Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
5 mai 2020 2 05 /05 /mai /2020 05:33

 

Vous trouverez ci-dessous le courrier que Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, a fait parvenir à Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des Finances.

 

 

Monsieur le Ministre,


La pandémie de Covid-19 plonge notre pays, depuis plusieurs semaines, dans une crise sanitaire, économique et sociale sans précédent. Face à de tels désordres, la mobilisation par l'Etat de moyens financiers exceptionnels s'impose, mais elle doit aussi s'accompagner de solides garanties. Comment imaginer en effet que l'engagement de la nation toute entière puisse profiter, d'une quelconque façon, à ceux qui sapent délibérément, par leurs manœuvres d'évitement fiscal, le pacte républicain ? Ce serait inadmissible pour nos concitoyens, auxquels on promet déjà de devoir payer la facture d'un chaos dont ils ne sont pas responsables.


C'est la raison pour laquelle la simple circulaire, qui recommande de ne pas délivrer d'aides de trésorerie aux entreprises ayant une filiale dans un des pays de la liste française des paradis fiscaux, n'est pas à la hauteur de ces attentes.


Pourquoi cette injonction est-elle insuffisante ? D'abord parce qu'elle ne s'inscrit pas dans un cadre législatif, le seul à même de garantir un contrôle démocratique. Ensuite parce qu’elle ne concerne qu’une partie des aides, report des charges et prêts garantis en particulier, à l'exclusion du chômage partiel. Enfin, parce que la liste française des paradis fiscaux est une sorte de conte pour enfants aux yeux des experts de l'optimisation fiscale. Ainsi, parmi les 12 pays qui aident le plus les entreprises à échapper à l’impôt en France, seuls les Bahamas et les Îles Vierges figurent sur notre liste, tandis que le Luxembourg, l'Irlande, les Bermudes ou Jersey, pour ne citer qu'eux, échappent toujours à nos radars.


Renforcer le contrôle de ces aides publiques exceptionnelles suppose donc d'imaginer de nouvelles mesures, plus contraignantes. C'est pourquoi nous proposons que chaque multinationale qui souhaite bénéficier d’un quelconque soutien de l’Etat publie un reporting public de ses activités dans chaque pays. Elle devra y mentionner à chaque fois le montant du chiffre d’affaires, celui du bénéfice ainsi que le nombre de salariés. Cette procédure offrira ainsi un droit de regard réel du citoyen sur les aides aux entreprises versées par l’Etat.


Ensuite, à défaut de modifier plus profondément la liste française des paradis fiscaux, comme nous le proposons depuis de nombreuses années, il serait logique qu’elle soit au moins, comme le prévoit la loi, alignée sur la liste européenne, qui comprend aujourd’hui les Îles Caïmans.


Enfin, nous demandons d'exclure des aides de l’Etat toute entreprise qui possède une filiale dans un pays dont le taux d'impôt sur les sociétés est inférieur à 20% et qui n’est pas capable de prouver que cette activité présente une substance économique réelle. L'adoption de telles dispositions permettrait, j'en suis convaincu, de renforcer notre cohésion nationale tout en répondant à un impérieux besoin de justice fiscale.


Dans cet esprit, je souhaite également que nous puissions travailler à l'instauration d'un prélèvement à la source des bénéfices des multinationales ayant des filiales dans des paradis fiscaux. Cela se pratique déjà dans certains pays ou régions et nous permettrait de récupérer de précieuses recettes avant qu'elles ne s'envolent indument.


En vous remerciant de l'attention portée à ces propositions et dans l'attente de votre réponse, je vous prie de recevoir, Monsieur le Ministre, l'assurance de ma haute considération.


Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, député du Nord,

Partager cet article

Repost0
5 mai 2020 2 05 /05 /mai /2020 05:28

 

La crise sanitaire confirme la nécessité de développer les modes de transports les moins polluants et, à ce titre, d'investir massivement dans le rail en France

 

 

 

Le Covid 19 a ainsi des conséquences encore plus graves dans les agglomérations où la pollution de l'air favorise les maladies respiratoires chroniques.

C'est justement au moment où ce besoin d'investissements dans le rail est plus que jamais nécessaire que la SNCF voit son chiffres d'affaires amputé de 800 millions d'euros sur son activité  « voyageurs » presqu'à l'arrêt avec la pandémie. Or, c'est cette même activité qui doit en partie financer l'activité réseau, dans le cadre de la transformation de l'entreprise en Société anonyme, imposée par l'actuel gouvernement.


L'Etat a aujourd'hui une responsabilité plus grande encore pour financer le réseau, sa modernisation, et le développement de l'activité fret, notamment dans l'activité container et wagon isolé.
Avec seulement 9% de part de marché pour le fret ferré, la France est loin derrière des pays comme les Pays Bas ou encore l'Autriche, dont 30 % du fret passe par le train !

La SNCF a grands défis à relever : organiser et développer les transports des voyageurs en pleine pandémie et augmenter l'activité fret de notre pays.

Autant d'activités qui nécessitent des moyens humains et financiers. Et des investissements publics massifs, à hauteur de 7 milliards d'euros, utiles pour l'emploi comme pour l'environnement.


Fabien Roussel, secrétaire national du PCF

Partager cet article

Repost0
4 mai 2020 1 04 /05 /mai /2020 06:00
Manifestation du Front Populaire à Concarneau

Manifestation du Front Populaire à Concarneau

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère:

88/ René Lijour (1900-1979) et Lucie Lijour née Le Goff(1909-1986)

Lire aussi:

La Résistance et les communistes à Concarneau (à partir des notes et archives de Pierre Le Rose)

Contribution à l'histoire de la libération de Concarneau - par Alphonse Duot, ancien responsable du Front National de lutte pour la Libération et l'indépendance de la France, adjoint au commandement de la 7ème Compagnie F.T.P.F: un document exceptionnel des archives Pierre Le Rose

Né le 25 octobre 1900 à Beuzec-Conq (Finistère), mort le 27 décembre 1979 à Riec-sur-Belon (Finistère) ;  Réné Lijour fut ouvrier aux conserveries, puis sabotier ; militant syndicaliste, militant communiste et résistant.

René Lijour était le fils d’un sabotier et d’une cultivatrice. Il fut ouvrier aux conserveries Bonduelle de Bannalec (Finistère) où il dirigea une grève en 1920. Devenu sabotier, membre de la CGTU puis de la CGT réunifiée, il participa à la fondation de la cellule communiste locale. Devenu membre du comité régional du Parti communiste de 1935 à 1939, il fut secrétaire de la section de Bannalec de 1936 à 1939.
Pendant l’Occupation, il participa à la réorganisation du Parti communiste dans la clandestinité, il appartenait au triangle de direction, avec Eugène Le Bris et Eugène Le Caignec, du secteur de Concarneau (Finistère). Devenu FTP, il fut condamné à mort par contumace en 1942.

Alphonse Duot fils (témoignage repris par Pierre Le Rose): "la section du Parti de Concarneau aidé par les J.C entreprend dès l'arrivée des nazis dans l'été 40 des actions de sabotage. René Lijour paie de sa personne et entraîne les jeunes. Trolez, Y. Le Gall, Ch. Tocquet entre autres participent au déboulonnage des voies ferrées, à la destruction des lignes téléphoniques. Des soldats nazis sont victimes de cette ardeur vengeresse et plus d'un trouvera dans le port une fin prématurée. La nuit est quelquefois trouée d'explosions insolites qui réveillent les Concarnois. C'est la grue de la gare qui saute, ou bien un transformateur ou un poteau supportant la haute tension. Les explosifs sont pris à l'ennemi. Les chantiers sont mis en coupe réglée. Des groupes prennent le titre de "terroristes patriotes". En septembre et octobre 42, une trentaine de membres du groupe commandé par René Lijour sur Concarneau sont arrêtés.

Après, courant 42:  Tollec Fanch. Interné Rennes. Libéré; Touchard Fanch. Interné Rennes. Libéré; Kerledou André. Interné Rennes. Libéré; Louarn Victor. Déporté; Jourden Esprit. Mort en déportation; Berthou Joseph. Fusillé à Thouars; Carduner. Mort à Dachau; Daoudal. Fusillé au Mont-Valérien (le dépôt d'armes des T.P se trouvait chez ce camarade); Le Lay Alain. mort à Auschwitz - Le 25 septembre 1942, sont arrêtés les résistants communistes de la région de Concarneau: Serre Jacques; Le Caignec Eugène père; Touchard Fanch; Kerledou André fils; Dréano Joseph; Rioual Arthur; Guiffant Louis; Loch Mathias; Rossignol Jean - Puis le 27 septembre:

Le Bris Eugène fusillé (affaire Le Bras, juge de Nantes); Lijour Lucile, déportée; Breton Françoise déportée; Bodéré Marie-Jeanne internée; Baudry (agent de liaison) fusillé au Mont-Valérien; Huon frères internés; Thomas Yves: déporté. Et Fin septembre: Tocquet Charles. interné; Louarn Théo. Mort en déportation; Trichard Yves. Tué au combat ; Le Gall Yves. Mort en déportation; Le Gall Joseph. Interné; Péron Louis. Interné

Dolliou Charles. Interné; Trolez Jean. Déporté; Bourbigot Jean. Déporté.

C'était un coup très dur porté à la Résistance. René Lijour avait réussi à s'échapper et à disparaître dans la nature et quelques camarades avaient passé entre les mailles du filet, mais l'organisation était détruite.

Une caisse de secours aux familles des déportés et fusillés fut créée et alimentée par des dons en argent et en espèce. La liaison avec René Lijour, malade, est reprise par Mme Le Caignec et Mme Duot, qui avait déjà servi d'agent de liaison avant la rafle de septembre 1942. Les indications sont les suivantes: la haine de l'occupant s'est développée, il est mis en échec à Stalingrad, les conditions sont créées pour élargir le combat. La question de la création du Front National et de ses groupes de combat, les F.T.P.F, est posée.

La liaison reprise par René Lijour par Alphonse Duot (fils) qui était également en contact avec Robert Jan, un travail de réorganisation fut entrepris aussitôt en tenant compte de la nécessité de sauvegarder la sécurité de chacun des résistants. Une difficulté subsistait: la coupure avec le centre. Elle allait durer un certain temps, mais qu'importe, le travail fut entrepris quand même. A côté du groupe du Parti Communiste fut formé un groupe des Jeunes Communistes organisé en triangle pour les nécessités de la sécurité, dont Pierre Le Rose assure la direction jusqu'à la Libération. Il y a chez ceux qui sont en liberté la volonté de poursuivre le combat de leurs frères arrêtés, déportés, abattus, torturés, exécutés. Il y a la volonté de la population d'exprimer son hostilité au nazisme, il y a la confiance née des premiers revers de l'armée nazie. Stalingrad, de Novembre 42 à février 43, stimule la combativité des français. 

En septembre 1943, quelques jeunes concarnois, en contact avec les étudiants de l'Ecole Primaire Supérieure (E.P.S) de Quimperlé, constituent le premier groupe de F.T.P, rattaché à la "compagnie Sous-Marin Curie". 

Le recrutement devint intensif. Les jeunes de vingt ans et moins se constituèrent en groupe de F.T.P (Francs-Tireurs et Partisans Français).

Du coup les choses prirent une autre tournure. Les conseils de René Lijour et ses indications permirent d'envisager la reprise du combat armé. Mais il fallait élargir le combat à d'autres que les communistes et pour cela créer le Front National et sa force militaire les F.T.P.F. René Lijour, Pierre Le Rose, Robert Jan, Alphonse Duot fils, Louis Trichard s'y emploient. Alphonse Duot fils et Pierre Le Rose créent un groupe de Jeunesse communiste. Il commença sans tarder et tracts et journaux sortirent de notre presse clandestine, une simple pierre humide (ils insistaient sur les problèmes de ravitaillement de la population).  De là devait sortir le journal "L'étincelle" appelant la population à renforcer et soutenir la Résistance.

L'étincelle: journal de la Résistance communiste de Concarneau, Mai 1944- Juin 1944: un document exceptionnel des archives Pierre Le Rose


René Lijour s’était marié à Riec-sur-Belon (Finistère) le 27 octobre 1925 avec Marie-Joséphine, dite Lucie, Le Goff, née le 27 octobre 1909 à Riec-sur-Belon, arrêtée en septembre 1942 et déportée à Ravensbrück.

Site Mémoire de guerre sur les déportés du Finistère:

LIJOUR née LE GOFF Lucie, née le 6 octobre 1909 à Riec-sur-Belon (29). Commerçante, domiciliée 24 avenue de la Gare à Concarneau, épouse de l'un des chefs du parti communiste à Concarneau, réputée "propagandiste active des idées subversives, au courant des faits et geste". Arrêtée le 27 septembre 1942, elle est écrouée à Quimper. Elle est déportée de Paris, gare de l’Est, le 13 mai 1944 vers le KL Ravensbrück. Autre lieu de déportation:  Zwodau . Rescapée.


Lucie Lijour fut conseillère municipale communiste de Concarneau de 1945 à 1953. Elle est décédée à Riec-sur-Belon en décembre 1986.

Lire aussi:

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 85/ Alain Signor (1905-1970)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 84/ Marc Scouarnec (1894-1968)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 83/ Germain Bournot (1915-2007)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 82/ Michel Nédelec (1940-2009)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 81/ Eric Texier (1902-1941)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 80/ Théophile Kerdraon ( 1891-1984)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 79/ André Guéziec (1922-1941)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes dans le Finistère: 78/ Jean Kérautret (1918-1942) et Vincent Guivarc'h (1918-1942)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 77/ Emile Le Page (1922-1942) et Pierre Jolivet (1921-1942)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 76/ Louise Tymen (1925-2015)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 75/ Yves Giloux (1921-1943)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 74/ André Garrec (1922-1944)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 73/ Frantz Boucher (1924-1944)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 72/ François Echardour (1925-1988)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 71/ Marie Le Manchec (1914-1999)

100 ans d'engagements communistes en Finistère: 70/ Charles Moigne (1894-date de décès inconnue)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 69/ Jean Le Tréis (1884-1970)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 68/ François Tanguy (1925-1987)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes: 67/ François Tournevache (1919-1993)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 66/ Jos Quiniou (1900-1976)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 65/ François Gaonac'h (1901-1978)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 64/ Paul Lespagnol (1949-2003)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 63/ Jean-Marie Le Scraigne (1920-2016)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 62/ Le docteur Tran

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 61/ Jean-Marie Plonéis (1934-2018)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes dans le Finistère: 60/ Guillaume Bodéré

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes dans le Finistère: 59/ Pierre Salaun

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 58/ Guy Laurent (1940-1994)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 57/ Eugène Kerbaul (1917-2005)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 56/ Pierre Cauzien (1922-2009)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 55/ Albert Jaouen (1909-1976)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 54/ Pierre Hervé (1913-1993)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 53/ Julien Gracq, de son vrai nom Louis Poirier (1910-2007)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 52/ Yves Le Meur (1924-1981)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 51/ Jean Burel (1921-1944)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 50/ Jacob Mendrès (1916-2012)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 49/ Henri Tanguy dit Rol-Tanguy (1908-2002)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 48/ Carlo de Bortoli (1909-1942)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 47/ Robert Jan (1908-1987)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 46/ Denise Roudot (1933-2002)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 45/ Paul Le Gall (né en 1925)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 44/ René Le Bars (1933-2016)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 43/ Louis Le Roux (1929-1997)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 42/ Pierre Corre (1915-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 41/ Daniel Le Flanchec (1881-1944)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 40/ Joséphine Pencalet (1886-1972)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 39/ Sébastien Velly (1878-1924)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 38/ Edouard Mazé (1924-1950)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 37/ Guy Liziar (1937-2010)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 36/ Henri Moreau (1908-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 35/ Alphonse Penven (1913-1994)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 34/ Michel Mazéas (1928-2013)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 33/ Pierre Guéguin (1896-1941)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 32/ Jean-Louis Primas (1911-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 31/ François Paugam (1910-2009)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 30/ Angèle Le Nedellec (1910-2006)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 29/ Jules Lesven (1904-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 28: Raymonde Vadaine, née Riquin

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 27/ Jeanne Goasguen née Cariou (1901-1973)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 26/ Gabriel Paul (1918-2015)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 25/ François Bourven (1925-2010)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 24/ Yves Autret (1923-2017)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 23/Pierre Jaouen (1924-2016)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 22/ André Berger (1922-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 21/ Joseph Ropars (1912-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 20/ Paul Monot (1921-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 19/ Jean-Désiré Larnicol (1909-2006)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 18/ Jean Le Coz (1903-1990)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 17/ Alain Cariou (1915-1998)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 16/ Jean Nédelec (1920-2017)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 15/ Alain Le Lay (1909-1942)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 14/ Pierre Berthelot (1924-1986)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 13/ Albert Abalain (1915-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 12/ Andrée Moat (1920-1996)

1920-2020: cent ans d'engagements communistes en Finistère: 11/ Jean Le Brun (1905-1983)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 10/ Denise Larzul, née Goyat (1922-2009)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 9/ Pierre Le Rose

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 8/ Marie Salou née Cam (1914-2011)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 7/ René Vautier (1928-2015)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 6/ Denise Firmin née Larnicol (1922-2019)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 5/ Fernand Jacq (1908-1941)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 4/ Corentine Tanniou (1896-1988)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 3/ Albert Rannou (1914-1943)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 2/ Marie Lambert (1913-1981)

Partager cet article

Repost0
4 mai 2020 1 04 /05 /mai /2020 05:47

 

Laurent Ziegelmeyer est élu du personnel du Groupe Sanofi

La pandémie de Covid-19 révèle les besoins en termes de collaboration internationale dans le secteur du médicament. Malgré l’existence de géants pharmaceutiques nationaux, l’industrie pharmaceutique française ne prend clairement pas sa part dans la mise en commun internationale des moyens techniques et humains permettant de répondre aux besoins de toutes les populations.

 

La rentabilité avant tout

La gestion par la rentabilité est assassine pour les pays du Sud, également néfaste pour les travailleurs et travailleuses du Nord. Pendant des années, on a considéré ici ou là que l’industrie pharmaceutiques avait surtout des effets négatifs pour les malades de pays pauvres. Les effets de cette politique pour les populations du « Sud » sont effectivement édifiants : Les médicaments sont trop chers, handicapant lourdement toute politique de santé publique. Les maladies « non-rentables » sont négligées. Seul 1 % des 1 393 molécules sorties entre 1975 et 1999 concernait les maladies spécifiques de ces pays. Certains traitement ont devenus tellement anciens que des résistances se sont développées et u’ils sont devenus inefficaces.

Il est d’ailleurs légitime de se poser la question suivante : si le Covid-19 n’avait touché que les pays pauvres, y aurait-il autant d’essais lancés dans le monde pour trouver un traitement ? On peut en douter.

La crise sanitaire liée au coronavirus démontre – si on devait encore le faire – que dans les pays riches aussi, la politique de ces groupes a un impact très fort. Cette mainmise du privé pose aussi de nombreuses questions dans les pays du « Nord ». Quel accès aux médicaments pour les populations les plus pauvres en constante augmentation ? Comment sont fixés les prix de ces médicaments et leur implication dans le financement de la protection sociale ? Comment un gouvernement peut-il élaborer une ambitieuse politique de santé si l’industrie pharmaceutique va à son encontre ?

La pandémie montre bien qu’il est temps de remettre sur la table des propositions sur l’industrie pharmaceutique. Tout d’abord, faisons la différence entre les dirigeants de ces grands groupes qui comme leurs actionnaires se gavent (le terme est faible) et les salarié·e·s qui, d’abord et avant tout, veulent contribuer à améliorer la santé ! Cette crise montre bien que le médicament, le vaccin ne sont pas des produits comme les autres. Dans cette période, on peut arrêter de fabriquer des « Playmobils », pas des médicaments !

En plus de toutes celles et ceux en première ligne contre le virus, il y a les salarié·e·s de l’industrie pharmaceutique qui travaillent sur le Covid-19, mais continuent aussi à produire les autres médicaments, car toutes les autres maladies n’ont pas arrêté de sévir !

Cette crise montre bien que les seuls intérêts privés ne peuvent régler la situation, que la puissance publique doit jouer un rôle car la question c’est la coopération pour combattre ce virus, et non la compétition. Il ne s’agit pas d’imposer aux laboratoires de faire l’aumône mais bien de donner à chaque humain le droit à la santé. Cela repose les questions du médicaments : pour qui, pour quoi faire, avec quelle industrie pharmaceutique ?

Prenons un exemple de la gestion aujourd’hui : l’usine Famar en région Lyonnaise, seule à produire de la chloroquine est en redressement judiciaire ! Faisons aussi un peu d’histoire : en 2003, Aventis, descendant direct de Rhône Poulenc et Roussel Uclaff, a vendu ce site à l’entreprise grecque Famar. Cette entreprise, prise dans d’énormes difficultés, a été reprise par le fonds américain KKR. KKR a placé cette usine en redressement judiciaire et les 11 autres usines de Famar sont en cours de vente à la découpe.

On pourrait aussi évoquer le nombre de principes actifs produits en Chine et en Inde aujourd’hui, comme la paracétamol, mettant en danger notre souveraineté sanitaire.

Enfin, sur la recherche, Sanofi a décidé de fermer le centre d’Alfortville il y a un an. Malgré la pandémie, le plan continue d’être mis en œuvre. Rien que dans ce groupe, les effectifs de recherche en France ont fondu de moitié en 10 ans ! Ces différents exemples montrent bien que dans ce domaine, on ne peut pas faire confiance au privé. Alors oui, un pôle public de recherche et de production pharmaceutique est indispensable dans notre pays. « Impossible ! » vont hurler les libéraux et les patrons de cette industrie. Ils ont la mémoire courte.

 

L’expérience des nationalisations

Les nationalisations des années 1980 ont conduit à un changement de propriétaire mais logique est resté identique

Prenons Sanofi, dont les origines généalogiques sont principalement partagées en trois :

- Rhône Poulenc, nationalisée au début des années 1980, ce qui a sauvé l'entreprise

- Roussel Uclaff, où l'Etat a eu jusqu'à 40% du capital

- Enfin Sanofi, filiale pharmaceutique du pétrolier Elf, qui était une entreprise publique

C’est donc bien l’argent public qui a permis la constitution de ce groupe. Un pôle public pharmaceutique est possible, indispensable et nécessaire, mais avec une gestion qui à la différence des années 1980 devra prendre en compte l'avis des salarié·e·s et les besoins de santé ici et ailleurs !

Nous venons de le voir, en France dans les années 1980, nous avons connu une nationalisation d’une partie de l’industrie pharmaceutique. Cela n’a pas empêché des scandales comme l’Oltipraz, traitement contre la bilharziose découvert chez Rhône-Poulenc, mais jamais produit. Cela n’a pas permis non plus la constitution d’un grand pôle pharmaceutique permettant de répondre aux besoins de la population. En fait, c’était une entreprise « publique », mais gérée selon les critères de rentabilité du privé. La nationalisation avait permis de sauver Rhône-Poulenc, mais jamais il n’y eut la moindre réflexion sur un autre type de gestion.

 

Utiliser le pôle public de recherche, de production et de distribution

Un tel pôle serait utile pour imposer une autre gestion démocratique et fondée sur les besoins des populations.

Il s’agit tout d’abord de débattre de la notion de propriété intellectuelle et de son appropriation. Les brevets dans le domaine de la santé ne sont qu’une confiscation pour des intérêts lucratifs. On peut d’ores et déjà évoquer quelques caractéristiques à transformer d’urgence : la durée excessive des brevets, leur « systématicité » quel que soit le médicament, leur application identique au « Nord » et au « Sud »...

 

Le médicament n’est pas un produit comme les autres.

Il faut considérer le médicament comme partie intégrante de la politique de santé, comme un bien public, au même titre que l’eau, l’énergie... La recherche, la production et la distribution pharmaceutique ne doivent donc pas être régies comme aujourd’hui, sous le contrôle exclusif de quelques grands groupes privés. Il apparaît clairement la nécessité d’un réel contrôle public. Cela ne veut pas dire automatiquement nationalisation.

Ce contrôle public peut s’articuler autour d’une intervention sur la demande, d’une véritable transparence sur le médicament, d’une réelle politique du prix, et enfin de la place que doit occuper la puissance publique.

Tout d’abord, on peut évoquer la mise en place d’un véritable conseil du médicament, indépendant des industriels, qui puisse établir des priorités, en lien avec les ONG et les associations de malades. Les conclusions de ce conseil devraient servir d’orientations tant à la recherche publique, qu’à l’industrie privée.

Comment ? Les aides publiques seraient soumises à ces orientations, et on peut imaginer également l’obligation pour les trusts d’utiliser une partie de leurs bénéfices à des recherches et des productions utiles et indispensables. Aujourd’hui si on prend Sanofi, d’un côté la moitié des bénéfices sont versés aux actionnaires, et de l’autre ils touchent depuis des années près de 150 millions d’aides publiques, comme le crédit impôt recherche, sans obligation. Ils ont quand même supprimé 3 000 postes de chercheurs en 10 ans en France. Le dernier plan est en cours, avec la fermeture du site d’Alfortville !

D’autres pistes peuvent être évoquées : fonds alimenté par une taxe sur ces bénéfices, fonds de soutien à la recherche publique et à des initiatives de solidarité internationale. On pourrait imaginer aussi un dispositif utilisant le fonds évoqué (ou d’autres ressources) pour assurer un financement à des programmes dans le cadre des priorités du conseil avec comme condition l’absence de brevet, faisant de ces molécules des biens publics. Réfléchissons également à un mécanisme permettant que des molécules efficaces mais abandonnées ne restent pas dans les tiroirs des laboratoires. Ces produits sont souvent brevetés, il est temps de réveiller ces brevets dormants !

On peut penser enfin à la réquisition on des unités de fabrication on qui ne sont pas utilisées afin de produire les médicaments faisant défaut aujourd'hui. Reprenons l’exemple de l’usine Famar à côté de Lyon. Le terme de réquisition peut faire "peur", mais est-il plus effrayant que cette logique actuelle de l'industrie, faite de mépris pour les malades du « Sud » et de destruction de l'emploi au «Nord» ?

On le sait, le privé de toute façon ne voudra pas travailler sur tout. Se pose donc clairement la constitution d’un pôle public du médicament !

La constitution d’un grand pôle public de recherche et de production pharmaceutique est nécessaire, mais avec un mode de gestion qui ne soit pas calqué sur le privé, pôle public géré par les chercheurs, les salariés, impliquant les syndicats, les associations de malades, les ONG, dans le cadre du débat démocratique. Ce pôle public serait ouvert sur les collaborations internationales notamment avec le Sud (le transfert technologique étant, pour moi, l’avenir dans ces pays), ouvert également aux collaborations public/privé, mais sur une base d’égalité et non pas dans un cadre de domination du privé, comme c’est trop souvent le cas aujourd’hui.

Il est temps de sortir le médicament, ce bien public, de la logique capitaliste !

Partager cet article

Repost0
4 mai 2020 1 04 /05 /mai /2020 05:33

Partager cet article

Repost0
3 mai 2020 7 03 /05 /mai /2020 15:42
Hubert Wulfranc, un des trois députés communistes de Seine-Maritime avec Sébastien Jumel et Jean-Paul Lecoq (photo Assemblée Nationale)

Hubert Wulfranc, un des trois députés communistes de Seine-Maritime avec Sébastien Jumel et Jean-Paul Lecoq (photo Assemblée Nationale)

INTERVIEW. Ce député de Seine-Maritime propose d’augmenter le SMIC à 1 300 euros dès juillet

Hubert Wulfranc, député de Seine-Maritime, fait une proposition de loi pour un SMIC à 1 300 euros dès juillet 2020 pour relancer le pouvoir d'achat des Français après la crise.

Publié le 2 Mai

Pour Hubert Wulfranc, député de Seine-Maritime, augmenter le Salaire minimum interprofessionnel de croissance (SMIC) de 8,5 %, soit passer de 1 196 euros net à 1 300 euros dès le 1er juillet 2020, est une solution pour endiguer la crise économique qui se profile après la crise sanitaire du Covid-19.

Encarté au Parti communiste français, le député a fait une proposition de loi en ce sens avec son groupe à l’Assemblée nationale. Explications.

76actu : Face aux discours alarmiste des entreprises, proposer une augmentation du SMIC peut paraître contradictoire. Qu’en dites-vous ?
Hubert Wulfranc : J’ai bien conscience de cet argument. Et pourtant, une augmentation du SMIC à 1 300 euros, alors que la consommation a baissé de 30 % pendant le confinement, pourrait être une contribution majeure à la reprise économique en redonnant du pouvoir d’achat aux Français et en relançant la consommation. C’est un véritable enjeu de redressement du pouvoir d’achat des salariés.

« Ce serait juste socialement et efficace économiquement »

Pensez-vous vraiment que les entreprises ont les moyens de payer un SMIC à 1 300 euros ?
L’effort considérable des pouvoirs publics pour permettre aux entreprises de redémarrer dans des délais convenables ne doit pas mettre de côté les salariés.

Par rapport à la situation, notre proposition ne nous paraît pas inconcevable, bien au contraire. Passer de 10,15 euros de l’heure à 11 euros nous apparaît juste socialement et efficace économiquement. On ne peut pas applaudir ces soignants, ces caissières, ces agents d’entretien… tous les soirs à nos fenêtres sans leur mettre un peu de bifteck dans l’assiette. Ce ne serait pas sérieux.

Tous ces gens qui ont tenu le pays pendant la crise sont ceux qui sont les plus mal payés. On entend parler de primes ici et là mais ce ne sera pas pour tout le monde. Alors, pour nous, augmenter un peu le SMIC, c’est la meilleure solution.

Justement, pour le Parti communiste, augmenter de SMIC de 1 300 euros, c’est plus faible que ce que vous demandez d’habitude. Pourquoi ?
Oui, effectivement, notre proposition cadre est un SMIC à 1 500 euros. Le SMIC n’a pas été réellement augmenté depuis 2006. Il y a eu une petite bricole en 2012, mais c’est tout. 

Mais dans le contexte actuel, nous avons décidé de faire une proposition adaptée à la situation, qui est possible de mettre en place dès maintenant. On espère que notre proposition sera discutée courant mai 2020.

https://actu.fr/politique/interview-ce-depute-seine-maritime-propose-daugmenter-smic-1-300-euros-juillet_33346642.html?fbclid=IwAR2HjArgqSp01xdVHulIlv3dSlZRo9MnZiFqP5bcWJtLlhXR7y5d2opBnMQ

Partager cet article

Repost0
3 mai 2020 7 03 /05 /mai /2020 15:34
Interview de Marie-Georges Buffet dans Ouest-France, 3 mai - Par Yannick Le Coquil: le monde du sport devra changer

Marie-Georges Buffet : « Le monde du sport devra changer… »

Ministre de la Jeunesse et des Sports de juin 1997 à mai 2002, aujourd’hui députée de la Seine-Saint-Denis, Marie-George Buffet livre son sentiment sur la situation actuelle.

Que vous inspire la situation actuelle, pour le monde du sport ?

Je pense surtout à ces clubs amateurs qui, en avril, en mai, en juin, n’ont pas pu ou ne pourront pas entreprendre les initiatives qui leur permettaient de faire entrer de l’argent dans les caisses. Comme les tournois par exemple. Ils vont se trouver en difficulté extrême. Je vais donc demander, et je ne serai pas la seule en tant que députée, un fonds spécial de la part de l’État. On me dit aussi que certaines familles réclameraient le remboursement du dernier trimestre des cotisations. Cela mettrait encore en difficulté ces clubs. C’est pour cela qu’il est essentiel que l’État, à travers le ministère des Sports, fasse un geste important pour aider ces clubs amateurs.

Et pour évoquer plus spécifiquement le football, qu’en est-il de la Ligue 1 et la Ligue 2 ?

Je pense d’abord aux clubs de National, qui sont certainement au niveau financier les plus en péril. On me dit même que certains refuseraient une montée pour ne pas prendre de risques. Quant aux clubs pros de Ligue 1, voire de Ligue 2, on a déjà alerté il y a plusieurs années que leur situation est trop dépendante des droits de retransmissions. Là, on le voit bien. Quand les diffuseurs menacent de ne pas payer… Cette crise touche directement le cœur du problème. Leur équilibre financier repose énormément sur ces droits, et donc leur potentiel quant aux transferts. On va donc avoir dans le foot, mais aussi dans d’autres sports, une élite professionnelle qui va se trouver fragilisée. C’est le moment pour ces ligues professionnelles de repenser leur modèle économique.

Dans quel sens ?

Comme cela peut être le cas dans d’autres pays, ouvrir un peu plus à une participation plus large, plus populaire, avec les acteurs sociaux notamment. Travailler peut-être plus le rapport avec le public, créer des animations autour des événements qui permettent d’avoir des activités financières en lien avec la venue du public. Il est aussi peut-être temps d’assagir ces budgets en instituant des salaires maximum. Et en repensant la question des transferts. Mécaniquement, les droits télés vont baisser. Il faudra alors bien que les clubs revoient leur système de salaires et de transferts.

Quid de la taxe sur les paris sportifs, sur les droits télé… dite taxe « Buffet » (1) ?

Tout cela va extrêmement baisser dans la mesure où les médias refusent de payer les droits, que les paris sont à l’arrêt. Il ne faudrait pas que ces taxes qui étaient dédiées au sport amateur soient diminuées. Il faut que l’État assure au minimum le même montant que cette année, sinon ça sera une catastrophe.

Que vous inspire l’idée d’une Ligue fermée, notamment évoquée par Michel Seydoux, l’ancien président de Lille ?

Si on tombe dans le modèle anglo-saxon des ligues fermées, cela signifie que le sport professionnel va quitter le giron fédéral, avec les toutes conséquences que cela induira. On aura une NBA bis dans le foot, voire dans le rugby, ou autres ? Quid du développement du sport amateur dans ces disciplines ? Comment fait-on une vraie mutualisation des moyens dans le sport parce que si les Ligues professionnelles sortent et font leurs Ligues privées dans certains sports, ça veut dire qu’on l’arrête purement et simplement l’aide vers les pratiques du niveau amateur. C’est extrêmement dangereux.

Cela peut-il amener à une vraie fracture entre ces deux mondes ?

Exactement. On a la chance en France d’avoir le sport professionnel qui est toujours inscrit dans le giron fédéral. Ce qui permet à la fois un contrôle éthique dans le sport en général, le respect des codes, des règles, et aussi je le redis la mutualisation. C’était le but de la taxe que j’avais instituée. Ça avait fait hurler à l’époque, mais elle existe et elle permet de financer le sport amateur. On devrait même aller plus loin aujourd’hui. Faire en sorte que le sport professionnel aide encore plus le sport amateur. Si on sort les Ligues du giron amateur, ça ne peut qu’être très négatif.

Que pensez-vous du report du Tour ce France fin août ?

Même s’il est retardé, je suis d’abord très heureuse que le Tour de France puisse avoir lieu. Je pense qu’il y aura quand même du monde. Ça sera un moment fort pour indiquer que l’on veut vivre, et revivre. Que toute activité peut enfin reprendre.

Celle du report des Jeux olympiques en 2021 est-elle une décision logique selon vous ?

J’ai surtout trouvé qu’elle était tardive. Heureusement qu’ils ont pris cette décision. Parce qu’il y aurait eu un problème d’équité. Tous les pays n’ont pas vécu la pandémie au même moment. La préparation des athlètes aurait été inégale. Ensuite il faut s’imaginer les athlètes dans une situation aussi difficile et angoissante, leur préparation en aurait forcément été grandement altérée. Je pense donc que c’est une décision de sagesse que d’avoir ainsi reporté les Jeux d’un an. Cela permet d’espérer être alors clairement sorti de la pandémie. Tous les athlètes pourront alors être vraiment prêts.

Cette crise peut-elle amener à plus de sobriété ?

Elle devrait le faire, dans le domaine du sport professionnel, oui ! On constate bien l’extrême fragilité du modèle actuel. J’ai entendu plusieurs dirigeants de clubs en parler, ce que je dis est partagé par d’autres. Il faut que l’on ait une vraie réflexion en ce sens. Le ministère des Sports devrait sans doute prendre en charge cette réflexion avec les ligues professionnelles et les fédérations. Quel modèle du sport professionnel adopter dans les années à venir ? Quels objectifs doit-il se fixer dès aujourd’hui ?

Le « sport spectacle » a engendré des dérives, comme le dopage par exemple ? En 1998, alors que vous veniez d’être nommée au ministère, il y avait notamment eu l’affaire Festina…

Oui, mais il faut surtout parler de marchandisation extrême du sport. Que le sport soit un spectacle, ça n’est pas un défaut, bien au contraire. On a plaisir à voir un spectacle sportif, parce que c’est beau. L’effort, le dépassement de soi… Non vraiment, ce n’est la question du spectacle sportif, mais celle de la marchandisation extrême qu’il faut se poser. Je pense en effet que, quelque part, la crise en montre les limites. Elle doit être complètement revisitée.

Cela implique-t-il aussi la tenue de compétitions internationales de moindre envergure ?

Je pense qu’il y avait déjà eu un premier tournant, pour que les événements sportifs soient moins ambitieux, et surtout prennent davantage en compte le développement durable, notamment au niveau des déplacements. Cela commençait à se poser dans les appels d’offres faits par les fédérations internationales et par le CIO (comité international olympique). Je pense qu’il faut vraiment activer cela. J’ai envie de dire qu’il faut peut-être arrêter le jeu pervers entre les fédérations internationales, le CIO et les États. Parce que tant que certains États seront prêts à tout pour obtenir l’organisation d’un événement sportif, même s’il y en a de moins en moins, le mouvement international sportif n’a pas trop à se gêner sur les conditions, les critères, les obligations… Bien souvent, des États autoritaires se servent du sport pour des raisons géopolitiques.

Les grands événements doivent donc perdurer ainsi ?

Il faut bien sûr maintenir les grandes compétitions car c’est aussi la rencontre d’hommes et de femmes venus de la terre entière. Mais il faudrait créer une agence internationale en charge d’arbitrer de façon saine l’attribution des grands événements sportifs. Que cela évite ce que l’on a connu, comme les dessous-de-table, les pressions politiques. Comme l’agence mondiale antidopage, elle pourrait être placée sur l’égide de l’Unesco afin d’assainir l’organisation des grands événements sportifs.

Un meilleur équilibre entre pros et amateurs, sports majeurs et plus confidentiels, cela vous paraît-il utopiste ?

Il faut évidemment pousser dans ce sens. On est dans les discours entre sport santé, sport lien social… Mais moi j’ai envie de dire : le sport tout court. Le plaisir du sport. Il faut aussi prendre en compte que les ressources publiques, que ce soit au niveau des collectivités territoriales ou de l’État, ne cessent de se rétrécir. Il faut donc créer, à l’intérieur même du mouvement sportif, une plus grande solidarité. Et j’ai envie de dire envers les pratiques amateurs, mais aussi celles qui n’ont pas de grande visibilité médiatique.

En tant qu’ancienne ministre des Sports, et même avant les derniers événements, le sport vous faisait-il autant vibrer ?

(Souffle)… D’abord le sport en France reste encore l’affaire des bénévoles, c’est déjà un bon point. Dans beaucoup de ses pratiques, dans beaucoup de ses niveaux. Il existe encore des présidentes et présidents de fédé qui sont issus d’un parcours amateur. Je trouve que c’est une richesse. Il y a aussi beaucoup d’athlètes qui sont des citoyennes, des citoyens, qui prennent la parole sur des sujets divers. Il y a aussi tous ces mômes qui continuent à jouer… Et puis il y a les grandes compétitions, avec la recherche des records et de la victoire. Oui bien sûr, il y a des dérives. Mais celles que l’on connaît dans le sport, ce sont celles que l’on connaît aussi dans la société. Quand on triche dans le sport, c’est que l’on triche aussi dans la vie. Quand on est prêt à marcher sur son voisin ou son collègue pour obtenir quelque chose, dans le sport on peut imaginer que… En luttant dans les dérives dans le sport, on cherche aussi à améliorer la société. Peut-être que je suis utopiste, mais je pense que le sport peut encore apporter de vraies valeurs.

Cette crise va-t-elle fondamentalement changer la face du sport ?

Pas spontanément. J’entends bien les discours sur l’après. Il faudra ceci, il faudra cela… Oui en effet il faudra des choses dans la pratique sportive, notamment comme je l’ai dit dans la marchandisation. Encore faut-il qu’il y ait la volonté humaine. La crise passée, les nouvelles habitudes peuvent reprendre, dans tous les domaines de la société. S’il n’y a pas une vraie prise de conscience et une réelle volonté politique de se dire on arrête, on se met autour de la table, on discute, on élabore un nouveau projet. Sinon on retombera inévitablement dans les mêmes travers.

(1) La taxe Buffet, inscrite dans la loi de finances de décembre 1999, institue une contribution prélevée sur les cessions de droits de diffusion télévisuelle des compétitions sportives. Elle impose aux organisateurs de compétitions diffusées en France de reverser au Centre national pour le développement du sport 5 % du montant des droits TV perçus, afin de soutenir l’ensemble de la filière sportive.

 

Interview de Marie-Georges Buffet dans Ouest-France, 3 mai - Par Yannick Le Coquil: le monde du sport devra changer

Partager cet article

Repost0
3 mai 2020 7 03 /05 /mai /2020 12:02
Décès du chanteur kabyle algérien Idir: l'hommage de l'Humanité (Rosa Moussaoui) et du PCF (Pierre Dharréville)
Dimanche, 3 Mai, 2020

Disparition. Idir, l’amour des siens et le goût des autres

Le musicien kabyle, pionnier de la world music, s’est éteint samedi soir à Paris, à l’âge de 70 ans. Il laisse des combats et des mélodies berbères aux accents universels.

 

C’est un fils de berger qui a bercé et fait danser le monde entier. Le chanteur Idir s’est éteint samedi à Paris, à l’âge de 70 ans, loin de ses collines et des montagnes du Djurdjura qui n’ont jamais cessé de l’inspirer. Cet homme humble, discret, généreux, d’une gentillesse exquise, incarnait mieux que quiconque l’ancrage revendiqué dans une culture en même temps que le goût des autres, du grand large.

Rien, au départ, ne destinait ce Kabyle à une carrière musicale : c’est tout à fait par hasard que l’étudiant en géologie qu’il était alors fut appelé à remplacer au pied levé la célèbre chanteuse Nouara dans une émission de Radio Alger, en 1973. Ses ballades conquirent immédiatement les cœurs et l’une d’elle, A vava inouva, fit le tour du monde, annonçant la grande vague de la world music. Cloîtré dans une caserne, il ne découvrit ce succès fulgurant qu’au sortir de son service militaire. Cette berceuse, traduite dans sept langues, tient du conte et recrée comme au coin du feu l’atmosphère des veillées d’antan. Elle donna, à l’époque, un écho planétaire à sa langue piétinée par un régime autoritaire qui tenait la diversité culturelle pour une hérésie.

« On était fiers, on recevait Fidel Castro, Che Guevara, on était portés par le vent de l’histoire, mais, d’un autre côté, notre culture maternelle n’avait aucune existence légale »

Dans un rare entretien au quotidien algérien El Watan, Idir s’en expliquait par ces mots, en 2013 : « On était fiers, on recevait Fidel Castro, Che Guevara, on était portés par le vent de l’histoire, mais, d’un autre côté, notre culture maternelle n’avait aucune existence légale, alors qu’elle devait venir en premier. Dans les années 1950, il y a eu une tentative de faire de la musique ouverte. Les gens faisaient du jazz, c’était l’époque des rythmes exotiques, de la rumba. Nous, on a été élevés au biberon de la folk song des années 1970. C’était l’époque de Cat Stevens, Joan Baez, Simon and Garfunkel, Moustaki. »

Porte-voix d’un refus sans concession de l’obscurantisme 

 L’homme n’avait cure des contrats, de l’argent ; sa ballade ne lui rapporta pas un sou : il fut escroqué par des producteurs. Vint ensuite l’exil puis une longue éclipse artistique, avant son retour et la sortie d’une compilation, en 1991. L’Algérie allait plonger dans le cauchemar d’une décennie de sang ; lui, le cœur toujours de l’autre côté de la Méditerranée, marchait au coude à coude avec les siens, porte-voix malgré lui d’un refus radical de l’obscurantisme. En marge du monde du show-business, Idir était homme à prendre son temps. En 1999, puis en 2007, ses albums « Identités » et « La France des couleurs » rencontrèrent un large public. Il s’y faisait le chantre du métissage, de l’hybridité, du partage, donnant corps à une communauté d’artistes invités à tramer avec lui des duos tirés au cordeau. Manu Chao, Zebda, Maxime Le Forestier, Gnawa Diffusion, Paco El Lobo, Tiken Jah Fakoly, Gilles Servat, Karen Matheson et bien d’autres se prêtèrent au jeu. Dix ans plus tard, il mêlait encore sa voix à celles d’Aznavour, Cabrel, Chedid ou Lavilliers pour célébrer la chanson française

Pour la génération qui a grandi avec ses chansons, il était devenu une légende. Mustapha Amokrane, du groupe Zebda, se souvient avoir failli chavirer d’émotion en partageant pour la première fois avec lui la scène de la Cigale, à Paris, à la fin des années 1990. « Quelques années auparavant, nous avions repris avec le collectif 100 % collègues certaines de ses chansons devant des publics de punks déchaînés, torses nus. On leur chantait des berceuses kabyles, et ça les transportait, c’était fou », raconte-t-il. Le Toulousain décrit un artiste « plein d’humour, d’une grande érudition, musicale, politique, historique », ravi de voir réinterprété son patrimoine musical.

Il rêvait son pays au pluriel

Discret, doux, attachant, le musicien était un homme de conviction et d’engagement. Il déclinait rarement une invitation à offrir ses mots, ses mélodies à une juste cause. Depuis le printemps 1980 et la répression du premier printemps berbère, jamais son soutien ne fit défaut aux prisonniers politiques, à ceux qui luttent pour la démocratie, la liberté, la justice sociale, la reconnaissance de leur singularité culturelle. Il n’était pas dans l’incandescente insurrection d’un Matoub Lounès ; ces deux-là partageaient pourtant les mêmes combats. « Je préfère élever la voix sans hausser le ton », disait-il simplement, lui qui aimait à peser ses mots. Idir aura attendu trente-huit ans pour se produire à nouveau en Algérie, en 2018, à l’occasion de Yennayer, le nouvel an berbère. Sans autre nationalité, il se sentait profondément algérien ; habité par l’amour de sa langue et de sa terre natale, il rêvait son pays pluriel, ouvert au monde et à lui-même.

« Cet homme de rencontre et de partage a su faire entrer des gens de tous les horizons dans son imaginaire »

« Tout en puisant dans la tradition kabyle, il a ouvert la musique algérienne à la modernité, à l’universel. Avec lui s’est opérée une césure. Sans connaître sa langue, un vaste public a littéralement ressenti ses chansons, empreintes d’émotion. Cet homme de rencontre et de partage a su faire entrer des gens de tous les horizons dans son imaginaire. Mais il n’avait rien de naïf : ses choix esthétiques tenaient à des choix politiques assumés », analyse aujourd’hui l’historienne Naïma Yahi, spécialiste des musiques d’Afrique du nord.

Alors qu’une fibrose pulmonaire lui coupait déjà le souffle, il disait, l’an dernier, avoir trouvé une « bouffée d’oxygène » et des « instants de grâce » dans le soulèvement de son peuple. « J’ai tout aimé dans ces manifestations : l’intelligence de cette jeunesse, son humour, sa détermination à rester pacifique », confiait-il. Fils et petit-fils de poétesses écoutées bien au-delà de leur contrée, cet aède kabyle a su embrasser l’universel. Ses mélodies se fredonnent aujourd’hui partout, comme un legs au monde.

Idir : "Il était une grande voix du monde" (Pierre Dharréville)

Élégante et raffinée la voix d’Idir s’est tue. Il était une grande voix du monde, une grande voix de l’Algérie, une grande voix de la Kabylie, une grande voix de la France.

La chanson perd un de ses beaux poètes. Idir a été un militant du bonheur et de la justice en Algérie et en France, ses deux terres d’attache. Il a éminemment participé de la connaissance des musique berbères si proches des sonorités celtes et a ainsi témoigné de l’universalité de la musique, qui rapproche les peuples et nourrit la compréhension mutuelle. Il aimait chanter avec d’autres, pour que les mots soient partagés. Idir était un artiste courageux et libre, humble et fédérateur. Dans la douceur de ses mélopées on prenait confiance en l’humanité. Nous adressons à sa famille et ses proches nos condoléances émues, celles des communistes français.

Pierre Dharréville
Député - 13ème circonscription des Bouches-du-Rhône
Délégué du PCF à la culture
 

Partager cet article

Repost0
3 mai 2020 7 03 /05 /mai /2020 07:04
Morlaix - la rafle du 26 décembre 1943 et la déportation des Otages - racontée dans le Télégramme de Brest et de l'0uest un an plus tard, à partir du 26 décembre 1944
Morlaix - la rafle du 26 décembre 1943 et la déportation des Otages - racontée dans le Télégramme de Brest et de l'0uest un an plus tard, à partir du 26 décembre 1944
Morlaix - la rafle du 26 décembre 1943 et la déportation des Otages - racontée dans le Télégramme de Brest et de l'0uest un an plus tard, à partir du 26 décembre 1944
Morlaix - la rafle du 26 décembre 1943 et la déportation des Otages - racontée dans le Télégramme de Brest et de l'0uest un an plus tard, à partir du 26 décembre 1944

Dans les exemplaires des Télégramme de Brest et de l'Ouest du mardi 26 décembre 1944 et du mardi 27 décembre (archives Pierre Le Rose), un journal départemental de deux pages recto verso (40 cm sur 30 cm) avec des articles et annonces bien tassées, toutes les nouvelles du département réunies en même temps, avec le sport au verso, voici un article en feuilleton que nous faisons redécouvrir au lecteur du Chiffon Rouge sur l'épisode tragique de la détention des otages morlaisiens un an plus tôt, le 26 décembre 1943, otages qui étaient toujours déportés à Buchenwald et dans les camps de concentration des régions contrôlées par le Reich alors que notre région était libérée de l'occupant.

Cet article est d'autant plus poignant que les familles, amis des Otages et les Morlaisiens ne savent pas où ils se trouvent ni s'ils sont encore vivants. Bien sûr, nous laissons à l'auteur de l'article son appréciation sur l'inutilité de l'attentat, c'était aussi l'avis de la presse collaboratrice et conservatrice avant la Libération, et d'une grande partie des Morlaisiens, évidemment, surtout compte tenu du prix exorbitant payé avec la violence de la répression, mais la lutte armée et le harcèlement contre l'occupant avaient aussi une utilité dans la Résistance, évidemment, même si le prix à payer fut très lourd, pour les résistants, les otages. 

 

Le 26 décembre 1944, Télégramme de Brest et de l'Ouest:

Anniversaire d'un Noël Tragique:

Il y a un an, les Allemands prenaient 60 otages à Morlaix et les déportaient

Heureux ceux qui vont pouvoir passer chez eux, en famille, ce premier Noël à la Libération. Que ces privilégiés pensent aux absents: aux soldats qui sont tombés pour leur pays, aux prisonniers, aux combattants de tous les fronts, aux déportés civils qui, souvent, sans raison, ont été arrachés à leurs foyers; aux infortunés sinistrés de nos villes martyres.

Nous ne saurions laisser passer ce Noël 1944 sans évoquer le sort malheureux des otages morlaisiens que les boches arrêtèrent le 26 décembre 1943, après avoir semé la terreur dans toute notre ville.

UNE GRENADE EXPLOSE

On se souvient que le 24 décembre 1943, vers 20h30, un inconnu lança de la rue Gambetta une grenade qui fut jetée dans les salons Quiviger, rue de Brest, siège du "Soldatenheim". Six militaires allemands furent blessés.

C'était un attentat absolument inutile, qui fut et qui est encore sévèrement critiqué.  

Il amena de la part des boches, des représailles tout à fait disproportionnées avec la gravité des faits. Ne pouvant découvrir le coupable de l'attentat, qui se réduisait, somme toute, à peu de chose, les nazis, selon leur méthode habituelle, s'en prirent à toute la population; ils frappèrent des innocents. 

Le 26 décembre, au matin, de nombreux S.S et parachutistes allemands, armés jusqu'aux dents, se répandirent dans les rues de Morlaix. Ils opéraient sous les ordres du capitaine Kruger, chef de la Gestapo de Rennes.

Dès 7 heures, les soldats teutons se firent ouvrir à coups de crosses de fusils et à coups de bottes les portes des maisons de la rue de Brest. Les soudards perquisitionnèrent ainsi dans toutes les maisons, emmenant les hommes et les jeunes gens de 16 à 40 ans, avec leur poste de TSF, lorsqu'ils en possédaient un.

Vers 8h30, les soldats allemands s'introduisirent chez Me Le Hire, avocat, rue Gambetta. Ils prétendirent, dit-on, y avoir trouvé quelques cartouches de chasse. En spécialistes, ils mirent le feu à l'immeuble, sans permettre à ses occupants d'emporter le moindre objet. Ils interdirent aux pompiers de combattre le sinistre et arrêtèrent Me Le Hire, Mlle Le Hire et son fiancé. 

Le fiancé de Mlle Le Hire fut relâché, mais Me Le Hire, bien que malade, et sa fille, furent emprisonnés: l'un pendant, près de deux mois, l'autre, durant quelques semaines.

Pendant ce temps, la rafle se poursuivait dans le centre de la ville: rue Gambetta, rue Carnot, rue du Mur, rue d'Aiguillon, Grand'Rue, rue de Paris, rue Basse, rue Haute, Place Emile Souvestre, Thiers, Cornic, de Viarmes, etc.

LA RAFLE

Dans toute la ville, c'était un défilé continuel d'otages, se rendant avec leurs appareils de TSF au lieu de rassemblement, place Thiers, sous la garde de soldats armés de mitraillettes ou de fusils, baïonnette au canon. 

Prévenus à temps, des jeunes gens, des hommes susceptibles d'être arrêtés, réussirent à s'enfuir ou se cacher.

Vers midi, près de 600 hommes se trouvaient entassés dans les abris de la place Thiers. Il était interdit de s'approcher d'eux.  (à suivre)

Le 27 décembre 1944, Télégramme de Brest et de l'Ouest:

Tous les hommes arrêtés passèrent alors individuellement devant le capitaine Kruger qui, après les avoir interrogés et après avoir examiné leur identité, les répartit en trois groupes: à droite, ceux qui allaient être libérés; à gauche, les otages, et au centre, ceux qui étaient tenus en réserve comme otages supplémentaires, en cas de besoin. 

L'officier de la Gestapo fixait son choix avec une brutalité et une morgue révoltantes. Il désigna M.Petit, parce qu'il n'était pas rasé et qu'il exerçait la proffesssion de coiffeur! Il relâcha tous les hommes qui étaient employés dans des entreprises travaillant pour l'armée allemande. 

60 OTAGES INNOCENTS

Finalement 60 jeunes hommes furent retenus comme otages. Il y avait parmi eux 30 ouvriers ou employés appartenant à des entreprises privées et 30 étudiants, commerçants, fils de commerçants, etc. Deux de ces otages, les jeunes Caën et du Rusquec, étaient des enfants de 16 ans. 

Le capitaine Kruger pris encore cinq autres otages qui classa à part et à qui il fit mettre les menottes.

Les appareils de TSF des otages furent confisqués. Tous les autres hommes arrêtés furent relâchés et remportaient leurs postes.

Parmi les otages, se trouvait M. le docteur Mostini, ancien prisonnier de guerre libéré. C'est à lui que nous avons demandé de nous relater les évènements qui vont suivre: 

A 13h30, nous dit le docteur Mostini, on nous a fait mettre en rangs pour monter au terrain d'aviation de Ploujean. Rendus au camp, on nous a mis dans une baraque, sur deux rangs, gardés par des Allemands armés de mitraillettes. Nous sommes restés debout trois heures durant. On nous avait prévenus que nous étions prisonniers et que toute tentative d'évasion serait sévèrement punie. J'ai alors été désigné comme responsable du groupe. En ma qualité de médecin, j'ai demandé que soit libérés 4 ou 5 otages qui étaient malades et dont l'un d'eux avait eu une crise d'asthme, en venant à l'aérodrome, mais ma proposition a été rejetée. (...)"   

 

 

 

 

Louis Le Gros  Morlaix a payé un très lourd tribut au nazisme et à la politique de collaboration de Vichy, avec la déportation dans les camps de concentration et d'extermination d'un peu plus de 100 morlaisiens, dont 57 qui y trouvèrent la mort, souvent à un très jeune âge, qu'ils aient été résistants ou otages raflés au hasard.

Louis Le Gros Morlaix a payé un très lourd tribut au nazisme et à la politique de collaboration de Vichy, avec la déportation dans les camps de concentration et d'extermination d'un peu plus de 100 morlaisiens, dont 57 qui y trouvèrent la mort, souvent à un très jeune âge, qu'ils aient été résistants ou otages raflés au hasard.

La mémoire de Morlaix retient le souvenir des cinquante-neuf otages raflés le 26 décembre 1943 et déportés par les Allemands après l'attentat contre le foyer du soldat allemand dans les salons Quiviger rue de Brest dans la nuit du 24 décembre 1943.

Voici à propos de ce sinistre événement le récit d'Yves Tanné, un des déportés morlaisiens survivants, recueilli par Danielle Ropars:

« Le soir de Noël 1943, j’ai voulu me rendre chez des amis à Morlaix et partager avec eux, pour célébrer cette fête comme il se doit, la charcuterie confectionnée avec le cochon que nous venions de tuer au Kermeur. J’étais donc à Morlaix le 24 décembre, lorsqu’un attentat eut lieu contre le Foyer du Soldat, situé dans les anciens salons Quiviger, rue de Brest. Une grenade, jetée de la rue Gambetta, traversa la verrière et explosa au milieu de la piste de danse. En représailles, le 26 décembre au matin, les Allemands organisent une rafle et arrêtent tous les hommes valides, âgés de 15 à 40 ans. Parmi les 500 personnes arrêtées, ils choisissent, au hasard, 60 otages. Comme je n’avais pas de papiers, j’ai tout de suite été retenu. Nous avons été parqués entre la Mairie et le port de Morlaix, conduits à pied vers le terrain d’aviation, où nous avons été enfermés dans un grand hangar. Le docteur Mostini est nommé par les Allemands responsable du groupe, ce qui nous retient de nous échapper, car il serait immédiatement fusillé. Le 2 janvier 1944 au matin, des camions nous conduisent à la gare, par la rue Gambetta, où toute la population s’est rassemblée pour nous dire au revoir. Nous sommes jetés dans des wagons à bestiaux, une vingtaine par wagon, les portes sont poussées et fermées, le train siffle et c’est le départ pour une destination inconnue »

(Morlaix Tu-pe-tu, http://www.danielleropars.com/la_rafle.html).

On est début 1944, un an et quelques mois plus tard (trois ou quatre) seront libérés les prisonniers suppliciés des camps de concentration nazis. Mais chaque semaine est une épreuve dans les conditions de vie infernales où ils ont été plongés par les nazis et trente-quatre déportés de cette rafle sur cinquante-neuf ne reviendront pas des camps de concentration.

Cinq otages morlaisiens déportés étaient parvenus à s'enfuir le 22 janvier 1944 lors du transport vers l'Allemagne dans un convoi qui amenait 2005 prisonniers de Compiègne vers Buchenwald. Au cours de ce transport, quatorze prisonniers en tout parvinrent à s'enfuir à Vitry-le-François (51), Blesme (51) et Revigny (55).

Les évadés finistériens du transport parti le 22 janvier 1944 de Compiègne étaient le docteur Georges Mostini, 33 ans, Marcel Bricaud, 21 ans, Jean Cozanet, 27 ans, François Le Bail, 22 ans, Jacques Le Flamand, 20 ans.

Voici le récit, publié par Danielle Ropars, que Yves Tanné fait de ce voyage atroce entre le camp de transit de Compiegne et Buchenwald dans un wagon à bestiaux :

« Le train nous conduit à Compiègne, où convergent les trains venant de toute la France et d’où partent ceux qui emmènent les déportés vers les camps de concentration. Là, j’ai demandé le motif de mon arrestation. Réponse : élément anti-allemand, nuisible à l’Allemagne. On nous fait monter dans des wagons à bestiaux. Nous sommes 110 par wagon, à moitié debout, à moitié assis, appuyés les uns aux autres, constamment bousculés. De la paille comme litière. Un bidon de 200 litres pour les besoins naturels. Très vite le bidon se remplit et dégorge sur la paille. Une secousse le renverse et nous voilà sur du fumier pour le reste du voyage, qui va durer deux jours et deux nuits. Nous prenons peu à peu conscience de ce qui nous attend.

Nous avons une boule de pain et un saucisson pour toute nourriture. Rien à boire. Or, la soif est plus difficile à endurer que la faim. Nous en sommes à lécher la buée des parois. Nous changeons de place à tour de rôle pour pouvoir soulager la souffrance provoquée par la soif. A Trèves, on nous donne une espèce de bouillie, faite avec de l’eau et de la farine, mais de toute façon, il nous est impossible d’avaler quoi que ce soit.

Nous sommes comptés. Dans un wagon, il y a des absents. Ils se sont évadés. Parmi ceux-ci, Marcel Bricaud, Jean Cozanet, Jacques Le Flamand, François Le Bail, Georges Mostini, qui nous avait auparavant déliés de notre engagement envers lui, et nous avait encouragés à nous sauver. Furieux, les SS maltraitent ceux qui sont restés, leur enlèvent leurs vêtements et les répartissent avec brutalité, tout nus, dans les autres wagons. Nous sommes donc encore plus à l’étroit. La promiscuité rend les hommes angoissés, nerveux et prêts à se battre entre eux. Quand le train s’arrête enfin, nous sommes fatigués à l’extrême, hébétés, assoiffés. Nos vêtements sont maculés d’excréments. On relève cinq morts étalés sur le fumier de notre wagon. Deux hommes ont perdu la raison. Si, en plus, nous avions eu la chaleur de l’été, c’eut été une hécatombe. La dégradation psychologique et physique a été très rapide ».

Cinquante-quatre otages morlaisiens arrivent donc à Buchenwald le 26 janvier 1944 et sur ces cinquante-quatre raflés, souvent jeunes (la plupart ont entre 18 et 24 ans) seuls vingt reviendront des camps de concentration.

Morts à Buchenwald : neuf otages

Bizien Guéguen

Georges Le Coz, né le 28 août 1925, décédé le 9 février 1945 (à Buchenwald?)

Michel Martin, né le 28 avril 1924 à Morlaix, décédé le 9 février 1945 (à Weimar)

Roger Marzin (Weimar)

Henri Le Rumeur, né le 30 octobre 1920, 24 ans, y meurt le 29 août 1944.

Jean Nédelec, né le 6 décembre 1922 à Morlaix, décédé le 19 mars 1944 à l'âge de 21 ans.

Paul Rumen, né à Morlaix le 8 janvier 1988, y décède à 56 ans le 8 mars 1944.

Guy Pape, né le 22 juillet 1925 à Morlaix, 18 ans, « un magnifique athlète », meurt un mois après son arrivée à Buchenwald le 9 février 1944.

Joseph Plassart, né le 13 avril 1919 à Plourin les Morlaix, passé par Ravensbrück

Morts à Flossenbürg : 10 otages morlaisiens meurent dans ce camp de concentration.

Théophile Chauvel, né le 5 mai 1924 à Plourac'h, y décède le 27 novembre 1944 à 20 ans.

François Créach, né le 16 juillet 1925 à Morlaix

Joseph Huet, né le 21 août 1923, y décède le 14 août 1944

Jacques Kerné, 18 ans, y meurt le 6 mars 1945 après être passé par Hradischko.

Roger Larher, 21 ans, le 9 mars 1944

Marcel Lemaire, otage morlaisien de 19 ans né le 14 septembre 1924 à Paris, décède le 8 mai 1944 à Flossenbürg, probablement assassiné froidement après avoir été blessé par un wagon dans une carrière, selon le témoignage glaçant d'Yves Tanné:

« Flossenburg Le 15 février 1944, nous partons pour Flossenburg, entassés à trente prisonniers dans un wagon, par un froid glacial. Sur les conseils des anciens prisonniers, nous avons dansé toute la nuit, sans nous arrêter, dos à dos, pour nous réchauffer et aussi pour rester éveillés, car celui qui s’écroulait pour dormir, ne se relevait pas.
A Flossenburg, nous avions à travailler dans une carrière dans laquelle les Allemands faisaient sauter les mines, sans nous prévenir de nous mettre à l’abri. Il y a donc eu des morts, à la suite des explosions. Nous devions charger un wagon, placé sur un plateau, au bord d’un ravin. Travail inutile et éreintant, qui aurait pu être évité, car il suffisait de jeter directement nos pelletées de sable dans le ravin. Trop simple. L’ordre était de remplir le wagon, puis de le vider dans le ravin. Il arrivait souvent que le wagon descende dans le ravin. Il fallait alors le remonter à la force des poignets sous les coups des kapos. L’expérience nous avait appris qu’il ne fallait pas entourer les bras ou les mains de la corde qui tirait le wagon. Le risque était d’être emporté avec le wagon dans sa descente. Marcel Lemaire avait négligé ce conseil, il fut entraîné derrière le wagon qu’il voulait retenir et eut les os brisés. Il fut relevé, emmené au camp. Il hurlait de douleur. Le lendemain matin, deux Morlaisiens l’aidèrent à se lever pour aller au comptage avant d’aller au chantier. A l’appel, Marcel avait du mal à se tenir debout, malgré le soutien de ses deux camarades. Le kapo passe et bastonne le groupe. Marcel tombe. Nous ne l’avons plus revu. Pour survivre, il fallait essayer de ménager ses forces, et être sur ses gardes à tout instant.

Georges Le Roy, décède à 24 ans le 21 juillet 1944 dans le Kommando du camp de Flossenbürg, (usines Messerschmit).

Jean Simon, 32 ans, y décède le 13 juillet 1944 après être passé par Ravensbrück, Flossenbürg.

Paul Tanguy, né le 30 août 1919 à Morlaix, décède à 24 ans le 26 mars 1944

Jean Therene, né le 6 juillet 1917 à Brest, décède le 15 novembre 1944 à 27 ans

 

A propos du camp de concentration de Flossenburg en Bavière (sud de l'Allemagne) : camp construit par un Kommando de Dachau en 1938, 96 000 prisonniers y transitèrent, dont 30 000 y trouvèrent la mort. On estime à 5 344, dont 965 femmes, le nombre de Français passés par ce camp avant avril 1945. Parmi les 4475 hommes recensés, au moins 2400 sont décédés. Le travail imposé tourne toujours autour de deux grands axes : d’une part l’industrie de l’armement, et en particulier de l’aéronautique avec des usines Messerschmitt (le Kommando du camp de Flossenbürg qui fait travailler les esclaves des nazis pour l'usine d'aviation Messerschmit s'appelle Johanngeorgenstadt), et d’autre part les travaux dans les carrières de granit, le forage de tunnels et d’usines souterraines.

Mort à Dachau (premier camp de concentration nazi ouvert dès 1933 près de Munich en Bavière : 30 000 personnes y périrent): un otage morlaisien y meurt

André Féat, né le 20 octobre 1916 à Morlaix, pasteur assistant, membre du Parti Socialiste clandestin, décède à 29 ans le 3 avril 1945 à Dachau après être passé par Flossenbürg.

Morts à Hradischko/Moldau (Kommando de travail en Tchécoslovaquie): six otages y succombent

Jean Cabon né le 4 février 1919 à Brest, mort le 3 ou 5 mai 1945

Jean Guyader, né le 26 septembre 1918 à Morlaix, a été tué le 11 avril 1945 par les jeunes hitlériens à Hradishko après être passé par Flossenburg et Janowitz.

Marcel Hingant né le 25 avril 1924 à Rouen, meurt du typhus le 26 juin 1944, 6 mois après son début de déportation, à Hradischko, camp de concentration à 20 kilomètres de Prague, où il avait été envoyé en mars après Flossenbürg en même temps que Yves Tanné.

Louis Houel, né le 25 août 1909 à Morlaix, à 34 ans, le 21 avril 1945, « a été tué d’une balle dans la nuque, dès qu’il est tombé, sans pouvoir se relever, dans une tranchée anti-chars, sous le poids d’un bloc de pierre qu’il transportait sur le dos » (Yves Tanné).

Michel Penther, né le 16 novembre 1924 à Morlaix, y décède le 7 ou le 10 janvier 1945 à 24 ans.

René Petit, né le 23 septembre 1911 à Rochefort en terre, y décède le 3 ou le 30 mai 1944 à 33 ans.

Morts à Dora (sud de l'Allemagne) :

François Le Gall, otage morlaisien né à Plougonven le 9 janvier 1922, y décède le 23 mars 1944, à l'âge de 22 ans.

Mort à Nordhausen, annexe de Dora (sud de l'Allemagne) :

Pierre Huon, né le 19 juin 1925 à Paris, décédé le 8 avril 1944 (Nordhausen)

Bernard Ravazet

Auguste Traon, né le 15 octobre 1910, y meurt à 34 ans le 31 mars 1945

Mort à Theresienstadt (Terezin) en Tchécoslovaquie:

François Le Jeune

Otages décédés dans d'autres camps:

Louis Castel, né le 24 mai 1923 à Morlaix, décède à Janowitz ou Olbramovice 21 ans le 4 mai 1945 après être passé avant par le camp de Flossenbürg.

Georges Le Roy décède à Johanngeorgenstadt

Louis Maltret décède à Johannegeorgenstadt

Daniel Pinaquy: décède à Wittstock

 

 


Les déportés morlaisiens qui ont survécu aux camps nazis:

Parmi les otages (22) :

Jean Ambroise, né le 1er décembre 1924 à Morlaix (19 ans lors de son arrestation), libéré à Hradiskko le 8 mai 1945.

Claude Bervoas, né le 18 novembre 1926 à Morlaix (17 ans lors de son arrestation)

Yves Bescam, né le 8 août 1922 à St Thégonnec (matricule 43 173). Autres lieux de déportation : Jena et Leitmeritz où il est libéré en mai 1945.

Jean Bourbigot : né le 13 février 1923 à Beuzec-Conq (29). (matricule 42615). Autres lieux de déportation : Dora, Ravensbrück. Il est libéré le 30 avril 1945.

Emile Cadiou : né à Morlaix le 1er mai 1914 (29 ans lors de son arrestation). Domicilié à Morlaix. Déporté de Morlaix le 2 janvier puis transféré de Compiègne vers le KL Buchenwald le 22 janvier 1944.

Gilles Cam, né le 25 septembre 1924 à Plourin-les-Morlaix (19 ans lors de son arrestation). Libéré le 8 mai 1945 à Kaplice.

Pierre Collober née le 11 avril 1919 à Plouyé. Déporté à Compiègne le 22 janvier 1944 vers le KL Buchenwald (Matricule 43 043). Autres lieux de détention : Laura, Dachau et Allach où il est libéré le 30 avril 1944.

Albert Guichen : né le 12 mai 1925 à Morlaix. (Matricule 42 886). Autres lieux de déportatio : Dora, Ravensbrück. Il est libéré en mai 1945

François Herrou, né le 29 juillet 1925 à Morlaix. Déporté de Compiègne le 22 janvier 1944 vers le KL Buchenwald (matricule 42 952). Autres lieux de déportation : Dora, Ravensbrück, Machow. Il est libéré début 1945 à Plau.

Henri Kerinon né le 21 novembre 1924 à Douarnenez (Matricule 43 042). Revenu des camps.

Louis Kervellec né le 17 juilet 1926 à Morlaix (Matricule 42 134). Revenu des camps

Raoul de l'estang du Ruquec (Duresquec), né le 30 septembre 1927 à Morlaix (16 ans lors de son arrestation). Déporté à Buchenwald, Mauthausen.

Victor Le Goff né le 23 octobre 1920 à Brest (Matricule 42 698). Autre lieu de déportation : Dora, Ravensbrück. Revenu des camps

Louis Le Gros né le 20 août 1916 à Plougasnou (27 ans lors de son arrestation). Auteur d’œuvres d'art représentant les camps nazis, réalisées en déportation et après.

Jacques Mazé : né le 26 avril 1923 à Sizun. Revenu des camps

Jean Moreau né le 4 novembre 1924 à Morlaix (19 ans lors de son arrestation. Buchenwald, Langenstein.

Jacques Quintin, né le 30 décembre 1925 (18 ans au moment de son arrestation). Buchenwald, transféré à Ravensbrück le 3 juin 1944.

Léon Picart, né le 12 avril 1903 à Plouvorn. (matricule 41 507). Autres lieux de déportation ; Ravensbrück, Dora, Bergen-Belsen où il est libéré le 15 avril 1945.

Léon Rivoalen

Albert Sénéchal, né le 9 décembre 1910 à Brest (matricule 42 081). Autre lieu de déportation : Dachau. Revenu des camps.

Paul Simon, né le 20 août 1912 à Brest (matricule 42 390). Revenu des camps

Yves Tanné, né le 4 octobre 1924 à Plougonven (matricule 43 011). Autres lieux de déportation : Flossenburg, Hradischko/moldau. Revenu des camps. Il décède le 26 octobre 2011.

Théophile Thomas : né le 2 février 1924 à Plourin. (matricule 42 462). Autre lieu de déportation : Flossebbürg. Revenu des camps

Jean Trolez : né le 2 juin 1922 à Beuzec-Conq (29). Autres lieux de déportation : Dora, Dachau. Il est libéré le 29 avril 1945 à Dachau.

 

Lire aussi:

Les déportés morlaisiens dans les camps nazis pendant la seconde guerre mondiale

Partager cet article

Repost0
3 mai 2020 7 03 /05 /mai /2020 06:37
Les associations de parents d'élèves des écoles publiques de Morlaix demandent la mise en place de conseils d'école pour définir les conditions de réouverture des écoles

"Par courrier adressé au maire, les associations de parents d’élèves des écoles publiques de Morlaix demandent la mise en place de conseils d’école pour définir les conditions de réouverture des établissements. «… Pour traiter au mieux l’ensemble des questions relatives à l’organisation de la réouverture des écoles primaires et maternelles, nous souhaiterions que la mairie associe les parents des enfants des écoles publiques morlaisiennes, par le biais des conseils d’école. Cette instance, qui réunit les enseignants, les parents et le personnel communal, nous paraît la plus appropriée, pourrait y être associés la PMI et les infirmiers et infirmières scolaires. Nous pensons que cette concertation, assurée en respect des mesures de confinement, permettrait de garantir la prise en compte de l’ensemble des aspects de cette reprise particulière et serait à même de garantir la sécurité de nos enfants, du personnel municipal, du personnel enseignant, de nos familles et de la collectivité… »"

Le Télégramme, 2 mai 2020

Partager cet article

Repost0

Présentation

  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
  • Contact

Visites

Compteur Global

En réalité depuis Janvier 2011