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1 avril 2017 6 01 /04 /avril /2017 14:13
" Sous les cendres du quinquennat ", l'éditorial de Patrick Apel-Muller dans l'Humanité du 31 mars 2017
La dernière abjuration de Manuel Valls dit tout sur le quinquennat. Toute promesse reniée, l’ancien premier ministre se rallie au candidat de la finance branchée et prône même une coalition avec la droite de François Fillon. Cette fin de parcours  dit tout des étapes précédentes, de l’entreprise engagée dès juin 2012 par François Hollande et de la volonté de tuer le Parti socialiste trop réticent à une conversion complète au libéralisme.
À voir émigrer les marquis du régime, à assister au chemin de croix de Benoît Hamon, à entendre le petit cénacle qui gouvernait, on mesure l’état de décomposition d’un
Parti que François Mitterrand avait voulu hégémonique à gauche. Autre chose peut naître.
 
Ne nous y trompons pas : le courant social-démocrate, le réformisme ne disparaissent pas. le squelette politique se désagrège mais il reste une idéologie ancrée dans notre pays, qui cherche toujours le compromis entre changer et conserver, qui oscille d’un pôle à l’autre en fonction des rapports de force de la société ; quelques années après, le Parti socialiste ne s’était-il pas remis de la catastrophe de 1969, au prix d’une mue et de départs ? Ce n’est pas dans les confluences saumâtres d’Emmanuel Macron qu’il parviendra à se ressourcer. Certains élus peuvent y sauver leur mandat mais pas plus. L’électorat de la primaire – c’est-à dire le moteur socialiste – a choisi sans ambiguïté la censure du quinquennat et une option à gauche. Les soutiens de Benoît Hamon qui aspirent à relancer le socialisme n’y parviendront qu’en rejetant la camisole des solutions libérales et en acceptant de renouer avec modestie avec les forces de gauche aujourd’hui portées par la campagne dynamique de Jean-Luc Mélenchon. Ce chantier est esquissé. Il faudra du temps pour le mener à bien. Il est vital pour construire une gauche utile à notre peuple.
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1 avril 2017 6 01 /04 /avril /2017 14:09
Pierre Laurent : «La présidentielle n’est pas jouée, nous serons tenaces jusqu’au dernier moment »
ENTRETIEN RÉALISÉ PAR ET CÉDRIC CLÉRIN, DIEGO CHAUVET ET STÉPHANE SAHUC
VENDREDI, 31 MARS, 2017
HUMANITÉ DIMANCHE
« Pour une majorité nouvelle PCF, Front de gauche, France Insoumise, socialistes de gauche, écologistes » Photo : Lahcêne Abib
« Pour une majorité nouvelle PCF, Front de gauche, France Insoumise, socialistes de gauche, écologistes » Photo : Lahcêne Abib

Entretien. Alors que la campagne présidentielle entre dans la dernière ligne droite mais toujours sur fond d’affaires, Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, appelle à se saisir du vote Mélenchon pour exiger un changement radical. Selon lui, rien n’est joué pour ce premier tour et il invite les électeurs à ne pas se laisser voler leur vote et à ne pas tomber dans le «piège» Macron face au réel danger FN.

Humanité Dimanche. Pour des millions de Français, la peur de Le Pen fait du vote Macron un vote utile. Que leur dire ?

Pierre Laurent. Cela fait un an que l’on construit un piège politique pour empêcher les Français de choisir une véritable politique de gauche. Le choix se réduirait à Mme Le Pen ou une version ou une autre des mêmes politiques libérales – soit la version ultraréactionnaire de Fillon, soit une version prétendument modernisée avec Macron. Mais nous avons déjà vu Macron à l’œuvre. Il a été l’inspirateur de la politique économique de François Hollande. Et aujourd’hui il veut poursuivre avec 60 milliards de dépenses publiques et 120 000 fonctionnaires en moins… Sa première visite internationale a été pour Angela Merkel pour l’assurer que la France, avec lui, poursuivrait dans la même voie. L’idée qu’on sera en meilleure position pour battre Mme Le Pen si le vote Macron est très élevé, quitte à faire descendre les votes de gauche, est une idée extrêmement dangereuse. Ne nous trompons pas d’adversaire. Pour porter le plus haut possible le vote Mélenchon, le danger, c’est le vote Macron, pas le vote pour Benoît Hamon, qui est d’ailleurs combattu par les tenants de la ligne sociale-libérale. Nous aurons demain à reconstruire avec tous les électeurs de gauche.

Humanité Dimanche. Alors, comment contrer le danger FN ?

Pierre Laurent. D’abord en combattant ses idées. J’ai publié un livre pour démonter l’imposture de son programme car j’en ai assez de la complaisance qui entoure le discours du FN. J’ai conscience que, pour combattre cette banalisation, il faut le faire avec des arguments précis, en démontant un discours qui s’emploie à maquiller ses véritables intentions. Prenons l’idée centrale du FN : il prétend qu’il créera un bouclier protecteur pour les travailleurs en constitutionnalisant la préférence nationale. Si cela arrivait, ce serait en vérité la fin du principe central d’égalité dans notre République, et son remplacement par un principe officiel de discrimination. Ce ne serait donc pas une protection mais une attaque contre tous les principes fondamentaux d’égalité. C’est l’ensemble des droits des travailleurs qui serait fragilisé. En créant des catégories de salariés sans droits, sans accès à la protection sociale, le FN institutionnaliserait sur le sol national le dumping social entre salariés aux droits différents. En vérité, Mme Le Pen passe son temps à diviser les Français en exonérant de toutes responsabilités la concentration des richesses financières dans les mains de quelques-uns.

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1 avril 2017 6 01 /04 /avril /2017 14:00
Pierre Serna, historien. « La Ve République est devenue un Ancien Régime »
ENTRETIEN RÉALISÉ PAR BENJAMIN KÖNIG
VENDREDI, 24 MARS, 2017
HUMANITÉ DIMANCHE
DR
 

Historien de la Révolution française, auteur notamment de « la République des girouettes », Pierre Serna est un fin analyste de la République, passée ou actuelle, et des processus révolutionnaires. Pour l’« HD », il revient sur le concept de VIe République, qu’il inscrit dans un cadre plus large. Et dresse un parallèle saisissant avec la France de 1789…

HD. Qu’entend-on en France quand on parle de République ? Et pourquoi parle-t-on aujourd’hui de la nécessité d’une VIe République ?
Pierre Serna. En tant qu’historien, je vais dire que la République survient car l’Ancien Régime échoue. Or, aujourd’hui, on peut considérer que la Ve République est devenue un Ancien Régime. Un des signes de cet échec est que ce système ne fait plus une communauté, un vivre-ensemble, mais qu’il divise : il crée des privilèges, des castes, des groupes, des modes de reproduction sociale qui empêchent l’accession d’autres personnes. Le deuxième constat que je fais, c’est le malentendu que démontre la situation de l’extrême droite aujourd’hui : seule, la République ne suffit pas. Il existe un problème d’éducation politique : une République n’est pas la démocratie, et inversement. Une République peut être aristocratique et autoritaire, nous n’en sommes d’ailleurs pas très éloignés. Et une démocratie peut être populiste. L’invention extraordinaire de la Révolution française, c’est la démocratie représentative, plus particulièrement par Antonelle, qui fut le premier maire d’Arles, ville marquée par les luttes pour la liberté s’il en est ! C’est pourtant un oxymore : il s’agit de déléguer une part de souveraineté pour un temps donné et avec le contrôle du peuple. La République démocratique implique deux choses : une égalité politique, donc un projet d’éducation, mais aussi la liberté. Ce mot a été capturé par les libéraux, mais il s’agit de l’émancipation de chacun : c’est une valeur fondamentale. Prenons l’exemple de la majorité politique à 16 ans, un des objectifs que je défends particulièrement : quand j’entends le discours sur les jeunes aujourd’hui, c’est le même que celui qu’on entendait sur les femmes pour qu’elles n’aient pas le droit de vote, elles ne sont pas assez mûres, elles voteront comme leur mari, ou bien contre sans réfléchir…
 
HD. Quels sont les dangers qui guettent ce principe de République démocratique ?
P. S. C’est d’abord le césarisme (type de régime, imposé notamment par Jules César, où le pouvoir est concentré entre les mains d’un homme fort appuyé par le peuple – NDLR). En France, c’est sans exception aucune, les faits sont têtus mais incontestables, ainsi que les Républiques se terminent : Napoléon, Louis-Napoléon, Pétain… La Ve République est elle-même césariste : elle est née d’un coup de force militaire de De Gaulle, s’appuyant sur les généraux menant la guerre en Algérie.
 
HD. Reste cette problématique particulière : la mainmise du pouvoir économique sur le politique…
P. S. Aujourd’hui, on construit des systèmes de pure idéologie, dans un rapport au réel vicié. On entend le discours : « On est pris dans une logique de marché, donc il faut faire comme ça, comme l’Allemagne, etc. » C’est une logique d’acceptation de l’a priori libéral, d’une part dans le domaine macroéconomique. Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, une économie mondialisée s’est construite sur l’esclavage. Les propriétaires, les « honnêtes gens », disaient : « C’est pas bien, mais on peut pas faire autrement. » Mais, grâce aux luttes et aux nouvelles institutions, l’esclavage a été aboli en 1794, car l’impératif des droits et des principes s’est imposé, et surtout les esclaves ont pris les armes et ne les ont plus déposées. Or qui sont les nouveaux esclaves aujourd’hui ? D’autre part, toutes les mesures prises ces dernières années pour contourner la fiscalité, notamment celle sur la succession, vont dans le sens d’un renforcement de la richesse privée dans l’espace microéconomique. Dans les deux cas, les institutions ont renoncé à toute justice et redistribution.
 
HD. Nos institutions reflètent le rapport de forces de notre époque. Il semble que le problème soit plus large que le terme de « VIe République » ?
P. S. En effet. Je crois moins à l’échelon français. Beaucoup sont attachés à la nation, au patriotisme, je le comprends mais pour moi ça n’a plus de sens. L’objectif souhaitable est une République démocratique des peuples européens, dont le noyau serait constitué des pays de l’Europe du Sud.
 
HD. Mais comment articuler cela avec d’autres échelons locaux ?
P. S. La Révolution a inventé deux choses exceptionnelles : l’égalité des départements, et cette formidable invention : les 36 000 communes. Il s’agit là de la politisation au niveau de la paroisse. Et, nous, que ferons-nous 225 ans après ?
 
HD. C’est sans doute pour cela que certains veulent en réduire le rôle et le nombre ?
P. S. Oui, car la commune multiplie les possibilités d’intervention du citoyen. Il est frappant de constater que les régions actuelles semblent fonctionner de plus en plus comme des provinces d’Ancien Régime. Il faut inventer une ou plusieurs instances qui donnent un pouvoir réel de décision sur le fonctionnement et l’argent de la communauté. Cela implique sans doute de nouvelles mesures : je pense au tirage au sort pour une partie des élus ou au contrôle direct de ceux-ci. Dans la Constitution de 1793, on trouve une chose très intéressante : la révocabilité des lois. Un certain pourcentage du corps électoral peut faire réviser une loi.
 
HD. Pour en revenir à la Ve, quelle analyse faites-vous de la prééminence du pouvoir exécutif sur le législatif, comme en témoigne l’utilisation du 49-3 ?
P. S. Oui, c’est évident, il faut revenir à un système plus parlementaire, que le premier ministre incarne une majorité qui ne soit pas à sa botte. Mais, aujourd’hui comme en 1789, la question est celle de l’impôt et de la faim ! Ce qui est en cause, c’est la mauvaise répartition des richesses qui déchire le tissu social. Sur ce point, nous fonctionnons comme l’Ancien Régime. Et notre époque comporte une question nouvelle : l’urgence écologique, qui rejoint étrangement la question de la nourriture. Elle est entièrement liée à l’urgence sociale et démocratique, puisqu’elle pose des problèmes concrets : les transports en commun, les réseaux de distribution, les circuits courts, etc. Cela implique d’avoir des possibilités réelles d’agir. Et pose la question de « réforme ou révolution ». Va-t-on passer tranquillement à la VIe République ? Pour le moment, ce n’est pas ce qu’on voit. On peut même dire que 90 % des Français n’en veulent pas, ou ne s’en soucient pas. Donc la question est : « Qu’est-ce qu’un changement radical ? » Je comprends bien que l’on n’a pas envie de réfléchir à cet impensé forcément violent. La réponse sera apportée par le réel : des catastrophes écologiques en série, sur l’eau, l’air, la nourriture, qui nous amèneront à un changement radical, ce n’est pas de la fiction, c’est de l’histoire bien utilisée : tous nos vieux schémas vont s’effondrer. Comme en 1789, où le réveil des volcans islandais avait déréglé totalement le climat, et perturbé toutes les récoltes, lorsque personne ne pensait à la République. À ce titre, l’analyse du règne de Louis XVI est très intéressante. Nombre de ses proches conseillers sont conscients des problèmes de l’époque : la crise économique, le prix du grain, la dette due aux opérations militaires extérieures, les scandales… J’ai l’impression de parler de ce quinquennat qui se termine ! Or le règne de Louis XVI est marqué par des réformes libérales qui échouent toutes : ils avaient conscience du problème, mais la priorité a été donnée aux intérêts particuliers.
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1 avril 2017 6 01 /04 /avril /2017 13:37
Avec En Marche, le programme de Macron avance à reculons
MARDI, 28 MARS, 2017
HUMANITE.FR
Avec le programme d'Emmanuel Macron à la fin ce sera toujours le patronat qui gagnera. Photo : Reuters
Avec le programme d'Emmanuel Macron à la fin ce sera toujours le patronat qui gagnera. Photo : Reuters

Quiconque se verra proposer la brochure en forme de programme par les équipes de campagne d’Emmanuel Macron aurait intérêt à la prendre et se donner le temps de l’étudier. Derrière le slogan « retrouver notre esprit de conquête pour bâtir une France nouvelle», c’est le triomphe de la théorie du chacun pour soi. Mais avec toujours plus de cadeaux pour le patronat. Décryptage d’une arnaque qui vise à enfumer le peuple pour mieux servir les nantis.

Dans la brochure de 32 pages que les militants vêtus de chasubles floquées « En Marche » distribuent sur les marchés dans le cadre de la campagne électorale, Emmanuel Macron écrit qu’il veut « Une France qui se libère, pour ne plus être bloquée par des règles devenues obsolètes». Voilà qui est suffisamment flou pour que chacun l’interprète comme il l’entend. La brochure nous dit aussi que « ce programme a été construit avec plus de 30 b000 Françaises et Français de tous milieux sociaux et de tous âges, dans tous les territoires de France, au cours de 3 000 ateliers de nos comités locaux. Ils ont enrichi le travail de plus de 500 experts qui on donné de leur temps et de leur expérience ». Fort de toutes ces informations, il convient d’analyser ce que propose vraiment le candidat Macron.

Cela démarre en page 6 avec ce titre : « Bien vivre de son travail et inventer de nouvelles protections », à quoi s’ajoutent sept propositions en page 7. La première est ainsi rédigée : « Sans que cela ne revienne plus cher aux employeurs, nous réduirons les cotisations payées par les salariés, par les indépendants et par les fonctionnaires : près de 500€ supplémentaires nets par an pour un salaire de 2.200€ nets par mois !», nous dit la brochure avec un point d’exclamation. A supposer qu’il s’agisse de 480€ de plus pour un tel salaire, cela ne fait que 40€ par mois  sur un salaire net de 2 200€. Mais comme cette hausse ne coûte rien aux employeurs, ce sont les cotisations des salariés versées pour la Sécurité sociale, les caisses de retraite et l’indemnisation du chômage qui diminuent. Ce qui ne peut qu’augmenter leur déficit et conduire la Sécu à moins rembourser les soins, les caisses de retraite à bloquer ou diminuer les pensions, l’UDEDIC à moins indemniser le chômage. A ce propos, la cinquième proposition de Macron nous indique que « l’insuffisance des efforts de recherche d’emploi ou le refus d’offres raisonnables entraîneront la suspension des allocations » aux demandeurs d’emploi. Voilà qui ouvre la porte à tous les abus pour rayer les chômeurs inscrits à Pôle emploi. La seconde proposition de Macron nous indique que « tous les smicards qui bénéficient de la prime d’activité toucheront par exemple l’équivalent d’un 13ème mois de salaire, soit 100€  nets de plus chaque mois ». Là encore, ce ne sont pas les patrons qui vont payer mais l’Etat avec l’argent des impôts que nous payons tous de diverses façons à commencer par la TVA sur tout ce que nous achetons.

Avec Macron c’est tout pour les patrons

En passant de la page 7 à la page 9 du programme d’En Marche, le point numéro 2 nous confirme que se sont bien les patrons qui seront le seuls gagnants de cette politique. Titré « nous réduirons le coût du travail », ce paragraphe est ainsi rédigé : « Nous aiderons les entreprises à embaucher en baissant les cotisations sociales employeurs de 6 points en remplacement du CICE, et jusqu’à 10 points au niveau du SMIC : les employeurs économiseront près de 1 800€ par an et par salarié au SMIC, 2 200€ par an pour un salarié payé 3 000€ bruts par mois». La brochure ne le dit pas, mais Macron veut augmenter la CSG des salariés et des retraités qui perçoivent plus que des bas salaires et des petites pensions pour rendre un peu de pouvoir d’achat aux salariés de bas de l’échelle comme aux petites retraites. Car à la fin c’est toujours le patronat qui gagne. En page 7, sur un salaire payé au SMIC, Macron baisse les cotisations du salarié afin qu’il perçoive 100€ de plus par mois en salaire net, mais en cotisant moins pour la santé, la retraite et le chômage. En page 9, nous apprenons que le patron économisera 150€ par mois sur ce même salaire payé au SMIC bien que le net soit en hausse de 100€ par mois. Comme si cela ne suffisait pas, la page 11 nous indique ceci : «  Nous baisserons l’impôt sur les sociétés de 33,3% à 25% pour rejoindre la moyenne européenne. … ».

Le contre exemple suédois pour les retraites

Si on voulait faire disparaître  la Sécurité sociale, la retraite par répartition  t l’indemnisation des chômeurs qui perdent leur emploi dans une société de plus en plus précaire, on ne s’y prendrait pas autrement. En page 13, la brochure éditée par l’équipe d’Emmanuel Macron dit d’une part « nous ne toucherons pas à l’âge de départ à la retraite, ni au niveau des pensions ». Mais, en trois lignes, au dessus de cette affirmation l’ambition de Macron est ainsi rédigée : « Un système universel  avec des règles communes de calcul des pensions sera progressivement mis en place. Le fait de changer d’activité ou de secteur sera sans effet sur les droits à la retraite. Avec un principe d’égalité : pour chaque euro cotisé, le même droit à pension pour tous ». Comment faut-il interpréter ce dispositif qui s’apparenterait au système suédois ? Hier soir, au journal de 20 heures sur France 2, un reportage était consacré à ce qu’est aujourd’hui le système de retraite en Suède. On est passé du calcul des pensions sur toute la carrière au lieu des quinze meilleures années. Et les pensions ne cessent de diminuer depuis, surtout pour les gens qui ont connu de longue périodes de précarité. En France aussi, le passage du calcul sur les 25 meilleures années au lieu des10 meilleures années a fait diminuer les pensions, suit à la réforme Balladur de 1993. En Suède, partir en retraite à 61 ans ne donne aujourd’hui qu’une pension égale à 50% du salaire. Il faut travailler jusqu’à 67 ans pour espérer percevoir en retraite 70% de son salaire. Entre 2010 et 2014, les pensions de retraite ont diminué de 60€ par mois en Suède.

Avant de se laisser séduire par l’arnaque du siècle, mieux vaut donc lire attentivement ce que propose le candidat Macron.

 

 

 

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1 avril 2017 6 01 /04 /avril /2017 11:25
Langues régionales. Une lettre aux candidats à la présidentielle (Ouest-France, 31 mars 2017)

Pierre FONTANIER

Elen, réseau européen pour l'égalité des langues (European language equality network), a adressé ce vendredi aux candidats à l'élection présidentielle une lettre pour une meilleure reconnaissance des langues régionales et minoritaires, dont le breton. Sauf à Marine Le Pen, car son programme va à l'encontre de leur demande. Ce courrier est articulé autour de six objectifs pour "une République des territoires, plurielle, respectueuse des droits humains fondamentaux de ses différentes composantes".

Comme de nombreuses autres associations ou coordination d'associations qui assurent le développement et la défense des langues régionales et minoritaires, Kevre Breizh, coordination culturelle associative bretonne, fait partie d'Elen, réseau européen pour l'égalité des langues. Ce vendredi 31 mars, le réseau a envoyé une lettre aux candidats à l'élection présidentielle. Les membres de Kevre Breizh l'ont présenté ce vendredi à Quimper (Finistère).

Pas Marine Le Pen

Tous ? "Non, pas à Marine Le Pen car on connaît la réponse : son programme va à l'encontre de tout ce qu'on demande, en particulier avec son projet de supprimer les conseils régionaux qui font beaucoup pour la langue bretonne !" répond Tangi Louarn, secrétaire d'Elen et président de Kevre Breizh.

Six objectifs

Ce courrier demande aux candidats de se positionner sur la reconnaissance des langues régionales et minoritaires, comme le breton, l'occitan, le basque, le catalan, le corse, l'alsacien... Mais aussi par exemple des langues de Guyane. La lettre est articulée autour de six objectifs.

Logique France-Europe, cadre législatif et moyens dans les écoles

Les trois premiers objectifs : la mise en conformité de la France avec les textes européens et internationaux fondamentaux concernant les droits des peuples autochtones et des personnes appartenant à des groupes linguistiques régionaux ou minoritaires ; l'établissement d'un cadre constitutionnel et législatif reconnaissant la pluralité de la société française et les droits de ses diverses composantes linguistiques et culturelles ; la mise en place des moyens nécessaires pour assurer la prise en charge du service public assuré par les établissements scolaires associatifs de langue régionale en immersion, conformément aux recommandations des Nations Unies.

Médias, vie publique, régions "réalistes"

Les trois objectifs suivants : la mise en place des services complets dans le domaine des médias, notamment de télévision en langue régionale permettant l'expression réelle de la diversité des groupes linguistiques régionaux et territoriaux (information, formation, création et divertissement) ; permettre la généralisation de la langue régionale dans la vie publique et la co-officialité des langues là où la demande sociale existe en fonction des réalités et enfin, établir des régions et des entités territoriales dont le dynamisme et l'efficacité se fondent sur les réalités historiques, culturelles et linguistiques, en prenant en compte les souhaits des populations concernées.

Et après ?

Les lettres ont été envoyées ce vendredi aux candidats. Qu'attendent ensuite ses signataires ?"Une réponse, un positionnement avant le premier tour de la présidentielle. Le but n'est pas de dire pour qui voter car ce n'est évidemment pas notre rôle" répond Tangi Louarn. "Notre objectif est que chacun puisse voter en connaissance de cause à ce sujet" ajoute Claudine Perron, membre du bureau de Kevre Breizh et vice-présidente du Conseil culturel de Bretagne au sein duquel elle représente la coordination d'associations bretonnes.

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1 avril 2017 6 01 /04 /avril /2017 11:19
Présidentielles: l'ascension de Jean-Luc Mélenchon dans les sondages (Ouest-France, 1er avril 2017)

Selon le sondage Pop2017 BVA-Salesforce pour la Presse régionale et Orange portant sur les intentions de vote, la dynamique de Marine Le Pen et Emmanuel Macron se tasse. François Fillon connaît un début de regain, et l'écart se maintient entre Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon. Un autre sondage, réalisé par Odoxa, donne lui un François Fillon toujours en baisse, et une dynamique encore plus forte pour Jean-Luc Mélenchon.

Le sondage Pop2017 BVA-Salesforce pour la Presse régionale et Orange porte sur les intentions de vote à la présidentielle.

Tassement pour Macron et Le Pen

En tête des intentions de vote, Emmanuel Macron (25 %) et Marine Le Pen (24 %) perdent un point chacun.

Le sondage Pop2017 indique que le socle électoral d'Emmanuel Macron semble cependant se solidifier : parmi ses électeurs potentiels, 63 % se déclarent sûrs de leur choix. C'est 8 % de plus que la semaine précédente.

Quant à Marine Le Pen, son socle électoral demeure le plus solide : 81 % de ses électeurs potentiels se déclarent sûrs de leur choix.

François Fillon en hausse

François Fillon est crédité cette semaine de 19 % d'intentions de vote. S'il est toujours distancé par Marine Le Pen et Emmanuel Macron, le candidat de la droite réduit l'écart en enregistrant une hausse de 2 %.

Il est désormais à 5 points de Marine Le Pen. Son socle électoral semble également se solidifer, avec 79 % des électeurs potentiels sûrs de leur choix.

Mélenchon devant Hamon

La dynamique de Jean-Luc Mélenchon se confirme, avec une hausse de 1 %, qui s'ajoute aux 2 % de la semaine précédente. Le candidat de la France insoumise est désormais crédité de 15 % des intentions de vote.

Benoît Hamon est à 11,5 %, un score stable, mais semble avoir un socle électoral plus fragile : seuls 45 % de ses électeurs potentiels sont sûrs de leur choix. Les hésitants sont partagés, et presque aussi nombreux à pouvoir se tourner vers Emmanuel Macron que vers Jean-Luc Mélenchon.

Les autres sous les 5 %

Nicolas Dupont-Aignan ne confirme pas le « frémissement de dynamique » enregistré récemment : il est à présent crédité de 3% des intentions de vote (-1 point). Il devance Nathalie Arthaud (1%), Philippe Poutou (0,5%), François Asselineau (0,5%), Jean Lassalle (0,5%) et enfin Jacques Cheminade qui pourrait faire un score inférieur à 0,5% des suffrages exprimés.

L'intérêt pour la campagne en baisse

Cette semaine, qui a été notamment marquée par le ralliement de Valls à Macron, est ponctuée d'un jugement toujours sévère de la part des Français pour l'intérêt de la campagne. En effet, la note d'évaluation baisse de 4,1/10 le 25 mars, à 3,8/10 ce 1er avril.

À la question "Diriez-vous que vous vous intéressez à la présidentielle... Un peu / Beaucoup / Assez / Pas du tout", un total de 25 % de Français ne se déclarent pas ou peu intéressés :

Enquête BVA-Salesforce pour la Presse Régionale et Orange réalisée par Internet du 29 au 30 mars 2017.

Échantillon de 1418 personnes inscrites sur les listes électorales, issues d’un échantillon représentatif de 1502 Français âgés de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas appliquée aux variables suivantes : sexe, âge, profession de la personne de référence du ménage, région et catégorie d’agglomération.

Une tendance autre chez Odoxa

Dans le même temps, l'institut Odoxa publie ce vendredi soir un sondage pour Le Point. Si comme Pop2017, Emmanuel Macron et Marine Le Pen sont en tête des intentions de votes, le sondage Odoxa indique une dynamique encore plus forte pour Jean-Luc Mélenchon, qui grimpe à 16 % (+ 5,5 en quinze jours).

Chez Odoxa, la baisse de François Fillon se poursuit (17 %, - 2), et il est en passe d'être rattrapé par Jean-Luc Mélenchon.

Benoît Hamon s'effondre, à 8 % (-4,5). Nicolas Dupont-Aignan atteint les 5 % (+ 2).

 

Présidentielles: l'ascension de Jean-Luc Mélenchon dans les sondages (Ouest-France, 1er avril 2017)
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1 avril 2017 6 01 /04 /avril /2017 10:31
La colonisation grignote aussi Jérusalem-Est (Médiapart, 31 mars, Chloé Demoulin)
La colonisation grignote aussi Jérusalem-Est
 PAR CHLOÉ DEMOULIN

Le gouvernement israélien a approuvé à l'unanimité, jeudi 30 mars, la création d'une nouvelle implantation juive en Cisjordanie, dans le secteur d'Emek Shilo, une première depuis 1999. Dans les quartiers palestiniens de Jérusalem-Est, des organisations juives achètent des maisons depuis plusieurs décennies. Une entreprise qui éloigne chaque jour un peu plus la perspective d’une solution à deux États.

 

Silwan (Jérusalem-Est), envoyée spéciale.- Ce jeudi 30 mars, le gouvernement israélien a approuvé à l'unanimité la création d'une nouvelle implantation juive en Cisjordanie, dans le secteur d'Emek Shilo, une première depuis 1999. Selon le premier ministre, Benjamin Netanyahou, il s'agit de concrétiser l'engagement pris pour relogerles colons d'Amona, évacués du site jugé illégal par la Cour suprême israélienne car se trouvant sur des terrains privés palestiniens. « J'ai promis d'établir une nouvelle implantation. Nous tiendrons cette promesse aujourd'hui », avait-il annoncé dans la journée. Les constructions effectuées dans les sites existants ont porté à 400 000 le nombre d'Israéliens vivant en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël lors de la guerre des Six-Jours en 1967 et peuplé de 2,8 millions de Palestiniens. 

À Jérusalem-Est, où les positions israéliennes n’ont cessé de se renforcer depuis 1967, vivent déjà plus de 200 000 Juifs. Ramot, Pisgat Ze’ev ou encore Gilo : on ne compte plus les colonies juives construites en périphérie de la ville et désormais considérées comme de simple banlieues. Mais cette présence juive a également progressé à l’est de la ligne verte, dans les zones habitées par les Palestiniens, au cœur même du quartier musulman de la vieille ville et au sein de plusieurs quartiers arabes voisins. Selon Ir Amim, ils seraient 2 800 (en augmentation de 40 % depuis 2009) rien qu’à Silwan et dans les quartiers palestiniens voisins qui constituent ce qui est appelé le “bassin sacré”.

En passant la porte des Maghrébins, en contrebas des murailles sud de la vieille ville, impossible de la louper. Ir David (la Cité de David) constitue une des nouvelles attractions touristiques de Jérusalem. Ce parc archéologique de 24 000 m2 est présenté comme le berceau antique de la ville trois fois sainte, où se serait installé le roi David après avoir quitté Hébron il y a 3 000 ans.

« Un demi-million de personnes visitent ce parc chaque année, y compris des scolaires, des soldats israéliens, des touristes. Mais l’histoire qu’on leur propose est racontée par des colons qui œuvrent chaque jour pour déplacer les Palestiniens et prendre le pouvoir sur le quartier », dénonce Betty Herschman, membre de l’ONG Ir Amim, qui milite pour faire de Jérusalem “une ville plus équitable” pour les Israéliens et les Palestiniens. « La plupart des gens ne vont pas plus loin, et ils ne peuvent pas être témoins de l’immense pauvreté qui règne dans le reste de Silwan. »

Ce que la majorité des visiteurs ignorent, c’est en effet que la Cité de David s’érige au sein du quartier arabe de Silwan, où vivent 50 000 Palestiniens. De larges murs et des grilles, surmontés de caméras, séparent le parc du reste du quartier. « Ils ont dit qu’ils feraient un parc pour tout le monde. Mais aujourd’hui, ni moi ni mes enfants ne pouvons y aller », regrette Fakhri Abu Diab, représentant du comité de défense des résidents palestiniens de Silwan. Cet ancien comptable de 55 ans, père de 5 enfants, assiste depuis des années, impuissant, au grignotage de Silwan par les Israéliens.

Pour Betty Herschman, la Cité de David n’est rien de moins qu’une « immense colonie touristique ». Depuis 1991, 30 familles juives se sont d’ailleurs installées et vivent dans l’enceinte du parc, au sommet duquel flotte un drapeau israélien. Le site archéologique est administré par la Fondation Ir David, plus connue sous le nom de Elad : une organisation nationaliste juive qui s’est donné pour mission de « renforcer une connexion juive avec Jérusalem ». Le groupe a aussi acheté plusieurs maisons individuelles aux abords de la Cité de David, également louées à des Juifs, dans le but non dissimulé de “judaïser” cette partie de Jérusalem-Est.

Ir Amim a publié un rapport en 2009 sur les méthodes qui ont permis progressivement à Elad de s’implanter à Silwan. Jusqu’au début des années 90, l’organisation dispose d’un allié de taille : le Fonds national juif, qui revendique plusieurs terrains lui ayant appartenu dans la zone avant 1948. Mais surtout d’un outil majeur : la “loi sur les propriétés des absents” adoptée en 1950. Le texte permet à l’État hébreu de confisquer les terres ou les maisons appartenant aux Arabes qui ont quitté Israël pendant la guerre d'Indépendance.

Certains des documents et des témoignages présentés par Elad pour obtenir ces propriétés « se sont révélés invérifiables » et n’ont même pas été authentifiés par le ministère des finances, dépositaire du cadastre, note le rapport d’Ir Amim. Avec l’aval du ministère du logement et de la construction israélien, alors dirigé par Ariel Sharon, Elad et le Fonds national juif vont ainsi se saisir de larges pans de Silwan, en échange de sommes dérisoires. « Elad a bénéficié du soutien direct de toutes les armes institutionnelles de l’État », constate Betty Herschman.

En 1992, avec l’arrivée d’Yitzhak Rabin au pouvoir, le vent tourne. Une commission diligentée par le ministère des finances met à jour l’entreprise menée par Elad et suspend l’application de la loi de 1950 sur les propriétés des Palestiniens de Jérusalem-Est vivant désormais en Cisjordanie. Mais l’organisation ne renonce pas. Elle achète désormais les maisons directement aux Palestiniens et use, pour y parvenir, de procédés beaucoup moins avouables. Ir Amim cite par exemple une vente annulée en raison de la production de faux documents ou encore l’usage de pressions pour forcer la main aux habitants les plus réticents. Elad aurait notamment pris l'habitude de se renseigner sur les familles de Silwan et de jouer sur leurs querelles internes, par exemple entre deux héritiers, pour faciliter la vente.

En dépit des preuves glanées par ses détracteurs, le fondateur et président de la Fondation Ir David, David Be’eri, a toujours démenti l’usage de tels procédés : « Jusqu’à ce jour, nos achats ont été contestés légalement des douzaines de fois et aucun doute n’a été soulevé sur notre conduite, pas une fois », assurait-il notamment dans un article paru en 2008 dans le journal Maariv.

À la fin des années 1990, le transfert du parc national de la Cité de David (jusqu’ici géré par la Direction de la nature et des parcs d'Israël) sous le contrôle exclusif d’Elad vient couronner les efforts de l’organisation. « On pourrait parler de soft power, mais c’est bien plus que cela : ils manipulent la façon dont les gens voient Jérusalem dans le contexte du conflit », dénonce Betty Herschman.

Non contente d’avoir trouvé une place de choix dans les cartes touristiques distribuées par la municipalité de Jérusalem, la Fondation Ir David reçoit aujourd’hui un soutien financier et moral affiché de la part du gouvernement israélien. Selon le rapport d’Ir Amim, le ministère du logement israélien a notamment déboursé 20 millions de shekels (soit plus de 5 millions d’euros) en 2005 pour payer la société privée chargée de la sécurité de la Cité de David. Le fondateur d’Elad, David Be’eri, a par ailleurs été désigné pour recevoir le Israel Prize for Lifetime Achievement 2017, l’une des plus hautes distinctions distribuées chaque année par l’État israélien. En annonçant la sélection, l’actuel ministre de l’éducation et fervent supporter de la colonisation, Naftali Bennet, n’a pas tari d’éloges à son endroit : David Be’eri est « parmi les plus grands constructeurs de la Jérusalem moderne », a-t-il jugé.

Si la fondation Ir David reçoit les honneurs officiels du gouvernement Netanyahou, son fonctionnement, surtout financier, n’en reste pas moins opaque. Pendant des années, Elad a joui d’une dérogation pour ne pas divulguer les noms de ses donateurs, au motif que de telles informations auraient pu porter préjudice à ces derniers ou à l’organisation elle-même. À la suite de pressions, la fondation a toutefois consenti en 2016 à rendre ses comptes publics. Résultat : avec 450 millions de shekels (soit 114 millions d’euros) de dons entre 2006 et 2013, Elad s’avère être une des ONG les plus prospères d’Israël.

Dans la liste de ses contributeurs, l’Association américaine des amis d’Ir David, une association des amis de l’armée israélienne basée à Miami ou encore une compagnie britannique liée au milliardaire russe Roman Abramovich, connu pour être le propriétaire du club de foot de Chelsea. Mais un article publié en mars 2016 par le quotidien Haaretz a dévoilé que la majeure partie des donations reçues par Elad provenait de sociétés enregistrées dans des paradis fiscaux, notamment aux Bahamas, dans les îles Vierges ou aux Seychelles. Il est donc impossible d’identifier leur provenance exacte.

À Silwan, la Cité de David n’est pas la seule source d’inquiétude pour les Palestiniens. Fakhri Abu Diab nous entraîne à l’ouest du parc, dans une autre partie du quartier appelé Al-Bustan (le jardin, en arabe). Il attire notre attention sur les ruelles délabrées et souvent jonchées d’ordures, dont la municipalité de Jérusalem ne s’occupe pas. Il raconte aussi l’interdiction qui est faite aux Palestiniens de construire tout nouveau logement. « Quand nous bâtissons de petites maisons pour nous, la mairie nous dit que c’est illégal. Et ils viennent les détruire », souffle-t-il face aux ruines de la maison de son cousin, voisine de la sienne et rasée par des bulldozers il y a quatre ans. Fakhri Abu Diab en est convaincu : « Les Israéliens ont un agenda politique. Ils veulent nous pousser dehors. »

De fait, plus de 50 maisons sont ici sous la menace d’un ordre d’expulsion. Des maisons majoritairement construites après 1948 par des Palestiniens ayant fui Jérusalem-Ouest. Depuis 2005, la mairie de Jérusalem projette de démolir la zone entière, considérée comme l’emplacement où s’étendait originellement le parc du roi Salomon, pour y dresser un jardin biblique. « Bien sûr que nous voulons des jardins pour nos enfants, mais pas sur nos maisons ! », s’indigne Fakhri Abu Diab. Interpellé par cette situation ubuesque, un professeur en architecture et en urbanisme de l’Institut technologique Technion de Haïfa, Yosef Jabareen, a élaboré un projet alternatif. Soutenu par l’ONU, le plan prévoit notamment le déplacement des maisons palestiniennes en arc de cercle autour du futur parc. Il a toutefois été rejeté par la mairie de Jérusalem.

Fakhri Abu Diab nous emmène enfin face à une troisième partie de Silwan, appelée Batan Al-Hawa. Là encore, impossible de louper l’imposante bannière aux couleurs du drapeau israélien déroulée sur la façade d’une des maisons où vit désormais une famille juive. Dans cette zone, les bannières de ce type poussent comme des champignons depuis 2004. Une autre organisation nationaliste juive, nommée Ateret Cohanim, y a entrepris l’acquisition de six terrains entiers ces dernières années et y a installé au total plus de 19 familles juives, réparties dans cinq bâtiments. Elle projette également d’y construire un bâtiment de trois étages dédié à de nouveaux habitants juifs. Un plan approuvé en décembre 2016 par la municipalité de Jérusalem, avec l’aval du premier ministre, Benjamin Netanyahou. Et cela en dépit du vote par le Conseil de sécurité de l'ONU, quelques jours auparavant, d'une résolution exigeant l'arrêt de la colonisation israélienne à Jérusalem-Est et en Cisjordanie.

 

Ateret Cohanim est connu pour être un des acteurs majeurs de l’installation d’une communauté juive au cœur même du quartier musulman de la vieille ville de Jérusalem. Le journal Haaretz a récemment révélé que l’organisation compte parmi ses donateurs l’avocat d’affaires David Friedman, récemment confirmé au poste d’ambassadeur américain en Israël et déjà connu pour ses largesses financières envers la colonie de Beit El, située près de Ramallah, en Cisjordanie.

« Je ne vois pas ce qu’il y a de mal », rétorque benoîtement Daniel Luria, directeur exécutif d’Ateret Cohanim. « Nous reprenons les endroits dont nous avons été chassés. Nous allons doubler et même tripler notre présence à Jérusalem, de façon légale », tient-il à préciser. Il nous a donné rendez-vous au centre de Jérusalem, près du siège de l’organisation, dont il préfère garder l’adresse secrète. Messianisme chevillé au corps, ce juif pratiquant, kippa sur la tête, conçoit Ateret Cohanim comme une « agence immobilière sacrée » qui permet au « rêve sioniste » de se perpétuer. « Ce rêve ne s’est pas arrêté en 1948 ni en 1967 », lance-t-il. Daniel Luria le clame toutefois à qui veut bien l’entendre : il croit à la « coexistence entre Juifs et Arabes ».

 

« Cette entreprise de colonisation n’est pas aussi naïve et innocente qu’Ateret Cohanim veut bien la présenter, réagit Laura Wharton, engagée au Meretz (parti de gauche) et membre du conseil municipal de Jérusalem. Même si les habitants juifs disent qu’ils veulent vivre en paix avec leur voisins arabes, les gens qui financent et promeuvent l’installation de colonies au sein des Territoires palestiniens savent pertinemment qu’il s’agit d’une provocation, qu’ils ne sont pas les bienvenus et qu’ils ne seront pas autorisés à rester là dans le cadre d’un futur plan de paix », juge-t-elle. Et d’insister : « Ce qu’il ne faut pas perdre de vue, c’est qu’il ne s’agit pas d’une question de religion, mais des lois internationales : les Israéliens ont le droit de vivre partout ailleurs, mais pas ici. »

En se baladant dans Silwan, difficile de croire que les habitants juifs, qui se déplacent en voiture blindée, se sentent en harmonie avec leurs voisins palestiniens. Aucun d’entre eux n’a accepté d’être interviewé. « Ils ne parlent à personne, pas même aux journaux de droite. Ils veulent juste vivre paisiblement », justifie Daniel Luria. Plus tard dans la conversation, le directeur exécutif d’Ateret Cohanim dépeint pourtant une situation intenable. « Nous avons une famille qui a été attaquée 126 fois par des Palestiniens en un mois », raconte-t-il, citant des jets de pierre et de cocktail Molotov. D’après Ir Amim, le ministère israélien du logement a alloué près de 100 millions de shekels (soit 25 millions d’euros) par an en 2015 et 2016 à une compagnie privée dédiée à la sécurité des colons vivant dans le quartier. Daniel Luria finit par l’avouer : il serait lui-même incapable de vivre à Silwan, « dans un endroit où il y a autant de haine et de violence physique ».

« Nous ne sommes pas contre le fait de vivre à côté des Juifs », se défend Fakhri Abu Diab. « J’ai des amis juifs. J’ai des voisins chrétiens. Mais nous ne pouvons pas vivre en paix avec des gens qui ne veulent pas de nous ici, qui veulent détruire nos maisons, qui disent que nous n’avons aucun droit, aucune histoire », explique-t-il. Pour le représentant des habitants de Silwan, ce sont les colons et l’État israélien, par leur attitude vis-à-vis des Palestiniens, qui « poussent au radicalisme et au terrorisme »« Nous prônons la non-violence. Nous expliquons à nos enfants que nous pouvons vivre ensemble en paix. Mais que pensent-ils quand ils voient leurs maisons démolies par les bulldozers et ces nouvelles colonies construites un peu partout ? Ils n’ont plus d’espoir », lâche le père de famille.

Dans un rapport publié en mai 2016, Ir Amim et l’ONG La Paix Maintenant dénoncent la façon dont Ateret Cohanim est parvenu à s’implanter à Batan Al-Hawa, avec le soutien de l’État israélien. Le document décrit des méthodes assez semblables à celles utilisées par Elad. D’abord le recours à la loi de 1950, réactivée au milieu des années 90. « Même les Britanniques avaient reconnu que cette zone appartenait aux Juifs », explique Daniel Luria, soulignant que Batan Al-Hawa s’élève sur les vestiges d’un « vieux village juif yéménite ». Une thèse confortée par le jugement qu'a émis la Cour suprême israélienne en avril 2015. À la suite d’une longue bataille judiciaire, deux familles palestiniennes de Silwan ont ainsi dû évacuer l’emplacement où se trouvait autrefois une synagogue. Et cela, au profit de la Benvenisti Trust, un trust juif qui détenait les titres de propriété du terrain à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle. « C’est la première fois que de l’argent n’a pas changé de mains », fait remarquer Daniel Luria, précisant que les Palestiniens ont refusé le dédommagement que leur avait offert Ateret Cohanim.

Ir Amim et La Paix Maintenant soupçonnent néanmoins Ateret Cohanim de tenir un rôle actif dans le processus d’expulsion des propriétaires palestiniens et d’avoir forcé la main à plusieurs d’entre eux pour qu’ils acceptent de vendre. « Leur influence est telle qu’ils se sont fait élire au conseil d’administration du Benvenisti Trust », raconte Betty Herschman. « Ils jouent au maillon faible avec les propriétaires palestiniens. Ils vont mettre la pression sur un neveu qui n’est même pas habilité à vendre, sur quelqu’un de fragile psychologiquement ou simplement sur des gens pour qui l’argent est attractif », poursuit la militante. « Les Palestiniens sont confrontés à un choix cruel : doivent-ils prendre l’argent, ou dépenser des sommes faramineuses en avocat et en frais de justice pour continuer à se battre, au risque de finalement tout perdre ? »

 

Un drapeau israélien a été déployé sur la façade d'une des maisons achetées à Silwan par Ateret Cohanim. © Chloé DemoulinUn drapeau israélien a été déployé sur la façade d'une des maisons achetées à Silwan par Ateret Cohanim. © Chloé Demoulin

Daniel Luria nie, lui, toute pression. « Personne ne force les Arabes à vendre », jure-t-il. Le directeur exécutif d’Ateret Cohanim prétend même crouler sous les demandes de Palestiniens voulant céder leurs maisons. Rappelant que son organisation ne joue qu’un rôle d’intermédiaire, il explique mettre au point les transactions entre les vendeurs palestiniens et les acheteurs juifs internationaux, qui louent ensuite les maisons acquises. Comme dans le cas d’Elad, impossible de connaître la réelle identité des acheteurs juifs. « 40 % sont israéliens, 30 % viennent du monde entier », estime à la louche Daniel Luria. Impossible aussi de savoir le montant exact des transactions. Les « prix sont majorés de 30 % à 70 % au-dessus » du prix du marché, évalue Daniel Luria. « Cela dépend si le vendeur arabe a un statut de locataire ou de propriétaire, de quel milieu il vient ou s’il veut partir à l’étranger avec sa famille. »

Pour justifier l’opacité qui entoure ces transactions, Daniel Luria invoque également la nécessité de protéger l’identité des vendeurs palestiniens. En plus d’être perçus comme des “traîtres” par leur entourage et les autres habitants de leur quartier, ces derniers risquent de lourdes sanctions de la part de l’Autorité palestinienne. Après l’installation retentissante de nouvelles familles juives à Silwan en 2014 par Ateret Cohanim, Mahmoud Abbas a annoncé le renforcement des mesures prises à l’encontre des Palestiniens se rendant coupables de telles transactions. Ils encourent désormais une peine de travaux forcés à vie. Le sujet est si sensible que Fakhri Abu Diab, malgré notre insistance, refuse de l’aborder. « Je ne veux pas parler de ça », balaie-t-il.

Parallèlement, Laura Wharton regrette que la mairie de Jérusalem ne s’investisse pas assez dans le développement de Silwan. Pour preuve, elle cite le dernier budget adopté par le conseil municipal : « Toutes les enveloppes allouées à Jérusalem-Est en termes de routes, d’écoles ou d’accompagnements des plus âgés sont sous-estimées par rapport aux besoins des Palestiniens », déplore-t-elle.

La mairie s’en tient visiblement au strict minimum, parfois motivée par des enjeux politiques. Fakhri Abu Diab nous montre par exemple le terrain de foot flambant neuf construit à quelques pas de chez lui. À travers le grillage qui l’entoure, on peut apercevoir des poubelles frappées d’un lion, l’emblème de la municipalité de Jérusalem. « La mairie a accepté de terminer le projet quand elle a su que la première partie avait été financée par le Mouvement islamique », une organisation liée aux Frères musulmans et interdite en Israël depuis 2015 pour incitation à la haine, précise l’ancien comptable.

Au manque d’investissement financier s’ajoute une lourde présence policière et militaire. En contrebas de Silwan, des patrouilles viennent de bloquer une route, comme elles le font quasi quotidiennement, pour contrôler les véhicules et l’identité de leurs occupants palestiniens. L’endroit est facilement reconnaissable aux drapeaux verts du Hamas, lestés de parpaings, qui pendent en l’air sur des fils électriques. Ce sont les restes des affrontements qui éclatent régulièrement entre habitants et forces de sécurité.

Face à ce nouveau contrôle, qu’il juge destiné à « faire peur aux Palestiniens », Fakhri Abu Diab s’empresse de sortir son appareil photo et de prendre des clichés des soldats israéliens en action. Immédiatement repéré par les militaires, il est sommé d’effacer les prises de vue. « Si je n’avais pas été accompagné, ils m’auraient arrêté, ça m’arrive tout le temps », confie-t-il. Renseigné sur notre qualité de journaliste et sur notre identité française, les soldats en question se gardent bien de nous adresser la parole. L’un d’entre eux, dans un sourire narquois, nous traite toutefois à plusieurs reprises de “smolani”, une expression qui signifie “gauchiste” en hébreu.

Chaque jour s'éloigne un peu plus la perspective de la création d’un État palestinien aux côtés d’Israël, avec pour capitale Jérusalem-Est. « Les colons servent d’avant-postes pour consolider le contrôle israélien de ces zones avant toute négociation de paix. Plus ils peuvent prendre de terrain dans les faits, plus ils auront le pouvoir », analyse Betty Herschman. Loin de démentir cette intention, Daniel Luria imagine, lui, un futur dans lequel Juifs et Arabes vivront en paix, côte à côte à Silwan, mais « sous souveraineté israélienne », souligne-t-il.

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 07:17
Morlaix. L’intersyndicale Hop ! appelle à la grève (Ouest-France, 30 mars 2017)

Dans un communiqué, les syndicats (CGT, CFDT, Unsa) de la compagnie Hop ! appellent à la grève, les 7 et 8 avril.

Les syndicats de la compagnie morlaisienne Hop ! feront grève pendant 48 h.

L’intersyndicale a déposé un préavis de grève pour les 7 et 8 avril.

Dégradation des conditions de travail

Dans un communiqué, la CGT, la CFDT et l’Unsa dressent « un bilan amer, après un an de « fusion » ». Ils dénoncent, entre autres, une « dégradation constante des conditions de travail » malgré « une baisse d’activité. Les élus du CHSCT (comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail) ont dû déclencher plusieurs droits d’alerte, une procédure de « danger grave et imminent », et des enquêtes sur les risques psychosociaux engendrés par cette fusion. Les psychologues du travail continuent de recevoir à chaque permanence des salariés qui craquent sur le lieu du travail. Nous ne pouvons plus n’être que la valeur d’ajustement d’Air France. »

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 06:26
"Water makes money": ciné-débat à Plougonven le vendredi 31 mars à 18h30
Le collectif eau publique du pays de Morlaix organise un Film-débat « Water makes Money »        (Entrée libre)
 
 Vendredi 31 mars 2017 18h30 à Plougonven, salle des fêtes (Place des droits de l’homme)  
 
L'eau et l'assainissement sont désormais des compétences de Morlaix Communauté.
Certains contrats arrivent à échéance en 2017 : Guimaec-Lanmeur et Pen Ar Stang (Plouigneau-Plourin-Plougonven).

La Communauté doit-elle se donner les moyens d'une gestion en régie publique, ou doit-elle déléguer au privé ?

Pour y réfléchir le film "Water makes money" décrit le fonctionnement de deux compagnies du marché de l'eau Véolia et Suez qui fournissent de l'eau à environ 8 français sur 10. On y découvre ainsi la manière dont ces compagnies gagnent les marchés, les dépenses effectuées avec l'argent des usagers qui pensaient ne payer que de l'eau, l'entretiens des canalisations...etc.

Le film sera suivi d'un débat.

Venez nombreux!

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 06:23
UNSA-CFDT-CGT: grève chez Hop! le 7 et 8 avril 2017

APPEL A LA GRÈVE LES 07 ET 08 AVRIL 2017!

MOBILISONS NOUS POUR NOTRE AVENIR CHEZ HOP!

Après 1 an de « fusion », l’ensemble des organisations syndicales fait un bilan amer :

 12 mois de sacrifices et toujours pas de périmètre d'activité pour notre avenir !

 12 mois de baisse continue des charges avions dans les 3 ex compagnies !

 12 mois d’efforts fournis pour une dégradation constante des conditions de travail !

Au lancement du projet PRF en 2012 : 93 charges avions. Demain, à la saison « été 2017 »,

avec le 1er départ des pilotes vers Air France : Resteront 65 charges avions.

= 28 charges de moins en 5 ans ! ! !

Cette baisse d'activité aurait dû entraîner une baisse de charge de travail : mais non !

Entre PDV et « réorganisation », les salariés n'en peuvent plus !

Les élus CHSCT Maintenance, Administration-escale et PNC ont dû déclencher plusieurs droits

d'alerte, une procédure de « danger grave et imminent », et des enquêtes sur les Risques

Psycho-Sociaux engendrés par cette fusion. Les psychologues du travail continuent de recevoir à

chaque permanence des salariés qui craquent sur le lieu du travail ! ! !

Et comme si cela ne suffisait pas, la négociation des nouveaux accords collectifs

se déroule dans la douleur !

Au lieu d’harmoniser les conventions des salariés de HOP!, Lyon Maintenance, Hop!

Training, Airlinair, Brit’Air et de Regional, la Direction tente d'imposer des accords

collectifs « low-cost » en détruisant vos garanties sociales et salariales.

L'avenir même de notre compagnie HOP!, et donc de nos emplois, est menacé

Cette situation conduit l’ensemble des Organisations Syndicales Sol à déclencher

UNE GREVE et à vous appeler à la mobilisation générale.

Nous demandons à la Direction Générale des réponses et des engagements concrets sur les points

suivants :

 Définition claire du périmètre d'activité de HOP! et des sites… UN BUSINESS PLAN !

 Maintien de la flotte à son niveau actuel, garantie sur l'avenir des secteurs

 Suspension immédiate des départs PNT vers Air France qui réduit dangereusement notre activité

et impacte négativement notre exploitation

 Mesures concrètes et rapides sur l’amélioration des conditions de travail

 Reconsidérer la négociation des accords collectifs en privilégiant l'harmonisation et en respectant

les décisions communes émanant de débats construits et cohérents

 Intégration de Lyon Maintenance et de HOP ! Training sans conditions et sans délai

NOUS NE POUVONS PLUS N’ETRE QUE la variable d’ajustement d’Air France.

Nous contribuons depuis de nombreuses années à son expansion.

Le temps est venu pour nous d’être traités équitablement.

NOTRE FORCE et LA REUSSITE ne peuvent être que COLLECTIVES.

Il VOUS appartient de saisir la gravité de la situation pour obtenir des

conditions sociales dignes pour cette fusion !

Le 7 avril SORTEZ de vos bureaux, des hangars, de vos escales pour en parler

avec vos Organisations syndicales ! ! !

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