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10 septembre 2022 6 10 /09 /septembre /2022 05:50

 

 

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9 septembre 2022 5 09 /09 /septembre /2022 06:00

 

 

« Pour enterrer un problème, créez une commission », s’exclamait en son temps Clemenceau. De fait, notre République est truffée de conseils et de comités en tout genre, aux noms aussi pompeux que leur objet est inefficace. Leurs bavardages n’ont jamais amélioré la vie quotidienne de nos concitoyens. On se souvient peut-être qu’en 1986, la crise sociale et politique provoquée par les lois Devaquet sur l’université avait conduit le gouvernement de l’époque à créer une structure nouvelle ainsi désignée : « Un comité national de réflexion sera créé avec à sa tête un monsieur Universités ». Sa mission : “Esquisser le paysage universitaire des dix prochaines années”. Trente-six ans plus tard, on ne peut que se souvenir de la puissance des manifestations de jeunes qu’a provoqué cette loi de triste mémoire et constater avec dépit le lamentable état de nos universités, le difficile parcours d’obstacles des étudiants pour y accéder, l’accentuation de la sélection sans parler des amphis vétustes, bondés, et les difficultés pour se loger et se nourrir de toute une jeunesse.

 

Voici que le président de la République, ignorant les institutions républicaines, à commencer par l’Assemblée nationale et le Sénat, le Comité économique et social et le Haut-commissariat au plan chargé paraît-il de la prospective, invente un Conseil National de la Refondation.

 

Celui-ci aurait, selon les dires du pouvoir, vocation à « façonner les décisions politiques de demain ». Dès lors, à quoi servirait le Parlement ? Les conseils régionaux, départementaux, les maires ? Et à quoi sert le plan d’investissement sur la décennie, dénommé « France 2030 », présenté par E. Macron lui-même, il y a plus de huit mois.

 

Ce Président a une fâcheuse tendance à prendre les citoyens pour des demeurés. Il baptise « son bidule à illusions » d’initiales restées éminemment populaires dans la mémoire collective. La population a évidemment compris le but de la manœuvre. Empêtré dans ses difficultés, élu par une minorité de citoyens, battu aux élections législatives, conscient de la profonde crise du capitalisme mondialisé, le président de la République tente de trouver l’illusion d’une unité nationale, pour faire accepter par le plus grand nombre les choix de super-austérité que le capital exige pour maintenir ses taux de rentabilité et l’accaparement des richesses.

 

Du grand débat après la lutte des Gilets jaunes, à la Convention sur le climat, chacune et chacun est à même de bien comprendre à quoi s’attendre de la propagande élyséenne. Rien.

 

Cette funeste tromperie a fait long feu. Elle insulte notre valeureuse histoire. Elle dévoie le sigle Conseil National de la Résistance. Et le titre donné au programme du CNR, « Les jours heureux ».

 

Il ne s’agit pourtant pas aujourd’hui de reconstruire les bases d’un pays capable d’affronter les lourds défis de l’avenir. Le machin de M. Macron n’a pour ambition que de remodeler et soumettre nos vies aux besoins du capitalisme mondialisé. Le CNR, le vrai, c’est la Constitution de 1946, de considérables innovations, d’immenses avancées sociales et démocratiques, le soutien aux travailleurs et l’appropriation d’un certain nombre de leviers de l’économie. Sous l’impulsion d’un Parti communiste qui s’était illustré dans la Résistance aux côtés notamment de gaullistes et pesait 27% des voix à l’époque, le CNR c’est l’unification de la Nation autour d’un projet de redressement et de progrès humain.

 

Aujourd’hui, le Président comme ses deux prédécesseurs s’acharnent à laminer tous les conquis de ce Conseil National de la Résistance. Progressivement, s’est installé la monarchie présidentielle, le mépris des corps intermédiaires et des travailleurs, ces gens de peu qui « ne sont rien », la mise en lambeaux du Code du travail et les privatisations, le chômage et la précarité du travail qui se substituent au pacte social instauré au sortir de la guerre, alors qu’une partie de la bourgeoisie avait pactisé avec l’ennemi.

 

Avec obstination, E. Macron entend bien achever le travail pour lequel les gros propriétaires privés, les actionnaires ont favorisé sa réélection. Le passage de la Sécurité sociale aux assurances privées, les pénuries à l’hôpital public, la destruction de l’allocation chômage, l’allongement de la durée du travail, le recul de l’âge donnant droit à la retraite, la mise en cause du statut de la fonction publique à l’école ou dans les transports, l’appauvrissement et la mise pas de l’audiovisuel, la défiguration de la laïcité… Un ordre moral rétrograde et autoritaire, telles sont les grandes lignes de l’agenda présidentiel, soigneusement dissimulé durant les campagnes électorales.

 

Bref, le pouvoir met en place une escroquerie, déguisée en « machin au service de la démocratie », pour obtenir des salariés qu’ils participent à leur propre exploitation et de préserver les puissances d’argent dont la soif de profit n’est jamais assouvie.

 

Si le pouvoir avait le souci de l’écoute et du bien commun, il aurait pris en compte les conclusions de la Convention citoyenne. Or, il s’est empressé de rejeter la modeste proposition de taxation à 4% des dividendes, l’introduction de la préservation du climat dans la constitution, l’interdiction de zones commerciales dans les milieux naturels et un grand plan de rénovation énergétique des bâtiments.

 

Nul besoin aujourd’hui de réunir quelque « comité Théodule » pour appliquer une taxe sur les superprofits, augmenter les salaires et déployer une nouvelle politique industrielle et agricole, riche en emplois et facteurs de bifurcations environnementales.

 

Pas besoin de comité Théodule pour empêcher que le coût de production d’un mégawatt d’électricité passe de 50€ à 1000€ par la funeste magie de la spéculation en bourse.

 

Mais, c’est précisément ces sujets que le pouvoir veut éviter. Ce n’est pas un signe de force ! Bien au contraire, les fondés de pouvoir du capital partout en Europe sont dans une dangereuse impasse. Ils peuvent conduire au pire, comme on le voit en Italie, mais en France aussi avec une extrême droite banalisée, introduite grâce au pouvoir dans les rouages institutionnels.

 

Le Président n’a pas caché les inquiétudes de la classe qu’il sert devant la conférence des ambassadeurs la semaine dernière : « l’ordre économique, le capitalisme ouvert qui était une force… s’est déréglé. Et la confiance dans celui-ci n’est plus la même, dans notre pays et à l’international. C’est une réalité » Il dit tout d’une situation qui l’inquiète au plus haut point en cette rentrée.

 

Raison de plus d’ouvrir le débat sur l’après-capitalisme. Dans quelques heures, cette question peut parcourir, les centaines de débats, de concerts, d’expositions, de rencontres et les allées de la grande Fête de l’Humanité qui s’annonce, comme le grand événement populaire, festif, fraternel, culturel, politique et démocratique, ouvert sur le monde, de cette rentrée.

 

Les tenants du pouvoir indiquent eux-mêmes le niveau auquel nous devons porter notre intervention. Faisons-le. C’est le moment !

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9 septembre 2022 5 09 /09 /septembre /2022 05:58
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8 septembre 2022 4 08 /09 /septembre /2022 05:47

 

 

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8 septembre 2022 4 08 /09 /septembre /2022 05:42

 

Une première version de ce texte a été publiée dans le numéro d’octobre 2021 de Science et Pseudo-Sciences, la revue de l’Association française pour l’information scientifique.

Dévoilé en août 2021, le rapport du GIEC sur la physique du climat confirme la gravité et l’ampleur du réchauffement climatique. L’occasion de revenir sur ses principaux enseignements et de nous plonger sur le fonctionnement original du GIEC.

Par François-Marie Bréon, physicien-climatologue

UNE MISE À JOUR DES RAPPORTS PRÉCÉDENTS

Ce 6e rapport sur la physique du climat a été rendu public en août 2021, après plusieurs années d’élaboration1. On rappelle que le rapport complet repose sur le travail de trois groupes : le premier sur les sciences du climat, le deuxième sur les impacts du changement climatique, le troisième sur les actions possibles pour limiter ce changement climatique et ses impacts.

Le précédent rapport fut publié en septembre 2013. Depuis, le réchauffement climatique s’est amplifié, les recherches sur les climats passés ont permis une meilleure connaissance des variabilités naturelles et la modélisation du climat a progressé. C’est donc une évolution significative de la compréhension du changement climatique qui est synthétisée dans ce rapport. Pourtant, sa diffusion n’a rien apporté de révolutionnaire. Ses messages principaux sont essentiellement une mise à jour de ceux du rapport précédent. Il y a cependant un focus plus important sur l’échelle régionale : les surfaces terrestres ont été découpées en 45 régions, et le rapport décrit l’évolution des principaux paramètres climatiques (températures, précipitations, sécheresses) à cette échelle. Le rapport est associé à un atlas interactif permettant de visualiser l’évolution du climat observé et anticipé par les différents modèles.

Le changement climatique affecte déjà toutes les régions de la planète, et la contribution humaine à ce phénomène est établie.

On rappelle aussi que le GIEC ne fait pas de recherche mais réalise une synthèse des connaissances sur la base des publications scientifiques. Ainsi, il ne peut pas y avoir de révolution dans le rapport du GIEC puisque tout ce qu’on y trouve a déjà été publié d’une manière ou d’une autre. Pourtant, la synthèse des connaissances et la caution apportée par l’analyse collective confère un poids particulièrement important aux messages portés par ses rapports.

 

ÉLÉMENTS CLÉS DU RAPPORT

Le rapport, rédigé par 216 scientifiques issus de 65 pays, fait la synthèse de 14 000 publications, et les versions successives du rapport ont donné lieu à 78 000 commentaires, qui ont été pris en compte. Notez que le processus est transparent puisque les commentaires reçus sont mis en ligne à l’issue du processus. Les commentaires faits sur le 6e rapport seront en ligne ; on trouvera aussi ceux du 5e rapport3.

Le changement climatique affecte déjà toutes les régions de la planète, et la contribution humaine à ce phénomène est établie. La température moyenne de la Terre est l’indicateur le plus mis en avant pour quantifier le réchauffement climatique. On prend désormais comme référence la période 1850-1900, pendant laquelle l’influence humaine sur le climat était négligeable comparée à aujourd’hui. En moyenne de la dernière décennie, l’indicateur est à + 1,1 °C, et chacune des quatre dernières décennies a été plus chaude que toutes les décennies précédentes depuis la période de référence. La Terre a certes connu dans le passé des changements climatiques naturels, or le rythme actuel de réchauffement observé est sans précédent depuis au moins 2 000 ans (et probablement beaucoup plus, mais la formulation est prudente en absence d’observations fiables).

Variations de températures observées (dernière décennie en référence à 1950-1970). Le réchauffement n’est pas homogène : il est plus rapide sur les terres que sur les océans, et plus rapides aux hautes latitudes.

Cette hausse des températures est la conséquence directe de la hausse des concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Ainsi, la concentration de CO2 a augmenté de près de 50 % depuis l’ère pré­industrielle. Dans le même temps, le méthane et le protoxyde d’azote, autres gaz à effet de serre, ont augmenté respectivement de 150 et 23 %. Les actuels niveaux de CO2 dans l’atmosphère (418 ppm) n’ont pas été atteints sur les derniers 2 millions d’années.

Cette hausse des gaz à effet de serre conduit à un forçage radiatif, à un apport d’énergie dans le système climatique. Ce chauffage additionnel est partiellement compensé par l’impact des aérosols, des particules en suspension dans l’atmosphère qui renvoient une partie du rayonnement solaire vers l’espace. Les activités humaines ont d’autres impacts sur le bilan énergétique de la Terre, via par exemple les traînées d’avion ou l’urbanisation des surfaces, qui changent son albedo, mais elles sont de plus faible importance. Au final, le GIEC estime que les différentes perturbations humaines sur le climat apportent une énergie supplémentaire de 2,72 Wm–2, avec une gamme d’incertitude de 1,96 à 3,48. En ordre de grandeur, c’est 1 % de l’énergie solaire absorbée par la Terre. Intégré sur toute la surface de la Terre, c’est l’équivalent de l’énergie dissipée par 500 000 réacteurs nucléaires (de 1 GW électrique ou 3 GW thermiques).

 

CONFIRMATION DE L’ORIGINE ANTHROPIQUE DU RÉCHAUFFEMENT

Pour les climatologues du GIEC, il ne fait pas de doute que cette énergie additionnelle dans le système est responsable de la hausse des températures observée depuis la fin du XIXe siècle, hausse parfaitement compatible avec ce qui est attendu du fait de l’augmentation de l’effet de serre, compensée en partie par les émissions d’aérosols. Ainsi, le GIEC dit dans le 6e rapport que la hausse des températures est entièrement d’origine humaine et ne relève pas de la variabilité naturelle du climat. Cette hausse des températures moyennes est associée à de nombreuses perturbations climatiques.

Commençons par souligner le fait que la hausse des températures n’est pas homogène : les terres se réchauffent plus vite que les mers, et le réchauffement est beaucoup plus rapide aux hautes latitudes

On observe un recul mondial des glaciers depuis les années 1990, une diminution de 40 % de la glace dans l’Arctique depuis 1979 et la diminution de la couverture neigeuse au printemps depuis les années 1950.

Le réchauffement a un impact sur le niveau des mers. Il y a deux mécanismes principaux : le premier est la dilatation des océans sous l’effet de l’augmentation des températures (à masse d’eau constante) ; le second est la fonte des glaciers de montagne et des calottes polaires (apport d’eau supplémentaire). Sur la période écoulée depuis 1970, le premier effet do­mine. À l’inverse, sur une période plus récente (depuis 2008), la fonte des glaces s’est accélérée : c’est désormais le second effet qui domine, et le rythme de hausse du niveau des mers s’est accru pour atteindre ≈ 4 mm/an. Sur le dernier siècle, le niveau des mers s’est élevé à un rythme plus rapide qu’au cours des 3 000 ans précédents. Ce rythme était néanmoins plus rapide pendant la dernière déglaciation (entre il y a 20 000 et 10 000 ans). De même, la surface de la banquise arctique (qui montre de fortes variations saisonnières) a fortement diminué et est inférieure, à son minimum de fin d’été, à ce qu’elle a été depuis au moins 1 000 ans. Le recul des glaciers de montagne est aussi anormalement rapide et est, en moyenne mondiale, sans précédent depuis au moins 2 000 ans.

Au-delà des valeurs moyennes, ce rapport du GIEC se focalise aussi sur les extrêmes, qui sont par définition peu fréquents mais qui ont un impact considérable sur les infrastructures, la biodiversité et les sociétés. Depuis les années 1950, les extrêmes chauds (y compris les vagues de chaleur au-dessus des continents et en mer) sont devenus plus fréquents et plus intenses dans la plupart des régions ; il en est de même pour les événements de fortes précipitations ; enfin, on cons­tate une augmentation de la fréquence des sécheresses dans certaines régions, même si la variabilité météorologique de ces phénomènes est trop importante pour détecter un signal clair. Ces conditions de chaleur extrêmes et de sécheresse sont favorables à l’occurrence des incendies, comme on le constate régulièrement, hélas.

LES PROJECTIONS POUR LE FUTUR

Ce sont là des variations observées des paramètres climatiques. Le rapport du GIEC fait aussi la synthèse sur ce qui est attendu. Pour cet objectif, il se base sur un ensemble de modèles développés indépendamment par plusieurs groupes de recherche dans le che dans le monde. La comparaison des résultats des modèles permet d’évaluer une incertitude sur les variations climatiques à venir.

Les modèles de climat sont évalués pour plusieurs trajectoires de concentration des gaz à effet de serre. Certaines supposent que l’on sera capable de diminuer très rapidement les émissions de CO2 et autres gaz à effet de serre ; d’autres anticipent une hausse continue des émissions pendant quelques décennies avant d’amorcer une décrue plus tardive. Bien évidemment, ces différentes trajectoires d’émission conduisent à des climats différents, mais cela après environ deux décennies du fait de l’inertie du système.

Exemple d’une analyse régionale de l’évolution du climat dans le dernier rapport du GIEC. Les surfaces terrestres sont découpées en 45 régions. On montre ici l’évolution des précipitations extrêmes. Les zones vertes indiquent où une augmentation est observée. Les zones hachurées indiquent les régions où aucune modification significative n’est observée, alors que les zones grises indiquent un manque d’observation pour conclure.

L’Accord de Paris visait à limiter le réchauffement à 1,5 °C. Même si cet objectif apparaît encore physiquement possible, il nécessiterait une décroissance des émissions extrêmement rapide, qui paraît peu compatible avec l’inertie des sociétés. Il est probable que le réchauffement de 1,5 °C (en moyenne globale), mesuré en référence à la fin du XIXe siècle, sera dépassé au cours des vingt prochaines années.

Pour une trajectoire de décroissance moins rapide, conduisant néanmoins à des émissions nulles en 2050 (avec prise en compte des puits qui compenseraient les émissions restantes), le réchauffement resterait inférieur à 2 °C ; et on peut même viser une légère diminution des températures pendant la seconde moitié du XXIe siècle, ce qui permettrait de revenir à la cible de 1,5 °C. Par contre, si les émissions de gaz à effet de serre restent au niveau actuel, le niveau + 2 °C sera atteint vers 2050, et dépassé pendant la seconde moitié du siècle. Bien évidemment, l’évolution des indicateurs climatiques – et en particulier la fréquence et l’intensité des extrêmes – va de pair avec l’augmentation des températures moyennes.

 

UNE PRÉCISION À L’ÉCHELLE RÉGIONALE

Ce 6e rapport est beaucoup plus précis que les précédents pour les échelles régionales. Près d’un tiers du rapport est consacré aux impacts du changement climatique, différents suivant les régions du monde. C’est aussi pour cette raison qu’a été développé l’atlas interactif qui permet à chacun d’analyser ce qui est déjà observé et ce qui est anticipé sur sa région d’intérêt.

À côté de la hausse des températures, c’est le cycle de l’eau qui a le plus d’impact sur les sociétés humaines et l’environnement. Avec l’augmentation du réchauffement, le cycle de l’eau s’intensifie : pour chaque degré supplémentaire, l’atmosphère peut contenir 7 % de plus de vapeur d’eau ; ce réchauffement conduit à une augmentation de l’évaporation ainsi qu’à des extrêmes de précipitations encore plus intenses, mais aussi à un renforcement des saisons sèches et à des sécheresses.

Le réchauffement a aussi un impact à plus long terme sur les calottes polaires, dont la fonte s’est accélérée pendant la dernière décennie. Avec le réchauffement de l’océan, cela va conduire à une élévation du niveau des mers, qui est irréversible pendant plusieurs centaines d’années. Ainsi, le rapport montre que la température de l’océan mondial augmentera de 2 à 8 fois plus au cours de ce siècle qu’elle n’a augmenté depuis le début des années 1970, avec un impact direct sur l’effet de dilatation des océans, et donc sur le niveau des mers. Par ailleurs, la fonte des calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique – la perte de leur masse a été multipliée par 4 au cours des trente dernières années – se poursuivra pendant des milliers d’années, même dans les scénarios les plus ambitieux de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Pourtant, il reste de grosses incertitudes sur la dynamique des calottes de glace, et c’est pourquoi le rythme d’évolution du niveau des mers reste très incertain. Pour 2100, le rapport du GIEC indique une hausse (en référence à la fin du XIXe siècle) entre 0,5 et 1 m, mais sans exclure des valeurs plus fortes compte tenu des incertitudes sur l’instabilité des calottes polaires. La hausse du niveau des mers se poursuivra au-delà de 2100, même dans les scénarios les plus optimistes de stabilisation du climat, et atteindra probablement plusieurs mètres en 2300.

Le rapport reconnaît de grandes incertitudes sur la dynamique des calottes polaires et indique que des évolutions plus rapides que ce qui est indiqué ne peuvent pas être exclues. L’augmentation du niveau des mers se poursuivra après 2100, même en cas de stabilisation du climat, et pourrait être de plusieurs mètres en 2300.

Comme dit plus haut, le rapport du groupe 1 ne s’intéresse qu’à la physique du climat. Les impacts sur les écosystèmes, l’agriculture, la santé, les infrastructures sont traités dans le rapport du groupe 2, qui est en cours de finalisation. Les mesures qui peuvent être prises pour limiter le changement climatique sont discutées dans le rapport du groupe 3. Cette séparation des sujets traités a des vertus puisqu’elle permet de bien cerner le domaine de compétence de chacun ; mais la séparation temporelle de sortie des rapports conduit à des difficultés : lors de la sortie du rapport, les questions des journalistes portaient vite sur les solutions à apporter, qui restent sous embargo.

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7 septembre 2022 3 07 /09 /septembre /2022 06:13
Au programme de l'Espace Bretagne de la fête de l'Humanité, 9, 10, 11 septembre à Bretigny-sur-Orge/ Plessy-Paté

Samedi à 12h, rendez-vous des communistes bretons à l'espace Bretagne avec des interventions de Philippe Jumeau, porte-parole du Comité régional PCF Bretagne, d'un.e responsable de la JC Bretagne, et de Gladys Grelaud, conseillère régionale. 

Au programme de l'Espace Bretagne de la fête de l'Humanité, 9, 10, 11 septembre à Bretigny-sur-Orge/ Plessy-Paté
Au programme de l'Espace Bretagne de la fête de l'Humanité, 9, 10, 11 septembre à Bretigny-sur-Orge/ Plessy-Paté
Espace Bretagne Samedi 15h-17h00
 
 
Table ronde sur le droit à la mobilité pour un service public utile et efficace
pour les bretonn.e.s et le climat : le train, un outil des jours heureux
 
Intervenants :
 
- Alexandre BOYER, cheminot CGT ligne fret Perpignan-Rungis
 
- Cyril DALLOIS, cheminot CGT Ile et vilaine
 
- Roger HERE, vice-président communiste en charge des mobilités à Morlaix communauté
 
- Gérard LAHELLEC, sénateur communiste des Côtes
d’Armor
 
Animée par Gladys GRELAUD, Conseillère régionale Bretagne communiste et Christian PELTAIS PCF Morbihan
Au programme de l'Espace Bretagne de la fête de l'Humanité, 9, 10, 11 septembre à Bretigny-sur-Orge/ Plessy-Paté
Au programme de l'Espace Bretagne de la fête de l'Humanité, 9, 10, 11 septembre à Bretigny-sur-Orge/ Plessy-Paté
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7 septembre 2022 3 07 /09 /septembre /2022 06:12
A la fête de l'Humanité 2022 sur le stand du PCF Finistère: c'est parti pour 3 jours de fête, de rencontres, de concerts et de débats!
A la fête de l'Humanité 2022 sur le stand du PCF Finistère: c'est parti pour 3 jours de fête, de rencontres, de concerts et de débats!
A la fête de l'Humanité 2022 sur le stand du PCF Finistère: c'est parti pour 3 jours de fête, de rencontres, de concerts et de débats!
A la fête de l'Humanité 2022 sur le stand du PCF Finistère: c'est parti pour 3 jours de fête, de rencontres, de concerts et de débats!
A la fête de l'Humanité 2022 sur le stand du PCF Finistère: c'est parti pour 3 jours de fête, de rencontres, de concerts et de débats!

La Fête de l’Humanité est le grand moment politique de la rentrée, la plus ancienne et la plus grande fête populaire de France, un des deux ou trois plus grands festivals de France aussi, réunissant plusieurs centaines de milliers de personnes chaque année.

Cette année, les vendredi 9, samedi 10, et dimanche 11 septembre, la fête de l'Humanité se transporte sur un nouveau site, à Bretigny-sur-Orge- Plessy Paté dans l'Essonne, base 217, après 22 ans passés à Dugny-La Courneuve.

Nous entrons maintenant dans la dernière ligne droite de la  préparation de la Fête c’est particulièrement vrai aussi pour la diffusion du bon de soutien à 35 euros. Que vous veniez ou non à la fête, pour pouvez acheter un bon de soutien auprès des militants et sections communistes du département pour soutenir L'Humanité et la fête de L'Humanité.

N'oublions pas que, même pour les camarades et sympathisants qui ne peuvent pas venir cette année sur la fête, le bon de soutien est aussi une manière de soutenir le journal L'Humanité et la fête de l'Humanité.
 
Une autre façon de participer : la souscription. Le chèque est à expédier à l’ordre de l’Humanité en partage – Souscription Fête de l’Humanité -  à adresser au Directeur de l’Humanité – 5, rue Pleyel  - 93528 Saint-Denis Cedex.
 
Ou bien, pour participer financièrement à la tenue du stand du PCF Finistère, pour lequel nous avons réalisé plusieurs investissements cette année, qui seront amortis dans la durée, chèque à l'ordre de PCF 29 - Fédération du PCF Finistère/ 5 rue Henri Moreau / 29 200 Brest

Nos monteurs du PCF Finistère (une vaillante équipe d'une douzaine de personnes) arrivent lundi 5 septembre sur le site avec le poids lourd qui transporte le stand et le matériel du stand.

Puis ce sera parti pour 3 jours de montage.

Le lieu en est différent et nous allons devoir trouver de nouveaux repères, mais le besoin de se retrouver reste intact et important.
 
Durant ces 3 jours l’ambition de la Fête est d’offrir des espaces de rencontres, de débats, de moments festifs et de convivialité. La réussite de cette Fête est un défi à relever et cela dépend de nous.
 
Actuellement, 50 bénévoles environ sont inscrits pour travailler dans le stand du PCF Finistère.
 
Ces bénévoles, avec de très nombreux jeunes, ne sont pas tous adhérents du PCF, ils n'habitent pas tous non plus le Finistère: nous accueillons aussi des copains de Toulouse, de Nantes, de Champagne, de région parisienne, avec une envie, profiter de la fête de l'intérieur en passant de très bons moments de fraternité ensemble.
 
Merci à tous les bénévoles et militants de s'être portés volontaires pour assurer le fonctionnement du stand!
 
Le stand du PCF Finistère se situera tout près de la grande scène Angela Davis, entre le stand du Morbihan et celui du Mouvement de la Paix, à l'angle de la rue Colonel Fabien et de la rue Gisèle Halimi. 
 
Notre stand propose au restaurant:
 
- Un menu Kig-Ha-Farz du Léon/ gâteau breton de Scaër ou far maison du pays bigouden
 
- Un menu Pikolenn (saucisses de Molène - pommes de terre grenaille) gâteau breton de Scaër ou far maison du pays bigouden
 
- Des huîtres de la baie de Morlaix affinées à Plougastel Daoulas
 
Des vins de qualité du pays nantais: Muscadet, Gros Plan, Pinot Noir, Cabernet Sauvignon
 
La plupart de nos produits sont des produits locaux finistériens ou breton et de qualité.
 
Et au Bar: Bières et cidres bretons de la coopérative Tri Martelod de Concarneau, Lambig artisanal, Whisky Breton, Chouchen, Karambig, Godi 29, Punch, Ricard, Kir, Vins, différentes variétés de soft (Jus d'Orange, Coca, Ice Tea, Oasis, Schweepes, Perrier) et de l'eau Cristaline.
 
Les inscriptions pour être bénévoles sont toujours en cours directement auprès de Marion à la FD : federation@29.pcf.fr  ou par téléphone au 02 98 43 47 78
 
N'hésitez pas à prendre contact avec la fédération pour les informations sur les covoiturages disponibles, l'accès à la fête.
 
federation@29.pcf.fr  ou par téléphone au 02 98 43 47 78
 
Toutes les informations: https://fete.humanite.fr/
 
 
 
 
A la fête de l'Humanité 2022 sur le stand du PCF Finistère: c'est parti pour 3 jours de fête, de rencontres, de concerts et de débats!
A la fête de l'Humanité 2022 sur le stand du PCF Finistère: c'est parti pour 3 jours de fête, de rencontres, de concerts et de débats!
A la fête de l'Humanité 2022 sur le stand du PCF Finistère: c'est parti pour 3 jours de fête, de rencontres, de concerts et de débats!
A la fête de l'Humanité 2022 sur le stand du PCF Finistère: c'est parti pour 3 jours de fête, de rencontres, de concerts et de débats!
Stand du Parti communiste du Finistère - Fête de l'Humanité 2022
9-10-11 septembre à la base 217 Bretigny-sur-Orge/ Plessy-Paté
Qu'y manger?
Qu'y boire?
Que faire, comme dirait l'autre?
Que faire? La fête!
Que manger?
Menus:
- Kig-ha-Farz (Le Pot au feu breton, plat traditionnel du Léon, Finistère-Nord, avec de la semoule de blé noir, farine de sarrasin cuite dans un sac en tissu dans le même bouillon que la viande de bœuf et/ou le jarret de porc salé, des légumes tels que carottes, oignons, chous, pommes de terre, navets, poireaux, et surtout le Lipig, crème d’échalotte au beurre, qui fait fondre les cœurs les plus endurcis) et dessert (gâteau breton de Scaër): 16€
- Pikolenn (Saucisses de Molène et Pommes de terre Grenailles avec échalottes) et dessert (gâteau breton de Scaër): 13€
Le Kig-ha-Farz ne sera servi qu'à partir du vendredi soir car il demande un temps de cuisson et de préparation important.
Des gâteaux bretons peuvent aussi être vendus à l'unité (2€).
Les Huîtres:
délicieuses huîtres n°4 de la Baie de Morlaix, affinées aux Viviers de Keraliou à Plougastel Daoulas.
Nos formules, huîtres (avec pain-beurre, ça va sans dire), à la douzaine (13€), les six (7€), remède du pêcheur (3+1 verre de muscadet: 4€).
Et pour aller avec, muscadet du pays nantais (10€ la bouteille). Vendu aussi au pichet 50 cl (6€) et au verre (1,50€).
***
Que boire?
Pour les plus sobres, et aux heures honnêtes:
Café: 1€
Eau Cristaline: 1€ la bouteille de 0,5 cl
Canettes de soft (Oasis Tropical, Coca-Cola, Jus d'Orange, Orangina, Schweepes Agrume): 2€
Bouteille Perrier: 2€
Alcools:
Le restaurant et le bar du stand du PCF Finistère proposent les vins bretons du pays nantais, fins, légers et délicats, ceux du Domaine des Hautes-Noëlles, « La Maisonneuve », à Le Loroux Bottereau (44), produits par Philippe Chon et son équipe :
Muscadet succulent evel just (en bouteille et en cubis), pour accompagner des huîtres divines, Gros Plan de qualité (et trop méprisé d'ordinaire), Gamay Rosé, et en rouge, Pinot Noir médaillé d'un concours international, et Cabernet Franc, comme peut l'être le vin rouge en général.
Bouteilles de vins: 10€
Carafes de vins: 6€ les 50 cl, 3€ les 25 cl
Vin au Verre: 1,50€
Kir: 1,50€
Kir Breton (si 25 cl, avec cidre): 2,50€
Bière Tri Martolod à la pression (bière blonde de coopérative produite à Concarneau): 2,50€ les 25 cl, 5€ la pinte
Cidre ( cidre de coopérative Tri Martolod produit à Concarneau): 2,50€
Ricard: 2€
Chouchen Melmor: 3€
Whisky breton : 3€
Punch: 3€
Godi 29 (version finistérienne de la godinette avec lambig, vin blanc, sirop de fraise): 3€
Karambig (Lambig, cidre, sirop de caramel): 3€
Lambig artisanal (eau de vie bretonne): 4€
A la fête de l'Humanité 2022 sur le stand du PCF Finistère: c'est parti pour 3 jours de fête, de rencontres, de concerts et de débats!
A la fête de l'Humanité 2022 sur le stand du PCF Finistère: c'est parti pour 3 jours de fête, de rencontres, de concerts et de débats!
A la fête de l'Humanité 2022 de Plessy-Paté/Bretigny-sur-Orge dans l'Essonne (Base 217 - 9,10,11 septembre), nous proposerons sur le stand du PCF Finistère de délicieuses huîtres n°4 de la Baie de Morlaix, affinées aux Viviers de Keraliou à Plougastel Daoulas.
 
Nos formules, huîtres (avec pain-beurre, ça va sans dire), à la douzaine (13€), les six (7€), remède du pêcheur (3+1 verre de muscadet: 4€).
 
Et pour aller avec, muscadet du pays nantais (10€ la bouteille). Vendu aussi au pichet 50 cl et au verre.
 
***
Où trouver du vin breton à la fête de l'Humanité?
Au stand du Finistère, mar plij!
Non content de servir l'excellente bière pression et le pétillant cidre qualité artisanale de la coopérative Tri Martolod de Concarneau, du puissant lambig fermier de Plouigneau, base de l'ineffable Karambig (Lambig-Cidre-Caramel), la spécialité du PCF Finistère, mais aussi de proposer en toute modestie toute une gamme d'excellents produits finistériens produits avec l'amour du goût et des traditions (fars du Pays Bigouden, gâteaux bretons de Scaër, huîtres de Plougastel Daoulas, Kig ha-Farz leonard à base de légumes frais de Roscoff, saucisses de Molène, etc), le restaurant et le bar du stand du PCF Finistère proposent les vins bretons du pays nantais, fins, légers et délicats, ceux du Domaine des Hautes-Noëlles, « La Maisonneuve », à Le Loroux Bottereau (44), produits par Philippe Chon et son équipe :
Muscadet succulent evel just (en bouteille et en cubis), pour accompagner des huîtres divines, Gros Plan de qualité (et trop méprisé d'ordinaire), Gamay Rosé, et en rouge, Pinot Noir médaillé d'un concours international, et Cabernet Franc, comme peut l'être le vin rouge en général.
Le tout pour des prix doux, qui permettent d'en recommander une, puis une autre, avec modération, car on n'est tout de même pas dans le village d'Astérix!!!
On vous attend de pied ferme les camarades, au stand du Finistère, avant que le bateau tangue!!!
Yec'hed mat! (Santé! ou Tchin Tchin!)
A la fête de l'Humanité 2022 sur le stand du PCF Finistère: c'est parti pour 3 jours de fête, de rencontres, de concerts et de débats!
A la fête de l'Humanité 2022 sur le stand du PCF Finistère: c'est parti pour 3 jours de fête, de rencontres, de concerts et de débats!

Les fédérations bretonnes auront des stands voisins comme chaque année à la fête de l'Humanité et comme chaque année aussi, un espace Bretagne commun de débats, de rencontres, et de concerts. 

Voici le programme.

A la fête de l'Humanité 2022 sur le stand du PCF Finistère: c'est parti pour 3 jours de fête, de rencontres, de concerts et de débats!
A la fête de l'Humanité 2022 sur le stand du PCF Finistère: c'est parti pour 3 jours de fête, de rencontres, de concerts et de débats!
A la fête de l'Humanité 2022 sur le stand du PCF Finistère: c'est parti pour 3 jours de fête, de rencontres, de concerts et de débats!

La fête de l'Humanité, c'est aussi une programmation politique et musicale très dense.

Vous pouvez la retrouver sur le site de la fête de l'Humanité, ainsi que toutes les informations pour l'accès au site:

https://fete.humanite.fr/

https://fete.humanite.fr/programmation-musicale/#/

A la fête de l'Humanité 2022 sur le stand du PCF Finistère: c'est parti pour 3 jours de fête, de rencontres, de concerts et de débats!
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7 septembre 2022 3 07 /09 /septembre /2022 05:44

 

 

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7 septembre 2022 3 07 /09 /septembre /2022 05:38

 

La problématique de l’indépendance énergétique de notre pays est ancienne et se pose encore crûment au regard des enjeux environnementaux, sanitaires et géopolitiques actuels. Pour ce qui est de l’énergie électronucléaire, la France dispose de réserves d’uranium qui garantissent pour plusieurs années son approvisionnement dans ce secteur.

Marie-Claire Cailletaud est dirigeante CGT, responsable des questions industrielles.

UN PEU D’HISTOIRE

La France est pauvre en ressources fossiles, alors qu’elles sont historiquement le principal moyen de produire de l’énergie. De ce fait, elle a fait appel aux importations : premier importateur de charbon entre les deux guerres, le pays a eu également recours à l’importation de quantités croissantes d’hydrocarbures.

La reconstruction nationale après la Seconde Guerre mondiale s’appuiera fortement sur le charbon. La mobilisation des mineurs pour la production est décrétée en 1945 par le général de Gaulle et Maurice Thorez : ce sera la bataille du charbon pour contribuer au redressement économique du pays, pour lequel il fallait plus d’électricité. À cette époque la production d’électricité nationale est due essentiellement à des centrales thermiques fonctionnant au charbon et à des barrages hydrauliques dont s’est dotée la France. En 1960, 56 % de la production d’électricité proviennent de l’hydraulique – qui reste la première source renouvelable de production d’énergie en France.

Donc, au milieu du XXe siècle, les seules ressources nationales importantes dans ce domaine étaient la thermoélectricité et l’hydroélectricité. Cette situation a eu plusieurs conséquences. La dépendance énergétique de la France est de 75 % à la veille du premier choc pétrolier. Le pays a eu très tôt une politique d’« efficacité énergétique ». Rappelons la campagne « La chasse au gaspi », lancée en 1979, pour inciter les automobilistes à économiser le pétrole et plus tôt, en 1976, le slogan décrétant que, « en France, on n’a pas de pétrole mais on a des idées ».

Mais la question de la dépendance énergétique, et donc de l’indépendance énergétique, s’est posée dès la Première Guerre mondiale (George Clemenceau est contraint de pousser un cri d’alarme auprès de ses alliés américains en 1917). Au cours du siècle, le lien entre maîtrise de l’énergie et puissance industrielle s’affirme, prenant même une dimension politique, comme l’illustrera la crise de Suez, en 1956. Et la naissance même de l’Europe s’est appuyée sur une alliance autour du charbon et de l’acier1 ; l’objectif alors affiché est bel et bien politique : empêcher une nouvelle guerre en unissant le charbon et l’acier, base de l’industrie de la France et de l’Allemagne.

Échantillon d’oxyde d’uranium sous forme solide. Les stocks de ce composé dont dispose notre pays nous mettent à l’abri d’une pénurie pour quelques années.

Ces questions géostratégiques continueront de se poser, que ce soit pour les ressources fossiles ou pour les métaux, en particulier les terres rares nécessaires dans toutes les nouvelles technologies (batteries de voiture, d’ordinateurs, de téléphones ; cellu­les photovoltaïques ; aimants des éoliennes…) : « Le Moyen-Orient a le pétrole, nous avons les terres rares », déclarera Deng Xiaoping en 1992.

La question de la dépendance énergétique, et donc de l’indépendance énergétique, s’est posée dès la Première Guerre mondiale.

L’affaire de Suez, qui priva le pays de 90 % de ses approvisionnements énergétiques, conduisit à développer les recherches autour de l’atome civil pour s’affranchir de la dépendance au pétrole. Cela aboutit à la construction, de 55 réacteurs nucléaires entre 1974 et 1980. Ainsi, et avec la fermeture progressive des sites d’extraction de charbon2, la production d’électricité se fait essentiellement à partir de l’énergie nucléaire et hydraulique.

Un dernier marqueur de la politique énergétique française, et pas des moindres, est constitué par le rôle de l’État dans le domaine et par le fait qu’il y a eu, jusque dans les années 2010, un consensus entre les gouvernements successifs sur la place de l’énergie dans la politique du pays et la nécessité de diminuer la dépendance énergétique pour s’affranchir des aléas politiques : en 1928, avec la loi sur les hydrocarbures, la France créa une industrie de raffinage du meilleur niveau européen ainsi qu’une industrie parapétrolière qui devint la deuxième au niveau mondial ; en 1945 est mis en place le Commissariat à l’énergie atomique ; en 1946, c’est la nationalisation des Charbonnages de France et celle du secteur électrique et gazier avec la création des deux grandes entreprises publiques, EDF et GDF, qui regroupent la production, le transport et la distribution d’électricité et de gaz.

Si la politique gouvernementale a été très présente dans le secteur, il y a cependant eu rapidement des oppositions entre une vision libérale laissant faire le marché et une vision répondant plus à un État stratège à même de donner des perspectives à un secteur hautement capitalistique et qui nécessite des cycles longs. Le tournant engagé à la fin des années 1990 – et suivi depuis par tous les gouvernements – fait la part belle au marché et s’attache à démanteler et à privatiser les entreprises issues « de l’organisation industrielle et du consensus politique fort » de la seconde moitié du XXe siècle.

LA SITUATION ACTUELLE

Aujourd’hui, l’indépendance énergétique se pose encore plus crûment à l’aune des défis environnementaux posés à l’humanité, dont la production d’énergie est une des causes premières, et, plus récemment, de la crise sanitaire et de la crise géopolitique engendrée par la guerre menée par la Russie en Ukraine qui montre à l’Europe sa fragilité en ce domaine et sa très forte dépendance.

Par ailleurs, la crise de la covid a mis en évidence la très forte dépendance de la France en matière industrielle. Notre pays s’est dramatiquement désindustrialisé : en cinquante ans, la place de l’industrie dans le PIB a été divisée par 2 et plus de 2 millions d’emplois dans ce domaine ont été supprimés. En parallèle, notre balance commerciale est structurellement déficitaire et notre empreinte carbone est égale à 1,7 fois nos émissions de gaz à effet de serre. Dans ce contexte, la nécessité de réindustrialiser le pays ne semble plus faire débat. Cela va nécessiter des transformations profondes dans notre appareil productif, avec une économie plus circulaire et des circuits raccourcis. Pour ce faire, il faudra augmenter la part de l’électricité dans notre bouquet énergétique – une énergie bas carbone pour répondre aux défis climatiques, et non comme celle de l’Allemagne, qui fait redémarrer des centrales à lignite très polluantes. Ainsi la production nucléaire revient-elle sur le devant de la scène.

Aujourd’hui, l’indépendance énergétique se pose encore plus crûment à l’aune de deux éléments majeurs : les défis environnementaux posés à l’humanité, dont la production d’énergie est une des causes premières, et, plus récemment, la crise sanitaire et la crise géopolitique.

La nécessité d’acquérir une forte indépendance énergétique, centrale pour tous les domaines de la vie, pour l’industrie comme pour les citoyens (dans notre pays, 13 millions d’habitants souffrent de pauvreté énergétique), n’est plus questionnée. Bien entendu, indépendance ne signifie pas autarcie, et les secours existants via les interconnexions européennes doivent permettre de parer aux situations difficiles. Il est à noter cependant qu’aujourd’hui ces interconnexions sont développées pour répondre aux besoins du marché et de circulation des électrons plus qu’au besoin de secours, alors que cela conduit à des pertes plus importantes.

Un dépôt pétrolier en Haute-Savoie. Nos réserves d’hydrocarbures représentent moins de six mois de notre consommation annuelle. Or la France dispose d’un stock stratégique d’uranium appauvri qui pourrait couvrir pendant cinq années la consommation d’uranium naturel.

Par ailleurs, cette interdépendance complexifie le système avec les injections prioritaires d’énergies fatales (solaire, éolien…), qui par ailleurs produisent pratiquement dans les mêmes périodes, le foisonnement électrique étant très faible sur la plaque européenne, conduisant même par moments à des prix de marché négatifs.

POUR OU CONTRE LE NUCLÉAIRE

Les arguments pour développer la production nucléaire sont sources de nombreuses controverses. Le sujet de l’indépendance n’y échappe pas. Ainsi affirme-t-on çà et là que l’indépendance du nucléaire serait un mythe puisque nous ne produisons pas d’uranium. L’indépendance serait plus atteignable avec des énergies de flux.

L’uranium n’est certes plus produit en France – la dernière mine a fermé en 2001 – bien qu’il reste des réserves de cet élément dans notre sous-sol, mais dans des sites estimés non rentables. Aussi, ORANO (ex-Areva) extrait de l’uranium dans trois pays (Niger, Canada et Kazakhstan), lequel est converti et enrichi dans l’Hexagone, et produit aussi du MOx3 (usine Melox du Gard) avec lequel il alimente les centrales nucléaires à eau légère. La France réduit ses besoins en uranium naturel en recyclant ses combustibles usés : 10 % de l’électricité nucléaire française est produite à partir de matières recyclées (combustibles MOx). À ce titre, il est à signaler que les stocks dont dispose notre pays nous mettent à l’abri pour quelques années.

À court terme, EDF dispose d’un stock d’uranium en France correspondant à deux ans de production d’électricité ; en comparaison, les réserves d’hydrocarbures représentent moins de six mois de la consommation annuelle française. Enfin, la France dispose d’un stock stratégique d’uranium appauvri qui peut se substituer à tout moment à cinq années de consommation d’uranium naturel en utilisant les capacités modernes de conversion et d’enrichissement domestiques. À moyen terme, la France possède, au travers d’ORANO, un portefeuille de réserves en uranium représentant trente années de consommation. À long terme, les ressources connues en uranium représentent cent trente années de consommation mondiale, et jusqu’à deux cent cinquante si l’on inclut les ressources estimées.

PERSPECTIVES

Le prix de l’uranium intervient peu sur le prix final de production électrique, ce qui nous protège des aléas du marché. De plus, l’avenir de la filière nucléaire passe par les réacteurs de 4e génération, lesquels permet­tront une indépendance sur des millénaires.

À court terme, EDF dispose d’un stock d’uranium en France correspondant à deux ans de production d’électricité. À moyen terme, elle possède, au travers d’ORANO, un portefeuille de réserves en uranium représentant 30 ans de consommation.

Pour produire une même quantité d’électricité, le réacteur EPR consommera 7 à 15 % d’uranium en moins que les réacteurs de 2e génération. Et les réacteurs de 4e génération iront encore plus loin : ils réduiront pratiquement à néant l’éventuelle problématique d’une hypothétique dépendance à l’uranium ; ils seront capables d’éliminer pratiquement tous les déchets et ne nécessiteront pratiquement plus d’uranium. En effet, l’avantage de ce type de réacteur, c’est qu’il produit plus de combustible qu’il n’en consomme. Il ne nécessiterait que 1 à 2 t d’uranium naturel par an.

Environ 250 000 t d’uranium appauvri sont actuellement entreposées sur plusieurs sites en France. Avec les réacteurs de 4e génération, les stocks d’uranium appauvri disponibles, en combinaison avec les combustibles usés contenant du plutonium, permettront, à partir du siècle prochain, de s’affranchir totalement des mines d’uranium pendant des millénaires : on valorisera dès lors les 99 % de l’uranium extrait mis actuellement de côté.

Contrairement à d’autres matières premières – le pétrole par exemple –, la « Bourse » de l’uranium n’est pas très développée. La majorité des échanges se fait au travers de contrats à long terme, s’étalant parfois sur plus de dix ans, qui permettent une stabilité des prix. L’uranium ne représente qu’une faible part du coût complet de production de l’électricité d’origine nucléaire, de l’ordre de 5 %, ce qui nous met à l’abri des fluctuations de marché. De la sorte, si le prix de l’uranium montait, l’impact serait faible : à titre d’exemple, un doublement du prix de l’uranium se traduit par une augmentation d’environ 5 % du coût de production de l’électricité nucléaire. En revanche, quand le prix du gaz double, le coût de production de l’électricité produite par combustion de gaz augmente d’environ 60 %.

Enfin, concernant la possibilité d’avoir une réelle indépendance avec des énergies de flux, celles-ci ont besoin pour produire de l’électricité de matériaux ainsi que de métaux stratégiques et de terres rares qui ne sont pas produites sur le sol national.

1. C’est la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA), créée en 1950.

2. Le 21 décembre 1990, le dernier puits en activité dans le nord de la France arrête sa production.

3. Le MOx (mixed oxide) désigne un combustible constitué d’un mélange d’oxydes de plutonium et d’uranium.

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6 septembre 2022 2 06 /09 /septembre /2022 12:30
Mobilisons-nous pour le droit au logement en Bretagne, et contre l'inflation des prix des logements. Communiqué du PCF Finistère - 6 septembre 2022
Mobilisons-nous pour le droit au logement en Bretagne, et contre l'inflation des prix des logements.
 
Communiqué du PCF Finistère - 6 septembre 2022
 
Le PCF Finistère appelle à manifester pour l'accès au logement pour tous et toutes le samedi 10 septembre 2022, 10h
 
- à Douarnenez au départ des Halles
- à Lannion, au départ du Quai de l'Aiguillon
 
avec pour mot d'ordre la régulation des locations de courte durée, la taxation des résidences secondaires, l'encadrement des loyers, le refus de l'habitat indigne, l'effort financier pour le logement social et public à loyer modéré et sa présence sur tous les territoires.
 
Quand on parle de pouvoir d'achat, on parle bien de logement, c'est le premier poste de dépenses des ménages français et bretons. Intervenir pour le réguler est incontournable car ce sont les étudiants, les jeunes ménages, les familles monoparentales, en somme les classes populaires qui sont les plus touchées.
La question du logement est cruciale en ce moment. De nombreux besoins sont insatisfaits et elle est au cœur aussi des inégalités sociales qui vont en s'amplifiant avec l'inflation actuelle, produite par de nombreuses spéculations imbriquées.
 
On ressent comme jamais auparavant en Bretagne les conséquences désastreuses pour la majorité des habitants de la spéculation foncière et immobilière, de la spécialisation des territoires, du poids des résidences secondaires dans certaines communes. Ce phénomène n'est pas particulier à la Bretagne et ne se limite pas d'ailleurs aux secteurs touristiques mais à l'ensemble des zones à forte valeur spéculative. On y trouve évidemment une partie de la frange littorale mais également des villes comme Rennes,ou Brest et leurs abords résidentiels.
 
Les constats que tout un chacun peut faire - gentrification du centre des grandes villes, gentrification des zones côtières à vocation touristique, développement de locations touristiques de courte durée, éloignement des salariés des zones d'emplois ou des secteurs bien pourvus en équipements etc – ne sont que le résultat des effets pervers du marché du logement laissé hors de toute régulation publique.
 
Chacun peut aujourd'hui mesurer les dégâts d'une politique totalement tournée vers le « laisser faire », le « fil de l'eau » la réduction de l'action publique et la transformation du logement social conçu pratiquement à son origine comme un logement de service public en logement des plus démunis.
 
On peut ensuite venir nous parler de mixité sociale, de cohérence entre le lieu de travail et le domicile, de bonne gestion des mobilités, d'indispensables transitions énergétiques, sociales, environnementales, dans la réalité , on est très loin du compte.
 
Si nous voulons une société inclusive, qui respecte de droit de tous les citoyens en matière de logement et de lieux de résidence nous ne pouvons en rester là.
 
Il y a des leviers qui existent. Il faut les utiliser.
Il y a des batailles à gagner. Il faut les mener.
Il y a des objectifs à atteindre. Il faut les désigner.
 
Le Parti communiste s'est toujours battu pour le droit au logement et le droit au territoire, en témoigne par exemple, et il y en a bien d'autres, le travail de Ian Brossat à Paris pour la défense du logement social et la lutte pour encadrer airbnb et d'autres plateformes de location touristique. Les communistes se sont aussi battus à l'origine de la loi SRU pour l'obligation d'avoir une proportion minimale de logement social dans toutes les communes et des pénalités en cas de retard sur ce plan de la mixité sociale.
 
Il est grand temps de redonner toute sa place stratégique au logement de service public, au logement pour tous. Car ce qu'il est convenu d'appeler le logement social c'est d'abord le logement pour tous. On ne peut donc détourner sa mission en le limitant au logement des plus démunis. En fait le logement de service public attribué sous conditions de ressources qu'il s'agisse du logement locatif ou en accession à la propriété intéresse la grande majorité des habitants de la région et 70% d'entre y sont éligibles. C'est donc un élément majeur du droit au logement et au territoire.
 
Il faut encourager les communes les communauté des communes et d'agglomération, à utiliser tous les moyens qui sont d’ores et déjà à leur disposition pour maîtriser le foncier et les opportunités immobilières, notamment dans les secteurs où l’exclusion des couches populaires est la plus marquée ou en voie de gentrification. En gardant pour ligne de conduite l’intérêt collectif et le bien commun.
 
Les organismes du logement de service public locaux, départementaux sont des partenaires essentiels avec lesquels il convient de conclure des conventions pour des interventions ciblées destinées à promouvoir la mixité sociologique.
 
Il est temps aussi d'expérimenter des solutions nouvelles comme l'Office Foncier Solidaire qui a déjà fait ses preuves à Paris et à Rennes, l’acquisition par bail emphytéotique, l'acquisition du logement sans le terrain, offrant la possibilité aux classes moyennes et populaires de vivre dans des zones qui leur sont de fait interdites.
 
Mobilisons-nous pour le droit au logement en Bretagne, et contre l'inflation des prix des logements. Communiqué du PCF Finistère - 6 septembre 2022
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