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8 janvier 2022 6 08 /01 /janvier /2022 06:20
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7 janvier 2022 5 07 /01 /janvier /2022 06:42
Pcf. Un hommage à Charlie sous le signe de l’universalisme (Diego Chauvet, L'Humanité, 7 janvier 2022)
Pcf. Un hommage à Charlie sous le signe de l’universalisme
Vendredi 7 Janvier 2022 - L'Humanité

Le 5 janvier, dessinateurs, journalistes et humoristes se sont retrouvés place du Colonel-Fabien, à Paris, pour parler liberté d’expression, sept ans après l’attentat.

 

« N ous avons décidé de construire cette soirée pour pouvoir rendre hommage à celles et ceux qui sont morts dans cet attentat islamiste. Et en même temps, à toutes celles et ceux qui, par leur coup de crayon et leur coup de pinceau, expriment et font vivre des idées. » C’est par ces mots que le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, a introduit la soirée d’hommage aux membres de l’équipe de Charlie Hebdo assassinés le 7 janvier 2015. « Ils sont morts pour leurs idées, pour défendre des principes chers à notre République, des principes laïques », a également précisé le dirigeant communiste. Une République « issue de notre Révolution » ou encore de la « loi de 1905 qui ouvre droit au blasphème », mais aussi « de la loi Gayssot qui protège contre le racisme ».

Après avoir cité les noms des victimes, Fabien Roussel a rappelé qu’ils et elles étaient « éperdument attachés aux valeurs de justice, d’égalité, de liberté, de fraternité », qui animaient également « la Commune de Paris et les résistants qui ont risqué et perdu leur vie ». Le candidat à l’Élysée a également souligné que « les fanatiques ont toujours ciblé la culture » et rappelé le rôle émancipateur des artistes dans l’histoire de France, mais aussi dans les luttes ouvrières. « Dans toute notre histoire au PCF, nous avons voulu mettre l’art au cœur de notre combat pour l’émancipation. »

Autour du secrétaire national, des artistes sont présents pour cet hommage : l’humoriste Sophia Aram, le dessinateur Xavier Gorce. Ainsi que la DRH de Charlie Hebdo, Marika Bret. Dans la salle, on compte le dessinateur Plantu et l’essayiste Caroline Fourest. Entre les interventions des invités et le débat qui s’installe avec la salle, le besoin se ressent de se parler entre ceux qui accusent la gauche d’avoir « déserté » le combat pour la défense de la laïcité et le PCF. Sophia Aram insiste ainsi sur « le droit au blasphème, pierre angulaire de la liberté d’expression, n’en déplaise à tous les cons ». Xavier Gorce souligne une « peur insidieuse » contemporaine d’une époque où les réseaux sociaux s’enflamment vite : « celle de passer pour un réac, un raciste, un islamophobe ». Et le dessinateur de pointer la « responsabilité des mouvements de gauche », qui doivent « arrêter de céder du terrain face à ces injonctions ». Marika Bret considère qu’il faut « arrêter d’avoir peur du débat » sur les sujets liés à la laïcité : « Dans les lycées, c’est un peu vif, mais quand on leur explique, ça se passe très bien. »

« Ces anathèmes nous ont divisés »

Caroline Fourest, proche du Printemps républicain, se félicite de cette soirée hommage, jugeant qu’une dizaine d’années auparavant, « elle aurait été évidente ». « Ces anathèmes nous ont divisés, isolés, regrette l’essayiste : La laïcité serait islamophobe ? C’est de la folie, cessons d’utiliser ce mot », lance-t-elle, appelant plutôt à lutter « contre le racisme antimusulman ». Le débat gagnerait aussi en sérénité à arrêter les anathèmes sur l’islamo-gauchisme.

Reconnaissant les différences qui peuvent persister entre tous, le secrétaire national du PCF a lui aussi insisté sur l’importance du « droit au blasphème », le reliant également au droit fondamental de « ne pas être discriminé ». Il s’est néanmoins montré désireux de poursuivre le dialogue en perpétuant l’esprit Charlie. « Continuons à tisser ces liens qui nous font du bien », a-t-il proposé en fin de soirée. Il envisage « peut-être un autre rendez-vous l’année prochaine, peut-être même tous les ans ». Pour Fabien Roussel, il est temps de « défendre plus que jamais ces valeurs universalistes qui sont les nôtres et qui nous sont très chères ».

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7 janvier 2022 5 07 /01 /janvier /2022 06:33
Vaccination. Roussel veut convaincre, pas contraindre (Benjamin König, L'Humanité, 7 janvier 2022)
Vaccination. Roussel veut convaincre, pas contraindre (Benjamin König, L'Humanité, 7 janvier 2022)
Vaccination. Roussel veut « convaincre, pas contraindre »
Vendredi 7 Janvier 2022 - L'Humanité

Quelques heures après la fin des débats à l’Assemblée sur la loi sanitaire, le candidat PCF s’est rendu à Villejuif dans un centre adapté aux besoins locaux.

 

Il n’est pas encore 14 heures, en ce jeudi ensoleillé, et déjà une quarantaine de personnes attendent leur tour. Bienvenue dans la nouvelle halle des sports Colette-Besson, à Villejuif (Val-de-Marne), transformée depuis le début de l’hiver en centre de vaccination. Quelques heures après l’adoption par l’Assemblée nationale du passe vaccinal et deux jours après l’insulte lancée par le chef de l’État à l’encontre des non-vaccinés, le candidat PCF à l’élection présidentielle, Fabien Roussel, s’y est rendu pour démontrer l’imposture de l’invective. Alors qu’il est situé au cœur d’un quartier populaire, « le succès (du lieu) a été salué par l’ARS », se félicite le maire de la ville, Pierre Garzon (PCF). Ici, nulle envie « d’emmerder » les Français non vaccinés, mais plutôt de convaincre, expliquer, dialoguer. « C’était notre préoccupation depuis le début », explique l’édile, pour qui « l’enjeu est culturel, de proximité et pédagogique ». Toute la question du fameux « aller vers », parfois mis en avant par le gouvernement mais dont l’application réelle laisse à désirer.

Ici, on reçoit tout le monde et sans rendez-vous

Sur place, Fabien Roussel questionne, s’enquiert du travail des personnels municipaux, des infirmières, des agents d’accueil. « Qui est là pour sa première dose ? Ou bien le rappel ? » lance le secrétaire national du PCF à la cantonade. Une main se lève. Un jeune homme attend d’être primo-vacciné. « Je me suis laissé convaincre », lance-t-il. Il habite dans la ville, non loin du centre. À ses côtés, Jean-Pierre, 66 ans et Villejuifois de toujours, raconte : « Mon médecin m’a convaincu, j’étais réticent au début. J’ai quelques pathologies, du diabète, de la tension… J’ai eu le Covid pendant les fêtes. Je n’ai eu aucun symptôme… » Difficile de savoir si c’est entièrement grâce au vaccin, mais Jean-Pierre « ne le regrette pas ».

Ici, on reçoit tout le monde et sans rendez-vous. « Pas besoin de s’inscrire sur Internet, sur Doctolib », précise Pierre Garzon. Face à la dizaine de personnes qui attendent l’injection, le responsable du centre, Nacer Kacimi, estime le rythme à « 400 vaccinés par jour, dont environ 25 de primo-vaccinés, 15 pour la seconde dose, le reste pour le rappel ». Et de détailler la méthode : « On reçoit des personnes qui ne seraient jamais venues sans ce lieu. Ce sont souvent les médecins de la ville, les pharmaciens qui envoient les gens. Et le samedi matin, on va vacciner directement chez ceux qui ne peuvent pas se déplacer, et ça marche super bien. » Une mobilisation de tous les acteurs de la commune à laquelle participe Yasmine, étudiante en pharmacie, qui donne de son temps libre pour venir faire des injections. La discussion avec Fabien Roussel s’engage : elle raconte les réticences, même si « beaucoup viennent car ils voient qu’il n’y a pas d’effets indésirables, de danger ». Pour elle, convaincre passe bien sûr par la proximité : « Il y a beaucoup de jeunes, de personnes que l’on connaît, ça compte », mais également par l’argument, en l’occurrence « éviter les lits d’hôpitaux et la réanimation… ».

Pour le candidat à la présidentielle, l’enjeu est de montrer qu’il est préférable « d’expliquer, de positiver sur ce qui peut convaincre plutôt que de stigmatiser les non-vaccinés ». Tout l’inverse d’un passe vaccinal « qui comme l’a dit le président est là pour emmerder ». Le député du Nord rappelle au passage, comme son groupe l’a fait à l’Assemblée, que la bataille contre le virus passe aussi par « la levée des brevets, et le travail en commun des chercheurs du monde entier ».

Vaccination. Roussel veut convaincre, pas contraindre (Benjamin König, L'Humanité, 7 janvier 2022)
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6 janvier 2022 4 06 /01 /janvier /2022 06:32

 

 

 

 

 

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5 janvier 2022 3 05 /01 /janvier /2022 07:49
Il y a 7 ans disparaissait le grand réalisateur et scénariste militant communiste et anticolonialiste René Vautier
Il y a 7 ans disparaissait le grand réalisateur et scénariste militant communiste et anticolonialiste René Vautier
Il y a 7 ans disparaissait le grand réalisateur et scénariste militant communiste et anticolonialiste René Vautier
Il y a 7 ans disparaissait le grand réalisateur et scénariste militant communiste et anticolonialiste René Vautier
 
Il y a 7 ans, le 4 janvier 2015, le réalisateur et scénariste militant René Vautier décédait.
Né dans une famille ouvrière, il commence son engagement dans la résistance au nazisme alors qu’il n’a que 15 ans. Il reprend ses études à la libération et sort diplômé de l’institut des hautes études cinématographiques en 1948.
L’année d’après la ligue de l’enseignement lui commande un film visant à mettre en valeur « l’œuvre éducative » de la France dans les colonies africaines. Il se rend alors au Sénégal, en Côte d’Ivoire, au Mali et en Haute-Volta. Indigné par ce qu’il voit, il transforme son film en mise en accusation de la colonisation. La police s’empare alors de ses bobines. Il réussit cependant à sauver 15 minutes de bandes qui deviendront le film « Afrique 50 ». Le film sera interdit pendant plus de 40 ans mais sera diffusé clandestinement ce qui vaut à son auteur 13 inculpations et une condamnation à 1 an de prison.
Sorti de prison en juin 1952, il fait différents tournages anticolonialistes. En 1956, il rejoint clandestinement l’Algérie et se met au service du FLN. Il met sa caméra au service de la lutte en filmant la résistance des moudjahidines. Il réalise un nouveau film « l’Algérie en flammes » visant à faire connaître la lutte indépendantiste du peuple algérien. A l’indépendance, il s’installe à Alger pour aider à la naissance d’un cinéma algérien. Il sera ainsi le formateur de la première génération de cinéastes algériens.
De retour en France en 1968, il participe à la mise en place des collectifs cinéastes-ouvriers visant à faire de la caméra une arme de la lutte des classes. Il n’abandonne pas cependant son engagement anticolonialiste. En 1972, il sollicite ainsi en tant que producteur un visa d’exploitation pour la diffusion du film de Jacques Panijel « Octobre à Paris ». Devant le refus du pouvoir, il commence une grève de la faim en janvier 1973 pour exiger « la suppression de la possibilité, pour la commission de censure cinématographique, de censurer des films sans fournir de raisons ». Soutenu par de nombreuses personnalités, il obtient satisfaction au bout de 31 jours.
Toutes son œuvre témoigne de son engagement anticapitaliste (avec par exemple « Un homme est mort » en 1950 ou « Classe de lutte » en 1969), antiraciste (avec par exemple « les trois cousins » en 1970 ou « Vous avez dit français ? » en 1986), antifasciste (avec par exemple « A propos de …l’autre détail » en 1984 ou « Châteaubriant, mémoire vivante » en 1985.), féministe ( avec « Quand les femmes ont pris la colère » en 1977) et bien sûr anticolonialiste (avec « Afrique 50 » en 1950 ou « Avoir vingt ans dans les Aurès » en 1972).
Toute sa vie et son talent furent au service des luttes pour l’égalité.
 
FUIQP 59/62 - La mémoire au service des luttes
 
Lire aussi :

Disparition de René Vautier, cinéaste militant communiste et anti-colonialiste: article du Monde

Résistant sous l'occupation, emprisonné pour son premier film, passé du côté du FLN pendant la guerre d'Algérie, membre du groupe Medvedkine après mai 1968, défenseur de l'autonomie bretonne, le cinéaste René Vautier est mort le 4 janvier en Bretagne. Il avait 86 ans.

Le grand public a pris conscience de son existence en 1972, lorsque Avoir vingt ans dans les Aurès a été présenté à Cannes, à la Semaine de la critique. Le film racontait la désertion d'un soldat français en Algérie qui refusait l'exécution sommaire d'un prisonnier algérien. Mais ce n'est pas l'histoire de René Vautier. Il a passé le conflit algérien de l'autre côté, son itinéraire l'ayant porté depuis longtemps dans le camp des colonisés.

Né le 15 janvier 1928 à Camaret, dans le Finistère, ce fils d'ouvrier rejoint la Résistance en 1943. Après la guerre, il suit les cours de l'IDHEC et adhère au parti communiste. En 1950, la Ligue de l'enseignement le charge de réaliser un film sur l'éducation française en Afrique subsaharienne. Vautier détourne la commande et évoque une réalité méconnue : le travail forcé, les violences des autorités coloniales contre les populations entre la Côte d'Ivoire et le Mali. Le film qu'il rapporte de ce que l'on appelait alors l'A.O.F., Afrique 50, est non seulement censuré (il le restera quarante ans), mais vaut à son auteur une condamnation à un an de prison, exécutée dans les prisons militaires.

 

 UN FOCUS SUR L'ALGÉRIE

Au moment du déclenchement du conflit algérien, René Vautier part pour l'Afrique du Nord, d'abord pour la Tunisie, où il tourne deux courts métrages avant de gagner l'Algérie, aux côtés de maquis du FLN. Il y tourne deux documentaires, Une nation, l'Algérie, aujourd'hui perdu et L'Algérie en flammes. Cette collaboration lui vaut d'être poursuivi par les autorités françaises et René Vautier reste en exil jusqu'en 1966.

Peu après son retour en France, il rejoint en 1967 le groupe Medvedkine formé à Besançon autour de Chris Marker. Cette coopérative destinée à donner une image cinématographique des luttes ouvrières inspire René Vautier qui s'établit finalement en Bretagne où il fonde l'Unité de production cinématographique de Bretagne.

C'est dans ce cadre qu'il produit ses deux longs métrages de fiction Avoir vingt ans dans les Aurès et La Folle de Toujane (1973). D'Avoir vingt ans, Louis Marcorelles dira dans ces colonnes qu'il s'agit du « film le plus libre, le moins conformiste que nous ayons vu en France depuis longtemps ». Le cinéaste tourne aussi des documentaires sur les luttes ouvrières Quand tu disais Valéry (1975) ou Quand les Femmes ont pris la colère (1976) coréalisé avec Soazig Chappedelaine.

En 1972, René Vautier entre en grève de la faim après que le refus d'un visa d'exploitation pour le film Octobre à Paris, réalisé par Jacques Panijel après le massacre des manifestants algériens à Paris le 17 octobre 1961. Vautier voulait enfin sortir le film à travers sa société de distribution, et ne cesse sa grève qu'après avoir reçu du ministre de la culture de l'époque, Jacques Duhamel, l'assurance que les critères politiques n'entreront plus en ligne de compte dans les décisions de la commission de contrôle cinématographique.

En 1981, l'UPCB ferme, faute de financement, mais René Vautier ne cesse pas pour autant de tourner, des films sur les essais nucléaires dans le Pacifique, sur l'immigration, sur la Résistance. En 1985, lors du procès qui oppose Le Canard enchaîné à Jean-Marie Le Pen au sujet des tortures infligées par ce dernier pendant la guerre d'Algérie, l'hebdomadaire produit le témoignage d'une des victimes du lieutenant Le Pen, Ali Rouchaï que le cinéaste a tourné à Alger. René Vautier est aussi l'auteur de plusieurs ouvrages dont Caméra citoyenne - Mémoires, publié en 1988.

Lire notre interview avec René Vautier datant de 2007 : "Je filme ce que je vois, ce que je sais, ce qui est vrai"


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/disparitions/article/2015/01/04/mort-du-cineaste-francais-rene-vautier_4549027_3382.html#A0RDji57ZfwRhfWc.99

René Vautier, le porteur de drapeau à droite, en 1945. Le scout de Quimper a effectué de nombreuses "missions", l'année où il préparait son bac: c'était lui qui représentait le clan des Eclaireurs lors des cérémonies officielles (collection René Vautier - repris par Philippe Chapleau et l'équipe du livre "Des enfants dans la Résistance", Ouest-France)

René Vautier, le porteur de drapeau à droite, en 1945. Le scout de Quimper a effectué de nombreuses "missions", l'année où il préparait son bac: c'était lui qui représentait le clan des Eclaireurs lors des cérémonies officielles (collection René Vautier - repris par Philippe Chapleau et l'équipe du livre "Des enfants dans la Résistance", Ouest-France)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère

7/ René Vautier: 1928-2015

Né le 15 janvier 1928 à Camaret-sur-Mer (Finistère), mort le 4 janvier 2015 à Cancale où il vivait depuis des années, René Vautier est un cinéaste engagé, anticolonialiste, antimilitariste. René Vautier, jeune lycéen résistant dans le sud-Finistère dès 1943, décoré de la croix de guerre à 16 ans en 1945, adhère au PCF dans l'après-guerre.

Ses films et ses documentaires profondément novateurs sur le rapport au réel les plus connus sont "Afrique 50" (1950), "Un homme est mort" (1950), "Anneau d'or" (1956), "Avoir vingt ans dans les Aurès" (1971), "Frontline" (1976), "Marée Noire, colère rouge" (1978). 

Pendant la guerre d'Algérie, René Vautier eut le courage par conviction anti-colonialiste et par goût du témoignage inédit de suivre des fellagas du FLN pendant plusieurs mois à l'insu évidemment des autorités coloniales avant d'être arrêté par le FLN et de passer plus de deux ans dans ses prisons. 

Ce fut aussi un adhérent communiste jusqu'à sa mort, et un militant du Mouvement de la Paix. 

Dans le livre richement illustré Des enfants dans la Résistance (1939-1945) (édition Ouest-France), Philippe Chapleau nous fait revivre la naissance à l'engagement de René Vautier à Quimper, comme scout résistant, à travers la retranscription d'un interview passionnant. 

 

René Vautier revient sur son adolescence de résistant dans le Sud-Finistère et les blessures intimes que cela a engendré pour lui:  

" Je suis né le 15 janvier 1928 à Camaret. A 9 ans, j'ai quitté Brest pour Quimper, où ma mère était institutrice dans une école de la ville, sur le bord de la route de Pont-l'Abbé. Elle était divorcée. Nous vivions à trois, avec mon frère aîné, Jean, qui avait 16 ans. 

En 1939, mon père, que je n'avais pas vu depuis quelques temps, a été mobilisé. Il a été envoyé dans un casernement de Quimper, à 300 mètres de l'école de ma mère. Je suis allé lui rendre visite plusieurs fois; ça a été mon premier contact avec la guerre. Chez nous, on ne parlait pas beaucoup de la Grande Guerre. En revanche, dès que les Allemands sont arrivés, on a eu une réaction immédiate: il fallait faire quelque chose.

Mon frère et quelques-uns de ses copains des Éclaireurs de France ont échafaudé un plan: ils projetaient de quitter la France en allant prendre l'avion à Pluguffan pour gagner l'Angleterre. Nous, les plus jeunes des Éclaireurs, on était six ou sept: il y avait Bob, Jojo... On a décidé de retarder les Allemands en barrant la route et en faisant des barrages. On a commencé à creuser des trous, des tranchées... Il fallait qu'on donne du temps à nos aînés pour qu'ils puissent s'envoler de l'aérodrome de Pluguffan. C'était complètement dingue, mais ça nous a marqués parce qu'on s'est fait tirer dessus par les premiers soldats allemands qui sont arrivés; c'était en juillet 1940. Ils étaient en side-car, avec de grands cirés, un fusil-mitrailleur à l'avant du side-car. Impressionnant! On a quand même décidé de continuer à balancer des cailloux. Quand ils ont vu qu'ils étaient immobilisés par des rochers sur la route et par des gamins qui leur jetaient des pierres, ils ont tiré en l'air. On a couru très vite à l'abri...   Ce fait d'armes n'a guère impressionné les gens du coin qui nous en voulaient d'avoir creusé des tranchées: ça allait attirer les avions allemands. Certains d'entre nous se sont pris des gifles et on été condamnés à reboucher nos trous! 

Les adultes n'étant pas d'accord avec nous, nous avons décidé que nous mènerions notre résistance nous-mêmes. Comme le lycée avait été réquisitionné par les Allemands, les élèves de 6e, 5e et 4e, suivaient les cours de l'autre côté de la ville, route de Brest. Tous les matins, il fallait donc que je traverse toute la ville. C'est alors qu'on a eu une idée. Au début, c'était comme une plaisanterie: on déplaçait les poteaux indicateurs mis en place par les Allemands. Mais, quand les Allemands ont placé des sentinelles près des fameux poteaux de signalisation, on s'est pris au jeu et on leur a compliqué la vie autant qu'on pouvait. C'est à cette époque que j'ai trouvé des poèmes de Victor Hugo; je me suis mis à les lire aux copains. C'était des poèmes de résistance, de lutte contre les Prussiens. Je trouvais ça bien. 

Quand on partait camper avec le groupe des Éclaireurs de France qui continuait à fonctionner, je lisais aussi ces poèmes. Mon professeur de français m'a appelé un jour; il s'appelait Xavier Trélu. Il m'a demandé pourquoi je lisais ces textes. Je lui ai répondu qu'il fallait qu'on appelle les gens à la résistance contre l'occupant. Il s'est alors arrangé pour que je reçoive les premières éditions de littérature clandestine, des textes des Lettres françaises *. 

*Le journal du Front National pour la Libération de la France, à visée de rassemblement mais à base communiste, dont le responsable était Louis Aragon  

Je lisais ça dans la cour. Le groupe des Éclaireurs a ainsi été un petit peu éduqué dans cet esprit. Un jour Xavier Trélu a disparu. On a appris qu'il était parti en Angleterre. C'était en 1942. 

On a alors appris que les Allemands avaient tué des parachutistes qui avaient été largués le long de la côte. On n'a jamais su exactement ce qui s'était passé. Toujours est-il qu'on a pensé que ces paras étaient venus pour faire des relevés, dresser des plans de défense côtières, étudier les zones de tir... Pourquoi pas nous?   

En tant qu’Éclaireurs, on avait le droit de marcher le long de la côte: on pouvait aussi faire du renseignement. On a commencé à faire des relevés des angles de tir de casemates. Jusqu'au jour où le responsable du groupe nous a convoqués. Il s'appelait Albert Philippot. Il était professeur à l'école Jules-Ferry, c'est-à-dire le cours complémentaire qui était juste en face du lycée. Philippot nous a fait la leçon: "Vous faites des bêtises qui risquent de se retourner contre vous et contre beaucoup de monde". 

On a eu beau expliquer nos activités, ça ne l'a pas convaincu. Il nous a demandé de lui remettre nos relevés. On a tout donné. Mais quinze jours plus tard, il est revenu nous voir: "Bon, vous pouvez continuer; soyez quand même plus discrets". C'était en 1943. Philippot nous a même fourni du matériel, des compas par exemple. Ce qu'on ne savait pas, c'est qu'il allait devenir le chef des FFI du Sud-Finistère. 

Un jour de mai 1944, tout le lycée a été fouillé par les Allemands. J'avais sur moi des relevés que je devais remettre à Philippot. Notre professeur de français, dont on apprendra qu'il était lieutenant dans les FFI, a protesté quand les soldats ont fait irruption dans la classe. Il a entraîné les officiers allemands chez le proviseur. Il est seulement resté un garde dans notre salle de classe, un vieux soldat. Les élèves ont commencé à chahuter. Moi, j'étais au premier rang. Je voulais me débarrasser des trois feuilles de relevés. J'ai plié deux feuilles pour en faire des bateaux et une pour en faire un avion. J'ai engagé la conversation avec le soldat en lui parlant des cuirassés allemands et de la Luftwaffe et en m'expliquant avec mes bateaux de papier. A la fin, j'en ai fait des boulettes que j'ai jetées par terre. Heureusement, car les officiers sont revenus et ont fouillé mon sac et celui d'André, un copain. Ils sont repartis les mains vides. 

Nous, à partir de ce jour-là, on n'a plus remis les pieds au lycée. On s'est cachés prs d'Audierne, chez un certain Trividic. Comme on n'avait pas d'armes, on a projeté de piquer les revolvers des gendarmes locaux. A défaut, on a volé celui d'un Feldgendarm dans une salle de bal réservée aux Allemands. Un revolver et six balles qu'on n'a pas gardés longtemps puisque le frère de Jojo nous les a confisqués! 

Près des casemates, on avait aussi repéré des dépôts de munitions. On s'est dit alors qu'il devait y en avoir d'autres en ville, que ça pouvait être utile d'avoir des munitions parce qu'on parlait de maquis... Nos aînés, dont Jean, mon frère, apprenaient déjà à se servir de mitraillettes, toujours grâce au fameux Philippot! On a donc commencé à piller des dépôts allemands en 1944. Au début, on piquait cinq ou six grenades; à la fin, on y allait carrément avec des sacs! On a ainsi pu fournir des grenades à Jean et ses copains Éclaireurs et Routiers.  On est devenus des pourvoyeurs pour d'autres groupes de résistants. 

Fin 1944, on a failli se faire prendre, mon copain Bob et moi. Des Allemands nous ont pris en chasse, place de la Tour-d'Auvergne. Deux side-cars nous sont tombés dessus et nous ont coursés dans les rues. On a dû se séparer. J'ai réussi à me mettre à l'abri mais je n'avais pas de nouvelles de Bob. C'est alors qu'on m'a dit qu'un jeune homme avait été tué par des Allemands en side-car du côté de la gare. J'ai décidé de le venger. 

Il y avait, à Quimper, des convois en transit. Des camions quittaient Concarneau pour se rendre vers Brest ou vers la presqu'île de Crozon. J'ai pris mes grenades et j'ai "marché au canon", vers la sortie de la ville où les résistants tentaient de bloquer ces convois. J'ai attaqué un camion allemand en stationnement. J'ai balancé une grenade dans la cabine par le toit ouvert. Au même moment, un soldat allemand s'est redressé; la grenade l'a touché à la poitrine avant d'exploser. J'ai vu ce que cela donnait... Du coup, je suis reparti. 

Après, j'ai appris que Bob n'était pas mort du tout, qu'il me cherchait de son côté. J'avais conscience d'avoir tué. J'en ai parlé à Philippot. Lui et mon prof de français, André Monteil, qui commandait les FFI de Quimper et qui deviendra député MRP (Mouvement républicain populaire) du Finistère, ont décidé que nous, les plus jeunes, nous devions être épargnés, que nous devions éviter de tuer à 16 ans. Ils ont décidé de nous rattacher au commandement. Nous, c'était un groupe de de vingt et un gars des Éclaireurs de France. On a continué comme approvisionneurs. moi, de toute façon, je ne voulais plus du tout me servir d'une arme. Au total, sur les vingt et un jeunes du groupe, sept seront tués.

Je me suis fait coincer pour de bon pendant les combats pour la libération de Quimper. Au retour d'une expédition dans un dépôt, je m'étais réfugié avec un autre garçon dans un bâtiment de la préfecture auquel les Allemands ont mis le feu. On a été capturés. Je me suis retrouvé attaché à un tuyau dans la cave de la Kommandantur, passé à tabac (ils m'ont cassé deux dents) pour me faire taire! J'ai réussi à m'évader pendant mon transfert vers la gare: j'ai sauté du camion et j'ai rejoint les copains qui ont eu du mal à me reconnaître tant mon visage était tuméfié.

Quand Quimper a été libéré, on été rattaché à la 6e compagnie du bataillon FFI de Quimper, comme gardes de l'état-major. Philippot pouvait ainsi nous avoir à l’œil. C'était à l'époque où les combats se poursuivaient entre le Menez Hom et Brest. Les accrochages étaient fréquents entre FFI et Allemands. Un jour, le PC (poste de commandement) a été encerclé et investi. L'état-major a dû se replier. Nous, ce jour-là, on servait de vigies du haut d'un clocher. On est restés là-haut pendant toute une journée. Les copains nous avaient oubliés! 

C'est pendant cette période de combat, en août, qu'a eu lieu le bombardement de Telgruc, près de Crozon. Les canons allemands qui tiraient vers l'intérieur des terres devaient être détruits. La mission a été confiée aux FFI, appuyés sur les chars américains. Le 3 septembre, ils ont progressé mais l'aviation américaine ne le savait pas. Il y a donc eu un bombardement de Telgruc. Nous, on était restés bloqués à 5 ou 6 kilomètres, à cause d'une panne de camion. Ce qui nous a sauvé la vie. 

Les bombes des B-17 ont tué 52 civils, 25 FFI et 11 soldats américains. Trois éclaireurs, dont Roger Le Braz, le chef du clan, ont été tués ce jour-là au cours du bombardement, qui a fait beaucoup de victimes civiles. A partir de là, le clan des Éclaireurs a changé de nom. Il s'appelait le "clan René-Madec" et il est devenu le clan "Roger-Le Braz". C'est sous ce nom qu'il a été cité à l'ordre de la Nation. 

Pour moi, ce bombardement marque la fin de la guerre. On est rentrés pour enterrer les gars à Quimper. Le chien de Roger Le Braz a suivi le cercueil de son maître. 

J'ai alors été démobilisé, cinq jours avant de passer les épreuves du premier bac. J'avais déjà passé deux épreuves, français et latin, le 6 juin 1944; j'ai été reçu avec la mention "bien". Mon année de philo a été détestable. Je n'aimais pas les cours de philo. Je séchais souvent mais j'avais une bonne raison: j'étais en "mission". En fait, j'étais le porte-drapeau du clan. On m'appelait dès qu'il y avait une inauguration d'une rue qui portait le nom d'un résistant. 

Je suis ensuite entré à l'Institut des hautes études cinématographiques. J'avais passé le concours d'entrée en 1946. Je suis alors parti pour Paris. Sans jamais perdre de vue les copains du clan, j'ai commencé une carrière de cinéaste"      

Propos recueillis par Philippe Chapleau, Des enfants dans la Résistance (1939-1945), Ouest-France.    

Retranscrits par Ismaël Dupont qui remercie vivement notre ami France Chapa de St Malo, qui a bien connu René Vautier au sein de la fédé PCF d'Ille-et-Vilaine et lors des fêtes de section, pour nous avoir fait découvrir ce texte.  

Collection René Vautier - livre "Des enfants dans la résistance (1939-1945) Philippe Chapleau, Ouest-France - quatre photos du clan scout résistant en action: sur l'une des photos, on aperçoit bien les grenades allemandes passées à la ceinture de René Vautier (au centre) et de ses camarades

Témoignage de René Vautier dans "Caméra en dissidence" sur sa Libération et sa résistance en Finistère:

" Dans les vieilles rues de Quimper, le général de Gaulle a été acclamé par une foule en délires. Il était précédé par le groupe René Madec des éclaireurs de France de Quimper, entourant le drapeau du Clan décoré de la croix de Guerre avec l'étoile d'argent et le coussin sur lequel étaient épinglés les décorations des jeunes morts au combat". On pouvait lire ces lignes dans "Le Télégramme de Brest et de l'Ouest", en 1944 ou 1945 (je ne me souviens plus très bien de la date de la première visite chez nous du Général, c'est grave?).

Le "Groupe René Madec" ou "corps-franc Vengeance", c'était nous. Le Général de Gaulle s'était fait expliquer les "hauts faits" de ces jeunes décorés en culottes courtes - et, laconiquement - peut-être un peu vexé aussi parce que nous avions été, à Quimper, au moins aussi applaudis que lui! - il avait laissé tomber, saluant le drapeau que tenait Jo Legrand: "Ces jeunes ont suivi avec honneur la pente naturelle qui les menait vers la Résistance". 

Bob, avec un certain irrespect, mais bombant fort la poitrine où brillait sa croix de guerre (je devais bomber tout autant de mon côté), Bob avait sussurré entre les dents: "C'est ça, mon con, on a eu qu'à se laisser glisser sur le cul!" Mais en fait, je crois qu'il avait raison, le Général: dans notre milieu, il y a bien eu "pente naturelle" de la résistance - "pente naturelle" beaucoup plus que choix réfléchi. " ...      

 

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5 janvier 2022 3 05 /01 /janvier /2022 07:36
La paix et le désarmement nucléaire seront notre premier rendez-vous cette année avec notamment la manifestation à Brest du dimanche 9 janvier pour une Europe sans armes nucléaires.
 
Soyons pleinement mobilisés le dimanche 9 janvier pour la grande manif à partir de 14h à Brest place de la Liberté pour une Europe sans armes nucléaires.
 
En effet du 12 au 14 janvier prochain, les ministres de la défense et des affaires étrangères des 27 États de l'UE tiendront à Brest un sommet axé sur les questions de stratégie européenne et de défense. C'est ce qui a amené le Collectif Finistère pour l'Interdiction des Armes Nucléaires (CIAN 29 – qui regroupe une quinzaine d'associations, syndicats et organisations politiques dont le PCF) à proposer, en lien avec ICAN France et le Mouvement de la Paix, une série de mobilisations sur la période, axées sur la question du désarmement nucléaire.
 
Samedi 8 janvier après midi, fac Segalen : 4 heures pour le désarmement nucléaire
- exposition "agir pour le désarmement
- projection du film "le début de la fin des armes nucléaires" suivi d'un débat avec un représentant d'ICAN
- intervention de représentant·e.s de communes s'étant prononcées pour la signature du TIAN par la France
- intervention des représentant·e.s des organisations du CIAN 29
 
Dimanche 9 janvier :
- 11 h à 13 h, Maison du Peuple : meeting à l'initiative du Bureau National du Mouvement de la Paix avec intervention de délégations étrangères
- 14 h, Place de la Liberté : manifestation "pour une Europe sans armes nucléaires"
Jeudi 13 janvier, Maison des Syndicats : “sommet contre sommet”
- Rassemblement boulevard Jean Moulin en face de la Penfeld et des Capucins de 12h à 14h
- 17 h à 18 h 30 : projection du film "ils vont arrêter la bombe" (sur l'action contre les tirs à Mururoa en 1972) suivi d'un débat
- 20 h à 22 h : intervention de la directrice internationale d'ICAN et débat sur le désarmement nucléaire avec les forces politiques françaises qui soutiennent cet objectif, et notamment le député communiste du Havre, Jean-Paul Lecoq, membre de la commission Défense de l'Assemblée Nationale, qui représentera le candidat aux Présidentielles Fabien Roussel.
Brest - Capitale européenne du nucléaire militaire - tous mobilisés pour le désarmement nucléaire, la Paix, une autre politique de défense et vis-à-vis des migrants et réfugiés les 8, 9, 13 janvier 2022
Brest - Capitale européenne du nucléaire militaire - tous mobilisés pour le désarmement nucléaire, la Paix, une autre politique de défense et vis-à-vis des migrants et réfugiés les 8, 9, 13 janvier 2022
BREST, CAPITALE EUROPÉENNE DU NUCLÉAIRE MILITAIRE :
TOUS LES ÉTATS EUROPÉENS DOIVENT SIGNER
LE TRAITE D’INTERDICTION DES ARMES NUCLÉAIRES
Du 12 au 14 janvier prochain, les ministres de la défense et ceux des affaires étrangères des 27 Etats de l’Union Européenne tiendront sommet à Brest.
 
Le choix de Brest, siège de la « force océanique stratégique » ne doit rien au hasard.
Il démontre l’ambition du gouvernement Macron de profiter de ses six mois de présidence de l’Union Européenne pour pousser ses pions et faire de la « force de frappe » française la pièce centrale d’une future défense européenne.
Ce qui se profile, derrière le sommet de Brest, c’est bien la construction d’une Europe-forteresse aux dépenses militaires croissantes. On ne peut accepter que nos Etats s’engagent à consacrer 2 % de leur PIB aux dépenses militaires quand tant de besoins sociaux restent insatisfaits sur notre continent (éducation, santé, emploi…)
Nous ne voulons pas de cette Europe-là mais d'une Europe de la PAIX fondée sur la coopération entre les peuples, le partage des richesses avec le reste du monde et la justice internationale.
Les Européens ne doivent pas accepter que le continent devienne le théâtre d’une nouvelle course aux armements.
Pour le retrait des bombes nucléaires américaines encore stationnées en Allemagne, aux Pays Bas, en Belgique et en Italie,
Pour la signature et la ratification par la France et par tous les États membres de l’Union Européenne du Traité d’Interdiction des Armes Nucléaires (comme l’ont fait l’Autriche, l’Irlande et Malte),
Pour que la France s’engage dans un processus de démantèlement de ses armes nucléaires de toute nature et de ses sous-marins lanceurs d’engins, C'est le moment d'agir !
manifestation à Brest, place de la Liberté
le dimanche 9 janvier à partir de 14 heures , à l'appel du Collectif Finistérien pour l’Interdiction des Armes Nucléaires
(CIAN29)
En appelant à se rassembler à Brest pour réaffirmer notre exigence commune d’un monde sans guerre, un monde de paix, la CGT-Bretagne se fait aussi l’écho du poète invitant « sur cette ville heureuse à regarder ensemble cette pluie sage et heureuse, l’arsenal et le bateau d’Ouessant... » Et même si rue de Siam ou place Edouard Mazé, nous ne croiserons ni Prévert, ni Barbara, clamons avec force dimanche prochain depuis la cité du Ponant qui a connu les brûlures de l’Histoire :  « Quelle connerie la guerre ! »

En appelant à se rassembler à Brest pour réaffirmer notre exigence commune d’un monde sans guerre, un monde de paix, la CGT-Bretagne se fait aussi l’écho du poète invitant « sur cette ville heureuse à regarder ensemble cette pluie sage et heureuse, l’arsenal et le bateau d’Ouessant... » Et même si rue de Siam ou place Edouard Mazé, nous ne croiserons ni Prévert, ni Barbara, clamons avec force dimanche prochain depuis la cité du Ponant qui a connu les brûlures de l’Histoire : « Quelle connerie la guerre ! »

Tract du Mouvement de la Paix pour la manifestation nationale et même internationale du 9 janvier à Brest, 14h place de la Liberté

Tract du Mouvement de la Paix pour la manifestation nationale et même internationale du 9 janvier à Brest, 14h place de la Liberté

Tract du Mouvement de la Paix pour la manifestation nationale et même internationale du 9 janvier à Brest, 14h place de la Liberté

Tract du Mouvement de la Paix pour la manifestation nationale et même internationale du 9 janvier à Brest, 14h place de la Liberté

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5 janvier 2022 3 05 /01 /janvier /2022 06:58
Hisham Abu Hawash, une vie suspendue à un fil dans les geôles d'Israël (Pierre Barbancey, L'Humanité, 4 janvier 2022)
Hisham Abu Hawash, une vie suspendue à un fil dans les geôles d'Israël
Mardi 4 Janvier 2022 - L'Humanité

Près de 500 des 4 550 prisonniers politiques palestiniens sont incarcérés par Israël sans inculpation ni procès dans le cadre de la détention administrative. C'est le cas d'Hisham Abu Hawash, arrêté depuis le 27 octobre 2020, il a cessé de s’alimenter depuis plus de quatre mois et ne pèse plus que 39kg. Il demande juste le respect des droits humains et sa libération.

 

Le Palestinien Hisham Abu Hawash a cessé de s’alimenter il y a plus de 140 jours. Arrêté le 27 octobre 2020, il est emprisonné sous le régime de la détention administrative. Une loi datant de l’époque coloniale britannique et largement utilisée par l’occupant israélien.

En clair, les faits qui lui sont reprochés sont secrets, le prisonnier ni même son avocat ne peuvent avoir accès au dossier et, aux yeux de loccupant israélien, l’enfermement peut être renouvelé tous les six mois autant de fois que nécessaire.

Hisham Abu Hawash dans un état critique

Pour obtenir sa libération, Hisham Abu Hawash, âgé de 40 ans et originaire de la ville de Dura, près de Hébron, père de cinq enfants,, a décidé de mener une grève de la faim. Intraitable, ladministration israélienne le laisse mourir. Sa santé s’est considérablement dégradée. Il tombe dans le coma par intermittence.

Les équipes médicales qui lui ont rendu visite lont trouvé dans un "état critique", a indiqué samedi soir le Comité international de la Croix-Rouge (CIRC) qui sest dit "préoccupé par les conséquences irréversibles pour sa santé et sa possible mort tragique ». Il pèse moins de 39 kg, contre 86 kg avant sa grève. Aïsha Hrebat, son épouse, indique que « sa situation est très dangereuse (...) il ne parvient plus du tout à parler et nest plus conscient de ce qui se passe autour de lui. Même s’il met fin à sa grève, il aura de graves problèmes de santé ».

Sa détention administrative a été renouvelée deux fois depuis son arrestation, dont une alors quil était en grève de la faim depuis 70 jours. Sa grève de la faim se poursuit alors que ses codétenus administratifs ont lancé un boycott collectif des tribunaux militaires israéliens à partir de la nouvelle année, à compter du 1er janvier 2022, comme annoncé lors dune conférence de presse organisée le 20 décembre par la Commission des affaires des prisonniers, la Société des prisonniers palestiniens et lassociation Addameer de soutien aux prisonniers et de défense des droits de lhomme.

Un régime en contradiction avec le droit humain le plus fondamental 

Une initiative qui suit celle de Bashir al-Khairy, avocat palestinien de gauche qui a demandé à son avocat de ne pas le représenter devant le tribunal militaire dOfer. Al-Khairy est âgé de 79 ans et il est détenu depuis le 29 octobre 2021. Les autorités doccupation israéliennes ont émis un ordre de détention administrative à son encontre pour 6 mois, jusquau 28 avril 2022.

Il a déjà passé 15 ans dans les prisons de loccupation israélienne de 1968 à 1984. « En tant quavocat et homme de loi, je considère la procédure de mon transfert en détention administrative quelle que soit sa durée – comme contredisant le droit humain le plus fondamental de se défendre et de connaître les accusations portées contre lui, en violation du droit international, a-t-il déclaré.

Devant ces tribunaux fascistes et oppressifs, afin de préserver ma dignité nationale et mes convictions, je boycotterai et refuserai de comparaître devant le tribunal militaire, et je rejetterai tout jugement émis par celui-ci. » À l’heure actuelle, environ 500 des 4 550 prisonniers politiques palestiniens sont incarcérés sans inculpation ni procès dans le cadre de la détention administrative.

La semaine du du 15 au 22 janvier 2022 a été décrétée semaine d’action pour la libération de tous les prisonniers politiques palestiniens, dont Marwan Barghouti et Ahmed Saadat, respectivement leaders du Fatah et du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) auquel il convient d’ajouter Georges Ibrahim Abdallah, emprisonné en France depuis 1984, soit plus de 37 ans aujourd’hui.

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5 janvier 2022 3 05 /01 /janvier /2022 06:55
Passe vaccinal - le Positionnement des députés communistes

Passe vaccinal : "Nous sommes opposés à ce texte qui porte atteinte à nos libertés fondamentales sans prouver son efficacité sanitaire. Mais fidèles à notre ADN, nous serons force de proposition pour vous convaincre que seule une réponse élaborée démocratiquement permettra de sortir de cette sale crise en emportant l’adhésion de la société, plutôt qu’en la fracturant." -

L'humilité devrait vous conduire, Monsieur le Ministre #veran à être ce soir à l'écoute de vos oppositions.

Sebastien Jumel

Revoir l'intervention de Sébastien Jumel pour les députés communistes sur la page Facebook des Députés communistes:

https://www.facebook.com/LesDeputesCommunistes/videos/304450131625021

Et compte rendu dans l'Humanité

Les parlementaires PCF sont déterminés à voter contre le projet de loi du gouvernement.

Pour plusieurs raisons : l’interdiction qui sera faite aux non-vaccinés de se rendre au cinéma, au restaurant et dans les transports régionaux leur semble totalement disproportionnée. Et les amendements, notamment défendus par le communiste Sébastien Jumel, visant à « réarmer » l’hôpital, à doter les écoles d’aérateurs et les publics fragiles de masques FFP2 sont sans cesse ignorés par un gouvernement solitaire.

(...)

Dès son examen en commission, entre Noël et le jour de l’An, les élus communistes avaient fait savoir qu’ils voteraient contre. « Nous partageons depuis le début cette conviction que la vaccination est à la fois un bienfait pour nous-mêmes et un acte de protection collective. Nous revendiquons des moyens pour aller vers les plus inquiets, les plus fragiles, les plus éloignés. Nous partageons l’impérieuse nécessité de renforcer la campagne vaccinale, mais nous ne sommes pas favorables à tout acte d’autorité, voire d’autorit arisme, de nature à fracturer, à cliver chaque jour un peu plus la société française », avait déclaré Sébastien Jumel, pour qui le gouvernement ne cesse de « durcir à chaque étape des atteintes fondamentales aux libertés individuelles sans jamais tirer le bilan de leur efficacité dans la lutte contre le virus ».

La proposition de ­Sébastien Jumel visant à ce que chaque non-vacciné soit rencontré par un professionnel de santé a pour sa part été ignorée par le gouvernement.

Le député PCF s’est de plus indigné contre une autre disposition du texte : celle de permettre les contrôles d’identité « par des personnes non dépositaires d’une mission d’ordre public, ce qui est contraire à l’État de droit ». Le projet de loi prévoit en effet que toutes les personnes devant demander la présentation d’un passe vaccinal pourront réclamer la présentation d’une pièce d’identité.

***

Dernière minute: Sébastien Jumel:

"Le bambou finit par pencher dans le sens de celui qui pousse le plus fort", dit un proverbe asiatique... Ce soir à l' #assembleenationale le gouvernement finit par lâcher, via un sous-amendement, sur le passe vaccinal pour les activités périscolaires et extra-scolaires, culture, sport et ciné pratiquées par les jeunes. Concrètement : pour les moins de 16 ans, pas de #PasseVaccinal pour ces activités-là qui restent soumises au passe sanitaire. L'exécutif a été contraint de tendre l'oreille pour entendre les oppositions qui ont bien fait de ne rien lâcher, y compris la nuit dernière... Il reste beaucoup, beaucoup de chemin, mais même les petites victoires, il faut les cocher. #passvaccinal #DirectAN

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5 janvier 2022 3 05 /01 /janvier /2022 06:28
La France des héritiers -  Le Dossier de L'Humanité, 4 Janvier 2022

Éditorial de Maurice Ulrich dans L'Humanité. La note

Mardi 4 Janvier 2022

« Mon pauvre argent, on m’a privé de toi ; et puisque tu m’es enlevé, j’ai perdu mon support, ma consolation, ma joie : tout est fini pour moi, et je n’ai plus que faire au monde. » On a l’impression de lire un copier-coller de cette tirade d’Harpagon, chez Molière, avec les articles parus la semaine passée dans la presse de droite au sujet de l’héritage et des droits de succession. Une simple note du Conseil d’analyse économique, organisme consultatif auprès du premier ministre, évoquant l’éventualité d’une timide réforme des droits de succession a fait l’effet d’un séisme, avec mouvements de panique. Que révèle « la haine de l’héritage », écrivait un chroniqueur du Figaro pour qui « ce n’est pas seulement piétiner le droit de propriété sur les biens gagnés de haute lutte après tant et tant de prélèvements », c’est plus largement, au total, « l’euthanasie de la famille ». On a le droit de trouver ça cocasse dans le journal qui se réclame de Beaumarchais avec cette citation à sa une, « sans la liberté de blâmer il n’est pas d’éloge flatteur », mais oublie cette adresse de Figaro lui-même au comte Almaviva, « vous vous êtes donné la peine de naître et rien de plus ».

Spoliation, furie égalitaire… En vérité, de quoi parle-t-on ? De la petite maison de famille arrachée aux enfants, du livret A vidé par l’État ? Ou des plus hauts patrimoines, qui, au-delà de 10 millions d’euros, sont à 90 % des portefeuilles financiers et ont progressé plus vite que le PIB depuis les années 1980-1990 ? Cela quand le revenu moyen des 1 % les plus aisés a progressé de 100 % (en sus de l’inflation) et celui des 0,1 % les plus aisés de 150 %, contre à peine 25 % pour le reste de la population (soit moins de 1 % par an). C’est pourtant sans vergogne que des députés LR, avec Éric Ciotti, proposaient il y a quelques mois la suppression totale des droits de succession…

Mais que les plus inquiets toutefois se rassurent. Que ce soit avec l’extrême droite, la droite ou Emmanuel Macron, la note par qui le scandale arrive restera dans les tiroirs.

Le retour de la France des héritiers : ces pratiques qui bloquent l'ascenseur social
Mardi 4 Janvier 2022 - L'Humanité

En France, les 10 % les plus riches s’accaparent 60 % du patrimoine total. Les niches fiscales liées aux héritages leur permettent de se transmettre ce grisbi de génération en génération. Des économistes et institutions appellent à une réforme de la fiscalité sur les successions.

Sortez vos capes, gants et hauts-de-forme ou vos robes à corset : la Belle Époque est de retour. Ce n’est pas la mode vestimentaire du moment qui le suggère, mais les économistes comme les institutions qui scrutent les évolutions de notre société. Aujourd’hui comme au début du XXe siècle, la France appartient aux héritiers rentiers.

Si le siècle dernier avait corrigé le tir, notamment grâce à l’ascenseur social des Trente Glorieuses, la fin des années 1970 a sonné le retour du patrimoine financier et immobilier comme facteur majeur de structuration de classe, bien plus que les revenus (salaires et revenus du travail).

Une monopolisation des richesses devenue par trop évidente

Ce patrimoine qui pèse de plus en plus lourd – de 300 % du revenu national en 1970, il en représentait 600 % en 2020 – a été progressivement capté par quelques-uns. « En France, les 10 % les plus riches possèdent 60 % du patrimoine total net », soulignait le Rapport 2022 sur les inégalités mondiales, publié en décembre par l’Observatoire des inégalités mondiales.

Cette monopolisation des richesses est devenue à ce point dérangeante que des institutions peu révolutionnaires comme l’OCDE, France Stratégie ou des économistes orthodoxes qui parlent à l’oreille de Macron, tels le prix Nobel Jean Tirole ou l’ex-directeur des études du FMI Olivier Blanchard, s’en inquiètent et appellent à une nouvelle fiscalité des successions et des héritages. Histoire de débloquer un ascenseur social coincé aux étages supérieurs.

1 % des héritiers reçoivent en moyenne 4,2 millions d’euros nets de droits

« Il devient indispensable d’avoir hérité pour accéder au sommet de la distribution des niveaux de vie », analyse Camille Landais, coauteur du rapport Repenser l’héritage, publié par le Conseil d’analyse économique (CAE) il y a quinze jours. De fait, quand la moitié des Français héritent de 70 000 euros tout au long de leur vie (il s’agit d’une moyenne, nombre d’entre eux n’hériteront de rien du tout), moins de 10 % récupéreront plus de 500 000 euros de patrimoine.

Quant au « top 1 % des héritiers, il recevra en moyenne plus de 4,2 millions d’euros nets de droits. Et le top 0,1 %, environ 13 millions », souligne l’étude du CAE. Autrement dit, « le top 1 % des héritiers peut désormais obtenir, par une simple vie de rentier, un niveau de vie supérieur à celui obtenu par le top 1 % des ’’travailleurs’’ ». De quoi enterrer le mythe du « premier de cordée » et de la méritocratie.

Tigre de papier et niches fiscales

En ces temps de creusement des inégalités sociales, de renchérissement des dépenses du quotidien et d’aspiration des première ou deuxième lignes comme des premiers de corvée à des augmentations de salaires, l’opulence des rentiers relève du scandale alors que la transmission de ces fortunes n’est que faiblement taxée. Elles n’ont rapporté que 12,5 milliards d’euros en 2015, soit 0,56 % du PIB, alors que le flux total des transmissions patrimoniales annuelles pèse 15 % du PIB.

Tout semble avoir été fait pour que l’administration fiscale ne s’intéresse pas au sujet. Celle-ci ne possède d’ailleurs pas de données fiables. D’autre part, comme l’explique Camille Landais, « nous pouvons avoir l’illusion d’une progressivité de la taxation des successions, mais c’est un tigre de papier. Dans la réalité, plus les patrimoines sont importants, mieux leurs titulaires connaissent les niches qui permettent d’échapper à leur imposition. Si bien que les plus gros transmetteurs ne sont taxés en moyenne qu’à hauteur de 10 % ».

Les ficelles de l’optimisation

Parmi les niches fiscales, citons l’assurance-vie (17,5 milliards répartis entre 45 000 bénéficiaires seulement) ; les pactes Dutreil, qui exonèrent à 50 % la transmission des biens professionnels représentant plus de 60 % du patrimoine des 0,001 % les plus fortunés ; la donation en nue-propriété avec réserve d’usufruit (2 à 3 milliards de manque à gagner pour le fisc) ; ou l’effacement des plus-values latentes à la succession.

À ces mesures de sous-évaluation de l’assiette de la taxation des héritages s’ajoutent les autres ficelles de l’optimisation d’héritage. Par exemple, planifier rapporte gros : trois donations de 100 000 euros au cours d’une vie ajoutées à un héritage de 200 000 au décès de chacun des deux parents coûtent moins cher en droits de succession qu’un héritage de 700 000 euros versé d’un coup au décès des ascendants.

Imposer à des taux croissants

Sur tous ces biais, les rapports précédemment cités appellent à revenir dessus. Avec un leitmotiv : assurer une réelle progressivité de la taxation des héritages fondée sur le bénéficiaire tout au long de sa vie. « Les transmissions d’un montant total élevé pourraient être imposées à des taux croissants, tout en permettant aux nombreux parents de la classe moyenne de transmettre un patrimoine plus modeste à leurs enfants en franchise d’impôts », note la commission Tirole- Blanchard. Ce qui contribuerait à améliorer la mauvaise image de cette fiscalité, vue comme « une double imposition de l’épargne de parents qui ont “travaillé dur” et qui souhaitaient aider leurs enfants ».

Selon les scénarios proposés par le rapport du CAE, ces mesures dégageraient entre 9 et 19 milliards d’euros. Qu’en faire ? De la baisse d’impôts indirects ou directs à la réduction de la dette publique, l’abondement des mécanismes de solidarité et d’égalité des chances jusqu’au financement d’un capital garanti de 120 000 euros pour tous dès 18 ans, comme le proposait l’économiste Thomas Piketty, les projets ne manquent pas. Ils relèvent tous d’un projet de société dont les candidats à l’élection présidentielle ont la possibilité de s’emparer.

Le PCF juge indispensable de « renforcer la fiscalité et la rendre plus progressive  », comme l’explique l’économiste communiste, Denis Durand. En tenant compte de deux paramètres : « Le montant de la succession ou de la donation, mais aussi les ressources du bénéficiaire. » « Il peut parfois arriver que des gens héritent mais ne soient pas en mesure de payer les droits », précise-t-il. « On croit que les inégalités sont le fait des revenus, souligne également Denis Durand, mais elles sont le produit des inégalités d e patrimoine. »

Selon le PCF, il s’agit donc de mettre les plus hauts patrimoines plus fortement à contribution, et tout au long de la vie. Les communistes proposent notamment le rétablissement et le triplement de l’ISF pour y parvenir. « Mais, prévient l’économiste, il faudra aussi changer l a façon dont sont produites les richesses. »

Extrait de l'article de Diego Chauvet - "Droits de succession : la gauche affiche sa volonté de réformer" - L'Humanité, 4 janvier 2022

La France des héritiers -  Le Dossier de L'Humanité, 4 Janvier 2022
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5 janvier 2022 3 05 /01 /janvier /2022 06:24
Macronie. Alexis Kohler, ou le symbole d’un pouvoir miné par les conflits d’intérêts (L'Humanité, Lola Ruscio, 4 janvier 2022)
Macronie. Alexis Kohler, ou le symbole d’un pouvoir miné par les conflits d’intérêts
Mardi 4 Janvier 2022 - L'Humanité

Ses allers-retours entre le public et le privé intéressent de près la justice. Mais ce proche d’Emmanuel Macron prépare tranquillement la campagne du président-candidat depuis l’Élysée, dont il est toujours le secrétaire général.

 

Alexis Kohler, le puissant secrétaire général de l’Élysée, est un pur produit de la Macronie, le symbole de la confusion née des allers-retours entre la haute fonction publique, le privé et le pouvoir. Énarque, ancien de l’Agence des participations de l’État (APE), il est passé par le Trésor, avant de devenir directeur financier de la compagnie maritime MSC ­(Mediterranean Shipping Company), tout en s’engageant à fond dans la première campagne présidentielle du candidat Macron.

Ce drôle de mélange des genres ne suscitant aucune indignation en Macronie, il occupe depuis bientôt cinq ans l’un des postes clés de l’appareil d’État. C’est là qu’il reçoit, dans la plus grande discrétion, des investisseurs internationaux, des patrons du CAC 40 comme Martin Bouygues, Bernard Arnault (LVMH), Xavier Niel (Iliad), Patrick Pouyanné (Total) ou Serge Weinberg (Sanofi). C’est là qu’il mène en toute tranquillité ces conversations dont rien, jamais, ne filtre à l’extérieur. Car l’Alsacien de 49 ans au tempérament taiseux aime la discrétion.

Bien plus qu’un « lointain cousin »

Une affaire hautement explosive est pourtant venue le rattraper. À la suite d’une plainte d’Anticor déposée en 2018 pour « trafic d’influence » et « prise illégale d’intérêts », la justice cherche à savoir si le premier conseiller d’Emmanuel Macron a profité de ses différentes positions à Bercy pour favoriser les intérêts financiers de l’armateur italo-suisse MSC. La compagnie maritime est l’un des plus gros clients des chantiers STX de Saint-Nazaire, dont l’État français est actionnaire. Or, Alexis Kohler a des liens importants avec l’entreprise MSC. Jugez plutôt : le macroniste d’obédience rocardienne a essayé à deux reprises de la rejoindre après ses expériences à Bercy, respectivement comme directeur de cabinet de Pierre Moscovici et d’Emmanuel Macron lorsqu’il était ministre de l’Économie. La première fois, en 2014, la commission de déontologie, chargée de contrôler le départ des agents publics dans le secteur privé, avait refusé sa demande. Deux ans plus tard, il retente le coup. Cette fois, à la surprise générale, la commission accepte.

Alexis Kohler part alors travailler chez MSC, comme directeur financier depuis Genève. Dans le même temps, il s’engage pleinement dans la campagne présidentielle d’Emmanuel Macron. Surtout, il a soigneusement caché ses liens familiaux avec la compagnie maritime, évoquant simplement l’existence d’un « lointain cousin ». En réalité, la compagnie maritime est fondée et dirigée par des cousins de sa mère, la famille Aponte. Ensemble, ils passeront même leurs vacances sur le yacht familial. Avait-il prévenu sa hiérarchie de sa proximité avec MSC ? Oui, jure l’Élysée. Grâce à une lettre signée en 2019 par Emmanuel Macron lui-même, Alexis Kohler a bénéficié d’un classement sans suite par le Parquet national financier (PNF). Le protégé du président espère alors que la tempête est derrière lui. Le secrétaire général de l’Élysée, réputé bosseur, poursuit ses activités, se plonge dans les dossiers industriels, dont il raffole.

Mais un dossier va lui causer de gros problèmes, celui de Veolia-Suez. L’ami d’Emmanuel Macron se retrouve à nouveau pris dans les mailles judiciaires avec le PNF. Ce dernier enquête depuis juin sur l’offre publique d’achat (OPA) de Veolia sur Suez, suspectant plusieurs responsables et le secrétaire général de l’Élysée de « trafic d’influence ». Rien que ça. En résumé, Alexis Kohler est soupçonné d’être intervenu à plusieurs reprises dans ce projet de fusion, jusqu’à faire pression sur des représentants syndicaux pour obtenir d’Engie (dont l’État est actionnaire) qu’il ne s’oppose pas à la vente des parts de Suez à Veolia. Cette affaire est loin d’être réglée puisque l’intersyndicale de Suez envisage désormais de déposer une plainte pour « diffusion d’information trompeuse ».

Soutien indéfectible du président

Malgré ces démêlés judiciaires, l’énarque bénéficie toujours du soutien indéfectible du président de la République. Kohler doit même jouer un rôle important dans sa future campagne présidentielle, en faisant le lien avec les grands patrons. L’objectif étant de les convaincre d’investir via le versement de dons.

Au-delà de sa dimension pénale, l’affaire Kohler jette une lumière crue sur une faille de notre démocratie, celle des allers-retours permanents d’énarques entre le public et le privé, générant à leur tour des conflits d’intérêts. Le cas Kohler souligne combien le gouvernement, qui s’autoproclame défenseur du « nouveau monde », s’assoit sur ces problématiques qui pourrissent depuis longtemps la vie politique française. La Macronie révèle également au grand jour son vrai visage : une start-up qui se croit tellement intouchable qu’elle ne saurait être tenue de rendre des comptes. Bien sûr, ce brouillage permanent entre les affaires publiques et privées fait le bonheur des grands groupes, puisqu’ils bénéficient de relais importants au sein de l’appareil d’État. Et, on le sait, les patrons du CAC 40 ne sont jamais rassasiés dès lors qu’il s’agit de privatiser les politiques publiques.

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