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20 décembre 2014 6 20 /12 /décembre /2014 08:50
Motion présentée au Conseil Municipal du Jeudi 18 Décembre 2014
Par Ismaël Dupont, Loïc Digaire, Michèle Abramovicz, élus du front de gauche  
(elle devait être présentée et soumise au vote en novembre mais Agnès Le Brun avait reporté la présentation au conseil municipal suivant)
Sans que les élus et le commissaire désigné pour l'enquête publique aient prévu d'organiser un débat public contradictoire, une Centrale à Gaz pourrait s'implanter à Landivisiau, construite et gérée par Direct Energie, à 20 km de Morlaix.

L'installation d'une Centrale à Gaz à l'ouest de la Bretagne a été décidée sous la pression de l’Etat sous le mandat de Nicolas Sarkozy dans le cadre du Pacte Électrique Breton voté par une majorité de conseillers régionaux de Bretagne.
L’État qui avait le choix entre trois projets industriels portés respectivement par EDF à Brennilis, Enel à Briec-sur-l'Odet, et Direct Energie à Landivisiau, a choisi le projet de Direct Energie, un groupe financier qui n'a jamais construit de centrale à Gaz en France et dont l'objectif essentiel est de se positionner comme distributeur d'électricité en vendant plus cher au consommateur l'électricité d'origine nucléaire qu'EDF est obligé de vendre à ses concurrents dans le cadre de la dérégulation européenne et de la libéralisation du marché de l'électricité portée par la loi NOME.

Cette Centrale à Gaz serait construite à proximité immédiate de la ville de Landivisiau, ayant ainsi un effet sur la dévalorisation de l'environnement, de la valeur des biens immobiliers, et sans doute aussi sur la santé des habitants et la qualité des produits agricoles puisqu'une Centrale à Gaz émet des particules fines.


L'impact global sur l'environnement et le climat est loin d'être positif puisqu'une centrale à gaz consomme de l'énergie fossile qu'on ne trouve pas en France, qui est appelée à s'épuiser et à renchérir à court terme et produit des gaz à effet de serre.
Au moment où la France va organiser la conférence sur le Climat en 2015, c'est regrettable que l'on s'engage dans ces projets du passé.
S'il est loin d'être avéré que cette Centrale à Gaz soit par elle-même rentable sur la durée, il est certain en revanche qu'elle coûterait très cher au citoyen puisque Direct Énergie percevrait une prime annuelle de presque 42 millions d'euros pendant une durée de 20 ans renouvelable une fois, prime financée par la Contribution au Service Public de l'électricité (CSPE), et donc payé par l'usager sur sa facture d'électricité.

La construction du gazoduc et de la ligne THT sera aussi en partie financée par le contribuable. Cet argent n'aurait-il pas été mieux employé à développer les énergies renouvelables et l'aide à la rénovation thermique des logements sociaux et anciens ? Cela n'aurait-il pas créé davantage d'emplois ?

Au nom de quel intérêt général construirait-on cette Centrale à Gaz qui alimentera surtout les profits du groupe Direct Énergie?

La France exporte déjà 13 % de son électricité. La Bretagne n'a jamais connu les « black out » lors des pics de consommation que l'on met en avant pour justifier la construction de cette centrale et, de toute façon, pour être rentable, cette Centrale devrait être beaucoup plus plus qu'une centrale d'appoint et fonctionner quasiment toute l'année. La Bretagne est insérée dans une région bien plus vaste pour ce qui est de la production et de la distribution d'électricité : en quoi devrait-elle être auto-suffisante et indépendante en matière énergétique ?

Au vu de ces différents arguments, les élus de Morlaix affirment, après le Conseil Municipal de Plounéour Menez la semaine dernière, leur opposition à l'installation d'une Centrale à Gaz à Landivisiau et leur volonté que le pacte électrique breton soit réactualisé pour gagner en cohérence sur le plan de la nécessaire transition écologique tout en misant sur le développement des nouvelles filières d'activité qui y sont associés. 
Les 2 élus PS (Elisabeth Binaisse et Jean-Paul Vermot) se sont abstenus: les 3 élus coopérative citoyenne non PS (Jean-Pierre Cloarec, Sarah Noll, Guenaëlle Clech) ont voté pour, comme les élus Front de Gauche à l'origine de la motion.
La droite a voté contre (donc pour la centrale à gaz) en s'appuyant sur l'équilibre prétendu du triskel breton, du pacte électrique et en disant: qu'importe si c'est le privé qui exploite cette centrale, on en a besoin car on est tout à la pointe bretonne, en risque de rupture d'approvisionnement...
Cela émet du C02 certes, mais bon, c'est un besoin...
C'est Jean-Charles Pouliquen qui a pris la parole pour la majorité d'Agnès Le Brun.  
Landi doit dire Non à la centrale
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20 décembre 2014 6 20 /12 /décembre /2014 08:30

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Photos Jean-Luc Le Calvez (PCF - Front de Gauche) et Collectif eau publique Morlaix Saint Martin des Champs. 

 

Intervention au SIVOM du Collectif eau publique Morlaix-Saint Martin des Champs, par la voix de Claude Graignic

            Le COLLECTIF EAU PUBLIQUE DU PAYS DE MORLAIX a constamment dénoncé la vétusté des installations et des réseaux, mal entretenus par Véolia lors du précédent contrat et désormais à charge du SIVOM.

            Le 5 février 2014, avant les élections municipales, tout allait bien. Le SIVOM faisait les travaux « sans emprunt, uniquement sur ses fonds propres » (déclaration à la presse locale). En décembre 2014, après les élections et moins de trois ans après le renouvellement du contrat, on découvre qu’il y a de très gros travaux à faire tant en eau potable qu’en assainissement, et on veut nous faire croire que c'est un motif de prolongation du contrat liant le SIVOM à Véolia.

            C'est un mensonge. Avec le nouveau contrat, c’est uniquement le SIVOM qui finance les gros investissements. Il choisit à qui il emprunte et pour quelle durée. Que le contrat soit prolongé ou pas,  les travaux envisagés seront donc de toutes façons payés en totalité par les usagers de l'eau, avec la possibilité pour le SIVOM de fixer lui-même la durée sur laquelle il répercutera le coût des travaux aux usagers. C'est donc un tour de passe-passe de laisser croire que la prolongation du contrat permettrait des économies sur le prix de l'eau pour les usagers.

            La vérité, c'est qu'en se liant à Véolia pour 5 ans de plus, le SIVOM perdrait une partie de sa liberté et repousserait d'autant la possibilité d'une gestion en régie publique de l'eau et de l'assainissement. De plus, la prolongation de contrat compliquerait le travail en cours pour le transfert de la gestion de ces deux compétences à Morlaix Communauté. Véolia a volé les usagers pendant 20 ans.

Ils ont mal fait leur travail d'entretien et de renouvellement. Il serait paradoxal qu'ils soient récompensés aujourd'hui par un nouveau cadeau du SIVOM. 

................................................................................................................................................................

Bravo aux citoyens, aux camarades du front de gauche et du PCF, qui se sont mobilisés et qui ont permis le report d'un mois de la décision de prolongation (ou non) de contrat avec Véolia jusqu'en 2024.
Il va falloir maintenir la pression. 
Agnès Le Brun et Bernard Guilcher n'ont pas trop digéré, apparemment. Tout était réglé comme du papier à musique. Avec Véolia, tout avait été bien organisé... 
Avant-hier, en Conseil Municipal, j'ai eu un échange très frontal avec Agnès Le Brun qui voulait m'interdire de commenter les évènements du SIVOM de mercredi et leur décision de prolonger le contrat avec Véolia jusqu'en 2024 pour soustraire cette question de la DSP sur l'eau au contrôle et à la décision des citoyens. 
Je l'ai un peu poussé dans ses retranchements et je ne me suis pas laissé faire car c'est absolument intolérable qu'il n'y ait aucun débat accepté en conseil municipal sur cette question de première importance. 
Mme Le Brun a refusé de commenter le fond de notre question orale mettant en cause les petits arrangements entre amis entre la droite et Véolia. 
Elle m'a reproché de vouloir "invectiver" sur le sujet avant même que je sois rentré dans le contenu de ce que j'avais à dire ... et de "faire de l'idéologie" tandis qu'eux n'en font pas évidemment en faisant a priori le choix de la DSP et en prolongeant le contrat sans mandat et sans débat public.  
Il apparait pour elle et Marlène Tilly que tous les morlaisiens sont pleinement satisfaits que la gestion de l'eau potable et de l'assainissement soit au main de Véolia et qu'ils ont donné mandat au maire pour faire ce qui lui sied au SIVOM sur la question de la prolongation de contrat avec Véolia. Mensonge...! 
Les élus qui ne siègent pas au SIVOM n'ont qu'à la boucler. Ils ne représentent pas les morlaisiens sur cette question. C'est surréaliste! 
On nous a reproché aussi d'avoir été moins sévère pour la prolongation de contrat de 5 ans avec le délégataire à Lanmeur, A. Le Brun et B. Guilcher n'ayant  fait qu'imiter Jean-Luc Fichet... Prendre modèle sur la crapulerie du voisin n'en rend pas moins crapule. 
Je lui ai répondu qu'à l'évidence, nous n'étions pas des élus de Lanmeur mais de Morlaix. 

 

Ismaël Dupont     

 

         

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20 décembre 2014 6 20 /12 /décembre /2014 08:15

Pierre Joxe lors de notre émission. Dans un entretien à Mediapart, Pierre Joxe, plusieurs fois ministre de Mitterrand et grande figure socialiste, n'a pas de mots assez durs pour dénoncer le gouvernement et le projet de loi dit Macron. Il dénonce une entreprise de « déconstruction du droit social », des dispositions « ahurissantes », fait le parallèle avec la fin de la SFIO – « En 1956, on a voté Mendès France, on a eu Guy Mollet » –, et estime que « l’espérance est en danger ».

 

« Éberlué », « stupéfait », « ahurissant ». Pierre Joxe, animal politique au sang-froid, a rarement usé d'autant d'adjectifs que dans l'entretien qu'il nous a accordé dans le cadre de notre émission « En direct de Mediapart », jeudi 18 décembre. Plusieurs fois ministre de François Mitterrand, ancien président de la Cour des comptes, ancien membre du Conseil constitutionnel (2001 à 2010), Pierre Joxe (ici sa fiche Wikipedia) s'était gardé jusqu'alors d'évaluer en détail la politique conduite par François Hollande et Manuel Valls. Le projet de loi Macron, adopté ce mois-ci en conseil des ministres et dont l'examen doit débuter au Parlement le 26 janvier prochain, l'a visiblement incité à sortir du bois.

«La gauche dans son programme n’a jamais envisagé des réformes du droit du travail du genre de celles qui sont aujourd’hui à l’ordre du jour (...) Aujourd’hui, on est à contre-emploi de notre histoire. Cette phase éberlue n’importe qui.», dit Pierre Joxe. L'ancien ministre dénonce une entreprise de « déconstruction du droit social », des dispositions « ahurissantes », fait le parallèle avec la fin de la SFIO – «En 1956, on a voté Mendès France, on a eu Guy Mollet » –, et estime que« l’espérance est en danger ».

Voici une retranscription écrite de l'interview vidéo. 

 

 

Quand nous vous avons présenté le thème de cet entretien, « le travail en miettes », vous nous avez dit : « C’est surtout le code du travail qui est en miettes. » Pourquoi ?

Le droit du travail est en miettes car le mouvement qui a lieu en ce moment en France, et pas seulement en France, est un mouvement de déconstruction du droit du travail. Il faut comprendre que le droit du travail est un droit d’exception : c’est un droit qui dit non au code civil, qui dit non au droit du libéralisme, qui dit « non, la liberté n’est pas complète », on ne peut pas embaucher des enfants dans les usines, en 1834, etc. Et c’est un droit qui repose sur une action collective puisque tout le droit du travail a progressé sous la pression de l’action syndicale. En France, les lois progressistes ont toujours suivi les grandes manifestations syndicales. Même le repos hebdomadaire ! Cela a culminé avec le Front populaire, la Libération et, en quelques occasions auxquelles j’ai d’ailleurs participé, par exemple avec les lois Auroux.

Aujourd’hui, on assiste à une déconstruction. Ce n’est pas une démolition, c’est un effritement. Il y a une accélération récente et je pense qu’on va en parler avec cette loi (Macron – ndlr). Elle concerne souvent le droit du travail mais n’associe même pas le ministre du travail ! C’est une situation juridique étrange ! Le droit du travail est un droit qui ne donne pas la priorité au contrat mais qui dit que la loi s’impose au contrat : c’est la loi qui protège car le contrat peut asservir, sauf justement s’il respecte la loi. Or nous assistons à un autre mouvement, un mouvement inverse qui veut rendre au contrat la place qui a justement été conquise par le droit du travail et les mobilisations sociales.

Alors parlons de cette loi Macron, faite par le ministre de l’économie et qui n’associe pas le ministre du travail…

Je vous interromps : on parle d’une loi – loi Aubry, loi Auroux – lorsqu’elle a été votée. Pour le moment, il y a un projet de loi qui s’appelle, imprudemment peut-être...

Vous voulez dire que M. Macron n’est pas encore rentré dans l’histoire ?

Oh si, sûrement, parce qu’il ressemble un peu à Emmanuelli… Tous les deux étaient chez Rothschild, tous les deux sont entrés au gouvernement.

Pourquoi la gauche qui est au pouvoir accompagne-t-elle cette régression ?

Je ne sais pas. Il y a eu des éléments précurseurs. On aurait dû s’alarmer lorsqu’on a lu dans un journal, il y a un an, signé par un certain nombre de députés socialistes, dont Le Guen qui est aujourd’hui ministre des relations avec le Parlement, ce texte que je cite : « Il faudra que Hollande s’attaque à un redoutable tabou national, celui des rigidités d’un code du travail qui est devenu un puissant répulsif de l’emploi. » Qu’une dizaine de députés socialistes puissent signer, un siècle après la création par Clemenceau du premier ministère du travail, un siècle après le premier code du travail, un siècle après la première loi sur le repos hebdomadaire, un texte expliquant que le code du travail est un puissant répulsif, c’est stupéfiant !

Il se trouve que quand Me Parisot était présidente du Medef, elle disait ceci : « Nous préconisons une réforme de la constitution afin de reconnaître le droit à la négociation et de permettre aux représentants des employeurs et des salariés de fixer les modalités des principes fondamentaux du droit du travail, du droit syndical et du droit à la sécurité sociale. »

Donc c'est toujours cette idée qu’il faut retirer au règne de la loi, et aux représentants de la souveraineté nationale, la responsabilité de fixer les règles dans le monde du travail. C’est une idée qui chemine depuis longtemps.

Alors évidemment, elle éclot avec cette nouvelle loi et on est d’autant plus stupéfait qu’on y trouve des choses ahurissantes. Par exemple, la pénalisation de l’entrave. Vous savez que le délit d’entrave, c’est empêcher les délégués syndicaux ou les représentants du personnel de remplir leurs missions. C’est un délit du droit pénal du travail. Eh bien, l’article 85 de ce projet de loi (Macron - ndlr) prévoit que par ordonnances (donc, en évitant le débat public) le gouvernement pourrait réviser la nature et le montant des peines applicables en cas de délit d’entrave. C’est-à-dire qu’on envisage de revoir cela alors que ni la loi d’amnistie de 1981 (celle de Mitterrand), ni la loi d’amnistie de la droite en 1995, ni la loi d’amnistie de 2002, n’a porté atteinte à cette règle un peu mythique mais qui consiste à dire que si un employeur viole la loi et fait entrave, il peut être condamné au pénal…

Moi, je ne comprends pas. Je pense que le débat aura lieu mais là, comme c’est prévu par ordonnances, cela veut dire qu’on veut fuir le débat. Or je pense que ce débat doit être porté très largement.

Vous évoquiez d’autres mesures, lesquelles ?

Quand j’étais au Conseil constitutionnel… J’ai beaucoup souffert au Conseil constitutionnel, j’étais très seul, pendant quelque temps il y avait mon ami Colliard (ndlr) et on avait à peu près les mêmes opinions, mais par la suite les conservateurs et les réactionnaires étaient tellement majoritaires que moi j’étais finalement solitaire. J’ai donc vu les saisines de mes amis du groupe socialiste et je vous en ai apporté une, signée Sapin, Ayrault, Hollande, Leroux, Valls, Cambadélis, Bartolone. C’est la décision DC2008568 du Conseil constitutionnel qui attaque une disposition du projet de loi dit de « rénovation de la démocratie sociale » – vous imaginez ce qu’il pouvait y avoir dedans. Mes amis socialistes ont attaqué, à juste titre, en rappelant que « la loi doit déterminer elle-même les principes fondamentaux du droit du travail et encadrer le champ ouvert à la négociation collective ». C’est-à-dire que cette saisine par le groupe socialiste rappelle le principe sacré que c’est la loi qui fixe les principes du droit du travail et qu’on ne doit pas les laisser à la négociation collective, où finalement le patronat est toujours plus fort que les organisations syndicales, sauf dans les grandes périodes de crise type Front populaire ou Libération

Donc, ce qui est exactement l’inverse de ce qu’on appelle l’ANI, l’Accord national interprofessionnel…

Oui, l’ANI, c’était l’année dernière. Et donc, sur cette saisine, le Conseil constitutionnel avait dit que les dispositions contestées – c’était à propos des contreparties obligatoires sur les questions du repos dominical et des heures supplémentaires – l’étaient à juste titre et les avait censurées.

Et cela concernait déjà le travail du dimanche.

Oui, et les heures supplémentaires. Donc, c’est absolument ahurissant.

Que pensez-vous du débat sur le travail du dimanche, êtes-vous d’accord avec la tribune de Martine Aubry ?

Alors, je vais peut-être vous étonner, je n’ai pas lu la tribune de Martine Aubry mais je n’ai pas besoin de la lire pour savoir ce qu’elle en pense. Martine Aubry a été l’excellente collaboratrice de Jean Auroux, puis ministre du travail. Comme tous les gens qui ont un peu d’expérience dans ce domaine, elle sait très bien que l’existence du travail du dimanche est nécessaire : il y a les hôpitaux, les transports en commun, la police, etc. Mais le développement du travail du dimanche dans le commerce – et c’est la grande activité dans laquelle il y a aujourd’hui les salariés les plus faibles, les moins qualifiés, les plus remplaçables –, ce développement est exclusivement destiné aux intérêts des groupes de la grande distribution. Je ne dis pas principalement, je dis exclusivement ! Et là je ne comprends pas très bien.

Dans votre livre Soif de justice, vous dites : quand la gauche reviendra au pouvoir il faudra « désarkozyfier ». Aujourd’hui on a plutôt l’impression de marcher sur sa lancée. Quel effet cela fait de se dire que la gauche au pouvoir va plus loin que le président qu’elle a remplacé ?

D’abord ce n’est pas la gauche qui a remplacé un président. Il y a un élu par la gauche qui a remplacé un président élu par la droite. Les conditions dans lesquelles fonctionne le gouvernement actuel sont surprenantes, puisque le PS avait choisi un candidat parmi trois. Il y en avait un seul qui avait eu un résultat très faible dans l’investiture primaire, c’était Manuel Valls avec 5 %. Évidemment, deux ans après, quand il gouverne la France, beaucoup de gens sont surpris…

La gauche dans son programme n’a jamais envisagé des réformes du droit du travail du genre de celles qui sont aujourd’hui à l’ordre du jour. Il y a donc un problème interne non pas à la gauche ou au PS, mais interne au groupe socialiste. La démocratie libérale n’aime pas le droit social, et la France a progressé dans la voie du droit social avec Jaurès, Clemenceau – qui a créé le ministère du travail et les assurances sociales –, le Front populaire… C’est une construction continue qui va dans le sens d’un progrès. Aujourd’hui, on est à contre-emploi de notre histoire. Cette phase éberlue n’importe qui.

La gauche n’a pas été élue pour faire une politique aussi surprenante qui ne va pas du tout dans le sens de l’histoire de la gauche, et je pense que c’est quelque chose qui va se débattre dans les mois qui viennent.

Vous avez dit : « Nous sommes éberlués. » Est-ce que cela veut dire que vous qui avez été président du groupe socialiste, figure de l’alternance, vous êtes comme nous tous, tétanisés et vous donnez votre langue au chat ? Comment nous donner l’explication de ce qui se passe ?

Je ne suis pas tétanisé, d’ailleurs je suis vacciné contre le tétanos. Je ne donne pas non plus ma langue au chat mais je n’ai pas d’explication sur ce qui se passe en ce moment. Une grande partie des Français ne comprennent pas ce qui se passe. La situation dans laquelle nous nous trouvons est assez comparable à celle du référendum sur l’Europe en 2005. Ce référendum a divisé la gauche. J’étais de ceux qui étaient contre, certains nous ridiculisaient en nous disant que l’on était à contre-courant de l’histoire, mais les Français ont voté non. Ils ont voté non mais personne n’en a tenu compte, particulièrement le parti socialiste.

C’est aujourd’hui une situation qui me fait penser à la guerre d’Algérie. En 1956, les Français ont voté pour Mendès France, c’est-à-dire contre les guerres coloniales. Sauf que ce n’est pas Mendès que Coty a appelé, c’est Guy Mollet, et on a eu l’inverse. La situation actuelle a quelque chose de commun avec ces périodes de balancement.

Je pense qu’il va y avoir une profonde réflexion sur la prise de pouvoir par la gauche socialiste. Nous avons pris le pouvoir en 1981 après une victoire de l’union de la gauche. C’était déjà le pouvoir de ce que Jospin appellera plus tard la gauche plurielle. Je ne pense pas qu’il puisse y avoir en France ou ailleurs une victoire de la gauche sans qu’il y ait un rassemblement avec toutes les forces de gauche. Je le répète, nous sommes dans une période de réflexion qui commence seulement, en particulier avec ces lois qui sont tellement à contre-courant de l’histoire de notre droit social.

Vous êtes toujours membre du parti socialiste, c’est votre famille ?

C’est ma famille. J’ai fondé le parti socialiste, j’ai participé à sa création, c’est même la première fois que j’ai adhéré à un parti. Mais comme beaucoup au parti socialiste, cette famille est devenue un peu théorique.

Que répondez-vous aux gens qui sont très durs en ce moment ? On lit souvent : ce qu’est en train de faire la gauche, la droite n’aurait jamais osé le faire parce qu’elle aurait mis la gauche dans la rue…

Ce n’est pas vrai que la droite n’aurait pas osé le faire, elle l’a fait. Il y a eu la loi Borloo, il y a eu d’autres lois antérieures plus ou moins avancées. Là n’est pas le problème. Le problème, c’est ce qu’il y a devant nous en Europe. Ce mouvement de déconstruction du droit du travail n’est pas particulier à la France : il est beaucoup plus avancé en Angleterre, on ne sait pas ce qu’il va se passer en Italie. Ce qui est devant nous, c’est ce que l’opinion française va faire. Toutes les personnes qui sont dans les tribunaux, devant les juridictions sociales de base, ce ne sont que des gens pauvres ou très pauvres et en plus en situation de faiblesse économique, sociale, culturelle, personnelle…

Et là je pense qu’il y a quand même un certain danger dans la montée du Front national. La problématique qui est devant nous est : comment va évoluer la gauche, l’extrême droite, et comment les uns vont évoluer par rapport aux autres ?

Forcément, l’année 2015 va être celle d’une profonde réflexion à gauche, chez la population française mais aussi chez ceux qui ne sont classés politiquement ni à gauche ni à droite et qui se demandent où on va. La sécurité sociale, le droit du travail, les délégués du personnel, correspondent à des institutions qui ont été cristallisées à la Libération. Or la Libération est une période où la France est optimiste. La France se reconstruit avec espérance, avec un système social qui est aujourd’hui encore là, qui a été élargi par certaines mesures, en particulier Aubry, et abîmé par certaines réformes, mais il est encore là. Le problème qui se pose quand on regarde ce qui se passe en Angleterre ou aux États-Unis c’est, est-ce qu’il sera encore là dans vingt ans ?

Vous avez évoqué la figure de Mendès France. À l’initiative de votre amie Françoise Seligmann, qui est décédée en 2013 le même jour que Stéphane Hessel deux ans plus tôt, vous rendiez hommage à Mendès France dans un numéro de sa revue Après-demain. Je lis ici la conclusion de cet article. « Trente ans après le décès de Mendès France, un demi-siècle avec la mort de la IVe République, on sait de quoi les républiques peuvent être malades, à en mourir quand elles bafouent les libertés et renient le droit. Le souvenir de Mendès France est comme un fantôme qui hante notre histoire contemporaine, le fantôme de la clairvoyance et du courage politique, hélas tous les fantômes ne sont pas des revenants. »Le numéro de cette revue s’appelait « La République est en danger ». Aujourd’hui, pensez-vous que la République est en danger ?

La France a une chance, c’est qu’elle a une tradition historique de lutte politique très forte, ça peut la protéger plus que d’autres pays. Je suis plus inquiet quand je vois certaines tendances en Italie, même en Allemagne. Je ne pense pas que la République soit en danger, ou alors elle est toujours en danger. Ce qui est en danger, c’est l’espérance.

Elle est en danger si on ne s’occupe pas de l’espérance ? Si on ne s’engage pas, si on ne résiste pas ?

Non, c’est l’espérance qui est en danger. Parce que la France est une République sociale. La Constitution dit quoi ? Que la République n’est pas seulement la loi de la majorité, que la majorité ne peut pas opprimer. Elle dit que la République a pour fonction d’élaborer une société où les chances des enfants, où les possibilités des hommes et des femmes tendent vers l’égalité. Ce n’est pas l’égalitarisme, c’est aller vers l’égalité. Et ça, c’est une espérance, c’était l’espérance très forte de la Libération, l’espérance très forte de la Révolution, de 1848, de la Commune de Paris, du Front populaire. Et celle de certains moments de l’histoire, avec Mendès, avec Mitterrand aussi. Et cette espérance-là, il ne faut pas qu’elle meure.

Vous avez écrit ce livre, Soif de justice, au secours des juridictions sociales. Avez-vous été surpris par l'état de grande misère de l’ensemble de ces juridictions sociales, de ce que vous appelez la justice des pauvres ?

C’est vrai que j’ai commencé à faire un reportage sur les juridictions sociales comme je l’avais fait pour les juridictions pour enfants. Comme beaucoup de gens, je ne connaissais pratiquement pas les juridictions sociales, à part les prud’hommes. Les gens ne connaissent pas du tout, par exemple, les tribunaux de Sécurité sociale, etc. Or l’ensemble de ces juridictions, du droit du travail et de la protection sociale, rendent 500 000 décisions par an, 500 000 décisions au fond ! Il y a trois millions de décisions par an dans la justice française, 2 millions pour les affaires civiles, 500 000 dans la justice pénale et 500 000 dans les juridictions sociales. Cela fait 2 000 décisions tous les jours dans ces juridictions largement inconnues. Et elles concernent essentiellement des gens pauvres, très pauvres, précaires ; beaucoup de mères célibataires, des gens à l’abandon. Et ce qui est terrible, c’est que la pauvreté de la justice en général en France est encore accentuée dans ces juridictions sociales qui ne tiennent que par le dévouement de magistrats et d’avocats.

Et en plus avec des délais effrayants le plus souvent…

Oui, des délais incroyables et d’autant plus incroyables que je suis allé visiter ce qui se passe en Belgique, en Suisse, en Allemagne… En Suisse, les conseils des prud’hommes quand ils ont un mois de retard, tout le monde en est malade. En Belgique, il y a ce qu’on appelle le tribunal du travail : il regroupe les prud’hommes, les tribunaux des affaires de sécurité sociale, les tribunaux du contentieux de la capacité. Eh bien, en Belgique, non seulement c’est à l’heure, cela fonctionne, mais en plus ce sont les meilleurs magistrats, ils font les carrières les plus brillantes. Et, en plus, dans ce tribunal, il y a ce qu’on appelle le parquet social, c’est un représentant de l’État…

Donc quand on regarde ce qui se passe en Allemagne depuis un siècle, en Belgique depuis trente ans, en Suisse depuis toujours, on se demande comment la France, qui était tout de même à l’origine le pays où le droit social était en avance, peut avoir une justice sociale aussi en retard. En 2013, l’État a été condamné 17 fois à des dizaines de milliers d’euros pour déni de justice, c’est-à-dire pour ne pas avoir rendu de décision dans les délais. Moi-même, je suis éberlué par ce que j’ai vu, comme je suis éberlué de voir que plus de deux ans après le changement de gouvernement, aucune mesure n’a été prise pour améliorer cela, sauf maintenant une réforme des prud’hommes qui ne me paraît pas de la meilleure inspiration.

 

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19 décembre 2014 5 19 /12 /décembre /2014 08:59

Ouest-France 18.12.14 Sivom Véolia

 

« Un nouveau cadeau serait paradoxal » (Télégramme)
 
18 décembre 2014 à 07h59
 
Après une interruption de séance de près d'une demi-heure, le comité du Sivom, le syndicat à vocation multiple qui gère l'eau et l'assainissement sur Morlaix et Saint-Martin-des-Champs, a finalement été arrêté et reporté à une date ultérieure, ce mercredi soir, à 18 h 30. « Ça fait une manche à zéro pour nous. Mais on reste vigilant ». À l'issue du report du Sivom, les partisans d'un retour à une gestion publique de l'eau et de l'assainissement n'étaient pas mécontents de la tournure prise par les événements. Une cinquantaine d'entre eux étaient présents hier soir, dans le calme, à l'intérieur de la salle où se tenait le comité syndical. « C'est un tour de passe-passe de laisser croire que la prolongation du contrat permettrait des économies sur le prix de l'eau pour les usagers. Avec le nouveau contrat qui date de trois ans, c'est uniquement le Sivom qui finance les gros investissements. Que le contrat soit prolongé ou pas, les importants travaux envisagés seront donc, de toute façon, payés en totalité par les contribuables, avec la possibilité, pour le Sivom, de fixer la durée pendant laquelle il répercutera le coût aux usagers », estime le collectif eau publique du pays de Morlaix. Avant d'ajouter : « Veolia a volé les usagers durant 20 ans. L'entreprise a mal fait son travail d'entretien et de renouvellement du réseau. Il serait paradoxal de la récompenser par un nouveau cadeau du Sivom ». 

© Le Télégramme - Plus d’information sur http://www.letelegramme.fr/finistere/morlaix/un-nouveau-cadeau-serait-paradoxal-18-12-2014-10466591.php
Sivom. La séance interrompue pas de prolongation avec Veolia (Télégramme)
 
18 décembre 2014 à 08h05 / Ronan Tanguy / Après une interruption de séance de près d'une demi-heure, le comité du Sivom, le syndicat à vocation multiple qui gère l'eau et l'assainissement sur Morlaix et Saint-Martin-des-Champs, a finalement été arrêté et reporté à une date ultérieure, ce mercredi soir, à 18 h 30. La séance du Sivom n'est pas allée à son terme, hier soir. Face au refus de la moitié des élus de voter le prolongement du contrat avec Veolia, le président du syndicat, Bernard Guilcher, a été contraint d'interrompre la réunion à laquelle ont assisté une cinquantaine d'opposants à la gestion de l'eau par un privé.
 
Quelle délibération a fait débat ? Réuni hier soir, à l'ancien lycée de Kernéguès, le comité du Sivom avait notamment à étudier la prolongation de quatre ans (jusqu'en 2024) du contrat avec Veolia. Une délibération qui s'annonçait ardue, quasiment quatre ans après le choix du syndicat à vocation multiple Morlaix - Saint-Martin de poursuivre la gestion de l'eau et de l'assainissement avec un opérateur privé. Une décision qui, à l'époque, dans un climat tendu, avait suscité le rejet du collectif eau publique.
 
Comment s'est déroulée la réunion ? Au moment d'évoquer la fameuse délibération, le président du Sivom, Bernard Guilcher, a demandé une suspension de séance. Après une bonne vingtaine minutes de discussions en privé avec les maires de Morlaix et de Saint-Martin, ainsi que les vice-présidents du syndicat, Bernard Guilcher a décidé d'interrompre la réunion et de la reporter à janvier.
 
Pourquoi ce report a-t-il été décidé ? Parce qu'un vote n'aurait pas permis de faire passer la délibération. Concrètement, les sept représentants de la majorité (de droite) morlaisienne et Pierre Madec, issu de la minorité saint-martinoise, étaient pour. Mais pas les huit autres, les sept élus de la majorité (de gauche) saint-martinoise et Jean-Pierre Cloarec, membre de l'opposition morlaisienne. Un vote (à bulletins secrets) aurait donné match nul et n'aurait donc pas permis de valider le prolongement du contrat.
 
Le report est-il un camouflet pour la majorité morlaisienne ? Clairement, oui. Car Bernard Guilcher espérait bien obtenir un soutien suffisant. D'ailleurs, hier soir, il ne cachait pas sa colère. « Mardi, en bureau, Yvon Riou (le vice-président saint-martinois du Sivom) nous avait pourtant dit qu'il s'abstiendrait. Ce qui aurait permis de faire passer cette délibération, qui vise à faire des réserves financières pour les deux villes. Mais aujourd'hui, la majorité de Saint-Martin a changé d'avis, tout ça pour des raisons politiques. C'est dégueulasse et malhonnête », pestait le président du Sivom, qui, en conséquence, va être contraint de revoir son budget 2015, qui devait également être voté hier.
 
Comment ont réagi les maires des deux communes ? « Ne pas rallonger le contrat coûtera simplement 2 € supplémentaires par mois à un usager qui consomme environ 100 m³ d'eau par an. Voilà pourquoi nous sommes contre cette prolongation, tout en étant favorables à l'idée de continuer à confier les chantiers à Veolia », a indiqué François Hamon, le maire de Saint-Martin. « Une fois de plus, la pression idéologique a pris le pas sur l'intérêt général, et ce au détriment de la population et du prix de l'eau », a lâché, de son côté, Agnès Le Brun. Sous les huées des opposants à une gestion privée (lire ci-dessous), qui ont comparé les propos du maire de Morlaix à « du n'importe quoi ».

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19 décembre 2014 5 19 /12 /décembre /2014 08:58

La reprise des relations diplomatiques entre les États-Unis et Cuba est un tournant historique qui peut permettre de mettre fin à un demi-siècle de politiques agressives mises en place par Washington pour mettre à bas la volonté d'indépendance du peuple cubain. D'autres pas de la part des États-Unis seront nécessaires pour mettre fin une fois pour toutes au blocus inhumain qui a causé tant de dommages au développement de Cuba.

C'est la victoire du peuple cubain qui a toujours résisté avec dignité à la volonté de domination états-unienne et la victoire de tous les peuples du continent qui ont consolidé leur coopération et leur solidarité grâce à la création de nouvelles institutions d'intégration de l'Amérique latine dont Cuba est un acteur incontournable.

 

Le PCF rend hommage au peuple cubain, à sa Révolution et salue avec joie la libération des trois des cinq Cubains qui restaient prisonniers aux États-Unis. Il s'agit d'une excellente nouvelle pour leurs familles, pour le peuple cubain et pour tous ceux qui se sont mobilisés pour leur libération durant les longues années de captivité des 5 révolutionnaires cubains.

 

Le PCF restera solidaire du peuple cubain dans la nouvelle étape qui s'ouvre et qui doit déboucher au plus tôt sur la levée totale de l'embargo illégal et illégitime que les États-Unis lui ont imposé pendant 54 ans.

 

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19 décembre 2014 5 19 /12 /décembre /2014 07:02

Le-Telegramme-19.12.14---2--Conseil-Municipal.jpg

 

Et l'article de Ouest France

Conseil municipal à Morlaix. Le budget adopté malgré l'opposition
http://www.ouest-france.fr/conseil-municipal-morlaix-le-budget-adopte-malgre-lopposition-3067235

Précisions que j'ai parlé de promesses de campagne tenues par la majorité à propos d'un engagement commun aux trois listes présentes au Conseil Municipal: ne pas augmenter les impôts locaux, les tarifs de garderie et de cantine. Le journaliste a un peu globalisé le propos.   

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19 décembre 2014 5 19 /12 /décembre /2014 06:56

bandeau Front De Gauche

 

Déclaration du Front de gauche sur les départementales

Les élections départementales de mars 2015 seront un test politique important.

Elles interviendront dans un contexte d'aggravation de la politique libérale conduite par le président de la République et son gouvernement, une politique au service du MEDEF dont  le cours autoritaire face aux luttes populaires renforce le discrédit sans précédent de l’exécutif.

La crise politique s’aggrave de jour en jour, la base sociale du président et de son premier ministre ne cesse de se réduire. Ce pouvoir est aujourd'hui minoritaire dans le cœur de celles et ceux qui restent attachés aux valeurs de la gauche. Minoritaire dans le peuple, sans majorité absolue à l’Assemblée Nationale, battu au Sénat, l’exécutif n’a pas la légitimité pour appliquer une politique, contraire à ses engagements électoraux, qui divise et décourage le monde du travail, les classes populaires et la jeunesse. .

Cette crise politique est désormais une crise de régime, celle de cette monarchie présidentielle qu’est la 5ème République.

Pour les populations déjà durement éprouvées, les conséquences sont très lourdes. Les départements sont en effet un maillon essentiel des politiques publiques dans notre pays. Avec 72 milliards d'euros de dépenses chaque année, ils gèrent notamment toutes les politiques sociales : assistantes sociales, versement des allocations de solidarité (RSA, APA, PCH, ...), placement et suivi des mineurs étrangers, politiques en direction de l'enfance en danger, PMI, etc ...

Cette situation est d’autant plus dangereuse qu’elle ouvre la voie au retour d'une droite confortée dans ses choix réactionnaires ; elle permet au Front national en masquant ses véritables objectifs, de se présenter comme une alternative.

Le Front de gauche s'oppose à la fois  à la politique d’austérité menée par le gouvernement et à l’offensive de la droite et de l'extrême droite.

En dépit de multiples protestations, l'existence même des départements  est menacée.  Manuel Valls  passe en force.

Pourtant  le nouveau découpage des cantons est l'objet de nombreux recours auprès de la justice, le sort réservé aux départements en liaison avec la mise en place des métropoles n'est pas connu et les compétences  des conseillers départementaux n'ont pas encore été clarifiées. 

La réforme territoriale mise en place cherche uniquement à répondre aux impératifs sans fin de compétitivité des grandes entreprises, par la mise en concurrence des territoires, l'éloignement des citoyennes et des citoyens de leurs élu-e-s, la mise en cause des services publics pour  préparer leur externalisation et le transfert de tout ce qui est rentable pour satisfaire aux exigences financières des groupes privés. Elle rompt avec les principes républicains d'égalité et de solidarité territoriale. Le soi-disant « choc de simplification » est une recentralisation qui se fait au détriment du bien commun que constitue la démocratie locale. Il s’agit en réalité d’un processus « dé-constituant » qui mine toujours plus la souveraineté populaire.

Cette réforme s'inscrit dans le cadre des politiques d'austérité qui cherchent à soumettre toute l’Union européenne aux exigences des marchés. Les collectivités territoriales sont sommées de réduire leurs dépenses et leurs effectifs, condamnées à voir leurs dotations drastiquement réduites alors qu'elles assurent 70% de l'investissement public et jouent un rôle indispensable en période de crise pour les populations.

Déjà des coupes budgétaires touchent de nombreux secteurs. Le financement des associations, les politiques culturelles et sportives sont remises en cause.

En supprimant « l’entrave à la concurrence » que constitue la clause de compétence générale des collectivités, le gouvernement est cohérent : il s’inscrit dans le cadre de la négociation du Grand Marché Transatlantique (TAFTA)

 

Il faut ouvrir une autre voie.

Le FdG veut être un outil au service de cet objectif.

Le Front de gauche appelle à susciter la plus large implication citoyenne possible, bien au delà des partis politiques,  de celles et ceux qui opposent la nécessité de politiques alternatives aux choix de ce gouvernement, qu’il s’agisse de syndicalistes, de personnalités de la vie associative ou de simples citoyen-ne-s engagé-e-s.

Mobilisons-nous pour sauvegarder et promouvoir les politiques publiques de solidarité que nos élu-e-s  se sont efforcé-e-s de mettre en œuvre dans de très nombreux territoires, pour faire échec aux politiques d'austérité et à la réforme territoriale.

Mobilisons-nous pour développer une démocratie de proximité, ajustée aux besoins et à l'expérience des citoyens.

Nous les appelons à ne pas traduire leur déception par l’abstention, à contribuer par leur vote à faire émerger une alternative de transformation sociale et écologique dans tout le pays, à faire élire de nombreuses élues et élus qui défendront ces orientations dans les collectivités locales en empêchant la droite et l’extrême-droite de gagner la très grande  majorité des départements.

Au plan national nous entendons prendre appui sur ces élections pour mettre en mouvement une force capable de construire l'alternative nécessaire à gauche, en nous appuyant sur les luttes et les résistances qui s'opposent à la politique suivie et que nous entendons contribuer à développer.

Rien n’est possible sans la mise en mouvement du peuple, sans la mise en mouvement des citoyennes et des citoyens qui aspirent à un renouveau de la politique.

C’est sur ces bases que le FdG entend impulser des candidatures citoyennes dans tout le pays.

Nous n’entendons pas le faire seuls.

C’est pourquoi nous, l’ensemble des composantes du FdG, nous nous adressons à tous nos partenaires potentiels de la gauche et de l’écologie qui refusent la politique du gouvernement. Nous voulons construire ces candidatures avec celles et ceux dont l’engagement associatif ou syndical témoigne de la volonté d’imposer une autre politique.

Ensemble nous pouvons résister à l'austérité, promouvoir la démocratie locale et l'intervention citoyenne, contre la réforme territoriale. Nous voulons gagner des élus prêts à agir sur ces bases pour construire de nouvelles majorités anti-austérité dans les Conseils Départementaux.

Le FdG invite toutes celles et ceux qui se reconnaissent dans cette démarche à construire des candidatures de large rassemblement en s’appuyant sur des assemblées citoyennes, au niveau des cantons, pour discuter et décider  dans la concertation du contenu des propositions et des candidatures. Cette démarche contribuera à impulser une  dynamique populaire indispensable pour gagner.

Le FdG propose que l'ensemble de ces candidatures soit identifié nationalement par une appellation et des propositions inscrites dans un document qui fasse référence. Dans chaque département ces candidatures se présenteront comme une alternative à celles des forces qui soutiennent la politique gouvernementale.

Le FdG entend contribuer à cette construction commune en proposant des actions et des mesures permettant de répondre aux urgences sociales et écologiques actuelles.

-Agir contre les politiques d'austérité dans les départements, contre la réduction des dotations aux collectivités locales imposées par le gouvernement, contre les diktats de l'Europe.

-Dans l’esprit de la VIème République à laquelle nous aspirons, combattre la réforme territoriale et donner plus de pouvoirs aux citoyens par une démocratie participative de proximité. Construire une véritable coopération de projets entre les territoires, basée sur la solidarité et non sur la concurrence.

Nos élu-e-s respecteront des principes susceptibles de rétablir la confiance en la politique par de bonnes pratiques de gestion, la transparence des décisions, la participation citoyenne, les compte rendus de mandat, l'exigence de probité, la lutte contre le trafic d'influence, et tendre vers le non cumul des mandats.

-Soutenir les mobilisations contre l’austérité, ainsi que celles qui promeuvent un nouveau type de progrès humain durable, non productiviste, respectueux de la planète, tourné vers la satisfaction des besoins sociaux, l'égalité hommes-femmes.

-Affirmer notre solidarité avec les mouvements sociaux contre la  répression patronale ou gouvernementale et la criminalisation de ces mouvements.

 Définir les grands axes d’une politique alternative à l’échelle des territoires :

 - Réforme globale de la fiscalité locale permettant plus de justice et mettant à contribution les actifs financiers des grandes entreprises.

- Construction entre les départements, les communes et l’État, de politiques  publiques de solidarité et notamment  d'un véritable service public d'aide à la personne dans lequel l'Etat assurerait la responsabilité du financement des allocations sociales en se basant sur la solidarité nationale.

- Mesures d’urgences pour les collectivités qui sont asphyxiées financièrement, en leur permettant l'accès à des crédits à taux bas, comparables à ceux que la BCE distribue aux banques (0,05%) et en refusant le paiement des emprunts toxiques.

-Engager une transition écologique dans chaque département en matière de transports publics, de soutien à l'agriculture paysanne, de protection de la biodiversité, de gestion naturelle des massifs forestiers, de désobéissance aux règles européennes de libre échange et de privatisation des sous-sols (GMT-TAFTA)... 

-Nous refusons les projets qui ne répondent pas à l’intérêt général et sont écologiquement nuisibles et exigeons le recours au référendum quand un projet  local est contesté.

 

 

Le 17 décembre 2014

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19 décembre 2014 5 19 /12 /décembre /2014 06:16
A l'appel unitaire de : UL CGT - Solidaires - FSU - FO et UNEF
500 manifestant-e-s à Brest contre l'austérité,
à l'occasion de la venue du VRP du MEDEF :   Manuel Valls,
un des slogans était  : "Pour les patrons, tout est bon dans l'Macron"

cf Ouest France :

Le Télégramme n'a retenu qu'un incident de 30 secondes entre 3 personnes énervées contre la présence d'une demi-douzaine de Bonnets "Rouges" que l'intersyndicale avait toléré à l'écart du rassemblement unitaire.

A voir FR3 Iroise ce soir et la presse écrite demain....
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18 décembre 2014 4 18 /12 /décembre /2014 07:24

Employeurs d'Eric Zemmour : prenez vos responsabilités !

A l'instar des journalistes de RTL qui se sont désolidarisés des propos d'Eric Zemmour, vous dirigeants et investisseurs de  RTL, ITélé, Paris Première et Le Figaro, vous êtes les employeurs d'Eric Zemmour et, de ce fait, lui offrez la légitimité de chacun de vos médias, sans que cela ne puisse être justifié par aucune déontologie. Vous avez d'ailleurs, malgré une condamnation pour incitation à la discrimination raciale prononcée en 2011 et des dérapages de plus en plus prononcés de ce personnage, constamment décidé de poursuivre votre collaboration avec lui.
En tenant des propos violemment antimusulmans le 29 octobre dernier dans le quotidien italien le Corriere della Serra, Eric Zemmour a franchi une nouvelle étape……….....  Lire la suite 

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17 décembre 2014 3 17 /12 /décembre /2014 16:03

Parti communiste français

Plouigneau-Plougonven

                                                                                                   Le 17 décembre 2014

Communiqué

 

La directrice départementale des Finances publiques a maintenu sa décision de supprimer la trésorerie de Plouigneau à la date du 1er janvier 2015, et son transfert à Lanmeur.

 

Ainsi la politique libérale du gouvernement poursuit son œuvre de destruction des services publics de proximité avec toutes leurs conséquences négatives pour les territoires et les usagers.

 

La responsabilité du gouvernement et des ministres qui le composent, dont Mme Lebranchu, est totalement engagée dans cette affaire.

Cependant il convient également d'associer dans cette responsabilité tous ceux qui les soutiennent directement, notamment au parti socialiste, mais aussi plus largement tous ceux qui, de la droite à l'extrême droite, encouragent et applaudissent à la réduction des moyens publics.

 

Seule une politique réellement de gauche que soutient le PCF au sein du Front de Gauche est de nature à orienter l'action politique dans le sens des intérêts de la population.

 

PCF Front de Gauche

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  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
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