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14 juin 2017 3 14 /06 /juin /2017 08:01

IPSOS

Qui sont les abstentionnistes? 

mardi 13 juin 2017

Plus de la moitié des électeurs (51,2%) ne se sont pas déplacés pour ce premier tour des élections législatives. Le record d’abstention de 2012 (42,8%) est largement battu, de plus de huit points.

L’IFOP dresse un profil des abstentionnistes.

Les raisons invoquées des abstentionnistes :

 déception par rapport aux hommes politiques : 30 % 
 sentiment que d’aller voter ne changera rien : 18 % 
 aucun programme n’est convaincant : 16 % 
 pas d’intérêt pour la politique : 9 % 
 En Marche est assurée de gagner mon vote ne changera rien : 9 % 
 pas disponible le jour du vote : 18 %

QUI SONT LES ABSTENTIONNISTES

 Ils sont 64 % chez les moins de 35 ans 
 35 % chez les plus de 60 ans

 employés : 61 % 
 ouvriers : 66 % 
 cadres : 45 %

 non bacheliers : 54 % 
 Bac +3 et plus : 44 %

 Niveau de revenu inférieur à 1250 € : 59 % 
 plus de 3000 € : 42 %

 Electeurs de J-L. Mélenchon au 1er tour de la Présidentielle : 53 % 
 Electeurs de Marine Le Pen : : 57 % 
 Electeurs de Benoît Hamon : 43 % 
 Electeurs d’Emmanuel Macron : 38 % 
 Electeurs de François Fillon : 38 %

La moindre mobilisation des catégories populaires a contracté l’électorat de la France Insoumise (11,0%), qui ne retrouve pas le score qu’avait obtenu Jean-Luc Mélenchon à la Présidentielle (19,6%).

La France Insoumise a notamment perdu du terrain chez les 18-24 ans (18%, contre 30% pour Jean-Luc Mélenchon dans cette catégorie au premier tour de la Présidentielle, -12 points), chez les employés (14%, -8 points), les ouvriers (11%, -13), les chômeurs (18%, -13), les bas-revenus (13%, -13).

Le phénomène concerne aussi le FN (14%), en baisse par rapport au score de Marine Le Pen le 23 avril (21,3%). Le FN a été le premier choix des ouvriers (29%) et au sein des foyers disposant de moins de 1250€ mensuels (25%), mais il est devancé par LREM dans toutes les autres catégories d’électeurs.

Dans un autre article et selon un sondage, l’IPSOS note que pour ceux qui ont voté, le Président de la République bénéficie d’un état de grâce.

58% des Français sont satisfaits de son action depuis qu’il a été élu, 
58% sont satisfaits du choix d’Edouard Philippe comme Premier ministre, 
56% sont satisfaits de la composition du gouvernement.
Emmanuel Macron fait l’unanimité dans son propre camp (97% de satisfaction dans l’électorat LREM / MoDem), 
Il séduit aussi la majorité de l’électorat PS/PRG/DVG (66%), EELV (65%) et LR/UDI/DVD. A ce stade l’insatisfaction n’est majoritaire qu’au sein de l’électorat FI (68%) et FN (80%).

Voir l’article sociologie de l’électorat

Rapport complet

Premier tour : comprendre le vote des français

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Published by Section du Parti communiste du Pays de Morlaix - dans POLITIQUE NATIONALE
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14 juin 2017 3 14 /06 /juin /2017 07:53

Au vu du premier tour des législatives, rien n'indique que Mélenchon serait majoritaire au sein du Front de gauche à l'Assemblée. Il pourrait devoir lâcher la présidence d'un éventuel groupe commun avec les communistes, et faire des compromis avec ses futurs partenaires...

Ce serait un retour de balancier inespéré pour les communistes. Si Jean-Luc Mélenchon peut rêver, au vu des résultats du premier tour des élections législatives, à la création d'un groupe pour ses forces à l'Assemblée nationale, il risque fort de se trouver dépendant du bon vouloir de ses meilleurs ennemis du Parti communiste (PCF). Ceux-ci seront en effet non seulement incontournables pour créer un groupe - il faut la signature de quinze membres - mais ils seront même peut-être... plus nombreux que les troupes de la France insoumise ! De quoi calmer l'ex-candidat à la présidentielle, qui a récemment comparé le PCF à "la mort" et au "néant".

Dans le détail, sur les quinze meilleurs scores réalisés par l'ex-Front de gauche, onze sont le fait de candidats du Parti communiste, contre seulement deux à la France insoumise (FI) : Jean-Luc Mélenchon et Muriel Ressiguier (Hérault). Clémentine Autain, adhérente du groupuscule Ensemble, ainsi que l'électron libre François Ruffin, soutenu à la fois par FI et par le PCF, complètent le tableau.

 

*Stéphane Peu et Yasmine Boudjenah se sont rattachés financièrement à la France insoumise, ce qui était une condition sine qua non pour que Jean-Luc Mélenchon les soutienne. Ils restent toutefois membres à part entière du Parti communiste. Clémentine Autain s'est également rattachée à FI en préfecture.

Certes, il y a peu de chances pour que la totalité de ces quinze candidats les mieux placés l'emportent. Certains sont largement distancés par En Marche dans leur circonscription et auront du mal à remonter, comme François Ruffin dans la Somme, les PCF Sébastien Jumel en Seine-Maritime, Jean-Paul Dufrègne dans l'Allier, Nicolas Sansu dans le Cher et Yasmine Boudjenah dans les Hauts-de-Seine ou encore Muriel Ressiguier (FI) dans l'Hérault. A contrario, sur la quatre-vingtaine de candidats de l'ex-Front de gauche qui ont réussi à se qualifier, d'autres pourraient gagner malgré un score moins important au premier tour et ce, grâce à des situations locales favorables (voir encadré).

Difficile donc, à ce stade, de prédire avec certitude le futur rapport de force entre PCF et FI. La France insoumise pourrait disposer de trois à dix sièges dans la prochaine Assemblée, tandis que le PCF devrait en compter entre quatre et huit. Avec le concours de Clémentine Autain et d'une poignée d'élus d'Outre-mer apparentés communistes - comme Huguette Bello (Réunion), Bruno Nestor Azérot (Martinique) et Jean-Pierre Nilor (Martinique) -, l'ex-Front de gauche

pourrait quoi qu'il en soit se reconstituer en tant que groupe parlementaire. Cela n'a rien d'accessoire : seul le groupe permet d'accéder à un temps de parole conséquent dans l'hémicycle, à quelques postes à responsabilité ainsi qu'à des collaborateurs de groupe payés sur les deniers de l'Assemblée.

Ils pourraient eux aussi l'emporter (hors quinze meilleurs scores)

France Insoumise : Alexis Corbière (Seine-Saint-Denis), Bastien Lachaud (Seine-Saint-Denis), Caroline Fiat (Meurthe-et-Moselle), Ugo Bernalicis (Nord), Michel Larive (Ariège), Mehdi Kemoune (Paris), Farida Amrani (Essonne), Mathilde Panot (Val-de-Marne)

PCF : Alain Bruneel (Nord), Elsa Faucillon (Hauts-de-Seine)

Mélenchon minoritaire dans son groupe ?

Mais la France insoumise ne devrait donc pas avoir la majorité absolue au sein de ce groupe et cela aussi, c'est tout sauf anecdotique… Première conséquence : Jean-Luc Mélenchon n'est pas sûr de pouvoir en revendiquer la tête. Un dirigeant communiste envisage ainsi déjà de faire payer au patron de FI son attitude "injuste", en ne l'élisant pas président de l'éventuel groupe créé. "Si le Front de gauche parvient à constituer un groupe, il faudra un président cordial et respectueux de la pluralité des opinions en son sein. Je vous laisse analyser si Jean-Luc Mélenchon correspond au profil", ironise-t-il. "Ça va se jouer au nombre. Le parti le plus important aura la présidence", avance un responsable communiste, qui pousse en faveur de l'actuel patron des députés du Front de gauche, André Chassaigne.

Mélenchon ne pourrait pas non plus imposer ses nominations ou ses collaborateurs, et encore moins une quelconque discipline de vote à ses camarades, comme il l'ambitionnait. Notre élu communiste en rigole : "Connaissant le caractère d'André, je suis curieux de voir comment Jean-Luc va lui imposer la discipline. La vérité, c'est que Chassaigne ne va pas se laisser impressionner !". Par ce renversement du rapport de forces, Jean-Luc Mélenchon pourrait finalement se retrouver dans la main des communistes, dont il s'était affranchi en se lançant sans leur avis dans la présidentielle. 

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Published by Section du Parti communiste du Pays de Morlaix - dans POLITIQUE NATIONALE
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14 juin 2017 3 14 /06 /juin /2017 07:34
Point de vue: quelques réflexions sur la "France insoumise" par Vincent Présumey (blog Médiapart, 7 juin 2017)

Quelques réflexions sur la «France insoumise»

La «France insoumise» a été inventée début 2016 lorsque J.L. Mélenchon annonça sa candidature à l'élection présidentielle de 2017.

Dans l'immédiat, tactiquement, il s'agissait pour lui de se dégager de toute négociation, notamment avec le PCF, de toute référence au Front de Gauche, et d'exclure sa participation à toute primaire – quand bien même ces différents processus, discussion entre organisations et/ou primaires, auraient fort bien pu aboutir à le légitimer comme candidat. Le capital politique issu de sa campagne de 2012, où ses 11% avaient fortement contribué à la défaite de Sarkozy au second tour, capital qui s'était constitué par l'unité matérialisée dans le Front de Gauche, devait être approprié au compte d'un projet politique différent.

Car dés son lancement la « France insoumise » reposait sur une idéologie et sur une équipe bien précises.

Le vrai noyau idéologique.

L'idéologie était empruntée à Ernesto Laclau et Chantal Mouffe, c'est le « populisme de gauche » ou « populisme » tout court – pendant que de nombreux supporters de J.L. Mélenchon sortent encore les crocs dès qu'ils entendent prononcer le mot « populisme » à son sujet, celui-ci s'en réclame. Même si, dans le cas de M. Laclau et de Mme Mouffe, cette idéologie s'appuie sur une relative abondance de production sociologico-politique, sa synthèse mélenchonienne distillée sur le blog de J.L. Mélenchon est assez simple.

Premièrement, qu'on ne parle plus (ou alors juste par une habitude qui va s'effacer peu à peu) de lutte de classe, de classes sociales, de salariat et de travailleurs : le clivage fondamental oppose « le peuple » (également appelé « les 99% ») à « l'oligarchie », appelée aussi « la caste ».

Deuxièmement, « le peuple » est une nation - la nation française – et son identification comme peuple repose sur une thématique et une symbolique nationales, qui doivent se substituer aux thèmes et symboles issus du mouvement ouvrier. C'est ainsi que pendant que de faux naïfs dissertent contre « les gauchistes » qui n'ont pas compris que « le drapeau tricolore » et « le drapeau rouge » ne s'opposent pas, J.L. Mélenchon, lui, donne des consignes pour que dans ses rassemblements le drapeau rouge soit éliminé progressivement au profit du tricolore.

Troisièmement, « le peuple » doit se « construire » par un mouvement qui associe les individus-citoyens, mouvement dont le contenu premier n'est pas social, mais symbolique et national, reposant sur deux facteurs clefs de mobilisation et de dynamisme.

Le premier facteur est l'identification à une figure : E. Laclau avait vu celle-ci, en Argentine, dans le général Péron, dont il était un partisan ; P. Iglesias dans Podemos en Espagne a voulu être la dite figure, avec plus ou moins de succès car Podemos est issu du mouvement social de 2011-2012 qui est monté d'en bas et a comporté, avec sa brancheAnticapitalistas d'influence trotskyste, majoritaire en Andalousie, des courants politiques ayant imposé leur reconnaissance comme tels contre l'égotisme et la médiatisation du chef.

Mais dans le cas des « insoumis » leur soumission au chef charismatique était acquise dès le départ puisque la construction de cette organisation fut voulue et pensée comme totalement verticale, à partir du chef justement, figure oratoire incontestable ayant un capital politique comme représentant du peuple de gauche mécontent de la gauche, constitué par sa campagne de 2012. Sauf qu'en 2012, celui-ci gérait les tendances à l'adulation en les contenant, conscient de la contradiction qu'il y avait à dénoncer le bonapartisme tout en étant candidat à la présidence. Cette fois-ci, le culte de la personnalité ne va pas être contenu mais au contraire il va être déchaîné. A l'usage de qui s'inquiète un peu il sera expliqué que pour l'instant il s'agit de combattre le présidentialisme avec les moyens du présidentialisme. A la masse des futurs adhérents et partisans - ne les appelons pas « militants », terme qu'ils refusent souvent d'ailleurs en dehors des anciens militants qui n'ont pas encore compris dans quelle galère ils sont tombés – des éléments de langage seront, dans l'année qui suivra, distillés, qu'ils répéteront avec une touchante unanimité : « Jean-Luc » n'est pas notre chef, il n'y a pas de chef chez nous qui ne sommes que des individus associés pour agir quand bon leur semble, il n'est que l'incarnation vivante du « programme » que nous avons collectivement produit – et à ce titre toute atteinte à l'incarnation vivante sera ressentie par eux comme un blasphème !

Le second facteur est l'identification d'un ennemi. Le « peuple » doit être construit par son chef dans une mobilisation où il se dote de symboles, les uns nationaux et hérités, les autres identifiant le mouvement comme tel (ce sera le « Phi », on y reviendra), par la conviction d'être le regroupement des victimes de l'ennemi, s'engageant contre celui-ci. Les sentiments sociaux, le mécontentement social, la conscience plus ou moins claire, plus ou moins obscure, de l'exploitation et de l'oppression, sont bien entendu présents ici comme fondements, mais comprenons bien qu'à la différence du projet d'organisation du mouvement ouvrier, tel que l'entendait par exemple Rosa Luxembourg, il ne s'agit pas de donner son expression démocratique consciente à ce mouvement réel, mais de se nourrir des sentiments de frustration qu'il comporte pour « construire un peuple » dont les mobiles mobilisateurs résident dans l'identification au Chef – pardon, au programme incarné ! -, dans l'agitation des symboles (le drapeau, le « Phi », et les éléments et tics de langage sur lesquels je reviendrai), et surtout dans la désignation de l'Ennemi.

Chez Rosa Luxembourg et dans la tradition du mouvement ouvrier révolutionnaire, le mouvement inconscient et spontané de résistance à l'exploitation et à l'oppression doit être rendu conscient, à la fois par la lutte collective dont le résultat principal est« l'union grandissante des travailleurs » (Marx), par l'organisation structurée en commun, syndicats, partis, conseils, qui tous reposent sur le pluralisme des secteurs, foyers d'organisation, courants et sensibilités, et par la théorie politique appuyée sur une culture historique et sur la culture en général, y compris « bourgeoise ».

Un inquiétant soubassement.

La thématique de la construction d'une identité politique par désignation de l'ennemi, chez C. Mouffe, est quant à elle explicitement empruntée au principal penseur juridico-politique du national-socialisme, Carl Schmitt, chez qui l'ennemi, plus ou moins euphémisé selon les périodes où il écrivait, était le Juif (chez le nazi de base le Juif était l'ennemi par essence, chez Schmitt il est l'ennemi choisi comme tel pour donner sa dynamique au « mouvement » lequel prend en fait la place du politique). L'ennemi pour le populisme « de gauche » (ce terme, « de gauche », doit disparaître à terme, mais il signifie que le dit populisme s'enracine dans le mécontentement social, comme il a été dit), est donc « l'oligarchie » ou « la caste ». L'oligarchie, terme qui chez les Grecs désignait la minorité privilégiée non légitime (l'aristocratie, les meilleurs, était légitime), a vu son emploi vulgarisé par l'extrême-droite maurassienne, qui la complétait de l'adjectif « cosmopolite » avec un sous-entendu antisémite avéré. Les adjectifs qui lui sont ajoutés dans l'emploi « insoumis » du terme sont le plus souvent oligarchie« financière » ou « médiatique », mais l'idée selon laquelle elle est a-nationale, « mondialiste » ou apatride, est tout à fait présente. Bien entendu, cette idée s'autorise d'une réalité : l'argent n'a pas d'odeur et le capital est ubiquiste. Mais « l'oligarchie » n'est pas le capital, elle n'est que la finance, plus les médias et les hommes politiques : la figure haïe est typiquement un homme riche, médiatique, et ayant un pouvoir politique réel ou supposé - financier, homme de parti, journaliste.

Ses incarnations individuelles, qui sont autant de fétiches, sont ancrées depuis longtemps dans la mythologie de la gauche antilibérale comme de la fachosphère : « BHL », « DSK », « Soros », et parfois, dans des milieux plus ciblés, « Finkielkraut », voire aussi « Cohn-Bendit », ou même « Plenel », sont des figures de fixation de la Haine dont, comme par inadvertance, un autre point commun est leur prétendue origine, ce que la réactualisation récente, en raison de la trajectoire de banquier de l'actuel président français, de la figure de « Rothschild », est venu rappeler à qui veut bien voir quels sont certains des processus inconscients ou semi-conscients à l’œuvre …

Il ne s'agit pas ici de donner une expression consciente à la résistance spontanée de tous les jours par la lutte organisée, mais de recouvrir les sentiments de mécontentement et de frustration nourris par l'exploitation et par l'oppression d'une couche, enthousiasmante et obscurcissante à la fois, d'images et de fétiches dont les principaux sont ceux du chef charismatique, le Programme incarné, et de l'Ennemi, l'oligarchie financière, médiatique, politique et apatride.

L'identification au Chef incarnation du Programme et la cristallisation de la Haine sur les figures de l'oligarchie, financière, médiatique et politique, ne visent pas à organiser le prolétariat contre le capital, mais à dresser toutes les classes, capital « productif » ou « national » et petit et moyen patronat compris, contre la seule oligarchie supposée mondialiste.

A la conscience du mouvement réel est substituée la mystique de l'enthousiasme, à l'organisation politique collective et structurée est substitué le mouvement des individus atomisés agissant par impulsion et identification, et à l'auto-assimilation de l'héritage culturel et historique est substituée une « éducation populaire » déclinée en « fichiers thématiques » en vue de dresser des prosélytes du Programme incarné.

Un projet d'implosion à l'italienne qui recoupe celui de Macron.

Comme J.L. Mélenchon l'a expliqué sur son blog, les mouvements doivent remplacer les partis. A l'épuisement des partis bureaucratiques doit répondre la naissance de mouvements dynamiques. Pas question d'aller vers des partis démocratiques, il faut mettre fin aux partis tout court.

Trois espaces politiques s'offrent en France pour ce faire : celui de la « règle ethnique », expression dévoyée du sentiment national, qu'est le Front National ; celui de la « règle d'or », masse instrumentalisée par les hommes du banquier Rothschild, soit les marcheurs de Macron ; et l'expression de la nation revivifiée par son Programme (dont il est, très modestement, l'incarnation, n'est-ce pas, « mes amis », n'est-ce pas, « les gens » ! ) et cimentée par l'union contre l'Ennemi oligarchique (ou, de plus en plus accessoirement, l'ennemi ethniciste qu'est le FN) : la France insoumise.

On voit ici comment la synthèse idéologique tirée des livres de Laclau et Mouffe a abouti à un projet de recomposition politique ternaire de la V° République française, projet qui a toujours été en parfaite cohérence avec la perspective d'une présidence Macron, et qui suppose la liquidation des courants politiques issus du mouvement ouvrier et le partage de la base électorale et sociale du PS entre, grosso modo, trois quarts à Macron, un quart sous le signe du « Phi ».

On voit aussi, au passage, comment ce projet d'implosion à l'italienne a au fond rejoint ce qu'ont provoqué le président Hollande et son premier ministre Valls (même si, pour ce dernier, son enfant lui a échappé) : il s'agit de liquider tous « les partis » au profit du macronisme au centre (et au pouvoir ! ) flanqué du FN sur sa droite et de la FI sur sa gauche.

La manière dont tactique politicienne et idéologie populiste anti-politique s'accordent est ici remarquable.

On comprend mieux la cohérence de Mme Mouffe qui, simultanément, a pu côtoyer en évidence l'orateur J.L. Mélenchon lors du rassemblement clef de ses partisans durant la campagne présidentielle, place de la République à Paris, et appeler de ses vœux dans la presse de son pays, la Belgique, à la dé-diabolisation du Vlaams Belang (l'extrême-droite raciste flamande d'origine néonazie) pour qu'il puisse participer au pouvoir.

Une évolution régressive.

Ce corpus idéologique était en place dès le départ même si beaucoup ne s'en rendaient pas compte.

Dans l'évolution personnelle de J.L. Mélenchon, qui à partir de 2013 se met à théoriser, notamment lors de voyages en Espagne pour regarder les débuts de Podemos, l'union des classes contre l'oligarchie, c'est là une étape importante qui lui permet sans doute de résoudre un certain nombre de contradictions. Remarquons que c'est au même moment qu'il a exprimé un grand ressentiment contre les grèves en Bretagne de l'automne 2013, ces « nigauds » et ces « esclaves » de prolétaires qui avaient défié l’État en manifestant avec des petits paysans et commerçants (et qui seront ensuite – ensuite - récupérés sous l'égide des « Bonnets rouges »).

Entré dans l'action politique dans le cadre de l'OCI et de l'UNEF-Unité syndicale des années 1970, ayant ensuite œuvré sous la direction, l'inspiration et la férule d'un Mitterrand adulé, et disant avoir enfin découvert lors du Front de Gauche l'hérédité communiste, J.L. Mélenchon avait représenté une synthèse, pour le meilleur, pour le pire ou pour les deux, des héritages de trois figures tutélaires : celle de François Mitterrand est la plus évidente, celle de Georges Marchais venait à l'esprit de bien des militants communistes revigorés par ses meetings, et celle de Pierre Lambert en tant qu'homme d'appareil se voulant indépendant des appareils (sans y parvenir, mais c'est une autre histoire), moins connue, était bien là elle aussi. Cet héritage faisait une sorte de synthèse, brouillonne et bouillonnante, des strates du mouvement ouvrier français. Le liant de tout cela, dans l'idéologie personnelle de J.L. Mélenchon qui n'est pas un homme d'appareil mais qui est mû par les idées, et par l'idée qu'il se fait de sa personne dans la marche des idées, était une sorte de spiritualisme maçonnique.

Ce composé instable a trouvé un développement possible dans le populisme charismatique se voulant national, d'autant que ceci mettait au premier plan des éléments présents de longue date dans la pensée et la pratique de J.L. Mélenchon, à savoir l'allégeance à la « grandeur de la France », sa bombe atomique, ses bases en Afrique et ses Rafales compris : ce développement est à l'évidence celui qui pouvait au mieux combler d'aise son représentant, mais il est en même temps celui qui marque la rupture avec le mouvement ouvrier, le passage de la synthèse instable de ses héritages bureaucratiques au désir éradicateur de ses héritages démocratiques.

Voilà donc notre Mélenchon incarnation du Programme des « gens », chef à la poigne de fer d'un mini-appareil gérant une grande masse de manœuvre (celle des « gens »atomisés et enamourés), l'homme d'appareil indépendant des appareils ne tolérant aucun « frondeur » chez lui, en charge de la mise à mort et de l'enterrement sans pompe de tout ce qui procède politiquement du mouvement ouvrier pour mettre à la place le mouvement des « gens » isolés, unis par le Chef, son Programme et son Phi, hurlant à la mort de l'Ennemi.

Au fait, l'Ennemi, dans la dynamique engagée, n'a plus été seulement l'oligarchie. Dans le feu de la campagne présidentielle elle-même, il est devenu « le PS ». Non pas le PS réel, parti issu du mouvement ouvrier, intégré à la V° République, asséché par la pratique du pouvoir de F. Hollande, mais un PS fantasmé, démonisé. La figure de la Haine s'est particulièrement cristallisée, dans la psychologie de « l'insoumis», alors presque caricature parfaite de l'atome populiste de base, sur ce qui était « à la gauche du PS » : le « frondeur », « Filoche », « Hamon », étaient des objets de complot inventés pour que l'insoumis ne puisse pas faire advenir « les jours heureux », ceux où régnera, dans les siècles des siècles, « JLM » (comme « je l'aime » …).

Entre les deux tours de la présidentielle, les « insoumis » ont connu des jours difficiles car, pour la première fois, le Programme incarné ne leur a pas donné la ligne et leur a intimé l'ordre de choisir. Fonctionnant selon les mécanismes qu'ils avaient assimilés pendant la campagne, ils ont alors commencé à se diaboliser les uns les autres : traîtres qui voulaient voter Macron, collabos qui voulaient s'abstenir, sans oublier les plus sulfureux, peu dénoncés par les autres – les adeptes, relativement nombreux parmi les « insoumis » de réseaux sociaux, du vote « révolutionnaire » pour Marine Le Pen.

Mais ce moment fut bref : la cohésion autour de la figure du Chef et contre l'Ennemi s'est refaite pour les législatives. Mais cette fois-ci l'Ennemi, c'est très souvent « le PCF » à son tour fétichisé, et plus généralement toute la gauche, y compris les syndicalistes, perçus comme les obstacles empêchant le triomphe électoral des adeptes du Phi, triomphe qui, sans les complots ourdis par l'oligarchie et ses pseudopodes que sont « le PS » et maintenant « le PCF » et en général « les partis », aurait dû advenir.

Cette effroyable régression intellectuelle, morale et politique a naturellement des causes profondes qui dépassent largement J.L. Mélenchon, que je tenterai de comprendre à la fin de cet article. Mais revenons à cette étape, de façon à éclairer ce qui vient d'être résumé, sur les moments du développement des « insoumis » en tant qu'organisation.

Le premier cercle.

Au départ, disions-nous, l'idéologie est en place, le chef est là, tout procède d'en haut, et une équipe réduite opère autour et sous l'égide du chef. Cette équipe est la même qui manageait le PG, qu'il s'agit maintenant d'intégrer à la FI et, en fait, de mettre entre parenthèses et de liquider.

Le principal à avoir une existence oratoire en dehors du chef, et bien entendu à des lieux en dessous de la sphère dans laquelle plane celui-ci, mais qui peut en être le médiateur vers les simples « gens », est Alexis Corbière.

Il faut noter le rôle spécifique joué par Georges Kuzmanovic, officier de réserve de l'armée française, passant pour spécialiste géopolitique : la reprise des orientations de Poutine du point de vue de la « grandeur de la France », le verrouillage d'une orientation de haine contre les Ukrainiens - ces « nazis » - et contre les insurgés syriens – ces « islamistes »- dont la solidarité active de la FI avec les principales forces capitalistes et répressives qui au moment présent, massacrent et torturent des prolétaires à proximité de l'Europe, lui doivent beaucoup.

Mais le plus intéressant dans cette équipe réduite, noyau non élu, sélectionné par cooptation implicite sur la base des rapports, vécus comme amicaux, avec le chef, est Sophia Chikirou. Son principal engagement politique antérieur était la « Gauche moderne » de J.M. Bockel, une organisation sarkozyste. Ce qui est naturellement son droit, mais indique une faculté d'adaptation propre aux milieux de la com' - ceux-là même que l'insoumis de base est invité à conspuer dans les figures de l'oligarchie, mais à imiter pour les dépasser dans la pratique non-politique du « mouvement » des « gens ». Coach et conseillère en com' du chef, S. Chikirou serait à l'origine de quelques éléments clefs : le quinoa – mais oui, le quinoa est un élément clef : il humanise le chef, en signalant qu'il dispose, en vraie incarnation qu'il est, d'un tube digestif ; il signale sa sensibilité aux goûts et aux couleurs tout en envoyant un signal écologiste de parfum latino aux effluves de pachamama, graine féminine et matricielle nichée dans le tube digestif du surmoi paternel incarné – ; et le Phi, la lettre grecque qui n'a pas été choisie pour son symbolisme philosophique, mais comme symbole de l'Harmonie, l'harmonie entre les classes lorsqu'adviendront les « jours heureux » et que l'oligarchie et ses différentes figures et pseudopodes auront été éradiqués. Le symbolisme tricolore ne pouvait suffire, car il n'est pas propre aux « insoumis » : il fallait un grigri symbolique original, et Phi c'est comme FI, France insoumise, ce qui relie le Phi à la France et donc au tricolore. L'expression la plus pure de cette rhétorique voulue et pensée comme une publicité, est l'affiche sur fond violet – rappelant vaguement le rouge mais le supplantant - avec un grand Phi, et trois mots : « France insoumise » et « Mélenchon ». Table rase est faite, et sur cette table rase, le symbole vide, l'affirmation du « mouvement » pur des « gens » sans attaches partidaires, rassemblés par le nom du chef.

Le développement du mouvement : la parenthèse des manifs.

Lancé début 2016, ce mouvement va agréger progressivement quelques 100.000 individus inscrits sur Internet, sur la seule base initiale de l'appel à la candidature Mélenchon aux présidentielles de 2017, sans qu'il leur soit demandé de cotiser ni de s'organiser, mais éventuellement de constituer des « groupes d'appui », les premiers d'entre eux procédant du PG.

C'est alors que survient le mouvement contre la loi El Khomri. On doit bien noter que celui-ci n'était absolument pas prévu dans le schéma de la « France insoumise » dont le regard était d'emblée fixé sur la seule ligne bleu horizon de l'élection présidentielle. L'ouverture de la crise du régime de la V° République par une grève totale de quelques jours n'était pas dans les tuyaux pour lui. En même temps, nombre de syndicalistes mobilisés étaient favorables à J.L. Mélenchon sur la base des souvenirs de la campagne de 2012. Les grands cortèges syndicaux du printemps et du début de l'été 2016 furent donc l'occasion de coller massivement sur leurs parcours l'autocollant « JLM 2017 », seule perspective pour le mouvement social, excluant qu'il débouche par lui-même. Remarquons au passage l'évolution vers le logo et le style de la pub : le militant de 2012 soutenait la candidature de Jean-Luc Mélenchon à l'élection présidentielle ; l'insoumis de 2016-2017 appuiera « JLM2017 » : ce n'est pas exactement la même chose.

Le développement du mouvement : les réseaux sociaux.

A l'automne 2016, il n'y a pas encore de phénomène massif de regroupement d'« insoumis ». De fait le terrain sur lequel les membres du mouvement, surtout les plus jeunes, se rôdent, est Facebook, dont le rôle n'est nullement accessoire et pourrait au contraire fournir un passionnant terrain d'étude.

C'est là qu'en meute, les « insoumis » s'épaulent et s'émulent entre eux à celui qui chantera le plus fort « JLM2017 », prennent conscience les uns des autres, se sentent une force, se dotent des représentations de l'ennemi. Le mécanisme Mouffe-Laclau - identification à une figure, unification par opposition à l'ennemi – fonctionne là de manière chimiquement pure, quasi expérimentale. Sauf que l'ennemi n'est pas l'oligarchie en général, mais ceux que les insoumis côtoient sur les réseaux sociaux en raison d'une opposition commune, justement, à ladite oligarchie : les réseaux de followers ne les mettent pas en contact avec des banquiers, mais plutôt avec celui qui, comme eux, combat la finance et la politique des gouvernements de Hollande, mais qui ne les rejoint pas. Voilà donc l'Adversaire, car son attitude ne saurait être expliquée par ses idées, son parcours et des prises de position, mais pas une sournoise complicité avec l'Ennemi « socialiste » et oligarchique.

Gérard Filoche a offert une magnifique cible de ce type : à la fois fidèle au PS, peu sympathique à « JLM » et réciproquement, de toutes les manifs contre la loi El Khomri et principal déconstructeur de la politique antisociale des gouvernements Hollande, réagissant parfois de manière sanguine, il fut la victime d'un véritable rituel initiatique, rituel assumant la fonction du bizutage et du dépucelage pour le jeune « insoumis » : l'injure faite à Filoche sur Facebook, très rapidement non politique mais personnelle et corporelle, a joué pour des centaines d' « insoumis » le rôle de l'initiation l'incorporant au groupe des pairs, à la meute.

Dans la même période se systématisent les éléments de langage que l'« insoumis » reproduit inlassablement en croyant parler par lui-même. « Tambouille » et« carabistouille » des partis, « on est pas des poissons rouges », « gauche castor » (celle qui fait barrage : ce thème sera, à vrai dire, un peu plus tardif), et celui qui pense autrement, justement ne pense pas, mais fait du « JLM bashing », il est mû par cette maladie que serait le fait de ne pas aimer « JLM », et d'ailleurs, comme on a pu le voir ça et là dans certains messages, la « marque du fascisme », c'est quand les ennemis font exprès d'écrire « Mélanchon » au lieu de « Mélenchon » (gare aux fautes de frappe ! ).

Bien entendu, tous ne se comportent pas de manière aussi stupide : on trouve des « insoumis » pour ne pas tomber dans ces tics et éléments de langage, pour avoir une distance critique envers eux, et on les trouve, à vrai dire, à peu près exclusivement parmi celles et ceux qui ont un passé, politique, intellectuel, organisationnel. Mais ils cautionnent ou contemplent avec un attendrissement un peu inquiet ces développements, qui sont majoritaires et représentent le cœur, la doxa, le background, de la mentalité « insoumise ».

Il faut aussi préciser que cette mentalité, que se vit comme « jeune », n'est pas forcément le fait de jeunes réels. Ces derniers - les adolescents ou jeunes étudiants et lycéens - ne constituent nullement le gros des troupes, qui ont la trentaine ou la quarantaine, mais qui se vivent comme « jeunes » par rapport aux militants des « vieux partis » qu'elles côtoient ou rencontrent pour la première fois et ressentent comme des obstacles, sauf, et encore, lorsque ceux-ci, débris des expériences des dernières décennies, anciens communistes, socialistes ou militants d'extrême-gauche, forment leurs propres « groupes d'appui », qui sont alors des groupes de retraités. Le « jeune insoumis » se vit comme « jeune » dans la mesure où il se pense « vierge de tout engagement politique ou syndical », et l'on verra des septuagénaires dénoncer ces « vieux » qui ont toujours été dans « les partis », leurs « tambouilles et leurs carabistouilles ».

Alors que la grande séance d'échauffement sur Facebook avait largement commencé, survint un test d'orthodoxie : l'écrasement d'Alep Est, en décembre 2016, par l'aviation russe et, au sol, par l'armée de Bachar el Assad et les milices du Hezbollah, a suscité une horreur et une interrogation massives dans les couches sociales et électorales de la gauche en France. L'interrogation portait sur l'absence de mobilisation en défense des Syriens, et ne pouvait que s'adresser particulièrement à la première figure considérée comme à gauche du PS, J.L. Mélenchon, notoirement partisan de l'action russe en Syrie et amalgamant les résistants d'Alep aux « assassins de Charlie Hebdo ». Analyser, comprendre ces événements, et ces prises de positions contre le peuple syrien, demandait un gros effort que les « insoumis » décidèrent, spontanément, de ne pas faire, puisqu'il était douloureux d'admettre que sur ce sujet (et, du coup, sur pas mal d'autres …) leur idole se situait dans le camp qui aurait été, des années auparavant, celui des Pinochet et des tortionnaires.

Ceci devait être nié et inversé : les éléments de langage diffusés et répétés en boucle s'intensifièrent donc, chantant que, décidément, ceux qui n'aiment pas « JLM » ne reculent devant aucune « bassesse » et osent le traiter de complice d'un dictateur alors que cet homme de paix qui veut la paix entre les hommes dit pourtant à qui veut l'entendre qu'un bombardement, c'est très dur, très vilain et très triste : comment, alors, peut-on avoir la « bassesse » - mot-clef- de critiquer « JLM » ? Cela ne peut s'expliquer que par la présence du Mal radical et intrinsèque niché dans les entrailles de celui qui ose critiquer. Les « insoumis » passèrent leur test d'orthodoxie : ils mûrissaient pour d'autres épreuves …

L'épreuve des primaires du PS.

Lesquelles n'allaient pas tarder. La candidature aux présidentielles de J.L. Mélenchon avait été pensée dans un cadre conforme aux institutions, où les autres candidats les plus probables se seraient appelés Hollande et Sarkozy. On sait qu'il n'en fut rien, bien que J.L. Mélenchon ait insisté à plusieurs reprises sur le fait que le président de la République devait se présenter. L'imprévu survint, de ce point de vue, surtout lorsque la primaire du PS vit une défaite du gouvernement et de la direction du PS avec l'investiture de Benoît Hamon, environ 1,2 million de personnes ayant voté pour lui le 29 janvier 2017, dont pas mal d'électeurs de J.L. Mélenchon et certains « insoumis ». Ce dernier avait alors, s'il s'était placé dans une perspective « classique » visant à accéder au pouvoir en s'appuyant sur le mouvement social, une excellente marge de manœuvre. En prenant l'initiative de l'unité, il pouvait imposer celle-ci, en être le bénéficiaire, c'est-à-dire le candidat, et être élu.

Tout au contraire, il fit le choix d'exiger du candidat du PS investi contre les sommets du PS qu'il se rallie à son « programme » : c'est alors que, dans les éléments de langage « insoumis », « unité » (mot déjà détesté par les plus exaltés d'entre eux qui, sur les réseaux sociaux, l'écrivent « unitay » et l'assimilent à la trahison) fut amalgamé à « ralliement au programme de la France insoumise ». Benoît Hamon n'avait qu'à se rallier au « programme » dont la fétichisation s'intensifia – un programme rédigé par quelques uns, moyennant une convention automnale avec quelques « insoumis » tirés au sort et des contributions sur le net. Dans la réalité, l'importance du « programme » de la FI est inversement proportionnelle à l'invocation fétichiste et rituelle de celui-ci. De fait, l'argument du « programme » servit alors à convaincre l'insoumis de base de la mauvaise volonté de B. Hamon, alors qu'il ne s'agissait que d'un paravent : J.L. Mélenchon disposait du rapport de force qui lui aurait permis d'imposer l'unité à son avantage, mais ceci aurait fait de lui, non plus le candidat de la « France insoumise » sur les bases populistes et inter-classistes de celle-ci, mais le candidat de l'unité pour rompre avec la politique de Hollande, abroger la loi El Khomri, et barrer la route à Macron, Fillon et Le Pen. Il aurait alors été élu. Mais il n'en voulait pas.

L'épreuve de l'espoir.

Cela, bien que son capital électoral vienne précisément de ce que la grande majorité de ses électeurs, qui ne sont pas des « insoumis », sans compter d'ailleurs pas mal d'« insoumis » qui n'ont pas fait la distinction, le considèrent comme le candidat de l'unité de la « vraie gauche ». Tactiquement, son attitude envers la candidature Hamon visait à étendre le champ politique de la FI par la destruction du PS, dont l'essentiel de la base électorale devait revenir à Macron : une sorte de partage Mélenchon/Macron. Mais lorsqu'il s'avéra que le dynamitage de la candidature Hamon par le gouvernement et par la tête du PS fonctionnait très bien, Mélenchon apparut comme le « vote utile » de gauche. Les couches sociales qui s'étaient mobilisées contre la loi El Khomri se portèrent sur sa candidature. Il est important de saisir l'autonomie relative de ce processus, essentiellement indépendant de son discours « France insoumise » et de l'orientation de celle-ci, contrairement à ce qu'ils se sont imaginés.

Pendant une semaine ou deux, l'éventualité d'une présence de J.L. Mélenchon au second tour apparut comme une possibilité réelle. Malgré la division à gauche, le cadre initial de la « France insoumise », qui était celui d'une sorte de ligue se partageant les dépouilles du PS avec « En Marche », semblait pouvoir être dépassé par le mouvement propre de l'électorat, cherchant à surmonter la division en se centralisant sur le seul candidat ayant des chances de « passer ». J.L. Mélenchon envisagea alors sérieusement ce qui n'avait pas été, jusque là, l'objectif - devenir président de la V°République. Le fameux « programme de la France insoumise » était alors susceptible de toutes les modifications dans les discours du chef. Dans sa dernière intervention télévisée, à la veille du premier tour, il annonçait qu'il utiliserait à plein toutes les institutions de la V° République, par un gouvernement resserré et des ministres-commissaires. La « constituante » imaginée par les adhérents comme devant rapidement ouvrir la voie à un autre régime plus démocratique, devait en fait être octroyée par le président, en partie tirée au sort, et cantonnée à l'écriture d'une constitution déjà pré-rédigée ou presque : tout le contraire d'une constituante souveraine, démocratique. J.L. Mélenchon se préparait au rôle de Bonaparte.

D'où la déception véritable du soir du 23 avril. Le résultat était en fait logique, les 19,5% étaient en eux-mêmes un score considérable indiquant que la victoire, par une politique unitaire s'appuyant sur le mouvement ouvrier et la gauche revivifiée, rompant avec les années Hollande, aurait de la sorte été acquise, assurée. Par la politique inverse, voulant rompre non pas tant avec les années Hollande – comme le pensent les adhérents - qu'avec le mouvement ouvrier et la « gauche » en général, elle fut interdite.

Ce soir là, un J.L. Mélenchon souriant, assumant un score remarquable, appelant à déferler dans la rue le 1° mai, à battre Marine Le Pen le 7 mai et Macron aux législatives, aurait encore eu tous les moyens politiques, par le capital de confiance dont il disposait encore, de donner une perspective allant de l'avant aux forces qui s'étaient mobilisées pour lui, et au delà. Comme on le sait ce fut tout le contraire : le J.L. Mélenchon télévisuel de ce soir là fut digne de Léonide Brejnev un 1° mai sur la Place rouge dans ses dernière années.

Complotisme et confusionnisme.

Pour les « insoumis », le schéma explicatif des événements, après la fétichisation du « programme », se verrouillait ainsi : Hamon a été une fabrication du grand manipulateur Hollande pour que Macron soit devant Mélenchon (l'autonomie du mouvement qui a battu Valls aux primaires du PS n'existe pas, ou n'a été qu'une manipulation). La théorie du complot à la place des rapports de forces sociaux et politiques s'impose comme explication passe-partout. D'ailleurs, beaucoup croient au trucage électoral le 23 avril, croyance que J.L. Mélenchon lui-même a délibérément stimulée. Calquant ce qui s'était passé lors du second tour Chirac/Le Pen 15 ans plus tôt, la théorie du complot sert aussi à décrire le second tour, où Marine Le Pen n'est appréhendée que comme une fabrication du « système » pour faire élire Macron.

En l'absence de toute perspective politique visant à aboutir à la défaite de celui-ci aux législatives, le choix du second tour, comme je l'ai évoqué plus haut, donna lieu à des déchirements entre « insoumis », d'autant que la frange de ceux-ci qui penche pour le vote Le Pen, exclu de leur « consultation », n'est pas négligeable. Les sondages d'entre les deux tours donnaient de 17 à 20% d'électeurs Mélenchon du 1° tour penchant pour Le Pen au second. Selon les sondages de sortie des urnes le 7 mai, ils ne furent heureusement que 7%. Ce décalage s'explique probablement par le fait que la base électorale, les 19,5% du 23 avril, relève très majoritairement de la « gauche » et du mouvement ouvrier classiques, plus des jeunes inscrits sur les listes électorales depuis 2012, et n'a comporté que fort peu d'électeurs FN qu'aurait attiré la rhétorique nationale de la « France insoumise ». Par contre, si l'on « monte » dans celle-ci, on trouve de plus en plus d'éléments nourris par ces thèmes, se voulant « anti-système » et s'abreuvant au complotisme sur le net. Donc, peu d'électeurs FN auraient été véritablement captés par la ligne « France insoumise » au premier tour, mais par contre la confusion politique aurait été nourrie par elle dans ses propres rangs.

La « consultation » des « insoumis » entre les deux tours permit, en outre, de mesurer la dimension effectivement prise par le mouvement. Sur pas loin de 500.000 adhérents revendiqués, c'est-à-dire ayant simplement cliqué leur soutien à J.L. Mélenchon sur internet, 243.128 ont voté (dont 65% pour le vote blanc ou le non-vote). La réalité « militante » effective correspondant à ceci consiste dans quelques dizaines de milliers de participants actifs, qui vont ensuite se mobiliser pour les législatives.

Structuré par une vision de plus en plus complotiste – si nous n'avons pas été au second tour c'est en raison de la machination « Hamon », nous sommes des victimes, les « médias » nous en veulent à mort, etc. - la vision du monde « insoumise » repose en outre sur l'appropriation totale, sous la forme la plus naïve qui soit, de la dynamique de la campagne Mélenchon en général : à la limite, « l'insoumis » pense que c'est lui qui a fait 19,5 % des voix et qu'il y a 7 millions d' « insoumis » dans le pays, lesquels vont forcément, de manière d'ailleurs amplifiée, se porter sur lui aux législatives.

Les législatives, ou le mythe contre la réalité.

Dans le vrai monde, l'affirmation unilatérale et l'exigence de ralliement inconditionnel au « programme » (toujours le programme présidentiel bien qu'on en soit aux législatives) de la FI ont une fonction réelle prépondérante et une seule : faire battre les candidatures issues du PS ou du PCF qui s'opposent réellement à Macron et à la casse du code du travail. C'est mathématique : plus le score de la FI sera haut, plus Macron aura une majorité. Croire que le vote FI représente, et même qu'il serait le seul à représenter, l'opposition à Macron, à la loi Travail, à la casse du code du travail, et l'aspiration démocratique à une autre république, peut se comprendre, mais constitue dans cette situation une inversion idéologique chimiquement pure : le vote FI n'aboutira pas forcément à un groupe parlementaire FI, mais sans aucun doute à un maximum d'élu macronistes.

Dans le projet politique réel de J.L. Mélenchon, l'éradication des partis issus du mouvement ouvrier reste l'alpha et l'oméga et cette éradication s'opère de facto en complémentarité avec Macron. La synthèse des héritages bureaucratiques du mouvement ouvrier (Mitterrand, Marchais, Lambert !) se retrouve au fond encore ici, car le rôle de protection du régime, en l'occurrence de garde-flanc de la tentative de rénovation de la V° République par Macron, qui fut longtemps principalement celui des vieux partis bureaucratiques, est à présent largement passé, de manière instable, à la FI.

De manière instable, car la cristallisation d'une organisation agissant sur le terrain ne s'est véritablement opérée qu'avec les législatives et que le gouffre est tel entre l'espoir et le désir, et le rôle réel joué par celle-ci, que les lendemains qui déchantent ont souvent d'ores et déjà commencé. Tentons maintenant de faire le point sur la nature de cette organisation et donc sur son devenir possible.

Caractéristiques générales du mouvement.

Nous pouvons la caractériser à partir de trois points.

Sa forme est verticale. Le comique est donc dans la proclamation répétée de« l'horizontalité ». Cette horizontalité est réelle entre adhérents : elle signifie le moins de structures possibles. Pas de mandats, pas de statuts, pas de courants – pas de démocratie organisée. Cette « horizontalité » est donc la garantie de la parfaite et radicale verticalité de l'organisation : un chef suprême charismatique, un petit aréopage de portes-paroles, une piétaille « horizontale » où personne, certes, n'a d'obligations – car aucun n'a de pouvoir ni donc de droit sur l'organisation.

De son orientation, nous avons déjà dit pas mal de choses. La substance de celle-ci est le populisme tel que défini au début de cet article. Le Programme est un fétiche, qu'il faut brandir mais qu'il n'est pas nécessaire d'avoir lu. Notons un dernier trait, fort important : la vision du monde, les conceptions géopolitiques de la FI n'ont rien de nouveau, et procèdent totalement de la division du monde en camps géostratégiques héritée de la guerre froide, réactualisée par les guerres du golfe, et jouant à plein son rôle réactionnaire avec l'Ukraine et la Syrie. Ce point est important car il nous montre lacontinuité entre héritage stalinien et idéologie populiste. Cette idéologie ne naît pas comme une rénovation, mais elle naît de l'absence ou de l'insuffisance de rénovation des idées et des concepts dans les mouvements émancipateurs -et ceux qui depuis des années combattent pour ce faire ont donc leur part de responsabilité dans la dimension régressive actuelle du phénomène.

Troisième point, la composition sociale du mouvement ou plus exactement la manière dont celui-ci se perçoit, mérite le terme de « petit-bourgeois ». Non pas directement, car la position sociale réelle de la majorité des adhérents est bien entendu le salariat, et souvent le précariat, dont le précariat intellectuel, à l'instar par exemple, en grande partie, de Nuit debout. Ces couches pourraient donc parfaitement rejoindre et dynamiser la lutte collective et l'organisation du salariat, mais l'idéologie ici s'y oppose : nous ne sommes pas des « travailleurs », nous sommes des individus-citoyens atomisés agissant au coup par coup. S'imaginant parfois libertaire, nous avons là une approche de l'action politique littéralement libertarienne : choix d'achat de logo et d'action, sans responsabilité collective, sont ainsi théorisés.

Pourquoi ?

Comment a-t-on pu en arriver là ? Il faut mesurer la durée, de longues années, des déceptions et tâtonnements sans résultats. La « gauche au pouvoir » a mené des politiques de droite. De grands mouvements sociaux et certaines percées politiques ont tenté de dégager des issues, mais n'y sont pas arrivés car ils étaient en dernière instance toujours dominés par l'héritage du XX° siècle, les appareils bureaucratiques des vieilles organisations.

Les mouvements sociaux furent 1995, 2003, 2006, 2010.

Les percées politiques : les 11% des candidats « trotskystes » aux présidentielles de 2002, noyées dans l'union nationale « contre Le Pen » dans les jours qui suivirent ; le Non de gauche au Traité constitutionnel européen et à Chirac en 2005, qui fut victorieux mais sans suite, notamment en raison de la « synthèse » voulue par MM. Fabius et Mélenchon (alors alliés) au PS ; et la campagne Mélenchon de 2012 avec le Front de Gauche.

Aujourd'hui il y a une relative déconnexion entre FI et grands mouvement sociaux, alors qu'après l'échec du mouvement de défense des retraites de 2010, la campagne Mélenchon de 2012 avait pris un caractère social, de quasi manifestations, que nous n'avons pas en 2017 (où les effectifs, de la place de la République à la Canebière, sont à peu près les mêmes, mais dont le caractère est différent). Le bruit de fond de grèves dans des centaines d'entreprises et de services est indépendant des processus politiques directs, et le mouvement contre la loi El Khomri, malgré le fait certain que des milliers de syndicalistes CGT, FO, FSU et Solidaires ont ou avaient a priori une position très favorable à la candidature Mélenchon, a été dans sa première lancée (mars 2016) la recherche d'un nouveau type d'affrontement, distinct des précédents mouvements.

Le phénomène « insoumis », c'est-à-dire le fait que le projet populiste de Mélenchon rompant avec le mouvement ouvrier ait pris jusqu'à un certain point, s'explique par les régressions et les confusions induites par ces échecs successifs, la politique ayant horreur du vide. Il n'y a pas sérieusement lieu de le comparer par exemple à Bernie Sanders, qui, par un apparent paradoxe, est quant à lui plus proche du socialisme historique américain d'Eugène Debs et Fenner Brockway, tout en ayant représenté dans le parti démocrate le début d'explosion du système politique américain, ni à Jeremy Corbyn qui se situe totalement dans le ventre du vrai mouvement ouvrier et du réformisme de gauche, ni même à Syriza, coalition procédant principalement des strates successives du communisme grec. Les comparaisons les plus pertinentes sont Podemos et le Mouvement Cinque Stelle en Italie, tous les deux également pourvus de chefs charismatiques, Pablo Iglesias et Beppe Grillo.

J.L. Mélenchon s'est inspiré de Podemos où l'on retrouve la mode Laclau-Mouffe mais Podemos procède d'un mouvement social et de mobilisations collectives, nationales, régionales et municipales, ce qui s'oppose complètement au schéma de la « France insoumise » et fait, comme on l'a dit, de P. Iglesias un chef charismatique moins puissant (à son grand dam). Le M5S en Italie a parmi ses adhérents un fond idéologique beaucoup moins « à gauche », certes, mais justement parce que la liquidation de la gauche politique a déjà largement eu lieu en Italie. Le M5S ne cherche pas à la réaliser, mais à se jucher sur les décombres. La FI en France a été construite pour détruire le mouvement ouvrier politique, ce qui reste à faire, et qui ne doit pas être confondu avec l'effondrement électoral du PS car le mouvement ouvrier politique c'est un tissu toujours vivant, en large complémentarité d'ailleurs avec les syndicats – et des éléments d'antisyndicalisme, prolongeant l'agressivité contre tout ce qui est « vieux » et fait partie du « système », sont perceptibles dans les rangs « insoumis ».

Si toute cette agressivité cultivée en interne et sur les réseaux sociaux passait dans la vraie vie, avec comme objectif la destruction des « partis » et de leur « tambouille », en raison par exemple d'une sectarisation accrue par des déceptions dans un contexte social de plus en plus tendu, la FI pourrait devenir un foyer possible pour de graves dérives - c'est terrible de dire cela, n'est-ce pas, et cela ne concerne pas forcément la plupart des « insoumis », sans doute, mais c'est une conséquence logique de la place d'un tel mouvement dans les rapports sociaux et politiques au moment présent, une dérive possible, certes non inévitable, dont les racines procèdent de ce que pensent, disent et font les dirigeants de cette organisation.

Il doit être clair que l'héritage organisationnel constitué principalement par le PS et le PCF, en somme, n'est pas à défendre et à préserver en tant que tel et que d'ailleurs il se détruit très bien tout seul. Mais la FI n'est pas la solution à sa crise, elle est le stade suprême de celle-ci. Sa capacité de nuisance va profiter à Macron, mais va échouer contre le mur des réalités sociales. Il est essentiel que, de cet échec dont on peut se risquer à dire, avant même le premier tour des législatives, qu'il a commencé, les leçons soient tirées. Que tous ceux qui ont voulu « les jours heureux » comprennent que le débat démocratique et la lutte sociale sont les seules méthodes pour y parvenir. Que nous reconstituions, au plus vite, des cadres politiques de confrontation et de débat. Leur reconstitution ne se fera pas en se laissant intimider par ce « mouvement », mais en polémiquant ouvertement contre lui. Que la FI ne soit pas le dernier épisode, « la mort et le néant » comme dit son chef en croyant viser ailleurs. Mais l'avant-dernier, avant la démocratie.

VP, les 6-7/06/17.

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14 juin 2017 3 14 /06 /juin /2017 07:21
Proportionnelle, le vieux débat ressurgit (Le Télégramme, 14 juin 2017) - infographie d'une Assemblée en 2017 avec les mêmes résultats et la proportionnelle intégrale

L'écrasante majorité prévue pour La République en Marche, à l'issue des législatives, relance les appels à modifier le mode de scrutin, afin d'y introduire de la proportionnelle, comme s'y est engagé Emmanuel Macron. Une réforme jugée «utile», ce mardi, par le Premier ministre, Édouard Philippe.

 

Avec 32 % des voix au premier tour, La République en Marche pourrait obtenir autour de 75 % des sièges, selon les projections des différents instituts de sondage. À l'inverse, en dépit de ses 13,2 %, le Front national ne semble assuré de gagner qu'une seule circonscription... sur 577 : celle de Marine Le Pen dans le Pas-de-Calais.

La présidente du FN a aussitôt mis en cause le scrutin majoritaire à deux tours, qui empêche, selon elle, « une représentation digne de ce nom ». Même revendication à La France insoumise où Clémentine Autain juge que la proportionnelle aurait permis au bloc LFI-PCF, fort de ses 13,7 %, d'avoir « des dizaines de députés » au lieu des 10 à 23 prévus.

À vote constant, si on appliquait la proportionnelle intégrale, le bloc LREM-MoDem n'aurait qu'environ 200 sièges, loin de la majorité absolue des 289, contre environ 70 pour le FN comme pour LFI-PCF ou le PS et ses alliés. Entre les deux, avec 50 % des élus à la proportionnelle, l'Exécutif aurait une majorité absolue dans une Assemblée un peu plus représentative.

Certes, les critiques de la part des « petits partis » contre l'effet amplificateur du scrutin majoritaire se répètent à chaque élection. Mais, pour le constitutionnaliste Dominique Rousseau, la proportionnelle « s'impose plus que jamais parce que le résultat de dimanche donne une image complètement déformée de la réalité, comme si la France était uniquement macronienne ».

 

Sarkozy et Hollande l'avaient promise...

 

Nicolas Sarkozy, comme François Hollande, avaient promis une dose de proportionnelle, mais sans respecter leurs engagements. « Les deux grands partis ne l'ont pas fait car ils étaient les bénéficiaires du scrutin majoritaire », selon Dominique Rousseau, la droite gaulliste étant particulièrement hostile à une remise en cause de ce qu'elle considère comme le socle de la Ve République.

La seule exception fut les législatives de 1986, quand François Mitterrand avait choisi la proportionnelle intégrale pour limiter la victoire annoncée de la droite, quitte à faire entrer 35 députés FN à l'Assemblée.

« Le mode de scrutin est utilisé en fonction des objectifs politiques que l'on veut atteindre », rappelait, en 2015, l'historien Jean-Claude Casanova, qui, lors des sessions du groupe de travail sur l'avenir des institutions, avait souligné que la stabilité de la Ve République était davantage liée aux pouvoirs de l'Exécutif sur le législatif - dissolution, 49-3, etc. - qu'au mode de scrutin lui-même.

Quelle dose ?

 

Avant son élection, le Président s'était dit favorable à la proportionnelle « de manière dosée », qui serait votée, d'ici à la fin de l'année, en même temps qu'une autre réforme, celle de la baisse d'un tiers du nombre de parlementaires. « La dose de proportionnelle est un débat qui va s'ouvrir », a assuré, lundi, le porte-parole de La République en Marche, Benjamin Griveaux, sans donner de détails ni sur le calendrier, ni sur les modalités de la réforme. Différentes questions seraient à résoudre, la plus sensible étant le niveau de la dose à instiller. Hier, le Premier ministre Édouard Philippe a déclaré, sur Franceinfo, qu'il est « utile qu'une dose de proportionnelle soit introduite à l'Assemblée nationale ». Tout en confirmant qu'il y a bien « un sujet sur la dose ».


© Le Télégrammehttp://www.letelegramme.fr/france/proportionnelle-le-vieux-debat-ressurgit-14-06-2017-11554338.php#LUhxvmmgLUBxmPOO.99

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12 juin 2017 1 12 /06 /juin /2017 20:37
Après la désillusion électorale, la lutte pour résister à la politique bulldozer de Macron?
Après la désillusion électorale, la lutte pour résister à la politique bulldozer de Macron?

PLUS UNE MINUTE À PERDRE, LE 19 JUIN TOU.TES DANS LA RUE CONTRE MACRON ET SES ORDONNANCES !

https://www.facebook.com/events/166219467241273/

::: LISTE DES PREMIERS RASSEMBLEMENTS :
• Paris : 18h devant l'Assemblée nationale
• Bordeaux : 18h place de la Victoire
• St Nazaire : 18h30 place de l'Amérique latine
• Lille : 18h place de la République
• Grenoble : 18h - lieu à venir
• Marseille : 18h aux Mobiles sur La Canebière 
• Lisieux : 18h place Mitterrand
• Avignon : 18h Cours Jean Jaurès
• Nancy : 18h - lieu à venir
• Perpignan : 18h Place de la Victoire
• Lyon : 18h Hôtel de Ville vers place Carnot
• Rouen : 18h au théâtre des Arts
• Strasbourg : 18h Place Kléber
• Le Mans : 18h Place de la République
• Gap : 19h Place Saint-Arnoux

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12 juin 2017 1 12 /06 /juin /2017 20:17

Les budgets des Ehpad publics amputés de 200 millions

MERCREDI, 7 JUIN, 2017
L'HUMANITÉ
Les établissements de retraites publics victimes de politiques d'austérité budgétaires. (Photos AFP)
Les établissements de retraites publics victimes de politiques d'austérité budgétaires. (Photos AFP)

La réforme de la tarification des maisons de retraite, adoptée par le précédent gouvernement, a un goût amer pour les établissements publics et associatifs d’hébergement pour les personnes âgées dépendantes (Ehpad).

La réforme de la tarification des maisons de retraite, adoptée par le précédent gouvernement, a un goût amer pour les établissements publics et associatifs d’hébergement pour les personnes âgées dépendantes (Ehpad). Dans une situation économique déjà très tendue, leurs budgets vont fondre de 200 millions d’euros selon la Fédération hospitalière de France (FHF), qui s’inquiète du sort des 3 250 établissements du secteur. Jusqu’alors fixée dans des négociations avec les conseils départementaux en fonction des particularités des établissements, la tarification des soins fera désormais l’objet d’une moyenne départementale. « Mais au détriment des établissements publics, explique Romain Gizolme, responsable de l’association des directeurs de maison de retraite et services à domicile (AD-PA). Leurs dotations étaient légèrement supérieures à celles des Ehpad commerciaux pour compenser la liberté des prix d’hébergement utilisée comme variable d’ajustement budgétaire par les établissements privés. » L’AD-PA a demandé un rendez-vous au premier ministre « puisqu’il n’y a ni ministre ni secrétaire d’État aux Personnes âgées ». Et exige l’abrogation du décret, déplorant « sa logique d’alignement à la baisse ». La Fédération hospitalière demande, elle, un moratoire au nouveau gouvernement. S. D.

Journaliste
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12 juin 2017 1 12 /06 /juin /2017 20:11

Législatives. Les communistes pâtissent des divisions à gauche

JULIA HAMLAOUI
LUNDI, 12 JUIN, 2017
L'HUMANITÉ
Pierre Dharrévile (PCF) est arrivé en tête dimanche soir avec 29,31% des voix, devant la candidate d'En Marche!, Magali Sirerols qui en obtient 23,95%. Photo : Pierre Pytkowicz
Pierre Dharrévile (PCF) est arrivé en tête dimanche soir avec 29,31% des voix, devant la candidate d'En Marche!, Magali Sirerols qui en obtient 23,95%. Photo : Pierre Pytkowicz

Premier tour. Les estimations disponibles hier soir attribuaient 3 % au Parti communiste. Un score national qui cache de fortes disparités sur le territoire.

Pendant les cinq semaines de campagne, le PCF a martelé son objectif : faire élire un maximum de députés pour opposer à la casse sociale et démocratique programmée par le président la République un programme de conquête de droits nouveaux. Hier soir, à l’heure où ces lignes étaient écrites, les estimations disponibles lui attribuaient un score national de 3 %, correspondant à une projection de 11 à 21 sièges pour le PCF et FI (contre 6,9 % au premier tour en 2012 pour un Front de gauche uni qui était alors en capacité de se maintenir dans 19 circonscriptions). Ces résultats sont à prendre avec précaution puisqu’ils peuvent recouvrir de fortes disparités et que le PCF n’a présenté ou soutenu de candidats que sur 524 des 577 circonscriptions. « Les forces qui ont soutenu Jean-Luc Mélenchon se sont retrouvées en concurrence à la suite des décisions de la direction de la France insoumise. Elles en subissent toutes ce soir les conséquences. C’est aussi le cas du Parti communiste, dont le résultat national est historiquement bas », a réagi, hier, Pierre Laurent, le secrétaire national du PCF.

Les résultats locaux n’étaient pas encore tous disponibles à l’heure de notre bouclage. Néanmoins, dans la plupart des circonscriptions de ses sept députés sortants, le PCF était en passe de parvenir à défendre ses couleurs : Pierre Dharréville (Bouches-du-Rhône, 29,31 %, devant REM), André Chassaigne (Puy-de-Dôme, 34,85 %, devant REM), Nicolas Sansu (Cher, avec 24,4 %, derrière le Modem), Fabien Roussel (Nord, 23,61 %, devant le FN), Alain Bruneel (Nord, 20,45 %, derrière le FN), Marie-George Buffet (Seine-Saint-Denis, 32,8 %, devant REM) se sont qualifiés. En revanche, Patrice Carvalho (Oise, 18,86 %) est éliminé. À ces circonscriptions s’ajoutent les trois dont les députés sortants sont membres du Front de gauche. Charles Beauchamp (Nord) et Zahra Boudjemaï (Hauts-de-Seine), qui avaient à faire face à un candidat FI, n’auraient pas passé le premier tour. Clémentine Autain (Seine-Saint-Denis), soutenue par le PCF et FI, l’aurait, elle, franchi avec succès.

Au-delà de la reconduction des sortants, le PCF visait aussi la reconquête de sièges emportés par la vague rose en 2012. Avec de premiers résultats encourageants. En Seine-Maritime, Jean-Paul Lecoq était en tête hier soir (25,6 %) devant REM. Avec 22,82 %, Sébastien Jumel s’est également qualifié. En Seine-Saint-Denis, Stéphane Peu, également soutenu par FI, serait passé devant le député sortant Mathieu Hanotin. Dans les Hauts-de-Seine, Yasmine Boudjenah et Elsa Faucillon seraient également au second tour.

Au total, Pierre Laurent, le secrétaire national du PCF, espérait pendant la campagne obtenir « une vingtaine de députés ». Mais, à l’issue de la présidentielle, le défi pour les communistes de voir siéger à l’Assemblée nationale davantage d’élus s’est compliqué du fait des relations tendues avec la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon, pour qui il avait appelé à voter le 23 avril. Après le refus de la FI d’un accord national en dehors de sa propre bannière, un accord plus restreint de désistements réciproques dans des circonscriptions clés a également échoué. Dans nombre d’entre elles, candidats FI et PCF se faisaient donc face hier, au risque de s’autoéliminer d’un possible second tour. Comme, selon les résultats disponibles, dans la Loire pour Christophe Faverjon, ou David Queiros en Isère. Dans ce contexte, au-delà d’une étiquette nationale, le PCF a fait le pari de candidatures de rassemblement et implantées localement. « Les candidats communistes-Front de gauche que nous présentons dessinent le visage de la France du monde du travail, du privé comme du public, de syndicalistes et de citoyens engagés dans leur territoire », souligne Pierre Laurent. Parmi ceux sur lesquels le PCF fondait le plus d’espoir, Jean-Paul Dufrègne (22,66 %) dans l’Allier, Hubert Wulfranc (27,08 %) en Seine-Maritime se qualifiaient derrière REM. En Haute-Vienne, les nouvelles étaient bonnes avec la qualification de Pierre Allard. Des duels PCF-FI sont plus qu’improbables au second tour, cette nouvelle semaine de campagne pourrait donc s’ouvrir sur une note de rassemblement. « L’urgence, a estimé Pierre Laurent, est avant tout à la mobilisation pour relever le défi du second tour, face aux candidats de Macron, des “Républicains” et du FN, pour faire élire les candidats de gauche encore en lice. »

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12 juin 2017 1 12 /06 /juin /2017 19:54
Paroles de communistes après le 1er tour des élections législatives

Robert Clément, ancien président communiste du Conseil Départemental de Seine St Denis

Une crise démocratique aussi violente qu’inédite ! 95% des sièges de députés occupés par les candidats de la droite, LREM , RÉPUBLICAINS et MODEM réunis ! Une gauche en lambeaux, dont la division se paie très cher ! Une casse sociale et démocratique programmée ! Tout cela importe peu, les dirigeants de la « France Insoumise » sont satisfaits. « Ils ont réussi le défi de leur implantation locale ». Leurs candidats n’ont pas souffert de la division avec le Parti communiste ». Selon le porte parole de la FI, dans la campagne présidentielle ‘’Trois forces politiques existeraient aujourd’hui’’ : « L’extrême finance, l’extrême droite et la France Insoumise ». Au lendemain de cette triste soirée électorale, la pensée des communistes va vers les femmes, les hommes, les jeunes qui auraient à souffrir de toutes les régressions sociales.

Ils appellent au rassemblement et à la mobilisation la plus large pour faire élire les candidats communistes, présents au second tour. Ils s'opposeront avec force et détermination à la politique anti-sociale d'Emmanuel Macron, qui participeront à toutes les mobilisations sociales et politiques pour reconstruire un espoir et une perspective de gauche pour la France.
Vous pouvez compter sur ces femmes et ces hommes pour faire entendre vos attentes et vos luttes à l'Assemblée nationale.

 

Fréderic Scibor, secrétaire de section PCF à Pau: 

Aujourd'hui un seul personnage est heureux : Mélenchon : "Cela faisait bien longtemps que l’on n’avait pas vu Jean-Luc Mélenchon de si bonne humeur. Dimanche 11 juin, aux Docks du Sud, la salle marseillaise réservée pour cette soirée du premier tour des législatives, le chef de file de La France insoumise est sur un petit nuage." dixit le Monde.

Voilà. Il y a un tas de cendre et il pense pouvoir en être au sommet. Il est heureux.

 

Communiqué de Jean-François Téaldi candidat PCF/FG 2e tour 6e circonscription Alpes Maritimes:

Le résultat de la gauche radicale est catastrophique dans cette 6e circonscription des Alpes-Maritimes. 
Les 3006 voix portées sur notre candidature et celle de la France insoumise marquent un recul de 4500 voix par rapport au score de Mélenchon à la présidentielle. 
Le parachutage d'une candidate FI contre un conseiller municipal de terrain en phase avec les luttes, a empéché de créer une dynamique qui aurait surement permis de retrouver voire d'amplifier les 12% obtenus par Mélenchon. 
La seule bonne nouvelle est l'élimination du candidat du Front National.

Pour le second tour devant le risque de voir Macron disposer d'une majorité écrasante à l'Assemblée Nationale et d'avoir ainsi les mains libres pour mettre en œuvre sa politique libérale, sa politique anti-sociale et en premier lieu de casser le code du travail par ordonnances dès cet été, j'appelle à faire barrage à la candidate d'En Marche. 
Nous serons dans la rue dès le 19 juin aux côtés des syndicats qui appellent à manifester contre la casse du code du travail.
L'heure est à la mobilisation sociale et politique pour reconstruire un espoir et une perspective de gauche en France.

Ancien responsable de la CGT de l'audiovisuel, candidat du PCF dans les Alpes Maritimes

 

Patrice Carvalho, député PCF-Front de Gauche de l'Oise pendant 5 ans battu au premier tour avec un candidat France Insoumise face à lui:   

Je remercie les électrices et les électeurs, qui m’ont accordé leur confiance, ainsi que toutes celles et ceux qui se sont investis dans cette campagne.
Le résultat n’est évidemment pas à la hauteur de leurs attentes, puisque j’arrive en 3e position et suis donc éliminé du second tour.
Le niveau de l’abstention (50%) est le premier élément marquant de ce scrutin. A force de s’entendre dire que M. Macron disposerait d’une écrasante majorité absolue à l’Assemblée nationale, beaucoup d’électeurs ont considéré que les jeux étaient faits et qu’il était inutile de se déplacer ;
Je rassemble 6963 voix, soit 18,9%. A l’évidence, si la « France insoumise » avait opté pour l’union, nous serions au deuxième tour pour affronter la candidate d’« En marche » et nous aurions éliminé le Front National. C’est donc une lourde responsabilité prise par la FI, dont toute la campagne a, par ailleurs, été exclusivement dirigée contre moi.
Nous nous retrouvons donc au second tour à devoir arbitrer entre « En marche » et le FN.
Chaque électeur se déterminera en conscience sur ce qu’il convient de faire.
Nous sommes, en réalité, face à deux impasses.
D’un côté, une candidate, qui ira grossir les rangs d’une majorité parlementaire écrasante aux ordres et dont les Français ne tarderont pas à découvrir la brutalité de la politique libérale qui sera mise en œuvre, de l’autre, un candidat qui se nourrit d’une France fracturée où l’ennemi est le voisin et qui se délecte de la situation à mesure qu’elle se dégrade.
Aucune perspective d’avenir ne surgira ni d’un côté, ni de l’autre. Elle ne viendra que de la mobilisation contre les mesures anti-sociales que le gouvernement s’apprête à prendre.

 

Ian Brossat, adjoint communiste au logement à Paris, candidat battu au premier tour aux élections législatives à Paris:

Nous payons le prix des trahisons de François Hollande et celui de la division. Deux catastrophes qui ont créé de la déception et donc de l’abstention. Le quinquennat désastreux qui s’achève aura créé de lourdes désillusions dans le peuple de gauche, au point que ses composantes réalisent aujourd’hui le score le plus faible de la Ve République. Jean-Luc Mélenchon, fort de sa très belle campagne et de son score du 23 avril, avait le choix : il pouvait tendre la main à Benoît Hamon, Yannick Jadot, Pierre Laurent. Il pouvait être l’architecte de l’unité de la gauche. Nous aurions alors pu faire élire des dizaines de députés pour s’opposer à la casse sociale promise par Emmanuel Macron. Il a fait le choix inverse : celui de la bunkerisation. Lui et ses lieutenants se sont enfermés dans la quête de la pureté, refusant tout compromis. Résultat, par rapport au premier tour de la présidentielle, La France insoumise est le mouvement qui perd le plus de voix, avec 64 % de déperdition. Il faut en tirer toutes les leçons. On ne gagne jamais seul, et encore moins contre tout le monde. (...)  J’ai bon espoir que les députés du PCF et de FI puissent former un groupe pour que la gauche s’exprime à l’Assemblée. C’est essentiel alors que la nouvelle majorité a d’ores et déjà déclaré la guerre aux salariés à travers les ordonnances de réforme du code du travail. Très rapidement, nous jetterons toutes nos forces dans les mobilisations sociales, derrière les syndicats, pour empêcher les régressions en vue. Et nous le ferons tous ensemble. Mais nous devrons aussi reconstruire la gauche dans nos quartiers. Nous avons de grands chantiers devant nous pour redonner de l’espoir. (...).  Il est encore temps de faire le bilan de la division. Aucune des forces qui composent la gauche ne peut prétendre incarner seule une opposition suffisante. Nous devons créer un arc suffisamment fort pour tenir tête à ce rouleau compresseur bleu horizon élu par défaut. Communistes, Insoumis, écologistes, socialistes frondeurs : nous devons privilégier ce qui nous unit plutôt que ce qui nous sépare. Pour recréer l’espoir, l’unité est la seule recette.

Déclaration de Monique Pinçon-Charlot.

« Je remercie vivement toutes celles et ceux qui m’ont accordé leurs suffrages. Je suis bien sûr déçue du résultat mais heureuse d’avoir porté, à travers na candidature à ces élections législatives, la lutte contre les inégalités économiques et sociales induites par la classe des oligarques. Celle-ci va désormais disposer de tous les pouvoirs pour finir de détruire le code du travail, les droits sociaux et les services publics. La victoire des plus riches n’est pas victorieuse, c’est une caricature des institutions de la Ve République qui signe la fin du régime parlementaire au profit d’une monarchie présidentielle en décalage total avec ce qui a été vendu au Français, à savoir la modernité et le changement ! Décidément, comme le disait de Duc d’Elbeuf, c’est avec du vieux qu’on fait du neuf.

Notre combat à Michel et moi continue, soyez assuré-e-s de notre détermination !

Merci encore de votre soutien et à bientôt !

Monique Pinçon-Charlot, le 12 juin 2017 »

 

Déclaration Marie Pierre Vieu et Vincent Ricarrère, candidats Ensemble ! PCF Front de Gauche- 2ème circonscription des Hautes Pyrénées

Au lendemain du 1er tour des législatives, nous tenions à remercier l’ensemble des 2214 électeurs qui nous ont accordé leur suffrage. Nous sommes bien sûr conscients de la faiblesse de notre résultat, qui n’a rien à voir avec le niveau d’engagement qui a été celui des communistes et des militants du Front de Gauche dans cette 2ième circonscription des Hautes Pyrénées.

Il est malheureusement des moments dans l’histoire où quoi que l’on fasse, la démagogie est triomphante et l’absence d’horizon partagé renforce un désarroi qui pousse soit à s’éloigner du vote, soit à se jeter dans les bras du premier-ère venu-e ! Cela vaut bien sûr nationalement comme localement.

Après le premier tour, nous nous heurtons au risque majeur d’avoir une Assemblée Nationale dont 80 % du nombre de sièges reviennent aux candidats d’Emmanuel Macron, voire 90 % avec les députés Les Républicains. Nous en mesurons toutes les conséquences pour la vie démocratique de notre pays ainsi que sur l’amplification des politiques libérales et d'austérité qui vont être menées et nous conduire vers une casse sociale généralisée.

Nous n’accorderons pas dimanche 18 juin nos suffrages aux candidat-e-s d’En Marche ou qui se réclament de la majorité présidentielle !

Dès aujourd’hui nous appelons à combattre la casse du Code du travail par ordonnances, la hausse de la CSG, la diminution drastique du nombre des fonctionnaires, la remise en cause des services publics, comme des moyens des collectivités territoriales, la restriction de nos libertés publiques, l'amplification des politiques de soutien à la finance.

Dès aujourd’hui encore nous appelons à la reconstruction d’une gauche d’opposition à la politique Macron/Philippe dans la diversité et dans le respect de ses cultures, sensibilités et visages. La désunion et les comportements hégémoniques ne doivent pas nous amputer demain de refonder un espoir collectif !

 

Jean-Michel Galano, philosophe communiste, Paris: 

"Parti unique, gouvernement des banques, imbrication du Medef et de l'Etat, état d'urgence permanent. Avec l'approbation de 15% des inscrits. L'abstention : 2/3 des jeunes, 57% des chômeurs, 66% des salariés. Ça va très, très vite craquer ce cirque."

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12 juin 2017 1 12 /06 /juin /2017 10:51
Ismaël Dupont obtient 2,68% sur la 4e circonscription

Ismaël Dupont obtient 2,68% sur la 4e circonscription

Par Ouest France

Ismaël Dupont, candidat pour le Parti Communiste français sur la 4e circonscription, a obtenu 2,68 % des suffrages exprimés. Également secrétaire départemental du parti, il regrette qu'une alliance n'ait pas été formée avec la France Insoumise.

"Le résultat sur la circonscription est forcément une déception, note Ismaël Dupont. Mais on n’est pas abattus, on savait que ce serait difficile." Le candidat communiste sur la 4e circonscription du Finistère, également secrétaire départemental du parti, n’a obtenu que 2,68 % des suffrages exprimés.

"Il y a eu une amplification des dynamiques de la présidentielle, ce qui nous inquiète. Le programme de Macron, on le combat, souligne-t-il. Les résultats sur le département ne sont pas du tout à la hauteur de nos espérances. Il y a quand même une circonscription où nous avions une alliance avec la France Insoumise, la septième, où nous faisons un score convenable. Réunis avec eux et les Verts, on aurait pu créer une dynamique pour accéder au second tour. On l’avait proposé."

Le candidat espère participer à la reconstruction de la gauche "sur d’autres bases que le social libéralisme". Il conclut, inquiet : "Il y a un risque de marginalisation de la gauche à l’Assemblée Nationale, en grande partie en raison de la division."

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12 juin 2017 1 12 /06 /juin /2017 09:51
Morlaix: avantage Sandrine Le Feur (Le Télégramme, 12 juin 2017, 1er tour des Législatives)
  • image: http://www.letelegramme.fr/images/2017/06/12/le-grand-sourire-de-la-candidate-de-la-republique-en-marche_3474843_262x434p.jp

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    Législatives.  Avantage Sandrine Le Feur
  • image: http://www.letelegramme.fr/images/2017/06/12/la-moue-de-gwenegan-bui-le-candidat-socialiste-s-est-tres_3474848_490x434p.jpg?v=1

    Législatives.  Avantage Sandrine Le Feur
  • image: http://www.letelegramme.fr/images/2017/06/12/apres-ces-elections-julien-kerguillec-et-la-france_3474850_525x434p.jpg?v=1

    Législatives.  Avantage Sandrine Le Feur
  • image: http://www.letelegramme.fr/images/2017/06/12/legislatives-avantage-sandrine-le-feur_3474852_448x434p.jpg?v=1

    Législatives.  Avantage Sandrine Le Feur
  • image: http://www.letelegramme.fr/images/2017/06/12/legislatives-avantage-sandrine-le-feur_3474854_448x434p.jpg?v=1

    Législatives.  Avantage Sandrine Le Feur
  • image: http://www.letelegramme.fr/images/2017/06/12/legislatives-avantage-sandrine-le-feur_3474856_446x434p.jpg?v=1

    Législatives.  Avantage Sandrine Le Feur
  • image: http://www.letelegramme.fr/images/2017/06/12/le-grand-sourire-de-la-candidate-de-la-republique-en-marche_3474843_262x434p.jpg?v=1

    Législatives.  Avantage Sandrine Le Feur

Sophie Prévost et Monique Kéromnès Sandrine Le Feur (LREM) contre Maël De Calan (LR). Ce sera le duel du second tour sur la 4e circonscription. « Ravie » de passer en tête d'une courte tête (30,25 % des voix, contre 28,52 % pour le second), la Pleybérienne part confiante, avec une réserve de voix qui paraît bien plus importante que son adversaire. 

« Ce match, je m'y attendais. Mais, être en tête, c'est franchement la grosse surprise ! Maël de Calan est quelqu'un de connu sur le territoire. Il mène campagne depuis des mois, alors que moi, j'ai commencé il y a un mois ! Notre score est extraordinaire. Cela prouve que les gens ont besoin et envie de changement, ils veulent quelqu'un qui leur ressemble et les représente ». 20 h 40, hier. Après s'être crue deuxième pendant quelques minutes, Sandrine Le Feur, la candidate de La République en marche, rougit encore un peu plus. L'agricultrice bio, âgée de 26 ans, vient de rafler 14.143 voix (30,25 %) sur la circonscription, contre 13.332 (28,52 %) à son adversaire déclaré, inscrit sous la bannière Les Républicains mais « Macron-compatible ». Le Trégor pour elle, le Léon un peu plus pour lui. Et, au milieu : la ville de Morlaix qui, avec ses 30,29 % à la représentante LREM (contre 19,82 % à Maël de Calan), a dû faire pencher la balance.

Des réserves de voix à gauche


Exit, « la vieille garde socialiste ». En quatrième position derrière lA France Insoumise (12,77 %), Gwenegan Bui et ses 12,25 % ne passent même pas le second tour. « Comme Maël de Calan, c'est un technocrate, il a appris à faire de la politique, siffle, tout sourire, la jeune femme en marche. Mais la politique appartient à tout le monde. Les solutions, elles sont près des gens ! ». Le ton est donné. L'approche du second tour, déjà préparée. Certes, 42,16 % des électeurs ne sont pas allés aux urnes, soit 5 % de plus à s'abstenir qu'en 2012. « On pouvait s'y attendre. Dans ce contexte, une triangulaire, on n'y croyait vraiment pas », rajoute Sandrine Le Feur, qui en appelle illico à tous les absents du premier tour. « Je vais retourner sur le terrain, cette semaine, leur expliquer le programme de Monsieur Macron ».
 
 Bien sûr, les jeux ne sont pas faits, mais la jeune femme s'avoue d'ores et déjà « sereine ». Ses réserves de voix, parmi la gauche morcelée aux sept candidats, semblent considérables, au regard de celles que peut espérer Maël de Calan.

De Calan combatif

 

« Oui, je suis le challenger. Mais un challenger qui a des chances de gagner. On est au coude-à-coude », estime Maël de Calan, depuis sa permanence, située à 200 m de celle de la candidate En marche. À son avantage, on peut noter que le Roscovite est le candidat Les Républicains qui résiste le mieux dans le Finistère. Mais cela suffira-t-il pour renverser la donne dans la quatrième circonscription ? « La bataille du second tour démarre dès ce soir. Bien sûr qu'on aurait préféré être devant mais on va se battre », lance-t-il, combatif, à l'annonce des résultats. Au programme, cette semaine, séances de tractage, deux réunions publiques et, au moins, un débat. « Je veux que les électeurs jugent sur pièce. La question déterminante est de savoir qui sera le plus à même de défendre le territoire et je pense que c'est moi. Sandrine Le Feur dit qu'elle a la volonté de le faire mais elle n'en a pas la capacité. Un député n'est pas élu que pour voter les lois. Il est aussi là pour connaître les dossiers, se battre pour sa circonscription ».

Duel de personnalités


Le candidat Les Républicains, qui s'est dit, durant toute la campagne, prêt à travailler avec le Président, admet que ce second tour opposera bien deux candidats Macron. « Plus qu'un duel de programmes, on a un duel de personnalités ». Dans ses atouts, l'élu départemental a pour lui l'expérience mais aussi un réseau, qu'il ne manque pas mettre en avant. Parmi ses proches, un certain Édouard Philippe, avec qui il a travaillé aux côtés d'Alain Juppé et, aujourd'hui, Premier ministre. « Il m'a appelé à l'annonce des résultats pour me souhaiter bonne chance pour le second tour ».

Une abstention record.
Comme un peu partout en France, l'abstention a été très forte sur la circonscription. Elle s'est élevée à 42,16 % (37,11 % en 2012). 

Le FN ne décolle pas.
Avec seulement 4,98 % des voix, la candidate du Front national, Édith Roussel, a réalisé un score très faible, comparable à celui de 2012 (5,06 %). Mais très loin du résultat de Marine Le Pen qui, lors du premier tour de la présidentielle, le 23 avril, avait raflé 12,57 % des suffrages sur la circonscription. 

Quatre voix pour Le Goff, une pour Luret.
Avec quatre voix, Jean-Paul Yves Le Goff a fait la moitié... moins bien qu'il y a cinq ans, lorsqu'il avait obtenu huit voix. Hier encore, il n'avait pas de bulletins dans les bureaux de vote. Ceux qui souhaitaient voter pour lui devaient télécharger son bulletin sur internet... Mais, contrairement à 2012, le Morlaisien n'a pas terminé dernier. Cette fois, c'est Virginie Luret qui a fini lanterne rouge. La candidate du Parti chrétien démocrate qui, elle non plus, ne présentait pas de bulletins dans les bureaux de vote, a obtenu une seule voix. La sienne ? 

Le Feur loin devant à Morlaix.
Alors que le score est assez serré sur la circonscription entre La République en Marche et Les Républicains, la candidate, soutenue par Emmanuel Macron, est arrivée largement en tête sur la ville de Morlaix. Avec 30,29 % des voix, Sandrine Le Feur devance le juppéiste Maël de Calan (19,82 %). Julien Kerguillec (la France insoumise) est troisième avec 17,37 % des suffrages, alors que le socialiste Gwenegan Bui obtient un score famélique (13,53 %).
 

Sandrine Le Feur (En marche).....................................................30,25 %
Maël de Calan (Les Républicains)................................................28,52 %
Julien Kerguillec (la France insoumise)........................................12,77 %
Gwenegan Bui (PS)....................................................................12,25 %
Edith Roussel (FN).......................................................................4,98 %
Christine Prigent (EELV)...............................................................3,53 %
Ismaël Dupont (PCF)....................................................................2,68 %
Corinne Nicole (Oui la Bretagne)..................................................1,63 %
Florian Le Saux (Debout la France)................................................1,22 %
Patricia Blosse (LO).....................................................................0,63 %
Serge Bougot (100 % Breizh)........................................................0,58 %
Anne Chorlay (vote blanc)...........................................................0,49 %
Virginie Grall (UPR).....................................................................0,47 %
Jean-Paul Yves Le Goff (Ric)..........................................................0,01 %
Virginie Luret (PSD).........................................................................0 %
 

 

Gwenegan Bui. Déroute mémorable !

20 h, hier soir, au local de campagne de Gwenegan Bui, rue des Vignes. Le candidat socialiste vient d'arriver. Un à un, il embrasse ses fidèles. Le coeur y est, mais les sourires sont crispés. « Une défaite n'est jamais agréable, mais il faut l'assumer », glisse celui qui devait succéder à Marylise Lebranchu. Il y a encore quelques mois de ça, c'était écrit... Mais la présidentielle est passée par là et le PS s'est effondré. Bui n'a pas échappé au naufrage avec seulement 12,25 % des voix, quand l'ancienne ministre avait collecté 48,21 % des suffrages au premier tour en 2012...

 

Julien Kerguillec. « Nous sommes la première force de gauche »

Avec 12,77 % des voix au premier tour, Julien Kerguillec, candidat de La France insoumise, a coiffé au poteau le socialiste Gwenegan Bui qui a récolté, lui, 12,25 %. « Ce résultat fait de nous la première force de gauche du territoire. C'est une grande satisfaction, d'autant plus que notre mouvement n'existait pas il y a un an », a réagi, hier, le candidat, encore « surpris » par le résultat du PS. Cette troisième place n'aura pas, cependant, suffi pour qualifier La France insoumise au second tour : une « déception » pour Julien Kerguillec qui, plus que l'éparpillement des voix de gauche, a pointé du doigt l'abstention pour expliquer ce résultat : « Le chiffre est gigantesque ! Ça tient à plein de choses telles que le calendrier des élections ou le discours général qui disait que c'était déjà fait. On a vu notre électorat de la présidentielle se démobiliser ».
 
Ismaël Dupont (PC, 2,68 %). « Déçu mais pas abattu »
« Nous espérions franchir la barre des 5 % et sommes donc déçus. Mais nous sommes fiers de la campagne qu'on a menée, il n'y a pas de dépit, on garde la tête haute. On reconnaît le bon score de la France insoumise, même si on trouve que ce n'est pas une juste récompense pour notre implication locale. Je voterai blanc et ne donnerai pas de consignes de vote à nos électeurs pour le second tour, puisque les deux candidats qui s'y affronteront défendent tous les deux des projets de droite. Nous ne sommes pas un mouvement électoraliste, nous continuerons à défendre l'intérêt de la population, dans la rue ou dans les entreprises ».
 
Marylise Lebranchu (députée sortante) : « C'est une bérézina »
« C'est une bérézina ! Demain, en me réveillant, je risque d'avoir du mal à y croire. C'est une grande tristesse car on a l'impression d'avoir beaucoup travaillé depuis cinq ans avec Gwenegan. À la fin du quinquennat de Sarkozy, je disais qu'on avait un peu perdu le sens de la République. Là, je pense qu'on a un peu perdu le sens de la politique. L'avenir ? Sans doute, faire de la politique. Rebâtir un corpus idéologique. La gauche historique, authentique, de conviction, d'engagement, elle a tout à refaire. Il faudra beaucoup de courage, de ténacité, mais surtout beaucoup de travail ».

Christine Prigent (EELV, 3,53 %) : « Un peu décevant »
« On a porté un projet écologique, qui a été très bien perçu et accueilli sur le terrain. Notre score est donc forcément un peu décevant mais, au vu du contexte national et de l'abstention, on peut le comprendre. Nous continuerons notre combat pour la transition écologique, la défense des objectifs de l'accord de Paris, du droit du travail et pour le respect de l'état de droit, mis à mal par l'état d'urgence. Moi, je voterai blanc et je ne donne pas de consigne de vote. Ce second tour ? C'est bonnet blanc et blanc bonnet, de toute façon... »

 

 
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Published by Section du Parti communiste du Pays de Morlaix - dans LA VIE LOCALE
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