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1 mai 2020 5 01 /05 /mai /2020 15:54

Allocution de Fabien Roussel, secrétaire national du PCF

A l’occasion de la fête internationale des droits des travailleuses et des travailleurs

 le 1er mai 2020

 

Permettez-moi de souhaiter une belle et grande journée de solidarité et de mobilisation aux travailleuses et aux travailleurs de France, à ceux du monde entier, à l’occasion de ce 1er Mai inédit.

Un 1er Mai exceptionnel où nous disons avec force que ce n’est pas aux peuples de payer le prix fort de la pandémie et de la crise économique !

Et je pense d’abord à ces peuples du monde privés de droits, exposés à des guerres, ou à des blocus inqualifiables alors que le virus sévit. A l’échelle du monde, unissons nos forces dans la Paix pour faire reculer la pandémie.

 

En France, je voudrais saluer ces millions de salarié·es mobilisé·es face à la crise sanitaire, parfois au risque de leur propre vie.

Soignants, enseignants, pompiers, agriculteurs, salariés du privé comme du public, vous êtes des millions d’hommes et de femmes à tenir la France à bout de bras pour faire tourner notre pays et permettre à toutes et tous de disposer du nécessaire pour vivre.

Les vrais premiers de cordées de notre pays, c'est vous.

L’année dernière, beaucoup d’entre vous étaient encore sur les ronds-points pour demander plus de justice sociale, plus de justice fiscale. D’autres se rassemblaient devant les ministères pour exiger de meilleurs salaires, une vie digne, des conditions de travail décentes.

Vous n’avez pas été entendus, ou si peu. Mais quand il a fallu répondre à l'appel, vous n’avez pas hésité une seconde pour retrousser vos manches et vous mettre au service du pays.

Ce 1er Mai vous est spécialement dédié.

Je pense aussi à ces millions de salariés privés d’emplois ou en chômage partiel, inquiets de leurs fins de mois et impatients de retrouver leur activité ou un emploi stable.

Ou encore à ces retraités, souvent aux petites pensions, à ces étudiants et à ces parents isolés, aux faibles ressources.

Face à la hausse des prix, le confinement coûte cher.

Heureusement, là encore, la solidarité s’organise, partout, dans les villes et les villages, grâce aux élu·es locaux et à de nombreuses associations. Amplifions là.

Sans oublier le monde des arts et de la culture, qui nous fait tellement de bien, et qui nous rappelle oh combien leur rôle est précieux.

Je pense aussi à ces commerçants, ces artisans, ces indépendants dont la vie a complètement basculé, et qui se retrouve sans activité ou alors très réduite.

Toutes et tous, vous faites face à cette pandémie avec tellement de dignité, tellement de force et de courage. La vraie richesse de la Nation est là, en vous. Et nous pouvons être fiers de cette France, cette France fraternelle et solidaire.

C’est pourquoi nous le disons avec force : ce n’est pas à vous de payer les conséquences de cette crise. Ce n’est pas au monde du travail de payer la facture comme ce fut le cas après la crise de 2008.

Déjà, la courbe du chômage repart fortement à la hausse. Et celles et ceux qui sont en chômage partiel touchent un salaire partiel. La pauvreté explose.

 

C’est pourquoi nous avons besoin de nous rassembler et d’agir ensemble pour que demain ne soit pas comme hier.

Nous proposons que l’État garantisse pour chaque citoyen·ne l’accès à des masques gratuits et aux normes lui permettant de sortir et de se protéger.

Nous proposons de repousser la réouverture des écoles tant que toutes les conditions de sécurité ne sont pas garanties, dans toutes les communes, par les services de santé et de l’Éducation nationale.

Nous proposons l’interdiction des licenciements durant cette période et la prise en charge du chômage partiel à 100% tant que le travail n’a pas pu reprendre.

Nous voulons des salaires qui augmentent plutôt que des primes qui divisent. Nous proposons une aide de 300 euros pour les plus démunis, pour les étudiants et le blocage des prix pour les produits de première nécessité.

Dans chaque entreprise, il faut ouvrir de véritables négociations pour imaginer de nouvelles conditions de travail, avec des horaires adaptés pour ne pas surcharger les transports collectifs.

 

Nous proposons de mettre à contribution le capital, les grandes fortunes, les assurances et les banques, tous ceux qui ont bénéficié de nombreux cadeaux ces dernières années.

Tout comme la Banque centrale européenne qui doit être là, aux cotés des États et des peuples pour financer la dette mais aussi les investissements à venir.

 

Tout le monde doit être protégé, c’est aussi simple que ça et l’État doit être là pour garantir cette protection, partout, dans les Outre-mer comme en métropole, dans nos villes comme à la campagne.

 

Ce 1er Mai 2020 est historique en ce sens.

 

Face à cette pandémie, soyons unis, solidaires pour porter ces exigences mais aussi pour s’ouvrir des perspectives, celles de bâtir une société nouvelle, enfin respectueuse des Hommes et de la nature, en France comme à l'échelle de la planète.

 

Le monde de demain commence dès aujourd'hui !

Dans l'épreuve que nous traversons, c'est ce bel objectif qui nous anime, celui de vivre dans une société portée par ses plus nobles valeurs, la bienveillance, l'entraide, la solidarité.

 

Le moment est venu de tourner définitivement le dos à cette course folle vers le profit et la surconsommation. Mettons l’argent au service du développement humain et de la planète.

C’est un magnifique défi à relever, la promesse de nouveaux Jours heureux à écrire ensemble.

 

Parti communiste Français

https://www.pcf.fr/

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1 mai 2020 5 01 /05 /mai /2020 14:42
Du 1er au 11 mai, soutenez les batailles du Parti communiste en participant à la grande souscription du muguet virtuel

Cher-e-s toutes et tous,
 
Même confiné.e.s, nous pouvons être actifs et actives, utiles à nos idées de justice sociale. Le 1er mai, faisons-nous entendre sur les réseaux sociaux et à nos fenêtres avec nos revendications, nos coups de gueule, nos propositions.


Le covid-19 n’est pas, comme beaucoup voudrait nous le faire croire, le déclencheur de tous les maux auxquels nous sommes confrontés actuellement et que nous devrions subir demain, il n’en est que le révélateur, il ne fait que mettre en exergue les inégalités et  l’importance des professions très féminisées : infirmières (87 % de femmes) et aides-soignantes (91 % de femmes), mais aussi des aides à domicile et des aides ménagères (97 % de femmes), des agentes d’entretien (73 % de femmes), des caissières et des vendeuses (76 % de femmes), ce sont aussi des enseignantes (71 % de femmes) . Il s’agit de tous ceux et celles qui servent le bien commun, ceux et celles qui ont été méprisé.e.s par les néo-libéraux au pouvoir.
 
Or on le voit bien les champions du capitalisme ultra libéral qui  dirigent actuellement le monde (dont beaucoup sont adeptes du repli nationaliste) sont à la manœuvre pour revenir au plus vite à la situation d’avant.
 
Pour ce faire, ils engagent des politiques visant à obtenir des consensus pour faire accepter (au nom de la lutte contre « l’ennemi commun le covid-19 » et pour sauver l’économie) toujours plus de sacrifices (même au prix de vies humaines) allant même jusqu’aux privations de certaines libertés et à la remise en cause des droits sociaux.

Ils veulent faire payer l'ardoise aux travailleurs et aux travailleuses , à ceux et celles là-même qui ont été en première ligne pendant la crise du Covid-19 et qui ont été fragilisé.e.s par des décennies de casse des services publics, de la Sécu, des droits sociaux.


Les communistes le savent bien pour l’avoir toujours dénoncé, la situation d’avant était déjà de plus en plus intenable tant pour la planète que pour l’humanité toute entière. 9 milliardaires qui détiennent autant de patrimoine que 3,7 milliards de femmes et d'hommes, des millions de pauvres dans des pays riches, des milliards de dividendes versés aux actionnaires en échange de la pression sur les salarié.e.s, les salaires, les emplois, des démocraties muselées, la toute puissance des milliardaires, des multinationales cotées en bourse, des banques et des sociétés d'assurance, et tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes?
 
Non, évidemment, la Sociale, la lutte des classes, le combat international et internationaliste pour la défense des travailleurs sont toujours à l'ordre du jour!

D’où notre responsabilité en tant que communiste pour d’une part endiguer ce scénario mortifère et d’autre part montrer que nos idées telles que Marx et d'autres les ont conçues sont toujours d'actualité.
 
Il est possible de faire en sorte que dans ces conditions inédites le premier mai continue à porter des luttes et de revendications: lutte pour lutter contre la pauvreté, l'approfondissement des inégalités, défendre les droits des salariés, les libertés démocratiques, les services publics, l'hôpital, pour des conditions de vie décentes dans les EHPAD, pour les étudiants, etc.

Le PCF porte de nombreuses propositions pour protéger les travailleur·euse·s et leur rémunération parmi lesquelles la mise à disposition d'équipements de protection, l'indemnisation à 100 % du chômage partiel, l'augmentation du smic de 20 % et des plus bas salaires, augmentation des minima sociaux et pensions en conséquence, le retrait de la réforme inique de l'assurance chômage, la relance de notre souveraineté alimentaire et d'une agriculture de qualité relocalisée garantissant une alimentation saine pour tous.

Covid-19 : Nombre de nos concitoyens subissent les lourdes conséquences de la crise, nous proposons des mesures économiques d'urgence pour les protéger.

Pour lire nos 75 propositions ➡️ https://bit.ly/3clrZDY

 
Le plan de déconfinement  annoncé le 28 avril par le premier ministre, sans consultation et construction collective préalable, et voté dans la foulée avec les seules voix du groupe de la LREM est à la fois flou et dangereux. Il ne comporte aucune mesure forte sur les moyens financiers à mobiliser: lutte contre l'évasion fiscale, rétablissement de l'ISF, taxation des revenus financiers.
 
Alors que selon Henriette Steinberg du Secours Populaire, le nombre de personnes en dessous du seuil de pauvreté dans notre pays pourrait augmenter de 9 millions à 12 ou 13 millions dans ce contexte de crise du Covid-19, et le retour intolérable de la faim, le plan du gouvernement ne comprend aucun plan de lutte contre la pauvreté ambitieux (aide pour les loyers et les charges, soutiens aux organismes HLM, contrôle des prix dans la grande distribution, aides directes aux familles, suspension de la réforme de l'assurance chômage, aide aux artisans, commerçants, auto-entrepreneurs, intermittents du spectacle, étudiants salariés précaires lourdement impactés par le confinement).
 
L’État se défausse sur les mairies, les collectivités, les entreprises, les associations, les écoles, d'une grande partie des responsabilités qu'il n'assume plus, en terme de santé publique et de normes et de moyens d'une reprise d'activité dans des conditions minimales de sécurité. C'est le grand flou sur l'accès aux tests, aux masques, sur les conditions effectives de la reprise de la scolarité. L'école "facultative" met les parents devant des responsabilités difficiles à assumer sur le retour ou non de leurs enfants à l'école, alors qu'ils ne connaissent pas les conditions effectives qui seront celles de la reprise après le 11 mai.
 
On ne sait pas non plus si les salariés du public et du privé seront sanctionnés s'ils continuent à vouloir rester à la maison pour garder leurs enfants. Alors que le fond de capitalisation pour les grands groupes ne parait pas devoir être utilisés avec des vraies conditionnalités sur l'emploi, le gel des licenciements, la lutte conte l'évasion fiscale, les fonds d'aides aux PME, artisans, commerçants, restaurateurs, ne semblent pas suffisants, ni s'accompagner de pressions suffisantes sur les banques et les assurances pour l'accès au crédit et aux indemnisations. L'exécutif étale ses défaillances dans tous les domaines tout en continuant à avancer sur son agenda de restriction des libertés publiques (prolongation de l'état d'urgence sanitaire jusqu'à mi-juillet) et de maintien dans le temps des dispositifs dérogatoires au droit social.
 
Les Français sont nombreux à ne pas faire confiance à ce gouvernement pour gérer la crise et ils ont raison. Les ARS et les préfectures ont beaucoup de mal à apporter des réponses aux collectivités, en première ligne pour compenser les carences de l’État, et à qui on n'a pas encore débloqué de moyens supplémentaires pour faire face à leurs dépenses nouvelles pour assurer la solidarité et la protection des citoyens. 

 
La crise sanitaire, marquée par les mesures de confinement et de distanciation physique, conduit comme vous le savez à l'interdiction de la vente du muguet, des manifestations syndicales dans la rue le 1er mai, et des fêtes du Parti communiste de Morlaix et Brest qui permettent, en plus d'être de beaux moments festifs de fraternité, de débats politiques, de financer une partie de l'activité politique. 
 
Pour tenter de compenser au mieux la perte financière que la vente représente pour les fédérations et les sections, le Parti communiste a donc réalisé un visuel symbolique, un brin de muguet virtuel, associé à une souscription. Cela permet aux adhérent·e·s, aux sympathisant·e·s, à toutes celles et ceux qui sont attaché·e·s à soutenir les combats sociaux, démocratiques et humains de notre parti le 1er mai de le faire à nouveau cette année, malgré le confinement.
Nous appelons tous ceux qui le souhaitent à participer à cette souscription mais bien sûr aussi à la partager auprès d'ami·e·s, de contacts, de collègues, de voisin·e·s, afin de permettre à toutes et tous celles et ceux qui nous sont proches de contribuer financièrement à nos actions pour défendre les droits des travailleur·euse·s.
 
Cette souscription est ouverte entre le 1er mai et le 11 mai.

https://www.pcf.fr/le_muguet_du_1er_mai.

Le paiement se fera par carte bancaire.
 
Pour une participation à la souscription et un paiement par chèque, libellez le chèque à l'ordre de l'ADF PCF 29, et indiquez l'adresse de la fédération: PCF Finistère - 5 rue Henri Moreau - 29 200 Brest.
 
L'identification de l'adresse postale lors des dons en ligne permettra de reverser tout l'argent récolté de Finistériens à la fédération du PCF Finistère.

Bien fraternellement,

PCF Finistère, 29 avril 2020

Du 1er au 11 mai, soutenez les batailles du Parti communiste en participant à la grande souscription du muguet virtuel
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1 mai 2020 5 01 /05 /mai /2020 07:41
La fête du Viaduc du PCF pays de Morlaix, née en septembre 1964, a 56 ans, 55 éditions au compteur
La fête du Viaduc du PCF pays de Morlaix, née en septembre 1964, a 56 ans, 55 éditions au compteur
La fête du Viaduc du PCF pays de Morlaix, née en septembre 1964, a 56 ans, 55 éditions au compteur
La fête du Viaduc du PCF pays de Morlaix, née en septembre 1964, a 56 ans, 55 éditions au compteur
Supplément à l'Huma - Notre Finistère, 1965

Supplément à l'Huma - Notre Finistère, 1965

La fête du Viaduc du PCF pays de Morlaix, née en septembre 1964, a 56 ans, 55 éditions au compteur
La fête du Viaduc du PCF pays de Morlaix, née en septembre 1964, a 56 ans, 55 éditions au compteur

A partir de l'expo préparée par Jean-Luc Le Calvez pour la 50ème fête du Viaduc en 2014 et du dépouillement de quelques exemplaires du Journal du PCF, Le Viaduc, on pouvait restituer quelques moments forts de l'histoire de la section PCF de Morlaix ces 50 dernières années, tour à tour dirigée par Michel Derrien, Alain David, Jean-Yvon Ollivier, Stephane Mayer, François Bourven, Daniel Ravasio.

La Fête du Viaduc est née non pas le 1er Mai mais en septembre 1964.

Elle avait lieu d'abord au Stade de Kernéguès et était déjà une grande fête populaire. L'entrée était payante (2 francs). Il n'y avait pas encore de partie musicale et artistique mais on pouvait y entendre l'allocution d'un membre du comité fédéral du PCF (Gabriel Paul en 1965), y participer ou y assister à des tournois de foot (entre des équipes coporatives: Ameublement, Renault, Hôpital...), des concours de Palais, de Luttes Bretonnes.

Plus tard, à la fin des années 1960 et jusqu'en 1978, la Fête du Viaduc s'est déplacée au Terrain de la Madeleine. La Musique s'est invitée, comme le Radio-Crochet, la Course à l'Oeuf, la Course Humoristique, les Floralies, les Concours de Dominos.

Dans les années 1980 et jusqu'en 2004, la Fête du Viaduc avait lieu dans la Vallée du Ty-Dour. Puis à Ploujean en 2005 et 2006, place Allende de 2007 à 2009, place de la Commune en 2010 à La Boissière, puis à nouveau place Allende.

 

La naissance de cette fête du Viaduc témoigne d'un renforcement et d'une ambition nouvelle du PCF dans le Pays de Morlaix et coïncide avec la création du journal Le Viaduc, organe de la section du Parti Communiste de Morlaix.

Ce journal naît fin 1963 avec pour directeur de publication Louis Ollivier. On y lit aussi des articles de Michel Derrien, le secrétaire de section du PCF Morlaix, qui sera adjoint au maire pendant plusieurs mandats, et de François Paugam, le très estimé dirigeant de la CGT des Cheminots, responsable à l'organisation du PCF.

Alain David, qui sera secrétaire de section du PCF Morlaix de 1968 à 1976, devient à la fin des années 1960 et pour plusieurs décennies le directeur de publication et la plus brillante plume du Viaduc.

 

Le premier éditorial du Viaduc commence ainsi, donnant le ton à la fois populaire, impertinent et bien senti du journal :

 

"Travailleurs morlaisiens, vivez-vous au dessus de vos moyens? C'est du moins l'avis de notre Ministre des finances qui entend ajouter un cran à votre ceinture. Toute la propagande gaulliste de la presse, de la radio et de la télévision, est insuffisante pour démontrer que les vessies sont des lanternes. En effet, depuis 1958, les prix ont augmenté de 42,50%, les taxes de vie chère de 78% et les profits des grosses sociétés de 85%. Mais depuis 5 ans, bien des yeux se sont ouverts sur la nature du pouvoir des financiers dont les méfaits pèsent de plus en plus sur la population laborieuse de notre ville.

- Les salaires et traitements sont en retard sur les prix

- Les vieux vivent dans la misère

- Les logements neufs sont inabordables

- Notre zone n'a d'industriel que le nom. Pourquoi?

La main d'oeuvre qualifiée manque, mais le pouvoir et la municipalité laissent dormir dans les cartons le projet de collège technique...

Nous voulons combattre avec vous sur tous les plans la politique néfaste du gaullisme, du patronat et de leurs représentants à la municipalité".

 

Au delà de ces déclarations politiques générales, le 1er Viaduc fait aussi la part belle aux revendications locales: mieux équiper pour les besoins des sportifs la salle du Poulliet, datant d'un an, et que l'on détruit cette année, 50 ans après, prévoir une école pour le quartier Saint Augustin, dont la population a cru avec les nouveaux immeubles de la Rape Saint Augustin.

 

L'édito du Viaduc n°2, publié en janvier 1964, a un titre et des propositions que l'on ne renierait pas aujourd'hui:

 

" Pour une démocratie véritable.

Le remplacement du pouvoir gaulliste par une république démocratique est à l'ordre du jour. De part, la constitution actuelle, le pouvoir sert les banquiers, les marchands de pétrole, les trusts: il faut que ça cesse. Il faut remplacer le pouvoir d'un seul homme par celui de tout le peuple et non par celui d'un autre homme. Le PCF propose à tous les démocrates comme base d'un programme commun:

- élection à la proportionnelle d'une assemblée constituante qui dotera le pays d'une constitution démocratique.

- par l'intermédiaire de l'Assemblée Nationale, le gouvernement doit être l'émanation de la volonté populaire.

- transfert du pouvoir des Préfets aux conseils généraux élus à la proportionnelle

- laïcité de l'Etat et de l'Ecole et réforme démocratique de l'enseignement

- réforme de la fiscalité permettant de faire payer les grosses sociétés

- nationalisation des monopoles pour permettre une véritable politique sociale

- abandon de la force de frappe, signature des accords de Moscou et politique de désarmement"

 

Suite une présentation de François Paugam, "sympathiquement connu de notre population", candidat du Parti aux Cantonales.

 

Au verso du journal qui ne compte que feuille A4 recto verso jusqu'en 1970, on trouve des articles locaux truculents sur la nécessité de nettoyer les abords de l'école du Calvaire - en l'occurence la promenade ombragée par les peupliers qui offre un magnifique panorama sur la ville mais où s'entassent les boîtes de conserve qui servent aux jeux de "foot boîtes" des enfants. On demande à brancher les eaux de ruissellement de future école Corentin Caer au tout-à-l'égoût et à installer des bancs en contrebas sur la promenade. On apprend que les crédits pédagogiques dont bénéficient les écoles publiques morlaisiennes sont insuffisants, comme leurs systèmes de chauffage sont défaillants. A l'inverse, on nous présente une école maternelle et primaire modèle de Moscou où le taux d'encadrement et les conditions pédagogiques sont optimales: "dans l'Etat socialiste, l'ENFANT EST ROI".

 

Viaduc n°3 - Mars 1964 - sous le titre ironique "Les arguments frappants des patrons", une charge contre Tilly qui fait tabasser les militants de la CGT à Guerlesquin: "La direction "TILLY" à GUERLESQUIN, n'aime pas les défenseurs des ouvriers. F. PAUGAM, responsable CGT en a fait l'expérience. Aux tracts qu'il distribuait à GUERLESQUIN pour dénoncer l'exploitation dont sont victimes les ouvriers de cette entreprise, le beau-frère de Mr Tilly a opposé les coups de poing. La classe ouvrière ne peut tolérer de telles méthodes. Pour parer cette méthode fasciste dont notre camarade F.PAUGAM a déjà été victime, tous les travailleurs doivent faire preuve d'une vigilante solidarité à l'égard de leurs responsables, prévoir et assurer leur défense dans tous leurs déplacements intéressant leur travail de militant".

 

Sur le plan local, diatribe contre les voitures qui encombrent l'allée du Poan Ben, jadis "réservée aux jeunes enfants et aux vieillards qui y trouvaient une paisible retraite, loin de l'agitation de la ville": "leur gaz d'échappement n'a rien de comparable avec l'air pur des sommets" et la mairie ne finance pas de classe de neige pour les enfants, "la pétarade des moteurs crée dans les classes une ambiance défavorable aux études et sensibilise des organismes déjà fortement éprouvés par les trépidations de la vie moderne".

Cette attaque contre l'invasion de l'allée du Poan Ben par la voiture ne s'arrête pas là: "Le moins dangereux n'est pas le gymkana des voitures parmi les enfants aux heures d'entrée et de sortie des écoles. Attend-on un accident grave pour remédier à cet état de chose? Qu'a cela ne tienne des mesures sont envisagées: un agrandissement du parking par la couverture de la rivière! pas moins...

Ce qui, parait-il coûterait plus cher que la couverture du bassin. Ce serait, avouez-le, porter beaucoup d'estime aux quatres roues et bien peu à nos enfants qui n'ont, il est vrai, que deux jambes à garer. Pourquoi ne pas transformer les cours d'écoles en parking? ..."

 

Toujours dans ce Viaduc n°3, le PCF, dans son programme pour les cantonales, plaide pour le rattachement de Morlaix à St Martin des Champs, précise sa conception du soutien public au développement économique du territoire: "l'expansion économique ne signifie pas pour nous, des cadeaux aux capitalistes sous forme de terrains et d'installations gratuites (zone de Kerivin aménagée aux frais du contribuable)".

 

En fin, au bas de la page 2, ce qui deviendra une tradition dans le journal des communistes morlaisiens, on peut lire une mise en cause du Télégramme:

 

"LES SILENCES ... DU TELEGRAMME"

Le télégramme a omis d'informer ses lecteurs des raisons pour lesquelles il n'a pu paraitre vendredi 21 février:

Les linotypistes ont fait grève pour soutenir un de leur camarade mis à pied injustement. Bravo pour cet exemple

LOUABLE DE SOLIDARITE OUVRIERE!".

 

Dans le Viaduc N°4 (juin 1964), les rédacteurs qui militent pour l'installation d'un centre médico-pédagogique à Morlaix s'offusquent que la Salle Omnisports de Morlaix soit retenue pour la célébration du messe à l'occasion de la fête Diau tandis que le 7 juin, le stade de Kernéguez est également retenu pour la célébration d'une messe: "Décidément le pouvoir encourage au maximum le clergé et celui-ci en profite. Après la radio et la télé, la réaction monopolise les installations sportives".

 

Dans Le Viaduc n°6 (novembre 1964), le PCFMorlaix justifie la constitution d'une liste indépendante au 1er tour des élections Municipales tout en se montrant partisan d'une union avec les socialistes au second tour sur la base d'un programme commun. "Une liste d'union au 1er tour consisterait à passer sous silence les grandes réalisations des élus communistes, notamment à SCAER, LEUHAN, SCRIGNAC, HUELGOAT etc... où ils détiennent la municipalité depuis 20 ans... En présentant une liste d'union au 1er tour comme en 1959 nous créerons la confusion et faciliterons ainsi l'élection des représentants du pouvoir... Notre Parti, qui arrive en tête des partis de gauche à MORLAIX, ne peut accepter d'être une force d'appoint. Pour avoir la confiance des travailleurs, il faut que chaque Parti détermine le niveau de ses forces...

Quand nous aurons mis en échec les défenseurs du Pouvoir Gaulliste, au soir du 1er tour, les Communistes feront tout, à Morlaix, pour former une liste d'union pour le 2e tour; sur la base d'un programme commun et compte-tenu des forces de chaque organisation.

Les Communistes ont prouvé leur discipline républicaine en votant en masse pour élire les camarades PRAT et TANGUY PRIGENT. Il est temps de cesser la polémique et de passer au travail de masse, c'est à dire à l'explication aux électeurs des malfaisances du régime gaulliste et de l'équipe du docteur Le Duc".

 

Lors des Municipales de 1965, les communistes affirment le caractère politique des élections locales:

"Nous proclamons que les élections municipales ont un caractère politique.

Pour qui réalise t-on?

Qui paie?

Répondre à ces deux questions, c'est faire un choix politique.

Nous, Communistes, avons choisi. Nous voulons réaliser pour les travailleurs, pour les classes les plus deshéritées; nous voulons faire payer les riches et avant tout les gros patrons.

Toutes les municipalités communistes ont toujours appliqué ces deux principes.

Le rôle d'une municipalité ouvrière est de réaliser avant tout pour alléger la peine des travailleurs, de défendre l'enfance, d'organiser les loisirs de la jeunesse, d'aider les vieux".

Pour les enfants, le PCF de Morlaix propose la création de trois nouveaux patronages laïques (Madeleine, centre-ville, Rampe Saint Augustin) et le soutien au départ en vacances en colonies des enfants de famille modeste. Pour les mères qui travaillent à la Manufacture, à l'hôpital, aux PTT, il propose une crèche municipale. Pour les vieux, la création d'un Foyer, la création d'une aide aux travailleurs. La création aussi d'un office municipal d'HLM et l'achat par la ville des terrains nécessaires à la construction de logements accessibles aux bourses modestes. Le gros chantier du mandat parait-être celui de l'aissinissement: "le docteur Le Duc, maire de Morlaix depuis 18 années, écrit: "il convient d'améliorer les conditions d'hygiène et de ne plus utiliser la rivière comme exutoire naturel". Bravo, Monsieur le Maire, il eut fallu penser plus tôt et commencer par construire un épurateur et un collecteur central et ensuite étendre à toute la ville le tout-à-l'égout".

 

Dans le Viaduc de juin 1965, c'est une pétition pour demander l'implantation d'un STOP à l'intersection de la Bellevue de la Madeleine et de la Venelle de la Madeleine à cause des collisions de voitures à répétition. "Attend t-on un autre accident, peut-être mortel, celui-là? La vie d'un homme vaut-elle moins qu'un panneau? Les habitants du quartier de la Madeleine, lorsqu'ils entendront un crissement strident et si un malheur arrivait sauront accuser les responsables de cette négligence que l'on pourra qualifier de criminelle".

 

Après une interruption, en 1970, Le Viaduc, qui a a désormais comme directeur de publication Alain David, secrétaire de section du PCF Morlaix depuis quelques mois, s'étoffe, gagne en quantité d'articles, à qualité de mise en page, et en ambition: notamment celle d'établir un dialogue avec les lecteurs. Il parait toujours tous les deux mois.

En novembre 70, le journal qui coûte 30 centimes, auquel on s'abonne, a pour éditorial:

 

Pourquoi ce journal?

 

AMIS LECTEURS,

 

En France, l'écrasante majorité des journaux appartient à un petit nombre de groupes financiers. Quant à la radio-télévision, elle demeure un instrument de propagande au service du gouvernement. Et ce n'est pas parce qu'un dirigeant communiste ou syndical peut faire de temps à autre une apparition sur le petit écran que cela change quelque chose à l'essentiel. L'information est unilatérale, dirigée, partiale.

C'est pourquoi la section de Morlaix du PCF a décidé de publier un journal local afin de faire connaître à la population de Morlaix et de ses environs le point de vue des communistes sur quelques questions internationales, nationales et locales.

Il est évident que, dans une publication modeste comme la nôtre, il nous sera impossible d'aborder ou de développer tous les problèmes de l'actualité. D'autre part, les auteurs des différents articles de ce journal sont des militants de base de la section de Morlaix du Parti Communiste, ce sont des ouvriers, des paysans, des artisans, des enseignants et ils n'ont pas, pour rédiger, la facilité des journalistes professionnels.

Nous espérons cependant que vous lirez avec intérêt ce journal que vous recevrez tous les deux mois.

C'est avec plaisir que nous accepterions de dialoguer avec vous en répondant, dans nos prochains numéros, aux questions que vous nous auriez posées en écrivant au siège de notre parti, situé 5, rue Haute à Morlaix.

Le Comité de rédaction".

 

Signent leurs articles dans ce journal Renée Deroux (la place de l'EPS dans l'éducation nationale), François Paugam (luttes sociales aux Combustibles Morlaisiens), Daniel Crassin (Regards sur la RDA: réaction argumentée à un article du Télégramme), Janine Tardivel qui fait le compte rendu d'une conférence où Alain David et Louis Le Roux, membre du Comité Cental du PCF, ont parlé de la situation prometteuse du Chili.

 

En juin 1971, Le Viaduc relate une conférence débat avec le grand résistant communiste ROL-Tanguy, né en gare de Morlaix, ouvrier metallurgiste, ancien des Brigades Internationales et libérateur de Paris. "150 personnes étaient venues assister à la conférence-débat que donnait Rol-Tanguy dans la salle des conférences de la mairie de Morlaix. Aux côtés de Rol-Tanguy avaient pris place au bureau les camarades Alain David, secrétaire de section, Louis Aminot, membre du comité fédéral et Le Nagar de Plougonven".

 

En mai-juin 1972, il est question de la 8e fête du Viaduc. Louis Ollivier commente: "Le 1er mai 1972, malgré son temps incertain, a apporté sur le terrain de la Madeleine, un millier de personnes. Notre "Fête du Viaduc" devient la kermesse la plus importante de notre ville. En effet, le grand nombre de stands, leur décoration, leur qualité et surtout le match de football ont contribué à son succès en créant une ambiance gaie, joyeuse et sportive". Alain David écrit un article anti-colonialiste de circonstance:

Halte à l'agression américaine au Vietnam:

"Depuis plus d'un quart de siècle, les peuples d'Indochine sont contraints à défendre leur existence et leur dignité, leur indépendance et leur liberté. En minant les ports de la République Démocratique du Vietnam, en reprenant les bombardements intensifs sur les objectifs civils, le gouvernement américain fait un pas de plus dans l'escalade de la guerre. Il faut en finir avec cette "sale guerre". Comme tous les peuples du monde, les peuples indochinois ont un droit imprescriptible: le droit à la paix. Cette paix ne pourra voir le jour tant que l'envahisseur américain occupera l'Indochine"...

Comme d'habitude François Paugam se fait écho des luttes sociales dans la région de Morlaix, aux PTT et aux Imprimeries. Michel Derrien écrit sur les implantations d'école à La Vierge Noire et à La Boissière, et sur le manque d'espaces de vie collective dans le nouveau quartier HLM de La Vierge Noire. Son texte, toujours d'actualité, mérite d'être cité:

"Le vendredi 19 mai, la première chaîne de télévision présentait une dramatique: "Un dimanche volé". C'est le drame réel d'un ouvrier vaincu par la fatigue du travail, les bruits de la rue et de l'immeuble filtrant à travers les cloisons et les fenêtres de l'appartement, le manque de sommeil accumulé. Au-delà de cette existence, on peut trouver une condamnation des logements construits au rabais, véritables usines à névroses, des cadences de travail, de l'absence de terrains de jeux pour les enfants des HLM, condamnés à jouer au milieu des voitures ou dans les escaliers. Allez vous promener dans la rue de La Vierge Noire à Morlaix. Voyez ces clapiers humains qui montent, les espaces libres sont chichement mesurés. Dans quelques années, des centaines d'enfants y habiteront. Ce décor de béton vous fera immanquablement penser au film de Gérard Chouchan. Existe t-il une solution? Certes oui. Les constructions de ce quartier sont en place, on n'y peut plus rien. Mais il existe encore, tout à côté, du terrain. Il faut d'urgence que la ville de Morlaix achète, si ce n'est déjà fait, le "petit bois de Coat Serho", ainsi que les prés et les terrains qui bordent la route de Lanmeur. A cet endroit, il est possible, sans de trop grandes dépenses, d'aménager une part de promenade et de loisir. L'aménagement d'un bassin ne pose aucune difficulté. En outre, il faut des terrains de jeux pour les enfants. Ne serait-il pas possible de prévoir un tel espace entre la Boissière et la Vierge Noire? L'erreur serait d'attendre que les constructions soient terminées pour penser à un tel problème..."

 

En décembre 1972, Le Viaduc s'ouvre sur un article d'Alain David sur le Programme Commun:

 

"Le programme... c'est le vôtre.

Le programme commun signé par le Parti Communiste, le Parti Socialiste, et les Radicaux de Gauche ouvre au peuple des perspectives nouvelles.

Ce programme n'est pas un simple accord électoral conclu entre les dirigeants des trois partis; ce programme commun que les travailleurs ont attendu si longtemps c'est une arme que nous mettons entre leurs mains pour qu'ils puissent se libérer des quelques monopoles parasites qui sucent le fruit du travail de tout un pays.

Le programme commun est le programme de tous ceux qui ont intérêt à l'avènement d'une démocratie véritable. C'est le programme des ouvriers dont l'exploitation est sans cesse accrue, des employés et des fonctionnaires dont le pouvoir d'achat est sans cesse menacé par la hausse des prix, des artisans et des commerçants de plus en plus victimes du secteur monopoliste, des paysans que l'on force à quitter la terre pour grossir les rangs des chômeurs ou des O.S, des femmes surexploitées qui bouclent de plus en plus difficilement leur budget, des jeunes à qui ce régime n'offre aucun espoir et des personnes âgées qu'il oblige à vivre dans la misère.

En un mot le programme commun que nous vous appelons à acheter, à étudier, à populariser et à soutenir, c'est le VOTRE.

A.DAVID"

La fête du Viaduc du PCF pays de Morlaix, née en septembre 1964, a 56 ans, 55 éditions au compteur
La fête du Viaduc du PCF pays de Morlaix, née en septembre 1964, a 56 ans, 55 éditions au compteur
La fête du Viaduc du PCF pays de Morlaix, née en septembre 1964, a 56 ans, 55 éditions au compteur
La fête du Viaduc du PCF pays de Morlaix, née en septembre 1964, a 56 ans, 55 éditions au compteur
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1 mai 2020 5 01 /05 /mai /2020 05:37
Quelques photos souvenirs de Rodolphe Thirard des fêtes du Viaduc 2012 et 2015
Quelques photos souvenirs de Rodolphe Thirard des fêtes du Viaduc 2012 et 2015
Quelques photos souvenirs de Rodolphe Thirard des fêtes du Viaduc 2012 et 2015
Quelques photos souvenirs de Rodolphe Thirard des fêtes du Viaduc 2012 et 2015
Quelques photos souvenirs de Rodolphe Thirard des fêtes du Viaduc 2012 et 2015
Quelques photos souvenirs de Rodolphe Thirard des fêtes du Viaduc 2012 et 2015
Quelques photos souvenirs de Rodolphe Thirard des fêtes du Viaduc 2012 et 2015
Quelques photos souvenirs de Rodolphe Thirard des fêtes du Viaduc 2012 et 2015
Quelques photos souvenirs de Rodolphe Thirard des fêtes du Viaduc 2012 et 2015
Quelques photos souvenirs de Rodolphe Thirard des fêtes du Viaduc 2012 et 2015
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1 mai 2020 5 01 /05 /mai /2020 05:20

Un joli montage de notre ami Pierre-Yvon Boisnard sur la fête du Viaduc 2019, le rassemblement syndical du 1er mai 2019 a Morlaix et une année de défense des droits des travailleurs, contre la réforme des retraites notamment, sur fond de "Ma France" de Jean Ferrat, superbe!!!

Et nous avons aussi un autre reportage - montage de Pierre-Yvon Boisnard sur la 54e Fête du Viaduc en 2018 place Allende à Morlaix.

Un grand merci à Pierre-Yvon!!!

 

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1 mai 2020 5 01 /05 /mai /2020 04:00
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30 avril 2020 4 30 /04 /avril /2020 17:20
Disparition. Denis Goldberg, une vie à lutter contre l’apartheid et pour la liberté de l’Afrique du Sud (Pierre Barbancey, 30 avril 2020)
Jeudi, 30 Avril, 2020 - L'Humanité
Disparition. Denis Goldberg, une vie à lutter contre l’apartheid et pour la liberté de l’Afrique du Sud

Militant communiste et de l’ANC, il était aux côtés de Nelson Mandela lors du procès de Rivonia et condamné à la prison à vie en 1963. Il s’est éteint mercredi soir au Cap. Il avait 87 ans.

 

Denis Goldberg venait d’avoir 87 ans. Il s’est éteint ce 29 avril, peu avant minuit, comme l’a annoncé sa famille sur son compte Facebook en inscrivant : « Sa vie a été bien vécue dans la lutte pour la liberté en Afrique du Sud. Il nous manquera ».

De parents, immigrants, juifs et communistes, Denis Goldberg a très vite appris ce qu’était l’injustice dans une Afrique du sud d’abord raciste puis franchement d’apartheid. Il milite dans des associations progressistes de jeunesse tout en poursuivant ses études d’ingénieur à l’Université du Cap, puis, recruté par l’avocat Braam Fischer, rejoint en 1957 le parti communiste alors interdit. Malgré les dangers, dès cette époque, il participe à différentes actions, notamment des distributions de tracts et la création du Congrès des Démocrates où se retrouvent les blancs opposés à apartheid.

En 1961, Nelson Mandela et Joe Slovo, secrétaire général du parti communiste sud africain, forment la branche armée du Congrès national africain (ANC) qui prendra le nom de Umkhonto we Sizwe (MK). En tant qu’ingénieur, donc capable de manier et de fabriquer des explosifs, Denis Goldberg est très vite contacté pour rejoindre les MK. Ce qu’il fera sans hésiter, d’autant que lui-même penche pour l’action armée depuis pas mal de temps déjà ! Il devient officier technique. Une période dont il se souvient dans une interview qu’il m’avait accordé en 2013 .

Alors qu’en août 1962 Nelson Mandela a été appréhendé par la police d’apartheid, grâce à l’aide de la CIA, les actions se poursuivent. Mais en juillet 1963, il est arrêté au siège clandestin du parti communiste, Lilies Farm, dans le quartier de Rivonia à Johannesburg. Avec lui, Walter Sisulu, Govan Mbeki, Ahmed Kathrada, Raymon Mhlaba, Elias Motsoaledi et Andrew Mlangeni (qui est maintenant le dernier survivant du groupe). Ils seront tous dans le box des accusés, aux côtés de Mandela, dans ce qu’on appelle le « procès de Rivonia ». Ils seront tous condamnés à quatre fois la prison à vie. Denis Goldberg, que Madiba appelait « the Boy », parce que « le plus jeune des accusés », est le seul blanc. Il est emprisonné à Pretoria alors que les autres sont emmenés sur l’île de Robben Island, ségrégation oblige ! Il ne sera libéré que 22 ans plus tard, en 1985. De 1985 à 1994, il est à Londres où il travaille pour la représentation de l’ANC. Puis, en 2002, de retour en Afrique du Sud, il devient conseiller de Ronnie Kasrils, alors ministre des eaux et des forêts.

Jusqu’à la fin, Denis Goldberg n’aura rien perdu de ses convictions politiques et humaines, toujours membre du parti communiste et de l’ANC. « Il était un « mensch », un être d’honneur de la plus haute intégrité qui rejetait les ambitions personnelles », a immédiatement réagi l’archevêque Desmond Tutu, prix Nobel de la paix. « Sa vie dédiée à l’Afrique du Sud et à son peuple était sans pareil. Avec son décès c’est comme si la nation avait perdu une partie de son âme ». Dans un long communiqué, le Parti communiste sud africain, salue « un géant est tombé », et veut s’assurer « que la société socialiste pour laquelle il a vécu et s’est battu, devienne une réalité ». Pour le président de l’Afrique du Sud et du Congrès national africain, Cyril Ramaphosa, Denis Goldberg était « un vrai patriote qui a sacrifié sa vie pour la liberté de notre peuple et dont les idées nous inspirent. »

Disparition. Denis Goldberg, une vie à lutter contre l’apartheid et pour la liberté de l’Afrique du Sud (Pierre Barbancey, 30 avril 2020)
Communiqué du Parti communiste sud-africain (SACP) - traduction Nico Maury

Hamba Kahle (adieu en zoulou) camarade Denis Goldberg.

Nous serons éternellement solidaires avec les travailleurs-travailleuses en souvenir de votre nom.

Le SACP abaisse sa bannière rouge et salue le camarade Denis Goldberg, piliers du Parti, de l' uMkhonto weSizwe ("fer de lance de la nation" - branche militaire du Congrès national africain d'Afrique du Sud et du Parti communiste), membre du SACP et de l'ANC, dirigeant de l'ANC et communiste jusqu'au bout de sa vie. Le camarade Denis Goldberg est décédé juste avant minuit, le 29 avril 2020 à l'âge de 87 ans. Le SACP est profondément attristée et a exprimé ses sincères condoléances à sa famille, à la fondation, à la classe ouvrière, aux camarades et amis, pour la grande perte rencontrée .

Son message au SACP, aux communistes et aux amoureux de la liberté du monde entier lors de son interview en février de cette année, nous a appelé à intensifier la solidarité avec les travailleurs-travailleuses et, à travers cette solidarité, à défendre les droits de ces derniers.

Nous avons appréciés la pertinence de ses luttes pour vaincre la pandémie de Covid-19 et pour garantir que les plus vulnérables de notre société soient à l'abri du virus, pour être en mesure de mettre de la nourriture sur la table et d'avoir un abri et de l'eau pour la vie. Le camarade Denis Goldberg en tant qu'ingénieur de formation a servi ce pays comme conseiller au ministère en charge de l'eau après son retour d'exil, de 2002 jusqu'à 2004. Il nous appartient de récupérer sa lance tombée et de nous assurer que le droit d'accès à l'eau propre et potable soit une réalité pour tous les Sud-Africain.e.s.

Le camarade Denis a été politisé enfant face à la montée du fascisme en Europe et suite aux événements de la guerre. Son engagement envers l'internationalisme n'a jamais faibli. Il a rejoint la Modern Youth Society alignée sur les socialistes en 1953 alors qu'il étudiait le génie civil à l'Université du Cap.

Le camarade Denis a été recruté au Parti communiste par le camarade Braam Fischer et a servi loyalement au sein du Parti tout au long de sa vie. Il était un membre actif du Parti clandestin dans les années 1950 et a joué un rôle actif dans la distribution du matériel du SACP au Cap, en utilisant son toit de voiture comme mécanisme de distribution pour les zones où les risques de distribution étaient connues. Telle est la créativité d'un ingénieur communiste!

En tant que membre du SACP, il a rejoint d'autres membres éminents pour former le Congrès des démocrates, la maison des militants du mouvement des congrès blancs dans les années 1950, et a fait partie de son exécutif. Pendant l'état d'urgence en 1960, Goldberg et sa mère ont été détenus pendant quatre mois. Il a donc été licencié, mais cela ne l'a pas dissuadé de sa contribution à notre révolution.

Le camarade Denis a rejoint le uMkhonto weSizwe en 1961 et a été officier technique. En juillet 1963, il a été arrêté au siège clandestin du SACP, Liliesleaf Farm. Décrit par camarade Nelson Mandela dans son autobiographie, Long Walk to Freedom, comme «le plus jeune des accusés», il a été inculpé dans le procès de Rivonia et condamné en 1964 à quatre peines de prison à perpétuité. En raison de la ségrégation raciale, il ne fut pas enfermé avec ses camarades à Robben Island, mais à la prison centrale de Pretoria. Le camarade Denis était un fervent partisan de l'abolition de l'apartheid pendant que d'autres étaient opprimés et exploités.

Fidèle au principe selon lequel l'apprentissage est une activité permanente, il a étudié en prison et a obtenu des diplômes en administration publique, en histoire et géographie, et en bibliothéconomie. Goldberg avait presque terminé ses études de droit à sa sortie de prison, après avoir purgé 22 ans. En 1985, il part en exil à Londres pour rejoindre sa famille.

À Londres, il a repris son travail à l'ANC dans son bureau de Londres de 1985 à 1994. Il a été porte-parole de l'ANC et l'a également représenté au Comité anti-apartheid des Nations Unies. Il a été reconnu internationalement pour son travail contre l'apartheid.

Le camarade Denis Goldberg est retourné en Afrique du Sud en 2002 et a été nommé conseiller spécial de Ronnie Kasrils, alors ministre des Affaires hydrauliques et forestières, jusqu'en 2004. Ces dernières années, le camarade Denis a lutté contre la maladie avec le même esprit indomptable qu'il a combattu contre l'apartheid et capitalisme. Il est resté un activiste jusqu'à son dernier souffle, avec de merveilleux plans de développement communautaire dans sa région natale de Hout Bay, qui en son honneur doivent être maintenus et développés.

Un géant est tombé.

Un révolutionnaire a respiré son dernier souffle.

Alors que nous saluons notre camarade décédé et exprimons nos condoléances à sa famille et à ses camarades, veillons à ce que la société socialiste pour laquelle il a vécu et combattu devienne une réalité.
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30 avril 2020 4 30 /04 /avril /2020 16:24
Le PCF lance un appel à toutes les forces de progrès, syndicats, parents d'élèves, mouvements pédagogiques, lycéens, élus...

Le PCF lance un appel à toutes les forces de progrès, syndicats, parents d'élèves, mouvements pédagogiques, lycéens, élus...

Macron et Philippe maintiennent l'anxiété sur la réouverture des établissements, en renvoyant à chacun le choix ou l'obligation de scolariser les enfants. L'école garderie pour une partie seulement des élèves en primaire et en collège. « Plus tard » pour lycée et université. Le tout sans condition réelle de sécurité sanitaire et sans moyens financiers à la hauteur des besoins.

Quel but poursuivent -ils au fond ?

Pendant qu'ils attire l'attention sur la date du 11 mai, que nous n'aurions qu'à accepter ou refuser, ils imposent discrètement leurs réels objectifs.Le gouvernement fait comme si la date de reprise ne laissait le choix qu'entre reprendre le 11 mai ou « attendre » septembre. Soyons clairs : si l’on laisse faire le gouvernement, la situation sera la même en septembre. Faute de vaccin, la situation de la crise sanitaire sera la même qu'aujourd'hui probablement pendant un an, et les conditions d'étude dans les établissements seront les mêmes si les moyens ne sont pas engagés dès aujourd'hui. Le gouvernement ne fera rien pour créer les conditions sanitaires et pédagogiques d'une reprise de l'école avec le plus de sécurité possible : avec cette crise historique, durable, c'est pour lui l'occasion de nous mettre devant le fait accompli, en « laissant le choix ». Ceux qui sont les plus éloignés de la culture scolaire et sans emploi sont poussés à garder leurs enfants, et donc à les déscolariser longuement. Ceux qui n'ont pas le choix pour gagner leur salaire exposeront les leurs pour une école au rabais. Ce qui va inviter les familles qui le peuvent à garder leurs enfants à la maison en en la remplaçant par des officines privées de téléformation.

Si nous nous contentons de repousser l'échéance à septembre sans réorienter les conditions, alors Macron et Philippe auront gagné la fin de la scolarité unique, en divisant les intérêts des familles selon leurs classes sociales.

Tel est leur plan : profiter de la crise pour concrétiser ce qui s'est déjà passé pour d'autres services publics nationaux, réduits au minimum, ouvrir totalement le marché de l'éducation au privé.

Le système scolaire actuel était tiraillé entre une logique de sélection sociale et une logique de démocratisation des études. La droite, le patronat, et les macronistes veulent porter l'estocade et renoncer à la démocratisation. Comme la Sécurité sociales, les hôpitaux, les retraites, le droit du travail, La Poste, les grands services publics : le patronat n'en veut plus. Certains ont déjà été détruits. Le service public d'éducation résistait.

L'heure et grave, et appelle des réponses urgentes

Si nous ne faisons pas dérailler leur plan avant l'été, les conditions de la rentrée de septembre nous imposeront une école inégale selon les classes sociales, et les solution du chacun pour soi. Un an à ce rythme et chacun aura pris des habitudes.

NE LAISSONS PAS FAIRE

Le PCF est de ceux qui portent une ambition éducative

Dans ce grand désordre idéologique, nous pensons que qu'il faut imaginer et construire au contraire un meilleur service public d'éducation nationale. C'est dans ces moments de crise que peuvent surgir des rassemblements pour aller de l'avant. Car la situation accroît l'opposition entre les logiques antérieures :sélection sociale pour l'école du capitalisme contre démocratisation pour l'école de l'égalité et de l'émancipation humaine. La situation montre de façon accrue le besoin de lutter contre les inégalités scolaires et de démocratiser l'accès aux études et l'appropriation par tous des savoirs pour mieux comprendre le monde. Notre pays a besoin de davantage de chercheurs, de médecins, mais aussi d'ingénieurs, d'ouvriers et d'employés bien formés pour relocaliser notre industrie.

Pour nous communistes, l'émancipation de tous les individus et l'émancipation collective sont indispensable pour faire face aux défis de notre siècle.

L'école doit être fondée sur plusieurs grands principes

D'abord celui de l'égalité. C'est pour cette raison que seul un service public national est garant de l''accès de tous et toutes à l'ensemble du cursus scolaire ; en corollaire, la gratuité est la condition de l'égalité. Nous affirmons, par ailleurs, une visée humaniste fondamentale : les dons n'existent pas et de fait, tous les élèves sont capables d'acquérir un haut niveau de formation et de culture au cours de leur scolarité. Enfin, nous disons que le modèle qui fonde le système éducatif doit être celui de l'élève qui n'a que l'école pour apprendre.

Pour être possible, cela implique des conditions sanitaires pour la situation d'urgence, mais aussi économiques, pédagogiques, de formation utile aux enseignants pour la démocratisation scolaire. Ces conditions sont à définir très vite pour permettre la réouverture avec le plus de sécurité possible. Et, en fonction de ces conditions, il faut que ce soit le plus tôt possible, car beaucoup d'enfants auront passé des mois sans apprentissage scolaire, ce qui va poser de grandes difficultés pour reprendre une activité d'études.

Le PCF, en cette période de crise historique, met en débat un plan d'urgence

Pour l'immédiat, pour que les établissements rouvrent au plus vite dans les conditions nécessaires, pour tous les élèves. Et un plan de décisions politiques à moyen et long terme pour répondre aux besoins de formation d'un pays comme le nôtre.

Ce plan a la forme d'un document que nous transmettons aux organisations, associations, élus, citoyens. Des idées circulent, mettons-les en commun. Rencontrons-nous. Confrontons nos idées, et peut-être nos divergences. Mais ne laissons pas faire. Inventons une sortie de progrès social. Portons une alternative au projet destructeur de Macron. Soyons ambitieux : si le système financier est capable de dégager des milliards pour sauver les profits des actionnaires, ces moyens peuvent être réorientés vers les services publics.

 
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30 avril 2020 4 30 /04 /avril /2020 09:02
Parti communiste - 1er mai : confiné.e.s, mobilisé.e.s et en colère !  Déclaration du PCF Finistère- 29 avril 2020
Parti communiste - 1er mai : confiné.e.s, mobilisé.e.s et en colère !

Déclaration du PCF Finistère- 29 avril 2020

Nous allons vivre un 1er mai inédit, avec l'impossibilité d'organiser les manifestations et rassemblements syndicaux et politiques (les fêtes du parti communiste à Brest et Morlaix). Les 900 adhérents de notre parti dans le Finistère et ses sympathisants étaient évidemment très impliqués dans les initiatives de cette journée et le seront encore, sous une autre forme, cette année.  

Cette journée est, rappelons-le, avant d'être un férié, d'abord une journée de grève et de mobilisation, pour les droits sociaux et politiques des travailleuses et travailleurs, pour la limitation de la durée du travail et un meilleur partage des richesses. En France, la mystification de la « fête du Travail » sous Pétain est redevenu le jour férié de défense des droits des travailleurs en 1947, alors que le ministre du travail communiste était Ambroise Croizat, l'initiateur de la Sécurité Sociale et du système de retraite par répartition.

Même confiné.e.s, nous pouvons être actifs et actives, utiles à nos idées de justice sociale. Le 1er mai, contre Macron et son monde, celui du capitalisme, faisons-nous entendre sur les réseaux sociaux et à nos fenêtres avec nos revendications, nos colères, nos propositions !

Le covid-19 n’est pas, comme beaucoup voudraient nous le faire croire, le déclencheur de tous les maux auxquels nous sommes confrontés actuellement et que nous devrions subir demain, il n’en est que le révélateur. Si le nombre de malades et de morts a été si grand en France, et la crise si compliquée à gérer, c'est en grande partie la responsabilité d'un libéralisme économique aveugle qui a fragilisé les hôpitaux, les EHPAD, empêché la construction d'une réponse de santé publique organisée, rationnelle, efficace, avec des tests, des médicaments, du matériel de soins et de protection adaptés, une transparence et une cohérence de la politique de l’État.  

Il ne fait que mettre en exergue les inégalités et l’importance des professions très féminisées et pour cela socialement et économiquement injustement dévalorisées : infirmières (87 % de femmes) et aides-soignantes (91 % de femmes), mais aussi des aides à domicile et des aides ménagères (97 % de femmes), des agentes d’entretien (73 % de femmes), des caissières et des vendeuses (76 % de femmes).

Les néo-libéraux au pouvoir en France et dans la plupart des pays voudront faire payer l'ardoise de la crise économique liée au Covid-19 aux travailleurs et aux travailleuses, à ceux et celles là-même qui ont été en première ligne pendant la crise du Covid-19 et qui ont été fragilisé.e.s par des décennies de casse des services publics, de la Sécu, des droits sociaux.

Lucides sur la « statégie du choc » des capitalistes pour continuer à imposer leur agenda par un discours de sacrifices nécessaires liés à la crise et à une « économie de guerre », nous ne voulons pas pour autant revenir au « monde d'avant », qui est le monde d'injustices intolérables d'aujourd'hui!

8 milliardaires qui détiennent autant de patrimoine que 3,6 milliards de femmes et d'hommes, des millions de pauvres dans la cinquième puissance mondiale, la France, des milliards de dividendes versés aux actionnaires en échange de la pression grandissante exercée sur les salarié.e.s, les salaires, la démocratie et le mouvement social muselés, ça ne peut plus durer !

La Sociale, la lutte des classes, le combat international pour la défense des travailleurs sont toujours à l'ordre du jour!

Le plan de déconfinement  annoncé le 28 avril par le premier ministre, sans consultation et construction démocratique préalable, et voté dans la foulée, juste après avoir été découvert par les parlementaires, avec la majorité étriquée constituée par les seules voix des groupes LREM et Modem est à la fois flou et dangereux.

Il ne comporte aucune mesure forte sur les moyens financiers à mobiliser: lutte contre l'évasion fiscale, rétablissement de l'ISF, taxation des revenus financiers. Alors que le nombre de personnes en-dessous du seuil de pauvreté dans notre pays pourrait augmenter de 9 millions à 12 ou 13 millions dans ce contexte de crise du Covid-19, qui voit le retour intolérable de la faim, le plan du gouvernement ne comprend aucun plan de lutte contre la pauvreté.

Dans une sorte de fausse décentralisation imposée par l'incompétence, l’État se défausse sur les mairies, les collectivités, les entreprises, les associations, les écoles, d'une grande partie des responsabilités qu'il n'assume plus, en termes de santé publique, de normes et de moyens d'une reprise d'activité dans des conditions minimales de sécurité.

C'est le grand flou sur l'accès aux tests, aux masques, sur les conditions effectives de la reprise de la scolarité. L'école "facultative" et « à la carte » met les parents, les enseignants et les communes et collectivités de référence devant des responsabilités difficiles à assumer sur le retour ou non de leurs enfants à l'école, alors qu'ils ne connaissent toujours pas les conditions effectives qui seront celles de la reprise après le 11 mai, ni le rôle qu'y jouera l'Etat.

L'exécutif étale ses défaillances dans tous les domaines tout en continuant à avancer sur son agenda de restriction des libertés publiques (prolongation de l'état d'urgence sanitaire jusqu'à mi-juillet) et de maintien dans le temps des dispositifs dérogatoires au droit social.

Les Français sont nombreux à ne pas faire confiance à ce gouvernement pour gérer la crise et ils ont raison.

Le PCF a porté des propositions précises à l'exécutif par la voix de ses députés :

- Le rétablissement de l'ISF, un grand plan de lutte contre l'évasion fiscale et le refus d'aider des grosses entreprises qui déclarent leurs bénéfices dans des paradis fiscaux.

- Le blocage des prix : produits de première nécessité en grande distribution, eau, électricité, gaz, télécommunications et assurances.

- Une loi de finance rectificative pour soutenir financièrement les collectivités qui sont en première ligne dans la gestion de la crise du Covid-19

- Un grand plan de lutte contre la pauvreté (gel des loyers, aides aux organismes HLM, aux associations de solidarité, aide directe aux familles les plus démunies, aux étudiants salariés précaires, soutien au PME en difficulté et aux auto-entrepreneurs).

- Un chômage partiel financé à 100 % de la rémunération, l'abandon de la réforme de l'assurance chômage, le maintien des droits et des allocations des chômeurs, l'abrogation de la réforme des retraites. L'augmentation du SMIC et des minima sociaux.

- Un plan massif d'embauches à l'hôpital et les EHPAD et la revalorisation des métiers, la mise en chantier d'une loi de santé publique et l'annulation de la dette des hôpitaux.


La crise sanitaire conduit à l'interdiction de la vente du muguet et des des fêtes du Parti communiste qui permettent, en plus d'être de beaux moments festifs de fraternité, de débats politiques, de financer une partie de l'activité politique. 

Pour tenter de compenser en partie cette perte financière le Parti communiste a donc réalisé un visuel symbolique, un brin de muguet virtuel, associé à une souscription.

Cette souscription est ouverte entre le 1er mai et le 11 mai.

https://www.pcf.fr/le_muguet_du_1er_mai.

Pour une participation à la souscription et un paiement par chèque, libellez le chèque à l'ordre de l'ADF PCF 29, et indiquez l'adresse de la fédération: PCF Finistère - 5 rue Henri Moreau - 29 200 Brest.

Le PCF Finistère.

A Brest, le 29 avril 2020,

Parti communiste - 1er mai : confiné.e.s, mobilisé.e.s et en colère !  Déclaration du PCF Finistère- 29 avril 2020
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30 avril 2020 4 30 /04 /avril /2020 09:02
Alain Signor (deuxième homme en partant de la droite) avec Pierre Le Rose (caché derrière la première bigoudène), Rol-Tanguy et Paul Le Gall et des résistantes du Pays Bigouden à une fête de la Bretagne dans les années 50. Corentine Tanniou Dornic est la bigoudène située au centre, une courageuse résistante du pays bigouden (4ème portrait des 100 ans d'engagements communistes en Finistère)

Alain Signor (deuxième homme en partant de la droite) avec Pierre Le Rose (caché derrière la première bigoudène), Rol-Tanguy et Paul Le Gall et des résistantes du Pays Bigouden à une fête de la Bretagne dans les années 50. Corentine Tanniou Dornic est la bigoudène située au centre, une courageuse résistante du pays bigouden (4ème portrait des 100 ans d'engagements communistes en Finistère)

Corentine Tanniou Dornic est la bigoudène située au centre, elle est entourée de Rol Tanguy (chef FFI qui a libéré Paris, ancien métalo né à Morlaix, ancien des Brigades Internationales), Paul Le Gall (futur secrétaire départemental du PCF Finistère Sud), Alain Signor, responsable communiste depuis l’avant guerre, résistant, député à la Libération, et Pierre Le Rose (archives Pierre Le Rose)

Corentine Tanniou Dornic est la bigoudène située au centre, elle est entourée de Rol Tanguy (chef FFI qui a libéré Paris, ancien métalo né à Morlaix, ancien des Brigades Internationales), Paul Le Gall (futur secrétaire départemental du PCF Finistère Sud), Alain Signor, responsable communiste depuis l’avant guerre, résistant, député à la Libération, et Pierre Le Rose (archives Pierre Le Rose)

Alain Signor (photo officielle du député communiste)

Alain Signor (photo officielle du député communiste)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère:

85/ Alain Signor (1905-1970)

Devoir de mémoire. Au nom de son père, Alain Signor, député communiste du Finistère à la Libération (Le Télégramme, 25 juillet 2019)

En juillet 2019, à 89 ans, la fille du député communiste du Finistère et cadre de la Résistance Alain Signor, Elise Foliot, membre du PCF Pays Bigouden, témoignait dans le Télégramme (article de Delphine Tanguy, 25 juillet 2019):

"Une rue de Pont-l’Abbé porte son nom. « Ce n’est pas lui qui l’a demandé. C’était après sa mort », s’empresse de préciser Élise Foliot, sa fille, qui souhaite raviver le souvenir de son père, un homme intègre, trop tôt disparu à l‘âge de 65 ans. C’était un homme très simple qui a passé une grande partie de sa vie à Pont-l’Abbé où il est né et qui a fait deux mandats de député », expose cette dernière qui tient à effectuer ce devoir de mémoire avant d’elle-même disparaître. « Il était instituteur et il a été arrêté dans sa classe, devant ses élèves, par la police pétainiste, avant que les Allemands n’arrivent, puis interné à l’île d’Yeu. N’avait-il pas le droit d’avoir ses idées comme tout un chacun ? », s’interroge encore aujourd’hui la vieille dame à propos de ce père qui a créé une section des jeunes communistes en 1924 à Pont-l’Abbé et a adhéré au PCF en 1927. Depuis l’âge de 20 ans, il était communiste et nous, sa femme et ses quatre filles, on a dû se cacher. se souvient Élise. Révoqué de son poste d’instituteur par le régime de Vichy le 28 octobre 1940, il rejoint les rangs de la Résistance en zone sud après s’être évadé du camp de Saint-Augeau, dans le Cantal. « Nous étions seules, ma petite mère et ses quatre filles. Il a bien fallu qu’on nous accueille quelque part. La résistance était déjà organisée et s’est occupée de nous trouver une famille, ma sœur aînée et moi, à Plougonvelin, dans une ferme. En Bretagne il y avait des gens vraiment bien, raconte Élise avec émotion. J’avais 10-11 ans et pendant une année, on n’est pas allé à l’école. Une fois les vacances finies, on faisait attention de ne pas faire de bruit pour que les gens ne posent pas de question sur notre présence. Il y avait de la délation », complète celle-ci qui avait 15 ans à la Libération et sa sœur Monique 17 ans. Sa mère s’était quant à elle réfugiée avec les deux plus jeunes chez sa sœur dans le 14e arrondissement de Paris.  Il a repris ses fonctions d’instituteur après la guerre, à Issy-les-Moulineaux puis à Brest, et il a enseigné jusqu’à sa retraite. C’est à ce moment-là qu’il a commencé à écrire sur son Pays bigouden qu’il adorait avant tout », raconte encore Élise à propos de son père qui est l’auteur d’un livre sur la révolution à Pont-l’Abbé. Elle se souvient également de son séjour en URSS, accompagné de sa femme. « C’est ma grand-mère bigoudène qui est venue s’occuper des quatre filles à Issy-les-Moulineaux ». Une grand-mère qui tenait un commerce de bières, boissons gazeuses et confiserie au n° 5 de la rue Lamartine à Pont-l’Abbé avec son fils Pierre. « Il est resté six mois là-bas et il a vu des choses qu’il n’aurait pas dû voir mais il ne pouvait pas rester sans parler », ajoute Élise. Il séjourna à Moscou de septembre 1945 à mars 1946 comme correspondant de l’Humanité et représentant du PCF et milita après son retour en France au sein de l’association France URSS. Le 10 novembre 1946, Alain Signor fut élu député du Finistère en troisième position sur la liste « d’Union républicaine et résistante », avec Pierre Hervé et Gaby Paul. Lors de ses mandats, il fut membre des commissions de l’agriculture (1946-1947), de l’Éducation nationale (1949-1951), et surtout de la Marine marchande et des pêches (1946-1951). À la Chambre, il fut très actif : défense des agriculteurs, des pêcheurs, des normaliens et des écoles normales dont il devint le spécialiste, tout en protestant contre la guerre d’Indochine » détaille le site internet « Guerre et résistance en Pays bigouden » créé en 2016 par trois enseignants à la retraite dont Jean Kervision, ancien instituteur qui a connu la rafle du 12 août 1944. "

Notice du Maitron par Christian Bougeard et Jacques Girault sur Alain Signor:

Pour citer cet article : http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article131174,

Né le 28 septembre 1905 à Pont-l’Abbé (Finistère), mort le 6 février 1970 à Menton (Alpes-Maritimes) ; instituteur ; membre du comité central du PCF ; député communiste du Finistère (1946-1955).

Le nom de Le Signor fut annulé par décision de justice et transformé en Signor en 1949. Les parents d’Alain Le Signor, domestiques de ferme, vinrent à Pont-l’Abbé après leur mariage en 1903 et travaillèrent comme manœuvre. Le père mourut en 1911 et la mère exploita un commerce de bière, boissons gazeuses et confiserie qui employait en 1933 un frère d’Alain, son beau-frère et deux employés. Le Signor, élève du cours complémentaire de Pont-l’Abbé, entra à l’École normale d’instituteurs de Quimper (promotion 1921-1924) et obtint le brevet supérieur. Il enseigna en pays bigouden (Plomeur puis Plobannalec-Lesconil) jusqu’en 1940. En janvier 1924, il adhéra au syndicat des membres de l’Enseignement (CGTU) dans lequel l’influence de militants anarcho-syndicalistes comme Josette Cornec et Jean Cornec était forte. Il fut le secrétaire adjoint de la section départementale du syndicat « unitaire » de 1930 à la fusion dans le Syndicat national des instituteurs en 1936.

Après son service militaire effectué comme soldat de 2e classe au 106e régiment d’Infanterie de Châlons-sur-Marne de 1925 à 1927, Le Signor épousa le 4 décembre 1927 à Pont-L’Abbé, Yvonne Guillaumat, qui, née de père inconnu, abandonnée par sa mère, fut élevée par Charles Le Signor, un simple homonyme, un maçon qui militait avant la guerre à la SFIO, fut secrétaire du syndicat du bâtiment de Pont-l’Abbé en 1913-1914 puis resta fidèle lecteur de l’Humanité après la guerre. Ouvrière brodeuse puis ménagère à partir de 1927, elle était présentée par son mari comme sympathisante communiste « mais son attachement au foyer est encore plus grand. » Après la guerre, sans profession, elle adhéra au Parti communiste français. Le couple eut cinq enfants.

Le Signor fonda une section des Jeunesses communistes à Pont-l’Abbé en septembre 1924. Secrétaire de la Xe Entente des Jeunesses communistes, il adhéra au Parti communiste le 12 mai 1927, ce qui en fit en 1953 l’un des deux plus vieux adhérents de la direction fédérale du Finistère avec Pierre Salaün (adhérent depuis 1925), ouvrier papetier, maire de Scaër après 1945.

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes dans le Finistère: 59/ Pierre Salaun

Secrétaire du rayon communiste de Pont-l’Abbé de 1927 à 1939, il devint membre du comité de la région communiste de Bretagne en 1930, secrétaire du comité départemental, responsabilité étendue au secrétariat de la région bretonne Finistère-Morbihan lors de sa création en juin 1934. Placé à la tête des délégations bretonnes en 1936 au congrès de Villeurbanne, en décembre 1937 au congrès d’Arles où il défendit la politique de la « main tendue », il fut élu membre suppléant du comité central. Depuis 1935, lors de sa recréation, il dirigeait le journal hebdomadaire régional La Bretagne ouvrière, paysanne et maritime. Candidat aux élections législatives d’avril 1936 dans la troisième circonscription de Quimper, il obtint 15,5 % des voix et se désista pour le député sortant radical-socialiste Albert Le Bail, favorable au Front populaire. Dans ce fief électoral des Le Bail, père et fils, la percée communiste, notamment dans les ports de pêche, n’était pas négligeable.

Non mobilisable pour des raisons de santé (ancien tuberculeux, difficultés cardiaques) en septembre 1939, inscrit au carnet B depuis 1927, Le Signor fut astreint à résidence forcée dans l’arrondissement de Quimper au 1er octobre 1939. Puis il reprit son travail en octobre 1939. Selon Eugène Kerbaul, il contribua à la mise en place des premières structures clandestines du Parti dans le Sud-Finistère. Le 17 septembre, son domicile avait déjà été perquisitionné. Il fut suspendu de ses fonctions par décision préfectorale du 18 novembre 1939 qui, sans doute, ne reçut pas d’application. Selon ses Souvenirs d’un militant, il subit en janvier 1940 de nombreuses pressions de l’inspecteur d’Académie et de la police : demande de condamnation de l’URSS et du pacte germano-soviétique. La suspension de son poste d’instituteur en février fut suivie d’une nouvelle perquisition policière le 13 mars 1940. La police cherchait à éliminer les cadres qui tentaient de réorganiser les communistes. Arrêté le 25 mars. interné à l’île d’Yeu puis, à la fin d’avril 1940, au camp de Saint-Angeau près de Riom-ès-Montagne (Cantal), il s’évada de ce dernier, le 15 septembre 1940. Révoqué le 28 octobre 1940 avec deux autres instituteurs du Finistère, Jean Cornec et Charles Drapier, il participa dès lors à la Résistance en zone sud.

Responsable régional à Grenoble (Isère) en 1941, au début 1941, il prit la direction clandestine du Parti communiste dans la région marseillaise, remplaçant Caresmel. Après l’arrestation de Barthel (Jean Chaintron) en mars 1941, envoyé à Lyon, il devint instructeur du comité central, puis membre de la délégation du comité central en zone Sud jusqu’à l’été 1944 du triangle de direction avec Léon Mauvais et Hubert Ruffe. Il participa à la préparation des grèves, à l’organisation paysanne dans les villages, la constitution de comités de défense et d’action paysanne, à la préparation de l’insurrection à Marseille en juillet-août 1944. 

Dans ses professions de foi, il écrivait que ses « services dans la Résistance étaient homologués du 1er septembre 1940 au 1er septembre 1944 avec le grade de lieutenant-colonel » et se présentait comme un grand invalide de la Résistance.



En novembre 1944, Alain Le Signor revint dans le Finistère où il joua un rôle important dans la mise en place de la nouvelle direction d’une fédération en plein essor, s’occupant de la sélection et de la formation des cadres. En mars 1945, il était membre du secrétariat du PCF du Finistère et fit de Gabriel Paul le secrétaire fédéral qui devint député en septembre 1945. Il fut lui-même élu au comité central lors du congrès de 1945 et occupa des responsabilités dans la section idéologique, dans la section de propagande. Il fut aussi nommé à la direction des Cahiers du Communisme où ses choix sur le contenu des articles furent parfois critiqués. Il séjourna à Moscou (septembre 1945 – mars 1946) comme correspondant de l’Humanité et représentant du PCF. Il milita après son retour en France à l’association France-URSS. Reconduit comme membre du comité central par le congrès de 1947, il fit partie d’une délégation du comité central dans les Antilles françaises (septembre-octobre 1947).

Le 10 novembre 1946, Alain Signor fut élu député du Finistère en troisième position sur la liste « d’union républicaine et résistante », avec Pierre Hervé et Gaby Paul, la liste communiste recueillant 27,84 % des suffrages (plus 10 000 voix depuis juin 1946) et 3 sièges sur 10.

Pierre Le Rose, Lettre à Pierre Crépel datée du 16 octobre 1985:

"Dans des élections législatives à la proportionnelle, le Parti Communiste recueillait 70 000 voix en novembre 1945 (2 députés), 80 000 voix en mars 1946 (2 députés), 105 800 voix en novembre 1946 (3 députés sur 10 députés finistériens). La part de la jeunesse et des femmes fut considérable dans cette période. Nous avions la première femme maire (Kernevel), des adjointes. Notre Parti faisait le plus confiance aux jeunes (Gabriel Paul, député et secrétaire fédéral à 26 ans), Marie Lambert, députée et secrétaire fédérale à 33 ans (idem dans les Côtes d'Armor avec Hélène Le Jeune). On retrouve des jeunes de nos fédérations bretonnes également à Ouest-Matin (sur Rennes comme correspondants).

L'audience du Parti était très grande dans le Finistère à la Libération. On évaluait les adhérents à 10 000 ou 12 000. Les cartes étaient placées aux réunions publiques au lendemain de la libération. L'organisation ne suivait pas. Mais dans les localités importantes (Brest, Morlaix, Quimper, Douarnenez, Concarneau), les cellules avaient des Bureaux et des activités réelles. Le premier pointage réel que j'ai pu faire en Avril 47 (je venais d'avoir la responsabilité de l'organisation fédérale) faisait apparaître plus de 7000 adhérents. Nous avons vu jusqu'à 12 000 personnes à nos fêtes fédérales (fête de la Bretagne, notre journal, avec Marcel Cachin; 40 000 personnes à Brest sur le cours d'Ajot avec Maurice Thorez le 6 juillet 1947). Parallèlement, les JC (44-45) puis l'UJRF (à partir d'avril 45) comptaient entre 9 et 10 000 adhérents (jeunes venus des FTP, jeunes filles très nombreuses). Les jeunes prenaient leurs responsabilités pour organiser les activités ( 400 Jeunes Communistes à Quimper, 200 à Concarneau, mêmes chiffre à Douarnenez; organisations existant dans les localités rurales du Centre Finistère, Riec sur Belon, etc...). Les meetings des JC rassemblaient autant et parfois plus d'auditeurs que le Parti. Ce sont les JC (garçons et filles) qui ont vite fourni les cadres du Parti (peut-être au détriment de l'organisation des jeunes)."

L'audience du Parti Communiste à la libération dans le Finistère

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 54/ Pierre Hervé (1913-1993)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 26/ Gabriel Paul (1918-2015)

Durant la campagne, Signor s’était signalé par son antisocialisme. En tête de la liste communiste, il fut réélu le 17 juin 1951, ainsi que Paul (20,93 % des suffrages). Lors de ses mandats, il fut membre des commissions de l’agriculture (1946-1947), de l’Éducation nationale (1949-1951), et surtout de la Marine marchande et des pêches (1946-1951). A la Chambre, il fut très actif : défense des agriculteurs, des pêcheurs, des normaliens et des écoles normales dont il devint le spécialiste, tout en protestant contre la guerre d’Indochine.

Lors de la conférence fédérale de février 1949, présidée par Jeannette Vernmeersch,  une véritable « purge » frappa le comité fédéral : 24 nouveaux membres y entrèrent avec la promotion de Daniel Trellu, ancien chef départemental des FTP, comme secrétaire fédéral. Cette mesure résultait de la crise politique de la fédération du PCF du Finistère en 1948-1949, marquée notamment par la démission de Pierre Hervé de son siège de député le 15 juin 1948.

Bien qu’ayant quitté le comité central, Signor, dans le Finistère, participa à la reprise en main et au durcissement de la ligne du parti et de la CGT. Selon les Renseignements généraux, la direction Trellu-Signor fut chargée d’écarter les militants considérés comme « titistes, déviationnistes ou mous ». En mars 1949, ils présentaient Signor comme « très autoritaire et sectaire ». Les autocritiques, les mises à l’écart de cadres et les exclusions se succédèrent.

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 1/ Daniel Trellu (1919-1998

Signor fit partie des 26 membres (15 titulaires et 11 suppléants) écartés lors du XIIe Congrès du PCF en avril 1949. Ses liens avec Charles Tillon inquiétaient la direction du PCF.

Au printemps 1950, une série de grèves violentes secoua le Finistère. Le 14 avril, une manifestation de femmes de l’Union des femmes françaises à Brest se solda par l’arrestation de la députée communiste Marie Lambert et de deux cadres du Parti.

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 2/ Marie Lambert (1913-1981)

En effet, du 17 mars au 24 avril 1950, une longue grève des ouvriers du bâtiment brestois, organisée par un comité intersyndical CGT-FO-CFTC et soutenue par les ouvriers de l’arsenal, les traminots, les cheminots, les dockers et les agents de la Sécurité sociale, se termina tragiquement. Le 17 avril, lors d’une manifestation de protestation de 5 000 personnes contre l’intransigeance patronale, l’ouvrier communiste Edouard Mazé, frère du secrétaire général de la CGT du bâtiment, fut tué au cours d’affrontements avec la police d’une balle en pleine tête. Il y eut une cinquantaine de blessés dont quatre par balles et seize arrestations dont celles de deux députés du PCF. Une foule immense et traumatisée participa aux obsèques de Mazé le 19 avril. Arrêté le soir même, Signor fut bientôt relâché ainsi que sa collègue alors que Jacques Duclos interpellait le gouvernement contre la violation de leur immunité parlementaire. Les deux députés finistériens furent condamnés à six et cinq mois de prison avec sursis. Dans le procès en appel, il fut défendu par les avocats Léo Matarasso et Marcel Willard.

Durant cette période, l’affrontement entre les communistes et les socialistes SFIO dirigés par Tanguy Prigent était très virulent. Reflet de cette politique sectaire, Signor conduisait, pour la première fois, la liste du PCF dans le Finistère aux élections législatives du 17 juin 1951 (six listes sans apparentements). Le PCF devançait encore nettement la SFIO (16,1 %) qui avait stabilisé son score de 1946. Mais avec 20,9 % des suffrages exprimés (moins 27 345 voix) au lieu de 27,8 % en novembre 1946, il perdait un siège de député dans le Finistère.

Aux élections législatives de janvier 1956 (9 listes), après un nouveau changement de direction fédérale et la dénonciation du sectarisme passé, Signor fut écarté de la liste du PCF alors que Gaby Paul et Auguste Penven étaient élus députés (18,6 % des voix). (...)

Alain Signor n’appartenait plus aussi à la direction fédérale, devenant membre du seul comité de la fédération en 1953. Selon le rapport de Servin, la conférence fédérale en mai 1956 ne procéda pas à sa réélection comme membre du comité fédéral. (...)

Alain Signor, après la fin de son détachement comme parlementaire, réintégra l’Éducation nationale et demanda sa mutation en région parisienne. Il reprit en octobre 1956 du service dans l’enseignement à Issy-les-Moulineaux où il habitait, d’abord, puis à Brest, jusqu’à l’heure de sa retraite, en 1959. Il se retira à Pont-l’Abbé et consacra dès lors ses loisirs à la recherche historique. Puis il partit pour la Côte d’Azur pour des raisons de santé.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article131174, notice SIGNOR Alain, Pierre, Marie [LE SIGNOR dit] par Christian Bougeard, Jacques Girault , version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 20 février 2020.
1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 85/ Alain Signor (1905-1970)

Le Télégramme de l'Ouest et de Brest, Journal républicain du matin, 29 novembre 1944

Quimper

"Meeting communiste

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Le dimanche 26 novembre, le parti communiste a tenu un meeting dans la salle des fêtes. Plusieurs milliers de personnes y assistaient. 

M. Théo Le Coz, de la section de Quimper, présente Alain Signor, membre du comité central, qui s'évada du camp de Saint-Augeau, dans le Cantal, en 1940, et dirigea l'insurrection de Marseille lors du débarquement allié. 

M. Alain Cariou, membre du C.D.L (Comité Départemental de Libération) et du bureau régional du parti, entretient l'assemblée du problème du ravitaillement général, qui laisse à désirer, des collaborateurs dont les biens devraient être confisqués au profit de la nation, de la commission des profits illicites qui fera, sans faiblir, l'épuration économique. Il exalte le courage de nos vaillants F.F.I et s'élève contre la menace de saisie du journal communiste "L'aurore". 

M. Signor déclare que son parti a toujours travaillé à l'union de tous les Français. Il rappelle les atrocités commises par les boches et dit que les troupes françaises doivent aller à Berlin pour poser de sévères conditions de paix et libérer nos prisonniers et nos déportés. Il demande à chacun de travaille à l'amélioration des conditions économiques du pays et réclame l'augmentation des salaires et des retraites, la suppression des trusts et la disparition du chômage. Il fait appel au patriotisme de tous pour souscrire à l'emprunt.

M. Signor s'élève contre la décision du gouvernement de désarmer les gardes civiques républicaines et de procéder à des élections en l'absence des prisonniers et des déportés. Il préconise la préparation des Etats généraux dans toutes les villes et communes. Des assemblées réunissant des patriotes seraient chargées, sur la base du programme de la Résistance, d'établir des cahiers de la Renaissance française et de désigner les délégués aux États généraux de leur commune. Ceux-ci désigneraient leurs délégués au département: ces derniers, à leur tour, enverraient des délégués aux Etats généraux de la Renaissance française qui se réuniraient à Paris. 

Après un appel de M. Signor en faveur de son parti et le vote des deux résolutions, l'assemblée se sépare au chant de la "Marseillaise".

Sur le blog de Gaston Balliot: https://bigouden1944.wordpress.com

A la mémoire des fusillés de Poulguen, par Alain Signor

A LA  MEMOIRE DES FUSILLES DE POULGUEN par Alain Signor en 1964 

Le  8 mai dernier (1964), dans toutes les communes de France, a été commémoré l’Armistice du 8 mai 45. Au Guilvinec, à Treffiagat et Penmarc’h, cette cérémonie a  été marquée par un dépôt de gerbe au monument aux Morts. La plupart des participants se sont ensuite rendus au monument des fusillés de Poulguen, Poulguen où, d’avril à mai 1944 (voici donc 20 ans), tombèrent avec un grand courage 33 combattants de la Résistance.

Deux républicains espagnols y achevèrent leur héroïque combat pour la liberté, mêlant un sang généreux à celui de nos compatriotes . Plus tard les bourreaux hitlériens, après avoir abattu sur le territoire de leur commune natale les deux frères Volant, de Plobannalec-Lesconil. vinrent enfouir leurs cadavres dans le sable abreuvé de sang de Poulguen. Au total 35 patriotes y trouvèrent une fin glorieuse.

Leurs noms sont gravés dans le granit du monument érigé en 1947 à l’initiative de la municipalité de Penmarc’h, sur les lieux même du massacre, sauf pour quatre d’entre eux, non identifiés et qui y figurent sous l’inscription : «  quatre Anonymes » .Quatre soldats sans uniforme, de la  liberté et de l’indépendance, soldats aux noms perdus, d’autant plus chers, s’il est possible, à nos cœurs.

Ces combattants étaient tous des travailleurs : ouvriers, paysans, marins, artisans, commerçants, enseignants, fonctionnaires…

La noble figure du docteur Nicolas, né à Pont-L’Abbé , le 16 décembre 1879, domicilié à Concarneau représentait les professions libérales. C’était aussi le doyen d’âge de tous ces héros. Il aurait pu être le père, et même le grand-père de beaucoup d’entre eux.

Ce qui frappe, en effet, c’est leur jeunesse. La plupart étaient Finistériens; mais l’Ille-et-Vilaine, L’Eure-et-Loir et la Région parisienne y étaient aussi représentés, et, nous l’avons vu les Républicains espagnols . Ce qu’ils avaient tous de commun, c’était la haine de l’oppression, l’amour de la liberté, la volonté d’une vie  meilleure dans un monde libéré de la servitude.

Nom et prénoms                    date de naissance       lieu de naisance     Résidence
Quatre anonymes
MORENO (pseudo) Joseph           15.09.1915          Madrid (Espagne)        Réfugié en France
GARCIA Martin Antonio              13.0.1911              Avila  (Espagne)           idem
LE GALL François                       09.11.1923                   ?                        Saint_Grégoire(IetV)
CARON William                             18.02.1919                  ?                    Sorel-Moussel (EetL)
COCHERY René                          06.01.1914          Chartres (E et L)          Morlaix
BEVIN Yves                                 09.01.1921          Peumerit ( Fin.)        Vitry-sur-Seine
LANCIEN Jean-Louis                  05.05.1921          Scaër                          Scaër
QUEINNEC Arthur                      18.09.1919          Quimper            Quimper
LE PORT Charles                          2301.1920           Quimper             Quimper
VOLANT Marcel                        04.08.1916           Quimper               Quimper
KERGONNA Marcel                 08.09.1919             Beuzec-Cap-Sizun    Quimper
PLOUZENNEC Pierre               12.05.1920         Plogastel-Saint-Germain  Quimper
CAM  Maurice                            20.06.1919             Pont-De-Buis           Pont-de-Buis
NORMANT Robert                    30.07.1919         Plouhinec                    Plouhinec
VOLANT Antoine                       20 ans           Plobannalec-Lesconil  Plobannalec-Lesconil
VOLANT Yvon                            30 ans                              idem               idem
GRALL Henri                             07.01.1922          Pleyber-Christ            Pleyber-Christ
BOURLES Jean                          11.06.1920            Pleyber-Christ            Pleyber-Christ
CREAC’H Albert                        07.08.1920                           idem             idem
PHILIPPE François                     22.09.1920                   idem                  Landivisiau
LE BUANEC Arthur                   01.09.1919            Guerlesquin                 Morlaix
LE SIGNOR Roger                     29.12.1919            Camaret-sur-Mer Camaret-sur-Mer
COAT Paul                                 03.03.1925             Brest St Marc              Brest
TANGUY Hervé                         25.01.1926                    idem                     idem
PAUGAM Roger                        12.10.1923                    idem                     idem
LE BAUT Roger                         17.09.1921                    idem                     idem
BRUSQ  Emmanuel                     13.08.1923              Audierne               Audierne
SIMON Jean                              09.10.1924                    idem                  idem
CADIC Eugène                           14.04.1921               Bannalec                Bannalec
LOREC Eugène                          10.04.1920             Pont-L’Abbé              idem
Dr NICOLAS Pierre                   16.12.1879                   idem                 Concarneau

Les Résistants étaient astreints à la stricte observation des règles de la clandestinité. La moindre indiscipline en ce domaine pouvait entraîner de redoutables conséquences. C’est pourquoi de leurs épreuves, de leurs combats, de leurs succès comme aussi de leurs revers, il subsiste peu de traces écrites, car l’ordre était, ici, inflexible : il fallait détruire toutes les traces écrites susceptibles de renseigner l’ennemi.

Toutefois, voici deux témoignages : l’un émane de Jean-Roland PENNEC de Camaret-sur-Mer, plus connu de ses compagnons d’armes sous le pseudonyme de « Capo ». L’autre vient  d’un douanier allemand de la Gast de Guilvinec, recueilli par un de ses collègues d’Audierne et rapporté par Francis POSTIC, ancien maire de cette dernière commune et ancien douanier lui-même.

« Capo » avait 23 ans lors de évènements dramatiques de Poulguen. Ce n’est qu’à une énergie indomptable qu’il  dut de ne point partager le sort de ses infortunés compagnons.

Très tôt, sa volonté de combattre l’envahisseur les armes à la main le conduisit à s’enrôler dans les F.T.P.F., avec une poignée de Camarétois aussi décidés que lui à la lutte. Affecté au maquis de Spézet, il entra, avec son ami Roger SIGNOR dans l’unité de choc constituée en 1943 et placée sous le commandement de Yves BEVIN, professeur à Vitry-sur-Seine.

L’unité comprenait d’autres résistants connus pour leur bravoure : Jean-Louis LANCIEN de Scaër , Fernand AUMEL, probablement de Callac ( Côtes du Nord), Jean-Louis DERRIEN de Plonéour-Ménez, leur agent de liaison et un Camarade juif dont « Capo » ignorait l’identité et dont il pense qu’ils seraient parmi les « anonymes » de Poulguen.

Cette unité harcela l’ennemi dès sa constitution ; elle battait un vaste secteur de la Montagne Noire. Admirablement renseignés, elle frappait les postes isolés, mitraillait les cantonnements, les transports, faisait sauter les dépôts de munitions et de matériel de guerre. L’objectif atteint la troupe s’évanouissait, puis se regroupait sur des bases éloignées.

Cependant Yves BEVIN fut arrêté au Fell en Spézet, en 1943, avec son agent de liaison et un autre camarade. Condamnés à mort, ils furent exécutés à Poulguen. L’unité reconstituée,

Le commandement en fut confié à « Capo ».

Au début de l’hiver 1943-44, elle reçut la mission de transférer cinq aviateurs américains dans les Côtes-du-Nord. La tâche accomplie, l’escorte s’arrêta à Gourin sur le chemin du retour ; elle fut hébergée à l’hôtel-restaurant Perrot, près de la gare. A ce moment « Capo » contracta une forte grippe et dut garder le lit. Il demanda en vain à ses compagnons de quitter l’hôtel-restaurant, mais aucun ne voulut le laisser seul. Deux jours plus tard , ils y étaient encore. Au cours de la dernière nuit passée à l’hôtel, 200 Allemands transportés par camions, cernèrent l’immeuble. Jetés dehors, en chemise, les mains levées et aveuglés par les phares des camions, Capo et ses compagnons demeurèrent deux heures durant exposés aux morsures d’un froid glacial. Emprisonnés d’abord à Carhaix, privés de toute nourriture et de boisson pendant trois jours, ils furent ensuite transférés à la prison Saint-Charles de Quimper. Tous furent condamnés à mort. Ils se retrouvèrent à dix dans le cachot destiné aux condamnés à mort. Aussitôt, ils entreprirent de s’évader, se procurèrent une corde, peu solide hélas, percèrent le plafond de la cellule puis la toiture. Selon l’ordre déterminé; Capo sortit le premier suivi de Jean-Louis DERRIEN. Lorsque Roger SIGNOR, plus corpulent parvint presqu’à la toiture, la corde se rompit. Les huit patriotes qui restaient furent exécutés à Poulguen en avril-mai 1944.

Pour terminer cette évocation et faire toucher du doigt – notamment aux jeunes générations- le courage inouï de ces hommes , nous rappellerons l’exemple de Manu BRUSQ d’Audierne. Ce témoignage nous vient d’un douanier allemand de la  GAST  (Douane allemande) du Guilvinec, recueilli par un de ses collègues d’Audierne et que nous a rapporté Francis Postic, ancien maire de cette commune et ancien douanier lui-même.

Manu Brusq, jeune homme athlétique. Dynamique, très intelligent et cultivé, était l’homme des coups de main spectaculaires, I’homme « sans peur ». Il avait du mal à se contenir et sa témérité frisait apparemment l’inconscience du danger comme en témoigne son dernier acte avant son exécution.

Alors que les condamnés arrivaient au lieu désigné pour leur exécution, encadrés par les soldats allemands, fusils chargés, baïonnette au canon, un capitaine commit l’imprudence de s’approcher trop près des patriotes pour lancer un ordre aux soldats de tête. D’un geste frénétique, Manu BRUSQ s ‘empara du petit sabre de l’officier et le tua. Presque massacré à coups de crosses, il fut fusillé quelques minutes plus tard.

Ni chez Manu, ni chez ses camarades, il n’y avait la moindre inconscience du danger. Bien au contraire, ils étaient bien placés pour apprécier la sauvagerie de l’ennemi et savaient pertinemment à quoi ils s’exposaient, mais leur détermination venait d’abord de leur haine d’un oppresseur particulièrement féroce, mais aussi dans ce que, dans le combat, ils s’étaient aguerris et connaissaient parfaitement ses insuffisances et ses faiblesses.

A l’heure où certains s’efforcent de ternir l’image de la Résistance, de réhabiliter quelques criminels nazis, où certaines organisations d’extrême-droite se réclament ouvertement de l’idéologie fasciste, il était bon que soient rappelés les immenses sacrifices consentis par notre peuple pour libérer notre territoire de l’oppresseur hitlérien.

Alain Signor, Député du Finistère

 

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