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1 juin 2020 1 01 /06 /juin /2020 12:11
Corentin Derrien - 27 mai 2020 - Square de la résistance à Morlaix

Corentin Derrien - 27 mai 2020 - Square de la résistance à Morlaix

A l'issue de ces municipales 2020, Corentin Derrien sera sans doute un des élus les plus jeunes de France et de Bretagne.

Corentin Derrien est un jeune très mature, un amoureux de la nature et de la Bretagne. Au bout de 15 jours passés loin de son Finistère, il a le mal du pays. A 18 ans, étudiant brillant, il finit sa première année de Sciences Politiques à Rennes, tout en revenant tous les week-end et les vacances dans le Finistère.

Il a adhéré en 2019 au PCF et au MJCF, après une participation à la fête de l'Humanité sur le stand du Finistère en 2018 (il avait fait la course à pied de l'Humanité avec son père), et a déjà participé à l'université d'été du Parti communiste en août 2019 à Aix-en-Provence, une très belle expérience qu'il est prêt à renouveler dès cette année si la crise du Covid-19 permet d'organiser à nouveau notre Université d'été, prévue à Marseille. Pour quelqu'un qui ne prise guère les vacances dans le Sud et qui craint la chaleur, cela témoigne de l'intérêt qu'il a trouvé à la rencontre des camarades de toute la France, des intellectuels et universitaires du parti ou sympathisants, des ateliers théoriques et pratiques sur le militantisme, la société, l'économie, l'histoire, la philosophie, l'art. Corentin est déjà très cultivé et est venu au Parti communiste par un choix réfléchi et intellectualisé. Lecteur du Manifeste du Parti communiste et des textes historiques de Marx, comme de Schopenhauer et de Nietzsche, il a l'habitude de prendre du recul sur les faits sociaux et est très bien informé. Ce qui n'empêche cet intellectuel d'être aussi un sportif accompli. Sa passion est la plongée et la "promenade sous-marine", pour la contemplation autant que pour la tâche, l'été comme l'hiver dans la Manche auprès de la maison de ses grands-parents maternels à Plouguerneau. Il adore aussi marcher et courir en forêt, sur les sentiers dans la campagne du Léon et des Monts d'Arrée, et participe régulièrement à des courses à pied et des trails, tout en continuant en s'entraîner au tir à l'arc, même s'il n'a plus le temps de prendre des cours et de faire de la compétition.

Corentin se décrit comme assez casanier et l'idée de s'engager durablement pour sa commune à 18 ans, d'y revenir toutes les semaines pour assumer ses responsabilités de conseiller municipal, est pour lui toute naturelle. 

Corentin, comment as-tu occupé tes deux mois de confinement?

J'avais du travail pour préparer mes partielles, rendre des devoirs, lire les cours dans le cadre d'une continuité pédagogique qui a été bien assurée à Sciences-Po Rennes? J'ai fait des lectures historiques - La République de Maurice Agulhon, Platon, etc. Je me suis aussi beaucoup promené dans la nature.

A quel moment tu as pensé à t'engager dans la campagne des municipales à Loc-Eguiner-Saint-Thégonnec?

Vers la fin octobre. La section PCF de Morlaix m'a proposé de m'investir dans cette campagne. J'ai rencontré Solange Creignou en mairie en novembre et le courant est bien passé. On avait de nombreuses convergences dans notre façon de voir la politique locale et la commune. J'ai participé à du porte-à-porte, à des réunions de construction du programme, à la réunion publique de Saint-Thégonnec. Nous avons fait une vraie campagne comme si une liste concurrente était présentée. C'est important de respecter les électeurs, de communiquer sur les réalisations du mandat précédent, de faire connaître le programme, de le montrer. J'ai rencontré des citoyens contents de nous voir, ouverts sur la discussion. Au centre de notre projet, il y a 3 axes:

- L'attention à la place de l'humain au sein de tous les projets

- La transition écologique

- La démocratie participative

Il y avait assez peu de candidats affiliés politiquement sur notre liste: un ou deux au PS, dont le maire, Solange Creignou, un militant écologiste, Josselin Boireau, et moi, au PCF. Nous avons fait notre première séance d'installation du Conseil Municipal, principalement consacrée à la gestion de la crise sanitaire et de la crise économique, sociale, humaine qu'elle engendrera et dont nous devons limiter les effets. Cet enjeu aura une grande importance dans les années à venir. On s'est aussi penché sur la sortie du confinement des écoles. L'installation des commissions se fera au conseil municipal du 4 juin. Je vais m'engager sur la commission transition écologique, développement durable, une thématique transversale à tout notre projet, et sur le projet "Territoire zéro chômeur de longue durée". Je serai aussi à la commission bâtiment et patrimoine historique.

On va s'appuyer sur la formation, la mise en contact des demandeurs d'emplois avec les employeurs. Le Conseil municipal est composé de deux tiers d'anciens ayant déjà un ou quelques mandats au compteur et d'un tiers de nouveaux. L'ambiance de travail est très bonne. La fusion entre Saint Thégonnec et Loc-Eguiner est réussie aux yeux de tous. Françoise Raoult et Solange Creignou s'entendent bien. Il y a 5 km entre les deux bourgs mais la fusion de communes profite à tous. Des investissements sont réalisés sur les bâtiments.

Qu'est-ce que cela change pour toi d'être élu à Loc-Eguiner-Saint-Thégonnec, à 18 ans?

Cela change l'emploi du temps. Pendant la campagne, j'ai réussi à tenir les deux bouts, en me déplaçant souvent entre Rennes et Saint-Thégonnec. Mes activités d'étudiant à Sciences-Po et d'élu local vont se nourrir mutuellement. Je vais apporter l'expérience de la politique locale et de ses contraintes dans mes études politiques et l'expérience de la connaissance des institutions dans ma pratique d'élu. Je suis le plus jeune de l'équipe, le plus jeune après moi à une trentaine d'années. Ce que je peux apporter à 18 ans, c'est aussi un contact direct avec les jeunes et leurs attentes. Ayant fait mon début de collège à Saint-Thégonnec, je connais un certain nombre de jeunes de ma génération dans ma commune. Nous voulons créer un conseil des jeunes, dans la continuité d'un axe directeur de notre équipe qu'est la consultation citoyenne. Dans une petite commune comme Loc-Eguiner Saint-Thégonnec, les élus sont naturellement proches des habitants et à l'écoute de leurs préoccupations. Même en dehors d'une institutionnalisation de la démocratie participative. Vis-à-vis de moi et de mon jeune âge, j'ai senti d'abord de la bienveillance dans l'équipe. Je connaissais déjà plusieurs élus, comme Olivier Le Bras, un ami de mon père dans sa jeunesse, avec lequel j'ai fait des courses à pied. Il y a une grande diversité sociale et professionnelle dans cette liste: des agriculteurs, des professeurs, des cadres, des ouvriers. En tant qu'étudiant, je participe de cette diversité. J'ai hâte de commencer le travail. Je pense pouvoir m'organiser avec des conseils municipaux tous les un mois et demi, deux mois. Je ne vais pas faire passer le travail d'élu local derrière mon travail d'étudiant. Je pense pouvoir avoir droit à des dispenses administratives à Sciences Po. Ce serait un paradoxe qu'on ne puisse exercer correctement un mandat d'élu dans cette enceinte?

Comment décrirais-tu ta commune?

C'est une commune en grande partie rurale, avec un très beau bourg, une église, un enclos paroissial et un calvaire magnifique, un beau patrimoine architectural en général. Nous avons aussi un beau patrimoine rural et agricole, des bois. La commune a également pris une dimension péri-urbaine, avec beaucoup d'habitants qui travaillent le long de la RN12, à Morlaix, Brest, Landivisiau, Landerneau. 

Quel sont les rôles de l'action municipale et de l'échelon communal pour toi?

Ils sont essentiels, particulièrement en ces temps de crise, devant les défaillances de l'Etat. Les politiques néo-libérales menées depuis des années ont fragilisé les capacités d'intervention planificatrice et régulatrice de l’État, les communes ont pallié à toutes ses carences comme elles l'ont pu. En même temps, on a vu aussi à l’œuvre le plus mauvais de la centralisation dans cette crise du Covid-19 comme quand l’État interdisait pour tous les territoires, mêmes ruraux, l'accès aux sentiers de randonnée, aux plages, aux bois, l'interdiction de faire du vélo pour compenser par un surcroît de restriction de liberté son imprévoyance et la casse des outils de santé publique.  On a vu dans cette crise du coronavirus une accumulation de décisions déconnectées du terrain. On aurait pu avoir des décisions plus rationnelles, plus efficaces, plus proches de la réalité à l'échelle locale. Quoi de commun dans ce contexte entre les problèmes posés dans les grandes métropoles et à Paris, dans les villes moyennes, et dans les petites communes? Les maires et élus des collectivités locales peuvent avoir une approche plus pragmatique, même si on a aussi besoin d'un État plus efficace dans la planification, ce que j'appellerai une forme de socialisme au meilleur sens du terme, celui de la gestion collective des biens communs.  

Propos recueillis par Ismaël Dupont - 28 mai 2020

Parole à Corentin Derrien, 18 ans, nouveau conseiller municipal de Loc-Eguiner-Saint-Thégonnec
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1 juin 2020 1 01 /06 /juin /2020 07:20
Etats-Unis/George Floyd : C'est toute la société américaine qui étouffe (PCF, 30 mai 2020) - et article de Rosa Moussaoui dans L'Humanité, 31 mai
Etats-Unis/George Floyd : C'est toute la société américaine qui étouffe (PCF, 30 mai 2020) - et article de Rosa Moussaoui dans L'Humanité, 31 mai
Publié le 30/05/2020 par PCF
Etats-Unis/George Floyd : C'est toute la société américaine qui étouffe

Le meurtre de George Floyd par des policiers lundi dernier à Minneapolis soulève partout aux Etats-Unis l'indignation et la colère. Des dizaines de milliers de manifestants jour et nuit dans tout le pays crient justice. Ce que les Américains veulent c'est mettre à bas le racisme systémique étasunien.

L'exaspération et les frustrations de ces derniers jours conduisent à des scènes d'émeutes dont les principaux responsables sont la politique de Donald Trump et les forces de l'ordre.

« I can't breathe », « Je ne plus respirer » les derniers mots de George Floyd, mort étouffé par un policier, a mis le feu aux poudres dans une société profondément inégalitaire. Les Afro-Américains qui représentent environ 15% de la population restent les grands laissés pour compte comme l'a montré, encore récemment, le nombre de victimes du Covid19 et les cohortes de femmes et d'hommes précipités dans le chômage et la pauvreté par la crise. Près de 40 millions d'Américains ont fait une demande d'indemnité chômage depuis mars.

Depuis le puissant mouvement #BlackLivesMatter de 2016, rien n'a été fait par les dirigeants étasuniens et l'Administration Trump pour mettre fin au racisme structurel qui mine la société et qui, avec les préjugés de classe, structure les comportements policiers. Bien au contraire les meurtres, manifestations, actes racistes et violences de classe ont augmenté, encouragés par les déclarations et actions du président Trump. Et le nombre de jeunes Afro-Américains parmi les victimes de la violence policière reste plus 20 fois plus élevé que dans les autres catégories de la population. « I can't breathe » : c'est toute la société étasunienne qui étouffe.

Le Parti communiste français (PCF) tient à apporter son soutien à la famille de George Flyod et au mouvement pour les droits civiques, l'égalité et la justice aux Etats-Unis, aux forces démocratiques et de gauche qui combattent la politique de Donald Trump et veulent transformer la société américaine. Ce que les Américains veulent pour mettre fin à ce régime d'injustice insupportable c'est une politique de luttes contre les inégalités socio-économiques, une réforme démocratique de la justice, et une démilitarisation et redéfinition de la doctrine policière.

Dimanche, 31 Mai, 2020 -L'Humanité
Le dernier regard de George Floyd, cruel miroir tendu à l’Amérique raciste

Les nuits d’émeutes et les manifestations se succèdent, des voix s’élèvent pour appeler à s’organiser politiquement contre un système qui perpétue les discriminations et l’injustice sociale.

 

L’incendiaire de la Maison Blanche galvanise ses « MAGA » (1), promet le carnage en réponse au pillage, fait déployer soldats de la Garde nationale, incrimine « les antifas et la gauche radicale ». Sans parvenir à endiguer le débordement de colère suscité par l’assassinat le 25 mai dernier, de George Floyd, un Africain-Américain de 46 ans, au cours de son interpellation par des policiers de Minneapolis. Partout dans le pays, d’imposantes manifestations se sont encore formées samedi pour exiger justice et dénoncer le racisme et la violence sociale et policière structurelle dirigée contre les Noirs. Alors que se succèdent les nuits d’émeutes, certains de ces rassemblements ont donné lieu à des affrontements avec la police : plus de 200 personnes ont été arrêtées à New York, une centaine à Los Angeles. L’annonce, vendredi, de l’arrestation de Derek Chauvin, le policier filmée les mains dans les poches, son genou sur le cou de la victime, et de son inculpation pour « homicide involontaire » et « acte cruel et dangereux ayant causé la mort » de George Floyd n’a pas apaisé les esprits. Les manifestants demandent que cet agent maintes fois signalé pour « usage excessif de la force », impliqué dans de nombreux tirs mortels sur des « suspects », soit poursuivi, avec ses coéquipiers, pour « homicide volontaire ». Par delà l’émotion, la rage et l’exigence de justice pour George Floyd, la mobilisation prend un tour très politique, laissant entrevoir, à quelques mois du scrutin présidentiel, une lame de fond. « La taille et l’impact des manifestations, partout, montrent la vraie nature nationale et historique de ce qui se passe. Ce n’est plus seulement une protestation demandant justice pour George Floyd, cela devient une révolte sociale générale contre la violence d’un système raciste policier et carcéral », analyse Libero Della Piana, du People’s action institute, qui voit dans la mobilisation en cours la manifestation d’un processus politique en maturation depuis des décennies, « un débordement de rage contre une société qui a aliéné socialement et économiquement des millions d’individus ». Dans un contexte où les Africains-Américains  ont payé un lourd tribut à la pandémie de coronavirus et à l’impéritie de l’administration Trump devant cette crise, Alexandria Ocasio Cortez, la plus jeune élue au Congrès, soutien de Bernie Sanders lors de la primaire démocrate, insiste elle aussi sur les tirs croisés des injustices sociales et des violences policières. « Si vous essayez d’appeler à la fin des troubles, mais que vous ne considérez pas la santé comme un droit humain, que vous craignez de dire que les vies des Noirs comptent, que vous avez trop peur d’évoquer les violences policières, alors vous n’appelez pas à la fin des troubles, s’insurge-t-elle. Vous appelez à ce que l’injustice continue, à ce que le peuple endure encore en se taisant la violence de la pauvreté, de l’accès entravé au logement, de la brutalité policière. »

« Il est temps de battre dans les urnes tous les procureurs que vous n’aimez pas... » 

Indéniablement, l’agonie de George Floyd, capturée en direct dans une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux, ébranle un système meurtrier pour les pauvres, pour les Noirs, et clément pour les suprémacistes blancs disposant de relais et de complaisances à tous les échelons de la justice et du pouvoir politique, jusqu’à la présidence. Pour démanteler cette toile, le feu n’est pas seulement inopérant : Donald Trump ne l’appelle-t-il pas de ses vœux, pour s’assurer la victoire cet automne ? Ces dernières heures, des voix nombreuses se sont élevées pour appeler à dépasser le stade de l’émeute, toujours profitable aux pouvoirs jouant de la carte du rappel à l’ordre. Parmi ces voix, celle du rappeur Killer Mike, qui s’est adressé au bord des larmes, samedi, aux manifestants d’Atlanta : « Il est de votre devoir de ne pas brûler vos maisons. Il est de votre devoir de renforcer vos propres maisons pour en faire des refuges en période d’organisation. C’est le moment de comploter, de planifier, d’établir des stratégies, de s’organiser et de se mobiliser. Il est temps de battre dans les urnes tous les procureurs que vous n’aimez pas. Il est temps de tenir pour responsables les maires, leurs bureaux, les chefs et leurs adjoints. (…) La prochaine étape, c’est d’user de votre pouvoir politique pour aller aux élections et battre les politiciens que vous n’aimez pas. » Décrit par ses proches comme un « doux géant », père aimant de deux enfants, George Floyd était une figure appréciée de la scène musicale à Minneapolis, l’un de ces millions de travailleurs ayant perdu leur emploi dans la crise économique provoquée par la pandémie. Son dernier regard, sous la botte des policiers qui l’ont étouffé à mort, tend un cruel miroir à cette Amérique qui n’a jamais rompu, en vérité, avec la loi de Lynch.

(1) « Make America great again », acronyme désignant les supporters de Donald Trump.
Rosa Moussaoui
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1 juin 2020 1 01 /06 /juin /2020 07:18
Parole à Eugène Davillers Caradec, 22 ans, candidat de Morlaix Ensemble, possible futur élu de Morlaix le 28 juin

Eugène Davillers Caradec a 22 ans. Après son collège au Château, son lycée à Tristan Corbière et des études d'anglais à l'UBO de Brest, il est actuellement service civique en collège. Sa mère est morlaisienne, mais il est né à Nogent-sur-Marne dans le 94. Il arrive à Morlaix, il y a douze ans. Passionné de musique, guitariste, s'intéressant aussi au cinéma et à toutes les formes d'art, aux sciences, à la philosophie, et à la littérature, ses grands livres du moment sont "Sur la route" de Jacques Kerouac, "Le Roi des Aulnes" de Michel Tournier, "Crime et châtiment" et "L'Idiot" de Dostoïevski, et "L’Étranger" d'Albert Camus.  Eugène est militant communiste et candidat sur la liste de Morlaix Ensemble.

Eugène, pourquoi tu as adhéré au Parti communiste?

La recherche de justice, d'équité dans la répartition des richesses. Les communistes portent depuis toujours des valeurs dont je me sens proche, et qui s'incarnent dans les gens et leurs actes. Je pense notamment à ces grands noms qui ont porté des réformes telles que la mise en place du système des retraites par répartition, la sécurité sociale. Je me sens proche aussi des valeurs socialistes d'avant-guerre qui ont construit un monde de solidarités et de biens communs que l'on est en train de casser méthodiquement aujourd'hui. Il y a quelque chose qui me plaît dans le PCF, c'est la stabilité temporelle. On sait à qui et à quoi on a affaire. Ce n'est pas un parti volatile, hétéroclite, d'intrigues pour le pouvoir. Il est ancré dans des valeurs saines. Il y a de nombreux partis nouveaux à l'identité hybride, qui se cherchent, sont subordonnés à des ambitions individuelles, minés par les conflits. Ce n'est pas le cas du PCF. Je me reconnais dans l'image de la politique que peuvent véhiculer Ian Brossat ou Fabien Roussel. Je déteste l'identification du PCF au stalinisme, c'est tellement énorme comme raccourci, tellement oublieux des riches personnalités qui ont apporté plein de choses à la société française. Je ne suis pas là par hasard, les valeurs de mes parents, mon arrière-grand père communiste, un grand-père socialiste bon teint, partisan de la laïque. Lors de la première réunion du PCF à laquelle j'ai assisté comme nouvel adhérent, j'avais la boule au ventre. C'était il y a 2 ans. J'avais 19 ans. Mais on ne m'a jamais mis dans une case "jeune branleur", mais j'ai rencontré des gens à l'écoute, attentifs aux idées nouvelles, mais si ils ont de l'expérience et des bases solides. Les gueules du PCF à Morlaix sont bien connues, présentes à toutes les manifestations, elles se définissent dans leurs actes. Beaucoup de ces militants sont engagés aussi dans le monde associatif, la solidarité. Ils ont un souci formateur sans vouloir nous modeler à leur image. Il y a la possibilité d'être libre dans cette organisation qui pousse à s'émanciper intellectuellement. Les gens ont l'impression que l'engagement partisan rime avec contraintes de pensée, de choix, d'actes, alors que c'est complètement l'opposé si j'en croie mon expérience.  Conseils, dialogue, bienveillance. J'ai voté FI en 2017 mais j'ai été séduit depuis par la stabilité temporelle, l'expérience, l'absence de culture de la personnalité au PCF. 

Pourquoi as-tu accepté d'être candidat sur la liste de Morlaix Ensemble?

Je suis d'un naturel curieux, cela m'intéressait de vivre cette aventure collective de l'intérieur. Morlaix Ensemble m'apparaît comme un groupe très divers, avec des connaissances et des expériences complémentaires dans des domaines différents (l'écologie, le social, l'économie, la gestion de la mairie), un groupe où les gens sont humains avant tout, pas étrangers à eux-mêmes et à leurs valeurs. Derrière l'engagement politique, il y a les vies quotidiennes, les difficultés sociales, la communauté, les intérêts. Le but n'est pas que de gagner sur une élection. Gagner, pourquoi, à quelles fins, voilà ce qui compte, et surtout réaliser ce sur quoi on s'est engagé. Faire des choses pour les plus démunis notamment, penser la ville comme un tout, un organisme. Morlaix Ensemble, pour moi, c'est un ensemble de personnes engagées dans l'associatif, le social, avec un souci de l'humain et du respect de l'autre inhérent à ce groupe. La vraie victoire, elle se connaîtra au bout de 6 mois de mandat. L'important, c'est de gagner le cœur des habitants. 

Jean-Paul Vermot, c'est un bon gars, un mec qui est calé en gestion et en économie, qui est prêt à gérer la mairie, a le respect des habitants. Je me fais fort de dire qu'il ne va pas tromper nos attentes. C'est quelqu'un d'agréable, il a l'oreille, les yeux, le sourire. Il ne prend pas les gens de haut.

Quelles doivent être les priorités du mandat si on gagne les élections à Morlaix pour toi?  

- La jeunesse. On a une jeunesse qui se perd un peu à Morlaix. Il faut les aider à trouver un emploi, un logement, des études.

- Ploujean. Le bourg est en train de mourir. Cela me paraît super important de mettre en œuvre une politique volontariste pour le revitaliser. 

- La bonne gestion économique de la ville. Assurer sur l'essentiel: transport en commun, infrastructures, écoles. Le projet de rénovation intégrale du musée a un coût énorme pour la ville. Il y avait peut-être d'autres priorités. Il faut en finir avec des investissements qui ne visent qu'à améliorer la vitrine, à attirer le tourisme.

Que révèle pour toi la crise du Covid?

Qu'on est incapables de gérer nos relations avec mère-nature. Les virus viennent de la destruction des habitats naturels, de la mise en contact avec des milieux que l'on a pas connu habituellement. Ils risquent de se multiplier avec la destruction de la biodiversité, les abattoirs et élevages industriels.. La preuve que l'effet papillon existe.

Quels sont pour toi les défis du 21e siècle?  

- L'accès à l'énergie, le nerf de la guerre. D'ici 2050, il n'y aura presque plus de pétrole. D'ici 10 ans, Canada et Brésil vont déterrer jusqu'à 40% de la production mondiale d'hydrocarbures. Derrière cela, il y a des questions scientifiques et technologiques - comment trouver de nouvelles sources d'énergie? - des questions sociales, économiques et écologiques.

- L'éducation. Il n'y a jamais eu de révolution dans un domaine quelconque sans révolution d'abord dans l'éducation. Il y a des modèles éducatifs qui permettent de développer les potentiels créatifs, intellectuels et humains des enfants et des jeunes sans tout miser sur la compétition, en développant la coopération. 

- La limitation de la course aux armements

De quoi rêves-tu pour toi?

Depuis mes douze ans, cela n'a pas changé: être une rock star!

 

Propos recueillis par Ismaël Dupont, 29 mai 2020

 

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1 juin 2020 1 01 /06 /juin /2020 07:16
Travail. Explosion sans précédent du nombre de chômezurs en avril en raison de la crise du Covid-19 (L'Humanité, 29 mai 2020)
Vendredi, 29 Mai, 2020
Travail. Explosion sans précédent du nombre de chômeurs

La France compte 843 000 demandeurs d’emploi supplémentaires en avril, hors chômage partiel, en raison de la crise économique.

 

L’hécatombe se confirme. En avril, le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi en catégorie A (sans aucune activité) enregistre une hausse sans précédent depuis 1996, avec 843 000 nouveaux entrants. La France compte donc 4 575 000 chômeurs (catégorie A) fin avril, selon les chiffres publiés ce jeudi par l’organisme. Sur trois mois, l’augmentation est fulgurante : + 30,3 %, avec plus d’un million de personnes supplémentaires ! Toutes les tranches d’âge sont concernées : + 149 800 chez les moins de 25 ans (+ 29,4 %), + 530 000 chez les 25-49 ans (+ 24 %) et + 163 200 chez les 50 ans et plus (+ 16,1 %). Les secteurs d’activité touchés par le confinement concentrent le gros des demandeurs : commerce, hôtellerie, tourisme, construction, BTP, etc. Cette hausse historique s’explique par le passage en catégorie A de chômeurs jusque-là comptabilisés en catégories B et C (temps partiel, intérim…) et par l’effondrement du nombre de sorties des listes (- 35 %), soit des gens qui quittent Pôle emploi pour diverses raisons : reprise d’emploi (rien d’étonnant au vu du plongeon de l’activité sur le territoire), entrées en stage ou en formation, radiations administratives.

La CGT réclame l’arrêt des radiations

Depuis mi-mars, ces dernières étaient en effet suspendues. Mais la CGT redoute que la machine à radiation reprenne du service : « Alors que le nombre d’inscrits ne cesse d’augmenter et que l’accueil sans rendez-vous n’a pas été remis en place, la direction générale de Pôle emploi a décidé de la reprise de la gestion liste, écrivent dans un communiqué CGT chômeurs et CGT Pôle emploi. En d’autres termes, les travailleurs privés d’emploi et précaires pourront de nouveau être radiés. » La CGT réclame l’arrêt des radiations et l’abandon de la réforme de l’assurance-chômage, dont le deuxième volet doit entrer en application en septembre. Cette réforme durcit à la fois les conditions d’accès au chômage et le montant de l’indemnisation. « La crise sanitaire se transforme, comme on le prévoyait, en une crise économique et sociale qui peut être profonde », a déclaré la ministre du Travail ce jeudi. C’est le moins que l’on puisse dire…

Cyprien Boganda
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1 juin 2020 1 01 /06 /juin /2020 06:52
Lucienne Nayet (à droite) pour la commémoration le 27 mai de la journée nationale de la Résistance et de l'anniversaire de la création du CNR à Trédudon-les-Moines, 1er village résistant de France en Berrien

Lucienne Nayet (à droite) pour la commémoration le 27 mai de la journée nationale de la Résistance et de l'anniversaire de la création du CNR à Trédudon-les-Moines, 1er village résistant de France en Berrien

Lucienne Nayet avec Marie-Noëlle Postic pour une conférence des mardis de l'éducation populaire sur l'histoire de l'antisémitisme français

Lucienne Nayet avec Marie-Noëlle Postic pour une conférence des mardis de l'éducation populaire sur l'histoire de l'antisémitisme français

Lucienne Nayet est une militante de la mémoire de la Résistance et de la déportation, elle est aussi investie dès le départ dans l'association de jumelage Morlaix-Wavel, en solidarité avec les réfugiés palestiniens de ce camp du Liban. Elle tient par cette expression à exprimer les raisons de son soutien à la liste Morlaix Ensemble en vue d'une victoire de la gauche aux Municipales à Morlaix.

Morlaix ensemble, pour vivre mieux ensemble, j'agis, je soutiens. 

Cette ville a des atouts considérables: ville de territoire, une architecture, une ville qui offre un écrin qui manque de valorisation, qui mérite d'autres volontés, d'autres choix courageux, d'autres prises de risque.

A la lecture du programme de Morlaix Ensemble, j'y trouve beaucoup d'ambitions pour les habitants et habitantes de la ville et de son territoire.

Dans son activité politique, chacun d'entre nous, selon son itinéraire, a des sensibilités particulières. Je remarque que cette liste est composée d'une grande diversité d'hommes et de femmes aux horizons variés.

C'est une belle richesse humaine qui peut donner à cette ville de la justice et de la solidarité si nécessaire pour affronter l'après confinement.

Nous avons des batailles à mener, cette liste de gauche peut être aux côtés des habitants pour préserver les emplois, pour soutenir également les plus fragiles dans la population.

Je crois également que la complémentarité politique que cette liste veut construire est une question vitale dans le débat et les enjeux présents.

Il me vient plus que jamais à l'esprit la notion de démocratie et de culture. Quand j'utilise le mot culture, cela signifie la prise en compte de la dimension sociale de l'être humain, de ses pratiques comme de ses représentations. Culture et démocratie sont bien des expressions ancrées dans le débat public actuel.

Nous avons besoin que cette liste dirige la ville de Morlaix afin que la démocratie sociale soit l'essentiel des actions à venir.

Et puis cette liste exprime des valeurs d'humanité, de respect et de tolérance, des idées d'une grande modernité, défi fondamental à relever pour ne pas nous déshumaniser, oui il y a dans ce programme des valeurs qui rayonnent, le social, l'humain, l'environnement.

La proposition d'un centre de santé municipal est un vrai choix d'aujourd'hui pour plus d'engagement public dans le domaine de la santé et pour défendre l'intérêt général.

Et je pourrai énumérer d'autres propositions qui sont aussi ambitieuses et correspondant aux défis actuels face à cette pandémie qui exige des ambitions fortes.

Cette liste respire aussi la convivialité heureuse dont nous avons tant besoin. Chacun de nous peut contribuer à faire la victoire de Morlaix Ensemble pour donner un nouvel élan à Morlaix, une excellente occasion de bousculer, de bâtir, de créer enfin des changements pour une ville solidaire, écologique et fraternelle.  

J'apporte mon soutien actif.

Lucienne Nayet, 31 mai 2020

 

Lire aussi:

Découvrez le comité de soutien de la liste Morlaix Ensemble, et, apportez votre soutien à votre tour!

Pourquoi Lucienne Nayet soutient Morlaix Ensemble

Pourquoi Anne Cousin soutient l'équipe de Morlaix Ensemble: Morlaix Ensemble c’est oui.

Pourquoi Jean-Claude Breton soutient Morlaix Ensemble dans les municipales à Morlaix

Pourquoi Glenn Le Saoût soutient Morlaix Ensemble

Ils s'engagent avec Morlaix Ensemble: Maha Hassan, écrivaine

Pourquoi Guy Tandé soutient Morlaix Ensemble

 

 

Pourquoi Lucienne Nayet soutient Morlaix Ensemble
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1 juin 2020 1 01 /06 /juin /2020 06:48
publié le 29/05/2020
Non à la destitution du député communiste chilien Hugo Gutiérrez

Dans un contexte de puissante mobilisation populaire depuis plusieurs mois d'un mouvement social qui touche tout le Chili, la répression ne cesse de monter d'un cran chaque jour.

La coalition de droite "Chile Vamos", soutien du président Sebastián Piñera, vient de s'en prendre au député communiste Hugo Gutiérrez en l'accusant de troubler l'ordre public et d'inciter à la haine par la publication sur les réseaux sociaux de dessins qui seraient offensants pour le président de la République, Sébastian Piñera.

Sur ces accusations, elle demande au Tribunal Constitutionnel, la destitution du député communiste. Ce Tribunal bien connu pour être l'un des "pouvoirs de fait" au Chili et s'est distingué récemment en rendant des sentences pour la libération des anciens militaires responsables de graves violations des droits humains.

S'attaquer à Hugo Gutiérrez n'est pas neutre pour le pouvoir chilien. C'est s'attaquer à une longue histoire en matière de défense des droits humains, de la lutte contre la dictature de Pinochet jusqu'à aujourd'hui.

C'est aussi s'attaquer à l'un des principaux promoteurs de la bataille pour une nouvelle Constitution par voie d'assemblée constituante et fondée sur la souveraineté populaire, et infatigable initiateur législatif pour la défense des intérêts des classes populaires du peuple, de leur souveraineté et des habitants et travailleurs du district qu'il représente.

La véritable raison de cet acharnement est de frapper les figures de l'opposition, en particulier le Parti communiste chilien qui occupe une place particulière dans le mouvement populaire, et de chercher à étouffer la protestation sociale et la capacité d'action de celles et ceux qui contestent et combattent la politique de Pinera.

Le Parti communiste français, ses élu-e-s dénoncent cette action de la droite chilienne dont la stratégie autoritaire, répressive et réactionnaire vise à réduire ce qu'il reste d'espace démocratique dans la société chilienne.

Le PCF s'insurge contre la procédure de destitution du député Hugo Gutiérrez présentée par des députés de la coalition gouvernementale «Chile Vamos» et lui apporte tout son soutien, ainsi qu'au peuple chilien, au Parti communiste chilien, à toutes les forces progressistes et militants des droits humains.

Parti communiste français
Paris, le 28 mai 2020

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1 juin 2020 1 01 /06 /juin /2020 06:15
Pourquoi Glenn Le Saoût soutient Morlaix Ensemble
Glenn Le Saoût, candidat finistérien aux Européennes sur la liste de Ian Brossat et du PCF, militant du MJCF et du PCF, ancien porte-parole régional d'un syndicat lycéen, soutient Morlaix Ensemble. 
 
« Morlaix Ensemble forme une liste dynamique, ressemblant les forces de gauche et de progrès. Le tissu associatif et social Morlaisien y est représenté de manière importante. Il faut désormais tourner la page de deux mandats Le Brun qui n’ont fait que plonger la ville dans un sommeil profond. 
Le volet écologique et durable que propose la liste permettra également à Morlaix de rentrer dans une aire de transition, si nécessaire à la ville et sa bétonisation grandissante. 
Enfin cette liste mêlant à la fois jeunesse et expérience a réussi à trouver un équilibre et une force de travail et d’idées certaines et ne demande qu’une chose: Prouver. » 
 
Glenn Le Saoût, 30 mai 2020 
 
Pourquoi Glenn Le Saoût soutient Morlaix Ensemble
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1 juin 2020 1 01 /06 /juin /2020 06:07
Hop! Ce sera tout au rien (Le Télégramme, 31 mai 2020)

Hop! Ce sera tout au rien (Le Télégramme, 31 mai 2020)

Alors que Hop !, filiale régionale d’Air France, s’apprête à opérer une restructuration qui s’annonce dévastatrice socialement, d’aucuns pensent que la fermeture du centre de maintenance de Morlaix est inéluctable. Logique économique. « Une concentration de l’implantation de Hop ! semble malheureusement inévitable », a prévenu Pierre-Olivier Bandet, PDG de la compagnie. Dont acte. Mais pourquoi le site de Morlaix et ses 276 salariés devraient-ils en faire les frais ? Vent debout, syndicats et élus locaux ont des arguments à faire valoir pour sauver l’emploi sur le territoire. D’abord, le savoir-faire reconnu des équipes de Hop ! Morlaix. Ensuite, la présence sur le site de Ploujean du service de planification des travaux et de gestion du maintien de la navigabilité de toute la flotte Hop !, du simulateur de vol Hop ! Training et de la filière aéronautique du lycée Tristan-Corbière. Et puisque le nombre d’avions de la compagnie va fondre comme neige au soleil, n’est-il pas concevable, précisément pour des raisons économiques, de miser sur le site de maintenance de Morlaix, dont la taille serait adaptée ? Ne peut-on pas envisager, pour les mêmes raisons, de transférer le siège social de Hop !, de Nantes à Morlaix, où il en existe déjà un, héritage de Brit Air. La décision finale dépendra du choix opérationnel d’Air France quant au type d’avion restant dans le giron Hop !, nous explique-t-on. L’option Embraer tenant la corde face au CRJ de Bombardier, spécialité morlaisienne. Mais le choix d’une monoflotte ne peut justifier à lui seul la fermeture d’un site quand on sait que les deux appareils sont de même technologie, qu’il suffit d’un technicien détenteur de la qualification Embraer pour encadrer toute une équipe, et qu’une adaptation mineure du hangar morlaisien serait suffisante pour y faire entrer lesdits Embraer. À y regarder de près, le site de Morlaix pourrait sortir gagnant de cette restructuration. Mais ce sera tout ou rien.

 

Lire aussi:

Des milliers de salariés des compagnies HOP et Air France sont directement menacés de perdre leurs emplois - Signez la pétition de soutien!

Hop ! L’intersyndicale ne baisse pas la garde (Le Télégramme, 29 mai 2020)

 

Expression de Jean-Paul Vermot, le Télégramme, 28 mai 2020

Expression de Jean-Paul Vermot, le Télégramme, 28 mai 2020

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1 juin 2020 1 01 /06 /juin /2020 05:22
L’imposture franco-allemande à 500 milliards - Jeudi 28 mai, Patrick Le Hyaric, L'Humanité
Patrick Le Hyaric - L'Humanité
Jeudi, 28 Mai, 2020
L’imposture franco-allemande à 500 milliards
 

Le vacarme produit par une certaine sphère médiatique pour vanter un prétendu plan de 500 milliards décidé par M. Macron et Mme Merkel est une dangereuse opération de communication et d’enfumage. Elle pourrait coûter fort cher aux familles populaires.

D’abord, il s’agit d’une proposition destinée à la Commission européenne qui doit obtenir le consensus des vingt-sept États membres de l’Union. Cette dernière s’est empressée de trouver l’idée géniale, à condition évidemment que cette somme soit destinée à « financer certaines réformes structurelles pour améliorer la compétitivité ». Un vice-président de la Commission a immédiatement expliqué que ceci s’inscrit dans ce qui est baptisé « semestre européen ». Langue de bois bruxelloise désignant un dispositif européen de coordination des politiques économiques visant à obliger chaque pays à réduire les crédits publics et à détruire un à un les outils de solidarité et les conquis sociaux pour « améliorer la compétitivité ». « C’est essentiellement selon ce concept que nous financerons les réformes et les investissements des États membres », a insisté le vice-président de la Commission. Autrement dit, les conditionnalités d’octroi des aides à un pays ne cherchent ni le progrès social ni le progrès écologique mais visent, au nom de la sacro-sainte compétitivité, à détruire les États sociaux. Exactement ce qui a conduit à désarmer les pays face à l’actuelle pandémie. Ces mandataires des puissances d’argent présentent les bas salaires, les destructions des systèmes de retraite et de la Sécurité sociale, ou la saignée de l’hôpital public comme des « avantages compétitifs ».

Ajoutons que l’argent ainsi promis serait emprunté sur les marchés financiers. Il viendra alimenter l’infernale spirale de la dette des États que les taux d’intérêt ne cessent de faire grossir alors que les banques privées reçoivent de la monnaie gratuite de la Banque centrale européenne. Ces mêmes banques privées prêtent ensuite cet argent, additionné de taux d’intérêt, aux États dont les gouvernements brandissent l’impérieuse nécessité de réduire « la dépense publique » et, pour cela, d’imposer l’austérité à leurs populations.

Voilà comment on continue d’enchaîner les peuples avec ce fameux boulet de « la dette », qui sert à alimenter de menaçantes bulles spéculatives. Ainsi, la prétendue relance du couple franco-allemand n’est pas liée à des projets nouveaux de coopération pour des investissements productifs visant la transition environnementale et le progrès social, mais elle a vocation à nourrir les ogres de la finance.

Les explications et les combats doivent reprendre sur la nature de « la dette » comme rouage du capitalisme mondialisé. Il est possible de la renégocier et de l’annuler à condition de ne pas considérer l’argent comme une marchandise valorisable mais bien comme un instrument d’échange. Dans l’immédiat, un fonds de solidarité européen destiné au progrès humain et écologique pourrait être créé. Un tel fonds, relié à la Banque centrale européenne, pourrait décharger les États de leur dette en la prenant à son compte. Il mettrait en place les conditions pour que les milliards créés par la Banque centrale ne soient pas dirigés vers les banques privées mais vers les banques publiques nationales comme la Caisse des dépôts et la Banque publique d’investissement. Celles-ci pourraient financer les services publics, les collectivités locales et des entreprises dès lors qu’elles s’engagent sur le maintien de l’emploi, le développement de la formation, la réduction du temps de travail et un processus d’application des normes pour préserver le climat et la biodiversité.

Une telle réorientation ne peut s’obtenir que par une mobilisation populaire qui peut intéresser de larges secteurs de la société. Ce moment de débats peut y être propice. En fait le choix est simple : soit celui des intérêts de la finance vorace, soit ceux du travail et de la nature.

Patrick Le Hyaric
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1 juin 2020 1 01 /06 /juin /2020 05:00
Raymond Gurême, la voix rom pour la justice s'est éteinte (Camille Bauer, L'Humanité, 31 mai 2020)
La voix rom pour la justice s’est éteinte

Raymond Gurême, dernier survivant des camps d’internement des nomades créés en 1940 par le gouvernement français, ancien résistant et infatigable militant contre le racisme, est décédé le 24 mai.

 

« Toujours debout, jamais à genoux. » Cette phrase, qu’il répétait souvent, résume à elle seule Raymond Gurême. À 94 ans, cet infatigable militant contre toutes les formes d’injustice, dernier témoin de l’internement des nomades en France pendant la seconde guerre mondiale, est décédé le 24 mai dernier. « C’était un personnage très proche des gens, qui avait beaucoup d’humour, de joie de vivre et qui dégageait un charisme et une énergie extraordinaire », se souvient Samir Milé, porte-parole de La voix des Roms, dont Gurême était président d’honneur. Jusqu’à son dernier jour, cet ancien résistant, qui affichait près d’une dizaine d’évasions à son actif, s’est caractérisé par son sens du combat. Malgré son âge, il était encore présent le 16 mai dernier, lors du rassemblement annuel en mémoire de l’insurrection tzigane du camp d’Auschwitz Birkenau, en 1944. Avec son éternel chapeau sur la tête, le petit homme sec aux yeux pétillant, y invitait encore les jeunes à « ne pas avoir peur, parce que la peur n’évite pas le danger. »

Témoins d’une histoire oubliée, il n’a eu de cesse depuis plus de dix ans, des écoles de France jusqu’au camp d’Auschwitz Birkenau ou au Conseil de l’Europe, de raconter avec humour et générosité ce passé. « Raymond disait ‘je ne me bats pas pour une ethnie, je me bats pour la justice sociale’. Sa volonté de travail de mémoire, c’était aussi pour parler du présent. C’est quelqu’un qui n’a jamais accepté d’être opprimé et qui a toujours trouvé le moyen de se libérer », se souvient François Lacroix, membre du Collectif pour la mémoire de l’internement à Linas Montlhéry. Pour Anina Ciuciu, avocate et auteure de Je suis tsigane et je le reste, « Raymond Gurême voyait l’anti tziganisme dont il avait été victime comme faisant partie d’un tout. C’était quelqu’un du peuple. La misère sociale et toutes les formes de racisme le révoltaient. Il était ainsi très sensible au sort fait aux migrants, qu’il trouvait indigne de la France. »

Fils d’une famille de forain, il sillonne la France en roulotte

De la combativité, Raymond Gurême en a fait preuve tout au long d’une vie qui tient du roman d’aventures, sur fond de discriminations et de violences d’État. Les premières années de ce fils d’une famille de forain, né en 1925, évoque la chanson d’Aznavour, « Viens voir les comédiens ». La roulotte familiale sillonne la France avec son petit cirque et son cinéma ambulant. « Quand on arrivait dans un village, tous les gosses couraient vers nous en criant joyeusement v’là le cirque, v’là le cinéma. Mon père s’habillait et allait demander la permission au maire et on s’installait généralement en plein milieu du pays. Pas un ne refusait, ils étaient contents de voir arriver des divertissements pour leurs administrés. À cette époque, nous apportions la civilisation dans les petites villes et les villages », a raconté Raymond Gurême à la journaliste Isabelle Ligner, avec qui il a écrit le récit de sa vie, Interdit aux nomades. Lui aidait son père à rembobiner les bobines et faisait le clown et l’acrobate.

Mais le 4 octobre 1940, tout bascule. Des policiers français débarquent chez les Gurême, pour mettre en application le décret adopté en avril, avant même l’occupation allemande, qui interdit la libre circulation des nomades. « Ils ont dit : ‘remballez votre matériel et suivez-nous’. Et voilà, la misère a commencé » se souvenait-il. Ses parents ont beau être français depuis des générations, et son père a beau avoir fait la guerre de 14-18, la petite famille est amenée sans ménagement au camp de Darnétal, près de Rouen. Peu importa, aussi, que la famille soit classée comme foraine et pas comme nomade, cette catégorie péjorative créée en 1912 et dont les membres étaient obligés de détenir un carnet anthropomorphique. En novembre, nouveau déménagement. Cette fois, la famille doit tout laisser derrière elle. Adieu roulotte et cinéma, qui ne seront jamais restitués. Évacués dans des wagons à bestiaux, puis à pied, une marche forcée à coups de crosses, ils arrivent sur une colline, à Linas-Montlhéry, dans l’Essonne. « Ça a été terrible. Nous n’avions plus rien ni pour manger ni pour nous chauffer dans les baraques. Les gosses tombaient malades, des bébés mourraient, les gens dépérissaient. » Un épisode de l’époque résume bien le personnage. Raymond ne supporte pas de voir les gardiens du camp frapper à coups de louche un gamin qui avait faim et va le défendre à coups de poing. Quitte à en subir les représailles.

Plusieurs tentatives d’évasion, puis la résistance

De cet enfer, Raymond Gurême s’évadera deux fois. La première, il est rattrapé sur dénonciation du maire de sa commune natale, à qui il a demandé de l’aide. Nouvelle évasion, cette fois, il file en Bretagne où il trouve un emploi de travailleur agricole et fait plusieurs fois, malgré le risque, le voyage jusqu’à Linas-Montlhery pour apporter à manger à sa famille. Naturellement, il s’engage dans la résistance, et finit par se faire arrêter pour un vol de camion de vivres. Le voilà transféré en Allemagne. Là encore, il multiplie les évasions, et après plusieurs tentatives infructueuses, parvient à rejoindre la France en 1944 où il réintègre la résistance et participe à la libération de Paris. Mais pour le résistant Gurême, il n’y aura ni médaille, ni reconnaissance.

Alors que les derniers camps nomades ne ferment qu’en juin 1946, Raymond a perdu sa famille de vue. Il lui faudra attendre les années 1950 pour retrouver la trace des siens, partis en Belgique. Quant aux rescapés de ces camps, l’État français leur a tout pris. Ils n’auront aucune compensation et plongeront dans la misère. « Il n’y a jamais eu un centime de dédommagement. C’est quelque chose qui a créé un passif entre les familles et l’État », analyse François Lacroix. En France, une chape de plombs tombe sur l’histoire des camps tzigane . « En 1976, quand j’ai entendu parler de Linas-Montlhéry pour la première fois par des familles Roms, j’ai commencé à poser des questions. Le maire n’était pas au courant, et disait qu’il n’y avait aucune archive. Quant aux familles des paysans qui avaient vécu à proximité, une majorité disait qu’elles ne savaient rien », se souvient François Lacroix. Pire, « il y avait le silence de la police et des politiques, qui avaient géré le camp et dont beaucoup étaient restés en place ».

Un éternel combat contre les discriminations

C’est ce silence que Raymond Gurême a voulu rompre. Longtemps, il a essayé. « Mais personne ne voulait nous entendre », disait-il. Au début des années 2000, la situation évolue. Peu à peu, les archives s’ouvrent et des historiens commencent à travailler sur ces heures sombres de l’histoire française. Avec François Lacroix, ils commencent à militer pour une reconnaissance au niveau local et obtiennent la mise en place d’une stèle et d’une cérémonie annuelle sur le site de l’ancien camp d’internement de Linas Montlhéry, en face duquel Raymond Gurême a choisi de s’installer. « Ce qui l’a décidé à avoir une prise de parole publique, c’est sa volonté que les jeunes générations continuent son combat », explique Anina Ciuciu. Il faudra attendre octobre 2016 pour que le président François Hollande reconnaisse la responsabilité de la France dans l’internement de 6 500 Tziganes de France. Dans la foulée, la loi les obligeant à avoir un titre de circulation spécifique, datant de 2012, et modifiée en 1969, a été abrogée. « Ce ne sont pas les Allemands qui m’ont ramassé. Ce sont les Français, la police française », n’avait de cesse de rappeler Raymond Gurême. L’ancien résistant, lui, n’a reçu qu’une seule récompense de l’État français. En 2012, après la sortie de son livre témoignage, il est fait chevalier des Arts et des lettres, pour son combat contre les discriminations.

Pour autant, l’antitziganisme a la vie dure. Malgré les modifications de la loi, une majorité de communes continuent de refuser d’installer des aires d’accueil et beaucoup de celles qui le font, les mettent dans des zones de rebut. Alors qu’une grande majorité de Roms sont sédentaires, les mythes ont la vie dure et la classe politique française alimente la peur de l’autre au lieu de la contenir. En 2014 encore, Raymond Gurême, malgré son âge et ses faits d’armes, reçoit des coups de matraques lors d’une opération de police dans sa maison pour retrouver un membre de sa nombreuse famille (il a eu 15 enfants et 200 petits enfants). « Ce n’est pas à coups de matraques qu’on devrait traiter un ancien résistant et le survivant respecté d’un génocide », commente Samir Mile. La plainte, qu’il dépose ensuite, est classée sans suite début 2015. Une fois encore, l’État français a détourné les yeux.

Alors que cette grande figure de l’histoire de France s’est éteinte, le silence des autorités est assourdissant. « Il y a eu davantage d’hommages à l’étranger. En France, il n’y a eu qu’un communiqué de la Délégation interministérielle à l’hébergement et à l’accès au logement (DIHAL). Cela dit bien le problème. La seule parole publique qu’il y a eue, c’est celle d’une administration interministérielle qui s’occupe des aires d’accueil, d’une administration des marges, pas de l’État français », regrette Samir Mile. Pourtant, rappelle Anina Ciuciu, « Raymond Gurême est quelqu’un qui fait honneur au patrimoine national. Il incarne l’esprit de résistance et certaines valeurs dont nous pouvons être fières et qui sont en perte de vitesse aujourd’hui. »

Camille Bauer
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