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12 mai 2022 4 12 /05 /mai /2022 07:11

Cher Jean-Luc Mélenchon, cher Olivier Faure, cher Julien Bayou, cher·e·s camarades,

Ce 7 mai est un jour important dans l’histoire de la cinquième République, car l’événement de cette journée c’est bien la journée d’investiture des candidats de la nouvelle coalition des forces de gauche et écologiste, cette nouvelle union que nous voulons populaire, écologique et sociale !

Les communistes sont heureux de participer à cette belle dynamique politique que nous enclenchons aujourd’hui.

 

L’événement de cette journée, c’est la présentation du programme que nous construisons ensemble et qui va changer considérablement la vie des Français !

Oui, c’est une journée importante, car nous avons la possibilité, là, maintenant, dans 5 semaines, de battre Macron à l’Assemblée nationale en faisant élire une nouvelle majorité de gauche !

Battre Macron et installer un nouveau gouvernement, progressiste, vraiment de gauche et qui changera la vie des Français.

Quel immense espoir pour l’ensemble des salariés de notre pays, pour les retraités, pour la jeunesse, les enfants, les étudiants !

C’est ce que je leur dis, chez moi, à toutes celles et tous ceux que je croise : Oui, dès le 1er juillet, avec cette nouvelle majorité, le Smic va augmenter de 100 euros tous les mois et l’ensemble des salaires aussi. Et avec des cotisations pour financer la Sécu. Oui, dès juillet, nous mettrons à l’ordre du jour la retraite à 60 ans et des salariés partiront plus tôt en retraite. Oui, dès la rentrée de septembre, nous mettrons en place un revenu d’autonomie pour les étudiants, leur permettant d’étudier sans être obligés de travailler à côté.

Ces changements sont possibles si des millions de Françaises et de Français s’en mêlent, votent et enclenchent un grand mouvement social et populaire !

C’est ça l’espoir que nous devons faire grandir dans les 30 prochains jours. Mais surtout, c’est l’espoir d’empêcher Macron d’avoir une majorité.

Avec les bulletins de vote estampillés de notre nouvelle coalition, nous allons pouvoir battre les candidats d’Emmanuel Macron, les LR et RN qui se présenteront dans notre pays.

Nous allons pouvoir battre ses ministres qui se présentent avec le pire bilan pour le pouvoir d’achat des Français.

Nous allons pouvoir battre ces candidats macronistes, comme celui de l’Essonne, bras droit de Guerini et DG de la start up En Marche, qui a travaillé avant cela pendant 5 ans chez McKinsey. Oui, c’est possible, ils osent tout !

Les 12 et 19 juin prochains, nous allons pouvoir dire :

Finis les cabinets McKinsey et consorts qui viennent émarger sur les comptes de la République ;

Finie l’évasion fiscale qui siphonne les richesses de notre pays ;

Finis les cadeaux aux plus riches pendant que les ouvriers, les salariés, les agents des services publics triment au boulot et se serrent la ceinture pour payer leurs factures.

Fini de baisser les impôts des groupes comme Amazon, Google, Apple, BNP, Société générale, Sanofi, Renault, Peugeot, qui distribuent des dividendes et licencient en même temps.

Et puis je pense à tous les salariés, aux militants syndicaux qui résistent sans moyen face aux délocalisations. À eux, je leur dis : finies les lois El Khomry et les ordonnances Macron, finies ces lois qui vous ont privé de tous moyens pour défendre les emplois et de meilleures conditions de travail !

Non seulement, nous supprimerons ces lois, mais en plus nous allons rétablir les CHSCT, nous vous donnerons des pouvoirs nouveaux d’intervention dans les conseils d’administration, dans les comités d’établissements et même les moyens de financer vos propositions.

Alors oui, notre victoire est directement indexée sur l’espoir que nous allons porter dans les prochains jours et c’est pourquoi notre convention de ce jour est importante.

Bien sûr, nous avons des différences sur un certain nombre de sujets, mais nous avons tous pris nos responsabilités et nous avons fait le choix de nous additionner dans le respect de ces différences, sans les effacer.

Car nous aurons la possibilité, chacun, d’avoir un groupe.

Et si ces groupes voteront ensemble les mesures de progrès social, de justice sociale pour les Français que nous avons décidées ensemble, ils pourront aussi défendre et faire vivre leurs propres propositions, en toute autonomie et dans le respect de notre diversité.

Il nous reste maintenant 30 jours pour aller voir les Françaises et les Français pour les convaincre de porter leur vote sur les candidats de ce nouveau rassemblement.

30 jours pour prendre le pouvoir à la finance, le rendre au peuple, aux salariés et refonder la République.

30 jours pour qu’enfin la France parle au monde de paix et de coopérations entre les peuples.

30 jours, pour réussir à rassembler largement, dans chaque circonscription, dès le 1er tour.

Car notre principal adversaire sera, je le crains, l’abstention.

Il y a tant de nos concitoyens qui, aujourd’hui, se sont éloignés de la politique. Il y en a tant qui sont, comme me l’a dit une électrice, en « dépression démocratique » et qui n’y croient plus ! Il y en a tant qui n’en peuvent plus de voter contre leurs idées, de voter par défaut, par dépit et jamais pour eux, avec l’espoir d’un changement positif au bout.

Avec nos belles candidatures, rassembleuses, déployons d’immenses efforts dans les prochains jours dans chaque circonscription pour rassembler, unir. Pour aller convaincre celles et ceux qui n’y croient plus et même celles et ceux qui ont pu utiliser le bulletin de vote Le Pen en pensant se débarrasser de Macron.

Je pense à toutes ces circonscriptions, à tous ces départements, comme ceux de chez moi, dans le bassin minier, où le Rassemblement national réalise ses meilleurs résultats.

Nous avons là d’incroyables défis, d’énormes efforts de rassemblement à produire pour susciter l’espoir. Non pas front contre front, mais plutôt projet contre projet.

Car nous les avons déjà battus aux cantonales, en les mettant en échec là où leurs élus n’avaient aucun bilan à produire. Dans leurs tracts, ils ne parlent que d’immigration, de religion, de division.

Dans nos tracts, nous parlons de dignité humaine, de respect, d’égalité ; nous parlons des combats menés contre les expulsions locatives, pour le maintien d’un commissariat, pour l’extension du centre hospitalier de Lens que nous avons obtenue.

Oui, c’est en montrant notre utilité, en montrant ce que nous arrivons à gagner pour nos populations que nous arrivons à les faire reculer. C’est aussi en menant le combat pour défendre nos usines que nous démontrons que si Bridgestone Béthune ferme, ce n’est surtout pas à cause de l’immigration, encore moins du grand remplacement de Zemmour, mais bien à cause d’un capitalisme financiarisé, d’un gouvernement complice et d’une Europe libérale qui finance les délocalisations au sein même de l’Union européenne.

Si nos usines ferment, c’est à cause d’un pouvoir au service exclusif de la finance au détriment de nos emplois, de nos savoir-faire, de notre industrie.

C’est pourquoi je salue des candidatures comme celle de Marine Tondelier qui affrontera Marine Le Pen, ou encore de Jean-Marc Tellier qui se retrouvera face au député sortant RN, mais aussi face à Mme Pannier-Runacher, parachutée là-bas.

Je salue François Ruffin, lui aussi pleinement mobilisé contre une extrême droite arrivée en tête dans sa circonscription au 1er tour de l’élection.

Je salue tout autant ces candidats, à l’image de Bruno Nottin, qui affrontera le candidat Jean-Michel Blanquer qui a organisé pendant 5 ans un jeu de massacre contre l’école publique.

Mes chers amis, mes chers camarades,

Oui, nous avons de beaux et grands défis devant nous. Celui de rassembler les Français et de construire avec eux la plus belle majorité, la plus heureuse des majorités, celle qui saura faire naître de nouveau les sourires sur les visages de nos concitoyens, avec les réformes que nous attendons depuis si longtemps. Ces réformes heureuses qui vont enfin changer la vie !

Je vous remercie.

 

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10 mai 2022 2 10 /05 /mai /2022 08:19

Une conférence de presse rassemblant les deux candidats et les représentants des forces politique de gauche rassemblées au sein de la "Nouvelle Union Populaire Ecologique et Sociale" (NUPES) se tenue le lundi 9 Mai.

Voici les articles du Télégramme et Ouest France suite à cette conférence de presse. 

 

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10 mai 2022 2 10 /05 /mai /2022 05:40
9 mai 2022 - Forte mobilisation pour l'hôpital de Carhaix pour le maintien de l'unité de soins continus
9 mai 2022 - Forte mobilisation pour l'hôpital de Carhaix pour le maintien de l'unité de soins continus
9 mai 2022 - Forte mobilisation pour l'hôpital de Carhaix pour le maintien de l'unité de soins continus
9 mai 2022 - Forte mobilisation pour l'hôpital de Carhaix pour le maintien de l'unité de soins continus
9 mai 2022 - Forte mobilisation pour l'hôpital de Carhaix pour le maintien de l'unité de soins continus
9 mai 2022 - Forte mobilisation pour l'hôpital de Carhaix pour le maintien de l'unité de soins continus
9 mai 2022 - Forte mobilisation pour l'hôpital de Carhaix pour le maintien de l'unité de soins continus
9 mai 2022 - Forte mobilisation pour l'hôpital de Carhaix pour le maintien de l'unité de soins continus
9 mai 2022 - Forte mobilisation pour l'hôpital de Carhaix pour le maintien de l'unité de soins continus
9 mai 2022 - Forte mobilisation pour l'hôpital de Carhaix pour le maintien de l'unité de soins continus
9 mai 2022 - Forte mobilisation pour l'hôpital de Carhaix pour le maintien de l'unité de soins continus

Nous étions entre 1000 et 1200 manifestants ce Lundi 9 mai à Carhaix.

 
Quelques passages de l'intervention de Caroline Tromeur, Secrétaire Générale du Syndicat CGT du CH Carhaix :
 
Lundi 2 Mai, une annonce extrêmement brutale nous a été faite par la direction annonçant, faute de remplaçants pour le personnel non médical, la fermeture rapide (1 semaine plus tard) de l’unité de soins continus puis le regroupement des services de chirurgie et de médecine polyvalente au plus tard le 1er Juillet.
 
Ce choix de la direction est délibéré. Il témoigne de cette volonté de transformer l'hôpital de Carhaix en établissement gériatrique.
Ce choix a été fait sans concertation avec le corps médical, l’encadrement et les partenaires sociaux et a suscité l’indignation générale.
La mobilisation de tous pour le principe du droit à la santé pour la population du Pays COB, a permis de suspendre cette décision inacceptable.
Rappelons qu’en 2007, à l’initiative de la CGT, un comité de défense de l’hôpital de Carhaix avait vu le jour.
 
Un combat de plusieurs semaines contre la fermeture des services de maternité et de chirurgie avait eu lieu.
 
Enfin, le 25 Juin 2008, les pouvoirs publics avaient dû faire machine arrière : le tribunal administratif venant d’annuler l’arrêté suspendant l’activité de ces services.
 
Lors de la fusion avec le CHU de Brest en Juillet 2009, la CGT avait exprimé sa vive inquiétude concernant le maintien de tous les services MCO sur notre site.
Notre éloignement géographique est indéniable et la population carhaisienne doit pouvoir bénéficier d’un accès pérenne au plateau technique du site.
Il est impératif d’allier proximité et sécurité des prises en charge.
 
Pour la CGT c’est une priorité de santé publique dans une zone ou la population manque cruellement de médecins libéraux.
Nous n'en pouvons plus de cette situation anxiogène.
Le sursis obtenu grâce à l’implication des organisations syndicales, des médecins et des politiques mais aussi grâce à l’effort collectif de l’ensemble du personnel est un premier pas, mais temporaire. Nous devons exiger des garanties écrites dans le projet d’établissement nous garantissant ENFIN le maintien de la totalité des services existants sur le site de Carhaix et ce de façon pérenne. Il faut une décision politique sur cette question.
Le recrutement de nouveaux professionnels médicaux et paramédicaux ne pourra se faire sans le maintien du plateau technique et la garantie d’une prise en charge globale de qualité des patients.
Le CHU de Brest doit apporter une réponse rapide au manque de personnel en rendant l’établissement plus attractif tant au niveau de l’évolution des carrières, des salaires, de la qualité de vie au travail que du maintien de nos spécialités.
La CGT ne laissera pas l’offre de soins se dégrader à Carhaix !
9 mai 2022 - Forte mobilisation pour l'hôpital de Carhaix pour le maintien de l'unité de soins continus
9 mai 2022 - Forte mobilisation pour l'hôpital de Carhaix pour le maintien de l'unité de soins continus
9 mai 2022 - Forte mobilisation pour l'hôpital de Carhaix pour le maintien de l'unité de soins continus
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9 mai 2022 1 09 /05 /mai /2022 06:02
Rassemblement de Tredudon-le-Moine 8 mai 2022 - photo de Paul Mongault

Rassemblement de Tredudon-le-Moine 8 mai 2022 - photo de Paul Mongault

Rassemblement de Tredudon-le-Moine 8 mai 2022 - photo de Paul Mongault

Rassemblement de Tredudon-le-Moine 8 mai 2022 - photo de Paul Mongault

Rassemblement de Tredudon-le-Moine 8 mai 2022 - photo de Paul Mongault

Rassemblement de Tredudon-le-Moine 8 mai 2022 - photo de Paul Mongault

Photo Daniel Laporte, Tredudon, Berrien, 8 mai 2022 - Gérard Lahellec, Pierre-Yves Thomas et Hubert Le Lann

Photo Daniel Laporte, Tredudon, Berrien, 8 mai 2022 - Gérard Lahellec, Pierre-Yves Thomas et Hubert Le Lann

Photo Daniel Laporte, Tredudon, Berrien, 8 mai 2022 - Gérard Lahellec, Pierre-Yves Thomas et Hubert Le Lann

Photo Daniel Laporte, Tredudon, Berrien, 8 mai 2022 - Gérard Lahellec, Pierre-Yves Thomas et Hubert Le Lann

Tredudon-le-Moine, Berrien, 8 mai 2022, rassemblement d'hommage à la Résistance et ses valeurs - photo Daniel Laporte, 8 mai 2022

Tredudon-le-Moine, Berrien, 8 mai 2022, rassemblement d'hommage à la Résistance et ses valeurs - photo Daniel Laporte, 8 mai 2022

Rassemblement de Tredudon-le-Moine 8 mai 2022 - photo de Paul Mongault

Rassemblement de Tredudon-le-Moine 8 mai 2022 - photo de Paul Mongault

Rassemblement de Tredudon-le-Moine 8 mai 2022 - photo de Paul Mongault

Rassemblement de Tredudon-le-Moine 8 mai 2022 - photo de Paul Mongault

Rassemblement de Tredudon-le-Moine 8 mai 2022 - photo de Paul Mongault

Rassemblement de Tredudon-le-Moine 8 mai 2022 - photo de Paul Mongault

Tredudon le Moine, 8 mai 2022 - Rassemblement d'hommage à la Résistance, et de dénonciation de la dégradation du panneau d'hommage au premier village résistant de France, en Berrien
Rassemblement de Tredudon-le-Moine 8 mai 2022 - photo de Paul Mongault

Rassemblement de Tredudon-le-Moine 8 mai 2022 - photo de Paul Mongault

Rassemblement de Tredudon-le-Moine 8 mai 2022 - photo de Paul Mongault

Rassemblement de Tredudon-le-Moine 8 mai 2022 - photo de Paul Mongault

Tredudon-le-Moine, Berrien, 8 mai 2022, rassemblement d'hommage à la Résistance et ses valeurs - photo Daniel Laporte, 8 mai 2022

Tredudon-le-Moine, Berrien, 8 mai 2022, rassemblement d'hommage à la Résistance et ses valeurs - photo Daniel Laporte, 8 mai 2022

Tredudon-le-Moine, Berrien, 8 mai 2022, rassemblement d'hommage à la Résistance et ses valeurs - photo Daniel Laporte, 8 mai 2022

Tredudon-le-Moine, Berrien, 8 mai 2022, rassemblement d'hommage à la Résistance et ses valeurs - photo Daniel Laporte, 8 mai 2022

Tredudon-le-Moine, Berrien, 8 mai 2022, rassemblement d'hommage à la Résistance et ses valeurs - photo Daniel Laporte, 8 mai 2022

Tredudon-le-Moine, Berrien, 8 mai 2022, rassemblement d'hommage à la Résistance et ses valeurs - photo Daniel Laporte, 8 mai 2022

Tredudon-le-Moine, Berrien, 8 mai 2022, rassemblement d'hommage à la Résistance et ses valeurs - photo Daniel Laporte, 8 mai 2022

Tredudon-le-Moine, Berrien, 8 mai 2022, rassemblement d'hommage à la Résistance et ses valeurs - photo Daniel Laporte, 8 mai 2022

Tredudon-le-Moine, Berrien, 8 mai 2022, rassemblement d'hommage à la Résistance et ses valeurs - photo Daniel Laporte, 8 mai 2022

Tredudon-le-Moine, Berrien, 8 mai 2022, rassemblement d'hommage à la Résistance et ses valeurs - photo Daniel Laporte, 8 mai 2022

Tredudon-le-Moine, Berrien, 8 mai 2022, rassemblement d'hommage à la Résistance et ses valeurs - photo Daniel Laporte, 8 mai 2022

Tredudon-le-Moine, Berrien, 8 mai 2022, rassemblement d'hommage à la Résistance et ses valeurs - photo Daniel Laporte, 8 mai 2022

Tredudon-le-Moine, Berrien, 8 mai 2022, rassemblement d'hommage à la Résistance et ses valeurs - photo Daniel Laporte, 8 mai 2022

Tredudon-le-Moine, Berrien, 8 mai 2022, rassemblement d'hommage à la Résistance et ses valeurs - photo Daniel Laporte, 8 mai 2022

Tredudon-le-Moine, Berrien, 8 mai 2022, rassemblement d'hommage à la Résistance et ses valeurs - photo Daniel Laporte, 8 mai 2022

Tredudon-le-Moine, Berrien, 8 mai 2022, rassemblement d'hommage à la Résistance et ses valeurs - photo Daniel Laporte, 8 mai 2022

Tredudon-le-Moine, Berrien, 8 mai 2022, rassemblement d'hommage à la Résistance et ses valeurs - photo Daniel Laporte, 8 mai 2022

Tredudon-le-Moine, Berrien, 8 mai 2022, rassemblement d'hommage à la Résistance et ses valeurs - photo Daniel Laporte, 8 mai 2022

Tredudon-le-Moine, Berrien, 8 mai 2022, rassemblement d'hommage à la Résistance et ses valeurs - Jeannine Daniel et Marion Frances - photo Daniel Laporte, 8 mai 2022

Tredudon-le-Moine, Berrien, 8 mai 2022, rassemblement d'hommage à la Résistance et ses valeurs - Jeannine Daniel et Marion Frances - photo Daniel Laporte, 8 mai 2022

Tredudon-le-Moine, Berrien, 8 mai 2022, rassemblement d'hommage à la Résistance et ses valeurs - photo Daniel Laporte, 8 mai 2022

Tredudon-le-Moine, Berrien, 8 mai 2022, rassemblement d'hommage à la Résistance et ses valeurs - photo Daniel Laporte, 8 mai 2022

Tredudon-le-Moine, Berrien, 8 mai 2022, rassemblement d'hommage à la Résistance et ses valeurs - photo Daniel Laporte, 8 mai 2022

Tredudon-le-Moine, Berrien, 8 mai 2022, rassemblement d'hommage à la Résistance et ses valeurs - photo Daniel Laporte, 8 mai 2022

Tredudon-le-Moine, Berrien, 8 mai 2022, rassemblement d'hommage à la Résistance et ses valeurs - photo Daniel Laporte, 8 mai 2022

Tredudon-le-Moine, Berrien, 8 mai 2022, rassemblement d'hommage à la Résistance et ses valeurs - photo Daniel Laporte, 8 mai 2022

Rassemblement de Tredudon-le-Moine 8 mai 2022 - photo de Paul Mongault

Rassemblement de Tredudon-le-Moine 8 mai 2022 - photo de Paul Mongault

Berrien, Tredudon le Moine, 8 mai - rassemblement d'hommage à la résistance et ses valeurs et pour dénoncer le vandalisme sur le panneau d'hommage au premier village résistant de France avec le maire de Berrien Hubert Le Lann, le PCF, le MJCF, le mouvement de la paix, l'anacr et la fsu.
Le maire de Berrien, Hubert Le Lann, Pierre-Yves Thomas pour le PCF, Enzo De Gregorio pour le MJCF 29, Antoine Gauchard pour la fsu, ont pris la parole notamment, ainsi que Paul Mongault qui représentait le PCF national et qui nous a transmis ces photos. Le sénateur communiste des côtes d'Armor Gérard Lahellec était également présent ainsi qu'une trentaine de personnes.
 
Tredudon-le-Moine, 8 mai 2022 - 8 mai 1945: hommage du Parti Communiste finistérien et breton, du MJCF, de l'ANACR, de la FSU, du Mouvement de la Paix, du maire de Berrien Hubert Le Lann à la résistance et ses valeurs, et rassemblement de protestation contre le vandalisme politique dont a été victime le panneau d'hommage au Premier village résistant de France de la part de nationalistes bretons fachos.
 
Photos Daniel Laporte et Paul Mongault
 
Le 24 avril dernier des nostalgiques des plus sombres années de notre histoire, s’en sont pris à un symbole fort de la résistance en centre Bretagne. Cette date ne tient pas du hasard. En effet, ce dimanche 24 avril était la journée Nationale du souvenir des déportés. Dès le 16 juin 1940, l’organisation clandestine du Parti communiste français, dirigée par Pierre PLASART, a stocké des armes britanniques à TRÉDUDON les Moines avec la complicité et le soutien de toute sa population. TRÉDUDON les Moines sera à la fois un dépôt d’armes, un refuge pour les résistants traqués, un lieu de réunion et un centre de décision pour les dirigeants nationaux et régionaux des Francs-Tireurs et Partisans Français (FTPF). C’est pourquoi l’État-major national lui a décerné le titre de premier village résistant de France.
16 habitants de BERRIEN et de TRÉDUDON ont été déportés, 22 ont été fusillés, 11 sont morts en déportation. La plupart étaient des communistes, des cégétistes, des gens simples, refusant de se soumettre à la tyrannie et à l’occupation étrangère comme au fascisme de Vichy. Et des imbéciles crachent sur leur mémoire, c’est intolérable !
Au cœur des monts d’Arrée, le petit village de Trédudon-le-Moine est l’un des grands lieux de mémoire de la résistance au nazisme, même s’il est moins connu que l’île de Sein. Déclaré « premier village résistant de France dès 1946 », il a servi de lieu de rassemblement, de refuge et de cache d’armes pour les francs-tireurs et partisans dès après la débâcle. De nombreux responsables clandestins de la résistance communiste sont accueillis dans le village.
Dans l’ouvrage "Résistants et maquisards dans le Finistère, Témoignages", aux éditions Keltia Graphic, on peut ainsi lire que : « Le village de Trédudon-le-Moine est accroché comme un nid au versant sud de la Montagne. Dès les premiers jours de l’occupation, les trente-deux foyers de ce village et les fermes environnantes deviennent pendant près de quatre longues années un bastion de l’organisation clandestine du Front national, de l’OS et des FTPF […]. Dès l’année 1942, de jeunes résistants du pays constituent un groupe de combat […]. Ils insufflent un tel élan à la Résistance que celle-ci trouva embrigadée dans ses rangs la quasi-totalité des jeunes paysans de l’Arrée. »
Dès cette époque, des aviateurs alliés, abattus lors des raids contre les ports bretons, sont hébergés dans le secteur et transitent par Trédudon-le-Moine. Le village sert également de refuge pour les maquisards dont le nombre augmente substantiellement en 1943, après l’instauration du service du travail obligatoire (STO). Ils peuvent s’y reposer et s’y ravitailler entre deux actions contre l’occupant. « Beaucoup de résistants venaient de l’arsenal de Brest ou de la pyrotechnie de Pont-de-Buis, rappelle Ismaël Dupont. Ils ont apporté leur savoir-faire, notamment en matière d’explosifs. Ils avaient ainsi monté un projet d’attentat contre la retenue d’eau de Saint-Herbot. »
En janvier 1944, un capitaine allemand et son ordonnance, tous deux à cheval, sont abattus par les maquisards à Goenidou en Berrien. Leurs corps sont enterrés près de Trédudon-le-Moine.
En février 1944, les Allemands mènent une grosse opération à Berrien qui compte, à la fin de la guerre, 22 fusillés, seize déportés, onze tués au combat et un disparu.
C’est un lourd tribut qui fait de la commune, mais surtout de Trédudon-le-Moine, un lieu emblématique de la Résistance après la Libération.
Lieu de mémoire
En 1946, l’état-major des FTPF lui accorde le titre de « premier village résistant de France ». « Le Parti communiste cherchait alors à valoriser la résistance populaire, reconnaît Ismaël Dupont. Il y avait aussi une concurrence de mémoire avec les Gaullistes qui, eux, ont mis en avant l’île de Sein. »
Nombre de dirigeants communistes français, de Charles Tillon à Georges Marchais, viendront d’ailleurs aux commémorations de Trédudon-le-Moine. Il s’agissait ainsi de développer le culte des martyrs d’une formation qui se présentait comme « le parti des 75.000 fusillés » (les historiens s’accordent aujourd’hui plutôt sur le chiffre, déjà considérable, de 25.000 tués). Un Parti communiste qui a longtemps dominé la vie politique de ces « campagnes rouges » du centre Bretagne et du Trégor, où les traditions de révolte ont toujours été bien ancrées. On dit même que des armes avaient été enterrées, à la Libération, près de Trédudon-le Moine, en prévision d’une éventuellement prise de pouvoir par les communistes dans les années 1940 (le PCF était alors le premier parti de France), mais qui ne vint jamais…
Tredudon le Moine, 8 mai 2022 - Rassemblement d'hommage à la Résistance, et de dénonciation de la dégradation du panneau d'hommage au premier village résistant de France, en Berrien
Tredudon le Moine, 8 mai 2022 - Rassemblement d'hommage à la Résistance, et de dénonciation de la dégradation du panneau d'hommage au premier village résistant de France, en Berrien
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9 mai 2022 1 09 /05 /mai /2022 05:54

 

La construction de la coalition des gauches politiques, sociales, culturelles et des écologistes sèment la panique dans les milieux dirigeants. Leurs porte-voix et leurs porteplumes qui, il y a quelques semaines, moquaient les forces de gauche parce qu’elles allaient séparément devant les électrices et les électeurs à l’occasion de l’élection présidentielle sont de sortie, vent debout contre la nouvelle union populaire sociale et écologique. Comme l’argument des chars de l’Union soviétique occupant la concorde n’est plus crédible, ils agitent cette nouvelle coalition comme un épouvantail gauchiste.

Les mêmes qui ont - souvent à juste titre - critiqué Jean-Luc Mélenchon parce qu’il avait laissé son important score en 2017 en friche, lui reprochent aujourd’hui d’en avoir tiré des leçons et créé les conditions d’une unification du peuple de gauche et écologiste.

Ce qui se réalise sous nos yeux est la demande populaire des électorats progressistes dans leur diversité réclamant enfin l’union : ils ont le 10 avril, bousculé la donne parce qu’ils refusaient le duo que les tenants du système leur préparaient depuis des mois.

Aujourd’hui, ils demandent avec force, une union leur permettant d’être débarrassés à la fois de ces politiques de droite et des mensonges ; du mépris du chef de l’État et de cette monarchie présidentielle poussée à son comble. Pour cela, il n’y a pas d’autres solutions dans le cadre des institutions actuelles, que de rechercher une autre majorité que celle du Président de la République.

L’immense majorité ne veut pas du programme commun de la macronie et des droites comme le recul de l’âge de la retraite à 65 ans quand tant de jeunes restent sur le bord du chemin. Ils refusent aussi ce RSA conditionné à des travaux forcés, ainsi que ce projet pour l’école où règnerait la compétition entre établissements et un renforcement de la sélection.

Ils savent qu’au-delà des belles déclarations il n’y aura pas de « bouclier inflation », mais un renforcement de l’austérité au nom du remboursement de la dette. Une grande partie de la jeunesse agissante pour le climat réclame avec force des actes. Une majorité de celles des quartiers populaires, avec leurs parents qui sont les premiers de « corvée », crie au respect et à l’amélioration des conditions de vie, de formation et de travail.

Ils en ont assez d’être décriés sur tous les tons, assez des contrôles au faciès, assez des discriminations à l’embauche. Ils ne veulent pas être la « ban-lieue », ces lieux mis au ban de la société, mais être au cœur de la société à construire tous ensemble.

La gauche dans sa diversité se met à l’heure de ces demandes et se hisse au niveau des nécessités quand elle tient compte des résistances qui se déploient dans la société et les entreprises depuis des années, du bilan du travail parlementaire où ensemble le groupe insoumis et le groupe communiste à l’Assemblée nationale ont émis des votes identiques dans l’immense majorité des délibérations, déposé ensemble avec le groupe socialiste des textes de motion de censure.

C’est l’honneur des forces de gauche de se hisser au niveau des espérances de l’heure. C’est l’honneur des communistes comme de la majorité des socialistes d’avoir contribué à ouvrir cette porte à la discussion et à la construction avec La France Insoumise.

La direction socialiste doit affronter certains cadres et anciens ministres socialistes qui ne trouvent rien à redire quand l’un des leurs rejoint la macronie, et menacent de tout casser dès lors qu’il s’agit de proposer un projet alternatif et une nouvelle majorité. De ce point de vue, il faudra noter le courage du secrétaire du Parti socialiste tirant les leçons de la situation, procédant à une autocritique et au bilan de la direction du pays par le gouvernement de François Hollande.

Cette attitude était indispensable afin de permettre à son parti de tourner la page de cette période et de se mettre au diapason du monde du travail. Il tente de « ré-ancrer » son parti du côté gauche au lieu de le laisser voguer aux tristes vents du social-libéralisme.

La situation n’est pas anodine ! De Valls à Chevènement, de Rebsamen à Hollande, on est prêt à se vautrer dans des majorités comprenant toutes les palettes de la droite la plus réactionnaire. Comment ne peuvent-ils voir la profonde crise d’identité qui atteint le Parti socialiste, notamment parce que leur politique au gouvernement a été à l’encontre des besoins populaires et nationaux ? Comment peuvent-ils devenir les ennemis du camp dont ils se réclament sinon pour tourner le dos à la social-démocratie ou au socialisme ?

Aucun parti politique à gauche ne peut impunément incarner indéfiniment des valeurs contraires à ce qu’il prétend défendre. La question que pose avec insistance celles et ceux qui n’en peuvent plus de finir le mois avec un compte en banque à découvert, celles et ceux qui ne remplissent plus leur réservoir de carburants, ni les caddies des courses, est de savoir comment mieux vivre demain. Et ils demandent aux forces de gauche et écologistes de les entendre, de créer les conditions d’une vie meilleure débarrassée des angoisses quotidiennes.

Ils n’en peuvent plus du mépris et de l’exploitation. Ils n’en peuvent plus des belles paroles contredites par des actes s’opposant à leurs intérêts quand les milliardaires pavanent et les actionnaires des grandes entreprises sont à la fête.

Ils n’en peuvent plus des maltraitances sociales et démocratiques avec ces contre-réformes destructrices du droit du travail, la culpabilisation quand les premiers de la classe donnant des leçons d’économie leur suggèrent qu’ils sont trop payés, que les retraites sont trop élevées parce qu’ailleurs les salaires sont arasés par la faux du capitalisme financier.

Et ils ne veulent pas des changements à la « saint glinglin », mais dès le mois de juillet. Ils l’ont dit avec force au premier tour de l’élection présidentielle où le Président sortant n’a obtenu que 20% des voix des inscrits et n’a pu être élu qu’avec les voix des électrices et électeurs de gauche qui ont fait barrage à l’extrême-droite.

Ils ne veulent plus revivre une telle situation où ils savent que les mandataires des puissances d’argent au pouvoir et dans l’actuelle majorité présidentielle les bernent. Ils savent que le Président a prétendu combattre l’extrême-droite alors qu’il n’a fait qu’attiser le feu qui brulait toute espérance. Il a bien été en cela par une puissante campagne médiatique présentant Mme Le Pen comme une femme politique comme une autre (puisqu’elle aimerait les chats) et valorisant un histrion sorti du Figaro et de Cnews.

L’un des défis de la nouvelle coalition est aussi de faire reculer l’extrême-droite qui détourne bien des voix des travailleurs pour les ligoter au système qui les exploite. Ceci suppose de ne jamais aller sur son terrain au risque de la faire grandir.

Au contraire, la condition pour la faire reculer durablement est de changer la vie des plus défavorisés d’entre nous. La bonne nouvelle de ces derniers jours est que le débat se porte sur les préoccupations de gauche : justice sociale et environnementale, travail et droits des travailleurs, changement de la construction européenne, évasion fiscale et nouvelle répartition des richesses et non plus identité et séparatisme, chasse aux pauvres.

Si les législatives prennent cette importance, c’est aussi parce que des fractions importantes du peuple veulent pouvoir voter utile pour changer les choses. Parmi les abstentionnistes, il y a ceux et celles qui ont protesté contre la division.

L’aspiration à participer à un nouveau projet frappe aussi avec force à la porte. L’élection présidentielle a montré plus que tout autre événement que le cadre institutionnel est à bout de souffle et qu’il devient urgent de passer à une nouvelle république sociale, laïque, démocratique prenant soin des êtres humains et de la nature.

Du reste, la coalition de gauche, progressiste et écologistes qui se forme s’inscrit dans l’actuel (mauvais) cadre institutionnel. Scrutin présidentiel à deux tours poussant chaque camp à choisir celui ou celles qui est susceptible d’accéder au second tour. Celle-ci est suivie des élections législatives censées donner une majorité parlementaire au Président élu au scrutin majoritaire à deux tours avec l’obligation de réunir 12,5 % des inscrits pour concourir au second tour.

C’est une machine à éliminer les forces de transformation révolutionnaire. Sans unité, la gauche est chaque fois minorée ou mise en minorité. L’alliance lui donne une chance d’aller chercher la majorité parlementaire.

Fidèle à son histoire, le Parti communiste se grandit en participant de ce mouvement. Il est dans son rôle quand il porte les aspirations du monde du travail et de la culture.

Chaque fois qu’il place l’intérêt des travailleurs et des créateurs, des jeunes et des retraités au-dessus de toute autre considération, il démontre qu’il n’existe pas pour lui-même, mais pour celles et ceux qui souffrent, de celles et ceux qui subissent douloureusement le talon de fer de l’exploitation capitaliste, de celles et ceux qui veulent agir pour un nouveau mode de production préservant notre humanité et cherchent des issues progressistes à la situation actuelle. Il prouve, une fois de plus qu’il ne faillira pas dans son combat contre le danger de l’extrême-droite. À chaque fois qu’il a agi ainsi, il a recueilli confiance et soutien.

La nature de la coalition est intéressante, car elle respecte les personnalités, les identités, les propositions de chaque force qui la composent tout en ayant un tronc commun de changement concret très attendu depuis longtemps.

Il revient au débat public et aux mobilisations populaires d’aider à trancher certaines questions, certaines orientations à prendre. Ce sont ces identités différentes qui peuvent animer les débats et permettre une conscientisation plus grande des classes populaires. Les dépassements des désaccords ne peuvent se faire qu’avec la participation active des citoyens à la mêlée politique, sociale, culturelle, écologique.

Il n’y aura pas de changement sans pression citoyenne. Qu’il y ait des contradictions, des tensions est une évidence. La répartition des circonscriptions pose un certain nombre de problèmes dès lors que La France Insoumise a refusé de tenir compte de l’implantation et l’audience d’élus dans des territoires pour parachuter depuis Paris des militants

Mais l’essentiel est dans la chance inespérée de voir les forces de gauche et écologistes, des forces citoyennes, des mouvements de résistance mener ensemble une campagne politique pour faire élire une majorité de députés de la nouvelle Union Populaire écologiste et sociale et de permettre un gouvernement d’union populaire et démocratique.

Ceci est possible dès lors que chaque formation sera tout entière tendue vers cet objectif. Le chemin existe pour cette nouvelle majorité de gauche à l’Assemblée nationale. Le président n’est élu qu’avec moins du quart de l’électorat. Il est rejeté. Il n’y a pas de majorité dans le pays pour accepter sa politique. Cependant, conquérir la majorité pour former un gouvernement démocratique d’union populaire (comme le disait déjà le programme du Parti communiste en 1971) nécessite un combat politique de haut niveau et des actes de mobilisation unitaire.

Ne sous-estimons surtout pas la violente pression qui va s’exercer sur les candidats, les militants, mais surtout les électeurs. Toute la panoplie criant au prochain désastre va y passer. De même, tout sera fait durant la campagne pour diviser les forces de la coalition et donc les électorats.

La mobilisation militante va donc être décisive notamment auprès de celles et ceux qui ont un vital besoin de mesures dès le mois de juillet. Leur déplacement au bureau de vote sera un acte pour elles et eux, leurs familles, leurs enfants. N’en doutons pas, toute la réaction, le grand patronat et les marchés financiers, des gouvernements étrangers, les institutions internationales et notamment les institutions européennes vont se coaliser pour venir en soutien au Président de la République et de la majorité sénatoriale. Mais justement, la nouvelle union populaire écologique et sociale, c’est la force du nombre, de celles et ceux qui n’ont rien à perdre, mais tout à gagner.

Il n’y aura pas de réussite sans mobilisation unitaire pour la justice, la liberté et la paix.

 

« Il y a des moments,

Ou le moindre chant d'oiseaux

est un précipice, qui s'avance pour t'avaler »

Eugène Guillevic

 

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9 mai 2022 1 09 /05 /mai /2022 05:24
7 mai 2022 - Réunion de travail à Morlaix du collectif Fête de l'Humanité, stand du Finistère

Réunion de travail sur la Fête de l'Humanite 2022, stand du Finistère, au local du PCF Morlaix, avec une partie de notre fine équipe d'organisation du stand du Finistère. Et toujours la fraternité et les rires au menu.

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8 mai 2022 7 08 /05 /mai /2022 09:24

 

 

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7 mai 2022 6 07 /05 /mai /2022 07:18
Le PCF dénonce les dégradations sur le monument de Trédudon-le-Moine - Rassemblement le dimanche 8 mai à 14h30 à Tredudon-le-Moine devant le monument du premier village résistant de France (Le Poher)

Dans un communiqué, le PCF dénonce les dégradations intervenues fin avril sur la plaque commémorative de Trédudon-le-Moine à Berrien, un haut lieu de la résistance en Bretagne.

” Le 24 avril dernier des nostalgiques des plus sombres années de notre histoire, s’en sont pris à un symbole fort de la résistance en centre Bretagne. Cette date ne tient pas du hasard. En effet, ce dimanche 24 avril était la journée Nationale du souvenir des déportés.

16 habitants de BERRIEN et de TRÉDUDON ont été déportés, 22 ont été fusillés, 11 sont morts en déportation. La plupart étaient des communistes, des cégétistes, des gens simples, refusant de se soumettre à la tyrannie et à l’occupation étrangère comme au fascisme de Vichy. Et des imbéciles crachent sur leur mémoire, c’est intolérable !

Ce saccage du panneau de TRÉDUDON les MOINES, est dans le droit fil des tags qu’on subit les permanences du PCF. La démocratie ce n’est pas cela, la profanation de ce haut lieu de la résistance ne peut rester sans réaction.

Dès le 16 juin 1940, l’organisation clandestine du Parti communiste français, dirigée par Pierre PLASART,  a stocké des armes britanniques à TRÉDUDON les Moines avec la complicité et le soutien de toute sa population. TRÉDUDON les Moines sera à la fois un dépôt d’armes, un refuge pour les résistants traqués, un lieu de réunion et un centre de décision pour les dirigeants nationaux et régionaux des Francs-Tireurs et Partisans Français (FTPF). C’est pourquoi l’État-major national lui a décerné le titre de premier village résistant de France.

La section PCF de CARHAIX-HUELGOAT, la Fédération PCF du Finistère, le Mouvement de la Paix, en lien avec la municipalité de BERRIEN, appellent à un rassemblement le dimanche 8 mai 2022 à 14h30, au pied de la stèle inaugurée en 1946, désignant TRÉDUDON comme étant le premier village résistant de France.

Pour le PCF. Pierre-Yves THOMAS.”
 
 
Le PCF Morlaix enverra un don de 200 € pour aider au financement d'une nouvelle stèle.
 
Le Poher avait consacré récemment un article à l’histoire de ce lieu : Trédudon-le-Moine, village résistant de l’Arrée.
 
Le PCF dénonce les dégradations sur le monument de Trédudon-le-Moine - Rassemblement le dimanche 8 mai à 14h30 à Tredudon-le-Moine devant le monument du premier village résistant de France (Le Poher)
Trédudon-le-Moine, village résistant dans l’Arrée

Au cœur des monts d’Arrée, le petit village de Trédudon-le-Moine est l’un des grands lieux de mémoire de la résistance au nazisme, même s’il est moins connu que l’île de Sein. Déclaré « premier village résistant de France dès 1946 », il a servi de lieu de rassemblement, de refuge et de cache d’armes pour les francs-tireurs et partisans dès après la débâcle.

Pour aller à Trédudon-le-Moine, il faut emprunter une route sinueuse à la sortie de La Feuillée ou de Berrien et faire quelques kilomètres dans une campagne vallonnée et boisée. En arrière-fond, les crêtes des monts d’Arrée, avec leurs aiguilles de granit et leurs landes sauvages, semblent faire rempart au monde extérieur. Le village est constitué de quelques maisons de granit, partagées par des rues sinueuses. Au sommet, sur une petite esplanade, plusieurs stèles rappellent le rôle de ce lieu durant la Seconde Guerre mondiale, avant que Trédudon-le-Moine ne deviennent l’un des lieux de mémoire de la résistance communiste.
Terres rebelles
En effet, malgré l’ambiance bucolique et paisible, on est ici sur une vieille terre rebelle depuis des siècles. Une terre de quévaise d’abord. Au Moyen Âge, pour favoriser le défrichement et la mise en valeur des monts d’Arrée, les moines de l’abbaye voisine du Relecq mettent en place ce système de gestion collective des terrains. La quévaise attire des paysans en rupture de ban ou des individus recherchant un nouveau départ. Des populations plutôt réfractaires à l’autorité qui trouvent donc un refuge dans la région et contribuent à forger une identité égalitaire et rebelle.
Au xixe siècle, les monts d’Arrée comme le centre Bretagne sont surnommés la « Montagne », une région réputée sauvage et peu reliée au reste de la péninsule, en raison d’un réseau routier défaillant, et ce malgré le développement du tourisme au Huelgoat. Les terres de l’Arrée sont réputées pauvres. Elles sont le fief des pilhaouers, les chiffonniers. Ces derniers parcourent la basse Bretagne pour récupérer des textiles usagés, pour les recycler. Ils transportent aussi les idées nouvelles, et ils entretiennent une certaine défiance envers les autorités et la police.
Dans les années 1920 et 1930, les monts d’Arrée sont l’une des zones où se développe le tout jeune Parti communiste français. Huelgoat est d’ailleurs la première commune à élire un maire communiste en France. Un Parti communiste cependant ébranlé lorsque, en septembre 1939, l’URSS de Staline signe un pacte avec l’Allemagne nazie, alors que la France et la Grande-Bretagne vont entrer en guerre pour protéger la Pologne. Un pacte germano-soviétique que soutient la direction du PCF, mais pas forcément la base militante.
Cache d’armes
En mai, juin 1940, après plusieurs mois de drôle de guerre, les armées françaises et britanniques sont mises en déroute par l’offensive allemande. Les Britanniques refluent vers Brest, avec des tonnes de matériel dont beaucoup sont stockées à Saint-Thégonnec. Ils en abandonnent ou en détruisent une grande partie avant l’arrivée des Allemands le 17 juin. De nombreuses armes, des munitions et des vivres sont, malgré tout, récupérés avant par des patriotes, dont des sympathisants communistes, en prévision de combats futurs.
À l’instigation d’un dirigeant local de l’Organisation spéciale du Parti communiste, Pierre Plassart, le village de Trédudon-le-Moine est alors choisi comme cache d’armes. Il sert aussi de lieu de rendez-vous discret aux dirigeants communistes qui préparent une résistance plus active. Le Parti communiste français est d’ailleurs entré dans la clandestinité après son interdiction en France durant l’été 1940. Il se structure donc militairement et le petit village des monts d’Arrée est un lieu discret de réunion…

Centre de résistance
Outre leurs convictions patriotiques et antifascistes, nombre des militants communistes se doutent en effet que le pacte germano-soviétique ne va pas durer. De fait, au printemps 1941, les troupes allemandes envahissent l’URSS. Dès lors, rien ne retient plus les communistes de s’investir pleinement dans la Résistance, particulièrement au sein des Francs-tireurs partisans (FTP). Des actions qui visent aussi le régime de Vichy dès l’été 1941. Historien et actuel secrétaire départemental du PC en Finistère, Ismaël Dupont rappelle que « pendant la guerre, plus de la moitié des résistants armés étaient des FTP. L’influence communiste sur la résistance a été notable et quantitativement essentielle dans l’Hexagone ».
Dans l’ouvrage Résistants et maquisards dans le Finistère. Témoignages, aux éditions Keltia Graphic, on peut ainsi lire que : « Le village de Trédudon-le-Moine est accroché comme un nid au versant sud de la Montagne. Dès les premiers jours de l’occupation, les trente-deux foyers de ce village et les fermes environnantes deviennent pendant près de quatre longues années un bastion de l’organisation clandestine du Front national, de l’OS et des FTPF […]. Dès l’année 1942, de jeunes résistants du pays constituent un groupe de combat […]. Ils insufflent un tel élan à la Résistance que celle-ci trouva embrigadée dans ses rangs la quasi-totalité des jeunes paysans de l’Arrée. »
Dès cette époque, des aviateurs alliés, abattus lors des raids contre les ports bretons, sont hébergés dans le secteur et transitent par Trédudon-le-Moine. Le village sert également de refuge pour les maquisards dont le nombre augmente substantiellement en 1943, après l’instauration du service du travail obligatoire (STO). Ils peuvent s’y reposer et s’y ravitailler entre deux actions contre l’occupant. « Beaucoup de résistants venaient de l’arsenal de Brest ou de la pyrotechnie de Pont-de-Buis, rappelle Ismaël Dupont. Ils ont apporté leur savoir-faire, notamment en matière d’explosifs. Ils avaient ainsi monté un projet d’attentat contre la retenue d’eau de Saint-Herbot. »

Soldats allemands tués
Les soldats allemands sont avant tout concentrés dans les grandes villes et le littoral, mais ils mènent parfois des opérations dans le centre Bretagne où, à partir de 1943, les maquis deviennent de plus en plus structurés, comme celui FTP de Spézet-Saint-Goazec, du réseau Libération nord du Huelgoat ou celui des FFI de Plonévez-du-Faou. Gare aux éléments ennemis isolés. En janvier 1944, un capitaine allemand et son ordonnance, tous deux à cheval, sont abattus par les maquisards à Goenidou en Berrien. Leurs corps sont enterrés près de Trédudon-le-Moine.
En février 1944, les Allemands mènent une grosse opération à Berrien qui compte, à la fin de la guerre, 22 fusillés, seize déportés, onze tués au combat et un disparu.
C’est un lourd tribut qui fait de la commune, mais surtout de Trédudon-le-Moine, un lieu emblématique de la Résistance après la Libération.
Lieu de mémoire
En 1946, l’état-major des FTPF lui accorde le titre de « premier village résistant de France ». « Le Parti communiste cherchait alors à valoriser la résistance populaire, reconnaît Ismaël Dupont. Il y avait aussi une concurrence de mémoire avec les Gaullistes qui, eux, ont mis en avant l’île de Sein. »

Nombre de dirigeants communistes français, de Charles Tillon à Georges Marchais, viendront d’ailleurs aux commémorations de Trédudon-le-Moine. Il s’agissait ainsi de développer le culte des martyrs d’une formation qui se présentait comme « le parti des 75.000 fusillés » (les historiens s’accordent aujourd’hui plutôt sur le chiffre, déjà considérable, de 25.000 tués). Un Parti communiste qui a longtemps dominé la vie politique de ces « campagnes rouges » du centre Bretagne et du Trégor, où les traditions de révolte ont toujours été bien ancrées. On dit même que des armes avaient été enterrées, à la Libération, près de Trédudon-le Moine, en prévision d’une éventuellement prise de pouvoir par les communistes dans les années 1940 (le PCF était alors le premier parti de France), mais qui ne vint jamais…
 
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7 mai 2022 6 07 /05 /mai /2022 07:11
Irlande du Nord. Le Sinn Féin à l'aube d'une victoire historique (Thomas Lemahieu, L'Humanité, jeudi 5 mai 2022)
Irlande du Nord. Le Sinn Féin à l'aube d'une victoire historique

Les républicains pourraient devenir la première force politique des deux côtés d’une île toujours divisée, à l'issue des élections locales qui ont eu lieu jeudi. Éclairage de l’universitaire Agnès Maillot.  Entretien

Publié le Jeudi 5 Mai 2022
L’histoire s’accélère-t-elle en Irlande ? Dans le Sud, après une percée spectaculaire lors des législatives, en 2020, le Sinn Féin caracole plus que jamais en tête des intentions de vote, avec 34 % des voix, sur une ligne résolument à gauche, payante face au vieil attelage des faux frères de droite (Fine Gael et Fianna Fáil). Dans le Nord, dans ce qui reste une province du Royaume-Uni, les mêmes, défenseurs depuis toujours d’une réunification de l’île, pourraient, ce jeudi 5 mai, à l’occasion des élections régionales, devenir la première force politique, devant les loyalistes et les unionistes britanniques. Une rupture dans l’histoire politique de l’Irlande du Nord, près de 25 ans après la signature des accords du Vendredi saint. Maîtresse de conférences à la Dublin City University et spécialiste du conflit nord-irlandais (1), Agnès Maillot met en lumière les dynamiques politiques à l’œuvre d’un côté comme de l’autre de la frontière.
 

En Irlande du Nord, les derniers sondages s’accordent : le Sinn Féin pourrait, pour la première fois, dépasser les unionistes du Democratic Unionist Party (DUP). Comment ce parti réussit-il à s’imposer d’un côté comme de l’autre de cette île qu’il rêve de réunifier ?

Déjà, c’est effectivement le seul parti qui est à la fois dans le Nord et le Sud. Au fil des ans, le Sinn Féin s’est non seulement professionnalisé, mais il a aussi développé des axes programmatiques très forts sur les grandes questions sociales et sociétales qui touchent directement l’électorat. C’est un parti très marqué à gauche, mais qui est aussi crédible et désormais prêt à gouverner aux yeux de beaucoup de gens. En février 2020, aux dernières élections législatives en République d’Irlande, il est arrivé en tête des « premières préférences » dans un système électoral qui organise les transferts de voix selon un ordre donné par les électeurs.

Dans un contexte de crise chronique, avec des tas de citoyens mal logés, des sans-abri, des loyers de plus en plus exorbitants, le Sinn Féin a fait du logement une priorité absolue. Alors que l’État s’est désinvesti du secteur, cela a permis de mobiliser les plus modestes, mais également les jeunes. Listes d’attente interminables pour des soins de base, délais de prise en charge aux urgences qui peuvent aller jusqu’à 36 ou 48 heures, coûts prohibitifs et assurances privées… Le Sinn Féin a également placé au centre de son programme la politique publique de santé. Et c’est là aussi une attente très forte de la population. Alors, au lieu de tout braquer sur ce qui reste historiquement sa priorité, la réunification de l’Irlande, le Sinn Féin se focalise sur la crise du logement, sur le système public de santé, sur l’inflation aggravée encore par la guerre en Ukraine. Cela leur a réussi dans la république du Sud, cela peut leur réussir dans le Nord aussi.

Icon QuoteLe Sinn Féin se focalise sur la crise du logement, le système public de santé et l'inflation. Agnés Maillot, Universitaire

Comment caractériser le vote pour le Sinn Féin aujourd’hui ? De moins en moins communautaire ou protestataire, de plus en plus de gouvernement ?

C’est un vote pour un parti qui est perçu comme capable de gouverner. Après, évidemment, les dimensions s’entremêlent, et ce n’est pas tout à fait la même situation d’un côté et de l’autre de la frontière. En Irlande du Nord, qui demeure sous l’autorité du Royaume-Uni, on a quand même trente ans d’un conflit qui – même s’il a été plus ou moins réglé avec les accords de paix en 1998 – reste très présent dans la vie quotidienne et dans la mémoire collective. Dès lors, l’histoire du Sinn Féin lui colle encore à la peau. Cela vaut notamment pour les liens avec l’Armée républicaine irlandaise (IRA), qu’il n’a jamais désavouée : les actions étaient, selon lui, nécessaires au moment où elles se sont produites. Les conditions ne sont pas les mêmes aujourd’hui que dans les années 1970 ou 1980, et le Sinn Féin n’est plus du tout dans une logique paramilitaire… Mais tous ses adversaires mettent systématiquement en avant ce pedigree sulfureux.

Avec Mary Lou McDonald à Dublin et Michelle O’Neill à Belfast, une nouvelle génération a pris la tête du parti. Est-ce que ça ne change pas la donne, tout de même ?

Il y a une nouvelle génération, ça ne fait aucun doute. Mais, en Irlande du Nord, les dirigeants du Sinn Féin demeurent malgré tout – de par leurs attaches familiales, leur histoire, leur éducation – renvoyés à ce passé. Michelle O’Neill est beaucoup trop jeune pour avoir été mêlée à des violences, mais tous les dirigeants du parti ont été affectés de près ou de loin : leurs parents ou leurs proches ont pu être impliqués dans des opérations paramilitaires, victimes d’attentats ou de violences policières. Qu’on le veuille ou non, ce passé reste très présent dans le Nord car tout n’a pas été résolu… C’est différent pour les dirigeants du Sinn Féin en République d’Irlande.

À propos de la réunification qu’ils défendent depuis des décennies, les républicains évoquent une « fenêtre d’opportunités ». L’élection peut-elle faire basculer l’Irlande ?

La réunification, ça fait partie de l’ADN du Sinn Féin. C’est l’objectif, et ça le restera, c’est clair. Ensuite, dans leur stratégie, les nationalistes ont intégré une part de pragmatisme. Comme cela est consigné dans les accords de paix de 1998, tout référendum sur le sujet doit passer par l’entremise du ministre britannique chargé de l’Irlande du Nord. Les conditions nécessaires à la tenue d’un référendum ne sont pas clairement détaillées, mais on imagine qu’il faudrait une opinion majoritaire en sa faveur. Comment on le détermine ? Par des sondages d’opinion ? Par une élection qui serait massivement remportée par des partis qui soutiennent l’idéal de la réunification ?

Difficile à trancher, mais pour l’instant, ce qui est sûr, c’est que ce n’est pas du tout dans les intentions du gouvernement britannique. Et ça, le Sinn Féin en est parfaitement conscient. Donc, sans camoufler leur vision en faveur de la réunification, ses dirigeants cherchent, je pense, à augmenter leur assise électorale par le biais d’un programme de justice social inclusif et des mesures plus sociétales susceptibles de convaincre les jeunes, nationalistes ou unionistes, en faveur des droits des personnes LGBT, des droits des femmes, de l’avortement, de la défense de l’environnement et du climat. Des questions qui les mobilisent bien davantage que la réunification.

En réalité, avec un Sinn Féin qui est au plus haut en République d’Irlande, le scénario est déjà assez effrayant pour les unionistes : si l’organisation qui se définit par son objectif de réunification devient le premier parti des deux côtés de l’île, ça ne veut pas dire qu’il va pouvoir du jour au lendemain décider d’une réunification, loin de là… Mais cela signifie que l’opinion est en train de bouger.

Icon QuoteLes unionistes vivent en vase clos. Ils ont très peu de contacts avec le reste du monde.

Hégémonique si longtemps en Irlande du Nord, l’unionisme est-il désormais condamné aux seconds rôles ?

À la fin des années 1960, la démographie en Irlande du Nord était très simple : il y avait deux tiers d’unionistes protestants et un tiers de catholiques nationalistes. On ne connaît pas encore les résultats du dernier recensement, mais ça devrait donner à peu près une égalité entre les deux camps. Par ailleurs, de plus en plus de citoyens ne se reconnaissent ni d’un côté ni de l’autre. Les unionistes ont perdu le contrôle d’un État qui avait été façonné il y a cent ans en fonction de leurs intérêts. Donc, évidemment, on revient à ce symbole : ce jeudi, en devenant le premier parti d’Irlande du Nord, les républicains pourraient renverser la table. Même si, à en croire les sondages, le Sinn Féin devra plus son succès à la chute spectaculaire du DUP qu’à sa propre progression…

Sur le fond, le camp unioniste et loyaliste est en train de se fragmenter : auparavant, il y avait deux partis ; à présent, il y en a trois. Le DUP demeure le principal, mais il est concurrencé par les plus modérés du Ulster Unionist Party (UUP) et par une frange plus extrême encore, les ultraconservateurs de la Traditional Ulster Voice (TUV). Dans les faits, ces formations ne se disputent plus que 40 % de l’électorat, voire moins encore… Un parti non aligné comme l’Alliance leur fait perdre du terrain car il représente mieux les vues des classes moyennes unionistes, ou des jeunes qui s’identifient de moins en moins aux positions extrêmement conservatrices et franchement d’arrière-garde du DUP ou du TUV sur l’avortement, sur les droits des personnes LGBT, etc.

La grande affaire de la plupart des unionistes, c’est le protocole nord-irlandais imposé dans le cadre de la sortie de l’Union européenne car, à leurs yeux, il sépare l’Irlande du Nord du reste du royaume. Mais on peut tourner la question dans tous les sens, on l’a fait depuis le jour de la victoire du Brexit au référendum en juin 2016 : personne n’a d’autres solutions que ce statut hybride pour l’Irlande du Nord, avec un pied dans le Royaume-Uni et un pied dans l’Union européenne. En fait, beaucoup considèrent qu’on peut parfaitement s’en accommoder, et même que les Nord-Irlandais bénéficient du meilleur des deux mondes, tout en ayant sauvé l’essentiel, les flux commerciaux et la circulation des personnes entre les deux parties de l’île…

Sur les droits des femmes ou des personnes LGBT, les républicains paraissent avoir pris un tournant progressiste que les unionistes, repliés sur leur idéologie ultraconservatrice, n’ont pas emprunté… Comment expliquer ce fossé grandissant ?

Les unionistes vivent en vase clos. C’est la grande différence avec le Sinn Féin. Le DUP, par exemple, n’existe qu’en Irlande du Nord et est très peu en contact avec le reste du Royaume-Uni, sauf à travers ses quelques députés qui siègent à Westminster. Le Sinn Féin, c’est un parti de toute l’Irlande qui est, par ailleurs, en lien avec le reste du monde. Or, depuis le début du XXIsiècle, l’Irlande a fait des progrès énormes sur les questions sociétales. Et le Sinn Féin est ancré dans la république, donc, au fond, il a bougé lui-même avec le reste de la société. Par ailleurs, il a toujours été assez progressiste, même par rapport à ses rivaux au sud de l’île. Certes, il y a quelques contradictions internes car le catholicisme occupe toujours une place dans le parti. Mais celui-ci a bougé aussi en Irlande du Nord, tandis que les unionistes sont, eux, restés englués dans les positions les plus rétrogrades… À tel point qu’ils sont maintenant en décalage avec leur propre électorat, qui, quand on regarde les enquêtes d’opinion, est en réalité bien plus progressiste que ses représentants politiques…

(1) Derniers ouvrages parus : Rebels in Government. Is Sinn Féin ready for power ?, Manchester University Press, 2022 ; et l’IRA et le conflit nord-irlandais, Presses universitaires de Caen, 2018.
 
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7 mai 2022 6 07 /05 /mai /2022 07:05
Henri Curiel, assassiné le 4 mai 1978, un ardent internationaliste - par Sylvie Braibant (L'Humanité, 10 mars 2022)
Henri Curiel, un ardent internationaliste

La journaliste Sylvie Braibant, membre du collectif Secret-Défense, un enjeu démocratique, est la nièce d’Henri Curiel. Elle revient pour l’Humanité sur le parcours de ce communiste égyptien sans frontières qui prit pendant la guerre d’indépendance algérienne une part décisive aux réseaux d’aide directe aux FLN. Le secret-défense fait toujours obstacle à la manifestation de la vérité sur son assassinat, qui présente tous les attributs du crime d’État. Ce texte est publié, dans une version courte, dans le hors-série de l’Humanité « France Algérie, mémoires à vif ».

Publié le Jeudi 10 Mars 2022 - L'Humanité

La date a été soigneusement choisie : le jeudi 4 mai 1978, jour de l’Ascension, sous un beau soleil printanier, Paris vit au ralenti. Un commando de trois tueurs attend en planque, rue Monge, à la hauteur de l’escalier qui mène vers la rue Rollin, dans le 5 e arrondissement de Paris. À midi, deux d’entre eux quittent le véhicule. Ils viennent d’entendre via leur système d’écoute qu’Henri Curiel dit au revoir à sa femme et s’apprête à quitter leur duplex, immeuble au fond de la cour, cinquième étage, vue imprenable sur cette ville qu’il aime tant.

Les deux hommes grimpent les 34 marches de l’escalier en pierre, entrent, juste à droite, sous la porte cochère du n° 4 rue Rollin et arrivent avant que le vieil ascenseur en fer forgé n’achève sa descente. Ils tirent à travers les portes vitrées, Henri Curiel s’écroule. Quelques heures plus tard, la revendication arrive. Elle renvoie à la guerre d’Algérie par sa signature, un commando Delta, et les mots de la revendication : « Aujourd’hui, à 14 heures, l’agent du KGB Henri Curiel, militant de la cause arabe, traître à la France qui l’a adopté, a cessé définitivement ses activités. Il a été exécuté en souvenir de tous nos morts. » L’arme qui a tué Henri Curiel a déjà servi, le 1 er décembre 1977, contre Laïd Sebaï, gardien de l’Amicale des Algériens en Europe.

 La France est alors présidée par un homme « moderne », Valéry Giscard-d’Estaing, ancien partisan de l’Algérie française, cause partagée par de proches collaborateurs - Alain Madelin, Gérard Longuet, anciens militants du groupe « Occident », mélange d’anticommunisme et de nostalgie coloniale, ou Michel Poniatowsky -, tandis qu’au « service action » du SDECE (Service de documentation extérieure et de contre-espionnage, prédécesseur de la DGSE), chargé des basses œuvres de la République, sévissent des reconvertis de l'OAS. 

L’assassinat d’Henri Curiel a été précédé d’une campagne de dénigrement de deux ans, lancée par le Point en 1976, sous la plume du journaliste Georges Suffert, relayée un an plus tard par d’autres médias, dont le Spiegel allemand. En septembre 1977, Henri Curiel est assigné à résidence à Dignes, d’où il revient trois mois plus tard après décision du Conseil d’État. Si le facteur déclenchant du meurtre est à chercher du côté du dévoilement des contrats mirifiques signés par la France (et l’Allemagne) avec l’Afrique du Sud de l’apartheid, pourtant mise au ban des nations, les assassins reliés à l’OAS ont sans doute appuyé avec un plaisir non dissimulé sur la détente, tant la vie d’Henri Curiel, après son exil d’Égypte, fut liée à l’Algérie, avant et après son indépendance.

Lorsqu’il est expulsé d’Égypte en 1951 par le roi Farouk, Henri Curiel ne l’est pas seulement parce qu’il est l’un des fondateurs du mouvement communiste égyptien, mais parce qu’il est aussi convaincu que le combat contre les colonialismes occupera la décennie à venir.

Henri Curiel est né le 13 septembre 1914 au Caire, deuxième fils de Zephira et Daniel Curiel. Son père, Daniel Curiel, dirige la banque familiale fondée au XIX e siècle par le premier des Curiel arrivé en Égypte. Il possède des terres agricoles sur le Nil, reçoit à sa table artistes et écrivains ou encore les membres de l’administration coloniale, et il espère bien que l’un de ses fils reprendra le flambeau de ses affaires. Mais le XX e siècle en décidera autrement. L’aîné des frères Curiel partira arpenter les terrains archéologiques d’Asie centrale, tandis qu’Henri mène la vie quelque peu dissolue d’un jeune homme fortuné… jusqu’à sa rencontre avec Rosette Aladjem. La jeune femme, née en Bulgarie, est infirmière et sillonne les zones les plus pauvres de la capitale égyptienne pour secourir celles et ceux qui n’ont pas accès aux soins. En accompagnant Rosette, Henri découvre les « damnés » de la terre. C’est une déflagration, amplifiée par l’écho des événements en cours en Europe. En 1939, alors que la Seconde Guerre mondiale est inéluctable, Henri Curiel est convaincu, comme son frère Raoul, que seul le communisme pourra remédier aux maux du monde, de son pays en particulier… Mais, à l’inverse de ses compagnons, il perçoit aussi l’importance du nationalisme, l’autre mouvement de fond qui secoue l’Égypte, malgré une indépendance de façade accordée en 1922.

Durant la guerre qui s’invite en Égypte, il organise l’aide aux alliés. Il est incarcéré une première fois, en 1942, par des autorités enclines à se rapprocher des nazis par opposition au Royaume-Uni, l’ancienne puissance coloniale toujours présente. Ce qui le conforte dans sa vision, qu’il résume ainsi : « Qu’est-ce qu’être communiste aujourd’hui en Égypte ? C’est être anti-impérialiste. » Et qui se retrouvera dans le nom de la première organisation qu’il fonde en 1943 : le Mouvement égyptien de libération nationale (MELN).

À nouveau emprisonné, après 1948 et la création de l’État d’Israël, comme communiste ou/et comme juif, Henri est expulsé de son pays natal par le roi Farouk, le 26 août 1950.

En France, où il arrive un an plus tard, malgré un statut d’apatride qui devrait l’inviter à se tenir en retrait, il reprend aussitôt le combat, sur plusieurs fronts : il veut maintenir un lien avec les camarades égyptiens – mais en Égypte les communistes ne veulent plus de lui et en France il est ostracisé par le PCF – ; il se lance dans l’organisation du dialogue entre Israéliens, Palestiniens et Égyptiens ; il salue l’émergence d’une troisième voie hors des États-Unis ou de l’URSS qui se concrétise à Bandung en 1955 sous l’impulsion de l’indien Nehru, de l’Indonésien Soekarno et surtout, pour lui, de l’Égyptien Nasser – le groupe d’Henri a accompagné le coup d’État des officiers libres contre la monarchie en 1952 et quatre ans plus tard manifeste à nouveau son soutien à Nasser en lui faisant passer les plans de l’attaque franco-britannique lors de la nationalisation de la Compagnie du canal de Suez en 1956. Mais le raïs n’y croit pas, met les communistes en prison et Henri voit s’éloigner un peu plus son Égypte natale.

En 1957, lorsqu’il rencontre des membres du réseau Jeanson, « porteurs de valises » du FLN, il est mûr pour passer à autre chose. La lutte pour l’indépendance algérienne sera le grand tournant de son action.

Après le retrait de Francis Jeanson, grillé, les Algériens demandent à Henri de reprendre la main sur les réseaux d’aide au FLN. Trois ans durant, entouré des compagnons d’Égypte, obligés de partir eux aussi au long des années 1950, de sa femme Rosette, mais aussi des exceptionnelles Joyce Blau et Didar Fawzy-Rossano, il organise les filières de transfert d’argent ou d’armes, d’exfiltration des déserteurs et des militants du FLN. Jusqu’à son arrestation le 20 octobre 1960.

Mais la prison n’a jamais entravé Henri Curiel : en Égypte, déjà, il convertissait ses gardiens successifs au communisme, il fallait en changer régulièrement, et il organisait des groupes de discussion avec les Frères musulmans. Il s’installe au centre pénitentiaire de Fresnes, comme s’il était chez lui, sa cellule se transforme en séminaire permanent entre Algériens et Français. Lors du ramadan, par solidarité, il invite ses codétenus non musulmans à le suivre, comme lui. Il tient une bibliothèque et organise des cours de yoga, il est particulièrement habile au sirsasana, position tête en bas…

Cette année et demie de réclusion lui permet surtout d’envisager l’étape suivante de son combat, dans laquelle l’Algérie indépendante jouera un rôle déterminant : ce sera Solidarité, organisation semi-clandestine destinée à apporter une aide très concrète aux indépendantistes et aux antifascistes partout dans le monde, aux Espagnols et Portugais antifranquistes, aux Sud-Africains à l’assaut de l’apartheid, aux Brésiliens, Argentins ou Chiliens contre leurs dictatures, etc. S’y côtoient des anciens de la Résistance, des mouvements communistes égyptiens et des réseaux d’aide au FLN, experts en services multiples : repérage et rupture d’une filature ; impression de tracts et de brochures grâce à un matériel léger ; fabrication de faux papiers ; chiffrement et écriture invisible ; soins médicaux et premiers secours ; maniement d’armes et utilisation des explosifs ; cartographie et topographie. Le financement vient d’Alger, les « instructeurs » d’un peu partout.

Sous la présidence d’Ahmed Ben Bella, premier président de l’Algérie indépendante, Alger s’est transformé en chaudron révolutionnaire international. Henri Curiel s’y rend plusieurs fois. Comme il n’a toujours pas de passeport, il voyage sous la couverture d’une maison d’édition. Joyce Blau l’accompagne et, sur place, ils retrouvent Didar Fawzy-Rossano, installée en Algérie après l’indépendance – elle fait merveille dans les « chantiers de jeunesse ». Joyce se souvient encore de la demande d’Henri à Ahmed Ben Bella, qu’il rencontre à chacun de ses séjours, d’intercéder auprès de Nasser afin que sa mère, Zephira Curiel, puisse sortir d’Égypte pour rendre visite à ses deux fils en France. Ce qui fut fait. Une belle époque, pleine d’espérance. Jusqu’au renversement de Ben Bella.

Après 1965, les relations entre Solidarité et l’Algérie sont plus épisodiques. Ainsi, lors du « sauvetage » des pirates de l’air des Black Panthers en 1972. Le 31 juillet de cette année-là, Melvin et Jean McNair, George Brown, George Wright et Joyce Tillerson détournent un avion qui devait relier Detroit à Miami. Ils veulent rallier Alger, où siège la section internationale des Black Panthers. Mais celle-ci entretient de très mauvaises relations avec Houari Boumediene. Henri Curiel et Solidarité organisent alors l’exfiltration des membres du commando vers la France.

Quatre ans plus tard, le 11 mai 1978, à 14 heures, une foule dense suit le fourgon funéraire qui remonte l’allée centrale du cimetière du Père-Lachaise depuis le boulevard de Ménilmontant. Une immense couronne de lys et de roses recouvre le véhicule dans lequel repose le cercueil d’Henri. Elle porte l’inscription : « À la mémoire d’Henri Curiel. L’Algérie ».

CURIEL Henri, dit Younès en Égypte, dit Pointet, Jacques, Guillaume, Frédéric et Wassef en France

Né le 13 septembre 1914 au Caire (Égypte), assassiné le 4 mai 1978 à Paris ; militant antifasciste de l’Union démocratique ; fondateur du Mouvement égyptien de libération nationale (1943) ; responsable politique du Mouvement démocratique de libération nationale (1947) ; « porteur de valise » pour le FLN (1957), responsable du réseau Jeanson (1960) ; fondateur du Mouvement anticolonialiste français (juillet 1960) ; fondateur de l’organisation Solidarité ; artisan de la paix au Proche-Orient.

 

Issu du côté paternel, d’une famille de juifs séfarades, protégés italiens, Henri Curiel grandit au Caire avec son frère, Raoul (né un an avant lui) dans un milieu cosmopolite où la France était une référence absolue. Demeurant dans l’un des beaux quartiers de la capitale égyptienne (Zamaleck) avec son père, Daniel Curiel, banquier, homme d’affaires et propriétaire terrien, et sa mère, Zéphira Behar, catholique, d’origine syro-libanaise, il fit sa scolarité au collège des jésuites.

Optant pour la nationalité égyptienne en 1935, Henri Curiel, désigné pour travailler avec son père, subit l’influence de son frère, étudiant à Paris, membre des Amis de l’URSS, marqué par le Front populaire et sa participation aux réseaux de soutien à l’Espagne républicaine. Raoul Curiel faisait partie des Étudiants socialistes et était proche de la Gauche révolutionnaire de Marceau Pivert*. En 1938, à cause des menaces de guerre il décida de revenir en Égypte. Il incitait son frère, Henri, à lire les brochures et manuels d’édition française du marxisme-léninisme soviétique.

En 1939, les deux frères Curiel, antifascistes, séduits par le communisme à travers la personnalité de Georges-Henri Pointet* qui avait adhéré au Parti suisse du travail, rallièrent l’Union démocratique connue aussi sous le nom de Ligue démocratique, avec Marcel Israël. Grâce aux fonds de Daniel Curiel, ce regroupement disposait de locaux, d’une bibliothèque tenue par Diane Rossano (plus tard Didar Fawzy*) et d’une revue : Don Quichotte (façon de saluer l’Espagne républicaine) dont Georges Henein était responsable. Henri Curiel y écrivit un article dénonçant la condition des ouvriers égyptiens. Cette revue dura six mois et soutint la campagne du jésuite Henry Ayrout pour porter secours à la misère paysanne, en publiant des enquêtes sur la vie des fellahs en Haute Égypte. L’Union démocratique organisait des conférences et trouvait dans la libraire du Rond-point un relais intellectuel antifasciste attentif à ce qui se passait en France. Lorsque la Seconde Guerre mondiale fut déclarée, Raoul et Henri se portèrent volontaires pour rejoindre l’armée française, mais en vain tandis que Georges-Henri Pointet réussissait à s’enrôler dans les troupes françaises. Celui-ci appartint ensuite à l’armée de libération au sein de laquelle il trouva la mort en 1944. Henri Curiel prendra le nom de Pointet pour premier pseudonyme, à son arrivée en France en 1951.

En butte à des soucis de santé (signes précurseurs de la tuberculose), Henri Curiel avait découvert l’insondable misère du peuple égyptien dans la compagnie entre autres filles de bourgeoisie, d’une jeune infirmière qui avait des préoccupations sociales, Rosette Aladjem, fille d’un haut fonctionnaire, qu’il épousera en 1943. Ce fut pour Henri Curiel le choc initiatique, la révélation d’un insoutenable malheur qui allait le conduire à la politique.

À partir de la librairie du Rond-Point, et sous l’impulsion de Georges Gorse, délégué de La France libre du général de Gaulle à Londres, il avait participé à la fondation des Amitiés françaises ; son frère, Raoul, devint le speaker de la France libre à radio Dakar. En Égypte, la puissance d’occupation était l’Angleterre ; tout se précipitera en 1942 lorsque Le Caire faillit tomber aux mains de Rommel. Alors que la communauté juive aisée s’empressait de partir pour Jérusalem, Henri Curiel décida de rester ; il fut arrêté par la police égyptienne, emprisonnant communistes et Frères musulmans, à l’insu des autorités anglaises. Libéré grâce à l’intervention de son père et placé pour trois ans sous le régime de la résidence administrative après le coup d’arrêt porté à l’avance allemande d’El Alamein, il créa en 1943 le Mouvement égyptien de libération nationale (MELN), un de ces fronts nationaux que l’Internationale communiste appelait à former. Le « secteur Égypte », avant comme après la dissolution de l’IC, relevait de la Section coloniale du PCF que dirigera Élie Mignot*, sous la responsabilité d’André Marty.

Rapidement, l’organisation fut en mesure de traduire et de diffuser des textes communistes (comme Manifeste du Parti communiste, Que faire ? Socialisme utopique et socialisme scientifique, Les principes du léninisme), de tenir une fois une école de cadres dans la propriété Curiel, de recueillir les mutins des brigades grecques en avril 1944, de s’associer aux actions et manifestations du Comité national des étudiants et des ouvriers, de participer aux conflits sociaux qui secouaient le pays, notamment aux grandes manifestations de février 1946. Mais la concurrence avec les organisations d’Hillel Schwartz (Iskra) et de Marcel Israël (Libération du peuple), la faiblesse de l’implantation populaire qui laissait la direction entre les mains d’ « Egyptiens étrangers » pour dire intellectuels issus des colonies d’affaires, et la répression policière ne facilitaient pas la volonté d’« égyptianiser » le mouvement. Henri Curiel fut à nouveau arrêté en juillet 1946, relâché puis encore arrêté en décembre et libéré sous caution.

En juillet 1947, les trois organisations majeures (MELN, Libération du peuple et Iskra) formèrent un front national, Mouvement démocratique de libération nationale (MDLN), contre l’occupation britannique, mais très vite des luttes intestines brisèrent l’unité. La reconnaissance de l’État d’Israël et la première guerre israélo-arabe provoquèrent l’arrestation de militants communistes. Accusé de sionisme, Henri Curiel fut enfermé d’abord à « la prison des étrangers » puis détenu au camp d’Huckstep ; Rosette Curiel, sa femme, fut arrêtée puis, pour raisons de santé, placée sous bonne garde en résidence pendant deux ans dans un sanatorium. Après les élections de 1950, le gouvernement égyptien annonça la libération des détenus politiques « étrangers » moyennant leur départ définitif d’Égypte. Privé de la nationalité égyptienne sous le prétexte qu’il n’avait pas produit le papier de renoncement à la nationalité italienne, Henri Curiel, qui s’obstinait à vouloir rester incarcéré, fut embarqué de force à Port-Saïd le 26 août 1950. Débarqué à Gênes, il s’adressa à la direction du Parti communiste italien qui lui réserva un accueil glacial. Il passa clandestinement en France en 1951, fut reçu par André Marty, mais le bureau de la section coloniale se montra réservé vis-à-vis de ce fils de banquier juif prétendant prendre la tête du communisme égyptien.

Aidé financièrement par Joseph Hazan qui avait monté une société de papeterie et textile, Patex (Henri Curiel sera officiellement un employé de la société), il continua à diriger le MDLN en Égypte comme un secrétaire général en exil. Mais le putsch des « officiers libres », le 23 juillet 1952, qu’il approuva, lui valut de se voir dénoncé comme « suppôt de la dictature fasciste ». L’affaire Marty, en novembre 1952, acheva de le marginaliser (le PCF reprochait à André Marty d’avoir été hébergé par « un couple d’Égyptiens douteux » en 1943 au Caire) et de le mettre au ban du mouvement communiste. La section coloniale du PCF accompagnait en outre la distance que prenait l’URSS avec l’État d’Israël, et se refusait à soutenir les efforts de recherche d’une solution concertée judéo-arabe pour trouver une issue au conflit que conduisaient ces exilés d’Égypte dans le Groupe de Rome.

L’orientation et l’action pratique de Curiel étaient vouées au soutien des luttes de libération nationale. Robert Barrat, journaliste engagé contre la guerre d’Algérie, lui ouvrit un nouveau champ d’action ; il le présenta à Francis Jeanson* qui mettait en place un réseau d’aide au FLN. Pendant trois ans, Henri Curiel s’employa à seconder le réseau Jeanson : caches, transports de militants, diffusion des journaux et des tracts, collecte de l’argent de l’émigration et transports de fonds, passages de frontières. Il travaillait avec sa femme, Rosette, Joyce Blau* et Didar Fawzi Rossano, toutes deux venues d’Égypte. Après l’insurrection à Alger des partisans de l’Algérie française, le 13 mai 1958, Henri Curiel incita Francis Jeanson à rencontrer des dirigeants du PCF pour envisager des luttes en commun. Un premier contact eut lieu entre Francis Jeanson et Antoine Casanova* le 30 mai 1958, suivi d’un second le 5 juin avec Waldek Rochet*, mais les divergences étaient trop fortes.

En même temps que les arrestations au sein du réseau Jeanson se faisaient plus nombreuses en 1960, des désaccords apparurent entre le groupe Curiel et Francis Jeanson. Ce fut néanmoins Henri Curiel qui prit la direction du réseau en 1960 lorsque Francis Jeanson dut disparaître après un coup de filet de la DST. Henri Curiel voulut alors élargir le réseau en créant le Mouvement anticolonialiste français (MAF). La réunion fondatrice se tint le 20 juillet 1960 à Saint-Cergue, en Suisse, avec une trentaine de délégués. Ce fut un échec, le pragmatisme de Curiel se heurta aux partisans de la « révolution algérienne » qui pensaient qu’elle pourrait avoir des conséquences en Europe alors qu’il ne voyait dans le FLN qu’un mouvement de libération nationale.

Le 7 octobre 1960, Rosette Curiel fut arrêtée à Genève puis expulsée vers Tunis. Le 20 octobre, Henri Curiel fut, à son tour, arrêté et incarcéré à Fresnes où il fut détenu pendant dix-huit mois avec plus d’un millier d’Algériens. Après la grève de la faim de novembre 1961, il obtint le régime politique avec les autres détenus algériens. Le FLN le laissa donner des cours de perfectionnement en français. Il sortit de Fresnes après les accords d’Évian, le 14 juin 1962, et dut à ses relations gaullistes de pouvoir rester en France et d’œuvrer pour le Tiers-monde.

Henri Curiel créa, en décembre 1962, Solidarité, une centrale de prestation de services pour apporter de l’aide aux mouvements de libération. Il s’agissait de se mettre au service d’autres militants venus du monde entier et de leur enseigner certaines techniques : repérage et rupture d’une filature, impression de tracts et de brochures, fabrication de faux papiers, etc. Axée sur le Tiers-monde, l’aide fut étendue aux réseaux antifascistes luttant contre Franco en Espagne, Salazar au Portugal, les colonels en Grèce ou Pinochet au Chili, et à l’ANC d’Afrique du Sud. Les militants arrivaient par petits groupes pour des stages de durée variable. Cela dura quinze ans. Sous la présidence de Giscard d’Estaing, Henri Curiel perdit sa protection, se retrouvant à la merci des entreprises anticommunistes des Services français.

Henri Curiel s’employait à esquisser un plan de paix entre les Palestiniens émissaires de Yasser Arafat à la tête de l’OLP, et des Israéliens engagés dans le mouvement de « la paix maintenant », lorsqu’il fut assassiné le 4 mai 1978. Il avait rendez-vous avec le responsable palestinien Issam Sartaoui, mandaté par Yasser Arafat, quand il fut abattu, sur informations minutées d’écoutes téléphoniques, en sortant de l’ascenseur de son domicile. L’attentat fut revendiqué par le groupe Delta faisant écho au commando Delta de l’OAS en Algérie et en France, mais l’enquête policière ne put aller jusqu’à identifier les instigateurs et les exécutants du crime.

 

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article21225, notice CURIEL Henri, dit Younès en Égypte, dit Pointet, Jacques, Guillaume, Frédéric et Wassef en France par René Gallissot, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 3 mai 2020.
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