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30 mai 2022 1 30 /05 /mai /2022 07:41
Le mardi 31 Mai 2022 est programmée une journée de mobilisation du secteur médico-social.
Dans le Finistère 3 rassemblements sont prévus : Brest - Quimper - Morlaix.
 
Le mardi 31 mai (11 h - Place des Otages à Morlaix), la CGT appelle à un rassemblement des salariés du social et du médico-social pour exiger la revalorisation de leurs métiers, à commencer par le versement à tous de la prime Ségur sans discrimination, et les moyens pour leurs établissements.
Soyons solidaires et soutenons leurs luttes qui sont les nôtres !
Soyons présents, en nombre, à ce rassemblement.

 

 

Soutien des communistes du Pays de Morlaix  à la mobilisation des salariés du social et du médico-social mardi 31 mai à Morlaix.
 
Le PCF Pays de Morlaix apporte son soutien aux salariés du sociale et du médico-social mobilisés pour une revalorisation de leurs métiers, et plus de moyens pour les exercer, et appellent à se joindre à leur rassemblement le mardi 31 mai  place des Otages à Morlaix. 
 

Politiques austéritaires se traduisant par un manque de moyens humains et de financements, dégradation des conditions de travail, absence de reconnaissance des professions du médico-social qui se sentent méprisées, ont provoqué une crise du recrutement jamais vue auparavant.

Ce qui aggrave encore les conditions de fonctionnement des établissements et le manque d’attractivité de ces métiers pourtant d’utilité publique.

Comme à l’hôpital, la situation est préoccupante : personnels épuisés, en arrêt maladie, usagers en difficulté, et ce sont les plus fragiles qui en supportent lourdement les conséquences : enfants, personnes âgées, en situation de handicap…

Rien d’étonnant quand les valeurs humaines doivent céder le pas à des logiques financières !

Comment peut-on tolérer que dans notre pays les 5 plus grandes fortunes aient doublé leur richesse depuis le début de la pandémie, et que dans le même temps des personnes ne puissent avoir l’aide et l’accompagnement indispensables à leur vie ?

Il est urgent de sortir des discours et des effets d’annonce des ministres successifs, et d’engager les moyens humains et financiers indispensables pour la santé, le social, les services publics.

Portons tous ensemble cette exigence !

 

 

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30 mai 2022 1 30 /05 /mai /2022 05:50

 

L’installation du nouveau gouvernement, jusqu’au second tour des élections législatives, manifeste une sorte de continuité contrairement à ce qu’avait laissé entendre M. Macron. Ça, c’était pour se faire élire !

 

Aujourd’hui, on prend l’essentiel des mêmes pour recommencer ou amplifier une gestion libérale et technocratique au service du monde de la finance et des grands groupes industriels. Nos concitoyens sentent plus ou moins confusément qu’il n’y aura aucune rupture. Et que ça ne joue pas en leur faveur. Laisser entendre que nos concitoyens joueront le jeu des institutions en donnant une majorité de députés au Président pour qu’il recule l’âge de la retraite à 65 ans et applique rapidement une super-austérité au nom de « la crise » reviendrait à se laisser enfermer cinq années encore dans une politique ultra-libérale. Une alternative à cette régression sociale et antidémocratique se présente avec les candidats de la coalition de gauche et écologistes. Les candidats de la NUPES (Nouvelle Union Populaire Ecologique et Sociale).

 

Avec la coalition macroniste, la crise démocratique risque de s’amplifier encore, avec tous les risques qu’elle comporte. Cette continuité dans le choix de l’équipe gouvernementale est aussi révélatrice du manque de vision du pouvoir et des forces qui le soutiennent. Et les premières déclarations des ministres - à commencer par la nouvelle hôte de Matignon - le confirment.

 

Or, nous entrons dans une période de fortes turbulences inimaginable au début de la campagne de l’élection présidentielle. Les conséquences mondiales de la pandémie, la guerre que mènent le pouvoir et l’armée russes contre l’Ukraine, les guerres intra-capitalistes avec l’accélération de la concentration des multinationales et du capital nous font entrer dans un monde plus instable et plus violent. Les risques sont sérieux que le monde entre en récession et qu’une famine va s’amplifier.

 

Il ne suffit donc pas d’accoler le mot « souveraineté » à la fin de l’intitulé des ministères de l’Industrie, de l’Économie ou de l’Agriculture pour résoudre les lourds problèmes qui s’avancent. Dans ce contexte, un gouvernement de la France, membre du Conseil de sécurité de l’ONU et septième économie mondiale, doit être capable de traiter les grands enjeux telle que la possible récession mondiale, de s’attaquer nettement aux défis climatiques en le liant aux enjeux de progrès sociaux et démocratiques, d’éviter la marche en avant vers la guerre, de tenir tête aux États-Unis qui, à la faveur de la guerre contre le peuple ukrainien, recommencent à dicter l’agenda des relations internationales pour soumettre l’Union européenne à ses stratégies.

 

Rien de tout cela au programme du « nouveau » gouvernement. La seule préoccupation du Président de la République est de manigancer ses discours pour s’assurer une majorité au Parlement.

 

Un tel contexte renforce encore la nécessité de la mobilisation immédiate pour le vote en faveur des candidats de la Nouvelle Union Populaire Ecologique et Sociale. C’est un engagement pour l’amélioration de la vie quotidienne de toutes les familles populaires.

 

Il convient partout par des actes militants, de faire mesurer l’enjeu des élections des députés le 10 juin prochain. Plus que jamais, il est indispensable d’agir pour une nouvelle répartition des richesses et une autre manière de les produire. En effet, faire ses courses aujourd’hui fait toucher du doigt les hausses permanentes des prix qui poussent les familles populaires au bord de la rupture. Les privations s’élargissent à de nouveaux produits en qualité comme en quantité. Le choc est là. Et il est violent. L’épargne populaire va considérablement ralentir et ceux qui en disposent voient sa valeur fondre comme neige au soleil, quand le taux de rémunération d’un livret A est aux alentours de 1% alors que l’inflation monte à 5%. Ceux qui doivent rembourser des crédits les paieront plus cher.

 

Un gouvernement de coalition de la gauche et des écologistes aurait pour tâche immédiate de permettre l’augmentation des salaires et des retraites les plus modestes, comme des prestations sociales. Il aurait également à agir sur les prix en prenant des dispositions drastiques contre les spéculateurs de tout poil qui profitent de la guerre aujourd’hui comme ils ont profité de la pandémie. Personne ne peut décemment soutenir et défendre que les propriétaires capitalistes de l’agro-alimentaire aient vu leur fortune augmenter d’un milliard tous les deux jours, alors que les gens ont du mal à remplir leur caddie.

 

De même, la précarité énergétique augmente alors que les grands groupes de l’énergie pétrolière, gazière et charbonnière (ceux qui polluent le plus) voient leurs profits augmenter de 45%. Voilà une illustration de la lutte des classes.

 

Une augmentation substantielle de la prime de rentrée scolaire est indispensable, de même que le blocage des loyers. En même temps, l'investissement réel et utile pour la transition écologique nécessite la mise en formation de millions de salariés de toutes professions et la création de millions de postes de travail. Un combat devrait être mené pour qu'à l'opposé de la période du Covid, la création de monnaie par la Banque centrale ne serve pas à l’augmentation de la rente des actionnaires et des plus fortunés, mais à l’économie réelle, aux services publics de la santé et de l’éducation.

 

Comment les autorités de l’Union européenne pourront-elles défendre encore longtemps qu’elles aient pu créer un fond commun pour la guerre et qu’elles ne le peuvent pas pour le mieux vivre des familles populaires, pour l’éducation et la santé. La mise en place d’un fonds européen, pour les services publics et la transition environnementale est plus nécessaire que jamais. Le 10 juin, l’enjeu est donc considérable dans chaque circonscription pour construire une nouvelle majorité à l’Assemblée nationale de laquelle découlerait un vrai nouveau gouvernement, pour de vrais changements au service des classes populaires.

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29 mai 2022 7 29 /05 /mai /2022 05:38

 

 

 

 

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29 mai 2022 7 29 /05 /mai /2022 05:32

Les promesses d’Emmanuel Macron de renouveler sa politique et son gouvernement n’auront pas tenu très longtemps. La nomination d’Élisabeth Borne à Matignon et l’annonce des nouveaux ministres ne présagent aucun changement de cap dans la politique de l’exécutif.

 

En annonçant vouloir reculer l’âge de départ à la retraite, le nouveau gouvernement montre sa volonté de continuer la casse de notre modèle social. Alors que la jeunesse a montré à de multiples reprises sa volonté de mettre un terme aux politiques libérales, le premier gouvernement d’Élisabeth Borne fait sans surprise le choix de la continuité.

Bien que nous nous félicitions du départ de Jean-Michel Blanquer du ministère de l’Éducation nationale, l’absence de ministre de la Jeunesse est particulièrement alarmante. Parcoursup, réforme du bac, baisse des APL, emplois précaires, le gouvernement précédent n’a fait que dégrader nos conditions de vie. L’absence de projet politique pour la jeunesse n’arrangera pas les choses.

La jeunesse est dans une situation catastrophique : chômage, précarité, inégalités, mise en concurrence, affectée dans des filières par défaut, détresse psychologique, baisse des pratiques sportives et artistiques… Ce ne sont pas les sujets qui manquent et pourtant les nouvelles générations ont été les grands oubliés du quinquennat précédent.

En réaction à cette situation, Emmanuel Macron a annoncé vouloir faire de la jeunesse une priorité du quinquennat. Résultat  ? Toujours pas de ministère dédié à la jeunesse. Nous devrons encore une fois nous contenter d’une délégation affiliée au ministère de l’Éducation nationale.

Emmanuel Macron aura mis encore moins de temps qu’il y a 5 ans pour faire son premier retournement de veste. Le soir du second tour, il s’était pourtant dit redevable aux électeurs de gauche ayant voté en sa faveur pour faire barrage à l’extrême droite. Une nouvelle fois, le Président ne semble pas avoir tenu sa promesse.

Nous pouvons encore déjouer le projet funeste d’Emmanuel Macron. Gagner la retraite à 60 ans, l’augmentation des salaires, un réinvestissement dans les services publics et une véritable politique à destination des jeunes est encore possible. Aux élections législatives, votons pour les candidats de la Nouvelle union populaire écologique et sociale.

Le capitalisme et le libéralisme ont prouvé depuis des années qu’ils n’étaient pas capables de répondre aux besoins et aspirations de la jeunesse. La main invisible censée organiser l’économie et la société n’a été capable que d’amplifier les inégalités et broyer des projets de vie.

Face à ce nouveau gouvernement libéral, l’heure est à l’engagement. Le MJCF s’oppose à toute régression de nos droits, et se battra pour en conquérir de nouveaux.

Léon Deffontaines

 

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27 mai 2022 5 27 /05 /mai /2022 06:40
Journée de la Résistance, 27 mai 2022 - Lucienne Nayet, fille de déporté, infatigable passeuse de mémoire (Le Télégramme, 27 mai 2022)
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27 mai 2022 5 27 /05 /mai /2022 06:00
Vendredi 27 mai à 19h à la Librairie Les Déferlantes: Rencontre avec l'écrivaine Maryam Madjidi (Pour que je m'aime encore, Marx et la poupée) - Place des Viarmes à Morlaix
Vendredi 27 mai à 19h à la Librairie Les Déferlantes: Rencontre avec l'écrivaine Maryam Madjidi (Pour que je m'aime encore, Marx et la poupée) - Place des Viarmes à Morlaix

VENDREDI 27 MAI 2022 À 19:00

Rencontre Maryam Madjidi

Les Déferlantes-Librairie-Café
Place des Viarmes à Morlaix
 
Rencontre avec Maryam Madjidi autour de son livre "Pour que je m'aime encore" publié en 2021.
L'auteure est née en 1980 à Téhéran et quitte l'Iran à 6 ans pour vivre à Paris puis à Drancy. Elle a vécu à Pékin et à Istanbul. Aujourd'hui elle enseigne le français à des élèves non francophones.
Dans ce roman très autobiographique, elle raconte le quotidien d'une adolescente de cité. Portant en elle sa double culture, elle nous dépeint avec humour et tendresse ce besoin irrépressible de s'intégrer, cette lutte permanente pour être acceptée et son rêve d'accéder à l'ascenseur social.
Vendredi 27 mai à 19h à la Librairie Les Déferlantes: Rencontre avec l'écrivaine Maryam Madjidi (Pour que je m'aime encore, Marx et la poupée) - Place des Viarmes à Morlaix

Récit drôle, tendre et profond d'une adolescence à Drancy, le deuxième roman pour adultes de Maryam Madjidi, est une nouvelle pépite, reprenant le cours d'une jeunesse atypique, que l'on avait laissée à l'école primaire avec  "Marx et la poupée", suite à l'exil d'Iran de Maryam avec ses parents communistes, et ouvrier en France pour son père. 

En courts chapitres enlevés et quasi picaresques, où les mots de l'enfance et les expressions des années 80 rythment un récit marqué par un quotidien d'adolescente complexée tiraillée entre plusieurs influences, récit du quotidien magnifié en aventures burlesques, Maryam Madjidi restitue avec finesse, par petites touches, toute une époque, le milieu immigré, de la banlieue, ainsi que la force polymorphe et mutante ouverte à toutes les contradictions et tous les possibles de l'adolescence, l'âge de l'inachèvement, de l'indécision, l'âge littéraire par excellence selon un auteur comme Gombrowicz.

Cheveux épais, frisés et bouclés, mono-sourcil, moustache, pilosité encombrante, Maryam fait son portrait d'adolescente en demi-monstre faisant de son corps un champ de bataille pour retrouver la féminité "idéale" ou "normale", tant la pression des normes sociales est forte à cet âge...

Elle raconte aussi les vexations et contrariétés subies par une fille, une enfant pauvre, dont les parents étrangers ne maîtrisent pas tous les codes, et qui ne peut ni s'acheter des vêtements de marque ou à la mode, ni partir en vacances, les brutalités d'autres ados, parfois encore plus défavorisés, à côté d'elle, les profs chahutés et ceux, puissants éducateurs, qui font naître des vocations au collège, l'ennui de Drancy, où Maryam vit dans un HLM de la Cité de la Muette, où furent internés pendant des années plusieurs milliers de Juifs en partance pour Auschwitz et les camps de la mort, gardés dans des conditions atroces par des gendarmes français.

Une rescapée de la Shoah viendra un jour troubler une partie de football où Maryam et ses copains shootent dans un ballon de foot contre une cible peinte sur un wagon posé au milieu d'une place entourée d'immeubles HLM. Le retour des fantômes dans cette cité cosmopolite où l'on se connaît bien d'autres problèmes que ceux de la dernière guerre. 

L'auteur a le sens du détail révélateur, des mots crus et vrais, son récit autobiographique, à la manière d'un portrait construit par anecdotes, séquences chronologiques et thématiques (le corps, l'école, la pauvreté, la banlieue, la découverte de l'amour et du sexe, l'ambition sociale et intellectuelle) est émouvant, palpitant, avec une portée universelle, parce qu'il préfère la pirouette comique et ironique au pathos et à l'apitoiement facile.

On pense à Pagnol, à Azouz Begag, à Fouad Laraoui ou bien encore à Riad Sattouf ou Marjane Satrapi pour la conjugaison de la véracité sociologique, de la description vivante du monde de l'enfance, et de l'humour désopilant. A chaque fois, le récit autobiographique saisit une réalité sociale et humaine plus vaste, loin des approches nombrilistes. 

Dans "Pour que je m'aime encore", nous vivons aussi la lutte des classes dans la classe, à l'école, qui malgré ses promesses d'émancipation universelle, reste souvent le haut lieu des ségrégations, et des distinctions sociales et culturelles et des murs invisibles contre lesquels les enfants des classes populaires se cognent le plus souvent. La traversée du périph pour rejoindre l'hypokhâgne au lycée Fénélon, dans le quartier Saint-Michel et le 6e arrondissement de Paris: "Parmi les 55 élites de la France, quatre filles venaient de banlieue parisienne "défavorisée": trois du 93 et une du 94, qui était la seule noire de la classe. Ils appelaient ça "le quota des banlieues""... 

Quelques jours de traversée des mondes de la séparation sociale qui s'avèrent, malgré l'intelligence et l’appétit de savoir de Maryam, une vraie "galère". Car on apprend pas autant dans un collège et un lycée de ZEP que dans les établissements privilégiés des beaux quartiers, car la culture des élites s'enseigne aux berceaux chez les élites, et pas dans les familles d'ouvriers et d'exilés. Ce récit ressuscite avec une sorte de nostalgie sans pesanteur les morts, la civilisation oubliée de l'enfance et de l'adolescence, celle des années 80, c'est un livre de dette, d'hommage, en même temps que d'explication à soi: celle notamment de l'éveil de vocation littéraire.

Pour ma part, j'ai lu ce livre d'une traite, avec un immense plaisir, beaucoup de sourires, et parfois aussi du franc rire, et je le recommande à tous les amateurs de romans...

Maryam Madjidi enseigne le français aux jeunes migrants. Elle nous avait enchantés début avril 2019 quand elle était venu à Morlaix et à Brest présenter son livre "Marx et la poupée", prix Goncourt du Premier Roman, et également dans le cadre de la campagne de Ian Brossat et de la liste du PCF aux élections européennes, sur laquelle était candidate cette grande voyageuse qui a vécu en Iran, où elle est née, en Chine, en Turquie.

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27 mai 2022 5 27 /05 /mai /2022 05:38
Israël. Salah Hamouri ou l’enfer de la détention administrative - L'Humanité, Nadjib Touaibia, 24 mai
Israël. Salah Hamouri ou l’enfer de la détention administrative

L’incarcération de l’avocat franco-palestinien en Israël depuis le 7 mars mobilise les défenseurs des droits humains. Plusieurs organisations demandent aux autorités françaises d’agir et en appellent à la Cour pénale internationale.

Publié le Mardi 24 Mai 2022
 
Mesure arbitraire reconductible, sans inculpation ni procès, la détention administrative est fréquemment appliquée dans le contexte de l’apartheid israélien. Amnesty International, la Fidh, l’Acat, la CGT, la FSU, la CFDT, la Confédération paysanne, le Syndicat des avocats de France, l’Unef lancent un appel contre cet « enfer ». Spécialisé dans la défense des prisonniers politiques, l’avocat franco-palestinien Salah Hamouri vit sous cette menace constante de l’armée israélienne et de sa juridiction. Sa dernière arrestation, sous statut « administratif », date du 7 mars 2022. Il a subi ce même sort en 2017, puis a été libéré en 2018 avant d’être à nouveau arrêté le 30 juin 2020 et détenu durant une semaine. La traque est permanente. L’objectif des Israéliens est d’obtenir son expulsion de Jérusalem, où il est né et a toujours vécu.
 

Des années d’une vie en sursis

Les années de harcèlement, la suppression de sa résidence à Jérusalem-Est, la séparation forcée de sa femme et de ses enfants (son épouse est interdite de territoire israélien jusqu’en 2025), le risque d’expulsion, une vie en sursis, en somme, font de son cas un « dangereux précédent pour l’escalade de l’occupation israélienne en matière de révocation de résidence et de détention administrative »¸ résume Sahar Francis, directrice générale de l’association Addameer Prisoner Support and Human Rights. Sa persécution prolongée « constitue un crime de guerre et un crime contre l’humanité au sens du statut de Rome de la CPI. Il est impératif que la CPI, les autres instances internationales et les États interviennent immédiatement et exigent qu’Israël, en tant que puissance occupante, libère Salah et revienne sur sa décision de révoquer sa résidence».

« L’occupation ne se limite pas à nous tuer, nous détenir et nous déplacer. Elle persécute nos rêves et les assassine.». Salah Hamouri

Devenu la référence d’un combat au long cours, l’avocat et militant demande de son côté à la CPI d’accélérer l’enquête sur les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité commis par Israël, dont le transfert forcé et l’expulsion des Palestiniens de Jérusalem-Est. « Aujourd’hui, je me trouve à la croisée des chemins la plus difficile de ma vie, du préjudice à l’exil, la détention sans charge et plus encore », déclare Salah Hamouri. « L’occupation ne se limite pas à nous tuer, nous détenir et nous déplacer. Elle persécute nos rêves et les assassine. L’incertitude quant à l’endroit où je pourrais finir, une fois libéré, est une tornade de pensées qui me poursuivent quotidiennement. Elle affecte mon moral, et mon état psychologique est comme des montagnes russes. »

Que fait la France ? Les diplomates disent privilégier « la discrétion », explique Elsa Lefort, épouse de Salah Hamouri. Les communiqués ne stipulent pas « l’exigence de libération », précise-t-elle. Elle reste dans tous les cas convaincue que la solution est entre les mains du président. Plus de 500 Palestiniens sont actuellement en détention administrative. Le recours par les Israéliens à cette pratique est un coup porté en continu à la société civile palestinienne. La machine d’une guerre sournoise, entre les bombardements cycliques et les phases d’expansion coloniale.

Israël. Salah Hamouri ou l’enfer de la détention administrative - L'Humanité, Nadjib Touaibia, 24 mai
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27 mai 2022 5 27 /05 /mai /2022 04:52
Face à la montée des insécurités humaines, le feu couve désormais partout dans le monde - Pascal Torre, secteur international du PCF
Face à la montée des insécurités humaines, le feu couve désormais partout dans le monde

Les insécurités économiques, sociales et environnementales pèsent désormais de manière déterminante sur toute l’humanité, provoquant une désorganisation profonde des sociétés avec des cohortes de désastres humains. Ces problèmes trouvent leur origine dans le système global capitaliste.

Depuis plusieurs décennies, les politiques néolibérales ont accru les fléaux des inégalités et de la pauvreté avec les dominations prédatrices des grandes puissances et la mise en concurrence des travailleurs, notamment par les grandes institutions financières internationales. La crise du Covid-19 et la guerre en Ukraine rendent la situation, plus particulièrement pour les pays du Sud, cataclysmique. En fonction des pays, la part des 10 % les plus riches représente entre 30 et 70 % du revenu national, alors que les 50 % des plus pauvres possèdent moins de 5 % du total. Depuis 2020, 97 millions de personnes sont à nouveau touchées par l’extrême pauvreté. Cela attise partout les frustrations socio-économiques, les tensions identitaires et religieuses ou les conflits armés.

L’insécurité alimentaire fait près de 10 millions de morts par an, tandis que le problème de la faim affecte 800 millions d’êtres humains. L’agriculture productiviste, les complexes agro-industriels encouragés par les règles de l’OMC génèrent un système non-soutenable qui provoque un effondrement de la biodiversité, l’érosion et l’artificialisation des sols, compromettant la survie de la Terre. Dans la corne de l’Afrique, le manque d’eau, la sécheresse, les guerres, les ravages des criquets déciment l’élevage, tandis que les productions agricoles sont au plus bas. La hausse des prix des produits alimentaires, antérieure aux crises récentes, s’accélère, frappant les plus pauvres. L’alimentation occupe en effet 40 % des dépenses dans les pays les moins avancés et 20 % dans les pays émergents. Alors que les factures d’importation flambent, que les pénuries menacent, que les chaînes d’approvisionnement sont perturbées, nombre de gouvernements envisagent, comme en Tunisie, de mettre un terme aux subventions sur certaines denrées.

Tandis que le contexte géopolitique devrait être un point de bascule afin d’accélérer la conversion vers une agriculture plus durable, la multiplication des discours alarmistes dans les pays riches visent à renoncer à tous les engagements, comme le maintien des néonicotinoïdes ou des engrais azotés, et à banaliser le retour en force du productivisme hypothéquant la régénération des sols.

Selon l’OMS, l’insécurité climatique est à l’origine de 8 millions de morts par an. Pluies diluviennes en Afrique du Sud, accélération de la désertification du Sahel, sécheresse dans le sous-continent indien, incendies en Australie ou en Russie, fonte des glaces et élévation du niveau des océans…, des régions entières risquent de devenir inhabitables. Si les causes de ces phénomènes sont particulièrement documentées, il est désormais impératif d’articuler les questions sociales à celles du climat en s’attaquant à ce mode de production, aux logiques libérales, au commerce mondialisé et à l’accaparement des richesses par quelques-uns. Les pays du Sud sont les plus vulnérables au changement climatique. Sans investissement dans les infrastructures qui protègent des chocs climatiques, les coûts vont être de plus en plus lourds à supporter, d’autant que nombre d’entre eux paient également les frais d’une mondialisation en perte de vitesse.

L’insécurité sanitaire est telle que l’on ne parvient plus aujourd’hui à chiffrer les dégâts. L’OMS alerte depuis des années sur la résurgence de maladies mortelles avec une hausse spectaculaires des cas de rougeole, de polio ou de fièvre jaune. Ces hausses proviennent d’un recul de la vaccination. En 2020, 23 millions d’enfants en ont été privés. Et que dire des 44 % de la population mondiale qui n’ont même pas reçu une première dose de vaccin contre le Covid-19, alors que les brevets demeurent privés ! La marchandisation et la privatisation des politiques de santé publique sont responsables de cette situation, tout comme le modèle dominant de la recherche-développement qui ne vise qu’à maximiser les profits.

L’insécurité est également éducative. La pandémie a interrompu l’éducation de millions d’enfants dans les pays les plus pauvres, alors qu’ailleurs les décrochages scolaires ont été massifs. Cela aura des conséquences incalculables sur les parcours individuels, des effets dévastateurs sur la productivité et les revenus des futures générations.

Enfin, l’insécurité généralisée frappe tout particulièrement les migrants. Dans un monde global et ouvert, les migrations progressent en raison des déséquilibres démographiques et des insécurités humaines. Elles ont acquis une dimension structurelle et durable que rien n’arrêtera. Ces hommes et ces femmes doivent pourtant faire face à la mort, à la répression, à des accueils désastreux, des humiliations ou des exclusions. Il y a urgence à inventer dans ce registre des politiques plus humaines, en insistant sur le caractère positif des phénomènes migratoires.

Toutes les conditions d’une profonde dépression sont aujourd’hui réunies, notamment dans les pays du Sud confrontés au durcissement des politiques monétaires, aux risques de défaut de paiement, au fardeau de dettes faramineuses, à l’assèchement des dépenses publiques, à l’inflation, à l’effondrement monétaire…, alors que la corruption et la gabegie des classes dirigeantes provoquent de véritables affaissements de sociétés entières.

Après la chute du mur de Berlin, la mondialisation s’est confondue avec le néolibéralisme, concevant la construction du monde par le marché, asphyxiant le politique et le social. Mais depuis la fin du XXe siècle, on assiste à l’émergence d’une contestation mondialisée. Les printemps arabes (2011) avaient marqué un tournant. Les mouvements sociaux ont rebondi en 2019 par l’effet conjugué d’une chute de légitimité des institutions et de la peur suscitée par les conséquences de la mondialisation. Ce tournant structure de manière nouvelle l’espace mondial illustrant la centralité du phénomène. Seule l’épidémie de Covid-19 est parvenue, temporairement, à l’endiguer. Avec le recul partiel de l’épidémie et l’exacerbation des tensions, les mouvements de contestation sont de retour, comme en témoigne le soulèvement populaire au Sri Lanka, mais qui pourraient toucher très rapidement de nouveaux pays comme le Pakistan, le Bangladesh ou le Pérou.

Les communistes doivent y porter une grande attention car ils posent de manière renouvelée le combat de classe contre le capitalisme. Il serait illusoire en même temps de nationaliser des menaces qui sont de nature globale en fermant les frontières ou en mettant en œuvre des politiques souveraines nécessairement contradictoires au niveau des États. Il y a urgence à renforcer les compétences des institutions internationales comme la FAO, l’OMS, le HCR ou l’Unicef, afin de mieux repenser le monde dans l’interdépendance.

Pascal Torre
responsable-adjoint du secteur international du PCF
chargé du Maghreb et du Moyen-Orient.

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26 mai 2022 4 26 /05 /mai /2022 05:33
Protection de l'enfance - Tribune de Cinderella Bernard (Vice-présidente Enfance-Famille au Conseil Départemental des Côtes d'Armor, PCF) dans Le Télégramme du 24 mai 2022
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23 mai 2022 1 23 /05 /mai /2022 05:51
Disparition. Miss.Tic, la sorcière du street art (L'Humanité, Sophie Joubert, 22 mai 2022)
Disparition. Miss.Tic, la sorcière du street art

L’artiste de 66 ans est morte dimanche des suites d’une maladie. Commencée sur les murs de Paris, son oeuvre au pochoir qui alliait graphisme et poésie était entrée dans les galeries.

Publié le
Dimanche 22 Mai 2022

Elle s’était choisi un pseudonyme de sorcière sexy, inspiré de Miss Tick, la maléfique créature aux cheveux de jais de la Bande à Picsou. Depuis le milieu des années 1980, l’artiste recouvrait les murs et les palissades parisiens de ses oeuvres au pochoir mêlant texte et images qui diffusaient dans la ville des messages poétiques, souvent féministes : « En péril une grande éraflure dans le ventre je rêve à des corps sans mémoire »« Exilée volontaire d’un continent sans nom j’écris dans la marge des non dits »« Dans le parfum indécent d’un rythme nos fantasmes urbains submergent les façades figées du quotidien… »

Nourrie de poésie, notamment surréaliste

Née Rhadia Novat en 1956, fille d’un père tunisien et d’une mère normande, Miss. Tic grandit dans le quartier de la Butte-Montmartre, dans le XVIII e arrondissement, l’un de ses futurs lieux d’expression. Dans les années 1970, elle découvre le  le théâtre de rue puis, au début des années 1980, séjourne aux Etats-Unis où éclôt le graff, branche de la culture hip-hop. De retour à Paris, elle a l’idée d’intervenir dans l’espace public en voyant les peintures d’étudiants des Beaux-arts sur des supports urbains. S’inscrivant dans un mouvement artistique naissant, elle choisit la technique du pochoir pour multiplier rapidement les interventions. Nourrie de poésie, notamment surréaliste, elle trouve son style en écrivant des poèmes auxquels elle ajoute des portraits de femmes, d’abord des autoportraits puis des figures inspirées des magazines, de la publicité ou de la mode.

Les années 2000 signent la fin de la clandestinité

Très vite, ses oeuvres libres et insolentes sont repérées par les galeries d’art, notamment la Galerie du Jour, propriété de la créatrice de mode Agnès B. , l’une des premières à l’exposer. Dans les années 1990, Miss.Tic, comme d’autres street artistes, est accusée de détériorer l’espace public. Un procès, qu’elle perd en 1999, la contraint à demander des autorisations pour continuer de peindre dans la rue. Les années 2000 signent la fin de la clandestinité puisqu’elle est sollicitée par des marques (Kenzo, Vuitton…) et multiplie les collaborations avec, par exemple, le cinéaste Claude Chabrol pour qui elle crée l’affiche de « la Fille coupée en deux », ou la Poste, qui édite des timbres inspirés de ses pochoirs.

Attachée à un art populaire, admiratrice d’Ernest Pignon-Ernest, Miss.Tic n’aimait pas le qualificatif d’ « artiste de rue », trop limitant. Femme, libre, anarchiste sur les bords, elle était artiste, tout simplement.

Disparition. Miss.Tic, la sorcière du street art (L'Humanité, Sophie Joubert, 22 mai 2022)
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