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27 mai 2020 3 27 /05 /mai /2020 06:42
Denise Larzul

Denise Larzul

Pierre Jolivet et Emile Lepage

Pierre Jolivet et Emile Lepage

MERCREDI 27 MAI 2020 : HOMMAGE DES COMMUNISTES DU PAYS DE QUIMPER A LA RÉSISTANCE. A 16h

MERCREDI 27 MAI 2020 : HOMMAGE DES COMMUNISTES DU PAYS DE QUIMPER A LA RÉSISTANCE.

Ce mercredi 27 mai est jour d’hommage à la Résistance, dont l’esprit et les valeurs inspirent bien des combats d’aujourd’hui, et au Conseil National de la Résistance qui tint le 27 mai 1943 sa 1ère réunion sous la présidence de Jean Moulin, Max dans la Résistance, car il avait pris comme nom de clandestinité le prénom de son ami Max Jacob avec qui il se lia alors qu’il était sous-préfet de Châteaulin.
Le CNR, né en 1943 en pleine guerre, réunissait les 8 grands mouvements de Résistance, 6 partis politiques et deux centrales syndicales.
Il était l’émanation d’une France courageuse et déterminée, celle qui dit non au nazisme et à l’occupation, non au régime collaborationniste fascisant et raciste de Pétain, oui à une République où la Liberté, l’Égalité, la Fraternité ne soient pas de vains mots.
Cette France qui se dressa contre l’inacceptable, ce fut pour une grande part celle des « humbles », celle qui tient debout notre pays dans les moments les plus difficiles, comme ceux que nous venons de vivre.
C’était un incroyable défi dans la France occupée, d’avoir rêvé le monde à venir en jetant les bases du programme du CNR, les Jours Heureux.
Deux ans après cette réunion fondatrice, dans une France libérée mais en ruine, gaullistes, communistes, socialistes, rassemblés dans le gouvernement du général De Gaulle relevèrent ce défi de reconstruire le pays en mettant en œuvre des avancées sociales, économiques, politiques majeures : invention de la Sécurité Sociale, gérée par les salariés eux-mêmes, mise en place par le ministre communiste Ambroise Croizat ; droit de vote des femmes, sur proposition du représentant du PCF au sein du gouvernement provisoire ; nationalisation de Renault, des Houillères, des grandes banques, des assurances, de l’électricité, du rail, avec des droits nouveaux pour leurs salariés ; comités d’entreprise ; statut de la Fonction Publique ; démocratisation de l’école, de la culture ; lois pour soustraire la presse aux puissances d’argent ; coopératives pour la production, la distribution des produits agricoles...et bien d’autres choses encore.
Ce fut un grand moment d’invention sociale et démocratique qui garde toute son actualité aujourd’hui.
Parce que l’idéologie de l’extrême-droite porteuse de haine, de racisme, de rejet de l’autre, revient en force en France, en Europe, dans le monde.
Parce que les féodalités économiques et les oligarchies contre lesquelles luttait le CNR n’ont eu de cesse de reconquérir et d’étendre leur domination, battant en brèche l’héritage de la Résistance, ses valeurs d’égalité et de justice, de solidarité, au détriment de notre démocratie, de nos droits sociaux, de nos services publics.
L’épidémie du coronavirus a mis au grand jour les ravages du modèle économique libéral fondé sur l’exploitation des êtres humains et le pillage des ressources, au mépris de nos vies et de l’avenir de la planète, qui a partout semé pauvreté et précarité, fait exploser les inégalités, mis en concurrence les hommes et les territoires, jusqu’aux conflits armés.
Des années de politiques dictées par ces dogmes libéraux ont fragilisé notre société, affaibli notre pays, et s’il a tenu bon au plus fort de la pandémie, nous le devons avant tout à l’engagement de nos soignants, à nos services publics même amoindris, à celles et ceux qui souvent dans l’ombre ont permis de maintenir les activités essentielles, à nos réseaux de solidarité qui tissent notre vivre-ensemble.
Comme au sortir de la guerre, il s’agit aujourd’hui de s’attaquer aux racines du mal qui a miné notre société, de la refonder sur des bases plus justes et durables, d’inventer ensemble un nouveau chemin d’espoir.
C’est dans cet esprit que la section PCF du pays de Quimper honorera la mémoire du CNR et celle des résistants et résistantes de la région quimpéroise, et parmi eux de nombreux communistes qui ont laissé leur trace dans notre ville, comme Émile Le Page et Pierre Jolivet, deux jeunes postiers communistes de 19 et 20 ans, les premiers résistants fusillés à Quimper en juin et juillet 1942, ou Denise Goyat-Larzul, jeune résistante qui rejoignit le maquis et participa aux combats de la Libération à Quimper et dans le Sud Finistère.

Cet hommage se déroulera ce mercredi 27 mai à 16 h devant la stèle dédiée à Jean Moulin, square Jean Moulin à Quimper, dans le respect des règles sanitaires.

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27 mai 2020 3 27 /05 /mai /2020 06:36
Un plan de relance en faveur des associations sportives  Par Nicolas Bonnet Oulaldj, président du groupe communiste au Conseil de Paris et membre du conseil national du PCF en charge des sports

Un plan de relance en faveur des associations sportives

Par Nicolas Bonnet Oulaldj, président du groupe communiste au Conseil de Paris et membre du conseil national du PCF en charge des sports

L'Humanité, pages Débats, 26 mai 2020: Quel avenir pour les clubs sportifs?

L’avenir des associations sportives se joue maintenant et devrait être la première préoccupation de la ministre des sports, qui pour le moment n’a prévu aucun plan d’urgence. La pratique régulière d’une activité physique et sportive est apparue comme un besoin essentiel pendant le confinement. Mais les associations ont fermé leurs portes début mars et n’ont toujours pas repris leur activité alors que nous entrons dans la période habituellement animée par les tournois, fêtes des sports, forums des associations, riche en lien social et essentielle à la vie associative.

Beaucoup de questions se posent aux clubs : comment rassurer leurs adhérents sur les conditions sanitaires de la reprise ? Comment faire face à la perte de recettes des initiatives qui n’ont pas lieu ? Comment relancer la prise de licence en club après une si longue coupure et éviter une chute des adhérents pour la saison prochaine ? D’autant que les principales ressources des clubs reposent sur les cotisations des familles et les subventions des collectivités qui sont elles-mêmes en difficulté.

Il y a un risque évident de tension entre les clubs locaux et entre les fédérations sportives en course pour les subventions et regagner des licenciés. Certains peuvent être tentés d’augmenter leurs cotisations au risque d’accroître les inégalités d’accès au sport. Par exemple, à Paris, l’inscription d’un enfant au judo peut coûter 300 euros, difficile pour une famille qui va subir les conséquences économiques de la crise d’envisager une augmentation. Bien au contraire, dans cette période, la priorité nationale devrait être la réduction du coût des licences pour les familles et même envisager la gratuité. Pour cela, l’après-confinement doit conduire à un changement de cap dans la politique sportive nationale. Nous proposons de rebâtir le service public du sport autour de deux priorités, l’éducation physique et sportive à l’école et les associations sportives, les deux pierres angulaires du droit d’accès au sport. Plutôt qu’instrumentaliser les clubs sportifs en les transformant en prestataires de services de l’éducation nationale au détriment de la vie associative et de l’EPS, comme le proposent des députés, le gouvernement devrait décréter un plan national de relance pour les clubs.

Nous proposons rapidement un plan d’urgence accompagné d’un fonds d’aide en matériel de protection du Covid-19 pour les gestes barrières dans les clubs sportifs (masques et gels) et la généralisation des tests pour tous les licenciés. Nous proposons un plan de relance de la pratique sportive en club, avec une aide de l’État à la prise de licence à hauteur de 50 % sur critères sociaux et une indexation sur la base du quotient familial. Une prise en charge des collectivités territoriales d’une autre part de la licence pourrait fortement réduire les coûts de la pratique pour les familles. Mais, pour cela, le gouvernement doit être ambitieux, avec le doublement immédiat des crédits dédiés au sport et sa progression dans les six prochaines années pour atteindre 1 % du budget de la nation. Le financement du sport doit être entièrement revu et sécurisé. Au regard du rôle essentiel de la pratique d’un sport pour la santé publique et le lien social, il devrait être un volet à part entière de la Sécurité sociale. De même que les contributions salariales et patronales alimentent le budget de la Sécurité sociale, une part des cotisations sociales devrait être consacrée au sport, qui sécuriserait ainsi un service public du sport d’une nouvelle ère.

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27 mai 2020 3 27 /05 /mai /2020 06:23
Lancé le 27 mai 1943, quand le Conseil National de la Résistance changeait l'avenir ... Par Michel Etiévent, L'Humanité, 26 mai 2020
Mardi, 26 Mai, 2020 - L'Humanité

Quand le CNR changeait l’avenir…

Le 27 mai 1943 se tenait la première réunion clandestine du Conseil national de la Résistance. L'historien Michel Etievent montre ce qui se joue ce jour-là.
 
27 mai 1943 : une éclaircie de dignité dans la désespérance de la guerre. Ce jour-là, 48 rue du Four à Paris, s’unifie sous l’autorité de Jean Moulin l’ensemble des mouvements de résistance français. « Les résistances » deviennent la « Résistance ».
Retour sur le décor. Hiver 1942-1943. A l’Est, la guerre bascule. A Stalingrad, les armées nazies plient devant l’Armée Rouge. La nouvelle court les maquis et accrédite l’idée que le Troisième Reich n’est pas invincible. Constant Paisant, un des FTPF qui s’illustrera  aux Glières, se souvient : « C’était le vent de l’espérance. Il n’a cessé de nous porter jusqu’à la Libération » Autre bouleversement : 8 novembre 1942 : débarquement anglo-américain en Algérie. S’engage alors en sous-main une bataille entre les Alliés et le Général De Gaulle à Londres pour le contrôle d’Alger et par voie de conséquence le leadership de la France libre. Les Américains, qui souhaiteraient faire du Vichy sans Vichy, parient sur le général Henri Giraud pour diriger la France sous  autorité américaine. 
De Gaulle souffre de légitimité tant pour la résistance intérieure que pour les Alliés qui lui dénient la qualité de seul représentant de la France libre. Le soutien de la résistance française lui est donc impérieux. Il missionne  Jean Moulin, pour coordonner les différents mouvements de résistance. L’homme a entrepris ce travail d’unification dès son entrée dans l’armée de l’ombre. Dès 1941, il avait entrepris d’unifier la Zone Sud par la création de l’Armée Secrète et des MUR, tandis que s’organisait le rassemblement de la Zone Nord sous l’égide de Pierre Brossolette et du Colonel  Passy. Il parachèvera la coordination des actions sur l’ensemble du territoire en assurant un socle solide au futur gouvernement provisoire. Mais ce « nœud de résistance » qui rassemble les forces de toute appartenance politique, des communistes à la droite non collaboratrice, cache aussi un « nœud de méfiances ». Méfiance à l’égard du Parti Communiste dont il s’agit de museler les prétentions, suspicion des mouvements de résistance à l’égard de Londres et De Gaulle dont il redoutent l’hégémonie, méfiance des mêmes mouvements à l’égard des partis politiques suspectés d’avoir précipité la faillite de la République. 
Les contacts noués à Londres entre le PCF et De Gaulle par l’entremise de Fernand Grenier ainsi que la reconnaissance par les Alliés d’un Comité français de libération nationale à Alger  vont lever les  obstacles. Ils sont 19 (8 représentants des mouvements de résistances, 6 des partis politiques et 2 des syndicats CGT et CFTC, à se retrouver, le 27 mai 1943, sous la direction de Jean Moulin assisté de deux secrétaires, Pierre Meunier et le communiste Robert Chambeiron qui raconta plus tard : «La réunion difficile à organiser fut brève. 
On a écrit beaucoup de choses sur l’âpreté des négociations ; en fait tout se déroula dans une atmosphère d’unité patriotique ». L’atmosphère sera moins paisible quand le CNR se penchera sur l’élaboration d’un programme. On imagine les oppositions de la droite à un ensemble de mesures qui vont conjuguer invention sociale et audace révolutionnaire. Le texte final est le fruit de 9 mois de négociations entre  les différentes parties débattues à Alger et au sein du CNR dirigé par Georges Bidault à la suite de l’arrestation de Jean Moulin le 21 juin 1943 puis par Louis Saillant (CGT) qui impulsera la réflexion vers l’innovation sociale. 
Paru  le 15 mars 1944, sous le titre « Les jours heureux », le programme développe en première partie « Un Plan d’action immédiate » qui lie appel à l’insurrection et développement de la lutte pour hâter la Libération. La seconde partie décline au futur Liberté, démocratie économique et sociale et solidarité. Au fil des articles s’affine le visage d’une démocratie sociale où l’homme est la pierre angulaire de l’avenir. “Mettre définitivement l’homme à l’abri du besoin, en finir avec les angoisses du lendemain”. On ne résiste pas à la lecture d’un programme où se côtoient volonté de rompre avec l’ancien monde et ouverture de la fin du siècle sur l’invention sociale : “Instaurer une véritable démocratie sociale impliquant l’éviction des féodalités financières de la direction de l’économie…Retour à la Nation des grands moyens de production monopolisés, fruits du travail commun, des sources d’énergie, des Compagnies d’assurances et des grandes banques… Presse libre et indépendante… ». 
La France de 1793 revisitée par ceux qui ont lutté et espéré. Le programme va inspirer toutes les  réformes des gouvernements de la Libération : nationalisations, fonction publique, sécurité sociale, comités d’entreprises, retraites, statut des mineurs, des électriciens et gaziers… Un visage de dignité rendu possible par le rapport de force de l’époque : 5 millions d’adhérents à la CGT, 29 % des voix au PCF, une classe ouvrière grandie par sa résistance héroïque, un patronat sali par sa  collaboration. 75 ans après, ce programme est toujours d’une actualité brûlante à l’image de la haine qu’il suscite chez le patronat. En témoignait Denis Kessler qui incitait le gouvernement à se défaire au plus vite « d’un système ringard, hérité du CNR, de la CGT et des communistes ».

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27 mai 2020 3 27 /05 /mai /2020 06:19
Précarité. La CGT dénonce une nouvelle attaque contre les chômeurs (Clothilde Mathieu, L'Humanité, 26 mai 2020)
Mardi, 26 Mai, 2020

Précarité. La CGT dénonce une nouvelle attaque contre les chômeurs

Alors que le gouvernement s’apprête à diminuer le dispositif de chômage partiel, le syndicat appelle à multiplier les initiatives afin d’obtenir l’abrogation de la réforme de l’assurance-chômage, qui restreint l’accès aux droits.

 

Le gouvernement tergiverse certes sur le nombre de secteurs économiques qui pourraient conserver le dispositif de chômage partiel, ainsi que sur son montant de prise en charge par la solidarité nationale. Mais une chose est claire au vu des dernières déclarations de Bruno Le Maire : ce mécanisme qui a servi d’édredon social à la crise économique est bien en voie de dégonflement d’ici au 1er juin. La CGT, qui était montée au créneau dès le début du confinement pour défendre la prise en charge des chômeurs et précaires passant au travers des premiers filets de protection, est à nouveau passée à l’offensive ce lundi. Objectif : prévenir de nouveaux drames sociaux en empêchant qu’une hausse soudaine des pertes d’emplois dans les entreprises défaillantes se conjugue avec le durcissement de l’accès à indemnisation imposé par la réforme de l’assurance-chômage entrée partiellement en vigueur fin 2019. Recours auprès du Conseil d’État, pétitions, actions auprès des députés… « la mobilisation doit se poursuivre et s’amplifier pour obtenir le retrait total de cette réforme», affirme Denis Gravouil, responsable CGT assurance-chômage.

Premiers oubliés : les extras de la restauration et les permittents de l'événementiel

Les drames ne manquent pas pour démontrer la nocivité de celle-ci. Premières victimes dans la restauration : les « extras », dont les chances de retrouver un emploi avant 2021 sont quasi nulles, déplore François Choux, du collectif Opre (Organisation du personnel de la restauration dans l'événementiel). Les « permittents » de l’événementiel ne sont pas mieux lotis. À l’image de Valérie, qui n’a pu entrer dans le cadre du chômage partiel, « toutes mes dates ayant été annulées début mars lorsque les manifestations de plus de 100 personnes ont été interdites ». « N’étant pas en fin de droits », cette petite main des grandes manifestations se retrouve contrainte « d’utiliser ses allocations journalières qui ne seront pas prolongées du temps du confinement », sans possibilité de recharger ses droits à indemnisation puisqu’elle ne peut travailler. « Jusqu’ici aucune aide exceptionnelle n’a été prévue pour nous. On est les oubliés et on ne va pas pouvoir s’en sortir », poursuit-elle, espérant obtenir le « gel du décompte de leurs jours de Pôle emploi » jusqu’en 2021, à l’instar des intermittents.

Vulnérabilité dans le secteur de l'aide aux personnes âgées

Autres travailleurs en danger, les auxiliaires de vie et aides-soignantes auprès des personnes âgées. « Avec des contrats de 20 à 30 heures par semaine pour le compte d’associations ou d’entreprises privées, ou payées à la prestation, ces femmes privées d’allocation du fait de la multiplication de leurs contrats courts se retrouvent sans autre revenu que le RSA lorsque leur patient décède, et ce jusqu’à ce que leur employeur leur trouve un nouveau client », alerte Barbara Filhol, de la CGT action sociale. Or, ces situations de vulnérabilité se sont multipliées à cause de la surmortalité liée au Covid-19.

« Au 1er mars, 410 000 travailleurs précaires n’ont pas pu ouvrir ou recharger leurs droits à chômage suite à l’application de la réforme de l’assurance-chômage », souligne la CGT. Les projections du syndicat pour les mois suivants dessinent une hécatombe sociale, surtout si la deuxième phase de la réforme de l’assurance-chômage, ajournée, prend finalement effet en septembre. Ces nouvelles règles entraîneraient une baisse des allocations de 22 % en moyenne, selon les chiffres de l’Unedic. Mobilisées elles aussi, les associations de privés d’emploi dénoncent, dans une lettre ouverte à Emmanuel Macron, les « mesures totalement insuffisantes prises par le gouvernement » et exigent, entre autres, l’abrogation de la réforme de l’assurance-chômage.

Clotilde Mathieu

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27 mai 2020 3 27 /05 /mai /2020 06:12
Fabien Roussel monte au front pour l'emploi chez Renault à Choisy-le-roi (L'Humanité, Benjamin König, 26 mai 2020)
Mardi, 26 Mai, 2020

Fabien Roussel monte au front pour l’emploi à Choisy-le-Roi

Le secrétaire national du PCF s’est rendu lundi devant l’usine Renault, dont l’activité est menacée par la direction. Cette dernière lui a refusé l’accès au site.

 

Depuis l’annonce de la fermeture programmée de quatre sites, dont celui de Choisy-le-Roi, situé dans cette cité du Val-de-Marne en bord de Seine, c’est la stupeur. Et l’incompréhension, tant cette usine est un modèle d’économie circulaire : ici, les 263 salariés, sans compter les intérimaires, assurent la remise à neuf de pièces automobiles, dont des moteurs. En ce lundi matin ensoleillé, le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, est venu rencontrer les salariés et visiter le site, en compagnie du maire communiste de la ville, Didier Guillaume. Hélas ! La direction de Renault en a refusé l’accès au député et à l’édile. Un comportement qui symbolise le peu de cas que le groupe fait du débat public… Qu’importe : devant les grilles, Fabien Roussel rencontre « de façon informelle quelques salariés qui, pour l’instant, ne veulent pas s’exprimer publiquement ». Car eux aussi restent interloqués et ne comprennent pas. Ils préfèrent attendre les annonces du chef de l’État, qui doit s’exprimer ce mardi, et surtout celles de la direction de Renault, prévues vendredi 29 mai.

Pour Dider Guillaume, le maire de la ville, cette fermeture ne serait rien de moins qu’une « hérésie »

À l’écart des journalistes, le secrétaire national du PCF s’entretient avec plusieurs délégués syndicaux – notamment de FO, majoritaire sur le site. « Je suis venu les écouter, et comprendre ce qui pourrait pousser Renault à fermer cette usine. » Pour le maire de la ville, cette fermeture ne serait rien de moins qu’une « hérésie ». Didier Guillaume est inquiet, car cela « aurait une incidence sur de nombreuses familles, sur le commerce, les sous-traitants ». Depuis la révélation par le Canard enchaîné des projets funestes du groupe Renault, les sentiments mêlés, à Choisy-le-Roi, sont « le choc, l’étonnement, l’inquiétude et l’incompréhension, car cette usine est rentable et vertueuse ». De nombreux jeunes de la ville y travaillent, parfois après des formations spécialisées dans les établissements alentour ou l’antenne locale de Pôle emploi. « Ici, c’est un fleuron, poursuit Fabien Roussel. C’est écologique puisqu’ils recyclent des moteurs. Pourquoi les salariés devraient-ils aller travailler à Flins (l’usine pourrait accueillir l’activité de Choisy - NDLR), à 70 kilomètres d’ici ? »

En toile de fond, ce qui est en cause est toujours la stratégie industrielle de l’État, alors que ce dernier est actionnaire à hauteur de 15,01 %. Car les aides nationales ne sont pas conditionnées au maintien de l’emploi… « Le groupe Renault veut maintenir la rentabilité pour les actionnaires. Nous voulons l’emploi et l’investissement. Ce sont deux logiques qui s’affrontent », résume Fabien Roussel. Le député insiste sur le rôle de l’État : « J’attends du gouvernement qu’il exprime clairement une stratégie pour l’industrie automobile. Nous avons besoin du maintien de ces sites industriels dans notre pays, de relocaliser la production des Dacia depuis la Roumanie, ou de la Clio, aujourd’hui fabriquée en Turquie. » Renault réalise actuellement 17 % de ses véhicules en France, et le secrétaire national estime qu’un « objectif ambitieux serait déjà de doubler ce chiffre ». D’autant que la crise liée au coronavirus a montré le besoin de relocaliser les productions, notamment industrielles. Didier Guillaume en appelle à Emmanuel Macron : « La filière automobile a de l’avenir, elle doit créer des emplois pour nos jeunes ! »

Benjamin König
Lundi, 25 Mai, 2020 - l'Humanité

Renault. Pour Sébastien Jumel, député PCF et ancien maire de Dieppe, « l’État doit conditionner ses 5 milliards à la sauvegarde des sites menacés »

Entretien. L’annonce par le constructeur automobile d’un plan d’économie de 2 milliards d’euros et de la potentielle fermeture de quatre sites, dont celui de Dieppe, a été reçue comme un coup de massue en Normandie. Et tout n’est pas imputable à Ghosn, rappelle Sébastien Jumel, qui pointe toute la responsabilité de l'Etat.

 

Le détail du plan d’économie de 2 milliards d’euros de Renault, annoncé en début d’année sera présenté le 29 mai. Quatre sites industriels français et des centaines d’emplois seraient sur la sellette (lire notre dossier du 22 mai). Pour le député PCF Sébastien Jumel, l’État actionnaire est au pied du mur. D’autant que le gouvernement s’apprête à garantir au constructeur un prêt de 5 milliards d’euros.

 

L’emblématique usine Alpine de Dieppe, propriété de Renault est, avec Flins, Choisy-le-Roy et la Fonderie de Bretagne, menacée de fermeture. Comment en sommes-nous arrivés là ?

Sébastien Jumel. Beaucoup essaient de faire porter la responsabilité des difficultés sur Carlos Ghosn. C’est vrai qu’il a impulsé une stratégie industrielle tournée vers l’export, qu’il a profité de la mondialisation de l’économie. La plupart des véhicules électriques de la marque se font en Turquie, au Maroc. La voiture la plus vendue, la Clio, est fabriquée en Turquie. Le groupe est entré dans une quête de rentabilité au détriment de l’économie réelle et de la préservation des savoir-faire. Renault a aussi ciblé le volume, avec pour objectif de produire 6 millions de véhicules par an pour devenir premier constructeur mondial, alors qu’on est aujourd’hui à 3 millions. Les résultats de Renault du premier trimestre sont mauvais, avec une baisse des ventes de 25 % en volume et de 19 % en valeur. Et l’action a perdu depuis le début d’année plus de 59 % de sa valeur. Pourtant le constructeur résiste plutôt mieux que ses concurrents, la chute de son chiffre d’affaires s’est limitée à 3 % l’année dernière, contre 5 % en moyenne dans le secteur. Et l’année 2018 a été florissante avec 3 milliards d’euros de bénéfice. Donc oui, il y a eu des erreurs stratégiques, déconnectées de la crise du Covid. Mais tout n’est pas imputable à Ghosn. Il ne faut pas oublier que l’État, avec 15,01 % du capital, est le premier actionnaire du groupe juste devant Nissan. Il aurait pu impulser une autre stratégie.

La responsabilité de ce gâchis est donc aussi très politique ?

Sébastien Jumel. Je serais très demandeur qu’on fasse le point sur le Cice dont a bénéficié Renault à hauteur de plusieurs dizaines de millions d’euros chaque année, sans parler des autres aides publiques. Comment tout cet argent a-t-il été utilisé ? La doctrine française consistant à aider l’industrie sans aucune contrepartie d’emploi ni de formation doit être remise en cause. Pendant le Covid, le groupe a fermé 12 sites en France et mis 28 000 salariés en chômage partiel. Il a donc bénéficié de la solidarité nationale. Il faut aussi conditionner les 5 milliards d’euros de prêt que lui garantit l’État à la sauvegarde des sites menacés. Moi je crois en un État stratège, qui préserve l’emploi, s’implique dans la gestion prévisionnelle des effectifs, mais aussi dans le virage technologique de Renault, insuffle une stratégie de recherche et développement à moyen et long terme. Si demain le gouvernement annonce de nouvelles primes sans contrepartie pour la voiture électrique, cela ne va favoriser que les sites étrangers.

" Je crois en un État stratège, qui préserve l’emploi, s’implique dans la gestion prévisionnelle des effectifs, mais aussi dans le virage technologique de Renault, insuffle une stratégie de recherche et développement à moyen et long terme. "

Y a-t-il un savoir-faire particulier justement sur le site menacé de Dieppe ?

Sébastien Jumel. C’est le berceau du savoir-faire de Renault Sport et d’Alpine. J’en ai fait le symbole d’une reconquête industrielle possible de l’intelligence ouvrière. En 2019, 4 835 modèles d’Alpine ont été vendus, plus du double qu’en 2018. 60 % ont été immatriculées en France, il y a donc encore un vrai espace de développement pour ce véhicule haut de gamme à l’étranger. Sur le site de Dieppe, il y a aussi de la fabrication de pièces détachées pour les voitures sportives, la production de véhicules de rallyes, de prototypes. Des ingénieurs du site ont par exemple travaillé sur un modèle de SUV hybride nouvelle génération qui a été validé par la marque. Mais rien ne dit qu’il sera construit ici. Alpine, c’est dans l’ADN de Dieppe. Il y a eu une union sacrée pour la sauver. Toutes les collectivités se sont mobilisées. 38 millions d’euros d’investissement ont été réunis pour remettre l’usine à neuf et Renault menace de la fermer et de mettre ses 385 salariés à la porte, sans parler des sous-traitants qui forment le tissu industriel local. Le gouvernement dit qu’il faut recouvrer une souveraineté industrielle, qu’il faut relocaliser, que ce sont des leçons de la crise. Qu’il passe aux actes avec Flins, Dieppe, Choisy-le-Roy et la Fonderie de Bretagne. Mais attention aussi que la petite mort différée de Flins ne devienne pas l’alibi du gouvernement pour ne pas sauver les trois autres bastions industriels. Je vais interpeller le gouvernement mardi aux questions d’actualité dans ce sens. L’État doit être au rendez-vous d’une souveraineté industrielle recouvrée.

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27 mai 2020 3 27 /05 /mai /2020 05:17

 

PCF - DES MOYENS POUR L’HÔPITAL ET LES EHPAD
PCF - DES MOYENS POUR L’HÔPITAL ET LES EHPAD
PCF - DES MOYENS POUR L’HÔPITAL ET LES EHPAD
PCF - DES MOYENS POUR L’HÔPITAL ET LES EHPAD

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26 mai 2020 2 26 /05 /mai /2020 05:00
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 110/ Augustine Lamanda et François Herry

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère:

110/ Augustine Lamanda et François Herry: un couple de résistants morlaisiens

Augustine Lamanda (1915-)

Augustine Lamanda naît à Bolazec le 28 juillet 1915. Elle adhère au PCF en région parisienne à Vitry et se marie avec un militant communiste. Veuve, en 1939, elle décide de retourner au pays et vient à Morlaix où elle habite chez sa mère. Elle ne trouve pas de travail dans son métier de standardiste et se fait embaucher à la poudrerie Saint-Nicolas, près de Brest, où elle loue une chambre. A l'arrivée des Allemands, elle quitte la Pyrotechnie ne voulant pas travailler pour eux et elle arrive à contacter le PCF clandestin. Avec lui, elle rentre une résistance, à Morlaix, à l'automne 40, aux côtés notamment de William Caron, responsable de la résistance communiste puis FTP morlaisienne, combattant avec des militants comme Eugène Le Luc (responsable du groupe FTP) et Maurice Le Luc (jeune communiste de la compagnie de Morlaix du Batillon Yves Giloux des FTP, né en 1920 et fusillé par les Allemands en 1944, une rue du quartier de Troudousten porte son nom aujourd'hui à Morlaix). Propagandiste résistante, elle diffuse les publications clandestines du PCF, du Front National, etc. Plus tard, elle est versée au groupe FTP "Justice" de Morlaix du bataillon "Yves Giloux" et prend part à son activité. Elle est arrêtée en mai 1944 sur dénonciation de la maîtresse d'un gendarme allemand.  Elle fut détenue à la prison de Fresnes et déportée à Ravensbruck. Elle s'est remariée après la guerre à François Herry.

Sources: Eugène Kerbaul, 1918-1945: 1640 militants du Finistère

La résistance FTP à Morlaix: le témoignage d'Eugène Le Luc recueilli par le Télégramme et Jeannine Guichoux (mémoire universitaire)

Les déportés morlaisiens dans les camps nazis pendant la seconde guerre mondiale

François Herry (1907-1987)

Né le 23 mars 1907 à Brest (Finistère), mort le 8 juillet 1987 à Morlaix (Finistère) ; ouvrier mécanicien puis libraire, enfin radioélectricien ; membre de la CGTU et du Parti communiste du Finistère ; maire adjoint de Morlaix.

Fils d’un employé des chemins de fer de l’Ouest et d’une ménagère, Orphelin de guerre adopté par la Nation en 1920, élevé par l’armée, François-Marie Herry connut une jeunesse difficile. Sergent, il fut cassé de grade pour avoir refusé d’aller servir au Maroc. Le conseil de guerre de Casablanca le condamna à vingt mois de prison et il dut faire six mois de « rabiot » qu’il accomplit pour finir aux sections spéciales de Nif-Ghalem.

Libéré, marié le 3 décembre 1932 avec Marie Corre, il appartint en 1932 à l’Union locale des syndicats CGTU de Morlaix (Finistère) et, fin 1932, au bureau du rayon communiste de Roscoff. Membre de la région communiste Finistère-Morbihan, il fut, de mars 1938 à septembre 1939, secrétaire de la section de Morlaix. Le 12 décembre 1937, il fut candidat aux élections au conseil d’arrondissement dans la circonscription de Saint-Pol-de-Léon ; il avait recueilli 112 voix sur 4 837 votants.

Mobilisé en 1939, il revint à Morlaix en 1942 après avoir été réformé à 100 % pour tuberculose. Il participa cependant à la Résistance. Sa future femme (il se remaria le 12 décembre 1953 à Pouge, Creuse), Augustine née Lamanda, fut déportée en Allemagne.

En 1944, François-Marie Herry fit partie de la délégation spéciale de Morlaix et, lors des élections du 29 avril 1945, il fut confirmé comme adjoint au maire (12 août 1944-octobre 1947). Aux cantonales du 23 septembre 1945, Herry se présenta à Morlaix (27,5 % au 1er tour, 5 candidats). Il se désista au 2e pour Hippolyte Masson, la maire SFIO de Morlaix, élu avec 62 %. Il ne se représenta pas aux élections municipales d’octobre 1947, ayant quitté Morlaix quelques mois plus tôt.

En mars 1982, il habitait 22 rue Jean-Moulin à Morlaix.

https://maitron.fr/spip.php?article87478, notice HERRY François-Marie, version mise en ligne le 12 avril 2010, dernière modification le 12 avril 2010.

Résumé des principales actions du groupe FTP "Justice" du Bataillon "Yves Giloux" à Morlaix et dans sa région: 

La fondation du groupe FTPF à Morlaix remonte à juin 1942. 

Jeannine Guichoux, fille d'enseignants de St Martin des Champs, à la faculté des lettres et sciences humaines de Brest, présente un mémoire universitaire sur la résistance à Morlaix en 1970. Ce mémoire ne pouvait s'appuyer sur les archives (non déclassifiés à l'époque) mais il s'est appuyé sur des témoignages et des documents originaux. Il reprend notamment le témoignage d'Eugène Le Luc, responsable de groupe FTP:

"Ce fut à cette date, nous a dit Eugène Le Luc, morlaisien, que je fis la connaissance de William et de Bob. Le réseau des Francs-Tireurs et Partisans Français, dont l'existence se signala dès septembre 1941, nous avait annoncé l'arrivée à Morlaix de deux chefs venant de Paris pour y former un groupe de résistance. Au jour et à l'heure indiquée, je m'étais donc rendu à la gare. Deux jeunes gens passèrent devant moi, et firent le signal convenu. Je m'avançais; il n'y eut pas de longues présentations. William et Bob transportaient des grenades, des mitraillettes et des revolvers. J'ai d'abord caché les chefs dans un hangar de la ville.  

Comme le réseau des FTP préconisait l'action à outrance, William me chargea de recruter tous les jeunes gens susceptibles d'entrer dans notre groupe. Nous étions d'abord quatre qui assistions à une réunion organisée par Mr Caron, dit William, dans un local mis à notre disposition par Me Mahéo. 

Etaient présents: Caron (William Henri)

                            Fontet Robert, dit Bob

                            Le Luc (Eugène) de Ploujean

                            Frelin (Emile) horloger à Morlaix, et des inconnus étrangers à Morlaix, dont William répondait.

Au cours de cette réunion, il fut décidé que les premières missions du groupe Justice consisteraient à faire de la propagande patriotique. Des tracts, tapés à la machine à écrire, au domicile de M. Frelin, furent distribués, et devinrent par la suite un petit journal régulier, ayant pour titre "Le Combattant".   

"Des indiscrétions furent commises et la personnalité de Mr Frelin faisant l'objet de commentaires fâcheux risquant d'être captés par les services de la police de l'occupant, il fut décidé que la machine à écrire serait provisoirement placée chez un membre du groupe, possédant une chambre meublée, chez M. Sillau, au lieu-dit "Pont-Bellec", en St Martin des Champs. 

Notre quartier général se trouvait chez Mme Mahéo, 3, Place Thiers, chez laquelle nous entrions par le four St-Mélaine. C'est là que William et Bob avaient leur chambre gratuitement depuis octobre 1943.  

"Sous l'impulsion de William, poursuit Jeannine Guichoux p 71 de son mémoire, chef du groupe, de nombreuses fausses cartes d'identité, destinées aux réfractaires du STO et plus tard, aux maquisards, furent établies. Un cachet disparu du commissariat de Morlaix servit à établir de faux documents.

Un service de placement pour les réfractaires, et plus tard pour les maquisards, fut créé. Le responsable de ce nouveau service fut Eugène Le Luc, qui devint par la suite, recruteur de volontaires pour les coups de main. 

Le premier acte de sabotage, effectué sans armes par quelques hommes du groupe, fut exécuté au cours d'une nuit d'octobre 1942. Les moteurs de quatre camions allemands garés sur la place du Pouliet, à Morlaix, furent gravement détériorés à grands coups de masses. 

En janvier 1943, la famille Athem, d'origine juive, fut camouflée par le groupe Justice et placée à St Sauveur munie de faux papiers. 

En février et mars 1943, une trentaine d'hommes, réfractaires du S.T.O ou recherchés par la police d'occupation vinrent grossir les rangs du groupe et chercher un refuge qui leur fut procuré. En présence de ces effectifs, il fut décidé que les attaques et les coups de main allaient commencer. 

En avril 1943, deux soldats allemands attardés furent attaqués sur le territoire de la commune de St Martin des Champs. Leurs mitraillettes constituèrent un armement précieux. 

En mai 1943, après avoir récupéré les deux jeux de clefs de la gare de Plouigneau, le groupe Justice se proposa de se livrer au sabotage des voies ferrées. Mais ces opérations ne purent être menées à bien à cette époque. 

En juin 1943, "récupération" de bottes de cuir et en caoutchouc destinée à la Wehrmacht , et aux chantiers Todt dans un wagon stationné en gare de Morlaix. 

En juillet 1943, "récupération" sans effusion de sang d'un fusil sur un soldat allemand en sentinelle à la gare de Morlaix.    

Août 1943: William se déplace à Paris, Rennes, Quimper, Lamballe, St Brieux, Brest, etc. , établissant la liaison avec de nombreux chefs de la résistance FTP, et organisant un groupe de résistants à Plédeliac, près de Lamballe. 

Septembre 1943: attaque surprise d'une patrouille allemande de 4 hommes sur la Nationale 12 (Paris-Brest) sur la commune de Plouigneau. "Récupération" de fusils et de grenades après la fuite des Allemands qui disparurent à bicyclette sans combattre. 

Octobre 1943: M. Messager, secrétaire de police à Morlaix, est contacté par William. Par la suite, le commissaire Le Du et les inspecteurs de la sûreté, suivirent son exemple, ainsi que le brigadier Charles, et de nombreux gardiens de la Paix. Le groupe fut ainsi doté d'un service de renseignements efficace et indispensable. En accord avec William, il fut décidé que les jeunes français désignés d'office par le STO seraient avertis au moins 24 heures à l'avance par les services de la sûreté qu'ils devaient se rendre en Allemagne au titre du Travail Obligatoire. Tous, ou à peu près tous, se cachèrent et demeurèrent introuvables pour les Allemands. Selon les statistiques du Préfet du Finistère, à l'époque, Morlaix fut considérée comme une des villes les plus réfractaires du département, au point de vue du recrutement pour le STO. 

Novembre 1943: les réfractaires du S.T.O devenant de plus en plus nombreux, gonflèrent considérablement les effectifs du groupe Justice. Vers la mi-novembre, il faut décider de faire gagner l'Angleterre, au moyen d'embarcations, aux patriotes volontaires pour combattre dans les rangs des Forces Françaises Libres. Un premier bateau fut affrété au Dourduff. Après une minutieuse préparation, le départ de cette opération est fixé dans la nuit du 23 au 24 novembre 1943. Malheureusement, un traître à la solde de l'ennemi, après avoir procuré le bateau destiné au transport des patriotes, dénonça la tentative de départ à la Gestapo. Les Allemands en nombre considérable, armés jusqu'aux dents, procédèrent à l'arrestation de treize patriotes sans défense, cachés dans un château, attendant la marée pour gagner l'Angleterre. Les patriotes furent tous déportés. Cette opération s'étant soldé par un échec complet, aucun autre départ de volontaires pour l'Angleterre ne fut tenté par les responsables du groupe justice. 

Décembre 1943: Route de Commana, et de Plounéour-Menez, au lieu-dit "Roch-Trévezel", attaque d'un soldat allemand isolé, abattu d'un coup de pistolet et immédiatement inhumé pour éviter des représailles contre la population civile. "Récupération d'armes". 

Janvier 1944: au début de janvier 1944, plusieurs membres du groupe Justice furent arrêtés puis relâchés, grâce à l'intervention de la police de Morlaix, et à la complicité courageuse du parquet, à la tête duquel se trouvait l'honorable procureur Dramart. Vers la fin de janvier 1944, un agent de la Gestapo, domicilié à Guingamp, dans les Côtes-du-Nord, au lieu-dit Rustang, de passage à Morlaix, dénonça et fit arrêter quatre patriotes chez une commerçante de la place au Lait. Avisé par les services de renseignements, William envoya deux jours plus tard, deux membres du groupe Justice à Guingamp, avec mission d'abattre le traître. Celui-ci, après avoir avoué sa trahison, fut exécuté à proximité d'un cimetière à Guingamp. 

février 1944: dénoncé par une femme à la solde de la Gestapo, pratiquant double jeu, William est arrêté en pleine ville de Morlaix par nos ennemis. Cette arrestation causa une vive émotion en ville, lorsque la population apprit qu'il s'agissait du chef de la Résistance. William fut incarcéré à la prison St-Charles à Quimper, réservée aux détenus politiques; les hommes de main du groupe Justice attaquèrent courageusement cette prison, leur tentative désespérée fut infructueuse. L'opération se solda par la mort d'une douzaine de soldats allemands. Un patriote blessé put être emporté au moment du "décrochage". 

mars 1944: attaque de nombreuses mairies: Ploujean, St Martin-des-Champs, Plourin-les-Morlaix, Commana. Enlèvement de tickets d'alimentation, de cachets pour la fabrication de fausses cartes d'identité. Un aviateur anglais ayant sauté en parachute sur le territoire de la commune de Plourin-les-Morlaix, à la suite de la destruction de son avion par la D.C.A ennemie, fut dissimulé et remis en mains sûres. 

avril 1944: attaque en pleine ville de Morlaix, près des halles, de plusieurs miliciens, à la grenade et au plastic qui furent fournis par le capitaine Marzin (Alexandre dit Merlin), chef local de Libération-Nord, sous les ordres du commandant Noël (commandant régional des F.F.I pour le Finistère) Nord). Bilan: deux miliciens blessés, l'un de ces miliciens fut abattu quelques jours plus tard, par un membre du groupe, à Quimper. Arrestation dans les Côtes-du-Nord de Bordolous (Paul), et de Le Luc (Maurice), par des fonctionnaires non patriotes. Le parquet de Lannion, composé à l'époque de magistrats dévoués aux Allemands et à Vichy, fut saisi de cette affaire et remit les deux résistants aux mains de la nouvelle milice de Darnand, qui venait d'être créée. Transférés à Angers et incarcérés à la prison du Pré-Pigeon réservée aux détenus politiques, les deux patriotes y furent, soi-disant, jugés devant une cour martiale dite française, puis fusillés immédiatement, à l'intérieur de la prison. 

mai 1944: à l'aide de jeux de clefs prises à la gare de Plouigneau, dont l'un fut cédé à un groupe des Côtes-du-Nord, deux sabotages furent effectués sur l'importante voie ferrée Paris-Brest. Bilan: déraillement de deux trains de marchandises ennemis à St Pol de Léon et Pleyber-Christ. Sabotage à la dynamite des écluses, du port de Morlaix, qui ne furent que légèrement détériorés. Cet exploit avorta, en raison de la faiblesse de la puissance explosive; si l'opération avait réussi, douze chalutiers allemands auraient été bloqués dans le bassin.

Attaque du magasin d'habillement du camp d'aviation de Ploujean-Morlaix, afin de se procurer des uniformes allemands. Trente tenues furent ainsi récupérées nuitamment, à l'insu des Allemands. Elles permirent aux membres du groupe de s'habiller en "vert de gris", lors des nombreux coups de main effectués depuis le débarquement jusqu'à la libération. 

- Débarquement des alliés impatiemment attendu: suivant les instructions reçues, de nombreux attentats en groupe ou isolés, furent perpétrés, notamment contre les dépôts de munitions, d'essence, les déplacements des troupes ennemies etc... Les fils téléphoniques aériens et souterrains, furent détruits. Un grand nombre de panneaux routiers allemands et français furent sabotés. Les panonceaux indiquant, par exemple, la direction Quimper, furent tournés, et la pointe de la flèche dirigée vers Brest. La confusion totale régna dans les rangs de l'ennemi, démoralisé, harcelé, aux abois, pendant les 8 jours qui suivirent le débarquement, grâce à l'activité insoupçonné des F.F.I et F.T.P?

A la fin de juin, Pontet Robert, dit Bob, qui prit la tête du groupe Justice après l'arrestation de William, fut appréhendé à Rennes, par les Allemands. Armé, il tenta de se défendre et fut exécuté immédiatement. Dénoncé en même temps que William, et recherché par l'ennemi, il avait dû quitter Morlaix, pour leur échapper. 

Juillet 1944: Le Luc (Eugène) prit le commandement du groupe Justice. Quelques jours après, il fut arrêté en même temps que son adjoint qui fut torturé et exécuté à Sizun, par les troupes du maréchal nazi, destructeur de la ville de Brest. Avant qu'il ne fut interrogé, et torturé, le nouveau chef du groupe Justice, Le Luc, invoquant un malaise, réussit à s'évader au nez et à la barbe d'une sentinelle allemande. Il regroupa sa formation, et continua à harceler l'occupant, dans la région de Brennilis, et de Commana. 

En juillet 1944, les réactions des Allemands puisées dans la fièvre de leur inévitable défaite furent à leur comble. De nombreux civils isolés et inoffensifs, rencontrés incidemment et ne faisant partie d'aucune formation de résistance, furent abattus sur place, sans aucun motif, par les Allemands, décimés et terrorisés. De son côté, la Résistance assénait coup sur coup à l'ennemi. 

Les Waffen S.S, des soldats de la Wehrmacht, des parachutistes isolés ou en petits groupes furent exécutés. Les résistants encouragés par l'avance des Alliés en Normandie, redoublent leurs actes de sabotage. L'important câble téléphonique souterrain Paris-Brest fut coupé en plusieurs endroits. Un pylône et un transformateur électrique alimentant les positions allemandes des Monts d'Arrée furent détruits. D'audacieux coups de main perpétrés contre les convois et cantonnements ennemis permirent la récupération d'un armement important qui servit pour la bataille finale. 

Août 1944:  délivrance de nombreux patriotes à la prison de Créach-Joly, cette opération fut menée à bien grâce à l'appui du commissaire de police et à la complicité du gardien chef de la maison d'arrêt dont l'attitude patriotique fut connue de tous les résistants. M. Le Roy, qui remplaçait le gardien-chef en congé, avait reçu d'un des chefs du groupe Justice la mission de relâcher les prisonniers. Les deux gardiens de la paix de service approuvèrent après consultation. 

4 août: les Allemands incendient les bâtiments occupés par eux à la barrière de Brest, à St Nicolas, chez Cam: route de Callac, chez Quéinnec et Guillou: voie d'accès au Port, à Traon-ar-Velin. Dans la soirée, ils font sauter les portes du bassin à flot, détruisant un des bateaux du port, coulant un chaland à l'extérieur du chenal et endommageant l'usine à gaz et l'usine électrique. Les pompiers courageusement éteignent l'incendie sans savoir si les Allemands ne vont pas les canarder. Des bruits divers courent en ville: on dit que les Américains approchent de Morlaix. C'est la ruée vers les drapeaux français que l'on vent au grand Bazar, il fallait faire la queue pour être servi. On s'arrache dans les magasins les morceaux de papier de couleur et les lanternes vénitiennes. Le 4 août Keller armé d'une hache avec des soldats allemands détruit le mobilier de la salle de la Renaissance place du Dossen.

Le 6 août; une reconnaissance américaine est signalée à St Martin des champs. La D.C.A allemande ne réagit plus quand les avions alliés survolent Morlaix à basse altitude. 

7 août 1944: participation à la Libération de Morlaix, et Ploujean. De nombreux Allemands se rendirent sans combattre et furent fait prisonniers par le groupe. Dans la nuit, ils ont fait sauter des dépôts de munition, évacué leurs locaux de l'allée du Poan Ben. D'abord évacué, la Propriété du général Weygand, route de Paris, est à nouveau occupée par un groupe d'irréductibles soldats allemands. Elle fut assiégée par des résistants. 

8 août 1944: Libération définitive de Morlaix, sans combat, les troupes ennemies s'étant repliées dans la poche de Brest. Les Américains arrivent après les véhicules de la résistance qui les annoncent dans l'enthousiasme général, après qu'on ait hissé un drapeau français sur la mairie à 15h, par la rue de Paris à 16h, avec leurs blindés et leurs automobiles.  La foule se rassembla à l'hôtel de ville. Pendant que se déroulaient ces manifestations enthousiastes, la Résistance attaquait au Créou, à l'entrée du Viaduc, un groupe d'Allemands, qui, chassé de la propriété Weygand, avançait sur deux colonnes de chaque côté de la voie ferrée. Les Allemands battirent en retraite vers la Madeleine, traversèrent le cimetière St-Charles ou les Américains intervinrent et obligèrent les Allemands à se rendre. 

Les prisonniers allemands, parfois battus et rudoyés, traversèrent la ville sous les huée de la foule. Les groupes de résistance défilèrent le 10 août. Des collaborateurs furent arrêtés et emprisonnés, des femmes jugées trop proches des Allemands furent tondues, 6 d'entre elles emmenées de Pleyber-Christ dans un camion furent conduites à la prison du Créach-Joly le 13 août. Il y eut plusieurs scènes de ce genre, assez sinistres, à Morlaix. 

Il y eut en dehors du groupe Justice des FTP d'autres groupes de résistance courageux qui eurent une action importante dans la région de Morlaix: 

- le groupe d'évasion des chantiers Sibiril de Carantec qui permit le passage en Angleterre de près de deux cent résistants ou aviateur alliés

- le réseau Libération-Nord dirigé à Morlaix par le docteur Le Janne dit "Noël" et par Tanguy-Prigent. C'est à ce réseau que fut affilé le maquis de St Laurent qui eut des actions héroïques contre l'occupant dans les semaines de la libération, en se déployant au Ponthou, à Plouigneau (groupes FFI). 

- le réseau Var à Beg-an-Fry près de Guimaëc: réseau de protection et d'évasion des aviateurs et agents de liaison, des résistants 

Basé essentiellement sur le témoignage d'Eugène Le Luc, propos recueillis par Jeannine Guichoux dans son mémoire universitaire de juin 1970 "La Résistance dans la région morlaisienne sous l'occupation allemande".   
       

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1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 50/ Jacob Mendrès (1916-2012)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 49/ Henri Tanguy dit Rol-Tanguy (1908-2002)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 48/ Carlo de Bortoli (1909-1942)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 47/ Robert Jan (1908-1987)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 46/ Denise Roudot (1933-2002)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 45/ Paul Le Gall (né en 1925)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 44/ René Le Bars (1933-2016)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 43/ Louis Le Roux (1929-1997)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 42/ Pierre Corre (1915-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 41/ Daniel Le Flanchec (1881-1944)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 40/ Joséphine Pencalet (1886-1972)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 39/ Sébastien Velly (1878-1924)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 38/ Edouard Mazé (1924-1950)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 37/ Guy Liziar (1937-2010)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 36/ Henri Moreau (1908-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 35/ Alphonse Penven (1913-1994)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 34/ Michel Mazéas (1928-2013)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 33/ Pierre Guéguin (1896-1941)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 32/ Jean-Louis Primas (1911-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 31/ François Paugam (1910-2009)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 30/ Angèle Le Nedellec (1910-2006)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 29/ Jules Lesven (1904-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 28: Raymonde Vadaine, née Riquin

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 27/ Jeanne Goasguen née Cariou (1901-1973)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 26/ Gabriel Paul (1918-2015)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 25/ François Bourven (1925-2010)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 24/ Yves Autret (1923-2017)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 23/Pierre Jaouen (1924-2016)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 22/ André Berger (1922-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 21/ Joseph Ropars (1912-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 20/ Paul Monot (1921-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 19/ Jean-Désiré Larnicol (1909-2006)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 18/ Jean Le Coz (1903-1990)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 17/ Alain Cariou (1915-1998)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 16/ Jean Nédelec (1920-2017)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 15/ Alain Le Lay (1909-1942)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 14/ Pierre Berthelot (1924-1986)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 13/ Albert Abalain (1915-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 12/ Andrée Moat (1920-1996)

1920-2020: cent ans d'engagements communistes en Finistère: 11/ Jean Le Brun (1905-1983)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 10/ Denise Larzul, née Goyat (1922-2009)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 9/ Pierre Le Rose

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 8/ Marie Salou née Cam (1914-2011)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 7/ René Vautier (1928-2015)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 6/ Denise Firmin née Larnicol (1922-2019)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 5/ Fernand Jacq (1908-1941)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 4/ Corentine Tanniou (1896-1988)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 3/ Albert Rannou (1914-1943)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 2/ Marie Lambert (1913-1981)

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25 mai 2020 1 25 /05 /mai /2020 19:15
Proche-Orient. La dignité des Palestiniens face à l’annexion programmée (Pierre Barbancey, 22 mai 2020)
Vendredi, 22 Mai, 2020

Proche-Orient. La dignité des Palestiniens face à l’annexion programmée

Mahmoud Abbas déclare ne plus être lié par les accords avec Israël et les États-Unis. La décision du gouvernement Netanyahou viole le droit international et signe la mort d’une solution à deux États. Mais aucune sanction n’est envisagée.

 

Peut-être emportés par leur allégresse d’une annexion prochaine de la quasi-­totalité des territoires occupés, les dirigeants israéliens et états-uniens en avaient visiblement oublié l’existence du peuple palestinien. Depuis la fin du mois de janvier et l’annonce officielle de « l’accord du siècle » concocté par les services de Donald Trump en lien avec les équipes de Benyamin Netanyahou sans la moindre information fournie aux Palestiniens, tout se passe comme si « un peuple sans terre » allait enfin mettre la main sur une « terre sans peuple », pour reprendre l’un des slogans sionistes les plus connus et les plus usités. L’histoire a déjà montré l’inanité d’une telle idée, mais, triste ironie, à terme, les Palestiniens pourraient devenir ce « peuple sans terre ».

Voir aussi : Washington et Tel-Aviv rayent les Palestiniens de la carte

Alors que se profile la date du 1er juillet, moment à partir duquel le nouveau ­gouvernement israélien doit se prononcer sur sa stratégie pour traduire dans les faits le plan du président américain, le président palestinien, Mahmoud Abbas, est venu se rappeler au bon souvenir de ceux qui voudraient le compter, lui et son peuple, pour quantité négligeable. Il avait déjà annoncé la rupture de « toutes les relations » avec Israël et les États-Unis après l’annonce du plan qui prévoit ­notamment l’annexion de la vallée du Jourdain et des colonies juives en Cisjordanie. Ce qui n’avait pas gêné le moins du monde Washington et Tel-Aviv. D’ailleurs, dimanche, lors du vote de confiance du Parlement israélien, qui lui donnait un nouveau mandat de 18 mois en tant que premier ministre, Benyamin Netanyahou ne le ­cachait pas : « Voici la vérité : ces territoires sont là où le peuple juif est né et s’est développé. Il est temps d’appliquer la loi israélienne et d’écrire un nouveau chapitre glorieux dans l’histoire du sionisme. » Et le même d’ajouter une « vérité, et tout le monde le sait, c’est que les centaines de milliers de résidents de Judée-Samarie (terme utilisé par les autorités israéliennes pour parler de la Cisjordanie – NDLR) resteront toujours chez eux, quel que soit l’accord de paix trouvé in fine ». Quant à Benny Gantz, qui a passé un accord gouvernemental avec lui, et que certains voudraient présenter comme un modérateur, il n’a pas eu un seul mot pour évoquer l’annexion.

La division continue entre les organisations palestiniennes

Autant dire que les accords d’Oslo de 1993, bien que politiquement morts parce que jamais appliqués par la force occupante, sont aujourd’hui caducs. C’est ce qu’a ­entériné, mardi, Mahmoud Abbas en déclarant que les Palestiniens ne se sentent plus liés « à tous ces accords et ententes avec les gouvernements américain et ­israélien, et toutes ces obligations basées sur ces ententes et ces accords, y compris celles relatives à la sécurité ». Certes, ce n’est pas la première fois que le président de l’Organisation de libération de la ­Palestine (OLP), seule signataire des accords d’Oslo et non pas l’Autorité palestinienne (AP), brandit la menace de rupture de la coopération sécuritaire avec Israël, mais sans grande application. Dans les faits, cette coopération fait de la police palestinienne des supplétifs de l’armée israélienne, en empêchant et en réprimant les manifestations aux abords des colonies de Cisjordanie, en fermant les yeux sur les incursions militaires israéliennes, voire en laissant s’infiltrer des commandos déguisés, comme cela s’est passé, mercredi, avec la tentative d’enlèvement de l’avocat franco-palestinien Salah Hamouri (lire notre article). Une attitude des forces sécuritaires de l’AP de plus en plus dénoncée ces dernières années par la gauche palestinienne, les associations et les mouvements de jeunes.

Le président palestinien ira-t-il jusqu’au bout de ses menaces ? Incontestablement, la majorité des Palestiniens le souhaitent, même si cela va signifier des difficultés supplémentaires. Les Israéliens, eux, ne veulent pas prendre en charge tout un déploiement sécuritaire dans les territoires qu’ils occupent car cela signifierait une mobilisation humaine et des dépenses financières qu’ils ne veulent pas assumer. Pour Mahmoud Abbas, 85 ans, dont l’entourage politique semble plus préoccupé par sa succession que par des initiatives politiques capables de donner un nouveau souffle à la lutte de libération, c’est sa dernière chance, alors que la division continue à régner entre les organisations palestiniennes, ouvrant la voie à des situations terribles. L’annonce, hier, de l’arrivée d’un charter affrété par les Émirats arabes unis (EAU) et rempli de matériel pour lutter contre le coronavirus, en est l’exemple type. Abu Dhabi a pris cette initiative en concertation avec les seules autorités ­israéliennes, pas avec l’Autorité palestinienne, qui a annoncé, la mort dans l’âme, son refus d’en prendre livraison.

Pour faire front face à Israël, la question de l’unité se pose avec encore plus d’acuité. Car, à l’instar des Émirats, les pétromonarchies du Golfe sont en pleine phase de normalisation avec Israël sur fond d’animosité envers l’Iran, et elles ne feront rien – hormis en paroles – pour empêcher l’annexion des territoires palestiniens. La Jordanie, seul pays arabe avec l’Égypte à avoir signé une paix avec Israël, montre les dents. Mais le souverain hachémite n’en a peut-être pas les moyens et semble donner des gages à son opposition islamiste qui commence à ébranler son trône.

Une politique coloniale pleinement assumée

Depuis Ben Gourion, fondateur de l’État d’Israël en 1948, la politique coloniale de ce pays s’est surtout caractérisée par le fait accompli. C’est encore ce qui se passe avec le plan Trump. L’annexion ne serait donc pas à remettre en cause, juste à l’aménager aux marges. On en oublierait presque que cette annexion remet en réalité en cause la solution à deux États, si l’on entend par État une entité viable économiquement et politiquement sur un territoire continu. Tout juste les Palestiniens pourraient-ils disposer de quelques arpents de terre… Quant à Jérusalem, il leur faudrait l’oublier puisqu’elle serait la capitale d’Israël.

L’Union européenne (UE) pourrait jouer un rôle historique. Mais ses divisions, alimentées par l’extrême droite qui dirige la Hongrie ou les conservateurs en Autriche, deux fervents soutiens ­d’Israël, empêchent de mettre en garde Tel-Aviv sur de possibles mesures de rétorsion, voire de sanction, en cas d’annexion. Or c’est le seul langage à tenir. Dire qu’il faut respecter le droit international est insuffisant. Après tout, l’UE s’y est résolue contre la Russie lors de l’annexion de la Crimée, mesure dont elle est incapable s’agissant d’Israël. Les 27 ne se mettant pas d’accord, de timides initiatives se font jour. Le 20 mai, devant le Conseil de sécurité de l’ONU, le représentant de la France, Nicolas de Rivière, a déclaré qu’une annexion « y compris des seules colonies » constituerait une violation du droit international et « ne serait pas sans conséquences sur les relations de l’Union européenne avec Israël ». L’idée d’une initiative afin de permettre la reprise de négociations est sur la table. Mais pour l’heure, le plat est à disposition des Israéliens. Les Palestiniens, eux, n’ont même pas d’assiette.  

Pierre Barbancey

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25 mai 2020 1 25 /05 /mai /2020 14:55
La section de Brest du PCF rendra hommage à la résistance et Cécile Rol-Tanguy le 27 mai à 11 h 30 au Rond point Rol-Tanguy de la gare.
 
 
Communiqué de la section PCF de Brest - 25 mai 2020
 
Ce mercredi 27 mai, nous rendrons hommage à la Résistance et au programme du conseil national de la résistance dont l'esprit doit animer les combats et rassemblements d'aujourd'hui pour refonder la démocratie française

 

Ce mercredi 27 mai, journée nationale de la Résistance, célèbre la création du Conseil National de la Résistance.

Né en 1943, en pleine guerre, il réunit huit mouvements de Résistance, six partis politiques et deux centrales syndicales. Une France courageuse et déterminée, qui dit « non » à l'envahisseur, à un régime fascisant, réactionnaire, raciste et antisémite, et « oui » à la Liberté, à une République rénovée, plus fraternelle, égalitaire et démocratique. 

Ce 27 mai 2020, nous voulons célébrer la naissance du Conseil National de la Résistance et l’incroyable défi que se sont fixés des hommes et des femmes d’imaginer la France dans laquelle ils rêvaient de vivre pour restaurer la République des Lumières.

Deux ans après, dans une France en ruine, un gouvernement réunissant des ministres gaullistes, de la SFIO et du PCF, reconstruisent le pays en faisant le choix de mettre en œuvre des avancées sociales, économiques et politiques majeures, complétant les conquêtes, quelques années plus tôt, du Front populaire : les femmes votent pour la première fois le 29 août 1945, la Sécurité sociale est inventée et mise en place, tout comme notre système de retraite par répartition, le gouvernement nationalise les Houillères, Renault, les banques de dépôt et la Banque de France, l’électricité et le rail. Le droit à l'éducation et à la culture pour tous est instauré.

Cette actualité de la Résistance est tellement vivante aujourd’hui:

Parce que l'idéologie de l'extrême-droite revient en force en France, en Europe où comme en Croatie les oustachis amis de Hitler sont réhabilités . 

Parce que notre démocratie est de plus en plus dénaturée et minée par le poids des féodalités économiques, oligarchies et inégalités contre lesquelles luttait le Conseil National de la Résistance au nom d'une vision d'une société rénovée et plus juste, avec son programme magnifiquement baptisé "Les jours heureux".

Parce que nous avons plus que jamais besoin d'une inspiration de rassemblement, et de création politique, d'une force d'espoir pour conjurer les menaces très fortes auxquelles notre société est exposée et la reconstruire sur des bases plus justes et durables.

A l’heure ou tout le monde s’interroge sur les moyens de reconstruire nos pays, mis à l’arrêt par la pandémie, fragilisé par des années de politiques néo-libérales et capitalistes qui ont battu en brèche l'héritage du Conseil National de la Résistance, et affaibli notre pays dans sa capacité à faire face à des défis comme celui de l'épidémie du coronavirus.

Car cette pandémie que nous continuons d’affronter, dans toute sa brutalité, met elle aussi au cœur du débat le choix de société dans lequel nous voulons vivre, en portant l’exigence de traiter en profondeur les racines du mal. Elle révèle au grand jour les conséquences de ce modèle économique sur nos vies; un modèle dédié à la finance qui a misé sur la course au profit, l’exploitation des êtres humains, des ressources naturelles, choisissant d’affaiblir le rôle des États et de ses services publics.
 
Le 27 mai, la section PCF du pays de Brest rendra hommage aux  résistantes et résistants dans le respect des consignes sanitaires. 
 
Pour saluer la mémoire de notre camarade Cécile Rol-Tanguy qui vient de décéder  récemment et en hommage à toutes les femmes résistantes parfois invisibles nous serons présents à 11 h 30 au Rond point Rol-Tanguy de la gare.
La section de Brest du PCF rendra hommage à la résistance et Cécile Rol-Tanguy le 27 mai à 11 h 30 au Rond point Rol-Tanguy de la gare.
Rassemblement organisé par la commission féminisme du PCF Finistère.
 
Journée nationale de la Résistance, 12h30, rue Portail à Brest, le mercredi 27 mai
 
A l'occasion de la Journée de la Resistance du 27 mai, la Commission féministe du PCF 29 vous invite à rendre hommage à la mémoire de notre camarade résistante et communiste, Simone MOREAU.
 
L'hommage se déroulera mercredi 27 mai (demain) à 12h30, rue André PORTAIL à Brest.
Simone et Henri Moreau ont habité cette rue pendant la guerre, et ont abrité dans leur maison des caches d'armes et de matériel d'imprimerie pour la presse clandestine.
 
Nous nous donnons rendez-vous à 12h30.
Nous vous demandons de bien vouloir porter un masque, et d'amener les drapeaux , badges du Parti  etc... que vous avez.
 
Nous rebaptiserons symboliquement la rue, puis lirons la biographie de Simone.
Enfin, nous entonnerons le Chant des Partisans et le 1er couplet de l'Internationale.
 
Gloire à nos camarades !
Vive le Conseil national de la Resistance !
La section de Brest du PCF rendra hommage à la résistance et Cécile Rol-Tanguy le 27 mai à 11 h 30 au Rond point Rol-Tanguy de la gare.

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25 mai 2020 1 25 /05 /mai /2020 06:13
Ernest Mazé - Photos Archives Ouest-France

Ernest Mazé - Photos Archives Ouest-France

Venu en retraite à Douarnenez (Finistère), Ernest Mazé s’est éteint à l’âge de 97 ans. Né au Relecq-Kerhuon en 1923 d’un père cheminot militant communiste, il est entré en 1940 dans la Résistance contre les fascistes. Il sera arrêté par les Allemands en 1942 et torturé. Un récit de vie qu’il avait conté à Ouest-France, il y a sept ans.

À la Libération, il reçoit la médaille de la Résistance de la part du Général de Gaulle et sera nommé Chevalier de la légion d’honneur en 2014.

Syndicaliste, comme son frère Édouard qui sera tué d’une balle en pleine tête lors d’une manifestation à Brest en 1950 à l’âge de 26 ans, il a rejoint la section des retraités CGT de Douarnenez et du Cap Sizun à son arrivée en retraite à Douarnenez. « C’est avec beaucoup de tristesse que la section a appris le décès du doyen de ses adhérents », s’est exprimée, dans un communiqué, le syndicat.

Ses obsèques seront célébrées dans l’intimité familiale ce mardi 26 mai 2020.

Ernest Mazé, la résistance dans les veines

Témoignage

Ouest-France, Ludovic Le Signor, 8 janvier 2013

« Dans la Résistance, tout communiste qu'on était, on était fier d'être gaulliste. » La voix posée, l'oeil pétillant, Ernest Mazé pose sur la table la médaille de la Résistance que lui a remis le Général de Gaulle à Brest, à la Libération. « C'est une reconnaissance. Il a aussi remis à mon père la légion d'honneur. »

Né en 1923 au Relecq-Kerhuon, Ernest Mazé a rapidement mis ses pas dans le sillon tracé par son père cheminot, militant communiste. Trois enfants dans la famille, trois garçons, dont Édouard, syndicaliste, qui sera tué d'une balle en pleine tête lors d'une manifestation à Brest en 1950, à l'âge de 26 ans. Une famille modeste, dans laquelle les enfants ne restent pas longtemps à l'école. « Mon certificat d'étude en poche, je suis resté un an en cours supérieur. Puis mon père m'a dit un jour :''Maintenant, faut que tu ailles au boulot''. »

Dès 14 ans, il apprend le métier de plombier-chauffagiste et devient, trois années plus tard, en 1940, ouvrier hautement qualifié. « Cette année-là, je suis entré aux Jeunesses communistes et dans la Résistance active, se souvient Ernest Mazé. On a été les premiers jeunes à combattre les fascistes. » Face aux « cagoulards » et aux « Croix de feu » du colonel Delaroque tout d'abord, il se souvient de combats très physiques : « On se battait aux côtés des Jeunes ouvriers chrétiens, nos rapports étaient très bons. »

La nuit, après le couvre-feu, Ernest Mazé distribue des tracts dans Brest : L'Humanité, Combat ou encore France d'abord, de sensibilité chrétienne : « Toujours à deux car c'était très risqué. » Le 1er février 1942, alors qu'il travaille à l'École navale, le jeune Résistant est arrêté : « Trois hommes en imper sont entrés et m'ont mis les menottes. » Dans la « Traction avant » des Gestapistes, Ernest est envoyé à la prison du château. Au bout de quinze jours, gardés par la police municipale, ils seront 54, dont son père, arrêté trois jours après lui.

Le 2 février, Ernest Mazé est interrogé : « Je n'ai pas parlé », souffle-t-il, posément. Durant trois jours, le jeune Résistant sera fouetté : « Le premier jour, je n'avais pas trop mal. Mais après... » Rien à manger, pas le droit de se laver, les prisonniers sont ravagés par les puces et les poux. Des ouvriers portugais travaillant au-dessus de sa cellule fournissent à Ernest une lame de scie à métaux. Il tente l'évasion, une nuit, en limant les barreaux des fenêtres. Et se fait repérer. « Là, j'ai eu affaire au brigadier-chef, un type très méchant. On le surnommait Bec d'oiseau. Il m'a pointé son pistolet sur la poitrine et a tiré. Il n'y avait pas de balle. Ce type a été fusillé par un Résistant un mois plus tard. »jAu bout de trois mois, les 54 prisonniers sont transférés à Rennes.

« Quand nous sommes arrivés à la gare de Brest, la comtesse de Rodellec, de Saint-Marc, nous a donné cinq morceaux de sucre. »

Libres, sans explication

Le convoi s'arrête à Morlaix, car les Alliés bombardent le viaduc. Le train rejoint alors Landerneau, direction Lorient pour rejoindre l'Ille-et-Vilaine. « À notre arrivée à la prison Jacques-Cartier à Rennes, les Nazis nous ont mis sous une douche glacée. Et donné des vêtements rudes et des sabots. » Durant sept mois, les prisonniers brestois sont séparés dans deux cellules. « Pendant une semaine, j'ai été mis dans une petite pièce, en compagnie d'un jeune homme, que je ne connaissais pas. Il voulait que je parle. »

Ernest Mazé est ensuite interrogé trois fois par un juge d'instruction allemand. « Sans aucune brutalité, il me parlait poliment. Je m'en souviens comme si c'était hier. » Ému, le Résistant poursuit : « En sortant, il m'a donné des cigarettes pour mes copains de cellule... Je dois la vie à cet homme-là. »

Quelque temps plus tard, sans explication, Ernest Mazé, son père et un autre prisonnier sont libérés. « Nous sommes aussitôt rentrés à Brest. Au bout de huit jours, je rejoignais un camp de Résistants à Lanrivoaré. J'étais encore plus actif qu'avant. On avait des armes, des mitraillettes américaines. » En cette fin d'année 1943, les militaires allemands sentent venir la défaite : « On les arrêtait. Ils s'enfuyaient de Brest, perdus. »

 

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