#directPCF : des moments d'échanges, du lundi au jeudi à 17h30

Maxime Cochard est auteur, il a été invité, le lundi 4 mai, pour présenter son livre « Nous n'avons pas besoin des riches » paru aux éditions Arcane 17
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#directPCF : des moments d'échanges, du lundi au jeudi à 17h30

Maxime Cochard est auteur, il a été invité, le lundi 4 mai, pour présenter son livre « Nous n'avons pas besoin des riches » paru aux éditions Arcane 17
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère:
93/Virginie Bénard (1920-2014)
Durant la Seconde guerre mondiale, sous le pseudonyme de "Jeanne", Virginie mène à Brest un combat quotidien et clandestin contre le fascisme et la politique de collaboration du gouvernement de Vichy.
Dès 1940, Virginie distribue des tracts et journaux clandestins du PCF. Son activité de propagandiste de la Résistance et du communisme va la conduire à sa rencontre avec Charlot, Henri Bénard. Alors à court de tracts, Charlot se rend au domicile de Virginie qui en détient dans le cabanon situé au fond du jardin, dans le quartier de Kérinou à Brest. Charlot a 22 ans, Virginie 20 ans. A compter de ce jour, ils ne se quitteront plus, leur mariage a lieu en juin 1941.
Virginie assure des liaisons entre le PCF et les FTP au plan départemental avec Germaine Le Lièvre, son contact qu'elle ne connaît que sous le pseudonyme de "Geneviève" et à qui elle doit son nom d'emprunt "Jeanne". "Geneviève", résistante FTPF, engagée dès 1940 dans la lutte contre le fascisme, est arrêtée en mission en janvier 1944, puis déportée à Ravensbrück. Victime de la barbarie nazie, elle disparaît le 17 août 1945 à l'âge de 34 ans.
Quand Virginie "Jeanne" rejoignait "Geneviève" à la Poste pour échanger des renseignements, elle portait un foulard noir autour du cou. Virginie Bénard, dite "Jeanne", va également organiser le Secours populaire clandestin avec "Yvette", Angeline Dollet, dans la région brestoise, faisant avec elle des tournées de collectage dans plusieurs communes, Bourg-Blanc, Portsall, le Conquet. Virginie Dollet héberge aussi des résistants dans la maison de sa mère, réfugiée dans la Sarthe, des résistants envoyés par "Geneviève" et dont "Jeanne" ne connaît pas l'identité.
Quand Charlot est arrêté le 1er octobre 1942 à Brest par des policiers français, c'est l'angoisse. Détenu au Château, il tente de s'évader. Torturé, il est envoyé à Rennes, puis à Fresnes où il est jugé. Charlot est emprisonné, libéré au bout d'un an, à l'expiration de sa peine. Le frère de Charlot et le beau-frère de Virginie Bénard, Henri Bénard, résistant communiste, avait lui été arrêté à Brest en juillet 1941, en même temps que Lucien Kerouanton à Landerneau, et Fanch Paul, un sympathisant communiste, à Kérinou, et détenu comme suspect tour à tour dans les camps de concentration français de Châteaubriant et de Voves avant d'être libéré à l'automne 1943.
Au retour de Charlot, le couple s'installe rue Louis Pasteur à Brest. Charlot reprend sa place dans la résistance, Virginie poursuit son activité, mais toujours chacun de leur côté. C'est ainsi qu'en 1943, "Jeanne" participe à l'attentat à la bombe contre le siège de la Kommandatur, logée à l'hôtel Moderne, à l'angle des rues Louis Pasteur et Algésiras, avec "Yvette", Angéline Dollet.
Après guerre, Virginie Bénard était la grande amie de Mimi Salou, résistante communiste brestoise, déportée à Ravensbrück et Mathaüsen, décédée en 2011. Virginie Bénard, elle est décédée en 2014, à l'âge de 93 ans. Elle avait rencontré pour une interview dans le Journal "Echanges et initiatives" (en pièce jointe) un rédacteur du PCF Brest en septembre 2013 dans son appartement du quartier de Kéredern. 9 ans plus tôt, son mari Charlot, avait été emporté par une maladie.
Virginie Bénard faisait partie de l'amicale des Amis des internés de Châteaubriand.
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1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 20/ Paul Monot (1921-1943)
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 19/ Jean-Désiré Larnicol (1909-2006)
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 18/ Jean Le Coz (1903-1990)
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 17/ Alain Cariou (1915-1998)
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 16/ Jean Nédelec (1920-2017)
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 15/ Alain Le Lay (1909-1942)
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 14/ Pierre Berthelot (1924-1986)
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 13/ Albert Abalain (1915-1943)
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 12/ Andrée Moat (1920-1996)
1920-2020: cent ans d'engagements communistes en Finistère: 11/ Jean Le Brun (1905-1983)
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 10/ Denise Larzul, née Goyat (1922-2009)
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 9/ Pierre Le Rose
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 8/ Marie Salou née Cam (1914-2011)
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 7/ René Vautier (1928-2015)
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 6/ Denise Firmin née Larnicol (1922-2019)
1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 5/ Fernand Jacq (1908-1941)
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 4/ Corentine Tanniou (1896-1988)
1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 3/ Albert Rannou (1914-1943)
1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 2/ Marie Lambert (1913-1981)
Cécile ROL-TANGUY n'est plus . Elle avait fêté ses 101 ans le 10 avril dernier . ( Cécile et Henri quelques jours après leur mariage en Bretagne , 17 Avril 1939 ) - Christophe Saulière
La famille Rol-Tanguy communique :
Cécile ROL-TANGUY est décédée ce jour 8 mai 2020 à 12 h 10, à son domicile de Monteaux (Loir-et-Cher), à l’âge de 101 ans. Avec elle disparaît une des dernières figures de la Résistance intérieure française et plus précisément de la Libération de Paris en août 1944.
Porteuse des plus hautes distinctions de la République (Grand Officier de la Légion d’honneur, Grand Croix dans l’Ordre national du Mérite, Médaille de la Résistance, Croix du Combattant Volontaire de la Résistance), elle était emblématique de la place de femmes dans le combat contre Vichy et l’occupant nazi. Cécile ROL-TANGUY soulignait toujours qu’elle n’acceptait ces décorations qu’en hommage à toutes les femmes de l’ombre, rouages indispensables de la lutte clandestine. Aux déportées, aux internées, à toutes celles assassinées par l’ennemi et pourtant si souvent oubliées à l’heure de la victoire. A toutes les femmes qui, comme elle, une fois la guerre terminée, reprirent simplement leur place dans la vie quotidienne de leur famille et du pays.
***
En ce 8 mai 2020, 75 ans après la défaite du nazisme et le retour de la paix en Europe, symbole incroyable, Cécile Rol-Tanguy, grande figure féminine de la résistance parisienne vient de s'éteindre à 101 ans.
Cette grande résistante et cette grande dame, épouse d'Henri Rol-Tanguy, compagnon de la libération d'origine finistérienne, né a Morlaix, fêtait ses 100 ans l'an passé.
Toute notre sympathie à sa famille, ses enfants, ses proches, sa famille, à l' ANACR dont elle était la présidente d'honneur.
Cécile Rol Tanguy est née en 1919. Elle est issue de la famille bretonne des Le Bihan, son père était un électricien militant socialiste, puis communiste après le congrès de Tours, qui disparaîtra en déportation.
Le domicile de ses parents accueille des réfugiés allemands et d'Europe de l'est dans les années 30.
Cécile s'engage au Secours Rouge international à partir de 1936, au syndicat CGT de l'électricité, puis a la fédération CGT de la métallurgie. C'est là qu'elle rencontre son futur mari, Henri Tanguy, qui est à l'époque responsable des jeunes au sein de la fédération des travailleurs de la métallurgie.
Elle se marie avec lui lors d'une permission d'Henri, engagé volontaire aux Brigades internationales en soutien à la République espagnole menacée par les fascistes.
Au début de la guerre, elle assure entre Brest et Paris avec sa mère la liaison avec la direction clandestine du PCF interdit, une mission confiée par le futur ministre communiste de De Gaulle Marcel Paul.
Puis à Paris, comme sténo-dactylographe elle écrit et tire les tracts du PCF avant de rejoindre les rangs de l'organisation spéciale O.S puis des F.T.P.F avec Henri Rol Tanguy où elle exerce comme agent de liaison.
Elle termine la guerre avec le grade de lieutenant FFI.
Cécile et Henri vont continuer leur vie militante avec le PCF jusqu'au bout. Henri meurt en septembre 2002 et a droit a un hommage du président Chirac dans la cour des Invalides. Entourée de l'affection de ses enfants, Cécile Rol-Tanguy, élevée au rang de chevalier de la légion d'honneur, continue a entretenir la mémoire et la flamme de la résistance en allant de ville en ville rendre hommage a ses camarades.
Cécile Rol-Tanguy, née Marguerite Le Bihan le 10 avril 1919 à Royan, résistante communiste.
Elle est la fille de François Le Bihan, syndicaliste, cofondateur du Parti communiste français (PCF), déporté à Auschwitz dans le convoi des 45000, et de Germaine Jaganet.
Après l'obtention de son brevet élémentaire à 16 ans, elle est formée au métier de sténodactylographe et suit un stage au secrétariat administratif du
syndicat Confédération générale du travail (CGT) de la Compagnie parisienne de distribution d'électricité (CDPE). En novembre 1936, elle est engagée au syndicat des métaux CGT d'Île-de-France, dont le secrétaire n'est autre qu'Henri Tanguy.
Elle milite à l'Union des jeunes filles de France et participe à des réunions du Comité d'aide à l'Espagne républicaine, où elle fait connaissance avec Tanguy.
En janvier 1938, ils se fréquentent, puis, en 1937, alors qu'il participe à la guerre d'Espagne, elle devient sa marraine de guerre. Après son retour en France fin 1938, le 19 avril 1939, ils se marient. Ils auront cinq enfants : Hélène, universitaire, Jean, journaliste, Claire et Francis, haut fonctionnaire; ainsi que Françoise, morte en bas âge. Entre-temps, le 1er janvier 1938, elle adhère au PCF.
Au début de juillet 1940, elle entre dans la clandestinité ; Henri, une fois démobilisé, la rejoint à Paris. Elle devient agent de liaison et prend les surnoms de « Jeanne », « Yvette » et « Lucie ». Seul Maillard connaît leur véritable nom et leur adresse.
C'est elle qui, notamment, informe Jean-Pierre Timbaud qu'il est recherché. Elle cache des armes dans le
landau de ses enfants. Le 19 août 1944, elle rédige, sous la dictée d'Henri, l'appel à l'insurrection des Parisiens.
Le 26 août, elle assiste au défilé du général de Gaulle sur les Champs-Élysées.
Cécile Rol Tanguy devient co-présidente de l’association Les Amis des combattants de l'Espagne république, ACER, dont sa fille, Claire, deviendra Secrétaire générale. Elle prend l'engagement, avec son mari, de rester adhérente du PCF et abonnée à L'Humanité jusqu'à sa mort. Henri Rol-Tanguy meurt en 2002.
En janvier 2014, elle salue avec Odette Nilès dans une tribune dans Le Monde la décision du transfert des cendres de Pierre Brossolette, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Germaine Tillion et Jean Zay au Panthéon.
Le 27 mai 2014, elle participe aux commémorations organisées à l'occasion de la journée nationale de la Résistance.
"la mort n'éblouit pas les yeux des Partisans"
Les Résistants et Amis de la Résistance, les Amis du pôle Jean Moulin-réseau MRN sont en deuil.
Cécile et Henri Rol-Tanguy sont à jamais unis dans notre coeur, dans le coeur des Français.
Ils ont écrit ensemble, avec leurs camarades de combat, une page magnifique de notre Histoire, la Libération de Paris.
En ce jour, nous avons aussi une pensée pour son père, le Résistant François Le Bihan, né à Bannalec, mort à Auschwitz le 19 septembre 1942.
Les Résistants et Amis du Finistère, partagent le chagrin de ses enfants, Hélène et Claire, Jean et Francis, le chagrin de toute sa famille.
A eux tous, nos plus affectueuses pensées.
Pour l'ANACR-29 et le pôle Jean Moulin-réseau MRN, Anne Friant
C'est avec tristesse et émotion que nous avons appris le décès de Cécile Rol-Tanguy. Elle restera à jamais dans l'Histoire, avec son mari, comme la parfaite illustration de la résistance au nazisme, une valeur partagée par tous les Républicains espagnols.
Dans cette douloureuse circonstance, l'association Mémoire de l'Exil Républicain Espagnol dans le Finistère souhaite vous faire part de toute sa sympathie.
Très cordialement.
Jean Sala-Pala, Président
Le PCF perd une de ses grandes figures, une grande dame qui est restée engagée toute sa vie. A 101 ans, Cécile Rol-Tanguy nous quitte, entourée de sa famille, dans sa demeure de Monteaux en Loir et Cher.
Avec elle disparaît une des dernières figures de la Résistance intérieure française et plus précisément de la Libération de Paris en août 1944.
Car Cécile Rol-Tanguy n’était pas que la femme du Colonel Rol Tanguy, présente à ses coté le 25 aout 1944 pour obtenir l’acte de reddition du général Von Sholtitz.
C’était aussi une militante de la paix, de la liberté, des droits des femmes s’opposant à toutes les formes d’intolérance.
Médaillée de la Résistance, Grand-Croix de l’Ordre national du Mérite, Grand Officier de la Légion d’Honneur, elle a mené de nombreuses batailles tout au long de sa vie. Elle était une femme d’écoute et d’échanges, jamais d’idées imposées.
Cécile Rol-Tanguy, née Marguerite Le Bihan le 10 avril 1919 à Royan, est la fille de François Le Bihan, syndicaliste, cofondateur du Parti communiste français (PCF), qui sera déporté à Auschwitz dans le convoi des 45000, et de Germaine Jaganet.
En 1936, elle s’engage au syndicat des métaux CGT d’Île-de-France. En 38 elle adhère au PCF. Elle milite à l’Union des Jeunes Filles de France et participe en même temps activement aux Comités d’aide à l’Espagne Républicaine, pour soutenir les Brigades internationales combattant le franquisme en Espagne.
Puis la guerre arrive. Dés le mois de juillet 1940, elle s’engage dans la Résistance et entre dans la clandestinité. Henri, son mari qu’elle a épousé un an plus tôt, la rejoint à Paris. Elle
devient agent de liaison et il lui arrive de cacher des armes dans le landau de ses enfants.
Elle tape des tracts, des journaux syndicaux et autres documents illégaux de la CGT interdite et travaille pour les avocats communistes qui défendent les premiers emprisonnés du régime de Vichy.
C’est aussi, elle, qui va aider le Colonel Rol-Tanguy à rédiger l’appel à l’insurrection des Parisiens. Les combats victorieux de la Résistance parisienne amènent la Libération de la Capitale le 25 août 1944.
Toute sa vie, elle a tenu à faire vivre la mémoire de la Résistance, celle de ses ami-es et camarades mort-es au combat.
Avec Lucie et Raymond Aubrac, Cécile et Henri Rol-Tanguy resteront comme les deux couples symboles de la Résistance intérieure française.
Ils auront été pour de nombreux communistes l’incarnation de la Résistance, la mémoire de celles et ceux qui ont refusé la collaboration et ont combattu l’occupant nazi. Cécile Rol Tanguy a instruit de nombreux militants et formé des dirigeants de notre parti. Jamais nous l’oublierons.
Tous les communistes de France sont tristes aujourd’hui. En leur nom, je tiens à adresser toute mon amitié à ses enfants, Hélène, Claire, Jean et Francis, sa famille, ses petits-enfants, ses arrière-petits-enfants.
Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, député du Nord
Vendredi, 8 Mai, 2020 - L'Humanité
DISPARITION. CÉCILE ROL-TANGUY EST DÉCÉDÉE
José Fort
Dès la première heure, elle a résisté au nazisme. Épouse du colonel Henri Rol-Tanguy, Cécile, Grand officier de la légion d‘honneur, a été aux premiers rangs de la libération de Paris en août 1944.
Au Palais de l’Élysée, alors que Jacques Chirac venait de l’élever au grade de Grand officier de la légion d’honneur, Cécile Rol-Tanguy déclarait : « Cette distinction, monsieur le Président, je l’accepte au nom de toutes les femmes résistantes oubliées, celles dont on n’a jamais parlé, celles qui n’ont rien eu. »
Cécile Rol-Tanguy, née Marguerite le Bihan à Royan avait fêté au mois d’avril 2019 ses cent ans entourée de sa famille et de ses nombreux amis. Elle est décédée ce vendredi 8 mai 2020 chez elle, à midi, à Monteaux (Loir et Cher), entouré des siens. Comme un symbole.
Une grande dame vient de nous quitter et pas seulement parce qu’elle était l’épouse du célèbre colonel Henri Rol-Tanguy, le métallo-brigadiste parti défendre la République espagnole avant d’entrer en résistance contre les nazis. Elle avait été la proche collaboratrice puis la femme du chef FFI artisan de la libération de Paris en août 1944.
Cécile c’était aussi Cécile, surtout Cécile, une femme de courage, d’intelligence et de lucidité. Fille de François Le Bihan, syndicaliste et communiste français, déporté à Auschwitz, Cécile Rol-Tanguy était une femme d’action. Elle a milité à l’Union des jeunes filles de France, participé activement aux Comités d’aide à l’Espagne républicaine et a rejoint le parti communiste en 1938. Elle a d’abord été la marraine de guerre d’Henri avant de l’épouser en avril 1939.
Voir aussi : J'étais son agent de liaison, sa secrétaire,.. tout !
Dès juillet 1940, elle entre en clandestinité. Elle est agent de liaison. Il lui arrive de cacher des armes dans le landau de ses enfants. C’est elle qui tape à la machine, sous la dictée de Rol, l’appel à l’insurrection des Parisiens.
Après la mort d’Henri (2002), Cécile Rol-Tanguy a poursuivi le travail de mémoire : en présidant l’association « Les Amis des combattants en Espagne républicaine » (ACER), en participant à des cérémonies, des rencontres et des débats. Elle était une femme d’écoute et d’échanges, jamais d’idées imposées.
Voir aussi : "Reprenez le flambeau de la paix !"
Il y a quelques années, l’accompagnant à Vénissieux pour une cérémonie à la mémoire d’Henri, nous avions échangé dans le train sur l’état du monde. Je me souviens de ses mots : « nous rêvions d’un monde en paix et nous assistons à tant de conflits et de barbaries. Nous rêvions d’une vie meilleure et nous devons supporter tant d’injustices. Au soir de ma vie, j’ai un souhait : que les jeunes générations reprennent le flambeau de la paix, de la liberté, de la résistance en s’opposant à l’intolérance d’où qu’elle vienne et en trouvant des voies nouvelles pour un avenir meilleur. »
Voir aussi : "C'était un engagement instinctif"
À Hélène, Claire, Jean, Francis, les enfants de Cécile Rol-Tanguy et à ses petits-enfants, l’Humanité adresse ses plus sincères condoléances.
José Fort
Jusqu’à sa mort, le 8 mai à l’âge de 101 ans, elle défendit le souvenir de l’insurrection parisienne à laquelle elle prit part en tant qu’agente de liaison.
Antoine Flandrin - Le Monde
L’engagement des femmes dans la Résistance française fut longtemps occulté. Souvent, l’importance de leur rôle fut découverte après la mort de leur mari. Ce fut le cas de l’épouse du colonel Rol-Tanguy (1908-2002), chef des Forces françaises de l’intérieur (FFI) de la région parisienne, connu pour avoir mené la libération de Paris avant l’entrée des blindés du général Leclerc, le 24 août 1944. Jusqu’à sa mort, le 8 mai, à l’âge de 101 ans, Cécile Rol-Tanguy défendit le souvenir de l’insurrection parisienne à laquelle elle prit part en tant qu’agente de liaison.
Née le 10 avril 1919 à Royan (Charente-Maritime), elle grandit au Vésinet (Yvelines), puis à Paris dans le 19e arrondissement, dans une famille d’ouvriers communistes. Son père, François Le Bihan, électricien, militant CGT au Secours rouge international, héberge avec son épouse de nombreux responsables communistes tchèques, hongrois, yougoslaves, italiens et allemands, exilés politiques en France.
Après avoir obtenu son brevet, Cécile Le Bihan est embauchée en 1936 comme dactylographe à la fédération CGT de la métallurgie, où elle fait la connaissance d’Henri Tanguy, un Parisien d’origine bretonne qui a quitté l’école à 13 ans et a été renvoyé de plusieurs usines d’automobiles pour y avoir organisé des grèves. Elle devient sa marraine de guerre, après qu’il obtient l’autorisation du Parti communiste français (PCF) pour rejoindre les Brigades internationales pendant la guerre civile en Espagne, en 1937 et 1938. Il en reviendra avec une blessure à la poitrine et un surnom de guerre – Rol, le nom de son ami Théo, tué par les Franquistes.
Après leur mariage, en 1939, vient le temps des drames. Son père, François Le Bihan, est arrêté en avril 1940. Accusé d’avoir tenté de reconstituer le PCF alors dissous, il est écroué à la prison de la Santé, à Paris. Il sera déporté à Auschwitz où il mourra en 1942. Elle n’a aucune nouvelle de son mari, Henri Tanguy, mobilisé en 1939, affecté dans une usine d’armement près de la frontière pyrénéenne. Bientôt, leur petite fille de 7 mois, Françoise, tombe malade. Le bébé meurt le 12 juin, alors que les troupes allemandes entrent dans la capitale.
« Je n’avais plus rien, racontait-elle. Mon père avait été arrêté, mon mari, je ne savais pas où il était, et j’avais perdu ma petite fille. Qu’est-ce qui me retenait ? Je rentrai dans la Résistance. Ça m’a aidé. Ça m’a apporté quelque chose. » Contactée par la CGT, devenue clandestine, elle accepte de dactylographier des tracts et des articles pour des journaux de la Résistance. Lorsque son mari rentre à Paris, en octobre, elle devient son agente de liaison.
Deux autres enfants, Hélène et Jean, naissent en 1941 et en 1943. Elle se sert de la poussette qui les transporte pour y cacher des documents secrets pour le réseau communiste des Francs-tireurs et partisans (FTP). Sous les rutabagas et les poireaux de son cabas, elle dissimule pistolets, grenades et détonateurs. Alors que son mari passe de planque en planque, elle vit avec sa mère et utilise des prénoms d’emprunt : Yvette ou Lucie.
Dans la nuit du 18 au 19 août 1944, c’est elle qui tape à la machine le tract appelant les Parisiens à s’insurger : « Aux patriotes aptes à porter des armes. (…) La France vous appelle ! Aux armes, citoyens ! ». Le 20, elle est de nouveau aux côtés du colonel Rol lorsque celui-ci installe son PC dans les catacombes, à vingt-six mètres sous le lion de la place Denfert-Rochereau. C’est là que le chef régional des FFI organise le soulèvement parisien. Cinq jours plus tard, après de rudes combats, les Parisiens fêtent la Libération, alors que les chars alliés entrent dans la capitale. Cécile Rol-Tanguy sort de l’ombre. Elle est reçue au ministère de la guerre, le 27, avec son mari ainsi qu’une vingtaine de chefs de la Résistance parisienne, par le général de Gaulle.
Après le décès de son mari, en 2002, elle continuera à témoigner. « J’ai longtemps accompagné mon mari pour évoquer la Résistance, disait-elle. Quand il est parti, l’idée qu’on allait oublier son combat et celui de tant d’autres ne me plaisait pas. Alors je me suis lancée, sans jamais penser à ce qui me tomberait dessus… »
10 avril 1919 : naissance à Royan (Charente-Maritime)
1936 : sténodactylo à la Confédération générale du travail (CGT)
1939 : épouse Henri Rol-Tanguy
1940-1944 : agente de liaison dans la Résistance
8 mai 2020 : mort à Monteaux (Loir-et-Cher)
Morlaix - 8 mai 2020 - 8 mai 1945:
75 ans après la fin de la seconde guerre mondiale et la chute du nazisme.
J'ai rendu hommage ce matin avec des fleurs de mon jardin aux Résistants morlaisiens, à Rol-Tanguy, compagnon de la libération, à la tête de l'insurrection dans la libération de Paris, communiste, né a Morlaix, aux déportés (130 environ venant de Morlaix ou arrêtés dans notre ville, une soixantaine y trouvèrent la mort, dont 32 des 59 otages faits le 26 décembre 1943) et victimes de la guerre et des crimes du nazisme et de la collaboration, à leurs espoirs d'un monde meilleur, de paix durable dans la liberté et la justice sociale.
Ces constructions historiques que sont la démocratie et la paix en Europe sont fragiles et battues en brèche par des forces contraires de plus en plus inquiétantes. Défendons-les avec lucidité contre ceux qui font le lit des idées de haine, d'intolérance et de nationalisme d'extrême-droite, tout le contraire du vrai patriotisme.
Ismaël Dupont
Les déportés morlaisiens dans les camps nazis pendant la seconde guerre mondiale
Le 8 mai, une date référence pour notre mémoire collective
C’était un 8 mai, il y a 75 ans. Le 8 mai 1945. Cette date marque la fin « des années noires », la fin de la deuxième guerre mondiale, la capitulation de l’Allemagne Nazie.
L’existence de cette date n’est pas toujours allée de soi. Son instauration en jour férié, en 1981 seulement, s’est heurtée à bien des obstacles. De même, il a fallu du temps, en France, pour que soit reconnue la responsabilité de l’État Français, installé à Vichy, dans la collaboration avec les nazis, la déportation de millions de juifs, notamment des enfants, et la traque des résistant·e·s sur notre territoire national.
La vigilance est toujours de mise : le projet existe toujours d’unifier en une seule date la commémoration de la fin des conflits qui ont marqué le 20e siècle, pour supprimer des jours de congés aux Français qui ne « travailleraient pas assez », peut être aussi pour des raisons moins avouables encore…
J’y suis, avec mes camarades communistes, résolument opposé. Le 8 mai doit rester une date référence dans notre mémoire collective.
Cette date nous invite à la mémoire de ce que fut le nazisme, son inimaginable inhumanité. Mémoire des victimes, militaires, civiles et innocentes, disparues par millions dans les camps de la mort, dans des massacres ou des représailles d’une impensable sauvagerie. Qu’ils ou elles soient morts à Oradour-sur-Glane, Leningrad, Auschwitz, Varsovie ou ailleurs, c’est à elles et eux que nous pensons en ce jour.
Cette date nous invite à rappeler les complicités dont a bénéficié le régime nazi, dont la plupart figure parmi « les premiers de cordée » de l’époque.
A rappeler, bien sûr, le courage des femmes et des hommes qui, au contraire, ont refusé de vivre à genoux, se sont levés, ont payé souvent de leur vie leur soif d’une humanité libérée.
François Mauriac, écrivain catholique, de sensibilité Gaulliste écrira : « seule la classe ouvrière dans son ensemble est restée fidèle à la patrie... ».
Cette date nous invite aussi à tout faire pour que se développent pleinement, avec l’ouverture des archives, la connaissance, la recherche scientifique et historique sur ces années noires, notamment de ce que fut en France l’occupation et la complicité du régime de Vichy. Bien des zones d’ombre demeurent. Parmi elles, celle de ces militants, élus, parlementaires communistes ou syndicalistes arrêtés en 1939 sous le gouvernement Daladier, internés par celui de Vichy, en France puis en Afrique du nord et en Algérie, alors
« française ». Une journée d’étude à ce sujet associant historiens, syndicalistes et responsables politiques était programmée ce lundi 11 mai au Palais du Luxembourg. Les conditions de confinement actuelles nous ont contraints à la reporter au lundi 9 novembre. Nous en reparlerons, mais d’ores et déjà je vous y invite.
Cette date, enfin, nous invite à l’espoir. Certes, le monde d’aujourd’hui n’est plus le même. L’histoire s’accélère. Mais nous sentons toutes et tous que nous sommes, à nouveau, à un carrefour. L’Humanité poursuivra-t-elle dans la voie de politiques libérales qui n’ont d’autres boussoles que le profit au mépris de l’être humain et de la planète, ou d’autres voies, d’autres rapports de force permettront-ils aux femmes et aux hommes de bénéficier des immenses richesses crées et aujourd’hui dilapidées, pour pouvoir s’émanciper, vivre dignement, gagner de nouvelles protections et de nouveaux droits, préserver la planète et l’écosystème ?
Creusement sans fin des inégalités ou mise à disposition de toutes et tous des communs, là est le choix.
Il y a 75 ans, la mise en œuvre du programme du Conseil National de la Résistance était une réponse progressiste à la même question.
Rien n’est écrit, mais des points d’appui nouveaux, que nous ne soupçonnions pas ou dont nous ne soupçonnions pas encore la force, se font jour aujourd’hui, dans les contradictions d’un monde et d’une humanité qui cherchent la voie de nouveaux horizons…
Il y a 45 ans, du cœur du Chili opprimé, un chant s’est élevé : « el Pueblo unido jamas sera vencido »
En ce 8 mai 2020 ce chant est toujours le nôtre et nous continuons à tracer, comme l’a dit le poète espagnol Antonio Machado, « nos sillages dans la mer ».
Pierre Laurent, président du Conseil national du PCF, sénateur de Paris

La construction capitaliste de l’Union européenne peut se disloquer. Les conseils européens des chefs d’État et de gouvernement sont plus catastrophiques les uns que les autres. Ce qui est actuellement sur la table, à savoir les conclusions de cette instance dite «informelle» qu’est l’Eurogroupe du 9 avril, conduit à l’augmentation de la dette des États et à leur exposition aux dramatiques «ajustements» néolibéraux qui sont justement à l’origine de la crise des systèmes de santé publics. Les critiques des gouvernements espagnol, portugais et italien sont tout à fait justifiées.

L’ampleur de la crise du capitalisme et de ses conséquences sociales appelle à d’autres solidarités entre peuples et nations d’Europe. Elles sont possibles et nécessaires. Je me contenterai de l’illustrer par quatre propositions.
Une proposition immédiate, que le PCF porte depuis longtemps et que le PGE a reprise: la redirection des moyens et efforts financiers de la BCE vers l’investissement pour les services publics et l’emploi. La pétition initiée par Frédéric Boccara et Paolo Ferrero, vice-président du PGE, «L’argent de la BCE pour la santé, pas pour le capital», interpellant la commission européenne doit être popularisée. Cette mesure n’est pas seulement une action urgente, mais elle ouvre une brèche sérieuse dans l’économie politique monétariste de l’euro.
D’autre part, la crise de la mondialisation capitaliste et la nécessité de défendre l’emploi soulignent la nécessité de porter l’exigence des relocalisations des industries stratégiques sur le sol européen. Elles ne seront durables que si elles sont complétées de mesures efficaces de lutte contre le dumping social, fiscal et écologique, et contre l’évasion fiscale.
De plus, la question de la dette est plus que jamais centrale, alors que les États de l’UE vont s’endetter en moyenne pour dix points supplémentaires de PIB. La nécessité d’un moratoire sur les dettes publiques et de l’annulation de leur part illégitime, à travers d’une conférence européenne de la dette. Ce qui a été possible de faire en 1953 pour la dette publique de la RFA à la conférence de Londres pour les intérêts de la bourgeoisie ouest-allemande doit l’être aujourd’hui pour ceux des peuples.
Enfin, la «suspension» du Pacte de stabilité et de croissance ne serait sans doute que l’arbre qui cache la forêt si elle n’appelle pas son annulation totale, ainsi que celle de l’ensemble du corset austéritaire européen, à savoir le semestre européen, le pacte budgétaire et les autres mécanismes de contrôle de la commission européenne sur les budgets des États.
Si des brèches sont ouvertes, les élargir pour remettre en cause la logique même de l’européisme libéral en faisant émerger d’autres solidarités, mutuellement bénéfiques, entre les peuples et les nations d’Europe implique un niveau de rapport de force de haut niveau et une bataille de classe de haute intensité. Nous avons des points d’appui, en France et en Europe. À nous, avec nos alliés en Europe, de les renforcer et de les élargir.
Vincent BOULET
Responsable Europe du PCF

Aggravation des inégalités sanitaires, territoriales, sociales, économiques, manque de démocratie et de moyens financiers, reprise de l’activité au seul service des profits, voilà la réalité du plan de déconfinement du gouvernement.

La différence de couleur des régions ne vient pas de « résultats moins bons » comme l’affirme le Premier Ministre qui fait porter de manière inacceptable la responsabilité sur les Français.e.s. Elle vient d’une politique gouvernementale de casse de l’hôpital public, dans le prolongement des politiques menées ces dernières décennies. L’engagement des Français.e.s a lui été total, marqué par la dignité et le civisme, tout au long du confinement.
En effet, si le Pas de Calais, la Seine-saint-Denis ou Mayotte et d’autres sont en tension hospitalière, c’est surtout à cause du manque de lits chronique en réanimation ! La différence est édifiante entre la moyenne nationale qui est de 1 lit de réanimation pour 12 600 habitants et le Pas de Calais qui en compte 1 pour 17 000, la Seine-saint-Denis qui en compte 1 pour 16 500 ou Mayotte, avec 1 lit pour 27 000 habitants. Cette situation est inadmissible dans une République dont une des valeurs fondatrices est l’égalité. Les députés et sénateurs communistes, avec les responsables syndicaux, ont multiplié les alertes et les propositions pour renforcer l’hôpital public.
Pour tous les départements, rouges ou verts, c’est d’une réelle stratégie de déconfinement dont le pays à besoin. Le PCF a rendu public ce jour ses propositions. Fin de l’état d’urgence, fonds de 50 milliards, masques gratuits pour tous et politique de test massive, sélection des activités économiques, réduction du temps de travail, report de l’ouverture des écoles pour accueillir tous les élèves, augmentation des salaires… Des mesures fortes peuvent et doivent être prises pour un déconfinement réussi.
La vie humaine doit être protégée partout, dans toute la France et pour tous nos concitoyen.ne.s. Et la reprise de l'activité ne peut pas se faire comme avant : la transformation de notre mode de développement au service de l’humain et de la planète est plus nécessaire que jamais.
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Isidore Masson était un cousin du beau-père de Pierre-Yvon Boisnard, comme François Masson, deux frères, résistants de Ploujean, qui ont eu un destin tragique et ont donné leur vie dans le combat contre le Nazisme et l'occupation, le premier au sein du mouvement Libération Nord, le second au sein de la France Libre puis des FFI. Merci à notre ami Pierre-Yvon Boisnard pour la mise à disposition de tous ces documents pour rendre hommage à deux résistants morlaisiens pour les 75 ans du 8 mai 1945.
Maitron - Dictionnaire biographique Le Maitron
https://maitron.fr/spip.php?article205304, notice MASSON Isidore par Maryvonne Jegaden-Moal, Alain Prigent, Serge Tilly, version mise en ligne le 24 juillet 2018, dernière modification le 13 avril 2020.
Né le 23 janvier 1920 à "Troulousten" au 15 rue du Port à Ploujean (Finistère), commune rattachée à Morlaix depuis 1960 ; condamné à la peine de mort par un tribunal militaire allemand et fusillé le 4 juillet 1944 à Plougasnou (Finistère) pour activité de franc-tireur ; résistant FFI
Isidore Masson résistant FFI au grade de soldat 2ème classe - mouvement Libé-Nord.
Fils d’Yves Masson, employé et de Marguerite Flamanc, ménagère, demeurant 15 rue du Port à Ploujean (Finistère),
Isidore Masson était célibataire, commerçant, il demeura à Coat Serho en Ploujean, réfractaire au STO. Il fut fiancé à Yvonne Jegaden.
La famille Jegaden était proche de la SFIO, elle avait un lien de parenté avec François Tanguy-Prigent, Yvonne était sa cousine germaine et Yves son cousin germain.
Le mouvement Libé-Nord fut organisé en plusieurs groupes à Plougasnou sous le commandement du Docteur Le Janne, "commandant Noël".
Le 3 juillet 1944, Charles Bescont se rendit à Mesgouëz en Plougasnou en vue d’une réunion en lien avec la résistance.
Vers 22h30, des militaires de l’armée allemande encerclèrent le quartier effectuant une opération de police, ils se rendirent chez la famille Jegaden et arrêtèrent plusieurs résistants dont Charles Bescont, Yvonne Jegaden, Yves Jegaden, d’Isidore Masson et Emile Jegaden, ainsi que des voisins de la famille Jegaden, Joseph Prigent et son frère Marcel (voir pièce jointe).
Au cours de la perquisition aucune arme ne fut trouvée. Avant de quitter les lieux les militaires saccagèrent le mobilier à coups de baïonnettes.
Le 4 juillet 1944, Charles Bescont, Yvonne Jegaden, Yves Jegaden et Isidore Masson furent condamnés à la peine de mort par le tribunal militaire allemand du secteur postal 58800 pour activités de francs-tireurs et exécutés le jour même à Ruffelic en Plougasnou.
Avant son exécution Isidore Masson fut en possession d’un portefeuille contenant 195 francs, d’un montre bracelet, d’un étui à cigarettes et d’un stylo.
Tous les 4, ainsi qu’Emile Jegaden, rejoignirent le mouvement Libé-Nord en fin d’année 1943.
Ce même jour 4 juillet 1944, au bourg de Plougasnou, l’armée allemande effectua une autre opération de police, un deuxième groupe de résistants indépendant du premier fut arrêté dont Claude Kerguiduff, Alexis Moal, Pierre Moal, Jean Scour et Jean Clech (voir pièce jointe).
Le 6 juillet 1944, Claude Kerguiduff, Alexis Moal, Pierre Moal et Jean Scour furent condamnés à la peine de mort par le tribunal militaire allemand du secteur postal 58800 pour activités de francs-tireurs et exécutés le jour même à Pontplaincoat en Plougasnou.
Tous les 4 rejoignirent également le mouvement Libé-Nord en fin d’année 1943.
Ruffelic et Pontplaincoat sont distants par la route de 3.7 km.
Toutes ces arrestations seraient consécutives à une dénonciation.
Au cours des interrogatoires au camp militaire allemand de Ruffelic - situé en bordure de mer en zone interdite - et à Pontplaincoat - ancien manoir du XVIème siècle réquisitionné par les militaires allemands, - ils furent sauvagement martyrisés avec l’aide de l’autonomiste Hervé Botros du kommando de Landerneau (Finistère).
Ces deux groupes de résistants menèrent diverses actions contre l’ennemi, en particulier, la récupération d’armes parachutées, le recueillement de renseignements sur les troupes d’occupation installées dans le secteur. Ils dépendaient du maquis de Plourin-les-Morlaix (Finistère) ; quand celui-ci fut infiltré après une dénonciation, ils se replièrent au maquis de Saint-Laurent à Plouégat-Guérand (Finistère) pour les uns, au maquis de Kerionec à Saint-Jean-du-Doigt (Finistère) pour les autres.
La famille Jegaden recueillit un pilote canadien Gérald Racine dont l’avion de chasse de la RAF fut abattu au-dessus de l’île de Batz le 31 mars 1944, dont les restes tombèrent à Pen-al-Lan, en Carantec, Gérald Racine réussit à s’extraire en parachute de son appareil. Il atterrit à Plougasnou et fut ensuite exfiltré vers l’Angleterre par le réseau "Var" – opération SCARF -. Le réseau « Var » était basé à Guimaëc (Finistère).
Les FFI de Plougasnou furent en relation étroite avec le maquis FTP de Plouégat-Guérand (Finistère), participant ensemble à la Libération du secteur.
Emile Jegaden le frère de Yvonne et d’Yves fut transféré à la maison d’arrêt de Pontaniou à Brest, avant d’être incarcéré au camp de Struthof (Bas-Rhin) en Alsace, dans les territoires occupés, catégorie NN – Nacht und Nebel - matricule 22749. Il fut déplacé dans un des kommandos du camp, à Schömberg, dans le Bade Wurtenberg, au sud de l’Allemagne. Il fut ensuite évacué de ce kommando par une marche forcée organisée par les nazis - marche de la mort -. Il parvint en cours de route à s’évader à Mittenwald (Allemagne) à la frontière autrichienne d’où il fut libéré le 28 avril 1945 par les troupes de l’armée américaine.
Joseph Prigent, son frère Marcel et Jean Clech furent libérés quelques jours plus tard après avoir été également martyrisés.
Après la Libération du secteur :
Le 13 août 1944, les corps de Charles Bescont, Yvonne Jegaden, Yves Jegaden et Isidore Masson furent découverts dans une fosse à Ruffelic en Plougasnou.
Le 19 août 1944, les corps de Claude Kerguiduff, Alexis Moal, Pierre Moal et Jean Scour furent découverts dans une fosse près de la ferme de Merdy-Bras à proximité de Pontplaincoat en Plougasnou.
Hervé Botros, originaire de Lanmeur (Finistère), ses parents y tenaient une épicerie, membre du PNB, camarade d’école de plusieurs des jeunes résistants fut directement responsable de la mort de dizaines de Résistants qu’il martyrisa et livra aux Allemands. Après la libération, il s’engagea dans la légion étrangère, le pur hasard a permis de l’arrêter le 28 février 1945 grâce un ancien camarade, Guy Peron, jugé au tribunal de Quimper (Finistère), condamné à la peine de mort le 21 septembre 1945 et exécuté dans cette ville le 7 novembre 1945.
Isidore Masson avait 24 ans, son nom figure sur le monument à Ruffelic en Plougasnou, sur lequel figure la date du 5 juillet 1944 alors qu’en réalité ce fut le 4 juillet 1944 (voir pièce jointe).
Isidore Masson fut inhumé au cimetière de Plougasnou.
A titre posthume, il lui fut attribué la Médaille de la Résistance Française et la Médaille Militaire par décret du 11 juillet 1958.
Le frère d’Isidore Masson, François, fut tué le 27 novembre 1944 en Alsace, il avait 23 ans.
Ces assassinats laissèrent des traces indélébiles dans la mémoire collective de la région.
Tous les ans, le 8 mai, devant les monuments de Ruffelic et de Pontplaincoat, deux cérémonies patriotiques sont organisées en hommage aux 8 résistants qui donnèrent leur vie pour que nous puissions vivre libre et en paix.
18 collectivités territoriales françaises furent décorées de la médaille de la Résistance française, dont 3 pour le Finistère : Brest, l’Ile-de-Sein et Plougasnou.
Pour Plougasnou par décret du 31 mars 1947, publié au Journal Officiel le 23 décembre 1948, une plaque figurant sur la façade de la mairie de Plougasnou rappelle cette attribution (voir pièce jointe).