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13 mai 2020 3 13 /05 /mai /2020 06:02
Inde : pour les travailleurs, le monde d’après est un brutal recul (Lina Sankari, mercredi 13 mai 2020)
Mercredi, 13 Mai, 2020
Inde : pour les travailleurs, le monde d’après est un brutal recul

Dans une volonté d’attirer les investisseurs européens et américains, plusieurs États sabordent le droit du travail. A coups de «mesures barbares» dénoncées par la Centrale des syndicats, la course au moins-disant social est lancée.

 

Laboratoire de la haine confessionnelle, l’Uttar Pradesh est désormais la petite officine de la casse sociale en Inde. L’État septentrional, dirigé par le moine extrémiste hindou Yogi Adityanath, a décidé de suspendre, le 6 mai dernier et pour trois ans, trente-cinq lois de protection des travailleurs au prétexte de relancer l’économie et de ne pas laisser au bord de la route les migrants qui ont quitté New Delhi à l’annonce du confinement. Selon le ministre du Travail de l’État, Swami Prasad Maurya, seules quatre dispositions législatives devraient survivre au capitalisme autoritaire qui se dessine dans un pays où les ouvriers des petites usines n’ont déjà pas de contrat de travail et où les inspections sont rares : l’une sur le BTP, deux autres sur les accidents du travail et le paiement régulier des salaires et la dernière sur le travail forcé. Les lois relatives au paiement des primes et au versement des prévoyances deviennent toutefois caduques. Il en va de même pour les lois relatives aux syndicats et au règlement des conflits dans l’entreprise, les contrats de travail, la santé et la sécurité.

Des «conditions esclavagistes»

L’opposition n’a pas tardé à réagir : « Détruire la main-d’œuvre revient à détruire la croissance économique. L’agenda diabolique du BJP (Parti du peuple indien au pouvoir - NDLR) doit être combattu et vaincu pour sauver l’Inde », s’est indigné le secrétaire général du Parti communiste d’Inde-marxiste (CPI-M), Sitaram Yechury. Dans un même mouvement, la Centrale des syndicats indiens (Citu) a dénoncé « des mesures barbares qui visent à imposer des conditions esclavagistes aux travailleurs qui créent réellement la richesse du pays brutalement pillée par les capitalistes et les grandes entreprises ».

4 heures de travail en plus par jour sans augmentation

Le Madhya Pradesh et le Gujarat, également dirigés par le BJP, et le Rajasthan, où le Congrès a la majorité, ont pris des dispositions similaires, dont certaines devront passer par le niveau fédéral avant validation. Les syndicats s’inquiètent déjà de voir une majorité d’États s’engager dans cette course au moins-disant social afin de ne pas faire fuir les investisseurs. Le Madhya Pradesh a ainsi fait passer le temps travail journalier de huit à douze heures sans augmentation de salaire. Grâce à un assouplissement de la loi sur le travail contractuel, les entreprises locales auront la possibilité d’embaucher et de licencier « à leur convenance » mille jours durant. Enfin, les entreprises ne sont plus tenues de respecter les normes de sécurité industrielle et les nouveaux ateliers seront exemptés des règles basiques d’accès aux toilettes ou de congés payés. Mieux, ils n’auront plus besoin d’informer le ministère du Travail en cas d’accident.

Profiter de la défiance à l’égard de la Chine

Cette vague antisociale précède les desiderata du patronat. Vendredi dernier, lors d’une réunion au ministère du Travail, la Confédération de l’industrie indienne a demandé que les salariés qui ne regagneraient pas leur poste faute de mesure de sécurité ou de la poursuite du confinement soient sanctionnés. Le ministre de tutelle a simplement indiqué travailler à de nouvelles dispositions législatives. Derrière cette attaque contre le droit du travail, une bataille du capital indien contre les capitaux européens et américains qui ont suspendu leurs commandes du jour au lendemain du fait de la crise du Covid-19. Le patronat indien se veut à l’initiative afin de faire revenir les investisseurs, voire d’en attirer de nouveaux à la faveur de la défiance qui touche désormais la Chine.

Lina Sankari
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13 mai 2020 3 13 /05 /mai /2020 05:56
Risque d’extinction de communautés indigènes en Amérique latine - Rosa Moussaoui - L'Humanité, 7 mai 2020

Jeudi, 7 Mai, 2020

 « Risque d’extinction » de communautés indigènes en Amérique latine

Rosa Moussaoui - L'Humanité

Les peuples autochtones, déjà affectés par une grande vulnérabilité sociale, économique et sanitaire, sont les plus exposés à la pandémie. Elle se conjugue, pour le pire, à des crimes environnementaux en plein essor.

Il est apparu plusieurs fois en larmes à la télévision, décrivant des « scènes de film d’horreur ». Ce mercredi, Arthur Virgilio, maire de Manaus, la capitale de l’Amazonie brésilienne, submergée par la pandémie de Covid-19, a encore lancé un déchirant appel au monde : « Pendant des décennies, nous avons joué un rôle important pour la santé de la planète, en conservant 96 % de notre forêt d’origine. Maintenant, en retour, nous avons besoin de personnel médical, de ventilateurs, d’équipements de protection, de tout ce qui peut sauver les vies de ceux qui protègent la grande forêt. » Jusqu’ici, l’État d’Amazonas, le plus touché du Brésil, a enregistré, selon les chiffres officiels, 649 décès dus au coronavirus. Le système de santé public est au bord de l’effondrement : plus de 95 % des lits en réanimation sont occupés et la région présente le taux de létalité le plus haut du pays.

Comme redouté, les populations indigènes, déjà affectées par une grande vulnérabilité sociale, économique et sanitaire, sont les plus exposées à la pandémie et à ses conséquences. Certaines communautés en danger interdisent désormais l’entrée de leur territoire aux étrangers, mais le sort des indigènes vivant en zone urbaine, dans la pauvreté, est tout aussi préoccupant. C’est en fait une véritable crise humanitaire qui s’installe.
Pauvre et isolée, l’Amazonie colombienne, touchée à son tour

Depuis l’épicentre brésilien, le coronavirus s’est frayé un chemin dans la forêt, propagé par les intrus : orpailleurs clandestins, pilleurs de bois et grileiros qui profitent de la suspension des patrouilles pour défricher des terres qu’ils accaparent. Pauvre et isolée, l’Amazonie colombienne, touchée à son tour, détient déjà, aux confins sud du pays, le funeste record du taux de Covid-19 le plus élevé, avec 30 cas pour 10 000 habitants. Un bilan probablement sous-évalué, faute de moyens de dépistage. « Ici, il n’y a pas d’eau potable, le système de santé est très précaire. Si le virus se propage, les morts seront inimaginables », se désespère Arley Canas, un Inga vivant dans la réserve d’Uitiboc. L’Organisation nationale indigène de Colombie va jusqu’à redouter un « risque d’extinction » des populations autochtones. L’inquiétude est particulièrement vive pour les communautés isolées. « L es indigènes qui vivent en isolement volontaire sont spécialement vulnérables aux maladies infectieuses, du fait qu’ils n’ont aucune immunité face à la majorité de ces maux », résume Claudette Labonte, une porte-parole de la Coordination des organisations indigènes du bassin amazonien.

    Voir aussi : Brésil. À Manaus, "on se croirait dans un film d'horreur"

La crise sanitaire présente ravive, de ce point de vue, une mémoire douloureuse : celle de la colonisation bien sûr, avec des peuples décimés par les maladies apportées par les conquérants, mais aussi celle des années 1960 et 1970, quand la varicelle, la rougeole et la ­coqueluche, propagées par l’expansion des plantations d’hévéa, semaient la mort, tuant, dans certains villages, jusqu’à la moitié de la population.
Une gigantesque fuite de pétrole brut prive d’eau et de pêche 27 000 indigènes

Pour ces communautés fragilisées, la crise sanitaire se conjugue aujourd’hui pour le pire avec la destruction de leur habitat et des crimes environnementaux en plein essor. Encouragée par Bolsonaro avec son projet de loi qui « propose la libération des territoires autochtones pour l’exploitation des minéraux et des ressources en eau », la déforestation, au Brésil, bat son plein. D’après les données relevées par satellite, elle est en hausse de 71,2 % par rapport à la même période en 2019. Dans un autre registre, en Équateur, plusieurs dizaines de communautés indigènes viennent de saisir la justice contre les entreprises pétrolières et l’État, après une gigantesque fuite de pétrole brut qui a pollué la rivière Napo, un affluent de l’Amazone, privant d’eau et de pêche 27 000 indigènes des ethnies kichwa et shuar, en pleine crise sanitaire.

Avant la pandémie, déjà, les peuples autoch­tones étaient engagés dans une lutte historique pour leur survie . « Il y a longtemps, notre maison a été envahie par des gens qui ne pensaient qu’à la richesse. Ils sont entrés et nous ont tués avec des maladies que nous ne connaissions pas, écrit Francineia Fontes, du peuple Baniwa, dans un texte publié par Amazonia Real. Nous sommes originaires de cette terre et nous sommes fiers d’appartenir à des peuples qui luttent pour délimiter leurs territoires, ­résistent et continuent d’exister. Avec ou sans pandémie, nous continuerons. »

 

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13 mai 2020 3 13 /05 /mai /2020 04:29

Jean Le Dû, professeur émérite de Breton et Celtique à l’Université de Bretagne Occidentale, à Brest, est décédé subitement le mercredi 6 mai à Saint-Quay-Portrieux (Côtes-D’Armor), à l’âge de 82 ans.

Linguiste de réputation internationale, il laisse une œuvre considérable. En particulier un Nouvel Atlas Linguistique de la Basse-Bretagne (2001) ; l’Atlas Linguistique des Petites Antilles (2011-2013) ; Lectures de l’Atlas Linguistique de la France (2005, avec Guylaine Brun-Trigaud et Yves Le Berre) et Métamorphoses : trente ans de sociolinguistique à Brest (1984-2004) (2019, avec Yves Le Berre) et nombre d’autres publications de moindre ampleur.

Il était devenu membre du PCF en 1973 et n’avait jamais depuis renié cet engagement profond. Il considérait le travail scientifique et la diffusion du savoir comme des combats militants contre toutes les entreprises d’aliénation des consciences.

La section du Pays de Brest et la la fédération du Finistère du PCF présentent à sa famille leurs sincères condoléances.

Jean-Paul Cam, secrétaire de section du PCF à Brest, secrétaire à l'organisation du PCF Finistère

 

"Depuis 1947, le groupe communiste à l'assemblée nationale a déposé plusieurs propositions de loi pour le développement des langues et des cultures régionales, dont la langue et la culture bretonne. La dernière date de 1988, elle prolongeait celles de 1974 et 1986. Ce travail fut développé en Bretagne à partir des années 70 sous l'impulsion de l'organisme régional du PCF, le CRAC (Comité Régional d'Action et de Concertation), Louis Le Roux en fut la cheville ouvrière, au cours de nombreuses réunions où se retrouvaient des militants bretons du PCF et des personnes de diverses sensibilités. Parmi tous ceux ayant contribué à l'élaboration de cette proposition de loi je me souviens particulièrement de Félix Leyzour député des Côtes d'Armor, Michel Mazéas maire de Douarnenez, Jean- Marie Plonéis spécialiste de la toponymie bretonne, Yves le Berre universitaire brestois, le cinéaste René Vautier et Jean le Du dont la contribution fut considérable. Et bien d'autres qui me pardonneront de ne pas les avoir cités car ce document fut, en Bretagne, particulièrement travaillé par de très nombreuses personnes et sur une longue période".

Piero Rainero, élu communiste à Quimper, ancien secrétaire départemental du PCF Finistère

 

Ci dessous les lien des articles parus dans la presse régionale.

https://www.letelegramme.fr/finistere/brest/disparition-de-jean-le-du-professeur-emerite-de-breton-a-l-ubo-07-05-2020-12548661.php?share_auth=3d75b0a717784658eaaf7c27b82a3630&fbclid=IwAR3nA0sNmI0YNZYxO6_MLvTALGLi_H-Yri2pgpkhUY8gVXBBvSYW9rKl-2I

https://www.ouest-france.fr/bretagne/disparition-du-linguiste-jean-le-du-6827091?utm_medium=Social&utm_source=Facebook&fbclid=IwAR3kUqmxmK1MOvJiP_3-5apxjVRSw9mBUBq1XtDX8Mw1AeYzxFG7rLAUIEs#Echobox=1588958900

Jean Le Dû (photo Ouest-France)

Jean Le Dû (photo Ouest-France)

Disparition du linguiste Jean Le Dû

Professeur de breton et celtique à Université de Bretagne occidentale à Brest, il était connu comme spécialiste de dialectologie mais aussi pour avoir écrit « Du café vous aurez ».

Christian Gouérou, Ouest-France, 6 mai 2020

Il était connu du public pour avoir écrit en 2002 un livre pionnier, sous le titre Du café vous aurez, un inventaire des mots et des tournures que l’on peut entendre dans notre région et qui constitue le premier dictionnaire du français de Basse-Bretagne indique Fañch Broudic, journaliste et chercheur.

Jean Le Dû, professeur émérite de breton et de celtique à Université de Bretagne occidentale à Brest et membre du Centre de recherche bretonne et celtique, est décédé ce mercredi à Saint-Quay-Portrieux, à l’âge de 82 ans. Originaire de Plougrescant dans les Côtes-d’Armor, après des études d’anglais à Rennes, il choisit de consacrer sa thèse d’État au breton du Trégor tel qu’il se parle à Plougrescant, dont il a extrait la matière d’un dictionnaire breton français et français breton en deux volumes de 500 pages, paru en 2012 rappelle Fañch Broudic.

Le journaliste précise : Jean Le Dû était un spécialiste de la géographie linguistique et de dialectologie. Il a dirigé les enquêtes de terrain en vue de la réalisation Nouvel atlas linguistique de la Basse-Bretagne. Sa compétence était reconnue à l’international, puisqu’il a été le directeur de la partie celtique de l’Atlas Linguarum Europae. Il a pris une part déterminante à la réalisation de l’Atlas linguistique des Petites Antilles concernant les parlers créoles, notamment ceux de Saint-Barthélémy, la Guadeloupe et Martinique.

Avec son collègue Yves Le Berre, Jean Le Dû a mené très tôt une réflexion sur les rapports entre langue et société en Bretagne. Ils en sont venus à forger le concept de badume (du breton ba' du-mañ, chez nous) pour qualifier les parlers familiers ou de proximité.

Comme il avait appris le gaélique à l’occasion d’un long séjour en Irlande, il avait traduit en français depuis cette langue l’histoire de la vie d’un personnage étonnant de l’Irlande du XXe siècle, Micil Chonrai, dans un ouvrage qui n’avait même pas encore été traduit en anglais"

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12 mai 2020 2 12 /05 /mai /2020 15:50
Le PCF demande au Ministre Véran la gratuité des masques et leur prise en charge à 100%
Le PCF demande au Ministre Véran la gratuité des masques et leur prise en charge à 100%

Vous trouverez ci-dessous le courrier que Fabien Roussel, secrétaire national du PCF et député du Nord, a écrit au Ministre de la Santé et des Solidarités, Olivier Véran, demandant la gratuité des masques et leur prise en charge par la Sécurité sociale.

Monsieur le ministre,


Parmi les mesures de prévention efficaces pour lutter contre la propagation du virus, le port du masque, dans les situations de promiscuité, est désormais considéré comme un impératif par les autorités sanitaires et par le gouvernement.

Des millions de salarié·e·s vont reprendre les transports collectifs et de nombreux élèves celui du chemin vers l'école. Il devrait d'ailleurs être obligatoire pour tout le monde et pas seulement dans les transports ou pour les personnes infectées.

Dans son avis du 6 avril sur la sortie progressive du confinement, le Conseil scientifique déclare : « l'ensemble de la population doit porter un masque dans les espaces accueillant du public ». Encore faut-il que ces protections soient financièrement accessibles au plus grand nombre.

Or, si le gouvernement a bien plafonné le prix de vente des masques chirurgicaux dans la grande distribution, ce prix, selon des enquêtes conduites par les associations de consommateurs, a déjà été multiplié par 6 ou 7 depuis le 15 mars dernier dans les autres circuits de vente. Pour des millions de foyers, il n'est pas envisageable de consacrer entre 30 et 50 euros mensuels par personne pour se procurer des masques en nombre suffisant.

Cette tension provoque un véritable marché noir du masque. Des communes se sont même fait voler leurs commandes, à l'image de la ville de Montreuil dont le chargement à été dérobé avant même d'arriver ! Les maires vont vite devenir les boucs émissaires si leurs administrés n'ont pas accès aux masques.

A ce propos, nous regrettons que l’État n’ait pas pris ses responsabilités pour assurer le doit au masque de chacun et chacune, comptant sur les collectivités locales et sur le marché.

Il est urgent de mettre fin à cette guerre des masques comme à la contrebande qui va se développer au fil des semaines ! La santé de nos concitoyen·nes doit primer et ne pas dépendre de son pouvoir d'achat.

C'est la raison pour laquelle nous souhaitons que l’État prenne la décision de rendre accessibles les masques à toute la population, au même titre qu'il le fait pour l'accès aux soins et aux médicaments.

Ce n'est pas seulement une question de justice sociale, mais aussi un enjeu majeur de santé publique.

Il reviendrait ainsi à la Sécurité sociale d'assumer cette distribution, selon des modalités à définir rapidement, ainsi que la prise en charge des masques à 100%, pour chacune et chacun de ses assurés.

A titre d'exemple, chaque assuré pourrait avoir accès à un bon mensuel, numérique ou physique, lui permettant de retirer son ou ses masques, gratuitement, dans les mairies ou dans les officines, jusqu'à la fin de la pandémie.

C'est à cette condition, et en mesurant bien l'importance d'une telle décision, que nous relèverons au mieux l'immense défi du déconfinement.


Vous remerciant de l'attention portée à cette requête et dans l'attente de votre réponse, je vous prie de recevoir, Monsieur le Ministre, l'assurance de ma haute considération.

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12 mai 2020 2 12 /05 /mai /2020 15:40
Lundi, 11 Mai, 2020 - L'Humanité
Penser un monde nouveau. Le temps du « bonheur commun » par Claude Mazauric

 

 

L’Humanité, avec sa plateforme numérique l’Humanite.fr, prend l’initiative d’ouvrir ses colonnes pour repenser le monde, avec l’ambition d’être utile à chacune et chacun d’entre nous. Cette initiative aura des prolongements avec la publication d’un hors-série à la fin de l’été et l’organisation de grands débats publics permettant de prolonger ces écrits. Aujourd’hui, « Le bonheur commun... », par l’historien Claude Mazauric.

 

En 1990, s’effondrait à l’est de l’Europe, après un demi-siècle de guerres et d’affrontements, ce qui avait été le produit d’un demi-siècle de révolution : nombre d’essayistes croyaient y voir l’aube d’un nouveau monde prospère ! Il faut rappeler que l’Union soviétique – et ce qui gravitait autour d’elle –, malgré sa puissance militaro-stratégique, représentait moins de 3 % du commerce mondial et que son actualité révélait un handicap insurmontable : son retard structurel dans ce qui s’esquissait comme « la révolution du numérique » qui accroissait la dynamique du monde « occidental » !

La Chine, alors isolée, sortait d’une « révolution culturelle » subjectiviste et se montrait avide d’asseoir son indépendance politique sur les potentialités d’un « capitalisme » instrumentalisé, bien éloigné de ce qui le caractérisait depuis 1800 : le Parti communiste chinois fit du « capitalisme » un « mode de production » de « biens marchands » fondé sur la radicale mobilisation politique des « forces productives » humaines et matérielles. Ce dispositif, il l’établit sous forme d’« entreprise d’État », par le contrôle des flux démographiques, la constitution des rapports sociaux nécessaires à la réussite programmée… mais sans s’imposer le cadre d’une « formation sociale » ad hoc, bien loin des visions « libéralistes » caractéristiques des révolutions bourgeoises antérieures ! Avec sa population d’un milliard quatre cents millions d’humains, la Chine a gravité au rang de première puissance industrielle.

Malgré son isolement, Cuba avait introduit dans l’Amérique latine un fruit qui en pourrissait le statut d’arrière-cour de la puissance nord-américaine. Seuls des esprits visionnaires avaient imaginé que cela pouvait ébranler la puissance dominante qui contrôlait La Havane depuis Miami ! Aujourd’hui, c’est la crainte plus que l’hystérie qui motive la politique américaine : le duo d’histrions, Trump et Mike Pompeo, traduit en fait la trouille washingtonienne qui atteint tout l’establishment yankee !

Avant 1990, la puissance états-unienne imposait au monde « sa force dominante » : son économie, sa monnaie, son avance technologique, sa diplomatie (appuyée sur la dissémination de sa force stratégique), son attractivité dominaient la Terre. S’exerçait alors sur le monde « sa force dirigeante » : en finançant et orientant l’activité des institutions internationales (Banque mondiale, FMI, principales agences de l’ONU, etc.), en contrôlant les grands systèmes d’alliances : Otan, Moyen-Orient… Tout ce dispositif est aujourd’hui en souffrance, pesant, souvent inutile. C’est le poids des États-Unis qui est devenu insupportable, non son soutien avoué. Quel changement !

Augmentée de la venue d’États qui avaient profité de la chute du « communisme » pour fuir l’orbite russo-soviétique, l’Union européenne est passée aussi sec sous l’hégémonie de l’Allemagne unifiée. Celle-ci réalisait du même coup (et avec l’approbation de la France sociale-démocrate) un ensemble politico-financier piloté depuis Francfort sous l’apparence d’un pouvoir bruxellois et strasbourgeois. L’UE d’aujourd’hui réalise en pleine paix le vieux rêve pangermaniste d’une « Mitteleuropa », usinière, bourgeoise et dominatrice, capable d’imposer cet « ordo-impérialisme de la raison politique » conforme au désir de Bonn et de Berlin. Avec sa chancelière luthérienne d’allure bonasse, jeune fille formée à la sobre école du kantisme-léninien qui marquait la RDA, la « Germania élargie » exerce désormais sa dictature consensuelle comme l’effet d’une victoire de la Raison sur les passions absurdes des Latins et des allogènes : la Grèce en a payé le prix. Le reste de l’Europe, après la churchillienne fronde victorieuse du brexit, en paiera la facture : qui peut en douter ?

Le monde d’hier ne vit plus. À nous d’imaginer la suite…

Les États-Unis d’Amérique sont enfoncés dans une crise, identitaire et structurelle plus qu’économique, qui révèle leur instabilité intérieure, sociale et ethno-culturelle. L’Europe supposée unie est encombrée d’elle-même. Si, face à la pandémie, la Mitteleuropa s’en sort égoïstement plutôt mieux, c’est qu’elle a sucé antérieurement le sang productif de ses partenaires périphériques, épuisés : la France, l’Italie, le Royaume-Uni… dont l’apparente « prospérité » antérieure reposait sur la fable financiariste du profit à haut rendement, de la chasse aux capitaux errants et de la « rente » assurée : nous commençons à subir les effets de la dépendance industrielle et la fragilité d’être devenus une devanture pour touristes.

La « production des richesses matérielles » que mesurait naguère le PNB mais que dévalue la seule référence au PIB (lequel ne mesure que les effets de marché) marque seule la puissance et la capacité de résistance d’une nation : qui l’a oublié ?

Le reste du monde est devenu une simple arrière-cour où l’on peine à comptabiliser les morts et les malades. Avec le peu de souffle qui reste, on se demande qui demain va l’emporter : la Chine, surpuissante et modeste, ou l’un ou l’autre des ci-devant gros débris qui sortira moins usé que les autres de la « domination » exercée hier par feu « le monde occidental » sur le reste du monde ?

Visionnaire, dans ses dernières années, Fernand Braudel synthétisa une théorie transcontinentale de l’histoire de l’emprise humaine sur la Terre. Le modèle proposé valorisait le rôle des périphéries maritimes, les grands espaces de concentration urbaine, les routes, les flux… Son modèle n’intégrait évidemment pas ce que l’on pense réunir aujourd’hui sous le concept d’« anthropocène ». Mais l’une des prophéties braudéliennes ne s’est pas démentie : le monde bascule et les « polarités de demain » ne seront pas celles d’hier !

Le vieil ennemi que je fus (et demeure) du vieil « impérialisme occidental » se réjouit évidemment de sa défaite programmée. Mais sa fin ne suffira à faire naître la joie ! Il faut toujours espérer et s’organiser pour qu’avec demain vienne le temps du « bonheur commun » rêvé par Gracchus Babeuf… Il y a plus de deux siècles ! Quelle force tiendra « ce » pari ?

Penser un monde nouveau. Le temps du bonheur commun par Claude Mazauric (Lundi, 11 Mai, 2020 - L'Humanité)
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12 mai 2020 2 12 /05 /mai /2020 15:31
Première manifestation post-déconfinement : pour un  masque 100 % Sécu (Mardi, 12 Mai, 2020, Julia Hamlaoui, L'Humanité)
Mardi, 12 Mai, 2020 - L'Humanité
Première manifestation post-déconfinement : pour un « masque 100 % Sécu »

Parlementaires et militants communistes se sont rassemblés devant le ministère de la Santé pour exiger de l’État un accès gratuit à ces protections devenues obligatoires, notamment dans les transports.

 

Premier jour de déconfinement, première manifestation. Armés de pancartes « Protégez les soignants et les citoyens » ou encore « Des masques 100 % Sécu », des parlementaires du PCF, accompagnés de quelques militants – à bonne distance les uns des autres –, se sont rassemblés devant le ministère de la Santé, lundi 11 mai, pour exiger la gratuité des masques. « Une opération coup de poing », plaisante le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, bousculé par les rafales de vent des saints de glace. Le message n’en est pas moins sérieux : « Le port du masque est obligatoire dans de nombreux secteurs de travail, à l’école, dans les transports, les commerces… La gratuité n’est pas seulement une question de justice sociale, mais aussi un enjeu majeur de santé publique », assure le député du Nord, muni de la missive qu’il est venu porter à Olivier Véran. « Nous regrettons que l’État n’ait pas pris ses responsabilités pour assurer le droit au masque de chacun et chacune, comptant sur les collectivités locales et sur le marché », y fustige Fabien Roussel, estimant « urgent de mettre fin à cette guerre des masques comme à la contrebande qui va se développer au fil des semaines ! La santé de nos concitoyens et concitoyennes doit primer et ne pas dépendre de leur pouvoir d’achat ».

Le prix des masques en tissu s’envole jusqu’à 15 euros

Pour beaucoup de foyers, le coût demeure, en effet, bien trop élevé. « Le gouvernement a plafonné le prix des masques chirurgicaux à usage unique à 0,95 euro l’unité. Un montant maximal sur lequel se sont alignées les pharmacies. À ce tarif-là, le budget mensuel s’envole à 85 euros par personne », a relevé, vendredi, l’association de consommateurs UFC-Que choisir qui note qu’avec les tarifs de la grande distribution – 0,50 à 0,60 euro – « le budget mensuel (est) de 45 à 54 euros par personne ». Pas encadré pour l’heure, le prix des masques en tissu s’envole, lui, jusqu’à 15 euros, selon une enquête de 60 Millions de consommateurs.

La Sécurité sociale doit faire face à la situation sanitaire

Sur le perron du ministère, c’est une réponse concrète que les communistes sont venus défendre : « un masque 100 % Sécu ». Le dispositif fonctionnerait via des « bons numériques ou physiques » échangeables « dans les mairies ou tous les points de vente » avec des « prix fixés par la Sécurité sociale pour éviter qu’ils ne flambent », détaille la sénatrice du Val-de-Marne, Laurence Cohen. « Cette gratuité est un nouveau moyen à mettre en œuvre pour lutter contre la pandémie, casser la circulation du virus », insiste Fabien Roussel, selon qui le budget de la Sécurité sociale doit être rapidement revu à la hausse pour faire face à la situation sanitaire.

Dans un mois, qui va distribuer gratuitement des masques ?

Côté gouvernement, après de nombreux changements de pied quant à l’utilité même des masques, le premier ministre a rappelé, jeudi dernier, la prise en charge par l’État de 50 % du coût d’achat par les collectivités territoriales et affirmé qu’ « une enveloppe de 5 millions de masques sera distribuée chaque semaine par l’État, par les préfets, pour les personnes les plus vulnérables ». Si la mesure va dans « le bon sens », selon Laurence Cohen, elle est loin d’être suffisante : « Le problème, c’est que la santé est une mission régalienne. Or, la mauvaise anticipation de l’État n’a pas permis que tous les territoires soient approvisionnés, il n’y a pas d’égalité et, au jour J, tout le monde ne peut pas être équipé. » « Les mairies ont distribué, les régions et les départements aussi… Dans un mois, qui va distribuer gratuitement des masques ? Les collectivités ne pourront plus mettre la main à la poche puisqu’elles ont déjà avancé beaucoup d’argent pour faire face à l’épidémie », objecte également Fabien Roussel. Les parlementaires communistes feront valoir, dès « les prochains jours », leur proposition à l’Assemblée nationale comme au Sénat.

"Réclamons partout et par tous les moyens la gratuité des masques. Il en va de l’intérêt public", Patrick Le Hyaric. @ Bertrand Guay / AFP
Mercredi, 6 Mai, 2020
Pétition. Des masques pour tous, gratuits : l'appel lancé par l'Humanité

L’affaire des masques de protection devient le sparadrap rouge collant aux basques du pouvoir. Pour une famille, le budget peut atteindre plus de 200 euros par mois. Exigeons leur gratuité.

Par Patrick Le Hyaric, directeur de l'Humanité

 

ll y eut d’abord ces mensonges en série sur leur inutilité pour camoufler une pénurie qui n’a rien de naturelle. Celle-ci découle d’une part de la destruction de nos industries textiles considérées comme dépassées par les grands penseurs du libéralisme et leurs serviteurs au pouvoir depuis des décennies, et d’autre part des choix de réduction des crédits publics poussant au « zéro stock », également présenté comme le nec plus ultra de la modernité. Cette pénurie a mis en danger soignants comme patients. Elle est sans doute responsable de nombreuses contaminations et décès.

Puis, au fil des semaines, le masque est devenu utile, indispensable même, alors que les soignants continuaient d’en manquer. Et le pouvoir souhaite désormais le rendre obligatoire dans les transports publics.

Depuis quelques jours, ce qui n’existait pas tombe par paquets de millions, mais sur les étals des supermarchés, comme produit d’appel pour attirer le chaland qui devra demain reprendre les transports en commun. Le scandale est encore plus gros quand on sait que cette opération a été annoncée tambour battant il y a huit jours dans un communiqué commun de la Fédération du commerce et de la distribution et du secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie et des Finances, et présentée comme un haut fait d’armes. De qui se moque-t-on ? Une commission d’enquête parlementaire doit rapidement faire la clarté la plus nette sur une affaire qui a plus à voir avec le mercantilisme qu’avec la santé publique.

Les masques ne peuvent être des marchandises étalées aux caisses des supermarchés pour grossir le ticket de caisse, attirer et fidéliser les clients. Ils sont un moyen de protection civile et collective, et un outil de santé publique. À ce titre, ils devraient être assurés, en lien avec les collectivités, par les services de la Sécurité civile. Si les travailleurs contraints de reprendre leur activité venaient à contracter le virus faute d’avoir pu accéder à des masques de protection, l’État serait comptable d’une mise en danger délibérée de la vie d’autrui. Et la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen nous rappelle que « la société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration ». Et, l’article 11 du préambule de la Constitution confirme bien ce « droit à la protection ». En conséquence, les masques doivent être gratuits.

Certains pays européens l’ont décidé. Des collectivités locales également. Pourquoi le gouvernement de la sixième puissance mondiale ne le pourrait-il pas ? Ce pays ou l’argent des dividendes continue de couler à flots, ce pays où l’on peut en une nuit débloquer des milliards pour consolider des entreprises dont la trésorerie est loin d’être à sec. Pourquoi une famille de quatre personnes qui a déjà du mal à joindre les deux bouts doit encore alourdir ses dépenses du mois de 80 à 150 euros pour assurer sa santé et celle des autres ? On nous dit que les prix des masques seront bloqués en deçà de 1 euro, soit peu ou prou leur prix de revient. Pourtant, plusieurs témoignages indiquent que non seulement ce prix est pour l’instant fictif, mais qu’en plus on trouvait en janvier des masques à seulement 8 centimes. Une prise en main par l’État imposant la gratuité couperait court à toute tentative de spéculation.

Réclamons partout et par tous les moyens la gratuité des masques. Il en va de l’intérêt public. Et, pour une fois, appuyons-nous sur cette déclaration de Mme Agnès Buzyn le 29 janvier dernier : « Si un jour nous devions proposer à telle ou telle population ou personne à risque de porter des masques, les autorités sanitaires distribueraient ces masques aux personnes qui en auront besoin. » C’était certes pour cacher la pénurie. Mais, aux actes maintenant ! Lançons un grand mouvement pluraliste pour la gratuité des masques !

Signez ici la pétition : https://www.change.org/p/gouvernement-l-appel-du-journal-l-humanité-pour-la-gratuité-des-masques
 

Par Patrick Le Hyaric, directeur de l'Humanité
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12 mai 2020 2 12 /05 /mai /2020 09:08

 

 

En 2007, cinq grandes banques de marché incarnaient la puissance de Wall Street : Merrill Lynch, Goldman Sachs, Morgan Stanley, JP Morgan Chase et Lehman Brothers. Aucune n’est sortie indemne de la crise financière de 2007-2008. Et pourtant, treize ans plus tard, Wall Street règne à nouveau, plus que jamais, sur le système financier occidental.

Lehman Brothers a disparu du jour au lendemain, le 15 septembre 2008. Merrill Lynch a été absorbée par une grande banque de dépôt, Bank of America. JP Morgan Chase résulte aujourd’hui d’une série de fusions et de prises de contrôle, dont celles, en 2008, de Bear Stearns et Washington Mutual, deux protagonistes de la crise des subprimes en faillite. Morgan Stanley n’a survécu qu’en recevant la plus grosse part des fonds publics avancés d’urgence, au plus fort de la crise, par l’État américain. Et pourtant, treize ans plus tard, Wall Street règne à nouveau, plus que jamais, sur le système financier occidental.

 

L’institution la plus emblématique de cette domination : BlackRock

Aujourd’hui, l’institution la plus emblématique de cette domination aux yeux du public n’est pas exactement une banque. C’est un organisme spécialisé dans les placements en Bourse, qui a son siège à Manhattan (et des implantations dans une dizaine de paradis fiscaux) : BlackRock, le premier gestionnaire d’actifs du monde, à la tête de 6 000 milliards de dollars (trois fois le total des placements de toutes les compagnies d’assurances en France). La mobilisation pour les retraites a mis en évidence son influence sur le gouvernement Macron. On a pu noter qu’en France il possède des participations dans dix-huit sociétés du CAC40 ; par exemple, plus de 5 % dans ATOS dont le P.-D.G., Thierry Breton, vient d’être nommé commissaire européen. On ne sera pas étonné d’apprendre que le président du conseil de surveillance de BlackRock Allemagne, Friedrich Merz, est l’une des personnalités susceptibles de succéder à Angela Merkel comme chancelier fédéral…

BlackRock fait partie de ce qu’on appelle le shadow banking, cet ensemble d’institutions qui participent à la circulation de l’argent sans avoir le statut de banque et sans être soumises aux réglementations et à la surveillance qui encadrent l’action de la profession bancaire.

Ce poids des marchés financiers – concrètement, aujourd’hui, ces réseaux de salles de marchés où s’échangent des titres tels que les actions, les obligations, les titres du marché monétaire et tous les « produits dérivés » conçus pour faciliter toutes les formes de spéculation – est un trait caractéristique des économies nord-américaines. Aux États-Unis, les banques ne gèrent que 23 % des actifs circulant dans le système financier (58 % en France, 52 % en Allemagne, 48 % au Japon). En revanche, la part des fonds de pension et des autres intermédiaires financiers tels que les gestionnaires d’actifs comme BlackRock et les fonds de placement spéculatifs (hedge funds) atteint 53 % aux États-Unis contre 16 % en France, 22 % en Allemagne, 17 % au Japon. En d’autres termes, le financement de l’économie qui, en Europe, est pour l’essentiel une affaire négociée entre des banques et leurs clients, passe aux États-Unis par l’émission de titres qui s’échangent ensuite entre des organismes dont le métier est de spéculer sur la hausse ou la baisse de leurs cours. C’est cette titrisation, appliquée au financement par les ménages américains de leurs acquisitions de logements, qui a transformé en 2007 le krach dit « des subprimes » et la plus grave crise économique depuis la Deuxième Guerre mondiale.

 

En permanence les banques font crédit aux spéculateurs

Cela ne veut pas dire que les banques joueraient un rôle secondaire dans le système financier américain. Au contraire, les marchés de titres ne fonctionnent que parce qu’en permanence les banques font crédit aux spéculateurs. La monnaie créée par le crédit est le fluide vital qui alimente le cancer financier, alors que le métier des banques devrait être d’alimenter la création de richesses par le travail des femmes et des hommes.

« BlackRock fait partie de ce qu’on appelle le shadow banking, cet ensemble d’institutions qui participent à la circulation de l’argent sans avoir le statut de banque et sans être soumises aux réglementations et à la surveillance qui encadrent l’action de la profession bancaire. »

Le système bancaire américain est assez fragmenté. Il comprend près de six mille banques dont la plupart n’exercent leur activité qu’au niveau local. Il a cependant connu un processus de concentration, d’abord avec la libéralisation financière des années 1980, qui a permis à des holdings bancaires de posséder des filiales dans plusieurs États, et qui a abouti à l’abolition, en 1999, du Glass-Steagall Act qui, depuis 1933, interdisait aux banques commerciales d’émettre, de placer ou de négocier des titres sur le marché financier. Ensuite, les restructurations qui ont suivi la crise de 2007-2008 ont renforcé la taille et la puissance des quelques grandes banques qui ont pignon sur rue à Wall Street, en particulier les plus grandes : JP Morgan Chase, Bank of America, Goldman Sachs, Wells Fargo dominent le marché monétaire du dollar, l’émission des titres de la dette publique américaine, les fusions, acquisitions, restructurations du capital des multinationales, la circulation des capitaux et l’optimisation fiscale, la fourniture de liquidités aux fonds de placement, hedge funds et autres acteurs du shadow banking

 

Le cœur financier du monde

Au total, Wall Street, à la pointe de Manhattan où se situent les sièges des grandes banques et celui de la Réserve fédérale de New York, est bien le cœur financier de l’Amérique ; c’est du même coup le cœur financier du monde.

Le dollar est la première monnaie mondiale de facturation du commerce international. Quiconque veut commercer en dollars doit donc avoir accès au système bancaire des États-Unis qui, seul, peut bénéficier d’un refinancement par la Réserve fédérale américaine, l’équivalent, outre-Atlantique, de la Banque centrale européenne. De fait, toute l’économie mondiale dé­pend des autorités américaines. Un épisode très significatif l’a montré. Au début de la crise de 2007-2008, la Réserve fédérale des États-Unis a passé des accords de swaps avec la BCE et d’autres banques centrales du monde, pour pouvoir leur fournir en urgence des dollars. Sans cette action, les banques européennes en manque de liquidités auraient risqué de connaître le sort de Lehman Brothers.

L’hégémonie du dollar va en effet bien au-delà de son seul rôle dans la facturation des transactions commerciales. La monnaie des États-Unis est la première monnaie de réserve internationale, et 50 % des crédits bancaires internationaux sont libellés en dollars.

« La monnaie créée par le crédit est le fluide vital qui alimente le cancer financier, alors que le métier des banques devrait être d’alimenter la création de richesses par le travail des femmes et des hommes. »

Ainsi, un seul État, celui des États-Unis, a le privilège d’émettre librement et à un coût nul cette véritable monnaie mondiale. Comme les entreprises et les États du monde entier souhaitent que leurs réserves internationales soient libellées en dollars, cette émission peut prendre d’énormes proportions sans mettre en péril la crédibilité de la monnaie américaine, ni affecter de façon incontrôlable son cours sur le marché des changes. Cela fait de la monnaie américaine le vecteur majeur d’une mondialisation financière structurée par les multinationales et polarisée autour de Wall Street.


Périls financiers et écologiques

« La fragmentation des chaînes de valeur mondiale des multinationales, l’ouverture générale à la globalisation financière, sa domination sur le crédit bancaire pour des surendettements et les opérations spéculatives, sans parler de la prolifération des services bancaires parallèles (shadow banking) appuyant la fraude, la corruption et le banditisme, ont fait exploser l’usage et le besoin du dollar.< « Drogué au dollar comme jamais, le monde devient fou à l’idée d’en manquer. » (Yves Dimicoli, rencontres internationales « Que faire face à la mondialisation capitaliste ? » organisées par le PCF et la revue Économie et politique, les 7 et 8 février derniers.)

Mais c’est aussi pourquoi l’hégémonie du dollar et de Wall Street n’a jamais été aussi fragile. Elle est mise en cause par la montée des périls qui accompagnent la crise actuelle de la mondialisation capitaliste. Périls financiers : l’inflation des prix des actifs financiers, en particulier ceux de la dette publique américaine prépare un krach plus retentissant encore que celui de 2007. Périls écologiques : l’ère du dollar s’identifie à celle du pétrole. Périls politiques avec la guerre économique de Trump contre la Chine, qui est en même temps l’un des principaux créanciers du Trésor américain, et qui a pris différentes initiatives, avec les autres pays émergents, pour mettre en place des institutions financières internationales émancipées de la tutelle des États-Unis, jusqu’à proposer le remplacement du dollar par un nouvel instrument de réserve international développé à partir des droits de tirage spéciaux du FMI, une idée déjà exprimée par Paul Boccara en 1983.
L’avenir de la civilisation dépendra ainsi des possibilités de convergence entre les multiples contestations de l’hégémonie financière et monétaire du néo-impérialisme américain : celle des pays émergents, celle qui s’exprime aux États-Unis même avec la montée d’une gauche hostile à Wall Street, celle des luttes pour un modèle social européen émancipé de la dictature des marchés financiers. 

Denis Durand est économiste. Il est directeur de la revue Economie & Politique.

Cause commune n° 16 • mars/avril 2020

 

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12 mai 2020 2 12 /05 /mai /2020 05:18
Plaque d'hommage à Germaine Le Lièvre dans sa ville de Lardy, Seine-et-Oise, Essonne actuelle (musée de la résistance en ligne)

Plaque d'hommage à Germaine Le Lièvre dans sa ville de Lardy, Seine-et-Oise, Essonne actuelle (musée de la résistance en ligne)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 96/ Germaine Le Lièvre, Geneviève dans la résistance brestoise (1911-1945)

Née le 2 avril 1911 à Paris (XIVe arr.), morte des suites de déportation le 17 août 1945 à Lardy (Seine-et-Oise, Essonne) ; employée de bureau ; militante communiste ; résistante.

Fille d’un maçon et d’une journalière, Geneviève Delamain épousa en juin 1931 à Lardy Eugène Le Lièvre.
Elle entra dans la clandestinité dès le début de 1941. Elle organisa les premiers comités de femmes de la région parisienne sous le pseudonyme d’Yvette.
En octobre 1942, elle fut envoyée en province où elle assuma, jusqu’en août 1943, les liaisons avec les départements de l’Est. Elle créa des groupes dans les Vosges, la Haute-Saône, le Doubs, la Haute-Marne, la Meurthe-et-Moselle et la Meuse, elle était alors Nicole.

En septembre 1943, elle fut envoyée en Bretagne. Elle prit pour pseudonyme Danielle. Elle organisa des manifestations de femmes pour le 11 novembre 1943 à Pontivy, Dinard et Fougères.
En janvier 1944, elle devint agent de liaison de l’état major FTP du Finistère.

"Virginie Bénard assure des liaisons entre le PCF et les FTP au plan départemental avec Germaine Le Lièvre, son contact qu'elle ne connaît que sous le pseudonyme de "Geneviève" et à qui elle doit son nom d'emprunt "Jeanne". "Geneviève", résistante FTPF, engagée dès 1940 dans la lutte contre le fascisme, est arrêtée en mission en janvier 1944, puis déportée à Ravensbrück. Victime de la barbarie nazie, elle disparaît le 17 août 1945 à l'âge de 34 ans.  Quand Virginie "Jeanne" rejoignait "Geneviève" à la Poste pour échanger des renseignements, elle portait un foulard noir autour du cou". (article d'hommage à la résistante brestoise Virginie Bénard)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 93/Virginie Bénard (1920-2014)

A la suite d’une opération des FTP à Sablé (Sarthe) le 16 janvier 1944, la police trouva sur un des blessés une lettre portant un rendez vous. C’est en se rendant à ce rendez vous le 31 janvier qu’elle fut arrêtée au Mans par la police française.

Successivement emprisonnée au Mans, à Angers puis à Romainville, elle fut déportée le 13 mai 1944, au départ de la gare de l’est à Paris, vers Ravensbrück. Elle fut rapatriée le 27 mai 1945 et mourut peu après.

Elle fut homologuée sergent FFI à titre posthume.

Une rue de Lardy (Essonne) porte son nom.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article89600, notice LE LIÈVRE Germaine [née DELAMAIN Germaine, Louise] par Jean-Pierre Besse, version mise en ligne le 6 octobre 2010, dernière modification le 8 septembre 2011.

Lire aussi:

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 94/ Marie Miry née Calvarin (1905-1997)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 93/Virginie Bénard (1920-2014)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 92/ Evangéline Dollet dit "Yvette" née Yvinec

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 91/ Joseph Laot (1920-2001)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 90/ Les fusillés de Lesconil, de la Torche et de Poulguen (Juin 1944)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 89/ Théo Le Coz (1900-1976)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 88/ René Lijour (1900-1979) et Lucie Lijour, née Le Goff (1909-1986)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 87/ Eugène Le Bris (1913-1943)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 86/ Alphonse Duot (1874-1964)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 85/ Alain Signor (1905-1970)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 84/ Marc Scouarnec (1894-1968)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 83/ Germain Bournot (1915-2007)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 82/ Michel Nédelec (1940-2009)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 81/ Eric Texier (1902-1941)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 80/ Théophile Kerdraon ( 1891-1984)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 79/ André Guéziec (1922-1941)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes dans le Finistère: 78/ Jean Kérautret (1918-1942) et Vincent Guivarc'h (1918-1942)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 77/ Emile Le Page (1922-1942) et Pierre Jolivet (1921-1942)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 76/ Louise Tymen (1925-2015)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 75/ Yves Giloux (1921-1943)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 74/ André Garrec (1922-1944)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 73/ Frantz Boucher (1924-1944)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 72/ François Echardour (1925-1988)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 71/ Marie Le Manchec (1914-1999)

100 ans d'engagements communistes en Finistère: 70/ Charles Moigne (1894-date de décès inconnue)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 69/ Jean Le Tréis (1884-1970)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 68/ François Tanguy (1925-1987)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes: 67/ François Tournevache (1919-1993)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 66/ Jos Quiniou (1900-1976)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 65/ François Gaonac'h (1901-1978)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 64/ Paul Lespagnol (1949-2003)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 63/ Jean-Marie Le Scraigne (1920-2016)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 62/ Le docteur Tran

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 61/ Jean-Marie Plonéis (1934-2018)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes dans le Finistère: 60/ Guillaume Bodéré

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes dans le Finistère: 59/ Pierre Salaun

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 58/ Guy Laurent (1940-1994)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 57/ Eugène Kerbaul (1917-2005)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 56/ Pierre Cauzien (1922-2009)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 55/ Albert Jaouen (1909-1976)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 54/ Pierre Hervé (1913-1993)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 53/ Julien Gracq, de son vrai nom Louis Poirier (1910-2007)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 52/ Yves Le Meur (1924-1981)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 51/ Jean Burel (1921-1944)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 50/ Jacob Mendrès (1916-2012)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 49/ Henri Tanguy dit Rol-Tanguy (1908-2002)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 48/ Carlo de Bortoli (1909-1942)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 47/ Robert Jan (1908-1987)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 46/ Denise Roudot (1933-2002)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 45/ Paul Le Gall (né en 1925)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 44/ René Le Bars (1933-2016)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 43/ Louis Le Roux (1929-1997)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 42/ Pierre Corre (1915-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 41/ Daniel Le Flanchec (1881-1944)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 40/ Joséphine Pencalet (1886-1972)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 39/ Sébastien Velly (1878-1924)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 38/ Edouard Mazé (1924-1950)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 37/ Guy Liziar (1937-2010)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 36/ Henri Moreau (1908-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 35/ Alphonse Penven (1913-1994)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 34/ Michel Mazéas (1928-2013)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 33/ Pierre Guéguin (1896-1941)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 32/ Jean-Louis Primas (1911-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 31/ François Paugam (1910-2009)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 30/ Angèle Le Nedellec (1910-2006)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 29/ Jules Lesven (1904-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 28: Raymonde Vadaine, née Riquin

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 27/ Jeanne Goasguen née Cariou (1901-1973)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 26/ Gabriel Paul (1918-2015)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 25/ François Bourven (1925-2010)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 24/ Yves Autret (1923-2017)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 23/Pierre Jaouen (1924-2016)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 22/ André Berger (1922-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 21/ Joseph Ropars (1912-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 20/ Paul Monot (1921-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 19/ Jean-Désiré Larnicol (1909-2006)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 18/ Jean Le Coz (1903-1990)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 17/ Alain Cariou (1915-1998)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 16/ Jean Nédelec (1920-2017)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 15/ Alain Le Lay (1909-1942)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 14/ Pierre Berthelot (1924-1986)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 13/ Albert Abalain (1915-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 12/ Andrée Moat (1920-1996)

1920-2020: cent ans d'engagements communistes en Finistère: 11/ Jean Le Brun (1905-1983)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 10/ Denise Larzul, née Goyat (1922-2009)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 9/ Pierre Le Rose

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 8/ Marie Salou née Cam (1914-2011)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 7/ René Vautier (1928-2015)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 6/ Denise Firmin née Larnicol (1922-2019)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 5/ Fernand Jacq (1908-1941)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 4/ Corentine Tanniou (1896-1988)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 3/ Albert Rannou (1914-1943)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 2/ Marie Lambert (1913-1981)

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11 mai 2020 1 11 /05 /mai /2020 16:48
Mardi 12 mai, 17h30: Facebook Live en Direct sur la page du PCF avec Fabien Roussel, Benoît Teste (FSU), Philippe Martinenez (CGT)

Demain 12 mai à 17h30, un #DirectPcf à ne pas manquer

avec Phillipe Martinez secrétaire général de la CGT,

Benoit Teste secrétaire général de la FSU

et Fabien Roussel secrétaire national du PCF

 

Rendez-vous pour participer au débat  

sur la page Facebook du PCF

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11 mai 2020 1 11 /05 /mai /2020 09:01

Comme chaque année, le Parti communiste français s'associe à la journée commémorative de la mémoire de l'esclavage, de la traite et de ses abolitions.

 

 

Cette commémoration est indispensable au travail de mémoire d'abord à l'égard des victimes de cette barbarie comme à l'encontre d'un système de domination et d'exploitation dont la France fut, dans son histoire, un des piliers avec la traite négrière et la colonisation.

De ce point de vue, il y a encore beaucoup à gagner pour que notre pays, qui a largement participé à arracher de leur terre 12 à 13 millions de femmes et d'hommes, fonde ses relations avec le continent africain sur les principes du co-développement et de la coopération mutuellement avantageuse.
Car subsistent, avec la dette ou l'exploitation des ressources naturelles par des multinationales, des rapports de domination, contraires à la liberté des peuples et obstacles à la résolution des grands défis économiques, sociaux et écologiques posés à l'échelle du monde.

Il n'est pas fortuit que la première abolition fut portée par les révolutionnaires en 1794, en écho à l'insurrection des esclaves de Saint-Domingue et ait été remise en cause par les classes dominantes.

Dans une période où haines et racisme sont attisés par ceux qui veulent que rien ne change, dans un monde où l'exploitation humaine a toujours cours au nom du profit, le PCF confirme pour sa part la grande actualité de cette commémoration et de tous les combats pour la liberté, l'égalité, la libération humaine. 

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  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
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