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9 août 2026 7 09 /08 /août /2026 05:00

 

1936 fut une année magnétique, l’année du Front populaire ! Notre hebdomadaire Communistes lui rend hommage en évoquant, chaque semaine de 2026, des événements survenus la semaine équivalente (ou presque) de 1936.

18/24 mai 1936 (20) Et le droit de vote des femmes ?

Tout au long de la semaine, les grèves se multiplient (la corporation des ouvriers du bâtiment met en avant la semaine de 40 heures), les meetings aussi. À Paris, le PC peut tenir deux grands meetings le même soir, l’un à Japy, l’autre à Wagram. Des mots d’ordre peuvent se télescoper, genre « Vive le Front populaire ! » et « Des Soviets partout. » Une puissante manifestation (on parla de 600 000 manifestants) est organisée le dimanche 24 mai au Père-Lachaise en hommage à la Commune de Paris. Des titres de la presse communiste font le lien entre la Commune et le Front populaire, comme : « Elle aura sa revanche ! » ou « Elle revivra. »

Les consultations pour la constitution du gouvernement Blum se poursuivent. La CGT, sollicitée, a fait savoir qu’elle n’y participerait pas mais elle soutiendrait. Politique française toujours : l’écrivain d’extrême droite Charles Maurras, chef de l’Action française, est condamné à huit mois de prison pour ses appels au meurtre contre Léon Blum.

Le 23 mai, Jacques Duclos donne une interview au journal L’Intransigeant sur le vote des femmes. L’Humanité publiera cet entretien le lendemain.

« L’égalité des sexes est une conception fondamentale de notre doctrine, dit Duclos. Égalité politique et sociale qui suppose le droit de vote et l’accession des femmes aux postes les plus importants. Ce n’est pas d’aujourd’hui que nous luttons pour ce principe. En 1925, nous avons déjà présenté des candidates en banlieue. Quelques-unes auraient eu même assez de voix pour être élues s’il n’y avait pas eu l’annulation. »

Comme le journaliste lui fait remarquer que le droit de vote des femmes ne figure pas dans le programme du Front populaire, il répond : « Peu importe qu’il ne soit pas question d’émancipation féminine dans le programme puisque le préambule de ce programme parle de justice pour tous. Nous la devons donc aux femmes. Nous appuierons tous les efforts quels qu’ils soient qui tendraient à faire entrer la femme dans la vie publique. Nous pensons que la nouvelle chambre ne doit pas tarder à se prononcer sur le vote des femmes. Nous agirons de manière à ce que ce problème ne soit pas différé. »

À l’international, on parle de paix (un article de Nizan, un autre de Dimitrov), de Palestine, de la terreur nazie en Allemagne. Un articulet (le 24, p. 3) est titré « Wychinski demande la peine de mort pour Sementchouk. » Il s’agit du procureur général qui va sévir lors des grands procès de Moscou (1936/1938).

Gérard Streiff

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7 août 2026 5 07 /08 /août /2026 05:00

 

1936 fut une année magnétique, l’année du Front populaire ! Notre hebdomadaire Communistes lui rend hommage en évoquant, chaque semaine de 2026, des événements survenus la semaine équivalente (ou presque) de 1936.

11/17 mai 1936 (19) « Les cousettes »

Alors que Léon Blum consulte les partis en vue de constituer son gouvernement (que le PCF soutiendra, donc, mais sans y participer), les grèves ont tendance à se multiplier ces derniers jours aux quatre coins de la France, par exemple dans l’entreprise Bloch de Courbevoie (700 salariés). Il s’agit de grèves le plus souvent pour les salaires et volontiers victorieuses.

« Il faut améliorer les salaires », écrit d’ailleurs Benoit Frachon, secrétaire de la CGT (le 14 mai). Dénonçant le scandale des petits salaires, « des salaires de famine », il assure : « Le pain, ce premier mot d’ordre du rassemblement populaire, il faut le donner à tous ceux qui en manquent. » Dans le même numéro de l’Humanité, Gaston Monmousseau, devenu député de Noisy-le-Sec, ajoute : « La lutte contre le grand capitalisme à l’intérieur des entreprises pour les revendications sont une des conditions essentielles du succès du mot d’ordre : améliorer le sort des travailleurs, faire payer les riches. N’est-ce point dans les meilleures traditions du syndicalisme français ? »

En fin de semaine, le quotidien communiste liste une série de « grèves et, ce qui est plus important, une série de victoires. Les mineurs de fond des bassins du Nord et du Pas-de-Calais, du Gard, de la Moselle, de la Loire, du Tarn, des Bouches-du-Rhône, de l’Aveyron ont obtenu un réajustement de leurs conditions de travail leur procurant certaines augmentations de salaires. »

« Les midinettes en ont assez ! » : Le journal accorde une place toute particulière au combat des femmes salariées. Les femmes, qui n’ont pas pu participer aux élections, privées du droit de vote, jouent un rôle important dans le combat social, montre le quotidien, qui rappelle que, dès 1917, elles étaient à l’initiative d’un « grand mouvement de grève qui fit trembler le patronat et l’état-major », ainsi que la Chambre des députés qui adopta alors une loi sur la semaine anglaise. Dans une série d’articles sur les ouvrières de la couture, le journal insiste : « Depuis des semaines, une grande effervescence se manifeste parmi les cousettes parisiennes. »

À l’international, il est surtout question de l’intervention de l’Italie mussolinienne en Éthiopie, de la nomination de Manuel Azana à la présidence de la République espagnole ; on parle aussi d’une campagne de solidarité avec Ana Pauker, dirigeante communiste roumaine. Responsable de l’Internationale communiste, Ana Pauker a été la compagne d’Eugen Fried (qui fut le représentant de la IIIe Internationale auprès du PCF). Son procès devait avoir lieu à Bucarest le 14 mai, il a été repoussé à l’automne. Ana Pauker a entamé une grève de la faim.

Gérard Streiff

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5 août 2026 3 05 /08 /août /2026 05:00

 

1936 fut une année magnétique, l’année du Front populaire ! Notre hebdomadaire Communistes lui rend hommage en évoquant, chaque semaine de 2026, des événements survenus la semaine équivalente (ou presque) de 1936.

4/10 mai 1936 (18) Soutien sans participation !

Trois jours après ce second tour triomphal, Maurice Thorez et Jacques Duclos réunissent la presse à la Mutualité. Dans une déclaration liminaire (intégralement reprise dans l’Humanité du dimanche 10), le secrétaire général estime que le vote massif pour les candidats communistes, pour ceux du Front populaire est motivé par une volonté de paix (et la hantise de Hitler), par une aspiration démocratique (et la dissolution des ligues factieuses), par un désir de progrès social (salaires et semaine de 40 heures). Il juge que le slogan communiste qui a connu le plus grand succès est celui qui demande « une France libre, forte, heureuse ». À présent, pour faire autrement, il faut faire payer les riches et il reprend les cinq résolutions que le nouveau groupe parlementaire communiste vont déposer (ce sont les cinq demandes déjà présentées par lui le 1er mai, voir l’article précédent) : nouvelle politique sociale, familiale, sportive, agricole.

Ce qui implique de changer de gouvernement. Thorez précise : « Il revient au parti le plus important de la nouvelle majorité, avec lequel nous sommes liés par un pacte d’unité d’action, de prendre la direction des affaires publiques. » Autrement dit la SFIO de Blum. « Pour notre part, nous l’assurons de notre appui complet à la chambre et dans le pays pour l’application d’une politique conforme aux aspirations indiquées par notre peuple dans le dernier scrutin. Nous ne participerons pas : nous l’avons dit et répété très loyalement au cours de notre campagne électorale. »

Il ajoute : « Nous sommes le Parti communiste, nous avons l’ambition et la volonté de conduire notre peuple vers une meilleure société où la possession des grands moyens de production sera le fondement du pouvoir des travailleurs libérés du joug du capital. En attendant, nous voulons soutenir sans réserve les forces démocratiques et de paix, appuyer tout effort pour améliorer le sort des travailleurs. »

Ajoutons encore cette phrase : « Nous voyons comme condition essentielle du succès du Front populaire : sa cohésion, son organisation, l’action des masses. »

L’autre caractéristique de cette semaine très politique, ce sont les ouvriers, les paysans, les syndicats qui haussent le ton. Benoit Frachon fait la Une de l’Humanité du 8 mai avec ce titre : « La CGT devant les problèmes actuels ». Il se félicite du résultat des élections et il note : « Il s’agit maintenant de cueillir les fruits de la victoire, de satisfaire aux légitimes revendications des masses laborieuses. La CGT entend bien faire l’impossible pour qu’un résultat positif soit obtenu dans les délais les plus courts.

(…) Les syndicats ne réclameront rien qui soit irréalisable. Ils demanderont tout ce qui peut être fait, même si cela nécessite de bousculer les routines ou de porter atteinte aux privilèges des oligarchies.»

Gérard Streiff

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3 août 2026 1 03 /08 /août /2026 05:00

 

1936 fut une année magnétique, l’année du Front populaire ! Notre hebdomadaire Communistes lui rend hommage en évoquant, chaque semaine de 2026, des événements survenus la semaine équivalente (ou presque) de 1936.

27 avril /3 mai 1936 (17) La victoire !

Outre la tenue d’un Premier Mai très offensif « pour le pain, la paix, la liberté », toute cette semaine est tendue vers le second tour des législatives du 3 mai. On note dans le quotidien communiste du 1er mai un article, à la Une, de Maurice Thorez (réélu à Ivry), intitulé « Les projets des communistes ». Le groupe communiste à la Chambre, dit-il, va proposer dès la semaine suivante une résolution « pour faire payer les riches » et il déposera cinq demandes précises : 1) Un vaste programme de grands travaux et un rajustement des salaires ; 2) La suppression des décrets-lois (de Laval) socialement injustes ; 3) La protection de l’enfance, des familles (nombreuses) ; 4) Une grande politique d’éducation physique et de sport ; 5) La revalorisation des produits agricoles. En outre, le groupe exigera « une commission de moralité » pour vérifier l’origine des fortunes des politiciens (comme Laval par exemple…).

Faisant suite à un premier tour très prometteur, la victoire est au rendez-vous le 3 mai : le PCF compte 72 élus (contre 12 en 1932), le PS 149, les radicaux (en recul) 110. Les élus du Front populaire emportent la majorité de la Chambre, 386 députés sur 610. Parmi les nouveaux élus communistes, on signale : Jacques Duclos, Gabriel Péri, François Billoux, Ambroise Croizat, Georges Cogniot, Charles Tillon, Etienne Fajon, Waldeck Rochet, Virgile Barel, Prosper Mocquet, Jean Catelas. Dans la Seine, sur 60 circonscriptions, le Front populaire détient 39 sièges dont 32 communistes.

Marcel Cachin (le 4 mai) fait part de « sa grande joie », non seulement du succès communiste et des candidats du Front populaire mais, dans le même temps, de la défaite des candidats fascistes « et des chefs les plus insolents des factieux » comme Gignoux, « l’homme du Comité des forges », ou Marcel Déat, ministre de l’Air. Les réactionnaires, écrit-il, « vont répéter que c’est la Révolution, que c’est la fin du pays et que ce sera demain le désordre et le chaos. Ils vont reprendre leurs propos menteurs sur l’Espagne et les prétendus excès du Front populaire dans la péninsule ibérique. Le peuple de notre pays conservera tout son sang-froid devant ces absurdes violences de langage, il se préparera avec calme à faire passer dans la réalité le programme du Front populaire. »

À l’international, ces jours de la fin avril 1936 en Palestine mandataire marquent le début de « la grande révolte arabe », un mouvement de rébellion des territoires sous mandat britannique, qui va durer plusieurs années et qui demande notamment la création d’un État arabe indépendant.

Gérard Streiff

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1 août 2026 6 01 /08 /août /2026 12:51

 

1936 fut une année magnétique, l’année du Front populaire ! Notre hebdomadaire Communistes lui rend hommage en évoquant, chaque semaine de 2026, des événements survenus la semaine équivalente (ou presque) de 1936.

20/26 avril 1936 (16) Le PCF double ses voix !

L’actualité de la semaine se concentre naturellement sur l’enjeu du premier tour des élections législatives du dimanche 26 avril.

La campagne est dynamique et le ton du journal l’Humanité est résolument offensif.

Les formes d’intervention militante bougent. Après Maurice Thorez à Radio-Paris, nombre de dirigeants communistes « parlent au poste de Paris-PTT » par exemple.

Le PC publie une Bande dessinée, reproduite dans le quotidien communiste, intitulée « Franchard et Lavisé » et signée « Image d’Épinal ».

Les derniers jours de la campagne, l’Humanité décline en Une les raisons de voter communiste : « Pour l’ordre, votez communiste ! » (24/4) ; « Pour la liberté, votez communiste ! » (25/4) ; « Votez communiste ! Contre la guerre ! Contre le fascisme ! Contre la misère ! » (26/4).

Rappelons que seuls les hommes ont le droit de vote ; d’où un article vindicatif du journal, le 22/4 : « La femme française doit voter ».

Un autre sujet toutefois s’invite également dans l’actualité. C’est l’amorce d’un mouvement social. Une grève est annoncée dans les bassins miniers, des corporations bougent : meetings des ouvriers du bâtiment, des travailleurs du vêtement, demandes des ouvriers agricoles, des chauffeurs de taxi, réunions des travailleurs des services publics. La fête du travail s’annonce puissante. La CGT va organiser 215 meetings dans les principales villes. « Contre la misère ! Participez aux manifestations du Premier mai », titre le quotidien, page 5, le jour même de l’élection.

C’est dans ce cadre que tombent, dimanche soir, les résultats tout à fait spectaculaires du premier tour. Le PCF double ses voix ; il passe de 796 000 voix en 1932 à 1 500 000. Soit de 6,7 % en 1932 à 12,5 (on trouve aussi ces chiffres : de 8,3 % à 15,2).

Neuf députés communistes sont élus au premier tour dont le secrétaire général Maurice Thorez, André Marty, qui est alors secrétaire de l’Internationale communiste, Renaud Jean, issu du monde rural, Arthur Ramette, député du Nord, le cheminot Gaston Monmousseau, l’écrivain et journaliste Paul Vaillant-Couturier. On parle de 60 ballottages favorables.

Le PS enregistre 1 900 000 voix et le parti radical 1 400 000.

Un double titre barre la Une de l’Humanité du lendemain : « Éclatante victoire du Parti communiste » (le journal l’Unité titrera début mai : « Éclatante victoire du Parti socialiste ») ; et « Discipline au second tour pour le triomphe du Front populaire ».

Gérard Streiff

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30 juillet 2026 4 30 /07 /juillet /2026 05:00

 

1936 fut une année magnétique, l’année du Front populaire ! Notre hebdomadaire Communistes lui rend hommage en évoquant, chaque semaine de 2026, des événements survenus la semaine équivalente (ou presque) de 1936.

13/19 avril 1936 (15) Le PCF à la radio

L’événement politique de la semaine, à dix jours du premier tour, est sans conteste l’intervention de Maurice Thorez le 17 avril sur Radio-Paris, radio d’État depuis 1933, dite « le poste national », relayé par toutes les antennes locales, donc diffusé aux quatre coins du pays. La presse communiste parle de l’émission depuis plusieurs jours, des écoutes collectives sont organisées. Le discours de Maurice Thorez est intégralement publié dans l’Humanité du 18 : « Pour une France libre, forte et heureuse ». « Un vent de détresse souffle sur notre beau pays », proclame le dirigeant qui dénonce les 200 familles, responsables de la crise, le poids des banques, la dureté de la crise, la ruine des paysans, la dégradation morale entretenue par les fascistes, « diviseurs de Français. » « Le fascisme, c’est la guerre », insiste le dirigeant, qui pointe les complices de Hitler, montre que les riches doivent payer et conclut sur la volonté d’unir, de réconcilier le peuple de France. Le discours se termine en effet par un appel aux catholiques (« nous te tendons la main, catholique, ouvrier, employé, artisan, paysan, nous qui sommes des laïques parce que tu es notre frère et que tu es comme nous accablé par les mêmes soucis ») et un rappel que « les communistes ont réconcilié le drapeau tricolore de nos pères et le drapeau rouge de nos espérances ».

L’actualité internationale est toujours aussi chargée : tensions entre Arabes et juifs en Palestine, intervention italienne en Éthiopie, provocations répétées d’Hitler, agitations fascistes en Espagne (on note un article de Paul Nizan). Alors que les menaces de guerre sont partout, « les diplomates sont en vacances », ironise l’Humanité.

À Paris, le 16 avril, se tient une « Mutu » en solidarité avec Ernst Thaelmann, chef du PC allemand, détenu à la prison berlinoise d’Alt-Moabit, à l’occasion de son cinquantième anniversaire. À la tribune, sous la présidence d’André Malraux, Florimond Bonte (PC), Jean Longuet (PS), Jacques Kayser (parti radical), Chauvet (Secours rouge).

Dans l’actualité sociale, on note une multiplication des grèves et des actions revendicatives : aux usines Berliet de Vénissieux ; chez les métallos de Longwy ; chez les « textiles » de Vaulx-en-Velin ; chez les papetiers de Saint-Junien ; dans la confection pour hommes ; dans le métro. Etc. Le congrès des (140 000) mineurs, à Lens, décide une grève générale le 1er mai, si le patronat reste sourd à ses demandes. Se prépare en effet un 1er mai combatif, dans le privé et dans « les grands services publics ». Le premier mai cette année tombe entre les deux tours des élections législatives… 

Gérard Streiff

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28 juillet 2026 2 28 /07 /juillet /2026 05:00

 

1936 fut une année magnétique, l’année du Front populaire ! Notre hebdomadaire Communistes lui rend hommage en évoquant, chaque semaine de 2026, des événements survenus la semaine équivalente (ou presque) de 1936.

6/12 avril 1936 (14) Espagne, en avant !

Les Cortes destituent le 7 avril le président de la République Zamora (Niceto Alcala-Zamora y Torres) ; il sera remplacé par Manuel Azana, qui était chef du gouvernement du Frente popular depuis février. C’est une grande figure du républicanisme espagnol.

L’enjeu espagnol passionne le public français et l’Humanité vient de consacrer vingt longs reportages à ce pays sous le titre « Espagne, en avant ! » Cette série se termine (11 avril) sur un entretien avec le leader socialiste (de gauche) Alvarez del Vayo. Celui-ci estime que le Frente popular est à l’avant-garde de la lutte pour la paix. Le journaliste (Laurent Darnar) rebondit sur ce terme et conclut ainsi ses enquêtes : « À l’avant-garde ! Tel est le mot qui clora cette enquête. À l’avant-garde dans la lutte contre le fascisme (…), voilà l’Espagne ! À l’avant-garde dans les mesures sociales et économiques qui libèrent le paysan, lui donnent le sol, améliorent le sort de l’ouvrier, défendent le petit commerçant contre l’usure et la haute finance, voilà l’Espagne ! (…) La meute réactionnaire peut hurler chez nous. Elle regrette qu’on ne puisse plus en Espagne abattre les travailleurs au coin des rues. Elle hait l’exemple de liberté donné par le Front populaire d’Espagne. C’est pourquoi nous, nous exaltons cet exemple. »

Un débat traverse le monde politique et sportif : faut-il participer aux prochains Jeux Olympiques de Berlin ? « Nous nous sommes prononcés, écrit l’Humanité, il y a plus d’un an contre la tenue à Berlin des Jeux Olympiques. Un mouvement populaire est né qui s’est assigné cette tâche d’honneur. (…) Nous communistes approuvons ce mouvement qui, loin de tout chauvinisme, ne vise au contraire qu’à soutenir de toutes ses forces la lutte que le peuple allemand mène contre ses bourreaux. Avec tous les amis de la paix, avec tous les ennemis du fascisme, nous crions : Pas un sou, pas un homme pour les Jeux Olympiques de Berlin ! »

Le 12 avril, le quotidien communiste publie son bilan financier. Son tirage serait passé de 211 000 en 1934 à 217 000 en 1935 et à 234 000 pour les six derniers mois et une vente qui dépasserait largement les 200 000 exemplaires par jour.

Dans le cadre de la campagne électorale, la radio occupe une part de plus en plus importante. On se rappelle que l’État avait racheté en 1933 « Radio-Paris » pour en faire le « Poste national ». Le quotidien communiste annonce ainsi que le 17 avril prochain, le représentant du PCF parlera de 20 h à 20 h 30 « au micro du Poste national. (…) C’est avec la plus grande satisfaction, nous en sommes persuadés, que les sans-filistes ont appris cette nouvelle et nous sommes persuadés qu’ils seront par dizaines et centaines de milliers à l’écoute pour entendre la voix de notre grand parti. »

Gérard Streiff

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26 juillet 2026 7 26 /07 /juillet /2026 05:00

 

1936 fut une année magnétique, l’année du Front populaire ! Notre hebdomadaire Communistes lui rend hommage en évoquant, chaque semaine de 2026, des événements survenus la semaine équivalente (ou presque) de 1936.

30 mars/5 avril 1936 (13) La vie est à nous

Les élections ayant lieu dans trois semaines, l’Humanité publie le 30 mars toute une série d’affiches communistes pour la campagne électorale (« Pour faire payer les riches, Votez communiste » ou « Pain, paix, liberté. Votez communiste ») ; puis, sur deux pleines pages, le 5 avril, la liste des 608 candidats communistes aux prochaines législatives.

La menace de guerre est omniprésente. Après la Rhénanie, on parle maintenant des ambitions allemandes sur l’Autriche et la Tchécoslovaquie. Le dimanche 5 avril se tient un puissant meeting « Pour la paix indivisible ! » à l’appel du PC (le quotidien communiste parle de 80 000 personnes) au stade Buffalo. Les discours de Maurice Thorez et de Marcel Cachin fustigent « Hitler fauteur de guerre » et « les hitlériens français ses complices ! » L’éditorial que signera le lendemain le directeur de l’Huma proclame : « Dissolution des ligues fascistes ! Les Soviets partout ! »

Dans la page Entreprises du quotidien, le secrétaire de la Fédération du textile prend de front la question : « Faut-il détruire les machines ? » pour réduire le chômage. Il trouve cette solution stupide et propose notamment comme remède les 40 heures.

Sortie du film « La vie est à nous ». Réalisé, bénévolement, à la demande du Parti communiste, pour les élections législatives, par un collectif d’artistes et de techniciens : Jean Renoir, Jacques Becker, Jean-Paul Le Chanois, Henri Alekan, Jacques B. Brunius, André Zwobada, Pierre Unik, Henri Cartier-Bresson... « Je dois à ce film d’avoir vécu dans l’esprit exaltant du Front populaire », dira Jean Renoir. (Le coffret du film est disponible à l’association Ciné-Archives.)

Dans son numéro du 3 avril, l’Humanité commente : « Le Parti communiste a su comprendre la valeur collective du cinéma, sur laquelle déjà Lénine avait tant insisté. Ce sera une grande fierté pour les communistes que leur parti ait pu grouper pour la réalisation de ce film des hommes venus d’un peu partout, dont beaucoup, hier, s’ignoraient encore, et leur ait donné la possibilité de se rejoindre, de travailler ensemble avec passion, avec leur amour du bon travail, avec leur dévouement à la cause des masses populaires. »

Côté faits divers, les USA annoncent l’exécution sur la chaise électrique de Bruno Hauptmann : il était accusé de l’enlèvement (en mars 1932), avec demande de rançon, et de la mort de la fille de l’aviateur Charles Lindbergh, âgée de 20 mois. L’affaire avait suscité une telle émotion qu’un journaliste US put la considérer comme « l’histoire la plus intéressante depuis la résurrection. »

Gérard Streiff

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24 juillet 2026 5 24 /07 /juillet /2026 05:00

 

1936 fut une année magnétique, l’année du Front populaire ! Notre hebdomadaire Communistes lui rend hommage en évoquant, chaque semaine de 2026, des événements survenus la semaine équivalente (ou presque) de 1936.

23/29 mars 1936 (12) Romain Rolland

« Élections partielles : Succès partout ! » se félicite Paul Vaillant-Couturier en Une de l’Humanité du 24 mars. Il énumère les résultats communistes dans le Var (Saint-Raphaël), dans l’Oise (Creil), en Seine-et-Oise (Meudon), à Aulnay-sous-Bois. Des résultats qui apportent un démenti au discours de la droite selon lequel les tensions internationales allaient détourner les électeurs du Front populaire, et singulièrement du PCF.

Les groupes factieux français s’agitent et s’arment. Ainsi la police vient de découvrir tout un arsenal (mitrailleuse allemande, parabellum et divers revolvers) chez les Croix-de-Feu de Nice. « Ces armes étaient destinées à la défense de nos amis en cas de besoin », déclare Maurice Pujo, un chef des Camelots du roi.

À Montreuil s’est tenu le congrès national des Comités de défense de l’Humanité, en présence de Marcel Cachin et de Paul Vaillant-Couturier.

Le quotidien communiste publie en feuilleton le roman de Romain Rolland Colas Breugnon, publié en 1919. Un texte va bientôt (1936/1938) être adapté en opéra par Dimitri Kabalevsky. Le 70e anniversaire du prix Nobel de littérature de 1915 avait été fêté par l’ensemble de la gauche fin janvier.

Toute une page du quotidien, intitulée « Sur le front du travail », est consacrée aux entreprises : vie syndicale, luttes, organisation de chômeurs (dans le 11e arrondissement parisien), grèves…

Une rubrique du journal intitulée « Au pays du socialisme » informe sur l’état de la production industrielle lourde de l’URSS, sur sa production alimentaire ; il y est question de l’esprit inventif des ouvriers « dont l’afflux des propositions s’est particulièrement renforcé à la suite du mouvement de Stakhanov ».

Les questions de guerre et de paix sont toujours omniprésentes. L’Italie agresse l’Éthiopie. Hitler qui vient de réarmer la Rhénanie défie la France et l’Angleterre. Une affiche communiste intitulée « Que veut Hitler ? » suscite un bel intérêt. On parle d’une intervention japonaise contre les rouges en Chine.

Les élections au Reichstag ont lieu le 29 mars, quelques jours à peine après la remilitarisation de la Rhénanie. Les nazis obtiennent 44 millions de voix (98 %), on compte 500 000 votes contre (1 %). Le parti nazi emporte 722 députés (et 19 sympathisants), soit 100 % des sièges. « Un plébiscite sous la terreur », titre l’Humanité qui ajoute : « Sous la terreur et dans l’illégalité, les communistes ont mené une ardente campagne contre la politique de guerre de la croix gammée. »

Gérard Streiff

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22 juillet 2026 3 22 /07 /juillet /2026 05:00

 

1936 fut une année magnétique, l’année du Front populaire ! Notre hebdomadaire Communistes lui rend hommage en évoquant, chaque semaine de 2026, des événements survenus la semaine équivalente (ou presque) de 1936.

16/22 mars 1936 (11) Le sinistre Maurras

Charles Maurras passe devant la 10e chambre correctionnelle, poursuivi pour provocation au meurtre. Le doctrinaire de l’extrême droite, né en 1868, directeur de l’Action Française, antisémite virulent, est tenu pour responsable de la tentative de lynchage de Léon Blum le 13 février. Il a écrit des articles meurtriers contre le leader socialiste, « ce juif allemand naturalisé » qui a « usurpé notre nationalité pour la décomposer et la démembrer. C’est un homme à fusiller, mais dans le dos. » Le 21 mars le tribunal le condamne à 4 mois de prison ferme, peine qui sera aggravée car il répète ses menaces de mort. Il se retrouvera à la Santé du 29 octobre 1936 au 6 juillet 1937.

Tenue à Marseille du 8e congrès national de la Jeunesse communiste, salle du Brébant. Aux murs des banderoles « Sauvons la jeune génération de sa détresse » et « Vive l’unité des jeunesses révolutionnaires et antifascistes ! », des portraits de Lénine, Staline, Cachin, Dimitrov. Raymond Guyot en est le secrétaire général.

Les pourparlers avec l’Allemagne nazie, suite à la remilitarisation de la Ruhr, ne donnent rien mais font toujours la Une. Au plan international encore, série de longs reportages de l’Humanité sur l’actualité espagnole. L’enquête s’ouvre sur une photo des arènes de Madrid où 70 000 personnes écoutent la Pasionaria pour un hommage à la femme espagnole pour le 8 mars : « L’Espagne a toujours laissé dans la mémoire des voyageurs une fanfare d’images, foules chaleureuses, paysages grandioses et nobles, soleil des esprits et du ciel. Mais dans ces jours de luttes des masses, quand triomphe le Front populaire porté au gouvernement, quand des millions d’hommes et de femmes, conscients, unis, résolus, ceux des champs et ceux des villes, liés par un espoir et un héroïsme communs, tiennent dans leurs mains leurs destinées, alors, que de souvenirs ardents ! »

Sur le front social, débat au Parlement sur la création d’une « Caisse des pensions ». Comment financer la Caisse ? On parle de lui affecter le montant de la loterie nationale. Dans le débat budgétaire, il est aussi question de supprimer « le prélèvement Laval (10 %) dont les anciens combattants réclament avec raison l’abrogation. »

La date des élections ayant été fixée, le député communiste Renaud Jean « demande que la campagne électorale soit ouverte dès à présent afin de permettre aux partis ouvriers – qui ne disposent pas des millions des 200 familles – de profiter du droit de non-timbrage des affiches pour riposter à l’offensive des puissances d’argent. »

Gérard Streiff

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