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7 juillet 2026 2 07 /07 /juillet /2026 07:11
Sur la scène du Grand théâtre de Lille, 4 invités exceptionnels venus de Palestine, d’Israel et d’Iran. Qassem Awad, de l'Alliance internationale pour les droits du peuple palestinien, Fadwa Khader, du Parti du peuple palestinien. Reem Hazan, du Parti communiste israélien. Navid Shomali, représentant du Parti Tudeh d'Iran. 🕊 Une séquence exceptionnelle  pour parler de solidarité, d’internationalisme et surtout de PAIX

Sur la scène du Grand théâtre de Lille, 4 invités exceptionnels venus de Palestine, d’Israel et d’Iran. Qassem Awad, de l'Alliance internationale pour les droits du peuple palestinien, Fadwa Khader, du Parti du peuple palestinien. Reem Hazan, du Parti communiste israélien. Navid Shomali, représentant du Parti Tudeh d'Iran. 🕊 Une séquence exceptionnelle pour parler de solidarité, d’internationalisme et surtout de PAIX

Retour sur le 40 ème congrès du PCF à Lille du 3 au 5 juillet pour la délégation du PCF Finistère
Retour sur le 40 ème congrès du PCF à Lille du 3 au 5 juillet pour la délégation du PCF Finistère
Retour sur le 40 ème congrès du PCF à Lille du 3 au 5 juillet pour la délégation du PCF Finistère
Retour sur le 40 ème congrès du PCF à Lille du 3 au 5 juillet pour la délégation du PCF Finistère
La délégation du PCF Finistère au congrès de Lille du 3 au 5 juillet. Photo Saïda Safir

La délégation du PCF Finistère au congrès de Lille du 3 au 5 juillet. Photo Saïda Safir

La délégation du PCF Finistère au congrès de Lille du 3 au 5 juillet. Photo Florence Le Lieu

La délégation du PCF Finistère au congrès de Lille du 3 au 5 juillet. Photo Florence Le Lieu

La délégation du PCF Finistère au congrès de Lille du 3 au 5 juillet. Photo Florence Le Lieu

La délégation du PCF Finistère au congrès de Lille du 3 au 5 juillet. Photo Florence Le Lieu

40e congres du PCF, Lille, 3-5 juillet: 

Suite aux décisions du Congrès départemental du PCF au Relecq-Kerhuon le samedi 20 juin, la fédération du Finistère du PCF était représentée au Congrès par 8 camarades: 4 femmes, Gladys Grelaud, Claude Bellec, Sergine Le Fief Le Bohec, et Marie-France Monery, et 4 hommes, Taran Marec, Mathéo Amil, François Trehoret, Ismaël Dupont, dont 3 camarades de moins de 30 ans. 

A l'ouverture de notre Congrès, nous avons découvert avec satisfaction avec le texte "Un communisme de conquête" amendé en tenant compte des remontées d'amendements et de vœux des congrès départementaux et de section que plusieurs de nos amendements et vœux (nous en avions remonté 50 grâce au travail de Claude Bellec, Anne-Marie Alayse, Sergine Le Fief Le Bohec) avaient été pris en compte, notamment un amendement de la section de Brest contre la militarisation de l'économie et de la société, pour la Paix. 

Ismaël Dupont a redéposé un amendement voté à une large majorité par le Congrès départemental et présenté par Morgane Le Guyader et la section de Crozon sur le colonialisme et l'impérialisme, l'esclavage comme arrière-plan historique de notre histoire nationale qui relativise la présentation à l'universalisme de notre idéal républicain  et explique les blessures mémorielles de notre société mais il n'a pas pu être présenté et défendu au Congrès. 

L'amendement de la section de Morlaix (présenté par Daniel Ravasio) et de la section de Quimper pour faire de la santé et de la sécurité sociale une grande campagne nationale du PCF a été adopté et intégré quant à lui. 

Notre délégation a vécu dans la fraternité et l'application, l'attention aux débats ce 40ème congrès du PCF dans cette très belle capitale du Nord qu'est Lille, avec sa fédération du Parti communiste la plus importance de France après celle des Bouches-du-Rhône. Les camarades nordistes nous ont très bien accueillis, nous avons assisté avec émotion aux interventions des ouvriers et syndicalistes CGT d'Arcelor Mittal, des membres de l'OLP, des partis communistes palestiniens et israéliens encourageant à la solidarité et au boycot des produits israéliens, de l'ambassade de Cuba et des représentants de la République cubaine. 

Gladys Grelaud était membre de la commission Texte, et est restée jusqu'à 1h30 du matin dans la nuit du  vendredi au samedi pour intégrer les amendements. Ismaël Dupont était membre de la commission de candidature et a travaillé aussi le vendredi soir et le samedi soir sur la liste du CN. 

Ismaël Dupont, Gladys Grelaud, Taran Marec, sont tous trois intervenu lors de ce CN. 

Ismaël Dupont a fait lors du débat général du vendredi en début d'après-midi une intervention pour le rassemblement face aux dangers de l'extrême-droite, aux législatives au moins, et pour une clause de revoyure, la possibilité de retirer notre candidature aux présidentielles si un chemin de victoire pour la gauche se dessine en 2027. Il est aussi intervenu le dimanche sur les Finances, le nombre de cotisants du parti, l'enjeu de faire cotiser nos adhérents et de soutenir nos trésoriers dont la tâche est essentielle tout en saluant la qualité du travail de notre trésorier national Christophe Grassullo et de son équipe. 

Gladys Grelaud, membre du CEN sortant, animait à la table de la commission texte et à la tribune le débat du samedi après-midi sur la stratégie et l'organisation, la partie 3 du texte "Un communisme de conquête". Elle est intervenue contre la clause de revoyure pour les présidentielles et sur l'industrie bretonne, l'intrication entre les conserveries, la métallurgie. 

Taran Marec est intervenu pour défendre notre amendement sur la co-officialité des langues régionales pour la défense et la préservation des langues régionales, l'enseignement immersif dans le secteur public, un amendement qui a été rejeté mais a reçu 30% des suffrages.  

Ont été élus au Conseil National sur une liste de 162 camarades à parité ISMAËL DUPONT, GLADYS GRELAUD, CAMILLE MONGIN, étudiante à Brest et membre de la section PCF de Brest, au titre de secrétaire nationale de l’UEC (l’Union des Étudiants Communistes) et en tout 8 camarades de la Région Bretagne, avec Guenola Le Huec du Morbihan, Elsa Koerner, Julia Castanier, Yannick Nadesan, Amar Bellal d’Ille et Vilaine. 

En tête de cette liste qui a reçu plus de 70% de votes favorables des 650 délégués du PCF, Fabien Roussel a été élu secrétaire national du PCF pour la 3ème fois depuis 2018, et le 38e Congrès du PCF.

Un nouveau mandat exigeant pour construire collectivement l’intervention politique du PCF, ses campagnes et ses décisions stratégiques dans un contexte très compliqué et périlleux.

Bravo à tous les élus de cette nouvelle direction nationale du PCF, et désolé pour ceux qui n’ont pas pu l’être et auraient pourtant mérité eux aussi d’être présents dans cette direction. 

Le texte d'orientation du 40ème Congrès, amendé par des milliers de camarades, « Un communisme de conquêtes » a été voté finalement à 73,7% par les 650 délégués du 40 ème congrès du PCF !
 
Après plus de cent votes depuis le début du congrès c'était la conclusion d’un bel exercice démocratique !
 
La direction nationale avec Fabien Roussel comme secrétaire national a été élue avec 70 % des voix
 
Le bulletin de vote pour le vote interne des militants communistes début septembre prévoyant la candidature de Fabien Roussel et cette candidature ont été validés par 65% des délégués des fédérations au Congrès. 
Retour sur le 40 ème congrès du PCF à Lille du 3 au 5 juillet pour la délégation du PCF Finistère
✊ J’ai pris la parole lors du 40ᵉ Congrès du PCF à Lille pour défendre un amendement en faveur de la reconnaissance des langues régionales comme patrimoine vivant de notre pays, en leur accordant un statut de co-officialité et les moyens de leur développement. BREZHONEG YEZH OFISIEL ! Taran Marec, élu communiste brestois, secrétaire de la JC du Finistère et membre de la délégation finistérienne du PCF

✊ J’ai pris la parole lors du 40ᵉ Congrès du PCF à Lille pour défendre un amendement en faveur de la reconnaissance des langues régionales comme patrimoine vivant de notre pays, en leur accordant un statut de co-officialité et les moyens de leur développement. BREZHONEG YEZH OFISIEL ! Taran Marec, élu communiste brestois, secrétaire de la JC du Finistère et membre de la délégation finistérienne du PCF

Retour sur le 40 ème congrès du PCF à Lille du 3 au 5 juillet pour la délégation du PCF Finistère
Retour sur le 40 ème congrès du PCF à Lille du 3 au 5 juillet pour la délégation du PCF Finistère

Intervention d'Ismaël Dupont dans le débat général à l'ouverture du Congrès de Lille du PCF le vendredi 3 juillet vers 15h30: 

" Cher.e.s camarades,

Dans moins d’un an, nous serons engagés dans les élections présidentielles et législatives. C’est une des raisons de la chronologie un peu bousculée de ce 40e Congrès. Ce n’est pas le seul enjeu du Congrès mais c’est un enjeu essentiel, vital pour notre peuple et notre parti.

Le monde entier est en train de basculer dans des victoires de l’extrême-droite. Le risque de victoire du RN et de ses alliés en France est élevé: il est alimenté par la banalisation du RN, par la fusion partielle des électorats de droite et d’extrême-droite, le soutien actif de milliardaires qui possèdent la grande part des médias privés et alimentent la division, la stigmatisation, la xénophobie.

C’est le danger majeur de la période, le préambule de notre Congrès l’affirme.

Mais en tirons-nous toutes les conséquences pour éviter cette catastrophe et construire une stratégie mobilisatrice, créatrice d’espoir, et potentiellement gagnante?

Je ne le crois pas.

L’extrême-droite ferait voler en éclat la Sécurité sociale, nos libertés, droits syndicaux, notre modèle républicain et démocratique, l’égalité des droits et la tolérance, la fraternité dans notre pays.

Leur victoire aurait un effet de souffle sur le climat idéologique, sur la libération des paroles et actes racistes et xénophobes, déjà à l’œuvre aujourd’hui face a des personnes "racisés", des exilé.e.s et migrant.e.s. Elle serait particulièrement dangereuse dans notre République où le président de la République concentre déjà tellement de pouvoirs. Dans notre fédération du Finistère, de nombreux camarades, y compris ceux qui ont vote pour la base commune "Un communisme de conquêtes", souhaitent que l’on soit agiles, lucides et responsables dans la période, pour les intérêts du parti et du pays. Ils demandent que les communistes soient en maîtrise de cette question de bout en bout, qu’ils aient la possibilité de maintenir ou de retirer la candidature aux présidentielles si un chemin se dessine pour une construction collective pour battre l’extrême-droite, faire gagner la gauche aux présidentielles et législatives. On ne peut accepter la défaite comme une fatalité.

L’attente des électeurs de gauche est forte en faveur d’un rassemblement, leur exaspération, leur colère, leur ressentiment risque aussi d’être fort face a la désunion.

Cette attente d’efficacité se traduira de toute façon par des logiques de vote utile, qu’on le le veuille ou non, avec des traductions fortes ensuite sur les législatives. Or justement l’attente des communistes est grande aussi pour que nous nous donnions les moyens de garder et d’étendre notre groupe avec des députés communistes à l’Assemblée nationale, même si comme c’est probable les élections présidentielles ne sont pas favorables à la gauche.

Tout autre résultat serait un affaiblissement, une nouvelle étape de marginalisation.

Nous avons besoin de rassemblement aux législatives, que les partis de gauche se parlent et s’entendent, pour être présents dans le plus de circonscriptions au second tour, avec une lisibilité nationale et programmatique, et pas seulement une union au rabais dans des circonscriptions gagnées par le RN, ou directement menacées à l’instant T. Ce danger concernera en realite une grande partie des circonscriptions!"

Retour sur le 40 ème congrès du PCF à Lille du 3 au 5 juillet pour la délégation du PCF Finistère

3e journee de Congres du PCF: on echange àpartir du rapport du tresorier national Christophe Grassullo sur la politique financiere du parti communiste, les dynamiques d’adhesion, la cotisation et le reversement d’indemnites des elu.e.s, le patrimoine, les depenses, la complexite du cadre réglementaire pour nos trésoriers et comptables bénévoles. Le Parti communiste est le 1er parti en France pour le produit des cotisations d’adhérents (5 861854€) devant le RN (3 071 583€), et le Parti Socialiste (2 153 212 €), le premier parti en France pour les cotisations et retours d’indemnités d’élus (5 932 180€) devant le Parti socialiste (4 951 333€), 2e parti a ce niveau, les Écologistes (2 773 145€), 3e parti a ce niveau, et le premier parti pour les dons des militants et sympathisants (5 648 087€) devant Reconquête (1 398 497€), comme le premier parti sur les biens immobiliers et le patrimoine. Merci au secteur Finances du Parti pour la qualité de son travail.

Retour sur le 40 ème congrès du PCF à Lille du 3 au 5 juillet pour la délégation du PCF Finistère
Ont été élus au Conseil National sur une liste de 162 camarades à parité ISMAËL DUPONT, GLADYS GRELAUD, CAMILLE MONGIN, étudiante à Brest et membre de la section PCF de Brest, au titre de secrétaire nationale de l’UEC (l’Union des Étudiants Communistes) et en tout 8 camarades de la Région Bretagne

Ont été élus au Conseil National sur une liste de 162 camarades à parité ISMAËL DUPONT, GLADYS GRELAUD, CAMILLE MONGIN, étudiante à Brest et membre de la section PCF de Brest, au titre de secrétaire nationale de l’UEC (l’Union des Étudiants Communistes) et en tout 8 camarades de la Région Bretagne

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7 juillet 2026 2 07 /07 /juillet /2026 07:08
Congrès du PCF : Fabien Roussel réélu secrétaire national du Parti communiste  - L'Humanité, 5 juillet 2026

Fabien Roussel a été réélu secrétaire national du PCF, ce dimanche 5 juillet, à l’issue du 40e congrès du parti.

Fabien Roussel a été réélu secrétaire national du PCF ce dimanche 5 juillet, lors du 40e congrès qui se tenait à Lille ce week-end. La liste unique de 162 membres qu’il conduisait pour le conseil national du parti a obtenu 70 % des voix des congressistes. Devenu premier dirigeant du PCF en 2018, il avait été réélu en 2023 lors du précédent congrès.

Pendant les débats, les délégués ont décidé de « porter une candidature de rassemblement issu de leur rang, pour l’élection présidentielle avec l’objectif de rassembler largement toutes celles et tous ceux qui se retrouveront dans le projet communiste pour la France ». Le texte de congrès adopté à 73 % précise que les communistes veulent « rendre la gauche majoritaire, convaincre l’électorat notamment ouvrier et battre la droite et l’extrême droite. »

La candidature de Fabien Roussel soumise au vote des militants

Le congrès s’est mué dimanche matin en conférence nationale pour débattre du choix de candidature. Le nom de Fabien Roussel, déjà candidat en 2022 et seul candidat à la candidature pour 2027, validé à 65 % par la conférence nationale, sera soumis à un vote des militants le 6 septembre prochain.

Les communistes ont également acté vouloir œuvrer à des rassemblements pour les élections législatives qui « devront défendre les droits et exigences du monde du travail, défendre le développement des services publics, défendre des exigences de paix, porter une politique de reconquête industrielle, des exigences écologiques ambitieuses, exiger la démocratie dans le cadre d’une République débarrassée du présidentialisme. »

Lors de son discours de clôture, le secrétaire national du PCF a dit vouloir s’adresser « au premier parti de France : celui des abstentionnistes qui sont de plus en plus nombreux malheureusement tellement ils sont fatigués des promesses non tenues, des magouilles électorales. » Et d’ajouter : « Nous ne lâcherons jamais le drapeau de l’union et nous ferons toujours tout ce qu’il faut pour rendre la gauche majoritaire et qu’elle l’emporte dans notre pays ! »

Les communistes entendent mener le débat sur l’argent et son utilisation. « Nous ne laisserons jamais dire qu’il n’y a pas d’argent. Nous ne voulons plus que notre pays soit l’otage des intérêts de 500 familles qui ont vu leur patrimoine doubler en 10 ans pour atteindre plus de 1 200 milliards ! Merci président Macron ! », a tonné le presque candidat à l’élection présidentielle : « Nous sommes la seule force politique à gauche voulons faire du travail, de la production, de la planification, le cœur de la reconstruction du pays. »

Le dirigeant communiste veut s’attaquer aux grands groupes. « Vous nous volez monsieur Pouyanné », s’est-il exclamé à l’attention du président de Total, une entreprise qu’il veut nationaliser. « Nationalisations, planification et socialisation voilà la triple perspective que nous voulons pour notre pays », résume-t-il.

La paix et la question sociale

Après avoir dénoncé la maltraitance sociale subie par les femmes, celui qui veut faire de la question des salaires « la question centrale pour redresser la France », les appelle « à se rebeller, à utiliser leur bulletin de vote pour se faire respecter ! ».

Fabien Roussel a également proposé un serment aux congressistes communistes : « de gagner le combat contre le régime d’apartheid imposé par l’extrême droite israélienne ! Celui de libérer le peuple palestinien pour qu’il récupère toutes ces terres occupées aujourd’hui par la colonisation. ». En guise de conclusion, Fabien Roussel a appelé à mener collectivement la bataille « la plus importante peut être de ces 40 dernières années. »

 

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7 juillet 2026 2 07 /07 /juillet /2026 06:55
Congrès du PCF : Fabien Roussel réélu, les communistes se lancent dans la bataille de la présidentielle 2027  Les communistes ont reconduit Fabien Roussel à la tête de leur parti, à l’issue du 40e congrès national, à Lille. Le secrétaire national, dont la candidature devrait être officialisée le 6 septembre, veut désormais jeter « toutes ses forces » dans la campagne présidentielle.

Les communistes ont reconduit Fabien Roussel à la tête de leur parti, à l’issue du 40e congrès national, à Lille. Le secrétaire national, dont la candidature devrait être officialisée le 6 septembre, veut désormais jeter « toutes ses forces » dans la campagne présidentielle

Cyprien Caddeo Aurélien Soucheyre

L'Humanité, 5 juillet 2026 

Lille (Nord), envoyés spéciaux.

Les communistes ont fait leur choix pour les trois prochaines années. Au 40e congrès national du PCF, ce week-end à Lille, dans ses terres du Nord, le secrétaire national, Fabien Roussel, a été réélu à la tête du parti, qu’il dirige depuis 2018. La liste unique de 162 membres qu’il conduisait pour le conseil national du PCF a obtenu 70,1 % des voix des 660 congressistes.

« Nous venons de franchir un moment important, démocratique, dans l’histoire de notre parti et dans l’histoire de notre pays, dans laquelle nous voulons jouer tout notre rôle », a déclaré Fabien Roussel en clôture de l’événement, dimanche, sous les applaudissements et devant une forêt de drapeaux rouges. Et de formuler un souhait : « J’espère que les orientations fixées ce week-end et depuis le 38e congrès s’inscriront dans la durée, pour les 15 à 20 ans qui viennent. Si nous n’avons pas de stratégie à géométrie variable, alors cela paiera. »

Durant les trois jours du congrès national, les débats ont parfois été vifs entre militants, dans l’enceinte du Grand Palais de Lille, qui accueillait l’événement. Avec pour principal sujet de crispation, comme en amont lors des congrès de section et dans les fédérations départementales, le scrutin de 2027. Les communistes s’accordent sur le constat : la présidentielle présente un risque historique de victoire de l’extrême droite en France.

Mais c’est sur la méthode que les militants divergent. D’un côté, les tenants de la stratégie défendue par Fabien Roussel – majoritaires au sein du parti – assurent que présenter une candidature communiste permettra d’affaiblir le Rassemblement national en élargissant le score total gauche. « Pour battre le RN, il faut être majoritaire dans le pays, or la gauche plafonne à 30 %. Nous allons chercher à convaincre les abstentionnistes, les indécis, les déçus. Je ne désespère pas qu’ils nous fassent à nouveau confiance », assure Fabien Roussel.

 

« Il va falloir reprendre le pouvoir à tous ces parasites »

Pour cela, le maire de Saint-Amand-les-Eaux veut que les communistes fassent campagne sur l’augmentation des salaires, la nationalisation de secteurs stratégiques (dont l’acier avec ArcelorMittal et l’énergie avec Total), l’extension des services publics, la paix, mais aussi le plan climat 2050 du PCF, très ambitieux mais resté jusqu’ici peu audible dans le débat public. Et, bien sûr, contre le capital : « Il va falloir reprendre le pouvoir à tous ces parasites, ces oligarques, qui nous empêchent de vivre dignement. Que les riches passent enfin à la caisse, qu’ils assument les efforts, qu’ils polluent moins », déclare Fabien Roussel.

« Nous sommes les seuls à pouvoir nous adresser aux électeurs du RN et leur proposer une réelle alternative pour changer leur quotidien, avance Léon Deffontaines, porte-parole du PCF. Notre enjeu n’est pas de diviser la gauche, mais au contraire d’augmenter son total de voix. »

Les défenseurs d’une ligne plus unitaire à gauche s’inquiètent qu’une candidature ne parvienne pas à faire recette (2,28 % en 2022) et, pire, réduise les chances de la gauche d’accéder au second tour. « On ne fait pas naître une conscience de classe en neuf mois. La société qui attend l’union de la gauche ne va pas se laisser faire, alerte Saliha Boussedra, déléguée du Gard. Toute la question est de savoir où nous serons quand la base populaire voudra l’union. »

Une situation qui pourrait affaiblir, selon eux, le PCF dans la perspective des négociations pour les législatives. « Le plus grand danger qui guette notre parti, c’est son effacement de l’Assemblée nationale », a averti le coprésident des députés GDR Stéphane Peu.

Un nouveau vote prévu le 6 septembre

Le 7 juin, le vote du texte de la base commune, qui avait placé en tête avec 61 % des voix le projet défendu par la direction nationale du PCF, avait marqué une étape importante vers la candidature : oui, il y aura bien un communiste à l’élection présidentielle. S’étant d’ores et déjà dit « disponible » et « en campagne », Fabien Roussel, dont la candidature a été validée à 65 % par la conférence nationale ce dimanche, est le plus désigné pour concourir au scrutin – les militants seront appelés à valider cette option le 6 septembre lors d’un nouveau vote.

Malgré tout, la question de la candidature à la présidentielle s’est réinvitée dans le débat lors du congrès national autour d’un amendement bien précis : la « clause de revoyure ». Soit l’idée de tenir une conférence nationale en janvier prochain, afin d’examiner si le maintien de la candidature PCF est opportun ou non, au regard de la dynamique de campagne des communistes et de celles des autres forces de gauche.

Une clause de revoyure dont Fabien Roussel ne voulait absolument pas, estimant que laisser ouverte l’hypothèse d’un retrait handicaperait la campagne : « La présidentielle, c’est l’Everest. Je ne vais pas faire l’ascension en tongs et avec deux boulets aux pieds. »

Un avis suivi par la majorité des congressistes communistes, qui ont rejeté à 66 % l’option, samedi. « La clause de revoyure, c’est affaiblir la candidature avant même qu’elle ait lieu, a défendu à la tribune Adrien Tiberti, de la fédération de Paris. Nous sommes le seul parti à nous être effacés à plusieurs présidentielles. Alors nous n’avons pas de leçon de rassemblement à recevoir. »

« Nous devons nous donner les moyens de regarder tous ensemble quelle sera la situation en janvier. Il en va de notre responsabilité politique, a argumenté, en vain, l’ancien secrétaire national du PCF Pierre Laurent. Personne n’a proposé de ne pas engager la campagne présidentielle maintenant. En janvier, nous pourrions discuter d’un accord programmatique et législatif de toutes les forces de gauche. Sinon, nous nous mettons nous-mêmes dans un étau qui nous passe à la trappe au Parlement. »

Fermement opposé à la clause de revoyure, et à l’absence d’une candidature qui revient selon lui à « creuser la fosse pour enterrer le parti », l’ancien président du groupe communiste à l’Assemblée André Chassaigne a également attiré l’attention sur le risque de division, sur fond d’anathèmes entre militants : « Nous sommes tous communistes, il n’y a ni identitaires ni liquidateurs ! »

Jean-Luc Mélenchon, l’éléphant dans la pièce du congrès

Et maintenant ? Les communistes, qui ont planché durant le congrès sur la question du socialisme comme société de transition avant le communisme, sont invités à se mettre en marche autour du triptyque marxiste « nationalisation, planification, socialisation ». Devant la presse, Fabien Roussel assure, lui, ne « pas vouloir faire la même campagne qu’en 2022. Il y a cinq ans, il y avait un besoin de se démarquer. En 2027, il faudra consacrer 100 % de notre énergie à convaincre sur notre projet et non à parler de ceux des autres ».

Non sans égratigner au passage Jean-Luc Mélenchon, le candidat LFI dont le nom était l’éléphant dans la pièce de ce congrès, renvoyé par le secrétaire national à ses « excès » et à ses « sorties à caractère antisémite ». Dans son discours de clôture, Fabien Roussel a toutefois réservé ses piques à l’extrême droite et aux candidats de la droite, Édouard Philippe et Gabriel Attal, et à leur bilan sur la désindustrialisation et les retraites.

Alors que le congrès s’achève, les militants s’apprêtent à rejoindre leurs sections aux quatre coins de la France et à commencer pleinement une campagne dans laquelle ils espèrent imposer les idées communistes. Et ceux qui doutent encore d’une candidature ?

« Ce n’était pas forcément mon option au départ, mais je ferai la campagne de Fabien Roussel, par respect pour notre processus démocratique », répond Gianni Blanco Prétou, 18 ans, un des benjamins des délégations. Mais d’autres congressistes paraissaient plus amers : « Ce congrès m’inquiète, je le trouve extrêmement rabougri. On fête les 90 ans du Front populaire, on n’en a pas dit un mot. L’egotrip présidentiel de Fabien Roussel risque rapidement de se prendre le mur de la réalité », cingle une cadre.

Face à ces tensions que le congrès national n’aura pas réussi à apaiser totalement, le secrétaire national, Fabien Roussel, a prévenu : « Les problèmes politiques doivent se régler politiquement. Nous ne sommes pas là pour couper des têtes mais pour les faire pousser. » Et de promettre, au contraire, le plein d’adhésions, à la faveur de la présidentielle, mais aussi des campagnes structurantes, sur l’industrie ou contre l’impérialisme.

 

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7 juillet 2026 2 07 /07 /juillet /2026 06:11
Congrès du PCF : la « clause de revoyure » pour 2027 rejetée
Congrès du PCF : la « clause de revoyure » pour 2027 rejetée

Lors du congrès du PCF, à Lille ce week-end, une majorité de communistes ont rejeté la proposition d’une conférence nationale en janvier, pour « vérifier si la candidature de Fabien Roussel correspond bien aux objectifs politiques du PCF ».

Tania Mellier - L'Humanité

Il n’y aura pas de retour en arrière sur la candidature communiste à la présidentielle. C’est ce qu’ont décidé à 66, 1 % les congressistes à Lille, ce samedi. Alors que Fabien Roussel, le secrétaire national du PCF avait annoncé avec force, la veille, son souhait de se lancer dans la bataille pour 2027, un amendement a été présenté proposant une « clause de revoyure » en janvier prochain. 

L’idée, issue des débats de plusieurs fédérations, et défendue notamment par Nathalie Simonnet, membre du comité exécutif sortant, était “de vérifier que la candidature pour l’élection présidentielle, réponde bien à nos objectifs politiques », et de ne pas fermer définitivement la porte à un rassemblement à gauche.

« Quelle est notre crédibilité si on explique déjà qu’on n’est pas sûrs d’aller jusqu’au bout ? », estime de son côté Anthony Gonçalves, des Bouches-du-Rhône. « La clause de revoyure, c’est affaiblir la candidature avant même qu’elle ait lieu, abonde Adrien Tiberti. Nous sommes le seul parti à nous être effacés à plusieurs présidentielles. Alors nous n’avons pas de leçon de rassemblement à recevoir ».

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7 juillet 2026 2 07 /07 /juillet /2026 05:00

 

Face à la multiplication des pénuries, le médicament ne peut plus être abandonné aux seules logiques de rentabilité de l’industrie pharmaceutique. Pour garantir le droit à la santé, le Collectif "Médicament Bien Commun" appelle à reprendre démocratiquement la main sur la recherche, la production et l’accès aux traitements essentiels.

 

Le médicament est un bien essentiel au droit à la santé, droit fondamental figurant dans la Constitution de 1958. Il est donc de la responsabilité de l’État d’assurer l’accès aux soins de santé à toute la population. Et, face aux choix du secteur pharmaceutique, d’intervenir pour que cet objectif soit atteint.

Préserver sa santé : un parcours du combattant

73 % des personnes interrogées1 indiquent avoir renoncé à au moins un acte de soin au cours des cinq dernières années, pour des raisons soit d’ordre logistique (délais, distance à parcourir), soit d’ordre financier pour 40 % d’entre elles. Les jeunes adultes sont les plus impactés : 85 % des moins de 35 ans.

Les pénuries de médicaments sont récurrentes et de plus en plus nombreuses : 5 000 en 2025, cinq fois plus qu’en 2018. Elles concernent toutes les classes thérapeutiques : antibiotiques, anti-cancéreux, antidépresseurs, neuroleptiques.

En 2024, 39 % des Français ont déclaré y avoir été confrontés, 35 % ne pas avoir disposé de solutions alternatives2. Les professionnels de santé attestent des effets délétères de ces ruptures d’approvisionnement pour les malades.

 

Les multiples causes des pénuries

La principale est la financiarisation du secteur pharmaceutique, qui implique une logique de rendement au détriment des impératifs de santé publique. Les laboratoires se détournent de la production des médicaments essentiels, de moindre rentabilité, la plupart n’étant plus protégés par les brevets qui confèrent aux titulaires le monopole d’exploitation.

Ils se consacrent aux innovations thérapeutiques, pour lesquelles ils exigent des prix exorbitants. Ils menacent, si les prix ne sont pas libérés des contraintes financières de la Sécurité sociale, de délocaliser la production de certaines molécules, ou de renoncer à investir en France dans le développement de nouveaux traitements.

Un modèle inadapté aux besoins

Nous sommes face à un dysfonctionnement structurel profond, privant des millions d’individus des traitements adaptés. Il est impératif de le surmonter.

Les pouvoirs publics ont le devoir d’imposer des mesures urgentes :

La souveraineté sanitaire : une priorité

Il faut mettre fin aux restructurations incessantes dans l’industrie pharmaceutique (IP) ‒ telles celles pratiquées par Sanofi, qui a fermé 8 sites de R & D, réduit de 10 000 ses effectifs en France et vendu sa filiale de médicaments grand public (incluant le Doliprane). Des cessions d’actifs qui ont permis l’acquisition de start-ups, la plupart localisées hors de France, entraînant une suppression d’emplois très qualifiés, un recul des capacités de recherche et une dépendance de plus en plus grande pour la mise à disposition des médicaments.

  • En conditionnant les aides publiques et les incitations fiscales accordées à l’IP.
  • En augmentant les capacités de production publique et en facilitant la reprise des usines dont les multinationales ne veulent plus par des structures issues de l’économie sociale et solidaire. Cela permettrait de pérenniser les activités pharmaceutiques sur le territoire, de faire vivre la démocratie sanitaire par une participation aux politiques de santé des parties prenantes (associations de patients, syndicats).
  • En favorisant les relocalisations de la production pharmaceutique, en amplifiant les efforts consacrés (50 millions d’euros) dans le cadre de France 2030.

Contrôler les innovations thérapeutiques

Le budget de la recherche publique (2,2 % du PIB actuellement, le plus faible d’Europe) doit être revalorisé. Son augmentation favoriserait la production de connaissances et d’innovations scientifiques pouvant déboucher sur le développement de nouveaux médicaments, proposés à des prix bien inférieurs à ceux pratiqués par l’IP.

 

Une refondation de la propriété intellectuelle s’impose pour protéger les résultats de la recherche publique de la prédation des laboratoires privés. Remplacer les droits d’exclusivité d’exploitation des brevets par de nouveaux outils juridiques, tels que des licences Creative Commons, permettrait de contrôler l’usage des avancées scientifiques.

La remise en question du secret des affaires est la condition d’un partage des connaissances et des technologies médicales au niveau mondial.

Assurer l’accès aux médicaments essentiels

Des actions concrètes à partir des besoins de santé de la population sont nécessaires :

  • Renforcer les institutions, en accroissant les moyens de l’ANSM3 et de l’HAS4, afin de mieux anticiper les tensions d’approvisionnement des produits de santé, pour une meilleure évaluation de l’intérêt thérapeutique du médicament et le respect des normes sociales et environnementales.
  • Rendre publiques les négociations entre le CEPS5et les grands laboratoires et y impliquer la Sécurité sociale, pour une information fiable, indépendante des laboratoires privés.

Instaurer un statut juridique des communs

Au fil du temps, la finalité de bien industriel du médicament, source de profit, a effacé celle de l’effectivité du droit à la santé.

Il est nécessaire de protéger les médicaments de cette marchandisation. En les rendant non appropriables, par un statut juridique de bien commun, instauré par la loi, et transposable dans le droit international.

C’est un moyen d’opposer à la domination de l’IP sur le médicament une gestion démocratique et transparente des modalités de production. Pour rendre durable l’existence des produits de santé indispensables, garantir leur accès à toutes les personnes qui en ont besoin, et conforter le système de protection sociale.

Le droit à la santé pour toutes et tous doit être au cœur des politiques gouvernementales.

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6 juillet 2026 1 06 /07 /juillet /2026 05:00

 

1936 fut une année magnétique, l’année du Front populaire ! Notre hebdomadaire Communistes lui rend hommage en évoquant, chaque semaine de 2026, des événements survenus la semaine équivalente (ou presque) de 1936.

19/25 janvier 1936 (3)

Les 200 familles

Le 22 janvier s’ouvre à Lyon Villeurbanne le 8e congrès du PCF (jusqu’au 25 janvier). Le Parti revendique 74 000 membres (contre 28 000 en 1933). En deux ans le chiffre a plus que doublé. On compterait 25 000 JC. « En avant pour les 100 000 adhérents », clame une banderole du congrès. Maurice Thorez est réélu secrétaire général.

Le manifeste adopté à l’issue du congrès évoque notamment le poids des « 200 familles » qui contrôleraient l’économie française. Le thème fait écho aux 200 actionnaires qui supervisent la Banque de France à sa création (en 1800). On dit qu’à l’origine c’est le radical Daladier qui utilise l’expression, dès 1934 ; mais ce sont les communistes qui vont assurer à ce mot d’ordre un succès phénoménal au cours de l’année 1936.

Dans le film « La vie est à nous » de Jean Renoir et Jean-Paul Le Chanois (1936), produit par le PCF, le personnage d’un instituteur, interprété par le comédien Jean Dasté, fustige ainsi les grandes fortunes : « La France n’est pas aux Français car elle est à deux cents familles. La France n’est pas aux Français car elle est à ceux qui la pillent. »

À partir du 19 janvier 1936, le journal l’Humanité consacre une longue série d’articles (jusqu’en août), bien documentés, signés Augustin Hamon et surtitrés : « Et voici les 200 familles », où défilent les de Wendel, les Schneider, les Neuflize. La série commence ainsi : « On croit communément que la France vit sous un régime démocratique. C’est une erreur complète. Le régime de la France est celui d’une oligarchie ploutocratique. Ce sont les grands riches qui sont les maîtres quasi absolus du pays. Nous disons quasi absolus parce qu’il faut tout de même tenir un peu compte de l’opinion et des aspirations des millions de dirigés. Ces grands riches détiennent entre leurs mains toute l’économie du pays. Ils en administrent, ils en gèrent tous les éléments, dans toutes les branches, l’eau, le gaz, l’électricité, les transports par voie ferrée et par air ; les canaux, les ports ; les transports par route ; les mines, la métallurgie, le textile, qui sont les industries de base de l’économie ; les industries de l’alimentation et de la construction ; les entreprises coloniales et à l’étranger les assurances et enfin les banques. »

En ce début 1936, des informations de presse font état de la fabrication massive (et secrète ? mais c’est un secret de Polichinelle) du bombardier Heinkel He 111 pour la Luftwaffe, alors que l’Allemagne n’avait pourtant pas le droit, selon le traité de Versailles, de concevoir des appareils militaires. Ces avions seront engagés dès l’année suivante dans la légion Condor pour bombarder les Républicains espagnols.

Gérard Streiff

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5 juillet 2026 7 05 /07 /juillet /2026 05:05

 

 

Donald Trump s’est emparé des célébrations du 250e anniversaire de la déclaration d’indépendance des États-Unis pour réaffirmer un récit mensonger de l’histoire du pays. Récit pourtant mis à mal depuis longtemps par les historiens, comme par les mouvements de la société.

 

L’histoire comme un parc d’attractions. Pour célébrer le 250e anniversaire de la naissance du pays dont il est le 47e président, Donald Trump a fait installer, face au Capitole, sur le National Mall de Washington, grande roue, stands et barbecues. Mais pas seulement. Jusqu’au 10 juillet, la Great American State Fair propose aux chalands une vision officielle de l’histoire, entre omniprésence militaire (orchestres, expositions et survols d’avions) et valorisation des « traditions » (en tout cas, celles choisies par la Maison-Blanche).

Pour inaugurer cette « foire », Donald Trump s’est mis au diapason, entre vulgarité et nationalisme avec un discours décousu et perlé de digressions incompréhensibles, dans lequel il a autant parlé de lui et de son œuvre que du pays. Mais l’essentiel de cette fausse fête populaire à ciel ouvert dépasse le folklore ou l’autocélébration. Elle vise à cultiver une histoire officielle.

En mars 2025, Donald Trump signait un décret présidentiel dont le titre disait tout : « Restaurer la vérité et la raison dans l’histoire américaine ». Il fallait contre-attaquer face à une « idéologie corrosive », une « révision de l’histoire » dans laquelle « l’héritage incomparable de notre pays – marqué par la promotion de la liberté, des droits individuels et du bonheur humain – est reconstruit comme foncièrement raciste, sexiste, oppressif, ou plus généralement comme irrémédiablement vicié ».

Un roman national réétudié

Depuis une dizaine d’années, l’effet conjugué des mouvements de la société (Black Lives Matter, MeToo) et du renouvellement du travail historiographique (avec en premier lieu Howard Zinn, auteur d’« Une histoire populaire des États-Unis », publié en 1980) a remis en cause une vision mythifiée d’une sorte d’Amérique éternelle, « le pays de la liberté, la patrie des braves », comme le prétend l’hymne national, « The Star-Spangled Banner » (la Bannière étoilée), à la « destinée manifeste » et forcément productrice du Bien.

 

De ce « roman national » étaient expurgés tous les éléments qui contredisaient la thèse. L’histoire n’était racontée qu’à moitié, c’est-à-dire pas du tout.

À son origine, le mythe de la fondation : la quête de la liberté a nourri la déclaration d’indépendance du 4 juillet 1776 et les États-Unis sont la première république née des Lumières. Rien de fondamentalement frelaté dans cette affirmation. Dans sa plus célèbre phrase, le texte qui défie la Couronne britannique, principalement rédigé par Thomas Jefferson, alors âgé de 33 ans, stipule : « Nous tenons pour évidentes pour elles-mêmes les vérités suivantes : tous les hommes sont créés égaux ; ils sont doués par le Créateur de certains droits inaliénables ; parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur. »

Le péché originel de l’esclavage

Après la victoire des treize colonies, les États-Unis sont fondés et se dotent en 1787 d’une Constitution. C’est l’heure des travaux pratiques. Tous les hommes considérés comme égaux seront-ils dotés des mêmes droits inaliénables ? La question concerne évidemment l’éléphant au milieu de la pièce que les militants de l’indépendance ont bien pris soin de ne pas régler : l’esclavage.

Pour faire au plus simple : au moment de la fondation du pays, les États du Nord sont abolitionnistes de fait et ceux du Sud, dont l’économie repose alors sur la production de tabac et de riz (le développement du coton viendra plus tard), sont esclavagistes. Quelle loi va prévaloir en la matière ? Les « pères fondateurs » (on dit désormais « fondateurs », comme pour faire oublier qu’il n’y avait pas de « mères fondatrices ») vont résoudre cette équation presque impossible en créant une organisation du gouvernement de nature fédérale, ce qui permet à chaque État de procéder comme il l’entend chez lui.

Mais le Sud n’en a pas fini avec le sujet. Il entend incorporer les esclaves dans le calcul de la population représentée au Congrès, base sur laquelle est attribué le nombre de sièges. Les esclavagistes seraient ainsi supposés représenter les esclaves sans évidemment leur donner le droit de vote, tout en continuant à les considérer comme des « biens », et non des personnes. Le Nord refuse, dans un premier temps.

 

La création de la jeune République est en danger. Un second « compromis » est alors trouvé : dans le premier recensement du pays, base de la représentativité politique de chaque État, un esclave comptera pour trois cinquièmes d’être humain…

Le pays naissait à peine que les principes de son baptême se trouvaient sacrifiés sur l’autel de l’unité et du mode de production sudiste. « Les États esclavagistes se sont assurés d’un pouvoir politique démesuré à la fois dans les deux chambres du Congrès et de la présidence qui ont été contrôlées par des pro-esclavages jusqu’à l’élection de Lincoln en 1860 », souligne Matthew Desmond, professeur de sociologie à l’université Princeton dans « The 1619 project ».

Dix des douze premiers présidents du pays possédaient des esclaves, à commencer par George Washington lui-même. Quant à la plume de la déclaration d’indépendance, Thomas Jefferson, il était non seulement esclavagiste mais a présenté une de ses esclaves, Sally Hemmings, comme sa « maîtresse », sans jamais l’émanciper, et a eu un enfant avec elle.

Le projet 1619 ou l’histoire en mouvement

La première république de l’ère contemporaine était donc également esclavagiste. Cette contradiction fondamentale, ce péché originel même, a longtemps été camouflée derrière l’apparat de la grande terre de liberté et d’opportunités. Elle a retrouvé peu à peu la lumière, au fil des travaux d’historiens et du mouvement des droits civiques. Elle a surtout été projetée en pleine scène publique il y a sept ans lors de la publication, par le New York Times Magazine, d’un ensemble d’articles journalistiques et historiographiques, le Projet 1619.

La date ne devait rien au hasard : en août 1619, un navire anglais débarque une vingtaine d’Africains capturés dans ce qui deviendra la Virginie. Le débat entre historiens sur le statut exact de ces passagers n’est pas encore tranché mais l’événement est largement considéré comme le début de l’esclavage africain durable dans l’Amérique anglaise.

 

Dirigé par la journaliste Nikole Hannah-Jones, qui se verra récompensé d’un prix Pulitzer, le projet défend la thèse que 1619 constitue un moment fondateur de l’histoire des États-Unis, au même titre que 1776. Le projet soutient que l’esclavage et les contributions des Afro-Américains sont au cœur de la construction des États-Unis, et non un simple chapitre secondaire de l’histoire nationale. Il affirme notamment que l’esclavage ne constitue pas un chapitre de l’histoire du pays, refermé après la guerre de Sécession (1861-1865), mais une matrice.

Au fil d’articles passionnants, on découvre que la plantation a été le laboratoire de la fabrique américaine : organisation du travail, maintien de la sécurité et politique répressive, rôle du capital et des banques, etc. Le fordisme et Wall Street sont nés dans les champs de coton du Sud. L’usage dissuasif de la peine de mort et le surarmement des « hommes libres », donc blancs, aussi.

Amnésie collective autour de l’usage de l’impôt

Évidemment, Donald Trump a aussitôt dénoncé une « histoire révisionniste », un exemple parfait de la façon dont « la gauche a déformé, dénaturé et souillé l’histoire américaine ». Le milliardaire s’inscrit dans les pas de Ronald Reagan, vantant une Amérique éternelle, qui servait surtout le propos politique de sa « révolution conservatrice », présentée comme un retour aux sources plutôt que comme une réaction contre le New Deal et les années 1960. De cette époque date une vision figée du pays, qui s’est également exportée, au point qu’en France aussi elle est souvent considérée comme légitime.

 

Exemple : la résistance ontologique des États-Unis à l’impôt. Il y a certes une forte tradition antifiscale qui remonte aux origines : les propriétaires détestaient que l’on taxât marchandises, en l’occurrence des esclaves. Dans les colonnes de l’Humanité en février 2020, Gabriel Zucman rappelait pourtant que les États-Unis, le temple du capitalisme, étaient « allés très loin dans l’utilisation de l’impôt pour réguler les inégalités et l’économie de marché, avec un taux marginal d’imposition de 80 % en moyenne de 1930 à 1980. Les droits de succession s’établissaient également à 80 % et les taux d’impôt sur les sociétés à 50 %. »

« Devant le Congrès, en 1942, Roosevelt affirme clairement sa volonté d’instaurer un revenu maximal légal à hauteur de 25 000 dollars, l’équivalent de 1 million de dollars aujourd’hui. Il voulait alors créer un taux de 100 % au-delà de cette somme. Après avoir hésité, les parlementaires ont finalement voté un taux de 93 %, qui a été effectif pendant des décennies, à la fois sous des administrations démocrate et républicaine (Eisenhower), ce qui reflétait un consensus. Il y a une amnésie collective assez fascinante aux États-Unis sur cette période ».

Peine de mort : la dualité de l’Amérique

Autre exemple : l’Amérique est le « pays de la peine de mort ». La base matérielle de cette affirmation n’est absolument pas contestable. Hormis un moratoire, de 1972 à 1976, on a toujours exécuté dans le pays et on continue. Les États-Unis sont la dernière « démocratie occidentale » à pratiquer le crime d’État. Depuis 1977, 1 700 exécutions ont été menées et Donald Trump a pris un pervers plaisir à reprendre les mises à mort fédérales après une pause pendant la présidence de Joe Biden.

 

Pourtant, c’est aussi outre-Atlantique que l’on trouve précocement les ferments de l’abolitionnisme. Alors que la France a mis fin à la « peine capitale » en 1981, l’État du Michigan l’a fait dès… 1846, suivi quelques années plus tard par le Rhode Island et le Wisconsin. Au moment de célébrer le 250e anniversaire du pays, les faits sont plus contrastés que ne pourrait le laisser supposer la litanie des exécutions : un tiers du pays s’avère pratiquant, quasi intégralement des États du Sud. Le Texas à lui seul est responsable de plus du tiers des exécutions. Le Death Penalty Information Center estime que le pays vit dans une situation d’« abolition de fait ».

On pourrait multiplier ces sujets – naissance du 1er-Mai, création d’une première forme d’État-providence dès les années 1930 (contre 1945 en Europe), mouvement des suffragettes, qui conduit au droit de vote des femmes, certes seulement blanches, en 1920 (contre 1945 en France) – comme autant de pointillés qui dessinent une trajectoire plus complexe (la coexistence de deux Amériques) que la messe trumpiste.

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4 juillet 2026 6 04 /07 /juillet /2026 05:05

 

PCF Alors que se tient ce week-end, à Lille, le congrès du Parti communiste, son secrétaire national, Fabien Roussel, a répondu à nos questions sur sa vision du projet communiste, l’intérêt d’une candidature présidentielle, et les défis de l’organisation.

 

C’est l’heure des choix décisifs pour le PCF. Les communistes ont rendez-vous à Lille (Nord), du 3 au 5 juillet, pour le 40e congrès national du Parti, où seront fixées les grandes orientations stratégiques et idéologiques pour les trois prochaines années. Le secrétaire national, Fabien Roussel, reçoit l’Humanité en amont du congrès, pour répondre aux questions brûlantes qui agitent la gauche et ont animé les débats dans les sections et les fédérations départementales du PCF.

 

La France a connu et va connaître de graves épisodes caniculaires. La planète brûle, le capitalisme la mène à l’abîme. Comment le PCF peut-il être à la hauteur de ce moment crucial ?

Il y a urgence à changer immédiatement de politique à court et long terme. Les communistes ont travaillé à un plan climat pour la France, qui fixe une trajectoire et un objectif de neutralité carbone d’ici à 2050. Il apporte des réponses pour atténuer le réchauffement climatique, et pour s’adapter, et limiter les effets des grandes chaleurs l’été et des grands froids l’hiver. Nous sommes la seule force politique à avoir fait ce travail et je mets au défi d’autres forces de planifier aussi précisément les moyens à mettre en œuvre dans l’agriculture, les transports, le logement, l’industrie, les services publics.

 

Quels sont les grands axes de ce plan ?

C’est d’abord une réforme en profondeur de nos modes de production, de consommation et de déplacement. 50 % de nos émissions de gaz à effet de serre proviennent des importations. Il faut s’attaquer à cela, avoir une production relocalisée, socialement et écologiquement utile. Cela suppose une nouvelle industrialisation, qui s’appuie sur le mix énergétique, le renouvelable et le nucléaire, dans le cadre d’un pôle public de l’énergie. Enfin, nous portons des mesures d’urgence : rénovation des logements et des bâtiments publics, achat de clims, installation de volets, baisse du prix de l’électricité et du train. Le gouvernement prétend que le pays n’en a pas les moyens. C’est faux.

 

On entend souvent la droite dire que la transition écologique se fera sur le dos des pauvres. Qui financera ce plan du PCF ?

Nous voulons sauver le climat et nous voulons les Jours heureux pour tout le monde. Notre plan propose de vivre mieux avec de meilleurs salaires, des véhicules automobiles électriques accessibles, des factures d’électricité beaucoup moins chères et des logements rénovés.

Ce sont tous ces leviers-là qu’il faut utiliser. Où trouver l’argent ? On touche là le cœur du système capitaliste. Il faut en finir avec les dividendes et le coût du capital. Nous voulons produire plus de richesses socialement et écologiquement utiles pour pouvoir les réorienter et répondre aux besoins. Lutter pour le climat, c’est un combat de classe.

 

Que suppose le concept de « socialisme aux couleurs de la France », que vous défendez dans le congrès du PCF ?

Quel nom donne-t-on à la société que nous voulons construire pour sortir du capitalisme ? Dans ce socialisme du XXIe siècle que nous voulons bâtir, la question de la paix est centrale, face à l’impérialisme. La production et l’appropriation publique et sociale des moyens de production sont aussi fondamentales, comme le pouvoir des salariés sur les choix de leur entreprise.

Enfin, nous mettons au cœur de notre projet de société le rôle des services publics et l’émancipation culturelle. Voilà pourquoi nous voulons revisiter ce concept de socialisme, pour le mettre aux couleurs de notre époque et d’une France qui manifeste son attachement à l’égalité.

 

Dans les enquêtes d’opinion, les Français plébiscitent les services publics mais pas la gauche qui les défend…

Plus nous serons de voix à défendre l’utilité de nos services publics, leur financement, le rôle essentiel qu’ils jouent, plus les Français seront convaincus que la gauche porte une alternative d’espoir et de changement. Notre originalité en tant que communistes, c’est que nous mettons aussi l’accent sur la création de nouveaux services publics. On parle de l’énergie, des transports qui sont en train d’être démantelés, du logement, de la petite enfance, du médicament…

 

La question du consentement à l’impôt, très abîmé par dix ans de discours macronistes anti-fiscalité, est-elle un chantier que le PCF compte investir ?

Bien sûr. Mais avant de parler d’impôts, parlons salaires. Le salaire implique le pouvoir de vivre dignement et aussi le financement de la protection sociale avec le salaire brut et les cotisations. Je préfère qu’il y ait beaucoup plus de Français qui payent des impôts parce qu’ils ont un bon salaire. Ensuite nous appelons à davantage de tranches d’imposition pour un impôt plus juste. Que les classes moyennes paient moins et que les riches payent plus.

La gauche peut-elle gagner en 2027 ?

Je veux contribuer à ce que la gauche soit suffisamment forte pour l’emporter. La vraie question est celle du rapport de force entre la gauche, la droite et l’extrême droite. L’enjeu est d’aller conquérir ou reconquérir l’électorat qui nous manque aujourd’hui pour pouvoir l’emporter : les déçus, la France qui bosse ou est privée d’emploi. Et qu’on arrive à regagner pour la gauche celui ou celle qui a pu voter pour d’autres forces politiques, parfois à l’extrême droite. C’est ça qui m’obsède continuellement.

 

À court terme, quel électorat le PCF priorise-t-il ?

Majoritairement, ce sont aujourd’hui les abstentionnistes qui manquent à la gauche, pour qu’elle passe de 30 à 50 %. Nous n’allons pas nous battre contre les autres forces de la gauche pour aller chercher ses électeurs. Notre priorité, c’est le monde du travail, les salariés.

C’est pour cela que je veux autant parler de progrès social, de salaire et de paix car la guerre pénalise les travailleurs. Ensuite, il faut que nous soyons beaucoup plus percutants pour défendre une République féministe, le principe d’égalité, combattre le racisme, l’antisémitisme, protéger la jeunesse.

 

Jordan Bardella assume une ligne pro-patronat. Est-ce une aubaine pour convaincre les électeurs du RN qui, jusqu’ici, croyaient au vernis social de l’extrême droite ?

Dans beaucoup de villes où le RN avait fait 50 % aux élections législatives de 2024, il a fortement baissé aux municipales. Nous l’avons vécu à Saint-Amand-les-Eaux. Vincent Bouget a réussi à le faire reculer à Nîmes. On sait faire, on a des expériences concrètes. Je fais totalement la différence entre le militant du RN et son électeur. L’électorat est de plus en plus volatil. Beaucoup sont perdus, y compris dans le monde du travail et ouvrier. Il faut aller leur parler. Montrer l’arnaque sociale du RN fera partie de la campagne. Mais plutôt que de parler du RN, je préfère que l’on consacre notre énergie à parler de notre projet et à convaincre.

 

Comment le PCF compte-t-il lutter contre le racisme qui nourrit le vote RN ?

Partout sont fabriqués des ennemis, des boucs émissaires pour diviser les peuples. Les citoyennes et citoyens de religion ou de culture musulmane subissent des discours et des actes racistes intolérables, l’antisémitisme progresse également. Nous avons des propositions fortes pour une condamnation plus ferme des actes racistes. Il faut mettre à jour la loi Gayssot. Mais il faut aussi mettre le doigt là où ça fait mal par des sanctions, une peine d’inéligibilité et en même temps renforcer l’éducation à l’égalité.

 

Il y a, dans l’électorat de gauche, une forte aspiration à l’unité et une peur que la gauche rate à nouveau la marche du second tour. Ne craignez-vous pas que, dans un contexte de multiplication des candidats, une dynamique de vote utile profite à un seul au détriment des autres, dont celui du PCF ?

D’abord, je ne laisserai pas dire que, si la gauche est divisée, c’est de la faute des communistes. Entre LFI et le PS, ce sont des bordées d’insultes quotidiennes. Moi-même j’ai été insulté. On devrait pouvoir travailler chacun à son projet sans injures, c’est la condition du rassemblement. On peut toujours appeler à l’union, il n’y aura pas de candidature unique. C’est un fait. L’essentiel n’est pas là.

Pour gagner, la gauche doit être plus forte dans son projet et son adresse au monde du travail et c’est à cela que nous voulons travailler. Par ailleurs, j’aimerais bien qu’on vote pour ses idées à l’élection présidentielle. Entre la tactique du vote utile du premier tour et le vote barrage du second, quand est-ce qu’on choisit un candidat pour son programme ?

 

On en vient à la question de la structure même du scrutin présidentiel…

L’élection présidentielle doit être contestée. Le PCF la dénonce, depuis toujours. Le mode de scrutin est anachronique, dépassé, mortel pour la démocratie. Maintenant, nous ne pratiquons pas la chaise vide. Je préfère être présent dans la campagne pour porter une nouvelle République, de nouvelles institutions, que d’être absent et de déléguer à d’autres le soin de parler pour nous.

 

Le risque d’une victoire de l’extrême droite reste néanmoins réel…

Si l’extrême droite augmente, ce n’est quand même pas de la faute du PCF, qui la combat depuis toujours. Au contraire, l’absence du PCF à la présidentielle renforcerait l’abstention, priverait le débat public d’idées essentielles pour combattre l’extrême droite et gagner des avancées.

Cela ne créerait aucune dynamique. Ce qui m’inquiète, moi, c’est ceux qui pensent que l’union sans ambition pour le pays est la solution à tous les problèmes. Quand des gens m’interpellent sur l’union de la gauche, je leur demande ce qu’ils veulent. « Derrière Jean-Luc Mélenchon ? » On me répond : « Ah non, surtout pas lui ! » Et si je dis : « Glucksmann, alors ? », j’entends : « Ah non ! » Travaillons à renforcer la gauche et à la rendre majoritaire dans le pays.

 

Concernant le congrès, que retenez-vous du travail d’amendements accompli dans les sections et les fédérations départementales ?

Il y a eu plus de 5 000 amendements déposés. Je suis content que nous ne nous soyons pas focalisés sur la présidentielle, mais que nous ayons travaillé à la reconstruction d’une organisation communiste, à notre projet de société, la question du socialisme… Cela représente six mois de débats très riches. On va voter trois fois. Nous sommes une vraie force démocratique, par rapport à d’autres.

 

Parmi les amendements votés dans plusieurs fédérations et qui seront débattus au congrès, il y a l’option d’une clause de revoyure concernant la candidature à la présidentielle. Le PCF pourrait choisir de se retirer en cours de campagne, en fonction des dynamiques à gauche. Qu’en pensez-vous ?

Je respecte ceux qui proposent cela. Mais si les communistes décident que présenter un candidat est important pour mener la bataille politique et idéologique, alors nous devons aller jusqu’au bout, et sans tarder. On ne peut pas avoir la main qui tremble.

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Ni avoir une épée de Damoclès au-dessus de la tête. En tout cas, pour ma part, je ne me vois pas être candidat à la présidentielle et remettre en cause ma candidature en cours de campagne. Si un autre candidat au sein du PCF veut présenter sa candidature en disant qu’il est prêt à la retirer, il est libre de le faire.

 

Les débats en amont du congrès ont montré des inquiétudes sur la baisse des adhésions au PCF – 5 000 adhérents en moins depuis 2023, 12 000 en moins depuis 2018. Comment enrayer cette perte de militants ?

Si je regarde la courbe de pertes des adhérents, je constate qu’elle ralentit. J’ai fixé au dernier congrès l’objectif de réaliser 10 000 adhésions. Nous avons atteint cet objectif à 78 %, en enregistrant de nombreuses adhésions pendant le mouvement pour les retraites, la campagne sur les services publics et l’industrie et pendant la présidentielle 2022. Il y a aujourd’hui 15 fédérations qui ont progressé ou ont maintenu leur nombre d’adhérents. J

e préfère me concentrer sur ceux qui réussissent que de parler, comme d’autres me le proposent, de ce qui n’a pas marché. Oui, c’est un combat, mais c’est possible d’inverser la courbe, et je travaillerai avec ceux qui ont réussi à le faire, pour se fixer l’objectif dans trois ans de ne pas avoir perdu un adhérent.

 

Stopper les pénuries : faire du médicament un bien commun

Face à la multiplication des pénuries, le médicament ne peut plus être abandonné aux seules logiques de rentabilité de l’industrie pharmaceutique. Pour garantir le droit à la santé, le Collectif Médicament Bien Commun appelle à reprendre démocratiquement la main sur la recherche, la production et l’accès aux traitements essentiels.

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4 juillet 2026 6 04 /07 /juillet /2026 05:00

 

1936 fut une année magnétique, l’année du Front populaire ! Notre hebdomadaire Communistes lui rend hommage en évoquant, chaque semaine de 2026, des événements survenus la semaine équivalente (ou presque) de 1936.

12/18 janvier 1936 - Le programme, version janvier (2)

Le 12 janvier 1936 (curieusement des documents parlent aussi du 9, ou du 10, ou du 11), les partis radical, socialiste et communiste rendent public le programme du « rassemblement populaire » en vue des législatives du printemps (avril/mai). S’y associent la CGT en voie de réunification, des associations de défense des droits de l’homme et antifascistes (Ligue des droits de l’homme, Comité de vigilance des intellectuels antifascistes…).

Ce programme est intéressant et assez mal connu. Il parle de « la réduction de la semaine de travail sans réduction du salaire hebdomadaire », d’« un régime de retraites suffisantes pour les vieux travailleurs », de « l’institution d’un Fonds national de chômage ».

Il y est aussi question de la suppression immédiate des mesures frappant les plus faibles par les décrets lois ; de revalorisation des produits de la terre, création d’un office interprofessionnel des céréales, soutien aux coopératives agricoles ; de la prolongation de la scolarité obligatoire jusqu’à 14 ans ; de l’exécution rapide d’un plan de grands travaux d’utilité publique, citadine et rurale, et associant à l’effort de l’État et des collectivités l’effort de l’épargne locale. En matière de défense de la paix, le texte prône la nationalisation des industries de guerre et la suppression du commerce privé d’armes.

L’intervention du parti radical dans la rédaction du programme a limité des propositions qui étaient contenues dans l’accord PC/SFIO de septembre 1935. Ainsi on ne mentionne plus la « semaine des 40 heures ». Il faudra les puissantes grèves ouvrières du printemps, trois mois plus tard, pour que cette revendication phare du Front populaire s’impose à nouveau.

Georges Politzer commente ainsi ce programme : « C’est parce que le programme du Rassemblement est une liste de revendications qu’il a pu rallier l’unanimité. (…) Ce qui importe aux chômeurs, c’est le Fonds national du chômage et non la théorie au nom de laquelle on adhère à cette revendication. (…) L’accord sur le programme a pu être réalisé parce que c’est un programme de revendications et non un traité d’économie politique. »

Le 17 janvier marque la fin du procès de l’affaire Stavisky, un scandale politico-financier faisant suite au « suicide » du susnommé Stavisky. Le Canard Enchaîné titrera : « Stavisky s’est suicidé d’une balle tirée à 3 mètres ; voilà ce que c’est que d’avoir le bras long. »

Cette crise, mettant en cause des notables de la presse, de la justice, de la politique et de la police, secoua le pays et aboutit à l’émeute du 6 février 1934.

Gérard Streiff

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3 juillet 2026 5 03 /07 /juillet /2026 10:04

La France vient de subir un deuxième épisode de canicule en l’espace d’un mois. Certains nous en prédisent un troisième pour les jours à venir.

 

Cet épisode a été un puissant révélateur de la crise du logement et des inégalités en matière du logement. Car non, assurément non, tout le monde n’est pas logé à la même enseigne face à ces grandes chaleurs.
A bien des égards, la canicule est une violence de classe.

En témoigne le fait que 60% des habitants des quartiers populaires disent souffrir de la chaleur dans leur logement soit 20% de plus que la moyenne nationale. Mais de telles conditions de logement ne leur font pas seulement courir le risque de l’inconfort, elles leur font aussi courir un risque mortel.
En témoigne le fait que lors de la canicule de 2003, la mortalité dans les quartiers populaires liés à la canicule a été trois fois plus élevée qu’à l’échelle de notre pays.

Nul ne devrait accepter que dans notre pays, des hommes et des femmes meurent de chaud dans leur appartement, faute de protections qui leur permettent d’y vivre correctement.
Monsieur le ministre du Logement, comment pouvez-vous justifier, après un pareil épisode de canicule, que les crédits dédiés à ma prime rénov diminuent de 300 millions d’euros en 2026.

Comment pouvez-vous justifier que dans le projet de loi logement qui sera débattu dans cet hémicycle, la semaine prochaine, rien ne soit prévu pour lutter contre les bouilloires thermiques ? Et pire que ça, 700. 000 logements qui sont des passoires énergétiques seront remises en location alors même qu’elles devraient en sortir.

Monsieur le ministre, ma question est simple.

Qu’allez-vous modifier dans ce projet de loi sur le logement pour faire en sorte que ces problématiques soient véritablement prises en compte ?

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