en est un exemple criant. La nécessité de rédiger une lettre de motivation aurait pu être pertinente si les équipes éducatives et administratives avaient obtenu les moyens nécessaires à une véritable étude de ces documents.

Les programmes APB et Parcoursup, véritables applications au service du Privé depuis de nombreuses années, ont permis de voir des écoles type « Buisness School » aux frais de scolarité élevé (entre 7000€ et 15000€ en fonction de la région et de la réputation), proliférer partout dans l'Hexagone. Remplaçant bien souvent l’État dans ses missions, ces écoles soulignent encore une fois le fait que le statut de l'élève s'est transformé d'étudiant en client. Voilà pourquoi nous dénonçons cette mise en place déguisée de « clientèle scolaire ». 

Quel bilan pour Parcoursup ? Celui d'un outil soit disant « révolutionnaire » qui n’a fait qu’accentuer la concurrence entre les élèves, et les soumettre à une pression encore plus importante.

Qu'en est-il des mesures d'accompagnement (année de remise à niveau ou année de transition) destinées aux élèves en difficulté ? Où sont passés les crédits et les places promises pour ces élèves ?

Parcoursup était censé réduire le problème des filières en tension, des amphithéâtres bondés, du stress des élèves, des inégalités de territoire pour les établissements. Nous sommes loin du compte, les élèves se plaignent des conditions générales d'études, du moins ceux qui ont pu accéder à l'Université ou une filière qui, bien souvent, n'était pas leur premier choix.

Certains ont redoublé par manque de places dans les établissements proposant la formation souhaitée, d'autres ont disparus du système Parcoursup et enfin bon nombre ont abandonné le système éducatif public pour se diriger vers le Privé et débourser des sommes « astronomiques » pour avoir un diplôme payant. Encore une fois l’État s'est décrédibilisé.

Nous invitons l'ensemble des députés à visiter les Universités et ainsi constater les résultats désastreux de leur décision. Sans doute nombreux ont été ceux qui ont voté ce texte sans aucune connaissance du sujet.

Glenn Le Saoût, responsable régional de la FIDL BRETAGNE 

 

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20 mai 2018 7 20 /05 /mai /2018 07:03
Florence Héré au 1er mai à la fête du Viaduc

Florence Héré au 1er mai à la fête du Viaduc

Florence Héré sur une manifestation à Morlaix avec un journaliste du Ouest-France

Florence Héré sur une manifestation à Morlaix avec un journaliste du Ouest-France

Ce matin, nous avons rencontré Florence Héré pour recueillir son témoignage sur les actions en cours aux Finances Publiques, les menaces pour le service public des Finances Publiques, la position de la CGT sur les réformes Macron de la fiscalité et l'impôt en général et l'état d'esprit des fonctionnaires des services publics. Florence Héré est membre du bureau départemental CGT Finances Publiques, du bureau de l'Union Départementale CGT et du comité régional CGT, animatrice du collectif confédéral de formation syndicale à la CGT. 

- Interview de Florence Héré par Ismaël Dupont. 

Quel est l'état de la mobilisation des collègues aujourd'hui aux Finances Publiques? 

Hier, nous avions une conférence de presse aux Finances Publiques avec 50 agents de tous les services et de tous les syndicats. Il y a une mobilisation importante depuis le 22 mars dernier, où il y avait 60% de grévistes dans le Finistère aux Finances Publiques. Notre département est en pointe dans l'action nationale. Nous avons décidé d'un mouvement de grève tournant et se déplaçant de site de centre des Finances Publiques en site, à l'imitation des cheminots, d'une certaine manière. Cela agace beaucoup la direction. A Morlaix, le 3 mai dernier, tous les collègues du secteur impôt sur le revenu étaient en grève, la grève était importante aussi à Brest. Mais le directeur a choisi de fermer le centre à 15h, libérant ainsi les collègues non grévistes, et reportant les rendez-vous aux lendemains. Les grévistes étaient très contrariés. Malgré tout, la lutte ça paie, aujourd'hui, selon des informations auxquelles le syndicat FO a eu accès, la directrice des impôts du Finistère envisagerait de réouvrir les perceptions de Lanmeur et Rosporden grâce à la mobilisation des usagers et des élus locaux. 

Dès le mois de juin, nous avons prévu de nous rendre en intersyndicale (CGT, Solidaires, CFDT) sur les marchés de Lanmeur et Rosporden, de faire un travail d'explication auprès des citoyens sur le rôle des services des Finances publiques et du maintien de la proximité. A Rosporden, nous allons organier un grand débat sur les Services Publics. Une perception comme celle de Lanmeur ne collectait plus l'impôt mais aidait et contrôlait les collectivités des communes du secteur, l'hôpital local de Lanmeur. C'est du service public et de l'emploi local, en milieu rural. 

Je ne sais pas si les collègues seront très mobilisés le 22 mai. Pour moi, et pour plusieurs autres, c'est quand même la troisième journée de grève du mois de mai. Par contre, on est très inquiets sur l'avenir des services de proximité proposés aux usagers contribuables. La dématérialisation a besoin d'être accompagnée. Depuis lundi dernier, il y a 400 usagers qui ont défilé au centre des Finances publiques de Morlaix pour prendre des renseignements. La présence humaine et le maintien de ces services de conseil et d'accès à l'information sur les droits et devoirs sont indispensables, cela s'oppose à la logique de récupération de postes à tout prix des politiques libérales menées par les gouvernements, avec la RGPP et consorts.  

Pourquoi s'opposer au prélèvement à la source?       

La communication du gouvernement est basée sur deux mensonges. 

La simplification... En réalité, il reste une déclaration à faire tous les ans. 

L'impôt contemporain de l'année des revenus servant de base. En réalité, le taux est celui de l'année n-2 même si la base est contemporaine. 

Sur ces deux aspects, on peut parler d'un mensonge de Bercy. 

De plus, le recouvrement de l'impôt incomberait aux entreprises. Actuellement, le taux de recouvrement de l'impôt est de 98%. Ce taux risque de chuter. Il est possible que des entreprises ne jouent pas le jeu.

Derrière la réforme du prélèvement à la source, il y a surtout deux motivations: 

1/ Supprimer toujours plus de postes de fonctionnaires. Les Finances Publiques sont le secteur de l'administration où l'Etat a supprimé le plus de postes depuis 10 ans. Au niveau du Finistère, on est sur une moyenne de 30 emplois supprimés par an. Sur Morlaix, c'est demain le service de publicité foncière et de conservation des hypothèques qui va fermer, ainsi que le pôle de contrôle et d'expertise qui fait du contrôle et du conseil auprès des entreprises. A terme, ils veulent tout regrouper à Brest et à Quimper. Actuellement, il y a une centaine de fonctionnaires qui travaillent au centre des Finances Publiques de Morlaix.

2/ Le prélèvement à la source prépare la fusion de l'impôt sur le revenu et de la CSG à laquelle nous sommes absolument opposés. Une telle réforme mettrait en péril le financement de la sécurité sociale et pèserait davantage sur les bas revenus que sur les hauts revenus. 

Que penses-tu des orientations actuelles en terme de politique fiscale? 

Pour nous, la taxe d'habitation était profondément injuste parce qu'elle ne prenait pas en compte, pour l'essentiel les revenus. Le plafonnement n'était pas suffisant. Par contre, Macron est en train de revenir sur des dispositions de la suppression de la taxe d'habitation: elles ne concerne plus les résidences secondaires, en 4 ans plutôt qu'en 3. Et il y a la question du maintien des recettes pour les collectivités locales avec une compensation de l'Etat qui est loin d'être garantie sur le long terme. 

Les réformes de Macron de la suppression de l'ISF, remplacée par un impôt sur la propriété immobilière qui vise à exonérer les valeurs mobilières et les capitaux, et de la suppression de la Flat Tax, comme de la tranche marginale de l'impôt sur le revenu qui touchait les super riches visent à réduire toujours plus la contribution des plus riches et des revenus financiers. 

A la CGT, nous disons que déclaration des droits de l’homme et du citoyen prévoit que chacun doit contribuer à hauteur de ses moyens. C’est dans cet esprit qu’est construit l’impôt sur le revenu (principal impôt progressif du système fiscal français), le taux d’imposition augmentant progressivement en fonction des revenus. Pourtant, si ce mode d’imposition paraît, à l’évidence, le plus juste, il est largement minoritaire (moins de 25 % des recettes fiscales de l’État). Il est, en plus, sans cesse affaibli et remis en cause pour le plus grand bonheur des plus riches.

La TVA est le principal impôt proportionnel. Elle ne prend pas en compte les ressources du contribuable, contrairement aux impôts progressifs. Elle pèse beaucoup plus sur les personnes aux revenus modestes que sur les riches. Un même taux d’imposition s’applique que l’on soit très riche ou très pauvre. En réalite, plus les rémunérations augmentent et plus la part d’impôt à payer baisse. On peut donc qualifier ce système de dégressif. En clair plus on est riches et moins on contribue. Aussi aberrant et injuste qu’il y paraisse, c’est pourtant le type d’imposition le plus répandu et en constante augmentation dans le système fiscal français.

Nous voulons plus d'impôt sur le revenu, un impôt sur le revenu plus progressif, avec plus de tranches, la réhabilitation de la tranche marginale.  Le système de tranches permet de taxer, par exemple les revenus, avec des taux différents en fonction des tranches de revenus. Pour des revenus à hauteur de 35 000 euros (après abattement), une partie de ceux-ci est taxée à 0%, une autre partie à 14 % et le reste à 30 %. On additionne ensuite le tout pour obtenir le montant total de l’impôt (hors dispositifs de réduction).

Il faut aussi taxer plus le capital et ses revenus, et moins le travail.  La financiarisation de l’économie est outrancière. Le chômage gangrène la société. Les salaires stagnent mais les versements de dividendes explosent. Malgré cela, les revenus du capital sont moins taxés que les revenus du travail. En clair, les bénéfices des entreprises sont orientés vers les actionnaires plutôt que vers les salariés. Il faut donc, au contraire, plus taxer le capital que le travail pour réorienter les profits vers l’emploi et les salaires.

Marché de Morlaix, Grand Rue, le samedi 19 mai 2018  

  

Le Télégramme - Morlaix, 19 mai 2018 

L’intersyndicale FO, DGFIP, Solidaires, CGT, CFDT du Finistère a mené, vendredi matin 18 mai, une action d’information auprès des usagers devant le Centre des finances publiques, place du Pouliet. Les syndicats s’opposent à la fermeture des guichets de proximité et à l’obligation pour les contribuables de déclarer et de payer leurs impôts uniquement par internet.

 

Prémices à la grève de mardi

 

« L’usager a besoin d’un contact physique avec un agent des impôts et passer par une plateforme téléphonique n’est pas une solution. Il faut continuer à leur assurer un service de proximité et de qualité », précisent les syndicats, qui estiment que 250 emplois seront supprimés dans le Finistère, d’ici 2022. Cette action militante précède la grève nationale de la fonction publique qui aura lieu le mardi 22 mai.

photo Ouest-France

photo Ouest-France

Ouest-France, 19 mai 2018 

Des agents se sont rassemblés devant le centre des finances publiques de Morlaix. Ils craignent la fermeture de la trésorerie de Lanmeur, et dénoncent, de manière générale, une dégradation du service rendu aux usagers.

Vendredi à 11 h 30, ils étaient une trentaine d’agents des impôts à se rassembler devant le centre des finances publiques de Morlaix

L’intersyndicale Solidaires-CGT-FO-CFDT a décrété une « semaine noire » dans le Finistère, où « quatre trésoreries sont menacées de fermeture ». Notamment celle de Lanmeur. « On sera fixés le 21 juin, lors d’un comité technique local. »

350 emplois en moins sur 15 ans

Ce qu’ils déplorent, c’est d’abord « la perte d’un service public de proximité. Depuis le 1er janvier, les contribuables de Landivisiau sont déjà renvoyés vers Morlaix. Ou bien ils peuvent aller sur internet. Mais on ne pense pas aux personnes âgées, à celles qui ont des déclarations complexes à remplir. »

À Morlaix, la publicité foncière est partie à Brest. Au 1er septembre, ce sera le pôle de contrôle et d’expertise, pour les entreprises, qui quittera la place du Pouliet. « À terme, on craint qu’il n’y ait plus que deux centres dans le Finistère, Brest et Quimper. »

 
 

Et de citer « la perte, en quinze ans, de plus de 350 emplois sur le Finistère ». Un « plan social qui pourrait encore s’accélérer avec le prélèvement à la source, ni plus juste, ni plus simple ».

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19 mai 2018 6 19 /05 /mai /2018 12:27
François Cozic avec Ismaël Dupont et Roger Héré (photo Martine Carn)

François Cozic avec Ismaël Dupont et Roger Héré (photo Martine Carn)

François Cozic avait 31 ans en mai 68, 81 ans aujourd'hui. 

Nous l'avons rencontré sur le marché de Morlaix ce midi avec Roger Héré et Martine Carn

Mai 68 à Morlaix, pour les Cheminots, cela a été 35 jours de grève, tous les jours en manif, et le train rapide Brest-Paris de 5h30 immobilisé en gare de Morlaix pendant un mois grâce à la paralysie des signalisations. 

C'est à François Cozic qu'est revenu l'honneur de couper le ruban lors de la "libération" et du nouveau départ du train après la victoire des grévistes cheminots, dont les 35 jours de grève ont été payés par l'Etat suite à une négociation gagnante pour les salariés. 

François Cozic, militant CGT, a bien connu François Paugam, mécanicien, militant CGT et porte-parole du PCF Morlaix dans les années 60, comme Jean Dréan, notre camarade aujourd'hui en maison de retraite à Quimper.   

C'est grâce à ces héros de la classe ouvrière et de la fonction publique ou des entreprises que des conquêtes sociales substantielles ont été obtenues, ce que Christine Clerc appelle dans le nouvel édito qu'elle commet dans le Télégramme du jour "la violence sociale" de mai 68 et mai 2018 (seul Daniel Cohn-Bendit, passé du gauchisme au macronisme et au néo-libéralisme, trouve grâce à ses yeux parmi les acteurs de mai 68, dont elle réduit la dimension positive à la dimension sociétale).   

Lire aussi: 

Jean Dréan se souvient ... : l'occupation, les grandes grèves des cheminots, l'Algérie

 

  

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4 février 2018 7 04 /02 /février /2018 09:13
Glenn Le Saout au premier plan, avec un camarade de la FIDL à l'arrière plan, au Kiosque de Morlaix

Glenn Le Saout au premier plan, avec un camarade de la FIDL à l'arrière plan, au Kiosque de Morlaix

Sa devise: "You'll Never Walk Alone" ... 

du nom du chant historique des supporters au grand cœur de Liverpool, chant tiré originellement d'une comédie musicale de 1945, Caroussel.     

 

Glenn Le Saout, alors lycéen à Tristan Corbière à Morlaix, s'est révélé à l'engagement citoyen, syndical et politique au tout début de la bataille contre la loi El Khomri, dite Loi travail, à l'hiver et au printemps 2016-2017.

Nous avons tous découvert un garçon chaleureux, très actif, déterminé, sociable et culotté, capable de parler sans timidité devant des centaines et parfois des milliers de manifestants au kiosque à Morlaix, en rappelant avec aplomb et conviction aux grands principes de la République et du respect des citoyens et des salariés par les hommes politiques.

Apprenant à travailler en lien avec les syndicats, notamment FO et la CGT, Glenn a été un pont entre eux et les lycéens qu'il a contribué, pas seul évidemment, à mettre dans le mouvement, avec à certaines manifs une centaine d'entre eux qui ont rejoint les citoyens, forces syndicales et politiques refusant cette loi de régression sociale XXL.

Concomitamment, Glenn s'est engagé à la FIDL et en est devenu son président sur le plan de la Bretagne, ayant la responsabilité de coordonner le travail et l'action de 800 adhérents, au plus fort du combat contre la loi Travail.

Un travail important consiste pour lui à représenter l'organisation à Paris, à participer à ses débats et décisions au niveau national, à prendre en charge les demandes d'aides, de conseils et de renseignements arrivant au syndicat lycéen pour des contentieux avec des établissements, leurs directions, des professeurs, des absences d'affectation en lycées, notamment par manque de places en lycées agricoles et lycées professionnels. Il faut savoir ensuite frapper aux bonnes portes, mettre la pression sur l'institution pour débloquer des dossiers individuels compliqués. Glenn se déplace en Bretagne, tente de trouver des établissements pour des élèves qui n'en ont pas.

Pendant le mouvement contre la loi Travail, il a eu connaissance d'une dizaine de lycéens exclus de leur établissement pour des participations aux manifestations ou des activités citoyennes dans l'école. Il a fallu les défendre. La FDIL peut compter sur le conseil juridique de deux avocats bénévoles, des anciens de l'organisation. Dans quelques cas, la FIDL a réussi à faire reculer l'établissement.

Le recrutement des lycéens, dans un contexte, durant déjà depuis plusieurs décennies, de raréfaction de l'engagement des jeunes dans les organisations politiques et syndicales, se fait beaucoup par les réseaux sociaux.

De manière générale, Glenn considère que, majoritairement, « les jeunes ne s'intéressent pas beaucoup, à l'actualité, qu'ils sont victimes aussi de l'étouffement médiatique, qui met en avant les faits divers ou le sensationnel plus que les questions de fond, et du conditionnement par l'individualisme ». C'est parmi les raisons qui ont font, pour lui, en plus du sentiment d’écœurement et d'impuissance né du passage en force de la loi El Khomri avec le 49-3 décidé par le gouvernement socialiste en 2016 et du sentiment que Macron a été élu sur un programme de réforme économique libéral et qu'il a une certaine légitimité formelle pour le mettre en œuvre, que les jeunes n'ont pas plus bougé que ça contre les ordonnances qui dynamitent le droit du travail, et jusqu'à aujourd'hui, par rapport aux annonces sur la réforme du lycée et de l'Université.

« C'est passé avec Hollande, ça passera avec Macron ». « Surtout que Macron, encore plus que Hollande, a des députés godillots, qui n'ont guère d'assise politique indépendante ».

Glenn n'est que modérément optimiste sur les chances que le mouvement se développe de manière importante dans les lycées contre la réforme du Bac et des Filières et la réforme des conditions d'entrées dans les facs. « Le syndicat principal désormais à l'Université est la FAGE, apolitique, ou centriste, dont étaient issus des candidats En Marche aux Législatives ». « Ce n'est pas lui qui va éclairer sur les vrais enjeux de ces réformes ». « Les profs, que cela soit au lycée ou à la fac, ne se mobilisent plus beaucoup non plus, ni pour eux-mêmes, ni pour sensibiliser les élèves ». « Cela peut changer, mais pour l'instant, c'est plutôt calme plat ».

Glenn est maintenant à l'Université à la Fac de Brest, en série AES, dont il est en charge de la représentation de la filière au sein d'une association étudiante. Il conserve son mandat de président de la FIDL Bretagne jusqu'au congrès du syndicat et milite beaucoup, y compris syndicalement et politiquement. A l'Université, ces derniers jours, il n'a vu passer que des militants du SNES et du PCF pour tenter d'expliquer les réformes et d'attiser des contestations étudiantes.

Pour lui, Parcours Sup et la réforme de l'Université vont donner « totale liberté pour les facs de choisir leurs élèves ». Du coup, « on va laisser de côté les élèves issus de milieux ouvriers ou basiques. Un étudiant issu d'un milieu modeste est déjà handicapé. Il le sera davantage. On va trier les élèves en fonction de leurs établissements d'origine, de leur cursus ». Pour lui les réformes actuelles de l'Université et du Lycée tendent à « donner encore moins de chance à ceux qui n'en avaient déjà pas beaucoup et plus encore à ceux qui en avaient déjà beaucoup ». « Cela va creuser le fossé des inégalités entre élèves, entre facs, et entre lycées ».

Glenn suivra avec attention la réforme des mutuelles étudiantes, qui ne fonctionnent pas bien pour lui : « les remboursements sont très partiels, c'est mal géré ». Il est pour un seul interlocuteur, public, accessible, pour la Sécurité Sociale des étudiants. Il y a encore beaucoup de flou autour de la réforme des Universités, et des effets pervers qui ne semblent pas bien perçus.

Ce n'est pas Sandrine Le Feur, jeune députée En Marche de Morlaix, qui a rassuré le représentant de la FIDL : elle a été incapable d'expliquer ce que deviendraient les élèves non orientés en fac parce que leur niveau sera jugé trop faible ou nécessitant une remise à niveau. Dans ce dernier cas, celle-ci se fera t-elle à la Fac, dans les Lycées, sera t-elle de la compétence de la région ou de l'Etat ?

Pour la réforme du Lycée, Glenn regrette l'absence de concertation avec les acteurs, les syndicats lycéens, la suppression annoncée du rattrapage suite aux écrits du bac, l'absence de seconde chance. Il ne sait que penser encore de la volonté de renforcer le contrôle continu sur le modèle de la Fac, de restreindre peu à peu au lycée les disciplines enseignées en fonction des choix d'orientation, de plus en plus affirmés précocement des élèves, sans toujours le recul et l'information nécessaires, et de supprimer les matières non privilégiés par les jeunes. Des enseignements peut-être plus centrés sur les envies et les attentes, mais offrant aussi un choix moins large à la sortie, et une culture générale moins grande, constituant une orientation de plus en plus précoce. La mouture définitive de la réforme ne sera connue que le 14 février. Pour l'instant, il juge que « la filière professionnelle a été totalement oubliée ».

Une autre problématique complètement mise à l'écart des réflexions gouvernementales lui tient à cœur, celle des mineurs isolés réfugiés. La FIDL reçoit de nombreuses demandes de soutien contre des refus de scolarisation, des mises à la rue, des volontés d'expulsion d'exilés qui ne sont plus mineurs, qui sont reconnus majeurs par des tests osseux (humiliant, contraire à la déontologie médicale, et à la fiabilité litigieuse et approximative) ou une remise en cause des papiers et de la parole des jeunes migrants. Cela donne lieu à des situations humaines tragiques et sans issue, cela brise des processus d'intégration réussis et des vies entières. Pour Glenn Le Saout, on devrait étendre le droit à l'hébergement et à la scolarisation pour les jeunes  étrangers de 18 ans reconnu à 20 ou 21 ans, pour reconnaître aussi un droit aux études supérieures et un devoir de protection de ces jeunes, vis-à-vis de la misère, des réseaux, et de la violence de leurs pays d'origine ou de passage.

Le problème avec la réforme de l'Université, c'est qu'elle se fait aussi avec des moyens dérisoires : l'augmentation démographique importante du nombre de bacheliers et de parcours à l'Université ou dans les IUT et BTS n'a pas du tout été anticipée par les gouvernements précédents. Il aurait fallu un plan d'investissement ambitieux. Aujourd'hui, c'est 2 milliards par an qu'il faudrait pour l'enseignement supérieur pour rattraper le retard pris et Macron ne budgétise qu'un milliard pour tout le quinquennat, à rapporter avec les cadeaux aux grosses entreprises, aux très riches, la suppression de l'ISF ! « Les étudiants vont peut-être se réveiller quand ils verront leurs facs et leurs amphis être encore plus bondés, ou sans formation prévue à la rentrée, encore en juin, juillet, septembre... » Aujourd'hui, Glenn constate que les filières techniques professionnalisantes tels que les IUT et BTS, sont prises d'assaut par des élèves, et souvent des bons élèves issus de bac général, et qu'il ne reste souvent d'autres alternatives aux élèves issus de bac pro ou de bac technologique que la Fac, qui n'est pas une garantie de réussite au regard de leur parcours antérieur, même s'il y a des exceptions.

Glenn est un passionné de politique mais il est surtout passionné par les gens. Il fait du foot en club et entraîne les petits et les accompagne aux matchs le week-end. Ses modèles sont Jean Jaurès pour sa vision globale, Tanguy Prigent pour son engagement avec les dominés et pour la gauche de progrès dans le Front Populaire et l'ancienne députée de Morlaix, Marie Jacq, pour sa proximité avec les gens.

Mais sa référence, c'est surtout le Tregorois Tanguy-Prigent, peu commun pour un Léonard qui a grandi à Taulé !

Glenn Le Saout conclut: 

"Avec le peu de moyens que nous avons, nous faisons notre maximum. Nous aimerions donner plus de temps, aider des associations comme les Utopistes en action ou d'autres assos qui accomplissent un si nécessaire travail social, mais c'est difficile d'être partout. Je m'inscris en faux contre ceux qui ne voient dans la politique que le "tous pourris". C'est trop facile, et trop "bateau". Les temps changent, c'est vrai, les gens sont fatigués.  Mais on ne peut rien changer sa politique et les gens qui en font souvent cherchent à servir leurs concitoyens et la société". 

Propos recueillis par Ismaël Dupont, les 29 et 30 janvier 2018

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25 avril 2016 1 25 /04 /avril /2016 06:48
Bernard Thibault: il faut ouvrir le chantier pour gouverner autrement (interview à Médiapart)

Bernard Thibault: «Il faut ouvrir le chantier pour gouverner autrement» 23 avril 2016 |

Par Rachida El Azzouzi

Réunie en congrès à Marseille, la CGT a élu Philippe Martinez secrétaire général. Sa tâche la plus immense sera de rassembler une famille désunie, marquée par la crise de gouvernance et l'affaire Lepaon.

Entretien avec son ancien leader, Bernard Thibault, qui publie un livre sur l'Organisation internationale du travail (OIT) qu'il a rejointe en 2014 : La troisième guerre mondiale est sociale.

Philippe Martinez a été consacré, vendredi 22 avril, secrétaire général de la CGT, lors du congrès du syndicat à Marseille. Avec un score sans appel : 95,4 % des voix. Propulsé en catastrophe à la tête de la centrale de Montreuil en février 2015 à la suite du “séisme” Thierry Lepaon, contraint à la démission après les révélations sur son train de vie, c’est la première fois que le métallo, qui a fait sa carrière chez Renault, est élu dans le cadre du congrès. Mais ce n’est pas pour autant le signe que la famille CGT marche comme un seul homme derrière lui. Une liste alternative a d’ailleurs été portée contre son équipe. Le défi de son mandat (de trois ans) est immense : ressouder les rangs d’une CGT isolée, qui paie encore cher la succession ratée du « sphinx » Bernard Thibault en 2013, et la crise de gouvernance qui s’en est suivie, aggravée par l’affaire Lepaon. Durant quatre jours, pendant lesquels le gouvernement, Pierre Gattaz, la CFDT, la délégation du Parti socialiste mais aussi Thierry Lepaon qui devrait être recasé par l’exécutif, ont été copieusement sifflés, l’essentiel des débats a tourné autour de la mobilisation contre la loi sur le travail. Après des échanges vifs, les partisans (à l’extrême gauche de l’organisation) d’une grève générale reconductible à partir du 28 avril jusqu'à l'obtention du retrait du texte n’ont pas été suivis par la direction confédérale. Mais Philippe Martinez n’a pas fermé la porte : « La question de la reconduction de la grève, nous la poserons, les salariés la poseront, et ce sera plus évident à condition d’être nombreux, très nombreux pour les arrêts de travail. » « Observateur pas tout à fait neutre » de la CGT, Bernard Thibault, qui a dirigé pendant 14 ans le syndicat, aujourd’hui membre du conseil d’administration de l’Organisation internationale du travail 3 (OIT), participait au congrès. L’occasion de présenter aux militants son livre La troisième guerre mondiale est sociale, une plongée au sein de l’OIT, cette institution onusienne méconnue aux moyens limités.

Entretien.

Depuis votre succession ratée, la CGT traverse une crise sans précédent. Comment vivez-vous cette période ?

La CGT a traversé une mauvaise passe du fait de problèmes inhérents à sa direction. Mais à Marseille, au congrès, j’ai vu une volonté de se remettre sur les rails. C’est normal, dans un syndicat qui veut fonctionner de manière démocratique, qu’il y ait une pluralité d’expression. Je suis admiratif des syndicats qui prétendent que tout le monde est d’accord sur tous les sujets. Je vois même des comportements très autoritaires pour remettre tout le monde dans la ligne officielle. Ce n’est pas comme ça qu’on fonctionne à la CGT. Le débat, la polémique ont droit de cité. Puis des majorités se dessinent. Forcément, après, on trouvera toujours des membres pas d’accord avec ce qu’a décidé la majorité. Le congrès est une étape utile pour une plus grande cohérence de l’organisation.

Mais vous ne pouvez ignorer les fractures et les querelles internes causées par cette crise de gouvernance que vous avez participé à créer en ne préparant pas votre succession…

Oui, on peut m’attribuer une part de responsabilité et je l’assume, mais on ne va pas refaire l’histoire. J’ai voulu, après quatre mandats de direction, organiser un débat ouvert pour choisir celle ou celui qui prendrait ma suite. Aucune personnalité ne s’est imposée et on s’est lancé dans une compétition entre plusieurs personnes, au point d’arriver à une absence de majorité totale. Vous connaissez la suite des événements…

La CGT pourrait perdre en 2017 sa place de première organisation syndicale de salariés au profit de la CFDT. Cela vous inquiète-t-il ?

Je ne mesure pas l’influence que peut avoir tel ou tel syndicat au regard des voix obtenues aux élections professionnelles, même si c’est important. La capacité de mobilisation, d’interférer sur le débat public, sont d’autres éléments pour mesurer la puissance, le poids d’un syndicat et en termes de mobilisation, il n’y a quand même pas tant d’organisations capables de mobiliser comme la CGT. Certes, nous n’avons pas assez travaillé sur notre implantation syndicale. Mais la tâche syndicale est difficile dans le monde entier. Nous ne sommes pas le seul syndicat en difficulté. Dans certains pays – nous n’en sommes heureusement pas là –, il est même très périlleux de s’engager syndicalement. Il n’y a pas de zone du globe où le mouvement syndical soit en développement.

Thierry Lepaon a essuyé critiques et sifflets lors du congrès, notamment parce qu’il devrait être nommé à la lutte contre l’illettrisme par le gouvernement … Que vous inspire ce parachutage ?

Je n’en sais rien et je n’ai pas de commentaire à faire si cette nomination se confirmait.

Campagne « irresponsable et médiocre », diffamation… En début de semaine, l’affiche de la CGT contre les violences policières a suscité l’indignation des syndicats de police et de la classe politique. Pour le secrétaire général du PS, Jean-Christophe Cambadélis, cette affiche illustre « la gauchisation » de la CGT. Vous êtes d’accord avec lui ?

Les réactions politiques et le buzz médiatique ont été disproportionnés. Quant au procédé, il est surprenant : le ministre de l’intérieur fait la publicité d’une affiche de la CGT qui figure sur un site internet d’un syndicat de la CGT et qui n’aurait jamais eu une telle visibilité ! Si un caricaturiste avait fait le même dessin, il n’y aurait jamais eu une telle agitation. Quel était l’intérêt du ministre, sauf à vouloir mettre en difficulté la CGT à la veille de son congrès ? Et pour répondre au premier secrétaire du Parti socialiste, la CGT ne se gauchise pas. C’est le Parti socialiste qui s’est droitisé.

La CGT a appelé en congrès « à amplifier la riposte », dès le 28 avril, par la grève et des manifestations pour obtenir le retrait de la loi sur le travail. Vous croyez à un CPE bis ?

Le congrès l’a réaffirmé. Il faut progresser dans la mobilisation. Tout peut encore basculer.

Comment avez-vous accueilli ce projet de loi sur le travail ?

J'ai été stupéfait. D’abord par le procédé : refondre brutalement le code du travail sans aucune forme de concertation préalable, au point même de brandir l’arme du 49-3 pour passer en force. Ensuite, par les différentes mesures. Je parle au conditionnel, car on ne sait plus ce que ce projet va contenir et parce que le retrait est encore possible. La redéfinition du licenciement économique est très inquiétante, tout comme la primauté donnée à l’accord d’entreprise au détriment de l’accord de branche ou encore le référendum d’entreprise, proprement scandaleux. J’ai milité en mon temps avec la CGT pour une réforme des règles de la représentativité car pendant très longtemps, les accords collectifs négociés dans les entreprises pouvaient être signés par un ou des syndicats même s’ils représentaient 5 ou 10 % des salariés. C’était antidémocratique. Aujourd’hui, on nous parle de référendum ! Si l’on transposait ce système dans la vie politique, cela voudrait dire que les représentants des partis minoritaires à l’Assemblée nationale, par exemple, auraient la possibilité d’organiser un référendum dans le pays sur une question donnée et que le résultat s’imposerait à la représentation politique majoritaire de l’Assemblée nationale. Les députés l’accepteraient-ils ?

Comment les débats autour du code du travail en France sont-ils perçus au sein de l’OIT ?

Ils ont une résonance internationale forte, car la France a une bonne réputation sociale à l’échelle du monde. Nous avons la sécurité sociale, quand 73 % de la population mondiale n’a pas de système de protection sociale. Nous avons un système de retraite par répartition, quand un travailleur sur deux dans le monde n’a pas de retraite. Nous avons le principe de l’allocation chômage, certes pour un peu moins d’un chômeur sur deux mais à l’échelle mondiale, seuls 12 % des chômeurs ont droit à une indemnisation. Ce qui se joue en France va au-delà de la problématique franco-française. Il y a une symbolique de la manière dont on conçoit l’économie de demain. Aucun pays ne peut faire la démonstration d’une relation de cause à effet entre son code du travail et le niveau de l’emploi. Si, comme le martèlent le patronat et le gouvernement français, le code du travail était facteur de chômage, les pays où il est inexistant – et ils sont nombreux, puisqu’un travailleur sur deux n’a pas de contrat dans le monde – connaîtraient le plein emploi. Non ! Là où les droits sociaux sont les moins élaborés, c'est la précarité et la misère extrême qui dominent.

Que pensez-vous du mouvement Nuit debout et des nouvelles formes de mobilisation, comme la pétition virale #Loitravailnonmerci, qui remettent en cause les modes d’action traditionnels des syndicats ?

Nuit debout est né le 31 mars, un soir de mobilisation syndicale avec des acteurs, des citoyens très différents. Ils le disent eux-mêmes, cette réforme, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase de l’insatisfaction, de l’exaspération, de l’incompréhension à l’égard de la politique économique et sociale et ils se mettent à chercher d’autres réponses. Je trouve cela très positif. Quant à la pétition partie d’Internet, je l’ai signée et je trouve cela bien qu’il y ait d’autres canaux, d’autres méthodes, d’autres façons de s’exprimer en plus des syndicats. 75 % des salariés dans notre pays ne croisent jamais un militant syndical. Tout ce qui peut aider à la prise de conscience, à la sensibilisation, à l’action est bienvenu.

En 2012, vous aviez appelé à voter pour François Hollande… Vous le regrettez ?

Je ne regrette pas d’avoir appelé à en finir avec Nicolas Sarkozy, et peu dans les rangs de la CGT doivent regretter d’avoir été plutôt favorables à un changement de président de la République. Mais comme l’immense majorité de ceux qui ont contribué à cette élection, la déception, la frustration et l’incompréhension m’animent. En même temps, je pense qu’on a atteint les limites des institutions de la Ve République. Il faut ouvrir le chantier pour gouverner autrement, collectivement, rééquilibrer les pouvoirs. Si l’on ne modifie rien, tout le monde sera déçu par le prochain homme ou femme qui régira le pays France. La présidentielle est devenu le moyen de dire tous les cinq ans « on n’est pas contents », mais cela ne résout rien.

Vous publiez La troisième guerre mondiale est sociale, un livre sur l’Organisation internationale du travail que vous avez rejointe en 2014. Institution méconnue, c’est la seule où siègent des travailleurs du monde entier. Pourquoi ce livre maintenant, assorti de ce titre choc ?

Le mot « guerre » a un fort pouvoir d’interpellation et il révèle la situation sociale à l’échelle internationale. Le système économique actuel organise une mise en concurrence des travailleurs, qui provoque une grande dégradation des conditions sociales et des millions de victimes. 2,3 millions de travailleurs décèdent chaque année du travail, soit des accidents du travail, soit des maladies professionnelles. C’est bien supérieur aux victimes des conflits et des guerres à travers le monde. Par ailleurs, toute l’histoire de l’OIT est liée aux guerres. L’institution est née après la Première Guerre mondiale en 1919. L’ambition était de promouvoir la justice sociale pour éviter que les peuples ne résolvent les conflits par les armes. Cela n’a pas suffi. Il y a eu la Seconde Guerre mondiale. Elle a marqué une deuxième étape pour l’OIT avec, en 1944, la déclaration de Philadelphie incitant les États à aller plus loin dans la promotion de la justice sociale pour la paix entre les peuples.

Mais cent ans après sa création, l’OIT sert-elle à quelque chose, quand on voit comme ses normes internationales du travail sont reléguées à l’arrière-plan, bafouées à l’échelle de la planète et aucunement contraignantes ?

Devant la dégradation des conditions de travail à l’échelle mondiale, certains peuvent considérer que l’OIT n’a pas fait son travail. Si nous en sommes là, c’est parce que les États se sont éloignés de la mission première de l’OIT. Ils ont laissé des institutions prendre le pas, le G20, le FMI, l’OMC et bafouer les normes internationales du travail. Il faut des décisions politiques pour que ces normes sociales deviennent incontournables. Il n’est pas normal que des pays de l’Union européenne ne ratifient pas toutes les conventions internationales du travail. L’Espagne et la France en ont signé 130, la Lettonie, 40. Il n’est pas normal non plus que sous couvert de plans dits de redressement, en Roumanie, en Grèce, au Portugal, on ait autorisé la troïka à exiger des États de mettre entre parenthèses tantôt le droit du travail, tantôt les résultats des conventions collectives, le barème des retraites, pourtant négociés dans les pays.

Comment renforcer l’OIT ? Peut-elle vraiment faire progresser les droits sociaux ?

Il faut réhabiliter les normes, les élargir. Le centenaire de l’OIT en 2019 sera un rendez-vous important. Est-ce qu’on considère que l’institution est dépassée ou est-ce qu’on lui redonne de la vigueur, avec des outils correspondant à l’économie d’aujourd’hui ? Il faut être beaucoup plus exigeant dans les accords commerciaux entre les pays sur le respect des normes du travail. La question des multinationales est fondamentale. Elles façonnent toute l’économie mondiale. L’OIT en dénombre 500 000. Elles emploient 200 millions de travailleurs et indirectement, à l’échelle du monde, un travailleur sur cinq. Leur poids économique ne cesse de croître, au point que certaines ont une assise financière supérieure aux budgets de nombreux États. La catastrophe du Rana Plaza a marqué les esprits partout dans le monde. Le Bangladesh s’est engagé à mieux assumer sa mission de contrôle des normes du travail mais, objectivement, cela va prendre des années avant que son administration ne se dote d’un corps d’inspecteurs du code du travail, formés et indépendants. L’un des leviers, c’est de rendre les donneurs d’ordre, donc les multinationales, responsables des conditions sociales dans lesquelles leurs produits sont confectionnés. Si des jouets sont fabriqués par des enfants dans certains pays d’Asie, on doit pouvoir porter plainte contre cette multinationale car c’est contraire à une convention internationale du travail.

Mais pour cela, il faut des moyens de contrôle, de pression ?

C’est le combat que nous devons mener, mais il faut se rendre à l’évidence. Aujourd’hui, si l’OIT n’existait pas, il serait peut-être impossible de la créer et d’avoir une majorité de gouvernements la défendant. Nous vivons un monde où la loi du marché apparaît comme le moteur du progrès social alors qu’elle ne fait qu’accroître la précarité, les tensions, les conflits. Ce n’est pas un hasard si ce sont dans les pays européens que les droits sociaux sont les plus évolués et les plus menacés. C’est là que les combats syndicaux ont été les plus intenses. La norme qui prend le pas, c’est celle du non-droit. On est très loin de la déclaration de Philadelphie, qui consacre la primauté des impératifs sociaux sur les impératifs économiques et financiers. Veut-on réaffirmer cette déclaration ou laisser cette loi du marché accroître les inégalités et les dégâts sociaux ?

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6 février 2016 6 06 /02 /février /2016 07:00
L'Humanité Dimanche du 28 janvier au 10 février 2016: Interview de Jean-Claude Mailly (secrétaire général de Force Ouvrière)

Extraits

Criminalisation des syndicalistes de Goodyear, condamnés à de la prison ferme, état d'urgence et réforme pénale:

"Lorsqu'on pratique un libéralisme économique exacerbé, cela s'accompagne souvent d'un autoritarisme social... Bien sûr, on ne conseille pas à nos équipes de retenir leurs patrons dans leur entreprise, mais quand cela arrive, cela veut dire que les salariés sont à bout, que la situation est complètement bloquée. Il ne faut en aucun cas accepter cette criminalisation de l'action syndicale.

Entre l'état d'urgence, la loi sur le renseignement, la future réforme pénale qui va court-circuiter le pouvoir judiciaire...ça commence à faire beaucoup! Nous ne sommes pas les seuls à nous inquiéter de cette dérive sécuritaire, la commission des droits de l'homme de l'ONU s'interroge aussi sur les conséquences délétères sur les libertés individuelles".

Emmanuel Macron a déclaré "La vie d'un entrepreneur est souvent plus dure que celle d'un salarié":

"C'est une forme de provocation. Je n'ai rien contre l'homme mais quand il dit tout cela, il est couvert au plus haut niveau. D'autres ont dû démissionner pour moins que ça... Je ne dis pas que les chefs d'entreprise de PME ne prennent aucun risque. Mais au fil du temps, en facilitant les procédures de licenciement ou en précarisant le travail, on transfère de plus en plus les risques de l'activité économique sur les salariés. Quand vous n'avez qu'un CDD d'un mois, essayez donc de trouver un logement".

Que pensez-vous du rapport de la commission Badinter qui prépare le terrain à la future refonte du Code du travail?

"Ce rapport est surtout un catalogue de grands principes, il reste maintenant à savoir ce que le gouvernement en fera. Mais on peut d'ores et déjà pointer plusieurs ambiguïtés potentiellement dangereuses. Sur le temps de travail, la commission Badinter indique que la durée "normale" du travail est déterminée par la loi, que les accords peuvent y déroger? Au niveau de la branche ou de l'entreprise? Si c'est cette dernière option qui est retenue, la rémunération des salariés risque d'en faire les frais: c'est justement dans l'entreprise que la pression exercée sur les syndicats est la plus forte et que le chantage à l'emploi est monnaie courante. Quant au niveau de la majoration des heures supplémentaires, la commission ne dit rien. Le taux minimum restera t-il à 25% ou élargira t-on les dérogations? Autre ambiguïté, la relation entre accords collectifs et contrat de travail. Nous considérons que le contrat de travail, signé entre le salarié et le patron, ne peut pas être modifié sans avis du salarié. Aujourd'hui, par exemple, lorsqu'un salarié refuse une baisse de rémunération dans le cadre d'un maintien de l'emploi, il est licencié pour motif économique. Qu'en sera t-il demain? L'accord collectif s'imposera t-il au salarié? La commission Badinter laisse la porte ouverte à des dérives.

Que proposez-vous pour lutter efficacement contre le chômage?

"Selon nous, il y a trois priorités.

Tout d'abord la question de la demande. Combien de chefs d'entreprise se plaignent avant tout de l'insuffisance de leur carnet de commandes? Favoriser la demande passe par une hausse du pouvoir d'achat, à travers les deux leviers d'action dont dispose le gouvernement: la rémunération des fonctionnaires - je rappelle que le point d'indice est gelé depuis 2010 - et le SMIC... Pour notre part, nous revendiquons à terme un salaire minimum équivalent à 80% du salaire médian (soit un peu plus de 1700 euros brut).

Deuxième priorité, revisiter les aides publiques aux entreprises. Le pacte de responsabilité, c'est 41 milliards d'euros distribués la dernière année du quinquennat - et 100 milliards en tout - sans aucune contrepartie. Personne ne peut mesurer l'effet sur les emplois créés, c'est du gaspillage d'argent public. Est-ce utile que des multinationales réalisant plusieurs milliards d'euros de bénéfices puissent toucher le CICE? Il faut, en fonction d'une stratégie industrielle décidée par l'Etat, cibler ces aides et conditionner".

Troisième priorité: une politique de l'emploi doit reposer sur le soutien à l'investissement public. Son recul public se fait au détriment de l'activité. La baisse des dotations aux collectivités territoriales, qui assument 70% de l'investissement public, a affaibli le secteur des travaux publics ou de la construction, provoquant la perte de 10 000 emplois. Et je rappelle que le pacte de responsabilité, c'est 50 milliards d'euros de réduction de la dépense publique".

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9 janvier 2014 4 09 /01 /janvier /2014 17:06

Questions à Patrick Le Goas, ex salarié à Gad Lampaul Guimiliau, syndicaliste FO et élu du personnel.

 

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Qui est responsable selon toi de la crise de l'agro-alimentaire breton et des licenciements en série?

Le principal responsable, c'est le dumping social, organisé par le gouvernement Merkel en Allemagne et par la dérèglementation qu'ont imposée les libéraux en Europe pour mettre en concurrence les travailleurs.

Ensuite, il y a la mauvaise gestion des patrons de l'agro-alimentaire qui ont voulu faire un maximum de profits pour un minimum d'investissements. On gave les actionnaires et on fait suer le burnous. Beaucoup de salariés de l'agro sont des bretons ruraux qui veulent rester vivre au pays et sont souvent (mais pas toujours) peu diplômés, la moitié peut-être des salariés sont arabes, blacks, asiatiques. Des gens qui n'ont pas le choix, qui acceptent de prendre des boulots « de merde » sous-payés. Ou qui acceptent la précarité et d'être mieux payés en intérim: 1300€ pour un CDI, 1800€ pour un intérimaire. J

usqu'à quand? Maintenant, on a de nombreux exemples d'entreprises agro-alimentaires bretonnes qui pour augmenter leurs profits emploient des travailleurs roumains détachés, gérés par des agences d'intérim, des prestataires de service étrangers domiciliés en Roumanie, à Malte ou à Guernesey.

Chez Jean Floch, on sait qu'il y a des roumains qui bossent pour 800€, sans avoir la couverture de la protection sociale française. On les rapatrie chez eux s'ils sont victimes d'un accident du travail, en s'évitant la déclaration à la médecine du travail.

 

Qu'est-ce qui n'a pas été fait pour sauver les emplois dans l'agro-alimentaire finistérien, et notamment les 850 emplois de Gad?

Tout d'abord, il y a une mesure que les syndicats réclament depuis longtemps et qu'aucun gouvernement n'a eu le courage de mettre en œuvre: c'est une traçabilité des fonds publics investis dans les entreprises privées. Si on n'avait réinvesti par exemple ne serait-ce que la moitié des restitutions perçues par Doux ou Tilly (avant peut-être l'arrivée de Sauvaget) dans l'outil de travail local et l'investissement productif, on n'en serait pas là. Au lieu de cela, Doux a fait des opérations financières au Brésil, et l'actionnaire s'est gavé d'argent public européen. Il y a deux ans, nous avons fait en tant que responsables syndicaux de GAD le tour de différents représentants politiques pour alerter sur le risque encouru à Gad avec la mauvaise gestion de la CECAB et les problèmes d'approvisionnement en cochon et de concurrence déloyale allemande.

Rien n'a été fait: ni par Agnès Le Brun, ni par les responsables PS.

Au niveau européen, il y a tout de même l'avancée récente de l'instauration d'un SMIC en Allemagne. Mais le gouvernement, Sapin et Le Foll en tête, avait, pour ce qui concerne GAD, la possibilité de faire pression sur la CECAB au niveau fiscal, au niveau du respect des conventions collectives, et par exemple de faire entrer l'IGAS (Inspection Générale des Affaires Sociales) dans l'entreprise. Cela n'a pas été fait. La CECAB, qui a clairement bafoué la déontologie du mouvement coopératif, a pu compter sur des administrateurs judiciaires efficaces: des malfaisants qui se payent sur la misère des gens pendant le redressement judiciaire.

Pour ma part, j'aurais voulu qu'une réappropriation de l'abattoir par les ouvriers puisse se faire, ainsi que notre avocat, Maître Brun, en avait formé le projet. Mais il n'y a pas eu d'adhésion générale du côté des équipes syndicales: les gens se demandaient si leur argent ne serait pas menacé dans un tel cas... L'individualisme est bien ancré dans les têtes.

 

Qu'en est-il de la situation actuelle des salariés licenciés à Lampaul Guimiliau?

 

850 salariés ont été licenciés. La majorité conteste les licenciements et adhère à une association d'ex-salariés de Gad qui les aide à faire valoir leurs droits: nous avons 600 adhésions à l'association pour 380 dossiers constitués. Les avocats sont très confiants tant d'un point de vue réussite que financier. Pour ce qui est du premier bilan du reclassement, il n'est pas aussi bon.

Pour des gens qui ont toujours travaillé dans la viande, la remise en cause psychologique est énorme. Le marché de l'emploi est quasi nul en Finistère. Pour beaucoup, la perspective, c'est de devoir travailler à plus de 100 km. A ma connaissance, une trentaine du salarié à retrouvé du boulot (CDI, CDD, intérim), une trentaine d'autres est partie travailler à Gad Josselin, mais je doute que Gad Josselin tienne longtemps car l'usine n'est pas adaptée à la nouvelle donne d'approvisionnement en cochons. Elle est incapable d'absorber la production de Prestor, dont le président, Guillaume Roué, qui était l'actionnaire minoritaire de GAD Lampaul, commence à manifester des signes de lassitude... Comme les éleveurs qui perdent de l'argent car les cochons engraissent trop...

Pour le reste des licenciés, qui ont accepté le CSP (le contrat de sécurisation professionnelle), la situation est plus délicate. Ces licenciés ne sont pas considérés comme des chômeurs mais comme des stagiaires de Pôle Emploi, ce qui permet de ne pas les comptabiliser dans les chiffres du chômage.

Pour leur plan de formation, Pôle Emploi sous-traite avec des cabinets de reclassement privés aux méthodes plus que douteuses.

Pour vous donner un exemple, je connais un jeune collègue motivé pour devenir grimpeur-élagueur qui avait besoin d'une formation d'élagueur et d'un permis remorque/ poids lourd. On lui a répondu: « vous n'obtiendrez certainement pas les deux »...

Tous les licenciés de GAD se voient confrontés à des changements d'interlocuteurs tout le temps: normalement, il y aurait dû avoir un référent, un formateur unique pour X salariés victimes du plan social, et pas plus, pour garantir efficacité du reclassement. Mais le recrutement dans ces boîtes se fait à la petite semaine. C'est du n'importe quoi! Le sous-préfet de Morlaix Mr Loos doit superviser tout cela et nous allons lui dire ce qui cloche... Pour l'instant, nous avons reçu une écoute très attentive de sa part et il a été soucieux d'éviter que les choses s'enveniment avec les forces de l'ordre pendant le conflit. Cela a permis d'éviter des épisodes comme ceux de Josselin ou de Rennes.

Le problème, pour beaucoup d'ex salariés, c'est que la cellule de reclassement a mis trop de temps à se mettre en route pour qu'ils puissent accéder à la formation de leur choix cette année, les formations durant souvent 8 mois. Or, à partir de novembre 2014, les salariés ne toucheront plus que 53% de leur salaire en indemnité.

Il reste également 25 élus du personnel non licenciés qui attendent la décision de l'inspection du travail qui nous a dit que tous les licenciements étaient illégaux en droit mais qu'il y avait la barrière de la chose jugée, puisque un juge du commerce avait donné son avis favorable vis à vis du plan de continuation de la CECAB. L'inspectrice du travail refusera les licenciements de ces 25 élus, dont je fais parti.

 

Que penses-tu du mouvement des Bonnets Rouges?

 

Je pense beaucoup de mal du mouvement des « benêts rouges »...

Beaucoup de salariés sans arrière-pensée politique se sont retrouvés dragués, endoctrinés par des représentants Bonnets Rouges, voire gros Bonnets Rouges, ceux du patronat breton: je pense par exemple à Mr Glon, qui a mis en place le label « Produit en Bretagne » et qui se trouve à la tête du think tank breton régionaliste de droite Locarn, un réseau d'influence qui rêve d'une Europe fédérale de la concurrence entre les régions. On voit ce que ça donne en Belgique: aujourd'hui, c'est tout pour les Flamands, rien pour la Wallonie, les premiers gouvernés par l'extrême-droite tandis que la Wallonie l'est par une gauche tiède et molle.

 

Quelles répercussions vois-tu à la crise de l'agro et au mouvement des Bonnets Rouges dans les mois et les années à venir?

 

Le discours ambiant des salariés perdus sans cause qui arborent les Bonnets Rouges, c'est « essayons Marine Le Pen ». On a plus grand chose à perdre. Même des salariés syndiqués s'apprêtent à voter Le Pen. Il faut dire qu'il y a tant de poison distillé par les médias, et une telle absence de perspectives. Le racisme progresse dans ces périodes de crise et de tension sociale. A partir du moment où on a su que l'entreprise était en difficulté, on a pu observer des querelles motivées par la xénophobie à l'abattoir, chose qu'on ne voyait jamais auparavant. Il est urgent de faire la démonstration que les idées du FN sont des impasses totales et qu'une gauche de courage est capable de changer le rapport de force au profit des salariés.

 

Tu es candidat de la liste du Front de Gauche à Morlaix? Pourquoi t'engages-tu en politique?

 

Après le conflit à GAD, je mesure bien les limites de l'engagement syndical pour changer les choses dans le fond et pas sur une seule bataille. Les dérives du dumping social, de la dérèglementation, les attaques contre les droits des salariés, la financiarisation de l'économie sont autant de décisions politiques néo-libérales et réactionnaires qui ont un impact majeur sur la vie des gens.

Dans le contexte actuel, je vois surtout le Front de Gauche résister à ces logiques et tenter d'en imposer de nouvelles, favorables aux droits des salariés et aux conquêtes sociales. On souhaite des élus pour légiférer.

En tant qu'anarcho-syndicaliste, je me suis posé la question de mon engagement sur une liste aux municipales. Mais c'est fondamental de faire avancer des mesures d'urgence pour sauver l'économie et l'emploi en Bretagne comme ailleurs en France.

Par exemple, nationaliser les banques. Ramener ces messieurs les banquiers à leur fonction première: le développement économique et non pas l'engraissement de la finance avec des transactions virtuelles. Il faut par exemple interdire la spéculation sur les céréales: des cargaisons de blé peuvent changer quatre fois d'acquéreurs sans bouger de place... C'est dans ce sens là que je me sens bridé en n'étant que syndicaliste.

Si le projet de la CECAB a abouti, c'est aussi la responsabilité d'une banque, le Crédit Agricole, qui est tellement liée à la CECAB que si elle coulait, tout le Crédit Agricole, morbihanais d'abord, breton ensuite, se serait trouvé dans les pires difficultés. Cela veut dire pour les particuliers: plus d'accès au crédit, plus de facilités de paiement. On aurait pu croire qu'avec la crise de l'agro-alimentaire breton, les banques coopératives et mutualistes aient des gestes « commerciaux » vis à vis des populations et des salariés ayant perdu leur gagne-pain. Il n'en est rien!!!

 

Propos recueillis par Ismaël Dupont.

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15 novembre 2013 5 15 /11 /novembre /2013 14:08

Ancien dirigeant de la FSU, membre du Front de gauche, le syndicaliste Gérard Aschieri est également membre du Conseil économique, social et environnemental (Cese). 

 

Comment caractériseriez-vous le climat politique actuel ?

Gérard Aschieri. Nous avons une société en crise sous toutes ses formes, morale, politique et économique, on sent qu’il y a beaucoup de désespoir et pas de solution collective qui apparaisse comme crédible, les gens se précipitent sur le local, sur des batailles à court terme, pas toujours justes d’ailleurs. On voit bien la perte de confiance totale dans la capacité du politique à faire bouger les choses. Le Front de gauche lui-même n’est pas parvenu à convaincre de la crédibilité de ce qu’il propose. Ce qui est très frappant, c’est le discours « on a tout essayé sauf l’extrême droite », symptomatique à la fois d’une perte de repères et d’une perte de crédibilité. Cela devrait tous nous interroger, car se contenter de dénoncer sans se poser la question de notre propre responsabilité, à gauche, c’est rater quelque chose.

 

Cette perte de repères, la voit-on à travers ces manifestations où patrons et salariés défilent ensemble, malgré des intérêts divergents ?

Gérard Aschieri. Ça peut paraître anormal, voire scandaleux, mais une fois que l’on a dit ça, on n’a rien dit… La question est : pourquoi, par exemple, la politique de rigueur se traduit par le refus de l’écotaxe en Bretagne ? Dans cette affaire, la taxe n’était pas exempte de critiques, c’est sûr, mais en faire l’alpha et l’omega de la bataille qui unit à la fois ceux qui sont responsables de la crise et ceux qui la subissent, ça interroge : pourquoi ce ne sont pas nos solutions qui rassemblent ?

 

La marche du 1er décembre n’est-elle pas un élément de réponse à cette question, sur laquelle l’ensemble du Front de gauche se retrouve ?

Gérard Aschieri. Certes, mais nous ne serons crédibles que lorsque nous nous poserons la question des alliances à construire pour rendre possibles les alternatives. Je ne prends pas part aux débats sur les alliances aux municipales, mais je trouve que c’est la caricature du débat qu’on devrait avoir et que nous n’avons pas.

 

Comment traiter cette question de l’élargissement des forces ?

Gérard Aschieri. Nous n’obtiendrons pas seuls les changements profonds que nous voulons, et il faut se poser la question des forces avec lesquelles on va le faire en dehors du Front de gauche dans ses contours actuels. Il faut penser en termes nouveaux cette question, au-delà même de l’alliance entre partis. Ce que j’ai trouvé intéressant dans les débuts du Front de gauche, c’est la possibilité pour des gens qui ne sont pas membres d’un parti d’être partie prenante de ce mouvement. C’est vrai que le débat électoral rend difficile pour ces gens-là la possibilité de trouver une place, cependant, j’ai le sentiment que ça se perd un peu, qu’on patine.

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