Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
24 novembre 2021 3 24 /11 /novembre /2021 06:40
Du droit au logement et du droit au territoire - par Gladys Grelaud et Dominique Gontier

Du droit au logement et du au droit au territoire

Articles et dossiers de presses, colloques, congrès, déclarations pour certaines intempestives, la question du logement interpelle subitement.

Et l'on découvre les conséquences désastreuses pour la majorité des habitants de la spéculation foncière et immobilière, de la spécialisation des territoires, du poids des résidences secondaires dans certaines communes et de l'assignation à résidence dans bien des cas.

Alors certes ce phénomène n'est pas particulier à la Bretagne et ne se limite pas d'ailleurs aux secteurs touristiques mais à l'ensemble des zones à forte valeur spéculative. On y trouve évidemment une partie de la frange littorale mais également des villes comme Rennes,ou Brest et leurs abords résidentiels.

Et la mise en place d'un statut de résident, version localisée d'un statut de bonne conduite n'y changera absolument rien. Notons au passage que la seule et réelle vocation de cette proposition est de fait d’introduire à bas bruit des critères identitaires au droit au logement.

Les constats que tout un chacun peut faire - gentrification du centre des grandes villes, gentrification des zones côtières à vocation touristique, développement de locations touristiques de courte durée, éloignement des salariés des zones d'emplois ou des secteurs bien pourvus en équipements etc – ne sont que le résultat des effets pervers du marché du logement laissé hors de toute régulation publique.

Chacun peut aujourd'hui mesurer les dégâts d'une politique totalement tournée vers le « laisser faire », le « fil de l'eau » la réduction de l'action publique et la transformation du logement social conçu pratiquement à son origine comme un logement de service public en logement des plus démunis.

On peut ensuite venir nous parler de mixité sociale, de cohérence entre le lieu de travail et le domicile, de bonne gestion des mobilités, d'indispensables transitions énergétiques, sociales, environnementales, dans la réalité , on est très loin du compte.

Si nous voulons une société inclusive, qui respecte de droit de tous les citoyens en matière de logement et de lieux de résidence nous ne pouvons en rester là.

Il y a des leviers qui existent. Il faut les utiliser.

Il y a des batailles à gagner. Il faut les mener.

Il y a des objectifs à atteindre. Il faut les désigner.

Le Parti communiste s'est toujours battu pour le droit au logement et le droit au territoire.Il s'est toujours battu pour que les citoyens dans leur diversité vivent là où ils ont envie de vivre quel que soient leurs moyens et leurs origines. Le recours systématique et systémique à la promotion immobilière privée ne peut répondre à ces objectifs d’égalité des droits.

Il est grand temps de redonner toute sa place stratégique au logement de service public, au logement pour tous. Car ce qu'il est convenu d'appeler le logement social c'est d'abord le logement pour tous. On ne peut donc détourner sa mission en le limitant au logement des plus démunis. En fait le logement de service public attribué sous conditions de ressources qu'il s'agisse du logement locatif ou en accession à la propriété intéresse la grande majorité des habitants de la région et 70% d'entre y sont éligibles. C'est donc un élément majeur du droit au logement et au territoire.

Il faut encourager les communes les communauté des communes et d'agglomération, à utiliser tous les moyens qui sont d’ores et déjà à leur disposition pour maîtriser le foncier et les opportunités immobilières, notamment dans les secteurs où l’exclusion des couches populaires est la plus marquée ou en voie de gentrification. En gardant pour ligne de conduite l’intérêt collectif et le bien commun.

Les organismes du logement de service public locaux, départementaux sont des partenaires essentiels avec lesquels il convient de conclure des conventions pour des interventions ciblées destinées à promouvoir la mixité sociologique.

Il est temps aussi d'expérimenter des solutions nouvelles comme l'Office Foncier Solidaire qui a déjà fait ses preuves à Paris et à Rennes, l’acquisition par bail emphytéotique, l'acquisition du logement sans le terrain, offrant la possibilité aux classes moyennes et populaires de vivre dans des zones qui leur sont de fait interdites.

Gladys Grelaud, conseillère régionale communiste ( Finistère)

Dominique Gontier,  PCF 29

Article pour le journal "Avenir" qui sortira à la fête de l'Humanité Bretagne, article des fédérations bretonnes du Parti communiste

 

Droit au logement, les propositions communistes:

Le logement est à la fois un droit reconnu par la Constitution et un bien marchand qui fait l’objet de spéculation. Dans les métropoles, la hausse des prix du mètre carré pénalise les familles, jusqu’à les exclure des grandes villes ou les livrer à la merci de propriétaires peu scrupuleux. Nous devons refuser que le logement soit une marchandise. Le manque de logements dignes et durables à un coût accessible à toutes et tous est un problème majeur de notre pays. Derrière la volonté affichée de favoriser l’accès à la propriété, se cache le désir profond de ce gouvernement de s’attaquer au secteur du logement social. Il représente pourtant un rempart pour permettre à des familles aux revenus modestes de se loger dignement. L’habitat privé insalubre, qu’il soit lié à l’habitat ancien, aux copropriétés dégradées ou à la paupérisation du tissu pavillonnaire est loin d’être un épiphénomène. Dans certains secteurs, le nombre de logements insalubres représente jusqu’à 40 % du parc de logement privé. Dans un contexte de crise du logement, les marchands de sommeil prospèrent sur le dos de la précarité et de la fragilité de familles entières. Au vu de la situation, les réponses ne peuvent pas reposer que sur les épaules des communes. Une intervention publique d’ampleur est nécessaire. Malgré des efforts conséquents autour de la rénovation urbaine, la violation de la loi SRU par certaines communes, la hausse des loyers et la baisse des APL ont aggravé les difficultés des habitant·e·s. Nous affirmons que le droit au logement doit primer et qu’il doit être garanti pour permettre à chaque citoyen·ne, à chaque famille de se loger et de sortir d’une insécurité insupportable. Il est temps qu’émerge un véritable droit au logement pour toutes et tous. Nous proposons :

  • Un arsenal législatif renforcé contre les marchands de sommeil et le déblocage de moyens pour reloger et soutenir dans leurs procédures les victimes de ces délinquants.
  • La construction de 200 000 logements sociaux par an et le renforcement de la loi Solidarité renouvellement urbain en imposant 30 % de logements sociaux en zones urbaines. Des mesures coercitives plus fortes contre les villes qui ne respectent pas la loi doivent être prises.
  • Une aide à la pierre à hauteur de 40 % du coût des opérations pour permettre de construire massivement.
  • Un plan d’action national pour mettre un terme aux copropriétés dégradées et pour la rénovation thermique de l’habitat.
  • Un renforcement de l’encadrement des loyers, avec l’objectif que la proportion du loyer et des charges dans le budget des familles ne dépasse pas 20 % de leurs revenus ; revalorisation de l’APL et suppression de la caution dans le parc privé.
  • L’augmentation des taxes sur les logements vacants et les résidences secondaires dans les zones en déficit de logements.

Plus que jamais, la bataille à mener pour se loger dignement en France doit être une cause nationale.

 

Il est possible de proposer des idées : cliquer sur le lien ci-dessous.

https://www.lafranceencommun.fr/un_logement_digne_et_durable

Partager cet article
Repost0
24 novembre 2021 3 24 /11 /novembre /2021 06:22

 

 

1- Le PIB augmente de 3 % au troisième trimestre.

C’est à peu de choses près ce qui était prévu : l’INSEE prévoyait 2,7 % pour ce même trimestre dans sa note de conjoncture. L’écart est de l’épaisseur du trait. Sur l’ensemble de l’année 2021, cela pourrait faire entre 6,3 % et 6,5 % de croissance… après -8 % en 2020, il n’y a pas de quoi pavoiser.

 

2- Le contenu de cette croissance n’est pas bon :

C’est surtout de la consommation des ménages (+5 %) et du déstockage avec peu de production (-0,3 %).

C’est aussi la consommation de services marchands (+4,7 %, dont tourisme, cafés restaurant, laboratoires d’analyse, etc.) qui soutient cette consommation, consommation qui n’a pas vocation à continuer d’accélérer

La financiarisation de l’économie atteint des sommets (le CAC 40 dépasse ses records de fin 2019), rien ne s’observe encore sur l’investissement (-0,1 % après +2,5 %)

L’emploi reste miné en qualité et le nombre d’inscrits à pôle emploi enregistre lui aussi un record, le dégonflement du nombre de chômeurs de catégorie « A » étant du à 2 facteurs : transferts des chômeurs d’une catégorie à l’autre, augmentation du nombre de stage (mais pas des formations longues et qualifiantes !)

Nous sommes en train de « manger notre pain blanc » d’un retour quasi mécanique à un niveau « normal », mais dans une situation sous-jacente bien dégradée et sans préparer correctement l’avenir. Et ceci, alors que les marges des entreprises atteignent des sommets inégalés depuis 70 ans !

 

3- Rappelons que ce sont plus de 400 milliards de PIB qui n’auront pas été produits d’ici fin 2023, par rapport à la trajectoire sur laquelle nous étions avant la récession

 

4- Les nuages noirs sont en train de s’accumuler

  • L’Allemagne vient de réviser ses prévision à la baisse pour l’année 21 (2,6 %, soit 0,9 points de moins qu’au printemps) ;
  • L’UE n’accélère pas sa croissance : +2,2 % au 3ème trimestre après +2,1 % au 2ème ;
  • Le FMI a révisé à la baisse de 1 point les prévisions pour la Chine et les Etats-Unis. Or ces économies tirent l’économie française

5- Nuages noirs aussi :

  • Le creusement abyssal du déficit commercial, qui bat tous les records ;
  • L’accélération de l’inflation (+2,6 % en octobre, après 2,2 % en septembre) ;
  • Les pénuries de produits ;
  • La BCE qui envisage un resserrement de sa politique monétaire, sans oser l’engager, preuve qu’elle juge l’économie et sa reprise fort fragile ;
  • Le plan Biden de financement de l’économie américaine, qui va prélever des capitaux sur l’Europe.

6- Mais le gouvernement fait tout pour retarder les difficultés après l’élection présidentielle.

La survenue d’une « deuxième lame » risque de frapper fort, particulièrement l’emploi avec des plans de suppressions que les groupes mettront alors en œuvre probablement à l’été


7- Il faudrait tout au contraire, pour une transformation productive, engager des formations massives pour des emplois dans les services publics et dans les entreprises, appuyés par des investissements efficaces, sécuriser les revenus des ménages, impliquer les profits et le capital dans un immense effort de développement de l’emploi, de la formation et de la R&D.

Interpellons partout préfets et gouvernement sur l’utilisation des aides. Menons la bataille pour la convocation de conférences réunissant tous les acteurs économiques et sociaux, pour y exiger la prise d’engagements par les entreprises et les banques pour l’emploi, la formation, les salaires, la transformation productive et écologique.

 

Partager cet article
Repost0
24 novembre 2021 3 24 /11 /novembre /2021 06:14

 

Partager cet article
Repost0
23 novembre 2021 2 23 /11 /novembre /2021 07:03
Ce mardi 23 novembre de 11h à 13h mobilisation devant l'hôpital pour la venue du représentant de Macron: la politique de casse de l'hôpital public n'est plus supportable!!!

Ce mardi 23 novembre de 11h à 13h soyons nombreux mobilisés  devant l'hôpital de Morlaix pour la venue du représentant de Macron: sa politique de casse de l'hôpital public n'est plus supportable!!!

Ouest-France Morlaix 22 novembre 2021

Un appel à la mobilisation devant l’hôpital pour la venue du secrétaire d’État, mardi, à Morlaix

​À l’occasion de la venue de Joël Giraud, secrétaire d’État chargé de la ruralité au centre hospitalier des Pays de Morlaix (Finistère), le comité de défense de l’établissement lance un appel à mobilisation ce mardi 23 novembre 2021, entre 11 h et 13 h, pour « stopper l’hémorragie des hôpitaux publics ».

Le comité de défense du centre hospitalier des pays de Morlaix appelle « toute la population du pays de Morlaix » à un rassemblement devant le bâtiment administratif de l’établissement de santé, ce mardi 23 novembre 2021, de 11 h à 13 h, à l’occasion de la venue de Joël Giraud, secrétaire d’État en charge de la ruralité.

« Urgence pour l’hôpital public »

« Urgence pour l’hôpital public », « accès aux soins pour toutes et tous ». Voilà les mots d’ordre de ce comité, qui estime que « le gouvernement doit stopper l’hémorragie des hôpitaux publics et permettre à tous les Français d’accéder aux soins et arrêter la maltraitance institutionnelle ».

Ce mardi 23 novembre de 11h à 13h mobilisation devant l'hôpital pour la venue du représentant de Macron: la politique de casse de l'hôpital public n'est plus supportable!!!
Partager cet article
Repost0
23 novembre 2021 2 23 /11 /novembre /2021 06:09

 

Fabien Roussel se rendra en Guyane, Martinique et Guadeloupe du 22 au 28 novembre 2021

La tension continue de monter en Guadeloupe : incendies, barricades, barrages s’étendent sur tout le territoire, dans les villes et dans les campagnes. Résultat de plusieurs années de revendications populaires restées insatisfaites et des diktats du gouvernement toujours plus incompréhensibles pour la population.

La réponse du gouvernement : envoyer 200 gendarmes ! Il faut stopper cette escalade dans la violence et prendre la mesure de la colère dans ce territoire, où les inégalités comme la pauvreté explosent et où les meurtrissures laissées par l’épidémie de Covid constituent des ferments de l’aggravation de cet embrasement social.

Tout laisse à penser que la réponse ne peut être dans la répression mais dans l’écoute et le dialogue avec la population et les organisations syndicales.

J’appelle le gouvernement à prendre la mesure de cette révolte afin et d’apporter des solutions aux problèmes posés, à la vie chère, afin d’éviter le chaos, dans ce territoire et l’extension de ce conflit dans les autres départements, régions et collectivités d’outre-mer.

J’apporte mon soutien à la population toute entière qui, au-delà de la situation liée à la vaccination ne croit plus en la parole publique.

Je me rendrai aux Antilles et en Guyane la semaine prochaine, afin de prêter une écoute attentive aux grévistes, aux élus et m’imprégner des difficultés de nos concitoyens qui se sentent discriminés et abandonnés depuis des décennies.

Les réactions du Gouvernement ne sauraient être celles d’une époque révolue qui ne peuvent que réveiller les blessures du passé.

Il est plus que temps de répondre aux besoins des habitants, de faire vivre l’égalité des citoyens, où qu’ils vivent ! En République, il ne doit pas avoir de citoyens de seconde zone.

Fabien Roussel, député du Nord, candidat à la Présidence de la République,
Paris, le 19 novembre 2021.

 

 

 

Partager cet article
Repost0
23 novembre 2021 2 23 /11 /novembre /2021 06:05

 

Le 21 novembre se tient à Paris le grand rassemblement de Fabien Roussel en faveur du pouvoir d’achat et de l’emploi. Le candidat du PCF à la présidentielle défend un « pacte pour le progrès social et l’écologie à 140 milliards d’euros » dédié à « un vrai projet de société ». GRAND

ENTRETIEN 

 

Le capital coûte cher, très cher. Tous les ans, ce sont plus de 45 milliards d’euros de cadeaux fiscaux », dénonce le député du Nord. À l’opposé de cette logique libérale, le candidat pour des « jours heureux » détaille ses propositions et leur financement : baisse des factures d’énergie, augmentation des salaires, réindustrialisation, développement des services publics, réduction des « vraies charges qui pèsent sur les entreprises », ou encore transports gratuits…

 

La lutte contre la vie chère et pour l’emploi est au cœur de votre campagne. La question du pouvoir d’achat arrive en tête des préoccupations, quelles mesures mettriez-vous immédiatement en place si vous étiez élu ?

FABIEN ROUSSEL 

Cet hiver, beaucoup de familles, d’enfants, de retraités risquent d’être contraints de choisir entre se nourrir ou se chauffer, de sombrer dans la misère. Nous ne pouvons pas attendre les élections. Notre rassemblement du 21 novembre à Paris est une grande journée de lutte et de mobilisation pour interpeller le gouvernement sur les mesures d’urgence pour dire stop à la vie chère et porter des propositions pour l’emploi, la formation et les salaires. Les hausses des factures de gaz, d’électricité, d’essence vont s’ajouter à celles des mutuelles, des loyers, des prix de l’alimentation… Cela représente dès maintenant des pertes de pouvoir d’achat de plus de 100 euros par mois. Le gouvernement distribue de petits chèques alors que, durant tout ce mandat, il en a signé de gros, par dizaines de milliards, aux plus riches. Le capital nous coûte cher, très cher, entre le Cice, l’ISF, la flat tax, l’exit tax… Tous les ans, ce sont plus de 45 milliards d’euros de cadeaux fiscaux. Il faut mettre fin à cette gabegie de dépenses publiques, et utiliser cet argent pour baisser les taxes afin de réduire sans attendre de 30 % les factures de gaz et d’électricité, et le litre de carburant.

Mais nous savons que cela ne suffira pas : l’enjeu est aussi de consommer moins. Nous voulons donc un vaste plan de rénovation thermique des bâtiments et logements de 23 milliards d’euros par an et un plan de développement des transports en commun. Dans les 45 métropoles de notre pays, l’État doit prendre à sa charge leur gratuité, en priorité pour les moins de 25 ans et les salariés. Dans les autres territoires, je propose que les 50 % du ticket de TER des salariés non remboursés par l’employeur le soient par l’État. Le TER sera gratuit pour se rendre au travail. Exit les cars Macron, bienvenue aux trains Roussel.

Icon QuoteLe gouvernement distribue de petits chèques alors que, durant tout ce mandat, il en a signé de gros, aux plus riches. (...) Soit plus de 45 milliards d’euros de cadeaux fiscaux par an. »

 

Comment augmenter le Smic et les salaires, comme vous le proposez également, sans mettre en difficulté les entreprises, notamment les plus petites ?

FABIEN ROUSSEL 

D’abord, nous proposons une hausse du Smic à 1 800 euros brut, mais aussi que tous les salaires soient indexés à l’inflation. C’est ce que l’on appelait auparavant l’échelle mobile des salaires, qui n’existe plus depuis près de quarante ans. Et, de ce fait, le salaire moyen se tasse. Pire, dans certaines branches professionnelles, le salaire minimum est inférieur au niveau du Smic. Pour les fonctionnaires, dont le point d’indice est gelé depuis douze ans, il faut augmenter de 30 % les salaires. Bien sûr pour les catégories C, dont les revenus sont très bas, mais je pense aussi à ces sages-femmes, par exemple, qui, après cinq ans d’études, sont à 1 800 euros net. Pour les entreprises, augmenter les salaires sera possible car je propose de baisser les charges.

Vous pensez sans doute à d’autres « charges » que celles sans cesse évoquées par la droite pour s’attaquer au « coût du travail » ?

FABIEN ROUSSEL 

De Xavier Bertrand à Emmanuel Macron en passant par Éric Zemmour et Marine Le Pen, ils n’ont en effet que ces mots-là à la bouche. Eux parlent des cotisations qui permettent pourtant de financer notre système de solidarité, la Sécurité sociale. Moi, je parle des vraies charges qui pèsent sur les entreprises. Elles sont au nombre de trois. À commencer par les factures énergétiques, qui s’envolent du fait de la libéralisation et dont nos entreprises souffrent aussi. Elles ont besoin d’accéder à une électricité moins chère et décarbonée. C’est un enjeu tant économique que climatique qui nécessite de monter en puissance dans un mix énergétique avec une grande part d’électricité nucléaire.

Il faut également réduire les charges des assurances. C’est peu de le dire, ces dernières n’ont pas été au rendez-vous de la pandémie et continuent d’augmenter les cotisations alors qu’elles sont assises sur un tas d’or, avec près de 100 milliards d’euros de fonds de réserve. Je propose de nationaliser Axa et de créer une garantie d’assurance publique aux entreprises beaucoup moins chère.

Ces charges financières sont enfin celles imposées par les banques pour des crédits de surcroît difficiles à obtenir. Nous voulons une banque publique qui prêtera à taux zéro pour des investissements qui permettent de relocaliser l’activité, la transition écologique, de former et d’embaucher, notamment des jeunes.

Icon Quote Quand on additionne les besoins pour l’école, la santé, la police, les éducateurs, la justice... ce sont plusieurs centaines de milliers d’emplois à créer.

 

Vous défendez également un plan de « reconquête industrielle et de relance des services publics ». Comment éviter les délocalisations et réinvestir dans les services publics ?

FABIEN ROUSSEL 

La France a perdu 2 millions d’emplois industriels en vingt ans. C’est une catastrophe nationale, un crime organisé contre notre industrie. Mon plan, c’est d’abord un moratoire sur toutes les délocalisations en cours. Car, quand on perd des compétences dans l’automobile, dans l’aéronautique, dans le textile, il faut des années pour les reconquérir. L’État est complice de ce grand déménagement industriel, or il peut et doit non seulement mettre un garrot sur cette hémorragie mais aussi reconstruire des filières entières, comme celle du textile, du médicament…

Que l’on ne me dise pas que c’est un coût pour le climat. C’est faux. En l’espace de quinze ans, les émissions de COimportées ont augmenté de 75 %, alors qu’ici elles sont en train de baisser. Cette politique de relocalisation de l’activité doit être menée par tous les pays et aller de pair avec des circuits de coopération, hors loi du marché, sur les matières premières.

Pour nos services publics, un pacte sans précédent est nécessaire pour rattraper tous les retards. Quand on additionne les besoins pour l’école, pour l’accompagnement des personnes âgées, pour la santé, la police, les éducateurs, la justice, ce sont plusieurs centaines de milliers d’emplois à créer.

 

Où entendez-vous trouver les moyens de financer toutes ces ambitions ?

FABIEN ROUSSEL 

Je propose un pacte européen pour le progrès social et écologique. Un pacte pour l’emploi et le climat, pour sortir du dogme de l’austérité et de la concurrence libre et non faussée. Parce que le pacte budgétaire est mort ! Remis en cause par la pandémie, les 3 % de déficit et les 60 % d’endettement inscrits dans le marbre du traité de Maastricht et du pacte de stabilité n’existent plus. Tout le monde le dit. Il est donc nécessaire d’en écrire un nouveau qui permettrait de mobiliser 6 % du PIB européen, c’est-à-dire 900 milliards d’euros par an.

Et nous proposons pour la France le même pacte à hauteur de 6 % de notre PIB, soit 140 milliards. Ce pacte budgétaire européen sera financé par la Banque centrale européenne, qui pourra faire tourner la planche à billets, non plus pour gaver les marchés financiers mais pour ces investissements utiles. Il sera aussi abondé par les ressources nouvelles que nous obtiendrons des multinationales en faisant participer le capital. C’est une bataille à mener à l’échelle de l’Union européenne, mais c’est autrement plus ambitieux que les 750 milliards d’euros actuellement prévus pour six ans.

Icon Quote Nous proposons, pour notre réforme des retraites, une cotisation de 11 % appliquée aux revenus financiers. Elle permettrait de récolter près de 30 milliards d’euros par an. »

 

À rebours de ce qu’a exposé Emmanuel Macron lors de sa dernière allocution, vous proposez de réduire le temps de travail. Comment y parvenir tout en préservant les salaires, les emplois et notre système de protection sociale ?

FABIEN ROUSSEL 

La première réforme que nous devons faire, la plus urgente, c’est celle des retraites, pour permettre de partir à 60 ans avec une bonne pension, et d’être remplacé par l’embauche d’un jeune. L’autre urgence est aussi de réduire le temps de travail hebdomadaire. Pas par dogme, mais parce que nous préférons travailler moins pour travailler tous et bien. Je ne le ferai pas en l’imposant brutalement à toutes les entreprises du jour au lendemain. Cette réduction doit se faire progressivement dans le dialogue et la concertation, en fonction des réalités des entreprises, mais surtout en tenant compte des conditions de travail et du besoin grandissant de formation.

Beaucoup de métiers ne sont plus attractifs tellement ils sont pénibles. On doit pouvoir s’épanouir au travail ! C’est pour cela que notre programme, à nous communistes, est un projet de société. L’attractivité du travail n’est pas qu’une question de salaires. Je porte l’ambition que nous redonnions collectivement du sens au travail pour retrouver le goût de participer à un projet de société, à la reconstruction de notre pays, à la transition écologique. La réduction du temps de travail doit s’inscrire dans ce projet-là. C’est ce qu’est en train de réaliser Yolanda Diaz en Espagne, la ministre communiste y engage ce travail par secteur et dans le dialogue. Elle fait la démonstration, par petites touches, que c’est possible et que c’est aussi dans l’intérêt des entreprises.

Le déficit de la protection sociale est imposé comme argument massue par les détracteurs de ces propositions…

FABIEN ROUSSEL 

Et notre système de protection sociale a toujours été basé sur un financement solidaire du travail. Or, aujourd’hui, le capital participe de moins en moins à son financement. C’est pour cela que nous proposons, dans notre réforme des retraites, une cotisation de 11 %, comme celle qui existe sur les salaires, appliquée aux revenus financiers. Elle permettrait de récupérer près de 30 milliards d’euros par an dans le financement de notre protection sociale.

Une autre de mes priorités : l’égalité salariale femmes-hommes, pour mieux valoriser tous ces métiers où 80 % de femmes sont en première ligne, sous-payées et maltraitées. Ce serait non seulement un progrès pour la moitié de l’humanité, les femmes, mais aussi un atout économique. L’égalité salariale rapporterait 5 milliards d’euros dans les caisses de l’État.

 

L’extrême droite et la droite extrême, très médiatisées dans cette campagne, rendent l’immigration responsable de tous les maux sociaux. Qu’y opposez-vous ?

FABIEN ROUSSEL 

C’est pire que ça. Ce n’est pas seulement l’immigration qui est pointée, ce sont aussi des Français qui, en fonction de leur religion ou de leur couleur de peau, sont stigmatisés. C’est une forme d’apartheid qui est mise en débat à travers des candidats qui osent tout. Tout est fait pour diviser la société. C’est honteux. Cela faisait très longtemps que les principes de la République n’avaient été à ce point mis en cause par l’encouragement au repli sur soi et à la haine de l’autre.

L’extrême droite ne remportera pas l’élection présidentielle. Mais ses idées sont un danger majeur pour le vivre-ensemble et nos libertés. Il faut donc combattre à chaque instant ses idées qui diffusent dans le pays et risquent de continuer à nous opposer en fonction de nos couleurs, nos religions, alors que nous avons besoin d’être unis, de lutter ensemble pour de nouvelles avancées sociales et démocratiques. Or, je sens monter l’individualisme, le repli sur soi, la haine de l’autre. Je veux lancer un grand appel à ceux qui se détournent de la politique, qui ne veulent plus voter et qui sont aujourd’hui exploités, maltraités, méprisés. Il faut qu’ils envahissent les urnes, mais en votant pour des jours heureux et pas pour des heures sombres.

 

Comment comptez-vous inverser la donne à l’heure où les sondages sont défavorables à la gauche ?

FABIEN ROUSSEL 

Si nous disions que l’issue est de reconstruire la gauche qui a déçu, qui a trahi, ce serait pire que mieux. Cette gauche-là, qui a été au pouvoir et qui a tourné le dos aux aspirations populaires, a aussi une responsabilité dans la crise démocratique que nous traversons, car elle a contribué à nourrir l’abstention et le rejet de la politique. Je ne veux plus revivre de tels désenchantements. Il existe une gauche qui a le courage de s’attaquer à la finance, de mettre en place des réformes au service du peuple, avec le peuple. C’est ce que je veux incarner dans cette campagne.

 

Partager cet article
Repost0
22 novembre 2021 1 22 /11 /novembre /2021 10:25

 

Des milliers de personnes ont répondu présent à l'appel du PCF et de Fabien ROUSSEL pour un meeting dans le cadre de la campagne de Fabien ROUSSEL et des Jours Heureux.

Fabien ROUSSEL y a pris la parole

Partager cet article
Repost0
22 novembre 2021 1 22 /11 /novembre /2021 07:13
L'écrivaine Maryam Madjidi était à Morlaix ce samedi 20 novembre
L'écrivaine Maryam Madjidi était à Morlaix ce samedi 20 novembre
Photo France Chapa - 21 novembre 2021 - Maryam Madjidi à Dialogues Morlaix

Photo France Chapa - 21 novembre 2021 - Maryam Madjidi à Dialogues Morlaix

Photo France Chapa - 21 novembre 2021 - Maryam Madjidi à Dialogues Morlaix

Photo France Chapa - 21 novembre 2021 - Maryam Madjidi à Dialogues Morlaix

L'écrivaine Maryam Madjidi, auteur de "Marx et la poupée", prix Goncourt du Premier Roman, et Prix Etonnants Voyageurs, candidate sur la liste de Ian Brossat et du PCF aux européennes en 2019, était de retour à Dialogues Morlaix le samedi 20 novembre au matin, où, interviewée par Lyonel, elle a animé une rencontre passionnante sur son livre deuxième roman autobiographique "Pour que je m'aime encore". Ensuite, nous avons participé avec elle pendant 3 heures à une rencontre à la MJC de découverte des pays d'origine de plusieurs exilés vivant dans le pays de Morlaix dans le cadre de la semaine de la solidarité internationale. Un vrai moment d'échange humain et de volonté de compréhension de l'autre, et de la diversité culturelle et géographique. Trois heures rares d'écoute et d'enrichissement réciproque. Burkina Faso, Guinée, Cameroun, Sénégal, Venezuela, Italie, Iran, 7 pays sur 3 continents ont ainsi pu être mieux connus! Avec Maryam Madjidi qui était restée avec nous après la présentation de son deuxième roman à Dialogues pour ces rencontres.

Ismaël Dupont

 

Voir aussi:

"Pour que je m'aime encore", de Maryam Madjidi - l'auteur sera à la librairie Saint-Christophe de Lesneven le 19 mai et à la librairie Dialogues Morlaix le samedi 20 novembre à 10h30

L'écrivaine Maryam Madjidi était à Morlaix ce samedi 20 novembre

Récit drôle, tendre et profond d'une adolescence à Drancy, le deuxième roman pour adultes de Maryam Madjidi, est une nouvelle pépite, reprenant le cours d'une jeunesse atypique, que l'on avait laissée à l'école primaire avec  "Marx et la poupée", suite à l'exil d'Iran de Maryam avec ses parents communistes, et ouvrier en France pour son père. 

En courts chapitres enlevés et quasi picaresques, où les mots de l'enfance et les expressions des années 80 rythment un récit marqué par un quotidien d'adolescente complexée tiraillée entre plusieurs influences, récit du quotidien magnifié en aventures burlesques, Maryam Madjidi restitue avec finesse, par petites touches, toute une époque, le milieu immigré, de la banlieue, ainsi que la force polymorphe et mutante ouverte à toutes les contradictions et tous les possibles de l'adolescence, l'âge de l'inachèvement, de l'indécision, l'âge littéraire par excellence selon un auteur comme Gombrowicz.

Cheveux épais, frisés et bouclés, mono-sourcil, moustache, pilosité encombrante, Maryam fait son portrait d'adolescente en demi-monstre faisant de son corps un champ de bataille pour retrouver la féminité "idéale" ou "normale", tant la pression des normes sociales est forte à cet âge...

Elle raconte aussi les vexations et contrariétés subies par une fille, une enfant pauvre, dont les parents étrangers ne maîtrisent pas tous les codes, et qui ne peut ni s'acheter des vêtements de marque ou à la mode, ni partir en vacances, les brutalités d'autres ados, parfois encore plus défavorisés, à côté d'elle, les profs chahutés et ceux, puissants éducateurs, qui font naître des vocations au collège, l'ennui de Drancy, où Maryam vit dans un HLM de la Cité de la Muette, où furent internés pendant des années plusieurs milliers de Juifs en partance pour Auschwitz et les camps de la mort, gardés dans des conditions atroces par des gendarmes français.

Une rescapée de la Shoah viendra un jour troubler une partie de football où Maryam et ses copains shootent dans un ballon de foot contre une cible peinte sur un wagon posé au milieu d'une place entourée d'immeubles HLM. Le retour des fantômes dans cette cité cosmopolite où l'on se connaît bien d'autres problèmes que ceux de la dernière guerre. 

L'auteur a le sens du détail révélateur, des mots crus et vrais, son récit autobiographique, à la manière d'un portrait construit par anecdotes, séquences chronologiques et thématiques (le corps, l'école, la pauvreté, la banlieue, la découverte de l'amour et du sexe, l'ambition sociale et intellectuelle) est émouvant, palpitant, avec une portée universelle, parce qu'il préfère la pirouette comique et ironique au pathos et à l'apitoiement facile.

On pense à Pagnol, à Azouz Begag, à Fouad Laraoui ou bien encore à Riad Sattouf ou Marjane Satrapi pour la conjugaison de la véracité sociologique, de la description vivante du monde de l'enfance, et de l'humour désopilant. A chaque fois, le récit autobiographique saisit une réalité sociale et humaine plus vaste, loin des approches nombrilistes. 

Dans "Pour que je m'aime encore", nous vivons aussi la lutte des classes dans la classe, à l'école, qui malgré ses promesses d'émancipation universelle, reste souvent le haut lieu des ségrégations, et des distinctions sociales et culturelles et des murs invisibles contre lesquels les enfants des classes populaires se cognent le plus souvent. La traversée du périph pour rejoindre l'hypokhâgne au lycée Fénélon, dans le quartier Saint-Michel et le 6e arrondissement de Paris: "Parmi les 55 élites de la France, quatre filles venaient de banlieue parisienne "défavorisée": trois du 93 et une du 94, qui était la seule noire de la classe. Ils appelaient ça "le quota des banlieues""... 

Quelques jours de traversée des mondes de la séparation sociale qui s'avèrent, malgré l'intelligence et l’appétit de savoir de Maryam, une vraie "galère". Car on apprend pas autant dans un collège et un lycée de ZEP que dans les établissements privilégiés des beaux quartiers, car la culture des élites s'enseigne aux berceaux chez les élites, et pas dans les familles d'ouvriers et d'exilés. Ce récit ressuscite avec une sorte de nostalgie sans pesanteur les morts, la civilisation oubliée de l'enfance et de l'adolescence, celle des années 80, c'est un livre de dette, d'hommage, en même temps que d'explication à soi: celle notamment de l'éveil de vocation littéraire.

Pour ma part, j'ai lu ce livre d'une traite, avec un immense plaisir, beaucoup de sourires, et parfois aussi du franc rire, et je le recommande à tous les amateurs de romans...

Maryam Madjidi enseigne le français aux jeunes migrants. Elle nous avait enchantés début avril 2019 quand elle était venu à Morlaix et à Brest présenter son livre "Marx et la poupée", prix Goncourt du Premier Roman, et également dans le cadre de la campagne de Ian Brossat et de la liste du PCF aux élections européennes, sur laquelle était candidate cette grande voyageuse qui a vécu en Iran, où elle est née, en Chine, en Turquie. Elle revient dans le Finistère au mois de novembre pour présenter "Pour que je m'aime encore" et sera à Lesneven le 19 novembre et à Morlaix le 20 novembre pour une rencontre à 10h45 à la Librairie Dialogues.

Notez la date dans votre agenda, elle correspond aussi au Salon du Livre Jeunesse de Morlaix, La Baie des Livres.

Ismaël Dupont       

Partager cet article
Repost0
22 novembre 2021 1 22 /11 /novembre /2021 06:28
Le maire communiste de Recoleta, l’une des communes de Santiago, Daniel Jadue souhaite «porter à la tête du Chili un gouvernement progressiste qui initiera les transformations dont le pays a besoin» (photo L'Humanité)

Le maire communiste de Recoleta, l’une des communes de Santiago, Daniel Jadue souhaite «porter à la tête du Chili un gouvernement progressiste qui initiera les transformations dont le pays a besoin» (photo L'Humanité)

Chili. Daniel Jadue : « La révolte sociale de 2019 est loin d’être finie »
Vendredi 19 Novembre 2021 - L'Humanité

Maire communiste de Recoleta, l’une des communes de Santiago, Daniel Jadue, après sa défaite à la primaire de la coalition Apruebo Dignidad, fait activement campagne pour le candidat de gauche Gabriel Boric. Entretien

Comment percevez-vous le climat politique de cette campagne présidentielle et parlementaire ?

Daniel Jadue La droite excelle dans l’art de semer la peur, d’instaurer un climat de tension, de manier la menace pour faire échec à des transformations en germe. C’est la seule recette qu’ils connaissent. Ce qu’ils ne veulent pas comprendre, c’est que si la pandémie a suspendu la révolte populaire d’octobre 2019, celle-ci est loin d’être terminée. Quand on y regarde de plus près, cette révolte avait deux dimensions : l’une politique, l’autre sociale et économique.

La première a trouvé un chemin de sortie avec la discussion constitutionnelle, qui mobilise un public déjà très politisé. Mais ceux préoccupés par la précarité de leurs conditions de vie n’ont vu venir, jusqu’ici, aucune réponse. Les pensions n’ont pas été revalorisées, il n’y a pas eu la moindre avancée pour garantir le droit à l’éducation, à la santé – des gens jouent encore à la loterie ou vendent des sandwichs dans la rue pour payer des traitements médicaux coûteux ; les services publics locaux sont plus dégradés que jamais. La rage et l’indignation, pour l’instant, sont rentrées.

Mais si des réponses sociales ne commencent pas à être esquissées, il est hautement probable qu’elles ressurgissent avec bien plus de force . Sans parler de l’impunité garantie aux auteurs de violations des droits humains, ni de l’emprisonnement de participants à cette révolte sociale.

Vous étiez candidat à la primaire de la coalition de gauche Apruebo Dignidad. Comment vous êtes-vous impliqué, avec le Parti communiste chilien, dans cette campagne ?

DANIEL JADUE Le Parti communiste est pleinement investi dans la campagne de Gabriel Boric et de la coalition Apruebo Dignidad, qui rassemble huit formations politiques. Je me suis rendu dans de nombreuses régions, pour soutenir notre candidat à la présidentielle, mais aussi nos candidats aux élections législatives et sénatoriales. Il fallait aussi convaincre les 700 000 électeurs qui m’ont accordé leurs suffrages à la primaire. C’est, pour nous, une alliance stratégique. Nous voulons porter à la tête du Chili un gouvernement progressiste qui initiera les transformations dont le pays a besoin.

Comment expliquez-vous la place subitement prise dans le paysage politique par le candidat d’extrême droite Jose Antonio Kast, un nostalgique de la dictature de Pinochet ?

DANIEL JADUE  Avec les difficultés du candidat de droite Sebastian Sichel, les élites économiques ne voient pas d’autre possibilité de maintenir leurs privilèges. Elles migrent vers Kast, après avoir contribué, grâce aux sondages et aux médias qu’elles possèdent, à gonfler artificiellement cette candidature. Pourtant son programme est un tissu de mensonges. Il est basé sur un taux de croissance de 5 % dans les cinq prochaines années, alors que les projections les plus optimistes ne prévoient pas plus de 2 %, ni au Chili ni dans la région.

L’État aurait besoin de ressources nouvelles pour répondre à des demandes impérieuses, sortir du système des AFP (fonds de pension) pour rebâtir un système de retraites par répartition, apporter à tous les citoyens les protections sociales dont ils ont besoin : lui prévoit au contraire de baisser les impôts des plus riches. Comme son ami et modèle, Jair Bolsonaro, ce macabre personnage prétend apporter des réponses simplistes à des problèmes complexes. Il ment. Ces figures de l’extrême droite capables de faire fuir leurs fortunes à l’étranger pour échapper à l’impôt n’aiment pas le Chili. Elles n’aiment que l’argent.

Chili. Daniel Jadue : « La révolte sociale de 2019 est loin d’être finie » - Interview de Rosa Moussaoui, L'Humanité, 19 novembre 2021
Chili. L’âpre combat de la transition
Samedi 20 Novembre 2021 - L'Humanité

À l’approche d’élections générales cruciales pour l’aboutissement du processus de transformation démocratique, l’« HD » est allé à Recoleta, commune de Santiago, où le maire Daniel Jadue parvient à sortir l’eau, la santé, le logement... des logiques néolibérales dans ce pays où « tout se paie ». Reportage.

Un amphithéâtre plonge dans les entrailles de l’immeuble de six étages qui abrite la mairie de Recoleta. Les lieux ont été aménagés en centre de vaccination : une centaine de personnes patientent là, inquiètes de la remontée des contaminations. Il faut dire que la pandémie désorganise jusqu’à la campagne électorale : bien que vacciné, le candidat de gauche à l’élection présidentielle du 21 novembre Gabriel Boric a contracté ces jours-ci le Covid-19 ; cinq des six autres candidats qu’il avait rencontrés pour un débat ont dû se plier à une inflexible quarantaine.

En haut des marches, une tente a été dressée à l’entrée de l’Optique populaire, où les habitants dépourvus de couverture sociale privée peuvent se procurer des lunettes à prix raisonnable. C’est la deuxième fois que Bernardo Flores vient là. Ce quinquagénaire sans travail fixe, le visage couvert d’un double masque, n’aurait pas les moyens de corriger sa vue autrement : la paire de lunettes la moins chère lui coûterait, dans le commerce, pas moins de 50 000 pesos, l’équivalent d’une cinquantaine d’euros. Ici, il n’en paiera que 20 000. « C’est un bon recours pour ceux qui ont peu de revenus », sourit-il. Depuis 2015, la municipalité de cette commune de Santiago du Chili dirigée par le communiste Daniel Jadue a développé tout un éventail de nouveaux services locaux.

Objectif : offrir un filet social aux naufragés du mirage néolibéral qui a démoli, depuis la dictature de Pinochet et la brutale conversion économique imaginée par les Chicago Boys, tous les services publics de base, toutes les protections collectives, mais aussi le lien social, la faculté d’organisation des plus démunis. Recoleta retisse patiemment des solidarités, des combats collectifs. Sur l’avenue qui file vers les contreforts de la cordillère des Andes, de vieilles bâtisses rouges, rococo et décaties côtoient des commerces chinois. Des immigrés haïtiens et vénézuéliens sont venus, ces dernières années, grossir les rangs des travailleurs du petit commerce informel. Les murs exigent partout la libération des jeunes manifestants emprisonnés depuis le soulèvement populaire d’octobre 2019.

Librairie municipale

Au pied de la mairie, une librairie municipale offrant des livres neufs à prix coûtant donne à l’édifice des airs de carrefour culturel. À l’intérieur, l’initiative la plus emblématique : la pharmacie sociale Ricardo Silva Soto, la première du Chili, où les patients peuvent se procurer les médicaments dont ils ont besoin à des prix inférieurs de 60 % à ceux du marché. Créé en 2015, ce service ouvert à toutes celles et tous ceux qui vivent, travaillent ou étudient dans la commune recense aujourd’hui 33 000 inscrits ; 2 500 nouveaux usagers se sont manifestés depuis le début de la pandémie.

Alors que les Santiaguinos consacrent 60 à 70 % de leurs revenus au logement, cette part est ici plafonnée à 20 %. Et les médicaments sont proposés 60 % moins chers que dans le privé.

Dans la salle d’attente, des patients de tous âges, des femmes, pour la plupart, attendent leurs commandes, ordonnance en main. Maria Teresa, 46 ans, ne vient pas ici pour elle-même, mais pour se procurer les médicaments dont a besoin sa mère, atteinte de la maladie d’Alzheimer et prostrée. « Elle est à ma charge, avec mes trois fils. Comme je dois m’occuper d’elle, je ne peux plus travailler », résume cette comptable qui vit à Recoleta depuis une vingtaine d’années et juge les politiques sociales de la municipalité « excellentes ».

« Dans les pharmacies privées, les médicaments sont beaucoup plus chers. Si tu as beaucoup d’argent, tu peux prendre une assurance privée qui couvre les dépenses et offre l’accès à des soins de qualité dans des cliniques privées, soupire-t-elle. Mais, souvent, en cas de problème de santé très grave, ces assurances finissent par se défiler. Nous, nous n’avons que la couverture sociale de base, qui donne accès à un système public en ruine et à des soins limités. Si tu as besoin d’un examen approfondi, un scanner par exemple, tu ne peux pas le faire. » Le succès rencontré par cette initiative inspire d’autres projets partout dans le pays : sur le même modèle, une pharmacie populaire a ouvert ses portes voilà un mois dans la commune voisine de Providencia

Au sixième étage de la mairie, Daniel Jadue désigne un immeuble jaune et noir, flambant neuf, tout juste inauguré. De l’habitat social municipal aux loyers abordables : alors que les Santiaguinos consacrent 60 à 70 % de leurs revenus au logement, cette part est ici plafonnée à 20 %. Candidat à la primaire de la coalition de gauche Apruebo Dignidad, l’édile participe activement à la campagne de son concurrent victorieux, Gabriel Boric. « Une alliance stratégique mobilisant huit formations politiques, que nous assumerons jusqu’au bout », commente-t-il. Alors que les sondages, dans la dernière ligne droite, placent en tête un nostalgique de la dictature, José Antonio Kast, ce communiste voit en lui « une créature médiatique de dernier moment, gonflée comme son ami Jair Bolsonaro aux fake news que fait courir son camp sur les réseaux sociaux ». Stratégie payante : Kast semble en mesure de siphonner l’électorat de Sebastian Sichel, le dauphin de l’actuel président, Sebastian Piñera, dont il traîne comme un boulet l’impopularité et les scandales de corruption.

« La colère peut revenir avec force »

En ordre dispersé, la droite et l’extrême droite, insiste Jadue, convergent pourtant dans une même « campagne de haine et de mensonges pour semer la peur », susciter le rappel à l’ordre, étouffer ainsi la question sociale. « La pandémie, au Chili, a suspendu la révolte d’octobre 2019, expose-t-il. Mais cette révolte n’est pas finie. Elle avait deux dimensions : l’une politique, l’autre sociale et économique. La première a trouvé un chemin de sortie avec la discussion constitutionnelle, qui mobilise un public déjà très politisé. Mais ceux qui sont d’abord préoccupés par la précarité de leurs conditions de vie n’ont vu venir, jusqu’ici, aucune réponse. Les pensions n’ont pas été revalorisées, il n’y a pas eu la moindre avancée pour garantir le droit à la santé, à l’éducation ; les services publics locaux sont plus dégradés que jamais. La rage et l’indignation, pour l’instant, sont rentrées. Mais si des réponses sociales ne commencent pas à être esquissées, il est hautement probable qu’elles ressurgissent avec bien plus de force », prédit-il. Le candidat de l’extrême droite ne conteste pas ce diagnostic : « Nous n’avons pas fait attention aux urgences sociales qui nous ont conduits à cette situation », admet-il. Sa réponse, elle, se situe aux antipodes de la justice sociale, elle tient en trois mots : « la défense du marché libre ». 

Partager cet article
Repost0
22 novembre 2021 1 22 /11 /novembre /2021 06:26
Meeting de Fabien Roussel à Paris, 21 novembre -Photo Page Facebook de Christophe Grassulo

Meeting de Fabien Roussel à Paris, 21 novembre -Photo Page Facebook de Christophe Grassulo

Des milliers de personnes à Paris, place Stalingrad, au rassemblement du PCF pour la campagne de Fabien Roussel et des Jours Heureux - Discours de Fabien Roussel, compte rendus de L'Humanité
Fabien Roussel -Photo Page Facebook de Christophe Grassulo

Fabien Roussel -Photo Page Facebook de Christophe Grassulo

Meeting de Fabien Roussel à Paris, 21 novembre -Photo Page Facebook de Christophe Grassulo

Meeting de Fabien Roussel à Paris, 21 novembre -Photo Page Facebook de Christophe Grassulo

Meeting de Fabien Roussel à Paris, 21 novembre -Photo Page Facebook de Christophe Grassulo

Meeting de Fabien Roussel à Paris, 21 novembre -Photo Page Facebook de Christophe Grassulo

Meeting de Fabien Roussel à Paris, 21 novembre -Photo Page Facebook de Christophe Grassulo

Meeting de Fabien Roussel à Paris, 21 novembre -Photo Page Facebook de Christophe Grassulo

Meeting de Fabien Roussel à Paris, 21 novembre -Photo Page Facebook de Christophe Grassulo

Meeting de Fabien Roussel à Paris, 21 novembre -Photo Page Facebook de Christophe Grassulo

Des milliers de personnes à Paris, place Stalingrad, au rassemblement du PCF pour la campagne de Fabien Roussel et des Jours Heureux - Discours de Fabien Roussel, compte rendus de L'Humanité
Des milliers de personnes à Paris, place Stalingrad, au rassemblement du PCF pour la campagne de Fabien Roussel et des Jours Heureux - Discours de Fabien Roussel, compte rendus de L'Humanité
Des milliers de personnes à Paris, place Stalingrad, au rassemblement du PCF pour la campagne de Fabien Roussel et des Jours Heureux - Discours de Fabien Roussel, compte rendus de L'Humanité
Un très beau meeting du PCF place Stalingrad à Paris ce 21 novembre avec des camarades de toute la France, entre 3000 et 5000 personnes, un meeting qui marque l’ambition des communistes et de leur candidat de se tourner résolument vers le monde du travail et de la création, vers la jeunesse, dans leur diversité, pour changer la situation politique et apporter les transformations radicales si nécessaires à la société.
Bravo notamment à tous ces camarades qui ont fait l’effort de venir des 4 coins de la France !
 
Au meeting de Paris avec Fabien Roussel
 
 
☝ Retrouvez la vidéo du rassemblement, avec le discours et les propositions du candidat communiste à la Présidentielle sur https://www.fabienroussel2022.fr/
 
 
Le discours de Fabien Roussel à Paris ce 21 novembre 2021.
✍"Chers amis, chers compagnons de route, c’est ici, ensemble, que débute notre long cheminement.
Cinq mois nous séparent de la Présidentielle. 140 jours avant le premier tour.
Cinq mois imprévisibles, ouverts, qui nous conduiront jusqu’à l’élection présidentielle puis aux élections législatives de juin pour y porter les nouveaux représentants du peuple à l’Assemblée.
C’est aujourd’hui donc que débute cette longue route commune. Et c'est ici, serrés les uns contre autres - il fait froid dehors mais chaud dans nos cœurs ! – que nous passons un pacte avec la France.
Un pacte pour une France dans laquelle tous les enfants vivent libres et égaux.
Un Pacte pour une France qui protège et se projette avec confiance dans l’avenir.
Un pacte pour garantir à chacune, à chacun le même droit à une vie sereine, sécurisée, le même droit au bonheur, au respect, au travail, à la dignité, quels que soient sa classe sociale, son lieu d’habitation, son sexe ou sa couleur de peau !
Nous en avons tant besoin. La France en a tant besoin.
Les temps sont rudes, il ne faut pas le nier. Les motifs de colère sont nombreux, je les connais.
L’essence, évidemment, qui a augmenté de 30 centimes par litre par rapport à l’année dernière. C’est 300 euros de plus sur une année.
Le gaz, dont le prix a plus que doublé !
Plus largement, le prix des produits alimentaires et de première nécessité, qui ne cessent de flamber, partout sur le territoire.
Nombreux sont les Français qui souffrent.
Comme en Guadeloupe, en Martinique, en Guyane, dans tous ces territoires d’Outre Mer qui luttent contre la vie chère, en ce moment-même. Je pars demain à leur rencontre, entendre la réalité de leur vie dans ces territoires aux histoires, aux cultures si différentes d’ici et tellement méprisées par tous les gouvernements de ces dernières années. Je leur apporterai notre soutien, votre soutien.
Solidarité avec nos compatriotes des départements et territoires d’Outre Mer !
Nombreux sont ceux qui souffrent parmi les retraités, les étudiants, les salariés.
Trois ans après les gilets jaunes, nous en sommes toujours au même point.
Car depuis, beaucoup de factures ont augmenté, sauf les salaires et les pensions ! À peine quelques euros pour le SMIC, mais seulement pour le SMIC ! À tel point que les autres salaires qui sont légèrement au-dessus commencent à être rattrapés !
Alors oui, nous, nous voulons que ça change, maintenant ! Pas demain, tout de suite.
Nous voulons faire baisser les factures en diminuant les taxes et nous voulons augmenter les salaires et les pensions. C’est vital pour répondre à l’urgence sociale !
C’est la première mesure que nous proposons pour la France : augmenter le SMIC de 20%, pour le porter à 1 500 euros nets, 1800 euros bruts, dès le printemps 2022.
Et je le dis : attention aux effets d’annonces des candidats, surtout à droite et à l’extrême droite, de Macron aux Républicains en passanto par Le Pen et Zemmour qui proposent tous la même chose : une revalorisation a minima des salaires mais sans préciser que ces augmentations ne seront pas payées par les entreprises mais par l’État et la sécurité sociale, donc par nous-mêmes !
C’est avec notre propre argent qu’il promettent d’augmenter les salaires ! C’est une arnaque libérale ! Une de plus !
Augmenter les salaires, voilà la priorité. Et il faut aller plus loin, car quand les prix augmentent, c’est tous les salaires qui doivent augmenter, pas seulement le SMIC.
Faites savoir autour de vous, au monde du travail que dès notre élection, nous décrèterons l’augmentation du SMIC mais que nous ferons inscrire dans la loi l’augmentation de tous les salaires en fonction de l’inflation et toutes les branches seront obligées de l’appliquer !
L’État lui-même donnera l’exemple : nous revaloriserons immédiatement le point d’indice dans la fonction publique, pour que les fonctionnaires, celles et ceux qui font vivre nos services publics, qui sont en première ligne, que nous avons applaudi pendant les confinements, qu’ils aient toutes et tous une augmentation d’au moins de 30%.
C’est la moindre des choses, après des années de mépris et de défiance envers les fonctionnaires.
Enfin, depuis le 2 novembre dernier, les femmes de France travaillent gratuitement. Certes c’est une extrapolation mais elle illustre l’insupportable écart qui sépare encore le salaires des femmes avec celui des hommes dans de nombreuses filières.
C’est une honte. Une honte d’autant plus grande que les métiers les plus utiles socialement, que nous avons soutenus pendant la pandémie, sont très majoritairement des métiers exercés par des femmes et sont les moins bien payés.
J’entends mettre un terme définitif à cette injure faite à la moitié de l’Humanité !
Dans le public comme dans le privé, l’égalité salariale femme-homme sera une priorité.
Alors je vous l’annonce ici : avec nous, il ne faudra pas attendre 5 ans pour l’obtenir cette égalité salariale : elle sera effective dans la fonction publique dans les six premiers mois de mon mandat et je donnerai un an aux entreprises pour la mettre en œuvre. Et si cela ne se fait pas, l’État nommera un administrateur judiciaire qui aura la charge de le faire, à la place de l’employeur !
Dans le même mouvement, nous augmenterons les pensions de nos retraités afin qu’aucune ne puisse être inférieure à 1 200 euros nets ; et nous rétablirons la demi part des veuves, supprimée par Sarkozy puis Hollande.
Ce sont des mesures de justice sociale !
À toutes celles et ceux qui nous disent que ce n’est pas possible, je leur réponds : allez donc vivre, vous, avec 1000 euros de salaires ou de pensions ! Vous verrez que c’est cela qui n’est pas possible !
Nous, nous voulons une République sociale.
Nous vivons dans une France qui n’a jamais été aussi riche et qui, malgré cela, a vu ses gouvernements depuis 30 ans se donner pour unique projet de société le maintien des richesses entre les mains de quelques-uns.
En 30 ans, l’État s’est toujours davantage mis au service du capital.
Les exonérations de cotisations sociales c’est 70 milliards d’euros par an !
Les exonérations fiscales, avec Macron, Hollande, Sarkozy, ce sont 53 milliards par an !
Au total ce sont 123 milliards d’euros par an de cadeaux aux entreprises, aux plus riches !
Répétez ce chiffre, révélez ce chiffre, faites le connaitre partout ! Expliquez aux salariés, aux français, aux contribuables où va l’argent de leurs impôts !
Dans les poches des actionnaires ! Car cette année ce sont encore 60 milliards d’euros de dividendes distribués ! C’est ce même capital qui sabre le champagne à la Bourse en ce moment !
Ils n’en ont jamais assez !
Oui, nous disons: rendez l’argent ! Laissez les salariés et les citoyens décider de l’utilisation de cet argent public !
D’ailleurs, Macron a été le serviteur le plus zélé de la finance ! Le président des riches, nous n’en voulons plus !
Nous voulons l’abolition de ces privilèges, l’abolition du régime spécial du capital !
Nous voulons l’abolition de la dynastie des héritiers qui, parce qu’ils n’ont jamais manqué de rien, pensent que tout leur est dû : les grandes écoles, les grands salaires, les grands logements, la grande vie, quitte à polluer plus que tout autre l’air que nous respirons.
La République des privilèges, c’est fini ! Notre République à nous, c’est la République sociale, basée sur l’égalité des droits et des devoirs !
Notre pacte pour la France que nous voulons sceller avec les citoyens a un objectif simple : éradiquer le chômage et permettre à chacun de travailler, participer à la reconstruction de notre pays, bâtir cette nouvelle société qui a tant de défis à relever : celui de la santé, celui de la jeunesse et celui des séniors, celui de l’éducation et de la culture, celui du climat, celui de l’alimentation. Ces défis, nous voulons les relever avec tous les Français.
Regardons tous les gâchis humains provoqués par la course aux dividendes, par une société organisée, pensée même, autour de la gestion d’un chômage de masse et de la précarité du travail.
Ils ont réussi à faire passer le message, tel un poison, que le travail ne serait qu’ « un coût », que l’emploi ne devrait être qu’une variable d’ajustement, et qu’il faut bien s’adapter à un « marché du travail » devenu une vraie jungle dans la mondialisation libérale.
Dans ces conditions, pour de nombreux salariés, le travail perd tout son sens. Une exploitation souvent effrénée et une perte de sens si fortes qu'elles conduisent des travailleurs au bord du gouffre, parfois jusqu'au suicide, dans la santé, la police, parmi nos agriculteurs.
C’est cette perte de sens, cette déshumanisation du travail qui poussent des infirmières, des enseignants à démissionner de ces professions pourtant essentielles, pourtant si belles.
Nous proposons donc un nouvel horizon pour la France.
Et pour cela nous posons des questions simples :
Dans quelle France voulons-nous vivre ? Pourquoi allons-nous nous lever tous les matins pour aller travailler ?
Nous voulons redonner du sens au travail, où l’intérêt individuel se conjugue avec l’intérêt commun, avec une ambition collective pour la France, au service de l’épanouissement humain et au service de tous les défis que nous devons relever, ensemble, en mobilisant toutes les forces de la nation.
C’est un nouveau projet de société, un projet d’avenir que nous vous proposons de construire. Il mobilisera toutes les forces de la nation, toutes les ressources du pays autour d’une priorité: le bonheur commun et avec des objectifs affichés: pour la reconquête de nos services publics, de notre industrie, pour la transition écologique, féministe, et pour le progrès social.
Puur répondre à ce défi audacieux, civilisationnel, notre pays a besoin de toutes ses forces, de toutes les intelligences et de tous les savoirs faire. Et c’est pourquoi nous contestons le caractère inéluctable du chômage.
Nous proposons un objectif clair : celui de garantir le droit au travail et à la formation, pour toutes et tous, avec un salaire digne !
Pour certains, c’est le revenu universel, pour nous, c’est d’abord le travail universel qu’il faut garantir, libéré de la surexploitation et du chômage !
Oui, nous voulons révolutionner la conception du travail, de l’emploi et de la formation. Une révolution qui prolonge celle de la création de la sécurité sociale en 1945 par Ambroise Croizat.
Le pouvoir en place, la droite comme l'extrême-droite ont pour mot d'ordre : "Travailler plus !". Certains qui se réclament de gauche, acceptent les licenciements massifs et d’autres théorisent sur la fin du travail et le règne des machines et des robots, avec l’octroi d’allocation qui remplaceraient les salaires.
Ce n’est pas: ma gauche, ma gauche elle croit au travail, et ne croit pas que l’allocation viendra remplacer le salaire.
Les Français ne veulent pas d’allocations, ils ne veulent guère plus de primes éphémères, ils veulent s’épanouir au travail et avec un salaire décent.
Ce que je propose aux Françaises et aux Français, c’est de garantir le droit universel au travail, qui permettra à chacune et chacun d’alterner tout au long de sa vie périodes d’emploi et de formation, sans perte de salaire.
Oui, il est temps d’éradiquer le chômage et de mettre toutes nos forces au service de l’émancipation humaine, de la France, de la planète et non plus au service de la finance !
Il y a tant d’emplois à pourvoir ! Chaque Français doit pouvoir travailler au développement de nos services publics, à la reconstruction d’une filière agricole, à la réindustrialisation ou à la lutte contre le dérèglement climatique.
Pour y parvenir, nous proposons de créer un grand service public de l’Emploi et de la Formation. Il se substituera à Pôle Emploi et à sa fonction essentiellement cantonnée à la gestion du chômage.
Nous ouvrirons des bureaux d’embauches, pour organiser et accompagner les salariés dans leur formation, dans leur mobilité professionnelle, tout au long de leur vie et sans perte de salaire.
Le monde bouge, change et les évolutions professionnelles sont constantes. Le salarié ne doit plus être la victime mais l’acteur.
C’est un grand chantier, qui nous doit nous permettre de réparer la France, permettre à chacun de retrouver sa place dans la société et garantir à chacun, chacune, à la sortie de ses études, d’être sûr et certain d’avoir accès à un emploi ou une formation, dans le public ou dans le privé.
La nation doit garantir à chacun de ses enfants un droit inédit à un travail et à un salaire, dans le public comme dans le privé !
Et pour cela, nous ne laisserons plus le capital, les actionnaires décider tout seul.
Nous ne laisserons plus la finance dicter ses logiques de rentabilité.
Nous fixerons de nouvelles règles au capital et de nouveaux critères d’attribution de l’argent public qui inonde aujourd’hui le monde de l’entreprise.
Nous voulons maîtriser le nerf de la guerre, l’argent.
C’est pourquoi, nous nationaliserons la BNP, la Société Générale et AXA, compagnie d’assurance bien connue, afin d’avoir les leviers publics pour accompagner les entreprises et peser sur les choix des multinationales.
C’est donc une vraie révolution que nous voulons engager pour transformer notre perception du travail.
Notre droit universel au travail, c’est d’abord une question de dignité. De dignité humaine.
Car une vie au chômage, une vie dans la précarité, une vie sous assistance, ce n’est pas la vie que nos concitoyens veulent.
Le travail, avec un vrai salaire, permettant de vivre, d’avoir des liens, une vie sociale, des collègues, ca, c’est la vie.
Nous voulons bâtir ensemble une France heureuse, prospère, fraternelle !
Il y a eu les 30 glorieuses, et bien nous, nous vous proposons de construire les 30 heureuses !
Rassemblons-nous autour de cet objectif de bonheur partagé !
Ce pacte pour l’emploi prévoit aussi de réduire le temps de travail.
Bien sûr que le MEDEF va dire que c’est impossible ! Mais en 36, ils trouvaient déjà impensable que des salariés puissent partir en vacances et être payés ! Et nous les avons fait plier ! Qui oserait revenir sur cet acquis social majeur ?
Le progrès social, c’est de poursuivre dans cette voie permise par la révolution technologique, informationnelle !
Nous mettrons en place la retraite à 60 ans et nous réduirons le temps de travail à 32H !
L’expérimentation menée en Espagne nous montre que cela est possible !
En Grande Bretagne, 40 députés demandent la semaine de 4 jours aussi.
Aux États Unis, c’est la Californie qui présente un texte de loi pour passer de 40h à 32h.
Portons un projet d’égalité au travail, car il y a du travail pour tout le monde ! Mais pas un travail au rabais, pas un travail qui nous place en situation de pauvreté !
Nous voulons construire une société qui sécurise nos emplois et responsabilise tout les entreprises !
Fixons-nous 5 ans pour tenir cet objectif et commençons par les jeunes !
Ce sont les premiers touchés par la précarité, par l’uberisation qui fait tant de dégâts.
Comment accepter que des jeunes, des étudiants n’aient comme seule possibilité pour vivre que d’accepter un travail à la tâche dans les pires conditions, pour des plateforme numérique, en statut d’auto entrepreneur ?
Un pays qui maltraite ainsi sa jeunesse est un pays qui hypothèque sont avenir !
Tous les ans, ce sont 800 000 jeunes qui finissent leurs études et aspirent à travailler : le nouveau service de l’emploi que nous proposons devra se fixer l’objectif de leur garantir, à chacun, un emploi, ou une formation rémunérée. Nous voulons zéro jeune au chômage dès 2023 !
Et pour cela nous prendrons deux mesures fortes.
La première est une mesure d’exception : Nous demanderons aux entreprises de réserver 10 % de leurs nouvelles embauches aux jeunes de moins de 25 ans.
La deuxième est que chaque jeune, à l'issue de ses études, aura la possibilité de conclure une convention avec le service public de l’emploi qui lui garantira, s'il ne trouve pas d'emploi, le droit à une allocation égale au SMIC à la condition qu'il s'engage à suivre une formation professionnelle de son choix.
J'entends déjà les cris d'orfraie des libéraux, du MEDEF, des profiteurs de crise, me dire « Mais votre droit universel au travail, ces mesures que vous annoncez pour les jeunes, c'est le communisme. »
Je leurs réponds « C'est la République sociale. Et ce n'est qu'un début. Ne soyez pas si pressés ! »
Car notre pacte pour l’emploi passe par la reconquête des services publics..
J’entends à droite celles et ceux qui se font la course à celui qui annoncera le plus de suppressions de fonctionnaires. Quelle honte. La pandémie a tellement fait la démonstration que nos services publics étaient non seulement utiles mais indispensables !
Je veux renforcer l’école, je veux renforcer l’hôpital, je veux renforcer l’accompagnement de nos ainés, des personnes en situations de handicap et garantir la tranquillitép publique pour toutes et tous et partout !
Depuis trente ans, tous les gouvernements successifs ont tapé sur les fonctionnaires, ont fermé des maternités, des classes, des commissariats, des hôpitaux, des tribunaux, des gares, des Postes.
Tous !
Tous ont déshabillé l’État, tous, les uns après les autres, tous, au nom de la lubie libérale et des Traités européens.
Tous ont malmené nos communes et nos départements et leurs services publics de proximité.
Je vais vous poser une question : vivez-vous mieux aujourd’hui qu’il y a 10, 20 ou 30 ans, quand ces maternités, ces classes, ces commissariats étaient encore ouverts ?
La République de l’égalité, je veux la reconstruire en rupture totale avec cet esprit de soumission qui a présidé aux affaires de la France depuis 30 ans.
Voilà les besoins qui s’expriment aujourd’hui:
100. 000 emplois pour nos hopitaux
100 000 dans les EHPAD publics
90.000 enseignants pour garantir une école de la réussite pour tous !
15 000 dans la recherche,
90 000 Assistant pour les Enfants en situation de Handicap AESH pour accompagner nos enfants handicapés à l’école
Recrutons 30 000 agents du Fisc à Bercy pour lutter contre la fraude et l’optimisation fiscales !
Recrutons 25 000 magistrats et éducateurs pour renforcer la justice et l’accompagnement des mineurs
50.000 ouvriers, techniciens, ingénieurs, sous statut dans l’énergie pour garantir notre mix énergétique !
Recrutons et formons ces 30.000 fonctionnaires de police de proximité, agents de la paix garants de la tranquillité publique pour toutes et tous; pour protéger les femmes contre les violences sexuelles !
Vous vous souvenez de François Fillon qui voulait supprimer 500 000 fonctionnaires ?
Et bien, le résultat de toutes nos concertations, de toutes nos rencontres débouche sur tout le contraire ! Pour nous, c’est plus de 500 000 emplois à créer, à former, à pré recruter, dans les services publics pour rattraper les retards et garantir l’égalité de toute et tous !
Nous proposons d’ouvrir ces postes en priorité aux jeunes, dès le bac ou après quelques années d’études. Nous vous rémunérons, à hauteur d’un vrai salaire pendant votre formation et vous vous engagez à travailler pendant 10 ans dans la fonction publique.
Ça c’est un contrat d’engagement, qui respecte les jeunes et qui engage la nation !
On me dira que toutes ces créations d’emplois ont un coût pour la Nation.
Non, c’est un investissement pour la Nation ! Et c’est notre pacte pour la France !
Des médecins, des enseignants, des chercheurs, des ingénieurs c’est un investissement pour l’avenir ! Des policiers, juges, des éducateurs, des contrôleurs fiscaux, des AESH, des aides à domiciles c’est un investissement dans la République tout court ! Et on en a besoin !
Et cet investissement, nous le financerons en faisant contribuer le capital et avec un budget de l’Etat autrement mieux orienté que celui laissé aux mains de l’oligarchie financière.
D’abord, nous récupérerons les 123 milliards d’euros d’argent public par an pour les mettre au service de la nation, de nos services publics, du climat.
Et nous irons chercher de nouvelles recettes.
D’abord, par unp triplement de l’ISF. Les 350 000 familles les plus riches avaient en 2017 un patrimoine taxable de plus de 1000 milliards d’euros : nous en prendrons 15 ! Ils s’en remettront.
Par un impôt COVID exceptionnel chez les multinationales, au chiffres d’affaires de plus de 250 Millions, avec un impôt COVID sur les bénéfices au-delà de 500 000 euros ( les TPE, les PME en seront exemptées ) qui sera doublé pendant deux ans, en 2022 et 2023 : avec moi à l’Élysée, au dessus de 500 000 euros de bénéficie, c’est 60%: c’est 6 Mds.
Et pour lutter contre l’évasion fiscale et pour être certain qu’elles paieront, nous mettrons en place le prélèvement à la source des bénéfices des multinationales. Fini la fraude fiscale et ces 80 milliards d’euros qui échappent chaque année à l’impôt !
Au total, nous augmenterons le budget de l’Etat de plus de 100 milliards d’euros pour répondre au besoin du pays, sans jamais aller prélever les classes populaires et les classes moyennes.
Notre budget à nous sera celui de la solidarité et non des inégalités.
Les gros doivent payer gros et les petits doivent payer petit ! Et tout cela pour financer nos services publics et le progrès social !
La République sociale, c’est cela !
C’est aussi comme cela que nous engagerons la transition écologique, si importante pour notre pays.
Mais pour nous, la transition écologique, c’est d’abord changer de modèle économique ! Car ceux qui souffrent le plus de la pollution, des catastrophes climatiques, ce sont les catégories populaires et moyennes, c’est la classe ouvrière !
Oui, la lutte pour le climat, c’est aussi la lutte des classes !
Car ce sont les classes populaires qui souffrent le plus des conséquences climatiques et ce sont les classes les plus aisées qui polluent le plus !
C’est pourquoi nous voulons une révolution sociale et écologique, au service des classes populaires et des classes moyennes.
La transition écologique ne doit pas se faire sans la classe travailleuse ! Elle doit se faire, avec elle, pour elle !
C’est notre pacte pour le climat et pour l'emploi !
Et la grande ambition que nous avons pour le pays, c’est d’abord de relocaliser nos productions, de relocaliser notre industrie !
Nos émissions de gaz à effet de serre liées aux importations ont augmenté de 75% ces 15 dernières années ! Ce sont celles qui progressent le plus ! C’est mauvais pour le climat et c’est mauvais aussi pour l’emploi !
Au lieu de délocaliser la production d’automobile en Chine, de sous-traiter des pièces en Asie, en Europe, dans les pays à bas coût, relocalisons ! Nous avons au moins 1 million d’emplois à reconquérir dans notre industrie !
Je pense aux salariés des fonderies et des sous-traitants qui travaillent pour l’automobile. Les donneurs d’ordre, Renault et Peugeot, continuent de délocaliser dans les pays à bas coût salariaux. Il faut y mettre un terme.
Notre engagement est clair : plus une seule délocalisation ! Chaque emploi industriel, chaque usine sera placée sous la protection de la République !
Pour nous l’industrie, c’est la vie, c’est l’avenir !
C’est un enjeu économique. À force de tout délocaliser, nous avons perdu non seulement des compétences mais aussi de l’argent: Notre déficit commercial, c’est-à-dire la différence entre nos importations et nos exportations, est devenu un gouffre ! Nous n’avons jamais autant importé : 86 milliards d’euros de déficit commercial en 2021 et 95 milliards d’euros en 2022 ! En Allemagne, en Italie, en Belgique, ce solde est positif !
Nous sommes des baudets, à cause de cette finance qui a choisi de délocaliser nos productions.
Produire français, produire en France, c’est toujours notre priorité aujourd’hui !
Pour cette volonté nous voulons protéger le travail. Protéger le travail, c’est aussi protéger celui du secteur des services aux entreprises, ces PME qui travaillent dans la comptabilité, dans l’informatique, dans les bureaux d’étude, l’ingénierie. ‘Est 3 millions de salariés. Après l’industrie, ce sont eux qui sont menacé de délocalisation. Avec nous, ils seront protégés et ces activités ne pourront pas être délocalisées.
Produire en France, c’est valable aussi pour les services !
Protéger le travail des français, c’est aussi protéger nos PME, nos TPE, nos commerçants. Nous voulons les accompagner justement en baissant les charges qui pèsent sur elles. Mais ces charges, pour nous, ce sont les factures de gaz, d’électricité, d’assurance ou de prêt bancaire !
C’est pourquoi, nous créerons une banque publique et une assurance publique à leur service et nous baisserons les taxes sur l’énergie.
Enfin, notre plan pour le climat et pour l'emploi, c'est aussi investir de nouveau dans des grands projets, dans de grands travaux au service du climat et au service du pays, de notre souveraineté, c'est une écologie sociale, positive et pas punitive !
C’est d’abord investir dans des énergies renouvelables et dans le nucléaire, pour augmenter la production d’électricité et pouvoir se passer des énergies fossiles comme le charbon, le pétrole et, à terme, le gaz.
C’est aussi une question de souveraineté, d’indépendance énergétique. Mais l’enjeu c’est surtout d’avoir un service public de l’énergie en renationalisant EDF et ENGIE ! Car pouvoir fixer les tarifs du gaz et de l’électricité, c’est un enjeu de pouvoir d’achat essentiel, pour les ménages comme pour les entreprises !
Les grands travaux, c’est investir dans les barrages hydrauliques, pour augmenter notre production d’énergie renouvelable.
Les grands travaux c’est investir 15 Mds d’euros par an pour rénover et construire 500 000 logements et bâtiments publics par an. C’est urgent pour le climat mais c’est aussi urgent pour répondre à la crise du logement !
Les grands travaux, c’est investir dans la gestion de l’eau, sa distribution et accompagner nos communes pour renouveler leurs réseaux afin de préserver cette ressource indispensable. Et c’est construire un véritable service public de l’eau qui garantira le même tarif pour chaque habitant, qu’il habite Saint-Denis de la Réunion ou Marseille ! Et nous rendrons gratuits les trois premiers mètres cubes.
C’est engager un vaste chantier de construction de crèches, d’écoles, de lycées et d’universités. Car nous voulons le meilleur système éducatif pour nos enfants.
C’est investir dans des transports non polluants comme le fret ferroviaire et fluvial, les TER, les métros, les trams, en les rendant moins chers !
Fini les cars Macron, bienvenue aux trains Roussel !
Oui, ma France, c'est un plan inédit pour l'emploi et le climat !
Ma France, c'est la reconquête de nos services publics !
Ma France, c’est un droit universel au travail et à la formation !
Et Ma France, c’est un virage démocratique inédit, pour redonner le pouvoir aux mondes du travail et de la création ! Voilà comment nous voulons reprendre le pouvoir à la finance !
Car la violente colère qui traverse notre société est exprimé par des citoyens qui réalisent combien les dés sont pipés, combien la volonté du peuple est régulièrement bafouée.
Si l’on ne comprend pas cela, alors on ne comprend pas la défiance actuelle envers les institutions de la République.
Les Françaises et les Français ont été patients.
Quinze ans qu’ils envoient des messages ; quinze ans que, gouvernement après gouvernement, ils constatent le déchirement du contrat social.
Souvenons-nous du NON au referendum européen de 2005 bafoué par l’Assemblée nationale !
Puis est venue 2010 et la Réforme des retraites du gouvernement Fillon : trois millions de Français dans la rue. Et un passage en force pour nous faire travailler plus longtemps.
Puis est venue 2015 et la Loi Travail : deux millions de Français dans la rue.
Puis, enfin, a surgi en 2018 le mouvement des Gilets Jaunes. ISF, référendum, retraite, CSG... Les revendications ont été claires, écrites.
Trois ans après, les riches n’ont jamais été aussi riches et les Français se sentent méprisés. Le pouvoir est aujourd’hui concentré au Château de l’Élysée.
Je veux porter devant les Françaises et les Français, à l’occasion de cette élection présidentielle, un pacte de rupture vis-à-vis de cette concentration inédite du pouvoir, concentration dangereuse qui œuvre contre l’esprit de notre République, qui met en danger l’équilibre même de notre démocratie.
Rupture, parce que nous voulons reprendre le contrôle.
Reprendre le contrôle aussi de notre démocratie, nous le peuple.
Reprendre le contrôle du destin de notre nation dans la mondialisation.
Reprendre le contrôle de nos vies, nous qui travaillons, nous qui sommes source de toute richesse et sans qui rien n’est possible.
Voici venu le temps de la rupture, le temps de rétablir cette souveraineté – que, nous, communistes français, n’avons jamais cessé de défendre.
Souveraineté du peuple, souveraineté de la nation et souveraineté des travailleuses et des travailleurs.
Cette souveraineté passera d’abord par la réappropriation de nos moyens de production ! Oui, nous voulons retrouver la maitrise de nos outils de productions !
Nous nationaliserons à chaque fois qu’une entreprise stratégique stratégique sera menacée et nous créerons un droit de préemption pour les salariés en cas de liquidation de leur entreprise.
Car nous voulons donner des droits et des pouvoirs nouveaux aux salariés pour qu’ils puissent participer aux choix de gestion des entreprises, des services publics, et de l’utilisation des fonds publics.
Regardez ce bel exemple avec les salariés d’Ascoval ! Grace à eux, nous avons réussi à empêcher la délocalisation de 40% de la production en Allemagne, dans une usine à Charbon en plus !
C’est la démonstration qu’il faut faire confiance aux salariés et non aux actionnaires, guidé uniquement par la rentabilité !
Les salariés ne seront jamais le problème et toujours une solution !
C’est avec eux, en leur faisant confiance, en les écoutant, en retenant leurs propositions, en leur donnant la possibilité de solliciter des fonds publics, que nous réussirons à redresser le pays et tenir nos engagements climatiques.
C’est pourquoi, dès le mois de juin 2022, je demanderai d’abord d’abroger les lois El Khomri et les ordonnances Macron.
Nous rétablirons ensuite la primauté de l’accord de branche sur l’accord d’entreprise.
Et nous rétablirons les comités d’entreprise en leur redonnant le pouvoir de proposer des projets alternatifs au conseil d’administration. Ils auront aussi un droit de veto sur des décisions qui mettraient en danger les vies humaines ou porteraient atteinte à la dignité humaine. Ils seront garants de la mise en œuvre véritable et sincère de l’égalité salariale et professionnelle Femme-Homme.
Oui cette question de la démocratie est au cœur de notre projet. Nous ne voulons plus être mis à l’écart, nous voulons participer.
Le rétablissement de la souveraineté du peuple passera aussi inévitablement par une nouvelle République mettant fin à ce présidentialisme autoritaire et dépassé, en redonnant aux citoyens des pouvoirs d’intervention !
Et nous utiliserons le référendum à chaque fois que nécessaire car nous n’avons pas peur du peuple, nous !
Et à l’heure où la France s’apprête à prendre la Présidence de l’Union Européenne, nous voulons affirmer qu’il est indispensable de déclarer caduque les traités actuels de l’UE, pour les réécrire dans le sens d’un plus grand respect des peuples pour construire une Europe de nations et de peuples libres, souverains et associés.
Le pacte de stabilité est mort ! Vive le Pacte pour le progrès social, pour l’emploi et le climat !
Ce pacte de progrès social, pour l’emploi et le climat, nous voulons le mettre en discussion à l’occasion de ces élections mais aussi de la présidence française de l’Union européenne.
Pour nous, pour la France, c’est l’occasion de proposer un autre pacte, en y mettant les moyens, comme nous le propose le GIEC: 6% du PIB européen par an, c’est 900 milliards d’euros de la richesse européenne mobilisées annuellement !
C’est autre chose que les 750 milliards sur 5 ans du plan de relance européen !
Et en demandant à la Banque Centrale Européenne de le financer directement, comme elle le fait aujourd’hui, mais sans passer par les marchés financiers !
Reprenons le contrôle sur l’argent, jusqu’à la BCE ! Nous voulons une BCE au service de l’emploi, du climat, qui prête avec des critères précis et qui prête aux États, pas aux marchés financiers !
Ce nouveau pacte aura, avec nous, des objectifs visant à relever les défis du 21ème siècle : relocalisation des productions en Europe, développement de la Recherche publique, accès à la santé pour toute et tous, harmonisation sociale et fiscale par le haut, construction d’une Europe de la Paix, de la coopération, du dialogue !
Mes amis, chers compagnons de route, c’est aujourd’hui que tout débute.
Rien n’est écrit dans cette élection présidentielle.
Rien.
Rien n’est écrit parce que les Françaises et les Français se placent aujourd’hui à distance de ce rendez-vous.
Dans la période politique si particulière que nous traversons, dans cet épais brouillard qui enveloppe la France et qui par certains aspects nous rappelle des heures sombres, je vous demande d’avancer avec conviction.
Avec conviction à la rencontre des Français, dont beaucoup ont perdu confiance dans une certaine gauche qui n’a pas eu le courage d’affronter la finance et qui a divisé notre pays.
Je veux tourner cette page pour contribuer à reconstruire une nouvelle gauche à la hauteur des attentes du monde du travail et de la création, des catégories populaires, des défis de civilisation à relever.
Oui je veux incarner avec vous une nouvelle gauche, une gauche qui a le courage. Le courage de mener des réformes populaires, de tourner la page avec cette gauche qui a renoncé et qui a tant déçu, le courage de défendre une République laïque et sociale avec ces valeurs universalistes, celles des Lumières, qui ont tant reculé.
Avançons avec clarté aussi, dans un moment où certaines lignes peuvent sembler se brouiller. Oui, clarté.
Je veux participer à construire une nouvelle majorité politique de gauche qui dira ce qu’elle fait, en portant des engagements clairs et ambitieux, et qui fera ce qu’elle dit. C’est le sens du pacte que je propose aux Français et que je propose à toutes les forces de gauche !
Oui, nous tendrons toujours la main, nous continuerions toujours de discuter comme nous l’avons toujours fait.
Et nous ferons tout pour construire ce pacte, jusqu’aux élections législatives pour faire élire le plus de députés communistes, le plus de députés de gauche à l’assemblée nationale !
Oui nous voulons aussi faire élire une majorité de gauche à l’Assemblée et nous ferons tout pour y parvenir !
Vous pourrez compter sur moi, sur nous, sur notre force collective !
Dans la campagne qui s’ouvre, deux visions de la France s’opposent en réalité.
Il y a, tout d’abord, à droite et à l’extrême droite, ceux qui s’emploient à diviser la société en fonction des origines et couleurs de peau, à exacerber les haines, à installer dans les esprits les poisons du racisme et de l’antisémitisme. Toujours de ce côté-là, ils veulent détruire pas à pas tout ce qu’il reste des conquêtes sociales du programme du Conseil national de la Résistance.
Cela constitue une attaque violente de la République et des droits fondamentaux, dont le capital veut désormais se débarrasser.
L’autre vision est celle que nous défendons bec et ongles : la France des jours heureux, la France retrouvant le chemin du progrès grâce à des réformes de progrès qui rassemblent notre peuple autour des principes de justice, d’égalité, de démocratie.
Cette France-là, c’est celle de la République sociale, laïque, féministe et démocratique.
La République qui sécurise tous les aspects de l’existence humaine.
C’est donc aussi cette République qui fait entrer dans la réalité quotidienne l’objectif d’égalité entre toutes et tous en ouvrant au pays le chemin d’une véritable transition féministe, en éradiquant le racisme, l’antisémitisme, toutes les discriminations.
La République qui garantit la liberté de conscience et qui s’oppose à tous ceux qui veulent faire passer les préceptes religieux avant la loi commune.
Mes chers amis, je voudrais terminer, en empruntant les mots d’un homme de science, d’un homme de gauche, d’un homme de progrès, ceux du généticien Albert Jacquard.
Je voudrais vous les faire partager afin que nous les gardions chacun à l’esprit, ces cinq prochains mois dans cette période politique si particulière.
« Demain n'existe pas » nous dit-il, « car chaque jour est un jour à construire "
Alors mes amis, à nous de jouer : construisons l’avenir !
Vive les Jours heureux,
Vive la République,
Vive la France !
Quand l’AFP reste au chaud pour compter les participants au meeting, l’Huma titre justement sur ses contenus.

Quand l’AFP reste au chaud pour compter les participants au meeting, l’Huma titre justement sur ses contenus.

Présidentielle. Avec Fabien Roussel, pleins feux sur l’emploi et les salaires
Lundi 22 Novembre 2021 - L'Humanité

Le candidat communiste à la présidentielle a tenu son premier grand meeting dimanche, place Stalingrad, à Paris. En écho aux préoccupations des 3 000 participants, il a multiplié les propositions pour le pouvoir d’achat et une juste répartition des richesses, à commencer par une augmentation du Smic de 20 % et le triplement de l’ISF.

Disparus de nombreux radars médiatiques à cinq mois de l’élection présidentielle, les salaires, les conditions de travail ou encore l’emploi ont été à l’honneur dimanche sur la place Stalingrad, à Paris, où le candidat communiste à l’Élysée, Fabien Roussel, a tenu son premier grand meeting devant 3 000 personnes. Un rendez-vous démarré littéralement en fanfare avec une troupe de batucada. Dès 11 h 30, alors que la musique bat son plein, Jean-Philippe Juin, chasuble CGT sur le dos, est là avec quelques-uns de ses collègues de la Fonderie du Poitou. « On veut liquider nos emplois, nous, on se bat pour les préserver, on est en dedans », explique le délégué syndical dont le combat porte aussi sur les salaires. « On est payés 1 800 euros net, à la fin du mois c’est de plus en plus difficile. On a demandé une augmentation de 150 euros qu’on n’a pas obtenue mais on estime qu’il faudrait au moins 300 euros par mois supplémentaires pour vivre décemment », poursuit-il.

 Les motifs de colère sont nombreux, pointe en écho Fabien Roussel à son arrivée sur la scène du meeting. Alors oui, nous, nous voulons que ça change, maintenant. »

Le député du Nord embraye sur sa « première mesure » : « augmenter le Smic de 20 %, pour le porter à 1 500 euros net, 1 800 euros brut, dès le printemps 2022 ».

Les factures qui augmentent

Mais face à la vie chère qui gagne du terrain, il insiste aussi sur l’inscription « dans la loi de l’augmentation de tous les salaires en fonction de l’inflation ». Tandis que la droite et l’extrême droite veulent imposer du matin au soir les thèmes de l’immigration ou de la sécurité, Onur, microentrepreneur dans le Val-de-Marne qui paie cher les conséquences de la crise, s’offusque : « Les gens n’en ont rien à foutre de la couleur, d’où on vient, ils veulent juste pas avoir à se demander à la fin du mois comment ils vont pouvoir manger. La campagne doit porter là-dessus. » « D’ailleurs, s’il y avait une meilleure répartition des richesses, ces questions se poseraient beaucoup moins », lâche l’une de ses camarades.

Cette urgence, Corinne, qui a fait le déplacement depuis Roubaix, dans le Nord, la connaît bien. « On fait attention à tout, la moindre dépense, on doit tout calculer, j’ai même une application dans mon téléphone pour vérifier mon budget », raconte-t-elle. Au chômage, elle s’est engagée avec la CGT pour aider les privés d’emploi à faire valoir leurs droits. Elle redoute pour eux les conséquences de la réforme de l’assurance-chômage, surtout avec les factures qui augmentent. « Moi, je suis mensualisée chez EDF mais j’ai reçu un rappel de 400 euros. Comment je peux faire ? Je suis obligée de négocier un échéancier qui s’ajoutera aux autres », pointe-t-elle, jugeant indispensable de faire baisser la note en jouant sur les taxes, comme son candidat le propose. « À côté, on voit les actionnaires se remplir les poches… Le fossé se creuse. C’est un discours qui peut paraître classique mais c’est la réalité », martèle Corinne.

« Relancer l’espoir de la belle vie »

Un message que Fabien Roussel est lui aussi déterminé à faire passer. « Macron a été le serviteur le plus zélé de la finance. Le président des riches, nous n’en voulons plus », tacle le candidat. « Nous voulons l’abolition de ces privilèges, l’abolition du régime spécial du capital », scande le député du Nord, qui dessine « un objectif simple : éradiquer le chômage » (lire ci contre). En matière de financements, il ne manque pas de ressources et entend non seulement récupérer les « 123 milliards d’euros par an de cadeaux aux entreprises, aux plus riches », mais aussi tripler l’ISF ou encore mettre en place un « impôt Covid exceptionnel » sur « les bénéfices au-delà de 500 000 euros » des multinationales. Nationalisations d’Axa, de la BNP ou de la Société générale sont aussi au programme pour « maîtriser le nerf de la guerre, l’argent », tout comme un nouveau pacte européen qui rompt avec l’austérité et mobilise 6 % du PIB européen par an, soit 900 milliards d’euros. « Rendez l’argent ! », résume-t-il, pointant les nombreux besoins dans les services publics.

D’ailleurs, bas salaire et fin de mois difficile, Arbia ne sait que trop bien de quoi on parle. Venue depuis l’Essonne, cette accompagnante d’élève en situation de handicap (AESH) brave la pluie glacée sur la place Stalingrad. Chaque mois, sa fiche de paie n’aligne que 800 euros. « Ils détruisent tout ce qui nous permet de vivre ensemble, tout ce qui nous rassemble, comme l’éducation. Il y a trop de pression, chacun gère ses problèmes tout seul », déplore-t-elle, tout en souhaitant pour 2022 voir « relancer l’espoir de la belle vie ». C’est pour ça qu’elle est là comme Marcelle, salariée de Carrefour, qui témoigne sur scène et veut qu’on prenne « conscience que les bas salaires ne doivent plus exister dans notre pays ». Ou encore Camille, aide-soignante, qui estime qu’on « doit pouvoir finir les fins de mois » mais aussi travailler dans des conditions décentes. Pour les rémunérations, « l’État donnera l’exemple », s’engage Fabien Roussel, promettant à « celles et ceux qui font vivre nos services publics, qui sont en première ligne, que nous avons applaudis pendant les confinements une augmentation d’au moins 30 % ».

Reste que Corinne est « sidérée que les gens ne se bougent pas plus ». Et que si Hugo, un étudiant qui se dit communiste mais affilié à aucun parti, juge nécessaire « même à 2 % de faire entendre ces questions-là », il se dit « électoralement pessimiste ». C’est aussi ce que Fabien Roussel a tenté de battre en brèche dimanche, pointant « cinq mois imprévisibles, ouverts ». « Rien n’est écrit parce que nos concitoyens se placent encore à distance de ce rendez-vous », a-t-il estimé, appelant à la mobilisation et comptant sur cette « démonstration de force » parisienne pour lui donner de l’élan et percer le mur du silence autour des préoccupations populaires.

Un an pour établir l’égalité salariale

Qualifiant de « honte » les écarts de salaires entre les femmes et les hommes dans de nombreuses filières, Fabien Roussel entend « mettre un terme définitif à cette injure faite à la moitié de l’humanité ». Et ce au plus vite : « Il ne faudra pas cinq ans pour obtenir l’égalité salariale », promet-il, en rappelant que « depuis le 3 novembre dernier, les femmes de France travaillent gratuitement ». Le candidat à la présidentielle prévoit de rendre cette égalité salariale effective en six mois dans la fonction publique. Concernant le privé, il veut « donner un an aux entreprises pour la mettre en œuvre ». Si tel n’est pas le cas, « l’État nommera un administrateur judiciaire qui aura la charge de le faire, à la place de l’employeur », prévoit le secrétaire national du PCF.

Photo Enzo de Gregorio au meeting de Fabien Roussel place Stalingrad le 21 novembre

Photo Enzo de Gregorio au meeting de Fabien Roussel place Stalingrad le 21 novembre

Photo Enzo de Gregorio au meeting de Fabien Roussel place Stalingrad le 21 novembre

Photo Enzo de Gregorio au meeting de Fabien Roussel place Stalingrad le 21 novembre

Photo Enzo de Gregorio au meeting de Fabien Roussel place Stalingrad le 21 novembre

Photo Enzo de Gregorio au meeting de Fabien Roussel place Stalingrad le 21 novembre

Photo Enzo de Gregorio au meeting de Fabien Roussel place Stalingrad le 21 novembre

Photo Enzo de Gregorio au meeting de Fabien Roussel place Stalingrad le 21 novembre

Photo Enzo de Gregorio au meeting de Fabien Roussel place Stalingrad le 21 novembre

Photo Enzo de Gregorio au meeting de Fabien Roussel place Stalingrad le 21 novembre

Photo Enzo de Gregorio au meeting de Fabien Roussel place Stalingrad le 21 novembre

Photo Enzo de Gregorio au meeting de Fabien Roussel place Stalingrad le 21 novembre

PCF. « Il faut garantir le droit universel au travail »
Lundi 22 Novembre 2021 - l'Humanité

Fabien Roussel a développé, dimanche, son plan pour l’emploi et la formation, axé sur la création d’un grand service public, mais aussi de 500 000 postes de fonctionnaires et la réindustrialisation.

 

« R edonner du sens au travail, où l’intérêt individuel se conjugue avec l’intérêt commun. » C’est avec cet objectif posé comme préalable que Fabien Roussel a développé, dimanche, son programme présidentiel pour l’emploi. Celui-ci est porté par une idée centrale : « Garantir le droit universel au travail et à la formation, avec un salaire digne. » Concrètement, le secrétaire national du PCF veut mettre en place un dispositif permettant d’alterner les périodes de travail et de formation, sans perte de salaire, dans le public comme dans le privé. Une « révolution qui prolonge celle de la Sécurité sociale par Ambroise Croizat » assure le candidat communiste. Cette proposition a pour corollaire la création d’un «  service public de l’emploi et de la formation », avec « des bureaux d’embauche, pour organiser et accompagner les salariés dans leur formation, dans leur mobilité professionnelle, tout au long de leur vie et sans perte de salaire ». Le but est clairement défini : « Éradiquer le chômage et mettre toutes nos forces au service de l’émancipation humaine, de la France, de la planète et non plus au service de la finance ! » En commençant par la jeunesse. Pour atteindre l’objectif annoncé de « zéro jeune au chômage dès 2023 », Fabien Roussel propose deux solutions complémentaires. D’une part, une mesure d’exception qui consiste à imposer aux entreprises de réserver 10 % de leurs nouvelles embauches aux jeunes de moins de 25 ans. D’autre part, la possibilité pour chaque jeune, à la fin de ses études et « s’il ne trouve pas d’emploi », de signer une convention avec l’État, lui garantissant une allocation à hauteur du Smic s’il « s’engage à suivre une formation professionnelle de son choix ».

Place Stalingrad, le candidat à la présidentielle a également proposé de mettre en place un autre type de contrat avec l’État, en priorité à destination des jeunes : le prérecrutement de futurs fonctionnaires. En clair, il serait proposé de rémunérer la formation à un poste dans la fonction publique « avec un vrai salaire », à condition de s’engager à y travailler pendant dix ans.

L’énergie au cœur des « grands projets »

Pour que ces conventions existent, encore faudra-t-il des créations d’emplois dans le service public. Fabien Roussel en prévoit 500 000 : 100 000 dans les hôpitaux ; 100 000 dans les Ehpad publics ; 90 000 enseignants ; 15 000 chercheurs ; 90 000 accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH) ; 30 000 agents du fisc ; 25 000 magistrats et éducateurs ; 30 000 fonctionnaires de police de proximité ; et 50 000 ouvriers, techniciens et ingénieurs dans l’électricité et le gaz.

L’énergie est par ailleurs au cœur des « grands projets » développés par Fabien Roussel « pour une écologie sociale, positive et pas punitive ! » Il propose ainsi d’investir dans les énergies renouvelables et le nucléaire, et de renationaliser EDF et Engie (ex-GDF). Autres grands projets potentiellement créateurs d’emplois : les rénovations de 500 000 logements et bâtiments publics par an, la construction de nouveaux établissements scolaires ou encore l’investissement dans les transports non polluants, dont certains seraient rendus gratuits – « Fini les cars Macron, vive les trains Roussel », s’est amusé l’intéressé.

Enfin, hormis ces investissements et le renforcement des services publics, les créations d’emplois devant permettre de « garantir un droit inédit au travail et au salaire » passent aussi par la réindustrialisation et la relocalisation : « C’est un million d’emplois industriels que nous pouvons créer en cinq ans », a assuré le candidat communiste.

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
  • Contact

Visites

Compteur Global

En réalité depuis Janvier 2011