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9 juin 2016 4 09 /06 /juin /2016 06:19

Migrants : 320 morts dans le naufrage au large de la Crète

Le bilan du naufrage d'un bateau transportant plusieurs centaines de migrants et réfugiés la semaine dernière au large de la Crète s'est alourdi à 320 morts, selon une nouvelle estimation fournie le mardi 7 juin par l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Au total, selon les autorités grecques, 342 personnes ont été sauvées en mer lors d'une opération menée vendredi matin à 75 milles au sud de la côte crétoise, et une dizaine de corps ont été repêchés.

Dans un premier temps, les témoignages de rescapés recueillis par la Grèce faisaient état d'un nombre total de 350 passagers environ. Mais d'après les récits recueillis par l'OIM auprès de survivants qui ont été conduits vers le port italien d'Augusta, 650 personnes environ avaient pris place à bord d’un bateau de 25 mètres parti d’Alexandrie en Égypte.

10 000 morts depuis 2014

Au mois d'avril, un bateau de migrants parti semble-t-il de Tobrouk en Libye avait déjà fait naufrage dans la même zone. Sur la base du récit des survivants, le nombre de victimes avaient été évalué à 500 morts et disparus. Quarante-et-un rescapés avaient été recueillis, originaires de Somalie, d'Éthiopie, d'Égypte et du Soudan.

Selon l'OIM, environ 206 000 migrants et réfugiés ont franchi la Méditerranée depuis le début de l'année, mais 2 809 sont morts noyés en tentant la traversée, contre 1 838 durant la même période de 2015. « L'année dernière était déjà la plus meurtrière jamais enregistrée », a souligné Joel Millman, un responsable de l’OIM. Cette année, la majeure partie des migrants décédés étaient partis des côtes nord-africaines, principalement de Libye mais aussi d'Égypte, a-t-il dit, alors que 376 décès ont été comptabilisés en mer Égée, entre la Turquie et la Grèce.

« Nous avons désormais enregistré 10 000 morts depuis le début 2014, quand ce phénomène de hausse des migrations par la Méditerranée a commencé. Ce seuil a été franchi ces derniers jours, ce qui est extrêmement perturbant », a déclaré pour sa part le porte-parole du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) Adrian Edwards.

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8 juin 2016 3 08 /06 /juin /2016 11:51

Dimanche 12 Juin 2016 à 12H à Penmarc’h (Finistère près de Quimper)
Rassemblement « Pour la paix et le désarmement nucléaire »
Non à un nouveau tir du M
51

Dans les prochains jours va avoir lieu à partir des côtes bretonnes (au large du phare de Penmarc’h) un nouveau tir du Missile nucléaire M51. Ce Missile peut porter 5 à 6 bombes atomiques d’une puissance de plusieurs dizaines de fois les bombes atomiques lancées sur Hiroshima et Nagasaki.

Ce tir illustre la politique dangereuse de la France qui viole le droit international en matière de désarmement nucléaire.

Ainsi l'Assemblée générale de l'ONU a décidé en décembre 2015 la création d'un groupe de travail ouvert pour « étudier des mesures légales, efficaces et concrètes pour réaliser et maintenir un monde libéré des armes nucléaires », c'est à dire mettre en œuvre un processus de désarmement nucléaire comme le prévoit l’article 6 du TNP signé par la France.

Non seulement la France refuse jusqu’à présent de participer à ce groupe de travail mais en plus elle poursuit une politique provocatrice et irresponsable de « modernisation » de ses armes atomiques, à travers le programme M51, la poursuite des essais nucléaires au Mégajoule du Barp près de Bordeaux, l’engagement du projet de renouveler toute la flotte de sous-marins nucléaires basée à l’ile Longue près de Crozon, le développement de la composante nucléaire aéroportée ,l’acceptation de participer au bouclier antimissile (« guerre des étoiles » )porté par les USA et l’OTAN.
Le Mouvement de la paix appelle tous les citoyens mais aussi les associations, les organisations de toutes les sensibilités et leurs responsables :

· A venir exprimer leur volonté que la France respecte le droit international et stoppe les programmes de modernisation de ses armes atomiques

· A participer au nécessaire débat citoyen sur les moyens à mettre en œuvre pour aller vers un monde de paix et de sécurité humaine débarrassé des armes nucléaires.


NB : le rassemblement commencera par un pique au pied du phare d'Eckmühl

Non à de nouvelles armes nucléaires en France

Exigeons que la France respecte le droit international qui prévoit le désarmement nucléaire

Oui à un traité mondial d’interdiction des armes nucléaires

Oui à des océans pour la paix, oui a des océans sans armes nucléaires !


Le Collectif Bretagne du Mouvement de la Paix

Roland NIVET co-secrétaire national du Mouvement de la paix

***

Le mouvement de la Paix, qui milite pour le désarmement nucléaire, annonce dans un communiqué que « dans les prochains jours va avoir lieu à partir des côtes bretonnes, au large du phare de Penmarc’h, un nouveau tir du missile nucléaire M51 », à partir d’un sous-marin en plongée. Ces tirs ne sont pas annoncés à l’avance par le ministère de la défense, mais les Notam (Notice to Airmen) de l’aviation civile permettent d’en deviner la date. Le mouvement de la Paix appelle à une manifestation de protestation dimanche à Penmarc’h;

Si l’information se confirme, il s’agira du premier tour d’un missile M51 depuis un SNLE depuis l’échec de mai 2013. Un tir d’essai avait été réalisé avec succès depuis le centre DGA Essais de missiles de Biscarrosse (Landes).

Les tirs de M51 ont toujours lieu depuis cette zone au sud-Bretagne, en principe en direction des côtes brésiliennes. Le vol dure une vingtaine de minutes et il est suivi par les capteurs du Monge, un navire spécialisé. Bien évidemment, le M51 ne transporte aucune tête nucléaire dans ce cas.

Par ailleurs, les 15 et 16 juin, l'Université Européenne de la Paix organise une formation pour les élus et citoyens sur les enjeux du désarmement nucléaire:

Les 15 et 16 Juin prochains l'Université Européenne de la Paix

remet la question du désarmement nucléaire en débat

--------------------

Les armes nucléaires sont les seules armes jamais inventées qui sont capables d'anéantir toute vie sur la planète, et les arsenaux existants suffiraient à le faire plusieurs fois...Tant qu'une telle arme existera, il est illusoire de penser qu'elle ne sera pas utilisée que ce soit par accident, par erreur, ou intentionnelle. Un tel usage serait catastrophique. Le fait que le monde y ait jusqu'à présent échappé est le fruit du hasard. (extrait du rapport 2009 de la commission internationale sur la non- prolifération et le désarmement nucléaires).

Tenu voilà sept ans, ce constat alarmiste reste malheureusement toujours d'actualité : réarmement de la Russie et des forces de l'Otan sur fond de crise ukrainienne, tensions accrues au Moyen Orient, gesticulations Nord Coréennes, menaces terroristes d'attaque de bases nucléaires ou de détournement cybernétique des systèmes de commande et de contrôle des armes nucléaires, le danger d'une conflagration nucléaire est toujours bien présent.

Et dans le même temps que ce soit au niveau des Etats -plus des trois quarts des Etats membres des Nations Unies- ou des populations – plus de 80% des français notamment, selon un sondage de 2012- dans leur très large majorité les peuples du monde sont opposés à l'arme nucléaire et en réclament l'abolition.

Consciente des dangers incommensurables que l'arme atomique fait courir au monde et, en cela, en accord avec les aspirations des peuples à s'en débarrasser, l'Université Européenne de la Paix (UEP) a toujours fait du désarmement nucléaire l'un de ses objectifs prioritaire.

Le désarment nucléaire est une urgente nécessité. Association d'éducation populaire à la paix, l'UEP entend contribuer, à son niveau, à mobiliser l'opinion pour que cette aspiration majoritaire des peuples devienne enfin réalité. Tel est le but qu'elle poursuit en organisant à nouveau -comme voilà déjà six ans- ces deux journées d'étude.

PROGRAMME

Mercredi 15 juin

  • 10h-12h 1er atelier Salon Colbert en mairie

L'arme nucléaire : quelle réponse aux menaces du monde d'aujourd'hui ?

Intervenant : Bernard Dréano

Principal instrument de dissuasion d'un monde confronté à l'opposition de deux blocs d'Etats à visée impérialiste, l'arme nucléaire a-t-elle encore une utilité stratégique, dans le monde multipolaire d'aujourd'hui aux confrontations plus diffuses dans lesquelles interviennent forces paramilitaires, groupes terroristes, voire organisations proto-étatiques ?

  • 14h30 – 16h30 2ème atelier Salle du Conseil municipal

Libérer le monde de l'arme nucléaire

Intervenant : Paul Quilès

Quelles actions mener au plan international, quelles initiatives prendre au niveau national pour avancer sur la voie d'un désarmement nucléaire général et irréversible ? Faut-il s'engager dans une démarche unilatérale ou multilatérale de désarmement ? Sans abandon simultané du nucléaire civil peut-on durablement s'affranchir de l'arme nucléaire ?

Jeudi 16 Juin

  • 10h – 12h 3ème atelier Salle du Conseil Municipal

Démanteler les armes, les sous-marins et les bases nucléaires

Intervenant : Luc Mampaey

L'abandon de l'arme nucléaire implique des opérations de démantèlement, de déconstruction et de décontamination sources de coûts pour la collectivité mais aussi de nouvelles formes d'activités pour une partie des travailleurs du nucléaire militaire. D'expériences de ce type déjà menées ailleurs quels enseignements tirer pour la reconversion future de l'île longue et de ses personnels et le réaménagement de la rade une fois libérée de cette contrainte nucléaire ?

A noter qu'en plus de ces trois ateliers, l'UEP organise de 18 à 20h le mercredi 15 juin à la Faculté Victor Ségalen une conférence-débat animée par Paul Quilès sur le thème : » Pourquoi agir pour le désarmement nucléaire ?».

Présentation de l'organisateur et des intervenants

L'université Européenne de la Paix :

L'UEP est une association d'éducation populaire installée à Brest depuis 25 ans. En accord avec sa maxime « Si tu veux la Paix, prépare la paix », elle développe une activité d'éducation à la Paix basée sur le règlement pacifique des conflits. Au plan international, elle défend l'idée que le Droit International et la Charte de l'ONU devraient être les seules armes utilisées pour résoudre les conflits entre nations.

Bernard Dréano

Président du centre d'études et d'initiatives de solidarité internationale (CEDETIM), Bernard Dréano est l'auteur du livre « (In)sécurités humaines : les luttes pour la paix au XXIème siècle » (AAPM-Editions Non Lieu, 2015).

Luc Mampaey :

Docteur en Sciences Economiques. Maitre de Conférence à l'Université Libre de Bruxelles, Luc Mampaey est actuellement directeur du Groupe d'Information sur la Paix et la sécurité (GRIP) de Bruxelles.

Paul Quilès :

Ancien ministre de la Défense (1985-1986), coauteur de l'ouvrage « Arrêtez la bombe ! » (Cherche midi, 2013) Paul Quilès est actuellement président de l'association Initiatives pour le Désarmement Nucléaire (IDN).

l'ancien ministre de la défense PS Paul Quilès, qui milite aujourd'hui pour le désarmement nucléaire

l'ancien ministre de la défense PS Paul Quilès, qui milite aujourd'hui pour le désarmement nucléaire

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8 juin 2016 3 08 /06 /juin /2016 11:37
Jérusalem, porte de Damas

Jérusalem, porte de Damas

Proche-Orient. Une conférence aux résultats mitigés

Pierre Barbancey, L’Humanité, lundi 6 juin 2016

L’absence de mécanismes coercitifs, le refus israélien et l’ambiguïté américaine jettent le doute sur les suites de la conférence de Paris sur le conflit israélo-palestinien. Une solution à deux États a été réaffirmée.

À l’issue de la Conférence internationale sur le Proche-Orient qui s’est tenue vendredi à l’initiative de la France, la communauté internationale a donc réaffirmé son soutien à la solution à deux États, israélien et palestinien, et a promis de tenter de convaincre les deux parties de reprendre les négociations.

Voilà pour l’affichage public. Car, en réalité, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, a beau affirmer que « la perspective de deux États est en grave danger », que « nous approchons d’un point de non-retour au-delà duquel elle ne sera plus possible », l’initiative française paraît faible face aux enjeux et alors que l’occupation des territoires palestiniens est entrée dans sa cinquantième année.

Bien sûr, l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) a qualifié la réunion « d’étape très importante » et y voit un message clair. « Si l’on permet à Israël de poursuivre ses politiques de colonisation et d’apartheid en Palestine occupée, l’avenir sera à plus d’extrémisme et de sang versé, plutôt qu’à la coexistence et à la paix », a affirmé son secrétaire général, Saab Erekat.Mais Hanane Ashraoui, membre du comité exécutif de l’OLP, a été plus explicite. « La communauté internationale, si elle veut “établir une paix durable”, doit traiter les questions réelles que sont l’occupation militaire israélienne continue, l’impunité d’Israël, l’exceptionnalisme et le droit qui lui sont octroyés, le processus de colonisation qui s’intensifie, l’annexion continue et la colonisation de la terre et des ressources palestiniennes, et enfin le déni du droit à l’autodétermination, à la liberté et la justice du peuple palestinien. Faire porter également à chacun les responsabilités, c’est oublier la dissymétrie des forces entre le belligérant qui occupe et le peuple qui est occupé. C’est Israël qui est responsable de l’échec de la solution à deux États et il convient de traiter la question de cet unilatéralisme et de l’impunité dont il jouit. C’est un plan d’action global et efficace qu’il faut mettre en place, par étapes concrètes clairement définies, avec des termes de référence clairs qui garantissent la liberté et la souveraineté de la Palestine dans un cadre spécifique contraignant, avec l’objectif réel de mettre fin à l’occupation, ainsi que des mécanismes d’arbitrage, de surveillance et d’évaluation. Il faut aussi la volonté politique d’intervenir », dit-elle.

Le mépris affiché par le gouvernement israélien

Bref, sans réelles mesures coercitives, rien ne se fera. D’ailleurs, le mépris affiché par le gouvernement israélien est de bien mauvais augure pour la suite. « La réunion de Paris restera dans l’histoire comme n’ayant d’autre effet que de durcir les positions palestiniennes et d’éloigner les perspectives de paix », a lancé le porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères, Emmanuel Nahshon. Comment ne pas voir que Tel-Aviv s’appuie également sur le flou de l’attitude états-unienne en la matière ? Interrogé sur l’appui qu’il apporterait à la conférence à la fin 2016, le secrétaire d’État américain, John Kerry, a répondu : « Je n’en ai encore aucune idée (...) je crois qu’il est bon de laisser des options ouvertes. » Très réservé sur le principe d’internationaliser le règlement du conflit, il a affirmé que « nous ne pouvons pas imposer une solution de l’extérieur, nous devons avoir des négociations directes et je vais continuer à encourager cela ». Ce qui n’est rien d’autre que la position israélienne et celle d’un gouvernement dominé par les colons et l’extrême droite.

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8 juin 2016 3 08 /06 /juin /2016 11:34
Marwan Barghouti: lettre de Desmond Tutu au comité Nobel de Norvège

Marwan Barghouthi : lettre de Desmond Tutu au Comité Nobel de Norvège

Desmond Tutu, mercredi 8 juin 2016

Au Comité Nobel de Norvège
Henrik Ibsens gate 51 0255
O
slo, NORVEGE

Par la présente, je propose la nomination de Marwan Barghouthi, dirigeant palestinien emprisonné, pour le Prix Nobel de la Paix.

Emprisonné une première fois à l’âge de 15 ans, Marwan Barghouthi a passé plus de 20 ans de sa vie dans les prisons israéliennes. Il fut le premier parlementaire palestinien à être kidnappé, en 2002. Nombre de ses collègues devaient suivre, presque la moitié du Conseil législatif palestinien ayant été arrêté ces dix dernières années.

L’arrestation de ces élus constitue une attaque flagrante contre la nation palestinienne, la démocratie et le droit. Depuis 1967, Israël a arrêté plus de 850 000 Palestiniens. C’est l’exemple le plus frappant dans l’histoire contemporaine d’arrestations arbitraires de masse. Dans sa volonté de briser un peuple qui, tout entier, réclame la liberté et l’indépendance, il a arrêté des dirigeants, des militants, des universitaires, des journalistes, des femmes et des enfants, des personnes âgées, des défenseurs des droits humains.

Les 7000 Palestiniens détenus aujourd’hui par Israël sont le reflet de l’emprisonnement de toute la nation et de la négation de ses droits par l’occupation, l’oppression et le blocus.

La libération des prisonniers palestiniens est un pré-requis pour la liberté du peuple palestinien.

La nomination de Marwan Barghouthi, symbole de la lutte du peuple palestinien pour la liberté, est un signal fort en faveur de la réalisation des droits inaliénables du peuple palestinien, y compris l’auto-détermination.

Il existe un consensus international autour de ces droits mais ils doivent être soutenus par des actes symboliques et pratiques qui entraîneront la fin de l’occupation comme étape indispensable pour accéder à la paix.

Marwan Barghouthi s’est battu pour la liberté et pour la paix. Il a émis une corrélation entre ces deux combats en déclarant que le dernier jour de l’occupation serait le premier jour de la paix.

Du fond de sa cellule il a initié le document des prisonniers, signé par les dirigeants palestiniens de tous bords politiques, qui constitue aujourd’hui encore la base des efforts déployés pour la réconciliation nationale et qui est le programme politique permettant d’atteindre l’unité, la liberté et la paix.

Marwan est aussi un partisan de la démocratie et des droits de l’Homme qu’il défend activement, y compris les droits des femmes, tout comme il défend le pluralisme, politique et religieux, dans une région et un monde qui manquent cruellement de tels partisans.

Bientôt la Palestine commémorera la Nakba qui, 70 ans plus tôt, entraina la dépossession et le déplacement du peuple palestinien et la négation de ses droits. La Palestine demeure aujourd’hui le symbole de l’échec de la communauté internationale à assumer ses obligations, à savoir respecter et faire respecter le droit international et établir la paix et la sécurité du monde.

J’en appelle aux membres du Comité Nobel norvégien afin qu’ils saisissent cette occasion de remettre sur le devant de la scène la question de Palestine et tous les appels pour une paix juste et durable. C’est un avenir que Marwan Barghouthi continue de prôner et pour lequel il agit malgré des années d’emprisonnement et d’isolement.

En 2013, une Campagne internationale pour la Libération de Marwan Barghouthi et de tous les prisonniers palestiniens fut lancée à Robben island par l’une des icones de notre lutte contre l’apartheid, Ahmed Kathrada, depuis la cellule du symbole universel de paix qu’est Nelson Mandela.

Avec 7 autres lauréats du prix Nobel de la Paix, j’ai décidé de soutenir cette campagne car elle reflète bien notre conviction que la liberté est le seul chemin vers la paix.

La Campagne est soutenue par 115 gouvernements un peu partout dans le monde, par 15 anciens chefs d’Etats ou de gouvernements, des parlementaires, des artistes et des intellectuels, des universitaires, des organisations qui défendent les droits humains, de même que par des milliers de citoyens sur la planète. Ce vaste soutien international connaîtra un essor encore plus grand si Marwan obtient le Prix Nobel de la paix.

J’espère que le Comité Nobel va prendre une décision courageuse qui nous rapprochera du jour où cette terre sainte, chargée d’une valeur symbolique absolument unique, cessera d’être le témoin vivant de l’injustice et de l’impunité, de l’occupation et de l’apartheid, et deviendra enfin le phare de la liberté, de l’espoir et de la paix.

Que Dieu vous bénisse.

Archevêque émérite Desmond Tutu Le Cap, Afrique du Sud, 6 juin 2016

Lu sur la lettre d'info de l'AFPS

Lire aussi sur L'Orient le jour:

Marwan Barghouti : un destin à la Mandela ?

Sept députés belges ont appuyé la candidature au prix Nobel de la paix du leader palestinien emprisonné depuis 14 ans par Israël.

Caroline Hayek, L’Orient le Jour, mardi 7 juin 2016

On le surnomme le Mandela palestinien. Parce que cela fait déjà vingt ans qu’il est incarcéré dans les geôles israéliennes, dont les quatorze dernières années sans discontinuer, et trois en isolement, Marwan Barghouti est devenu l’incarnation de la résistance palestinienne et le premier parlementaire palestinien détenu par l’État hébreu. En octobre 2013, a été lancée la campagne internationale pour sa libération ainsi que celle des 7 000 autres prisonniers, dont 7 parlementaires, 400 enfants, 30 prisonniers pré-Oslo, 67 femmes, 20 journalistes, 750 détenus administratifs et des centaines de prisonniers malades.

Défenseur des droits de l’homme, avocat acharné du pluralisme palestinien, tant religieux que politique, Marwan Barghouti a été la figure d’un combat politique, durant toutes ces années en tant que parlementaire, depuis son élection en 1996 jusqu’à son arrestation en 2002. Il est apparu comme « une composante essentielle de notre identité et de notre destin », estime le diplomate palestinien, Majed Bamya, coordinateur général de la Campagne internationale pour la libération de Marwan Barghouti et de tous les prisonniers palestiniens, interrogé par L’Orient-Le Jour. Le 18 mai dernier, sept parlementaires belges, appartenant à cinq partis différents, ont présenté la candidature du leader palestinien au prix Nobel de la paix. Cette première nomination européenne vient appuyer davantage la campagne en faveur de sa libération.

Marwan Barghouti, enfant de Kobar, près de Ramallah, naît en 1959. Alors adolescent, il s’engage dans le Fateh et cofonde le mouvement des jeunes du parti, les Chabiba, en Cisjordanie. À l’instar de Nelson Mandela, qui avait également formé le mouvement de la jeunesse au sein de sa faction politique, l’ANC.

Cette nouvelle nomination au prix Nobel de la paix, par des parlementaires belges, vient s’ajouter à plusieurs autres. En janvier dernier, Adolfo Pérez Esquivel, Prix Nobel de la paix argentin, icône de la lutte pour la liberté contre les dictatures en Amérique latine et ancien prisonnier politique, a proposé le nom du leader palestinien. Le Parlement arabe a suivi, à l’unanimité, ainsi que le président de l’Union interparlementaire arabe et chef du législatif libanais, Nabih Berry.

« Personnage emblématique »

Ces soutiens sont le fruit du travail acharné des meneurs de la campagne internationale pour la liberté de Marwan Barghouti et de tous les prisonniers palestiniens. Cette campagne a été lancée le 27 octobre 2013 depuis la cellule de Nelson Mandela, par l’homme qui qui était à l’origine de la campagne Free Mandela, Ahmad Kathrada, avant de passer lui-même 26 ans dans les geôles de l’apartheid. Elle a, depuis, reçu le soutien de 8 prix Nobel de la paix (Jimmy Carter, Adolfo Perez Esquivel, José Ramos Horta, Desmond Tutu, Mairead Maguire, Jody Williams, Sherin Ebadi, Rigoberta Menchú Tum), 115 gouvernements et 15 anciens chefs d’État. Le soutien est notamment venu de centaines de parlementaires, d’artistes et d’intellectuels du monde entier. De leur côté, les lauréats tunisiens du Nobel 2015 lui ont remis symboliquement leur prix.

Gwenaëlle Grovonius, députée fédérale belge et présidente de la section Palestine de l’Union interparlementaire, est l’une des sept signataires ayant appuyé la candidature de Marwan Barghouti. « Pour moi, c’est un personnage emblématique de la résistance du peuple palestinien et tout à fait représentatif de la question plus large des prisonniers palestiniens », confie-t-elle à L’Orient-Le Jour. Engagée durant ses années d’étudiante en faveur de la cause palestinienne, Gwenaëlle Grovonius a, depuis son élection au Parlement belge en 2014, mené plusieurs actions en ce sens. « Pour l’instant, nous n’avons pas encore reçu de réaction de la part du Comité Nobel norvégien, mais même si cette candidature n’aboutit pas, le seul fait d’avoir réussi à mettre cette question en lumière et d’avoir mobilisé un grand nombre de parlementaires, tous partis confondus, pour soutenir cette action, est déjà un succès en soi », estime-t-elle.

Criminaliser la lutte

Figure de proue de la première intifada en 1987, pour laquelle il sera expulsé en Jordanie jusqu’en 1994 jusqu’à la signature des accords d’Oslo, puis de la seconde intifada en 2000, Marwan Barghouti devient l’une des personnalités politiques à abattre. Alors secrétaire général du Fateh en Cisjordanie, il est arrêté en 2002 par les forces israéliennes et il est condamné le 20 mai 2004 pour cinq meurtres, y compris pour avoir organisé l’attentat du Sea Food Market à Tel-Aviv en 2002, dans lequel trois civils ont été tués. Le 6 juin, Barghouti est condamné à cinq peines de réclusion à perpétuité pour les cinq meurtres et à 40 ans d’emprisonnement pour tentative de meurtre. Le président sud-africain a, lui aussi, dirigé l’aile armée de son parti lors de son arrestation et a toujours prôné le droit à la résistance, même par le biais des armes.

Pour Majed Bamya, Israël a arrêté Marwan Barghouti dans l’espoir de criminaliser la lutte du peuple palestinien. Refusant de se défendre, il a toujours clamé son innocence et a refusé de reconnaître la légitimité du tribunal israélien. Tout comme Mandela à l’époque. « Marwan a réussi à transformer son procès en procès de la puissance occupante », estime Majed Bamya.

Fort du soutien de la population, mais également d’une partie de la communauté internationale, le prisonnier le plus célèbre de Palestine est devenu au fil de ses années d’incarcération un artisan de l’unité, de la liberté et de la paix. La campagne de dénigrement menée par le gouvernement israélien n’a su empêcher la montée en puissance de ce personnage politique, considéré par certains comme le nouvel Arafat.

Alors que les chances de se voir remettre le prix Nobel de la paix augmentent au fil des semaines, le gouvernement israélien pourrait s’inquiéter de la popularité grandissante de son prisonnier numéro 1. Après dix années passées dans la cellule 28 de la prison de Hadarim, Marwan Barghouti a été transféré il y a deux semaines dans celle de Ramon, où il aurait été accueilli en héros par les autres détenus. Mais cinq jours plus tard, ses proches étaient sans nouvelles de lui, après un second transfert vers un lieu inconnu. Selon les informations recueillies par L’Orient-Le Jour, il serait désormais détenu dans la prison de Galbou, sous haute sécurité, et aurait été victime d’un transfert punitif.

Futur leader ? Dans le dernier sondage d’Awrad, l’un des instituts les plus importants de Palestine, Marwan Barghouti a été crédité d’une popularité inégalée et sans précédent de 82 % dans le territoire palestinien occupé, avec un taux de popularité plus fort à Gaza qu’en Cisjordanie. Toujours selon le sondage, « Marwan Barghouti est le leader le plus éligible, suivi de Mahmoud Abbas et d’Ismaïl Haniyé. Preuve que loin de l’avoir coupé de ses soutiens, l’emprisonnement de M. Barghouti a eu exactement l’effet inverse puisqu’il a renforcé sa légitimité aux yeux de la population palestinienne ».

« Marwan est en ces temps de division le symbole de l’unité palestinienne ; en ces temps où l’occupation semble invincible, un espoir de liberté ; en ces temps de fanatisme, d’extrémisme et de terrorisme, un artisan de paix, de pluralisme, de coexistence », estime Majed Bamya, selon qui Marwan Barghouti peut être le catalyseur d’une nouvelle ère du projet national palestinien. Ce dernier serait le seul capable de reconstituer une unité palestinienne à même de réconcilier Ramallah et Gaza.

La mobilisation des proches et des scènes nationale et internationale en faveur de la libération du leader palestinien fera-t-elle plier un jour où l’autre Israël, à l’heure où le gouvernement est plus à droite que jamais ? Sa détention arrangerait-elle certains hauts cadres du Fateh qui voient d’un mauvais œil les nominations au prix Nobel déferler ? Selon une source proche de l’Autorité palestinienne, même les concurrents de Marwan Barghouti, qui pensaient que sa présence en prison l’éliminerait de tout destin national, ont désormais compris qu’il est le choix du peuple. « Ils ont désormais commencé à se rallier à lui. Soit par conviction, soit par calcul », confie-t-elle.

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8 juin 2016 3 08 /06 /juin /2016 10:55

Notre camarade René Le Bars, pilier de la section PCF de Roscoff, ancien instituteur et directeur d'école publique à Roscoff, un homme chaleureux, drôle et dévoué, est décédé hier, lundi 6 juin, après plusieurs semaines d'hospitalisation à Morlaix.

Nous lui rendons un hommage ému au nom de la fédération du Parti Communiste du Finistère.

Nous saluons aussi avec chaleur son épouse, Yvette Le Bars, et tous ses amis de Roscoff.

René a adhéré au Parti Communiste à la fin de la guerre d'Indochine alors qu'il préparait le bac Mat Elem à l'école Normale de Rennes. Il collait alors des affiches contre la guerre, protestait contre l'interdiction du journal communiste breton Ouest-Matin en diffusant l'Huma. Il venait de Goulien, dans le cap Sizun, près d'Audierne.

Il a rencontré Yvette, institutrice à Sizun originaire de Landerneau qui a découvert toute petite le combat à gauche sur les épaules de son papa pendant les manifs du Front Populaire, alors qu'il enseignait lui-même la gymnastique, la musique, la géographie, sur un poste dans le secondaire à Sizun.

Dans le coin, tous deux étaient les uniques lecteurs de Ouest-Matin, le journal régional communiste.

C'est comme ça qu'ils se sont rencontrés en 1955, quand René n'a pas pu acheter son journal le matin parce qu'une jeune institutrice l'avait devancé et que le commerçant lui a désignée la « camarade » inconnue jusqu'ici.

René et Yvette se sont mariés en 1956 et ont formé depuis un couple uni et complice.

Puis René a dû faire son service militaire. On lui a dit tout de suite de se tenir à carreau car son « dossier (de communiste) était marqué en rouge ». Il a dû partir en Algérie malgré des problèmes de santé et a contracté l’hépatite suite à des conditions de vaccination douteuses.

De retour d'Algérie, il avait perdu son poste à Sizun et René et Yvette ont dû partir pour Roscoff qui n'était pas alors une destination de rêve : petite école, logement de fonction délabré.

Depuis 1959, ils y vivent et se sont forgés tout un réseau de sociabilité et d'amitié.

René a été très investi à l'Amicale Laïque, à la Section du Parti Communiste, au SNI (syndicat national des instituteurs). Il a enseigné en cours élémentaire, en CP, en cours moyen, est devenu directeur d'école, a organisé des échanges avec l'Angleterre pour les enfants, et aussi des semaines de sports d'hiver, participait aux sorties voile, aux kermesses...

Même s'il était bien investi au niveau du Parti, sa fonction d'instituteur l'a bloqué pendant longtemps pour rentrer au Comité fédéral car il y avait déjà trop d'instituteurs, et qu'il fallait une diversité sociologique. Du coup, il servait de chauffeur Dédé Moat, la documentaliste de Perharidy, un puits de science, pour ces comités fédéraux.

Il n'a finalement intégré le comité fédéral que sur le tard, comme Yvette Le Bars du reste, sur proposition de Robert Doré, au début des années 2000.

René a été plusieurs fois candidat sur des listes aux Municipales à Roscoff, mais aussi candidat du PCF en terres de mission, comme dans le canton de Plouzévédé où les voix se comptaient sur les dos de la main dans les communes, ce qui montre bien quel était son dévouement.

Nous garderons un très bon souvenir de toi René, de ta gentillesse, de ton franc-parler, de ta malice, de tes anecdotes, de tes digressions , de ta culture et de ton expérience étendues affluant en bouillon dans la conversation ces dernières années.

Pour ma part, même si des soucis de santé t'avaient déjà fait diminuer un peu, j'ai eu l'occasion de faire ta connaissance plus amplement quand j'ai été candidat aux Départementales dans le Canton de Roscoff en 2011 avec Yvette Le Bars. Une expérience dont je garde un bon souvenir.

La Fédération du Parti Communiste du Finistère te remercie pour ton engagement au service de nos idées communes pendant plus de 70 ans !

Courage à ceux qui restent et qui te regrettent.

Ismaël Dupont, secrétaire départemental du PCF.

Les obsèques de René Le Bars auront lieu en trois temps le jeudi 9 juin:

A 9h30 aura lieu une cérémonie d'hommage au Centre Funéraire du Gouriou à Saint Pol de Léon (ZA de Kervent, impasse Keraudel): une cérémonie d'hommage aura lieu avec des textes retraçant sa vie et ses qualités lus par Yvette et ses amis du Parti Communiste, de l'Amicale Laïque.

A 12h, aura lieu à la crémation à Saint Thégonnec.

A 15h30, les cendres de René seront déposées au cimetière de Roscoff, la ville à laquelle il était tant attaché.

Il est possible de rendre visite à la chambre mortuaire le mercredi 8 juin, de 15h à 20h, à Saint Pol de Léon.

cf. l'hommage de camarades du PCF du Finistère qui ont connu René:

J'ai beaucoup de chagrin en apprenant cette nouvelle ; je connaissais bien René (et Yvette) par le Parti ,et aussi parce que je suis né dans son village Goulien en 42 : mon père y était directeur d'école primaire en 1941/44 (ma mère adjointe)-la clandestinité l'été 44- et a eu René comme élève en CM 1/CM2 et ma mère l'a eu en cours élementaire!

C'était à chaque rencontre un plaisir pour eux de se revoir , par ex. dans les manifs ou à la fête fédérale de Penfeld , à Brest, tous les ans début décembre pendant des années.

Mon père-décédé en 1998) ,responsable des résistants du secteur Goulien et communes voisines,puis lieutenant FFI/FTP et vice-président du CDL (comité départemental de Libération) est devenu permanent du Pcf en 44 ,à ,jusqu'en 47 , puis est revenu dans le cap Sizun (Plogoff) , et son ancien élève est devenu aussi instit ;l'essentiel de sa carrière à Roscoff...

Jean-Claude Cariou, section de Brest

" Pour moi, au CD René et Yvette restent une chaleureuse photo...et tellement de fraternité d'humilité dans leurs observations... Quand Charles Sylvestre est venu parler de JAURES, il avait été très ému de l'accueil spontané et improvisé chez-eux".

Jeanne Henry, section Audierne- Cap Sizun

Hommage à notre camarade René Le Bars de Roscoff, décédé lundi 6 juin
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8 juin 2016 3 08 /06 /juin /2016 06:57
Louis Renault n'a pas attendu l'occupation allemande pour être prêt à collaborer. En 1935, il rencontrait Hitler

Louis Renault n'a pas attendu l'occupation allemande pour être prêt à collaborer. En 1935, il rencontrait Hitler

Une explication historique de la montée irrésistible du fascisme et du nazisme que l'on entend bien peu aujourd'hui et qui ouvre des perspectives de compréhension, avec quelques échos renvoyant à notre présent...

Syndicats liquidés, communistes et sociaux-démocrates enfermés à Dachau ou Buchenwald, Gestapo omniprésente. Le régime nazi offrait des possibilités inespérées d'exploitation des ouvriers.

La célèbre formule "Plutôt Hitler que le Front Populaire" est quelque fois interprétée comme un ralliement du patronat français au fascisme face à "la peur des rouges". Une manière de la justifier ou de l'atténuer?

Annie Lacroix-Riz: Le modèle social nazi, qui permet de faire travailler les ouvriers 16 heures par jour six jours par semaine sans autorisation administrative, et les prive de partis, de députés, de syndicats et de droit de grève, a enthousiasmé le patronat international (Etats-Unis inclus, qui avaient tant investi dans le Reich depuis la décennie 1920). Il avait séduit d'emblée le patronat français qui, au surplus, se heurte à une forte résistance ouvrière entre 1934 et 1938. Il voit dans le modèle social allemand un motif de plus à ne pas faire la guerre au Reich, qui, lui, la fera. Car, l'occupant une fois sur place, tout ira mieux, comme le claironnent nombre de patrons à leurs ouvriers grévistes en 1936-1937, tel le président de l'imprimerie Lang: "Hitler viendra mettre de l'ordre en France!". Ce qui se fait chez Lang et ailleurs depuis l'été 1940, je l'ai montré dans Industriels et banquiers français sous l'occupation.

Le grand patronat français fait donc non seulement le choix de l'Allemagne mais aussi le choix de Hitler avant le Front Populaire?

Annie Lacroix-Riz: C'est un pan essentiel de l'histoire du fascisme français de l'entre-deux guerres. Car, fondamentalement, c'est son principal intérêt, le fascisme écrase les salaires et les salariés. Il a séduit les milieux d'affaires parce qu'il empêche les détenteurs de revenus non monopolistes de se défendre, qu'ils se soient battus auparavant ou pas: les ouvriers allemands ont été dociles... En France, ils se défendent, y compris sur le plan du Parlement, soumis à réélection tous les quatre ans, forcément sensible aux électeurs. En outre, le système parlementaire, même contrôlé par le capital financier, retarde l'exécution de ses décisions de plusieurs semaines, mois ou années. Les fonds de police attestent précisément comment, à partir de 1922, s'organise, sous la férule de la "synarchie", le mouvement fasciste en France, comment le capital financier finance les "ligues". A l'extérieur, l'impérialisme français a les mêmes goûts. Il est notoire, depuis le début des années 1930, que Skoda, c'est à dire Schneider, soutient Hitler et son auxiliaire en Tchécoslovaquie, le chef du "parti des Sudètes", Konrad Henlein. Pourquoi? Parce que seul un régime fasciste brisera le mouvement ouvrier, interdira les grèves, verrouillera les salaires en laissant grimper les prix industriels et les "opportunités" bancaires, donc les profits des grands groupes. Cette orientation s'accentue avec la crise. Elle donne au capital français, qui adore le fascisme italien (et adorera Franco), les yeux de Chimène pour le nazisme, en toute connaissance de cause sur son bellicisme, son racisme et son antisémitisme criminels.

Le Front populaire est quelquefois accusé d'avoir précipité la défaite de la France face à l'Allemagne. Qu'en est-il?

Annie Lacroix-Riz: La caractéristique remarquable de l'entre-deux-guerres pour l'impérialisme français, et dans une certaine mesure aussi, pour l'impérialisme britannique, c'est que, de manière plus caricaturale qu'avant la Première Guerre Mondiale, de très fortes rivalités inter-impérialistes sont compensées par la tendance des impérialismes affaiblis ou dominés de céder aux exigences de l'impérialisme dominant. La Grande-Bretagne se soumet à l'impérialisme américain, et à l'impérialisme allemand aussi, comme la France. Londres tente le compromis européen jusqu'au bout, et sur l'Autriche, sur la Tchécoslovaquie après l'avoir fait sur l'Espagne (zone d'intérêts décisifs). Ce qui fait reculer l'impérialisme britannique, c'est qu'il n'arrive pas à trouver sur la question coloniale de compromis qui permettrait aux Allemands, comme il le leur avait déjà proposé (en vain) en 1912, de s'emparer des empires français, belge, portugais, en épargnant l'anglais. Le Reich veut tout. C'est ce qui explique que, à partir du printemps 1938, Anthony Eden qui a été un grand apaiseur jusqu'alors, se retourne (comme Churchill avant lui) et abandonne le Foreign Office à Halifax, symbole de l'aplatissement. C'est la ligne Chamberlain-Halifax qui, du côté français, l'emporte du début à la fin.

Entretien réalisé par Jérôme Skalski

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8 juin 2016 3 08 /06 /juin /2016 06:07
Rédaction de l'Humanité vers 1936

Rédaction de l'Humanité vers 1936

Le rédacteur en chef de l'Humanité, mort prématurément en 1937, incarne le renouveau et le déploiement de son journal dans cette période d'intense actualité politique et culturelle.

"Le corps de Vaillant a traversé Paris au milieu d'une foule formidable qu'on a reculé à évaluer", écrit Aragon de l'enterrement de son ami, un jour d'octobre 1937.

"Les fleuristes de Paris, ce jour-là, ont manqué de fleurs".

Près d'un million de personnes ont accompagné le rédacteur en chef de l'Humanité jusqu'au cimetière du Père-Lachaise parce qu'elles voyaient en lui une des grandes incarnations du Front Populaire, sa plume quand L'Humanité frôle alors les 400 000 exemplaires, un tribun passionné qui soulève les publics, un maire qui révolutionne Villejuif, sa ville de banlieue, un homme de culture qui anime l'effervescence à l'heure du mariage "du pain et des roses".

Il est de ces révolutionnaires sortis des tranchées qui ont fondé le Parti communiste, à Tours, en décembre 1920. Rien ne prédisposait cet élève du lycée Janson-de-Sailly, grandi au coeur du 16e arrondissement et de ses aises, baigné d'un milieu artiste, un peu snob et portant monocle, à éprouver ce qu'il nomme "une frénésie de se lever". La grande boucherie de 14-18, le catéchisme de pensée imprimé par l'armée et les intellectuels de guerre, les mutineries de 1917 écrasées dans le sang ont allumé en lui un feu inextinguible.

"Combien faudra t-il de trains rouges/ comment il en faudra de nombreux encore/ pour guérir tout le mal sonore/ fait par les clairons des trains tricolores" écrit-il.

Pourtant, dans le Parti communiste naissant, son enthousiasme a été douché par le sectarisme des premiers âges, les renvois à la base, les doigts impérieux pointés sur sa copie.

Très vite, il écrit dans l'Humanité, explorant "Moscou la rouge", la Chine de "la Condition humaine de Malraux", l'Espagne de 1934. "Voir le monde et le changer", c'est sa devise. Il la garde même quand il est démis de ses responsabilités en 1928 par le secrétariat du Parti qui lui reproche des conceptions journalistes "trop ouvertes". Mais lui ne rompt pas, il écrit toujours, parfois un livre, parfois des poèmes, fait des passages par la case prison pour avoir attaqué Mussolini et le fascisme pour lesquels le gouvernement d'alors a des complaisances - il peint dans sa cellule...

Très vite, une complicité se noue avec un jeune dirigeant communiste, employé d'une compagnie minière, assoiffé de culture et d'une grande chaleur humaine, Maurice Thorez. Lorsque celui-ci prend la tête du PCF et bouscule les étroitesses par des articles retentissants dans L'Humanité, Paul Vaillant-Couturier trouve l'espace pour se déployer pleinement, réunir ses multiples talents, ses passions, son sens aigu de la presse. Peu à peu, il devient l'animateur incontestable du journal, l'ouvre aux bouleversements de son temps, aux problèmes de société, aux sports, relève le défi de la radio qui rentre désormais dans les familles. Il est aussi celui qui relie les gens de culture, les surréalistes et les auteurs classiques, les plus grands cinéastes et le théâtre d'agit-prop, les architectes les plus innovants et les peintres.

La revue Commune qu'il a créée en est un creuset qui même Jean Cassou et René Crevel, André Gide et André Malraux, Romain Rolland et Jules Romain, Louis Guilloux et Louis Aragon, Henri Barbusse et Jean-Richard Bloch.

Vaillant renifle les talents et leur offre libre cours. C'est le cas d'Aragon qu'il a protégé à l'Humanité. Les intellectuels doivent-être des "bousculeurs", affirme t-il, lui qui pousse des comédiens amateurs à fonder le groupe Octobre et leur conseille un certain Jacques Prévert...

Il sympathise avec l'aviateur Mermoz, pourtant penchant vers la droite extrême, parce qu'il pousse plus loin les progrès humains. Il aime passionnément la vie, la brûle même lui qui lance "le communisme n'est ni le temple du clergyman ni le bureau du sédentaire". Il roule toute la nuit pour une partie de chasse en Ardèche ou pour y pêcher la truite et revient à temps la nuit suivante pour cueillir à la sortie des rotatives son journal encore gras de son encre.

Alors que Thorez marie le drapeau rouge et le drapeau tricolore, la Marseillaise et l'Internationale, Vaillant s'attache à montrer combien le communisme est la continuation de la France, sa quintessence même. Il l'écrit avec brio, multipliant les références culturelles, et démontrant qu'il n'a pas de son pays la conception d'une identité étriquée, mais qu'il le voit comme la somme des alluvions qu'ont laissée les remous de l'histoire, des grands courants de la pensée du monde qui ont alimenté la fécondité nationale. Il l'unit à la grande cause universelle qu'il a toujours recherchée.

L'exact opposé de ce qu'il dénonce puissamment, dans les colonnes de l'Humanité, en la montée du fascisme. Ce dimanche d'octobre, tandis que paraissait son dernier éditorial et qu'il meurt à la chasse près de Rambouillet, Paul Vaillant-Couturier est devenu, avec Thorez, l'autre figure communiste du Front Populaire. C'est ce que signifie à son dernier cortège la foule immense des Parisiens.

Patrick Apel-Muller

Dans le numéro spécial de l'Humanité : 1936, le Front Populaire. Quand le peuple s'en mêle.

A vendre 8€ chez les (bons) marchands de journaux, un numéro fait d'articles historiques remarquables.

Paul Vaillant-Couturier: L'autre figure communiste du Front populaire (Patrick Appel-Muller)
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8 juin 2016 3 08 /06 /juin /2016 05:59
Marcel Trillat est journaliste et documentariste.

Marcel Trillat est journaliste et documentariste.

Marcel Trillat. « L’Huma, c’est ma copine. Bas les pattes ! »

MARDI, 7 JUIN, 2016

L'HUMANITÉ

L’Huma, c’est ma copine du matin, je l’attends avec impatience. Elle le sait, alors elle se fait désirer. Comme je suis abonné, je suis puni : pas moyen de la feuilleter avant le passage du facteur vers 11 heures ! Quand elle arrive enfin, je m’installe avec un petit café.

Je commence toujours par la fin. « Cactus ». Le dessin : Adèle, Coco, Babouse. Je ne me console pas de ne plus retrouver, de temps en temps, les petits bonshommes jaunes de Charb. Un petit coup d’œil à la citation du jour, souvent magnifique : Aimé Césaire, Victor Hugo, Paul Éluard… Tiens, je vous en propose une d’Albert Einstein : « Il y a deux infinis : l’univers et la bêtise humaine. Mais pour l’univers, j’ai des doutes ! » Puis le « Bling-bling » en haut à droite : un iPhone incrusté de diamants à 11,8 millions d’euros. Hallucinant ! Le billet d’Ulrich et son ironie décontractée qui fait mouche. « Pinocchio ». Le menteur, aujourd’hui, c’est Julien Dray, avec qui j’étais plutôt copain dans le temps : « François Hollande a protégé notre modèle social. C’est un bon président. » Julien, tu devrais renoncer aux drogues dures ! J’arrête là, mais cette page est une petite merveille quotidienne, une savoureuse mise en bouche.

Je peux maintenant remonter en zigzag la pente douce de mon quotidien préféré. Tiens, voyons dans quel merdier infernal s’est encore fourré mon copain Pierre Barbancey, l’un des meilleurs reporters de toute la presse nationale. Et le plus dingue ! Puis un petit détour par les pages culturelles, toujours très riches. Comment se fait-il que des grandes plumes comme Émile Breton, véritable érudit du cinéma mondial, ou Jean-Pierre Léonardini, extraordinaire passionné de théâtre, ne soient jamais invitées dans les débats radio ou télé aux côtés du spécialiste du Figaro, qui, lui, ne manque jamais à l’appel ? De même Jean Roy ou Dominique Widemann ? Dans tous les domaines il y a de grandes pointures à l’Huma. Dans les rubriques média, par exemple. La rubrique sociale, la plus riche de toute la presse française (Thomas Lemahieu). Les éditos : Ducoin, Paule Masson, (1) etc. Puis la politique, l’international, selon mon humeur ou selon l’info du jour.

Cela n’a pas toujours été le cas mais les débats pluralistes sont presque quotidiens dans l’Huma. Aucun journal ne fait autant appel aux écrivains (la rubrique de Taillandier), aux philosophes (Cynthia Fleury), aux scientifiques, aux universitaires. Aucun journal ne défend aussi fidèlement les réfugiés, les travailleurs sans papiers, les parias de notre société de plus en plus inégalitaire.

J’apprécie beaucoup, par ailleurs, que le PC ait son encart hebdomadaire bien séparé du domaine des journalistes. Bien sûr, il m’arrive de piquer ma mouche à la lecture d’un article manquant de recul ou de pertinence, mais il n’est plus temps de faire la fine bouche, il y a urgence absolue : il faut sauver l’Huma à tout prix et se battre pour l’améliorer encore. Je ne supporterais pas que l’on me prive injustement du grand plaisir de la lire et du petit plaisir de lui chercher des poux dans la tête et de me chamailler avec elle chaque matin, tout seul dans mon coin. L’Huma, c’est ma copine. Bas les pattes !

Je vous aime tous. Avec mes amitiés.

(1) Pardon pour tous ceux et celles que je ne cite pas.

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8 juin 2016 3 08 /06 /juin /2016 05:09
Jean-Paul Cam, secrétaire de section du PCF Brest

Jean-Paul Cam, secrétaire de section du PCF Brest

Jean-Paul Cam, secrétaire de la section locale du PCF.

Les élections internes au Parti communiste français ont permis à Jean-Paul Cam de conserver son siège de secrétaire de la section locale brestoise. Il a été élu à la quasi-unanimité récemment et annonce les ambitions du parti.

Restez-vous mobilisés contre la loi Travail ?
« Plus que jamais. Le mouvement social s'amplifie et nous le soutenons à fond, comme nous serons aux manifestations à venir, dont celle, nationale, du 14 juin. Nous tenons à dire aussi notre indignation contre les violences policières de toute sorte, contre les enfants, les journalistes, les manifestants. Elles sont tout à fait inacceptables dans une république démocratique ».

Il y a certes ce mouvement, mais après ?
« Après, nous devons construire une alternative à Hollande. Nous avons mis en place une consultation de grande envergure "Que demande le peuple", qui est en ligne ou que l'on distribue sur les marchés. C'est un questionnaire que nous allons dépouiller pour bâtir un projet qui devra rassembler toute la gauche qui ne croit plus en Hollande, Valls et Macron. Le front de gauche, nous, les frondeurs, une partie d'EELV mais aussi tout le réseau associatif. Nous voulons l'appeler "Le front populaire et citoyen" ».

Vous êtes défiant vis-à-vis de l'exécutif. Pourtant à Brest, vous êtes l'allié d'une mairie socialiste...
« Nous avons été élus dans une majorité, nous devons travailler dans cette majorité. Ce qui n'empêche pas que lorsque nous avons des désaccords, nous le disons, nous n'hésitons pas. Mais nous observons que la majorité s'était engagée à ne pas augmenter la pression fiscale et s'y tient. Ce qui change entre le national et le local, c'est l'approche du rapport au réel. C'est le point d'appui pour la défense de ce que nous faiso


© Le Télégrammehttp://www.letelegramme.fr/finistere/brest/forum/pour-un-front-populaire-et-citoyen-08-06-2016-11099089.php#8m5JPMDKtxPAbtv4.99

Section communiste de Brest, conférence de presse du nouveau bureau de section: "Pour un front populaire et citoyen"

Le journal de la section PCF de Brest, "Paroles communistes", juin 2016

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8 juin 2016 3 08 /06 /juin /2016 05:00
Photo Ouest-France: notre camarade du PCF et du SNES Michel Payen en première ligne derrière la banderole

Photo Ouest-France: notre camarade du PCF et du SNES Michel Payen en première ligne derrière la banderole

Rennes. Manifestations jeudi contre la loi travail
http://www.ouest-france.fr/bretagne/rennes-35000/rennes-deux-manifestations-jeudi-contre-la-loi-travail-4281290

Deux manifestations contre la loi travail sont annoncées à Rennes jeudi. Il y aura un barrage filtrant le matin à la Poterie et une manifestation à 12h dans le centre ville.

Deux nouvelles manifestations contre la loi El Khomri sont organisées le même jour, jeudi 9. L’intersyndicale (CGT, FO, Solidaires, FSU, ) organisera une distribution de tract à la Poterie le jeudi de 8h à midi avec un barrage filtrant. Puis l’intersyndicale partira à 12h pour rejoindre l’esplanade Charles de Gaulle.

Place de Bretagne

SUD-Solidaires et l’Aginterpro appellent de leur côté à une manifestation place de Bretagne le jeudi 9 juin à 12 h qui empruntera les quais jusqu’au boulevard Laënnec pour opérer la jonction avec l’autre cortège.

Pour SUD les manifestations du jeudi 9 juin à Rennes « auront une connotation particulière suite aux violences policières du dimanche 29 mai et du 2 juin 2016 »

Pique-nique revendicatif des retraités à 11 h

A l'appel des organisations syndicales et associatives CGT, FO, FSU, FGR-FP Solidaires et LSR, les retraités organisent également un pique-nique revendicatif à partir de 11h, place de la République, contre la loi Travail et pour « protester contre la baisse de leur pouvoir d’achat et la politique fiscale du Gouvernement à leur égard », indique le communiqué de la CGT.

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