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8 mai 2020 5 08 /05 /mai /2020 13:13
Louis Le Gros - le Block 56 à Buchenwald, block des "invalides" où l'on attérissait après un passage à l'infirmerie, au Revier: Louis Le Gros y voyait une vraie cour des miracles. Cette huile sur toile (1960-1965) de grand format s'appelle "Promiscuité"

Louis Le Gros - le Block 56 à Buchenwald, block des "invalides" où l'on attérissait après un passage à l'infirmerie, au Revier: Louis Le Gros y voyait une vraie cour des miracles. Cette huile sur toile (1960-1965) de grand format s'appelle "Promiscuité"

Morlaix a payé un très lourd tribut au nazisme et à la politique de collaboration de Vichy, avec la déportation dans les camps de concentration et d'extermination de plus de 130 morlaisiens, dont 60 au moins qui y trouvèrent la mort, souvent à un très jeune âge, qu'ils aient été résistants ou otages raflés au hasard.

Selon certains chiffrages (Yves Léon, Bergen-Belsen: survivre aux camps nazis, Skol Vreizh, 2005), 3725 habitants de Bretagne des 5 départements ont été déportés, dont 3285 hommes, 393 femmes, 47 enfants: la moitié simplement a survécu.  D'autres retiennent un chiffre plus élevé de déportés pour les cinq départements bretons: 4919 sur le site internet "mémoire de guerre", mais on y compte des évadés qui ont été « déportés » mais ont réussi à échapper aux camps de concentration...

Parmi eux, 224 juifs.

Dans le Finistère, plus de la moitié du millier de déportés (549) est morte dans les camps nazis. (voir http://memoiredeguerre.pagesperso-orange.fr/deportation/29/p6-list-def.htm, site auquel nous empruntons l'essentiel des données présentes ici).

 

Dans le Finistère - Sur les 1091 déportés (nés dans le Finistère où y vivant au moment de leur arrestation et de leur déportation) : 549 sont morts (1 sur 2)

A titre de comparaison, dans les Côtes-d'Armor, il y eut 585 déportés, 318 morts en déportation et 267 rapatriés en 1945.

Ces déportés sont passés par les camps de concentration de:

Neuegamme : 148

Buchenwald (centre de l'Allemagne): 100

Dachau (sud de l'Allemagne) : 67

Sachsenhausen (nord de l'Allemagne): 42

Ravensbrück (nord de l'Allemagne): 64

Auschwitz (Pologne): 47

Mathausen (Autriche): 45

Flossenburg (sud de l'Allemagne): 24

Bergen Belsen (nord de l'Allemagne): 25

Dora (sud de l'Allemagne): 19

Autres camps : 228

Dans les Côtes d'Armor , sur 585 des déportés, 401 étaient des résistants, 105 des « politiques », 33 des otages raflés, 12 des « raciaux » (juifs, tsiganes).

En tout, dans la Bretagne à 5 départements, les victimes de la déportation :

3725 déportés ; 1895 disparus 50,8 %

Hommes 3285 ; 1699 disparus 51,8 %

Femmes 393 ; 63 disparues 16 %

Enfants 47 ; 33 disparus 70,2 %

 

Plaque commémorative aux 60 otages Morlaisiens à la base du kiosque à musique, sur l'ancienne place Thiers de Morlaix, devenue place des Otages devant la mairie

Plaque commémorative aux 60 otages Morlaisiens à la base du kiosque à musique, sur l'ancienne place Thiers de Morlaix, devenue place des Otages devant la mairie

Le Télégramme de Brest et de l'Ouest - 26 décembre 1944

Le Télégramme de Brest et de l'Ouest - 26 décembre 1944

Le Télégramme de Brest et de l'Ouest - 27 décembre 1944

Le Télégramme de Brest et de l'Ouest - 27 décembre 1944

La mémoire de Morlaix retient le souvenir douloureux des soixante otages raflés le 26 décembre 1943 et dont 54 (après 5 évasions) seront finalement déportés par les Allemands après l'attentat contre le foyer du soldat allemand dans les salons Quiviger rue de Brest dans la nuit du 24 décembre 1943.

Témoignage d'un ancien déporté de Buchenwald, Un déporté comme les autres, de Michel Lacour-Gaet, Editions SPES (cité dans l'album du Musée de Morlaix, 26 décembre 1943. Louis Le Gros - Otage déporté de Morlaix): 

"Il arriva un soir un convoi d'environ cinquante jeunes garçons de Morlaix. Nous leur demandâmes de quelle prison ils sortaient, ils nous répondirent: tout simplement de chez nous. Les Allemands, un matin, avaient procédé à une grande rafle et sans raison autre que celle d'envoyer de jeunes Français à la mort les avaient expédiés le surlendemain à Compiègne". 

Voici à propos de ce sinistre événement le récit d'Yves Tanné, un des déportés morlaisiens survivants, recueilli par Danielle Ropars:

«  Le soir de Noël 1943, j’ai voulu me rendre chez des amis à Morlaix et partager avec eux, pour célébrer cette fête comme il se doit, la charcuterie confectionnée avec le cochon que nous venions de tuer au Kermeur. J’étais donc à Morlaix le 24 décembre, lorsqu’un attentat eut lieu contre le Foyer du Soldat, situé dans les anciens salons Quiviger, rue de Brest. Une grenade, jetée de la rue Gambetta, traversa la verrière et explosa au milieu de la piste de danse. En représailles, le 26 décembre au matin, les Allemands organisent une rafle et arrêtent tous les hommes valides, âgés de 15 à 40 ans. Parmi les 500 personnes arrêtées, ils choisissent, au hasard, 60 otages. Comme je n’avais pas de papiers, j’ai tout de suite été retenu. Nous avons été parqués entre la Mairie et le port de Morlaix, conduits à pied vers le terrain d’aviation, où nous avons été enfermés dans un grand hangar. Le docteur Mostini est nommé par les Allemands responsable du groupe, ce qui nous retient de nous échapper, car il serait immédiatement fusillé. Le 2 janvier 1944 au matin, des camions nous conduisent à la gare, par la rue Gambetta, où toute la population s’est rassemblée pour nous dire au revoir. Nous sommes jetés dans des wagons à bestiaux, une vingtaine par wagon, les portes sont poussées et fermées, le train siffle et c’est le départ pour une destination inconnue » (Morlaix Tu-pe-tu, http://www.danielleropars.com/la_rafle.html).

Le 26 décembre 1944, Télégramme de Brest et de l'Ouest:

Anniversaire d'un Noël Tragique:

Il y a un an, les Allemands prenaient 60 otages à Morlaix et les déportaient

Heureux ceux qui vont pouvoir passer chez eux, en famille, ce premier Noël à la Libération. Que ces privilégiés pensent aux absents: aux soldats qui sont tombés pour leur pays, aux prisonniers, aux combattants de tous les fronts, aux déportés civils qui, souvent, sans raison, ont été arrachés à leurs foyers; aux infortunés sinistrés de nos villes martyres.

Nous ne saurions laisser passer ce Noël 1944 sans évoquer le sort malheureux des otages morlaisiens que les boches arrêtèrent le 26 décembre 1943, après avoir semé la terreur dans toute notre ville.

UNE GRENADE EXPLOSE

On se souvient que le 24 décembre 1943, vers 20h30, un inconnu lança de la rue Gambetta une grenade qui fut jetée dans les salons Quiviger, rue de Brest, siège du "Soldatenheim". Six militaires allemands furent blessés.

C'était un attentat absolument inutile, qui fut et qui est encore sévèrement critiqué.  

Il amena de la part des boches, des représailles tout à fait disproportionnées avec la gravité des faits. Ne pouvant découvrir le coupable de l'attentat, qui se réduisait, somme toute, à peu de chose, les nazis, selon leur méthode habituelle, s'en prirent à toute la population; ils frappèrent des innocents. 

Le 26 décembre, au matin, de nombreux S.S et parachutistes allemands, armés jusqu'aux dents, se répandirent dans les rues de Morlaix. Ils opéraient sous les ordres du capitaine Kruger, chef de la Gestapo de Rennes.

Dès 7 heures, les soldats teutons se firent ouvrir à coups de crosses de fusils et à coups de bottes les portes des maisons de la rue de Brest. Les soudards perquisitionnèrent ainsi dans toutes les maisons, emmenant les hommes et les jeunes gens de 16 à 40 ans, avec leur poste de TSF, lorsqu'ils en possédaient un.

Vers 8h30, les soldats allemands s'introduisirent chez Me Le Hire, avocat, rue Gambetta. Ils prétendirent, dit-on, y avoir trouvé quelques cartouches de chasse. En spécialistes, ils mirent le feu à l'immeuble, sans permettre à ses occupants d'emporter le moindre objet. Ils interdirent aux pompiers de combattre le sinistre et arrêtèrent Me Le Hire, Mlle Le Hire et son fiancé. 

Le fiancé de Mlle Le Hire fut relâché, mais Me Le Hire, bien que malade, et sa fille, furent emprisonnés: l'un pendant, près de deux mois, l'autre, durant quelques semaines.

Pendant ce temps, la rafle se poursuivait dans le centre de la ville: rue Gambetta, rue Carnot, rue du Mur, rue d'Aiguillon, Grand'Rue, rue de Paris, rue Basse, rue Haute, Place Emile Souvestre, Thiers, Cornic, de Viarmes, etc.

LA RAFLE

Dans toute la ville, c'était un défilé continuel d'otages, se rendant avec leurs appareils de TSF au lieu de rassemblement, place Thiers, sous la garde de soldats armés de mitraillettes ou de fusils, baïonnette au canon. 

Prévenus à temps, des jeunes gens, des hommes susceptibles d'être arrêtés, réussirent à s'enfuir ou se cacher.

Vers midi, près de 600 hommes se trouvaient entassés dans les abris de la place Thiers. Il était interdit de s'approcher d'eux.  (à suivre)

Le 27 décembre 1944, Télégramme de Brest et de l'Ouest:

Tous les hommes arrêtés passèrent alors individuellement devant le capitaine Kruger qui, après les avoir interrogés et après avoir examiné leur identité, les répartit en trois groupes: à droite, ceux qui allaient être libérés; à gauche, les otages, et au centre, ceux qui étaient tenus en réserve comme otages supplémentaires, en cas de besoin. 

L'officier de la Gestapo fixait son choix avec une brutalité et une morgue révoltantes. Il désigna M.Petit, parce qu'il n'était pas rasé et qu'il exerçait la proffesssion de coiffeur! Il relâcha tous les hommes qui étaient employés dans des entreprises travaillant pour l'armée allemande. 

60 OTAGES INNOCENTS

Finalement 60 jeunes hommes furent retenus comme otages. Il y avait parmi eux 30 ouvriers ou employés appartenant à des entreprises privées et 30 étudiants, commerçants, fils de commerçants, etc. Deux de ces otages, les jeunes Caën et du Rusquec, étaient des enfants de 16 ans. 

Le capitaine Kruger pris encore cinq autres otages qui classa à part et à qui il fit mettre les menottes.

Les appareils de TSF des otages furent confisqués. Tous les autres hommes arrêtés furent relâchés et remportaient leurs postes.

Parmi les otages, se trouvait M. le docteur Mostini, ancien prisonnier de guerre libéré. C'est à lui que nous avons demandé de nous relater les évènements qui vont suivre: 

A 13h30, nous dit le docteur Mostini, on nous a fait mettre en rangs pour monter au terrain d'aviation de Ploujean. Rendus au camp, on nous a mis dans une baraque, sur deux rangs, gardés par des Allemands armés de mitraillettes. Nous sommes restés debout trois heures durant. On nous avait prévenus que nous étions prisonniers et que toute tentative d'évasion serait sévèrement punie. J'ai alors été désigné comme responsable du groupe. En ma qualité de médecin, j'ai demandé que soit libérés 4 ou 5 otages qui étaient malades et dont l'un d'eux avait eu une crise d'asthme, en venant à l'aérodrome, mais ma proposition a été rejetée. (...)"   

 

On est début 1944, un an et quelques quatre mois plus tard seront libérés les prisonniers suppliciés des camps de concentration nazis. Mais chaque semaine est une épreuve dans les conditions de vie infernales où ils ont été plongés par les nazis et trente-quatre déportés de cette rafle sur cinquante-neuf ne reviendront pas des camps de concentration.

Cinq otages morlaisiens déportés étaient parvenus à s'enfuir le 22 janvier 1944 lors du transport vers l'Allemagne dans un convoi qui amenait 2005 prisonniers de Compiègne vers Buchenwald. Au cours de ce transport, quatorze prisonniers en tout parvinrent à s'enfuir à Vitry-le-François (51), Blesme (51) et Revigny (55). Les évadés finistériens du transport parti le 22 janvier 1944 à 8h30 de la gare de Compiègne étaient le docteur Georges Mostini, 33 ans, Marcel Bricaud, 21 ans, Jean Cozanet, 27 ans, François Le Bail, 22 ans, Jacques Le Flamand, 20 ans. Le 21 janvier, au camp de transit de Royal-Lieu, où 3000 hommes attendent leur déportation en Allemagne, le Docteur Mostini avait réuni les Otages et les avait déliés du serment de Ploujean, et annoncé que pour sa part, il profiterait de toutes les opportunités pour tenter l'évasion. Il avait récolté des adresses dans l'Est, le Nord, et la Belgique, qu'il avait distribué aux Otages. A Vitry le François, dans la Marne, au matin du 22 janvier 1944, après la feuille, un boulanger communiste offre au docteur Mostini une boule de pain dans laquelle il avait dissimulé, à l'insu de ce dernier, une scie à métaux. Le Flamanc et Mostini ont alors scié, par une fente, la tige du cadenas extérieur retenant la porte du wagon, ainsi que les barbelés disposés en croix sur le châssis.  

Voici le récit, publié par Danielle Ropars, que Yves Tanné fait de ce voyage atroce de 2 jours et 2 nuits entre le camp de transit de Compiègne et Buchenwald dans des wagons à bestiaux :

« Le train nous conduit à Compiègne, où convergent les trains venant de toute la France et d’où partent ceux qui emmènent les déportés vers les camps de concentration. Là, j’ai demandé le motif de mon arrestation. Réponse : élément anti-allemand, nuisible à l’Allemagne. On nous fait monter dans des wagons à bestiaux. Nous sommes 110 par wagon, à moitié debout, à moitié assis, appuyés les uns aux autres, constamment bousculés. De la paille comme litière. Un bidon de 200 litres pour les besoins naturels. Très vite le bidon se remplit et dégorge sur la paille. Une secousse le renverse et nous voilà sur du fumier pour le reste du voyage, qui va durer deux jours et deux nuits. Nous prenons peu à peu conscience de ce qui nous attend.

Nous avons une boule de pain et un saucisson pour toute nourriture. Rien à boire. Or, la soif est plus difficile à endurer que la faim. Nous en sommes à lécher la buée des parois. Nous changeons de place à tour de rôle pour pouvoir soulager la souffrance provoquée par la soif. A Trèves, on nous donne une espèce de bouillie, faite avec de l’eau et de la farine, mais de toute façon, il nous est impossible d’avaler quoi que ce soit.

Nous sommes comptés. Dans un wagon, il y a des absents. Ils se sont évadés. Parmi ceux-ci, Marcel Bricaud, Jean Cozanet, Jacques Le Flamand, François Le Bail, Georges Mostini, qui nous avait auparavant déliés de notre engagement envers lui, et nous avait encouragés à nous sauver. Furieux, les SS maltraitent ceux qui sont restés, leur enlèvent leurs vêtements et les répartissent avec brutalité, tout nus, dans les autres wagons. Nous sommes donc encore plus à l’étroit. La promiscuité rend les hommes angoissés, nerveux et prêts à se battre entre eux. Quand le train s’arrête enfin, nous sommes fatigués à l’extrême, hébétés, assoiffés. Nos vêtements sont maculés d’excréments. On relève cinq morts étalés sur le fumier de notre wagon. Deux hommes ont perdu la raison. Si, en plus, nous avions eu la chaleur de l’été, c’eut été une hécatombe. La dégradation psychologique et physique a été très rapide ».

Quand les otages morlaisiens déportés arrivent nus et considérablement affaiblis entassés dans leur wagons à bestiaux (130 par wagon) à Buchenwald le 24 janvier 1944, "au comité d'accueil, matraques à la main, flanqués de chiens, les SS ouvrent les portent. Volées de coups de crosse, de nerfs de boeufs, de bâtons. Aboiements, cris de douleurs, injures. Schnell! Schnell! Les hommes descendent comme des fous. Direction l'Effertenkammer, les bâtiments administratifs" (Louis Le Gros)

Cinquante-quatre otages morlaisiens arrivent donc à Buchenwald le 26 janvier 1944 et sur ces cinquante-quatre raflés et effectivement déportés, souvent jeunes (la plupart ont entre 18 et 24 ans) seuls 22 reviendront des camps de concentration, 32 seront morts dans les camps.

A l'arrivée au camp de Buchenwald, sur la grille d'entrée du camp, ces mots d'un cynisme sans borne: "Jeden Das Seine": A chacun son dû...

 

Morlaix - la rafle du 26 décembre 1943 et la déportation des Otages - racontée dans le Télégramme de Brest et de l'0uest un an plus tard, à partir du 26 décembre 1944

déportés à Buchenwald - Louis Le Gros

déportés à Buchenwald - Louis Le Gros

Les déportés morlaisiens dans les camps nazis pendant la seconde guerre mondiale
Monument des déportés de Flossenbürg au cimetière du père Lachaise à Paris- inauguré le 8 octobre 1988  (photo Ismaël Dupont) - Monument d'hommage aux déportés du camp de concentration nazi de Flossenbürg ( dix otages morlaisiens raflés le 26 décembre 1943 y sont morts: en tout 13 déportés morlaisiens mourront à Flossenbürg, sur 31 qui y transiteront)

Monument des déportés de Flossenbürg au cimetière du père Lachaise à Paris- inauguré le 8 octobre 1988 (photo Ismaël Dupont) - Monument d'hommage aux déportés du camp de concentration nazi de Flossenbürg ( dix otages morlaisiens raflés le 26 décembre 1943 y sont morts: en tout 13 déportés morlaisiens mourront à Flossenbürg, sur 31 qui y transiteront)

Monument d'hommage aux victimes des camps de concentration nazi de Buchenwald et de Dora: 5 déportés morlaisiens sont morts à Dora, 12 à 14 à Buchenwald. Monument inauguré le 5 avril 1964   La sculpture en bronze de Louis Bancel (ancien résistant du Vercors), installée sur une dalle de granit par l’architecte M. Romer (déporté à Buchenwald), rassemble dans une composition saisissante un groupe de trois déportés. La maigreur des trois hommes témoigne de la déchéance physique où conduit le système concentrationnaire. L’attitude de chacun des déportés renvoie à une symbolique précise: souffrance (homme renversé, figé dans la mort), solidarité (homme soutenant son compagnon), résistance et dignité (homme debout face à ses bourreaux).

Monument d'hommage aux victimes des camps de concentration nazi de Buchenwald et de Dora: 5 déportés morlaisiens sont morts à Dora, 12 à 14 à Buchenwald. Monument inauguré le 5 avril 1964 La sculpture en bronze de Louis Bancel (ancien résistant du Vercors), installée sur une dalle de granit par l’architecte M. Romer (déporté à Buchenwald), rassemble dans une composition saisissante un groupe de trois déportés. La maigreur des trois hommes témoigne de la déchéance physique où conduit le système concentrationnaire. L’attitude de chacun des déportés renvoie à une symbolique précise: souffrance (homme renversé, figé dans la mort), solidarité (homme soutenant son compagnon), résistance et dignité (homme debout face à ses bourreaux).

Monument de Dachau au Père Lachaise: un camp où 7 déportés morlaisiens vécurent le martyre

Monument de Dachau au Père Lachaise: un camp où 7 déportés morlaisiens vécurent le martyre

Monument d'hommage aux déportés de Ravensbruck, le camp où fut déportée Germaine Tillon, et où souffrirent au moins douze déportés morlaisiens: 120 000 femmes, dont 6600 françaises, et 20 000 hommes furent déportés à Ravensbrück, 60 000 déportés au moins y périrent)  Sculptés par Emile Morlaix dans le granit, deux énormes avant-bras surgissent d’un chaos rocheux devant un mur aux blocs parfaitement taillés.  L’ensemble traduit la brutalité et l’oppression à la fois organisées et arbitraires de l’univers concentrationnaire. Les poignets sont liés en signe d’asservissement.  Une des mains, qui retombe vers le sol, évoque l’affaiblissement et la mort de nombre de déportées.

Monument d'hommage aux déportés de Ravensbruck, le camp où fut déportée Germaine Tillon, et où souffrirent au moins douze déportés morlaisiens: 120 000 femmes, dont 6600 françaises, et 20 000 hommes furent déportés à Ravensbrück, 60 000 déportés au moins y périrent) Sculptés par Emile Morlaix dans le granit, deux énormes avant-bras surgissent d’un chaos rocheux devant un mur aux blocs parfaitement taillés. L’ensemble traduit la brutalité et l’oppression à la fois organisées et arbitraires de l’univers concentrationnaire. Les poignets sont liés en signe d’asservissement. Une des mains, qui retombe vers le sol, évoque l’affaiblissement et la mort de nombre de déportées.

Plus d'une centaine de déportés morlaisiens sont passés par plusieurs camps de sinistre mémoire:

Flossenbürg : pour 31 d'entre eux - au moins 13 déportés morlaisiens y meurent

Le camp de Flossenbürg

Le KL Flossenbürg ouvre en mai 1938, près de Weiden, non loin de la frontière actuelle entre l’Allemagne et la République tchèque. Plus de 115 000 détenus (dont 16 000 femmes) sont passés dans le camp central et dans ses 95 Kommandos. 70 000 sont morts. Flossenbürg fournit de la main-d’œuvre aux entreprises de l’Allemagne centrale. Le camp, pratiquement vidé de tous ses détenus, évacués depuis plusieurs jours, est libéré par des troupes américaines le 23 avril 1945. Plus de 4500 Français et 950 Françaises sont passés par Flossenbürg. Aucun n’est arrivé directement de France, tous sont passés par au moins un autre camp.

Buchenwald : au moins 28 (mais Buchenwald a certainement servi de camps de transit pour d'autres) - de 12 à 14 déportés morlaisiens y meurent

Dora : 18 - au moins 5 déportés morlaisiens y meurent

Le KL Buchenwald ouvre en juillet 1937, près de Weimar. Près de 240 000 détenus sont immatriculés à Buchenwald, dont 30 000 femmes, et près de 60 000 y meurent. Le camp compte plus de 130 Kommandos qui fournissent de la maind’œuvre aux industries de l’Allemagne centrale. En novembre 1938, Buchenwald est le principal lieu de détention des juifs arrêtés après la «nuit de cristal ». Durant la guerre, il accueille des prisonniers de marque pouvant servir d’otages. En 1945, arrivent un millier d’enfants juifs transférés du camp d’Auschwitz. Début avril 1945, les SS évacuent une grande partie des détenus. Les troupes américaines entrent à Buchenwald le 11 avril 1945, quelques heures après qu’une insurrection lancée par le Comité international clandestin eut libéré le camp. Ouvert en septembre 1943, le camp de Dora, situé près de la ville de Nordhausen, est d’abord un Kommando de Buchenwald. Il est associé à la construction des tunnels destinés à abriter les usines souterraines de fabrication des fusées V1 et V2. Les conditions de travail et de vie sont particulièrement terribles. En octobre 1944, Dora, Ellrich et d’autres Kommandos sont séparés administrativement de Buchenwald et sont rattachés au nouveau KL Mittelbau. Dans les dernières semaines, la masse des détenus est évacuée vers Bergen-Belsen ou Ravensbrück. Les troupes américaines entrent dans un camp presque vide le 11 avril 1945. 40 000 déportés sont passés à Dora, 25500 sont morts, dont 11000 lors des évacuations. Environ 26 000 Français sont passés à Buchenwald et dans ses Kommandos. Plus de la moitié meurt, notamment à Dora. En juin 1944, le Comité des intérêts français (CIF), dirigé par Frédéric-Henri Manhès, Marcel Paul et Jean Lloubes, est reconnu par le Comité international clandestin de résistance mis en place durant l’été 1943. Son action permet de soutenir le moral des Français et d’en sauver certains, sans pouvoir éviter la mort de beaucoup d’autres. Le Comité des intérêts français participe à l’insurrection libératrice du camp Source: Association Française pour la Mémoire de la Déportation 

Ravensbruck : 12

Bergen Belsen : 9 - au moins 7 déportés morlaisiens y meurent

Mathausen : 8

Kassel : 7

Dachau : 7

Le camp de Dachau Le KL Dachau ouvre dès mars 1933, près de Munich, quelques semaines après l’arrivée au pouvoir des nazis. Environ 200000 détenus sont immatriculés dans le camp central et dans les 160 Kommandos. Près de 76000 y meurent. Dachau fournit de la main d’œuvre pour les entreprises d’Allemagne du Sud. Le camp est libéré le 29 avril 1945 par des troupes américaines, alors qu’une partie des détenus a été évacuée dans les jours précédents. Dachau est le lieu d’internement de catégories particulières de détenus: les prêtres arrêtés sont regroupés dans le camp à partir de 1941-1942; des personnalités y sont placées sous surveillance afin de servir d’otages. Environ 12500 Français sont passés à Dachau, dont 6000 déportés directement depuis la France et 2100 prisonniers de guerre ou travailleurs arrêtés dans le Reich.

Auschwitz : 7

Reinbach : 6

Hradischko/Moldau: 5

Ellrich: 4

 

Les déportés morlaisiens qui ont survécu aux camps nazis:

Parmi les otages (22) :

Jean Ambroise, né le 1er décembre 1924 à Morlaix (19 ans lors de son arrestation), libéré à Hradiskko le 8 mai 1945.

Claude Bervoas, né le 18 novembre 1926 à Morlaix (17 ans lors de son arrestation)

Yves Bescam, né le 8 août 1922 à St Thégonnec (matricule 43 173). Autres lieux de déportation : Jena et Leitmeritz où il est libéré en mai 1945.

Jean Bourbigot : né le 13 février 1923 à Beuzec-Conq (29). (matricule 42615). Autres lieux de déportation : Dora, Ravensbrück. Il est libéré le 30 avril 1945.

Emile Cadiou : né à Morlaix le 1er mai 1914 (29 ans lors de son arrestation). Domicilié à Morlaix. Déporté de Morlaix le 2 janvier puis transféré de Compiègne vers le KL Buchenwald le 22 janvier 1944.

Gilles Cam, né le 25 septembre 1924 à Plourin-les-Morlaix (19 ans lors de son arrestation). Libéré le 8 mai 1945 à Kaplice.

Pierre Collober née le 11 avril 1919 à Plouyé. Déporté à Compiègne le 22 janvier 1944 vers le KL Buchenwald (Matricule 43 043). Autres lieux de détention : Laura, Dachau et Allach où il est libéré le 30 avril 1944.

Albert Guichen : né le 12 mai 1925 à Morlaix. (Matricule 42 886). Autres lieux de déportatio : Dora, Ravensbrück. Il est libéré en mai 1945

François Herrou, né le 29 juillet 1925 à Morlaix. Déporté de Compiègne le 22 janvier 1944 vers le KL Buchenwald (matricule 42 952). Autres lieux de déportation : Dora, Ravensbrück, Machow. Il est libéré début 1945 à Plau.

Henri Kerinon né le 21 novembre 1924 à Douarnenez (Matricule 43 042). Revenu des camps.

Louis Kervellec né le 17 juilet 1926 à Morlaix (Matricule 42 134). Revenu des camps

Raoul de l'estang du Ruquec (Duresquec), né le 30 septembre 1927 à Morlaix (16 ans lors de son arrestation). Déporté à Buchenwald, Mauthausen.

Victor Le Goff né le 23 octobre 1920 à Brest (Matricule 42 698). Autre lieu de déportation : Dora, Ravensbrück. Revenu des camps

Louis Le Gros né le 20 août 1916 à Plougasnou (27 ans lors de son arrestation). Auteur d’œuvres d'art représentant les camps nazis, réalisées en déportation et après.

Jacques Mazé : né le 26 avril 1923 à Sizun. Revenu des camps

Jean Moreau né le 4 novembre 1924 à Morlaix (19 ans lors de son arrestation. Buchenwald, Langenstein.

Jacques Quintin, né le 30 décembre 1925 (18 ans au moment de son arrestation). Buchenwald, transféré à Ravensbrück le 3 juin 1944.

Léon Picart, né le 12 avril 1903 à Plouvorn. (matricule 41 507). Autres lieux de déportation ; Ravensbrück, Dora, Bergen-Belsen où il est libéré le 15 avril 1945.

Léon Rivoalen 

Albert Sénéchal, né le 9 décembre 1910 à Brest (matricule 42 081). Autre lieu de déportation : Dachau. Revenu des camps.

Paul Simon, né le 20 août 1912 à Brest (matricule 42 390). Revenu des camps

Yves Tanné, né le 4 octobre 1924 à Plougonven (matricule 43 011). Autres lieux de déportation : Flossenburg, Hradischko/moldau. Revenu des camps. Il décède le 26 octobre 2011.

Théophile Thomas : né le 2 février 1924 à Plourin. (matricule 42 462). Autre lieu de déportation : Flossebbürg. Revenu des camps

Jean Trolez : né le 2 juin 1922 à Beuzec-Conq (29). Autres lieux de déportation : Dora, Dachau. Il est libéré le 29 avril 1945 à Dachau.

Autres déportés morlaisiens rescapés (en dehors des otages):

André Bellec : né le 18 février 1921 au Havre (76). Domicilié à Locquénolé au moment de son arrestation, il est incarcéré à la prison Jacques Cartier à Rennes. Il y reste juqu'au 23 juin 1944, date à laquelle il est transféré à Compiègne puis, le 15 juillet 1944 vers le KL Neuengamme. Lieux de déportation : Hambourg, Bremen (Brême), Osterort, Politz, Wöbbelin, Schandelah. Revenu.

Jean Bellec : né le 14 mai 1926 à Ploujean. Domicilié à Lantic au moment de son arrestation le 15 octobre 1943 par la gendarmerie d'Etables (22, suite à une attaque de la Poste de Lantic. Il faisait partie d'un groupe de résistants dirigé par Jean Audouin. Il est déporté de Rennes début août 1944 vers belfort, puis est transféré vers Neuengramme le 29 août 1944. (Matricule 43 601). Autres lieux : Hambourg, Sandbostel.

Augustine Bonnemaison, née le 28 août 1915 à Bolazec. Domiciliée à Morlaix au moment de son arrestation. Déportée le 15 août 1944 vers le KL Ravensbrück (Matricule 57 459). Autres lieux de déportation : Leipzig, Schönefeld-Leipzig. Elle est libérée à Polenz.

200 déportées bretonnes passèrent par Ravensbrück, 55 d'entre elles périrent dans les camps nazis. La plus jeune avait 21 ans, la plus âgée 78 ans.

« Ce transport, l’un de ceux qui emportèrent le plus grand nombre de déportés vers l’Allemagne soit 548 femmes vers Ravensbruck et 1654 hommes vers Buchenwald , aurait dû quitter Paris le 12 août mais une grève des cheminots retarda le départ. De plus les sabotages dans la Gare de L’Est par la Résistance, dans la nuit du 12 au 13 août, conduisirent les nazis à former le convoi en gare de Pantin, les prisonniers étant extraits des prisons de Fresnes et du Cherche Midi ainsi que des forts de Romainville et de Compiègne dans la matinée du 15 août. La durée du trajet de la soirée du 15 jusqu’au 21 août fut provoquée, d’une part par des tentatives d’évasion que les SS encadrant le transport réprimèrent par des exécutions, et d’autre part, par diverses interventions de la Croix Rouge et du Consul de Suède à Paris, Raoul Nording. Ce dernier était parvenu à obtenir un accord des autorités militaires allemandes pour avoir, sous sa « protection », les prisonniers du convoi, démarches qui furent toutes rejetées par le SS chef du train. Toutefois, à Bar Le Duc, le 19 août, la Croix Rouge obtint la libération de trois femmes et d’un prêtre polonais malade.
Arrivées à Ravensbrück,
le 21 août 1944, la plupart des femmes furent transférées dans des Kommandos extérieurs, notamment ceux d’ Abteroda où étaient fabriqués des explosifs, Markkleberg, où étaient fabriqués des leviers d’ailes d’avion pour la firme Junkers, Rechlin pour la construction d’un terrain d’aviation et Torgau, où se trouvait une usine de fabrication de munitions et d’ explosifs » (http://www.resistances-morbihan.fr/ravensbruck-3/).

Marcel Briand : né le 24 mai 1910 à St Martin des Champs. Domicilié à Sauderneau au moment de son arrestation. Arrêté le 20 décembre 1943 à Plerguer, il est déporté à Comùpiègne le 27 janvier 1944 vers le KL Buchenwald (Matricule 43 699). Autres lieux de déportation ; Dora, Ellrich, Blankeburg où il est rapatrié en avril 45.

Emile Brodin : né le 28 mars 1898 à Ambrières. Domicilié à St Martin des Champs au moment de son arrestation. Déporté à Compiègne le 23 juin 1943 vers le KL Buchenwald 5matricule 14 716). autres lieux de déportation : Karshagen/ Peenemüde, Dora, Lublin

François Corbel né le 21 juin 1912 à Plourin. Domicilé à Morlaix au moment de son arrestation. Il est déporté des prisons de la zone occupée vers celles du Reich le 18 novembre 1943. Son parcours : Karlsruhe, Rheinbach, Kassel. Rapatrié le 26 avril 1945.

Désiré Gardaz né le 5 novembre 1918 à Morlaix. Domicilié à Paris au moment de son arrestation. Il est déporté de Compiègne le 16 avril 1943 vers le KL Mathausen (matricule : 27141). Son parcours : Wiener Neustadt, Buchenwald (le 30 octobre 1943. Matricule 30 535), Dora. Revenu des camps.

Odette Hamon née le 31 août 1916 à Morlaix, célibataire, domiciliée à Tertre-de-la-Villette en Ploufragan (22), arrêtée en août 1943 pour « menées anti-nationales ». Elle est déportée de Paris, gare de l'est, le 18 avril 1944 vers le KL Ravensbrück (matricule 35 368). Revenue des camps.

Jean Herry : né le 5 septembre 1905 à Plourin les Morlaix. Déporté à Compiègne le 6 avril 1944 vers le KL Mauthausen (matricule 62547). Revenu des camps.

Alphonse Le Bihan : né le 30 juillet 1921 à Plourin. Domicilié à Morlaix au moment de son arrestation. Il est déporté le 4 août 1941. Son parcours : Kassel, Rheinbach, Sieburg. Il est libéré le 10 avril 1945 à Siegbourg.

Roger Le Corre : né le 23 mars 1918 à Ploujean. Arrêté à Guernesey en tentant de rejoindre l'Angleterre par la mer. Lieux de déportation : Kassel, Rheinbach, Kassel, Strau. Evadé lors de l'évacuation du camp le 23 avril 1943.

Marie Lecomte : née le 27 mars 1905 à Morlaix. Domiciliée à Morlaix au moment de son arrestation. Elle est déportée le 15 août 1944 de Pantin vers le KL Ravensbrück (matricule 57 577). autres lieux de déportation : Torgau, Königsberg, Leimeritz où elle est libérée.

Jean Lelay : né le 25 juillet 1921 à Morlaix. Arrêté à Guernesey en tentant de rejoindre l'Angleterre sur une barque. Lieux de déportation : Kassel, Rheinbach, Siegburg. Libéré le 10 avril 1945 à Siegburg.

Yves Lemoigne : né le 6 mars 1926 à St Martin des Champs. Arrêté le 2 mars 1942 à Rennes. Déporté le 4 juin 1942. Convoi parti de Paris, gare de l'est, et arrivé à Hinzert le 5 juin 1942, matricule 4249. Libéré le 8 mai 1945 à Hischberg (Kommando du KL Gross Rosen). Autres lieux de déportation : prison de Breslau, prison de Scweidnitz, prison de Willitch.

Christiane Le Scornet : née le 6 août 1927 à Morlaix. Domiciliée à Morlaix au moment de son arrestation. Elle est déportée le 15 août 1944 de Pantin vers le KL Ravensbrück (matricule 57582). son parcours : Torgau, Königsberg, Mathausen où elle est libérée le 22 avril 1945 par la Croix Rouge.

Marie Mesguen Le Roy : née le 9 mai 1907 à St Martin des Champs. Arrêtée à Morlaix. Elle est déportée de Paris, gare de l'est, vers Sarrebrück Neue Bremm le 18 juillet 1944 . Elle est libérée à la frontière germano-suisse par la Croix Rouge le 9 avril 1945.

Jeanne Moguérou / Rosant : née le 13 novembre 1943 à Morlaix. Arrêtée à Panly (76), elle est déportée de Paris, gare de l'est, le 18 avril 1944 vers le KL Ravensbrück (matricule 35 429).

Jean Mona : né e 15 août 1922 à Morlaix. Il est déporté dans les prisons du Reich. Son parcours ; arrivé au KL Buchenwald le 4 novembre 1944 (matricule 78 340).

Jean Mons : né le 15 août 1922 à Morlaix. Arrêté à Lille, déporté à Bad-Sazungen. Autres lieux de déportation : Mein, Untermassfeld, Weimar, Buchenwald, Schömberh, Westeregeln. Libéré le 4 mai 1945.

André Noizet : né le 30 mars 1898 à Plourin les Morlaix. Arrêté à St Menehoud. Il est déporté de Compiègne le 18 juin 1944 vers le KL Dachau (matricule 72 811). Autre lieu de déportation : Allach, où il est libéré le 30 avril 1945.

Jean Papin : né le 22 octobre à Morlaix. En 1941, il s'installe comme médecin à Mamers (Sarthe). En octobre 1941, il entre en résistance (réseau Buckmaster). Arrêté par la Gestapo le 29 avril 1944, il est déporté de Compiègne le 4 juin 1944 vers le KL Neueungamme (matricule 33888). Autres lieux de déportation : Auschwitz, Mauthensen, Melk, Ebensee d'où il est rapatrié le 5 mai 1945. Officier de la Légion d'Honneur. Médaille de la résistance. Croix de guerre. Décédé le 9 mai 2009.

Laurent Parc : né le 24 juillet 1921 à Morlaix. Il fut déporté le 4 août 1941. Son parcours : Kassel, Rheinbach, Sieburg, Han, Hameln. Il fut rapatrié le 4 avril 1945 à Hamelin.

Jean Prigent : né le 10 novembre 1912 à Morlaix. Membre des Corps Francs Vengeance du Finistère. Déporté le 2 ou 3 août 1944 vers Belfort. Transféré de Belfort à Natzweiler le 26 août 1944 (matricule 24 020). Autres lieux de déportation : Dachau, Haslach, Vaihingen. Rapatrié le 7 avril 1945 à Vaihingen. Déporté et revenu.

Louis Quéguiner : né à Morlaix le 12 mai 1923. Arrêté à Guernesey en tentant de rejoindre l'Angleterre par mer. Lieux de déportation : Kassel, Sarrebruck, Frankenthal. Libéré le 20 avril 1943 à Frankenthal.

Jean Rolland : né le 27 mars 1921 à Morlaix. Responsable d'un groupe de résistance, il participe à la rédaction et à l'impression de journaux clandestins, héberge des FTPF, forme des groupes de jeunes, sabote du matériel SNCF, collecte des vivres et de l'argent pour les internés politiques. Il est arrêté le 2 mars 1942 à Rennes, il est déporté de Compiègne le 22 mars 1944 vers le KL Mauthausen. Il est libéré le 5 mai 1945 à Linz III. Décédé en juillet 2015.

Pierre Ropars : né le 26 juin 1917 à Morlaix. Incarcéré à la prison Jacques Cartier à Rennes. Il y reste jusqu'au 23 juin 1944, date à laquelle il est transféré à Compiègne puis, le 2 juillet 1944, vers le KL Dachau (matricule 77 362) Autre lieu de déportation : Neckarelz. Libéré des camps en avril 1945.

Les déportés morlaisiens dans les camps nazis pendant la seconde guerre mondiale

Voici les otages morlaisiens qui ont perdu leur vie en déportation (32 sur 54) :

Morts à Buchenwald : neuf otages

Bizien Guéguen

Georges Le Coz, né le 28 août 1925, décédé le 9 février 1945 (à Buchenwald?)

Michel Martin, né le 28 avril 1924 à Morlaix, décédé le 9 février 1945 (à Weimar)

Roger Marzin (Weimar)

Henri Le Rumeur, né le 30 octobre 1920, 24 ans, y meurt le 29 août 1944.

Jean Nédelec, né le 6 décembre 1922 à Morlaix, décédé le 19 mars 1944 à l'âge de 21 ans.

Paul Rumen, né à Morlaix le 8 janvier 1988, y décède à 56 ans le 8 mars 1944.

Guy Pape, né le 22 juillet 1925 à Morlaix, 18 ans, « un magnifique athlète », meurt un mois après son arrivée à Buchenwald le 9 février 1944.

Joseph Plassart, né le 13 avril 1919 à Plourin les Morlaix, passé par Ravensbrück

"Le camp de Buchenwald est libéré par les Américains le 12 avril 1945. Le 13 avril 1945, horrifiés par la vision qui s'offre à eux, les Américains ordonnent à la population de Weimar, autorités civiles en tête, de visiter le camp. Le spectacle est édifiant: partout des cadavres, des morts-vivants, des épaves humaines. Ils défilent devant nous, un mouchoir sur le visage. Quelques jours après, départ des camions de la mission papale. Eisenach, Francfort, Paris, enfin, gare de l'Est. Direction l'hôpital de la Salpétrière où nous séjournons trois semaines. Puis Morlaix. Pour la plupart d'entre eux, les Otages sont déjà arrivés, les familles des disparus ont été prévenues. Le long, l'interminable et sanglant périple s'achève" (Louis Le Gros, otage déporté de Morlaix, rescapé, qui a admirablement témoigné de l'enfer concentrationnaire nazi dans ses peintures et dessins pleins d'humanité et de sens de l'observation). Louis Le Gros avait échappé à une marche de la mort dans une plaine enneigée à Flössberg, où, accusés de sabotage, des centaines de prisonniers de Buchenwald marchèrent pieds nus par colonnes de cinq pendant des heures sous les coups des SS.   

Morts à Flossenbürg : 10 otages morlaisiens meurent dans ce camp de concentration.

Théophile Chauvel, né le 5 mai 1924 à Plourac'h, y décède le 27 novembre 1944 à 20 ans.

François Créach, né le 16 juillet 1925 à Morlaix

Joseph Huet, né le 21 août 1923, y décède le 14 août 1944

Jacques Kerné, 18 ans, y meurt le 6 mars 1945 après être passé par Hradischko.

Roger Larher, 21 ans, le 9 mars 1944

Marcel Lemaire, otage morlaisien de 19 ans né le 14 septembre 1924 à Paris, décède le 8 mai 1944 à Flossenbürg, probablement assassiné froidement après avoir été blessé par un wagon dans une carrière, selon le témoignage glaçant d'Yves Tanné:

« Flossenburg Le 15 février 1944, nous partons pour Flossenburg, entassés à trente prisonniers dans un wagon, par un froid glacial. Sur les conseils des anciens prisonniers, nous avons dansé toute la nuit, sans nous arrêter, dos à dos, pour nous réchauffer et aussi pour rester éveillés, car celui qui s’écroulait pour dormir, ne se relevait pas.
A Flossenburg, nous avions à travailler dans une carrière dans laquelle les Allemands faisaient sauter les mines, sans nous prévenir de nous mettre à l’abri. Il y a donc eu des morts, à la suite des explosions. Nous devions charger un wagon, placé sur un plateau, au bord d’un ravin. Travail inutile et éreintant, qui aurait pu être évité, car il suffisait de jeter directement nos pelletées de sable dans le ravin. Trop simple. L’ordre était de remplir le wagon, puis de le vider dans le ravin. Il arrivait souvent que le wagon descende dans le ravin. Il fallait alors le remonter à la force des poignets sous les coups des kapos. L’expérience nous avait appris qu’il ne fallait pas entourer les bras ou les mains de la corde qui tirait le wagon. Le risque était d’être emporté avec le wagon dans sa descente. Marcel Lemaire avait négligé ce conseil, il fut entraîné derrière le wagon qu’il voulait retenir et eut les os brisés. Il fut relevé, emmené au camp. Il hurlait de douleur. Le lendemain matin, deux Morlaisiens l’aidèrent à se lever pour aller au comptage avant d’aller au chantier. A l’appel, Marcel avait du mal à se tenir debout, malgré le soutien de ses deux camarades. Le kapo passe et bastonne le groupe. Marcel tombe. Nous ne l’avons plus revu. Pour survivre, il fallait essayer de ménager ses forces, et être sur ses gardes à tout instant.

Georges Le Roy, décède à 24 ans le 21 juillet 1944 dans le Kommando du camp de Flossenbürg, (usines Messerschmit à Johannegeorgenstadt) 

Jean Simon, 32 ans, y décède le 13 juillet 1944 après être passé par Ravensbrück, Flossenbürg.

Paul Tanguy, né le 30 août 1919 à Morlaix, décède à 24 ans le 26 mars 1944

Jean Therene, né le 6 juillet 1917 à Brest, décède le 15 novembre 1944 à 27 ans

A propos du camp de concentration de Flossenburg en Bavière (sud de l'Allemagne) : camp construit par un Kommando de Dachau en 1938, 96 000 prisonniers y transitèrent, dont 30 000 y trouvèrent la mort. On estime à 5 344, dont 965 femmes, le nombre de Français passés par ce camp avant avril 1945. Parmi les 4475 hommes recensés, au moins 2400 sont décédés. Le travail imposé tourne toujours autour de deux grands axes : d’une part l’industrie de l’armement, et en particulier de l’aéronautique avec des usines Messerschmitt (le Kommando du camp de Flossenbürg qui fait travailler les esclaves des nazis pour l'usine d'aviation Messerschmit s'appelle Johanngeorgenstadt), et d’autre part les travaux dans les carrières de granit, le forage de tunnels et d’usines souterraines.

« Flossenburg Le 15 février 1944, nous partons pour Flossenburg, entassés à trente prisonniers dans un wagon, par un froid glacial. Sur les conseils des anciens prisonniers, nous avons dansé toute la nuit, sans nous arrêter, dos à dos, pour nous réchauffer et aussi pour rester éveillés, car celui qui s’écroulait pour dormir, ne se relevait pas.
A Flossenburg, nous avions à travailler dans une carrière dans laquelle les Allemands faisaient sauter les mines, sans nous prévenir de nous mettre à l’abri. Il y a donc eu des morts, à la suite des explosions. Nous devions charger un wagon, placé sur un plateau, au bord d’un ravin. Travail inutile et éreintant, qui aurait pu être évité, car il suffisait de jeter directement nos pelletées de sable dans le ravin. Trop simple. L’ordre était de remplir le wagon, puis de le vider dans le ravin. Il arrivait souvent que le wagon descende dans le ravin. Il fallait alors le remonter à la force des poignets sous les coups des kapos. L’expérience nous avait appris qu’il ne fallait pas entourer les bras ou les mains de la corde qui tirait le wagon. Le risque était d’être emporté avec le wagon dans sa descente. Marcel Lemaire avait négligé ce conseil, il fut entraîné derrière le wagon qu’il voulait retenir et eut les os brisés. Il fut relevé, emmené au camp. Il hurlait de douleur. Le lendemain matin, deux Morlaisiens l’aidèrent à se lever pour aller au comptage avant d’aller au chantier. A l’appel, Marcel avait du mal à se tenir debout, malgré le soutien de ses deux camarades. Le kapo passe et bastonne le groupe. Marcel tombe. Nous ne l’avons plus revu. Pour survivre, il fallait essayer de ménager ses forces, et être sur ses gardes à tout instant.

Mort à Dachau (premier camp de concentration nazi ouvert dès 1933 près de Munich en Bavière : 30 000 personnes y périrent): un otage morlaisien y meurt

André Féat, né le 20 octobre 1916 à Morlaix, pasteur assistant, membre du Parti Socialiste clandestin, décède à 29 ans le 3 avril 1945 à Dachau après être passé par Flossenbürg.

Morts à Hradischko/Moldau (Kommando de travail en Tchécoslovaquie): six otages y succombent 

Jean Cabon né le 4 février 1919 à Brest, mort le 3 ou 5 mai 1945

Jean-Marie Guyader, né le 26 septembre 1918 à Morlaix, a été tué le 11 avril 1945 par les jeunes hitlériens à Hradishko après être passé par Flossenburg et Janowitz.

Marcel Hingant né le 25 avril 1924 à Rouen, meurt du typhus le 26 juin 1944, 6 mois après son début de déportation, à Hradischko, camp de concentration à 20 kilomètres de Prague, où il avait été envoyé en mars après Flossenbürg en même temps que Yves Tanné.

Jean Houel Castel, né le 25 août 1909 à Morlaix, à 34 ans, le 21 avril 1945, « a été tué d’une balle dans la nuque, dès qu’il est tombé, sans pouvoir se relever, dans une tranchée anti-chars, sous le poids d’un bloc de pierre qu’il transportait sur le dos » (Yves Tanné).

Michel Penther, né le 16 novembre 1924 à Morlaix, y décède le 7 ou le 10 janvier 1945 à 24 ans.

René Petit, né le 23 septembre 1911 à Rochefort en terre, y décède à 33 ans.

Jean-Marie Guyader et Jean Houel Castel ont été abattus pendant la marche de la mort qui a eu lieu au moment des trois jours d'enfer liés à l'arrivée imminente de la IIIe Armée Américaine au camp de travail de Hradischko en Tchécoslovaquie. C'était les 9, 10, 11 avril 1945. René Petit est mort dans un wagon à la veille de la libération. Michel Penther et Marcel Huigant sont morts d'épuisement au Revier, l'infirmerie du camp. François Pouliquen lui est décédé à Morlaix quelques jours après. 

Ont été rescapés de Hradischko: Jean Ambroise, Jean-François Guyader, Gilles Cam, Thomas, Yves Tanné et Léon Rivoalen.  

 

Morts à Dora (sud de l'Allemagne) :

François Le Gall, otage morlaisien né à Plougonven le 9 janvier 1922, y décède le 23 mars 1944, à l'âge de 22 ans.

A propos du Camp de concentration de Dora (sud de l'Allemagne):

Cent premiers déportés débarquent à Dora le 23 août 1943 au lendemain d'une réunion entre Hitler, Himmler et Speer où on décide d'y construire à vitesse accélérée les armes secrètes, les fusées V2. 60 000 déportés à Dora, 30 000 n'en revinrent pas.
« Il n'y avait pas d'installation dans le premier tunnel creusé, sinon, alentour, quelques tentes et une guérite de bois pour la garde SS. Les galériens des fusées travaillaient sans cesse au péril de leur vie (sans compter le sadisme des SS et des Kapos. Ce tunnel, au début, ils le perçaient, l'agrandissaient, l'aménageaient, presque sans outils, avec leurs mains. Les transports de pierre et de machine étaient faits dans des conditions épouvantables. Le poids des machines était tel que ces hommes, à bout de force, d'énergie, ces squelettes ambulants, mouraient souvent écrasés sous leurs charges. La poussière ammoniacale brûlait les poumons. La nourriture ne suffisait pas à permettre la vie organique la plus végétative. Les déportés trimaient dix-huit heures par jour (douze heures de travail, six heures de formalités et de contrôles). Ils dormaient dans le tunnel. On creusa des alvéoles : 1024 prisonniers affalés dans ces alvéoles étagées sur quatre hauteurs et sur une longueur de 120 mètres. Les déportés ne voyaient le jour qu'une fois par semaine, à l'occasion de l'appel du dimanche. Les alvéoles étaient continuellement occupés, l'équipe de jour chassant l'équipe de nuit et vice versa. Des ampoules électriques, très faibles, éclairaient des images de cauchemar. Il n'y avait pas d'eau potable. On se jetait où on pouvait trouver de l'eau, et où, par exemple, goutte à goutte, se rassemblaient les condensations. On lapait liquide et boue d'un qu'un SS tournait le dos, car il était interdit de boire l'eau non potable. Dans le tunnel, froid et humidité étaient intenses. L'eau qui suintait des parois provoquait une moiteur écœurante et permanente. Transis, nous avions l'impression que nos corps décharnés moisissaient vivants. Des prisonniers devinrent fous, d'autres eurent les nerfs saccagés quand l'installation progressa : le vacarme inouï qui régnait fut une des causes de ces dérèglements – bruit des machines, bruit des marteaux- piqueurs, de la cloche de la locomotive, explosions continuelles, le tout résonnant et repercuté en échos sans fin par le monde clos du tunnel. Pas de chauffage, pas de ventilation, pas le moindre bac pour se laver : la mort pesait sur nous par le froid, des sensations d'asphyxie, une pourriture qui nous imprégnait. Quant aux chiottes, ils étaient faits de fûts coupés par le haut sur lesquels une planche était installée. Ils étaient placés à chaque sortie des rangées d'alvéoles où nous couchions. Souvent quand des SS apercevaient un déporté assis sur la planche, ils le fixaient, ricanaient, s'approchaient et, brusquement, le précipitaient dans le fût. Alors, c'était des déchaînements de joie. La farce était trop drôle. Irrésistible ! Jamais ces messieurs n'avaient tant ri. D'autant que tous les déportés souffraient de dysentrie… Alors, recouvert de merde, partout, du crâne aux pieds, sans mot dire, le pauvre type partait, plus désespéré que jamais ; il partait rejoindre son alvéole, sa file de bagnards ; il allait empester ses copains, se vautrer dans la poussière pour se nettoyer, car il n'avait aucun moyen de se laver… C'est à Dora que les déportés commencèrent à comprendre le silence des anciens de Buchenwald, les regards de compassion adressés à ceux qui partaient. Ils savaient, les anciens, qu'on ne revenait que mort de Dora. Et l'on revenait mort pour être engouffré dans un four crématoire. Car au début il n'y avait pas de Krematorium à Dora. Par camions, on transportait les cadavres – certains n'étaient pas encore complètement des cadavres – à Buchenwald (...). Ce n'est qu'en mars 1944 que les baraquements furent terminés. A Dora, le travail était toujours au-delà du concevable, mais les reprouvés pouvaient au moins déserter le tunnel durant les six heures de repos qui leur étaient accordées. Par contre, à l'autre bout du tunnel, à Ellrich, où les travaux étaient moins avancés parce que commencés plus tard, les déportés se trouvaient dans les mêmes conditions que leurs camarades des premiers mois à Dora . Vinrent, en janvier 1945, de nouveaux officiers et soldats SS qui avaient été évacués du camp d'Auschwitz. Les assassins n'interrompirent pas leurs besognes. Des juifs survivants arrivèrent aussi d'Auschwitz, mais dès septembre 1944. »
Jean Michel, Dora. Dans l'enfer du camp de concentration où les savants nazis préparaient la conquête de l'espace (Jean-Claude Lattès, 1975)

Mort à Nordhausen, annexe de Dora (sud de l'Allemagne) :

Pierre Huon, né le 19 juin 1925 à Paris, décédé le 8 avril 1944 (Nordhausen)

Bernard Ravazet

Auguste Traon, né le 15 octobre 1910, y meurt à 34 ans le 31 mars 1945

Mort à Theresienstadt (Terezin) en Tchécoslovaquie:

François Le Jeune

Otages décédés dans d'autres camps:  

Louis Castel, né le 24 mai 1923 à Morlaix,  décède à Janowitz ou Olbramovice 21 ans le 4 mai 1945 après être passé avant par le camp de Flossenbürg.

Georges Le Roy décède à Johanngeorgenstadt

Louis Maltret décède à Johannegeorgenstadt

Daniel Pinaquy: décède à Wittstock

L'expérience terrible de la déportation dans les camps nazis a été vécue par d'autres morlaisiens que ces otages raflés fin décembre 1943 :

Des déportés domiciliés au moment de leur arrestation à Morlaix, Saint Martin des Champs ou Plourin-les-Morlaix en dehors de ces otages déportés dans le convoi du 22 janvier 1944 suite à la rafle qui a suivi l'attentat contre le foyer du soldat allemand, dont 5 femmes, dont une femme juive, Esther Levy, née le 2 février 1911 à Constantinople, déportée sans retour par le convoi n°66 de Drancy à Auschwitz le 20 janvier 1944. David Selinger, le propriétaire du magasin de vêtement « L'Ours blanc » de la rue Gambetta à Morlaix a lieu aussi été déporté (après son arrestation le 9 à 10 octobre), et le docteur d'origine roumaine Ihil Perper exerçant à Brasparts, puis à Plounéour Menez, et sa famille (sa femme et ses 3 enfants), ont été arrêtés par la gendarmerie de Morlaix sur ordre de la préfecture avant de partir pour Drancy, puis pour Auschwitz.

Parmi ces 34 déportés, 18 sont morts en camp de concentration ou d'extermination, plus d'un sur deux:

Morts à Buchenwald (centre de l'Allemagne):

Jean-Marie Coat ( le 4 mars 1945, il avait 24 ans)

André Kerguinou (le 10 février 1944, il avait 40 ans)

Joseph Tanguy (le 21 mai 1944, à 62 ans)

Jean Nedelec (le 19 mars 1944, à 21 ans)

François Porzier (le 30 janvier 1945, à 50 ans)

Alexandre Marzin (dans le transfert entre Buchenwald et Dachau, le 10 avril 1945, à l'âge de 39 ans)

Morts à Flossenbürg (sud de l'Allemagne):

Pierre Bourhis (le 6 février 1945, il avait 22 ans)

Paul Tanguy (en mars 1944, à 25 ans)

François Tanguy(mort le 15 septembre 1944, à 48 ans)

Mort à Mathausen (nord de l'Autriche)

195 000 européens sont morts à Mauthausen dont le morlaisien:

Charles Cahon (le 22 avril 1943, il avait 22 ans)

Morts à Ellrich:

Adrien Bourhis (le 12 ou 15 décembre 1944, il avait 39 ans)

Guillaume Le Bars (le 19 septembre 1944, il avait 45 ans)

Morts à Bergen-Belsen (nord de l'Allemagne):

Louis Maltret (27 ans)

Mort à Chelesse, en Tchécoslovaquie:

Hervé Manach (le 29 septembre 1944, à 22 a

Gazé à Harteim:

Gabriel de Kergariou (le 3 août 1944, il était né à St Martin des Champs

Mort à Hambourg – Neuengramme (nord de l'Allemagne):

55 000 européens sont morts à Hambourg-Neuengamme dont le morlaisien:

Yves Prigent (le 7 janvier 1945, il avait 60 ans)

Mort à Lubenec:

François Mel (le 28 avril 1945, à 23 ans)

En tout, ce sont donc plus de 100 morlaisiens (plus de 130 sur la plaque d'hommage au monument aux morts Place Traoullen, mais nous n'avons pas retrouvé le parcours de ces 130 déportés) de naissance et/ou de résidence qui ont souffert le martyre ou sont morts dans les camps nazis (les traitements inhumains des camps ont été responsables de la mort d'au moins 57 d'entre eux).

Plus de 100 déportés morlaisiens sont passés par plusieurs camps de sinistre mémoire:

Flossenbürg : pour 31 d'entre eux - au moins 13 déportés morlaisiens y meurent

Buchenwald : au moins 28 (mais Buchenwald a certainement servi de camps de transit pour d'autres) - de 12 à 14 déportés morlaisiens y meurent

Dora : 18 - au moins 5 déportés morlaisiens y meurent

Ravensbruck : 12

Bergen Belsen : 9 - au moins 7 déportés morlaisiens y meurent

Mathausen : 8

Kassel : 7

Dachau : 7

Auschwitz : 7

Reinbach : 6

Hradischko/Moldau: 5

Ellrich: 4

L'expérience terrible de la déportation dans les camps nazis a été vécue par d'autres morlaisiens que ces otages raflés fin décembre 1943 :

Des déportés domiciliés au moment de leur arrestation à Morlaix, Saint Martin des Champs ou Plourin-les-Morlaix en dehors de ces otages déportés dans le convoi du 22 janvier 1944 suite à la rafle qui a suivi l'attentat contre le foyer du soldat allemand, dont 5 femmes, dont une femme juive, Esther Levy, née le 2 février 1911 à Constantinople, déportée sans retour par le convoi n°66 de Drancy à Auschwitz le 20 janvier 1944. David Selinger, le propriétaire du magasin de vêtement « L'Ours blanc » de la rue Gambetta à Morlaix a lieu aussi été déporté (après son arrestation le 9 à 10 octobre), et le docteur d'origine roumaine Ihil Perper exerçant à Brasparts, puis à Plounéour Menez, et sa famille (sa femme et ses 3 enfants), ont été arrêtés par la gendarmerie de Morlaix sur ordre de la préfecture avant de partir pour Drancy, puis pour Auschwitz.

Parmi ces 34 déportés, 18 sont morts en camp de concentration ou d'extermination, plus d'un sur deux:

Morts à Buchenwald (centre de l'Allemagne):

Jean-Marie Coat ( le 4 mars 1945, il avait 24 ans)

André Kerguinou (le 10 février 1944, il avait 40 ans)

Joseph Tanguy (le 21 mai 1944, à 62 ans)

Jean Nedelec (le 19 mars 1944, à 21 ans)

François Porzier (le 30 janvier 1945, à 50 ans)

Alexandre Marzin (dans le transfert entre Buchenwald et Dachau, le 10 avril 1945, à l'âge de 39 ans)

Morts à Flossenbürg (sud de l'Allemagne):

Pierre Bourhis (le 6 février 1945, il avait 22 ans)

Paul Tanguy (en mars 1944, à 25 ans)

François Tanguy (mort le 15 septembre 1944, à 48 ans)

Mort à Mathausen (nord de l'Autriche)

195 000 européens sont morts à Mauthausen dont le morlaisien:

Charles Cahon (le 22 avril 1943, il avait 22 ans)

Morts à Ellrich:

Adrien Bourhis (le 12 ou 15 décembre 1944, il avait 39 ans)

Guillaume Le Bars (le 19 septembre 1944, il avait 45 ans)

Morts à Bergen-Belsen (nord de l'Allemagne):

Louis Maltret (27 ans)

Mort à Chelesse, en Tchécoslovaquie:

Hervé Manach (le 29 septembre 1944, à 22 a

Gazé à Harteim:

Gabriel de Kergariou (le 3 août 1944, il était né à St Martin des Champs

Mort à Hambourg – Neuengramme (nord de l'Allemagne):

55 000 européens sont morts à Hambourg-Neuengamme dont le morlaisien:

Yves Prigent (le 7 janvier 1945, il avait 60 ans)

Mort à Lubenec:

François Mel (le 28 avril 1945, à 23 ans)

En tout, ce sont donc plus de 100 morlaisiens (plus de 130 sur la plaque d'hommage au monument aux morts Place Traoullen, mais nous n'avons pas retrouvé sur internet le parcours de ces 130 déportés) de naissance et/ou de résidence qui ont souffert le martyre ou sont morts dans les camps nazis (les traitements inhumains des camps ont été responsables de la mort d'au moins 57 d'entre eux).

Plus de 100 déportés morlaisiens sont passés par plusieurs camps de sinistre mémoire:

Flossenbürg : pour 31 d'entre eux - au moins 13 déportés morlaisiens y meurent

Buchenwald : au moins 28 (mais Buchenwald a certainement servi de camps de transit pour d'autres) - de 12 à 14 déportés morlaisiens y meurent

Dora : 18 - au moins 5 déportés morlaisiens y meurent

Ravensbruck : 12

Bergen Belsen : 9 - au moins 7 déportés morlaisiens y meurent

Mathausen : 8

Kassel : 7

Dachau : 7

Auschwitz : 7

Reinbach : 6

Hradischko/Moldau: 5

Ellrich: 4

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