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20 décembre 2020 7 20 /12 /décembre /2020 06:24
Reconstruire une cohérence dans la continuité de la lutte des classes (L’HUMANITE - Anicet LE PORS – Entretien réalisé par Aurélien SOUCHEYRE)

ANICET LE PORS

Dans son dernier livre, la Trace, l'ancien ministre de la Fonction publique revient sur une vie d'engagement et de combats pour l'émancipation. Tour â tour météorologiste, économiste, juge de l'asile, conseiller d'État, syndicaliste CGT et membre de la direction du PCF, il livre un témoignage utile à la poursuite de la lutte.

Vous évoquez dans la Trace (1) le témoignage social que dessine chaque individu au cours de son existence. Quel regard portez-vous sur ce que vous avez tracé du XXe au XXIe siècle, de façon collective et individuelle ?

ANICET LE PORS Nous avons vécu un XXe siècle prométhéen, au cours duquel une part importante de l'humanité a cru pouvoir dominer la nature grâce à la science et forger le destin du genre humain par la volonté rationnelle des mouvements populaires. Les idéologies messianiques qui sous-tendaient ces démarches (théorie libérale néoclassique, réformisme redistributif, marxisme), tout en portant enseignements, se sont affaissées. Nous sommes aujourd'hui dans la phase de décomposition sociale d'une métamorphose incertaine. Époque ingrate sans espoir de paradis ni d'avènement soudain des jours heureux. Je tire de mon expérience professionnelle, syndicale et politique que deux solutions doivent être écartées. D'une part, ériger le but poursuivi en vérité dogmatique d'une nouvelle religion séculière. D'autre part, prétendre faire d'un pragmatisme aux choix idéologiques de faible densité le moyen de changer l'état actuel des choses. Pour les individus comme pour les peuples, ce qui compte, ce sont avant tout les efforts déployés pour l'émancipation, quand bien même ces parcours seraient balisés d'échecs. Ces derniers n'invalident pas les témoignages. L'important, c'est la trace, et le sens naît de la trace.

 

La laïcité est au cœur du débat public depuis l'attentat de Conflans. Plusieurs visions de ce principe fondamental s'opposent. Que défendez-vous ?

ANICET LE PORS L'odieux assassinat de ce professeur par un terroriste islamiste n'est pas une bonne manière d'aborder la question de la laïcité. Celle-ci doit être considérée dans la globalité de sa situation présente. Les deux premiers articles de la loi de 1905 concernant la séparation des Églises et de l'État en fixent les principes : d'une part, la République assure la liberté de conscience et garantit le libre exercice des cultes, d'autre part, elle ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. Or, force est de reconnaître que ce dernier principe de neutralité de l'État est largement négligé en France et méconnu à l'étranger. En outre, de multiples dérogations sont intervenues au fil du temps concernant tant les dispositions juridiques que les financements. Mais le plus grave réside dans les atteintes portées à la cause de la laïcité par ceux-là mêmes qui ont pour mission de la défendre, les autorités publiques au niveau le plus haut : on se souvient du discours de Nicolas Sarkozy à Latran, déplorant que l'instituteur ne puisse «remplacer le curé ou le pasteur», ou d'Emmanuel Macron se proposant au collège des Bernardins de réparer « le lien abîmé entre l’Église catholique et l'État». C'est encore les irrésolutions et les contradictions marquant les décisions et avis des juridictions. C'est surtout la confusion qui règne dans les mouvements des défenseurs traditionnels de la laïcité. Comment faire échec à l'islamisme politique dans de telles conditions ? Je m'efforce d'y répondre dans le livreLa laïcité est une condition déterminante de la paix dans le monde, de la régression des obscurantismes par le débat et de l'émancipation du genre humain.

 

L'immigration et le droit d'asile sont attaqués depuis cet attentat. Vous avez été président de chambre à la Cour nationale du droit d'asile. Que pensez-vous de ce droit ?

ANICET LE PORS J'ai pu constater comme praticien du droit d'asile combien la France demeurait aux yeux de nombreux étrangers la « patrie des droits de l'homme » et la « France terre d'asile ». Elle le doit à la Révolution française. On lit, par exemple, dans la Constitution de 1793 : « Le peuple français est l'ami et l’allié naturel des peuples libres», « Il donne asile aux étrangers bannis de leur patrie pour la cause de la liberté. R le refuse aux tyrans». Cet esprit s'est répercuté jusque dans notre actuelle Constitution, même si la France ne s'en est pas toujours montrée digne. La France accueille qui elle veut, mais la référence en la matière est la convention de Genève de 1951. Elle prévoit que la qualité de réfugié est reconnue à toute personne « craignant avec raison d'être persécutée au fait de sa race, de sa nationalité, de sa religion, de son appartenance à un certain groupe social (l'homosexualité souvent) ou de ses opinions politiques».

Comme juge, je n'ai jamais différencié demandeurs d'asile et migrants économiques, au double motif que les demandeurs d'asile reconnus sont toujours aussi maltraités dans leurs conditions de vie et de travail et que l'esclavage et d'autres sévices économiques existent encore dans le monde. Le droit d'asile avait à l'origine pour but la protection des personnes, il est aujourd'hui instrumentalisé comme moyen de contrôle des flux migratoires et d'actions sécuritaires. La plupart des régressions de ce droit ont pour origine l'Union européenne, mais la France les a souvent anticipées en droit interne.

 

Vous avez été ministre de la Fonction publique. A l'heure où la France fait face à une crise sanitaire, économique et sociale, que permettent les services publics ?

ANICET LE PORS Dans la crise financière de 2008, nombreux ont été les observateurs pour considérer que la France disposait, avec un secteur public étendu et efficace, d'un puissant « amortisseur social » de la crise. Avec la présente épidémie, qui s'accompagne d'une violente crise économique et sociale, chacun a pu constater que les actions les plus efficaces ont été le fait, non des gouvernants et de l'exécutif, mais des collectifs de base, notamment dans la santé, à l'école, la recherche ou les collectivités territoriales. C'est un camouflet sévère aux propagandistes du « nouveau management public », une invalidation des théoriciens du néolibéralisme. Pour disposer d'une administration intègre, neutre et efficace, elle doit être servie par des fonctionnaires dotés de garanties les mettant à l'abri des pressions économiques, politiques et de l'arbitraire administratif. Tel a été le but du statut législatif fondateur de 1946 consacrant la notion de fonctionnaire-citoyen, puis du statut fédérateur de 1983 couvrant les agents publics des administrations de l'État, des collectivités territoriales et des établissements publics hospitaliers. Ce statut a été constamment attaqué et dénaturé, mais il est toujours en place. Le défaitisme serait une erreur stratégique. A l'échelle de la société, il n'y a pas de services publics sans secteur public, c'est-à-dire sans propriété publique. La propriété est un pouvoir, les capitalistes le savent bien et l'expérimentent tous les jours. À gauche, il n'en est plus question, sinon sous la forme de pôles financiers, objets politico-économiques non identifiés. De mon point de vue, c'est une grave erreur qui hypothèque tout programme de transformation sociale. Qu'attend-on pour nationaliser Veolia-Suez pour le service public du bien commun de l'eau ?

 

Quel regard portez-vous sur la Ve République et la gouvernance d'Emmanuel Macron ?

ANICET LE PORS La France est un véritable laboratoire institutionnel : quinze textes constitutionnels en deux cent trente ans. Seul, en tant que parti, le PCF s'était opposé à l'avènement de la Ve République en raison de son caractère présidentiel aggravé par l'instauration par référendum, en 1962, de l'élection du président de la République au suffrage universel. La Constitution a été rapetassée vingt-quatre fois, ce qui souligne son inadéquation. Pour marquer le bicentenaire de la Révolution française, le Comité central examina en décembre 1989, sur mon rapport, un projet constitutionnel complet qui, adopté, fut aussitôt oublié sans que disparaisse pour autant la question institutionnelle. Celle-ci ressurgit ailleurs, dix ans plus tard, sous le nom de VIe République, qui ne prit jamais de consistance sérieuse. Étant donné l'éclectisme des positions sur le sujet, la solution réaliste réside sans doute dans la réalisation de convergence des forces démocratiques sur des points essentiels tels que : le concept de souveraineté nationale et populaire dans la mondialisation, les modalités spécifiques de la démocratie directe, le système parlementaire et les modes de scrutin, la désignation de l'exécutif et ses compétences, notamment quant à l'usage du référendum, etc. En face, la conception d'Emmanuel Macron est claire : le culte de l'élitisme et du pouvoir hiérarchique, des collectivités publiques et territoriales sous contrainte, un Parlement réduit et conforme, un gouvernement aux ordres d'un pouvoir autoritaire qualifié par lui-même de jupitérien. Peut-être la chance d'une maturation conflictuelle favorable aux convergences précitées.

 

Le PCF célèbre cette année ses 100 ans d'existence. Quelle organisation partisane et citoyenne appelez-vous de vos vœux pour participer à transformer la société ?

ANICET LE PORS Le professeur Georges Lavau caractérisait la forme parti par sa fonction tribunicienne, la capacité à exprimer la voix du peuple, et sa fonction consulaire, la capacité à le représenter. J'y ai ajouté une fonction théoricienne, la capacité à analyser et à indiquer la voie. Le PCF répondait parfaitement à cette conception et on pouvait dire qu'à cet égard il était « le plus parti des partis ». Aussi n'est-il pas étonnant qu'il ait subi le plus tôt et le plus durement le déclin que connaissent tous les partis à des degrés divers. Si une refondation est possible, je pense qu'elle passe prioritairement par la fonction théoricienne. En ce qui me concerne, je suis cette voie dont ce livre est une expression. Je m'honore d'avoir été communiste et, on me pardonnera ce recours à l'humour – qui n'est pas suffisance – quand je dis que j'ai parfois l'impression que ce n'est pas moi qui ai quitté le parti, mais que c'est lui qui m'a quitté...

 

L'un des plus grands défis du XXIsiècle est celui du combat contre le réchauffement climatique. Pour autant, vous ne considérez pas l'écologie comme le nouveau paradigme de la pensée politique. Quel renouvellement théorique soutenez-vous ?

ANICET LE PORS Dans le vide idéologique qui caractérise, à notre époque, le débat politique se sont engouffrés, outre des charlatans, des promoteurs d'idéologies de substitution qui ont investi des causes le plus souvent justes et respectables, mais pour en donner une interprétation sectaire aspirant avec arrogance au statut de paradigme politique : écologisme, féminisme, multiculturalisme, compassionnisme, etc. Ce qu'il y a de nouveau, c'est que nous touchons aujourd'hui les limites de notre foi dans un progrès technique infini, ce qui appelle vigilance et maîtrise traduites dans des actions publiques adéquates et non la création d'une foi nouvelle. J'ai eu la chance de commencer ma vie professionnelle au niveau mondial de l'analyse de l'atmosphère et du climat. C'est aussi à la météo que j'ai engagé ma formation syndicale et politique. Cela m'a conduit à lier étroitement activité professionnelle et proposition politique et à rédiger à cet effet un avant-projet de loi de réforme du service de la météorologie nationale que les groupes communistes de l'Assemblée et du Sénat ont déposé en 1964. Ce projet a été l'occasion de publier mon premier article, en 1965, paru dans France nouvelle sous le titre « Le temps demain ». Rien qui puisse laisser penser que je pourrais sous-estimer les problèmes écologiques d'aujourd'hui, tout au contraire. J'accorde la plus grande attention aux diagnostics du Giec et aux avertissements de l'Organisation météorologique mondiale pour qui j'ai travaillé. Mais je pense qu'il faut tenir à distance l'instrumentalisation du climat par des acteurs en mal de notoriété ou avides de pouvoir. Reste à reconstruire une cohérence, un paradigme refondé dans la continuité d'une trace dominée par la lutte des classes et la promotion de valeurs universelles. •

 

Entretien réalisé par Aurélien SOUCHEYRE (Journal L'Humanité)

(1) La Traced’Anicet Le Pors. La Dispute, 224 pages, 20 euros.

 

UN PARCOURS ÉCLECTIQUE

Anicet Le Pors a été ministre de la Fonction publique de 1981 à 1984. Mais aussi ingénieur chez Météo France, économiste à Bercy, président de chambre à la Cour nationale du droit d'asile, conseiller d'État, syndicaliste CGT et membre de la direction du PCF. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages, dont les Béquilles du capital (Seuil, 1977), l'État efficace (Robert Laffont, 1985), Pendant la mue le serpent est aveugle (Albin Michel, 1993), le Nouvel Âge delà citoyenneté (l'Atelier, 1997), Éloge de l'échec (le Temps des cerises, 2001), et Juge de l'asile (Michel Houdiard, 201

 

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20 décembre 2020 7 20 /12 /décembre /2020 06:22

D’abord, nous ne pourrons pas nous adresser au ministre Le Maire pourtant en charge de l’Economie et de la relance, il en été de même pour le ministre Véran sur le PLFSS. Les gestes barrière sont importants mais quand même… ». Finalement, on ne propose plus au Parlement de s’exprimer, mais de participer. Merci à M. le ministre Dussopt pour sa participation et son comportement politique, même si je regrette la présomption d’avis défavorable sur nos amendements.

Ce budget est davantage celui d’un fidèle serviteur de l’accumulation du capital que d’un État souverain où le libre développement de chacun est la condition du libre développement de tous.

Mes chers collègues, je me permets simplement de vous le rappeler en toute solennité : le bon sens voudrait que nous ne répondions pas à une crise qui accroît drastiquement nos dépenses par d’autres dépenses.

Notre groupe CRCE, n’a eu de cesse de vous proposer des nouvelles ressources fondées sur l’équité fiscale afin d’entraver l’accroissement des inégalités que la crise sanitaire continue de renforcer.

Et alors que nous avons débuté les débats autour de ce budget il y a maintenant plus d’un mois, nous avons beau chercher, nous ne trouvons pas :

-  Nous ne trouvons pas vos propositions visant à rétablir l’équité fiscale entre les petites et les grandes entreprises ;

-  Nous ne trouvons pas non plus vos mesures garantissant l’égalité entre les commerces de proximité et les géants du commerce en ligne qui se sont largement enrichis pendant la crise ;

Nous vous avons bien proposé une meilleure progressivité de l’impôt sur les sociétés avec à la clé une baisse d’imposition pour les petites entreprises, une contribution pour les géants du numérique, un accroissement de la taxe sur les marchés financiers et sur les versements de dividendes. Mais vous n’en voulez pas ! AUCUNE taxe, AUCUN nouvel impôt !

Il n’y a pas « d’argent magique », mais des décisions magiques, il n’en y a pas non plus. Non, le véritable problème est moins l’argent que sa redistribution. Trop souvent vous pensez aux réductions d’impôts. Crédits d’impôts par-ci ! Crédits d’impôts par-là ! Mais supprimer tous les impôts aux entreprises que diable !

Ça ne marche pas. Tout le monde le sait. Mais on continue ! Arrêtons de vouloir installer le pays dans le cercle infernal de la relance par la dette, et de la dette pour la relance !

Entre la majorité à l’Assemblée nationale et celle du Sénat, il y a certes des différences mais il y a un point commun : rester à l’intérieur de l’économie telle qu’elle est, c’est-à-dire du capitalisme qu’on évoque sous son nom d’emprunt « économie de marché ».

Et que dire des collectivités, ces grandes perdantes ? La réduction des impôts dits de production, suite logique des cadeaux faits aux grandes entreprises sur le dos des budgets locaux, produira des effets de bord renforçant son injustice. Les collectivités ne sont pas traitées à égalité face aux conséquences de la crise, et surtout ne sont pas assez soutenues.

Nous avions bien fait des propositions, qui permettaient de réellement les soutenir au regard des milliards de pertes engendrées par la baisse de leurs recettes et la hausse de leurs dépenses. Mais la majorité a préféré les décortiquer, révélant ainsi des contradictions, voir des antagonismes entre les beaux mots et les actes.

Le choix est clair et assumé : entre le levier d’action publique à la légitimité démocratique, l’expérience locale, on préfère les logiques du marché privé. Fabriquer des clients/consommateurs et non pas des usagers/citoyens.

Le Général De Gaulle, qui est souvent cité, nous rappelle ce qu’est un véritable plan : « Il embrasse l’ensemble, fixe les objectifs, établit une hiérarchie des urgences et des importances, introduit parmi les responsables et même dans l’esprit public le sens de ce qui est global, ordonné et continu, compense l’inconvénient de la liberté sans en perdre l’avantage ».

Mes chers collègues, ce n’est pas un plan que vous allez voter : où sont les véritables objectifs ? Quelle est la priorité ? 7 milliards pour l’énergie en voie de nouvelle marchandisation, contre 800 millions pour les plus pauvres. C’est « se mettre une balle dans le pied » d’acter que le développement durable soit mieux doté que la lutte contre la pauvreté. Une aide de 150 euros pour les allocataires des minimas sociaux, une fois, sur un mois, ni plus ni moins.
Nous avions pourtant proposé de baisser la TVA sur les biens de première nécessité pour contrer cette pauvreté galopante, mais vous vous êtes caché derrière la fatalité de l’« harmonisation européenne » : comme si nous n’en faisions pas partie, de l’Europe !

Mes chers collègues, ce budget manque cruellement de vision, d’espoir et de créativité. Ce gouvernement promettait un nouveau monde, nous récoltons finalement les mêmes recettes, inlassablement. L’Institut des politiques publiques confirme d’ailleurs que dans votre budget, je cite « les entreprises qui ont le plus pâti de la crise ne bénéficieront pas particulièrement du plan de relance ».

Une crise sanitaire ? Vite, baissons les impôts des entreprises de 10 milliards ! Sur les 10 prochaines années, 100 milliards échapperont à l’État pour financer la santé, les transports en commun, une politique sociale ambitieuse, les projets des collectivités…A croire que notre pays est devenu un régime de faveur, ou seuls ceux qui participent au capital productif méritent des droits.

Vous refusez de constater que ce plan constitue une : « confiance aveugle dans les politiques structurelles et de l’offre (…) une sorte de suicide » (IPP).
La relance n’existera pas mes chers collègues, tant que la diminution de l’investissement public, qui s’est effondré de 26 % au premier semestre, ne sera pas compensé. Si les finances des collectivités sont en bernes, la relance de la croissance le sera aussi.

J’avais abordé en introduction de ce budget la nécessité d’ouvrir des perspectives, de donner un horizon du fait de cette situation difficile pour notre économie mais surtout pour les gens. Pourtant, vous vous entêtez dans une politique de l’offre aussi injuste qu’inefficace car non ciblée sur les vrais perdants de cette crise.

Les françaises et les français, en contrepartie de la dette, ont le droit à un chantage aux réformes dites structurelles : réforme des retraites, baisse des dépenses et des services publics, réforme de l’assurance chômage. Ce plan ne relance rien, il signifie une politique sans partage des pouvoirs et des richesses, autoritaire et régressif.

Nous sommes convaincus que ce budget n’est pas un budget de crise face à la crise ! Il vient une fois de plus déléguer la souveraineté de l’État à la technoscience et au marché. Nous nous y opposons donc.

 

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19 décembre 2020 6 19 /12 /décembre /2020 08:33

Parti Communiste Français

Section de Morlaix

2 Petite Rue Callac 29600 MORLAIX – tel : 02 98 88 30 35

Mel : pcf-morlaix@wanadoo.fr                                                Blog : http://le-chiffon-rouge-pcf-morlaix.over-blog.com/                          

 

Du 25 au 30 décembre 1920 eut lieu le Congrès de Tours où une large majorité de délégués de la SFIO ont décidé de rejoindre la IIIe Internationale à la suite d'une évaluation critique de l'attitude des cadres socialistes pendant la première guerre mondiale et des promesses révolutionnaires incarnées par la révolution bolchevique d'octobre 1917. C'était la naissance du Parti communiste français, d'abord SFIC, Section française de l'Internationale communiste.
 
Nous commémorons donc ses 100 ans d'existence ce mois-ci tout particulièrement.
 
100 ans de lutte au service de l'égalité des droits, de l'émancipation du monde ouvrier et des classes populaires, de lutte pour les droits des femmes, la sécurité sociale, la paix et la liberté des peuples colonisés, victimes de régimes d'apartheid.
 
La société française ne serait pas ce qu'elle est aujourd'hui sans la contribution des communistes. Ou du moins ceux-ci ont œuvre à bon nombre de progrès sociaux, économiques, culturels et humains, comme au rassemblement des forces de gauche et de la Résistance à des moments clef de l'histoire de notre pays.
 
Aujourd'hui, malgré un affaiblissement électoral indéniable, le PCF reste un parti qui compte, celui qui a le plus d'adhérents (50 000), mais aussi 650 maires, des milliers d'élus, deux groupes parlementaires, un lien privilégié avec le monde syndical.  
 
Dans le Finistère, nous avons toute cette année rendu hommage à 120 camarades aux engagements notables ou héroïques de notre département, en publiant leurs portraits et récits de vie, nous avons publié de nombreuses archives de notre presse, nous avons organisé des conférences, et nous aurions fait davantage encore sans le COVID mais beaucoup d'évènements seront reportés en 2021.
 
Nous organisons aussi, à destination des personnes intéressées, des ventes de livre sur le centenaire du parti communiste, avec une actualité éditoriale très riche cette année. 

 

Centenaire du PCF : vente de livres

Samedi 19 décembre de 14 h à 16 h dans les locaux du PCF Morlaix

 

 

Dans le cadre du centenaire du PCF, plusieurs ouvrages ont été publiés.

Nous organisons dans nos locaux (2 Petite Rue Callac – Morlaix), le samedi 19 décembre (14 h – 16 h), une vente des ouvrages dont nous disposons.

 

 

Voici la liste des livres que vous pourrez vous procurer à cette occasion.

 

Le livre Intitulé « Libres comme l'art » (sous la direction de Renaud Faroux) magnifique livre d'art qui raconte cent ans d'histoire entre le PCF et les plus grands artistes plasticiens du siècle.

Le prix de vente public sera de 36,90 €.

 

Le livre intitulé « 100 ans de Parti Communiste Français » (sous la direction de Valère Staraselski et Guillaume Roubaud Quashie, Cherche-Midi, 220 pages, 24 X 26 cm) avec une préface de Fabien ROUSSEL.

Une trentaine de jeunes historiens, politistes, sociologues, proposent, année par année, un regard sur les communistes français.

 

À destination des militants comme du grand public, le livre, richement illustré, permet de redécouvrir les combats et les réalisations d’hier, l’actualité d’un projet.

 

Le prix public est de 25 €.

 

 

 

 

 

 

Les éditions Helvétius ont édité un catalogue de la grande exposition d’affiches originales organisée par la Fondation Gabriel-Péri : « Cent ans d’histoire de France et du PCF sur les murs ».

Les communistes s’affichent - Guillaume Roubaud-Quashie et Corentin Lahu - 180 pages, 22x29 cm

Le spectre chronologique est inchangé : 1920-2020, mais il s’agit ici de le parcourir avec ces singulières images que sont les affiches, incarnant un combat, un mot d’ordre, un espoir. Une édition augmentée existe avec un double DVD issu du fonds prodigieux de Ciné-Archives.

Le prix public est de 24 € pour l’édition simple et 35 € pour celle avec les DVD.

 

 

 

 

 

Le livre « Je vous le dois bien. Militant et sénateur face au déclassement social » aux éditions du « Geai Bleu » (148 pages).

Le prix public est de 19,90 €

Dominique Watrin, ex sénateur communiste du bassin minier dans le Pas-de-Calais, défenseur acharné de l'hôpital public et d'un refinancement de l'aide à domicile et du secteur de la perte d'autonomie qui était venu rencontrer les salariés et usagers de l'hôpital du pays de Morlaix avec Christine Prunaud sénatrice communiste des Côtes d'Armor dans le cadre du tour de France des hôpitaux effectué par les parlementaires communistes, vient de publier aux éditions Le Geai Bleu "Je vous le dois bien" un livre sur sa riche expérience de militant et sénateur communiste face au déclassement social.

 

 

Le livre « Héroïques Femmes en résistance » (en deux tomes) d’Antoine Porcu

Vendus 30 € les deux tomes contre 50 € les deux tomes, chaque tome fait 180 pages, avec environ 75 beaux portraits et biographies de résistantes, dont la plupart étaient communistes.  

C'est à partir de ce livre en deux tomes, Héroïques, magnifiquement illustré, qu’Ismaël DUPONT a publié des biographies de Résistantes communistes dans "Le Chiffon Rouge" pour le Centenaire du PCF.

 

 

 

 

 

 

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19 décembre 2020 6 19 /12 /décembre /2020 06:01
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17 décembre 2020 4 17 /12 /décembre /2020 06:04

En France, l’épidémie de Covid19 a mis en évidence la catastrophe de 30 ans de politiques néolibérales avec la fermeture de 100 000 lits, de 95 services d’urgences et la disparition de la moitié des maternités sur le territoitre en 20 ans. Aujourd’hui, le droit aux soins et à la santé est sacrifié sur l’autel de la rentabilité et du profit. Pour gagner contre cette pandémie, il est vital qu’un vaccin soit librement accessible à tous. Face à une pandémie, nous ne pouvons nous permettre de laisser les citoyens sans protection en raison d’obstacles financiers. Le PCF, avec des citoyens, syndicalistes, associatifs et 12 autres partis politiques au niveau européen est à l’origine de la campagne #Right2Cure #PasdeProfitsurlaPandemie. Vous pourrez trouver toutes les informations, pétition et présentation de la campagne sur https://www.right2cure.eu/fra

Le lundi 30 novembre 2020, est le lancement de la campagne européenne visant à rendre le futur vaccin ou traitement accessible à tous !

CONFRENCE DE PRESSE DE LANCEMENT : CAMPAGNE VACCIN ACCESSIBLE A TOUS (en visio) Avec FABIEN ROUSSEL, secrétaire national du PCF - France VERA POLYCARPOU, Présidente AKEL (Parti progressiste des travailleurs) - Chypre THIERRY BODIN (CGT Sanofi) NATHALIE COUTINET, membre des "économistes attérés", COLM GILDERNEW, Député de l'Assemblée législative d'Irlande du Nord, responsable des questions de santé pour le Sinn Féin - Irlande PATRICK PELLOUX, médecin urgentiste à l'Hôpital Necker, MATHILDE EL BAKRI, députée bruxelles PTB et Responsable de Médecine pour le Peuple - Belgique

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16 décembre 2020 3 16 /12 /décembre /2020 14:36

Ouest-France

Pays de Morlaix. Vingt millions pour ne pas se retrouver à cours d’eau

Un chantier à 20 millions d’euros sur une dizaine d’années. Il faut bien cela pour sécuriser l’approvisionnement en eau potable du territoire de Morlaix communauté.

Chaque été, la crainte est plus forte. On approche un peu plus de notre limite à produire de l’eau potable, glisse Jean-Paul Vermot, président de Morlaix communauté.

60 % de nos ressources proviennent du Jarlot et du Dourduff, rappelle Guy Pennec, en charge du grand et petit cycle de l’eau, en conseil communautaire, lundi 14 décembre 2020. Mais le préfet refuse désormais des dérogations pour pouvoir pomper davantage l’été. Un débit minimum biologique doit être maintenu dans les rivières, afin de garantir la vie, la circulation et la reproduction des espèces y vivant.

Si l’on ajoute à cela la possibilité d’une casse sur l’une des douze usines de production, ou d’une pollution comme récemment dans l’Aulne, on obtient la nécessité urgente d’agir sur le circuit d’alimentation en eau potable.

Comment y remédier ?

Plusieurs leviers doivent être activés. Il est d’abord question d’économies : De 1 à 1,2 million de m3 sont perdus en cours de route chaque année, déplore Guy Pennec. Il faudra rechercher les fuites et renouveler le réseau, même si cette dernière action ne sera pas la plus efficace : Au maximum, chaque année, on ne peut intervenir que sur 22 km de tuyaux, sur un total de 1 850 km ! L’objectif, à l’horizon 2025, est une économie annuelle de 400 000 m3.

Il s’agit également de créer des interconnexions avec le territoire limitrophe (Trégor costarmoricain, syndicat mixte de l’Horn et syndicat mixte de Landivisiau) où la ressource en eau est moins fragile, et de construire une nouvelle usine à Plouigneau.

Combien ça coûte ?

Une enveloppe de 20 millions est prévue sur une dizaine d’années. Une fois ces travaux effectués, notre territoire sera sécurisé. Ça peut paraître un investissement important, mais on travaille pour peut-être 50 ans !

Au-delà de la sécurisation de l’approvisionnement de la ressource, c’est la sécurisation des capacités de développement de notre territoire, ajoute Jean-Paul Vermot, rappelant qu’à l’heure actuelle, il ne serait par exemple pas possible d’accueillir une grosse industrie agroalimentaire gourmande en eau.

https://www.ouest-france.fr/bretagne/morlaix-29600/pays-de-morlaix-vingt-millions-pour-ne-pas-se-retrouver-a-cours-d-eau-7087587

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16 décembre 2020 3 16 /12 /décembre /2020 14:33
Le golf de Carantec offre de superbes vues sur la baie de Morlaix. | OUEST-FRANCE

Le golf de Carantec offre de superbes vues sur la baie de Morlaix. | OUEST-FRANCE

Conseil de Communauté 14 Décembre 2020 ( 4h )
https://youtu.be/NF6GIfVcyCQ

Ouest-France

Morlaix communauté. La gestion du golf de Carantec divise les élus

Pour certains, cet équipement déficitaire serait mieux dans le giron privé. Mais une majorité d’élus de Morlaix communauté suggère plutôt des pistes pour démocratiser la pratique.

En conseil communautaire, lundi 14 décembre, l’évocation du déficit du golf de Carantec (*) a été l’occasion d’entendre des points de vue opposés quant à la participation financière de Morlaix communauté à cet équipement (l’Agglo est actionnaire à 45 % de la société d’économie mixte gérant le golf).

« Est-ce le rôle de Morlaix communauté ? »

La première charge est lancée par Jean-Laurent Hamon (Plougonven).  Est-ce qu’on a imaginé faire un dépôt de bilan ? , s’interroge l’élu, proposant également  de trouver des partenaires extérieurs , voire  de faire payer aux participants le coût réel de leur occupation . Il soulève :  Est-ce le rôle de Morlaix communauté de subventionner la pratique du golf à Carantec ?   Peut-être que j’ai des a priori, mais je pense qu’il faut qu’on se penche sur la question , abonde Ismaël Dupont (Morlaix), pointant une activité  assez sélective socialement .

 Oui c’est élitiste , admet Solange Creignou (Saint-Thégonnec). Mais la vice-présidente à l’économie cite les centres équestres qui, peu à peu, se sont ouverts au point d’être aujourd’hui fréquentés  par beaucoup de centres aérés. 

Pour l’élue,  donner les clés du golf à une société commerciale reviendrait à n’en donner l’accès qu’à ceux qui ont les moyens de jouer .

Un audit pour y voir plus clair

 C’est une évidence qu’il faut ouvrir le golf davantage , réagit Nicole Segalen (Carantec), précisant que les écoliers de la commune en bénéficient déjà, via les temps d’activités périscolaires. Reste à convier les autres scolaires et surtout à  organiser leur transport . La maire, qui rappelle que la Sem a un nouveau président, annonce également qu’un audit sera réalisé  afin d’y voir plus clair et ainsi d’envisager l’avenir plus sereinement .

(*) 28 500 € en 2019 (contre 56 000 en 2018)

https://www.ouest-france.fr/bretagne/morlaix-29600/morlaix-communaute-la-gestion-du-golf-de-carantec-divise-les-elus-7088356

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16 décembre 2020 3 16 /12 /décembre /2020 12:21
Atteintes aux libertés publiques. Acte II: le retour d'Edwige - Par Jeremy Bacchi, sénateur communiste des Bouches du Rhône
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16 décembre 2020 3 16 /12 /décembre /2020 12:08
Référendum sur l’inscription de la lutte pour le climat dans la Constitution : un coup de com’ en plus.
 
- par Corentin Derrien, élu communiste à Saint-Thégonnec - Loc-Eguiner, membre de la section de Morlaix et du MJCF 
 
Emmanuel Macron vient d’annoncer qu’il souhaitait qu’un référendum sur l’inscription de la lutte pour le climat dans la Constitution se tienne. Bien loin d’être la traduction d’une volonté écologiste du gouvernement, cette proposition est inutile et relève d’une grossière manœuvre politicienne. Alors que le Président avait promis de retenir la totalité des mesures de la Convention citoyenne pour le climat, il avait fait volte-face lorsqu’il s’était rendu compte que l’intelligence démocratique s’attaquait à la racine du problème, la finance, avec une proposition de taxe à 4 % des dividendes. Il a donc choisi de conserver cette proposition de « réforme » constitutionnelle, qui, séparée de la logique générale des autres propositions de la Convention, n’a aucune utilité.
Aucune utilité car le gouvernement dispose déjà de tous les pouvoirs nécessaires pour mener une politique de lutte contre le réchauffement climatique et pour l’environnement. Son inaction écologique n’est pas subie, c’est un choix politique, et surtout économique. Aucune utilité, car le texte proposé sera bien évidemment trop vague pour que le Conseil Constitutionnel puisse un jour l’invoquer et censurer une loi écocidaire.
Quel est alors le but d’Emmanuel Macron ? Un plébiscite forcé, doublé d’un coup de communication. Alors que la campagne pour les présidentielles sera déjà lancée quand le référendum aura lieu, il pourra se targuer d’être soutenu par une immense partie des Français en instrumentalisant les résultats. Car qui pourrait vouloir voter « non » à la lutte contre le réchauffement climatique ? Quasiment personne, et cela promet des résultats favorables à plus de 80 %. Et si, par malheur, la population rejetait cette réforme, il pourra toujours se dédouaner de son inaction climatique sur le peuple français, ou insister sur le fait que cette proposition émanait de la Convention citoyenne.
Ce référendum constitutionnel ne servira pas la lutte contre le réchauffement climatique, mais les seuls intérêts privés du Président. En terme écologique, ce n’est qu’un énième coup de communication, du vent, un vernis vert sur un bilan déplorable. En terme politique, ce n’est qu’une grossière instrumentalisation de la question environnementale à des fins plébiscitaires. Nous méritons bien plus que cet illusionnisme écologique et démocratique, et bientôt viendra le temps de le faire savoir.
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16 décembre 2020 3 16 /12 /décembre /2020 12:00
Disparition. John Le Carré, espion un jour, écrivain pour toujours
Mardi 15 Décembre 2020

Le grand explorateur de l’univers des services secrets s’est éteint à 89 ans. Il laisse une œuvre mémorable sur la part d’ombre d’un large pan de l’histoire contemporaine.

 

« J e suis juste un écrivain qui fut, brièvement, espion », aimait à dire John Le Carré, qui s’est éteint samedi, à 89 ans, d’une pneumonie. Il est spécifié qu’elle n’était pas liée au coronavirus. Vingt-cinq romans à son actif, qui ont souvent été portés au cinéma, dont le fameux Espion qui venait du froid (1963), tiré à plus de 20 millions d’exemplaires. L’histoire est celle d’un agent double britannique, Alec Leamas, passé en Allemagne de l’Est. Ce récit a donné lieu à un film de Martin Ritt, dans lequel Richard Burton assumait le rôle du transfuge anxieux avec un art consommé. Le Carré, en poste en qualité de diplomate au Foreign Office, démissionne alors pour écrire, devenant aussitôt le maître incontesté du roman d’espionnage, à partir de l’antagonisme complexe qui régit les rapports de l’URSS et du bloc occidental dominé par les États-Unis en pleine guerre froide. Il créera, dans ce genre, un espace littéraire proprement singulier, en se nourrissant du combat idéologique entre les deux grandes puissances, mais opérant aussi un virage contrôlé au moment de la glasnost, si opposée à l’univers obscur des agents secrets.

L'Histoire en train de se faire

Né le 19 octobre 1931 à Poole, dans le Dorset, John Le Carré (de son vrai patronyme David Moore Cornwell) est élevé par un père qui est « escroc magnifique », un jour aux champs de courses, le lendemain en prison, toxique, imprévisible, détourneur de sommes folles, astucieux, instable et volage. Lasse, l’épouse quitte le domicile conjugal. Elle abandonne ses deux fils dont le plus jeune, David, n’a que 5 ans. Les deux enfants grandissent en internat. David songe à devenir moine, ne tient pas en place, quitte l’Angleterre à 16 ans, direction Berne, où il étudie l’allemand et le français. C’est donc dans cette ville de Suisse, « haut lieu du renseignement », qu’il est approché par le MI6, soit les services secrets britanniques. Il enseigne la littérature allemande à Eton et devient ensuite secrétaire d’ambassade à Bonn au moment de la construction du mur de Berlin, puis consul à Hambourg. Parallèlement, il officie dans l’ombre, transmet des messages, manie la désinformation contre le camp adverse. Sa carrière d’espion se clôt le jour où le célèbre agent double Kim Philby, passé à l’Est, révèle au KGB le nom de l’agent secret Cornwell. L’Espion qui venait du froid  a été écrit simultanément, avec l’appétit de celui qui observe l’Histoire en train de se faire (la construction du mur), prêt à se fracasser contre une vie privée qui tourne au désastre.

Un anti-James Bond

Fort du succès de son livre, il quitte le Foreign Office, pour se consacrer à plein temps à l’écriture. Il invente, en somme, un anti-James Bond. Les œuvres significatives défilent : Miroir aux espions (1965), Une petite ville en Allemagne (1968),   la Taupe (1974), premier volet d’une trilogie, et chasse aux agents doubles dans les couloirs du « Cirque » (le service des renseignements extérieurs du Royaume-Uni). Le personnage de George Smiley, héros timide et adipeux, obsédé par la dissimulation, reprend du service après un abandon temporaire. C’est encore la Petite Fille au tambour (1983), un pas de côté pour ce livre inspiré du conflit israélo-palestinien : un espion israélien manipule une belle Britannique radicale, qu’il transforme en agent double.

En 1986, c’est Un pur espion, sans doute le plus autobiographique de tous ses livres. Le personnage du père a des traits du sien. La Maison Russie (1989) est un des premiers romans sur la perestroïka. Suivront quantité d’autres, dont le Directeur de nuit (1994), Notre jeu (1996) Single & Single (1999). Son œuvre met en jeu la figure de l’espion, en héros gris de l’époque, en qui se posent les questions du vrai, du faux, de l’apparence et de l’être, du doute et de la certitude.

Gentleman lucide

Grand lecteur de Dumas, Dickens, Tolstoï, Balzac, Conrad et Graham Greene, John Le Carré s’est également impliqué dans des œuvres prenant à partie, notamment, les stratégies délictueuses des multinationales pharmaceutiques, dans la Constance du jardinier (2001) ; la seconde guerre d’Irak, contre laquelle il se dresse avec véhémence, avec Une amitié absolue (2004) ; l’exploitation féroce de la misère en Afrique, dans le Chant de la mission (2007). Dans son dernier roman, paru en 2019, il dressait un portrait au vitriol de Boris Johnson, croqué en « porc ignorant ».

D’aucuns ont pu faire de l’œuvre de ce gentleman lucide, qui parlait un français distingué, une lecture psychanalytique. Il aimait d’ailleurs à dire que « les services secrets sont l’inconscient des démocraties occidentales ».

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