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19 janvier 2019 6 19 /01 /janvier /2019 06:20
Le Parlement européen viole le droit international au Sahara occidental (PCF)

Le Parlement européen viole le droit international au Sahara occidental (PCF)

En violation d'une décision de la Cour européenne de justice de 2016, le Parlement européen vient de voter l'extension de l'accord de tarifs douaniers préférentiels aux territoires du Sahara Occidental sous occupation marocaine.

Cette modification de l'accord entre l'UE et le Maroc ne peut s'appliquer car le Sahara occidental est en droit séparé et distinct du Maroc. Pour contourner cette obligation la Commission européenne a ignoré l'opposition du Front Polisario, seul représentant du peuple sahraoui, et le rejet des associations de la sociétés civiles.
Il s'agit d'un coup de force contre la Charte des Nations unies, le droit international et notamment le droit à l'autodétermination des peuples.

Ces modifications au protocole entérinent l'occupation marocaine et encouragent le pillage des ressources agricoles et de pêche des Sahraouis. Elles mettent en danger les négociations engagées depuis décembre 2018 sous l'égide de l'ONU confortant l'intransigeance de Rabat.

Le Parti communiste français condamne cette décision. Il faut que la Cour européenne de justice émette un nouvel avis. Le PCF exprime sa solidarité avec le peuple sahraoui et le Front Polisario dans leur lutte pour le droit à l'autodétermination et continuera à soutenir leurs exigences de combat justice, de liberté et de paix.

Parti communiste français,
Paris, le 18 janvier 2018

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19 janvier 2019 6 19 /01 /janvier /2019 06:18
 Brexit : les intérêts des peuples doivent être défendus (PCF)

 

Brexit : les intérêts des peuples doivent être défendus (PCF)

 

Les députés britanniques ont massivement rejeté les conditions de l'accord de divorce avec l'Union européenne conclu par Theresa May.

La démagogie, alliée aux basses manœuvres parlementaires en tous genres, du gouvernement conservateur de Theresa May, entraîne le Royaume-Uni dans le chaos politique et ouvre la porte à de nouvelles régressions pour les peuples britannique et européens. May n'a visiblement plus de légitimité pour négocier un accord de sortie de l'UE.

Les conservateurs britanniques sont dans la surenchères en exigeant un Brexit dur, sans accord avec l'UE, pour aller plus loin dans la libéralisation de leur économie.

Les premières victimes du chaos que connait la Grande Bretagne risquent d'être les travailleurs et les classes moyennes. Beaucoup d'entre eux ont été trompés par les mensonges éhontés des promoteurs du Brexit -qui leur promettaient des économies de 350 millions de Livres par semaine destinées à renforcer la sécurité sociale ! Leurs aspirations légitimes à voir respecter la souveraineté populaire ont, en outre , été dévoyées par des nationalistes sans scrupule. En l'absence d'accord avec l'UE, ces forces ultra réactionnaires ont pour objectif de transformer la Grande-Bretagne en un paradis fiscal géant pour tenter de préserver les intérêts de la City.

Le Brexit ne doit pas être utilisé comme prétexte pour de nouvelles régressions sociales et de nouvelles atteintes aux droits. C'est pourquoi tout doit être mis en oeuvre pour obtenir un accord entre la Grande Bretagne et l'Union Européenne permettant d' assurer les droits sociaux du peuple britannique, des Européens installés au Royaume-Uni et des Britanniques installés en Europe. Nous relayons ici la voix des britanniques qui craignent pour leurs emplois et leur qualité de vie alors que la pauvreté explose au Royaume-Uni. Nous nous inquiétons des régressions en matières environnementales ou de protection des consommateurs.

Le PCF réaffirme en outre que les dispositions de l'Accord du Vendredi-Saint doivent être respectées intégralement et sans condition afin d'assurer les droits du peuple irlandais. A défaut, face au risque d'un Brexit sans accord, l'option d'un scrutin sur l'unité de l'Irlande serait posée.

Enfin, il est de la responsabilité du gouvernement français et de l'UE qu'ils permettent que les conditions d'un accord de retrait du Royaume-Uni soient réellement examinées en tenant compte des décisions prises au Royaume-Uni par les représentants des peuples concernés et qu'ils prennent enfin toutes les mesures nécessaires pour protéger les emplois et les secteurs économiques menacés par le Brexit, comme c'est le cas par exemple dans le secteur de la pêche. Les corridors maritimes avec l'Irlande doivent intégrer les ports français.

Le Brexit et le chaos qu'il provoque soulignent l'impérieuse nécessité de faire émerger une autre logique pour l'Europe. Elle ne doit plus être un drapeau pour une fuite en avant néolibérale au service de la finance, mais au contraire un outil pour aligner vers le haut les conquêtes sociales et démocratiques qui respecte la souveraineté des peuples.

Parti communiste français
Paris, le 16 janvier 2019

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19 janvier 2019 6 19 /01 /janvier /2019 06:11
Appel européen conjoint pour les élections au Parlement européen -  Pour une Europe des travailleurs et des peuples

 

Appel conjoint pour les élections au Parlement européen

 

Pour une Europe des travailleurs et des peuples

Les élections au Parlement européen mettent les travailleurs et les peuples des États membres de l’Union européenne (UE) face à d’énormes difficultés et impasses. Les travailleurs sont confrontés à la précarité et à l'insécurité sociale, aux inégalités, à la pauvreté et à l'attaque contre les salaires, les retraites et leurs droits. Les populations, et en particulier les jeunes, subissent le chômage, une migration économique forcée, un accès de plus en plus restreint à l’éducation, à la santé et au logement. Une réalité qui exprime l'intensification des politiques d'exploitation et d'appauvrissement de l'UE.

Les asymétries et les inégalités de développement entre les États membres de l'UE se sont aggravées. L'UE elle-même reste en crise et confrontée à de graves troubles.

L'UE, les classes dirigeantes et les forces qui les représentent ne peuvent plus dissimuler le mécontentement social croissant provoqué par leurs politiques: néolibéralisme dans l'économie, structure non démocratique et centralisée de son fonctionnement, militarisme et interventionnisme dans les relations internationales. Aujourd'hui, nombreux sont ceux qui admettent que les déclarations et les promesses de l'UE et des forces qui la dirigent ont été réfutées. La réalité à laquelle les peuples de nos pays sont confrontés est très différente.

- Au lieu de "prospérité", les peuples de l'UE comptent des millions de chômeurs, de sans-abri et de pauvres, alors que des milliards d'euros sont consacrés au sauvetage des banques. Les services publics et les entreprises publiques sont en cours de privatisation et les biens sociaux commercialisés. Les pertes des banques sont transformées en dette publique sur le dos des travailleurs.

- Au lieu de "démocratie et liberté", de nouveaux mécanismes de classement des citoyens et de contrôle d'Internet sont mis en place. Les libertés démocratiques, y compris les droits syndicaux, sont attaquées. L'ultra-droite et le néofascisme, vaincus par la lutte des peuples du XXe siècle, réapparaissent en Europe, tandis que l'anticommunisme et la falsification de l'histoire européenne revêtent un caractère institutionnel. Dans certains États membres, les forces d'extrême droite participent au gouvernement, alors que le système leur permet de répandre le poison de la haine raciste, de la xénophobie, du chauvinisme, du sexisme et de l'homophobie, en remettant en question l'idée d'égalité.

- Au lieu d'oeuvrer pour la "paix", l'UE militarise et approfondit constamment son lien organique avec l'OTAN. Aujourd'hui, avec la création d'une coopération structurée dans le domaine militaire (PESCO), une nouvelle phase du militarisme a été annoncée, qui implique notamment une augmentation des dépenses militaires et un "transfert d'investissement" vers l'industrie et le commerce des armes. Dans le même temps, l'Union européenne est impliquée dans une escalade d'interventions et d'agressions contre des États et des peuples, illustrée par sa complicité avec Israël face au drame vécu par le peuple palestinien.

- Au lieu de défendre l'environnement, l'UE subordonne ses politiques environnementales aux lois du marché. Les scandales des industries multinationales qui violent la législation sur l'environnement et l'incapacité de prendre les décisions nécessaires pour lutter contre le changement climatique et les conséquences dramatiques des problèmes environnementaux pour les peuples témoignent du fossé qui sépare les déclarations des actions.

- Au lieu de faire preuve de solidarité et de lutter contre les causes qui poussent des millions de personnes à quitter leur pays, l'Union européenne poursuit des politiques qui aggravent et détériorent la situation. Son implication dans les interventions impérialistes au Moyen-Orient et en Afrique du Nord a multiplié le nombre de réfugiés. Les fardeaux du passé colonial, associés aux politiques néocoloniales d’exploitation des pays d’Afrique et d’Asie, ont créé un cercle vicieux de pauvreté et de sous-développement qui conduit leurs peuples à rechercher une vie meilleure en Europe. Dans le même temps, le grand capital dans les pays européens fait face aux réfugiés et aux migrants en tant que main-d’œuvre peu coûteuse qu’elle souhaite exploiter afin de saper les relations de travail. Personne ne doute que la migration et la crise des réfugiés constituent un problème complexe et multidimensionnel. Cependant, le militarisme, le racisme et la xénophobie ne peuvent jamais être la réponse. Les forces progressistes sont appelées à lutter dans chaque État membre de l'UE afin de donner et faire prévaloir des réponses conformes au droit international et à la primauté des principes de solidarité, d'internationalisme et l'unité de classe des travailleurs.

Les peuples veulent et ont besoin d'une autre Europe - Une autre Europe est possible!
Outre le cadre des traités, des politiques communes et du pacte de stabilité, l'UE a créé au cours des dernières années un mécanisme draconien permettant d'exercer un contrôle suffocant sur les budgets et les politiques budgétaires des États membres par le biais du traité fiscal, de la « gouvernance économique » et du « Semestre européen ». L'Union économique et monétaire se renforce, les relations de dépendance économiques et politiques sont en train de s'institutionnaliser, la souveraineté nécessaire pour exercer une politique différente au niveau national est en train d'être annulée, la démocratie et le droit du peuple au développement socio-économique compromis. "L'union bancaire" prône une concentration gigantesque de capitaux et le contrôle des systèmes financiers des États. Les accords de libre-échange avec les puissants centres du monde (tels que le CETA avec le Canada), en combinaison avec le commerce néocolonial, les politiques avec les périphéries en développement dans le monde, constituent l’aspect extérieur d’un modèle économique profondément injuste et exploiteur.

La démocratie, l’État et la souveraineté des peuples sont remis en question par l’imposition de relations de domination politique et économique dictées par le directoire des grandes puissances et déterminées par les intérêts des groupes économiques et financiers. Les gouvernements élus subissent des menaces flagrantes et font l'objet de chantage. Les référendums sont ignorés ou répétés jusqu'à ce que les citoyens votent conformément à ce que souhaite l'UE.

Les avertissements émis par les forces du progrès sur le caractère, les politiques et le cours de l'UE - tels que définis par ses traités et approfondis avec les politiques mises en œuvre par la droite et la social-démocratie en Europe - se sont révélés vrais. Cependant, non seulement l’UE n’écoute pas les voix des peuples, mais elle intensifie les attaques contre le niveau de vie et les droits de nos peuples. Avec le slogan "Plus d'Europe", les dirigeants de l'UE ne discutent pas d'une autre voie ou d'une autre Europe, mais de la rapidité avec laquelle l'UE continuera de renforcer ses monopoles, sa militarisation et ses diktats. D'autre part, non seulement le nationalisme et le racisme d'extrême droite ne constituent pas une alternative, mais ils représentent le visage le plus réactionnaire du capitalisme, rappelant les époques les plus sombres de l'Europe.

La crise dans l’UE - résultat du capitalisme et de ses contradictions - a mis en évidence de manière dramatique tous les problèmes et a montré que la construction de l’UE n’est pas réformable dans son essence, car ses traités définissent une structure et un processus néolibéraux et militaristes. Une voie de coopération efficace en Europe devra nécessairement reposer sur les principes de souveraineté, de liberté, de démocratie, de progrès social et de paix.

Une autre Europe est possible, nécessaire et plus que jamais à l'ordre du jour. Une autre Europe - une Europe qui servira les travailleurs, les peuples et leurs besoins - peut naître d’un changement radical des fondements sur lesquels l’Union européenne a été construite. Un changement radical conçu et décidé par les travailleurs et les peuples d'Europe.

L’histoire du continent européen est riche d’héritages militants et révolutionnaires. Cela prouve que les peuples - avec les travailleurs et les jeunes comme force pionnière - peuvent, avec leurs luttes, mettre un terme aux attaques et aux mesures barbares actuelles; barrer la route à l'extrême droite et au fascisme; ouvrir la voie à des transformations sociales majeures de caractère anti-impérialiste et anti-monopoliste: apporter une alternative au capitalisme et à ses impasses; de projeter une fois de plus la vision de la construction de nouvelles sociétés, du progrès, de la paix et de la justice sociale.

Nous unissons les forces
Nous renforçons les luttes

Les forces communistes, progressistes, anticapitalistes, anti-néolibérales, de gauche et écologistes qui ont co-signé cet appel considèrent que les prochaines élections au Parlement européen en mai prochain représentent une occasion importante d'exprimer notre lutte pour le présent et l'avenir de nos pays et du continent.

Nous savons que le danger de l'extrême droite représente aujourd'hui une menace majeure pour notre continent et ses peuples, également encouragée par l'administration Trump aux États-Unis. Les forces au pouvoir et les intérêts de l'Union européenne ne peuvent enrayer cette menace, car ce sont leurs politiques qui cultivent le terrain qui la génère, alors que certains collaborent même ouvertement avec l'extrême droite. Seules les forces du progrès, les forces qui luttent pour les droits du travail et les droits sociaux, ainsi que pour la souveraineté des peuples, peuvent être le rempart de la résistance à l'extrême droite et au fascisme. C’est pourquoi leur renforcement doit être l'option pour chaque citoyen démocrate et progressiste de chacun de nos pays.

Nous appelons les travailleurs, les jeunes, les femmes et, en général, les peuples des États membres de l'UE à exprimer leurs revendications, leurs aspirations, leurs luttes et leurs visions lors du vote aux élections au Parlement européen, en renforçant les forces qui - comme nous, les partis signataires du présent appel - sont à l'avant-garde des luttes sociales et syndicales et s'engagent à poursuivre la lutte:

Pour une Europe des droits sociaux

Qui soit utile à ceux qui produisent la richesse et font vivre l'économie, à savoir les travailleurs; qui assure des emplois permanents, stables, à plein temps et dignes pour tous; qui rétablit et favorise les acquis et les droits sociaux; qui défend et promeut les services publics; qui garantisse le droit à l'éducation et au travail de la jeune génération et un niveau de vie digne des personnes âgées et des groupes sociaux vulnérables; qui reconstruit et élargit les infrastructures sociales offrant un soutien aux familles, aux enfants et aux personnes handicapées;

Pour une Europe de progrès économique, social et écologique durable

Pour une voie de développement social et économique pour notre continent qui favorise une convergence réelle et de plus en plus croissante entre les différents pays; cela devrait être basé sur des programmes d'investissements publics pour les politiques sociales, l'utilisation durable des ressources naturelles et la protection de l'environnement; qui prenne des mesures radicales contre le changement climatique, tout en assurant la justice sociale; qui favorise le potentiel productif de chaque pays, dans le respect du droit au développement et d'un modèle de développement durable; qui assure la souveraineté et la sécurité alimentaires; qui défende le caractère public des secteurs stratégiques de chaque pays et soutient les petites et moyennes entreprises; qui met fin aux paradis fiscaux, aux mouvements de capitaux libres et déréglementés et qui combat et taxe les activités spéculatives du capital.

Pour une Europe de paix et de coopération avec tous les peuples du monde

Une Europe qui respecte la Charte des Nations Unies et le droit international, y compris les principes à l'autodétermination des peuples, de l'intégrité territoriale et de la souveraineté des États; qui rejette la course aux armements et la militarisation des relations internationales; qui agit pour la fin des interférences agressives externes et des agressions extérieures; qui mette fin aux alliances militaires agressives telles que l'OTAN et à l'existence de bases étrangères et lutte pour le désarmement, y compris le retrait de toutes les armes nucléaires du territoire des États membres et l'abolition totale des armes nucléaires. Pour une Europe qui promeuve la coopération et l'amitié entre les peuples du monde entier - coopération politique, économique, sociale et culturelle, égale et mutuellement bénéfique.

Pour une Europe de la démocratie, de la coopération entre États souverains égaux en droits

Pour une Europe qui respecte la démocratie et la participation démocratique, la souveraineté et l'égalité des droits de ses États, la diversité culturelle et l'identité de chaque peuple, les droits des minorités; une Europe qui ne sera pas gouvernée par des directoires, des lobbies et les États les plus puissants, mais par les peuples.

Pour une Europe de la liberté, des droits et de la solidarité

Pour une Europe qui défende les libertés démocratiques, comme les droits syndicaux, civils et sociaux - y compris les droits numériques des citoyens, la vie privée, la protection des données à caractère personnel et la neutralité d’Internet; qui rejette les mécanismes répressifs, de classement et de surveillance; qui garantisse dans la pratique l’égalité de toutes les personnes sans distinction de sexe, d’appartenance ethnique, de couleur, de religion, de handicap ou d’identité sexuelle; qui combatte toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes et consolider leurs droits, y compris leurs droits sexuels et reproductifs.

Nous travaillons ensemble et renforçons le groupe de gauche au Parlement européen

À cette fin, nous développerons davantage notre coopération et nous nous engageons à poursuivre les travaux du groupe de la Gauche unitaire/Gauche verte nordique (GUE/NGL) au Parlement européen sur la base de l'égalité et du respect mutuel de nos différences, chemins, expériences et particularités; nous poursuivons notre action commune à travers le groupe GUE/NGL en tant que lieu de coopération centré sur les nombreuses choses qui nous unissent dans la lutte pour une autre Europe.

Nous réaffirmons le caractère et l'identité de ce groupe parlementaire en tant qu'espace confédéral de coopération entre forces communistes, ouvrières, progressistes, de gauche et écologiques, dont l'objectif commun est de donner voix au sein du Parlement européen aux luttes des travailleurs et des peuples; d'affirmer, proposer et défendre des politiques progressistes et nettement différentes de celles que la droite et la social-démocratie ont poursuivies et continuent de poursuivre; de donner expression et contenu à la lutte pour une autre voie pour l'Europe.

En signant cet appel, nous nous engageons à défendre ces objectifs et ces lignes directrices. Plus nous avons de force, plus les luttes pour une Europe de la coopération, du progrès social et de la paix seront intenses.

Partis signataires de l'appel conjoint en vue de l'élection de 2019 au Parlement européen:

1. Parti progressiste des travailleurs – AKEL
2. Parti communiste du Portugal – PCP
3. Parti communiste d'Allemagne – DKP
4. Die Linke (Allemagne)
5. Parti communiste d'Autriche – KPÖ
6. Parti du travail de Belgique – PTB-PVDA
7. Parti communiste de Bohème Moravie – KSČM
8. Parti communiste du Danemark – DKP
9. Parti communiste au Danemark – KpiD
10. Parti communiste d'Espagne – PCE
11. Izquierda Unida – IU
12. Izquierda Unida i Alternativa (EuiA)
13. Anova Irmandade Nacionalista – anova
14. Communistes de Catalogne
15. Parti communiste de Finlande – SKP
16. Parti communiste français – PCF
17. Parti communsite italien – PCI
18. Parti de la refondation communiste – PRC
19. Convergence socialiste
20. Parti communiste du Luxembourg – KPL
21. Parti communiste de Malte – PKM
22. Parti communiste britannique – CPB

L'appel commun reste ouvert aux nouveaux signataires.

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19 janvier 2019 6 19 /01 /janvier /2019 06:00
L'Europe assassine t-elle nos services publics? - audit de la libéralisation des services publics - Blog de Marie-Pierre Vieu
'Europe assassine-t-elle nos services publics ?
 
Au printemps dernier, avec le soutien de la députée européenne Marie-Christine Vergiat  et de mon groupe, la GUE/NGL, j'initiais un audit sur les directives de libéralisation des services publics. Nous avons confié cette étude à Pierre Bauby qui a coordonné le travail de chercheurs de quatre pays différents dans l'Union européenne (France, Espagne, Allemagne et Slovaquie) qui ont étudié trois champs des services publics (les rails, la poste et l'énergie).
 
En ressortent 250 pages argumentées et documentées qui viennent mettre en lumière les dérives d'une UE prisonnière de ses schémas idéologiques mais surtout aux antipodes de la recherche de qualité du service rendu ou de l'intérêt général !
 
Cette étude que nous avons rendue publique le 16 janvier au Lavoir Moderne Parisien dans le 18e arrondissement de Paris est une première à l'échelle européenne et sera présentée le mardi 22 janvier à 14h à l'intergroupe services publics à Bruxelle. Nous espérons que sa lecture sera utile à tous car elle démontre aussi que l’Europe est un terrain de luttes où notre action collective peut être déterminante !
 
Et l'étude et la brochure sont disponibles ici sur mon site : http://mariepierrevieu.fr/audit-comment-ils-assassinent-nos-services-publics/
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18 janvier 2019 5 18 /01 /janvier /2019 13:06
Non à la privatisation d’Aéroport de Paris

vendredi 18 janvier 2019

La privatisation du monopole naturel Aéroport de Paris voulu par le gouvernement dans le cadre du projet de loi PACTE qui sera discuté en séance publique le 29 janvier suscite une opposition franche des sénateurs du groupe communiste républicain citoyen et écologiste et les interrogations de nombreux parlementaires de la majorité sénatoriale.

Dans un communiqué publié hier, le groupe Communiste, républicain, citoyen et écologiste (CRCE) précise que cette privatisation, approuvée par la majorité sénatoriale lors du vote de la commission spéciale, est un nouveau désengagement de l’Etat au profit d’actionnaires avides de dividendes, Vinci étant en lice et revendiquant un réel contrôle, alors même que nos concitoyens sont vent debout contre les conséquences de la privatisation des autoroutes.

A l’heure du « grand débat national », d’une demande toujours forte de nos concitoyens de ne plus subir des décisions de remise en cause de services publics essentiels, le gouvernement s’entête à privatiser le deuxième groupe aéroportuaire européen, le point d’entrée sur le territoire de plus de 100 millions d’individus.

Cette entreprise prospère de 17 000 salariés a permis à l’Etat de recevoir plus d’un milliard d’euros de dividendes en 10 ans sans parler du domaine public aéroportuaire qui permettrait à des actionnaires privés de mettre la main sur une manne financière considérable : ADP, en effet, ne possède pas moins de 6 600 hectares de terrain en Ile-de-France.

Aménagement du territoire, préservation de l’environnement, régulation d’une filière majeure pour l’activité économique de notre pays mais aussi sûreté nationale : la gestion des aéroports représente des enjeux lourds en termes de sécurité et de sûreté qui nécessitent la maîtrise par la puissance publique. Tous les pays du monde l’affirment, y compris les Etats-Unis.

Renoncer à la maîtrise publique de cet outil industriel stratégique c’est renoncer à une maîtrise de notre souveraineté.

C’est pourquoi les parlementaires du groupe CRCE demandent au gouvernement de retirer du projet de loi Pacte ce non-sens économique et politique contraire à l’intérêt général, qu’est la privatisation-spoliation d’un monopole public financé à hauteur de plusieurs dizaines de milliards d’euros par le peuple et son impôt

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16 janvier 2019 3 16 /01 /janvier /2019 12:37
Pour un Smic à 1 800 €, il est urgent d’agir
Pour un Smic à 1 800 €, il est urgent d’agir
Publié le 11 jan 2019
Temps de lecture : 3 min.
Le Smic, les minima dans les branches et les entreprises, ainsi que le point d’indice des fonctionnaires doivent être augmentés de manière forte, lisible et rapide.

Porter immédiatement le Smic à 1 800 € brut par mois (+ 300 €) soit + 20 %, c’est bon pour :

  • les Smicards, qui peinent de plus en plus à finir les mois en raison de l’augmentation des prix, notamment ceux des produits de première nécessité ;
  • l’augmentation de tous les salaires dans la même proportion, pour reconnaître les qualifications, les diplômes et l’expérience professionnelle ;
  • le redressement économique du pays, en permettant un retour de la croissance grâce à l’augmentation du pouvoir d’achat des ménages.
Un choix contre les travailleurs

Le gouvernement et le patronat sont responsables de la situation sociale fortement dégradée dans le pays. Au 1er janvier 2019, le gouvernement a fait le choix d’augmenter le Smic d’1,5 % seulement, soit une vingtaine d’euros, pour le porter à 1 521 € par mois.

Ce refus de revaloriser le salaire minimum – et plus globalement les salaires – est une insulte pour les travailleurs et leurs familles. C’est un moyen utilisé pour empêcher une répartition juste des richesses créées par le travail.

L’heure n’est pas aux tours de passe-passe, aux escroqueries, aux fausses augmentations ou autres combines malhonnêtes dont l’objectif final consiste à ne pas augmenter le Smic et les salaires.

Tout le monde a bien compris que l’augmentation de la prime d’activité est une imposture. Cette augmentation est une anticipation de mesures déjà prises et sera payée par l’impôt, donc par nous tous. Cette prime d’activité va également renforcer les discriminations entre les femmes et les hommes. Ce sont majoritairement les femmes qui sont payées au Smic. En attribuant cette prime en fonction des revenus d’un foyer, cela conforte l’idée que les femmes, notamment, ne peuvent bénéficier de cette aide puisque leur conjoint touche plus.

Le gouvernement français pourrait suivre l’exemple de l’Espagne dont le salaire minimum vient d’être augmenté de 22 %.

Les moyens financiers existent

La rémunération individuelle moyenne des patrons du CAC 40 atteint 5 millions d’euros par an, soit plus de 280 années de Smic. Cette augmentation de 14 % est la plus forte sur les dix dernières années.

Pour les patrons des 120 plus grandes entreprises, la rémunération individuelle moyenne annuelle s’établit à 3,8 millions d’euros pour 2017, soit 214 années de Smic avec une hausse de salaire de 10 %. L’an passé, les entreprises du CAC 40 ont réalisé près de 94 milliards d’euros de profits, soit le même niveau que 2007. Chaque année, les entreprises perçoivent 230 milliards d’euros d’exonération de cotisations sociales et fiscales, sans contrôle ni évaluation, et encore moins remboursement en cas de fermetures ou de licenciements boursiers.

Par exemple, depuis 2013, le CICE s’élève à 100 milliards d’euros. Il est temps d’en finir avec cette gabegie financière et cet assistanat qui servent seulement à remplir les coffres-forts des actionnaires… Comme le dit Emmanuel Macron, il y a vraiment un pognon de dingue dans le pays !

La CGT revendique également :
  • l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes ;
  • l’ouverture immédiate de négociations salariales dans les entreprises et les branches ;
  • répartir justement les gains de productivité pour favoriser la croissance et l’emploi.

 Pour aller plus loin :

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16 janvier 2019 3 16 /01 /janvier /2019 12:04
Le nouveau débat de l'Atelier Citoyen santé Bretagne du PCF le jeudi 31 janvier à 18h, Salle de Robien à St Brieuc, avec Denis Durand, économiste du PCF sur le financement de l'aide à domicile, des EHPAD et hôpitaux.

Le nouveau débat de l'Atelier Citoyen santé Bretagne du PCF le jeudi 31 janvier à 18h, Salle de Robien à St Brieuc, avec Denis Durand, économiste du PCF sur le financement de l'aide à domicile, des EHPAD et hôpitaux.

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16 janvier 2019 3 16 /01 /janvier /2019 11:49

 

Les députés communistes voteront contre la loi justice

mercredi 16 janvier 2019

Hier, lors de la discussion à l’Assemblée nationale du le projet de loi justice, Stéphane Peu a expliqué les raisons pour lesquelles les députés communistes vont voté contre le projet de loi Justice.

Il a dénoncé un texte dans lequel "on cherche en vain l’intérêt du justiciable" et appelle le gouvernement à retirer son projet de loi qui fait l’unanimité contre lui parmi les professionnels de la justice.

"Toutes les motions que nous avons examinées cet après-midi portent sur les problèmes de méthode. Nous essayons de vous alerter : on ne peut pas gouverner ainsi ! Personne ne peut nier dans cet hémicycle que ce projet de loi rencontre l’hostilité de l’immense majorité des personnels du monde judiciaire, ni qu’aucun amendement significatif des oppositions n’a trouvé grâce aux yeux de la majorité.

Nous sommes dans une négation du débat parlementaire, des oppositions et de ce qui se dit dans le monde judiciaire, qui est appelé à appliquer ce projet de loi. À mon sens, on gouverne mal le pays.

J’ajoute que, dans le monde judiciaire, les oppositions au projet de loi ne vont pas en diminuant. Au contraire, elles s’étendent, puisque des organisations syndicales qui ne participaient pas au mouvement initialement ont rejoint les rassemblements aujourd’hui.

Par ailleurs, la volonté des oppositions parlementaires d’amender ou d’améliorer le texte a été niée. Au moment où s’ouvre le grand débat national, gouverner ainsi ne peut qu’attiser un peu plus la colère des Français.

De ce point de vue, c’est une responsabilité dommageable que vous prenez. Elle est à côté de la réalité du pays, telle que nous la vivons aujourd’hui"

- Voir la vidéo

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16 janvier 2019 3 16 /01 /janvier /2019 08:39
Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht, 15 janvier 1919: La révolution assassinée

Il y a 100 ans, la semaine sanglante de Berlin mettait fin à l’espoir d’un changement révolutionnaire en Allemagne. Le 15 janvier 1919, Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht étaient assassinés sur ordre du ministre SPD de la guerre, Gustav Noske. À lire ce mardi dans l’Humanité, un dossier spécial consacré à la révolution spartakiste

Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht. La révolution assassinée
Mardi, 15 Janvier, 2019

Il y a cent ans, la semaine sanglante de Berlin mettait fin à l’espoir d’un changement révolutionnaire en Allemagne né en octobre-novembre 1918. Le 15 janvier 1919, Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg étaient assassinés sur ordre du ministre SPD de la Guerre, Gustav Noske. Un acte qui pèsera très lourd lors de la montée du nazisme.

« Est-il vrai que Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg soient morts ? Est-il vrai qu’ils aient été tous deux abominablement assassinés ? Nous voudrions pouvoir douter de l’authenticité de l’atroce nouvelle. Hélas ! Il semble bien qu’aucun doute n’est permis. » Le 18 janvier 1919, l’Humanité exprime sa stupéfaction et sa tristesse. « Par quelle fatale loi faut-il que le sang des martyrs soit nécessairement la semence d’où sortiront les temps nouveaux ? » observe Amédée Dunois. Une communauté de destin liait Jean Jaurès, tué par un nationaliste le 31 juillet 1914 au café du Croissant, et les deux dirigeants spartakistes abattus par des membres des Freikorps, à Berlin, ce 15 janvier 1919. Entre ces deux crimes, la Première Guerre mondiale, qu’ensemble ils avaient voulu empêcher, avait décimé toute une génération de jeunes Français et Allemands.

Autant de conditions pour réussir une révolution socialiste

Cette exécution sommaire va frapper à mort la révolution de novembre, qui avait suscité tant d’espoirs dans le mouvement ouvrier, chez les penseurs marxistes. Un haut niveau de développement, une classe ouvrière nombreuse et organisée, un Parti social-démocrate le plus ancien et le plus puissant d’Europe étaient autant de conditions pour réussir une révolution socialiste. Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg n’ont pas été assassinés par des ennemis de classe traditionnels, monarchistes ou nationalistes, leur mort a été commanditée par des dirigeants sociaux-démocrates, des hommes qui peu de temps auparavant siégeaient au Reichstag dans le même groupe parlementaire que Karl Liebknecht.

Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg, tous deux nés en 1871, appartenaient à l’aile gauche du SPD, le mouvement spartakiste qui en avril 1917 s’est constitué en une structure autonome, l’USPD (« unabhängig » : indépendant). Karl est le fils de Wilhelm Liebknecht, qui fut un dirigeant de la Ligue des communistes aux côtés de Karl Marx et Friedrich Engels à partir de 1847, puis cofondateur du SPD. Avocat, Karl Liebknecht est député au Reichstag. Rosa Luxemburg est née dans une famille juive à Zamosc, en Pologne, à l’époque intégrée à l’Empire russe. Son père est marchand de bois. Brillante élève, elle s’engage en politique dès l’adolescence en intégrant un groupe socialiste clandestin. Après le lycée à Varsovie, Rosa s’installe en Suisse pour échapper aux discriminations antisémites et y poursuivre des études de philosophie et d’économie. Ayant obtenu la nationalité du Reich, elle adhère au SPD, où elle travaille comme journaliste pour la presse socialiste et comme enseignante à l’école du parti.

En août 1914, Karl Liebknecht est le seul député qui se prononce contre la guerre. À la mi-juillet, quelques jours avant l’assassinat de Jean Jaurès, il avait participé à un meeting franco-allemand à Condé-sur-l’Escaut (Nord). Le groupe l’Internationale, du nom de la revue dirigée par Rosa Luxemburg, à l’origine du mouvement spartakiste, mène clandestinement une propagande pacifiste. En mai 1915, un tract popularise un texte de Liebknecht : « L’ennemi principal du peuple allemand est en Allemagne : l’impérialisme allemand, le parti de la guerre allemand, la diplomatie secrète allemande. C’est cet ennemi qu’il s’agit pour le peuple allemand de combattre dans une lutte politique, en collaboration avec le prolétariat des autres pays, dont la lutte est dirigée contre ses propres impérialistes. » Le 1er mai 1916, les spartakistes réussissent à organiser un rassemblement, le député y prononce un discours antiguerre qui lui vaut la prison jusqu’en 1918. Embastillée à Breslau (aujourd’hui Wroclaw) depuis 1915, Rosa Luxemburg ne retrouvera Berlin que le 10 novembre 1918, au lendemain de l’abdication de Guillaume II et à la veille de l’armistice. Berlin est alors en pleine révolution.

De port en port, la révolte se propage

1918, qui s’achève, a été marquée par une montée de la contestation. Sur le front et dans toutes les contrées sous domination germanique, l’opposition à la guerre est renforcée par la perspective d’une possible défaite. De plus, la révolution russe d’octobre 1917 a un grand écho dans les couches populaires. Depuis Brest-Litovsk, les combats ont cessé à l’Est, des scènes de fraternisation entre soldats allemands et russes inquiètent l’état-major. La chute du tsar affaiblit la position du Kaiser. Pour pouvoir présenter un visage plus avenant aux puissances de l’Entente en vue des négociations de fin de conflit, un nouveau gouvernement présidé par le prince de Bade est constitué avec la participation du SPD.

Mais dans les tranchées, les usines, les quartiers ouvriers aux Mietskasernen surpeuplées et insalubres, la colère monte contre la monarchie, les capitalistes, l’armée et les junkers, l’aristocratie foncière qui domine la vie politique. Un simple ravalement de façade institutionnel suffira-t-il à calmer les attentes ? Faut-il au contraire un changement révolutionnaire ? Sur ce débat qui traverse le mouvement ouvrier dans tous les pays, le socialisme allemand va se fracasser au cours d’une confrontation sanglante.

Fin octobre. Les marins de Kiel se mutinent contre l’ordre qui leur a été donné d’entreprendre une sortie contre la flotte anglaise. De port en port, la révolte se propage. Les régions du Sud lui embrayent le pas. Dans de nombreuses villes jusqu’en Bavière, on proclame la République. Sur le modèle des soviets, se sont constitués des conseils d’ouvriers et de soldats (Arbeiter und Soldatenräte) qui se manifestent au grand jour comme des structures délibératives, alternatives au pouvoir qui s’effondre.

Berlin, capitale d’un empire en perdition, vit une situation chaotique. Les tensions politiques tournent à l’affrontement. Défilés d’ouvriers drapeaux rouges déployés soutenant les spartakistes et réclamant le pouvoir des conseils ouvriers, automobiles armées de mitrailleuses en patrouille, soldats en déshérence prêts à se vendre comme mercenaires pour rétablir l’ordre dans les quartiers rouges et qui seront plus tard les premières recrues du parti nazi. On chante l’Internationale et l’hymne socialiste « frères en avant vers le soleil et la liberté », mais on ne fait pas que chanter, on se bat aussi, ouvriers contre membres des corps francs mais aussi entre sociaux-démocrates et spartakistes.

Face à l’armée, le courage des révolutionnaires ne suffira pas

Signe de cette division, le 9 novembre, la République est proclamée deux fois : le social-démocrate Philipp Scheidemann, au Reichstag, annonce la « République allemande », prenant de vitesse Karl Liebknecht, qui du balcon du château de Hohenzollern lance devant la foule enthousiaste « Vive la République socialiste et libre ! ». Deux options vont s’avérer inconciliables. Le pouvoir aux conseils et le socialisme défendu par le Parti communiste allemand (KPD), qui naît le 1er janvier 1919, les spartakistes en formant la composante essentielle. En face, la social-démocratie choisit l’alliance avec l’armée pour réprimer l’aile révolutionnaire. Dans un télégramme aux troupes, le maréchal Hindenburg annonce que le haut commandement est disposé à agir avec Ebert pour empêcher l’extension du bolchevisme en Allemagne. Le 10 novembre, une assemblée des conseils ouvriers et soldats n’apporte pas au camp de la révolution le soutien attendu. La majorité souhaite la fin de la guerre fratricide dans le camp ouvrier.

Début janvier, la destitution du préfet de police Emil Eichhorn, membre de l’USPD, va être l’occasion saisie par le gouvernement pour écraser la révolution. 150 000 manifestants défilent en soutien à Eichhorn à l’appel du Parti communiste et de l’USPD. Face à l’armée, le courage des révolutionnaires ne suffira pas. Du 6 au 15 janvier, la troupe sous les ordres de Gustav Noske se livre à un massacre, les révolutionnaires arrêtés sont abattus sur place. Noske, ministre de la Guerre et dirigeant du SPD, avait déclaré : « Il faut que quelqu’un fasse le chien sanguinaire : je n’ai pas peur des responsabilités. »

Rosa Luxemburg, Karl Liebknecht refusent d’abandonner les ouvriers berlinois. Arrêtés, emmenés à l’hôtel Eden, ils sont mis à mort par les nervis des corps francs, dirigés par le commandant Waldemar Pabst aux ordres de Noske. Assommée à coups de crosse, Rosa Luxemburg est jetée dans le Landwehrkanal, Karl Liebknecht est abattu dans le Tiergarten.

La semaine sanglante frappe le monde ouvrier de stupeur. Mais la révolution continue dans les régions. À Brême, déclarée « république socialiste », les affrontements avec l’armée font une centaine de morts. Dans la Ruhr, les ouvriers veulent socialiser les charbonnages et occupent le siège du patronat à Essen. Et partout, le ministre SPD réplique par la terreur (tirs sur la foule, exécutions sommaires…).

Les spartakistes ont mal apprécié le rapport de forces et commis des erreurs tactiques. Dans les deux articles publiés par Die Rote Fahne la veille et le jour même de leur disparition, Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg analysent lucidement leur échec. Mais c’est bien le SPD qui porte devant l’Histoire l’immense responsabilité d’avoir creusé dans la gauche allemande une fracture irrémédiable qui contribuera quelques années plus tard à son incapacité à faire front contre la montée du nazisme. Et avec quelles conséquences !

Poursuivre la lecture avec : - Histoire de l’Allemagne contemporaine, de Gilbert Badia, deux volumes. Éditions sociales, 1987. - Lettres et textes choisis, de Rosa Luxemburg. Le Temps des cerises, 2014. - Rosa Luxemburg, l’étincelle incendiaire, de Michael Löwy. Le Temps des cerises, 2018. - Alfred Döblin, Novembre 1918, Agone, 2010.
Jean-Paul Piérot

 

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16 janvier 2019 3 16 /01 /janvier /2019 07:20
Patrice Bessac - Maire communiste de Montreuil, président de l'ANECR

Patrice Bessac - Maire communiste de Montreuil, président de l'ANECR

 « LA FRANCE N’EST PAS UN PAYS COMME LES AUTRES »

Déclaration de l’ANECR

« LA FRANCE N’EST PAS UN PAYS COMME LES AUTRES »

mardi 15 janvier 2019[]

Déclaration de l’Association Nationale des Elus Communistes et Républicains du 15 janvier 2019 :



La formule est juste. La prise de conscience, elle, bien trop tardive de la part d’un Président de la République forcé d’ouvrir les yeux sur une colère sociale qu’il a contribué à attiser mais dont les racines puisent dans l’histoire longue de nos institutions et de choix politiques délétère assumés sans discontinuité ou presque depuis près de 40 ans.

Après un an et demi d’exercice jupitérien du pouvoir, le Chef de l’Etat est confronté à une crise sociale sans précédent, autant sur la forme que sur le fond.

C’est l’expression d’un peuple qui ne parvient plus à se faire entendre et à se faire reconnaître, un peuple qui ne veut pas disparaître, fondu ou absorbé par la « start-up nation » et la compétition métropolitaine européenne.

En colère, victime de la raréfaction des services publics, du chômage de masse, de salaires et de pensions toujours plus faibles et menacé dans son quotidien par l’augmentation continue du coût de la vie, une partie du peuple a donc décidé de reprendre la parole et de resurgir au coeur de la scène politique et médiatique.

Privé des corps intermédiaires qu’il a consciencieusement désavoués depuis son élection, le Président de la République se retrouve à court de solutions, droit dans ses bottes mais nu face à cette exigence démocratique et sociale qu’il ne comprend pas et appelle désormais à l’aide celles et ceux dont il entendait jusqu’à présent se passer.

Aussi les élu·e·s locaux·ales sont-ils appelés à jouer, écrit-il dans sa lettre aux français·e·s « un rôle essentiel » dans le débat national qu’il a décidé de lancer en réponse à cette profonde crise qui secoue notre pays et que nous ne résumerons ni aux violences ni à la couleur d’une chasuble.

Les élu·e·s locaux·ales, en contact direct et permanent avec toutes les populations, avec toutes leurs difficultés et toutes leurs richesses, n’ont pas attendu pour dénoncer les fractures territoriales, s’insurger contre la casse des services publics de proximité et exiger des Gouvernements successifs qu’ils répondent à la triple urgence sociale, démocratique et écologique.

Jamais nous n’aurons été aussi peu entendus que depuis deux ans.
Un débat national est désormais lancé. Il ne se limite pas aux modalités mises en oeuvre depuis les bureaux de l’Elysée.

Partout en France, dans les territoires ruraux comme dans les territoires urbains, nos concitoyen·ne·s, à la faveur de milliers de mobilisations, se sont re-saisis ces dernières semaines de questions essentielles pour notre destin collectif.

Les élu·e·s de l’Association nationale des élus communistes et républicains sont à leurs côtés dans leur exigence de débat et leur construction de solutions alternatives à la crise qui secoue notre pays et dont ils·elles sont, bien souvent, les principales victimes.

Je les appelle à continuer de prendre toutes les initiatives nécessaires pour que s’exprime la colère populaire et que se construisent, dans un débat sans tabou, les solutions.

Dans les villages et les villes où nos concitoyen·ne·s nous ont choisis pour exercer des responsabilités, nous pouvons être fier·e·s de nos expériences, de nos combats, de nos propositions et de l’énergie que nous mettons toutes et tous à servir l’intérêt général.

Les partager le plus largement possible autour de nous, continuer à être à l’écoute de ce que vivent les femmes et les hommes de notre pays, offrir des perspectives concrètes à chacune et à chacun, ce sont là des exigences fondamentales rappelées par nos concitoyen·ne·s et que les élu·e·s communistes et républicain·e·s s’attachent et s’attacheront à faire vivre au quotidien.

Patrice Bessac, Président de l’ANECR, Maire de Montreuil.

 

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