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14 janvier 2022 5 14 /01 /janvier /2022 15:38
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14 janvier 2022 5 14 /01 /janvier /2022 06:46

 

Avec la forte hausse des prix de l’énergie et ses conséquences immédiates sur les conditions de vie des Français, quelques fissures sont venues lézarder le terrible « story telling » présidentiel mené par les relais médiatiques du capitalisme français. Ces petites brèches salutaires ont permis de remettre dans le débat public (pendant un instant) la problématique centrale de nos usages de l’énergie et l’indispensable révolution climatique à opérer. Certains ont ainsi subitement redécouvert le contenu réel de notre « assiette » énergétique nationale : notre dépendance aux énergies fossiles, pétrole et gaz, qui représentaient en France en 2018 plus de 67 % de notre consommation  d’énergie finale ! L’activisme climatique de façade de certains s’en est même trouvé assez bouleversé. Cachez tout ce pétrole et ce gaz que l’on ne saurait voir…

Ouvrir les bons débats, porter une politique énergie-climat globale et cohérente

Quand une porte est entrouverte, il faut savoir y mettre le pied. Poser les bonnes questions. Partir des réalités scientifiques et techniques d’aujourd’hui. Des trajectoires de consommation les plus probables [1]. Pour tenter de tracer un chemin énergétique qui réponde à nos objectifs climatiques, tout en assurant également les impératifs d’accès à l’énergie pour tous et de justice sociale, avec des prix contenus. Le candidat communiste Fabien Roussel porte ce discours de cohérence et de clarté dont nous avons tant besoin : dénonçant l’inacceptable racket sur le budget des ménages, résultat direct de la libéralisation des marchés du gaz et de l’électricité opérée depuis 25 ans au seul profit de groupes privés ; portant (seul) des propositions sans ambiguïté sur le besoin de décarboner tous nos usages de l’énergie, à partir d’une électrification avec une base pilotable associant le nucléaire et nos capacités hydrauliques, tout en favorisant un développement et une intégration maîtrisée des renouvelables non-pilotables ; soutenant (seul) la nécessité de (re)construction d’un service public unifié de l’énergie, depuis ses filières industrielles de production très en amont, jusqu’à la distribution aux usagers particuliers et professionnels en aval ; soutenant dans le même temps l’exigence indépassable de maîtrise de nos consommations d’énergie avec les grands plans d’investissement publics qui s’imposent, en faveur des transports peu polluants (relance du ferroviaire, plan vélo, gratuité des transports publics urbains…) et de la rénovation thermique à grande échelle des logements et bâtiments. C’est un programme « de raison » énergétique et climatique. Une raison qui semble malheureusement bien loin d’être partagée par tous…

Ne pas effacer l’historique…

Vous l’aurez aussi sans doute remarqué, dès que les prix flambent, les pompiers-pyromanes sont de retour. Le Ministre de l’Economie et des Finances Bruno Le Maire en tête - et tous ceux qui défendaient hier sans retenue la mise en concurrence et la casse du service public de l’énergie - se muent soudain en défenseurs de la régulation et du retour des tarifs règlementés ! Le candidat Fabien Roussel a bien raison de rappeler régulièrement ce que certains tentent systématiquement de mettre sous le tapis poussiéreux du temps politique : nous touchons les conséquences de 30 années de libéralisation des marchés du gaz et de l’électricité. Bientôt 30 années précisément depuis le référendum de 1992 sur le traité de Maastricht, cet acte fondateur du déchaînement idéologique néolibéral européen, dont les communistes étaient bien les seuls à l’époque à gauche à dénoncer les risques majeurs et les dérives auxquelles nous faisons face aujourd’hui.

Car, depuis le traité de Maastricht, ce sont « 3 paquets énergie » (+ 1 paquet climat-énergie) successifs de droit européen de la concurrence qui ont conduit à un système aberrant, qui ne permet ni de répondre aux besoins essentiels de nos concitoyens à des prix stables et raisonnables, ni de relever le défi climatique avec des productions décarbonées et des politiques publiques efficaces pour maîtriser la demande d’énergie. Ce système européen est devenu un « machine à faire flamber les prix » pour soutenir artificiellement les profits d’« opérateurs » privés, souvent uniquement commerciaux et sans capacités réelles de production.

Cette aberration se mue aujourd’hui en impuissance climatique. Car tandis que les contraintes et les pressions sur la disponibilité des ressources fossiles se sont accrues (et vont continuer de croître), le contresens énergétique néolibéral conduit à des abandons industriels en cascade et/ou à des arbitrages énergétiques particulièrement dangereux[2], dont le seul but est de satisfaire aux appétits des banques d’affaires et des grands groupes pétroliers et gaziers, désormais en quête d’une meilleure part de rente électrique. La prétendue « concurrence réelle et équitable au bénéfice des consommateurs », si chère à Jean Tirole, s’est muée en simple système affairiste, dont l’explosion des profits de Total ou d’Engie en France, ou les derniers résultats du « tournant énergétique » allemand[3] sont des exemples factuels. On pourrait se demander comment un secteur aussi stratégique et essentiel à la vie ne fait (plus) pas l’objet d’une politique publique européenne et nationale de long terme… si la domination du capital ne conduisait à la cécité sur notre horizon climatique.

Reconquérir la maîtrise sociale et publique de la production jusqu’à la distribution de l’énergie

La première urgence politique, c’est donc de savoir si l’on dit stop ou encore. Les résultats de la dernière COP 26 en témoignent : de l’aveu même de nombreux participants institutionnels, des dizaines d’heures de discussions ont été consacrées aux outils de marché carbone et aux « compensations carbone » entre Etats. Il faudrait être aveugle pour ne pas voir que, COP après COP, l’approfondissement des outils de marché est le sujet qui préempte désormais quasiment tout l’espace des négociations. Ce serait être tout aussi aveugle que de ne pas faire le constat du caractère exponentiel des ressources intellectuelles mobilisées par le capital dans ses stratégies d’intégration et de digestion des enjeux environnementaux et climatiques afin de ne pas remettre en cause ses logiques de rentabilité et de profit. Sans mauvais jeu de mots, le travail visible de ce que certains aiment à appeler les « lobbyistes » lors des conférences des parties n’est que la partie extrêmement limitée de l’iceberg des travaux des agents au service du capitalisme mondialisé consacrés aux marchés carbone, à la finance carbone, aux échanges de carbone… Un monumental  travail de sape de l’embryon de droit international climatique, pourtant encore sans contraintes réelles. En quelque sorte, plus les avancées scientifiques et travaux du GIEC ciblent avec justesse le cœur du problème, c’est-à-dire la question de nos consommations d’énergies fossiles, plus le capital cherche à botter en touche avec la création d’outils de marché sans efficacité. Car pointer les exigences profondes de transformation de nos modes de production, de contenu de nos productions, d’utilité sociale de nos productions, c’est directement toucher aux logiques capitalistes elles-mêmes. Les communistes seraient-ils donc de si piètres écologistes lorsqu’ils affirment que la première des urgences consiste à extirper le secteur de l’énergie et les enjeux climatiques du bourbier dans lequel les forces économiques dominantes  entendent nous enfermer un peu plus chaque jour ? Je ne le crois pas.

Mais pour cela, il ne faut pas entrer dans le débat présidentiel sur l’énergie et le climat seulement par le petit bout de la lorgnette de telle ou telle aide, de telle ou telle mesure sectorielle ou de telle ou telle technologie miracle. Il faut reposer le débat stratégique et structurel du secteur énergétique et de sa maîtrise sociale et publique pour le siècle qui vient. Qui le fera ? Ceux qui à droite n’ont qu’en tête la poursuite de l’ouverture des marchés de l’énergie et le transfert de rentes toujours plus importantes vers les grands groupes ? Ceux qui, désormais à gauche, s’accommodent ou défendent ouvertement la croissance de l’utilisation du gaz dans le mix électrique pour compenser l’intermittence des renouvelables non-pilotables, au seul profit des géants pétroliers et gaziers qui sont bien contents de trouver sur ce terrain de nouveaux alliés pour contribuer à faire flamber les prix de vente et leurs marges ?

La mesure du défi climatique et de ses conséquences pour nos sociétés doit conduire le plus grand nombre à faire sienne dans cette campagne présidentielle l’idée que l’énergie est une chose trop importante pour être laissée plus longtemps aux arbitrages et au pilotage du capitalisme financier. Les communistes ont sur ce point encore un peu d’expérience. Mesure-t-on ce qu’a été, et ce qu’a permis, le tournant énergétique de 1946, avec Marcel Paul, ministre communiste de la production industrielle, qui arrache les secteurs électrique et gazier des mains du capital au profit des usagers et de notre industrie avec la nationalisation du secteur et la création d'EDF-GDF ? Pour répondre à l’immense défi climatique et énergétique de ce début de siècle, c’est au moins le même niveau d’exigence politique et sociale que ce qui a été fait après la guerre pour permettre le redressement du pays et rendre accessible à tous l’énergie qui s’impose. Et effectivement, sur l’échiquier politique actuel, il n’y a que le candidat Fabien Roussel qui l’affirme sans ambiguïté en appelant très clairement à la maîtrise publique et sociale de l’ensemble de la chaîne énergétique : depuis les moyens de production jusqu’à la distribution.   

[1] Les études prospectives sur ces trajectoires font l’objet d’un intense travail scientifique et d’expertise, dont les conclusions retenues dans le débat public sont souvent déformées par rapport à la complexité et aux préventions méthodologiques initiales de leurs auteurs. Les 6 principaux scénarios travaillés par RTE dans son travail de prospective en sont un exemple frappant avec ses différentes hypothèses et variables techniques, économiques et de consommation. Le « possible » est tout à fait dépendant des hypothèses de consommation d’énergie que l’on retient, donc des trajectoires de baisse de la demande d’énergie (et donc des politiques et moyens publics permettant cette baisse) et de la décarbonation des principaux usages de l’énergie que l’on retrouve dans les secteurs clés des transports, des bâtiments et de l’industrie.

[2] Cf. Le fiasco de General Electric – Alstom en France.

[3] Ce n’est pas seulement la capacité réelle à limiter ses émissions de CO2 au regard des montants d’investissements engagés depuis une vingtaine d’années qui doivent nous interroger sur la politique énergétique allemande, mais aussi l’exceptionnelle mise à contribution des ménages allemands par un prix élevé du KWh pour subventionner le maintien des prix de l’électricité aux entreprises, ainsi que la situation de dépendance sans précédent à laquelle elle conduit vis-à-vis des marchés et des approvisionnements gaziers.

 

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14 janvier 2022 5 14 /01 /janvier /2022 06:42
13 janvier - Débat sur le désarmement nucléaire à BREST, maison des syndicats, avec le CIAN 29 et l'ICAN, le PCF, EELV, FI, le NPA
13 janvier - Débat sur le désarmement nucléaire à BREST, maison des syndicats, avec le CIAN 29 et l'ICAN, le PCF, EELV, FI, le NPA
13 janvier - Débat sur le désarmement nucléaire à BREST, maison des syndicats, avec le CIAN 29 et l'ICAN, le PCF, EELV, FI, le NPA
13 janvier - Débat sur le désarmement nucléaire à BREST, maison des syndicats, avec le CIAN 29 et l'ICAN, le PCF, EELV, FI, le NPA
13 janvier - Débat sur le désarmement nucléaire à BREST, maison des syndicats, avec le CIAN 29 et l'ICAN, le PCF, EELV, FI, le NPA

En débat sur le désarmement nucléaire à l'invitation du CIAN 29, en clôture d'une belle semaine de mobilisation pour le désarmement nucléaire, après le pique-nique festif du midi face au Conseil des Ministres Européens réuni aux Capucins, pique-nique qui a rassemblé une centaine de personnes. Le débat était animé par le porte-parole de l'ICAN France Jean-Marie Collin avec Pierre-Yves Cadalen (FI), Ronan Pichon (EELV), Gérard Mas (NPA) et Ismaël Dupont qui, du fait de l'indisponibilité finalement du député communiste Jean-Paul Lecoq, initialement prévu, mais venu dimanche 9 janvier à la manif et au débat du Mouvement de la Paix, représentait le PCF et son candidat aux présidentielles Fabien Roussel sur cette soirée organisée en même temps qu'un rassemblement des ministres européens de la défense et des affaires étrangères à la mairie de Brest.

Merci à Enzo de Gregorio et Claude Léostic pour les photos.

Un compte rendu plus développé suivra.

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13 janvier 2022 4 13 /01 /janvier /2022 06:43

 

Du parcellaire à l’agriculture paysanne, en passant par la propriété de la terre et les structures des exploitations… La ferme des 1 000 vaches n’est que la partie émergée de l’iceberg des changements qui bouleversent nos campagnes.

*MARIUS MUZAS est apprentis technicien agricole ainsi qu'étudiant en BTS agriculture.

Depuis le 1er janvier 2021, la ferme des 1 000 vaches ne produit plus de lait ; le groupement agricole d’exploitation en commun (GAEC) de la Somme y a été contraint. En cause, l’entreprise belge qui devait collecter son lait a choisi de recentrer ses activités sur son territoire national. C’est la fin d’une expérimentation inédite en France qui n’a pas manqué d’agiter le débat public. Symbole de l’industrialisation de l’agriculture, ce projet lancé par un patron du BTP n’est sans doute que le premier symptôme d’un processus enclenché après la Seconde Guerre mondiale : la fin du modèle agricole tel qu’on le connaissait, celui de la petite agriculture familiale. De quoi parle-t-on aujourd’hui lorsqu’on cherche à s’intéresser à notre production alimentaire ? Qu’en est-il de l’artificialisation, du foncier et de l’exploitation agricole ?

 

L’ÉROSION DES TERRES AGRICOLES

De bien des manières, le secteur primaire s’efface au profit des activités urbaines. Mais le plus remarquable, au sens littéral du terme, est visuel ou géographique. Sur une période relativement courte, les habitants de la périphérie des villes peuvent constater la conquête de parcelles agricoles par de nouveaux lotissements et zones industrielles. Cette expérience du quotidien traduit l’artificialisation au niveau national d’un peu plus de l’équivalent de l’île de la Réunion (276 376 ha) sur la décennie 2009-2019. Elle concerne majoritairement les terres agricoles, puisque dans le même temps la superficie dédiée aux forêts augmente((https://www.onf.fr/onf/forets-et-espaces-naturels/+/20::les-forets-de-nos-territoires.html)).

De fait, nous détruisons l’outil qui permet de nourrir la population française alors même que les bouches à rassasier se font plus nombreuses chaque année. D’après les projections de l’INSEE, la population française augmenterait de 10,4 millions d’ici à 2070, par rapport à 2013((https://www.insee.fr/fr/statistiques/2496228)). Dans un contexte de changement climatique, où l’enjeu est de réduire la concentration atmosphérique de gaz à effet de serre, nous supprimons des espaces qui « piègent » le dioxyde de carbone (prairies, cultures), des sols pouvant contribuer, avec leur biodiversité, à atténuer les effets des futurs épisodes climatiques violents (inondations, sécheresses, etc.).

Et qu’est-il construit à la place ? L’artificialisation est majoritairement dédiée au logement (68 %). Les activités économiques, elles, ne concernent que 25 % du phénomène. Certes la question de l’habitat, de sa qualité et de sa quantité, est primordiale, mais la surface agricole ne doit pas être une valeur d’ajustement. Additionné à la casse du service public, de l’industrie, des transports, du commerce et de la culture dans la ruralité, ce phénomène accentue encore plus la contradiction entre les villes et les campagnes.

 

 

LA TERRE… À CEUX QUI L’ONT TRAVAILLÉE

La situation du foncier agricole a profondément évolué depuis les années 1970. Le fermage représentait 48 % des surfaces agricoles utilisables à l’époque ; aujourd’hui, il en représente 62 %.

 

LES DIFFÉRENTS STATUTS DE L’ACTIVITÉ

Faire valoir direct : l’agriculteur est propriétaire de la terre qu’il cultive.
 

Fermage : l’agriculteur paye un loyer au propriétaire de la terre pour pouvoir la cultiver.

 

Métayage : un propriétaire donne le droit de cultiver à un paysan sur sa terre en échange d’une partie de sa production

 

Les dernières enquêtes portant sur les propriétaires fonciers datent de 1992. « À cette date, 64 % des terres appartenaient à la famille des agriculteurs exploitants, chiffre stable par rapport à 1980. Entre 1980 et 1992, la part des surfaces en location appartenant à des retraités agricoles est passée de 34 % à 43 %, et en parallèle la part des surfaces appartenant à des bailleurs non agricoles s’est réduite d’autant.((Maurice Desriers, « Un essai de synthèse statistique sur le foncier agricole en France. Une situation de plus en plus complexe dominée par le fermage », in Pour, vol. 220, no 4, 2013, p. 77-88.)) »

Pour se garantir une retraite convenable, les exploitants en fin d’activité ont mis en location leurs terres au lieu de les vendre aux repreneurs ((INSEE, https://www.insee.fr/fr/statistiques/1377845?sommaire=1377863)). En parallèle, le fermage est un mode d’acquisition intéressant comparé à l’achat de terres. En effet, le prix moyen à l’hectare des terres et prés libres et non bâtis a augmenté de 52 % au niveau national, entre 1995 et 2010. La pression de l’urbanisation et des autres acteurs non agriculteurs en est la cause((https://www.insee.fr/fr/statistiques/1377855?sommaire=1377863)). Quant aux prix des locations, indexées sur le revenu agricole et la hausse générale des prix, ils sont perçus comme moins contraignants qu’un prêt remboursable sur toute une carrière. De plus, le statut de fermage, conquête du Conseil national de la Résistance, est très protecteur pour les paysans vis-à-vis des propriétaires.

 

DÉPERISSEMENT DE L’AGRICULTURE FAMILIALE ET PAYSANNE

Au cours du siècle dernier, l’agriculture française était dominée par de petites exploitations familiales intégrées au marché capitaliste, sans toutefois avoir recours massivement au salariat et à la division du travail. En effet, il s’agissait d’une agriculture de marché, non vivrière donc, où la production agricole était destinée à la vente, où le paysan faisait affaire avec la banque, le distributeur, le concessionnaire de machines agricoles, le fournisseur de semences, etc.

De profonds changements au niveau technique, économique et foncier vont s’opérer à partir de la fin de la Seconde Guerre mondiale. Le progrès technique en matière de machinerie agricole, d’engrais, de produits phytosanitaires et de sélection semencière vient bouleverser les conditions du travail agricole, son organisation et sa productivité.

Le parcellaire français était divisé en de petites surfaces, séparées par une multitude de haies. Il a fallu le réagencer pour l’adapter aux outils mécaniques, les tracteurs étant conçus pour travailler de grandes étendues. La tâche fut confiée aux sociétés d’aménagement foncier et d’établissement rural (SAFER), qui la menèrent intensivement pendant les années 1960. Ce remembrement est à l’origine du paysage rural que l’on connaît aujourd’hui. L’objectif annoncé était d’augmenter la productivité agricole en créant une agriculture d’exploitation de taille moyenne, avec comme indicateur la surface exploitable par deux personnes. Comme celle-ci grandissait d’année en année, celle des exploitations faisaient de même. L’image ci-dessous illustre cette évolution. Elle offre à la comparaison deux vues aériennes, l’une de 1956, l’autre de 2017, de Cailloux-sur-Fontaines, petite ville en périphérie de Lyon : on constate que l’espace urbain a presque doublé de taille. Les parcelles, nombreuses et relativement petites en 1956, ont été fusionnées pour former de plus grands ensembles.

Évolution du parcellaire de Cailloux-sur Fontaines entre 1956 et l’époque actuelle.

En concomitance, l’Europe des Six a bâti la politique agricole commune (PAC) lors du Traité de Rome (1957) et de la conférence de Stresa (1958). Le Vieux Continent est alors dépendant des importations alimentaires. Il fallait accroître la productivité du secteur primaire pour, à la fois, garantir l’autosuffisance de la Communauté économique européenne et faire migrer une masse de travailleurs agricoles vers l’industrie. Cela passe par la préférence communautaire (les Européens mangent européen), des investissements dans la modernisation des exploitations et des prix garantis. Le succès fut tel qu’en 1984 des quotas sont appliqués pour éviter les excédents et les surcoûts liés au stockage des céréales, du beurre, du lait et de la viande.

Les critiques venant des États-Unis montrant du doigt les distorsions de concurrence et les violations du libre marché causées par la PAC ne tardèrent pas. L’OMC joua son rôle de bras armé du capital en poussant à la réforme. Les Européens ne se font pas prier ; les objectifs premiers de la PAC sont maintenant atteints. Plusieurs réformes se succèdent, celle de Mac Sharry en 1992, celle de l’Agenda 2000 en 1999. Toutes ont le même objectif : supprimer le lien existant entre production et rémunération du travail agricole en substituant les subventions à l’hectare aux prix garantis. À partir de là, l’agriculteur ne vivra plus de son labeur mais de l’aumône européenne.

C’est donc un nouveau lien qui s’est créé, celui entre la taille des exploitations et la rémunération. Pour faire face aux prix chutant sans cesse, il fallait s’agrandir. Le chef d’exploitation pouvait et peut encore miser sur des économies d’échelle et sur une plus grande production. Ainsi, entre 2010 et 2016, la taille moyenne d’une exploitation est passée de 56 à 63 ha. Et depuis trente ans plus de la moitié des exploitations ont disparu (1 017 milliers en 1988 ; 436 milliers en 2016). Derrière ces chiffres englobant se cache une dynamique de fond : le nombre de grosses exploitations progresse (147 000 en 1988 ; 185 000 en 2016) tandis que celui des petites chute (477 000 en 1988 ; 136 000 en 2016)

((Toutes les données sont accessibles sur Agreste : https://agreste.agriculture.gouv.fr/agreste-web/disaron/GraFra2020Integral/detail/)).

La taille des exploitations évolue, leur statut aussi. La forme sociétaire devient celle de la grande exploitation, car elle a l’avantage de protéger le patrimoine personnel en le séparant du patrimoine professionnel ; elle permet aussi de regrouper des moyens matériels, financiers et humains. Même si aujourd’hui l’exploitation individuelle est encore majoritaire, la tendance est à son effacement progressif au profit des grandes sociétés agricoles.

Avec elles se meurt l’agriculture familiale qui laisse la place à une agriculture de capitalistes. L’indicateur à scruter de près les prochaines années est le poids que prend le salariat permanent, soit l’exploitation capitaliste, dans le travail agricole. En 2016, il est présent dans 18 % des exploitations en France métropolitaine, contre 14 % en 2010.

QUELLE AGRICULTURE POUR LA FRANCE ?

Le processus d’industrialisation de l’agriculture française, enclenché dès la Libération, prend de l’ampleur depuis les années 1990. La petite exploitation familiale s’efface peu à peu au profit de grandes sociétés agricoles où l’exploitation capitaliste s’installe. Comprendre les dynamiques à l’œuvre est une chose, en déduire un programme agraire en est une autre. La tâche est énorme et exige que, de nouveau, une commission agraire s’en charge pour alimenter notre réflexion. Voici quelques éléments proposés en vue de structurer le nécessaire débat :

1. Vivre de son travail c’est la moindre des choses quand on nourrit la nation. L’urgence est donc de sécuriser économiquement les exploitations agricoles. Cela passe par des prix de base garantis déterminés conjointement par les agriculteurs et les consommateurs.

2. Toute production, particulièrement quand il s’agit de l’alimentaire, vient répondre à un besoin. Aujourd’hui, ce sont 10 millions de tonnes de nourriture qui sont gâchées par an. Pour produire au plus juste, des quotas par production doivent être appliqués en fonction des besoins de la population et des industries.

3. Pour nous nourrir, nous avons besoin de terres agricoles. Elles doivent être sanctuarisées pour arrêter l’artificialisation. Les loyers et les crédits à l’achat de terres pèsent lourdement sur le dos de nos paysans. Faisons-en propriété de la nation et chargeons les SAFER de leur distribution gratuite en fonction de critères économiques, sociaux et écologiques à définir.

4. Il est insupportable pour le monde paysan d’être en concurrence avec des pays ne respectant ni les mêmes réglementations sanitaires ni le même Code du travail. Pour une production nationale dont nous maîtrisons les tenants et aboutissants, il faut sortir du « libre marché » européen et établir une taxation écologique et sociale aux frontières.

5. La famille comme base de l’entreprise agricole n’est pas défendable, puisqu’aux mécanismes de domination patronaux elle superpose des mécanismes de domination patriarcaux. La promotion d’exploitations ouvrières et coopératives, de tailles suffisantes pour permettre la diversification des productions (élevage, grandes cultures, fruits et légumes), l’usage de machines agricoles et une organisation émancipatrice du travail est à l’ordre du jour.

1. https://www.onf.fr/onf/forets-et-espaces-naturels/+/20::les-forets-de-nos-territoires.html

2. https://www.insee.fr/fr/statistiques/2496228

3.

4. Maurice Desriers, « Un essai de synthèse statistique sur le foncier agricole en France. Une situation de plus en plus complexe dominée par le fermage », in Pour, vol. 220, no 4, 2013, p. 77-88.

5. INSEE, https://www.insee.fr/fr/statistiques/1377845?sommaire=1377863

6. https://www.insee.fr/fr/statistiques/1377855?sommaire=1377863

7. Toutes les données sont accessibles sur Agreste : https://agreste.agriculture.gouv.fr/agreste-web/disaron/GraFra2020Integral/detail/

Revue Progressistes | 10 Déc 2021 à 17:46 | Catégories : Environnement et SociétéN° 33 | U

 

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13 janvier 2022 4 13 /01 /janvier /2022 06:42

 

 

Je voudrais tout d’abord remercier l’ensemble des intervenantes et intervenants qui ont participé à ce débat, qui ne fut pas caricatural et au cours duquel chacun a pu défendre sa vision de la société.

Je vous remercie également, monsieur le secrétaire d’État, d’avoir pris le temps de répondre à chaque intervenant, même si je ne partage pas toujours les réponses que vous apportez.

Nous avons bien noté nos désaccords avec la majorité sénatoriale, laquelle souhaite augmenter le temps de travail et repousser l’âge de départ à la retraite. Il s’agit effectivement d’un vrai débat entre deux projets de société.

Pour répondre à ma collègue de l’Union Centriste, qui a résumé le débat à l’image du « partage du gâteau », il est vrai que nous posons la question du partage de la valeur ajoutée.

Oui, nous devons augmenter la taille du gâteau ; je rappelle toutefois que près de 6 millions de nos concitoyens sont sans emploi, et n’ont donc aucune part de ce gâteau… À l’inverse, les actionnaires et les dirigeants des grandes entreprises se réservent la meilleure part.

Nous proposons donc d’augmenter la taille des parts mais aussi, pour filer la métaphore culinaire, de répartir le glaçage monopolisé par une poignée. Nous voulons également modifier la recette pour que le gâteau soit meilleur et qu’il améliore la santé des salariés.

Je répondrai au secrétaire d’État, qui nous vante les bons chiffres de l’emploi, que la baisse du nombre de chômeurs ne concerne pas tous les secteurs. Je pense notamment à l’emploi industriel, en baisse depuis 2019. Je rappelle en outre que, durant la crise sanitaire, 200 000 personnes ont été radiées des listes pour rejoindre le halo du chômage.

Comme l’indiquait notre collègue du groupe RDSE, nous ne pouvons pas nous satisfaire d’un taux de chômage des jeunes à 20 %.

Je note les points d’accord avec les groupes socialiste et écologiste sur la nécessité de réduire le temps de travail, et je partage les propos de Marc Laménie concernant les difficultés des territoires sinistrés.

Si nous voulons globalement réduire le temps de travail, nous devons aussi aux travailleurs à temps partiel, qui sont souvent des travailleuses, d’augmenter leur temps de travail. La bataille pour le temps libre a toujours été un combat. Aujourd’hui encore, le temps disponible demeure le reflet des inégalités.

Notre collègue de la majorité gouvernementale a cité les chiffres de l’OCDE sur le nombre d’heures travaillées en France. Ladite organisation estime que la durée hebdomadaire de travail, pour les seuls temps pleins, est de 40,2 heures pour la France, contre 40,4 heures pour les pays de l’OCDE. Nous sommes donc pleinement dans la moyenne européenne, et non en dehors !

Contrairement à nos collègues de droite, nous considérons qu’en allongeant la durée de cotisation et en repoussant l’âge de départ en retraite, on maintient des salariés en activité alors que leurs emplois pourraient être occupés par des jeunes qui peinent à trouver du travail. Dans le même temps, au moment de leur départ en retraite, de nombreux travailleurs sont au chômage, en situation d’inaptitude médicale, ou touchent les minima sociaux.

La réduction du temps de travail peut contribuer à inverser cette logique en permettant à de nombreux salariés d’arriver à la retraite en meilleure santé. Je rappelle qu’à l’âge de 35 ans, l’espérance de vie des cadres est de trente-quatre ans, et celle des ouvriers de vingt-quatre ans, soit un écart de dix ans. Cette injustice est inacceptable.

En posant la question de la diminution du temps de travail, le groupe communiste républicain citoyen et écologiste s’inscrit dans un projet de transformation de la société où le fruit des richesses créées profiterait en priorité au plus grand nombre, et notamment à celles et à ceux qui les produisent par leur travail.

Une meilleure répartition du travail permettrait à toutes et tous de travailler dans de meilleures conditions, de préserver l’environnement – cela a été dit à plusieurs reprises –, d’aller dans le sens de l’égalité femmes-hommes et de mieux rémunérer le travail en augmentant les salaires, comme l’a souligné ma collègue Laurence Cohen.

Souhaitons que les campagnes de l’élection présidentielle et des élections législatives soient l’occasion de débattre projets contre projets, plutôt que de commenter les petites phrases des uns et des autres !

 

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12 janvier 2022 3 12 /01 /janvier /2022 12:53
Rassemblement du 8 mars 2018 à la gare de Châteaulin contre les fermetures de guichet pour le transport ferroviaire de proximité

Rassemblement du 8 mars 2018 à la gare de Châteaulin contre les fermetures de guichet pour le transport ferroviaire de proximité

Rassemblement du 8 mars 2018 à la gare de Châteaulin contre les fermetures de guichet pour le transport ferroviaire de proximité

Rassemblement du 8 mars 2018 à la gare de Châteaulin contre les fermetures de guichet pour le transport ferroviaire de proximité

Conférence régionale PCF, Brest le 8 janvier 2022.

Intervention sur le ferroviaire et les mobilités de Gilbert Sinquin

Objectivement, surtout comparativement à d’autres régions françaises, la Région Bretagne a eu depuis 20 ans une approche favorable au ferroviaire, au TER, mais aussi au TGV. Les gares TER ont été rénovées, le matériel ferroviaire renouvelé et modernisé, des investissements massifs ont été fait comme dans la LGV ( le prolongement de la ligne TGV de Rennes au Mans), des travaux sur les voies, pour augmenter les vitesses de circulations et la sécurité.
Les résultats sont bon et la SNCF a encore affiché d’excellents résultats en 2019, comme les années précédentes en ce qui concerne le TER Bretagne.
Le trafic et la fréquentation des trains a augmenté sur certains axes jusqu’à saturation parfois, comme maintenant en gare de Rennes à certaines heures.

La Région Bretagne a renouvelé la convention TER 2019 - 2028 avec la SNCF, sans mise en concurrence, ce qui une marque de confiance.
Ce tableau n’est cependant pas parfait et bien des points se sont dégradés sur le terrain surtout depuis 3 - 4 ans, pour ce qui concerne le service public délivré par la SNCF, ce qui est aussi de la responsabilité ou du pouvoir du Conseil Régional de Bretagne, au moins indirectement pour le TER.

Quelques exemples du recul du service public et de perte du lien social:

-Politique de déshumanisation de plus en plus forte dans les gares.
-Suppression massive de guichets et d'espaces de vente sur le territoire breton, comme ailleurs. Diminutions d’horaires d’ouvertures des quelques guichets restant encore ouverts, entraînant des queues d’attentes inadmissibles, la colère des voyageurs et des répercutions sur les conditions de travail et la santé des cheminots restants en poste.

De plus en plus, les voyageurs n’ont plus de choix et sont renvoyés à leurs dépends vers Internet ou des automates dans les gares, parfois uniquement utilisables par carte bancaire ou, parfois ne rendant pas la monnaie. Il s’agit là
d’une rupture d’égalité d’accès au train. Ce n’est pas normal. Par exemple dans le centre Finistère, si on veut acheter un billet dans un guichet (TER, TGV, Inter-cité, abonnements ou renseignements...) il faut d’abord se renseigner sur les horaires d’ouvertures et se déplacer en gare de Quimper ou Landerneau ( à 60 km A/R minimum, sans compter le temps de trajet et l‘impact carbone) ou alors, il faut utiliser Internet avec le manque de conseils, d’informations et le risque le plus souvent de payer son billet plus cher dans le maquis des multiples tarifs. Encore faut-il avoir accès à Internet et savoir l’utiliser, ce qui n’est pas le cas de tout le monde.

 

De moins en moins de cheminots sur les quais. Les voyageurs laissés sans informations avec des risques d’accidents parfois, comme à Rennes ou un
voyageur était resté accroché à un train au départ.

De plus en plus trains sans contrôleurs, comme sur la ligne Quimper-Brest avec en conséquence des incivilités, des questions de sécurité pour les voyageurs et les mécaniciens ainsi qu’une baisse de la fréquentation, alors que cette ligne a été rénovée pour près de 80 millions d‘euros.
Des horaires inadaptés, des rabattements qui ne sont pas organisés et des correspondances qui ne peuvent plus se faire, ainsi que des TER qui ne
s’arrêtent plus dans toutes les gares. On peut comprendre qu’un TGV ne
s’arrête pas dans toutes les gares, mais pas un TER.

Des réglementations et des tarifs différents entre billet TER et TGV interdisant
d’accéder à l’un avec le billet de l’autre et des correspondances de l’un vers
l’autre qui ne se font plus systématiquement en cas de retard.
Aucun accès PMR dans aucune gare TER dans tout le centre Bretagne.
Depuis l’été dernier, le paiement et l’obligation de réserver uniquement par
Internet le transport d’un vélo dans un TER si l’on n’est pas abonné sur la
ligne.
Ces reculs du service public ont fait l’objet de multiples protestations,
réclamations, lettres ou courriels auprès de la SNCF et du Conseil Régional,
de pétitions, de manifestations de cheminots et d’usagés ( à Quimper,
Châteaulin, Brest, Morlaix, Rosporden, Hennebont, Pontivy...). Des élus ont
été interpellés, soit directement, soit par écrit. Des vœux votés en conseil
municipal et communautaire à Châteaulin pour le maintien du guichet de la
gare avec l’agent polyvalent. Une entrevue le 05 01 2018 avec la Ministre des
Transports Elisabeth BORNE lors son passage en gare de Châteaulin et une
réunion avec son Chef de cabinet, le Sous Préfet de Châteaulin et le
Directeur régional de la SNCF, M Beaucaire.
Rien n’a changé et ça continue de se dégrader.
Cette politique découle des réformes de la SNCF successives, de l’éclatement en plusieurs sociétés, séparées en différentes activités, cloisonnées, de plus en plus filialisées pour la mise en concurrence.
Dirigées comme le privé, suivant les modes de gestion capitaliste, les décideurs éloignés à Rennes ou à Paris n’ont que faire des conséquences de leurs décision sur le terrain, sinon que d’atteindre leurs objectifs de réductions des coûts, à commencer par la masse salariale et les coûts des services au détriment des cheminots et des populations.
Les activités ou services sont désormais gérés en centres de profits devant tous être rentables économiquement, quoiqu‘il en coûte.
A une lettre le 17 février 2018, de la part des sections PCF 29 de la 6ème
circonscription du Finistère (centre Finistère), Gérard LAHELLEC répondait
que le Conseil Régional ne demandait pas à la SNCF de faire œuvre de zèle
pour supprimer des emplois et des guichets mais leur demandait de se mettre
mieux en capacité de commercialiser les titres régionaux. Il ne poussait pas
non plus la SNCF à optimiser ses résultats en réduisant les comptes d
écharge mais en développant la fréquentation des trains.

Il observait que la SNCF avait dégagé 15 M€ de bénéfice en Bretagne (en 2
ans), ce qui tendait à prouver qu'elle était en mesure de mettre en œuvre un
certain nombre d'adaptations et, qu’au demeurant, il informait qu‘il n’entendait
nullement m'immiscer dans des gestions qui appartiennent en propre à
l'opérateur et qu’il ne souhaitait pas que la région soit tenue pour responsable
de décisions ne relevant pas de ses prérogatives.
Rien ne change jusqu’à présent et, cela continue à se dégrader encore
récemment avec des suppressions de postes et de guichets à Hennebont,
Quimper, Brest et Rennes...ainsi que des réductions d’horaires au motif cette
fois de la période COVID.
Que pouvons nous faire ?
Retenir les argumentaires et appliquer les propositions positives de Loïg
Chesnais -Girard dans sa réponse le 14 juin 2021, à une association
d’usagés, dans son programme pour la prochain mandature. (celle-ci) (Voir la
lettre en annexe)
Vérifier le contenu de la convention TER, les moyens possibles, car, la Région Bretagne, en temps que donneur d’ordre et financeur devrait être beaucoup plus exigeante envers la Direction de la SNCF et imposer un cahier des charges très ferme en ce qui concerne l’emploi et les services publics dédiés auprès des bretonnes et des bretons. Imposer des pénalités dissuasives en cas de manquement ou du non respect de la convention contractualisée car, il y a un véritable mépris de la Direction de
la SNCF envers les populations, les élus et le personnel cheminot.
La Région Bretagne, les bretonnes et les bretons, sont abusés car la SNCF dégage des marges à leurs détriments chaque année (mise à part cette période COVID). Marges qu’elle réinvestit ailleurs, parfois via des filiales sur d’autres marchés ouverts à la concurrence en France, dans d’autres Régions où à l’étranger.
D’ailleurs, si les compagnies privées reviennent dans les chemins de fer, c’est qu’elles y trouvent de bien meilleurs conditions d’exploitation en étant assurées de faire du profit ou d’équilibrer leurs charges dans le pire des cas, grâce aux subventions.
Il faut impérativement que ces subventions via les conventions soient conditionnées.
Il nous faut impérativement renverser la vapeur et mettre un coup de barre à
gauche.
Si nous parvenions à réorienter cette politique dans le bon sens au service des bretonnes et des bretons, cela serait à mettre à notre crédit.
Si nous n’y parvenions pas, ce serait à désespérer pour la population qui ne voit plus de différence entre une gestion de droite et une gestion de gauche,
ce qui entraîne des réactions de rejets du politique et la montée de l’abstention à toutes les élections.
Il nous faut ré-humaniser les gares et les trains, avoir au moins un guichet d’ouvert dans chaque gare du 1er au dernier train.
Offrir les prestations les plus élémentaires comme des toilettes dans les gares (ex Châteaulin ) et, des accès avec prestations PMR dans des gares en centre Bretagne.


Ré-ouvrir des lignes comme Morlaix-Roscoff et les électrifier comme Quimper
- Landerneau ce qui aurait l’avantage d’augmenter les vitesses de circulations
et de réduire l’impacte carbone, tout en réduisant également les coûts
d’exploitations par l’uniformisation du matériel moteur. Cela pourrait être fait
dans le cadre du grand projet Ligne Nouvelles Ouest Bretagne Pays de Loire
(LNOBPL).

Des liaisons modernisées pourraient se faire de Brest à Nantes via Quimper, sachant que la gare de Rennes est déjà saturée. Les métropoles de Bretagne ainsi reliée par le nord ou le sud, ce qui est un des objectifs du projet.
Satisfaire les demandes des usagés avec des horaires, des arrêts et des dessertes adaptées à leurs besoins.
Réduir l’impact carbone et augmenter la fréquentation des trains en supprimant les cars Breizh-Go directs qui circulent entre Quimper et Brest, par la voie express RN 165, en doublon et concurrence avec les TER, presque aux mêmes horaires.

( ex: du lundi au vendredi, de Quimper, un car direct pour Brest au départ à
16h40 et un TER desservant toutes les gares, au départ à 16h57; heure
théorique d’arrivée du car à Brest à 18h00 et le train arrive à 18h23. )

Ces autocars en doublon pourraient être affectés sur des trajets scolaires comme à Pont de Buis (par ex), où il y a de la demande non satisfaite.
Ne pas oublier le FRET que la SNCF a abandonné qui pourrait être développé par une politique volontariste. (ex récent, la suppression encore d’un dernier train de FRET à Rosporden Coat-Conq). Constat que les besoins sont toujours existant mais qu’il n’y a pratiquement plus de trains, ni d’effectifs dédiés à cette activité en Bretagne où, il ne reste plus que 15 agents, tous services confondus pour assurer le fonctionnement. Avec les ports de Brest et Roscoff récemment retenu dans un grand projet européen des ports en eau profonde des moyens devraient également exister.

Gare de Châteaulin, suppression des guichets SNCF, ligne Quimper-Brest - Lettre des communistes finistériens et de la 6e circonscription du Finistère à Gérard Lahellec, vice-président transports de la région Bretagne

16 juin 2021 - Gare de Morlaix, manifestation pour la ligne Morlaix-Roscoff et la défense des lignes ferroviaires de proximité (photos Jean-Luc Le Calvez)

16 juin 2021 - Gare de Morlaix, manifestation pour la ligne Morlaix-Roscoff et la défense des lignes ferroviaires de proximité (photos Jean-Luc Le Calvez)

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12 janvier 2022 3 12 /01 /janvier /2022 06:39

 

 

Madame la présidente, monsieur le secrétaire d’État, mes chers collègues, la pandémie de covid-19 a entraîné une crise sociale et économique qui se traduit par une dégradation des conditions de travail, par une mise sous tension des services publics, notamment à l’hôpital, et par la multiplication des plans de licenciements.

Je pense notamment aux anciens salariés de France Loisirs, dont 118 du site de Noyelles-sous-Lens, dans mon département du Pas-de-Calais, qui ont été licenciés. Et avec quel cynisme : un courrier reçu le 24 décembre au matin et l’accusé de réception le 31 ! Joyeux Noël et bonne année à tous ces salariés !

Je pense également aux métallos de la Société aveyronnaise de métallurgie (SAM), qui employait 350 personnes dans l’ancien bassin minier de Decazeville. Ils ont passé le réveillon du nouvel an dans leur usine, occupée depuis fin novembre à la suite de la liquidation de cette entreprise sous-traitante de Renault, qui a pourtant bénéficié de 5 milliards d’euros d’aides de l’État.

Je pense enfin aux salariés des sites Arkema qui, en grève depuis le 16 décembre, réclament une augmentation de salaire au vu des bénéfices record réalisés en 2021 par le leader de la chimie des matériaux : 9 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 2 milliards d’euros de bénéfice.

La liste est longue et je m’arrêterai là. La pandémie de covid-19 a entraîné un renforcement des inégalités entre les salariés, qui ont subi une dégradation de leurs conditions de vie, et les entreprises du CAC 40, qui ont réalisé, au premier semestre 2021, 60 milliards d’euros de profits. Ces mêmes entreprises qui ont bénéficié d’aides publiques ont pourtant licencié 60 000 salariés dans le monde, dont 15 000 en France.

Face à l’accumulation des richesses entre les mains d’un petit nombre et à la dégradation des conditions de vie du plus grand nombre se pose la question d’un meilleur partage des richesses et du travail.

La durée de travail est au cœur des luttes de classes ; pourtant, la crise sanitaire semble donner un sens nouveau à l’aspiration à la réduction du temps de travail.

En effet, la généralisation du recours au télétravail a entraîné un affaiblissement des frontières entre vie personnelle et vie professionnelle, mais a également favorisé l’expérience d’une réduction du temps de travail au profit de la vie familiale.

Certaines entreprises ont compris l’intérêt d’améliorer le bien-être de leurs salariés. La société d’agencement en bois Design Bois s’est ainsi créée en 2006 sur le concept de la semaine de quatre jours.

Au même titre que la rémunération, le temps de travail et la possibilité de recours au télétravail conditionnent l’attractivité de l’entreprise.

Depuis la pandémie de covid-19, de plus en plus d’entreprises réfléchissent et se penchent sur cette idée de la semaine de quatre jours.

Ainsi un quotidien économique titrait-il, le 10 décembre dernier : « Ces entreprises qui testent la semaine de quatre jours ». Je vous donne lecture du chapeau : « Discrètement, depuis la pandémie, de plus en plus de PME testent la suppression du vendredi ou d’un jour de travail dans la semaine. Les patrons qui l’ont mise en place revendiquent plus de bien-être et plus d’efficacité chez leurs salariés. C’est aussi un argument dans la guerre actuelle des recrutements. »

Le journal Les Échos rejoint ainsi la campagne menée par la Confédération générale du travail (CGT) en faveur de l’abaissement du temps de travail. Pour la CGT, la réduction du temps de travail à 32 heures sans perte de salaire permettrait à toutes et à tous de travailler.

En France, le nombre annuel d’heures supplémentaires est estimé à 800 millions, soit 500 000 équivalents temps plein. En réduisant le temps de travail, on permet des créations d’emplois, on favorise l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes et l’égalité dans l’articulation entre vie professionnelle et vie privée, et on permet aux salariés de disposer des temps nécessaires pour s’investir sous différentes formes dans la vie sociale. Cette campagne syndicale rejoint notre projet politique de transformation sociale de la société.

Nous avons conscience des résistances qui existent du côté du patronat, relayées par le Président de la République : les Françaises et les Français, selon eux, travailleraient moins que leurs voisins.

Cette affirmation est fausse, comme le démontrent les statistiques d’Eurostat, qui mesure le temps de travail à 37,4 heures en France, contre 37,3 en Espagne, 37 en Italie et en Belgique, 35 en Allemagne et 30,4 aux Pays-Bas. Il est donc non seulement faux de dire que nous travaillons moins, mais c’est même l’inverse !

La réduction du temps de travail n’est ni l’ennemie du salaire ni celle de l’emploi. Contrairement à ce que certains candidats à l’élection présidentielle peuvent affirmer, elle n’obère pas l’augmentation des salaires, au contraire.

Il suffit de regarder les chiffres de l’Insee pour s’en convaincre. Le passage aux 35 heures a entraîné un gain de productivité de 4 % à 5 % pour les entreprises, plaçant la France au deuxième rang mondial pour la productivité horaire, devant les États-Unis et l’Allemagne. Les 35 heures ont permis un fort développement de l’économie de la culture, des loisirs et du tourisme grâce au temps libre dégagé, ainsi que la création de 350 000 et 500 000 équivalents temps plein travaillé.

La réduction du temps de travail ne doit pas se traduire par une hausse de l’intensification du travail, bien au contraire. C’est en libérant la parole des salariés sur leur travail, en leur donnant de nouveaux droits d’intervention, que l’on contribuera à éviter les dérives de la mise en place des 35 heures, par exemple dans les secteurs des services et de l’industrie ou à l’hôpital public.

La réduction du temps de travail est plus que jamais à l’ordre du jour.

Pendant la crise sanitaire, elle a constitué, sous forme de chômage partiel, la mesure principale de gestion de l’emploi, avec le télétravail ou le travail à domicile. Ainsi les données de l’Insee montrent-elles que, lors du premier confinement, de mi-mars à mi-mai 2020, le nombre d’heures travaillées par personne a diminué d’un tiers, soit –34 %.

Il s’agit donc pour nous, par ce débat, de poser les bases d’une réflexion sur un partage du travail qui se fonderait sur la réduction du temps de travail, permettant aux salariés de profiter davantage de leur vie familiale et d’une vie sociale, culturelle, sportive et démocratique.

Diminuer le temps de travail, c’est améliorer les conditions de vie de chacune et de chacun en créant massivement des emplois à temps plein, bien rémunérés, plutôt que des contrats à temps partiel extrêmement précaires.

En réduisant le temps de travail de chacun, on favorise une meilleure répartition du travail disponible et on crée les conditions permettant d’atteindre un réel plein emploi.

Dans le même esprit, la réduction de la durée de cotisation nécessaire pour partir à la retraite à taux plein à 37,5 annuités et l’abaissement de l’âge du départ à la retraite à 60 ans, au lieu de son recul, participeraient d’un nécessaire partage du travail dans le temps. À quoi bon faire travailler les gens plus longtemps quand tant de jeunes attendent un emploi ?

Partager le travail et les richesses constitue un enjeu fondamental pour l’épanouissement de l’humanité.

 

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12 janvier 2022 3 12 /01 /janvier /2022 06:37

 

Le bilan de l'intensité carbone selon les différents pays européens en 2021 est désormais disponible : premières analyses.

Mise à disposition par Thomas Auriel sur la base des données fournies par le GIEC et ENTSO-E, ce graphique nous permet d'analyser la quantité de CO2 produit par kWh générée sur l'année 2021 (gCO2eq/kWh en abscisse) en fonction de la puissance totale produite (MWh en ordonnée) donnée heure par heure (chaque point du graphique) et pays par pays (par couleur). Un regard précieux pour comparer les performances des différents modèles de production d’électricité et leur efficacité pour lutter contre le réchauffement climatique.

Le moins de CO2 produit par MWh et la plus grande régularité de la production faisant foi pour le modèle le plus efficace en terme de réduction des émissions :

  • Plus la tache est large en hauteur et moins le modèle est efficace pour garantir un taux de CO2 constant
  • Plus elle est large en longueur et plus le modèle peut s'adapter aux différents besoins de consommation et de distribution, donc + de puissance et moins de risque de blackout.

On peut constater que d'année en année, les modèles ayant la meilleure efficacité en terme de basses émissions par rapport à la production sont les modèles reposants essentiellement sur l'alliance de la production d'électricité hydraulique et nucléaire. Dans l'ordre en l’occurrence : La Suisse, la Suède, la Norvège et la France.

À l'inverse, les modèles reposant massivement sur l'éolien et le gaz comme l'Allemagne ne parviennent pas à atteindre des objectifs de diminution régulier et reste comparable en terme de performances aux modèles qui restent très carbonés comme l'Italie. En effet, bien que très variable en terme de production d'électricité et de CO2 par heure, la moyenne allemande est 8 fois supérieure à la moyenne française (414gCO2eq/KWh contre 53gCO2eq/kWh pour la France).

La Pologne, quand à elle, encore très mal équipée reste le mauvais élève de l'Europe avec une moyenne de 768gCO2eq/kWh soit presque deux fois la moyenne allemande et 15 fois la moyenne française.

Malgré tout, la plupart des pays sont parvenus à réduire leur production de CO2/kWh : la Belgique, l'Espagne et le Portugal sont ceux qui ont le plus diminué leurs émissions par rapport à 2019[1]. La France a stagné tout comme la Suède mais reste très loin devant les 3 pays précédemment cités, seule la Norvège a connu une réduction importante d'environ 30% parmi les pays les mieux classés (ceux qui sont sous la barre des 100gCO2/kWh).

À l'inverse, l'Allemagne et le Danemark qui reçoivent pourtant régulièrement les louanges des représentants de GreenPeace sont les deux seuls pays à voir leurs émissions augmenter, légèrement pour l'Allemagne et de presque 20% pour le Danemark.

En ce qui nous concerne, ces bons résultats pour la France ne seront durablement confortés qu'avec une politique ambitieuse pour l'industrie et qui ne se repose pas sur ses petits lauriers. Ils confirment que les besoins écologiques nous encouragent à investir et défendre le parc nucléaire français qui reste vieillissant et dont les investissements et le renouvellement tardent à arriver. Que c'est également sur d'autres domaines que la France doit se renforcer notamment pour remplacer les modes de transport et investir pour des logements moins consommateurs de chauffage.

Thomas Liechti est membre du comité de rédaction


[1]  L'année 2020 ayant été marquée par des émissions inhabituelles liées à la pandémie mondiale de Covid-19, la comparaison est délicate, 2019 a été choisi comme année de comparaison pour cette raison.

Revue Progressistes | 9 Jan 2022 à 17:52 | Catégories : ActualitésEnvironnement et Société | URL : https://wp.me/p3uI8L-37l

 

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12 janvier 2022 3 12 /01 /janvier /2022 06:33

 

 

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11 janvier 2022 2 11 /01 /janvier /2022 19:45

UNE HONTE DANS LA RUE

Vendredi 7 Janvier 2022, le Conseil Départemental a annoncé la fin de prise en charge, et par conséquent la mise à la rue, de 5 jeunes mineurs étrangers.

Ces jeunes sont logés et accompagnés depuis quelques semaines ou quelques mois par le département afin d'évaluer leur minorité.

D'un jour à l'autre, ils se retrouvent à la rue en plein mois de Janvier, voyant leur projet de scolarité et d’intégration s'effondrer. L'un d'eux devait commencer un CAP la semaine à venir. 

Cette fin de prise en charge est demandée par le procureur de Quimper. Doute sur la minorité, déclaration de majorité faite en Espagne afin de continuer leur parcours, refus de se présenter pour des tests osseux... Quelle que soit la raison invoquée par le procureur, ces jeunes n'auront pas la chance de se défendre devant la justice. Le décision est irrévocable : d'ici quelques jours ils seront livrés à eux-même.

La trêve hivernale n'arrête ni le procureur ni le département qui décide d'appliquer cette décision, renonçant à la protection de ces jeunes.

Nous dénonçons avec force ces décisions indignes et demandons au conseil départemental la mise à l’abri de ces jeunes jusqu’à leur recours afin que justice s'applique. Nous ne pouvons nous résigner à accepter des mises à la rue, qui plus est en période de trêve hivernale.

Rejoignez nous Mercredi 12 Janvier à 13h00 devant le Conseil Départemental

 
Les premiers signataires :
-Le Temps Partagé
-LDH
-Droit d'Asil
-100 pour un toit Cornouaille
 
Le PCF Quimper et Finistère est également signataire de cet appel à manifester.
 
 
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