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3 août 2026 1 03 /08 /août /2026 06:38

Les bénéfices cumulés des entreprises du CAC 40, indice phare de la Bourse de Paris, ont bondi de 41,50 % au premier semestre, dopés par les secteurs financiers et énergétiques, d’après un décompte réalisé vendredi 31 juillet par l’AFP. Pendant ce temps, la planète brûle, les inégalités se creusent et les entreprises françaises financent la colonisation illégale en Cisjordanie.

Théo BourrieauLa rédaction

Alors que la France, du fait du réchauffement climatique, fait face à une des pires saisons des feux de son histoire et que les inégalités ne cessent de se creuser avec un taux de pauvreté historique, les plus grandes entreprises françaises continuent de s’enrichir. Selon un décompte réalisé vendredi 31 juillet par l’Agence France-Presse, les bénéfices cumulés des entreprises du CAC 40, indice phare de la Bourse de Paris, ont bondi de 41,50 % au premier semestre.

Pour les 38 entreprises sur 40 qui ont publié leurs résultats semestriels, le bénéfice net cumulé dépasse ainsi les 73 milliards d’euros. Parmi les secteurs particulièrement porteurs, celui des banques et assurances a vu son bénéfice net augmenter de 9 %, à 19,35 milliards d’euros. BNP Paribas (+ 21,8 %) et la Société Générale (+ 13,9 %) ont particulièrement bien tiré leur épingle du jeu.

Des profits sur fond de crimes de guerre et de casse sociale

Il y a quelques jours, le premier de ces deux groupes dévoilait en effet un bénéfice net au deuxième trimestre de 4,3 milliards d’euros, soit une hausse de 33,4 % sur un an. La banque est néanmoins restée bien plus silencieuse quant aux accusations la visant. BNP Paribas n’a par exemple pas intégré à ses comptes une quelconque provision en vue de litiges qui pourraient lui coûter cher aux États-Unis : en octobre dernier, la banque a été reconnue complice par un jury new-yorkais d’exactions au Soudan, en ayant organisé des transactions commerciales dont les recettes ont financé l’armée et les milices du régime d’Omar el-Béchir.

Rien non plus sur ses profits en partie générés sur des crimes de guerre. Cinq ONG, dont la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) et la Ligue des droits de l’homme (LDH), ont déposé, mercredi, un recours en excès de pouvoir assorti de demandes d’injonction auprès du Conseil d’État afin que la France stoppe les activités de ses entreprises en Cisjordanie. La banque figure parmi ces entreprises.

Un rapport publié en novembre 2024 par la coalition d’ONG Don’t Buy Into Occupation dévoile que BNP Paribas a profité, entre janvier 2021 à août 2024, de 32,73 milliards de capitaux directement impliqués dans l’occupation illégale de terres palestiniennes par Israël. La banque est accusée, comme le Crédit Agricole et la Société Générale, de profiter de la colonisation de la Palestine et du génocide à Gaza, sous la forme d’investissements, d’actions, de prêts ou de bons du trésor.

 

La Société Générale a justement, elle aussi, affiché un bénéfice record pour son deuxième trimestre, avec 1,79 milliard d’euros engrangés. La banque signe également un bénéfice à l’échelle du semestre à près de 3,5 milliards d’euros, du jamais vu. Pourtant, en janvier dernier le groupe annonçait la suppression de 1 800 postes en France.

Profiteur de guerre et écocidaires

Le secteur de l’énergie voit aussi ses revenus bondir de 42,7 % à 13,6 milliards d’euros, tiré par le bénéfice record de TotalEnergies de 11,2 milliards de dollars (+ 61 %) // 5,4 milliards de dollars au 2e trimestre, le double de l’année précédente. Le géant pétrolier a ainsi profité de la guerre au Moyen Orient pour augmenter ses marges. « La crise énergétique lui a largement bénéficié, tandis que des millions de ménages ont peiné à se fournir en carburant », ont réagi plusieurs organisations non gouvernementales, dont Greenpeace France et Réseau Action Climat, appelant à une taxation de ces bénéfices records.

Outre la crise pétrolière alimentée par le blocus du détroit d’Ormuz, l’autre facteur ayant généré des profits monstres chez TotalEnergies est la multiplication des chantiers à travers le monde. Membre des vingt entreprises les plus émettrices de gaz à effet de serre à l’échelle mondiale, TotalEnergies continue donc de se développer massivement dans le marché mortifère des énergies fossiles. Gaz et pétrole représentent ainsi 97 % de sa production d’énergie et 82 % de ses investissements sur l’année 2025.

 
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3 août 2026 1 03 /08 /août /2026 05:00

 

1936 fut une année magnétique, l’année du Front populaire ! Notre hebdomadaire Communistes lui rend hommage en évoquant, chaque semaine de 2026, des événements survenus la semaine équivalente (ou presque) de 1936.

27 avril /3 mai 1936 (17) La victoire !

Outre la tenue d’un Premier Mai très offensif « pour le pain, la paix, la liberté », toute cette semaine est tendue vers le second tour des législatives du 3 mai. On note dans le quotidien communiste du 1er mai un article, à la Une, de Maurice Thorez (réélu à Ivry), intitulé « Les projets des communistes ». Le groupe communiste à la Chambre, dit-il, va proposer dès la semaine suivante une résolution « pour faire payer les riches » et il déposera cinq demandes précises : 1) Un vaste programme de grands travaux et un rajustement des salaires ; 2) La suppression des décrets-lois (de Laval) socialement injustes ; 3) La protection de l’enfance, des familles (nombreuses) ; 4) Une grande politique d’éducation physique et de sport ; 5) La revalorisation des produits agricoles. En outre, le groupe exigera « une commission de moralité » pour vérifier l’origine des fortunes des politiciens (comme Laval par exemple…).

Faisant suite à un premier tour très prometteur, la victoire est au rendez-vous le 3 mai : le PCF compte 72 élus (contre 12 en 1932), le PS 149, les radicaux (en recul) 110. Les élus du Front populaire emportent la majorité de la Chambre, 386 députés sur 610. Parmi les nouveaux élus communistes, on signale : Jacques Duclos, Gabriel Péri, François Billoux, Ambroise Croizat, Georges Cogniot, Charles Tillon, Etienne Fajon, Waldeck Rochet, Virgile Barel, Prosper Mocquet, Jean Catelas. Dans la Seine, sur 60 circonscriptions, le Front populaire détient 39 sièges dont 32 communistes.

Marcel Cachin (le 4 mai) fait part de « sa grande joie », non seulement du succès communiste et des candidats du Front populaire mais, dans le même temps, de la défaite des candidats fascistes « et des chefs les plus insolents des factieux » comme Gignoux, « l’homme du Comité des forges », ou Marcel Déat, ministre de l’Air. Les réactionnaires, écrit-il, « vont répéter que c’est la Révolution, que c’est la fin du pays et que ce sera demain le désordre et le chaos. Ils vont reprendre leurs propos menteurs sur l’Espagne et les prétendus excès du Front populaire dans la péninsule ibérique. Le peuple de notre pays conservera tout son sang-froid devant ces absurdes violences de langage, il se préparera avec calme à faire passer dans la réalité le programme du Front populaire. »

À l’international, ces jours de la fin avril 1936 en Palestine mandataire marquent le début de « la grande révolte arabe », un mouvement de rébellion des territoires sous mandat britannique, qui va durer plusieurs années et qui demande notamment la création d’un État arabe indépendant.

Gérard Streiff

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2 août 2026 7 02 /08 /août /2026 06:46

 Editorial de Fabien Gay

Notre monde brûle, les peuples suffoquent et notre humanité commune vacille. Sept des neuf frontières planétaires sont dépassées, et c’est donc notre vie dans un écosystème sûr et viable sur le long terme qui est maintenant en jeu. Nous perdons des pans entiers du monde du vivant, le cycle de l’eau est maintenant durablement perturbé, et nos sols et océans pollués.

Il ne s’agit plus de savoir si on croit ou non au dérèglement climatique, ou encore si on pense que notre Terre peut encore endurer cela longtemps. Le réchauffement climatique impacte déjà nos vies, mutile des régions et cause des victimes. Non, la seule question qui vaille est celle de savoir quand nous romprons avec le système capitaliste, responsable de la destruction de la nature et du vivant, pour imposer d’autres modes de production, de consommation et de vie. Et plus nous tarderons, plus la rupture sera brutale, violente et sans transition.

Bien évidemment, on peut et on doit d’ores et déjà s’adapter, en climatisant et en rénovant le bâti par exemple pour supporter les épisodes de grand froid ou de canicule. Mais est-ce vivable d’avoir des bâtiments climatisés pendant des semaines de canicule ?

Cet avenir inquiétant n’est pas une vue de l’esprit, fruit d’une imagination débordante, mais bien les scenarii possibles à l’horizon 2030, mis sur la table par des scientifiques. La trajectoire du réchauffement climatique sera de 2 degrés supplémentaires en 2030, et 4 degrés en 2100.

Chaque été devient le « plus chaud jamais vécu » sur notre territoire, il commence de plus en plus tôt, affectant tous les domaines de la société, que ce soit l’éducation de nos enfants dans des écoles aux bâtiments dégradés, l’hospitalisation des personnes en souffrance, la saisonnalité de l’agriculture, les conditions de travail et d’habitat.

Nous sommes la dernière génération de femmes et d’hommes, de militantes et militants, à pouvoir agir. Le changement climatique est déjà lancé, mais nous pouvons agir pour l’avenir et limiter les dégâts. La croyance selon laquelle la technologie et l’intelligence artificielle nous permettront de tout réparer est illusoire.

Cet été, le monde brûle, du Canada à l’Espagne, de l’Algérie à la France, et les premiers réfugiés climatiques sont déjà là. Le feu rase les forêts, tue les animaux et s’approche dangereusement de métropoles comme à Madrid ou Bordeaux. Les États à eux seuls ne parviennent pas à répondre à la crise, et le soutien des pays voisins montre à chaque fois sa nécessité.

Mais il se fait toujours de manière pressante, sans réflexion globale sur ce qui nous a menés à cette impasse, sur la coordination mondiale et les moyens à mettre en œuvre sur le long terme. Alors que les gouvernements augmentent les budgets militaires, ils refusent d’allouer des millions pour la prévention, la sécurité civile ou les forêts. Ce n’est pas de l’inaction climatique. Ce sont des politiques climaticides, qui devraient être interdites.

Il faut donc d’urgence œuvrer à la création d’une grande coalition internationale des peuples libres, souverains et associés, qui aura la tâche de sauver le climat et mettre fin aux inégalités. Mettre en commun les savoirs, les pouvoirs et les richesses, nationaliser les moyens pour dépolluer sols, rivières et océans, mettre fin à l’exploitation des ressources pétrolières. Devoir impérativement produire non pas ce que veut la société consumériste, mais ce dont les peuples ont besoin.

L’urgence de notre temps est donc au communisme.

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2 août 2026 7 02 /08 /août /2026 05:00

 

 

 

Au Sénat, notre groupe avait déposé un amendement en novembre dernier pour renforcer la Sécurité civile à hauteur de 70 millions d’euros. Il a été rejeté par la droite et le gouvernement. Aujourd’hui, face aux incendies qui ravagent nos territoires, les conséquences des politiques d’austérité et du sous-investissement sont là. La sécurité des Français ne doit jamais être une variable d’ajustement budgétaire.

Plein et entier soutien aux sapeurs-pompiers, aux personnels mobilisés et aux bénévoles qui, avec un courage exemplaire, luttent sans relâche contre les flammes et viennent en aide aux populations. Leur engagement force le respect et rappelle l’importance de donner à nos services publics les moyens d’agir.

 

 

 

 

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1 août 2026 6 01 /08 /août /2026 12:51

 

1936 fut une année magnétique, l’année du Front populaire ! Notre hebdomadaire Communistes lui rend hommage en évoquant, chaque semaine de 2026, des événements survenus la semaine équivalente (ou presque) de 1936.

20/26 avril 1936 (16) Le PCF double ses voix !

L’actualité de la semaine se concentre naturellement sur l’enjeu du premier tour des élections législatives du dimanche 26 avril.

La campagne est dynamique et le ton du journal l’Humanité est résolument offensif.

Les formes d’intervention militante bougent. Après Maurice Thorez à Radio-Paris, nombre de dirigeants communistes « parlent au poste de Paris-PTT » par exemple.

Le PC publie une Bande dessinée, reproduite dans le quotidien communiste, intitulée « Franchard et Lavisé » et signée « Image d’Épinal ».

Les derniers jours de la campagne, l’Humanité décline en Une les raisons de voter communiste : « Pour l’ordre, votez communiste ! » (24/4) ; « Pour la liberté, votez communiste ! » (25/4) ; « Votez communiste ! Contre la guerre ! Contre le fascisme ! Contre la misère ! » (26/4).

Rappelons que seuls les hommes ont le droit de vote ; d’où un article vindicatif du journal, le 22/4 : « La femme française doit voter ».

Un autre sujet toutefois s’invite également dans l’actualité. C’est l’amorce d’un mouvement social. Une grève est annoncée dans les bassins miniers, des corporations bougent : meetings des ouvriers du bâtiment, des travailleurs du vêtement, demandes des ouvriers agricoles, des chauffeurs de taxi, réunions des travailleurs des services publics. La fête du travail s’annonce puissante. La CGT va organiser 215 meetings dans les principales villes. « Contre la misère ! Participez aux manifestations du Premier mai », titre le quotidien, page 5, le jour même de l’élection.

C’est dans ce cadre que tombent, dimanche soir, les résultats tout à fait spectaculaires du premier tour. Le PCF double ses voix ; il passe de 796 000 voix en 1932 à 1 500 000. Soit de 6,7 % en 1932 à 12,5 (on trouve aussi ces chiffres : de 8,3 % à 15,2).

Neuf députés communistes sont élus au premier tour dont le secrétaire général Maurice Thorez, André Marty, qui est alors secrétaire de l’Internationale communiste, Renaud Jean, issu du monde rural, Arthur Ramette, député du Nord, le cheminot Gaston Monmousseau, l’écrivain et journaliste Paul Vaillant-Couturier. On parle de 60 ballottages favorables.

Le PS enregistre 1 900 000 voix et le parti radical 1 400 000.

Un double titre barre la Une de l’Humanité du lendemain : « Éclatante victoire du Parti communiste » (le journal l’Unité titrera début mai : « Éclatante victoire du Parti socialiste ») ; et « Discipline au second tour pour le triomphe du Front populaire ».

Gérard Streiff

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1 août 2026 6 01 /08 /août /2026 07:00

Des hommages au fondateur de L’Humanité sont organisés ce vendredi à Paris et Nîmes, à l’occasion de l’anniversaire de son assassinat par le nationaliste Raoul Villain.

Gaël De Santis

Assassinat de Jean Jaurès : 112 ans après, il continue d’inspirer la gauche

Lutte pour la paix, contre l’extrême droite, défense de la laïcité. Ces valeurs seront encore une fois défendues par la gauche, ce vendredi 31 juillet, à l’occasion des commémorations de la mort de Jean Jaurès, assassiné le 31 juillet 1914 par le nationaliste Raoul Villain. Fabien Gay, directeur de L’Humanité, prononcera, au café du Croissant à Paris, là où le fondateur de notre journal a été abattu, un discours devant les lecteurs, les militants du PCF et d’autres formations de gauche.

Alexis Corbière, député L’Après, sera présent, avec la situation actuelle de la gauche bien en tête. « Jaurès était ferme sur les idées et les principes, mais savait bâtir l’unité indispensable, souligne-t-il. Il ne cherchait pas seulement à solidifier l’aile la plus radicale de notre camp, il voulait bâtir des majorités pour changer réellement la vie des humbles et des travailleurs. »

 

« On a déjà essayé l’extrême droite ! »

Conseiller municipal communiste du 10e arrondissement, Élie Joussellin insiste, lui, sur la lutte contre l’extrême droite. « Au moment où les nationalismes se répandent partout dans le monde et menacent de prendre le pouvoir en France, se rappeler non seulement la parole de paix portée par Jean Jaurès mais aussi ce que l’acte de Raoul Villain a engendré est une nécessité. On a déjà essayé l’extrême droite ! » insiste-t-il.

« Jean Jaurès portait l’idée d’une République laïque, sociale, humaniste, pacifiste et croyait dans l’amitié des peuples européens et leur coopération. Nous, sociaux-démocrates, avons la responsabilité de défendre cet héritage. Et les tenants actuels de la violence en politique, de l’affrontement permanent et du communautarisme, ces agitateurs professionnels, seraient bien inspirés d’apprendre les leçons du grand Jaurès », souligne Ariel Weil, maire PS de Paris Centre.

« Jaurès a marqué ce qu’est le socialisme en France, c’était un patriote et pacifiste. Son engagement internationaliste nous inspire. Il nous invite à être d’une gauche qui s’inscrit dans la rupture avec le néolibéralisme », avance Emma Rafowicz, première secrétaire départementale du PS.

 

Hommage à une figure rassembleuse

À Nîmes (Gard), la nouvelle municipalité de gauche et son maire communiste, Vincent Bouget, rendront également hommage à Jean Jaurès. Ce dernier y a tenu quatre réunions publiques. « Cela fait plusieurs années que les sections locales du PCF et du PS organisaient un hommage », témoigne Denis Lanoy, adjoint (PCF) aux arts et à la culture.

L’initiative de ce vendredi est particulière : à la médiathèque, sera lue une lettre de Jean Jaurès dont la commune vient de faire l’acquisition. La missive, adressée par notre fondateur à un collègue député, expose ce qu’il entend dire lors d’un meeting à Nîmes les jours suivants.

Jaurès « est une figure rassembleuse, qui avait comme notre municipalité, un projet tourné vers l’éducation, la culture et la paix », détaille Denis Lanoy. De plus, Jean Jaurès est important dans cette ville du Gard, « longtemps déchirée entre protestants et catholiques », qui a « connu la Michelade (en 1567, NDLR), une Saint-Barthélemy à l’envers avec un massacre de catholiques par des protestants ».

Le député socialiste « a été porteur, avec Aristide Briand, de la loi de séparation des Églises et de l’État », insiste l’élu Denis Lanoy, qui rappelle qu’il y a désormais un important « dialogue » entretenu entre les différentes confessions. « La loi de 1905 y est pour beaucoup », insiste-t-il.

 
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31 juillet 2026 5 31 /07 /juillet /2026 07:35

La cinéaste Hélène Rosselet-Ruiz signe un premier long-métrage passionnant et intrigant, où la lutte des classes se loge dans un hôtel particulier parisien, au cœur du triangle d’or, partie richissime du quartier des Champs-Élysées.

Michaël Mélinard

Issue d’un quartier populaire, Laura (Malou Khebizi) rêve de s’engager dans l’armée. En attendant, elle a besoin d’argent et trouve un emploi atypique chez Monsieur, un prince saoudien richissime qui loge et entretient sa maîtresse, Souria (Soundos Mosbah), dans un hôtel particulier parisien du « triangle d’or ».

La jeune femme est à leur service exclusif, 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24. Mais dans cette prison dorée, sa patronne adultérine s’ennuie et se languit de son amant. Laura découvre ce monde, mi-fascinée mi-dégoûtée par un luxe obscène, et réclame peu à peu un respect qu’on lui dénie.

Avec le Triangle d’or, Hélène Rosselet-Ruiz signe un premier long-métrage intrigant et passionnant. Son récit transpose la lutte des classes dans le huis clos d’un palais sans âme, où l’indécence se niche dans le contrôle permanent, les dépenses excessives ou le maintien en captivité d’une panthère droguée pour éviter ses pleurs.

Dès le début du film, un entretien d’embauche entre une recruteuse et des candidates au poste d’assistante entraîne le récit dans une zone de non-droit. Que signifie cette entame ?

Hélène Rosselet-Ruiz

réalisatrice

Elle signifie que si Laura est recrutée, ce n’est pas parce qu’elle est celle qui en a le plus besoin. Ne pas avoir de famille la rend plus disponible et crée déjà une injustice. Dans les rapports de domination, elle est au-dessus de certaines femmes qui postulent et c’est pour ça qu’on la recrute. Il y avait quelque chose à installer immédiatement.

 

Du fait de la vidéosurveillance, ce décor est un troisième personnage principal au regard omniscient. Personne n’y est libre. Dans tous mes emplois, j’ai été marquée par la manière dont les employés sont filmés. J’ai longtemps été caissière. Les caméras installées dans le magasin n’étaient pas spécifiquement pour les clients. Cela change notre rapport à nos collègues, au travail, à la manière dont on se tient.

Avec des candidates d’origine diverses, vous lancez une fausse piste quasi documentaire. Est-ce pour mieux inscrire votre fiction dans le réel ?

Oui. Ce sont des femmes avec lesquelles j’ai travaillé ou que nous avons rencontrées avec Pauline Guéna, ma coscénariste, pour nous documenter. Toutes les situations du film nous ont été racontées. C’était aussi une manière d’introduire le personnage de Laura, une jeune fille française, considérée comme blanche, qui a de ce fait certains privilèges.

Il y avait une cohérence, éthique et politique, à ouvrir le film avec d’autres femmes que souvent, on ne voit pas, et qui travaillent dans ces endroits. Ne pas considérer leur parcours n’aurait pas été très juste. Le personnage de Laura m’a été inspiré par mon travail pour l’amante d’un prince saoudien, mais la particularité de cette situation n’est pas forcément représentative de la réalité de la majorité des parcours de ces femmes au service des plus riches. Je voulais lui donner une place.

Dans une période où l’enrichissement personnel est érigé en modèle par certains, quel contre-récit introduit le Triangle d’or ?

J’essaie de raconter l’envers de ce modèle, ce qu’il a d’obscène et de dégueulasse alors qu’on nous le vend comme désirable, comme un niveau de richesse auquel on doit aspirer. Mais pour que cela tienne, il faut des corps qui s’abîment au travail et du gaspillage. C’est un pillage sur le vivant au sens large, d’où la présence d’une panthère captive ou de tous ces aliments gâchés. On nous vend l’action individuelle comme la solution contre le réchauffement climatique en nous conseillant de manger moins de viande ou de trier nos déchets.

C’est très bien, mais il y a une fracture du contrat social quand ces 1 %, qui possèdent autant que 60 % de la population, n’en ont rien à faire. Je voulais modestement représenter un peu de cette obscénité car je ne sais pas si ce gâchis pourrait se perpétuer s’il était vu au grand jour. Quand on vous demande de commander tout le menu d’un restaurant juste parce qu’on peut tout se permettre et que rien n’est mangé, c’est une maladie, la maladie de la richesse.

Mais le contre-récit, c’est aussi la possibilité fragile d’un lien, d’une rencontre entre deux personnes. Le film est sombre, mais il contient des poches d’humanité, comme une mini-société où chacun pourrait faire un pas vers l’autre.

Que vouliez-vous raconter de la sororité ?

Un espace d’épanouissement, en tout cas de rencontre et d’échange que je ne veux pas idéaliser. Je n’avais pas envie qu’elle efface la violence des rapports économiques et de pouvoir. Ce n’est pas parce qu’il y a une rencontre qu’il n’y a plus de service ou de domination. Cette sororité est circonscrite à un moment très ténu et à un cadre très momentané. Que serait-elle si elle avait de l’espace pour se développer ? Je n’ai pas de réponse à ça, mais j’aimerais que ce soit possible.

Que raconte votre film de la complexité de la représentation des personnes arabes en France ?

Je ne sais pas s’il en raconte quelque chose de définitif et fermé, mais, en tout cas, j’avais envie d’une pluralité de personnages, d’endroits de représentation avec une vraie complexité. Les personnes arabes ou d’origine arabe en France sont régulièrement renvoyées à leur origine, constamment stigmatisées et font l’objet d’un racisme de plus en plus décomplexé.

Je suis une jeune femme blanche et il me semblait impératif de réfléchir à cette question en faisant le film. Je n’avais pas envie, malgré moi, de reproduire des clichés racistes et éculés, ceux de « méchants arabes » qui viendraient en France et emploieraient une jeune femme blanche qui subit des humiliations quotidiennes.

J’ai fait attention à ce que je racontais. J’ai par exemple dû batailler pour qu’on prenne l’enjeu des dialectes au sérieux. Il existe une forme d’inconscient raciste qui fait qu’au début y faire attention ne paraît pas forcément essentiel. Or, ce serait le cas dans une autre langue. Ça ne veut rien dire, « les Arabes ».

Ce sont des personnages comme les autres, et je tenais à les aborder au travers de leur position sociale. Monsieur est avant tout un homme riche, donc puissant. Je ne sais pas si le film propose une réponse mais s’il en donne une, j’espère que c’est par la complexité et la diversité des représentations.

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31 juillet 2026 5 31 /07 /juillet /2026 05:05

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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30 juillet 2026 4 30 /07 /juillet /2026 05:00

 

1936 fut une année magnétique, l’année du Front populaire ! Notre hebdomadaire Communistes lui rend hommage en évoquant, chaque semaine de 2026, des événements survenus la semaine équivalente (ou presque) de 1936.

13/19 avril 1936 (15) Le PCF à la radio

L’événement politique de la semaine, à dix jours du premier tour, est sans conteste l’intervention de Maurice Thorez le 17 avril sur Radio-Paris, radio d’État depuis 1933, dite « le poste national », relayé par toutes les antennes locales, donc diffusé aux quatre coins du pays. La presse communiste parle de l’émission depuis plusieurs jours, des écoutes collectives sont organisées. Le discours de Maurice Thorez est intégralement publié dans l’Humanité du 18 : « Pour une France libre, forte et heureuse ». « Un vent de détresse souffle sur notre beau pays », proclame le dirigeant qui dénonce les 200 familles, responsables de la crise, le poids des banques, la dureté de la crise, la ruine des paysans, la dégradation morale entretenue par les fascistes, « diviseurs de Français. » « Le fascisme, c’est la guerre », insiste le dirigeant, qui pointe les complices de Hitler, montre que les riches doivent payer et conclut sur la volonté d’unir, de réconcilier le peuple de France. Le discours se termine en effet par un appel aux catholiques (« nous te tendons la main, catholique, ouvrier, employé, artisan, paysan, nous qui sommes des laïques parce que tu es notre frère et que tu es comme nous accablé par les mêmes soucis ») et un rappel que « les communistes ont réconcilié le drapeau tricolore de nos pères et le drapeau rouge de nos espérances ».

L’actualité internationale est toujours aussi chargée : tensions entre Arabes et juifs en Palestine, intervention italienne en Éthiopie, provocations répétées d’Hitler, agitations fascistes en Espagne (on note un article de Paul Nizan). Alors que les menaces de guerre sont partout, « les diplomates sont en vacances », ironise l’Humanité.

À Paris, le 16 avril, se tient une « Mutu » en solidarité avec Ernst Thaelmann, chef du PC allemand, détenu à la prison berlinoise d’Alt-Moabit, à l’occasion de son cinquantième anniversaire. À la tribune, sous la présidence d’André Malraux, Florimond Bonte (PC), Jean Longuet (PS), Jacques Kayser (parti radical), Chauvet (Secours rouge).

Dans l’actualité sociale, on note une multiplication des grèves et des actions revendicatives : aux usines Berliet de Vénissieux ; chez les métallos de Longwy ; chez les « textiles » de Vaulx-en-Velin ; chez les papetiers de Saint-Junien ; dans la confection pour hommes ; dans le métro. Etc. Le congrès des (140 000) mineurs, à Lens, décide une grève générale le 1er mai, si le patronat reste sourd à ses demandes. Se prépare en effet un 1er mai combatif, dans le privé et dans « les grands services publics ». Le premier mai cette année tombe entre les deux tours des élections législatives… 

Gérard Streiff

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29 juillet 2026 3 29 /07 /juillet /2026 07:00

Tribune

« Robespierre dans la mémoire populaire, aujourd’hui » c’est le thème de la conférence qui sera donnée par Pierre Outteryck de l’association des Amis de Robespierre samedi 25 juillet à 11 heures au Panthéon (Paris 5e).

Par Pierre Outteryck de l’association des Amis de Robespierre (ARBR).

Le manque de temps consacré à la Révolution et à Robespierre dans les établissements d’enseignement publics et privés favorise la méconnaissance de notre histoire. La Liberté, l’Égalité, la Souveraineté populaire et la Laïcité sont les piliers de notre République.

Maximilien de Robespierre naquit en 1758 à Arras. Il est pétri des textes de Rousseau et du Siècle des Lumières, porteurs de l’émancipation universelle de l’Humanité. Avocat dès 1781, il défend la mise en place d’un paratonnerre, symbole du progrès scientifique, à Saint-Omer menacé de destruction par les échevins. En novembre 1783, il entre à l’Académie des sciences, lettres et arts d’Arras dont il est élu directeur en 1786.

La même année, il rédige un discours sur les droits des bâtards ; il y affirme que mariage et bonnes mœurs doivent être respectés et surtout que les bâtards doivent avoir des droits car ils ne peuvent être tenus responsables des conditions de leur naissance.

En 1789, il aide les savetiers-mineurs d’Arras à rédiger leur cahier de doléances et est élu aux États généraux réunis à Versailles. Dès le 5 mai, Maximilien se bat pour une Assemblée constituante. Du 26 mai au 26 août, il participe aux débats autour de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen. Il y défend l’abolition des privilèges de la noblesse et du clergé, les principes de souveraineté populaire et de laïcité, et la limitation du droit de propriété…

 

Robespierre, défenseur de la paix

En 1789, la société se divise en trois parties : les défenseurs de l’Ancien régime et du pouvoir d’un roi absolu de droit divin, les adeptes de transformation limitée par la politique de l’offre et par le vote censitaire réservé aux plus riches âgés de 25 ans, les partisans d’une politique de la demande fondée sur les aspirations et les besoins du Peuple des villes et des campagnes et sur le droit de vote donné à tous les hommes de plus de 21 ans.

Défenseur de la paix, Robespierre est contre la guerre déclarée à l’Empire d’Autriche en avril 1792 par le roi et presque tous les politiciens. Après le 10 août 1792 et l’abolition de la monarchie, il soutient une République fondée sur la défense de la Patrie et le respect de la dignité des couches populaires. Grâce à ce choix, Robespierre et les Montagnards rallient la majorité du centre appelé à l’époque Le Marais.

Maximilien devient avec Saint-Just et Couthon les promoteurs de cette politique qui organise la lutte face aux Autrichiens qui veulent abattre la Révolution et face aux Girondins, aux accapareurs de blé qui veulent s’enrichir en jouant sur l’inflation. Robespierre, Saint-Just et Couthon défendent les demandes populaires en limitant le prix du blé et en réorganisant l’armée.

Depuis deux siècles, le mouvement ouvrier combat la loi Le Chapelier de juin 1791 qui interdisait toutes coalitions (associations). Au XIXe siècle, le mouvement ouvrier s’est donc construit à l’ombre lumineuse de la Révolution française, titre d’une exposition réalisée par la CGT lors du bicentenaire de la Révolution.

Le message révolutionnaire de Robespierre pour nourrir nos luttes

Que nous reste-t-il de Robespierre, assassiné le 10 thermidor 1794 ainsi que 108 Montagnards parisiens et plusieurs milliers en province ?

Notre association l’ARBR, présidée par Alcide Carton, inspecteur honoraire de l’Éducation nationale, rassemble des femmes et des hommes de France et du monde entier. Toutes et tous sont animés par les aspirations égalitaires et antiracistes portées par la Résistance face aux fascismes et à l’extrême droite et par les luttes sociales démocratiques et laïques d’aujourd’hui.

Avocat d’une petite ville du Nord de la France, Robespierre, en respectant la Convention et le Comité de salut public, est devenu un véritable homme d’État. Il est parvenu à comprendre les aspirations des petites gens afin de construire une République favorisant l’existence du plus grand nombre. Cependant, l’extrême centre, les conservateurs et l’extrême droite de son époque ont cru parvenir à le faire taire. Les valeurs dont il était porteur demeurent plus que jamais présentes. Elles sont le souffle qui anime maintes aspirations actuelles. Certains voudraient les réduire à n’être que colère et coup de gueule !

Aujourd’hui, le fossé creusé par la politique de l’offre entre les plus riches et la masse de nos concitoyens ne cesse de grandir ! De 1936 à 1945, nos aînés se sont battus pour fortifier des droits déjà conquis et pour en obtenir de nouveaux : droit aux congés payés, droit à l’accès à une formation et à la culture, droit à la santé grâce à la sécurité sociale… La déclaration des Droits de l’Homme qu’a défendue Robespierre parlait de quatre droits fondamentaux : la Liberté, l’Égalité, la Sûreté (la sécurité) et la Résistance à l’oppression.

Le droit à un travail avec un salaire permettant de vivre correctement, l’accès à un logement décent, la possibilité d’être soigné, la nécessité de se nourrir chaque jour, l’accès à une formation de haut niveau et aux manifestations et pratiques culturelles… demeurent à l’ordre du jour. Nés en 1789, ces droits sont toujours à construire. Comme l’exigeait Robespierre dans son discours aux Jacobins le 2 janvier 1792, la paix est un impératif catégorique afin de créer un monde nouveau.

Le 14 juillet 1941, un mois après la fin de la grève revendicative et patriotique des populations du bassin houiller du Nord – Pas-de-Calais, un tract portant le beau nom d’Espoir se référait au 14 Juillet 1789 : « 14 Juillet, tu pénètres les cœurs de ceux qui peinent et qui luttent, tu es pour eux un vivant exemple, une image de leur idéal ».

Quatre-vingt-cinq ans plus tard, ce souffle demeure actif, vivifiant.

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