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29 novembre 2019 5 29 /11 /novembre /2019 20:08
Le gouvernement refuse, bien entendu, de rétablir l’ISF
Projet de loi de finances pour 2020 (explication de vote sur la première partie) -
Par / 26 novembre 2019

Monsieur le président, monsieur le secrétaire d’État, mes chers collègues, avant de donner la position du groupe CRCE sur la première partie du budget 2020, qui ne laisse, vous l’imaginez, aucun doute, je veux dénoncer solennellement les conditions inacceptables d’examen par le Sénat du projet de loi de finances. Ce n’est pas tant le nombre des amendements qui pose le plus grand problème, même si cette inflation devrait nous amener à réfléchir à nos méthodes de travail.

Mes chers collègues, avec ce débat, nous venons d’inaugurer la méthode d’examen d’un budget à la découpe. Nous pouvons comprendre l’examen en priorité de certains articles ; mais, quand cette méthode devient systématique, elle met à mal la qualité du travail législatif. Ajoutons à cela le dépôt inopiné de dizaines d’amendements du Gouvernement, que la commission des finances n’a pas eu le temps d’examiner. Il nous faut dès lors statuer sur le fondement du seul avis du rapporteur général, qui subit, comme nous tous, cette anarchie ! Trop souvent, chacune et chacun d’entre nous a le sentiment que l’organisation des débats de notre assemblée dépend essentiellement de l’agenda des ministres.

Enfin, comment accepter cette interruption de nos travaux dimanche matin à zéro heures trente-cinq, quand nous avions collectivement décidé d’examiner les articles jusqu’à trois heures du matin ? Aucune explication officielle ne nous a été fournie à cette heure.

Mes chers collègues, il me semblerait salutaire que le Sénat, dans sa grande diversité, exprime sa désapprobation auprès du Gouvernement. Nous avons droit à plus de considération ! Il y va du respect des institutions de la République et de nos concitoyens. Au fil des ans, nous perdons le sens du débat budgétaire et nous constatons l’affaiblissement progressif de l’intervention du Parlement. Voilà un problème majeur de démocratie !

M. Emmanuel Capus. Très bien !

M. Éric Bocquet. Sur le fond, le Gouvernement a mis en avant la baisse de l’impôt sur le revenu. Bien entendu, la TVA, impôt qui pèse quasiment deux fois plus lourd, 130 milliards d’euros, n’est pas remise en cause de près ou de loin. Sur ce point, la majorité sénatoriale est pleinement d’accord avec le Gouvernement. Notre proposition de réduire la TVA sur les produits de première nécessité et, parallèlement, de la renforcer sur les produits de luxe a été balayée d’un revers de main.

Le Gouvernement, bien entendu, a maintenu l’abrogation de l’ISF. Ainsi, il fait fi de l’exigence partagée par une immense majorité de nos concitoyens – plus de 70 % –, d’une imposition des grandes fortunes, qui, elles, se portent on ne peut mieux. Nos compatriotes – c’est aussi un constat dans de nombreux pays en ébullition dans le monde – ne supportent plus ces inégalités croissantes, inacceptables, cette concentration de la richesse du monde dans les mains de quelques dizaines d’individus, dirigeants de ces super multinationales qui ont pour objectif ultime, ni plus ni moins, de diriger le monde.

Venons-en à l’impôt sur le revenu : une participation des plus riches à l’effort de solidarité nationale est un sujet tabou pour beaucoup d’entre vous. Il en va de même pour le refus de supprimer la flat tax, encore appelée prélèvement forfaitaire unique (PFU), ou de rétablir pleinement l’exit tax.

L’austérité réduit les services publics à une portion congrue et les droits sociaux fondamentaux, comme les retraites, se rétrécissent. La taxe d’habitation est un bon exemple de la stratégie de ce Gouvernement. En étranglant financièrement les communes, vous entendez les mettre au pas, les pousser à la contractualisation, qui débouchera fatalement sur la déchéance du service public et la perte d’autonomie financière des collectivités.

Sur le plan de l’écologie et de la transition énergétique, qui ont occupé une partie importante de nos débats, comment ne pas constater le décalage entre les intentions affichées et la faiblesse des moyens mobilisés ?

Vous l’avez compris, mes chers collègues, mon groupe votera contre cette première partie du PLF pour 2020.

Le gouvernement refuse, bien entendu, de rétablir l’ISF (Eric Bocquet, sénateur communiste - explication de vote projet de loi de finances pour 2020)
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29 novembre 2019 5 29 /11 /novembre /2019 06:52

 

Le public permet au privé lucratif de se livrer à des activités très rentables qu'il n'aurait pu exercer seul.

Dans le domaine de la santé particulièrement, les gouvernements successifs ont tous creusé le sillon dans le même sens : restreindre les dépenses publiques de santé pour les raisons que nous nous sommes efforcés de cerner précédemment, en favorisant le capital, en mettant le public au service du privé. L’affaire du Mediator a montré la collusion criminelle entre l’Agence du médicament et les laboratoires Servier, mais combien d’affaires, de complicités sont encore ignorées ?

La pratique du pantouflage, consistant pour des hauts fonctionnaires à passer du public au privé avant de revenir au public puis de repartir dans le privé, les partenariats public-privé, les PPP, l’installation dans les murs mêmes des hôpitaux publics de services dépendant de groupes privés favorisent des comportements qui, sans être tous criminels ou illégaux, risquent de nuire aux intérêts des assurés sociaux et du service public. Parmi toutes les possibilités offertes, susceptibles de favoriser des conflits d’intérêts, le ­pantouflage fait la course en tête. Ainsi, Philippe ­Lamoureux, énarque, inspecteur général des affaires sociales (Igas), après être passé par l’Agence du médicament et le ministère de la Santé, est aujourd’hui le directeur général du Leem, la chambre patronale des laboratoires pharmaceutiques.

Emmanuel Déchin, de l’Igas également, a hanté les cabinets ministériels, est passé par L’Oréal avant d’être nommé délégué général de la chambre patronale de la répartition pharmaceutique. Christine Schibler a dirigé des cliniques privées puis a été propulsée à la direction du pôle des établissements de santé (publics et privés) de l’agence régionale de santé d’Île-de-France (organisme public) avant d’être nommée déléguée générale de la Fédération de l’hospitalisation privée. Il y a aussi ce que l’on pourrait appeler le pantouflage institutionnel. Icade, filiale de la Caisse des dépôts et consignations, jadis dédiée au logement social, a liquidé son patrimoine HLM et maintenant épaule les groupes privés qui veulent exploiter des établissements de santé ? en achetant pour eux les terrains et en construisant les locaux.

Souvent, le public et le privé sont très imbriqués, le public permettant au privé lucratif de se livrer à des activités très rentables qu’il n’aurait jamais pu exercer tout seul. Il faut en finir avec ce pillage, définir de nouvelles règles, faire du service public la norme, l’assainissement des situations suppose que l’on révolutionne les critères de gestion du privé et du public, que l’on place la satisfaction des besoins des populations au cœur.

pierre ivorra

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28 novembre 2019 4 28 /11 /novembre /2019 05:56
Ismaël Dupont à l'instant T de Tébéo le mercredi 27 novembre pour présenter la fête de l'Humanité Bretagne organisée par le PCF: voir le replay
Tébéo - Tébé Sud -  Instant T 
19h15 -  
mercredi 27 novembre 2019

 

Interview de François Hollande en dédicace à Brest pour son livre prétendant trouver des moyens de faire face à la crise démocratique: "Ce n'est pas une blague" (l''homme des 49-3 sur la loi travail qui défend le respect des parlementaires, celui des purges sur les dotations des collectivités qui défend le respect des élus locaux, François Hollande qui remet en cause le présidentialisme: l'imposture dans toute sa splendeur...)

Santé sexuelle en Bretagne : un mois de mobilisation.
-Hadija Chanvril, coordinatrice régionale à Corevih Bretagne
-Luc de Saint Martin, Médecin au CHRU de Brest en médecine interne
www.corevih-bretagne.fr

Instant + : La fête de l'Huma Bretagne
-Ismaël Dupont, Secrétaire Départemental du PCF en Finistère
Facebook : fête de l'humanité

 

Pour aller voir le replay: https://www.tebeo.bzh/replay/173

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28 novembre 2019 4 28 /11 /novembre /2019 05:50

Le député communiste a interpellé le gouvernement hier matin sur la réforme des APL

Extrait :  

« Monsieur le Ministre, vous avez parlez de ‘justice sociale’ pour expliquer votre réforme des APL. On dirait du Orwell ! A ce compte là, la guerre, c’est la paix et Bernard Arnault c’est la solidarité ! »

Voir son intervention entière 

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28 novembre 2019 4 28 /11 /novembre /2019 05:42
Réforme des retraites : le gouvernement accélère le calendrier, le PCF accélère la mobilisation !
Présentation des grandes orientations du futur système universel des retraites le 9 ou le 10 décembre. Défense du projet de réforme par le Premier ministre avant la fin de l’année. Remise du texte au Parlement début 2020. Ce mercredi, le gouvernement a fixé la feuille de route d’un projet dont le cap, défini ce midi par le Premier ministre, reste le même : « Il faudra travailler plus longtemps ».
Cette réforme brutale et cette accélération appellent à intensifier encore la mobilisation dès le 5 décembre. Dans son courrier adressé à toutes les adhérentes et tous les adhérents, Fabien Roussel appelle à l’engagement de tous les communistes dans cette bataille, en utilisant tous les moyens mais aussi en faisant connaître les propositions du PCF pour une autre réforme .
Toutes les forces de gauche et écologistes se retrouveront pour dire Non à la réforme Macron, mercredi 11 décembre à 19h, à la Bourse du Travail de Saint-Denis
Une autre réforme des retraites est possible, solidaire et digne du 21e siècle, capable de relever le défi de l'allongement de la vie.
Propositions du PCF pour une réforme des retraites digne du 21e siècle

La réforme proposée par le gouvernement est certainement la pire de ces 30 dernières années. Tout le monde serait perdant : tous les secteurs d’activités, du privé comme du public, les ouvriers comme les cadres, les femmes, les précaires, les jeunes, les salariés affiliés au régime général comme ceux dépendant de régimes spéciaux et les non-salariés.

Un objectif : satisfaire l’avidité du grand capital financier en bloquant les ressources affectées aux retraites publiques par répartition à 14 % du PIB alors que les besoins de financement, liés à l’allongement de la durée de la vie et à l’augmentation du nombre de retraités, sont croissants.

Le grand enjeu de cette réforme est donc la mobilisation des ressources, des richesses, et de l’inventivité du corps social pour répondre à cet immense progrès de civilisation qui est l’allongement de la durée de la vie et donc de dégager les moyens financiers pour ce grand défi. Nous voulons nous adresser à la jeunesse et construire avec elle un système solidaire par répartition digne de ce siècle.

Le financement est le cœur de la réforme des retraites. Une réforme de progrès de la retraite pose trois questions.

La première : Le partage des richesses, comment nous produisons les richesses, et comment nous les partageons et les utilisons pour satisfaire les besoins de la population ?

La deuxième : Les entreprises, comment les responsabiliser pour qu’elles développent l’emploi et les salaires et non l’inverse ?

La troisième : Comment l’allongement de la durée de la vie devient un apport à la société au lieu d’être vu comme un coût ?

Mais le président Macron est décidément beaucoup plus à l’écoute des compagnies d’assurance et des fonds de pension qu’à l’écoute des citoyen·ne·s.

Macron-Delevoye et Édouard Philippe sont tous d’accord sur une chose : il faudrait travailler plus. C’est une véritable tartufferie pour ne pas parler des richesses à créer et à partager, tartufferie alors que le chômage est massif, et le nombre des contrats précaires aussi .

Transparence ? La réforme Macron c’est ignorer ce qu’on touchera tout en sachant bien ce qu’on paie. Car la clé de voûte du système, c’est qu’un comité technocratique pourra changer chaque année la valeur du point.

Égalité ? Oui, tous égaux pour toucher moins. Le plus grand nombre touchera une retraite bien plus faible, même si le minimum retraite sera peut-être rehaussé pour les plus pauvres.

Universalité ? La réforme va inciter à multiplier des régimes spéciaux, par capitalisation, par entreprise ou par branche, générant des inégalités renforcées, des complications , contrairement à l’objectif prétendu de simplification.

Le système présenté aurait comme conséquence un effondrement généralisé du niveau des pensions (sauf pour les très pauvres), comme cela s’est produit dans d’autres pays, notamment en Suède. Il réintroduirait l’incertitude du lendemain et l’insécurité sociale puisque le montant des pensions pourrrait diminuer d’une année sur l’autre, qu’elles aient été liquidées avant ou après la réforme.

Sans compter la remise en cause des pensions de réversions, alors que 90 % de celles-ci sont perrçues par des veuves ayant déjà de petites pensions, ce qui aboutirait à discriminer les femmes en rendant leurs conditions de vie encore plus précaire.

« A quel âge pourrai-je partir ? Avec combien ? »

A À ces deux questions, le Président de la République répond : vous allez devoir travailler plus longtemps, pour moins de pension ... alors qu’en plus le chômage et la précarité sont massifs. Il s’agit donc d’une machine à remonter le temps, avant 1945, avant Croizat, d’une machine à faire repasser les générations futures sous le seuil de pauvreté après une vie de travail.

Pourtant, vivre plus longuement est une chance pour chacune et chacun d’entre nous, pour la société toute entière.

Nous voulons nous adresser à la jeunesse qui est la première concernée. Nous voulons lui dire : oui, une retraite garantie, c’est possible ! Oui, une vie digne de bonheur après une vie de travail, c’est possible !

Tous ces hommes et ces femmes qui prennent leur retraite après une vie au travail ont encore de belles années à vivre. Il nous revient donc de relever ce défi et d’imaginer la société qui nous permettra de profiter pleinement de toutes ces années et en bonne santé. Nous voulons favoriser un rôle actif des retraité·e·s dans les solidarités (auprès des enfants, des jeunes en formation ou des jeunes précaires) et encourager un nouvel accomplissement personnel avec le développement de services publics à la personne plutôt que d’imaginer une « silver economy » et la marchandisation des serrvices aux aînés.

Nous proposons les lignes directrices d’une réforme progressiste des retraites pour relever ce défi de société, un choix de civilisation, pour faire vivre les valeurs de solidarité entre les générations et de progrès social pour toutes et tous.

À l’opposé du projet Macron/Delevoye, nous proposons un système de retraites « à prestations définies », s’engageant sur un niveau de pension connu dès le début de carrière, à un âge de départ déterminé et garantissant la solidarité dans toute la société.

Un système de retraite unifié, en progrès sur l’actuel et plus juste.

Pour un système des retraites du 21e XXIe siècle, nous proposons une retraite dès 60 ans avec un nouveau socle de droits pour toutes et pour tous.

Cette réforme a l’ambition de porter un progrès social et démocratique, tenant compte de la société d’aujourd’hui comme des changements opérés dans les besoins des retraités comme des actifs. Il doit s’attaquer aux principaux obstacles : la financiarisation de l’économie, la délocalisation de l’emploi et une production non écologique.

Des droits nouveaux

La mise en œuvre d’une réforme basée sur la sécurisation de l’emploi et de la formation avec prise en charge des périodes de précarité, chômage, études… permettrait à Chacune et chacun doit pouvoir faire valoir ses droits à une retraite à taux plein à 60 ans, avec un revenu de remplacement net équivalent à 75 % du revenu net d’activité (primes incluses), calculé sur la base des dix meilleures années primes comprises, et indexé sur les salaires.

Pour une vie digne, aucune pension ne doit être inférieure au SMIC. Nous proposons d’ouvrir ce droit sans autre condition que d’avoir une carrière complète (hors pénibilité et carrière longues), qui sera reconnue comme telle dès lors qu’elle ne comporte, entre la fin du lycée, du secondaire et l’âge de 60 ans, que des périodes d’activité, de formation initiale ou continue, de chômage ou d’implications familiales.

Le système prendrait en compte la pénibilité au travail et les sujétions de service public avec alors des départs anticipés dès 55 ans. Le système serait intégralement financé par la cotisation sociale, piloté et administré par des représentant·e·s élu·e·s des travailleurs. Le système offrirait aussi une réelle liberté pour celles et ceux qui voudraient partir plus tôt ou plus tard.

Comment s’y prendre ? Le PCF propose :

Une réforme progressiste des retraites c’est possible si nous nous engageons pour la mise à contribution des revenus du capital (1), pour l’augmentation des salaires et la modulation des cotisations (2), l’emploi (3) et pour l’égalité salariale femme-homme (4).

Agir résolument sur ces quatre leviers, c’est créer les conditions d’une nouvelle innovation sociale et démocratique pour les retraites.

Deux leviers concernent directement notre proposition de réforme du système de retraites, les deux autres concernent le besoin de changer l’ensemble de la politique économique de ce pays.

1. La fin des régimes spéciaux ... pour les revenus du capital.

Alors que les revenus du travail sont mis à contribution, il doit en être de même pour les revenus du capital qui bénéficient d’un régime spécial auquel il faut mettre un terme. D’après l’INSEE, en 2018, les revenus financiers perçus par les entreprises et les banques se sont élevés à 298,8 milliards d’euros ! Alors que les salaires et pensions sont soumis à la CSG, à la CRDS, à la CASA, à l’impôt sur le revenu.

Nous proposons que les revenus financiers soient assujettis aux même taux que les salaires. Le taux de cotisation employeur étant de 10,45 %, ce prélèvement pourrait rapporter, dans un premier temps, 31 milliards d’euros à la branche vieillesse de la Sécurité sociale. Son produit serait appelé à diminuer avec le temps puisqu’il viserait avant tout à dissuader les entreprises de placer leurs profits sur les marchés financiers, et à les pousser à les investir pour créer des emplois et pour former les salariés.

2. Moduler le taux de cotisation sociale pour augmenter la masse salariale et contrer les suppressions d’emploi, soutenir les investissements en faveur de la relocalisation et pour l’environnement.

Le taux de cotisation dite « patronale » serait alourdi pour les entreprises qui délocalisent ou précarisent l’emploi, rationnent les salaires et les dépenses de formation. À l’inverse, les entreprises qui fondent leur efficacité sur l’embauche et la formation de salarié·e·s qualifié·e·s, tiennent leurs objectifs écologiques et de parité salariale seraient encouragées, avec une progression moindre de leur taux, mais sur une assiette en croissance. Cette modulation apporterait 70 à 90 milliards supplémentaires au bout de 5 ans.

Il faut ainsi changer les critères qui président aux choix de production, d’investissement, d’embauches, de formation, de recherche, de financement de l’économie. La même logique inspire notre proposition d’une modulation de l’impôt sur les sociétés en fonction des mêmes critères.

Dans cet esprit, les exonérations de cotisations appliquées actuellement (CICE, exonération Fillon) seront annulées et mises au service de cette nouvelle politique en faveur de l’emploi, de la formation, de la révolution écologique.

Plus fondamentalement, l’augmentation des salaires est indispensable pour vivre dignement. Nous demandons une hausse de 20 % du salaire minimum et une conférence nationale des salaires pour permettre une hausse générale des salaires, dans le privé comme dans le public.

Plus généralement, il faut aussi changer la politique économique.

3. L’emploi

Le pouvoir s’attaque aux chômeurs et non au chômage de masse. Au contraire, la création d’emplois augmenterait les richesses créées et les possibilités immédiates de financement des retraites.

La révolution écologique, la relocalisation de l’industrie, le développement de service public sur tout le territoire permettent d’envisager la création au minimum de 3 millions d’emplois supplémentaires, en 5 ans, soit 10 % de la population active. Et des emplois bien formés et bien qualifiés !

C’est autant de salarié·e·s qui créent des richesses et cotisent à notre système de protection sociale. Trois millions de personnes c’est plus de 100 Md€ de salaires bruts, soit environ 30 Md€ de cotisations sociales supplémentaires, sans compter les économies sur les allocations chômage et minima sociaux. Cet objectif de création d’emplois est atteignable en développant la formation initiale et continue, en reconnaissant mieux les qualifications, en développant les investissements grâce à des taux bancaires que nous voulons très bas et donc en s’opposant au dogme de la rentabilité financière comme guide des décisions des entreprises et des banques.

4. Tout aussi nécessaire, mais révolutionnaire, l’égalité salariale femmes-hommes apporterait aujourd’hui plus de 6 milliards d’euros supplémentaires pour le financement des retraites. Après 13 lois en 40 ans, les femmes gagnent toujours moins que les hommes, à travail de valeur égale. Nous nous fixons d’aboutir à une égalité réelle en deux ans, avec une loi contraignante.

Vers un régime unifié

Quant à l’aspiration très majoritaire à une simplification de l’architecture du système des retraites, attendue par plus de 85 % de la population, elle pourra être obtenue en mettant en place un régime unifié, pour faire converger vers le haut les droits à la retraite de l’ensemble de la population et garantir au minimum 75 % du meilleur revenu d’activité dès 60 ans, tout en prenant en compte les spécificités professionnelles, en particulier en matière de service, de missions de service public, de travail posté et de pénibilité. Cette première étape ouvrirait à la voie à une unification de l’ensemble des régimes de retraites.

Une gestion par les intéressé·e·s

Cette question essentielle concerne l’ensemble de la protection sociale (retraites, maladie, accidents du travail, allocations familiales).

C’est aux assuré·e·s eux-mêmes, donc en premier lieu aux salarié·e·s, d’assurer la responsabilité de la gestion. N’oublions pas en effet que ce sont elles et eux qui créent les richesses sur lesquelles est fondé le système. L’ensemble des cotisations, y compris la part patronale, est le fruit de leur travail.

La composition des Conseils d’administration des Caisses de retraite devrait donc être revue dans ce sens.

Il faut dans ce sens rétablir les élections aux Caisses de Sécurité sociale et créer les conditions de la participation des travailleuses et travailleurs à celles-ci.

Ces mesures ont pour objet de venir appuyer les luttes sociales pour imposer une création de richesses plus dynamique et plus efficace.

À l’horizon de cinq ans, cette nouvelle logique économique viserait à augmenter de 10 points la part de la valeur ajoutée disponible pour les salaires, la Sécurité sociale et les services publics, en faisant reculer d’autant la part des profits.

Ces mesures permettraient de dégager, au bout de 5 ans, 70 à 90 milliards d’euros annuels pour le financement des retraites, augmentant ainsi de 10 points la part des richesses consacrées à la séécuuriité sociale, aux salaires et aux retraites, aux services publics.

Relancer l’emploi, soutenir les investissements d’une révolution industrielle et écologique nécessite de revoir le rôle des banques dans le financement de l’économie.

C’est pourquoi nous demandons une nouvelle politique du crédit bancaire pour faire baisser l’influence des marchés financiers et faire diminuer le coût du capital qu’elle fait peser sur les enntreeprises. Nous encouragerons ainsi le financement de projets répondant à des critères précis en matière économique, sociale et écologique.

Une réforme progressiste des retraites est donc possible si elle met en cause la domination du capital sur les choix d’embauche, d’investissement, de formation, de recherche, de financement des entreprises et au coût qu’elle fait peser sur la société. Il faut une « part du gâteau » plus grande pour les retraites. Et il faut une autre recette pour le gâteau, sociale et écologique, pour faabriquer un gâteau plus sain et plus nourrissant !

Elle emmènerait les entreprises sur un chemin d’efficacité, plutôt que dans la logique de la rentabilité capitaliste qui inspire de part en part la réforme Macron-Delevoye.

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27 novembre 2019 3 27 /11 /novembre /2019 08:38
Grenelle contre les violences faites aux femmes : « de l’enfumage »

La France ce samedi 23 novembre a connu une mobilisation exceptionnelle qui a rassemblé des femmes et des hommes, les forces militantes féministes, syndicales et politiques. Des milliers de personnes ont marché contre toutes les formes de violences contre les femmes. Ce sont elles qui ont permis la tenue de ce grenelle.

Pourtant, le Premier ministre n’y a pas fait la moindre allusion. Quel mépris !

Alors que 138 femmes ont été assassinées depuis le 1er janvier dernier et que 225 000 sont chaque année victimes de viol, de violences physiques, psychologiques, de harcèlement sexuel et moral dans toutes les sphères de la société, à la maison, au travail ou dans la rue, les mesures annoncées ce matin par Édouard Philippe sont, extrêmement décevantes.

Si certaines propositions vont dans le bon sens, comme l’ouverture 24H sur 24 du 3919 ou encore la création de 80 postes supplémentaires d’intervenantes et intervenants sociaux, comment leur accorder le moindre crédit quand aucun moyen supplémentaire n’est dégagé ? Les 360 millions avancés par le Premier Ministre représentent quasiment le même budget qu’en 2019. Or, toutes les associations féministes, les actrices et acteurs de terrain, des élu.e.s parmi lesquel.le.s les élu.e.s communistes, l’avaient déjà jugé insuffisant et avaient évalué les besoins à 1 milliard d’euros !

D’autres mesures, présentées comme nouvelles, existent déjà dans la loi de 2010 ou encore dans la Convention d’Istanbul que la France a signé en 2011 et ratifiée en 2014.

Par contre, il y a de grands vides.

Rien sur la mise e place d’un vrai plan d’éducation à l’égalité et à la non-violence dès l’école maternelle.

Rien quant à la prévention en particulier au travers de campagnes de sensibilisation et d’information de tous les publics ainsi que la formation de tou.te.s les professionnels en contact avec des femmes victimes de violences.

Rien quant à la protection et la mise à l’abri rapide et efficace des femmes martyrisées et de leurs enfants témoins.

Rien sur des places d’hébergement dédiées et prises en charge financièrement.

Comment ne pas penser que le gouvernement se livre à un véritable enfumage quand la plupart des revendications portées par les associations, les recommandations du Haut conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes et la mission interministérielle contre les violences et la lutte contre la traite des êtres humains n’ont pas été prises en compte à leur juste valeur ?

Les communistes poursuivront le combat pour faire entendre l’impérieuse nécessité de débloquer des financements pour cette grande cause nationale. Elles et ils participeront à toutes les actions pour exiger 1 milliard d’euros en urgence, l’une des conditions pour débarrasser la société du fléau que constituent les violences faites aux femmes.

Grenelle contre les violences faites aux femmes :  de l’enfumage (Parti communiste français, 25 novembre 2019)
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27 novembre 2019 3 27 /11 /novembre /2019 07:15
Photo Jean-Luc Le Calvez, 26 novembre 2019 - Mardi de l'éducation populaire avec Saskia Hellmund

Photo Jean-Luc Le Calvez, 26 novembre 2019 - Mardi de l'éducation populaire avec Saskia Hellmund

Photo Jean-Luc Le Calvez, 26 novembre 2019 - Mardi de l'éducation populaire avec Saskia Hellmund

Photo Jean-Luc Le Calvez, 26 novembre 2019 - Mardi de l'éducation populaire avec Saskia Hellmund

Photo Jean-Luc Le Calvez, 26 novembre 2019 - Mardi de l'éducation populaire avec Saskia Hellmund

Photo Jean-Luc Le Calvez, 26 novembre 2019 - Mardi de l'éducation populaire avec Saskia Hellmund

Photo Jean-Luc Le Calvez, 26 novembre 2019 - Mardi de l'éducation populaire avec Saskia Hellmund

Photo Jean-Luc Le Calvez, 26 novembre 2019 - Mardi de l'éducation populaire avec Saskia Hellmund

Photo Jean-Luc Le Calvez, 26 novembre 2019 - Mardi de l'éducation populaire avec Saskia Hellmund

Photo Jean-Luc Le Calvez, 26 novembre 2019 - Mardi de l'éducation populaire avec Saskia Hellmund

Photo Ismaël Dupont, 26 novembre 2019 - Mardi de l'éducation populaire avec Saskia Hellmund

Photo Ismaël Dupont, 26 novembre 2019 - Mardi de l'éducation populaire avec Saskia Hellmund

Photo Ismaël Dupont, 26 novembre 2019 - Mardi de l'éducation populaire avec Saskia Hellmund

Photo Ismaël Dupont, 26 novembre 2019 - Mardi de l'éducation populaire avec Saskia Hellmund

Mardi de l'éducation populaire du PCF pays de Morlaix, 26 novembre, de 18h à 20h.
Devant 50 personnes conquises, Saskia Hellmund, écrivaine à la formation d'historienne, née en 1974 en Thuringe, en Allemagne de l'est et qui avait 15-16 ans à l'époque de la chute du Mur et de la disparition de son pays, revient avec émotion et beaucoup de finesse à l'occasion des 30 ans de la réunification (qui était aussi une annexion en même temps qu'une forme de libération politique) sur cette expérience d'une société avec ses cadres de valeurs et de vie quotidienne qui s'éclipsent brutalement, sur une expérience collective tabou, rejetée et reniée, sur l'histoire d'une annexion et d'une perte d'identité.

Avec des textes interprétés de manière théâtrale avec une grande sensibilité, puis dans l'échange avec les participants à ces mardis de l'éducation qui ont été très nombreux à poser des questions, Saskia a décrit une part du quotidien en RDA, avec les avantages d'un système économique et social socialiste (plein emploi, égalité femmes-hommes, crèches, accès gratuit à la santé, à l'éducation, culture de bon niveau pour tous, valeurs de solidarité, d'anti-fascisme) mais aussi la chape de plomb d'un régime autoritaire et policier ou les déclamations officielles correspondaient rarement à la réalité, elle a rappelé que les contestataires du régime en 1988- 1989 voulaient la liberté mais sans la remise en cause complète des sécurités de vie, des solidarités des services publics, ni la liquidation de la culture et de l'économie est-allemande au profit du capitalisme ouest-allemand. Ils voulaient souvent d'une troisième voie progressiste entre capitalisme et socialisme autoritaire.  C'est avec des banderoles à l'effigie de Rosa Luxemburg qu'on pouvait réclamer la liberté d'expression et d'opposition.

Saskia Hellmund fait une conférence théâtrale au Roudour samedi 30 novembre et à la cantine des Sardines le 13 décembre.

***

 

Saskia Hellmund, historienne diplômée d’une thèse franco-allemande et originaire de la RDA:

La chute du Mur a été un moment de grande émotion, mais également un choc pour les Allemands de l’Est. Devoir s’adapter du jour au lendemain à une autre façon de vivre, à d’autres valeurs et exigences, faire face aux fléaux de la société actuelle comme l’insécurité et le chômage : la nouvelle liberté acquise a eu une face cachée. Perdre son pays, ses habitudes et voir dévaloriser ses origines ont été des expériences traumatisantes.

De plus, l’expérience est-allemande offre de nombreux parallèles avec le vécu identitaire breton.

Saskia Hellmund est auteure de deux livres : « La fille qui venait d’un pays disparu », éditions Les points sur les i, Paris 2015, et « Pays perdu, pays choisi », éditions Skol Vreizh, Morlaix 2017.

Après avoir enseigné sa langue maternelle à la Sorbonne, elle a posé sa plume dans le pays de Morlaix. Depuis 2018, elle travaille comme chargée de cours à l’UCO de Guingamp.

Saskia Hellmund vient de terminer un roman qui parle de la situation actuelle en Allemagne de l’Est : « La tentation du retour ».

L'actualité audiovisuelle de Saskia Hellmund:

 

Le 2/11 à partir de 21h dans « Un monde en docs » à la chaîne parlementaire. D’abord diffusion d’un documentaire sur l'ostalgie, vers 21h50 la discussion avec quatre personnes dont moi. Rediffusion dimanche 3/11 à 9h.
 
 
Le 9/11 à partir de 21h dans « Retour aux sources » à RTBF (télé belge). D’abord documentaire sur le rideau de fer, vers 22h échange autour de mon témoignage et deuxième documentaire sur le prix de la liberté après la chute du Mur.
 
 
Le tout aussi en replay, bien sûr.
 
Sinon, témoignages sur l'enfance et la jeunesse en RDA avec un entretien avec moi dans le Magasin week-end du Parisien du 8/11.
 
J'ai mis toutes mes dates pour les conférences et pour la pièce de théâtre sur mon blog :
 

***

Prochains Mardis de l'éducation populaire:

Mardi 10 décembre 18h (2 petite rue de Callac à Morlaix):
 
Conférence-débat avec le journaliste à l'Humanité et essayiste, spécialiste des questions d'environnement, d'agriculture et d'écologie, Gérard Le Puill sur le thème: comment faire face à l'urgence climatique et l'urgence sociale? 
 
Auteur de:  Devant l'urgence climatique, bousculons les politiques (éditions du Croquant)
 
Produire mieux pour manger tous d'ici 2050 et après
 
L'écologie peut encore sauver l'économie
 
Réinventons l'économie dans un monde fini
 
Mardi 14 janvier 18h (2 petite rue de Callac à Morlaix):
 
Conférence-débat avec le journaliste au Monde Diplomatique Maurice Lemoine, auteur de Venezuela, chronique d'une déstabilisation autour de la situation et de l'histoire récente au Venezuela et de la stratégie américaine et capitaliste pour déstabiliser les gouvernements progressistes et anti-impérialistes en Amérique latine. 
 
***
 
Nos derniers mardis de l'éducation populaire:
 
Janvier 2018, le philosophe Jean-Michel Galano sur la philosophie de Karl Marx
 
Mars 2018, Greg Oxley sur la Révolution Française
 
Avril 2018, l’écrivaine Maha Hassan sur la littérature, la révolution et la guerre en Syrie
 
Mai 2018, le journaliste Gérard Le Puill sur l’agriculture et le réchauffement climatique
 
Mai 2018, encore, l’ingénieur Yann Le Pollotec sur la révolution numérique
 
Juillet 2018, Marie-Noëlle Postic et Lucienne Nayet sur l’antisémitisme et son histoire
 
Novembre 2018: l’essayiste, romancier et journaliste Valère Staraselski sur le thème: « Aragon, entre littérature et politique, la liaison délibérée ».
 
Décembre 2018: la sociologue et romancière Anne Guillou, auteur chez Skol Vreizh en 2018 de « Une embuscade dans les Aurès »: La Guerre d’Algérie (1954-1961), blessures intimes.
 
Janvier 2019: Dominique Noguères, vice-présidente de la Ligue des Droits de l'Homme, avocate, sur l'enjeu de la justice et des réformes de la justice
 
Février 2019: conférence de l’historien Pierre Outteryck  sur la belle figure de Martha Desrumaux, résistante, déportée, dirigeante du mouvement ouvrier, communiste et cégétiste, du Nord
 
Mars 2019. Retour de Palestine avec nos trois camarades de l'AFPS, en mission de solidarité au camp de réfugiés de Jalazone: François Rippe, Thierry Seigland, Yann Crenn
 
Avril 2019: Maryam Madjidi, écrivaine prix Goncourt du premier roman, prix étonnants voyageurs 2018, sur "Marx et la poupée" et sa jeunesse de réfugiée iranienne, fille de militants communistes chassés par la dictature islamiste en Iran.
 
Mai 2019: l'historien Jean-Paul Sénéchal sur le Front Populaire dans le Finistère
 
Juin 2019: 1917-1920: Histoire du mouvement ouvrier et révolutionnaire confronté à la guerre, en chansons, avec Roger Héré, Patricia Paulus, Jean-François Vérant. "De la première guerre mondiale à la création du PCF, éléments d'histoire et de contexte". 
 
Juillet 2019: Bérénice Manac'h sur "Le livre de Nella": une jeunesse dans une famille de réfugiés italiens communistes et dans l'URSS de Staline
 
Mardi 15 octobre à 18h, un visionnage collectif du film de Gilles Ballastre « Main basse sur l'énergie » suivi par un débat animé par Bernard JASSERAND sur les enjeux du démantelement du service public de l'énergie et de l'énergie en France en général.
 

 

30 ans après la fin de la RDA: Saskia Hellmund fait revivre son pays disparu et les semaines de basculement en 1989 et 1990 à l'occasion d'une très belle conférence-débat des mardis de l'éducation populaire du PCF Morlaix (26 novembre 2019)
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27 novembre 2019 3 27 /11 /novembre /2019 07:07
La chronique cinéma d'Andrea Lauro - Patricio Guzmán: Transformer la mémoire personnelle en mémoire collective n’est pas impossible
La chronique cinéma d'Andrea Lauro - Patricio Guzmán: Transformer la mémoire personnelle en mémoire collective n’est pas impossible

Patricio Guzmán 

Transformer la mémoire personnelle en mémoire collective n’est pas impossible


Pour pouvoir parler de l’importance de Patricio Guzmán, et de son travail de documentariste, il faut nécessairement exposer en quelques lignes ce qui furent deux événements fondamentaux dans l’histoire du Chili : la montée au pouvoir d’Allende et le Coup d’État du 11 septembre 1973.


En 1970, malgré la forte opposition des États-Unis d’Amérique, Salvador Allende - leader du Parti unidad Popular - devint le premier président marxiste élu démocratiquement par le peuple. Son gouvernement accorda beaucoup d’importance aux politiques sociales et culturelles : il augmenta les salaires et les pensions minimales, réduisit les loyers, encouragea l’alphabétisation, favorisa les paysans et les petits entrepreneurs par des dégrèvements fiscaux, accorda le vote aux jeunes de 18 ans et aux analphabètes et redistribua la richesse au profit des plus pauvres. L’hostilité du gouvernement américain vis-à-vis de Allende est indiscutable : les USA, avec Richard Nixon à leur tête, considéraient en effet sa croissance politique comme extrêmement dangereuse, et pas seulement pour des raisons liées à l’idéologie, mais aussi pour les intérêts économiques énormes des États-Unis dans cette région.


En 1969 Patricio Guzmán, à l’époque des faits presque trentenaire, s’installe en Espagne de Santiago du Chili - sa ville natale - pour fréquenter l’École de Cinéma madrilène. Durant son adolescence, il eut la chance d’assister aux projections de certains documentaires que le public suivait avec un grand intérêt dans les salles de cinéma : C’est ainsi que la graine de la passion pour le genre documentaire commença à germer en lui. Entre 1965 et 1969, il réalisa quatre courts métrages, et ce n’est qu’en 1971, année de son retour au pays, qu’il dirigea le long métrage

El Primer Año, qui analysait les douze premiers mois du gouvernement Allende. Le réalisateur français Chris Marker (La jetée, court qui inspira Terry Gilliam pour L’Armée des 12 Singes), qui se trouvait de passage à Santiago lors de la sortie du film de Guzmán, offrit de le montrer en France et en Belgique, et deux ans plus tard, il livra au cinéaste chilien les bobines pour tourner la trilogie La Bataille du Chili. On était en 1973.

 

A l’aube du 11 septembre de cette même année, le général Augusto Pinochet, à la tête de l’armée, prit le pouvoir par un coup d’État militaire. La Moneda, le Palais présidentiel, fut attaquée par la terre et bombardée par des chasseurs de fabrication britannique. Salvador Allende est mort au cours de ce siège, mais les causes de son décès semblent toujours controversées : suicide ou meurtre? Entrer dans les méandres d’un mystère encore non résolu, ou dans le champ miné du rôle que les Américains ont joué dans ce Coup d’État, c’est trop nébuleux : en revanche c'est très clair ce qui s’est passé pendant les dix-sept années de dictature de Pinochet. La junte militaire, en organisant l’élimination de toutes les forces de l’opposition, transforma le stade national de Santiago en un immense camp de concentration où se produisirent des viols, des tortures et des interrogatoires inhumains. Environ 130 000 personnes subissaient des tortures, et le nombre de morts est un ballet de chiffres macabre, entre 3 500 et 17 000 (dont environ 3 000 disparus).


Guzmán lui-même fut capturé, menacé d’être fusillé et conduit dans le tristement célèbre Estadio Nacional, mais grâce à l’aide de sa femme et de ses amis, il réussit quinze jours plus tard à fuir cet enfer et, portant les pellicules de La Bataille du Chili, il commença à voyager à travers l’Europe.


Avec son ami Marker, il se mit à trouver des fonds pour le montage du film, mais l’aide économique ne vint pas du vieux continent, mais de Cuba. Guzmán partit donc pour La Havane où, plusieurs années plus tard, il termina sa trilogie sur la fin de la présidence d’Allende. La Batalla de Chile: la lucha de un pueblo sin armas, qui est divisée en trois parties - La insurrección de la burguesía (1975), El golpe de estado (1976), El poder popular (1979) - est considéré par beaucoup de critiques comme le plus beau documentaire chilien de tous les temps. Il a remporté de nombreux prix tant en Europe qu’en Amérique latine, il a été distribué dans 35 pays et a été défini par la revue américaine Cineaste « l’un des dix meilleurs films politiques du monde ». L’amour pour son pays et pour le Cinéma firent en sorte que Guzmán - bien qu’il ne revint jamais au Chili - continue à réaliser des œuvres de très grande envergure tant culturelle que politique, telles que : Chile, la memoria obstinada chile, 1997, qui traite de l’amnésie des gouvernants chiliens; El Caso Pinochet, 2001, axé sur la détention de l’ancien dictateur dans la prison de Londres; Salvador Allende, 2004, basé sur des vidéos de l’époque et sur des interviews de personnes qui avaient connu le président chilien depuis son enfance.

 

 Mais au-delà de l’indiscutable valeur historique, qu’est-ce qui rend les documentaires de Guzman si importants et spéciaux? Oui, parce que malgré l’existence des nombreux docu-films, les œuvres du réalisateur chilien restent gravées dans l’esprit comme une marque au feu. La forte empathie que le spectateur vit en assistant à ses travaux est certainement engendrée par un élément particulier : la poésie. Cet ingrédient, si étranger dans les films qui traitent des horreurs des dictatures, se rencontre principalement dans Nostalgia de la luz, 2010, et dans El botón de nácar, 2015. Deux merveilleuses œuvres dans lesquelles Guzmán revient explorer le passé politique de son pays en recourant à l’allégorie et à la métaphore, qui sont les seules formes acceptables tant pour le gouvernement que pour une bonne partie du peuple chilien. Sa voix off-champ raconte ses pensées profondes, et ses réflexions philosophiques accompagnent des images parfois déchirantes, parfois d’une beauté à couper le souffle.


Nostalgia de la luz parle de la distance entre le ciel et la terre, entre la lumière du cosmos et les êtres humains. Là-haut dans le désert d’Atacama, à trois mille mètres d’altitude, où la transparence de la voûte céleste permet de voir jusqu’aux confins de l’univers, des astronomes du monde entier se réunissent pour observer les étoiles. En bas, au contraire, où l’aridité du sol a préservé pour toujours des restes humains - momies, explorateurs, mineurs et os de prisonniers politiques - un groupe de mères désespérées enlève des pierres à la recherche des restes de leurs enfants.

 

Dans El botón de nácar, le langage de Guzmán devient encore plus allusif, obstinément lyrique, la splendeur de la nature ressort en nette opposition à la cruauté féroce de l’être humain. L’extermination des indigènes par les colons laisse en effet le pas à des atrocités bien plus proches de nos jours, lorsque des hommes et des femmes qui s’opposaient au régime, jetés à la mer par des hélicoptères et des avions comme des sacs-poubelles, ils trouvèrent dans l’Océan l’inhumation indigne.

 

Guzmán a fait du genre documentaire une métaphore de ses obsessions, et ses enquêtes sur : massacres de tribus entières, révolution chilienne, coup d’État de Pinochet et ses conséquences néfastes, sont une analyse claire et passionnée qui remue les consciences et entrave la dangereuse amnésie des peuples.

 

Grâce à la totalité de son œuvre, le réalisateur chilien réussit à démontrer que transformer la mémoire personnelle en mémoire collective n’est pas impossible.

 

...et son dernier film, La cordillera de los sueños (Œil d'or à Cannes 2019), nous attend dans une salle de cinéma.

 

Lire aussi:

1970-1973 : Salvador Allende par Neruda (J'avoue que chez vécu)

Portrait - Andréa : un italien à Morlaix

Heimat, l’œuvre monumentale du réalisateur allemand Edgar Reitz - la critique cinéma d'Andréa Lauro pour le Chiffon Rouge

COMMUNIST'ART: Elio Petri, le cinéaste renégat - par Andréa Lauro

COMMUNIST'ART: Mario Monicelli, cinéaste italien, auteur de Les camarades (1963)

 

 

 

La chronique cinéma d'Andrea Lauro - Patricio Guzmán: Transformer la mémoire personnelle en mémoire collective n’est pas impossible
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27 novembre 2019 3 27 /11 /novembre /2019 06:44
Municipales - jeudi 28 novembre, 19h : Forum de la liste Morlaix Ensemble : redynamiser le centre-ville et le commerce à Morlaix
Municipales - jeudi 28 novembre, 19h : Forum de la liste Morlaix Ensemble : redynamiser le centre-ville et le commerce à Morlaix

Voir aussi:

Samedi 23 novembre: Morlaix Ensemble avait rendez-vous avec les quartiers de la Vierge Noire et Bakounine à La Boissière pour faire des diagnostics de quartier

Municipales à Morlaix. L’équipe Morlaix Ensemble donne la parole aux habitants (Ouest-France, 22 novembre 2019)

Morlaix Ensemble, Une ville solidaire, écologique, active: demandez le programme! - Investissez-vous dans la campagne, soutenez notre liste!

 

Prochains rendez-vous:

Mardi 3 décembre, comité de campagne, local du PCF, 18h15

Samedi 7 décembre, 10h: la parole au quartier de Kernéguès

Lundi 9 décembre, comité de campagne: 18h15

Mercredi 11 décembre, 18h30 - Réunion publique Forum: Morlaix et ses associations, à l'Auberge de Jeunesse, voie d'accès au port

Samedi 14 décembre: inauguration du local de campagne place des Otages, 11h

Mercredi 18 décembre: comité de campagne, local de campagne: 19h30 

Samedi 21 décembre, 10h: Penlan, Orée du Bois, Kerfraval: la parole aux quartiers

Municipales - jeudi 28 novembre, 19h : Forum de la liste Morlaix Ensemble : redynamiser le centre-ville et le commerce à Morlaix
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27 novembre 2019 3 27 /11 /novembre /2019 06:34
Pierre Laurent écrit au ministre de la justice concernant le dossier de Vincenzo Vecchi, militant altermondialiste italien réfugié en France

 

https://senateurscrce.fr/activite-des-senateurs/les-courriers-officiels/article/demande-de-renseignements-au-sujet-du-pourvoi-en-cassation-effectue-par-le

Demande de renseignements au sujet du pourvoi en cassation effectué par le Procureur de la République concernant le dossier de Vincenzo Vecchi
Lettre à la ministre de la justice - Par Pierre Laurent, Sénateur Communiste de Paris  / 26 novembre 2019

Madame la Ministre,
Je me permets d’attirer votre attention sur la situation de M. Vincenzo Vecchi ressortissant italien qui vit en Bretagne depuis 2011.
Suite à deux mandats d’arrêt européens délivrés par l’Italie, Monsieur Vincenzo Vecchi a été arrêté le 8 août dernier par la police française et incarcéré en attendant que la juridiction française compétente se prononce sur la régularité des mandats d’arrêt italiens. Cette arrestation a provoqué la stupeur et un élan de solidarité en sa faveur car Monsieur Vincenzo Vecchi est particulièrement bien inséré là où il vit avec sa compagne et compte de nombreux soutiens. Depuis son installation, M. Vecchi n’a jamais commis d’infraction sur le territoire français. Il ne s’est jamais fait connaître défavorablement et est très actif dans le milieu associatif.
M. Vecchi a participé au contre-sommet du G8 de Gênes à 2001 et à un rassemblement non autorisé s’opposant à la tenue d’une manifestation fasciste déclarée à Milan en 2006. La justice italienne a eu recours au chef d’accusation de « dévastation et saccage », généralement réservé aux situations de conflit armé et qui remonte au code Rocco de 1930 de l’époque fasciste. Il en résulte deux mandats d’arrêt européens délivrés par l’Italie afin que M. Vecchi soit remis à ce pays pour y purger une peine de 13 ans au seul motif d’avoir participé à une manifestation et sans qu’aucun fait violent n’ait pu lui être personnellement imputé.
Il est à noter que la répression policière de la manifestation de Gênes a été très brutale avec un militant tué et des nombreux autres blessés à laquelle s’ajoutent de multiples arrestations et des condamnations très lourdes. D’ailleurs des mauvais traitements à l’encontre des manifestants, assimilables à des actes de torture selon la CEDH en 2015 ont été prouvés et ont eu résultat que l’Italie a été condamnée au sujet de cette répression par différentes instances internationales. L’ensemble de ces éléments tend à prouver que sont mises en œuvre ici une criminalisation des luttes sociales et des condamnations pour l’exemple totalement contraires à tout esprit démocratique.
J’avais déjà évoqué ces éléments dans une lettre auprès de Monsieur le Premier Ministre le 10 septembre dernier. Dans cette lettre j’avais également marqué mon incompréhension quant à une éventuelle exécution des mandats d’arrêt entachés d’imprécisions juridiques.
Le tribunal de Rennes a fort heureusement tenu compte de ces éléments et libéré Monsieur Vecchi le 15 novembre dernier, lui permettant, après trois mois de détention, de rejoindre sa famille et ses proches.
Compte-tenu de tous ces faits, mon étonnement est grand de constater que le parquet de Rennes se pourvoit en cassation à ce sujet. Pourriez-vous m’indiquer les raisons précises qui ont été à l’origine de cette décision ? Par ailleurs je vous serais reconnaissant, Madame la Ministre, de faire tout ce qui est en votre pouvoir pour garantir les droits fondamentaux de M. Vecchi et éviter sa remise aux autorités italiennes.
Je vous prie d’agréer, Madame la Ministre, l’expression de mes salutations les plus distinguées.

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