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25 avril 2020 6 25 /04 /avril /2020 05:28
1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 81/ Eric Texier (1902-1941)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère:

81/ Eric Texier (1902-1941)

Né le 30 octobre 1902 à Lusignac (Dordogne), fusillé le 18 septembre 1941 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; ajusteur ; militant syndicaliste CGTU ; militant communiste ; résistant.

Fils de cultivateurs (propriétaires sur l’acte de naissance), ajusteur, Éric Texier fréquenta l’école primaire jusqu’à douze ans et demi et obtint le certificat d’études primaires. Il adhéra au Parti communiste en 1933, mais il s’occupait de la trésorerie du parti avant même d’en être membre. Il fut envoyé en Bretagne par le Parti communiste afin de travailler à la création de la région bretonne Morbihan-Finistère.
De 1934 à 1939, membre du bureau régional, il exerça les fonctions de trésorier. En 1936, il était secrétaire de la cellule de Quimper (Finistère). Secrétaire du syndicat CGTU des Métaux de cette ville, il fut ensuite, jusqu’en 1939, secrétaire du syndicat réunifié.
Interrogé sur ses lectures, il déclara dans son autobiographie de 1937 : « ce n’est pas les livres qui m’ont instruit c’est la vie ». Il militait au Secours populaire français, aux Loisirs ouvriers de Quimper et aux Locataires.
Membre de l’Organisation spéciale (OS) du Parti communiste depuis juin 1940, Éric Texier fut arrêté par la police française d’Argenteuil (Seine-et-Oise, Val-d’Oise) le 20 août 1941. Il était alors domicilié à Versailles (Seine-et-Oise, Yvelines). Interné à la prison du Cherche-Midi à Paris (VIe arr.), il écrivit une dernière lettre à sa femme le 17 septembre : « je suis mort pour que la France soit libre et qu’il n’y ait plus de guerre [...] nous [avec Raymond Gandon] serons enterrés au cimetière d’Ivry je te demande par la suite de nous faire transporter à Argenteuil [...] Vive la France et l’idéal pour lequel je meurs ». Il fut condamné à mort par le tribunal militaire de Saint-Cloud (Seine-et-Oise, Hauts-de-Seine) le 18 septembre 1941 « pour aide à l’ennemi », dont il s’était rendu coupable « en participant à des manifestations dirigées contre l’armée allemande ». Il a été fusillé au Mont-Valérien le jour même.
Sa dernière lettre, adressée à sa femme Jeanne, fut saisie par la police au domicile d’un militant nommé Heurtematte et conservée dans les scellés des dossiers de la Section spéciale de la cour d’appel de Paris.
À la Libération, il fut déclaré « Mort pour la France ».
La cellule du centre ville du PCF Quimper portera le nom d'un des premiers résistants fusillés de France.
 
https://fusilles-40-44.maitron.fr/?article132277

SOURCES : RGASPI, 495 270 3271, autobiographie, 07/08/1937, classé A. – Arch. de Paris, 1466 W 3, scellés des dossiers de la Section spéciale de la cour d’appel de Paris. – Eugène Kerbaul, Dictionnaire biographique des militants ouvriers du Finistère, 1918-1944, déposé à l’Institut Maurice Thorez et aux Arch. Dép. Finistère, 1re version, 1974. – Renseignements ministère des Anciens Combattants et Victimes de guerre. – G. Krivopissko, La vie à en mourir, op. cit., p. 49. – Ouest-éclair, septembre 1941. – Notes Jean-Pierre Besse.

Claude Pennetier

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1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 17/ Alain Cariou (1915-1998)

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1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 15/ Alain Le Lay (1909-1942)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 14/ Pierre Berthelot (1924-1986)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 13/ Albert Abalain (1915-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 12/ Andrée Moat (1920-1996)

1920-2020: cent ans d'engagements communistes en Finistère: 11/ Jean Le Brun (1905-1983)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 10/ Denise Larzul, née Goyat (1922-2009)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 9/ Pierre Le Rose

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 8/ Marie Salou née Cam (1914-2011)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 7/ René Vautier (1928-2015)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 6/ Denise Firmin née Larnicol (1922-2019)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 5/ Fernand Jacq (1908-1941)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 4/ Corentine Tanniou (1896-1988)

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1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 2/ Marie Lambert (1913-1981)

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24 avril 2020 5 24 /04 /avril /2020 15:34
 Fabien Roussel à l'Assemblée nationale: Il est temps de mettre à contribution la finance et le capital car leurs réserves sont énormes !
PLFR : Il est temps de mettre à contribution la finance et le capital car leurs réserves sont énormes ! (Fabien Roussel)
 
Projet de loi de finances rectificatif n°2 CMP -  jeudi 23 avril 2020
 
Intervention de Fabien Roussel – Gauche Démocrate Républicaine (député PCF du Nord, secrétaire départemental du PCF)
 
 
Cette pandémie révèle chaque jour un peu plus l’écrasante responsabilité de notre modèle économique, du poids de la finance, des logiques de profits qui ont prospéré sur l’exploitation des Hommes et de la planète.
Nous avons été bien seuls, avec d’autres, ces dernières années à alerter sur la déshumanisation de la société, sur les risques écologiques ou sur la casse de nos services publics, notamment celui de la santé.
Et aujourd’hui, tout le monde y va de sa petite note pour dire qu’il faut tout changer. Tout le monde veut plus de souveraineté économique, d’industrie, de service public, et nos soignants sont devenus des héros.
Mais comment voulez-vous être crédibles quand il y a tant de revirements!!
Alors, quand nous avons à débattre d’un plan d’urgence pour le pays, doté de 110 milliards d’euros, - excusez du peu - permettez que nous soyons exigeants.
110 Milliards d’euros, ce n’est pas une paille ! Nous aurions aimé pouvoir en bouger les lignes, tous ensemble, pour répondre à l’urgence tout en préparant le monde d’après.
Un amendement communiste, républicain, oserai-je, prévoyait d’interdire les aides aux multinationales logées dans les paradis fiscaux. Adopté au Sénat, il est rejeté à l’Assemblée !
Un autre, proposait une taxe sur les assurances permettant de récupérer 1,9 milliard d’euros pour venir en aide à nos petites entreprises : rejeté aussi !
L’urgence, c’était de pouvoir apporter une aide à toutes celles et ceux qui sont ou qui vont tomber dans la pauvreté. Or il n’y a eu aucun débat sur ce sujet. Nous savons juste que ça sera 880 millions de crédits sur
un total de 110 milliards.
L’urgence, c’était d’aider ces salarié-es qui perdent 16% de leur salaire, les pourboires et les primes, qui subissent les hausses des prix et voient leurs factures augmenter.
L’urgence, c’était aussi d’augmenter le fonds de solidarité pour que 100% des demandes des TPE-PME impactées soient satisfaites, dont celles des artisans sans salarié ou les entreprises ayant 11 à 20 salariées. Au contraire, vous allez être bien généreux avec les grandes entreprises : 20 Milliards de crédits, mais nous ne savons pas qui est concerné et à quelles conditions. Le débat viendrait après coup !
 
Mais nous savons déjà que Luxfer, Famar et d’autres ne sont pas concernées.
Aucun amendement accepté visant à conditionner ces aides en faveur d’objectifs sociaux ou environnementaux. Comme si la revendication du MEDEF, qui a votre oreille, et qui se permet de vous demander ouvertement de repousser la transition écologique, était déjà entendue.
L’urgence, c’était enfin d’apporter une aide plus importante aux territoires ultra marins qui dénoncent le fossé entre vos discours et la réalité des aides apportées.
L’autre absence de ce texte, ce sont les recettes fiscales, introuvables alors que le pays s’apprête à débourser 110 milliards. Qui va payer Monsieur le ministre ?
C’est la dette dites-vous. Mais à la fin qui va payer la dette ? Ses intérêts ? Le gouverneur de la Banque de France comme le Patron du Medef l’annoncent déjà: « il faudra rembourser cet argent » dit l’un et « il
faudra travailler plus » dit l’autre !! Nous, nous demandons que La Banque centrale européenne annule une partie des dettes publiques qu’elle détient et qu’elle finance directement les investissements des Etats comme cela commence à se faire dans d’autres pays.
Ce n’est pas aux peuples de payer la crise, surtout quand ils en subissent déjà les effets dramatiques aujourd’hui !
Oui les traités européens sont dépassés par cette crise, contaminés par le virus. Il est temps d’en écrire de nouveaux, respectueux des peuples, de leur souveraineté et organisant la coopération entre les nations plutôt que la concurrence libre et non faussée !
Enfin, la mobilisation de toute la nation est essentielle, et pas seulement celle qui travaille.
Il est temps de mettre à contribution la finance et le capital dans le redressement du pays car leurs réserves sont énormes !
Les 358 000 familles les plus riches détiennent un patrimoine qui s’élève à 1028 milliards d’euros !
Les assurances ont des réserves de plusieurs dizaines de milliards d’euros.
Les impôts sur les revenus financiers sont plafonnés à 30%.
Les banques continuent en ce moment même à se gaver des intérêts que nous leur versons : 36 milliards d’euros encore cette année dans le budget de l’Etat !!
C’est pourquoi nous vous avions demandé de mettre des critères à l’utilisation de l’argent public, de rétablir l’ISF, de rétablir un juste impôt sur les revenus financiers, de taxer la spéculation, de donner plus de pouvoirs aux salarié-es dans les entreprises. Et vous avez tout rejeté en bloc.
Oui avec vous, le monde d’après n’est pas pour demain !
Pour toutes ces raisons, les députés communistes votent contre ce projet de loi de finance. D’autres députés du groupe GDR, ultra marins, s’abstiennent.
 
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24 avril 2020 5 24 /04 /avril /2020 15:27
Ne lâchons plus Macron sur la dette africaine ! - Francis Wurtz, ancien député européen communiste, L'Humanité Dimanche, 23 avril 2020
 

« Nous devons aussi savoir aider nos voisins d’Afrique sur le plan économique en annulant massivement leurs dettes » : cette « petite phrase » du Président de la République lors de son allocution télévisée du 13 avril dernier, près de 37 millions de personnes en France -et bien d’autres par ailleurs, notamment en Afrique…- l’ont entendue ! N’acceptons pas qu’on puisse faire d’un enjeu de cette importance un hyper-coup de com’ sans lendemain ! Certes, les 20 pays les plus riches du monde (G20) ont décidé, dans la foulée, de…suspendre pour un an le paiement des intérêts de cette dette. Mais cette mesure -une bouffée d’oxygène indispensable- est notablement insuffisante. Et surtout, bien que le ministre de l’économie et des finances, Bruno Le Maire, ait présenté un peu vite l’acte du G20 comme « un succès important pour la France  et pour ses partenaires », il ne faudrait pas que le Chef de l’Etat s’estime quitte de son engagement ! Retour sur un enjeu vieux de plus de trente ans qui , dans le contexte de la crise actuelle, devient explosif.

Les prévisions très alarmantes concernant l’Afrique se multiplient depuis quelques temps sur tous les plans : sanitaire, économique, alimentaire, écologique…Les économistes s’attendent à la première récession sur ce continent depuis un quart de siècle du fait de l’effondrement de la croissance mondiale, de la chute des cours des matières premières et du tarissement des transferts d’argent des travailleurs émigrés . Dans ce contexte, le paiement du service de la dette des pays pauvres, qui ne cesse de s’alourdir, apparaissait à tous les observateurs avertis tout simplement impossible. Songeons qu’avant l’épidémie, 49 pays du Sud à faibles revenus -particulièrement en Afrique-  consacraient déjà plus d’argent au paiement de la dette qu’à la santé ! Dans certains pays, comme le Ghana, la charge de la dette était, selon OXFAM,…11 fois supérieure aux dépenses de santé ! Ignominieux hier, absolument intenable aujourd’hui ! Aussi, de nombreuses voix se sont-elles levées à travers le monde pour appeler à des actions significatives sur la dette du continent : depuis  l’Union africaine et le Secrétaire général des Nations-Unis, Antonio Gutterrez, le mois dernier, en passant par le Pape François dans son message de Pâques, jusqu’au Fonds monétaire international et à la Banque mondiale, plus récemment. Ainsi, donc, que le Président français. Le grand mérite de l’annonce de ce dernier est finalement d’avoir catapulté une exigence de premier plan dans le débat public : ne le lâchons plus sur le sujet ! Annuler la dette -mieux : éradiquer le mécanisme diabolique de la dette à perpétuité pour les plus démunis- voilà l’objectif à atteindre ! C’est l’intérêt de millions d’Africains, mais c’est aussi le nôtre : la crise actuelle rappelle à qui l’ignorait encore qu’il n’y a qu’un monde et qu’une humanité.

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24 avril 2020 5 24 /04 /avril /2020 06:30
Cocos, confinés et actifs: Fréderic L'aminot, morlaisien, élu CGT pour le groupe Celtys-Queguiner à Landivisiau

Cocos, confinés et actifs: Fréderic L'aminot, morlaisien, élu CGT pour le groupe Celtys-Queguiner à Landivisiau

Jusqu'au 15 mars, Fréderic L'aminot, militant du PCF et de l'UL CGT sur Morlaix, menait la campagne activement pour la liste d'union de la gauche "Morlaix Ensemble" (Génération.s, PCF, PS, Citoyens engagés morlaisiens) conduite par Jean-Paul Vermot qui est arrivée en tête du premier tour des élections Municipales, avec 37%, devant la liste de droite de la maire sortante Agnès Le Brun. Une campagne intense, avec une douzaine de réunions publiques organisées sous forme d'échanges participatifs (ateliers et forums participatifs) sur plusieurs thématiques (jeunesse, santé-social, vie des quartiers, monde associatif, économie, centre-ville, etc) puis dans les deux dernières semaines sous une forme plus classique, et des visites de quartiers avec une consultation des Morlaisiens.

Fréderic L'aminot aura des responsabilités dans la municipalité si notre liste arrive en tête au second tour quand les élections auront lieu à nouveau, soit fin juin, soit en septembre ou octobre prochain.

Fréderic a été membre de l'association des Anciens élèves et amis du Lycée Tristan Corbière, président de l'APE de l'école Jean Piaget à Kerfraval, membre du Conseil d'administration du collège Mendès France et de l'association de l'APE du collège Mendès France, et est toujours trésorier de l'association des Jardins Familiaux.

Des engagements nombreux dans l'associatif, le syndical, et le politique pour cet ouvrier travaillant à Celtys à Landivisiau depuis des années, habitant de le quartier de Kerfraval à Morlaix, et qui nous raconte ici la manière dont il a vécu depuis un mois et demi la crise du Covid-19 et le confinement imposé aux salariés en tant trésorier CSE chez Celtys, et représentant CGT (la CGT est ultra-majoritaire chez Celtys, où travaille Fréderic, 260 salariés) dans le comité de groupe Queguiner (1200 salariés) responsable de la mise en sécurité des salariés mais également des négociations avec la direction d'entreprise pour les conditions d'indemnisation, de reprise.  

Lire aussi, cet interview réalisé en 2013:

Parole de syndicaliste: Fréderic L'aminot, délégué CGT à Celtys Landivisiau

 

Propos recueillis par Ismaël Dupont

Fréderic, en tant que élu CGT pour CELTYS (groupe Quéguiner), quel a été ton rôle dans l'adaptation de ton entreprise à la crise du Covid-19? 

Depuis le début de la crise sanitaire, les élus de la société ont été associés à la fermeture de l’entreprise. Le PDG voulait mettre les salariés en confinement dès le 16 mars. Il a fallu expliquer à nos collègues la situation, le chômage partiel, les indemnités... Ça a été très particulier car on n’était pas préparé à cela. 


Il y a t-il eu des sujets de négociation particuliers pour négocier le chômage partiel, les congés, les conditions du retour à l'activité?

Pour le chômage partiel ça a été un peu compliqué car le gouvernement change régulièrement les règles.

Au départ, le gouvernement annonçait un chômage partiel a 100 %, puis on est passé à 84 % du net.

Puis le gouvernement, par le biais du préfet du Finistère, a mis la pression sur les entreprises du bâtiment pour éviter la mise au chômage des salariés.

Pour éviter un refus, l’entreprise a demandé aux salariés de prendre leurs congés qui leurs restaient et leurs heures supplémentaires.

Puis il a fallu rouvrir des dépôts pour alimenter les entreprises qui travaillaient encore.

Par contre, nous n’avons pas été d’accord sur le fait que la direction nous propose un accord sur une prise de congés anticipée.

Nous avons une à deux réunions de CSE par semaine. Les élus CGT se concertent régulièrement pour faire des propositions à la direction.

En ce moment, nous sommes consultés au sujet d’une reprise partielle de l’activité. Nous avons plusieurs réunions pour que les salariés reprennent en toute sécurité.
 

Comment allez-vous adapter les postes et conditions de travail pour mettre les salariés en sécurité, respecter les distances qui protègent?

Après un travail coopératif du responsable de l’hygiène et de la sécurité, des responsables et des membres du CSE, les membres de la CSSCT se sont rendus sur place pour faire le point, atelier par atelier, et régler les mesures de distanciation sociale, les approvisionnement en matériel sanitaire, les heures différées de début et fin de journée...

 

Tu es en lien quotidien avec les salariés du groupe, quel est l'état d'esprit de tes collègues? Quelles sont leurs craintes dans le contexte de crise du Covid et de la reprise d'activité?

Au départ, personne ne pouvait savoir combien de temps cela pourrait durer. Donc, j’ai commencé à donner des nouvelles aux adhérents, mais j'ai vite compris qu'il y avait une demande des salariés.

Donc, avec le secrétaire du CSE, nous donnons des nouvelles à tous les salariés qui ont bien voulu nous communiquer leurs adresses mails. Au début, ce virus ne faisait pas très peur, mais au fil des semaines beaucoup de salariés ont commencé à craindre l’agressivité de celui-ci. Les changements de cap quasi journaliers du gouvernement n’étaient pas non plus pour les rassurer.

Il est toujours nécessaire de continuer à soutenir nos collègues et nous les informons également de l’état d’esprit de notre direction.

 

Quel temps quotidien tes activités syndicales t'ont pris pendant le quotidien?

Au départ, il y avait pas mal de réunions en visioconférence, des réunion avec les élus de notre syndicat, des réunions téléphoniques avec le secrétaire du CSE qui a été également très sollicité durant cette période. Entre le CSE et mon rôle de délégué syndical, je passe à peu près 3 à 4 heures par jour avec des pics à 8 heures les jours de réunions car les salariés me téléphonent pour prendre des nouvelles.

 

As-tu eu d'autres gestes de solidarité pendant la période avec ton voisinage ?

Pendant le confinement, j'ai aussi fait les courses de personnes qui ne voulaient pas sortir de chez elles.

J’aurais voulu en faire plus, mais j’ai été très sollicité par mes collègues de travail.

 

Le 23 avril 2020

 

Lire aussi:

Cocos, confinés, et actifs: Jean Dréan, le militant infatigable d'une société plus humaine avec les personnes âgées et les EHPAD

Cocos, confinés et actifs!: Témoignage de Pierre-Yves Liziar au Relecq-Kerhuon

Cocos, confinés et actifs ! - Témoignage de Christian Beaumanoir dans la presqu'île de Crozon

 

 

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24 avril 2020 5 24 /04 /avril /2020 06:26
Madame la ministre du Travail, retirez intégralement la réforme de l’assurance chômage ! - Députés communistes, 22 avril 2020

Lire aussi:

André Chassaigne demande le retrait total de la réforme de l’assurance chômage à Muriel Penicaud, ministre du travail

 

Communiqués de presse - Députés communistes

Madame la ministre du Travail, retirez intégralement la réforme de l’assurance chômage !

Dans le contexte de crise sanitaire et face à la crise économique qui s’annonce, notre groupe a demandé ce jour par courrier à la Ministre du Travail le retrait intégral de la réforme de l’assurance chômage. La situation de l’emploi est particulièrement préoccupante et nous devons nous attendre à une forte hausse du chômage dans les prochains mois.

Si des premières décisions ont été prises par le Gouvernement pour suspendre certaines mesures (report au 1er septembre des nouvelles règles d’indemnisation et de la dégressivité des allocations pour les cadres), le premier volet de la réforme restreignant l’accès à l’indemnisation chômage est toujours en vigueur. Il prévoit notamment un durcissement des règles d’affiliation pour les salariés qui doivent désormais avoir travaillé 6 mois sur une période de référence de 24 mois pour bénéficier d’une ouverture de droit.

Ces règles ont commencé à produire leurs effets en faisant sortir de l’indemnisation chômage des dizaines de milliers de travailleurs : intérimaires, saisonniers, travailleurs enchaînant des contrats très courts dans les secteurs de la restauration, de l’hôtellerie ou la culture... Si rien n’est fait rapidement, c’est un véritable drame social qui s’annonce.

Dans les périodes de récession économique, le droit au chômage doit au contraire être le plus large possible afin que notre modèle social joue pleinement son rôle d’amortisseur et de protection à l’égard des plus fragiles.

C’est pourquoi nous appelons le Gouvernement à retirer sans plus attendre cette réforme régressive dont le seul objectif était de faire des économies. Une nouvelle convention Unédic, négociée entre les partenaires sociaux, doit permettre d’urgence le renforcement des droits au chômage des travailleurs.

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24 avril 2020 5 24 /04 /avril /2020 06:10
Christine Prunaud

Christine Prunaud

Mardi, 21 Avril, 2020 - L'Humanité
Le manque de masques et la casse de l’outil industriel

Par Christine Prunaud  Sénatrice PCF des Côtes d'Armor

Cette crise sanitaire illustre malheureusement les conséquences du déclin industriel de notre pays. Exemple le plus saisissant avec l’usine Honeywell de fabrique de masques à Plaintel (Côtes-d’Armor) pourtant rentable mais fermée en 2018.

200 millions de masques étaient produits dans cette entreprise qui a changé plusieurs fois de propriétaires mais qui ont toujours bénéficié des différentes aides publiques de l'état via le CIR ou le CICE pour laisser au final 300 salariés sur la touche.

La production a été délocalisée en Tunisie et en Chine et les outils de production ont été démantelés par un ferrailleur en février dernier alors que les signes d'une pandémie mondiale étaient plus que pressants.

Le syndicat Solidaires par son secrétaire général des Côtes d'Armor Serge Lequeau pointe très justement avec cette usine, « un condensé édifiant de tout ce que le capitalisme financier international, soutenu par des politiques néolibérales peut produire comme horreur, comme absurdité, comme aveuglement ».

En effet, des deniers publics ont servi à casser un outil industriel dont on ressent aujourd'hui l'impériosité. Ils ont aussi broyé des hommes et des femmes avec un savoir faire technique de haut niveau dans un domaine touchant à la sécurité sanitaire de tous.

Le gouvernement actuel disait encore au sujet des délocalisations il y a quelques mois : « Garder ces usines n’est pas un enjeu d’intérêt public. Laissons faire les lois du marché ! Si, un jour, nous avons des besoins, nous les importerons de Chine ! ». Mais aujourd'hui nous payons toutes et tous les prix de cette confiance aveugle dans le seul marché mondial. La France manque toujours de masques, plus de deux mois après le début de la crise. Les soignants manquent de tout et nos ministres nous demandent de faire preuve de solidarité en fabriquant des masques maison ou en faisant appel à des dons pour aider nos hôpitaux.

Comme toujours face à ce scandale, la solidarité prime avec le projet de créationd’une société coopérative industrielle qui reprendrait les activités. Cette structure reste la plus adaptée à la situation puisqu'elle permet d’associer tous les acteurs du territoire régional, à commencer par les salarié.es, mais aussi d'autres acteurs comme les structures sanitaires et médico-sociaux, ou tout collectif citoyen régionaux.... Le Conseil Départemental des Côtes d'Armor et le Conseil Régional de Bretagne ont fait part de tout leur soutien à ce projet de relance.

Mais le gouvernement par la voie de sa secrétaire d'état à l'industrie vient de doucher les espoirs en indiquant cyniquement « je sais que l'équipe est motivée. Le projet est peut-être une bonne idée mais il ya des alternatives ». Or nous constatons tous au quotidien les effets désastreux de ces alternatives.

Ainsi face au dogme néolibéral du gouvernement, c'est mon rôle de parlementaire d'accompagner cette appropriation collective des moyens de production. L'avenir est là, notre présent confiné nous le prouve bien.

Le manque de masques et la casse de l’outil industriel  - Par Christine Prunaud  Sénatrice PCF des Côtes d'Armor (L'Humanité, 21 avril 2020)

À propos de la réouverture de l’usine de fabrication de masques de Plaintel

Le contexte d’urgence sanitaire que nous connaissons au plan mondial met, aujourd’hui, particulièrement en lumière les responsabilités des décisions prises sur le plan économique et social par les États.


A l’instar de l’entreprise Luxfer dans le Puy de Dôme, unique fabricant de bouteilles d’oxygène médical en Europe, aujourd’hui en cessation d’activité, la fermeture de l’usine de fabrication de masques de Plaintel (Giffard, Dalloz puis Honeywell) en 2018 montre aujourd’hui les conséquences d’un abandon des savoir-faire et des outils industriels.

Comme pour d’autres entreprises malheureusement, ces abandons tiennent toujours à deux causes essentielles :
- la non-prise en compte des alertes des salarié·e·s et la non-anticipation des besoins industriels en matière médicale et sanitaire,
- la recherche du profit maximum et la loi du marché.

À ces causes, il faut ajouter le désengagement de l’État et des gouvernements successifs causant
irrémédiablement la chute de l’entreprise liée au marché sanitaire.

En effet, selon un article signé de Benoît Collombat et de la Cellule investigation de Radio France (1), « l’activité d’Honeywell de masques respiratoires jetables en Europe, dont celle de HSP (Honeywell Safety Products) Armor, est une activité rentable. » est-il écrit dans un rapport d’audit du groupe qui conclut : « la rentabilité économique [de l’usine] est avérée mais trop faible pour les standards du groupe Honeywell ». D’où la délocalisation vers la Tunisie et la Chine. C’est à la lumière de ces causes et de ces responsabilités qu’il est nécessaire d’envisager la reprise d’une activité industrielle sur ce secteur d’activité.

- L’outil industriel est aujourd’hui cassé et inexistant. Certes, mais l’expérience montre la nécessité de « relocaliser » certaines productions « décisives » et « vitales » afin d’en garantir la maîtrise. Le savoir-faire détenu par les salariés de Plaintel est, de ce point de vue, un atout sur lequel il faut s’appuyer.

- Il est donc également nécessaire de penser un « modèle économique » qui ne soit pas sous la coupe de la seule « concurrence libre et non faussée » et de la loi du seul profit ainsi que la garantie d’une gestion des commandes et des stocks qui permettent la viabilité du projet.

- Enfin, l’expérience le montre avec une particulière acuité : cette production doit être mise sous « surveillance » démocratique afin que de telles situations ne puissent se reproduire. Cette surveillance devra être conférée aux salariés en tout premier lieu (si on les avait écoutés, nous n’en serions pas là...), mais également à la population et ses représentants au plan local (les réponses du ministère de l’Économie sur le caractère « non stratégique » de l’entreprise sont lourds de conséquences).

La relance de l'activité engage la responsabilité de l’État à qui une part essentielle des productions de la nouvelle entreprise sera destinée. Il doit veiller à la mise à disposition des financements nécessaires à la reprise de l'activité, par l'intermédiaire de Banque Publique d’Investissement France. La Banque de France doit déclarer cette avance de fonds éligible au refinancement de la Banque Centrale Européenne au taux de - 0,75 %, actuellement pratiqué pour ses refinancements de long terme ciblés.

Nous sommes déterminés à nous associer à la recherche de solutions avec toutes les parties qui s’engagent pour construire un projet répondant aux besoins sanitaires en France.

Christine Prunaud - Sénatrice des Côtes d’Armor
Cinderella Bernard - Présidente du groupe des élus communistes au Conseil départementall
Christiane Caro – Membre de la commission nationale santé du PCF
Yannick Le Cam – Secrétaire de la fédération du PCF des Côtes d’Armor

Saint-Brieuc, le 13 avril 2020

(1) L’usine bretonne qui alimentait la France en masques : histoire secrète d’un saccage industriel - Par Benoît
Collombat et Cellule investigation de Radio France - 03/04/2020

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24 avril 2020 5 24 /04 /avril /2020 06:01
Grand âge. La bataille invisible pour éviter le pire dans les Ehpad (L'Humanité, Eugénie Barbézat, 21 avril 2020)
Grand âge. La bataille invisible pour éviter le pire dans les Ehpad

Les médecins et les soignants des établissements pour personnes âgées se sont organisés pour pallier les retards de l’exécutif et parvenir à endiguer une épidémie qui va encore faire des victimes dans les rangs des résidents.

 

Depuis quelques jours, la communication gouvernementale semble se concentrer sur le désengorgement des hôpitaux, éludant le nombre de morts quotidiens qui reste élevé, y compris dans les Ehpad. Ces établissements où résident des personnes âgées dépendantes, longtemps oubliées des statistiques, ont pourtant été le théâtre d’une flambée de l’épidémie. Même si les situations diffèrent d’un établissement et d’une région à l’autre, quand le virus pénètre dans un Ehpad, on constate en moyenne 30 % de décès chez les résidents et 50 % du personnel atteint par la maladie. La moitié des établissements de l’Hexagone étant touchés, la gravité de la situation ne fait plus de doute.

Pascal Champvert, le président de l’Association des directeurs au service des personnes âgées (AD-PA), refuse d’être alarmiste car « la peur de la maladie pourrait avoir des conséquences désastreuses et 98 % des personnes âgées placées en établissement seront épargnées ». Mais il ne nie pas l’importance du nombre de victimes. « D’autant plus qu’il n’y a aucune statistique officielle pour les personnes âgées mortes à domicile du Covid-19 », tient-il à souligner. Pour le docteur Gaël Durel, président de l’Association nationale des médecins coordonnateurs du secteur médico-social (Mcoor), les décès dus au Covid-19 sont largement sous-estimés dans ces lieux. « Il faut au moins les multiplier par 1,3 puisque nous ne sommes autorisés à déclarer morts par Covid que les résidents testés positifs. Sachant que les tests ne sont pas fiables (30 % environ sont de faux négatifs) et que la consigne reste de ne tester que les trois premiers cas. Les autres sont automatiquement suspectés d’être Covid mais ne sont pas considérés comme tels s’ils décèdent ! » s’indigne-t-il. Indignation partagée par sa collègue Nathalie Maubourguet, présidente de la Fédération française des associations de médecins coordonnateurs en Ehpad (Ffamco), qui peste contre la plateforme censée recenser les décès. « Elle fonctionne un jour sur deux. Du coup, on déclare quand et comme on peut. L’État pourrait quand même nous donner des outils corrects pour compter nos morts… »

Des situations catastrophiques dans tout l’Hexagone

Apparemment, protéger les 725 000 résidents en Ehpad et les 250 000 soignants qui s’occupent d’eux ne semblait pas une priorité. Alors même que les hôpitaux étaient saturés dans le Grand-Est, les établissements de la région ont vécu des situations catastrophiques. « Des collègues m’ont raconté que le 15 leur raccrochait au nez quand ils appelaient pour une personne de plus de 80 ans : il n’y avait plus de place aux urgences. Des personnes âgées sont mortes dans des conditions effroyables, faute de médicaments de sédation en quantité suffisante et de matériel pour les aider à respirer, déplore Nathalie Mauboutguet. On n’est pas du tout équipés pour gérer des détresses respiratoires, en particulier en grand nombre et sur un temps long. On n’a pas assez de respirateurs, pas assez de réserve d’oxygène, pas de médicaments… » La docteure avoue s’être préparée psychologiquement à vivre « des situations dignes de la médecine de guerre ». Heureusement, en Gironde, où elle exerce, cela n’a pas été le cas. Pour l’instant.

Ce sont les soignants du Grand-Est qui ont alerté leurs confrères des régions moins impactées. Les agences régionales de santé ont mis, elles, beaucoup plus de temps à réagir. « Nous, les médecins, avons été les premiers à lancer l’alerte, avant même le confinement et l’interdiction des visites : certains confrères ont mis en jeu leur démission si les directeurs, qui attendaient les consignes des ARS, continuaient à ouvrir les salles de restaurant aux résidents. Il y a eu un gros retard concernant les mesures barrières dans certaines régions », regrette Gaël Durel. À la Villa Evora, à Chartres, là aussi, on a anticipé le confinement : « On a pris les devants une semaine avant les directives du gouvernement », témoigne Françoise, une aide-soignante de l’établissement. Même constat sur les masques : « En récupérer a été notre premier combat, se souvient Nathalie Maubourguet. Au départ, seuls les soignants des hôpitaux étaient prioritaires. On a été un peu oubliés. » Si, aujourd’hui, les masques sont disponibles en quantité suffisante, des difficultés de distribution persistent dans certaines régions et il manque toujours certains équipements comme les charlottes, les lunettes, etc. « C’est surtout la solidarité des communes et des entreprises qui a permis de faire face dans beaucoup d’endroits », précise Gaël Durel.

L’entraide et la débrouille ont été à l’œuvre à peu près partout. Certaines équipes ont même décidé dès le début de l’épidémie de rester confinées avec leurs résidents pour les préserver. D’autres ne comptent plus leurs heures : « Parmi les soignants, aucun n’a déserté, souligne Nathalie Maubourguet. Les jeunes femmes qui travaillent dans les établissements dont je m’occupe sont formidables. Elles déploient une énergie fantastique alors même que les tâches à accomplir se sont multipliées. » Servir les repas en chambre en veillant à ce qu’ils arrivent chauds, aider les personnes atteintes d’Alzheimer, qui ont l’habitude de déambuler, à rester dans leur chambre, initier les résidents et parfois même leurs enfants, qui ne sont plus tout jeunes, aux nouveaux outils de communication… autant de travail supplémentaire qui met les équipes à rude épreuve.

« Ne voir personne, c’est un peu comme être déjà mort »

« Nos taux d’encadrement ne nous permettent pas de travailler correctement en temps normal, alors imaginez en temps de crise, résume Gaël Durel. Depuis trente ans, notre politique de santé oublie les Ehpad, on le paye cruellement aujourd’hui. Il a fallu enfermer dans leur chambre des gens qui le supportaient mal, avec des conséquences psychologiques importantes car personne n’était disponible pour passer un peu de temps avec eux. Ce confinement a eu des conséquences en termes de santé : anorexie, dépression, décompensation, comportements s uicidaires… S’ils ne meurent pas du Covid, ils vont mourir du confinement. Et ils seront totalement ignorés. »

Les effets de l’isolement peuvent en effet être dramatiques, comme le confirme Diane Levesque, administratrice d’une association de bénévoles qui intervient dans cinq établissements du Finistère. « Comme il n’y a pas de malades pour l’instant, on a beaucoup de mal à faire admettre des mesures de prévention à des personnes pour qui c’est uniquement le moment présent qui compte : un sourire, un moment partagé. Pour ceux à qui j’ai pu parler, rester dans leur chambre sans voir personne, c’est un peu comme être déjà morts. »

Du côté des familles, l’inquiétude gagne également. « Pendant toute une semaine, je n’ai pas pu parler à ma mère, raconte Didier. Personne ne décrochait, ni dans sa chambre, ni à l’accueil. » Inquiet, le fils de cette dame, qui vient de fêter ses 89 ans, appelle la direction. Là, il apprend que sa mère est « probablement atteinte du Covid-19 ». Un résident de son établissement situé dans l’agglomération nantaise est décédé après avoir été infecté par le virus. Très inquiet, Didier a très peu de nouvelles. Sa mère, désorientée et affaiblie, s’exprime très peu et le médecin n’a pas été très rassurant.  « Il a simplement demandé si, en cas d’aggravation, la famille souhaitait ou pas qu’elle soit transportée à l’hôpital pour être placée en réanimation. Mon frère et moi n’avons pas su quoi répondre. Nous avons dit au médecin de faire ce qu’il estimait le mieux pour elle… »

Après la crise, il faudra tirer des leçons de cette épidémie

Pour pallier le désarroi des résidents enfermés et des familles qui ne peuvent assister aux derniers moments de leurs parents à cause des procédures sanitaires très strictes, Pascal Champvert préconise « l’embauche massive de psychologues, pour maintenant et pour après ». Le président de l’AD-PA estime aussi qu’un geste symbolique pourrait être fait : « Nommer un ministre des personnes âgées, cela augurerait une meilleure prise en compte de leurs problématiques spécifiques pour l’avenir. » S’il n’a pas encore été entendu à ce sujet, Pascal Champvert semble avoir eu l’oreille de l’exécutif, auprès duquel il a plaidé depuis plusieurs semaines pour que les bénévoles et les familles puissent de nouveau entrer dans les Ehpad « avec, bien sûr, des dispositifs adaptés ». Chez les médecins coordonnateurs, on prend aussi des initiatives : « Malgré le confinement, j’ai demandé à un kiné de revenir au sein d’un établissement, explique ainsi Nathalie Maubourguet. Sans cela, certains résidents risquaient de ne plus jamais pouvoir marcher… »

De l’avis de tous, après la crise, il faudra tirer des leçons de cette épidémie. Le fait que les soignants se soient vus reconnus leur a fait prendre conscience de l’utilité sociale de leur métier. « Il y a une humanité qui est encore plus importante que d’habitude. Le directeur lui-même est là tous les jours depuis un mois. On est tous très solidaires, à tous les niveaux. Il y a un climat de confiance, de rapprochement, qui est vraiment important », se félicite Françoise, 63 ans, aide-soignante depuis vingt-neuf ans à la Villa Evora de Chartres. Bien sûr, il faudra aussi que cela se traduise sur les feuilles de paye. « Pour des personnels qui gagnent à peine le Smic, une prime ne suffira pas », note Pascal Champvert. Quant à Nathalie Maubourguet, elle ne peut imaginer que rien ne change. « Nous avons démontré que ce sont les gens de terrain qui ont réussi à endiguer l’hémorragie dans les Ehpad. Il va falloir enfin nous faire confiance. Et arrêter de soumettre nos budgets à des contraintes bureaucratiques qui amputent le temps précieux que nous devrions consacrer à nos résidents. »

Eugénie Barbezat
 
Un droit de visite pas encore effectif

Deux heures quinze de conférence de presse… et une seule information concrète. Dimanche, Édouard Philippe et Olivier Véran ont annoncé le rétablissement, à partir du lundi 20 avril, d’un «  droit de visite pour les familles » dans les Ehpad et les établissements accueillant des personnes en situation de handicap. Dans des conditions « extrêmement limitées », de façon « très encadrée », a précisé le ministre de la Santé. Comment ? « Ce sera à la demande du résident », avec « pas plus de deux personnes de la famille » et « sous la responsabilité des directions d’établissement », a énuméré M. Véran. Bien sûr, les contacts physiques resteront proscrits. L’AD-PA, Association de directeurs d’Ehpad, a salué cette décision du gouvernement, « très encourageante, compte tenu du nécessaire prolongement du confinement sur les semaines à venir ». Et souhaité que les nouvelles modalités puissent être « adaptées » aux visites de kinésithérapeutes et de bénévoles « pour préserver et accompagner l’autonomie à la marche et le temps de vie sociale ». Concrètement, rares étaient hier les Ehpad en capacité de rendre effectif ce droit de visite, la plupart réclamant du temps – et du matériel –, pour pouvoir le mettre en place. Samedi, le département du Bas-Rhin avait déjà annoncé son intention de permettre aux familles de rendre visite aux personnes âgées hébergées en Ehpad.

 
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24 avril 2020 5 24 /04 /avril /2020 06:00
1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 80/ Théophile Kerdraon ( 1891-1984)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère:

80/ Théophile Kerdraon ( 1891-1984)

Né et mort à Brest (Finistère), 30 septembre 1891-11 avril 1984 ; ouvrier mécanicien à l’Arsenal de Brest puis ouvrier du bâtiment ; militant syndicaliste et communiste ; secrétaire de la Fédération nationale CGTU Marine-État.

Fils d’un journalier, Théophile Kerdraon, militant du Parti socialiste puis du Parti communiste après le congrès de Tours (décembre 1920), était secrétaire général du syndicat ouvrier CGT (puis CGTU à partir de 1922) de l’Arsenal de Brest. Le syndicat CGT aurait groupé, en 1921, 650 syndiqués (350 en fin d’année) sur 6 800 ouvriers pour l’ensemble du port. Le bureau renouvelé en janvier, comprenait avec Théophile Kerdraon, secrétaire général, Charles Berthelot, secrétaire adjoint sortant, Yves Kerdraon trésorier général, Quentel, trésorier adjoint, Émile Even, archiviste, Gourmelen, bibliothécaire et un certain nombre de conseillers dont Jaffrenou. Secrétaire adjoint de l’Union départementale CGT en 1921, il fut à ce titre un de ceux qui fit pencher le bureau de l’UD vers le ralliement à la CGTU. Il resta secrétaire adjoint de l’UD unitaire.

La Fédération nationale CGTU Marine-État réunie pour la première fois en congrès, à Paris, les 5 et 6 mars 1922, élut Théophile Kerdraon au secrétariat général et transféra son siège à Brest. Kerdraon était assisté de Quentel, trésorier, Yves Kerdraon, trésorier adjoint, Henri Cadec, secrétaire adjoint. Une autre source indique Yves Kerdraon comme trésorier général et Pierre Carnblan comme trésorier adjoint. Le deuxième congrès se tint à Paris du 23 au 30 juillet 1923. Le bureau fédéral comprenait : Théophile Kerdraon secrétaire, H. Cadec secrétaire adjoint et Jean Bodenan trésorier. Il ne fut remplacé par Pierre Dadot* qu’après sa révocation de l’arsenal en 1925.

Il avait subi cette sanction après avoir été condamné, le 4 mai 1925, à trois mois de prison et 100 F d’amende pour distribution de tracts contre la guerre du Maroc, peine que la cour d’appel de Rennes, le 31 du même mois, éleva à dix mois de prison et 500 F d’amende. Il purgea finalement six mois de prison.

Théophile Kerdraon assista aux congrès nationaux de la CGTU à Saint-Étienne (juin-juillet 1922), Bourges (novembre 1923), Paris (août 1925), Bordeaux (septembre 1927), Paris (septembre 1929). Il fut secrétaire de l’Union départementale CGTU en 1925 puis de la 16e Union régionale de 1926 à 1930. Mais Jean Lapart lui succéda après qu’il eut été accusé de sectarisme lors de la grève du bâtiment de Concarneau en 1929. Il travailla alors comme peintre en bâtiment.

Toujours trésorier d’une cellule de Brest, il aurait désapprouvé la politique de Front populaire adoptée au congrès de Villeurbanne (janvier 1936). Kerdraon resta à Brest sans jouer de rôle dans le mouvement ouvrier.

Il s’était marié à Brest le 9 juillet 1910 et le 8 avril 1946.

Source: Notice du Maitron

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article97278, notice KERDRAON Théophile, Florentin par Jean Maitron et Claude Pennetier, version mise en ligne le 2 novembre 2010, dernière modification le 2 novembre 2010.

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1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 51/ Jean Burel (1921-1944)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 50/ Jacob Mendrès (1916-2012)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 49/ Henri Tanguy dit Rol-Tanguy (1908-2002)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 48/ Carlo de Bortoli (1909-1942)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 47/ Robert Jan (1908-1987)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 46/ Denise Roudot (1933-2002)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 45/ Paul Le Gall (né en 1925)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 44/ René Le Bars (1933-2016)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 43/ Louis Le Roux (1929-1997)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 42/ Pierre Corre (1915-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 41/ Daniel Le Flanchec (1881-1944)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 40/ Joséphine Pencalet (1886-1972)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 39/ Sébastien Velly (1878-1924)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 38/ Edouard Mazé (1924-1950)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 37/ Guy Liziar (1937-2010)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 36/ Henri Moreau (1908-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 35/ Alphonse Penven (1913-1994)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 34/ Michel Mazéas (1928-2013)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 33/ Pierre Guéguin (1896-1941)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 32/ Jean-Louis Primas (1911-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 31/ François Paugam (1910-2009)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 30/ Angèle Le Nedellec (1910-2006)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 29/ Jules Lesven (1904-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 28: Raymonde Vadaine, née Riquin

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 27/ Jeanne Goasguen née Cariou (1901-1973)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 26/ Gabriel Paul (1918-2015)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 25/ François Bourven (1925-2010)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 24/ Yves Autret (1923-2017)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 23/Pierre Jaouen (1924-2016)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 22/ André Berger (1922-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 21/ Joseph Ropars (1912-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 20/ Paul Monot (1921-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 19/ Jean-Désiré Larnicol (1909-2006)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 18/ Jean Le Coz (1903-1990)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 17/ Alain Cariou (1915-1998)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 16/ Jean Nédelec (1920-2017)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 15/ Alain Le Lay (1909-1942)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 14/ Pierre Berthelot (1924-1986)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 13/ Albert Abalain (1915-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 12/ Andrée Moat (1920-1996)

1920-2020: cent ans d'engagements communistes en Finistère: 11/ Jean Le Brun (1905-1983)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 10/ Denise Larzul, née Goyat (1922-2009)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 9/ Pierre Le Rose

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 8/ Marie Salou née Cam (1914-2011)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 7/ René Vautier (1928-2015)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 6/ Denise Firmin née Larnicol (1922-2019)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 5/ Fernand Jacq (1908-1941)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 4/ Corentine Tanniou (1896-1988)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 3/ Albert Rannou (1914-1943)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 2/ Marie Lambert (1913-1981)

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24 avril 2020 5 24 /04 /avril /2020 05:52
L'OFCE et l'Insee estiment l'impact économique de la crise du coronavirus: un coût de 125 millards pour la France, le risque de 400 000 chômeurs en plus (L'Humanité, 21 et 24 avril 2020)
Mardi, 21 Avril, 2020
Première estimation du coût de la crise pour la France : 125 milliards et 400 000 chômeurs de plus selon l’OFCE

L’OFCE publie une sorte de portrait-robot économique de la France confinée. Bilan : une perte de revenus vertigineuse pour les entreprises, l’État et les ménages.

On savait que la France traversait une récession sans précédent. Il restait à chiffrer le montant de la facture pour chaque catégorie de la population, et c’est ce que l’OFCE (organisme de prévision affilié à Sciences-Po) s’attache à faire dans sa dernière publication. Il s’intéresse à trois catégories d’agents économiques : les ménages, les entreprises et les administrations publiques (ou APU, c’est-à-dire l’État, les collectivités territoriales, la Sécu, etc.). Huit semaines de confinement leur coûteraient la bagatelle de 125 milliards d’euros.

Augmentation du taux d’épargne... pour certains

57 % des pertes seraient supportées par les APU (72 milliards), qui doivent financer le plan de sauvetage de l’économie décidé par le gouvernement : chômage partiel, fonds de solidarité, etc. Les entreprises soutiendraient, quant à elles, 35 % de l’ensemble des pertes (soit 44 milliards) et les ménages « seulement » 8 %, mais pour un montant malgré tout substantiel : 9 milliards d’euros, soit environ 400 euros de moins par ménage en moyenne sur la période ! Cette chute s’explique notamment par l’absence de compensation financière intégrale de certains dispositifs. Par exemple, environ 1,2 million de salariés et 100 000 travailleurs non salariés ont dû prendre des arrêts de travail pour garde d’enfants, selon les estimations de l’OFCE, ce qui se traduirait par une perte nette de revenu d’environ 600 millions d’euros.

Un certain nombre d’analystes s’émeuvent, depuis quelques jours, d’une augmentation en flèche du taux d’épargne des ménages. Selon l’OFCE, les Français pourraient cumuler environ 55 milliards d’euros d’« épargne forcée » (c’est-à-dire de l’argent non dépensé en raison d’un empêchement à consommer), mais il faut rappeler que ce phénomène est très inégalitaire : un cadre supérieur sans enfant épargnera bien davantage qu’un smicard qui doit payer les repas de ses enfants privés de cantine…

Le risque d’une spirale récessive

La note de l’OFCE cherche également à examiner les effets de la crise sur le marché du travail. Et malgré tous les filets de sécurité (chômage partiel, fonds de solidarité, report du paiement de cotisations sociales, etc.), le choc pourrait être brutal. Selon les économistes de l’organisme, la France pourrait compter 400 000 chômeurs supplémentaires à l’issue du confinement. Ce chiffre, à prendre avec précaution évidemment, intègre les licenciements (au moins 220 000 personnes, selon les estimations), les fins de période d’essai, les fins des contrats courts, etc. Il ne faut pas oublier les salariés qui verraient leur contrat interrompu pendant la période d’essai mais sans pouvoir bénéficier du chômage et qui seraient obligés de s’inscrire au RSA (60 000 personnes, selon l’OFCE).

Toute la question est de savoir dans quel état le pays sortira du confinement et quelles seront les politiques publiques mises en place afin de relancer la machine. L’OFCE se demande par exemple comment l’État compensera les pertes d’exploitation subies par les entreprises et s’il exigera le remboursement des montagnes de créances accumulées (non-paiement des cotisations sociales). « Le risque est grand de voir s’enclencher une spirale récessive dont les mécanismes sont très habituels, craint l’OFCE. Faillites et réduction de l’emploi conduiront à une réduction du revenu des ménages qui alimentera la réduction de l’activité. »

Il faudra donc venir en aide aux entreprises, mais pas n’importe comment : l’organisme préconise un soutien ciblé, en fonction notamment des pertes effectivement subies.

Vendredi, 24 Avril, 2020 - L'Humanité
Statistiques. L’économie française placée « sous anesthésie »

L’Insee chiffre à 35 % la chute de l’activité. La convalescence s’annonce longue et douloureuse.

 

Difficile de renouveler les expressions imagées pour dépeindre l’étendue de la crise que nous traversons. Temple de la statistique publique, l’Insee s’est mue en médecin de famille pour ­diagnostiquer que, « comme un organisme placé sous anesthésie, l’économie française n’assure plus que ses fonctions vitales. Les mesures de soutien budgétaire aux entreprises et aux ménages visent notamment à favoriser les conditions du réveil – dont on sait qu’il ne sera que très progressif – puis de la convalescence ».

Dans sa note de conjoncture publiée ce jeudi, l’Institut national remarque que les données administratives classiques consolident l’état des lieux dressé empiriquement fin mars. Au 23 avril 2020, l’activité économique globale est en baisse de 35 % par rapport à la normale. Si l’industrie et le BTP ont un peu relevé la tête du fait de quelques réouvertures d’usines ou de chantiers (- 39 % au 23 avril contre - 43 % au 9 avril pour la première, - 79 % contre - 88 % pour le second), les branches agricoles ont perdu un peu de terrain (- 13 % contre - 10 %) et le secteur marchand (hors loyers) est stable dans sa chute (- 49 %). Quant à la consommation des ménages, malgré un léger rebond des paiements par carte, elle s’est contractée d’un tiers de sa normale. Or, ceux-ci comme les entreprises auront à payer la note, même si la hausse spectaculaire du déficit public amortit la majorité du choc lié à la considérable perte de revenu national.

Dans cette note cataclysmique, l’institut a laissé un petit commentaire :  « Ce choc se distingue par sa soudaineté et par son ­ampleur, qui découlent directement de sa nature très singulière : la mise à l’arrêt “volontaire” – faute de mieux pour lutter contre l’épidémie – d’une large partie de l’économie. » Aux futurs électeurs et aux historiens de se faire un avis sur la gestion de cette crise par le pouvoir en place !

Stéphane Guérard
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24 avril 2020 5 24 /04 /avril /2020 05:47
Gestion de l'épidémie : y a-t-il un secret Allemand? (Bruno Odent, L'Humanité, 21 avril)
Mardi, 21 Avril, 2020
Gestion de l'épidémie : y a-t-il un secret Allemand?

Le pays est en train de débuter son déconfinement. Et, même si le nombre de cas est reparti hier à la hausse, l'Allemagne affiche jusqu’ici, et de très loin, un bien meilleur bilan de la lutte contre la pandémie que ses grands voisins européens, en particulier la France. Explications. 

 

Quel est le secret de l’Allemagne ? Le pays affiche jusqu’ici et de très loin un bien meilleur bilan de la lutte contre la pandémie que ses grands voisins européens, en particulier France et Royaume-Uni. Berlin et les dirigeants des seize Länder (États-régions), associés étroitement dans la gestion de la crise, estiment que la pandémie serait désormais « sous contrôle » et ils ont lancé, depuis hier, des premières mesures d’un déconfinement qu’ils veulent « prudent et progressif » en autorisant la réouverture de tous les commerces de moins de 800 mètres carrés.

L’Allemagne déplorait, ce mardi 21 avril, 4.598 décès provoqués par le Covid-19, soit quatre fois moins que la France pour un nombre d’infections prouvées sensiblement identique (aux alentours de 150 000) dans les deux pays. Une meilleure anticipation de la gravité de la pandémie, un recours massif aux tests de dépistage et une densité hospitalière mieux préservée sont les éléments d’explication essentiels de cette capacité à réduire sensiblement le nombre de victimes du virus.

« Trois semaines d’avance sur ses voisins européens »

Alors que Paris se signalait par ses terribles atermoiements, l’alerte maximum allait être enclenchée par Berlin dès que les premiers cas de contamination sont apparus en Bavière, à la mi-janvier. Le grand centre de recherche de l’hôpital de la Charité dans la capitale allemande a transmis alors à tous les laboratoires du pays les procédures de test du Covid-19. L’Allemagne allait pouvoir monter en puissance très rapidement vers un recours massif au dépistage. Jusqu’à pratiquer aujourd’hui quelque 500 000 tests hebdomadaires. « L’Allemagne a pris, je crois, au moins trois semaines d’avance sur ses voisins européens parce que nous avons beaucoup diagnostiqué, beaucoup testé », expliquait, le 20 mars dernier, Christian Drosten, directeur de l’Institut de virologie de la Charité, dans les colonnes de l’hebdomadaire Die Zeit.

Mais encore fallait-il que le pays dispose des moyens de cette réactivité. Pour fabriquer les tests nécessaires, les autorités allemandes vont pouvoir s’adosser sur un tissu industriel fort, détenant une maîtrise de la haute technologie.

À l’inverse de Paris qui, confronté à la misère de la désindustrialisation hexagonale, est contraint de gérer la pénurie en termes de tests comme de masques et autres équipements clés. Une entreprise berlinoise, TIB Molbiol, va être sollicitée pour produire à grande échelle des tests dès février. Et les hôpitaux allemands vont très vite passer commande de quelque 10 000 respirateurs auprès d’entreprises locales en prévision d’un éventuel afflux de patients dans leurs centres de soins intensifs.

Maintien d’une densité hospitalière relativement forte

À côté de cet atout industriel, le maintien d’une densité hospitalière relativement forte constitue l’autre secret du bon comportement allemand face à la pandémie. Et cela en dépit de l’austérité qui a conduit nombre de collectivités régionales à saper dans leurs dépenses de santé. L’Allemagne dispose, selon les chiffres de l’OCDE, de 6,02 lits de soins aigus pour 1 000 habitants contre 3,09 pour la France. Un état de fait qui a d’ailleurs conduit à de remarquables gestes de solidarité de plusieurs établissements allemands qui ont accueilli des patients français dans leurs services intensifs quand les hôpitaux du Grand Est étaient submergés.

Il y a cependant quelques ombres au tableau de cette gestion plutôt exemplaire. L’un des principaux sujets d’inquiétude porte sur l’accès aux soins des milieux populaires. Un système de couverture maladie à deux vitesses fait en effet cohabiter, depuis des années, les souscripteurs d’assurances privées issus des milieux les plus aisés avec les assurés des caisses légales (l’équivalent de notre Sécurité sociale). Et les mieux et les plus rapidement servis sont naturellement les premiers. En cas de nouvelle flambée de l’épidémie, des arbitrages déjà insupportables pourraient prendre une dimension obscène. Et l’inquiétude d’une résurgence du fléau peut se nourrir de l’attitude d’un patronat allemand qui mène une campagne de tous les instants pour une réouverture la plus rapide possible de l’économie. Quoi qu’il arrive.

Bruno Odent
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