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13 juillet 2023 4 13 /07 /juillet /2023 17:02
Le symbole du 14 Juillet ne peut être défiguré par la présence de M. Modi - Communiqué du PCF, 12 juillet 2023
Le symbole du 14 Juillet ne peut être défiguré par la présence de M. Modi

Le Premier ministre indien Narendra Modi sera reçu par Emmanuel Macron comme invité d’honneur du 14 Juillet, accompagné d’un détachement militaire et de Rafale indiens.

Cette présence ne saurait se justifier par les relations diplomatiques que la France entend avoir avec l’Inde, pays à l’importance croissante dans l’ordre actuel du monde.

On apprend en effet que cette visite va voir la probable officialisation d’une commande 26 Rafale Marine et, plus largement d’un accord avec l’industrie de défense indienne, via des transferts de technologie. Il n’est pas acceptable que les initiatives diplomatiques de la France soient ainsi soumises aux intérêts capitalistes de l’industrie de l’armement.

Monsieur Modi mène dans son pays une politique de répression violente, sur des bases racistes et ethnicistes, et il entend faire de son gouvernement un laboratoire de l’autoritarisme sur le plan international. Associer un tel personnage aux cérémonies du 14 Juillet, c’est par conséquent faire insulte à la commémoration des valeurs d’émancipation et de respect des droits humains portées par la Révolution française.

Le Parti communiste français émet donc une protestation solennelle contre le choix d’associer Narendra Modi aux cérémonies de notre fête nationale.

Parti communiste français
Paris, le 12 juillet 2023

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13 juillet 2023 4 13 /07 /juillet /2023 08:52

 

C’est sur le territoire de l’ancienne commune de Belleville, sur le terrain qui appartenait à « La maison des syndicats » que sera construit le siège du PCF. Des années plus tôt, Maurice Thorez en avait déjà émis l’idée, souhaitant voir le futur siège édifié sur ce « haut lieu du mouvement ouvrier national et international ».

 

 

Le Mur des fermiers généraux avec ses barrières d’octroi, les travaux d’Haussmann, la révolution industrielle, son rattachement à Paris et l’enceinte de Thiers ont façonné l’histoire de Belleville et de sa population que Jules Vallès appelait « la classique terre de révolte ».

Prélude à la prise de la Bastille, le 12 juillet 1789, la population dévaste et incendie les barrières d’octroi, synonymes d’injustice. Sur les 55 barrières qui entouraient Paris, Belleville en comptait sept ; elles seront rétablies en 1798. Au lendemain de la Révolution, se constituent à Belleville des sociétés populaires proches des Jacobins, qui gèrent la commune, organisent des fêtes et des banquets et où la chanson devient un outil de propagande.

À partir de 1840, l’activité des sociétés chantantes dans les goguettes de Belleville, les banquets comme celui réunissant 1 200 convives à Belleville le 1er juillet 1840 où, pour la première fois, le terme de communiste fut utilisé pour qualifier le rassemblement, vont concourir à une fermentation politique de la classe ouvrière qui entrera de plain-pied dans la révolution de 1848. Les ouvriers bellevillois prendront part aux combats et formeront le dernier îlot de résistance.

Son rattachement à Paris en 1860 éclate Belleville entre le 19e et le 20e, le 11e et le 10e arrondissement. Le développement démographique de Belleville connaît un rythme supérieur à celui de Paris ; il n’y a là aucune infrastructure digne de ce nom, l’insalubrité règne, l’habitat est précaire et surpeuplé. Un vrai décor des Misérables de Victor Hugo. Au demeurant, cet « enfant déguenillé qui descendait par la rue Ménilmontant... » n’était autre que Gavroche qui deviendra le symbole de la révolte dans l’imaginaire collectif.

Le caractère ouvrier et populaire de Belleville s’affirme et renforce sa conscience de classe et sa vocation de terre d’accueil de différentes immigrations. Belleville prendra une large part à la Commune de Paris de 1871 ; elle en sera le dernier bastion et les derniers combattants seront fusillés au Père-Lachaise et au cimetière de Charonne.

En 1877 se crée la Bellevilloise, la première coopérative ouvrière parisienne.

Dans ce vivier ouvrier et révolutionnaire, la CGT installe la Maison des syndicats en 1921, sur l’espace occupé aujourd’hui pas le siège du PCF. Plusieurs organisations ouvrières s’y installent, comme le Secours rouge international. L’URSS offre en 1925 son pavillon de l’exposition des Arts déco, et cette installation accueillera la première université ouvrière, ainsi qu’une contre-exposition coloniale en 1931 et, en 1936, le comité antifasciste qui enregistre les volontaires pour les Brigades internationales.

À l’appel du PCF, les Bellevillois, environ un millier, descendent le 9 février 1934 à la manifestation antifasciste Place de la République.

Le 23 août 1944, Madeleine Riffaud fête ses vingt ans. Elle dirige une escouade de FFI-FTP et bloque un train allemand à la gare de Ménilmontant ; les nazis fuient par le tunnel de Belleville mais doivent se rendre. Pendant ce temps, rue de Ménilmontant, un autre groupe de résistants bloque deux autres trains et arrête les soldats nazis.

Cette tradition de Belleville se traduira par l’élection de députés communistes dans les 19e et 20e arrondissements (3 en 1967, 4 en 1973 et 2 en 1978).

Gérard Pellois

 

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13 juillet 2023 4 13 /07 /juillet /2023 05:43

 

Il y a soixante-dix ans, la police française tirait sur les manifestants algériens qui défilaient avec la CGT, le PCF et des organisations progressistes. Sept hommes trouvent la mort. Daniel Kupferstein, l’auteur et réalisateur des Balles du 14 juillet 1953 revient sur un événement méconnu, aussi grave que ceux du 17 octobre 1961 et du 8 février 1962.

Le 6 juillet 2017, la mairie de Paris, sur proposition de Nicolas Bonnet-Oulaldj, président du groupe communiste, organisait la pose d’une plaque commémorative, place de la Nation, à la mémoire des victimes de la répression du 14 juillet 1953.

Depuis les années 1930, la fête nationale était également un moment de défilés politiques et syndicaux. Des événements peu documentés et largement méconnus en France qui témoignent pourtant de la fébrilité du pouvoir colonial face à l’exigence montante de libération du peuple algérien.

Le réalisateur Daniel Kupferstein, qui a découvert cette histoire (révélée par Maurice Rajsfus) alors qu’il tournait un film sur le massacre du 8 février 1962 à Charonne, a écrit un livre et réalisé un film intitulés les Balles du 14 juillet 1953 (1). À la suite de cette manifestation du 14 juillet 1953, tous les cortèges ouvriers dans Paris vont être interdits… jusqu’en 1968.

Chaque année, une commémoration et un bal populaire sont organisés là où sept hommes sont tombés, tués par la police française. Cette année, un dépôt de gerbe aura lieu le 13 juillet, à partir de 18 h 30, devant la plaque, place de l’Île-de-la-Réunion, à Paris 20e, suivi d’une lecture théâtralisée des débats à l’Assemblée nationale et d’une animation musicale. L’occasion de rappeler que le 14 Juillet peut être aussi un moment d’expression et de revendication populaires, loin des chars qui défilent sur les Champs-Élysées.

Que se passe-t-il exactement à Paris le 14 juillet 1953 ?

Depuis 1935, toute la gauche politique et syndicale manifeste le 14 Juillet pour honorer la Révolution française et faire part de ses propres revendications du moment, un peu comme un 1er Mai. En 1935, en fait, c’était pour lutter contre les ligues factieuses.

Il y a eu ensuite le 14 juillet 1936, qui était un grand événement avec des millions de personnes dans les rues. Et puis ça a perduré comme ça jusqu’en 1939. Après, ça a été terminé et puis c’est reparti en 1945. À partir de 1950, sur leurs propres revendications, les nationalistes algériens du Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD), vitrine ­légale du Parti du peuple algérien – interdit depuis 1939 –, avec à sa tête Messali Hadj, décident de se joindre aux défilés du mouvement ouvrier français.

La manifestation démarre place de la Bastille, à Paris, direction place de la Nation, et on peut y voir d’anciens combattants, le Mouvement de la paix, le Secours populaire, l’Union de la jeunesse républicaine de France, l’Union des étudiants communistes et l’Union des femmes françaises. Mais avant même que le cortège des Algériens ne se mette en marche, un groupe d’une vingtaine de militants d’extrême droite cherche à les provoquer, à prendre leurs drapeaux et à les frapper. Mais les Algériens et le service d’ordre de la CGT interviennent alors que la police ne protège que les fachos. Des provocateurs protégés par la police !

ALORS QUE LE CORTÈGE ARRIVE PLACE DE LA NATION, LA POLICE CHARGE LES ALGÉRIENS POUR ESSAYER DE RETIRER LE PORTRAIT DE MESSALI HADJ QUI ÉTAIT EN TÊTE DE LEUR DÉFILÉ. LES POLICIERS, EN NOMBRE INFÉRIEUR, SORTENT ALORS LEURS ARMES ET TIRENT COMME AU BALL-TRAP. IL Y A EU SEPT MORTS EN TOUT. »

Le cortège est joyeux. Il y a de la musique, il y a des danses. Dans la manifestation, on entend les slogans : « Libérez Henri Martin ! » ou « Paix en Indochine ! ». Parce qu’à cette époque, il y avait pas mal de militants communistes, de responsables communistes et CGTistes qui étaient arrêtés dans le cadre de la guerre d’Indochine pour démoralisation de l’armée, de la nation… On estime que les manifestants étaient entre 16 000 et 20 000, dont 6 000 à 8 000 Algériens. Ils défilent derrière le portrait de leur dirigeant Messali Hadj et sont encadrés par un service d’ordre repérable à ses brassards verts.

Alors que le cortège arrive place de la Nation, la police charge les Algériens pour essayer de retirer le portrait de Messali Hadj qui était en tête de leur défilé. Les Algériens ne se laissent pas faire parce qu’ils sont très nombreux. Ils vont à l’affrontement. Les policiers, en nombre inférieur, sortent alors leurs armes et tirent comme au ball-trap. Il y a eu sept morts en tout. Six Algériens et un Français. J’ai réussi à retrouver la trace d’au moins 48 blessés par balle. Je dis bien par balle, parce qu’il y a eu des blessés par matraque. Dans un affrontement qui a duré vingt minutes tout au plus.

De quelle manière avez-vous eu vent de cette histoire, et comment commencez-vous à enquêter ?

C’est un peu par hasard. J’avais déjà fait un premier film sur le 17 octobre 1961. Je me suis aperçu qu’on confondait souvent, à l’époque, cet événement avec le 8 février 1962 au métro Charonne. Je me suis mis à travailler sur ce sujet.

Au cours de ce tournage, un témoin de Charonne me dit : « Mais avant d’aborder Charonne, je vais te raconter une autre histoire. » Il se met alors à me parler d’une manifestation où les policiers ont tiré sur les Algériens, comment il a secouru un blessé qu’il a mis dans un taxi pour l’emmener à l’hôpital… Moi, je filme sans vraiment prendre la mesure de ce qu’il me dit et sans utiliser son témoignage.

Lors d’une projection de mon film sur Charonne, l’historienne Danielle Tartakowsky – qui avait fait un livre sur les manifestations de rue en France dans lequel elle évoquait le 14 juillet 1953 – me suggère de faire un film sur cet événement pas du tout connu. C’était en 2010. Je n’avais même pas lu le livre de Maurice Rajsfus qui était sorti en 2003 sur le sujet. Quatre mois après, je me suis dit que les témoins directs devaient avoir autour de 80 ans et qu’il fallait faire un film maintenant ou jamais. La réalisation m’a pris quatre ans. J’ai commencé par lire l’ouvrage de Maurice Rajsfus  1953, un 14 Juillet sanglant, aux éditions du Détour.

Après, j’ai commencé à rechercher dans les archives des hôpitaux, celles de la police auxquelles j’ai pu avoir accès. Mais j’ai surtout utilisé les archives de l’instruction qui ont été versées aux archives de la Seine. J’y ai trouvé tous les récits des policiers qui ont été entendus et quelques témoignages de manifestants. À la fédération CGT de la métallurgie (Maurice Lurot, qui a été tué ce 14 juillet 1953, en était membre ainsi qu’adhérent au PCF – NDLR), il n’y avait pas grand-chose.

On m’a mis en contact avec quelqu’un qui a accompagné des cercueils d’Algériens de Paris jusqu’à Marseille. C’est comme ça que j’ai commencé à essayer de voir des témoins en France. Puis j’ai passé une annonce dans les journaux algériens, notamment El Watan et Alger républicain. Chose extraordinaire, j’ai eu des réponses. Certains venaient parfois en France mais je me suis retrouvé avec beaucoup de contacts en Algérie.

J’ai décidé d’aller tourner sur place parce que ce qui m’intéressait aussi c’était ce qui s’était passé après : les enterrements, l’impact dans la population, etc. J’ai retrouvé les vrais noms des gens, parce que j’avais des erreurs sur l’état civil et les lieux où ils étaient enterrés. C’est comme ça que j’ai pu dresser une liste du nombre de blessés par balle. C’était un gros, gros travail d’enquête.

Comment la presse en France a-t-elle rendu compte de ça ? Et est-ce qu’il y a eu des échos en Algérie aussi dans la presse ?

J’ai été à la BNF pour avoir les journaux de l’époque. Tous les journaux en parlent le lendemain, c’est-à-dire le 15 juillet. Il y a en gros deux variantes. Celle des journaux de droite, qui annoncent que des Algériens ont agressé la police le 14 Juillet. X policiers blessés, 7 morts.

En clair, c’est une agression contre la police de la part des Nord-Africains. On ne dit pas des Algériens, on dit des Nord-Africains. Ça, c’est le Figarol’Aurore (qui titre : « Ce 14 Juillet, hélas ensanglanté par une émeute ­communiste »), France Soirle Parisien libéréLe Monde a une position entre les deux, pas terrible au début. Et les seuls journaux qui disent la vérité, c’est le Libération de l’époque, celui d’Astier de La Vigerie, et l’Huma­nité.

Ces deux journaux, essentiellement, vont retracer l’ensemble des événements le plus longtemps possible. En Algérie, ils en ont parlé dans la presse un peu comme en France. Les journaux des colons ont repris les titres des médias de droite. Il n’y a qu’ Alger républicain, proche du Parti communiste algérien et dirigé par Henri Alleg, très lu par toute la gauche, qui va faire un mix entre, en gros, le point de vue du MTLD, du nationaliste algérien, et le point de vue du Parti communiste français. Et du Parti communiste algérien, évidemment. On va trouver des interviews des gens du MTLD et des déclarations.

Mais surtout, ils vont se mobiliser pour l’accueil des cercueils. Il y aura même des meetings communs, ce qui ne se faisait plus vraiment car il y avait des dissensions entre le nationaliste algérien et le Parti communiste algérien. L’impact est très fort en Algérie. À Paris, les journaux de droite ne vont quasiment plus en parler à partir du 16 juillet, sauf lorsque l’affaire est soulevée à l’Assemblée nationale.

Y a-t-il eu un débat à l’Assemblée nationale ?

Oui, et c’est presque hallucinant. Pour justifier la légitime défense de la police qui a tiré, le ministère de l’Intérieur va même soutenir qu’il y avait dans les yeux des Algériens comme des mitraillettes. Dans leurs auditions, un nombre incroyable de policiers disent qu’ils ont vu des Algériens avec un pistolet en train de tirer et que les coups de feu venaient de là et qu’ils ont juste riposté. Sauf qu’aucune arme n’a été retrouvée.

Il y a juste quelques couteaux. Rappelons quand même que c’est une époque où tous les ouvriers avaient leur couteau pour manger. Mais même ça, le gouvernement ne l’a pas montré. Aucune balle n’a été retrouvée venant de pistolets autres que ceux des policiers. Par contre, il y en a eu dans les corps de victimes ou de blessés, il y a eu une analyse de deux balles. Comme par hasard, la justice n’a retrouvé que trois policiers, je crois, qui auraient été responsables de morts. Et quand ces mêmes policiers ont été interrogés une deuxième fois, ils ont nié, affirmant avoir tiré en l’air. Ça s’est arrêté là, alors que les balles venaient de leurs pistolets. C’est un véritable mensonge d’État.

Au final, cette affaire d’État a donné lieu à quoi ? Un non-lieu ?

Le juge qui menait l’instruction a écarté assez rapidement tous les témoignages des manifestants en disant qu’ils étaient confus. En revanche, il prend tous ceux des policiers en relevant uniquement les aspects d’agression de la part des Algériens, des Nord-Africains. On le sait parce qu’il y a dans la marge de petits traits qui correspondent aux phrases que le juge d’instruction a relevées.

Bas du formulaire

Ces annotations vont lui servir à rendre son avis sur cette « violence à agents ». Bien entendu, il va écarter toutes les déclarations des Algériens, car pour lui elles ne sont pas assez précises, bien qu’accablantes pour la police. Donc, les sept morts sont liées à la légitime défense. Voilà. Fermez le ban. À cela il faut rajouter le « temps de la justice » pour qu’elle passe. Ça s’est fait je crois en 1955. En pleine guerre d’Algérie, où le nombre de morts ne cessait d’augmenter.

Notons quand même que la hiérarchie policière va profiter du mensonge d’État pour renforcer son arsenal ­répressif. Deux corps de police spécifiques vont être créés peu de temps après ce 14 juillet 1953. D’abord les compagnies d’intervention ou compagnies de district, qui vont être mieux équipées et spécialisées dans le maintien de l’ordre. On les retrouvera en action lors des manifestations du 17 octobre 1961 et du 8 février 1962 au métro Charonne. L’autre, qui verra le jour dès le 20 juillet, la brigade des agressions et violences. Elle se spécialisera surtout par des contrôles de population algérienne dans les cafés et les hôtels en constituant un fichier de tous les individus nord-africains.

Enfin, dernière conséquence et non des moindres, le massacre du 14 juillet 1953 va être un déclic pour nombre de militants nationalistes pour passer à la lutte armée. Ce massacre doit être reconnu comme crime d’État, au même titre que ceux du 17 octobre 1961 et du 8 février 1962.

(1)  Les Balles du 14 juillet 1953. Le massacre policier oublié de nationalistes algériens à Paris, la Découverte, 2017. Des projections du film auront lieu le 23 juin, à 19 heures, salle Maxime-Gorki, à Nanterre ; le 30 juin, à 22 heures, en plein air dans la cour de la Maison des ensembles, au 3, rue d’Aligre, Paris 12e ; le 1er juillet, à 17 h 30, au Shakirail, 72, rue Riquet, Paris 19e, et le 7 juillet, à 19 heures, avec Olivier Le Cour Grandmaison, à la librairie Résistances, 4, villa Compoint, Paris 17e. Le DVD est à commander à danielkup@hotmail.fr

 

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12 juillet 2023 3 12 /07 /juillet /2023 16:07

 

 

 

 

Avec cette Question Préalable, le groupe CRCE souhaite poser à notre Haute Assemblée une question simple : est-il vraiment sérieux de débattre dans ces conditions d’une Loi de programmation militaire d’un montant exceptionnel de 413 milliards d’euros ?

Son ampleur, le tournant stratégique qu’elle opère, son poids énorme face à tous les autres budgets de la Nation, pour le climat, la réindustrialisation, le logement, la santé, l’éducation… Tout appelait à ce qu’elle fasse l’objet d’un large débat avec la Nation. Le terme initial de l’actuelle LPM en 2025 le permettait.

Monsieur le Ministre, le 22 mai à l’Assemblée nationale, vous avez vous-même déclaré que cette LPM est « un défi aussi important que celui qu’ont dû relever les gaullistes dans les années 1960 ». C’est vrai, mais avec une différence de taille : le général de Gaulle installait alors le choix de construire l’indépendance de notre défense. Vous faites aujourd’hui celui de l’otanisation et de la guerre.

Le débat démocratique sur vos choix n’en était donc que plus impérieux, mais vous en avez décidé autrement. Le Président a confisqué l’évaluation stratégique, préalable nécessaire à toute LPM. Il l’a réduite à l’écriture en cercle restreint d’une « revue nationale stratégique ».

Jusqu’ici sous la Cinquième République, les grands tournants de la stratégie militaire française ont tous été pris suite à la publication de Livres Blancs.

Je ne vous apprendrai pas que les communistes, constants et cohérents, attachés à une défense nationale indépendante, ont souvent fait valoir des désaccords essentiels avec les orientations de ces Livres Blancs. Mais ces documents avaient au moins le mérite de permettre un débat stratégique d’ampleur, animé par une Commission dédiée, associant pendant une année entière la représentation parlementaire, les grandes administrations de l’État et les hiérarchies militaires.

Là, plus rien. Une consultation confinant à la parodie, avec un questionnaire remis aux commissions parlementaires douze jours avant le discours de Mont-de-Marsan ! Voilà la tare originelle de cette LPM. Elle porte la marque d’un grave défaut de conception démocratique.

Pour cette question préalable, je m’en tiendrai à trois critiques majeures.

Je tenterai de vous convaincre, chers collègues, de la nécessité de reprendre le débat sur d’autres bases. Car une autre politique de défense est possible pour notre pays.

D’abord, cette LPM nous éloigne des objectifs de défense de la Nation au profit du choix de la guerre – et en l’occurrence de la guerre projetée hors de nos frontières.

« Avoir une guerre d’avance » : c’est votre nouveau mantra. Derrière le panache apparent de cette formule, se cache un profond défaitisme, un choix dangereux pour la sécurité collective. On nous dit que la paix n’est plus une option, qu’il faut prendre place dans la grande dérive militariste mondiale.

C’est oublier toutes les leçons du XXème siècle. La militarisation et le surarmement, singulièrement en Europe, ont toujours préparé la guerre, et bien pire encore, jamais la paix !

C’est oublier toutes les leçons des trente dernières années. Après la chute du Mur, le monde n’a pas été en paix. L’Occident a usé de sa puissance pour multiplier les guerres : guerre du Golfe, ex-Yougoslavie, Afghanistan, Irak, Libye, Sahel… Pour quels résultats ? Le chaos, l’insécurité, la déstabilisation durable des États et la militarisation des sociétés… Jamais la paix durable !

C’est oublier que la guerre affame les peuples et nourrit les fauteurs de guerre. Dans ce chaos prolifèrent les monstres et les entrepreneurs de violence : terroristes, milices et sociétés paramilitaires privées, trafics de drogue et d’armes, traites d’êtres humains, nationalismes guerriers et impérialismes régionaux, extrêmes-droites et radicalismes religieux… Le surarmement nourrit la guerre, il ne la désarme jamais.

Les arsenaux nucléaires prolifèrent à nouveau. Le réarmement naval est à un niveau inédit depuis 1945. Les budgets militaires explosent, en Europe comme au Moyen-Orient et en Asie.

Face à la Chine, les États-Unis veulent entraîner tous leurs alliés dans un dangereux continuum compétition économique/guerre militaire. Quant à la Russie, elle s’enfonce dans une guerre en Ukraine aux coûts humains, économiques et militaires astronomiques, aux conséquences imprévisibles pour l’Europe et pour elle-même, comme vient de le révéler l’incroyable épisode de la rébellion Wagner.

Quand allons-nous enfin nous réveiller ? Quand allons-nous cesser cette insupportable banalisation de la guerre ? Pour notre part, nous appelons toutes les consciences libres à s’insurger contre cette folie. D’autres chemins sont possibles.

Vous allez me dire que nous sommes naïfs, que la menace est partout, que la guerre en Ukraine dit qui est l’ennemi et qu’il faut bien riposter, se réarmer dans tous les domaines ?

Oui, le monde a effectivement changé et les menaces sont nombreuses, mais vous vous trompez sur le diagnostic de ces bouleversements et les moyens de conjurer ces menaces. Vous vous trompez d’époque. La guerre de Poutine en Ukraine n’est pas le symptôme du retour des blocs d’hier. C’est un signe de plus de la dé-civilisation du monde qu’entraîne la militarisation des relations internationales et l’affrontement de plus en plus violent des logiques de puissance.

Le chaos mondial est le résultat paradoxal d’un monde plus interdépendant, mais pourtant toujours plus inégal. Pour relever les grands défis mondiaux, tout appelle le partage et les plus riches le refusent. La loi du plus fort, la puissance militaire, ne régleront plus les problèmes, bien au contraire.

Faut-il suivre alors les États-Unis, ou tout autre d’ailleurs, dans l’escalade militaire ? Faut-il les suivre quand ils cherchent à déstabiliser toute puissance émergente pour maintenir coûte que coûte leur leadership planétaire ? Est-ce la voie que la France doit suivre ?

Je ne le crois pas, et c’est la deuxième conviction que je veux partager avec vous. La stratégie d’alignement derrière les États-Unis et le bloc occidental que poursuit de facto cette LPM est dangereuse pour notre pays, pour l’Europe, pour la paix mondiale.

Les paradoxes apparents de la LPM – soulignés d’ailleurs dans les débats de la Commission des Affaires étrangères du Sénat –, n’en sont pas. Dissuasion nucléaire, porte-avions, espace, fonds marins : dans tous les domaines, cette LPM court après la sophistication militaire. Au risque d’y perdre notre boussole et la mesure de nos moyens réels. Et tout cela au titre d’une « haute intensité », en vérité uniquement entendue comme la capacité de projection de nos armées dans des opérations militaires de l’OTAN hors de nos frontières. L’intégralité du vocabulaire du concept stratégique de l’OTAN, révisé à Madrid, est d’ailleurs recyclé dans la LPM.

L’otanisation complète de l’Europe est en cours. Elle met à bas toute velléité d’autonomie stratégique européenne. Elle finance en premier lieu les industries américaines de l’armement.

Le bloc atlantiste n’offre pourtant qu’une cohérence de façade et est incapable d’enrayer les velléités bellicistes et expansionnistes de certains de ses membres. La Turquie d’Erdogan, à l’opportunisme géopolitique décomplexé, en est l’exemple le plus criant. Et que dire de nos alliés des monarchies du Golfe ? Que dire en Europe même de la Hongrie, de la Pologne, de l’Italie… et du poids grandissant dans ces pays d’extrêmes-droites racistes et militaristes ?

Pour notre part, nous vous proposons de remettre la LPM en chantier, car ses objectifs se trompent sur le monde à construire.

Vous sautez comme des cabris : « La guerre, la guerre, la guerre ! » Mais vous ne voyez pas le nouveau monde qui s’avance. Quand accepterez-vous d’entendre qu’une majorité de peuples du monde ne veut plus avoir à s’affilier à telle ou telle superpuissance ? Les peuples aspirent à maîtriser leurs destins, à disposer de souverainetés pleines et entières, à décider librement de leurs alliances et coopérations. Vous restez accrochés à vos schémas. Hors de l’OTAN, vous ne voyez que la « main de Moscou » ou « celle de Pékin », quand tant de pays en réalité cherchent de nouveaux partenariats, plus équilibrés.

Comment pouvez-vous ignorer que les insécurités sanitaire, alimentaire, énergétique, climatique, que l’absence de partage réel de la gouvernance politique de la mondialisation, sont au cœur de tous les conflits, et par conséquent à la racine de toutes les guerres ?

Entendez le constat lucide du secrétaire général de l’ONU : « Si nous ne nourrissons pas les gens, nous nourrissons les conflits » !

Vous persistez ad nauseam avec des mécanismes qui ont échoué à construire la paix. Vingt ans de « guerre au terrorisme » s’achèvent par le départ des troupes américaines d’Afghanistan. En proie à la famine, le pays est devenu un narco-État sous domination des talibans. Dix ans de Barkhane au Sahel n’ont ni éteint le djihadisme, ni permis le développement de la région.

Il est temps de changer de paradigme. L’agenda pour la paix et la sécurité collective, c’est la construction d’une sécurité humaine globale, répondant aux besoins vitaux des populations, leur permettant de cohabiter en paix, dans la durée et autour de perspectives de développement !

La France dispose encore d’une voix écoutée dans le monde. Utilisons la pour relancer tous les processus de désarmement multilatéraux, conventionnels comme nucléaires ! Utilisons la pour clamer le droit à la paix, ce mot que certains voudraient aujourd’hui tabou !

Jamais nous ne nous rallierons à cette affirmation absurde selon laquelle est désormais dépassé le temps des « dividendes de la paix ». Non seulement la paix n’a pas de prix, mais elle est et restera le seul horizon raisonnable pour l’Humanité.

C’est pourquoi, constants et cohérents, nous serons tout au long des débats animés par une double conviction : garantir à notre pays une défense souveraine et solide, agir pour que grandissent partout des coalitions de la paix.

Pierre Laurent, sénateur communiste, Membre de la commission des Affaires étrangères, de la défense et des forces armées et membre de la commission des Affaires européennes

Source senateurscrce.fr

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12 juillet 2023 3 12 /07 /juillet /2023 15:28

 

 

Malgré un refus argumenté par le Parlement l’année dernière, le Gouvernement décide, à nouveau, de nous soumettre le projet de loi de règlement de l’année 2021.

Le même texte par définition car vous ne pouvez pas modifier le résultat en exécution du budget de notre pays. Faisant fi des 235 votes contre du Sénat et les 68 abstentions exprimées contre l’année dernière. Faisant également fi des 173 voix contre le texte exprimés en lecture définitive engendrant son rejet par l’Assemblée nationale. Bien que la démocratie parlementaire s’y soit montrer défavorable, vous persistez. Il n’est donc pas surprenant que cette proposition ait été rejeté une nouvelle fois à l’Assemblée Nationale en première lecture.

Monsieur le Ministre, comment expliquez-vous le dépôt de votre projet de loi de règlement hors délai, alors même que c’est vous qui aviez décidé d’avancer ce même délai, lors de la révision de la loi organique relative aux lois de finances, la LOLF ? Sur ce point, le projet de loi de règlement pour 2022, seul légitime à nous être soumis, a été déposé dans les temps. Et puisqu’il ne faut pas que le négatif l’emporte toujours sur le positif, j’applaudirais l’effort d’avoir respecté, pour cette fois, notre Constitution.

Ceci dit, nous retrouvons les mêmes caractéristiques qui nous obligent, par constance politique, à réitérer nos qualificatifs : c’est un budget exécuté, appliqué, de façon insincère.

Cette motion de rejet, mes chers collègues, vise à envoyer un signal puissant, nous ne pouvons plus simplement rejeter depuis 4 ans, 5 à l’issue de ce débat les projets de loi de règlements les uns après les autres et faire comme si de rien n’était. Il nous faut un geste fort. Bien que nous fussions opposés à ces projets de loi, nous n’avons jamais déposé de telle motion, même après la crise sanitaire, malgré des dérives budgétaires inédites. Pourtant, alors que la situation sanitaire est revenue à la normale, l’irresponsabilité budgétaire n’a pas cessé pour autant. C’est une question préalable d’anticipation du prochain budget, une question préalable qui exprime un « plus jamais ça » en matière de piétinement de l’autorisation budgétaire, une question préalable d’intérêt général placé sous le sceau de la sincérité et de la transparence. Ce parking politique ne peut plus durer et l’art de l’anti catastase doit cesser.

En effet, les projets de lois de finances pour 2021 et pour 2022 tout comme les projets de loi de finances intervenus en cours d’année agrègent des prévisions manifestement hors de propos avec la réalité en exécution, laissant ouverte la voie de l’insincérité budgétaire doublée d’une insincérité politique. Je le dis et le répète, les finances publiques sont gérées « à la petite semaine » lorsqu’elles réclament une gestion tournée vers l’avenir. Je vais m’attacher à vous le démontrer.

Vous atteignez un déficit public à 151,4 milliards d’euros, 4,7 %, ce niveau est inférieur au 6,5% de l’année précédente soit 19,3 milliards d’euros de moins. Ce montant est quasiment celui déterminé en loi de finances initiale à 8 milliards d’euros près. Des « broutilles » même si c’est le niveau des recettes annuelles que vous prélever sur les seuls travailleuses et travailleurs, par votre contre-réforme des retraites. Et oui, nous n’aurons jamais fini d’en parler.

Le respect apparent de loi de finances initiales cache pourtant une sous-estimation massive des recettes fiscales !

- + 27,5 milliards d’euros par rapport à 2021 ;

- + 35,7 milliards d’euros par rapport au projet de loi de finances initial ;

- + 7,5 milliards d’euros par rapport au dernier collectif budgétaire adopté en décembre, quelques jours avant la fin de l’exercice comptable.

Les rentrées fiscales sont donc extrêmement dynamiques, bien supérieures à ce que vous escomptiez ; Erreur ou tour de passe-passe ? Une forme d’aveuglement face aux profits et autres dividendes ! Voyez par vous-même...

L’exposé des motifs du projet de loi de règlement est extrêmement clair sur les raisons de l’envolée des rentrées fiscales :

- Je cite : « les recettes d’impôt sur le revenu net sont en ressaut de + 6,6 Md€ par rapport à la loi de finances initiale, essentiellement en lien avec le dynamisme de la masse salariale et des dividendes. »

- l’explosion de l’impôt sur les sociétés en augmentation de 45% par rapport à 2019 expliquant que « les recettes d’impôt sur les sociétés net sont supérieures de + 22,1 Md€ par rapport à la prévision initiale, principalement en raison d’une situation des entreprises plus favorable que prévue, notamment en 2021, avec des bénéfices fiscaux meilleurs qu’escomptés ».

Voici la première insincérité politique : la négation de l’augmentation des profits des entreprises pour feindre de ne pas savoir ce qu’est un profit ou un superprofit. C’est un mensonge coupable dont les prévisions budgétaires n’ont été qu’un support. Le Fonds monétaire international a récemment publié des éléments en ce sens qui témoignent que, je cite, « la hausse des bénéfices des entreprises a été le principal moteur de l’inflation en Europe au cours des deux dernières années, les entreprises ayant augmenté leurs prix au-delà de la flambée des coûts de l’énergie importée ».

Je m’adresse à cet instant au Gouvernement et à mes collègues de la droite sénatoriales. Il faut cesser, nous vous le disons depuis le retour de l’inflation sur le sol européen, d’ériger la terrible guerre en Ukraine et la seule folie des marchés de l’énergie fondée sur des règles politiques absurdes, en seuls responsables de l’envolée des prix. Non, nommez les véritables responsabilités, la cupidité de trop d’entreprises qui s’enrichissent sur la guerre, se servent de prétextes relayés ici ou là pour enrayer l’ardente ambition redistributive seule à même de soulager nos finances publiques et de concevoir une politique d’avenir.

Non seulement il a été refusé de mettre les entreprises à contribution mais il nous a fallu les aidés massivement face au prix de l’énergie tout en préservant les marges de celles qui se sont gavées. Le bouclier tarifaire sur l’électricité a représenté une dépense supplémentaire de 18,3 milliards d’euros soit le surplus phénoménal des dépenses budgétaires. La compensation indue aux fournisseurs d’électricité des pertes liées à cette baisse de prix atteste de cette folie dépensière au service du capital. Les aides aux ménages supplémentaires par rapport à 2021 font pâles figurent par rapport à l’arrosage tous azimut d’argent public pour pallier à la folie des marchés, obnubilés par l’accroissement de leur rentabilité.

L’État-providence s’est transformé en 2022 en un État-ambulance des victimes de la marchandisation de la société et un État-complice de la hausse des profits.

Au total, toutes recettes supplémentaires, 43 milliards d’euros, et toutes dépenses supplémentaires, 47,5 milliards d’euros, représentent in fine 59,8% du déficit constaté pour l’année 2022. C’est peu dire que l’argent existe, que des choix politiques alternatifs, à défaut de maitrise budgétaire, auraient pu advenir.

Comme nous vous le disions, nous sommes passés du « quoi qu’il en coûte » au « quoi qu’il advienne » ! Les dépenses publiques ont augmenté de 109,6 milliards d’euros par rapport à l’avant-pandémie, pour quelles utilités sociales ? Pour quels progrès sociaux ? Si ce n’est des rabots ici et là au détriment de l’intérêts des classes moyennes et populaires qui en 2022 on eut le droit à un chèque, « l’aide exceptionnelle de solidarité » pour les plus précaires créant 1,3 millions d’ « oubliés » qui n’ont pu la percevoir. C’est insuffisant et révoltant !

L’insincérité budgétaire et politique se manifeste également par des pratiques d’affichage dont le plan de relance est un des révélateurs. Le plan de relance est supplanté par un plan de communication. La diminution de 7,3 milliards d’euros des crédits est imputable en grande majorité par les aides exceptionnelles à France compétence ou Pôle emploi qui n’avaient rien à voir avec la relance. 3,7 milliards d’euros de cette économie « fictive » a consisté a basculé les aides à l’alternance visant à créer une main d’œuvre gratuite pour les entreprises vers un autre programme budgétaire, tout en faisant coexister les dispositifs d’activités partielles sur plusieurs programmes. Le plan de relance a financé des dépenses qui n’avaient rien à avoir avec la relance, ces faits le confirment.

Mais le plan de relance est aussi le symbole des annonces non suivis d’effets. En 2021, 24,9% et en 2022, 34,1%, des crédits n’ont pas été consommés, je cite la Cour, « en raison de dispositifs au financement plus complexes que prévu ou qui ne trouvent pas leur public » générant 6 Md€ pour chacune de ces deux années des reports de crédits sur les années suivantes. Des dépenses annoncées, qui ne bénéficieront pas aux collectivités territoriales qui ne s’y retrouvent pas dans ce « maquis budgétaire ».

Plus largement, ce sont cette année encore 14,3 milliards d’euros qui ont été reportés, laissant perdurer une « politique de la cagnotte » que nous avons dénoncé à maintes reprises.

Les contre-vérités budgétaires, les manœuvres dilatoires et autres négations de la réalité comptable justifient que notre groupe rejette en bloc, la façon dont le Gouvernement bafoue les droits du Parlement, aggravent la situation des finances publiques et refuse de s’inscrire dans une stratégie de long terme pour les dépenses d’avenir.

Mesdames les sénatrices, Messieurs les sénateurs, cette motion de rejet est un outil que nous mettons à votre disposition pour envoyer un message clair. Le Gouvernement est défaillant dans ses prévisions, sa conception et ses réalisations budgétaires. Cette défaillance s’appuie sur une volonté politique insincère. Votons cette question préalable pour que le prochain projet de loi de finances soit différent. Votons cette question préalable parce que les erreurs d’hier font les déficits de demain, l’endettement d’après demain et l’impossibilité d’investir pour la transition écologique et les services publics maintenant.

 

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11 juillet 2023 2 11 /07 /juillet /2023 09:02

 

 

 

 

 

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11 juillet 2023 2 11 /07 /juillet /2023 08:32

 

Comment se fait le choix de l’architecte, le brésilien Oscar Niemeyer ? Ce dernier jouit alors d’une renommée mondiale, notamment pour la réalisation de Brasilia. Le 31 mars 1964, un coup d’État appuyé par les États-Unis a installé une dictature au Brésil qui va durer jusqu’en 1985. Oscar Niemeyer, adhérent du Parti communiste brésilien depuis 1945, apprend la nouvelle alors qu’il est au Portugal. On lui conseille de ne pas retourner au Brésil, il s’exile en France.

 

 

Le 13 juin 1965 est inaugurée, au pavillon Marsan du musée du Louvre, une exposition de l’Union centrale des arts décoratifs qui lui est consacrée ; il en assure intégralement le financement. Avec Jean Petit (qui lui consacrera un ouvrage Niemeyer poète d’architecture), il conçoit le catalogue de l’exposition intitulé « Oscar Niemeyer. Textes et dessins pour Brasilia ». Blessé dans un accident de voiture, Oscar Niemeyer ne peut assister à l’inauguration, c’est Juscelino Kubitschek, ancien président de la République du Brésil, maître d’ouvrage de Brasilia exilé en France, qui le représente.

Le 20 septembre, Niemeyer reçoit le grand prix international d’architecture et d’art de la revue Architecture d’aujourd’hui. Jean Deroche, architecte, collaborateur de la revue La Nouvelle Critique, lui consacre un article dans le numéro de novembre 1965.

Puis Jean Nicolas, membre de la commission Architecture et urbanisme du Comité central du Parti communiste, présente, au cours de l’été 1966, Oscar Niemeyer à Georges Gosnat, trésorier du Parti. Ce dernier lui expose la nécessité pour le PCF de disposer d’un nouveau siège central. Oscar Niemeyer est enthousiaste à l’idée de construire un édifice à Paris et pour le PCF. Dans les heures qui suivent cet entretien, Georges Gosnat en informe le Bureau politique.

Au Comité central des 18 et 19 octobre 1966, le même précise : « Il est prévu d’acheter un terrain rue Mathurin-Moreau à Paris pour construire le nouveau siège du PCF. L’architecte pressenti serait Oscar Niemeyer. La dépense sera très importante : souscription et emprunt permettront son financement. »

Ajoutons que Niemeyer renonce à ses honoraires.

Au XVIIIe congrès du PCF (janvier 1967), la maquette du futur siège est présentée aux délégué·e·s ; Pierre Doize, pour la Commission centrale de contrôle financier, annonce le prochain lancement d’une souscription « à laquelle, nous n’en doutons pas, les communistes, les sympathisants, leurs amis répondront avec enthousiasme. »

Dans le même temps, malgré les 32 élu·e·s supplémentaires obtenus par le PCF aux législatives de 1967, la direction appelle à diminuer les frais généraux, à réduire de dix le nombre de permanents du Comité central ; il est demandé de prendre « des mesures sérieuses d’économie ». Et le 15 septembre 1967, le Secrétariat lance la souscription.

À la fin de cette même année, le PCF achète le terrain de La Maison des syndicats, du 2 au 10 avenue Mathurin-Moreau. En son temps (il est décédé en 1964), Maurice Thorez non seulement souhaitait un siège regroupant tous les services mais avait émis le souhait « de voir édifier ce siège à Mathurin-Moreau, qui est un haut lieu du mouvement ouvrier national et international ».

Gérard Pellois

 

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10 juillet 2023 1 10 /07 /juillet /2023 16:03

La mort du jeune Nahel après un contrôle de police à Nanterre a provoqué une vague d’émotion et de colère qui appelle de la part du Gouvernement des réponses fortes aux demandes de justice et de vérité.

Je veux dire l’émotion de tout mon groupe devant la douleur de la famille.
On ne peut pas mourir à 17 ans pour un refus d’obtempérer.
Je dis ma solidarité à la famille du jeune Nahel.
Je dis également mon soutien entier au maire de Nanterre Patrick Jarry et aux élus de cette grande ville populaire qui veulent la vérité.

La vidéo du contrôle et du tir est glaçante.
Le policier a été placé en garde à vue et mis en examen pour homicide volontaire par personne dépositaire de l’autorité publique. C’est dire la gravité des faits soumis désormais à enquête.

La lumière, madame la Première ministre, doit être faite dans les meilleurs délais car ce que nous avons vu est parfaitement révoltant.

L’IGPN doit à la famille la plus grande transparence et la vérité. Une enquête enterrée de plus ne sera pas acceptée par les Nanterriens.

Au-delà de l’enquête qui doit donc suivre son cours avec rapidité, est-il envisagé madame la Première ministre, afin de réagir à la mesure des faits incriminés, de prononcer une suspension à titre conservatoire de l’agent concerné ?

J’ajoute que la mort de ce jeune homme n’est malheureusement pas un cas isolé. Il y a eu un doublement des nombres de morts dans ces circonstances depuis 2017.

Ne serait-il pas temps d’engager la révision de la doctrine utilisée dans ces cas-là qui a conduit à la brutale accélération de ces drames mortels ?

Madame la Première Ministre, un pays dans lequel la police et la jeunesse ne peuvent pas se croiser sans inquiétude et angoisse est un pays malade de sa démocratie.

C’est votre responsabilité de changer au plus vite ce climat.

Pierre Laurent, sénateur de Paris, membre de la commission des Affaires étrangères, de la défense et des forces armées et membre de la commission des Affaires européennes.

Source https://senateurscrce.fr

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10 juillet 2023 1 10 /07 /juillet /2023 08:57

 

 

 

 

 

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10 juillet 2023 1 10 /07 /juillet /2023 07:04
Rassemblement en gare d'Hanvec le 6 juillet à pour le retour à un arrêt du train à la gare de Hanvec, la modernisation de la ligne Quimper-Brest, la défense du ferroviaire de proximité en Bretagne
Rassemblement en gare d'Hanvec le 6 juillet à pour le retour à un arrêt du train à la gare de Hanvec, la modernisation de la ligne Quimper-Brest, la défense du ferroviaire de proximité en Bretagne
Rassemblement en gare d'Hanvec le 6 juillet à pour le retour à un arrêt du train à la gare de Hanvec, la modernisation de la ligne Quimper-Brest, la défense du ferroviaire de proximité en Bretagne
Rassemblement en gare d'Hanvec le 6 juillet à pour le retour à un arrêt du train à la gare de Hanvec, la modernisation de la ligne Quimper-Brest, la défense du ferroviaire de proximité en Bretagne
Rassemblement en gare d'Hanvec le 6 juillet à pour le retour à un arrêt du train à la gare de Hanvec, la modernisation de la ligne Quimper-Brest, la défense du ferroviaire de proximité en Bretagne
Rassemblement en gare d'Hanvec le 6 juillet à pour le retour à un arrêt du train à la gare de Hanvec, la modernisation de la ligne Quimper-Brest, la défense du ferroviaire de proximité en Bretagne
Rassemblement en gare d'Hanvec le 6 juillet à pour le retour à un arrêt du train à la gare de Hanvec, la modernisation de la ligne Quimper-Brest, la défense du ferroviaire de proximité en Bretagne
Rassemblement en gare d'Hanvec le 6 juillet à pour le retour à un arrêt du train à la gare de Hanvec, la modernisation de la ligne Quimper-Brest, la défense du ferroviaire de proximité en Bretagne
Rassemblement en gare d'Hanvec le 6 juillet à pour le retour à un arrêt du train à la gare de Hanvec, la modernisation de la ligne Quimper-Brest, la défense du ferroviaire de proximité en Bretagne
Rassemblement en gare d'Hanvec le 6 juillet à pour le retour à un arrêt du train à la gare de Hanvec, la modernisation de la ligne Quimper-Brest, la défense du ferroviaire de proximité en Bretagne
Rassemblement en gare d'Hanvec le 6 juillet à pour le retour à un arrêt du train à la gare de Hanvec, la modernisation de la ligne Quimper-Brest, la défense du ferroviaire de proximité en Bretagne
Rassemblement en gare d'Hanvec le 6 juillet à pour le retour à un arrêt du train à la gare de Hanvec, la modernisation de la ligne Quimper-Brest, la défense du ferroviaire de proximité en Bretagne
Rassemblement en gare d'Hanvec le 6 juillet à pour le retour à un arrêt du train à la gare de Hanvec, la modernisation de la ligne Quimper-Brest, la défense du ferroviaire de proximité en Bretagne
Rassemblement en gare d'Hanvec le 6 juillet à pour le retour à un arrêt du train à la gare de Hanvec, la modernisation de la ligne Quimper-Brest, la défense du ferroviaire de proximité en Bretagne
Rassemblement en gare d'Hanvec le 6 juillet à pour le retour à un arrêt du train à la gare de Hanvec, la modernisation de la ligne Quimper-Brest, la défense du ferroviaire de proximité en Bretagne
Rassemblement en gare d'Hanvec le 6 juillet à pour le retour à un arrêt du train à la gare de Hanvec, la modernisation de la ligne Quimper-Brest, la défense du ferroviaire de proximité en Bretagne
Rassemblement en gare d'Hanvec le 6 juillet à pour le retour à un arrêt du train à la gare de Hanvec, la modernisation de la ligne Quimper-Brest, la défense du ferroviaire de proximité en Bretagne

Un rassemblement réussi le jeudi 6 juillet 2023 en gare d'Hanvec pour obtenir de la desserte ferroviaire de proximité de qualité sur l'axe Quimper-Brest, à l'initiative du PCF 29, en soutien à l'association des usagers - collectif "Un train pour Hanvec" membre de la coordination ferroviaire bretonne (COFERBZH) qui demande la réouverture de la gare ou d'une halte TER.

Cette manifestation était également motivée pour réclamer la modernisation de la ligne Quimper-Landerneau, l'amélioration du service public et la défense des petites lignes de dessertes fines du territoire.

Une belle participation et des discours de Gladys Grelaud, conseillère régionale communiste, Gilbert Sinquin, pour la section PCF, de Mélanie Thomin, députée PS-NUPES de la circonscription de Châteaulin, du maire d'Hanvec, du président du collectif pour un arrêt de train à Hanvec, de Stéphanie Grevet présidente de la coordination ferroviaire bretonne, et du représentant de la CGT Cheminots de Cornouaille.

Voir article du Télégramme:

https://www.letelegramme.fr/finistere/hanvec-29460/une-centaine-de-personnes-dont-de-nombreux-elus-de-gauche-reunis-a-la-gare-dhanvec-6389470.php

 

Rassemblement en gare de Hanvec le 06/07/2023.

Intervention de Gilbert Sinquin (PCF):

 

Chers camarades , chers amis.

 

Toute politique publique en termes de mobilités doit se donner pour objectifs de répondre aux besoins des populations concernées, aux exigences d’aménagement du territoire et à l’urgence de répondre aux enjeux climatiques.

En conséquence, les investissements dans les transports ferrés doivent être la priorité à la réponse aux besoins des habitant-e-s et des territoires.


 

Petit historique et constat.

La gare d’Hanvec est située sur le tronçon de Châteaulin à Landerneau inauguré le 16 décembre 1867, permettant le lien extrême ouest entre les voies ferrées du nord et du sud de la Bretagne. Le tracé sinueux de cette ligne de chemin de fer à voie normale, de Savenay à Landerneau date donc de 156 ans, construite avec les moyens humains et matériel de l’époque en contournant et en éliminant au maximum les reliefs que les locomotives à vapeur, pas assez puissantes, ne pouvaient franchir. La concession avait été attribuée à la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans.

Le service voyageurs à la gare d’Hanvec ayant cessé au début des années 2000, plus aucun train de voyageurs ne s’y arrête.

L’infrastructure permet cependant à un agent - cheminot la réouverture exceptionnelle de la gare, encore pour l’instant, afin de permettre le croisement de deux trains, garer un train de travaux ou un train de Fret – marchandises, si toutefois le trafic reprenait, ce qui est serait aussi très important pour réduire le trafic routier et le CO2 .


 

Le dernier projet initial de rénovation de la ligne entre Landerneau et Quimper, décidé en 2010, devait créer une double voie de 13 km de long à partir de la gare d’Hanvec vers Irvillac et Dirinon pour permettre le croisement dynamique , en circulation de 2 trains. Avec la modernisation des aiguillages, le nombre de trains en circulations devait monter à 12 aller-retour et le temps de trajet réduit à 1h00 maximum entre Quimper et Brest.

Par manque de volonté politique et de budget insuffisant, ce projet initial de rénovation a été réduit à minima, certaines « autorités » estimaient même à l’époque que ce projet à minima était encore trop cher ou injustifié du fait de la présence de la voie express en parallèle, à proximité !

Nous avons quand même été heureux que cette ligne ait été rénovée dans ces conditions après de multiples combats  syndicaux et politiques, car la ligne aurait pu être fermée.

Le résultat est donc que nous avons aujourd’hui avec 9 trains aller-retour, des trains mais, ils ne s’arrêtent plus dans toutes les gares, 2 sont directs, sans arrêt entre Quimper et Brest, pour un affichage commercial entre 1h01 et 1h04 de temps de trajet et, pour compenser l’ambition initiale, 3 autocars directs entre Quimper et Brest, par la voie express, parfois pratiquement aux mêmes horaires que les trains, à des tarifs différents et incompréhensible. (exemple  en semaine : Quimper – Brest, trajet simple vers17h00, en car le prix = 7,50€ pour une durée du trajet = 1h27 et, en train le  prix = 11,00€ et durée du trajet =1h19) .

Depuis la réouverture de la ligne Quimper-Landerneau , le 10 décembre 2017, après 1 an de fermeture pour les travaux de rénovation, chacun a pu constater que le service commercial attendu n’est pas à la hauteur de l’investissement (77,8 millions €, financés par la Région Bretagne 31 %, le département du Finistère 25,5 %, SNCF Réseau 20 %, l’État 19 %, Brest Métropole 3 %, Quimper Bretagne Occidentale 1,5 %).

La ligne est sacrifiée au moindre incident technique ou d’exploitation par la direction de la SNCF. Les trains supprimés ne sont pas remplacés faute de réserve de conducteurs ou de matériels, ni substitués par des autocars systématiquement ou aléatoire si un autre train circule dans l’heure suivante. Les contrôleurs ne sont plus présents systématiquement, très rarement même dans les trains, ce qui entraîne un manque de sûreté et de sécurité pour les voyageurs, le conducteur et l’exploitation de la ligne.

Des horaires inadaptés, des correspondances impossibles avec les TGV, des tarifs élevés parfois non remboursés en cas de suppressions de trains et de frais de transports supplémentaires.

Des guichets supprimés et, pour ceux encore restants des horaires d’ouvertures de plus en plus réduits, laissant les usagers désemparés devant des bornes automates n’acceptant pas tous les moyens de paiement ou renvoyés à Internet inaccessible pour 25 % de la population .

Il y a là, une rupture d’égalité à l’accès au train et au service de moins en moins public. Ce n’est pas normal et il ne faut pas s’étonner des conséquences sur la société, le vivre ensemble et la république.

Dans ce contexte de baisse du pouvoir d’achats, de services souvent dégradé, inadaptés, parfois inaccessibles, cette ligne non fiable est désertée par les voyageurs potentiels, inexploitée pour la collectivité, au détriment des collectivités financeurs, de la société et du climat.

Toutes ces défaillances perdurent, malgré les multiples réclamations et demandes d’améliorations formulées par les usagers, les syndicats de cheminots auprès de la Direction de la SNCF ou de la Région Bretagne qui parfois se renvoient les responsabilités, selon les interlocuteurs.

Les représentants des associations d’usagers Collectif « Un train pour Hanvec » , la Coordination Ferroviaire Bretonne COFERBZH, les syndicats de cheminots de Brest-Landerneau et Cornouaille-Quimper et des Conseils de développements de Brest, Quimper, Lorient et pays COB peuvent en témoigner plus en détail.

Nous pouvons aussi nous appuyer sur une présentation d’étude réalisée par un cabinet économique pour le CSE-SNCF Atlantique des cheminots.

 

Nous pensons que, si la Direction Régionale de la SNCF ou de la Région Bretagne ont effectivement une responsabilité dans la gestion de cette ligne et de son exploitation, la 1ère des responsabilité en revient à l’État qui n’accorde pas les budgets nécessaires au chemin de fer et particulièrement aux petites lignes de dessertes fines du territoire , malgré les annonces gouvernementales à double langage, non suivies des actes.

Nous le voyons encore cette fois, en ce moment avec le nouveau CPER ( Contrat de Plan Etat Région ) en discussion au Conseil Régional, qui est insuffisant pour répondre aux besoins de plus en plus importants de transports du quotidien et d’impact sur le climat, y compris en Bretagne déjà maintenant.

Selon nos informations - analyses, parmi les comparaisons des dotations aux différentes régions sur les 5 ans a venir au titre du CPER que nous pouvons faire .

La Bretagne est en queue de peloton.

L'île de France a 5 fois plus € / habitant, et en réalité même près de 40 fois plus si on y ajoute l'argent injecté par l'état au titre d'une fiscalité propre pour financer les infrastructures de transport.

C'est un vrai scandale!!!

La Région Bourgogne -Franche Comté à une dotation de presque 4 fois plus d’ € /habitant que la Bretagne.

C’est incompréhensible et, il faut qu'on réagisse vivement car, on ne pourra quasiment rien faire en terme de ferroviaire avec ces 189 millions d'euros que l’État voudrait daigner accorder à la Bretagne .

Dans ce contexte d'inflation que nous vivons, d’augmentation des coûts de l'énergie et du réchauffement climatique, de la métropolisation, de la dégradations visibles des bouchons quotidiens aux entrées et sorties de villes surtout aux heures d’embauches et de débauche du travail et d’augmentation des flux routiers, la voie express de plus en plus encombrée entre Brest et Quimper (25 000 à 48 000 véhicules/ jour), de la difficulté de trouver des places de stationnements et le coût de plus en plus important que ceux-ci représentent ( réduction des places de stationnements prévues à Brest et Quimper avec une hausse des tarifs), mise en place des ZFE en 2025 à Brest, l’alerte du Haut Conseil pour le climat dans son rapport annuel sur la trajectoire de réduction du CO2 avec la présentation de ces travaux au Conseil Régional la semaine dernière.

Il faut aussi prendre en compte également la démographie actuelle et annoncée, la répartition et l’éloignement de plus en plus grand des services publics, du domicile travail, du vieillissement de la population dans notre département, de la difficulté que cela va représenter pour l’accès au droit au transport pour tous et, de la prévision d’arrivée de nouveaux habitants (+ 400 000 en Bretagne dans 25 à 30 ans, dont une partie dans le Finistère).


 

Nos propositions, à cadrer dans un cahier des charges entre la Direction Régionale de la SNCF et la Région Bretagne, dans un ordre de priorités chronologiques de faisabilités, d’organisation, de délais techniques, économiques ou budgétaires, sachant que tout ne peux pas être réglé immédiatement en même temps.

1- Dans l’organisation des transports avec la décentralisation et la compétence à la Région, il faut que de toutes les réclamations ou demandes des usagers et des collectivités (format papiers et informatiques) soient remontées – centralisées auprès de la Région Bretagne, donneur d’ordre à l’exploitant SNCF, afin de connaître toutes les difficultés et les demandes d’améliorations, que des corrections et des pénalités soient demandées et mises en place au besoin selon un cahier des charges.

2- Décider immédiatement, qu’au prochain service, tous les trains directs Quimper – Brest ou Brest – Quimper ( semaine, week-ends et fêtes) s’arrêtent dans toutes les gares de la ligne.

C’est possible et ça ne «coûte» que 3 minutes (décélération – arrêt – ré-accélération). Si l’on veut remplir les trains il faut commencer par pouvoir monter et descendre du TER dans les gares intermédiaires.

Le jour ou un TGV pourra circuler sur la ligne électrifiée, on pourra comprendre qu’il ne s’arrête pas dans toutes les gares ! D’ailleurs, qu’elle est la fréquentation des trains TER directs? Le nombre de voyageurs potentiels laissés à quai et renvoyés à la route?

3- Supprimer immédiatement, au prochain service, tous les cars TER directs Quimper – Brest ou Brest – Quimper, en semaine, les week-ends et fêtes. Les trains aux mêmes horaires seront mieux remplis, les voyageurs non pénalisés en temps de trajets et de budget si les efforts tarifaires nécessaires sont adoptés. Les chauffeurs de cars pouvant être réaffectés sur d’autres lignes en pénuries de main d’œuvre où, embauchés à la SNCF où il y a aussi des besoins.

Dans un 2ème temps, ajouter 3 trains à circuler à des horaires non couverts aujourd’hui afin de compléter l’offre et répondre au projet initial de rénovation de 2010. Ce sera bon pour l’exploitation de la ligne et le C02 .

4- Ré-ouvrir les guichets fermés, c’est possible tout de suite à Châteaulin comme avant les travaux de 2017 , en n’oubliant pas Crozon sur le territoire, ni Dirinon ou il y a encore un agent, ainsi qu’élargir les plages horaires des guichets encore existants (Quimper, Brest, Landerneau).

Si la charge de travail des agents en gares de Châteaulin et Dirinon ne permet pas d’assurer le guichet entre 2 trains, la SNCF à mis en place des équipes mobiles qui peuvent renforcer. A quoi servent-elles?

Ne pourraient-elle pas être déployées dans les gares intermédiaires?

Il est inacceptable qu’aucun accueil physique ne soit possible dans aucune gare du centre Finistère, même sur des jours ou horaires dédiés, pour effectuer des démarches, acheter des abonnements ou des billets TGV ; qu’il faille aller à Quimper, Landerneau ou Brest pour le faire. Tout ne peut pas être fait par Internet où l’on ne voit pas toutes les offres, les meilleurs tarifs..., sans parler de l’obligation ou de l’absurdité d’avoir un véhicule et se déplacer en automobile pour effectuer un voyage en train! (perte d’égalité d’accès au train, de temps, d’argent, conséquences sociales pour le climat et la santé).

5- Adopter une tarification plus attractive ou incitative, moins chère, allant vers la gratuité pour favoriser le train avec des abonnements (domicile – travail, favoriser les transferts de mobilités pour les voyageurs et les familles, les loisirs, les vacances…) en commençant par obliger tous les bénéficiaires des transports (publics et privés) à contribuer au budget des transports et en augmentant ceux-ci via l’État et les collectivités pour le bien commun.

6- Revoir les horaires des correspondances entre TER et TGV afin de favoriser les rabattements et augmenter les cadencements des trains du quotidien et la complémentarité avec les TGV .

7- Pour répondre au demandes et besoins des populations d’Hanvec, Irvillac, Daoulas, Le Faou, la presqu’île de Crozon ..., rétablir le fonctionnement de la gare d’Hanvec afin de permettre aux voyageurs de monter et descendre du TER . (Une halte ferroviaire a été crée à Rennes – Ponchaillou , succès de fréquentation, aujourd’hui 4000 voyageurs /jour).

8- Afin de gagner du temps de trajet, en attendant une véritable modernisation la ligne Quimper-Landerneau, au prochain renouvellement de matériels ferroviaires, choisir des trains pendulaires , décarbonés si possible, qui permettent de gagner de la vitesse dans les courbes en préservant la sécurité et le confort des passagers , à moindre coût. La technologie existe depuis longtemps dans le ferroviaire.

9- Le projet LNOBPL ne doit concerner uniquement le rapprochement des métropoles de Nantes et Rennes mais bénéficier à l’ensemble de la Bretagne. Afin de répondre aux besoins complémentaires, équilibrés entre territoires, sans discriminations, le nombre d’habitants et l’éloignement géographique doivent prisent en compte équitablement. Les 6 milliards d’€ du projet doivent aller à l’ensemble des infrastructures ferroviaires de Bretagne y compris de Redon à Nantes et, pas seulement à des tronçons de LGV entre Redon et Rennes comme le voudrait l’État avec SNCF-Réseau.

Nous appelons l’État à rénover et moderniser très rapidement notre réseau ferré en commençant par le choix des rectifications de courbes, suppressions de passages à niveaux, doublement de voies et évitements, l’électrification et la modernisation de la signalisation par la mise au norme de l’ERTMS ( système de gestion des circulations des trains de dernière génération développé au niveau européen, améliorant les capacités et les vitesses, permettant de faire rouler plus de trains, plus vite, avec moins d’intervalles entre les circulations, en toute sécurité). Cette modernisation permettant en outre, pour un même budget de faire 10 fois plus de kilomètres de travaux que des tronçons de voies nouvelles (LGV), tels présentés dans le projet LNOBPL , sans impacts supplémentaires aux sols, en préservant et améliorant les dessertes de toutes les villes ou haltes existantes.

Cette modernisation permettrait d’augmenter le nombre de trains en circulation et les vitesses pour les TGV et le TER  ainsi que le Fret ferroviaire afin de mettre enfin Brest et Quimper à 3h00 de Paris en passant par Rennes ou Nantes.

Le doublement de la voie unique Landerneau -Q uimper dont les ouvrages d’art sont construits depuis l’origine pour cela, permettant des liaisons Brest – Nantes sans passer par la gare de Rennes saturée  et si elle était électrifiée, des cadencements pourraient se faire, avec un même matériel sur Brest - Nantes – Rennes seraient possibles pour les trains du quotidien et les TGV , tout en désengorgent la gare de Rennes.

 

10- Les prémisses du RER métropolitain Rennais avec la mise en service du dispositif « 2 trains même voie » en gare de Rennes amorçant une augmentation des flux de circulations de 20 à 30 % restent très insuffisant car, un véritable désengorgement, conditionnant tout le trafic ferroviaire ne pourra se faire que par la construction d’une 2ème gare à Rennes ,.avec un contournement par le nord-est, permettant de fluidifier les trafics et de rapprocher également la pointe Bretagne de Paris à 3h00 et moins.

 

Parmi les autres investissements et travaux à réaliser avec la modernisation ERTMS et l’électrification complète du réseau nous réclamons :

La réouverture à tous trafics de la ligne Morlaix/Roscoff avec l’intégration les ports de Brest et Roscoff dans le réseau Trans-Européen pour raccorder nos ports en eau profonde au réseau ferré,

La rénovation de la ligne Quiberon/Auray et un TER à l’année sans oublier la ligne Carhaix-Guingamp.

 

(liste non exhaustive)

 

Conclusion et rappel:

 

Nous appelons à revenir sur les réformes ferroviaires successives pour rétablir une véritable SNCF de service public, unifiée, au service du public, à la péréquation entre activités. De même, l’État ne peut définitivement abandonner Fret SNCF et laisser le secteur entre les mains du marché.

Dans notre pays le secteur du transport représente le 1er émetteur de gaz à effet de serre (GES) avec 30 % d’ émissions de CO2.

De fait, l’objectif de l’État d’atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050, telle que reprise dans la Stratégie nationale bas carbone (SNBC), est inatteignable sans diminuer l’impact des transports.

Le train est d’utilité publique et doit se développer pour répondre à l’intérêt général !

Nous réclamons une politique et des subventions dédiées pour répondre à l’urgence climatique, sanctuarisées dans un budget de programmation ferroviaire jusqu’en 2050.

Appel aux communes pour le dépôt de vœux dans les conseils municipaux (si pas déjà fait) et l’augmentation – inscription au CPER – LNOBPL et réseau Trans-Européen (RTE-T)

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