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9 mars 2021 2 09 /03 /mars /2021 17:15
Photo Eugénie Cazaux

Photo Eugénie Cazaux

Manifestation pour les droits des femmes - Prise de parole de Gladys Grelaud – samedi 6 mars 2021 à Landerneau
Manifestation pour les droits des femmes - Prise de parole de Gladys Grelaud – samedi 6 mars 2021 à Landerneau
Manifestation pour les droits des femmes - Prise de parole de Gladys Grelaud – samedi 6 mars 2021 à Landerneau
Manifestation pour les droits des femmes - Prise de parole de Gladys Grelaud – samedi 6 mars 2021 à Landerneau
Manifestation pour les droits des femmes - Prise de parole de Gladys Grelaud – samedi 6 mars 2021 à Landerneau
Manifestation pour les droits des femmes - Prise de parole de Gladys Grelaud – samedi 6 mars 2021 à Landerneau

Photos Eugénie Cazaux- Jeunes communistes du Pays de Brest, Landerneau: samedi 6 mars 2021

 

Manifestation pour les droits des femmes

Prise de parole de Gladys Grelaud– samedi 6 mars 2021 à Landerneau

Bonjour et merci à toutes et tous d’être présents ce matin à l’occasion de la journée internationale pour les droits des femmes, aujourd’hui à Landerneau.

Cet événement a été organisé par l’association Femmes Solidaires pour que les Landernéennes puissent, elles aussi, participer, se rendre visibles pour cette journée qui existe à travers le monde, du plus petit village d’Amérique latine aux plus grandes métropoles européennes, afin de lutter pour l’égalité entre les femmes et les hommes.

La journée internationale des droits des femmes trouve son origine au début du 20è siècle où des femmes de tous les pays s’unissent pour défendre leurs droits : des ouvrières pour de meilleures conditions de travail, des femmes réclamant le droit de vote et c’est en 1917 avec la grève des ouvrières de Saint Pétersbourg que la tradition du 8 mars se met en place !

Depuis 104 ans !

La date du 8 mars est réinvestie avec le regain féministe des années 1970 et est officiellement reconnue en 1977 par les Nations Unies puis en France en 1982.

Depuis 44 pour l’ONU !

Depuis 39 ans pour la France !

Avec toujours la même, seule et unique revendication : l’égalité femmes-hommes dans la société, dans les entreprises et à la maison, à Paris, à Lyon, à Nice, à Berlin, à Madrid mais aussi à Landerneau !

 

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Où en sommes-nous sur l’avancée de cette lutte en 2021 pour l’égalité entre les femmes et les hommes ? Prenons quelques chiffres qui disent la réalité de la situation vécue par les femmes (les chiffres cités sont issus de l’observatoire des inégalités)

Première chose : les femmes représentent 51,4 % de la population française soit 31,1 millions de personnes. Donc nous vous rappelons bien qu'un homme sur deux est une femme !

Deuxième chose : A la maison, les femmes consacrent environ 1h30 de plus que les hommes, par jour, aux tâches domestiques

alors vous pouvez nous acheter des fleurs mais surtout passer l’aspirateur !

 

Troisième chose : Au travail : les hommes gagnent en moyenne 25 % de plus que les femmes, en France, tous temps de travail confondu

« à travail égal, salaire égal non ? »

pour vous rendre compte :

pour les retraité.e.s : une femme a 932 € de retraite en moyenne, et c’est 1603 € pour un homme

c’est une différence de 671 € par mois c’est-à-dire 8000 € par an

pour les employé.e.s = une femme gagne 1398 € en moyenne et c’est 1649 € pour un homme

c’est une différence de 251 € par mois c’est-à-dire 3000 € par an

Une différence de plus de 200 € pour le même travail, le même temps de travail.

pour les cadres : la différence de salaires est en moyenne de 940 € ! 940 €, je répète, pour le même travail, le même temps de travail !

Au travail encore, 30 % des femmes subissent un temps partiel contre 7 % chez les hommes

11 % des femmes sont en CDD contre 6 % pour les hommes

 

«  alors me direz vous, des choses avancent, oui c’est vrai, mais au rythme actuel de rattrapage, il faudrait 1000 ans pour obtenir l’égalité salariale »

 

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Nous voudrions aujourd’hui aussi rendre visibles, rendre hommage (ou femage, en langage inclusif, c'est d'actualités) mais surtout demander la revalorisation des emplois du CARE qui, depuis la crise du COVID, sont en première ligne.

Car ces métiers sont ceux qui permettent de « prendre soin », du souci pour l’autre et des activités liées à la prise en charge du soin et de l’entretien de la vie.

- 80 % de ces emplois sont occupés par des femmes,

- ils sont peu valorisés en termes de salaires (- 20 % de manière générale par rapport à celui des hommes)

- ces emplois sont de plus en plus précaires = de plus en plus de CDD dans le privé, de moins en moins de titularisation dans le public

  • des horaires atypiques, des mouvements répétitifs, la pénibilité

Après 1 an d’une gestion de la pandémie qui les a mis particulièrement en danger pour nous protéger,

Nos voisines, nos sœurs, nos cousines, chacun.e d’entre vous a forcément une connaissance à Landerneau, Plouedern, la Roche Maurice, la Forest-Landerneau, Pencran, d’une aide soignante, d’une infirmière, d’une auxiliaire de vie sociale, d’une assistante familiale, d’une assistante maternelle, d’une éducatrice spécialisée, d’une assistante sociale, d’une agente de service hospitalier, d’une aide à domicile, d’une agente d’entretien…

Elles sont les premières de corvées sans aucune reconsidération de leurs métiers, elles continuent à supporter la dégradation de leurs conditions de travail avec aucune amélioration en vue.

Au contraire, la gestion anxiogène de la crise se systématise. Pire, pour les remercier, le gouvernement leur offre 12 € par mois en plus en 2021 avec une augmentation du SMIC que beaucoup d’entre elles touchent, c’est dire ! 12  ! rendez vous compte !

Nous sommes donc présentes aujourd’hui pour demander l’égalité entre les femmes et les hommes

Parce que les femmes ont eu le droit de vote pour la première fois en France en 1945,

Parce que les femmes ont eu le droit d’ouvrir un compte bancaire sans l’autorisation de leur mari en France en 1965,

parce que les femmes ont le droit aujourd’hui à l'égalité entre les femmes et les hommes dans la société, au travail et à la maison

c'est pourquoi, nous demandons aujourd’hui, l’égalité entre les femmes et les hommes, 40 ans après la reconnaissance du 8 mars en France.

Alors Mesdames, et vous nos filles de Landerneau et d'ailleurs, jetez vos casseroles et prenez la parole pour exiger l’égalité !

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9 mars 2021 2 09 /03 /mars /2021 17:00
6 mars: Quimper - photos de l'hommage du PCF à Nathalie Lemel - Discours d'Yvonne Rainero
6 mars: Quimper - photos de l'hommage du PCF à Nathalie Lemel - Discours d'Yvonne Rainero
6 mars: Quimper - photos de l'hommage du PCF à Nathalie Lemel - Discours d'Yvonne Rainero
6 mars: Quimper - photos de l'hommage du PCF à Nathalie Lemel - Discours d'Yvonne Rainero
6 mars: Quimper - photos de l'hommage du PCF à Nathalie Lemel - Discours d'Yvonne Rainero

A l'occasion de la Journée Internationale des droits des Femmes & de la commémoration des 150 ans de la Commune de Paris, le PCF Quimper a rendu un bel hommage à Nathalie Le Mel, pionnière bretonne dans les luttes féministes et sociales, ce samedi 6 mars.

Photos et commentaire Roberte Saint-Jalmes et Sandrine Dupuis

 

Lire aussi:

À Quimper, hommes et femmes rendent hommage à une pionnière du féminisme - Le Télégramme, 6 mars 2021

La quimpéroise Nathalie Lemel, féministe de la première heure: un hommage lui est rendu à Quimper par le PCF le 6 mars à 14h30 (Le Télégramme, 5 mars 2021)

 

Hommage à Nathalie Le Mel – samedi 6 mars 2021

 

Nous sommes réunis ici pour rendre hommage à une pionnière bretonne des luttes sociales et féministes, Nathalie Le Mel, que les communistes ont choisi de mettre à l’honneur à l’occasion de la journée internationale pour les droits des femmes et des 150 ans de la Commune de Paris dont elle fut une figure importante.

Une femme en avance sur son temps.

Songeons que Nathalie Le Mel avait 85 ans quand eut lieu en 1911 la 1ère journée internationale des femmes, décidée l’année précédente par le congrès des femmes socialistes, sur proposition de Clara Zetkin, féministe et révolutionnaire allemande mise en scène par Aragon dans son roman Les Cloches de Bâle.

 

Nathalie Le Mel, née Duval le 26 août 1826 à Brest, était la fille d’un ouvrier corroyeur du port, sa mère tenait un modeste débit de boissons place Médisance, non loin de la Penfeld.

Elle put accéder à un certain niveau d’instruction, la lecture sera importante dans sa vie.

Elle eut à connaître les grèves des ouvriers du port, et aussi le triste sort des insurgés de 1848, détenus sur les pontons de Brest.

Mariée à 19 ans avec Adolphe Le Mel, elle part en 1849 avec lui et leur premier enfant pour Quimper. Ils y vivent jusqu’en 1861, tenant une librairie et un atelier de reliure rue Kéréon puis rue Saint-François, et ont 2 autres enfants.

Elle choquait les bien-pensants par ses idées et ses allures n’étaient pas du goût de tout le monde, à en croire les rapports de police.

 

Ayant fait faillite, Nathalie et Adolphe Le Mel quittent Quimper pour Paris en 1861.

Elle y exerce son métier de relieuse chez un relieur d’art et se heurte à la dure condition des ouvrières.

Elle se sépare de son mari qui appréciait peu qu’elle continue à s’occuper de politique, et dès lors elle éleva seule leurs 3 enfants.

En 1864, le délit de coalition est abrogé, la grève n’est plus interdite mais reste très encadrée, les syndicats ne seront légalisés que 20 ans plus tard.

Cette même année, elle s’engage dans les luttes des ouvriers relieurs parisiens et est élue à leur comité de grève, une première pour une femme. Elle y côtoie Eugène Varlin, futur dirigeant de la Commune. Elle met en avant la revendication de l’égalité salariale entre les femmes et les hommes, qui gagnaient à peu près le double pour le même travail.

Et cette lutte est gagnante, y compris sur l’égalité des salaires.

Comme Eugène Varlin, elle adhère à l’Internationale qui vient de se créer à Londres.

En 1866, Nathalie est la seule femme membre de la commission administrative de la « Société d’épargne et de crédit mutuel des ouvriers relieurs » qui leur tient lieu de chambre syndicale, ceux-ci étant toujours interdits.

Eugène Varlin et Nathalie Le Mel créent cette même année une coopérative d’alimentation « La Ménagère ».

Puis ils ouvrent en 1868 un premier restaurant ouvrier coopératif « La Marmite » dont le but est de « fournir au prix de revient, à tous les sociétaires, une nourriture saine et abondante à consommer sur place ou à emporter ». C’est aussi un lieu d’éducation populaire, on y trouve des livres, des journaux, on écoute des chanteurs, on échange des idées. Trois autres restaurants suivront sous ce nom. Ils permirent de nourrir plusieurs centaines d’ouvriers pauvres, de chômeurs, avec leurs familles et particulièrement pendant la terrible famine de 1870 lors du siège de Paris par les troupes prussiennes.

La population de Paris tient bon malgré ses souffrances, mais le gouvernement Thiers signe une convention d’armistice qui livre une partie de la ville à l’occupation prussienne et veut désarmer les Parisiens.

Ce qui déclenche l’insurrection le 18 mars 1871.

Dès les première heures de la Commune en mars 1871, Nathalie Le Mel est sur tous les fronts : clubs de femmes, réquisition des ateliers abandonnés par les patrons, égalité salariale, laïcisation des écoles et des hôpitaux...

 

C’est la Commune de 1871 qui a établi l’enseignement laïque, gratuit et obligatoire pour les filles comme pour les garçons, et l’égalité des salaires entre institutrices et instituteurs.

La Commune, c’est aussi l’enseignement professionnel pour les filles et les garçons, la création de crèches, des droits égaux pour les enfants « naturels » et « légitimes », le droit à une pension alimentaire en cas de séparation, la gratuité des fournitures scolaires, la réquisition des logements vacants pour les sans-domicile, la reconnaissance de la citoyenneté pour les étrangers...

C’est la proclamation de la séparation de l’Église et de l’État, associée au respect des consciences, la laïcité...

C’est une politique de santé publique, avec une campagne de vaccination gratuite des enfants contre la variole, une pièce d’argent étant remise aux parents pour les inciter à vacciner leurs enfants.

C’est une politique culturelle ambitieuse, avec le soutien, la participation d’artistes, d’écrivains...

Courbet au sommet de sa gloire devient délégué aux Beaux-Arts, les Versaillais le lui firent payer chèrement.

L’une des premières décisions de la Commune de Paris en mars 1871 fut de rouvrir tous les musées. Cela peut nous faire rêver, nous qui sommes ici devant notre musée des Beaux-Arts fermé !

Vallès, Jean-Baptiste Clément, Eugène Pottier, le futur auteur des paroles de l’Internationale, s’engagent pour la Commune.

Verlaine, Rimbaud, dont on ne sait s’il a été effectivement présent à Paris, lui dédient des poèmes.

Victor Hugo est plus hésitant, mais il se dressera contre la répression et donnera l’asile aux proscrits, il sera l’un des principaux artisans de la loi d’amnistie.

 

Dans cette utopie sociale et démocratique, les femmes prirent toute leur place, même si elle ne siégeaient pas au comité central de la Commune, le suffrage dit « universel » mais réservé aux hommes ne datait que de 1848 et avait été très encadré par Napoléon III, et la question de l’éligibilité et du droit de vote des femmes ne fut posée en France que bien plus tard.

Pourtant les femmes ont inspiré bien des décisions de la Commune, notamment au plan social, familial, mais pas seulement, Nathalie Le Mel siégeait par exemple à la commission du travail.

Et pour peser plus encore elles se sont donné une organisation.

En avril 1871, Nathalie Le Mel et Elizabeth Dmitrieff, l’aristocrate russe amie de Marx, créent « l’Union des femmes pour la défense de Paris et les soins aux blessés », elles en prennent la direction et en signent les proclamations, Nathalie étant toujours la première signataire et Elizabeth la dernière.

 

Nathalie Le Mel, Élizabeth Dmitriev, Louise Michel, jouèrent un rôle de premier plan dans la Commune de 1871.

D’autres femmes d’exception y participèrent aussi, sans être sur le devant de la scène.

Telle Sofia Kovalevskaïa, jeune Russe de 20 ans, d’une famille amie de Dostoïevski, venue avec sa sœur apporter son soutien aux Communards, et qui échappa, elle, à la répression. Elle étudia les mathématiques à Berlin en suivant des cours particuliers, car elle ne pouvait être admise sur les bancs de l’Université, et fut ensuite la 1ère femme titulaire d’une chaire de mathématiques.

 

Mais le mois de mai s’avance, et la pression des troupes versaillaises se fait plus forte.

Nathalie Le Mel avec l’Union des femmes appelle à la résistance.

Du 21 au 28 mai, c’est la semaine sanglante, ses massacres et ses arrestations de masse.

Nathalie Le Mel est encore au front, sur les barricades de la rue Blanche, organisant la résistance contre les troupes versaillaises, soignant les blessés.

Elle sera arrêtée en juin 1871, emprisonnée à Versailles, jugée en 1872 lors d’un procès inique devant un tribunal militaire.

On y avait fait venir le commandant de gendarmerie de Quimper pour témoigner de la mauvaise réputation qu’elle aurait eue dans notre ville, en raison de sa lecture des journaux socialistes et de ses « allures d’indépendance ».

Les propos du capitaine qui prononça le réquisitoire donnent l’ambiance de ce procès :

«  Et voilà où conduisent toutes ces dangereuses utopies, l’émancipation de la femme, prêchée par des docteurs qui ne savaient pas quel pouvoir il leur était donné d’exercer...

N’a-t-on pas, pour tenter ces misérables créatures, fait miroiter à leurs yeux les plus incroyables chimères ? Des femmes magistrats ? Membres du barreau ? Oui, des femmes avocats ? Députés peut-être et que sait-on, des commandants ? Des généraux ? Il est certain qu’on croit rêver en présence de pareilles aberrations. »

Nathalie Le Mel est condamnée à la déportation en Nouvelle-Calédonie, comme Louise Michel, et d’autres femmes de la Commune, qualifiées de « pétroleuses ».

Elle refuse toute mesure de grâce : « Nous ne demandons ni n’acceptons aucune faveur » déclare Nathalie.

Louise Michel et Nathalie Le Mel embarquent ensemble en 1873 à La Rochelle sur la « Virginie » pour un long voyage de 4 mois vers Nouméa, avec d’autres prisonnières, des déportés hommes aussi, comme le journaliste Henri Rochefort.

Louise Michel a dans ses bagages un dictionnaire et une grammaire de breton, ils lui ont sans doute été fournis par Nathalie.

Louise et Nathalie vont partager la même pauvre cabane au bagne.

Contrairement à d’autres déportés, elles seront solidaires des Kanaks auxquels Louise entreprendra d’apprendre à lire avec le soutien de Nathalie quand leurs conditions de détention le leur permettront.

Nathalie Le Mel ne reviendra en France qu’en 1879 lors de l’amnistie.

Elle rentre à Paris malade et pauvre.

Le journaliste Henri Rochefort qui a été leur compagnon de déportation mais avait réussi à s’évader du bagne, donne du travail à Nathalie comme ouvrière plieuse dans le journal l’Intransigeant qu’il a créé.

Elle ne veut plus de ses subsides lorsqu’il prend le parti du général Boulanger, il sombrera par la suite dans l’antisémitisme, rejoignant le camp des antidreyfusards.

Pendant toutes ces années Nathalie Le Mel participe aux commémorations de la Commune, approuve les mouvements socialistes, défend la cause des femmes.

Elle s’oppose à ceux qui voudraient les ramener à la maison sous prétexte de les protéger de l’exploitation capitaliste.

En 1886, lors d’une réunion, elle déclare : « Les femmes ne veulent pas être protégées, elles sauront bien se défendre elles-mêmes. »

Comme ces propos sonnent juste aujourd’hui !

Elle finira sa vie dans la misère et la solitude, aveugle, à l’hospice d’Ivry où elle entre en 1915.

Elle y meurt en mai 1921, c’est le 50 ème anniversaire de la Commune...

 

En ces temps où les inégalités de salaires, d’accès aux droits, sont toujours importantes entre les femmes et les hommes, où la précarité touche tant de femmes, chômeuses, salariées ou retraitées, où les « invisibles », qui ont permis à notre société de tenir malgré la crise sociale et sanitaire, sont souvent des femmes, caissières, aides-soignantes, aides à domicile, personnel d’entretien..., où le besoin de solidarité, de partage est fort, les combats émancipateurs de Nathalie Le Mel sont d’une grande modernité.

Pionnière des luttes sociales et féministes, son combat rejoint ceux d’aujourd’hui contre les inégalités et les discriminations, pour les droits sociaux, contre les violences faites aux femmes, pour la dignité et l’émancipation humaine.

 

Yvonne Rainero, le 6 mars 2021

 

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8 mars 2021 1 08 /03 /mars /2021 18:53
Brest - 8 mars 2021: Rassemblement pour la journée internationale de lutte pour les droits des femmes (Marie-Hélène Le Guen)
Brest - 8 mars 2021: Rassemblement pour la journée internationale de lutte pour les droits des femmes (Marie-Hélène Le Guen)

Bulletin de la CGT sur la manifestation du 8 mars à Brest

Nos camarades de Morlaix étaient quelques-unes a être montées sur Brest (Marie-Hélène Le Guen, Martine Carn, Marie-Françoise Madec Jacob, etc...) pour participer ce 8 mars au côté de 300 manifestantes et manifestants au rassemblement intersyndical de la journée internationale pour les droits des femmes, des droits a défendre et à étendre! Un rassemblement pour célébrer les luttes des femmes dans toutes les sphères de la société, pour garder et conquérir de nouveaux droits

Photos et commentaire de Marie-Helene Le Guen.

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7 mars 2021 7 07 /03 /mars /2021 19:01
Régionales - Communiqué du PCF BRETAGNE (7 mars 2021)

Communiqué du PCF Bretagne:

Les communistes des 4 fédérations bretonnes du PCF ont voté du 4 au 6 mars en vue des élections régionales pour l’approbation d’un programme de propositions pour la Bretagne et les breton.ne.s et du choix stratégique concernant les élections régionales.

1100 votants, cotisants à jour dans les fédérations du PCF en Bretagne, près de 66 % des adhérents donc ont exprimé leur choix, ce qui constitue une bonne participation après une préparation peu évidente au vu des conditions difficiles pour se réunir.

Le programme du PCF a été approuvé par 91 % d’opinions favorables.

Le choix stratégique s’est porté à près de 75 % en faveur d’un rassemblement sur une liste commune avec le PS et d'autres organisations de gauche, menée par Loïg Chesnais-Girard, tandis que 10 % des votants souhaitait se rapprocher de LaFI et que environ 11 % aurait préféré une liste conduite par un.e communiste.

Ce choix décidé démocratiquement par la grande majorité des communistes va permettre au comité régional PCF Bretagne représentant les quatre fédérations du PCF, de mener les discussions et négociations qui vont arriver, avec pour but de participer à l’élaboration d’un programme axé sur des priorités correspondant aux attentes des bretonnes et des bretons, en terme d’emploi, de services publics, d’environnement, de culture, de jeunesse…

Les communistes ont débattu, nourri et validé un projet d'une dizaine de pages comprenant des dispositions ambitieuses: lutte contre les inégalités sociales et territoriales, gratuité des transports en commun pour les jeunes, contrôle des aides publiques aux entreprises, soutien à la transition écologique dans l'agriculture, politique de relocalisation industrielle, création d'un fonds régional et de conférences permanentes pour l'emploi et la formation, créer un droit d'initiative citoyenne, et la possibilité d'organiser des référendums sur des grands projets régionaux.

Pour cela il sera utile que la représentation des élu.e.s issu.e.s du PCF contribue à former une future majorité clairement engagée à gauche au Conseil Régional de Bretagne pour répondre aux attentes des bretonnes et bretons et contrecarrer les visées libérales du gouvernement Macron et de ses soutiens, pour faire barrage aux deux droites LR et LREM et empêcher l’extrême-droite d’étendre ses idées antisociales.

PCF Bretagne, le 7 mars 2021

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7 mars 2021 7 07 /03 /mars /2021 19:01
Régionales - résultats du vote interne des adhérents bretons et finistériens du PCF - du 4 au 6 mars 2021

En Bretagne: dans les quatre fédérations des Côtes d'Armor, du Finistère, d'Ille et Vilaine, du Morbihan  

1670 cotisants à jour

1100 votants (65,86%)

Programme:

960 voix pour (90,9 %)

6 voix contre (0,62%)

89 abstentions (8,4%)

Choix stratégique de rassemblement: 

816 voix pour option 1 (74,18%): Proposition de la conférence régionale du 23 février - Travailler à la construction d'une liste commune avec le Parti socialiste menée par Loïg Chesnais-Girard, ouverte à d'autres formations politiques de gauche, du mouvement social. Elle participera au rassemblement au second tour des forces de gauche et écologistes pour battre droite et extrême-droite.

106 voix pour option 2 (9,63%): Travailler à la constitution d'une liste avec la France Insoumise, ouverte à d'autres formations politiques de gauche, au mouvement social

126 voix pour option 3 (11,45%) - Présenter une liste de rassemblement conduite par un-e communiste, ouverte au mouvement social. Elle participera au rassemblement de l'ensemble des forces de gauche et écologistes au second tour pour battre la droite et l'extrême-droite.

36 abstentions (3,27%)

 

 
Dans la fédération PCF du Finistère -
 
Votants: 380 (sur 542 adhérents cotisants à jour de cotisation): 70% de participation
 
Programme du PCF pour les élections régionales de juin 2021:
 
Pour: 346 (92,2%)
 
Contre: 2 (0,5%)
 
Abstention: 27 (7,2%)
 
Choix stratégique
 
Choix 1 - Proposition de la conférence régionale - Travailler à la construction d'une liste commune avec le Parti socialiste menée par Loïg Chesnais-Girard, ouverte à d'autres formations politiques de gauche, du mouvement social., ... :  299 voix (79,3%)
 
Choix 2 - Travailler à la constitution d'une liste avec la France Insoumise, ouverte à d'autres formations politiques de gauche, au mouvement social: 28 voix (7,4%)
 
Choix 3 - Présenter une liste de rassemblement conduite par un-e communiste, ouverte au mouvement social,...: : 40 voix (10,6%)
 
Choix 4 - Abstention: 10 voix (2,6%)
 
Je tiens à remercier tous les adhérents qui ont participé au scrutin, et je crois que nous pouvons nous féliciter collectivement de ce niveau de participation, supérieur à celui de la consultation interne sur les régionales en 2015.
 
Je tiens également à remercier chaleureusement tous ceux qui dans les sections, au CD, et à l'exécutif départemental ont œuvré pour faciliter cette bonne participation et la collecte des votes des camarades.
 
Fraternellement,
 
Ismaël Dupont, secrétaire départemental fédération PCF Finistère
 
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7 mars 2021 7 07 /03 /mars /2021 18:01
Armelle Labadie, Gladys Grelaud et Aline Tassin sont les trois organisatrices du rassemblement. (Le Télégramme/Enora Heurtebize)

Armelle Labadie, Gladys Grelaud et Aline Tassin sont les trois organisatrices du rassemblement. (Le Télégramme/Enora Heurtebize)

Droit des femmes : « On n’est toujours pas à égalité », ont rappelé des manifestants à Landerneau

Ce samedi, une cinquantaine de personnes se sont rassemblées place de la mairie, à Landerneau, afin de dénoncer les inégalités, notamment salariales, entre les hommes et les femmes.

« Il y a plus inconnu que le soldat inconnu : sa femme » ; « Jette ta casserole, prends la parole ». Samedi, sur la place devant la mairie, à Landerneau, le ton était clairement affiché. À 11 h, une cinquantaine de personnes se sont rassemblées à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes. Une initiative de l’association Femmes solidaires, qui était représentée à Landerneau par Gladys Grelaud, Aline Tassin et Armelle Labadie.

Compte bancaire personnel : seulement depuis 56 ans !

Cette année, elles ont choisi de mettre en lumière la question de l’égalité salariale. « Ce rassemblement, c’est pour rendre visible les inégalités qui existent aujourd’hui, explique Gladys Grelaud. Pour un même poste, il y a une différence de salaire de 25 % entre un homme et une femme. Si on ne fait rien et que les choses continuent à évoluer à ce rythme, il faudra 1 000 ans pour avoir une égalité des salaires ».

Il fallait faire tourner la machine à laver ? Mais… tu ne m’as pas dit de le faire !

On l’oublie souvent, mais ça ne fait que 56 ans que les femmes ont le droit d’ouvrir un compte bancaire en leur nom et de travailler sans le consentement de leur mari ! « C’est assez fou, encore aujourd’hui, de devoir se battre pour une égalité des droits, s’exclame une des participantes à la manifestation, Eugénie Cazeaux. Certains hommes disent qu’il n’y a pas d’inégalité. Ils ferment juste les yeux ! C’est essentiel de se rappeler qu’on n’y est pas et que ça prend du temps ».

Poser ses conditions

À côté d’elle, Sarah Du Bosq, AESH (accompagnant des élèves en situation de handicap), vit bien le problème : « On est 92 % de femmes. Il y a seulement 2 % de temps plein. La plupart vivent sous le seuil de pauvreté… Il faut que ça change ».

Malgré tout, les choses évoluent mais… avec des consignes, comme l’indique Floriane Feyssel : « Aujourd’hui, je vois moins les situations inégalitaires car, dès le début, au travail comme à la maison, j’ai posé mes conditions ». Une bonne initiative qui n’est malheureusement pas toujours entendue, comprise ou appréciée. Ou qui nécessite parfois, des « encouragements », avec notamment cette fameuse phrase rapportée qui fait rire jaune ses camarades : « Il fallait faire tourner la machine à laver ?, demande l’homme. Mais… tu ne m’as pas dit de le faire ! ». « On a parfois l’impression de prendre la suite des mères de nos maris ».

C’est avec L’Hymne des femmes, une chanson créée collectivement en mars 1971 par des militantes féministes à Paris, que s’est terminé le rassemblement.

Discours – Prise de parole de Gladys Grelaud– 8 mars 2021

 

Bonjour et merci à toutes et tous d’être présents ce matin à l’occasion de la journée internationale pour les droits des femmes, aujourd’hui à Landerneau.

Cet événement a été organisé par l’association Femmes Solidaires pour que les Landernéennes puissent, elles aussi, participer, se rendre visibles pour cette journée qui existe à travers le monde, du plus petit village d’Amérique latine aux plus grandes métropoles européennes, afin de lutter pour l’égalité entre les femmes et les hommes.

La journée internationale des droits des femmes trouve son origine au début du 20è siècle où des femmes de tous les pays s’unissent pour défendre leurs droits : des ouvrières pour de meilleures conditions de travail, des femmes réclamant le droit de vote et c’est en 1917 avec la grève des ouvrières de Saint Pétersbourg que la tradition du 8 mars se met en place !

Depuis 104 ans !

La date du 8 mars est réinvestie avec le regain féministe des années 1970 et est officiellement reconnue en 1977 par les Nations Unies puis en France en 1982.

Depuis 44 pour l’ONU !

Depuis 39 ans pour la France !

Avec toujours la même, seule et unique revendication : l’égalité femmes-hommes dans la société, dans les entreprises et à la maison, à Paris, à Lyon, à Nice, à Berlin, à Madrid mais aussi à Landerneau !

 

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Où en sommes-nous sur l’avancée de cette lutte en 2021 pour l’égalité entre les femmes et les hommes ? Prenons quelques chiffres qui disent la réalité de la situation vécue par les femmes (les chiffres cités sont issus de l’observatoire des inégalités)

Première chose : les femmes représentent 51,4 % de la population française soit 31,1 millions de personnes. Donc nous vous rappelons bien qu'un homme sur deux est une femme !

Deuxième chose : A la maison, les femmes consacrent environ 1h30 de plus que les hommes, par jour, aux tâches domestiques

alors vous pouvez nous acheter des fleurs mais surtout passer l’aspirateur !

 

Troisième chose : Au travail : les hommes gagnent en moyenne 25 % de plus que les femmes, en France, tous temps de travail confondu

« à travail égal, salaire égal non ? »

pour vous rendre compte :

pour les retraité.e.s : une femme a 932 € de retraite en moyenne, et c’est 1603 € pour un homme

c’est une différence de 671 € par mois c’est-à-dire 8000 € par an

pour les employé.e.s = une femme gagne 1398 € en moyenne et c’est 1649 € pour un homme

c’est une différence de 251 € par mois c’est-à-dire 3000 € par an

Une différence de plus de 200 € pour le même travail, le même temps de travail.

pour les cadres : la différence de salaires est en moyenne de 940 € ! 940 €, je répète, pour le même travail, le même temps de travail !

Au travail encore, 30 % des femmes subissent un temps partiel contre 7 % chez les hommes

11 % des femmes sont en CDD contre 6 % pour les hommes

 

«  alors me direz vous, des choses avancent, oui c’est vrai, mais au rythme actuel de rattrapage, il faudrait 1000 ans pour obtenir l’égalité salariale »

 

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Nous voudrions aujourd’hui aussi rendre visibles, rendre hommage (ou femage, en langage inclusif, c'est d'actualités) mais surtout demander la revalorisation des emplois du CARE qui, depuis la crise du COVID, sont en première ligne.

Car ces métiers sont ceux qui permettent de « prendre soin », du souci pour l’autre et des activités liées à la prise en charge du soin et de l’entretien de la vie.

- 80 % de ces emplois sont occupés par des femmes,

- ils sont peu valorisés en termes de salaires (- 20 % de manière générale par rapport à celui des hommes)

- ces emplois sont de plus en plus précaires = de plus en plus de CDD dans le privé, de moins en moins de titularisation dans le public

  • des horaires atypiques, des mouvements répétitifs, la pénibilité

Après 1 an d’une gestion de la pandémie qui les a mis particulièrement en danger pour nous protéger,

Nos voisines, nos sœurs, nos cousines, chacun.e d’entre vous a forcément une connaissance à Landerneau, Plouedern, la Roche Maurice, la Forest-Landerneau, Pencran, d’une aide soignante, d’une infirmière, d’une auxiliaire de vie sociale, d’une assistante familiale, d’une assistante maternelle, d’une éducatrice spécialisée, d’une assistante sociale, d’une agente de service hospitalier, d’une aide à domicile, d’une agente d’entretien…

Elles sont les premières de corvées sans aucune reconsidération de leurs métiers, elles continuent à supporter la dégradation de leurs conditions de travail avec aucune amélioration en vue.

Au contraire, la gestion anxiogène de la crise se systématise. Pire, pour les remercier, le gouvernement leur offre 12 € par mois en plus en 2021 avec une augmentation du SMIC que beaucoup d’entre elles touchent, c’est dire ! 12  ! rendez vous compte !

Nous sommes donc présentes aujourd’hui pour demander l’égalité entre les femmes et les hommes

Parce que les femmes ont eu le droit de vote pour la première fois en France en 1945,

Parce que les femmes ont eu le droit d’ouvrir un compte bancaire sans l’autorisation de leur mari en France en 1965,

parce que les femmes ont le droit aujourd’hui à l'égalité entre les femmes et les hommes dans la société, au travail et à la maison

c'est pourquoi, nous demandons aujourd’hui, l’égalité entre les femmes et les hommes, 40 ans après la reconnaissance du 8 mars en France.

Alors Mesdames, et vous nos filles de Landerneau et d'ailleurs, jetez vos casseroles et prenez la parole pour exiger l’égalité !

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7 mars 2021 7 07 /03 /mars /2021 17:53
7 mars - Mobilisation pour les droits des femmes à Brest
7 mars - Mobilisation pour les droits des femmes à Brest
7 mars - Mobilisation pour les droits des femmes à Brest

À Brest ce 7 mars au matin, une magnifique manifestation festive et revendicative pour réclamer l'égalité femmes-hommes, pour défendre les droits des femmes, pour dénoncer les violences sexistes et sexuelles 🟣✊

Photos et commentaire Eugénie (PCF Brest)

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7 mars 2021 7 07 /03 /mars /2021 08:31
Une partie des 18 élus municipaux communistes à Morlaix-Communauté -Photo Enzo de Gregorio - 6 mars 2021

Une partie des 18 élus municipaux communistes à Morlaix-Communauté -Photo Enzo de Gregorio - 6 mars 2021

Une partie des 18 élus municipaux communistes de Morlaix-Communauté se sont retrouvés ce 6 mars après la réunion de section PCF pays de Morlaix en vue notamment de la parution d'un prochain Viaduc, le journal du PCF pays de Morlaix.
Ils sont de Morlaix, Plouigneau, St Thégonnec-Loc Eguiner, Plougonven, Guimaëc: unis pour servir la population et nos idées de justice sociale! Le PCF est représenté également par 3 élus communautaires à Morlaix-Communauté, dont le vice-président aux mobilités-transports, Roger Héré, Ismaël Dupont et Valérie Scattolin.
De gauche à droite: Ismaël Dupont, Fréderic L'Aminot, Mariane Gauthier Destable, Marie-Françoise Madec Jacob, Patrick Gambache, Martine Carn, Eugène Davillers Caradec, Corentin Derrien.
 
Photo Enzo de Gregorio - 6 mars 2021
 
Les élus communistes de Morlaix-Communauté:
 
A Guimaëc:
Jeremy Lainé (technicien anti-parasitaire): adjoint aux associations affaires scolaires
 
Élus du groupe communiste à Morlaix: 8
 
Maéla Burlot (éducatrice-coordinatrice équipe mobile Coallia), conseillère municipal déléguée petite enfance
Eugène Davillers Caradec (assistant d'éducation) conseiller municipal délégué Urbanisme
Ismaël Dupont (professeur documentaliste), 1er adjoint, adjoint Finances et Ressources Humaines, élu communautaire
Patrick Gambache (éditeur, agent littéraire) conseiller délégué administration générale, Finances, Personnel
Élise Kerebel (aide-soignante) conseillère municipale déléguée à la culture
Fréderic L'Aminot (ouvrier produit en beton Queguiner, syndicaliste) adjoint enseignement
Marie-Françoise Madec-Jacob (retraitée hôpital) conseillère municipale déléguée aux séniors
Valérie Scattolin (salariée Hop! Coordinatrice HSE. Syndicaliste) adjointe au centre-ville, au commerce, au tourisme, élue communautaire
 
A Plougonven:
 
Martine Carn (infirmière retraitée: tête de liste de la gauche aux municipales de 2020): conseillère municipale d'opposition
 
Élus du groupe communiste à Plouigneau: 7
 
Patrick Béguivin (ouvrier miroiterie) conseiller municipal
Christophe Boudrot (infirmier) adjoint aux associations et au sport
Daniel Duval (retraité) adjoint aux Finances
Mariane Gauthier Destable (cadre salle culturelle théâtre) conseillère déléguée communication
Julie Hamon (infirmière) conseillère déléguée aux espaces verts et à l'innovation environnementale
Roger Héré (retraité des finances publiques) Premier adjoint, Vice-président Transports-Mobilités à Morlaix-communauté
Joël Jean, conseiller municipal
Annick Le Guern (aide-soignante) conseillère municipale
 
à Saint-Thégonnec Loc-Eguiner:
 
Corentin Derrien (étudiant à sciences-po): conseiller municipal avec pour commissions l'environnement et le patrimoine: plus jeune élu du Finistère
 
A noter qu'Amélie Le Calvez, membre de la section PCF de Morlaix, est également conseillère municipale d'opposition de gauche à Sizun
Rouge Finistère n°6 consacrée aux résultats des Municipales 2020 pour les communistes en Finisère

Rouge Finistère n°6 consacrée aux résultats des Municipales 2020 pour les communistes en Finisère

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7 mars 2021 7 07 /03 /mars /2021 07:02

 

1937/1938 : Alors que l’Espagne du Front populaire est victime de la non-intervention, lâchée par Paris et Londres, les communistes mettent sur pied une compagnie maritime pour nourrir et armer les Républicains

 

(Illustration : un Polikarpov I-16 aux couleurs des Républicains espagnols)

Dans l’histoire de France-Navigation s’amorce bientôt ce que Ceretti appelle la « deuxième période » où la compagnie pour l’essentiel va transporter de l’aide soviétique à l’Espagne. Paradoxalement cette phase est la moins risquée. Les navires de France-Navigation en effet montent s’approvisionner dans l’extrême nord russe, à Mourmansk, port important sur la mer de Barents, la plus grande ville au nord du cercle arctique. Là, ils embarquent des techniciens, des tankistes, des pilotes d’avion, des officiers, mais aussi du matériel de guerre : avions démontés, tanks, canons.

Ces cargaisons sont déchargées au Havre ou à Bordeaux puis acheminées par la route ou par le train vers Puigcerda et la Catalogne : « un flux continu qui dura des semaines et des mois ». Au troisième trimestre 1938, France-Navigation transfère ainsi 200 avions (en pièces détachées).

L’armée républicaine disposera au total de 276 exemplaires du Polikarpov, l’avion de chasse le plus rapide de l’époque. Il était surnommé « Mosca » (mouche) par les Républicains et les fascistes l’appelaient « Rata » (rat).

« Malheureusement cette aide précieuse venait avec un an de retard », constate Ceretti. Si la livraison d’armes tarde, c’est en raison, semble-t-il, de divergences entre républicains espagnols mais surtout, répétons-le, par la faute de la politique de « non-intervention », une politique de capitulation qui va conduire, en septembre 1938, aux accords de Munich.

Janvier 1939 : Barcelone tombe, le ravitaillement par la Catalogne est désormais impossible. Dans les cahiers de Georges Gosnat, une brève annotation, comme toujours écrite dans un style télégraphique, raconte en quelques mots ce drame. À Bordeaux, en effet, le navire Winnipeg, le plus gros des bateaux de France-Navigation, arrive de Mourmansk bourré d’armes. Mais on fait comprendre au capitaine qu’il ne faut pas débarquer le matériel ; il arrive trop tard, la frontière franco-espagnole est impraticable. L’équipage ne comprend pas, il y a de la castagne dans l’air ; finalement le matériel est réembarqué et Winnipeg repart vers le grand nord.

Au printemps, des navires de France-Navigation qui se trouvent en Méditerranée (ils font le trajet Marseille-Espagne-Oran) vont pouvoir aider l’évacuation de républicains à Valence, mais ils seront en échec à Alicante.

Été 1939 : Suite au pacte germano-soviétique, le PCF est dissout, la société France-Navigation est dans le collimateur des autorités ; elle est l’objet d’une perquisition dès le mois d’août. Pourtant on retrouve le Winnipeg en septembre 1939 à Bordeaux (Alain Ruscio raconte cet épisode dans l’Humanité du 3/9/2019). Ce navire va transporter 3 000 républicains vers le Chili du Front populaire, grâce à l’entremise du consul chilien à Paris, chargé de l’émigration espagnole : Pablo Neruda.

Gérard Streiff 

« France Navigation » disposera jusqu’à 22 navires (certaines sources parlent de 25 bâtiments) ; en dépit des dangers, aucun ne sera coulé. Un seul est arraisonné à Ceuta (Maroc espagnol) et un autre séquestré à Constanta, en Roumanie. Voici les noms de certains de ces navires : Lézardrieux, Ploubazlanec, Perros-Guirec, Cassidaigne, Trégastel, Daissiguernec, Nemours, Mostaganem, Île Rousse, Guilvinec, Lola, Biscarosse, Grand-Quevilly, Gravelines, Paimpol, Saint-Malo, Boujaroui, Aine El Turk, Navarissou, Cap Pinède, Winnipeg.

 

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7 mars 2021 7 07 /03 /mars /2021 06:57

 

Maître de conférences en immunologie à l’université de Bourgogne, Françoise Salvadori a récemment travaillé en partenariat avec l’historien des sciences Laurent-Henri Vignaud sur un fonds d’archives inédites concernant les travaux de Pasteur. En a résulté Antivax. La résistance aux vaccins du xviiie siècle à nos joursi, un livre très riche qui a valu à ses auteurs le pris Villemont de l’Académie des sciences.

Entretien réalisé par Thomas Liechti*

 

Progressistes : Vous avez sorti en 2019, avant qu’on puisse encore envisager la pandémie de covid-19 en France et avant les polémiques actuelles, un livre apportant un regard historique sur les mouvements de résistances aux vaccins et leurs arguments au cours du temps, qu’est-ce qui a motivé l’écriture de ce livre ?

Françoise Salvadori : En 2015, mon collègue et coauteur, l’historien Laurent-Henri Vignaud, et moi-même avions travaillé sur des archives Pasteur non encore explorées, conservées dans sa maison familiale d’Arbois, dans le Jura ; il s’agissait de cahiers de traduction de publications de ses contemporains, souvent en compétition avec lui, et annotés par Pasteur lui-même. Nous avons été assez surpris d’y voir de nombreuses critiques sur sa nouvelle méthode de vaccination, notamment quand il l’a appliquée à la rage humaine… Mme Pasteur découpait aussi dans la presse les articles critiquant son mari, qui était en particulier la cible des ligues antivivisection.

Comme des doutes sur la vaccination commençaient à s’exprimer de plus en plus, en France comme ailleurs, en particulier depuis l’épisode de la grippe H1N1 en 2008-2009, de plus en plus largement relayés par les réseaux sociaux, l’idée nous est venue d’aller à la recherche des origines de ces opinions et d’étudier leur évolution, leurs différentes formes selon les lieux et les époques. Même si des travaux existaient, en particulier sur les oppositions à l’inoculation variolique au xviiie siècle, cette histoire de l’antivaccinisme n’avait pas fait l’objet d’un livre sur un temps long.

Notre étude nous a permis de montrer que quelques grands types d’oppositions actuels se trouvaient déjà dans la période pré-jennérienne. Rappelons l’origine des pratiques vaccinales : le médecin anglais Edward Jenner avait réussi à la fin duxviiie siècle à protéger contre la variole humaine en injectant un extrait de pustule d’une vache atteinte de vaccine, la variole bovine, peu dangereuse pour l’homme. Depuis au moins un siècle avant lui, on pratiquait déjà, en particulier en Asie et au Moyen-Orient, la variolisation : une injection de pus directement prélevé chez un malade de la variole, ce qui induisait une protection mais au prix de nombreuses infections varioliques

Ces oppositions qui ont donc accompagné l’histoire de la vaccination s’appuient parfois sur des arguments religieux (« providentialistes ») s’observant encore dans quelques courants fondamentalistes ou sectaires de toutes les religions, ou bien sur l’idée que « la nature fait bien les choses » et qu’elle est toujours préférable à l’artifice que représenterait le vaccin ; pour les adeptes des médecines « douces » ou parallèles, présentées comme plus naturelles, ce n’est pas tant le microbe qui occasionne la maladie qu’un déséquilibre de l’ordre naturel des « humeurs » ou des flux énergétiques, favorisé par une mauvaise alimentation ou d’autres facteurs constituant un « terrain » dégradé qu’il suffit de restaurer. On entend aussi chez certains opposants des affirmations pseudo-scientifiques ou fondées sur des théories « alternatives » non validées par la communauté scientifique, ou des revendications plus politiques qui dénoncent les bénéfices des industriels du vaccin et/ou la contrainte de l’État dans les régimes d’obligation vaccinale (vécue comme une entrave à la liberté individuelle).

Progressistes : Dans le contexte de l’apparition des vaccins contre la covid-19, on a pu voir une explosion de méfiance sur les réseaux sociaux et l’apparition de sondages montrant une forte défiance de la population face à la vaccination, notamment beaucoup de questionnements et de fantasmes autour des vaccins à ARN messager, ces méfiances sont-elles légitimes ?

Fr. S. : Elles sont légitimes, je dirais plutôt : elles l’étaient… En particulier quand on a annoncé la mise au point aussi rapide de vaccins – moins d’un an après l’apparition de cette nouvelle maladie, alors que les médias affirmaient depuis quelque temps que plusieurs années seraient nécessaires pour mettre au point un nouveau vaccin. Elles l’étaient aussi vis-à-vis des premiers vaccins ayant obtenu l’autorisation, les vaccins à ARN messager (ARNm), car cette technologie semblait nouvelle pour la population, et que l’ARN, assimilé à l’ADN, ouvre à toutes les craintes et fantasmes autour des OGM et d’une éventuelle « prise de contrôle » de nos cellules par ce vaccin… De fait, il faut un peu de pédagogie. D’une part, les vaccins anticovid ont bénéficié d’énormément de subventions et de précommandes de pays riches, qui ont fait eux aussi des calculs de bénéfices/risques et ont préféré financer la recherche-développement en espérant à terme diminuer les pertes de vies humaines et les pertes économiques liées aux confinements ! Ces financements massifs ont accéléré les recherches, et les spécialistes ne partaient pas de rien : la technologie des vaccins ARNm était au point depuis une quinzaine d’années, même si les applications étaient restées assez confidentielles et limitées au domaine de la cancérologie. D’autre part, des réglementations assouplies ont permis le chevauchement des phases d’essais 1, 2 et 3. Et un autre facteur qui a accéléré la récolte des résultats est justement l’intensité de l’épidémie dans certains pays, car en phase 3 on doit dénombrer les cas de covid pour comparer les groupes de volontaires vaccinés avec ceux qui ont reçu le placebo : plus l’incidence de l’infection est élevée, plus vite on aura des résultats comparatifs. C’est ce qui s’est passé, on a vu assez vite que pratiquement tous les cas, et les cas graves, s’observaient dans le groupe placebo !

Zéro risque n’existe pas en médecine, mais ces vaccins à ARNm semblent très sûrs, on peut le dire de façon assez sereine maintenant que nous avons dans le monde autour de 200 millions de sujets vaccinés, avec un recul de deux mois, et seulement quelques accidents allergiques graves, prévisibles le plus souvent, se déclarant très vite après l’inoculation du vaccin, et que l’on sait prendre en charge. Il n’y a aucun risque que l’ARN modifie l’ADN de nos cellules, car il ne peut pénétrer dans le noyau ni a fortiori s’intégrer à l’ADN ! Quand nous sommes infectés par des virus à ARN (grippe, VIH, virus respiratoires banals…), l’ARN de ces virus ne modifie pas notre patrimoine génétique. C’est la même chose ici ! De plus, cet ARN vaccinal a une durée de vie très courte, il est traduit en protéines de spicule (les petites pointes qui forment la couronne externe du virus, à laquelle il doit son nom) par les ribosomes de la cellule, et ces protéines virales vont stimuler des lymphocytes qui produiront des anticorps contre elles, ainsi que des cellules qui vont constituer la base d’une mémoire immunitaire a priori durable.

Progressistes : Ces méfiances sont-elles nouvelles au regard de l’histoire des mouvements de résistance aux vaccins ou juste réadaptées à ces nouveaux vaccins ?

Fr. S. : Par rapport aux différents types d’arguments plutôt constants dans l’histoire, on va trouver ici une prédominance des opinions défendant la nature face à l’artifice du vaccin : on aimerait croire qu’un régime alimentaire, une hygiène de vie, des médicaments « simples et naturels » sont plus efficaces que les vaccins… La nature serait tellement bien faite qu’elle n’aurait pas pu « créer » ce virus, qui serait donc pour certains une fabrication humaine. Des personnalités très présentes sur Internet prétendent qu’un bon régime alimentaire et quelques vitamines nous sortiraient d’affaire ! Mais on entend aussi beaucoup de discours « alterscientifiques » venant de médecins et scientifiques proposant des molécules « magiques », qui ne donnent pourtant pas de résultats probants dans les différents essais menés selon les normes de la médecine fondée par les preuves (evidence-based medicine) ; certains médecins mettant volontiers en avant la liberté de prescription se sont même organisés en associations, telles la Coordination santé libre ou Laissons les médecins prescrire.

À ce scepticisme s’ajoute la dénonciation des profits des laboratoires pharmaceutiques. (Des soupçons d’enrichissement visaient déjà les médecins inoculateurs dans les salons du xviiie siècle, et se sont renforcés après la création de l’Institut Pasteur, que d’aucuns appelèrent « usine rabique » quand Pasteur lui-même était caricaturé en chimiste-financier.) L’industrie des vaccins très concentrée sur quelques gros laboratoires, les Big Pharma, est actuellement pointée pour avoir bénéficié d’aides massives des États (subventions et précommandes), qui en effet vont aussi profiter aux actionnaires, et pour entretenir une certaine opacité sur les tarifs négociés… Des débats sont ouverts sur une éventuelle levée des brevets sur les vaccins anticovid. Ces contestations plus politiques concernent également la distribution des vaccins : la lenteur du démarrage de la campagne est fortement critiquée par cette moitié des Français très favorables à la vaccination, lenteur qui peut en partie s’expliquer par un choix des autorités de santé qui, justement, ont souhaité rassurer avec un démarrage (excessivement ?) prudent. Les débats vont se renforcer dans un proche avenir au sujet d’un éventuel passeport vaccinal qui donnerait des libertés à ceux qui auraient accepté de se faire vacciner, et qui est parfois jugé discriminant à ce titre.

Progressistes : Pensez-vous que les mouvements antivax soient un symptôme d’une crise plus large de la médecine et/ou de la science en général en France ?

Fr. S. : Des éléments de profil type des sceptiques face aux vaccins contre la covid-19 ont été apportés récemment par les sociologues : jeune, plutôt féminin, avec des opinions politiques éloignées du pouvoir en place, à gauche ou à droite, plutôt populiste (mais sans doute à nuancer). Ce vaccin est vu comme un instrument de mainmise d’un État dont on condamne la politique en général, et la politique sanitaire en particulier.

On note depuis que des études nationales et internationales l’ont mesurée, c’est-à-dire depuis une quinzaine d’années, une forte défiance en France, qui nous a classés plusieurs fois comme les champions du monde de la crainte des vaccins. En France un décrochage assez net s’est observé à la suite de l’épidémie de grippe H1N1, en 2008-2009, mais la confiance avait déjà été érodée lors des cafouillages de communication autour de la vaccination contre l’hépatite B : deux ministres successifs – M. Douste-Blazy en 1994 et M. Kouchner en 1998 – avaient appliqué le principe de précaution dans des directions opposées ! Le premier avait fortement recommandé la vaccination en population générale, et partant des campagnes de vaccination scolaire à grande échelle furent organisées. Les cas de sclérose en plaques semblant en augmentation à cette période, on les relia à ce vaccin, poussant le second ministre à arrêter la vaccination des adolescents à l’école, ce qui bien sûr avait accrédité l’idée qu’il y avait bien un risque… Bien qu’aucune étude épidémiologique n’ait montré de lien causal, cette polémique franco-française n’est pas réellement finie ! Mais l’actuelle défiance se manifeste sur un fond particulier, car les Français n’ont pas oublié qu’on leur a tenu des discours mensongers ou partiels/partials sur le sang contaminé par le VIH, sur l’amiante, sur le Mediator… Et la gestion de l’épidémie de covid, la communication contradictoire sur les masques, les tests… ont montré que cette tendance à ne pas dire la vérité aux citoyens est très lourde dans notre pays.

Cette perte de confiance envers les autorités de santé s’explique donc assez bien ; elle peut renforcer une contestation plus globale des autorités politiques ou du parti au pouvoir, elle peut l’induire aussi. Elle semble actuellement s’étendre aux chercheurs et à la communauté scientifique ; c’est un phénomène plus récent selon les études des sociologues. On peut penser que les arènes médiatiques y ont contribué en donnant trop souvent le même écho à tous les « points de vue » – comme dans l’affaire Raoult –, dans qui pourrait passer pour une quête d’objectivité, en oubliant que le temps de la construction et de la validation des connaissances scientifiques n’est pas celui de l’information en continu.

Progressistes : Est-ce qu’on peut parler d’un affaiblissement, voire d’une rupture, du lien de confiance entre la population française et la science d’un point de vue historique ?

Fr. S. : Comme je l’ai dit, la défiance vis-à-vis des scientifiques a tendance à s’amplifier. La crise sanitaire actuelle n’y est sans doute pas pour rien, mais il faudra encore un peu de recul pour l’affirmer et l’étudier plus rigoureusement. Le fait même que cette épidémie nous atteigne si lourdement, alors que les progrès de la médecine nous ont fait oublier beaucoup de maladies et permis d’en soulager tant d’autres, peut faire douter de ces progrès ! Or on observe cette tendance à la rupture entre les citoyens et la science dans tous les pays développés : quand les gens accèdent à un niveau d’études plus élevé et qu’ils ont accès à des informations à foison, ils se sentent d’autant plus légitimes à affirmer leurs opinions ou leurs croyances sur des sujets scientifiques. Pour eux, les énoncés scientifiques sont des opinions comme les autres : chacun a la sienne et elle vaut celle de son voisin, de son enseignant, de son médecin…

Aux États-Unis des études de psychologues ont montré que plus les citoyens étaient éduqués, plus ils défendaient, par exemple, l’origine naturelle du réchauffement climatique s’ils étaient républicains, et son origine anthropique s’ils étaient démocrates ! L’éducation renforce leur niveau de croyance/confiance dans des influenceurs, le plus souvent recrutés dans leur « bulle », par ces biais de confirmation que les algorithmes d’Internet exploitent à merveille. On voit donc que l’enseignement des sciences est nécessaire, mais pas suffisant à l’ère d’Internet… Je ne pense pas que ce relativisme très contemporain soit typiquement français, mais il semble en progression dans notre pays.

Progressistes : On peut avoir l’impression que la confiance dans la médecine est différente selon les sociétés aujourd'hui. Est-ce que la France est un cas particulier des mouvements antivaccins ?

Fr. S. : La confiance dans les vaccins est différente d’un pays à l’autre, et elle semble faible en France, si toutefois les opinions avancées dans les sondages reflètent les véritables agissements de leurs auteurs… Car dire qu’on ne veut pas du vaccin, c’est aussi dire qu’on est contre Macron, ou pour Raoult, ou contre Sanofi, ou pour les médecines naturelles ! En situation, quand la vaccination sera proposée facilement et gratuitement à chacun, et si la maladie continue de tuer et d’empêcher la vie sociale, il est possible que les actes soient différents des opinions. Les sondages récents, qui plus est dans cette période où la pénurie et la distribution équitable sont au centre de la problématique, semblent le montrer.

Je ne pense pas que les Français soient défiants plus que d’autres vis-à-vis de la médecine, ils sont même parmi les plus gros consommateurs au monde de médicaments antibiotiques ou anxiolytiques ! Les sondages montrent qu’ils gardent une bonne confiance envers leurs médecins, ce qui a d’ailleurs été bien noté par les autorités de santé qui souhaitent s’appuyer sur les médecins généralistes pour accélérer la campagne de vaccination… La défiance isolée en France vis-à-vis de ces médicaments très particuliers que sont les vaccins reflète peut-être aussi une réticence à l’encontre d’une pratique du « pari » (on pense qu’on ne sera pas atteint soi-même, et que le coût de l’assurance est trop cher pour le risque ?), et du pari collectif, car l’efficacité de la vaccination ne peut se mesurer que collectivement. Quand il y a du collectif, il est normal que l’État s’en mêle, et là encore le bât blesse…

*THOMAS LIECHTI est

i. Éditions Vendémiaire, Paris 2019.

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