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7 avril 2021 3 07 /04 /avril /2021 05:31

 

« De la ferme à la table » est le titre du projet de réforme de la Politique agricole commune que propose la Commission européenne pour la période de 2023 à 2027. Mais, dans leur « Green deal », les commissaires suggèrent de mettre 10 % des terres agricoles européennes en jachère. Ce qui favorisera l’importation d’une part croissante des aliments que nous consommons. Tel est le fruit toxique d’une longue connivence entre la Commission européenne et les lobbyistes potentiellement corrupteurs qui la conseillent en coulisse !

Par Gérard Le Puill

 

Nous évoquions dans l’article publié hier les contradictions du « Green deal » que l’on nomme aussi « Pacte vert européen » et qui doit guider la future réforme de la Politique agricole commune (PAC). Ce projet de réforme est appelé « De la ferme à la table », alors que le monde paysan préfère la formule plus parlante « De la fourche à la fourchette ». Cette réforme, pour être cohérente, impliquerait que l’on réduise la distance parcourue par les produits agricoles entre leurs lieux de production, les sites de transformation et les lieux de grande consommation qui, en France et en Europe, sont surtout concentrés dans le périmètre des grandes agglomérations.

Mais on ne trouve nulle trace d’une telle orientation dans le projet de réforme de la PAC que propose la Commission européenne pour les années qui vont de 2023 à 2027. Elle propose de réduire des épandages de pesticides de 50 %, de diminuer l’usage des fertilisants de 20 %, de convertir 25 % des surfaces cultivées en agriculture biologique, de laisser 10 % des terres agricoles sans la moindre culture pour favoriser la biodiversité, de planter 3 milliards d’arbres dans les pays membres de l’Union européenne afin de capter plus de carbone.

Et la France sanctionna ses producteurs au profit de leurs concurrents

Pour peu que l’on observe tour à tour chacune de ces propositions, force est de constater qu’elles sont incohérentes et contradictoires. Chercher à réduire de 50 % l’usage des pesticides en Europe peut se comprendre. À condition, toutefois, que ces mesures soient appliquées dans tous les pays membres de l’Union et que l’Europe interdise, en même temps, les importations en provenance des pays tiers, dès lors que les conditions de production des pays exportateurs ne répondent pas à ces critères. Mais les choses ne se passent pas ainsi et les exemples abondent pour le démontrer.

En 2020, la France fut le seul pays européen à interdire l’usage des néonicotinoïdes sur les semis de betterave à sucre. Officiellement, la décision fut prise dans le but de ne pas perturber les abeilles venant butiner les betteraves en fleur. Sauf que la betterave à sucre ne fleurit jamais entre le semis du printemps et la récolte en octobre. Pour fleurir et produire de la graine, elle doit rester en terre une seconde année, ce qui n’est jamais le cas de la betterave destinée aux sucreries.

Cette interdiction obéissait à une décision la Commission européenne. Mais les neuf autres pays producteurs de betteraves à sucre au sein de l’Union européenne demandèrent, et obtinrent de cette même Commission, une dérogation pour utiliser les néonicotinoïdes en 2020. En France, le ministre de l’Agriculture qu’était alors l’ancien sénateur socialiste Didier Guillaume ne sollicita pas cette dérogation. Résultat : impactée par la jaunisse, elle-même provoquée par un puceron, la production française de betterave sucrière a chuté de 30 à 40 % en 2020 selon les régions et quatre sucreries ont été définitivement fermées dans la foulée.

Les produits bios, leurs coûts de production et leurs débouchés

Dans le projet « De la ferme à la table », la Commission propose de parvenir d’ici 2027 à 25 % des superficies agricoles converties en agriculture biologique. Elle propose, dans le même projet, de mettre 10 % des terres actuellement cultivées en jachère. En 2018, 8,5 % des terres agricoles françaises étaient en agriculture biologique et la moyenne européenne était encore plus basse. Pour parvenir à 25 % d’ici 2027, il faudrait trouver suffisamment de paysans motivés pour travailler à cette conversion avec un savoir-faire qui ne s’acquiert que par une expérience également jalonnée par des échecs.

Il faut aussi trouver des marchés pour ces produits bios. En sachant qu’ils doivent être vendus plus cher que ceux de l’agriculture conventionnelle ; car cette agriculture sans traitement chimique donne de moindres rendements tout en étant plus gourmande en main-d’œuvre. Or, dès que l’offre dépasse la demande solvable, les prix des produits bios chutent aussi sensiblement que ceux des produits conventionnels. Occulter ces réalités c’est faire preuve d’incompétence en prétendant réformer à bon escient.

Mais une autre contradiction saute aux yeux quand la Commission prétend faire passer 25 % des terres agricoles en agriculture biologique et réduire de 10 % la superficie globale consacrée à l’agriculture en Europe. Ce collège de commissaires hors-sol occulte le fait que les rendements à l’hectare sont nettement plus faibles en agriculture biologique qu’en agriculture conventionnelle. Du coup, augmenter les superficies en bio et laisser en friche 10 % des terres agricoles conduirait à importer des pays tiers beaucoup plus de denrées alimentaires qu’aujourd’hui lors des prochaines années.

Le bilan carbone désastreux des importations d’aliments

La Commission y verra peut-être une justification pour défendre les accords de libre-échange qu’elle a signé avec le Canada et avec les Pays du Mercosur en attendant d’en signer deux autres avec l‘Australie et la Nouvelle Zélande. Mais, au-delà du fait qu’elles font chuter les cours des produits comme les viandes et les fruits et légumes payés aux producteurs européens, ces importations accrues en provenance des pays tiers ont un bilan carbone désastreux quand on cumule celui de la déforestation en Amazonie et ailleurs avec celui des longs transports frigorifiques des viandes et autres produits entre différents continents. Car on met beaucoup de camions sur les routes pour ravitailler les ports d’embarquement. On remet ça en Europe entre les ports de débarquement et les grands bassins de consommation.

En donnant le chiffre de trois milliards d’arbres à planter en Europe, la Commission tente de verdir ses propositions. Mais un tel chiffre est trop vague en soi. Ce dont l’Europe à besoin, c’est de faire progresser l’agroforesterie qui demeure balbutiante jusqu’à présent dans les pays membres de l’Union. Cela consiste à planter des arbres dans les prairies comme dans les champs cultivés à raison d’une cinquantaine de troncs à l’hectare. Il peut s’agir d’arbres producteurs de fruits à huile, comme les oliviers, les noyers et les noisetiers. Il peut aussi s’agir d’essences qui donneront du bois d’œuvre à utiliser dans un siècle ou plus et qui, en attendant, capteront du carbone. Mais pour faire progresser un tel plan, il faut budgéter les aides européennes dans la durée, sachant que les frais de plantation d’un hectare d’arbustes s’élèvent à 700€ en moyenne. Vu la faiblesse du revenu paysan ces dernières années, l’agroforesterie ne progressera pas sans bénéficier d’un budget dédié au niveau européen.

Commission hors-sol et lobbyistes corrupteurs

Or la Commission prévoit de baisser sensiblement la part du budget annuel européen consacrée à l’agriculture dans les prochaines années. Se pose donc une question en fin de compte : quel est le degré de sincérité et d’honnêteté intellectuelle des membres de cette Commission que l’on sait liée « comme cul et chemise » avec des lobbyistes potentiellement corrupteurs ? Car, depuis de très longues années, ces mêmes lobbyistes lui mâchent en permanence le travail préparatoire de ses réformes dans l’intérêt des firmes privées qu’ils défendent à Bruxelles. C’est tellement vrai que certains commissaires - dont l’ancien président de la Commission José Manuel Barroso - deviennent eux-mêmes des lobbyistes quand ils quittent leur mandat à Bruxelles.

Il faut toujours avoir ces éléments en tête quand on lit les documents que publie cette Commission bureaucratique et incompétente.

 

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7 avril 2021 3 07 /04 /avril /2021 05:31
Liberté pour Marwan Barghouti, collage de la JC à Brest - 6 avril 2021

Liberté pour Marwan Barghouti, collage de la JC à Brest - 6 avril 2021

Liberté pour Marwan Barghouti, collage de la JC à Brest - 6 avril 2021

Liberté pour Marwan Barghouti, collage de la JC à Brest - 6 avril 2021

Palestine. Marwan Barghouti, le souffle d’un vent nouveau
Mardi 6 Avril 2021 - L'Humanité

En prison depuis dix-neuf ans, le dirigeant du Fatah est donné vainqueur à la présidentielle en cas de candidature. Pour les législatives, cette figure palestinienne soutient une liste dissidente.

 

Face à l’effritement de son pouvoir, la colère dans les villes et les camps de réfugiés, tant en Cisjordanie qu’à Gaza, et l’illégitimité qui le gagne (la dernière élection présidentielle palestinienne s’est déroulée en mars 2005 et les législatives en janvier 2006), le président palestinien, Mahmoud Abbas, se devait de réagir.

36 listes et une surprise

Mi-janvier, il a annoncé que le scrutin parlementaire se tiendrait le 22 mai, la présidentielle le 31 juillet et le renouvellement du Conseil national palestinien, la plus haute instance décisionnelle de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), le 31 août. Une décision attendue avec impatience : plus de 93 % des Palestiniens en âge de voter se sont inscrits pour pouvoir le faire.

La Commission électorale centrale palestinienne (PCEC) a fait savoir que 36 listes de candidats avaient été enregistrées pour ce scrutin à la proportionnelle intégrale où au moins deux femmes doivent être parmi les dix premiers et représenter 26 % de l’ensemble. La surprise est venue de Marwan Barghouti, la figure politique palestinienne la plus populaire.

Une détermination intacte

Condamné à cinq peines de prison à perpétuité et à quarante ans de prison au cours d’un procès totalement illégal puisqu’il était député et a été enlevé en territoire palestinien par l’armée d’occupation en avril 2002, Marwan Barghouti n’a pas cessé de lutter. Malgré ses 19 ans d’emprisonnement, il a gardé la détermination des premiers jours. Le journal israélien Haaretz va même jusqu’à le décrire comme « l’homme qui pourrait mener son peuple à l’indépendance ».

Bien que membre du Fatah, il a décidé de soutenir une liste baptisée « Liberté », qui sera dirigée par Nasser Al Kidwa, neveu de Yasser Arafat, ancien ministre des Affaires étrangères, et dont la figure numéro 2 ne sera autre que Fadwa Barghouti, son épouse. « Nous espérons que cette liste mènera à la démocratie, a déclaré cette dernière. Nous avons enregistré cette liste et nous espérons qu’elle réussira. »

La corruption gangrène le Fatah

Si Marwan Barghouti s’engage derrière une liste classée comme indépendante et ne soutient pas celle de son parti, dont il est membre du comité central (mais des rumeurs disent qu’il vient d’être exclu de la formation historique, comme c’est officiellement le cas pour Nasser Al Kidwa), c’est parce que les discussions avec Mahmoud Abbas sur la constitution d’une liste large, incluant des Fatawis (membres du Fatah) et des personnalités reconnues pour leur intégrité, n’ont pas abouti.

À l’heure où la corruption gangrène le Fatah et où cette formation est engluée dans une cogestion de l’occupation via l’Autorité palestinienne et les accords de coopération sécuritaire avec Israël, il fallait donner un signal aux Palestiniens de Cisjordanie et de Gaza.

Les formations de gauche partent désunies

D’autant que le Hamas entend bien tirer les marrons du feu et que Mohammed Dahlan, ancienne figure du Fatah, parti aux Émirats arabes unis, devenu homme lige des monarchies du Golfe, entend bien redistribuer les cartes. Les formations de gauche partent désunies. Les communistes du Parti du peuple palestinien (PPP), avec Fadwa Khader en tête, dirigeront une liste formée avec le Fida. Mais le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) fera cavalier seul.

Selon le Palestinian Center for Policy and Survey Research, qui a effectué un sondage récemment, la participation électorale serait de 79 %. Le Hamas obtiendrait 27 % des suffrages, contre 24 % au Fatah, 20 % à « Liberté », soutenue par Barghouti, et 7 % à la liste « Avenir » de Dahlan. Dans cet affrontement de mastodontes, les partis de gauche sont crédités de peu de voix. Mais tous les regards se portent également vers la présidentielle.

L’argumentaire du Fatah contre la liste où figure Fadwa Barghouti est sans surprise : la multiplication des listes favoriserait le Hamas.

Marwan Barghouti candidat écraserait ses adversaires avec 22 % des voix, contre 14 % à Ismaël Haniyeh, du Hamas, 9 % à Mahmoud Abbas et 7 % à Dahlan. Depuis plusieurs semaines maintenant, Nasser Al Kidwa a fait savoir qu’il soutiendrait la candidature de Marwan Barghouti « sans réserve et avec force ».

L’argumentaire du Fatah contre la liste où figure Fadwa Barghouti est sans surprise : la multiplication des listes favoriserait le Hamas. Si l’on en croit les sondages et d’un point de vue purement arithmétique, c’est vrai.

Redonner un sens à la lutte

En termes politiques, il en va tout autrement. Nombreux sont les Palestiniens toujours attachés au Fatah en tant qu’organisation fondée par Yasser Arafat et au rôle historique évident mais peu enclins à voter pour lui au vu des figures le représentant : du vieillissant Mahmoud Abbas, 85 ans, aux jeunes (ou moins jeunes) loups qui veulent se partager une poule aux œufs d’or sans aucune initiative nouvelle capable de redonner un sens à la lutte du mouvement national contre l’occupation et la colonisation. Alors que Marwan Barghouti représente bien ce combat aux yeux des Palestiniens. La liste qu’il soutient pourrait aussi éviter une hémorragie de voix vers le Hamas.

Tout peut encore bouger

D’ici aux élections, tout peut encore bouger. Mahmoud Abbas et ses partisans vont sans doute tenter d’intégrer la liste « Liberté » dans la leur. À quelles conditions ? C’est la question. Mais déjà ils brandissent une possible annulation de la tenue du scrutin si Israël ne permet pas aux Palestiniens de Jérusalem-Est de participer aux élections.

Une condition réelle mais qui apparaît comme une ultime manœuvre de la part d’un clan au pouvoir prêt à s’entendre avec le Hamas plutôt qu’à écouter les revendications des Palestiniens. Ces derniers ont hâte de s’exprimer et attendent un signal de mobilisation et d’encouragement pour renforcer la résistance populaire.

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7 avril 2021 3 07 /04 /avril /2021 05:25
Le prestigieux Prix Israël à un communiste ? Le ministre de l'Education israélien voit tout rouge - L'Humanité, Pierre Barbancey, 6 avril 2021
Le prestigieux Prix Israël à un communiste ? Le ministre de l'Education israélien voit tout rouge
Mardi 6 Avril 2021

Oded Goldreich, un scientifique israélien, communiste, pro-BDS, doit recevoir le prestigieux prix. Le ministre de l’Éducation de Benyamin Netanyahou s’y oppose.

 

Le ministre israélien de l’Éducation, Yoav Galant, un homme d’extrême droite, en a des sueurs froides. Le prix Israël – le plus prestigieux, attribué chaque année par l’État à des personnalités israéliennes ou à des organisations ayant marqué l’année d’un point de vue artistique, culturel ou scientifique – doit être décerné au professeur Oded Goldreich, du département de mathématiques et d’informatique de l’Institut Weizmann, pour ses recherches approfondies sur la théorie de la cryptographie et la complexité algorithmique. Inconcevable pour le ministre de Netanyahou.

Galant voit rouge et « pète une durite »

En effet, non seulement Oded Goldreich est communiste, mais, histoire d’aggraver son cas, il assume totalement et publiquement ses idées. Yoav Galant aurait « pété une durite », comme on dit, en apprenant que, non seulement ce chercheur en informatique était un « rouge », mais qu’en plus, avec quelque 240 autres universitaires israéliens, il avait signé une pétition adressée au Parlement allemand, et non des moindres.

Ils avaient, en 2017, condamné une motion du Parlement allemand désignant le mouvement Boycott Désinvestissement Sanctions (BDS) comme antisémite. Les pétitionnaires niaient tout caractère antisémite du BDS, demandaient au gouvernement allemand de ne pas suivre les recommandations du Bundestag, et s’inquiétaient de voir le droit à la liberté d’expression ainsi réduit.

Une requête devant la Cour suprême contre le ministre

Pour le ministre d’extrême droite, « le fait que ce professeur reçoive d’une main le plus prestigieux des prix de la part d’Israël et que, de l’autre main, il soutienne un mouvement qui nie le droit d’Israël à exister est absurde et inacceptable ». Sur sa lancée, il serait intervenu pour que Goldreich ne le reçoive pas.

Le conseil de l’ Académie nationale des sciences d’Israël a rappelé à Yoav Galant que le prix d’Israël est décerné uniquement sur des critères d’excellence en recherche et a déposé une requête devant la Cour suprême contre le ministre. Oded Goldreich a fait savoir que ce serait une grande « douleur » pour lui s’il devait serrer la main de Netanyahou. Ironie de l’histoire, Goldreich est spécialisé dans « les preuves à divulgation nulle de connaissance » (sic).

Pierre Barbancey

Le prestigieux Prix Israël à un communiste ? Le ministre de l'Education israélien voit tout rouge - L'Humanité, Pierre Barbancey, 6 avril 2021
Le prestigieux Prix Israël à un communiste ? Le ministre de l'Education israélien voit tout rouge - L'Humanité, Pierre Barbancey, 6 avril 2021
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6 avril 2021 2 06 /04 /avril /2021 15:56
 850 personnes à la manif de soutien à Morgan Large ce midi, 6 avril, à Rostronen
 850 personnes à la manif de soutien à Morgan Large ce midi, 6 avril, à Rostronen
 850 personnes à la manif de soutien à Morgan Large ce midi, 6 avril, à Rostronen
 850 personnes à la manif de soutien à Morgan Large ce midi, 6 avril, à Rostronen
 850 personnes à la manif de soutien à Morgan Large ce midi, 6 avril, à Rostronen
 850 personnes à la manif de soutien à Morgan Large ce midi, 6 avril, à Rostronen
 850 personnes à la manif de soutien à Morgan Large ce midi, 6 avril, à Rostronen
 850 personnes à la manif de soutien à Morgan Large ce midi, 6 avril, à Rostronen
 850 personnes à la manif de soutien à Morgan Large ce midi, 6 avril, à Rostronen
 850 personnes à la manif de soutien à Morgan Large ce midi, 6 avril, à Rostronen
Manifestation de soutien à la journaliste Morgan Large ce midi a Rostrenen. 850 personnes mobilisés pour la liberté de la presse et contre des pressions insupportables sur cette journaliste comme sur Inès Leraud.
 
Photos de notre camarade Daniel Laporte
 
Article Ouest France du 6 avril 2021
Rostrenen. Environ 850 personnes rassemblées en soutien à la journaliste Morgan Large
Ce mardi 6 avril 2021, à Rostrenen (Côtes-d’Armor), un rassemblement de soutien à Morgan Large, journaliste à RKB, ainsi qu’à une consœur allemande, agressée à Glomel, s’est tenu ce midi. Ces deux journalistes enquêtent sur les pratiques de la filière agroalimentaire bretonne.
Morgan Large, journaliste à la radio RKB, basée à Rostrenen et qui enquête sur la filière agroalimentaire en Bretagne, aurait été la cible « d’un acte de malveillance grave », comme le dénonçait Reporters sans frontières (RSF) dans un communiqué le 2 avril 2021.
Les journalistes de Radio Breizh font grève ce mardi 6 avril et appelaient à un rassemblement de soutien aux deux journalistes et pour la liberté d’informer, à Rostrenen, place du marché, à midi.
Le rassemblement a duré une heure et a réuni près de 850 personnes selon les gendarmes. Serge Le Quéau, pour le syndicat Solidaires, Sylvain Ernault, au nom du SNJ (Syndicat national des journalistes), notamment, ont pris la parole pour exprimer leur solidarité à l’égard de Morgan Large dont l’intervention a clos le rassemblement.
Acte de malveillance
D’après RSF, « elle était sur le point de prendre le volant », le 31 mars, « quand soudain, elle s’est rendu compte que les boulons fixant une des roues arrière de son véhicule avaient disparu. Cet acte de malveillance n’est pas le premier. Depuis qu’elle enquête sur les subventions accordées à l’agro-industrie en Bretagne, elle et son média ont fait l’objet de pressions et d’actes d’intimidation à plusieurs reprises ».

Journalistes menacées en Bretagne : l’alarme de trop

Vendredi 2 Avril 2021 - L'Humanité

Marie-Noëlle Bertrand

Morgan Large, reporter basée dans les Côtes d’Armor, dénonce l’acte de malveillance dont elle aurait été victime. Depuis la diffusion d’un reportage sur l’agroalimentaire en Bretagne régional, elle et la radio pour laquelle elle travaille ont essuyé plusieurs menaces. Un appel à la grève est lancé pour le mardi 6 avril.

Fait-il mauvais vouloir tout dire dans les Côtes d’Armor ? Morgan Large, journaliste à Radio Kreiz-Breizh (RKB) dénonce un acte de malveillance dont elle aurait été victime ce mercredi 31 mars à Glomel, la commune où elle habite, a priori en lien avec l’exercice de son métier.

Sur le point de prendre sa voiture, la reporter s’est rendu compte qu’il manquait des boulons à l’une de ses roues. Un acte grave, dénonce aujourd’hui Reporter sans frontière (RSF) et qui ne serait pas le premier, en outre, que subit Morgan Large. « Depuis qu’elle enquête sur les subventions accordées à l’agro-industrie en Bretagne, elle et son média ont déjà fait l’objet de pressions et d’actes d’intimidation à plusieurs reprises », avance RSF. À Glomel, toujours, et cette même semaine, une autre journaliste, « a été insultée, bousculée et suivie jusque chez elle par un agriculteur », explique dans un communiqué l’équipe de RKB. Tous les salariés de la radio appellent, en protestation, à une grève ce mardi 6 avril ainsi qu’à un rassemblement de soutien à Rostrenen. À midi, ce jour-là, il y aura un blanc sur les ondes du média, dont les trois émetteurs ne diffuseront, le reste du temps, rien d’autre que de la musique.

« Les appels anonymes ont commencé peu après… »

« Ce n’est tout simplement pas possible de se voir menacés, en tant que journalistes, simplement parce que nous faisons notre métier », explique à l’Humanité Virginie Bauterel, coordinatrice de la radio. « Les pressions existent depuis longtemps, mais cette fois, on franchit un cap qui n’est pas admissible. »

Elles se sont intensifiées, singulièrement, depuis novembre dernier et la diffusion d’un documentaire sur France 5. Réalisé par Aude Rouaux et Marie Garreau de Labarre, Bretagne, une terre sacrifiée décrypte le poids économique que représente le secteur agroalimentaire dans la région, mais aussi son impact environnemental et sanitaire et la pression politique qu’il y exerce.

Morgan Large, correspondante installée dans les Côtes d’Armor depuis plus de vingt ans et qui a longuement enquêté sur la filière volaille, y témoigne d’une politique agricole offrant matière à questions. « Les appels anonymes ont commencé peu après », raconte-t-elle aujourd’hui à l’Humanité. Des coups de fil la nuit, sans rien d’autre que le silence au bout, et qui se poursuivent encore actuellement.

« Cette fois, je compte porter plainte »

Sur les réseaux sociaux et le messenger (messagerie instantanée de Facebook) de la radio, les propos ont dans le même temps commencé à se faire plus virulents, menaçants pour certains. « Conasse, il ne faudra pas s’étonner si l’on vient chez toi !», cite la journaliste en exemple . En décembre, RKB constate pour sa part une tentative d’effraction dans deux de ses locaux. « Nous avons également reçu plusieurs commentaires pas très agréables », reprend Virginie Bauterel. Là encore, le ton est à la menace : «  Continuez avec votre agribashing, mais il ne faudra pas venir pleurer quand certains agriculteurs viendront s’en prendre à des gens comme vous », cite la coordinatrice de la radio .

En décembre toujours, Morgan Large retrouve ouverte la clôture du champ où paissent d’ordinaire ses deux chevaux, les animaux errant dehors. Plus tard dans l’hiver, sa chienne est victime une intoxication. « Je ne veux pas être paranoïaque, peut-être avait-elle mangé quelque chose qu’il ne fallait pas… Mais tout cela mis bout à bout, je ne peux pas m’empêcher d’envisager un empoisonnement. »

Morgan Large s’était jusqu’à présent contentée de déposer une main courante. Le déboulonnage du pneu est le geste de trop. « Je ne suis pas procédurière, mais cette fois, je compte porter plainte. » Le geste, cette fois, touche son intimité et sa famille, explique-t-elle, remontant le fil des évènements. « Mercredi, j’étais rentrée chez moi pour déjeuner avec mes enfants. C’est en repartant que j’ai vu un boulon dans l’allée. » Elle ne pense pas immédiatement qu’il vient de sa voiture, mais finit par y jeter un œil, et constate qu’il en manque deux à l’une des roues. « C’est un voisin à moi qui a trouvé le second, plus tard, en dehors de chez moi », reprend-elle. « Cela signifie que j’ai roulé avec des boulons desserrés. J’ai pris la départementale, j’ai eu ma fille avec moi… je ne comprends pas que l’on puisse mettre des personnes en danger à ce point. »

RSF  demande aux élus de dénoncer les pressions de l’agro-industrie

N’étant pas encore saisie par une plainte, ni la gendarmerie de Glomel et ni celle des Côtes d’Armor ne sont, pour l’heure, en mesure de commenter l’affaire.

RSF, pour sa part, dit étudier «  avec la journaliste les suites judiciaires qui pourront être apportées ». L’organisation prend les choses très au sérieux, et « demande d’ores et déjà aux élus locaux de dénoncer ce fait et de se mobiliser contre la tentation d’imposer une omerta médiatique sur les questions liées à l’agriculture intensive en Bretagne.» Le cas de Morgan Large n’est pas une première, rappelle RSF. « La journaliste indépendante Inès Léraud qui a enquêté sur les retombées négatives de l’agriculture intensive dans la région a également fait l’objet de pressions. » Elle et Morgan Lelarge ont d’ailleurs travaillé ensemble.

Le syndicat national de Journaliste (SNJ) a également réagi, et tâcle au passage l’inaction politique face aux menaces répétées que subissent les journalistes – toujours des femmes – en Bretagne. «  Malgré les discours lénifiants des autorités, enquêter sur l’agroalimentaire, en 2021, en Bretagne, c’est s’exposer à des représailles qui n’ont pas grand-chose à envier aux méthodes des organisations criminelles. »

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6 avril 2021 2 06 /04 /avril /2021 05:36

 

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6 avril 2021 2 06 /04 /avril /2021 05:28

 

Le rapport que le gouvernement avait demandé à Serge Papin, ancien président de la chaîne des magasins « Système U », a été remis le 25 mars au ministre de l’Agriculture. Il devait donner des pistes pour parvenir à un meilleur partage de la « valeur ajoutée » entre les producteurs, les transformateurs et les distributeurs. L’Europe étant une zone de libre-échange, la lecture de ce rapport ne prête pas à l’optimisme chez les paysans français, grands perdants de la loi EGAlim.

Du temps où il présidait « Système U », Serge Papin eut le mérite de dire à de nombreuses reprises que les paysans, fournisseurs de matières premières pour les industriels de la transformation, étaient, et de loin, les plus mal servis concernant la répartition de la valeur ajoutée dans la chaîne alimentaire. Il observait que faire du paysan la variable d’ajustement en ne lui laissant que la portion congrue de la valeur créée était un jeu dangereux. Car en cédant aux exigences illimitées de prix bas exigées des distributeurs, les transformateurs hexagonaux aboutissaient aussi à remettre en cause la souveraineté alimentaire du pays et la qualité de notre production agricole en privant les paysans d’un juste revenu pour leur travail.

Dans la présentation de son rapport, Serge Papin écrit que l’agriculture est « un bien commun. Tous ceux qui mettent en marché ont désormais la responsabilité de réconcilier l’agriculture avec leur modèle commercial. Notre agriculture a trop longtemps été considérée comme un simple sourcing de sous-traitance alors qu’elle est au cœur de la finalité de l’acte de se nourrir », précise-t-il encore. Il veut que « la France se batte pour l’origine de tous les produits et ingrédients ». Il ajoute que « sur ce dossier, l’Europe ne reflète pas l’évolution sociétale », ce qui l’a conduit à citer l’affaire Lactalis sur l’origine du lait au moment de remettre son rapport.

Et le Conseil d’Etat vint au secours de Lactalis

Mais son propos ne nous dit pas tout sur cette affaire. Il faut savoir ici que, saisi par la multinationale Lactalis, première entreprise laitière au monde, c’est notre Conseil d’Etat, en France, qui a jugé « illégal d’imposer l’étiquetage géographique du lait car il n’y a pas de lien avéré entre son origine (UE ou pas UE) et ses propriétés », ont décrété le 15 mars les membres de cette instance dans leur bureau parisien. Au diable le cahier des charges et les bonnes pratiques d’élevage. Le lait reste un produit identique partout dans le monde, quelle que soit la conduite du troupeau, dès lors qu’il sort du pis d’une vache, selon les membres du Conseil d’Etat !

Pour revenir à Serge Papin, son rapport fait le constat d’une carence, quant aux résultats de la loi EGAlim, 30 mois après avoir été votée par la majorité parlementaire. Mais le rapporteur se contente de recommandations floues, dont voici un échantillon : « tendre vers davantage de transparence dans les relations commerciales en expérimentant un outil de transparence ; améliorer la perception de la valeur de l’alimentation en précisant le rôle des promotions ; renforcer la médiation ; accélérer la transformation des coopératives ».

Les gestionnaires de coopérative interpelés

Les coopératives sont nombreuses dans la transformation des produits agricoles,  notamment dans la filière laitière et celles des fruits et légumes. Elles ont, selon Serge Papin, «un grand rôle à jouer dans l’accompagnement  d’un nouveau leadership  agricole. Elles doivent prendre davantage en compte la demande du consommateur citoyen (…) Elles doivent, avec leurs adhérents, imaginer le futur souhaitable de la ferme France ».

Sous le titre « Encourager les agriculteurs à se regrouper », Serge Papin écrit dans le point 7 de ses recommandations : « il faudrait encourager la création d’entités plus fortes d’agriculteurs par le regroupement d’entités existantes. L’éclatement de la représentation affaiblit les agriculteurs lors de la négociation. Ensemble, les agriculteurs arriveront à s’ouvrir d’autres modes de distribution ou de valorisation de leurs produits et ainsi sortir de la sous-traitance ».

Tout en élargissant le propos, il reprend en partie l’argumentaire utilisé par Emmanuel Macron dans son discours de Rungis le 11 octobre 2017. Ce jour-là, après avoir déclaré « nous modifierons la loi pour inverser cette construction du prix qui doit pouvoir partir des coûts de production », le chef de l’Etat ajoutait aussitôt : « Mais cette nouvelle approche ne saurait suffire parce qu’elle ne sera efficace que si les agriculteurs se regroupent véritablement en organisations de producteurs pour peser plus dans la négociation en tirant profit de possibilités du droit de la concurrence ».

Ces importations qui font chuter les prix agricoles en France

Voilà qui est plus facile à dire qu’à faire dans un pays ou les entreprises de collecte fixent annuellement le prix du lait sans tenir compte de l’évolution des coûts de production. On sait, par ailleurs, que les acheteurs de fruits et légumes et d’animaux vivants peuvent accroître sans limite leurs importations pour faire chuter les cours en réduisant la demande en produits français. En France, dans les salles de cotation, les prix des animaux, comme ceux des végétaux que sont les fruits et légumes, sont fixés lors d’enchères descendantes. Avec ce système de cotation au cadran, le paysan, vendeur d’un lot de porcs charcutiers ou d’un lot de tomates, doit céder son lot au prix proposé par l’acheteur - lequel appuie sur la touche achat de son pupitre dans le cadre d’une enchère descendante partie du prix de départ donnée par l’enchérisseur -. Le paysan peut certes refuser la transaction et remettre la vente à plus tard, mais sans avoir la certitude de d’être mieux payé. S’il s’agit d’un lot de tomates, il risque d’en perdre une bonne partie entre temps. S’il s’agit d’un lot de cochons, il faut continuer de le nourrir.

Il ne suffit donc pas de se regrouper en organisations de producteurs mieux structurées pour gagner le bras de fer imposé quotidiennement par les acheteurs qui sont aussi des importateurs. A ce titre, ils savent depuis longtemps que le premier intérêt des importations est de faire chuter les cours sur le marché intérieur en faisant de sorte que l’offre dépasse la demande.  La grande faiblesse du rapport de Serge Papin se trouve dans l’occultation de cette réalité quotidienne.  

 

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5 avril 2021 1 05 /04 /avril /2021 08:15
C'est à Rostronen, à midi, demain, mardi 6 avril, place du Marché.
 
Soutien à la liberté de la presse et à une journaliste de RKB, Morgan Large, qui subit des menaces et des pressions intolérables.
 
Le PCF Finistère appelle à participer nombreux au rassemblement de soutien à la journaliste Morgan Large qui a subi des intimidations et des violations de propriété, des menaces, comme d'autres journalistes de la part du milieu des ultras de l'agriculture productiviste indisposés par ses recherches. Morgan Large est une des journalistes qui a travaillé à réunir la documentation d'Inès Léraud pour sa BD sur les algues vertes.
 
La section du PCF Morlaix organise un co-voiturage pour ce rassemblement à Rostronen.
 
Soutien à Morgan Large, journaliste intimidée par le milieu agri productiviste: Rassemblement à Rostronen, mardi 6 avril, 12h, place du Marché

L'Union Locale CGT de Rostrenen s'associe à l'appel à se rassembler en soutien à

Radio Kreiz-Breizh et ses salarié·e·s, ce mardi 6 avril à midi au Square de la Fontaine à Rostrenen.

Morgan Large a subi des intimidations, des appels anonymes, et maintenant un acte de malveillance qui aurait pu être très grave. Une journaliste allemande venue faire un reportage sur elle a été agressée par un agriculteur de Glomel.

C'est une honte pour le Centre-Bretagne.

La liberté d'informer, le rôle de la presse et des medias, notamment locaux, sont essentiels : en tant que syndicalistes, nous le savons fort bien. Personne ne devrait être mis en danger, terrorisé dans l'exercice de son métier.

C'est pourquoi l'Union Locale CGT de Rostrenen appelle l'ensemble de ses syndiqué·e·s à rejoindre le rassemblement de mardi midi. https://www.humanite.fr/journalistes-menacees-en-bretagne...

Journalistes menacées en Bretagne : l’alarme de trop

Vendredi 2 Avril 2021 - L'Humanité

Marie-Noëlle Bertrand

Morgan Large, reporter basée dans les Côtes d’Armor, dénonce l’acte de malveillance dont elle aurait été victime. Depuis la diffusion d’un reportage sur l’agroalimentaire en Bretagne régional, elle et la radio pour laquelle elle travaille ont essuyé plusieurs menaces. Un appel à la grève est lancé pour le mardi 6 avril.

Fait-il mauvais vouloir tout dire dans les Côtes d’Armor ? Morgan Large, journaliste à Radio Kreiz-Breizh (RKB) dénonce un acte de malveillance dont elle aurait été victime ce mercredi 31 mars à Glomel, la commune où elle habite, a priori en lien avec l’exercice de son métier.

Sur le point de prendre sa voiture, la reporter s’est rendu compte qu’il manquait des boulons à l’une de ses roues. Un acte grave, dénonce aujourd’hui Reporter sans frontière (RSF) et qui ne serait pas le premier, en outre, que subit Morgan Large. « Depuis qu’elle enquête sur les subventions accordées à l’agro-industrie en Bretagne, elle et son média ont déjà fait l’objet de pressions et d’actes d’intimidation à plusieurs reprises », avance RSF. À Glomel, toujours, et cette même semaine, une autre journaliste, « a été insultée, bousculée et suivie jusque chez elle par un agriculteur », explique dans un communiqué l’équipe de RKB. Tous les salariés de la radio appellent, en protestation, à une grève ce mardi 6 avril ainsi qu’à un rassemblement de soutien à Rostrenen. À midi, ce jour-là, il y aura un blanc sur les ondes du média, dont les trois émetteurs ne diffuseront, le reste du temps, rien d’autre que de la musique.

« Les appels anonymes ont commencé peu après… »

« Ce n’est tout simplement pas possible de se voir menacés, en tant que journalistes, simplement parce que nous faisons notre métier », explique à l’Humanité Virginie Bauterel, coordinatrice de la radio. « Les pressions existent depuis longtemps, mais cette fois, on franchit un cap qui n’est pas admissible. »

Elles se sont intensifiées, singulièrement, depuis novembre dernier et la diffusion d’un documentaire sur France 5. Réalisé par Aude Rouaux et Marie Garreau de Labarre, Bretagne, une terre sacrifiée décrypte le poids économique que représente le secteur agroalimentaire dans la région, mais aussi son impact environnemental et sanitaire et la pression politique qu’il y exerce.

Morgan Large, correspondante installée dans les Côtes d’Armor depuis plus de vingt ans et qui a longuement enquêté sur la filière volaille, y témoigne d’une politique agricole offrant matière à questions. « Les appels anonymes ont commencé peu après », raconte-t-elle aujourd’hui à l’Humanité. Des coups de fil la nuit, sans rien d’autre que le silence au bout, et qui se poursuivent encore actuellement.

« Cette fois, je compte porter plainte »

Sur les réseaux sociaux et le messenger (messagerie instantanée de Facebook) de la radio, les propos ont dans le même temps commencé à se faire plus virulents, menaçants pour certains. « Conasse, il ne faudra pas s’étonner si l’on vient chez toi !», cite la journaliste en exemple . En décembre, RKB constate pour sa part une tentative d’effraction dans deux de ses locaux. « Nous avons également reçu plusieurs commentaires pas très agréables », reprend Virginie Bauterel. Là encore, le ton est à la menace : «  Continuez avec votre agribashing, mais il ne faudra pas venir pleurer quand certains agriculteurs viendront s’en prendre à des gens comme vous », cite la coordinatrice de la radio .

En décembre toujours, Morgan Large retrouve ouverte la clôture du champ où paissent d’ordinaire ses deux chevaux, les animaux errant dehors. Plus tard dans l’hiver, sa chienne est victime une intoxication. « Je ne veux pas être paranoïaque, peut-être avait-elle mangé quelque chose qu’il ne fallait pas… Mais tout cela mis bout à bout, je ne peux pas m’empêcher d’envisager un empoisonnement. »

Morgan Large s’était jusqu’à présent contentée de déposer une main courante. Le déboulonnage du pneu est le geste de trop. « Je ne suis pas procédurière, mais cette fois, je compte porter plainte. » Le geste, cette fois, touche son intimité et sa famille, explique-t-elle, remontant le fil des évènements. « Mercredi, j’étais rentrée chez moi pour déjeuner avec mes enfants. C’est en repartant que j’ai vu un boulon dans l’allée. » Elle ne pense pas immédiatement qu’il vient de sa voiture, mais finit par y jeter un œil, et constate qu’il en manque deux à l’une des roues. « C’est un voisin à moi qui a trouvé le second, plus tard, en dehors de chez moi », reprend-elle. « Cela signifie que j’ai roulé avec des boulons desserrés. J’ai pris la départementale, j’ai eu ma fille avec moi… je ne comprends pas que l’on puisse mettre des personnes en danger à ce point. »

RSF  demande aux élus de dénoncer les pressions de l’agro-industrie

N’étant pas encore saisie par une plainte, ni la gendarmerie de Glomel et ni celle des Côtes d’Armor ne sont, pour l’heure, en mesure de commenter l’affaire.

RSF, pour sa part, dit étudier «  avec la journaliste les suites judiciaires qui pourront être apportées ». L’organisation prend les choses très au sérieux, et « demande d’ores et déjà aux élus locaux de dénoncer ce fait et de se mobiliser contre la tentation d’imposer une omerta médiatique sur les questions liées à l’agriculture intensive en Bretagne.» Le cas de Morgan Large n’est pas une première, rappelle RSF. « La journaliste indépendante Inès Léraud qui a enquêté sur les retombées négatives de l’agriculture intensive dans la région a également fait l’objet de pressions. » Elle et Morgan Lelarge ont d’ailleurs travaillé ensemble.

Le syndicat national de Journaliste (SNJ) a également réagi, et tâcle au passage l’inaction politique face aux menaces répétées que subissent les journalistes – toujours des femmes – en Bretagne. «  Malgré les discours lénifiants des autorités, enquêter sur l’agroalimentaire, en 2021, en Bretagne, c’est s’exposer à des représailles qui n’ont pas grand-chose à envier aux méthodes des organisations criminelles. »

Article Télégramme Publié le 02 avril 2021 à 16h03

Acte de malveillance à l’encontre d’une journaliste de RKB

Qui en veut à Morgan Large, journaliste à Radio Kreiz Breizh ? Elle dénonce un nouvel acte de malveillance grave à son encontre. Un rassemblement est organisé à Rostrenen le 6 avril pour défendre la liberté d’informer.

Les journalistes de Radio Breizh, le portail des radios en breton, seront en grève le mardi 6 avril et appellent à un rassemblement ce même jour, à 12 h, place du Marché, à Rostrenen « pour défendre la liberté d’informer ». Ils entendent dénoncer les actes d’intimidations dont est victime une journaliste de Radio Kreiz Breizh, Morgan Large. Une radio qui avait déjà été la cible d’actes malveillants en décembre 2020. Les portes des studios de RKB avaient été endommagées à Saint-Nicodème et Rostrenen.

Mercredi 31 mars, la journaliste a constaté que deux boulons avaient été retirés d’une roue de sa voiture. « Ce geste malveillant aurait pu causer un grave accident », pointent les journalistes de Radio Breizh.

Une plainte va être déposée

Interrogée, Morgan Large fait part de son intention de porter plainte tout en précisant que ce n’était pas la première fois qu’elle était victime de tels actes. En décembre 2020, une entrée de champs où se situent ces chevaux avait été ouverte et elle affirme avoir reçu des appels téléphoniques anonymes.

Ces tentatives d’intimidations sont liées à son travail journalistique estiment les membres de Radio Breizh. Reporters Sans Frontières a décidé de suivre cette affaire de près et « étudie avec la journaliste les suites judiciaires qui pourront être apportées ». De son côté, la gendarmerie annonce qu’une enquête est en cours.

Le rassemblement prévu le mardi 6 avril à Rostrenen aura lieu à midi sur la place du Marché. Le collectif Kelaouiñ, le Syndicat national des journalistes (SNJ) et l’Union régionale Solidaires de Bretagne appellent également à manifester. Le NPA « apporte son total soutien à Morgan Large ainsi qu’à sa radio »

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5 avril 2021 1 05 /04 /avril /2021 08:02

 

Le ministre de l’Économie affirme que la dépense publique est trop élevée et veut faire croire que les Français en auraient plus pour leur argent en la diminuant.

Bruno Le Maire a « peur ». Sa grande angoisse est que les Français viennent lui « demander des comptes ». Mais que craint-il ? Une révolte contre l’injustice fiscale et les cadeaux fait aux plus riches ? Une insurrection face à la casse planifiée des services publics ? Non ! Le ministre de l’Économie a « peur » que les citoyens viennent lui reprocher le niveau « élevé » de la dépense publique en France. « Les Français en ont-ils pour leur argent ? », interroge l’hôte de Bercy. À ses yeux, la réponse est non. Et il en tremble ! Tels ont été les propos du ministre lors du débat organisé fin mars sur la question de la dette à l’Assemblée nationale. Mais pour la Macronie, il ne faut surtout pas supprimer ou renégocier une part de dette française, même les 570 milliards détenus par la Banque centrale européenne. Il ne faut pas non plus augmenter l’impôt des plus fortunés. Surtout pas, au moment même où la France est championne d’Europe des dividendes versés aux actionnaires ! Non, il faut « maîtriser la dépense publique ». Comprendre la diminuer. Mais alors, les Français ne risqueraient-ils pas d’en avoir encore moins pour leur argent ? Car notre modèle de société, grâce à la cotisation, permet à tous d’être normalement soigné, éduqué et protégé selon ses besoins, sans distinction de moyens. Une journée d’hospitalisation coûte environ 1 370 euros en service de médecine, 1 700 en chirurgie et 3 000 en soins intensifs. Une chimiothérapie peut monter à 10 000 euros. Les Français n’en ont-ils pas pour leur argent à l’hôpital ? Mieux vaudrait-il que chacun paie pour sa pomme ? Aurions-nous plus facilement accès aux savoirs, en payant soi-disant moins pour mieux si l’école publique venait à péricliter ? La réponse est non. Les centaines de milliards d’euros qui partent en fraude fiscale et en cadeaux à la finance, dont le montant est supérieur à notre dette annuelle (hors covid), voilà ce qui nuit à la qualité des services publics. Quant à la dépense publique, comment ne pas l’augmenter pour assurer la transition écologique, désormais vitale ?

Aurélien Soucheyre

 

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5 avril 2021 1 05 /04 /avril /2021 08:00
Ouest-France Brest, 5 avril 2021. Des Bretons dans la tourmente de la Commune.

Ouest-France Brest, 5 avril 2021. Des Bretons dans la tourmente de la Commune.

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5 avril 2021 1 05 /04 /avril /2021 07:59
Mouvement des fonctionnaires le 6 avril et des AESH du 8 avril - soutien du PCF pays de Brest

Les communistes du Pays de Brest seront aux cotés des agents de la fonction publique , ils seront présents mardi 6 avril à 18h devant la sous préfecture de Brest et soutiennent aussi  la grève des personnels de santé, sociaux et des AESH le 8 avril.

La crise sanitaire montre l’importance du développement des services publics. La création, l’enseignement, la recherche, l’information, la communication, les loisirs, le sport, la santé... nous disent clairement la nécessaire avancée vers un monde où l’humain sera la richesse décisive.La fonction publique est un rempart contre les inégalités mais jusqu'à quand? La loi de transformation de la fonction publique territoriale qui place 90  % des services sous convention collective et contrats individuels, pour en finir avec le statut de fonctionnaire (19 % de la population active).

Les communistes disent non à plus d’inégalités dans les rémunérations et les carrières, plus de mobilités contraintes, moins de démocratie sociale, à des restrictions du droit de grève ,non à plus de contractuel·le·s dans la fonction publique, plus de suppressions de postes, plus d’externalisations de services publics vers le privé et non à la remise en question de la libre administration des collectivités territoriales

Le PCF réclame l’ouverture de postes ,il faut implanter plus de services publics et renforcer ceux existants , une hausse de la rémunération (stop aux 10 ans du gel du point d’indice) le retrait de la loi de transformation de la fonction publique  et la pérennisation du statut de fonctionnaire.

Au niveau de l'éducation :La rentrée de septembre doit être préparée dès aujourd’hui. En septembre, le virus circulera toujours. Il faut en finir avec l’improvisation permanente et permettre aux familles et aux personnels d’envisager la rentrée avec sérénité. 

Une réduction durable des effectifs est nécessaire pour limiter la transmission du virus et pour remédier aux difficultés engendrées par les interruptions scolaires. Nous exigeons donc un moratoire immédiat sur les fermetures de classes : aucun moyen en moins, nulle part, pour la rentrée 2021 ; et un plan de recrutement pluri-annuel, d’enseignants et de personnels, de la maternelle à l’université. Pour reconstituer un vivier de candidats, un pré-recrutement sous statut de la fonction publique sera mis en place en priorité dans les disciplines et les académies déficitaires.
 
Ouest-France, Brest, 4 avril 2021

Ouest-France, Brest, 4 avril 2021

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