Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
19 août 2026 3 19 /08 /août /2026 07:00

Un rapport publié en juillet par le Center for international corporate tax accountability and research (CICTAR) détaille comment l’entreprise de surveillance de masse parvient à contourner une grande partie des taxes européennes en faisant transiter ses profits vers sa société mère située aux États-Unis et en payant ses salariés en actions. Si le manque à gagner est relatif pour le Vieux continent, il illustre l’incapacité des systèmes fiscaux européens à taxer justement les bénéfices des entreprises de la tech.

Arthur Dumas

La « République technologique » de Palantir aurait-elle un problème avec l’impôt ? Dans un rapport publié en juillet, le Center for international corporate tax accountability and research (CICTAR) dévoile comment, à grands coups d’optimisation fiscale, le géant de la surveillance de masse parvient à esquiver la majeure partie des impôts dus en Europe.

Selon l’ONG britannique spécialiste de la fiscalité des multinationales, Palantir use de divers mécanismes pour faire transiter une large partie de ses profits réalisés sur le Vieux continent vers les États-Unis, là où la fiscalité lui est beaucoup plus clémente. Hormis en France, la firme déclare dans les pays européens des taux de marges bien inférieurs à celui qu’elle réalise au niveau mondial. Un nouvel exemple de l’incapacité de l’Union européenne à correctement taxer les entreprises américaines de la tech.

Transfert des profits et paiement des salariés en actions

Au total, Palantir est implanté dans 14 pays européens, dont 11 font partie de l’UE. Dans chacun de ces pays, les filiales de l’entreprise ne facturent pas directement aux clients européens. À la place, les entités de Palantir situées à l’étranger fournissent des « services importants » à la société mère, qui elle se trouve aux États-Unis, dans l’État du Delaware, un paradis fiscal.

Dans son rapport, le CICTAR explique que cette technique, communément appelée l’érosion de la base d’imposition, n’est pas illégale. Mais dans le cas de Palantir, elle est sciemment pensée pour faire remonter les profits réalisés dans le Delaware.

De cette manière, l’entreprise déclare des marges dérisoires dans les pays européens. En 2025, la multinationale réalisait un taux de marge avant impôts records de 47,7 % aux États-Unis (22,5 % en 2024) contre seulement 6,3 % à l’étranger (6,4 % en 2024), soit un taux plus de sept fois supérieur.

Dans les pays où la fiscalité lui est favorable, Palantir a tendance à rémunérer ses salariés avec des actions plutôt qu’en salaire. Une autre pirouette comptable permettant ainsi de faire artificiellement gonfler ses coûts, tout en diminuant ses recettes pour dégager des déductions fiscales. Au Royaume-Uni, là où la multinationale était effectivement imposée à hauteur de 8,2 % en 2024 (avec taux statutaire fixé à 25 %), le coût du personnel représente 175 millions de livres, dont 61,9 millions de livres d’action.

 

Palantir en Europe, une exception française 

La France est le 3e pays – derrière le Japon et la Corée du Sud – où Palantir paie le plus d’impôts. En 2025, Palantir a payé 2,4 millions d’euros ce qui représente un taux d’imposition effectif de 33 %, bien au-dessus du taux statutaire français de 25,8 %.

Une exception européenne qui s’explique surtout par le redressement fiscal orchestré par Bercy en 2024 concernant et la participation. Au total, la multinationale a du s’acquitter de 2,4 millions d’euros pour l’impôt et de 863 000 euros pour la participation. À noter que la France est le seul pays où Palantir dispose d’un comité d’entreprise. En 2024, les versements à ses salariés ont même dépassés les bénéfices après impôts, 3,5 millions d’euros pour la participation contre 3,2 millions pour l’impôt.

 

 

Lorsque l’action est attribuée à un salarié, Palantir l’enregistre comme charge comptable, au niveau actuel. Mais lorsque l’entreprise déclare ses revenus, sa déduction fiscale est calculée à partir du cours de l’action au moment de la déclaration.

Or, le cours de l’action de Palantir a par exemple augmenté de 1 280 % entre début 2024 et fin 2025. Une envolée boursière qui lui permet, au Royaume-Uni, de jouir d’une réduction de la charge d’impôt de 92,2 millions de livres au titre des « écarts temporels sur options d’achat d’actions ». Sur ce point, le CICTAR précise que la réduction est telle qu’elle ne peut pas être appliquée sur une seule année fiscale.

Aucun impôt fédéral depuis trois ans

Depuis trois ans, Palantir ne paie absolument aucun impôt aux États-Unis au niveau fédéral. En 2025, ses profits enregistrés outre-Atlantique atteignaient pourtant les 1,66 milliard de dollars. Si le taux d’imposition fédéral de 21 % était normalement appliqué, cela aurait représenté une rentrée fiscale 348 millions de dollars pour l’administration états-unienne. À l’échelle des États dans lesquels la multinationale est implantée, elle n’a effectivement payé que 2,5 millions de dollars d’impôts, en majorité dans le Maryland où elle dispose d’importants contrats.

Pour arriver à ce taux d’imposition quasi nul, Palantir dispose de leviers. D’abord, il y a le système de rémunération par actions, qui pèse chaque année environ 744 millions de dollars depuis son introduction en Bourse. Ensuite, l’entreprise bénéficie d’un système de report des pertes. Pendant ses années déficitaires, Palantir a enregistré 2,6 milliards de dollars de pertes, dont une grande partie provient du Royaume-Uni (1,8 milliard).

Dans son rapport, le CICTAR explique que ces pertes déclarées peuvent être reportées indéfiniment. Enfin, la multinationale dispose également d’importants crédits d’impôts de recherche et développement. En Californie, Palantir a accumulé pas moins de 152 millions de dollars de crédits, ce qui lui permet d’éviter l’impôt local « pendant des années » selon le CICTAR.

Un cas d’école d’optimisation fiscale

À l’arrivée, le manque à gagner fiscal pour les pays européens fluctue mais reste relatif. Au Royaume-Uni, les tours de passe-passe comptables ont fait perdre environ 7,2 millions de livres aux contribuables britanniques, contre 1,9 million d’euros en Allemagne et 599 000 euros en France.

Si ces estimations semblent dérisoires à l’échelle des budgets de ces pays, le CICTAR note que l’exemple de Palantir est le cas d’école de l’optimisation fiscale pratiquée par les géants de la tech en Europe. L’ONG relève en effet que ces mêmes pratiques sont en vigueur chez Amazon, Google, Meta ou Apple.

Et la situation n’est pas près de s’améliorer. En janvier 2026, sous la pression de Washington, le G7 a annoncé la signature d’un accord exemptant les sociétés états-uniennes du deuxième pilier de la réforme fiscale mondiale de l’OCDE adoptée en 2022 dans l’UE.

Partager cet article
Repost0
19 août 2026 3 19 /08 /août /2026 05:00

 

1936 fut une année magnétique, l’année du Front populaire ! Notre hebdomadaire Communistes lui rend hommage en évoquant, chaque semaine de 2026, des événements survenus la semaine équivalente (ou presque) de 1936.

22/28 juin 1936 (25) Notre Marseillaise

Le mouvement gréviste reste très fort dans de nombreuses régions, les tensions sociales également. À Marseille, le gangster fasciste Sabiani (Croix-de-Feu) lance un appel à la guerre civile ; Billoux, député des Bouches-du-Rhône, demande son arrestation immédiate.
Dans le 13e arrondissement parisien, puissante grève à l’usine Say des 1 200 ouvriers, « français et nord-africains » dit la presse ; ils tiennent depuis plus de trois semaines. Un grand calicot sur la façade de l’usine dénonce les bénéfices scandaleux des patrons, dont un certain Tinardon, « des 200 familles, régent de la Banque de France ». Côté luttes, on entend aussi la voix des « salariés des champs ». Le 27, dans la rubrique « Nous, de la terre… », un article : « Les paysans attendent ».

En cette fin juin, la CGT compterait 3 260 000 adhérents.

À l’occasion du centenaire de la mort de l’auteur de la Marseillaise, Rouget de Lisle, à Choisy, en 1836, le PCF organise une série de manifestations. Le 26, salle Pleyel, un concert est donné et Maurice Thorez prononce une allocution radiodiffusée (« par les postes de Rennes et de Lyon PTT »). Les 27 et 28 juin de vastes rassemblements populaires ont lieu à Choisy-le-Roi. « Les fascistes tentent d’entraîner la France à l’émeute, s’indigne Marcel Cachin, et s’ils le peuvent à la guerre civile, derrière le drapeau tricolore et la Marseillaise. Le peuple de France ne leur permettra pas ce double larcin. (…) Les fascistes et les gens de Coblentz ont l’audace de s’emparer du vieux chant de la grande Révolution aux accents duquel furent chassés les réactionnaires, les royalistes, les traitres et tous les mercenaires d’ancien régime. »

Le ministre Pierre Cot, qui représentait le gouvernement à l’initiative de Choisy, dira : « Vous avez réconcilié la République avec les traditions révolutionnaires. »

Côté sports se tenait le championnat de Paris de grand fond (25 km). En raison de la chaleur, plusieurs sportifs ont été rudement indisposés. L’Humanité s’inquiète des conditions de préparation de telles épreuves et se félicite de la réaction rapide du nouveau ministre des sports, Léo Lagrange, qui a aussitôt ordonné une enquête. « Nous félicitons vivement le camarade Léo Lagrange », écrit le journal qui titre : « Bravo Léo Lagrange ! »

C’est cette semaine que Jacques Doriot, maire de Saint-Denis, ex-PCF, crée le Parti populaire français, fasciste.

À l’international, le député Gabriel Péri définit une nouvelle politique étrangère de la France sur le principe de la sécurité collective. En Belgique se développe un mouvement social d’ampleur (et victorieux).

Gérard Streiff

Partager cet article
Repost0
18 août 2026 2 18 /08 /août /2026 08:20
Guerre d’Espagne : la voix du poète Federico Garcia Lorca résonne encore, 90 ans après son assassinat

Il y a quatre-vingt-dix ans, le poète, dramaturge et compositeur espagnol était tué par les milices franquistes à Grenade, un mois après le coup d’État perpétré par Franco. Irréductible, son œuvre témoigne d’un engagement politique et poétique dont les échos nous parviennent encore.

Samuel Gleyze-Esteban

On ne connaît pas la voix de Lorca. Des photos, il y en a, qui ont fixé dans la mémoire collective ce beau visage rond et brun. Des images en mouvement aussi : en novembre dernier, de vieilles pellicules du jeune Lorca en itinérance théâtrale sont réapparues.

Dénichées par le cinéaste espagnol Manuel Menchon pour un documentaire à venir, La voz quebrada (« la voix brisée »), construit autour des journaux de Juan Ramirez de Lucas, l’ultime amour de Lorca, ces images attestent d’une mémoire qui ne se tarit pas. Au détour d’un photogramme, on aperçoit le sourire de l’artiste, à l’arrière d’une voiture embarquée sur les routes poussiéreuses d’Espagne, dans le bouillonnement des années de la Barraca, théâtre universitaire ambulant impulsé et soutenu par la Seconde République.

On ne connaît pas la voix de Lorca, pourtant il a failli y en avoir une trace : l’Archive sonore, phonothèque créée sous la deuxième République espagnole, avait prévu de faire parler le poète dans ses micros. Mais Lorca était encore jeune. Il y avait le temps. On ne savait pas que le poète et dramaturge mourrait à 37 ans.

Le « silence » de Bernarda Alba

Le 18, ou peut-être 19, août 1936, un mois après le coup d’État qui déclencha la guerre d’Espagne, des mains enragées des milices phalangistes, qui préparaient le terrain à une dictature implacable et s’en prenaient ainsi à un penseur de la liberté, de l’art, de la poésie, de l’antifascisme. Le meurtre, répugnant, a été caché puis nié par les franquistes. « Apprenez que le crime a eu lieu à Grenade ! » finira par crier, deux mois plus tard, dans un poème, son ami Antonio Machado.

Ce rendez-vous manqué avec l’archive sonore dirait-il alors un poète réduit au silence, ce même « silence ! » que hurle la tyrannique Bernarda Alba au début et à la fin de sa dernière pièce, l’une des plus grandes ? Ce serait nier ce que son œuvre chante, pleure, rit et crie encore à nos oreilles, presque un siècle plus tard.

 

« Même quand Bernarda Alba demande de faire silence, pour elle et pour les autres, ça ne fonctionne pas », fait remarquer le metteur en scène Thibaud Croisy dans le texte qu’il signe pour l’Humanité. La voix de Lorca, de même, résonne encore.

Une enfance andalouse

Federico Garcia Lorca est né le 5 juin 1898 dans une famille aisée de Fuente Vaqueros, dans la Vega de Grenade. Son père, un riche cultivateur, a épousé Vicenta, une institutrice, qui lit Victor Hugo à la fratrie et fait jouer du piano au petit Federico. Celui-ci vit au rythme encore patient de l’Andalousie profonde, sans doute fasciné par ces vieilles Espagnoles aux airs sombres qu’il sublimera dans son théâtre. Animé par une attention vive aux musiques et danses populaires, il mènera, avec le compositeur Manuel de Falla, un travail poétique et musical autour du cante jondo.

Mais l’enfant baigne aussi dans une pensée libérale qui, au sens que revêt le mot au XIXe siècle, s’élève contre les monarchies conservatrices. Une des premières pièces de Lorca se consacrera d’ailleurs à Mariana Pineda, héroïne de la résistance grenadine, exécutée en 1831 pour son opposition au roi Ferdinand VII. Le décor est cette Espagne rurale qu’il mettra en scène dans sa trilogie la plus célèbre – Noces de sang, Yerma, la Maison de Bernarda Alba. C’est aussi celui, tout proche, d’une culture qu’on nomme là-bas gitane. Il en exalte la force esthétique dans son célèbre Romancero gitano, où il dénonce aussi les violences de la garde civile sur cette minorité.

« Le succès du Romancero gitano l’a un peu enfermé dans ce mythe du poète andalou », observe Zoraida Carandell, professeure de littérature et civilisation de l’Espagne contemporaine à Paris Nanterre. Lorca aurait été trop ibère, trop lyrique. Borges, mesquin, lui collera l’étiquette « Andalou professionnel ». « Il y a eu une réduction, qui est devenue intéressée au moment du franquisme, où on a cessé de jouer ses pièces pour le réduire à cela. Mais Lorca était bien d’autres choses. »

L’éveil new-yorkais

Il suffit de lire Poète à New York, fruit d’un voyage aux États-Unis commencé en juin 1929. À New York, Lorca est « assassiné par le ciel » strié de gratte-ciel. Et l’Espagnol est profondément choqué par la vision des violences inouïes faites aux Africains-Américains. De ce voyage sort un recueil à l’intérieur duquel il inclut la photo édifiante d’un corps d’homme noir brûlé.

« Lorca rejette cette société qui ignore la souffrance des Noirs américains, analyse Zoraida Carandell. Il parle de l’alcool frelaté vendu aux Noirs sous la prohibition. Il parle aussi de l’exploitation, de la privation de liberté, du chômage, relie les phénomènes entre eux. Le plus proche de Lorca à cette époque, c’est finalement les Temps modernes de Chaplin. »

 

Dans Cri vers Rome, il critique les accords du Latran, où le pape Pie XI a tout concédé à Mussolini. « Lorca manie un langage antifasciste et perçoit avec beaucoup de clarté ce qui est en train de se passer au tournant des années 1930 », poursuit Zoraida Carandell.

En Espagne, la Seconde République est proclamée le 14 avril 1931, après sept ans d’une dictature incarnée par le général Miguel Primo de Rivera. Elle s’accompagne d’un regain d’espoir et de droits et la Barraca réalise un rêve itinérant de politique culturelle républicaine et d’éducation populaire. Lorca et Eduardo Ugarte y rendent accessibles les grands classiques espagnols : Calderon de la Barca, Lope de Vega, Cervantès

C’est la conscience qu’on assassine

L’aventure dure cinq ans. En juillet 1936, toute l’Espagne tremble sous la rumeur d’un coup d’État. Le 13 juillet, Lorca quitte Madrid pour rejoindre sa famille à Grenade. Le soulèvement militaire orchestré par le général Franco a lieu les 17 et 18 juillet, et Grenade bascule le 20, plonge dans une répression barbare. Les factieux veulent tuer un « communiste », un « pédé ».

Lorca, qui se sait poursuivi, se cache de maison en maison. En vain. Obéissant aux ordres du cruel gouverneur civil José Valdés, aux côtés de l’ex-député d’extrême droite Ramon Ruiz, l’avocat Juan Luis Trescastro se vantera d’avoir tué le grand poète de « deux balles dans le cul ».

Ce meurtre politique fut nié par beaucoup, y compris Dali, ancien amant rallié au franquisme, qui tentera de faire passer le crime pour une affaire intime. La mémoire du poète a depuis été un champ de forces, secoué au cours du XXe siècle par les recherches fondamentales de Marie Laffranque ou celles du biographe irlandais Ian Gibson.

En témoigne aujourd’hui le combat de Laura Garcia Lorca, sa nièce, à la tête de la Fundacion Federico Garcia Lorca, à Grenade, qui s’alarmait en 2024 dans El País de la « grande précarité » humaine et financière dans laquelle elle tente de faire vivre l’œuvre et la pensée du poète. La même année, cette passeuse a dû protester contre la désignation à la tête du Patronato Garcia Lorca, par le Parti populaire local, d’Antonio Membrilla, lequel avait parlé de la « mémoire historique » comme d’une « niaiserie hystérique ».

« Détruire le théâtre ou vivre dedans ? »

Lors du dernier Festival de Cannes, La bola negra, des Espagnols Javier Ambrossi et Javier Calvo, Prix de la mise en scène, a réhabilité la figure de Lorca à travers l’angle de l’homosexualité, au risque, selon certains, d’éluder le reste. En France, les metteurs en scène Thibaud Croisy et Marcial Di Fonzo Bo ont récemment remis l’auteur espagnol sur le métier, pour le meilleur.

Dans Songe, le second monte un extrait d’une pièce inachevée, Comédie sans titre. Où des révolutionnaires interrompent une représentation de théâtre pour préparer le grand soir. « Il y a chez Lorca une force subversive extraordinaire, s’enthousiasme-t-il. Dans ses pièces inachevées, il met en abîme le théâtre et place l’artiste face à un dilemme : détruire le théâtre ou vivre dedans. C’est une question brûlante ! »

Lorca fut l’un des premiers assassinés d’une vague de violence sanglante dont l’extrême droite espagnole revendique l’héritage aujourd’hui. Tout son esprit, pendant toute sa vie, s’était battu contre cela. Insupportable injustice. Les images exhumées par Menchon font éclater, dans un sourire, l’insouciance du temps d’avant le fascisme.

En février 1936, il écrivait sa Gacela de la mort obscure, traduit par Claude Couffon et Bernard Sesé dans Anthologie bilingue de la poésie espagnole (Pléiade) : « Je veux dormir un instant,/ Un instant, une minute, un siècle ;/  Mais que tous sachent bien que je ne suis pas mort. »

Partager cet article
Repost0
17 août 2026 1 17 /08 /août /2026 09:20
Profession de foi de Jean-Pierre Beuzit, candidat communiste aux cantonales dans le canton de Plouigneau en 2001

Profession de foi de Jean-Pierre Beuzit, candidat communiste aux cantonales dans le canton de Plouigneau en 2001

Hommage à notre camarade Jean-Pierre Beuzit, décédé à 61 ans
Fête du Viaduc 2014 place Allende: les deux cuisiniers membres de la liste municipale du Front de Gauche Loïc Digaire et Jean-Pierre Beuzit

Fête du Viaduc 2014 place Allende: les deux cuisiniers membres de la liste municipale du Front de Gauche Loïc Digaire et Jean-Pierre Beuzit

Hommage à notre camarade Jean-Pierre Beuzit, décédé à 61 ans
Jean-Rolland Labrousse et Jean-Pierre Beuzit le 1er mai place Allende

Jean-Rolland Labrousse et Jean-Pierre Beuzit le 1er mai place Allende

Jean-Rolland Labrousse et Jean-Pierre Beuzit le 1er mai place Allende

Jean-Rolland Labrousse et Jean-Pierre Beuzit le 1er mai place Allende

Hommage à notre camarade Jean-Pierre Beuzit, décédé à 61 ans
Photo de Pierre-Yvon Boisnard. 1er mai 2018: Jean-Rolland Labrousse et Jean-Pierre Beuzit, les cuisiniers du parti à la fête du Viaduc

Photo de Pierre-Yvon Boisnard. 1er mai 2018: Jean-Rolland Labrousse et Jean-Pierre Beuzit, les cuisiniers du parti à la fête du Viaduc

1er mai 2015, fête du Viaduc - Photo Pierre-Yvon Boisnard

1er mai 2015, fête du Viaduc - Photo Pierre-Yvon Boisnard

1er mai 2014, fête du Viaduc - photo Pierre-Yvon Boisnard

1er mai 2014, fête du Viaduc - photo Pierre-Yvon Boisnard

1er mai 2013, fête du Viaduc - photo Pierre-Yvon Boisnard

1er mai 2013, fête du Viaduc - photo Pierre-Yvon Boisnard

Une bien triste nouvelle. Nous avons appris hier le décès de notre camarade Jean-Pierre Beuzit, qui venait d’avoir 61 ans le 15 mai dernier. Il était né en 1965. Fils du premier adjoint communiste de Botshorel, très aimé et reconnu (son père était toujours le mieux élu dans sa commune), Jean-Pierre était communiste depuis son plus jeune âge et ne cachait jamais ses convictions. Il avait été candidat aux cantonales à Plouigneau en 2001 pour le parti communiste (il avait fait un bon score, en 3e position derrière la droite, Joseph Irrien, et le PS, Robert Moreau, 877 voix et 14,34 %... à l'époque le FN faisait sept fois moins de voix et plafonnait à 2,21%...) et candidat en 2014 sur la liste du Front de gauche que je conduisais à Morlaix "Pour un bien vivre partagé à Morlaix", en 23ème position sur la liste. Il était aussi membre du comité de soutien de "Morlaix Ensemble" en 2020, et pour les candidatures de Fabien Roussel en 2022, Ian Brossat aux européennes en 2019, et Léon Deffontaines aux européennes 2024, et pour nos campagnes législatives du Front de Gauche et du PCF en 2012 et 2017. C’était surtout le cuisinier militant et bénévole de notre section qui pendant des années, avec sa gentillesse, son humilité et sa générosité discrète, son beau sourire très présent, a régalé les 200 convives de la fête du Viaduc, la fête du premier mai du parti communiste, en préparant des bons repas, plusieurs années avec des collègues cuisiniers militants du Front de gauche et du PCF (Loïc, Patrick, Yann, Pierre, Jean-Rolland...), avec les moyens du bord, au local du parti et place Allende sous le grand barnum. Nous sommes très peinés du décès de Jean-Pierre qui était quelqu’un de bien, un garçon gentil dans le meilleur sens du terme. J’ai travaillé avec lui 3 ans au collège de Guerlesquin où il était chef cuisinier du collège pendant 14 ans, et je peux témoigner qu'il était un excellent cuisinier, très agréable avec tout le monde, les élèves, les profs et personnels, qui donnait aussi de son temps pour les parents d’élèves, les repas de l’Amicale et des associations du secteur. Généreux, serviable, disponible, un super binôme avec sa collègue Marie-Anne. Jusqu’au bout, malgré de gros problèmes de santé ces dernières années , il est resté adhérent du PCF, intéressé par son actualité et ses choix et avait tenu à voter lors du dernier congrès même s’il ne venait plus aux réunions compte tenu de son état de santé. Nous l’avions vu aussi pour les ventes solidaires de légumes que nous avons organisé rampe saint Augustin, son quartier, et aux dernières fêtes du Viaduc. C’est sa sœur Sylvie qui nous a prévenus de son décès et nous exprimons à toute sa famille notre solidarité dans cette épreuve et à Jean-Pierre notre reconnaissance pour son engagement, sa gentillesse et sa générosité, la sincérité et le caractère inébranlable de ses convictions.

Ismaël Dupont

 

Les Obsèques de Jean-Pierre Beuzit auront lieu vendredi 21 août à 15h dans la salle des établissements Tanguy à Saint-Martin des Champs. 

Partager cet article
Repost0
17 août 2026 1 17 /08 /août /2026 07:40

Les associations de diffusion de la pensée de Baruch Spinoza et les séminaires de recherche de 17 pays s’élèvent contre la décision du gouvernement d’extrême droite italien d’exclure son enseignement des programmes des lycées, ainsi que celles d’autres philosophes critiques dont Marx. Une tribune signée par l’Association des Amis de Spinoza.

Les associations et les séminaires spinozistes actifs dans différentes parties du monde – dont le projet est de faire connaître et de diffuser la pensée de Spinoza – s’élèvent vigoureusement contre la décision du gouvernement italien d’exclure le philosophe juif hollandais d’origine ibérique, des programmes des lycées ; le même sort est réservé, par les nouvelles « Indicazioni Nazionali per i Licei » du 23 avril 2026 du gouvernement Meloni, à plusieurs autres grands philosophes classiques de la pensée critique, dont une partie de la philosophie allemande avec l’exclusion de Leibniz, de Kant – dont le criticisme est amputé de ses aspects moraux et historico-politiques –, de Marx, de Fichte et de Schelling…

En 1670, au cœur de la Libre République des Provinces Unies, en publiant son Tractatus theologico-politicus, Spinoza défendait la liberté de philosopher mise en danger par les partisans d’un pouvoir monarchique et d’une théologie intolérante adversaire du pluralisme des opinions, des croyances et de la libre recherche en philosophie et dans les sciences.

S’attaquer aujourd’hui à la pensée de Spinoza, aux racines historiques du rationalisme et de la pensée critique, c’est vouloir bâillonner la liberté de pensée et de parole que l’École a pourtant pour devoir d’apporter à l’ensemble des citoyens.

Exclure des études la philosophie de Spinoza (ainsi que des penseurs fondamentaux formateurs de la pensée critique) est aussi absurde que dangereux. Comme l’enseigne le Tractatus theologico-politicus, la liberté de philosopher est indispensable à la paix et à la sécurité de la République et vouloir la réduire c’est nécessairement engendrer la corruption des principes de la vie commune.

Par leur signature, les associations et séminaires spinozistes de 17 pays demandent donc solennellement au ministère italien de l’éducation de réinscrire au programme de philosophie des lycées, les noms de Spinoza et de tous les philosophes écartés de l’enseignement secondaire par les Indicazioni Nazionali du 23 avril 2026.

Association des Amis de Spinoza. Séminaire international de recherches sur Spinoza, Sorbonne, Université de Paris-1, Panthéon-Sorbonne, 17 rue de la Sorbonne, Paris 75005. Rens. https://aas.hypotheses.org

Partager cet article
Repost0
17 août 2026 1 17 /08 /août /2026 05:00

 

1936 fut une année magnétique, l’année du Front populaire ! Notre hebdomadaire Communistes lui rend hommage en évoquant, chaque semaine de 2026, des événements survenus la semaine équivalente (ou presque) de 1936.

15/21 juin 1936 (24) Les congés payés

L’actualité sociale domine toujours : nouvelles grèves, nouveaux pourparlers, nouvelles victoires, essentiellement en province alors que le travail tend à reprendre à Paris. Les décrets de dissolution des ligues fascistes sont publiés. On se souvient que l’année 1936 s’était ouverte (le 10 janvier) avec l’adoption de la loi contre les ligues, mais il aura fallu attendre près de six mois et l’arrivée du Front populaire pour qu’enfin les décrets voient le jour (sauf pour l’Action française, dissoute en principe dès février). Sont concernés : Croix-de-Feu, Solidarité française (ou Parti national corporatif), Francistes, Jeunesses patriotes (ou Parti national populaire)…

Très bien, souligne l’Humanité qui précise toutefois que ces dissolutions devront être effectives ; car on connaît le procédé des factieux consistant à changer de nom, de titre, d’étiquette et ainsi se reconstituer. Le colonel de La Rocque, par exemple, serait en train de recréer clandestinement, croit savoir le quotidien communiste, « sa formation de guerre civile ». (Il s’agit du Parti social français). Mais « Le Front populaire brisera cela comme il a déjà brisé les prétentions des alliés patronaux du colonel, écrit Paul Vaillant-Couturier. Le Front populaire parle peu. Il agit. »

Dans le même esprit, Lucien Sampaix entame, le 21 juin, une série d’articles intitulée « La République aux républicains ». Son premier papier concerne la police et l’armée qui « doivent être libérées de l’emprise des factieux ».

Le 20 juin est adoptée la loi sur les congés payés, 15 jours de vacances, mesure qui n’était pas dans le programme initial du Front populaire.

Les 20 et 21 juin se tient à la mairie du 5e arrondissement une conférence internationale « Pour la défense du droit d’asile », organisée notamment par « le centre de liaison des comités pour le statut des immigrés », le comité du droit d’asile de la CGT, le Secours rouge international. Marcel Cachin apporte son soutien à l’initiative où participent « des émigrés politiques chassés de leur pays par la bestialité fasciste et par les violences de divers gouvernements capitalistes. »

À l’international encore, le journal communiste mentionne, le 19, la mort de Maxime Gorki (1868-1936), « un écrivain qui fut pleinement, magnifiquement un homme », selon Paul Vaillant-Couturier. Il est encore question de la nouvelle constitution soviétique : « Par la dictature du prolétariat, les communistes (soviétiques) développent pour le peuple la véritable démocratie des travailleurs. »

Gérard Streiff

Partager cet article
Repost0
16 août 2026 7 16 /08 /août /2026 05:05

 

 

 

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
15 août 2026 6 15 /08 /août /2026 10:13
Loctudy accueille la fête du travailleur bigouden organisée par le PCF le mercredi 19 août 2026
Loctudy accueille la fête du travailleur bigouden organisée par le PCF le mercredi 19 août 2026
Partager cet article
Repost0
15 août 2026 6 15 /08 /août /2026 05:00

 

1936 fut une année magnétique, l’année du Front populaire !

Notre hebdomadaire Communistes lui rend hommage en évoquant, chaque semaine de 2026, des événements survenus la semaine équivalente (ou presque) de 1936.

8/14 juin 1936 (23) On fête la victoire

Au fil des jours se multiplient les grèves et les communiqués de victoire. Ce mot de victoire d’ailleurs revient comme un leitmotiv dans les titres de l’Humanité tout au long de la semaine. « Encore des victoires ! »(9/6), « Toujours des victoires ! »(10/6), « Victoires ouvrières! » (13/6).

La joie ouvrière se montre ; on danse dans les usines occupées. On prend la pause pour ces photos de détente et de joie : on y voit des travailleurs jouant aux cartes ou se faisant couper les cheveux !

Dimanche 14 juin, le rassemblement communiste au stade Buffalo (on parle de 120 000 personnes) est encore un moment de fête.

À peine en place, le gouvernement met en application des éléments de son programme. Le 11 juin le Parlement adopte les lois sur la semaine de 40 heures, les conventions collectives, les congés payés.

Ce même jour, Thorez prononce un long discours, tout à fait essentiel, devant « l’assemblée d’information des communistes de la région parisienne » (voir l’Humanité du 13/6). Il détaille les caractéristiques du mouvement gréviste, salue l’accord de Matignon, trouve cependant que le compte n’y est pas côté salaires, évoque la démocratie ouvrière, le rôle des syndicats (et des militants communistes) ; il déclare : « S’il est important de bien conduire un mouvement revendicatif, il faut aussi savoir le terminer. » Il n’est pas question de prendre le pouvoir, insiste-t-il, pas question de considérer que « tout est possible » (la ligne du socialiste Pivert) ; il argumente contre « les tendances gauchistes », il montre aussi du doigt « le citoyen Salengro », le nouveau ministre de l’Intérieur qui utiliserait un peu trop ses forces de police contre les manifestants ouvriers et pas assez contre les ligues fascistes ; il se félicite du poids du journal l’Humanité (dont les ventes peuvent atteindre 750 000 exemplaires) et du PCF (près de 150 000 adhérents.

À noter la tenue à Alger du « Congrès musulman algérien » qui a « acclamé l’union pour le pain, la paix et la liberté des peuples français et algérien ». Les communistes en sont partie prenante.

Côté faits divers, on parle beaucoup du duo Carbone et Spirito, deux célèbres gangsters, à la fois hommes de main anticommunistes (à Marseille notamment) et trafiquants (de drogue) notoires ; leurs méfaits inspireront, en partie, plus tard, le film Borsalino.

À l’internationale, présentation de la nouvelle Constitution de l’URSS que l’Humanité qualifie de « constitution la plus démocratique au monde.»

Gérard Streiff

Partager cet article
Repost0
14 août 2026 5 14 /08 /août /2026 05:05

 

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
  • Contact

Visites

Compteur Global

En réalité depuis Janvier 2011