Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
4 août 2026 2 04 /08 /août /2026 14:08

 

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
4 août 2026 2 04 /08 /août /2026 07:02

Sans préjugés et loin des clichés, la sociologue et professionnelle de la prévention et du soin à Marseille est allée à la rencontre des jeunes des cités, guetteurs et dealers, pour comprendre ce qui les a amenés « au charbon » et comment ils s’en sortent.

Latifa Madani

Native de Marseille, fille d’ouvrier, Khadidja Sahraoui-Chapuis a grandi dans une cité des quartiers nord. Sociologue, elle dirige depuis vingt ans Réseaux 13, une association de prévention et de soin dans les conduites à risques. Elle a mené, dans cinq cités de trois arrondissements de Marseille, une enquête de terrain au long cours, au plus près des « petites mains » du trafic de drogue. Elle a interrogé 295 personnes, acteurs du réseau, familles, travailleurs sociaux.

Son ouvrage paru en mai dernier, « les Prolétaires du bizness. Dans l’ordinaire des trafics de drogue », restitue la part humaine de parcours cabossés, ceux des travailleurs précaires d’une « économie de la débrouille ». Elle décrypte un écosystème inhérent au capitalisme « inégalitaire et violent », en plaidant pour une refonte des politiques publiques en matière de drogues.

Qu’est-ce qui vous a incitée à reprendre vos études et à entreprendre ce travail sur le trafic de drogue ?

Khadidja Sahraoui-Chapuis

Sociologue et professionnelle de la prévention et du soin à Marseille

Je suis une fille des quartiers et je travaille dans la santé. L’usage et le trafic de drogue sont une problématique assez familière, je pense, pour toutes les personnes qui ont grandi dans des cités, parce que la drogue est là. L’idée de travailler avec les jeunes du trafic de drogue s’est imposée à moi. Il fallait que j’aille vers eux, pas seulement pour traiter des questions de santé et des addictions.

Dans mon cheminement professionnel, j’ai ressenti le besoin de m’outiller. J’ai donc repris mes études. Après un master en sciences de l’éducation, j’ai enchaîné avec un doctorat en sociologie et comme sujet de thèse les trajectoires des acteurs des réseaux de revente. J’ai tenté de saisir leur part d’humanité malgré leur violence.

 

Comment avez-vous procédé pour vous immerger dans ce « bizness » ? À quelles difficultés avez-vous été confrontée ?

J’ai une approche ethnographique. Je privilégie le temps et l’histoire, à savoir le vécu et le récit des humains qui animent ces trafics. Mais aussi l’histoire de leur famille, de l’endroit où ils ont grandi, celle de l’organisation et de la réorganisation des réseaux. La seule difficulté, dans un premier temps, a été de déconstruire chez moi des évidences pour accueillir la parole des autres sans jugement. Tout le monde a un avis sur les drogues, sur les trafics, alors que le sujet est très complexe.

Vous dites « ce n’est pas pour rien ni par hasard qu’on entre dans le trafic ». Pouvez-vous développer ?

M’intéresser à la trajectoire me permet justement d’identifier les moments de bascule dans l’histoire de la personne. On ne peut pas y entrer et y rester sans avoir soi-même subi de la violence. Ce que j’ai constaté sur un panel de 295 personnes, c’est que le trafic de drogue s’immisce dans les interstices des humiliations, des inégalités, de la souffrance, du racisme. Tout cela va jalonner à un moment donné l’entrée dans les trafics. On ne tombe pas dans le trafic.

C’est le trafic qui rencontre l’individu à un moment donné, lorsque celui-ci estime en avoir besoin. D’abord parce que cela va concrètement lui permettre de percevoir un revenu et de trouver une « place ». C’est la raison pour laquelle j’ai intitulé l’ouvrage « les Prolétaires du bizness ». Ils sont en situation d’emploi. Un emploi, cela n’apporte pas uniquement de l’argent, ça permet aussi d’avoir confiance en soi, de se sentir utile, cela revient à faire quelque chose de sa journée.

Vous avez été frappée par leur lucidité et par leur fatalisme. Comment l’expliquez-vous ?

Je trouve cette lucidité précoce et désespérante. Ils grandissent avec la question des dettes à la maison, les retards de loyer, les humiliations vécues par les parents. Ils vont donc essayer de réparer, de combler ces manques. On sait que la mort est présente dans le trafic. Mais la maladie et la mort font aussi partie du paysage des cités. On y meurt en moyenne quinze ans plus tôt que la population générale. Quand je parle de lucidité, c’est qu’un enfant ne devrait pas avoir à se préoccuper du frigo qui est vide.

Est-on en présence d’une économie « souterraine » ou « informelle » qui fait vivre les familles ?

Il faut déconstruire l’idée que les subalternes font vivre leur famille avec l’argent du trafic. Ils n’ont pas assez d’argent pour ça. Entre le patron et la petite main, cela n’a rien à voir. Majoritairement, les familles considèrent cet argent illégal, illicite et religieusement immoral. Le petit dealer va se payer son repas, sa dose de cannabis et s’acheter des vêtements. Il ne reste plus grand-chose pour nourrir la famille, qui de toute façon n’en veut pas.

De quelle façon le trafic impacte-t-il le territoire et la vie des cités ?

Le trafic n’est pas une parenthèse. Il est ancré dans un territoire avec un écosystème autour. Par exemple, les familles vont devoir s’organiser concrètement pour que l’enfant ne passe pas devant, ne reste pas à proximité, qu’il joue au foot plus loin ou qu’il ne sorte pas. L’impact est policier, aussi. Lors d’interventions, les CRS vont procéder à des contrôles routiers et sanctionner celui qui n’a pas d’assurance à jour, pas de carte grise, etc. Bref, pour des manquements mineurs, ils seront impactés indirectement par le trafic.

En quoi ce trafic fonctionne-t-il selon les règles du capitalisme et crée-t-il un écosystème selon le modèle ultralibéral ?

Par son organisation très hiérarchisée, sa division du travail, sa gestion des ressources humaines, son marketing, ses promos. Les subalternes sont ceux qui produisent la richesse et ceux qui perçoivent le moins. Les autres, les patrons, sont ceux qui accumulent et maximisent leurs profits. Les plus interchangeables, les plus flexibles sont les plus exploités et ceux qui prennent le plus de risques. La perversité est que ces modèles de domination sont acceptés parce que jugés légitimes. Un jeune m’a dit : « Moi, au moins, j’ai une raison de me lever le matin. On est tout sauf feignants », insistait-il. C’est le raisonnement de l’ouvrier, du prolétaire.

Et là, il s’agit parfois de mineurs qui n’ont pas de protections sociales. Le fait qu’il s’agisse de travailleurs pauvres est occulté par leur implication dans une activité criminelle. S’ajoutent à cela des règlements coercitifs mis en place par le gérant, comme la punition sur le salaire. S’il est en retard, a raté une alerte ou que sa sacoche a été volée, le guetteur devra revenir travailler gratuitement pour rembourser. Bref, on est en présence d’un système capitaliste inégalitaire et violent.

Vous expliquez pourquoi être issu de l’immigration postcoloniale a une influence sur la trajectoire. Mais, par-dessus tout, selon vous, il s’agit d’abord d’un problème de classe sociale. Pourquoi ?

Je parle effectivement de classe sociale parce qu’il s’agit d’une économie de la débrouille et de nouvelles formes contemporaines du travail. Aujourd’hui, comme il y a vingt ans, les jeunes disent qu’ils entrent dans le trafic pour s’acheter leur paire de Nike. Cette idée de posséder quelque chose, de n’être rien si on ne possède rien, cette idée d’avoir besoin d’argent pour exister et pour se sentir à sa place, c’est précisément une question de classe. Ils n’ont pas une appétence pour la violence ou pour la drogue. Ils ont besoin d’exister. Et c’est en ça que je différencie la question de classe et celle de race, même si les deux se nourrissent.

Il y a d’autres issues que les quatre murs de la prison ou les quatre planches du cercueil ? Comment s’en sortent-ils ?

On entre dans les trafics parce qu’on est porteur d’une histoire jalonnée par des humiliations et aussi parce qu’on a l’impression d’être avec des pairs, de baigner dans quelque chose de familier. Sauf que, comme dans toute économie capitaliste, il y a son lot d’inégalités et de brimades.

À 17-18 ans, on n’a pas la même façon de penser qu’à 14-15 ans. On accepte moins les insultes et les corrections du gérant parce qu’on n’a pas la même physiologie, ni la même psychologie. On a grandi. À 14 ans, on ne se rend pas compte des sommes d’argent qui sont brassées. Mais, au fur et à mesure, on entend les collègues discuter de la recette du jour, on va prendre conscience de la valeur de l’argent, de la place qu’on a dans cette économie, et surtout du fait que ceux qui prennent le plus de risques sont les moins bien payés. Alors même que beaucoup d’argent est brassé.

Et puis on se heurte au plafond de verre, on comprend qu’on ne deviendra jamais chef de réseau. Cela va allumer une petite lumière de contestation. On se rend compte aussi qu’en prison il n’y a pas de solidarité. Le réseau ne prend pas en charge les frais d’avocat d’un guetteur ou d’un revendeur.

Il y a aussi ce qui arrive dans la vie de n’importe quel individu…

Tomber amoureux, avoir envie de fonder une famille, de développer une spiritualité, etc. La sortie se fait rarement d’un seul coup. D’abord une, deux, trois semaines, puis un mois, deux mois, puis on va y retourner et ainsi de suite jusqu’à la sortie définitive. L’enfant, le jeune grandit, prend de l’âge, ne réfléchit plus de la même façon. On ne verra jamais, à quelques exceptions près, un guetteur de 24 ou 25 ans.

Vous parlez beaucoup des familles. Comment font-elles face ?

Une écrasante majorité des familles refuse l’argent et ne vit pas de ça. Elles mettent en place plusieurs stratégies, dès lors qu’il commence à y avoir des signes, comme des décrochages scolaires. C’est un indicateur important. Même chez celles qui n’ont pas la maîtrise de la langue. C’est un point d’alerte afin de tout faire pour empêcher l’enfant d’entrer dans le trafic, ou l’en sortir. Il faut protéger aussi le reste de la fratrie. Elle éloignera l’enfant de la cité, chez une tante ou un oncle ou une sœur, dans une autre ville, un autre pays, etc. Il y en a même qui déménagent. Une trajectoire délinquante, c’est compliqué à vivre pour les familles,

Pourquoi les mères ont-elles une charge et un rôle particuliers ?

Les mères sont accusées à tort d’être trop laxistes. Leur charge mentale est phénoménale. Mêlée à de la culpabilité et à un sentiment d’échec, d’impuissance. Les entretiens que j’ai eus révèlent une grande détresse. Toutes les mères rencontrées m’ont fait part d’une situation intenable.

Que proposez-vous lorsque vous plaidez « pour une refonte des politiques publiques en matière de drogues » ?

Il faut s’intéresser à la racine du problème : les inégalités, la précarité économique, les violences symboliques et institutionnelles. Il faut mettre en œuvre une prévention d’entrée dans le trafic et un accompagnement dans la sortie, ne pas lâcher le lien. Agir sur l’école, l’emploi, la précarité des classes populaires ou des personnes issues de l’immigration postcoloniale, c’est aussi travailler sur la prévention des entrées dans le trafic de drogue dans les cités.

La sécurité seule ne suffira jamais. Il faut s’interroger sur le fait que de jeunes français mineurs se retrouvent dans des activités criminelles, essayer de comprendre ce qui a fait la bascule et arrêter de les essentialiser seulement comme « trafiquants de drogue » et rétablir leur destin dans leur humanité.

« Les Prolétaires du bizness. Dans l’ordinaire des trafics de drogue », par Khadidja Sahraoui-Chapuis, éditions la Découverte, 270 pages, 22 euros.

Partager cet article
Repost0
3 août 2026 1 03 /08 /août /2026 06:38

Les bénéfices cumulés des entreprises du CAC 40, indice phare de la Bourse de Paris, ont bondi de 41,50 % au premier semestre, dopés par les secteurs financiers et énergétiques, d’après un décompte réalisé vendredi 31 juillet par l’AFP. Pendant ce temps, la planète brûle, les inégalités se creusent et les entreprises françaises financent la colonisation illégale en Cisjordanie.

Théo BourrieauLa rédaction

Alors que la France, du fait du réchauffement climatique, fait face à une des pires saisons des feux de son histoire et que les inégalités ne cessent de se creuser avec un taux de pauvreté historique, les plus grandes entreprises françaises continuent de s’enrichir. Selon un décompte réalisé vendredi 31 juillet par l’Agence France-Presse, les bénéfices cumulés des entreprises du CAC 40, indice phare de la Bourse de Paris, ont bondi de 41,50 % au premier semestre.

Pour les 38 entreprises sur 40 qui ont publié leurs résultats semestriels, le bénéfice net cumulé dépasse ainsi les 73 milliards d’euros. Parmi les secteurs particulièrement porteurs, celui des banques et assurances a vu son bénéfice net augmenter de 9 %, à 19,35 milliards d’euros. BNP Paribas (+ 21,8 %) et la Société Générale (+ 13,9 %) ont particulièrement bien tiré leur épingle du jeu.

Des profits sur fond de crimes de guerre et de casse sociale

Il y a quelques jours, le premier de ces deux groupes dévoilait en effet un bénéfice net au deuxième trimestre de 4,3 milliards d’euros, soit une hausse de 33,4 % sur un an. La banque est néanmoins restée bien plus silencieuse quant aux accusations la visant. BNP Paribas n’a par exemple pas intégré à ses comptes une quelconque provision en vue de litiges qui pourraient lui coûter cher aux États-Unis : en octobre dernier, la banque a été reconnue complice par un jury new-yorkais d’exactions au Soudan, en ayant organisé des transactions commerciales dont les recettes ont financé l’armée et les milices du régime d’Omar el-Béchir.

Rien non plus sur ses profits en partie générés sur des crimes de guerre. Cinq ONG, dont la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) et la Ligue des droits de l’homme (LDH), ont déposé, mercredi, un recours en excès de pouvoir assorti de demandes d’injonction auprès du Conseil d’État afin que la France stoppe les activités de ses entreprises en Cisjordanie. La banque figure parmi ces entreprises.

Un rapport publié en novembre 2024 par la coalition d’ONG Don’t Buy Into Occupation dévoile que BNP Paribas a profité, entre janvier 2021 à août 2024, de 32,73 milliards de capitaux directement impliqués dans l’occupation illégale de terres palestiniennes par Israël. La banque est accusée, comme le Crédit Agricole et la Société Générale, de profiter de la colonisation de la Palestine et du génocide à Gaza, sous la forme d’investissements, d’actions, de prêts ou de bons du trésor.

 

La Société Générale a justement, elle aussi, affiché un bénéfice record pour son deuxième trimestre, avec 1,79 milliard d’euros engrangés. La banque signe également un bénéfice à l’échelle du semestre à près de 3,5 milliards d’euros, du jamais vu. Pourtant, en janvier dernier le groupe annonçait la suppression de 1 800 postes en France.

Profiteur de guerre et écocidaires

Le secteur de l’énergie voit aussi ses revenus bondir de 42,7 % à 13,6 milliards d’euros, tiré par le bénéfice record de TotalEnergies de 11,2 milliards de dollars (+ 61 %) // 5,4 milliards de dollars au 2e trimestre, le double de l’année précédente. Le géant pétrolier a ainsi profité de la guerre au Moyen Orient pour augmenter ses marges. « La crise énergétique lui a largement bénéficié, tandis que des millions de ménages ont peiné à se fournir en carburant », ont réagi plusieurs organisations non gouvernementales, dont Greenpeace France et Réseau Action Climat, appelant à une taxation de ces bénéfices records.

Outre la crise pétrolière alimentée par le blocus du détroit d’Ormuz, l’autre facteur ayant généré des profits monstres chez TotalEnergies est la multiplication des chantiers à travers le monde. Membre des vingt entreprises les plus émettrices de gaz à effet de serre à l’échelle mondiale, TotalEnergies continue donc de se développer massivement dans le marché mortifère des énergies fossiles. Gaz et pétrole représentent ainsi 97 % de sa production d’énergie et 82 % de ses investissements sur l’année 2025.

 
Partager cet article
Repost0
3 août 2026 1 03 /08 /août /2026 05:00

 

1936 fut une année magnétique, l’année du Front populaire ! Notre hebdomadaire Communistes lui rend hommage en évoquant, chaque semaine de 2026, des événements survenus la semaine équivalente (ou presque) de 1936.

27 avril /3 mai 1936 (17) La victoire !

Outre la tenue d’un Premier Mai très offensif « pour le pain, la paix, la liberté », toute cette semaine est tendue vers le second tour des législatives du 3 mai. On note dans le quotidien communiste du 1er mai un article, à la Une, de Maurice Thorez (réélu à Ivry), intitulé « Les projets des communistes ». Le groupe communiste à la Chambre, dit-il, va proposer dès la semaine suivante une résolution « pour faire payer les riches » et il déposera cinq demandes précises : 1) Un vaste programme de grands travaux et un rajustement des salaires ; 2) La suppression des décrets-lois (de Laval) socialement injustes ; 3) La protection de l’enfance, des familles (nombreuses) ; 4) Une grande politique d’éducation physique et de sport ; 5) La revalorisation des produits agricoles. En outre, le groupe exigera « une commission de moralité » pour vérifier l’origine des fortunes des politiciens (comme Laval par exemple…).

Faisant suite à un premier tour très prometteur, la victoire est au rendez-vous le 3 mai : le PCF compte 72 élus (contre 12 en 1932), le PS 149, les radicaux (en recul) 110. Les élus du Front populaire emportent la majorité de la Chambre, 386 députés sur 610. Parmi les nouveaux élus communistes, on signale : Jacques Duclos, Gabriel Péri, François Billoux, Ambroise Croizat, Georges Cogniot, Charles Tillon, Etienne Fajon, Waldeck Rochet, Virgile Barel, Prosper Mocquet, Jean Catelas. Dans la Seine, sur 60 circonscriptions, le Front populaire détient 39 sièges dont 32 communistes.

Marcel Cachin (le 4 mai) fait part de « sa grande joie », non seulement du succès communiste et des candidats du Front populaire mais, dans le même temps, de la défaite des candidats fascistes « et des chefs les plus insolents des factieux » comme Gignoux, « l’homme du Comité des forges », ou Marcel Déat, ministre de l’Air. Les réactionnaires, écrit-il, « vont répéter que c’est la Révolution, que c’est la fin du pays et que ce sera demain le désordre et le chaos. Ils vont reprendre leurs propos menteurs sur l’Espagne et les prétendus excès du Front populaire dans la péninsule ibérique. Le peuple de notre pays conservera tout son sang-froid devant ces absurdes violences de langage, il se préparera avec calme à faire passer dans la réalité le programme du Front populaire. »

À l’international, ces jours de la fin avril 1936 en Palestine mandataire marquent le début de « la grande révolte arabe », un mouvement de rébellion des territoires sous mandat britannique, qui va durer plusieurs années et qui demande notamment la création d’un État arabe indépendant.

Gérard Streiff

Partager cet article
Repost0
2 août 2026 7 02 /08 /août /2026 06:46

 Editorial de Fabien Gay

Notre monde brûle, les peuples suffoquent et notre humanité commune vacille. Sept des neuf frontières planétaires sont dépassées, et c’est donc notre vie dans un écosystème sûr et viable sur le long terme qui est maintenant en jeu. Nous perdons des pans entiers du monde du vivant, le cycle de l’eau est maintenant durablement perturbé, et nos sols et océans pollués.

Il ne s’agit plus de savoir si on croit ou non au dérèglement climatique, ou encore si on pense que notre Terre peut encore endurer cela longtemps. Le réchauffement climatique impacte déjà nos vies, mutile des régions et cause des victimes. Non, la seule question qui vaille est celle de savoir quand nous romprons avec le système capitaliste, responsable de la destruction de la nature et du vivant, pour imposer d’autres modes de production, de consommation et de vie. Et plus nous tarderons, plus la rupture sera brutale, violente et sans transition.

Bien évidemment, on peut et on doit d’ores et déjà s’adapter, en climatisant et en rénovant le bâti par exemple pour supporter les épisodes de grand froid ou de canicule. Mais est-ce vivable d’avoir des bâtiments climatisés pendant des semaines de canicule ?

Cet avenir inquiétant n’est pas une vue de l’esprit, fruit d’une imagination débordante, mais bien les scenarii possibles à l’horizon 2030, mis sur la table par des scientifiques. La trajectoire du réchauffement climatique sera de 2 degrés supplémentaires en 2030, et 4 degrés en 2100.

Chaque été devient le « plus chaud jamais vécu » sur notre territoire, il commence de plus en plus tôt, affectant tous les domaines de la société, que ce soit l’éducation de nos enfants dans des écoles aux bâtiments dégradés, l’hospitalisation des personnes en souffrance, la saisonnalité de l’agriculture, les conditions de travail et d’habitat.

Nous sommes la dernière génération de femmes et d’hommes, de militantes et militants, à pouvoir agir. Le changement climatique est déjà lancé, mais nous pouvons agir pour l’avenir et limiter les dégâts. La croyance selon laquelle la technologie et l’intelligence artificielle nous permettront de tout réparer est illusoire.

Cet été, le monde brûle, du Canada à l’Espagne, de l’Algérie à la France, et les premiers réfugiés climatiques sont déjà là. Le feu rase les forêts, tue les animaux et s’approche dangereusement de métropoles comme à Madrid ou Bordeaux. Les États à eux seuls ne parviennent pas à répondre à la crise, et le soutien des pays voisins montre à chaque fois sa nécessité.

Mais il se fait toujours de manière pressante, sans réflexion globale sur ce qui nous a menés à cette impasse, sur la coordination mondiale et les moyens à mettre en œuvre sur le long terme. Alors que les gouvernements augmentent les budgets militaires, ils refusent d’allouer des millions pour la prévention, la sécurité civile ou les forêts. Ce n’est pas de l’inaction climatique. Ce sont des politiques climaticides, qui devraient être interdites.

Il faut donc d’urgence œuvrer à la création d’une grande coalition internationale des peuples libres, souverains et associés, qui aura la tâche de sauver le climat et mettre fin aux inégalités. Mettre en commun les savoirs, les pouvoirs et les richesses, nationaliser les moyens pour dépolluer sols, rivières et océans, mettre fin à l’exploitation des ressources pétrolières. Devoir impérativement produire non pas ce que veut la société consumériste, mais ce dont les peuples ont besoin.

L’urgence de notre temps est donc au communisme.

Partager cet article
Repost0
2 août 2026 7 02 /08 /août /2026 05:00

 

 

 

Au Sénat, notre groupe avait déposé un amendement en novembre dernier pour renforcer la Sécurité civile à hauteur de 70 millions d’euros. Il a été rejeté par la droite et le gouvernement. Aujourd’hui, face aux incendies qui ravagent nos territoires, les conséquences des politiques d’austérité et du sous-investissement sont là. La sécurité des Français ne doit jamais être une variable d’ajustement budgétaire.

Plein et entier soutien aux sapeurs-pompiers, aux personnels mobilisés et aux bénévoles qui, avec un courage exemplaire, luttent sans relâche contre les flammes et viennent en aide aux populations. Leur engagement force le respect et rappelle l’importance de donner à nos services publics les moyens d’agir.

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
1 août 2026 6 01 /08 /août /2026 12:51

 

1936 fut une année magnétique, l’année du Front populaire ! Notre hebdomadaire Communistes lui rend hommage en évoquant, chaque semaine de 2026, des événements survenus la semaine équivalente (ou presque) de 1936.

20/26 avril 1936 (16) Le PCF double ses voix !

L’actualité de la semaine se concentre naturellement sur l’enjeu du premier tour des élections législatives du dimanche 26 avril.

La campagne est dynamique et le ton du journal l’Humanité est résolument offensif.

Les formes d’intervention militante bougent. Après Maurice Thorez à Radio-Paris, nombre de dirigeants communistes « parlent au poste de Paris-PTT » par exemple.

Le PC publie une Bande dessinée, reproduite dans le quotidien communiste, intitulée « Franchard et Lavisé » et signée « Image d’Épinal ».

Les derniers jours de la campagne, l’Humanité décline en Une les raisons de voter communiste : « Pour l’ordre, votez communiste ! » (24/4) ; « Pour la liberté, votez communiste ! » (25/4) ; « Votez communiste ! Contre la guerre ! Contre le fascisme ! Contre la misère ! » (26/4).

Rappelons que seuls les hommes ont le droit de vote ; d’où un article vindicatif du journal, le 22/4 : « La femme française doit voter ».

Un autre sujet toutefois s’invite également dans l’actualité. C’est l’amorce d’un mouvement social. Une grève est annoncée dans les bassins miniers, des corporations bougent : meetings des ouvriers du bâtiment, des travailleurs du vêtement, demandes des ouvriers agricoles, des chauffeurs de taxi, réunions des travailleurs des services publics. La fête du travail s’annonce puissante. La CGT va organiser 215 meetings dans les principales villes. « Contre la misère ! Participez aux manifestations du Premier mai », titre le quotidien, page 5, le jour même de l’élection.

C’est dans ce cadre que tombent, dimanche soir, les résultats tout à fait spectaculaires du premier tour. Le PCF double ses voix ; il passe de 796 000 voix en 1932 à 1 500 000. Soit de 6,7 % en 1932 à 12,5 (on trouve aussi ces chiffres : de 8,3 % à 15,2).

Neuf députés communistes sont élus au premier tour dont le secrétaire général Maurice Thorez, André Marty, qui est alors secrétaire de l’Internationale communiste, Renaud Jean, issu du monde rural, Arthur Ramette, député du Nord, le cheminot Gaston Monmousseau, l’écrivain et journaliste Paul Vaillant-Couturier. On parle de 60 ballottages favorables.

Le PS enregistre 1 900 000 voix et le parti radical 1 400 000.

Un double titre barre la Une de l’Humanité du lendemain : « Éclatante victoire du Parti communiste » (le journal l’Unité titrera début mai : « Éclatante victoire du Parti socialiste ») ; et « Discipline au second tour pour le triomphe du Front populaire ».

Gérard Streiff

Partager cet article
Repost0
1 août 2026 6 01 /08 /août /2026 07:00

Des hommages au fondateur de L’Humanité sont organisés ce vendredi à Paris et Nîmes, à l’occasion de l’anniversaire de son assassinat par le nationaliste Raoul Villain.

Gaël De Santis

Assassinat de Jean Jaurès : 112 ans après, il continue d’inspirer la gauche

Lutte pour la paix, contre l’extrême droite, défense de la laïcité. Ces valeurs seront encore une fois défendues par la gauche, ce vendredi 31 juillet, à l’occasion des commémorations de la mort de Jean Jaurès, assassiné le 31 juillet 1914 par le nationaliste Raoul Villain. Fabien Gay, directeur de L’Humanité, prononcera, au café du Croissant à Paris, là où le fondateur de notre journal a été abattu, un discours devant les lecteurs, les militants du PCF et d’autres formations de gauche.

Alexis Corbière, député L’Après, sera présent, avec la situation actuelle de la gauche bien en tête. « Jaurès était ferme sur les idées et les principes, mais savait bâtir l’unité indispensable, souligne-t-il. Il ne cherchait pas seulement à solidifier l’aile la plus radicale de notre camp, il voulait bâtir des majorités pour changer réellement la vie des humbles et des travailleurs. »

 

« On a déjà essayé l’extrême droite ! »

Conseiller municipal communiste du 10e arrondissement, Élie Joussellin insiste, lui, sur la lutte contre l’extrême droite. « Au moment où les nationalismes se répandent partout dans le monde et menacent de prendre le pouvoir en France, se rappeler non seulement la parole de paix portée par Jean Jaurès mais aussi ce que l’acte de Raoul Villain a engendré est une nécessité. On a déjà essayé l’extrême droite ! » insiste-t-il.

« Jean Jaurès portait l’idée d’une République laïque, sociale, humaniste, pacifiste et croyait dans l’amitié des peuples européens et leur coopération. Nous, sociaux-démocrates, avons la responsabilité de défendre cet héritage. Et les tenants actuels de la violence en politique, de l’affrontement permanent et du communautarisme, ces agitateurs professionnels, seraient bien inspirés d’apprendre les leçons du grand Jaurès », souligne Ariel Weil, maire PS de Paris Centre.

« Jaurès a marqué ce qu’est le socialisme en France, c’était un patriote et pacifiste. Son engagement internationaliste nous inspire. Il nous invite à être d’une gauche qui s’inscrit dans la rupture avec le néolibéralisme », avance Emma Rafowicz, première secrétaire départementale du PS.

 

Hommage à une figure rassembleuse

À Nîmes (Gard), la nouvelle municipalité de gauche et son maire communiste, Vincent Bouget, rendront également hommage à Jean Jaurès. Ce dernier y a tenu quatre réunions publiques. « Cela fait plusieurs années que les sections locales du PCF et du PS organisaient un hommage », témoigne Denis Lanoy, adjoint (PCF) aux arts et à la culture.

L’initiative de ce vendredi est particulière : à la médiathèque, sera lue une lettre de Jean Jaurès dont la commune vient de faire l’acquisition. La missive, adressée par notre fondateur à un collègue député, expose ce qu’il entend dire lors d’un meeting à Nîmes les jours suivants.

Jaurès « est une figure rassembleuse, qui avait comme notre municipalité, un projet tourné vers l’éducation, la culture et la paix », détaille Denis Lanoy. De plus, Jean Jaurès est important dans cette ville du Gard, « longtemps déchirée entre protestants et catholiques », qui a « connu la Michelade (en 1567, NDLR), une Saint-Barthélemy à l’envers avec un massacre de catholiques par des protestants ».

Le député socialiste « a été porteur, avec Aristide Briand, de la loi de séparation des Églises et de l’État », insiste l’élu Denis Lanoy, qui rappelle qu’il y a désormais un important « dialogue » entretenu entre les différentes confessions. « La loi de 1905 y est pour beaucoup », insiste-t-il.

 
Partager cet article
Repost0
31 juillet 2026 5 31 /07 /juillet /2026 07:35

La cinéaste Hélène Rosselet-Ruiz signe un premier long-métrage passionnant et intrigant, où la lutte des classes se loge dans un hôtel particulier parisien, au cœur du triangle d’or, partie richissime du quartier des Champs-Élysées.

Michaël Mélinard

Issue d’un quartier populaire, Laura (Malou Khebizi) rêve de s’engager dans l’armée. En attendant, elle a besoin d’argent et trouve un emploi atypique chez Monsieur, un prince saoudien richissime qui loge et entretient sa maîtresse, Souria (Soundos Mosbah), dans un hôtel particulier parisien du « triangle d’or ».

La jeune femme est à leur service exclusif, 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24. Mais dans cette prison dorée, sa patronne adultérine s’ennuie et se languit de son amant. Laura découvre ce monde, mi-fascinée mi-dégoûtée par un luxe obscène, et réclame peu à peu un respect qu’on lui dénie.

Avec le Triangle d’or, Hélène Rosselet-Ruiz signe un premier long-métrage intrigant et passionnant. Son récit transpose la lutte des classes dans le huis clos d’un palais sans âme, où l’indécence se niche dans le contrôle permanent, les dépenses excessives ou le maintien en captivité d’une panthère droguée pour éviter ses pleurs.

Dès le début du film, un entretien d’embauche entre une recruteuse et des candidates au poste d’assistante entraîne le récit dans une zone de non-droit. Que signifie cette entame ?

Hélène Rosselet-Ruiz

réalisatrice

Elle signifie que si Laura est recrutée, ce n’est pas parce qu’elle est celle qui en a le plus besoin. Ne pas avoir de famille la rend plus disponible et crée déjà une injustice. Dans les rapports de domination, elle est au-dessus de certaines femmes qui postulent et c’est pour ça qu’on la recrute. Il y avait quelque chose à installer immédiatement.

 

Du fait de la vidéosurveillance, ce décor est un troisième personnage principal au regard omniscient. Personne n’y est libre. Dans tous mes emplois, j’ai été marquée par la manière dont les employés sont filmés. J’ai longtemps été caissière. Les caméras installées dans le magasin n’étaient pas spécifiquement pour les clients. Cela change notre rapport à nos collègues, au travail, à la manière dont on se tient.

Avec des candidates d’origine diverses, vous lancez une fausse piste quasi documentaire. Est-ce pour mieux inscrire votre fiction dans le réel ?

Oui. Ce sont des femmes avec lesquelles j’ai travaillé ou que nous avons rencontrées avec Pauline Guéna, ma coscénariste, pour nous documenter. Toutes les situations du film nous ont été racontées. C’était aussi une manière d’introduire le personnage de Laura, une jeune fille française, considérée comme blanche, qui a de ce fait certains privilèges.

Il y avait une cohérence, éthique et politique, à ouvrir le film avec d’autres femmes que souvent, on ne voit pas, et qui travaillent dans ces endroits. Ne pas considérer leur parcours n’aurait pas été très juste. Le personnage de Laura m’a été inspiré par mon travail pour l’amante d’un prince saoudien, mais la particularité de cette situation n’est pas forcément représentative de la réalité de la majorité des parcours de ces femmes au service des plus riches. Je voulais lui donner une place.

Dans une période où l’enrichissement personnel est érigé en modèle par certains, quel contre-récit introduit le Triangle d’or ?

J’essaie de raconter l’envers de ce modèle, ce qu’il a d’obscène et de dégueulasse alors qu’on nous le vend comme désirable, comme un niveau de richesse auquel on doit aspirer. Mais pour que cela tienne, il faut des corps qui s’abîment au travail et du gaspillage. C’est un pillage sur le vivant au sens large, d’où la présence d’une panthère captive ou de tous ces aliments gâchés. On nous vend l’action individuelle comme la solution contre le réchauffement climatique en nous conseillant de manger moins de viande ou de trier nos déchets.

C’est très bien, mais il y a une fracture du contrat social quand ces 1 %, qui possèdent autant que 60 % de la population, n’en ont rien à faire. Je voulais modestement représenter un peu de cette obscénité car je ne sais pas si ce gâchis pourrait se perpétuer s’il était vu au grand jour. Quand on vous demande de commander tout le menu d’un restaurant juste parce qu’on peut tout se permettre et que rien n’est mangé, c’est une maladie, la maladie de la richesse.

Mais le contre-récit, c’est aussi la possibilité fragile d’un lien, d’une rencontre entre deux personnes. Le film est sombre, mais il contient des poches d’humanité, comme une mini-société où chacun pourrait faire un pas vers l’autre.

Que vouliez-vous raconter de la sororité ?

Un espace d’épanouissement, en tout cas de rencontre et d’échange que je ne veux pas idéaliser. Je n’avais pas envie qu’elle efface la violence des rapports économiques et de pouvoir. Ce n’est pas parce qu’il y a une rencontre qu’il n’y a plus de service ou de domination. Cette sororité est circonscrite à un moment très ténu et à un cadre très momentané. Que serait-elle si elle avait de l’espace pour se développer ? Je n’ai pas de réponse à ça, mais j’aimerais que ce soit possible.

Que raconte votre film de la complexité de la représentation des personnes arabes en France ?

Je ne sais pas s’il en raconte quelque chose de définitif et fermé, mais, en tout cas, j’avais envie d’une pluralité de personnages, d’endroits de représentation avec une vraie complexité. Les personnes arabes ou d’origine arabe en France sont régulièrement renvoyées à leur origine, constamment stigmatisées et font l’objet d’un racisme de plus en plus décomplexé.

Je suis une jeune femme blanche et il me semblait impératif de réfléchir à cette question en faisant le film. Je n’avais pas envie, malgré moi, de reproduire des clichés racistes et éculés, ceux de « méchants arabes » qui viendraient en France et emploieraient une jeune femme blanche qui subit des humiliations quotidiennes.

J’ai fait attention à ce que je racontais. J’ai par exemple dû batailler pour qu’on prenne l’enjeu des dialectes au sérieux. Il existe une forme d’inconscient raciste qui fait qu’au début y faire attention ne paraît pas forcément essentiel. Or, ce serait le cas dans une autre langue. Ça ne veut rien dire, « les Arabes ».

Ce sont des personnages comme les autres, et je tenais à les aborder au travers de leur position sociale. Monsieur est avant tout un homme riche, donc puissant. Je ne sais pas si le film propose une réponse mais s’il en donne une, j’espère que c’est par la complexité et la diversité des représentations.

Partager cet article
Repost0
31 juillet 2026 5 31 /07 /juillet /2026 05:05

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
  • Contact

Visites

Compteur Global

En réalité depuis Janvier 2011