Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
26 avril 2021 1 26 /04 /avril /2021 07:21
Présidentielle 2022. L’extrême droite aiguise ses couteaux (Benjamin König, L'Humanité, 24 avril 2021)
Présidentielle 2022. L’extrême droite aiguise ses couteaux
Samedi 24 Avril 2021 - l'Humanité

Porté par un climat social et politique délétère, dédiabolisé et promu par la machine médiatique, l’ex-FN, devenu Rassemblement national, poursuit son ascension. La fille Le Pen, qui se voit déjà élue en 2022, a lancé une stratégie de ratissage tous azimuts, fluctuant sur une « ligne de crête » entre radicalité et normalisation, outrance et respectabilité. Que fait la gauche face à une extrême droite plus que jamais dangereuse ?

Dans les périodes de grande confusion, il arrive que les loups tentent de se faire passer pour des agneaux. Convaincue de pouvoir remporter l’élection présidentielle de 2022, cinq ans après avoir hissé le FN au deuxième tour pour la seconde fois dans l’histoire de la Ve République, Marine Le Pen sent des vents porteurs. Et la possibilité d’une accession à la présidence « n’a jamais été aussi importante qu’aujourd’hui », claironnait-elle, début avril, dans un entretien au mensuel d’extrême droite « l’Incorrect ».

Terreau favorable

Le parti extrême droite est plus que jamais banalisé, dix ans après que Marine Le Pen en a pris la présidence, puis changé le nom en Rassemblement National. Pire, ses thématiques sont au centre des débats, comme l’analyse Bruno Cautrès, politologue au CNRS et au Cevipof : « La thématique de l’islamo-gauchisme, les thèmes identitaires et sur la laïcité, cette obsession française, créent un climat d’opinion qui lui est favorable », un point de vue corroboré par Florent Gougou, maître de conférences à Sciences-Po Grenoble : « Tant qu’il y aura des questions d’immigration, d’identité nationale, des terreaux pour le vote RN vont se créer, en particulier au sein des milieux ouvriers. »

À un peu plus d’un an de l’élection, plusieurs sondages montrent un niveau particulièrement inquiétant d’intentions de vote : le dernier en date, réalisé par l’Ifop et paru dans « le JDD » du 11 avril, donne Marine Le Pen en tête au 1er tour avec 25 à 27 % des voix selon les candidats en présence, et 24 % au chef de l’État. Surtout, son score augmenterait sensiblement au second tour, avec 46 % face à Emmanuel Macron ; en 2017, elle avait été battue plus largement, ne recueillant que 33,9 % des suffrages.

Tous ces chiffres sont, bien entendu et selon l’expression consacrée, à prendre avec des pincettes. Cependant, pour Bruno Cautrès, « même s’il manque beaucoup de paramètres, il faut prendre les sondages pour ce qu’ils sont : un climat de l’opinion ». Pour le chercheur au CNRS, deux points sont marquants : sa position en tête du 1er tour, « parfois nettement, ce qui est inédit », et son score présumé au second tour, « très haut, avec des scénarios autour de 50 % : cela traduit quelque chose ».

La candidate entend rassurer. Sa base électorale élargie, il s’agit d’aller chercher les voix qui manquent... à droite. 35 % des électeurs de la droite « classique » ont une bonne opinion à son sujet.

Radiographie d’un vote

Ce quelque chose, c’est sans aucun doute la capacité de Marine Le Pen à s’être imposée comme première opposante et à avoir su élargir sa base électorale. Pour Florent Gougou, « de fait, en arrivant à 25 %, le RN a séduit au sein de nouveaux groupes sociaux, dans des catégories jusque-là rétives à sa politique. On voit désormais des cadres de la fonction publique, des bourgeois, des enseignants, qui votent pour le RN ». Selon l’étude de l’Ifop, 35 % des sondés déclarent avoir voté au moins une fois pour le RN, et 23 % plusieurs fois. Et si 21 % d’entre eux déclarent ne pas savoir pourquoi, les raisons d’un tel vote sont toujours marquées par la volonté d’exprimer le rejet des autres partis (65 %, contre 35 % de votes par adhésion) et le sentiment d’un déclin du pays, pour 91 % des électeurs du RN. Ce qui fait dire à Frédéric Dabi, le directeur de l’institut de sondage, que cet électorat a le « sentiment de vivre dans une citadelle assiégée ».

Ce n’est pas un hasard si cinq des treize têtes de liste pour les prochaines régionales sont des anciens de LR et de la droite.

Si Marine Le Pen a élargi la base électorale sociologique de son parti, il demeure soutenu d’abord par un vote ouvrier et employé, deux catégories en première ligne face aux politiques libérales menées par Macron et ses prédécesseurs. Autre évolution majeure, en termes de classes d’âge : le vote RN s’est répandu au sein de la jeunesse. Même si elle demeure largement abstentionniste, la part du vote RN des 25-34 ans est passée de 23 % en 2017 à 29 % d’intentions pour 2022.

Marine Le Pen joue d’ailleurs fortement la carte de la jeunesse, notamment avec Jordan Bardella, bombardé n° 2 du parti, et promettant des aides aux jeunes agriculteurs et une hausse de 25 % des aides au logement pour les moins de 27 ans. Quant aux 18-24 ans, dont les intentions de vote sont comparables à celles de l’ensemble de la population (21 %), la nouveauté réside dans « un vote d’adhésion qui atteint désormais 60 % », pointe Frédéric Dabi.

Rejet de l’immigration, des musulmans et discours sécuritaire

Pourtant, si la stratégie de Marine Le Pen, depuis dix ans, est de « normaliser » le vote RN et de séduire de nouveaux pans de l’électorat, le parti d’extrême droite reste perçu comme tel pour 74 % des Français, et raciste pour 62 %. « Oui, nous sommes toujours antisystème », répondait récemment David Rachline, le maire de Fréjus (Var). Les points cardinaux du RN demeurent le rejet de l’immigration, des musulmans et les discours sécuritaires. Le programme du RN prévoit l’interdiction du voile dans l’espace public, quitte à interdire aussi d’autres signes comme la kippa… « D’autres religions doivent faire des sacrifices pour renforcer la laïcité menacée », a osé le trésorier du RN, Wallerand de Saint-Just. Et les identitaires sont toujours aussi nombreux, y compris au sein de l’appareil : ainsi Damien Rieu, cofondateur de Génération identitaire et militant fasciste historique, a été investi pour les prochaines départementales dans la Somme. Pourtant, le discours médiatique de façade se veut rassurant, Marine Le Pen affirmant que « l’islam est compatible avec la République ».

Allégeance aux marchés

Rassurer, c’est d’ailleurs désormais le credo de la candidate de l’extrême droite. Sa base électorale établie, il s’agit d’aller chercher les voix qui manquent… à droite. Pour le RN, la défaite de 2017 est due à la réticence de la bourgeoisie sur son programme économique et anti-européen. Selon une étude ViaVoice, 35 % des électeurs de la droite « classique » ont aujourd’hui une bonne opinion de Marine Le Pen : « C’est là que réside l’essentiel de nos réserves d’électeurs », précise Thierry Mariani, lui-même venu de LR. Pour Bruno Cautrès, il est clair que « Marine Le Pen a changé de communication, elle veut faire passer le message qu’elle veut gagner et s’en donne les moyens, sur l’Europe, l’économie, l’euro. Que conservera-t-elle de la période Philippot et du discours social mêlant État providence et chauvinisme ? Je demande à voir ».

Tenir en même temps un vote de colère, antisystème, et séduire un électorat bourgeois plus frileux, c’est désormais le « en même temps » du RN. Un objectif énoncé crûment par Nicolas Bay, député européen et vice-président du RN : « Il y a une ligne de crête à tenir. Il faut à la fois rassurer sur un certain nombre de thèmes (…) et être capable de catalyser une colère profonde en étant suffisamment transgressif. » Fini le Frexit ou la sortie de l’euro, abandonnés entre 2017 et les européennes de 2019, et retour aux fondamentaux économiques de la droite classique : dans une tribune au journal « l’Opinion » datée du 21 février – un choix loin d’être anodin –, Marine Le Pen défend une certaine orthodoxie budgétaire : « Une dette doit être remboursée, il y a là un aspect moral essentiel », écrit-elle.

Dans sa volonté de ratisser chez les chefs d’entreprise, les artisans et les milieux d’affaires, Marine Le Pen montre patte blanche. « Il y a des signes évidents d’évolution sur la question européenne et économique, qui était un obstacle infranchissable pour un électorat de droite bourgeoise plus classique », corrobore Bruno Cautrès. Alimentée en notes par un groupe de hauts fonctionnaires anonymes, les Horaces, la cheffe du RN « a compris que c’était sur ce sujet qu’elle était le plus attendue. Cette fois, ce n’est pas une campagne pour arriver au second tour », détaille Thierry Mariani. Mais, pour l’heure, le RN n’a toujours pas de programme économique, en dépit de la communication tous azimuts pour séduire la droite. Et ce n’est pas un hasard si cinq des treize têtes de liste pour les prochaines régionales sont des anciens de LR et de la droite.

« Gouvernement d’union nationale »

Cette volonté de ratisser large s’incarne également dans un autre thème : l’écologie. Le RN a présenté un ensemble de mesures qui seraient soumises à référendum, avec des questions telles que : « Souhaitez-vous développer les espaces verts en milieu urbain ? » Sous l’influence d’Hervé Juvin, devenu proche conseiller, Marine Le Pen a développé plusieurs petits mouvements satellites, comme « les Localistes », fondé par Juvin et le transfuge de la FI, Andréa Kotarac, chargé de mettre en avant la conception identitaire de l’écologie à la sauce RN. Kotarac avait également été missionné fin 2019 pour débaucher des cadres de la gauche, notamment radicale et souverainiste. Peine perdue, faute de candidats…

Marine Le Pen veut toutefois donner l’image d’un rassemblement du « meilleur de la droite et de la gauche » au sein d’un « gouvernement d’union nationale » qui irait « d’Arnaud Montebourg à Marion Maréchal ». Et, depuis deux ans, la présidente du RN voudrait se donner une image de « présidentiable » – un mot que répète à tout bout de champ son équipe de communication. Elle a annoncé son intention de quitter la présidence du RN, « sans doute après l’été », le temps d’être réélue à sa présidence lors du congrès de Perpignan en juillet.

Une façon, selon Bruno Cautrès, de « donner le sentiment qu’elle s’adresse aux Français directement ». Dans ce duel mortifère avec Emmanuel Macron que les deux veulent imposer de force au pays, la cheffe du RN, malgré de solides relais médiatiques, peine à convaincre : 26 % des Français seulement en ont une image positive, 16 % lui trouvent une stature présidentielle, et les électeurs la jugent moins compétente et sincère qu’il y a quatre ans. Un des nombreux paradoxes d’une campagne présidentielle de tous les dangers face à une extrême droite plus que jamais aux portes du pouvoir.

Partager cet article
Repost0
26 avril 2021 1 26 /04 /avril /2021 06:54
" DES PROPOS DIGNES DE L'OAS... D'UNE EPOQUE QUE L'ON CROYAIT NE PLUS REVIVRE.
Je demande solennellement que le journal "Valeurs actuelles" et les 20 généraux signataires soient poursuivis et condamnés par la justice.
Extraits de cet appel de la honte :
"Nous, serviteurs de la Nation, qui avons toujours été prêts à mettre notre peau au bout de notre engagement – comme l’exigeait notre état militaire, ne pouvons être devant de tels agissements des spectateurs passifs.
si rien n’est entrepris, le laxisme continuera à se répandre inexorablement dans la société, provoquant au final une explosion et l’intervention de nos camarades d’active dans une mission périlleuse de protection de nos valeurs civilisationnelles et de sauvegarde de nos compatriotes sur le territoire national.
On le voit, il n’est plus temps de tergiverser, sinon, demain la guerre civile mettra un terme à ce chaos croissant, et les morts, dont vous porterez la responsabilité, se compteront par milliers."
Le macronisme et sa façon d'attiser sans relâche tous les conflits au sein de la société ouvre la porte à une période grave et sombre.
Pierre Laurent, sénateur de Paris, président du Conseil National du PCF
Extrême droite. Quand des généraux menacent la France (Diego Chauvet, L'Humanité, 26 avril 2021)
Extrême droite. Quand des généraux menacent la France
Lundi 26 Avril 2021

Des militaires parlent de « guerre civile » dans un brûlot publié par Valeurs actuelles, soixante ans après le putsch d’Alger. Le Pen les appelle à la soutenir. Silence de l’exécutif.

 

Après un appel à l’insurrection signé Philippe de Villiers en une du ­magazine, Valeurs actuelles a récidivé le 21 avril. L’hebdomadaire d’extrême droite a publié sur son site Internet un « appel » signé d’un quarteron de généraux et de « haut s gradés », intimant aux dirigeants politiques « un retour de l’honneur et du devoir ».

Des préconisations à peine ambiguës

Les auteurs de ce brûlot adressé au président de la République, au gouvernement et aux parlementaires n’y vont pas par quatre chemins. La France serait victime d’un « délitement qui, à travers un certain antiracisme » a pour « seul but » de « créer sur notre sol un mal-être, voire une haine entre les communautés ». Il serait le fait de « l’islamisme et des hordes de banlieue », entraînant « le détachement de multiples parcelles de la nation pour les transform er en territoires soumis à des dogmes contraires à notre Constitution ».

Ils adressent leurs préconisations, à peine ambiguës : « Si rien n’est entrepris, le laxisme continuera à se répandre inexorablement dans la société, provoquant au final une ­ explosion et l’intervention de nos camarades d’active dans une mission périlleuse de protection de nos valeurs civilisationnelles. » « Il n’est plus temps de tergiverser, sinon, demain, la guerre civile mettra un terme à ce chaos croissant », préviennent-ils, non sans avoir lancé cette sorte d’avertissement aux destinataires de leur appel : « N’oubliez pas que, comme nous, une grande majorité de nos concitoyens est excédée par vos louvoiements et vos silences coupables. »

Une attaque explicite contre la démocratie

Mais ce n’est pas tout. Trois jours plus tard, c’est la candidate du RN à l’élection présidentielle, Marine Le Pen, qui prend la plume pour répondre, toujours dans Valeurs actuelles, aux militaires signataires. Dans une autre tribune, elle salue leur initiative, « rare dans l’institution militaire ». « Déjà de nombreux hauts fonctionnaires et des personnalités de la société civile nous ont ralliés. Je vous invite à vous joindre à notre action ! » lance la députée d’extrême droite.

L’allusion à « l’intervention de nos camarades d’active » tout comme la désignation des « hordes de banlieue » ont suscité un certain émoi à gauche. De même, la date choisie pour la publication de cette tribune, le 21 avril, coïncide avec les soixante ans du 21 avril 1961, date du putsch des généraux à Alger… Étant donné la mouvance à l’initiative de la publication, la présence d’un ex-général, Christian Piquemal, renvoyé à « l’état civil » par le gouvernement en 2016 en raison de son affichage à l’extrême droite, cette coïncidence ne peut être liée au hasard. Fabien Roussel, le secrétaire national du PCF, a dénoncé un texte qui « en dit long sur les menaces d’extrême droite contre notre démocratie. Et toujours pas de réaction d’Emmanuel Macron et du gouvernement ! » s’est-il indigné sur Twitter.

Le vice-président (PCF) du Sénat, Pierre Laurent, a demandé « solennellement » que Valeurs actuelles et les 20 généraux signataires « soient poursuivis et condamnés par la justice ».

Jean-Luc Mélenchon, candidat de la France insoumise à la présidentielle, les a qualifiés de « militaires en retraite factieux », et a dénoncé l’absence de réaction d’Emmanuel Macron, « chef des armées », en comparant à l’inverse les campagnes contre l’Unef pour ses réunions non mixtes. « J’en appelle à tous : personnalités, partis, associations et syndicats. Il est plus que temps de réagir », a-t-il écrit sur Facebook.

Le vice-président (PCF) du Sénat, Pierre Laurent, a demandé « solennellement » que Valeurs actuelles et les 20 généraux signataires « soient poursuivis et condamnés par la justice ». « Soixante ans après le début du putsch d’Alger, 20 généraux menacent explicitement la République d’un coup d’État militaire. Marine Le Pen les appelle à la rejoindre », a tweeté l’ancien candidat socialiste à la présidentielle, Benoît Hamon.

Le rôle des syndicats de police qui « jouent avec le feu »

Pour le politologue spécialiste de l’extrême droite Jean-Yves Camus, cette tribune, « signée par 20 officiers généraux du cadre de réserve dans une proportion négligeable », n’est pas anodine. Le chercheur estime cependant que le gouvernement aurait tort de réagir, car il lui donnerait une importance qu’elle n’a pas…Plus intéressante est, selon lui, la réaction de Marine Le Pen : « Ce qu’elle leur dit, c’est qu’il n’y a pas d’espace politique pour eux », en les appelant à la rejoindre. « Mais, de ce fait, elle s’en empare assez maladroitement. C’est un mauvais pas pour son entreprise de dédiabolisation du RN », avance le politologue.

Journaliste et spécialiste des mouvements d’extrême droite violents, Frédéric Charpier (1) se montre plus alarmant sur la stratégie derrière le martelage à l’œuvre contre les banlieues. « C’est un calcul pour capter l’électorat de droite dans une espèce de confédération, avec Le Pen au cœur du projet », redoute-t-il. Outre ces militaires connus pour leur engagement à l’extrême droite, il pointe le rôle des syndicats de police qui « jouent avec le feu », des « chaînes du groupe Bolloré » et « d’autres groupes de pression » dont la volonté serait de mettre Marine Le Pen au plus haut à l’issue du premier tour de la présidentielle.

« Il faut éviter que tout le monde s’en foute, prévient-il.  Les gens sont très marqués par ces débats sur les questions migratoires et le terrorisme. Cette anxiété générale, ajoutée à l’anxiété sanitaire, crée un bain très favorable à l’extrême droite, d’autant qu’à gauche, rien ne se dessine en face pour l’instant. » C’est peut-être bien à la gauche, en effet, d’intervenir pour éteindre cet incendie, allumé par le gouvernement avec le débat sur les « séparatismes ». Lui-même ne s’en chargera pas…

(1) Auteur des Plastiqueurs. Une histoire secrète de l’extrême droite violente, La Découverte, 2018.
Partager cet article
Repost0
26 avril 2021 1 26 /04 /avril /2021 05:48
La France en commun - Pour des départements solidaires, écologiques et sociaux - Orientations du PCF pour les élections départementales des 20 et 27 juin

La France en commun

Pour des départements, solidaires, écologiques et sociaux

Aujourd’hui, la crise sanitaire bouscule nos repères et nos manières de vivre et souligne les failles des choix gouvernementaux récents ou des choix politiques de ces dernières années contre l’égalité des territoires, les services publics, les collectivités départementales ou communales. L’ampleur économique et sociale de la crise sanitaire est incontestable. Selon l’Insee, l’économie en France aura perdu plus de d’un million emplois en 2020. La demande d’aide alimentaire explose (+ 30 %). Les inscriptions au RSA affluent avec entre 15 à 25 % d’augmentation par département. Les collectivités sont réactives pour soutenir les populations, notamment les départements qui disposent de la compétence sociale.

Mais le compte n’y est pas : leurs dépenses sociales explosent et leurs recettes se réduisent avec 7,5 milliards d’euros de pertes subies par les collectivités. Une perte qui ne sera compensée, ni dans le plan de relance de 100 milliards sur 2 ans, ni dans le projet de loi de finances pour 2021. Les fonds sont dirigés essentiellement – et sans contrepartie – vers les entreprises.

Principal partenaire des communes, le département constitue un bouclier social indispensable. Il n’y aura pas de relance économique, écologique sans les collectivités. Plus que jamais, il faut agir et se rassembler pour une démocratie de terrain, adaptée aux besoins.

Face aux dramatiques conséquences économiques et sociales qui accompagnent la crise sanitaire, nous voulons défendre des propositions sur notre manière de vivre ensemble.

Notre projet pour les départements, c’est celui qui répond aux aspirations d’une société plus solidaire, plus juste, plus éco-responsable, qui favorise l’émancipation de chacun et chacune et dans laquelle l’humain est au centre des politiques publiques.

Nous avons le pouvoir, individuellement et collectivement, de relever ce défi. Car nous devons agir pour une société qui rompt avec le système capitaliste, pour plus de solidarité et de justice.

Dans ce contexte sociétal et social inédit, notre projet pense le présent et prépare l’avenir avec des actions, concrètes, concertées et en proximité. Nous voulons transformer l’état des lieux dans de nombreux départements en nous inspirant notamment des réalisations de nombreux départements de gauche où les communistes, avec d’autres, mettent en œuvre de manière concrète des politiques de solidarité novatrices comme dans le Val-de-Marne, par exemple.

Pour garantir la mise en œuvre de ces politiques pour le monde du travail et de la création, nous avons besoin de plus d’élu·e·s communistes sur l’ensemble des départements, de renforcer notre présence dans les exécutifs là où nous siégeons dans les majorités et de présider des départements.

Les élections départementales de juin constituent un enjeu pour la collectivité départementale elle-même. Comme pour les communes, l’ambition du gouvernement est de les faire disparaître, comme à Lyon par exemple. Pourtant, la crise et les besoins de solidarité et de proximité démontrent pour les communistes et nos concitoyen·ne·s le rôle majeur des départements dans la vie de tous les jours et dans les politiques de solidarité et d’aménagement du territoire ou d’accompagnement de la naissance à la prise en charge du vieillissement.

Les départements gèrent les collèges, les voiries départementales, les actions sociales, la petite enfance, la vie associative, le logement, la culture, le développement économique. Prés de 80 milliards de budget que l’Etat et les marchés financiers aimeraient récupérer.

Les élu·e·s communistes sont un atout pour les populations et les luttes ; elles et ils travaillent au rassemblement pour gagner face à la droite et l’extrême droite et être utiles.

Nous avons actuellement 59 départements sans élu·e·s communistes. Ces déserts politiques, issus des dernières élections de 2015 et précédentes, sont un défi pour nous et nous devons y remédier. Partout dans tous les territoires, il y a besoin d’élu·e·s communistes. Elle et ils représentent une garantie pour les populations de futures politiques d’intérêt général en faveur du monde du travail et de la création et des plus démuni·e·s.

Elles et ils seront aussi les garant·e·s du rassemblement et d’une démocratie citoyenne associant le plus grand nombre, les associations, les syndicats sur les territoires. Nous voulons des candidates et des candidats communistes ou apparentés représentatifs du mouvement social et des exigences qui montent pour une autre société, plus solidaire, plus humaine, plus juste, garantissant la sécurité de toutes et tous, sécurité physique, sécurité sociale ou encore sécurité d’emploi et de formation. Nous voulons rassembler le plus grand nombre pour des projets de gauche s’opposant aux choix gouvernementaux des droites ou au projet de haine de l’extrême droite.

Pour l’avenir des populations, des communes, des départements, il en v a différemment quand on peut compter sur un·e conseiller·e départemental·e pour se défendre et concrétiser des projets d’intérêt collectif. Avoir un·e élu·e communiste, c’est un des leviers pour donner de la légitimité à l’action et à l’urgence de répondre aux besoins. Le résultat de toutes ces femmes et tous ces hommes investi·e·s dans une candidature porteuse d’espoir et au service d’une France en commun, d’une union populaire agissante, aura une valeur nationale.

Les résultats que nous enregistrerons lors des départementales prépareront le rapport de force des futures législatives, comme nos progrès aux municipales permettent d’envisager le gain de nouveaux cantons et le maintien de la majorité des élu·e·s actuel·le·s, travaillons les départementales en lien avec nos ambitions législatives.

Mode de scrutin : c’est un scrutin binomial majoritaire à deux tours, sans fusion possible de binômes. Tous les cantons sont renouvelables à la fois. Chaque canton élit deux conseillers départementaux : une femme et un homme, chacun ayant un suppléant de même sexe. Donc, 4 candidats par canton. Pour être candidat, il suffit d’habiter le département, c'est-à-dire d’y être inscrit électoralement ou contribuable.

Pour être élu au 1er tour, il faut la majorité absolue et ¼ des électeurs inscrits. Pour participer au 2nd tour, il faut obtenir au moins 12,5 % des inscrits. Dans le cas où un seul binôme remplit ces conditions, le binôme ayant obtenu après celui-ci le plus grand nombre de suffrages au premier tour peut se maintenir au second.

Dans le cas où aucun binôme ne remplit ces conditions, les deux binômes ayant obtenu le plus grand nombre de suffrages au premier tour peuvent se maintenir au second.

Des financements à revoir

La politique gouvernementale d’austérité envers les collectivités locales conduit les départements dans l’impasse. Les dotations de l’Etat aux collectivités territoriales ont été réduites de manière drastique entre 2014 et 2019 (-12,5 milliards d’euros).

Beaucoup sont budgétairement dans le rouge, les recettes n’arrivent plus à couvrir les dépenses qui sont principalement d’ordre social. Les départements ont vu les allocations sociales exploser du fait du vieillissement de la population. Or, ces charges ne sont pas complètement compensées par l’Etat (il reste 8,1 milliards/an à la charge des départements, ce qui représente 10 % du budget des 101 départements).

Et au vieillissement de la population, s’ajoute la crise systémique qui fait plonger l’endettement des départements (31 milliards d’euros à ce jour) sans perspective d’amélioration prochaine, mais plutôt avec un risque sérieux de dégradation nouvelle en 2020 et 2021 du fait de la crise sanitaire.

Il faut se rappeler qu’en 2019, c’est une hausse providentielle du produit des droits de mutation à titre onéreux (DMTO) payés notamment à l’occasion de la vente et de l’achat de biens immobiliers qui a permis de faire face à l’augmentation du poids des dépenses d’action sociale due à la croissance de la prestation de compensation du handicap.

En revanche, en 2020, la Covid-19 entraîne une augmentation de l’ensemble des dépenses de fonctionnement, à l’inverse des recettes qui, elles, seraient en sensible diminution (-1,6 %) sous l’effet d’une baisse des droits de mutation d’environ 10 %.

Les communistes militent pour augmenter les moyens des départements afin de pouvoir mener une politique de proximité ambitieuse.

Aujourd’hui, les recettes des départements proviennent essentiellement d’une partie de la taxe foncière sur les propriétés bâties et non bâties (dont les conseillers départementaux votent le taux) d’une part, de la contribution économique territoriale (CET) et de la contribution sur la valeur ajouté (CVAE), contribution que le gouvernement vient de supprimer après qu’eut été abandonnée la taxe professionnelle qu’avait justement remplacé en partie la CVAE.

S’y ajoutent les droits de mutation à titre onéreux (DMTO) et des dotations de l’État, dont la dotation globale de fonctionnement, la dotation générale de décentralisation (compensation des charges transférées par l’Etat), la dotation générale d’équipement.

Bien sûr les départements ont le pouvoir de lever des emprunts auprès des banques, mais le taux moyen des encours des collectivités publiques est, malgré une baisse, en moyenne de 2,20 % et il est exigé une capacité de désendettement de plus en plus courte (4 ans).

Dans ce contexte, le risque d'insolvabilité des départements est de plus en plus réel, notamment des départements de plus de 500 000 habitant·e·s.

Au global, la diminution des ressources des départements, due à la baisse des concours financiers de l’Etat, à laquelle s’ajoute une hausse des charges et des dépenses en raison d'un désengagement de l’État ou de décisions nationales imposées, pousse malgré l’énorme pression sur les dépenses de fonctionnement (personnels, moyens des services, subventions) à une réduction de l’investissement, notamment des subventions d’investissement qui se décomposent ainsi en moyenne sur tous les départements : aménagement et l’environnement (38,3 %), réseaux et infrastructures (17,2 %), développement économique (9,5 %), transports (7,5 %), culture et sports (7,4 %), viennent ensuite l’enseignement et formation professionnelle (6,8 %) l’action sociale (5,3 %), le reste (8 %) se répartit entre la sécurité, la prévention médico-sociale, les services généraux et autres charges diverses.

Et la réforme territoriale, loin de venir corriger cette évolution, la renforce en entérinant le désengagement financier de l'Etat et en actant en quelque sorte la fin des solidarités internes à l’État, avec un report sur des institutions privées de l’offre sociale et économique d’un territoire.

Pleinement inscrites dans le cadre des politiques d'austérité qui cherchent à soumettre toute l’Union européenne aux exigences des marchés, les collectivités territoriales sont sommées de réduire leurs dépenses.

Pour le Parti communiste, il n’y a pas de fatalité à cela, il faut agir résolument pour des propositions ambitieuses et réalistes, par exemple :

  • Engager une grande réflexion sur le financement des collectivités locales dont fait partie la fiscalité locale : quelle place et quel rôle des impôts locaux, quelle latitude financière et quels pouvoirs de décision budgétaire pour les collectivités locale ?

  • Quelle fiscalité locale des entreprises (nouvelle taxe professionnelle) mais aussi des particuliers (quid de la taxe d’habitation ou de son remplacement ?) ?

  • Quelle évolution des concours de l’Etat et quels critères d’attribution ?

  • Recours à l’emprunt auprès des banques avec un taux d’intérêt à 0 % pour les investissements publics utiles, cela en lien avec une autre création monétaire de la BCE, notamment un fonds social, solidaire écologique pour soutenir le développement des services publics.

  • Quel pouvoir d’intervention des citoyen·ne·s sur ces questions ? Quelles institutions nouvelles pour leur permettre de proposer, de décider ?

Par ailleurs nous souhaitons que l’Etat rembourse ses dettes auprès des départements.

Des départements utiles et reconnus dans une France en commun

Des propositions à disposition des futurs projets départementaux

Nous voulons réinscrire la clause de compétence générale pour les départements (comme pour les régions). C’est une condition de la réactivité du département aux besoins des habitant·e·s. Cela permet de rendre possible pour les départements, avec leur spécificités, de mener librement des politiques dans tous les domaines. C’est l’exercice de cette liberté qui a permis, depuis les lois de décentralisation de 1982, l’élaboration de politiques innovantes dans les territoires, en prise avec les attentes des populations. La loi NOTRe a mis à bas ce processus et, de fait, institué une nouvelle centralisation inefficace.

Les lois de décentralisation de 1982-83 ont fait du département un cadre territorial majeur pour les transferts de compétence de l’Etat vers les collectivités locales. Le département a été doté d’un très important volet social qui représente en moyenne plus de 60 % de son budget de fonctionnement. Nous voulons que l’impact des missions sociales du département soit dynamisé en permanence dans ses liens avec le monde associatif, avec les communes (les CCAS) et avec les services de l’Etat, acteurs et financeurs. Nous voulons aussi dynamiser la réponse publique par l’extraordinaire capacité qu’offre le cadre départemental pour l’écoute des besoins des populations, par la proximité de ses élu·e·s et de ses travailleuses et travailleurs sociaux. Pour cela, il faut que l’Etat assume ses engagements financiers et notamment la pleine compensation ou, à terme, la prise en charge des dépenses de solidarité nationale (RSA, PCH, APA) et sorte du carcan financier que l’Europe impose aux collectivité locales.

Priorité jeunesse

Une jeunesse qui a de multiples visages et qui nous interpelle pour que nous prenions mieux en compte ses aspirations, ses envies, ses colères et ses rêves. Les jeunes ne sont pas que l’avenir ; elles et ils sont le présent en devenir. Dans de nombreux départements urbains, cette jeunesse constitue une part importante de la population, dans les départements ruraux, les jeunes disparaissent de nos territoires et pourtant aspirent à y vivre. Avec les jeunes et pour les jeunes, nous devons travailler aux politiques solidaires et d’aménagement du territoire permettant, sur tout le territoire national, à la jeunesse de mieux vivre. Alors qu'une majorité de jeunes est confrontée à la précarité dans tous les domaines de leur vie, que beaucoup d'entre elles et eux sont en souffrance, le département doit développer une politique en direction de la jeunesse pour lui permettre de conquérir son autonomie dans tous les domaines de la vie.

Accompagner les jeunes dans leur projet de vie :

  • Renforcer les moyens des missions locales pour mieux accompagner les jeunes dans leurs projets de formation et d'emploi, favoriser la participation des jeunes aux instances.

  • Lutter contre le décrochage scolaire, en partenariat avec l'Inspection d'académie et les autres acteurs.

  • Un ordinateur ou une aide à l’achat pour les collégiens.

  • Mise en place du contrat de réussite éducative.

  • Accès aux droits fondamentaux.

  • Mobilité : garantir un service public des transports pour la scolarité et aussi pour les loisirs, tendre à la gratuité à partir de tarifs sociaux.

  • La santé : développer la prévention et l'accès aux soins avec du personnel médical et social et des psychologues dans les collèges et autres structures adaptées aux jeunes. Accès gratuit à la contraception.

  • Mise en place d'un Conseil départemental des jeunes, associant des jeunes de chaque canton, les organisationss de jeunesse pour construire des propositions et aider à la prise de décisions des politiques départementales.

  • Favoriser la participation des jeunes aux instances les concernant : missions locales, MJC, collèges et lycées.

  • Gratuité de la cantine scolaire au collège pour tous ou les plus démunis avec tarifs sociaux.

  • Gratuité des transports scolaires en partenariat avec les régions pour les élèves de la maternelle à la terminale, y compris les élèves en situation de handicap.

  • Mettre en œuvre un parcours d’éducation artistique et culturelle pour permettre de s’initier à la pratique artistique (cinéma, musique, théâtre, danse). https://www.education.gouv.fr/le-parcours-d-education-artistique-et-culturelle-peac-4283

  • Instituer ou renforcer un parcours laïque et citoyen au collège (PLC) avec le réseau associatif pour sensibiliser les élèves et promouvoir la laïcité et des valeurs républicaines durant le temps scolaire de la 6e à la 3e dans tous les collèges publics et privés.

  • Créer un parcours collégien éco-responsable les éco-collèges, pour aider à la prise de conscience grâce à des actions concrètes de sensibilisation et de participation à la préservation de l’énergie, au tri sélectif et au recyclage, à la qualité de l’air intérieur comme extérieur. https://www.eco-ecole.org/devenir-eco-ecole/

  • Renforcer les dispositifs de soutien financier et logistique aux départs en vacances des enfants défavorisés (Jeunesse au plein air, Ville-Vie-Vacances, Temps libre prévention jeunesse).

  • Protéger tou·te·s les enfants mineur·e·s, même non accompagné·e·s, placé·e·s à l’aide sociale à l’enfance, en amplifiant la diversification des modes de prises en charge pour les adapter à chaque situation et en refusant, dans l’évaluation de minorité, l’utilisation du fichier biométrique du ministère de l’Intérieur.

  • Systématiser la signature d’un « contrat jeune majeur » pour chaque enfant protégé·e par l’Aide sociale à l’enfance, de plus de 18 ans jusqu’à 21 ans au moins pour permettre une meilleure inclusion et un accès accompagné vers l’autonomie.

  • Encourager et soutenir les établissements d’accueil du jeune enfant (EAJE) publics ou privés qui mettent en œuvre trois points essentiels : des berceaux dits « AVIP » (à vocation d’insertion professionnelle pour les parents qui cherchent du travail), l’accueil d’enfants différent·e·s, l’égalité fille-garçon.

  • Engager avec l’Unicef une collaboration plus étroite pour faire des « départements ami des enfants ».

Jeunes adultes

  • Accompagner dans leurs projets professionnels les personnes en situation de précarité.

  • Expérimenter le micro-crédit accompagné (pour l’achat d’équipement vital d’un logement, pour l’achat d’un véhicule) pour aider à l’insertion professionnelle et sociale.

  • Augmenter le soutien aux structures type garages solidaires.

  • Dispositifs de prêts à taux zéro pour soutenir les privé·e· d’emploi de plus d’un an, les bénéficiaires du RSA, les personnes en situation de handicap et celles qui souhaitent créer une activité en milieu rural.

La crise que nous traversons a montré à quel point nous avons besoin d’un service public national d’éducation.

Les élu·e·s communistes agissent pour renforcer le service public national d’éducation : la délégation de missions de plus en plus nombreuses aux collectivités locales accroît les inégalités et se fait au détriment des autres missions du département. Les communistes s’opposent à toute nouvelle tentative de l’Etat de se défausser sur les collectivités locales et se battent, aux côtés des personnels et des familles, pour renforcer le service public national. 

Crise sanitaire, crise scolaire : un plan d’urgence pour les collèges ! 

Nous nous engageons à mettre en œuvre un plan d’équipement et de rénovation des collèges pour permettre que la rentrée 2021 se fasse dans de bonnes conditions sanitaires : masques, gel, aérateurs, augmentation du nombre de salles disponibles pour rendre possible une réduction des effectifs. Nous nous appuierons sur ce plan pour exiger de l’Etat les postes nécessaires : enseignant·e·s, personnels, médecine scolaire, et la mise en place d’un fonds d’aide aux collectivités territoriales.

Cette crise a montré que la politique de concentration des élèves dans de gros établissements nous mène dans le mur : non seulement elle dégrade les conditions de vie et d’apprentissage, mais elle nuit à nos territoires. Les candidat·e·s communistes se battront au contraire pour des collèges à taille humaine, permettant la poursuite de la scolarité à proximité du domicile, en construisant de nouveaux établissements partout où c’est nécessaire et en défendant les petites structures lorsqu’elles sont menacées.

Sport, culture : des infrastructures de qualité au service d’une nouvelle phase de démocratisation scolaire. Les élu·e·s communistes agiront pour que tous les établissements scolaires soient équipés d’infrastructures sportives de qualité, pour que tous les élèves aient accès à des piscines et puissent suivre un enseignement de natation. L’équipement des établissements en nouvelles technologies et la maintenance des équipements existants sont des priorités, et doivent être accompagnés par un effort national de formation des enseignant·e·s. Les infrastructures culturelles doivent être développées : bibliothèques, théâtres, cinémas, aide aux associations…

À partir des réalisations du département, nos candidat·e·s s’engagent à interpeler l’Etat sur ses propres responsabilités : l’investissement dans les infrastructures doit permettre de réclamer à l’Etat les moyens nécessaires en personnel, sous statut de la fonction publique ; l’amélioration des conditions matérielles de travail des enseignant·e·s doit s’accompagner d’un effort national de formation pour leur donner la maîtrise de leurs outils de travail et de leurs pratiques.

Pour une école de l’égalité : en finir avec la concurrence scolaire, favoriser la mixité sociale. Les candidat·e·s communistes ou soutenus par le PCF s’engagent à tout faire pour favoriser la mixité sociale et la scolarisation prés du domicile et réduire les inégalités territoriales. Ces principes guideront leurs choix pour l’implantation des nouveaux collèges. Elles et ils refuseront d’agrandir les établissements qui pillent les établissements voisins. Partout où c’est nécessaire, elles et ils mettront en place la modulation des subventions départementales aux établissements en fonction de la mixité sociale, pour pénaliser les établissements qui sélectionnent leurs élèves, et favoriser les établissements qui accueillent les populations les plus éloignées de la culture scolaire. Les élu·e·s communistes travailleront ainsi à la présence sur tout le territoire d’établissements proposant des formations diverses et ambitieuses, et se battront pour le rétablissement d’une carte scolaire juste.

Dialogue citoyen amplifié

Liberté, démocratie : la démocratie doit être au cœur de l’action politique. C'est pourquoi nous proposons de démocratiser tous les espaces de la société en recherchant partout à développer l'intervention citoyenne. Dans une Ve République à bout de souffle, il faut conjuguer l'exigence d'une alternative démocratique vers une nouvelle République sociale et plus démocratique avec une décentralisation d'abord conçue comme un processus permanent de démocratisation.

Le collectif est une force et une source d’innovation. Les femmes et les hommes de nos départements ont une expertise vécue et sensible du territoire. Elles et ils sont légitimes pour donner leur avis et participer à la construction d’un projet fédérateur. Nous souhaitons renforcer ce dialogue et cette participation citoyenne pour améliorer notre vivre-ensemble.

De nombreuses démarches de concertation citoyenne peuvent être engagées par les départements :

  • Créer une assemblée citoyenne, panel des habitant·e·s qui se rassemblera chaque année pour échanger avec les élu·e·s sur les grandes orientations départementales.

  • Créer un droit d’interpellation citoyenne à partir de 8 ans sur des dossiers relevant des compétences du département.

  • Créer, dans chaque canton, un « café citoyen », espace de dialogue avec un panel d’habitant·e·s volontaires pour porter la parole des territoires.

  • Renforcer la transparence des données grâce à « l’Open Data » en augmentant le nombre de données mises gratuitement à disposition du grand public et des développeurs du numérique.

  • Créer une plateforme numérique de dialogue citoyen.

  • Maintenir le soutien au fonctionnement des conseils citoyens dans les quartiers relevant de la politique de la ville.

  • Adopter une démarche de co-construction des politiques publiques pour tous les sujets dont les habitant·e·es demandent une « mise à l’agenda politique ». https://www.rtes.fr/system/files/inline-files/Reperes_Coconstruction_2019_Web.pdf

La solidarité en commun

Etre solidaires, c’est agir en faveur de nos concitoyen·ne·s les plus fragiles. Chacun et chacune peut connaître une rupture dans son parcours de vie, d’autant plus en cette période de crise économique et sociale due à la crise sanitaire. Porter les valeurs de solidarité, c’est refuser l’exclusion en raison de cette fragilité.

Créer ou maintenir des « bons solidaires » du département, aide financière pour les achats alimentaires et d’hygiène de première nécessité afin d’assurer à chaque habitant·e en situation de précarité une aide à la subsistance, mais permettant aussi de participer à des loisirs de proximité en famille

Faire du logement décent et durable une priorité

Construction de logements sociaux à haut niveau avec des logements à très bas loyers et adaptés aux différents besoins des populations

  • Adapter les logements à la perte d’autonomie.

  • Développer les logements intergénérationnels et l’habitat participatif.

  • Favoriser l’accession sociale (prêt, bail réel solidaire, …).

  • Accompagner la construction de logements étudiants à bas loyer et sous différentes formes (colocation…).

  • Lutter contre l’habitat indigne et les marchands de sommeil.

  • Prioriser la rénovation thermique des logements anciens (logements privés et logements sociaux) pour améliorer le confort des familles.

  • Soutenir la requalification de l’habitat social des quartiers prioritaires de la ville.

Respecter, écouter accompagner nos aîné·e·s

Vivre et vieillir dans la dignité et les respect des personnels

Une urgence sociale

Le maintien de l’autonomie est un élément essentiel de dignité pour les personnes âgées. Mais aujourd’hui, qu’elles soient en Ehpad, en résidence autonomie ou à domicile, celles-ci souffrent de l’absence d’un vrai service public de l’autonomie fondé sur la solidarité nationale. En Ehpad, les restes à charge sont exorbitants par rapport aux revenus alors que le service rendu est trop souvent insuffisant par manque de personnel, de médicalisation, de respect du rythme et des besoins de chacun. Ce secteur est de plus en plus dominé par de grands groupes capitalistes privés (Korian, Orpéa, Domus Vi...) mais aussi de fausses structures associatives1 dont les dirigeants s’engraissent avec l’argent des départements, des personnes âgées et des familles.

Nombre de services d’aide et d’accompagnement à domicile (SAAD) sont au bord de l’asphyxie financière et les usager·e·s en subissent directement les conséquences : désorganisation liée aux manques d’effectifs, de qualification des personnels et d’attractivité du métier, interventions fractionnées et standardisées, restes à charge élevés (jusqu’à payer à 100 % une partie des heures des plans APA !).

Partout, que ce soit en Ehpad ou à domicile, les personnels du médico-social sont à 90 % des femmes comme les aidant·e·s et même majoritairement les résident·e·s des Ehpad. En première ligne, elles sont au cœur des discriminations, victimes d’un système patriarcal et de moindre coût du travail qui les enferment dans la précarité voire la pauvreté. Les temps partiels imposés, conjugués à des minima salariaux de conventions collectives largement inférieurs au smic, aboutissent à des feuilles de paie aux nets à payer outrageusement bas.

Les candidates et les candidats présentés par le PCF aux élections départementales estiment que cette situation ne peut plus durer ! Elles et ils formulent de nombreuses propositions et rappellent plusieurs principes.

L'autonomie doit être couverte à 100 % par la Sécurité sociale.

Pour l’essentiel, c’est le travail qui abîme les travailleurs. Mauvaises postures, conditions de travail dégradées, course à la productivité sont responsables tant de troubles musculo-squelettiques que de risques psycho-sociaux. Le manque de prévention est encore aggravé avec les reculs constatés en matière de santé au travail (suppression des CHSCT, casse de la médecine du travail...) et le manque criant de moyens des conférences départementales des financeurs de la perte d’autonomie. Une aide à domicile voit dans le meilleur des cas la médecine du travail tous les deux ans ! Quid de la prévention pour cette profession quand on sait que ce secteur bat même tous les records de maladies professionnelles et d’accidents du travail ?

C’est pourquoi le financement du maintien de l’autonomie doit être pris en charge à 100%  par l’Assurance-maladie.

Toutes les générations sont concernées par une réponse digne et à la hauteur des besoins de l’autonomie des personnes âgé·e·s.

Comme le demande la Fédération internationale des associations des personnes âgées (FIAPA) dans son Manifeste de la Havane, nous affirmons que les droits ne changent pas et ne sont pas limités par l’avancée en âge. L’âgisme, qui est la plus répandue et la mieux ancrée de toutes les discriminations, doit être combattu par des législations anti-discriminations. Ainsi, nous demandons le vote d’une loi pour que les personnes reconnues handicapées après 60 ans ne soient plus exclues de la prestation de compensation du handicap (PCH, plus favorable que l’APA).

Au lieu d’opposer entre eux jeunes et moins jeunes, il faut au contraire peser tous ensemble pour le développement de la recherche dans tous les domaines (santé, domotique...). Il faut lutter contre l’isolement, la solitude par une révision de la politique du logement accessible intégré dans la cité avec un développement des services publics, rendre effectif le droit à la mobilité, l’accès à la culture et aux loisirs..., l’accès aux centres de santé, aux hôpitaux de proximité, aux services de soins médicaux…. Autant de progrès qui sont sources de créations massives d’emplois, y compris qualifiés, pour les jeunes et aussi en seconde partie de vie professionnelle.

Il faut bien-sûr une revalorisation massive des salaires.

Au moins 15 % effectifs sur les fiches de paie immédiatement pour toutes et tous2 et un plan ambitieux de professionnalisation, de formation et de reconnaissance salariale des qualifications actuelles et à venir. C’est la demande de toutes les organisations syndicales.

Il faut créer des emplois qualifiés.

Créer sans tarder 200 000 emplois qualifiés, stables et le plus possible à temps plein avec un plan de formation (infirmièr·e·s, aide-soignant·e·s, aides médico-psychologiques, kinésithérapeutes) dans les Ehpad et 100 000 dans le secteur services d’aide et d’accompagnement à domicile (SAAD). Ces besoins satisfaits permettraient de porter le ratio en personnel à 1 pour 1 résident en Ehpad et de répondre à la poussée démographique des plus de 85 ans (dont le nombre va être multiplié par 3 d’ici 2050).

QUI DOIT FINANCER LES BESOINS DU GRAND-ÂGE ET PAYER LES RÉPONSES NOUVELLES À APPORTER ?

Le gouvernement, à l’instar des gouvernements précédents, est d’abord dans la communication. Une grande réforme de l’autonomie est annoncée depuis 2008 (!) et Macron lui aussi (comme Sarkozy, puis Hollande) ne fait que la reporter, maintenant sous prétexte de pandémie. Cela est inacceptable. Il faut au plus vite, compte tenu de l’urgence des solutions à apporter, une nouvelle grande loi sur l’accompagnement de l’autonomie.

Cependant, ce président a tout de même profité de la crise sanitaire pour décider cet été du prolongement (de 2024 à 2033) du prélèvement de 0,5 % (contribution au remboursement de la dette sociale) sur les salarié·e·s et retraité·e·s sans quasiment aucune mesure nouvelle dans le secteur médico-social.

Pourtant, un rapport officiel (le rapport Libault de mars 2019) mettait en garde : « nous n’avons pas le temps d’attendre, c’est un luxe qui ne nous est pas donné » et d’évaluer (en les sous-estimant pourtant) les besoins nouveaux de financements publics à 9,2 milliards d’€/an en 2030 dont 6,2 milliards/an dès 2024 !

Malgré ces avertissements, le gouvernement vient de créer une 5e branche de la Sécurité sociale « pour le soutien à l’autonomie », mais c’est une coquille vide quasiment sans aucunes ressources nouvelles que les recettes déjà apportées à 90 % par les retraité·e·s3 et les salarié·e·s4. Pis, en s’appuyant sur un autre rapport qu’il a commandé (le rapport Vachey), il conforte l’option d’aller chercher toujours plus l’argent nécessaire dans les poches des retraités (augmentation de la CSG, réduction d’abattements fiscaux, plus grande participation financière des usager·e·s à l’APA ...) et des salarié·e·s (deuxième journée de solidarité).

A l’opposé de cette logique d’austérité et d’impréparation de l’avenir qui nuit à toutes les composantes de la société et fait le lit des assurances privées et du monde de la finance, les candidates et candidats présenté·e·s aux élections départementales par le PCF continueront d’exiger, avec plus de force s’ils sont élu·e·s :

UN GRAND SERVICE PUBLIC DE L’AUTONOMIE

Celui-ci serait financé dans le cadre de la Sécurité sociale sans augmentation des cotisations sociales. La Sécurité sociale a en effet les moyens de faire face à ces dépenses nouvelles par deux mesures de justice :

  1. En recentrant immédiatement les exonérations massives de cotisations sociales patronales sur les seules TPE et PME (recette de plusieurs dizaines de-milliards d’€).

  2. En mettant le taux des cotisations sociales des revenus financiers des entreprises, des banques et assurances et des gros patrimoines (dividendes, intérêts) au même niveau que celui pesant sur les salaires (recette estimée à 40 milliards d’€ pour l’ensemble de la branche maladie dont une part pourrait être affectée à l’autonomie).

  3. Cette avancée permettrait, pourquoi pas dans le cadre de la fonction publique hospitalière, de créer un statut unique des personnels de l’autonomie. Que ce soit en Ehpad ou à domicile, cette unification du statut aurait pour avantage de faciliter l’alternance dans ces deux secteurs, les changements de services, d’ouvrir des perspectives de carrière... Les conditions de travail intégreraient les contraintes du travail à domicile avec les déplacements pris en charge totalement et sur le temps de travail, avec un accès à la formation professionnelle continue...

Un grand service public de l’autonomie mettrait fin à l’émiettement des structures d’accompagnement à domicile, préjudiciable à une bonne gestion et aux droits des salarié·e·s. 

  • Que le Conseil départemental augmente la rémunération horaire des services d’aide à domicile (actuellement celle-ci varie entre 17€ et 30€ suivant les départements avec une moyenne nationale autour de 21,5€/h). Nous exigeons pour cela que l’Etat rétablisse son engagement financier au moins à ce qui était prévu par la loi, soit 50 % de la dépense contre environ 30 % actuellement.

  • Que le Conseil départemental mette fin à la liberté tarifaire qui autorise des structures à facturer au-delà du tarif défini par le Département ce qui aboutit à faire payer à 100 % une partie des heures APA par les usager·e·s et/ou à leur faire abandonner des heures d’accompagnement.

  • Que le département soit à l’initiative d’un appel à projets en vue de la construction d’Ehpad publics ou à but non lucratifs prioritairement dans les territoires les plus déficitaires.

Dans l’immédiat :

  • Soutenir la revalorisation des métiers de l’aide à domicile.

  • Veiller au bien-être de nos aîné·e·s : service téléassistance gratuit pour obtenir de l’écoute et du secours 24h/24 et 7j/7.

  • Développer le maintien à domicile (adaptation des logements publics et privés, …).

  • Créer de nouvelles places en établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad)

  • Développer le sport-santé avec l’utilisation par les seniors de vélos électriques pour renouer en douceur avec une activité physique.

  • Créer des places en résidence autonomie.

  • Créer des haltes-répits dans chaque canton pour soutenir les aidant·e·s.

  • Développer l’espace numérique dédié aux personnes âgées, plateforme d'échange et de communication avec leurs proches.

  • Accompagner dans leur parcours de vie les personnes en situation de handicap : prestation de compensation (PCH).

  • Développer la construction de logements adaptés et sécurisés et accompagner les personnes en situation de handicap dans leurs démarches d’accès à ces logements.

  • Développer l’habitat inclusif.

  • Créer de nouvelles places d’hébergement pour personnes en situation de handicap.

  • Expérimenter des ateliers inclusifs pour les jeunes en situation de handicap et les jeunes ordinaires afin de permettre la rencontre et l’échange autour d’activités de loisirs, culturelles et/ou sportives.

Préserver et soutenir l’emploi sur tous les territoires

  • Expérimenter dans les territoires économiquement fragiles des régies de territoire en lien avec les communes et intercommunalités volontaires pour impliquer les habitant·e·s dans la création d’emplois et de services répondant à des besoins non satisfaits ou émergents.

  • Soutenir l’innovation sociale et écologique via un fonds d’économie sociale et solidaire (ESS) pour répondre à un besoin social, sociétal et/ou écologique non couvert sur le territoire et porté par des structures de l’ESS.

  • Créer une plateforme d’appui à l’économie sociale et solidaire et un guide d’entreprenariat pour les porteurs de projets ESS.

  • Développer les pratiques sportives 4 saisons dans les stations de ski (fatbike, luge monorail, devalkartetc..), pour en finir avec la dépendance à l’enneigement et accompagner la mutation du modèle de développement touristique en faisant du tourisme éco-responsable et social.

  • Mobiliser la Charte de la commande publique pour introduire des clauses dans tous les marchés publics de la collectivité. Objectif : attribuer 80 % des marchés publics départementaux aux TPE/PME et ETI, favoriser le retour à l’emploi et l’insertion, garantir des achats durables et respectueux de l'environnement, veiller à l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes.

  • Favoriser le maintien des emplois agricoles sur nos territoires en soutenant l’utilisation de matériels agricoles en commun, en aidant à l’installation de jeunes exploitant·e·s, en transformant et en vendant les produits agricoles en direct…, en favorisant les exploitations bio et/ou en transition.

Etablir des contrats de projets avec les territoires :

  • Pour maintenir et garantir l’égal accès aux services publics.

  • Pour contribuer au développement des équipements publics nécessaires à la vie quotidienne : aide à la construction de crèches, d’écoles, d’équipements sportifs, culturels et de loisirs.

  • Pour développer des logements pour tous au cœur des territoires (centres-bourgs).

  • Pour préserver l’emploi local en soutenant l’investissement des communes et intercommunalités.

  • Déployer la fibre optique jusqu’à l’abonné sur 100 % des territoires péri-urbains, ruraux et de montagne à l’horizon 2022 pour combler la fracture numérique et permettre du télétravail si besoin.

En matière de santé, pour lutter contre la désertification médicale :

  • Maintenir l’investissement auprès des communes et intercommunalités pour la création de « Maisons pluri-professionnelles de santé » dans chaque territoire sous-doté, sous forme de SCIC https://www.les-scic.coop/sites/fr/les-scic/projet-scic/choisir-ecrire

  • Expérimenter des bourses d’études pour les étudiant·e·s en médecine en internat en contrepartie d’une installation dans un territoire sous doté en santé. Bourse de 1200 euros mensuels en 1ère année / 1500 euros mensuels en 2e année / 1700 euros mensuels en 3e année.

Diversifier l’offre touristique notamment pour les familles monoparentales par des offres d’hébergement partagé, des offres d’activités adaptées aux enfants…

Égalité des services publics de qualité et de proximité pour tous partout, du local au national et donc au plan départemental, il est indispensable d'engager des politiques de réduction des inégalités sociales. Nous voulons faire des départements des territoires de progrès social et du bien vivre ensemble ! La réponse aux besoins humains impose de s'exonérer de la loi des profits financiers, de résister et d'être de toutes les luttes pour créer au plus vite des alternatives aux politiques d'austérité menées en France comme partout en Europe. Face aux injustices et aux inégalités, nous voulons que le département soit un véritable bouclier social, qui aide et qui protège les populations les plus fragilisées. Notre attachement à cette valeur républicaine d’égalité doit être le fil rouge de l'action publique départementale, comme elle l'est notamment dans le Val-de-Marne, département à majorité de gauche, dirigée par un président communiste.

Soutenir l’emploi local et non délocalisable :

  • Accompagner les artisans locaux du bâtiment pour qu’ils bénéficient pleinement du marché de la rénovation énergétique tout en étant utile au territoire.

  • Expérimenter dans les territoires économiquement fragiles des régies de territoire en lien avec les communes et intercommunalités volontaires pour impliquer les habitant·e·s dans la création d’emplois et de services répondant à des besoins non satisfaits ou émergents.

Un département fort de ses valeurs

Etre citoyen, c’est agir dans le respect de la diversité de chacun et chacune, en permettant à chacun un égal accès à l’éducation, à la culture et au sport.

Porter les valeurs d’égalité, c’est au quotidien lutter contre toutes contre les formes de discriminations directes ou indirectes liées à l’origine, au genre, à l’orientation sexuelle, à la situation de famille, à la grossesse, à l’apparence physique, à la particulière vulnérabilité́ résultant d’une situation économique, apparente ou connue, au patronyme, au lieu de résidence, à l’état de santé, à la pratiques, aux activités syndicales, à la capacité à s’exprimer dans une langue autre que le français, à l’appartenance ou la non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation, une prétendue race ou une religion déterminée.

Parce que nous sommes conscient·e·s des attaques portées à différents niveaux contre les valeurs fondamentales de la République et l’affaiblissement du lien social, nous avons la volonté politique de défendre et promouvoir les principes et valeurs républicaines qui fondent le vivre-ensemble. Cette politique se décline au quotidien en matière de solidarités, d’éducation, de culture, de sport, d’aménagement du territoire, de jeunesses pour faire de ces valeurs un socle de réflexion et d’actions et, par le dialogue citoyen en incluant les habitantes et habitants en tant qu’acteurs et actrices.

  • Valoriser les hauts lieux de la Résistance.

  • Développer « les parcours de la mémoire » ouverts à toutes et tous à travers le département.

  • Assurer la mixité sociale dans les collèges publics parce que l’école de la République reste un lieu de brassage, d’intégration et que nous devons donner tous les moyens aux élèves pour une réelle égalité de la réussite.

Égalité des droits

Organiser chaque année les rencontres pour l’égalité dans l’objectif de donner une plus grande visibilité aux questions liées à l’égalité femmes-hommes, au racisme, à l’esclavage, à l’antisémitisme, à l’homophobie ou la transphobie, au handicap etc. en mobilisant et fédérant les partenaires associatifs et les habitant·e·s.

Faire de la lutte contre l’illectronisme une priorité en soutenant les structures associatives qui apporteront, avec des jeunes en service civique une aide et une formation aux usages du numérique par des permanences animées dans les quartiers prioritaires de la ville et les zones rurales.

Mettre en place un plan de lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie par une refonte des politiques locales de lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie et l’établissement de plans territoriaux avec les moyens dédiés pour les associations.

Proposer la mise en place de délégués départementaux de l’Observatoire national de la laïcité pour la médiation, l’apaisement des tensions, le règlement des conflits dans un esprit républicain. Il s’agira notamment de combattre la division ou la stigmatisation sur la base de convictions religieuses, ce qui implique en particulier un renforcement de la lutte contre les propos et les actes antimusulmans.

Porter les valeurs d’égalité, c’est aussi continuer d’agir pour une égalité réelle des femmes et des hommes.

  • Accentuer le soutien financier aux partenaires associatifs de l’égalité femme-homme sur tout le territoire.

  • Accompagner par le travail des assistants sociaux les intervenant·e·s de police et de gendarmerie.

  • Créer des lieux d’accueil dédiés pour la mise à l’abri des mères isolées avec enfants de moins de trois ans.

  • Consolider la prise en charge des enfants témoins et co-victimes dans le cadre de notre politique de protection de l’enfance et de soutien à la parentalité.

  • Soutenir les acteurs et actrices engagé·e·s dans la prise en charge et l’accompagnement social et médico-social des auteurs de violences pour éviter les risques de récidive.

  • Gratuité des consultations gynécologiques, de contraception et d’avortement sur tout le territoire, pour toutes les femmes, grâce au centre départemental de planification et d’éducation familiale et ses permanences dans les universités et les hôpitaux.

  • Gratuité des consultations de la protection maternelle et infantile pour chaque femme enceinte et pour chaque famille qui vient d’avoir un enfant et jusqu’aux 6 ans de l’enfant.

  • Expérimenter, en faveur du public féminin, l’accès gratuit à des protections périodiques dans les bâtiments départementaux (collèges, centre départemental de planification et d’éducation familiale, centre départemental de l’enfance et de la famille…) afin de supprimer la charge mentale et financière que font peser les menstruations sur les femmes usagères de nos services publics.

  • Expérimenter « l’éga-conditionnalité », c’est-à-dire l’octroi de subventions ou de bonus financiers conditionnés au respect de l’égalité des sexes dans les actions proposées par nos partenaires associatifs.

  • Pour l’égalité filles-garçons : créer des espaces non genrés dans les collèges en intégrant dans les programmes de construction des éléments favorisant le partage des espaces pour une utilisation plus égalitaire entre filles et garçons (cours de récréation, toilettes, vestiaires notamment).

  • Favoriser l’émancipation, c’est aussi défendre l’engagement bénévole et associatif en général et donner largement accès à la culture et au sport

Les départements et la culture

Définir la politique culturelle des départements à partir de leurs propres expériences, montre qu’elle fait appel à deux démarches assez complémentaires, qui prennent d’autant plus d’importance dans la crise sanitaire et sociale que l’on connaît et qui s’aggravent tant pour le monde de la culture tout autant que pour les populations de nos territoires.

Participer aux financements croisés avec l’Etat, les communes et les régions d’une politique culturelle globale autour de ses grands axes traditionnels, l’aide à la création, la démocratisation et la démocratie culturelles, le soutien à la diversité culturelle. Il est très important de poursuivre cette démarche pour 2 raisons :

  • En premier lieu parce que se construit de fait aujourd’hui une compétence partagée entre l’Etat et l’ensemble des collectivités pour développer de manière réellement décentralisée les politiques publiques de soutien dans tous les territoires à l’art, la culture et aux artistes locaux. Il faut le faire en exigeant avec plus de force le maintien et le développement de la participation de l’Etat.

  • En second lieu parce que ces politiques publiques croisent les compétences des départements, qui ont absolument besoin de la culture pour s’épanouir dans toute leur dimension émancipatrice, en lien étroit avec les communes, intercommunalités et régions.

Intégrer l’art et la culture au sein des compétences des conseils départementaux. Ces politiques volontaristes des départements sont essentielles.

Prenons quelques exemples :

  • Les collèges : il est indispensable d’y définir avec l’Education Nationale, des parcours d’initiation, de formation et de pratiques artistiques pour tou·te·s les élèves selon leurs aspirations, au cœur des programmes scolaires et non dans un périscolaire dévalorisé.

  • L’aide sociale : elle appelle un soutien fort au tissu associatif socioculturel qui constitue souvent le principal accès à la culture dans les quartiers populaires et les territoires périurbain et ruraux. Dans ce cadre il faut aussi poursuivre les subventions en investissements et en fonctionnement aux communes pour leurs équipements culturels, écoles de danse, de musique, cyber-maison, bibliothèques et médiathèques. À ce propos il est très important de poursuivre et développer l'expérience des bibliothèques départementales de prêt (BDP) qui sont souvent le seul outil d'accès à la lecture publique pour les petites communes, notamment rurales.

  • Le 3e âge : il est là aussi indispensable d’associer les artistes aux activités des personnes âgées dans les institutions d’accueil, comme dans tous les territoires.

  • Le handicap : c’est une compétence importante et on a parfois l’habitude d’oublier le rôle déterminant de l’art et des artistes au même titre que le sport, dans l’accompagnement de la vie et des traitements des handicapé·e·s.

  • Le patrimoine culturel : conservation, préservation et valorisation du patrimoine et des biens culturels.

Les départements, qui consacrent en moyenne moins de 2 % de leurs budgets à la culture, sont les plus petits financeurs de la culture. Mais leur participation aux politiques publiques de soutien à l’art et à la culture est essentielle à la mise en œuvre de leurs compétences comme elles sont essentielles à la cohérence d’ensemble des politiques publiques de la culture.

  • Renforcer la mission « bébé lecteur » en lien avec les bibliothèques et la protection maternelle et infantile pour donner accès à la lecture des tous petits.

  • Faire accéder les jeunes de 7 à 12 ans des zones urbaines ou rurales défavorisées à un enseignement musical en orchestre grâce au dispositif d’éducation musicale et orchestrale à vocation sociale (DEMOS) en lien avec la Philharmonie de Paris.

  • Renforcer les « bourses jeunes musiciens » pour tous les jeunes qui veulent apprendre la musique au sein d'un établissement spécialisé d'enseignement musical.

  • Soutenir les associations des langues de France développant la culture et l’enseignement des langues régionales

Le sport

  • Mettre en place une véritable organisation des sports de nature en élaborant un plan départemental des espaces, sites et itinéraires (PDESI) pour favoriser le développement maîtrisé des sports de nature.

  • Soutenir financièrement les comités départementaux sportifs et les associations sportives pour leur permettre d’alléger les coûts d’inscription.

  • Renforcer l’accès de toutes et tous à des équipements et infrastructures sportives de qualité et en proximité sur le territoire en aidant les communes et en accompagnant les écoles de sport. Exemple : créer un Schéma départemental d’implantation des piscines municipales.

  • Développer les « bourses aux jeunes sportifs » et créer, avec les sportifs professionnels, des ambassadeurs sportifs pour la valorisation de toutes les disciplines. Objectif : 1 ambassadeur par discipline.

Aider la ruralité

Le département est un outil de développement de la ruralité.

Préparer l’avenir de la ruralité est une nécessité, une urgence, un engagement, après la crise des gilets jaunes et les besoins de proximité et d’aménagement du territoire en proximité souligné par la crise sanitaire. Les espaces ruraux disposent de ressources stratégiques fixes et non délocalisables (eau, forêt, biodiversité…), ce qui leur donne un rôle majeur à jouer dans les prochaines années. Ce travail affirme et démontre qu’il existe une correspondance et une interdépendance entre villes et campagnes.

Remettre l’humain au cœur des politiques départementales, cela signifie agir pour l’environnement et l’agriculture de qualité et durable. C’est s’engager dans un changement de société qui se fonde sur trois objectifs indissociables : l’environnement, le social et l’économie, qui sont les 3 piliers du développement durable.

Ecologie : être plus audacieux !

Protéger notre environnement est possible aussi à l’échelon départemental. C’est une direction qui demande beaucoup d’ambition.

Climat : faire baisser les émissions de CO2 (bâti, déplacements….) :

  • Prioriser la rénovation thermique des logements anciens dans le cadre de la délégation des aides à la pierre pour améliorer le confort des familles, définir un cadre d’engagement du conseil départemental notamment pour aller au-delà du plan de l’Etat.

  • Poursuivre la construction de bâtiments à énergie positive comme les collèges et rénover énergétiquement les anciens.

  • Gratuité des transports scolaires pour les élèves de la maternelle à la terminale et donc des collèges y compris pour ceux en situation de handicap.

  • Soutenir l’offre de transports en commun sur l’ensemble du département en lien avec les égions. Inscrire un schéma des mobilités départementales en lien avec la région notamment sur le milieu rural souvent abandonné.

  • Agir pour un renforcement du transport multimodal ( billet unique, bus, TER par exemple).

  • Création de 1000 places de co-voiturage supplémentaires.

  • Renforcer l’usage du vélo pour toutes et tous.

  • Développer sur tout le territoire un réseau de pistes cyclables multi-usage (déplacements de loisirs et professionnels) ; soutenir les dispositifs innovants permettant la pratique du “vélo loisir” pour les personnes en situation de handicap (vélo Bénur) et pour les séniors (vélo électrique).

  • Développer les sentiers et voies cyclables vertes.

  • Aménager et valoriser les itinéraires pédestres et cyclistes de randonnées pour encourager les itinérances douces et le tourisme fluvial.

  • Créer une aide de 300 euros pour l’achat d’un vélo électrique.

Ressources naturelles / Pollutions

  • Reprendre la main sur la GEMAPI et notamment les risques d’inondations (crues des rivières et torrents) qui a été confiée aux PETR sans solution satisfaisante pour les populations, avec en revanche des augmentations d’impôts injustifiées.

  • Préserver et garantir la ressource en eau. Face aux risques accrus de sécheresse, sécuriser l’approvisionnement en eau, adopter un schéma départemental d’alimentation en eau potable, aller vers une gestion publique, et impliquer associations et citoyens par une assemblée représentative.

  • Aller vers la gestion publique des déchets et leur recyclage.

  • Adopter des pratiques pour une route durable par l’utilisation de matériaux recyclés ou de réemploi, par un fauchage raisonné, par la préservation des arbres d’alignements et par la mise en place d’un programme de replantation.

  • Participer à la réduction des nuisances aériennes : insonorisation des collèges, mise en place de capteurs.

  • En matière de santé, appliquer la charte « Villes et territoires sans perturbateurs endocriniens ».

  • Renforcer la surveillance sanitaire pour l’eau, l’alimentation, la détection des risques épidémiologiques et la qualité de l’air.

Agriculture :

  • Développer l’agriculture biologique et encourager la transition alimentaire en visant 20 % d’exploitations en agriculture biologique d’ici 2024 dans le département pour une agriculture plus autonome et plus résiliente qui offre une alimentation plus saine, plus respectueuse de l’environnement.

  • Associer les agriculteurs à tous les projets visant à la protection de la biodiversité en valorisant les multiples facettes de son rôle dans le système alimentaire, et en promouvant le lien avec les structures et associations environnementales et en amplifiant les plantations de haies champêtres dans le rural et dans le péri-urbain.

  • Pour manger mieux et local, développer les circuits courts et la vente directe pour que les agricultrices et agriculteurs puissent vivre correctement de leur travail ; pour que les consommateurs disposent d’une plus grande traçabilité. Dénoncer le scandale des 40 milliards d’euros versés aux actionnaires dans l’agro-alimentaire.

  • Accélérer la transition alimentaire dans les collèges publics du département :

    • Avec XX % de produits de qualité et durables et XX % de produits bio Avec plus de produits frais, bruts et de saison, moins de produits transformés.

    • Avec plus d’achats locaux en soutenant la structuration des filières, en diversifiant les partenariats à l’échelle régionale et en poursuivant la mutualisation des achats de produits de qualité.

    • En associant les personnels des collèges et les élèves à des groupes de travail sur la restauration et en créant des commissions menus dans les établissements.

Education à l’environnement : créer un parcours collégien éco-responsable pour aider à la prise de conscience grâce à des actions concrètes de sensibilisation et de participation à la préservation de l’énergie, au tri sélectif et au recyclage, à la qualité de l’air intérieur comme extérieur.

Agir pour la cause animale :

  • En veillant à des pratiques d’élevage respectueuses des animaux.

  • En interdisant strictement l’utilisation d’animaux sauvages dans les spectacles de cirques ou de parcs.

Biodiversité :

  • En protégeant les milieux naturels contre leur destruction ou leur fragmentation.

  • En « réparant » le patrimoine naturel (restauration écologique).

  • En valorisant (sorties scolaires …) les espaces naturels, réserves, parc naturels régionaux du département.

  • En aidant à la constitution de forêts communales ou de domaines départementaux et à leur exploitation durable; en donnant des moyens à la protection incendie (SDIS), en protégeant les zones humides

Des moyens pour les départements

Menace pour les services rendus, menace pour l’emploi et l’activité économique par l’asphyxie des collectivités territoriales voilà ce que nous vivons depuis des années. La crise a souligné le rôle important de nos collectivités pour les politiques de solidarité. Des dizaines de milliards d’euros ont été enlevées aux collectivités locales, a contrario il faut arrêter avec l’austérité et redonner des moyens aux collectivités. Les départements assument également une charge nette croissante du financement des allocations de solidarité nationale (APA, PCH, RSA), que l’Etat n’a jamais intégralement compensé depuis 2004. De fait, l’investissement des départements est gravement menacé, fragilisant l’ensemble du tissu économique qui ne peut compter sur une relance et sur un développement sans des services publics nationaux et locaux efficaces et étendus.

Le département avec les structures de l’économie sociale et solidaire, dont les associations

https://www.rtes.fr/decouvrez-les-premieres-fiches-du-kit-departementaless

Propositions pour faire du département un acteur essentiel de l'économie sociale et solidaire :

  • Plan de création de nouvelles Scoop avec priorité d’achat aux salarié·e·s en cas de cession d’entreprise, financement via l’épargne salariale et accompagnement des salarié·e·s à la gestion.

  • Soutien des collectivités locales au développement de l’économie sociale et solidaire : priorité dans les appels d’offres, création de SCIC (sociétés collectives d’intérêt collectif), soutien aux circuits courts…

https://www.rtes.fr/system/files/inline-files/092019_PtdeRep%C3%A8rESS_Marches_pub_Web_0.pdf

https://www.avise.org/decouvrir-less/achats-socialement-responsables/les-clauses-sociales-dinsertion

Les associations loi 1901 jouent un rôle essentiel dans les domaines aussi divers que le sport, la culture, l’éducation populaire, la défense de l’environnement, la défense des droits, la lutte contre le racisme et les discriminations, l’entraide et la solidarité... Elles sont des lieux de liberté, de fraternité et de développement de soi. Elles font l’originalité de notre pays et elles jouent un rôle dans le développement du lien social et de l’altérité. Les départements jouent un rôle majeur dans leur développement et leur financement.

A ce titre, nous privilégierons le recours aux conventions pluri-annuelles d’objectifs, afin d’assurer la pérennité de leurs actions et mettrons en œuvre la charte d’engagement réciproque Etat/collectivités/associations

https://www.associations.gouv.fr/IMG/pdf/CharteEngagementsReciproques.pdf

Départements – communes

Nous voulons valoriser le potentiel d’efficacité publique dont ce couple fait la démonstration là où des volontés politiques agissent dans ce sens. Nous voulons d’abord que notre mandat d’élu départemental soit un facteur d’essor des partenariats et de la démocratie locale. Parmi les très nombreux champs possibles de cette dynamique, et forts de l’expérience des conseiller·e·s départementaux communistes nous voulons notamment développer l’action du couple département-commune dans le champ du social et de la solidarité, pour le foncier et le logement, pour l’action économique et l’emploi, pour les transports et la circulation...

Pour la création de fonds décentralisés pour l'emploi et la formation, dont le contrôle et la gouvernance seraient assurés par l'ensemble des élus et acteurs publics de l'action économique territoriale, des représentants des organisations syndicales et patronales, des banques.

Pour la mise en place de clauses sociales dans les marchés publics visant à renforcer le contrôle de l'usage des fonds publics par les assemblées élues, en lien avec les salarié·e·s des entreprises concernées, ainsi que les conditions d'activité des entreprises contractantes.

Soutien aux PME et TPE

Le département, est un acteur décisif de la commande publique, de l'emploi et du développement du tissu de PME-TPE.

Coincées entre des politiques d'austérité et de soutien à la finance et aux grands groupes, les PME et TPE subissent elles aussi les effets de la politique gouvernementale dite « de l'offre ». D'un côté leurs carnets de commandes se réduisent à peau de chagrin faute d'une demande suffisante des ménages, des entreprises et des collectivités locales. Ce qui empêche toute visibilité à moyen terme et obère in fine leurs projets d'investissements et de développement. De l'autre, préférant financer les investissements spéculatifs ou à forte rentabilité financière immédiate plutôt que l'activité réelle, les banques limitent leur accès au crédit bancaire en pratiquant des taux d'intérêt supérieurs à leurs perspectives de croissance. Ce qui les oblige à s'adosser aux grands groupes pour se financer, renforçant ainsi les prélèvements sur la richesse qu'elles produisent et la remontée de valeur pour l'actionnaire donneur d'ordres au détriment de l'emploi et des salaires. Prises en étau, PME et TPE ont donc moins besoin d'une baisse du « coût du travail » que d'une relance de la demande et d'un soutien au financement de leur activité.

Les agents départementaux

les acteurs fondamentaux du service public de proximité Environ 300 000 agents publics œuvrent quotidiennement dans les services publics départementaux. Il n’est pas de politique publique de haut niveau qui ne soit adossée à un service public départemental, où sont en permanence évalués les besoins humains et adaptée l’organisation du service public et son évolution au regard de ceux-ci. Nous voulons démultiplier l’esprit de créativité et d’innovation des services publics locaux, avec le renforcement de la formation des agents tout au long de leur carrière, l’élévation des qualifications et des compétences et le développement des parcours professionnels. A ce titre, le statut de la fonction publique territoriale constitue un bien précieux, qui doit être défendu et modernisé, notamment par un soutien renforcé aux luttes et aux revendications salariales. Comme dans toute la société, les conditions de travail des agents sont également détériorées et appellent une action résolue pour favoriser le dialogue social avec les agents et leurs organisations syndicales et pour déployer des politiques sociales novatrices en direction des agents publics, par exemple dans le domaine de la prévention des risques professionnels.

Emparons-nous de la révolution numérique

La maîtrise citoyenne de la révolution numérique sera l’un des enjeux majeurs du 21e siècle. En coopération avec les communes et les communautés d’agglomération, les départements doivent investir dans l’appropriation par toutes et tous des cultures, des savoirs et des savoir-faire du numérique. Cela passe en outre par la transformation des actuels espaces numériques publics en des fabriques numériques populaires ouvertes à toutes et tous, et la généralisation de l’usage des logiciels libres et du libre accès dans tous les services départementaux. Chaque citoyen·ne doit pouvoir accéder aux données informatiques produites par le département, tout en restant maître de ses données personnelles et de leurs éventuelles exploitations commerciales ou autres.

Un plan d’urgence face à la crise économique, sociale, sanitaire, environnementale

Pour les communistes, l’urgence face à cette crise, c’est l’emploi. Le département doit être totalement mobilisé sur cette question.

Création d’une conférence départementale pérenne ou d’un Cesed (comité économique social et environnemental départemental) pour l’emploi et la formation. Cette institution nouvelle rassemblerait l’ensemble des forces vives de notre territoire : salarié·e·s, élu·e·s, entreprises, associations, services publics, avec une représentation non pas figée dans des délégations invariantes, mais adaptée aux projets étudiés, en incluant toujours les salarié·e·s concernés. Leur objet : recenser les besoins en services publics, en activités productives induites, et en transformations écologiques de l'industrie ; évaluer les emplois et les formations à créer, proposer les transitions sécurisées par la formation de l'un à l'autre, le tout au plus près des territoires. Cette conférence départementale ou ce Cesed pour l’emploi et la formation pourrait s’adosser à un fonds départemental pour l’emploi et la formation, géré démocratiquement, afin de financer par des emprunts bancaires à taux d’intérêt très abaissés, voire de 0 %, les projets créateurs d’emplois et les d’intérêt général.

  • En cas de fermeture d’entreprise ou de restructuration destructrice d’emplois ou de délocalisation, nous nous proposons d’agir pour aider les salarié·e·s à déclencher un droit de veto suspensif leur permettant d’avoir le temps d’élaborer un projet alternatif. Nous proposons un accompagnement du conseil départemental si les salariés font le choix de reprendre leur entreprise en SCOP.

  • En lien avec les régions, nous souhaitons encourager la relocalisation et la relance d’activités industrielles dans notre département. Cela passe par une contribution au développement des industries existantes en répondant au besoin de la population que ce soit en matière de transport, d’énergie, de gestion de l’eau, d’agroalimentaire, d’agriculture…

  • Nous proposerons une clause de proximité dans les contrats publics afin de favoriser la production et l’emploi local.

  • Nous ne nous opposons pas à l’initiative « territoire zéro chômeur de longue durée ». Même si ce dispositif ne répond pas de façon durable à la problématique du chômage, il répond de façon transitoire à un besoin immédiat des salarié·e·s confronté·e·s au chômage de longue durée jusqu’à l’installation d’un grand service public décentralisé de l’emploi et de la formation.

  • Nous favoriserons l’insertion des bénéficiaires du RSA en proposant des formations rémunérées

Garantir l’accès aux services publics sur tout le territoire :

Nous agirons contre les fermetures de services publics (bureaux de postes, trésorerie, guichets SNCF, antennes de la Banque de France, bureaux EDF, hôpitaux de proximité, écoles, collèges…). Nous soutiendrons les collectifs citoyens qui militent contre ces fermetures.

Nous nous attaquerons résolument aux déserts médicaux en zone rurale et dans les quartiers populaires en favorisant la création de centres de santé. Nous nous opposerons aux suppressions d’hôpitaux de proximité et proposerons la mise en place d’une commission sanitaire départementale pour évaluer les besoins des populations du département et, en lien avec la région, mettre en œuvre un véritable plan santé sur le territoire drômois. Nous agirons pour donner des nouveaux moyens humains et matériels aux pompiers.

 

Partager cet article
Repost0
26 avril 2021 1 26 /04 /avril /2021 05:48
La JC de Brest bien représentée dans la manif du 23 avril contre l'assurance chômage

La JC de Brest bien représentée dans la manif du 23 avril contre l'assurance chômage

Brest: une incroyable manif pour la réforme de l'assurance chômage!
Brest: une incroyable manif pour la réforme de l'assurance chômage!
Brest: une incroyable manif pour la réforme de l'assurance chômage!

Quelle incroyable manif' à Brest aujourd'hui, pour dire NON à la réforme de l'assurance chômage 🔥 RDV le 1er mai maintenant !

Nous étions présents hier après-midi Place de la Liberté à Brest pour porter nos revendications au sein de l’inter-pro montée par le Quartz Occupé.
« Nous, étudiantes, étudiants, lycéen, lycéenne,
➡️Nous revendiquons un plan d’urgence d’ 1, 5 milliard d’euros contre la précarité étudiante !
➡️Nous revendiquons l’accès de toutes les étudiantes et de tout les étudiants aux droits sociaux !
➡️Nous revendiquons un plan de recrutement massif des enseignantes et enseignants !
➡️Nous revendiquons l’ouverture immédiate du RSA au moins de 25 ans !
➡️Nous revendiquons la rémunération des stages au SMIC !
NOUS SOMMES ESSENTIELS »
Enzo de Gregorio, secrétaire départemental MJCF 29
Partager cet article
Repost0
25 avril 2021 7 25 /04 /avril /2021 09:51
Louis Le Gros - le Block 56 à Buchenwald, block des "invalides" où l'on attérissait après un passage à l'infirmerie, au Revier: Louis Le Gros y voyait une vraie cour des miracles. Cette huile sur toile (1960-1965) de grand format s'appelle "Promiscuité"

Louis Le Gros - le Block 56 à Buchenwald, block des "invalides" où l'on attérissait après un passage à l'infirmerie, au Revier: Louis Le Gros y voyait une vraie cour des miracles. Cette huile sur toile (1960-1965) de grand format s'appelle "Promiscuité"

Les déportés morlaisiens dans les camps nazis pendant la seconde guerre mondiale
Les déportés morlaisiens dans les camps nazis pendant la seconde guerre mondiale
Les déportés morlaisiens dans les camps nazis pendant la seconde guerre mondiale

Morlaix a payé un très lourd tribut au nazisme et à la politique de collaboration de Vichy, avec la déportation dans les camps de concentration et d'extermination de plus de 130 morlaisiens, dont une soixantaine qui y trouvèrent la mort, souvent à un très jeune âge, qu'ils aient été résistants ou otages raflés au hasard.

Selon certains chiffrages (Yves Léon, Bergen-Belsen: survivre aux camps nazis, Skol Vreizh, 2005), 3725 habitants de Bretagne des 5 départements ont été déportés, dont 3285 hommes, 393 femmes, 47 enfants: la moitié simplement de ces déportés ont survécu.  

D'autres peuvent retenir un chiffre encore plus élevé de déportés pour les cinq départements bretons: 4919 sur le site internet "mémoire de guerre".

Parmi eux, 224 juifs, victimes de l'antisémitisme des nazis et de Vichy.

Dans le Finistère, plus de la moitié du millier de déportés (549) est morte dans les camps nazis.

(voir http://memoiredeguerre.pagesperso-orange.fr/deportation/29/p6-list-def.htm, site auquel nous empruntons l'essentiel des données présentes ici).

Dans le Finistère - Sur les 1091 déportés (nés dans le Finistère où y vivant au moment de leur arrestation et de leur déportation) : 549 sont morts (1 sur 2)

A titre de comparaison, dans les Côtes-d'Armor, il y eut 585 déportés, 318 morts en déportation et 267 rapatriés en 1945.

Ces déportés sont passés par les camps de concentration de:

Neuegamme : 148

Buchenwald (centre de l'Allemagne): 100

Dachau (sud de l'Allemagne) : 67

Sachsenhausen (nord de l'Allemagne): 42

Ravensbrück (nord de l'Allemagne): 64

Auschwitz (Pologne): 47

Mathausen (Autriche): 45

Flossenburg (sud de l'Allemagne): 24

Bergen Belsen (nord de l'Allemagne): 25

Dora (sud de l'Allemagne): 19

Autres camps : 228

Dans les Côtes d'Armor , sur 585 des déportés, 401 étaient des résistants, 105 des « politiques », 33 des otages raflés, 12 des « raciaux » (juifs, tsiganes).

En tout, dans la Bretagne à 5 départements, les victimes de la déportation :

3725 déportés ; 1895 disparus 50,8 %

Hommes 3285 ; 1699 disparus 51,8 %

Femmes 393 ; 63 disparues 16 %

Enfants 47 ; 33 disparus 70,2 %

 

Plaque commémorative aux 60 otages Morlaisiens à la base du kiosque à musique, sur l'ancienne place Thiers de Morlaix, devenue place des Otages devant la mairie

Plaque commémorative aux 60 otages Morlaisiens à la base du kiosque à musique, sur l'ancienne place Thiers de Morlaix, devenue place des Otages devant la mairie

Le Télégramme de Brest et de l'Ouest - 26 décembre 1944

Le Télégramme de Brest et de l'Ouest - 26 décembre 1944

Le Télégramme de Brest et de l'Ouest - 27 décembre 1944

Le Télégramme de Brest et de l'Ouest - 27 décembre 1944

La mémoire de Morlaix retient le souvenir douloureux des soixante otages raflés le 26 décembre 1943 et dont 54 (après 5 évasions) seront finalement déportés par les Allemands après l'attentat contre le foyer du soldat allemand dans les salons Quiviger rue de Brest dans la nuit du 24 décembre 1943.

Témoignage d'un ancien déporté de Buchenwald, Un déporté comme les autres, de Michel Lacour-Gaet, Editions SPES (cité dans l'album du Musée de Morlaix, 26 décembre 1943. Louis Le Gros - Otage déporté de Morlaix): 

"Il arriva un soir un convoi d'environ cinquante jeunes garçons de Morlaix. Nous leur demandâmes de quelle prison ils sortaient, ils nous répondirent: tout simplement de chez nous. Les Allemands, un matin, avaient procédé à une grande rafle et sans raison autre que celle d'envoyer de jeunes Français à la mort les avaient expédiés le surlendemain à Compiègne". 

Voici à propos de ce sinistre événement le récit d'Yves Tanné, un des déportés morlaisiens survivants, recueilli par Danielle Ropars:

«  Le soir de Noël 1943, j’ai voulu me rendre chez des amis à Morlaix et partager avec eux, pour célébrer cette fête comme il se doit, la charcuterie confectionnée avec le cochon que nous venions de tuer au Kermeur. J’étais donc à Morlaix le 24 décembre, lorsqu’un attentat eut lieu contre le Foyer du Soldat, situé dans les anciens salons Quiviger, rue de Brest. Une grenade, jetée de la rue Gambetta, traversa la verrière et explosa au milieu de la piste de danse. En représailles, le 26 décembre au matin, les Allemands organisent une rafle et arrêtent tous les hommes valides, âgés de 15 à 40 ans. Parmi les 500 personnes arrêtées, ils choisissent, au hasard, 60 otages. Comme je n’avais pas de papiers, j’ai tout de suite été retenu. Nous avons été parqués entre la Mairie et le port de Morlaix, conduits à pied vers le terrain d’aviation, où nous avons été enfermés dans un grand hangar. Le docteur Mostini est nommé par les Allemands responsable du groupe, ce qui nous retient de nous échapper, car il serait immédiatement fusillé. Le 2 janvier 1944 au matin, des camions nous conduisent à la gare, par la rue Gambetta, où toute la population s’est rassemblée pour nous dire au revoir. Nous sommes jetés dans des wagons à bestiaux, une vingtaine par wagon, les portes sont poussées et fermées, le train siffle et c’est le départ pour une destination inconnue » (Morlaix Tu-pe-tu, http://www.danielleropars.com/la_rafle.html).

Le 26 décembre 1944, Télégramme de Brest et de l'Ouest:

Anniversaire d'un Noël Tragique:

Il y a un an, les Allemands prenaient 60 otages à Morlaix et les déportaient

Heureux ceux qui vont pouvoir passer chez eux, en famille, ce premier Noël à la Libération. Que ces privilégiés pensent aux absents: aux soldats qui sont tombés pour leur pays, aux prisonniers, aux combattants de tous les fronts, aux déportés civils qui, souvent, sans raison, ont été arrachés à leurs foyers; aux infortunés sinistrés de nos villes martyres.

Nous ne saurions laisser passer ce Noël 1944 sans évoquer le sort malheureux des otages morlaisiens que les boches arrêtèrent le 26 décembre 1943, après avoir semé la terreur dans toute notre ville.

UNE GRENADE EXPLOSE

On se souvient que le 24 décembre 1943, vers 20h30, un inconnu lança de la rue Gambetta une grenade qui fut jetée dans les salons Quiviger, rue de Brest, siège du "Soldatenheim". Six militaires allemands furent blessés.

C'était un attentat absolument inutile, qui fut et qui est encore sévèrement critiqué.  

Il amena de la part des boches, des représailles tout à fait disproportionnées avec la gravité des faits. Ne pouvant découvrir le coupable de l'attentat, qui se réduisait, somme toute, à peu de chose, les nazis, selon leur méthode habituelle, s'en prirent à toute la population; ils frappèrent des innocents. 

Le 26 décembre, au matin, de nombreux S.S et parachutistes allemands, armés jusqu'aux dents, se répandirent dans les rues de Morlaix. Ils opéraient sous les ordres du capitaine Kruger, chef de la Gestapo de Rennes.

Dès 7 heures, les soldats teutons se firent ouvrir à coups de crosses de fusils et à coups de bottes les portes des maisons de la rue de Brest. Les soudards perquisitionnèrent ainsi dans toutes les maisons, emmenant les hommes et les jeunes gens de 16 à 40 ans, avec leur poste de TSF, lorsqu'ils en possédaient un.

Vers 8h30, les soldats allemands s'introduisirent chez Me Le Hire, avocat, rue Gambetta. Ils prétendirent, dit-on, y avoir trouvé quelques cartouches de chasse. En spécialistes, ils mirent le feu à l'immeuble, sans permettre à ses occupants d'emporter le moindre objet. Ils interdirent aux pompiers de combattre le sinistre et arrêtèrent Me Le Hire, Mlle Le Hire et son fiancé. 

Le fiancé de Mlle Le Hire fut relâché, mais Me Le Hire, bien que malade, et sa fille, furent emprisonnés: l'un pendant, près de deux mois, l'autre, durant quelques semaines.

Pendant ce temps, la rafle se poursuivait dans le centre de la ville: rue Gambetta, rue Carnot, rue du Mur, rue d'Aiguillon, Grand'Rue, rue de Paris, rue Basse, rue Haute, Place Emile Souvestre, Thiers, Cornic, de Viarmes, etc.

LA RAFLE

Dans toute la ville, c'était un défilé continuel d'otages, se rendant avec leurs appareils de TSF au lieu de rassemblement, place Thiers, sous la garde de soldats armés de mitraillettes ou de fusils, baïonnette au canon. 

Prévenus à temps, des jeunes gens, des hommes susceptibles d'être arrêtés, réussirent à s'enfuir ou se cacher.

Vers midi, près de 600 hommes se trouvaient entassés dans les abris de la place Thiers. Il était interdit de s'approcher d'eux.  (à suivre)

Le 27 décembre 1944, Télégramme de Brest et de l'Ouest:

Tous les hommes arrêtés passèrent alors individuellement devant le capitaine Kruger qui, après les avoir interrogés et après avoir examiné leur identité, les répartit en trois groupes: à droite, ceux qui allaient être libérés; à gauche, les otages, et au centre, ceux qui étaient tenus en réserve comme otages supplémentaires, en cas de besoin. 

L'officier de la Gestapo fixait son choix avec une brutalité et une morgue révoltantes. Il désigna M.Petit, parce qu'il n'était pas rasé et qu'il exerçait la proffesssion de coiffeur! Il relâcha tous les hommes qui étaient employés dans des entreprises travaillant pour l'armée allemande. 

60 OTAGES INNOCENTS

Finalement 60 jeunes hommes furent retenus comme otages. Il y avait parmi eux 30 ouvriers ou employés appartenant à des entreprises privées et 30 étudiants, commerçants, fils de commerçants, etc. Deux de ces otages, les jeunes Caën et du Rusquec, étaient des enfants de 16 ans. 

Le capitaine Kruger pris encore cinq autres otages qui classa à part et à qui il fit mettre les menottes.

Les appareils de TSF des otages furent confisqués. Tous les autres hommes arrêtés furent relâchés et remportaient leurs postes.

Parmi les otages, se trouvait M. le docteur Mostini, ancien prisonnier de guerre libéré. C'est à lui que nous avons demandé de nous relater les évènements qui vont suivre: 

A 13h30, nous dit le docteur Mostini, on nous a fait mettre en rangs pour monter au terrain d'aviation de Ploujean. Rendus au camp, on nous a mis dans une baraque, sur deux rangs, gardés par des Allemands armés de mitraillettes. Nous sommes restés debout trois heures durant. On nous avait prévenus que nous étions prisonniers et que toute tentative d'évasion serait sévèrement punie. J'ai alors été désigné comme responsable du groupe. En ma qualité de médecin, j'ai demandé que soit libérés 4 ou 5 otages qui étaient malades et dont l'un d'eux avait eu une crise d'asthme, en venant à l'aérodrome, mais ma proposition a été rejetée. (...)"   

 

On est début 1944, un an et quelques quatre mois plus tard seront libérés les prisonniers suppliciés des camps de concentration nazis. Mais chaque semaine est une épreuve dans les conditions de vie infernales où ils ont été plongés par les nazis et trente-quatre déportés de cette rafle sur cinquante-neuf ne reviendront pas des camps de concentration.

Cinq otages morlaisiens déportés étaient parvenus à s'enfuir le 22 janvier 1944 lors du transport vers l'Allemagne dans un convoi qui amenait 2005 prisonniers de Compiègne vers Buchenwald. Au cours de ce transport, quatorze prisonniers en tout parvinrent à s'enfuir à Vitry-le-François (51), Blesme (51) et Revigny (55). Les évadés finistériens du transport parti le 22 janvier 1944 à 8h30 de la gare de Compiègne étaient le docteur Georges Mostini, 33 ans, Marcel Bricaud, 21 ans, Jean Cozanet, 27 ans, François Le Bail, 22 ans, Jacques Le Flamand, 20 ans. Le 21 janvier, au camp de transit de Royal-Lieu, où 3000 hommes attendent leur déportation en Allemagne, le Docteur Mostini avait réuni les Otages et les avait déliés du serment de Ploujean, et annoncé que pour sa part, il profiterait de toutes les opportunités pour tenter l'évasion. Il avait récolté des adresses dans l'Est, le Nord, et la Belgique, qu'il avait distribué aux Otages. A Vitry le François, dans la Marne, au matin du 22 janvier 1944, après la feuille, un boulanger communiste offre au docteur Mostini une boule de pain dans laquelle il avait dissimulé, à l'insu de ce dernier, une scie à métaux. Le Flamanc et Mostini ont alors scié, par une fente, la tige du cadenas extérieur retenant la porte du wagon, ainsi que les barbelés disposés en croix sur le châssis.  

Voici le récit, publié par Danielle Ropars, que Yves Tanné fait de ce voyage atroce de 2 jours et 2 nuits entre le camp de transit de Compiègne et Buchenwald dans des wagons à bestiaux :

« Le train nous conduit à Compiègne, où convergent les trains venant de toute la France et d’où partent ceux qui emmènent les déportés vers les camps de concentration. Là, j’ai demandé le motif de mon arrestation. Réponse : élément anti-allemand, nuisible à l’Allemagne. On nous fait monter dans des wagons à bestiaux. Nous sommes 110 par wagon, à moitié debout, à moitié assis, appuyés les uns aux autres, constamment bousculés. De la paille comme litière. Un bidon de 200 litres pour les besoins naturels. Très vite le bidon se remplit et dégorge sur la paille. Une secousse le renverse et nous voilà sur du fumier pour le reste du voyage, qui va durer deux jours et deux nuits. Nous prenons peu à peu conscience de ce qui nous attend.

Nous avons une boule de pain et un saucisson pour toute nourriture. Rien à boire. Or, la soif est plus difficile à endurer que la faim. Nous en sommes à lécher la buée des parois. Nous changeons de place à tour de rôle pour pouvoir soulager la souffrance provoquée par la soif. A Trèves, on nous donne une espèce de bouillie, faite avec de l’eau et de la farine, mais de toute façon, il nous est impossible d’avaler quoi que ce soit.

Nous sommes comptés. Dans un wagon, il y a des absents. Ils se sont évadés. Parmi ceux-ci, Marcel Bricaud, Jean Cozanet, Jacques Le Flamand, François Le Bail, Georges Mostini, qui nous avait auparavant déliés de notre engagement envers lui, et nous avait encouragés à nous sauver. Furieux, les SS maltraitent ceux qui sont restés, leur enlèvent leurs vêtements et les répartissent avec brutalité, tout nus, dans les autres wagons. Nous sommes donc encore plus à l’étroit. La promiscuité rend les hommes angoissés, nerveux et prêts à se battre entre eux. Quand le train s’arrête enfin, nous sommes fatigués à l’extrême, hébétés, assoiffés. Nos vêtements sont maculés d’excréments. On relève cinq morts étalés sur le fumier de notre wagon. Deux hommes ont perdu la raison. Si, en plus, nous avions eu la chaleur de l’été, c’eut été une hécatombe. La dégradation psychologique et physique a été très rapide ».

Quand les otages morlaisiens déportés arrivent nus et considérablement affaiblis entassés dans leur wagons à bestiaux (130 par wagon) à Buchenwald le 24 janvier 1944, "au comité d'accueil, matraques à la main, flanqués de chiens, les SS ouvrent les portent. Volées de coups de crosse, de nerfs de boeufs, de bâtons. Aboiements, cris de douleurs, injures. Schnell! Schnell! Les hommes descendent comme des fous. Direction l'Effertenkammer, les bâtiments administratifs" (Louis Le Gros)

Cinquante-quatre otages morlaisiens arrivent donc à Buchenwald le 26 janvier 1944 et sur ces cinquante-quatre raflés et effectivement déportés, souvent jeunes (la plupart ont entre 18 et 24 ans) seuls 22 reviendront des camps de concentration, 32 seront morts dans les camps.

A l'arrivée au camp de Buchenwald, sur la grille d'entrée du camp, ces mots d'un cynisme sans borne: "Jeden Das Seine": A chacun son dû...

 

Morlaix - la rafle du 26 décembre 1943 et la déportation des Otages - racontée dans le Télégramme de Brest et de l'0uest un an plus tard, à partir du 26 décembre 1944

déportés à Buchenwald - Louis Le Gros

déportés à Buchenwald - Louis Le Gros

Les déportés morlaisiens dans les camps nazis pendant la seconde guerre mondiale
Monument des déportés de Flossenbürg au cimetière du père Lachaise à Paris- inauguré le 8 octobre 1988  (photo Ismaël Dupont) - Monument d'hommage aux déportés du camp de concentration nazi de Flossenbürg ( dix otages morlaisiens raflés le 26 décembre 1943 y sont morts: en tout 13 déportés morlaisiens mourront à Flossenbürg, sur 31 qui y transiteront)

Monument des déportés de Flossenbürg au cimetière du père Lachaise à Paris- inauguré le 8 octobre 1988 (photo Ismaël Dupont) - Monument d'hommage aux déportés du camp de concentration nazi de Flossenbürg ( dix otages morlaisiens raflés le 26 décembre 1943 y sont morts: en tout 13 déportés morlaisiens mourront à Flossenbürg, sur 31 qui y transiteront)

Monument d'hommage aux victimes des camps de concentration nazi de Buchenwald et de Dora: 5 déportés morlaisiens sont morts à Dora, 12 à 14 à Buchenwald. Monument inauguré le 5 avril 1964   La sculpture en bronze de Louis Bancel (ancien résistant du Vercors), installée sur une dalle de granit par l’architecte M. Romer (déporté à Buchenwald), rassemble dans une composition saisissante un groupe de trois déportés. La maigreur des trois hommes témoigne de la déchéance physique où conduit le système concentrationnaire. L’attitude de chacun des déportés renvoie à une symbolique précise: souffrance (homme renversé, figé dans la mort), solidarité (homme soutenant son compagnon), résistance et dignité (homme debout face à ses bourreaux).

Monument d'hommage aux victimes des camps de concentration nazi de Buchenwald et de Dora: 5 déportés morlaisiens sont morts à Dora, 12 à 14 à Buchenwald. Monument inauguré le 5 avril 1964 La sculpture en bronze de Louis Bancel (ancien résistant du Vercors), installée sur une dalle de granit par l’architecte M. Romer (déporté à Buchenwald), rassemble dans une composition saisissante un groupe de trois déportés. La maigreur des trois hommes témoigne de la déchéance physique où conduit le système concentrationnaire. L’attitude de chacun des déportés renvoie à une symbolique précise: souffrance (homme renversé, figé dans la mort), solidarité (homme soutenant son compagnon), résistance et dignité (homme debout face à ses bourreaux).

Monument de Dachau au Père Lachaise: un camp où 7 déportés morlaisiens vécurent le martyre

Monument de Dachau au Père Lachaise: un camp où 7 déportés morlaisiens vécurent le martyre

Monument d'hommage aux déportés de Ravensbruck, le camp où fut déportée Germaine Tillon, et où souffrirent au moins douze déportés morlaisiens: 120 000 femmes, dont 6600 françaises, et 20 000 hommes furent déportés à Ravensbrück, 60 000 déportés au moins y périrent)  Sculptés par Emile Morlaix dans le granit, deux énormes avant-bras surgissent d’un chaos rocheux devant un mur aux blocs parfaitement taillés.  L’ensemble traduit la brutalité et l’oppression à la fois organisées et arbitraires de l’univers concentrationnaire. Les poignets sont liés en signe d’asservissement.  Une des mains, qui retombe vers le sol, évoque l’affaiblissement et la mort de nombre de déportées.

Monument d'hommage aux déportés de Ravensbruck, le camp où fut déportée Germaine Tillon, et où souffrirent au moins douze déportés morlaisiens: 120 000 femmes, dont 6600 françaises, et 20 000 hommes furent déportés à Ravensbrück, 60 000 déportés au moins y périrent) Sculptés par Emile Morlaix dans le granit, deux énormes avant-bras surgissent d’un chaos rocheux devant un mur aux blocs parfaitement taillés. L’ensemble traduit la brutalité et l’oppression à la fois organisées et arbitraires de l’univers concentrationnaire. Les poignets sont liés en signe d’asservissement. Une des mains, qui retombe vers le sol, évoque l’affaiblissement et la mort de nombre de déportées.

Plus d'une centaine de déportés morlaisiens sont passés par plusieurs camps de sinistre mémoire:

Flossenbürg :  31 déportés morlaisiens y ont transité - au moins 13 déportés morlaisiens y sont morts

(Le camp de Flossenbürg Le KL Flossenbürg ouvre en mai 1938, près de Weiden, non loin de la frontière actuelle entre l’Allemagne et la République tchèque. Plus de 115 000 détenus (dont 16 000 femmes) sont passés dans le camp central et dans ses 95 Kommandos. 70 000 sont morts. Flossenbürg fournit de la main-d’œuvre aux entreprises de l’Allemagne centrale. Le camp, pratiquement vidé de tous ses détenus, évacués depuis plusieurs jours, est libéré par des troupes américaines le 23 avril 1945. Plus de 4500 Français et 950 Françaises sont passés par Flossenbürg. Aucun n’est arrivé directement de France, tous sont passés par au moins un autre camp).

Buchenwald : au moins 28 déportés morlaisiens y ont été détenus (mais Buchenwald a certainement servi de camps de transit pour d'autres) - de 12 à 14 déportés morlaisiens y meurent

(Le KL Buchenwald ouvre en juillet 1937, près de Weimar. Près de 240 000 détenus sont immatriculés à Buchenwald, dont 30 000 femmes, et près de 60 000 y meurent. Le camp compte plus de 130 Kommandos qui fournissent de la maind’œuvre aux industries de l’Allemagne centrale. En novembre 1938, Buchenwald est le principal lieu de détention des juifs arrêtés après la «nuit de cristal ». Durant la guerre, il accueille des prisonniers de marque pouvant servir d’otages. En 1945, arrivent un millier d’enfants juifs transférés du camp d’Auschwitz. Début avril 1945, les SS évacuent une grande partie des détenus. Les troupes américaines entrent à Buchenwald le 11 avril 1945, quelques heures après qu’une insurrection lancée par le Comité international clandestin eut libéré le camp. Ouvert en septembre 1943, le camp de Dora, situé près de la ville de Nordhausen, est d’abord un Kommando de Buchenwald. Il est associé à la construction des tunnels destinés à abriter les usines souterraines de fabrication des fusées V1 et V2. Les conditions de travail et de vie sont particulièrement terribles. En octobre 1944, Dora, Ellrich et d’autres Kommandos sont séparés administrativement de Buchenwald et sont rattachés au nouveau KL Mittelbau. Dans les dernières semaines, la masse des détenus est évacuée vers Bergen-Belsen ou Ravensbrück. Les troupes américaines entrent dans un camp presque vide le 11 avril 1945. 40 000 déportés sont passés à Dora, 25500 sont morts, dont 11000 lors des évacuations. Environ 26 000 Français sont passés à Buchenwald et dans ses Kommandos. Plus de la moitié meurt, notamment à Dora. En juin 1944, le Comité des intérêts français (CIF), dirigé par Frédéric-Henri Manhès, Marcel Paul et Jean Lloubes, est reconnu par le Comité international clandestin de résistance mis en place durant l’été 1943. Son action permet de soutenir le moral des Français et d’en sauver certains, sans pouvoir éviter la mort de beaucoup d’autres. Le Comité des intérêts français participe à l’insurrection libératrice du camp Source: Association Française pour la Mémoire de la Déportation).

Dora : 18 déportés morlaisiens y sont passé - au moins 5 déportés morlaisiens y meurent

Ravensbruck : 12 déportés y ont transité et ont été détenus dans ce camp de concentration essentiellement dédié aux femmes.

Bergen Belsen : 9 - au moins 7 déportés morlaisiens y meurent

Mathausen : 8

Kassel : 7

Dachau : 7

(Le camp de Dachau Le KL Dachau ouvre dès mars 1933, près de Munich, quelques semaines après l’arrivée au pouvoir des nazis. Environ 200000 détenus sont immatriculés dans le camp central et dans les 160 Kommandos. Près de 76 000 y meurent. Dachau fournit de la main d’œuvre pour les entreprises d’Allemagne du Sud. Le camp est libéré le 29 avril 1945 par des troupes américaines, alors qu’une partie des détenus a été évacuée dans les jours précédents. Dachau est le lieu d’internement de catégories particulières de détenus: les prêtres arrêtés sont regroupés dans le camp à partir de 1941-1942; des personnalités y sont placées sous surveillance afin de servir d’otages. Environ 12500 Français sont passés à Dachau, dont 6000 déportés directement depuis la France et 2100 prisonniers de guerre ou travailleurs arrêtés dans le Reich).

Auschwitz : 7 déportés morlaisiens

Reinbach : 6

Hradischko/Moldau: 5

Ellrich: 4

 

Les déportés morlaisiens qui ont survécu aux camps nazis:

Parmi les otages (22) :

Jean Ambroise, né le 1er décembre 1924 à Morlaix (19 ans lors de son arrestation), libéré à Hradiskko le 8 mai 1945.

Claude Bervoas, né le 18 novembre 1926 à Morlaix (17 ans lors de son arrestation)

Yves Bescam, né le 8 août 1922 à St Thégonnec (matricule 43 173). Autres lieux de déportation : Jena et Leitmeritz où il est libéré en mai 1945.

Jean Bourbigot : né le 13 février 1923 à Beuzec-Conq (29). (matricule 42615). Autres lieux de déportation : Dora, Ravensbrück. Il est libéré le 30 avril 1945.

Emile Cadiou : né à Morlaix le 1er mai 1914 (29 ans lors de son arrestation). Domicilié à Morlaix. Déporté de Morlaix le 2 janvier puis transféré de Compiègne vers le KL Buchenwald le 22 janvier 1944.

Georges Caën, le plus jeune des otages, 16 ans -né le 4 juillet 1928 à Brest, libéré le 11 avil 1945 à Buchenwald.

Gilles Cam, né le 25 septembre 1924 à Plourin-les-Morlaix (19 ans lors de son arrestation). Libéré le 8 mai 1945 à Kaplice.

Pierre Collober née le 11 avril 1919 à Plouyé. Déporté à Compiègne le 22 janvier 1944 vers le KL Buchenwald (Matricule 43 043). Autres lieux de détention : Laura, Dachau et Allach où il est libéré le 30 avril 1944.

Albert Guichen : né le 12 mai 1925 à Morlaix. (Matricule 42 886). Autres lieux de déportatio : Dora, Ravensbrück. Il est libéré en mai 1945

François Herrou, né le 29 juillet 1925 à Morlaix. Déporté de Compiègne le 22 janvier 1944 vers le KL Buchenwald (matricule 42 952). Autres lieux de déportation : Dora, Ravensbrück, Machow. Il est libéré début 1945 à Plau.

Henri Kerinon né le 21 novembre 1924 à Douarnenez (Matricule 43 042). Revenu des camps.

Louis Kervellec né le 17 juilet 1926 à Morlaix (Matricule 42 134). Revenu des camps

Raoul de l'estang du Ruquec (Duresquec), né le 30 septembre 1927 à Morlaix (16 ans lors de son arrestation). Déporté à Buchenwald, Mauthausen.

Victor Le Goff né le 23 octobre 1920 à Brest (Matricule 42 698). Autre lieu de déportation : Dora, Ravensbrück. Revenu des camps

Louis Le Gros né le 20 août 1916 à Plougasnou (27 ans lors de son arrestation). Auteur d’œuvres d'art représentant les camps nazis, réalisées en déportation et après.

Jacques Mazé : né le 26 avril 1923 à Sizun. Revenu des camps

Jean Moreau né le 4 novembre 1924 à Morlaix (19 ans lors de son arrestation. Buchenwald, Langenstein.

Jacques Quintin, né le 30 décembre 1925 (18 ans au moment de son arrestation). Buchenwald, transféré à Ravensbrück le 3 juin 1944.

Léon Picart, né le 12 avril 1903 à Plouvorn. (matricule 41 507). Autres lieux de déportation ; Ravensbrück, Dora, Bergen-Belsen où il est libéré le 15 avril 1945.

Léon Rivoalen 

Albert Sénéchal, né le 9 décembre 1910 à Brest (matricule 42 081). Autre lieu de déportation : Dachau. Revenu des camps.

Paul Simon, né le 20 août 1912 à Brest (matricule 42 390). Revenu des camps

Yves Tanné, né le 4 octobre 1924 à Plougonven (matricule 43 011). Autres lieux de déportation : Flossenburg, Hradischko/moldau. Revenu des camps. Il décède le 26 octobre 2011.

Théophile Thomas : né le 2 février 1924 à Plourin. (matricule 42 462). Autre lieu de déportation : Flossebbürg. Revenu des camps

Jean Trolez : né le 2 juin 1922 à Beuzec-Conq (29). Autres lieux de déportation : Dora, Dachau. Il est libéré le 29 avril 1945 à Dachau.

Autres déportés morlaisiens rescapés (en dehors des otages):

André Bellec : né le 18 février 1921 au Havre (76). Domicilié à Locquénolé au moment de son arrestation, il est incarcéré à la prison Jacques Cartier à Rennes. Il y reste juqu'au 23 juin 1944, date à laquelle il est transféré à Compiègne puis, le 15 juillet 1944 vers le KL Neuengamme. Lieux de déportation : Hambourg, Bremen (Brême), Osterort, Politz, Wöbbelin, Schandelah. Revenu.

Jean Bellec : né le 14 mai 1926 à Ploujean. Domicilié à Lantic au moment de son arrestation le 15 octobre 1943 par la gendarmerie d'Etables (22, suite à une attaque de la Poste de Lantic. Il faisait partie d'un groupe de résistants dirigé par Jean Audouin. Il est déporté de Rennes début août 1944 vers belfort, puis est transféré vers Neuengramme le 29 août 1944. (Matricule 43 601). Autres lieux : Hambourg, Sandbostel.

Augustine Bonnemaison, née le 28 août 1915 à Bolazec. Domiciliée à Morlaix au moment de son arrestation. Déportée le 15 août 1944 vers le KL Ravensbrück (Matricule 57 459). Autres lieux de déportation : Leipzig, Schönefeld-Leipzig. Elle est libérée à Polenz.

200 déportées bretonnes passèrent par Ravensbrück, 55 d'entre elles périrent dans les camps nazis. La plus jeune avait 21 ans, la plus âgée 78 ans.

« Ce transport, l’un de ceux qui emportèrent le plus grand nombre de déportés vers l’Allemagne soit 548 femmes vers Ravensbruck et 1654 hommes vers Buchenwald , aurait dû quitter Paris le 12 août mais une grève des cheminots retarda le départ. De plus les sabotages dans la Gare de L’Est par la Résistance, dans la nuit du 12 au 13 août, conduisirent les nazis à former le convoi en gare de Pantin, les prisonniers étant extraits des prisons de Fresnes et du Cherche Midi ainsi que des forts de Romainville et de Compiègne dans la matinée du 15 août. La durée du trajet de la soirée du 15 jusqu’au 21 août fut provoquée, d’une part par des tentatives d’évasion que les SS encadrant le transport réprimèrent par des exécutions, et d’autre part, par diverses interventions de la Croix Rouge et du Consul de Suède à Paris, Raoul Nording. Ce dernier était parvenu à obtenir un accord des autorités militaires allemandes pour avoir, sous sa « protection », les prisonniers du convoi, démarches qui furent toutes rejetées par le SS chef du train. Toutefois, à Bar Le Duc, le 19 août, la Croix Rouge obtint la libération de trois femmes et d’un prêtre polonais malade.
Arrivées à Ravensbrück,
le 21 août 1944, la plupart des femmes furent transférées dans des Kommandos extérieurs, notamment ceux d’ Abteroda où étaient fabriqués des explosifs, Markkleberg, où étaient fabriqués des leviers d’ailes d’avion pour la firme Junkers, Rechlin pour la construction d’un terrain d’aviation et Torgau, où se trouvait une usine de fabrication de munitions et d’ explosifs » (http://www.resistances-morbihan.fr/ravensbruck-3/).

Marcel Briand : né le 24 mai 1910 à St Martin des Champs. Domicilié à Sauderneau au moment de son arrestation. Arrêté le 20 décembre 1943 à Plerguer, il est déporté à Comùpiègne le 27 janvier 1944 vers le KL Buchenwald (Matricule 43 699). Autres lieux de déportation ; Dora, Ellrich, Blankeburg où il est rapatrié en avril 45.

Emile Brodin : né le 28 mars 1898 à Ambrières. Domicilié à St Martin des Champs au moment de son arrestation. Déporté à Compiègne le 23 juin 1943 vers le KL Buchenwald 5matricule 14 716). autres lieux de déportation : Karshagen/ Peenemüde, Dora, Lublin

François Corbel né le 21 juin 1912 à Plourin. Domicilé à Morlaix au moment de son arrestation. Il est déporté des prisons de la zone occupée vers celles du Reich le 18 novembre 1943. Son parcours : Karlsruhe, Rheinbach, Kassel. Rapatrié le 26 avril 1945.

Désiré Gardaz né le 5 novembre 1918 à Morlaix. Domicilié à Paris au moment de son arrestation. Il est déporté de Compiègne le 16 avril 1943 vers le KL Mathausen (matricule : 27141). Son parcours : Wiener Neustadt, Buchenwald (le 30 octobre 1943. Matricule 30 535), Dora. Revenu des camps.

Odette Hamon née le 31 août 1916 à Morlaix, célibataire, domiciliée à Tertre-de-la-Villette en Ploufragan (22), arrêtée en août 1943 pour « menées anti-nationales ». Elle est déportée de Paris, gare de l'est, le 18 avril 1944 vers le KL Ravensbrück (matricule 35 368). Revenue des camps.

Jean Herry : né le 5 septembre 1905 à Plourin les Morlaix. Déporté à Compiègne le 6 avril 1944 vers le KL Mauthausen (matricule 62547). Revenu des camps.

Alphonse Le Bihan : né le 30 juillet 1921 à Plourin. Domicilié à Morlaix au moment de son arrestation. Il est déporté le 4 août 1941. Son parcours : Kassel, Rheinbach, Sieburg. Il est libéré le 10 avril 1945 à Siegbourg.

Roger Le Corre : né le 23 mars 1918 à Ploujean. Arrêté à Guernesey en tentant de rejoindre l'Angleterre par la mer. Lieux de déportation : Kassel, Rheinbach, Kassel, Strau. Evadé lors de l'évacuation du camp le 23 avril 1943.

Marie Lecomte : née le 27 mars 1905 à Morlaix. Domiciliée à Morlaix au moment de son arrestation. Elle est déportée le 15 août 1944 de Pantin vers le KL Ravensbrück (matricule 57 577). autres lieux de déportation : Torgau, Königsberg, Leimeritz où elle est libérée.

Jean Lelay : né le 25 juillet 1921 à Morlaix. Arrêté à Guernesey en tentant de rejoindre l'Angleterre sur une barque. Lieux de déportation : Kassel, Rheinbach, Siegburg. Libéré le 10 avril 1945 à Siegburg.

Yves Lemoigne : né le 6 mars 1926 à St Martin des Champs. Arrêté le 2 mars 1942 à Rennes. Déporté le 4 juin 1942. Convoi parti de Paris, gare de l'est, et arrivé à Hinzert le 5 juin 1942, matricule 4249. Libéré le 8 mai 1945 à Hischberg (Kommando du KL Gross Rosen). Autres lieux de déportation : prison de Breslau, prison de Scweidnitz, prison de Willitch.

Christiane Le Scornet : née le 6 août 1927 à Morlaix. Domiciliée à Morlaix au moment de son arrestation. Elle est déportée le 15 août 1944 de Pantin vers le KL Ravensbrück (matricule 57582). son parcours : Torgau, Königsberg, Mathausen où elle est libérée le 22 avril 1945 par la Croix Rouge.

Marie Mesguen Le Roy : née le 9 mai 1907 à St Martin des Champs. Arrêtée à Morlaix. Elle est déportée de Paris, gare de l'est, vers Sarrebrück Neue Bremm le 18 juillet 1944 . Elle est libérée à la frontière germano-suisse par la Croix Rouge le 9 avril 1945.

Jeanne Moguérou / Rosant : née le 13 novembre 1943 à Morlaix. Arrêtée à Panly (76), elle est déportée de Paris, gare de l'est, le 18 avril 1944 vers le KL Ravensbrück (matricule 35 429).

Jean Mona : né e 15 août 1922 à Morlaix. Il est déporté dans les prisons du Reich. Son parcours ; arrivé au KL Buchenwald le 4 novembre 1944 (matricule 78 340).

Jean Mons : né le 15 août 1922 à Morlaix. Arrêté à Lille, déporté à Bad-Sazungen. Autres lieux de déportation : Mein, Untermassfeld, Weimar, Buchenwald, Schömberh, Westeregeln. Libéré le 4 mai 1945.

André Noizet : né le 30 mars 1898 à Plourin les Morlaix. Arrêté à St Menehoud. Il est déporté de Compiègne le 18 juin 1944 vers le KL Dachau (matricule 72 811). Autre lieu de déportation : Allach, où il est libéré le 30 avril 1945.

Jean Papin : né le 22 octobre à Morlaix. En 1941, il s'installe comme médecin à Mamers (Sarthe). En octobre 1941, il entre en résistance (réseau Buckmaster). Arrêté par la Gestapo le 29 avril 1944, il est déporté de Compiègne le 4 juin 1944 vers le KL Neueungamme (matricule 33888). Autres lieux de déportation : Auschwitz, Mauthensen, Melk, Ebensee d'où il est rapatrié le 5 mai 1945. Officier de la Légion d'Honneur. Médaille de la résistance. Croix de guerre. Décédé le 9 mai 2009.

Laurent Parc : né le 24 juillet 1921 à Morlaix. Il fut déporté le 4 août 1941. Son parcours : Kassel, Rheinbach, Sieburg, Han, Hameln. Il fut rapatrié le 4 avril 1945 à Hamelin.

Jean Prigent : né le 10 novembre 1912 à Morlaix. Membre des Corps Francs Vengeance du Finistère. Déporté le 2 ou 3 août 1944 vers Belfort. Transféré de Belfort à Natzweiler le 26 août 1944 (matricule 24 020). Autres lieux de déportation : Dachau, Haslach, Vaihingen. Rapatrié le 7 avril 1945 à Vaihingen. Déporté et revenu.

Louis Quéguiner : né à Morlaix le 12 mai 1923. Arrêté à Guernesey en tentant de rejoindre l'Angleterre par mer. Lieux de déportation : Kassel, Sarrebruck, Frankenthal. Libéré le 20 avril 1943 à Frankenthal.

Jean Rolland : né le 27 mars 1921 à Morlaix. Responsable d'un groupe de résistance, il participe à la rédaction et à l'impression de journaux clandestins, héberge des FTPF, forme des groupes de jeunes, sabote du matériel SNCF, collecte des vivres et de l'argent pour les internés politiques. Il est arrêté le 2 mars 1942 à Rennes, il est déporté de Compiègne le 22 mars 1944 vers le KL Mauthausen. Il est libéré le 5 mai 1945 à Linz III. Décédé en juillet 2015.

Pierre Ropars : né le 26 juin 1917 à Morlaix. Incarcéré à la prison Jacques Cartier à Rennes. Il y reste jusqu'au 23 juin 1944, date à laquelle il est transféré à Compiègne puis, le 2 juillet 1944, vers le KL Dachau (matricule 77 362) Autre lieu de déportation : Neckarelz. Libéré des camps en avril 1945.

Les déportés morlaisiens dans les camps nazis pendant la seconde guerre mondiale

Les déportés morlaisiens qui ont survécu aux camps nazis:

Parmi les otages du 26 décembre 1943 (22) :

Jean Ambroise, né le 1er décembre 1924 à Morlaix (19 ans lors de son arrestation), libéré à Hradiskko le 8 mai 1945.

Claude Bervoas, né le 18 novembre 1926 à Morlaix (17 ans lors de son arrestation)

Yves Bescam, né le 8 août 1922 à St Thégonnec (matricule 43 173). Autres lieux de déportation : Jena et Leitmeritz où il est libéré en mai 1945.

Jean Bourbigot : né le 13 février 1923 à Beuzec-Conq (29). (matricule 42615). Autres lieux de déportation : Dora, Ravensbrück. Il est libéré le 30 avril 1945.

Emile Cadiou : né à Morlaix le 1er mai 1914 (29 ans lors de son arrestation). Domicilié à Morlaix. Déporté de Morlaix le 2 janvier puis transféré de Compiègne vers le KL Buchenwald le 22 janvier 1944.

Georges Caën, le plus jeune des otages, 16 ans - né le 4 juillet 1928 à Brest, libéré le 11 avril 1945 à Buchenwald.

Gilles Cam, né le 25 septembre 1924 à Plourin-les-Morlaix (19 ans lors de son arrestation). Libéré le 8 mai 1945 à Kaplice.

Pierre Collober née le 11 avril 1919 à Plouyé. Déporté à Compiègne le 22 janvier 1944 vers le KL Buchenwald (Matricule 43 043). Autres lieux de détention : Laura, Dachau et Allach où il est libéré le 30 avril 1944.

Albert Guichen : né le 12 mai 1925 à Morlaix. (Matricule 42 886). Autres lieux de déportatio : Dora, Ravensbrück. Il est libéré en mai 1945

François Herrou, né le 29 juillet 1925 à Morlaix. Déporté de Compiègne le 22 janvier 1944 vers le KL Buchenwald (matricule 42 952). Autres lieux de déportation : Dora, Ravensbrück, Machow. Il est libéré début 1945 à Plau.

Henri Kerinon né le 21 novembre 1924 à Douarnenez (Matricule 43 042). Revenu des camps.

Louis Kervellec né le 17 juilet 1926 à Morlaix (Matricule 42 134). Revenu des camps

Raoul de l'estang du Ruquec (Duresquec), né le 30 septembre 1927 à Morlaix (16 ans lors de son arrestation). Déporté à Buchenwald, Mauthausen.

Victor Le Goff né le 23 octobre 1920 à Brest (Matricule 42 698). Autre lieu de déportation : Dora, Ravensbrück. Revenu des camps

Louis Le Gros né le 20 août 1916 à Plougasnou (27 ans lors de son arrestation). Auteur de superbes œuvres d'art représentant la vie dans les camps nazis et ses camarades de captivité, réalisées en déportation et après.

https://musee.ville.morlaix.fr/wp-content/uploads/2015/08/Mus%c3%a9e-Morlaix_dossier-presse_exposition_Louis-Le-Gros_Otages_26-oct-13-25-janv-14.pdf

Jacques Mazé : né le 26 avril 1923 à Sizun. Revenu des camps

Jean Moreau né le 4 novembre 1924 à Morlaix (19 ans lors de son arrestation. Buchenwald, Langenstein.

Jacques Quintin, né le 30 décembre 1925 (18 ans au moment de son arrestation). Buchenwald, transféré à Ravensbrück le 3 juin 1944.

Léon Picart, né le 12 avril 1903 à Plouvorn. (matricule 41 507). Autres lieux de déportation ; Ravensbrück, Dora, Bergen-Belsen où il est libéré le 15 avril 1945.

Léon Rivoalen

Albert Sénéchal, né le 9 décembre 1910 à Brest (matricule 42 081). Autre lieu de déportation : Dachau. Revenu des camps.

Paul Simon, né le 20 août 1912 à Brest (matricule 42 390). Revenu des camps

Yves Tanné, né le 4 octobre 1924 à Plougonven (matricule 43 011). Autres lieux de déportation : Flossenburg, Hradischko/moldau. Revenu des camps. Il décède le 26 octobre 2011.

Théophile Thomas : né le 2 février 1924 à Plourin. (matricule 42 462). Autre lieu de déportation : Flossebbürg. Revenu des camps

Jean Trolez : né le 2 juin 1922 à Beuzec-Conq (29). Autres lieux de déportation : Dora, Dachau. Il est libéré le 29 avril 1945 à Dachau.

 

Autres déportés morlaisiens rescapés

(en dehors des otages):

 

André Bellec : né le 18 février 1921 au Havre (76). Domicilié à Locquénolé au moment de son arrestation, il est incarcéré à la prison Jacques Cartier à Rennes. Il y reste juqu'au 23 juin 1944, date à laquelle il est transféré à Compiègne puis, le 15 juillet 1944 vers le KL Neuengamme. Lieux de déportation : Hambourg, Bremen (Brême), Osterort, Politz, Wöbbelin, Schandelah. Revenu.

Jean Bellec : né le 14 mai 1926 à Ploujean. Domicilié à Lantic au moment de son arrestation le 15 octobre 1943 par la gendarmerie d'Etables (22, suite à une attaque de la Poste de Lantic. Il faisait partie d'un groupe de résistants dirigé par Jean Audouin. Il est déporté de Rennes début août 1944 vers Belfort, puis est transféré vers Neuengramme le 29 août 1944. (Matricule 43 601). Autres lieux : Hambourg, Sandbostel.

Augustine Bonnemaison, née le 28 août 1915 à Bolazec. Domiciliée à Morlaix au moment de son arrestation. Déportée le 15 août 1944 vers le KL Ravensbrück (Matricule 57 459). Autres lieux de déportation : Leipzig, Schönefeld-Leipzig. Elle est libérée à Polenz.

200 déportées bretonnes passèrent par Ravensbrück, 55 d'entre elles périrent dans les camps nazis. La plus jeune avait 21 ans, la plus âgée 78 ans.

« Ce transport, l’un de ceux qui emportèrent le plus grand nombre de déportés vers l’Allemagne soit 548 femmes vers Ravensbruck et 1654 hommes vers Buchenwald , aurait dû quitter Paris le 12 août mais une grève des cheminots retarda le départ. De plus les sabotages dans la Gare de L’Est par la Résistance, dans la nuit du 12 au 13 août, conduisirent les nazis à former le convoi en gare de Pantin, les prisonniers étant extraits des prisons de Fresnes et du Cherche Midi ainsi que des forts de Romainville et de Compiègne dans la matinée du 15 août. La durée du trajet de la soirée du 15 jusqu’au 21 août fut provoquée, d’une part par des tentatives d’évasion que les SS encadrant le transport réprimèrent par des exécutions, et d’autre part, par diverses interventions de la Croix Rouge et du Consul de Suède à Paris, Raoul Nording. Ce dernier était parvenu à obtenir un accord des autorités militaires allemandes pour avoir, sous sa « protection », les prisonniers du convoi, démarches qui furent toutes rejetées par le SS chef du train. Toutefois, à Bar Le Duc, le 19 août, la Croix Rouge obtint la libération de trois femmes et d’un prêtre polonais malade.
Arrivées à Ravensbrück,
le 21 août 1944, la plupart des femmes furent transférées dans des Kommandos extérieurs, notamment ceux d’ Abteroda où étaient fabriqués des explosifs, Markkleberg, où étaient fabriqués des leviers d’ailes d’avion pour la firme Junkers, Rechlin pour la construction d’un terrain d’aviation et Torgau, où se trouvait une usine de fabrication de munitions et d’ explosifs » (http://www.resistances-morbihan.fr/ravensbruck-3/).

Marcel Briand : né le 24 mai 1910 à St Martin des Champs. Domicilié à Sauderneau au moment de son arrestation. Arrêté le 20 décembre 1943 à Plerguer, il est déporté à Compiègne le 27 janvier 1944 vers le KL Buchenwald (Matricule 43 699). Autres lieux de déportation ; Dora, Ellrich, Blankeburg où il est rapatrié en avril 45.

Emile Brodin : né le 28 mars 1898 à Ambrières. Domicilié à St Martin des Champs au moment de son arrestation. Déporté à Compiègne le 23 juin 1943 vers le KL Buchenwald 5matricule 14 716). autres lieux de déportation : Karshagen/ Peenemüde, Dora, Lublin

François Corbel né le 21 juin 1912 à Plourin. Domicilé à Morlaix au moment de son arrestation. Il est déporté des prisons de la zone occupée vers celles du Reich le 18 novembre 1943. Son parcours : Karlsruhe, Rheinbach, Kassel. Rapatrié le 26 avril 1945.

Désiré Gardaz né le 5 novembre 1918 à Morlaix. Domicilié à Paris au moment de son arrestation. Il est déporté de Compiègne le 16 avril 1943 vers le KL Mathausen (matricule : 27141). Son parcours : Wiener Neustadt, Buchenwald (le 30 octobre 1943. Matricule 30 535), Dora. Revenu des camps.

Odette Hamon née le 31 août 1916 à Morlaix, célibataire, domiciliée à Tertre-de-la-Villette en Ploufragan (22), arrêtée en août 1943 pour « menées anti-nationales ». Elle est déportée de Paris, gare de l'est, le 18 avril 1944 vers le KL Ravensbrück (matricule 35 368). Revenue des camps.

Jean Herry : né le 5 septembre 1905 à Plourin les Morlaix. Déporté à Compiègne le 6 avril 1944 vers le KL Mauthausen (matricule 62547). Revenu des camps.

Alphonse Le Bihan : né le 30 juillet 1921 à Plourin. Domicilié à Morlaix au moment de son arrestation. Il est déporté le 4 août 1941. Son parcours : Kassel, Rheinbach, Sieburg. Il est libéré le 10 avril 1945 à Siegbourg.

Roger Le Corre : né le 23 mars 1918 à Ploujean. Arrêté à Guernesey en tentant de rejoindre l'Angleterre par la mer. Lieux de déportation : Kassel, Rheinbach, Kassel, Strau. Evadé lors de l'évacuation du camp le 23 avril 1943.

Marie Lecomte : née le 27 mars 1905 à Morlaix. Domiciliée à Morlaix au moment de son arrestation. Elle est déportée le 15 août 1944 de Pantin vers le KL Ravensbrück (matricule 57 577). autres lieux de déportation : Torgau, Königsberg, Leimeritz où elle est libérée.

Jean Lelay : né le 25 juillet 1921 à Morlaix. Arrêté à Guernesey en tentant de rejoindre l'Angleterre sur une barque. Lieux de déportation : Kassel, Rheinbach, Siegburg. Libéré le 10 avril 1945 à Siegburg.

Yves Lemoigne : né le 6 mars 1926 à St Martin des Champs. Arrêté le 2 mars 1942 à Rennes. Déporté le 4 juin 1942. Convoi parti de Paris, gare de l'est, et arrivé à Hinzert le 5 juin 1942, matricule 4249. Libéré le 8 mai 1945 à Hischberg (Kommando du KL Gross Rosen). Autres lieux de déportation : prison de Breslau, prison de Scweidnitz, prison de Willitch.

Christiane Le Scornet : née le 6 août 1927 à Morlaix. Domiciliée à Morlaix au moment de son arrestation. Elle est déportée le 15 août 1944 de Pantin vers le KL Ravensbrück (matricule 57582). son parcours : Torgau, Königsberg, Mathausen où elle est libérée le 22 avril 1945 par la Croix Rouge.

Marie Mesguen Le Roy : née le 9 mai 1907 à St Martin des Champs. Arrêtée à Morlaix. Elle est déportée de Paris, gare de l'est, vers Sarrebrück Neue Bremm le 18 juillet 1944 . Elle est libérée à la frontière germano-suisse par la Croix Rouge le 9 avril 1945.

Jeanne Moguérou / Rosant : née le 13 novembre 1943 à Morlaix. Arrêtée à Panly (76), elle est déportée de Paris, gare de l'est, le 18 avril 1944 vers le KL Ravensbrück (matricule 35 429).

Jean Mona : né e 15 août 1922 à Morlaix. Il est déporté dans les prisons du Reich. Son parcours ; arrivé au KL Buchenwald le 4 novembre 1944 (matricule 78 340).

Jean Mons : né le 15 août 1922 à Morlaix. Arrêté à Lille, déporté à Bad-Sazungen. Autres lieux de déportation : Mein, Untermassfeld, Weimar, Buchenwald, Schömberh, Westeregeln. Libéré le 4 mai 1945.

André Noizet : né le 30 mars 1898 à Plourin les Morlaix. Arrêté à St Menehoud. Il est déporté de Compiègne le 18 juin 1944 vers le KL Dachau (matricule 72 811). Autre lieu de déportation : Allach, où il est libéré le 30 avril 1945.

Jean Papin : né le 22 octobre à Morlaix. En 1941, il s'installe comme médecin à Mamers (Sarthe). En octobre 1941, il entre en résistance (réseau Buckmaster). Arrêté par la Gestapo le 29 avril 1944, il est déporté de Compiègne le 4 juin 1944 vers le KL Neueungamme (matricule 33888). Autres lieux de déportation : Auschwitz, Mauthensen, Melk, Ebensee d'où il est rapatrié le 5 mai 1945. Officier de la Légion d'Honneur. Médaille de la résistance. Croix de guerre. Décédé le 9 mai 2009.

Laurent Parc : né le 24 juillet 1921 à Morlaix. Il fut déporté le 4 août 1941. Son parcours : Kassel, Rheinbach, Sieburg, Han, Hameln. Il fut rapatrié le 4 avril 1945 à Hamelin.

Jean Prigent : né le 10 novembre 1912 à Morlaix. Membre des Corps Francs Vengeance du Finistère. Déporté le 2 ou 3 août 1944 vers Belfort. Transféré de Belfort à Natzweiler le 26 août 1944 (matricule 24 020). Autres lieux de déportation : Dachau, Haslach, Vaihingen. Rapatrié le 7 avril 1945 à Vaihingen. Déporté et revenu.

Louis Quéguiner : né à Morlaix le 12 mai 1923. Arrêté à Guernesey en tentant de rejoindre l'Angleterre par mer. Lieux de déportation : Kassel, Sarrebruck, Frankenthal. Libéré le 20 avril 1943 à Frankenthal.

Jean Rolland : né le 27 mars 1921 à Morlaix. Responsable d'un groupe de résistance, il participe à la rédaction et à l'impression de journaux clandestins, héberge des FTPF, forme des groupes de jeunes, sabote du matériel SNCF, collecte des vivres et de l'argent pour les internés politiques. Il est arrêté le 2 mars 1942 à Rennes, il est déporté de Compiègne le 22 mars 1944 vers le KL Mauthausen. Il est libéré le 5 mai 1945 à Linz III. Décédé en juillet 2015.

Pierre Ropars : né le 26 juin 1917 à Morlaix. Incarcéré à la prison Jacques Cartier à Rennes. Il y reste jusqu'au 23 juin 1944, date à laquelle il est transféré à Compiègne puis, le 2 juillet 1944, vers le KL Dachau (matricule 77 362) Autre lieu de déportation : Neckarelz. Libéré des camps en avril 1945.

Voici les otages morlaisiens qui ont perdu leur vie en déportation (32 sur 54) :

Morts à Buchenwald : neuf otages

Bizien Guéguen

Georges Le Coz, né le 28 août 1925, décédé le 9 février 1945 (à Buchenwald?)

Michel Martin, né le 28 avril 1924 à Morlaix, décédé le 9 février 1945 (à Weimar)

Roger Marzin (Weimar)

Henri Le Rumeur, né le 30 octobre 1920, 24 ans, y meurt le 29 août 1944.

Jean Nédelec, né le 6 décembre 1922 à Morlaix, décédé le 19 mars 1944 à l'âge de 21 ans.

Paul Rumen, né à Morlaix le 8 janvier 1988, y décède à 56 ans le 8 mars 1944.

Guy Pape, né le 22 juillet 1925 à Morlaix, 18 ans, « un magnifique athlète », meurt un mois après son arrivée à Buchenwald le 9 février 1944.

Joseph Plassart, né le 13 avril 1919 à Plourin les Morlaix, passé par Ravensbrück

"Le camp de Buchenwald est libéré par les Américains le 12 avril 1945. Le 13 avril 1945, horrifiés par la vision qui s'offre à eux, les Américains ordonnent à la population de Weimar, autorités civiles en tête, de visiter le camp. Le spectacle est édifiant: partout des cadavres, des morts-vivants, des épaves humaines. Ils défilent devant nous, un mouchoir sur le visage. Quelques jours après, départ des camions de la mission papale. Eisenach, Francfort, Paris, enfin, gare de l'Est. Direction l'hôpital de la Salpétrière où nous séjournons trois semaines. Puis Morlaix. Pour la plupart d'entre eux, les Otages sont déjà arrivés, les familles des disparus ont été prévenues. Le long, l'interminable et sanglant périple s'achève" (Louis Le Gros, otage déporté de Morlaix, rescapé, qui a admirablement témoigné de l'enfer concentrationnaire nazi dans ses peintures et dessins pleins d'humanité et de sens de l'observation). Louis Le Gros avait échappé à une marche de la mort dans une plaine enneigée à Flössberg, où, accusés de sabotage, des centaines de prisonniers de Buchenwald marchèrent pieds nus par colonnes de cinq pendant des heures sous les coups des SS.   

Morts à Flossenbürg : 10 otages morlaisiens meurent dans ce camp de concentration.

Théophile Chauvel, né le 5 mai 1924 à Plourac'h, y décède le 27 novembre 1944 à 20 ans.

François Créach, né le 16 juillet 1925 à Morlaix

Joseph Huet, né le 21 août 1923, y décède le 14 août 1944

Jacques Kerné, 18 ans, y meurt le 6 mars 1945 après être passé par Hradischko.

Roger Larher, 21 ans, le 9 mars 1944

Marcel Lemaire, otage morlaisien de 19 ans né le 14 septembre 1924 à Paris, décède le 8 mai 1944 à Flossenbürg, probablement assassiné froidement après avoir été blessé par un wagon dans une carrière, selon le témoignage glaçant d'Yves Tanné:

« Flossenburg Le 15 février 1944, nous partons pour Flossenburg, entassés à trente prisonniers dans un wagon, par un froid glacial. Sur les conseils des anciens prisonniers, nous avons dansé toute la nuit, sans nous arrêter, dos à dos, pour nous réchauffer et aussi pour rester éveillés, car celui qui s’écroulait pour dormir, ne se relevait pas.
A Flossenburg, nous avions à travailler dans une carrière dans laquelle les Allemands faisaient sauter les mines, sans nous prévenir de nous mettre à l’abri. Il y a donc eu des morts, à la suite des explosions. Nous devions charger un wagon, placé sur un plateau, au bord d’un ravin. Travail inutile et éreintant, qui aurait pu être évité, car il suffisait de jeter directement nos pelletées de sable dans le ravin. Trop simple. L’ordre était de remplir le wagon, puis de le vider dans le ravin. Il arrivait souvent que le wagon descende dans le ravin. Il fallait alors le remonter à la force des poignets sous les coups des kapos. L’expérience nous avait appris qu’il ne fallait pas entourer les bras ou les mains de la corde qui tirait le wagon. Le risque était d’être emporté avec le wagon dans sa descente. Marcel Lemaire avait négligé ce conseil, il fut entraîné derrière le wagon qu’il voulait retenir et eut les os brisés. Il fut relevé, emmené au camp. Il hurlait de douleur. Le lendemain matin, deux Morlaisiens l’aidèrent à se lever pour aller au comptage avant d’aller au chantier. A l’appel, Marcel avait du mal à se tenir debout, malgré le soutien de ses deux camarades. Le kapo passe et bastonne le groupe. Marcel tombe. Nous ne l’avons plus revu. Pour survivre, il fallait essayer de ménager ses forces, et être sur ses gardes à tout instant.

Georges Le Roy, décède à 24 ans le 21 juillet 1944 dans le Kommando du camp de Flossenbürg, (usines Messerschmit à Johannegeorgenstadt) 

Jean Simon, 32 ans, y décède le 13 juillet 1944 après être passé par Ravensbrück, Flossenbürg.

Paul Tanguy, né le 30 août 1919 à Morlaix, décède à 24 ans le 26 mars 1944

Jean Therene, né le 6 juillet 1917 à Brest, décède le 15 novembre 1944 à 27 ans

A propos du camp de concentration de Flossenburg en Bavière (sud de l'Allemagne) : camp construit par un Kommando de Dachau en 1938, 96 000 prisonniers y transitèrent, dont 30 000 y trouvèrent la mort. On estime à 5 344, dont 965 femmes, le nombre de Français passés par ce camp avant avril 1945. Parmi les 4475 hommes recensés, au moins 2400 sont décédés. Le travail imposé tourne toujours autour de deux grands axes : d’une part l’industrie de l’armement, et en particulier de l’aéronautique avec des usines Messerschmitt (le Kommando du camp de Flossenbürg qui fait travailler les esclaves des nazis pour l'usine d'aviation Messerschmit s'appelle Johanngeorgenstadt), et d’autre part les travaux dans les carrières de granit, le forage de tunnels et d’usines souterraines.

« Flossenburg Le 15 février 1944, nous partons pour Flossenburg, entassés à trente prisonniers dans un wagon, par un froid glacial. Sur les conseils des anciens prisonniers, nous avons dansé toute la nuit, sans nous arrêter, dos à dos, pour nous réchauffer et aussi pour rester éveillés, car celui qui s’écroulait pour dormir, ne se relevait pas.
A Flossenburg, nous avions à travailler dans une carrière dans laquelle les Allemands faisaient sauter les mines, sans nous prévenir de nous mettre à l’abri. Il y a donc eu des morts, à la suite des explosions. Nous devions charger un wagon, placé sur un plateau, au bord d’un ravin. Travail inutile et éreintant, qui aurait pu être évité, car il suffisait de jeter directement nos pelletées de sable dans le ravin. Trop simple. L’ordre était de remplir le wagon, puis de le vider dans le ravin. Il arrivait souvent que le wagon descende dans le ravin. Il fallait alors le remonter à la force des poignets sous les coups des kapos. L’expérience nous avait appris qu’il ne fallait pas entourer les bras ou les mains de la corde qui tirait le wagon. Le risque était d’être emporté avec le wagon dans sa descente. Marcel Lemaire avait négligé ce conseil, il fut entraîné derrière le wagon qu’il voulait retenir et eut les os brisés. Il fut relevé, emmené au camp. Il hurlait de douleur. Le lendemain matin, deux Morlaisiens l’aidèrent à se lever pour aller au comptage avant d’aller au chantier. A l’appel, Marcel avait du mal à se tenir debout, malgré le soutien de ses deux camarades. Le kapo passe et bastonne le groupe. Marcel tombe. Nous ne l’avons plus revu. Pour survivre, il fallait essayer de ménager ses forces, et être sur ses gardes à tout instant.

Mort à Dachau (premier camp de concentration nazi ouvert dès 1933 près de Munich en Bavière : 30 000 personnes y périrent): un otage morlaisien y meurt

André Féat, né le 20 octobre 1916 à Morlaix, pasteur assistant, membre du Parti Socialiste clandestin, décède à 29 ans le 3 avril 1945 à Dachau après être passé par Flossenbürg.

Morts à Hradischko/Moldau (Kommando de travail en Tchécoslovaquie): six otages y succombent 

Jean Cabon né le 4 février 1919 à Brest, mort le 3 ou 5 mai 1945

Jean-Marie Guyader, né le 26 septembre 1918 à Morlaix, a été tué le 11 avril 1945 par les jeunes hitlériens à Hradishko après être passé par Flossenburg et Janowitz.

Marcel Hingant né le 25 avril 1924 à Rouen, meurt du typhus le 26 juin 1944, 6 mois après son début de déportation, à Hradischko, camp de concentration à 20 kilomètres de Prague, où il avait été envoyé en mars après Flossenbürg en même temps que Yves Tanné.

Jean Houel Castel, né le 25 août 1909 à Morlaix, à 34 ans, le 21 avril 1945, « a été tué d’une balle dans la nuque, dès qu’il est tombé, sans pouvoir se relever, dans une tranchée anti-chars, sous le poids d’un bloc de pierre qu’il transportait sur le dos » (Yves Tanné).

Michel Penther, né le 16 novembre 1924 à Morlaix, y décède le 7 ou le 10 janvier 1945 à 24 ans.

René Petit, né le 23 septembre 1911 à Rochefort en terre, y décède à 33 ans.

Jean-Marie Guyader et Jean Houel Castel ont été abattus pendant la marche de la mort qui a eu lieu au moment des trois jours d'enfer liés à l'arrivée imminente de la IIIe Armée Américaine au camp de travail de Hradischko en Tchécoslovaquie. C'était les 9, 10, 11 avril 1945. René Petit est mort dans un wagon à la veille de la libération. Michel Penther et Marcel Huigant sont morts d'épuisement au Revier, l'infirmerie du camp. François Pouliquen lui est décédé à Morlaix quelques jours après. 

Ont été rescapés de Hradischko: Jean Ambroise, Jean-François Guyader, Gilles Cam, Thomas, Yves Tanné et Léon Rivoalen.  

 

Morts à Dora (sud de l'Allemagne) :

François Le Gall, otage morlaisien né à Plougonven le 9 janvier 1922, y décède le 23 mars 1944, à l'âge de 22 ans.

A propos du Camp de concentration de Dora (sud de l'Allemagne):

Cent premiers déportés débarquent à Dora le 23 août 1943 au lendemain d'une réunion entre Hitler, Himmler et Speer où on décide d'y construire à vitesse accélérée les armes secrètes, les fusées V2. 60 000 déportés à Dora, 30 000 n'en revinrent pas.
« Il n'y avait pas d'installation dans le premier tunnel creusé, sinon, alentour, quelques tentes et une guérite de bois pour la garde SS. Les galériens des fusées travaillaient sans cesse au péril de leur vie (sans compter le sadisme des SS et des Kapos. Ce tunnel, au début, ils le perçaient, l'agrandissaient, l'aménageaient, presque sans outils, avec leurs mains. Les transports de pierre et de machine étaient faits dans des conditions épouvantables. Le poids des machines était tel que ces hommes, à bout de force, d'énergie, ces squelettes ambulants, mouraient souvent écrasés sous leurs charges. La poussière ammoniacale brûlait les poumons. La nourriture ne suffisait pas à permettre la vie organique la plus végétative. Les déportés trimaient dix-huit heures par jour (douze heures de travail, six heures de formalités et de contrôles). Ils dormaient dans le tunnel. On creusa des alvéoles : 1024 prisonniers affalés dans ces alvéoles étagées sur quatre hauteurs et sur une longueur de 120 mètres. Les déportés ne voyaient le jour qu'une fois par semaine, à l'occasion de l'appel du dimanche. Les alvéoles étaient continuellement occupés, l'équipe de jour chassant l'équipe de nuit et vice versa. Des ampoules électriques, très faibles, éclairaient des images de cauchemar. Il n'y avait pas d'eau potable. On se jetait où on pouvait trouver de l'eau, et où, par exemple, goutte à goutte, se rassemblaient les condensations. On lapait liquide et boue d'un qu'un SS tournait le dos, car il était interdit de boire l'eau non potable. Dans le tunnel, froid et humidité étaient intenses. L'eau qui suintait des parois provoquait une moiteur écœurante et permanente. Transis, nous avions l'impression que nos corps décharnés moisissaient vivants. Des prisonniers devinrent fous, d'autres eurent les nerfs saccagés quand l'installation progressa : le vacarme inouï qui régnait fut une des causes de ces dérèglements – bruit des machines, bruit des marteaux- piqueurs, de la cloche de la locomotive, explosions continuelles, le tout résonnant et repercuté en échos sans fin par le monde clos du tunnel. Pas de chauffage, pas de ventilation, pas le moindre bac pour se laver : la mort pesait sur nous par le froid, des sensations d'asphyxie, une pourriture qui nous imprégnait. Quant aux chiottes, ils étaient faits de fûts coupés par le haut sur lesquels une planche était installée. Ils étaient placés à chaque sortie des rangées d'alvéoles où nous couchions. Souvent quand des SS apercevaient un déporté assis sur la planche, ils le fixaient, ricanaient, s'approchaient et, brusquement, le précipitaient dans le fût. Alors, c'était des déchaînements de joie. La farce était trop drôle. Irrésistible ! Jamais ces messieurs n'avaient tant ri. D'autant que tous les déportés souffraient de dysentrie… Alors, recouvert de merde, partout, du crâne aux pieds, sans mot dire, le pauvre type partait, plus désespéré que jamais ; il partait rejoindre son alvéole, sa file de bagnards ; il allait empester ses copains, se vautrer dans la poussière pour se nettoyer, car il n'avait aucun moyen de se laver… C'est à Dora que les déportés commencèrent à comprendre le silence des anciens de Buchenwald, les regards de compassion adressés à ceux qui partaient. Ils savaient, les anciens, qu'on ne revenait que mort de Dora. Et l'on revenait mort pour être engouffré dans un four crématoire. Car au début il n'y avait pas de Krematorium à Dora. Par camions, on transportait les cadavres – certains n'étaient pas encore complètement des cadavres – à Buchenwald (...). Ce n'est qu'en mars 1944 que les baraquements furent terminés. A Dora, le travail était toujours au-delà du concevable, mais les reprouvés pouvaient au moins déserter le tunnel durant les six heures de repos qui leur étaient accordées. Par contre, à l'autre bout du tunnel, à Ellrich, où les travaux étaient moins avancés parce que commencés plus tard, les déportés se trouvaient dans les mêmes conditions que leurs camarades des premiers mois à Dora . Vinrent, en janvier 1945, de nouveaux officiers et soldats SS qui avaient été évacués du camp d'Auschwitz. Les assassins n'interrompirent pas leurs besognes. Des juifs survivants arrivèrent aussi d'Auschwitz, mais dès septembre 1944. »
Jean Michel, Dora. Dans l'enfer du camp de concentration où les savants nazis préparaient la conquête de l'espace (Jean-Claude Lattès, 1975)

Mort à Nordhausen, annexe de Dora (sud de l'Allemagne) :

Pierre Huon, né le 19 juin 1925 à Paris, décédé le 8 avril 1944 (Nordhausen)

Bernard Ravazet

Auguste Traon, né le 15 octobre 1910, y meurt à 34 ans le 31 mars 1945

Mort à Theresienstadt (Terezin) en Tchécoslovaquie:

François Le Jeune

Otages décédés dans d'autres camps:  

Louis Castel, né le 24 mai 1923 à Morlaix,  décède à Janowitz ou Olbramovice 21 ans le 4 mai 1945 après être passé avant par le camp de Flossenbürg.

Georges Le Roy décède à Johanngeorgenstadt

Louis Maltret décède à Johannegeorgenstadt

Daniel Pinaquy: décède à Wittstock

L'expérience terrible de la déportation dans les camps nazis a été vécue par d'autres morlaisiens que ces otages raflés fin décembre 1943 :

Des déportés domiciliés au moment de leur arrestation à Morlaix, Saint Martin des Champs ou Plourin-les-Morlaix en dehors de ces otages déportés dans le convoi du 22 janvier 1944 suite à la rafle qui a suivi l'attentat contre le foyer du soldat allemand, dont 5 femmes, dont une femme juive, Esther Levy, née le 2 février 1911 à Constantinople, déportée sans retour par le convoi n°66 de Drancy à Auschwitz le 20 janvier 1944. David Selinger, le propriétaire du magasin de vêtement « L'Ours blanc » de la rue Gambetta à Morlaix a lieu aussi été déporté (après son arrestation le 9 à 10 octobre), et le docteur d'origine roumaine Ihil Perper exerçant à Brasparts, puis à Plounéour Menez, et sa famille (sa femme et ses 3 enfants), ont été arrêtés par la gendarmerie de Morlaix sur ordre de la préfecture avant de partir pour Drancy, puis pour Auschwitz.

Parmi ces 34 déportés, 18 sont morts en camp de concentration ou d'extermination, plus d'un sur deux:

Morts à Buchenwald (centre de l'Allemagne):

Jean-Marie Coat ( le 4 mars 1945, il avait 24 ans)

André Kerguinou (le 10 février 1944, il avait 40 ans)

Joseph Tanguy (le 21 mai 1944, à 62 ans)

Jean Nedelec (le 19 mars 1944, à 21 ans)

François Porzier (le 30 janvier 1945, à 50 ans)

Alexandre Marzin (dans le transfert entre Buchenwald et Dachau, le 10 avril 1945, à l'âge de 39 ans)

Morts à Flossenbürg (sud de l'Allemagne):

Pierre Bourhis (le 6 février 1945, il avait 22 ans)

Paul Tanguy (en mars 1944, à 25 ans)

François Tanguy(mort le 15 septembre 1944, à 48 ans)

Mort à Mathausen (nord de l'Autriche)

195 000 européens sont morts à Mauthausen dont le morlaisien:

Charles Cahon (le 22 avril 1943, il avait 22 ans)

Morts à Ellrich:

Adrien Bourhis (le 12 ou 15 décembre 1944, il avait 39 ans)

Guillaume Le Bars (le 19 septembre 1944, il avait 45 ans)

Morts à Bergen-Belsen (nord de l'Allemagne):

Louis Maltret (27 ans)

Mort à Chelesse, en Tchécoslovaquie:

Hervé Manach (le 29 septembre 1944, à 22 a

Gazé à Harteim:

Gabriel de Kergariou (le 3 août 1944, il était né à St Martin des Champs

Mort à Hambourg – Neuengramme (nord de l'Allemagne):

55 000 européens sont morts à Hambourg-Neuengamme dont le morlaisien:

Yves Prigent (le 7 janvier 1945, il avait 60 ans)

Mort à Lubenec:

François Mel (le 28 avril 1945, à 23 ans)

En tout, ce sont donc plus de 100 morlaisiens (plus de 130 sur la plaque d'hommage au monument aux morts Place Traoullen, mais nous n'avons pas retrouvé le parcours de ces 130 déportés) de naissance et/ou de résidence qui ont souffert le martyre ou sont morts dans les camps nazis (les traitements inhumains des camps ont été responsables de la mort d'au moins 57 d'entre eux).

Plus de 100 déportés morlaisiens sont passés par plusieurs camps de sinistre mémoire:

Flossenbürg : pour 31 d'entre eux - au moins 13 déportés morlaisiens y meurent

Buchenwald : au moins 28 (mais Buchenwald a certainement servi de camps de transit pour d'autres) - de 12 à 14 déportés morlaisiens y meurent

Dora : 18 - au moins 5 déportés morlaisiens y meurent

Ravensbruck : 12

Bergen Belsen : 9 - au moins 7 déportés morlaisiens y meurent

Mathausen : 8

Kassel : 7

Dachau : 7

Auschwitz : 7

Reinbach : 6

Hradischko/Moldau: 5

Ellrich: 4

L'expérience terrible de la déportation dans les camps nazis a été vécue par d'autres morlaisiens que ces otages raflés fin décembre 1943 :

Des déportés domiciliés au moment de leur arrestation à Morlaix, Saint Martin des Champs ou Plourin-les-Morlaix en dehors de ces otages déportés dans le convoi du 22 janvier 1944 suite à la rafle qui a suivi l'attentat contre le foyer du soldat allemand, dont 5 femmes, dont une femme juive, Esther Levy, née le 2 février 1911 à Constantinople, déportée sans retour par le convoi n°66 de Drancy à Auschwitz le 20 janvier 1944. David Selinger, le propriétaire du magasin de vêtement « L'Ours blanc » de la rue Gambetta à Morlaix a lieu aussi été déporté (après son arrestation le 9 à 10 octobre), et le docteur d'origine roumaine Ihil Perper exerçant à Brasparts, puis à Plounéour Menez, et sa famille (sa femme et ses 3 enfants), ont été arrêtés par la gendarmerie de Morlaix sur ordre de la préfecture avant de partir pour Drancy, puis pour Auschwitz.

Parmi ces 34 déportés, 18 sont morts en camp de concentration ou d'extermination, plus d'un sur deux:

Morts à Buchenwald (centre de l'Allemagne):

Jean-Marie Coat ( le 4 mars 1945, il avait 24 ans)

André Kerguinou (le 10 février 1944, il avait 40 ans)

Joseph Tanguy (le 21 mai 1944, à 62 ans)

Jean Nedelec (le 19 mars 1944, à 21 ans)

François Porzier (le 30 janvier 1945, à 50 ans)

Alexandre Marzin (dans le transfert entre Buchenwald et Dachau, le 10 avril 1945, à l'âge de 39 ans)

Morts à Flossenbürg (sud de l'Allemagne):

Pierre Bourhis (le 6 février 1945, il avait 22 ans)

Paul Tanguy (en mars 1944, à 25 ans)

François Tanguy (mort le 15 septembre 1944, à 48 ans)

Mort à Mathausen (nord de l'Autriche)

195 000 européens sont morts à Mauthausen dont le morlaisien:

Charles Cahon (le 22 avril 1943, il avait 22 ans)

Morts à Ellrich:

Adrien Bourhis (le 12 ou 15 décembre 1944, il avait 39 ans)

Guillaume Le Bars (le 19 septembre 1944, il avait 45 ans)

Morts à Bergen-Belsen (nord de l'Allemagne):

Louis Maltret (27 ans)

Mort à Chelesse, en Tchécoslovaquie:

Hervé Manach (le 29 septembre 1944, à 22 a

Gazé à Harteim:

Gabriel de Kergariou (le 3 août 1944, il était né à St Martin des Champs

Mort à Hambourg – Neuengramme (nord de l'Allemagne):

55 000 européens sont morts à Hambourg-Neuengamme dont le morlaisien:

Yves Prigent (le 7 janvier 1945, il avait 60 ans)

Mort à Lubenec:

François Mel (le 28 avril 1945, à 23 ans)

En tout, ce sont donc plus de 100 morlaisiens (plus de 130 sur la plaque d'hommage au monument aux morts Place Traoullen, mais nous n'avons pas retrouvé sur internet le parcours de ces 130 déportés) de naissance et/ou de résidence qui ont souffert le martyre ou sont morts dans les camps nazis (les traitements inhumains des camps ont été responsables de la mort d'au moins 57 d'entre eux).

Plus de 100 déportés morlaisiens sont passés par plusieurs camps de sinistre mémoire:

Flossenbürg : pour 31 d'entre eux - au moins 13 déportés morlaisiens y meurent

Buchenwald : au moins 28 (mais Buchenwald a certainement servi de camps de transit pour d'autres) - de 12 à 14 déportés morlaisiens y meurent

Dora : 18 - au moins 5 déportés morlaisiens y meurent

Ravensbruck : 12

Bergen Belsen : 9 - au moins 7 déportés morlaisiens y meurent

Mathausen : 8

Kassel : 7

Dachau : 7

Auschwitz : 7

Reinbach : 6

Hradischko/Moldau: 5

Ellrich: 4

Partager cet article
Repost0
25 avril 2021 7 25 /04 /avril /2021 06:45
Le camp de concentration pour femmes de Ravensbrück

Le camp de concentration pour femmes de Ravensbrück

Message pour la journée nationale du Souvenir des Victimes et des Héros de la Déportation

Dimanche 25 avril 2021

76 ans après le retour des derniers déportés libérés, le souvenir de la déportation demeure dans notre mémoire collective et ne doit pas s’effacer. Ce que furent les camps d’extermination et de concentration nazis et l’horreur vécue par les millions d’êtres humains qui en furent victimes, n’est pas une simple page documentaire de l’histoire du XXe siècle.

L’humanité y a été atteinte dans ce qu’elle a de plus sacré. Des êtres humains étaient catégorisés en surhommes et sous-hommes, leurs vies jugées «dignes ou indignes d’être vécues» sur décision d’un État qui avait érigé en programme politique sa conception raciste et eugéniste du monde et l’a portée à son paroxysme dans l’univers concentrationnaire.

Des hommes, des femmes et des enfants ont été envoyés dans des centres d’extermination ou dans des camps de mort lente, par un système qui niait leur appartenance à l’espèce humaine et s’employait à leur faire perdre conscience de leur propre humanité.

Pourtant,dans les pires circonstances, beaucoup ont su résister à la terreur et à la déshumanisation par la force de l’esprit et la solidarité. Leur engagement et leur combat sont un exemple à suivre. Il nous faut aujourd’hui encore résister à de nouvelles formes de fanatisme et de barbarie qui entendent promouvoir une vision raciste de l’humanité et détruire la liberté et la démocratie par la terreur.

De nouvelles menaces nous rappellent la communauté de destin qui unit l’humanité au-delà des différences culturelles, ethniques ou religieuses et des antagonismes idéologiques,politiques ou économiques.

Face à ces périls, l’espoir réside dans l’engagement de tous et en particulier des jeunes générations, à l’exemple des déportés, au service de la liberté et vers des formes nouvelles de résistance et de solidarité.À tous les déportés, victimes des génocides ou de la répression, nous rendons aujourd’hui un hommage solennel, et nous saluons respectueusement leur mémoire.

Ce message a été rédigé conjointement par La Fédération Nationale des Déportés, Internés, Résistants et Patriotes (FNDIRP), La Fondation pour la Mémoire de la Déportation (FMD) et les Associations de mémoire des camps nazis, L’Union Nationale des Associations de Déportés Internés de la Résistance et Familles (UNADIF-FNDIR)

Partager cet article
Repost0
25 avril 2021 7 25 /04 /avril /2021 06:44
la famille Perper arrêtée à Plounéour-Menez: Ihil, Roza, Odette, Sonia, un destin tragique parmi les 76 000 déportés Juifs déportés de France reconstitué par Marie-Noëlle Postic.

la famille Perper arrêtée à Plounéour-Menez: Ihil, Roza, Odette, Sonia, un destin tragique parmi les 76 000 déportés Juifs déportés de France reconstitué par Marie-Noëlle Postic.

Lire aussi: 

Les déportés morlaisiens dans les camps nazis pendant la seconde guerre mondiale

 

Persécutions et déportations des juifs du Finistère

« Sur les traces perdues d'une famille juive en Bretagne » (Coop Breizh, 2007)

Marie-Noëlle Postic, dans un livre rare et attendu, une enquête passionnée et méticuleuse, reconstitue dans cet essai paru chez Coop Breizh en 2012 le destin terrible d'Ihil Perper, médecin juif d'origine roumaine, 34 ans, exerçant à Plounéour-Ménez, avec sa femme Sonia, originaire de Bessarabie aussi, leurs filles Roza et Odette, et leur nourrisson Paul, arrêtés par la gendarmerie de Morlaix sur ordre des autorités allemandes dans la nuit du 9 au 10 octobre 1942. M. Diebolt sur initiative de la Gestapo de Paris donna l'ordre d'arrêter 11 juifs, dont Ihil Perper. Ce sont huit familles qui sont arrêtées les 9 et 10 octobre dans le Finistère : Adolphe et Rosa Menner, ainsi commerçants brestois, réfugiés à La Roche-Maurice, la famille Perper, Benjamin et Ella Segaler de Plouénan, David Selinger, ancien propriétaire du magasin de fourrure « L'Ours Blanc » à Morlaix, Ella Fried, artiste peintre résidant à Beuzec-Conq, Eugénie Krouto, la famille Sternlicht, domiciliée à Huelgoat.

Ces arrestations font suite à la rafle du Vel'd'Hiv des 16 et 17 juillet 1942 planifiée par le secrétaire général de la police au ministère de l'Intérieur, Bousquet : 8 160 arrestations à Paris (13 152 pendant tout le mois de juillet 1942). Le 22 août 1942, Bousquet adressait un télégramme aux préfets de région : « Le chef du gouvernement tient à ce que vous preniez personnellement en main le contrôle des mesures décidées à l'égard des israélites étrangers (…) D'autre part dans les jours qui suivront l'opération projetée, je vous demande de faire procéder à des vérifications d'identité extrêmement sévères afin de libérer totalement votre région de tous les Juifs étrangers ».

Le 8 juillet 1942, le sous-préfet de Brest avait adressé un télégramme « confidentiel » au préfet du Finistère : « J'ai l'honneur de vous informer qu'au cours de la conférence tenue ce matin à mon cabinet, M. Guillet, commissaire de police, chef de la sûreté à Brest, m'a fait connaître qu'il avait été avisé par la police des Autorités d'Occupation que tous les Juifs de 16 à 45 ans, des deux sexes, seraient arrêtés dès demain ».

L'horreur dissimulée dans la langue policée de l'administration. Marie-Noëlle Postic nous fait redécouvrir à partir des archives la complicité de l'administration, de la police et de la gendarmerie, de l'ordre des médecins, des maires désignés par Vichy, des journalistes de la presse collaborationniste (Dépêche de Brest en tête), dans les persécutions antisémites.

Les persécutions contre les Juifs en France ont procédé par étapes, selon une logique inexorable de progression dans l’infamie, elles procèdent autant d'un plan de l'extrême-droite française qui parvient au pouvoir avec le Maréchal Pétain, et qui était déjà violemment xénophobe et antisémite dans les années 20-30, que d'une commande nazie.

Le 16 août 1940, l'exercice de la médecine est interdit aux étrangers. Cette mesure vise aussi et peut-être d'abord les juifs d'origine étrangère, comme Ihil et Sonia Perper, juifs roumains qui ont fuit les persécutions antisémites du régime fasciste en place en Roumanie en 1927 et ont étudié la médecine à la faculté de Nancy avant qu'Ihil s'installe à Brasparts comme médecin en 1935. Dans le Finistère, le docteur Max Garfinkel, d'origine russe mais français par mariage, qui dirige le Sanatorium de Guervenan à Plougonven, ne sera interdit d'exercice qu'en août 41, où les Juifs de nationalité françaises sont aussi interdits de profession médicale. Le docteur Garkinkel est défendu par le Sénateur qui préside le conseil de surveillance de l'hôpital qui proteste de ses bons états de service pour mater le personnel syndiqué à la CGT échauffé par les élus du Front Populaire et remettre de l'ordre dans l'établissement !

Le 27 septembre 1940 commence le recensement des juifs, c'est à dire, selon ce statut raciste, tous ceux qui ont deux grands-parents juifs au moins.

Le 28 février 1941, on recense les juifs étrangers et on établit un fichier qui sera très utile plus tard pour arrêter et déporter les juifs étrangers.

Le 26 avril 1941, les juifs sont interdits d'exercer toute profession commerciale et des administrateurs provisoires sont chargés d'aryaniser les affaires et commerces des Juifs. David Selinger qui a un magasin de vêtements dans la rue Gambetta à Morlaix (« L'ours blanc ») verra ainsi son magasin vendu de manière contrainte à vil prix, récupéré par un profiteur, un commerçant brestois, tandis que ses avoirs et son argent en banque sera bloqué quelques semaines plus tard (loi du 22 juillet 1941 sur le gel des avoirs des juifs). Tout est fait pour affamer les Juifs de France, les réduire à la misère avant de les déporter.

Le 7 février 1942, interdiction est faite aux Juifs de sortir de leur domicile entre 20 h et 6 heures du matin.

Et le 29 mai 1942, la 8e ordonnance allemande rend le port de l'étoile jaune obligatoire. A cette occasion, le vicaire de l'église Saint-Mathieu à Morlaix intervient en faveur d'Emeric Korn, juif d'origine hongroise, peintre en bâtiment, très bon ailier au Stade Morlaisien, en le défendant en ces termes : « M. Korn, jeune marié et père de deux enfants, appartient à une catégorie d'artisans (…) dont l'existence humble et droite se passe en dehors de toutes les ambitions et combinaisons plus ou moins douteuses. Mobilisé au 71e régiment d'infanterie, il a accompli son devoir avec modestie et courage et ne mérite aucunement d'être assimilé à des coreligionnaires avec lesquels il a perdu tout contact et dont il n'a jamais pratiqué la religion ». Le commissaire général aux questions juives refusera d'exempter Emeric Korn du port de l'étoile jaune et finalement, le 10 septembre 1943, Emeric Korn quittera Morlaix pour une destination inconnue.

Il ne fera donc pas parti des Juifs finistériens déportés à la suite d'une arrestation dans le département où après l'avoir quitté. 46 Juifs finistériens au moins selon Marie-Noëlle Postic ont été déportés : 14 hommes, 19 femmes, 3 jeunes de moins de 19 ans, et 10 enfants de moins de 15 ans, parmi eux 1/3 de déportés juifs de nationalité française, 2/3 de déportés juifs de nationalité étrangère. Sur ces 46 déportés, deux survivront seulement : Judith Segoura et Hedwig Arnstein.

Pour l'année 1942, 14 Juifs finistériens sont déportés à Auschwitz à partir de Drancy : Ella et Benjamin Segaler, David Selinger, le fourreur de Morlaix, Jacob et Eugénie Krouto, Rosa et Adolphe Menner, Ella Fried, Jeanne et Marylise Khan arrêtés à Angers, Herta Zand, coiffeuse à Brest, Feigel et Liliane Bernstein, Joseph Levy, jeune brestois de 17 ans.

Toutes les personnes arrêtés en même temps que les Perper seront déportés par le convoi 40, du 4 novembre.

En 1943, ce sont 14 Juifs finistériens qui sont déportées, 8 à Auschwitz, et 6 à Sobidor, dont la famille Perper.

Dans les premiers mois de 1944, 18 personnes, Juifs finistériens, seront déportées à Auschwiz , d'abord le 20 janvier, dont la jeune Esther Levy, née à Constantinople, couturière à Morlaix, les marchands ambulants Jacques et Judith Signura (nés à Smyrne en Turquie grecque) d'Ergue Armel, Carmona Gerson de Landerneau, la commerçante brestoise Marie Rosenbaum, la famille Hervé de Treboul et la famille Gabaï de Quimper.

« Ces adultes déportés, commente Marie-Noëlle Postic, sont commerçants, marchands, ambulants, coiffeuses, horloger, architecte, fourreur, tricoteur, artiste peintre, comptable, couturières, antiquaire, ouvrière en fourrure, médecin, ils n'occupent pas « des postes assez importants dans le commerce, la banque pou l'industrie » comme l'écrit le rédacteur de l'Heure bretonne, (le journal des autonomistes collaborateurs bretons), ils sont simplement représentatifs de la société urbaine française de l'époque ».

« Il est frappant de noter, ajoute plus loin Marie-Noëlle Postic, que l'on retrouve pour le Finistère, département comptant fort peu de Juifs, environ les mêmes pourcentages d'arrestations et de déportations (un peu plus d'un quart de la communauté) et de survivants des camps (environ 4 % des déportés) qu'à l'échelle nationale ».

La famille Perper sera gazée au camp d'extermination de Sobibor après avoir été gardée 5 mois à partir du 15 octobre 1942 à Drancy, qui servit de camp de transit et de concentration pour 67 000 juifs de France avant leur déportation.

Quelque temps avant son arrestation, le fils de gendarme et résistant Jean Kerdoncuff avait tenté d'alerter le docteur Perper sur les risques d'arrestation qu'il encourait, lui indiquant des caches à Commana et Saint-Sauveur. Mais le docteur Perper se sentait relativement à l'abri et en sécurité dans le bourg excentré de Plounéour-Ménez.

« Ces mêmes 9 et 10 octobre 1942, plusieurs personnes sont arrêtées à Brest, Plouénan, Morlaix, Beuzec, Douarnenez ; seize selon le chef d'escadron Sauts, commandant de la gendarmerie du finistère, rompant compte au préfet du département de l'exécution de sa mission ».

En 1939, selon les recherches de Marie-Noëlle Postic, les français ou étrangers d'origine juive étaient au nombre de 142 dans le Finistère : 6 dans l'arrondissement de Châteaulin, 16 dans celui de Morlaix, 80 dans l'arrondissement de Brest. Le journal collaborationniste de Yann Fouéré La Bretagne de juillet 1942 avance le chiffre de 151 pour le Finistère, celui des cinq départements bretons (Finistère, Côtes-du-Nord, Ille-et-Vilaine, Morbihan et Loire-Inférieure) s'élevant à 1437.

Coop Breizh, 2007, 12,50€

Coop Breizh, 2007, 12,50€

Une enquête remarquable et plus exhaustive de Marie-Noëlle Postic, publiée en 2013 (13,90€ chez Coop Breizh)

Une enquête remarquable et plus exhaustive de Marie-Noëlle Postic, publiée en 2013 (13,90€ chez Coop Breizh)

Emeric Korn, juif hongrois du Stade Morlaisien persécuté pendant l'occupation mais qui parviendra à s'enfuir (Marie-Noëlle Postic, Ouest-France - Hors-série Guerre et Libération dans le Finistère, 2014)

Emeric Korn, juif hongrois du Stade Morlaisien persécuté pendant l'occupation mais qui parviendra à s'enfuir (Marie-Noëlle Postic, Ouest-France - Hors-série Guerre et Libération dans le Finistère, 2014)

Interview de Marie-Noëlle Postic, Ouest-France - Hors-série Guerre et Libération dans le Finistère, 2014

Interview de Marie-Noëlle Postic, Ouest-France - Hors-série Guerre et Libération dans le Finistère, 2014

Alfred Le Guellec et Augustine Le Guellec, justes de Douarnenez (Ouest-France - Hors-série Guerre et Libération dans le Finistère, 2014)

Alfred Le Guellec et Augustine Le Guellec, justes de Douarnenez (Ouest-France - Hors-série Guerre et Libération dans le Finistère, 2014)

Partager cet article
Repost0
25 avril 2021 7 25 /04 /avril /2021 06:42
Morlaix - la rafle du 26 décembre 1943 et la déportation des Otages - racontée dans le Télégramme de Brest et de l'0uest un an plus tard, à partir du 26 décembre 1944
Morlaix - la rafle du 26 décembre 1943 et la déportation des Otages - racontée dans le Télégramme de Brest et de l'0uest un an plus tard, à partir du 26 décembre 1944
Morlaix - la rafle du 26 décembre 1943 et la déportation des Otages - racontée dans le Télégramme de Brest et de l'0uest un an plus tard, à partir du 26 décembre 1944
Morlaix - la rafle du 26 décembre 1943 et la déportation des Otages - racontée dans le Télégramme de Brest et de l'0uest un an plus tard, à partir du 26 décembre 1944

Dans les exemplaires des Télégramme de Brest et de l'Ouest du mardi 26 décembre 1944 et du mardi 27 décembre (archives Pierre Le Rose), un journal départemental de deux pages recto verso (40 cm sur 30 cm) avec des articles et annonces bien tassées, toutes les nouvelles du département réunies en même temps, avec le sport au verso, voici un article en feuilleton que nous faisons redécouvrir au lecteur du Chiffon Rouge sur l'épisode tragique de la détention des otages morlaisiens un an plus tôt, le 26 décembre 1943, otages qui étaient toujours déportés à Buchenwald et dans les camps de concentration des régions contrôlées par le Reich alors que notre région était libérée de l'occupant.

Cet article est d'autant plus poignant que les familles, amis des Otages et les Morlaisiens ne savent pas où ils se trouvent ni s'ils sont encore vivants. Bien sûr, nous laissons à l'auteur de l'article son appréciation sur l'inutilité de l'attentat, c'était aussi l'avis de la presse collaboratrice et conservatrice avant la Libération, et d'une grande partie des Morlaisiens, évidemment, surtout compte tenu du prix exorbitant payé avec la violence de la répression, mais la lutte armée et le harcèlement contre l'occupant avaient aussi une utilité dans la Résistance, évidemment, même si le prix à payer fut très lourd, pour les résistants, les otages. 

 

Le 26 décembre 1944, Télégramme de Brest et de l'Ouest:

Anniversaire d'un Noël Tragique:

Il y a un an, les Allemands prenaient 60 otages à Morlaix et les déportaient

Heureux ceux qui vont pouvoir passer chez eux, en famille, ce premier Noël à la Libération. Que ces privilégiés pensent aux absents: aux soldats qui sont tombés pour leur pays, aux prisonniers, aux combattants de tous les fronts, aux déportés civils qui, souvent, sans raison, ont été arrachés à leurs foyers; aux infortunés sinistrés de nos villes martyres.

Nous ne saurions laisser passer ce Noël 1944 sans évoquer le sort malheureux des otages morlaisiens que les boches arrêtèrent le 26 décembre 1943, après avoir semé la terreur dans toute notre ville.

UNE GRENADE EXPLOSE

On se souvient que le 24 décembre 1943, vers 20h30, un inconnu lança de la rue Gambetta une grenade qui fut jetée dans les salons Quiviger, rue de Brest, siège du "Soldatenheim". Six militaires allemands furent blessés.

C'était un attentat absolument inutile, qui fut et qui est encore sévèrement critiqué.  

Il amena de la part des boches, des représailles tout à fait disproportionnées avec la gravité des faits. Ne pouvant découvrir le coupable de l'attentat, qui se réduisait, somme toute, à peu de chose, les nazis, selon leur méthode habituelle, s'en prirent à toute la population; ils frappèrent des innocents. 

Le 26 décembre, au matin, de nombreux S.S et parachutistes allemands, armés jusqu'aux dents, se répandirent dans les rues de Morlaix. Ils opéraient sous les ordres du capitaine Kruger, chef de la Gestapo de Rennes.

Dès 7 heures, les soldats teutons se firent ouvrir à coups de crosses de fusils et à coups de bottes les portes des maisons de la rue de Brest. Les soudards perquisitionnèrent ainsi dans toutes les maisons, emmenant les hommes et les jeunes gens de 16 à 40 ans, avec leur poste de TSF, lorsqu'ils en possédaient un.

Vers 8h30, les soldats allemands s'introduisirent chez Me Le Hire, avocat, rue Gambetta. Ils prétendirent, dit-on, y avoir trouvé quelques cartouches de chasse. En spécialistes, ils mirent le feu à l'immeuble, sans permettre à ses occupants d'emporter le moindre objet. Ils interdirent aux pompiers de combattre le sinistre et arrêtèrent Me Le Hire, Mlle Le Hire et son fiancé. 

Le fiancé de Mlle Le Hire fut relâché, mais Me Le Hire, bien que malade, et sa fille, furent emprisonnés: l'un pendant, près de deux mois, l'autre, durant quelques semaines.

Pendant ce temps, la rafle se poursuivait dans le centre de la ville: rue Gambetta, rue Carnot, rue du Mur, rue d'Aiguillon, Grand'Rue, rue de Paris, rue Basse, rue Haute, Place Emile Souvestre, Thiers, Cornic, de Viarmes, etc.

LA RAFLE

Dans toute la ville, c'était un défilé continuel d'otages, se rendant avec leurs appareils de TSF au lieu de rassemblement, place Thiers, sous la garde de soldats armés de mitraillettes ou de fusils, baïonnette au canon. 

Prévenus à temps, des jeunes gens, des hommes susceptibles d'être arrêtés, réussirent à s'enfuir ou se cacher.

Vers midi, près de 600 hommes se trouvaient entassés dans les abris de la place Thiers. Il était interdit de s'approcher d'eux.  (à suivre)

Le 27 décembre 1944, Télégramme de Brest et de l'Ouest:

Tous les hommes arrêtés passèrent alors individuellement devant le capitaine Kruger qui, après les avoir interrogés et après avoir examiné leur identité, les répartit en trois groupes: à droite, ceux qui allaient être libérés; à gauche, les otages, et au centre, ceux qui étaient tenus en réserve comme otages supplémentaires, en cas de besoin. 

L'officier de la Gestapo fixait son choix avec une brutalité et une morgue révoltantes. Il désigna M.Petit, parce qu'il n'était pas rasé et qu'il exerçait la proffesssion de coiffeur! Il relâcha tous les hommes qui étaient employés dans des entreprises travaillant pour l'armée allemande. 

60 OTAGES INNOCENTS

Finalement 60 jeunes hommes furent retenus comme otages. Il y avait parmi eux 30 ouvriers ou employés appartenant à des entreprises privées et 30 étudiants, commerçants, fils de commerçants, etc. Deux de ces otages, les jeunes Caën et du Rusquec, étaient des enfants de 16 ans. 

Le capitaine Kruger pris encore cinq autres otages qui classa à part et à qui il fit mettre les menottes.

Les appareils de TSF des otages furent confisqués. Tous les autres hommes arrêtés furent relâchés et remportaient leurs postes.

Parmi les otages, se trouvait M. le docteur Mostini, ancien prisonnier de guerre libéré. C'est à lui que nous avons demandé de nous relater les évènements qui vont suivre: 

A 13h30, nous dit le docteur Mostini, on nous a fait mettre en rangs pour monter au terrain d'aviation de Ploujean. Rendus au camp, on nous a mis dans une baraque, sur deux rangs, gardés par des Allemands armés de mitraillettes. Nous sommes restés debout trois heures durant. On nous avait prévenus que nous étions prisonniers et que toute tentative d'évasion serait sévèrement punie. J'ai alors été désigné comme responsable du groupe. En ma qualité de médecin, j'ai demandé que soit libérés 4 ou 5 otages qui étaient malades et dont l'un d'eux avait eu une crise d'asthme, en venant à l'aérodrome, mais ma proposition a été rejetée. (...)"   

 

 

 

 

Louis Le Gros  Morlaix a payé un très lourd tribut au nazisme et à la politique de collaboration de Vichy, avec la déportation dans les camps de concentration et d'extermination d'un peu plus de 100 morlaisiens, dont 57 qui y trouvèrent la mort, souvent à un très jeune âge, qu'ils aient été résistants ou otages raflés au hasard.

Louis Le Gros Morlaix a payé un très lourd tribut au nazisme et à la politique de collaboration de Vichy, avec la déportation dans les camps de concentration et d'extermination d'un peu plus de 100 morlaisiens, dont 57 qui y trouvèrent la mort, souvent à un très jeune âge, qu'ils aient été résistants ou otages raflés au hasard.

La mémoire de Morlaix retient le souvenir des cinquante-neuf otages raflés le 26 décembre 1943 et déportés par les Allemands après l'attentat contre le foyer du soldat allemand dans les salons Quiviger rue de Brest dans la nuit du 24 décembre 1943.

Voici à propos de ce sinistre événement le récit d'Yves Tanné, un des déportés morlaisiens survivants, recueilli par Danielle Ropars:

« Le soir de Noël 1943, j’ai voulu me rendre chez des amis à Morlaix et partager avec eux, pour célébrer cette fête comme il se doit, la charcuterie confectionnée avec le cochon que nous venions de tuer au Kermeur. J’étais donc à Morlaix le 24 décembre, lorsqu’un attentat eut lieu contre le Foyer du Soldat, situé dans les anciens salons Quiviger, rue de Brest. Une grenade, jetée de la rue Gambetta, traversa la verrière et explosa au milieu de la piste de danse. En représailles, le 26 décembre au matin, les Allemands organisent une rafle et arrêtent tous les hommes valides, âgés de 15 à 40 ans. Parmi les 500 personnes arrêtées, ils choisissent, au hasard, 60 otages. Comme je n’avais pas de papiers, j’ai tout de suite été retenu. Nous avons été parqués entre la Mairie et le port de Morlaix, conduits à pied vers le terrain d’aviation, où nous avons été enfermés dans un grand hangar. Le docteur Mostini est nommé par les Allemands responsable du groupe, ce qui nous retient de nous échapper, car il serait immédiatement fusillé. Le 2 janvier 1944 au matin, des camions nous conduisent à la gare, par la rue Gambetta, où toute la population s’est rassemblée pour nous dire au revoir. Nous sommes jetés dans des wagons à bestiaux, une vingtaine par wagon, les portes sont poussées et fermées, le train siffle et c’est le départ pour une destination inconnue »

(Morlaix Tu-pe-tu, http://www.danielleropars.com/la_rafle.html).

On est début 1944, un an et quelques mois plus tard (trois ou quatre) seront libérés les prisonniers suppliciés des camps de concentration nazis. Mais chaque semaine est une épreuve dans les conditions de vie infernales où ils ont été plongés par les nazis et trente-quatre déportés de cette rafle sur cinquante-neuf ne reviendront pas des camps de concentration.

Cinq otages morlaisiens déportés étaient parvenus à s'enfuir le 22 janvier 1944 lors du transport vers l'Allemagne dans un convoi qui amenait 2005 prisonniers de Compiègne vers Buchenwald. Au cours de ce transport, quatorze prisonniers en tout parvinrent à s'enfuir à Vitry-le-François (51), Blesme (51) et Revigny (55).

Les évadés finistériens du transport parti le 22 janvier 1944 de Compiègne étaient le docteur Georges Mostini, 33 ans, Marcel Bricaud, 21 ans, Jean Cozanet, 27 ans, François Le Bail, 22 ans, Jacques Le Flamand, 20 ans.

Voici le récit, publié par Danielle Ropars, que Yves Tanné fait de ce voyage atroce entre le camp de transit de Compiegne et Buchenwald dans un wagon à bestiaux :

« Le train nous conduit à Compiègne, où convergent les trains venant de toute la France et d’où partent ceux qui emmènent les déportés vers les camps de concentration. Là, j’ai demandé le motif de mon arrestation. Réponse : élément anti-allemand, nuisible à l’Allemagne. On nous fait monter dans des wagons à bestiaux. Nous sommes 110 par wagon, à moitié debout, à moitié assis, appuyés les uns aux autres, constamment bousculés. De la paille comme litière. Un bidon de 200 litres pour les besoins naturels. Très vite le bidon se remplit et dégorge sur la paille. Une secousse le renverse et nous voilà sur du fumier pour le reste du voyage, qui va durer deux jours et deux nuits. Nous prenons peu à peu conscience de ce qui nous attend.

Nous avons une boule de pain et un saucisson pour toute nourriture. Rien à boire. Or, la soif est plus difficile à endurer que la faim. Nous en sommes à lécher la buée des parois. Nous changeons de place à tour de rôle pour pouvoir soulager la souffrance provoquée par la soif. A Trèves, on nous donne une espèce de bouillie, faite avec de l’eau et de la farine, mais de toute façon, il nous est impossible d’avaler quoi que ce soit.

Nous sommes comptés. Dans un wagon, il y a des absents. Ils se sont évadés. Parmi ceux-ci, Marcel Bricaud, Jean Cozanet, Jacques Le Flamand, François Le Bail, Georges Mostini, qui nous avait auparavant déliés de notre engagement envers lui, et nous avait encouragés à nous sauver. Furieux, les SS maltraitent ceux qui sont restés, leur enlèvent leurs vêtements et les répartissent avec brutalité, tout nus, dans les autres wagons. Nous sommes donc encore plus à l’étroit. La promiscuité rend les hommes angoissés, nerveux et prêts à se battre entre eux. Quand le train s’arrête enfin, nous sommes fatigués à l’extrême, hébétés, assoiffés. Nos vêtements sont maculés d’excréments. On relève cinq morts étalés sur le fumier de notre wagon. Deux hommes ont perdu la raison. Si, en plus, nous avions eu la chaleur de l’été, c’eut été une hécatombe. La dégradation psychologique et physique a été très rapide ».

Cinquante-quatre otages morlaisiens arrivent donc à Buchenwald le 26 janvier 1944 et sur ces cinquante-quatre raflés, souvent jeunes (la plupart ont entre 18 et 24 ans) seuls vingt reviendront des camps de concentration.

Morts à Buchenwald : neuf otages

Bizien Guéguen

Georges Le Coz, né le 28 août 1925, décédé le 9 février 1945 (à Buchenwald?)

Michel Martin, né le 28 avril 1924 à Morlaix, décédé le 9 février 1945 (à Weimar)

Roger Marzin (Weimar)

Henri Le Rumeur, né le 30 octobre 1920, 24 ans, y meurt le 29 août 1944.

Jean Nédelec, né le 6 décembre 1922 à Morlaix, décédé le 19 mars 1944 à l'âge de 21 ans.

Paul Rumen, né à Morlaix le 8 janvier 1988, y décède à 56 ans le 8 mars 1944.

Guy Pape, né le 22 juillet 1925 à Morlaix, 18 ans, « un magnifique athlète », meurt un mois après son arrivée à Buchenwald le 9 février 1944.

Joseph Plassart, né le 13 avril 1919 à Plourin les Morlaix, passé par Ravensbrück

Morts à Flossenbürg : 10 otages morlaisiens meurent dans ce camp de concentration.

Théophile Chauvel, né le 5 mai 1924 à Plourac'h, y décède le 27 novembre 1944 à 20 ans.

François Créach, né le 16 juillet 1925 à Morlaix

Joseph Huet, né le 21 août 1923, y décède le 14 août 1944

Jacques Kerné, 18 ans, y meurt le 6 mars 1945 après être passé par Hradischko.

Roger Larher, 21 ans, le 9 mars 1944

Marcel Lemaire, otage morlaisien de 19 ans né le 14 septembre 1924 à Paris, décède le 8 mai 1944 à Flossenbürg, probablement assassiné froidement après avoir été blessé par un wagon dans une carrière, selon le témoignage glaçant d'Yves Tanné:

« Flossenburg Le 15 février 1944, nous partons pour Flossenburg, entassés à trente prisonniers dans un wagon, par un froid glacial. Sur les conseils des anciens prisonniers, nous avons dansé toute la nuit, sans nous arrêter, dos à dos, pour nous réchauffer et aussi pour rester éveillés, car celui qui s’écroulait pour dormir, ne se relevait pas.
A Flossenburg, nous avions à travailler dans une carrière dans laquelle les Allemands faisaient sauter les mines, sans nous prévenir de nous mettre à l’abri. Il y a donc eu des morts, à la suite des explosions. Nous devions charger un wagon, placé sur un plateau, au bord d’un ravin. Travail inutile et éreintant, qui aurait pu être évité, car il suffisait de jeter directement nos pelletées de sable dans le ravin. Trop simple. L’ordre était de remplir le wagon, puis de le vider dans le ravin. Il arrivait souvent que le wagon descende dans le ravin. Il fallait alors le remonter à la force des poignets sous les coups des kapos. L’expérience nous avait appris qu’il ne fallait pas entourer les bras ou les mains de la corde qui tirait le wagon. Le risque était d’être emporté avec le wagon dans sa descente. Marcel Lemaire avait négligé ce conseil, il fut entraîné derrière le wagon qu’il voulait retenir et eut les os brisés. Il fut relevé, emmené au camp. Il hurlait de douleur. Le lendemain matin, deux Morlaisiens l’aidèrent à se lever pour aller au comptage avant d’aller au chantier. A l’appel, Marcel avait du mal à se tenir debout, malgré le soutien de ses deux camarades. Le kapo passe et bastonne le groupe. Marcel tombe. Nous ne l’avons plus revu. Pour survivre, il fallait essayer de ménager ses forces, et être sur ses gardes à tout instant.

Georges Le Roy, décède à 24 ans le 21 juillet 1944 dans le Kommando du camp de Flossenbürg, (usines Messerschmit).

Jean Simon, 32 ans, y décède le 13 juillet 1944 après être passé par Ravensbrück, Flossenbürg.

Paul Tanguy, né le 30 août 1919 à Morlaix, décède à 24 ans le 26 mars 1944

Jean Therene, né le 6 juillet 1917 à Brest, décède le 15 novembre 1944 à 27 ans

 

A propos du camp de concentration de Flossenburg en Bavière (sud de l'Allemagne) : camp construit par un Kommando de Dachau en 1938, 96 000 prisonniers y transitèrent, dont 30 000 y trouvèrent la mort. On estime à 5 344, dont 965 femmes, le nombre de Français passés par ce camp avant avril 1945. Parmi les 4475 hommes recensés, au moins 2400 sont décédés. Le travail imposé tourne toujours autour de deux grands axes : d’une part l’industrie de l’armement, et en particulier de l’aéronautique avec des usines Messerschmitt (le Kommando du camp de Flossenbürg qui fait travailler les esclaves des nazis pour l'usine d'aviation Messerschmit s'appelle Johanngeorgenstadt), et d’autre part les travaux dans les carrières de granit, le forage de tunnels et d’usines souterraines.

Mort à Dachau (premier camp de concentration nazi ouvert dès 1933 près de Munich en Bavière : 30 000 personnes y périrent): un otage morlaisien y meurt

André Féat, né le 20 octobre 1916 à Morlaix, pasteur assistant, membre du Parti Socialiste clandestin, décède à 29 ans le 3 avril 1945 à Dachau après être passé par Flossenbürg.

Morts à Hradischko/Moldau (Kommando de travail en Tchécoslovaquie): six otages y succombent

Jean Cabon né le 4 février 1919 à Brest, mort le 3 ou 5 mai 1945

Jean Guyader, né le 26 septembre 1918 à Morlaix, a été tué le 11 avril 1945 par les jeunes hitlériens à Hradishko après être passé par Flossenburg et Janowitz.

Marcel Hingant né le 25 avril 1924 à Rouen, meurt du typhus le 26 juin 1944, 6 mois après son début de déportation, à Hradischko, camp de concentration à 20 kilomètres de Prague, où il avait été envoyé en mars après Flossenbürg en même temps que Yves Tanné.

Louis Houel, né le 25 août 1909 à Morlaix, à 34 ans, le 21 avril 1945, « a été tué d’une balle dans la nuque, dès qu’il est tombé, sans pouvoir se relever, dans une tranchée anti-chars, sous le poids d’un bloc de pierre qu’il transportait sur le dos » (Yves Tanné).

Michel Penther, né le 16 novembre 1924 à Morlaix, y décède le 7 ou le 10 janvier 1945 à 24 ans.

René Petit, né le 23 septembre 1911 à Rochefort en terre, y décède le 3 ou le 30 mai 1944 à 33 ans.

Morts à Dora (sud de l'Allemagne) :

François Le Gall, otage morlaisien né à Plougonven le 9 janvier 1922, y décède le 23 mars 1944, à l'âge de 22 ans.

Mort à Nordhausen, annexe de Dora (sud de l'Allemagne) :

Pierre Huon, né le 19 juin 1925 à Paris, décédé le 8 avril 1944 (Nordhausen)

Bernard Ravazet

Auguste Traon, né le 15 octobre 1910, y meurt à 34 ans le 31 mars 1945

Mort à Theresienstadt (Terezin) en Tchécoslovaquie:

François Le Jeune

Otages décédés dans d'autres camps:

Louis Castel, né le 24 mai 1923 à Morlaix, décède à Janowitz ou Olbramovice 21 ans le 4 mai 1945 après être passé avant par le camp de Flossenbürg.

Georges Le Roy décède à Johanngeorgenstadt

Louis Maltret décède à Johannegeorgenstadt

Daniel Pinaquy: décède à Wittstock

 

 


Les déportés morlaisiens qui ont survécu aux camps nazis:

Parmi les otages (22) :

Jean Ambroise, né le 1er décembre 1924 à Morlaix (19 ans lors de son arrestation), libéré à Hradiskko le 8 mai 1945.

Claude Bervoas, né le 18 novembre 1926 à Morlaix (17 ans lors de son arrestation)

Yves Bescam, né le 8 août 1922 à St Thégonnec (matricule 43 173). Autres lieux de déportation : Jena et Leitmeritz où il est libéré en mai 1945.

Jean Bourbigot : né le 13 février 1923 à Beuzec-Conq (29). (matricule 42615). Autres lieux de déportation : Dora, Ravensbrück. Il est libéré le 30 avril 1945.

Emile Cadiou : né à Morlaix le 1er mai 1914 (29 ans lors de son arrestation). Domicilié à Morlaix. Déporté de Morlaix le 2 janvier puis transféré de Compiègne vers le KL Buchenwald le 22 janvier 1944.

Georges Caën, le plus jeune des otages morlaisiens, 16 ans, dont Louis Le Gros fera le portrait à partir d'une photo d'identiré donnée le 22 mai 1945 dans le train de Paris à Morlaix, de retour des camps.

Gilles Cam, né le 25 septembre 1924 à Plourin-les-Morlaix (19 ans lors de son arrestation). Libéré le 8 mai 1945 à Kaplice.

Pierre Collober née le 11 avril 1919 à Plouyé. Déporté à Compiègne le 22 janvier 1944 vers le KL Buchenwald (Matricule 43 043). Autres lieux de détention : Laura, Dachau et Allach où il est libéré le 30 avril 1944.

Albert Guichen : né le 12 mai 1925 à Morlaix. (Matricule 42 886). Autres lieux de déportatio : Dora, Ravensbrück. Il est libéré en mai 1945

François Herrou, né le 29 juillet 1925 à Morlaix. Déporté de Compiègne le 22 janvier 1944 vers le KL Buchenwald (matricule 42 952). Autres lieux de déportation : Dora, Ravensbrück, Machow. Il est libéré début 1945 à Plau.

Henri Kerinon né le 21 novembre 1924 à Douarnenez (Matricule 43 042). Revenu des camps.

Louis Kervellec né le 17 juilet 1926 à Morlaix (Matricule 42 134). Revenu des camps

Raoul de l'estang du Ruquec (Duresquec), né le 30 septembre 1927 à Morlaix (16 ans lors de son arrestation). Déporté à Buchenwald, Mauthausen.

Victor Le Goff né le 23 octobre 1920 à Brest (Matricule 42 698). Autre lieu de déportation : Dora, Ravensbrück. Revenu des camps

Louis Le Gros né le 20 août 1916 à Plougasnou (27 ans lors de son arrestation). Auteur d’œuvres d'art représentant les camps nazis, réalisées en déportation et après.

Jacques Mazé : né le 26 avril 1923 à Sizun. Revenu des camps

Jean Moreau né le 4 novembre 1924 à Morlaix (19 ans lors de son arrestation. Buchenwald, Langenstein.

Jacques Quintin, né le 30 décembre 1925 (18 ans au moment de son arrestation). Buchenwald, transféré à Ravensbrück le 3 juin 1944.

Léon Picart, né le 12 avril 1903 à Plouvorn. (matricule 41 507). Autres lieux de déportation ; Ravensbrück, Dora, Bergen-Belsen où il est libéré le 15 avril 1945.

Léon Rivoalen

Albert Sénéchal, né le 9 décembre 1910 à Brest (matricule 42 081). Autre lieu de déportation : Dachau. Revenu des camps.

Paul Simon, né le 20 août 1912 à Brest (matricule 42 390). Revenu des camps

Yves Tanné, né le 4 octobre 1924 à Plougonven (matricule 43 011). Autres lieux de déportation : Flossenburg, Hradischko/moldau. Revenu des camps. Il décède le 26 octobre 2011.

Théophile Thomas : né le 2 février 1924 à Plourin. (matricule 42 462). Autre lieu de déportation : Flossebbürg. Revenu des camps

Jean Trolez : né le 2 juin 1922 à Beuzec-Conq (29). Autres lieux de déportation : Dora, Dachau. Il est libéré le 29 avril 1945 à Dachau.

 

Lire aussi:

Les déportés morlaisiens dans les camps nazis pendant la seconde guerre mondiale

Partager cet article
Repost0
25 avril 2021 7 25 /04 /avril /2021 05:46
Marie Salou

Marie Salou

Marie Miry

Marie Miry

Paulette Sarcey

Paulette Sarcey

Rose Blanc

Rose Blanc

Danielle Casanova

Danielle Casanova

Marie-Claude Vaillant-Couturier

Marie-Claude Vaillant-Couturier

En ce jour de commémoration de la déportation, et alors que le ventre de la bête immonde du racisme et du fascisme est encore fécond, nous voulons rendre un hommage tout particulier à la mémoire de la souffrance et des luttes pour la survie, la dignité et l'entraide de tous les déportés, femmes et hommes, et faire connaître aussi ce que fut la vie et les combats de nombre de résistantes communistes déportées à qui le Chiffon Rouge a pu consacrer des portraits.

Vous pouvez ici retrouver des liens avec quelques portraits de résistantes communistes déportées, de France et du Finistère, plus ou moins célèbres, dont certaines sont revenues, et d'autres non. Nous leur rendons hommage ainsi qu'à tous les déportés, victimes de la haine raciale et du nazisme, mais aussi de la bêtise, de la lâcheté et de la cruauté humaines, des déportés qui au cœur de l'enfer concentrationnaire, nous ont bien souvent donné des leçons de courage, d'obstination, de fraternité et d'humanité.

 

" Yvonne Picard est morte

qui avait de si jolies seins.

Yvonne Blech est morte

qui avait les yeux en amande

et des mains qui disaient si bien

Mounette est morte

qui avait un si joli teint

Une bouche toute gourmande

et un rire si argentin

Aurore est morte

qui avait des yeux couleurs de mauve.

Tant de beauté tant de jeunesse

Tant d'ardeur tant de promesses...

Toutes un courage des temps romains.

Et Yvette aussi est morte

qui n'était ni jolie ni rien

et courageuse comme aucune autre.

Et toi Viva

et moi Charlotte

dans pas longtemps nous serons mortes

nous qui n'avons plus rien de bien"

Charlotte Delbo, Une connaissance inutile

 

Dernière lettre de Danielle Casanova depuis le fort de Romainville avant le départ pour Auschwitz:
Demain, 5 heures lever, 6 heures fouille, puis départ en Allemagne.
Nous sommes 231 femmes, des jeunes, des vieilles, des malades et même des infirmes. La tenue de toutes est magnifique, et notre belle Marseillaise a retenti plus d’une fois.
Nous ne baisserons jamais la tête ; nous ne vivons que pour la lutte. Les temps que nous vivons sont grandioses.
Je vous dis au revoir ; j’embrasse tous ceux que j’aime. N’ayez jamais le cœur serré en pensant à moi.
Je suis heureuse de cette joie que donne la haute conscience de n’avoir jamais failli et de sentir dans mes veines un sang impétueux et jeune.
Notre belle France sera libre et notre idéal triomphera »

Communist'Art: Charlotte Delbo

Charlotte Delbo, rescapée des camps de la mort, immense écrivain, militante communiste anti-colonialiste : l'écriture comme ultime moyen de résistance (L'Humanité, Violaine Gelly - décembre 2013)

Portrait. Danielle Casanova, la déterminée (Claude Pennetier, historien - L'Humanité, vendredi 8 février 2019)

Portrait de résistante communiste: 13. Rose Blanc, la catalane révolutionnaire (100 ans d'engagements communistes)

Portrait de résistante communiste : 4 - Marie-Claude Vaillant-Couturier (100 ans d'engagements communistes)

Portrait de résistante communiste - 3 - Maï Politzer 1915-1943 (100 ans d'engagements communistes)

Décès de la militante communiste Paulette Sarcey, résistante de la M.O.I, juive, survivante de la déportation et militante de l'humanité et de la mémoire

Martha Desrumeaux: syndicaliste et communiste résistante et déportée. Pour que la classe ouvrière rentre au Panthéon!

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 30/ Angèle Le Nedellec (1910-2006)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 28/ Raymonde Vadaine, née Riquin (1914-2001)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 8/ Marie Salou née Cam (1914-2011)

Marie Salou, résistante communiste brestoise - De Brest à Mathausen, itinéraire d'une déportée (1942-1945) - Témoignage recueilli par Jean Nédélec

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes: 98/ Rosine Kersulec (1894-1985)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 96/ Germaine Le Lièvre, Geneviève dans la résistance brestoise (1911-1945)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 94/ Marie Miry née Calvarin (1905-1997)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 95/Simone Bastien (1921-2006)
 

Partager cet article
Repost0
24 avril 2021 6 24 /04 /avril /2021 07:57
Les occupants du théâtre de Morlaix ont simulé l’enterrement de la vie culturelle, des jeunes et des précaires, ce vendredi 23 avril 2021. | THÉÂTRE MORLAIX OCCUPÉ

Les occupants du théâtre de Morlaix ont simulé l’enterrement de la vie culturelle, des jeunes et des précaires, ce vendredi 23 avril 2021. | THÉÂTRE MORLAIX OCCUPÉ

Morlaix. Un enterrement de la culture et de la jeunesse simulé sur la place des Otages

Les intermittents qui occupent le théâtre de Morlaix (Finistère) ont de nouveau frappé, ce vendredi 23 avril 2021, place des Otages. Ils ont simulé un enterrement des professions culturelles et précaires, pour dénoncer la fermeture des lieux pendant la crise sanitaire du Covid-19.

« Caissière » ; « étudiant » ; « barman » ; « ouvrière » : telles étaient les professions symboliquement « enterrées » par les intermittents qui occupent le théâtre de Morlaix (Finistère), ce vendredi 23 avril 2021.

À l’image de leur précédente intervention qui a vu la place des Otages se remplir de chaises vides, ils ont déambulé, en habit de deuil, avec des flight case surmontés d’une croix.

Un cimetière de la culture, des précaires et de la jeunesse

Comme un cimetière « de la culture, des précaires, de la jeunesse », rappellent les auteurs de cette manifestation revendicative. Le matériel et l’aide logistique ont été fournis par Le Roudour, à Saint-Martin-des-Champs, le Sew et Langolvas, à Morlaix.

Chaque vendredi est marqué par une opération des occupants du théâtre. Elles suivent le mouvement national des « vendredis de la colère ». Il y a deux semaines, ils se sont rendus devant l’agence Pôle emploi de Morlaix pour y effectuer un cirque de l’Absurdistan.

https://www.ouest-france.fr/bretagne/morlaix-29600/morlaix-un-enterrement-de-la-culture-et-de-la-jeunesse-simule-sur-la-place-des-otages-044d8672-a442-11eb-881f-953d15c2ec2a

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
  • Contact

Visites

Compteur Global

En réalité depuis Janvier 2011