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29 mars 2022 2 29 /03 /mars /2022 04:00
Maha Hassan et Ismaël Dupont, 25 mars - Sortie et première rencontre de présentation du livre Femmes d'Alep à la Manufacture des Tabacs de Morlaix, locaux de Skol Vreizh, Photo Julia Thatje

Maha Hassan et Ismaël Dupont, 25 mars - Sortie et première rencontre de présentation du livre Femmes d'Alep à la Manufacture des Tabacs de Morlaix, locaux de Skol Vreizh, Photo Julia Thatje

Maha Hassan, 25 mars - Sortie et première rencontre de présentation du livre Femmes d'Alep à la Manufacture des Tabacs de Morlaix, locaux de Skol Vreizh, Photo Julia Thatje

Maha Hassan, 25 mars - Sortie et première rencontre de présentation du livre Femmes d'Alep à la Manufacture des Tabacs de Morlaix, locaux de Skol Vreizh, Photo Julia Thatje

Maha Hassan, 25 mars - Sortie et première rencontre de présentation du livre Femmes d'Alep à la Manufacture des Tabacs de Morlaix, locaux de Skol Vreizh, Photo Julia Thatje

Maha Hassan, 25 mars - Sortie et première rencontre de présentation du livre Femmes d'Alep à la Manufacture des Tabacs de Morlaix, locaux de Skol Vreizh, Photo Julia Thatje

Maha Hassan et Ismaël Dupont, 25 mars - Sortie et première rencontre de présentation du livre Femmes d'Alep à la Manufacture des Tabacs de Morlaix, locaux de Skol Vreizh, photo Jean-René Le Quéau

Maha Hassan et Ismaël Dupont, 25 mars - Sortie et première rencontre de présentation du livre Femmes d'Alep à la Manufacture des Tabacs de Morlaix, locaux de Skol Vreizh, photo Jean-René Le Quéau

Maha Hassan et Ismaël Dupont, 25 mars - Sortie et première rencontre de présentation du livre Femmes d'Alep à la Manufacture des Tabacs de Morlaix, locaux de Skol Vreizh, photo Jean-René Le Quéau

Maha Hassan et Ismaël Dupont, 25 mars - Sortie et première rencontre de présentation du livre Femmes d'Alep à la Manufacture des Tabacs de Morlaix, locaux de Skol Vreizh, photo Jean-René Le Quéau

Maha Hassan et Ismaël Dupont, 25 mars - Sortie et première rencontre de présentation du livre Femmes d'Alep à la Manufacture des Tabacs de Morlaix, locaux de Skol Vreizh, photo Jean-René Le Quéau

Maha Hassan et Ismaël Dupont, 25 mars - Sortie et première rencontre de présentation du livre Femmes d'Alep à la Manufacture des Tabacs de Morlaix, locaux de Skol Vreizh, photo Jean-René Le Quéau

Maha Hassan et Ismaël Dupont, 25 mars - Sortie et première rencontre de présentation du livre Femmes d'Alep à la Manufacture des Tabacs de Morlaix, locaux de Skol Vreizh, photo Jean-René Le Quéau

Maha Hassan et Ismaël Dupont, 25 mars - Sortie et première rencontre de présentation du livre Femmes d'Alep à la Manufacture des Tabacs de Morlaix, locaux de Skol Vreizh, photo Jean-René Le Quéau

Rencontre très chaleureuse autour de "Femmes d'Alep", le roman de 460 pages co-écrit par Maha Hassan et Ismaël Dupont, dans les locaux de Skol Vreizh à la Manufacture des Tabacs de Morlaix pour le lancement du livre ce vendredi 25 mars 2022.
 
Programme de rencontres de présentation du livre et dédicace déjà programmées (d'autres sont en cours de finalisation):
 
Nous avons déjà plusieurs rencontres déjà prévues pour présenter "Femmes d'Alep":
 
- samedi 26 mars à 16h à Dialogues Morlaix: Présentation du livre "Femmes d'Alep" avec Maha Hassan et Ismaël Dupont et dédicaces
 
- vendredi 1er avril, Dédicace au centre culturel Leclerc de Morlaix, de 16h45 à 19h
 
- samedi 2 avril à 14h30 à Lampaul Guimiliau, rencontre à la librairie l'Ivresse des Mots
 
- samedi 2 avril à 18h au Caplan & Co à Guimaëc (Poul Rodou)
 
- samedi 9 avril, Maha Hassan est invitée d'un festival culturel sur les droits des femmes dans le cadre d'une journée sur les femmes migrantes et réfugiées à Port-de-Bouc près de Marseille, Bibliothèque Boris Vian, à 17h
 
- samedi 16 avril, 16h: Invitation de Maha Hassan et Ismaël Dupont à l'Institut Kurde de Paris
 
- vendredi 22 avril, 19h, salle des fêtes de Saint-Cadou à Sizun
 
- samedi 23 avril, à 17h, rencontre à la librairie Les Déferlantes, place des Viarmes à Morlaix
 
- jeudi 5 mai, rencontre-présentation du livre à la librairie Livres in Room à Saint-Pol-de-Léon à 18h30
 
- samedi 7 mai, FNAC de Morlaix, de 15h à 18h, Zone commerciale St Fiacre à Plourin-les-Morlaix
 
- Vendredi 13 mai, conférence-débat à Saint-Brieuc, 18h, à l'invitation des Belles Rouges 22, Salle 16 rue Courteline
 
- Samedi 4 juin à Avranches, 16h - Librairie D'un livre à l'autre
 
- samedi 11 juin à Toulouse, rencontre à l'invitation du festival féministe Sœurcières (organisé par Osez le féminisme!) en librairie à Toulouse.
 
 
 
 
 
 
 
 
Et rencontre à 16h ce samedi 26 mars 2022 - Rencontre dédicace à Dialogues Morlaix avec Maha Hassan et Ismaël Dupont

Et rencontre à 16h ce samedi 26 mars 2022 - Rencontre dédicace à Dialogues Morlaix avec Maha Hassan et Ismaël Dupont

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27 mars 2022 7 27 /03 /mars /2022 05:36
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27 mars 2022 7 27 /03 /mars /2022 05:20

 

Souvent prise comme un objet d’analyse, la jeunesse n’est pourtant pas un sujet politique, économique ou social unifié. La classe d’âge ne suffit pas à définir un sujet politique, à déterminer des intérêts commun qui justifient l’engagement. Si le raccourci « s’adresser à la jeunesse » est commode, cette catégorie d’âge est traversée par des fractures qui amènent ses différents membres à ne pas avoir les mêmes intérêts objectifs. Il est donc nécessaire de prendre le temps, en introduction de ce dossier, de faire un tour d’horizon de la jeunesse de France.

*CLÉMENT CHABANNE est rédacteur en chef-adjoint de Progressistes.

 

« Avec un recul de l’âge médian en France de 2 ans en dix ans (39 ans en 2011, contre 41 en 2021), la dynamique est toujours à un vieillissement de la population. »

« Sur les 2,7 million de personnes inscrites dans l’enseignement supérieur, Paris en concentre déjà à elle-seule 650 000 en 2020. En l’absence d’offre d’emploi, et notamment d’emplois qualifiés, le retour dans la région d’origine est un phénomène rare »

 

UNE PART NON NÉGLIGEABLE DE LA POPULATION

La définition de la jeunesse est fluctuante. Les instituts statistiques n’utilisent pas toujours les mêmes catégories. Si la borne inférieure est généralement placée à 15 ans, grosso modo à la fin du collège, la borne supérieure est plus floue. D’après l’INSEE, au 1er janvier 2021, la France comptait 4,1 million de 15-19 ans, 3,8 millions de 20-2  ans et 3,7 millions de 25-29 ans, soit au total 11,6 millions de 15-29 ans, soit 17 % de la population française.

Avec un recul de l’âge médian en France de 2 ans en dix ans (39 ans en 2011, contre 41 en 2021), la dynamique est toujours à un vieillissement de la population. Il ne reste pas moins que la jeunesse constitue une part non négligeable de la population, une part qui se retrouve dans une période de la vie où se croisent des enjeux qui auront une incidence de long terme : formation, mobilités sociales et géographiques, insertion dans le marché du travail, accès au sport, à la culture, etc.

UNE INÉGALE RÉPARTITION GÉOGRAPHIQUE

La répartition géographique de la jeunesse sur le territoire métropolitain est très inégale. Les mobilités des jeunes sont l’un des principaux vecteurs de la métropolisation, et certains territoires souffrent de départs massifs. La région Centre-Val de Loire dans son ensemble perd 5 à 6 % de la classe d’âge des 15-29 ans chaque année. À un échelon plus fin, l’Observatoire des territoires note que certaines zones d’emplois des territoires ruraux peuvent perdre jusqu’à 15 % de la population des 18-24 ans par an, soit la quasi-totalité d’une cohorte chaque année. Quand l’ensemble de la petite couronne tourne autour de 30 % de personnes âgées de 19 à 39 ans, les départements les plus ruraux, comme la Creuse, le Lot ou le Gers, plafonnent autour de 17 %.

C’est d’abord au cours de leurs études que les jeunes se concentrent massivement dans les grandes unités urbaines. Une trentaine de villes se partagent 75 % des étudiants. Sur les 2,7 million de personnes inscrites dans l’enseignement supérieur, Paris en concentre déjà à elle-seule 650 000 en 2020. En l’absence d’offre d’emploi, et notamment d’emplois qualifiés, le retour dans la région d’origine est un phénomène rare. Les bassins d’emploi les plus éloignés de l’offre de formation dans l’enseignement supérieur sont donc privés d’une large partie de la jeunesse locale. L’autre partie de la jeunesse locale, celle qui reste sur place, suit généralement une formation rapidement professionnalisante et rentre tôt dans le marché du travail. Partout, dès lors que l’on quitte les bassins d’emploi des grandes villes universitaires, la majorité des jeunes de 15 à 24 ans sont actifs. Une véritable barrière géographique s’instaure entre une partie de la jeunesse entrant rapidement dans le marché du travail local et une partie, rurale, qui migre vers les métropoles pour y suivre des études longues.

PRÈS DE 5 MILLIONS DE JEUNES EN FORMATION

Les lycéens sont 2,2 millions en France, dont 0,6 million en lycée professionnel et 1,6 en lycée général. L’enseignement secondaire compte également un peu plus de 0,2 million d’apprentis, et presque autant d’élèves des établissements des ministères de la Santé et de l’Agriculture. Au total, le secteur public assure 78 % de l’enseignement secondaire, le reste étant indignement laissé aux intérêts privés. Le Cnesco, dans son rapport de 2016, notait la très forte reproduction sociale dans l’orientation entre voie générale et professionnelle : plus de 60 % des enfants d’ouvriers non qualifiés sont orientés vers des lycées professionnels. Les baccalauréats professionnels les plus suivis dans le secteur de la production concernent l’électricité et la mécanique automobile. Dans les secteurs des services, le commerce et les formations sanitaires et sociales arrivent en tête.

En France, 2,7 millions de personnes sont inscrites dans l’enseignement supérieur, dont 1,6 à l’université, 0,26 en BTS, 0,2 en école de commerce, 0,16 en école d’ingénieurs. Au total, plus de 0,5 millions de personnes étudient dans le privé. Si les femmes représentent 56 % de la population étudiante, l’orientation genrée est encore très marquée. Les femmes représentent ainsi 86 % de la filière paramédicale et sociale, contre seulement 25 % en ingénierie. Malgré sa massification, l’enseignement supérieur reste peu accessible aux classes populaires. Les enfants de ménages ouvriers ne représentent que 11 % des inscriptions à l’université et 5,4 % en école d’ingénieurs. Enfin, Campus France alerte sur la chute du nombre de doctorants dans la pays, seulement 55 000 en 2019, ce qui est bien moindre que chez nos voisins allemands ou britanniques.

Si le besoin d’investissement dans l’éducation est généralisé et qu’il faut débloquer des moyens partout, ceux-ci doivent être mis au service de changements de logique profonds. La réindustrialisation du pays, la reconquête d’une souveraineté économique, la transition écologique, le développement des filières de pointe ne pourront se faire sans une grande revalorisation des filières de formation professionnelle et des métiers auxquels elles préparent. Elles ne se mèneront pas non plus dans une société qui continue de segmenter aussi fortement les formations sur la base de l’origine sociale.

Les ambitions du système de formation pour demain ne peuvent pas non plus se satisfaire du poids des stéréotypes sexistes et de l’orientation genrée. Les besoins gigantesques prévisibles dans les métiers de l’ingénierie ou dans ceux du soin et du médico-social ne permettent à aucune de ces filières de continuer à se passer de la moitié de la population au nom de représentation éculées. La revalorisation des métiers dits « féminins » est une impérieuse nécessité, au nom de l’égalité, de la justice, mais aussi de l’efficacité économique. Qui peut croire que l’hôpital public continuera à tenir indéfiniment sur le seul appel au sacrifice et au sens du devoir de la majorité de femmes qui y travaillent ? Qui peut croire que les métiers du médico-social continueront à attirer le nombre de volontaire que les besoins exigent s’ils ne sont pas revalorisés, tant en termes de conditions de travail que de rémunération ?

2,2 MILLIONS DE JEUNES EN EMPLOI

La population de 15 à 24 ans comptait 37,3 % d’actifs en 2017, avant la crise de la covid, soit un peu plus de 4 millions de personnes. Parmi ces actifs, le taux de chômage, au sens du BIT, était de 22 %, soit près de 1 million de jeunes chômeurs. En 2020, l’INSEE a recensé 2,2 millions de jeunes travailleurs entre 15 et 24 ans ; 29,7 % de ces jeunes en emploi occupaient un poste ouvrier et 36,4 % un poste d’employé. Seulement 7 % occupaient un emploi de cadre.

Malgré une diffusion de la précarité à toutes les classes d’âge, les jeunes restent particulièrement marqués par la précarité : 15 % des moins de 25 ans en emploi en 2017 avaient un contrat court, contre 4,5 % dans la population globale. D’après le CESE, l’âge du premier emploi stable est passé au-delà de 27 ans, contre 20 ans dans les années 1980.

Si l’abrogation du CPE reste dans tous les esprits militants comme l’une des dernières grandes victoires de la mobilisation populaire, les jeunes en emploi connaissent un certain nombre de contrats qui leur sont « réservés » et qui constituent autant de dérogations au droit commun encadrant le travail. Des services civiques remplaçant des milliers de fonctionnaires à statut aux apprentis – considéré plutôt comme des employés à bas coût que comme des élèves en formation –, les sous-contrats qui frappent les jeunes non seulement les enferment dans la précarité, mais tirent en plus vers le bas l’ensemble des droits des salariés. Une abrogation des dérogations au salaire minimum, la reconquête du CDI comme norme d’embauche ou un contrôle accru des conditions d’apprentissage sont autant de mesures immédiatement nécessaires, précurseures d’un statut reposant sur la Sécurité sociale et permettant une sécurisation du revenu dès la formation initiale et tout au long de la vie.

AU MOINS 1 MILLION DE JEUNES PRIVÉS D’EMPLOI OU DE FORMATION

En 2018, d’après la DARES, 963 000 jeunes de 16 à 25 ans étaient sans emploi ni formation, soit 13 % de cette classe d’âge. Parmi eux, 48 % étaient dans cette situation depuis plus d’un an, et 37 % n’étaient pas en contact avec le service public de l’emploi. Derrière cette jeunesse sacrifiée, laissée sur la touche, il y a évidemment des milliers de vies injustement brimées et d’aspirations déçues. Il y a surtout un pays qui, parce qu’il refuse de porter l’ambition d’une formation ou d’un emploi pour toutes et tous, se prive des capacités d’un million de travailleurs et de travailleuses.

Les statistiques sont édifiantes. Le problème est d’abord celui de l’accès garanti à une formation : 67 % des jeunes sortis de leur formation initiale avec un diplôme inférieur au CAP ou au BEP sont aujourd’hui sans emploi ni formation ; ce taux est divisé par 2 avec l’obtention d’un CAP ou d’un BEP, et ce malgré la dévaluation systématique dont souffre la formation professionnelle depuis des années. Malgré le manque d’investissement et de reconnaissance, les qualifications professionnelles restent une protection. Le taux de jeunes sans emploi ni formation chute avec le niveau de qualification. La création d’une branche de la Sécurité sociale et d’un statut pour les jeunes travailleurs en formation, avec l’ouverture des droits à un revenu permettant de se former dignement, permettrait d’en finir avec cette situation.

La massification de la population de jeunes privés d’emploi et de formation est très largement une reproduction des difficultés de la génération antérieure. Une large portion de la jeunesse reçoit précarisation et discrimination en héritage. Vivre dans une famille monoparentale augmente de 50 % le risque d’être privé d’emploi ou de formation, être né de parents étrangers l’augmente de 56 %, avoir un parent au chômage de 172 % par rapport à un parent cadre. Là encore, l’enjeu est de rompre cette chaîne en luttant contre les discriminations dans toute la société, en créant les conditions pour que les travailleurs sortent de la précarité et en sécurisant l’entrée des jeunes travailleurs en formation dans la vie active par un statut ouvrant des droits, notamment celui à un revenu digne pendant la période de formation.

Conquérir un statut social devient une urgence pour une jeunesse populaire qui refuse de continuer à subir une orientation segmentée selon le genre ou l’origine sociale, une entrée dans le monde du travail marquée par la précarité, la sous-rémunération, des formations professionnelles dévalorisées, malgré l’absolue évidence de l’utilité sociale des secteurs de formation pour répondre aux défis de l’époque.

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26 mars 2022 6 26 /03 /mars /2022 06:34
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26 mars 2022 6 26 /03 /mars /2022 06:32
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26 mars 2022 6 26 /03 /mars /2022 06:22

 

Le 24 février 2022, le chef de l’État de la Fédération de Russie, Vladimir Poutine, ordonnait le lancement d’une invasion militaire contre l’Ukraine, au prétexte d’une « dénazification » du pays et de la « protection » des populations russophones. Cette guerre est une calamité pour le peuple ukrainien, l’Europe et le monde entier.

 

 

Le Parti communiste français (PCF) a condamné avec force dès le 24 février l’agression militaire russe contre l’Ukraine. Le PCF réaffirme sa pleine solidarité avec le peuple ukrainien, avec tou·te·s les réfugié·e·s, avec les forces démocratiques, de gauche et de paix en Ukraine.

En violant l’intégrité territoriale et la souveraineté de l’Ukraine, Vladimir Poutine porte l’entière responsabilité du déclenchement de cette guerre.

À cette heure, plus de 3 millions de personnes ont fui l’Ukraine, le bilan humain en victimes civiles et militaires est déjà lourd. Des hôpitaux pédiatriques et généraux ont été bombardés par l’armée russe, ce qui constitue des crimes de guerre. Les populations demeurées sur place sont en outre menacées de famine à courte échéance.

L’invasion russe du 24 février – au mépris absolu du droit international – est injustifiable sur le plan politique et inadmissible sur le plan moral. En infligeant au peuple ukrainien de telles souffrances, Vladimir Poutine a sciemment placé son pays, la Russie, au ban de la légalité internationale. C’est une double atteinte inacceptable au droit et aux conventions internationales ainsi qu’au cadre multilatéral des relations internationales.

Le chef de l’État de la Fédération de Russie s’est notamment référé à la non-application des Accords de Minsk 2 par le gouvernement du président Volodymir Zelenski pour lancer l’agression militaire contre l’Ukraine, alors que la guerre sur tout le territoire ukrainien ne peut qu’aggraver celle pour laquelle, depuis 2014 au Donbass, les populations, russophones comme ukrainophones, ont déjà payé un trop lourd tribut, avec près de 15 000 morts (dont un tiers de civils) et l’exil de 1,5 million d’Ukrainien-ne-s.

Il ne s’agit en aucun cas d’une « guerre de civilisation ». Les causes de cette guerre entre deux pays de type capitaliste périphérique sont d’ordre géopolitique et stratégique, même si elles puisent aussi dans les contradictions du régime capitaliste russe, à la fois dépendant des marchés énergétiques mondiaux et recherchant de plus en plus l’autosuffisance.

Si le chef de l’État russe maintient encore ses buts de guerre dans un certain flou, son projet géostratégique hyper-nationaliste « grand russien » ne peut plus, depuis son discours du 21 février, faire de doute pour quiconque. Ce projet porte en lui la haine et la domination ; c’est là une régression historique et politique. La dislocation de l’URSS en 1991 s’est accompagnée, en Russie comme en Ukraine, d’une violente restauration capitaliste favorisant l’essor des nationalismes et des extrêmes droites russes et ukrainiennes.

Solidarité, cessez-le-feu et solution politique

L’urgence absolue est de stopper la guerre par tous les moyens politiques possibles et d’ouvrir sur-le-champ des négociations sous égide des Nations unies (ONU).

Dans l’immédiat, la protection du peuple ukrainien, l’accueil de tou·te·s les réfugié·e·s et l’assistance sur place aux populations meurtries doivent mobiliser l’ensemble des forces de paix.

Non à l’escalade ! Ceux qui, en France, plaident pour une entrée en guerre de l’Otan, notamment par la mise en place d’une « no fly zone » – qui est, en droit militaire, un acte de guerre et non une mesure de protection des populations –, poussent notre pays et l’Union européenne à s’inscrire dans une escalade militaire dont personne ne saurait garantir l’issue. Le peuple ukrainien en serait la première victime.

En outre, la pression exercée par les États-Unis pour des livraisons d’armements lourds en Ukraine en guerre par des pays, membres ou non de l’Otan, fait courir un sérieux risque de surenchère belliciste et d’extension régionale de la guerre dont nul ne sortirait « vainqueur ».

Ce risque d’autant plus élevé pour le monde entier qu’il recouvre une dimension nucléaire dont le régime russe comme certains dirigeants occidentaux ont laissé entendre qu’ils n’en excluraient pas l’emploi.

Seule l’action politique est à même de stopper les combats et d’ouvrir des négociations.

Les sanctions économiques prises par l’UE et les pays occidentaux doivent être suffisamment fortes pour tordre le bras du pouvoir politique russe et de ses soutiens économiques et financiers, et contraindre Vladimir Poutine à un cessez-le-feu sans condition et des négociations de paix. Les sanctions ne doivent pas viser le peuple russe sans distinction et renforcer par là-même la propagande de V. Poutine qui lui a imposé cette guerre et qui le réprime avec férocité. Un mouvement contre la guerre et contre la dictature de V. Poutine se lève avec courage en Russie ; c’est ce mouvement qui rassemble progressistes et démocrates, où les féministes russes jouent un rôle original, que nous devons soutenir de toutes nos forces. C’est la mobilisation du peuple russe pour la paix et la démocratie que Vladimir Poutine craint le plus, car seul ce mouvement peut mettre un terme à son règne et ouvrir la voie à un régime démocratique.

*

Nous ne voulons ni de la guerre, ni d’une économie de guerre

Dans l’immédiat aussi, il est impératif qu’une action politique déterminée et coordonnée au plan européen comme international s’attaque aux spéculateurs qui profitent de la guerre pour faire flamber les prix des matières premières, du blé, du pétrole et du gaz avant même que les sanctions économiques contre la Russie ne produisent leur effet. La spéculation financière doit être interdite et sanctionnée pénalement.

D’ici peu, l’impact de la guerre et des sanctions sur les conditions de vie et de travail des Français·e·s, des Européen·ne·s et de tous les peuples du monde va venir approfondir les actuelles difficultés sociales et économiques déjà graves. Des pays entiers, du Moyen-Orient à l’Afrique, dépendants du blé ukrainien et russe, sont sur le point de voir se multiplier des émeutes de la faim.

Il faut – « quoi qu’il en coûte » aux marchés financiers – prévenir à tout prix cet impact et coordonner, au plan international avec l’ONU et ses agences comme la FAO et le PAM ainsi que la BRI et le FMI, la mobilisation des stocks alimentaires et l’approvisionnement en matières premières des peuples menacés à présent de famine.

La France doit faire prévaloir l’exigence de sécurité humaine collective, telle que définie par le PNUD, et agir pour la tenue sans délai d’une conférence extraordinaire internationale, sous égide de l’ONU, pour le blocage des prix des céréales et au développement d’un mix énergétique pour réduire la dépendance aux énergies fossiles.

C’est dès maintenant que doit être mis en place, comme le propose Fabien Roussel, un Fonds européen démocratique, un « fonds de résilience pour la paix », développant les services publics, garantissant la sécurisation des emplois et remplissant l’objectif de transition écologique.

Un processus politique et pacifique négocié de la guerre en Ukraine et du conflit séparatiste dans le Donbass devra, dans la foulée, déboucher sur la tenue d’une conférence extraordinaire pour une sécurité collective pan-européenne, sous égide des instances multilatérales, ouverte à tous les pays d’Europe, y compris la Russie et l’Ukraine évidemment.

Pour un nouvel ordre international

Les logiques d’alliances opportunistes telles que les met en œuvre l’Otan sont incapables de relever ce défi, au contraire elle les alimente. En cherchant à s’élargir à l’Est jusqu’aux frontières de la Russie, l’Otan a encouragé une logique de surarmement et une logique de blocs antagonistes en Europe. L’Otan a activement nourri la montée des tensions en Ukraine depuis 2014. Elle a poussé le gouvernement ukrainien, à ses risques et périls comme le montre la guerre aujourd’hui, à retarder sine die la mise en œuvre les accords de Minsk 2. Dans la même période, l’Otan a contribué au surarmement et a élevé à 2 000 milliards de dollars le niveau des dépenses militaires annuelles au plan mondial ; elle a ravivé la compétition pour la détention de l’arme nucléaire.

La guerre en Ukraine est un échec diplomatique et politique collectif qui devra conduire l’ensemble des pays européens à élaborer de concert un cadre commun de coopération et de sécurité collective pan-européen.

Dans un monde interdépendant, la sécurité de chacun dépend de la sécurité de tous.

L’indépendance stratégique de la France, comme celle des pays membres de l’Union européenne, ne peut plus s’inscrire dans un système qui les font dépendre d’une alliance, l’Otan, dont ils ne maîtrisent ni la direction ni les objectifs stratégiques. Les prétentions hégémoniques – économique, monétaire, politique et culturelle – des États-Unis et cet ordre mondial chaotique régi par les logiques de puissances et de « blocs antagonistes » précipitent des peuples entiers dans la pauvreté et l’humiliation, les jettent les uns contre les autres.

L’indépendance stratégique de la France, comme celle des pays membres de l’Union européenne, doit être définie et maîtrisée par eux dans le cadre de coopérations et de partenariats dont le premier but doit être la préservation de la paix et la sécurité collective en Europe comme au plan international. Ce serait poser les jalons d’un nouvel ordre international, fondé sur la sécurité humaine collective – la paix, la justice, la solidarité et la coopération entre les peuples –, et auxquels tous aspirent.

Un large mouvement populaire pour la paix et la solidarité internationale des peuples et des travailleurs

Le PCF participe et appelle à participer à toutes les initiatives pour la paix et la solidarité lancées par les organisations onusiennes, intersyndicales et les ONG mobilisées, depuis le 24 février, pour porter assistance aux populations ukrainiennes. Le PCF apporte tout son soutien au peuple ukrainien, à tou·te s les réfugié·e·s et victimes de la guerre, et aux militant·e·s de gauche arrêtés et emprisonnés en Ukraine.

Le PCF dénonce avec force les appels au « tri » des réfugié·e·s et réaffirme que la France, comme tous les pays membres de l’UE, se doit de respecter à la lettre le droit international et les principes de la Convention universelle des droits humains, la Charte des Nations unies et les conventions internationales, et d’accueillir dignement migrant·e·s et réfugié·e·s sans aucune discrimination.

Le PCF, engagé dans la solidarité concrète avec les populations ukrainiennes en détresse, continuera de mettre les locaux de ses sections et fédérations à la disposition des actions de solidarité et collectes de dons. Les maires et les élu·e·s communistes sont mobilisé·e·s pour créer les conditions de cet indispensable accueil.

Le PCF condamne la répression dont sont victimes les partisan·e·s de la paix en Russie et appelle à soutenir les femmes et hommes de culture, les intellectuel·le·s, les responsables politiques et syndicaux, les féministes qui se sont levé·e·s avec courage depuis le 24 févier. Le PCF se tient aux côtés des mères de famille russes, endeuillées par la perte de leurs enfants mobilisés dans l’armée. Le PCF s’oppose avec force, en France, aux diatribes et violences russophobes qui distillent la haine entre les peuples.

Le PCF appelle toutes les forces en France, en Europe, sur tous les continents, partageant l’objectif de bâtir un monde de sécurité collective, de sécurité humaine et de coopération, de fraternité entre les peuples et de solidarité, à se rassembler, s’unir et agir ensemble. Toutes les forces attachées aux principes intangibles de la primauté du droit international et de la Charte des Nations unies, aux principes inaliénables des droits humains, sociaux et politiques fondamentaux, tels que définis dans la Charte universelle des droits humains de 1948, peuvent faire prévaloir la voix d’un nouvel ordre international.

À l’heure où les pandémies et la crise climatique et écologique – qui se jouent des frontières –, où les insupportables inégalités sociales et économiques mondiales plongent des dizaines de millions d’êtres humains dans la famine, la misère, la désolation et les conflits, l’humanité dans son ensemble court à sa perte si elle ne se donne pas les moyens de relever ces défis au plan mondial et de faire prévaloir des relations internationales pacifiques et mutuellement avantageuses.

Le PCF, engagé depuis sa création dans cette perspective d’émancipation humaine et de transformation sociale profonde, entend mettre toute son énergie à la construction d’un large et puissant mouvement pour la paix et la sécurité collective européenne et internationale.

Ouvrons enfin le chemin de la « grande paix humaine ». Le PCF appelle toutes les forces individuelles comme collectives disponibles et partageant cet objectif à se rassembler et agir ensemble ; il n’est pas trop tard :

  • Le PCF continuera de prendre toutes les initiatives possibles, au plan national, européen et international, pour un cessez-le-feu immédiat en Ukraine et l’ouverture de négociations sous égide de l’Onu et de participer à toutes les mobilisations portant cet objectif et la solidarité avec les victimes de la guerre ;
  • Le PCF appelle à participer en nombre au contre-sommet de l’Otan, en juin à Madrid, initié par les gauches européennes, pour porter ensemble l’exigence d’un nouveau cadre commun, pan-européen, de coopération et de sécurité collective en Europe.
  • Pour contribuer à plus longue échéance à la construction d’un large et puissant mouvement pour la paix, le PCF s’engage dès aujourd’hui dans la préparation d’une mobilisation de masse, le 21 septembre 2022, à l’occasion de la Journée internationale de la paix, initiée par l’Onu.

Paris, le 19 mars 2022

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23 mars 2022 3 23 /03 /mars /2022 11:55
Les premières rencontres annoncées autour de "Femmes d'Alep":
 
- vendredi 25 mars à 17h30 Présentation de "Femmes d'Alep" dans les locaux de Skol Vreizh, à la Manufacture des Tabacs de Morlaix
 
- samedi 26 mars à 16h à Dialogues Morlaix: Présentation du livre "Femmes d'Alep" avec Maha Hassan et Ismaël Dupont et dédicaces
 
- samedi 2 avril à 14h30 à Lampaul Guimiliau, rencontre à la librairie l'Ivresse des Mots
 
- samedi 9 avril, Maha Hassan est invitée d'un festival culturel sur les droits des femmes dans le cadre d'une journée sur les femmes migrantes et réfugiées à Port-de-Bouc près de Marseille, Bibliothèque Boris Vian, à 17h
 
- vendredi 22 avril, 19h, salle des fêtes de Saint-Cadou à Sizun
 
- samedi 23 avril, à 17h, rencontre à la librairie Les Déferlantes, place des Viarmes à Morlaix
 
- jeudi 5 mai, rencontre-présentation du livre à la librairie Livres in Room à Saint-Pol-de-Léon à 18h30
 
- samedi 7 mai, FNAC de Morlaix, de 15h à 18h, Zone commerciale St Fiacre à Plourin-les-Morlaix
 
- Vendredi 13 mai, conférence-débat à Saint-Brieuc, 18h, à l'invitation des Belles Rouges 22, Salle 16 rue Courteline
 
Sortie du livre de Maha Hassan et Ismaël Dupont "Femmes d'Alep" chez Skol Vreizh: les rencontres prévues
Sortie du livre de Maha Hassan et Ismaël Dupont "Femmes d'Alep" chez Skol Vreizh: les rencontres prévues
Une immense joie de voir le roman co-écrit avec mon amie l'écrivaine Maha Hassan publié avec le beau tableau de couverture du peintre kurde syrien d'Afrin Lokman Mohamad, dans le catalogue de notre éditeur Skol Vreizh. A vente cette semaine en librairie.
Un travail littéraire passionnant débuté en décembre 2017, sitôt après notre rencontre à une soirée organisée par Amnesty International sur la guerre en Syrie, un pays et un peuple j'ai appris à aimer à l'été 2010, 6 mois avant la Révolution, et ce roman aux cents visages de femmes qui va déboucher 4 ans et 4 mois après.
Nous allons bientôt vous inviter, chers lectrices et lecteurs futurs, j'espère, à une plongée en profondeur dans la société et la culture syrienne, l'histoire des femmes de ce pays si fascinant et cruel, les drames du patriarcat et de la dictature du clan Assad, la guerre et l'exil, une réflexion puissante sur la dialectique de l'identité multiple et métissée, et les chemins de la liberté d'une écrivaine, née avec des parents analphabètes, mais des grands-mères, arménienne, kurde, arabe, riches d'histoire, dont l'exil aura pleinement libéré la fécondité créatrice.
Merci à notre éditeur, à Jean-René Le Quéau, à Paolig Combot, d'avoir su apprécier ce livre fort, ambitieux et d'une originalité véritable, un sésame pour découvrir l'Orient compliqué et la Syrie d'avant la Révolution et de la guerre civile.
Merci à Maha pour sa confiance, de m'avoir fait partager sa création et sa puissance romanesque pas à pas! Et à tous les amis qui nous ont aidés dans cette entreprise, Patrick Gambache, Guy Darol, et d'autres encore!
 
Née à Alep en Syrie dans une famille kurde, avec un père ouvrier communiste dans une usine de textile, partagé entre idéologie progressiste et conservatisme social, Maha Hassan a vécu une enfance croisée entre la grande ville du nord de la Syrie, aux milieux sociaux très divers, et le village kurde de Metîna, dans la région d'Afrin. Athée mais voilée, avec ses amies du lycée Al-Nil, elle vient à la littérature et au monde des idées par Marx, Gorki, Hemingway, Sartre, Breton, de Beauvoir, Rimbaud qu'elle découvre entre ses 15 et ses 18 ans dans sa chambre du quartier populaire d'Alkhalidiya, à l'ouest d'Alep, d'abord grâce aux brochures et livres qui lui offrent les copains communistes de son père.
Écrivaine et journaliste de langue arabe, elle s'exile en France en 2004 à la suite du printemps kurde, déjà réprimé par Bachar al-Assad. Elle est l'auteur de 13 romans en langue arabe, dont plusieurs ont été sélectionnés pour des prix internationaux de littérature arabe, la plupart publiés au Liban. Deux de ses romans sont traduits en italien, un en néerlandais et un autre est en cours de traduction en Angleterre.
 
Femmes d'Alep - un roman de Maha Hassan
écrit en français avec l'aide de Ismaël Dupont
 
Tout a commencé avec elles : l’Arménienne chrétienne à l'identité enfouie et dissimulée, et Halima, la Kurde musulmane. Deux femmes analphabètes qui ont tissé les fils de mon destin. L’histoire débute donc avec elles : Halima, Amina, Samia, Hanifa, Nadia et… toutes ces femmes qui racontent leurs vies dans ce livre.
“Je suis née pour raconter, pour les raconter. Je suis née femme pour raconter les histoires de ces femmes autour de moi : femmes de ma famille, femmes d'ailleurs, voisines, cousines, amies, rendues étrangères à elles-mêmes. Femmes sorties de l’ombre où elles ont vécu dans l'injustice et la peur, femmes aux vies cabossées par la guerre et l'exil. Je suis née dans cette société orientale tyrannique pour témoigner des expériences des femmes dans ce monde définitivement perdu que fut la Syrie d'avant la Révolution et la guerre civile. Je suis née là-bas pour m'exiler et écrire ce livre rendu possible et nécessaire par la distance et l'éloignement. Je suis née pour raconter et je me suis exilée pour sauver mes histoires.”
Format : 14 X 22 cm, 488 p.,
impression NB, papier bouffant, relié, couverture souple impression couleurs, pelliculée, 22 €
ISBN 978-2-36758-137-8
Sortie du livre de Maha Hassan et Ismaël Dupont "Femmes d'Alep" chez Skol Vreizh: les rencontres prévues
Sortie du livre de Maha Hassan et Ismaël Dupont "Femmes d'Alep" chez Skol Vreizh: les rencontres prévues
Sortie du livre de Maha Hassan et Ismaël Dupont "Femmes d'Alep" chez Skol Vreizh: les rencontres prévues
Sortie du livre de Maha Hassan et Ismaël Dupont "Femmes d'Alep" chez Skol Vreizh: les rencontres prévues
Femmes d'Alep
Les communistes en Syrie, une longue histoire compliquée et une influence certaine.
C’est l’histoire d’un père, analphabète, ouvrier dans une usine de textile des faubourgs d’Alep, qui rêvait d’envoyer sa fille aînée faire des études de sciences politiques en Russie... Ses nièces "nationalistes" kurdes le surnomment Gorbatchev. Nabi, kurde venu du village de Metîna, dont la fille, Maha, publiera à douze ans son premier article dans le journal du Parti communiste syrien Al-Bayraq, pour la plus grande fierté des amis et camarades de son père, tandis que sa première nouvelle sera publiée à 20 ans dans le journal de Mahmoud Darwich au Liban, le poète et résistant palestinien, un autre ancien militant communiste.
C'est l'histoire d'un car de jeunes issus de familles communistes allant sur une journée de vacances hors de leur ville que les services de sécurité arrêtent à un barrage, harcelant ensuite chacun d'entre eux, certains étant arrêtés et torturés, d'autres intimidés, afin de chercher à collecter des renseignements... Une histoire vraie!
« Le Parti communiste a joué un rôle important très tôt dans ma vie. Il m’a préservée contre le destin des filles de mon quartier et de ma famille… Je dois à ce parti de ne pas avoir été éduquée dans une ambiance religieuse qui aurait arrêté le développement de mon esprit critique ».
Parmi les souvenirs lointains d’enfance de la jeune Maha, les visites chez les camarades du quartier, dont les filles chantent dans les chorales du Parti, ou encore, au village paternel kurde de Metîna, dans la région d’Afrin, la visite à Mohammad Medina avec sa tante Farida, un militant sortant de prison, encore handicapé des suites de la torture.
Le communisme a joué un grand rôle dans la vie de Maha : vecteur de culture, c’est grâce aux camarades de son père qu’elle a pu découvrir le monde des livres et des idées, Marx, Lénine, Sartre, Gorki, et bien d’autres ensuite… C’est le communisme qui lui a permis d’avoir des références internationalistes, de vivre dans une ambiance où l’on refusait le sectarisme communautariste, comme l’intégrisme religieux et le nationalisme autoritaire du Baas.
Même si les camarades de son père étaient aussi perméables à la culture patriarcale et clanique dominante, n’avaient pas forcément des femmes libres et émancipées, ils respectaient davantage la liberté de leurs filles, qui, souvent, ne mettaient pas le voile.
Le communisme en Syrie et dans le monde arabe a été fort dans certaines minorités : kurde, chrétienne, druze, alaouite. C’était une promesse universaliste d’égalité et de fraternité humaine, c’était aussi l’espoir d’une société sécularisée où la pensée critique, la création, la liberté individuelle, notamment des femmes, pourraient se déployer plus librement.
Le communisme était aussi une manière de résister au totalitarisme du Parti et de l’idéologie au pouvoir, qui s’attaquait avec la même violence à tous ses opposants, islamistes, ou de gauche, laïcs, et communistes.
Ainsi le livre « Femmes d’Alep » fait référence à Farajallah El Helou, le grand chef communiste libanais, torturé et assassiné par les services de sécurité syriens en 1959.
A l’adolescence de Maha, c’est bien souvent dans des librairies « communistes » d’Alep que l’on trouvait des femmes en jean et sans voile, et des livres dissidents critiquant la religion. C’est là qu’allaient faire provision d’arguments et de connaissance les filles athées voilées du lycée Al-Nil d’Alep.
Toute une partie de la résistance contre la dictature des Al-Assad, le père Hafez, et le fils Bachar, était d’inspiration communiste, même si, peut-être plus encore que dans les pays européens, l’histoire du mouvement communiste, que la dictature a toujours cherché à diviser en même temps qu’elle le réprimait impitoyablement, a été marquée par de nombreuses scissions, divisions et parfois des reniements face à la puissance d'intimidation et de chantage du régime.
Je me souviens que 6 mois avant la Révolution syrienne, à la fête de l'Humanité, il y avait deux stands communistes syriens, dans l'un des opposants persécutés par Bachar, dans l'autre un parti qui tout en s'opposant officiellement au Baas était intégré à un système électoral truqué et sous contrôle.
Toujours est-il que dans la Révolution de 2011, et dans les coordinations civiles de la Révolution, beaucoup des militants aguerris qui pensaient et organisaient la résistance civile étaient soit communistes, soit influencés par cette culture progressiste, universaliste et laïque arabe, également très présente chez les intellectuels, même si beaucoup devaient cacher leurs idées pour ne pas être inquiétés par la dictature.
Le livre « Femmes d’Alep » raconte aussi la résistance de femmes communistes, certaines qui ont vécu des années de clandestinité, cachées ou sous des identités d’emprunt, pendant plusieurs années du temps de Hafez al-Assad pour échapper à l’arrestation et la torture, voire l’élimination. D’autres qui ont combattu, la plupart du temps en manifestant et résistant pacifiquement, par la liberté d’expression et la solidarité concrète, contre la dictature du Boucher de Damas, Bachar al-Assad.
Ce livre raconte la résistance et aussi la persécution, l’exil de ces militants, militants de l’ombre ou intellectuels, et leur amertume face au destin de la révolution syrienne. Leur héroïsme aussi pour continuer à rire du régime, parler-vrai, et librement, sous les bombes, la menace des enlèvements et de l’arrestation par les "moukhabarat" (police secrète) ou les "chabiha" (voyous mafieux ultra-violents à la solde du pouvoir) de Bachar al-Assad.
Ce livre, la deuxième partie notamment, "Héritières de l'exil", est également un hommage à ces héros ordinaires de la Révolution syrienne.
Le Parti communiste en Syrie a commencé à être très influent dans les années 50, dans un contexte de démocratie parlementaire libérale, dans l’opposition. Le Parti communiste du premier député communiste arabe, le kurde Khaled Bakdach, était un parti qui recrutait majoritairement en milieu minoritaire kurde et chrétien. Dans les années 63-68, jusqu’à la prise de pouvoir de Hafez al-Assad, la collaboration du parti Baas au pouvoir en Syrie et de l’URSS était très forte. En 68, le général alaouite Hafez al-Assad, ministre de la Défense, se fait le partisan d'une ligne moins « gauchiste » et plus « pragmatique » du Baas. Les militants communistes sont arrêtés. Et le 6 octobre 1970, Hafez al-Assad prend la tête du pays à 40 ans, en évinçant les membres rivaux de son parti. Il instaure un régime présidentiel autoritaire très personnalisé, s’appuyant sur une institution militaire toute puissance et des services de renseignement et de répression dominés par les Alaouites. Hafez al-Assad engage le « Mouvement rectificatif » réhabilitant le secteur privé et renouant avec les pays arabes, y compris l’Arabie Saoudite. La Syrie intervient contre les Palestiniens dans la guerre du Liban qui a débuté en 1975, avec l’intention de rééquilibrer le rapport de force entre l’OLP et la gauche libanaise d’un côté, et les Phalanges maronites de l’autre. Une « trahison » de la cause palestinienne qui suscite des critiques, y compris au sein du Baas. La Syrie restera engagée au Liban jusqu’en 2005. Dans les années 79-85, Hafez al-Assad exerce sous état d’urgence une répression très féroce contre les Frères musulmans, mais aussi ses opposants de gauche, et les militants communistes. Le régime arrête arbitrairement et torture sans pitié dans ses prisons infernales bien décrites par Mustafa Khalifé dans La Coquille des milliers de suspects : islamistes, démocrates, opposants de gauche.
Le 10 juin 2000, c’est la mort de « l’Éternel » Hafez al-Assad après 30 ans de pouvoir sans partage. Son fils Bachar, 34 ans, lui succède, du fait de la mort de Bassel, le fils aîné et l’héritier pressenti, dans un accident de voiture en 1994. Bachar, qui a fait des études de médecine et d’ophtalmologie à Londres, est présenté au départ comme un président moderne, ouvert aux évolutions. Riad al-Turk, l’opposant de toujours et chef historique du Parti communiste syrien qu’il a fondé en dissidence du parti de Khaled Bakdach, désormais allié au régime, est le premier à critiquer la révision constitutionnelle qui permet à Bachar de prendre la tête de l’état en abaissant l’âge ouvrant droit à l’élection à la présidence de la République.
En janvier 2001 : un autre manifeste portant cette fois la signature de 1000 intellectuels et activistes met davantage l’accent sur des revendications de démocratie et de pluralisme, et des « Comités de revitalisation de la société civile » voient le jour. Bachar tente de se construire une popularité par une hausse des salaires de 25 %, l’autorisation des partis du Front national progressiste de diffuser des journaux en leur nom, la libération de 600 prisonniers politiques, pour la plupart islamistes.
Mais dès février 2001, l’appareil sécuritaire et répressif préservant les privilèges et la mainmise absolue du régime et du clan alaouite au pouvoir se reprend. Le « printemps de Damas » prend fin avec l’arrestation du député et dissident politique Riyad Seif, de Mamoun al-Homsi ainsi que du leader communiste Riad al-Turk, surnommé le Mandela syrien.
Face à la réaction, qu’elle soit basée sur l’autoritarisme militaire mafieux, communautariste et nationaliste, comme celui du parti Baas, ou sur l’islamisme favorisé d’abord par les pays du Golfe et les États-Unis comme parade à l’affirmation du progressisme arabe, le communisme a bien souvent été une force d’émancipation en Syrie et dans le monde arabe, contrairement aux idées reçues qui assimilent communisme et totalitarisme ou négation des libertés individuelles. Le communisme a aussi été un soutien constant aux forces progressistes palestiniennes. Et un vecteur de liberté et d’affranchissement culturel dans la vie sociale et individuelle face aux conservatismes communautaires et religieux.
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22 mars 2022 2 22 /03 /mars /2022 07:22
Superbe meeting de Fabien Roussel à Nantes à la Cité des Congrès, dans une chaude ambiance!
Superbe meeting de Fabien Roussel à Nantes à la Cité des Congrès, dans une chaude ambiance!
Superbe meeting de Fabien Roussel à Nantes à la Cité des Congrès, dans une chaude ambiance!
Superbe meeting de Fabien Roussel à Nantes à la Cité des Congrès, dans une chaude ambiance!
Superbe meeting de Fabien Roussel à Nantes à la Cité des Congrès, dans une chaude ambiance!
Superbe meeting de Fabien Roussel à Nantes à la Cité des Congrès, dans une chaude ambiance!
Superbe meeting de Fabien Roussel à Nantes à la Cité des Congrès, dans une chaude ambiance!
Superbe meeting de Fabien Roussel à Nantes à la Cité des Congrès, dans une chaude ambiance!

Un superbe meeting de Nantes avec Fabien Roussel, drôle, profond, incisif, offensif! Tous ensemble pour la France des Jours Heureux!

La fédération du Finistère avait une cinquantaine d'adhérents présents à Nantes, dont Valérie Scattolin et Enzo De Gregorio, les candidats aux législatives de la France des Jours Heureux sur la circonscription de Morlaix, présents en tribune au côté de Fabien Roussel, avec Ismaël Dupont.

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22 mars 2022 2 22 /03 /mars /2022 07:16
53 élus finstériens figurent sur le comité de soutien de Fabien Roussel. (Photo d’archives François Destoc/Le Télégramme)

53 élus finstériens figurent sur le comité de soutien de Fabien Roussel. (Photo d’archives François Destoc/Le Télégramme)

Présidentielle : 53 élus finistériens soutiennent Fabien Roussel

Publié le 21 mars 2022 - Le Télégramme

La fédération finistérienne du Parti communiste a publié ce week-end les noms figurant au comité de soutien à Fabien Roussel pour l’élection présidentielle.

Le comité de soutien Fabien Rousse, le candidat du PCF compte désormais 766 « citoyens », selon le décompte de la fédération finistérienne du Parti communiste* et 53 élus du département en exercice.

Voici la liste des élus signataires, par ordre alphabétique : Patrick Béguivin, conseiller municipal à Plouigneau ; Djelloul Benhenni, conseiller municipal de Rosporden-Kernével ; Bertrand Bianic, conseiller municipal au Relecq-Kerhuon ; Christophe Boudrot, adjoint au maire à Plouigneau ; Claudie Bournot Gallou, adjointe au Relecq-Kerhuon ; Philippe Broudeur, adjoint à Quimper et conseiller communautaire de Quimper Bretagne Occidentale, président Les Radicaux de Gauche 29 ; Maëla Burlot, conseillère municipale à Morlaix ; Christian Carduner, conseiller municipal à Scaër ; Martine Carn, conseillère municipale à Plougonven ; René Chever, conseiller municipal à Plounéour-Ménez ; Anne-Catherine Cleuziou, conseillère municipale à Brest ; Jean-Marie Cloarec, adjoint au maire à Rosporden/Kernével ; Patrick Cochennec, conseiller municipal à Cléden-Poher ; Marie-Christine Coz, adjointe à Plourin-lès-Morlaix ; Eugène Davillers Caradec, conseiller municipal de Morlaix ; Corentin Derrien, conseiller municipal à Saint-Thégonnec Loc-Eguiner ; Marie Duigou, adjointe à Bannalec ; Ismaël Dupont, conseiller départemental et 1er adjoint à Morlaix ; Edith Fer, conseillère municipale à Morlaix ; Fabrice Gakiere, conseiller municipal à Briec ; Patrick Gambache, conseiller municipal à Morlaix ; Mariane Gauthier, conseillère municipale à Plouigneau ; Gladys Grelaud, conseillère régionale ; Eric Guellec, adjoint au maire de Brest ; Jacqueline Héré, maire de quartier à Bellevue (Brest), conseillère départementale ; Roger Héré, vice-président de Morlaix-Communauté et 1er adjoint à Plouigneau ; Bernard Jasserand, maire du quartier de Kerfeunteun (Quimper), conseiller communautaire de QBO ; Élise Kérébel, conseillère municipale à Morlaix ; Jérémy Laine, adjoint au maire à Guimaëc ; Frédéric L’Aminot, adjoint au maire à Morlaix ; Jean-Michel Lemieux, conseiller municipal à Scaër ; Karen Le Moal, adjointe au maire à Rosporden-Kernével ; Jean Michel Le Lorc’h, vice-président Brest Métropole ; Sandra Le Roux, conseillère municipale à Brest ; Pierre-Yves Liziar, conseiller municipal au Relecq-Kerhuon ; Marie-Françoise Madec, conseillère municipale à Morlaix ; Mathilde Maillard, adjointe à Brest ; Taran Marec, conseiller municipal à Brest, étudiant en informatique ; Isabelle Maugeais, conseillère départementale ; Isabelle Mazelin, adjointe au Relecq-Kerhuon ; Monique Mevellec Sithamma, élue conseillère municipale au Relecq-Kerhuon ; Christiane Migot, conseillère municipale et communautaire de Brest ; Françoise Nioche, conseillère municipale Rosporden ; Jean-Claude Perrot, conseiller municipal de Briec ; Paul Quéméner, conseiller à Berrien ; Yvonne Rainero, conseillère municipale et communautaire de Quimper ; Jacques Rannou, maire délégué de Kernével ; Quentin Rannou, conseiller municipal Kernevel-Rosporden, Larry Réa, adjoint au Relecq-Kerhuon ; Katell Salazar, conseillère municipale à Morlaix ; Valérie Scatollin, adjointe et conseillère communautaire à Morlaix ; Ronan Sinquin, conseiller municipal de Quimper ; Pierre-Yves Thomas, conseiller municipal à Carhaix.

 

* chiffre établi le 18 mars

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22 mars 2022 2 22 /03 /mars /2022 07:13
Réunion publique du comité des Jours Heureux à Quimper pour Fabien Roussel ce vendredi 18 mars
Réunion publique du comité des Jours Heureux à Quimper pour Fabien Roussel ce vendredi 18 mars
Réunion publique du comité des Jours Heureux à Quimper pour Fabien Roussel ce vendredi 18 mars
Réunion publique du comité des Jours Heureux à Quimper pour Fabien Roussel ce vendredi 18 mars
Réunion publique du comité des Jours Heureux à Quimper pour Fabien Roussel ce vendredi 18 mars

Réunion publique à Quimper du Comité des Jours Heureux vendredi soir, 18 mars. Un échange très intéressant avec des interventions de Yann Foucher, Yvonne Rainero, Enzo De Gregorio, Ismaël Dupont, Annie Bleas, Sandrine Allain, Max Relouzat. Et un comité de soutien quimpérois a Fabien Roussel qui compte plus de 110 personnes et s'étoffe chaque semaine davantage. Photos de Piero Rainero

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