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31 juillet 2021 6 31 /07 /juillet /2021 13:42

Les révélations de Forbidden Stories mettent les démocraties au défi de construire un cadre législatif pour prémunir les citoyens des logiciels espions, ces armes non conventionnelles. Le vide laissé par les États permet aux entreprises de prospérer en toute impunité.

Mata Hari ne porte plus de déshabillé en mousseline. Elle a désormais la froideur des outils numériques, s’infiltre dans les smartphones, aspire l’ensemble des données et prend le contrôle de leurs micros et de leurs caméras à l’insu de leurs propriétaires. L’affaire d’espionnage mondial Pegasus, un logiciel espion développé par la société israélienne NSO, a révélé comment les autocrates du monde entier surveillaient les chefs d’État, dont le président de la République Emmanuel Macron, les élus locaux, les journalistes, les avocats et les opposants.

En violation de la Convention européenne des droits de l’homme

La prolifération de ces armes non conventionnelles pose la question de la préservation du cadre démocratique et des libertés publiques déjà écornés depuis le 11 septembre 2001. Avant ceux de Madrid, Jakarta, Mumbai ou Paris, ces attentats avaient débouché sur une surveillance de masse des citoyens, pérennisée dans le temps au prétexte de lutte antiterroriste. Cette surveillance tient du projet de société : elle est rendue possible par le vide législatif qui, en violation de la Convention européenne des droits de l’homme, permet à ces technologies de prospérer. Toujours avec une longueur d’avance. Le seul contrôle des exportations paraît en effet dépassé face à l’industrie des logiciels malveillants.

Lire aussi : Pegasus. Le juteux business de l’écoute et des failles de sécurité

C’est ce qui a permis à Mark Zuckerberg de se poser un temps en garant de la démocratie face aux accusations d’ingérence russe dans la campagne présidentielle américaine de 2016. Qu’importe que le patron de Facebook ait lui-même tenté d’utiliser une fonction de Pegasus plus performante que ses propres technologies pour siphonner les données des utilisateurs du système d’exploitation iOS d’Apple. Un outil redoutable au moment où les Gafam, s’ils ne constituaient qu’une seule et même entité, jouiraient d’une puissance économique supérieure à celle du Japon.

« Il faut interdire ce commerce, supprimer la motivation du profit pour ceux qui y participent. » EDWARD SNOWDEN, LANCEUR D'ALERTE

«  Il devrait y avoir, selon moi, une responsabilité pénale pour toute implication dans ce marché. Il faut un moratoire global sur l’utilisation commerciale de ces outils. Il faut interdire ce commerce, supprimer la motivation du profit pour les gens qui participent à ça. Parce que le groupe NSO fermerait ses portes dès demain si ça ne lui rapportait plus rien, comme les autres compagnies de ce domaine », plaide Edward Snowden, accusé de haute trahison et contraint à l’exil après ses révélations sur le programme massif de surveillance de l’Agence nationale de la sécurité états-unienne (NSA) en 2013.

Lire aussi : Edward Snowden - « Ils ont hacké les libertés fondamentales »

Ce dernier, qui compare ces technologies intrusives à des armes non conventionnelles, s’indigne de l’inaction des gouvernements. Pour protéger la démocratie et les libertés individuelles, certains parlementaires de gauche avancent, dans le même esprit, l’idée d’un traité international de non-prolifération de l’espionnage de masse. Dans le sillage de l’affaire Snowden, l’Assemblée générale des Nations unies avait adopté la résolution 68/167, sur le droit à la vie privée à l’ère du numérique, qui condamne « la surveillance ou l’interception de communication, y compris en dehors du territoire national, ainsi que la collecte des données personnelles, notamment à grande échelle ».

Un mécanisme d’évaluation classé secret d’État

Le recours à des virus espions soulève en outre un débat de souveraineté. En 2018, afin que les États reprennent la main, la France lançait un « appel de Paris pour la confiance et la sécurité dans le cyberespace  », qui, sans prévoir la moindre sanction, était pourtant loin de faire consensus. Des acteurs majeurs tels que les États-Unis, Israël, la Russie ou la Chine ne l’ont d’ailleurs pas ratifié.

En réalité, l’Organisation des Nations unies avait mis en place, dès 2004, un groupe d’experts gouvernementaux sur la cybersécurité, réuni seulement à cinq reprises. Et pour cause : après avoir conclu, en 2013, que le droit international était applicable au cyberespace, les négociations s’enlisaient quatre ans plus tard. De fait, personne ne plaide pour la transparence. En atteste la vente du logiciel Pegasus à des pays tiers grâce à l’aval d’une commission dirigée par le ministère israélien de la Défense et les services de renseignements extérieurs, le Mossad. Un mécanisme d’évaluation classé secret d’État.

Microsoft, qui a vu à maintes reprises ses failles de sécurité exploitées par les développeurs de logiciels malveillants, appelait, quant à lui, en février 2017, « à la signature d’une convention de Genève du numérique » et accusait les États d’être « responsables de la course au cyberarmement », rappelle Charles Thibout, chercheur à l’Iris. Une manière pour ces entreprises, historiquement liées à l’appareil d’État, au renseignement et à l’armée, de s’affranchir de toute légalité tout en consolidant leur puissance. Toujours selon Charles Thibout, cette absence de régulation « conduit les acteurs non étatiques à remplir le vide laissé par les États ». Jamais tranchée par le droit international, la question de la légalité de l’espionnage en temps de paix demeure un phénomène « extralégal » sur lequel prospèrent les Mata Hari 4.0.

« Des armes de guerre propres », selon Israël. Plusieurs salariés de NSO sont des vétérans de l’unité 8200, branche du service de renseignements militaire ­israélien. L’unité a créé sa première arme numérique en 2010 avec Stuxnet, virus d’une grande ingéniosité qui a permis de ralentir pendant des mois le programme nucléaire iranien en volant des plans, bloquant les centrifugeuses, reprogrammant les robots industriels… En 2007, déjà, Israël avait lancé un raid aérien sur un réacteur nucléaire syrien après avoir piraté les radars du pays. Dans sa doctrine publiée sur le site de son armée, Israël considère les attaques informatiques comme des armes de guerre propres.

 

 

 

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31 juillet 2021 6 31 /07 /juillet /2021 13:33

En France, la sélection génétique a fait de la charolaise, la limousine et quelques autres les plus belles races bovines dans l’Union européenne et au-delà. Mais les prix des bovins de boucherie sont bas et il devient de plus en plus difficile de vivre de son travail quand on prend soin chaque jour d’un troupeau de vaches allaitantes. Ratifier l’accord de libre-échange signé voilà deux ans entre la Commission européenne et les pays du Mercosur aggraverait encore la situation.

Par Gérard Le Puill

Dans son numéro de juin 2021, le « magazine de la génétique et de la reproduction des ruminants » connu sous le sigle « BTIA » consacre un article à l’élevage des bovins à viande en France et un autre à ce même élevage en Argentine. L’Argentine fait partie des pays du Mercosur avec lesquels la Commission européenne a signé un accord de libre-échange en juin 2019. Cet accord prévoit d’augmenter sensiblement les exportations de viande bovine de quatre pays d’Amérique du sud en Europe. Deux ans après sa signature, on ne sait toujours pas s’il sera ratifié, ou non, par les pays membres de l’Union européenne.

En attendant, l’article publié dans « BTIA » sous le titre « Où va l’élevage allaitant ? », précise que le territoire français « perd en moyenne 740 ateliers allaitants chaque année. Cette rupture démographique, accompagnée d’une décapitalisation marquée n’est pas homogène selon les territoires et les types d’atelier. Elle touche surtout les éleveurs exclusivement allaitants, dans une moindre mesure ceux qui exercent de façon mixte (troupeau allaitant plus troupeau laitier, ndlr) . Ni ceux qui s’installent, ni ceux qui se maintiennent, ni ceux qui se développent ne compensent cette tendance lourde que les études cherchent aujourd’hui à caractériser le plus finement possible au fur et à mesure que les données de la base nationale d’identification animale ou de la Mutualité sociale agricole s’enrichissent ».

Une rémunération inférieure de 50 % au revenu moyen des paysans

La principale raison de ce recul est facile à comprendre. L’article avance l’explication suivante : « Le décrochage du revenu des exploitations spécialisées viande, - en moyenne inférieur de 50 % au revenu agricole moyen n’est pas nouveau. Mais la trésorerie des exploitations s’est davantage ainsi fragilisée d’année en année depuis 2016 ». Pourquoi 2016 ? L’article ne le dit pas. Mais nous savons qu’entre 2013 et 2015 inclus, le cheptel des vaches laitières a beaucoup augmenté dans plusieurs pays membres de l’Union européenne. Ces pays voulaient vendre plus de lait à partir d’avril 2015, date de la sortie des quotas laitiers qui régulait, en la limitant depuis 1984, la production laitière des pays membres de l’Union. En 2016, le pic de surproduction laitière a fait chuter sensiblement le prix du lait et beaucoup d’éleveurs ont vendu des vaches laitières de réforme en plus grand nombre. Mais il y avait aussi sur le marché plus de jeunes bovins mâles de deux ans que ces vaches avaient fait naître entre-temps. Cette augmentation durable de l’offre en viande bovine dans l’Europe des 27 continue de peser sur les cours des jeunes bovins issus des races à viande comme sur ceux des vaches de réforme.

Du coup, comme 21 % des éleveurs à la tête d’un troupeau de bovins allaitants ont plus de 62 ans actuellement contre 10 % il y 20 ans ; comme 55 % de ces mêmes éleveurs ont entre 50 et 60 ans, les cessations d’activité débouchent de moins en moins sur l’installation d’un jeune éleveur, faute de pouvoir dégager un revenu quand il faut rembourser les emprunts liés à l’installation. L’article note aussi fort justement que « sécheresse et concept de l’autonomie alimentaire aidant, les éleveurs français ont mis au centre de leur préoccupation le fait de devoir adapter leur cheptel au potentiel fourrager ou herbager des surfaces dont ils disposent. Celles-ci s’accroissent des deux hectares par an en moyenne, sécurisant davantage le fait de pouvoir gérer ses prairies et cultiver de l’herbe, afin de parer aux besoins mais sans nécessairement accueillir de nouveaux animaux. La tendance est donc à l’extensification ».

Ne pas favoriser la déforestation en Amérique du sud

Et voilà qui nous amène à l’autre article de la revue « BTIA » consacrée à l’Argentine. L’Europe achète déjà 40 % des viandes bovines exportées par l’Argentine sous la forme de « pièces nobles réfrigérées sous vide » et ces quotas d’importations résultent d’un accord commercial antérieur à celui signé le 29 juin 2019 entre la Commission européenne et les pays du Mercosur. Si ce dernier accord était ratifié, l’Europe importerait chaque année 99.000 tonnes supplémentaires de pièces nobles de viandes bovines désossées avec seulement 7,5 % de droits de douane. En France, cela ne pourrait que faire baisser le prix des animaux des élevages spécialisés en races à viande comme la charolaise, la limousine, la blonde d’Aquitaine, la salers et quelques autres.

La revue « BTIA », cite Philippe Chotteau, de l’Institut de l’élevage. Alors que la forêt primaire ne cesse de reculer en Amérique du sud, cet observateur résume le développement de l’élevage bovin en Argentine et au Brésil de la manière suivante : « On abat les arbres, on met en culture deux ans, puis on met en pâture ». Ce qui nous vaut ce commentaire suivant dans le même article : « Par conséquent, importer de la viande bovine argentine et au-delà des autres pays du Mercosur (Uruguay, Paraguay, Brésil) équivaut à, en quelque sorte, importer du gaz à effet de serre et altérer les ambitions et les résultats de la filière bovine française plus vertueuse de ce point de vue ».

Le silence du président Macron sur l’accord UE-Mercosur

C’est la triste réalité, surtout quand le même article précise que « l’élevage argentin, dont certaines exploitations frisent les 40.000 têtes est étroitement associé à la viande ». Du coup, « conquérir les marchés d’exportation est une commande politique de la part du gouvernement argentin ». Préserver notre souveraineté alimentaire et freiner le réchauffement climatique en cours sont des arguments que la France et les autres pays européens devraient utiliser pour ne pas ratifier cet accord signé entre la Commission européenne et les pays du Mercosur. Dans un premier temps, Emmanuel Macron avait déclaré que cet accord était « bon en l’état », avant de déclarer plus tard que la France « ne le signera pas en l’état ». Cette prise de position temporaire du chef de l‘État intervenait suite à la multiplication des incendies criminels en forêt amazonienne dans le but d’accélérer les mises en cultures, puis l’élevage du bétail pour gagner des parts de marché en Europe.

Mais depuis bientôt deux ans le président Macron ne dit plus un seul mot sur le sujet et on devine facilement ce que cache ce silence prolongé.

 

 

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31 juillet 2021 6 31 /07 /juillet /2021 06:00

 

Après l'adoption du projet de loi sanitaire par le Parlement, 74 député-e-s de gauche ont saisi le Conseil constitutionnel afin de censurer certains articles représentant une « atteinte disproportionnée et contraires à plusieurs droits et libertés que la constitution garantit »L'Humanité s'est entretenu avec Pierre Dharréville, député communiste des Bouches-du-Rhône.

Les parlementaires alertent les membres de l'institution sur les dangers que fait peser l'extension du passe sanitaire sur de nombreuses libertés et dénoncent « une atteinte au principe d'égalité ».

Le projet de loi rend obligatoire la vaccination des personnels des hôpitaux, cliniques, Ehpad et maisons de retraite, sapeurs pompiers, de certains militaires, ainsi que pour les professionnels et bénévoles auprès des personnes âgées, y compris à domicile.

Le Conseil constitutionnel, saisi lundi 26 juillet par 74 député-e-s des groupes Gauche démocrate et républicaine, de la France insoumise, Socialistes ainsi que Libertés et Territoires, rendra sa décision le 5 août sur la loi relative à la gestion de la crise sanitaire.

Rupture d'égalité entre les salariés

Pierre Dharréville dénonce une première rupture d'égalité entre les salariés qui sont en CDI et ceux qui sont en CDD ou en intérim : «  Les salariés en situation précaire pourraient voir leur contrat rompu du jour au lendemain, sous prétexte qu'ils ne remplissent pas les conditions du passe sanitaire. »

« Concernant la suspension du contrat de travail pour les salariés en CDI, sans rémunération évidemment, on peut se demander si le licenciement ne pourra pas être provoqué par cette absence liée au passe sanitaire », alerte le parlementaire.

 

« Si nous contestons le principe du passe sanitaire, nous ne contestons pas la nécessité d'engager une action publique en faveur de la vaccination », insiste l'élu, qui estime que le gouvernement ne pourra de toute façon pas faire l'économie d'une véritable campagne de santé publique.

Dès le 9 août

Avec ce projet de loi, dès le 9 août, le passe sanitaire pourrait être étendu aux cafés, restaurants, foires et salons professionnels, ainsi qu'aux avions, trains, cars longs trajets et aux établissements médicaux sauf urgence. Et aux centres commerciaux sur décision des préfets.

« La méthode choisit est celle du chantage, de la pression et de la contrainte », prévient le député communiste.

Isolement

Par ailleurs, les personnes dépistées positives au Covid-19 devront se placer à l'isolement pour une durée non renouvelable de dix jours dans le lieu d'hébergement qu'elles déterminent. 

« Des mesures de contrôle permanent des uns par les autres, pour pouvoir continuer à vivre... Est-ce une société comme celle-là que nous souhaitons ? » s'inquiète le député.

 

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30 juillet 2021 5 30 /07 /juillet /2021 13:38

Les terribles inondations qui ont frappé l’Allemagne et la Belgique montrent combien le changement climatique se conjugue au présent (et au Nord aussi), illustrant la procrastination coupable de nos dirigeants. Maxime Combes, économiste, porte-parole d’Attac, les interpelle dans cette tribune.

Le changement climatique se conjugue au présent. Pas un jour ne passe sans que nous n’en éprouvions la dure réalité : 54,4 °C aux États-Unis, 49,6 °C au Canada, 47 °C au Maroc, surchauffe en Sibérie, canicule à New Delhi, feux de forêts en Californie et désormais, le tout en moins de trois semaines, des inondations destructrices en Chine, Allemagne, Belgique et Autriche. Des villes et villages sont peu ou prou rayés de la carte, des centaines, peut-être des milliers de personnes ont perdu la vie, en tout des millions de personnes affectées, des écosystèmes détruits ou transformés à jamais, sans même parler des dizaines ou centaines de milliards d’euros de dégâts, ni de tout ce qui ne peut être réduit à de la menue monnaie.

Territoires martyrs de la procrastination coupable des dirigeants

L’indécente « loi du mort-kilomètre », cette loi journalistique qui relie l’intérêt médiatique à la distance de l’événement, s’est subitement rabattue sur des territoires proches, faisant la une des JT, avec des images spectaculaires qui ont frappé nos imaginaires comme rarement. Chacune et chacun commence en effet à toucher du doigt que « l’événement climatique exceptionnel et sans précédent », ainsi nommé par des dirigeants politiques pressés de se dégager de leurs propres responsabilités, est en fait en train de devenir la règle. On passe de l’exceptionnel à la banalité. Les scientifiques l’annonçaient, cela devient réalité.

Lytton au Canada, Ahrweiler, Euskirchen ou Schuld en Allemagne, Verviers ou Pepinster en Belgique sont devenues les villes martyres de notre temps : comme tant d’autres sur la planète, voilà des territoires et lieux de vie meurtris et détruits par les conséquences du changement climatique. Mais pas seulement. Ce sont également des territoires martyrs de la procrastination et de l’inaction coupables des dirigeants politiques et économiques : parler de « catastrophe naturelle » ne saurait éluder leur responsabilité tragique de n’avoir lutté efficacement depuis des années contre le changement climatique et ses conséquences.

Que ne comprenez-vous pas dans le terme « urgence climatique » ?

Ensemble, il nous faut donc les interpeller : que ne comprenez-vous pas dans le terme « urgence climatique » ? Que nous faudrait-il donc expliquer que tant de rapports du Giec ont déjà énoncé avec clarté depuis des dizaines d’années ? Que n’avez-vous donc pas compris dans cette phrase du premier rapport du Giec rédigé en 1990, rappelée avec à-propos par le climatologue belge Jean-Pascal Van Ypersele : « l’effet de serre accentuera les deux extrêmes du cycle hydrologique, c’est-à-dire qu’il y aura plus d’épisodes de pluies extrêmement abondantes et plus de sécheresses prononcées » ?

Lire aussi : Climat. Au Giec, une fuite échaude les débats climatiques

Qu’attendez-vous donc ? Qu’il y ait toujours plus de territoires devenus invivables ? Pourquoi les précédents rapports du Giec annonçant des zones devenant inhabitables ou des ruptures d’approvisionnement alimentaire ne vous ont-ils pas conduits à tout revoir, de fond en comble ? Pourquoi nos interpellations et mobilisations ne sont-elles suivies que par de grands discours et des temporisations fautives ? Pourquoi constate-t-on votre refus de transformer les soubassements énergétiques de notre formidable machine à réchauffer la planète qu’est notre système économique ? Comment se fait-il qu’une ministre de la Transition écologique puisse justifier une énième reculade, sur les chaudières au fioul, au nom de la « volonté d’y aller tranquille » ?

URGENCE CLIMATIQUE : les mots ont-ils encore un sens ? Cela fait trente ans que les dirigeants politiques et économiques faillissent. En trente ans, les émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES) ont augmenté de plus de 60 %. Qu’ont-ils donc fait ? Dès que les enjeux deviennent sérieux, dès qu’il s’agit de prendre des décisions qui touchent à la puissance des lobbies, aux pouvoirs et droits acquis des multinationales ou aux règles qui organisent l’économie mondiale, ils tergiversent, reportent à plus tard ou acceptent de se conformer aux exigences des acteurs économiques et financiers.

Le résultat est là, il nous éclate en pleine figure

Les opérations de communication et de greenwashing, qui ont été substituées à toute politique climatique ambitieuse, ne nous sont d’aucune aide. La réduction drastique des émissions de GES n’est pas menée à bien. La loi climat entérinée par un vote solennel de l’Assemble nationale mardi 20 juillet en est l’exemple le plus abouti : à peine votée, elle est déjà obsolète au regard des objectifs à atteindre d’ici à 2030 (– 55 % à – 65 %). Elle est de plus complètement ringardisée par les propositions, pourtant insuffisantes, que la Commission européenne vient de publier.

Lire aussi : « Green Deal » européen : vous reprendrez bien un peu de marché carbone ?

Sombre tableau auquel il faut ajouter le retard des politiques d’adaptation au changement climatique, pourtant justement rendues urgentes et nécessaires par cette procrastination coupable. C’est la double peine climatique : le réchauffement commence à nous frapper durement tandis que nos infrastructures, nos institutions, nos habitations, nos services publics n’y sont pas préparés. Voire qu’ils sont mis à mal par leurs décisions : en 2017, les libéraux ont réduit de 30 % les effectifs des services de secours en Belgique.

À rebours, ces catastrophes climatiques montrent aux yeux de toutes et tous qu’il est absolument impossible d’imaginer qu’il sera possible de s’adapter à n’importe quel niveau de changement climatique et que l’on peut donc continuer à émettre autant de GES. Sauf à accepter de rendre des territoires entiers invivables et inhabitables. Des phénomènes climatiques irréversibles sont enclenchés mais il ne sera jamais trop tard pour agir : quand on oublie de descendre du bus ou du métro à la station prévue, on n’attend pas d’être au terminus pour faire demi-tour. Chaque tonne de GES compte.

Seul un puissant ouragan citoyen pourra nous sortir de l’ornière

En 1990, la génération Greta Thunberg n’était pas née. Plus de trente ans plus tard, cette génération manifeste pour le climat, interpelle, fait la grève de l’école, convainc autour d’elle, s’engage à travailler et produire différemment. Bref, avec ses moyens, elle essaie de résoudre un immense défi dont elle n’est pas responsable. Plutôt que se mettre à son service, celles et ceux qui nous dirigent passent leur temps à décrédibiliser les propositions de la société civile en inventant des termes dénués de sens (écologie punitive, écologie positive, écologie de production) et à édulcorer les propositions de la Convention citoyenne pour le climat.

En matière climatique, ce ne sont pas les Gaulois récalcitrants qui posent problème. Non. C’est l’inertie des gouvernements. Il n’y a pas d’écologie punitive. Ce sont leur inaction et leur procrastination qui sont punitives. Et coupables. Fondamentalement, elles sont même un crime climatique. L’insécurité devient écologique, aggravée par l’incurie de nos gouvernements. Ne laissons pas notre droit à la sûreté soumis à un tel arbitraire. N’attendons pas des dirigeants politiques qu’ils fassent demain ce qu’ils n’ont pas fait hier.

Organisons-nous pour reprendre la main. Sur le terrain, en solidarité avec celles et ceux qui sont affectés par les conséquences du réchauffement climatique et pour déployer toutes les expériences alternatives là où c’est possible. Dans les organisations de la société civile pour rouvrir le champ des possibles. Enfin, en tant que citoyennes et citoyens de ce pays, saisissons-nous des prochaines échéances électorales pour faire campagne en faveur d’une véritable révolution écologique et sociale : seul un puissant ouragan citoyen pourra nous sortir de l’ornière.

(1) Auteur de Sortons de l’âge des fossiles ! Manifeste pour la transition (Seuil, 2015).

 

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30 juillet 2021 5 30 /07 /juillet /2021 13:30

Selon « Syndilait », l’organisme regroupant les professionnels du lait liquide en France, son prix de revient a augmenté de 8 % ces derniers mois en raison de la hausse de 50 % du prix des emballages en plastique ; celui des cartons ayant augmenté de 20 %. Mais les distributeurs ne veulent pas prendre en compte cette hausse inattendue des coûts de mise en marché souvent supportés par des petites laiteries.

Par Gérard Le Puill

 

Nous avons, la semaine dernière, consacré quatre articles successifs à la situation difficile des producteurs de lait de vache en France. Car depuis la fin de la régulation de la production dans les pays membres de l’Union européenne intervenue en avril 2015 avec la suppression des quotas annuels de production par pays, le prix du lait au départ de la ferme fluctue souvent à la baisse dans les pays membres de l’Union. Cette pression est encore plus forte dans les pays exportateurs nets de produits laitiers, dont la France et quelques autres, comme nous l’expliquions dans notre article publié vendredi.

Dans la mesure où les transformateurs négocient annuellement les prix auxquels ils vendent leurs produits laitiers aux enseignes de la grande distribution entre le début de mois de mars de l’année en cours et la fin du mois de février de l’année suivante, il leur arrive aussi d’être « pris dans la seringue » en cas d’augmentation de leurs coûts de production de manière imprévue. C’est ce que signale « Syndilait », l’organisation professionnelle regroupant en France la majorité des fabricants de laits liquides dans un communiqué daté du 20 juillet dernier.

50 % de hausse sur les matières plastiques

On apprend à sa lecture que « la filière française de lait liquide conditionné, qui fournit 97 % du lait consommé en France, est aujourd’hui victime de fortes tensions en matière d’emballages, tant au niveau de la hausse spectaculaire des coûts que de l’allongement des approvisionnements. La reprise de l’économie dans le monde, notamment marquée par forte demande en Chine, entraîne une flambée de l’ordre de + 50 % sur un an pour les matières premières plastiques et de + 20 % pour les cartons (…) En conséquence, les laiteries doivent supporter une hausse de leurs coûts de production pouvant aller jusqu’à + 8 % en un an. Pourtant, dans le même temps, le prix de vente du lait au consommateur en grande distribution continue de stagner, voire de chuter. Pour les marques nationales il est passé d’un prix moyen de vente au consommateur de 1,17 euro en juin 2020 à 1,10 euro en juin 2021, soit un recul de -6 % sur un an » (1).

Depuis le début de la pandémie de coronavirus, les grandes enseignes comme Leclerc, Carrefour, Auchan, Casino et autres n’en finissent pas de multiplier les dépliants publicitaires pour tenter de gagner des parts de marché les unes contre les autres en multipliant les promotions sur différents produits de consommation courante, à commencer par les viandes et certains les produits laitiers. Mais ce n’est pas le cas pour le lait liquide dont les achats sont réguliers avec une demande qui évolue en légère baisse selon de récentes statistiques.

Comme chaque année, les fournisseurs se sont engagés à fournir aux grandes enseignes un volume donné de produits alimentaires pour un prix fixé avant le 28 février 2021 pour la période qui va du 1 er mars de cette année à la fin du mois de février 2022 dans le cadre des négociations annuelles. Du coup, ils n’ont pas l’accord de ces enseignes pour répercuter la hausse du prix du conditionnement du lait liquide et d’autres produits sous emballage, bien que ces emballages fassent croître de 8 % le prix de revient du litre de lait conditionné.

Succès du logo « lait collecté et conditionné en France »

Cette déclaration de « Syndilait » est intervenue 7 jours après la note de l’INSEE qui constatait qu’en juin 2021 « les prix à la consommation augmentent de 0,1 % sur un mois et de 1,5 % sur un an. Cette note indiquait les prix alimentaires avaient baissé de -0,2 % sur un an. Dans le détail, elle ajoutait qu’en juin, « hors produits frais, les prix de l’alimentation augmentent légèrement (+ 0,3% après + 0,2 %. Les prix de la viande accélèrent (+ 0,6% après + 01 %) ainsi que ceux du lait, du fromage et des œufs (+ 0,6% après + 0,3 %) ». Ainsi, les grandes surfaces augmentent donc légèrement leurs prix de vente mais ne restituent pas un centime à leurs fournisseurs, même quand ces derniers subissent des coûts de production en hausse avec la flambée des prix des emballages.

Notons enfin cette information à propos du logo « Lait collecté et conditionné en France » lancé en 2016 et apposé désormais sur 60 % des briques et bouteilles de lait dans notre pays. Le communiqué de « Syndilait » indique que « son déploiement est accompagné d’une chute de 70 % des importations de lait en France sur cinq ans, de 2015 à 2020. Ce logo garantit un lait issu de vaches uniquement élevées en France et conditionné par une laiterie française ».

Voilà qui montre aussi que les consommateurs donnent majoritairement leur préférence à la production nationale dès lors qu’ils sont informés. Il est donc possible de leur expliquer une petite hausse du prix induite par ce coût de production des emballages depuis plusieurs mois. Ce sujet n’est pas évoqué dans l’éditorial intitulé « E. Leclerc, partenaire des entreprises françaises » et signé Michel-Édouard Leclerc avec la photo de ce dernier en page 2 du dépliant publicitaire qui met en exergue les promotions de ses magasins du 27 juillet au 7 août.

On peut donc se poser des questions sur la sincérité de Michel-Édouard Leclerc en lisant ceci dans son édito : « Derrière cette campagne de promotion, il faut en effet savoir qu’il y a toute une politique d’accompagnement qui vise à soutenir ces productions françaises, avec des délais de paiement privilégiés, des initiatives commerciales adaptées et des engagements pluriannuels qui offrent une visibilité rassurante pour ces entrepreneurs ».

Mais lire ces lignes ne doit pas nous faire oublier que c’est à la demande du même Michel-Édouard auprès de Nicolas Sarkozy que fut rédigé en 2007-2008, par un dénommé Emmanuel Macron, le rapport de la commission Attali. Ce rapport servit de justification au gouvernement Fillon pour faire voter la Loi de modernisation économique (LME) dont le fonctionnement sert depuis à piller les fournisseurs des grandes surfaces, à commencer par les paysans.

 

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30 juillet 2021 5 30 /07 /juillet /2021 05:39

Agression terroriste contre l'ambassade cubaine à Paris.

Peu avant minuit, ce lundi, deux cocktails molotov ont été lancés contre l'ambassade de Cuba à Paris. Le feu a été rapidement éteint par le personnel et les pompiers.

Cette agression intervient le jour de la fête nationale cubaine, quelques heures après une déclaration du secrétaire d'Etat US Antony Blinken sur le " respect des droits et liberté" à Cuba, déclaration soutenue par les très "démocratiques" Brésil de Bolsonaro et la Colombie de Duque.

LE PCF CONDAMNE L’ATTENTAT LÂCHE CONTRE L’AMBASSADE DE CUBA (27 Juillet 2021)

 

Cette nuit, alors que des enfants étaient présents dans l’enceinte de l’ambassade de Cuba, le bâtiment a été violemment attaqué au cocktail Molotov.

Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, a pu apporter son soutien à l’ambassadeur de Cuba, Elio Perdomo Rodriguez et a assuré le personnel de l’ambassade, encore sous le choc, de toute sa solidarité et celle du PCF.

 

 

Pourtant, face à cet acte inadmissible en France et au Blocus que subit le peuple à Cuba, la détermination des cubains et des cubaines reste intacte !

 Les auteurs de ce lâche attentat doivent être retrouvés et condamnés.

 Face aux injonctions américaines et au blocus qui lui est imposé, c’est à la nation cubaine et à son peuple de déterminer souverainement leur destin. Pas à l’administration américaine qui s’efforce depuis des décennies d’étrangler la révolution qui a débarrassé Cuba d’une dictature sanglante et qui l’a protégée des prédations des multinationales et des institutions financières mondiales.

Cuba ne se laissera pas déstabiliser !

 Le PCF demande au gouvernement français qu’il sorte de son silence et qu’il agisse pour la levée du blocus. Une enquête à la hauteur de la gravité de l’acte odieux contre l’ambassade de Cuba à Paris doit être lancée.

Communiqué de Presse d'André CHASSAIGNE, Député Communiste

 

Réaction de José FORT, Grand Reporter

 

 

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29 juillet 2021 4 29 /07 /juillet /2021 13:26

 

Pour l’économiste, si le prix du carbone est l’un des instruments économiques centraux pour réduire les émissions, il ne peut sûrement pas être fixé par un marché, comme la Commission européenne le préconise.

En quoi les marchés « carbone » sont-ils voués à l’échec ?

Dominique Plihon Comme tous les marchés financiers, ils sont caractérisés par l’instabilité et la spéculation et sont donc incapables de fixer le prix du carbone. Or, ce dernier est une variable politique importante : à l’échelle de l’Europe, c’est ce qui peut guider les comportements et les politiques des acteurs privés et publics pour la réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre. Laisser fixer ce prix par un marché est voué à l’échec, comme le démontre l’expérience récente. Car ce marché existe en Europe depuis 2005 : des permis de polluer sont émis chaque année, ils correspondent à un budget carbone global.

Le prix du carbone n’a cessé de fluctuer et est resté à des niveaux très bas : 24 euros la tonne en 2019, 15 euros en 2018, il est descendu jusqu’à 5 euros en 2016. Selon les travaux du Giec, il faudrait atteindre des niveaux supérieurs à 100 euros la tonne de carbone pour respecter la trajectoire de réchauffement globale à + 2 °C.

Ceux qui en profitent, ce sont les grandes entreprises, les PME y perdent. Les grands sites de sidérurgie ou de l’automobile obtiennent des permis de polluer, des quotas de CO2, gratuits. Ils ont pu vendre leur excédent… Ils paient finalement très peu de taxes carbone. C’est un système instable, injuste et inefficace. Le projet de la Commission de l’étendre à d’autres secteurs est un mauvais choix qui ne pourra favoriser la transition nécessaire vers une société décarbonée.

Comment devrait être fixé ce prix du carbone ?

Dominique Plihon Par les pouvoirs publics, en donnant une trajectoire pour le futur. Ce prix est destiné à augmenter, il doit orienter la fiscalité mais aussi les mesures de politiques publiques (aides, réglementation…). La Suède est un bon exemple en la matière : le carbone y est à plus de 120 euros la tonne et c’est le pays qui a le plus réduit ses émissions de CO2. À partir des années 1990, le pays a programmé l’évolution à moyen-long terme du prix du carbone, couplée avec une réforme de la fiscalité comprenant un important volet écologique. La baisse globale des émissions résulte entre autres de la réduction des émissions dues au chauffage des bâtiments, réalisée grâce aux rénovations massives qui ont réduit la consommation globale et ont fait disparaître le chauffage au fioul, au GPL et au gaz, dont la part reste toujours importante en France. La Suède a introduit une planification écologique, et ne s’est pas fiée au marché carbone.

Comment la planification écologique peut-elle résoudre cette équation ?

Dominique Plihon On ne pourra réussir la transition sans une vision de long terme. Elle implique des changements considérables – je parle de ruptures – dans tous les domaines : la consommation des ménages, la production des entreprises, les politiques publiques menées par les collectivités sur les transports ou les bâtiments. Tout cela doit s’inscrire dans le cadre d’une planification, un ensemble de mesures coordonnées, mais aussi discutées avec tous les partenaires économiques et sociaux.

La France a eu une planification après la Deuxième Guerre mondiale, le pays avait un plan indicatif à cinq ans – il faudrait sans doute un horizon plus long – pour reconstruire l’appareil productif détruit. Aujourd’hui, il doit être reconfiguré pour être conforme aux exigences climatiques. La planification écologique doit aussi permettre l’acceptabilité sociale. Sur le prix des carburants ou la facture de chauffage, les citoyens ne sont pas touchés de la même manière : les plus pauvres sont aussi les plus dépendants du transport individuel. À l’inverse, les plus riches, entreprises ou citoyens, qui polluent plus par euro gagné, contribuent le moins en proportion de leur richesse.

La transition ne sera acceptée qu’à condition qu’elle soit juste et que des solutions alternatives soient proposées : on ne peut augmenter la facture de carburant ou de chauffage ou interdire les moteurs thermiques, sans, par exemple, rendre ces véhicules accessibles via des subventions et des transports collectifs de réelle substitution.

 

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29 juillet 2021 4 29 /07 /juillet /2021 13:17

 

Le pré-sommet de l’ONU sur les systèmes alimentaires se tient en Italie jusqu’au 28 juillet. Il fait la part belle aux géants agro-industriels pour répondre aux enjeux d'insécurité alimentaire. 500 organisations contre-attaquent.

 

Ce sommet ne se fera « pas en leur nom ». Depuis le 26 juillet, ils se relaient au Nord comme au Sud pour faire entendre leur voix, celle du droit à l’alimentation et de la souveraineté alimentaire. En physique et en virtuel, 500 organisations de la société civile, de paysans, de pêcheurs, mais aussi de scientifiques et de peuples autochtones organisent un contre-sommet. En réaction à l’officiel.

Celui-ci se tient à Rome, jusqu’au 28 juillet, sous le nom de « pré-sommet sur les systèmes alimentaires ». Il prépare celui qui doit se tenir en septembre, à New York. L’objectif de ce rendez-vous : fournir une « panoplie de solutions » pour éliminer la faim en 2030, comme l’a fixé la communauté internationale.

Le constat est là, partagé par tous : la faim dans le monde s’aggrave « pour la sixième année consécutive et la pandémie est passée par là », souligne Valentin Brochard, chargé de plaidoyer souveraineté alimentaire du CCFD-Terre solidaire. 9 % de la population mondiale est sous-alimentée, 2,4 milliards d’individus sont en insécurité alimentaire, et les premières victimes sont des petits producteurs. Mais, pour répondre à ces enjeux, le sommet international, rebaptisé « sommet des peuples » pour l’occasion, pourrait donner les clés du camion aux multinationales.

« L’enjeu est colossal »

Pour la première fois depuis le premier sommet de l’alimentation en 1996 à Rome, cette édition 2021 n’a pas été demandée par les États. Mais par le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, à l’automne 2019, après avoir signé un partenariat avec le Forum économique mondial, soit les 1 000 plus grandes entreprises mondiales.

Pour les ONG, « l’enjeu est colossal. Ce sommet est un ovni, ce n’est pas un État égale un vote. Il y a un vrai risque d’accroître encore l’emprise du système agro-industriel », pointe Geneviève Savigny, membre de la Confédération paysanne et de la coordination européenne Via Campesina.

En la matière, rien n’est venu dissiper les craintes des 500 organisations réunies dans la plateforme Foodsystem4people (un système alimentaire pour les peuples). Et surtout pas la nomination de l’envoyée spéciale de l’ONU, Agnes Kalibata, ancienne ministre de l’Agriculture rwandaise mais aussi présidente de l’Alliance pour une révolution verte en Afrique (Agra), une initiative émanant de la Fondation Bill-et-Melinda-Gates.

Des fausses solutions

« Depuis le début, toutes les modalités, les axes de travail sont dictés par les organisations privées », reprend Geneviève Savigny. Seuls 12 États, dont la France, ont été associés à l’organisation. Une petite partie de la société civile a fini par l’intégrer. Mais « ils ont choisi ce qu’ils appellent un “réseau de champions”, ils étaient les derniers invités et tout était imposé », continue Valentin Brochard, du CCFD-Terre solidaire. À tel point que deux anciens rapporteurs spéciaux pour le droit à l’alimentation, dont Olivier De Schutter, et celui en poste, Michael Fakhri, se sont inquiétés dans une tribune en mars dernier « du manque de multilatéralisme ».

Les solutions mises en avant sont encore plus inquiétantes : le sommet s’articule autour de cinq grands « domaines d’actions » pour trouver des « game changing solutions » (des solutions qui changent la donne). Un langage qui fleure bon le marketing. Au cœur de la réponse : des fausses solutions comme l’« agriculture régénératrice ». « Derrière, il y a toutes les technologies : numérisation de l’agriculture, viande in vitro, drones pulvérisateurs, les OGM. Ce n’est qu’une manière de confirmer un modèle agro-industriel qui fait la démonstration de son échec. Mais l’enjeu pour réduire la faim dans le monde, ce n’est pas de produire plus, c’est de réformer les systèmes alimentaires en assurant un revenu décent pour ceux qui cultivent et de promouvoir une véritable souveraineté alimentaire », reprend Valentin Brochard. Et pas de nouveaux marchés à prendre pour les multinationales.

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28 juillet 2021 3 28 /07 /juillet /2021 13:19

Après un examen express dans chacune des chambres du Parlement, députés et sénateurs ont tenté de se mettre d’accord, dimanche, sur les mesures sanitaires voulues par le gouvernement.

Engagé par le gouvernement dans une folle course de vitesse, le Parlement a examiné tout le week-end le projet de loi instituant l’obligation vaccinale pour les soignants, l’extension du passe sanitaire à compter du 1er août, ou encore le contrôle de l’isolement. Dimanche, députés et sénateurs se sont retrouvés, à 15 heures, en commission mixte paritaire (CMP) pour tenter de se mettre d’accord sur un texte que les premiers ont adopté, vendredi, autour de 6 heures du matin, avant que les seconds ne le modifient, puis le votent dans la nuit de samedi. La concertation devait se révéler concluante mais les détails n’étaient pas encore connus à l’heure où nous écrivions ces lignes. Bien que l’exécutif ait poussé à la roue, pressé par les délais qu’il a lui-même imposés, l’accord a été long à bâtir tant les retouches apportées par la majorité de droite du palais du Luxembourg ont été nombreuses.

Selon les modalités adoptées au Sénat, le passe sanitaire ne serait ainsi exigible que dans les lieux confinés (les terrasses de restaurant en seraient, par exemple, exemptées) et ne s’appliquerait plus aux centres commerciaux. Son entrée en vigueur pour les salariés des lieux publics concernés a, en outre, été repoussée par les sénateurs au 15 septembre, tandis qu’il a été purement et simplement supprimé pour les mineurs. Un aménagement soutenu par la gauche : « Comment peut-on obliger un mineur à avoir un passe sanitaire alors que ses parents lui refusent la vaccination ? » a interrogé en séance le communiste Pierre Ouzoulias. Un amendement du PS permet aussi la vaccination sans autorisation parentale à partir de 16 ans. La gauche sénatoriale a, en revanche, échoué à faire tomber, au profit de l’obligation vaccinale, le dispositif dans son ensemble. La question a pourtant divisé jusqu’au sein de la majorité, à l’instar du centriste Loïc Hervé qui a plaidé au nom des « libertés publiques » contre cette « fausse bonne idée » de passe sanitaire.

« Atteinte à la liberté de travailler »

Contre toute attente, la droite a aussi redonné vie à l’état d’urgence sanitaire jusqu’au 31 octobre. « C’est un souci de vérité. Sortons de cette espèce d’euphémisation permanente », a justifié le rapporteur LR Philippe Bas, appelant le gouvernement à « assumer ses responsa­bilités ». Comme à l’Assemblée, la gauche s’est également élevée contre les mesures relatives aux sanctions, suspension de contrat sans rémunération et licenciement encourus par les salariés pour lesquels le passe sanitaire est rendu obligatoire. « C’est une brèche inacceptable dans le droit du travail ! » a fustigé le sénateur PCF Fabien Gay. La création d’un motif spécifique de licenciement a d’ailleurs été supprimée par la Chambre haute, contrairement à l’interruption avant l’échéance d’un CDD ou d’un contrat de mission temporaire.

Dès vendredi, plusieurs syndicats ont aussi alerté sur ces dispositions. « C’est transgressif, dangereux et inquiétant de voir apparaître pour la première fois un motif de licenciement à la charge du salarié pour une raison relevant de sa vie privée », a dénoncé la CFE-CGC, tandis que Solidaires s’est affirmé « contre le passe sanitaire, qui se construit contre les travailleuses et les travailleurs ». Plus tôt dans la semaine, la CGT avait déjà interpellé les parlementaires afin qu’ils « en mesurent toutes les conséquences sociales », dénonçant un texte qui « porterait atteinte à la liberté de travailler » des salariés. Après son adoption, le projet de loi devra franchir une dernière étape avec l’examen par le Conseil constitutionnel, que le premier ministre, Jean Castex, s’est engagé à solliciter.

 

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28 juillet 2021 3 28 /07 /juillet /2021 13:11

 

Les résultats du baccalauréat 2021 viennent de tomber. Cette année, les épreuves se sont tenues dans des conditions exceptionnelles. Jean-Michel Blanquer a annulé les évaluations communes prévues au mois de mars au profit des notes obtenues en contrôle continu. Pour les épreuves terminales, il a décidé que ce serait la meilleure note obtenue qui prévalait entre celles obtenues en contrôle continu et celles obtenues lors des épreuves terminales.

Pour la deuxième année consécutive, Jean-Michel Blanquer instrumentalise la crise sanitaire pour avancer tambour battant sur son projet d’un baccalauréat en contrôle continu. C’est désormais officiel, le ministre souhaite passer à un baccalauréat dont les évaluations communes seraient remplacées par un “réel” contrôle continu, comptant pour 40 % de la note finale au baccalauréat.

Dès le début, ce projet avait été vivement contesté par l’ensemble des acteurs de l'éducation, en premier lieu les lycéennes et les lycéens. Ce baccalauréat à la carte vient casser le caractère national du diplôme. En lieu et place d’un même diplôme national, nous aurons des baccalauréats locaux, donc la valeur dépendra de la réputation de l’établissement d’origine. Peu importe la note obtenue, un baccalauréat obtenu au prestigieux lycée Henri IV à Paris, aura toujours plus de valeur que celui obtenu dans un lycée dit de “périphérie”. En parfait accord avec Parcoursup ce système discriminant vient approfondir le mécanisme de sélection sociale à l’entrée de l’enseignement supérieur. Cette réforme vient enfoncer le clou de l'assignation à l’origine sociale et géographique, qui est l'inverse de la mission d’une école républicaine qui devrait au contraire servir à gommer les discriminations.

La technique utilisée par J.-M. Blanquer est connue, il a tout au long de ces années fait en sorte d’organiser l’échec des examens nationaux pour mieux faire passer une nouvelle réforme. Tout en organisant l’impossibilité pour les jeunes et le personnel éducatif de manifester et de faire connaître leur mécontentement face à la réforme des lycées. L’annonce d’une nouvelle réforme, alors que la session 2021 est en cours et avec un débat qui aurait cours au cœur de l’été, est une nouvelle fois un passage en force démocratique. Le MJCF ne l’entend pas de cette façon. Dès la rentrée de septembre nous organiserons les lycéennes et les lycéens contre cette réforme injuste et toute forme de sélection.

Après deux ans de perturbations majeures dans le système scolaire, c'est la mise en place de conditions d'enseignement de qualité afin de rattraper le retard accumulé qui devrait occuper le ministre. L’heure est au contraire à l’harmonisation par le haut de l’enseignement. La crise a été un catalyseur de l’inégalité entre les lycées et les élèves, il faut en tirer les leçons et proposer une tout autre politique. La mise en place d'examens nationaux et terminaux anonymes est la seule façon de garantir l’égalité.

Le Mouvement jeunes communistes de France revendique :

- Un retour à un baccalauréat national en abandonnant toutes les réformes mises en place par Jean-Michel Blanquer sur le sujet.

- L’abandon de Parcoursup ; le seul critère pour entrer à l'université doit être l'obtention du baccalauréat.

- Un investissement massif permettant de recruter des enseignants et de construire de nouveaux locaux pour offrir une formation et des diplômes de qualité sur l’ensemble du territoire.

Notre avenir, nos choix, l’éducation est un droit !

Clémentine Le Duey

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