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6 novembre 2021 6 06 /11 /novembre /2021 15:04

CONTRIBUTION AU DÉBAT SUR LA POLITIQUE ÉNERGÉTIQUE

PCF Morlaix - 2 novembre 2021, débat sur les énergies

Contribution de Jean-Victor Gruat

  1. La combinaison de sources de production électrique où prédominent le nucléaire et l’hydraulique n’immunise pas la France contre les conséquences de la raréfaction des énergies fossiles et de leur renchérissement orchestré par les pays producteurs et les grands distributeurs.

  2. Nos économies, nos modes de vie sont en effet extrêmement dépendants du pétrole et de ses dérivés, présents dans le moindre aspect de la vie quotidienne via des processus de production ou de commercialisation présentés comme intangibles.

  3. Pour avancer sur la voie d’une réduction de cette absolue vulnérabilité, il aurait fallu produire depuis des décennies des efforts considérables en termes de recherche et de développement, efforts auxquels se sont refusés les gouvernements successifs, aveuglés par l’idéologie libérale de maximisation du profit à court terme.

  4. Il est frappant à cet égard de constater que des progrès significatifs dans le nucléaire, comme la technologie des EPR, demeurent hors de portée en France et en Europe, alors que, avec le soutien logistique d’EDF, ils sont effectifs en Chine, un pays ne se soumettant pas aux diktats des lobbies pétroliers et financiers. De même, le renoncement par le CEA, au motif que l’uranium ne serait « pas cher », à la recherche sur le projet ASTRID, qui apporte pourtant une solution à long terme en recyclant les déchets nucléaires dans un cycle de production vertueux, témoigne de la courte vue gouvernementale.

  5. Par-delà les querelles de chapelle sur les avantages et inconvénients des différentes filières pour produire de l’énergie non carbonée de manière sure, efficace et durable, il est nécessaire d’aboutir à une prise de conscience du caractère indispensable d’une décarbornation drastique de l’économie pour espérer échapper à la catastrophe écologique, donc économique et sociale, qui menace nos sociétés.

  6. Cette approche radicalement nouvelle affecterait un tel nombre de domaines, comme l’emploi, l’industrie, la recherche, l’habitat, les transports, l’industrie, l’agriculture …, que s’impose comme allant de soi la pertinence pour en traiter de la planification, outil global de gestion économique et sociale à long terme.

  7. Alors que, dans un sursaut de bon sens, la présidence Macron avait décidé en septembre 2020 de rétablir à un niveau politique prestigieux la fonction de Haut-Commissaire au Plan abolie en 2005, cette administration semble encore à la recherche de sa pertinence, se contentant d’approches sectorielles sous forme de notes sans réelle portée pratique1, là où une grande ambition, dégagée des contraintes électoralistes, serait nécessaire.

  8. Il est, me semble-t-il, du devoir des communistes d’insister sur la priorité absolue à reconnaître à la lutte contre le changement climatique pour le bien-être futur en France, en Europe et dans le monde globalisé, et sur le caractère indispensable du recours à une planification réinventée pour faire face à tous les aspects de ce défi dramatique en mobilisant durablement les moyens nécessaires, nonobstant les changements de gouvernement.Jean-Victor Gruat,

2 novembre 2021.

Note de mars 2021 – Électricité: le devoir de lucidité,

https://www.gouvernement.fr/sites/default/files/contenu/piece-jointe/2021/04/electricite_le_devoir_de_lucidite.pdf

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6 novembre 2021 6 06 /11 /novembre /2021 14:56

POURQUOI UN POINT SUR L’ÉNERGIE !

1°. D'abord, c'est l'ouverture à GLASGOW de la COP26 sur le réchauffement climatique.

C'est donc d'actualité.

2°. Le prix des matières fossiles (charbon, essence, gaz ) s'envole,

3°. Les conséquences des méfaits du réchauffement climatique (températures, inondations, tornades) se multiplient dans le monde !

RÉPONSE DES POUVOIRS PUBLICS:

Face à cette situation, L’État réagit :

  • 100 milliards d'€ de relance fin 2020,

  • 30 milliards d'€ de France 2030  : Nucléaire, biotechnologies, agriculture, hydrogène, véhicules propres, souveraineté industrielle...bref programme des 30 glorieuses !

 

ANALYSE DES PROPOSITIONS DES POUVOIRS PUBLICS:

L'internationalisation des entreprises et des capitaux ne permettent pas aux Etats de relever les défis de la transition énergétique et écologique :

    • faire de la France la 1°puissance européenne de la tech : numérique, intelligence artificielle, semi-conducteurs, biotechnologies, hydrogène vert, énergies renouvelables.

    • Objets industriels projetés : avion décarboné, véhicules électriques, batteries, minicentrales nucléaires, santé et agriculture de demain.

Est-ce que ces propositions des pouvoirs publics peuvent répondre aux défis de la transition énergétique et écologique ?

La fée technologie demande des compétences !

D'où le développement de formations et de requalifications ! De nombreux Français se sentiront exclus des emplois de demain sans accès à une vie décente !

Et pourtant, les marchés financiers ne peuvent assurer le financement de la transition écologique et du développement...ils ne la voient pas. Ce sont les États et les banques centrales.

Les entreprises doivent s'ouvrir à l'écologie.

Une politique du développement durable doit être développée : intégrer transition écologique et développement économique et social (activités productives). A confier aux forces vives d'ici : entreprises, institutions financières, universités, centres de recherche,fédérations patronales et syndicales, et monde associatif.

 

MUTATION DE NOTRE MODELE ÉCONOMIQUE

3 secteurs: automobiles, ferroviaire, agriculture. Développer formation « 100% durable » et l'économie circulaire et utilité collective.

LA FRACTURE NORD-SUD MENACE LA LUTTE POUR LE CLIMAT

COP21 en 2015 : engagement des pays développés à mobiliser 100 milliards $/an(86 milliards €) avant 2020 pour les nations en développement.

Seule en 2019, 80 milliards $ (chiffre OCDE) et peut-être la même somme en 2020 ! La COP26 abordera ce manque à gagner destiné à financer la transition vers une économie décarbonée.

La Chine, les USA et l'Union Européenne concentrent 50% des émissions de CO². Les pays en développement ne reçoivent que 1/5 des investissements mondiaux dans l'énergie propre (solaire, éolien, transports) alors qu'ils pourraient représenter 80% de la croissance des émissions à l'avenir ! Les investissements devraient représenter entre 1000 et 2000 milliards $ d'après la BM ! Endettement impossible.

L'ONU évalue le coût d 'adaptation au réchauffement du climat entre 140 et 300 milliards $/an d'ici 2030 pour les pays en développement ! Inondations au Népal et en Inde !

Pour les pays riches 2/3 pour l'atténuation des effets du changement climatique + 1/3 projets d'adaptation au changement climatique,

 

POINT SUR LE CHARBON

C'est la 2°augmentation/an la + importante d'émission de CO². La Chine consomme plus de la moitié de la consommation mondiale !

La flambée du prix du gaz provoque son retour, d'autant + que le prix d'une centrale à charbon est < à celui d'une centrale à gaz.

La France projette de fermer 2 centrales à charbon en 2022 et la 3° (Loire Atlantique) en 2026. Le charbon est + émetteur de CO² que le gaz.

Les arrêts de production d'énergie en Chine ont conduit à mettre en service d'autres centrales à charbon + efficaces. La limitation du charbon en Chine est programmée en principe à partir de 2023.

CONSOMMATION EN FRANCE/MONDE

 

Résidentiel

Gde industrie

PME-PMI

Professionels

Consommation électrique

Population

France

36,00%

17,00%

37,00%

10,00%

473 Twh (2019)

65,442,600

Monde

27,00%

42,00%

9,00%

22,00%

22315 Twh

(2018)

7,874,966,000

Chine

 

 

 

 

9740,8 Twh

1,444,216,000

Inde

 

 

 

 

1309,4 Twh

1,333,409,000

USA

 

 

 

 

4288,8 Twh

332,915,000

Afrique

 

 

 

 

722,8 Twh

1,216,000,000

Australie

 

 

 

 

247,6 Twh

25,788,000

Allemagne

 

 

 

 

567,8 Twh

83900000

Italie

 

 

 

 

315,6 Twh

 

 

PRODUCTION ÉLECTRIQUE EN FRANCE

Type de production

2019

2020

 

(%)

(%)

Nucléaire

70,6

67,1

Hydraulique

11,2

13

Eolien

6,3

7,9

Solaire

2,2

2,5

Bioénergie

1,8

1,9

Gaz

7,2

Total Thermique fossile :

Fioul

0,4

7,5

Charbon

0,3

 

 

 

 

Production totale en TWh

537,7

500,1

 

 

COP26 :

- limiter au max la production des énergies fossiles gaz, charbon, pétrole.

  • améliorer l'isolation thermique de l'habitat.

  • Agir sur les transports (avion, train, fret, voiture, transport en commun...etc).

  • améliorer la production nucléaire : centrales nucléaires de 4° génération :

    . projet ASTRID mis au point au CEA depuis 2010 (RNRNa). Les développements se poursuivent concernant le sodium (turbine à l'azote pressurisé).

    . projet SMR petite puissance, modulaire, développé au CEA et 1°mise en service à l'horizon 2030. Pas de pbs de réseaux. Utilisable pour produire châleur, de l'hydrogène et dessaler l'eau de mer.(NUWARD, 2 REP dans une cuve avec mécanismes de commandes immergés).

 

TRANSITION ÉCOLOGIQUE : QUEL SERA LE COÛT EN MATIERE D'EMPLOIS ?

COP21- 2015- en 2030 : (G.Ryder, D.G.OIT.23/10/21)

  • 24 millions d'emplois nouveaux + 78 millions d'emplois liés au passage à des modes de consommation et de production durable.

  • 2,2% des heures travaillées dans le monde seront perdues à cause du stress thermique : 80 millions d'emplois à temps plein perdus.

Une politique sociale précise doit accompagner la transition. C'est essentiel. Sinon, les populations refusent. Il y a blocage et c'est le drame.

Les 100 milliards n'ont jamais été atteints. Il faut un dialogue social. La question des compétences est essentielle.

Les secteurs charbon, pétrole et gaz sont directement touchés.

En Espagne et en Allemagne, ils s'en sont sortis grâce au dialogue social avec le gouvernement, les autorités locales et les syndicats. L'écologisation des transports peut créer jusqu'à 15 millions d'emplois dans le monde dont un tiers en Europe. Il faut une réponse collective mondiale.

Intervention de Jean-François à la Réunion « ÉNERGIES » du 2/11/21

PCF rue de Callac à MORLAIX

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6 novembre 2021 6 06 /11 /novembre /2021 14:26
Photo Pierre-Yvon Boisnard, 6 novembre 2021

Photo Pierre-Yvon Boisnard, 6 novembre 2021

Photo Pierre-Yvon Boisnard, 6 novembre 2021

Photo Pierre-Yvon Boisnard, 6 novembre 2021

Présence du PCF sur le marché de Morlaix ce samedi 6 novembre 2021

Après avoir tracté auprès des salariés des entreprises Sermetta et Bosh, les communistes morlaisiens étaient présents sur le marché de Morlaix ce samedi matin, place des Otages et place Allende, pour distribuer le tract de Fabien Roussel sur le soutien au pouvoir d'achat des français et le journal santé du PCF en Bretagne, A cœur ouvert, édition octobre 2021.

Une vingtaine de milliers de tracts sont également distribués pendant 3 semaines sur tous les quartiers de Morlaix et une partie des communes du pays de Morlaix.

Des tracts de la JC seront aussi à distribuer aux Etudiants IUT Morlaix et aux Lycéens du Lycée de Morlaix 

Des journaux A cœur ouvert seront également distribués à l'hôpital.

Les communistes morlaisiens se réuniront en Assemblée Générale le mardi 9 novembre, à 18h, après une réunion de débat et de réflexion thématique sur la question des énergies le 2 novembre qui a été très riche et intéressante.

Mardi 9 novembre 2021 : AG PCF Morlaix (18 h – local PCF MORLAIX)

Samedi 13 novembre 2021 : AG PCF Finistère (10 h – 16 h / Salle polyvalente, 2 Place de l’Eglise 29140 KERNEVEL en plein cœur du bourg)


Cette Assemblée Générale sera l’occasion de faire un point sur l’activité de la fédération, des sections du Finistère, de débattre de l’actualité sociale et politique, de nos actions, la campagne des élections présidentielles et des élections législatives.

Après une matinée de débats, un apéritif convivial suivi d’un repas (couscous, fromage, tarte) est prévu à 12 h 30 sur inscription (participation de 10€ demandée). A l'issue de ce repas les débats reprendront à 14h.

Mercredi 24 novembre 2021 : réunion du Comité des Jours Heureux du Pays de Morlaix (18 h – local PCF Morlaix)

Samedi 27 et Dimanche 28 novembre 2021 : Fête de l’Huma Bretagne à Lanester.

Ce sera le retour de la Fête de l’Huma Bretagne à Lanester.

  • Merci de noter cette date dans ton agenda.
  • Des billets d’entrée à cette fête pourront être acheté lors de l’AG du mardi 9 novembre ou lors de la réunion du Comité des Jours Heureux.
  • Un car permettra de rallier la Fête le dimanche 28 novembre : on peut s’inscrire en réponse à ce courriel ou lors de l’AG du mardi 9 novembre.

 

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6 novembre 2021 6 06 /11 /novembre /2021 09:19
Déplacements, marchandises : quels changements pour répondre à nos besoins et préserver l'environnement ?
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6 novembre 2021 6 06 /11 /novembre /2021 08:51
Espagne. Confortée, Yolanda Diaz, ministre communiste du travail, repart au charbon (Thomas Lemahieu, L'Humanité, 3 novembre 2021)
Espagne. Confortée, Yolanda Diaz repart au charbon
Mercredi 3 Novembre 2021- L'Humanité

En bisbille sur la réforme cruciale du marché du travail, les socialistes et Unidas Podemos enterrent la hache de guerre. La ministre communiste du Travail continuera de tenir le cap.

 

C’était la crise la plus aiguë qu’elle a traversée, mais c’est fini, jusqu’à nouvel ordre… La coalition entre les socialistes (PSOE) du premier ministre Pedro Sanchez et l’alliance de gauche Unidas Podemos, emmenée par la vice-présidente communiste du Conseil des ministres Yolanda Diaz, a trouvé un terrain d’entente. Après des semaines d’âpres débats au sein du gouvernement espagnol, une réunion au sommet, mardi midi, a permis de dégager un consensus sur une des réformes les plus déterminantes de leur programme, celle du marché du travail. Il s’agit, pour la gauche espagnole, de défaire le travail de sape sur les protections sociales et les garanties collectives conduit par le gouvernement conservateur et ultralibéral de Mariano Rajoy, au plus fort de l’austérité au début des années 2010, mais également de créer de nouveaux droits pour les travailleurs. Une des mesures emblématiques est d’ailleurs déjà entrée en vigueur dès cet été. Les plateformes de l’économie numérique sont dorénavant contraintes d’employer leurs livreurs sous un statut non plus d’autoentrepreneur ou d’indépendant, mais de salarié.

Hausse du salaire minimum de près de 30 % ces dernières années, restriction d’un droit des licenciements largement dérégulé, encadrement de la sous-traitance, lutte contre la précarité, avec, notamment, la fin programmée d’une forme de contrat de mission, rétablissement de la hiérarchie des normes qui ferait prévaloir l’accord de branche sur des accords d’entreprise moins-disant, dans bien des cas. Par exemple, sur le temps de travail, réintroduction de la clause empêchant les patrons de dénoncer des accords, sans rien proposer derrière, afin de baisser les droits et protections collectives… Cette orientation politique subit depuis des mois les foudres de la droite ou du patronat à Madrid. La nouveauté, c’est que, ces dernières semaines, la socialiste Nadia Calviño, ministre de l’Économie et elle aussi vice-présidente du gouvernement espagnol, s’est jointe au chœur des critiques contre Yolanda Diaz, revendiquant de lui reprendre les dossiers et la conduite des négociations.

Reprise des termes précis contenus dans l’accord de coalition

Dans la foulée, la ministre du Travail espagnole a été présentée dans la presse de droite comme une « pasionaria du XXIe   siècle » qui serait « plus dangereuse que Pablo Iglesias », qu’elle a, au printemps dernier, remplacé au gouvernement et à la tête de Podemos. Difficile, toutefois, pour Pedro Sanchez, de se passer de Yolanda Diaz, qui caracole en tête devant toutes les autres personnalités politiques dans les sondages de popularité. Aussi, au milieu de la semaine dernière, le premier ministre espagnol a-t-il dû confirmer que c’était bien elle, et non Calviño, qui conduirait, dans la dernière ligne droite, la négociation avec les syndicats, très enthousiastes devant le programme de réformes, mais également avec les représentants des entreprises.

Mardi, après que la Commission européenne a, ce week-end, été forcée d’admettre qu’elle ne pouvait pas, sous prétexte de sa supervision en vue du déblocage des fonds accordés via le plan de sauvetage européen, bloquer directement la réforme défendue par Yolanda Diaz, le PSOE et Unidas Podemos ont enterré la hache de guerre, et repris les termes précis contenus dans leur accord de coalition il y a quelques années. Le gouvernement réitère sa détermination à combattre les « principales anomalies du marché du travail en Espagne » que sont, « avec le chômage », « les contrats temporaires et la précarité ». Pour l’heure, à la satisfaction affichée d’Unidas Podemos, il maintient le cap sur les accords d’entreprise qui ne pourraient plus déroger, pour le pire, aux accords de branche, mais le porte-parole du gouvernement Sanchez affirme rechercher un consensus entre les organisations syndicales et patronales sur le sujet… « Aujourd’hui, ceux qui ont gagné, ce sont les travailleuses et les travailleurs du pays, se félicite Yolanda Diaz, de son côté. Nous allons mettre fin au modèle de préca rité des emplois qui a été imaginé et mis en œuvre par le Parti populaire. »

Des syndicats prudents

Pour Unai Sordo, réélu la semaine dernière secrétaire général des Commissions ouvrières (CCOO), l’un des plus puissants syndicats espagnols, le gouvernement de coalition entre les socialistes (PSOE) et Unidas Podemos va devoir se soumettre à une « épreuve de vérité » dès ce mercredi. Une rencontre est, en effet, prévue avec les organisations syndicales et patronales. « La position du gouvernement n’est pas exactement celle des syndicats », tient à préciser Sordo, citant l’encadrement des licenciements. L’UGT, l’autre grande centrale, salue tout de même la volonté de « rétablir un équilibre » dans la négociation sociale.

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5 novembre 2021 5 05 /11 /novembre /2021 09:18
Comment réaliser l'égalité femmes-hommes, lutter contre le racisme et les discriminations ?

Le confinement a mis à nu et renforcé les inégalités patriarcales déjà préexistantes, entre les femmes et les hommes. Les femmes « premières de corvées » au travail comme à la maison subissent le plus durement les crises et la précarité. La société est construite non seulement sur la spoliation du travail féminin gratuit (60 milliards d’heures travaillées par an, ce qui représenterait l’équivalent de 33% du PIB), mais aussi sur une échelle de valeur où le travail féminin vaut toujours moins.

Et le déconfinement n'a pas mécaniquement réduit ces inégalités ! Depuis l'exposition des métiers féminisés à l'épidémie jusqu'à l'inégale répartition des tâches domestiques et éducatives à la maison, en passant par une mise entre parenthèse des projets professionnels, une précarité accrue et un pouvoir d'achat en berne, pour beaucoup de femmes et de familles, la période aura été épuisante et aboutit à une situation extrêmement dégradée de leurs conditions de vie.

Comme le dit la chercheuse Rachel Silvera du MAGE : « Si tous les soirs nous applaudissons le travail du personnel soignant et de toutes les personnes qui assurent la continuité de nos vies quotidiennes, n’oublions pas que la majorité de ces emplois sont très féminisés. Ce sont des infirmières (87 % de femmes) et aides-soignantes (91 % de femmes), des caissières et des vendeuses (76 % de femmes), ce sont encore des travailleuses sociales et des enseignantes. Ces métiers sont dits « de femmes » ; il s’agit d’éduquer, soigner, assister, nettoyer, écouter, servir… bref, de faire appel à des « compétences présumées innées » prétendument «naturelles » pour les femmes.

Déjà discriminées au quotidien par les individus et par le système, les personnes LGBTI+ sont aussi durement touchées par les conséquences de la crise sanitaire à travers une précarité grandissante, le chômage, les difficultés à accéder à certains soins ou à une administration qui les considère réellement.  

Nourri par les frustrations, les souffrances, les inégalités et les déchirures que provoque notre société en crise, le racisme et l'antisémitisme gangrènent la République. Les discriminations liées à la couleur de peau, au patronyme, à l’origine ou à la religion (réelles ou supposées) entraînent une souffrance qui aboutit à ce que les valeurs d’égalité, de fraternité et de solidarité deviennent, pour trop de nos concitoyens, des mots vides de sens. Des offensives politiques de stigmatisation, des discours médiatiques antimusulman, ou encore les campagnes de faiseurs de haine sur les réseaux sociaux banalisent et libèrent la parole et les actes racistes.  

Et pourquoi refuser encore de donner la belle et juste place à l'histoire plurielle de notre pays ? Pourquoi tant de lieux aujourd'hui dédiés à Gallieni et si peu à Maurice Audin ? Au Panthéon lui-même, femmes, ouvrier·e·s, immigré·e·s au rôle pourtant majeur dans la vie de la République, restent encore si souvent à l'écart. Pourtant femmes et des hommes issus de l'immigration ont été en première ligne pendant le confinement pour assurer la continuité du service public de la santé à la propreté.

Comme le sexisme et les LGBTI-phobies, le racisme est un instrument de la domination économique et sociale qui permet d’évacuer les responsabilités des politiques libérales et du capitalisme financiarisé. Cependant, pour les combattre on ne peut s’en tenir à la lutte sur le seul terrain économique. La lutte pour l’émancipation passe par une bataille multiforme, politique et idéologique.

Le monde ne sera pas celui « d’après » sans l’égalité. Sans l’éradication du sexisme, du racisme, des LGBT-phobies, il restera celui d’aujourd’hui comme celui d’avant !

Il est possible de proposer des idées : cliquer sur le lien ci-dessous.

https://www.lafranceencommun.fr/l_egalit_des_droits

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4 novembre 2021 4 04 /11 /novembre /2021 09:16
Quelle alternative aux Gafam et à l’ubérisation ?

Les grandes firmes captent à leur profit la valorisation du formidable patrimoine de données de notre pays et de l’Europe. Leur domination repose sur leur capacité à être le passage obligé pour accéder à l’information et la traiter, d’où leur quasi-monopole et la rente qu’ils prélèvent. Leurs seuls challengers globaux sont les entreprises chinoises. La France et l’Europe sont devenues des colonies numériques des firmes étasuniennes globalisées.

Les causes de cette colonisation sont politiques. Là où les États-Unis et la Chine avaient tout compris sur la fusion industries et services, sur les enjeux stratégiques de la donnée et de l’intelligence artificielle, l’Europe et les gouvernements nationaux ont cassé toute coopération et toute complémentarité, au nom du dogme du démantèlement du monopole des entreprises intégrées de service public pour les privatiser. Ces choix catastrophiques ont laissé le champ libre aux firmes étasuniennes.

Des accords comme ceux liant Microsoft à l’Éducation nationale ou à l’armée, le partenariat Renault-Google sur les voitures connectées alors que l’État reste actionnaire de ce groupe, ne font que renforcer cette domination et cet asservissement aux Gafam. Le gouvernement ne peut faire la promotion du projet de cloud souverain européen Gaia-X et, dans le même temps, décider de faire héberger les données de santé de notre pays sur des serveurs de Microsoft.

Il est donc urgent de nous émanciper de notre statut de colonie numérique et de construire notre souveraineté numérique dans le cadre de coopérations européennes, mais aussi avec des pays comme la Chine ou le Vietnam. Loin du modèle « tout startup », cette indépendance numérique ne pourra se construire qu’à partir d’une stratégie nationale et européenne qui englobe tout l’univers numérique des composants électroniques à l’intelligence artificielle en passant par les équipements, la robotique, les données, le logiciel, les plateformes, et en faisant appel aux atouts que constituent nos services publics, notre richesse culturelle mais à l’initiative citoyenne qui se développe autour des communautés du logiciel libre et des fablabs qui ont su, lors de la crise du Covid 19, palier certaines défaillances du secteur privé et de l’État central.

Cette émancipation ne sera rendue possible qu’en s’appuyant sur le formidable potentiel humain des travailleurs et travailleuses de notre pays, de ses laboratoires de recherche, de ses universités, de ses grandes entreprises de télécoms et de services informatiques, de ses fleurons industriels encore existants.

Des amorces d’alternatives existent déjà pour nous affranchir du monopole et de la domination des Gafam, encore faut- il qu’elles s’intègrent dans une véritable stratégie numérique nationale et européenne, mobilisant les moyens humains et financiers nécessaires, en étant à la hauteur de ce qu’investissent les États-Unis et la Chine.

Il s’agit aussi de rompre avec un développement écocide du digital, tourné vers la surconsommation de ressources rares et d’énergie, l’hyper-surveillance, la désinformation et la déstructuration du monde du travail, notamment par l’ubérisation, afin de libérer le potentiel émancipateur de la révolution numérique pour l’humanité, en matière de créations de richesse, de partages, d’accès à la connaissance, de coopérations et de mutualisations.

Il est possible de proposer des idées : cliquer sur le lien ci-dessous.

 
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4 novembre 2021 4 04 /11 /novembre /2021 06:46
L'Humanité

L'Humanité

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4 novembre 2021 4 04 /11 /novembre /2021 06:34
AG départementale des communistes Finistériens le 13 novembre à Kernevel (10h-17h)
AG départementale des communistes Finistériens le 13 novembre à Kernevel (10h-17h)

La ruche communiste au 5 rue Henri Moreau à Brest.

Bientôt dans les boîtes aux lettres des camarades, le courrier de la fédé avec "A cœur ouvert" d'octobre 2021, l'édition bretonne du journal santé du PCF, et le tract de Fabien Roussel pour la manif du 21 novembre et l'invitation à notre Assemblée générale départementale du Samedi 13 novembre a Kernevel .

Extraits du courrier du PCF Finistère à ses adhérents:

Cher.e. camarade
 
tu es invité.e à la prochaine Assemblée Générale de la Fédération du Finistère du Parti communiste français à Kernevel le samedi 13 novembre, de 10h à 16h Salle polyvalente- 2 place de l'église 29140 Kernével en plein cœur du Bourg
 
Un apéritif convivial suivi d’un repas (couscous, fromage, tarte) est prévu à 12 h 30 sur inscription (participation de 10€ demandée), avant reprise des débats à 14h.
 
Cette Assemblée Générale sera l’occasion de faire un point sur l’activité de la fédération, des sections du Finistère, de débattre de l’actualité sociale et politique, de nos actions, la campagne des élections présidentielles et des élections législatives.
 
Nous serons particulièrement heureux de nous retrouver avec des camarades de tout le département.
Nous avons organisé ces derniers mois des conseils départementaux le 16 juillet, le 28 septembre, le 19 octobre. Nous avons pu tirer un bilan des dernières élections départementales et régionales de juin, qui ont permis l’élection de 3 conseillers départementaux dans le Finistère (9 en Bretagne) et de 1 conseillère régionale (4 en Bretagne) pour le PCF, s’ajoutant, depuis les municipales de 2020, à une cinquantaine d’élus communistes ou apparentés dans les communes du Finistère, dont 16 adjoints et/ou vice-président d’agglomération, et un maire d’une commune associée.
 
La vente de la vignette de la fête de l’Huma Paris s’est soldée par environ 250 vignettes vendues dans le Finistère. La fédération, avec une douzaine de bénévoles, a tenu un stand Bretagne avec les fédérations du Morbihan et d’Ille-et-Vilaine. L’expérience a été positive, avec une très belle dernière fête de l’Huma sur le site de la Courneuve.
 
Les samedi 27 et dimanche 28 novembre, c’est la 30ème fête de l’Humanité Bretagne à Lanester que nous devons réussir après une annulation contrainte en 2020. Ce sera un moment important au niveau politique, festif, fraternel, et aussi dans le cadre de la campagne présidentielle de Fabien Roussel. Des vignettes bons de soutien de la fête de l’Humanité Bretagne (17€ les 2 jours, 12€ pour un 1 jour seulement) sont à vendre auprès de toutes les sections du Finistère (chèque à libeller à l'ordre de : fête de l'huma Bretagne . Des débats seront organisés sur les 150 ans de la Commune de Paris, la culture, l’école, l’extrême-droite, l’alimentation, le logement des seniors, Marcel Cachin et le centenaire du PCF, etc.
 
En face de la grande scène du parc des expositions de Lorient, le PCF Finistère aura son stand restaurant (kig-ha-farz, pommes de terre-saucisses de Molène, fruits de mer, huîtres, far du pays bigouden) et bar : nous invitons tous les adhérents volontaires pour être bénévoles à s’inscrire sur la feuille jointe.
 
Le dimanche 17 octobre, les camarades du Finistère ont été nombreux (près de 60) à Châteaubriant dans la Carrière pour commémorer le 80e anniversaire de l’exécution des 27 otages communistes et cégétistes le 22 octobre 1941, avec des discours puissants de Fabien Roussel, Philippe Martinez, Léon Deffontaines, le secrétaire des Jeunesses Communistes.    
 
Le samedi 23 octobre, nous avons eu une Commission Finances avec notre trésorier fédéral Ronan Tanguy, notre comptable Marie-France Goussé, et plusieurs camarades du CD et trésoriers de section, réunion qui a permis d’établir le montant de la souscription pour les Présidentielles et la campagne de Fabien Roussel à 2340€, des reversements d’indemnités d’élus en hausse significative qui retrouvent leur niveau de 2013 et des cotisations des adhérents relativement stables.
 
Nous invitons aussi tous les adhérents qui le peuvent à participer à la souscription pour les Présidentielles et la campagne de Fabien Roussel en envoyant un chèque à l’ordre de ADF PCF 29, soit en passant par votre section, soit en l’envoyant à la fédération : 5 rue Henri Moreau 29 200 BREST
 
La bonne nouvelle, c’est que nous avons les moyens de procéder à des embauches pour la fédération de manière à gagner en efficacité dans notre organisation et à mieux appuyer les sections. 
 
Nous invitons nos adhérent.e.s à s’engager fortement dans la campagne pour la candidature aux Présidentielles de Fabien Roussel en distribuant des tracts, collant des affiches, relayant ses interviews, popularisant nos prises de position, notre programme et notre projet autour d’eux, et en s’engageant dans les Comités des jours heureux que les sections créent dans les circonscriptions du Finistère.
 
Vous êtes aussi appelés à vous associer aux initiatives que devraient organiser prochainement les sections devant la préfecture et les sous-préfectures, démarche décidée nationalement par la direction du PCF pour mettre au cœur des débats politiques la question sociale, celle des salaires, du pouvoir d’achat, des hausses des prix, notamment de l’énergie, et populariser nos propositions.
 
Ces campagnes présidentielles et législatives, marquées pour l’instant pour la précampagne présidentielle par un contexte très pesant d’omniprésence médiatique des idées d’extrême-droite, peut être un fort moment d’implication populaire et de politisation.
 
Les communistes doivent être à l’offensive, avec devant eux un développement inédit et brutal des inégalités, de l’extrême richesse pendant que le nombre de personnes dans la précarité s’accroît, avec un président qui veut continuer à faire passer en force son projet libéral (privatisation des services publics, remise en cause de la protection sociale, des retraites).
 
Des possibilités de renforcement existent et se vérifient depuis des mois: 29 nouveaux adhérents en 2021 pour le PCF dans le Finistère !
 
Avec ses 860 adhérents, le PCF dans le Finistère est une force qui compte et qui entend gagner en audience et se renforcer encore, car la situation l’exige!
 
Nous nous félicitons aussi de l’essor du MJCF, qui faisait son congrès la semaine dernière, et de la naissance de l’UEC dans le Finistère, structures animées respectivement par Enzo de Gregorio et Corentin Derrien.
 
Pour finir, deux dates à noter dans vos agendas :
 
- le dimanche 21 novembre, 10h-16h manifestation du PCF à Paris et meeting de Fabien Roussel sur le pouvoir d’achat, l’augmentation des salaires et des pensions. La fédération peut participer financièrement aux déplacements des camarades (en covoiturage ou en train). 
 
- le samedi 8 janvier prochain il y aura une conférence régionale du PCF, sans doute à Lanester.
                 
Fraternellement,
Ismaël Dupont, secrétaire départemental
AG départementale des communistes Finistériens le 13 novembre à Kernevel (10h-17h)
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4 novembre 2021 4 04 /11 /novembre /2021 06:30
Prix Goncourt 1921 : René Maran, un écrivain noir « couronné et crucifié » (L'Humanité, Sophie Joubert, 3 novembre 2021)
Prix Goncourt 1921 : René Maran, un écrivain noir « couronné et crucifié »
Mercredi 3 Novembre 2021, L'Humanité

Il y a cent ans, il devenait le premier auteur noir à recevoir le prestigieux prix littéraire pour son roman Batouala, qui dénonçait la colonisation.

 

Cela s’est joué à une voix. Celle, qui compte double, du président du jury. Le 14 décembre 1921, le nom du lauréat du prix Goncourt est proclamé chez Drouant : René Maran, l’auteur de Batouala. Fonctionnaire colonial depuis 1909, l’écrivain est alors en Oubangui-Chari, un territoire français d’Afrique centrale situé entre le Congo et le Tchad. Prévenu par radiotélégramme, il apprend la nouvelle deux jours plus tard : « Je suis fatigué, impaludé, malade de fatigue. La joie est venue m’étreindre davantage… » réagit-il.

De violents adversaires

À Paris, ce Goncourt inattendu déchaîne les passions : « C’est la première fois que les Noirs jouent et gagnent », titre le Petit Parisien. À la Chambre des députés, les adversaires de Maran l’accusent d’attaquer la politique coloniale de la France. Comme le raconte l’académicien Amin Maalouf dans la préface de la nouvelle édition de Batouala (Albin Michel), « certains orateurs exigent qu’il soit jugé pour avoir “mordu la main qui le nourrit” ». « Couronné et crucifié », Maran, qui pense que le Goncourt peut légitimer sa voix et ses positions, est surpris par la violence de la charge.

Icon Quote Nous ne sommes que des bêtes de portage. Des bêtes ? Même pas. (...) Nous sommes, pour eux, moins que des animaux, nous sommes plus bas que les plus bas. Ils nous crèvent lentement.

Salué par la presse américaine (il sera traduit en 1931) et qualifié par Ernest Hemingway de « grand roman », Batouala porte le nom du personnage principal, un grand chef de village. Dans une langue inventive et chatoyante, Maran observe la vie quotidienne en Oubangui-Chari, une région riche en caoutchouc, s’émerveille des plantes et des animaux, noue une histoire d’amour et une rivalité entre Batouala et un milicien noir au service des colons.

Si elle n’est pas, en apparence, le sujet principal du roman, la critique de la colonisation n’en est pas moins virulente : « Nous ne sommes que des chairs à impôt. Nous ne sommes que des bêtes de portage. Des bêtes ? Même pas. Un chien ? Ils le nourrissent, et soignent leur cheval. Nous sommes, pour eux, moins que des animaux, nous sommes plus bas que les plus bas. Ils nous crèvent lentement », écrit René Maran.

« Une civilisation bâtie sur des cadavres »

Mais c’est surtout la préface, où l’écrivain décrit les colons comme stupides, brutaux et alcooliques, où il accuse la « civilisation, orgueil des Européens », d’être « bâtie sur des cadavres », qui provoque la colère des intellectuels et des politiques français.

Dix-sept ans plus tard, René Maran, amer, raconte qu’en 1922, au plus fort des polémiques, une mission d’inspection envoyée au Tchad ferme les yeux sur la réalité qu’il dénonce. Il faudra attendre 1927 pour qu’André Gide, marqué par ses écrits, publie Voyage au Congo, provoquant une prise de conscience sur « les horreurs auxquelles donnait lieu la construction de la voie ferrée Brazzaville-Océan ».

« Orphelin intermittent »

Né en 1887 sur un bateau reliant la Guyane et la Martinique, René Maran est le fils d’un fonctionnaire colonial guyanais. Il a trois ans quand son père est nommé au Gabon et il grandit en l’accompagnant dans ses tournées administratives. À 7 ans, il est envoyé à Bordeaux et se retrouve dans « un grand lycée triste, situé en pleine campagne ».

Comme il le raconte en 1948 dans Un homme pareil aux autres (éditions du Typhon), son roman le plus autobiographique, il est un enfant mélancolique et solitaire : « Qui dira le désespoir des petits des pays chauds que leurs parents implantent en France trop tôt, dans le dessein d’en faire de vrais Français ? (…) J’ai été de ces orphelins intermittents et souffrirai toute ma vie de l’avoir été. »

Un homme qui ne trouvera jamais sa place

Pur produit de l’école républicaine, lecteur de Marc Aurèle et de Rimbaud, il arrive en Afrique avec son bagage culturel français. Admirateur de Savorgnan de Brazza, il croit dans un premier temps pouvoir faire changer les choses au sein du système colonial. C’est évidemment un leurre. Écartelé entre sa fonction, qui l’assimile aux colons blancs, et sa couleur de peau, René Maran ne trouvera jamais sa place.

Dans la préface d’Un homme pareil aux autres, roman sur les atermoiements d’un fonctionnaire colonial noir amoureux d’une femme blanche, l’écrivain Mohamed Mbougar Sarr (finaliste du Goncourt 2021) parle ainsi du personnage principal, Jean Veneuse, derrière lequel on devine certains déchirements intérieurs de René Maran : « Éduqué dans une société que partage et structure profondément la ligne de couleur, Veneuse se regarde et se juge avec les yeux du Blanc (…), le même Blanc qui l’infériorise, l’objectivise, le spectacularise toujours. Mais, parallèlement, son éducation, parmi ses congénères, ses “frères de race”, l’expose à la méfiance si ce n’est au rejet. Un pied d’un bord de la ligne de la race, le second de l’autre, il essuie dans les deux situations un violent mépris, qui le travaille et le déchire. »

Les attaques de Frantz Fanon

Ce dilemme, que n’a jamais vraiment résolu René Maran, lui vaudra les attaques de Frantz Fanon dans son essai Peau noire, masques blancs. « Fanon, dans une lecture psychanalytique d’Un homme pareil aux autres, fait du livre une “imposture” et de son protagoniste central, “l’homme à abattre”. »  « Comprendre l’aliéné pathologique, atteint jusque dans son âme », écrit encore Mbougar Sarr. Tempérant l’analyse de Fanon, il loue l’écriture de René Maran, son subtil regard sur « l’humanité » des « peuples colonisés » et « l’inquiétante puissance de révolte dans l’histoire à venir ».

Cruel hasard, René Maran meurt en 1960, l’année où de nombreux pays africains accèdent à l’indépendance. Cent ans après son prix, les jurés Goncourt se sont-ils souvenu de lui en récompensant Mohamed Mbougar Sarr ?

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