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6 juin 2026 6 06 /06 /juin /2026 12:51

 

Publié le 05 juin 2026

Le Parti communiste français exprime sa profonde émotion après la découverte d’un corps qui devrait, selon toute vraisemblance, être celui de Lyhanna, 11 ans, disparue depuis plusieurs jours. Nous adressons nos pensées à sa famille, à ses proches.

Mais aujourd’hui, l’émotion ne suffit plus.

Car ce que révèle l’affaire Lyhanna dépasse le cadre d’un fait divers tragique.
Elle met en lumière une contradiction devenue insupportable: jamais la protection de l’enfance n’a autant été proclamée priorité nationale ; jamais les professionnels, les magistrats,les associations et les familles n’ont autant alerté sur l’incapacité croissante des institutions à protéger effectivement les enfants.

Les éléments aujourd’hui connus sont accablants .

Depuis plusieurs années,des alertes, signalements,et procédures auraient concerné le principal suspect.
Plusieurs institutions ont été amenées à intervenir.
Pourtant, aucun dispositif n’a permis d’empêcher qu’une enfant de 11 ans perde la vie.

Il ne s’agit pas ici de désigner à l’avance des responsabilités individuelles.
Néanmoins, il est déjà possible d’identifier une responsabilité politique.

Lorsque les services de justice manquent de magistrats, lorsque les enquêtes s’accumulent faute d’effectifs suffisants, lorsque les délais deviennent incompatibles avec la protection immédiate des enfants, lorsque les dispositifs spécialisés sont insuffisants, lorsque les professionnels de la protection de l’enfance travaillent dans des conditions toujours plus dégradées, nous ne sommes plus face à des dysfonctionnements isolés.
Nous sommes face à une faillite structurelle.

Chaque année,des milliers de mineurs victimes de violences sexuelles voient leur parole se heurter à des procédures interminables.
Des plaintes sont classées sans suite.
Des enquêtes demeurent en attente.
Des familles restent sans réponse pendant des mois, parfois des années.

Dans le même temps, les gouvernements successifs continuent d’affirmer que la protection de l’enfance demeure une priorité absolue.
Une priorité se mesure aux moyens qu’on lui consacre.

Or, les choix politiques et budgétaires racontent une autre histoire.
L’affaire Lyhanna doit marquer un tournant.
Le Parti communiste français appelle à un plan d’urgence national pour la protection de l’enfance comprenant notamment :

  • le renforcement massif des moyens de la justice des mineurs et des services d’enquête spécialisés
  • ⁠le développement de structures spécialisées pour l’accueil et l’accompagnement des enfants victimes
  • ⁠une véritable coordination entre les institutions concourant à la protection de l’enfance
  • ⁠la mise en œuvre des préconisations formulées par la Ciivise
  • ⁠l’inscription de la protection de l’enfance au rang des priorités nationales avec les moyens humains et financiers correspondants.
  • Promulguer la loi-cadre intégrale proposée par la coalition féministe, contre les violences;
  • Mettre fin à l’impunité : établir une liste d’actes d’enquête minimaux sans lesquels le procureur ne pourrait pas classer sans suite une affaire ;

La mort de Lyhanna est le résultat d’un système qui proclame protéger les enfants mais qui ne donne aucun moyen pour le faire.
Une société se juge à la manière dont elle protège ses enfants.

Paris, le 5 juin 2026, 
Parti Communiste Français 

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2 juin 2026 2 02 /06 /juin /2026 05:11
Au 54e congrès de la CGT, l’offensive de Sophie Binet contre l’extrême droite et pour la retraite à 60 ans
Au 54e congrès de la CGT, l’offensive de Sophie Binet contre l’extrême droite et pour la retraite à 60 ans

 

Naïm Sakhi 1er juin 2026 

Tours (Indre-et-Loire), envoyé spécial.

Une CGT mobilisée contre l’extrême droite. C’est le message qu’a martelé Sophie Binet, en ouverture du 54e congrès confédéral. « Jamais depuis 1945, l’extrême droite n’a exercé le pouvoir dans autant de pays. Le RN est traité comme un parti comme les autres par le Medef. Les masques tombent ; la vraie idylle cachée de Jordan Bardella, ce n’est pas la princesse des Deux-Siciles mais le patronat », lance la secrétaire générale.

Alors que la confédération tient ses assises à Tours (Indre-et-Loire) jusqu’au 5 juin, la cégétiste a prévenu : « Tandis que l’extrême droite cultive les clivages identitaires, nous rassemblons la classe des travailleurs, quels que soient leurs origines, leur genre ou leur religion. »

Un discours aux accents politiques prononcés, exprimé devant 2 000 congressistes, organisateurs et invités. Parmi lesquels Fabien Roussel (PCF), Manuel Bompard (LFI) et Olivier Faure (PS), mis en garde par la leader du syndicat : « Quand la gauche fait la même chose que la droite, quand elle ne parle plus du travail et se contente de répondre par des discours moraux et misérabilistes, l’extrême droite met ses pantoufles. »

Retraite à 60 ans

S’agissant des retraites, Sophie Binet, fortement applaudie, a lancé « l’appel de Tours » : « Aucun candidat n’aura les voix de la CGT et des travailleurs sans s’engager à abroger la réforme (de 2023, NDLR) sitôt arrivé à l’Élysée. » Avec les scrutins de 2027 en ligne de mire, la syndicaliste a réclamé le retour de « la retraite à 60 ans, des départs anticipés pour pénibilité dès 55 ans et la prise en compte des années d’études », dans le calcul des années de cotisation.

Face à l’urgence sociale, la responsable syndicale a prévenu Sébastien Lecornu : « Si vous ne voulez pas remplir à votre tour le cimetière des premiers ministres, prenez l’argent là où il est, dans les coffres des milliardaires, des multinationales, et dans les 221 milliards d’aides aux entreprises. »

Sur la structuration de la centrale, la secrétaire générale a précisé les enjeux. « Notre nombre de syndiqués augmente pour la première depuis 2012. Chaque jour, ce sont 130 salariés qui font le choix de la CGT », insiste-t-elle. Pourtant, « nous comptons 100 000 adhérents qui ne sont pas rattachés à un syndicat ». Et d’avancer que « ce congrès doit décider la création de syndicats professionnels de territoires. »

Des luttes intersyndicales

S’agissant des ingénieurs, cadres, techniciens et agents de maîtrise (Ictam), la cégétiste observe que « depuis 2023, leur nombre a augmenté de 13 % dans la CGT. Ils apprécient notre positionnement contre l’extrême droite ». Cette faiblesse dans la structuration de l’organisation expliquerait en partie qu’elle soit devenue la seconde confédération depuis 2018, derrière la CFDT.

Sophie Binet a également justifié le processus de rassemblement enclenché avec la FSU dans une « maison commune », présentée comme un « cadre de coopération permanent » (lire page ci-contre). Enfin, la cégétiste a défendu la stratégie de l’intersyndicale, avec les syndicats réformistes. « Les grandes luttes et victoires sociales ont toujours été unitaires. La technique du patronat, vous le vivez dans vos boîtes, c’est toujours de diviser pour mieux régner », glisse-t-elle. Ce mardi 2 juin, l’ensemble des secrétaires généraux de confédérations – à l’exception de FO – sont attendus à Tours. Une première, s’agissant de la CFDT, depuis 1999.

 

 

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2 juin 2026 2 02 /06 /juin /2026 05:06
RSA : la CGT dénonce le flicage et le harcèlement des allocataires, le président du Finistère attaque en diffamation (L'Humanité, Marie Toulgoat, 1er juin 2026)
RSA : la CGT dénonce le flicage et le harcèlement des allocataires, le président du Finistère attaque en diffamation

Alors que la CGT du Finistère pointe depuis plusieurs mois de graves irrégularités de contrôles des bénéficiaires du RSA, Maël de Calan, le président du département a porté plainte pour diffamation contre le secrétaire du syndicat départemental, Ludovic Morin.

Marie Toulgoat, L'Humanité, 1er juin 2026 

Une contre-attaque en règle. Ce lundi 1er juin, le président du département divers droite du Finistère Maël de Calan a annoncé par voie de communiqué porter plainte personnellement contre Ludovic Morin, secrétaire général de la CGT Finistère. Le département avait déjà annoncé vouloir saisir la justice contre le syndicat pour le même motif au début du mois de mars. Le syndicaliste aurait tenu des « propos graves et inacceptables », assure l’élu, qui refuse de se « laisser insulter ».

La mobilisation du syndicat contre des contrôles jugés abusifs des allocataires du revenu de solidarité active (RSA) a déclenché l’ire de l’élu départemental. Depuis plusieurs mois, le représentant de la CGT du Finistère a pris en grippe la politique d’allocation de ce minimum social dans le département.

En particulier, de nombreux allocataires ont dénoncé, auprès de la CGT, des contrôles zélés, accélérés depuis 2021, allant jusqu’à conduire à des redressements et des suspensions d’aide. « On a constaté une méthode bien huilée de contrôle qui peut s’apparenter à du harcèlement moral institutionnel », confirme Ludovic Morin.

« Les allocataires ressortent broyés »

« Cela se passe toujours de la même manière : les allocataires reçoivent un premier courrier très intrusif, demandant de fournir tous leurs relevés bancaires. Lorsqu’ils répondent, ils reçoivent un nouveau courrier demandant de justifier toutes les dépenses des trois derniers mois. Une fois que c’est fait, un nouveau courrier demande d’étendre les justifications à l’année passée entière. Puis, enfin, l’administration demande des précisions sur le train de vie, cherche à savoir qui sont les autres personnes inscrites sur le bail, par exemple… Chaque absence de réponse fait courir le risque d’une radiation. Les allocataires ressortent broyés », relate le cégétiste.

Forte d’une centaine de témoignages dont quarante versés au dossier, la CGT a déposé plainte au mois de mars auprès du tribunal de Brest contre le président divers droite du département, Maël de Calan, et son directeur de l’emploi pour « harcèlement par instigation des allocataires ». Depuis cette citation à comparaître, le nombre de cas similaires ne cesse d’augmenter, confortant le syndicat dans l’existence d’une « politique systématique « fondée sur » la répétition structurée de pratiques administratives ayant pour effet une dégradation des conditions de vie » des concernés. L’audience se tiendra le 15 juin.

 

Le président du département, qui réfute ces accusations, insiste de son côté sur la nécessité de son action face aux allocataires du RSA. « Le Département a engagé un plan RSA fondé sur la valeur travail et le respect des règles. La lutte contre la fraude est prévue et encadrée par la loi. Elle est absolument normale et nécessaire », indique un communiqué de la collectivité territoriale.

Maël de Calan se félicite par ailleurs de la chute du nombre d’allocataires au sein de son département, preuve selon lui que des « Finistériens ont retrouvé une situation favorable ». Selon les chiffres de la collectivité, le nombre de bénéficiaires du minima est passé de 18 000 à 13 500 en quatre ans. La preuve, pour Ludovic Morin, secrétaire de la CGT Finistère, d’un « service public de l’exclusion ».

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30 mai 2026 6 30 /05 /mai /2026 06:16
29 mai Rassemblement du PCF devant le siège de Total Energie pour dénoncer les profiteurs de guerre et les 6 milliards de bénéfice réalisés grâce à la spéculation
29 mai Rassemblement du PCF devant le siège de Total Energie pour dénoncer les profiteurs de guerre et les 6 milliards de bénéfice réalisés grâce à la spéculation
29 mai Rassemblement du PCF devant le siège de Total Energie pour dénoncer les profiteurs de guerre et les 6 milliards de bénéfice réalisés grâce à la spéculation
29 mai Rassemblement du PCF devant le siège de Total Energie pour dénoncer les profiteurs de guerre et les 6 milliards de bénéfice réalisés grâce à la spéculation
29 mai Rassemblement du PCF devant le siège de Total Energie pour dénoncer les profiteurs de guerre et les 6 milliards de bénéfice réalisés grâce à la spéculation
29 mai Rassemblement du PCF devant le siège de Total Energie pour dénoncer les profiteurs de guerre et les 6 milliards de bénéfice réalisés grâce à la spéculation
29 mai Rassemblement du PCF devant le siège de Total Energie pour dénoncer les profiteurs de guerre et les 6 milliards de bénéfice réalisés grâce à la spéculation
29 mai Rassemblement du PCF devant le siège de Total Energie pour dénoncer les profiteurs de guerre et les 6 milliards de bénéfice réalisés grâce à la spéculation
29 MAI - 
Rassemblement ce midi devant le siège de TotalEnergies à La Défense, à l’initiative du Parti communiste français.
J’étais présent au côté de Léon Deffontaines, porte-parole du PCF, du député Julien Brugerolles, ainsi que de nombreux militants, militantes et élus locaux.
Aujourd’hui se tient l’assemblée générale des actionnaires, venus comptabiliser leurs dividendes au siège de l’entreprise. Le PCF s’est rassemblé pour dénoncer ce jackpot, alors que les citoyens ont les poches vides et subissent de plein fouet la précarité énergétique.
6 milliards de bénéfices réalisés grâce à la spéculation : quand il y a la guerre, il y a des profiteurs de guerre.
Nos premières pensées vont bien sûr aux populations directement touchées par les guerres partout dans le monde. Nous appelons à la paix.
Avec TotalEnergies, nos intérêts sont clairement opposés : eux, c’est la course aux profits ; nous, c’est le peuple et l’écologie.
À court terme, nous exigeons du gouvernement :
• la baisse et le blocage des prix de l’énergie, comme l’y autorise le Code de commerce ;
• la réduction de la TVA à 5,5 % ;
• une totale transparence sur les marges et la taxation des super-profits.
Alors que des milliards de profits s’envolent chaque année, nous demandons la nationalisation de TotalEnergies, aux côtés d’Engie et d’EDF, afin de créer un grand pôle public de l’énergie : le GEDF, Groupe Énergie de France.
 
Fabien Gay, Sénateur communiste de Seine St Denis
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29 mai 2026 5 29 /05 /mai /2026 05:22
Elsa Faucillon: Les accords du Touquet sont un échec - L'Humanité, 27 mai 2026
Elsa Faucillon: Les accords du Touquet sont un échec - L'Humanité, 27 mai 2026

A lire dans l'Humanité d'aujourd'hui, l'interview d'Elsa Faucillon, rapporteuse de la commission d'enquête qui vient mettre en lumière l'inhumanité et l'inefficacité des politiques menées pour empêcher à toute force le passage des migrants qui cherchent à traverser la Manche.

Accords du Touquet : « Les morts dans la Manche et le respect des droits humains ont-ils fait partie de l’évaluation des politiques ? »

Rapporteuse de la commission d’enquête sur les accords du Touquet, la députée PCF Elsa Faucillon revient sur vingt-cinq ans de sécurisation de la frontière franco-britannique. Elle auditionne, ce jeudi, les anciens ministres de l’Intérieur Gérald Darmanin et Bruno Retailleau.

Pierre Cazemajor , L'Humanité, 27 mai 2026

Qu’attendez-vous des auditions de Gérald Darmanin et Bruno Retailleau ?

D’abord des clarifications sur les bases légales des pratiques mises en œuvre sur le littoral : les démantèlements, la crevaison d’embarcations, les nouvelles méthodes d’interception des « taxi-boats », ou encore les accords récents de réadmission sur le territoire français.

Je veux aussi leur demander comment ils évaluent une doctrine dont ils ont été de fervents artisans, alors que nos travaux montrent déjà qu’elle constitue à la fois un drame humain et un échec au regard de ses objectifs. Ils doivent aussi des réponses aux familles endeuillées : les morts dans la Manche et le respect des droits humains ont-ils véritablement fait partie de l’évaluation des politiques qu’ils ont conduites ?

Pourquoi avoir voulu cette commission d’enquête sur les accords du Touquet ?

Cette commission, nous la devons d’abord aux plus de 500 personnes mortes dans la Manche. Ces disparus ne font pas les gros titres, pas plus que les conditions de vie absolument dramatiques des personnes exilées sur le littoral. Depuis le démantèlement de la jungle de Calais, la dispersion des campements a aussi produit une forme d’invisibilisation. Il fallait redonner de la visibilité à ces personnes et, par là même, une forme de réhumanisation.

 

Il y a également un enjeu de contrôle démocratique. Les accords du Touquet, puis les actes qui ont suivi – décrets, circulaires, accords successifs – ont largement échappé au contrôle du Parlement. L’opacité demeure sur les moyens financiers déployés par l’État, mais aussi sur la ventilation des fonds britanniques.

Quels premiers enseignements tirez-vous des auditions menées jusqu’ici ?

Vingt-cinq années de politiques destinées à empêcher les passages n’y ont pas mis fin. Les tentatives ont continué d’augmenter. Au regard des objectifs affichés, il est difficile de ne pas parler d’échec.

Les personnes qui arrivent sur le littoral nord sont souvent au bout d’un parcours de plusieurs mois, parfois de plusieurs années. Certaines sont passées par les geôles libyennes et arrivent à 30 kilomètres des côtes britanniques. Ce n’est pas le harcèlement des contrôles qui les fera renoncer.

En revanche, la militarisation rend le passage plus dangereux : les départs ont lieu plus loin, les traversées sont plus longues, les embarcations plus chargées. Les empêchements ne suppriment pas les passages. Ils poussent les réseaux de passeurs à s’adapter.

Les pouvoirs publics justifient pourtant cette sécurisation par la lutte contre les passeurs…

Les passeurs exploitent évidemment la détresse humaine. Mais les politiques menées créent aussi les conditions dans lesquelles cette exploitation prospère. On nous explique que le « zéro point de fixation » permettrait d’éviter que les exilés tombent sous leur emprise. Or la dispersion, l’absence de protection des droits et les entraves au passage renforcent des réseaux criminels de plus en plus structurés.

On entend aussi régulièrement parler d’« appel d’air ». Mais lorsque je demande sur quoi repose cette notion, les réponses sont souvent inexistantes. Les travaux universitaires montrent que les obstacles dressés sur les routes migratoires ne mettent pas fin aux migrations : ils les déplacent et les rendent plus dangereuses. Ces travaux devraient aider à construire les politiques publiques ; ils sont largement ignorés.

Qu’induit le fait que la frontière britannique soit contrôlée côté français ?

Le Royaume-Uni finance une partie de la sécurisation du littoral français. Lors des dernières discussions autour des accords de Sandhurst, les Britanniques ont même envisagé de conditionner les fonds à un seuil d’interceptions par la police française. Cela revient à demander à la France de travailler à la tâche, comme sous-traitante de la politique migratoire britannique, en considérant les personnes exilées comme des colis à intercepter.

Sur le littoral, les conséquences sont visibles : des barbelés, des murs, des rochers, une présence policière permanente ; et, au milieu, des personnes qui manquent de tout. Heureusement que les associations non mandatées sont là pour assurer un minimum vital. À Calais, une crise humanitaire se déroule sur notre propre sol.

 

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22 mai 2026 5 22 /05 /mai /2026 05:44
36 milliards d'euros de plus pour les dépenses militaires, qui passent à 436 milliards d'euro à horizon 2030

L’actualisation de la loi de programmation militaire vient d’être adoptée à l’Assemblée nationale malgré l’opposition d’une grande partie de la gauche. Elle acte la trajectoire d’une augmentation des dépenses de l’État pour le domaine militaire de 36 milliards d’euros, portant ainsi les dépenses militaires à 436.000.000.000 (436 milliards) d’euros à horizon 2030 !

Alors que le gouvernement assèche les dépenses pour les services publics et refuse d’appliquer un impôt juste aux foyers les plus riches, il finance en masse l’industrie militaire et ceux qui en profitent…

Qui peut croire que l’on se sentira plus en sécurité demain avec ces dépenses colossales ? Evidemment que non, au contraire même.

Ce n’est pas la société que nous voulons, ce n’est pas la vision d’une société en paix que nous défendons.

J’ai voté contre ce projet de loi littéralement mortifère.

Jean-Paul Lecoq député communiste de Seine-Maritime

Le billet de Maurice Ulrich

L'Humanité

Ah Dieu ! Que la guerre est jolie avec ses chants, ses longs loisirs. On pense encore à cette ironie amère de Guillaume Apollinaire, au front en 1916. Cette semaine, l’Assemblée nationale, à l’exception des députés communistes, écologistes et insoumis, a voté 36 milliards de crédits supplémentaires pour la loi de programmation militaire.

On ne peut ignorer les incertitudes du monde aujourd’hui, mais progressivement, une logique de guerre liberticide est instillée comme un poison dans l’opinion. Ainsi, la loi votée prévoit, au nom d’un « état d’alerte de sécurité nationale », la possibilité de déroger entre autres, au Code du travail… Ce sont toujours les peuples qui font les frais de ces logiques.

Où sont aujourd’hui les paroles de paix parmi les voix qui peuvent être entendues ? Où sont les voix des démocrates, des progressistes ? Quels gouvernements aujourd’hui pourraient eux-mêmes avoir le courage d’appeler les peuples à manifester pour la paix. Imaginons, avec John Lennon : « Rien à tuer ou pour lequel mourir/Pas de religion non plus/Imagine tous les gens/Vivant leur vie en paix »

Loi de programmation militaire : Sébastien Lecornu fait payer les contribuables pas les profiteurs de guerre

Le premier ministre Sébastien Lecornu a estimé ce mardi 19 mai que la guerre dans le golfe Persique coûterait plus de 6 milliards d’euros aux finances publiques. Il dévoilera ce jeudi les aides allouées en juin pour faire face à la hausse des prix du carburant.

Gaël de Santis, L'Humanité, 20 mai 2026

Le choix de la militarisation, du respect des traités européens et de la bienveillance envers les magnats du pétrole coûte cher. Ce mardi 19 mai, le premier ministre, Sébastien Lecornu a expliqué à l’Assemblée nationale que la guerre lancée par les États-Unis contre l’Iran avait des conséquences budgétaires. Des conséquences que les Français paieront par plus d’austérité.

« Le coût de six milliards d’euros que nous avions estimé devra être révisé », a-t-il informé. Six milliards d’euros de crédits, inscrits au budget 2026, ont été gelés en avril. « La hausse des taux d’intérêt et l’activité de nos forces armées en opérations extérieures dans la région créent inévitablement des dépenses et ont des conséquences sur nos finances publiques qui n’étaient pas prévues lors du vote du budget », a exposé le chef du gouvernement. Jean-François Husson, rapporteur du budget au Sénat, a demandé ce mercredi 20 mai que le gouvernement dépose un projet de loi de finances rectificatif.

La hausse des taux est pourtant la conséquence d’un financement de la dette sur les marchés et non par les banques centrales, une règle imposée par le traité de Maastricht. À la suite de l’agression de l’Iran, le taux d’intérêt sur les obligations françaises à dix ans est passé de 3,32 % à 3,8 %.

Quant à la justification par les coûts de l’armée, elle ne surprend pas le député PCF Édouard Bénard : « Dans la mesure où le modèle d’armée que défend ce gouvernement avec la loi de programmation militaire (LPM) votée mardi est celui d’une armée dimensionnée pour des opérations extérieures, dans le cadre d’une alliance dominée par les États-Unis, cela est logique. »

« En 10 ans, nous avons doublé le budget des armées »

« L’actualisation de la LPM entérine 700 millions d’euros de plus pour les opérations extérieures, insiste le membre de la commission Défense. Or ce modèle expéditionnaire n’a jamais été questionné. Il nous rend de fait cobelligérants et nous fait payer le prix d’une guerre dont nous ne voulons pas ». La LPM prévoit une hausse des dépenses de défense de 36 milliards d’euros entre 2026 et 2030 par rapport à la trajectoire fixée par la LPM votée en 2023. En conséquence, le budget des armées augmentera de 6,6 milliards d’euros en 2026. « En dix ans, nous aurons doublé le budget des armées », s’est félicitée mercredi matin sur France Info la ministre de la Défense Catherine Vautrin.

Un autre choix s’avère onéreux : ne pas faire payer les profiteurs de guerre. Les six milliards d’euros qui manquent aux finances publiques représentent presque le superbénéfice affiché à la faveur de la flambée des cours du pétrole par TotalEnergies, ancienne entreprise publique, au seul premier trimestre 2026 : 5,8 milliards d’euros. Le 1er avril dernier, l’ONG Greenpeace Allemagne estimait que les firmes pétrolières européennes ont, sur le seul mois de mars 2026, engrangé 2,5 milliards d’euros de bénéfices supplémentaires du fait de la hausse des cours de l’or noir.

Le gouvernement se refuse à toucher à cette manne. « Vous ne pouvez pas inventer un impôt comme ça d’un claquement de doigts en milieu d’année », avait justifié fin avril le premier ministre, estimant qu’il s’agissait d’un « sujet pour l’année prochaine », tandis que la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, appelait à ne pas « tomber dans le Total bashing », l’entreprise ayant choisi volontairement de limiter son prix à la pompe à 1,99 euro le litre.

Lecornu refuse les « aides généralisées »

« Nous sommes le seul pétrolier au monde à avoir pris une telle décision », a argumenté le patron de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, lors d’un entretien à Sud Ouest le 5 mai, se montrant menaçant : « En cas de surtaxe sur nos raffineries (…) nous ne pourrons pas maintenir le plafonnement dans nos stations en France. »

C’est que la gauche souhaite mettre le groupe à contribution. Les socialistes ont déposé une proposition de loi pour taxer les superprofits. Communistes et insoumis exigent un blocage des prix et envisagent une nationalisation entière de TotalEnergies pour les premiers, des activités françaises pour les seconds.

Les six milliards d’euros gelés en avril« dans une logique de précaution », expliquait alors le ministre de l’Économie Roland Lescure – se répartissent entre 4 milliards d’euros sur le budget de l’État et deux milliards sur celui de la Sécurité sociale. Moins d’argent pour les services publics et la protection sociale. Seront-ils débloqués ? Réponse ce jeudi : le premier ministre doit faire des annonces sur les fonds alloués au mois de juin. D’ores et déjà, Sébastien Lecornu refuse des « aides généralisées ». Car les rares fonds qu’en bon libéral il s’autorise à répartir le seront entre aides ciblées à quelques travailleurs et soutien aux secteurs en difficulté. Du saupoudrage.

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22 mai 2026 5 22 /05 /mai /2026 05:38
Pendant que Vincent Bolloré s'empare de la production cinématographique française, l'État coupe 173 millions d'euros dans la Culture. Avec Alexie Lorca et Aymeric Seassau, nous appelons à un nouveau pacte : les artistes et acteurs culturels doivent se savoir sous la protection de la nation tout entière.

Pendant que Vincent Bolloré s'empare de la production cinématographique française, l'État coupe 173 millions d'euros dans la Culture. Avec Alexie Lorca et Aymeric Seassau, nous appelons à un nouveau pacte : les artistes et acteurs culturels doivent se savoir sous la protection de la nation tout entière.

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20 mai 2026 3 20 /05 /mai /2026 05:40
Lettre du MODEF aux parlementaires de gauche sur le projet de loi pour la protection et la souveraineté agricole
Lettre du MODEF aux parlementaires de gauche sur le projet de loi pour la protection et la souveraineté agricole

Mesdames et Messieurs les Députés et Sénateurs du Nouveau Front Populaire,

Nous voulons vous interpeller sur le projet de loi d’urgence agricole pour la protection et la souveraineté agricole. L’examen du texte est prévu en séance publique à l’Assemblée nationale à partir du 19 mai pour un vote le 26 mai.

Cette proposition de loi apparaît comme une réponse aux exigences de l’Agriculture industrielle, intensive et productiviste avec un recours massif aux ordonnances qui contourne le débat démocratique.

Le MODEF est très inquiet par rapport aux mesures annoncées dans ce texte ! Cette loi prône des élevages industriels, la création de méga-bassines renommées « ouvrages de stockage d’eau » et des fermes agrivoltaïques.

Il est nécessaire de traiter la question des prix de base à la production afin de rémunérer le travail paysan ! En France, 43 % des agriculteurs ne dégagent pas un SMIC de leur activité selon l’étude de l’Observatoire de la rémunération équitable de Max Havelaar France.

Depuis des décennies, le gouvernement refuse de mettre en place des outils d’intervention sur les prix. Il faut arrêter avec les discours sur « l’économie administrée ». La compétitivité des productions a conduit à la disparation de nombreux paysans et la dégradation du revenu paysan au profit des grands groupes de l’agro-industrie et de la distribution.

Mesdames et Messieurs les Députés, nous vous demandons de voter unanimement le nouvel article 19 bis (nouveau). Il permettrait d’améliorer le revenu des paysan.nes même si nous souhaiterions des prix minimums garantis par l’État.

Cet article prévoit une clause de révision automatique des prix du contrat en fonction de la variation, à la hausse ou à la baisse, du coût des matières premières agricoles entrant dans la composition du produit alimentaire ou du produit destiné à l’alimentation des animaux de compagnie.

Les parties fixent les modalités selon lesquelles le prix convenu est révisé. Ces modalités prennent en comptent plusieurs indicateurs disponibles reflétant l’évolution du prix des matières premières et des facteurs de production, incluant obligatoirement des indicateurs relatifs aux coûts de l’énergie, dont le Gazole Non Routier (GNR).

La grande distribution et les industriels refusent de rouvrir les négociations commerciales alors que les coûts de production ont augmenté à cause du conflit au Moyen-Orient et les prix payés aux producteurs de viande bovine, volaille, porcs … chutent.

Le rapporteur a demandé aux auteurs de l’amendement de préciser pour la séance publique la définition exacte du « coût de production retenu ». Aujourd’hui, nous avons tous les outils pour déterminer les coûts de production par production, par bassin de production avec FranceAgriMer, l’IDELE – institut de l’élevage, les cabinets comptables et les Chambres d’Agriculture.

Le Directeur des marchés, études et prospectives de FranceAgriMer a présenté une étude très précise sur le GNR à la réunion filière organisée par la Ministre de l’Agriculture et le Ministre des PME. 88 % des exploitations agricoles utilisent du GNR. La charge de GNR est une charge constante pour les fermes agricoles. Elle représente 3 % des charges et s’élève en moyenne à 8 732 € en 2024.

Cette loi ne répond pas aux attentes des paysan.nes en colère et des fermes familiales. Le MODEF souhaite une loi valorisant une alliance entre le travail des paysans et les valeurs d’usage des biens communs globaux.

Nous voulons une loi agricole soucieuse des paysans, de la rémunération de notre travail, de la préservation de la biodiversité et de la santé, tout en luttant contre les souffrances de la précarité alimentaire. Elle traiterait de l’installation de centaines de milliers de jeunes sur des unités de production à taille humaine, d’une revalorisation des retraites agricoles à hauteur du SMIC net, d’un véritable droit à l’alimentation, d’une caisse mutualiste publique pour les aléas climatiques …

L’agriculture comme l’ensemble des productions humaines subit de plein fouet les contradictions du système de production capitaliste. Mesdames, Messieurs les Députés, on compte sur vous pour éviter la disparition des fermes familiales.

                                                                                                 

Victoire VIOLANES                                                                         Frédéric MAZER

Co-Présidente du MODEF                                                           Co-président du MODEF

 

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20 mai 2026 3 20 /05 /mai /2026 05:24
Frais de scolarité des étudiants extracommunautaires : l’impasse gouvernementale de la sélection par l’argent - Tribune de Camille Mongin, secrétaire nationale de l'Union des Etudiants Communistes, dans L'Humanité du 19 mai 2025
Frais de scolarité des étudiants extracommunautaires : l’impasse gouvernementale de la sélection par l’argent

Tribune

Par Camille Mongin, secrétaire nationale de l’Union des étudiants communistes (UEC)*.

À l’heure où se prépare le budget 2026, le gouvernement choisit de durcir une politique déjà largement contestée : l’imposition des frais d’inscription différenciés pour les étudiants étrangers. Face à ces orientations, nous devons soutenir la vision d’un service public de l’enseignement supérieur accessible à toutes et tous.

Cette orientation ne sort pas de nulle part. En 2019, le plan « Bienvenue en France » marquait une rupture majeure avec le principe d’égalité d’accès à l’enseignement supérieur. Sous couvert d’attractivité internationale, il introduisait des droits d’inscription multipliés par 16 pour les étudiants hors UE. Nous l’affirmons : faire payer davantage les étudiants étrangers ne rend pas l’université française plus attractive, cela la rend simplement plus injuste.

Face à cela, de nombreuses universités avaient refusé d’appliquer ces hausses, maintenant un accès plus égalitaire. Mais aujourd’hui, le gouvernement persiste et impose. Le 20 avril dernier, le ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Espace, Philippe Baptiste, a décidé de passer en force contre les résistances, en annonçant la fin de la possibilité pour les universités d’exonérer les étudiants extracommunautaires de ces frais d’inscription différenciés. Ils devront donc débourser à la rentrée universitaire 2 895 euros en licence et 3 941 euros en master.

Ce choix n’est pas technique, il est profondément politique. Il intervient dans un contexte d’autonomisation forcée des universités auxquelles l’État impose de fausses solutions budgétaires. Il entérine une transformation de l’enseignement supérieur français, désormais alignée sur les logiques du marché, où les étudiants deviennent des clients solvables.

Ce choix est une impasse, et il aggrave des situations déjà critiques. Une université qui sélectionne par l’argent renonce à sa mission de service public.

 

En 2024-2025, un étudiant sur six dans les universités françaises était international. Parmi eux, 40 % déclarent ne pas pouvoir couvrir leurs besoins essentiels, contre 16 % des étudiants français. Seuls 2 % des étudiants extracommunautaires sont éligibles aux bourses sur critères sociaux. La suppression des APL pour les étudiants hors UE et non boursiers a déjà renforcé leur précarité. L’accumulation de ces mesures exclut une partie de la jeunesse mondiale et fait d’elle une véritable variable d’ajustement budgétaire.

Dans ces conditions, étudier devient pour beaucoup un combat quotidien. Faute de ressources, nombre d’étudiantes et d’étudiants étrangers sont contraints de travailler pour continuer leurs études. Ces emplois se font bien souvent dans l’ombre : travail non déclaré, horaires extensifs, absence de droits. Cette politique alimente ainsi la constitution d’une main-d’œuvre précaire, corvéable et à la merci du patronat. Elle organise, de fait, l’exploitation de celles et ceux qu’elle prétend accueillir.

Cette situation pose une fois de plus la question de l’enseignement supérieur que nous voulons : voulons-nous d’un enseignement supérieur qui continue de trier et précariser les étudiants ? Ou voulons-nous un service public du savoir, ouvert, fondé sur la coopération ?

Il est urgent de le réaffirmer : les étudiants étrangers ne sont pas une charge pour la France mais un maillon essentiel de la production scientifique nationale. En persistant dans cette voie, le gouvernement fait un choix clair : celui d’une université inégalitaire, fermée trahissant l’exigence d’un service public de partage et de construction collective des connaissances. Nous refusons ce basculement. Défendre l’égalité d’accès à l’enseignement supérieur, c’est affirmer que le savoir est un bien commun – et qu’il ne saurait être réservé à celles et ceux qui peuvent payer.

Nous demandons l’abrogation immédiate des frais d’inscription différenciés et le rétablissement d’un accès égal à l’enseignement supérieur pour tous les étudiants, quelle que soit leur nationalité. Le savoir n’est pas une marchandise. L’université n’est pas un marché. Étudier en France ne doit jamais devenir un privilège.

 

* Camille Mongin, étudiante en biologie, était secrétaire départementale du Mouvement des Jeunes Communistes dans le Finistère et candidate du PCF à Brest sur la liste de la Gauche unie pour Brest en mars 2026 (Note du Chiffon Rouge)

 

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20 mai 2026 3 20 /05 /mai /2026 05:20
Liste noire : Bolloré veut réduire les artistes au silence - Éditorial de l'Humanité par Maud Vergnol  le 18 mai 2026
Liste noire : Bolloré veut réduire les artistes au silence
 
Éditorial de l'Humanité par Maud Vergnol
 
 le 18 mai 2026
 
Il est des scènes qui résument une époque. Celle jouée dimanche à Cannes en fait partie. Là même où le cinéma est censé célébrer la liberté de création, le directeur de Canal Plus a annoncé que les 600 signataires de la tribune « Zapper Bolloré » ne travailleraient plus avec son groupe. Une liste noire, en somme.
« Il n’y a pas d’alternative à Canal Plus » : la phrase tourne en boucle dans la profession, comme un mantra fataliste. C’est faux. Les alternatives existent, à condition d’avoir une ambition politique, de « renoncer au renoncement », pour empêcher, comme alertait Jack Ralite, que « l’esprit des affaires l’emporte sur les affaires de l’esprit ».
Les idées ne manquent pas pour reconstruire une véritable politique culturelle, comme la France a su le faire avec talent à plusieurs reprises dans son histoire. Quand les rédactions et les maisons d’édition tombent les unes après les autres dans l’escarcelle du milliardaire, que le spectacle vivant étouffe sous l’austérité budgétaire et que les artistes sont sommés de choisir entre leur parole et leur carrière, il est grand temps de se réveiller.
Partout, la concentration économique transforme progressivement la culture en industrie de validation idéologique et commerciale. À un an de la présidentielle, la gauche aurait tort de considérer la culture comme un sujet secondaire ou décoratif. Dans les temps de crise, la culture n’est jamais un luxe. Elle est la condition de notre humanité.
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