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5 février 2017 7 05 /02 /février /2017 08:36
Le ministre du Développement Jean-Marie Le Guen accusé de corruption avec le Qatar: "un socialisme à visage humain" symptomatique de la dérive d'une génération

Jean-Marie Le Guen : « Sur la loi travail, l’intransigeance n’est pas du côté du gouvernement " (le 4 juillet 2016, contre les manifestants, les députés et les syndicats qui s'opposaient à la loi travail) 

"Les députés n'en peuvent plus des gauchistes" (2014: à propos des frondeurs qui avaient refusé de voter le budget d'austérité)

Mars 2015: "Les communistes ne fêteront pas leur centenaire" (Jean-Marie Le Guen, dans le grand hebdomadaire progressiste "Paris Match")

Jean-Marie Le Guen, grand spécialiste de l'universalisme républicain version Valls, dans un livre néo-libéral et révisionniste appelé "La gauche qui vient", dénonçait l'islamo-gauchisme de Clémentine Autain, reprenant le vocabulaire des néo-conservateurs partisans du choc des civilisations et de l'islamophobie.

"Il ne suffit pas simplement que l'extrême gauche vote avec la droite pour que ça fasse une politique pour le pays"  

(Jean-Marie Le Guen en 2015, quand les députés communistes, Front de Gauche et Frondeurs s'apprêtent à voter la censure du gouvernement Valls).

En 2014, Jean-Marie Le Guen été accusé de sous-évaluer son patrimoine, équivalent à 2,6 millions de biens immobiliers, et qui était évalué à 700 000 euros. Il est vrai que ce garçon est né dans les beaux quartiers de Paris, comme il se doit avec l'oligarchie au pouvoir, ayant fait ses études au lycée Michelet, puis à Louis le Grand. 

Dans les années 1990, Jean-Marie Le Guen a été impliqué dans le scandale d'enrichissement personnel et d'emplois fictifs de la MNEF, avec Jean-Christophe Cambadélis, Strauss-Kahn, Julien Dray, la belle équipe du PS aux fesses propres, dont beaucoup d'anciens lambertistes ayant intégré les Jeunesses Socialistes et l'UNEF dans les années 80 avec un deal gagnant-gagnant d'intégration dans le système bourgeois de prise de pouvoir sur le pays et ses places enviables par le PS.   

En 2010, Jean-Marie Le Guen demandait avec Manuel Valls, d'accord en cela avec Sarkozy, l'augmentation de la TVA. Jean-Marie Le Guen  a soutenu Strauss-Kahn jusqu'au bout, même après la révélation de l'affaire du Carlton, avant les Présidentielles 2012. 

Jean-Marie Le Guen depuis des années, et encore au gouvernement, est des principaux théoriciens et artisans du social-libéralisme.  

***

 

Selon l'hebdomadaire "Marianne", le ministre du Développement Jean-Marie Le Guen aurait des liens "très particuliers" avec le Qatar. 

 

Après des premières allégations sur des liens supposés entre l'actuel ministre Jean-Marie Le Guen et l'Etat du Qatar, voilà une nouvelle affaire révélée par "Marianne" en kiosques, qui ne devrait pas arranger les affaires de l'actuel secrétaire d'État chargé du Développement et de la Francophonie, et proche de François Hollande.

Les révélations de l'hebdomadaire sont sans ambiguïtés : "de 2015 à 2016, le secrétaire d'Etat chargé des relations avec le Parlement a multiplié les rencontres avec l'ambassadeur du Qatar en France". Il s’agirait de "restaurer l'image de la monarchie du Golfe" contre de fortes sommes d'argent.

Marianne raconte que, quelques semaines après sa nomination au secrétariat d’Etat aux relations avec le Parlement, fin 2015, Jean-Marie Le Guen se serait “démené” pour rencontrer le nouvel ambassadeur du Qatar en France. Ce dernier, nommé en 2014, est chargé de rompre avec les habitudes de son prédécesseur, “trop adepte de la diplomatie du portefeuille”.

Jean-Marie Le Guen l'auraient rencontrée le 1er décembre 2015 explique "Marianne", “pour un dîner chez le secrétaire d'Etat. Le jour J, dans l'après-midi, on informe l'ambassadeur que la rencontre aura finalement lieu chez l'un des "conseillers" de Le Guen, un certain Karim Guellaty, franco-tunisien de 43 ans habitué des coulisses politico-diplomatiques (…) le Qatari accompagné de son épouse et d'un proche, se retrouve à la table de Guellaty. Surprise pour l'ambassadeur, Jean-Marie Le Guen n'est pas accompagné de son épouse mais d'Olivier Spithakis, l'ancien directeur général de la Mutuelle des étudiants de France (Mnef) dans les années 90”. Un homme qui, comme le rappelle "Marianne", a déjà été condamné par la justice.

Toujours selon l’enquête, Le Guen aurait présenté ce qu'il a présenté comme "un projet aux Qataris pour restaurer l’image du pays en France"... contre 45 000 euros.

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5 février 2017 7 05 /02 /février /2017 08:17
Malgré le discours de discrédit du gouverment et ses manoeuvres pour limiter la participation des salariés, la CGT a gagné les élections professionnelles des TPE, avec 10 points d'avance sur la CFDT

SILENCE ! La CGT a gagné les élections professionnelles des TPE...

Les journalistes, les experts, certains responsables politiques et surtout le patronat s'en frottaient les mains d'avance. Et si la CGT perdait les élections des TPE ?
Et pour cela, nous avons pu tous vérifier le professionnalisme du gouvernement pour que les travailleurs des TPE ne puissent pas utiliser leur droit de vote :
Black out total d'information, report des élections au milieu des fêtes de fin d'année... 
Et franchement, plutôt que d'être gavés pendant des semaines du cirque des débats politiques "primaires" qui plus est où les gagnants ne sont même pas sûrs au final de se présenter, on aurait préféré des débats entre les différents représentants syndicaux aux heures de grande écoute !
Mais non, les travailleurs des TPE ont été véritablement méprisé par les médias et le gouvernement.
Il ne faut pas s'en étonné...
Manque de bol pour tout ce beau monde, la CGT arrive en tête !
25 % des travailleurs des TPE qui ont voté ont choisi de voter pour un syndicat dont les militants ont été insulté de voyous, de preneurs d'otages et même de terroristes pendant la mobilisation contre la Loi Travail.
Alors bravo à tous les militants qui ont mené campagne dans l’indifférence générale des médias et grand bras d'honneur à tous ceux qui se réjouissaient d'un recul de la CGT !

 

Communiqué de la CGT: 

Elections TPE

Les salariés des TPE confirment la CGT comme première organisation, à dix points devant la deuxième !

vendredi 3 février 2017

Les résultats des élections de représentativité dans les Très Petites Entreprises confirment la CGT comme première organisation syndicale au plan national.

Les salariés qui se sont exprimés ont choisi de légitimer le syndicalisme CGT, qui propose, conteste, revendique, lutte et négocie ! La CGT sort confortée de cette élection et remercie les électeurs.

Cette satisfaction des résultats ne peut gommer l’amateurisme dont ont fait preuve le gouvernement et les services du Ministère du Travail tout au long du processus électoral.

Ils portent notamment la responsabilité du faible taux de participation des salariés à l’élection.

Alors que 4,6 millions de salariés étaient concernés par l’élection, aucune communication digne de ce nom dans les médias n’aura été organisée afin d’informer, sensibiliser et favoriser leur expression.

La CGT dénonce le gouvernement et ses services qui auront jalonné d’embuches l’élection des salariés des TPE comme par exemple le report des élections pendant les fêtes de fin d’année.

Le choix de permettre la participation de listes syndicales pourtant dans l’incapacité de représenter les salariés dans les commissions paritaires qui vont se mettre en place démontre que loin de l’affichage, la prise en compte de l’expression des salariés des TPE sur leurs besoins, leurs revendications n’intéressent que peu le gouvernement !

Les salariés ont amené la meilleure des réponses, celle de placer en tête et loin devant la CGT avec un résultat de 25,12% devant la CFDT à 15,44%.

Ces résultats confèrent de grandes responsabilités à la CGT, qui, forte de ce résultat, réaffirme son engagement auprès des salariés des TPE pour, avec eux, exiger des avancées réelles en matière sociale.

La CGT mesure les efforts de déploiement à réaliser pour mieux représenter les salariés des TPE, leur donner plus de place encore dans le syndicalisme CGT, le syndicalisme de tous les salariés.

Montreuil, le 3 février 2017

Réaction de Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, aux résultats des élections TPE qui place la CGT en première position.

Elections dans les TPE : la CGT recule mais reste en tête

L’UNSA réalise une percée spectaculaire à l’issue du scrutin organisé dans les très petites entreprises, marqué par une abstention record, de plus de 92 %.

La CGT reste le syndicat numéro un parmi les salariés des très petites entreprises (TPE), mais sa position s’effrite, tout comme celles de la CFDT et de FO, tandis que l’UNSA réalise une percée spectaculaire. Tel est le verdict des élections dans les TPE, dont les résultats ont été dévoilés, vendredi 3 février, par le ministère du travail.

La centrale de Philippe Martinez engrange 25,12 % des voix, soit 4,4 points de moins par rapport au scrutin de 2012. Arrivent ensuite la CFDT, avec 15,49 % (– 3,77), et FO, créditée de 13,01 % des suffrages (– 2,2). L’UNSA talonne l’organisation dirigée par Jean-Claude Mailly avec 12,49 % des voix, soit un bond de 5,14 points. Une jolie performance que son secrétaire général, Luc Bérille, impute à deux facteurs : la campagne « dynamique » que l’UNSA a conduite et l’aide qu’elle apporte aux salariés des TPE. La CFTC se classe cinquième (7,44 % des suffrages, en progression de près d’un point), devant Solidaires (3,5 %, soit 1,25 point de moins). Six autres organisations se partagent les voix restantes, parmi lesquelles la CNT et les Syndicats antiprécarité (SAP).

« Il n’y a pas vraiment de signification politique à ce vote, estime Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT. Ceux qui étaient contre la loi travail ont baissé. Nous qui la soutenions avons baissé aussi. » Un constat partagé par Dominique Andolfatto, professeur desciences politiques à l’université de Bourgogne : « Les trois principales organisations sont en net reflux par rapport à 2012, observe-t-il. Il n’y a pas d’écarts sensibles dans les évolutions entre celles qui ont soutenu entre la loi El Khomri et celles qui l’ont combattue. Le recul le plus important concerne Solidaires, qui perd près de la moitié de son audience en voix de 2012. »

La CGT conserve donc son « leadership », mais celui-ci s’avère « très relatif », ajoute Dominique Andolfatto, puisque le nombre de voix qu’elle a recueilli correspond à « 1,8 % » des effectifs travaillant dans les TPE et pour des particuliers-employeurs. Ce sont l’UNSA, la CFTC et la CFE-CGC qui « maintiennent le mieux leurs positions, probablement grâce à un travail de terrain en direction de “niches” ou de catégories qui leur sont fidèles et les apprécient », juge Dominique Andolfatto.

Douze organisations étaient en lice, contre neuf en 2012, ce qui a contribué à éparpiller l’expression des suffrages.

 

Participation de 7,35 %

Sans surprise, la participation a été extrêmement faible : 7,35 %, soit trois points de moins par rapport à 2012. Le fait que la consultation, initialement prévue à la fin de novembre et au début de décembre 2016, ait été repoussée de plusieurs semaines et qu’elle débute durant la période des congés de Noël, a sans doute nourri cette abstention record. « Cela interroge sur la nature même du scrutin qui est manifestement en décalage avec les salariés concernés, commente Dominique Andolfatto. On a plaqué sur les TPE un modèle électoral dont ils ne veulent pas ou qui ne les intéresse pas. La démocratie sociale imposée par le haut ne fonctionne pas. »

Dès lors, s’interroge-t-il, « peut-on encore parler d’organisations syndicales représentatives », compte tenu du petit nombre de suffrages qu’elles ont récolté ? La question se pose aussi pour les commissions paritaires régionales interprofessionnelles (CPRI), qui seront mises en place l’été prochain et dont les représentants syndicaux sont désignés sur la base de cette élection : « Quelle sera leur légitimité ? Elles étaient censées offrir un enjeu concret à cette élection et stimuler la participation. » Les CPRI ont notamment pour mission d’informer les salariés des TPE et d’intervenir, le cas échéant, dans la résolution de litiges.

Les résultats rendus publics vendredi seront ajoutés à ceux des élections professionnelles dans les entreprises d’au moins onze salariés, qui ont eu lieu entre le début et la fin de 2016. Une fois mis bout à bout, ils permettront de déterminer, à la fin de mars, les syndicats représentatifs au niveau national et interprofessionnel, ainsi que dans plusieurs centaines de branches. La CFDT espère ravir à la CGT la place de numéro un.

Article du Monde,  Par  3 février 2017

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5 février 2017 7 05 /02 /février /2017 08:06
Chantal Mouffe, la philosophe politique belge qui inspire Podemos et Jean-Luc Mélenchon ( portrait de Mathieu Dejean et David Doucet dans "Les Inrockuptibles", 25 janvier 2017)
Chantal Mouffe, la philosophe politique belge qui inspire Podemos et Jean-Luc Mélenchon ( portrait de Mathieu Dejean et David Doucet dans "Les Inrockuptibles", 25 janvier 2017)
Chantal Mouffe, la philosophe politique belge qui inspire Podemos et Jean-Luc Mélenchon ( portrait de Mathieu Dejean et David Doucet dans "Les Inrockuptibles", 25 janvier 2017)
Chantal Mouffe, la philosophe politique belge qui inspire Podemos et Jean-Luc Mélenchon ( portrait de Mathieu Dejean et David Doucet dans "Les Inrockuptibles", 25 janvier 2017)
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5 février 2017 7 05 /02 /février /2017 08:00
Paul Bouffartigue en quête des classes populaires: « Les classes populaires ne sont pas seulement dominées, elles agissent » (L'Humanité, 3 février 2017)

Dans un essai politique intitulé En quête des classes populaires, le sociologue,avec d’autres chercheurs en sciences sociales, souligne les évolutions d’appartenance au sein des groupes sociaux. Et s’il s’inscrit dans la lutte des classes, il insiste sur la nécessité de tenir compte des nouvelles formes d’autonomisation culturelle.

Pourquoi présentez-vous, avec d’autres sociologues, votre ouvrage,En quête des classes populaires (1), comme « un essai politique » ?

Paul Bouffartigue Nous ne voulions pas faire un nouvel ouvrage savant sur le sujet. On s’engage sur un certain nombre d’idées. La première concerne le passage de la notion de « classe ouvrière » à celle de « classes populaires ». Cela ne va pas de soi et soulève toute une série de questions. « Classes », et non pas milieux, catégories ou couches populaires : nous y tenons. Pour autant, nous ne considérons pas forcément cette notion de classes populaires comme idéale. L’utiliser de manière non critique est insuffisant. Si l’on se contente de définir les classes populaires comme les catégories sociales du bas de l’échelle, avec au-dessus les classes moyennes et encore au-dessus les classes supérieures, on évacue la réflexion en termes de rapport de classe et de lutte de classes. Les classes populaires ne sont pas seulement dominées, elles réagissent et agissent. Et là, nous prenons à rebours une vision académique dominante. C’est en cela que c’est un essai politique. Ce qui nous intéresse, c’est bien la dimension politique et pas seulement sociologique de la déconstruction et de la reconstruction des classes. Dans le même temps, nous n’avons pas trouvé beaucoup mieux que « classes populaires » pour parler de cet espace social. Et surtout, cela permet de ne pas parler que des « classes moyennes », comme le fait le discours politique, médiatique.

C’est aussi vrai de la sociologie ?

Paul Bouffartigue Ici il faut relativiser, compte tenu de l’influence de la sociologie critique. On trouvera peu de sociologues pour soutenir un diagnostic de « moyennisation sociale ». En revanche, c’est loin d’être gagné dans l’espace politique et médiatique, où l’on n’évoque quasiment que les classes moyennes, avec une définition très extensive : presque tout le monde en fait partie… sauf les « exclus ». Nous combattons cette vision.

Où vos travaux se situent-ils par rapport aux autres recherches en sociologie ?

Paul Bouffartigue L’approche des milieux populaires est très marquée par la pensée de Pierre Bourdieu, par rapport à laquelle, inscrits dans la filiation marxiste, nous nous situons en affinité critique. Avec le sociologue Olivier Schwartz, nous considérons, certes, que ce sont des catégories dominées dans une série d’aspects de leur existence, mais qui ont toujours certaines ressources d’autonomie culturelle. Pourtant il faut se demander, avec l’allongement de la scolarisation des enfants des catégories populaires ou encore avec les transformations des conditions d’existence, que reste-t-il de cette autonomie culturelle ? Ainsi, nous allons plus loin, en affirmant qu’au-delà des formes d’autonomie culturelle, il y a des formes de résistance et de réappropriation des conditions de vie qui ont à voir avec la lutte des classes et qui ont des implications politiques. C’est là que nous introduisons avec Denis Merklen la notion de « politicité ». Il s’agit d’essayer de comprendre que, pas davantage que dans les autres classes d’ailleurs, on serait d’abord socialisé avant de rencontrer la politique. Cette notion permet d’appréhender des conduites et des comportements autrement qu’à partir d’un ethnocentrisme de classe amenant, par exemple, à décréter que les gens qui ne votent pas sont extérieurs à la politique. Or il y a des tas de pratiques populaires à dimension politique. Ce sont en particulier des formes de violence voire d’illégalisme qui ont toujours existé dans ces classes, mais que l’on voit réapparaître plus clairement aujourd’hui.

Vous voyez même dans ces pratiques une recherche de collectif ?

Paul Bouffartigue Dans le passage de la notion de classe ouvrière à celle de classes populaires, il y a le passage de l’unité (« la ») à la pluralité (« les »). Et, en même temps, l’effacement d’un acteur politique. Car parler de classe ouvrière c’est parler d’un ensemble d’institutions politiques qui lui assuraient une visibilité et une représentation fortes sur la scène sociale et politique. Dans le cas de la France, en particulier au travers de la CGT et du Parti communiste, entre les années 1930 et 1960. La grande transformation, c’est d’abord l’affaiblissement drastique de ce mouvement ouvrier. Affaiblissement dû à l’offensive néolibérale et à la déstructuration du groupe ouvrier. Mais nous invitons aussi au retour critique sur les fragilités propres au mouvement ouvrier, d’ordres politique et culturel. La critique du travail, du productivisme, du consumérisme et des phénomènes de délégation de pouvoir y a longtemps été refoulée, et les groupes les plus exploités – immigrés, femmes – sous-représentés. Mais comme la lutte des classes est plus que jamais à l’œuvre, il faut essayer de regarder aujourd’hui les classes opprimées avec de nouvelles lunettes afin de repérer quelles sont ses nouvelles manifestations.

Dans le monde du travail, des transformations profondes sont à l’œuvre. Quelles sont-elles et qu’entraînent-elles ?

Paul Bouffartigue Les classes populaires, ce ne sont pas seulement les habitants des banlieues ou des cités populaires. Elles sont présentes aussi dans des centres-villes, dans les petites villes, dans les zones rurales, etc. Les classes populaires, ce sont d’abord les mondes du travail ouvrier et employé, en gros la moitié de la population. Il existe aussi de nombreuses catégories sociales qui en relèvent ou s’en rapprochent. D’ailleurs même à l’époque de l’hégémonie de la classe ouvrière sur les mondes populaires, l’ouvrier d’usine des grandes concentrations industrielles était loin d’épuiser la réalité du monde du travail. Aujourd’hui, les ouvriers sont dispersés dans une multitude de petites entreprises sous-traitantes. D’ailleurs, une grande partie d’ouvriers sont aujourd’hui recensés dans le tertiaire (maintenance, logistique, transports, commerce, etc.).

Mais qui sont alors les ouvriers et les employés d’aujourd’hui ?

Paul Bouffartigue Les frontières entre les cols bleus et les cols blancs ont explosé, dans les contenus du travail mais aussi dans les parcours professionnels. Il y a une convergence dans les conditions matérielles objectives de travail entre production et services. Anciennes et nouvelles formes d’oppressions et de pénibilités se superposent : la précarité s’ajoute à la faiblesse des salaires, la pénibilité physique, l’allongement de la durée du travail, les pressions psychiques, les tensions avec le public, l’appel à la responsabilité, etc. Dans ce contexte, il est souvent bien plus difficile de faire grève. Reste que les formes de contestation et d’action revendicatives sont nombreuses et évoluent : refus des heures supplémentaires, pétitions, délégations auprès de la direction, mais aussi démissions, absentéisme, etc.

Quelle est aujourd’hui la « figure du peuple réel » composant les classes populaires ?

Paul Bouffartigue On peut partir de la manière dont le genre construit ces classes populaires. Les ouvriers sont majoritairement des hommes, et les femmes des employés. Pour relativiser les mouvements de polarisation entre précaires et moins précaires – indéniables par ailleurs –, il suffit de savoir que très souvent un homme ayant un emploi stable vit avec une femme qui est davantage exposée à la précarité. Inversement, les divisions ont une forte dimension spatiale. Au-delà, avec l’affaiblissement des organisations collectives des classes populaires, toutes les logiques de différenciation et de divisions se renforcent, cultivées et entretenues notamment par les formations politiques de droite et d’extrême droite. Olivier Schwartz parle d’une conscience tripolaire de classe. Là où la conscience de classe opposait le « nous », en bas, aux « eux », les puissants, ceux d’en haut, le « nous » ne s’oppose plus seulement à « ceux d’en haut », mais à ceux qui sont encore plus pauvres, moins méritants, vus comme « assistés » et/ou ceux dont la couleur de peau est plus sombre. Pour autant, il ne faut pas survaloriser conflits et tensions, occulter les pratiques de solidarité qui existent au quotidien et sous-estimer l’existence de nouvelles formes d’autonomie culturelle, comme on en trouve dans le rap.

Ces nouvelles formes incluent-elles la dénonciation de l’exploitation et de tous les rapports de domination ?

Paul Bouffartigue Le risque est d’avaliser le passage du couple « classe ouvrière »/« exploitation » à celui de « classes populaires »/« domination », avec la grande influence en sociologie de la pensée de Bourdieu. Mais comment lutter contre la (ou les) domination(s) si on ne voit qu’elle(s) ? Sans parler du concept, qui peut même être très politiquement correct, de discriminations. Le nombre de groupes discriminés est sans limite. Elles peuvent être liées au genre, au faciès, à l’âge, à des handicaps, aux orientations sexuelles, etc. Des luttes éclatées contre les discriminations peuvent entretenir la division des classes populaires. Je ne nie pas la réalité de ces multiples discriminations. Mais sur le plan théorique et politique, il faut réhabiliter la critique de l’exploitation et du capitalisme, qui sont la base de toutes ces divisions. En tenant compte des transformations du capitalisme, telle l’abstraction de l’exploitation liée à la financiarisation. Comment y parvenir à partir de la pluralité des classes populaires et des expériences des oppressions et de l’exploitation ? Cela reste un vaste chantier.

Dans ce chantier, vous identifiez des résistances, quelles sont-elles ?

Paul Bouffartigue Il est important de voir d’abord les résistances existantes, y compris lorsqu’elles nous dérangent, qu’elles prennent des formes violentes. Ensuite, dans les catégories les plus dominées ou opprimées, des luttes parfois spectaculaires se développent : femmes de ménage de l’hôtellerie, travailleurs sans papiers, VTC, jeunes de la restauration rapide, etc. Une fois que l’on a pris au sérieux ce constat, il faut voir comment fédérer et organiser ces luttes. C’est une question qui se pose dans le mouvement syndical. Elle se pose sans doute trop peu du côté des forces politiques qui prétendent représenter ces classes populaires, comme l’a montré Julian Mischi à propos du Parti communiste. La balle est dans le camp des forces qui ambitionnent toujours de changer la société. Pourquoi la place n’est pas suffisamment faite, dans l’ancienne matrice de gauche, à ces nouvelles cultures politiques, de luttes et de résistances ? Ce livre invite à travailler ces questions car nous ne faisons pas le deuil de la représentation politique des classes populaires.

À quelles conditions peut-on arriver à faire émerger des alternatives ?

Paul Bouffartigue C’est la question de la reconstruction d’un projet alternatif et mobilisateur. Il faut donc à la fois promouvoir, bien sûr, la rencontre dans différents espaces entre les acteurs des luttes et la politique, leur laisser une place mais aussi mener le travail sur l’alternative, comme le rappelle Roger Martelli, qui parle de « refaire peuple ». Cela invite au débat avec les théoriciens d’un « populisme de gauche », Ernesto Laclau et Chantal Mouffe. Contre ceux qui tentent de constituer le peuple contre l’étranger, il s’agirait de le constituer – et d’abord par l’alliance des classes populaires et des classes moyennes – contre l’oligarchie financière. Le mouvement altermondialiste, en s’efforçant de relier les enjeux planétaires, environnementaux, de santé publique et les enjeux du travail, de droits économiques et sociaux, a posé les jalons d’un espace de convergence. Ce qui est intéressant dans la notion de peuple, c’est justement sa dimension à géométrie variable. Le peuple, comme les classes, sont des constructions politiques.

(1) En quête des classes populaires, un essai politique, de Sophie Béroud, Paul Bouffartigue, Henri Eckert et Denis Merklen. Éditions la Dispute, 216 pages, 20 euros.
Un sociologue du travail

Du monde ouvrier, autour des aciéries de Fos (Bouches-du-Rhône) des années 1970, des conditions d’existence des ingénieurs jusqu’au travail précaire, Paul Bouffartigue est un sociologue qui n’a jamais déserté le terrain de la lutte des classes. Après des études de sociologie à Caen puis à Aix-en-Provence, il obtient son doctorat en 1982 et est habilité à diriger les recherches depuis 1997. Auteur de nombreuses publications, il est directeur de recherche au CNRS au Laboratoire d’économie et de sociologie du travail (Lest), à Marseille.

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5 février 2017 7 05 /02 /février /2017 07:54
Education: quand le patronat veut réécrire les programmes scolaires (L'Humanité, 1er février 2017)

Éducation. Quand le patronat veut réécrire les programmes scolaires

ADRIEN ROUCHALEOU
MERCREDI, 1 FÉVRIER, 2017
L'HUMANITÉ

L’Académie des sciences morales et politiques, proche du patronat, dénonce une « influence marxiste » sur l’enseignement des sciences économiques et sociales et regrette que l’entreprise n’y soit pas présentée avec assez « d’optimisme ».

L’économie doit-elle être la science des patrons ? Malgré la foisonnante diversité des écoles théoriques, certains en sont persuadés et tentent de peser de tout leur considérable poids pour imposer leurs vues. C’est ainsi que s’est tenu lundi, entre les boiseries du somptueux palais de l’Institut de France, un singulier colloque sur « L’enseignement des sciences économiques et sociales » au lycée. Autant le dire tout de suite : des sciences sociales, il ne fut point question.

Le colloque était organisé par l’Académie des sciences morales et politiques (ASMP), présidée par Michel Pébereau, celui qui, inspecteur général des finances, pilota la privatisation de BNP Paribas avant d’en devenir le PDG. Parmi les intervenants : Yann Coatanlem, président du Club Praxis, un think tank ultralibéral ; Jean Peyrelevade, ancien président du Crédit lyonnais, de la banque Stern, de Suez et toujours dirigeant de nombreux groupes comme Bouygues ou KLM ; ou encore Sabine de Beaulieu, présidente de l’association Jeunesse et entreprises... L’Académie ne semble pas se préoccuper de pluralisme.

« Pourquoi ne pas laisser Marx au programme d’histoire ? »

D’ailleurs, elle ne s’en cache pas vraiment. Le but du colloque ce lundi était d’établir un « diagnostic » des programmes de sciences économiques au lycée, avant un deuxième, fin février, qui en proposera une réorientation. Or, ce « diagnostic » ne s’embarrasse pas de subtilités. Yann Coatanlem, par exemple, regrette que les manuels scolaires continuent de parler du « concept dépassé » qu’est selon lui celui de « classe sociale ». Lors du colloque, il s’explique : « Qui parle encore aujourd’hui de classes sociales ? La précarité peut arriver à tous. » Et il s’interroge : « Doit-on parler de Marx ? Pourquoi ne pas le laisser au programme d’histoire ? »

Sabine de Beaulieu estime, pour sa part, que les programmes d’économie devraient « donner une image plus positive de l’entreprise ». Et même si certains se montrent bien moins sévères, à l’image de la présidente du Conseil d’analyse économique, Agnès Bénassy-Quéré, ou du professeur de l’université d’Oxford, Kevin O’Rourke, « impressionné » par la qualité des manuels français, au moment de faire la synthèse des débats, Bernard Salanié, de l’université de Columbia aux États-Unis, souligne le « négativisme implicite » des manuels scolaires « face aux enjeux de la société moderne » et regrette, entre autres, que « les manuels insistent sur les faiblesses des marchés, mais ne parlent que peu de leurs avantages »...

On pourrait se dire, après tout, qu’il ne s’agit-là que de prises de position peu surprenantes de la part de l’Académie, dont la « section économie politique, statistiques et finance » est connue pour être très proche des milieux patronaux (on y trouve, outre Michel Pébereau, Denis Kessler, ancien vice-président du Medef, ou Yvon Gattaz, ancien président du CNPF, et père de son successeur Pierre...). Sauf que l’organisation de ce colloque rappelle un précédent. En 2008, juste après l’élection de Nicolas Sarkozy, la même Académie avait déjà travaillé un rapport sur la même thématique. Rapport qui avait fortement influencé la réforme des programmes menée en 2010 par Luc Chatel.

À l’approche de l’élection présidentielle, l’Académie tenterait-elle de rejouer le même coup ? Il n’y a, en tout cas, aucun doute sur le fait que le patronat mène sur le sujet une véritable campagne. En septembre, le même Michel Pébereau avait déjà lancé les hostilités en se retirant du Conseil national éducation-économie (CNEE), avec toute la composante patronale de l’organisme, pour protester contre un allégement – pourtant plus que nécessaire – des programmes qui avait vu l’enseignement d’un chapitre sur le fonctionnement des marchés en seconde devenir facultatif. Par cette démission, le patronat force le CNEE à repousser de deux mois la parution d’un rapport élaboré avec le Conseil supérieur des programmes sur l’ensemble de l’enseignement des sciences économiques et sociales. Pour le président du CNEE, Pierre Ferracci, « certains ont imaginé que l’avis du CSP et du CNEE ne pourrait pas sortir avant l’élection présidentielle et qu’on ne retiendrait donc que celui de l’ASMP ». Peine perdue, selon Ferracci, le rapport du CSP et du CNEE sera publié au plus tard début avril.

 

Un enseignement  déjà menacé
C’est en 1966 que les  sciences économiques et sociales font leur apparition au lycée. À l’époque, cet enseignement est pensé dans l’interdisciplinarité :
économie, sociologie, histoire, sciences politiques sont mobilisées autour des questions de société. Une conception régulièrement battue en brèche
avec l’essor de l’idéologie néolibérale, qui rêve d’un enseignement de la « science économique » dure.
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5 février 2017 7 05 /02 /février /2017 07:50
Emeutes fascistes des Ligues nationalistes place de la Concorde à Paris, 6 février 1934

Emeutes fascistes des Ligues nationalistes place de la Concorde à Paris, 6 février 1934

6 février 1934 Émeute fasciste, 
réponses antifascistes

VINCENT CHAMBARLHAC
ET THIERRY HOHL,
JEUDI, 6 FÉVRIER, 2014
L'HUMANITÉ

Parlement pourri, politiciens véreux, régime corrompu… Les mots d’ordre claquent à Paris le 6 février 1934. Place de la Concorde convergent les ligues, toutes situées à l’extrême droite, sinon exactement fascistes.

Aux côtés des ligues manifestent des Parisiens issus d’une mouvance plus large où l’apolitisme déguise peu la haine du régime : la Fédération nationale des contribuables, le Comité de salut économique… Une part de militants de l’Arac, association d’anciens combattants proche du Parti communiste, participent à la manifestation, pensant hâter la décomposition d’une République vilipendée car marquée par sa défense de l’ordre social. C’est là un jour de colère trouble. Des mécontents s’agrègent, dont le plus petit dénominateur à l’extrême droite est l’aspiration à une solution autoritaire, comme à Rome ou à Berlin. Au soir d’affrontements violents, le sang coule (15 morts, plus de 1 500 blessés à la fin de la journée). Certains manifestants tentent de prendre d’assaut le Palais-Bourbon. Les forces de police, et le départ des Croix-de-feu, font échouer cette tentative de coup d’État. Au lendemain du 6, le gouvernement tombe.

Un climat a préparé l’émeute. Dès janvier, des manifestations de l’Action française agitent la capitale. Rapporteur de la commission d’enquête parlementaire sur le 
6 février 1934, Laurent Bonnevay, député du Rhône, signale « le chiffre de 2 000 arrestations, les dégâts sur la voie publique, les agents blessés ». La violence sourde, entretenue par l’extrême droite, se nourrit d’une crise de régime. L’affaire Stavisky place la corruption politique en une ; l’éditorial de l’Humanité du 5 janvier 1934 interpelle le président du Conseil : « Votre inflexible rigueur, Monsieur Chautemps, atteindra-t-elle ministres et députés complices de Stavisky ? »

La montée du chômage lamine la crédibilité politique. Mais le 6 février se comprend aussi dans une séquence européenne, celle du fascisme en Italie depuis 1922, de l’Allemagne depuis peu, d’une guerre civile imminente en Autriche… La montée de régimes autoritaires protofascistes renforce ce sentiment. L’hypothèse d’un coup d’État fasciste avorté s’impose aux gauches.

Celles-ci (radicales, socialistes, communistes, dissidences du communisme) sont divisées, antagonistes. Pour le mouvement communiste l’heure est à la dénonciation des socialistes, complices passifs de la montée du fascisme. Pour le PS-SFIO, aucune alliance n’est possible avec le frère ennemi, devenu extérieur au système républicain. La division nourrit les initiatives dispersées de réponses à la menace fasciste.

Les communistes manifestent seuls le 9 février, donnant l’opportunité à Jacques Doriot, alors rival de Maurice Thorez, de s’illustrer dans les combats de rue avec les fascistes. La veille, autour de la CGT « réformiste », s’impose l’idée d’une grève unitaire et d’une manifestation, prise en charge par les partis, le 12 février. L’ensemble serait réponse à la menace. Tous s’y rallient, parfois du bout des lèvres – le PC appelle à descendre dans la rue le 12 février sur ses mots d’ordre. La réplique s’effectuera en défilés distincts.

La surprise vient alors, contre les appareils, d’une unité retrouvée à la base, que symbolise la fusion des cortèges parisiens place de la Nation. À l’Ouest parisien d’extrême droite, répond l’Est, unitaire et antifasciste. Paris n’est pas la France : en province, plus d’une trentaine de défilés anticipent le 12 février, marquant l’élan unitaire. L’antifascisme de masse naît comme une émotion imposant l’unité contre la division des partis, des organisations. Un front s’ébauche patiemment pendant tout le printemps 1934 par la forme souple du comité antifasciste, où tous, dans la diversité des appartenances politiques et syndicales, se rejoignent.

Devant l’émeute, les gauches répondent dans la dispersion puis l’unité, affirment la souveraineté populaire. Le factieux est à droite, à l’extrême droite. Les gauches réaffirment une République ancrée dans la possibilité révolutionnaire. La surprise de l’unité rend pensable une nouvelle déclinaison, plus sociale, du pacte républicain. L’antifascisme de masse, constitué dans la rue s’avère, malgré la variété des représentations du danger fasciste, le liant d’une nouvelle alliance imposée aux gauches.

« Journée réactionnaire », le 6 février est une date aujourd’hui encore mobilisée dans les discours d’extrême droite contemporains. « Journée antifasciste », le 12 février fait histoire, à condition d’en rappeler la mémoire.

historiens, 
université de Bourgogne.

Auteurs de 1934-1936, Un moment antifasciste, éditions la Ville brûle, 2014, 144 pages, 15 euros.

 

Lire aussi: 

Le Front Populaire dans le Finistère: C'était 1936, le Front Populaire vu de Bretagne

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4 février 2017 6 04 /02 /février /2017 19:16
L'Europe décide de refouler les migrants en Libye

L'Europe décide de refouler les migrants en Libye

Cachez et contenez loin de moi cette misère d'hommes en trop que je ne saurais voir et secourir... Qu'importe les milliers de témoignages sur les traitements inhumains endurés par des migrants africains en Libye. Juste lamentable: qu'on ne nous parle plus des Valeurs Universelles qui fondent l'Union Européenne...    

Hier encore des migrants sont morts de froid à Calais dans un fossé... 

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4 février 2017 6 04 /02 /février /2017 17:46

Je suis intervenu essentiellement à deux reprises: 

- A 16 minutes 35 (intervention de 5 minutes): au moment des commentaires sur la réponse aux préconisations de la cour régionale des comptes, pour une augmentation du budget du théâtre pouvant passer par une prise de compétence sur le théâtre par Morlaix Communauté. 

- A 1h20, sur la présentation du bilan social 2015 concernant les personnels de la ville (effectifs, évolution des postes, proportion d'emplois de titulaires et de CDD, titularisations, formations des personnels, congés maladies et congés divers pris par les salariés): intervention de 7 minutes. 

La ville a un taux de personnels précaires de 27% sur 358 agents recensés. En 2015, il y a eu 5 agents titulaires en moins et - 13% d'agents (titulaires et CDD) en tout par rapport à l'année précédente. Un nombre de jours pris en congés maladie qui interrogent sur une relation dégradée au travail, à sa relation au travail, aux relations sociales à la ville.  

Ismaël Dupont  

 

Lire aussi: 

Conseil Municipal de Morlaix du 23 janvier 2017 (revue de presse)

"A quand la rupture?" Tribune des élus de l'opposition de gauche à Morlaix pour le prochain Morlaix Mag

Une soixantaine d'agents de la ville de Morlaix ont manifesté hier, mardi 31 janvier, en mairie pour protester contre la sanction infligée à un collègue dans le cadre d'un différend avec un supérieur hiérarchique et pour remettre en cause plus globalement la gestion des personnels à la ville de Morlaix

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4 février 2017 6 04 /02 /février /2017 17:36
Chômage, précarité: halte aux idées reçues. Projection du film de Ken Loach "Moi Daniel Blake" au Cinéma Les Studios à Brest le 9 février, suivi d'un débat

L’HUMANITE

Jeudi 2 Février 2017

Cyprien Boganda

 

 

La culpabilisation des chômeurs, c'est presque devenu un sport national : à droite, comme dans une partie de la gauche, on accable les demandeurs d'emploi ­ et les précaires en général ­ à grand renfort de caricatures. Un petit livre, préfacé par le réalisateur Ken Loach, entend démonter les clichés un à un (1). Florilège.

95% des chômeurs perçoivent moins de 2000 euros par mois et 50% moins de 995 euros. De quoi relativiser...

 

« LES CHÔMEURS NE FONT RIEN POUR TROUVER DU BOULOT... »

Ah, le bon vieux cliché du chômeur oisif, avachi sur son canapé... Usé jusqu'à la corde mais régulièrement ressorti du carton, ce lieu commun permet de justifier le « salutaire » flicage des demandeurs d'emploi. François Rebsamen, ancien ministre du Travail socialiste, n'a pas hésité à s'en servir pour légitimer sa chasse aux fraudeurs. Et puisqu'un bobard chiffré semble toujours plus solide, les obsédés du flicage agitent souvent le chiffon rouge des offres d'emploi non pourvues, dont le nombre varie selon l'orateur. La preuve, selon eux, que les chômeurs ne se donnent pas les moyens de décrocher un poste. En février 2016, Pôle emploi a fini par démonter le mythe, chiffres à l'appui. En 2015, l'organisme n'a comptabilisé que 190 000 offres non pourvues (bien loin des 400 000 citées parfois). Cette notion, rappelle l'étude, « recouvre, d'une part, les abandons, parce que l'employeur n'a pas trouvé le candidat adéquat ; d'autre part, les offres pour lesquelles aucun candidat n'a été retenu, sans pour autant que l'employeur ait définitivement abandonné ». Au final, seules 43 000 offres ont été annulées par les patrons. Et seulement la moitié d'entre elles (un peu plus de 20 000), faute de candidats ! « Non, les chômeurs ne sont pas responsables de la situation et les accuser de ne pas chercher à retrouver un emploi est une ineptie », concluent les auteurs de « Halte aux idées reçues ».

 

« LE CHÔMAGE ? LA FAUTE AU DROIT DU TRAVAIL ! »

C'est un grand classique, maintes fois démenti par les faits, mais toujours d'actualité. Le Code du travail empêcherait, par ses lourdeurs, la création d'emplois. Le livre s'emploie à réfuter cet argument vieux comme le capitalisme, utilisé sans discrimination à droite comme à gauche (la loi travail découle de cette croyance). Après avoir souligné que l'OCDE elle-même reconnaît la difficulté d'établir un lien mécanique entre droit du travail et taux d'emploi, les auteurs reviennent sur trente ans de flexibilisation.

 « Depuis les années 1970, le système de droit social français s'est doté de possibilités de dérogations : travail à temps partiel, annualisation, contrats dérogatoires, par exemple. » Autant de réformes qui n'ont pas empêché la courbe du chômage de grimper... mais qui ont en réalité complexifié le droit du travail.

Exemple parmi d'autres : « Il existe plus de 24 contrats de travail différents, du CDI aux différents CDD en passant par le contrat de travail intermittent, le contrat unique d'insertion, le contrat de professionnalisation, l'intérim... »

 

« POUR TOUCHER LEUR RSA, LES ALLOCATAIRES DEVRAIENT TRAVAILLER QUELQUES HEURES »

Toujours en guerre contre l'« assistanat », la droite propose régulièrement d'obliger les bénéficiaires du RSA à travailler gratuitement. Une mesure purement électoraliste, qui renvoie implicitement à l'inactivité supposée des demandeurs d'emploi... Mais les chômeurs sont-ils réellement inactifs ? « Évidemment, non », répondent les auteurs du livre, qui donnent la liste des tâches remplies au quotidien par les demandeurs d'emploi : activités domestiques, bénévolat, garde d'enfants, bricolage, soutien scolaire... autant d'activités indispensables à la société mais non comptabilisées dans le PIB. Par ailleurs, les zélateurs du bénévolat forcé oublient que... le travail contraint est illégal. « Nous nous référons aux articles 1 et 2 du préambule de la Convention concernant le travail forcé ou obligatoire de l'Organisation internationale du travail (OIT) », écrivent les auteurs (2). Avant de conclure : « Personne ne comprend d'ailleurs à quelles sortes de "travaux" pourraient être assignés les chômeurs sinon à leur faire faire des tâches que font normalement des salariés régulièrement employés dans une entreprise ou un service public, sans pouvoir bénéficier d'un statut correspondant ! Ou bien à leur faire faire des travaux inutiles, dénués de sens, pénibles ou dégradants... »

 

« LES CHÔMEURS SONT TROP INDEMNISÉS ! »

Cette inusable ritournelle sert souvent de justification à l'éventuelle baisse ou dégressivité des allocations chômage. Problème : cette croyance relève avant tout d'une méconnaissance profonde de la situation réelle des demandeurs d'emploi, soulignent les auteurs de « Halte aux idées reçues ». Les chiffres publiés par Pôle emploi (juin 2015) sont formels : 95 % des chômeurs perçoivent moins de 2 000 euros net par mois et 50 % touchent moins de 995 euros. De quoi relativiser... Quant aux fameux allocataires rois qui perçoivent l'allocation maximale, soit plus de 6 300 euros par mois, ils ne sont qu'un millier dans toute la France ! Les auteurs du livre ne se limitent pas au constat : « Nous revendiquons l'indemnisation de toutes les formes de chômage et le développement et la gratuité de services publics et accessibles sur tout le territoire : éducation, transports, cantine, santé, etc. Le partage des richesses commence par là. »

 

« LE CHÔMAGE, C'EST LA FAUTE AUX ÉTRANGERS ! »

Une dernière pour la route. En tant que cliché préféré du Front national (et de plus en plus de responsables politiques), il méritait de figurer en bonne place dans « Halte aux idées reçues ». De nombreux travaux d'économistes ont démontré l'absence de lien entre immigration et chômage, mais, pour prouver que les étrangers ne « volent pas le pain des Français », peut-être faut-il commencer par cette évidence :

« Les immigrés ­ non ressortissants de l'Union européenne ­ ont environ deux fois moins de chance qu'un "natif" de décrocher un emploi. Cela s'explique notamment par un moindre niveau de qualification. » Mais alors, quels sont les emplois occupés principalement par les migrants ? « Ce n'est un mystère pour personne, répondent les auteurs : une bonne partie des emplois qui ne trouvent pas preneur, ceux qui offrent des conditions de travail pénibles, des salaires peu attractifs, des temps partiels et des horaires discontinus : BTP, hôtellerie-restauration, sécurité, nettoyage... » Rappelons pour finir que, depuis quarante ans, le pourcentage d'immigrés dans la population totale n'a quasiment pas bougé (autour de 8 %), alors que le taux de chômage a été multiplié par trois.

 

 (1) « Chômage, précarité, halte aux idées reçues », coordonné par Jean-François Yon et préfacé par Ken Loach, est écrit par une vingtaine de syndicats et associations dont Agir contre le chômage !, ATD Quart Monde, Attac, CGT, CFE-CGC, France Terre d'asile... Éditions de l'Atelier, 240 pages, 10 euros.

(2) Le texte désigne le travail contraint comme « tout travail ou service exigé d'un individu sous la menace d'une peine quelconque et pour lequel ledit individu ne s'est pas offert de plein gré ».cboganda@humadimanche.fr

 

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4 février 2017 6 04 /02 /février /2017 17:16
Clémentine Autain dénonce la généralisation des compteurs Linky dans une vidéo d'interpellation

 

http://www.agoravox.tv/tribune-libre/article/clementine-autain-denonce-l-72161

Le coût de l'installation des compteurs Linky dans les foyers français s'élève à 5 milliards d'euros. Enidis promet que ce compteur "intelligent" nous aidera à consommer moins l'électricité... Pourtant, avec ces compteurs, non seulement la protection des données personnelles est menacée mais, pour faire baisser la facture énergétique, n'est-il pas préférable de consacrer cette somme conséquente à des travaux de rénovation énergétique?

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