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27 août 2020 4 27 /08 /août /2020 06:13

Militant du Mouvement de la Paix (il l'avait représenté à l'ONU au moment de la guerre en Irak, avait participé à de nombreux rassemblements pour le désarmement nucléaire à Crozon), sympathisant communiste, qui avait été l'ami de Dédé Moat quand il vivait au port de Roscoff sur son bateau, Yvon Le Corre avait réalisé pour les communistes morlaisiens la fresque du Pont de la Corde exposée au local du PCF Morlaix.

C'était surtout un formidable artiste, qui enseigna le dessin et la peinture notamment à Titouan Lamazou, un aventurier, un passionné de mer, de voyages, d'explorations, quelqu'un qui sut vivre et créer avec une intensité remarquable. 

Nous avons appris ce matin par notre camarade Pol Huellou le décès d'Yvon Le Corre hier. Nous avons une pensée pour ses amis, notamment ceux du mouvement de la Paix (Pol Huellou, Roland Nivet), pour sa famille et ses proches. Et nous saluons chaleureusement le talent, l'originalité et les engagements de cet homme hors norme.  

Yvon Le Corre lors du vernissage de l’exposition de Tréguier, en juin dernier. (©Le Trégor)

Yvon Le Corre lors du vernissage de l’exposition de Tréguier, en juin dernier. (©Le Trégor)

Tréguier. Le peintre Yvon Le Corre est décédé

Le Trégor, 25 août 2020

https://actu.fr/bretagne/treguier_22362/treguier-le-peintre-yvon-le-corre-est-decede_35714337.html

Tréguier. Le peintre Yvon Le Corre est décédé

Le peintre Yvon Le Corre est décédé mardi 25 août. Deux expositions lui sont consacrées cet été dont une première dans sa ville, Tréguier.

Le peintre Yvon Le Corre est décédé, mardi après-midi, à Tréguier à l’âge de 81 ans.  Pour ses 60 ans de peinture, deux expos lui sont consacrées cet été à Lannion et à Tréguier. Il aura eu le temps de les voir. 

Lire aussi : Peinture. Yvon Le Corre expose à Tréguier et à Lannion

« Une vie de peinture et de mer ».  Ainsi peut se définir le parcours de ce peintre hors normes  » un peu anar sur les bords » comme il aimait à le rappeler.

Elève d’Emile Daubé

Né en 1939 à Saint-Brieuc, Yvon Le Corre a fait l’école des Beaux-Arts et fut l’élève d’Emile Daubé, dont la famille est à Trébeurden et qui créa le musée de Saint-Brieuc. 

Lire aussi : Yvon Le Corre affiche les mots de sa colère

Ce dernier le prend sous son aile :  » Il a donné un sens à ma vie » disait Yvon Le Corre. 

Dès lors, il sera un peintre et un infatigable baroudeur. De l’Antarctique au Spitzberg, des Caraïbes à Madagascar, un carnet à la main, il croque, saisit, trace. 

Coup de coeur et combats

Une vie d’aventures mais aussi d’engagements, de coups de coeur et de combats. Il a refusé deux fois d’être peintre de la Marine, tout comme il a décliné la médaille de chevalier des Arts et lettres. Il a accepté néanmoins en 2012, des mains d’Erik Orsenna, le prix Mémoires de la mer

Avec Titouan Lamazou

A l’image de ce que lui avait donné Emile Daubé, il a transmis ce sens du croquis de voyage au célèbre navigateur Titouan Lamazou, qu’il a formé à la peinture et à la mer quand il était professeur à Marseille dans les années 70. 

Eliboubane et Girl Joyce

A bord d’Eliboubane, une chaloupe sardinière, ou de Girl Joyce, un ligneur anglais, il sillonne les mers et s’ancre définitivement il y a 30 ans à Tréguier. Non loin de la maison de Renan, il installe son atelier. Sur un mur, une devise de Che Guevara : « Endurcis toi sans jamais perdre la tendresse ». 

Là il crée sans cesse.

Chaque peinture est toujours une épreuve,

lâchait-il  en juin dernier lors du vernissage des expositions. 

Pour la première fois cet été il a exposé à Tréguier, mais aussi à Lannion.  En 2016, une grande rétrospective lui avait été consacrée au château de la Roche Jagu. 

Des livres

Il est aussi l’auteur d’une douzaine de livres dont le dernier, Azouyadé, paru en 2015. En 2011, il avait raconté son parcours et sa peinture dans un important ouvrage composé à la main, L’Ivre de mer.

Dans sa dernière exposition encore visible à Tréguier, ses tableaux sont de plus en plus abstraits. Il se justifiait : 

Je suis un peintre qui cherche le mouvement et la lumière. »

Les expositions Yvon Le Corre à Tréguier et Lannion sont visibles jusqu’au 10 octobre. 

 

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27 août 2020 4 27 /08 /août /2020 06:13
"La construction du pont de la Corde" - le tableau d'Yvon Le Corre pour les communistes du pays de Morlaix
"La construction du pont de la Corde" - le tableau d'Yvon Le Corre pour les communistes du pays de Morlaix
"La construction du pont de la Corde" - le tableau d'Yvon Le Corre pour les communistes du pays de Morlaix

Il était une fois... le travail. La fresque d'Yvon Le Corre (dans laquelle on retrouve l'influence d'un Fernand Léger comme des peintres muralistes mexicains de la grande époque) sur la construction du Pont de la Corde exposée depuis des décennies au local du PCF à Morlaix.

Peintre, dessinateur (il a contribué à former Titouan Lamazou), grand voyageur et aventurier, sympathisant communiste et militant du mouvement de la paix, Yvon Le Corre vient de larguer les amarres après une vie d'une intensité extraordinaire. Une cérémonie d'adieu a lieu près de Tréguier ce 27 août 2020. Les communistes de Morlaix rendent hommage à cet homme qui a su se tracer un destin hors commun et garde un grand cœur pour soutenir de nobles causes.

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27 août 2020 4 27 /08 /août /2020 06:07
Marcel Paul et Rol Tanguy (photo sélectionnée par Michel Etiévent)

Marcel Paul et Rol Tanguy (photo sélectionnée par Michel Etiévent)

Marcel Paul, du banc de la rue au banc de l’assemblée

Michel Etiévent

Enfant de l’Assistance, résistant, déporté, il imposa à la Libération la nationalisation des ressources énergétiques françaises et élabora un statut pour les électriciens et les gaziers.

Incursion dans le Larousse 2010, à la recherche de Marcel Paul, ministre de la Production industrielle à la Libération, père d’EDF et du statut des électriciens et des gaziers, véritable éclaircie de dignité dans le siècle. Même absence qu’Ambroise Croizat, bâtisseur de la sécurité sociale. 

Marcel Paul naît un peu comme Ambroise Croizat. Au tournant d’un siècle où la misère pousse à l’abandon des enfants. Parce qu’on le trouve sur un banc, Marcel, un 14 juillet 1900, sur la place Denfert, précisément. Recueilli par l’Assistance publique, il est placé dans la Sarthe comme petit commis de ferme.
La « belle époque », pour lui, c’est quinze heures par jour d’étable. Il mange à la sauvette et reçoit plus de coups que d’éducation. Il se révolte souvent, surtout quand le maître le traite de « Pitau », ces " pupilles de va-nu-pieds, traîne misère de l’Assistance ". Sur le rail, en face de la ferme, passent les convois de soldats amputés, gueules cassées de la grande guerre.

" C’est là, dira-t-il plus tard, en voyant ces jeunes à demi déchiquetés, que j’ai compris combien la guerre était une stupide et criminelle œuvre de mort » Alors il suit ceux qui luttent. Il adhère ainsi à la CGT, à la SFIO, manifeste dans les rues du Mans, encourage les premières grèves des cheminots.

L’esprit de révolte et la défense de la dignité le suivent à l’armée. Il suscite les premières mutineries de Brest, en 1919.

Démobilisé, il entre à l’usine de Saint-Ouen, où il est le seul à faire grève. Licencié, la route des galères commence. Alors qu’il vit l’exclusion des militants du PCF auquel il vient d’adhérer, il s’occupe, dès 1923, de l’Avenir social, organisation de secours pour les militants ouvriers en difficulté. Membre de la commission exécutive de la fédération des services publics et de l’éclairage, il prend la route des grèves. Alors que s’organise l’unité du Front populaire, il est successivement élu à la tête de la fédération de l’éclairage et au conseil municipal de Paris. Il laisse là une impressionnante série de réalisations sociales, crèches, secours d’urgence, hôpitaux pour les vieux.
1939. La nuit tombe sur Paris. C’est la « drôle de guerre », surtout contre ceux que l’on incarcère ou déporte. Marcel entre en clandestinité. On le retrouve dans les caches de Nantes et de Paris, où il suscite la résistance bretonne et participe à la création de l’OS, matrice des futurs FTP. « Jamais un peuple comme le nôtre ne sera un peuple d’esclaves ! » Ces mots il les colportera jusqu’au 13 novembre 1941, quand le couperet nazi tombera sur lui. Commence alors l’univers carcéral des geôles de la Santé aux côtés de Gabriel Péri, puis le bagne de Fontevrault, le camp de Compiègne et les « nuits et brouillards » d’Allemagne. Il ne sortira de la fange qu’un jour d’avril 1945, après l’insurrection du camp. Élu député en octobre, il est nommé ministre de la Production industrielle où il impose la nationalisation de l’énergie, avant de bâtir dans la foulée le statut des électriciens et des gaziers, « joyau de la nationalisation ». Viendra bientôt l’énorme travail au sein des activités sociales d’EDF.

Omniprésence à la Fédération de l’énergie ou à la FNDIRP, lutte contre l’OAS et toutes les indignités, le chemin de courage continue jusqu’au 11 novembre 1982 où il passe le relais à ceux qui l’ont aimé. Trouvé un 14 juillet, jour de liberté, mort un 11 novembre, jour de paix, deux dates clés de notre histoire pour un enfant de la nation en quête de vie et de liberté.

Michel Etievent


 

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27 août 2020 4 27 /08 /août /2020 06:05

 

Le billet du Dr Christophe Prudhomme

Après Poutine, qui annonce de manière prématurée la disponibilité d’un vaccin, nous apprenons que Trump souhaite vacciner massivement la population américaine avant l’élection présidentielle. La basse politique écrase les enjeux de santé publique. Face à la crise, la disponibilité d’un vaccin dans les meilleurs délais constitue un enjeu majeur. Dans les meilleurs délais ne s’accorde pas, dans le cas présent, avec précipitation. Un vaccin présente obligatoirement des effets indésirables. De ce fait, la décision d’utilisation n’est prise qu’après avoir évalué le rapport bénéfices/risques. Pour cela, les essais dits de phase 3 sont essentiels. Ils visent à administrer le produit à un nombre important de sujets pour évaluer les potentiels effets secondaires. Malgré cette phase obligatoire, un certain nombre d’effets délétères n’apparaissent qu’aprèsla mise sur le marché et l’utilisation par une population plus importante que celle des essais. Pour un vaccin utilisé à très grande échelle, un accident grave sur 10 000 patients n’est pas anodin.

Ces dernières décennies, plusieurs événements très mal gérés parles pouvoirs publics, comme la vaccination contre l’hépatite B ou le vaccin contre la grippe H1N1, ont généré un climat de suspicion concernant les vaccins. Un débat serein nécessiterait un véritable contrôle sur les laboratoires pharmaceutiques, qui privilégient leur rentabilité au détriment de la sécurité des produits et font tout pour cacher les résultats qui leur sont défavorables, sous couvert du secret des affaires. Sans ce débat, il est impossible de contrecarrer les ligues antivaccinales qui surfent sur quelques scandales pour distiller des informations souvent fausses mais qui alimentent le refus de l’ensemble des vaccins, y compris de ceux dont la preuve de l’efficacité est acquise depuis longtemps. Il est donc urgent et indispensable, pour l’ensemble de la population mondiale, que la production des vaccins, la vérification de leur efficacité et leur administration fassent l’objet de véritables discussions qui, seules, permettront l’acceptation de la stratégie choisie par la population. Dans le cas contraire, la planète risque de le payer très cher en vies humaines.

Médecin au Samu 93

 

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27 août 2020 4 27 /08 /août /2020 05:58

 

Le syndicat étudiant l’UNEF a publié une étude sur le coût de la vie étudiante. Celui-ci a augmenté de plus de 3 % par rapport à l’année dernière. Le loyer est une nouvelle fois en augmentation et reste de loin le premier poste de dépense des étudiantes et étudiants, représentant près de 70 % de leur budget. Vient ensuite la nourriture, où le manque de moyens force certaine et certain à se tourner vers des organismes de distributions alimentaires. Cette année viennent également s’ajouter les frais liés à l’achat des masques.

 

 

Depuis l’élection d’Emmanuel Macron, le coût de la vie étudiante ne cesse de croître. En seulement trois ans celui-ci a augmenté de plus de 8 %. Cette augmentation s’explique par le désengagement de l’État dans la vie étudiante. Entre la diminution des APL mise en place dès l’été 2017, le manque d’investissement dans le CROUS, le refus d’encadrer les loyers, le gouvernement est pleinement responsable de cette situation. Depuis les mobilisations étudiantes de novembre dernier, l’exécutif s’est contenté de mettre en place des mesures sporadiques versées au compte-gouttes.

Avec la crise économique, la situation risque de s’aggraver. En effet, des milliers de jeunes ont été privés d’un emploi et donc d’un revenu durant l’été. Alors que 20 % des étudiantes et étudiants vivent sous le seuil de pauvreté et qu’un sur deux est obligé de se salarier pour financer ses études, cette absence de revenus estivaux risque d’amplifier la précarité étudiante pour l’année à venir.

Face à cette hausse de la précarité étudiante, le CROUS et le système de bourse sont incapables de répondre aux besoins des étudiantes et des étudiants. 62 % d’entre eux n’en bénéficient pas. Parmi celles et ceux qui en disposent, seuls 7 % sont à l’échelon 7 (échelon maximal), qui correspond à environ 550 euros par mois, soit moins de la moitié du seuil de pauvreté. La situation est telle que de plus en plus de jeunes, d’étudiantes et étudiants se tournent vers les associations de distribution alimentaire. L’absence de réaction du gouvernement est alarmante.

La précarité étudiante n’est pas une fatalité ! La branche étudiante du Mouvement jeunes communistes de France, l’Union des étudiants communistes de France, sera présente dès les premiers jours de la rentrée pour mobiliser les jeunes en formation.

Afin que l’éducation soit accessible à toutes et tous, nous demandons :

La gratuité totale des formations, y compris pour les personnes étrangères.

Alors que l’éducation est censée être gratuite dans notre pays, la réalité est tout autre. Il faut débourser 170 euros aujourd’hui pour une licence, 243 euros pour un master et 380 euros pour un doctorat, auxquels s’ajoutent les 92 euros pour la CVEC. Ces chiffres explosent concernant les étudiantes et étudiants étrangers : 2 770 euros pour une licence et 3 770 pour un master. Il faut aussi compter sur l’achat du matériel nécessaire pour étudier (ordinateur, manuels, livres, etc.). Ces montants représentent des sommes considérables, qui mettent en difficulté financière nombre de jeunes.

Le développement massif des services du CROUS

Actuellement, le logement et la nourriture sont les deux premiers postes de dépenses des étudiantes et étudiants. Des moyens financiers importants doivent être investis dans les CROUS afin de permettre l’accès à toutes et tous à des logements à loyers modérés, hors des logiques marchandes, notamment en construisant de nouvelles cités étudiantes. Concernant les repas, la baisse du ticket de resto U à 1 euro proposée par le gouvernement est loin d’être suffisante : cette mesure doit être étendue à l’ensemble des étudiantes et étudiants.

La création d’un véritable revenu étudiant

Le système des bourses est insuffisant et ne permet pas de répondre aux besoins et aspirations des étudiantes et étudiants. En conditionnant l’accès à cette aide aux ressources de leurs parents, ce dispositif maintient les jeunes dans un rapport de dépendance vis-à-vis de leur famille. À l’inverse, un véritable revenu étudiant doit être un levier d’autonomie permettant d’étudier, de se loger, de se déplacer et d’avoir accès à des loisirs dans de bonnes conditions. Ce revenu étudiant doit permettre de sortir du salariat les jeunes en études, première cause d’échec à l’université. Les difficultés financières ne doivent pas nous empêcher d’étudier !

Pour financer un tel dispositif, une nouvelle branche de la sécurité sociale doit être ouverte, sur la base de cotisations sociales et patronales, pour reconnaître aux étudiantes et étudiants un statut de travailleuses et travailleurs en formation.

Léon Deffontaines, secrétaire général du MJCF.

 

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27 août 2020 4 27 /08 /août /2020 05:53

 

Depuis quelques semaines, des gouvernements européens cherchent à construire de nouveaux murs entravant la circulation des migrants et refusant d’accueillir de manière digne les réfugiés et les demandeurs d’asile.

 

 

 

Ce fut l’objet de la récente rencontre entre le ministre de l’Immigration du gouvernement de Boris Johnson et celui de l’Intérieur français. Leur conclusion est sans appel: leur seule préoccupation est de rendre l'accès à la Manche impraticable. Boris Johnson est allé jusqu’à nommer un commandant spécialement chargé du "risque clandestin" sur la Manche!

Par ailleurs, la France et l’Italie concrétisent un accord sur l'établissement de brigades communes de surveillance de leurs frontières. Ce nouveau dispositif se superpose à d'autres alors que cet espace est déjà le plus militarisé de France depuis 2015. Le gouvernement italien continue à bloquer ses ports et à empêcher les ONG de partir pour des opérations de sauvetage en Méditerranée. De surcroît, il vient de décider la fermeture du dernier centre de la Croix Rouge présent à Vintimille.

Tout cela s’ajoute aux démantèlements des «campements» de demandeurs d’asile en Île-de-France sans esquisser la moindre solution pérenne.

En France, les collectivités locales se retrouvent souvent en première ligne, souvent seules, afin d'organiser la solidarité et assurer avec des moyens toujours plus restreints l'accueil, voire l'hébergement. Leur réseau témoigne une nouvelle fois de leur caractère indispensable face aux désengagements de l’État qui dévoie et ne respecte pas ses engagements internationaux.

La France et les pays de l'Union européenne ne peuvent pas continuer à être de «simples spectateurs» des drames qui se jouent en Méditerranée, dans la Manche, en Libye ou ailleurs. L’accès au droit d’asile est bloqué dans beaucoup de pays européens depuis des mois et la crise sanitaire n’est pas la seule responsable.

Il y a une véritable urgence à renouer avec une politique d’accueil et à ouvrir des voies légales de migrations. Les accords indignes passés avec la Turquie, les pressions exercées sur certains pays du Maghreb pour qu'ils établissent des camps de rétention en amont ou bien les sordides négociations nouées avec les gardes-côtes libyens sont inefficaces, source de drames humains.

Il faut en finir avec la politique de criminalisation des migrations pour ouvrir les portes à la liberté de circulation et à l’accueil digne des réfugiés, des demandeurs d’asile, des personnes déplacées…

Le Parti communiste français considère que la France et l’Union européenne doivent entamer au plus vite des discussions pour la régularisation des travailleurs sans papiers, pour promouvoir une politique migratoire qui respecte le droit international, et pour des établir des voies légales et sécurisées de migrations. Il s'agit d'un impératif indispensable pour construire un monde de paix, de progrès social, d’accès aux droits et de liberté pour toutes et tous.

Cécile DUMAS
responsable adjointe du secteur international du PCF
chargée des enjeux migratoires

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24 août 2020 1 24 /08 /août /2020 07:19
Résumé:  Tout commence par la découverte du cadavre d'Yitzhak Litvak, un célèbre historien enseignant à l'université de Tel-Aviv. L'enquête, confiée à un commissaire arabe israélien, Émile Morkus, piétine, d'autant que ce meurtre n'est bientôt que le premier d'une série. Vingt ans plus tard, à la suite d'un nouvel assassinat, Morkus va enfin pouvoir démêler le vrai du faux, les passions et les raisons, la justice des hommes et celle de l'État.  Dans ce polar riche en rebondissements, Shlomo Sand a l'art de mettre en relief les problématiques qui déchirent la société israélienne.    Professeur émérite à l'université de Tel-Aviv, Shlomo Sand est l'auteur de plusieurs essais, dont Comment le peuple juif fut inventé (Fayard, 2008), livre qui a suscité de nombreuses controverses.

Résumé: Tout commence par la découverte du cadavre d'Yitzhak Litvak, un célèbre historien enseignant à l'université de Tel-Aviv. L'enquête, confiée à un commissaire arabe israélien, Émile Morkus, piétine, d'autant que ce meurtre n'est bientôt que le premier d'une série. Vingt ans plus tard, à la suite d'un nouvel assassinat, Morkus va enfin pouvoir démêler le vrai du faux, les passions et les raisons, la justice des hommes et celle de l'État. Dans ce polar riche en rebondissements, Shlomo Sand a l'art de mettre en relief les problématiques qui déchirent la société israélienne. Professeur émérite à l'université de Tel-Aviv, Shlomo Sand est l'auteur de plusieurs essais, dont Comment le peuple juif fut inventé (Fayard, 2008), livre qui a suscité de nombreuses controverses.

Une lecture de vacances distrayante et instructive, "La mort du khazar rouge" de Shlomo Sand, historien et intellectuel israélien ami de Mahmoud Darwich

COMMUNIST'ART: Mahmoud Darwich, le poète national palestinien, voix universelle de l'amour et de la nostalgie (1941-2008)

 Un historien connu pour sa critique intellectuelle et politique des présupposés du sionisme et des mythes fondateurs d'Israël. Sans doute certains lecteurs ont déjà lu le très bon "Comment le peuple juif fut inventé" (2008, Fayard) qui retrace une partie occultée de l'histoire du judaïsme comme religion de conversion expansive et donc la pluralité des origines ethniques des personnes qui se retrouvent aujourd'hui ayant la culture juive en Israël (Afrique du Nord, Afrique, Europe de l'est) là où le fond de la population palestinienne est restée plutôt stable depuis l'antiquité, les palestiniens dit "arabes" d'aujourd'hui ayant sans doute plus de chances d'être des descendants des contemporains de Jésus ou de David que le descendant de juif ashkénaze ou séfarade.

Dans son premier roman policier, Shlomo Sand réutilise le matériau historique de sa critique des mythes du sionisme puisque le roman s'ouvre sur l'assassinat d'un historien universitaire, Yitzhak Litvak, ancien militaire membre des services de renseignement, ayant écrit un livre remarque sur l'origine d'une grande partie de la communauté ashkhenaze dans les conversions des chefs du royaume khazar, au sud de la Russie. C'est le commissaire Émile Morkus, chrétien arabe palestinien de nationalité israélienne, qui mène l'enquête. Laquelle va vite se relier à d'autres meurtres de militants et d'intellectuels de gauche comme la belle et fascinante Avivit Schneller, membre de la gauche radicale antisioniste israélienne, la petite nièce de Dora Polanski, israélienne revenue en Europe engagée dans le groupe Orchestre Rouge, réseau communiste d'espionnage luttant contre les nazis, qui, arrêtée, affreusement torturée, se donna la mort en prison. Ce roman bien construit aux personnages attachants qui se lit d'une traite permet de mieux mesurer et comprendre la complexité de l'histoire et de la société israélienne, l'existence, l'importance et l'origine intellectuelle des dissidences au récit sioniste , sa dimension de construction idéologique instrumentalisant la religion et l'histoire a des fins coloniales, les mécanismes de construction d'une pensée unique sioniste et leurs échecs en Israël. Le rôle du Shabak, la police politique des renseignements intérieurs, dans le contrôle de la société israélienne, est bien mis en évidence ainsi que ses modes opératoires, tout comme la montée d'un obscurantisme nationaliste et raciste dans la société israélienne et les groupes qui dans la société israélienne continuent à y résister au nom d'une vision multiculturelle et universaliste de l'histoire, et de l'histoire juive en particulier.

I.D

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23 août 2020 7 23 /08 /août /2020 16:13
Cécile Rol-Tanguy (1919-2020): une vie d'engagement. Exposition à Paris du 25 août au 13 décembre, musée de la Libération de Paris, Leclerc, Jean Moulin-Rol Tanguy

Le musée de la Libération de Paris-musée du général Leclerc -musée Jean Moulin rend hommage à la résistante Cécile Rol-Tanguy, disparue le 8 mai 2020, jour du 75e anniversaire de la victoire sur l’Allemagne nazie.

L’exposition biographique

« Cécile Rol-Tanguy, une vie d’engagement (1919-2020) »
ouvrira ses portes au public le 25 août à partir de 17h.

Pour l’occasion, le musée fermera ses portes à 19h.
L’exposition sera présentée gratuitement jusqu’au 13 décembre 2020.

Textes biographiques, photographies, témoignages vidéos brosseront le portrait de cette grande résistante, engagée pour la transmission de l’histoire : celle de la résistance et de la place des femmes dans cette lutte, mais aussi celle du combat antifasciste.

Pour en savoir +
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23 août 2020 7 23 /08 /août /2020 11:50

Beaucoup de gens ne le savent pas.

La première femme élue dans le Finistère (1925), la première femme maire (1945), la première femme députée (1948) dans le département étaient communistes.

Le Chiffon Rouge leur rend hommage.

A l'instar de ce qui s'est passé en Union Soviétique juste après la révolution d'Octobre, qui sonnait aussi comme la fin d'un ordre conservateur oppressif pour les femmes, le mouvement communiste au XXe siècle, même s'il était pas étranger aux préjugés du corps social en son temps, et de culture machiste et d'inégalité entre les hommes et les femmes, eut au moins le mérite d'affirmer le droit des femmes à prendre des responsabilités à égalité avec les hommes et de faire émerger, mais elles le doivent surtout à elles-mêmes, des femmes qui ont joué un grand rôle sur la scène politique et sociale, et dans l'histoire de notre région.  

Joséphine Pencalet

Joséphine Pencalet

100 ans de communisme en Finistère
 
La première femme élue dans le Finistère (et en Bretagne) fut présentée par le Parti communiste: Joséphine Pencalet, élue conseillère municipale en 1925 à Douarnenez
 
Née le 18 août 1886 à Douarnenez (Finistère), morte le 13 juillet 1972 à Douarnenez (Finistère) ; ouvrière sardinière ; conseillère municipale communiste de Douarnenez (1925), la première femme élue en Bretagne et une des toutes premières de France, à chaque ces candidates étant présentées par le Parti communiste alors que les femmes n'avaient pas encore le droit de vote, au nom de l'égalité des droits.
 
Notice du Maitron, par Fanny Bugnon:
Fille de René-Joseph Pencalet (marin, né en 1844) et de Marie-Jeanne Celton (née en 1844). Issue d’une famille nombreuse de marins douarnenistes avec laquelle elle s’est rapidement trouvé en conflit, Joséphine Pencalet quitta la Bretagne après avoir achevé sa scolarité dans un internat catholique de Quimperlé. Elle travailla alors comme lavandière en région parisienne, où elle épousa, le 18 janvier 1908 à la mairie d’Argenteuil, un employé des chemins de fer, Léon Frédéric Le Ray, originaire d’Ille-et-Vilaine et rencontré à Douarnenez alors qu’il effectuait son service militaire dans la Marine. De cette union désapprouvée par sa famille naissent deux enfants : Léon (né en 1910) et Anna (née en 1918). Son veuvage au sortir de la Première Guerre mondiale la conduisit à revenir avec ses enfants à Douarnenez où elle est embauchée comme ouvrière dans l’une des nombreuses conserveries de poisson de la ville.
Sa participation à la grève victorieuse des sardinières de novembre 1924-janvier 1925 qui paralysa les usines douarnenistes pendant 7 semaines et qui connut un écho national, lui valut d’être sollicitée par Daniel Le Flanchec*, maire sortant élu en 1924, pour figurer sur la liste du Bloc ouvrier et paysan aux élections municipales du mois de mai 1925.
Les conditions de sa désignation sont floues : s’il n’est pas certain qu’elle ait été membre du PCF ni même du comité de grève, son veuvage aurait facilité sa candidature. La présence d’une candidate correspond aux consignes du Secrétariat féminin de Moscou de présenter des candidatures féminines aux élections, indépendamment de leur illégalité, et de la stratégie du PCF. Placée en 4e position, comme « ouvrière d’usine », elle recueillit 1283, arrivant en 24e position des suffrages. Elle fut ainsi proclamée élue au premier tour, le 3 mai, devenant ainsi la première femme élue en Bretagne. Installée le 17 mai comme l’une des premières conseillères municipales françaises, elle siégea pendant six mois au sein des commissions scolaire et d’hygiène. Parallèlement, elle exerça la fonction de secrétaire adjointe du bureau du Syndicat des Métaux de Douarnenez, affilié à la CGTU.
En vertu de l’inéligibilité des femmes et malgré l’argumentaire développé par Joséphine Pencalet devant la justice administrative à propos des ambiguïtés de la loi électorale de 1884 qui n’interdit pas explicitement les candidatures féminines et alors que les députés votèrent en faveur du suffrage municipal féminin en avril 1925, l’élection de Joséphine Pencalet fut annulée par arrêté préfectoral le 16 juin 1925, décision confirmée cinq mois plus tard par le Conseil d’État au motif qu’aucune disposition légale ne considérait les femmes éligibles. Signalons que la décision du Conseil d’Etat du 27 novembre 1925 concerna également l’annulation de l’élection de Charles Tillon* pour non-résidence à Douarnenez. Joséphine Pencalet disparut alors de la vie politique douarneniste jusqu’à sa mort, avant d’être redécouverte au tournant du XXIe siècle comme une figure de la mémoire ouvrière locale.
***
La municipalité de Douarnenez était devenue communiste en 1921, avec Sébastien Velly, premier maire communiste de France (il avait été élu conseiller municipal sous l'étiquette de la SFIO en 1919 mais son maire, Le Gouic, resté fidèle à la SFIO, avait été mis en minorité par les autres conseillers), puis à partir de 1924 Daniel Le Flanchec, qui restera maire de Douarnenez, suite à la grande grève des Penn Sardin qu'il soutient en 1924 jusqu'à la victoire sur le patronat des conserveries en janvier 1925. Douarnenez comptait à l'époque presque 5000 marins-pêcheurs et des milliers d'ouvrières travaillant en coiffes et sabots dans 21 conserveries.
 
Un article d'Audrey Loussouarn dans L'Humanité en 2013 raconte bien cet épisode héroïque des luttes sociales en Bretagne sous le titre « Ces sardinières qui ont su tenir tête à leurs patrons ».
« (…) Les «petites filles de douze ans» prennent aussi le chemin de l’usine. Aucune législation du travail.. Si la pêche était bonne, les femmes pouvaient travailler jusqu’à soixante-douze heures d’affilée! Pour se donner du courage, elles chantaient. «Saluez, riches heureux / Ces pauvres en haillons / Saluez, ce sont eux / Qui gagnent vos millions.» Certaines sont licenciées pour avoir fredonné ce chant révolutionnaire dans l’enceinte de leur usine. Conditions de travail déplorables, flambées des prix, salaires de misère, c’en est trop. Le 20 novembre 1924, les sardinières de la fabrique Carnaud vont décider de se mettre en grève. Elles demandent 1 franc de l’heure, alors que le tarif de rigueur est de 80 centimes. Les patrons refusent. Trois jours plus tard, un comité de grève est mis en place. Le lendemain, ce sont les 2000 sardinières qui arrêtent le travail et marchent dans les rues de Douarnenez. Une pancarte est dans toutes les mains: «Pemp real a vo» («Ce sera 1,25 franc»). Aux côtés des femmes, Daniel Le Flanchec. Ce «personnage éloquent, tonitruant», comme le décrit Michel Mazéas, et que les sardinières appellent leur «dieu», leur «roi», accompagne le mouvement. Un meeting se tient début décembre sous les Halles. Il réunit plus de 4000 travailleurs et des élus. Le 5 décembre 1924, l’Humanité titre: «Le sang ouvrier a coulé à Douarnenez». Le journaliste raconte comment une «charge sauvage commandée par le chef de brigade de Douarnenez piétina vieillards et enfants». Ordre venant du ministre de l’Intérieur. L’élu communiste, en voulant s’interposer devant l’attaque des gendarmes, sera suspendu de ses fonctions pour «entrave à la liberté du travail». La tension monte, les patrons ne veulent toujours pas négocier, des casseurs de grève s’immiscent dans le mouvement. Dans le même temps, des représentants syndicaux et politiques de la France entière se joignent aux grévistes. C’est dans la nuit du 31décembre au 1erjanvier que tout va basculer: des coups de feu retentissent. Des cris se font entendre: «Flanchec est mort!» Il est retrouvé blessé dans la rue. La colère explose. L’hôtel des casseurs de grève est saccagé. Un chèque y sera retrouvé, signé de la main d’un des patrons d’usine. Les conservateurs, qui ont tenté d’assassiner l’élu, avoueront plus tard qu’ils voulaient «seulement combattre le communisme». Finalement, le 8 janvier, après près de cinquante jours de bataille acharnée, les patrons céderont. Les sardinières obtiendront 1 franc horaire, avec heures supplémentaires et reconnaissance du droit syndical. Au cours de ce conflit qui a duré 48 jours à partir de la grève de la conserverie Carnaud, des dirigeants syndicaux sont accourus de toute part, et notamment parmi eux le dirigeant rennais de la CGTU, Charles Tillon, futur résistant et ministre communiste à la Libération.
Parmi les diverses répercussions attribuées au mouvement social, on peut retenir l'élection de Joséphine Pencalet (1886-1972) au conseil municipal auprès de Daniel Le Flanchec en 1925. La responsable syndicale fut l'une des dix premières femmes élues en France. Dépourvues de droit de vote, les femmes ne pouvaient pas encore être élues à cette époque, Joséphine Pencalet n'exerça donc jamais ses fonctions.
 
 
Congrès du PCF à Strasbourg en 1947 - Daniel Trellu, chef des FTP du Finistère, le premier à gauche: à ces côtés, Gabriel Paul, député communiste de Brest à la Libération, Pierre Le Rose, résistant à Concarneau, responsable du Front National de Libération de la France dans le Finistère, secrétaire départemental du PCF de 1953 à 56, Marie Lambert, secrétaire départementale du PCF en 1947 et députée de 1948 à 1951, puis journaliste (Photo des archives Pierre Le Rose/ PCF Finistère)

Congrès du PCF à Strasbourg en 1947 - Daniel Trellu, chef des FTP du Finistère, le premier à gauche: à ces côtés, Gabriel Paul, député communiste de Brest à la Libération, Pierre Le Rose, résistant à Concarneau, responsable du Front National de Libération de la France dans le Finistère, secrétaire départemental du PCF de 1953 à 56, Marie Lambert, secrétaire départementale du PCF en 1947 et députée de 1948 à 1951, puis journaliste (Photo des archives Pierre Le Rose/ PCF Finistère)

Joséphine Pencalet, Marie Mahé, Marie Lambert: les première femme élue, première femme maire, première députée dans le Finistère étaient présentées par le Parti communiste
Joséphine Pencalet, Marie Mahé, Marie Lambert: les première femme élue, première femme maire, première députée dans le Finistère étaient présentées par le Parti communiste

Marie Perrot-Lambert (1913 – 1981): la première femme députée du Finistère fut communiste

Née à Landerneau en 1913, entrée au Conseil Municipal de Landerneau en 1945, Marie Lambert, née Perrot, militante communiste et résistante, fut la première femme à représenter le Finistère à l'Assemblée Nationale de 1948 à 1951. Elle déposa plusieurs propositions de loi en faveur des ouvriers agricoles. Ensuite, il fallut attendre 1962 (la gaulliste Suzanne Ploux) et 1978 (la socialiste Marie Jacq) pour voir des députées finistériennes élues. Marie Lambert, journaliste à l'Humanité en 1954, fut aussi la première journaliste a employer le mot de « guerre » pour qualifier la révolte indépendantiste en Algérie et sa répression. Le 8 novembre 1954, l’Humanité publie sous le titre "Des tortures dignes de la Gestapo", un reportage de Marie Perrot : "Les arrestations se poursuivent en Algérie et de nombreuses personnes à des sévices innommables dans les locaux de la police [...] la bastonnade, le lavage d’estomac à l’aide d’un tuyau enfonce dans la bouche et le courant électrique". Ces scènes lui rappelaient les tortures qu’avaient subies son premier mari en 1943. Ayant interrompu ses études précocement après le brevet, Marie Lambert parvint tout de même à acquérir une grande culture et à devenir institutrice pendant la drôle de guerre. Résistant au Front National de Libération de la France et aux FTP, son mari Henri Lambert, le père de ses 3 enfants, est arrêté, torturé et déporté. Marie Lambert diffusait avec lui des tracts et journaux clandestins dans la région de Landerneau et servait d'agent de liaison à Daniel Trellu, le chef communiste des FTP dans le Finistère. Elle organisait aussi un groupe de femmes patriotes, ce qui lui valut d'obtenir la médaille de la Résistance à la libération.
Lors des élections législatives du 17 juin 1951, Marie Lambert , en 3e position sur la liste communiste qui obtint 20,9 % des suffrages ne fut pas réélue, le PCF ne conservant que les sièges d’Alain Signor et de Gabriel Paul. On sait qu’elle devint journaliste à l’Humanité puis à France nouvelle et directrice de Femmes nouvelles, le journal de l’UFF, chargé de la culture, ce qui lui permit de connaître le principaux artistes communiste, notamment le couple Aragon-Triolet.. Elle participa en 1955 au premier voyage de journalistes à Hanoï pour l'Humanité. Son statut de journaliste lui permit également de découvrir le Yougoslavie et la Tunisie.
Marie Perrot, vécut avec Georges Gosnat à Saint-Ouen à partir de 1950. Elle l’épousa le 30 juillet 1970 (on trouve ailleurs le 30 décembre 1970) et habita avec lui à Ivry-sur-Seine. Georges Gosnat était député d’Ivry-sur-Seine et un des principaux responsables des finances du PCF.
Portrait de Marie Mahé, maire de Kernevel en 1945, Document du congrès départemental du PCF Finistère, 1947

Portrait de Marie Mahé, maire de Kernevel en 1945, Document du congrès départemental du PCF Finistère, 1947

Parmi les 5 premières femmes maires dans le Finistère (sur 19 en France) en 1945: une communiste: Marie Mahé (1911-2000), maire de Kernevel
 

1945, cinq maires finistériennes sont élues sur dix-neuf en France. Leur point commun : l’histoire les a quelque peu invisibilisées. Suzanne Ploux était la plus connue. Marie Digoy a été à la tête de Saint-Renan jusqu’en 1953, Jeanne Berthelé à Ouessant, jusqu’en 1951, Marie Mahé de l’ancienne commune Kernével et Marie-Thérèse de La Grandière d’Espiès, à Langolen.

 
Née le 15 novembre 1911 à Auray (Morbihan), morte le 18 janvier 2000 à Rosporden (Finistère), Marie Mahé, qui tenait un commerce et un café à 3km du bourg du Kernével, fut la première maire femme du Finistère, de 1945 à 1947.
Le Parti communiste du Finistère s'honore de compter Marie Mahé parmi les premières femmes élues maire depuis l'obtention dy droit de vote pour les femmes en France, acquis grâce à l'amendement d'un député communiste, résistant, Fernand Grenier.
Fernand Grenier dépose cet amendement le 24 mars 1944 à l'Assemblée consultative provisoire à Alger que le droit de vote des femmes est établi en France. L'article 17 précise « Les femmes sont électrices et éligibles dans les mêmes conditions que les hommes». Si l’ordonnance donnant le droit de vote aux femmes a été prise il y a 70 ans par le Général de Gaulle, cette avancée, on la doit à un Tourquennois communiste. Fernand Grenier rédigera l’amendement, un mois plus tôt, lors de l’assemblée constituante provisoire, installée à Alger : « Les femmes seront électrices et éligibles dans les mêmes conditions que les hommes ». Un texte sans ambiguïté mais qui suscita le débat. Un amendement adopté par 51 voix sur 67 votants. En janvier 1943 pourtant, lorsque se constitue l’assemblée consultative provisoire, « les débats sur l’organisation des pouvoirs publics ne prévoyaient pas le vote des femmes », relate Fernand Grenier dans un article de L’Humanité (18/04/1991). En 1943, le Tourquennois, au nom du parti communiste rejoint à Londres le Général de Gaulle. « C’est ainsi que je fus amené à poser la question du vote des femmes pour la première fois quand le Général de Gaulle me proposa de faire partie d’une commission de réforme de l’État, écrit-il encore. Je pensais qu’il serait injuste de continuer à considérer les femmes comme incapables de se servir du bulletin de vote ».
 
Marie Mahé était résistante et sympathisante communiste , elle transportait les munitions du maquis pendant l'occupation. A la libération, la direction du PCF milite pour la reconnaissance politique des femmes: "Les femmes viennent de plus en plus à la vie politique. Il faut les organiser et laisser de côté les préjugés encore tenaces sur l'infériorité de la femme qui ne sont pas dignes de communistes" (livret de la 10e conférence fédérale du PCF Finistère en mai 1947)
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23 août 2020 7 23 /08 /août /2020 06:35
Des gens ont été enfermés à clé dans leur chambre, au motif de les protéger - entretien de l'Humanité avec Michel Billé, auteur de "la Tyrannie du Bien vieillir"
Vendredi, 21 Août, 2020
« Des gens ont été enfermés à clé dans leur chambre, au motif de les protéger »

Il faut changer durablement notre regard sur le grand âge, alerte le sociologue Michel Billé, auteur de la Tyrannie du "Bienvieillir". Et ne pas reproduire les erreurs du confinement, qui ont incité les seniors à regarder leur vieillesse dans l’aspect le plus effrayant. Entretien.

 

Qu’est-ce que le confinement a révélé du regard porté par la société sur la vieillesse ?

Michel Billé On a voulu protéger les personnes âgées, à domicile parfois, mais surtout en établissement. Cela part d’une bonne intention. Pour les protéger, on a voulu les confiner. Et pour confiner, on a fermé. On a empêché d’entrer dans les établissements des visiteurs de toute sorte, en particulier des proches, des aidants, des bénévoles… On a empêché aussi d’en sortir. Ce confinement a eu pour effet d’isoler les personnes. En établissement, il a été fréquent que cette absence de contacts a créé des difficultés pour les personnes âgées, qui se sont parfois trouvées désorientées. Quand on est habitué à dire bonjour, à se faire la bise, il est difficile de se priver de ce genre de relations. On a alors glissé de l’isolement à l’enfermement. Il y a eu trois étapes dans le processus : le confinement, l’isolement, l’enfermement. J’emploie volontairement ce mot terrible en référence aux travaux du philosophe Michel Foucault sur le grand enfermement dans les secteurs de la psychiatrie et du handicap, parce qu’ils traduisent une réalité. Des gens ont été enfermés à clé dans leur chambre d’Ehpad, au motif de les protéger et de protéger les autres d’un microbe qu’ils n’avaient pas. C’est terrible.

Comment en est-on arrivé là ?

Michel Billé C’est facile de jeter la pierre sur les établissements. Je ne sais pas si dans la même situation, j’aurais pu trouver une solution intelligente. Mais au-delà de cet épisode de Covid-19 et de confinement, au-delà des attitudes abusives, outrancières, liberticides qu’on a pu observer, il faut ouvrir une réflexion éthique sur ce qui s’est passé et repérer ce qui n’est pas acceptable pour que ça ne se reproduise pas. Cette crise du Covid doit nous amener à regarder différemment les réponses que nous apportons à celles et ceux de nos contemporains qui ont besoin de soins et d’accompagnement. Un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes est une réponse. Mais correspond-il aujourd’hui aux attentes de la personne ? Comment pourrait-on ouvrir différemment l’établissement, inventer des réponses à domicile, des allers-retours entre les deux ? Il faut accepter de rouvrir toutes ces questions.

Comment nos anciens ont-ils pu glisser du statut de sages à celui de personnes à charge dans notre société ?
Michel Billé Ce qui induit ce glissement, c’est cette terrible notion d’utilité sociale liée au monde de la production, au monde industriel et à la société capitaliste ultralibérale. Regarder avec quels mots on ose parler. On divise la société française entre actifs et inactifs. Que les retraités ne soient pas actifs de la même manière, dans le même domaine que ceux qui travaillent, c’est une évidence. Mais dire qu’ils sont inactifs, c’est absurde. En fait, derrière l’opposition actif/inactif se cache celle de productif/non productif. Ce qui est non productif est inutile, donc indésirable. Ajouter à cela la peur de la mort… Nous devons personnellement aider les gens à changer le regard porté sur la vieillesse. Nous avons l’habitude lamentable de regarder les sommes consacrées à l’accompagnement comme des charges, des dépenses. Oui, il y a des sommes d’argent à consacrer à la vieillesse, mais il faut les regarder comme un investissement, porteur d’emplois multiples, directs et indirects, de développement économique, d’échanges. L’argent pour les vieux, c’est l’emploi des jeunes.

Entretien réalisé par Kareen Janselme
Le 5e risque, un serpent de mer vieux de vingt ans

Depuis plus de vingt ans, les gouvernements français évoquent la création d’une cinquième branche de la Sécurité sociale, qui viserait à prendre en charge la dépendance liée au grand âge ou au handicap. Si le ministre des Solidarités et de la Santé, Olivier Véran, a lancé en juin des travaux et attendait un rapport prévu en septembre, les députés ont finalement voté avant la rentrée sa création. De « l’affichage », estime le député PCF Pierre Dharréville alors que les financements restent à imaginer.

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