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27 octobre 2018 6 27 /10 /octobre /2018 15:04

 

La censure du budget italien par la Commission européenne est un magnifique cadeau fait au gouvernement d’extrême-droite. Elle lui offre un puissant vecteur de légitimation en remettant en cause la souveraineté populaire, celui de chaque pays et de chaque parlement à pouvoir choisir en toute souveraineté ses orientations budgétaires. Elle s’en prend aux mesures qui donnent l’impression de vouloir rompre avec les politiques néo-libérales en portant sur l’abaissement de l’âge de départ à la retraite et sur le revenu « de citoyenneté » minimum.

 

Dans le même temps, la Commission européenne ne critique absolument pas d’autres mesures budgétaires qui s’inscrivent parfaitement dans le cadre libéral : amnistie fiscale, flat tax, privatisations… 
Cette censure montre à quel point la Commission européenne est aveuglée dans son adoration du veau d’or libéral, austéritaire et autoritaire qui fait le fondement de la construction capitaliste de l’Union européenne actuelle et quels sont les intérêts de classe qu’elle défend. La poursuite de cette politique et des dégâts sociaux qu’elle génère fait le lit de l’extrême-droite ethniciste. 
 

Empêcher cette extrême-droite de prospérer en Europe implique de rompre avec de telles politiques. Il est urgent de rompre le corset autoritaire et austéritaire qui étrangle les peuples et les nations d’Europe, en remettant en cause le pacte budgétaire européen. C’est la condition nécessaire pour ouvrir la voie à d’autres coopérations entre les peuples européens, alliant respect de la souveraineté populaire et mise en commun de politiques quand cela sert les intérêts du plus grand nombre. C’est la vision d’une union des peuples et des nations souveraines et solidaires que défend le PCF.

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25 octobre 2018 4 25 /10 /octobre /2018 13:11
Christine Prunaud, sénatrice PCF des Côtes d'Armor, défend la maternité de Guingamp, et interroge la secrétaire d'état auprès de la ministre de la santé Buzyn

Vous trouverez ci-joint et ci-dessous la question orale de Christine PRUNAUD, posée en séance publique mardi 23 octobre au Sénat, au sujet de la fermeture de la maternité de Guingamp, ainsi que la réponse de la Secrétaire d'Etat auprès de Mme la Ministre de la Santé et des Solidarités.

Question

Dans le cadre de la réorganisation de l'offre de soins, la fermeture de la maternité de Guingamp, puis sa suspension, ou plutôt sa mise sous tutelle pendant deux ans, a été annoncée par l'agence régionale de santé – l'ARS – de Bretagne cet été. Cette décision a suscité une légitime vague d'indignation du personnel médical, de la population, des élus. D'ores et déjà, certaines patientes n'osent plus prendre de rendez-vous, de peur que leur suivi ne puisse pas être effectué jusqu'au terme de leur grossesse.

Les conséquences d'une fermeture d'un service de maternité sont connues : allongement des déplacements, augmentation des risques pour les femmes et les bébés, ainsi que beaucoup de stress.

À l'heure actuelle, tout le monde est suspendu à la décision de l'ARS. Les personnels, dont le professionnalisme et les compétences ne sont plus à démontrer, ne savent pas quel avenir leur est promis.

Cette maternité remplit pleinement une fonction de proximité au service de la population. Je vous en prie, madame la secrétaire d'État, n'avancez pas l'argument, déjà maintes fois utilisé, du nombre insuffisant de naissances – ce nombre se situe dans les critères – ni celui d'une meilleure efficience des soins grâce à des fusions d'unités ou de services, qui deviendraient ce que l'on appelle en Bretagne des mastodontes de la santé.

Madame la secrétaire d'État, ma question est donc simple : quelles sont vos intentions pour la maternité de Guingamp ?

 

Réponse de Mme la secrétaire d'État

Madame la sénatrice Christine Prunaud, je vous remercie de votre question, qui me permet de faire le point sur la maternité du centre hospitalier de Guingamp.

Vous le savez, la décision de l'agence régionale de santé de Bretagne de ne pas renouveler l'autorisation de l'activité de gynécologie relevait du constat suivant : une démographie médicale fragile dans deux spécialités indispensables au bon fonctionnement d'une maternité, à savoir la pédiatrie et l'anesthésie.

Malgré les efforts importants du centre hospitalier de Guingamp et du groupement hospitalier de territoire pour recruter des médecins, la couverture médicale de la maternité de Guingamp sur ces deux spécialités est, en effet, très fragile.

Elle nécessite, pour l'anesthésie, un recours fréquent à l'intérim médical, qui n'a pas vocation à constituer une solution pérenne, compte tenu des enjeux de qualité et de sécurité qui s'attachent à la naissance.

Ces difficultés fragilisent la prise en charge et la capacité de l'établissement à assurer à l'avenir la sécurité des futures mamans et des nouveau-nés à toute heure du jour et de la nuit, et ce malgré la compétence et l'engagement reconnus des personnels hospitaliers de cet établissement et l'appui des autres hôpitaux du territoire.

Le Président de la République a demandé qu'un délai supplémentaire de deux ans soit accordé au titre de l'autorisation pour permettre au centre hospitalier de renforcer sa couverture médicale et prendre en considération l'évolution du nombre de naissances dans cet établissement.

Depuis le 25 juillet, l'ensemble des acteurs du groupement hospitalier de territoire ont été impliqués dans la recherche active pour renforcer l'offre médicale, avec l'appui de l'agence régionale de santé. Plus généralement, le travail sur l'organisation de l'offre de soins sur le territoire est une priorité du Gouvernement, comme en témoignent les dispositifs inclus dans le plan Ma santé 2022, présenté par le Président de la République le 18 septembre dernier, et dont les premières mesures trouveront leur traduction législative dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2019.

Dans l'immédiat, nous savons pouvoir compter sur la forte implication des personnels hospitaliers du territoire, en en particulier ceux de la maternité de Guingamp, pour conforter cette activité et participer à cette réflexion.

Réplique

Madame la secrétaire d'État, je ne m'attendais pas à une autre réponse de votre part.

Je reviens sur la fusion de la maternité de Guingamp avec l'hôpital de Saint-Brieuc, qui nous paraît financièrement illogique. À cet égard, je vous rappelle la démission, voilà une dizaine de jours, de 120 médecins de la commission médicale d'établissement de cet hôpital. Oui, 120 médecins, madame la secrétaire d'État ! À ma connaissance, cette décision est unique en France. Cela montre bien que la situation est très grave.

Vous avez raison, il manque des anesthésistes, mais sur tout le territoire, et pas seulement à Guingamp. Ainsi, à l'hôpital de Saint-Brieuc, il y a seulement 11 temps plein pour 23 postes.

Autre point sur la sécurité des patients : à combien estimez-vous la proximité d’une maternité ? 30 kms, 50 kms, 100kms ? Même l’IGAS est favorable au maintien des petites structures ou unité de soins.

Madame la secrétaire d'État, nous vous demandons de revoir votre décision et d'accepter la réouverture pérenne de la maternité.

 

Christine Prunaud, sénatrice PCF des Côtes d'Armor, défend la maternité de Guingamp, et interroge la secrétaire d'état auprès de la ministre de la santé Buzyn
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25 octobre 2018 4 25 /10 /octobre /2018 10:22
Calcul de l’Allocation Adulte Handicapé : le Sénat repousse la proposition de loi du groupe CRCE

Le 24 octobre, le Sénat n’a pas adopté (171 contre (LERM et LR), 99 pour (CRCE et PS)) la proposition de loi du groupe communiste, républicain, citoyen et écologiste (CRCE) portant suppression de la prise en compte des revenus du conjoint dans la base de calcul de l’allocation aux adultes handicapés. (le dossier législatif).

- Lire les interventions du groupe CRCE

Sur Twitter, France handicap a déploré la décision du Sénat, en interrogeant : « À quand un revenu individuel d’existence déconnecté du revenu du/de la conjoint-e ? »

Pour rappel, cette proposition de loi a pour objet de supprimer la prise en compte des revenus du conjoint dans le versement de l’allocation aux adultes handicapés (AAH). Le groupe estime que cette prise en compte des ressources du conjoint "crée de nombreuses difficultés morales et financières et est contraire au principe même de l’allocation, qui est de garantir l’autonomie du bénéficiaire".

Le texte propose :

•de supprimer la prise en compte des revenus du conjoint dans le versement de l’AAH quand celle-ci est versée en complément des autres ressources du bénéficiaire (article 1er) ;
•de mettre fin à la prise en compte des revenus du conjoint dans le plafonnement de l’AAH (article 2) ;
•de demander au Gouvernement de remettre au Parlement un rapport relatif à la situation sociale et financière des bénéficiaires de l’AAH afin d’identifier les difficultés rencontrées et les moyens d’améliorer leur autonomie (article 3).

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25 octobre 2018 4 25 /10 /octobre /2018 10:01
Rassemblement pour dire non à la fermeture du Bureau de poste de la Boissière le samedi 27 octobre à 12h30

Sachant que les habitants des quartiers de Kerfraval, Coat Congar, La Boissière, La Madeleine, Coatsérho, La Vierge Noire, Kerscoff, Kerozar et Langolvas sud sont concernés, et représentent bien plus de la moitié des morlaisiens, une forte participation citoyenne sera la bienvenue (vous vous imaginez être obligés de descendre en ville pour un colis ou un recommandé?), soyons donc le plus nombreux possible :
Rassemblement organisé pour dire non à la fermeture du bureau de poste de La Boissière : le samedi 27 octobre à 12H30 sur l'esplanade face au cinéma La Salamandre, à l'initiative de la CGT FAPT 29N.
Chacun peut apporter son pique-nique.

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25 octobre 2018 4 25 /10 /octobre /2018 08:03
Congrès départemental de la fédération PCF du Finistère à Plonéour Lanvern (Pays Bigouden) le 10 novembre : ça approche!
Congrès départemental de la fédération PCF du Finistère à Plonéour Lanvern (Pays Bigouden) le 10 novembre : ça approche!
Cher-e-s camarades, 
 
Le Conseil Départemental du PCF Finistère du jeudi 11 octobre à Châteaulin a fixé les 3 réunions statutaires avant notre congrès départemental du PCF Finistère du samedi 10 novembre à la salle-restaurant de Coat Hellen, rue Rue Mine Car, de Plonéour Lanvern (29720), près de Pont L'Abbé dans le pays Bigouden. 

* Réunion de la commission finances  préparatoire au congrès, où sont invités les trésoriers et secrétaires de section: 

Le samedi 27 octobre 15h00 salle Penmez à Châteaulin

* Réunion Commission Candidature pour le Conseil Départemental: 
 
Le jeudi 8 novembre à 17h30 salle Penmez à Châteaulin - réunion où chaque section peut déléguer un représentant en plus des représentants désignés par le Conseil Départemental. 
 
* Réunion Commission texte - chargée d'examiner les propositions d'amendements et de contributions sur la base commune du Congrès afin d'organiser les débats du congrès 
 
Le jeudi 8 novembre à 19h30  salle Penmez à Châteaulin - les représentants des sections qui le souhaitent pourront rester à cette réunion. 
 
La matinée du congrès départemental du 10 novembre devrait être consacrée à l'examen du texte national et au débat sur celui-ci tandis que l'après-midi sera plutôt consacrée à notre activité fédérale et au débat sur l'orientation de celle-ci sur les prochaines années. 
 
Le débat sur le texte de base commune retenu le 6 octobre dernier, "Pour un manifeste du Parti communiste du XXIe siècle" continue à avoir lieu dans les sections.  
 
Le conseil national appelle les communistes à participer pleinement à cette nouvelle étape, et à amender la base commune afin que celle-ci puisse rassembler la plus grande majorité des communistes. Afin de permettre et faciliter la circulation de propositions de modifications, et d’enrichissements de la base commune, une rubrique est ouverte sur le site du congrès.
https://congres2018.pcf.fr/amendements
 
Pour le Congrès National du PCF des 23-24-25 novembre à Ivry-sur-Seine, le Congrès départemental du 10 novembre à Plonéour Lanvern élira 9 délégués du Finistère. 
 
Le Conseil Départemental a discuté jeudi 11 octobre des règles de délégation au Congrès départemental. 
 
On part sur une volonté d'avoir 80 délégués environ et un principe de 2 adhérents de droit par section + 1 délégué par tranche de 10 adhérents. 
 
Cela donne:
 
Audierne: 2 délégués
Brest: 14 délégués
Carhaix- 2 délégués
Huelgoat - 3 délégués
Châteaulin-Chateauneuf du Faou: 2 délégués    
Concarneau:  3 délégués
Crozon- 2 délégués 
Douarnenez:  3 délégués
Fouesnant:  4 délégués
Lanmeur:  3 délégués 
Le Relecq Kerhuon: 5 délégués 
Moëlan sur Mer: 3 délégués
Morlaix:  9 délégués 
Pays Bigouden:  8 délégués 
Quimper: 5 délégués 
Quimperlé: 3 délégués
Roscoff: 3 délégués
Rosporden: 4 délégués
Scaër: 3 délégués
 
 
Fraternellement, 
 
Ismaël Dupont, secrétaire départemental PCF 29
Congrès départemental de la fédération PCF du Finistère à Plonéour Lanvern (Pays Bigouden) le 10 novembre : ça approche!
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25 octobre 2018 4 25 /10 /octobre /2018 07:56

 

L'éditorial de Patrick Apel-Muller. 

Durant les six premiers mois de 2018, l’industrie française a encore perdu 2 600 postes. 

L’hémorragie a ses pics, GM&S, Ford ou Ascoval, mais elle se poursuit à bas bruit dans des secteurs stratégiques ou de façon diffuse dans le tissu de la sous-traitance. Les importations grimpent à vive allure, tandis que la balance commerciale penche toujours plus vers les déficits. En quarante ans, la part de l’industrie dans le PIB a été divisée par deux. Nos gouvernants déplorent parfois une fermeture, mais ils laissent faire. Convertis à un libéralisme échevelé, ils imaginent des privatisations, des cadeaux fiscaux, des déréglementations du travail mais n’encouragent pas l’investissement, la qualification réelle des emplois ou les transitions nécessaires pour répondre aux défis écologiques. Le bradage ­d’Alstom, dont le président de la République est personnellement comptable, en est un exemple accablant. Non content d’avoir accepté un pavillon américain, le pouvoir admet aujourd’hui le sabordage d’une entreprise majeure dont certaines branches – transport, énergie, éolien marin… – auraient dû jouer un rôle considérable dans une transition de nos productions.

La course à la financiarisation, à une rentabilité maximale fondée sur le court-termisme des dividendes et l’écrasement du travail salarié, sur une mondialisation ravageuse pour les sociétés humaines et pour leur environnement, sur la précarité pour tous et les gâchis en série, menace le présent et l’avenir. De tous ? Pas des PDG du CAC 40 en tout cas, qui ont touché en moyenne 5,1 millions d’euros en 2017, en hausse de 14 %. Et pour que les consciences des seigneurs de notre économie ne regimbent pas, leurs revenus sont de plus en plus constitués en actions. La croissance des dividendes devient alors pour eux une priorité personnelle, au détriment de l’essor et de la qualité des activités de leurs entreprises. L’industrie ne représentera pas un atout pour l’avenir de l’humanité sans changer les ressorts de ce système.

 

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25 octobre 2018 4 25 /10 /octobre /2018 07:54

Challenges vient de révéler que la multinationale californienne Airbnb n’a payé que 161 330 euros d'impôts en France en 2017. Alors que l’entreprise se vante elle-même de brasser des milliards (elle représente environ 30 milliards de valorisation boursière et dit avoir « reversé » 6,5 milliards d’euros à l’économie française l’année dernière), sa feuille d’impôt s’avère une nouvelle fois dérisoire.

Ce tour de passe-passe fiscal est rendu possible par le circuit de facturation de la firme, qui passe par l’Irlande où les taux d’imposition sur les sociétés sont trois fois inférieurs aux taux français. Ainsi, alors que le chiffre d’affaire français de l’entreprise est estimé à plus de 120 millions d’euros, sa filiale hexagonale ne déclare au fisc qu’une somme quinze fois inférieure. Le manque à gagner pour le fisc français est au minimum de deux millions d’euros.

Le scandale de l’optimisation fiscale d’Airbnb doit cesser. Pénurie de logement, accroissement de la spéculation immobilière, nuisances, dévitalisation de certains quartiers : le développement de ces plateformes de location de courte durée génère un impact négatif sur nos villes et nos territoires. Mais au lieu de chercher à solutionner ces problèmes, ces mêmes acteurs s’emploient au contraire à contourner et contester leurs obligations règlementaires et fiscales.

L’existence de paradis fiscaux au sein même de l’Union Européenne génère des pertes considérables pour les deniers publics, payées par les peuples européens. En France comme en Europe, s’agissant d’Airbnb comme des autres multinationales, il faut en finir avec cette situation.

Comme chef de file du PCF aux élections européennes, je propose d’interdire le dumping fiscal et l’implantation de filiales de facturation hors du pays de réalisation de l’activité. Tout bénéfice réalisé dans un pays membre doit donner lieu au versement de l’impôt dans ce même pays. Les rentrées fiscales ainsi obtenues pourraient permettre de financer des services publics et du logement social afin de maintenir les couches populaires et moyennes dans les métropoles touristiques.


Ian Brossat, chef de file du PCF aux élections européennes

 

 

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25 octobre 2018 4 25 /10 /octobre /2018 07:49

Brésil. Dernières déclarations du candidat fasciste Bolsonaro: " Je veux nettoyer le pays. Ces rouges marginaux seront interdits dans notre patrie." Il affirme à Lula qu'il " restera en prison" et s'adressant au candidat du PT Haddad assure qu'il rejoindra Lula " mais pas pour une visite. Ce sera pour rester quelques années" avec Lula. Le fascisme risque de s'installer la semaine prochaine au Brésil avec celui qui regrette que la dictature dans les années 1960/1980 se soit limitée à " torturer alors qu'il fallait tuer".

 

 

« LES ÉVANGÉLIQUES ONT POUSSÉ LES IDÉOLOGIES VERS LA DROITE »

Brésil. Lamia Oualalou, auteure de Jésus t’aime ! La déferlante évangélique, revient sur l’essor de ce courant au Brésil, sa force de pénétration dans la société et les sphères du pouvoir. Son influence n’est pas étrangère à l’ascension de l’extrême droite.

Les Églises évangéliques sont en pleine expansion au Brésil. Pour quelles raisons ?

Lamia Oualalou Le phénomène a débuté il y a près de quarante ans, en raison d’une transformation sociale et sociologique. Le Brésil, qui était un pays rural, va devenir radicalement citadin. L’exode massif vient grossir des villes dépourvues de structures sociales. L’emploi fait défaut avec la crise économique des années 1970. Parallèlement, l’Église catholique se désengage des zones pauvres. C’est le résultat d’une décision politique du pape Jean-Paul II afin de lutter contre la théologie de la libération selon laquelle l’Église doit libérer les pauvres. Jean-Paul II y voit là un danger communiste et écarte ces militants. Ils avaient pourtant une capillarité qu’aucun parti n’a jamais eue car ils touchaient 800 000 Brésiliens.

Ce « nettoyage » politique explique-t-il le recul du catholicisme ?

Lamia Oualalou À la différence de l’Église catholique, les évangéliques n’ont aucun mal à s’installer en périphérie, dans les favelas, où les temples se montent dans d’anciens bars ou garages. Ils touchent une population essentiellement féminine qui n’a accès à aucun espace adapté. Ces églises réunissent leurs amis ; elles constituent un réseau d’entraide. Elles se substituent à l’État. En revanche, ce réseau est payant : les fidèles versent 10 % de leur revenu. La théologie de la prospérité repose sur l’idée que vous avez le droit à une vie morale et matérielle décente. Ce courant s’est répandu car il n’a été combattu par aucune autre idéologie. Durant les mandats du président Lula, la vie des pauvres s’est considérablement améliorée. Mais le discours du Parti des travailleurs (PT) a épousé la théorie consumériste.

Peut-on faire une corrélation entre l’ascension de l’extrême droite et l’influence des Églises évangéliques ?

Lamia Oualalou C’est l’une des raisons de la présence de Jair Bolsonaro au second tour. Une semaine avant le premier tour, il y a eu des grandes manifestations contre Jair Bolsonaro dans soixante villes. Tout le monde était convaincu du succès. Mais les médias évangéliques ont détourné les images de ces défilés, en montrant des femmes nues avec des enfants dans des positions sexualisées. Cela n’a jamais eu lieu. Mais le lendemain de ces manifestations, la majorité des pasteurs s’est prononcée en faveur de Jair Bolsonaro et il a connu un boom de 6 % dans les sondages.

Comment s’opère l’argumentaire ?

Lamia Oualalou Les évangéliques votent en fonction des dires du pasteur. Les croyants vont plusieurs fois par semaine au culte. C’est bien souvent leur seul lieu de socialisation. Par ailleurs, et c’est là un point très important, les évangéliques maîtrisent l’appareil médiatique. L’Église universelle du royaume de Dieu d’Edir Macedo possède la deuxième chaîne télévisée du pays et beaucoup d’autres. R7 est le premier portail sur Internet. Il a une infinité de radios. Sa force de pénétration est incroyable. Des fidèles n’écoutent que des médias évangéliques. Ce milieu fermé a empiré avec l’existence des réseaux sociaux, notamment WhatsApp.

Ce réseau social est d’ailleurs l’un des canaux de la propagande de Jair Bolsonaro ?

Lamia Oualalou Il est utilisé par une majorité de Brésiliens. Ces derniers ne sont pas tous des fascistes, mais ils sont terrorisés au quotidien par la violence. Le pays est en récession depuis quatre ans. L’appareil judiciaire est totalement retourné contre la gauche, qui est incapable d’avoir un discours audible. Bolsonaro représente l’ordre et le PT, le diable. C’est d’autant plus injuste que le PT n’a jamais eu de positions extrêmes. Sur le plan économique, il a accepté toutes les règles du capitalisme.

Au Congrès, peut-on parler de lobby évangélique ?

Lamia Oualalou Les évangéliques et les catholiques se retrouvent sur des lignes partisanes communes contre l’avortement, le mariage des personnes homosexuelles et sur des questions corporatistes, à savoir se protéger pour ne pas payer d’impôts. Les évangéliques ont réussi à pousser toutes les idéologies vers la droite. Tout le monde lâche du lest face au poids des évangéliques. Tous les mercredis, les députés se réunissent et chantent ensemble alors qu’ils sont issus du Parti des travailleurs ou de la droite. En 2010, la présidente Dilma Rousseff a écrit une lettre aux évangéliques de crainte de perdre leur vote. Alors qu’elle s’était clairement prononcée en faveur de la liberté de choix pour les femmes, elle s’est engagée à ne pas légiférer sur l’IVG.

Ils ont une stratégie de pénétration des sphères du pouvoir et de la société grâce à un marketing ciblé. Il existe par exemple des Églises évangéliques homosexuelles. La force des évangéliques est telle que quiconque s’y oppose subira de fortes pressions. Si Bolsonaro est élu, la répression viendra de l’État comme d’individus. Les monstres sont déjà sortis.

Lamia Oualalou Journaliste

Lamia Oualalou, Jésus t’aime ! La déferlante évangélique. Éditions du Cerf, 286 pages, 20 euros.

 

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25 octobre 2018 4 25 /10 /octobre /2018 06:46
Avec Macron et ses amis, ils se font un pognon de dingue! (suite au débat budgétaire)

Un pognon de dingue !

Selon le rapport annuel du groupe bancaire Crédit suisse publié le 18 octobre, tout va décidément toujours très bien pour les Français les mieux nantis : le nombre des ménages millionnaires en France a connu, entre la mi-2017 et la mi-2018, la deuxième plus forte augmentation mondiale derrière les Etats-Unis. 259.000 foyers supplémentaires affichent ainsi des patrimoines d’au moins un million de dollars (la monnaie utilisée pour l'étude) depuis l'arrivée d'Emmanuel Macron au pouvoir, portant le club des six zéros à 2,147 millions de ménages. La France pointe en cinquième position au classement des pays comptant le plus de foyers millionnaires, ex æquo avec l'Allemagne mais derrière la Grande-Bretagne, le Japon, la Chine et les Etats-Unis. 

En 2017, les PDG du CAC 40 ont touché en moyenne 14% de plus que l'année précédente selon une étude de Proxinvest citée par Le Monde sous le titre "Les salaires des grands patrons se remettent à flamber". 

Le député communiste Jean-Paul Dufrègne a souligné mardi 23 octobre à l'Assemblée Nationale que les deux premiers budgets des gouvernements Macron "entraînent une baisse du pouvoir d'achat pour les 20% des ménages les plus modestes et une augmentation importante du pouvoir d'achat des 1% les plus riches". 

" En résumé le ruissellement des richesses existe bel et bien. Mais il coule des plus pauvres vers les plus riches. La France compte même 146 000 millionnaires de plus depuis l'arrivée au pouvoir d'Emmanuel Macron. Soit une augmentation record dans le monde" (Aurélien Soucheyre, L'Humanité, 24 octobre 2018) 

Les élus communistes ont tenté de remédier à ce déséquilibre en proposant de rétablir l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF), de supprimer la Flat Tax et d'augmenter le nombre de tranches d'impôts sur le revenu, afin de le rendre plus juste. Ils ont été renvoyés dans les cordes. 

La majorité a préféré augmenter le prix des carburants, qui touche fortement les plus modestes, sans même prévoir l'indexation des gains au financement d'un plan sur l'écologie. Idem pour l'augmentation de la CSG qui touche fortement les retraités. 

L'augmentation du taux d'exonération sur les plus-values en cas de cessions dans le cadre de la niche Copé (de 88 à 95%) a été vivement dénoncée par Fabien Roussel (PCF) mais cette mesure est passée.

" C'est aussi le cas de la pérennisation du Cice sans aucune condition, qui va coûter plus de 40 milliards d'euros cette année, soit 1,8 point de PIB. Ou encore de l'augmentation constante de la part de la TVA dans les recettes nettes de l'Etat (157 milliards d'euros sur 232,9). Sitôt après avoir voté contre (la première partie recettes du projet de loi de finances 2019), les députés PCF ont déposé une motion de rejet face au projet de budget de la Sécurité Sociale, dont l'examen a démarré hier. Pierre Darhéville s'est notamment indigné des 900 millions d'euros d'économies imposés à des "hôpitaux publics déjà exsangues"  (Aurélien Soucheyre, L'Humanité, 24 octobre 2018)    

Première partie du Budget 2019 : Le 23 octobre dernier, Jean-Paul Dufrègne, député communiste, est intervenu pour expliquer le vote contre des députés communistes.

Ce budget est un budget INJUSTE dénonce le député de l’Allier en introduction de son intervention.

Il rappelle que pour la seconde année, ce budget est avant tout le budget des riches, et d’ailleurs l’Institut des Politiques Publiques ne s’y trompe pas et note que les 2 derniers PLF entraînent une baisse du pouvoir d’achat pour les 20% de ménages les plus modestes et une augmentation importante du pouvoir d’achat des 1% les plus riches.

Ce budget est aussi un budget D’ABANDON dénonce également JP Dufrègne.

Le ministère de la cohésion des territoires connaît une forte baisse de même que celui de l’emploi. Des orientations difficilement compréhensibles au moment où les territoires ruraux ou périphériques ont besoin de soutien et de visibilité dans l’action publique, notamment pour conjurer ce sentiment d’abandon souvent exprimé.

- Lire son intervention en intégralité

Nous voterons contre la première partie de ce projet de loi de finances, non pas parce que nous sommes dans l’opposition et que vous êtes dans la majorité, mais tout simplement parce que ce budget est d’abord injuste.

Il est injuste comme l’était votre précédent PLF et il reproduit les mêmes injustices, et tout d’abord concernant l’impôt sur le revenu et sa progressivité. Nous souhaitons rouvrir ce débat car nous considérons que la diminution du nombre de tranches et l’abaissement du taux marginal ne permettent pas de prendre suffisamment en compte les disparités de revenu pour une juste contribution à l’impôt que pour notre part, contrairement à d’autres, nous ne diabolisons pas. On peut toujours en effet clamer sur tous les toits qu’on paie trop d’impôts – c’est toujours populaire. Nous pensons au contraire qu’il faut réhabiliter l’impôt sur le revenu parce que c’est le plus juste : il est effectivement progressif et il permet de financer les fonctions régaliennes de l’Etat.

Qui veut moins d’enseignants devant les élèves ? Qui veut moins de policiers, moins de gendarmes ? Je pourrais continuer la liste. Il faut donc plus de recettes d’impôt sur le revenu pour diminuer par exemple la TVA sur les produits de première nécessité. Je rappelle que la TVA est l’impôt le plus injuste car, frappant la consommation, il pèse proportionnellement beaucoup plus sur les petits revenus que sur les gros. Vous avez d’entrée verrouillé ce dossier dont on ne devrait plus parler, alors qu’en 2000 par exemple, il y avait sept tranches avec un taux marginal de 52,75 %, contre cinq  tranches aujourd’hui et un taux marginal de 45 % ! Tous nos amendements ont été repoussés sans ménagement, sous prétexte que ce serait confiscatoire !

Ce projet de loi de finances est  injuste aussi parce que, contrairement à ce que vous affirmez, il privilégie le capital par rapport au travail en exonérant de contributions les gros patrimoines financiers et en plafonnant à 12,8 % l’imposition des revenus financiers.

Il faut que le travail paie, dites-vous, oubliant d’ajouter  : « et que le capital rapporte ! » Ceux qui le détiennent peuvent dormir sur leurs deux oreilles : la maison est bien gardée. Je ne reviens pas sur le véritable scandale que constitue le renforcement de la niche Copé, et que dire de la lutte contre l’évasion et la fraude fiscale, qui reste au stade des bonnes intentions.

Ce PLF est injuste enfin parce qu’il désigne des boucs émissaires, tels les retraités, dont le rôle dans la société n’est pas reconnu, ou encore les familles.

La transformation du CICE en réductions de cotisations sociales offrira un cadeau de 40 milliards aux entreprises sans que soit exigé la moindre contrepartie, ce qui aurait été un minimum !

Pour la seconde année, ce budget est avant tout le budget des riches. D’ailleurs l’Institut des politiques publiques ne s’y trompe pas, qui note que les deux derniers PLF entraînent une baisse du pouvoir d’achat pour les 20 % de ménages les plus modestes et une augmentation importante de celui des 1 % les plus riches.

Ce budget est aussi un budget d’abandon. Les crédits du ministère de la cohésion des territoires connaissent une forte baisse de même que le budget de l’emploi. Ces orientations sont difficilement compréhensibles au moment où les territoires ruraux ou périphériques ont besoin de soutien et de visibilité de l’action publique, notamment pour conjurer un sentiment d’abandon souvent exprimé.

La baisse du budget de l’emploi est particulièrement inquiétante, de même que celle du budget de l’agriculture à un moment où le doute s’est installé dans des campagnes de plus en plus touches par une sécheresse touchant de nombreux départements, comme l’Allier.  

Et puis ce n’est pas un budget d’anticipation, mais plutôt un budget de contradictions. Nous estimons qu’il est nécessaire et absolument urgent de s’investir dans la transition écologique. Tous les rapports, et notamment le dernier du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat – GIEC –, tirent la sonnette d’alarme sur les conséquences du réchauffement climatique. Cependant, votre boussole libérale vous entraîne sur d’autres chemins : baisser les dépenses publiques, dites-vous, pour réduire le déficit public, pour baisser les impôts et pour diminuer la dette. Que reste-t-il ? Rien, rien, rien ! Trois fois rien, alors qu’il faudrait des milliards pour inverser la courbe. C’est au moment où on en a le plus besoin qu’on se prive de recettes considérables pour faire plaisir aux copains. Il est pourtant incontournable que ceux qui ont les plus gros patrimoines contribuent à dégager les ressources nécessaires pour lutter contre le réchauffement climatique, et nous y viendrons. La fiscalité énergétique punitive pour celles et ceux qui n’ont pas d’autre choix que d’utiliser leur véhicule – pour des raisons toutes aussi recevables les unes que les autres – a atteint son niveau d’acceptabilité, surtout lorsque l’on sait que seuls 25 % de cette taxe sont véritablement affectés à des opérations structurantes ou de compensation. Ceux qui passent à la caisse pour financer les cadeaux fiscaux faits aux plus riches apprécieront ! Pour toutes ces raisons – et pour bien d’autres, que je n’ai pas le temps de développer –, le groupe GDR, avec ses composantes communiste et ultramarine, votera donc contre ce projet de loi de finances. 

Avec Macron et ses amis, ils se font un pognon de dingue! (suite au débat budgétaire)
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25 octobre 2018 4 25 /10 /octobre /2018 06:10
Université permanente du PCF: demandez le programme

UNIVERSITÉ PERMANENTE

Les communistes créent une université permanente. L’éducation populaire telle que nous la concevons est une action politique au sens large et noble du terme qui s’inscrit dans une perspective émancipatrice. La politique n’est pas l’art du publicitaire qui espère manipuler et détourner la pulsion du consommateur. La politique n’est pas non plus qu’une affaire de « passion » ; elle est aussi le lieu de la rationalité.

La politique a aussi et surtout à voir avec la connaissance, non pas sur le modèle du théoricien éclairant les masses, mais plutôt sur le modèle du dialogue entre des connaissances et des acteurs décidant par eux-mêmes de l’usage qu’ils pourraient en faire.

La politique ne saurait se réduire non plus à l’indignation. Bien sûr, cette critique morale est utile et ne doit pas être sous-estimée. Mais elle ne suffit pas. Notre société n’est pas d’abord menacée par l’immoralité de ses dirigeants (même si celle-ci n’arrange rien), mais elle est menacée par des logiques largement anonymes (marchés financiers, croissance, etc.).

L’éducation populaire telle que nous la concevons consiste à diffuser les outils intellectuels permettant aux citoyens de comprendre ces dynamiques sociales à l’œuvre dans nos sociétés.

 Une université permanente est l’occasion de montrer la faiblesse des discours pseudo-savants et peut contribuer à accroître la qualité du débat politique.

Ce qui pouvait hier nourrir une perspective progressiste prenant au sérieux les apports de Marx notamment, s’est vu si largement relégué au second, voire au troisième plan, du fait de l’offensive idéologique du libéralisme que nous ne serons pas de trop pour animer cette si nécessaire contre-offensive.

Le programme 2018-2019 de l’Université permanente : quatre cours de neuf séances auront lieu cette année, neuf heures de Philosophie, neuf heures de Lettres, neuf heures en Histoire et en Économie.

En Philosophie, les conférenciers traiteront du Matérialisme. Le philosophe Olivier Bloch, professeur émérite à Paris I Panthéon Sorbonne, spécialiste du matérialisme et de la littérature clandestine des XVIIème et XVIIIème siècles, nous a fait le plaisir d’accepter une interview qui viendra clore le cycle.

Le programme de Lettres sera consacré à Aragon. Olivier Barbarant qui dirige la publication des œuvres d’Aragon dans la Bibliothèque de la Pléiade nous a fait l’honneur de participer à la conception du programme. Il animera par ailleurs trois séances.

En Histoire, le cours portera sur la Révolution française. Des chercheurs de plusieurs générations viendront restituer la complexité de l’événement fondateur. L’historien Claude Mazauric, en plus de participer aux séances, nous a aimablement conseillé pour constituer le cours.

Enfin en Économie, le cours sera consacré aux crises. Les conférenciers, chercheurs au CNRS, administrateurs à l’INSEE, économistes à la Banque de France, etc. proposeront une analyse économique à contre-courant des lectures habituelles qui ont eu bien des difficultés pour anticiper les crises de notre temps

Les conférences se tiendront chaque semaine, les mardis, à l’espace Niemeyer, 2 place du Colonel-Fabien, Paris 19e.

Nous voulons, dans une perspective d’éducation populaire, permettre à une large majorité d’accéder à un savoir ordinairement réservé à une minorité.

Les conférences seront diffusées en direct et seront disponibles le lendemain sur la chaîne Youtube de l’Université permanente

 

 

En piéce jointe le programme détaillé des séances

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