Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
2 avril 2020 4 02 /04 /avril /2020 13:42
 
Pour ceux qui n'auraient pas eu l'occasion d'en prendre connaissance, voici un lien pour visionner l'intervention de Christophe Prud'homme sur BFM TV., où il pointe les responsabilités écrasantes des gouvernements successifs qui en gérant l'hôpital public selon les normes de la rentabilité financière ont mis en danger la santé des populations.
 
Rappelons que Christophe Prud'homme avait participé à la table ronde sur l'hôpital public que le comité de défense de Morlaix avait organisé le 4 mai 2019 dans la salle de Plourin-les-Morlaix.
 
 

Colère noire

Alors que nous nous battons face à la pénurie au quotidien pour sauver des patients, une note commandée par Emmanuel Macron à la Caisse des dépôts et consignations me met dans une colère noire. Cet outil financier de l'Etat créé par Napoléon nous propose un plan pour l'hôpital public qui se résume à sa privatisation et à son dépeçage, permettant aux requins de la finance de s'accaparer les morceaux les plus rentables.
Je vous ai écouté, Monsieur le Président, lors de votre discours de Mulhouse. J'étais sceptique face à vos promesses mais il me restait un espoir qu'en insistant un peu, finalement vous alliez commencer à répondre aux revendications que nous défendons depuis plus d'un an. Là, c'est la douche froide. Quelle écœurante duplicité ! Vous nous mentez en pleine tempête et je ne peut plus faire confiance au capitaine du bateau.
Nous allons continuer à nous battre pour nos patients puis viendra le temps du bilan. Aujourd'hui mes journées sont longues à l'hôpital et j'utilise mes rares heures disponibles pour poursuive mon activité syndicale car mes collègues me demandent d'être leur porte-parole pour demander des moyens et exprimer leur désarroi et leurs inquiétudes.
Mais demain, nous nous mobiliserons pour un changement radical de politique, pour que par exemple les agents de la Caisse des dépôts travaillent dans l'intérêt des services publics, notamment l'hôpital public, et pas pour celui du monde de la finance.

Christophe Prudhomme

Partager cet article
Repost0
2 avril 2020 4 02 /04 /avril /2020 12:55
Communiqué du PCF Finistère, 2 avril - Violences intrafamiliales – Mise à l'abri des plus vulnérables : garantir la continuité du devoir de protection de l'Etat et des collectivités et de la solidarité pendant la crise du COVID-19

COMMUNIQUE DE PRESSE du PCF Finistère – 2 avril 2020

« Violences intrafamiliales – Mise à l'abri des plus vulnérables : garantir la continuité du devoir de protection de l'Etat et des collectivités et de la solidarité pendant la crise du COVID-19

Le PCF 29 demande que l'Etat, la préfecture, et les collectivités (département, communes, communautés de commune) se mobilisent pour garantir la réalité du droit à l'accueil d'urgence et la mise à l'abri des plus vulnérables dans ce contexte de crise sanitaire.

La crise du Covid-19 frappe durement l'ensemble du pays. Il revient aux services de l'Etat de veiller à ce qu'elle ne soit encore plus cruelle avec les personnes et les familles qui sont déjà en situation difficile (problèmes de violences et de conflits familiaux, enfance maltraitée, précarité et difficulté à se loger). Le nécessaire confinement augmente les risques de violences intrafamiliales. Il y a urgence à répondre concrètement à cette situation.

Alors qu'elle évoque elle-même la hausse des signalements annoncée par Monsieur Castaner, la ministre Marlène Schiappa ne semble pas prendre la mesure de la gravité de la situation !Elle installe une « mission » pour « mesurer la prévalence des violences conjugales » pendant le confinement. Ce n’est pas d’une énième commission Théodule dont les victimes ont besoin mais bien de mesures concrètes, financées ! Or, sur ce point les annonces sont très loin d'être à la hauteur de la situation. De nombreux enfants étaient suivis par l'ASE en lien avec leur scolarité, d'autres étaient visités dans leur famille ou devaient être placés dans des familles d’accueil car ils/elles étaient en danger. La mise en place du confinement complique cet accompagnement indispensable pour protéger l'enfance mise en œuvre par les conseils départementaux. Il faut néanmoins mettre les moyens nécessaires pour que ces enfants puissent continuer à être protégés. Afin de répondre à l'urgence, le PCF demande que toutes les femmes et enfants identifiés par les services sociaux, l'ASE et les associations soient mis à à l'abri et en sécurité par l’État.

L'hébergement d'urgence doit aussi être garanti pour tou.tes, et sur tous les secteurs du département, notamment pour les familles, les parents avec des enfants. Le Covid-19 qui fragilise un peu plus les plus précaires ne doit pas s'accompagner d'une fermeture des possibilités d'accueil pour l'hébergement d'urgence. Plus que jamais notre société et notre département ont besoin de solidarité.

Nous sommes inquiets sur l'annonce de la création de 20 000 nuitées d’hôtel au niveau national. La réponse n'est pas à la hauteur des nouveaux besoins, notamment pour les femmes victimes de violences. De plus, quelle sera la mise en œuvre effective ? A quelle échéance sachant qu'actuellement l'offre de logement d'urgence tend à se raréfier ? Rapide calcul : cela correspond à environ 300 nuitées par département. De quoi mettre à l’abri 2 femmes pendant 90 jours. Cela nous semble très insuffisant, d'autant que les dispositifs d'hébergement d'urgence étaient déjà sous tension et ne garantissaient que partiellement le droit d'avoir un toit et la protection des sans-abris, notamment pour les migrant.es et les réfugié.es

Fédération du Finistère du Parti communiste français,

Le 2 avril 2020

Partager cet article
Repost0
2 avril 2020 4 02 /04 /avril /2020 12:54
HÔPITAL : 40 ANS DE DÉMANTÈLEMENT (PCF)
HÔPITAL : 40 ANS DE DÉMANTÈLEMENT (PCF)
HÔPITAL : 40 ANS DE DÉMANTÈLEMENT (PCF)
HÔPITAL : 40 ANS DE DÉMANTÈLEMENT (PCF)

Partager cet article
Repost0
2 avril 2020 4 02 /04 /avril /2020 12:34

A.P.L. : Coup dur pour 600 000 Foyers

Coup dur pour 600 000 foyers français, puisqu’ils perdront les APL, et ce à cause d’une réforme qui change tous les calculs de l’aide au logement.

Ce changement était initialement prévu pour le 1er janvier 2020, mais repoussé au 1er avril pour des « raisons techniques ». Pour économiser 1,2 milliard d’euros, le gouvernement a décidé de modifier le mode calcul des aides personnalisées au logement, communément appelé

APL. La cause : le mode de calcul sera plus du tout le même. En effet, au lieu de calculer les revenus perçus en 2018, les aides seront calculées sur la base des ressources à partir des 12 derniers mois glissants.

Cette réforme sera aussi appliquée sur l’allocation de logement familial, aussi appelée ALF, et sur l’allocation de logement social (ALS). Un nouveau coup dur après une baisse d’APL.

Partager cet article
Repost0
2 avril 2020 4 02 /04 /avril /2020 12:13
PCF - Covid-19: Protéger la population, relever les défis de la crise

Avec la contribution « Covid-19 : Protéger la population, relever les défis de la crise » rendue publique cet après-midi, et à laquelle vous pouvez accéder avec le lien ci-dessous, le Parti communiste porte au débat public des mesures d'urgence, sanitaires et économiques, qui préfigurent des transformations profondes de notre société.

Protéger la population, c'est d'abord garantir la protection de tous les travailleurs des secteurs essentiels pour répondre aux besoins immédiats et vitaux du pays et renforcer l'hôpital public et les Ehpad. Toutes les activités économiques non essentielles doivent être arrêtées.

Cette crise nous appelle à relever d'immenses défis comme la relocalisation industrielle d'activités stratégiques, à commencer par les secteurs pharmaceutique et médical, avec des nationalisations sous contrôle des travailleurs. Ou encore le défi du développement de tous les services publics dont nous mesurons à quel point ils jouent un rôle essentiel aujourd'hui. 

A partir de ces propositions, nous lançons un appel à tous les citoyen.ne.s et toutes les forces associatives, syndicales, de gauche et écologistes pour engager un travail en commun, commencer à créer, dès à présent, des réseaux de solidarité, élaborer et mettre en œuvre les solutions les plus efficaces pour mettre un terme à cette épidémie, échanger sur le changement que nous voulons, sur la France que nous voulons, sur la société dans laquelle nous voulons vivre. Et commencer dès maintenant, toutes et tous ensemble, à la faire vivre.


Contribution du Parti communiste français – 31 mars 2020
Covid-19 - Protéger la population, relever les défis de la crise


 

La pandémie de coronavirus place notre pays et l’ensemble de l’humanité face à d’immenses défis. À commencer par celui de sauver les vies menacées, de protéger toute la population. C’est l’absolue priorité, celle qui doit guider tous les choix. Alors que l’épidémie prend de l’ampleur, chaque heure compte pour agir et faire passer l’humain avant toute autre considération. Notre vie à toutes et tous a été bouleversée par cette épidémie et par les mesures pour y mettre un terme. Nous voulons avant tout apporter tout notre soutien aux personnes touchées par la maladie et adresser nos condoléances aux familles des victimes.
à faire circuler dans tes réseaux.
Partager cet article
Repost0
2 avril 2020 4 02 /04 /avril /2020 09:29
Dessin de Nono - Le Télégramme

Dessin de Nono - Le Télégramme

C'était le 25 mars...

« Il n’est évidemment pas question de demander aux enseignants qui, aujourd’hui, ne travaillent pas, de leur imposer d’aller ramasser des gariguettes »

Sibeth N’Diaye, porte-parole du gouvernement, qui, ignore ce qu’est le télé travail qui est mis en œuvre par les enseignant.e.s

Partager cet article
Repost0
2 avril 2020 4 02 /04 /avril /2020 06:21
Pandémie: l'Afrique en première ligne face au coronavirus (L'Humanité, 1er avril - Marc de Miramon, Nadjib Touaibia)
Mercredi, 1 Avril, 2020
Pandémie. L’Afrique en première ligne face au coronavirus

Tests inaccessibles, systèmes de santé défaillants, mesures de confinement impossibles à appliquer : en dépit des faibles taux de contamination officiels, le continent cumule toutes les difficultés pour lutter contre la maladie.

 

Il s’agit du parent pauvre de la pandémie mondiale de coronavirus, dans tous les sens du terme : celui où le nombre de contaminations s’avère le plus faible (officiellement, le chiffre oscille autour de 4 000), mais aussi celui où les mécanismes de détection – hospitalisations, tests – comme les capacités d’accueillir et de soigner les malades potentiels demeurent les plus précaires. En dépit de ces handicaps structurels, les réponses gouvernementales se durcissent chaque jour un peu plus, à l’instar du confinement des populations au Nigeria dans les mégalopoles de Lagos ou d’Abuja, où s’entassent des dizaines de millions d’habitants vivant dans des conditions d’hygiène et d’accès à la santé publique déplorables.

Au Sénégal, où un couvre-feu a été décrété la semaine dernière et où la capitale Dakar accueille un des très rares dispositifs médicaux (l’antenne de l’Institut Pasteur) en capacité de réaliser des tests de contamination au Covid-19, les autorités paraissent bien démunies pour faire face à l’épidémie. « Le gouvernement a pris des décisions qui vont dans le bon sens, comme la sensibilisation aux mesures d’hygiène de base pour limiter la propagation du virus, la fermeture des établissements scolaires, les limitations de déplacement et l’interdiction d’un certain nombre de rassemblements », constate Félix Atchadé, médecin membre du Parti de l’indépendance et du travail (PIT), de retour d’une mission sanitaire en Casamance. « Ensuite, il y a la question de la préparation des structures sanitaires à l’accueil des patients atteints par le coronavirus, prévient-il.  Et là, le Sénégal a un énorme problème, comme tous les pays d’Afrique subsaharienne. La plupart des patients atteints d’insuffisance respiratoire ne pourront tout simplement pas être pris en charge. Dans les deux principaux hôpitaux du secteur de Ziguinchor, qui regroupe une population estimée entre 1 et 1,5 million de personnes, il n’y a qu’un seul respirateur en état de fonctionnement. Ensuite, il y a la question de la formation d’un personnel qui est essentiellement préparé à des interventions de routine. Or là, nous sommes confrontés à une épidémie spécifique, où les processus de réanimation exigent des réponses bien particulières. »

Les autorités ont décidé de maintenir les élections législatives

L’insuffisance des structures sanitaires, l’absence de laboratoires pour effectuer des tests et la pénurie de respirateurs artificiels se constatent sur l’ensemble du continent, où les pays les plus touchés demeurent pour le moment l’Afrique du Sud, l’Algérie, le Maroc ou le Sénégal. « La population perçoit très clairement le danger. Mais la réalité africaine est cruelle : la pandémie nous guette et le confinement est pratiquement impossible. Les gens sont pauvres, vivent au jour le jour et ont l’impérieux besoin de sortir pour s’alimenter. Comment leur demander de choisir entre mourir de faim en se confinant à la maison ou prendre le risque de mourir du coronavirus en sortant pour gagner leur pain. À Kinshasa, une ville de près de 12 millions d’habitants, il n’existe qu’une cinquantaine de respirateurs », assure le docteur Denis Mukwege (1), médecin, prix Nobel de la paix en 2018, qui dirige une structure hospitalière en République démocratique du Congo. La pénurie de respirateurs est encore plus criante au Mali, où une poignée d’appareils s’avèrent disponibles à l’échelle d’un pays déjà ravagé par un conflit civil et aux conséquences de la « guerre contre le terrorisme », à laquelle participe la France. En dépit d’une situation sanitaire catastrophique, les autorités maliennes ont décidé de maintenir les élections législatives de dimanche dernier, marquées par l’enlèvement par un groupe armé de Soumaïla Cissé, chef de file de l’opposition malienne. Le président de la Guinée-Conakry, Alpha Condé, a également refusé d’ajourner son calendrier électoral du 22 mars dernier, prévoyant l’adoption d’une nouvelle Constitution ouvrant la voie à un troisième mandat, et le renouvellement de l’Assemblée nationale, provoquant la consternation de son opposition interne et de la communauté internationale.

« Au Burkina Faso, nous voyons l’épidémie se propager dans les zones rurales comme urbaines. Nous craignons qu’elle ne poursuive sa course plus loin, au nord, dans les régions affectées par le conflit. Dans la ville de Djibo, qui a vu sa population doubler en raison de déplacements internes au cours des derniers mois, il serait impossible aux habitants de vivre à distance les uns des autres alors même que l’accès à l’eau et au savon est limité », rappelle Patrick Youssef, directeur régional pour l’Afrique au Comité international de la Croix-Rouge (Cicr). Lequel insiste sur l’effet « dévastateur de la pandémie sur les populations et les systèmes de santé », si « des mesures ne sont pas prises immédiatement pour contenir le virus ».

Des conséquences sociales et alimentaires liées à la pandémie

Timide, la prise de conscience chemine au moins dans le discours officiel. Le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, a ainsi fait part hier de sa « très grande préoccupation pour les pays en développement, et notamment pour les pays africains », appelant à une « aide massive et immédiate » à tous les pays en développement, dans le cadre du G20. S’ajoutant à ces difficultés médicales et sanitaires, l’Afrique risque aussi de se retrouver en première ligne, dans les conséquences sociales et alimentaires liées à la pandémie. La plupart des pays du continent équilibrent leurs budgets nationaux grâce aux exportations des matières premières, dont les cours sont en chute libre à cause du ralentissement de l’économie mondiale. Et une autre flambée, celle des denrées alimentaires massivement importées de l’extérieur, pourrait provoquer, comme lors de la crise économique de 2008, de nouvelles émeutes de la faim.

(1) Le Monde, 28 mars 2020.
Marc de Miramon
Mercredi, 1 Avril, 2020 - L'Humanité
L’aide aux pays pauvres, mais encore ?

Les États pauvres subissent d’ores et déjà de plein fouet la récession mondiale qui s’amorce dans le contexte de la pandémie. Les aides promises se heurteront au mur de la dette.

 

Le virus meurtrier y est d’emblée en terrain conquis… Économie de survie, pauvreté endémique, conditions sanitaires rudimentaires, dans de nombreux pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine, il pourrait provoquer un choc aux répliques dévastatrices, dans un contexte de récession mondiale (lire ci-contre). Les institutions internationales tirent la sonnette d’alarme et interpellent les pays riches. La Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced) revient sur le « respect des engagements » des dirigeants du G20 en faveur des six milliards de personnes qui vivent en dehors de leurs économies. Les économistes de l’ONU dressent les comptes : pour éviter l’effondrent des pays pauvres, il faut y injecter quelque 1 000 milliards de dollars de liquidités, annuler leurs dettes à hauteur de 1 000 milliards pour cette seule année, et consacrer 500 autres milliards de dollars aux services de santé d’urgence et programmes d’aide sociale.

« Il est compréhensible que les dirigeant·e·s du monde s’emploient à aider leurs propres citoyen·ne·s, mais le G20 doit également se pencher sur la situation des pays pauvres et leur venir en aide », relève de son côté Robin Guittard, porte-parole d’Oxfam France. L’ONG, qui réclame un « plan Marshall planétaire d’urgence » de 160 milliards de dollars pour lutter contre la pandémie, insiste sur le sort des pays pauvres. Elle y projette la mobilisation de « 10 millions de nouveaux travailleurs » de la santé, ainsi que la gratuité des soins et des tests.

La dette atteint des sommets dans les pays pauvres, sa croissance est vertigineuse

En attendant ces plans d’urgence, les pays pauvres et émergents subissent d’ores et déjà de plein fouet la récession mondiale en croissance. Les capitaux étrangers prennent le large. L’Institut de la finance internationale (IIF) estime ces retraits à près de 60 milliards de dollars (56 milliards d’euros), depuis janvier. Les ressources liées à l’exportation s’assèchent. Le prix du baril de pétrole, pour ceux qui en ont, continue à baisser, les touristes ont plié bagage, leur retour en masse n’est pas envisageable avant plusieurs mois, et les maigres débouchés conquis en Europe, aux États-Unis ou en Chine ne sont plus d’aucun secours par les temps qui courent. Reste aussi la plaie de la dette. Celle-ci atteint des sommets dans les pays pauvres, sa croissance est vertigineuse, selon les estimations de la Banque mondiale (168 % du PIB fin 2018, contre 114 % en 2010).

Du coup, l’étau se resserre entre la baisse des revenus et un service de la dette constamment à la hausse. « La communauté internationale doit penser à une manière d’effacer les dettes pour des pays qui sont très fragiles comme nous, ce qui nous aidera au moins à gérer la crise du coronavirus », souhaite le premier ministre pakistanais, Imran Khan. Effacer les dettes. Cette option est déterminante à l’heure d’une redoutable pandémie. Comment imaginer en effet que ces pays puissent s’en sortir, après une telle épreuve, en demeurant dans la spirale de l’endettement et l’échange inégal, dans la dépendance des créanciers et la soumission aux tristement célèbres programmes d’ajustement structurel du FMI ? Il y a urgence d’une rupture. Plutôt qu’une aide intéressée et aliénante, s’impose plus que jamais la voie de la coopération, des échanges équitables, du transfert des savoirs et de la technologie. Briser ainsi le développement du sous-développement participe de la riposte à toutes les menaces à l’échelle de l’humanité. Une des leçons à tirer de la promenade mortifère du Covid-19.

Nadjib Touaibia
Partager cet article
Repost0
2 avril 2020 4 02 /04 /avril /2020 06:17
Les pleins pouvoirs et la restriction des libertés pour Viktor Orban en Hongrie sous le prétexte de la lutte contre le Covid 19 (Vadim Kamenka, L'Humanité, 1er avril)
Mercredi, 1 Avril, 2020 - L'Humanité
Hongrie. Viktor Orban construit sa propre démocratie

Le gouvernement hongrois dispose des pleins pouvoirs depuis lundi. La question de la rupture constitutionnelle est posée, et donc celle d’un régime dictatorial. L’Union européenne reste silencieuse.

 

« Coup d’État. » L’accusation est sans détour pour plusieurs élus de l’opposition, après le vote du Parlement qui offre les pleins pouvoirs au premier ministre hongrois, Viktor Orban. Lundi, 137 députés sur 199 (les deux tiers représentant le parti au pouvoir, le Fidesz) ont accordé au chef du gouvernement le droit de légiférer par décrets dans le cadre de l’état d’urgence, qui n’est pas limité dans le temps. L’exécutif justifie sa démarche dans le but « de simplifier la chaîne de décision » et de « la rendre plus efficace ». Car la Constitution prévoit que l’ « état de danger », en vigueur depuis le 11 mars, doit être prorogé par le Parlement tous les quinze jours.

Cette loi, censée lutter contre la pandémie du Covid-19, qui a causé la mort de 15 personnes pour 9,7 millions d’habitants, inclut d’autres dispositions inquiétantes, comme la suspension du Parlement et des élections. Elle prévoit également la pénalisation du non-respect de la quarantaine (jusqu’à huit ans de prison). La diffusion de fausses nouvelles susceptibles d’entraver l’exécutif dans sa lutte contre l’épidémie est passible de cinq années de réclusion…

Aucun garde-fou

« Nous devons tout faire pour stopper la propagation du virus. Le projet s’inscrit dans le cadre constitutionnel hongrois », a justifié la ministre de la Justice, Judit Varga. Pourtant, faute de contre-pouvoir face à l’exécutif, la question de la rupture constitutionnelle est bien posée. D’ailleurs, l’opposition, qui avait voté début mars pour l’application de l’état d’urgence, ne s’opposait pas à l’octroi de pouvoirs spéciaux au gouvernement, mais dénonce « son caractère illimité » et sans garde-fou.

Pour Laurent Pech, professeur de droit européen à l’université du Middlesex de Londres, « la Hongrie est une dictature formelle », après « dix ans de destruction de tous les contre-pouvoirs par Viktor Orban », avec désormais un « pouvoir exécutif qui peut faire ce qu’il veut (changer les lois, les abroger sans contrôle législatif) et dans laquelle le pouvoir judiciaire est neutralisé ». Le gouvernement hongrois balaye ces accusations. Viktor Orban rétorque qu’il y a « des vies à sauver » et se pose en défenseur de la nation. Cette notion est largement reprise par le quotidien proche du pouvoir, Magyar Nemzet, qui dénonce une Europe faible face « aux migrants », « au terrorisme islamiste », et déclare que, « heureusement, la Hongrie se dresse contre l’adversaire » grâce « à la reconstruction des institutions publiques au cours des dix dernières années ».

En Hongrie, la résistance débute timidement. Depuis dimanche, une pétition contre un « suicide parlementaire » a recueilli 100 000 signatures. Le texte dénonce une loi qui élimine « les dernières institutions de l’État de droit, la liberté d’expression et de la presse » et donne des « pouvoirs illimités à un politicien qui, à chaque occasion, a prouvé qu’il abusait du pouvoir sans entrave si ses intérêts le lui dictaient ».

Réactions timorées

La ligne rouge franchie par la Hongrie peut-elle ouvrir la voie à d’autres États membres de l’Union européenne ? Plusieurs gouvernements et dirigeants européens, dont la France, la Belgique, la Norvège ou le Royaume-Uni, ont également pris de telles mesures exceptionnelles. Dans l’ensemble des pays européens, les magistrats, avocats, professeurs de droit alertent sur les atteintes au cadre constitutionnel et le danger de ces dispositions dans la durée, même en période crise sanitaire. La Hongrie n’est pas la seule à avoir imaginé donner les pleins pouvoirs à son gouvernement. En Norvège, le même projet a débouché sur une forte opposition des députés, associations, professeurs de droit, qui ont exigé des limitations.

Les institutions européennes sont-elles prêtes à s’opposer à ces projets liberticides sur l’ensemble du sol européen ? La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a seulement estimé que « toutes les mesures d’urgence » prises par les États membres « doivent être limitées à ce qui est nécessaire » et « strictement proportionnées ». Même réaction timorée du commissaire à la Justice, Didier Reynders, qui promet d’évalue r « les mesures d’urgence prises par les États membres en matière de droits fondamentaux ». D’autres pays auront versé dans l’autoritarisme à ce rythme-là.

Vadim Kamenka
Partager cet article
Repost0
2 avril 2020 4 02 /04 /avril /2020 06:07
Irresponsables - Editorial de Maurice Ulrich dans L'Humanité, 1er avril 2020
Mercredi, 1 Avril, 2020
Éditorial. Irresponsables

L'éditorial de Maurice Ulrich.

Aujourd’hui, il ne s’agit plus d’alerte, ni d’alarme, mais de cet appel « à l’aide », oui, à l’aide, au secours, lancé par la directrice du centre hospitalier de Metz où un sixième médecin vient de mourir.

Ainsi, selon les mots d’Emmanuel Macron hier à Angers, seraient « irresponsables » celles et ceux « qui construisent des certitudes avec les connaissances d’aujourd’hui quand ça n’était pas celles d’hier ». En d’autres termes, personne ne savait que l’épidémie allait nous frapper, et nous frapper désormais de plein fouet, avec la vague qui, après avoir submergé l’Est, submerge l’Île-de-France et en premier lieu la Seine-Saint-Denis. Non, en effet, mais le 17 octobre 2019, une note du ministère de la Santé, alors que 250 services d’urgences étaient en grève dans le pays, chiffrait à 4 200 le nombre de lits supprimés en 2018. Pour le regretter ? Pas vraiment, puisqu’elle évoquait, en parallèle, des petits progrès de la médecine ambulatoire. Sitôt opéré, sitôt renvoyé, et de toute manière les chiffres étaient très loin du compte. La même note parlait d’un déficit de plus de 4 000 infirmières et infirmiers, et évoquait l’insuffisance des rémunérations. À la même date, on comptait 17 500 lits fermés en six ans…

Irresponsables, Monsieur le président ? Mai 2019, novembre, décembre, février 2020, les hospitaliers, des aides-soignantes aux sommités médicales, manifestaient, avec tous leurs syndicats, et alertaient, sonnaient l’alarme, « hôpital en danger ». Après la journée du 14 février et alors que 600 médecins de premier plan sont en grève administrative, Agnès Buzyn, encore ministre de la Santé, annonçait qu’elle recevrait les hospitaliers… à la mi-mars !

Aujourd’hui, il ne s’agit plus d’alerte, ni d’alarme, mais de cet appel « à l’aide », oui, à l’aide, au secours, lancé par la directrice du centre hospitalier de Metz où un sixième médecin vient de mourir. Ici, comme en Île-de-France, médecins et soignants redoutent ce choix terrible auquel ils vont être confrontés, auquel ils le sont déjà : faire vivre ou laisser mourir. En annonçant, hier, 4 milliards d’euros pour des masques, des respirateurs, des médicaments, Emmanuel Macron ne faisait que révéler l’ampleur des manques pour ne pas avoir entendu les milliers de soignants qui mesuraient les risques pris pour des raisons politiques et idéologiques. Qu’on ne vienne pas nous mentir. Irresponsables ?

Par Maurice Ulrich
Partager cet article
Repost0
2 avril 2020 4 02 /04 /avril /2020 06:03
Non Gérard Darmanin la charité ne peut remplacer la solidarité ! - Julia Hamlaoui, L'Humanité, 1er avril 2020
Mercredi, 1 Avril, 2020 - L'Humanité
Non Gérald Darmanin, la charité ne peut remplacer la solidarité  !

Après avoir multiplié les cadeaux fiscaux aux plus fortunés comme aux grandes entreprises, voilà que le ministre de l’Action et des Comptes publics les exhorte à la générosité.

 

Après avoir multiplié les cadeaux fiscaux aux plus fortunés comme aux grandes entreprises, voilà que le ministre de l’Action et des Comptes publics les exhorte à la générosité. « Je lance un appel à la solidarité nationale. Beaucoup de particuliers ou d’entreprises nous demandent comment participer et nous aider. Tous ceux qui le souhaitent pourront le faire prochainement via une plateforme de dons que nous allons mettre en ligne ! » lance Gérald Darmanin dans le Figaro, tout en admettant  « ne pas encore » avoir vu la couleur de la promesse de 200 millions des assureurs. On croit rêver. Dès le début du quinquennat, le gouvernement a allégé l’État de la contribution des plus riches à hauteur de 4,5 milliards d’euros par an, en transformant l’ISF. Le même, à l’automne dernier, a validé un objectif de réduction de l’impôt des plus grosses entreprises à 25 % dès 2022. Un manque à gagner qui sert ensuite à justifier les coupes drastiques dans les services publics aujourd’hui en première ligne et pourtant aux abois : vous comprenez, les caisses sont vides. Ben voyons ! Plutôt que de tenter de remplacer la solidarité nationale par un appel aux bonnes volontés charitables, le gouvernement ferait mieux de revoir ses fondamentaux.

 
Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
  • Contact

Visites

Compteur Global

En réalité depuis Janvier 2011