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2 juillet 2017 7 02 /07 /juillet /2017 19:59
Blanquer annonce le gel des postes 

 

Dans un entretien publié ce matin dans les journaux régionaux de l'est, comme L'Est républicain, JM Blanquer annonce un budget resserré et le gel des postes d'enseignants.

 

" Nous savons que la situation des comptes du pays n’est pas bonne", déclare le ministre en réponse à une question de Philippe Rivet. " Dans ce contexte, chaque euro public dépensé doit l’être de manière très responsable. L’éducation a été affirmée comme une priorité par le président de la République. Nous devons raisonner sur l’évolution qualitative de notre système et ne plus entrer dans l’éternel débat de la création ou de la suppression de postes. Aujourd’hui, nous pouvons penser que nous avons le nombre de postes qui convient.  A nous de bien gérer les moyens importants dont nous disposons pour évoluer sur le plan qualitatif avec bon sens, en utilisant nos ressources de la meilleure façon".

 

Ces propos recoupent ceux prononcés au Sénat le 28 juin où le ministre évoque "une constance" du budget.  Le président de la République s'était engagé à créer 2000 nouveaux postes d'enseignants pour permettre le dédoublement des CP et CE1 de l'éducation prioritaire. Il avait aussi permis d'augmenter la prime des enseignants de l'éducation prioritaire.  Ces mesures sont elles encore d'actualité ?

 

Dans L'est républicain

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2 juillet 2017 7 02 /07 /juillet /2017 19:35
Pour Macron, le nouveau président des riches, "il y a ceux qui réussissent, et ceux qui ne sont rien"!

Alors qu'il inaugurait un colossal espace d'accueil pour les start-up en plein Paris, Emmanuel Macron a eu un mot malheureux à l'égard de ceux qui ne réussissent pas, estimant qu'ils n'étaient «rien». Ses propos ont suscité un tollé sur internet.

Le 29 juin dernier, le président de la République Emmanuel Macron inaugurait à Paris la Station F, décrite comme «le plus grand incubateur de start-up du monde». Dans cette ancienne gare réaménagée, en présence du maire de la capitale Anne Hidalgo et de l'entrepreneur et fondateur de Free Xavier Niel, le chef de l'Etat a livré un discours qui n'a pas manqué de scandaliser de nombreuses personnes. Dans les gares, a-t-il en effet déclaré, comme dans le monde, on croise «des gens qui réussissent et des gens qui ne sont rien». 

Pas de doute, ce type a la même connerie de petit coq aux horizons bornés, la même impudence et le même mépris de classe qu'un Sarkozy ou un Seguéla, l'homme qui mesure la valeur des êtres au prix de leur montre.   

Les "illettrés de Gad", les "syndicalistes trop nazes qui n'ont pas les moyens de s'acheter un costard et qui du coup ne devraient pas la ramener", et en bref ces millions de loosers de France dont certains lui ont tout de même donné leurs voix même s'ils gagnent moins de 10 000 € n'ont ... qu'à bien se tenir.

Ou plutôt ramper comme les larves qu'ils sont pendant que les grands de ce monde paradent à Versailles. 

Le monde est partagé en deux catégories: les winners, les entrepreneurs d'eux-mêmes qui veulent le fric et le succès, et ceux qui ne sont rien, la mort et le néant comme dirait l'autre maître en néantisation, simplement parce qu'ils n'ont pas eu l'ambition carriériste, la naissance appropriée, les moyens...

Ce type de discours d'un darwinisme social décomplexé et d'une nullité humaine et philosophique profonde fait douter de la réalité de l'initiation philosophique d'un Macron, secrétaire pendant quelques mois de Ricoeur, qui doit quand même bien se retourner dans sa tombe. 

La valeur d'un être, son bonheur, ne résident évidemment pas dans l'avoir et une vaine puissance extérieure. 

Moi je préfère mille fois la sagesse de vie de l'écrivain égyptien Albert Cossery qui pendant des années n'a écrit qu'une phrase ou une page d'humble et belle littérature chaque jour, Albert Cossery et ses beaux titres de romans:

"Les fainéants de la vallée fertile", "Mendiants et orgueilleux".  

Ou encore les paroles de l'Internationale: 

"Nous ne sommes rien soyons tout!" 

       

 

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2 juillet 2017 7 02 /07 /juillet /2017 18:40
photo Pierre-Yvon Boisnard

photo Pierre-Yvon Boisnard

Le Prochain Conseil de Communauté de Morlaix-Communauté aura lieu le lundi 3 juillet 2017 à la CCI de Morlaix à 18h.

A l'ordre du jour :

- Attribution d'une subvention de 5000€ au RESAM-Maison du Monde

- Achat de l'ensemble immobilier Orange à Morlaix pour une opération commune avec Viséo (50 salariés à Morlaix), qui travaille avec de grands groupes français, sur le marché du luxe, de la cosmétique et de l'environnement et réalise avec ses 2200 employés dans le monde 200 millions de chiffres d'affaires annuel.

- Avance remboursable de 75 000€ de Morlaix Communauté et de 225 000€ de la région Bretagne à la société Global Seafood

- Convention de partenariat avec Technopole Brest Iroise

- Attribution d'une subvention de 12 500€ à l'ADESS

- Attribution d'une subvention de 15 000€ à Armor Aéro Passion pour le meeting aérien 2017 et le forum des métiers de l'aéronautique

- Attribution d'une subvention au pays de Morlaix pour le financement du poste d'ingénieur TELECOM

- Attribution d'une subvention de 887 000€ à la Maison du Tourisme du pays de Morlaix

- Adhésion au réseau Sensation Bretagne (10 500€) pour valoriser le littoral à vocation touristique

- attribution d'une subvention au PETR Pays de Morlaix pour le fonctionnement du Pays d'Art et d'Histoire

- Marché de services publics collectifs réguliers de Morlaix-Lannion – lignes non urbaines

- Marché pour la valorisation et le transport des déchets végétaux

- Attribution d'une subvention de fonctionnement de 8000€ à l'association SON AR MEIN

- Attribution d'une subvention de fonctionnement de 130 000€ au théätre du pays de Morlaix

(…)

Le Prochain Conseil de Communauté de Morlaix-Communauté aura lieu le lundi 3 juillet 2017 à la CCI de Morlaix à 18h.
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2 juillet 2017 7 02 /07 /juillet /2017 17:02
André Chassaigne (PCF) : "Je n'irai pas au congrès de Versailles pour écouter le monarque !" (La Montagne, 2 juillet 2017)
Le député PCF du Puy-de-Dôme, réélu avec 63,55 % face à un « marcheur », a retrouvé cette semaine sa présidence du groupe Gauche démocrate et républicaine. Il sera l’une des figures de l’opposition à l’Assemblée nationale. Interview.

Mercredi dernier, aux premiers jours de la reprise parlementaire, le communiste André Chassaigne a marqué les esprits. Alors que le débat en séance portait sur l’élection du bureau de l’Assemblée nationale, le président du groupe Gauche démocrate et républicaine a pris à partie Richard Ferrand et vigoureusement dénoncé les « petits traficotages » de La République en Marche.

En opposant déterminé, André Chassaigne, qui ne compte pas se laisser déborder par Jean-Luc Mélenchon, sera à Versailles lundi 3 juillet. « Je n’irai pas au congrès pour écouter le monarque Macron, prévient-il. J’irai à 14 heures pour manifester sur l’esplanade ! »

"Le congrès, c'est la matérialisation d'une présidentialisation extrême que le président de la République est en train de mettre en oeuvre", insiste le député auvergnat, dont il faut rappeler qu'il a été réélu le 18 juin dernier pour un quatrième mandat, en recueillant 63,55% face à un candidat de La République en Marche.

Vous portez toujours la cravate dans l'hémicycle ?...

Je porte toujours la cravate dans l'hémicycle. Un ancien député communiste disait que la classe ouvrière était très attentive à ce que ses représentants apparaissent sous leur meilleur jour. C'est une tradition et une question de respect par rapport au mandat que l'on porte. Pour autant, s'il y avait des oppositions sur la tenue vestimentaire, je ne m'y opposerai pas dans la mesure où les personnes qui rentrent dans l'hémicycle sont habillées correctement, dans le respect des citoyens de notre pays.

Votre opposition sera frontale face à la majorité ? Vous voterez contre la confiance au gouvernement ?

Nous nous sommes déclarés comme un groupe d'opposition. Les députés communistes, bien évidemment, ne voteront pas la confiance au gouvernement. Les députés d'Outre-Mer ont leur liberté de vote et je ne leur ai pas demandé quelle serait leur position.

André Chassaigne (PCF) : "Je n'irai pas au congrès de Versailles pour écouter le monarque !" (La Montagne, 2 juillet 2017)

Dans toutes les mesures régressives qui seront annoncées par le gouvernement et je pense en particulier à la loi travail, qui va être une loi El Khomri XXL, nous serons en opposition frontale, oui.

Maintenant, nous prenons nos décisions sur un texte de loi en fonction de son contenu. Dans toutes les mesures régressives qui seront annoncées par le gouvernement et je pense en particulier à la loi travail, qui va être une loi El Khomri XXL, nous serons en opposition frontale, oui. Nous considérons que ce sont des coups d'une extrême gravité qui vont être portés à la protection des salariés. Mais il est évident que pour des textes qui, pour nous, peuvent aller dans la bonne direction, nous interviendrons pour les améliorer, en donnant notre point de vue pour qu'ils soient les plus justes possibles.

Concernant la loi de moralisation, nous avons déjà réfléchi et transmis des propositions au gouvernement pour l'améliorer. Par exemple, qu'on ne puisse pas voter un texte s'il n'y a pas plus de 20% des députés en séance, ou encore qu'il y ait un statut des collaborateurs de députés qui n'existe pas.

Peut-il y avoir des convergences entre votre groupe et celui des socialistes (31 députés), rebaptisé Nouvelle Gauche ?

C'est évident. Nous ne considérons pas qu'il y a deux groupes, celui des Insoumis et le nôtre, qui auraient le monopole de l'opposition de gauche au gouvernement. Les députés communistes travailleront à créer d'autres convergences y compris, nous l'espérons, avec des députés socialistes. C'est un de nos objectifs pour s'opposer à l'amplification de la dérive libérale.

Qu'attendez-vous du nouveau président de l'Assemblée nationale François de Rugy ?

Il a fait mardi un discours extrêmement ambiguë. Il a développé la nécessité qu'il y ait plus de citoyenneté, notamment avec les territoires, dans la construction de la loi, que les citoyens se réapproprient la politique. Ce que des députés comme moi ont déjà engagé dans leur circonscription. Ce qui m'inquiète dans sa déclaration, c'est qu'il a fait allusion à des blocages de fonctionnement de l'Assemblée nationale, et je sais qu'il y a un risque réel de limiter les droits des députés, notamment le droit d'amendement. Je serai très attentif à cela pour qu'il n'y ait pas de réduction des droits du Parlement. Nous ne voulons pas de dérive monarchique avec une hyper présidentialisation.

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2 juillet 2017 7 02 /07 /juillet /2017 16:56
Le groupe des députés PCF est le seul à avoir voté à l’unanimité de ses membres pour la loi Simone Veil légalisant l'avortement. Une façon de rappeler, en ce jour d'hommage pour cette grande dame, qu'il n'a pas fallu que le courage d'une femme pour légaliser ce droit, mais aussi la mobilisation de tout le mouvement féministe et des forces de gauche.
Gisèle Moreau : « A l’époque, l’interdiction de l’avortement était un drame national »
Entretien réalisé par Laurent Mouloud
Samedi, 29 Novembre, 2014
Humanité
Gisele Moreau, députée communiste de Paris en mars 1973
Gisele Moreau, députée communiste de Paris en mars 1973

Députée PCF lors du débat parlementaire de 1974, Gisèle Moreau se remémore ce combat passionnant et rappelle le rôle joué par les élus communistes. Entretien.

Elle n’avait que 34 ans à l’époque. Et était la plus jeune des – rares - femmes députées. Quarante ans après le célèbre débat parlementaire qui permit de légaliser l’interruption volontaire de grossesse (IVG), Gisèle Moreau revient sur cette rude bataille qu’elle mena dans l’hémicycle au nom du groupe communiste.
 
L’Assemblée nationale a adopté mercredi dernier, à une large majorité, une résolution visant à réaffirmer le droit fondamental à l’interruption volontaire de grossesse. Quels souvenirs gardez-vous du débat de 1974 à l’Assemblée nationale ?
Gisèle Moreau. C’était vif et passionnant. Mercredi, la plupart des parlementaires n’avaient pas l’air très concernés, mais, à l’époque, c’était un véritable débat. La plupart des députés de la majorité de droite était contre ce droit à l’IVG. Mais les groupes n’avaient pas donné de consignes de vote. Le résultat n’était donc pas joué d’avance. Il fallait fouiller ses arguments et apporter des chiffres les plus convaincants possibles. Dans le même temps, il régnait une certaine acrimonie, agressivité même, de la part de tous ceux qui ne voulaient surtout pas accorder aux femmes la liberté de disposer de leur corps et de décider de leur maternité. Pour un certain nombre d’élus de droite, c’était une chose inconcevable.
 
Le PCF possédait à l’époque 73 députés. Quel a été leur rôle ?
Gisèle Moreau. Nous avons eu une position claire et nette en mettant en avant les conséquences de la loi de 1920 qui interdisait l'avortement et la contraception. Nous avons déposé plusieurs amendements, notamment sur la question cruciale du remboursement de l’IVG par la sécurité sociale. Autoriser l’avortement était évidemment nécessaire mais pas suffisant. Il fallait qu’il soit accessible à toutes. Une intervention hospitalière coûte cher et les femmes les plus modestes risquaient d’être exclues de ce droit. Nous nous sommes aussi beaucoup battus pour le développement de la contraception et l’éducation sexuelle, sachant que l’avortement est le recours ultime. Il a fallu affronter la droite qui a, tout d’abord, voulu renvoyer le projet. Je me souviens que nous avons alors proposé un article de loi unique abrogeant l’article 77 du Code pénal, celui qui réprimait l’avortement. Notre idée était de dire : si vous ne voulez pas adopter la loi maintenant, supprimez au moins les dispositions répressives qui font que les femmes risquent leur vie, non seulement avec des avortements clandestins mais également avec des poursuites judiciaires. Cette proposition nous a été refusée. Au final, les députés communistes ont joué un rôle très actif dans les débats alors que le Parti socialiste, lui, était plutôt flottant. De ce combat, nous en avons d’ailleurs tirés deux ouvrages (1).
 
Quel regard portez-vous sur le rôle de Simone Veil ?
Gisèle Moreau. Elle a joué un rôle évidemment positif. Elle a défendu la loi avec compétence et courage, d’autant qu’elle se battait contre son propre camp ! Mais Simone Veil n’a pas conquis toute seule ce nouveau droit. Elle avait l’assentiment du président Giscard d’Estaing et surtout le soutien de millions de femmes et de la majorité de l’opinion publique. L’avortement était à l’époque un drame national qui touchait toutes les familles. Chacun connaissait au moins un proche qui en avait des séquelles ou qui y était resté. Aujourd’hui, les jeunes ne s’imaginent pas les épreuves que leur mère ou grand-mère ont dû traverser, ce qui n’est pas forcément une mauvaise nouvelle ! Cela prouve que, dans les têtes, c’est un acquis définitif qui sera difficile à remettre en cause...
 
Il y a pourtant des tentatives de remises en cause chez certains députés, comme on l’a vu mercredi dernier…
Gisèle Moreau. Mercredi, dans l’hémicycle, un seul député – Jacques Bompard - s’est exprimé contre, et six autres ont voté comme lui. Mais à l’époque, ils étaient une quinzaine à partager le discours de Bompard... Virulents, ces « aboyeurs » agressaient surtout Simone Veil et nous interrompaient violemment lors de nos interventions. Les choses ont beaucoup changé en quarante ans. Aujourd’hui, tous les groupes ont signé cette résolution. Même si on n’est jamais à l’abri de rien, je ne crois pas à une remise en cause en France. Les femmes se sont tellement battues pour ça…
 
Etes-vous tout de même inquiète face aux difficultés d’application de ce droit ?
Gisèle Moreau. Effectivement. S’il n’y a pas de remise en cause du principe, il y en a une dans les faits, en raison du manque de moyens. Avec les restrictions budgétaires, notamment dans le domaine de la santé, il n’est pas facile d’appliquer ce droit à l’IVG. Il y a des motifs d’inquiétude et de combat. Les centres sont parfois surchargés ou, dans certains déserts médicaux, trop distants pour des jeunes filles sans aide. De même, on ne donne pas suffisamment les moyens pour faire connaître la contraception aux jeunes filles et la développer. Le vote, mercredi dernier, de cette résolution est donc un rappel très utile. Surtout s’il permet de s’attaquer aux problèmes budgétaires qui mettent en péril le droit à l’avortement.
 
 
(1)  Avortement et libre choix de la maternité. Textes et documents. Avril 1974.
Naissance, contraception, avortement : les moyens de décider. Editions sociales, 1980.
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2 juillet 2017 7 02 /07 /juillet /2017 16:11
Trente ans après, Simone Veil se souvient
Entretien réalisé par Maud Dugrand et Mina Kaci
Vendredi, 26 Novembre, 2004
L'Humanité
Simone Veil à l'Assemblée en 1974
Simone Veil à l'Assemblée en 1974
 

Entretien avec Simone Veil. Le 26 novembre 1974, la ministre de la santé présentait son projet de loi sur l'interruption volontaire de grossesse. Finalement adopté grâce aux voix de la gauche, le texte marque un tournant historique pour le droit des femmes.

Il est 3 h 40 du matin. Nous sommes le 29 novembre 1974. Commencée trois jours plus tôt, la discussion s'achève enfin. L'Assemblée nationale adopte, par 284 voix contre 189, sur 479 exprimées, le projet légalisant l'interruption volontaire de grossesse (IVG). Sans le soutien des députés socialistes et communistes, la loi n'aurait pas vu le jour. Rarement un texte n'aura suscité autant de haine et de violence de la part de parlementaires. À l'extérieur de l'Hémicycle, les militants de Laissez-les vivre distribuent un tract infâme. Intitulé « Ce sont nos enfants, voilà ce qu'ils en font », il est illustré d'une photo qui représente « l'écartèlement violent » d'un foetus d'un mois et demi au cours d'un avortement par aspiration. À côté des militants pro-vie, des femmes conduites par un prêtre récitent des prières en marchant, telle une procession, vers l'Assemblée nationale.

Dans cette atmosphère nauséabonde, Simone Veil, la ministre de la Santé, montre le visage d'une femme courageuse, convaincue de la justesse de cette loi qui va bouleverser la vie de millions de personnes. Entretien avec une grande dame.

L'Assemblée nationale a vécu, du 26 au 29 novembre 1974, des débats d'une rare intensité. Vous attendiez-vous à de telles réactions en présentant le projet de loi ?

Simone Veil. Je savais que les débats allaient être difficiles, d'autant que des tracts et autres brochures au contenu odieux étaient diffusés auprès des parlementaires. Certains d'entre eux tentaient, jusqu'à la veille de la séance, de me faire retirer le texte, à cause, me disaient-ils, des oppositions et des troubles qu'il suscitait dans la société. Mais j'ai été très surprise de voir certains des parlementaires avec qui j'entretenais des relations amicales tomber dans le machisme et la virulence, surtout quand ils évoquaient les raisons religieuses et philosophiques de leur rejet de la légalisation de l'avortement. Je savais que je pouvais compter sur le soutien des socialistes et des communistes. Il n'est jamais très agréable, quand on est dans une majorité, de compter sur l'opposition pour faire passer son projet, et que certains dans votre camp vous injurient à outrance.

Comment expliquez-vous cette haine - un mot que vous avez utilisé - de la part des parlementaires ? Est-ce parce que l'Assemblée était ultra-masculine ?

Simone Veil. Très peu de femmes siégeaient en effet à l'Assemblée. Si certaines d'entre elles étaient défavorables à la loi, elles ne l'exprimaient pas avec violence. Il y avait dans les propos des hommes comme une espèce d'escalade, sans même que les élus s'en rendent compte, sans qu'ils puissent se maîtriser. Depuis 1947, le gouvernement ne comportait pas de ministre femme. Là, les parlementaires avaient face à eux une femme, ce qu'ils estimaient comme une atteinte à leur pouvoir. De plus, cette femme leur parlait d'un sujet pénible... Je pense qu'ils se seraient comportés différemment avec un homme, par exemple un médecin. Il aurait été dans son « rôle », sans doute mieux accepté. Lucien Neuwirth, qui avait présenté en 1967 la loi sur la contraception, m'avait prévenu : « Vous verrez, cette question soulève une violence très forte. » Le comportement agressif révélait à quel point les hommes avaient peur que les femmes leur échappent. Davantage que l'IVG, la contraception marque la libération des femmes, elle représente le vrai tournant dans l'histoire des hommes et des femmes. À cette époque, l'épouse était complètement dépendante de ce que voulait le mari. L'homme était maître de la procréation.

L'Assemblée nationale exprimait-elle un décalage ou le reflet de la société de l'époque ?

Simone Veil. Le tabou sur l'avortement était extrêmement fort. Aussi les gens n'osaient-ils pas s'exprimer sur le sujet. Nous ne possédions pas d'enquête significative de l'opinion. En revanche, des associations comme Choisir, fondée par Gisèle Halimi, ou le Planning familial organisaient de multiples actions en faveur de la légalisation de l'avortement. Le Manifeste des 343 salopes a marqué les esprits, d'autant qu'il était signé par des actrices et des intellectuelles connues. Il en est de même pour le procès de Bobigny (voir ci-après - NDLR).

Quel était le poids de Laissez-les vivre, à l'époque ?

Simone Veil. Difficile d'en connaître le poids réel. C'était toujours les mêmes personnes qui effectuaient les commandos anti-IVG. En tout cas, ce sont des gens qui ont de l'argent, qui sont très sûrs d'eux, très motivés. Ces jours-ci, j'ai reçu des lettres, au ton poli, mais menaçantes. L'une d'elles emploie les mots « 6 millions » (les propos qui ont le plus choqué Simone Veil, rescapée d'Auschwitz, renvoyaient « aux embryons jetés au four crématoire ». Les « 6 millions » dont il est question dans le courrier font référence aux victimes juives des camps d'extermination - NDLR). Or, il n'y a pas eu six millions d'IVG depuis la loi !

Comment reçoit-on encore des lettres de ce type trente ans après ?

Simone Veil. Cela ne me touche plus... Je suis blindée.

Mais à l'époque ?

Simone Veil. Ce qui m'énervait alors, c'était de retrouver des croix gammées dans le hall de mon immeuble. C'était difficile pour mes enfants et certains de mes petits-enfants, qui ont eu des réflexions en classe. J'ai également pensé être agressée dans la rue. Or je n'ai eu que 4 ou 5 fois des réflexions très désagréables. Rien par rapport aux milliers de personnes qui m'ont manifesté leur sympathie et qui continuent à le faire. Je ne me suis, en fait, jamais vraiment sentie menacée. Il s'agissait essentiellement d'intimidation.

Est-ce ce contexte politique qui vous a obligée à encadrer un peu la loi, puisque l'IVG n'était pas remboursée par la Sécurité sociale ?

Simone Veil. L'esprit du texte n'était pas touché. Je tenais beaucoup à ce que la décision d'avorter soit sous la responsabilité de la femme elle-même. La définition du mot détresse incombait à la femme. C'était le pilier de la loi. Pour le reste, je devais jouer des équilibres, pour ne pas perdre les voix à gauche et en gagner suffisamment à droite. Et faire ainsi passer le projet. La question de la Sécurité sociale s'est posée dans ce contexte. Une pression s'était exercée sur les parlementaires, par le biais d'une grande campagne médiatique qui affirmait que, si la Sécurité sociale remboursait l'IVG, des assurés feraient la grève des cotisations... J'ai beaucoup hésité, car il aurait évidemment mieux valu que la Sécurité sociale rembourse l'acte. Ce qu'Yvette Roudy a réalisé en 1981. Mais à l'époque, je craignais le rejet du projet. Une disposition permettait toutefois un accès à l'aide médicale gratuite pour les personnes en difficulté.

Quel regard portiez-vous sur les mouvements féministes des années 1970 ? Vous-même, vous considérez-vous comme féministe ?

Simone Veil. Je ne suis pas, par tempérament, une militante. Ni féministe, ni politique. Mes attaches dans les partis ont toujours été des plus ténues. Je me suis inscrite à l'UDF très tardivement, à un moment où, postulant au Parlement européen, on était obligé de marquer une appartenance politique. Au fond, j'aime conserver mon indépendance. Bien sûr, j'ai été très intéressée par le Deuxième Sexe, de Simone de Beauvoir. J'ai été élevée par une mère qui, comme beaucoup de femmes après la guerre de 1914-1918, ne travaillait pas. Elle n'était pas féministe, mais elle nous a incitées à étudier et ensuite à travailler, seule façon d'accéder à l'indépendance économique. Ma mère vivait avec un mari très autoritaire, comme beaucoup à l'époque, cela m'exaspérait profondément car je l'adorais. J'estimais qu'elle se soumettait facilement à son époux. Et puis, en déportation, je me suis sentie préservée par les femmes. J'ai eu l'occasion de me trouver avec les hommes et, même dans ce contexte, il existait une violence que je supportais très mal. Ensuite, comme magistrate, j'ai travaillé à l'administration pénitentiaire où j'ai constaté que le régime des femmes détenues était beaucoup plus dur que celui des hommes. Je m'en suis donc beaucoup occupée, comme par exemple des conditions de détention des femmes au moment de la guerre d'Algérie, des militantes très engagées en faveur de l'indépendance qui avaient posé des bombes et le revendiquaient. Plus tard je me suis penchée sur le droit de la famille au moment des réformes du Code civil, et donc sur le statut de la femme sur le plan de l'autorité parentale, de la filiation et surtout de l'adoption. Et puis, dans les années soixante, avec les « trente glorieuses », tout en faisant appel à l'émigration à grande échelle la France incitait les femmes à travailler, on avait besoin de forces. Je m'étais rendu compte qu'au fond, entre les femmes et les immigrés existait une ressemblance : elles non plus n'étaient toujours pas intégrées dans la société. C'est tout cela qui m'a rendu féministe. Fondamentalement, les hommes et les femmes sont différents, n'ont pas la même sensibilité ni les mêmes priorités. La société ne s'en trouve qu'enrichie. J'ajoute que mon féminisme, c'est de contester l'absence de femmes dans les responsabilités aussi bien politiques que professionnelles.

Observez-vous une évolution des rapports entre les hommes et les femmes depuis trente ans ?

Simone Veil. Les choses ont beaucoup changé. C'est la mère de famille, la grand-mère et l'arrière-grand-mère qui parle. J'observe que la nouvelle génération d'hommes s'occupe beaucoup plus des enfants. La paternité est même très revendiquée. Mes enfants se sont davantage occupés de leurs enfants en bas âge. C'est encore plus vrai pour mes petits-enfants. Il n'empêche : de temps en temps, une de mes petites filles m'appelle pour me dire : « J'ai la grippe, il faut que je parte travailler et il y a les enfants ! » On sait très bien que les hommes occupent leur temps gagné par les 35 heures pour le bricolage et le sport, et que les femmes sont contentes d'avoir plus de temps pour le ménage et la maison, pour emmener les enfants chez le médecin... Et que 75 % à 80 % des tâches ménagères sont encore effectuées par les femmes ! Mais beaucoup d'hommes s'impliquent davantage dans ces tâches. Leur attachement aux enfants est très profond, ils se sentent beaucoup plus pères qu'autrefois.

Êtes-vous consciente d'avoir contribué à marquer un tournant dans l'histoire des femmes ?

Simone Veil. Je pensais que c'était d'abord la contraception qui avait marqué un tournant dans les rapports hommes-femmes. Cette maîtrise de la procréation est fondamentale. Pour l'IVG, je pensais que c'était surtout les générations qui avaient vécu avant la loi qui se sentiraient concernées. La fin de cette barbarie, de ces femmes qui mouraient, de cette boucherie... Mais je pensais que les jeunes oublieraient. Or, je suis tout à fait étonnée des réactions. Dans l'immeuble où je vous reçois, je croise souvent des jeunes femmes qui viennent faire de la formation professionnelle. Elles me parlent, elles sont ravies de me rencontrer. Cela m'étonne de les voir si informées, si intéressées et, je dirais, si gentilles avec moi. Si reconnaissantes.

Les hommes aussi s'en souviennent. Une loi pour l'histoire, par Simone Veil. Éditions Stock, 2004.

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1 juillet 2017 6 01 /07 /juillet /2017 07:42
Ce jour de 1974 où Simone Veil a défendu à l'Assemblée le droit à l'avortement face aux "arguments" d'une violence inouïe des adversaires des droits des femmes (Le Télégramme, 1er juillet 2017)

Ce jour de 1974 où elle a défendu, à la tribune, le droit à l'avortement

C'était il y a un peu plus de 40 ans. Le 26 novembre 1974, Simone Veil monte à la tribune de l'Assemblée nationale pour défendre une loi historique - la légalisation de l'avortement. Sur ce sujet ultra-sensible, elle va faire face à des adversaires déchaînés, dans un climat d'une brutalité inouïe.

« Je n'imaginais pas la haine que j'allais susciter », a-t-elle confié dans un livre entretien avec la journaliste Annick Cojean (« Les hommes aussi s'en souviennent », 2004). « Il y avait tellement d'hypocrisie dans cet hémicycle rempli essentiellement d'hommes (481, pour neuf femmes députées), dont certains cherchaient, en sous-main, des adresses pour faire avorter leur maîtresse ou quelqu'un de leurs proches. »

« Aucune femme ne recourt de gaieté de coeur à l'avortement. Il suffit de les écouter. C'est toujours un drame », assure-t-elle ce jour-là, appelant à « ne plus fermer les yeux sur les 300.000 avortements qui, chaque année, mutilent les femmes dans ce pays », tout en soulignant que l'IVG doit rester l'exception, l'ultime recours pour des situations sans issue ». Son discours d'une heure est chaleureusement applaudi par la gauche. La droite se tait. Pour l'instant.

« Avortoirs, abattoirs »

 

Suivent plus de 25 heures de débats durant lesquelles Simone Veil affronte insultes et propos de « soudards », racontera-t-elle, pendant qu'à l'extérieur, des militants anti-avortement égrènent leurs chapelets. Trois jours et deux nuits de combat contre les tenants de sa propre majorité.

Michel Debré, ancien Premier ministre du général de Gaulle, voit dans ce texte « une monstrueuse erreur historique ». Les députés de droite René Feït et Emmanuel Hamel diffusent dans l'Hémicycle, à tour de rôle, les battements d'un coeur de foetus de quelques semaines. Le premier affirme que si le projet était adopté, « il ferait chaque année deux fois plus de victimes que la bombe d'Hiroshima ». Jean Foyer, ancien garde des Sceaux du général de Gaulle, lance : « Le temps n'est pas loin où nous connaîtrons en France ces avortoirs, ces abattoirs où s'entassent des cadavres de petits hommes ». Et le pire reste à venir : Hector Rolland reproche à Simone Veil, rescapée des camps de la mort, « le choix d'un génocide ». Jean-Marie Daillet évoque les embryons « jetés au four crématoire ». Jacques Médecin parle de « barbarie organisée et couverte par la loi comme elle le fut par les nazis ».

« Un immense mépris »

 

Après le passage de 74 orateurs, Simone Veil reprend la parole, déplorant les analogies avec le racisme des nazis. Elle dira plus tard avoir ressenti « un immense mépris ».

Le 29 novembre 1974, au coeur de la nuit, la loi est votée par 284 voix contre 189. Les deux tiers des députés de la majorité votent contre le texte, adopté essentiellement grâce aux voix de gauche et centristes. La « loi Veil » est promulguée le 17 janvier 1975, autorisant l'IVG pour cinq ans. L'autorisation sera rendue définitive par la loi du 31 décembre 1979.


 

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1 juillet 2017 6 01 /07 /juillet /2017 07:38
Mariage pour tous, l'Allemagne dit oui (Le Télégramme, 1er juillet 2017)

L'Allemagne a rejoint, ce vendredi, la majorité des pays occidentaux en légalisant, par un vote des députés, le mariage gay, en dépit de l'opposition de la chancelière, Angela Merkel.

 

Le texte a été approuvé par une majorité des députés, venant des trois partis de gauche représentés à la chambre basse du Parlement - sociaux-démocrates, écologistes et gauche radicale - et d'une partie des élus de la CDU d'Angela Merkel. L'Allemagne va ainsi rejoindre les 20 pays occidentaux, dont 13 en Europe, qui ont déjà légalisé le « mariage homo ».

Berlin avait adopté, dès 2001, une union civile, deux ans après le Pacs français. Au cours des années suivantes, la justice administrative allemande a accordé aux couples homosexuels la plupart des avantages fiscaux prévus par le mariage. Il manquait toujours la reconnaissance formelle du mariage pour tous et le droit à l'adoption pour les enfants. La société allemande y était prête depuis longtemps, avec une majorité de la population favorable au mariage gay depuis au moins le début du siècle, selon les sondages. Ils sont aujourd'hui 75 % à le soutenir. L'Église protestante accepte déjà, depuis plusieurs années, de célébrer les unions religieuses homosexuelles dans plusieurs régions du pays. L'Église catholique, en revanche, y est catégoriquement opposée. C'est l'une des raisons pour laquelle la famille politique conservatrice de la chancelière a bloqué pendant des années une reconnaissance du mariage pour tous.

 

Merkel vote contre

 

Au pouvoir depuis 2005, Angela Merkel s'est refusée pendant longtemps à brusquer, en particulier, la branche bavaroise catholique (CSU) de son parti démocrate-chrétien, très traditionaliste. Toutefois, avec la perspective des législatives, fin septembre, la pression de l'opinion a nettement monté pour évoluer sur la question. Les deux partenaires potentiels dans une future coalition gouvernementale, les sociaux-démocrates à gauche et les libéraux à droite, ont fait du mariage pour tous une condition à toute alliance.

Angela Merkel a ainsi fini par lâcher du lest, lundi, à la surprise générale, en acceptant que les élus de son parti votent sur le sujet librement, sans consigne. Elle planifiait un vote après les élections mais a été prise de vitesse par son partenaire de coalition, les sociaux-démocrates, qui ont imposé un vote quelques jours plus tard en s'alliant avec les deux autres partis de gauche au Bundestag, situés dans l'opposition. Ensemble, ils détenaient la majorité. Angela Merkel s'est ainsi retrouvée dans une situation paradoxale : elle a fini, hier, par voter contre le mariage pour tous, comme près des trois quarts de sa famille politique. La loi pourrait, du reste, être bientôt contestée devant la Cour constitutionnelle. Consolation au plan politique pour Angela Merkel : l'adoption du mariage gay lui permet de priver ses rivaux sociaux-démocrates d'un argument de campagne dans la dernière ligne droite avant les législatives.

 

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1 juillet 2017 6 01 /07 /juillet /2017 05:45
Mamakaffe vient spécialement de Paris pour faire résonner son reggae jamaïcain.

Mamakaffe vient spécialement de Paris pour faire résonner son reggae jamaïcain.

Le premier rendez-vous des Utopistes en action avait été un succès, en septembre, au Cloître Saint-Thégonnec. Ils récidivent ce samedi 1er juillet, en investissant les salles, rues et places de la commune des monts d'Arrée.

Ces Utopistes sont des citoyens et citoyennes d’horizons divers avec un objectif commun : le désir d’une société plus juste, plus libre et plus solidaire. « Nos idées et actions se mettent en place sans évocation politique ou confessionnelle. »

Ils participent à l’aide aux réfugiés par des collectes et convois acheminés vers les camps de réfugiés français. Ils aident également la population locale par des friperies solidaires.

Pour tous publics

Les bénévoles comptent bien créer l’événement avec un festival au programme varié. Dès 11 h, place aux animations de rues, place de la mairie. À 14 h, fest-deiz salle des sports avec Trio Dell’Amore, Aiao, Lardenn, Didier Allain Trio, Loïg Troël Trio.

De 14 h à 18 h, des conférences à l’espace des droits humains : LDH, pour une citoyenneté universelle ; AFPS, Palestine, une colonisation au long cours animée par Jean-Pierre Jeudy. Avec aussi les associations Acar, Solidarité migrants pays de Morlaix et Morlaix Libertés.

Les enfants auront aussi leur espace, place de l’Église, avec les compagnies Lbobo et La Case et ses marionnettes géantes, Dédé l’Abeillaud et son spectacle écolo Complètement à la ruche,et les Histoires d’Agnès, de Jean-Luc Roudaut.

Espace zen et concerts

Au programme également, des expositions de sculptures, peintures et photos. Ou encore un espace consacré à la détente et aux médecines douces, avec des massages bien-être, soins énergétiques, médecine chinoise, art-thérapie…

À 20 h enfin, place aux concerts avec Wish You Were, The Stool, Mamakaffe, Delgado Jones et TKL.

Samedi 1er juillet, de 11 h à 1 h du matin. Tarifs : 2 € par adulte. Entrée libre au chapeau pour les spectacles et animations. Contact : 06 04 13 11 47. Facebook : Festival Des Utopies, 2ème.

Au Cloître St Thégonnec, les utopies ont leur festival, ce samedi (Ouest-France, 29 juin 2017)
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30 juin 2017 5 30 /06 /juin /2017 19:43
Blanqui, "l'Enfermé" au Château du Taureau pendant la Commune de Paris en 1871

Blanqui "l'Enfermé", selon le surnom que lui donne son biographe Gustave Geffroy, ami de Monet, critique et théoricien d'art de l'impressionnisme, proche de Jaurès, qui fréquenta assidûment la région de Morlaix (sa biographie de Blanqui date de 1892). 

Blanqui (février 1805- janvier 1881) , théoricien et homme politique socialiste ou communiste (à l'époque, ces concepts sont souvent interchangeables) naît à Puget-Théniers dans les Alpes-Maritimes où son père est sous-préfet. Il fut élevé à Paris dans une institution où enseignait son frère aîné Adolphe (futur économiste libéral).

Etudiant en droit et en médecine, il adhéra en 1824 à la Charbonnerie autrement appelée la société secrète des Carbonari (organisation subversive qui complotait contre la monarchie); il fut blessé en 1827 dans les manifestations d'étudiants au Quartier Latin... 

En 1830, lors des barricades de juillet, il prend le fusil et arbore la cocarde tricolore révolutionnaire contre Charles X. 

Deux ans plus tard, il entra au journal "Le Globe", mais sa vie militante se partagea entre conspirations et emprisonnements... (1832, 1836-1837, condamné à mort en 1840, il fut finalement emprisonné au Mont-Saint-Michel puis à Tours jusqu'en 1844). 

En 1848, après avoir fondé la Société Républicaine Centrale que fréquente Baudelaire. Il prône une "République égalitaire" qui fera "disparaître la dernière forme d'esclavage, le prolétariat". Il s'oppose au gouvernement provisoire bourgeois de la IIe République, réclame l'ajournement des élections qui pourraient donner une majorité au camp réactionnaire en organisant des manifestations en mars et avril 1848.   

Il est de nouveau arrêté et passe dix ans en prison à la citadelle de Belle-Ile...

A la prison de Sainte-Pélagie, en 1861, il reçoit de nombreux jeunes dont Gambetta, Clémenceau. Certains de ses disciples vont l'aider, après son évasion et son exil à Bruxelles, à jeter les bases d'un parti clandestin, véritable armée secrète composée de professionnels de la révolution.  

Après la chute de Napoléon III, il revient à Paris pour créer le journal: "La Patrie en danger". Son organisation révolutionnaire compte en septembre 1870 entre 2000 et 3000 membres et recrute dans tous les milieux, inspirée par la figure charismatique du Vieux.  

Sa filiation: la Révolution Française, le Manifeste des Egaux de Babeuf et Philippe Buonarotti qu'il côtoie. Mais Blanqui se méfie des constructions échafaudées par le socialisme utopique. Si la dictature révolutionnaire qui doit naître de la révolution a pour but ultime d'instaurer le "communisme", celui-ci ne saurait être le produit d'un système conçu d'avance: "Le Communisme est une résultante générale et non un oeuf pondu et couvé dans un coin de l'espace humain par un oiseau à deux pieds". 

Thiers le fait arrêter dans le Lot où il se repose... le 17 mars 1871 à la veille du début de la Commune.

Il était en fuite, pourchassé après sa participation aux émeutes du 30 octobre 1870 à Paris. 

Il est enfermé dans la prison de Cahors, puis au château du Taureau où il occupe une pièce voûtée appelée "salle de discipline".

C'est là que Blanqui rédige L'Eternité par les astres, un essai philosophique sur l'univers et la condition humaine, le seul livre publié de son vivant. 

Blanqui est élu membre du comité d'honneur de la Commune de Paris pendant qu'il est au château du Taureau mais Thiers, chef du gouvernement de Versailles, refuse de le rendre contre 74 otages de la Commune, dont l'archevêque Darboy. 

En 1872, Blanqui est condamné par le Conseil de guerre et enfermé à la centrale de Clairvaux, sa dernière prison, pendant sept ans. Finalement amnistié, il se consacrera jusqu'à sa mort à son journal Ni Dieu, ni maître fondé en 1840. 

Blanqui passera en tout dans sa vie 37 ans en prison. Il sort de prison à 74 ans après avoir été élu député de Bordeaux sous les barreaux, mais le scrutin a été invalidé. 

A sa mort, une foule de plus de 100 000 personnes se présente au père Lachaise.  

 

Extrait de l'Eternité par les astres de Blanqui qui nie la nécessité d'un progrès irréversible et rejoint ainsi, en dépit de l'exotisme de la thèse de la pluralité des mondes, des perspectives très contemporaines sur l'histoire:   

" Et puis, jusqu'ici, le passé nous représentait la barbarie, et l'avenir signifiait progrès, science, bonheur, illusion! Ce passé a vu sur tous nos globes-sosies les plus brillantes civilisations disparaître sans laisser une trace, et elles disparaîtront encore sans en laisser davantage. 

L'avenir reverra sur des milliards de terres les ignorances, les sottises, les cruautés de nos vieux âges! (...).

Ce que nous appelons le progrès est claquemuré sur chaque terre, et s'évanouit avec elle. Toujours et partout, dans le champ terrestre, le même drame, le même décor, la même scène étroite, une humanité bruyante, infatuée de grandeur, se croyant l'univers et vivant dans sa prison comme dans une immensité, pour sombrer bientôt avec le globe qui a porté dans le plus profond dédain, le fardeau de son orgueil.

Même monotonie, même immobilisme dans les astres étrangers. L'univers se répète sans fin et piaffe sur place. L'éternité joue imperturbablement dans l'infini les mêmes représentations".  

Extrait de la défense de Blanqui en Cour d'Assise en 1832:

"Oui, Messieurs, c'est la guerre entre les riches et les pauvres: les riches l'ont voulu ainsi; ils sont en effet les agresseurs. Seulement, ils considèrent comme une action néfaste le fait que les pauvres opposent une résistance; ils diraient volontiers, en parlant du peuple: cet animal est si féroce qu'il se défend quand il est attaqué". 

Autre extrait de l'oeuvre de Blanqui qui prône la voie révolutionnaire et la grève générale par opposition à l'idéal d'une transformation progressive par la voie des coopératives de production: 

"Jamais le capital ne consentira à l'abandon de la moindre parcelle de sa puissance. Moins traitable et moins résigné que les rois absolus, il ne veut pas, il ne peut pas faire des concessions. Il entend ne connaître que la loi de son bon plaisir. 

Désarmer la bourgeoisie, armer le peuple, c'est la première nécessité, le seul gage de salut de la révolution (...)

La grève, malgré ses inconvénients, est le moyen naturel, à la portée de tous, auquel tous participent. La coopération n'est qu'un moyen accessible seulement aux plus instruits, suspects ou indifférents, ou même inconnus de tout le reste. La grève est la seule arme vraiment populaire dans la lutte contre le Capital. Appuyées provisoirement sur la grève comme moyen défensif contre l'oppression du Capital, les masses populaires doivent concentrer tous leurs efforts vers les changements politiques, reconnus seuls capables d'opérer une transformation sociale et la répartition des produits selon la justice.

L'état social étant gangrené, pour passer à un état sain, il faut des remèdes héroïques; le peuple aura besoin, pendant quelques temps, d'un pouvoir révolutionnaire".    

Et encore cet "Avis au peuple, le toast de Londres" (25 février 1851): 

"Le devoir d'un révolutionnaire, c'est la lutte toujours, la lutte quand même, la lutte jusqu'à l'extinction. " Qui a du fer, a du pain" (...) Pour les prolétaires qui se laissent amuser par les promenades ridicules dans les rues, par des plantations d'arbres de la liberté, par des phrases sonores d'avocat, il y aura de l'eau bénite d'abord, des injures ensuite, enfin de la mitraille, de la misère toujours" 

 

Sources: 

Article de Bernard Duraud dans le numéro spécial de L'Humanité "1871-2011: Ils étaient les Communards"

Revue de la Bibliothèque du Travail (BT 2), décembre 1973: "Utopistes et précurseurs du communisme"

Le Taureau Forteresse Vauban- Baie de Morlaix - Guillaume Lécuillier, avec les dessins du dessinateur de BD Pellerin (chez Skol Vreizh)

Blanqui, "l'Enfermé" au Château du Taureau pendant la Commune de Paris en 1871
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