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9 août 2026 7 09 /08 /août /2026 07:00

Tribune

Le changement climatique est une réalité. Les canicules, les sécheresses et les vents violents créent des conditions propices à des incendies d’une ampleur inédite. Mais face au feu, il faut aller plus loin et interroger une gestion forestière dictée par les exigences du capital. Par Fabien Roussel, secrétaire national du PCF

En Gironde et dans les Landes, plus de 40 000 hectares ont brûlé et près de 220 000 personnes ont été évacuées. Je salue le courage des pompiers, des agents et des bénévoles, et assure les habitantes et habitants de toute notre solidarité. Les flammes retombées, nous refuserons les larmes officielles et l’oubli.

Déjà, lors des feux exceptionnels de 2022, je m’étais rendu sur place pour pointer du doigt le manque de moyens pour lutter contre ces incendies géants.

1 800 centres de secours supprimés en vingt ans, avec plus de 1 000 camions-citernes perdus et une flotte de vingt-trois avions, dont douze Canadair, âgée en moyenne de trente ans ! Face au feu, l’austérité désarme la République. Il faut rouvrir des casernes rurales, renforcer les SDIS, produire en France et en Europe des bombardiers d’eau et investir dans la télédétection, les points d’eau et les pistes forestières. Commençons par ouvrir une base permanente à Mont-de-Marsan pour les bombardiers d’eau.

Mais il faut aller plus loin et interroger une gestion forestière dictée par les exigences du capital.

Pourquoi cela brûle autant ?

Le changement climatique est une réalité. Les canicules, les sécheresses et les vents violents créent des conditions propices à des incendies d’une ampleur inédite.

Et le climat n’est pas seul en cause !

 

Le massif des Landes de Gascogne façonné par nos ancêtres, composé à 80 % de pin maritime, constitue un patrimoine écologique exceptionnel, un outil de production qui fait vivre des milliers de salariés et irrigue toute une filière économique. Mais cette monoculture dense organisée pour maximiser les prélèvements et la rentabilité rend le massif particulièrement vulnérable aux incendies. Le climat allume la mèche ; le capitalisme accumule le combustible.

Au-delà de ce seul massif, en France, 75 % de la surface forestière appartient à des propriétaires privés. Ils participent pleinement à la vie de la filière bois. Mais lorsque les conséquences des incendies concernent l’ensemble de la société, la puissance publique doit retrouver les moyens de planifier, de coordonner, de conditionner ses aides afin d’accompagner l’évolution des pratiques. D’autant qu’en dix ans, la capacité du puits forestier à stocker le carbone a été divisée par 2,5.

C’est pourquoi nous avons besoin d’un vaste chantier national associant forestiers, les salariés de la filière bois et leurs organisations syndicales, propriétaires, élus locaux, scientifiques, associations et citoyens pour organiser le changement de modèle qui permettra de relever les défis sociaux et écologiques du XXIe siècle.

Pour ouvrir le débat, le PCF propose une loi de programmation forestière et un grand service public forestier, compétent pour les forêts publiques comme privées, réunissant services de l’État, ONF, CNPF et recherche publique. En matière de lutte contre les feux de forêt, il coordonnera la prévention avec les SDIS, la Sécurité civile et les comités communaux feux de forêt. Doté des moyens nécessaires, il embauchera 2 000 agents sous statut de fonctionnaire, indépendants des intérêts économiques.

Nous proposons de créer des conférences forestières territoriales réunissant tous les acteurs pour décider d’orientations auxquelles devront se conformer les plans de gestion privés. Chaque euro d’aide ou de crédit sera conditionné à la diversification des peuplements, à la baisse des densités, au soutien à l’exploitation en forêt irrégulière, à l’encadrement des coupes et à la transformation locale. Soutenons le sylvopastoralisme et l’agriculture, qui créent des coupures de combustible. Soumettons tout projet de bois-énergie à une étude indépendante de la ressource et du bilan carbone. Un fonds national d’adaptation, financé par les grands groupes de la filière, accompagnera cette transformation.

La France peut payer les catastrophes ou décider enfin d’investir dans la prévention, le climat et la souveraineté industrielle. Le PCF choisit la maîtrise publique, la planification démocratique et le temps long. Nos forêts ne doivent plus obéir aux seuls cours du bois : elles doivent servir la vie.

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2 août 2026 7 02 /08 /août /2026 06:46

 Editorial de Fabien Gay

Notre monde brûle, les peuples suffoquent et notre humanité commune vacille. Sept des neuf frontières planétaires sont dépassées, et c’est donc notre vie dans un écosystème sûr et viable sur le long terme qui est maintenant en jeu. Nous perdons des pans entiers du monde du vivant, le cycle de l’eau est maintenant durablement perturbé, et nos sols et océans pollués.

Il ne s’agit plus de savoir si on croit ou non au dérèglement climatique, ou encore si on pense que notre Terre peut encore endurer cela longtemps. Le réchauffement climatique impacte déjà nos vies, mutile des régions et cause des victimes. Non, la seule question qui vaille est celle de savoir quand nous romprons avec le système capitaliste, responsable de la destruction de la nature et du vivant, pour imposer d’autres modes de production, de consommation et de vie. Et plus nous tarderons, plus la rupture sera brutale, violente et sans transition.

Bien évidemment, on peut et on doit d’ores et déjà s’adapter, en climatisant et en rénovant le bâti par exemple pour supporter les épisodes de grand froid ou de canicule. Mais est-ce vivable d’avoir des bâtiments climatisés pendant des semaines de canicule ?

Cet avenir inquiétant n’est pas une vue de l’esprit, fruit d’une imagination débordante, mais bien les scenarii possibles à l’horizon 2030, mis sur la table par des scientifiques. La trajectoire du réchauffement climatique sera de 2 degrés supplémentaires en 2030, et 4 degrés en 2100.

Chaque été devient le « plus chaud jamais vécu » sur notre territoire, il commence de plus en plus tôt, affectant tous les domaines de la société, que ce soit l’éducation de nos enfants dans des écoles aux bâtiments dégradés, l’hospitalisation des personnes en souffrance, la saisonnalité de l’agriculture, les conditions de travail et d’habitat.

Nous sommes la dernière génération de femmes et d’hommes, de militantes et militants, à pouvoir agir. Le changement climatique est déjà lancé, mais nous pouvons agir pour l’avenir et limiter les dégâts. La croyance selon laquelle la technologie et l’intelligence artificielle nous permettront de tout réparer est illusoire.

Cet été, le monde brûle, du Canada à l’Espagne, de l’Algérie à la France, et les premiers réfugiés climatiques sont déjà là. Le feu rase les forêts, tue les animaux et s’approche dangereusement de métropoles comme à Madrid ou Bordeaux. Les États à eux seuls ne parviennent pas à répondre à la crise, et le soutien des pays voisins montre à chaque fois sa nécessité.

Mais il se fait toujours de manière pressante, sans réflexion globale sur ce qui nous a menés à cette impasse, sur la coordination mondiale et les moyens à mettre en œuvre sur le long terme. Alors que les gouvernements augmentent les budgets militaires, ils refusent d’allouer des millions pour la prévention, la sécurité civile ou les forêts. Ce n’est pas de l’inaction climatique. Ce sont des politiques climaticides, qui devraient être interdites.

Il faut donc d’urgence œuvrer à la création d’une grande coalition internationale des peuples libres, souverains et associés, qui aura la tâche de sauver le climat et mettre fin aux inégalités. Mettre en commun les savoirs, les pouvoirs et les richesses, nationaliser les moyens pour dépolluer sols, rivières et océans, mettre fin à l’exploitation des ressources pétrolières. Devoir impérativement produire non pas ce que veut la société consumériste, mais ce dont les peuples ont besoin.

L’urgence de notre temps est donc au communisme.

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30 juillet 2022 6 30 /07 /juillet /2022 08:00
L’indécence des puissants

PAR JEAN-EMMANUEL DUCOIN

Les profits montent, la colère aussi… Il y a des moments dans la vie politique où nous nous demandons ce qu’il faudrait convoquer pour en finir avec l’indécence des puissants. Le « bon sens » ? Un peu de « justice » ? Et pourquoi pas la « morale », tant que nous y sommes ? Alors que, dans les foyers, les fins de mois difficiles voire impossibles rendent si rude la vie quotidienne, le gouvernement, aux abois et contraint à quelques compromissions avec LR et le RN, se félicite à cor et à cri du second volet de mesures sur le pouvoir d’achat adoptées à l’Assemblée… et conclut par un vote contre le sort des retraités. Tout un symbole. Pas de revalorisation des prestations ou pensions au niveau de l’inflation. Et refus catégorique de taxer les superprofits.

« Taxer » s’avère un verbe assez impropre. Parlons plutôt d’imposition. Cela empêchera au moins Bruno Le Maire de déclarer : « Une taxe n’a jamais amélioré la vie de nos compatriotes. » Propos absurdes. Reste une réa­lité : les Français galèrent, mais les grandes entreprises du CAC 40 ont déboursé en dividendes 174 milliards d’euros à leurs actionnaires. Les patrons de TotalEnergies, Engie, LVMH ou Carrefour vont bien, merci pour eux ! Ils sont sortis renforcés de la pandémie, ils bénéficient de la guerre en Ukraine et du « choc énergétique ». En toute impunité capitalistique, ils profitent de toutes les crises sans se soucier de la solidarité nationale. Ils ont même eu le toupet d’appeler les citoyens à « réduire leur consommation d’énergie », à commencer par celui de Total, qui a augmenté son propre salaire de 52 % en 2021, passant à 5,9 millions d’euros annuels. Jeudi, la compagnie a annoncé avoir plus que doublé son bénéfice net au deuxième trimestre, à 5,7 milliards, soit 17,7 milliards sur le seul premier semestre 2022. Sachant que le groupe n’aurait pas payé d’impôts sur les sociétés en France, ni en 2019, ni en 2020. Une honte.

L’imposition des superprofits figurait dans le contre-projet présenté par la Nupes, sous la forme d’une taxe exceptionnelle de 25 % sur les dividendes des sociétés pétrolières et gazières, des sociétés de transport maritime et des concessionnaires d’autoroutes qui réalisent un chiffre d’affaires supérieur à un milliard d’euros. Voilà l’une des réponses à l’urgence sociale absolue. Pas la révolution. Juste le début d’une nouvelle répartition des richesses…

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