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24 juillet 2026 5 24 /07 /juillet /2026 08:34

 

Le gouvernement vient d’annoncer le doublement, de 100 à 200 euros par an, du plafond cumulé des franchises médicales et participations forfaitaires laissées à la charge des patients. Après avoir déjà doublé en 2024 le montant prélevé sur les consultations, les médicaments et les transports sanitaires, il poursuit méthodiquement la même politique : faire payer toujours davantage celles et ceux qui sont malades.

Le cynisme est total. La ministre de la Santé justifie cette nouvelle ponction par la nécessité de financer l’hôpital et l’accès aux soins. Depuis quand finance-t-on l’hôpital en taxant les malades ? La ministre reconnaît elle-même qu’une personne atteinte d’une maladie chronique, qui supporte aujourd’hui en moyenne 78 euros de franchises et participations, pourrait demain en payer autour de 150 euros.

Un patient atteint d’un cancer, de diabète, d’une affection cardiovasculaire ou de toute autre maladie chronique ne choisit pas le nombre de médicaments dont il a besoin ni la fréquence de ses consultations. Il se soigne. Ces franchises sont un véritable impôt sur la maladie, profondément injuste, qui rompt avec le principe fondateur de notre Sécurité sociale : contribuer selon ses moyens et recevoir selon ses besoins.

Cette décision est d’autant plus inacceptable que le doublement des franchises médicales avait été rejeté lors de l’examen du budget de la Sécurité sociale pour 2026. Les parlementaires communistes avaient contribué à mettre en échec cette mesure. Le gouvernement choisit aujourd’hui de revenir à la charge par voie réglementaire.

Le PCF exige l’abandon de ce décret.

Nous proposons exactement le chemin inverse : supprimer les franchises médicales et les participations forfaitaires et aller vers le remboursement à 100 % par la Sécurité sociale de tous les soins prescrits, sans reste à charge. Cela suppose également de mettre fin aux dépassements d’honoraires, de développer massivement les centres de santé, l’hôpital public et une médecine de proximité accessible partout sur le territoire.

De l’argent, il y en a. Mais le gouvernement refuse obstinément d’aller le chercher là où il est. Le PCF propose de développer le financement de la Sécurité sociale par les cotisations, de remettre en cause les dizaines de milliards d’euros d’exonérations de cotisations patronales et de créer une contribution additionnelle sur les revenus financiers des entreprises. Plutôt que de ponctionner quelques dizaines d’euros supplémentaires sur les malades, faisons contribuer les milliards de revenus financiers qui échappent aujourd’hui aux cotisations sociales.

Quatre-vingts ans après sa création par Ambroise Croizat et les forces issues de la Résistance, la Sécurité sociale ne doit pas devenir une assurance au rabais où chacun paierait en fonction de sa maladie.

La santé est un droit, pas une marchandise.

Pas un euro de plus à la charge des malades : allons vers le 100 % Sécu !

Fabien Roussel, secrétaire national du PCF,

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24 juillet 2026 5 24 /07 /juillet /2026 07:00

Après « La Rage au cœur », Pierre Verquin et l’équipe de la Colombe Production reviennent avec un nouveau projet de film, « Bye-bye Tango ». Le réalisateur nous parle de son scénario, où il est question d’amitié et de travail.

Mathéo Castex

Dans votre premier film, La Rage au cœur, vous aviez opté pour un scénario qui nous plongeait à l’époque du Front populaire, en 1936. Pourquoi avoir voulu cette fois-ci inscrire votre œuvre dans le présent ?

Pour La Rage au cœur, je trouvais profondément romanesque d’ancrer mes personnages dans la période 1936-1937, dans un monde en ébullition, avec un mouvement ouvrier qui connaît de grandes heures… La montée des fascismes, la guerre d’Espagne, les Fronts populaires en Europe étaient un terrain de jeu formidable pour un récit sur l’engagement.

Pour Bye-bye Tango, je ne voulais pas tant parler d’engagement que d’amitié. Comment devient-on amis et pourquoi le reste-t-on ? La question que je me suis posée, c’est comment le monde réel va influer là-dessus. C’est le mouvement qui m’intéresse, la trajectoire des décisions et des obligations de ces deux personnages.

J’aurais pu tout à fait en faire un film d’époque, mais je n’y ai pas trouvé de nécessité. Il m’a semblé honnête de placer mes personnages dans un environnement que je connais, le présent, dans ma région. Je ne voulais pas idéaliser l’amitié en la plaçant au-dessus des impératifs quotidiens mais, au contraire, en l’y ancrant. Et quoi de mieux que de connaître soi-même les impératifs quotidiens de ses personnages pour les mettre en scène ?

Quelles sont les grandes lignes du scénario de Bye-bye Tango ?

 

C’est l’histoire de deux collègues qui deviennent amies en travaillant côte à côte dans une boîte de conditionnement de poisson et qui intègrent un groupe d’ouvrières se réunissant après le boulot au Tango, un café tenu par Rosa, une vieille femme qui joue de l’accordéon.

Ce groupe, et cette amitié entre Claire et Lucie en particulier, va être mis en danger par une restructuration et une délocalisation progressive de leur activité. C’est donc un film sur le monde du travail mais aussi sur la vie sociale qui se construit autour de l’emploi et sur les dégâts concrets que peuvent produire les fermetures dans nos territoires.

Vous parlez de « cinéma de classe ». Qu’entendez-vous par là ?

À vrai dire, j’ai dit « cinéma de classe » dans ma vidéo de présentation du projet, mais c’est du cinéma communiste que je fais. Le cinéma est un enjeu de la lutte des classes. C’est un outil idéologique dont je me saisis en tant que communiste. C’est du cinéma de classe dans le sens où il est au service de la classe travailleuse.

Ce que je veux absolument rejeter, c’est le terme de « cinéma social », parce que ça place dans une catégorie à part toutes les histoires qui montrent les impératifs réels de la classe travailleuse (galérer avec les fins de mois, faire des choix pour des raisons économiques…).

Souvent ça crée des films déprimants, très pessimistes, souvent réalisés par des petits-bourgeois pleins de bons sentiments paternalistes, sans volonté de faire changer les choses. Moi, je veux faire du cinéma pour la classe travailleuse, qui offre des armes, de l’espoir, des raisons de se battre.

Ce type de projet est difficile à financer. Comment y arrivez-vous ?

C’est très dur de financer du cinéma, même des courts-métrages. On fait appel à la solidarité, avec une cagnotte que nous avons lancée sur Proarti, qui permet 66 % de défiscalisation sur les dons. Ces campagnes nous permettent une indépendance totale de création. Et puis nous allons chercher des fonds publics et quelques partenaires privés à qui l’engagement ne fait pas peur.

Nous avons eu, par exemple, pour La Rage au cœur, le soutien de Mutuale, une mutuelle solidaire qui a coproduit le projet. Dans tous les cas, nous ne voulons pas changer une seule ligne du scénario pour plaire à tel ou tel mécène. Ça ne nous facilite pas la tâche, mais ça garantit notre liberté.

N’étant pas dans le circuit Gaumont ou UGC, sur quels réseaux de diffusion vous appuyez-vous ?

Généralement, les courts-métrages sont des formes assez peu diffusées. Ils terminent sur YouTube ou Vimeo. Pour La Rage au cœur, nous avons de la chance : la diffusion se fait au bouche-à-oreille. Le film continue à tourner à l’occasion des 90 ans du Front populaire via les réseaux du PCF, du Mouvement des jeunes communistes de France, des Amis de l’Huma et de la CGT. Nous espérons recueillir le même soutien lors de la sortie de Bye-bye Tango.

 
 
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24 juillet 2026 5 24 /07 /juillet /2026 05:00

 

1936 fut une année magnétique, l’année du Front populaire ! Notre hebdomadaire Communistes lui rend hommage en évoquant, chaque semaine de 2026, des événements survenus la semaine équivalente (ou presque) de 1936.

23/29 mars 1936 (12) Romain Rolland

« Élections partielles : Succès partout ! » se félicite Paul Vaillant-Couturier en Une de l’Humanité du 24 mars. Il énumère les résultats communistes dans le Var (Saint-Raphaël), dans l’Oise (Creil), en Seine-et-Oise (Meudon), à Aulnay-sous-Bois. Des résultats qui apportent un démenti au discours de la droite selon lequel les tensions internationales allaient détourner les électeurs du Front populaire, et singulièrement du PCF.

Les groupes factieux français s’agitent et s’arment. Ainsi la police vient de découvrir tout un arsenal (mitrailleuse allemande, parabellum et divers revolvers) chez les Croix-de-Feu de Nice. « Ces armes étaient destinées à la défense de nos amis en cas de besoin », déclare Maurice Pujo, un chef des Camelots du roi.

À Montreuil s’est tenu le congrès national des Comités de défense de l’Humanité, en présence de Marcel Cachin et de Paul Vaillant-Couturier.

Le quotidien communiste publie en feuilleton le roman de Romain Rolland Colas Breugnon, publié en 1919. Un texte va bientôt (1936/1938) être adapté en opéra par Dimitri Kabalevsky. Le 70e anniversaire du prix Nobel de littérature de 1915 avait été fêté par l’ensemble de la gauche fin janvier.

Toute une page du quotidien, intitulée « Sur le front du travail », est consacrée aux entreprises : vie syndicale, luttes, organisation de chômeurs (dans le 11e arrondissement parisien), grèves…

Une rubrique du journal intitulée « Au pays du socialisme » informe sur l’état de la production industrielle lourde de l’URSS, sur sa production alimentaire ; il y est question de l’esprit inventif des ouvriers « dont l’afflux des propositions s’est particulièrement renforcé à la suite du mouvement de Stakhanov ».

Les questions de guerre et de paix sont toujours omniprésentes. L’Italie agresse l’Éthiopie. Hitler qui vient de réarmer la Rhénanie défie la France et l’Angleterre. Une affiche communiste intitulée « Que veut Hitler ? » suscite un bel intérêt. On parle d’une intervention japonaise contre les rouges en Chine.

Les élections au Reichstag ont lieu le 29 mars, quelques jours à peine après la remilitarisation de la Rhénanie. Les nazis obtiennent 44 millions de voix (98 %), on compte 500 000 votes contre (1 %). Le parti nazi emporte 722 députés (et 19 sympathisants), soit 100 % des sièges. « Un plébiscite sous la terreur », titre l’Humanité qui ajoute : « Sous la terreur et dans l’illégalité, les communistes ont mené une ardente campagne contre la politique de guerre de la croix gammée. »

Gérard Streiff

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23 juillet 2026 4 23 /07 /juillet /2026 13:44

 

 

 

 

 

 

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23 juillet 2026 4 23 /07 /juillet /2026 07:00

Selon un document révélé par la Quadrature du Net, France Travail développe un algorithme de profilage des chômeurs dans un but de contrôle. L’objectif est de « prédire » quel bénéficiaire de l’allocation-chômage a le plus de chance de frauder ; un outil « illégal » pour l’association qui demande son abandon.

 

Théo Bourrieau

Big Brother ne semble plus si loin. Selon les informations de la Quadrature du Net, France Travail développe un algorithme de profilage des chômeurs à des fins de contrôle. L’outil, encore en phase de test, vise à « prédire » quels chômeurs manqueraient à leurs obligations de recherche d’emploi.

Intitulé « Ciblage du Contrôle de la Recherche d’Emploi », son objectif est de « recourir à l’IA » afin d’« identifier les dossiers nécessitant un examen approfondi » et d’« alimenter automatiquement l’outil de contrôle de la recherche d’emploi », selon le document.

« Il est urgent de légiférer »

L’IA, nourrit à l’aide de précédents contrôles, serait en mesure d’établir des profils « suspects/non suspects ». Les allocataires classés comme « suspects » seraient ensuite intégrés dans une liste de personnes à contrôler prioritairement. « En prenant en compte l’ensemble des personnes au RSA, dont l’inscription à France Travail est obligatoire depuis le 1er janvier 2026, ce sont plus de 6 millions de personnes qui pourraient se voir profiler chaque mois par l’algorithme », indique la Quadrature du Net.

Le développement de ce nouvel outil rappel ceux utilisés par la CNAF et la CNAM, contre lesquels l’association de défense des libertés fondamentales dans l’environnement numérique alerte depuis plusieurs années. « Ces algorithmes sont dangereux en eux-mêmes, car ils sont des outils particulièrement efficaces pour organiser, en toute impunité, la répression de populations entières, et en particulier des plus vulnérables », met en garde l’association de lutte contre la censure et la surveillance.

« Il est inquiétant de voir que les dirigeant·es de France Travail ne veulent pas voir la réalité sociale de leur politique de contrôle et préfèrent s’enfermer dans la douce mélodie du solutionnisme technologique », fustige la Quadrature du Net. « France Travail utilise l’IA pour fliquer et traquer les chômeurs », constate également Leïla Chaibi. « Il est urgent de légiférer là-dessus », appelle l’eurodéputée insoumise.

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22 juillet 2026 3 22 /07 /juillet /2026 07:00

Le projet de loi d’urgence agricole a été largement adopté par les députés, dans la nuit du lundi 20 au mardi 21 juillet. Le RN, LR et la majorité du camp présidentiel (296 voix) ont voté pour, face à 224 voix contre.

 

« Très satisfaite », la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a beau affirmer, mardi 21 juillet, au micro de France Inter, que « le texte ne réintroduit pas l’acétamipride » et que « c’est la science qui décide, ce n’est pas le politique qui arbitre », le vote de la loi d’urgence agricole laisse peu de doute.

Dans une nouvelle séance crispée, l’Assemblée nationale a adopté, dans la nuit du lundi 20 au mardi 21 juillet un texte hautement décrié, près d’un an après la forte mobilisation citoyenne contre la loi Duplomb. Le texte, adopté avec 296 voix contre 224, acte la possibilité de réintroduire de manière dérogatoire deux pesticides : l’acétamipride et le flupyradifurone.

« Il faut interdire ces pesticides »

« On se focalise sur un sujet parce qu’on l’a totémisé (…) ce n’est pas le politique qui décide, c’est l’Anses, qui se fonde sur la science », a tenté de justifier, devant la presse, le rapporteur Julien Dive (les Républicains, LR). « L’Ordre des médecins, seize sociétés savantes et médicales se sont prononcées ça y est, il faut interdire ces pesticides », a rétorqué l’élue insoumise Aurélie Trouvé. La socialiste Mélanie Thomin a quant à elle estimé que la rédaction du texte conduirait à « mettre les scientifiques sous tutelle ».

Si quasiment toute la gauche a voté contre le texte, une nouvelle alliance entre le Rassemblement national (RN), LR et deux tiers du camp gouvernemental a offert au gouvernement l’adoption du texte. Insoumis, communistes, socialistes et écologistes ont tous annoncé qu’ils saisiraient le Conseil constitutionnel en cas d’adoption définitive du texte, mardi 21 juillet, au Sénat.

François Veillerette, porte-parole de l’association écologiste Générations Futures, a déploré auprès de Franceinfo que cette décision du gouvernement ait été motivée par « une forte pression du principal syndicat agricole, la FNSEA, auquel (il) obéit au doigt et à l’œil ». Suite au vote dans l’Hémicycle, la FNSEA a salué, dans un communiqué, « un tournant majeur » et « une prise de conscience de la situation critique que traverse aujourd’hui la Ferme France ».

 

« Comment, en 2026, certains parlementaires peuvent-ils encore jouer ainsi avec notre futur, notre santé et notre environnement, au regard de toutes les connaissances scientifiques dont nous disposons concernant les néonicotinoïdes et la ressource en eau ? », s’est quant à lui indigné Julien Rivoire, chargé de campagne Agriculture à Greenpeace France. « Il y a eu une forme de mépris du gouvernement sur toute une partie de sa majorité parlementaire, a aussi fustigé François Veillerette. Le gouvernement a exercé une forme de chantage sur sa propre majorité puisqu’il ne leur restait plus qu’un choix : soit voter pour l’ensemble du texte, soit refuser l’ensemble du texte. »

Une fin de non-recevoir

Face au spectre de la loi Duplomb, qui prévoyait déjà le retour de l’acétamipride avant une censure du Conseil constitutionnel, des députés du camp gouvernemental ont suggéré, lundi, au gouvernement de le faire retirer par amendement, en amont d’une réunion à Matignon.

Ils ont argué que Sébastien Lecornu avait lui-même appelé à ne pas introduire de mesure sur l’acétamipride dans la loi agricole qu’il avait mise sur les rails lui-même. Fin de non-recevoir de la part de l’entourage du premier ministre, pour qui « l’interdiction (de l’acétamipride) demeure le principe » dans le texte et qui avait laissé « au Parlement » le soin de « trancher » ou « faire évoluer » le texte.

Mais lorsque des députés Renaissance – dont l’ex-première ministre Élisabeth Borne -, du Modem et du groupe Liot ont déposé leur propre amendement de suppression, le gouvernement, qui dispose d’un droit de veto à ce stade de la procédure, s’est opposé à leur examen. Une décision qui a poussé des députés Modem et Renaissance à dénoncer, dans l’hémicycle, l’attitude du gouvernement qu’ils soutiennent.

« Ce filtrage est arbitraire et contraire à l’esprit démocratique », a critiqué Richard Ramos (Modem). « Pourquoi a été dit que l’Assemblée pourrait trancher sur ce sujet-là ? Et ce soir, sans qu’il y ait d’explication du gouvernement, on apprend finalement que ce n’est pas le cas ? », s’est questionné Gabriel Attal, patron du parti et du groupe Renaissance.

Le texte n’est plus qu’à un vote conforme du Sénat d’être définitivement adopté au Parlement, mardi en fin de journée. Ce devrait être une formalité, puisque l’un des acquis les plus importants pour les sénateurs a été maintenu en commission mixte paritaire, puis lors du vote à l’Assemblée : la possibilité donnée à l’Anses de réintroduire à titre dérogatoire et sous condition deux pesticides interdits en France mais autorisés dans l’Union européenne.

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22 juillet 2026 3 22 /07 /juillet /2026 05:00

 

1936 fut une année magnétique, l’année du Front populaire ! Notre hebdomadaire Communistes lui rend hommage en évoquant, chaque semaine de 2026, des événements survenus la semaine équivalente (ou presque) de 1936.

16/22 mars 1936 (11) Le sinistre Maurras

Charles Maurras passe devant la 10e chambre correctionnelle, poursuivi pour provocation au meurtre. Le doctrinaire de l’extrême droite, né en 1868, directeur de l’Action Française, antisémite virulent, est tenu pour responsable de la tentative de lynchage de Léon Blum le 13 février. Il a écrit des articles meurtriers contre le leader socialiste, « ce juif allemand naturalisé » qui a « usurpé notre nationalité pour la décomposer et la démembrer. C’est un homme à fusiller, mais dans le dos. » Le 21 mars le tribunal le condamne à 4 mois de prison ferme, peine qui sera aggravée car il répète ses menaces de mort. Il se retrouvera à la Santé du 29 octobre 1936 au 6 juillet 1937.

Tenue à Marseille du 8e congrès national de la Jeunesse communiste, salle du Brébant. Aux murs des banderoles « Sauvons la jeune génération de sa détresse » et « Vive l’unité des jeunesses révolutionnaires et antifascistes ! », des portraits de Lénine, Staline, Cachin, Dimitrov. Raymond Guyot en est le secrétaire général.

Les pourparlers avec l’Allemagne nazie, suite à la remilitarisation de la Ruhr, ne donnent rien mais font toujours la Une. Au plan international encore, série de longs reportages de l’Humanité sur l’actualité espagnole. L’enquête s’ouvre sur une photo des arènes de Madrid où 70 000 personnes écoutent la Pasionaria pour un hommage à la femme espagnole pour le 8 mars : « L’Espagne a toujours laissé dans la mémoire des voyageurs une fanfare d’images, foules chaleureuses, paysages grandioses et nobles, soleil des esprits et du ciel. Mais dans ces jours de luttes des masses, quand triomphe le Front populaire porté au gouvernement, quand des millions d’hommes et de femmes, conscients, unis, résolus, ceux des champs et ceux des villes, liés par un espoir et un héroïsme communs, tiennent dans leurs mains leurs destinées, alors, que de souvenirs ardents ! »

Sur le front social, débat au Parlement sur la création d’une « Caisse des pensions ». Comment financer la Caisse ? On parle de lui affecter le montant de la loterie nationale. Dans le débat budgétaire, il est aussi question de supprimer « le prélèvement Laval (10 %) dont les anciens combattants réclament avec raison l’abrogation. »

La date des élections ayant été fixée, le député communiste Renaud Jean « demande que la campagne électorale soit ouverte dès à présent afin de permettre aux partis ouvriers – qui ne disposent pas des millions des 200 familles – de profiter du droit de non-timbrage des affiches pour riposter à l’offensive des puissances d’argent. »

Gérard Streiff

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21 juillet 2026 2 21 /07 /juillet /2026 07:24
Loi « permis de tuer » : comment une vieille revendication de Jean-Marie Le Pen s’est imposée (en pire) à l’Assemblée

Issu du programme de Jean-Marie Le Pen, le texte sur « la présomption de légitime défense des forces de l’ordre » en cas d’usage de leur arme a été adopté à l’Assemblée le 7 juillet, après réécriture du gouvernement. La pétition qui s’y oppose, signée par plus de 700 000 personnes, doit être examinée mardi 21 juillet en commission des Lois.

Pierre Cazemajor

Il aura fallu près de vingt ans pour que cette proposition de Jean-Marie Le Pen trouve une majorité à l’Assemblée nationale. En 2007, dans son programme présidentiel, l’ancien président du Front national proposait déjà de « mettre fin à la suspicion qui pèse sur les forces de l’ordre lorsqu’elles font usage de la force, en créant une présomption de légitime défense ». Le 7 juillet, une proposition de loi similaire, portée par le député LR Éric Pauget, a été adoptée avec les voix du Rassemblement national, des « Républicains » et des macronistes.

Pour Margot Pugliese, avocate pénaliste et membre de l’ONG Flagrant Déni, ce rappel permet de resituer le texte dans une histoire politique plus longue : celle d’une revendication d’abord portée par l’extrême droite, puis progressivement reprise par la droite parlementaire et le camp macroniste. Hugo Partouche, membre du Syndicat des avocats de France, y voit le même déplacement : « Cette loi reprend des propositions anciennes de l’extrême droite. »

Une proposition durcie par le gouvernement

Déposée le 3 décembre 2024, la proposition de loi visait d’abord à reconnaître une présomption de « légitime défense » pour les « forces de l’ordre ». Débattue une première fois le 22 janvier, lors de la niche parlementaire du groupe Droite républicaine, elle n’était alors pas allée au bout de son examen, face aux amendements déposés par la gauche. Mais le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, avait promis aux députés LR que le sujet reviendrait. Promesse tenue.

La proposition est donc revenue dans l’Hémicycle le 7 juillet. Pour les opposants au texte, ce calendrier n’a rien d’anodin. Le député écologiste et social Pouria Amirshahi accuse l’exécutif de faire passer cette proposition « au cœur de l’été pour étouffer cet enjeu essentiel ». Thomas Portes, député LFI, dénonce de son côté un « coup de force ». Au Parti communiste, même constat : « En termes démocratiques, ce qui est en train de se passer est extrêmement grave », alerte la députée Elsa Faucillon.

Or, le texte revient avec une réécriture gouvernementale qui n’a pas apaisé les critiques. Il ne parle plus seulement de présomption de légitime défense. Il prévoit que, « lorsqu’ils font usage de leurs armes », les policiers et les gendarmes « sont présumés avoir agi » dans les conditions d’absolue nécessité et de stricte proportionnalité. Autrement dit : l’usage de l’arme partirait d’une présomption de légalité, sauf preuve contraire.

Jusqu’ici, lorsqu’un tir blesse ou tue, l’enquête doit établir si ces critères étaient réunis. Avec ce texte, le point de départ changerait. Pour les opposants au texte, cette réécriture revient à fragiliser les premières heures d’enquête, souvent décisives pour saisir les vidéos, recueillir les témoignages, exploiter les téléphones, entendre les agents et établir la chronologie du tir. « Avec ce texte, concrètement, il sera impossible que jaillisse la vérité », alerte Margot Pugliese.

Des alertes restées sans effet

Dès le 25 juin, six organisations – Save-Stop aux violences d’État, la Ligue des droits de l’homme, Amnesty International, le Syndicat des avocats de France, le Syndicat de la magistrature et Flagrant Déni – avaient pourtant demandé le rejet du texte. Toutes pointaient un même risque : présumer légal un tir avant même l’enquête, c’est rendre plus difficile la manifestation de la vérité.

Dans son avis rendu le 26 juin, la Défenseure des droits Claire Hédon insistait, elle aussi, sur ce danger. Une présomption, même simple, « n’est jamais neutre » : elle peut orienter les premières appréciations, influer sur les actes d’enquête et adresser « un signal dangereux quant au recours à la force létale ». La Commission nationale consultative des droits de l’homme partage cette inquiétude. Dans une lettre adressée aux députés le 29 juin, son président Jean-Marie Burguburu alerte sur un « relâchement de l’encadrement de l’usage des armes ».

À l’international aussi, la proposition de loi inquiète. Le 7 juillet, Morris Tidball-Binz, rapporteur spécial des Nations unies sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires, a appelé la France à rejeter la proposition. Selon lui, l’obligation d’enquêter sur toute privation de vie potentiellement illicite incombe à l’État et ne peut pas être déplacée, même en pratique, vers les victimes ou leurs familles.

Ces alertes n’ont pourtant pas empêché l’adoption de la proposition de loi. Face aux amendements de la gauche, le gouvernement a déclenché l’article 44 de la Constitution, le « vote bloqué », empêchant les députés de se prononcer sur les amendements. Pour la présidente d’Amnesty International France, Anne Savinel-Barras, il s’agit d’« un vote de la honte » et d’« un recul historique de l’État de droit ».

« Rendez-vous le 19 septembre »

Mais le vote à l’Assemblée n’a pas clos la séquence. Une pétition déposée sur le site de l’Assemblée nationale a dépassé les 700 000 signatures. Ce mardi, la commission des Lois doit se prononcer sur sa recevabilité. Ugo Bernalicis, député insoumis, a été nommé rapporteur pour cette délibération.

Son examen doit permettre de déterminer si cette mobilisation citoyenne pourra être débattue dans l’Hémicycle. Pour les signataires, le texte représente « une atteinte grave à l’État de droit » et risque de « paralyser les enquêtes judiciaires ».

La suite se jouera donc sur deux terrains. Au Parlement, d’abord, puisque le texte doit désormais être examiné par la Chambre haute. « Le Sénat doit l’arrêter, et nous lui demandons de le faire », insiste Samia El Khalfaoui, tante de Souheil, tué par un policier lors d’un refus d’obtempérer le 4 août 2021, à Marseille.

Dans la rue, ensuite : Save, le Syndicat de la magistrature, le comité Adama et les organisations qui les rejoindront appellent à une grande mobilisation nationale le 19 septembre. Les forces politiques de gauche ont annoncé qu’elles y participeraient. « Cette loi ne passera pas », promet Assa Traoré, sœur d’Adama Traoré, mort en 2016 après son interpellation par des gendarmes. « Rendez-vous le 19 septembre dans la rue. »

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21 juillet 2026 2 21 /07 /juillet /2026 05:05

 

 

 

 

 

 

 

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20 juillet 2026 1 20 /07 /juillet /2026 12:39

 

1936 fut une année magnétique, l’année du Front populaire ! Notre hebdomadaire Communistes lui rend hommage en évoquant, chaque semaine de 2026, des événements survenus la semaine équivalente (ou presque) de 1936.

9/15 mars 1936 (10) Sauver la paix

La question de la guerre ou de la paix domine toute la semaine. Le président du Conseil, Albert Sarraut, juge « inacceptable » la décision de Hitler de remilitariser la Rhénanie, mais rien ne suit. La SDN, la Société des Nations, sorte d’ancêtre de l’ONU, se réunit ; le Royaume-Uni déconseille toute action militaire en Rhénanie. Alors que le Sénat ratifie le pacte franco-soviétique, Gabriel Péri interroge : « Loi de la jungle ou sécurité collective ? »

L’Humanité dénonce la complicité des fascistes français (Les Croix-de-feu ou les « Jeunesses patriotes » de Taittinger ou Marcel Bucard) avec les fauteurs de guerre. Tous ces gens étaient officiellement représentés, dénonce Lucien Sampaix dans l’Humanité, au congrès nazi de Nuremberg. « Les chefs fascistes français soutiennent Hitler depuis son accession au pouvoir. Ils le soutiennent parce qu’ils le considèrent, avec Mussolini, comme le chef de l’Internationale fasciste appelé à réaliser le bloc de l’ultra-droite de tous les pays pour une croisade contre l’Union Soviétique, patrie des travailleurs. » L’article est titré « L’Internationale fasciste au travail ».

Le PC propose au PS « d’organiser l’unité d’action internationale pour défendre la paix ». Il s’agit à la fois de tenir des actions communes « contre la guerre préparée et voulue par l’hitlérisme » et de s’adresser ensemble « aux deux Internationales en leur demandant de réaliser l’action commune internationale pour la défense de la paix. » Le PS refuse. « Un refus regrettable » titre l’Humanité.

En Espagne, la Phalange espagnole, organisation fasciste, est déclarée hors la loi et son chef Primo de Rivera est arrêté. Le PCE de son côté se renforce : 35 000 militants en février, 102 000 en mai.

À lire la presse, faisant écho à d’effrayants faits-divers, l’époque semble particulièrement violente. Les assassinats, les meurtres, les parricides sont le lot quotidien. Paul Vaillant-Couturier consacre à ce sujet un éditorial intitulé « Contre le crime ». Le crime a toujours été là, ce qui change, s’amplifie, c’est le crime de la misère et le gangstérisme. « Ils sont typiquement des crimes d’un monde où sévit la crise. » Il y voit « un monde à l’envers où l’on meurt de faim dans un enfer d’abondance ». Et le gangstérisme est l’enfant légitime d’une société où le profit est roi. Il conclut ainsi : « Il faut rendre aux hommes la confiance dans l’avenir et leur donner le sens de leur dignité. »

La date des élections législatives est fixée : 26 avril et 3 mai.

Gérard Streiff

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