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21 juillet 2026 2 21 /07 /juillet /2026 07:24
Loi « permis de tuer » : comment une vieille revendication de Jean-Marie Le Pen s’est imposée (en pire) à l’Assemblée

Issu du programme de Jean-Marie Le Pen, le texte sur « la présomption de légitime défense des forces de l’ordre » en cas d’usage de leur arme a été adopté à l’Assemblée le 7 juillet, après réécriture du gouvernement. La pétition qui s’y oppose, signée par plus de 700 000 personnes, doit être examinée mardi 21 juillet en commission des Lois.

Pierre Cazemajor

Il aura fallu près de vingt ans pour que cette proposition de Jean-Marie Le Pen trouve une majorité à l’Assemblée nationale. En 2007, dans son programme présidentiel, l’ancien président du Front national proposait déjà de « mettre fin à la suspicion qui pèse sur les forces de l’ordre lorsqu’elles font usage de la force, en créant une présomption de légitime défense ». Le 7 juillet, une proposition de loi similaire, portée par le député LR Éric Pauget, a été adoptée avec les voix du Rassemblement national, des « Républicains » et des macronistes.

Pour Margot Pugliese, avocate pénaliste et membre de l’ONG Flagrant Déni, ce rappel permet de resituer le texte dans une histoire politique plus longue : celle d’une revendication d’abord portée par l’extrême droite, puis progressivement reprise par la droite parlementaire et le camp macroniste. Hugo Partouche, membre du Syndicat des avocats de France, y voit le même déplacement : « Cette loi reprend des propositions anciennes de l’extrême droite. »

Une proposition durcie par le gouvernement

Déposée le 3 décembre 2024, la proposition de loi visait d’abord à reconnaître une présomption de « légitime défense » pour les « forces de l’ordre ». Débattue une première fois le 22 janvier, lors de la niche parlementaire du groupe Droite républicaine, elle n’était alors pas allée au bout de son examen, face aux amendements déposés par la gauche. Mais le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, avait promis aux députés LR que le sujet reviendrait. Promesse tenue.

La proposition est donc revenue dans l’Hémicycle le 7 juillet. Pour les opposants au texte, ce calendrier n’a rien d’anodin. Le député écologiste et social Pouria Amirshahi accuse l’exécutif de faire passer cette proposition « au cœur de l’été pour étouffer cet enjeu essentiel ». Thomas Portes, député LFI, dénonce de son côté un « coup de force ». Au Parti communiste, même constat : « En termes démocratiques, ce qui est en train de se passer est extrêmement grave », alerte la députée Elsa Faucillon.

Or, le texte revient avec une réécriture gouvernementale qui n’a pas apaisé les critiques. Il ne parle plus seulement de présomption de légitime défense. Il prévoit que, « lorsqu’ils font usage de leurs armes », les policiers et les gendarmes « sont présumés avoir agi » dans les conditions d’absolue nécessité et de stricte proportionnalité. Autrement dit : l’usage de l’arme partirait d’une présomption de légalité, sauf preuve contraire.

Jusqu’ici, lorsqu’un tir blesse ou tue, l’enquête doit établir si ces critères étaient réunis. Avec ce texte, le point de départ changerait. Pour les opposants au texte, cette réécriture revient à fragiliser les premières heures d’enquête, souvent décisives pour saisir les vidéos, recueillir les témoignages, exploiter les téléphones, entendre les agents et établir la chronologie du tir. « Avec ce texte, concrètement, il sera impossible que jaillisse la vérité », alerte Margot Pugliese.

Des alertes restées sans effet

Dès le 25 juin, six organisations – Save-Stop aux violences d’État, la Ligue des droits de l’homme, Amnesty International, le Syndicat des avocats de France, le Syndicat de la magistrature et Flagrant Déni – avaient pourtant demandé le rejet du texte. Toutes pointaient un même risque : présumer légal un tir avant même l’enquête, c’est rendre plus difficile la manifestation de la vérité.

Dans son avis rendu le 26 juin, la Défenseure des droits Claire Hédon insistait, elle aussi, sur ce danger. Une présomption, même simple, « n’est jamais neutre » : elle peut orienter les premières appréciations, influer sur les actes d’enquête et adresser « un signal dangereux quant au recours à la force létale ». La Commission nationale consultative des droits de l’homme partage cette inquiétude. Dans une lettre adressée aux députés le 29 juin, son président Jean-Marie Burguburu alerte sur un « relâchement de l’encadrement de l’usage des armes ».

À l’international aussi, la proposition de loi inquiète. Le 7 juillet, Morris Tidball-Binz, rapporteur spécial des Nations unies sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires, a appelé la France à rejeter la proposition. Selon lui, l’obligation d’enquêter sur toute privation de vie potentiellement illicite incombe à l’État et ne peut pas être déplacée, même en pratique, vers les victimes ou leurs familles.

Ces alertes n’ont pourtant pas empêché l’adoption de la proposition de loi. Face aux amendements de la gauche, le gouvernement a déclenché l’article 44 de la Constitution, le « vote bloqué », empêchant les députés de se prononcer sur les amendements. Pour la présidente d’Amnesty International France, Anne Savinel-Barras, il s’agit d’« un vote de la honte » et d’« un recul historique de l’État de droit ».

« Rendez-vous le 19 septembre »

Mais le vote à l’Assemblée n’a pas clos la séquence. Une pétition déposée sur le site de l’Assemblée nationale a dépassé les 700 000 signatures. Ce mardi, la commission des Lois doit se prononcer sur sa recevabilité. Ugo Bernalicis, député insoumis, a été nommé rapporteur pour cette délibération.

Son examen doit permettre de déterminer si cette mobilisation citoyenne pourra être débattue dans l’Hémicycle. Pour les signataires, le texte représente « une atteinte grave à l’État de droit » et risque de « paralyser les enquêtes judiciaires ».

La suite se jouera donc sur deux terrains. Au Parlement, d’abord, puisque le texte doit désormais être examiné par la Chambre haute. « Le Sénat doit l’arrêter, et nous lui demandons de le faire », insiste Samia El Khalfaoui, tante de Souheil, tué par un policier lors d’un refus d’obtempérer le 4 août 2021, à Marseille.

Dans la rue, ensuite : Save, le Syndicat de la magistrature, le comité Adama et les organisations qui les rejoindront appellent à une grande mobilisation nationale le 19 septembre. Les forces politiques de gauche ont annoncé qu’elles y participeraient. « Cette loi ne passera pas », promet Assa Traoré, sœur d’Adama Traoré, mort en 2016 après son interpellation par des gendarmes. « Rendez-vous le 19 septembre dans la rue. »

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21 juillet 2026 2 21 /07 /juillet /2026 05:05

 

 

 

 

 

 

 

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20 juillet 2026 1 20 /07 /juillet /2026 12:39

 

1936 fut une année magnétique, l’année du Front populaire ! Notre hebdomadaire Communistes lui rend hommage en évoquant, chaque semaine de 2026, des événements survenus la semaine équivalente (ou presque) de 1936.

9/15 mars 1936 (10) Sauver la paix

La question de la guerre ou de la paix domine toute la semaine. Le président du Conseil, Albert Sarraut, juge « inacceptable » la décision de Hitler de remilitariser la Rhénanie, mais rien ne suit. La SDN, la Société des Nations, sorte d’ancêtre de l’ONU, se réunit ; le Royaume-Uni déconseille toute action militaire en Rhénanie. Alors que le Sénat ratifie le pacte franco-soviétique, Gabriel Péri interroge : « Loi de la jungle ou sécurité collective ? »

L’Humanité dénonce la complicité des fascistes français (Les Croix-de-feu ou les « Jeunesses patriotes » de Taittinger ou Marcel Bucard) avec les fauteurs de guerre. Tous ces gens étaient officiellement représentés, dénonce Lucien Sampaix dans l’Humanité, au congrès nazi de Nuremberg. « Les chefs fascistes français soutiennent Hitler depuis son accession au pouvoir. Ils le soutiennent parce qu’ils le considèrent, avec Mussolini, comme le chef de l’Internationale fasciste appelé à réaliser le bloc de l’ultra-droite de tous les pays pour une croisade contre l’Union Soviétique, patrie des travailleurs. » L’article est titré « L’Internationale fasciste au travail ».

Le PC propose au PS « d’organiser l’unité d’action internationale pour défendre la paix ». Il s’agit à la fois de tenir des actions communes « contre la guerre préparée et voulue par l’hitlérisme » et de s’adresser ensemble « aux deux Internationales en leur demandant de réaliser l’action commune internationale pour la défense de la paix. » Le PS refuse. « Un refus regrettable » titre l’Humanité.

En Espagne, la Phalange espagnole, organisation fasciste, est déclarée hors la loi et son chef Primo de Rivera est arrêté. Le PCE de son côté se renforce : 35 000 militants en février, 102 000 en mai.

À lire la presse, faisant écho à d’effrayants faits-divers, l’époque semble particulièrement violente. Les assassinats, les meurtres, les parricides sont le lot quotidien. Paul Vaillant-Couturier consacre à ce sujet un éditorial intitulé « Contre le crime ». Le crime a toujours été là, ce qui change, s’amplifie, c’est le crime de la misère et le gangstérisme. « Ils sont typiquement des crimes d’un monde où sévit la crise. » Il y voit « un monde à l’envers où l’on meurt de faim dans un enfer d’abondance ». Et le gangstérisme est l’enfant légitime d’une société où le profit est roi. Il conclut ainsi : « Il faut rendre aux hommes la confiance dans l’avenir et leur donner le sens de leur dignité. »

La date des élections législatives est fixée : 26 avril et 3 mai.

Gérard Streiff

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20 juillet 2026 1 20 /07 /juillet /2026 07:00

Les députés, suivis des sénateurs, vont voter ces 20 et 21 juillet un projet de loi d’urgence agricole qui risque de favoriser l’accaparement de nos ressources en eau. Une hérésie, alors que la sécheresse menace.

Il y a quelque chose de surréaliste dans le télescopage : alors que la France sort à peine d’une canicule historique pour entrer dans une sécheresse d’une précocité rare, le Parlement s’apprête à voter un texte de loi qui risque de mettre le pays à sec.

Écrit pratiquement sous la dictée des lobbyistes de l’agriculture intensive, et encore musclé lors de son passage au Sénat, le « projet de loi d’urgence agricole », examiné ce lundi 20 juillet à l’Assemblée nationale, concentre les attaques d’une coalition informelle mêlant partis de gauche, anciens ministres, militants environnementaux et chercheurs spécialistes du sujet. « Cette loi, c’est un peu comme si un cheval lancé au galop face à un précipice se mettait à accélérer, résume Julie Trottier, directrice de recherche au CNRS et spécialiste des questions liées à l’eau depuis plus de trente ans. C’est une catastrophe. »

Un accaparement de l’eau par une minorité

Entre autres mesures décriées, le texte veut laisser au préfet la possibilité d’intervenir pour autoriser des ouvrages de stockages d’eau en s’asseyant sur les schémas directeurs d’aménagement et de gestion de l’eau (Sdage), des documents visant à organiser la gestion de la ressource aquatique à l’échelle d’un bassin-versant.

Jusqu’à présent, ces Sdage constituaient une carte maîtresse pour tous les opposants aux méga-bassines (en jargon policé, on dit « retenues de substitution »), qui pouvaient les brandir en justice lors des recours intentés. Parfois, les militants parvenaient à faire interdire les retenues par le juge administratif, au motif que ces dernières contrevenaient aux dispositions du Sdage. « La loi d’urgence permet au préfet d’autoriser la retenue, même si le juge administratif a interdit le projet, s’inquiète Julie Trottier. D’une part, cela nuit à la séparation des pouvoirs. De l’autre, cela risque d’augmenter les prélèvements pour l’irrigation, alors que nous sommes dans un système à bout de souffle. »

L’analyse est partagée par toutes les ONG opposées au texte de loi. « En facilitant à outrance le stockage de l’eau pour l’irrigation, il légitime son accaparement par une infime minorité d’exploitations intensives, attaque France Nature Environnement (FNE). Dans un contexte de sécheresses et de canicules chroniques, cette loi place de fait l’agriculture industrielle au-dessus de tous les autres usagers. Ce choix s’opère au détriment d’une répartition juste et démocratique de la ressource. »

 

Un quart des petits cours d’eau sont à sec

« La commission mixte paritaire (CMP, qui a réécrit le texte présenté à l’Assemblée ce 20 juillet – NDLR) acte le doublement des volumes de stockage d’eau pour les usages agricoles au détriment d’une véritable réflexion sur le fond, de tous les autres usagers et du bon fonctionnement des écosystèmes », renchérit Générations futures, qui note que d’anciens ministres de l’Agriculture pourtant pas réputés pour leur gauchisme échevelé, comme Marc Fesneau, ont pris position contre le texte dans une tribune parue récemment dans le Figaro.

Si ce texte de loi suscite un tel tir de barrage, c’est qu’il survient dans un contexte de sécheresse « exceptionnelle », de par « sa précocité et son intensité » (en général, ce type d’épisode arrive un mois plus tard), selon les mots de la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut. « Près d’un tiers des points de mesure se situe à des niveaux inférieurs aux minima observés au cours des vingt dernières années et un quart des petits cours d’eau sont désormais à sec », ajoute la ministre.

L’urgence d’un changement de philosophie

De quoi faire planer la perspective de restrictions dans l’utilisation de l’eau décidées par les services de l’État. « Cela n’a rien d’inédit, souligne Julie Trottier. Les arrêtés sécheresse pris par les départements définissent quatre niveaux. Quand le niveau d’alerte maximale est atteint, les départements peuvent interdire le prélèvement d’eau dans un milieu. Pour un maraîcher qui ne peut plus irriguer ses légumes, par exemple, c’est dramatique. »

 

Et la chercheuse de plaider pour un changement radical de philosophie. Elle rappelle souvent qu’il ne faut pas regarder l’eau comme un stock mais comme un flux : ce qui compte, ce n’est pas tant la quantité d’eau disponible (il y a suffisamment de pluviométrie pour que nos forêts vivent, précise-t-elle), mais la manière dont on interagit avec le flux.

En la matière, il y a encore du chemin : « 82 % de l’eau consommée durant l’été en France alimente le secteur agricole, explique-t-elle. Ces besoins en eau s’expliquent notamment par le choix d’avoir développé la culture du maïs, qui n’est pas du tout une plante appropriée pour une grosse sécheresse en été… À l’inverse du sorgho, par exemple, qui a besoin de beaucoup moins d’eau. »

 
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19 juillet 2026 7 19 /07 /juillet /2026 05:05

 

 

 

 

 

 

 

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18 juillet 2026 6 18 /07 /juillet /2026 07:00

La directrice de la Fête de l’Humanité, Sofia Boutrih, revient sur les grands combats que porte cet événement exceptionnel et le rôle qu’il peut jouer à quelques mois de la présidentielle.

Laurent Moulou

Quel sera le grand thème de cette Fête de l’Humanité 2026 ?

Sofia Boutrih

Directrice de la Fête de l’Humanité

Cette année, nous allons fêter les 90 ans du Front populaire. Il était incontournable de mettre au cœur de la Fête de l’Humanité ce moment historique pour la gauche et si symbolique à quelques mois de l’élection présidentielle.

La Fête rassemblera une grande partie des acteurs progressistes – organisations syndicales, politiques, associatives, organisations internationales –, avec la volonté de rappeler, comme ce fut le cas en 1936, la nécessité d’avoir un front uni contre la menace du fascisme et de donner tous les outils de réflexion au public. L’un des intérêts de cette Fête sera de mettre la gauche face à ses responsabilités et ses contradictions, et d’inciter au dialogue.

Comment ce contexte politique se traduira-t-il concrètement dans la Fête ?

Notre rôle n’est pas de trancher les différends autour de la présidentielle, mais de travailler sur ce qui rapproche, de montrer l’unité possible sur des sujets précis et un projet politique partagé. La Fête reste ce lieu unique où, dans chaque débat et chaque stand, communiste, insoumis, écologiste ou socialiste, on peut se croiser, se parler.

 

Plusieurs espaces, comme le Village des médias indépendants et le Forum social, feront vivre ces échanges entre forces politiques, organisations syndicales et même patronales. Évidemment, l’Agora sera le lieu incontournable de la réflexion, avec la venue de grandes personnalités et l’objectif d’élever le débat sur les fondamentaux politiques, que ce soit la lutte contre le racisme et le fascisme ou la prédation du capitalisme.

L’Agora est là pour fournir les armes intellectuelles au public, dans la perspective de la présidentielle et au-delà. J’espère, enfin, que l’affluence sera à la hauteur de celle – record – de l’année dernière. La Fête a souvent été le lieu du sursaut populaire et citoyen. Y venir, c’est montrer qu’on résiste, qu’on n’est pas résigné face au matraquage des sondages sur l’extrême droite et le risque d’une division de la gauche. Il reste beaucoup à faire, mais il y a de la lumière et de l’espoir !

L’autre grand thème, dans le contexte actuel, sera bien sûr la solidarité internationale…

La lutte pour la paix reste un fil rouge, avec notamment le soutien à Cuba, étouffée par les politiques états-uniennes, et naturellement au peuple palestinien martyrisé. Une nouvelle place, devant l’espace débat du Village du monde, sera inaugurée au nom de l’ancienne déléguée générale de la Palestine en France, Leïla Shahid, présente lors de la dernière Fête et qui nous a quittés en février.

L’année dernière, le spectacle « la Haine » avait été joué sur la Scène Angela Davis. Allez-vous renouveler ce type de spectacle ?

Tout à fait. On a demandé cette année d’avoir en exclusivité un Drag Race France sur la Fête de l’Humanité. Pour eux, ce sera la première fois qu’ils organiseront dans un tel lieu ce spectacle, symbole d’inclusivité. Un autre moment fort sera l’hommage à la chanteuse Colette Magny avec un spectacle intitulé Radicale Magny.

Plus largement, nous voulons faire de cette édition le grand rendez-vous de la culture en lutte face aux attaques que subit le secteur. Des temps forts seront organisés avec, notamment, le Syndicat des musiques actuelles et la commission culture du PCF.

Quelle philosophie guide la programmation artistique ?

Nous refusons d’entrer dans la logique spéculative qui fait aujourd’hui exploser les cachets des artistes. Nous n’en avons ni les moyens ni la volonté. Notre ambition est de proposer une offre culturelle riche, ambitieuse et populaire, mêlant des artistes intergénérationnels, comme Soprano ou Louane, à de nouvelles découvertes.

Le tout en restant un événement très accessible : les billets démarrent à 45 euros pour trois jours. Une billetterie solidaire existe également et nous travaillons avec des associations pour permettre à des habitants des quartiers populaires de venir. C’est un engagement fondamental.

À quelques semaines de l’échéance, comment vous préparez-vous ?

Nous y travaillons toute l’année avant d’en récolter le fruit en septembre. Dans la dernière ligne droite, ce sont 50 permanents, près de 600 bénévoles, ainsi que les prestataires, bâtisseurs et bâtisseuses, qui sont mobilisés. Cet engagement militant est essentiel. Le défi est colossal : une ville éphémère de 80 hectares accueillant 610 000 personnes en trois jours.

Le montage débute le 3 août et se poursuit jusqu’au 11 septembre, avant un mois de démontage. Nous cherchons aussi à améliorer sans cesse l’événement. Cette année, toutes les scènes seront raccordées au réseau électrique afin d’éviter les groupes électrogènes, coûteux en carburant. Nous avons renforcé le tri des déchets et lancé une étude sur notre impact écologique. Les aléas climatiques sont également devenus un enjeu majeur.

Les annulations de festivals, comme Solidays, pour des raisons météorologiques nous conduisent à rendre nos infrastructures plus résilientes face aux fortes pluies, au vent ou aux canicules. C’est aussi cette capacité à se réinventer qui fait de la Fête un rendez-vous incontournable.

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18 juillet 2026 6 18 /07 /juillet /2026 05:00

 

1936 fut une année magnétique, l’année du Front populaire ! Notre hebdomadaire Communistes lui rend hommage en évoquant, chaque semaine de 2026, des événements survenus la semaine équivalente (ou presque) de 1936.

1/8 mars 1936 (9)


L’unité syndicale

Deux informations dominent la semaine

Le congrès de réunification de la CGT se tient du 2 au 6 mars à Toulouse. 1 709 délégués, représentant 3 834 syndicats. Ils confirment leur adhésion au programme du Front populaire et leur attachement aux principes de la lutte des classes. On peut lire dans la résolution finale : « Le congrès déclare avec la plus grande fermeté qu’il ne suffit pas d’énoncer devant le peuple des revendications et des aspirations qui lui sont chères ; il faut sous peine de déceptions cruelles et graves les faire passer dans la réalité. » Ses effectifs vont passer dans l’année de 750 000 à 4 millions d’adhérents. Ont été élus à l’unanimité membres du Bureau confédéral : Jouhaux, Frachon, Racamond, Belin, Bothereau, Bouyer, Dupont.

« La classe ouvrière a maintenant en main une arme que les jours qui viennent vont rendre encore plus forte et mieux trempée », commente Paul Vaillant-Couturier qui ajoute : « Nous, communistes, n’avons jamais considéré pour notre part le Front populaire comme une simple et banale formation électorale ni, pour employer une expression chère aux réactionnaires et aux fascistes, comme un cartel tripartite. C’est beaucoup plus et beaucoup mieux à nos yeux. C’est une étape vers la libération définitive des travailleurs de France. C’est un rassemblement qui doit constituer, après comme avant les élections, une force durable de contrôle et d’action ayant, par ses comités, des ramifications dans les entreprises et jusque dans les moindres bourgades du pays. »

La seconde information qui domine la semaine est alarmante: Hitler, en réponse provocatrice au traité franco-soviétique juste signé, décide le 7 mars de réoccuper militairement la Rhénanie. La région était démilitarisée depuis la signature du traité de Versailles. Interdiction était faite à l’Allemagne d’établir des places fortes et de déplacer des troupes dans une zone de 50 kilomètres à l’est du Rhin. Les accords de Locarno (1925) renforçaient ces dispositions et toute violation serait considérée comme une agression allemande. Or Hitler réinstalle la Wehrmacht en Rhénanie. C’est dans cette région que se concentrent les industries de guerre allemandes. Et la France (comme la Grande-Bretagne) laissera faire. Comme elle laissera faire l’invasion de l’Autriche puis des Sudètes tchécoslovaques (traité de Munich). « La paix en danger », titre l’Humanité sur toute sa Une. Un appel du PCF déclare que « Hitler veut la guerre. (…) Face aux puissances de mort qui nous menacent, toutes les forces de vie doivent se rassembler. »

Gérard Streiff

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17 juillet 2026 5 17 /07 /juillet /2026 07:00

Président de la Fondation Gabriel Péri, Guillaume Roubaud-Quashie alerte sur sa situation économique dégradée par la baisse drastique du financement de l’État et appelle à réinvestir des outils utiles au débat démocratique.

Vous alertez sur la situation financière de la fondation Gabriel Péri. Pourquoi ?

Guillaume Roubaud-Quashie

Président de la Fondation Gabriel Péri

L’histoire des fondations politiques est très inégalement connue, en France. Il est sans doute utile de rappeler le point de départ.

La Fondation Gabriel-Péri, comme la plupart des fondations politiques, a été créée à la suite du 21 avril 2002. La qualification de l’extrême droite pour le second tour de l’élection présidentielle a provoqué un choc considérable. À l’époque, l’idée s’est imposée qu’il fallait favoriser un débat politique mieux informé, nourri d’études, de travaux. Le modèle des fondations est né dans l’Allemagne de l’après-guerre comme outil de dénazification.

Chez nos voisins – « modèle allemand » décidément suivi de manière très variable –, les fondations ont d’emblée disposé de moyens considérables et c’est toujours le cas aujourd’hui. En France, on a donné des moyens bien plus limités à ces structures tardivement créées mais cela permettait quand même d’engager des travaux ayant une certaine ampleur.

En ce qui concerne la Fondation Gabriel-Péri, je ne prends que deux exemples : l’appui massif à la numérisation des archives du communisme français en coopération avec la Maison des sciences de l’homme de Dijon a permis la constitution d’un portail sans équivalent pour aucune formation politique et le soutien décisif au lancement de la Grande édition Marx Engels en français (GEME), vaste entreprise de traduction et d’édition critique.

 

Toujours est-il que ces subventions ont fondu comme neige au soleil : elles ont été divisées par trois depuis le début du siècle et les coupes s’accélèrent. Depuis l’élection d’Emmanuel Macron, notre budget a été amputé de moitié. La raison d’être des fondations serait-elle plus difficile à saisir dans les circonstances présentes ? Qui ne voit que c’est tout l’inverse ! Contribuer à ce que le débat démocratique grandisse sur des bases solides est un enjeu de salut public.

L’existence de la Fondation est-elle menacée ?

Si le financement de la fondation continue d’être réduit, nous ne pourrons plus poursuivre notre mission. Les baisses de subvention nous ont déjà contraints à un nouveau licenciement dans la dernière période. Des projets ont dû être abandonnés, d’autres sont menacés. Des publications sont reportées. C’est tout simplement la capacité de la Fondation Gabriel-Péri à faire ce pour quoi elle a été créée qui se trouve mise en question. Encore quelques années ainsi et c’est la question de son existence qui va se poser très concrètement.

Que demandez-vous ?

La France a créé des fondations politiques parce qu’il a été considéré que la démocratie était en danger dans notre pays et qu’une des réponses à apporter pour la préserver était d’améliorer la qualité du débat public. Ce diagnostic était juste en 2002 et il l’est encore plus aujourd’hui. Cela appellerait a minima un rétablissement des subventions à la hauteur qui était la leur au moment de la création des fondations. Dans l’urgence, il conviendrait de revenir sur les coupes opérées au cours des derniers mandats.

Comment chacun peut-il contribuer à défendre l’existence de la fondation ?

La subvention pour l’année 2026 a été fixée il y a quelques jours, très en deçà (-67 000 euros) de ce que nous pouvions imaginer – la baisse est générale pour toutes les fondations politiques mais plus accusée pour certaines d’entre elles, notamment la Fondation Gabriel-Péri. Il y a donc urgence pour passer ce cap et surmonter ce mauvais coup.

Nous avons lancé un appel à la souscription avec l’objectif de réunir 60 000 euros dans l’immédiat. Il est possible de verser sur le site de la fondation. Soutenir la Fondation Gabriel-Péri peut aussi passer par l’achat et la diffusion des livres qu’elle publie ou des revues comme La Pensée. La fondation propose aussi des expositions qui peuvent être achetées, des initiatives qui peuvent être montées.

Vous donnez rendez-vous à la Fête de l’Humanité ?

La Fondation Gabriel-Péri entretient un dialogue privilégié avec le mouvement social et la gauche. La Fête de l’Humanité est donc incontournable. Comme chaque année, la Fondation y sera présente avec son stand au Village du livre. Elle sera aussi associée à plusieurs débats, notamment autour du Front populaire à l’occasion du 90e anniversaire de 1936 mais aussi autour d’enjeux très présents comme les formes contemporaines de la domination états-unienne, le devenir de l’enseignement supérieur… Nous y donnons rendez-vous à tous ceux qui souhaitent nous rencontrer et nous soutenir.

 
 
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17 juillet 2026 5 17 /07 /juillet /2026 05:05

 

 

 

 

 

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16 juillet 2026 4 16 /07 /juillet /2026 07:00

Le département d’État américain lance une campagne pour démanteler la CPI car elle menacerait la souveraineté états-unienne. Cette nouvelle escalade marque un tournant dans la stratégie de la Maison-Blanche contre le droit international.

 

Latifa Madani

« Aucune option diplomatique » n’est exclue pour « neutraliser de manière systématique la capacité de la CPI à fonctionner ». Ainsi, Marco Rubio, le secrétaire d’État américain, a-t-il déclaré la guerre totale à une Cour pénale internationale (CPI) déjà fragilisée par les sanctions à l’encontre de ses juges et par des retraits successifs de pays membres.

En intensifiant ainsi ses attaques contre la CPI, la Maison-Blanche passe une étape décisive dans sa politique tous azimuts qu’elle mène contre le droit international, particulièrement depuis que l’institution a émis, en 2024, des mandats d’arrêt contre le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, et contre l’ancien ministre de la Défense Yoav Gallant, pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre commis dans la bande de Gaza.

Marco Rubio a détaillé, dans une vidéo sur X et dans le Wall Street Journal, cette offensive majeure lancée contre l’institution de La Haye (Pays-Bas), leur « bête noire ». « À l’heure où nous parlons, la CPI et ses alliés mènent une guerre contre notre pays, non pas à coups de balle ou de missile, mais à coups de statut, de traité et de la force de ce qu’on appelle le « droit international » », a-t-il déclaré.

L’offensive contre la CPI prend une nouvelle tournure

Cette fois, il ne s’agit plus seulement pour Washington de sanctions individuelles et de pressions matérielles conjoncturelles. Son objectif est d’isoler l’institution, garante du respect du droit international, et de la priver de tout soutien politique et financier. Cette nouvelle campagne « mobilise l’ensemble du gouvernement » et vise à pousser d’autres pays « à se retirer de la CPI et à couper tout leur soutien à la Cour », a poursuivi le secrétaire d’État.

Il s’agit, selon des sources proches du département d’État américain, d’une part, « de pousser les pays qui sont actuellement signataires du statut de Rome (le traité qui a créé la CPI, en 2002, NDLR) de se retirer de la CPI et de cesser leur soutien politique et financier » et, d’autre part, d’appeler les pays qui, comme les États-Unis, n’ont pas ratifié le statut de Rome à mobiliser leurs réseaux diplomatiques pour prendre des mesures similaires.

 

« Nous observerons avec intérêt quels pays se joindront à nous pour lutter contre cette menace qui pèse sur les Américains prêts à risquer leur vie pour protéger autrui », a déclaré Marco Rubio, ajoutant cette menace de chantage à peine voilée : « Les pays qui refusent de rejeter la fausse autorité de la CPI tout en comptant sur l’aide des États-Unis risquent de faire l’objet d’une surveillance accrue. »

Il est utile de rappeler que le secrétaire d’État américain, à l’instar du président Trump et d’autres membres de l’administration américaine, fait l’objet d’une plainte déposée auprès de la justice fédérale de New York, le 24 juin, par trois juges de la CPI, qui avaient été sanctionnées en vertu du « décret anti-CPI » de février 2025 signé par le président états-unien à la suite de la visite à New York de Benyamin Netanyahou. Ce décret place sur la même liste magistrats internationaux et terroristes ou trafiquants.

 

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