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15 juillet 2026 3 15 /07 /juillet /2026 08:48

Si la clientèle « long-courrier » et les catégories sociales supérieures sont au rendez-vous pour cette saison estivale, les autres doivent piocher comme jamais dans leur épargne ou raboter sur les extras pour s’offrir un répit qui n’a jamais été aussi court. Dépourvu de politiques publiques, l’État est aux abonnés absents.

 

Stéphane Guérard

La saison s’annonce belle pour la « destination France ». Selon la dernière note flash de conjoncture publiée fin juin par l’agence de développement du tourisme Atout France, le début d’année a été solide, grâce aux 23 milliards d’euros de recettes cumulées sur les quatre premiers mois (+ 7,4 % par rapport à 2025). Merci aux « clientèles européennes de proximités et nord-américaines ». Et pour cet été, « l’attractivité de la France reste forte, en particulier auprès des clientèles long-courriers ».

Tout va donc bien pour l’industrie du tourisme. En revanche, tout ne va pas pour le mieux pour le droit aux congés payés. Quatre-vingt-dix ans après leur invention par le Front populaire, quatre-vingts ans après la mise en place du droit au départ par les lois sociales d’après guerre, tous les indicateurs sont au rouge.

Si 65 % des Français citent les congés payés comme la loi sociale la plus importante, juste derrière la création de l’assurance-maladie, selon le dernier baromètre Ipsos pour le Secours populaire, un quart de la population n’en profitera pas cet été. Et, même parmi les trois-quarts qui partiront, ils seront de plus en plus nombreux à le faire au prix de sacrifices toujours plus grands.

Un budget de 1 530 euros en moyenne

Ainsi, un Français sur trois a déjà dû renoncer à des vacances ces quatre dernières années pour des raisons
financières. Un quart n’a pu partir qu’en se serrant la ceinture dans les mois précédents. Cette tendance de fond, scrutée régulièrement par le Secours populaire, s’amplifie cette année dans les intentions de départ pour cet été, analysées par l’Ifop pour Alliance France tourisme (think tank des entreprises du tourisme).

« L’été 2026 confirme un net ralentissement des départs », note l’étude. 68 % des Français prévoient de s’en aller au moins une semaine (-9 % par rapport à 2025). « Mais seuls 37 % se déclarent certains (de le faire), contre 50 % l’an dernier, traduisant une montée de l’incertitude ».

 

« Le départ en vacances devient un marqueur social de plus en plus structurant »

Extrait de l’étude d’Alliance France tourisme

L’incertitude est bien sûr liée au contexte international et à ses conséquences sur les frais de transport. Ce phénomène conjoncturel renforce une évolution plus structurante : « 84 % des catégories aisées envisagent de partir, contre seulement 58 % des catégories modestes, confirmant que le départ en vacances devient un marqueur social de plus en plus structurant », souligne l’Alliance France tourisme.

Certes, toutes les catégories sociales ont prévu de rogner leur budget vacances, qui s’établira à 1 530 euros en moyenne (-150 euros par rapport à 2025). Mais 35 % devront se contenter de moins de 1 000 euros. Et même si presque tout le monde (86 %) va devoir puiser dans son bas de laine, l’inégale capacité à épargner renforce les inégalités sociales face au droit au départ.

Pour préserver une respiration estivale, les plus modestes se montrent inventifs. Parmi la moitié des Français qui doit comprimer son budget, 61 % vont jouer sur la durée ou la fréquence des séjours, 60 % sur les dépenses sur place et 47 % sur la recherche d’offres moins coûteuses. Les destinations françaises de proximité sont privilégiées (71 %), joignables en voiture personnelle (68 %). Les recours aux hébergements gratuits (famille, amis) ou aux campings plus accessibles sont plébiscités, aux dépens relatifs des plateformes de réservation en ligne (-4 %).

Crédit à la consommation et aide de proches

Et, si ça ne suffisait pas, 14 % des vacanciers de cet été feront appellent à un coup de pouce financier extérieur : 9 % utiliseront un paiement fractionné ; 3 % un crédit à la consommation et 2 % une aide des proches, selon l’observatoire du tourisme du groupe bancaire BPCE.

Le pouvoir de partir est corrélé au pouvoir d’achat. En période d’attrition salariale (la France n’a toujours pas totalement rattrapé la perte de pouvoir d’achat liée à l’inflation post-covid et à la crise énergétique de 2022, selon Indeed, un site d’annonces de recherche d’emploi), le droit au congé trinque doublement. Car, parmi les 10 millions de personnes qui ne peuvent pas partir pour raison financière, la moitié n’est en fait jamais partie.

86 % d’entre eux avaient des parents qui eux non plus ne partaient jamais. Or, comme le souligne Émilie Schaf, du Secours populaire, « le départ en vacances, ce n’est pas rien : c’est se libérer d’un quotidien qui emprisonne. Avec nos Journées des oubliés des vacances, nos Journées bonheur pour les familles, nous travaillons contre le « je n’ai pas droit » Il faut cinq générations pour sortir de la pauvreté qui assigne à résidence. On aide les gens à sortir de ce schéma familial ».

D’autant que les offres du marché du tourisme et ses promesses renouvelées de baisse des tarifs, grâce à une mise en concurrence des opérateurs entre eux pour démocratiser les vacances, c’est bien souvent un leurre. « Les prix des hébergements ont augmenté deux fois plus vite que l’inflation depuis le Covid, note ainsi Gille Caire, maître de conférences à l’université de Poitiers. Cela s’explique par la hausse des coûts plus marquée dans les services, mais aussi par la montée en gamme des opérateurs, par le pilotage des prix avec les outils du yield management (ajustement des prix en fonction de la demande – NDLR) pour maximiser la profitabilité, ainsi que par la concentration des chaînes hôtelières et la fusion des sociétés gestionnaires de camping. Face à ces dynamiques, le pouvoir d’achat touristique s’est érodé, encore plus en août où les tarifs s’envolent. Les familles avec enfants scolarisés se retrouvent notamment de plus en plus coincées, certaines n’hésitant plus à partir en période scolaire. »

Quant aux opérateurs associatifs du tourisme social, acteurs historiques de la démocratisation des vacances, ils sont pris dans un redoutable effet ciseau (hausse des coûts-disparition des aides d’État, chute du soutien des collectivités et des comités d’entreprise) qui les oblige pour certains à réduire la voilure et à jouer la montée en gamme afin d’accueillir aussi les publics plus solvables.

« Beaucoup d’opérateurs, y compris proches de nous, ont voulu aller vers le 4-étoiles, investissent dans des jeux, des piscines et dans les prix tout compris pour garder leur clientèle dans leurs centres, relève Martine Pinville, présidente de Villages vacances famille. Nous, nous allons à l’encontre du mouvement global du marché. On a fait le choix de la raison, de rester au 3-étoiles pour accueillir tout le monde, permettre un bon accueil aux personnes en situation de handicap, aux vacanciers à faibles ressources, en proposant des tarifs qui tiennent compte du quotient familial. Et nos centres de vacances font vivre le territoire sur lesquels ils sont implantés », s’enorgueillit-elle.

Dans tout ce paysage déstructuré où chacun fait ce qu’il peut ou veut, manque un éminent intervenant… Aux abonnés absents : l’État. « Ce qui a été poussé depuis 2000, c’est une politique d’attractivité de la destination France, avec des moyens financiers très limités et une volonté politique très faible au niveau national, où il reste toujours plus prestigieux de parler d’industrie que de tourisme », décrypte Gilles Caire.

Ni les aides au départ portées par les caisses d’allocations familiales, ni les programmes de soutien à destination des jeunes, des seniors et des structures de l’économie sociale et solidaire, proposés par l’Agence nationale des chèques vacances sur ses fonds propres, ni les subventions et délégations des collectivités locales aux finances rabotées par l’État ne suffisent plus à faire maintenir l’illusion qu’une stratégie publique est en place.

« L’aspiration au temps libre, à souffler, est une vraie nécessité pour les jeunes générations, d’autant que les conditions de travail se sont durcies et que le management est destructeur. Il faut structurer cette aspiration. Pourquoi ce qui a été possible sous le Front populaire en 1936 et après guerre dans une France à reconstruire ne serait pas possible aujourd’hui ? » demande Michèle Demessine, présidente de l’Unat (qui fédère les associations de tourisme social). Le tourisme social est prêt à un partenariat renouvelé avec l’État. « On a dix ans devant nous pour moderniser notre parc et développer notre offre », abonde l’ancienne secrétaire d’État au tourisme. Après ? Il sera trop tard.

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15 juillet 2026 3 15 /07 /juillet /2026 05:05

 

 

 

 

 

 

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14 juillet 2026 2 14 /07 /juillet /2026 07:10

Dans l’Hexagone, 15,4 % de la population vivaient en situation de pauvreté monétaire en 2024. C’est le plus haut chiffre jamais enregistré par l’Insee. En parallèle, les inégalités continuent de s’accentuer et atteignent leur plus haut niveau depuis 30 ans.

 

Chloé Bodin-Szczyglak

La pauvreté monétaire en France métropolitaine bat des records, selon les derniers chiffres de l’Insee publiés ce 9 juillet. En 2024, le taux de pauvreté s’élevait à 15,4 %, ce qui représente 9,8 millions de personnes. Par convention, le seuil de pauvreté est établi à 60 % du niveau de vie médian de la population. Pour une personne seule, cela équivaut à recevoir moins de 1 337 euros par mois.

Une stabilité contrastée

15,4 %, un pourcentage resté « stable » par rapport à 2023 d’après l’Insee. Les niveaux de vie ont pu progresser grâce à la « décrue de l’inflation », aux revalorisations du Smic, des pensions de retraite et de certaines prestations sociales. L’institut national de la statistique souligne également le rôle de l’augmentation des salaires « dans un contexte de hausse du taux d’emploi » et de maintien du taux de chômage.

Mais pour le collectif ALERTE, qui réunit 37 associations et fédérations nationales de solidarité, la stabilité des chiffres présentés par l’Insee « n’est pas une victoire sociale ». « Elle ne signifie pas pour autant que la pauvreté a reculé ni que les personnes concernées sont sorties de la précarité », précisent-elles dans un communiqué publié ce 9 juillet.

En effet, dans le même temps, les inégalités n’ont cessé de se creuser. 1,7 % de la population est passée sous le seuil des plus modestes, tandis que la tranche la plus aisée a grossi de 1,4 %. Les chômeurs et les familles monoparentales restent les plus touchés par la pauvreté, suivis par les moins de 18 ans. Le taux de pauvreté des retraités est toutefois en baisse et atteint 10,7 %, un chiffre équivalent à celui des actifs.

1,2 million de plus qu’en 2017

Il faut noter que depuis 2017, date du premier quinquennat d’Emmanuel Macron, ce sont 1,2 million de personnes supplémentaires qui sont passées sous le seuil de pauvreté. Le 23 avril dernier, les députés socialistes ont d’ailleurs soumis à l’Assemblée la création d’une nouvelle commission d’enquête en vue de déterminer l’impact précis des réformes macronistes, sociales et économiques, sur l’augmentation de la misère.

Entre-temps, le collectif ALERTE appelle quant à lui le gouvernement à faire de la lutte contre la précarité une priorité, notamment en améliorant sa politique de solidarité et en investissant « dans la prévention de la pauvreté plutôt que dans la seule gestion de ses conséquences ».

Le seuil monétaire n’est pas le seul enjeu selon eux. La pauvreté « recule lorsque les personnes retrouvent un logement, accèdent effectivement à leurs droits, peuvent se soigner, nourrir leur famille dignement et se projeter dans l’avenir. Nous en sommes encore loin », concluent-ils.

 
 
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14 juillet 2026 2 14 /07 /juillet /2026 05:00

 

1936 fut une année magnétique, l’année du Front populaire ! Notre hebdomadaire Communistes lui rend hommage en évoquant, chaque semaine de 2026, des événements survenus la semaine équivalente (ou presque) de 1936. 17/23 février 1936 (7) La pasionaria

Toute la semaine, c’est l’actualité espagnole qui fait la Une. On parle des 14 communistes élus au parlement de Madrid ; des droites défaites en Andalousie et en Asturies ; d’une grève générale proclamée à Saragosse ; de la constitution d’un gouvernement de gauche sous la présidence de Mabuel Azana.

Celui-ci proclame aussitôt l’amnistie en faveur « des condamnés pour délits politiques et sociaux et des conseillers municipaux condamnés en septembre 1934 ». Il est vrai que dès l’annonce de la victoire du Frente Popular, et sans attendre ce décret, des prisons commençaient à se vider sous la pression populaire. 30 000 détenus quittent leurs pénitenciers.

À Madrid, gare du nord, une manifestation, drapeaux rouges en tête, salue l’arrivée d’une élue des Asturies, la pasionaria, surnom de Dolorès Ibaruri. Elle est née en 1895 dans une famille de mineurs, huitième enfant d’une fratrie de onze.

Militante révolutionnaire dès 1917, elle participe à la fondation du PCE, est élue à sa direction dès 1930. Elle est déléguée au Komintern à Moscou en 1933. Deux de ses enfants (les quatre autres sont morts très jeunes) vivent à Moscou, dont Ruben, mort dans la bataille de Stalingrad.

En France, une série de grèves traverse le pays. Celle des dockers de Marseille qui a paralysé le port est victorieuse ; l’accord reconnaît le droit syndical, « garantit les us et coutumes » des travailleurs du port et précise que tous les dockers seront réembauchés. L’animateur de la lutte n’est autre que Charles Tillon (futur député communiste d’Aubervilliers).

Alors que se précise le congrès de réunification de la CGT à Toulouse, des dirigeants syndicalistes interviennent très régulièrement en Une de l’Humanité sur les différents enjeux de ce congrès.

Ainsi le 21 février, Julien Racamond (responsable de la CGTU et du Parti communiste) revient sur un des points du programme : « la mise en œuvre rapide d’un véritable programme de grands travaux d’utilité publique pour lutter contre le chômage ».

Les deux courants (CGT et CGTU) partagent cette revendication comme l’ont montré leurs derniers congrès confédéraux respectifs. Sur ce point il y aura unanimité à Toulouse.

Mais « une différence importante subsiste en ce qui concerne les moyens de financement de ces travaux et on trouve dans ces positions divergentes les caractéristiques qui marquent les plans de la CGT et de la CGTU. » Pour Racamond, la solution consiste à « faire payer les riches », mot d’ordre qui est d’ailleurs le titre de son article.

Gérard Streiff

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13 juillet 2026 1 13 /07 /juillet /2026 08:23

 

L'adoption par l'Assemblée nationale de la proposition de loi instaurant une présomption de légitime défense pour les forces de l'ordre constitue une grave remise en cause des principes fondamentaux de notre État de droit. En créant un régime d'exception, ce texte rompt avec le principe d'égalité devant la loi et fragilise le rôle de l'autorité judiciaire, seule garante d'une appréciation indépendante et impartiale des faits.

Contrairement à ce que prétendent ses promoteurs, cette réforme n'apportera ni davantage de sécurité aux policiers et gendarmes, ni davantage de protection à nos concitoyens. Les femmes et les hommes qui servent dans les forces de l'ordre ont besoin de moyens, de formation, d'un encadrement clair et d'une justice efficace, non d'une présomption qui risque d'entretenir la confusion entre protection juridique et impunité.

De nombreuses organisations de défense des droits humains, ainsi que le Défenseur des droits, alertent sur les conséquences d'un tel dispositif. En inversant la logique du contrôle judiciaire, cette réforme fait peser un risque sérieux sur les libertés publiques, le droit à un recours effectif et la confiance indispensable entre la population et celles et ceux qui sont chargés d'assurer sa sécurité.

La sécurité ne peut se construire contre l'État de droit. Opposer justice et forces de l'ordre est une impasse. Les policiers ne doivent pas être abandonnés, mais ils ne doivent pas davantage être instrumentalisés à des fins idéologiques. Que ce soit par ceux qui entretiennent l'illusion qu'une dérégulation de l'usage de la force résoudrait les difficultés du quotidien ou par ceux qui opposent la police et la population. 

Au-delà d'une énième réforme législative, le véritable enjeu est ailleurs : une justice exsangue, des délais de traitement toujours plus longs, un manque criant de magistrats, de greffiers et d'enquêteurs, et des conditions de travail dégradées pour l'ensemble de la chaîne pénale. Renforcer les moyens de la justice, c'est garantir des décisions rendues dans des délais raisonnables, protéger les droits des citoyens, mais aussi offrir aux forces de l'ordre la sécurité juridique qu'elles sont en droit d'attendre. C'est enfin permettre un contrôle indépendant et rigoureux de l'usage nécessaire, proportionné et légitime de leurs armes, condition indispensable à la confiance entre la population, la justice et la police.

Les communistes réaffirment leur attachement à une police républicaine, respectée parce qu'exemplaire, protégée parce que justement encadrée, et à une justice indépendante, seule à même de dire le droit au nom du peuple français. C'est ce choix de l'équilibre, de la responsabilité et de l'État de droit qui permet de garantir durablement la sécurité de toutes et tous.

Parti Communiste Français,
Le 8 juillet 2026

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13 juillet 2026 1 13 /07 /juillet /2026 05:05

 

 

 

 

 

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12 juillet 2026 7 12 /07 /juillet /2026 12:32

 

1936 fut une année magnétique, l’année du Front populaire ! Notre hebdomadaire Communistes lui rend hommage en évoquant, chaque semaine de 2026, des événements survenus la semaine équivalente (ou presque) de 1936.

10/16 février 1936 (6)


Victoire du Frente Popular

Le 13 février, Léon Blum est agressé et blessé par les Camelots du roi, la milice de l’Action française. Le directeur du Populaire quittait la Chambre des députés quand sa voiture est immobilisée, boulevard St-Germain, bloquée par le cortège funèbre de l’académicien royaliste Jacques Bainville. Les factieux reconnaissent le dirigeant socialiste, se mettent à crier « Blum à la Seine ! » et s’apprêtent à le lyncher ; il est sauvé par l’intervention d’ouvriers maçons travaillant dans les environs. Blum a été transporté à l’Hôtel-Dieu. Protestation indignée du PCF qui déplore la mansuétude du gouvernement à l’égard de l’extrême droite. « Le secrétariat du parti fait un devoir aux organisations du parti d’assurer la protection des militants », dit un communiqué. Une délégation de députés de gauche, dont Maurice Thorez, demande des mesures contre les ultras ; dans la soirée, l’Action française est mise hors-la-loi.

Une manifestation de protestation des organisations de gauche est organisée le dimanche 16, du Panthéon à la Nation; l’Humanité titre : « En prison, tous les chefs factieux sans exception ! Désarmement et dissolution de toutes les ligues fascistes ! » Plus d’un demi-million de Parisiens manifestent contre le fascisme assassin, titrera le lendemain le journal.

Toujours ce 16 février, victoire du Frente Popular en Espagne ; la coalition de gauche l’emporte avec 47,03 % des voix et 286 sièges (+ 186) devant le Bloc national, coalition des droites, 46,4 % (141 sièges, - 56). La coalition du Frente Popular inclut notamment le Parti communiste d’Espagne (PCE), le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), le Parti ouvrier d’unification marxiste (POUM), des partis républicains et l’Union générale des travailleurs (UGT). Il est soutenu par les indépendantistes galiciens et catalans et par la CNT, Confédération nationale du travail (qui pour la première fois ne boycotte pas les élections).

Au programme du Frente Popular la libération des prisonniers politiques arrêtés après novembre 1933, réintégration des fonctionnaires suspendus ou licenciés pour des raisons politiques, révision de la loi sur l’ordre public, enquêtes sur les violences policières ; au plan économique extension de l’intervention de l’État dans les travaux publics. Notons que les femmes en Espagne ont le droit de vote depuis 1931.

Gérard Streiff

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11 juillet 2026 6 11 /07 /juillet /2026 07:00

🔴 AVANT-PREMIÈRE AUJOURD'HUI ! Rendez-vous à 16h30 pour la ...

 
INVITATION
 
nous avons le plaisir de vous inviter  le15 juillet à 20H à la projection du documentaire
 A l’assaut du ciel, Cuba ou la solidarité anti-impérialiste
en présence d'un membre de l'équipe de réalisation. La projection sera suivie d'une discussion.

Ouverture des portes à 19h30.

- Bar sur place -

Entrée à prix libre

 Venez nombreu⋅x⋅ses, à bientôt!

La Dérive

 
https://www.youtube.com/watch?v=uVjHoJmi_sE

SYNOPSIS
Soixante ans après la conférence de la Tricontinentale organisée à La Havane en 1966, ce documentaire interroge l’héritage d’un événement qui a réuni pour la première fois les mouvements de libération d’Afrique,d’Asie et d’Amérique latine dans une même stratégie internationale contre le colonialisme et l’impérialisme. À travers les analyses du sociologue et militant Saïd Bouamama, le film explore comment cette expérience unique a permis de construire une solidarité concrète entre peuples en lutte : du Vietnam à l’Afrique du Sud, de la Palestine aux mouvements de libération africains. Plus qu’une simple page d’histoire, la Tricontinentale apparaît comme un laboratoire politique, culturel et intellectuel dont les questionnements résonnent avec les crises contemporaines.
Alors que l’ordre mondial connaît de profondes mutations, que
l’hégémonie occidentale est contestée et que de nouveaux rapports
de force émergent, le documentaire interroge une question centrale : les peuples du monde sont-ils capables de réinventer aujourd’hui une solidarité internationale à la hauteur des défis du XXIe siècle ?
Entre mémoire historique et réflexion géopolitique contemporaine, le film raconte comment une conférence oubliée continue d’éclairer les luttes du présent et les possibles de l’avenir.

 
Contact : pontmenou@riseup.net
Notre site internet : http://pontmenou.jimdo.com

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11 juillet 2026 6 11 /07 /juillet /2026 05:05

 

 

 

 

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10 juillet 2026 5 10 /07 /juillet /2026 12:31

 

1936 fut une année magnétique, l’année du Front populaire ! Notre hebdomadaire Communistes lui rend hommage en évoquant, chaque semaine de 2026, des événements survenus la semaine équivalente (ou presque) de 1936.

1-9 février 1936 (5)

Les factieux s’agitent

Pour le deuxième anniversaire du 6 février 1934, le comité régional de coordination PC/PS décide d’une série de meetings en région parisienne pour rendre hommage aux « morts tombés dans la lutte antifasciste » ; les noms des quatre manifestants progressistes tués sont : Vincent Perez, Maurice Bureau, Ernest Schnarbach, Louis Lauchin. Ces meetings sont prévus alors même que les milieux fascistes s’agitent à Paris : avocats d’extrême droite qui attaquent un confrère progressiste au Palais de Justice, défilé d’étudiants d’ultra droite au Quartier Latin, milices armées de « Solidarité française » paradant en uniforme à un meeting à Wagram, ouverture par les Allemands « d’une maison brune » à Paris. Les antifascistes s’organisent. « Un peu de poigne et tout rentrerait dans l’ordre. Mais quelle poigne peut-on attendre de ce gouvernement… », écrit l’Humanité. Un rassemblement est donc prévu dimanche 9 février place de la République, à 14 h, « pour barrer la route au fascisme ».

Le jour de la manifestation, un communiqué du PCF lance un dernier appel au « peuple de Paris, du Paris du 14 juillet 1789 et de la Commune de Paris » de venir nombreux à la République. Le texte se termine ainsi : « Avec nous, en avant pour la République française des soviets ! »

Marcel Cachin (9 février) appelle à relancer la souscription du Parti afin d’assurer aux 600 candidats communistes aux prochaines législatives un matériel « de propagande » efficace. Son article est ironiquement intitulé « L’or de Moscou ».

Gros succès dimanche 2 du cross de l’Humanité à La Courneuve ; on parle de 4 000 participants (« les sportifs ouvriers ») et de 35 000 spectateurs.

À l’occasion de la visite à Paris de Maxime Litvinov, ministre soviétique (commissaire du peuple) des Affaires étrangères, Marcel Cachin en une de l’Humanité du 3 février appelle la Chambre des députés à ratifier le « pacte franco-soviétique contre la guerre » (et à confirmer ainsi le traité signé à Moscou en mai 1935), alors que la droite et l’extrême droite déclenchent une violente campagne antisoviétique.

Long article (9 février) de Gabriel Péri intitulé « La paix, partout ! » ; il rappelle l’histoire de la politique communiste depuis le traité de Versailles, celle de l’URSS aussi « désireuse de vivre en bonne intelligence avec tous les pays », l’importance d’un pacte franco-soviétique (combattu par la droite), les différences de positions entre communistes et socialistes ; une analyse qui donne déjà toutes les clés pour comprendre ce qui adviendra trois ans plus tard, le pacte de non-agression germano-soviétique.

À Vienne, le parti communiste autrichien anime une radio clandestine, lançant des appels au front unique ; les émissions se terminent par l’Internationale ; la police n’a pas réussi à repérer la station.

Gérard Streiff

Les quatre manifestants progressistes tués en 1934 sont :

 

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