AESH, accompagnants d’élèves en situation de handicap.
Sylvie, Catherine, Véronique, Karine, Anne-Laure, Patrice, Tanguy, etc, tellement d’engagement humain et professionnel, de savoir-faire, de bienveillance, de compétence, d’humanité, de qualifications antérieures, pour faire progresser et permettre l’inclusion scolaire et la réussite d’enfants porteurs de handicap, tellement de professionnalisme, d’investissement dans la vie de mon collège.
Je travaille avec bonheur à leur côté au collège Pierre Mendès France de Morlaix depuis 10 ans. Et depuis 10 ans, notre équipe d’AVS, puis d’AESH, témoigne d’ailleurs d’une rare stabilité, pour un métier pourtant exigeant et difficile, et mal payé. Quasiment jamais absents, toujours volontaires pour participer à la vie du collège, aller au devant des besoins pédagogiques des élèves, communiquer avec les parents, les enseignants, la direction, la vie scolaire.
C’est comme ça partout, dans tous les collèges, ce sont des personnes et des fonctions extrêmement précieuses, devenues indispensables à la vie de nos collèges. Ce sont des membres à part entière de nos équipes éducatives.
Nationalement, la situation est plus compliquée : entre 2020 et 2023, pourtant, selon un syndicat, la CFDT, un tiers des AESH aurait démissionné.
850 euros net en moyenne, 1000 euros par mois après 10 ans d’ancienneté pour certains.
Des salaires qui permettent difficilement de finir le mois quand on vit seul avec ses enfants, notamment, et il faut rappeler cette profession est majoritairement féminine.
Plusieurs AESH ont par ailleurs eux-mêmes des situations de handicap ou des problèmes de santé.
Cette stabilité dans l’emploi malgré des faibles salaires témoigne du sens que ces professionnels donnent à leur métier et de la satisfaction qu’ils ont de l’exercer malgré tout grâce à sa dimension humaine, eux qui sont pleinement impliqués dans leur mission, pratiquant l’auto-formation, la recherche d’outils pédagogiques.
Ces maigres salaires pour des accompagnements de 24h/semaine (62 % d’un temps complet), et l’explosion des besoins suite à des évaluations plus systématiques des handicaps et difficultés, font que cette année, à la rentrée 2025-2026, 520 000 élèves porteurs de handicaps étaient scolarisés, dont 355 000 faisant l’objet d’une notification MDPH.
Mais 50.000 élèves porteurs de handicap étaient encore en attente d'un tel accompagnement d’AESH à l’échelle nationale.
Les AESH favorisent l’acquisition des connaissances mais aussi des compétences psycho-sociales indispensables pour s’intégrer ensuite à la vie sociale et professionnelle, cela malgré des handicaps de départ parfois lourd. Ils œuvrent au lien de confiance entre les parents et l’école.
Ce sont les piliers d’une école de plus en plus inclusive pour les élèves porteurs de handicap.
Dans le Finistère, le nombre total d’élèves scolarisés dans un établissement scolaire a nettement progressé entre 2014 et 2023, bien plus qu’au niveau régional : + 66,4 % contre + 53,6 % en Bretagne (selon les chiffres de la CREAI Bretagne)/ En 20 ans, depuis la loi Chirac de 2005, le nombre d’élèves en situation de handicap et à besoins particuliers scolarisés a triplé.
Leur mission réclame pour être bien exercée beaucoup de disponibilité, d’écoute, mais aussi beaucoup de finesse, de doigté, de diplomatie, de psychologie, d’esprit d’adaptation aux exigences et attentes des professeurs, comme aux particularités des élèves. Ils accompagnent couramment 3 ou 4 élèves par semaine, parfois jusqu’à 10.
Savoir être utiles à l’élève et répondre à ses besoins d’accompagnement objectivés dans la notification de la CDAPH sans faire à leur place, en les accompagnant vers plus d’autonomie, sans que ceux-ci aient l’impression d’être trop différents dans leur environnement classe.
Dans ces conditions, nous sommes consternés et scandalisés que la proposition de loi pour intégrer les AESH dans la fonction publique avec un temps de travail normal inférieur à la durée légale de 1607 h annuelles n’ait pas été retenue au niveau du Sénat suite au refus de la majorité de droite d’intégrer ce progrès social. La droite sénatoriale, soutenue par le ministère, a fait le choix du mépris par rapport aux attentes légitimes des 145 000 AESH (4000 en Bretagne, 1000 dans le Finistère)
"L'école inclusive est au bord de l'implosion. Il y a urgence", s'était alarmée la sénatrice socialiste Marie-Pierre Monier, signataire de cette proposition de loi. Son texte proposait de créer un "corps de fonctionnaire d'État de catégorie B pour les AESH", impliquant notamment une "formation théorique" et surtout "une rémunération sur la base d'un temps plein".
Le coût de cette mesure, évalué à 4,3 milliards d'euros par le ministère de l’éducation nationale d’Edouard Geffray, a été avancé pour justifier son rejet, malgré les protestations de la gauche au Sénat.
Ce refus de fonctionnariser les AESH, cette volonté de les cantonner dans le précariat, n’est pas admissible quand on connaît sur le terrain le caractère absolument indispensable de leur rôle pour l’inclusion des élèves et le fonctionnement de l’école.
De plus en plus, avec les PIAL, les AESH peuvent être sur plusieurs services dans plusieurs établissements, peuvent être mutés d’un établissement à l’autre, parfois pas sur le même cycle scolaire, au cours même de l’année. En Ille-et-Vilaine, le rectorat prétendait même pouvoir les affecter à 50 km de leur établissement d’origine et lieu de vie, malgré la cherté des transports et les difficultés d’organisation avec ces bas salaires. Ceux qui refusaient perdaient leur statut.
Citons aussi le scandale qu’il y a à déléguer aux communes le soin de payer les AESH dans le 1er degré sur les temps méridiens du midi.
Nous attendons beaucoup de la conférence nationale du handicap qui commence avec des comités de pilotage cette semaine et va durer plusieurs mois pour une amélioration véritable du statut des AESH. Car l’école inclusive ne peut reposer sur la précarisation durable de près de 150 000 agents, en grande majorité des femmes.
Leurs qualifications, la pénibilité du métier, leur expérience, leur professionnalisme doivent être reconnus à leur juste mesure !
Le handicap est présenté comme la priorité du mandat. Nous avons les compétences pour accompagner les enfants et les adolescents. Nous devons collectivement nous mobiliser pour consolider ce maillon incontournable d’une société inclusive.
Ismaël Dupont, Conseiller départemental Finistère & Solidaires et communiste du canton de Morlaix
Ismaël Dupont est également intervenu sur la problématique du transport et sur la transmission des rapports d'activités des DTAS:
" Une nouvelle fois, M. le Président, vous avez critiqué dans votre introduction, les choix de la majorité du Conseil Régional de Bretagne dont la vie quotidienne des Finistériens va pourtant bénéficier.
Le Versement mobilité régional et rural de la région est un dispositif de droit commun existant depuis 2021, optionnel (avec au taux maximum fixé à 0,15 % pour ce versement mobilité).
L'inscription dans la législation de cette taxe est notamment liée au travail de Jean-Luc Gibelin, vice-président transports communiste de la région Occitanie.
D’autres régions l’ont actionné avec la région Bretagne.
La taxe transports de la région Bretagne pour les entreprises de plus de 11 salariés, avec une recette de 30 millions d’€, est un levier important pour consolider et accroître l’offre de transport en commun de proximité sur les trajets domicile travail, accompagner sa montée en puissance.
Le développement du transport en commun, la décarbonation de nos déplacements, notamment, domicile-travail, sont des conditions nécessaires indispensable pour lutter contre le dérèglement climatique dont les effets se font sentir dans le Finistère, et plus encore dans les années à Venir.
Samedi rassemblement à l’initiative de la CGT en gare de Morlaix pour la relance de la ligne Morlaix-Roscoff nous y serons.
On parle de 40 millions d’euros d’économie pour la Région imposés par la purge imposée par l'Etat et la baisse des recettes. Or 25 % du budget est consacré aux mobilités. Près de 500 millions d’€
Breizh Go Nord Express, 109 arrêts supplémentaires entre Brest et Morlaix à compter de sept 2026, 3 rames supplémentaires pour un coût de 18 millions d’€
Il est pas anormal que les entreprises et les employeurs contribuent aux infrastructures qui permettent les déplacements et la mobilité de leurs salariés. Qu’elles contribuent aussi au développement des infrastructures de transport nécessaires pour recruter des employés, soutenir leur pouvoir d’achat, et limiter les émissions de CO2 qui provoquent le dérèglement climatique.
L’État nous encourage verbalement à mettre + de cars et de trains sur les trajets domicile travail mais pas de moyens supplémentaires. En dehors du versement mobilité, nous n’avons pas beaucoup de leviers."
Et sur la question des transmissions des rapports d'activités des services et des CDAS et DTAS:
Dans la continuité des interventions de mes collègues Armelle Huruguen et Gaëlle Zaneguy tout à l’heure, nous estimons que, en tant que conseillers départementaux et membres de la Commission Action Sociale, nous devrions avoir davantage de données brutes et d’éléments de diagnostic issus des CDAS, de rapports d’activités de nos administrations territoriales, pour fonder notre analyse et nos interventions.
Pour suivre l’évolution des besoins sociaux sur nos territoires et l’activité des services.
Auparavant, les séances plénières du Conseil départemental, qui duraient il est vrai plus longtemps, s’appuyaient sur les rapports d’activité de nos directions de service.
Nous aimerions avoir les bilans d’activité des 3 DTAS qui produisent de la donnée et de l’analyse.
Comment évoluent les besoins sociaux des Finistériens ? Pouvoir s’y pencher et en débattre.
On n’a pas de baromètre, les repères, pour objectiver les constats que nous pouvons faire sur les tendances observées sur le terrain.
Nous aurions besoin d’un bilan territorialisé de l’action sociale pour faire évoluer le service public départemental au service des finistériens."