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1 avril 2017 6 01 /04 /avril /2017 11:19
Présidentielles: l'ascension de Jean-Luc Mélenchon dans les sondages (Ouest-France, 1er avril 2017)

Selon le sondage Pop2017 BVA-Salesforce pour la Presse régionale et Orange portant sur les intentions de vote, la dynamique de Marine Le Pen et Emmanuel Macron se tasse. François Fillon connaît un début de regain, et l'écart se maintient entre Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon. Un autre sondage, réalisé par Odoxa, donne lui un François Fillon toujours en baisse, et une dynamique encore plus forte pour Jean-Luc Mélenchon.

Le sondage Pop2017 BVA-Salesforce pour la Presse régionale et Orange porte sur les intentions de vote à la présidentielle.

Tassement pour Macron et Le Pen

En tête des intentions de vote, Emmanuel Macron (25 %) et Marine Le Pen (24 %) perdent un point chacun.

Le sondage Pop2017 indique que le socle électoral d'Emmanuel Macron semble cependant se solidifier : parmi ses électeurs potentiels, 63 % se déclarent sûrs de leur choix. C'est 8 % de plus que la semaine précédente.

Quant à Marine Le Pen, son socle électoral demeure le plus solide : 81 % de ses électeurs potentiels se déclarent sûrs de leur choix.

François Fillon en hausse

François Fillon est crédité cette semaine de 19 % d'intentions de vote. S'il est toujours distancé par Marine Le Pen et Emmanuel Macron, le candidat de la droite réduit l'écart en enregistrant une hausse de 2 %.

Il est désormais à 5 points de Marine Le Pen. Son socle électoral semble également se solidifer, avec 79 % des électeurs potentiels sûrs de leur choix.

Mélenchon devant Hamon

La dynamique de Jean-Luc Mélenchon se confirme, avec une hausse de 1 %, qui s'ajoute aux 2 % de la semaine précédente. Le candidat de la France insoumise est désormais crédité de 15 % des intentions de vote.

Benoît Hamon est à 11,5 %, un score stable, mais semble avoir un socle électoral plus fragile : seuls 45 % de ses électeurs potentiels sont sûrs de leur choix. Les hésitants sont partagés, et presque aussi nombreux à pouvoir se tourner vers Emmanuel Macron que vers Jean-Luc Mélenchon.

Les autres sous les 5 %

Nicolas Dupont-Aignan ne confirme pas le « frémissement de dynamique » enregistré récemment : il est à présent crédité de 3% des intentions de vote (-1 point). Il devance Nathalie Arthaud (1%), Philippe Poutou (0,5%), François Asselineau (0,5%), Jean Lassalle (0,5%) et enfin Jacques Cheminade qui pourrait faire un score inférieur à 0,5% des suffrages exprimés.

L'intérêt pour la campagne en baisse

Cette semaine, qui a été notamment marquée par le ralliement de Valls à Macron, est ponctuée d'un jugement toujours sévère de la part des Français pour l'intérêt de la campagne. En effet, la note d'évaluation baisse de 4,1/10 le 25 mars, à 3,8/10 ce 1er avril.

À la question "Diriez-vous que vous vous intéressez à la présidentielle... Un peu / Beaucoup / Assez / Pas du tout", un total de 25 % de Français ne se déclarent pas ou peu intéressés :

Enquête BVA-Salesforce pour la Presse Régionale et Orange réalisée par Internet du 29 au 30 mars 2017.

Échantillon de 1418 personnes inscrites sur les listes électorales, issues d’un échantillon représentatif de 1502 Français âgés de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas appliquée aux variables suivantes : sexe, âge, profession de la personne de référence du ménage, région et catégorie d’agglomération.

Une tendance autre chez Odoxa

Dans le même temps, l'institut Odoxa publie ce vendredi soir un sondage pour Le Point. Si comme Pop2017, Emmanuel Macron et Marine Le Pen sont en tête des intentions de votes, le sondage Odoxa indique une dynamique encore plus forte pour Jean-Luc Mélenchon, qui grimpe à 16 % (+ 5,5 en quinze jours).

Chez Odoxa, la baisse de François Fillon se poursuit (17 %, - 2), et il est en passe d'être rattrapé par Jean-Luc Mélenchon.

Benoît Hamon s'effondre, à 8 % (-4,5). Nicolas Dupont-Aignan atteint les 5 % (+ 2).

 

Présidentielles: l'ascension de Jean-Luc Mélenchon dans les sondages (Ouest-France, 1er avril 2017)
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1 avril 2017 6 01 /04 /avril /2017 10:31
La colonisation grignote aussi Jérusalem-Est (Médiapart, 31 mars, Chloé Demoulin)

La colonisation grignote aussi Jérusalem-Est

 PAR CHLOÉ DEMOULIN

Le gouvernement israélien a approuvé à l'unanimité, jeudi 30 mars, la création d'une nouvelle implantation juive en Cisjordanie, dans le secteur d'Emek Shilo, une première depuis 1999. Dans les quartiers palestiniens de Jérusalem-Est, des organisations juives achètent des maisons depuis plusieurs décennies. Une entreprise qui éloigne chaque jour un peu plus la perspective d’une solution à deux États.

 

Silwan (Jérusalem-Est), envoyée spéciale.- Ce jeudi 30 mars, le gouvernement israélien a approuvé à l'unanimité la création d'une nouvelle implantation juive en Cisjordanie, dans le secteur d'Emek Shilo, une première depuis 1999. Selon le premier ministre, Benjamin Netanyahou, il s'agit de concrétiser l'engagement pris pour relogerles colons d'Amona, évacués du site jugé illégal par la Cour suprême israélienne car se trouvant sur des terrains privés palestiniens. « J'ai promis d'établir une nouvelle implantation. Nous tiendrons cette promesse aujourd'hui », avait-il annoncé dans la journée. Les constructions effectuées dans les sites existants ont porté à 400 000 le nombre d'Israéliens vivant en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël lors de la guerre des Six-Jours en 1967 et peuplé de 2,8 millions de Palestiniens. 

À Jérusalem-Est, où les positions israéliennes n’ont cessé de se renforcer depuis 1967, vivent déjà plus de 200 000 Juifs. Ramot, Pisgat Ze’ev ou encore Gilo : on ne compte plus les colonies juives construites en périphérie de la ville et désormais considérées comme de simple banlieues. Mais cette présence juive a également progressé à l’est de la ligne verte, dans les zones habitées par les Palestiniens, au cœur même du quartier musulman de la vieille ville et au sein de plusieurs quartiers arabes voisins. Selon Ir Amim, ils seraient 2 800 (en augmentation de 40 % depuis 2009) rien qu’à Silwan et dans les quartiers palestiniens voisins qui constituent ce qui est appelé le “bassin sacré”.

En passant la porte des Maghrébins, en contrebas des murailles sud de la vieille ville, impossible de la louper. Ir David (la Cité de David) constitue une des nouvelles attractions touristiques de Jérusalem. Ce parc archéologique de 24 000 m2 est présenté comme le berceau antique de la ville trois fois sainte, où se serait installé le roi David après avoir quitté Hébron il y a 3 000 ans.

« Un demi-million de personnes visitent ce parc chaque année, y compris des scolaires, des soldats israéliens, des touristes. Mais l’histoire qu’on leur propose est racontée par des colons qui œuvrent chaque jour pour déplacer les Palestiniens et prendre le pouvoir sur le quartier », dénonce Betty Herschman, membre de l’ONG Ir Amim, qui milite pour faire de Jérusalem “une ville plus équitable” pour les Israéliens et les Palestiniens. « La plupart des gens ne vont pas plus loin, et ils ne peuvent pas être témoins de l’immense pauvreté qui règne dans le reste de Silwan. »

Ce que la majorité des visiteurs ignorent, c’est en effet que la Cité de David s’érige au sein du quartier arabe de Silwan, où vivent 50 000 Palestiniens. De larges murs et des grilles, surmontés de caméras, séparent le parc du reste du quartier. « Ils ont dit qu’ils feraient un parc pour tout le monde. Mais aujourd’hui, ni moi ni mes enfants ne pouvons y aller », regrette Fakhri Abu Diab, représentant du comité de défense des résidents palestiniens de Silwan. Cet ancien comptable de 55 ans, père de 5 enfants, assiste depuis des années, impuissant, au grignotage de Silwan par les Israéliens.

Pour Betty Herschman, la Cité de David n’est rien de moins qu’une « immense colonie touristique ». Depuis 1991, 30 familles juives se sont d’ailleurs installées et vivent dans l’enceinte du parc, au sommet duquel flotte un drapeau israélien. Le site archéologique est administré par la Fondation Ir David, plus connue sous le nom de Elad : une organisation nationaliste juive qui s’est donné pour mission de « renforcer une connexion juive avec Jérusalem ». Le groupe a aussi acheté plusieurs maisons individuelles aux abords de la Cité de David, également louées à des Juifs, dans le but non dissimulé de “judaïser” cette partie de Jérusalem-Est.

Ir Amim a publié un rapport en 2009 sur les méthodes qui ont permis progressivement à Elad de s’implanter à Silwan. Jusqu’au début des années 90, l’organisation dispose d’un allié de taille : le Fonds national juif, qui revendique plusieurs terrains lui ayant appartenu dans la zone avant 1948. Mais surtout d’un outil majeur : la “loi sur les propriétés des absents” adoptée en 1950. Le texte permet à l’État hébreu de confisquer les terres ou les maisons appartenant aux Arabes qui ont quitté Israël pendant la guerre d'Indépendance.

Certains des documents et des témoignages présentés par Elad pour obtenir ces propriétés « se sont révélés invérifiables » et n’ont même pas été authentifiés par le ministère des finances, dépositaire du cadastre, note le rapport d’Ir Amim. Avec l’aval du ministère du logement et de la construction israélien, alors dirigé par Ariel Sharon, Elad et le Fonds national juif vont ainsi se saisir de larges pans de Silwan, en échange de sommes dérisoires. « Elad a bénéficié du soutien direct de toutes les armes institutionnelles de l’État », constate Betty Herschman.

En 1992, avec l’arrivée d’Yitzhak Rabin au pouvoir, le vent tourne. Une commission diligentée par le ministère des finances met à jour l’entreprise menée par Elad et suspend l’application de la loi de 1950 sur les propriétés des Palestiniens de Jérusalem-Est vivant désormais en Cisjordanie. Mais l’organisation ne renonce pas. Elle achète désormais les maisons directement aux Palestiniens et use, pour y parvenir, de procédés beaucoup moins avouables. Ir Amim cite par exemple une vente annulée en raison de la production de faux documents ou encore l’usage de pressions pour forcer la main aux habitants les plus réticents. Elad aurait notamment pris l'habitude de se renseigner sur les familles de Silwan et de jouer sur leurs querelles internes, par exemple entre deux héritiers, pour faciliter la vente.

En dépit des preuves glanées par ses détracteurs, le fondateur et président de la Fondation Ir David, David Be’eri, a toujours démenti l’usage de tels procédés : « Jusqu’à ce jour, nos achats ont été contestés légalement des douzaines de fois et aucun doute n’a été soulevé sur notre conduite, pas une fois », assurait-il notamment dans un article paru en 2008 dans le journal Maariv.

À la fin des années 1990, le transfert du parc national de la Cité de David (jusqu’ici géré par la Direction de la nature et des parcs d'Israël) sous le contrôle exclusif d’Elad vient couronner les efforts de l’organisation. « On pourrait parler de soft power, mais c’est bien plus que cela : ils manipulent la façon dont les gens voient Jérusalem dans le contexte du conflit », dénonce Betty Herschman.

Non contente d’avoir trouvé une place de choix dans les cartes touristiques distribuées par la municipalité de Jérusalem, la Fondation Ir David reçoit aujourd’hui un soutien financier et moral affiché de la part du gouvernement israélien. Selon le rapport d’Ir Amim, le ministère du logement israélien a notamment déboursé 20 millions de shekels (soit plus de 5 millions d’euros) en 2005 pour payer la société privée chargée de la sécurité de la Cité de David. Le fondateur d’Elad, David Be’eri, a par ailleurs été désigné pour recevoir le Israel Prize for Lifetime Achievement 2017, l’une des plus hautes distinctions distribuées chaque année par l’État israélien. En annonçant la sélection, l’actuel ministre de l’éducation et fervent supporter de la colonisation, Naftali Bennet, n’a pas tari d’éloges à son endroit : David Be’eri est « parmi les plus grands constructeurs de la Jérusalem moderne », a-t-il jugé.

Si la fondation Ir David reçoit les honneurs officiels du gouvernement Netanyahou, son fonctionnement, surtout financier, n’en reste pas moins opaque. Pendant des années, Elad a joui d’une dérogation pour ne pas divulguer les noms de ses donateurs, au motif que de telles informations auraient pu porter préjudice à ces derniers ou à l’organisation elle-même. À la suite de pressions, la fondation a toutefois consenti en 2016 à rendre ses comptes publics. Résultat : avec 450 millions de shekels (soit 114 millions d’euros) de dons entre 2006 et 2013, Elad s’avère être une des ONG les plus prospères d’Israël.

Dans la liste de ses contributeurs, l’Association américaine des amis d’Ir David, une association des amis de l’armée israélienne basée à Miami ou encore une compagnie britannique liée au milliardaire russe Roman Abramovich, connu pour être le propriétaire du club de foot de Chelsea. Mais un article publié en mars 2016 par le quotidien Haaretz a dévoilé que la majeure partie des donations reçues par Elad provenait de sociétés enregistrées dans des paradis fiscaux, notamment aux Bahamas, dans les îles Vierges ou aux Seychelles. Il est donc impossible d’identifier leur provenance exacte.

À Silwan, la Cité de David n’est pas la seule source d’inquiétude pour les Palestiniens. Fakhri Abu Diab nous entraîne à l’ouest du parc, dans une autre partie du quartier appelé Al-Bustan (le jardin, en arabe). Il attire notre attention sur les ruelles délabrées et souvent jonchées d’ordures, dont la municipalité de Jérusalem ne s’occupe pas. Il raconte aussi l’interdiction qui est faite aux Palestiniens de construire tout nouveau logement. « Quand nous bâtissons de petites maisons pour nous, la mairie nous dit que c’est illégal. Et ils viennent les détruire », souffle-t-il face aux ruines de la maison de son cousin, voisine de la sienne et rasée par des bulldozers il y a quatre ans. Fakhri Abu Diab en est convaincu : « Les Israéliens ont un agenda politique. Ils veulent nous pousser dehors. »

De fait, plus de 50 maisons sont ici sous la menace d’un ordre d’expulsion. Des maisons majoritairement construites après 1948 par des Palestiniens ayant fui Jérusalem-Ouest. Depuis 2005, la mairie de Jérusalem projette de démolir la zone entière, considérée comme l’emplacement où s’étendait originellement le parc du roi Salomon, pour y dresser un jardin biblique. « Bien sûr que nous voulons des jardins pour nos enfants, mais pas sur nos maisons ! », s’indigne Fakhri Abu Diab. Interpellé par cette situation ubuesque, un professeur en architecture et en urbanisme de l’Institut technologique Technion de Haïfa, Yosef Jabareen, a élaboré un projet alternatif. Soutenu par l’ONU, le plan prévoit notamment le déplacement des maisons palestiniennes en arc de cercle autour du futur parc. Il a toutefois été rejeté par la mairie de Jérusalem.

Fakhri Abu Diab nous emmène enfin face à une troisième partie de Silwan, appelée Batan Al-Hawa. Là encore, impossible de louper l’imposante bannière aux couleurs du drapeau israélien déroulée sur la façade d’une des maisons où vit désormais une famille juive. Dans cette zone, les bannières de ce type poussent comme des champignons depuis 2004. Une autre organisation nationaliste juive, nommée Ateret Cohanim, y a entrepris l’acquisition de six terrains entiers ces dernières années et y a installé au total plus de 19 familles juives, réparties dans cinq bâtiments. Elle projette également d’y construire un bâtiment de trois étages dédié à de nouveaux habitants juifs. Un plan approuvé en décembre 2016 par la municipalité de Jérusalem, avec l’aval du premier ministre, Benjamin Netanyahou. Et cela en dépit du vote par le Conseil de sécurité de l'ONU, quelques jours auparavant, d'une résolution exigeant l'arrêt de la colonisation israélienne à Jérusalem-Est et en Cisjordanie.

 

Ateret Cohanim est connu pour être un des acteurs majeurs de l’installation d’une communauté juive au cœur même du quartier musulman de la vieille ville de Jérusalem. Le journal Haaretz a récemment révélé que l’organisation compte parmi ses donateurs l’avocat d’affaires David Friedman, récemment confirmé au poste d’ambassadeur américain en Israël et déjà connu pour ses largesses financières envers la colonie de Beit El, située près de Ramallah, en Cisjordanie.

« Je ne vois pas ce qu’il y a de mal », rétorque benoîtement Daniel Luria, directeur exécutif d’Ateret Cohanim. « Nous reprenons les endroits dont nous avons été chassés. Nous allons doubler et même tripler notre présence à Jérusalem, de façon légale », tient-il à préciser. Il nous a donné rendez-vous au centre de Jérusalem, près du siège de l’organisation, dont il préfère garder l’adresse secrète. Messianisme chevillé au corps, ce juif pratiquant, kippa sur la tête, conçoit Ateret Cohanim comme une « agence immobilière sacrée » qui permet au « rêve sioniste » de se perpétuer. « Ce rêve ne s’est pas arrêté en 1948 ni en 1967 », lance-t-il. Daniel Luria le clame toutefois à qui veut bien l’entendre : il croit à la « coexistence entre Juifs et Arabes ».

 

« Cette entreprise de colonisation n’est pas aussi naïve et innocente qu’Ateret Cohanim veut bien la présenter, réagit Laura Wharton, engagée au Meretz (parti de gauche) et membre du conseil municipal de Jérusalem. Même si les habitants juifs disent qu’ils veulent vivre en paix avec leur voisins arabes, les gens qui financent et promeuvent l’installation de colonies au sein des Territoires palestiniens savent pertinemment qu’il s’agit d’une provocation, qu’ils ne sont pas les bienvenus et qu’ils ne seront pas autorisés à rester là dans le cadre d’un futur plan de paix », juge-t-elle. Et d’insister : « Ce qu’il ne faut pas perdre de vue, c’est qu’il ne s’agit pas d’une question de religion, mais des lois internationales : les Israéliens ont le droit de vivre partout ailleurs, mais pas ici. »

En se baladant dans Silwan, difficile de croire que les habitants juifs, qui se déplacent en voiture blindée, se sentent en harmonie avec leurs voisins palestiniens. Aucun d’entre eux n’a accepté d’être interviewé. « Ils ne parlent à personne, pas même aux journaux de droite. Ils veulent juste vivre paisiblement », justifie Daniel Luria. Plus tard dans la conversation, le directeur exécutif d’Ateret Cohanim dépeint pourtant une situation intenable. « Nous avons une famille qui a été attaquée 126 fois par des Palestiniens en un mois », raconte-t-il, citant des jets de pierre et de cocktail Molotov. D’après Ir Amim, le ministère israélien du logement a alloué près de 100 millions de shekels (soit 25 millions d’euros) par an en 2015 et 2016 à une compagnie privée dédiée à la sécurité des colons vivant dans le quartier. Daniel Luria finit par l’avouer : il serait lui-même incapable de vivre à Silwan, « dans un endroit où il y a autant de haine et de violence physique ».

« Nous ne sommes pas contre le fait de vivre à côté des Juifs », se défend Fakhri Abu Diab. « J’ai des amis juifs. J’ai des voisins chrétiens. Mais nous ne pouvons pas vivre en paix avec des gens qui ne veulent pas de nous ici, qui veulent détruire nos maisons, qui disent que nous n’avons aucun droit, aucune histoire », explique-t-il. Pour le représentant des habitants de Silwan, ce sont les colons et l’État israélien, par leur attitude vis-à-vis des Palestiniens, qui « poussent au radicalisme et au terrorisme »« Nous prônons la non-violence. Nous expliquons à nos enfants que nous pouvons vivre ensemble en paix. Mais que pensent-ils quand ils voient leurs maisons démolies par les bulldozers et ces nouvelles colonies construites un peu partout ? Ils n’ont plus d’espoir », lâche le père de famille.

Dans un rapport publié en mai 2016, Ir Amim et l’ONG La Paix Maintenant dénoncent la façon dont Ateret Cohanim est parvenu à s’implanter à Batan Al-Hawa, avec le soutien de l’État israélien. Le document décrit des méthodes assez semblables à celles utilisées par Elad. D’abord le recours à la loi de 1950, réactivée au milieu des années 90. « Même les Britanniques avaient reconnu que cette zone appartenait aux Juifs », explique Daniel Luria, soulignant que Batan Al-Hawa s’élève sur les vestiges d’un « vieux village juif yéménite ». Une thèse confortée par le jugement qu'a émis la Cour suprême israélienne en avril 2015. À la suite d’une longue bataille judiciaire, deux familles palestiniennes de Silwan ont ainsi dû évacuer l’emplacement où se trouvait autrefois une synagogue. Et cela, au profit de la Benvenisti Trust, un trust juif qui détenait les titres de propriété du terrain à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle. « C’est la première fois que de l’argent n’a pas changé de mains », fait remarquer Daniel Luria, précisant que les Palestiniens ont refusé le dédommagement que leur avait offert Ateret Cohanim.

Ir Amim et La Paix Maintenant soupçonnent néanmoins Ateret Cohanim de tenir un rôle actif dans le processus d’expulsion des propriétaires palestiniens et d’avoir forcé la main à plusieurs d’entre eux pour qu’ils acceptent de vendre. « Leur influence est telle qu’ils se sont fait élire au conseil d’administration du Benvenisti Trust », raconte Betty Herschman. « Ils jouent au maillon faible avec les propriétaires palestiniens. Ils vont mettre la pression sur un neveu qui n’est même pas habilité à vendre, sur quelqu’un de fragile psychologiquement ou simplement sur des gens pour qui l’argent est attractif », poursuit la militante. « Les Palestiniens sont confrontés à un choix cruel : doivent-ils prendre l’argent, ou dépenser des sommes faramineuses en avocat et en frais de justice pour continuer à se battre, au risque de finalement tout perdre ? »

 

Un drapeau israélien a été déployé sur la façade d'une des maisons achetées à Silwan par Ateret Cohanim. © Chloé DemoulinUn drapeau israélien a été déployé sur la façade d'une des maisons achetées à Silwan par Ateret Cohanim. © Chloé Demoulin

Daniel Luria nie, lui, toute pression. « Personne ne force les Arabes à vendre », jure-t-il. Le directeur exécutif d’Ateret Cohanim prétend même crouler sous les demandes de Palestiniens voulant céder leurs maisons. Rappelant que son organisation ne joue qu’un rôle d’intermédiaire, il explique mettre au point les transactions entre les vendeurs palestiniens et les acheteurs juifs internationaux, qui louent ensuite les maisons acquises. Comme dans le cas d’Elad, impossible de connaître la réelle identité des acheteurs juifs. « 40 % sont israéliens, 30 % viennent du monde entier », estime à la louche Daniel Luria. Impossible aussi de savoir le montant exact des transactions. Les « prix sont majorés de 30 % à 70 % au-dessus » du prix du marché, évalue Daniel Luria. « Cela dépend si le vendeur arabe a un statut de locataire ou de propriétaire, de quel milieu il vient ou s’il veut partir à l’étranger avec sa famille. »

Pour justifier l’opacité qui entoure ces transactions, Daniel Luria invoque également la nécessité de protéger l’identité des vendeurs palestiniens. En plus d’être perçus comme des “traîtres” par leur entourage et les autres habitants de leur quartier, ces derniers risquent de lourdes sanctions de la part de l’Autorité palestinienne. Après l’installation retentissante de nouvelles familles juives à Silwan en 2014 par Ateret Cohanim, Mahmoud Abbas a annoncé le renforcement des mesures prises à l’encontre des Palestiniens se rendant coupables de telles transactions. Ils encourent désormais une peine de travaux forcés à vie. Le sujet est si sensible que Fakhri Abu Diab, malgré notre insistance, refuse de l’aborder. « Je ne veux pas parler de ça », balaie-t-il.

Parallèlement, Laura Wharton regrette que la mairie de Jérusalem ne s’investisse pas assez dans le développement de Silwan. Pour preuve, elle cite le dernier budget adopté par le conseil municipal : « Toutes les enveloppes allouées à Jérusalem-Est en termes de routes, d’écoles ou d’accompagnements des plus âgés sont sous-estimées par rapport aux besoins des Palestiniens », déplore-t-elle.

La mairie s’en tient visiblement au strict minimum, parfois motivée par des enjeux politiques. Fakhri Abu Diab nous montre par exemple le terrain de foot flambant neuf construit à quelques pas de chez lui. À travers le grillage qui l’entoure, on peut apercevoir des poubelles frappées d’un lion, l’emblème de la municipalité de Jérusalem. « La mairie a accepté de terminer le projet quand elle a su que la première partie avait été financée par le Mouvement islamique », une organisation liée aux Frères musulmans et interdite en Israël depuis 2015 pour incitation à la haine, précise l’ancien comptable.

Au manque d’investissement financier s’ajoute une lourde présence policière et militaire. En contrebas de Silwan, des patrouilles viennent de bloquer une route, comme elles le font quasi quotidiennement, pour contrôler les véhicules et l’identité de leurs occupants palestiniens. L’endroit est facilement reconnaissable aux drapeaux verts du Hamas, lestés de parpaings, qui pendent en l’air sur des fils électriques. Ce sont les restes des affrontements qui éclatent régulièrement entre habitants et forces de sécurité.

Face à ce nouveau contrôle, qu’il juge destiné à « faire peur aux Palestiniens », Fakhri Abu Diab s’empresse de sortir son appareil photo et de prendre des clichés des soldats israéliens en action. Immédiatement repéré par les militaires, il est sommé d’effacer les prises de vue. « Si je n’avais pas été accompagné, ils m’auraient arrêté, ça m’arrive tout le temps », confie-t-il. Renseigné sur notre qualité de journaliste et sur notre identité française, les soldats en question se gardent bien de nous adresser la parole. L’un d’entre eux, dans un sourire narquois, nous traite toutefois à plusieurs reprises de “smolani”, une expression qui signifie “gauchiste” en hébreu.

Chaque jour s'éloigne un peu plus la perspective de la création d’un État palestinien aux côtés d’Israël, avec pour capitale Jérusalem-Est. « Les colons servent d’avant-postes pour consolider le contrôle israélien de ces zones avant toute négociation de paix. Plus ils peuvent prendre de terrain dans les faits, plus ils auront le pouvoir », analyse Betty Herschman. Loin de démentir cette intention, Daniel Luria imagine, lui, un futur dans lequel Juifs et Arabes vivront en paix, côte à côte à Silwan, mais « sous souveraineté israélienne », souligne-t-il.

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 07:17
Morlaix. L’intersyndicale Hop ! appelle à la grève (Ouest-France, 30 mars 2017)

Dans un communiqué, les syndicats (CGT, CFDT, Unsa) de la compagnie Hop ! appellent à la grève, les 7 et 8 avril.

Les syndicats de la compagnie morlaisienne Hop ! feront grève pendant 48 h.

L’intersyndicale a déposé un préavis de grève pour les 7 et 8 avril.

Dégradation des conditions de travail

Dans un communiqué, la CGT, la CFDT et l’Unsa dressent « un bilan amer, après un an de « fusion » ». Ils dénoncent, entre autres, une « dégradation constante des conditions de travail » malgré « une baisse d’activité. Les élus du CHSCT (comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail) ont dû déclencher plusieurs droits d’alerte, une procédure de « danger grave et imminent », et des enquêtes sur les risques psychosociaux engendrés par cette fusion. Les psychologues du travail continuent de recevoir à chaque permanence des salariés qui craquent sur le lieu du travail. Nous ne pouvons plus n’être que la valeur d’ajustement d’Air France. »

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 06:26
"Water makes money": ciné-débat à Plougonven le vendredi 31 mars à 18h30
Le collectif eau publique du pays de Morlaix organise un Film-débat « Water makes Money »        (Entrée libre)
 
 Vendredi 31 mars 2017 18h30 à Plougonven, salle des fêtes (Place des droits de l’homme)  
 
L'eau et l'assainissement sont désormais des compétences de Morlaix Communauté.
Certains contrats arrivent à échéance en 2017 : Guimaec-Lanmeur et Pen Ar Stang (Plouigneau-Plourin-Plougonven).

La Communauté doit-elle se donner les moyens d'une gestion en régie publique, ou doit-elle déléguer au privé ?

Pour y réfléchir le film "Water makes money" décrit le fonctionnement de deux compagnies du marché de l'eau Véolia et Suez qui fournissent de l'eau à environ 8 français sur 10. On y découvre ainsi la manière dont ces compagnies gagnent les marchés, les dépenses effectuées avec l'argent des usagers qui pensaient ne payer que de l'eau, l'entretiens des canalisations...etc.

Le film sera suivi d'un débat.

Venez nombreux!

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 06:23
UNSA-CFDT-CGT: grève chez Hop! le 7 et 8 avril 2017

APPEL A LA GRÈVE LES 07 ET 08 AVRIL 2017!

MOBILISONS NOUS POUR NOTRE AVENIR CHEZ HOP!

Après 1 an de « fusion », l’ensemble des organisations syndicales fait un bilan amer :

 12 mois de sacrifices et toujours pas de périmètre d'activité pour notre avenir !

 12 mois de baisse continue des charges avions dans les 3 ex compagnies !

 12 mois d’efforts fournis pour une dégradation constante des conditions de travail !

Au lancement du projet PRF en 2012 : 93 charges avions. Demain, à la saison « été 2017 »,

avec le 1er départ des pilotes vers Air France : Resteront 65 charges avions.

= 28 charges de moins en 5 ans ! ! !

Cette baisse d'activité aurait dû entraîner une baisse de charge de travail : mais non !

Entre PDV et « réorganisation », les salariés n'en peuvent plus !

Les élus CHSCT Maintenance, Administration-escale et PNC ont dû déclencher plusieurs droits

d'alerte, une procédure de « danger grave et imminent », et des enquêtes sur les Risques

Psycho-Sociaux engendrés par cette fusion. Les psychologues du travail continuent de recevoir à

chaque permanence des salariés qui craquent sur le lieu du travail ! ! !

Et comme si cela ne suffisait pas, la négociation des nouveaux accords collectifs

se déroule dans la douleur !

Au lieu d’harmoniser les conventions des salariés de HOP!, Lyon Maintenance, Hop!

Training, Airlinair, Brit’Air et de Regional, la Direction tente d'imposer des accords

collectifs « low-cost » en détruisant vos garanties sociales et salariales.

L'avenir même de notre compagnie HOP!, et donc de nos emplois, est menacé

Cette situation conduit l’ensemble des Organisations Syndicales Sol à déclencher

UNE GREVE et à vous appeler à la mobilisation générale.

Nous demandons à la Direction Générale des réponses et des engagements concrets sur les points

suivants :

 Définition claire du périmètre d'activité de HOP! et des sites… UN BUSINESS PLAN !

 Maintien de la flotte à son niveau actuel, garantie sur l'avenir des secteurs

 Suspension immédiate des départs PNT vers Air France qui réduit dangereusement notre activité

et impacte négativement notre exploitation

 Mesures concrètes et rapides sur l’amélioration des conditions de travail

 Reconsidérer la négociation des accords collectifs en privilégiant l'harmonisation et en respectant

les décisions communes émanant de débats construits et cohérents

 Intégration de Lyon Maintenance et de HOP ! Training sans conditions et sans délai

NOUS NE POUVONS PLUS N’ETRE QUE la variable d’ajustement d’Air France.

Nous contribuons depuis de nombreuses années à son expansion.

Le temps est venu pour nous d’être traités équitablement.

NOTRE FORCE et LA REUSSITE ne peuvent être que COLLECTIVES.

Il VOUS appartient de saisir la gravité de la situation pour obtenir des

conditions sociales dignes pour cette fusion !

Le 7 avril SORTEZ de vos bureaux, des hangars, de vos escales pour en parler

avec vos Organisations syndicales ! ! !

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30 mars 2017 4 30 /03 /mars /2017 16:42
Le 23 avril, c'est bientôt: Ensemble pour une majorité de progrès, votons Mélenchon! Les militants communistes seront sur le marché de Morlaix le samedi 1er avril
tract national du Parti Communiste - mars 2017

tract national du Parti Communiste - mars 2017

Le 23 avril, c'est bientôt: Ensemble pour une majorité de progrès, votons Mélenchon! Les militants communistes seront sur le marché de Morlaix le samedi 1er avril

 

Le 23 avril, c'est déjà demain! 

Et, dans cette élection présidentielle folle et imprévisible, il est encore possible de permettre la qualification au second tour du candidat qui a le programme le plus approprié aux enjeux de justice sociale, économique, et de rénovation démocratique: Jean-Luc Mélenchon, candidat soutenu par le Parti Communiste qui continue pour autant à travailler pour un rassemblement de la gauche de transformation et de progrès social, démocratique et écologique. 

Une distribution d’un tract national du Parti Communiste « Ensemble pour une majorité de progrès – appel à voter Jean Luc Mélenchon » sera effectuée par les militants communistes de Morlaix le samedi 1er avril (10 h – 12 h) sur le marché de Morlaix.

distribution de tracts sur le marché de Morlaix par les militants communistes le 11 mars

distribution de tracts sur le marché de Morlaix par les militants communistes le 11 mars

Le 23 avril, c'est bientôt: Ensemble pour une majorité de progrès, votons Mélenchon! Les militants communistes seront sur le marché de Morlaix le samedi 1er avril
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30 mars 2017 4 30 /03 /mars /2017 16:40
Prochains rendez-vous au bar des Deux Rivières: le spectacle "Je délocalise" d'Albert Meslay (jeudi 30 et vendredi 31 mars à 20h30), la conférence gesticulée "Tu ne seras pas une pédale mon fils" de Ronan Perrot

Les prochains rendez-vous de Bar aux 2 rivières, 1 place de la Madeleine.  : 29600 - MORLAIX

 

Jeudi 30 et vendredi 31 mars à 20h30 : Albert Meslay

 

«  Je délocalise  »

Fatigué par plus de 400 représentations de son précédent spectacle, Albert Meslay a décidé de faire appel à des auteurs comiques issus de pays «  de préférence à monnaie faible  ». Nous voilà donc avec des sketchs écrits par un jeune comique Tibétain qui vient de terminer son BTS Forces de ventes, un humoriste Grec ayant accepté d’étaler le paiement de son sketch sur 5 ans, voire un réfugié climatique du Bangladesh reconverti dans le stand-up. Albert Meslay y développe tout son sens de l’absurde et du burlesque.

Entrée : 10 €. Réservations : 02 98 62 85 12

 

Mardi 4 avril à 20h30 : Conférence gesticulée "Tu ne seras pas une pédale mon fils"

"Père d'un garçon de 15 ans, blanc, français, photographe amateur... et homosexuel. C'est une chose parmi d'autres, mais pas LA chose qui me détermine." Récit d'un cheminement : de la honte de soi à l'émancipation, en passant par la recherche du bonheur. Affirmation d'un engagement pour faire cesser la haine de l'autre.

Conférence organisée dans le cadre du Festival de lutte contre les discriminations. Entrée libre. 

Prochains rendez-vous au bar des Deux Rivières: le spectacle "Je délocalise" d'Albert Meslay (jeudi 30 et vendredi 31 mars à 20h30), la conférence gesticulée "Tu ne seras pas une pédale mon fils" de Ronan Perrot
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29 mars 2017 3 29 /03 /mars /2017 13:50
Crimes du colonialisme français: Message de Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, à l'occasion du 70e anniversaire du soulèvement du peuple malgache

Message de Pierre Laurent, Secrétaire national du Parti communiste français à l’occasion de la commémoration du 70ème anniversaire du soulèvement du peuple malgache le 29 mars 1947 réprimé dans le sang par l’Etat colonial

 

Monsieur Eric RAKOTOMANGA, Président de l’AKFM, Parti du Congrès pour l’indépendance de Madagascar,
Monsieur Solofo RAZANATOANDRO, Secrétaire Général,
Mesdames, Messieurs,
Cher-e-s ami-e-s et cher-e-s camarades,

Le soulèvement de 1947 est l’aboutissement de plus d’un demi-siècle de lutte contre le joug colonial. C’est une sorte de point d’orgue des multiples manifestations et révoltes qui ont parsemé la Grande île au lendemain des guerres « franco-malgaches » de 1883 et 1895. Dès 1896, en 1908, 1910, 1915, et à chaque décennie, des révoltes éclatent, toutes réprimées sans exception.

La « pacification » coloniale de l’Etat français aura engendré – déjà – de très nombreux morts, évalués à des centaines de milliers.

Au lendemain de la seconde guerre mondiale, des milliers de malgaches qui ont combattu contre l’armée allemande, reviennent au pays portés par les idéaux de la Résistance contre l’occupant nazi. Ce sont ces mêmes valeurs de liberté et d’indépendance qui ont guidé le soulèvement nationaliste du 29 mars 1947. Mais fort de ses certitudes aveugles et de la croyance en sa toute puissance, le rouleau compresseur colonial est passé en force. Comme en Algérie en mai 1945, il a écrasé, assassiné, blessé, torturé. Un crime massif et impitoyable. Combien y-a-t-il eu de morts ? Entre 89 000 et 100 000 selon les organisateurs mêmes de la répression, le haut-commissaire de Chevigné et le général Garbay. Des chiffres qui donnent le vertige.

Confronté durant des décennies aux affres et à la violence du colonialisme français, le peuple malgache a subi un crime contre son humanité en 1947 parce qu’il aspirait à la dignité et à la liberté.

Je voudrais citer mon ami regretté Jean Suret-Canale, célèbre géographe et historien de l’Afrique qui, à l’occasion du cinquantenaire du massacre – c’était il y a 20 ans -  lors d’un colloque de l’AFASPA intitulé « Madagascar, la tragédie oubliée » avait posé ces questions qui attendent toujours réponses :
« Quand verrons-nous les plus hautes autorités de l’Etat reconnaître les crimes des répressions coloniales, en demander pardon et y apporter réparation ? », et il ajoutait « est-ce qu’il y a des évènements que l’on ne veut pas regarder en face ? ».

Depuis cette 50e commémoration, vingt ans se sont écoulés. Deux Présidents de la France, Jacques Chirac et François Hollande, sont venus ici à Madagascar et ont fait un premier pas en reconnaissant le crime. Je cite François Hollande : « C’est bien parce qu’il y avait eu cet engagement des Malgaches pour la France mais aussi pour la liberté, que beaucoup, après la Seconde guerre mondiale, ont commencé à songer à l’indépendance, à cette aspiration qui montait du peuple. Ce mouvement a soulevé l’île tout entière en 1947 et elle fut brutalement réprimée par la France ». Et il a ajouté ceci : « Je rends hommage à toutes les victimes de ces événements, aux milliers de morts et à tous les militants de l’indépendance qui ont alors été arrêtés et condamnés pour leurs idées ».

Cette reconnaissance est un premier geste. Mais il n’y a toujours pas eu ni excuses officielles ni pardon de la France. Cette absence est symptomatique d’un Etat qui, toujours enfermé dans une part de déni, n’arrive décidément pas à s’extirper de son passé colonial, y compris dans sa politique extérieure actuelle.

Est-ce parce que le crime est si grand, les conséquences si lourdes pour le peuple malgache que l’on croit qu’il faudrait ajouter encore plusieurs décennies avant de balbutier quelques pardons ?

Disons-le clairement, il y a des forces réactionnaires en France qui refusent de faire le deuil de la puissance coloniale, de peur d’affaiblir la domination actuelle de l’ancien pré-carré français en Afrique. Elles se sont illustrées avec cynisme à l’Assemblée nationale française dans l’écriture d’un alinéa introduit dans la loi du 23 février 2005, avant d’en être retiré, qui reconnaissait le « rôle positif de la présence française outre-mer ». Plus récemment, la députée d’extrême droite Marion Maréchal Le Pen déclarait, le 23 février 2017 que "les colonies nous ont coûté plus cher qu'elles nous ont rapporté." De son côté, François Fillon évoquait le 28 août 2016 le "partage de culture" à d'autres peuples pour désigner les années de colonisation…

Aujourd’hui, le renoncement à changer de logique et à assumer le regard sur notre passé conduit à s’arrêter au milieu du gué, à reconnaitre le crime, mais sans aller au-delà.

Pourtant, j’estime que la France doit produire des excuses officielles, au nom de notre peuple, au nom des valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité. Les excuses sont une étape nécessaire, pour les victimes, leurs familles, leurs descendances. Une étape nécessaire pour le devoir de mémoire et de connaissance, ici à Madagascar et aussi en France où le sujet continue d’être occulté. Elles sont une étape nécessaire pour la réparation qui doit, 70 ans après, prendre des formes nouvelles. Car la France a une dette incommensurable envers Madagascar. Au lendemain de l’indépendance conquise de haute lutte, il a bien fallu que la Grande île se construise un avenir, malgré le passif colonial. On ne peut pas comprendre Madagascar aujourd’hui sans prendre en considération le lointain passé de la conquête, des dominations et des crimes coloniaux.

Les dominations aujourd’hui ont pris d’autres formes, d’autres visages, plus sournois, plus pernicieux. Après le cycle infernal de l’endettement et de l’ajustement structurel dans les années 80 et 90, imposé à nombre de pays africains pour les obliger à se soumettre aux logiques de la mondialisation du capitalisme financiarisé, l’heure est à l’imposition d’un libre-échange intégral redoutable à terme pour les économies et sociétés africaines. Les Accords dits de partenariats économiques (APE), imposés aux forceps par l’Union européenne, avec la complicité de la France, visent à libéraliser les échanges au profit du plus fort, c’est-à-dire à offrir plus de « liberté » au renard dans le poulailler.

Sur le continent africain comme en Europe, le combat pour mettre en échec ces politiques doit s'amplifier. On ne peut pas rejeter le sinistre Traité transatlantique - contre lequel nous nous battons en France et en Europe, et contre lequel le Parti communiste français a mené une bataille décisive – et accepter les APE sur le continent africain. Ces accords de libre-échange entre l'Union européenne et les pays africains sont les clones du Traité transatlantique, ils visent à ouvrir toujours plus les marchés africains à la voracité destructrice des firmes transnationales.

Il faut à l'inverse, s’attaquer durablement, et par le progrès social, humain et écologique, aux inégalités socio-économiques, aux autoritarismes, aux logiques de corruption, de déstabilisation et in fine de guerre, qui font tant de ravages.

Le rapport d'Oxfam vient de montrer une nouvelle fois l'absurdité des logiques néolibérales, avec les 8 milliardaires les plus riches qui possèdent autant que la moitié de la population terrestre. Voilà les causes du problème, voilà ce à quoi il faut s'attaquer, voilà le chantier qui se dresse devant nous. C'est la mise en évidence qu'à notre époque, nous avons tous les moyens, de connaissance, d'avancées technologiques, les moyens financiers et humains pour répondre aux besoins fondamentaux des peuples. Travailler à établir des relations d’égal à égal entre les pays, réorienter les richesses formidables produites par les hommes vers la réponse aux besoins fondamentaux, pour que cessent les logiques extractivistes inégales, les pillages destructeurs du sol et du sous-sol, sont les chantiers qui nous sont communs. En cela, dans ces batailles et ces luttes, nous nous inscrivons ensemble dans les pas de ceux qui ont donné leur vie pour la liberté, la dignité et l’indépendance.

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29 mars 2017 3 29 /03 /mars /2017 13:48
"La mémoire de l'insurrection malgache se chuchote" - entretien de Rosa Moussaoui avec l’écrivain Jean-Luc Raharimanana (L'Humanité, 28 mars 2017)

« La mémoire de l’insurrection malgache se chuchote »

Entretien réalisé par Rosa Moussaoui
Mardi, 28 Mars, 2017
L'Humanite

Le soulèvement anticolonialiste de 1947 à Madagasacar et sa sanglante répression tiennent une place singulière dans l’imaginaire de l’Île rouge. Retour sur cette mémoire avec l’écrivain Jean-Luc Raharimanana.

Quelle place l'insurrection de 1947 tient-elle dans l'imaginaire malgache en général et dans votre œuvre littéraire en particulier ?

Jean-Luc Raharimanana. 2017, nous sommes soixante-dix ans après l’insurrection, mais soixante-dix ans sans réel entretien de la mémoire aussi. Entre l’imaginaire et la mémoire, il y a bien sûr une très forte relation. Une mémoire mal entretenue peut disparaître de l’imaginaire mais avant cet oubli, elle peut s’y aménager un endroit trouble et inexplicable, et c’est cet endroit sans nom qu’occupe l’insurrection de 1947 dans l’imaginaire malgache. C’est un événement souvent manipulé par les politiques, et du coup mal appréhendé par l’enseignement, les témoignages sont inégalement transmis, la réalité historique largement méconnue, voire ignorée, mais la sensation mémorielle est forte car beaucoup de familles ont été touchée par elle. Mais les paroles sortent difficilement, ce qui nous ramène à cette région trouble de l’imaginaire, où d’une réalité de tabataba, grands bruits, émeutes, désordres, la mémoire de l’insurrection se chuchote, se fragilise, confrontée à la rumeur, tsao, presque mensonge. Mais elle est sauvée du mensonge par le sacré : masy, et avec la survie de la formule Rano, rano, une formule qui transformerait les balles des colonisateurs en eau… La terre est sacrée, cette lutte fut sacrée… Aujourd’hui, même si beaucoup d’enfants ne soupçonnent pas l’origine de cette formule, beaucoup la lancent encore dans leurs jeux de guerre, ou pour conjurer le malheur face à leurs bêtises… Cet imaginaire dépend aussi des régions, car bien sûr, l’insurrection, et surtout, la répression et les arrestations ont été fortes selon les régions. Il resurgit très fort pourtant lors des grandes insurrections politiques qu’a connues le pays, notamment en 1972, en 1991, et 2002, comme une sorte de désir d’achever une révolution avortée, une révolution où nous les Malgaches n’avions pas su réellement être ensemble. Quelques auteurs ont écrit sur 47, notamment Andry Andraina avec Mitaraina ny tany (1975), et E.D. Andriamalala avec Vohitry ny Nofy, il y a eu le grand chant-poème, Antsa, de Jacques Rabemananjara, l’un des compagnons de négritude de Senghor, de Césaire et d’Alioune Diop, beaucoup de chants traditionnels parlent de 47, je pense à l’incroyable Mama Sana. Personnellement, mon imaginaire d’enfant sur l’événement a été nourri des paysages traversés par la répression, les anciennes gares toujours criblées de balles, les récits des gens sur l’atrocité des colons et des tirailleurs « sénégalais », devenus de véritables figures de terreur, des ogres en puissance, les insurgés jetés des ponts, jetés des avions, mis dans des fosses communes que personne n’était capable de situer, comme si d’un coup, tout bombement de terrain sur les collines était une potentielle fosse commune ignorée de tous, la terre même avait mal pour l’enfant que j’étais.

Vos portraits d'insurgés sont ceux non pas de héros mais de femmes et d'hommes ordinaires arrimés à l'histoire. Pourquoi ce parti pris de raconter l'histoire de l'insurrection de 1947 à partir de cheminements singuliers ?

Jean-Luc Raharimanana. Car les figures connues de l’histoire, Rabemananjara, Ravoahangy, et dans une moindre mesure Raseta, ont toujours refusé d’endosser la responsabilité de cette insurrection, l’assimilant à un complot colonial destiné à mettre à bas le parti MDRM. Et surtout, mon intuition me parlait d’une insurrection hors de contrôle des politiques, hors de contrôle de l’Etat colonial car devenue une révolte profonde de l’être colonisé, c’est-à-dire ceux qu’on appelait indigènes, ceux qu’on considérait comme des moins que rien, juste bons à civiliser, et encore…

Car je voulais aussi donner un visage, des visages à ceux qui se sont battus dans l’anonymat, qui se sont levés, touchés profondément dans leur dignité d’êtres humains.

Car bien sûr, en 2009, lorsque j’ai entamé ces portraits avec Pierrot Men, il ne restait plus beaucoup de vivants de ces « héros ». Je voulais avec Pierrot dresser des portraits qui rendraient « immortels » leurs témoignages, sortir de l’oubli ces versions de l’histoire, poser l’humain derrière un fait historique, et dénoncer de cette manière l’indécent débat sur la positivité du colonialisme, sur l’absurdité de se demander si le colonialisme a été un crime contre l’humanité ou pas. Je ne prétends pas donner une vérité historique à travers ces portraits. Je veux juste poser hors de l’oubli ces versions recueillies dans la bouche de ceux qui ont vécu d’une manière ou d’une autre 1947. Pour qu’ils ne meurent pas une seconde fois, en enterrant leurs témoignages avec eux. 

 

Vous dites du projet colonial qu'il a enterré un monde, une culture, des mythes, une poétique. Exhumer la mémoire de ces insurgés permet-il de reconstituer le souvenir de ce monde précolonial en éclats ?

Jean-Luc Raharimanana. Non. Cela n’a rien à voir. Parler de 1947 ne signifie pas avoir la nostalgie d’un monde précolonial, ou ramener le souvenir d’un monde précolonial. On parle de dignité humaine ici, on parle de justice. On parle de la reconnaissance d’un crime contre l’humanité. Des hommes et des femmes ont été massacrés effroyablement alors même que la France coloniale se proposait d’amener les Lumières dans ces pays. Je « n’exhume » pas non plus la mémoire, car cette mémoire n’est pas morte et enterrée. Elle est juste hors du champ du connu, du débattu, du transmis ou de l’enseigné. Le projet colonial a ceci de monstrueux, de minorer et d’infantiliser la culture de l’autre, je n’ose pas dire d’éradiquer, mais il y a cette tentation de l’Etat colonial de détruire tout ou partie de la culture du colonisé. La colonisation malgache a duré près de 70 ans, d’autres grands crimes ont été commis avant 1947, et je considère que ce fut aussi criminel de broyer la culture de l’autre pour mettre à la place la culture française. Pour moi, il ne sert à rien de rendre un culte à la culture précoloniale, une société avance et se transforme toujours, mais il faut avoir la connaissance de cette culture, pour savoir d’où l’on vient, comment on peut avancer, que prendre, que laisser, que développer. Oublier fait partie du choix de la mémoire, mais on ne peut pas oublier tant qu’on ne le sait pas, tant qu’on n’a pas compris et pardonné. Parler de 47 amène forcément à cette question du pardon. Nous enfants de colonisés, nous voulons que la France reconnaisse les crimes qu’elle a commis sur nos parents, nos grands-parents, car nous enfants de colonisés, nous voulons continuer à vivre sans ressentiments, avec la dignité retrouvée de nos parents, dans la pleine possession de notre histoire et de notre mémoire, pour mieux vivre avec cette France et ses propres enfants. C’est la raison profonde de ce travail que j’ai mené avec Pierrot Men, qu’on laisse derrière nous ce passé et qu’on aille de l’avant. Mais cela ne peut être possible sans partage de la mémoire. 

 

Quel rôle la littérature, la poésie peuvent-elles jouer pour perpétuer cette mémoire de l'insurrection, des luttes anticoloniales, loin des instrumentalisations politiques ?

Jean-Luc Raharimanana. Pour moi, la mémoire n’a aucun intérêt si elle ne sert pas le présent. Et ça c’est politique. D’ailleurs, je ne connais aucune mémoire qui n’a d’intérêt au présent. Car l’homme est perpétuel recommencement et la mémoire une sorte de guide, d’indice pour avancer. Pourquoi associer tout de suite le mot politique à instrumentalisation ? Êtes-vous si désespérée de la politique ? La politique n’est pas qu’instrumentalisation. L’association des deux mots dessert la politique, la vraie. L’artiste est politique. Et je l’assume. L’artiste est politique car il est l’exemple même de la singularité, de la particularité, or la politique est le fait de bien harmoniser l’ensemble des particularités, l’ensemble de la communauté. La politique doit être la porte d’entrée de la liberté car elle est la somme de chaque point de vue. Enseigner l’histoire, c’est politique, car l’histoire nous montre ce que les hommes ont fait ou ont été capables de faire, en bien comme en mal. La transmission de la mémoire, c’est politique, car on choisit ce qu’on transmet, et ce choix est une lutte permanente des uns et des autres, ou un consensus, ou une acceptation du point de vue de l’autre. Alors oui, la poésie et la littérature peuvent être des vecteurs de la mémoire. Certains diront que la poésie et la littérature doivent s’en affranchir, c’est certes liberté de s’en affranchir, mais il ne faudrait pas prêcher le contraire, sinon il faudrait jeter tout Hugo, jeter Le dormeur du val, jeter Boris Vian, jeter Tony Morrison, jeter les Lumières, et tiens, pourquoi pas jeter la sidérée et sidérante Christine Angot…

 

Bibliographie:

  • Pierrot Men & Jean-Luc Raharimanana, 1947, Portraits d’insurgés, Vent d’ailleurs, 2011.
  • Des Ruines, Vents d’ailleurs, 2012.
  • Les cauchemars du Gecko, Vents d’ailleurs 2011.
  • Le prophète et le président, NCDE, 2008.
  • Madagascar, 1947. Illustrations du Fonds Charles Ravoajanahary. Vents d’Ailleurs, 2007.
  • L’Arbre anthropophage. Gallimard/Joëlle Losfeld, 2004.
  • Le Bateau ivre: Histoires en Terre Malgache. Avec des photographies de Pascal Grimaud. Images en Manœuvres, 2003.
  • Nour, 1947. Le Serpent à Plumes, 2001.
  • Rêves sous le linceul, Le serpent à plumes, 1998.
  • Lucarne. Le Serpent à plumes, 1996.
  • Le lépreux et dix-neuf autres nouvelles. Hatier, 1992.
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29 mars 2017 3 29 /03 /mars /2017 12:46

Déclaration de Pierre Laurent: secrétaire national du Parti communiste français

 

 

La conversion de Manuel Valls à la candidature d'Emmanuel Macron clarifie le sens de cette candidature. Celle-ci devient le point de ralliement de tous les libéraux et socio- libéraux. Ce choix sonne le regroupement de tous les responsables des renoncements du quinquennat et de la division de la gauche, autour d'une candidature dont les orientations de droite sont désormais clairement affichées.

Dans cette situation, face à une menace de droite et d'extrême droite qui s'aggrave encore, il est urgent que toutes les forces de gauche engagées dans la campagne des présidentielles se rassemblent autour d'un projet profondément ancré à gauche, d'une campagne et d'une candidature commune.

Engagé dans la campagne de Jean-Luc Mélenchon, je demande une rencontre dans les tous prochains jours entre Jean-Luc Mélenchon, Benoît Hamon, Yannick Jadot et moi-même pour créer les conditions de la victoire.

C'est plus que jamais nécessaire et, désormais, possible dans la clarté.

Ralliement de Valls à Macron: déclaration de Pierre Laurent, secrétaire national du PCF
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