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28 décembre 2021 2 28 /12 /décembre /2021 17:33
Serge Klarsfeld : « Éric Zemmour promeut des thèses bestiales, comme les nazis » (L'Humanité, 28 décembre - entretien avec Aurélien Soucheyre)
Serge Klarsfeld : « Éric Zemmour promeut des thèses bestiales, comme les nazis »
Mardi 28 Décembre 2021 - L'Humanité

L’historien et fondateur de l’association Fils et Filles de déportés juifs de France (FFDJF) s’insurge contre les propos du polémiste concernant le rôle de Pétain dans la déportation des juifs.

Entretien

Vous avez combattu le négationnisme et le révisionnisme toute votre vie. Que ressentez-vous quand un candidat à la présidentielle comme Éric Zemmour est donné si haut dans les sondages alors qu’il fait preuve de révisionnisme au sujet de Pétain ?

Serge Klarsfeld Je trouve cela dégoûtant. Répugnant. Je ne m’y habituerai jamais, quand bien même le négationnisme et le révisionnisme n’ont jamais cessé. Dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, des gens comme Maurice Bardèche ont tout de suite nié le génocide des juifs et les chambres à gaz. Puis le négationnisme est réapparu à la fin des années 1970 avec Robert Faurisson, qui disait réfuter la « thèse » des chambres à gaz, comme s’il y avait deux « thèses » équivalentes, alors qu’il n’y a pas d’équivalence entre la réalité et la négation. Je n’ai pour ma part jamais cessé de combattre les négationnistes et les révisionnistes, qu’il s’agisse d’antisémites ou bien qu’il s’agisse, comme avec Eric Zemmour, de personnes d’origine juive qui reprennent le discours de l’extrême droite traditionnelle.

Que visent les négationnistes et les révisionnistes ? À nier et déformer les faits pour tenter de réhabiliter le nazisme et le pétainisme?

Serge Klarsfeld Il y a dans le noyau dur de l’AfD, le parti d’extrême droite allemand, une partie favorable à une réhabilitation d’Hitler qui met en avant la réelle lutte anticommuniste et la prétendue défense de la civilisation occidentale menées par le régime nazi. Ils vont parfois jusqu’à reprendre les thèmes de la propagande hitlérienne de l’époque. En France, c’est différent. Ce sont les partisans de Pétain qui n’ont jamais cessé de défendre Vichy. Il y a toujours eu des publications de gens engagés dans le pétainisme, puis de leurs héritiers, pour ressortir les mêmes faux arguments selon lesquels Pétain était le « bouclier » et de Gaulle le « glaive », face aux Allemands. C’est évidemment faux et aucun parallèle ne peut être tracé entre eux deux, entre le chef de la collaboration et le chef de la Résistance. Aujourd’hui, Éric Zemmour reprend cette « analyse » totalement infondée.

Éric Zemmour assure également que Vichy et Pétain ont « sauvé les juifs français »…

Serge Klarsfeld Pétain n’a pas du tout sauvé les juifs français tout simplement parce que 24 000 juifs français ont été déportés, soit environ un tiers des juifs envoyés vers la mort depuis la France. Vichy a persécuté les juifs français comme il a persécuté les juifs étrangers, notamment avec le statut des juifs. Il y avait à Vichy un antisémitisme d’exclusion, de dépossession et d’aryanisation des biens des juifs. Il faut aussi savoir que 7 000 juifs furent dénaturalisés, ce qui a facilité leur déportation. Ce qui est exact, et c’est sur quoi s’appuie Éric Zemmour, c’est que Vichy a placé les juifs français après les juifs étrangers dans l’ordre de déportation. Mais dans un premier temps seulement. Cela n’a pas du tout empêché la déportation de 6 000 enfants juifs français dont les parents étaient étrangers. Et, dans un second temps, cela n’a pas non plus empêché la déportation de juifs français adultes. En cas de victoire allemande, l’ensemble des juifs français auraient été déportés. Le régime de Vichy est, à jamais, coupable d’avoir accepté de coopérer à l’arrestation des juifs quelle que soit leur nationalité. Vichy a pleinement participé à la mise en place de la « solution finale » en France. Et on ne pourra jamais effacer de l’histoire le fait que la grande majorité des juifs déportés ont été arrêtés par des uniformes français.

Comment expliquez-vous que le révisionnisme de Zemmour ne soit pas disqualifiant aux yeux des électeurs ?

Serge Klarsfeld Hélas, il existe des électeurs antisémites, des électeurs xénophobes et des électeurs d’extrême droite. Et, enfin, des électeurs qui méconnaissent l’Histoire et qui, depuis longtemps, n’ont pas connu les horreurs de la haine et de la guerre. Les démagogues ont du talent, mais leurs idées n’en ont pas beaucoup. Quand leur démagogie redevient efficace, quand ils peuvent à nouveau désigner des boucs émissaires, quand les pulsions de violence reviennent, c’est souvent à la suite d’un délitement citoyen et une perte de sens républicain. C’est aussi l’échec des démocrates et des discours langue de bois des politiques traditionnelles… Il y a pourtant un très grand danger : l’extrême droite ne ramène jamais aucun « passé glorieux ». Elle amène toujours de grandes catastrophes et de grandes souffrances. Éric Zemmour promeut des thèses bestiales. Comme les nazis. À l’entendre, il faudrait se débarrasser des musulmans. Mais les nazis disaient pareil des juifs, sans préciser comment. Et nous avons eu les chambres à gaz… Comment Zemmour compte-t-il se débarrasser des musulmans ? Une fois arrivée au pouvoir, l’extrême droite a toujours mis ses menaces à exécution… Il faut les prendre au sérieux, et combattre l’obscurantisme et les totalitarismes, par la mobilisation et l’éducation, avec la dernière énergie.

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28 décembre 2021 2 28 /12 /décembre /2021 08:58
Grande manifestation pour la Paix - Toutes et tous à Brest le dimanche 9 janvier 2022 (Mouvement de la Paix)
Grande manifestation pour la Paix - Toutes et tous à Brest le dimanche 9 janvier 2022 (Mouvement de la Paix)
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28 décembre 2021 2 28 /12 /décembre /2021 06:34

 

Les professionnels de justice se font entendre comme jamais dans notre pays.

 

 

Plus de 5000 magistrats, 1200 greffiers et 500 magistrats en formation viennent ainsi, ces dernières semaines, de signer un texte dénnonçant les conditions indignes dans lesquelles il leur est demandé d’exercer leurs missions. Ils n’acceptent plus un fonctionnement qui nuit aux droits des justiciables, faute de personnels en nombre suffisant et de moyens à la hauteur des besoins.

À l’appel de 17 organisations, des magistrats, avocats, greffiers, personnels de la justice, se sont encore massivement mobilisés ce 15 décembre, dans toute la France et, à Paris, devant Le ministère des Finances. Pour parer à la montée de cette contestation, le président de la République avait lancé « les états généraux de la justice ». Cette initiative, lancée à peine six mois avant l’élection présidentielle, a d’autant moins convaincu le monde judiciaire que le budget dédié à ce service public reste totalement insuffisant.

La justice et l’accompagnement des mineurs ont besoin que soient créés 25 000 postes de magistrats, greffiers et éducateurs.

L’état de délabrement des tribunaux et des outils matériels de l’institution judiciaire n’est plus tolérable, tout comme la gestion purement comptable des « stocks ».

De même, la surcharge de travail, le nombre de dossiers à traiter, la saturation des juridictions entrainent des retombées terriblement négatives sur l’activité des avocats, dont les clients pâtissent des énormes délais nécessaires pour voir régler les procédures.

En se perpétuant, cette situation aggrave l’incompréhension entre les justiciables et leur justice, ce qui alimente les campagnes démagogiques d’une droite et d’une extrême droite appelant à restreindre l’état de droit et les libertés.

La justice est un pilier de la République. La résolution des litiges, la prévention et la sanction de la délinquance ou de la criminalité, participent de la cohésion sociale de la France. Pour cette raison, le Parti communiste français apporte son plein soutien aux professionnels qui luttent pour une justice humaine, modernisée et démocratisée. Il appelle à la mise en oeuvre d’un grand plan de sauvetage de la justice, et il demande au gouvernement d’engager sans délai un dialogue sérieux avec toutes les organisations syndicales, afin que soient dégagés les moyens adaptés à un service public de qualité.

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27 décembre 2021 1 27 /12 /décembre /2021 17:38

 

Au lieu de la facture envoyée après un passage à l'hôpital, un nouveau dispositif entre en vigueur ce 1er janvier. Avec des conséquences directes pour les Français sans mutuelle et le personnel soignant.

 

SANTÉ - La mesure a été officialisée il y a de longs mois, mais elle s’apprête à entrer en vigueur dans la discrétion la plus totale. À partir du 1er janvier, lors d’un passage aux urgences, chaque patient qui ne sera pas hospitalisé dans la foulée devra régler sur place une somme d’un peu moins de 20 euros. 

Un changement notable alors que jusqu’à présent, il fallait attendre plusieurs semaines pour recevoir une facture à son domicile, laquelle variait en fonction des actes pratiqués à l’hôpital (simple consultation, tel ou tel examen, une batterie de tests...) et était prise en charge par les complémentaires santé dont bénéficient 95% des Français. 

L’évolution contenue dans ce nouveau dispositif baptisé “forfait patient urgences” réside dans l’instauration d’un tarif unique et plafonné pour chaque passage aux urgences non suivi d’hospitalisation (19,61 euros pour 2022). Un montant minoré à 8,49 euros pour les femmes enceintes de plus de cinq mois et les personnes atteintes par une affection longue durée (formes graves d’épilepsie, AVC invalidant, infection au VIH pour donner quelques exemples). Et pour les enfants victimes de sévices, les victimes de terrorisme et les malades du Covid soignés dans le cadre de l’urgence sanitaire, ils sont même exemptés des frais. 

Des difficultés logistiques à l’hôpital

Cette réforme n’est pas inattendue puisqu’elle découle des travaux menés en 2019 à la demande d’Édouard Philippe par le député LREM de la Charente et ancien urgentiste Thomas Mesnier avec le professeur spécialiste des urgences hospitalières Pierre Carli. D’ailleurs, ce dispositif, annoncé en octobre 2020 et voté dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale 2021, aurait dû entrer en vigueur dès septembre. Il a cependant été retardé à la demande de la Fédération hospitalière de France (FHF) du fait des complexités informatiques qu’il engendre pour les hôpitaux ainsi que d’un contexte budgétaire spécifique lié à la pandémie de coronavirus

Sauf que ce nouveau système interroge dans le milieu de la santé: “Très concrètement, le 31 décembre, si tu arrives aux urgences, tu es pris en charge et tu repars sans payer. Dès le 1er janvier, après t’avoir pris en charge, on te demande 19 euros”, résume après du HuffPost un employé d’hôpital. 

Dès lors, une première critique revient, de source hospitalière: celle de la difficulté de la mise en œuvre de ce nouveau fonctionnement pour les structures. “Les services d’urgence ne sont pas adaptés à l’encaissement de paiements: il faut des lecteurs de carte vitale, de la monnaie, des lecteurs de carte bleue...”, explique un connaisseur de ces problématiques. 

Le tiers payant simplifie la donne

Aurélien Sourdille, de la Fédération hospitalière de France confirme cette difficulté logistique pour certains établissements. “La nuit par exemple, il n’y a pas toujours de secrétaires médicaux. Il y a des infirmiers et des aide-soignants, qui sont avant tout là pour les soins, et dont ce n’est pas la mission première de passer une carte bleue.” De la même manière, explique-t-il, les hôpitaux ne sont pas “des supermarchés où il faut passer à la caisse”, et il n’y a pas forcément de bureau de sortie suffisamment confidentiel dans lequel les patients pourront régler leur facture. 

Néanmoins, ce cadre de FHF nuance en expliquant que ce nouveau fonctionnement va permettre d’éviter une part de la déperdition de trésorerie liée aux factures non réglées par les patients passés aux urgences, à qui il est parfois impossible d’envoyer ce qu’ils doivent régler parce qu’ils sont partis trop vite, qu’ils sont étrangers, trop précaires... “Aujourd’hui, la plupart des impayés à l’hôpital sont liés aux urgences, là c’est terminé”, décrit-il. Le député Thomas Mesnier abonde: ”À l’heure actuelle, seuls 30% du reste à charge des passages aux urgences vont dans les caisses des hôpitaux tant la facturation est difficile à faire.” 

Surtout, 95% environ des Français disposent d’une complémentaire santé ou d’une aide équivalente (la complémentaire santé solidaire pour les petits revenus ou l’aide médicale d’État pour les plus précaires). Ce qui signifie que toute cette partie de la population pourra faire jouer le tiers payant au moment de régler ses 19,61 euros aux urgences et donc ne rien avoir à payer en dépit du nouveau système. Il leur faudra présenter leur carte vitale et leur carte de mutuelle, ce qu’on n’a pas toujours sur soi lorsqu’on arrive aux urgences après une blessure sur un terrain de sport ou un accident de la circulation. 

Le public risque de découvrir cette nouveauté sur le fait

Il reste aussi les 5% de la population, qui peuvent être des retraités ou des chômeurs par exemple (la complémentaire santé est obligatoire pour une vaste majorité de salariés), et qui ont fait le calcul suivant: payer une mutuelle leur reviendrait plus cher que ce qu’ils dépensent en frais médicaux. Et pour eux, à partir du 1er janvier 2022, il faudra effectivement passer à la caisse s’ils viennent aux urgences. 

Or dans ce cas, le personnel hospitalier pourrait avoir à avoir à gérer un public pas forcément au courant de cette évolution du fonctionnement des urgences. “Le 1er janvier, ce sont des agents des admissions, en première ligne donc, qui vont devoir expliquer qu’à partir de maintenant, c’est payant. Et gérer la grogne qui va avec”, anticipe une source en milieu hospitalier, évoquant de surcroît le contexte de sur-sollicitation des urgences et leur manque de moyens encore dénoncés jeudi 16 décembre au Sénat par le médecin François Escat

Or alors que le nouveau système va entrer en fonction dans quelques jours se pose la question de l’absence de communication de la part des autorités sur le sujet. Sollicités par Le HuffPost, ni le ministère de la Santé ni l’entourage du Premier ministre Jean Castex n’ont apporté de précision à ce propos. Le député Thomas Mesnier, lui, évoque pour expliquer cette non-communication une mesure essentiellement “techno” (comprendre technocratique, qui concernerait surtout le milieu médical et donc pas directement le grand public). 

Vers une communication locale

Aurélien Sourdille apporte un élément d’analyse: “Je pense qu’il y a effectivement une sous-estimation de la part du gouvernement de ce que le nouveau forfait représente pour les établissements hospitaliers. Et en même temps, pour 95% des patients, cela ne change rien du tout.” Tant et si bien que pour le cadre de la FHF, le plus simple est que les établissements communiquent à leur niveau, avec leurs patients, en leur présentant les atouts du nouveau dispositif et notamment sa lisibilité évidente. 

Une source hospitalière se demande toutefois quelles conséquences pratiques le forfait patient urgences peut avoir sur la santé des Français. “Il y a sûrement des gens qui n’iront plus aux urgences par peur de devoir payer, alors qu’il le faudrait.” Et cette même source de rappeler qu’au cours de l’entretien accordé à LCI mercredi 15 décembre, le président de la République a insisté sur le fait “qu’il était vigilant à l’impact de ses décisions sur la vie des Français”. 

Mais pour Thomas Mesnier, le “forfait patient urgence” reste quand même une avancée majeure. “Honnêtement, je n’en fais même pas un objet politique: c’est une vraie réforme de simplification”, explique l’élu charentais. ”À l’heure actuelle, si l’on passe des examens en plus de la consultation lors d’un passage aux urgences, la facture peut monter. Et beaucoup. Alors que là, la facture va être plus juste, plus équitable, plus simple à comprendre.” 

Ce que confirme Aurélien Sourdille, de la Fédération hospitalière de France: “Avant, les services hospitaliers devaient attendre de connaître tous les actes pour savoir de combien serait la facture. Là, c’est simplifié à l’extrême et l’on sait immédiatement combien le patient doit régler. Et dans la plupart des cas, c’est sa mutuelle qui paiera.” Et pour ceux qui n’en ont pas, ce sera donc au personnel médical de gérer la transition d’un dispositif à l’autre. 

 

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27 décembre 2021 1 27 /12 /décembre /2021 07:19
« Nos corps sont blessés, nos consciences sont touchées » : en Éthiopie, le calvaire des femmes victimes de violences sexuelles (L'Humanité, Rosa Moussaoui, 24 décembre 2021)
« Nos corps sont blessés, nos consciences sont touchées » : en Éthiopie, le calvaire des femmes victimes de violences sexuelles
Vendredi 24 Décembre 2021

Alors que la contre-offensive de l’armée d’Addis-Abeba a contraint la rébellion tigréenne au repli, les témoignages se multiplient sur les atrocités commises depuis un an par les deux parties. Reportage dans la région Amhara, où les femmes violées par les combattants du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) témoignent.

 

Nefas Mewcha, région Amhara (Éthiopie), envoyée spéciale.

Elle est prostrée dans la pénombre, sur un banc de bois vacillant, le corps enveloppé dans un gabi, une large et chaude étole de coton blanc. Elle porte sur les tempes et sur le front des tatouages et, aux oreilles, de discrets anneaux d’argent, les seuls biens qui lui restent, depuis que des hommes du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), la rébellion férocement combattue par le gouvernement d’Addis-Abeba, ont forcé la porte de sa maison, au milieu du mois d’août, pour y semer la désolation.

Le viol comme arme de guerre

« Ils nous ont tout pris, ils nous ont laissées nues, dans tous les sens du terme », souffle Agere, une femme d’une trentaine d’années, qui relève la tête pour livrer, la gorge nouée, l’atroce récit du viol qu’elle a enduré. « Ils sont arrivés le 12 août, nous entendions des tirs dans toutes les directions. Il y avait beaucoup de morts, que nous ne pouvions ni pleurer ni enterrer. Ils ont commencé à tout piller : l’hôpital, les commerces, puis les maisons une à une. Ce qu’ils ne pouvaient pas prendre, ils le démolissaient, raconte-t-elle.  Quand ils sont entrés chez moi, ils se sont emparés de mon téléphone, de ma croix, des vivres, de toutes mes économies. Puis ils ont mis mes deux enfants de 4 et 12 ans dehors, en menaçant de les tuer. J’ai été violée chez moi, sous la menace d’une arme. Ils étaient deux, très jeunes, des gamins. Si je n’avais pas eu si peur de leur arme, je leur aurais administré une correction. Ils m’ont dit : si tu cries, on te tue. »

Son fils aîné a pris la fuite, il a marché seul pendant deux jours à travers la montagne pour rejoindre des parents, chez lesquels il est arrivé les pieds en sang. Les hommes du TPLF ont occupé la zone du 12 au 21 août, neuf jours de terreur pour les habitants de Nefas Mewcha, une ville du district de Gayint, dans les hautes terres de la région Amhara, perchée sur une crête à plus de 3 000 mètres d’altitude, entre deux vertigineuses falaises.

« Ils nous disaient être venus détruire les ânes, c’est ainsi qu’ils nous désignent, nous, les Amharas. Ils nous attrapaient par la gorge, par les cheveux, nous giflaient, nous battaient, menaçaient d’en finir avec nos enfants. Ils disaient qu’il ne fallait pas laisser grandir ces serpents qui finiraient par se retourner contre eux. Ils n’ont pas tué d’enfants, mais nous étions terrorisés, terrés chez nous. Ils sont finalement partis en direction de Debre Tabor, en promettant de revenir nous massacrer si l’armée les contraignait à rebrousser chemin », poursuit Agere. Dans ce cauchemar, sa seule source de soulagement est d’avoir échappé à une grossesse. Son mari, qui se trouvait alors à Bahir Dar, la capitale régionale, ignore tout de son supplice : le poids de l’opprobre social jeté sur les femmes ayant subi des violences sexuelles les réduit au silence ; le viol, comme arme de guerre, s’avance comme une atteinte à toute la communauté, pour la salir tout entière et la disloquer.

Des victimes cloîtrées dans leur traumatisme

À Nefas Mewcha, 73 femmes ont déclaré avoir subi des violences sexuelles. Le docteur Biniam croit ce chiffre sous-estimé. Ce médecin de 35 ans, affecté à Debre Tabor, a été réquisitionné pour venir prêter main-forte à l’hôpital local, lorsque le front mouvant de la guerre civile meurtrière qui déchire depuis un an l’Éthiopie s’est rapproché de Nefas Mewcha. Avec ses équipes, il a réussi à faire évacuer les patients en catastrophe, avant l’arrivée du TPLF. Il a vu défiler des milliers de blessés. Lorsque la position a été reprise par l’armée fédérale, il a retrouvé les lieux dévastés, matériel détruit, lits renversés, médicaments éparpillés. « J’étais effondré en retrouvant l’hôpital dans cet état, murmure-t-il . Nous soignons tout le monde, tous les belligérants, je ne fais pas de différences. S’ils avaient pris les médicaments, le matériel pour sauver des vies ailleurs, d’accord, mais tout détruire ! Tous les villages des environs dépendent de cet hôpital, de sa maternité, de ses services de pédiatrie. Ici, le paludisme, la tuberculose, le VIH font des ravages. Pour beaucoup de gens de ce district encl avé, c’est un service absolument vital. »

Les femmes victimes de viol, dans ce chaos, ont tardé à se manifester. Beaucoup, cloîtrées dans leur traumatisme, ne sont jamais venues se faire soigner. Certaines l’ont sollicité pour une IVG en découvrant qu’elles étaient tombées enceintes. D’autres craignaient d’avoir contracté le VIH. Toutes souffraient de déchirures vaginales, parfois graves, entraînant des complications. D’ecchymoses et de plaies multiples, aussi, laissées par leurs agresseurs. « Les séquelles psychologiques sont lourdes. Une victime s’est récemment suicidée. Il y a eu des cas de viols collectifs, et des femmes violées sous les yeux de leurs enfants. Dans cette communauté de chrétiens orthodoxes très croyants, le viol est vu comme un déshonneur ; il y a cette idée de pureté brisée faisant peser la honte sur les victimes, qui n’ont nulle part où aller », expose le docteur Biniam.

« Il était très jeune, il aurait pu être mon fils »

Les femmes de Nefas Mewcha, pourtant, veulent raconter leur calvaire. Une quarantaine d’entre elles affluent dans la salle commune ouverte pour nous par une responsable de la municipalité, qui les invite à livrer leur témoignage « sans un mot de trop ni de moins, sans esprit de vengeance ». Des adolescentes à l’air égaré aux femmes d’âge mûr, traits graves, les yeux noyés de détresse, elles se confient une à une. Abaye Tsegaye doit avoir une cinquantaine d’années. À l’arrivée du TPLF, elle a rejoint la forêt avec des voisins. Les trois hommes du groupe ont été abattus, avant que les assaillants ne se retournent contre les sept femmes en fuite. « Ils étaient deux, l’un m’a attrapée par la gorge, l’autre m’a écarté les jambes de force en me reprochant de soutenir le gouvernement, alors que je ne me suis jamais occupée de politique, relate-t-elle. Ils m’ont pris tout ce que j’avais sur moi. J’ai erré nue dans la forêt pendant cinq jours. » Elle se lève, soulève un pan de sa robe pour montrer la longue cicatrice qui lui balafre l’aine.

Mnalou Goshou, une femme du même âge, était à ses côtés, à la recherche désespérée d’une échappatoire. Elle aussi dévoile les stigmates d’une blessure : elle a été violée sous la menace d’un couteau qui lui a tailladé le ventre et la jambe gauche. « Il m’a dit : “Ma mère a été attaquée par l’armée érythréenne (alliée du gouvernement d’Addis-Abeba dans l’offensive contre le TPLF – NDLR), alors je te fais la même chose.” Il était très jeune. Il aurait pu être mon fils », se remémore-t-elle, la voix tremblante. Elle s’effondre en sanglots.

« Il m’a dit que j’étais un serpent, que je méritais de mourir »

Alem Tsehaye a moins de 30 ans, elle était enceinte au moment du viol. « J’avais chez moi un drapeau du Parti de la prospérité (le parti du premier ministre Abiy Ahmed – NDLR). Il m’a dit : même si tu es enceinte, je dois te violer car tu es l’âne d’Abiy. Il m’a violée sous le regard d’un autre », chuchote-t-elle. Helmé a dix ans de plus, un foulard noué autour de la tête, le visage déjà creusé de rides. « Un homme m’a saisie chez moi, m’a mis sa main sur les yeux. Il me demandait des informations sur les responsables de la ville. J’ai répondu que je ne les connaissais pas. Il m’a dit que j’étais un serpent, que je méritais de mourir. Il m’a dit : “Tous vos hommes vous ont abandonnées, ils sont partis, qui te sauvera ?” Puis il m’a violée. Quand il a fini, celui qui faisait la sentinelle dehors a pris son tour, balbutie-t-elle.  On ne pouvait rien faire face à ces hommes armés. Nous avons des traditions de solidarité mais ils ne nous ont rien laissé, nous ne pouvons même plus nous entraider matériellement, juste se soutenir moralement. Nos corps sont blessés, mais nos consciences aussi sont touchées. »

Son récit est brutalement interrompu par le surgissement d’un fano, membre de la milice Amhara, qui nous conteste le droit de recueillir ces témoignages. Il exige des autorisations officielles, dit vouloir « protéger ces femmes ». Dehors, ses compagnons paradent partout, kalachnikov en bandoulière, avec les hommes des forces spéciales amharas, l’armée régionale. Dans le vacarme des tirs de ces miliciens, au crépuscule, les troupes fédérales, elles, remontent de Gashena, carrefour stratégique très disputé, à 70 kilomètres de là, qui a changé plusieurs fois de mains, tout juste repris au TPLF, au terme de sanglants combats. En treillis, capuche remontée sur ses cheveux nattés, fusil-mitrailleur en main, Jerry, à 25 ans, a le grade de lieutenant de l’armée fédérale. Interrogée sur les allégations de crimes de guerre et sur les atrocités commises par son propre camp contre des populations civiles du Tigré, elle veut croire que « la discipline » des siens est une digue contre les violences sexuelles. « Si je vois des soldats prêts à violer une femme tigréenne, moi aussi j’ai du feu. Je n’hésiterais pas à faire usage de mon arme », tranche-t-elle.

Dans l’hôpital de Nefas Mewcha où affluent sans trêve les ambulances, les lits des blessés et des malades sont alignés dans les couloirs ; les médecins recousent les plaies dans le patio. Chaque jour, trois ou quatre patients finissent par succomber.

Une chambre est tenue close ; pour l’ouvrir, le personnel soignant doit demander les clés à un colonel en tenue de sport bleue, tête couverte d’un bonnet noir. À l’intérieur, dans une pièce de 9 mètres carrés, six jeunes combattants tigréens blessés, faits prisonniers, gisent sur des matelas posés à même le sol, au milieu d’une saleté abjecte. Dans un recoin, des bouteilles de plastique remplies d’urine s’amoncellent. Ils ont été enregistrés auprès du Comité international de la Croix-Rouge, nous assure-t-on. Nous demandons à les interroger seuls : fin de non-recevoir. « Si nous sommes là, c’est que chaque maison devait donner un homme à la guerre », nous glisse, les yeux suppliants, l’un d’entre eux, pelotonné dans une couverture souillée. Le plus vieux dit avoir 21 ans, le plus jeune, 18 ans. Des vies à peine écloses, qui ont déjà tutoyé l’horreur et frôlé la mort. Brisées par la guerre.

Addis-abeba rejette le principe d’une enquête onusienne

Dans une résolution adoptée à l’issue d’une session spéciale du Conseil des droits de l’homme examinant « la situation grave » en Éthiopie, l’ONU a donné la semaine dernière son feu vert à un mécanisme international d’enquête sur les exactions commises, depuis un an, dans le pays. Démarche rejetée par Addis-Abeba, qui dénonce « une mentalité néocolonialiste ». Dans une enquête conjointe avec la Commission éthiopienne des droits de l’homme, créée par le gouvernement éthiopien, les Nations unies avaient déjà conclu, début novembre, à de possibles crimes contre l’humanité commis par toutes les parties. La résolution demande la création d’une « commission internationale d’experts en droits de l’homme » chargée de réunir des preuves sur les violations des droits humains. Ce conflit a fait, depuis un an, plusieurs milliers de morts, plus de 2 millions de déplacés, et poussé des centaines de milliers d’Éthiopiens au bord de la famine, selon l’ONU, qui déplore aussi les arrestations de 5 000 à 7 000 personnes, dont neuf employés onusiens, depuis l’instauration de l’état d’urgence, le 2 novembre.

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27 décembre 2021 1 27 /12 /décembre /2021 07:12
Disparition. Desmond Tutu a rejoint l’arc-en-ciel des nations (Pierre Barbancey, L'Humanité, 26 décembre 2021)
Disparition. Desmond Tutu a rejoint l’arc-en-ciel des nations
Dimanche 26 Décembre 2021

Figure de la lutte contre l’apartheid, prix Nobel de la paix, personnalité intransigeante et attachante, l’ancien archevêque du Cap est décédé dimanche. Il avait 90 ans.

C’était un rire pur. Un rire franc. Un rire massif parfois tonitruant. Tous ceux qui ont eu la chance de rencontrer Desmond Tutu se souviennent aujourd’hui de ses yeux plissés, espiègles, comme ceux d’un enfant, dès qu’il esquissait un sourire. Plus que de la bonhomie, il y avait chez lui un amour de la vie et une façon unique de raconter des anecdotes. Comme celle-ci : « Un jour à San Francisco, j’étais bien tranquille dans mon coin. Une femme fait irruption devant moi. Visiblement émue, elle me salue d’un “Bonjour, archevêque Mandela !” Deux hommes pour le prix d’un ». Au mois d’octobre, il avait fêté ses 90 ans. Ce fut sa dernière apparition publique. Celui que tout le monde appelait familièrement par le surnom de The Arch (archevêque se dit archbishop en anglais) s’est éteint, ce dimanche, au lendemain de Noël.

Icon QuoteJe n’ai pas combattu pour chasser des gens qui se prenaient pour des dieux de pacotille et les remplacer par d’autres qui pensent en être aussi.Desmond Tutu

Une disparition annoncée par Cyril Ramaphosa, président de la République d’Afrique du Sud, en personne. « Des trottoirs de la résistance en Afrique du Sud aux chaires des grandes cathédrales et lieux de culte du monde, en passant par le cadre prestigieux de la cérémonie du prix Nobel de la paix, The Arch s’est distingué comme un défenseur non sectaire et inclusif des droits de l’homme universels », a déclaré celui qui est également à la tête du Congrès national africain (ANC). Une organisation que Desmond Tutu n’a pas craint d’étriller ces dernières années, annonçant même qu’il ne voterait plus en sa faveur, se disant déçu par la corruption, l’état des écoles publiques et la pauvreté persistante. « Je n’ai pas combattu pour chasser des gens qui se prenaient pour des dieux de pacotille et les remplacer par d’autres qui pensent en être aussi », dénonçait-il.

Tutu est né le 7 octobre 1931 dans la ville minière de Klerksdorp, à l’ouest de Johannesburg. Sa mère était domestique, son père directeur d’école primaire. Il se tourne très vite vers la théologie et devient, en 1978, le premier dirigeant noir du Conseil sud-africain des églises (SACC), qui compte 15 millions de fidèles actifs dans la lutte contre l’apartheid. En 1984, alors qu’il est nommé évêque de Johannesburg et appelle au boycott économique du régime raciste blanc de Pretoria, il est lauréat du prix Nobel de la paix. Albert Luthuli, président de l’ANC de 1952 à 1967, avait reçu ce même prix en 1960. Il sera également décerné à Nelson Mandela et Frederik De Klerk en 1993. Il devient archevêque du Cap en 1986, alors que, dans le pays, la lutte s’intensifie pour mettre à bas l’apartheid, notamment avec le regroupement de toutes les organisations progressistes, civiles, religieuses et syndicales au sein du Front démocratique uni (United democratic front, UDF).

Icon Quote Pardonner, ce n’est pas seulement être altruiste. C’est la meilleure forme d’intérêt personnel. Un processus qui n’exclut pas la haine et la colère.Desmond Tutu

Une lutte dont il est totalement partie prenante, notamment en tant que responsable de l’Église anglicane pour toute l’Afrique australe. Et une épine plantée dans le pied du pouvoir raciste qui ne peut se débarrasser de cette personnalité aux déclarations fracassantes. Ainsi, en juillet 1986, après le refus de Ronald Reagan, alors président des États-Unis, d’imposer des sanctions au régime de l’apartheid, il s’exclame devant la presse : « Plus de 70 % de notre peuple, comme le montrent deux sondages, veulent des sanctions. Mais non, le président Reagan sait mieux que tout le monde. Nous allons souffrir. Il est là, comme le grand chef blanc à l’ancienne, à nous dire que nous, les Noirs, on ne sait pas ce qui est bon pour nous. L’homme blanc sait ».

Serviteur d’une Église aux portes grandes ouvertes

En 1995, un an après les premières élections démocratiques qui ont vu l’accession de Nelson Mandela à la présidence du pays, Desmond Tutu est tout naturellement nommé à la tête de la commission Vérité et Réconciliation, chargée d’enquêter sur les crimes commis sous l’apartheid. Il aimait d’ailleurs dire : « Pardonner, ce n’est pas seulement être altruiste. C’est la meilleure forme d’intérêt personnel. C’est aussi un processus qui n’exclut pas la haine et la colère ». Au deuxième jour des auditions, il fond en larmes après le témoignage particulièrement insoutenable d’un ancien détenu de Robben Island.

Présidant depuis 2007 The Elders (les Aînés), groupe de personnalités internationales œuvrant pour le règlement de conflits dans le monde, The Arch avait écrit en juin 2016 au comité Nobel pour proposer « la nomination de Marwan Barghouti, dirigeant palestinien emprisonné, pour le prix Nobel de la paix ». Il rappelait qu’ « en 2013, une campagne internationale pour la libération de Marwan Barghouti et de tous les prisonniers palestiniens fut lancée à Robben Island (…) depuis la cellule du symbole universel de paix qu’est Nelson Mandela ».

The Arch était le serviteur d’une Église aux portes grandes ouvertes pour accueillir ce qu’il a lui-même appelé la « nation arc-en-ciel ». Une belle expression qu’il a employée pour la première fois lors de son discours prononcé aux obsèques de Chris Hani, secrétaire général du Parti communiste sud-africain (SACP) et chef militaire de Umkhonto we Sizwe, la branche armée de l’ANC, assassiné en 1993. Une idée si forte que Nelson Mandela l’a reprise le 10 mai 1994, lors de sa cérémonie d’investiture : « Nous prenons l’engagement de bâtir une société dans laquelle tous les Sud-Africains, blancs ou noirs, pourront marcher la tête haute (…), une nation arc-en-ciel en paix avec elle-même et avec le monde ».

Desmond Tutu était un peu la conscience de l’Afrique du Sud. Avec lui, disparaît pratiquement le dernier des géants de la lutte contre l’apartheid et des idées progressistes. Parmi ses derniers combats, et contre sa hiérarchie, il a défendu le suicide assisté, le droit à l’avortement et les homosexuels. Avec ce pied de nez qui le caractérisait si bien : « Je ne vénérerais pas un Dieu homophobe. (…) Je refuserais d’aller dans un paradis homophobe. Non, je dirais : “Désolé ! Je préfère de loin aller de l’autre côté” ».

Repères
7 octobre 1931
Naissance à Klerksdorp, dans le Transvaal.
1961 Ordonné prêtre de l’Église anglicane.
10 décembre 1984 Reçoit le prix Nobel dans le grand amphithéâtre de l’université d’Oslo.
7 septembre 1986 Nommé archevêque du Cap.
1995 Nommé président de la commission de la Vérité et de la Réconciliation.
2005 Nommé par le secrétaire général de l’ONU membre du Haut-Conseil pour l’Alliance des civilisations.
26 décembre 2021 «Le décès de l’archevêque émérite Desmond Tutu est un nouveau chapitre de deuil dans l’adieu de notre nation à une génération de Sud-Africains exceptionnels qui nous ont légué une Afrique du Sud libérée. », Cyril Ramaphosa, président sud-africain.

Disparition. Desmond Tutu a rejoint l’arc-en-ciel des nations (Pierre Barbancey, L'Humanité, 26 décembre 2021)
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27 décembre 2021 1 27 /12 /décembre /2021 07:08
Qui était le communiste Marcel Cachin? - Interview de Georges Cadiou biographe de Marcel Cachin par Christian Gouérou - Ouest-France, 26 décembre 2021

Bel interview de Georges Cadiou dans le Ouest-France, par Christian Gouerou, pour présenter sa biographie de Marcel Cachin, fondateur breton du parti communiste français.

Georges Cadiou était venu nous en parler à la fête de l'humanité Bretagne de Lanester fin novembre et aux mardis de l'éducation populaire du PCF pays de Morlaix en décembre.

Une biographie très intéressante dont on ne peut que recommander vivement la lecture.

Qui était le communiste Marcel Cachin? - Interview de Georges Cadiou biographe de Marcel Cachin par Christian Gouérou - Ouest-France, 26 décembre 2021
Qui était le communiste Marcel Cachin? - Interview de Georges Cadiou biographe de Marcel Cachin par Christian Gouérou - Ouest-France, 26 décembre 2021
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27 décembre 2021 1 27 /12 /décembre /2021 06:32

 

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26 décembre 2021 7 26 /12 /décembre /2021 06:31

 

La victoire de Gabriel Boric, au second tour de l’élection présidentielle chilienne, ce 19 décembre, est une excellente nouvelle pour le peuple chilien et toutes les forces démocratiques et de transformation sociale à travers le monde.

 

 

L’élection à la présidence de la République du candidat de la coalition Apruebo Dignidad qui regroupe de nombreuses organisations de gauche, avec la contribution décisive du Parti communiste du Chili (PC de Chile), vient confirmer la profonde volonté de changement et de justice sociale qui s’exprime dans le pays, avec une force inédite, depuis le grand mouvement populaire d’octobre 2019. 

Parti d’une étincelle – la hausse de trente pesos du prix du ticket de métro à Santiago – ce mouvement est déjà parvenu à mettre à bas la Constitution néolibérale-autoritaire issue de la dictature Pinochet. Il débouche aujourd’hui sur l’élection à la tête du pays du premier président de transformation sociale depuis Salvador Allende en 1970.

Après les succès électoraux enregistrés par les forces progressistes au Pérou, en Bolivie ou au Honduras, cette victoire résonne comme un nouvel acte d’espoir pour toute l’Amérique latine. L’offensive des droites ultraréactionnaires et autoritaires, qui partout s’emploient à barrer aux peuples le chemin de l’indépendance envers les États-Unis et de nouvelles conquêtes, subit aujourd’hui un nouvel échec cinglant.

Au Chili, l’élection de Gabriel Boric empêche ainsi l’arrivée au pouvoir de José Antonio Kast, candidat d’extrême droite rallié par les classes dominantes, dont le programme représentait une grave menace pour les travailleurs, les femmes, les peuples autochtones, les personnes LBGT, entre autres. 

Tout le continent latino-américain entre dans un moment d’affrontements majeurs, comme l’illustre le score obtenu par Kast au Chili. Ses peuples et les forces de gauche auront besoin de tout notre soutien dans leur combat pour un avenir de progrès et de démocratie.

Le Parti communiste français (PCF) félicite chaleureusement Gabriel Boric pour sa victoire et salue l’ensemble des forces démocratiques et progressistes qui, par leur mobilisation unitaire, ont rendu celle-ci possible. Il lui adresse ses sincères vœux de réussite dans la politique de transformation sociale que revendique le peuple chilien.

 

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25 décembre 2021 6 25 /12 /décembre /2021 06:21

Il vous est sans doute arrivé de croiser cette phrase au détour d’une consultation sur internet, la voici : « Nous sommes dans un monde où ceux qui gagnent 100 000 euros par an persuadent ceux qui ont 1 700 euros par mois que c’est la faute de ceux qui en touchent 500 si le pays va mal. » Et il faut bien le reconnaître, ça marche, au moins en partie. Les millions de personnes qui perçoivent des aides sociales sont stigmatisées comme étant des assistés.

De notre côté, nous appelons ça la solidarité nationale, qui nous permet d’être globalement mieux logés, mieux soignés, par exemple. Dans ce pays, 6,9 millions de personnes perçoivent les minima sociaux, 10 % de la population ; 4,3 millions de salariés, aux revenus faibles, perçoivent la prime d’activité. Pas moins de 13,5 millions de foyers sont allocataires de la Caisse d’allocations familiales (CAF), ce qui représente 32,5 millions de personnes. Plus de 3 millions de demandeurs d’emploi sont indemnisés chaque mois…

On se demande ici comment notre société tiendrait si toutes ces politiques de solidarité n’existaient pas. Macron désigna un jour ces aides par cette formule choc « un pognon de dingue. » Ce genre de discours tend à diviser, à fracturer et à opposer… Nous, on veut lever les yeux, ne pas porter un regard horizontal en direction des prétendus « assistés », nous regardons vers le haut…

Les hauts dirigeants négocient pour eux-mêmes des protections gigantesques de leur fortune. Il existe en France ce que l’on appelle, dans le jargon de Berçy, des « niches fiscales », elles sont au nombre de 450 et ont pesé dans le budget de cette année près de 86 milliards d’euros. Les plus riches parviennent ainsi à réduire leur impôt en toute légalité, sans être stigmatisés.

Et puis, ils nous ressortent régulièrement la chasse aux « fraudeurs sociaux », oui ça existe, quelques centaines de millions par an… en oubliant délibérément les effets dévastateurs de la fraude et de l’évasion fiscale qui coûtent des dizaines de milliards d’euros chaque année à la République, vous savez, celle qui doit garantir l’égalité et défendre notre modèle social…

Les véritables assistés sont trop souvent hors de notre champ de vision !

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