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1 février 2020 6 01 /02 /février /2020 07:35
Proche-orient. Le lâche abandon du peuple palestinien (Pierre Barbancey, L'Humanité, 30 janvier 2020)
Proche-orient. Le lâche abandon du peuple palestinien
Jeudi, 30 Janvier, 2020

Le plan présenté par Donald Trump donne le feu vert à Israël pour l’annexion d’une grande partie de la Cisjordanie et de la vallée du Jourdain. Le monde entier se tait.

 

C’est ce qui est appelé une répartition des rôles. Main dans la main, tels des marionnettistes, Donald Trump et Benyamin Netanyahou se sont partagé les effets d’annonce pour un « deal » qui se veut historique. De quoi contenter d’abord l’actuel locataire de la Maison-Blanche, marchand de biens de son état, pour qui le troc est une façon de faire de la politique. Devant un parterre choisi d’aficionados – des élus républicains, des représentants de l’aile droite de la communauté juive mais également des ambassadeurs de certains pays arabes –, Trump a dressé le cadre de ce qu’il a appelé son « plan de paix ». Il a pris bien soin de ne pas entrer dans les détails, mais les références bibliques à la Terre sainte laissaient peu de place à d’improbables interprétations.

À nouvelle politique, nouveau langage diplomatique

Rien d’étonnant en réalité puisque les États-Unis, depuis plusieurs mois, ont dit leur accord avec l’ensemble de la politique israélienne menée ces derniers temps sous la houlette de Benyamin Netanyahou. Le gendre de Trump, Jared Kushner, poussé dans ses retranchements par la journaliste de CNN, Christiane Amanpour, a lâché le morceau. Jusqu’à ce mardi qui restera très certainement dans les annales de l’histoire, la commaunauté internationale reconnaissait la ligne d’armistice de 1949 (brisée en juin 1967 par la guerre des Six-Jours), dite ligne verte, comme la frontière d’Israël. Peu importe pour celui qui a été chargé par son beau-père de dresser le fameux plan. Il l’a dit tout de go. « Peu importe 1967, ce qui compte c’est ce qui existe en 2020 », a-t-il expliqué en substance. Il est allé même plus loin, accusant les Palestiniens d’avoir « baisé » (screw up) toutes les chances qui leur avaient été offertes. À nouvelle politique, nouveau langage diplomatique.

Ce qui existe, c’est la politique du fait accompli poursuivie sans relâche par Israël depuis plus de cinquante ans maintenant. Une colonisation continue, en Cisjordanie comme à Jérusalem-Est, visant à marginaliser toujours plus les Palestiniens sur leur propre territoire. Dans un livre (1), l’avocat israélien Michael Sfard, au combat exemplaire contre l’occupation dans les territoires palestiniens, décrit, arguments juridiques à l’appui, de quelle manière cette politique s’est forgée avec des arguties juridiques visant à aider les États soutenant Israël à accepter la politique du char, celle de la force, du dominant contre le dominé, du colonisateur contre le colonisé.

« Ma vision présente (…) une solution réaliste à deux États », a expliqué Donald Trump, évoquant un projet « gagnant-gagnant » pour Israéliens et Palestiniens. Gagnant-gagnant ? Israël a obtenu le feu vert des États-Unis pour annexer toutes les colonies de Cisjordanie et une bonne partie de la vallée du Jourdain. Il suffit de regarder la carte (page précédente) pour voir que cela ne laisse aux Palestiniens qu’un archipel dont on voit mal comment ces îlots pourraient constituer un État. Grande concession – mais absolument pas nouvelle –, un tunnel reliant la bande de Gaza aux territoires qui resteraient sous l’autorité palestinienne. Quelques arpents de sable du désert du Néguev seraient octroyés aux Palestiniens. Mais ce prétendu État n’aurait en réalité aucune prérogative. Il n’aurait même pas le contrôle des marchandises lui étant destinées et transitant par les ports d’Ashdod et d’Haïfa.

Plus le mensonge est gros, plus il passe

Le futur État palestinien ne verrait le jour que sous plusieurs conditions, dont « le rejet clair du terrorisme », a martelé Donald Trump. Il a annoncé avoir envoyé une lettre à Mahmoud Abbas l’exhortant à saisir « une chance historique », et peut-être « la dernière », d’obtenir un État indépendant. « Je lui ai expliqué que le territoire prévu pour son nouvel État resterait ouvert et sans développement » de colonies israéliennes « pendant une période de quatre ans », a-t-il précisé. Plus le mensonge est gros, plus il passe. Quelques minutes plus tard, l’ambassadeur des États-Unis David Friedman vendait la mèche, affirmant qu’Israël pouvait annexer ses colonies « sans attendre ». Dont acte. Le gouvernement intérimaire de Benyamin Netanyahou va très certainement agir dans les tout prochains jours. Et il n’y a rien à attendre des prochaines élections israéliennes prévues le 2 mars prochain.

Pour Robert Malley, ancien conseiller de Barack Obama et président de l’International Crisis Group, le message adressé aux Palestiniens est clair et sans nuance : « Vous avez perdu, il va falloir vous y habituer. » Le peuple palestinien se retrouve bien seul. Les pays arabes le soutiennent comme la corde le pendu. Si auparavant les capitales du Moyen-Orient entretenaient encore l’illusion, elles se sentent maintenant totalement affranchies de toute retenue. Le rapprochement des pays du Golfe avec Israël est maintenant une réalité. L’Arabie saoudite a dit « apprécier » les efforts de Donald Trump, tandis que l’Égypte a appelé Israéliens et Palestiniens à un examen « attentif » et « approfondi » du plan. Et les Émirats arabes unis ont même qualifié le plan de « point de départ important » pour les négociations de paix. Le Qatar a salué le plan tout en estimant que la paix ne serait durable qu’avec la naissance d’un État palestinien ayant « Jérusalem-Est pour capitale ». Mais ce n’est pas ce qui est envisagé. Serait octroyé aux Palestiniens le faubourg de Jérusalem Abou Dis. Pour le reste, il est évident que, contrairement au droit international, des populations seront déplacées, transférées. On parle même avec insistance d’« échanges » de populations de Galilée (au nord d’Israël) qui seraient envoyées en Cisjordanie !

Le droit de la force et la loi de la jungle

Seuls et abandonnés. Les Palestiniens ne peuvent même pas compter aujourd’hui sur l’Union européenne. À l’image de la France qui, via le ministère des Affaires étrangères, « salue les efforts du président Trump et étudiera avec attention le plan de paix qu’il a présenté ». Le secrétaire général de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), Saëb Erekat, appelle l’Union européenne à reconnaître l’État de Palestine. Mais celle-ci fait la sourde oreille, prise dans ses propres contradictions politiques, économiques et de subordination à l’Otan sous contrôle des États-Unis.

Le peuple palestinien est la première victime de ce plan. Si celui-ci est mis en œuvre, les dégâts seront considérables dans l’ensemble du Moyen-Orient. D’autant que Trump et Netanyahou lient en réalité cette nouvelle étape de « normalisation » du Moyen-Orient à une confrontation tous azimuts avec l’Iran, présentée comme le grand Satan. Les répercussions risquent d’être terribles. En balayant d’un revers de main le droit international, le président américain et le premier ministre israélien affirment que les relations entre les pays et entre les peuples relèvent du droit de la force. De la loi de la jungle. La boîte de Pandore est ouverte. Dans les jours qui viennent, les manifestations vont se multiplier en Palestine. Et les soldats israéliens ont le doigt prêt à appuyer sur la détente avec la bénédiction de Donald Trump.

(1) Le Mur et la porte, Michael Sfard. Zulma « Essais ​​​​​​​», 672 pages, 25 euros. À paraître le 6 février.
Pierre Barbancey
Proche-orient. Le lâche abandon du peuple palestinien (Pierre Barbancey, L'Humanité, 30 janvier 2020)
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1 février 2020 6 01 /02 /février /2020 07:29
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 32/ Jean-Louis Primas (1911-1943)
Photo de Jean-Louis Primas - Source Maitron

Photo de Jean-Louis Primas - Source Maitron

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère

32/ Jean-Louis Primas (1911-1943)

 

Jean-Louis Primas, de LANESTER au Mont Valérien, en passant par les Brigades Internationales en Espagne et Brest.

Un ami historien a retrouvé le carnet d'affiliation aux Brigades Internationales du résistant et fusillé communiste Jean-Louis Primas daté d'avril 1938, sous forme de microfilm à Nanterre (archives soviétiques qui ont pu être copiées à la chute de l'URSS pendant quelques mois, au terme d'un accord).

Ancien des Brigades Internationales comme Albert Rannou, autre membre du groupe de résistance communiste à Brest démantelé par la police, Jean-Louis Primas, a été fusillé au Mont-Valérien le 17 septembre 1943 en même temps que 18 autres communistes brestois ou résidant à Brest: Albert Rannou, Lucien Argouach, Albert Abalain, André Berger, Louis Departout, Yves Guilloux, originaire des Côtes-du-Nord, Eugène Lafleur, venu de Paris, Louis Le Bail, Paul Le Gent, Paul Monot, Henri Moreau, un ancien des Brigades Internationales en Espagne, Jean Quintric, Albert Rolland, Etienne Rolland, Joseph Ropars, Jean Teuroc, Charles Vuillemin, et Louis Leguen

Il est né à Lanester le 17 octobre 1911 et a donc été exécuté à 31 ans. Fils de Jean Julien Prima, ouvrier au fort, et de Jeanne Marie Le Bras, ménagère, Jean-Louis Primas, militant de Lorient, était garçon épicier à Lanester.

Il combattit en Espagne dans les rangs des Brigades internationales.

Il est l'un des créateurs du Front national à Lanester avec Albert Le Bail, ouvrier chauffagiste, militant syndical, militant du PCF. Il est syndicaliste à la CGTU dans le Morbihan. Au printemps 1942, des actions de plus en plus nombreuses visent les occupants et les collaborateurs. 
Dès février, c'est une cuve à mazout qui est incendiée au Priatec à Lorient. Les sources d’énergie électrique et les lignes électriques sont des cibles privilégiées; de mars à juin sautent transformateurs, répartiteurs et pylônes, par exemple au Rest-Scouhel, à Caudan. Le groupe de Jean-Louis Primas s'en prend aussi en septembre aux locaux des mouvements collaborationnistes Francisme et Légion tricolore (nouvelle appellation de la LVF) et aux renseignements généraux à Lorient. Au mois d'août 1942, Jean-Louis Primas est envoyé à Brest pour abattre un policier collaborateur qui a arrêté un résistant qui vient d'être condamné à mort. Le policier est blessé de trois balles.

Il est arrêté à Nantes par 9 policiers français armés, il est amené à Doullans et est atrocement torturé. Interné à Fresnes (94). Condamné à mort par le conseil de guerre allemand de Paris pour 57 chefs d'accusation. Il est fusillé dans la clairière du fort du Mont-Valérien à Suresnes le 17 septembre 1943 avec 18 autres militants ayant comme lui appartenu à l'organisation communiste clandestine brestoise.

Il fera l'objet de 47 motifs d'inculpation. Une équipe spéciale de la police vichyste de Brest avait juré de le tuer à coups de nerf-de-bœuf.

"Jean-Louis Primas et Louis Le Bail (le fils d'Albert Le Bail, arrêté le 13 juillet 1942), deux militants communistes Morbihanais envoyés en Finistère, vont montrer un courage remarquable dans l'action directe des FTP contre les Allemands. Quand Jean-Louis Primas sera jugé par un tribunal allemand, il devra répondre de 47 inculpations pour attentats à main armée contre les troupes allemandes! (...) Jean-Louis Primas et Louis Le Bail, deux militants communistes Morbihanais envoyés en Finistère, vont montrer un courage remarquable dans l'action directe des FTP contre les Allemands. Quand Jean-Louis Primas sera jugé par un tribunal allemand, il devra répondre de 47 inculpations pour attentats à main armée contre les troupes allemandes! " (Eugène Kerbaul, une section communiste de Province, le cas de Brest - 1938-1943)

Dans le Maitron - Avec Louis Le Bail de Lorient, Jean-Louis Primas transporte clandestinement des armes venues d’Angleterre à destination d’une ferme de Melgven (Finistère). Revenu à Lorient, Jean-Louis Primas et Louis Le Bail font sauter dans la nuit du 20 au 21 septembre 1942 le poste de sectionnement électrique de Belane en Lanester, ce qui priva de courant Port-Louis, Hennebont et les forges de Lochrist une bonne partie de la journée du 21. Recherchés par la police, tous deux se réfugièrent en Finistère-Nord. 
Condamné à mort par contumace par un tribunal français le 28 août 1942, Louis Le Bail échappa un temps aux recherches. Reconnu à Brest par son ancien professeur de boxe passé au service de la Police de Vichy, il fut arrêté par la police française (SPAC) le 20 ou 30 janvier 1943 (selon les sources) et fut torturé. Emprisonné au Château de Brest, il fut transféré à la prison Jacques-Cartier de Rennes puis à la prison de Fresnes (Seine). Le tribunal allemand du Gross Paris rue Boissy-d’Anglas (VIIIe arr.) le condamna à mort le 28 août 1943. Les Allemands le fusillèrent le 17 septembre 1943 au Mont-Valérien avec 18 autres communistes brestois.

 

 

Source: Maitron/ page Wikipédia/ Eugène Kerbaul  

 

http://maitron-fusilles-40-44.univ-paris1.fr/spip.php?article127431

 

Lire aussi nos autres publications pour l'année du centenaire du Parti communiste dans la série "100 ans d'engagements communistes en Finistère":

Lire aussi:

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 31/ François Paugam (1910-2009)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 30/ Angèle Le Nedellec (1910-2006)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 29/ Jules Lesven (1904-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 28: Raymonde Vadaine, née Riquin

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 27/ Jeanne Goasguen née Cariou (1901-1973)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 26/ Gabriel Paul (1918-2015)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 25/ François Bourven (1925-2010)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 24/ Yves Autret (1923-2017)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 23/Pierre Jaouen (1924-2016)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 22/ André Berger (1922-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 21/ Joseph Ropars (1912-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 20/ Paul Monot (1921-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 19/ Jean-Désiré Larnicol (1909-2006)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 18/ Jean Le Coz (1903-1990)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 17/ Alain Cariou (1915-1998)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 16/ Jean Nédelec (1920-2017)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 15/ Alain Le Lay (1909-1942)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 14/ Pierre Berthelot (1924-1986)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 13/ Albert Abalain (1915-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 12/ Andrée Moat (1920-1996)

1920-2020: cent ans d'engagements communistes en Finistère: 11/ Jean Le Brun (1905-1983)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 10/ Denise Larzul, née Goyat (1922-2009)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 9/ Pierre Le Rose

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 8/ Marie Salou née Cam (1914-2011)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 7/ René Vautier (1928-2015)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 6/ Denise Firmin née Larnicol (1922-2019)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 5/ Fernand Jacq (1908-1941)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 4/ Corentine Tanniou (1896-1988)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 3/ Albert Rannou (1914-1943)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 2/ Marie Lambert (1913-1981)

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1 février 2020 6 01 /02 /février /2020 07:28
Retraites: la gauche se prépare à une offensive coordonnée (L'Humanité, 30 janvier 2020)
La gauche se prépare à une offensive coordonnée
Jeudi, 30 Janvier, 2020

Après quelques tensions, les députés socialistes, insoumis et communistes se sont entendus pour se saisir ensemble de tous les outils parlementaires à leur disposition contre la réforme des retraites.

 

À nouveau sur les mêmes pavés, hier, aux côtés des syndicats pour exiger le retrait de la réforme des retraites, la gauche a aussi trouvé un terrain d’entente pour mener ensemble la bataille parlementaire. Réunis mardi en fin d’après-midi, après une invitation lancée par André Chassaigne (PCF), les députés socialistes, insoumis et communistes ont décidé d’avoir recours à la motion de censure, à la motion référendaire, voire de saisir le Conseil constitutionnel contre des textes que certains, après l’avis du Conseil d’État, jugent désormais « illégaux ». « Un accord a été trouvé pour utiliser tout l’arsenal procédural à disposition des parlementaires », a expliqué la présidente du groupe socialiste, Valérie Rabault, à l’issue de la rencontre.

« Retarder la décision finale »

« La réunion a été positive et les trois groupes se sont entendus pour mettre en œuvre les différents outils parlementaires avec le plus d’efficacité possible dans le cadre d’une coordination continuelle », confirme André Chassaigne, qui avec son groupe a mis sur la table la proposition de motion référendaire afin que « les citoyens puissent être consultés et enfin respectés par un gouvernement qui pratique la politique de la sourde oreille ». « Il faut passer par le référendum pour sortir de cette situation de blocage », estime le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, alors que, selon un sondage Elabe, 61 % des Français jugent que la réforme devrait être retirée. Jean-Luc Mélenchon a lui aussi salué l’engagement d’une bataille commune. « Les députés manqueraient à leur devoir s’ils n’utilisaient pas toutes les armes possibles pour retarder la décision finale qui pourrait s’imposer sans ça mécaniquement dans l’Hémicycle. Si on laissait faire, en trois jours ils ont fini », a souligné le député des Bouches-du-Rhône sur BFMTV. « Il y a des petites discussions sur le moment où l’on fait les choses, mais l’entente est bonne de notre côté pour faire front pendant tout le débat parlementaire », ajoute le président du groupe FI.

Vers une bataille d’amendements

La partie n’était pourtant pas tout à fait gagnée. La proposition de motion de censure lancée par l’insoumis mi-janvier avait essuyé un refus, PS et PCF jugeant que le moment n’était pas des plus opportuns et reprochant à la FI de faire cavalier seul. De quoi susciter le mécontentement du député, qui l’a fait savoir. Finalement, un tempo qui convient à tous a été trouvé, et la motion pourrait intervenir mi ou fin février, l’ouverture des travaux en séance étant prévue pour le 17. Comme la motion référendaire, celle-ci implique de collecter 58 signatures parmi les 577 députés. Soit le nombre exact de membres des trois groupes de gauche, qui pourraient recevoir du renfort.

En début de semaine, ils s’étaient déjà entendus pour interpeller Richard Ferrand, le président de l’Assemblée nationale, et des députés du groupe Libertés et territoires (qui regroupe des élus de divers bords) leur ont prêté main-forte pour dénoncer une « démocratie expéditive ». « Il y a beaucoup d’inquiétude chez les députés de la majorité, des esprits sont bousculés », observe également un élu de gauche. Reste que, pour aboutir, ces recours doivent passer le cap d’un vote dans l’Hémicycle…

Les députés PS, PCF et FI se préparent donc également à mener une bataille d’amendements coordonnée, avec un objectif : maximiser le temps de parole que le nouveau règlement de l’Assemblée a réduit sous couvert d’efficacité. Les parlementaires prévoient aussi de saisir le Conseil constitutionnel « à partir des éléments accumulés dans le débat ». Au vu des entorses d’ores et déjà constatées par le Conseil d’État, les motifs ne devraient pas manquer.

Julia Hamlaoui
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1 février 2020 6 01 /02 /février /2020 07:21
Fabien Roussel à la fête de l'Humanité Bretagne fin novembre 2019 avait annoncé en primeur la poursuite judiciaire contre Bernard Arnault pour evasion et dissimulation fiscale

Fabien Roussel à la fête de l'Humanité Bretagne fin novembre 2019 avait annoncé en primeur la poursuite judiciaire contre Bernard Arnault pour evasion et dissimulation fiscale

Optimisation fiscale / Bernard Arnault : des pratiques qui doivent être pourchassées et condamnées (Fabien Roussel - PCF)

 

Alors que 121 super riches, essentiellement américains, lancent un appel pour payer plus d'impôts, la première fortune du monde, Bernard Arnault, délocalise une partie de son patrimoine en Belgique, paradis fiscal pour les plus-values boursières.

Cet appel de 121 riches de la planète devrait interpeller le gouvernement français et les plus riches de notre pays dont le premier d'entre eux. En effet, le PCF et des économistes ont pu découvrir qu'il avait transféré dans deux entreprises belges – PILINVEST Investissement et PILINVEST Participation - une partie du capital de la maison mère ARNAULT SE.

La plus-value potentielle sur les deux séries de titres transférés pourraient dépasser plusieurs milliards d’euros. En Belgique, l’impôt sur la plus-value est quasi nul. Voilà comment une partie de la richesse produites par le monde du travail échappe aux radars du fisc.

Cette enquête a été rendue possible après que le PCF, les lanceurs d’alerte Maxime Renahy et Le Media, ont assigné Bernard Arnault en justice pour qu’il publie ses comptes comme la loi l’y oblige. C’est au Ministre de l’Économie de faire ce travail normalement !

Ces pratiques bien connues d'optimisation fiscale devraient être condamnées et pourchassées par le gouvernement.

Or ce dernier fait tout l'inverse. Non seulement l'évasion fiscale coûte toujours 80 à 100 milliards d'euros, mais en plus, Bernard Arnault comme les 1% les plus riches de notre pays a bénéficié de plus grandes largesses fiscales : suppression de l'ISF, suppression de la taxe sur les dividendes, flat tax, baisse d'impôts sur les sociétés pour les multinationales...

En France, les salaires et les pensions d’une grande majorité de nos concitoyens stagnent mais les richesses des plus grandes fortunes progressent.

Pour le PCF, la justice fiscale et la lutte contre les inégalités sont une priorité. Il serait temps de faire en sorte « que les gros paient gros et que les petits paient petit » !

 

Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, député du Nord,

Paris, le 31 janvier 2020.

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1 février 2020 6 01 /02 /février /2020 07:19
Macron, Philippe et LREM veulent poursuivre leur politique de destruction sociale au Havre et en France (PCF)

Macron, Philippe et LREM veulent poursuivre leur politique de destruction sociale au Havre et en France (PCF)

Depuis sa nomination par le Président Macron, le Premier ministre met en œuvre une politique de destruction sociale et d’asphyxie des classes populaires et moyennes. De manifestations contre la casse du code du travail ou la crise des urgences dans les hôpitaux, au mouvement des gilets jaunes en passant par le refus d’une majorité de Français de voir le système de retraite démantelé, Edouard Philippe reste sourd aux attentes populaires et câline ses amis de la grande finance.

Aujourd’hui, en plein conflit social sur les retraites, il entend utiliser l’élection municipale du Havre comme un prétexte pour continuer d’être Premier ministre jusqu’à la fin du quinquennat et ainsi poursuivre sa mauvaise politique. Quant au Havre, il y aurait donc un troisième intéri-Maire depuis 2017.

Les Havraises et les Havrais, comme une majorité des Français, sont victimes de cette politique et ne sont pas dupes de la manœuvre orchestrée par la République en Marche, le Président Macron et son Premier ministre Philippe.

Les citoyennes et les citoyens de France et du Havre combattent et combattront dans la rue et dans les urnes cette politique gouvernementale exclusivement tourné vers le bien-être des plus riches et travaillent à construire une politique alternative. L'élargissement du rassemblement avec les citoyens du Havre et les forces politiques de gauche et écologistes autour de Jean-Paul Lecoq est un impératif auquel nous travaillons.
 
Parti communiste français,
 
Paris, le 31 janvier 2020.
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1 février 2020 6 01 /02 /février /2020 07:14
Violences policières - le cri de colère des familles de victimes - Laissez nous respirer (L'Humanité, 31 janvier 2020)
Appel. Violences policières : le cri de colère des familles de victimes
Vendredi, 31 Janvier, 2020

L’Humanité publie, en exclusivité, un appel inédit de collectifs et leurs soutiens. Ils dénoncent l’impunité des brutalités policières, qui auraient causé 26 morts en 2019. Tous invitent à une marche, à Paris, le 14 mars.

 

Un appel inédit pour dénoncer l’impunité dont jouissent des policiers. Tel est le sens, en substance, de ce texte diffusé dans nos colonnes (ci-contre), dont l’exigence de « vérité et de justice » soude les initiateurs et les nombreux soutiens. Du collectif Justice et vérité pour Adama Traoré au rappeur Rocé, en passant par des personnalités politiques, tous portent une série de revendications parmi lesquelles figure le bannissement des techniques d’immobilisations mortelles et des armes militaires. « Dans les quartiers, nos frères sont les premiers à avoir subi les grenades, les LBD, les plaquages ventraux, etc. Ce débat sur les violences policières ne peut pas se faire sans nous », rappelle Assa Traoré, sœur d’Adama Traoré, mort en 2016 dans la cour de la gendarmerie de Beaumont-sur-Oise.

Cet appel intervient près d’un mois après la mort de Cédric Chouviat, interpellé lors d’un contrôle de police lors duquel trois policiers emploient la méthode du plaquage ventral. « Sa mort a ému la France. Grâce aux vidéos, nous avons vu son décès ! s’indigne Fatou Dieng, sœur de Lamine Dieng, 25 ans, décédé en 2007 à la suite d’un plaquage ventral et une clé d’étranglement. La société commence à prendre conscience du danger de ces techniques d’immobilisation qui ont causé la mort de mon frère. C’est important de ne jamais l’oublier. »

Au fil des années, la liste des décès ne cesse de s’allonger. Pour la seule année 2019, pas moins de 26 personnes ont perdu la vie après une intervention policière, selon le recensement du média en ligne Bastamag. Un autre chiffre donne le tournis : entre 15 et 20 personnes par an sont mortes de 2005 à 2015 dans les quartiers populaires, selon plusieurs collectifs. Ce qui fait dire à Fatou Dieng : « Les violences policières n’ont pas commencé avec les gilets jaunes. »

Ne jamais reculer devant les dénis de justice

C’est une auto-organisation qui a rallié autant de personnalités issues d’horizons variés, comme l’actrice Aïssa Maïga, Elsa Faucillon (PCF) ou encore le footballeur Samir Nasri. Se tisse un discours commun dont la revendication de justice égale, de droits égaux, est le trait d’union. Car les familles se battent sans relâche pour mener la longue bataille judiciaire. « C’est toujours pareil : nos frères tués ou les proches sont criminalisés, les dossiers sont classés sans suite ou la justice prononce un non-lieu comme dans l’affaire de mon frère, dénonce Fatou Dieng. C’est une violence judiciaire inouïe. »

Tous ces collectifs et soutiens appellent à une marche dans les rues parisiennes, le 14 mars. Une mobilisation qui vise à dénoncer la stigmatisation des personnes décédées et des proches, souvent traînés dans la boue, les violences contre des habitants des quartiers populaires, le déni de justice. « C’est tout un système répressif et judiciaire à abattre. Nous ne lâcherons jamais, le peuple se lève ! » lance Assa Traoré.

Lola Ruscio
Laissez-nous respirer !
Vendredi, 31 Janvier, 2020

Appel des familles contre l’impunité des violences policières. Pour l’interdiction des techniques d’immobilisation mortelles et des armes de guerre en maintien de l’ordre.

 

Cédric Chouviat est le premier mort de l’année à cause de violences policières. Sera-t-il le dernier de la longue liste des personnes tuées par les forces de l’ordre ? Les statistiques des années précédentes nous font craindre que ce ne soit pas le cas.

Vingt-six décès en 2019, combien en 2020 ?

Nous apportons tout notre soutien et notre entière solidarité à la famille de Cédric pour qu’elle obtienne la paix et la justice qu’elle demande.

Car c’est aussi notre histoire. La vérité, la justice et la paix, c’est aussi ce que nous demandons pour Lamine Dieng, 25 ans, décédé à la suite d’une clé d’étranglement et d’un plaquage ventral, tout comme Adama Traoré, 24 ans, Aboubacar Abdou, 31 ans, Abdelhakim Ajimi, 22 ans, Abou Bakari Tandia, 38 ans, Ricardo Barrientos, 52 ans, Mohamed Boukrourou, 41 ans, Massar Diaw, 24 ans, Philippe Ferrières, 36 ans, Mariame Getu Hagos, 24 ans, Serge Partouche, 28 ans, Wissam El Yamni, 30 ans, Abdelilah El Jabri, 25 ans, Amadou Koumé, 33 ans, Mamadou Marega, 38 ans, Mohamed Saoud, 26 ans, Ali Ziri, 69 ans, mort après un « pliage » , Abdelhak Goradia, 51 ans, décédé par asphyxie dans un véhicule de police… et des dizaines d’autres : « malaise cardiaque », « asphyxie », « mort naturelle », sans autre détail communiqué aux familles. Ce 3 janvier 2020, c’est Cédric Chouviat qui est décédé par asphyxie, après une clé d’étranglement et un plaquage ventral.

Les témoins de cette interpellation ont confirmé ce que nous dénonçons depuis toujours : l’utilisation délibérée par les agents des forces de police de techniques extrêmement violentes et « potentiellement létales », selon la dénomination officielle. Clé d’étranglement, plaquage ventral et pliage, ces trois pratiques ont pour but d’immobiliser une personne en lui comprimant le thorax et le cou pour entraver la respiration. Mais, plus la compression dure, plus l’interpellé manque d’oxygène et plus il se débat. Et plus les agents renforcent leur pression. Et plus cette violence tue.

Malgré les condamnations répétées de la France par la Cour européenne des droits de l’homme et par l’ONU, ces techniques continuent d’être pratiquées et de causer la mort. Malgré la condamnation de ces usages par la Ligue des droits de l’homme, Amnesty International et Action des chrétiens pour l’abolition de la torture, l’État se contente de justifier le « travail » de ses agents.

Comme la femme, les enfants et le père de Cédric, nous avons fait confiance à la justice de notre pays. Mais notre expérience pour que la vérité soit faite sur les violences qui ont tué nos proches nous a fait découvrir la réalité d’un déni de justice systématique pour les victimes. Un déni entretenu par une véritable culture du mensonge qui entraîne une culture du non-lieu.

La famille Chouviat a déjà subi le même traitement de la part des autorités que celui que nous avons connu : non-information des proches, puis mensonge sur les causes de la mort, mépris de toute compassion élémentaire, tentative de criminaliser la victime pour la déshumaniser et maintien en activité des responsables de la mort d’un homme. Autant de souffrances, d’insultes, de calomnies qui s’ajoutent à la douleur des familles.

Ces contre-vérités des premières heures justifient des années de procédures interminables, d’enquêtes administratives et d’instructions bâclées, voire conduites à charge contre les victimes et leur entourage. Et bien sûr des frais de justice considérables. C’est tout un système auquel sont confrontées les victimes et leurs familles, qui révèle une impunité permanente des membres de forces de police qui blessent, mutilent et tuent. C’est une violence judiciaire qui excuse, absout et prolonge les violences policières.

Ces brutalités permanentes étaient auparavant « réservées » aux habitants des quartiers populaires, comme le Mouvement de l’immigration et des banlieues le dénonçait il y a plus de vingt ans. Aujourd’hui, elles débordent dans les centres-villes. Et tous les témoins du déchaînement furieux de la force publique contre les mouvements sociaux peuvent désormais comprendre la violence d’État qui nous est imposée.

Cette violence assermentée, à présent visible jusque dans les quartiers bourgeois, est également celle des armes classées armes de guerre, là aussi d’abord utilisées dans nos quartiers. Le Flash-Ball est apparu en 1999. Et il a aussitôt éborgné Ali Alexis, à Villiers-sur-Marne. Cette arme a été remplacée par le LBD, qui a été « inauguré » en 2007, à Villiers-le-Bel, pour mater la révolte des habitants après la mort de Moushin et Laramy, percutés par un véhicule de police. Et les grenades comme celle qui a tué Rémi Fraisse, en 2014, ou celle qui a tué Zineb Redouane en 2018, comme celles qui ont mutilé des dizaines de personnes et grièvement blessé des centaines d’autres lors des dernières manifestations, sont les mêmes qui explosent dans nos quartiers depuis presque dix ans.

Ce ne sont pas des « bavures » ni des « dérapages », mais des pratiques régulières autorisées par un État qui assume de pouvoir blesser grièvement, mutiler ou tuer un homme pour un contrôle d’identité.

C’est pourquoi nous exigeons :

– L’interdiction totale de l’usage par les forces de l’ordre de toutes les techniques d’immobilisation susceptibles d’entraver les voies respiratoires.

– L’interdiction totale des armes de guerre en maintien de l’ordre (LBD, grenades GMD, GM2L et similaires).

– La création d’un organe public indépendant de la police et de la gendarmerie pour enquêter sur les plaintes déposées contre les agents des forces de l’ordre.

– La mise en place d’une réglementation qui associe la famille dès le constat de décès (autopsie autorisée seulement après un entretien de la famille avec les services de la médecine légale).

– La publication chaque année par le ministère de l’Intérieur :

• du nombre de personnes blessées ou tuées par l’action des forces de l’ordre,

• du nombre de plaintes déposées pour violence par les forces de l’ordre,

• du nombre de condamnations prononcées.

Et nous vous appelons toutes et tous à nous rejoindre le 14 mars à Paris, pour la marche de la Journée internationale contre les violences policières.

Pour nous soutenir, signez l'appel sur change.org/LaissezNousRespirer
Appelants :
 
Collectif Vies Volées (Paris, 20e)
Comité Adama (Beaumont-sur-Oise, 95, et Ivry, 94)
Famille Dieng et le comité Vérité et Justice pour Lamine Dieng (Paris, 20e)
Famille d’Angelo Garand et le collectif Justice pour Angelo (Blois, 41)
Awa Gueye et le collectif Justice et Vérité pour Babacar Gueye (Rennes, 35)
Comité Justice et Vérité pour Wissam El Yamni (Clermont-Ferrand, 63)
Comité Vérité et Justice pour Gaye Camara (Champs-sur-Marne, 77)
Collectif Selom et Matisse (Lille, 59)
Comité Justice pour Ibrahima Bah (Villiers-le-Bel, 95)
Comité Vérité pour Curtis (Massy, 91)
Comité Vérité et Justice pour Morad Touat (Marseille, 13)
Comité Justice pour Liu Shaoyao (Paris, 19e)
Comité Vérité et Justice pour Ali Ziri (Argenteuil, 95)
Haby Koumé sœur d’Amadou Koumé (Saint-Quentin, 02)
Les parents et la sœur de Rémi Fraisse
Collectif Vérité et Justice pour Mehdi (Vaux-en-Velin, 69)
Florica Floarea et le comité Vérité et Justice pour Dorel (Vigneux-sur-Seine, 91)
Salah Zaouiya et l’association Mémoire Jawad Zaouiya (Mantes-la-Jolie, 78)    
Justice pour Mehdi Bouhouta (Vaux-en-Velin, 69)
Famille Touré et le comité Vérité et Justice pour Zakaria (Troyes, 10)
Syakha Traoré, frère de Bouna (Clichy-sous-Bois, 93)
Geneviève Legay (Nice, 06)
Franck Lambin, père d’Allan (Saint-Hilaire-des-Landes, 35)
Assemblée des Blessés 
Les Mutilés pour l’exemple
 
Avec le soutien de :
 
Collectifs :
Ligue des Droits de l’Homme, Union syndicale Solidaires, CGT, Union nationale des étudiants de France, SNJ-CGT, Union nationale lycéenne, revue Mouvements, Attac Isère, Cases Rebelles, Désarmons-Les, Collectif Faty Koumba, Association Libre Lucha, collectif Dar Harraga, LeMurJaune.fr. Et les médias indépendant : Reporters En Colère, Collectif Œil, LaMeute Photo, Le Petit ZPL, Source Média, Infoline Médias Indépendants, Militant.e.s
 
Personnalités :
Abd-Al Malik (auteur, réalisateur), Mouloud Achour (journaliste, animateur télé), Arié Alimi (avocat), Guillaume Arnaud (avocat), Manon Aubry (députée européenne FI), Clémentine Autain (députée FI), Hady Ba (philosophe EHESS, Université Cheikh Anta Diop de Dakar), Samir Baaloudj (ex-MIB), Bally Bagayoko (FI, adjoint au maire de Saint-Denis), Guillaume Balas (Génération.s), Julien Bayou (EELV), Ramzy Bedia (comédien et réalisateur), Alice Belaidi (comédienne), Akram Belkaïd (journaliste, écrivain), Esther Benbassa (sénatrice écologiste de Paris), Malik Bentalha (comédien), Eric Beynel (porte-parole de Solidaires), Jacques Bidet (philosophe, Université Paris 10), Black M (rappeur), Philippe Blanchet (linguiste, université Rennes II), Matteo Bonaglia (avocat), Saïd Bouamama (sociologue, FUIQP), Martine Boudet (conseil scientifique Attac France), Philippe Boursier (économiste, Fondation Copernic), Rachida Brakni (actrice et metteuse en scène), Youcef Brakni (comité Adama), Taha Bouhafs (journaliste), Cindy Bruna (mannequin), Marion Carrel (sociologue, Université de Lille), Leïla Chaïbi (député européenne FI), Souleymane Cissokho (boxeur), Vanessa Codaccioni (historienne et politologue, Université Paris 8), Eric Coquerel (député FI), David Cormand (député européen EELV), Robert Crémieux (ancien président du Mouvement national des chômeurs et précaires), Olivier Cyran (journaliste), Valérie Damidot (animatrice télé, actrice), Laurence De Cock (professeure), Christiane Dedryver (Ensemble !), Geoffroy de Lagasnerie (philosophe), Christian Delarue (syndicaliste DGFIP), Gilles Deloustal (retraité), Vincent Denorme (Ensemble! 80), Vikash Dhorasoo (footballeur professionnel et militant associatif), Waly Dia (humoriste, comédien), Rokhaya Diallo (journaliste et réalisatrice), Noom Diawara (comédien), Sadia Diawara (militant associatif), DJ Lord Issa (artiste, producteur), Djigui Diarra (acteur, réalisateur, journaliste), Eva Doumbia (metteuse en scène, autrice), Franck Dubosc (acteur), Alain Dru (membre de la CNCDH, conseiller au CESE), Mireille Fanon-Mendès-France (Fondation Frantz Fanon), Nadia Fares (comédienne), Eric Fassin (sociologue, Université Paris 8), Elsa Faucillon (députée PCF), Bruno Gaccio (auteur), Isabelle Garo (philosophe, Fondation Copernic), Franck Gaudichaud (historien, Université Jean-Jaurès, Toulouse), Pierre Gayral (Ensemble !, Droits devant !!), David Guiraud (porte-parole jeunesse FI), Abdellali Hajat (sociologue, Université libre de Bruxelles), Anis Harabi (avocat), Kaoutar Harchi (écrivaine et sociologue), Samuel Hayat (politologue, CNRS), Hollysiz/Cécile Cassel (chanteuse, comédienne), IAM (musiciens), Imany (auteure-compositeure-interprète), Nordine Iznasni (MIB-ien), Adélaïde Jacquin (avocate), Jok’Air (chanteur), Norma Jullien Cravotta (avocate), Kamel Le Magicien, Almamy Kanouté (activiste, comédien), Anasse Kazib (cheminot, délégué Sud-Rail), Jean-Riad Kechaou (professeur), Raphael Kempf (avocat), Pierre Khalfa (économiste, Fondation Copernic), Fahima Laidoudi (militante politique), Elise Languin (militante des droits humains), Mathilde Larrere (historienne), Yvan Le Bolloch (comédien), Olivier Le Cour Grandmaison, (politologue, Université d’Evry-Val d’Essonne), Les Réfractaires du 80 (gilets jaunes de la Somme), Edouard Louis (écrivain), Benjamin Lucas (Génération.s), Priscillia Ludosky (gilet jaune), Alain Mabanckou (écrivain, professeur à UCLA), Aïssa Maïga (actrice et réalisatrice), Jean Malifaud (syndicaliste SNESup-FSU), Adrien Mamere (avocat), Sofia Manseri (conseillère municipale, Gennevilliers), Vincent Maraval (producteur de cinéma), Eduardo Mariotti (avocat), Philippe Martinez ( secrétaire général de la CGT ), Blaise Matuidi (footballeur), Margaret Mechin (retraitée), Didier Mehl (Ensemble ! sud-Vienne), Madjid Messaoudène (élu de Saint-Denis), Mokobe (rappeur, acteur), Claire Monod (Génération.s), Bénédicte Monville (conseillère régionale Île-de-France), Héloïse Moreau (présidente de l'UNL), Corinne Morel Darleux (conseillère régionale, Auvergne-Rhône-Alpes), Charlotte Namura Guizione (journaliste, animatrice télé), Samir Nasri (footballeur), Thomas Ngijol (comédien, réalisateur), Nnoman (photographe), Josette Noyau, Danièle Obono (députée FI), Younous Omarjee (député européen FI), Anne-Sophie Pelletier (député européenne FI), Irène Pereira (philosophe), Jhon Rachid (vidéaste, comédien), Maurice Rajsfus (connu des services de police depuis le 16 juillet 1942), Kevin Razy (humoriste, comédien), Riadh (influenceur, comédien), Rocé (rappeur), Karole Rocher (comédienne, réalisatrice), Boris Rosenthal (avocat), Mamadou Sakho (footballeur), Eros Sana (photographe), Bayou Sarr (humoriste), Patrick Silberstein (éditions Syllepse), Lucie Simon (avocate), Laura Slimani (Génération.s), Maboula Soumahoro (présidente de Black History Month), Stomy Bugsy (artiste), Hapsatou Sy (entrepreneuse, animatrice télé), Hélène Sy (présidente de CeKeDuBonheur/militante humaniste), Omar Sy (acteur), Farid Taalba (ex-MIB, président de l’Echo des cités), Audrey Tcheuméo (championne de judo), Laurent Thines (neurochirurgien, auteur de la pétition pour un moratoire sur les armes “sub-létales”), Camille Vannier (avocate), Marie-Christine Vergiat (vice-présidente LDH), Emmanuel Vire (secrétaire général SNJ-CGT), Youssoupha (rappeur).
 
Maintien de l’ordre : des pistes pour rectifier le tir
Vendredi, 31 Janvier, 2020

Interdiction des lanceurs de balles de défense, du plaquage ventral, mise en place d’un véritable contrôle du travail de la police… des voix s’élèvent pour exiger une meilleure gestion des manifestations. Décryptage.

 

La scène a fait le tour de Twitter. Le 27 janvier, juste avant le début du meeting parisien de Benjamin Griveaux au Théâtre Bobino, une femme harangue les soutiens du candidat LaREM à la Mairie de Paris. « Vous êtes des mutileurs ! Assassins ! », lance-t-elle, brandissant l’affiche d’une jeune fille qui a perdu un œil lors d’une manifestation de gilets jaunes. « Voilà comment la police de Macron traite son peuple ! » Ambiance de colère et de défiance. En un an et demi, le nombre de violences policières s’est envolé et la répression des manifestants est devenue l’un des symboles insupportables de ce quinquennat à la dérive. Depuis novembre  2018, l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) a été saisie plus de 330 fois, dont 218 à Paris ! Du jamais-vu. Coups de matraque, de poing, de pied, tirs illégaux de LBD et autres joujoux « non létaux »… les victimes se comptent en milliers. Tandis que l’image des fonctionnaires censés assurer la sécurité des citoyens n’a jamais été aussi désastreuse. Comment sortir de cet engrenage ? Après des mois de déni, le chef de l’État a fini, début janvier, par demander à son ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, de lui présenter des « propositions pour améliorer la déontologie des policiers et des gendarmes ». Les résultats de ses cogitations sont encore attendus. Ils seront scrutés de près par les associations et collectifs qui réclament depuis des années plusieurs mesures précises. Des idées indispensables qui permettraient, au minimum, d’enclencher une désescalade de la violence.

1. Bannir les armes violentes

Pas de pluies de grenades mutilantes, ni de tirs massifs de lanceurs de balles de défense (LBD 40) : telle est la première mesure cruciale à mettre en œuvre pour sortir de cette spirale de la violence. « Pourquoi utilise-t-on ces armes de guerre sur le peuple ? » interroge David Dufresne, journaliste et spécialiste des questions de maintien de l’ordre. L’usage du LBD 40 en caoutchouc semi-rigide fait l’unanimité contre lui. Sa dangerosité est établie. Des études le montrent et nombreux sont ceux, parmi les habitants des quartiers populaires et les manifestants, à en subir les conséquences : perte d’un œil, fracture des os de la tête… À plusieurs reprises, le Défenseur des droits, Jacques Toubon, a préconisé son abandon en manifestation. Même demande de la Ligue des droits de l’homme et de la CGT, qui ont estimé qu’en utilisant cette arme dite « non létale » mais à l’origine de blessures irréversibles, l’État « porte atteinte aux libertés fondamentales telles que le droit de manifester et le droit à la protection de la vie ».Même chose pour les grenades lacrymogènes et de désencerclement. Mi-janvier, Christophe Castaner rappelait aux policiers leur devoir « d’exemplarité » et « d’éthique ». Raté. Lors de la manifestation de pompiers du 28 janvier, beaucoup de blessés ont subi l’introduction en grande pompe de la grenade militaire GM2L, petite sœur de la GLI-F4, la grenade arracheuse de main dont Christophe Castaner a annoncé le retrait anticipé. Même si elle ne contient pas le TNT de la GLI-F4, la GM2L est aussi dangereuse. Composée d’une charge lacrymogène, elle tutoie les 165 décibels lorsqu’elle explose. Son effet de souffle peut avoir des effets irréversibles sur l’audition, tandis que les multiples résidus risquent de blesser gravement. « La GM2L est différente de la GLI-F4 uniquement par son composé explosif. Les effets des deux grenades sont les mêmes. Il faut l’interdire », estime Ian, un des fondateurs de Désarmons-les !, collectif contre les violences policières.

2. Une doctrine respectueuse des droits humains

Depuis la contestation de la loi travail en 2016, et plus encore depuis l’intrusion de gilets jaunes dans l’Arc de triomphe en décembre 2018, le ministère de l’Intérieur a fait le choix de la confrontation et de l’interpellation directement dans les cortèges, parfois avec la participation des brigades anticriminalité. Cette évolution de la doctrine rompt avec un principe fondateur : l’encadrement à distance des manifestants. Le Défenseur des droits recommande un retour en arrière. Et préconise « la conduite d’une étude sur la mise en œuvre en France de la doctrine dite de “désescalade de la violence” ». L’ONG Amnesty France prône, elle, l’intégration des « droits humains » dans cette doctrine pour mettre un terme « aux cas d’usage disproportionné et donc illégal de la force et aux entraves au droit de manifester pacifiquement ».

3. En finir avec les techniques dangereuses

Les techniques d’interpellation sont également sur la sellette. De la mort de Cédric Chouviat à celle d’Ali Ziri, les pratiques d’immobilisation par plaquage ventral, pliage et clé d’étranglement sont mises en cause. Aux yeux de Ramata Dieng, sœur de Lamine Dieng, décédé après un plaquage ventral, il est urgent de les bannir : « Les personnes qui subissent l’une de ces trois techniques risquent la mort. » Opposée à l’emploi du plaquage ventral et du pliage, l’ONG  Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (Acat) précise que « les forces de police ajoutent parfois à cette position d’autres moyens de contention tels que le menottage des poignets derrière le dos et l’immobilisation des chevilles (avec parfois les genoux relevés), et peuvent aller jusqu’à exercer un poids sur le dos de la personne ainsi maintenue à terre ». Une accumulation qui peut conduire à l’asphyxie. Condamnée à deux reprises par la Cour européenne des droits de l’homme, la France continue néanmoins d’autoriser le plaquage ventral. En Belgique, en Suisse et à New York, il est banni.

4. Une police des polices (vraiment) indépendante

Il n’y a pas qu’en matière de technique d’arrestation que la France se distingue. L’IGPN, l’instance administrative chargée d’enquêter sur la police, est composée uniquement… de policiers. De quoi saper la confiance des citoyens dans une autorité dont l’objectivité, à tort ou à raison, sera toujours interrogée. Pour les associations, il est indispensable de créer un organe indépendant vis-à-vis du pouvoir politique. Il s’agirait « d’une autorité administrative indépendante dans laquelle travailleraient des magistrats, des membres de la société civile, mais également des policiers », suggère Marion Guémas, chargée des questions police-justice à l’Acat. La cofondatrice du collectif Urgence notre police assassine, Amal Bentounsi, sœur d’Amine Bentounsi, mort d’une balle dans le dos, propose un renforcement de la « surveillance citoyenne, avec des personnes de la société civile, des associations, des collectifs ». Autre défi de taille pour l’institution policière : la transparence. « Des efforts ont déjà été faits, mais ce n’est pas suffisant, selon Marion Guémas. Nous ne savons rien du nombre de policiers sanctionnés par la hiérarchie ou condamnés pour des faits de violence, les conclusions des enquêtes IGPN ne sont pas rendues publiques, des chiffres officiels sur le nombre de blessés ou de morts n’existent pas. » Contrairement à d’autres pays, la liste détaillée des tirs de la police et de la gendarmerie n’est pas rendue publique. « Le ministère ne donne pas d’informations sur la composition des armes de force intermédiaire alors qu’elles sont dangereuses, poursuit Marion Guémas. Toutes ces informations sont importantes pour rétablir la confiance entre la population et les institutions. »

Face à ce défi, le gouvernement brille pour l’instant par son inaction. En juin 2019, un séminaire d’experts réunis par le ministère de l’Intérieur était censé faire des recommandations pour élaborer un nouveau « schéma national pour le maintien de l’ordre ». Huit mois plus tard, ses conclusions sont toujours au fond d’un tiroir. Peut-être « d’ici quelques semaines », indique la Place Beauvau. Le fossé entre policiers et citoyens ne cesse de se creuser. Mais pour le gouvernement, il semble toujours urgent d’attendre.

Lola Ruscio
La cncdh et la « rhétorique de la riposte »

« Le matraquage de personnes au sol ou l’usage de LBD pointés sur le visage des manifestants sont inadmissibles. » Dans un avis rendu cette semaine sur les violences policières, la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) n’y va pas avec le dos de la cuillère. L’institution évoque de « fortes préoccupations » liées à « l’usage disproportionné de la force et des armes dites non létales ». La CNCDH « ne peut admettre la rhétorique de la “riposte” à laquelle ont eu recours les pouvoirs publics ». L’institution appelle à « une remise en question fondamentale » et enjoint aux pouvoirs publics d’« engager une réflexion plus globale sur l’usage de la force publique ».

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1 février 2020 6 01 /02 /février /2020 06:00
Sebastian Roché : En Europe, une exigence morale plus élevée
Vendredi, 31 Janvier, 2020

Sebastian Roché estime que l’Hexagone devrait s’inspirer des pratiques des pays nordiques.
 

Notre gestion des foules diffère-t-elle des autres pays européens ?

Sebastian Roché Dans les pays nordiques, en Allemagne et en Angleterre, la doctrine du maintien de l’ordre repose sur les concepts de « confiance » et de « désescalade », de diminution de la conflictualité. Au Danemark, la formation de la police est centrée autour de l’idée : « Tu devras gagner la confiance des citoyens »  ; ­l’Allemagne met en avant le slogan : « La police, ton ami ». En France, la philosophie est très différente : « Force doit rester au policier » est ce qu’on apprend à l’école. Les grandes villes allemandes et britanniques ont connu des contestations radicales. Mais ces gouvernements sont plus soucieux de ne pas mutiler les citoyens. Même en situation d’émeute, la police britannique se refuse à utiliser le LBD dans le maintien de l’ordre. C’est un choix politique. Leur niveau d’exigence morale et de respect des droits fondamentaux est plus élevé que le nôtre. Et leur organe de contrôle de la police est indépendant, géré par un magistrat ou une personnalité de la société civile.

La France autorise ses forces de police à user d’armes de guerre, contrairement à d’autres pays européens. Qu’en pensez-vous ?

Sebastian Roché Ces pratiques, on les voit dans des démocraties jeunes comme en Pologne et dans des pays aux traditions autoritaires. En France, il y a une démocratisation politique, mais la police reste dure. Il ne faut pas confondre les deux, comme le fait le président. La raison est un peu mystérieuse. La police a connu une série de glissements successifs : à l’origine, le lanceur de balles de défense est une arme du GIGN, puis, au fur et à mesure, elle est utilisée en sécurité publique. Personne n’a dit : on les introduit pour tirer sur les manifestants ! Problème : les chefs locaux de la police et les préfets n’ont pas, en France, de comptes à rendre aux citoyens visés par ces armes, ils ne souffriront pas des conséquences. Ils pilotent le maintien de l’ordre mais la déconnexion est totale avec le public : ils ne lui sont pas redevables. Les valeurs de défense des droits de l’homme ne sont pas suffisamment fortes. Des dirigeants étrangers se disent : je n’ai pas le droit de tirer sur les manifestants ! Le gouvernement français, lui, se dit qu’il a le droit.

Sebastian Roché Chercheur au CNRS Auteur de De la police en démocratie (Grasset).
Entretien réalisé par L. R.
Sébastien Roché - entretien avec Lola Roscio sur le maintien de l'ordre à la française et les violences policières
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30 janvier 2020 4 30 /01 /janvier /2020 06:00

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère

29/ Angèle Le Nedellec (1910-2006) :

Repris au site internet:  https://www.resistance-brest.net

Angèle Kerlirzin est née le 08 juin 1910 à Scrignac. Fille de cultivateurs, elle est mariée à Jean Le Nédellec et a deux enfants. Elle adhère au Parti Communiste Français (P.C.F) en 1938 et y fait adhérer son mari, cas unique alors à Brest où l’adhésion du mari avait toujours précédé celle de sa femme. À la fin de 1939, elle participe au passage à la clandestinité du P.C.F, interdit par le gouvernement Daladier. Angèle est ménagère quand le conflit éclate.

Elle entre en résistance le 17 juin 1940, en cachant des armes et munitions anglaises que son mari, Jean Le Nédellec récupère avec l’aide de quelques camarades résistants dont Pierre Corre et Jules Lesven, du côté du fort du Bouguen. Avec son mari, elle entrepose ce stock d’armes (bombes, matières explosives et munitions) dans la cabane de leur jardin située sur la plateau du Bouguen tout près de l’arsenal. Sans cela, ces armes seraient tombées aux mains des Allemands qui avançaient rapidement sur Brest. Une partie du stock est acheminée vers Trédudon-le-Moine par Jean Le Nédellec, Jules Lesven et Pierre Corre.

À partir du 1er juillet 1940, elle colle fréquemment des affiches anti-nazis. Elle diffuse également des journaux de propagande résistante, tracts du P.C.F et du Front National. Son frère, Pierre Kerlirzin est aussi dans la Résistance.

Le 28 avril 1942, elle participe à l’organisation et à la manifestation de femmes contre l’occupant . Avec ses compatriotes, elles se rassemblent devant l’annexe de la mairie située rue Danton à Brest. Elles veulent obtenir un meilleur ravitaillement alimentaire. Ce groupe de femmes agit clandestinement sous le nom de Comité des Femmes Patriotes. Parmi ces militantes se trouvent Jeanne Goasguen-Cariou, Marie Salou, Raymonde Vadaime, Angèle Le Nédellec, Yvette Richard-Castel, Aline de Bortoli, Simone Moreau. La police intervient pour disperser ce rassemblement mais à 14h30, le mouvement des ménagères prend de l’ampleur : ce sont 200 femmes qui se retrouvent place Guérin. Angèle est Interpellée par la police française mais elle est relâchée faute de preuves et d’aveux.

Le 14 juillet de la même année, elle participe à la tentative de manifestation patriotique qu’un exceptionnel quadrillage policier empêchera de se développer dans la ville.

Lors de la tentative d’interpellation de son mari le 1er octobre 1942, elle fait preuve d’un sang froid admirable, notamment lors de la perquisition de leur domicile où elle réussit à camoufler un important stock d’armes , de bombes et d’explosifs que détenait son mari ce qui lui sauva la vie ainsi qu’à plusieurs résistants.

Le lundi 5 octobre 1942, en compagnie de Jean-Louis Primas et Roland Le Nédellec , elle sauve ces armes, bombes et explosifs, dont une partie a probablement été transporté dans les Côtes-du-Nord dans la dépendances de la Famille Le Nédellec à Plusquellec par le biais de Roland Le Nédellec, en les mettant en sécurité et cela malgré une garde vigilante des lieux par les troupes allemandes et la police française.

Agent de liaison entre les principaux responsables de la Résistance de Brest, elle héberge avec son mari, des résistants traqués par l’occupant.

Le 27 octobre 1942, elle est arrêté à Brest au plateau du Bouguen par la police française. Elle est internée à la prison du château de Brest, puis elle est transférée à Jacques Cartier à Rennes et enfin à Vitré. Elle est jugée par le tribunal spécial de Rennes le 11 décembre 1942 qui la condamne à un an de réclusion pour faits de résistance.

Elle est libérée le 2 novembre 1943, puis gagne les Côtes-du-Nord et reprends aussitôt contact avec les Francs-Tireurs et Partisans Français. A partir du 6 juin 1944, elle est incorporée dans le Bataillon Giloux sous les ordres d’Albert Yvinec, dit Capitaine Callac. Elle participe aux luttes de la libération de son secteur (jusqu’au 10.08.1944) en servant d’agent de liaison entre Brest et le maquis des environs de Scrignac où se trouvait son bataillon. Angèle est est démobilisée le 1er octobre 1944. Elle obtient de par son son certificat de la Résistance intérieure française en 1950 le grade de sergent.

Aussitôt après, elle retourne habiter rue Danton à Brest et y continue longtemps une vie militante auprès de son mari. Elle possède la C.V.R n°2076, la carte d’interné et déporté de la Résistance n°220401910, le certificat d’appartenance à la Résistance Intérieure Française n°19648 (grade fictif de sergent).

Angèle Kerlirizin-Le Nédellec s’éteint à Brest le 5 juin 2006 à l’âge de 96 ans.

Publiée le , par Yoann Le Nedellec, mise à jour

Le 27 avril 1975, au château de Brest, une plaque est inaugurée en mémoire des résistants et otages arrêtés et incarcérés en ce lieu avant d'être déportés ou fusillés: Angèle Le Nedellec est la femme la plus sur la droite

Le 27 avril 1975, au château de Brest, une plaque est inaugurée en mémoire des résistants et otages arrêtés et incarcérés en ce lieu avant d'être déportés ou fusillés: Angèle Le Nedellec est la femme la plus sur la droite

 Lu sur la Page Facebook Brest 44 à l'occasion de la journée internationale de lutte pour les droits des femmes, la légende de cette photo

Le 27 avril 1975, au château de Brest, une plaque est inaugurée en mémoire des résistants et otages arrêtés et incarcérés en ce lieu avant d'être déportés ou fusillés.

Sur la photo, trois résistantes que nous avons décidé de mettre à l'honneur en cette journée.

De gauche à droite:
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Yvette Castel-Richard, née en 1913 à Brest, membre du P.C.F clandestin, intègre les F.T.P en 1942 comme agente de liaison. Organise la manifestation des brestois du 28 avril 1942 pour demander plus de nourritures aux autorités civiles. Arrêtée en octobre 1942, internée à Brest, Vitré et Rennes. Sera libérée en Novembre 1943. Mais la prison ne l'a pas démoralisé, elle reprend ses activités de résistante jusqu'à la libération.
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Marie Le Cam-Salou, née en 1914 à Saint-Marc. Membre du P.C.F clandestin, elle héberge les résistants recherchés par la police ou les allemands. Début 1942 elle aide plusieurs prisonniers républicains espagnols à fuir la ville. Elle participe à la manifestation du 28 avril 1942. En Août 1942 elle saccage avec une amie la vitrine de la L.V.F rue de Siam. Arrêtée en octobre 1942 par des policiers français, elle est brutalisée. Internée, elle est finalement remise aux allemands qui la juge à Fresnes en 1943. Déportée, elle revient en 1945 très affaiblie.
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Angèle Kerlirzin-Le Nédelec, née en 1910 à Scrignac. Membre du P.C.F clandestin. A la débâcle elle cache des armes récupérés par son mari. Participe à la diffusion des tracts du P.C.F et F.N. Elle participe à la manifestation du 28 avril 1942 et à la tentative de manifestation patriotique du 14 juillet 1942. Arrêtée en octobre, elle est également internée à Brest, Vitré et Rennes. Libérée en Novembre 1943, elle gagne les Côtes-du-Nord et intègre les F.T.P. A la fin de la guerre elle revient à Brest.
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Hommage à ces résistantes de "L'Union des Femmes Patriotiques" pour leurs luttes et courage à celles d'aujourd'hui dans leur combat du quotidien.

Respectueusement,
Brest44
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Crédit photo: Archives de Brest - 1NUM1515
 
 

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29 janvier 2020 3 29 /01 /janvier /2020 19:48
Béthléem 2015

Béthléem 2015

« Deal » / Trump : l'expression d'un mépris du peuple palestinien et du droit international (PCF)
 
Trump vient d’annoncer son « deal du siècle ». Comment Trump et son gouvernement peuvent-ils être aussi irresponsables en qualifiant de plan de « paix » un projet dont la seule issue présentée aux Palestiniens est
la création de « bantoustans » sans aucune continuité territoriale et sans souveraineté – une reproduction sinistre de l’apartheid aboli par le peuple sud-africain il y a près de trois décennies.
Le gouvernement de M. Macron ose affirmer qu’il « salue les efforts du président américain Donald Trump et étudiera avec attention ce plan de paix ». Ces propos, outre leur allégeance à l’hégémonie de la Maison
Blanche, sont une négation de la Charte des Nations unies. Ils sont indignes de la France et de sa vision de la paix au Moyen-Orient Devant cette proposition d’annexion de la vallée du Jourdain, d’annexion
des colonies qui deviennent des terres d'Israël, d’annexion des routes y conduisant depuis l'Ouest, c’est-à-dire une coupure de fait en au moins trois parties de la Cisjordanie, et, bien sûr, de maintien du "statut"
carcéral actuel de la Bande de Gaza, sans liaison avec l'autre partie de la Palestine, la France s’honorerait de proclamer fermement qu’aucune paix ne peut se faire si le droit international et les résolutions de
l’ONU ne sont pas respectés. Seule la reconnaissance de l’État de Palestine – que le Parlement français a exigée  - dans ses frontières de 1967 et avec Jérusalem Est comme capitale, peut permettre la construction d’un avenir pour les deux peuples, israélien et palestinien.
Le PCF apporte tout son soutien et sa solidarité au peuple palestinien méprisé (dans son intégrité) et aux progressistes israéliens qui luttent pour la paix, la démocratie et la justice en véritables 7h acteurs de
l’avenir de leur pays.
 
Parti communiste français,
 
Paris le 29 janvier 2020
 
 
Deal / Trump : l'expression d'un mépris du peuple palestinien et du droit international (PCF)
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29 janvier 2020 3 29 /01 /janvier /2020 15:41
Mardi 29 janvier à Morlaix: Nouvelle manifestation contre la contre-réforme des retraites Macron: 400 manifestants (Photos Jean-Luc Le Calvez et Pierre-Yvon Boisnard)
Mardi 29 janvier à Morlaix: Nouvelle manifestation contre la contre-réforme des retraites Macron: 400 manifestants (Photos Jean-Luc Le Calvez et Pierre-Yvon Boisnard)
Mardi 29 janvier à Morlaix: Nouvelle manifestation contre la contre-réforme des retraites Macron: 400 manifestants (Photos Jean-Luc Le Calvez et Pierre-Yvon Boisnard)
Mardi 29 janvier à Morlaix: Nouvelle manifestation contre la contre-réforme des retraites Macron: 400 manifestants (Photos Jean-Luc Le Calvez et Pierre-Yvon Boisnard)
Mardi 29 janvier à Morlaix: Nouvelle manifestation contre la contre-réforme des retraites Macron: 400 manifestants (Photos Jean-Luc Le Calvez et Pierre-Yvon Boisnard)
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Photo Pierre-Yvon Boisnard

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Mardi 29 janvier à Morlaix: Nouvelle manifestation contre la contre-réforme des retraites Macron: 400 manifestants (Photos Jean-Luc Le Calvez et Pierre-Yvon Boisnard)
Mardi 29 janvier à Morlaix: Nouvelle manifestation contre la contre-réforme des retraites Macron: 400 manifestants (Photos Jean-Luc Le Calvez et Pierre-Yvon Boisnard)
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Mardi 29 janvier à Morlaix: Nouvelle manifestation contre la contre-réforme des retraites Macron: 400 manifestants (Photos Jean-Luc Le Calvez et Pierre-Yvon Boisnard)
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Photo Pierre-Yvon Boisnard

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Mardi 29 janvier à Morlaix: Nouvelle manifestation contre la contre-réforme des retraites Macron: 400 manifestants (Photos Jean-Luc Le Calvez et Pierre-Yvon Boisnard)
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Mardi 29 janvier à Morlaix: Nouvelle manifestation contre la contre-réforme des retraites Macron: 400 manifestants (Photos Jean-Luc Le Calvez et Pierre-Yvon Boisnard)
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Mardi 29 janvier à Morlaix: Nouvelle manifestation contre la contre-réforme des retraites Macron: 400 manifestants (Photos Jean-Luc Le Calvez et Pierre-Yvon Boisnard)
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Photo Pierre-Yvon Boisnard

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Mercredi 29 janvier 2020 -

400 personnes à la manif contre la réforme des retraites de Macron à Morlaix ce mercredi matin, avec un parcours original et sportif Kiosque - Théâtre - Gare - Aller/ retour par la rue Gambetta. Une mobilisation intacte et une belle mobilisation tout de même pour un mercredi.

Photos Jean-Luc Le Calvez

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