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21 août 2016 7 21 /08 /août /2016 08:12

Le jeudi 18 août, le PCF organisait, avec le MODEF (syndicat agricole), des ventes solidaires de fruits et légumes. Nectarines, prunes rouges, poires, melons, tomates, pommes de terre, haricots verts, salades... étaient vendus dans plus de 50 points de vente dans toute l'Île-de- France et à Paris place de la Bastille.

Une initiative solidaire, du vivre ensemble en ces temps difficiles, de soutien aux producteurs, mais aussi de résistance et d’alternative.

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21 août 2016 7 21 /08 /août /2016 08:10
Redécouvrez les images de Georges Séguy, responsable de la puissante CGT de 1967 à 1982 et qui a marqué en particulier l'actualité sociale lors des négociations de Grenelle en 1968.
Archives Ina.fr et TéléToulouse.

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20 août 2016 6 20 /08 /août /2016 07:50
" Déchéance de postérité ", l'édito de Maud Vergnol dans l'Humanité de ce jour

L'éditorial de Maud Vergnol.

L'Humanité, 20 août 2016.

« Le drame, c’est quand vous laissez la place et que vos traces sur le sable s’effacent elles-mêmes »… Figurez-vous que François Hollande a du vague à l’âme. « C’est dur, beaucoup plus dur que ce que j’avais imaginé. » Comme tous les monarques républicains en fin de règne, le président s’est prêté au jeu du livre testament, estampillé « pour la postérité », histoire de conjurer le sort d’un quinquennat dont lui-même doute de ce que l’histoire en retiendra… Aidons-le un peu.

D’abord avec cette carte postale estivale, sombre photographie d’une République délabrée, dans laquelle en moins d’une semaine les plages de Corse sont devenues le théâtre inquiétant d’affrontements communautaires, un commerçant chinois est mort sous les coups du racisme, et un camp de Roms attaqué au cocktail Molotov à Marseille. Autant de stigmates du plus grand gâchis politique de la Ve République. En 2012, François Hollande a été élu pour panser les blessures du sarkozysme, pour que Marianne embrasse de nouveau sur le front tous les citoyens. Mais, non content de ne pas avoir fait progresser l’égalité, d’avoir laissé au bord de la route les Français les plus fragiles, déroulant le tapis rouge au populisme, François Hollande porte la responsabilité d’avoir creusé un peu plus les plaies béantes du vivre-ensemble. Il l’a fait en toute conscience, laissant le soin à la droite et son extrême d’empoisonner le débat public avec des polémiques montées de toutes pièces pour diviser le pays, (le « burkini » est un cas d’école), jusqu’à l’hystérie collective qui aura conduit des députés de la nation à envisager la création d’apatrides.

Ce funeste testament est celui d’un monarque engoncé dans le fauteuil d’une Ve République agonisante, qui voudrait condamner les progressistes à rester les spectateurs malheureux d’une démocratie en apnée, dont il faudrait redouter à chaque élection la dernière convulsion. C’est le piège tendu par ce quinquennat. Et il reste peu de temps pour le déjouer.

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20 août 2016 6 20 /08 /août /2016 07:46
La méthode Hollande, de l'affaire Léonarda au maintien de Jacqueline Sauvage en prison (Gérard Le Puill, L'Humanité - 19 août 2016)

La méthode Hollande, de l’affaire Léonarda au maintien de Jacqueline Sauvage en prison

GÉRARD LE PUILL

VENDREDI, 19 AOÛT, 2016

Si une bonne partie de la presse écrite a traité en « brève » le renoncement de Jacqueline Sauvage à faire appel de la décision du Tribunal d’application des peines de ne pas la libérer, les chaines d’information en continu en font des tonnes depuis hier après midi à toutes les heures du jour et de la nuit. Sans pour autant aller à l’essentiel. Cette affaire, qui résulte de la grâce seulement partielle accordée à Jacqueline Sauvage par François Hollande, nous rappelle aussi l’affaire Léonarda où le chef de l’Etat s’était ridiculisé publiquement le 19 octobre 2013.

Il convient de rappeler ici que Jacqueline Sauvage est une femme de 68 ans qui a été condamnée à dix ans de prison pour avoir tué de plusieurs coup de fusil un mari qui venait de la battre une fois de plus comme il le faisait depuis 40 ans. Répondant à une demande de grâce formulée par ses avocats voilà quelque mois, François Hollande lui avait, en février dernier , accordé une « grâce partielle », en ce sens qu’elle demeurait susceptible d’être remise en cause par un tribunal d’application des peines.
Le président de la République avait ainsi choisi de ne pas assumer totalement son droit de grâce alors qu’il en avait la possibilité. Suite à cela, un avis négatif avait été rendu par la « commission pluridisciplinaire des mesures de sûreté » où siégeaient notamment le préfet du département où Jacqueline Sauvage était internée ainsi qu’un bâtonnier. Mais cet avis négatif n’était que consultatif.

On sait enfin que la procureure de Melun Béatrice Angelelli a expliqué le 12 août le rejet de la grâce présidentielle non assumée par le chef de l’Etat avec les arguments suivants : « l’importante médiatisation de son affaire rend difficile une authentique démarche de réflexion pour madame Sauvage, qui est encouragée à se cantonner dans un positionnement exclusif de victime».
En ne décidant que d’une grâce conditionnelle, le chef de l’Etat avait délibérément choisi de s’en remettre aux magistrats concernant la libération ou non de Jacqueline Sauvage. C’était moins une grâce présidentielle qu’une proposition de « synthèse » comme François Hollande en a formulé en permanence à la tête du Parti socialiste, puis en présence de ses ministres depuis qu’il est président de la République. Est-ce vraiment ainsi que doit fonctionner la grâce présidentielle? Chacun jugera en son âme et conscience. L’une des filles de Jacqueline Sauvage a déclaré à propos du refus de sa mère de formuler un nouveau recours en grâce : «Elle n’en peut plus de se justifier sans arrêt. Elle est épuisée. Elle ne fera plus de demande de libération conditionnelle et attendra la fin de sa peine ».

Eva Darlan, membre de son comité de soutien a déclaré : « Elle est fatiguée, elle se fait taper dessus tout le temps depuis l’âge de 15 ans, on va l’achever, qu’est ce qu’ils veulent exactement ? De toute évidence, elle n’aura pas le courage de continuer. Il n’y a plus le choix, c’est la grâce totale où rien ».
Cette affaire dans laquelle est impliqué le chef de l’Etat nous en rappelle une autre. Le 9 octobre 2013 La famille Dibrani - une mère et cinq de ses six enfants- était interpellée dans un Centre de demandeurs d’asile du Doubs pour être expulsée vers le Kosovo, pays d’origine du père expulsé la veille depuis Geispolsheim, dans le Bas Rhin. Une sixième enfant, répondant au prénom de Léonarda, élève de troisième dans un collège de Pontarlier, était interpelée le même jour que sa mère et les autres enfants alors qu’elle participait à une sortie scolaire en car. Cette interpellation devant les autres élèves suscita beaucoup d’émotion et de protestations au delà de milieu scolaire et de la jeunesse. Manuel Valls assuma cette décision comme ministre de l’Intérieur tandis que de nombreuses voix s’élevèrent, y compris au Parti socialiste, contre le renvoi brutal de la collégienne.
Dix jours plus tard, le 19 octobre, le président de la République intervint en personne à la télévision pour dire, sur la base d’un rapport de l’IGA, qu’il n’y avait pas eu de faute de l’administration dans le traitement de cette affaire. Mais il reconnaissait un manque de discernement concernant l’arrestation de Léonarda. Et le président de la République d’ajouter concernant la gamine de 15 ans : « Si elle le demande, un accueil lui sera réservé et à elle seule ». BFMTV ayant dépêché un envoyé spécial auprès de la famille Dibrani au Kosovo, Léonarda répliqua quasiment en direct au chef de l’Etat qu’elle reviendrait en France avec sa famille ou pas du tout. Ce qui fit écrire ceci au Monde daté du 20 octobre que cette affaire s’était « muée en saga politique qui rappelle le pire des émissions de téléréalité ».

On peut dire aujourd’hui que François Hollande a récidivé dans le même genre en n’accordant qu’une grâce partielle à Jacqueline Sauvage. Mais, dans un livre à paraître ces jours ci, l’hôte de l’Elysée évoque avec les auteurs l’élection présidentielle de 2017 en ces termes : « L’envie je l’ai. C’est mon inclinaison personnelle. Reste la question politique. Je ne ferai pas de choix de candidature si, d’évidence, elle ne pouvait pas se traduire par une possibilité de victoire ».
Mais pour faire quelle politique alors ? « Il y a, dit François Hollande aux deux auteurs de ce livre(1), une condition pour se représenter : être capable d’apparaître aux yeux des électeurs comme nouveau. Donc il faut trouver du neuf. Et ça vaut surtout pour moi parce que je suis en position de sortant. Si c’est pour dire on a bien travaillé pendant cinq ans et on va faire la même chose cinq ans de plus ça ne marchera pas. Les gens n’en voudront pas. Ils veulent un nouveau temps, une nouvelle période, un nouveau thème».
Voilà bien une manière de solliciter un nouveau chèque en blanc sans estimer devoir rendre compte de son bilan. Reste à voir ce que décideront les électeurs en 2017. Ils seront, cette fois, dans la position du « juge d’application des peines». Comme l’était Béatrice Angelelli qui a choisi de maintenir Jacqueline Sauvage en prison, le chef de l’Etat n’ayant pas usé du pouvoir qu’il détenait pour la libérer .

(1) « Conversations privées avec le président » d’Antonin André et Karim Rissouli , Albin Michel , 320 pages , 19,50€

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20 août 2016 6 20 /08 /août /2016 07:41
photo d'Aminata Traoré - Francine Bajande

photo d'Aminata Traoré - Francine Bajande

Aminata Traoré est une habituée des allées et des tribunes de la Fête de l’Humanité, dont elle dit apprécier « les rencontres et les échanges toujours réconfortants ». Elle se souvient d’y être intervenue pour la première fois, il y a une dizaine d’années, devant l’impressionnant public de la grande scène. Le Forum pour un autre Mali, qu’elle coordonne, y tenait l’an dernier un stand, au diapason de l’internationalisme dont vibre le village du monde. « La particularité de la Fête est de mettre le curseur sur les questions brûlantes en France tout en donnant aux militants étrangers la possibilité de faire des rapprochements », remarque l’essayiste. Au mois de juin, Aminata Traoré annonçait sa candidature au poste de secrétaire générale des Nations unies à l’occasion de la conférence du PCF sur la paix et le progrès. Sans le moindre doute, « cette candidature de témoignage et de combat pour une ONU des peuples » trouvera, à la Fête de l’Humanité, une singulière résonance.

Aminata Traoré, la lutte sans frontières

Elles font la Fête

ROSA MOUSSAOUI

VENDREDI, 19 AOÛT, 2016

L'HUMANITÉ

L’ancienne ministre de la Culture du Mali est une habituée des allées de la Fête. Elle y présentera cette année son plaidoyer pour une autre ONU.

En quittant le tumulte de la route de Koulikoro, après avoir longé l’hippodrome, il faut prendre sur la gauche. Et déjà, dans ce coin de Missira, on a le sentiment d’entrer dans un havre de paix, un quartier populaire familier et chaleureux. Ici, pas de poussière ni de flaques d’eau aux allures de mares à la saison des pluies. Pas d’égouts à ciel ouvert. Les rues sont pavées de pierres, ombragées çà et là par les arbres qui veillent sur les concessions. Ce joli pavage ne doit rien à la municipalité, ni à l’État. C’est l’œuvre des habitants et l’idée en revient à Aminata Traoré. L’ancienne ministre de la Culture du Mali s’est démenée, au tournant des années 2000, pour trouver des financements, mobiliser les jeunes, mener le projet à bien. Le chantier, pensé et mené collectivement, a changé le visage du quartier, resserré les liens entre les habitants, redonné confiance aux plus jeunes. Au point que l’initiative a inspiré les rues voisines, qui se sont, à leur tour, couvertes de pavés. Des rues de Missira aux rendez-vous altermondialistes qu’elle arpente depuis le premier Forum social mondial, à Porto Alegre, Aminata Traoré agit dans son lieu et pense avec le monde. Ses essais, l’Étau, le Viol de l’imaginaire, l’Afrique humiliée, implacables réquisitoires sur la mondialisation capitaliste et les logiques néocoloniales, elle les a rédigés là, dans la cour du centre Amadou-Hampâté-Bâ, qui abrite une petite bibliothèque ouverte aux gamins du quartier. Lieu de débat politique, centre de formation, carrefour de création, siège du Forum pour un autre Mali, le centre fait face au Djenné, la demeure familiale en briques de terre cuite dont Aminata Traoré a fait une charmante maison d’hôte aménagée et décorée avec le concours d’artistes et d’artisans maliens.

Une témoin à charge dénonçant le pillage des ressources de l’Afrique

Son franc-parler, ses prises de position tranchées, sans concession, ne lui ont pas valu que des amitiés, depuis sa démission du gouvernement, en 2000. Pourtant, même ses détracteurs reconnaissent une irréprochable constance politique à celle qui se définit comme une « femme africaine de gauche ». Dans Bamako, le film du réalisateur mauritanien Abderrahmane Sissako en forme de procès du FMI et de la Banque mondiale, Aminata Traoré joue son propre rôle, témoin à charge dénonçant le pillage des ressources de l’Afrique, le nœud coulant de la dette, le démantèlement des services publics au gré des plans d’ajustement structurel, le destin mortel des jeunes chômeurs contraints à l’émigration. « Je m’élève en faux contre l’idée selon laquelle la principale caractéristique de l’Afrique serait sa pauvreté. Elle est plutôt victime de ses richesses ! » lance-t-elle, avant d’appeler à « un sursaut » puisant dans les ressources politiques, humaines, culturelles d’un continent qui est bel et bien « entré dans l’histoire ». Aminata Traoré est une enfant de Modibo Keita, premier président du Mali, renversé en 1968 par un coup d’État, mort dans les geôles de la dictature. Ce panafricaniste, tiers-mondiste convaincu, était jugé trop indocile par une ex-puissance coloniale complice du putsch. De cette grande figure de l’émancipation africaine, Aminata Traoré a hérité l’esprit d’indépendance. Dès les premiers jours de l’intervention militaire française « Serval », au mois de janvier 2013, elle mettait en garde contre le risque de « mise sous tutelle » du Mali. À ceux qui l’accusaient, un an plus tôt, de soutenir les putschistes ayant renversé Amadou Toumani Touré en pleine offensive des rebelles touareg et des djihadistes, elle répondait, impassible : « On ne peut reprocher aux militaires de ne pas savoir défendre un pays ouvert au marché dans les pires conditions par des élites qui en profitent pour s’enrichir. » « Le naufrage est d’abord celui de ces élites qui revendiquent un modèle économique rimant avec le désengagement et le délitement de l’État, la ruine des paysans, la clochardisation des troupes et le chômage endémique », insistait-elle. À Paris, sa critique têtue du déploiement militaire français agace. Au printemps 2013, alors qu’elle doit participer, en France et en Allemagne, à une série de conférences, on lui refuse le renouvellement de son visa de circulation. C’est un refus de visa, encore, qui l’empêche de prendre part, cet été, au Forum social mondial, à Montréal, comme 230 autres participants, des Africains et des Latino-Américains, pour la plupart. Terrible illustration des murs érigés entre le Nord et le Sud.

Aminata Traoré est une habituée des allées et des tribunes de la Fête de l’Humanité, dont elle dit apprécier « les rencontres et les échanges toujours réconfortants ». Elle se souvient d’y être intervenue pour la première fois, il y a une dizaine d’années, devant l’impressionnant public de la grande scène. Le Forum pour un autre Mali, qu’elle coordonne, y tenait l’an dernier un stand, au diapason de l’internationalisme dont vibre le village du monde. « La particularité de la Fête est de mettre le curseur sur les questions brûlantes en France tout en donnant aux militants étrangers la possibilité de faire des rapprochements », remarque l’essayiste. Au mois de juin, Aminata Traoré annonçait sa candidature au poste de secrétaire générale des Nations unies à l’occasion de la conférence du PCF sur la paix et le progrès. Sans le moindre doute, « cette candidature de témoignage et de combat pour une ONU des peuples » trouvera, à la Fête de l’Humanité, une singulière résonance.

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20 août 2016 6 20 /08 /août /2016 07:00

Le programme de la fête de l'Isole 2016 à Scaër

Fête du PCF Pays Bigouden de Loctudy en 2015

Fête du PCF Pays Bigouden de Loctudy en 2015

Fête de Loctudy 2016

Fête de Loctudy 2016

Fête du Travailleur Bigouden au port de Loctudy (quai Guy Laurent) le samedi 20 août (19h-23h30)

Concert gratuit. Restauration sur place

Souper Marin. Soirée repas avec Claude Michel. Concert de rock avec Manec!!!

ET...

Fête de l'Isole à Scaër (au Grand Champ)

Concours de boule en doublette le samedi 20 et le dimanche 21 août.

Le Dimanche 21 août,

A 11h30 - Apéritif et Débat - Banquet 12€ adulte (Crudités- Jambon à l'os rôti - frites - fromage et patisserie - café) 6€ le menu enfant -Inscriptions : 02-98-59-02-36 ou 02-98-57-68-45 Chez Estelle PENCRE’CH ou Denise GUILLOU

Après midi : café, pâtisseries, buvette, loterie, jeux divers

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20 août 2016 6 20 /08 /août /2016 06:58

Parti Communiste Français

Membre du Front de Gauche

Section de Morlaix

2 Petite Rue Callac 29600 MORLAIX – tel : 02 98 88 30 35

Mel : pcf-morlaix@wanadoo.fr Blog : http://le-chiffon-rouge-pcf-morlaix.over-blog.com/

Samedi 20 août 2016

Distribution d’un tract PCF sur le marché de Morlaix.

Rendez-vous : 9 h 30 de 12h – devant Mairie de Morlaix

Les militants du Parti Communiste auront la "Grande Consultation Citoyenne: Que demande le peuple?" pour ceux qui souhaitent la remplir et des vignettes de la fête de l'Huma (le 9, 10, 11 septembre).

Le Parti Communiste sera présent à Morlaix sur le marché pour distribuer un tract le 20 août
Le Parti Communiste sera présent à Morlaix sur le marché pour distribuer un tract le 20 août

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20 août 2016 6 20 /08 /août /2016 06:54
Ethiopie: la colère réprimée à huis clos (Libération, 20 Août 2016)

Libération, 20 août 2016 - Célian Macé

Ethiopie : la colère réprimée à huis clos

Verrouillage des pouvoirs, accaparement des terres, désespoir des jeunes… Le régime tente de museler les manifestations qui se multiplient depuis huit mois, au prix de centaines de morts.

Des lézardes sont apparues sur la belle façade de l’Ethiopie, longtemps vantée comme un modèle de développement économique et un pilier de la stabilité régionale. Malgré une répression féroce - Human Rights Watch a recensé plus de 400 morts et des dizaines de milliers d’arrestations depuis le début de la contestation, en novembre -, le régime d’Addis-Abeba est incapable d’empêcher des émeutes d’éclater à intervalles irréguliers dans les régions Oromia et Amhara. Le week-end des 6 et 7 août, près de 100 personnes supplémentaires sont mortes sous les balles des policiers, selon Amnesty International. Mais rien ne semble pouvoir calmer la colère des manifestants, qui atteint un niveau jamais vu depuis vingt-cinq ans et la chute du dictateur militaro-marxiste Mengistu Haile Mariam. La plupart de ceux qui défilent, semaine après semaine en levant leurs poings croisés en signe de pacifisme, sont des jeunes excédés par l’autoritarisme du régime, qui n’a jamais desserré, en deux décennies, sa main de fer étouffant la société éthiopienne.

L’étincelle, en novembre, a été un conflit foncier.«Comme souvent en Ethiopie, la question de la terre est centrale. C’est un sujet sur lequel on s’écharpe depuis des siècles,explique Alain Gascon, géographe, professeur émérite à l’Institut français de géopolitique de l’université Paris-VIII.La pression démographique est telle que les lopins de terre diminuent. En 2008, la taille moyenne d’une exploitation était de 0,8 hectare.» Le projet d’extension de la capitale et l’expulsion de dizaines de milliers de fermiers oromos ont mis le feu aux poudres.«Un paysan éthiopien à qui l’on prend sa terre, il est toujours prêt à se battre, poursuit le chercheur.Surtout quand il voit se construire dessus des immeubles dans lesquels il ne pourra jamais habiter, ou quand son terrain est vendu à des gros investisseurs.» Devant l’ampleur du soulèvement, le gouvernement du Premier ministre Haile Mariam Dessalegna annoncé, en janvier, l’annulation du plan d’agrandissement d’Addis-Abeba. Un recul rarissime, mais qui n’a pas mis fin pour autant aux manifestations.

Les revendications du mouvement sont désormais bien plus larges.«L’Ethiopie vit une crise de régime. La révolte est dirigée contre l’autoritarisme de l’Etat, contre l’oligarchie qui a profité du développement économique, contre l’exclusivité ethnique des postes clés du pouvoir, détaille René Lefort, chercheur indépendant, spécialiste de la corne de l’Afrique.C’est finalement assez comparable au tout début de la révolution en Syrie.»

Depuis le renversement de Mengistu en 1991, les leviers du pouvoir, en particulier sécuritaire, militaire et économique, sont aux mains des Tigréens. Car c’est cette minorité ethnique (6 % de la population) qui, à travers le Front de libération des peuples du Tigré (FLPT), a chassé le dictateur. Depuis, cette organisation domine largement le Front démocratique révolutionnaire des peuples éthiopiens (EPRDF), le parti au pouvoir qui occupe… 100 % des sièges au Parlement. La contestation se nourrit donc du ressentiment des peuples oromo (35 % de la population) et amhara (27 %) contre cette caste tigréenne qui s’accroche farouchement à ses privilèges.

«Dans cette crise, la grille de lecture ethnique ne suffit pas, met toutefois en garde Jean-Nicolas Bach, politologue au Laboratoire des Afriques dans le monde, à Sciences-Po Bordeaux.Même si les marches se construisent, bien sûr, en fonction des liens identitaires. Ce n’est pas le cadre ethno-fédéral si particulier à l’Ethiopie qui est remis en cause. Les manifestants font d’ailleurs souvent référence à la Constitution et demandent qu’elle soit appliquée. Le plan d’extension d’Addis-Abeba est jugé anticonstitutionnel par les Oromos, car il remet en cause les équilibres territoriaux prévus dans le texte fondamental.»

Quant aux Amharas,«leurs revendications portaient à l’origine sur un morceau de leur territoire qui a été rattaché en 1991 à la région du Tigré», détaille l’historien Ezekiel Gebissa, de la Kettering University, dans le Michigan (Etats-Unis).«Encore une fois, on est à l’intersection des deux thèmes cruciaux pour l’Ethiopie : la terre et l’identité régionale. Il est impossible de séparer les deux problématiques.»

Pour la première fois cet été, les Oromos, historiquement opprimés, et les Amharas, ancienne élite de l’Ethiopie, ont donc manifesté simultanément dans leurs régions respectives, les deux plus grandes du pays. Cette démonstration de solidarité est inédite.«L’effacement de l’antagonisme Oromos-Amharas est quelque chose de fondamental,insiste René Lefort.C’est pour cela que le régime a si peur. Il a bien conscience que la révolte est en train de dépasser le simple cadre régional et de menacer ses fondements.»

La répression a été d’autant plus brutale. Non seulement les forces de sécurité ont ouvert le feu sur la foule, mais elles traquent les étudiants oromos«chez eux, dans les écoles, et jusque dans les hôpitaux», notait Human Rights Watch dans un rapport publié en juin.«J’ai vécu ici toute ma vie et je n’ai jamais vu ça. Chaque famille a au moins un de ses enfants qui a été arrêté, témoignait dans ce document un fermier oromo de 52 ans.Cette génération est en train d’être décimée. Mes quatre fils ont disparu, ma fille de 12 ans a trop peur pour aller à l’école. Moi-même, je crains d’être arrêté à tout moment.» De nombreux cas d’arrestations extrajudiciaires, de tortures et de disparitions forcées ont été documentés par l’ONG.

La semaine dernière, le Haut Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme s’est dit«très inquiet» de la situation et a demandé à Addis-Abeba de permettre l’accès des observateurs internationaux aux régions Oromia et Amhara. Mais Paris, Washington et Bruxelles ne se sont pas donné la peine de condamner la brutalité déchaînée du régime.«Il y a un aveuglement extraordinaire sur l’Ethiopie, pointe René Lefort.Tout le monde est obnubilé par sa croissance [officiellement de 10 % depuis dix ans, mais certainement plus proche de 7 %, ndlr]et son développement à marche forcée.» Celui-ci est bien réel. La construction du gigantesque barrage de la Renaissance, le plus grand du continent, sur le Nil bleu, est le symbole national le plus connu de cet appétit pour les infrastructures modernes. Mais l’expansion du réseau de transport - avec un métro tout neuf à Addis-Abeba, une ligne de chemin de fer rénovée à destination de Djibouti, une nouvelle autoroute, l’une des compagnies aériennes les plus puissantes d’Afrique - en est aussi l’illustration.«Le chemin parcouru est impressionnant, rappelle Alain Gascon.Il y a aujourd’hui 30 universités en Ethiopie, des immeubles sortent de terre en permanence, le progrès est malgré tout indéniable.»

«Le risque, c’est que la crise stoppe les investissements dont le régime a besoin pour poursuivre le développement, analyse Jean-Nicolas Bach.L’Ethiopie est un marché gigantesque, de 100 millions d’habitants. En réprimant si durement, le gouvernement fait un mauvais calcul économique et politique. Il ne va bientôt plus avoir le choix : il doit au plus vite partager le pouvoir et mettre en place un système de redistribution économique.»

Le boom ne s’est pas pour autant accompagné d’une libéralisation du pays, qui reste extrêmement dirigiste, selon un modèle «à la chinoise». Le parti hégémonique reste incontournable, omniprésent à tous les niveaux de la société éthiopienne. Une situation devenue insupportable pour une partie de la jeunesse, de plus en plus éduquée et connectée, et très fortement touchée par le chômage.

La seconde raison du mutisme des chancelleries occidentales sur la répression en cours est la sacro-sainte stabilité régionale. A l’ouest, la Somalie plongée dans un conflit sans fin ; à l’est, le Soudan du Sud déchiré par une guerre civile ; au nord, l’Erythrée rivale qui rallume régulièrement les feux de la guerre d’indépendance… La puissante armée éthiopienne est utile quand il s’agit de chasser l’Union des tribunaux islamiques de Somalie (2006) ou de fournir des contingents aux missions de paix de l’Union africaine (dont elle est le premier contributeur). Ce partenariat stratégique dans la lutte contre le jihad en Afrique de l’Est explique l’indulgence de la communauté internationale envers Addis-Abeba.

Le cycle manifestation-répression qui secoue le pays depuis huit mois pourrait pourtant empirer.«Les mouvements d’opposition ne contrôlent pas la révolte. Elle se nourrit de la violence du parti au pouvoir, désormais ouvertement contesté dans les slogans, les chants, les discours publics, décrit Ezekiel Gebissa.Le plan du gouvernement, qui consiste à diriger le pays à travers un parti totalement verrouillé, sans aucun partage du pouvoir entre ethnies et groupes politiques, a définitivement échoué. Le problème est qu’il n’y a pas, pour le moment, d’alternative à ce système en Ethiopie.» Car le régime s’est bien gardé de préparer une transition. Il en a même soigneusement empêché toute possibilité. Au risque de voir se transformer la révolte en révolution.

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20 août 2016 6 20 /08 /août /2016 05:56

Qui proteste ? Quelques intellectuels, des éléments de la gauche socialiste, des journalistes (l’Observateur, Témoignage chrétien). Et les communistes. Lorsque Raymond Guyot, à l’Assemblée nationale, condamne les plans d’agression en gestation, il est interrompu par un retentissant « il suffit qu’une cause soit étrangère pour qu’elle soit vôtre » du même Guy Mollet (3 août 1956).

La crise du canal de Suez et les bombardements impérialistes de Guy Mollet: à la Une de l'Huma en 1956 (Alain Ruscio, L'Humanité)

La crise du canal de Suez

les séries d'été de l'Humanité 21/33

ALAIN RUSCIO HISTORIEN

MERCREDI, 17 AOÛT, 2016

L'HUMANITÉ

Les aviations française et britannique bombardent, en soutien à l’attaque israélienne de l’Égypte de Nasser. Pierre Courtade est sans appel : c’est une « guerre coloniale ».

L’avènement d’un groupe d’officiers modernistes à la tête de l’État égyptien, en 1952, n’avait pas été vu d’un très bon œil par l’Occident. Son leader, le colonel Gamal Abdel Nasser, donne rapidement une orientation neutraliste à la politique de son pays. La présence de l’Égypte à Bandung (avril 1955) en est un symbole fort.

Les Français ont une autre raison de considérer Nasser avec méfiance et antipathie : depuis le début de la guerre d’Algérie, l’Égypte héberge divers services du Front de libération nationale, sa radio est le relais vers l’extérieur des thèses du FLN. Aussi, lorsque l’Égypte, le 26 juillet 1956, nationalise le canal de Suez, lésant la Compagnie internationale, détenue à 44 % par Britanniques et Français, le cabinet dirigé par le socialiste Guy Mollet et une presse majoritairement au diapason se déchaînent. « Laissera-t-on un dictateur marcher à la conquête du monde ? » interroge le président du Conseil. Il y a, dans une opinion française chauffée à blanc, une vague qui porte vers la guerre. Les comparaisons avec Hitler commencent à fleurir dans la presse et chez certains hommes politiques. Mollet, décidément intarissable sur la question, ajoute : « Ce qui m’a guidé (…), c’est en quelque sorte un réflexe antimunichois », oubliant au passage que son parti, en 1938, avait été moins véhément contre Munich.

Washington et Moscou ont la même opinion : ils condamnent l’agression

Qui proteste ? Quelques intellectuels, des éléments de la gauche socialiste, des journalistes (l’Observateur, Témoignage chrétien). Et les communistes. Lorsque Raymond Guyot, à l’Assemblée nationale, condamne les plans d’agression en gestation, il est interrompu par un retentissant « il suffit qu’une cause soit étrangère pour qu’elle soit vôtre » du même Guy Mollet (3 août 1956).

Les 22 et 23 octobre, à Sèvres, les gouvernements français, britannique et israélien mettent au point la « réplique » militaire à l’Égypte. Le 29, Israël attaque. Le 31, l’Égypte est bombardée par les aviations française et britannique. Pour la seule fois, durant l’ère de guerre froide, Washington et Moscou ont la même opinion : ils condamnent l’agression. Mais, pour le PCF, l’opinion française doit jouer son rôle, la protestation doit monter d’un cran. L’Humanité, ce 1er novembre, cite les débrayages, manifestations et délégations qui commencent à se mettre en place, à l’initiative des militants communistes (mobilisation qui va être vite contrariée par le soutien du PCF à l’intervention soviétique en Hongrie, exactement contemporaine).

Pierre Courtade condamne « une guerre applaudie par la pire réaction »

L’éditorial, ce jour-là, est signé par Pierre Courtade, chef de la rubrique internationale, l’une des signatures les plus illustres, à juste titre, de toute l’histoire du journal. Et le verdict est sans appel : le déclenchement d’« une guerre coloniale, en violation flagrante de la charte des Nations unies, une guerre applaudie par la pire réaction » a bel et bien été le fait d’un gouvernement socialiste. L’auteur condamne également la « guerre préventive » d’Israël. Cette politique est tout sauf « improvisée », commente Courtade : « Il s’agit d’une machination soigneusement agencée dans le secret, comme si les gouvernements de Londres et de Paris avaient voulu substituer à la politique, à la diplomatie la tactique expéditive des commandos. » Et dans quel but ? Certes, pour défendre les intérêts des vieux impérialismes. Mais aussi, mais surtout, pour tenter de mettre à genoux le FLN et le peuple algérien. C’est une vieille illusion de l’idéologie coloniale : expliquer les déboires du système par les influences extérieures, par les manipulations de l’« étranger ». Ainsi, agresser l’Égypte serait le moyen de mettre fin à la résistance algérienne !

L’opinion mondialeest très remontée. L’ONU demande l’arrêt des opérations

Ensuite, tout va très vite. L’armée israélienne, suréquipée (entre autres par la France), avance très vite dans le Sinaï et à Gaza. Le 5 novembre, Français et Britanniques effectuent une opération aéroportée sur Port-Saïd. La ville est vite contrôlée. Le corps expéditionnaire marche vers le canal. Victoires à la Pyrrhus. L’opinion mondiale est très remontée. L’ONU demande le 2 novembre l’arrêt des opérations. Tel-Aviv, puis Londres, enfin Paris, bon dernier, finissent par accepter le cessez-le-feu. L’opération s’achève piteusement par le retrait des forces franco-britanniques.

Une fois de plus, la politique de confrontation avec le monde arabe avait produit des fruits empoisonnés.

TEL QUEL. Dans l’Humanité du 1er novembre 1956 « La réaction se moque parfaitement des Israéliens comme s’en moquent les conservateurs anglais qui leur firent jadis une guerre acharnée. La seule chose qui intéresse ces gens, c’est de trouver un prétexte et des troupes auxiliaires pour “donner une leçon aux Arabes”. Les colonialistes français espèrent que cette “leçon” résoudra le problème algérien, et les colonialistes anglais espèrent rétablir leur situation gravement compromise dans une région, le Moyen-Orient, qu’ils considéraient comme leur fief, au point d’expulser jadis sans ménagement les Français de Syrie. La liaison étroite entre la guerre d’Algérie et la décision d’entreprendre cette folle campagne d’Égypte a été soulignée par le gouvernement lui-même et par ses services de police. »

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19 août 2016 5 19 /08 /août /2016 19:12

Vente de fruits et légumes au juste prix organisée par le PCF et le MODEF

Interview d'Olivier Dartigolles - Porte parole du PCF

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Le jeudi 18 août, le PCF organisait, avec le MODEF (syndicat agricole), des ventes solidaires de fruits et légumes. Nectarines, prunes rouges, poires, melons, tomates, pommes de terre, haricots verts, salades... étaient vendus dans plus de 50 points de vente dans toute l'Île-de- France et à Paris place de la Bastille.

Une initiative solidaire, du vivre ensemble en ces temps difficiles, de soutien aux producteurs, mais aussi de résistance et d’alternative.

Les communistes proposent une alimentation saine, de qualité, relocalisée et accessible à tous. L'agriculture doit redevenir stratégique pour la France.

► Une agriculture qui garantisse la souveraineté et la sécurité alimentaire. Une alimentation qui réponde au besoins humains et non aux spéculateurs.

► Vivre dignement de son travail est légitime. Augmenter les salaires, revaloriser les pensions et porter le SMIC à 1700 euros c'est retrouver du pouvoir d'achat. Une juste rémunération du travail paysan et des salariés agricoles est la condition du développement de l'emploi agricole.

► L'agriculture paysanne permettrait de garantir une alimentation de qualité, nutritive et gustative à tous. D'engager la transition écologique de l'agriculture.

Des mesures concrètes

► Blocage des prix des denrées alimentaires de base (lait viandes, pain, fruits et légumes) sur le ticket de caisse.

► Taxer les importations abusives qui pillent les productions locales et détruisent l'environnement.

► Soutenir des Politiques Publiques Agricoles. Planifier la production, réguler les marchés (calendrier d'importation), préserver le foncier, soutenir les exploitations et filières les plus fragiles.

Un pacte d'engagement législatif

► Obligation d'indication d'origine des produits agricoles et de la mer, transformés ou non.

► Encadrer les marges de la grande distribution par la mise en place d'un coefficient multiplicateur.

► Une conférence annuelle sur les prix agricoles et alimentaires.

Vente de fruits et légumes du PCF au juste prix - interview d'Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF, place de la Bastille

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