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5 février 2020 3 05 /02 /février /2020 06:22
PCF - Pour une retraite juste et universelle
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5 février 2020 3 05 /02 /février /2020 06:18

Fabien Roussel, secrétaire national du PCF et député du Nord était l'invité de Jean-Jacques Bourdin jeudi 30 janvier

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5 février 2020 3 05 /02 /février /2020 06:14

 

Le nouveau système des retraites prévoit un ajustement permanent des paramètres en fonction de la situation financière. En cas de crise, ce mécanisme d’austérité permanente pourrait être particulièrement violent.

Les simulations issues de l’étude d’impact de la loi de réforme des retraites évitent évidemment le sujet, qui n’est par ailleurs que peu évoqué. On est pourtant en droit de se poser cette question essentielle : que se passera-t-il avec les retraites en cas de crise économique ? La réponse ne peut évidemment que donner lieu à des hypothèses et dépendra de la majorité politique d’alors et de l’ampleur de la crise. Mais le projet de loi permet déjà de dessiner des pistes.

Car l’article 55 de ce projet précise bien qu’il existe une obligation d’équilibre financier du système des retraites sur cinq ans glissants, quelle que soit la situation conjoncturelle. Le conseil d’administration (CA) de la future Caisse nationale de la retraite universelle (CNRU) sera dans l’obligation « chaque année » de prendre des mesures pour s’assurer de cet équilibre. La base de travail de cette décision sera le rapport du « comité d’expertise indépendant ». L’indépendance de ce dernier ne sera cependant que fort relative : ses membres seront nommés par les présidents des assemblées (Sénat, Assemblée nationale et Conseil économique, social et environnemental) et par le président de la République, auxquels s’ajouteront deux représentants de la Cour des comptes. Autrement dit, ce comité, où il n’y aura pas de représentants des retraités et des salariés, sera concentré exclusivement sur la question de l’équilibre financier.

Ce conseil d’administration ainsi composé sera alors chargé de « proposer d’ajuster les paramètres pour assurer le respect de la règle d’or ». On est ici au cœur du véritable intérêt de la réforme par points : l’ajustement permanent du système à l’équilibre financier. Or, on l’oublie souvent, les ressources de l’assurance vieillesse sont extrêmement dépendantes de la conjoncture et du marché du travail. En 2019, selon la commission des comptes de la Sécurité sociale, 67 % des ressources du régime général d’assurance vieillesse reposaient sur les cotisations. À cela doivent s’ajouter les transferts des caisses complémentaires et spéciales et les impôts et taxes dédiés, notamment la taxe sur les salaires. À l’inverse, les dépenses sont liées à des raisons démographiques indépendantes de la conjoncture.

Autrement dit, en cas de crise économique et de dégradation du marché du travail, le régime de retraite se trouve nécessairement en déséquilibre. On pourrait laisser le système se rééquilibrer avec le mouvement cyclique de la conjoncture. Mais ce n’est pas la voie choisie par la réforme, car, dans ce cas, il n’y aurait aucune nécessité de fixer un horizon pour rééquilibrer le système. Le choix qui a été fait est tout autre : il revient à obliger le CA de la future CNRU à prendre des mesures d’équilibre dès le début de la crise. Car, désormais, tout déficit conjoncturel devra être suivi par un excédent correspondant dans les cinq ans. Plus le déficit est important, plus l’excédent devra l’être. Et comme on ignore la durée du déséquilibre « naturel », il sera donc nécessaire de prendre des mesures rapides pour ralentir le déficit et s’assurer d’un excédent une fois la crise passée. Autrement dit, il faudra bien désormais prendre vite des mesures d’austérité.

 

En ce sens, l’article 55 énumère un certain nombre de mesures : modalités d’indexation des retraites, évolution de l’âge de référence, revalorisation des valeurs d’achat et de service, taux de cotisation et, le cas échéant, produits financiers des réserves. Sur qui porteront ces mesures ? À l’exception de cette dernière possibilité, tous ces moyens font payer la crise aux retraités (désindexation des pensions dont seule la valeur nominale est garantie par l’article 11), aux futurs retraités (par l’évolution de l’âge de référence et de la valeur des « points ») ou aux cotisants. Compte tenu des exigences de compétitivité qui dominent dans l’univers politique actuel et qui s’ancrent dans cette équation, très contestable, que « l’alourdissement du coût du travail crée du chômage », le relèvement des cotisations semble l’option la moins disponible.

Quant à l’utilisation de réserves, elle ne permet pas d’assurer des excédents capables d’équilibrer par la suite le système et il est fort probable qu’un comité d’experts dominé par la Cour des comptes préférera des mesures qui porteront sur les dépenses. C’est bien ce que propose depuis des années la Cour pour les comptes publics, conformément à la doxa néolibérale que l’on ne réduit bien les déficits qu’en baissant les dépenses. Cette vision est à l’origine de la pensée de « l’austérité expansive » qui a provoqué la crise de la zone euro en 2010. C’était l’époque où Jean-Claude Trichet affirmait que l’austérité pouvait être favorable à la croissance. Et cette idée constitue le socle du futur régime de retraite : on considère qu’en cas de crise, l’austérité permettra de redresser au mieux les comptes.

C’est évidemment un immense risque. En cas de crise, beaucoup de ces mesures risquent de peser sur l’activité et de dégrader encore la situation conjoncturelle. Cela est évident en cas de désindexation des pensions ou de hausse des cotisations salariales. Mais la baisse du taux de remplacement du salaire, soit par le déplacement de l’âge de référence, soit par la modification de la valeur du point, conduira aussi à une perte de revenus et, inévitablement, à des mécanismes de protection par une augmentation du taux d’épargne au détriment de la consommation. Or, c’est exactement ce qu’il faut éviter en cas de crise.

Il y a donc fort à parier que la « règle d’or » enclenche un cercle vicieux réduisant le filet de sécurité que constituent les transferts sociaux en France contre les aléas conjoncturels. Si le gouvernement n’avait pas de tels moyens en tête, pourquoi alors n’ont-ils pas été explicitement exclus des possibilités d’un ajustement à court terme ? Pourtant, le risque est immense car en aggravant la crise, on risque d’aggraver le déficit. Là encore, c’est le mécanisme de l’austérité qui a aggravé la crise et les déficits, qui ont été à l’œuvre à partir de 2010. L’autre risque, c’est qu’on retrouve vite l’équilibre au prix d’un appauvrissement des pensionnés et/ou des salariés.

Lorsqu’on observe la dernière crise et les mesures prises pour rééquilibrer le système, le tableau devient franchement inquiétant. Entre 2008 et 2010, on remarque une dégradation du déficit du système de 4,1 milliards d’euros, mais cela s’ajoutait à un déficit lié à la démographie qui s’était creusé en 2007 à près de 5 milliards d’euros. En 2010, le régime général d’assurance vieillesse était donc en déficit de 8,9 milliards d’euros. La réforme Fillon, en prenant une mesure d’âge et d’indexation stricte des retraites sur l’inflation, a ramené ce déficit à 4,8 milliards d’euros en 2012. Autrement dit, entre 2008 et 2012, le système était proche de l’équilibre si on excluait l’effet du déficit passé. La règle du nouveau système aurait donc été respectée. Mais à quel prix ? En 2011, on prévoyait un déficit de 5,8 milliards d’euros avec 1,9 % de croissance et finalement, on a eu un déficit inférieur d’un milliard d’euros avec une croissance de 0,2 %. Il a donc fallu serrer violemment les dépenses, dont la croissance a été divisée par 4 entre 2006 et 2011. Rien d’étonnant qu’avec une telle pression, la croissance française ait été faible, alors même que la crise de la zone euro faisait rage.

Rappelons simplement les conditions de cet ajustement : la réforme Fillon a provoqué un long conflit social. C’est ici une des conséquences du principe actuel de prestations définies. Lorsqu’on veut rééquilibrer le système, il faut le remettre à plat et engager un débat dans la société. Désormais, avec le système à points, cela se fera plus simplement par une simple décision « éclairée » annuelle du Conseil d’administration de la CNRU validée par un décret du gouvernement. C’est à la fois plus simple et plus discret. Qui descend massivement dans la rue chaque année contre l’absence de coup de pouce au Smic ou le gel du point d’indice des fonctionnaires ? C’est bien ici l’avantage principal du système par points jamais avancé par le gouvernement qui, néanmoins, ne l’ignore pas.

Le cas de la période 2008-2012 est assez parlant, mais la future réforme rendra inévitablement l’ajustement encore plus douloureux. En effet, pendant la dernière crise, les gouvernements n’étaient pas contraints d’équilibrer le système, donc d’ajuster aussi le déficit passé, celui accumulé en 2006-2007. Si cela avait été le cas, il aurait fallu réduire les dépenses de 5 milliards d’euros de plus. Imaginons qu’une crise économique survienne alors que le système connaît un déséquilibre. Ce n’est pas une vue de l’esprit puisque l’actuelle réforme induira un véritable « saut dans le vide financier », lié notamment aux pertes de cotisations sur les hauts revenus, mais aussi parce que les ressources du système ne sont pas garanties et qu’elles sont sous la pression des politiques de baisse du coût du travail. La règle des « 5 ans glissants » forcera alors à régler à la fois, et rapidement, le déficit hérité et le déficit causé par la crise.

L’austérité sera donc nécessairement plus intense. En réalité, elle sera permanente. En effet, la pression sur le système vers le déficit causée par la démographie sera constante et induira chaque année des mesures correctives. En cas de crise, ces mesures seront renforcées. Et c’est bien pour cette raison que toutes les projections publiées sur le nouveau système doivent être prises avec d’immenses précautions. Elles sont fondées sur un monde idéal et éloigné de la réalité, un monde sans crise et où les croissances de la productivité et de l’activité sont stables. C’est improbable. Or, les mesures d’âge, de valeur du point ou de valeur des pensions prises au cours des futures crises ne seront sans doute pas corrigées. Dès lors, les crises auront un effet d’accélérateur sur chacune de ces mesures. Si, pour gérer une crise, on décide de repousser l’âge d’équilibre, on ne reviendra pas sur cette décision. Il se peut donc que la projection d’un âge d’équilibre à 67 ans en 2060 soit très optimiste. Il pourrait survenir beaucoup plus tôt.

C’est là le fonctionnement naturel d’un système qui place l’équilibre financier comme point de départ. Ce système géré par les coûts aura alors une conséquence évidente : il engendrera des incertitudes qui donneront lieu à une épargne de précaution, principalement, comme le veut la tradition française, dans l’immobilier. L’essor de la capitalisation se fera aussi par ce biais. Plus que jamais, cette réforme construit un modèle économique à haut risque et qui fait fi des leçons du passé.

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4 février 2020 2 04 /02 /février /2020 06:00
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 35/ Alphonse Penven (1913-1994)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère:

35/ Alphonse Penven (1913-1994)

Notice du Maitron en ligne par Christian Bougeard:  https://maitron.fr/

Né le 3 novembre 1913 au Huelgoat (Finistère), mort le 25 février 1994 au Huelgoat ; cultivateur ; maire PCF du Huelgoat (Finistère) (1945) ; conseiller général PCF du Huelgoat (1945-encore en 1988) ; député communiste du Finistère (1956-1958) ; membre du bureau fédéral et du comité fédéral du Finistère.

Après des études primaires à l’école du Huelgoat et l’obtention du certificat d’études Primaires à onze ans (suivi d’une année d’études complémentaire), Alphonse Penven travailla sur l’exploitation familiale. Habitant dans la Montagne finistérienne, une région bleue de tradition anticléricale gagnée par le socialiste Masson aux élections législatives de 1919 (député jusque 1936), Auguste Penven adhéra à la SFIO en 1936, parti au sein duquel il milita jusqu’à la guerre. Mobilisé en 1939, il fut fait prisonnier en 1940, parvint à s’évader, et fut démobilisé à Châteauroux en août 1941, avec le grade de maréchal-des-Logis.

En 1943, Alphonse Penven entra dans la Résistance dans les FTPF et avec les FTPF à divers sabotages dans une zone d’essor des maquis FTP en 1944. Le petit agriculteur Alphonse Penven, père de six enfants, propriétaire exploitant, incarne cette nouvelle génération issue de la Résistance qui contribua à l’enracinement d’un communisme rural dans le Centre Bretagne. En 1958, un rapport officiel insistait sur ses qualités : « Se montre très actif. Serviable et dévoué, il bénéficie dans son canton d’une grande popularité et de beaucoup de considération ». Il avait trente-deux ans en 1945 lorsqu’il adhéra au PCF et fut élu successivement maire, puis conseiller général du Huelgoat, une commune et un canton détenus par la SFIO avant la guerre. Le socialiste Pierre Blanchard y était devenu conseiller général en 1937. Le 23 septembre 1945, Alphonse Penven lui succéda dès le 1er tour sur ces terres de tradition bleue devenues rouges. Il était l’un des quatre conseillers généraux communistes du Finistère en 1945 et il fut sans cesse réélu car il représentait encore le canton du Huelgoat en 1988. Mais dans les années 1960, il resta l’un des deux élus communistes au conseil général. Alphonse Penven était aussi la principale personnalité paysanne du PCF dans le Finistère, la seule à siéger au bureau fédéral. Dans les années 1950, il était responsable de la CGA, « président » selon les sources internes du PCF. Nous ignorons s’il s’agit de la présidence départementale ou du syndicat agricole du canton mais cette mention disparaît à partir de 1954, ce qui correspond d’ailleurs à la disparition de fait de la CGA au profit de la FNSEA. Alphonse Penven assuma aussi des responsabilités dans le parti : membre du bureau de la section du Huelgoat et du bureau fédéral du Finistère jusque mars 1953 puis du comité fédéral. Le 19 mai 1957, il fut réélu au bureau fédéral jusqu’à 1962 puis resta membre du comité fédéral jusqu’à 1968.

Aux élections législatives de 1946 et de 1951, Alphonse Penven figurait sur les listes du PCF dans le Finistère. Le 2 janvier 1956, alors que neuf listes s’affrontaient, il était en deuxième position derrière le député sortant Gabriel Paul et Alphonse Penven fut élu député du Finistère avec 74 566 voix (18,7 %). Le maire du Huelgoat devait cette promotion en position éligible à la mise à l’écart du député sortant Alain Signor, à la suite de l’intervention du Comité central pour infléchir une ligne politique de la fédération considérée comme trop sectaire. En 1956, le PCF conserva deux députés dans ce département breton jusqu’à 1958. En novembre 1958, Alphonse Penven fut le candidat du PCF (15 % au premier tour) dans la 4e circonscription du Finistère (Morlaix I) dans laquelle se présentait aussi François Tanguy Prigent ainsi que le maire de Morlaix Jean Le Duc (Indépendant-CNI), et un MRP. Du fait d’un accord conclu entre la SFIO et le PCF dans le Finistère et notamment parce que Tanguy Prigent avait fait campagne pour le non au référendum, Alphonse Penven se désista au 2e tour en faveur de l’ancien ministre socialiste qui fut battu par Jean Le Duc. Il représenta encore le parti en novembre 1962 (16,9 % des voix au 1er tour) et se désista pour Tanguy Prigent (PSU) qui retrouva son siège de député. À nouveau candidat communiste en mars 1967 (19,3 % au 1er tour), juin 1968 et mars 1973, il se désista pour le candidat du PSU Roger Prat, élu d’extrême justesse en 1967 puis battu en 1968. Son suppléant était le cheminot de Morlaix François Paugam (1958 et 1962) puis l’instituteur Michel Derrien de Morlaix (1967). Auguste Penven fut bien l’un des principaux piliers du PCF dans le Finistère de l’après-guerre.

https://maitron.fr/spip.php?article148718, notice PENVEN Alphonse, François par Christian Bougeard, version mise en ligne le 7 septembre 2013, dernière modification le 8 septembre 2013.

 

***

Témoignage de Alain David: 

"Je garde en mémoire de nombreuses réunions électorales avec Alphonse ... et son talent d'orateur alors qu'il n'avait pas besoin de lire son discours. Me revient particulièrement ma première candidature aux législatives où , bien que déjà affaibli , Alphonse m'avait passé le flambeau tout en acceptant d'être suppléant.

L'autre jour, en faisant un peu de rangement, j'ai retrouvé une photo où nous apportions notre soutien aux salariés de Kaolins de Berrien qui occupaient l'entrepôt de la gare de Pleyber-Christ . On y remarque l'aisance d'Alphonse devant les travailleurs. La foule qui assista à ses obsèques à Huelgoat suffit à démontrer (mais bien sûr il n'en est pas besoin ) l'empreinte dont il a marqué ce coin de l'Arrée . En ces temps où les responsables politiques semblent souvent préparés et élevés en batterie, un témoin d'une autre époque où les valeurs étaient chevillées au corps" .

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 35/ Alphonse Penven (1913-1994)

Lire aussi nos autres publications pour l'année du centenaire du Parti communiste dans la série "100 ans d'engagements communistes en Finistère":

Lire aussi:

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 33/ Pierre Guéguin (1896-1941)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 32/ Jean-Louis Primas (1911-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 31/ François Paugam (1910-2009)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 30/ Angèle Le Nedellec (1910-2006)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 29/ Jules Lesven (1904-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 28: Raymonde Vadaine, née Riquin

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 27/ Jeanne Goasguen née Cariou (1901-1973)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 26/ Gabriel Paul (1918-2015)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 25/ François Bourven (1925-2010)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 24/ Yves Autret (1923-2017)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 23/Pierre Jaouen (1924-2016)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 22/ André Berger (1922-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 21/ Joseph Ropars (1912-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 20/ Paul Monot (1921-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 19/ Jean-Désiré Larnicol (1909-2006)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 18/ Jean Le Coz (1903-1990)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 17/ Alain Cariou (1915-1998)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 16/ Jean Nédelec (1920-2017)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 15/ Alain Le Lay (1909-1942)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 14/ Pierre Berthelot (1924-1986)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 13/ Albert Abalain (1915-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 12/ Andrée Moat (1920-1996)

1920-2020: cent ans d'engagements communistes en Finistère: 11/ Jean Le Brun (1905-1983)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 10/ Denise Larzul, née Goyat (1922-2009)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 9/ Pierre Le Rose

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 8/ Marie Salou née Cam (1914-2011)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 7/ René Vautier (1928-2015)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 6/ Denise Firmin née Larnicol (1922-2019)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 5/ Fernand Jacq (1908-1941)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 4/ Corentine Tanniou (1896-1988)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 3/ Albert Rannou (1914-1943)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 2/ Marie Lambert (1913-1981)

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3 février 2020 1 03 /02 /février /2020 20:25
Communiqué de presse : 
 

Une nouvelle fois au cours de mandat, nous nous trouvons confrontés à l’annulation d’un Conseil Municipal.

La raison invoqué de ce report « Sine die » (Sans fixer de date pour une autre séance) n’est pas très claire ?

Nous n’en savons pas plus que le mail suivant :

« Mesdames et Messieurs les conseillers municipaux,

La seule délibération inscrite à l'ordre du jour du conseil municipal initialement prévu le 3 février prochain n'ayant plus lieu d'être présentée, la réunion du conseil municipal est reportée sine die.

Cordialement,

Le Secrétariat Général
 

Pourtant, nombre de sujets intéressaient les morlaisiens.

Pour notre part, nous avions un certain nombre de questions :

-       Comment allons-nous financer les 2 millions de dépassement du budget de réhabilitation du Musée ? Nous sommes loin de la livraison du nouveau Musée et comment allons-nous maintenir le budget prévu ? Quel impact cela a-t-il sur les autres investissements prévus ?

-       Quand sera livré le skate park dont on a vu si vite surgir de terre  le parking  ? Quel lien a été fait pour construire cet équipement avec le club de roller ?

-       Un certain nombre de vente de terrains et de subventions pour des particuliers étaient inscrites en commission. Pourquoi ne pas les présenter et les voter afin d’en assurer la finalisation ?

Nous ne pouvons, encore une fois, que regretter cette nouvelle annulation de ce moment important de la gestion de la commune.

Annuler un Conseil Municipal, c'est vraiment inédit, et ça fait déjà 2 fois.

Conseil municipal de Morlaix - Photo Le Télégramme

Conseil municipal de Morlaix - Photo Le Télégramme

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3 février 2020 1 03 /02 /février /2020 17:05
Photo Gwendal Hameury, Le Télégramme, 2 février 2020: La liste Morlaix Ensemble compte 35 noms (il manque deux personnes sur la photo: Elise Kérebel et Ahamada Zoubeiri), comme l’autorise désormais la loi. (Le Télégramme/Gwendal Hameury)

Photo Gwendal Hameury, Le Télégramme, 2 février 2020: La liste Morlaix Ensemble compte 35 noms (il manque deux personnes sur la photo: Elise Kérebel et Ahamada Zoubeiri), comme l’autorise désormais la loi. (Le Télégramme/Gwendal Hameury)

 

Le Télégramme, Gwendal Hameury, 2 février 2020

Elle est la première des listes candidates à la mairie de Morlaix à se présenter au complet. Ce dimanche,
Jean-Paul Vermot a dévoilé les noms des 35 colistiers de Morlaix Ensemble.

La liste de gauche « Morlaix Ensemble », menée par Jean-Paul Vermot, est constituée. Elle compte 33 colistiers et deux remplaçants, comme l’autorise désormais la loi. Leur local est situé au 6, place des Otages.

Ouverte, l’équipe est composée majoritairement de candidats non encartés, réunis autour d’un projet « ambitieux, réaliste et financièrement équilibré, pour une ville écologique, solidaire et active ». Représentant un très large ensemble de catégories socioprofessionnelles, réparties sur l’ensemble des quartiers de la ville, « elle marque un très fort renouvellement, avec de nombreux visages neufs en politique, épaulés par des élus municipaux plus expérimentés ».

48 ans de moyenne d’âge

Aux côtés de Jean-Paul Vermot, 46 ans, directeur Afpa, on trouve (par ordre alphabétique) : Laurent André, 58 ans, professeur spécialisé ; Zoubeiri Ahamada, 54 ans, ouvrier agroalimentaire ; Ali Azzala, 48 ans, technicien bâtiment ; Kristiane Bannier, 71 ans, formatrice retraitée ; Nathalie Barnet, 43 ans, agent de planification aérienne ; Annie Bergot-Le Calvez, 67 ans, retraitée des finances ; Kristell Breton, 40 ans, mandataire judiciaire ; Maëla Burlot, 32 ans, coordinatrice sociale ; Eugène Davilliers-Caradec, 21 ans, service civique de l’Éducation nationale ; Ismaël Dupont, 40 ans, professeur documentaliste ; Jolan Faucheur, 26 ans, entraîneur sportif ; Edith Fer, 41 ans, enseignante ; Henri Gaba Engaba, 44 ans, ouvrier agroalimentaire ; Patrick Gambache, 61 ans, éditeur ; Anne-Yvonne Géréec, 67 ans, retraitée ; Hervé Gouédard, 73 ans, pédiatre hospitalier retraité ; Ghislain Guenguant, 32 ans, technicien de maintenance ; David Guyomar, 41 ans, animateur socioculturel ; Élise Kérébel, 49 ans, aide-soignante ; Frédéric L’Aminot, 47 ans, ouvrier qualifié dans les produits en béton ; Yvon Laurans, 66 ans, inspecteur jeunesse et sport retraité ; Ludivine Le Men, 29 ans, remplaçante éducative ; Calvin Louet, 21 ans, étudiant ; Marie-Françoise Madec-Jacob, 60 ans, agent hospitalier retraité ; André Paulus, 70 ans, directeur d’école retraité ; Jérôme Plouzen, 48 ans, chef d’entreprise expertise du bâtiment ; Élodie Postollec, 41 ans, infirmière ; Françoise Quéinnec, 65 ans, directrice de Segpa en retraite ; Katell Salazar, 48 ans, écrivaine publique ; Valérie Scattolin, 53 ans, coordinatrice HSE aérien ; Patricia Stéphan, 56 ans, responsable restauration collective ; Camille Thomas, 41 ans, responsable communication ; Laëtitia Tosser, 43 ans, chargée d’administration des ventes et Catherine Tréanton, 53 ans, éducatrice spécialisée.

Cette liste, dont la moyenne d’âge est de 48 ans, est soutenue par un comité de citoyens engagés, le Parti radical de gauche (PRG), les Radicaux du gauche (LRDG), Génération.s, le Parti communiste et le Parti socialiste.

Plus d’informations au sujet des colistiers sur morlaix-ensemble.bzh.

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3 février 2020 1 03 /02 /février /2020 17:05
Municipales. Morlaix ensemble présente une liste avec 50 % de non encartés (Ouest-France, Romain Fillion, 2 février 2020)
Municipales. « Morlaix ensemble » présente une liste avec « 50 % de non encartés »

La liste d’union de gauche a révélé les 35 noms de son équipe, ce dimanche 2 février 2020 au matin, à Morlaix (Finistère). PS, PCF et Génération. s se vantent d’y avoir réuni l’ensemble de la population.

Ouest-France Romain FILLION. 2 février 2020

À un mois et demi des élections municipales, « Morlaix ensemble », l’une des deux listes d’union de gauche, est depuis ce dimanche 2 février 2020 officiellement constituée. Ils seront 33 colistières et colistiers, plus deux remplaçants, à incarner le mariage du PS, PCF et Générations.s. Mais pas seulement.

« Cette liste marque un très fort renouvellement avec de nombreux visages neufs en politique, épaulés par des élus municipaux plus expérimentés », assure Jean-Paul Vermot (PS), tête de liste, niché pour l’événement sur les hauteurs de Morlaix, square du Château.

"Morlaix ensemble" se targue, en effet, de proposer une liste composée à « plus de 50 % » de personnes non encartées, sans affiliation politique, dont la moyenne d’âge ne dépasse pas les 50 ans. « L’union s’est beaucoup élargie. Ceux qui ont envie d’une alternance à gauche s’y reconnaissent » , pense Ismaël Dupont (PCF).

 

« Pour une ville écologique, solidaire

et active »

Depuis dix-huit mois maintenant, Morlaix ensemble a assis son projet autour de trois axes majeurs : pour une ville « écologique, solidaire et active », teintée de démocratie participative. « Tout le monde doit trouver sa place à Morlaix. Nous devons travailler avec tous les quartiers, et agir rapidement pour l’écologie, autour des transports, de la production énergétique ou de l’alimentaire, détaille Jean-Paul Vermot. Mais, surtout, retrouver une ville active, culturellement, sportivement et économiquement. »

La liste assure se pencher fortement sur « l’axe démographique » de la ville, en difficulté depuis des années. « Il faut rompre la spirale de déclin, tout en gardant un sérieux budgétaire. Et justement, nous savons déjà comment financer nos projets. »

 

La liste complète

Jean-Paul Vermot, 46 ans, directeur Afpa (Agence nationale pour la formation professionnelle des adultes) ; Zoubeiri Ahamada, 54 ans, ouvrier agroalimentaire ; Catherine Tréanton, 53 ans, éducatrice spécialisée ; Laëtitia Tosser, 43 ans, chargée d’administration des ventes ; Camille Thomas, 41 ans, responsable communication ; Patricia Stéphan, 56 ans, responsable restauration collective ; Valérie Scattolin, 53 ans, coordinatrice HSE aérien ; Katell Salazar, 48 ans, écrivaine publique ; Françoise Queinnec, 65 ans, directrice de Segpa (Section d’enseignement général et professionnel adapté) à la retraite ; Élodie Postollec, 41 ans, infirmière ; Jérôme Plouzen, 48 ans, chef d’entreprise expertise du bâtiment ; André Paulus, 70 ans, directeur d’école retraité ; Marie-Françoise Madec-Jacob, 60 ans, agente hospitalière retraitée ; Calvin Louet, 21 ans, étudiant ; Ludivine Le Men, 29 ans, remplaçante éducative ; Laurent André, 58 ans, professeur spécialisé; Yvon Laurans, 66 ans, inspecteur jeunesse et sport retraité ; Frédéric L’Aminot, 47 ans, ouvrier dans les produits en béton ; Élise Kerebel, 49 ans, aide-soignante ; David Guyomar, 41 ans, animateur socioculturel ; Ghislain Guenguant, 32 ans, technicien de maintenance ; Hervé Gouédard, 73 ans, pédiatre hospitalier retraité ; Anne-Yvonne Gereec, 67 ans, retraitée ; Patrick Gambache, 61 ans, éditeur ; Henri Gaba Engaba, 44 ans, ouvrier agroalimentaire ; Édith Fer, 41 ans, enseignante ; Jolan Faucheur, 26 ans, entraîneur sportif ; Ismaël Dupont, 40 ans, professeur documentaliste ; Eugène Davillers-Caradec, 21 ans, service civique de l’EN ; Maëla Burlot, 32 ans, coordinatrice sociale ; Kristell Breton, 40 ans, mandataire judiciaire ; Annie Bergot-Le Calvez, 67 ans, retraitée des finances ; Nathalie Barnet, 43 ans, agente de planification aérienne ; Kristiane Bannier, 71 ans, formatrice retraitée ; Ali Azzala, 48 ans, technicien bâtiment ;

Plus d’informations au sujet des colistiers sur morlaix-ensemble.bzh.

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3 février 2020 1 03 /02 /février /2020 16:28
Municipales. Le Conseil d’État tacle la circulaire Castaner
Lundi, 3 Février, 2020

La disposition sur les nuances politiques risquait de « biaiser » les résultats nationaux des élections des 15 et 22 mars.

 

Deuxième claque pour le gouvernement en une semaine. Après avoir étrillé le projet de réforme des retraites, le Conseil d’État a suspendu, le 31 janvier, trois dispositions de la circulaire du ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, adressée aux préfets dans le cadre des prochaines élections municipales. Le ministre entendait faire supprimer les nuances politiques aux listes candidates dans les villes de moins de 9 000 habitants ou chefs-lieux d’arrondissement. Une telle disposition aurait conduit, selon le Conseil d’État, « dans plus de 95 % des communes, à ne pas attribuer de nuance politique et exclu ainsi de la présentation nationale des résultats des premier et second tours des élections municipales à venir les suffrages exprimés par près de la moitié des électeurs ». Le Conseil d’État fait même part de son « doute sérieux » quant à la légalité d’une telle mesure.

À gauche, on soupçonnait le gouvernement de vouloir « biaiser » les résultats nationaux

C’est d’ailleurs principalement celle-ci qui avait motivé le recours en référé déposé par des partis de l’opposition : le PCF, le PS, mais aussi LR et Debout la France de Nicolas Dupont-Aignan. À gauche, on soupçonnait fortement le gouvernement de vouloir « biaiser » les résultats nationaux qui seront annoncés le soir du premier tour, et limiter ainsi la casse, d’un point de vue statistique, en cas de défaite de LaREM. En outre, cette disposition aurait atténué la portée du score national réalisé par des listes d’opposition au gouvernement, dont certains partis peuvent conserver une implantation locale forte. Un collectif de 44 politologues avait d’ailleurs publié une tribune dans le Monde, le 25 janvier, afin de demander au ministre de l’Intérieur de revoir sa position. Selon eux, « 53 % du corps électoral se trouveraient privés d’une information cruciale sur l’identité politique de leurs candidats, et 97 % des communes seraient gouvernées à partir de mars par des maires sans affiliation partisane ».

Ce seuil de 9 000 habitants retenu par Christophe Castaner (contre 1 000 en 2014 et 3 500 en 2008) aurait notamment eu pour autre effet de ne conserver les nuances politiques que dans les municipalités où, justement, LaREM a réalisé de bons scores lors des élections précédentes… De surcroît, la circulaire de Christophe Castaner prévoyait de ne retenir que l’investiture d’un parti de gauche et d’au moins un autre pour attribuer la nuance « liste d’union des partis de gauche » (LUG), de même que pour la droite (LUD). Pour la nuance « liste divers centre » (LDVC), en revanche, nul besoin d’investiture : un « soutien » se serait avéré suffisant. Le Conseil d’État a donc également suspendu cette disposition, considérant qu’elle était contraire au principe d’égalité. Et il a donné gain de cause à Debout la France, qui contestait son classement en « extrême droite »…

Une semaine après l’avis cinglant du même Conseil d’État concernant sa réforme des retraites, le gouvernement se fait à nouveau rappeler à l’ordre. Et sur des bases similaires… Le manque de clarté de son projet de loi, qui renvoie à des ordonnances dont les parlementaires ne connaissent pas encore le contenu, est une des critiques formulées par les conseillers. À nouveau, c’est bien une tentative de maquiller la réalité, sur un plan statistique, du prochain scrutin municipal qui fait l’objet d’un jugement sévère.

Diego Chauvet
Municipales. Le Conseil d’État tacle la circulaire Castaner (Diego Chauvet, L'Humanité, 3 février 2020)
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3 février 2020 1 03 /02 /février /2020 16:23
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 34/ Michel Mazéas (1928-2013)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère:

34/ Michel Mazéas (1928-2013)

notice sur Michel MAZEAS par Emilie Biland et  Jacques Girault dans le Maitron: https://maitron.fr

Né le 14 février 1928 à Ploaré (commune réunie à Douarnenez, Finistère, en 1945), mort le 17 décembre 2013 à Douarnenez ; instituteur puis professeur de collège ; militant syndicaliste ; militant communiste dans le Finistère, maire de Douarnenez.

Athée, le père de Michel Mazéas était marin-pêcheur l’été et maçon l’hiver, comme beaucoup de Douarnenistes de l’époque. Sa mère travaillait comme ouvrière (Penn Sardin) dans une conserverie de sardines. Catholique, elle l’a fait baptiser et faire ses communions, mais elle le scolarisa, tout comme son frère, à l’école publique. Encouragé par un oncle maternel lui-même instituteur, Mazéas entra à l’École normale d’instituteurs de Quimper en 1944. Dans le cadre de l’Office du sport scolaire et universitaire (OSSU), il y pratiqua le hand-ball, le rugby et l’athlétisme.

Michel Mazéas se maria en septembre 1948 à Douarnenez avec une institutrice. Le couple eut deux enfants.

Quelques jours après son mariage, Michel Mazéas rejoignit sa première affectation en octobre 1948, dans une école littorale de la pointe du Finistère, à Saint-Philibert en Trégunc. En 1960, il obtint sa mutation à Douarnenez, sa ville natale. Son poste bientôt supprimé, il entreprit une licence d’histoire-géographie à la Faculté des lettres de Rennes, sur les conseils de l’inspecteur d’académie. Il devint PEGC en 1964, affecté au collège d’enseignement général de Douarnenez. A la fermeture de celui-ci, il enseigna l’histoire et la géographie dans la section technique du lycée de la ville, jusqu’à sa retraite en 1983.

Michel Mazéas devint membre du conseil syndical de la section départementale du Syndicat national des instituteurs en 1950 et en resta membre jusqu’au milieu des années 1960. Délégué au congrès national du SNI, il intervint, le 7 juillet 1954, dans la discussion sur le rapport moral. Il indiqua qu’il fallait rechercher l’unité syndicale et donnait l’exemple de son département l’« harmonie » interne permettait des « actions fortes ». Lors du congrès de Bordeaux, le 21 juillet 1955, il exposait les revendications prioritaires de sa section (suppression des zones de salaires, augmentation de la base des salaires, accélération de l’avancement). Au congrès de Brest, le 19 juillet 1958, lors de la séance sur le thème « Les responsabilités de l’école et de l’université face aux problèmes que leur impose le devenir de la jeunesse », il préconisait des mesures permettant aux marins de profiter des bienfaits du système scolaire.

Michel Mazéas adhéra aux Jeunesses communistes dans les combats de la Libération (la maison de ses parents servant alors de PC), puis au Parti communiste français en 1949. Il fut pendant plus de trente ans membre du comité et du bureau de la section communiste de Douarnenez à partir de 1970. Au début des années 1990, il vendait encore l’Humanité et contribuait au journal de la section locale, Le Douarneniste, fondé dans les années 1950. Il entra au comité de la fédération communiste en 1961, au bureau fédéral en 1964, responsable du travail en direction des instituteurs et de la défense de l’école. A partir de 1968, il fut élu au seul comité de la fédération du Sud-Finistère. Responsable des élus communistes à partir de 1971, il suivit les cours de l’école centrale du PCF durant un mois, en 1972.

A partir des années 1960, Mazéas s’investit en outre fortement dans la vie associative douarneniste, d’abord en soutenant la création d’un centre nautique par le service départemental de la jeunesse et des sports (1961), où il introduisit, quelques années plus tard, l’Optimist, voilier-école pour enfants. Il fut aussi le premier président de la Maison des Jeunes et de la Culture (1967). Il participa en outre à des ateliers d’art, au cinéclub, à des activités d’aéromodélisme, en sa qualité de pilote d’avion.

Cet engagement associatif, ainsi que la notoriété de sa mère, figure des grèves de 1924, expliquait son repérage comme éligible. En 1969, à la faveur d’une élection partielle, il devint conseiller municipal d’opposition. Deux ans plus tard, il conduisit la liste d’union de la gauche et fut élu maire, puis réélu trois fois (en 1977, 1983 et 1989). Il fut membre de l’association des maires du Finistère, présidée par Alphonse Arzel (UDF). Il perdit son mandat en 1995 après la victoire de la liste de droite. Il devint alors conseiller municipal d’opposition, puis de la majorité, entre 2001 et 2008. En 2001, il figurait en effet en sixième position sur la liste de gauche « Pour Douarnenez, ensemble avec vous » conduite par Monique Prévost (divers gauche). Au cours de ce dernier mandat, il retrouva la présidence du conseil d’administration de l’hôpital de Douarnenez. Il cessa ses fonctions politiques en 2008.

Mazéas fut candidat aux élections législatives de 1973 dans la 7e circonscription (Douarnenez). Il arriva en tête de la gauche avec 8 824 voix sur 52 957 inscrits et fut battu au deuxième tour avec 16 238 voix. A nouveau candidat en 1978, il obtint, sur 57 275 inscrits, tour à tour 10 111 et 18 958 voix. Il fut candidat aux élections cantonales en 1970, 1976 et 1982, ainsi qu’aux élections sénatoriales : en deuxième position en 1998, il obtint 108 voix sur 2 059 inscrits et se désista pour la liste socialiste au deuxième tour... Dans un article sur la pêche, l’Humanité, le 26 mars 1997, indiquait que ses adversaires le surnommait « le seul maire de France à vivre sous les ponts », allusion à la modestie de son petit pavillon. Il fut candidat au conseil général en 1970, 1976, 1982.

Pendant ses quatre mandats de maire, furent notamment réalisées les constructions du nouvel hôtel de ville (1977), du nouvel hôpital (1980), de trois maisons de retraite (1972, 1975, 1994) et d’un foyer-logement (initié par Jean Peuziat, son premier adjoint socialiste, décédé en 2008) ainsi que plusieurs équipements sportifs. La municipalité Mazéas encouragea aussi l’installation d’entreprises de téléphonie (en particulier Matra devenue EADS Télécom), l’organisation de rassemblements de vieux gréements (tous les deux ans depuis 1986), ainsi que l’aménagement – contesté - du Port-Rhu et la création du Port-Musée (1993). Il a aussi contribué à la construction d’une École de Pêche et de Navigation (en 1976) et au développement de l’association Kan ar Mor, accueillant des personnes en situation de handicap mental, longtemps présidée par son premier adjoint.

En lien avec cette politique festive et culturelle, Mazéas contribua à l’histoire et à la mémoire de sa ville et plus largement du Sud-Finistère. Il écrivit de nombreux articles dans des revues locales dont Mémoire de la ville. Il évoqua à plusieurs reprises les tentatives expérimentales de vol de Jean-Marie Le Bris et son canot volant (milieu du XIXe siècle). Il fut un des fondateurs de l’association « La Barque ailée » placée sous le patronage de ce dernier, et a d’ailleurs longtemps fait partie de l’équipe locale de la Société Nationale de Sauvetage en Mer (SNSM). Il écrivit plusieurs ouvrages sur la vie des marins pêcheurs.

https://maitron.fr/spip.php?article140774, notice MAZEAS Michel, Louis, Joseph par Emilie Biland, Jacques Girault, version mise en ligne le 5 juin 2012, dernière modification le 20 décembre 2013.

Michel Mazéas, sur le port du Rosmeur. | Archives Béatrice Le Grand. Repris par le Ouest-France en 2013

Michel Mazéas, sur le port du Rosmeur. | Archives Béatrice Le Grand. Repris par le Ouest-France en 2013

Article du Ouest-France lors du décès de Michel Mazéas

Maire pendant vingt-quatre ans, élu communiste pendant 39 ans. Une figure de la cité s’en est allée et, avec elle, le reflet d’une époque.

 

Le maire honoraire Michel Mazéas est décédé hier soir.

«Un personnage». Attaché à sa ville, comme sa ville était attachée à lui. Tout le monde le surnommait «Mich'Maz». Michel (Louis, Joseph) Mazéas est né le 14 février 1928 dans un foyer de marins-pêcheurs de Ploaré, à Douarnenez. Ses racines, il ne manquait jamais une occasion de leur rendre hommage. « Il est resté profondément attaché à ses origines et au monde de la mer », écrivait-il en quatrième de couverture d’un ouvrage sur la pêche sur thon, qu’il rêvait récemment de faire publier. L’un de ses derniers combats peut-être.

Inscrit maritime provisoire à 11 ans

La pêche au thon, justement : c’était la profession de son père Louis Mazéas, marié en l’église de Ploaré avec Joséphine Deudé, ouvrière de conserverie chez Amieux puis Carnaud. Le métier aussi de son fils, Louis, pêcheur à l’appât sur le bateau de Jo Picolec.

Michel Mazéas lui-même avait fait une fois une campagne de 21 jours, « nous avons essuyé trois jours de tempête, avec des creux de 14 mètres, et dérivé près de 100 miles à la cape, écrit-il dans Les houles de la mer d’Iroise. Moteur au ralenti, bout à la lame, le bateau semblait escalader des montagnes d’eau pour retomber dans des gouffres sombres, d’où il retombait à nouveau sur la crête des grosses lames. Parfois, l’hélice cavitait hors de l’eau, s’affolait un instant en faisant vibrer toutes les membrures. Dans ces moments-là, nous devenions soudain plus attentifs aux réactions du navire et nos regards se croisaient, interrogatifs, sur fond d’angoisse. » Tôt baptisé à l’eau de mer, Michel Mazéas est inscrit maritime provisoire dès l’âge de 11 ans.

Instituteur public en 1948

La Seconde Guerre mondiale le conduit à opter pour une carrière dans l’enseignement public : en 1943, il tombe malade, sa pleurésie l’empêchera, plus tard, d’exercer sa passion : pilote d’avion. En 1948, il devient alors instituteur public, il exerce pendant onze ans à Trévignon. En 1960, l’enseignement obligatoire est prolongé de 14 à 16 ans, il hérite alors d’une mission de deux ans à Douarnenez : enseigner aux jeunes de 14 ans, qui doivent encore étudier pendant deux ans.

Maire de sa ville natale de 1971 à 1995

Le 21 mars 1971, Michel Mazéas est élu maire pour la première fois. Les mandatures qui suivent voient la mise en place des classes de mer et de voile, et la réalisation de grands équipements : hôpital, maisons de retraite, centre des arts… Trois fois, son « ticket » politique est imparable : le communiste Michel Mazéas à la mairie, les socialistes Jean Peuziat et Daniel Bouër comme adjoints.

Au conseil municipal, il impose ses choix. Malheur au contradicteur : entier et passionné, Michel Mazéas a des colères homériques, la voix puissante et des yeux bleus gris-acier, qui foudroient les opposants. Pourtant, quelles que soient les divergences d’opinions, l’homme est respecté par tous et son intégrité ne sera jamais remise en cause. Mich’Maz’, c’est « la statue du commandeur », compare un confrère, il y a quelques années.

En 1995, le maire communiste chute de 51 voix, plombé par le feuilleton politique et la liquidation de la société d’économie mixte (Sem) du Port-Musée. Conseiller d’opposition, puis à nouveau de la majorité en 2001, sous la mandature Prévost, il sera « poussé vers la sortie » par la nouvelle équipe candidate à gauche en 2008. À 80 ans, « je n’avais pas l’intention de décrocher, mais j’en ai vu d’autres », relativisera-t-il, plus tard.

En 2008, Michel Mazéas avait reçu la médaille d’or des collectivités locales, départementales et régionales. En avril, la médaille de la Ville, remise par Philippe Paul (« Le sénateur-maire avait quatre ans quand j’ai été élu maire pour la première fois ! ») saluait ses 39 années au service de Douarnenez. En 2000, recevant la légion d’honneur des mains de Marie-George Buffet, alors ministre de la Jeunesse et des Sports, il avait dédié sa récompense à tous les Douarnenistes, responsables d’associations et sportifs, au motif « que les qualités personnelles ne sont rien, sans la volonté des autres ».

Historien de la Ville

Ces derniers temps, le maire honoraire allait régulièrement à la mairie pour répondre à des demandes de renseignements. Longtemps, il avait animé la revue patrimoniale des Mémoires de la ville. Outre son livre Les houles de la mer d’Iroise aux éditions Maritimes et d’Outre-Mer, qui raconte des épisodes salés de la vie difficile des marins-pêcheurs, « des récits de 1911 à 1993 », il a aussi écrit Ploaré, une église du XVIe siècle, et de nombreux articles dans Armen, Armor Magazine, Atouts Bretagne…

Dans Les houles de la mer d’Iroise, Michel Mazéas salue la mémoire de « ses compagnons de mer, dont beaucoup ne sont plus là aujourd’hui. Pour la plupart, ils se sont perdus dans les tempêtes. Les autres ont été emportés par le temps. Ils voguent quelque part comme les mouettes que le vent entraîne loin de nous, avant de disparaître à nos yeux qui cherchent à les suivre encore. » Ce mercredi matin, la ville de Douarnenez, en deuil, va guetter l’horizon.

Yvonne Rainero sur Michel Mazéas:

"Voilà ce que j'écrivais sur le site de la section de Quimper lors des obsèques de Michel Mazéas : Michel Mazéas, ancien maire communiste de Douarnenez, nous a quittés

Michel a pris le larg
e, nous laissant sur le rivage.

L'hommage qui lui a été rendu à Douarnenez a été suivi par près de mille personnes.

Plusieurs anciens ministres, des élus de tous bords politiques.

Bien sûr ceux qui ont partagé son engagement communiste comme Hugues Tupin, conseiller municipal de Douarnenez, Jean-Pierre Jeudy, ancien maire de Carhaix, Piero Rainero élu à Quimper et ancien secrétaire départemental, Éric Le Bour actuel dirigeant de la fédération du Finistère, des représentant(e)s des sections PCF du Finistère.

Les associations d'anciens résistants, l'Anacr dont il était président d'honneur de la section locale, l'ARAC, les Français Libres... formant une haie d'honneur avec leurs drapeaux.

Les canotiers de la Société Nationale de Sauvetage en Mer, avec leurs vareuses, doublant cette haie d'honneur.

Et bien d'autres.

Et la foule des anonymes venus honorer celui qui était si proche de ses administrés et restera toujours leur maire.

Car Michel Mazéas qui a été le maire communiste de Douarnenez pendant 4 mandats, de 1971 à 1995, a incarné sa ville si intimement qu'aujourd'hui et pour longtemps encore on ne peut évoquer Douarnenez sans y associer ce maire emblématique. Sa trace est partout : écoles publiques, hôpital, dont il avait posé la 1ère pierre et qu'il a défendu avec ardeur, MJC, foyers pour personnes âgées...

Maire dans la durée d'une ville où les têtes s'enflamment vite, sans céder sur ses convictions, fortes et qu'il affirmait vigoureusement, il avait transcendé les frontières politiques et rassemblé largement la population qui savait pouvoir compter sur lui. Elle se reconnaissait dans ce fils de marin-pêcheur cégétiste et d'une ouvrière de conserverie qui avait participé à la grève de 1924 aux côtés de Joséphine Pencalet, sardinière présentée aux municipales par le parti communiste et élue par des hommes, vingt ans avant que les femmes n'obtiennent le droit de vote, et dont l'élection fut cassée par le préfet d'alors.

Michel Mazéas avait 11 ans quand il devint inscrit maritime provisoire, accompagnant son père dans les « houles de la mer d'iroise » qu'il a évoquées dans un livre.

Il en avait 12 quand les troupes allemandes ont occupé Douarnenez et réquisitionné son école, provoquant déjà son indignation.

Très vite il devint un résistant « en culottes courtes », selon son expression, échappant plusieurs fois de peu à la répression de l'armée d'occupation mais perdant plusieurs de ses amis d'enfance.

Quand vint la libération de Douarnenez, le jeune résistant dont la carte de FTP portait la mention « collégien », adhéra au parti communiste, en 1944, à 16 ans, dans la promotion Guy Môquet comme il aimait à le rappeler.

Instituteur au sortir de l'École Normale, puis, ayant repris ses études, professeur, il s'impliqua fortement dans son métier d'enseignant et auprès de ses élèves, mais aussi dans la vie associative, culturelle, sportive, puis politique de sa ville, comme dans la vie politique et sociale de son département, toujours présent dans les grands mouvements et sur tous les fronts : école, hôpital, pêche, sécurité maritime et protection des côtes...

Son engagement pour les valeurs de liberté, de fraternité, de solidarité, pour la justice, pour la paix, fut constant.

Pendant la guerre d'Algérie, son action lui valut de recevoir des menaces de l'OAS.

Après les massacres de Sabra et Chatila en 1982, la ville de Douarnenez fut l'une des municipalités communistes qui accueillirent des enfants rescapés du camp de réfugiés palestiniens. Son maire fut ainsi l'initiateur d'une tradition de solidarité avec le peuple palestinien qui se poursuit aujourd'hui avec notamment le jumelage entre la ville de Douarnenez et le camp de Rachidiyeh au Liban.

Michel Mazéas était un homme de passions, passions multiples qui se juxtaposaient et s'entrecroisaient pour tisser sa personnalité.

Passion de la mer : il voulait la faire partager aux jeunes qu'il initia à la voile, et accompagna jusqu'au plus haut niveau, mondial pour certains ; il fut le pionnier en France de l'apprentissage de la navigation sur Optimist ; il était aussi canotier bénévole sur le bateau de sauvetage de la SNSM, toujours disponible pour venir en aide aux marins en détresse.

Bien des dirigeants du PCF ont connu grâce à Michel les quais de Douarnenez et sa rade.

Passion de l'aviation : il la pratiquait en pilote confirmé, et s'intéressait à son histoire, qu'il rendît hommage à la mémoire d'un pionnier comme Jean-Marie Le Bris, ou à celle de Maurice Bon, pilote de l'escadrille Normandie-Niemen, disparu en 1943, dont l'aéroport de Quimper porte le nom.

Passion de l'histoire : celle de Douarnenez bien sûr, et de son riche passé, de l'époque gallo-romaine jusqu'à l'histoire contemporaine, les sardinières et leurs luttes, les récits de mer, la Résistance.

Passion de la langue bretonne : radios et télévisions lui donnaient fréquemment l'occasion de s'exprimer en breton ; et c'est en breton qu'il entonnait les chants traditionnels comme ceux qui avaient accompagné les mouvements sociaux.

Passion de la vie publique : il put s'y consacrer pendant ses mandats d'élus, et au-delà.

Passion de l'humain et du partage pour tout résumer.

Il accordait beaucoup d'importance à la transmission de ses connaissances, de ses valeurs, aux jeunes en particulier. Et il ne manquait pas une occasion de témoigner dans les établissements scolaires sur la Résistance, à travers ses propres souvenirs.

Michel, nous serons fidèles à ta mémoire et à tes valeurs.

C'est pourquoi nous ne pouvons tolérer que le rédacteur d'un site internet d'extrême-droite intitulé Breiz Atao et courageusement établi à l'étranger ait osé écrire : « Michel Mazéas, l'ignoble pourriture communiste de Douarnenez, nous a fait le plaisir de crever ».

Ce digne héritier des nazis bretons, qui s'enfoncèrent dans la collaboration la plus indigne, le racisme et l'antisémitisme les plus ignobles, dénoncèrent et assassinèrent des résistants, accompagnèrent jusqu'au bout les nazis en déroute, n'hésite pas à se réclamer d'Olier Mordrel, condamné à mort par contumace en mars 1940 et en juin 1946, mais qui finit sa vie tranquillement en 1985, n'ayant en rien renoncé à ses idées fascistes. Olier Mordrel qui écrivait en 1935 : « le fascisme... est jeunesse, force et renouveau » et appelait à des mariages de couples « en faveur d'enfants de type nordique breton (sic) » au nom de la « pureté de la race ».

Le rédacteur de Breiz Atao n'est pas en reste sur ses aînés, dénonçant dans son délire haineux la « tyrannie socialo-marxiste », la « justice rouge confite de sionisme », appelant à un « conflit d'extermination entre 2 camps opposés »...

Raciste, antisémite, anticommuniste, admirateur du fascisme, il n'en est pas à son coup d'essai.

Il a déjà été condamné par le tribunal de Quimper, en son absence, pour diffamation à l'égard du maire de Quimper et d'une élue régionale de la gauche bretonne, et incitation à la discrimination raciale à l'encontre d'un sonneur du bagad Kemper, champion de Bretagne de bombarde, dont la couleur de peau ne lui semblait pas répondre au « type nordique breton » préconisé par son maître Olier Mordrel.

Après appel la condamnation, bien légère au regard des faits, vient d'être confirmée par le tribunal de Rennes. Mais toujours pas exécutée.

Le coupable serait introuvable.

Cette impunité est insupportable, il faut y mettre fin".

(...)

" Pour ses jeunes années il faut lire les Houles de la mer d'Iroise, Michel par lui-même : enfant en révolte contre l'occupant, puis jeune résistant en culottes courtes dont la carte de FTP portait la mention collégien, adhérant aux jeunesses communistes en 1944 à 16 ans dans la promotion Guy Moquet, il en était fier; jeune mousse partant en mer avec son père quand il n'avait même pas l'âge d'être inscrit maritime. Tout cela est absent dans le Maitron. Comme son attachement à la langue bretonne, il était de ceux qui avaient travaillé à la proposition de loi communiste sur le sujet, et les journalistes ne rataient pas une occasion de l'interviewer en breton, y compris dans les manifs, ou de l'inviter dans les émissions de radio. Jusque lors de ses obsèques, il avait tenu à ce que soit chanté le Bro gozh ma zadoù. Rien non plus sur ses engagements courageux : contre la guerre d'Algérie, en lien avec René Vautier, ils reçurent tous les deux un cercueil à leur nom, charmante attention des assassins de l'OAS; pour le peuple palestinien, il fut l'initiateur à Douarnenez d'une tradition de solidarité qui s'est poursuivie jusqu'à aujourd'hui, en accueillant à Douarnenez des enfants palestiniens rescapés des massacres de Sabra et Chatila. Boris Le Lay, le néonazi du site Breiz Atao qui faisait encore ses premières armes, avait publié des propos ignobles à propos de la mort de Michel. Il cumule depuis les condamnations mais est toujours en liberté... "

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3 février 2020 1 03 /02 /février /2020 16:19
Monde. un fossé abyssal, bombe à retardement à mèches multiples (L'Humanité, Nadjib Touaiba, 30 janvier 2020)
Monde. un fossé abyssal, bombe à retardement à mèches multiples.
Jeudi, 30 Janvier, 2020

En 2019, les plus riches ont capté plus de richesses que 4,6 milliards de personnes. Les inégalités explosent sur toute la planète. Ce creusement n’a rien de fatal, il est le résultat de politiques néolibérales dictées depuis le sommet des États.

 

La bourse, nous dit-on, a battu tous ses records en 2019. Du coup, millionnaires et milliardaires poussent comme des champignons. Et ces braves gens créent des emplois et payent des impôts, leur richesse ruisselle sur le reste du monde. Il faut s’en réjouir et saluer aussi la belle santé de l’industrie du luxe. N’est-ce pas là le signe que le pouvoir d’achat des classes moyennes se porte mieux à travers le monde, notamment en Asie, et que la pauvreté recule ?

Commentaires simplistes et pour le moins trompeurs que ces raccourcis dégainés par la presse de droite à la suite de la publication du rapport annuel de l’ONG Oxfam sur les inégalités dans le monde, à la veille du Forum de Davos (1). Les médias des hommes d’affaires et des riches regardent sans surprise la planète sous un prisme enchanteur. La réalité est autrement plus sombre pour des millions d’êtres humains.

Dans la grande et riche Amérique, ils habitent dans leur voiture en collectionnant les petits jobs, s’endettent pour se soigner ou se laissent mourir à petit feu. En Europe, les travailleurs pauvres ne sont pas mieux lotis, entre le mal-logement, la précarité et les bas salaires. Ailleurs, en Afrique, en Asie, des millions de personnes démunies sont exposées aux risques climatiques, et on y meurt de famine.

Les chiffres donnent le tournis

Puzzle de la misère et de l’opulence, ce monde n’est pas près de changer car les inégalités se creusent sans cesse souligne Oxfam. Et les chiffres donnent le tournis. « En 2019, les milliardaires du monde entier, c’est-à-dire seulement 2 153 personnes, se partageaient plus de richesses que 4,6 milliards de personnes », apprend-on. Les revenus de 1% des plus riches ont largement augmenté entre 1990 et 2015, relève pour sa part l’ONU dans le Rapport social 2020. Plus de 70 % de la population de la planète vivent une augmentation constante des inégalités, et celles-ci se sont encore creusées dans la plupart des pays développées et dans certains pays à revenus intermédiaires, dont la Chine, selon le même texte.

Cette régression qui profite toujours et encore aux nantis fait un triste au sort aux femmes en particulier. « La richesse des 22 hommes les plus fortunés est ainsi équivalente à celle de l’ensemble de la population féminine africaine ! » pointe Oxfam.

Dividendes : un boom de 31%

Les riches peuvent dormir tranquilles. Les États veillent sur leur fortune. Les politiques fiscales de la grande majorité des gouvernements à travers le monde leur font la part belle. Le président des États-Unis, Donald Trump, avait d’ailleurs fait sensation lors de sa première apparition à Davos en 2018. Sa générosité fiscale à l’égard des entreprises réjouissait les hommes d’affaires. Les 1500 milliards de dollars (1 314 milliards d’euros) de réductions d’impôts sur dix ans accordées aux entreprises américaines font rêver les patronats dans le reste du monde, même si ces réductions n’ont pas tout à fait produit les effets attendus. De plus, tandis que les salaires stagnent ou augmentent faiblement dans les pays du G7 (+ 3 % entre 2001 et 2017), les dividendes font un bond de 31 % pour la même période.

Chute des dépenses publiques

Dans le même temps, les ménages sont confrontés à des baisses drastiques des dépenses publiques dans des secteurs clé : la santé, notamment, l’éducation, les transports... « L’une des conséquences des inégalités au sein des sociétés est le ralentissement de la croissance économique, note le rapport de l’ONU. Dans des sociétés inégales, avec de grandes disparités dans des domaines tels que les soins de santé et l’éducation, les gens sont plus susceptibles de rester pris au piège de la pauvreté, sur plusieurs générations. »

Les Nations Unies identifient quatre facteurs d’influence sur les inégalités dans le monde, des « mégatendances » : l’innovation technologique, l’urbanisation, le changement climatique et des migrations internationales. Selon l’institution, ce dernier facteur agit à la fois comme « un puissant symbole de l’inégalité mondiale » et comme « une force d’égalité dans les bonnes conditions ». Les migrations bénéficient aux migrants, à leur pays d’origine, ainsi qu’à leur pays d’accueil. Les bouleversements climatiques et les catastrophes naturelles rendent en revanche « les pays les plus pauvres encore plus pauvres et pourraient inverser les progrès accomplis dans la réduction des inégalités entre les pays ».

Partout dans le monde, quant on est pauvre, ou même seulement doté d’un revenu modeste, on est, tout compte fait, sûr de le rester. Quand on est riche, très riche, on a de fortes chances de l’être davantage. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, évoque d’ailleurs « un cercle vicieux d’inégalités, de frustrations et de mécontentements entre les générations » rappelant « les manifestations de grande ampleur, à la fois dans des pays développés et dans des pays en développement ».

Question à peine effleurée au Forum de Davos, le creusement des inégalités est une bombe à retardement à mèches multiples. Celles-ci peuvent prendre feu simultanément à tout moment dans de nombreux pays. La voix des laissés-pour-compte n’a pas fini de résonner d’un continent à l’autre, en Amérique Latine, en Asie, au Maghreb, au Proche-Orient, en Afrique et même dans les pays développés d’Europe dont les sociétés sont minées par la baisse constante du pouvoir d’achat, la pauvreté croissante et l’enrichissement indécent d’actionnaires gavés de dividendes. Les choix d’inspiration libérale, à contre-courant du progrès social, se heurtent aux attentes de millions d’hommes et de femmes à la faveur de toutes les évolutions technologiques. La généralisation de ces modèles-là participe d’une régression à l’échelle planétaire dont tirent profit une minorité de nababs.

Avec les conséquences du désordre climatique, la répartition des richesses est, à n’en point douter, un enjeu essentiel. Les riches dorment peut-être tranquilles, mais pour combien de temps ?

(1) Le sommet annuel s’est tenu du 21 au 24 janvier.
Nadjib Touaibia
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