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28 juillet 2026 2 28 /07 /juillet /2026 07:00

Quatre Palestiniens ont été tués alors qu’une centaine de « randonneurs » israéliens armés ont tenté d’entrer dans leur village. Deux d’entre eux ont perdu la vie. La violence coloniale se déchaîne toujours plus à quelques mois d’un scrutin législatif incertain.

Pierre Barbancey

Le 19 juin, l’organisation non gouvernementale israélienne Peace Now, opposée à la colonisation, mettait en garde : « À l’approche des élections, le gouvernement se précipite pour créer autant de faits accomplis que possible sur le terrain, laissant derrière lui une traînée de destruction. » Nous y sommes. Ce qui s’est passé ce 24 juillet ne doit rien au hasard.

Comme pratiquement chaque jour maintenant, et plus particulièrement le vendredi, jour de repos pour les musulmans, des groupes de colons, armés, arpentent les collines de la Cisjordanie, menaçant les villageois palestiniens, les frappant, les empêchant de se rendre dans leurs champs ou effrayant les troupeaux.

Les réseaux sociaux regorgent de vidéos, tournées par les Palestiniens eux-mêmes ou par des progressistes israéliens qui tentent, par leur présence, d’éviter le pire, mais sont eux-mêmes victimes de la violence coloniale. C’est ce qu’il s’est passé à Tell, dans le nord du territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967.

Selon le chef du conseil du village, Walid Zidan, les heurts ont éclaté après l’entrée dans la localité d’une vingtaine de colons de l’implantation voisine de Havat Gilad. « Des soldats israéliens étaient présents et, avec les colons, ont ouvert le feu (…). Ce sont les colons qui ont pris d’assaut le village, avec l’intention de tuer, de saccager et d’incendier des biens », a-t-il raconté à l’AFP.

La violence se déchaîne

Tous les témoignages recueillis sont similaires. Et, comme d’habitude, l’armée israélienne a évoqué une attaque contre des « randonneurs israéliens » (sic), qui étaient une centaine. Des randonneurs certainement surpris par la réaction des Palestiniens. Ces derniers ont empêché les colons de pénétrer dans leur village.

 

Au cours des heurts, un villageois a saisi l’arme d’un colon et a tiré, le tuant ainsi qu’un autre Israélien. Puis l’armée est intervenue, abattant quatre Palestiniens et en blessant grièvement plusieurs autres, avant de se déployer dans les rues de Tell. 51 habitants ont été arrêtés pour interrogatoire.

« Chaque personne qui était amenée se voyait attribuer un numéro, qui était inscrit sur son front », a révélé Saïf Hamza, relâché après avoir été interrogé. « Jusqu’à (ma libération), je suis resté menotté et les yeux bandés. »

Alors que les blessés Palestiniens étaient amenés à l’hôpital de Naplouse, l’armée bouclait toutes les entrées de la grande ville du nord. Des vidéos issues des caméras de surveillance montrent l’intrusion des soldats israéliens dans l’établissement de santé, forçant le personnel médical à s’allonger à même le sol, les mains derrière la tête et arrêtant au moins un blessé qui sortait d’une salle de soins.

Les barrages militaires se traduisent par des drames humains répétés. Selon Médecins pour les droits humains en Israël (PHRI), « deux femmes ont été contraintes d’accoucher dans des ambulances après avoir été incapables de se rendre à l’hôpital. Une troisième a accouché à la clinique d’Aqraba après que les équipes médicales n’ont pas pu l’évacuer pour des soins hospitaliers. Lors d’un autre incident, une ambulance qui tentait de transporter un patient à travers la zone d’une colonie israélienne voisine a été contrainte de faire demi-tour après s’être vu refuser le passage ».

Il ne s’agit pas d’incidents isolés. On note d’abord que les Palestiniens, laissés bien seuls y compris par les forces de sécurité de l’Autorité palestinienne – coincées il est vrai par les accords d’Oslo, qui ne leur permettent d’intervenir qu’en zone A, c’est-à-dire les grandes villes –, ont décidé de ne plus se laisser faire.

Ainsi, un colon israélien a été blessé samedi à Masafer Yatta, près de Susiya, au sud d’Hébron (sud de la Cisjordanie), après que des jeunes Palestiniens se sont emparés de son arme et ont ouvert le feu. Les incidents se sont multipliés ces derniers jours dans tout le territoire palestinien où vivent quelque 500 000 colons.

La colonisation s’accélère

La colonisation s’est accélérée depuis le 7 octobre 2023 et, avec elle, la violence. Selon l’Office de coordination des Nations unies pour les affaires humanitaires (Ocha), le nombre de morts liés aux attaques de colons en 2026 a déjà dépassé le total enregistré pour l’ensemble de 2025.

« En Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est, les opérations des forces israéliennes, les démolitions, la violence des colons et l’expansion des colonies ont continué de provoquer des déplacements, des victimes et des dégâts matériels, les Bédouins et les communautés d’éleveurs de la zone C étant parmi les plus touchés. »

 

Par ailleurs, « les avant-postes de peuplement illégaux dans la zone B (administration palestinienne, sécurité sous contrôle israélien – NDLR) continuent de se développer, malgré les affirmations officielles répétées selon lesquelles ils sont démantelés », dénonce Peace Now. Le long des routes de Cisjordanie et à tous les ronds-points, des drapeaux israéliens ont été installés.

Outre les colonies proprement dites (illégales au regard du droit international), les avant-postes (illégaux du point de vue israélien) se sont multipliés avec l’aval de l’extrême droite au pouvoir. D’ailleurs, prenant prétexte des récents incidents, Benyamin Netanyahou, a annoncé plusieurs mesures parmi lesquelles figurent l’« accélération de la légalisation des avant-postes (…) et l’établissement de nouveaux ».

La violence en Cisjordanie comme arme électorale

Pour le premier ministre israélien et ses sbires fascistes, la course contre la montre électorale est engagée. Le scrutin législatif prévu au mois d’octobre s’avère serré et les sondages indécis. Avec le ministre des Finances, Bezalel Smotrich (colon lui-même), et Itamar Ben Gvir, en charge de la sécurité nationale, ils mettent le curseur le plus à droite possible, poursuivant le génocide à Gaza et le nettoyage ethnique en Cisjordanie, comptant sur la force des colons pour rester au pouvoir. Smotrich et Ben Gvir verraient bien les villages palestiniens, qui osent s’opposer aux violences coloniales, être totalement détruits.

Le chaos dans les territoires palestiniens occupés reste leur meilleure chance. Et les colons sont là pour la leur donner. « Le moment choisi pour cette escalade sanglante, coïncidant avec la campagne électorale israélienne, révèle clairement que le gouvernement d’occupation et les partis d’extrême droite rivalisent d’efforts pour faire couler davantage de sang palestinien en intensifiant l’agression et en laissant carte blanche aux colons pour commettre de nouveaux crimes, estime le Parti du peuple palestinien (PPP, communiste) dans un communiqué. Tout cela vise à consolider le projet d’annexion, à étendre les colonies et à imposer la loi du plus fort par la force. »

La « communauté internationale » est particulièrement silencieuse, à l’exception notable de l’Espagne (lire l’encadré), alors que Netanyahou s’apprête, mardi 28 juillet, à rencontrer, une nouvelle fois, Donald Trump à Washington.

Samedi soir, en Israël, le Parti communiste israélien et Hadash ont organisé des « manifestations de rage » contre le « terrorisme des résidents de colonies ». Lors d’un autre rassemblement, un Israélien dont les parents ont été tués le 7-Octobre a accusé publiquement le gouvernement d’alimenter la violence. « Les morts inutiles dans le village de Tell illustrent mieux que tout le chaos délibéré : des vies d’Israéliens et de Palestiniens continuent d’être fauchées dans un jeu cruel dans lequel on nous maintient délibérément. »

Pour Moshe Yaalon, ancien ministre israélien de la Défense de Netanyahou, « ce qui s’est passé dans le village de Tell est du « terrorisme juif ». Il a été déclenché par des colons qui ont attaqué le village, soutenus par des ministres du gouvernement comme Ben Gvir, Smotrich et Strock, et c’est la politique actuelle du gouvernement. » Parole d’expert.

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28 juillet 2026 2 28 /07 /juillet /2026 05:00

 

1936 fut une année magnétique, l’année du Front populaire ! Notre hebdomadaire Communistes lui rend hommage en évoquant, chaque semaine de 2026, des événements survenus la semaine équivalente (ou presque) de 1936.

6/12 avril 1936 (14) Espagne, en avant !

Les Cortes destituent le 7 avril le président de la République Zamora (Niceto Alcala-Zamora y Torres) ; il sera remplacé par Manuel Azana, qui était chef du gouvernement du Frente popular depuis février. C’est une grande figure du républicanisme espagnol.

L’enjeu espagnol passionne le public français et l’Humanité vient de consacrer vingt longs reportages à ce pays sous le titre « Espagne, en avant ! » Cette série se termine (11 avril) sur un entretien avec le leader socialiste (de gauche) Alvarez del Vayo. Celui-ci estime que le Frente popular est à l’avant-garde de la lutte pour la paix. Le journaliste (Laurent Darnar) rebondit sur ce terme et conclut ainsi ses enquêtes : « À l’avant-garde ! Tel est le mot qui clora cette enquête. À l’avant-garde dans la lutte contre le fascisme (…), voilà l’Espagne ! À l’avant-garde dans les mesures sociales et économiques qui libèrent le paysan, lui donnent le sol, améliorent le sort de l’ouvrier, défendent le petit commerçant contre l’usure et la haute finance, voilà l’Espagne ! (…) La meute réactionnaire peut hurler chez nous. Elle regrette qu’on ne puisse plus en Espagne abattre les travailleurs au coin des rues. Elle hait l’exemple de liberté donné par le Front populaire d’Espagne. C’est pourquoi nous, nous exaltons cet exemple. »

Un débat traverse le monde politique et sportif : faut-il participer aux prochains Jeux Olympiques de Berlin ? « Nous nous sommes prononcés, écrit l’Humanité, il y a plus d’un an contre la tenue à Berlin des Jeux Olympiques. Un mouvement populaire est né qui s’est assigné cette tâche d’honneur. (…) Nous communistes approuvons ce mouvement qui, loin de tout chauvinisme, ne vise au contraire qu’à soutenir de toutes ses forces la lutte que le peuple allemand mène contre ses bourreaux. Avec tous les amis de la paix, avec tous les ennemis du fascisme, nous crions : Pas un sou, pas un homme pour les Jeux Olympiques de Berlin ! »

Le 12 avril, le quotidien communiste publie son bilan financier. Son tirage serait passé de 211 000 en 1934 à 217 000 en 1935 et à 234 000 pour les six derniers mois et une vente qui dépasserait largement les 200 000 exemplaires par jour.

Dans le cadre de la campagne électorale, la radio occupe une part de plus en plus importante. On se rappelle que l’État avait racheté en 1933 « Radio-Paris » pour en faire le « Poste national ». Le quotidien communiste annonce ainsi que le 17 avril prochain, le représentant du PCF parlera de 20 h à 20 h 30 « au micro du Poste national. (…) C’est avec la plus grande satisfaction, nous en sommes persuadés, que les sans-filistes ont appris cette nouvelle et nous sommes persuadés qu’ils seront par dizaines et centaines de milliers à l’écoute pour entendre la voix de notre grand parti. »

Gérard Streiff

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27 juillet 2026 1 27 /07 /juillet /2026 07:16

Construire ce grand rendez-vous politique et culturel est un vrai défi. Sans une trésorerie solide, il devient impossible d’avancer sereinement, de confirmer les commandes, d’accueillir les artistes, de construire les espaces de débats, les scènes, les villages, tout ce qui fait l’âme de cette Fête. Voilà pourquoi nous vous remercions pour votre solidarité.

Fabien Gay

Dans une période où tout semble fait pour nous diviser, où la guerre est aux portes de l’Europe, où le fracas des bombes couvre trop souvent la voix des peuples, où les idées d’extrême droite poursuivent leur progression en France comme partout dans le monde, où les inégalités explosent pendant que les puissances de l’argent continuent d’imposer leur loi, une certitude demeure : nous avons d’autant plus besoin de lieux pour nous retrouver, débattre, comprendre, créer, résister et espérer.

La Fête de l’Humanité est l’un de ces lieux, et il est plus que jamais indispensable. C’est pourquoi je veux d’abord remercier toutes celles et tous ceux, qui, dès les premiers jours de notre campagne de souscription « Urgence pour la Fête de l’Humanité » ont fait un don. Et je suis heureux de vous annoncer que nous avons déjà récolté 30 000 euros. Certes, nous sommes encore loin de l’objectif de réunir 1,5 million d’euros, mais c’est une première dynamique, qui, je n’en doute pas, va s’amplifier. Peu importe le montant, votre soutien montre votre attachement à une aventure qui dépasse largement ces trois jours de fête en septembre.

Organiser la Fête de l’Humanité est devenu un véritable défi. Contrats d’assurance, sécurité, énergie, transports, installations, prestations techniques : les coûts flambent. Et ces dépenses doivent être engagées des mois avant l’ouverture des portes et avant la remontée des bons de soutien.

La réalité est simple : sans une trésorerie solide, il devient impossible d’avancer sereinement, de confirmer les commandes, d’accueillir les artistes, de construire les espaces de débats, les scènes, les villages, tout ce qui fait l’âme de cette Fête. Voilà pourquoi cette souscription est si importante et pourquoi nous avons besoin de vous.

Plus qu’un appel au secours, elle est un appel à la solidarité collective envers celles et ceux qui connaissent la Fête, qui la font vivre, qui savent ce qu’elle représente. À l’heure où tant de médias dépendent de milliardaires, où l’information est devenue un terrain de conquête économique et idéologique, l’Humanité continue de défendre son indépendance. La Fête est le prolongement vivant de ce combat. Elle est un espace unique où la culture rencontre le mouvement social, où les idées se confrontent sans haine, où les luttes dialoguent avec la création, où l’on célèbre ce qui nous rassemble plutôt que ce qui nous oppose.

 

Cette année encore, nous y parlerons de paix, de justice sociale, de climat, de travail, de communisme, de féminisme, de services publics, de Palestine, de solidarité internationale, des combats syndicaux, des défis démocratiques et du monde que nous voulons laisser aux futures générations. Nous écouterons de la musique, nous rirons, nous débattrons, nous construirons des convergences. Bref, nous ferons vivre ce que notre époque cherche trop souvent à effacer : le collectif.

Grâce à vos dons, qui, je l’espère, continueront à nous parvenir tout au long de l’été, nous aurons les moyens de faire de cette 91e édition, un grand moment populaire, culturel et politique.

En vous remerciant une nouvelle fois, ensemble, continuons à faire vivre cette souscription auprès de nos proches durant tout l’été ! Vive la Fête de l’Humanité !

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27 juillet 2026 1 27 /07 /juillet /2026 05:05

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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26 juillet 2026 7 26 /07 /juillet /2026 07:12

Le gouvernement se prépare à doubler le plafond sur les consultations et sur les médicaments. Une mesure hautement contestée, qui avait été rejetée par les députés lors de l’examen du budget 2026.

Cécile Rousseau

Un nouveau coup au porte-monnaie des malades. Jeudi, la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a annoncé sur RMC le doublement de 100 à 200 euros du plafond annuel des franchises médicales sur les consultations et sur les médicaments. « Les Français, s’ils dépassent un nombre de consultations ou un nombre de boîtes de médicaments, payent aujourd’hui, au maximum, 100 euros par an. Ce que nous faisons, c’est que nous doublons ce plafond qui n’a pas évolué depuis vingt ans », a-t-elle précisé, ajoutant qu’un décret était en préparation.

Mise en place en 2008, la franchise d’un euro par boîte de médicament est aujourd’hui limitée par un plafond annuel de 50 euros. Quant à la participation forfaitaire de 2 euros exigée pour les patients majeurs lors des consultations ou actes réalisés par un médecin, mais également sur les examens radiologiques et les analyses de biologie médicale, elle ne peut excéder 8 euros par jour et 50 euros par an.

En 2024, ces franchises médicales avaient déjà été doublées. L’exécutif avait alors expliqué ne pas toucher aux plafonds pour épargner les personnes ayant « le plus fort recours aux soins »…

« On s’attendait à des sales coups pendant l’été, c’était implicite dans (…) l’annonce de chercher un milliard de coupes sur la Sécu, dès 2026, faite par le gouvernement en juillet », a dénoncé Denis Gravouil, secrétaire confédéral CGT. « Ce sont des restes à charge pour les plus fragiles, on continue le déshabillage de la Sécurité sociale. Il faudra être riche pour pouvoir aller régulièrement chez le médecin. C’est vraiment le contraire de la justice sociale », a-t-il estimé.

Une stigmatisation des patients

L’été dernier, l’ancien premier ministre, François Bayrou, avait déjà brandi cette mesure très inflammable en perspective du Projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) 2026 avant que celle-ci ne soit finalement rejetée par les députés.

 

Qu’à cela ne tienne, obsédé par le déficit de la Sécurité sociale qui devrait atteindre 23,2 milliards d’euros en 2026 et par le fait de « responsabiliser » des patients soupçonnés d’abuser du système, le gouvernement n’a donc pas hésité à remettre le sujet sur le tapis en plein mois de juillet.

« Si vous êtes quelqu’un qui a une maladie chronique, en moyenne, c’est 78 euros par an actuellement (payés par l’assuré), donc si on double, on peut estimer qu’il sera plutôt à 150 euros qu’à 200 euros », a déroulé la ministre, sans ciller, en justifiant ces restes à charge par la nécessité de « continuer à investir dans notre hôpital (…) pour l’accès aux soins (et) pour avoir encore les médicaments les plus efficaces ». Selon Les Échos, la mesure rapporterait 750 millions d’euros en année pleine à l’Assurance maladie.

L’avant-goût d’un projet loi de finance 2027 austéritaire

Dominique Corona, secrétaire général adjoint de l’Unsa, a lui aussi jugé « scandaleuse » cette décision qui va toucher « ceux qui vont le plus souvent, malheureusement, chez le médecin. Il aurait été plus sage, de la part du gouvernement, d’attendre le prochain budget de la Sécurité sociale (à l’automne – NDLR) pour tout mettre sur la table et mettre également à contribution les entreprises, les industries du médicament ou les professionnels de santé », a-t-il pointé.

Si la ministre de la Santé a insisté sur le fait que 18 millions de Français, femmes enceintes ou mineurs ne seront pas concernés par ce doublement des plafonds des franchises médicales, elles restent payées par la majorité des usagers dont ceux en affection de longue de durée (ALD).

Ce coup de massue arrive après les plus de 6 milliards d’euros d’économies contenues dans le PLFSS 2026, des mesures répressives, avec la limitation des arrêts maladies à 31 jours pour la première prescription et la fin de l’exonération du ticket modérateur pour les patients en ALD sur les médicaments à service médical rendu faible à compter du 1er octobre.

Avant même l’intervention de la ministre de la santé, le premier ministre, Sébastien Lecornu, dans une interview à Paris Match, avait annoncé un PLFSS 2027 austéritaire. Toujours dans une rhétorique de stigmatisation des patients, il entend « demander un effort à ceux qui achètent plus de 50 boîtes de médicaments par an ou vont plus de 25 fois chez le médecin par an, tout en protégeant les plus fragiles socialement ».

Alors que les restes à charge des malades n’ont cessé d’exploser sous les quinquennats d’Emmanuel Macron, cette mesure demeure à haut risque. L’an passé, un sondage Elabe avait montré que 72 % des Français y étaient opposés.

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26 juillet 2026 7 26 /07 /juillet /2026 05:00

 

1936 fut une année magnétique, l’année du Front populaire ! Notre hebdomadaire Communistes lui rend hommage en évoquant, chaque semaine de 2026, des événements survenus la semaine équivalente (ou presque) de 1936.

30 mars/5 avril 1936 (13) La vie est à nous

Les élections ayant lieu dans trois semaines, l’Humanité publie le 30 mars toute une série d’affiches communistes pour la campagne électorale (« Pour faire payer les riches, Votez communiste » ou « Pain, paix, liberté. Votez communiste ») ; puis, sur deux pleines pages, le 5 avril, la liste des 608 candidats communistes aux prochaines législatives.

La menace de guerre est omniprésente. Après la Rhénanie, on parle maintenant des ambitions allemandes sur l’Autriche et la Tchécoslovaquie. Le dimanche 5 avril se tient un puissant meeting « Pour la paix indivisible ! » à l’appel du PC (le quotidien communiste parle de 80 000 personnes) au stade Buffalo. Les discours de Maurice Thorez et de Marcel Cachin fustigent « Hitler fauteur de guerre » et « les hitlériens français ses complices ! » L’éditorial que signera le lendemain le directeur de l’Huma proclame : « Dissolution des ligues fascistes ! Les Soviets partout ! »

Dans la page Entreprises du quotidien, le secrétaire de la Fédération du textile prend de front la question : « Faut-il détruire les machines ? » pour réduire le chômage. Il trouve cette solution stupide et propose notamment comme remède les 40 heures.

Sortie du film « La vie est à nous ». Réalisé, bénévolement, à la demande du Parti communiste, pour les élections législatives, par un collectif d’artistes et de techniciens : Jean Renoir, Jacques Becker, Jean-Paul Le Chanois, Henri Alekan, Jacques B. Brunius, André Zwobada, Pierre Unik, Henri Cartier-Bresson... « Je dois à ce film d’avoir vécu dans l’esprit exaltant du Front populaire », dira Jean Renoir. (Le coffret du film est disponible à l’association Ciné-Archives.)

Dans son numéro du 3 avril, l’Humanité commente : « Le Parti communiste a su comprendre la valeur collective du cinéma, sur laquelle déjà Lénine avait tant insisté. Ce sera une grande fierté pour les communistes que leur parti ait pu grouper pour la réalisation de ce film des hommes venus d’un peu partout, dont beaucoup, hier, s’ignoraient encore, et leur ait donné la possibilité de se rejoindre, de travailler ensemble avec passion, avec leur amour du bon travail, avec leur dévouement à la cause des masses populaires. »

Côté faits divers, les USA annoncent l’exécution sur la chaise électrique de Bruno Hauptmann : il était accusé de l’enlèvement (en mars 1932), avec demande de rançon, et de la mort de la fille de l’aviateur Charles Lindbergh, âgée de 20 mois. L’affaire avait suscité une telle émotion qu’un journaliste US put la considérer comme « l’histoire la plus intéressante depuis la résurrection. »

Gérard Streiff

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25 juillet 2026 6 25 /07 /juillet /2026 08:00

Henri Thulliez, avocat des cinq ONG qui déposent, ce mercredi, une requête auprès du Conseil d’État, revient sur la portée et les possibles conséquences de cette action juridique inédite.

Arthur DumasElisabeth Fleury

Vous avez déposé, ce mercredi 22 juillet, une requête devant le Conseil d’État au nom de la FIDH, de la LDH, de Juristes pour le droit international, du Centre international de justice pour les Palestiniens et de Law for Palestine (loi pour la Palestine). Sur quoi repose-t-elle ?

 

Cette requête s’appuie sur un avis consultatif rendu, le 19 juillet 2024, par la Cour internationale de justice (CIJ) sur « les conséquences juridiques découlant des politiques et pratiques d’Israël dans le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est ». Un avis fondamental. Rendu par la plus haute instance juridique du monde, il établit que la présence continue d’Israël dans les territoires palestiniens occupés est totalement illicite et que cette illicéité est valable pour tous les États.

Conséquence : Israël doit y mettre fin. Et les États tiers, dont la France, ont l’obligation de ne pas reconnaître, aider ou assister la situation résultant de cette occupation. Or, on le constate tous les jours, Israël poursuit sa politique de colonisation et ses crimes. Et la France, qui n’est pourtant pas inactive, qui s’est élevée contre la colonisation israélienne et qui a reconnu l’État Palestinien, reste muette à l’égard de ses entreprises qui, sur place, font du business.

Votre requête porte sur l’action de plusieurs entreprises et banques françaises dans ces territoires, étroitement liée à la colonisation. À qui s’adresse-t-elle ? À l’État français ou à ces entreprises ?

Selon la CIJ, les États tiers ont l’obligation d’adopter des mesures pour empêcher les échanges commerciaux et les investissements qui aident au maintien de la situation illicite, c’est-à-dire l’occupation par Israël des territoires palestiniens. Ils doivent donc empêcher leurs entreprises d’entretenir une relation commerciale qui favoriserait la colonisation.

 

La France, qui a reconnu cet avis, n’a pour autant pris aucune mesure empêchant les entreprises françaises de maintenir une activité commerciale dans les territoires palestiniens occupés. Notre requête s’adresse à l’État français. Elle vise à ce qu’il se conforme aux obligations listées dans l’avis de 2024, en prenant des mesures pour empêcher les entreprises françaises de maintenir des activités commerciales ou des investissements qui aident la colonisation par Israël des territoires palestiniens occupés.

Cet avis ne fait que rappeler aux États tiers, dont la France, leurs obligations. En réalité, la France est sommée de prendre ces mesures depuis des années…

C’est exact. La CIJ ne fait que rappeler le droit, et ces obligations, en réalité, existent depuis des années et n’ont jamais été suivies d’effet. Et cela fait des années que des ONG, le secrétaire général des Nations unies, d’autres agences réclament qu’il soit mis fin aux activités d’entreprises étrangères dans les colonies.

Dès 2020, le secrétaire général de l’ONU expliquait que, sans la participation importante des entreprises, les colonies, qui sont le moteur de l’occupation, représenteraient un fardeau économique insoutenable pour le gouvernement israélien.

Si le Conseil d’État vous donnait raison, que pourrait-il se passer concrètement ?

Quelle que soit la réponse du Conseil d’État, l’administration française va devoir nous répondre. Elle va devoir nous dire si les mesures qui existent actuellement lui paraissent suffisantes et quelle est sa position vis-à-vis des entreprises françaises qui se trouvent dans ces zones.

En soi, la réponse que produira l’administration devant le Conseil d’État nous apportera beaucoup d’informations sur l’interprétation que fait l’État français de ses obligations. Si, au terme de la procédure, le Conseil d’État nous donne raison, il enjoindra à l’administration de se conformer au droit international et donc d’adopter des mesures claires permettant à la France de se conformer aux obligations prévues par la CIJ.

Si, au bout d’un certain temps, nous constatons que l’administration n’a pas suivi l’injonction du Conseil d’État, nous pourrons à nouveau le saisir pour qu’il condamne cette inaction.

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25 juillet 2026 6 25 /07 /juillet /2026 05:05

 

 

 

 

 

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24 juillet 2026 5 24 /07 /juillet /2026 08:34

 

Le gouvernement vient d’annoncer le doublement, de 100 à 200 euros par an, du plafond cumulé des franchises médicales et participations forfaitaires laissées à la charge des patients. Après avoir déjà doublé en 2024 le montant prélevé sur les consultations, les médicaments et les transports sanitaires, il poursuit méthodiquement la même politique : faire payer toujours davantage celles et ceux qui sont malades.

Le cynisme est total. La ministre de la Santé justifie cette nouvelle ponction par la nécessité de financer l’hôpital et l’accès aux soins. Depuis quand finance-t-on l’hôpital en taxant les malades ? La ministre reconnaît elle-même qu’une personne atteinte d’une maladie chronique, qui supporte aujourd’hui en moyenne 78 euros de franchises et participations, pourrait demain en payer autour de 150 euros.

Un patient atteint d’un cancer, de diabète, d’une affection cardiovasculaire ou de toute autre maladie chronique ne choisit pas le nombre de médicaments dont il a besoin ni la fréquence de ses consultations. Il se soigne. Ces franchises sont un véritable impôt sur la maladie, profondément injuste, qui rompt avec le principe fondateur de notre Sécurité sociale : contribuer selon ses moyens et recevoir selon ses besoins.

Cette décision est d’autant plus inacceptable que le doublement des franchises médicales avait été rejeté lors de l’examen du budget de la Sécurité sociale pour 2026. Les parlementaires communistes avaient contribué à mettre en échec cette mesure. Le gouvernement choisit aujourd’hui de revenir à la charge par voie réglementaire.

Le PCF exige l’abandon de ce décret.

Nous proposons exactement le chemin inverse : supprimer les franchises médicales et les participations forfaitaires et aller vers le remboursement à 100 % par la Sécurité sociale de tous les soins prescrits, sans reste à charge. Cela suppose également de mettre fin aux dépassements d’honoraires, de développer massivement les centres de santé, l’hôpital public et une médecine de proximité accessible partout sur le territoire.

De l’argent, il y en a. Mais le gouvernement refuse obstinément d’aller le chercher là où il est. Le PCF propose de développer le financement de la Sécurité sociale par les cotisations, de remettre en cause les dizaines de milliards d’euros d’exonérations de cotisations patronales et de créer une contribution additionnelle sur les revenus financiers des entreprises. Plutôt que de ponctionner quelques dizaines d’euros supplémentaires sur les malades, faisons contribuer les milliards de revenus financiers qui échappent aujourd’hui aux cotisations sociales.

Quatre-vingts ans après sa création par Ambroise Croizat et les forces issues de la Résistance, la Sécurité sociale ne doit pas devenir une assurance au rabais où chacun paierait en fonction de sa maladie.

La santé est un droit, pas une marchandise.

Pas un euro de plus à la charge des malades : allons vers le 100 % Sécu !

Fabien Roussel, secrétaire national du PCF,

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24 juillet 2026 5 24 /07 /juillet /2026 07:00

Après « La Rage au cœur », Pierre Verquin et l’équipe de la Colombe Production reviennent avec un nouveau projet de film, « Bye-bye Tango ». Le réalisateur nous parle de son scénario, où il est question d’amitié et de travail.

Mathéo Castex

Dans votre premier film, La Rage au cœur, vous aviez opté pour un scénario qui nous plongeait à l’époque du Front populaire, en 1936. Pourquoi avoir voulu cette fois-ci inscrire votre œuvre dans le présent ?

Pour La Rage au cœur, je trouvais profondément romanesque d’ancrer mes personnages dans la période 1936-1937, dans un monde en ébullition, avec un mouvement ouvrier qui connaît de grandes heures… La montée des fascismes, la guerre d’Espagne, les Fronts populaires en Europe étaient un terrain de jeu formidable pour un récit sur l’engagement.

Pour Bye-bye Tango, je ne voulais pas tant parler d’engagement que d’amitié. Comment devient-on amis et pourquoi le reste-t-on ? La question que je me suis posée, c’est comment le monde réel va influer là-dessus. C’est le mouvement qui m’intéresse, la trajectoire des décisions et des obligations de ces deux personnages.

J’aurais pu tout à fait en faire un film d’époque, mais je n’y ai pas trouvé de nécessité. Il m’a semblé honnête de placer mes personnages dans un environnement que je connais, le présent, dans ma région. Je ne voulais pas idéaliser l’amitié en la plaçant au-dessus des impératifs quotidiens mais, au contraire, en l’y ancrant. Et quoi de mieux que de connaître soi-même les impératifs quotidiens de ses personnages pour les mettre en scène ?

Quelles sont les grandes lignes du scénario de Bye-bye Tango ?

 

C’est l’histoire de deux collègues qui deviennent amies en travaillant côte à côte dans une boîte de conditionnement de poisson et qui intègrent un groupe d’ouvrières se réunissant après le boulot au Tango, un café tenu par Rosa, une vieille femme qui joue de l’accordéon.

Ce groupe, et cette amitié entre Claire et Lucie en particulier, va être mis en danger par une restructuration et une délocalisation progressive de leur activité. C’est donc un film sur le monde du travail mais aussi sur la vie sociale qui se construit autour de l’emploi et sur les dégâts concrets que peuvent produire les fermetures dans nos territoires.

Vous parlez de « cinéma de classe ». Qu’entendez-vous par là ?

À vrai dire, j’ai dit « cinéma de classe » dans ma vidéo de présentation du projet, mais c’est du cinéma communiste que je fais. Le cinéma est un enjeu de la lutte des classes. C’est un outil idéologique dont je me saisis en tant que communiste. C’est du cinéma de classe dans le sens où il est au service de la classe travailleuse.

Ce que je veux absolument rejeter, c’est le terme de « cinéma social », parce que ça place dans une catégorie à part toutes les histoires qui montrent les impératifs réels de la classe travailleuse (galérer avec les fins de mois, faire des choix pour des raisons économiques…).

Souvent ça crée des films déprimants, très pessimistes, souvent réalisés par des petits-bourgeois pleins de bons sentiments paternalistes, sans volonté de faire changer les choses. Moi, je veux faire du cinéma pour la classe travailleuse, qui offre des armes, de l’espoir, des raisons de se battre.

Ce type de projet est difficile à financer. Comment y arrivez-vous ?

C’est très dur de financer du cinéma, même des courts-métrages. On fait appel à la solidarité, avec une cagnotte que nous avons lancée sur Proarti, qui permet 66 % de défiscalisation sur les dons. Ces campagnes nous permettent une indépendance totale de création. Et puis nous allons chercher des fonds publics et quelques partenaires privés à qui l’engagement ne fait pas peur.

Nous avons eu, par exemple, pour La Rage au cœur, le soutien de Mutuale, une mutuelle solidaire qui a coproduit le projet. Dans tous les cas, nous ne voulons pas changer une seule ligne du scénario pour plaire à tel ou tel mécène. Ça ne nous facilite pas la tâche, mais ça garantit notre liberté.

N’étant pas dans le circuit Gaumont ou UGC, sur quels réseaux de diffusion vous appuyez-vous ?

Généralement, les courts-métrages sont des formes assez peu diffusées. Ils terminent sur YouTube ou Vimeo. Pour La Rage au cœur, nous avons de la chance : la diffusion se fait au bouche-à-oreille. Le film continue à tourner à l’occasion des 90 ans du Front populaire via les réseaux du PCF, du Mouvement des jeunes communistes de France, des Amis de l’Huma et de la CGT. Nous espérons recueillir le même soutien lors de la sortie de Bye-bye Tango.

 
 
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