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29 septembre 2018 6 29 /09 /septembre /2018 05:59

 

Le président de la République s’est penché sur la très grande pauvreté. Mais outre un jeu de bonneteau budgétaire, le chef de l’État a surtout confirmé son attachement à une politique génératrice d’inégalités.

L’annonce du plan de lutte contre la pauvreté était la dernière (et énième) tentative d’Emmanuel Macron pour se débarrasser de cette image de « président des riches » qui plombe indéniablement son quinquennat depuis l’été 2017. Cette fois, c’était promis, le chef de l’État allait se pencher sur les misères de son peuple et, pour reprendre le titre de l’essai paru en 1844 du futur Napoléon III, « éteindre le paupérisme ». Toutes les cordes de la rhétorique compassionnelle, de la dénonciation du « scandale de la pauvreté » à la « grande leçon » que donnent les pauvres aux autres ont été déployées pour l’occasion. Mais qu’en est-il en réalité ?

A priori, l’enveloppe paraît non négligeable : 8 milliards d’euros, soit 2 milliards par an. Mais il faut immédiatement placer un chiffre en face de celui-ci : les trois milliards d’euros par an que l’État va économiser par la baisse de la valeur réelle (y compris l’inflation) des allocations sociales et des pensions. Parallèlement, la réactualisation de la revalorisation des aides personnelles au logement va réduire les versements de 1,7 milliard d’euros. Autrement dit, pour financer la lutte contre la pauvreté, le gouvernement va piocher dans les revenus des personnes un peu moins pauvres. La redistribution ne s’opère qu’à l’intérieur des classes populaires. Et il est même possible que certains bénéficiaires des mesures annoncées ce jeudi soient aussi les victimes des décisions budgétaires du gouvernement.

Ces 2 milliards d’euros par an ne peuvent donc pas s’entendre comme étant des mesures de redistribution en net et quand ils le seraient, ce serait une redistribution à l’intérieur de la partie la plus basse de la société. Il en va de même du fameux « revenu universel d’activité » qui sera mis en place en 2020. Une récente étude a montré qu’une telle création baisserait les revenus de 3,5 millions de foyers et augmenterait ceux de 3,3 millions de foyers. Les premiers paieront ainsi pour les seconds… Un autre exemple ? Les 100 000 « contrats d’insertions par l’activité » sur le quinquennat sont mis en avant dans ce plan alors même que l’année 2019 sera celle de la suppression de 100 000 emplois aidés (en un an) après la suppression de 130 000 en 2018...

C’est donc un jeu de bonneteau budgétaire auquel le gouvernement se livre où la priorité mise sur l’extrême pauvreté est financée par la contribution des personnes un peu moins malchanceuses. Ce que propose Emmanuel Macron, c’est donc un écrasement des différences en bas de l’échelle sociale et une explosion des inégalités avec le haut de cette échelle sociale. Car, alors que l’on se livre à ce tour de passe-passe budgétaire sordide, l’argent public va couler à flot pour les plus aisés et les entreprises.

La suppression de l’ISF continue d’augmenter de quelque 16 milliards d’euros sur le quinquennat les ressources des ultra-riches qui peuvent aussi désormais compter sur le « bouclier fiscal » du prélèvement forfaitaire unique sur les revenus du capital (environ 9 milliards d’euros sur le quinquennat). De plus, 38 milliards d’euros, soit près de vingt fois le montant prévu par le plan pauvreté, vont être versés au titre du CICE et des baisses de cotisations l’an prochain aux entreprises, sans demande de compensation et alors que le taux de l’impôt sur les sociétés continue de baisser.

EMMANUEL MACRON, PLUS QUE JAMAIS PRESIDENT DES RICHES (Médiapart - 13 septembre 2018 - Romaric Godin)

Impact des mesures socio-fiscales du budget à l’horizon fin 2019 (par rapport à 2017). © OFCE

La politique économique et budgétaire d’Emmanuel Macron est donc plus que jamais une machine à creuser les inégalités. L'OFCE avait largement documenté les effets néfastes de cette politique sur les inégalités, même après prise en compte des mesures tardives en faveur des ménages : fin 2019, les revenus des plus riches augmentaient de 2,2 % par rapport à 2017 et ceux des plus pauvres de 0,2 % (avant l'effet du quasi-gel des transferts sociaux). Les ordonnances sur le code du travail, et les réformes qui les ont précédées, font pression sur les salariés pour qu’ils acceptent des rémunérations plus faibles. Selon les chiffres du ministère du travail, rien que pour les entreprises de moins de 50 salariés, 946 accords ont été signés, et pour 90 % d'entre eux afin d'obtenir des augmentations de temps de travail ou des réductions salariales. Trente-sept ruptures conventionnelles de contrats de travail ont été validées et 17 autres sont en cours de validation pour un nombre de salariés que le ministère refuse de communiquer. Tout cela pèse sur le niveau et les conditions de vie des salariés. Et on en a vu les effets directs macroéconomiques avec une croissance des salaires du privé de 1,4 % au premier semestre, soit une baisse réelle. Parallèlement, les CDD de moins d’un mois se multiplient.

 

Alimenter le marché avant tout

Sortir de la grande pauvreté pour aller vers la précarité et la pauvreté relative en travaillant : voilà le choix que propose Emmanuel Macron. On dira que « c’est mieux que rien » et cela le serait effectivement si le choix était entre cette politique et rien. Mais ce n’est pas le cas, puisque l’action redistributive de l’État est fortement freinée et que, par ailleurs, la politique de transferts massifs aux entreprises peine à créer suffisamment d'emplois. Car pour s'insérer par l'emploi, il faut qu'il y ait de l'emploi. Or, malgré les flots d'argent se dirigeant vers les entreprises et la suppression de l'ISF au 1er janvier, les créations d'emplois ont fortement ralenti au deuxième trimestre 2018.

Mais le chef de l’État ne change rien. Il a redit qu’il « tenait » à « cette image de premier de cordée ». « Tirer sur la corde pour qu’il aille moins vite n’aidera pas les autres qui sont en bas », a-t-il martelé. Étrange image : en allant plus vite alors que ceux qui sont en bas n’avancent pas, le premier de cordée risque d’emporter l’ensemble des grimpeurs. Et dans ce cas, il faut impérativement le ralentir ! Mais Emmanuel Macron voit les choses autrement, il pense que, plus vif, le premier de cordée est capable, tout seul, d’aller vite et ainsi de faire monter tout le monde. Toute la pensée sociale du président de la République est ici résumée : l’impôt redistributif est un fardeau qui empêche la création de richesses, laquelle ruisselle ensuite vers le bas de l’échelle sociale. Et toute l’erreur du chef de l’État est précisément dans l’erreur de cette image à laquelle il tient tant.

Évolution des inégalités dans plusieurs pays développés. © Our World In Data

Car tout tend à prouver qu’effectivement, une politique de croissance fondée sur l’affaiblissement de la redistribution est hautement dangereuse. Le cas suédois, tant prisé par ailleurs par l’hôte de l’Élysée, en est un exemple frappant : la politique de la droite menée en 2006 à coup de baisses d’impôts sur les hauts revenus et de flat tax sur les revenus du capital a mené à une explosion des inégalités qui inquiète jusqu’à l’OCDE et se reflète dans la situation politique de ce pays.

Si Emmanuel Macron persévère malgré tout dans cette voie, ce ne peut être qu’en raison de sa structure idéologique. Celui qui aimait tant à se présenter comme pragmatique refuse de constater ce fait avéré depuis trente ans : l’enrichissement global d’une société qui s’accompagne d’un creusement des inégalités est nuisible non seulement à l’économie mais aussi à la cohésion sociale. Il pense, lui, que cet enrichissement profitera in fine à tous dès lors que chacun souhaite participer à l’activité, autrement dit veut travailler.

En conséquence, c’est moins la pauvreté en tant que telle qui intéresse Emmanuel Macron que la création d’un socle minimum permettant à chacun d’être en capacité de participer au marché du travail. Tout devient alors cohérent : on peut prétendre lutter contre la grande pauvreté et faire les poches des retraités et des bénéficiaires d’allocations sociales. Ce qui compte, c’est que les pauvres puissent entrer sur le marché. Lequel, en tant que révélateur de la vérité, fera de ces gens ce qu’ils méritent d’être : travailleur pauvre ou « Mozart » (pour reprendre l’image du président de la République). L’assignation de destin est remplacée par la libre concurrence sur le marché du travail.

Mais qu’on ne s’y trompe pas : au-delà de quelques rares « Mozart » qu’on pourra toujours arborer comme des trophées, l’essentiel des gens qui sortiront de la grande pauvreté demeureront dans la pauvreté relative où ils rejoindront des gens un peu plus pauvres qu’avant. Et ils travailleront pour des gens de plus en plus riches. Car ainsi va la concurrence libre et non faussée, et partout où cette politique a été mise en place, la pauvreté a progressé. Et cela sera d'autant plus vrai qu'en France, par la prime d'activité et la baisse des cotisations centrées sur le Smic, on entretient des créations d'emplois centrées sur les bas salaires. Et si, de plus, il n'y a pas assez de création d'emplois, il ne restera plus qu'à partager la misère. Pour réduire vraiment les inégalités, il faut plus de redistribution entre les classes sociales, pas moins comme le propose le gouvernement.

Le projet présidentiel est donc pleinement cohérent, c’est un projet profondément néolibéral au sens strict du terme. L’État est là pour permettre un fonctionnement parfait du marché : d’un côté, il augmente les profits des entreprises et les revenus des plus riches pour provoquer des embauches, de l’autre, il crée la participation de tous au marché du travail. D’où cette priorité donnée à la lutte contre la très grande pauvreté pour permettre à ces personnes de revenir vers le marché du travail. La pensée néolibérale est un libéralisme de règles où s’applique souvent la contrainte afin de permettre au marché de jouer son rôle. Et c’est bien là la vision présidentielle qui a accompagné son (faux) « revenu universel d’activité » d’une obligation de travail ou d’activité. Autrement dit, désormais le pauvre ne sera digne d’être secouru que s’il accepte de participer au marché du travail.

En cela, Emmanuel Macron reprend la vieille idée du « workfare » popularisée par Richard Nixon en août 1969 et qui conditionne au travail les allocations sociales. C’est aussi le but de la revalorisation de la prime d’activité : récompenser ceux qui ont trouvé leur place dans le marché. Comme l’ancien président étasunien, Emmanuel Macron pourrait dire : « ce dont nous avons besoin, c’est moins de welfare et plus de workfare », autrement dit moins d’allocations sociales inconditionnelles et plus d’allocations soumises à l’activité. Cette vision s’appuie sur une individualisation des responsabilités. Nul n’est dans la grande pauvreté par hasard, c’est forcément le fruit d’un refus du travail ou d’une inadaptation au marché. L’État se doit, avec autorité s’il le faut, de corriger ce qui est perçu comme une entrave au bon fonctionnement du marché.

Lentement mais sûrement, Emmanuel Macron continue donc de miner de l’intérieur le système social français pour intégrer le pays dans l’ordre néolibéral. Son adversaire, c’est plus que jamais la solidarité nationale et la redistribution. Ces deux piliers qui ont pourtant permis à la France de résister à la crise et de maintenir un niveau d’inégalités qui, partout, se creusait. Là encore, l'OFCE a récemment bien documenté cette réalité. La lutte contre la pauvreté n’est donc pour Emmanuel Macron qu’un prétexte au déploiement de son offensive idéologique contre l’État social français. Plus que jamais, ce président reste celui des riches et des inégalités.

 

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29 septembre 2018 6 29 /09 /septembre /2018 05:57

Ahed Tamimi, la jeune militante devenue une icône mondiale de la résistance palestinienne, lance un appel aux jeunes de France à la Fête de l'Humanité.

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28 septembre 2018 5 28 /09 /septembre /2018 19:42
Fermeture de classe, effectifs surchargés - Communiqué des parents d'élèves de Gambetta qui appellent à un rassemblement de soutien le vendredi 5 octobre

Communiqué des parents d'élèves de l'APE de l'école Gambetta envoyé par Sébastien Portier. Ils ne lâchent rien, et ont bien raison. Nous serons avec eux le vendredi 5 octobre:

Dès l'annonce de la fermeture de postes dans les écoles morlaisiennes, en février 2018, les représentants des parents d'élèves se sont mobilisés.

Dès Février, les parents de l'école Gambetta alertaient sur les conditions déplorables d'apprentissage à venir pour la rentrée 2018/2019.

Il y a eu de nombreuses actions positives menées, et de nombreuses alertes lancées dans la presse. Ces réactions et actions ont d'ailleurs été soutenues par une large majorité d'élus de tout bord (Motion voté à l'unanimité au conseil municipal par exemple), sur l'ensemble du territoire du Pays de Morlaix.

L'Inspection d'Académie est restée sourde aux inquiétudes des parents et des élus ainsi que muette puisqu'elle n'a pas jugé utile de leur répondre. Elle n'a en rien pris en compte les inquiétudes des parents, des enseignants, des élus. Elle se moque des particularités de l'école Gambetta (Nombreux enfants allophones notamment).

Les représentants des parents d'élèves n'ont pas souhaité réagir dès la rentrée 2018/2019 des classes et ont préféré attendre les différentes réunions de rentrée afin de décrire le plus précisément et avec honnêteté la situation dans l'école Gambetta.

Les réunions de rentrée ont eu lieu. La situation alarmante crainte dès l'annonce de la fermeture est, aujourd'hui, une réalité terriblement cruelle pour les enfants, les parents et les enseignants. 
Les élèves de l'école primaire publique Gambetta, citoyens en devenir de la République Française, étudient dans des conditions qui ne respectent pas l'équité des chances et compromettent l' acquisition des savoirs fondamentaux qui leur permettront pourtant d'être des citoyens à part entière.

Classe de maternelle (TPS, PS, MS, GS) : 30 inscrits. 26 enfants présents pour le moment. De nouvelles inscriptions et arrivées sont attendues en Janvier et en Avril, comme les années précédentes. Il est plus que probable que cette classe atteigne au second trimestre 35 à 37 élèves.

CP-CE1 : 24 élèves. Dans ce groupe classe, on compte 3 enfants ULIS, et 3 enfants qui ne parlent pas encore le Français.

Enfin dans la classe Tri-niveaux CE2 – CM1- CM2 : 30 élèves / 37 élèves avec l'inclusion des ULIS. L'inclusion des ULIS est d'ailleurs devenue matériellement impossible, alors que c'est la raison d'être des ULIS.

Nous arrivons à un total de 91 élèves (contre 88 en fin d'année dernière). En connaissant la grande variabilité des arrivées à l'école Gambetta, il est certain que les conditions vont encore s'aggraver.

Les représentants des parents veulent aussi rappeler les nombreux investissement effectués dans l'école pour le bien être des enfants (90 000 € pour la cour de récréation par exemple, et le maintien du poste d'ATSEM supplémentaire.

Les représentants de parents d'élèves invitent les élus à se rendre, pendant la classe, à l'école Gambetta pour voir les conditions réelles d'apprentissage des élèves, futurs citoyens.
Enfants et parents attendons le maximum de soutien de nos Elus Municipaux, de notre Maire, de nos Conseillers Départementaux, de notre Sénateur, mais aussi de notre Députée. Nous espérons que tous répondront à cette invitation, afin de pousser l'Inspection d'Académie à reconsidérer sa position inique et à réouvrir une classe.

Nous demandons un rendez vous d'urgence avec l'Inspecteur de la circonscription.
Les représentants de parents de l'école Gambetta ont mené des actions ces derniers mois. Devant la surdité et l'indifférence de l'Inspection d'Académie, un vaste appel à manifester est lancé auprès de tous les Morlaisiens, habitants du territoire et élus, qui se sentent concernés par l'avenir des enfants des écoles de la République. Venez soutenir la réussite scolaire de tous les enfants, pour le vendredi 5 octobre à 18h 15, devant l'école Gambetta.

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28 septembre 2018 5 28 /09 /septembre /2018 19:41
photo Ouest-France

photo Ouest-France

Ouest-France
Morlaix. Les parkings gratuits à la gare, c’est bientôt fini

En novembre, les parkings courte et longue durées seront munis de barrières. Il faudra donc payer. Les abonnés TER auront leur parking dédié. Reste l’inconnue du parking des riverains.

Quels sont les différents types de parkings à la gare ?

Dans le cadre du chantier du pôle d’échange multimodal, le stationnement à la gare a été repensé. Au sud, on trouve un parking courte durée de 41 places ; au nord, un parking longue durée de 200 places. Au nord, se situe également un parking dit KorriGo (71 places), réservé aux abonnés du TER. Enfin, les riverains ont leur parking théoriquement dédié, au sud-ouest (62 places).

Qu’est-ce qui va changer ?

À partir du mois de novembre, les parkings gérés par l’Agglo deviendront payants. Le parking pour les abonnés du TER, géré par la Région, devrait également être opérationnel à cette période. Selon Nathalie Bernard, vice-présidente aux transports à Morlaix communauté, « cette mise sous barrière est attendue des usagers. Les voitures ventouses, c’est compliqué quand on veut prendre son train… ».Ismaël Dupont (PCF), n’a « pas eu le même son de cloche ». Il plaide pour le maintien de la gratuité, « afin de développer le transport en commun ». Pour éviter l’occupation abusive, « pourquoi pas des barrières gratuites, mais limitées dans le temps ? »

À noter que pour le parking des riverains, censé être accessible par barrière et badge, cela ne bouge pas pour le moment, « la ville de Morlaix, gestionnaire, ayant décidé d’attendre un peu ». Agnès Le Brun, maire, précise : « Ça ne bougera pas tant qu’on n’aura pas eu une concertation collective associant partenaires, gestionnaires et usagers. »

Combien ça coûtera ?

Pour le parking KorriGo, c’est compris dans le prix de l’abonnement de train. Concernant les parkings gérés par Morlaix communauté, la tarification se fera au quart d’heure, avec un seuil de gratuité. 

Qui se charge des travaux ?

Un marché a été conclu pour quatre ans avec la société Effia stationnement. Elle est en charge de la pose des barrières, de la maintenance, mais aussi de la gestion des parkings. Effia récoltera, pour le compte de l’Agglo, les recettes. Concernant la pose de barrières pour le parking KorriGo, c’est la Région qui s’en occupe.

https://www.ouest-france.fr/bretagne/morlaix-29600/morlaix-les-parkings-gratuits-la-gare-c-est-bientot-fini-5991066

Conseil de Communauté de Morlaix-Co du 26 septembre: compte rendu de Ouest-France, Delphine Van Hauwaert: Morlaix, les parkings gratuits, c'est bientôt fini!

Départ, innovation, missions évangéliques... Le conseil en bref

Serge Le Pinvidic s'en va

Il était le Monsieur budget de l'Agglo depuis 17 ans. "Un travail dans la discrétion mais essentiel" a salué Thierry Piriou, président. Serge Le Pinvidic quitte ses fonctions de vice-président aux finances, "en raison de contraintes familiales". "Je continuerai à me tenir informé des progrès de la construction communautaire", sourit celui qui conserve son mandat de conseiller municipal de Saint-Martin des Champs. L'adjoint saint-martinois Marc Le Rousic le remplacera dans l'enceinte communautaire. 

Urbanisme: ça va dans le bon sens.

Début 2020, Morlaix Communauté sera doté d'un plan local d'urbanisme et d'habitat à l'échelle des 27 communes. Les grandes orientations ont été évoquées en conseil mercredi. Parmi celles-ci, un objectif de hausse de la population (+ 7000 habitants) d'ici 2040 ou encore un renforcement des centralités (villes et bourgs). Pour les élus présents dans la salle, tout cela va dans le bon sens. A l'image d'Ismaël Dupont (PCF) pour qui "on est vraiment dans une cohérence territoriale avec les enjeux écologiques". Allusion à un autre objectif, visant à diviser par deux la consommation de foncier. 

Missions évangéliques

Lors du débat sur les grandes orientations du PLUI-H, Ismaël Dupont relevait également: "Il est écrit dans le document que les besoins ne sont pas couverts en matière d'aire pour accueillir les grands passages". François Girotto, chargé de l'habitat, connaît bien le sujet. Chaque été, c'est le même casse-tête pour accueillir les missions évangéliques. En juin-Juillet a été testé à deux reprises l'accueil sur un terrain de 4 hectares à Langolvas, en face de la caserne des pompiers. Avec succès assure l'élu, qui confie: "On réfléchit à pérenniser ce terrain. Si cette zone était aménagée, elle pourrait aussi servir à d'autres activités". 

Un "Open Lab" pour innover 

"En lien avec l'Université de Bretagne Occidentale (UBO), il prévu de créer un espace au sein de la Manu, tout à la fois lieu de fabrication, d'accompagnement de projets et d'interactions " indique Yves Moisan, vice-président à l'économie. L'Open Lab serait sur le modèle de l'Open Factory brestois où chacun peut innover au moyen d'outils traditionnels et de machines à commande numérique: imprimantes 3 D, fraiseuses numériques, scanners 3D... "C'est un lieu magique, dans l'émulation, s'enthousiasme Sarah Noll. A Morlaix, des acteurs ne sont plus prêts que pour ça!" lE conseil a validé le financement d'une étude de faisabilité (25 000€) qui sera menée pendant 6 mois par l'UBO Open Factory. 

D.V.H    

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28 septembre 2018 5 28 /09 /septembre /2018 19:40

 

Pour rendre le territoire attractif, de nombreux élus estiment qu’il faut désormais résonner à l’échelle du Pays de Morlaix.

 

Le débat autour du projet d’aménagement et de développement durables (PADD) de Morlaix communauté, ce mercredi, lors du conseil communautaire de rentrée, s’est conclu sur une belle unanimité. Ne reste plus qu’à le concrétiser. Et à envisager un éventuel rapprochement avec les collectivités voisines.

Le débat qui s’est tenu ce mercredi, à la CCI, à l’occasion du conseil communautaire de rentrée, était d’importance pour l’avenir de Morlaix communauté. Dans le cadre de l’élaboration du plan local d’urbanisme intercommunal, les élus devaient discuter des orientations générales du projet d’aménagement et de développement durables (PADD). C’est Marc Madec, vice-président en charge de la question, qui a présenté ce document cadre qui servira « à inventer notre territoire ».

Quatre axes de travail

Le Saint-Thégonnecois a d’abord listé les observations et sujets d’inquiétudes remontés des communes composant la collectivité : la volonté de dynamiser les centralités, particulièrement celle de Morlaix ; l’économie et l’organisation des zones d’activités économiques ; des doutes sur l’objectif de 0,4 % de croissance de la population, soit 7 000 habitants de plus, d’ici 2040 ; le développement du tourisme ; le numérique et le développement de la fibre optique ; la gestion des eaux pluviales ; le maintien de la qualité de vie et des activités dans le milieu agricole, et enfin des inquiétudes sur la prise en compte des spécificités du territoire. Après quoi, il a rappelé les quatre axes d’aménagement et d’urbanisme qui avaient finalement été retenus dans ce PADD : construire l’aménagement d’un territoire à 27, inventer un territoire attractif, développer l’économie du XXIe siècle et promouvoir un habitat durable et diversifié.

Une année de travail

« Il s’agit d’un outil.

Il y aura des traductions sur le terrain », a rassuré Marc Madec, en précisant qu’il faudrait « poser les crayons en novembre 2019 » pour que le PLUIH aboutisse avant 2020. Les élus ont donc une année de travail devant eux. En attendant, ils ont unanimement reconnu la qualité du projet. Yves Moisan (Plouézoc’h) s’est ainsi satisfait de constater une volonté de centralité, lui qui appelle de longue date à la création d’un Grand Morlaix. Sarah Noll (Morlaix) et Yvon Le Cousse (Plougonven) y sont aussi allés de leurs éloges : « C’est une belle ambition pour le territoire ». Quant à Jean-Michel Parcheminal (Plounéour-Ménez), il a demandé une vigilance accrue sur la désertification rurale, tandis qu’Hervé Richard (Taulé) souhaitait que le conseil se penche sérieusement sur les zones d’activités économiques, génératrices d’emplois.

« Parler d’une seule voix »

Ismaël Dupont (Morlaix) a aussi approuvé les objectifs du PADD, estimant que la collectivité était « sur de bons rails ». Il s’est néanmoins interrogé sur son « obsolescence programmée, si on pense déjà à une agglomération de 120 000 habitants ». Une référence à l’interview de rentrée du président Thierry Piriou dans nos colonnes. « C’est trop tôt pour voir plus grand », a-t-il soufflé. Ce à quoi Thierry Piriou a répondu qu’il fallait travailler à rendre cohérents les projets de territoire de Morlaix communauté, du Haut-Léon et du pays de Landivisiau. « Est-ce que ça aboutira un jour à une communauté de 120 000 habitants ? Je n’en sais rien. Mais il faut s’interroger là-dessus si on veut peser ». « Parler d’une seule voix, au niveau du pays, ce serait mieux », a abondé Yves Moisan, suivi par Marc Madec : « Certainement qu’à un moment, il faudra réfléchir à une autre échelle ».

Parkings du PEM. La tarification au quart d’heure des parkings publics de la gare gérés par Morlaix communauté a été votée. Toutes les barrières seront posées d’ici le mois de novembre. Le parking de la ville, lui, restera encore gratuit quelque temps. Ce barriérage permettra de lutter contre les voitures ventouses. Ismaël Dupont, qui défend la gratuité des transports en commun, a voté contre cette délibération.

Hop !. La présentation du rapport d’activité 2017 sur la délégation de service public à l’aéroport de Ploujean a été reportée. Ce qui n’a pas empêché les élus de débattre de l’avenir de Hop ! sur le site. La collectivité n’est pas décisionnaire mais travaille ardemment sur le sujet ont rappelé Thierry Piriou et Yves Moisan, qui ont salué l’exemplarité de l’intersyndicale.

Phare de l’île noire. Les élus ont voté l’attribution d’une subvention de 20 000 € à l’Afpa dans le cadre de l’aménagement du phare de l’île Noire en gîte insolite (250 000 € HT). Une convention doit être signée entre le service des Phares et Balises (gestionnaire du feu) et le Conservatoire du littoral. Dès lors, la collectivité demandera à ce dernier une autorisation d’occupation temporaire du site pour les travaux.

Open Lab. Le conseil a approuvé le principe d’une mission d’étude de faisabilité de six mois pour la création d’un Open Lab. Elle est confiée à l’UBO Open Factory, pour un montant de 25 000 €. Cet Open Lab, lieu de formation, de fabrication, d’accompagnement de projets et d’interactions, s’installerait à terme à la Manu. Mais des événements seront organisés sur le territoire pendant la mission.

Démission de Serge Le Pinvidic. Après avoir travaillé aux côtés de quatre présidents, Serge Le Pinvidic, vice-président aux finances, a annoncé sa démission de Morlaix communauté pour raisons personnelles. Il reste élu à Saint-Martin-des-Champs.

https://www.letelegramme.fr/finistere/morlaix/le-conseil-en-bref-27-09-2018-12091193.php?vptoken=17a79d3b3207e45ee362e0a94f602506af3f1241

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28 septembre 2018 5 28 /09 /septembre /2018 19:24
Salah Hamouri pourrait être libéré dimanche 30 septembre

l'Humanité : "La détention administrative, sans charge, de Salah Hamouri, avocat franco-palestinien incarcéré depuis plus d’un an, doit se terminer ce dimanche. Plus de 400 jours de prison infligés à un homme sans qu’aucune charge lui ait été signifiée ! La marque d’une démocratie ? C’est pourtant ce qui arrive à Salah Hamouri, avocat franco-palestinien. Il a été arrêté le 23 août 2017, à son domicile de Jérusalem-Est. Le dispositif habituel de Jeep et de soldats. La démonstration de force d’une armée d’occupation. Emmené et menotté au petit matin, Salah Hamouri est en prison depuis lors. Il est en détention administrative."

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28 septembre 2018 5 28 /09 /septembre /2018 19:21
La Gauche et l'immigration: la réponse du PCF à Médiapart

La Gauche et l'immigration : la réponse du PCF au questionnaire de Médiapart

Mediapart a publié le 26 septembre un long article : « Immigration: six partis de gauche répondent à nos quinze questions clés » dont chacun-e peut prend connaissance sur son site.
Pour faciliter la lecture des réponses apportées par le Parti communiste français (sous la plume de Cécile Dumas et Lydia Samarbakhsh, membres du Comité exécutif national du PCF), nous avons choisi de le publier ici d'un seul tenant avec le mot introductif qui nous a été adressé lors de l'envoi des questions.


MEDIAPART – La gauche et l'immigration


Après les épisodes de l’Aquarius, et alors que l’extrême droite progresse partout en Europe, la question migratoire – qui recouvre à la fois la question de l’asile, et l’immigration structurelle – est aujourd’hui au cœur des débats nationaux et européens. Des partis de gauche, en France et en Europe, estiment que leur doctrine sur le sujet doit être repensée.
A quelques mois des élections européennes, où la question migratoire pourrait se retrouver au cœur des débats, Mediapart a souhaité interroger les organisations de gauche et écologistes françaises afin de mieux connaître leurs prises de position sur ce sujet.
Nous soumettons ce « questionnaire » à toutes les organisations politiques habituellement classées à gauche qui prévoient de présenter une liste aux élections européennes de 2019 : NPA, EELV, France insoumise, PS, PCF, et Génération.s.
Merci de répondre aussi précisément que possible.
Vos réponses à ce « questionnaire » seront utilisées dans un article de synthèse, et seront également publiées telles quelles sur le site de Mediapart.



1°) Diriez-vous que l’Europe fait face à une « crise » migratoire ? Sinon, comment qualifiez-vous les phénomènes migratoires actuels ? Considérez-vous qu’ils sont inédits par leur ampleur ? Par leur nature ?
Le terme « crise migratoire » a envahi la scène politique et médiatique européenne. La réalité n’est pas vraiment celle d’une crise migratoire mais bien de celle d’une crise de l’accueil des réfugiés en Europe. 
Il y a un travail d’information de la réalité à mener, certains journalistes d’ailleurs se sont organisés pour le mener, et de notre côté, il est indispensable de rappeler en permanence que les migrations sont constitutives de l’humanité et une réalité qui existe depuis des siècles.
Aujourd’hui, le nombre de femmes et d’hommes concernés n’a jamais été aussi important du fait du développement des insécurités sur tous les plans, et c’est un enjeu international, européen. Mais ce n’est pas en Europe qu’afflue l’essentiel des migrants, déplacés ou réfugiés, auquel les peuples peuvent ensemble donner des solutions humaines.
Vérité des chiffres : Non, il n’y a pas d’ « invasion » de l’Europe. Il y a actuellement 258 millions de migrants internationaux dans le monde, soit 3,3% de la population mondiale contre 2,9% en 1990 et 5% en 1900, époque où c’étaient surtout des Européens fuyant persécutions et misère.
En revanche, aujourd’hui, les migrations concernent quasiment tous les pays du monde qui sont à la fois pays de départ, d’arrivée et de transit. Les migrations se sont mondialisées.
On voit que les mouvements de population ne se sont amplifiés autant que certaines communications du gouvernement français voudraient nous le faire croire.
La France est un pays avec un solde migratoire quasiment nul.
D’ailleurs, 105 millions de migrants sont originaires d’Asie, 60 millions d’Europe et 36 millions d’Afrique. Au prorata de la population respective des continents, ce sont toujours les Européens qui migrent le plus.
Le mot « crise » a donc bien dans la bouche de l’extrême droite ou de dirigeants européens et français une fonction politique qui traduit la volonté des gouvernements des pays européens de durcir les politiques migratoires en particulier vis-à-vis des pays du sud.

2°) Avec le recul, quel regard portez-vous sur les décisions prises par Angela Merkel en 2015, au pic de l’arrivée des réfugiés qui fuyaient la guerre en Syrie ? Et sur l’attitude du président François Hollande ? 
S’il y a un pays qui ne peut pas donner de leçon aux pays membres de l’UE, c’est bien la France. L’Allemagne, elle, a montré plus de solidarité que notre pays et pas simplement pour des raisons de besoin de main d’œuvre mais parce qu'Angela Merkel a dû prendre en compte le mouvement citoyen de solidarité avec les migrants déjà à l’œuvre. 
Les conditions d’accueil sont plus dignes en Allemagne qu’en France mais Angela Merkel s’est laissée ensuite « mettre sous pression » par les conservateurs allemands et a commencé à vouloir marchander sur ce terrain avec la Turquie d’Erdogan ou lors du Sommet de La Valette en appuyant l’idée d’externalisation de la gestion des flux migratoires portée par E. Macron alors qu’au sein même de l’UE, c’est la ligne la plus xénophobe qui pour l’heure donne le tempo.
La France s’était alors engagée à accueillir un peu plus de 19 000 demandeurs d’asile et en septembre 2017, seulement 4278 étaient accueillis en France.
Nous restons persuadés que si la solidarité européenne avait été organisée et, en particulier, vis-à-vis de la Grèce et de l’Italie, nous n’en serions pas à ce stade de montée de l’extrême-droite. La France a une responsabilité importante dans cette absence de solidarité que ne masqueront jamais tout à fait les coups de communication d’Emmanuel Macron quand il accueille 60 migrants de l’Aquarius.
C’est le déshonneur de la France, qui est historiquement un pays d’émigration et d’immigration, d’avoir abandonné sa politique d’accueil pour des raisons électoralistes.

3°) Êtes vous favorable à la liberté de circulation ? A la liberté d’installation ? Etes-favorable à la suppression des frontières ?
Le droit à la circulation est sans conteste pour nous un des droits humains universels fondamentaux. Pour l’heure, seul un tiers de la population mondiale a réellement accès.
Nous sommes favorables au droit à la circulation avec des voies légales — et sécurisées— de migrations, seule façon effective de démanteler les trafics d’êtres humains.
Il est urgent de réorienter la politique migratoire européenne en conformité avec la déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 qui énonce que « toute personne a le droit de circuler librement, de choisir sa résidence à l’intérieur d’un Etat, toute personne a le droit de quitter tout pays y compris le sien, et de revenir dans son pays ».
Nous n’acceptons pas une conception de la mondialisation qui ne donne la liberté de circulation qu’aux capitaux et aux marchandises et pas aux êtres humains, surtout quand il s’agit de vie ou de mort !

4°) La distinction entre « réfugiés » d’un côté, migrants « économiques » de l’autre, vous semble-t-elle pertinente ? Sinon, pourquoi ?
Pour les communistes, il n’est en aucun cas question de souscrire à ce tri sélectif entre « bons réfugiés » et « mauvais migrants économiques ».
Qu’elle soit réfugiée, c’est-à-dire contrainte de solliciter une protection internationale, qu’elle soit demandeuse d’asile, qu’elle soit migrante pour aller chercher un travail, rejoindre sa famille ou à cause de catastrophes naturelles, chacune de ces personnes se déplace d’une manière plus ou moins contrainte et doit avoir le droit de choisir une autre vie et d’être protégée dans le respect de ses droits élémentaires. 
La prétendue hiérarchie entre « bon ou mauvais » migrants sert aux calculs les plus froids et cyniques.

5°) Diriez-vous-vous que l’immigration a pesé défavorablement sur les conditions de travail et les salaires ces dix dernières années en France ? Si oui, en déduisez-vous qu’il faudrait prendre de nouvelles mesures pour limiter ou réduire le nombre d’entrées (hors réfugiés) sur le territoire?
Toutes les études sérieuses ont mis en évidence que la France a bénéficié de l’apport migratoire quelqu’en soit sa provenance d’origine, et aussi bien sur le plan économique que culturel alors même que plusieurs générations d’immigrés, et leurs enfants, ont été maltraités et humiliés dans notre pays par les autorités. L’immigration ne sera pas l’éternel bouc émissaire de la politique du patronat sur les conditions de travail et les salaires.
Ce sont bien les politiques d’austérité et les exigences de profit des patrons qui ont pesé défavorablement sur les conditions de travail. 
Ce sont bien les politiques d’austérité et les exigences de profit des patrons qui organisent le dumping social et la concurrence entre les individus.
Ne nous trompons pas de cibles, c'est bien ensemble que les luttes doivent se mener pour de nouveaux progrès sociaux !

6°) Faut-il renforcer Frontex et les contrôles aux frontières de l’Union européenne ?
C’est ce qui est fait actuellement et cela depuis des années pour quel résultat ? Les migrants ne sont pas des criminels mais les passeurs et réseaux, si. C’est à la sécurisation des voies de migrations, et au démantèlement des réseaux de trafiquants d’êtres humains que Frontex doit servir. L’Union européenne, pressée par ses Etats-membres les plus réactionnaires a pour obsession de « sécuriser » ses frontières par des murs physiques ou électroniques. Ces politiques ne servent à rien et ont un coût faramineux alors que tout manque dans l’aide humanitaire et dans les services administratifs d’accueil et d’orientation. Nous proposons de réorienter les missions de Frontex vers le sauvetage et l’ouverture de voies légales sans conditions.

7°) Par ailleurs, diriez-vous qu’il faut réduire le nombre de « sans papiers » en France en procédant à davantage de régularisations (30 000 par an ces dernières années sur la base d’une circulaire de Manuel Valls datant de 2012) ? Si oui, quels critères faut-il revoir ? Faut-il régulariser l’ensemble des travailleurs « sans papiers » ?
La France héberge dans des conditions souvent déplorables des dizaines de milliers de personnes sans droits, des migrants que l’on appelle souvent des « ni, ni », c’est-à-dire déboutées du droit d’asile et impossible à expulser. Cette situation administrative est ahurissante. 
C’est cette logique sécuritaire qui crée les « sans papiers », alors, oui il faut une grande politique de régularisation fondée sur le plein respect des droits : regroupement familial, droit au travail, droit à la santé, droit à l’éducation…

8°) Faut-il augmenter l’aide au développement dans les pays d’émigration ? Avec pour objectif principal de limiter les départs ? Cette aide doit-elle être conditionnée ? Si oui, à quelles contreparties ?
Depuis des années, les Nations unies demandent à chaque pays développé de consacrer au moins 0,7% de son produit national brut à l’aide publique au développement des pays du sud. En 2016, la France n’en était qu’à 0,38% soit 8,6 milliards d’euros et le 1er ministre a fixé comme 
objectif en 2022 de 0,55%.
Il est grand temps que la France réponde aux exigences des Nations unies, et vise un objectif plus ambitieux en la matière, en volume de fonds, en personnels et dispositifs mais aussi en mettant un terme à la « sous traitance » aux ONG, voire à la quasi privatisation de son action. L’État doit jouer pleinement son rôle et ce, aux côtés des collectivités territoriales qui jouent un rôle décisif mais de plus en plus seules sur ce terrain.
En revanche, il est aussi indispensable de ne pas conditionner les aides au développement à des conditions de réadmission et la plupart des études le disent les départs d’un pays ne sont pas liés au développement des pays en question. 
L’arrêt des ventes d’armes seraient certainement plus efficaces à la paix et à la fin de mouvements de population contraints par la guerre.
Il faut aussi rappeler que l’apport personnel des migrants à leur pays d’origine est 3 fois plus important que l’aide publique au développement.
En 2017, les migrants ont renvoyé 596 milliards de dollars dans leur pays d’origine et 450 milliards de dollars vers les pays en voie de développement.

9°) Faut-il élargir le droit d’asile ?  En particulier,  êtes-vous favorables à la création de nouveaux droits liés aux violences subies non plus seulement dans les pays d’origine, mais durant le parcours migratoire (comme en Libye) ?
Oui, il faut surtout agir pour un droit d’asile européen, débat que refusent les pays membres depuis 10 ans. Quelle que soit la nature des violences, il faut ouvrir la possibilité du droit d’asile, cela fait partie de l’ouverture de voies légales de migrations et c’est la seule solution de lutter contre le trafic d’êtres humains et les passeurs mafieux.

10°) Comment mieux garantir aux migrants accessibles au statut de réfugié la possibilité de faire valoir leurs droits en France et en Europe ?
Tout d’abord avec une politique de solidarité européenne et ne pas laisser l’Italie et la Grèce seuls.
Nous devons garantir les droits des personnes, assurer la diversité de traducteurs pour permettre une meilleure compréhension des démarches administratives et laisser le temps nécessaire au demandeur d’asile pour choisir sa vie.
Pour cela, nous proposons d’élaborer une loi de programmation de 50 000 places d’hébergement en CADA (Centre d’accueil de Demandeurs d’Asile) avec la nécessité de réduire l’accueil hôtelier. 
Ce plan de programmation doit être réfléchi avec les territoires pour favoriser le lien social avec l’environnement et l’accès aux services publics.
Il faut aussi permettre aux départements d’avoir les moyens d’accueillir les mineurs isolés comme la loi l’oblige. Tout mineur devrait être accompagné par un travailleur social de l’ASE pour élaborer avec lui un parcours scolaire ou professionnel. Les financements doivent être croisés entre le département, l’État et l’Europe et permettre le respect des conventions des droits de l’enfant.

11°) Faut-il autoriser les bateaux humanitaires de secours en Méditerranée (tel l’Aquarius) à débarquer leurs rescapés en France ?
Bien sûr, les ports français sur la Méditerranée ne manquent pas. Le parti communiste français mène d’ailleurs une campagne #OuvronsNosPorts pour encourager cet accueil.

12°) Faut-il créer des plateformes de débarquement sur la rive Sud de la Méditerranée où seraient examinées les demandes (comme envisagé par les dirigeants de l’UE au conseil européen de juin dernier) ? D’une manière générale, faut-il favoriser le traitement des demandes d’asile depuis les pays tiers (Niger, etc) pour éviter que les migrants non-accessibles au statut de réfugié se risquent en Libye, en Méditerranée, etc ? Seriez-vous favorable au traitement des demandes d’asile dans les pays de départ ? 
Non, il faut respecter les droits internationaux, le droit d’asile donne la possibilité de choisir son pays d’arrivée. La politique de l’Union européenne et des États membres d’externaliser sa politique migratoire n’a pas de sens.
Sous contrôle du HCR et de l’OIM, il faut construire des corridors humanitaires et permettre des visas humanitaires à celles et ceux qui fuient les zones de conflit.
Il faut actuellement permettre le rapatriement des 8 000 personnes abandonnées à Tripoli en Libye et qui traversent un martyre.

13°) Pour les demandeurs d’asile arrivant dans l’Union européenne, faut-il des quotas de répartition contraignant entre pays européens ? Si oui, quels leviers utiliser pour convaincre ou contraindre les Etats européens réfractaires (Hongrie, etc.) ?
On ne peut pas être dans l’Union européenne sans montrer de la solidarité et de la coopération entre pays membres. Mais il faut aussi respecter le choix des demandeurs et en particulier le lien avec le pays demandé et faire sauter sauter le verrou du 1er pays entrant (accord dits de Dublin).
Nous proposons de couper les fonds européens aux pays réfractaires de l’Union européenne.

14°) Etes-vous favorable à une réforme du règlement européen de Dublin qui prévoit que le pays responsable d’une demande d’asile est celui où les migrants ont été enregistrés en premier (le plus souvent la Grèce, l’Italie, l’Espagne) et qui permet à la France d’y transférer des demandeurs d’asile pourtant entrés sur son territoire ? Si oui, quelle réforme ? En attendant, faut-il que la France suspende toutes les procédures de renvoi des « dublinés » dans leur pays d’entrée ?
Tout d’abord, il faut souligner que la France n’a aucune obligation de renvoi, et refuser le « dublinage » serait un acte de solidarité de notre pays qui est un des pays qui acceptent le moins de demandes d’asile.
Nous souhaitons l’abrogation des règlements dits « de Dublin ». Une des propositions que nous soumettons est que les pays de 1ère entrée dans l’UE ne soient plus automatiquement responsables des demandeurs d’asile. 
A leur arrivée, un dispositif d’accueil doit les prendre en charge, se renseigner sur l’existence de liens familiaux, professionnels ou scolaires dans les Etats membres.
L’existence de tels liens doit permettre l’installation des personnes dans le pays concerné sinon, le demandeur d’asile sera automatiquement confié à un Etat membre sur la base d’une clé de répartition définie par l’UE.

15°) Etes-vous favorable à des charters européens pour expulser les déboutés du droit d’asile (comme le promeut le directeur de Frontex) ?
Non, et c’est malheureusement ce qui est fait de plus en plus par Frontex. Il faut rappeler que la plupart des déboutés d’asile sont inexpulsables selon le droit.
Nous refusons la notion de « pays sûr » qui est défini par les États membres sur des critères bien obscurs et qui qualifie aujourd’hui des dictatures. Comment expliquer que l’Allemagne définisse l’Afghanistan comme un « pays sûr » ! Aucune politique d’État ne doit « fabriquer » de personnes « sans droit ».

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28 septembre 2018 5 28 /09 /septembre /2018 19:18
Yann, Thierry et François, de gauche à droite, membres de l’association France-Palestine solidarité, s’apprêtent à passer deux semaines en Palestine. (Paul Bohec)

Yann, Thierry et François, de gauche à droite, membres de l’association France-Palestine solidarité, s’apprêtent à passer deux semaines en Palestine. (Paul Bohec)

Yann, Thierry et François, de gauche à droite, membres de l’association France-Palestine solidarité, s’apprêtent à passer deux semaines en Palestine. (Paul Bohec)

Partis ce vendredi de France, trois Morlaisiens de l’association France-Palestine solidarité (AFPS) vont concrétiser leur action locale en se rendant en Cisjordanie dans le camp de réfugiés de Jalazone.

Après leur périple de 2016, durant lequel ils s’étaient déjà rendus à Jalazone, François Rippe et Thierry Seigland se rendent pour la deuxième fois en Palestine. Pour Yann Crenn, leur autre compagnon de voyage, la dernière trace d’une visite du côté du Moyen-Orient remonte à beaucoup plus loin en arrière. « Ça va te faire tout drôle de retourner là-bas, ça a énormément changé en 20 ans », lui glisse François Rippe.

Une visite dans un centre médical

Les Morlaisiens partent donc pour deux semaines, leur retour est prévu le 13 octobre, dans le cadre d’une mission nationale avec 14 personnes de l’AFPS. Avant de les rejoindre, les trois membres du collectif morlaisien ont fait le choix de passer quelques jours supplémentaires au camp de réfugiés de Jalazone, à 7 km au nord-ouest de Ramallah, en Cisjordanie. « Les gens imaginent des toiles, mais non, ce sont des bâtiments, plus ou moins solides, parfois très hauts puisque le camp ne compte pas moins de 16 000 réfugiés sur 1 km² à peine », raconte François Rippe.

Lui et ses compères vont notamment se rendre dans un centre médical pour la réinsertion de personnes handicapées. « Même si l’on sait que l’essentiel de l’aide qu’on peut leur fournir reste d’ordre financier, on va faire le point sur leurs besoins qui sont énormes », soulignent les Finistériens. Depuis 2016, et leur premier passage, 6 000 € ont déjà été envoyés à l’hôpital qui peut accueillir jusqu’à 460 patients dans des conditions très sommaires.

L’envie de faire témoigner

« Nous allons là-bas pour échanger avec les acteurs locaux, l’idée principale, c’est de les faire témoigner de la situation dans laquelle ils se trouvent », explique François Rippe avant de décrire le programme chargé qui atteint le groupe de Français : rencontre avec une association israélienne anti-colonisation, des maraîchers de Ramallah, des familles bédouines, découverte de la vallée du Jourdain avant un passage par Bethléem puis Jérusalem pour finir leur séjour. Hasard du calendrier, les Morlaisiens seront donc en Cisjordanie ce dimanche 30 septembre alors que doit être prononcée la libération, ou la prolongation de la détention administrative, du Franco-Palestinien Salah Hamouri.

À leur retour en France, François, Thierry et Yann projettent de partager leur expérience alors qu’une soirée est d’ores et déjà prévue le 5 novembre avec la projection d’un documentaire de 30 minutes sur l’histoire de l’infirmière décédée à Gaza en juin dernier.

https://www.letelegramme.fr/finistere/morlaix/palestine-trois-morlaisiens-dans-un-camp-de-refugies-28-09-2018-12092278.php

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28 septembre 2018 5 28 /09 /septembre /2018 06:12
photo Le Télégramme

photo Le Télégramme

Suite à l'annonce de la fermeture du bureau de poste de Morlaix La Boissière le 3 novembre, la CGT-FAPT Nord Finistère tient à rappeler "qu'aucun des chiffres fournis par La Poste ne peut justifier" une telle décision. Et invite les usagers à se rassembler et exprimer leur mécontentement devant le bureau de poste de Morlaix, rue de Brest, le mardi 9 octobre, à 10h, à l'occasion de la journée d'action interprofessionnelle. 

"Des bureaux voués à disparaître"

Selon le syndicat, cette fermeture est la conséquence de la "mainmise de La Banque Postale sur le réseau des bureaux de poste". "Tous ces bureaux situés en galerie commerciale sont voués à disparaître", poursuit le syndicat. Qui précise que le bureau de poste de la galerie commerciale, à St Martin-des-Champs, a aussi été dans le collimateur cette année. 

En raison de cette transformation du bureau de La Boissière en Relais Poste Commerçant, les habitants ne pourront plus, selon lui, effectuer une grande partie des opérations postales près de chez eux. 

La CGT-FAPT Nord-Finistère regrette par ailleurs qu'Agnès Le Brun, maire de Morlaix, "ait donné son aval à cette fermeture sans avoir voulu en débattre, et en ne donnant aucune suite à nos demandes d'entretien".  

Lire aussi: 

Fermeture du bureau de Poste de la Boissière: Lettre du PCF Morlaix au directeur de la Poste, secteur de Morlaix (21 juin 2018)

Projet de fermeture du bureau de poste de la Boissière dans la zone commerciale du Leclerc : c'est le service public qu'on assassine!

La Boissière: le bureau de poste fermera définitivement le samedi 3 novembre à 12h (Le Télégramme, 23 septembre 2018)

 

Question rédigée par Ismaël Dupont (PCF) pour l'opposition au Conseil Municipal du 5 juillet 2017: 

Pourquoi ne pas défendre le maintien du bureau de poste de la Boissière ?

 

Question Orale de l'Opposition pour le Conseil Municipal du jeudi 5 juillet 2018 à Morlaix présentée par Elisabeth Binaisse, Jean-Pierre Cloarec, Ismaël Dupont, Hervé Gouédard, Sarah Noll, Valérie Scattolin, Claire Thomas, Jean-Paul Vermot

 

Nous avons appris au mois de mai la fermeture prévue pour l'automne 2018 du bureau de poste de la Boissière situé dans la galerie du centre Leclerc à Morlaix et nous restons stupéfaits face à cette décision que rien ne justifie selon nous. En effet les organisations syndicales nous ont fait part de faits objectifs qui viennent contredire la communication du Directeur de la Poste sur le Pays de Morlaix aux médias locaux concernant les activités du bureau.

Situé dans un quartier dense et populaire de notre ville, ce bureau fait énormément d'opérations financières auprès des usagers (retraits, mandats internationaux western union, petits retraits impossible sur les automates) et ces activités ne cessent d'augmenter au vu des diminutions d'heures d'ouverture de bureaux dans les communes avoisinantes.

De plus, le taux dit de « Banque sociale » est de l'ordre de 13% pour ce bureau, ce qui est loin d'être négligeable (pour mémoire, le taux de Morlaix centre est à 18%). Sur le secteur de Morlaix, la Boissière est le bureau qui a le plus d'objets mis en instance après le passage du facteur et qui connaît la moins forte diminution de fréquentation.

Le chiffre d'affaire de l'automate d'affranchissement et de vente de timbres est l'un des plus important du secteur.

 Le service de proximité et de conseil est inestimable dans ce bureau qui accueille une moyenne de 130 à 150 usagers /jours pour qui les 2 agents assurent avec compétence et une grande disponibilité toutes les opérations postales et financières : il faut voir la charge de travail et la file d'attente certains jours aux guichets jusque chez le marchand de journaux…

La fermeture du bureau de Poste de la Boissière impactera fortement la vie sociale du quartier et la viequotidienne de beaucoup d'habitants des quartiers du plateau à Morlaix, y compris les habitants de Ploujean, et notamment pour les personnes âgées. Cela les obligera à prendre leur véhicule ou le bus pour aller à la Poste.

Un relais commerçant de La Poste, s'il se substituait au bureau de Poste de plein exercice, n'offrirait pas les mêmes services bancaires aux usagers, n'ayant pas accès au compte des clients et ne pouvant effectuer des retraits supérieurs à 150 euros, ni dispenser les mêmes activités de conseil, en toute confidentialité.

Au mois de février 2017 au Conseil de Communauté de Morlaix-Communauté, un vœu avait été voté à l'unanimité pour le maintien de l'activité des bureaux de poste de la Boissière à Morlaix, de Plouigneau, Plourin-les-Morlaix et Taulé.

Face à la stratégie financière de la Poste et au choix du tout rentabilité, les élus en responsabilité doivent être fermes pour rappeler que cette entreprise à capitaux publics qui pendant qu'elle fait près d'un milliard de bénéfices supprime 10 000 emplois par an en moyenne depuis 10 ans, doit continuer un rôle d'aménagement du territoire et un rôle social d'intérêt général, dans la mesure où elle bénéficie des retombées en terme de clientèle de son statut et de ses obligations d'ancien service public.

C'est pourquoi nous souhaitons savoir, Madame Le Maire, pourquoi vous n'avez pas répondu au courrier du chef d'établissement du secteur de Morlaix de la Poste, qui vous annonçait la fermeture prochaine du bureau de poste de la Boissière ?

Pourquoi ce silence face à une décision hautement préjudiciable alors que vous aviez 3 mois pour manifester un refus de cette fermeture du bureau de Poste de La Boissière ?

Pourquoi n'y a t-il eu aucune réaction de votre part dans les médias, ou en soutien direct aux employés et usagers de ce bureau de Poste ?

Pour nous, le rôle d'un maire est de défendre les services publics locaux indispensables à la vie quotidienne des citoyens de sa commune, et, même s'il n'a pas tous les leviers, d'opposer une résistance forte aux stratégies de réduction de l'offre de service public.

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28 septembre 2018 5 28 /09 /septembre /2018 05:52

 

Emmanuel Macron fait payer aux ménages le prix de « l’accélération » de sa politique pro-patronale. L’annonce de baisses d’impôts en série en masque les effets, à l’instar du maquillage comptable à l’œuvre concernant la bascule des cotisations sociales sur la CSG.

La tourmente qu’affronte l’exécutif en cette rentrée n’est pas seulement politique. Son origine se trouve dans les choix économiques et sociaux du gouvernement, que poursuit et aggrave le projet de loi de finances pour 2019 présenté hier en Conseil des ministres. En chute libre dans les sondages d’opinion, le président de la République fait face à une équation budgétaire périlleuse. Celle-ci peut être résumée ainsi : tandis que la multitude de cadeaux fiscaux et sociaux faits au capital pèse de tout son poids sur les comptes publics, cette politique ne produit pas de résultats tangibles en termes de création d’emplois, de relance de l’activité et donc de rentrées fiscales. Face à une croissance économique plus terne que prévu, avec 1,7 % attendu l’an prochain tout comme cette année, et alors qu’il a promis de contenir coûte que coûte le déficit public de la France au-dessous des 3 % du PIB, Emmanuel Macron décide pourtant de « l’accélération » de ses choix, quitte à en faire payer le prix aux ménages déjà fragilisés par sa politique, une série de baisses d’impôts servant à masquer l’amère pilule.

C’est en effet l’antienne répétée partout par le gouvernement depuis hier matin : le gouvernement va « rendre » 6 milliards d’euros aux ménages l’année prochaine, notamment par « la suppression de la deuxième tranche de la taxe d’habitation pour 80 % des contribuables, le plein effet de la réduction des cotisations chômage et maladie » pour les salariés du privé, et « l’exonération des heures supplémentaires de cotisations sociales à compter de septembre 2019 ».

LES MÉNAGES VONT DEVOIR PAYER 1 MILLIARD D’EUROS

L’addition recèle toutefois des surprises, comme ce joli tour de passe-passe concernant la bascule des cotisations sur la CSG, qui devrait rapporter 4,1 milliards d’euros en 2019 aux ménages, selon Bercy… après avoir alourdi leur facture de 4,4 milliards d’euros cette année, précise le même document. Étrange pour une mesure déjà annoncée et appliquée en 2018, et qui devait officiellement soutenir le pouvoir d’achat. L’explication que le ministère a fournie à l’Humanité, la voici : en 2018, la hausse de la CSG s’est appliquée dès le 1er janvier, alors que la baisse des cotisations maladie et chômage a été étalée dans le temps, la deuxième étape devant intervenir le 1er octobre. Bilan de l’opération : 4,4 milliards de surplus de CSG ont été encaissés par l’État sur le dos des contribuables. Cette « arnaque » à la CSG n’étant pas reconduite l’an prochain, la « baisse d’impôt » de 4,1 milliards d’euros promise aux Français en 2019 va simplement compenser le trop- perçu par l’Etat cette année.

« L’exécutif embellit son cadeau aux ménages », ironisait hier le Figaro. En fait de cadeau, celui-ci devrait même se transformer en ponction, si on va au bout du calcul esquissé par l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). Pour cet organisme rattaché à Sciences-Po, il faut en effet tout compter : les mesures fiscales, mais aussi les mesures sociales (- 2,3 milliards, une fois intégrée la désindexation des retraites, de l’APL et des allocations familiales sur l’inflation). Bilan global : les ménages « gagneraient » 3,5 milliards l’an prochain, selon l’OFCE… qui intègre la « restitution » du produit de la bascule cotisations-CSG, chiffré ici à 4,5 milliards d’euros. Abstraction faite de ce « cadeau », les ménages en seront plutôt pour un milliard d’euros à leurs frais.

LES ENTREPRISES VONT ÉCONOMISER 18 MILLIARDS D’EUROS

C’est sans doute le prix à payer d’une politique autrement plus généreuse pour le capital. Mesure la plus emblématique, la transformation du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (Cice) en baisse « pérenne » de cotisations devrait quasiment doubler le coût déjà faramineux du dispositif, avec 20,4 milliards d’euros supplémentaires. Le budget pour 2019 devra en effet supporter à la fois la charge du crédit d’impôt pour 2018, exigible par les entreprises avec une année de décalage au minimum, et celle de la baisse de cotisations qui, elle, sera d’application immédiate pour les employeurs.

Le surcoût exceptionnel ainsi généré est si élevé qu’il fera plonger le déficit public de 1,9 % du PIB prévu hors cette mesure en 2019, à 2,8 % une fois celle-ci comptabilisée (contre 2,4 % cette année). Cerise sur le gâteau, le taux marginal de l’impôt sur les sociétés devrait baisser de 33,3 % à 31 % l’an prochain, faisant économiser 2,4 milliards au passage aux entreprises. Au total, selon la présentation qu’en fait le gouvernement, les employeurs devraient s’en sortir gagnants de 18,8 milliards d’euros, si on tient compte des taxes diverses.

Au moins pourrait-on s’attendre à un effet positif de ce supplément de trésorerie pour les entreprises. Malheureusement, le doublement de sommes du Cice ne se retrouvera pas dans la croissance réelle des richesses produites, selon un rapport de la direction du Trésor cité par les Échos : « La mesure aura des effets globalement neutres sur l’activité et l’emploi », estime l’étude, laquelle ne se prononce pas non plus sur « l’effet qu’elle pourrait avoir sur l’investissement, les hausses de salaires, le désendettement des entreprises ou alors les dividendes », précise le journal. Bref, ces 40 milliards d’euros, qui permettraient de payer près de 2,5 millions d’emplois au Smic, « charges comprises », pendant un an, n’auront quasiment aucun impact sur l’emploi… Tout ça pour ça.

Les apl une fois de plus dans le viseur du gouvernement

Après l’annonce durant l’été 2017 d’une baisse générale de 5 euros des allocations logement, le gouvernement continue de s’attaquer aux APL pour renflouer les caisses. Le projet de loi de finances 2019 inscrit ainsi l’objectif d’une baisse de près de 1 milliard d’euros sur le versement de cette aide dont bénéficient près de 3 millions de foyers. La réforme des APL, qui devait intervenir initialement au premier janvier prochain avant d’être décalée au printemps prochain pour des raisons « techniques », prévoit d’instaurer la contemporanéité du versement. En clair, de calculer son montant sur les revenus en cours des bénéficiaires et non sur ceux de deux ans antérieurs comme c’est le cas actuellement. Une méthode que l’exécutif entend étendre à l’ensemble des prestations sociales.

Sébastien Crépel

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  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
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