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18 août 2026 2 18 /08 /août /2026 08:20
Guerre d’Espagne : la voix du poète Federico Garcia Lorca résonne encore, 90 ans après son assassinat

Il y a quatre-vingt-dix ans, le poète, dramaturge et compositeur espagnol était tué par les milices franquistes à Grenade, un mois après le coup d’État perpétré par Franco. Irréductible, son œuvre témoigne d’un engagement politique et poétique dont les échos nous parviennent encore.

Samuel Gleyze-Esteban

On ne connaît pas la voix de Lorca. Des photos, il y en a, qui ont fixé dans la mémoire collective ce beau visage rond et brun. Des images en mouvement aussi : en novembre dernier, de vieilles pellicules du jeune Lorca en itinérance théâtrale sont réapparues.

Dénichées par le cinéaste espagnol Manuel Menchon pour un documentaire à venir, La voz quebrada (« la voix brisée »), construit autour des journaux de Juan Ramirez de Lucas, l’ultime amour de Lorca, ces images attestent d’une mémoire qui ne se tarit pas. Au détour d’un photogramme, on aperçoit le sourire de l’artiste, à l’arrière d’une voiture embarquée sur les routes poussiéreuses d’Espagne, dans le bouillonnement des années de la Barraca, théâtre universitaire ambulant impulsé et soutenu par la Seconde République.

On ne connaît pas la voix de Lorca, pourtant il a failli y en avoir une trace : l’Archive sonore, phonothèque créée sous la deuxième République espagnole, avait prévu de faire parler le poète dans ses micros. Mais Lorca était encore jeune. Il y avait le temps. On ne savait pas que le poète et dramaturge mourrait à 37 ans.

Le « silence » de Bernarda Alba

Le 18, ou peut-être 19, août 1936, un mois après le coup d’État qui déclencha la guerre d’Espagne, des mains enragées des milices phalangistes, qui préparaient le terrain à une dictature implacable et s’en prenaient ainsi à un penseur de la liberté, de l’art, de la poésie, de l’antifascisme. Le meurtre, répugnant, a été caché puis nié par les franquistes. « Apprenez que le crime a eu lieu à Grenade ! » finira par crier, deux mois plus tard, dans un poème, son ami Antonio Machado.

Ce rendez-vous manqué avec l’archive sonore dirait-il alors un poète réduit au silence, ce même « silence ! » que hurle la tyrannique Bernarda Alba au début et à la fin de sa dernière pièce, l’une des plus grandes ? Ce serait nier ce que son œuvre chante, pleure, rit et crie encore à nos oreilles, presque un siècle plus tard.

 

« Même quand Bernarda Alba demande de faire silence, pour elle et pour les autres, ça ne fonctionne pas », fait remarquer le metteur en scène Thibaud Croisy dans le texte qu’il signe pour l’Humanité. La voix de Lorca, de même, résonne encore.

Une enfance andalouse

Federico Garcia Lorca est né le 5 juin 1898 dans une famille aisée de Fuente Vaqueros, dans la Vega de Grenade. Son père, un riche cultivateur, a épousé Vicenta, une institutrice, qui lit Victor Hugo à la fratrie et fait jouer du piano au petit Federico. Celui-ci vit au rythme encore patient de l’Andalousie profonde, sans doute fasciné par ces vieilles Espagnoles aux airs sombres qu’il sublimera dans son théâtre. Animé par une attention vive aux musiques et danses populaires, il mènera, avec le compositeur Manuel de Falla, un travail poétique et musical autour du cante jondo.

Mais l’enfant baigne aussi dans une pensée libérale qui, au sens que revêt le mot au XIXe siècle, s’élève contre les monarchies conservatrices. Une des premières pièces de Lorca se consacrera d’ailleurs à Mariana Pineda, héroïne de la résistance grenadine, exécutée en 1831 pour son opposition au roi Ferdinand VII. Le décor est cette Espagne rurale qu’il mettra en scène dans sa trilogie la plus célèbre – Noces de sang, Yerma, la Maison de Bernarda Alba. C’est aussi celui, tout proche, d’une culture qu’on nomme là-bas gitane. Il en exalte la force esthétique dans son célèbre Romancero gitano, où il dénonce aussi les violences de la garde civile sur cette minorité.

« Le succès du Romancero gitano l’a un peu enfermé dans ce mythe du poète andalou », observe Zoraida Carandell, professeure de littérature et civilisation de l’Espagne contemporaine à Paris Nanterre. Lorca aurait été trop ibère, trop lyrique. Borges, mesquin, lui collera l’étiquette « Andalou professionnel ». « Il y a eu une réduction, qui est devenue intéressée au moment du franquisme, où on a cessé de jouer ses pièces pour le réduire à cela. Mais Lorca était bien d’autres choses. »

L’éveil new-yorkais

Il suffit de lire Poète à New York, fruit d’un voyage aux États-Unis commencé en juin 1929. À New York, Lorca est « assassiné par le ciel » strié de gratte-ciel. Et l’Espagnol est profondément choqué par la vision des violences inouïes faites aux Africains-Américains. De ce voyage sort un recueil à l’intérieur duquel il inclut la photo édifiante d’un corps d’homme noir brûlé.

« Lorca rejette cette société qui ignore la souffrance des Noirs américains, analyse Zoraida Carandell. Il parle de l’alcool frelaté vendu aux Noirs sous la prohibition. Il parle aussi de l’exploitation, de la privation de liberté, du chômage, relie les phénomènes entre eux. Le plus proche de Lorca à cette époque, c’est finalement les Temps modernes de Chaplin. »

 

Dans Cri vers Rome, il critique les accords du Latran, où le pape Pie XI a tout concédé à Mussolini. « Lorca manie un langage antifasciste et perçoit avec beaucoup de clarté ce qui est en train de se passer au tournant des années 1930 », poursuit Zoraida Carandell.

En Espagne, la Seconde République est proclamée le 14 avril 1931, après sept ans d’une dictature incarnée par le général Miguel Primo de Rivera. Elle s’accompagne d’un regain d’espoir et de droits et la Barraca réalise un rêve itinérant de politique culturelle républicaine et d’éducation populaire. Lorca et Eduardo Ugarte y rendent accessibles les grands classiques espagnols : Calderon de la Barca, Lope de Vega, Cervantès

C’est la conscience qu’on assassine

L’aventure dure cinq ans. En juillet 1936, toute l’Espagne tremble sous la rumeur d’un coup d’État. Le 13 juillet, Lorca quitte Madrid pour rejoindre sa famille à Grenade. Le soulèvement militaire orchestré par le général Franco a lieu les 17 et 18 juillet, et Grenade bascule le 20, plonge dans une répression barbare. Les factieux veulent tuer un « communiste », un « pédé ».

Lorca, qui se sait poursuivi, se cache de maison en maison. En vain. Obéissant aux ordres du cruel gouverneur civil José Valdés, aux côtés de l’ex-député d’extrême droite Ramon Ruiz, l’avocat Juan Luis Trescastro se vantera d’avoir tué le grand poète de « deux balles dans le cul ».

Ce meurtre politique fut nié par beaucoup, y compris Dali, ancien amant rallié au franquisme, qui tentera de faire passer le crime pour une affaire intime. La mémoire du poète a depuis été un champ de forces, secoué au cours du XXe siècle par les recherches fondamentales de Marie Laffranque ou celles du biographe irlandais Ian Gibson.

En témoigne aujourd’hui le combat de Laura Garcia Lorca, sa nièce, à la tête de la Fundacion Federico Garcia Lorca, à Grenade, qui s’alarmait en 2024 dans El País de la « grande précarité » humaine et financière dans laquelle elle tente de faire vivre l’œuvre et la pensée du poète. La même année, cette passeuse a dû protester contre la désignation à la tête du Patronato Garcia Lorca, par le Parti populaire local, d’Antonio Membrilla, lequel avait parlé de la « mémoire historique » comme d’une « niaiserie hystérique ».

« Détruire le théâtre ou vivre dedans ? »

Lors du dernier Festival de Cannes, La bola negra, des Espagnols Javier Ambrossi et Javier Calvo, Prix de la mise en scène, a réhabilité la figure de Lorca à travers l’angle de l’homosexualité, au risque, selon certains, d’éluder le reste. En France, les metteurs en scène Thibaud Croisy et Marcial Di Fonzo Bo ont récemment remis l’auteur espagnol sur le métier, pour le meilleur.

Dans Songe, le second monte un extrait d’une pièce inachevée, Comédie sans titre. Où des révolutionnaires interrompent une représentation de théâtre pour préparer le grand soir. « Il y a chez Lorca une force subversive extraordinaire, s’enthousiasme-t-il. Dans ses pièces inachevées, il met en abîme le théâtre et place l’artiste face à un dilemme : détruire le théâtre ou vivre dedans. C’est une question brûlante ! »

Lorca fut l’un des premiers assassinés d’une vague de violence sanglante dont l’extrême droite espagnole revendique l’héritage aujourd’hui. Tout son esprit, pendant toute sa vie, s’était battu contre cela. Insupportable injustice. Les images exhumées par Menchon font éclater, dans un sourire, l’insouciance du temps d’avant le fascisme.

En février 1936, il écrivait sa Gacela de la mort obscure, traduit par Claude Couffon et Bernard Sesé dans Anthologie bilingue de la poésie espagnole (Pléiade) : « Je veux dormir un instant,/ Un instant, une minute, un siècle ;/  Mais que tous sachent bien que je ne suis pas mort. »

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17 août 2026 1 17 /08 /août /2026 09:20
Profession de foi de Jean-Pierre Beuzit, candidat communiste aux cantonales dans le canton de Plouigneau en 2001

Profession de foi de Jean-Pierre Beuzit, candidat communiste aux cantonales dans le canton de Plouigneau en 2001

Hommage à notre camarade Jean-Pierre Beuzit, décédé à 61 ans
Fête du Viaduc 2014 place Allende: les deux cuisiniers membres de la liste municipale du Front de Gauche Loïc Digaire et Jean-Pierre Beuzit

Fête du Viaduc 2014 place Allende: les deux cuisiniers membres de la liste municipale du Front de Gauche Loïc Digaire et Jean-Pierre Beuzit

Hommage à notre camarade Jean-Pierre Beuzit, décédé à 61 ans
Jean-Rolland Labrousse et Jean-Pierre Beuzit le 1er mai place Allende

Jean-Rolland Labrousse et Jean-Pierre Beuzit le 1er mai place Allende

Jean-Rolland Labrousse et Jean-Pierre Beuzit le 1er mai place Allende

Jean-Rolland Labrousse et Jean-Pierre Beuzit le 1er mai place Allende

Hommage à notre camarade Jean-Pierre Beuzit, décédé à 61 ans
Photo de Pierre-Yvon Boisnard. 1er mai 2018: Jean-Rolland Labrousse et Jean-Pierre Beuzit, les cuisiniers du parti à la fête du Viaduc

Photo de Pierre-Yvon Boisnard. 1er mai 2018: Jean-Rolland Labrousse et Jean-Pierre Beuzit, les cuisiniers du parti à la fête du Viaduc

1er mai 2015, fête du Viaduc - Photo Pierre-Yvon Boisnard

1er mai 2015, fête du Viaduc - Photo Pierre-Yvon Boisnard

1er mai 2014, fête du Viaduc - photo Pierre-Yvon Boisnard

1er mai 2014, fête du Viaduc - photo Pierre-Yvon Boisnard

1er mai 2013, fête du Viaduc - photo Pierre-Yvon Boisnard

1er mai 2013, fête du Viaduc - photo Pierre-Yvon Boisnard

Une bien triste nouvelle. Nous avons appris hier le décès de notre camarade Jean-Pierre Beuzit, qui venait d’avoir 61 ans le 15 mai dernier. Il était né en 1965. Fils du premier adjoint communiste de Botshorel, très aimé et reconnu (son père était toujours le mieux élu dans sa commune), Jean-Pierre était communiste depuis son plus jeune âge et ne cachait jamais ses convictions. Il avait été candidat aux cantonales à Plouigneau en 2001 pour le parti communiste (il avait fait un bon score, en 3e position derrière la droite, Joseph Irrien, et le PS, Robert Moreau, 877 voix et 14,34 %... à l'époque le FN faisait sept fois moins de voix et plafonnait à 2,21%...) et candidat en 2014 sur la liste du Front de gauche que je conduisais à Morlaix "Pour un bien vivre partagé à Morlaix", en 23ème position sur la liste. Il était aussi membre du comité de soutien de "Morlaix Ensemble" en 2020, et pour les candidatures de Fabien Roussel en 2022, Ian Brossat aux européennes en 2019, et Léon Deffontaines aux européennes 2024, et pour nos campagnes législatives du Front de Gauche et du PCF en 2012 et 2017. C’était surtout le cuisinier militant et bénévole de notre section qui pendant des années, avec sa gentillesse, son humilité et sa générosité discrète, son beau sourire très présent, a régalé les 200 convives de la fête du Viaduc, la fête du premier mai du parti communiste, en préparant des bons repas, plusieurs années avec des collègues cuisiniers militants du Front de gauche et du PCF (Loïc, Patrick, Yann, Pierre, Jean-Rolland...), avec les moyens du bord, au local du parti et place Allende sous le grand barnum. Nous sommes très peinés du décès de Jean-Pierre qui était quelqu’un de bien, un garçon gentil dans le meilleur sens du terme. J’ai travaillé avec lui 3 ans au collège de Guerlesquin où il était chef cuisinier du collège pendant 14 ans, et je peux témoigner qu'il était un excellent cuisinier, très agréable avec tout le monde, les élèves, les profs et personnels, qui donnait aussi de son temps pour les parents d’élèves, les repas de l’Amicale et des associations du secteur. Généreux, serviable, disponible, un super binôme avec sa collègue Marie-Anne. Jusqu’au bout, malgré de gros problèmes de santé ces dernières années , il est resté adhérent du PCF, intéressé par son actualité et ses choix et avait tenu à voter lors du dernier congrès même s’il ne venait plus aux réunions compte tenu de son état de santé. Nous l’avions vu aussi pour les ventes solidaires de légumes que nous avons organisé rampe saint Augustin, son quartier, et aux dernières fêtes du Viaduc. C’est sa sœur Sylvie qui nous a prévenus de son décès et nous exprimons à toute sa famille notre solidarité dans cette épreuve et à Jean-Pierre notre reconnaissance pour son engagement, sa gentillesse et sa générosité, la sincérité et le caractère inébranlable de ses convictions.

Ismaël Dupont

 

Les Obsèques de Jean-Pierre Beuzit auront lieu vendredi 21 août à 15h dans la salle des établissements Tanguy à Saint-Martin des Champs. 

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17 août 2026 1 17 /08 /août /2026 07:40

Les associations de diffusion de la pensée de Baruch Spinoza et les séminaires de recherche de 17 pays s’élèvent contre la décision du gouvernement d’extrême droite italien d’exclure son enseignement des programmes des lycées, ainsi que celles d’autres philosophes critiques dont Marx. Une tribune signée par l’Association des Amis de Spinoza.

Les associations et les séminaires spinozistes actifs dans différentes parties du monde – dont le projet est de faire connaître et de diffuser la pensée de Spinoza – s’élèvent vigoureusement contre la décision du gouvernement italien d’exclure le philosophe juif hollandais d’origine ibérique, des programmes des lycées ; le même sort est réservé, par les nouvelles « Indicazioni Nazionali per i Licei » du 23 avril 2026 du gouvernement Meloni, à plusieurs autres grands philosophes classiques de la pensée critique, dont une partie de la philosophie allemande avec l’exclusion de Leibniz, de Kant – dont le criticisme est amputé de ses aspects moraux et historico-politiques –, de Marx, de Fichte et de Schelling…

En 1670, au cœur de la Libre République des Provinces Unies, en publiant son Tractatus theologico-politicus, Spinoza défendait la liberté de philosopher mise en danger par les partisans d’un pouvoir monarchique et d’une théologie intolérante adversaire du pluralisme des opinions, des croyances et de la libre recherche en philosophie et dans les sciences.

S’attaquer aujourd’hui à la pensée de Spinoza, aux racines historiques du rationalisme et de la pensée critique, c’est vouloir bâillonner la liberté de pensée et de parole que l’École a pourtant pour devoir d’apporter à l’ensemble des citoyens.

Exclure des études la philosophie de Spinoza (ainsi que des penseurs fondamentaux formateurs de la pensée critique) est aussi absurde que dangereux. Comme l’enseigne le Tractatus theologico-politicus, la liberté de philosopher est indispensable à la paix et à la sécurité de la République et vouloir la réduire c’est nécessairement engendrer la corruption des principes de la vie commune.

Par leur signature, les associations et séminaires spinozistes de 17 pays demandent donc solennellement au ministère italien de l’éducation de réinscrire au programme de philosophie des lycées, les noms de Spinoza et de tous les philosophes écartés de l’enseignement secondaire par les Indicazioni Nazionali du 23 avril 2026.

Association des Amis de Spinoza. Séminaire international de recherches sur Spinoza, Sorbonne, Université de Paris-1, Panthéon-Sorbonne, 17 rue de la Sorbonne, Paris 75005. Rens. https://aas.hypotheses.org

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17 août 2026 1 17 /08 /août /2026 05:00

 

1936 fut une année magnétique, l’année du Front populaire ! Notre hebdomadaire Communistes lui rend hommage en évoquant, chaque semaine de 2026, des événements survenus la semaine équivalente (ou presque) de 1936.

15/21 juin 1936 (24) Les congés payés

L’actualité sociale domine toujours : nouvelles grèves, nouveaux pourparlers, nouvelles victoires, essentiellement en province alors que le travail tend à reprendre à Paris. Les décrets de dissolution des ligues fascistes sont publiés. On se souvient que l’année 1936 s’était ouverte (le 10 janvier) avec l’adoption de la loi contre les ligues, mais il aura fallu attendre près de six mois et l’arrivée du Front populaire pour qu’enfin les décrets voient le jour (sauf pour l’Action française, dissoute en principe dès février). Sont concernés : Croix-de-Feu, Solidarité française (ou Parti national corporatif), Francistes, Jeunesses patriotes (ou Parti national populaire)…

Très bien, souligne l’Humanité qui précise toutefois que ces dissolutions devront être effectives ; car on connaît le procédé des factieux consistant à changer de nom, de titre, d’étiquette et ainsi se reconstituer. Le colonel de La Rocque, par exemple, serait en train de recréer clandestinement, croit savoir le quotidien communiste, « sa formation de guerre civile ». (Il s’agit du Parti social français). Mais « Le Front populaire brisera cela comme il a déjà brisé les prétentions des alliés patronaux du colonel, écrit Paul Vaillant-Couturier. Le Front populaire parle peu. Il agit. »

Dans le même esprit, Lucien Sampaix entame, le 21 juin, une série d’articles intitulée « La République aux républicains ». Son premier papier concerne la police et l’armée qui « doivent être libérées de l’emprise des factieux ».

Le 20 juin est adoptée la loi sur les congés payés, 15 jours de vacances, mesure qui n’était pas dans le programme initial du Front populaire.

Les 20 et 21 juin se tient à la mairie du 5e arrondissement une conférence internationale « Pour la défense du droit d’asile », organisée notamment par « le centre de liaison des comités pour le statut des immigrés », le comité du droit d’asile de la CGT, le Secours rouge international. Marcel Cachin apporte son soutien à l’initiative où participent « des émigrés politiques chassés de leur pays par la bestialité fasciste et par les violences de divers gouvernements capitalistes. »

À l’international encore, le journal communiste mentionne, le 19, la mort de Maxime Gorki (1868-1936), « un écrivain qui fut pleinement, magnifiquement un homme », selon Paul Vaillant-Couturier. Il est encore question de la nouvelle constitution soviétique : « Par la dictature du prolétariat, les communistes (soviétiques) développent pour le peuple la véritable démocratie des travailleurs. »

Gérard Streiff

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16 août 2026 7 16 /08 /août /2026 05:05

 

 

 

 

 

 

 

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15 août 2026 6 15 /08 /août /2026 10:13
Loctudy accueille la fête du travailleur bigouden organisée par le PCF le mercredi 19 août 2026
Loctudy accueille la fête du travailleur bigouden organisée par le PCF le mercredi 19 août 2026
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15 août 2026 6 15 /08 /août /2026 05:00

 

1936 fut une année magnétique, l’année du Front populaire !

Notre hebdomadaire Communistes lui rend hommage en évoquant, chaque semaine de 2026, des événements survenus la semaine équivalente (ou presque) de 1936.

8/14 juin 1936 (23) On fête la victoire

Au fil des jours se multiplient les grèves et les communiqués de victoire. Ce mot de victoire d’ailleurs revient comme un leitmotiv dans les titres de l’Humanité tout au long de la semaine. « Encore des victoires ! »(9/6), « Toujours des victoires ! »(10/6), « Victoires ouvrières! » (13/6).

La joie ouvrière se montre ; on danse dans les usines occupées. On prend la pause pour ces photos de détente et de joie : on y voit des travailleurs jouant aux cartes ou se faisant couper les cheveux !

Dimanche 14 juin, le rassemblement communiste au stade Buffalo (on parle de 120 000 personnes) est encore un moment de fête.

À peine en place, le gouvernement met en application des éléments de son programme. Le 11 juin le Parlement adopte les lois sur la semaine de 40 heures, les conventions collectives, les congés payés.

Ce même jour, Thorez prononce un long discours, tout à fait essentiel, devant « l’assemblée d’information des communistes de la région parisienne » (voir l’Humanité du 13/6). Il détaille les caractéristiques du mouvement gréviste, salue l’accord de Matignon, trouve cependant que le compte n’y est pas côté salaires, évoque la démocratie ouvrière, le rôle des syndicats (et des militants communistes) ; il déclare : « S’il est important de bien conduire un mouvement revendicatif, il faut aussi savoir le terminer. » Il n’est pas question de prendre le pouvoir, insiste-t-il, pas question de considérer que « tout est possible » (la ligne du socialiste Pivert) ; il argumente contre « les tendances gauchistes », il montre aussi du doigt « le citoyen Salengro », le nouveau ministre de l’Intérieur qui utiliserait un peu trop ses forces de police contre les manifestants ouvriers et pas assez contre les ligues fascistes ; il se félicite du poids du journal l’Humanité (dont les ventes peuvent atteindre 750 000 exemplaires) et du PCF (près de 150 000 adhérents.

À noter la tenue à Alger du « Congrès musulman algérien » qui a « acclamé l’union pour le pain, la paix et la liberté des peuples français et algérien ». Les communistes en sont partie prenante.

Côté faits divers, on parle beaucoup du duo Carbone et Spirito, deux célèbres gangsters, à la fois hommes de main anticommunistes (à Marseille notamment) et trafiquants (de drogue) notoires ; leurs méfaits inspireront, en partie, plus tard, le film Borsalino.

À l’internationale, présentation de la nouvelle Constitution de l’URSS que l’Humanité qualifie de « constitution la plus démocratique au monde.»

Gérard Streiff

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14 août 2026 5 14 /08 /août /2026 05:05

 

 

 

 

 

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13 août 2026 4 13 /08 /août /2026 05:49
Ce sont les pompiers qui encaissent les restrictions budgétaires subies par les services publics », déplore Laurent Guilloteau, représentant CGT Sdis

À l’appel des neuf organisations de l’intersyndicale, les agents des services départementaux d’incendie et de secours (Sdis) sont en grève ce 13 août pour demander que leur sécurité et leur santé deviennent une priorité. Retour sur les raisons de la colère avec Laurent Guilloteau, représentant CGT Sdis.

Hélène May

Pourquoi cet appel à la grève lancé par les neuf organisations syndicales de pompiers ?

Laurent Guilloteau

Représentant CGT Sdis

Toutes ces organisations partagent le même constat : notre modèle de sécurité civile n’est plus en cohérence avec nos missions. Nos effectifs et nos moyens n’ont pas évolué en adéquation avec l’augmentation du nombre d’interventions que nous devons réaliser et qui atteignent aujourd’hui 5 millions par an. Cette multiplication s’explique par la récurrence d’interventions majeures sur les feux d’espaces naturels ou sur des inondations, comme dans l’ouest de la France l’hiver dernier.

Mais il y a aussi les secours d’urgence aux personnes, c’est-à-dire les ambulances que l’on envoie auprès des personnes malades ou sur des accidents de la circulation. Or, ces derniers aussi ont explosé durant les dix dernières années, en raison de la disparition de la médecine de ville, de la fermeture de centres hospitaliers ou de services d’urgence, des fermetures de lits.

Les restrictions budgétaires subies par tous ces services publics, nous les encaissons aujourd’hui, avec des ambulances qui font de plus en plus de kilomètres pour trouver un établissement de soins, et des équipes assumant des missions qui ne sont pas liées à de l’urgence vitale mais qui relèvent de la médecine de ville.

Ces restrictions budgétaires touchent-elles aussi directement les services départementaux d’incendie et de secours (Sdis) ?

 

Oui, tous les syndicats sont d’accord pour dire que la politique d’austérité menée par le gouvernement Macron depuis des années, sur l’ensemble des services publics et en particulier sur la sécurité civile, a créé un vide financier pour les Sdis, qui n’arrivent plus à assurer leur budget annuel. Et comme ce qui coûte le plus cher, c’est la masse salariale statutaire, qui représente 80 % du budget de fonctionnement d’un Sdis, quand les budgets sont insuffisants, c’est elle qui est supprimée. Elle est remplacée par des sapeurs-pompiers volontaires, qui coûtent moins cher car ils ne bénéficient pas de cotisations sociales.

L’année 2022 avait montré les prémices de ces difficultés, mais là, c’est l’année de trop. Nous n’avons pas été écoutés et tout ce qui aurait pu être anticipé pour éviter des catastrophes n’a pas été fait. Le ministre de l’Intérieur peut toujours dire que tout va bien mais si nous nous étions préparés, nous n’aurions pas été confrontés à une pénurie de Canadair capables de voler le matin de la reprise du feu de Gironde, à des décès tragiques de collègues en service ou à la rupture capacitaire de départements qui ne pouvaient plus assurer leurs missions régaliennes.

Nous n’aurions pas non plus été contraints de faire appel aux mécanismes européens de protection civile et aux employeurs privés pour que des sapeurs-pompiers volontaires viennent renforcer les casernes. Tout cela révèle la faillite de notre gouvernement en matière de sécurité civile.

Que réclamez-vous en priorité ?

Pour commencer, nous ne voulons pas de médailles, mais juste pouvoir exercer notre métier dans des conditions acceptables, avec des ressources humaines et des moyens adéquats. Donc, notre priorité, c’est un financement pour les Sdis, principalement pour pouvoir augmenter la ressource humaine. Après les feux de 2022, Macron avait reconnu qu’il fallait augmenter les effectifs de sapeurs-pompiers. Mais il a ciblé les volontaires, et il n’y a pas eu de recrutements de sapeurs-pompiers professionnels supplémentaires.

Ce qu’il fallait, c’était au contraire des emplois statutaires, et continuer à créer des concours de sapeurs-pompiers professionnels pour pouvoir pallier l’absence des agents malades ou blessés, mais aussi anticiper la vague de départs à la retraite à laquelle on assiste aujourd’hui. Les embauches de 16 000 sapeurs-pompiers professionnels supplémentaires sur plusieurs années seraient nécessaires, selon les calculs de la CGT.

Pour les financer, je ne pense pas que taxer le citoyen soit la meilleure solution. En revanche, toutes les grandes entreprises qui émargent au CAC 40, qui font les super profits, et qu’on défend aussi lors des feux de forêt, pourraient peut-être mettre la main au portefeuille.

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13 août 2026 4 13 /08 /août /2026 05:00
A lire - Croisières et caravanes d'Ella Maillart, grande voyageuse suisse en URSS et en Asie

J’ai lu avec beaucoup d’intérêt et de plaisir "Croisières et caravanes" d’Ella Maillart (1903-1997), aux éditions Payot Rivages (Petite bibliothèque des voyageurs, 2020) un récit de vie et d’aventures écrit en 1950, plein de souffle et d’énergie vitale, de fascination pour les vies autres qu’occidentales.
Ella Maillart, une femme au caractère bien trempé affirmait une liberté formidable dans les années folles.
Cette jeune suisse apprend la navigation et la régate sur son lac encore enfant avec sa meilleure amie Miette avant d’en faire son sport d’élection avec le hockey et le ski, et de naviguer avec sa copine en Méditerranée en vivant sur leur bateau commun sur la côte d’Azur ...
Le mariage de sa compagne de navigation l’amène à voyager en Grande-Bretagne en y donnant des cours dans une école privee avant de gagner Moscou et l’URSS pour y étudier les transformations de la société russe avec le communisme et le cinema soviétique en formation, avec le projet d’écrire un livre sur le cinema soviétique.

La rude vie de Moscou présente aussi ses plaisirs et est assumée en faisant du sport avec les jeunes moscovites.

Une rencontre avec des scientifiques alpinistes soviétiques l’amène à franchir les monts du Caucase, où elle filme les alpinistes, puis à entreprendre un voyage de plusieurs mois en Asie Centrale, dans le Turkestan de l’époque (Turkmenistan et Ouzbekistan), au Kazakhstan, dans les steppes du Kirghizistan, avec les nomades, franchissant tous les obstacles et les interdits avec une confiance et un courage extraordinaire qui l’amènent à se lier à des agents du Guepeou pour obtenir des permis de voyager et de résidence et surtout à être adoptée par les nomades.

Elle vit de presque rien, de l’argent de films et d’articles, de récits de voyage, elle qui ne se sent pas écrivaine mais qui ne tient pas en place et veut faire de sa vie un rêve. Elle séjourne a Boukhara, dans le Pamir tadjik, rentre en caravane de chameaux par la steppe en plein hiver en Russie avant de regagner la Suisse, d’y faire des conférences sur le pays des Soviets qui se veulent objectives mais qu’on trouve trop complaisantes pour l’Union soviétique, et rentre dans l’équipe nationale de ski feminine suisse avant d’engager un nouveau grand voyage en Chine, alors agressée en Mandchourie par le Japon, puis par caravane au Sing Chiang, au Tibet, zones interdites et pleines de rebelles et de brigands, et enfin au royaume ismaélien de Hunza, et au Cachemire.

Elle reviendra après la seconde guerre mondiale pour y découvrir les voies d’une exploration plus intérieure et y recevoir l’enseignement de Sri Aurobindo à Pondichery et d’un autre gourou inspire dans son ashram du Tamil Nadu, Ramana Maharishi, après un voyage éprouvant dans l’Iran du Shah et en Afghanistan en voiture depuis la Suisse ou elle dut faire face à la depression et aux tentatives de suicide d'une amie et compagne de voyage écrivaine et journaliste.

Une vie de voyages extraordinaires magnifiquement bien restitués dans leurs atmosphères inimitables.

I.D

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